Contrôle de gestion et prévisions budgétaires
Contrôle de gestion et prévisions budgétaires
gestion prvisionnelle
Une dfinition classique du contrle de gestion le dcrit comme le processus par lequel les dirigeants
sassurent que les ressources sont obtenues et utilises avec efficacit et efficience pour raliser les
objectifs de lorganisation (Anthony, 1965)
.
Ainsi, il faut comprendre le mot contrle au sens de matrise et non pas de surveillance. Les dirigeants
dune entreprise doivent avoir la matrise de sa gestion, de la mme faon quun conducteur doit avoir la
matrise de son vhicule.
Pour les petites entreprises, cette matrise ne ncessite aucun outil particulier car le dirigeant exerce un
contrle direct sur les oprations ralises. En revanche, ds que la croissance de lentreprise ncessite le
recours la dlgation, les dirigeants doivent mettre en uvre des outils leur permettant :
- dune part, de collecter les informations ncessaires pour prendre des dcisions pertinentes,
- de sassurer que leurs dcisions sont bien appliques (incitation et contrle).
Le contrle de gestion comprend tous ces outils, en particulier :
- la comptabilit de gestion (analyse des cots),
- la gestion budgtaire (laboration des budgets et contrle des carts),
- les tableaux de bord, etc
Laccent sera mis non seulement sur les techniques en elles-mmes, mais galement sur leur finalit. En
effet, de mme quil ne suffit pas de savoir utiliser un marteau et un tournevis pour construire une
armoire, les techniques budgtaires ne sont pas une fin en soi mais des outils la disposition du
gestionnaire. A lui de savoir les utiliser bon escient
Ainsi, la question pertinente pour un contrleur de gestion nest pas comment tablir un budget ?
mais :
- comment animer la force de vente en incitant les commerciaux agir dans lintrt de lentreprise ?
- les capacits de production sont elles suffisantes pour rpondre la demande des clients ?
- faut-il prvoir demprunter pour couvrir des besoins ponctuels ou durables en trsorerie?
Bibliographie :
Ouvrage conseill (disponible la BU) : Comptabilit analytique et contrle de gestion, Toufik Saada,
Alain Burlaud et Claude Simon, ditions Vuibert
Vous pouvez galement consulter les ouvrages suivants :
- pour vous exercer aux calculs : ouvrages de BTS comptabilit gestion, processus n7
- pour prparer une poursuite dtude en contrle de gestion : manuels et annales DECF UV n7.
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b.hamza
CHAPITRE 1 LA DEMARCHE PREVISIONNELLE
1. Utilit de la dmarche prvisionnelle
Le contrle de gestion est frquemment illustr par des parallles avec la conduite dun vhicule. La
gestion prvisionnelle ne fera pas exception
Etudiante lIUT de Bayonne, Caroline a postul chez Turbomeca Bordes (prs de Pau)
pour y effectuer son stage de 2me anne. Elle a obtenu un entretien et tudie maintenant les
diffrentes solutions pour se rendre ce rendez-vous depuis son domicile, situ Bayonne.
Une recherche sur internet lui donne deux possibilits :
- soit utiliser lautoroute : le trajet dure 1h20 mais cote 6,30 de page,
- soit passer par la nationale : pas de page mais le trajet dure 2 h.
Caroline choisit la premire solution et repre les principales tapes de son trajet ( quel
endroit quitter lautoroute, quelle direction suivre, etc ). Ntant pas trs habitue
conduire, elle prvoit de partir de chez elle 2 heures avant lheure du rendez-vous et de
sarrter mi-parcours vers Orthez pour souffler dans une station service.
Elle sassure de disposer de suffisamment de carburant pour le trajet et de ne pas oublier sa
carte bancaire pour les pages, puis elle prend la route.
Assez rapidement, elle se retrouve ralentie par des travaux sur lautoroute et natteint
finalement Orthez quau bout de plus dune heure de route. Craignant darriver en retard
son entretien, elle dcide alors de ne pas sarrter comme elle lavait prvu initialement mais
de continuer sa route jusqu Bordes. Elle arrive finalement lheure pour son rendez-vous.
Lhistoire ne dit pas si elle a obtenu le stage espr
De plus, elle permet une gestion dcentralise en rendant possible la dlgation des pouvoirs : chaque
responsable de centre se voir allouer des ressources et des objectifs respecter tout en tant libre des
moyens employs.
La dmarche prvisionnelle a pour objet de prparer lentreprise exploiter les atouts et affronter les
difficults quelle rencontrera dans lavenir. Elle comporte une dfinition des objectifs atteindre et des
moyens mettre en uvre.
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b.hamza
2. La place des budgets dans la dmarche prvisionnelle
La gestion prvisionnelle se dcline :
- dans le long-terme (> 5 ans) : plan stratgique
- moyen terme (2 4 ans) : plan oprationnel
- court-terme (1 an) : budgets
- trs court-terme : tableaux de bord
Un budget est une affectation prvisionnelle quantifie, aux diffrents centres de responsabilit,
dobjectifs et/ou de moyens pour une priode dtermine limite au court terme (une anne).
Le budget nest quune tape dans un processus de gestion qui commence avec le plan stratgique
et finit avec lanalyse des rsultats (et la dfinition de plans daction damlioration de la performance
complmentaires). Dans ce continuum, lexercice budgtaire doit permettre, pour lanne de rfrence, de
dcliner les objectifs stratgiques globaux de lentreprise en objectifs oprationnels pragmatiques que
chaque responsable sest appropri. C. Robert Manterfield, Echanges hors srie n1, juin 2006
Les budgets sont la fois des instruments de prvision et de coordination entre les units dcentralises
et des aides la dlgation des dcisions et la motivation des dcideurs. Leur laboration seffectue en
collaboration entre la direction, le contrleur de gestion et les chefs de service au cours de navettes
budgtaires.
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b.hamza
3. Llaboration des budgets
Les budgets correspondent aux principales fonctions de lentreprise (ventes, approvisionnements,
production, etc ) et sont lis les uns aux autres :
Ces choix dpendront de lobjectif assign la gestion budgtaire. Ainsi, une entreprise disposant dune
capacit de production suffisante et ayant pour but de dvelopper ses ventes privilgiera le rle
dincitation de la gestion budgtaire et fixera des objectifs ambitieux sa force de vente (budget
volontariste). A linverse, une entreprise disposant de capacits de production limites (manque de
moyens financiers par exemple) cherchera les utiliser au mieux et privilgiera la fiabilit des prvisions
(budget raliste).
Mots cls : plan stratgique, plan oprationnel, budget, navette budgtaire, prvision,
coordination, dlgation, motivation, budget volontariste, budget raliste.
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CHAPITRE 2 LE BUDGET DES VENTES
Llaboration du budget des ventes commence par un travail de prvision bas sur des techniques
statistiques et/ou mercatiques. Ces prvisions seront ensuite transformes en objectifs plus ou moins
volontaristes assigns la force de vente
1. Les outils de prvision des ventes
1.1. Les mthodes fondes sur une extrapolation des tendances passes
Les ventes dune entreprise rsultent de sa politique commerciale (prix, publicit, ) mais aussi
dvnements indpendants de son action (concurrents, conjoncture conomique, ). Une prvision
prcise peut donc rarement rsulter dune simple extrapolation du pass mais celle-ci peut nanmoins
constituer une premire tape dans le processus de prvision.
Ltude des sries chronologiques consiste dcomposer lvolution des ventes passes en une tendance
principale et des variations cycliques (le plus souvent saisonnires) autour de cette tendance.
1.1.1. Lanalyse de la tendance principale
En rgle gnrale, la tendance principale sera reprsente par une droite dquation y = ax + b o
y reprsente le volume des ventes et x le temps pass.
Elle peut tre mise en vidence par plusieurs mthodes. La plus simple est celle de la droite de Mayer
alors que la mthode des moindres carrs (rgression linaire) est plus complexe mais donne des rsultats
plus prcis.
Remarque importante : ces techniques ne fonctionnent que sur des donnes ne prsentant pas de
variations saisonnires. Il faudra donc travailler soit sur des donnes annuelles, soit sur des donnes plus
dtailles mais dsaisonnalises (les techniques de dsaisonnalisation ne sont pas tudies dans le cadre
de ce module).
La droite de Mayer
Pour trouver la valeur des coefficients a et b, la mthode la plus simple est celle de la droite de Mayer.
Elle consiste regrouper les observations en deux groupes et calculer le point moyen de chaque groupe.
Il suffit ensuite de remplacer x et y par les coordonnes des deux points ainsi obtenus et de rsoudre le
systme de deux quations deux inconnues qui en rsulte.
Exemple : ventes de jus de fruits (en milliers de bouteilles)
Anne 1 2 3 4 5 6 Total
Total 465 610 818 943 1 206 1 244 5 286
On regroupe, dune part les trois premires annes, et dautre part les trois suivantes :
- point moyen du groupe 1 : x1 = (1 + 2 + 3) / 3 = 2
y1 = (465 + 610 + 818) / 3 = 631
- point moyen du groupe 2 : x2 = (4 + 5 + 6) / 3 = 5
y2 = (943 + 1 206 + 1 243) / 3 = 1 131
Il faut donc rsoudre le systme dquations suivant :
y1 = a x 1 + b 631 = 2a + b a = 167
y2 = a x 2 + b 1 131 = 5a + b b = 298
On peut ainsi estimer les ventes de lanne 7 en remplaant x par 7 dans la fonction y = 167 x + 298. On
obtient ainsi une prvision de 167 * 7 + 298 = 1 467 milliers de bouteilles.
Parfois, une simple reprsentation graphique suffit pour mettre en vidence la fonction la mieux adapte.
Dans le cas contraire il faut recourir des techniques de lissage pour la faire apparatre (moyennes
mobiles par exemple) ou tester diffrentes fonctions en aveugle et choisir celle qui prsente le coefficient
de corrlation le plus lev. Lusage de loutil graphique des tableurs simplifie considrablement ce
travail.
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On peut ensuite dterminer les coefficients saisonniers par simple division :
- coefficient du 1er trimestre : 137,17/220,25 = 0,623
- coefficient du 2me trimestre : 0,973
- coefficient du 3me trimestre : 1,951
- coefficient du 4me trimestre : 0,453
Pour vrifier vos calculs : la somme des coefficients trimestriels doit tre gale 4 (gale 12
pour des coefficients mensuels).
Ici 0,623 + 0,973 + 1,951 + 0,453 = 4 OK
Les coefficients ainsi obtenus seront utiliss pour dtailler les prvisions annuelles tablies grce
lanalyse de la tendance principale :
- prvision pour lanne 7 = 1 467 milliers de bouteilles, soit 366 750 bouteilles par trimestre,
- prvision T1 = 366 750 * 0,623 = 228 485 bouteilles
- prvision T2 = 366 750 * 0,973 = 356 848 bouteilles
- prvision T3 = 366 750 * 1,951 = 715 529 bouteilles total = 1 467 000 bouteilles
- prvision T4 = 366 750 * 0,453 = 166 138 bouteilles
Le rapport au trend
La mthode du rapport au trend ncessite de disposer dune quation de la tendance gnrale dtaille par
trimestre.
Cette quation est utilise pour recalculer les valeurs thoriques quauraient d atteindre les ventes des
trimestres passs en application de la seule tendance gnrale (donc en labsence de variations
saisonnires).
On compare ensuite ces valeurs thoriques aux valeurs rellement atteintes et on calcule pour chaque
trimestre le rapport suivant : donne observe / donne thorique.
Les coefficients saisonniers sont ensuite obtenus en calculant la moyenne des rapports pour chaque
trimestre.
Reprenons lexemple des ventes de jus de fruits et supposons que lquation des ventes trimestrielles est
y = 9,97 x + 95,6.
Nous obtenons alors les chiffres suivants :
Valeur Valeur
Trimestr
e
thorique relle Rapport (R) / (T)
(T) (R)
1 106 72 0,6820
2 116 113 0,9780
3 126 227 1,8085
4 135 53 0,3912
5 145 92 0,6325
6 155 151 0,9715
7 165 306 1,8500
8 175 61 0,3478
9 185 125 0,6744
10 195 203 1,0393
11 205 395 1,9241
12 215 95 0,4413
13 225 146 0,6482
14 235 232 0,9863
15 245 442 1,8027
7
16 255 123 0,4821
17 265 230 0,8675
18 275 275 0,9996
19 285 566 1,9855
20 295 135 0,4576
21 305 158 0,5180
22 315 312 0,9905
23 325 642 1,9756
24 335 132 0,3941
On peut ainsi prvoir les ventes des annes venir en utilisant lquation et les coefficients :
- 1er trimestre anne 7 : (9,97 * 25 + 95,60) * 0,670 = 231 050 bouteilles
- 2me trimestre : 352 691 bouteilles
- 3me trimestre : 689 818 bouteilles
- 4me trimestre : 157 024 bouteilles
1.2. Les autres mthodes statistiques
Les mthodes tudies ci-dessus reposent sur lhypothse que lvolution des ventes est lie lvolution
du temps et que les phnomnes observs dans le pass se reproduiront lidentique dans le futur.
Cette hypothse est souvent peu raliste et dautres lments peuvent avoir un impact sur lvolution des
ventes :
- pour une entreprise fabriquant des biens de grande consommation : pouvoir dachat des consommateurs,
- pour une entreprise vendant des quipements automobiles (pneus, essuie-glaces, etc ) : taux
dquipement des mnages en automobiles,
- pour une entreprise vendant des glaces ou des boissons fraches : conditions mtorologiques,
- etc
Il est ainsi intressant de rechercher une corrlation entre le volume des ventes et un indice publi par un
institut de statistiques (indice de la consommation, des mises en chantier de btiments, etc ).
Une fois lindice identifi, les techniques statistiques mises en uvre sont identiques celles tudies
prcdemment pour dfinir la tendance gnrale : le numro des annes est juste remplac par les valeurs
prises par lindice prcurseur.
1.3. Les mthodes non statistiques
Ces prvisions doivent ensuite tre affines en fonction de la connaissance que lentreprise a de ses
produits, de ses clients et de ses concurrents. Il convient dmettre des hypothses ralistes sur lvolution
de la consommation.
Elles sont compltes par des tudes mercatiques : tudes de march, suivi dun panel de consommateurs,
mise en place dun march-test, etc
Il faut galement tenir les ractions des clients et des concurrents aux actions commerciales de
lentreprise :
- impact de la publicit,
- lasticit par rapport aux variations de prix,
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2. Llaboration du budget des ventes
Une fois les prvisions ralises, le contrleur de gestion pourra commencer son travail dlaboration du
budget des ventes.
Il doit tout dabord dcider de lorientation donner son budget :
- soit un budget raliste qui reprend telles quelles les prvisions ralises,
- soit un budget volontariste qui fixe des objectifs ambitieux, suprieurs aux prvisions ralises.
Ce choix dpendra du but recherch lors de ltablissement du budget :
- si le budget a pour but de permettre doptimiser une capacit de production ou une trsorerie limite,
mieux vaudra utiliser des prvisions ralistes : inutile de gaspiller une ressource limite pour fabriquer des
produits qui ne sont pas surs de trouver acqureur,
- si en revanche le but de lentreprise est de se dvelopper, on pourra fixer des objectifs ambitieux et
volontaristes la force de vente afin de linciter se dpasser.
2.1. Les acteurs et leurs rles respectifs
Le budget des ventes est le plus souvent labor aprs une srie dallers-retours entre les services
commerciaux et le contrleur de gestion.
En effet, seuls les services commerciaux dtiennent une connaissance fine des marchs et des
consommateurs mais ils peuvent tre tents de les sous-estimer afin de se voir attribuer des objectifs
facilement ralisables.
Le contrleur de gestion devra trouver un juste milieu entre des objectifs trop levs (dmotivants car
inaccessibles) et des objectifs trop faibles (peu incitatifs).
2.2. Le contenu du budget des ventes
Le budget des ventes doit tre ventil par produit et/ou par rgion afin de pouvoir tre utilis par les
diffrents niveaux de la force de vente.
Il doit galement tre ventil sur lanne selon une priodicit pertinente. La priodicit mensuelle est le
plus souvent adopte car elle permet de dboucher sur des prvisions de trsorerie exploitables. Toutefois
une priodicit plus longue (le trimestre par exemple) peut tre prfre pour des raisons de cot.
Le budget des ventes peut tre tabli en termes de volume, de chiffre daffaires ou de marge. Un budget
en volume a lavantage dtre facile tablir et exploiter mais il nincite pas ncessairement les
vendeurs agir dans lintrt de lentreprise. En effet, ceux-ci peuvent tre tents daccorder des remises
trop importantes pour gonfler le volume de leurs ventes. Inversement, un budget tabli en terme de marge
fait concider lintrt des vendeurs avec celui de lentreprise mais est plus complexe tablir.
Facilit dobtention de Cohrence objectifs des vendeurs /
linformation objectifs de lentreprise
Budget / volume + -
Budget / chiffre daffaires = =
Budget / marge - +
Dans le cas ou le budget est tabli en termes de marge, il importe de raisonner en marge sur cot standard
(le cot standard est un cot prvisionnel). En effet, les carts entre le cot standard et le cot rel ne sont
pas sous la responsabilit de la force de vente et ne doivent pas tre pris en compte lors de lvaluation de
ses performances.
2.2. Le budget des frais commerciaux
Les frais commerciaux sont constitus essentiellement :
- des salaires, commissions et frais de dplacements verss aux reprsentants et/ou vendeurs ;
- du cot des emballages consomms ;
- du cot du transport sur ventes ;
- du cot de la publicit ;
- du cot de la facturation et de la comptabilit client.
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Pour faire une prvision de ces frais, il convient de distinguer :
- les cots variables proportionnels au chiffre daffaires
- les cots variables proportionnels au nombre de factures clients
- les cots fixes.
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CHAPITRE 3 LE PROGRAMME DE PRODUCTION
NB : dans la mesure o la variation des quantits fabriques na pas dimpact sur les charges
fixes, maximiser le rsultat de lentreprise revient maximiser sa MSCV.
Cette technique fonctionne galement avec plusieurs ressources rares condition que lordre de priorit
dtermin soit le mme pour toutes les ressources. Dans le cas contraire, il faudra recourir des
techniques plus complexes, telle la programmation linaire.
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3. Optimisation par programmation linaire
Dans la ralit, il est frquent davoir optimiser lutilisation de plusieurs ressources rares. Lorsque le
choix de production se limite 2 produits, il est possible de rsoudre le problme graphiquement, sinon il
faut faire appel la mthode du simplexe ou loutil solveur dun tableur.
La rsolution graphique se ralise en plusieurs tapes :
- dfinition des contraintes,
- reprsentation graphique des contraintes et identification des programmes de production ralisables,
- dfinition et reprsentation de la fonction maximiser,
- recherche graphique du point correspondant au programme de production optimal,
- identification des coordonnes du point optimal et traduction en termes de programme de production
optimal.
3.1. Dfinition des contraintes
La phase didentification des contraintes est particulirement importante dans la ralit. Cest la seule
tape o lordinateur ne peut pas remplacer lintervention humaine.
Les contraintes peuvent porter sur la capacit de production (quantits de matires premires disponibles,
temps de travail des ouvriers, capacit de production dune machine, etc ) ou sur le potentiel
commercial (le budget des ventes constitue souvent un maximum quil est difficile de dpasser).
Elles peuvent concerner :
- soit un seul produit : capacit de production utilise exclusivement pour un produit (matire, ouvrier ou
machine spcifique) ou produit commercialement indpendant des autres,
- soit plusieurs produits : capacit de production commune plusieurs produits ou produits
commercialement substituables.
Une fois identifies, les contraintes sont alors modlises sous forme dinquations de type ax + bx c
dans lesquelles :
- x et y reprsentent les quantits de produits X et Y fabriques,
- a reprsente la quantit de ressource consomme pour fabriquer une unit du produit X,
- b reprsente la quantit de ressource consomme pour fabriquer une unit du produit Y,
- c reprsente la quantit de ressource disponible.
NB : dans le cas o la consommation de deux produits est indpendante on aura des inquations
de type ax c et by d
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Une fois toutes les droites traces, on peut ainsi liminer les programmes de productions irralisables (qui
excdent au moins une contrainte) et visualiser par diffrence lensemble des programmes de production
possibles (qui ne dpassent aucune contrainte).
Cet ensemble est appel polygone des possibles . Il correspond la forme grise sur le graphique ci-
dessous :
120
100
80
Salons
60 Montage
Dcoupe
40
20 Finition
0
0 50 100 150 200 250
Chambres
NB : le choix dun programme de production na pas dimpact sur les charges fixes (par
dfinition, celles-ci ne varient pas en fonction du niveau dactivit). De ce fait, maximiser le
rsultat revient maximiser la MSCV (marge sur cot variable)
Si on pose :
- = MSCV unitaire du produit X
- = MSCV unitaire du produit Y
on obtient MSCV totale = x + y.
Les programmes de production permettant datteindre une mme MSCV peuvent donc tre reprsents
par une droite dquation y = - / + MSCV/.
Quelque soit la MSCV reprsente, notons que la droite aura la mme pente (- /). Toutes les droites de
MSCV seront donc parallles les unes aux autres. Seule leur position dans le plan changera :
- plus la MSCV reprsente sera leve, plus la droite sera haute,
- plus la MSCV reprsente sera faible, plus la droite sera basse.
Pour trouver le programme de production optimal, il suffit donc de tracer une droite de MSCV choisie au
hasard puis de la faire glisser :
- vers le bas si elle est place trop haut et ne prsente aucun point de contact avec le polygone des
possibles (la MSCV reprsente est impossible atteindre). On sarrte alors au premier point de contact
avec le polygone des possibles : celui-ci reprsente le programme de production optimal (celui qui permet
datteindre la MSCV la plus leve),
- vers le haut si elle est place trop bas et traverse le polygone des possibles (la MSCV reprsente est
possible amliorer). On sarrte alors au dernier point de contact avec le polygone des possibles : celui-
ci reprsente le programme de production optimal (celui qui permet datteindre la MSCV la plus leve).
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Dans le schma ci-dessous la premire droite de MSCV reprsente est trop leve. On la fait donc glisser
vers le bas jusquau premier point de contact avec le polygone. Celui-ci est reprsent par le point .
140
120
100
Salons
80 MSCV n1
60 Montage
Dcoupe
40
20
Finition
0
0 50 100 150 200 250
Chambres
MSCV n2
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CHAPITRE 4 LE BUDGET DES APPROVISIONNEMENTS
Le stockage est une opration intermdiaire entre deux moments du cycle dexploitation de lentreprise.
Ainsi, pour une entreprise industrielle il existe deux types de stocks :
- le stock de matires premires qui est aliment par les achats et consomm par la production,
- le stock de produits finis qui est aliment par la production et consomm par les ventes.
Dans une entreprise commerciale il existe un stock de marchandises, aliment par les achats et consomm
par les ventes.
Approvisionnement Vente
Stock de
marchandises
Lexistence de ces stocks permet de rguler des flux dentres et de sorties qui nont pas ncessairement
le mme rythme. Par exemple, le stockage de produits finis permet de lisser la charge en production
mme si les ventes prsentent un caractre saisonnier :
- constitution dun stock en priode creuse,
- prlvement sur ce stock en saison pleine.
Par ailleurs, lexistence dun stock permet galement de se protger contre toutes sortes dalas :
variations de consommation, de dlai de rapprovisionnement, risque de pannes ou de dfauts.
Sil faut viter les ruptures de stock, il faut galement tenir compte du cot de stockage, quil convient de
limiter autant que possible par des choix pertinents.
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on obtient : - nombre de commande Q/q cot de passation de commande = cl *Q/q
- stock moyen = q/2 cot de possession du stock = cs *q/2
q Stock moyen = q /2
NB : cette formule ncessite une vigilance particulire sur la cohrence des units utilises.
Ainsi, les paramtres Q et Cs doivent porter sur la mme dure (mois, trimestre, anne) et sur les
mmes quantits (tonnes, kg, , etc ). Ce sera par ailleurs dans cette mme quantit que sera
exprim le lot conomique q.
cots
Cot total
Cot de passation
des commandes
Cot de possession
N
6 12 Cadences
Cadence optimale
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NB 1 : ce modle repose sur des hypothses fortement rductrices, notamment :
- la consommation est suppose rgulire et prvisible : dans la ralit, il faut galement prvoir un stock
de scurit pour faire face aux alas de la consommation ou de livraison,
- le prix dachat reste identique quelque soit la quantit commande : dans la ralit les fournisseurs
proposent frquemment des tarifs dgressifs.
NB 2 : tous les approvisionnements ne doivent pas ncessairement faire lobjet de la mme attention. On
remarque ainsi souvent que 20% des rfrences gres reprsentent 80% du cot des approvisionnements.
Les efforts de rationalisation et doptimisation de la politique dapprovisionnement doivent donc porter en
priorit sur ces rfrences.
Une fois la quantit conomique thorique dtermine, il convient de sassurer de son ralisme, et en
particulier de sa compatibilit :
- avec la dure de conservation des produits lorsque ceux-ci sont prissables,
- avec la surface de stockage disponible dans lentreprise,
- etc
2. Le stock de scurit
Le stock de scurit est le niveau de stock qui permet de limiter les ruptures de stock dues aux alas
(prvisions non conforme la demande, dlai d'approvisionnement plus long que prvu, etc.)
Ce stock de scurit est dimensionn en fonction de plusieurs critres :
l'importance relative des cots de stockage et des cots d'opportunit (cot d'une non vente) :
- plus les cots de stockage sont importants par rapport aux cots d'opportunit, moins le niveau du
stock de scurit sera lev,
- plus les cots d'opportunit sont importants par rapport aux cots de stockage, plus le niveau du
stock de scurit sera lev.
le niveau des alas:
- plus les alas sont importants, plus le niveau du stock de scurit sera lev,
- moins les alas sont importants, moins le niveau du stock de scurit sera lev.
le niveau de service souhait:
- plus on recherche une qualit de service importante (nombre de commandes livres dans les temps),
plus le niveau du stock de scurit sera lev,
- moins la qualit de service n'a d'importance, plus le niveau du stock de scurit sera lev.
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3.1. Gestion point de commande
Le volume de commande est constant et correspond la quantit conomique calcule grce la formule
de Wilson. En revanche, la date de lancement des commandes varie en fonction du niveau du stock.
On passe ainsi une commande chaque fois que le niveau du stock descend en dessous dun seuil appel
stock dalerte ou point de passation de commande . Celui-ci est calcul de faon assurer la
consommation entre le moment o on passe la commande et le moment o on est livr (fonction de la
vitesse de consommation et du dlai de livraison). Le plus souvent, on rajoute une marge de scurit pour
tenir compte des alas de la consommation (consommation plus importante que prvue) et de la livraison
(retard ventuel).
Mots cls : cot de possession du stock, cot de lancement de commande, lot conomique,
gestion point de commande, gestion recompltement, seuil dalerte.
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CHAPITRE 5 LA PREVISION DE LA MASSE SALARIALE
1. Composition de la masse salariale
La masse salariale est lensemble des salaires verss aux employs dune entreprise pour une priode
donne (gnralement lanne). Lobjectif tant de chiffrer le cot global et rel des salaires, la masse
salariale tiendra compte des charges patronales et des primes verses aux salaris.
Cette masse est trs souvent le poste de charge le plus important du compte de rsultat. Cela explique la
grande attention donner sa gestion prvisionnelle.
On value le plus souvent la masse salariale dune anne en fonction de celle de lanne prcdente en
tenant compte des diffrents facteurs dvolution :
- volution en volume des effectifs,
- volution de la structure des effectifs : le remplacement dun ouvrier par un technicien entrane une
augmentation de la masse salariale,
- volution de lanciennet des effectifs : le remplacement dun salari g par un jeune moins
expriment entrane une diminution de la masse salariale (cest ce quon appelle leffet de noria),
- autres sources daugmentation de salaire : augmentations gnrales ou individuelles.
Lorsquune augmentation de salaire intervient en cours danne, il faut tenir compte de leffet de report.
Ainsi, si la masse salariale mensuelle est de 10 000 et quune augmentation gnrale de 4% est accorde
au 1/7/N, lvolution de la masse salariale est la suivante :
- N-1 : 10 000 * 12 = 120 000
- N : 10 000 * 6 + 10 400 * 6 = 122 400 , soit une augmentation de la masse salariale de 2 %
- N+1 : 10 400 * 12 = 124 800 , soit une augmentation de la masse salariale de 1,96 %
On saperoit ainsi que lvolution de la masse salariale N+1 est affecte par une dcision prise en N.
2. Techniques de prvision
Une mthode assez simple consiste valuer la masse salariale en 3 tapes :
Etape 1 : Evaluation de la partie stable de la masse salariale (qui restera dune anne sur lautre)
Etape 2 : Evaluation du personnel sortant en cours danne
Etape 3 : Evaluation du personnel entrant en cours danne
Personnel
sortant en cours danne
Effectif stable
Personnel embauch
en cours danne
Anne
2.4. Synthse
La prvision de la masse salariale N+1 seffectue en additionnant les masses salariales prcdemment
calcules (effectif stable + sortant+ entrant).
Dans notre exemple, elle slve 157 957 + 16 080 + 5 239 =179 276 pour N+1.
Mots cls : masse salariale, effectif stable, effectif entrant, effectif sortant, composition,
anciennet, effet de noria, effet report.
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b.hamza