These Souad Bezzaoucha Finale 2
These Souad Bezzaoucha Finale 2
THÈSE
présentée et soutenue publiquement le 25 octobre 2013
pour l’obtention du
par
Souad BEZZAOUCHA
Composition du jury
À la personne la plus chère à mon coeur, à une femme et une mère d’exception sans qui je n’aurai
sans doute jamais tant accompli, à ma très chère maman : Madame BOUYAKOUB Badia.
ii
iii
Remerciements
Le présent travail a été effectué au sein du groupe thématique Commande, Identification et
Diagnostic (CID) du Centre de Recherche en Automatique de Nancy.
Je souhaite exprimer en premier lieu ma plus sincère reconnaissance à mes directeurs de thèse,
Messieurs Didier MAQUIN, José RAGOT et Benoît MARX pour la confiance qu’ils m’ont té-
moignée en m’offrant la possibilité d’intégrer leur équipe.
Les mots me manquent pour leur exprimer ma gratitude, ma considération est inestimable. Je
tiens à leur faire part de toute ma reconnaissance pour leurs investissements, encouragements et
le temps conséquent qu’ils m’ont accordée. Leurs qualités pédagogiques et rigueur scientifique
ainsi que leur gentillesse à mon égard durant ces trois années m’ont permis de mener à bien mon
travail. J’ai beaucoup appris à leurs côtés et je leur adresse mes sincères remerciements pour
tout cela. Le temps passé à Nancy restera, sans aucun doute, l’un de mes meilleurs souvenirs ! !
Mes sincères remerciements à Monsieur Gilles MOUROT pour toutes nos discutions, ses conseils
et son éternelle bonne humeur.
J’adresse mes respectueux remerciements aux membres du jury : Monsieur David HENRY,
Professeur à l’Université des Sciences et Technologie de Bordeaux et Monsieur Olivier SE-
NAME, Professeur à Grenoble-INP pour m’avoir fait l’honneur d’accepter de rapporter cette
thèse. Monsieur Krishna BUSAWON, Professeur à Northumbria University d’avoir accepté de
faire partie de mon jury de thèse et Monsieur Gérard SCORLETTI, Professeur à l’École Cen-
trale de Lyon, de m’avoir fait l’honneur de la présider.
Je souhaite également exprimer mes remerciements aux collègues et aux amis ainsi qu’à ma
famille (mon frère Abdelfettah et mes soeurs Amel et Fella ainsi que mon oncle BOUYAKOUB
Mohamed Redha) pour leurs encouragements et soutien.
Merci à tous ! !
iv
Table des matières
Notations 1
1 Introduction générale
1.1 Contexte du travail : bref état de l’art sur les systèmes non linéaires . . . . . . . . . . . . 3
1.2 Présentation des modèles T-S . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.3 Contribution et plan du manuscrit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
2.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
2.2 Représentation T-S des systèmes non linéaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.3 Transformation par secteurs non linéaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.4 Stabilité des systèmes T-S . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2.5 Observabilité des modèles T-S . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.6 Synthèse d’observateurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.6.1 Variables de décision mesurables (VDM) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.6.2 Variables de décision non mesurables (VDNM) . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2.7 Stabilisation des modèles T-S . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
2.7.1 Stabilisation par retour d’état . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
2.7.2 Stabilisation par retour de sortie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
2.8 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
3.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
3.1.1 Défauts, pannes et diagnostic . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
3.1.2 Estimation paramétrique : systèmes variants dans le temps . . . . . . . . . . . . 25
3.1.3 Contribution du chapitre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
3.2 Systèmes linéaires à paramètres variants dans le temps . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
3.2.1 Exemple introductif : cas d’un seul paramètre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
v
vi Table des matières
4.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
4.2 Motivations et position du problème . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
4.3 Représentation T-S de la saturation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
4.4 Commande saturée par retour d’état de systèmes linéaires . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
4.4.1 Positionnement du problème . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
4.4.2 Représentation T-S du système . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
4.4.3 Synthèse de la commande . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63
4.5 Commande saturée par retour d’état de systèmes non linéaires . . . . . . . . . . . . . . 65
4.5.1 Positionnement du problème . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65
4.5.2 Représentation T-S du système soumis à une commande saturée . . . . . . . . . 65
4.5.3 Commande de systèmes non linéaires saturés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65
4.5.4 Commande de systèmes non linéaires incertains saturés . . . . . . . . . . . . . . 71
4.5.5 Commande de systèmes non linéaires incertains saturés, approche descripteur . . 74
4.6 Commande par retour de sortie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79
4.6.1 Commande par retour de sortie statique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80
4.6.2 Commande par retour de sortie dynamique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83
4.6.3 Exemple numérique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85
4.7 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
5.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
5.2 Etude bibliographique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
5.2.1 Poursuite de modèle de référence des systèmes linéaires . . . . . . . . . . . . . 90
5.2.2 Poursuite d’un modèle de référence par un système non linéaire . . . . . . . . . 93
5.2.3 Poursuite de modèle de référence des systèmes T-S : contribution du chapitre . . 94
5.3 Conditions structurelles de poursuite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
5.3.1 Modèle et objectif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
vii
6 Perspectives et conclusions
Annexes
Bibliographie 149
viii Table des matières
Table des figures
ix
x Table des figures
xi
xii Liste des tableaux
Notations
Matrices et vecteurs
In (I) Matrice identité de dimension n (resp. de dimension appropriée)
0n (0) Matrice nulle de dimension n (resp. de dimension appropriée)
P > 0 (P < 0) Matrice P symétrique définie positive (resp. symétrique définie négative)
PT Transposée de la matrice P
P−1 Inverse de la matrice P
λmax (M) (λmin (M)) Valeur propre maximale (resp. minimale ) de M
Tr(M) Trace la matrice carrée M
S(M)
S(M) := M + M T
S11 S12 T
Matrice symétrique, le symbole (∗) représente S12
(∗) S22
M1 0 . . . 0
.
0 . . . . . . ..
diag(M1 , . . . , Ml )
Matrice bloc diagonale = . .
. . . . ..
. . . .
0 . . . 0 Ml
Acronymes
BMI Bilinear Matrix Inequality
LMI Linear Matrix Inequality
LTI Linear Time Invariant
LTV Linear Time Varying
LPV Linear Parameter Varying
quasi-LPV Quasi-Linear Parameter Varying
T-S Takagi-Sugeno
T-S à VDM Takagi-Sugeno à Variables de Décision Mesurables
T-S à VDNM Takagi-Sugeno à Variables de Décision Non Mesurables
MPC Model Predictive Control
NMPC Nonlinear Model Predictive Control
PDC Parallel Distributed Compensation
1
2 Notations
Introduction générale
1
Sommaire
1.1 Contexte du travail : bref état de l’art sur les systèmes non linéaires . . . . . . . . 3
1.2 Présentation des modèles T-S . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.3 Contribution et plan du manuscrit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.1 Contexte du travail : bref état de l’art sur les systèmes non linéaires
L’analyse ou la synthèse de loi de commande pour un système dynamique (étude de stabilité, stabi-
lisation, rejet de perturbation, suivi de référence,...) suppose au préalable une connaissance de son com-
portement, de l’évolution de ses composants au cours du temps (vieillissement, pannes, défauts), de ses
interactions avec l’environnement extérieur (perturbations, entrées inconnues) ainsi que des contraintes
qu’il subit (saturation de ses organes de contrôle et de mesure, détérioration ou usure de certains com-
posants). Cette connaissance prend la forme d’un ensemble d’équations et d’inéquations mathématiques
appelé "modèle".
Modéliser judicieusement un système consiste à trouver une représentation simple, exploitable et suf-
fisamment précise pour décrire fidèlement la réalité, mais peu complexe afin de permettre la synthèse
d’une loi de commande.
Nous distinguons ainsi les modèles linéaires et non linéaires. L’étude de la première catégorie se base
sur une théorie bien maîtrisée. Ils peuvent approximer localement des systèmes non linéaires, mais leur
utilisation ne garantit pas la stabilité du système dans tout l’espace d’état. La seconde catégorie regroupe
les systèmes qui présentent des comportements complexes qui ne peuvent pas être décrits par des équa-
tions différentielles linéaires à coefficients constants. Cette définition, ou plutôt cette remarque, explique
la complexité et la diversité des systèmes non linéaires. En effet, si le modèle linéarisé est acceptable
dans certains cas, le respect de certaines contraintes pratiques (saturation, hystérésis, paramètres variants
dans le temps,..) mène à des systèmes bouclés non linéaires. Les travaux publiés font état de plusieurs
classes de systèmes non linéaires.
• Une des classes de systèmes non linéaires la plus répandue est celle des systèmes polynomiaux.
Ils sont utilisés pour modéliser le comportement de nombreux processus (biologiques, thermiques,
3
4 Chapitre 1. Introduction générale
chimiques, économiques,.... Cependant, le système associé à cette classe de modèles peut présenter
un comportement chaotique et des trajectoires divergentes en temps fini (Ebenbauer et Allgöwer
[2006]). Dans ce cas, l’étude de la stabilité de tels systèmes peut s’avérer délicate, le choix de
fonctions de Lyapunov utilisées pour cette étude se révélant difficile.
• Les systèmes bilinéaires : ils représentent en particulier la classe des systèmes non linéaires affines
par rapport à la commande (Chabour et al. [1993], Banks [1986], Celikovsky [1993]). Cependant,
les résultats disponibles sur la stabilisation par exemple, sont adaptés à des classes particulières
(stabilisation par feedback de classe C 1 des systèmes plans dans (Bacciotti et Boieri [1991]) et de
systèmes de dimension deux dans (Chabour et al. [1993])).
• Les systèmes à paramètres variants dans le temps : les caractéristiques dynamiques de ces sys-
tèmes évoluent au cours du temps en fonction de certains paramètres. Un grand nombre d’ap-
proches ont été développées pour l’étude de la stabilité et la synthèse de correcteurs robustes pour
ces systèmes LPV (Sename et Dugard [2012], Mohammadpour et Scherer [2012]). Ces méthodes
dépendent bien évidement de la nature et du type d’incertitudes et/ou des paramètres considérés.
• Les systèmes présentés sous forme paramétrique pure : le système non linéaire est fragmenté en un
ensemble de sous-systèmes imbriqués sous forme triangulaire stricte. L’étude de la stabilité de ces
systèmes est généralement basée sur la théorie de Lyapunov en utilisant par exemple la technique
du backstepping. A chaque étape de cette technique séquentielle, l’ordre du sous-système analysé
est augmenté et la partie non stabilisée lors de l’étape précédente est traitée, la dernière étape
correspondant au système global. L’inconvénient majeur de ces systèmes est bien entendu la forme
restrictive imposée de leur structure.
Les lois de commande pour ces classes de systèmes non linéaires sont souvent construites à partir des
concepts de géométrie différentielle. Cette approche a pour objectif la linéarisation de la relation entrée-
sortie pour permettre l’utilisation de lois de commande linéaires pouvant être obtenues suivant des cri-
tères de stabilité de Lyapunov. Cependant, la mise en oeuvre de ces méthodes de façon numérique reste
difficile, et de ce fait, ces méthodes sont plus particulièrement adaptées à des systèmes d’ordre réduit.
L’étude des systèmes non linéaires est ainsi basée sur des outils mathématiques plus élaborés que pour
le cas linéaire. Toutefois, la multitude de formes non linéaires existantes rend difficile la mise en place
d’une théorie unique, générale et systématique.
Cette constatation nous amène à introduire les modèles de Takagi-Sugeno (T-S). Ces modèles, comme il
sera montré tout au long du manuscrit de thèse, permettent de représenter un système non linéaire sous
forme d’une interpolation de sous-systèmes linéaires, avec la possibilité d’étendre de nombreux concepts
théoriques de l’automatique linéaire au cas des systèmes non linéaires.
stabilité, la synthèse de correcteurs et d’observateurs qui ont été largement étudiés dans le cas linéaire
peuvent s’étendre au cas non linéaire avec des outils similaires. On peut ainsi citer (Tanaka et al. [2003],
Tanaka et al. [2007], Tanaka et Wang [2001], Tuan et al. [2001], Kruszewski [2006], Yoneyama [2006]
et Guerra et al. [2006]) où l’étude de la stabilité est inspirée des outils utilisés pour les systèmes linéaires.
On peut également citer (Akhenak et al. [2007], Patton et al. [1998] et Marx et al. [2007]) pour leur tra-
vaux portant sur la synthèse d’observateurs et la détection de défauts.
Les fonctions d’activation dépendent des variables dites de décision ou de prémisse. Ces variables
peuvent être mesurables (entrées/sortie du système) ou non mesurables (état du système,..). Il est im-
portant de noter que la classe des modèles T-S à variables de décisions non mesurables est plus large que
celle à variables de décision mesurables. Ceci vient du fait que le modèle T-S est obtenu généralement
par la transformation en secteurs non linéaires, qui dans la majorité des cas, fait apparaître une partie
ou la totalité des variables d’état dans les fonctions d’activation. Ce point est également illustré dans les
travaux de (Yoneyama [2008], Bergsten et Palm [2000] et Ichalal et al. [2012]).
Les modèles T-S peuvent être regroupés en deux familles distinctes : d’une part les modèles T-S à états
couplés ou homogènes, dans le sens où ils partagent la même structure et le même espace d’état, et
d’autre part les modèles découplés ou hétérogènes, dans le sens où leur structure et leur espace d’état
diffèrent (les sous-modèles possèdent chacun un vecteur d’état indépendant).
Pour la première famille, la représentation d’un système non linéaire sous forme de modèle T-S est
obtenue par trois approches largement développées dans la littérature. La première est basée sur les
techniques d’identification. Elle est considérée dans le cas où l’expression analytique du modèle non
linéaire n’est pas disponible et repose sur des techniques d’identification en utilisant des jeux de don-
nées entrées-sorties du système réel à identifier, la structure du modèle et celle des fonctions d’activation
étant choisies a priori (Gasso [2000]). La seconde approche repose sur la linéarisation du modèle non
linéaire autour de plusieurs points de fonctionnement. Elle est basée sur des techniques d’optimisation
afin de minimiser l’erreur quadratique de sortie. Ainsi à chaque zone de fonctionnement est affecté un
sous-modèle (Akhenak [2004]). La troisième, celle qui sera utilisée dans cette thèse, est la méthode dite
de transformation en secteurs non linéaires. Cette dernière a été initiée par (Kawamoto et al. [1992]) et
étendue par (Tanaka et Wang [2001] et Morère [2001]). Elle est basée directement sur la connaissance
analytique du modèle non linéaire et contrairement aux deux méthodes citées précédemment qui donnent
une approximation du modèle non linéaire, cette dernière méthode permet de proposer une écriture sys-
tématique pour décrire les non-linéarités en tenant compte de l’objectif de l’étude (analyse de stabilité
et synthèse de contrôleur, d’observateur,...) et fournit un modèle T-S représentant de manière exacte le
modèle non linéaire dans un compact de l’espace d’état. Le principe utilisé repose sur une transforma-
tion polytopique convexe des termes non linéaires du système dynamique à étudier. Plus précisément,
cette méthode consiste à trouver a1 et a2 tels que a1 x(t) ≤ f (x(t), u(t)) ≤ a2 x(t) où ẋ(t) = f (x(t), u(t))
représente un système non linéaire. Notons que l’approche par secteurs non linéaires permet d’associer
une infinité de modèles T-S pour un système non linéaire suivant le découpage des non-linéarités réalisé.
La seconde famille de modèles T-S (modèles découplés) (Filev [1991], Orjuela [2008]) introduit une
certaine flexibilité dans l’étape de modélisation dans la mesure où la dimension des sous-modèles (leur
nombre d’états) peut être adaptée à la complexité du système dans chaque zone de fonctionnement. Cette
représentation s’adapte donc particulièrement bien à la modélisation des systèmes complexes présentant
des non-linéarités et des changements de structure engendrés par leur mode de fonctionnement.
7
8 Liste des publications
Sommaire
2.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
2.2 Représentation T-S des systèmes non linéaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.3 Transformation par secteurs non linéaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.4 Stabilité des systèmes T-S . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2.5 Observabilité des modèles T-S . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.6 Synthèse d’observateurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.6.1 Variables de décision mesurables (VDM) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.6.2 Variables de décision non mesurables (VDNM) . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2.7 Stabilisation des modèles T-S . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
2.7.1 Stabilisation par retour d’état . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
2.7.2 Stabilisation par retour de sortie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
2.8 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
2.1 Introduction
Ce chapitre est consacré à la présentation de résultats fondamentaux portant sur la stabilité, l’estima-
tion et la commande des systèmes T-S.
Dans la première partie de ce chapitre nous nous intéressons à la représentation T-S des systèmes non
linéaires ainsi qu’à la transformation par secteurs non linéaires qui permet d’obtenir de manière systéma-
tique un modèle T-S à partir d’un système non linéaire. Ensuite, nous rappelons les principaux résultats
portant sur la stabilité, la synthèse d’observateurs (à variables de décision mesurables et non mesurables)
ainsi que la commande PDC (Parallel Distributed Compensation) par retour d’état statique et de sortie
statique ou dynamique. Les avantages de l’approche descripteur sont également mis en évidence.
9
10 Chapitre 2. Introduction à la modélisation, l’estimation et la commande des modèles T-S
µ1
u
B1 Π
A1
µ2
B2 Π
A2
µn µ1
R x
Bn Π ∑ C1 Π
An µ2
C2 Π
µn
y
Cn Π ∑
µ1
R x1 y1
u
B1 C1 Π
A1
µ2
R x2 y2
B2 C2 Π
A2
µn
R xn yn y
Bn Cn Π ∑
An
Dans la suite du manuscrit, nous nous intéresserons à la forme T-S couplée, cette famille étant la plus
largement étudiée dans la communauté scientifique puisqu’elle est facilement déduite de manière systé-
matique, sans aucune perte d’information en utilisant la transformation par secteurs non linéaires à partir
de l’expression analytique du système non linéaire dynamique.
Les modèles découplés, sont surtout intéressants pour l’identification où les dimensions différentes des
sous-modèles peuvent éviter une sur-paramétrisation dans certaines zones de fonctionnement (Orjuela et al.
[2013]). Néanmoins, les travaux présentés dans ce mémoire ne concernent pas l’identification et, pour
la commande et l’estimation, un modèle découplé peut facilement s’écrire sous la forme d’un modèle
couplé (en concaténant les états locaux xi ).
Les matrices Ai , Bi , Ci et Di sont obtenues en remplaçant ξi (t) per ξi,σ ij dans A(ξ (t)), B(ξ (t)), C(ξ (t)) et
D(ξ (t)) dans (2.2). On obtient ainsi le système T-S suivant :
2k
ẋ(t) = ∑ µi (ξ (t)) (Ai x(t) + Bi u(t))
i=1 (2.8)
2k
y(t) = ∑ µi (ξ (t)) (Ci x(t) + Di u(t))
i=1
Remarque 1. Il est important de souligner que l’écriture polytopique issue d’une représentation LPV
peut généralement s’écrire de manière équivalente, au moins sur un compact de l’espace d’état, sous
forme T-S. Inversement, un système T-S peut également être vu comme un système LPV.
En effet, si les paramètres varient dans un ensemble compact, il est possible de manière directe et systé-
matique (comme il est démontré dans le chapitre 3), de ré-écrire ces modèles sous forme T-S. Cette idée
est exploitée dans le chapitre 3 (estimation paramétrique) et y est largement détaillée.
ce système est asymptotiquement stable (stabilité quadratique), s’il existe une matrice de Lyapunov P
symétrique positive P = PT > 0 telle que la fonction de Lyapunov candidate
est positive, nulle en x = 0 et décroissante dans le temps. Le même raisonnement est appliqué pour le
système non linéaire représenté par le modèle T-S autonome suivant :
n
ẋ(t) = ∑ µi (ξ (t))Ai x(t) (2.11)
i=1
avec les fonctions d’activation µi (ξ (t)) vérifiant la propriété de somme convexe (B.2) :
n
∑ µi (ξ (t)) = 1, ∀t
i=1
0 ≤ µi (ξ (t)) ≤ 1, i = 1, . . . , n
Lemme 1. (Tanaka et Wang [2001]) Le système (2.11) est quadratiquement stable s’il existe une matrice
P symétrique positive P = PT > 0 ∈ Rnx ×nx telle que les conditions suivantes soient vérifiées pour i =
1, . . . , n :
ATi P + PAi < 0 (2.12)
Démonstration. La démonstration s’appuie sur le choix d’une fonction de Lyapunov candidate V (x(t)) =
xT (t)Px(t) où P = PT > 0 ∈ Rnx ×nx . La propriété de somme convexe des fonctions d’activation permet
d’obtenir les n inégalités matricielles (LMIs) à résoudre simultanément.
Un enjeu scientifique important à l’heure actuelle est la relaxation des conditions de stabilité. Dif-
férentes approches sont possibles, on peut ainsi citer les travaux de (Sala et Arino [2007]) où plusieurs
termes dans V̇ (x) sont fractionnés en utilisant la propriété de somme convexe ou bien utiliser des fonc-
tions de Lyapunov plus complexes comme dans (Tanaka et al. [2003], Kruszewski [2006]), etc.
2.5. Observabilité des modèles T-S 13
avec x̂(t) et ξ̂ (t) qui représentent respectivement l’estimé de l’état x(t) et des variables de décision ξ (t).
Les gains Li de l’observateur sont déterminés afin que l’estimé de l’état x̂(t) tende asymptotiquement vers
l’état x(t). Il faut donc assurer la stabilité du système générant l’erreur d’estimation e(t) = x(t) − x̂(t).
On rappelle que les fonctions d’activation µi (ξ (t)) du modèle T-S (2.13) vérifient la propriété de somme
convexe et dépendent des variables dites de décision ou de prémisse ξ (t). Ces variables peuvent être
mesurables (entrées/sortie du système) ou non mesurables (état du système,..). Il est important de noter
que la classe des modèles T-S à variables de décisions non mesurables est plus large que celle à variables
de décision mesurables du fait qu’une partie ou la totalité des variables d’état apparaît dans les fonctions
µi . Dans ce qui suit, les deux cas sont présentés pour la synthèse d’observateurs.
Une simple analyse de stabilité du système (2.15) permet de trouver les gains Li recherchés, et qui
peuvent être donnés, par exemple, par le théorème suivant :
14 Chapitre 2. Introduction à la modélisation, l’estimation et la commande des modèles T-S
Lemme 2. (Patton et al. [1998]). L’erreur d’estimation d’état converge asymptotiquement vers zéro s’il
existe une matrice P, P = PT > 0 ∈ Rnx ×nx et des matrices Ki ∈ Rnx ×m telles que les conditions suivantes
soient satisfaites pour i = 1, . . . , n :
PAi + ATi P − KiC −CT KiT < 0 (2.16)
Les gains de l’observateur sont obtenus par l’équation suivante :
Li = P−1 Ki (2.17)
Dans le cas où la sortie dépend d’une seule matrice C (2.13), les mêmes relaxations qu’en analyse
n
de stabilité peuvent être faites. Pour une sortie polytopique (y(t) = ∑ µi (ξ (t))Ci x(t)), le conservatisme
i=1
de l’étude de stabilité d’un système défini par une double somme peut être réduit (Tuan et al. [2001]),
(Sala et Arino [2007]).
En utilisant les définitions (2.14) et (2.18), la dynamique de l’erreur d’estimation d’état est ainsi donnée
par :
n
ė(t) = ∑ µi (ξ̂ (t))(Ai − LiC)e(t) + ∆A(t)x(t) + ∆B(t)u(t) (2.19)
i=1
où ∆A(t) et ∆B(t) jouent le rôle d’incertitudes et sont définies comme suit :
n
∆A(t) = ∑ i µ ( ξ (t)) − µi ( ξ̂ (t)) Ai
i=1
= AΣA (t)EA
n (2.20)
∆B(t) = ∑ µi ( ξ (t)) − µi ( ξ̂ (t)) Bi
i=1
= BΣ (t)E B B
avec
A = A1 . . . An , ΣA (t) = diag(δ1 (t)Inx , . . . , δn (t)Inx ),
B = B1 . . . Bn , ΣB (t) = diag(δ1 (t)Inu , . . . , δn (t)Inu ), (2.21)
T T
EA = Inx . . . Inx , EB = Inu . . . Inu , δi (t) = µi (ξ (t)) − µi (ξ̂ (t))
2.7. Stabilisation des modèles T-S 15
Théorème 1. (Ichalal et al. [2010]) Le système (2.19) est stable et le gain L2 du transfert de la paire
u(t), x(t) vers l’erreur d’estimation est borné par γ , s’il existe deux matrices symétriques et définies
positives P1 ∈ Rnx ×nx et P2 ∈ Rnx ×nx , des matrices Ki ∈ Rnx ×m et des scalaires positifs λ1 , λ2 et γ tels que
les LMIs suivantes soient vérifiées pour i, j = 1, . . . , n :
S(P1 Ai − KiC) + Inx 0 0 P1 A P1 B
∗ S(P2 A j ) + λ1 EAT EA P2 B j 0 0
∗ ∗ −γ Inu + λ2 EB EB
T 0 0 < 0 (2.22)
∗ ∗ ∗ −λ1 I 0
∗ ∗ ∗ 0 −λ1 I
Les gains de l’observateur et le taux d’atténuation γ du transfert des incertitudes vers l’erreur d’estima-
tion sont donnés par :
Li = P1−1 Ki (2.23)
p
γ= γ (2.24)
la loi de commande PDC par retour d’état est donnée par l’expression suivante :
n
u(t) = − ∑ µ j (ξ (t))K j x(t) (2.26)
j=1
En considérant la fonction de Lyapunov V (x(t)) = xT (t)Px(t), la stabilité du système (2.27) est assurée
s’il existe une matrice symétrique définie positive P1 ∈ Rnx ×nx et des matrices Ri ∈ Rnx ×m telles que les
LMIs suivantes soient vérifiées pour i, j = 1, . . . , n (Tanaka et Wang [2001]) :
avec
x(t) Ai − Bi Kk Bi Kk
xa (t) = , Gi jk = (2.39)
e(t) Si1jk Si2jk
Si1jk = (Ai − A j ) − (Bi − B j )Kk + L j (Ck −Ci )
dynamiques rapides négligés. Tous ces phénomènes induisent un écart parfois considérable entre le com-
portement réel d’un système et celui obtenu par simulation de son modèle. Afin d’éviter ces écarts, ou
d’en minimiser les effets, des techniques de commande robuste ont été mises en oeuvre (Henrion [1999],
Daafouz [1997], Zhou et al. [1996]). Nous nous intéressons dans ce qui suit à la stabilisation par retour
d’état des systèmes non linéaires incertains représentés sous forme de modèle T-S.
Considérons le modèle suivant :
n
ẋ(t) = ∑ µi (ξ (t))((Ai + ∆A(t))x(t) + (Bi + ∆B(t))u(t)) (2.41)
i=1
où les incertitudes ∆A (t), ∆B (t) qui affectent les matrices d’état sont communes à tous les sous-systèmes
et sont structurées sous la forme :
∆A(t) = AΣA (t)EA (2.42)
Considérons la loi de commande pour assurer le recalage à l’origine de l’état du système (2.41) :
n
u(t) = − ∑ µ j (ξ (t))K j x(t) (2.46)
j=1
avec P1 = P−1 , λA , λB des scalaires positifs et S(Ai P1 − Bi R j ) = Ai P1 − Bi R j + P1 ATi − RTj BTi . Les gains
du contrôleur K j (2.46) sont donnés par :
K j = R j P1−1 (2.50)
pour i, j = 1, . . . , n.
2.7. Stabilisation des modèles T-S 19
Afin d’assurer la stabilisation du système (2.51), considérons la commande par retour de sortie statique
donnée par :
n
u(t) = ∑ µ j (ξ (t))K j y(t) (2.52)
j=1
En se basant sur l’approche descripteur et en introduisant une dynamique virtuelle sur l’entrée et la sortie
du système, nous pouvons écrire :
n
0.u̇(t) = ∑ µi (ξ (t))Ki y(t) − u(t)
i=1 (2.53)
n
0.ẏ(t) = ∑ µi (ξ (t))(Cix(t) + Di u(t)) − y(t)
i=1
T
L’état augmenté xa (t) = xT (t) uT (t) yT (t) obtenu à partir des équations (2.51) et (2.53) est régi
par la dynamique :
n
E ẋa (t) = ∑ µi (ξ (t))Asi xa (t) (2.54)
i=1
20 Chapitre 2. Introduction à la modélisation, l’estimation et la commande des modèles T-S
avec
Inx 0 0 Ai Bi 0
E = 0 0nu 0 , Asi = 0 −Inu Ki (2.55)
0 0 0m Ci Di −Im
Considérons maintenant la fonction de Lyapunov
avec la condition
E T P = PT E ≥ 0 (2.57)
Un des choix possibles pour la matrice P assurant la condition (2.57) est de la prendre sous forme
bloc diagonale P = diag(P1 , P2 , P3 ) avec P1 = P1T > 0 et P2 , P3 > 0. Dans ce cas, V (t) est une fonction
quadratique en l’état du système, en effet, V (t) = xT (t)P1 x(t). La dérivée par rapport au temps de la
fonction de Lyapunov (2.56) s’explicite :
n
V̇ (t) = ∑ hi (ξ (t))xaT (t)((Asi )T P + PT Asi )xa (t) (2.58)
i=1
Afin d’assurer la stabilité du système (2.54), la condition à satisfaire est V̇ (t) < 0. Ainsi tenant compte
de (2.55) et (2.58), les LMIs à résoudre par rapport à P1 , P2 , P3 et R j , i = 1, . . . , n sont les suivantes :
ATi P1 + P1 Ai P1 Bi CiT P3
∗ −P2 − P2T Ri + DTi P3 < 0 (2.59)
∗ ∗ −P3 − P3T
où xc (t)Rnc est l’état du correcteur et où les matrices Aci , Bci ,Cic et Dci du contrôleur, de dimensions ap-
propriées, sont déterminées pour assurer la stabilité du système augmenté défini ci-dessous.
T
xa (t) = xT (t) xcT (t) uT (t) yT (t)
Comme précédemment, en utilisant l’approche descripteur, à partir des équations du système (2.51) et
de celles du contrôleur dynamique (2.61), nous avons :
n
E ẋa (t) = ∑ hi (ξ (t))Adi xa (t) (2.62)
i=1
2.7. Stabilisation des modèles T-S 21
où E et Adi s’explicitent :
I 0 0 0 Ai 0 Bi 0
0 I 0
0 c c
E = , A d
= 0 Ai 0 Bi (2.63)
0 0 0 0 i 0 C −I Dc
c
i i
0 0 0 0 Ci 0 Di −I
E T P = PT E ≥ 0 (2.65)
En fonction des définitions (2.62) et des contraintes (2.65), la matrice P est choisie sous la forme :
P11 0 0 0
0 P22 0 0
P= 0
(2.66)
0 P33 0
P41 P42 P43 P44
avec
T T
P11 = P11 > 0, P22 = P22 > 0, P33 inversible (2.67)
La dérivée par rapport au temps de la fonction de Lyapunov est alors donnée par :
n
V̇ (t) = ∑ hi (ξ (t))xaT (t)((Adi )T P + PT Adi )xa (t) (2.68)
i=1
Pour assurer la stabilité de (2.62), il suffit de garantir l’inégalité V̇ (t) < 0. Les LMIs à résoudre par
c c c c
rapport à P11 , P22 , P33 , P41 , . . . , P44 , Ai , Bi , Ci et Di pour i = 1, . . . , n sont les suivantes :
Mi11 CiT P42 P11 Bi +CiT P43 + P41
TD
i CiT P44 − P41
T
∗ (Aci )T + Ai c c
(Ci )T + P42TD c
Bi − P42T
i
c <0 (2.69)
∗ ∗ Mi33 Di + Di P44 − P43
T T
∗ ∗ ∗ −P44 − P44T
avec :
TC
Mi11 = ATi P11 + P11 Ai +CiT P41 + P41 i
(2.70)
Mi33 = T + PT D + DT P
−P33 − P33 43 i i 43
pour i = 1, . . . , n.
Les gains du contrôleur sont ainsi donnés par :
c −1 c −1 c
Ai = P22 Ai Bci = P22 Bi
c c (2.71)
Ci = (P33 ) Ci Di = (P33 )−1 Di
c T −1 c T
Remarque 3. Relation entre la stabilisation par retour d’état à base d’observateurs et stabilisation par
retour de sortie dynamique : il est important de noter que la commande par retour d’état observé est
un cas particulier de la commande par retour de sortie dynamique. En effet, si l’on considère le premier
22 Chapitre 2. Introduction à la modélisation, l’estimation et la commande des modèles T-S
cas de figure, nous rappelons que l’observateur et la commande pour le cas mono-modèle (linéaire) sont
donnés par les équations :
˙ = Ax̂(t) + Bu(t) + L(y(t) − ŷ(t))
x̂(t)
ŷ(t) = Cx̂(t) (2.72)
u(t) = −K x̂(t)
2.8 Conclusion
Dans ce chapitre, les concepts de base relatifs aux modèles T-S ainsi que des conditions suffisantes
de stabilité ont été présentés. Ces dernières se basent sur la théorie de Lyapunov et sont écrites sous la
forme de LMI afin d’être résolues pas les outils classiques de l’optimisation convexe. Nous avons ensuite
présenté des méthodes de synthèse d’observateurs pour les différents cas de figure (VDM et VDNM) ainsi
que des contrôleurs assurant la stabilisation des systèmes non linéaires sous forme de modèles T-S. Des
commandes statiques et dynamiques, par retour d’état et de sortie ont été détaillées. L’accent a également
été mis sur le lien entre la stabilisation par retour d’état à base d’observateurs et la stabilisation par retour
de sortie dynamique.
Estimation et diagnostic de systèmes non linéaires à
3
paramètres variants dans le temps
Sommaire
3.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
3.1.1 Défauts, pannes et diagnostic . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
3.1.2 Estimation paramétrique : systèmes variants dans le temps . . . . . . . . . . . 25
3.1.3 Contribution du chapitre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
3.2 Systèmes linéaires à paramètres variants dans le temps . . . . . . . . . . . . . . . 26
3.2.1 Exemple introductif : cas d’un seul paramètre . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
3.2.2 Synthèse d’observateur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
3.2.3 Atténuation du bruit de mesure . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
3.2.4 Exemple numérique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
3.3 Systèmes non linéaires à paramètres variant dans le temps . . . . . . . . . . . . . 36
3.3.1 Synthèse d’observateur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
3.3.2 Application à une station d’épuration d’eau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
3.3.3 Diagnostic de défauts multiplicatifs de capteurs . . . . . . . . . . . . . . . . 48
3.4 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
3.1 Introduction
Dans ce chapitre, nous proposons une nouvelle approche basée sur la ré-écriture polytopique et la
transformation par secteurs non linéaires du comportement de paramètres variants dans le temps. Le
but recherché est la synthèse d’un observateur assurant l’estimation simultanée de l’état et des variations
paramétriques du système en transformant le modèle original à paramètres variants sous forme de modèle
de Takagi-Sugeno (T-S) à variables de décision non mesurables. Les gains de l’observateur sont obtenus
en résolvant un problème d’optimisation exprimé sous forme d’inégalités matricielles linéaires.
23
24 Chapitre 3. Estimation et diagnostic de systèmes non linéaires à paramètres variants dans le temps
Un système physique est souvent soumis à des perturbations, non directement mesurables, qui ont
pour origine des phénomènes extérieurs dûs à l’environnement ou des phénomènes internes liés à des
modifications du système (vieillissement des composants par exemple). Ces perturbations ont des effets
néfastes sur le comportement du système et peuvent être à l’origine de son dysfonctionnement. Pour
garantir, d’une part, la sécurité d’un procédé et de son environnement et, d’autre part, le respect de la
mission qui lui a été confiée, il faut donc connaître à chaque instant et le plus précisément possible son
état de fonctionnement. En particulier, on doit être capable de dire si le fonctionnement est normal ou
si un dysfonctionnement est apparu. Aussi, il est intéressant de connaître la nature de ce dysfonctionne-
ment (panne de capteurs, d’actionneurs, défauts de transmission d’information, etc.) ; c’est l’objectif du
diagnostic.
Un défaut est un évènement qui agit sur un système, il peut changer ses propriétés et modifier sa dy-
namique conduisant à une dégradation des performances du procédé voir à son instabilité (Isermann
[1997]). Les défauts proviennent essentiellement des actionneurs (défaillance au niveau de la partie opé-
rative conduisant à la perte d’une action de commande sur le système), des capteurs (l’information récu-
pérée ne correspond pas à la valeur de la grandeur physique à mesurer), ou du procédé lui-même (défauts
système qui reflètent un changement dans les paramètres du système, ce qui induit un changement du
comportement dynamique de ce dernier) (Staroswiecki et Gehin [2001], Blanke et al. [2003]).
Les défauts sont également classés en défauts additifs et défauts multiplicatifs. Les premiers représentés
par des signaux externes et non par des changements dans les matrices du système sont plus faciles à
traiter, d’où l’idée de transformer des défauts multiplicatifs sous forme additive dans la plupart des tra-
vaux sur le sujet (Noura et al. [2000], Rodrigues [2005]).
Les problèmes associés à l’amélioration des performances des systèmes, de leur efficacité, fiabilité et
sécurité, nécessitent la mise en place de systèmes de surveillance et de diagnostic performants et précis.
Différents travaux sur le sujet peuvent être cités comme référence (Blanke et al. [2003], Maquin et Ragot
[2000], Chen et Patton [1999], Ragot et al. [1990]). Deux catégories d’approches pour le diagnostic
peuvent être répertoriées, celles basées sur les signaux et celles basées sur les modèles. Les premières
détectent les défauts en testant des propriétés spécifiques (contenu spectral par exemple) de différents
signaux de mesure des entrées-sorties du système. La seconde catégorie d’approches est basée sur l’uti-
lisation d’un modèle mathématique. Ces méthodes s’appuient sur la comparaison du comportement ob-
servé et du comportement attendu (prédit par un modèle) du système. Elles sont généralement constituées
de deux étapes : la génération des résidus et leur évaluation grâce à un système de décision (Isermann
[2006], Chen et Patton [1999], Ichalal et al. [2009b]). Le rôle de ce système de décision est de détermi-
ner si l’évolution des résidus est significative pour conclure de l’occurrence d’un défaut. Si la détection
de l’occurrence d’un défaut est en général assez aisée, en revanche, les tâches de localisation (isolation)
et d’évaluation (amplitude et variation) sont beaucoup plus délicates.
La technique la plus répandue pour la localisation de défauts est celle basée sur les bancs d’observateurs.
En effet, une analyse des résidus issus de ces observateurs couplée à une logique de décision (table des
signatures), connue sous le nom de column matching (Gertler [1988], Gertler [1991], Gertler [1998]),
permet de localiser les défauts (Ding [2008], Isermann [2006]). Pour l’évaluation des défauts, plusieurs
approches peuvent être citées, dont celles basées sur les observateurs à entrées-inconnues ou sur l’esti-
mation paramétrique.
Les observateurs à entrées inconnues sont largement utilisés pour le diagnostic de défauts systèmes
en présence d’incertitudes afin de rendre les résidus insensibles aux incertitudes considérées. Plusieurs
travaux sur le sujet peuvent être cités (Hou et Muller [1992], Darouach et al. [1994], Chang [1997],
de Oliveira et al. [1999]). Une des approches ayant rencontré le plus de succès dans la littérature est
celle qui se base sur le découplage. L’idée consiste à rendre l’erreur d’estimation d’état indépendante
3.1. Introduction 25
des entrées inconnues (EIs) (Basile et Marro [1969], Yang et Wilde [1988], Chang [1997], Chen et Chen
[2010], Hammouri et Tmar [2010]). L’inconvénient majeur de cette méthode est la condition de rang
sur certaines matrices du système, qui devient d’autant plus restrictive que le nombre d’entrées incon-
nues croit. L’autre approche consiste en l’estimation simultanée des EIs et des états du système par
des observateurs PI (proportionel intégral). Des exemples peuvent être trouvés dans (Shumsky [2008],
Ichalal et al. [2009b] et Ichalal et al. [2009a]), cependant les développements proposés ne considèrent
que le cas d’EIs constantes. Des extensions ont été proposées, dans (Lendek et al. [2010]) par exemple,
le cas d’EIs sous forme polynomiale a été traité. Dans (Marx et al. [2007]), les auteurs proposent une
méthode pour l’estimation d’état et le diagnostic à base d’observateur de systèmes T-S sous forme des-
cipteur.
Dans (Bezzaoucha et al. [2011b]), un observateur pour des systèmes linéaires discrets en présence d’en-
trées inconnues en relaxant les contraintes structurelles d’observabilité des EIs a été proposé. Le principe
retenu consiste à caractériser la classe d’entrées inconnues pour laquelle le découplage exact de l’er-
reur d’estimation d’état par rapport à l’entrée inconnue, sans aucune condition de rang, en explicitant de
façon analytique la famille des solutions de type exponentiel. Par la suite, ce principe a été étendu en dé-
composant n’importe quelle entrée inconnue en deux termes. Le premier écrit sous forme d’une somme
d’exponentielles assurant les conditions du découplage exact de l’erreur d’estimation d’état. L’effet du
terme restant sur l’estimation d’état est alors atténué par l’approche L2 . Une stratégie de placement de
pôles a également été appliquée afin d’améliorer les performances de l’observateur synthétisé et illustré
par une application au diagnostic de défauts capteurs avec génération de résidus et banc d’observateurs
proposée dans (Bezzaoucha et al. [2011a]).
Pour l’estimation de pannes multiplicatives (défauts paramètres), une solution serait de considérer des
méthodes d’estimation par l’identification en ligne de système, ou par des observateurs adaptatifs. Le
diagnostic peut être établi en comparant les valeurs de paramètres estimés en ligne avec leurs valeurs
nominales, en mode non défaillant (absence de panne), supposées connues. L’identification en ligne se
complique dans le cas des systèmes à variables d’état non directement mesurables, rendant l’estimation
en-ligne des paramètres beaucoup plus difficile.
Dans ce qui suit, une attention particulière a été portée à l’estimation simultanée des états et des para-
mètres variants dans le temps (représentant des défauts non additifs système, actionneurs, ou capteurs)
aussi bien pour les systèmes linéaires que non linéaires.
rables est souvent conduite sur la base de filtres de Kalman étendus. Le vecteur d’état est augmenté du
nombre de paramètres à estimer et les paramètres cinétiques sont ainsi considérés comme des états sup-
plémentaires. Cependant, le problème de cette approche est l’absence de garantie de convergence et de
stabilité, ainsi que la difficulté associée au réglage des paramètres (Chamilothoris [1987], Dimitratos et al.
[1991], Valdes-Gonzalez [2002]). Il existe aussi des observateurs dont les applications sont plus restric-
tives mais dont la convergence a été démontrée, tels que ceux utilisés dans la méthode dite Recursive
Prediction Error (RPE). Cette méthode permet d’estimer simultanément l’état et les paramètres d’un
procédé selon une procédure hiérarchique à deux niveaux. L’état est estimé par un filtre de Kalman
et l’estimation des paramètres est réalisée de manière récursive en minimisant une fonction quadra-
tique de l’erreur de prédiction, par la méthode du gradient (Ljung [1979], Ljung et Sodeström [1983],
Valdes-Gonzalez [2002]). Par contre, dans le cas où les systèmes sont non linéaires, la synthèse d’ob-
servateurs d’état est plus délicate et les approches envisageables utilisent des algorithmes linéaires ap-
pliqués à une approximation des systèmes non linéaires, ou des algorithmes non linéaires spécifiques,
ne servant qu’à la classe de systèmes pour lesquels ils ont été conçus (Dochain [1986], Gauthier et al.
[1992], Alcorta Garcia et Frank [1997], Valdes-Gonzalez [2002], Carlos-Hernandez et al. [2009]).
Une approche efficace ayant rencontré un grand succès ces dernières années est la ré-écriture du système
non linéaire sous une forme plus simple qui est celle d’un modèle T-S. Ce dernier est obtenu, sans ap-
proximation, à partir du modèle non linéaire par la transformation en secteurs non linéaires (SNT) (voir
section 2.3).
Dans le présent chapitre, cette ré-écriture en système T-S est exploitée pour la synthèse d’observateurs de
systèmes à paramètres variants dans le temps. L’approche proposée a l’avantage d’être systématique, sans
approximation, ni perte d’information et ne nécessite pas de connaissance préalable du comportement
des paramètres, hormis leurs bornes et sur condition d’identifiabilité des paramètres.
où Li ∈ R nx ×m , Ki ∈ R 1×m sont les gains d’observateur et αi des scalaires positifs à déterminer de façon
à ce que les estimés de l’état et du paramètre, x̂(t) et θ̂ (t), convergent vers ceux de x(t) et θ (t).
Il est important de noter que le problème d’estimation n’est pas aisé puisque les fonctions poids du
système (3.6) dépendent de θ (t) alors que celles de l’observateur (3.8) dépendent de θ̂ (t).
Soit l’erreur d’estimation d’état ex (t) définie comme suit :
En se basant sur la propriété de somme convexe des fonctions poids, l’équation d’état (3.6) peut cepen-
dant se ré-écrire comme suit :
2 2
ẋ(t)=∑ µi (θ̂ (t)) (Ai x(t) + Bi u(t)) + ∑ µi (θ (t)) − µi (θ̂ (t) (Ai x(t) + Bi u(t)) (3.10)
i=1 i=1
Cette écriture permet une comparaison directe entre x(t) et x̂(t) puisque µi (θ̂ (t)) apparaît maintenant
dans les expressions des deux états.
Définissons les quantités jouant le rôle de perturbations ou d’incertitudes :
2
∆A(t) = ∑ (µi (θ (t)) − µi (θ̂ (t)))Ai
i=1
= AΣA (t)EA
2 (3.11)
∆B(t) = ∑ (µi (θ (t)) − µi (θ̂ (t)))Bi
i=1
= BΣB (t)EB
avec
δ1 (t)Inx 0 T
A= A1 A2 , ΣA (t) = , EA = Inx Inx
0 δ2 (t)Inx
(3.12)
δ1 (t)Inu 0 T
B= B1 B2 , ΣB (t) = , EB = Inu Inu
0 δ2 (t)Inu
Grâce à la propriété (3.5), pour i = 1, 2, nous avons :
Le système (3.10) est alors écrit sous forme d’un système incertain donné par :
2
ẋ(t) = ∑ µi (θ̂ (t)) ((Ai + ∆A(t))x(t) + (Bi + ∆B(t))u(t)) (3.15)
i=1
A partir des équations (3.15), (3.8) et (3.9), la dynamique de l’erreur d’estimation d’état s’explicite :
2
ėx (t) = ∑ µi (θ̂ (t)) ((Ai − LiC)ex (t) + ∆A(t)x(t) + ∆B(t)u(t)) (3.16)
i=1
avec
Ai − LiC 0 ∆A(t) 0 0 ∆B(t)
Φi = , Ψi (t) = (3.21)
−KiC −αi 0 αi I 0
Notre objectif est la synthèse d’un observateur joint pour l’état x(t) et le paramètre θ (t) garantissant une
atténuation L2 du transfert de ω (t) vers ea (t). La détermination des gains de l’observateur s’appuie sur
le théorème suivant.
Théorème 2. L’observateur (3.8) pour le système linéaire variant dans le temps (3.1) garantit que le
gain L2 du transfert de ω (t) vers ea (t) est borné par β , s’il existe des matrices P0 = P0T > 0, Γ02 =
(Γ02 )T , Γ32 = (Γ32 )T > 0, Fi , Ri , des scalaires positifs P1 , β , λ1 , λ2 , Γ12 , Γ22 , et α i solution du problème
d’optimisation (3.22) sous les contraintes LMI (3.23) et (3.24) (pour i = 1, 2)
min β (3.22)
P0 ,P1 ,Ri ,Fi ,α i ,λ1 ,λ2 ,Γ02 ,Γ12 ,Γ22 ,Γ32
Remarque 5. L’atténuation L2 du transfert de ω (t) vers ea (t) n’est possible que sous la condition que
toutes les composantes du vecteur ω (t) soient bornées et que les incertitudes ∆A (t) ne déstabilisent pas
le système.
30 Chapitre 3. Estimation et diagnostic de systèmes non linéaires à paramètres variants dans le temps
Considérant l’équation (3.20), le but de la synthèse est d’atténuer l’effet du vecteur de perturbation ω (t)
sur ea (t). Ainsi, pour garantir la stabilité de (3.20) et la minimisation du transfert de ω (t) à ea (t), le
critère suivant est considéré :
avec
Γ2 = diag(Γk2 ), Γk2 < β I, pour k = 0, 1, 2, 3 (3.29)
tel que les constantes Γk2 permettent d’atténuer le transfert de certaines composantes de ω (t) sur celles
de ea (t).
Avec (3.27), (3.28) devient :
T
2
ea (t) ΦTi P + PΦi + I PΨi (t) ea (t)
∑ µij (θ̂ (t))
ω (t) ΨTi (t)P −Γ2 ω (t)
<0 (3.30)
i=1
avec :
Q11
i −CT KiT P1 0 0 0 0
∗ Q22
i 0 P α
1 i P1 0
∗ ∗ −Γ20 0 0 0
Qi =
(3.33)
∗ ∗ ∗ −Γ12 0 0
∗ ∗ ∗ ∗ −Γ22 0
∗ ∗ ∗ ∗ ∗ −Γ32
Lemme 3. (Zhou et Khargonekar [1988]) Soient deux matrices X et Y avec des dimensions appropriées,
une matrice ∆(t) fonction du temps et un scalaire positif ε . Alors, la propriété suivante est vérifiée pour
∆T (t)∆(t) ≤ I :
X T ∆T (t)Y +Y T ∆(t)X ≤ ε X T X + ε −1Y T Y (3.36)
Compte tenu de l’expression (3.35), pour des scalaires positifs λ1 et λ2 , nous avons :
Q1 0 0 0 0 0
0 0 0 0 0 0
0 0 λ1 EAT EA 0 0 0
Q(t) + Q (t) <
T
(3.37)
0 0 0 0 0 0
0 0 0 0 0 0
0 0 0 0 0 λ2 EBT EB
avec :
Q1 = λ1−1 P0 AAT P0 + λ2−1 P0 BB T P0 (3.38)
De l’inégalité (3.37) et de la propriété de somme convexe des fonctions d’activation µi (θ̂ (t)), la condition
(3.32) est vérifiée si la suivante l’est :
Q11 T T
i + Q1 −C Ki P1 0 0 0 0
∗ 22
Qi 0 P1 αi P1 0
∗ ∗ −Γ02 + λ1 EAT EA 0 0 0
Qi =
(3.39)
∗ ∗ ∗ −Γ12 0 0
∗ ∗ ∗ ∗ −Γ22 0
∗ ∗ ∗ ∗ ∗ −Γ32 + λ2 EBT EB
En appliquant un complément de Schur sur le terme Q1 , les LMIs (3.39), équivalentes à (3.24), im-
pliquent (3.32) et donc l’atténuation L2 du transfert de ω (t) à ea (t), ce qui achève la preuve.
Dans l’objectif d’améliorer les résultats précédents, les conditions (3.24) peuvent être relaxées grâce
à la propriété de somme convexe (3.5) des fonctions d’activation µi (t) (3.4). Ainsi, sachant que
(3.15) devient :
2
ẋ(t) = ∑ µi (θ̂ (t)) ((Ai + ∆A(t))x(t) + (Bi + ∆B(t))u(t)) (3.42)
i=1
∆A(t) = δ1 (t)(A1 − A2 )
∆B(t) = δ1 (t)(B1 − B2 ) (3.43)
δ1 (t) = µ1 (θ (t)) − µ1 (θ̂ (t))
En se basant sur les mêmes développements que précédemment, le théorème suivant est établi :
32 Chapitre 3. Estimation et diagnostic de systèmes non linéaires à paramètres variants dans le temps
Théorème 3. L’observateur (3.8) pour le système linéaire variant dans le temps (3.1) garantit que le
gain L2 du transfert de ω (t) vers ea (t) est borné par β , s’il existe des matrices P0 = P0T > 0, Λ1 = ΛT1 ,
Λ2 = ΛT2 , Γ02 = (Γ02 )T , Γ32 = (Γ32 )T > 0, Fi et Ri ainsi que des scalaires positifs P1 , Γ12 , Γ22 et α i solution
du problème d’optimisation (3.44) sous les contraintes LMI (3.45) et (3.46) (pour i = 1, 2)
min β (3.44)
P0 ,P1 ,Ri ,Fi ,α i ,Λ1 ,Λ2 ,Γ02 ,Γ12 ,Γ22 ,Γ32
Démonstration. La preuve du théorème 3 est basée exactement sur les mêmes étapes que celles du
théorème 2. La différence entre les deux théorèmes réside dans les blocs Λ1 et Λ2 . En effet, pour le
théorème 2, les deux éléments étaient scalaires, alors que grâce à la propriété de somme convexe, pour
le théorème 3, les deux blocs sont à présent des matrices, ce qui par conséquent relaxe les conditions à
satisfaire.
où b(t) correspond au bruit de mesure. Les matrices A(t) et B(t) ont déjà été définies en (3.2).
L’observateur état-paramètre est défini de forme identique à (3.8).
Considérons les vecteurs augmentés ea (t) et ω (t)
ex (t) T
ea (t) = , ω (t) = xT (t) θ T (t) θ̇ T (t) uT (t) bT (t) (3.49)
eθ (t)
2
ėa (t) = ∑ µi (θ̂ (t)) (Φi ea (t) + Ψi (t)ω (t)) (3.50)
i=1
3.2. Systèmes linéaires à paramètres variants dans le temps 33
avec
Ai − LiC 0 ∆A(t) 0 0 ∆B(t) −Li G
Φi = , Ψi (t) = (3.51)
−KiC −αi 0 αi I 0 −Ki G
Le nouvel objectif est d’atténuer l’effet du paramètre θ (t) et du bruit b(t) sur les estimations d’état et de
paramètre. Le calcul des gains de l’observateur est détaillé dans le théorème suivant.
Théorème 4. L’observateur robuste (3.8) pour le système linéaire variant dans le temps (3.48) soumis
au bruit de mesure b(t) garantit que le gain L2 du transfert de ω (t) vers ea (t) est borné par β (β > 0)
s’il existe des matrices P0 = P0T > 0, Λ1 = ΛT1 , Λ2 = ΛT2 , Γ02 = (Γ02 )T , Γ32 = (Γ32 )T > 0, Γ42 = (Γ42 )T > 0,
Fi , Ri ainsi que des scalaires positifs P1 , Γ12 , Γ22 et α i solution du problème d’optimisation (3.52) sous les
contraintes LMI (3.53) et (3.54)
min β (3.52)
P0 ,P1 ,Ri ,Fi ,α i ,Λ1 ,Λ2 ,,Γ02 ,Γ12 ,Γ22 ,Γ32
Démonstration. La preuve du théorème 4 est similaire aux deux précédentes et est donc omise.
Le bruit de mesure b(t) est défini par une distribution normale de moyenne nulle et de variance égale à
15% de l’amplitude de la sortie affectant le système (3.56) avec G = I2 . Les gains de l’observateur sont
calculés selon la procédure du théorème 4. Les états x(t) et le paramètre θ (t) ainsi que leurs estimés sont
représentés respectivement par les figures 3.3 et 3.4. Le système est initialisé avec x0 = 2 1 2 ,
l’observateur de l’état et du paramètre est initialisé par x̂0 = 0 0 0 et θ̂0 = (0).
10
5
x1n(t) et x1(t)
0
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
2
1 x2n(t) et x2(t)
0
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
5
x3n(t) et x3(t)
0
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
Figure 3.1 – Système nominal (bleu) et système avec variation paramétrique (rouge)
4.5
3.5
2
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
Des figures obtenues, on peut conclure sur l’efficacité et la robustesse de l’approche proposée, y
compris en présence de bruits de mesure.
3.2. Systèmes linéaires à paramètres variants dans le temps 35
10
5
Etat x1(t) et x̂1 (t)
0
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
2
0.5
−0.5
0 50 100 150 200
avec θ (t) = [ θ1 (t) . . . θn (t) ]T et les matrices Ai (θ (t)) et Bi (θ (t)) affines en θ (t), telles que :
n n
Ai (θ (t)) = Ai + ∑ θ j (t)Ai j , Bi (θ (t)) = Bi + ∑ θ j (t)Bi j (3.58)
j=1 j=1
Remarque 6. Dans cette présentation, on suppose que les matrices Ai (θ (t)) et Bi (θ (t)) dépendent des
mêmes paramètres θ j (t). Cependant, si une matrice Ai (resp. Bi ) ne dépend pas d’un des paramètres
θ j (t), alors Ai j (resp. Bi j ) dans (3.58) est nulle.
Par exemple, si les matrices Ai (θa (t)) (resp. Bi (θb (t))) dépendent de θa ∈ Rna (resp θb ∈ Rnb ), elles
peuvent alors être définies comme en (3.58) avec θ (t) = [ θaT (t), θbT (t) ]T , n = na + nb , Ai j = 0 pour
j = na + 1, . . . , n et Bi j = 0 pour j = 1, . . . , na .
En se basant sur la transformation par secteurs non linéaires (SNT) (Tanaka et Wang [2001]), chaque
paramètre θ j (t) est exprimé en fonction de ses bornes maximale et minimale, respectivement notées θ j1
et θ j2 :
θ j (t) = µ
e 1j (θ j (t))θ j1 + µ
e 2j (θ j (t))θ j2 (3.59)
où les fonctions µ
e 1j (θ j (t)) et µ
e 2j (θ j (t)) définies par :
θ j (t) − θ j2 θ j1 − θ j (t)
µ
e 1j (θ j (t)) = ,µ
e 2j (θ j (t)) = (3.60)
θ j1 − θ j2 θ j1 − θ j2
µ
e 1j (θ j (t)) + µ
e 2j (θ j (t)) = 1, 0 ≤ µ
e ij (θ j (t)) ≤ 1, ∀t (3.61)
Afin d’écrire les matrices Ai (θ (t)) et Bi (θ (t)) sous forme polytopique, de (3.61), nous avons :
n n 1
∑ θ j (t)Ai j = ∑ (µ
e j (θ j (t))θ j1 + µ
e 2j (θ j (t))θ j2 )Ai j
j=1 j=1 " " ##
n n 2 (3.63)
1
= ∑ (µe j (θ j (t))θ j + µe j (θ j (t))θ j )Ai j
1 2 2
∏ ∑ µ
ekm (θk (t))
j=1 k=1,k6= j m=1
3.3. Systèmes non linéaires à paramètres variant dans le temps 37
avec n
σ kj
µ
e j ( θ (t)) = ∏ µ
e k (θk (t))
k=1
n
σk
Ai j = Ai + ∑ θk j Aik (3.65)
k=1
n
σk
Bi j = Bi + ∑ θk j Bik
k=1
Pour n paramètres, 2n sous modèles sont obtenus. Il est important de noter que les matrices Ai (θ (t)) et
2n
Bi (θ (t)) sont obtenues avec des fonctions poids convexes µ
e j (θ (t)) vérifiant ∑ µe j (θ (t)) = 1, où les in-
i=1
dices σ kj ( j = 1, . . . , 2n , k = 1, . . . , n), égaux soit à 1 soit à 2, indiquent quelle partition du k ième paramètre
(µ
ek1 ou µek2 ) est considérée dans le j ième sous-modèle.
La relation entre j et σ kj est donnée par l’équation suivante :
avec Li j ∈ R nx ×m , Ki j ∈ R n×m et αi j ∈ R n×n sont les gains de l’observateur à déterminer pour assurer
la convergence des valeurs estimées de l’état et du vecteur de paramètres vers la valeur de x(t) et θ (t).
Soit le vecteur d’erreur d’estimation ex (t) :
ex (t) = x(t) − x̂(t) (3.69)
38 Chapitre 3. Estimation et diagnostic de systèmes non linéaires à paramètres variants dans le temps
j : (σ 1j , σ 2j , σ 3j ) µ
e j (θ (t)) Ai j
1 : (1, 1, 1) µ
e11 (θ1 (t)) × µ
e21 (θ2 (t)) × µ
e31 (θ3 (t)) Ai + θ11 Ai1 + θ21 Ai2 + θ31 Ai3
2 : (1, 1, 2) µ
e11 (θ1 (t)) × µ
e21 (θ2 (t)) × µ
e32 (θ3 (t)) Ai + θ11 Ai1 + θ21 Ai2 + θ32 Ai3
3 : (1, 2, 1) µ
e11 (θ1 (t)) × µ
e22 (θ2 (t)) × µ
e31 (θ3 (t)) Ai + θ11 Ai1 + θ22 Ai2 + θ31 Ai3
4 : (1, 2, 2) µ
e11 (θ1 (t)) × µ
e22 (θ2 (t)) × µ
e32 (θ3 (t)) Ai + θ11 Ai1 + θ22 Ai2 + θ32 Ai3
5 : (2, 1, 1) µ
e12 (θ1 (t)) × µ
e21 (θ2 (t)) × µ
e31 (θ3 (t)) Ai + θ12 Ai1 + θ21 Ai2 + θ31 Ai3
6 : (2, 1, 2) µ
e12 (θ1 (t)) × µ
e21 (θ2 (t)) × µ
e32 (θ3 (t)) Ai + θ12 Ai1 + θ21 Ai2 + θ32 Ai3
7 : (2, 2, 1) µ
e12 (θ1 (t)) × µ
e22 (θ2 (t)) × µ
e31 (θ3 (t)) Ai + θ12 Ai1 + θ22 Ai2 + θ31 Ai3
8 : (2, 2, 2) µ
e12 (θ1 (t)) × µ
e22 (θ2 (t)) × µ
e32 (θ3 (t)) Ai + θ12 Ai1 + θ22 Ai2 + θ32 Ai3
Tableau 3.1 – Transformation par secteurs non linéaires : exemple à trois paramètres
Comme pour le cas linéaire, la présence de variables de décision non mesurables ne permet pas de déduire
directement la dynamique des erreurs de reconstruction. La solution est encore une fois, la ré-écriture
sous la forme d’un système incertain :
r 2n
ẋ(t) = ∑ ∑ µi (x̂(t))µ
e j (θ̂ (t))(Ai j x(t) + Bi j u(t))+
i=1 j=1
µi (x(t))µ
e j (θ (t)) − µi (x̂(t))µ
e j (θ̂ (t)) (Ai j x(t) + Bi j u(t)) (3.70)
En effet, cette forme permet une meilleure comparaison entre x(t) et x̂(t), puisque le terme µi (x̂(t))µ
e j (θ̂ (t))
apparaît non seulement dans (3.68), mais également dans (3.70). Soient :
r 2n
∆A(t) = ∑∑ µi (x(t))µ
e j (θ (t)) − µi (x̂(t))µ
e j (θ̂ (t)) Ai j
(3.71)
i=1 j=1
= AΣA (t)EA
r 2n
∆B(t) = ∑∑ µi (x(t))µ
e j (θ (t)) − µi (x̂(t))µ
e j (θ̂ (t)) Bi j
(3.72)
i=1 j=1
= BΣB (t)EB
avec
A = A11 . . . Ar2n , ΣA (t) = diag(δ11 (t)Inx , . . . , δr2n (t)Inx ),
B = B11 . . . Br2n , ΣB (t) = diag(δ11 (t)Inu , . . . , δr2n (t)Inu ),
T T (3.73)
EA = Inx . . . Inx , EB = Inu . . . Inu
δi j (t) = µi (x(t))µ
e j (θ (t)) − µi (x̂(t))µ
e j (θ̂ (t))
Puisque µi (x(t)) et µej (θ (t)) satisfont (3.5), de la définition (3.73), on déduit que les matrices ΣA (t) et
ΣB (t) sont bornées et que :
ΣTA (t)ΣA (t) ≤ I, ΣTB (t)ΣB (t) ≤ I (3.74)
3.3. Systèmes non linéaires à paramètres variant dans le temps 39
A partir de (3.71) et (3.72), le système (3.70) est alors écrit sous la forme suivante :
r 2n
ẋ(t) = ∑ ∑ µi (x̂(t))µ
e j (θ̂ (t))((Ai j + ∆A(t))x(t) + (Bi j + ∆B(t))u(t)) (3.75)
i=1 j=1
De (3.68), (3.75), (3.69) et (3.76) la dynamique des erreurs d’estimation d’état et des paramètres s’expli-
cite : nr 2
ėa (t) = ∑ ∑ µi (x̂(t))µ
e j (θ̂ (t)) (Φi j ea (t) + Ψi j (t)ω (t)) (3.77)
i=1 j=1
avec
ex (t) T
ea (t) = , ω (t) = xT (t) θ T (t) θ̇ T (t) uT (t) (3.78)
eθ (t)
et
A i j − Li j C 0 ∆A(t) 0 0 ∆B(t)
Φi j = , Ψi j (t) = (3.79)
−Ki jC − αi j 0 αi j I 0
Compte tenu de (3.77), l’objectif à atteindre est la synthèse d’un observateur simultané pour l’état et les
paramètres minimisant le transfert L2 de ω (t) à ea (t). Le calcul des gains de l’observateur Ki j , Li j et αi j
est détaillé au théorème 5 suivant.
Théorème 5. L’observateur (3.68) pour un système T-S non linéaire variant dans le temps (3.57) géné-
rant l’erreur d’estimation ea (t) (3.77) permet une atténuation L2 du transfert de ω (t) vers ea (t) bornée
par β (β > 0), si l’on peut résoudre le problème d’optimisation (3.80) sous les contraintes LMI (3.81) et
(3.82) pour des matrices symétriques définies positives P0 ∈ Rnx ×nx , P1 ∈ Rn×n , des matrices Γ02 ∈ Rnx ×nx ,
Γ12 ∈ Rn×n , Γ22 ∈ Rn×n , Γ32 ∈ Rnu ×nu et des scalaires positifs β , λ1 , λ2 > 0 (avec i = 1, . . . , r et j = 1, 2n ,)
min β (3.80)
P0 ,P1 ,Ri j ,Fi j ,α i j ,λ1 ,λ2 ,Γk2
avec :
Γk2 < β I pour k = 0, 1, 2, 3 (3.81)
Q11
ij −CT FiTj 0 0 0 0 P0 A P0 B
∗ Q22 0 αi j P1 0 0 0
ij
∗ ∗ Q33 0 0 0 0 0
ij
1
∗ ∗ ∗ −Γ2 0 0 0 0
<0 (3.82)
∗ ∗ ∗ ∗ −Γ22 0 0 0
∗ ∗ ∗ ∗ ∗ Q66
ij 0 0
∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ −λ1 I 0
∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ 0 −λ2 I
et
i j = P0 Ai j + Ai j P0 − Ri jC −C Ri j + Inx , Qi j = −α i j − α i j + In
T
Q11 T T T 22
(3.83)
i j = −Γ2 + λ1 EA EA , Qi j = −Γ2 + λ2 EB EB
Q33 0 T 66 3 T
Compte tenu de (3.77), sa dérivée par rapport au temps est donnée par :
r 2n
V̇ (ea (t)) = ∑ ∑ µi (x̂(t))µe j (θ̂ (t)) eTa (t)(ΦTij P + PΦi j )ea (t)
i=1 j=1 i (3.86)
+ea (t)PΨi j (t)ω (t) + ω T (t)ΨTij (t)Pea (t)
T
L’atténuation L2 du transfert de ω (t) à ea (t) est bornée par β si la condition suivante est vérifiée :
Pour simplifier la résolution de (3.89), la matrice de Lyapunov P est choisie bloc diagonale :
P = diag(P0 , P1 ) (3.90)
11
Qi j = P0 Ai j + ATij P0 − P0 Li jC −CT LiTj P0 + Inx (3.93)
0 0 P0 ∆A(t) 0 0 P0 ∆B(t)
0 0 0 0 0 0
0 0 0 0 0 0
Q(t) =
0 0
(3.94)
0 0 0 0
0 0 0 0 0 0
0 0 0 0 0 0
3.3. Systèmes non linéaires à paramètres variant dans le temps 41
Avec (3.71) et (3.72), le terme dépendant du temps (3.94) se met sous la forme :
T T
P0 A 0 P0 B 0
0 0 0 0
0 EA 0 0
Q(t) = ΣA (t) + ΣB (t) (3.95)
0 0 0 0
0 0 0 0
0 0 0 EB
avec :
Q1 = λ1−1 P0 AAT P0 + λ2−1 P0 BB T P0 (3.97)
pour i = 1, . . . , r et j = 1, . . . , 2n .
De l’inégalité (3.96) et de la propriété de somme convexe des fonctions µi (x̂(t)) et µ
e j (θ̂ (t)), la condition
(3.91) devient :
11
Qi j + Q1 −CT KiTj P1 0 0 0 0
∗ −P1 αi j − αiTj P1 + In 0 P1 αi j P1 0
Qi j = ∗ ∗ −Γ2 + λ1 EA EA
0 T 0 0 0
1 (3.98)
∗ ∗ ∗ −Γ2 0 0
∗ ∗ ∗ ∗ −Γ22 0
∗ ∗ ∗ ∗ ∗ −Γ2 + λ2 EB EB
3 T
x(t) = [XDCO (t) SO (t) XBH (t) SNH (t) SNO (t) XBA (t)]T (3.99)
42 Chapitre 3. Estimation et diagnostic de systèmes non linéaires à paramètres variants dans le temps
où les variables qin (t) et qa (t) représentent respectivement les débits d’entrée et le débit d’air dans le
bioréacteur et XDCO,in (t) la concentration de la matière organique à l’entrée du récateur.
Les équations dynamiques décrivant le système sont les suivantes :
ẊDCO (t) = − Y1 [ϕ1 (t) + ϕ2 (t)] + (1 − f p )(ϕ4 (t) + ϕ5 (t)) + D1 (t)
h
Yh −1
Yh ϕ1 (t) + ϕ3 (t) + D2 (t)
Ya −4.57
ṠO (t) = Ya
h i
Ṡ (t) = −ixb [ϕ1 (t) + ϕ2 (t)] − ixb + Y1a ϕ3 (t)
NH
+(ixb − f p ixp )[ϕ4 (t) + ϕ5 (t)] + D3 (t) (3.102)
Yh −1
2.86Yh ϕ2 (t) + Ya ϕ3 (t) + D4 (t)
1
ṠNO (t) =
ẊBH (t) = ϕ1 (t) + ϕ2 (t) − ϕ4 (t) + D5 (t)
ẊBA (t) = ϕ3 (t) − ϕ5 (t) + D6 (t)
où Ya , Yh , f p ,ixb , ixp sont des coefficients constants et ϕ1 (t), · · · , ϕ5 (t) sont donnés par :
XDCO (t) SO (t)
ϕ1 (t) = µh K KOH +SO (t) XBH (t)
DCO +XDCO (t)
XDCO (t) SNO (t)
ϕ2 (t) = µh ηNOg K KOH
KNO +SNO (t) KOH +SO (t) XBH (t)
DCO +XDCO (t)
SNH (t) SO (t) (3.103)
ϕ3 (t) = µa K KO,A +SO (t) XBA (t)
NH,A +SNH (t)
ϕ4 (t) = bH XBH (t)
ϕ5 (t) = bA XBA (t)
En se basant sur les hypothèses simplificatrices proposées par (Weijers [2000]) et sur le benchmark
considéré (Alex et al. [1999]), la concentration de l’oxygène dissout à l’entrée du réacteur (SO,in (t)) est
= 0 et XBA,in (t) ∼
considérée comme nulle, ainsi SNO,in (t) ∼ = 0. Le bilan entrée/sortie est alors exprimé par
3.3. Systèmes non linéaires à paramètres variant dans le temps 43
le vecteur D(t) :
D1 (t) = Din (t) [XDCO,in (t) − XDCO (t)]
h i
fr (1− fw )
D6 (t) = Din (t) −XBA (t) + fr + fw XBA (t)
h i
fw (1+ fr )
D5 (t) = Din (t) XBH,in (t) − fr + fw XBH (t)
h i
fw (1+ fr )
D6 (t) = Din (t) −XBA (t) − fr + fw XBA (t)
qin (t)
avec Din (t) = V (V étant le volume du réacteur).
où a1,1 (ξ1 ) = a3,3 (ξ1 ) = a4,4 (ξ1 ) = −b1,1 (ξ1 ) = −ξ1 (t) et :
µ η
a1,5 (ξ2 , ξ3 ) = − Yµhh ξ2 (t) + (1 − f p ) bH − h YhNOg ξ3 (t)
a1,6 = (1 − f p ) ba
a2,2 (ξ1 , ξ4 ) = −ξ1 (t) − K qa − 4.57−Y Ya
a
µa ξ4 (t)
a2,5 (ξ2 ) = Yh −1
Yh µ ξ
h 2 (t)
a3,2 (ξ4 ) = −(ixb + Y1a )µa ξ4 (t)
a3,5 (ξ2 , ξ3 ) = (ixb − f p ixp )bH − ixb µh ξ2 (t) − ixb µh ηNOg ξ3 (t)
a3,6 = (ixb − f p ixp ) bA
a4,2 (ξ4 ) = Ya µA ξ4 (t)
1
Les variables de prémisse ξ j (t) ( j = 1, . . . , 4) sont ré-écrites grâce à la transformation par secteurs non
linéaires :
où les scalaires ξ j,2 , ξ j,1 et les fonctions Fj,1 (ξ j ), Fj,2 (ξ j ) sont définis par :
ξ j,1 = max ξ j (t) , ξ j,2 = min ξ j (t) (3.109)
x,u x,u
ξ j (t) − ξ j,2 ξ j,1 − ξ j (t)
Fj,1 (ξ j (t)) = , Fj,2 (ξ j (t)) = (3.110)
ξ j,1 − ξ j,2 ξ j,1 − ξ j,2
Afin d’obtenir la structure T-S du système quasi-LPV (3.106), chaque variable ξ j (t) est décomposée se-
4
lon (3.108) puis multipliée par ∏ (Fj,1 + Fj,2 ) = 1. Les fonctions poids obtenues sont données par :
k=1, k6= j
µi (ξ (t)) = F1,σi1 (ξ1 (t))F2,σi2 (ξ2 (t))F3,σi3 (ξ3 (t))F4,σi4 (ξ4 (t)) (3.111)
Les matrices Ai (θ (t)) et Bi (θ (t)) sont obtenues en posant ξ j (t) = ξ j,σ j dans A(ξ ) et B(ξ ), ce qui conduit
i
au résultat suivant :
a1,1 (ξ1,σ 1 ) 0 0 0 a1,5 (ξ2,σ 2 , ξ3,σ 3 ) a1,6
i i i
0 a2,2 (ξ1,σ 1 , ξ4,σ 4 ) 0 0 a2,5 (ξ2,σ 2 ) 0
i i i
0 a3,2 (ξ4,σ 4 ) a3,3 (ξ1,σ 1 ) 0 a3,5 (ξ2,σ 2 , ξ3,σ 3 ) a3,6
Ai= i i i i
0 a4,2 (ξ4,σ 4 ) 0 a4,4 (ξ1,σ 1 ) a4,5 (ξ3,σ 3 ) 0
i i i
0 0 0 0 a5,5 (ξ1,σ 1 , ξ2,σ 2 , ξ3,σ 3 ) 0
i i i
0 a6,2 (ξ4,σ 4 ) 0 0 0 a6,6 (ξ1,σ 1 )
i i
b1,1 (ξ1,σ 1 ) 0
i
0 K SO,sat
0 0
Bi =
0 0
0 0
0 0
(3.112)
3.3. Systèmes non linéaires à paramètres variant dans le temps 45
Ainsi, le système non linéaire (3.106) est de façon équivalente représenté sous la forme T-S suivante :
16
ẋ(t) = ∑ µi (x, u) (Ai x(t) + Bi u(t)) (3.113a)
i=1
y(t) = Cx(t) (3.113b)
avec la matrice de sortie :
1 0 0 0 0 0
0 1 0 0 0 0
C=
0
(3.114)
0 0 1 0 0
0 0 0 0 1 0
Résultats et discussions
Afin de représenter un comportement robuste de la station d’épuration, les données entrées/sorties
ont été générées par la simulation du modèle ASM1 complet à 13 variables d’état (Henze et al. [1987]).
Bien que l’observateur soit synthétisé sur la base du modèle T-S simplifié (nx = 6 variables d’état) et que
les données soient issues du modèle complet, les résultats d’estimation sont satisfaisants.
En appliquant le théorème 5, l’observateur simultané de l’état et du paramètre (3.68) est synthétisé en
calculant tous les gains Ki j , Li j et αi j .
Les comparaisons entre les états du système, le paramètre bH (t) et leurs valeurs estimées respectives sont
représentées par les figures 3.6 et 3.7.
46 Chapitre 3. Estimation et diagnostic de systèmes non linéaires à paramètres variants dans le temps
Concentration en oxygène
15 10
X (b ) S (b )
dco Hn O Hn
2
Demande en
Xdco(bH(t)) 8 S (b (t))
O H
10
6
5
4
0 2
0 1 2 3 4 5 6 0 1 2 3 4 5 6
temps (jours) temps (jours)
nitrates−nitrites(mg O /L)
25 6
S (b ) Sno(bHn)
2
nh Hn
Concentration en
Concentration en
azote (mgN/L)
Snh(bH(t)) S (b (t))
no H
20 4
15 2
10 0
0 1 2 3 4 5 6 0 1 2 3 4 5 6
temps (jours) temps (jours)
Concentration en biomasse
Concentration en biomasse
900 15
hétérotrophe(mg O2/L)
Xba(bHn)
autotrophe(mg O /L)
X (b (t))
2
ba H
800 10
700 5
X (b )
bh Hn
Xbh(bH(t))
600 0
0 1 2 3 4 5 6 0 1 2 3 4 5 6
temps (jours) temps (jours)
Concentration en oxygène
Oxygène (mg O2/L)
15 10
0 2
0 1 2 3 4 5 6 0 1 2 3 4 5 6
temps (jours) temps (jours)
nitrates−nitrites(mg O2/L)
25 6
S S
Concentration en
nh no
Concentration en
azote (mg /L)
15 2
10 0
0 1 2 3 4 5 6 0 1 2 3 4 5 6
temps (jours) temps (jours)
Concentration en biomasse
Concentration en biomasse
900 15
hétérotrophe(mg O2/L)
autotrophe(mg O2/L)
X Xba
bh
X estimate Xba estimate
bh
800 10
700 5
600 0
0 1 2 3 4 5 6 0 1 2 3 4 5 6
temps (jours) temps (jours)
0.55
bH(t)
Coefficient de mortalité de la biomasse (j −1)
bH(t) estimate
0.5
0.45
0.4
0.35
0.3
0.25
0.2
0 1 2 3 4 5 6
temps (jours)
Des résultats obtenus, on peut conclure sur l’efficacité de l’observateur proposé, puisque les six
variables d’état ainsi que le paramètre bH (t) sont correctement estimés. La légère imperfection d’estima-
tion en début de simulation est due à l’initialisation, le système et l’observateur ayant été respectivement
initialisés aux valeurs :
T
x0 = 30 3.5 20 1.5 650 11
T
x̂0 = 27 4.2 21 1.4 652 11 , θ̂0 = 0
où Fj est une matrice de dimension m × m dont toutes les composantes sont nulles sauf le terme ( j, j)
qui est égal à 1. Les termes f j sont des paramètres inconnus, variants dans le temps et représentant des
défauts de capteur multiplicatifs. Chaque composante est inconnue, mais bornée telle que f j (t) ∈ [ f j2 , f j1 ],
où les valeurs minimale et maximale sont connues. Alors, f j (t) peut se ré-écrire :
f j (t) = µ
e 1j ( f j (t)) f j1 + µ
e 2j ( f j (t)) f j2 , f j (t) ∈ [ f j2 , f j1 ] (3.121)
avec
f j (t) − f j2 f j1 − f j (t)
µ
e 1j ( f j (t)) = , µ
e 2j ( f j (t)) = (3.122)
f j1 − f j2 f j1 − f j2
µ
e 1j ( f j (t)) + µ
e 2j ( f j (t)) = 1, 0≤µ
e 1j ( f j (t)) ≤ 1, i = 1, 2, ∀t (3.123)
Le report de (3.121) dans (3.120) permet d’écrire :
m 2
F(t) = ∑ ∑ µe kj ( f j (t)) f jk Fj (3.124)
j=1 k=1
3.3. Systèmes non linéaires à paramètres variant dans le temps 49
Comme précédemment, une forme polytopique de C(t) est obtenue, où la variable de décision est le
vecteur de faute f (t) non mesurable. Le système (3.117) s’écrit alors :
r
ẋ(t) =
∑ µi (x(t))(Aix(t) + Bi u(t))
i=1
2nx (3.125)
y(t) =
∑ µej ( f (t))Cej x(t)
j=1
avec
Cej = C + F jC
m
σ kj
µ
e j ( f (t)) = ∏ µek ( fk (t))
(3.126)
k=1
m
σk
Fj = ∑ f k j Fj
k=1
Synthèse d’observateur
Un observateur simultané de l’état et des défauts multiplicatifs de capteur est proposé pour le système
T-S obtenu. Une approche par atténuation L2 est alors considérée.
L’observateur état-paramètres est choisi comme suit :
r
˙ = ∑ µi (x̂(t)) (Ai x̂(t) + Bi u(t) + Li (ŷ(t) − y(t)))
x̂(t)
i=1
˙ r
ˆf (t) = ∑ µi (x̂(t))(Ki (y(t) − ŷ(t)) − αi fˆ(t)) (3.127)
i=1
2m
ŷ(t) = ∑ µ
e j ( fˆ(t))Cej x̂(t)
j=1
avec
r
∆A(t) = ∑ [µi (x(t)) − µi (x̂(t))]Ai (3.130)
i=1
= AΣA (t)EA
r
∆B(t) = ∑ [µi (x(t)) − µi (x̂(t))]Bi (3.131)
i=1
= BΣB (t)EB
50 Chapitre 3. Estimation et diagnostic de systèmes non linéaires à paramètres variants dans le temps
2m
∆C(t) = ∑ (µe j ( f (t)) − µe j ( fˆ(t)))Cej (3.132)
j=1
= CΣC (t)EC
et T
A = A1 . . . Ar , ΣA (t) = diag(δ1 (t), . . . , δr (t)), EA = Inx . . . Inx
T
B = B1 . . . Br , ΣB (t) = diag(δ1 (t), . . . , δr (t)), EB = Inu . . . Inu
T (3.133)
C = C1 . . . C2m , ΣC (t) = diag(δe1 (t), . . . , δe2m (t)), EC = I2m . . . I2m
δi (t) = µi (x(t)) − µi (x̂(t)), δej (t) = µ
e j ( f (t)) − µ
e j ( fˆ(t))
De la propriété (3.123), nous déduisons les inégalités :
En remplaçant (3.137) dans (3.136), la dynamique de l’erreur d’estimation d’état est alors donnée par :
r 2m
ėx (t) = ∑ ∑ µi (x̂(t))µ
e j ( fˆ(t)) (Ai − LiCej )ex (t) + (∆A(t) − Li ∆C(t))x(t) + ∆B(t)u(t) (3.138)
i=1 j=1
avec !
Ai − LiCej 0 ∆A(t) − Li ∆C(t) 0 0 ∆B(t)
Φi j = , Ψi (t) = (3.142)
e
−KiC j − αi −Ki ∆C(t) αi I 0
Compte tenu de (3.141), l’objectif est la synthèse d’un observateur simultané pour l’état et le vecteur de
défauts capteur avec gain L2 minimum du transfert de ω (t) vers ea (t). Les gains de l’observateur sont
donnés par le théorème qui suit.
3.3. Systèmes non linéaires à paramètres variant dans le temps 51
Théorème 6. L’observateur (3.127), pour le système non linéaire avec défauts multiplicatifs de capteurs
(3.117) garantit que le gain L2 du transfert de ω (t) vers ea (t) est borné par β (β > 0) s’il existe des
matrices P1 = P1T > 0, P2 = P2T > 0, Γ1 , Γ2 , Γ3 , Γ4 > 0, α i , K i , Ri ainsi que des scalaires β , λ1 , λ1C > 0,
λ2C > 0 et λB > 0 solutions du problème d’optimisation (3.143) sous les contraintes LMIs (3.144) et
(3.145) (avec i = 1, . . . , r et j = 1, . . . , 2m )
min β (3.143)
P1 ,P2 ,Ri ,K i ,α i ,λ1 ,λ1C ,λ2C ,λB
(3.146)
Q33 = −Γ1 + λ1 EAT EA + λ1C ECT EC + λ2C ECT EC , Q6 = −Γ4 + λB EBT EB
Les gains de l’observateur sont donnés par
−1
Li = P1 Ri
K = P2−1 K i (3.147)
i
αi = P2−1 α i
avec
Γ = diag(Γk ), Γk < β I, pour k = 1, 2, 3, 4 (3.151)
Compte tenu de (3.149), (3.150) devient :
r 2m T T
e (t) Φ P + PΦ + I PΨ (t) e (t)
∑ ∑ µi (x̂(t))µ j ( fˆ(t)) ω (t)
a i j i j
ΨTi (t)P
n x +m
−Γ
i a
ω (t)
<0 (3.152)
i=1 j=1
52 Chapitre 3. Estimation et diagnostic de systèmes non linéaires à paramètres variants dans le temps
P = diag(P1 , P2 ) (3.153)
Avec les définitions (3.128), (3.142), (3.151) et (3.153), (3.152) est vraie si
r 2m
∑ ∑ µi (x̂(t))µe j ( fˆ(t)) Qi j + Q(t) + QT (t) < 0 (3.154)
i=1 j=1
avec : 11
Qi j −CeTj KiT P2 0 0 0 0
∗ −P2 αi − α T P2 + Im 0 αi P2 0
i
∗ ∗ −Γ1 0 0 0
Qi j = (3.155)
∗ ∗ ∗ −Γ2 0 0
∗ ∗ ∗ ∗ −Γ3 0
∗ ∗ ∗ ∗ ∗ −Γ4
Q11 T e eT T
i j = P1 Ai + Ai P1 − P1 LiC j − C j Li P1 + Inx (3.156)
Avec les définitions (3.130), (3.131) et (3.132), le terme variant dans le temps de (3.154) peut s’exprimer :
T
Q(t) = AT P1T 0 0 0 0 0 ΣA (t) 0 0 EA 0 0 0
T
+ B T P1T 0 0 0 0 0 ΣB (t) 0 0 0 0 0 EB
(3.157)
+ C Li P1 C Ki P2 0 0 0 0 ΣC (t) 0 0 −Ec 0 0 0
T T T T T T
En utilisant le lemme 1 et la propriété (3.134), pour tous scalaires positifs λ1 , λB , λ1C et λ2C , on a :
1
Q 0 0 0 0 0
0 Q2 0 0 0 0
0 0 Q 3 0 0 0
Q(t) + Q (t) <
T
0
(3.158)
0 0 0 0 0
0 0 0 0 0 0
0 0 0 0 0 λB EBT EB
avec :
Q1 = λ1−1 P1 AAT P1 + λB−1 P1 BB T P1 + (λ1C )−1 P1 Li CC T LiT P1
(3.159)
Q2 = λ2C
−1
P2 Ki CC T KiT P2 , Q3 = λ1 EAT EA + (λ1C + λ2C )ECT EC
pour i = 1, . . . , r et j = 1, . . . , 2m .
De l’inégalité (3.158), puisque µi (x̂(t)) et µ e j ( fˆ(t)) satisfont la propriété de somme convexe, la condition
(3.154) est vraie si la suivante est vérifiée :
11
Qi j + Q1 −CeTj KiT P2 0 0 0 0
∗ −P2 αi − αiT P2 + Inx + Q2 0 αi P2 0
∗ ∗ Q +Q33 3 0 0 0
<0 (3.160)
∗ ∗ ∗ −Γ2 0 0
∗ ∗ ∗ ∗ −Γ3 0
∗ ∗ ∗ ∗ ∗ −Γ4 + λB EB EB
T
Exemple numérique
Dans cette section, la conception d’un observateur robuste est réalisée afin d’estimer simultanément
l’état d’un bioréacteur et un défaut multiplicatif sur un capteur. Le bioréacteur considéré est réduit à deux
équations d’état non linéaires (Bezzaoucha et al. [2013f]) :
ax1 (t)x2 (t)
ẋ1 (t) = x2 (t)+b − x1 (t)u(t)
(t)x2 (t)
(3.161)
ẋ2 (t) = − caxx21(t)+b + (d − x2 (t))u(t)
où x1 (t) représente la concentration en biomasse et x2 (t) la concentration en substrat. La commande u(t)
est le taux de dilution. Les paramètres a, b et d sont connus. La sortie mesurée est la concentration en
biomasse (y(t) = x1 (t)).
Considérons un défaut multiplicatif de capteur borné f1 (t) qui affecte la sortie y(t) tel que :
y(t) = (1 + f1 (t))x1 (t) (3.162)
Comme montré précédemment, f1 (t) peut s’écrire sous la forme suivante :
f1 (t) = µ
e11 ( f1 (t)) f11 + µ
e12 ( f1 (t)) f12 , f1 (t) ∈ [ f12 , f11 ] (3.163)
avec f12 = 0.125, f11 = 0.625, µ
e11 ( f1 (t)) et µ
e12 ( f1 (t)) définis par (3.122). Les paramètres b, c, d sont
respectivement égaux à b = 0.07, c = 0.7 et d = 2.5.
L’examen des non-linéarités du système (3.161), incite à considérer les variables de prémisse suivantes :
ax1 (t)
z1 (t) = −u(t), z2 (t) = (3.164)
x2 (t) + b
De (3.161) et (3.164), la forme quasi-LPV suivante est obtenue :
z1 (t) z2 (t) 0
ẋ(t) = x(t) + u(t) (3.165)
0 −cz2 (t) + z1 (t) d
Un modèle T-S est obtenu sur un compact de l’espace d’état en définissant les intervalles de variation
de z1 (t) et z2 (t) par z1 (t) ∈ [−1, −0.2] et z2 (t) ∈ [0.004, 15]. Utilisant la transformation en secteurs non
linéaires, deux partitions pour chaque variable de prémisse sont construites :
(
z1 (t) = F11 (z1 )z21 + F12 (z1 )z11
(3.166)
z2 (t) = F21 (z2 )z22 + F22 (z2 )z12
z1 (t) − z21 z11 − z1 (t)
avec F11 (z1 ) = , F12 (z 1 ) =
z11 − z21 z11 − z21
2 1 (3.167)
z2 (t) − z z − z2 (t)
F21 (z2 ) = 1 2 2 , F22 (z2 ) = 2 1 2
z2 − z2 z2 − z2
où les scalaires z11 , z21 , z12 et z22 sont définis par :
z11 = max z1 (t), z21 = min z1 (t), z12 = max z2 (t), z22 = min z2 (t) (3.168)
u u x x
Les sous-modèles sont définis par les paires (Ai , Bi ) avec i = 1, .. . , 4. Les variables de prémisse ont
été choisies de façon à avoir toutes les matrices Bi égales à BT = 0 d . Compte tenu de (3.164) et
(3.165), les matrices Ai sont données par :
1 1
z1 z12 z1 z22
A1 = 1 1 , A2 = 2 1 ,
02 −cz21+ z1 02 −cz22+ z1
z1 z2 z1 z2
A3 = 1 2 , A4 =
0 −cz2 + z1 0 −cz22 + z21
54 Chapitre 3. Estimation et diagnostic de systèmes non linéaires à paramètres variants dans le temps
6
avec défaut
sans défaut
2
O
4
0
0 50 100 150 200 250 300 350 400
temps (s)
Figure 3.8 – Sortie nominale (sans défaut) et sortie avec défaut f1 (t)
0.55
0.5
Taux de dilution
0.45
0.4
0.35
0.3
0.25
0.2
0 50 100 150 200 250 300 350 400
temps (s)
Le modèle T-S du système avec les défauts multiplicatifs de capteur est obtenu par interpolation des
quatre sous-modèles du système et des deux sous-modèles de la sortie :
4
ẋ(t) = ∑ µi (z(t))(Ai x(t) + Bu(t))
i=1
2 (3.169)
y(t) = ∑ µe j ( f1 (t))Cej x(t)
j=1
avec Ce1 = 1 + f12 0 , Ce2 = 1 + f11 0 .
Les fonctions poids µ j ( f (t)) sont calculées à partir de (3.122). Les µi (z(t)) sont données par :
Afin d’illustrer l’effet du défaut sur la sortie du système, la figure 3.8 représente la sortie avec et sans
défaut. L’entrée du système, les états et leurs valeurs estimées ainsi que le défaut considéré et son es-
timé sont représentés respectivement par les figures 3.9 , 3.10 et 3.11. Les conditions initiales sont fixées
à x(0) = 0.1 1.5 pour le système et x̂a (0) = 0.09 2.3 0 pour l’observateur des états et du
défaut. A noter qu’avec la méthode proposée, l’observateur synthétisé a été obtenu avec un taux d’atté-
nuation β = 1.98 10−2 .
3.4. Conclusion 55
3.5
Concentrations (m b / L)
3
x (t)
1
2
O
2.5 x2(t)
x (t) estimée
1
2 x (t) estimée
2
1.5
0.5
0
0 50 100 150 200 250 300 350 400
temps (s)
0.7
Concentration en biomasse (m gO /L)
0.6
2
0.5
0.4
0.3
0.2
0.1
0
0 50 100 150 200 250 300 350 400
temps (s)
3.4 Conclusion
Dans ce chapitre, nous avons abordé l’estimation d’état robuste (reconstruction d’état avec un certain
degré de précision malgré la présence d’erreurs de modélisation et/ou de défauts actionneurs/capteurs)
des systèmes non linéaires sous forme de modèles T-S à variables de décision non mesurables ainsi que
le diagnostic (estimation des défauts).
Dans un premier temps, les systèmes linéaires à paramètres variants dans le temps avec une sortie bruitée
ont été considérés en proposant des conditions de convergence relaxées.
Dans un second temps, l’approche a été généralisée aux systèmes non linéaires sous forme T-S avec
une première partie dédiée aux erreurs de modélisation, de défauts systèmes et de défauts d’actionneurs
et une seconde partie pour les défauts multiplicatifs de capteurs. Dans chaque partie, l’exemple d’un
bioréacteur ayant un comportement non linéaire a été considéré. Cette approche a été structurée en trois
étapes :
• Ré-écriture des équations non linéaires du système en modèle T-S par l’approche de transformation
en secteurs non linéaires
• Ré-écriture polytopique des défauts
• Synthèse d’observateur et diagnostic par estimation des défauts ou paramètres variants.
56 Chapitre 3. Estimation et diagnostic de systèmes non linéaires à paramètres variants dans le temps
Commande sous contrainte de saturation
4
Sommaire
4.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
4.2 Motivations et position du problème . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
4.3 Représentation T-S de la saturation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
4.4 Commande saturée par retour d’état de systèmes linéaires . . . . . . . . . . . . . 62
4.4.1 Positionnement du problème . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
4.4.2 Représentation T-S du système . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
4.4.3 Synthèse de la commande . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63
4.5 Commande saturée par retour d’état de systèmes non linéaires . . . . . . . . . . . 65
4.5.1 Positionnement du problème . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65
4.5.2 Représentation T-S du système soumis à une commande saturée . . . . . . . . 65
4.5.3 Commande de systèmes non linéaires saturés . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65
4.5.4 Commande de systèmes non linéaires incertains saturés . . . . . . . . . . . . . 71
4.5.5 Commande de systèmes non linéaires incertains saturés, approche descripteur . 74
4.6 Commande par retour de sortie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79
4.6.1 Commande par retour de sortie statique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80
4.6.2 Commande par retour de sortie dynamique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83
4.6.3 Exemple numérique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85
4.7 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
4.1 Introduction
Les contraintes de saturation affectant les variables d’un système représentent probablement les non-
linéarités les plus répandues en pratique. En effet, que ce soit pour des raisons physiques, technologiques,
ou de sécurité, tout système physique est soumis à des limitations de fonctionnement qui se modélisent
par des contraintes d’amplitude sur les actionneurs et les capteurs. En présence de saturation de com-
mande, les performances d’un contrôleur synthétisé pour le cas nominal, c’est-à-dire en l’absence de
saturation, peuvent se dégrader de manière significative. Ces dégradations peuvent se manifester comme
57
58 Chapitre 4. Commande sous contrainte de saturation
des dépassements, des oscillations de fortes amplitudes, des temps de réponse ou des régimes tran-
sitoires assez longs, et même dans certains cas conduire à une instabilité (Syaichu-Rohman [2005],
Kapasouris et Athans [1988], Walgama et Sternby [1993], Park et Choi [1995], Kapoor et al. [1998]).
Un exemple classique des effets catastrophiques pouvant être engendrés en négligeant ces contraintes est
celui de la centrale nucléaire de Tchernobyl en 1986, mentionné dans (Stein [1989]). Une des causes du
désastre fut attribuée aux limitations sur la vitesse à laquelle les barres de contrôle pouvaient être placées
et retirées du noyau du réacteur nucléaire. Quand la réaction s’accéléra, la loi de commande essaya de
placer les barres dans le noyau aussi vite que possible pour ralentir la réaction. Cependant, à cause de la
limitation de vitesse sur le mouvement des barres de contrôle, l’action de la loi de commande ne fut pas
assez rapide, ce qui amena à une réaction en chaîne incontrôlée [Henrion [1999]]. Il est maintenant lar-
gement admis que les saturations doivent être prises en compte lors de la synthèse de lois de commande.
De façon résumée, deux approches principales permettent d’aborder cette problématique :
1. la synthèse de lois de commande dans le cas nominal, sans tenir compte de la saturation ; cette
dernière est considérée a posteriori en rajoutant un bloc fonctionnel dédié à contrer son effet lors
de son apparition. L’exemple le plus illustratif est l’anti-windup (Syaichu-Rohman et Middleton
[2004], Zaccarian et Teel [2002], Mulder et al. [2001], Grimm et al. [2003]). C’est une approche
en deux temps et qui consiste typiquement à ajouter au contrôleur nominal un compensateur basé
sur la différence entre les signaux de commande non saturés et saturés du système (Syaichu-Rohman
[2005]). Une généralisation du problème de synthèse anti-windup en se basant sur une caractéri-
sation de la fonction saturation à l’aide d’une condition de secteur a également fait l’objet de
plusieurs travaux, dont (Gomes da Silva Jr et Tarbouriech [2005]). Cependant, concernant les sys-
tèmes LPV saturés, la littérature n’est pas très abondante à ce sujet, mais nous pouvons notam-
ment citer (Scorletti et El Ghaoui [1998]), (Wu et al. [2000]) et (Do et al. [2011]) où la condition
de secteur modifiée introduite par (Gomes da Silva Jr et Tarbouriech [2005]) a été généralisée aux
systèmes LPV soumis à une saturation d’entrée et à des contraintes sur l’état.
2. la synthèse de lois de commande en tenant compte de la saturation. Des méthodes efficaces ont lar-
gement été traitées dans la littérature comme la construction d’ensembles invariants et le calcul du
domaine d’attraction. L’idée fondamentale est de s’assurer qu’aucun dépassement de commande
n’apparaisse, ou plutôt que le système n’atteigne jamais la saturation en cherchant le plus grand
ensemble de conditions initiales pour lesquelles la stabilité en boucle fermée est garantie et que les
états restent invariants dans un certain sous-ensemble de l’ensemble d’état admissible qui prend
en compte des valeurs admissibles d’entrée. Toutefois, cet ensemble doit être suffisamment grand
pour être satisfaisant. L’un des critères qui peuvent être pris en compte pour la conception des
commandes est celui de la « maximisation » de la taille du sous-ensemble invariant. C’est un pro-
blème fondamental, cependant particulièrement difficile, et qui reste irrésolu dans le cas général
(Henrion et Tarbouriech [1999]). Plusieurs méthodes ont été proposées pour approximer ces en-
sembles invariants (Hu et Lin [2003], De Dona et al. [1999], Gilbert et Tan [1991]).
La première approche est plus adaptée aux saturations qui relèvent d’une optimisation locale des perfor-
mances et où les contraintes jouent un rôle minime, contrairement à la seconde approche plus appropriée
au cas où l’effet des contraintes est critique (Blanchini et Miani [2008]). En effet, en l’absence d’hypo-
thèse de stabilité, il est bien connu qu’en présence de saturation, certaines trajectoires du système peuvent
être instables.
chapitre traite explicitement des saturations de commande. En effet, la ré-écriture sous forme de modèle
T-S des saturations affectant les commandes du système permet d’intégrer ces contraintes dans le modèle
du système et de synthétiser les lois de commande en fonction des bornes imposées.
Un autre avantage de la méthode proposée est que la ré-écriture T-S des saturations permet non seule-
ment de traiter le cas des systèmes linéaires, mais aussi celui des systèmes non linéaires, ce qui n’est pas
le cas des méthodes citées précédemment qui traitent essentiellement le cas des systèmes linéaires.
Comme nous allons le voir par la suite, l’écriture générique et systématique de la saturation permet non
seulement la conception d’une commande stabilisante des systèmes (linéaires et non linéaires), mais as-
sure également la robustesse par rapport aux incertitudes. Les cas traités concernent la commande par
retour d’état, par retour de sortie, l’utilisation de contrôleurs statique ou dynamique, en utilisant la mé-
thode de Lyapunov classique ainsi que l’approche descripteur pour représenter le système à étudier.
La section 4.3 présente l’écriture T-S des saturations d’actionneurs. La section 4.4 porte sur la synthèse
de commande par retour d’état des systèmes linéaires saturés (Bezzaoucha et al. [2012]). Une extension
aux systèmes non linéaires sous forme T-S est proposée à la section 4.5 (Bezzaoucha et al. [2013d]).
Un exemple de stabilisation d’un chariot-pendule soumis à des saturations de commande est traité. Dans
l’exemple proposé, l’effet déstabilisant de la saturation est mis en évidence, ainsi que l’apport de l’ap-
proche T-S.
Pour améliorer les résultats obtenus, nous nous sommes également intéressés dans ce chapitre à la ré-
solution par approche descripteur. Cette dernière a été appliquée dans le cas de systèmes non linéaires
incertains (Bezzaoucha et al. [2013e]) ainsi que pour la commande par retour de sortie (Bezzaoucha et al.
[2013a]). A noter que les stratégies de commande par retour d’état proposées sont basées sur l’hypothèse
que le vecteur d’état soit mesurable ; cette condition n’étant pas forcément satisfaite pour tous les sys-
tèmes, deux solutions peuvent être envisagées : soit l’introduction d’un observateur, soit la synthèse de
stratégies de commande avec retour de sortie. C’est cette dernière solution qui est retenue et présentée
dans la section 4.6. Ce choix est motivé par la remarque 3 du chapitre 2 selon laquelle le retour dyna-
mique de sortie inclut le cas du retour d’état observé par un multi-observateur de type Luenberger. Deux
cas de figure sont traités : la synthèse d’un contrôleur statique, puis celle d’un contrôleur dynamique. Afin
d’illustrer l’efficacité des approches proposées, des exemples de simulation sont également présentés.
L’effet de la saturation sur un système peut se modéliser de plusieurs manières. Une possibilité
consiste à représenter le système saturé à l’aide d’un modèle polytopique. Cette représentation est basée
sur la décomposition par secteurs non linéaires et aboutit à un modèle de type Takagi-Sugeno. Pour cela,
nous proposons de ré-écrire chaque composante du vecteur d’entrée sous une forme particulière avec
trois sous-modèles.
La fonction non linéaire saturation pour un signal u(t) est définie comme suit :
usat (t)
umax
u(t) si umin ≤ u(t) ≤ umax
usat (t) := umax si u(t) > umax
u(t)
umin si u(t) < umin
(4.1) umin
où umax et umin sont les limites de saturation.
60 Chapitre 4. Commande sous contrainte de saturation
Dans ce qui suit, nous établissons une relation entre usat (t) et u(t). Compte tenu de (4.1), chaque com-
posante du vecteur peut se ré-écrire sous la forme :
3
usat, j (t) = ∑ µij (u j (t)) (λij u j (t) + γij ), j = 1, . . . , nu (4.4)
i=1
avec
λ1 = 0
j
λ2j = 1 (4.5)
λj = 0
3
γ1 = umin, j
j
γ2j = 0 (4.6)
γj = u
3 max, j
où sign désigne la fonction signe et où umin, j et umax, j représentent respectivement les bornes inférieures
et supérieures de la commande u j .
A partir de (4.3) et (4.4), on ré-écrit alors le vecteur d’entrées u(t) ∈ Rnu soumis aux contraintes saturation
sous la forme
3
∑ µi1 (u1 (t))(λi1 u1 (t) + γi1 )
i=1
..
.
3
usat (t) =
∑ µiℓ (uℓ (t))(λiℓ uℓ (t) + γiℓ )
(4.8)
i=1
..
.
3
∑ µin (un (t))(λin un (t) + γin )
u
u
u
u
u
i=1
Pour simplifier et alléger les notations, les fonctions d’activation µij (u(t)) seront désormais notées µij (t).
En se basant sur la propriété de somme convexe des fonctions d’activation, on peut ré-écrire (4.8) afin de
4.3. Représentation T-S de la saturation 61
faire apparaître des fonctions d’activation communes à toutes les composantes du vecteur d’entrées :
!
3 nu 3
∑ µi1 (t)(λi1 u1 (t) + γi1 ) × ∏ ∑ µ kj (t)
i=1 k=2 j=1
..
.
!
3 nu 3
usat (t) =∑ µiℓ (uℓ (t))(λiℓ uℓ (t) + γiℓ ) × ∏ ∑ j
µ k
(t) (4.9)
i=1 k=1k6=ℓ j=1
..
.
!
3 nu −1 3
∑ µinu (t)(λinu unu (t) + γinu ) × ∏∑ j µ k
(t)
i=1 k=1 j=1
Ainsi, pour nu entrées de commande, 3nu sous-modèles sont obtenus. Il est aussi important de souligner
que nous obtenons une expression analytique de la commande saturée usat (t), exprimée en fonction du
signal d’entrée u(t). Finalement, l’équation (4.9) peut s’exprimer sous la forme :
3nu
usat (t) = ∑ µisat (t)(Λi u(t) + Γi ) (4.10)
i=1
où les fonctions d’activation globales µisat (t) ainsi que les matrices Λi ∈ Rnu ×nu et les vecteurs Γi ∈ Rnu ×1
sont définis comme suit :
nu
µ sat (t) =
i ∏ µ j j (u j (t))
σi
j=1
Λi = diag(λσ1 1 , . . . , λσnunu ) (4.11)
i i
h iT
Γ
i = γ 1 1 γ 2 2 . . . γ nunu
σi σi σi
Inversement, on peut également retrouver les indices σij en fonction du numéro i du sous-modèle, les
quantités ((σi1 − 1), . . . , (σinu − 1)) correspondent à (i − 1) exprimé en base 3.
Un exemple illustratif est donné pour deux entrées (nu = 2), où :
T
usat (t) = u1sat (t) u2sat (t) (4.13)
Puisque nous avons trois partitions pour chaque entrée, le modèle T-S global pour usat (t) se compose
alors de 32 sous-modèles :
9
usat (t) = ∑ µisat (t)(Λi u(t) + Γi ) (4.14)
i=1
avec les paramètres µisat , Λi et Γi donnés par le tableau 1 dans lequel les quantités µ j j (t), γ j j et λ j j
σi σi σi
(σij = 1, 2, 3 et j = 1, 2) sont respectivement données par (4.7), (4.6) et (4.5).
62 Chapitre 4. Commande sous contrainte de saturation
La synthèse de la loi de commande est obtenue en résolvant un problème d’optimisation sous contraintes
LMI. Le calcul du gain de commande K est précisé grâce au théorème suivant.
Théorème 7. Il existe une commande par retour d’état pour le système linéaire saturé (4.16) tel que
l’état du système converge vers une boule centrée à l’origine et dont le rayon est borné par β , s’il existe
des matrices P1 = P1T > 0, R, Σ = ΣT > 0 solutions du problème d’optimisation suivant :
min β (4.20)
P1 , R, Σ
t.q.
Qi I
< 0, i = 1, . . . , 3nu (4.21)
I −β I
avec
P1 AT + AP1 − RT ΛTi BT − BΛi R I
Qi = (4.22)
I −Σ
et
ΓTi BT ΣBΓi < β (4.23)
pour i = 1, . . . , 3nu .
Le gain du contrôleur est alors donné par :
K = RP1−1 (4.24)
Définissons maintenant :
Puisque Σ > 0, de l’équation (4.32) avec la propriété de somme convexe des fonctions d’activation (B.2)
ainsi qu’en se basant sur le lemme de congruence (lemme 1), V̇ (x(t)) < −ε k x(t) k2 +δ . Il en découle
que V̇ (x(t)) < 0 pour
Qi < 0
(4.33)
k x(t) k2 > δε
Ceci implique, suivant
q la théorie de stabilité de Lyapunov, que x(t) converge vers la boule centrée à
l’origine de rayon δε .
En appliquant le principe de congruence (Lemme 2), un complément de Schur, ainsi que les changements
de variables suivants :
P1 = P−1
(4.34)
R = KP1
l’inégalité Qi < 0 avec Qi définie en (4.29) est linéarisée et mise sous la forme de la LMI Qi < 0 avec Qi
donnée par (4.22). La condition Qi q < 0 avec Qi donnée par (4.22) assure la convergence de l’état vers
δ
une boule centrée en zéro de rayon ε.
q
L’objectif est à présent d’optimiser le résultat obtenu en minimisant le rayon de la boule δε . Une
des solutions possibles consiste à minimiser d’une part δ et d’autre part à maximiser ε . Pour cela,
introduisons un scalaire positif β . Si β vérifie :
δ <β
(4.35)
ε > 1/β
q
alors le rayon de la boule δε est borné par β .
Les deux conditions (4.35) se traduisent comme suit :
1. Si (4.23) est vraie pour (i = 1, . . . , 3nu ), d’après (4.31), alors δ < β .
2. Si (4.22) est vraie, un complément de Schur donne
alors toutes les valeurs propres de −Qi sont supérieures à 1/β , en particulier ε définie en (4.30).
Les conditions (4.33) sont donc impliquées par (4.21) et (4.23), ce qui achève la démonstration.
Remarque 7. Il est important de noter qu’à partir du théorème 7 et de la définition des matrices Qi
(4.22), l’approche proposée stabilise le système saturé à condition que le système nominal (sans satura-
tion) soit initialement stable (valeurs propres de la matrice A négatives).
4.5. Commande saturée par retour d’état de systèmes non linéaires 65
En effet, il est évident à partir du bloc (1, 1) de la matrice Qi et de la définition des matrices Λi , que
lorsque Λi = 0 si la quantité P1 AT + AP1 n’est pas définie négative, alors la condition de stabilité Qi < 0
ne sera jamais assurée.
Pour résumer, l’approche proposée ne peut pas stabiliser un système nominal instable sous une contrainte
de saturation de commande, mais en revanche, assure parfaitement la stabilité des systèmes initialement
stables mais déstabilisés par la saturation de commande.
Le réglage des gains de la loi de commande se ramène à résoudre un problème d’optimisation sous
contraintes LMI. Les gains Ki sont donnés par le théorème suivant.
66 Chapitre 4. Commande sous contrainte de saturation
Théorème 8. Il existe une commande par retour d’état pour le système non linéaire saturé (4.38) telle
que l’état du système converge vers une boule centrée à l’origine dont le rayon est borné par β , s’il
existe des matrices P = PT > 0, R j , Σk = ΣTk > 0 (pour i = 1, . . . , n, j = 1, . . . , n, k = 1, . . . , 3nu ), solutions
du problème d’optimisation suivant :
min β (4.42)
P, R j , Σk
K j = R j P−1 (4.46)
Démonstration. La preuve du théorème 8 découle du même raisonnement que celui utilisé pour le
théorème 7. En effet, considérons la même fonction de Lyapunov que celle utilisée précédemment :
avec P ∈ Rnx ×nx matrice symétrique définie positive. A partir de (4.41), sa dérivée par rapport au temps
est donnée par :
n n 3nu
V̇ (x(t)) = ∑ ∑ ∑ µi (ξ (t))µ j (ξ (t))µk (t) S(xT (t)P−1 Bi Γk + xT (t)P−1 (Ai − Bi Λk K j )x(t)) (4.48)
i=1 j=1 k=1
L’inégalité (4.49) est ré-écrite sous la forme V̇ (x(t)) < −ε k x k22 +δ , ainsi V̇ (x(t)) est négative pour :
δ
Qi jk < 0 and k x k22 > (4.53)
ε
q
δ
ce qui implique que x(t) converge vers une boule centrée à l’origine dont le rayon est égal à ε
(Zhang et al. [2009]).
Analysons à présent la condition Qi jk < 0, i.e.
Remarque 9. Les résultats précédents sont basés sur le lemme 5 du "Carré Matriciel", ce qui conduit à
l’apparition du terme δ (ΓTk BTi Σk Bi Γk ) et de ce fait, la convergence vers une boule centrée à l’origine de
rayon inférieur à β .
Afin de réduire le conservatisme induit par le lemme 5 du "Carré matriciel" (les termes Σk et Σ−1 k ) une
solution consisterait à considérer le changement de variable suivant x = x + τi jk dans l’équation (4.48),
avec τi jk = −(ΞTijk + Ξi jk )−1 P−1 Bi Γk et Ξi jk = Ai − Bi Λk K j . L’équation (4.48) devient alors :
n n 3nu
V̇ (x(t)) = ∑ ∑ ∑ hi (ξ (t))h j (ξ (t))µk (t)(xT (t)(ΞTijk + Ξi jk )x(t) − ΓTk BTi P−1 (ΞTijk + Ξi jk )−1 P−1 Bi Γk )
i=1 j=1 k=1
(4.59)
Pour chaque
r triplet (i, j, k), il apparaît dans l’expression de V̇ (x(t)) une boule de centre τi jk et de rayon
ΓTk BTi P−1 (ΞTijk +Ξi jk )−1 P−1 Bi Γk
ri jk = λmax (ΞTijk +Ξi jk )
. Ainsi, d’après la théorie de Lyapunov, si les conditions ΞTijk + Ξi jk < 0
sont vraies (pour i, j = 1, . . . , n et k = 1, . . . , 3nu ), le vecteur d’état converge vers la boule qui englobe
toutes les boules de caractéristiques {τi jk , ri jk }.
Exemple applicatif
Afin d’illustrer l’approche proposée, nous considérons l’exemple d’un chariot-pendule représenté par
la figure 4.1.
Sur ce schéma apparaissent les grandeurs physiques dont le sens est donné dans le tableau 4.2.
68 Chapitre 4. Commande sous contrainte de saturation
Sous certaines hypothèses, le comportement dynamique de ce système non linéaire est décrit par les
équations suivantes :
(m + M)z̈(t) + f ż(t) + ks z(t) − ml θ̈ (t)cos(θ (t)) + ml θ̇ 2 (t)sin(θ (t)) = F(t)
(4.60)
−ml z̈(t)cos(θ (t)) + (ml 2 + I)θ̈ (t) + kθ̇ (t) + mglsin(θ (t)) = 0
Afin d’alléger le volume de calculs, nous ne considérons dans ce qui suit que le cas des petits angles. Le
modèle simplifié s’écrit alors :
(m + M)z̈(t) + ks z(t) + f ż(t) − ml θ̈ (t) + ml θ̇ 2 (t)θ (t) = F(t)
(4.61)
−ml z̈(t) + (ml 2 + I)θ̈ (t) + kθ̇ (t) + mgl θ (t) = 0
Comme il sera montré ultérieurement, la saturation de la commande nominale a un effet déstabilisant
sur le système dynamique non linéaire. Afin de contrer cet effet, nous proposons d’appliquer l’approche
4.5. Commande saturée par retour d’état de systèmes non linéaires 69
proposée dans cette section, qui consiste en un premier temps à modéliser le système non linéaire sous
forme d’un modèle T-S, puis à prendre en compte la saturation dans la synthèse de commande en la
représentant également sous forme T-S. Finalement, les gains de retour d’état seront calculés à partir des
conditions relaxées du théorème 8 sachant que la commande est saturée par 0 ≤ F(t) ≤ 3.
Synthèse de la commande
Comme mentionné précédemment trois lois de commande sont synthétisées et traitées. La première
utilise un retour d’état et est appliquée dans le cas nominal (sans saturation), la deuxième utilise le
même correcteur nominal mais est saturée, la troisième utilise également un retour d’état mais prend en
compte la saturation lors de la synthèse de la loi de commande sachant que les niveaux de saturation
correspondent à umin = 0 et umax = 3 (méthode T-S proposée). Les lois de commande considérées sont
ainsi données par :
2
uN (t) = − ∑ hi (t)Ki,N x(t)
i=1
uNsat (t) = sat(uN (t)) (4.70)
2
uT S (t) = − ∑ hi (t)Ki,T S x(t)
i=1
Le calcul de la commande nominale uN (t) est basée sur le développement donné dans la section 2.7.1.
Quant à celui de uT S (t), il est donné par le théorème 8 avec les conditions relaxées de la remarque 8, les
gains suivants ont été obtenus :
K1,N = ( 11.53 −79.84 14.34 6.48 ), K2,N = ( 9.95 −82.17 11.78 5.51 ) (4.71)
K1,T S = ( 0.43 2.14 1.17 0.05 ), K2,T S = ( 0.37 −9.19 −0.10 0.53 ) (4.72)
Les commandes nominale, nominale saturée et T-S sont ainsi représentées par la figure 4.2.
Pour la condition initiale x0 = ( 0 0 15π /180 0 )T , la figure 4.3 représente l’évolution au cours du
un
12
u
TS
uTS
10
6
Force (N)
−2
−4
−6
temps de :
– xN , l’état obtenu en appliquant la commande nominale (sans saturation), i.e.
2
ẋN (t) = ∑ hi (t)(Ai xN (t) + BuN (t))
i=1
2
ẋsat,T S (t) = ∑ hi (t)(Ai xsat,T S (t) + BuT S (t))
i=1
2
avec uT S (t) = − ∑ hi (t)Ki,T S xsat,T S (t).
i=1
0.2 0.4
x x
1n 2n
x1nsat 0.35 x2nsat
x1satTS x2satTS
0.15 0.3
0.25
0.1 0.2
0.15
0.05 0.1
0.05
0 0
−0.05
−0.05 −0.1
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
temps (s) temps (s)
0.3 2
x3n x4n
x x
3nsat 4nsat
Vitesse pendule (rad/s)
0.2
Position pendule (rad)
x3satTS 1 x4satTS
0.1
0
0
−1
−0.1
−2
−0.2
−3
−0.3
−0.4 −4
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
temps (s) temps (s)
L’examen de la figure obtenue montre bien la non convergence vers zéro de l’état. Il apparaît clairement
que l’approche T-S proposée assure la convergence de l’état vers une boule centrée à l’origine.
En pratique, il existe plusieurs sources d’incertitudes affectant les systèmes physiques et donc leurs
modèles. Un cas d’étude intéressant consiste à prendre en compte simultanément l’incertitude des sys-
tèmes non linéaires et la saturation de la commande. En effet, dans ce cas, la représentation utilisée
par modèles T-S présente l’intérêt d’apporter une écriture uniforme et commune des non-linéarités du
modèle du système et de celles affectant les entrées (saturation de commande), ce qui permet de facile-
ment transposer les techniques de commande robuste utilisées pour l’étude des systèmes linéaires aux
systèmes non linéaires incertains.
72 Chapitre 4. Commande sous contrainte de saturation
Restructuration du modèle
La solution proposée est donc d’exprimer la saturation de la commande sous forme de modèle T-S
et d’utiliser cette écriture pour la synthèse d’une loi de commande par retour d’état robuste pour les
systèmes non linéaires incertains sous forme de modèles T-S. Considérons le système T-S non linéaire
incertain avec entrée saturée suivant :
n
ẋ(t) = ∑ µi (ξ (t))((Ai + ∆A(t))x(t) + (Bi + ∆B(t))usat (t)) (4.73)
i=1
où les incertitudes affectant les matrices d’état sont communes à tous les sous-systèmes et sont structurées
sous la forme :
∆A(t) = AΣA (t)EA (4.74)
∆B(t) = BΣB (t)EB (4.75)
les variations ΣA (t) et ΣB (t) étant inconnues mais bornées :
Synthèse de la commande
Comme énoncé précédemment, l’objectif à présent est la synthèse d’une commande par retour d’état
(4.79) pour stabiliser le système T-S non linéaire incertain en présence de saturation de commande (4.73).
La commande est choisie sous la forme suivante :
n
u(t) = − ∑ µ j (ξ (t))K j x(t) (4.79)
j=1
Théorème 9. Il existe un contrôleur par retour d’état (4.79) pour un système T-S non linéaire incertain
en présence de saturation de commande (4.73) assurant la convergence de l’état du système vers une
boule centrée à l’origine dont le rayon est borné par β , s’il existe des matrices P = PT > 0, R j , Σk =
ΣTk > 0 et des scalaires positifs σk , ω1 , ω2k solutions du problème d’optimisation :
min β (4.81)
P,R j ,Σk ,σk ,ω1 ,ω2k
4.5. Commande saturée par retour d’état de systèmes non linéaires 73
K j = R j P−1 (4.86)
Démonstration. On considère la même fonction de Lyapunov que celle donnée en (4.47). Sa dérivée par
rapport au temps s’explicite :
n n 3nu
V̇ (x(t)) = ∑ ∑ ∑ µi (ξ )µ j (ξ )µksat (t) S(xT (t)P−1Bi Γk + xT (t)P−1 ∆B(t)Γk )
i=1 j=1 k=1
S(xT (t)P−1 ∆B(t)Γk ) ≤ σk ΓTk EBT EB Γk + σk−1 xT (t)P−1 BBT P−1 x(t) (4.89)
En considérant les majorations (4.88) et (4.89), la dérivée de la fonction de Lyapunov (4.87) est elle-
même majorée sous la forme :
n n 3nu
V̇ (x(t)) ≤ ∑ ∑ ∑ µi (ξ )µ j (ξ )µksat (t) (ΓTk BTi Σk Bi Γk + σk ΓTk EBT EB Γk + xT (t)Qi jk x(t)) (4.90)
i=1 j=1 k=1
avec
Qi jk = S(P−1 (Ai − Bi Λk K j ) + P−1 (∆A(t) − ∆B(t)Λk K j )) + σk−1 P−1 BBT P−1 + P−1 Σ−1
k P
−1
(4.91)
De (4.90), nous déduisons que V̇ (x(t)) < −ε k x(t) k2 +δ . Ceci conduit à V̇ (x(t)) < 0 si
Qi jk < 0
et (4.94)
k x(t) k2 > δε
R j = K jP (4.95)
ainsi que :
S(−∆B(t)Λk R j ) ≤ ω2k R j Λk EB EB Λk R j + ω2k BBT
−1 T T T
(4.98)
où ω1 et ω2k sont des scalaires positifs.
En utilisant (4.97) et (4.98), (4.96) est satisfaite si :
(4.99)
A partir du complément de Schur appliqué à (4.99), l’inégalité Qi jk < 0 avec Qi jk définie en (4.91) est
impliquée par la LMI Qi jk < 0 avec Qi jk donnée par (4.84).
La condition Qi jk < 0, avec Qi jk donnée par (4.84), assure la convergence
q de l’état du système non
δ
linéaire incertain saturé (4.73) vers la boule centrée en zéro de rayon ε.
Comme pour les cas précé-
q
dents, l’objectif est à présent d’optimiser le résultat obtenu en minimisant le rayon de la boule δε .
q
Comme montré dans la démonstration du théorème 8, le rayon δε est majoré par β si les conditions
(4.82) et (4.83) sont satisfaites, ce qui achève la démonstration.
T
Considérons le vecteur d’état augmenté xaT (t) = xT (t) uT (t) , le regroupement des équations (4.80)
et (4.112) conduit à la forme descripteur :
n 3nu
E ẋa (t) = ∑ ∑ µi (ξ (t))µksat (t) [Aik (t)xa (t) + Bik (t)] (4.101)
i=1 k=1
avec :
E = diag(I, 0) (4.102)
Ai + ∆A(t) Bi Λk + ∆B(t)Λk
Aik (t) = (4.103)
−Ki −I
Théorème 10. Il existe un contrôleur par retour d’état (4.79) pour un système T-S non linéaire incertain,
en présence de saturation de commande (4.73), assurant la convergence de l’état du système vers une
boule centrée à l’origine dont le rayon est borné par β , s’il existe des matrices P1 = P1T > 0, P4 >
0, Ri , Σ1k = (Σ1k )T > 0 et des scalaires positifs σk2 , ω1 , ω2 solutions du problème d’optimisation :
min β (4.106)
P1 ,P4 ,Ri ,Σ1k ,σk2 ,ω1 ,ω2
Ki = P4−1 Ri (4.112)
où les matrices Aik (t) et Bik (t) sont définies en (4.103) et (4.104).
Pour étudier le signe de V̇ (xa (t)), il convient de s’affranchir des variations temporelles inconnues mais
bornées des matrices Aik (t) et Bik (t). Pour cela, à partir de l’équation (4.104), nous avons :
S((BikT (t)Pxa (t)) = S((Bik1 )T Pxa (t) + (Bik2 )T (t)Pxa (t)) (4.116)
Des lemmes 5 et 7, compte tenu des définitions (4.105) et de la structure de la matrice P, avec Σ1k matrice
symétrique positive et σk2 scalaire positif, on déduit les majorations :
S((Bik1 )T Pxa (t)) ≤ ΓTk Σ1k Γk + xT (t)P1 Bi (Σ1k )−1 BTi P1 x(t) (4.117)
S((Bik2 )T (t)Pxa (t)) ≤ σk2 ΓTk EBT EB Γk + (σk2 )−1 xT (t)P1 BBT P1 x(t) (4.118)
A partir de la définition des matrices Aik (t) en (4.103), la forme décomposée du terme ATik (t)P +
PT Aik (t) est donnée par :
S(P1 Ai + P1 ∆A(t)) −KiT P4 + P1 Bi Λk + P1 ∆B(t)Λk
S(PAik (t)) = (4.119)
∗ −P4 + P4T
Pour majorer les termes variants dans le temps, du lemme 7, nous déduisons pour des scalaires positifs
ω1 et ω2 que :
S(xT (t)P1 ∆A(t)x(t)) ≤ ω1 xT (t)EAT EA x(t) + ω1−1 xT (t)P1 AAT P1 x(t) (4.120)
S(xT (t)P1 ∆B(t)Λk u(t)) ≤ ω2−1 xT (t)P1 BBT P1 x(t) + ω2 uT (t)ΛTk EBT EB Λk u(t) (4.121)
En utilisant les majorations (4.117-4.118) et (4.120-4.121), la dérivée de la fonction de Lyapunov (4.115)
est elle même bornée par :
n 3nu
V̇ (xa (t)) ≤ ∑ ∑ µi (ξ (t))µksat (t)(xaT (t)Mik xa (t) + ΓTk Σ1k Γk + σk2 ΓTk EBT EB Γk ) (4.122)
i=1 k=1
avec
M1ik −KiT P4 + P1 Bi Λk
Mik = (4.123)
∗ −P4 − P4T + ω2 ΛTk EBT EB Λk
M1ik = S(P1 Ai )+ ω1 EAT EA + ω1−1 P1 AAT P1 +(σk2 )−1 P1 BBT P1 +P1 B(Σ1k )−1 BT P1 + ω2−1 P1 BBT P1 (4.124)
En appliquant le complément de Schur à (4.123), la condition de stabilité V̇ (xa (t)) < 0 est vraie si Ξik < 0
et k x(t) k2 > δε . La matrice Ξik étant donnée par (4.109). La minimisation du majorant du rayon de la
boule de convergence β résulte du raisonnement utilisé dans les cas précédents.
4.5. Commande saturée par retour d’état de systèmes non linéaires 77
Exemple numérique
Afin d’illustrer l’approche proposée, nous considérons un exemple académique de faible dimension.
Soit le système T-S incertain, soumis à des saturations d’actionneurs, avec deux entrées et deux états
mesurables :
−1 1 −0.80 0.02
A1 = , A2 =
0 −0.75 0.20 −1.40
0.1 1 0.2 1
A = , EA =
1 0.1 1 0.5 (4.125)
2 2 0.75 0
B1 = , B2 =
2 2 −0.5 0.75
0 0.1 0.1 0.1
B = , EB =
0.1 0 0.1 0.1
Les incertitudes ΣA (t) = ΣB (t) = σ (t)I sont représentées au cours du temps par la figure 4.4.
Le vecteur d’entrées est soumis aux saturations d’actionneurs avec les caractéristiques u1max = u2max = 2,
0.8
0.6
0.4
0.2
0
0 5 10 15
Afin d’illustrer l’efficacité de l’approche proposée ainsi que l’effet de la saturation sur l’état du système,
un contrôleur nominal est tout d’abord synthétisé sans tenir compte de la saturation de commande. Puis,
une comparaison est établie entre la réponse en boucle fermée du système avec correcteur nominal sans
saturation, celle du système en boucle fermée avec le correcteur nominal saturé, et finalement celle
obtenue avec l’approche T-S proposée où le gain du contrôleur dépend des bornes de saturation.
Pour l’exemple numérique considéré, les gains nominaux sont calculés de la manière présentée dans la
section 2.7.1 du chapitre 2.
1.10 1.11 1.64 1.64
Kn1 = , Kn2 = (4.127)
0.93 0.94 1.39 1.39
1
x1
x
1sat
0.5 x1TS
x1TSD
−0.5
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
2
x
2
1.5 x
2sat
x2TS
1
x2TSD
0.5
−0.5
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
0.28 0.02 0.58 0.36
K1d = , K2d = (4.129)
0.062 0.42 0.37 0.61
Les figures 4.5 et 4.6 représentent les états du système ainsi que les entrées pour le cas nominal sans
saturation (respectivement notés x1 , x2 , u1 et u2 ), ceux du cas nominal avec saturation subie (respective-
ment notés x1sat , x2sat , u1sat et u2sat ), ceux de l’approche T-S proposée en section 4.5.4 (respectivement
notés x1T S , x2T S , u1T S et u2T S ) et finalement ceux de la saturation T-S avec approche descripteur (respec-
tivement notés x1T SD , x2T SD , u1T SD et u2T SD ).
A partir des figures obtenues, on peut observer que la saturation de commande a un effet déstabilisant
sur l’état du système si cette dernière n’est pas prise en considération dans la synthèse de la commande.
En revanche, avec l’approche proposée, la convergence de l’état vers une boule centrée à l’origine est
assuré malgré la présence d’incertitudes.
Concernant l’approche descripteur énoncée dans le théorème 10, le nombre de conditions à résoudre est
(n × 3nu = 18), qui est moindre que le nombre de LMIs du théorème 9 (n2 × 3nu = 36). On note également
que la réponse obtenue est légèrement meilleure. Le temps de descente est quasiment le même (2s), mais
le rayon de la boule centrée à l’origine est égal à 4.20 pour la première approche et à 3.24 pour la seconde
(approche descripteur).
4.6. Commande par retour de sortie 79
1
u1
0 u1sat
−1 u1TS
u1TD
−2
−3
−4
−5
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
0
u2
−1 u
2sat
u2TS
−2
u
2TSD
−3
−4
−5
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
Les méthodes de synthèse auxquelles nous nous sommes intéressés jusqu’à présent permettent de
générer un retour d’état (statique pour le cas linéaire et de type PDC pour le cas non linéaire). Des
conditions de stabilisation et de recalage à l’origine des états du système ont été établies. Cependant,
ces résultats ne sont valables que dans le cas où les états du système sont mesurables. Une solution pour
contrer cette restriction consiste en l’ajout d’un observateur permettant l’estimation du vecteur d’état sur
la base des mesures des signaux d’entrée et de sortie. Une autre solution est de considérer une commande
par retour de sortie comme cela est proposé dans différents travaux. Un contrôleur dynamique permet
notamment d’améliorer les performances en boucle fermée d’un système dynamique et a souvent été uti-
lisé dans le cadre de la commande robuste (Li et al. [2000], Yoneyama et al. [2001], Yoneyama [2006]).
Le contrôleur statique quant à lui s’avère particulièrement intéressant dans le cadre d’applications né-
cessitant un faible coût de calcul puisque, contrairement aux lois de commande à base d’observateurs
ou par retour de sortie dynamique, sa conception ne nécessite pas la résolution d’équations différen-
tielles en ligne (Chadli et al. [2002], Huang et Nguang [2006]). Notons cependant que ce type de lois de
commande par retour de sortie fait apparaître de nombreux termes croisés (couplage entrées-sorties) et
conduit donc à des conditions de stabilisation LMI assez conservatives (Bouarar [2009]).
Comme citée dans la section précédente, l’approche descripteur présente l’intérêt de non seulement ré-
duire le nombre de LMIs à résoudre, mais également d’éliminer certains couplages entre les gains de
retour d’état et les matrices de Lyapunov, ces couplages pouvant constituer des sources importantes de
conservatisme (Tanaka et al. [2007] et Guelton et al. [2009]). Dans la suite du chapitre, nous proposons
la formulation de conditions de stabilisation et de recalage à l’origine de systèmes non linéaires, sous
forme de modèles T-S, soumis à des saturations de commande, par retour de sortie et basées sur l’ap-
80 Chapitre 4. Commande sous contrainte de saturation
proche descripteur.
A partir du résultat donné par (4.10) explicitant la commande saturée usat (t), le système (4.130) s’écrit
comme :
3nu n
ẋ(t) = ∑ ∑ µisat (t)µ j (ξ (t))(A j x(t) + B j (Λi u(t) + Γi ))
i=1 j=1
3nu n (4.131)
y(t) = ∑ ∑ µi (t)µ j (ξ (t))(C j x(t) + D j (Λi u(t) + Γi ))
sat
i=1 j=1
En se basant sur l’approche descripteur et en introduisant une dynamique virtuelle sur l’entrée et la sortie
du système, nous pouvons écrire :
n
0. u̇(t) = ∑ µ j (ξ (t))K j y(t) − u(t)
j=1
n (4.133)
0.ẏ(t) =
∑ µ j (ξ (t))(C j x(t) + D j u(t)) − y(t)
j=1
Par simple agrégation de (4.130) et (4.133), le système saturé en boucle fermée s’écrit sous la forme
descripteur suivante :
3nu n
E ẋa (t) = ∑ ∑ µisat (t)µ j (ξ (t))(Asij xa (t) + Bisj )
s
(4.135)
i=1 j=1
avec
A j B j Λi 0 B j Γi
E s = diag(Inx , 0nu +m ), Asij = 0 −Inu K sj , Bisj = 0 (4.136)
C j D j Λi −Im D j Γi
Les gains du contrôleur assurant la stabilité du système (4.135) sont ainsi donnés par le théorème suivant.
4.6. Commande par retour de sortie 81
Théorème 11. Il existe un contrôleur par retour de sortie statique (4.132) pour le système non linéaire
saturé (4.130) tel que les états du système en boucle fermée convergent vers une boule centrée à l’origine
d’un rayon borné par βs , s’il existe des matrices P1s = (P1s )T > 0, P2s > 0, P31
s , Ps , Ps , Rs , Σ1s = (Σ1s )T > 0,
32 33 j ij ij
Σ3s
ij = (Σ 3s )T > 0, solutions du problème d’optimisation suivant (pour i = 1, . . . , 3nu et j = 1, . . . , n)
ij
min βs (4.137)
s , Ps , Ps , Rs , Σ1s , Σ3s
P1s , P2s , P31 32 33 j ij ij
i j D j Γi + Γi B j Σi j B j Γi < βs
ΓTi DTj Σ3s T T 1s
(4.139)
avec
Qs1
ij
s )
= S(P1s A j +CTj P31
s12 s T s sT D ΛT
Qi j = P1 B j Λi +C j P32 + P31 j i (4.140)
Qs2 = S(−P s + PsT D Λ )
ij 2 32 j i
A partir des équations (4.135), la dérivée par rapport au temps de la fonction de Lyapunov (4.141)
s’explicite :
3nu n
V̇ (xa (t)) = ∑ ∑ µisat (t))µ j (ξ (t))S(xaT (t)(Ps )T Bisj + xaT (t)(Asij )T Ps xa (t)) (4.144)
i=1 j=1
Du lemme 5, compte tenu des définitions (4.143) et (4.136), V̇ (xa (t)) est bornée par la quantité suivante :
3nu n
V̇ (xa (t)) ≤ ∑ ∑ µisat (t)µ j (ξ (t))(ΓTi BTj Σ1s
i j B j Γi + Γi D j Σi j D j Γi + xa (t)Qi j xa (t))
T T 3s T s
(4.145)
i=1 j=1
82 Chapitre 4. Commande sous contrainte de saturation
avec
−1 s 3s −1
Qsij = (Asij )T Ps + (Ps )T Asij + diag(P1s (Σ1s s s s T s s s
i j ) P1 , 0, 0) + ( P31 P32 P33 ) (Σi j ) ( P31 P32 P33 )
(4.146)
Notons :
εs = min
n
λmin (−Qsij ) (4.147)
i=1:3 u , j=1:n
Ainsi, de (4.145) avec la propriété de somme convexe (B.2), V̇ (xa (t)) < −ε s k xa k22 +δ s . Il en découle
que V̇ (xa (t)) < 0 pour
Qsij < 0 et k xa k22 > δε s
s
(4.149)
impliquant, selon la théorie de Lyapunov
q (Zhang et al. [2009]), que xa (t) est borné et converge vers une
boule centrée à l’origine de rayon δε s .
s
q
L’objectif à présent est de minimiser le rayon δε s . De la définition (4.148) et de la condition (4.139),
s
δ s est borné par βs . Nous pouvons également montrer que 1/ε s < βs . De (4.147), on déduit :
Toutes les valeurs propres de (−Qsij ), incluant ε s , sont plus grandes que 1/βs . Ainsi, 1/ε s < βs et le
q
rayon δε s est borné par βs .
s
Remarque 10. Comme pour le retour d’état, la remarque 7 concernant la stabilité des sous-modèles est
également vraie pour le retour de sortie statique. Cependant, afin d’améliorer les résultats obtenus et de
relaxer cette contrainte de stabilité, un contrôleur par retour de sortie dynamique est proposé dans la
section suivante.
Remarque 11. L’approche classique par Lyapunov peut également être considérée pour la synthèse
du correcteur par retour de sortie statique. Cependant, en comparaison avec l’approche descripteur, le
nombre de contraintes à satisfaire est plus élevé et leur linéarisation sous forme de LMI plus délicate.
En effet, en considérant le système non linéaire T-S sous contrainte de saturation suivant :
3nu n
ẋ(t) = ∑ ∑ µi (t)µ j (ξ (t))(A j x(t) + B j (Λi u(t) + Γi ))
sat
i=1 j=1
3nu n (4.152)
y(t) = ∑ ∑ µi (t)µ j (ξ (t))C j x(t)
sat
i=1 j=1
avec la fonction de Lyapunov V (x(t)) = xT (t)Px(t), P = PT > 0. La dérivée de cette dernière est alors
bornée par la quantité :
3nu n n n
V̇ (x(t)) ≤ ∑ ∑ ∑ ∑ µisat (t)µ j (ξ (t)µk (ξ (t)µl (ξ (t))(ΓTi BTj Σ1sij B j Γi
i=1 j=1 k=1 l=1 (4.154)
+xT (t)(ATj P + PA j +ClT Kk Λi BTj P + PB j Λi KkCl + P(Σ1s −1
i j ) P)x(t))
Etant donné la triple somme, le nombre de contraintes LMI à satisfaire évolue en n3 avec le nombre de
sous modèles. De plus, les termes PB j Λi KkCl sont difficiles à linéariser sans introduire un conservatisme
important. La condition V̇ (t) < 0 est donc plus difficile à exploiter qu’avec l’approche descripteur où
V̇ (t) < 0 est bornée par la quantité (4.145), ce qui illustre bien l’avantage de l’approche adoptée.
Les matrices Acj ∈ Rnc ×nc , Bcj ∈ Rnc ×m , Ccj ∈ Rnu ×nc et Dcj ∈ Rnu ×m sont à déterminer. L’ordre nc du
contrôleur peut être adapté en fonction des objectifs de la commande et de la dynamique du système.
Considérons le vecteur d’état augmenté xa (t) :
xa (t) = ( xT (t) xcT (t) uT (t) yT (t) )T (4.156)
La concaténation des équations (4.130) et (4.155) conduit au système descripteur :
3nu n
E ẋa (t) = ∑ ∑ µisat (t)µ j (ξ (t))(Adij xa (t) + Bidj )
d
(4.157)
i=1 j=1
avec
A j 0 B j Λi 0 B j Γi
0 Acj 0 Bcj 0
E d = diag(Inx +nc , 0nu +m ), Adij =
0 Cc −Inu Dc
et Bidj =
0
(4.158)
j j
C j 0 D j Λi −Im D j Γi
La détermination des gains Acj , Bcj , Ccj et Dcj du correcteur (4.155) est détaillée dans le théorème suivant.
Théorème 12. Il existe un contrôleur par retour de sortie dynamique (4.155) pour le système non linéaire
saturé (4.130) tel que l’état du système en boucle fermée converge vers une boule centrée à l’origine dont
le rayon est borné par βd , s’il existe des matrices P11 d = (Pd )T > 0, Pd = (Pd )T > 0, Pd > 0, Pd , Pd ,
11 22 22 33 41 42
c c c c
d , Pd , A , B , C , D , Σ1d = (Σ1d )T > 0 et Σ2d = (Σ2d )T > 0, solutions du problème d’optimisation
P43 44 j j j j ij ij ij ij
suivant (pour i = 1, . . . , 3nu et j = 1, . . . , n)
min c c c c
βd (4.159)
d ,Pd ,Pd ,Pd ,Pd ,Pd ,Pd ,A ,B ,C ,D ,Σ1d ,Σ2d
P11 22 33 41 42 43 44 j j j j ij ij
84 Chapitre 4. Commande sous contrainte de saturation
avec
Q1i j d + Pd A +CT Pd + (Pd )T C
= ATj P11 11 j j 41 41 j
Démonstration. La démonstration est similaire à la preuve du théorème 11. La seule modification est
la structure de la fonction de Lyapunov adaptée au système descripteur (4.157)-(4.158). La fonction de
Lyapunov est :
V (xa (t)) = xaT (t)(E d )T Pd xa (t) (4.163)
(E d )T Pd = (Pd )T E d ≥ 0 (4.164)
La condition initiale est x0 = ( 0 0 15π /180 0 )T . La figure 4.7 représente les variables suivantes :
– xN , les états du système avec commande nominale non saturée (même commande appliquée pour
le retour d’état de l’exemple précédent)
– xN,sat , les états du système avec commande nominale saturée (même commande appliquée pour le
retour d’état de l’exemple précédent)
– xsat,T Ss , les états du système pour l’approche T-S proposée avec le contrôleur statique
– xsat,T Sd , les états du système pour l’approche T-S proposée avec le contrôleur dynamique.
L’effet de la saturation est bien mis en évidence sur les figures obtenues. Il est clair qu’avec l’approche
T-S proposée, la convergence de l’état du système en boucle fermée vers une boule centrée à l’origine
est assurée. Il apparaît également que les résultats obtenus avec le contrôleur dynamique sont légèrement
meilleurs que ceux obtenus avec le contrôleur statique, puisque pour le premier état, la convergence est
assurée avec des amplitudes d’oscillations plus faibles.
Afin de comparer les deux contrôleurs, leurs diagrammes de phase respectifs des états x2 et x1 sont
tracés dans la figure 4.8 (rappelons que la valeur initiale de (x1 , x2 ) est (0, 0)). On remarque que pour le
cas dynamique, l’état converge vers une boule centrée à l’origine de rayon β d = 1.5 × 10−5 , quant à la
réponse pour le cas statique, le rayon calculé est β s = 4.9 × 10−3 , valeur très largement supérieure à la
précédente.
86 Chapitre 4. Commande sous contrainte de saturation
−0.1
−1.5
−0.15
0 0.5 1 1.5 2 2.5 3 0 0.5 1 1.5 2 2.5 3
temps (s) temps (s)
0.025
xatTSs
0.02 x
satTSd
0.015
0.01
x2 (vitesse)
0.005
−0.005
−0.01
−0.015
−2 −1 0 1 2 3 4 5
−3
x (position) x 10
1
Figure 4.8 – Diagrammes de phase en BF avec correcteurs par retour de sortie statique et dynamique
4.7 Conclusion
Dans ce chapitre, la stabilisation des systèmes soumis à des contraintes de saturation de commande
a été abordée. Sur la base de la ré-écriture de la fonction non linéaire saturation sous forme de modèle
4.7. Conclusion 87
T-S, plusieurs lois de commande ont été proposées. Le cas de systèmes linéaires avec une commande
par retour d’état statique a été traité, puis le cas des systèmes non linéaires sous forme T-S avec des
commandes de type PDC par retour d’état. Les résultats obtenus ont été étendus au cas des systèmes non
linéaires incertains sous forme T-S. Finalement, des lois de commande par retour de sortie statique et
dynamique ont été mises au point.
Afin d’illustrer l’apport des méthodes proposées, le cas d’un système non linéaire chariot-pendule a
été traité. Pour cet exemple numérique, il a clairement été montré que la non-prise en compte de la
saturation entraîne une instabilité du système, alors qu’avec la méthode proposée, la stabilité du système
non linéaire est assurée et l’on notera que les gains de commande dépendent directement des limites de
saturation.
88 Chapitre 4. Commande sous contrainte de saturation
Poursuite de consigne générée par un modèle de
5
référence
Sommaire
5.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
5.2 Etude bibliographique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
5.2.1 Poursuite de modèle de référence des systèmes linéaires . . . . . . . . . . . . 90
5.2.2 Poursuite d’un modèle de référence par un système non linéaire . . . . . . . . 93
5.2.3 Poursuite de modèle de référence des systèmes T-S : contribution du chapitre . 94
5.3 Conditions structurelles de poursuite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
5.3.1 Modèle et objectif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
5.3.2 Loi de commande prédéfinie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
5.3.3 Loi de commande à structure non prédéfinie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98
5.4 Choix du critère de poursuite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99
5.4.1 Variables de décision indépendantes de la commande . . . . . . . . . . . . . . 99
5.4.2 Variables de décision fonction de la commande . . . . . . . . . . . . . . . . . 100
5.4.3 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 100
5.5 Commande prédictive non linéaire d’un système sous forme T-S . . . . . . . . . . 106
5.5.1 Variables de décision indépendantes de la commande . . . . . . . . . . . . . . 107
5.5.2 Variables de décision fonction de la commande . . . . . . . . . . . . . . . . . 107
5.6 Poursuite de modèle de référence tolérante aux défauts . . . . . . . . . . . . . . . 110
5.6.1 Poursuite de modèle de référence tolérante aux défauts de capteurs . . . . . . . 110
5.6.2 Poursuite de modèle de référence sous contrainte de saturation : cas discret . . 122
5.6.3 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 126
5.1 Introduction
Dans ce chapitre, nous nous intéressons au problème de la poursuite d’une consigne générée par un
modèle de référence pour un système non linéaire représenté par un modèle de Takagi-Sugeno. Tout
89
90 Chapitre 5. Poursuite de consigne générée par un modèle de référence
au long du chapitre, l’accent est mis sur les difficultés rencontrées pour assurer l’objectif de poursuite
ainsi que les solutions proposées. Nous étudions les propriétés des systèmes de commande en matière de
stabilité et de performance en poursuite ainsi que la dynamique des systèmes considérés (système et son
modèle de référence). Nous montrons également l’influence du choix du critère de contrôle relatif aux
objectifs et aux conditions structurelles.
Pour commencer, une étude bibliographique sur les méthodes de poursuite existantes dans la littérature
pour les systèmes linéaires et non linéaires est présentée. Nous nous intéressons par la suite aux systèmes
non linéaires représentés par les modèles T-S. Les conditions structurelles de poursuite ainsi que des
stratégies de contrôle sont proposées afin de mettre en évidence les liens entre l’objectif de poursuite
désiré, le choix du critère de commande approprié et les conditions structurelles qui en découlent.
Nous nous intéressons également à la commande tolérante aux défauts avec optimisation de critère de
performance pour les modèles T-S. Dans un premier temps, la commande optimale pour les systèmes
continus affectés par des bruits de mesure, avec synthèse d’observateurs et variables de décision non
mesurables est considérée. Puis, dans un second temps, nous étudions les systèmes discrets. Pour ce
dernier point, des algorithmes de calcul itératif sont proposés et mis en oeuvre et, grâce à des exemples
numériques, l’effet d’anticipation et de compensation de la saturation est mis en évidence.
Remarque 12. A noter que le choix des systèmes discrets est motivé par la nature des lois de commande
considérées (commandes prédictives). En effet, pour cette famille de lois de commandes, le cas des
systèmes discrets est plus facile à traiter que le cas des systèmes continus.
• Première procédure
La structure de la loi de commande est préalablement fixée et les conditions structurelles de poursuite
ainsi que les gains du contrôleur sont alors déduits. Dans (Curran [1971], Sastry et Bodson [1989], Khalil
[1992] et Tao [2003]) par exemple, la commande par retour d’état est donnée sous la forme :
où K et Kr sont des matrices constantes à déterminer pour que l’état du système x(t) suive celui du
modèle de référence xr (t) donnés respectivement par (5.1) et (5.2). Pour cette commande, en reportant
(5.3) dans (5.1), nous obtenons :
ẋ(t) = (A + BK)x(t) + BKr ur (t)
(5.4)
y(t) = Cx(t)
En comparant ce système d’équations avec (5.2), on aboutit aux conditions de matching suivantes pour
le régime permanent :
(A + BK)−1 BKr = A−1 r Br (5.5)
Le système (5.5) peut ainsi s’écrire :
I
B( Kr K ) = AA−1
r Br (5.6)
−A−1
r Br
( Kr K ) = B+C0 B+
0 (5.7)
avec :
I
C0 = AA−1
r Br , B0 = (5.8)
−A−1
r Br
et la condition :
BB+C0 B+
0 B0 = C0 (5.9)
De la même façon, en régime dynamique, les conditions de matching sont :
A + BK = Ar
(5.10)
BKr = Br
l’existence d’une solution. En effet, le choix d’une structure a priori peut conduire au non-respect des
conditions de rang.
Le fait d’imposer des gains constants peut également être sujet à critique. Pour cette raison, une forme
plus générale, avec des gains dynamiques K(t) et Kr (t) peut être considérée (Guo et al. [2009] et Yang et al.
[2006]). Dans (Joshi et al. [2011]), la synthèse d’une loi de commande adaptative en présence d’incerti-
tudes est considérée.
• Seconde procédure
Cette procédure tend à assurer une erreur de poursuite nulle sans aucune structure de commande pré-
requise. Dans (Nie et Patton [2011]), la loi de commande est déduite de l’erreur de poursuite sur l’état
e(t) = x(t) − xr (t). Compte tenu de (5.1) et (5.2) la dynamique de cette erreur s’explicite :
Afin de réduire cette équation à ė(t) = Ar e(t) pour garantir la convergence de l’erreur vers zéro, le signal
de commande est choisi de façon à rendre la quantité (A − Ar )x(t) + Bu(t) − Br ur (t) nulle ou à défaut,
aussi petite que possible, ou/et avec une atténuation minimale sur la dynamique de l’erreur.
Une autre approche est basée sur la théorie de la commande optimale. Cette technique, à l’inverse des
procédures classiques abordées ci-dessus, peut être appliquée à n’importe quel système et assure toujours
l’existence d’une commande minimisant une fonction (quadratique par exemple) de l’erreur de poursuite
entre le système et son modèle de référence (Erzberger [1967], Tseng et al. [2001], Tong et al. [2002]).
Bien que la commande optimale quadratique tende à proposer une procédure générale pour la pour-
suite de modèle de référence, on trouve pour certaines combinaisons système/modèle de référence une
erreur de suivi importante qui ne peut pas être réduite au delà d’une certaine valeur en jouant simple-
ment sur les matrices poids du critère d’optimisation choisi (Erzberger [1967]). Pour cette approche, à
l’inverse de la première, au lieu de chercher un matching parfait, il est plus efficace de décrire l’objectif
de poursuite en terme de proximité du système et de son modèle de référence.
A cet effet, le critère de poursuite suivant peut être considéré :
Z tf Z tf
eT (t)Qe(t)dt ≤ η 2 uTr (t)ur (t)dt (5.14)
0 0
où Q est une matrice poids, définie positive et η le niveau d’atténuation considéré. La matrice Q peut
être choisie de façon à privilégier le suivi de certains états par rapport à d’autres. Dans (5.14), la limite
supérieure de l’atténuation L2 de ur (t) vers er (t) notée √ η quantifie l’effet de l’entrée de référence
λ (Q)
sur l’erreur de poursuite. Il est évident que l’un des objectifs est de minimiser l’atténuation η . Un autre
point de la commande optimale pouvant être soumis aux critiques est le fait que les gains de la commande
sont constants pour tous les états.
Un point majeur à considérer dans cette approche est l’horizon de temps, qui peut être infini ou fini et
glissant, ce dernier cas étant adapté à une optimisation en ligne. Cette dernière procédure est fréquem-
ment appelée commande prédictive (ou Model Predictive Control MPC) et est basée sur l’optimisation
dans un temps fini et glissant. Autrement dit, à chaque instant, un problème de commande optimale est
traité sur un horizon futur de N pas. L’approche consiste à calculer une commande, à un instant t, assu-
rant un coût minimal en terme de poursuite et d’énergie sur un horizon de taille N (Maciejowski et Jones
[2003], Kerrigan et Maciejowski [1999], Nikolaou [2001]) :
t+N−1
Φt = ∑ kxi+1 − xr,i+1 k2 Q + ρ kui k2 (5.15)
i=t
5.2. Etude bibliographique 93
L’approche par apprentissage itératif à base d’un modèle de référence (connue également sous le
nom d’Iterative Learning Control (ILC)) peut également être considérée. Cette approche est basée sur un
calcul itératif de la commande et peut être résumée de la façon suivante.
A la k ième itération, la commande uk (t) est appliquée au système :
où [0, T ] est l’horizon d’optimisation. L’état qui en résulte est comparé à l’état du modèle de référence :
A l’itération suivante (k + 1), la loi de commande est calculée à partir de l’erreur de l’itération précé-
dente :
uk+1 (t) = uk (t) + Lėk (t) (5.18)
La commande ILC mémorise donc les informations de commande précédentes et les exploitent pour
calculer la prochaine commande afin d’améliorer les résultats. Par un choix judicieux du gain L, les
résultats de la poursuite sont progressivement améliorés d’itération en itération (voir (Yu et al. [2002])
et les références associées pour plus de détails).
Malgré son efficacité, l’inconvenient de cette méthode en comparaison avec celles listées ci-dessus,
est que la loi de commande se fait généralement off-line, sur un intervalle de temps fini et en supposant
que tous les états sont disponibles. Cependant, quelques travaux récents tentent de présenter une loi de
commande par ILC, prédictive, pouvant garantir une implémentation on-line (Bouakrif [2012]).
et fastidieuse (Chen et al. [1998]). Dans (Isidori et Byrnes [1990]), le problème de régulation de sortie de
systèmes non linéaires a été abordé, l’objectif étant la synthèse d’un contrôleur dynamique stabilisant et
dont l’erreur de poursuite tend asymptotiquement vers zéro. Bien que la théorie d’Isidori-Byrnes utilisée
soit efficace, elle requiert cependant pour la synthèse du régulateur, la résolution d’équations aux dérivées
partielles non linéaires, souvent plus difficiles à résoudre que les équations d’Hamilton-Jacobi-Bellman
(Shimizu et al. [2005]).
La commande par modes glissants présente l’avantage d’être robuste par rapport aux incertitudes du
modèle (Wang et Lin [1999]). Dans (Yan et Xu [2004]) par exemple, une commande par modes glissants
utilisant un retour de sortie pour la poursuite de systèmes non linéaires incertains a été proposée. Cette
méthode est une extension du travail proposé dans (Yan et al. [2003]), basée sur l’erreur de poursuite en
sortie. Dans (Yan et al. [2003]) et (Yan et Xu [2004]) seuls les systèmes de degré relatif égal à un ont été
considérés. Dans ce cas, malgré l’efficacité prouvée de la commande par modes glissants, ce contrôleur
peut être trop sensible au phénomène de chattering. Une solution proposée est de considérer un ordre plus
élevé pour le contrôle des systèmes non linéaires (Edwards et Spurgeon [1994], Edwards et al. [2000],
Tan et Edwards [2003], Fridman et Levant [2002]), mais à cause de la complexité engendrée et la non-
applicabilité de la méthode directe de Lyapunov, peu de résultats sont disponibles à ce sujet (Hsu et al.
[2006]).
La commande prédictive non linéaire (NMPC) est une extension de la commande linéaire introduite
dans la section précédente. Elle est caractérisée par l’utilisation du modèle non linéaire dans la synthèse
de la commande (Alamir [2006], Alessio et Bempord [2008]). A l’instar de la commande prédictive
linéaire, la NMPC requiert la résolution itérative d’un problème de commande optimale sur un intervalle
de prédiction fini. Ces problèmes convexes dans le cas linéaire, ne le sont plus dans le cas non linéaire
ce qui entraîne certaines difficultés pour la stabilisation et la résolution numérique (Allgöwer et Zhen
[2000], Findeisen et al. [2007]).
Il est également important de rappeler que la liste des approches citées n’est pas exhaustive. Parmi une
littérature abondante, nous nous sommes seulement intéressés aux méthodes les plus répandues.
des performances désirées (poursuite exacte ou issue d’une recherche d’optimum). Puis, nous nous inté-
ressons à la commande prédictive et finalement à la commande tolérante aux défauts (cas continu avec
bruit de mesure, cas discret avec saturation de commande).
xk+1 = Ak xk + Bk uk (5.19)
avec :
r r
Ak = ∑ µi,k Ai , Bk = ∑ µi,k Bi (5.20)
i=1 i=1
où les fonctions poids µi,k (µi,k = µi (ξk ) avec ξk connu) vérifient la propriété de somme convexe :
r
0 ≤ µi,k ≤ 1, ∑ µi,k = 1 (5.21)
i=1
Le modèle de référence à suivre est défini par l’équation suivante (xr,k ∈ Rnx et ur,k ∈ Rnu ) :
avec l’entrée de référence ur,k choisie pour avoir la dynamique désirée du modèle de référence.
L’objectif de poursuite idéale consiste à ajuster, à chaque instant k, la commande uk de sorte que l’état
du système xk suive l’état du modèle de référence xr,k avec une erreur de poursuite nulle. Pour cela, deux
procédures peuvent être considérées. La première tend à fixer la structure de la loi de commande, puis
en fonction de cette dernière, trouver les conditions de poursuite et les valeurs des gains de commande
qui lui sont attachées. La seconde stratégie n’utilise pas de structure a priori fixée de la loi de commande
mais, tend à trouver l’expression analytique de cette dernière à appliquer sous des conditions structurelles
adéquates.
Dans les deux cas de figure, si les conditions structurelles assurant la poursuite s’avèrent impossibles à
satisfaire, il faut alors faire des compromis comme restreindre la poursuite à une partie des états (sorties)
seulement ou accepter une poursuite approchée des états.
Les conditions de matching en régime dynamique sont alors obtenues en comparant (5.24) et (5.22).
Elles sont données par :
Ak + Bk Kk = Ar
(5.25)
Bk Kr,k = Br
96 Chapitre 5. Poursuite de consigne générée par un modèle de référence
Afin d’avoir une solution de (5.25) en Kk et Kr,k , les conditions de rang suivantes doivent être vérifiées :
rang[Bk ] = rang[Bk |Ar − Ak ]
(5.26)
rang[Bk ] = rang[Bk |Br ]
Compte tenu des définitions (5.20), ces conditions s’écrivent aussi :
" # " #
r r r
rang ∑ µi,k Bi
= rang ∑ µi,k Bi | ∑ µi,k (Ar − Ai )
i=1 i=1 i=1
Si les conditions (5.26) sont vérifiées, alors les gains Kk et Kr,k sont donnés à chaque instant par :
Kr,k = B+
k Br
+ (5.28)
Kk = Bk (Ar − Ak )
avec B+k la pseudo-inverse de la matrice plein rang colonne Bk et où il faut rappeler que les matrices Ak
et Bk varient au cours du temps selon les expressions (5.20).
A noter que pour satisfaire les conditions de matching (5.26), puisque les matrices du système Ak et Bk
sont fonctions du temps (5.20), une condition suffisante consiste à partitionner les matrices Ai , Bi et Ar ,
Br sous la forme :
A0 A0
Ai = ,A =
Ai r Ar (5.29)
0nx −nu 0nx −nu
Bi = , Br =
bi br
avec A0 est une matrice de dimension (nx − nu ) × nx . Ai et Ar (des matrices de dimensions nu × nx ), bi et
br (de dimensions nu × nu ) sont des matrices quelconques (degrés de liberté). La structure (5.29) impose
donc les contraintes suivantes :
1. les (nx − nu ) premières lignes des matrices Ai sont égales aux (nx − nu ) premières lignes de la
matrice Ar
2. les (nx − nu ) premières lignes des matrices Bi et Br sont nulles
ce qui permet de satisfaire les conditions de rang (5.26). Ces contraintes de rang montrent donc que la
poursuite parfaite exige un choix particulier du modèle de référence. Le modèle de référence conserve
néanmoins quelques degrés de liberté apparaissant dans Ar et br dont les coefficients peuvent être ajustés
en fonction de spécifications sur le modèle de référence.
Afin d’illustrer l’utilisation des conditions ci-dessus, considérons l’exemple académique suivant :
0.2 0.5 0 0 0.2 0.5 0
Ar = −0.2 0.99 −0.1 , Br = 0 , A1 = −0.2 0.99 −0.1
0 0 0.2 1 0 0 0.1
(5.30)
0 0.2 0.5 0 0
B1 = 0 , A2 = −0.2 0.99 −0.1 , B2 = 0
1.5 0 0 1.1 −0.5
avec comme fonctions d’activation :
2 − sin(x1,k ) − tanh(x2,k )
µ1,k = , µ2,k = 1 − µ1,k (5.31)
4
5.3. Conditions structurelles de poursuite 97
En appliquant la loi de commande (5.23) avec les définitions (5.28) des gains de la commande, les états
du système et ceux du modèle de référence sont représentés à la figure 5.1 (respectivement notés xi et xir ,
i = 1, . . . , 3). Les commandes ur,k et uk sont représentées à la la figure 5.2.
1
x1r
x
1
0
−1
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
2
x
2r
1 x
2
−1
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
2
x
3r
0 x
3
−2
−4
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
20 u
−20
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90
1
u
r
0
−1
−2
−3
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90
On constate sur les figures obtenues que la loi de commande proposée (5.23) est efficace, la poursuite
des trois états étant parfaite abstraction faite de l’influence des conditions initiales, sous réserve que les
conditions structurelles (5.27) soient vérifiées ce qui est le cas dans l’exemple présenté.
98 Chapitre 5. Poursuite de consigne générée par un modèle de référence
0.6 µ
1
0.4
0.2
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90
µ2
0.8
0.6
0.4
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90
La résolution de cette équation par rapport à uk ne permet pas d’exhiber une forme explicite de la
commande. Pour contourner cette difficulté, un algorithme itératif est alors proposé :
( j+1) ( j) ( j) ( j) ( j)
uk = ((Bk )T Bk )−1 (Bk )T (xr,k+1 − Ak xk )
( j) ( j) ( j) ( j) (5.37)
= ((Bk )T Bk )−1 Bk )(xr,k+1 − Ak xk )
5.4. Choix du critère de poursuite 99
r r
avec Bk = ∑ µi (uk )Bi , Ak = ∑ µi (uk )Ai , j = 0, . . . , N avec N le nombre d’itérations et u0k l’initia-
( j) ( j) ( j) ( j)
i=1 i=1
lisation de la commande qui peut être prise égale à ur,k par exemple.
La convergence de cet algorithme peut être démontrée localement, mais comme cela n’est pas l’objet de
notre étude, le lecteur peut se référer aux travaux (Allgöwer et Georg [1980], Axelsson [1994], Kelley
[1995]) pour plus d’explications.
Φ =k Bk uk − xr,k+1 + Ak xk kW
2
(5.38)
sachant la définition
Definition 1. Pour un signal à temps discret νk , on défini la norme 2 pondérée par W comme :
∞
k νk kW
2
= ∑ νkT W νk (5.39)
k=0
où W est une matrice poids définie positive choisie en fonction de spécifications (privilégier la poursuite
d’un état par rapport à un autre par exemple).
La loi de commande est alors donnée par :
Le test de convergence pour décider de l’arrêt des itérations à l’étape N peut être réalisé en analysant
( j+1) ( j+1)
l’amplitude du résidu uk − f (uk ).
5.4.3
Considérons à présent les exemples illustratifs suivants. Le modèle de référence et le système sont
donnés par :
0.2 0.5 0 −0.3 0 0 0.5 0
Ar = −0.2 0.99 −0.1 , Br = 1 0.11 , A1 = −0.2 1.19 −0.1
0 0 0.2
0 1 0 0 0.1
0.2 0.5 0.6 0.5 0 −0.8 −0.5
B1 = 1.5 0.61 , A2 = −0.2 1.09 −0.1 , B2 = 0.5 −0.39
0.5 1.5 0 0 1.1 −0.5 0.5
(5.44)
On se place dans le cas où les fonctions d’activation dépendent de la commande et sont données par :
1 + 2 tanh(u1,k )
µ1,k = , µ2,k = 1 − µ1,k (5.45)
2
Les matrices définies en (5.44) ne vérifiant pas les conditions de poursuite exacte (5.27), on applique
une commande quadratique optimale. Comme les fonctions d’activation dépendent de la commande, la
procédure itérative (5.43) est mise en oeuvre.
Dans un premier temps, l’objectif est d’assurer la poursuite pour les états x2 et x3 . La matrice de pondé-
ration est donc donnée par W = diag(0.01, 1, 1) de façon à favoriser la poursuite de ces deux états. Les
états du système et du modèle de référence respectivement notés xi et xir , i = 1, . . . , 3 sont représentés à
la figure 5.4. Les commandes ur,k (commandes choisies) et uk (commandes calculées) sont représentées
à la figure 5.5.
A l’examen des figures, on constate bien que les états x2 et x3 suivent de façon optimale au sens du
critère (5.38) les états de référence x2r et x3r bien que les conditions structurelles de poursuite ne soient
pas vérifiées.
5.4. Choix du critère de poursuite 101
5 x1r
x
1
0
−5
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
5 x
2r
x
0 2
−5
x
1 3r
x
3
0
−1
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
1
u
r1
u
r2
0
−1
−2
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
u1
1
u
2
0
−1
−2
−3
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
Afin d’illustrer l’influence de la fonction poids W et son rôle dans la poursuite des états, W est mainte-
nant choisie égale à diag(0.01, 0.1, 1). Les états du système et du modèle de référence sont représentés à
la figure 5.6, les commandes ur,k et uk à la figure 5.7.
On observe que la loi de commande proposée est efficace et que la poursuite est assurée. La poursuite
5
x1r
x
1
0
−5
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
5 x
2r
x
0 2
−5
x
1 3r
x
3
0
−1
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
pour les premier et troisième états a été améliorée, au détriment du deuxième grâce à ce nouveau choix
de W .
Le tableau 5.1 quantifie ces constats. Nous avons calculé les quantités
N
φi = ∑ |xr,k,i − xk,i |, i = 1, 2, 3
k=0
pour les deux situations proposées. L’indice i désigne la i ième composante d’un vecteur et N est l’horizon
d’optimisation.
φ1 φ2 φ3
Lorsque les modèles du système à contrôler et de référence, non seulement ne vérifient pas les conditions
de matching parfait, mais sont de plus très différents, la poursuite de trajectoire pour tous les états ne peut
5.4. Choix du critère de poursuite 103
1
ur1
u
r2
0
−1
−2
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
1.5
u
1
1 u2
0.5
0
−0.5
−1
−1.5
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
être précise. Relâcher la qualité de cette poursuite (par le choix de la matrice W ) sur un (ou plusieurs)
état(s) peut permettre d’améliorer la poursuite des autres.
Une illustration de ce constat est donnée par l’exemple suivant. Le système et le modèle de référence
sont donnés par :
0.8 0.4 0 0.1 0.4
Ar = , Br = , A1 =
−0.2 0.4 0.2 −0.3 0.9 (5.46)
0.1 0.4 0.4 0.2
B1 = , A2 = , B2 =
0.17 0.2 0.7 0.23
Les fonctions d’activation dépendent de l’entrée de commande et sont données par (5.45).
Dans un premier temps, les spécifications de poursuite sont les mêmes pour les deux états du système.
La matrice W est donc donnée par W = diag(1, 1). Les états du système et du modèle de référence
(respectivement notés xi et xir , i = 1, 2) sont représentés à la figure 5.8. Les commandes ur,k et uk sont
données à la figure 5.9.
104 Chapitre 5. Poursuite de consigne générée par un modèle de référence
0.5
x1r
x
1
−0.5
0 50 100 150
0.5
x
2r
x
2
−0.5
0 50 100 150
u
r
1 u
0.5
−0.5
−1
0 50 100 150
On observe sur ces figures que la poursuite des deux états n’est pas très performante (cela provient
du modèle de référence assez éloigné du système à contrôler et du non respect des conditions de "mat-
ching").
Sachant que la poursuite des deux états est délicate, on considère pour la deuxième simulation une ma-
trice poids W égale à diag(0.1, 1), ce qui permet de favoriser a priori la poursuite du deuxième état au
détriment de la poursuite du premier. Les états du système et du modèle de référence sont alors représen-
tés à la figure 5.10 et les commandes ur,k et uk à la figure 5.11.
0.5
x1r
x
1
−0.5
0 50 100 150
0.5
x
2r
x2
−0.5
0 50 100 150
u
r
1.5 u
0.5
−0.5
−1
−1.5
0 50 100 150
On remarque que la poursuite a été sensiblement améliorée pour le deuxième état. En effet, puisque
les conditions de poursuite ne sont pas vérifiées, donc la commande ne peut être totalement efficace pour
les deux états avec la même pondération. Par contre la poursuite est précise lorsque l’exigence porte sur
un seul état.
106 Chapitre 5. Poursuite de consigne générée par un modèle de référence
Afin de justifier cette constatation, considérons l’exemple d’un système T-S de dimension nx = 2 avec
une commande
nu = 1. Les matrices W et Bk sont choisies respectivement sous les formes suivantes
w 0 T
W = et Bk = b1k b2k . Nous rappelons que la commande est donnée par (5.43). En
0 1
remplaçant W et Bk par leurs expressions, nous avons :
1
uk = b1k w b2k (xr,k+1 − Ak xk ) (5.47)
b21,k w + b22k
1 b21k w b1k b2k
xk+1 = Ak xk + 2 (xr,k+1 − Ak xk ) (5.48)
b1,k w + b22k b2k b1k w b22k
La condition de poursuite à atteindre est xk+1 = xr,k+1 , ∀k. Elle est satisfaite si
1 b21k w b1k b2k 1 0
= (5.49)
b1,k w + b22k
2 b2k b1k w b22k 0 1
ce qui ne peut être réalisé. Etant donné que b1k et b2k varient dans le temps, une solution serait d’avoir w
petit (w → 0), ce qui assurerait au moins la poursuite du deuxième état (comme nous pouvons le constater
pour l’exemple précédent).
Remarque 14. La méthode d’optimisation quadratique proposée est basée sur la minimisation, sur
un horizon fini à chaque étape d’une procédure itérative, du critère entre le système et son modèle de
référence. L’erreur de poursuite est calculée et minimisée étape par étape en se basant sur le résultat de
l’étape précédente. Une alternative serait de minimiser la norme de l’erreur de poursuite sur un horizon
de temps infini (Bezzaoucha et al. [2013b]) (voir la section suivante 5.6.1).
5.5 Commande prédictive non linéaire d’un système sous forme T-S
Comme pour les cas linéaire et non linéaire, la commande prédictive pour la poursuite de modèle
de référence, tend à assurer une erreur de poursuite minimale sur un horizon fini glissant. La procédure
proposée pour les modèles T-S est inspirée de la commande prédictive classique, autrement dit, en consi-
dérant un horizon d’optimisation fini de p + 1 pas [k, k + p]. Les états du système au cours du temps
peuvent s’exprimer en fonction d’un état initial xk de la façon suivante :
xk+1 = Ak xk + Bk uk
xk+p+1 = Ak+p xk+p!+ Bk+p uk+p !
p p p (5.50)
= ∏ Ak+i xk + ∑ ∏Ak+ j Bk+i uk+i
i=0 i=0 j=i+1
5.5. Commande prédictive non linéaire d’un système sous forme T-S 107
Compte tenu de (5.50), l’état du système sur l’horizon considéré s’explicite en fonction de l’état initial
xk et des commandes successives appliquées u :
Seule la première composante uk de u est appliquée, ce qui génère l’état xk+1 . Le processus d’optimisation
est ensuite repris sur l’horizon [k + 1, k + p + 1].
( j) ( j) ( j)
où les matrices Ak et Bk sont données par (5.42) en fonction de la commande uk .
Définissons à l’étape j la quantité F ( j) dépendent de l’état initial sur l’horizon [k, k + p] et de la com-
mande calculée à l’étape j :
( j) ( j) ( j) ( j)
F ( j) = ((Bk+p )T W Bk+p )−1 × (Bk+p )T W (xr,k+p − Ak+p xk ) (5.56)
Sur l’horizon temporel [k, k + p], l’algorithme itératif considéré est ainsi décrit par les étapes suivantes :
108 Chapitre 5. Poursuite de consigne générée par un modèle de référence
( j)
1. Initialisation : j = 0, définir uk+p (on peut choisir par exemple la commande calculée sur l’horizon
précédent [k − 1, k + p − 1]).
( j) ( j)
2. Calculer Ak+p et Bk+p (5.57).
( j+1) ( j)
3. Mettre à jour la commande en utilisant l’algorithme à itération directe : uk+p = F ( j) uk+p
4. Test de convergence :
( j+1) ( j)
si kuk+p − uk+p k > δ , j = j + 1, aller à l’étape 2 sinon, fin de l’algorithme.
avec :
( j)
Ak
( j) ( j)
Ak+1 Ak
( j)
Ak+p = ..
.
p
∏
( j)
A k+p−i
i=0
Bk
( j)
0 ... 0
( j) ( j) ( j)
Ak+1 Bk Bk+1 ... 0 (5.57)
( j) .. .. .. ..
Bk+p= . . . .
p−1 p−2
∏ Ak+p−i Bk ∏ Ak+p−i Bk+1
( j) ( j) ( j) ( j) ( j)
. . . Bk+p
i=0 i=0
r
Ak = ∑ µi (u( j) (k))Ai
( j)
i=1
r
B = ∑ µi (u( j) (k))Bi
( j)
k
i=1
est appliquée au système. Lors de l’étape suivante, l’horizon est décalé d’un pas d’échantillonnage et le
critère Φk+1 est optimisé pour obtenir uk+1 .
Exemples
Considérons à présent l’exemple décrit en (5.44) avec la matrice poids W = diag(0.01, 1, 1). La com-
mande MPC est synthétisée pour trois pas (horizon prédictif p = 2). L’algorithme itératif proposé est
implémenté et les résultats obtenus sont illustrés par les figures 5.12 et 5.13 pour les trajectoires d’état et
les commandes respectivement.
Si l’on compare les résultats de la poursuite des états avec la commande sans action prédictive (fi-
gures 5.4 et 5.5), il est clair que l’objectif de poursuite a été amélioré.
Afin de quantifier cette amélioration pour chaque état, considérons l’indicateur suivant caractérisant l’er-
reur de poursuite :
N
φi = ∑ |xr,k,i − xk,i |
k=0
5.5. Commande prédictive non linéaire d’un système sous forme T-S 109
5 x
1r
x1
0
−5
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
5 x
2r
x
2
0
−5
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
1 x
3r
x3
0
−1
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
Figure 5.12 – Etats du système obtenus par la commande prédictive et ceux du modèle de référence
1 u1r
0 u
1
−1
−2
−3
−4
1
u
2r
0 u
2
−1
−2
−3
−4
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
où i désigne le numéro de la composante d’un vecteur, N est l’horizon d’optimisation et xk,i l’état obtenu
avec la commande non prédictive (5.43). Le critère φip est défini de manière analogue à celui de la
commande MPC mais pour l’état obtenu par la commande prédictive. Finalement, l’amélioration relative
de l’erreur de poursuite τi est définie par
φi − φip
τi = 100
φi
Pour l’exemple considéré avec p = 2, nous obtenons grâce à la commande prédictive, l’amélioration
suivante, pour chaque état : τ1 = 12.34%, τ2 = 31.24%, et τ3 = 30.06%.
Afin de souligner l’influence de la taille de l’horizon d’optimisation N (N = p + 1), les taux τi d’amé-
lioration ou dégradation dûs à la commande MPC, sont calculés pour N ∈ {2, 3, 4, 5} pour le même
exemple et les résultats sont rassemblés dans le tableau 5.2.
On observe ainsi que, pour l’exemple considéré, la taille de l’horizon N = 3 est celle qui donne le meilleur
les structures T-S et PDC, avec un choix judicieux du modèle de référence, une atténuation L2 des va-
riables exogènes sur l’erreur de poursuite est considérée. Un observateur T-S à variables de décision non
mesurables est également synthétisé pour la minimisation de cette erreur.
La contribution majeure du travail proposé par rapport aux travaux existants est, d’une part, la consi-
dération de VDNM, ce qui complique la synthèse de l’observateur et du contrôleur mais en étend la
portée (d’autres travaux considèrent uniquement les VDM ou le retour de sortie (Mansouri et al. [2009],
Tseng et al. [2001])) et, d’autre part, l’utilisation du formalisme descripteur qui permet de réduire le coût
calculatoire et évite l’apparition de termes croisés entre les éléments de la matrice de Lyapunov et les
gains (observateur et contrôleur) dans la formalisation des relations exprimant la stabilité des erreurs de
poursuite.
Dans un premier temps, on étudiera la poursuite de trajectoire d’état dans le cas sans défaut. On considé-
rera ensuite un défaut capteur et on cherchera une loi de commande assurant le suivi de trajectoire malgré
la présence de défaut. La stratégie adoptée est de minimiser son influence sur les erreurs d’estimation et
de poursuite. Un exemple numérique est proposé pour illustrer les résultats obtenus.
Critère de poursuite
Pour la synthèse de la commande de systèmes non linéaires assurant la poursuite d’un modèle de
référence, une représentation T-S du système est considérée :
n
ẋ(t) =
∑ µi (ξ (t))(Aix(t) + Bi u(t)) (5.59)
i=1
y(t) = Cx(t)
où x(t) ∈ Rnx représente l’état du système, u(t) ∈ Rnu l’entrée de commande et y(t) ∈ Rm la sortie du
système. Dans la suite, nous considérons les modèles à VDNM (ξ (t) ∈ Rq dépendent de l’état x(t)).
Compte tenu de cette dépendance, notons
où xr (t) est l’état de référence que doit suivre x(t) et ur (t) une entrée de référence bornée. Les matrices
Ar et Br sont choisies de manière à améliorer les performances du système en boucle fermée (améliora-
tion du régime transitoire par exemple) et répondent aux conditions de suivi abordées dans les sections
précédentes.
L’objectif étant le suivi de l’état du système (5.62) par celui de (5.59), la grandeur à réguler est l’erreur
de poursuite er (t) :
er (t) = x(t) − xr (t) (5.63)
L’état du système n’étant pas disponible, le correcteur PDC est construit à partir de l’estimation de
l’erreur de poursuite. Les fonctions d’activation dépendent de x(t) non mesurable, son estimée est alors
112 Chapitre 5. Poursuite de consigne générée par un modèle de référence
utilisée. Le correcteur compte donc, outre le modèle de référence (5.62), un observateur d’état
n
˙ = ∑ hi (x̂(t))(Ai x̂(t) + Bi u(t) + Li (y(t) − ŷ(t)))
x̂(t)
i=1 (5.64)
ŷ(t) = Cx̂(t)
où x̂(t) ∈ Rnx est l’état estimé, Li ∈ Rnx ×m les gains à déterminer. Le contrôleur PDC est défini par la
commande
n
u(t) = − ∑ hi (x̂(t))Ki (xr (t) − x̂(t)) (5.65)
i=1
stabilisant le système non linéaire (5.59) et vérifiant le critère de performance L2 (Tseng et al. [2001],
Chen et al. [1996], Tong et al. [2002]) :
Z tf Z tf
eTr (t)Qer (t)dt ≤η 2
uTr (t)ur (t)dt (5.66)
0 0
où Q est une matrice poids définie positive permettant de privilégier certaines composantes de l’erreur
de poursuite, η est le niveau d’atténuation désiré. Dans (5.66), la limite supérieure du gain du transfert
η
L2 de ur (t) vers er (t) notée λ (Q) quantifie l’effet de l’entrée de référence sur l’erreur de poursuite. Il
apparaît clairement qu’un des objectifs de la poursuite est de minimiser η .
Synthèse d’observateur
Sa dynamique ne peut pas être calculée directement à partir de (5.67) puisque dans l’équation (5.59)
les fonctions d’activation dépendent des variables non mesurables x(t) et celles de l’équation (5.64)
5.6. Poursuite de modèle de référence tolérante aux défauts 113
dépendent de leurs estimées x̂(t). Pour cette raison, en se basant sur la propriété de somme convexe des
fonctions d’activation, l’équation d’état (5.59) se ré-écrit sous la forme :
n
ẋ(t) = ∑ [hi (x̂(t))(Ai x(t) + Bi u(t)) + (hi (x(t)) − hi (x̂(t))(Ai x(t) + Bi u(t))] (5.68)
i=1
Cette forme permet une comparaison plus aisée entre x(t) et x̂(t), puisque hi (x̂(t)) apparaît non seulement
dans (5.64), mais également dans (5.68). Définissons à présent :
n
∆A(t) = ∑ [hi (x(t)) − hi(x̂(t)]Ai (5.69)
i=1
= AΣA (t)EA
et
n
∆B(t) = ∑ [hi (x(t)) − hi(x̂(t)]Bi (5.70)
i=1
= BΣB (t)EB
avec
A = A1 . . . An B = B1 . . . Bn ,
T T
EA = Inx . . . Inx , EB = Inu . . . Inu
(5.71)
ΣA (t) = diag(δ1 (t)Inx , . . . , δn (t)Inx ), ΣB (t) = diag(δ1 (t)Inu , . . . , δn (t)Inu )
δi (t) = hi (x(t)) − hi (x̂(t))
De (5.61) et (5.71), nous avons :
− 1 ≤ δi (t) ≤ 1 (5.72)
ce qui implique :
ΣTA (t)ΣA (t) ≤ I, ΣTB (t)ΣB (t) ≤ I (5.73)
Se basant sur (5.69) et (5.70), le système (5.68) est représenté sous la forme du système incertain suivant :
n
ẋ(t) = ∑ hi (x̂(t))(Ai + ∆A(t))x(t) + (Bi + ∆B(t))u(t)) (5.74)
i=1
Des équations (5.74), (5.67) et (5.64), la dynamique de l’erreur d’estimation d’état est donnée par :
n
ėx (t) = ∑ hi (x̂(t)) ((Ai − LiC)ex (t) + ∆A(t)x(t) + ∆B(t)u(t)) (5.75)
i=1
A l’aide des définitions (5.63), (5.75), (5.62) et (5.76), définissons le vecteur d’état augmenté
T
xa (t) = eTr (t) eTx (t) xrT (t) uT (t)
114 Chapitre 5. Poursuite de consigne générée par un modèle de référence
avec
Ai + ∆A(t) 0 Ai − Ar + ∆A(t) Bi + ∆B(t)
∆A(t) Ai − LiC ∆A(t) ∆B(t)
Ai (t)=
0 0 Ar 0
Ki −K
i 0 −Inu
(5.78)
Inx 0 0 0 −Br
0 Inx 0 0 0
E =
0 0 Inx 0 , B = Br
0 0 0 0 0
A noter que pour le vecteur augmenté xa (t), le critère de suivi (5.66) devient :
Z tf Z tf
xaT (t)Qa xa (t)dt ≤ η 2 uTr (t)ur (t)dt (5.79)
0 0
avec Qa = diag(Q, 0, 0, 0). La solution du problème de suivi (calcul des gains Ki et Li sous la contrainte
(5.79)) est donnée par le théorème suivant :
Théorème 13. Il existe un contrôleur PDC par retour d’état (5.65) et un observateur (5.64) pour le
système non linéaire décrit sous forme d’un modèle T-S à VDNM (5.59) garantissant la poursuite avec
l’atténuation L2 (5.66) pour une valeur donnée de η 2 , s’il existe des matrices P1 = P1T > 0, P2 = P2T > 0,
P3 = P3T > 0, P4 > 0, Fi , Ri , des scalaires positifs λ11 , λ31 , λ51 , λ12 , λ32 et λ42 satisfaisant les LMIs (5.80)
pour i = 1, . . . , n,
Mi1 0 P1 (Ai − Ar ) RTi + P1 Bi −P1 Br P1 A P1 A P1 B 0 0 0
∗ M2 0 −RTi 0 0 0 0 P2 A P2 A P2 B
i
∗ ∗ M 3 0 P3 Br 0 0 0 0 0 0
∗ ∗ ∗ M4 0 0 0 0 0 0 0
∗ ∗ ∗ ∗ −η 2 Inu 0 0 0 0 0 0
∗ ∗ ∗ ∗ ∗ −λ11 Innx 0 0 0 0 0 <0
∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ −λ31 Innx 0 0 0 0
∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ −λ41 Innu 0 0 0
∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ −λ12 Innx 0 0
∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ −λ32 Innx 0
∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ −λ12 Innu
(5.80)
avec
Mi1 = ATi P1 + P1 Ai + Q + (λ11 + λ12 )EAT EA
Mi2 = P2 Ai + ATi P2 −CT FiT − FiC
M 3 = ATr P3 + P3 Ar + (λ31 + λ32 )EAT EA
M 4 = −P4 − P4T + (λ41 + λ42 )EBT EB
Les gains de l’observateur et du contrôleur sont donnés par (pour i = 1, . . . , n) :
Ki = (P4T )−1 Ri
(5.81)
Li = P2−1 Fi
5.6. Poursuite de modèle de référence tolérante aux défauts 115
Remarque 15. La solution du problème de poursuite proposée est basée sur une atténuation L2 avec
une valeur η 2 fixée. On peut également assurer la poursuite et rechercher la plus petite valeur admissible
de η en résolvant le problème d’optimisation (5.82)
min η (5.82)
{P1 , P2 , P3 ,P4 , Fi , Ri , λ11 , λ31 , λ51 , λ12 , λ32 , λ42 }
Pour assurer la stabilité du système en boucle fermée (5.77) ainsi que l’atténuation L2 (5.79), avec la
fonction de Lyapunov (5.83), la condition à vérifier est :
V̇ (xa (t)) + xaT (t)Qa xa (t) − η 2 uTr (t)ur (t) < 0 (5.86)
Grâce aux relations (5.85), (5.78) et (5.79), (5.86) se ré-écrit :
!
n T
Ai (t)P + PT Ai (t) + Qa PT B xa (t)
∑ hi (x̂(t)) xaT (t) uTr (t) T
B P −η 2 I ur (t)
<0 (5.87)
i=1
1
M i = ATi P1 + P1 Ai + Q
Mi2 = P2 Ai + ATi P2 −CT FiT − FiC
3
M i = ATr P3 + P3 Ar (5.91)
Ri = P4T Ki
Fi = P2 Li
P1 ∆A(t) 0 P1 ∆A(t) P1 ∆B(t) 0
P2 ∆A(t) 0 P2 ∆A(t) P2 ∆B(t) 0
Q(t) =
0 0 0 0 0
(5.92)
0 0 0 0 0
0 0 0 0 0
En utilisant la structure des termes variants dans le temps définie en (5.69) et (5.70), Q(t) se ré-écrit :
avec
P1 A P1 B EAT 0
P2 A P2 B 0 0
XA =
0 ,
XB =
0 ,
YA =
EAT ,
YB =
0
0 0 0 EBT
0 0 0 0
En appliquant le lemme 5 du "Carré matriciel", le terme Q(t) + QT (t) peut être borné comme suit :
Q1 0 0 0 0
0 Q2 0 0 0
T
Q(t) + Q (t) < 0 0 Q3 0 0 (5.94)
0 0 0 Q4 0
0 0 0 0 0
avec
Q1 = (λ11 + λ12 )EAT EA + ((λ11 )−1 + (λ31 )−1 )P1 AAT P1 + (λ41 )−1 P1 BB T P1
Q2 = ((λ12 )−1 + (λ32 )−1 )P2 AAT P2 + (λ42 )−1 P2 BB T P2
Q3 = (λ31 + λ32 )EAT EA
Q4 = (λ41 + λ42 )EBT EB
Ainsi, en remplaçant (5.90) et (5.94) dans (5.89) et en appliquant un complément de Schur, la condition
(5.86) assurant la poursuite avec une atténuation L2 et une estimation des états du système est impliquée
par la LMI (5.80), ce qui achève la preuve.
Simulation numérique
La commande proposée ainsi que la synthèse de l’observateur assurant la poursuite du modèle de
référence est illustrée par l’exemple d’un système non linéaire T-S (5.59) avec n = 2 et
−1 1 0 −1 1 0
A1 = −6 −5 −1 , A2 = −3 −5 −1
3 0 −1 −1 −1 −2 (5.95)
0 0 0 0
B1 = 0.4 0.1 , B2 = −0.2 −1 , C = 1 0 0
0 0.2 1 0.5
5.6. Poursuite de modèle de référence tolérante aux défauts 117
L’observateur et le contrôleur sont respectivement définis par les équations (5.64) et (5.65), leurs gains
sont calculés en résolvant les LMIs (5.80). Les résultats obtenus sont les suivants :
20.6280 −381.3725 −47.2350 13.4233 −320.8239 −858.9901
K1 = , K2 =
10.0786 −90.8162 −137.3001 −56.9571 863.5566 66.2848
T T
L1 = −0.6914 −3.2299 3.1567 , L2 = −0.6954 −0.1777 −0.8158
(5.98)
Les figures 5.15 et 5.16 représentent les états du système et ceux de l’observateur respectivement notés x
et x̂, ainsi que les états du système et ceux du modèle de référence respectivement notés x et xr . La figure
5.17 représente l’entrée du système et du modèle de référence respectivement notées ur et u.
T
Les trajectoires d’état ont été obtenues avec la condition initiale x(0) = 0.1 0.1 0 pour le
0.2 x
0.1 x̂
−0.1
−0.2
−0.3
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50
0.4 x
x̂
0.2
−0.2
−0.4
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50
1 x
0.5 x̂
−0.5
−1
−1.5
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50
Les figures obtenues montrent bien que la trajectoire d’état du système suit celle du modèle de référence
avec une bonne précision bien que le système à contrôler soit à VDNM.
118 Chapitre 5. Poursuite de consigne générée par un modèle de référence
0.2 xr
0.1 x
−0.1
−0.2
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50
0.1 xr
0 x
−0.1
−0.2
−0.3
−0.4
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50
0.5 xr
x
0
−0.5
−1
−1.5
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50
u
ur
0
−5
−10
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50
u
ur
5
−5
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50
avec
Ai + ∆A(t) 0 Ai − Ar + ∆A(t) Bi + ∆B(t)
∆A(t) Ai − LiC ∆A(t) ∆B(t)
Ai (t)=
0 0 Ar 0
Ki −K
i 0 −Inu (5.104)
Inx 0 0 0 −Br 0
0 Inx 0 0 0 −L
iG
E = 0 0 Inx 0
, Bi =
Br 0
0 0 0 0 0 0
Ces équations généralisent celles obtenues en (5.78) afin de prendre en compte le présence de défauts de
capteurs. L’objectif est à présent de synthétiser une loi de commande tolérante aux défauts et atténuant
leurs effets sur l’estimation d’état et la poursuite, telle que l’état du système soit aussi proche que possible
de l’état de référence. La synthèse de l’observateur et du contrôleur est donnée par le théorème suivant.
Théorème 14. Il existe un contrôleur de type PDC par retour d’état (5.100) muni d’un observateur
non linéaire (5.64), appliqué à un système non linéaire représenté sous forme d’un modèle T-S à VDNM
(5.99) et affecté par un défaut de capteur f (t), garantissant une atténuation L2 (5.66) de valeur η 2 , s’il
existe des matrices P1 = P1T > 0, P2 = P2T > 0, P3 = P3T > 0, P4 > 0, Fi , Ri , des scalaires positifs λ11 , λ31 ,
λ41 , λ12 , λ32 et λ12 satisfaisant les LMIs (5.105) pour i = 1, . . . , n
1
Ci C2
<0 (5.105)
∗ C3
120 Chapitre 5. Poursuite de consigne générée par un modèle de référence
C3 = diag(−λ11 Innx , −λ31 Innx , −λ41 Innu , −λ12 Innx , −λ32 Innx , −λ12 Innu ) (5.108)
avec
Mi1 = ATi P1 + P1 Ai + Q + (λ11 + λ12 )EAT EA
Mi2 = P2 Ai + ATi P2 −CT FiT − FiC
M 3 = ATr P3 + P3 Ar + (λ31 + λ32 )EAT EA
M 4 = −P4 − P4T + (λ41 + λ42 )EBT EB
Les gains du contrôleur et de l’observateur sont donnés par (pour i = 1, . . . , n) :
Ki = (P4T )−1 Ri
(5.109)
Li = P2−1 Fi
Remarque 16. On peut formuler la même remarque que pour le théorème précédent à propos de l’opti-
misation de η 2 .
Démonstration. La comparaison des LMIs (5.80) et (5.105) met en évidence la façon dont le défaut
de capteur intervient. La différence avec le résultat précédent étant la définition de la matrice Bi . La
démonstration du théorème 14, identique à celle du théorème 13, est donc omise.
Simulation numérique
Considérons à présent le même exemple que précédemment, avec un défaut capteur (bruit de mesure
issu d’une distribution normale à moyenne nulle et de variance de l’ordre de 20% de l’amplitude de la
sortie) affectant le système (5.95) avec G = 1.
En appliquant le théorème 14, les gains d’observateur et du contrôleur sont donnés par :
6.5964 −661.8742 −153.4759 −31.6748 −61.0740 −1338.78
K1 = , K2 =
50.6975 −183.0979 −236.4476 −41.4662 1519.11 214.5846
T T
L1 = −0.3159 −0.9728 1.2097 , L2 = −0.3331 0.2301 −1.0032
(5.110)
Afin de montrer l’efficacité de la commande FTC proposée, les gains de l’observateur (5.64) et ceux du
contrôleur (5.65) ont été d’abord calculés sans prendre en compte le défaut capteur (théorème 13) alors
que le défaut intervient dans la mesure y(t). Les résultats obtenus sont donnés à la figure 5.18.
5.6. Poursuite de modèle de référence tolérante aux défauts 121
0.4
xr
x
0.2 x̂
−0.2
−0.4
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50
0.4 xr
x
0.2 x̂
−0.2
−0.4
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50
1 xr
0.5 x
x̂
0
−0.5
−1
−1.5
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50
0.4 xr
x
0.2 x̂
−0.2
−0.4
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50
0.4 xr
x
0.2 x̂
−0.2
−0.4
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50
1 xr
0.5 x
x̂
0
−0.5
−1
−1.5
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50
Les états du système, de l’observateur et du modèle de référence obtenus grâce au théorème 14 avec prise
en compte du défaut dans la procédure de synthèse du contrôle sont représentés à la figure 5.19.
Il apparaît donc clairement une amélioration de la poursuite et de l’estimation dans le second cas. En
effet, si le défaut n’est pas pris en compte dans la synthèse du régulateur et de l’observateur, cela affecte
clairement les performances de poursuite. Alors que dans le second cas, même si les mesures sont en
défaut, la poursuite et l’estimation des états sont tout à fait satisfaisantes.
Pour l’exemple considéré, afin de quantifier les améliorations constatées sur l’erreur de poursuite, les
critères suivants sont considérés :
Φi = ∑ | xri (t) − x̂i (t) | (5.111)
t
pour les états estimés obtenus du théorème 14 (figure 5.19) et
Φi = ∑(xri (t) − x̂i (t)) (5.112)
t
pour les résultats représentés à la figure 5.18 et obtenus avec le théorème 13.
Le critère de comparaison τi pour chaque état est alors défini par :
Φi − Φi
τi = 100% (5.113)
Φi
Pour l’exemple précédent, nous avons obtenu τ1 = 33.97%, τ2 = 58.05% et τ3 = 28.62% respectivement
pour chaque état.
Ainsi, compte tenu des résultats présentés, nous constatons l’efficacité de la commande proposée dans
cette section pour les systèmes non linéaires représentés sous forme de modèles T-S assurant la poursuite
de modèle de référence malgré la présence de défaut.
3. Mise à jour de la commande compte tenu des contraintes F1,i+ jnu et F2,i+ jnu , le critère à minimiser
étant maintenant pris sous la forme :
Remarque 17. Le nombre de vérifications à faire sur l’amplitude de la commande dépend des objectifs
de poursuite à atteindre, du système et du niveau de saturation considéré.
(5.117)
λ = (F T (Bk+p
T WB −1 −1 T T
k+p ) F) (F (Bk+pW Bk+p )
−1 × B T W (x
k+p r,k+p+1 − Ak+p xk ) −U)
u0k+p = (Bk+p
T
W Bk+p )−1 Bk+p
T
W (xr,k+p+1 − Ak+p xk ) (5.118)
(5.119)
λ = (F T (Bk+p
T WB −1 −1 T 0
k+p ) F) (F uk+p −U)
Remarque 18. Comme pour la commande prédictive, si les fonctions d’activation dépendent de l’entrée,
les matrice A et B dépendent également de l’entrée et la loi de commande (5.120) est alors calculée de
manière itérative.
124 Chapitre 5. Poursuite de consigne générée par un modèle de référence
Exemple illustratif
Considérons l’exemple suivant :
0.8 0.4 0 0.8 0.4
Ar = , Br = , A1 =
−0.2 0.4 0.2
−0.3 0.9 (5.121)
0 0.8 0.4 0
B1 = , A2 = , B2 =
0.17 0.2 0.7 0.23
1 + 2 tanh(uk )
µ1,k = , µ2,k = 1 − µ1,k (5.122)
2
La saturation est caractérisée par les bornes umin = −1 et umax = 0.5. Les simulations sont présentées
pour différentes tailles de l’horizon d’optimisation afin de souligner l’importance de ce paramètre dans
la qualité de poursuite du modèle de référence.
Définissons les deux critères de performance pour chaque composante i des états φs,i et φsc,i comme suit :
Le critère φs,i correspond au cas nominal saturé (sans prendre en compte la saturation dans la synthèse
de la commande), xr,k,i est l’état du modèle de référence et xs,k,i est l’état obtenu en appliquant la com-
mande prédictive (5.54) avec saturation subie (la saturation n’est pas prise en compte dans la synthèse
de la commande). Le second critère φsc,i concerne la loi de commande prenant en compte, dans son éla-
boration, la contrainte de saturation (i.e. l’approche proposée (5.120)), xsc,k,i est l’état correspondant. Le
critère de comparaison des performances des deux types de commande (avec et sans prise en compte de
la saturation dans sa synthèse) est donné par :
φs,i − φsc,i
τi = 100 (5.124)
φs,i
Pour l’exemple considéré, les résultats obtenus sont donnés dans le tableau 5.3. On observe que la taille
d’horizon N = 3 assure les meilleurs résultats en poursuite.
La figure 5.20 représente les états du système pour le cas nominal (poursuite sans saturation xn ), le
Tableau 5.3 – Comparaison des performances en poursuite pour différentes tailles d’horizon
cas nominal saturé xs (commande calculée sans prendre en compte la saturation, la saturation étant en-
suite appliquée à cette commande) et ceux de l’approche proposée (commande synthétisée en prenant en
5.6. Poursuite de modèle de référence tolérante aux défauts 125
0.4 xn
xsc
0.2
xs
0
−0.2
−0.4
0 20 40 60 80 100 120 140
0.4
xn
0.2 xsc
xs
0
−0.2
−0.4
0 20 40 60 80 100 120 140
Temps (pas d’échantillonnage)
Figure 5.20 – Etats du système pour le cas nominal avec commande non saturée, nominal avec saturation
subie et saturation prise en compte dans le calcul de la commande
0.5
un
1.5 usc
0
1
−0.5
0.5 40 42
−0.5
−1
−1.5
compte la saturation) xsc . La figure 5.21 représente les entrées de commande avec et sans prise en compte
de la saturation.
Les résultats obtenus montrent que l’objectif de poursuite est amélioré grâce à l’action de prédiction qui
joue un rôle d’anticipation avant l’apparition de la saturation et de compensation après (36% d’amélio-
ration pour le premier état et 21% pour le second).
5.6.3 Conclusion
Le travail présenté dans ce chapitre porte sur la commande assurant la poursuite de modèle de réfé-
rence pour les systèmes non linéaires représentés par des modèles T-S. Après un bref état de l’art sur les
méthodes utilisées dans les contextes linéaire et non linéaire, le cas de la structure T-S a été introduit. Une
généralisation des méthodes existantes a été proposée en mettant l’accent sur les conditions structurelles
à respecter pour assurer une poursuite parfaite d’un modèle de référence.
La commande prédictive sur un horizon de temps fini a été développée en précisant l’influence de la taille
de l’horizon d’optimisation sur la qualité de la poursuite du modèle de référence.
Finalement, la commande tolérante aux défauts a été développée dans deux cas :
• les systèmes continus soumis à des défauts de capteur avec commande par atténuation L2 de l’effet
des défauts de capteurs sur l’estimation d’état et la poursuite du modèle de référence.
• les systèmes discrets soumis à des contraintes de saturation de commande.
Pour chaque cas, des exemples ont été présentés pour illustrer l’apport des approches proposées. Ces
dernières se sont avérées efficaces en termes de performance en poursuite et simple d’implémentation en
utilisant des algorithmes classiques d’optimisation LMI ou itératifs.
Perspectives et conclusions
6
Sommaire
6.1 Perspectives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 127
6.1.1 Estimation paramétrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 127
6.1.2 Saturation T-S de la commande . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 128
6.1.3 Poursuite de modèle de référence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 132
6.2 Conclusions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 133
6.1 Perspectives
A l’issue de ce travail, même si de nombreux résultats ont été présentés, des pistes restent ouvertes
et peuvent être explorées afin d’améliorer les approches proposées dans ce manuscrit concernant l’es-
timation de défauts et la synthèse de commandes tolérantes à ces défauts. Dans ce qui suit, quelques
directions de recherche sont formalisées en matière d’estimation paramétrique, d’analyse de saturation
de commande et de poursuite de modèle de référence.
Dans la continuité du travail sur l’estimation paramétrique, nous cherchons à présent à améliorer les
résultats obtenus, notamment concernant le système non linéaire considéré. En effet, dans l’approche
proposée, le système non linéaire est initialement considéré sous forme de modèle T-S à paramètres
variants, ceci n’est bien évidemment pas le cas en réalité. En effet, comme nous l’avons constaté dans
l’exemple de la station d’épuration présentée, le modèle du système de départ se présente sous la forme
127
128 Chapitre 6. Perspectives et conclusions
d’équations d’état non linéaires ; c’est à partir de cette représentation qu’il faudrait considérer le pro-
blème d’estimation.
Le but de l’extension envisagée est de présenter une généralisation de la méthode proposée, en partant
d’un système non linéaire de structure quelconque. Considérons à cet effet le système non linéaire à
paramètres variants dans le temps représenté par les équations suivantes :
ẋ(t) = f (x(t), θ (t), u(t))
(6.1)
y(t) = g(x(t), u(t))
où x(t) ∈ Rnx est l’état du système, u(t) ∈ Rnu l’entrée de commande et y(t) ∈ Rm la sortie. θ (t) ∈ Rn
sont les paramètres variant dans le temps, f (x(.), θ (.), u(.)) ∈ Rnx et g(x(.), u(.)) ∈ Rm des fonctions non
linéaires.
Sous l’hypothèse que f (x(t), θ (t), u(t)) et g(x(t), u(t)) soient continues et bornées, le système (6.1) peut
être représenté sous la forme quasi-LPV (6.2) :
ẋ(t) A(φ (x(t), u(t))) + Aθ (ψ (x(t), u(t), θ (t))) B(φ (x(t), u(t))) + Bθ (ψ (x(t), u(t), θ (t))) x(t)
=
y(t) C(φ (x(t), u(t))) D(φ (x(t), u(t))) u(t)
(6.2)
avec :
A(φ (x(t), u(t))), Aθ (ψ (x(t), u(t), θ (t))) ∈ Rnx ×nx , B(φ (x(t), u(t))), Bθ (ψ (x(t), u(t), θ (t))) ∈ Rnx ×nu
C(φ (x(t), u(t))) ∈ Rm×nx et D(φ (x(t), u(t))) ∈ Rm×nu
où φ (x(t), u(t)) ∈ C1 (Rnx +nu , Rnx1 +nu1 ) et ψ (x(t), u(t)) ∈ C1 (Rnx +nu +n , Rnx1 +nu1+n ) avec nx1 + nu1 < nx +
nu contiennent une partie ou la totalité des composantes des vecteurs d’état et d’entrée.
En supposant que les matrices Aθ (ψ (x, u, θ )) et Bθ (ψ (x, u, θ )) sont affines en θ , elles peuvent alors être
mises sous la forme :
n
θ A ( ψ (x, u, θ )) = ∑ θi (t)Ai (ψ (x(t), u(t), θ (t)))
i=1 (6.3)
n
θ B ( ψ (x, u, θ )) = ∑ i i
θ (t)B ( ψ (x(t), u(t), θ (t)))
i=1
L’idée à développer serait de ré-écrire le système quasi-LPV (6.2) sous forme T-S en appliquant une
succession de transformations polytopiques convexes grâce à la SNT. Ainsi, nous devrions être capables
de mettre, de façon systématique, le système non linéaire à paramètres variants dans le temps sous la
forme suivante :
r n 2
ẋ(t) = ∑ ∑ ∑ µi (z(t))µe kj (θ j (t))(Akij x(t) + Bikj u(t)) (6.4)
i=1 j=1 k=1
en rejetant les paramètres θ j (t) ainsi que les non-linéarités dans les fonctions d’activation à définir.
Dans la continuité du travail sur la synthèse de commande sous contrainte de saturation présenté
précédemment, nous cherchons à améliorer les résultats obtenus, notamment concernant le nombre de
conditions LMIs à résoudre, le recalage à zéro de l’état du système et la convergence vers une boule
centrée à l’origine. Le but de l’amélioration envisagée est de diminuer le volume calculatoire pour les
systèmes de grande dimension et d’assurer une convergence vers ou autour de zéro de l’état du système.
Pour cela, une modification de la précédente représentation T-S de la saturation peut être envisagée.
Une première solution consisterait à choisir une représentation de la saturation en deux sous-modèles
au lieu de trois. Une deuxième solution consisterait à représenter la saturation grâce à une fonction
tangente hyperbolique ce qui éliminerait le terme constant de la représentation actuelle. La nouvelle
forme obtenue peut être ainsi utilisée pour la synthèse de commande par retour d’état ou de sortie des
systèmes non linéaires saturés.
2
usat, j (t) = ∑ νij (u j (t)) ωij , j = 1, . . . , nu (6.5)
i=1
avec (
ω1j = umin, j
(6.6)
ω2j = umax, j
et les fonctions d’activation :
j
umax −min(umax, j , max(u j (t), umin, j ))
ν j (u j (t)) =
1 umax, j −umin, j
(6.7)
min(umax, j , max(u j (t), umin, j ))−umin, j
ν j (u j (t)) =
2 umax, j −umin, j
Ainsi, plus généralement, le vecteur de commande u(t) ∈ Rnu soumis aux contraintes de saturation est
modélisé sous la forme :
!T
2 2
usat (t) = ∑ νi1 (u1 (t)) ωi1 , . . . , ∑ νin (un (t)) ωin
u
u
u
(6.8)
i=1 i=1
En suivant les étapes établies pour le cas à trois sous-modèles et en se basant sur la propriété de somme
convexe, (6.8) se ré-écrit afin de faire apparaître les mêmes fonctions d’activation pour les nu compo-
santes du vecteur de commande conduisant à la génération de 2nu sous modèles :
2nu
usat (t) = ∑ νsat,i (t)Ωi (6.9)
i=1
Les fonctions d’activation globales νsat,i (t) ainsi que les vecteurs Ωi ∈ Rnu ×1 sont définis comme suit :
νsat,i (t) = ∏nj=1
u
ν j j (u j (t))
τi
T (6.10)
Ωi = ωτ 1 . . . ωτnnuu
1
i i
130 Chapitre 6. Perspectives et conclusions
où les indices τij (i = 1, . . . , 2nu et j = 1, . . . , nu ), égaux à 1 ou 2, indiquent quelle partition (ν1j ou ν2j ) de
la j ième entrée est considérée dans le i ième sous-modèle.
La relation liant le i ième sous-modèle et les indices τij est donnée par l’expression suivante :
Inversement, on peut également retrouver les τij en fonction du i ième sous modèle, les quantités ((τi1 −
1), . . . , (τinu − 1)) correspondent à l’écriture de (i − 1) en base 2.
Remarque 19. Les deux représentations proposées pour la contrainte de saturation (deux ou trois sous-
modèles) sont équivalentes et identiques à la définition initiale de la saturation (6.12). Cela témoigne de
l’intérêt majeur des modèles T-S qui proposent une représentation exacte des non-linéarités sans perte
d’information.
Cependant, entre les deux formules (4.10) et (6.9), deux différences peuvent être soulignées, dont les
effets doivent être soigneusement analysés.
1. la réduction du nombre de sous-modèles : on passe ainsi de 3nu pour le cas à trois partitions à 2nu
pour le cas à deux partitions.
2. l’intervention explicite de la commande u(t) dans l’équation du modèle : en effet, pour le cas à trois
3nu
sous-modèle, la commande intervient explicitement dans le modèle (usat (t) = ∑ µsat,i (t)(Λi u(t) +
i=1
Γi )). Par contre, dans la seconde représentation (6.9), la commande est rejetée dans les fonc-
tions d’activation, ce qui nous obligerait à considérer une dynamique virtuelle de l’entrée pour la
synthèse de la commande (approche descripteur par exemple).
A noter également que les stratégies de commande proposée dans le chapitre 4 peuvent être déduites
pour le cas deux sous-modèles.
tanh(u(t))
z(t) = −ε (6.14)
u(t)
avec :
z(t) − zmin zmax − z(t)
µ1 (u(t)) = , µ2 (u(t)) = (6.17)
zmax − zmin zmax − zmin
α1 = uzmax , α2 = −uzmin (6.18)
La propriété de somme convexe des fonctions d’activation est bien vérifiée :
Ainsi, pour nu entrées de commande, 2nu sous modèles sont obtenus. Il est aussi important de souligner
que nous obtenons une expression analytique de la commande saturée usat (t), exprimée en fonction du
signal d’entrée u(t). L’équation (6.13) peut ainsi s’exprimer sous la forme :
2nu
usat (t) = ∑ µsat,i (t)Λi u(t) (6.20)
i=1
où les fonctions d’activation globales µsat,i (t) ainsi que les matrices Λi ∈ Rnu ×nu sont définies comme
suit : nu
µsat,i (t) = ∏ µ j j (u j (t))
σi
j=1
(6.21)
Λ
i = diag(ασ1 1 + ε , . . . , ασnunu + ε u)
i i
avec :
u+u
2 tanh(u(t)) + u+u
2
z(t) = (6.24)
u(t)
Pour un vecteur de commande de dimension nu , (6.22) peut ainsi s’exprimer sous la forme :
2nu
usat (t) = ∑ µsat,i (t)Λi u(t) (6.28)
i=1
où les fonctions d’activation globales µsat,i (t) ainsi que les matrices Λi ∈ Rnu ×nu sont définies comme
suit : nu
µ sat,i (t) = ∏ µσj ij (u j (t))
j=1
(6.29)
Λ
i = diag(ασ1 1 , . . . , ασnunu )
i i
Ainsi, avec l’expression (6.28) nous réduirions non seulement le nombre de sous-modèles (de 3nu à 2nu ),
mais nous serions également capables d’assurer la convergence de l’état du système vers l’origine.
Dans la continuité du travail proposé, il serait intéressant d’approfondir l’étude sur les conditions de
poursuite pour les systèmes non linéaires et tout particulièrement pour les modèles T-S. En effet, comme
souligné dans le chapitre précédent, peu de travaux publiés traitent de ce point précis. Une étude compa-
rative entre les différentes conditions de poursuite et les résultats obtenus selon qu’elles sont vérifiées ou
non serait un bon point de départ.
Pour la commande tolérante aux fautes, il serait également intéressant de combiner les résultats des trois
chapitres, c’est-à-dire la synthèse d’une commande pour la poursuite de trajectoire pour des systèmes
non linéaires sous forme de modèles T-S à paramètres variants dans le temps et soumis à des contraintes
de saturation (elles mêmes représentées sous forme T-S). En effet, en prenant avantage de la remarque
3 portant sur l’équivalence entre la stabilisation par retour d’état à base d’observateurs et la stabilisa-
tion par retour de sortie dynamique ainsi que la commande tolérante aux fautes proposée en 5.6.1, la
combinaison de tous ces résultats est à envisager.
6.2. Conclusions 133
6.2 Conclusions
Les résultats proposés à l’issue de la rédaction de ce mémoire de thèse apportent une contribution
aux problèmes de représentation (modélisation) des non-linéarités, d’estimation d’état, de diagnostic et
de commande tolérante aux défauts des systèmes non linéaires représentés sous la forme de modèles de
Takagi-Sugeno.
• Dans le contexte de la modélisation, l’approche T-S a été choisie pour les nombreux avantages
qu’elle présente, notamment pour la simplicité d’utilisation de ce modèle pour l’étude de la sta-
bilité et la synthèse d’observateurs/contrôleurs. De ce fait, les systèmes non linéaires considérés
ont tous été représentés sous forme T-S (station d’épuration d’eaux usées, bioréacteur, chariot-
pendule). Cette représentation a également été appliquée à certaines non-linéarités, à des systèmes
à paramètres variants dans le temps (avec défauts affectant les systèmes, leurs actionneurs et leurs
capteurs) et à la saturation de commande.
• Dans le contexte de l’estimation et de la détection de défauts, une nouvelle approche pour l’esti-
mation simultanée de l’état et de paramètres variants dans le temps a été proposée. Cette dernière
repose sur la décomposition polytopique de chaque paramètre, puis en se basant sur la trans-
formation par secteurs non linéaires, une représentation T-S du système est proposée. De là, en
appliquant des résultats connus sur la synthèse d’observateurs à variables de décision non mesu-
rables, un observateur simultané de l’état et des paramètres est synthétisé. Cette approche présente
également une application intéressante dans le domaine de la détection de défauts.
• Dans le contexte de la commande, la stabilisation sous contrainte de saturation de commande a
été développée. Cette approche nouvelle présente l’intérêt d’intégrer la saturation dans la synthèse
de la commande. En effet, les gains calculés (pour différentes structures de lois de commande)
s’ajustent en fonction des limites de commande et assurent la stabilité des systèmes non linéaires,
même incertains et pour lesquels la saturation de commande peut apporter dans certains cas un
effet déstabilisant.
• Dans le contexte de la poursuite de modèle de référence, la nouveauté apportée est l’intérêt porté
aux conditions structurelles de poursuite. En effet, jusqu’à présent peu de travaux s’y sont inté-
ressés, et tout particulièrement pour les systèmes non linéaires sous forme de modèles T-S. La
contribution de nos travaux de recherche portent sur la commande optimale, la commande prédic-
tive (en proposant un algorithme itératif simple et efficace) ainsi que la commande tolérante aux
défauts (prenant en compte des défauts de capteur et la saturation de commande).
134 Chapitre 6. Perspectives et conclusions
Annexes
135
136 Annexes
Outils pour l’analyse des systèmes T-S
A
L’objectif de cette annexe est de présenter quelques définitions et lemmes utiles à l’analyse des
modèles T-S.
Le lemme suivant permet de transformer certaines inégalités matricielles non linéaires en LMI. Ainsi :
Lemme 4. Complément de Schur (Golub et Van Loan [1983]).
Q(x) S(x)
>0 (A.1)
ST (x) R(x)
est équivalente à :
R(x) > 0
(A.2)
Q(x) − S(x)R−1 (x)ST (x) > 0
Lemme 5. Carré matriciel (Zhou et Khargonekar [1988]). Soient X et Y deux matrices de dimensions
appropriées, l’inégalité suivante est vérifiée pour toutes matrices G et Σ définies positives :
− X T ΣX −Y T Σ−1Y ≤ X T Y +Y T X ≤ X T GX +Y T G−1Y (A.3)
Lemme 6. (Propriété de congruence). Soit X une matrice symétrique et Y une matrice non singulière
de dimensions compatibles avec celle de X. Si X est définie positive (resp. négative) et si Y est de plein
rang colonne, alors le produit Y XY T est défini positif (resp. défini négatif).
Lemme 7. (Zhou et Khargonekar [1988]). Soient deux matrices X et Y de dimensions appropriées, une
matrice ∆(t) fonction du temps et un scalaire positif ε . La propriété suivante est vraie :
X T ∆T (t)Y +Y T ∆(t)X ≤ ε X T X + ε −1Y T Y (A.4)
pour ∆T (t)∆(t) ≤ I.
Definition 2. Stabilité quadratique (Rotea et al. [1993], Gérard [2008]). Considérons le système LTV
(linéaire à temps variant) décrit par
ẋ(t) = A(t)x(t) (A.5)
où x(t) ∈ Rnx est un vecteur d’état. Le système est quadratiquement stable s’il existe une matrice P
symétrique positive P = PT > 0 ∈ Rnx ×nx telle que, pour tout x(t) 6= 0 :
PA(t) + AT (t)P < 0 (A.6)
137
138 Annexe A. Outils pour l’analyse des systèmes T-S
où x(t) ∈ Rnx est le vecteur d’état, y(t) ∈ Rm le vecteur de sortie et u(t) ∈ Rnu le vecteur d’entrée.
La norme H∞ du système (A.7) est définie par :
Z +∞ 1/2
kyk2 T
maxu , kuk2 6= 0 avec kyk2 = y (t)y(t)dt
kuk2 −∞
kGk∞ := (A.8)
q≡
sup λ
ω ∈R max G( jω )GT (− jω )
dans le cas où le système (A.7) n’a pas de pôle sur l’axe imaginaire.
Definition 4. Gain L2 (Green et Limebeer [1995]) Si le système (A.7) est asymptotiquement stable, alors,
pour x(0) = 0, le gain L2 du système est donné par les définitions équivalentes suivantes :
kyk2
supu , kuk2 6= 0
kuk2
kGk2 := ≡ (A.9)
Z +∞ 1/2
1
tr(G( jω )GT (− jω ))d ω
2π −∞
Le gain L2 sert à mesurer la quantité d’énergie transmise par le système. Ainsi, la notion de gain L2
est utile pour quantifier la façon dont le système rejette les perturbations externes.
Pour un système linéaire stable, la norme H∞ de la fonction de transfert est la norme induite L2 de
l’opérateur d’entrée-sortie associé au système, c’est donc le gain L2 du système.
Le lemme borné réel, qui fournit une majoration du gain L2 entre l’entrée et la sortie d’un système, peut
être utilisé pour quantifier l’atténuation des perturbations sur le système.
Lemme 8. Lemme réel borné ou lemme de Kalman-Yakubovich-Popov (Yakubovich [1962], Popov [1962],
Kalman [1963]). Les trois propositions suivantes sont équivalentes :
• la matrice A est stable et ||G||∞ < γ .
• il existe pour une matrice X = X T > 0 (Willems [1971]) :
R = γ 2 Inu − DT D > 0,
(A.10)
AT X + XA +CT C + (XB +CT D)R−1 (XB +CT D)T < 0
Dans le cas où les matrices (A, B,C, D) du système (A.7) dépendent du temps, nous ne pouvons pas
parler de norme H∞ , mais nous pouvons considérer le gain L2 induit suivant :
kyk2
J = supu , kuk2 6= 0 (A.12)
kuk2
Le lemme borné réel pour ces systèmes LTV (linéaires variants dans le temps) est alors le suivant :
139
Lemme 9. (Lemme borné réel pour les systèmes LTV) Sous l’hypothèse x(0) = 0, le système (A.7) avec
les matrices (A, B,C, D) variant dans le temps vérifie J < γ dans le cas continu, avec γ > 0 donné, s’il
existe une matrice symétrique définie positive (P = PT > 0) telle que l’inégalité suivante soit vérifiée :
Ṗ(t) + AT (t)P(t) + P(t)A(t) P(t)B(t) CT (t)
∗ −γ 2 Inu DT (t) < 0, ∀t (A.13)
∗ ∗ −Im
140 Annexe A. Outils pour l’analyse des systèmes T-S
Comparaison entre différentes structures non linéaires
B
et la représentation T-S
où x(t) ∈ Rnx est le vecteur d’état, u(t) ∈ Rnu l’entrée du système et y(t) ∈ Rm sa sortie. Les paramètres
ξ (t) ∈ Rq représentent les variables de décision qui peuvent être mesurables (entrée ou sortie du système)
ou non mesurables (états du système). Les fonctions d’activation µi (ξ (t)) des n sous modèles satisfont
la propriété de somme convexe
n
∑ µi (ξ (t)) = 1, ∀t (B.2)
i=1
0 ≤ µi (ξ (t)) ≤ 1, i = 1, . . . , n
De nombreuses techniques de modélisation de systèmes non linéaires partagent la même structure (B.1).
Il est donc possible de mettre en évidence des relations entre la représentation T-S et quelques autres.
En effet, nous illustrerons par le biais d’exemples simples que les modèles T-S peuvent être considérés
comme une représentation générale, englobant d’autres représentations comme les modèles ARX et les
systèmes LPV.
141
142 Annexe B. Comparaison entre différentes structures non linéaires et la représentation T-S
Pour a1 (t) et a0 (t) bornés on peut trouver des constantes a01 , a02 , a11 et a12 ainsi que des fonctions µ01 ,
µ02 , µ11 et µ12 vérifiant (B.2) telles que :
2
a
1 (t) = ∑ µ1i (t)a1i
i=1 (B.4)
2
a0 (t) = ∑ µ0i (t)a0i
i=1
22
M(θ (t)) = ∑ µi (θi (t))M i (B.7)
i=1
où c et k sont des constantes et représentent les valeurs nominales des coefficients c(t) et k(t), δc (t) et
δk (t) des incertitudes bornées telles que :
Représentation LFT
Nous proposons de représenter le système (B.8) affecté par les incertitudes (B.10) en nous basant sur
la transformation LFT. Cette dernière permet de séparer les parties certaines et incertaines du modèle en
écrivant le modèle global G(s) comme un système certain P(s) bouclé par des incertitudes ∆(s) bornées.
Le système (B.8) est ainsi représenté par le diagramme bloc de la figure (B.2) dans lequel les variables
auxiliaires dc , ec , dk et ek vont permettre d’isoler les termes incertains dans la représentation du système.
P
144 Annexe B. Comparaison entre différentes structures non linéaires et la représentation T-S
∆
u y
G(s, ∆) ≡ ω z
u P(s) y
F + ẍ R ẋ R x
1/m
−
+ +
+ − c
0.2 δc
ω1 z1
+
− k
0.1 δk
ω2 z2
Représentation T-S
Nous cherchons à présent à représenter le système (B.8) sous les contraintes (B.10) sous la forme
d’un modèle T-S. En effet, à partir des équations (B.9) et (B.10) et de la transformation par secteurs non
linéaires, les paramètres c(t) et k(t) se mettent sous la forme :
Cette décomposition nous permet d’écrire, de manière systématique, le système non linéaire incertain
(B.8)-(B.9) sous la forme T-S suivante :
0 1 0
Ẋ(t) = k(t) X(t) + u(t)
− m − c(t)
m
1/m
0 1 0 1
= kM cM X(t) + kM cm X(t)
−Fk,1 (k(t)) m −Fc,1 (c(t)) m −Fk,1 (k(t)) m −Fc,2 (c(t)) m
0 1 0 1
+ km cM X(t) + km cm X(t)
−F (k(t))
k,2 m −F c,1 (c(t)) m −F k,2 (k(t)) m −Fc,2 (c(t)) m
0
+ u(t)
1/m
4
= ∑ µi (t)(Ai X(t) + Bu(t))
i=1
(B.16)
T
où X(t) = x(t) ẋ(t) est le vecteur d’état et u(t) = F(t) l’entrée de commande. Les fonctions
d’activation µi (t) s’explicitent :
µ1 (t) = Fk,1 (t)Fc,1 (t), µ2 (t) = Fk,1 (t)Fc,2 (t), µ3 (t) = Fk,2 (t)Fc,1 (t), µ4 (t) = Fk,2 (t)Fc,2 (t) (B.17)
où x(t) ∈ Rnx est le vecteur d’état, u(t) ∈ Rnu le vecteur des entrées de commande et y(t) ∈ Rm le vecteur
des sorties mesurées. Le vecteur w(t) ∈ Rq représente le vecteur des perturbations à énergie bornée et
valeur moyenne nulle. Sans perte de généralité, la commande u(t) est supposée continue et bornée.
146 Annexe B. Comparaison entre différentes structures non linéaires et la représentation T-S
est un observateur exponentiel pour le système (B.19) avec S∞ (θ ) = Q−1 S∞ (θ )QT où la matrice S∞ (θ ) =
T
S∞ (θ ) ∈ Rnx ×nx est solution de l’équation de Riccati :
T
− θ S∞ (θ ) − A S∞ (θ ) − S∞ (θ )A +CT C = 0 (B.21)
0 Inx −1
avec A = ∈ Rnx ×nx et θ ∈ R∗+ suffisament grand. La matrice Q est une matrice de chan-
0 0
gement de base (xh = Qx) qui permet de mettre le système (B.19) sous une forme canonique.
La procédure de synthèse d’observateur consiste ainsi à trouver un paramètre positif θ assurant si-
multanément la stabilité de l’erreur d’estimation e(t) = x(t) − x̂(t) et une atténuation de perturation
inférieure à un scalaire γ donné (ou à optimiser).
Une solution proposée ramène la synthèse de l’observateur à une résolution de LMI en minimisant γ
conjointement avec le calcul de S∞ (θ ) pour un paramètre θ donné. Le théorème 11 résume la procédure.
Lemme 11. (Gérard [2008], Gérard et al. [2010]) Pour un paramètre θ donné, le système (B.20) est un
observateur quadratique pour le système (B.19) et présente une atténuation de perturbation inférieure à
un réel donné γ s’il existe des matrices Pi = PiT ∈ Rnx ×nx (pour i = 0, . . . , nu ) et une matrice F ∈ Rnx ×nx ,
telles que pour j = i = 1, . . . , 2nu
i
L (θ , β ) P(
e β ) − F + ÂT∞ (θ , β )F T FB(θ )
∗ −F − F T FB(θ ) < 0 (B.22)
∗ ∗ −γ Inx
2
e β) > 0
P( (B.23)
avec
nu
Li (θ , β ) = ∑ β Pi + F Â∞ (θ , β ) + ÂT∞ (θ , β )F T + Inx
i=1
nu
e β ) = ∑ β Pi
P(
i=0 (B.24)
nu
Â∞ (θ , β ) = ∑ β Ai − S∞
−1 T
C C
i=0
B(θ ) = B − S∞
−1 (θ )CT D
B.4. Exemples illustratifs 147
où uimin , µimin , uimax et µimax correspondent respectivement aux bornes min et max des entrées de com-
mande ui (t) et de leurs dérivées u̇i (t).
Des résultats présentés ci-dessus (10 et 11), nous constatons que la synthèse d’un observateur pour
le système bilinéaire (B.19) reste assez complexe dans certains cas.
Observateur T-S
La procédure proposée consiste à ré-écrire le système (B.19) sous forme T-S, puis d’appliquer de
manière systématique et simple les résultats disponibles pour les observateurs des systèmes linéaires.
Ainsi, nous pouvons écrire le système (B.19) sous la forme quasi-LPV suivante :
ẋ(t) = A(u(t))x(t) + Ru(t) + Bw(t)
(B.26)
y(t) = Cx(t) + Dw(t)
!
avec A(u(t)) = A0 + ∑ Ai ui (t) . Afin d’obtenir les modèle T-S correspondant, il suffit d’appliquer la
nu
i=1
transformation par secteurs non linéaires détaillée plus haut. En effet, puisque les entrées de commande
sont bornées, il est possible de les considérer comme variables de prémisse connues, leur nombre étant
égal au nombre de commandes nu . Le système T-S à 2nu sous-modèles obtenu est sous la forme suivante
2nu
ẋ(t) = ∑ µi (u(t)) (Ai x(t)) + Ru(t) + Bw(t)
i=1 (B.27)
y(t) = Cx(t) + Dw(t)
L’observateur assurant la convergence asymptotique de l’erreur d’estimation e(t) = x(t) − x̂(t) ainsi que
l’atténuation L2 du transfert de w(t) vers e(t) est donné sous la forme :
˙ 2nu
x̂(t) = ∑ µi (u(t)) (Ai x̂(t) + Ru(t) + Li (y(t) − ŷ(t)))
i=1 (B.28)
ŷ(t) = Cx̂(t)
Les gains Li sont donnés par la solution du problème d’optimisation LMI suivant :
T
Ai P + PAi − KiC −CT Ki + Inx PB − Ki D
<0
∗ −γ 2 Iq (B.29)
P = PT > 0
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Résumé : Cette thèse porte sur la représentation T-S des systèmes non linéaires et les non-linéarités qui
leur sont associées (saturation et paramètres variants dans le temps) pour la commande et le diagnostic.
Ainsi, une nouvelle approche utilisant la transformation par secteurs non linéaires permet de ré-écrire le
système sous forme polytopique en prenant en compte la présence de paramètres variants dans le temps.
Cette forme polytopique est ensuite utile pour la synthèse d’observateurs assurant l’estimation simulta-
née de l’état et des paramètres du système. Une application au diagnostic est également considérée en
comparant les valeurs des paramètres estimés en ligne avec leurs valeurs nominales supposées connues
et représentatives du mode de fonctionnement non défaillant. Concernant la commande, la contrainte de
saturation est représentée sous forme de modèle T-S et est intégrée au modèle du système. La synthèse
de plusieurs lois de commande assurant la stabilité du système bouclé, en prenant en compte les limites
de saturation est proposée. La poursuite de modèle de référence est également traitée avec la mise en évi-
dence des conditions structurelles de poursuite pour les modèles non linéaires sous forme T-S. L’accent
est mis sur les différents critères de choix de commande en fonction des buts recherchés.
Mots-clés : Systèmes non linéaires, modèle de Takagi-Sugeno, estimation d’état et de paramètres, diag-
nostic, saturation et commande tolérante aux défauts, poursuite de modèle de référence.
Abstract:
A first contribution of this thesis is to propose a systematic procedure to deal with the state and parameter
estimation for nonlinear time-varying systems. It consists in transforming the original system into a T-S
model with unmeasurable premise variables using the sector nonlinearity transformation. Then a joint
state and parameter observer is designed and the convergence conditions of the joint state and parameter
estimation errors are established. The second contribution of this thesis is the stabilization problem under
saturation constraints. In fact, we aim to present a new approach for the saturation nonlinearity study,
where the sector nonlinearity transformation is used to represent the nonlinear behaviour of a saturated
actuator under a T-S form. The T-S representation of the saturation is used to integrate the limitation
constraints into the control synthesis, such that the system stability is ensured and the controller gains
are calculated according to the saturation level. The model reference tracking control problem is also ad-
dressed. It aims to highlight the encoutered difficulties and the proposed solutions to achieve the tracking
objective. Through analytical studies, by presenting clear structural conditions and control strategies, we
try to point and answer some major interogations, that are : "how the model reference is to be chosen ?
" and "which tracking criterion to consider to achieve a certain objective ? ". The case of constrained
control input is also considered with a special focus on the anticipation for the saturated control.
Keywords: Nonlinear systems, Takagi-Sugeno model, joint state and parameter estimation, faults diag-
nosis, saturation and fault tolerant control, model reference tracking.