Diagrammes de Phases Binaires en Métallurgie
Diagrammes de Phases Binaires en Métallurgie
IV.1. Introduction
Les métaux purs sont très rarement utilisés dans les constructions industrielles car ils
présentent souvent des caractéristiques mécaniques très limitées. La plupart des matériaux de
construction sont constitués de différents éléments : on parle alors d'alliages. Lorsque ces
éléments ne sont que partiellement miscibles, le matériau est constitué de plusieurs phases de
structures cristallines et de compositions différentes. Il en résulte une influence très
importante sur les différentes caractéristiques du matériau et son comportement. L'étude de la
microstructure du matériau consiste à déterminer la nature des différentes phases en présence,
leur proportion et leur constitution. Cette analyse se fait à partir des diagrammes d'équilibre
de phases qui traduisent les états d'équilibre entre les différentes phases et permet de résumer
les constitutions d’équilibre d’un système d’alliage [1].
1)- La température qui joue un rôle particulièrement important lors de la coulée et dans les
modifications des propriétés mécaniques des alliages dentaires,
2)- La pression qui est habituellement négligée car elle n’a d’influence qu’à des niveaux
extrêmement élevés [2].
IV.2. Définitions
Corps pur : Système thermodynamique constitué d’une seule espèce chimique. Il peut
être simple (Ex : Ti, Ag, Cu…) ou être un composé chimique (Ex : H2O, Al2O3,
SiO2…).
Phase homogène (ou uniforme): Est un domaine du matériau dont les propriétés
physiques et chimiques sont uniformes. Cette région ou cet ensemble de régions sont
caractérisés par une structure et par un arrangement atomique identique. système
thermodynamique dont tous les paramètres d’état intensifs (Température, Pression)
ont même valeur en tout point de l’espace. Un corps pur dans un seul état physique
constitue une phase homogène.
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CHAPITRE IV DIAGRAMMES DE PHASES BINAIRES
Alliage : Est une combinaison d'au moins deux éléments dont l'un est métallique, par
exemple le fer. Les autres éléments peuvent être soit métalliques, soit non
métalliques, par exemple le carbone. Par extension, il est possible de parler d'alliages
pour les céramiques ainsi que pour les polymères. On dit d'un alliage qu'il est binaire
s'il combine uniquement deux éléments (Fe-C), et ternaire s'il combine trois éléments
(Fe-C-Ni). Dans la plupart des cas, les alliages associent souvent Matériaux plus de
trois éléments a afin de présenter un bon compromis entre les différentes
caractéristiques mécaniques (Ex : Fe-C-Ni-Cr-Mo).
Diagramme de phase : Est une « carte » représentant l'état d'un système (corps pur
ou mélange de corps purs), pour des conditions de pression, de température ou de
composition donnée.
Les physiciens ont très tôt distingué trois états de la matière : solide, liquide, et gaz.
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CHAPITRE IV DIAGRAMMES DE PHASES BINAIRES
beaucoup plus profond que dans le cas d’un liquide : la dynamique des atomes se
restreint à des vibrations très localisées autour de la position d’équilibre, les
phénomènes de diffusion devenant quasiment inexistants (Fig. 1) [3].
Compressibilité Déformabilité
Solide Faible (densité élevée) Faible
Liquide Faible (densité élevée) Elevée
Gaz Elevée (densité faible) Elevée
Les diagrammes de phases sont des représentations, dans le plan isobare (T, X)
(température - composition), de la constitution physico-chimique d'un alliage dans son état
thermodynamique d'équilibre. Il fournit en fonction de la température, la nature, la
composition chimique et les fractions massiques des phases en présence pour un alliage de
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CHAPITRE IV DIAGRAMMES DE PHASES BINAIRES
En générale, chaque système se compose des parties homogènes dont des propriétés
chimiques et physiques sont différentes. Gibbs définit ces parties par les phases c'est-à-dire
chaque système se composé par des groupes de phases séparés par des joins de grains. Dans le
domaine de stabilité d’une phase, on peut faire varier la température et la pression, et la
phase va continuer d’être stable. Au moment où deux phases sont en équilibre, on peut choisir
ou la température ou la pression et l’autre paramètre est fixé en même temps. Enfin, le point
triple ne laisse aucun degré de liberté car il se trouve à une seule température et une seule
pression. En généralisant cette observation on arrive à la règle des phases de Gibbs qui peut
s’écrire :
𝑽=𝒄−𝒓−𝒌+𝒏−𝝋
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CHAPITRE IV DIAGRAMMES DE PHASES BINAIRES
Dans le cas très courant d'un mélange sans contrainte extérieure (k=0), dans lequel aucune
réaction chimique n'a lieu (r = 0) et pour lequel les facteurs d'équilibre sont la pression et la
température (n = 2) on obtient la relation :
𝑽=𝒄+𝟐−𝝋
𝑽=𝒄+𝟏−𝝋
corps purs
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CHAPITRE IV DIAGRAMMES DE PHASES BINAIRES
Alliages binaires
Parmi toutes les possibilités qui peuvent être imaginées pour permettre au système de
réaliser l’équilibre dans les conditions particulières qui lui sont imposées, une seule peut être
retenue : c’est celle pour laquelle l’enthalpie libre G est minimale. Pour déterminer l’état réel
de système, il convient donc d’étudier les variations de son énergie libre en fonction de la
concentration, à la température considérée. L’énergie libre d’un système chimique est reliée à
son enthalpie H et à son entropie S par la relation fondamentale :
G = H – TS (IV. 1)
Donc,
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CHAPITRE IV DIAGRAMMES DE PHASES BINAIRES
dG = 𝛛W +𝛛Q+ PdV +VdP – TdS – SdT = - PdV + TdS+ PdV +VdP – TdS – SdT
dG = VdP – SdT
𝝏𝑮 𝝏𝑮
𝒅𝑮 = ( ) 𝒅𝒑 + ( ) 𝒅𝑻
𝝏𝑷 𝑻 𝝏𝑻 𝑷
𝝏𝑮 𝝏𝑮
Avec : (𝝏𝑷) = −𝑺 et (𝝏𝑷) = 𝑽
𝑷 𝑻
Nous sommes maintenant en possession des éléments qui vont permettre d’évaluer la
variation de l’énergie libre correspondant à la formation d’une solution dans la série des
phases homogènes comprises entre A et B, grâce à la relation fondamentale :
∆G = ∆H-T∆S (IV. 2)
Cette évaluation peut se faire qualitativement par voie graphique dans un certain nombre
de cas typiques (comme on a déjà expliqué dans le chapitre I). On remarquera que l’entropie
∆S étant positive, le terme (-T∆S) est toujours négatif. Le terme ∆H au contraire prend,
suivant les cas distingués (Chap. I), des valeurs positives, nulles ou négatives.
a- Solution idéale
La courbe de variation de ∆Gm est une courbe dont le minimum est plus accusé que dans
le cas précédent puisque les écarts de ∆H par rapport à l’idéalité s’ajoutent aux écarts négatifs
du terme (-T∆Sm).
La courbe de variation de ∆Gm est une courbe dont le minimum très peu accusé, puisque
les écarts de ∆Hm par rapport à l’idéalité compensent au moins partiellement ceux de (-
T∆Sm).
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CHAPITRE IV DIAGRAMMES DE PHASES BINAIRES
Les variations positives de ∆Hm surpassent les variations négatives de (-T∆Sm) sauf au
voisinage des corps purs où ces dernière sont très rapides. Il en résulte que la courbe de ∆Gm
présente deux inflexions. Cette situation, entièrement nouvelle par rapport aux précédentes,
laisse prévoir une tendance à la démixtion de la solution dans la région centrale du diagramme
L’équilibre de deux phases d’un corps pur se traduit par une variance de 1. Il existe donc
une relation entre la pression et la température lorsque les deux phases sont en présence. On
s’intéresse donc au diagramme (P, T) donnant les 3 courbes d’équilibre P=f(T) appelés
courbes de fusion, de vaporisation et de sublimation :
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CHAPITRE IV DIAGRAMMES DE PHASES BINAIRES
L’équilibre solide/liquide ayant lieu entre phases condensées, la pression a très peu
d’influence et la courbe P = f (T) est presque verticale.
La courbe de fusion est limitée pour les basses pressions par le point triple Tr mais pas
pour les hautes pressions.
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CHAPITRE IV DIAGRAMMES DE PHASES BINAIRES
La figure ci-dessous donne les deux types d’allures de diagramme de phase d’un corps pur
: dans le cas général et le cas particulier de l’eau.
Figure IV. 5. Allure de diagramme de phase d’un corps pur dans le cas usuel et t le cas particulier
de l’eau [4].
Les trois branches du diagramme délimitent les trois états du corps correspondant :
Les diagrammes de phases binaires sont les diagrammes les plus simples à établir. Les
courbes du diagramme de phases déterminent les limites de domaines dans lesquels peuvent
exister des phases, la composition et les proportions de ces différentes phases.
La connaissance maintenant acquise des courbes de l’énergie libre des différentes phases
qui sont susceptibles de prendre naissance dans un alliage, permet en principe de justifier le
nombre et la composition des phases qui coexistent dans cet alliage lorsque celui-ci est dans
un état d’équilibre à une température donnée. Il suffit de superposé sur un même diagramme
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CHAPITRE IV DIAGRAMMES DE PHASES BINAIRES
les courbes de l’énergie libre des différentes phases et de tracer les tangentes communes qui
délimitent l’étendue des domaines mono-, di-, ou triphasés.
Celle-ci indique qu’à basse température, c'est la phase cristalline α qui est la plus stable,
tandis qu’à haute température, c'est la phase liquide (L) qui devient stable. Dans le domaine
de température compris entre les points de fusion TA et TB des constituants purs, on a la
formation d'un domaine en forme de «fuseau» ou le système se présente sous une forme bi-
phasique constituée d'une phase α et du liquide (L).
Exemple :
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CHAPITRE IV DIAGRAMMES DE PHASES BINAIRES
Figure IV. 6. Variation de l’énergie libre des solutions A-B, solides et liquides en fonction de la
composition de l’alliage à différentes températures : (a - f) et diagramme d'équilibre de à
un seul fuseau (g) [5].
La figure ci-dessus montre la variation de l’énergie libre des solutions A-B, solide et
liquide, aux six températures T1 –T6 (Fig. 6 (a-f)). On remarque que pour la température
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CHAPITRE IV DIAGRAMMES DE PHASES BINAIRES
Pour réaliser un alliage, des proportions définies de constituants différents sont fondues et
mélangées, puis l’ensemble est refroidi. Comme il a été dit plus haut, le résultat du mélange
varie selon les variations relatives de taille des atomes, selon le type de maille d’origine et des
propriétés électroniques des différents constituants.
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CHAPITRE IV DIAGRAMMES DE PHASES BINAIRES
Lorsqu’on étudie des alliages, les courbes de solidification deviennent beaucoup plus
complexes. Elles comportent alors plusieurs sections de courbes raccordées par des points
d’inflexion (Fig. 8). Parfois, elles comportent également des paliers de solidification
isotherme. Chacun des points d’inflexion correspond à une variation du nombre de phases.
Ainsi, entre deux points d’inflexion successifs, l’alliage comporte le même nombre de phases.
Le point d’inflexion le plus élevé correspond à l’apparition d’un premier cristal dans l’alliage
en fusion, le point d’inflexion le plus bas correspond à la solidification des dernières traces
d’alliage en fusion.
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CHAPITRE IV DIAGRAMMES DE PHASES BINAIRES
Figure IV. 9: La construction du diagramme de phase à un seul fuseau (’alliage Cu-Ni) [2].
Dans les diagrammes de phases avec miscibilité totale a l'état on trouve aussi le
diagramme à deux fuseaux possède un point de contact intermédiaire entre liquidus et
solidus. Sa température est inférieure à la température de chacun des constituants. A ce point,
le comportement de l’alliage est identique à celui d’un corps pur. Contrairement aux alliages
totalement miscibles, ces alliages particuliers ont tendance à présenter des transformations a
l’état solide avec, soit une zone de démixtion, soit un ordonnancement comme dans le cas de
l’alliage Au-Cu avec formations de composes AuCu ou AuCu3 (Fig. 10) (Ex. Fe-Cr, Cu-
Mg, Au-Cu …
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CHAPITRE IV DIAGRAMMES DE PHASES BINAIRES
Quand les règles de miscibilité ne sont pas respectées, le cas le plus fréquent, la
miscibilité est donc partielle. Le principe est le même que pour la saturation des solutions
aqueuses : si l'on dépasse une certaine teneur, appelée limite de solubilité, on observe de la
précipitation, les atomes se réorganisent localement pour former des « composés définis »,
c'est-à-dire ayant une composition fixe (ou tout du moins admettant peu d'écarts). Alors dans
certains domaines de compositions, on obtient des solutions solides biphasées. Le
diagramme d’équilibre prend donc une forme plus complexe. Il existe trois types de
diagrammes spécifiques (typiques)
Dans ce type de diagramme existe un point invariant dont la température est inferieure à
la température de fusion des deux constituants. Ce type de diagramme a une importance
particulière car il conduit a des microstructures de morphologie caractéristique. Dans ce type
de diagramme existe un point invariant dont la température est inferieure à la température de
fusion des deux constituants. C’est le cas des alliages de brasage (le brasage est un soudage
où seul le métal d’apport est fondu, les pièces à assembler restant à l’état solide) tels que les
eutectiques Ag-Cu et Pb-Sn.
Par ailleurs, en fonderie les alliages eutectiques présentent l’avantage de ne pas
comporter d’intervalle de solidification. Ceci limite fortement l’apparition de défauts tels que
les ségrégations et le retrait volumique.
le domaine liquide L,
le domaine de solution solide primaire α de B dans A,
le domaine de solution solide primaire β de A dans B (Fig. 11).
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CHAPITRE IV DIAGRAMMES DE PHASES BINAIRES
Au niveau du point E ou point eutectique (la température TE) les alliages X % masse de B
tels que X(S1) ≤ X ≤ X(S2) sont triphasés et composés de α(S1), de liquide (E) et de β(S2) (Fig.
12). On met en évidence l'équilibre eutectique :
LE αS1 + βS2
Dans ce diagramme Six domaines sont donc présents (L, L+α, L+β, α, β, α+β).
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CHAPITRE IV DIAGRAMMES DE PHASES BINAIRES
On peut schématiser les diagrammes de phases basant sur les courbes de l’énergie libre
de mélange en fonction de concentration à différentes températures (Fig. 13).
-a-
T1
e f g h
T2
TE
S1 S2
i T4
j
XB →
β α α
β
e g h
f
α L β
S2 i j
α S1 α+L+β β α α+β β
XB
Figure IV. 13: Diagramme de phase binaire comportant une réaction eutectique (a) et courbes de variation de
l’énergie libre des solutions A-B, solides et liquides en fonction de la composition de l’alliage à
différentes températures : T1 (b), T2 (c), T3 (d), T4 (e).
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CHAPITRE IV DIAGRAMMES DE PHASES BINAIRES
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CHAPITRE IV DIAGRAMMES DE PHASES BINAIRES
Alliage Pb-Sn (x200), de livre A. Prince 1966 Alliage Cu-Cu2O (x200), de livre A. Prince 1966 Alliage Al-Si (x100), de livre A. Prince 1966
Remarque
Le mécanisme de la transformation eutectoide est très ressemblant à la transformation
eutectique, mais au cours de cette transformation, c’est une phase solide qui se transforme
simultanément en deux nouvelles phases solides (Ex. Le diagramme de phases Fer-
Carbone).
On met en évidence l'équilibre eutectoide:
y↔α+s
Dans une transformation péritectique, une phase liquide et une phase solide se
transforment en une seule phase solide de composition définie. Le point péritectique (point P,
Fig 16) est invariant, a température fixe avec un équilibre entre les trois phases.
α+L↔s
le domaine liquide L,
le domaine de solution solide primaire α de B dans A,
le domaine de solution solide primaire β de A dans B (Fig. 16).
On peut schématiser les diagrammes de phases basant sur les courbes de l’énergie libre
de mélange en fonction de concentration à différentes températures (Fig. 16).
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CHAPITRE IV DIAGRAMMES DE PHASES BINAIRES
-a-
b T1
a
Tp
SS3
3 S4
S4
c e T2
d f
g h T3
XB →
∆Gm ∆Gm
Tp<T1<TA -b- Tp -c-
β
β α
α L
S4
α a b L α S3 β
α+L α+L+β
α
β
β α
L
e f
c d h
α β L β
α+β L+β
α g α+β
Figure IV. 16 : Diagramme de phase binaire comportant une réaction péritectique (a) et courbes de
variation de l’énergie libre des solutions A-B, solides et liquides en fonction de la
composition de l’alliage à différentes températures : T1 (b), T2 (c), T3 (d), T4 (e).
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CHAPITRE IV DIAGRAMMES DE PHASES BINAIRES
À T = T1 : Domaine monophasique ; V = 2
À T = T3 : Biphasé ; V = 1
À T = T4 : Triphasé ; V = 0
À T = T7 : Biphasé ; V = 1.
α+ß↔y
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CHAPITRE IV DIAGRAMMES DE PHASES BINAIRES
L1 ↔ L2 + α
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CHAPITRE IV DIAGRAMMES DE PHASES BINAIRES
Dans le cas général, les diagrammes d’équilibre sont plus complexes que ceux présentés.
Cette complexité survient surtout lorsque les alliages donnent naissance à des composés
définis (Fe3C par exemple pour le Fe-C) ou à plusieurs solutions solides (α, β, , , ).
Il existe des composés dont le diagramme de phases est composé de deux ou plusieurs
types de diagrammes simples étudiés.
- 1er cas : La zone centrale peut s’étendre sur un certain intervalle de concentrations, on
dit qu’il s’agit de : Solution Solide Secondaire ou intermédiaire. (Ex: Cuivre‐
Étain et Cuivre – Zinc).
- 2ème cas : Lorsque l’intervalle de compositions est très étroit, on obtient un composé
défini ou intermétallique (AXBY). (Ex: Fer – Carbone; Magnésium – Silicium).
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CHAPITRE IV DIAGRAMMES DE PHASES BINAIRES
Cette zone peut être décrite comme la zone de raccordement de deux diagrammes
binaires simples à réaction eutectique ou péritectique et se traduit par la présence d’un
maximum sur la courbe du liquidus. Ex. (Cu‐ Et) et (Cu – Zn).
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CHAPITRE IV DIAGRAMMES DE PHASES BINAIRES
Dans les domaines biphasés, les compositions des deux phases en équilibre sont
parfaitement déterminées à une température donnée. Deux règles simples permettent de les
déterminer.
Règle de l'horizontale
Pour, un alliage en cours de solidification, elle permet de connaître les compositions des
phases solide et liquide en présence. Les compositions des phases solide et liquide sont
données 1'horizontale à la température T avec le liquidus et le solidus ou bien avec deux
branches différentes d'un diagramme.
À la température T0 (Fig. 22) tous les alliages A-B de composition X tels que XBα <X<
XBβ sont constitués de deux phases α et β où XBα et XBβ sont les concentrations en élément B
dans les deux phases α et β respectivement, correspond aux deux points de limite de solubilité
M et P respectivement (limites du domaine biphasé). La règle de l'horizontale précise donc
la nature et la composition chimique des phases en équilibre à toutes les températures où le
domaine biphasé existe.
Ce qui donne :
𝜷
𝑵𝑿𝑩 = 𝑵𝑿𝜶𝑩 (𝟏 − 𝝌) + 𝑵𝑿𝑩 (𝝌)
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CHAPITRE IV DIAGRAMMES DE PHASES BINAIRES
On trouve donc :
(𝑿𝑩 − 𝑿𝜶𝑩 ) 𝒎
%𝜷 = 𝝌 = 𝜷
=
(𝑿𝑩 − 𝑿𝜶𝑩 ) (𝒎 + 𝒏)
𝜷
(𝑿𝑩 − 𝑿𝑩 ) 𝒏
%𝜶 = (𝟏 − 𝝌) = 𝜷
=
(𝑿𝑩 − 𝑿𝜶𝑩 ) (𝒎 + 𝒏)
𝝌 𝒎
Et
(𝟏−𝝌)
= (Loi de Levier).
𝒏
Cette loi exprime aussi qu’une balance qui repose sur un couteau placé à la
concentration moyenne est équilibrée lorsque les masses suspendues à ses extrémités sont
celles de phases voisines. Le segment 𝝌 M correspond à la fraction massique mα et le segment
𝝌 P correspond à la faction massique mβ.
𝒎𝜷 𝒎
= ∶ Ce qui donne la balance de levier (Fig. 22) où mβ n = mα m
𝒎𝜶 𝒏
T°
Limites de solubilités
C
T
M x P β
m n
0 α
Balance de Levier
A XBα XB XBβ B
XB →
Figure IV. 22 : La règle de l'horizontale et de segments inverses dans un domaine biphasé de
diagramme de phase.
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CHAPITRE IV DIAGRAMMES DE PHASES BINAIRES
En procédant avec divers mélanges initiaux, on obtiendra une série de points T1, T2, T3...
Par ces points on fait passer une droite qui intercepte nécessairement le segment eutectique en
M (Fig. 23). On obtient une droite similaire pour les mélanges de composition comprise entre
les valeurs xP et xN. L’interception de cette nouvelle droite avec le segment eutectoïde
détermine le point N et l’intersection G des deux droites détermine la composition eutectoïde,
donc la position du point P (Fig. 23).
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CHAPITRE IV DIAGRAMMES DE PHASES BINAIRES
Le fer est le métal de base le plus important pour les alliages techniques. Il est
relativement abondant dans l'écorce terrestre (4,7 % en masse) sous forme d’états combinés
dans de nombreuses roches. Le fer pur n'est pas employé dans l'industrie, les plus employés
sont les alliages de fer avec le carbone qui sont la fonte et l'acier [12, 13]. Le fer pur est
obtenu soit
- Par recuit de longue durée du fer doux dans un courant d'hydrogène à des températures de
1000°C à 1400°C.
Avec 99,9 % de fer, il est déjà pur, mais il contient toujours des trous de différents
éléments. Le fer le plus pur qui peut s'obtenir actuellement contient 99,999 % de fer. Le fer
est de couleur blanche possédant les caractéristiques suivantes :
3
- Masse volumique 7,8 g/cm .
À des basses températures et jusqu’à 912 °C (A3), ses atomes sont disposés suivant un
réseau cubique centré (CC) : On l’appelle alors Ferα. Le fer α ne dissout pratiquement pas
le carbone : 0.02 % C au maximum à 723°C, moins de 0.01 % C à 300 °C.
106
CHAPITRE IV DIAGRAMMES DE PHASES BINAIRES
À des températures supérieures à 912 °C et jusqu’à 1394 °C (A4) le réseau cristallin est du
type cubique à faces centrées (CFC): on l’appelle Ferγ qui dissout facilement le carbone :
0.8 %C à 723 °C, 2.14%C à1147 °C.
Au-dessus de 1394 °C et jusqu’au point de fusion à 1538 °C, le fer retrouve la structure
cubique centrée du Ferα : On l’appelle alors Ferδ. Il dissout un peu mieux le carbone que
le Ferα (0.07 %C au maximum à 1493 °C) (Fig. 24).
Jusqu’à 768 °C (A2) point de Curie, le fer est ferromagnétique, au-delà il devient
paramagnétique. Le caractère ferromagnétique se dit d’une substance qui peut prendre une
forte aimantation.
Le carbone est un élément non métallique peut abondant, (0,1% en masse dans
l'écorce terrestre). Il est rare à l'état libre, on le rencontre à l'état combiné dans toutes les
substances végétales et animales comme dans le pétrole, le charbon, le bois, la houille,
etc. Ses caractéristiques sont les suivantes :
- Numéro atomique : 6.
3
- Masse volumique : 2,5 g/cm .
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CHAPITRE IV DIAGRAMMES DE PHASES BINAIRES
Ferrite α : Solution solide d’insertion de carbone dans le Ferα, à structure cubique centrée.
Ferrite δ : Solution d’insertion de quelques atomes de carbone dans le ferδ. Sa structure est
cubique centré CC. Il se forme à la marge 1394-1538 °C et à 0.11% de
carbone (Fig. 25).
Austénite γ : Solution solide d’insertion d’atome de carbone dans le Ferγ, à structure cubique
à face centrée, la quantité de carbone atteint ≈2 % C à 1145°C. Il est stable
qu’à haute température.
Perlite : Agrégat eutectoïde ayant une structure de lamelles alternées de ferrite et de cémentite.
Ce constituant contient 0.8 % C, La perlite est dure, résistante et assez ductile.
Troostite : C'est une perlite extrêmement fine obtenue pour des vitesses de refroidissement
assez importantes (huile). Les nodules de troostite qui se développent à partir
des joints de grains sont constitués par des lamelles de ferrite-cémentite non
séparables en microscopie ontique. Cette microstructure est caractérisée d'une
trempe douce.
Bainite : Ce constituant qui présente une morphologie aciculaire est obtenu après des
vitesses de refroidissement élevées. On distingue des bainites supérieures qui
peuvent être considérées comme étant des plaquettes de ferrite contenant des
carbures apparaissant parallèlement à l’axe de la plaquette et des bainites
'
inférieures qui s assimilent à des plaquettes de ferrite contenant une fine
108
CHAPITRE IV DIAGRAMMES DE PHASES BINAIRES
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CHAPITRE IV DIAGRAMMES DE PHASES BINAIRES
Figure IV. 25 : Diagramme de phases des alliages Fer-Carbone (en concentration massique) [2].
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CHAPITRE IV DIAGRAMMES DE PHASES BINAIRES
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CHAPITRE IV DIAGRAMMES DE PHASES BINAIRES
Dans ce diagramme une phase riche en carbone reste à l’état de graphite pur (Cgr), qui
a une miscibilité nulle avec le fer (Fig. 27). Le diagramme correspondant est dit stable ou à
graphite. Son obtention exige la décomposition du carbone Fe3C en refroidissant avec une
vitesse très lente et en ajoutant un catalyseur à grande pouvoir de graphitisation tel que le
silicium. Est utilisé pour l’étude des phases dans les fontes malléables. Ce diagramme est
caractérisé par :
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CHAPITRE IV DIAGRAMMES DE PHASES BINAIRES
[9] Z. Belamri. Technologie des matériaux. Université Freres Mentouri Constantine 2016 /
2017.
[10] A. Prince, Alloy phase equilibrium, Elsevier publishing company, New York, 1966.
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