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PCSI5 Chapitre18

Ce document présente les notions de base, dimension et sous-espaces pour les espaces vectoriels de dimension finie. Il définit notamment la dimension d'un espace vectoriel comme le cardinal de ses bases et établit des propriétés sur l'existence et la complétion des bases. Le document contient également des résultats sur la dimension des produits cartésiens d'espaces vectoriels.

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PCSI5 Chapitre18

Ce document présente les notions de base, dimension et sous-espaces pour les espaces vectoriels de dimension finie. Il définit notamment la dimension d'un espace vectoriel comme le cardinal de ses bases et établit des propriétés sur l'existence et la complétion des bases. Le document contient également des résultats sur la dimension des produits cartésiens d'espaces vectoriels.

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Chapitre 18

Espaces vectoriels de dimension finie

1 Dimension finie 2
1.1 Existence de bases . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.2 Dimension d’un K-espace vectoriel . . . . . . 3
1.3 Rang d’une famille de vecteurs . . . . . . . . 5

2 Sous-espaces d’un espace vectoriel de dimen-


sion finie 7
2.1 Dimension . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
2.2 Sous-espaces vectoriels supplémentaires . . . 7

Mathieu Mansuy - Professeur de Mathématiques en supérieures PCSI au Lycée Saint Louis (Paris)
[email protected]
PCSI5 Lycée Saint Louis

1 Dimension finie
Dans tout le chapitre K désignera R ou C.
Définition.
On dit qu’un K-espace vectoriel E est de dimension finie s’il admet une famille génératrice finie.
Dans le cas contraire, on dit que E est de dimension infinie.

Exemples.

ˆ Kn est de dimension finie puisqu’il admet une famille génératrice (une base) finie : sa base
canonique.

ˆ Kn [X] est un K-espace vectoriel de dimension finie.

ˆ Mn,p (K) est de dimension finie.

ˆ K[X] est de dimension infinie : en effet supposons avoir une famille génératrice (P1 , . . . , Pn ) de
K[X]. Alors tout polynôme serait combinaison linéaire de P1 , . . . , Pn , donc de degré ≤ m =
max(d◦ P1 , . . . , d◦ Pn ).

1.1 Existence de bases


Propriété 1 (Théorème de la base extraite)

Soient E un K-espace vectoriel de dimension finie non réduit à {0}. De toute famille
génératrice finie de E, on peut extraire une base (finie) de E.

Preuve. Puisque E est de dimension finie, il existe G = (e1 , . . . , en ) une famille génératrice finie de
E. Notons :
A = {Card(F), F ⊂ G et F génératrice de E}.
La partie A de N est non vide (car contient Card(G)). Elle admet un plus petit élément p. Soit F une
famille de cardinal p contenue dans G et génératrice de E. Quitte à renuméroter, on peut supposer
que F = (e1 , . . . , ep ).
Montrons que F est une base. Elle est génératrice par définition. Montrons qu’elle est libre.
Par l’absurde, supposons (e1 , . . . , ep ) liée. Alors l’un des vecteurs de (e1 , . . . , ep ), disons ep (quitte à
les réordonner) est combinaison linéaire des autres. Ainsi ep ∈ V ect(e1 , . . . , ep−1 ).
Pour x ∈ E, il existe (λ1 , . . . , λp ) ∈ Kp tel que
p
X
x= λi ei ∈ V ect(e1 , . . . , ep−1 )
i=1

car (e1 , . . . , ep ) est génératrice et ep ∈ V ect(e1 , . . . , ep−1 ). Ainsi V ect(e1 , . . . , ep−1 ) = E et (e1 , . . . , ep−1 )
est génératrice de E donc p − 1 ∈ A, ce qui est absurde.
Ainsi (e1 , . . . , ep ) est libre et génératrice de E. C’est donc une base de E. 

Comme conséquence, on a :

Propriété 2 (Existence de base dans un espace vectoriel de dimension finie)

Soit E un K-espace vectoriel de dimension finie non réduit à {0}. E admet au moins une
base (finie).

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Théorème 3 (Théorème de la base incomplète)

Soit E un K-espace vectoriel de dimension finie non réduit à {0}. Toute famille libre de E
peut être complétée en une base de E.

Preuve. Soit L une famille libre de E. Comme E est un espace vectoriel de dimension finie, il possède
une famille génératrice finie G. Notons :

A = {Card(F)|L ⊂ F ⊂ L ∪ G et F libre }.

La partie A de N est non vide (car contient Card(L)) et majoré (par Card(L ∪ G)). Elle admet donc
un plus grand élément p ∈ N. Soit F une famille libre de E de cardinal p telle que L ⊂ F ⊂ L ∪ G.
Notons F = (e1 , . . . , ep ).
Montrons que F est une base. On sait par définition qu’elle est libre. Reste donc à montrer qu’elle
est génératrice. Pour cela on va montrer que G ⊂ V ect(e1 , ..., ep ).
Par l’absurde, supposons que G 6⊂ V ect(e1 , . . . , ep ). On a alors x ∈ G tel que x ∈ / V ect(e1 , . . . , ep ). La
famille (e1 , . . . , ep , x) est alors libre, elle contient L et est contenue dans L ∪ G (puisque x ∈ G). Ainsi
p + 1 ∈ A ce qui est absurde par définition de p.
Ainsi G ⊂ V ect(e1 , . . . , ep ) et F = (e1 , . . . , ep ) est génératrice de E. Comme elle est libre, c’est bien
une base de E. 

Comme conséquence de la preuve précédente, on obtient :

Propriété 4

Soit G une famille génératrice de E. Si L est une famille libre de E, alors, on peut à l’aide
d’éléments de G la compléter en une base de E.

1.2 Dimension d’un K-espace vectoriel


Lemme. Soit E un K-espace vectoriel admettant une base de cardinal n. Alors toute famille constituée
d’au moins n + 1 vecteurs est liée.

Preuve. Soit (e1 , . . . , en ) une base de E. Soit (x1 , . . . , xp ) une famille d’éléments de E avec p > n.
Xn
Pour tout i ∈ [|1, p|], on pose xi = ai,j ej .
j=1
Soit (λ1 , ..., λp ) ∈ Kp tel que λ1 x1 + ... + λp xp = 0.
p p p
! !
X X X
λi xi = 0 ⇐⇒ λi ai,1 e1 + ... + λi ai,n en = 0E
i=1
i=1p i=1
P
λi ai,1 = 0





 i=1
⇐⇒ .. car (e1 , ..., en ) est une famille libre .
.
p


 P


 λi ai,n = 0
i=1

Ce système est homogènes et a plus d’inconnues p que d’équations n. Il admet donc une solution non
nulle (λ1 , . . . , λp ) 6= (0, . . . , 0). La famille (x1 , . . . , xp ) est donc liée. 

On en déduit le corollaire suivant.

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Propriété 5

Dans un K-espace vectoriel de dimension finie, toutes les bases ont même nombre d’éléments.

Preuve. Soient B1 et B2 deux bases de E, de cardinaux respectifs n et p. Supposons n 6= p. Par


exemple p > n. D’après la proposition précédente, B1 est liée. Contradiction avec le fait que ce soit
une base. 

Définition.

ˆ Soit E un K-espace vectoriel de dimension finie non réduit à {0}. On appelle dimension de
E et on note dim(E) le cardinal de chacune de ses bases.

ˆ Si E = {0}, on pose par convention dim(E) = 0.

Exemples.
ˆ dim(Kn ) = n car admet pour base e1 = (1, 0, ..., 0), e2 = (0, 1, 0, ..., 0), ..., en = (0, 0, ..., 1).
ˆ dim(Kn [X]) = n + 1 car admet pour base (1, X, . . . , X n ).
ˆ dim(Mn,p (K)) = np admet pour base (Ei,j )1≤i≤n,1≤j≤p

Exemples. Déterminer une base et la dimension des espaces vectoriels suivants :


1. E1 = {(x, y, z) ∈ R3 , −x + 3y + z = 0}.
2. E2 = {(x, y, z) ∈ R3 , x + y + z = 0 et x − 3y = 0}.
  
a b
3. E3 = ∈ M2 (R), a + d = 0 .
c d

Exercice. Calculer dim(Sn (R)).

Propriété 6

Soit E, F des K-espaces vectoriels de dimension finie. Alors E × F est de dimension finie,
et :
dim(E × F ) = dim(E) + dim(F ).

Preuve. Considérons (e1 , . . . , ep ) une base de E, (f1 , . . . , fq ) une base de F , et la famille B suivante :
B = ((e1 , 0F ), . . . , (ep , 0F ), (0E , f1 ), . . . , (0F , fq )).
On montre que B est une famille libre et génératrice de E × F . Ainsi B est une base finie de E × F .
E × F est donc de dimension finie, et :
dim(E × F ) = p + q = dim(E) + dim(F ).


Remarque. Ce résultat se généralise par récurrence : si E1 , . . . , En sont des espaces vectoriels de


dimension finie, alors E1 × · · · × En est de dimension finie et :
dim(E1 × · · · × En ) = dim(E1 ) + · · · + dim(En ).
En particulier si E1 = · · · = En = K, on retrouve que dim(Kn ) = n.

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Propriété 7

Soit E un K-espace vectoriel de dimension n. Alors :

(1) Toute famille libre de E admet au plus n éléments.

(2) Toute famille génératrice de E admet au moins n éléments.

Preuve.

(1) C’est une conséquence d’une proposition précédente.

(2) Soit F une famille génératrice de E de cardinal p. D’après le théorème de la base extraite, on
peut a extraire de F une base de E. Son cardinal est alors n ≤ p.

Propriété 8

Soit E un K-espace vectoriel de dimension n ∈ N∗ et F une famille formée de n éléments.


Les propriétés suivantes sont équivalentes :

F est une base de E ⇔ F est libre ⇔ F est génératrice de E .

Preuve.

ˆ Si (e1 , . . . , en ) est une base de E, elle est libre et génératrice (par définition).

ˆ Supposons (e1 , . . . , en ) libre. Par le théorème de la base incomplète, on peut la compléter en une
base (e1 , . . . , ep ) de E. Or p = dim(E) = n, donc (e1 , . . . , en ) = (e1 , . . . , ep ) est une base de E.

ˆ Supposons (e1 , . . . , en ) génératrice. Par le théorème de la base extraite, on peut en extraire une
base (e1 , . . . , ep ) de E. Or p = dim(E) = n, donc (e1 , . . . , en ) = (e1 , . . . , ep ) est une base de E.

Exemple. Montrer que ((0, 1, 1), (1, 0, 1), (1, 1, 0)) est une base de R3 .

Exemple. Notons Ti ∈ R[X] le i-ième polynôme de Tchebytchev. Montrons que (T0 , . . . , Tn ) est une
base de R[X].

ˆ On avait montré que deg(Ti ) = i. La famille (T0 , . . . , Tn ) est de degrés échelonnés, et donc libre.

ˆ (T0 , . . . , Tn ) est une famille de (n + 1) vecteurs dans un espace de dimension n + 1. C’est donc
une base.

1.3 Rang d’une famille de vecteurs

Définition.
Soit (e1 , . . . , ep ) est une famille de vecteurs de E. On appelle rang de (e1 , . . . , ep ) et on note
rg(e1 , . . . , ep ) la dimension de V ect(e1 , . . . , ep ).

Remarque. Le rang est bien défini puisque V ect(e1 , . . . , ep ) est de dimension finie : il admet
(e1 , . . . , ep ) comme famille génératrice finie.

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Propriété 9

Soit E un K-espace vectoriel dimension finie n. Soit (e1 , ..., ep )inE p . On a :

(1) rg(e1 , . . . , ep ) ≤ min(p, n).

(2) La famille (e1 , . . . , ep ) est libre si et seulement si rg(e1 , . . . , ep ) = p.

(3) La famille (e1 , . . . , ep ) est génératrice de E si et seulement si rg(e1 , . . . , ep ) = n.

Preuve.

(1) Soit (f1 , . . . , fr ) une base de V ect(e1 , . . . , ep ) (avec r = rg(e1 , . . . , ep )). Alors (f1 , . . . , fr ) est libre
dans E, donc a moins d’éléments qu’une base de E. Ainsi r ≤ n.
De même, (e1 , . . . , ep ) est une famille génératrice de V ect(e1 , . . . , ep ), donc rg(V ect(e1 , . . . , ep )) ≤
p.

(2) Supposons (e1 , . . . , ep ) libre. Comme elle est génératrice de V ect(e1 , . . . , ep ), c’est alors une base
de V ect(e1 , . . . , ep ) et rg(e1 , . . . , ep ) = p. Réciproquement supposons que rg(e1 , . . . , ep ) = p. Alors
(e1 , . . . , ep ) est génératrice de V ect(e1 , . . . , ep ) et a autant d’éléments que dim(V ect(e1 , . . . , ep )),
donc c’en est une base. En particulier c’est une famille libre.

(3) Supposons (e1 , . . . , ep ) génératrice de E. Alors V ect(e1 , . . . , ep ) = E, donc rg(e1 , . . . , ep ) =


dim(E) = n. Réciproquement, supposons que rg(e1 , . . . , ep ) = n. De (e1 , . . . , ep ), génératrice
de V ect(e1 , . . . , ep ), on peut extraire une base (f1 , . . . , fn ) de V ect(e1 , . . . , ep ) (par le théorème
de la base extraite). La famille (f1 , . . . , fn ) est libre dans E, et a n = dim(E) éléments. C’est
donc une base de E. Ainsi, E = V ect(f1 , ..., f n) ⊂ V ect(e1 , ..., ep ) donc V ect(e1 , . . . , ep ) = E et
(e1 , . . . , ep ) est génératrice de E.

Exemple. Déterminons le rang de la famille suivante :

x1 = (1, −1, 1), x2 = (−1, 1, −1), x3 = (0, 1, 1), x4 = (1, 0, 2).

Nous avons quatre vecteurs dans R3 . On sait déjà que cette famille est nécessairement liée. Soit λ1 ,
λ2 , λ3 , λ4 ∈ R tels que λ1 x1 + λ2 x2 + λ3 x3 + λ4 x4 = 0. On a :

λ1 x1 + λ2 x2 + λ3 x3 + λ4 x4 = 0

 λ1 − λ2 + λ4 = 0
⇐⇒ −λ1 + λ2 + λ3 = 0
λ1 − λ2 + λ3 + 2λ4 = 0


λ1 − λ2 + λ4 = 0
⇐⇒
λ3 + λ4 = 0

On obtient un système homogène, échelonné réduit. Il possède deux inconnues principales λ1 , λ3 , deux
inconnues paramètres λ2 , λ4 (on retrouve bien que cette famille est liée). On obtient alors :

ˆ pour λ2 = 1, λ4 = 0 : x2 = −x1 ;

ˆ pour λ2 = 0, λ4 = 1 : x4 = x1 + x3 .

Ainsi, on a V ect(x1 , x2 , x3 , x4 ) = V ect(x1 , x3 ). Comme la famille (x1 , x3 ) est libre (deux vecteurs
non colinéaires, ou autrement en prenant λ2 = λ4 = 0 dans le système ci-dessus), on en déduit que
rg(x1 , x2 , x3 , x4 ) = 2.

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2 Sous-espaces d’un espace vectoriel de dimension finie


2.1 Dimension
Propriété 10

Soient E un K-espace vectoriel de dimension finie, F un sous-espace vectoriel de E. Alors :

(1) F est de dimension finie et dim(F ) ≤ dim(E) ;

(2) F = E ⇔ dim(F ) = dim(E).

I Pour montrer que F = E, il suffit de montrer que F est un sev de E et que dim(F ) = dim(E).

Preuve.
(1) On suppose F 6= {0E }, sinon c’est évident. Considérons la partie de N suivante :

A = {Card(L|L famille libre de F }.

On a A 6= ∅ car pour tout x ∈ F , x 6= 0E , (x) est une famille libre. De plus A est majorée par
dim(E), car si L est une famille libre de F , c’est une famille libre de E et donc Card(L) ≤ dim(E).
A possède donc un plus grand élément p.
Soit F une famille libre de F telle que Card(F) = p. Alors F est une famille libre. Elle est de
plus génératrice car si x ∈ F , x ∈
/ V ect(F), alors F ∪ {x} serait une famille libre de F à p + 1
éléments. Ainsi F est génératrice de F . Comme elle est libre, c’est bien une base de F . On a
finalement dim(F ) = Card(F) ≤ dim(E).

(2) Si F = E, on a clairement dim(F ) = dim(E). Réciproquement si dim(F ) = dim(E) = n, alors


il existe une base (e1 , . . . , en ) de F . Mais (e1 , . . . , en ) est une famille libre de E à n = dim(E)
éléments. C’est donc une base de E, et F = V ect(e1 , . . . , ep ) = E.


Vocabulaire. Soit E un espace vectoriel.


ˆ Un sous-espace vectoriel de E de dimension 1 est appelé une droite vectorielle. Ce sont les
sous-espaces vectoriels de la forme V ect(x), avec x un vecteur non nul.

ˆ Un sous-espace vectoriel de E de dimension 2 est appelé un plan vectoriel. Ce sont les sous-
espaces vectoriels de la forme V ect(x, y) avec x, y des vecteurs non colinéaires.

ˆ Si de plus E est de dimension finie, un sous-espace vectoriel de dimension dim(E) − 1 est appelé
hyperplan de E.

Remarque. Un hyperplan du plan est une droite vectorielle. Un hyperplan de l’espace est un plan
vectoriel.

Exemple. F = {u ∈ RN |∀n ∈ N, un+2 = 3un+1 − 2un } est un plan vectoriel de l’espace E = RN .

2.2 Sous-espaces vectoriels supplémentaires


Propriété 11

Tout sous espace vectoriel F d’un espace vectoriel E de dimension finie admet au moins un
supplémentaire.

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Preuve. Comme F est un sous-espace d’un K-espace vectoriel de dimension finie, F est de dimension
finie. Soit (e1 , . . . , ep ) une base de F . C’est une famille libre de E, donc on peut la compléter en une
base (e1 , . . . , en ) de E (par le théorème de la base incomplète). On a F = V ect(e1 , . . . , ep ), posons
G = V ect(ep+1 , . . . , en ). On a vu au chapitre précédent qu’alors F ⊕ G = E. 

Propriété 12

Soient F et G deux sous-espaces vectoriels de dimensions finies d’un K espace vectoriel


quelconque E tels que F + G soit directe. Alors on a :

dim(F ⊕ G) = dim(F ) + dim(G).

Preuve. Posons E1 = F ⊕ G. Alors F et G sont supplémentaires dans E1 . En concaténant une base


de F et une base de G, on obtient donc une base de E1 . Ainsi dim(E1 ) = dim(F ) + dim(G). 

Conséquence. Soit E un K-espace vectoriel de dimension finie, F un sous-espace vectoriel de E.


Alors tout supplémentaire de F est de dimension dim(E) − dim(F ).

Propriété 13 (Formule de Grassman)

Soient F et G deux sous-espaces vectoriels de dimensions finies d’un K-espace vectoriel


quelconque E. Alors on a :

dim(F + G) = dim(F ) + dim(G) − dim(F ∩ G).

En particulier, dim(F + G) ≤ dim(F ) + dim(G).

Preuve. Soit (e1 , . . . , ep ) une base de F ∩ G, qu’on complète en :

ˆ (e1 , . . . , ep , f1 , . . . , fq ) une base de F ;

ˆ (e1 , . . . , ep , g1 , . . . , gr ) une base de G.

Montrons que B = (e1 , . . . , ep , f1 , . . . , fq , g1 , . . . , gr ) est une base de F + G.

ˆ B est génératrice de F + G :

ˆ B est libre dans F + G :

Exemple. Dans R3 , déterminons l’intersection de deux plans vectoriels P1 , P2 non confondues.

ˆ Comme P1 + P2 ⊂ E, on a dim(P1 + P2 ) ≤ 3, donc :

dim(P1 ∩ P2 ) = dim(P1 ) + dim(P2 ) − dim(P1 + P2 ) ≥ 2 + 2 − 3 = 1

ce qui prouve que P1 ∩ P2 n’est pas réduit à {0}.

ˆ Comme P1 et P2 ne sont pas confondues, P1 est strictement inclus dans P1 + P2 donc dim(P1 ) <
dim(P1 + P2 ).

Ainsi, on a dim(P1 + P2 ) = 3 et donc dim(P1 ∩ P2 ) = 1 : P1 ∩ P2 est une droite vectoriel.

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Propriété 14

Soit E un espace vectoriel de dimension finie et F , G deux sous espaces vectoriels de E. On


a les équivalences suivantes :
( (
F ∩ G = {0} F +G=E
(i) E = F ⊕G ⇔ (ii) ⇔ (iii)
dim E = dim F + dim G dim E = dim F + dim G

Preuve.

ˆ (i) entraine immédiatement (ii) et (iii).

ˆ (iii) ⇒ (ii) : Supposons (iii). D’après la formule de Grassmann, on a :

dim(F ∩ G) = dim(F ) + dim(G) − dim(F + G) = 0

et donc F ∩ G = {0}.

ˆ (ii) ⇒ (i) : Supposons (ii). D’après la formule de Grassmann, on a :

dim(F + G) = dim(F ) + dim(G) − dim(F ∩ G) = dim(E)

Comme F + G est un sous-espace vectoriel de E, on en déduit que F + G = E.


De plus F ∩ G = {0} donc la somme F + G est directe. Ainsi, F ⊕ G = E.

Exemple. Soit E un espace vectoriel de dimension finie n et H un hyperplan de E de dimension


n − 1. Alors pour tout a ∈ E\H, on a :

H ⊕ K.a = E.

En effet, on a :

ˆ dim(H) + dim(K.a) = n = dim(E) (car a 6= 0 sinon a ∈ H) ;

ˆ H ∩ V ect(a) ⊂ V ect(a), donc dim(H ∩ V ect(a)) = 0 ou 1. Si c’est 1, alors H ∩ V ect(a) = V ect(a)


et a appartiendrait à H, ce qui est faux. Donc dim(H ∩ V ect(a)) = 0 et H ∩ V ect(a) = {0E }.

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