II-2-2 Isotherme B. E. T.
(BRUNAUER, EMMET et TELLER)
Pour établir cette théorie, Brunauer, Emett et Teller (S. Brunauer, P.H. Emmett. E. Teller
(1938). Adsorption of gases in multimolecular layers. J. Am. Chem. Soc. 60, 309-319.) ont pu
généraliser le modèle de Langmuir pour permettre son application dans le cas de
l’adsorption multicouches.
L’isotherme de Langmuir caractérise une adsorption en couche monomoléculaire. Pourtant,
dans bien des cas réels l’adsorption d’un gaz à la surface d’un solide conduit à la formation
de multicouches, plus au moins régulières. De plus, la surface d’un solide est loin d’être
uniformément plate ; pour décrire de telles situations, les physicochimistes Stephen
Brunauer. Paul H Emmett et Edward Teller ont développé un modèle en 1938, connu sous le
nom d’isotherme BET.
Il est fondé sur les hypothèses suivantes :
L’adsorption est localisée sur des sites définis, chacun d’eux n’admettent qu’une
seule molécule adsorbée. Tous les sites possèdent la même énergie, la surface est
homogène ;
La molécule d’adsorbat est suffisamment petite pour bien recouvrir la surface du
solide ;
Les interactions entre les molécules adsorbées sont négligeables ;
A partir de la deuxième couche, l’énergie d’adsorption est constante et égale à la
chaleur de liquéfaction,. Ceci revient à dire que l’interaction avec le solide devient
négligeable au-delà de la moncouche ; il y a révesibilité du phénomène à tout
instant ce qui indique un équilibre permanent entre le nombre de molécules qui
s’adsorbent et se désorbent.
L’isotherme B.E.T repose sur la formation de multicouches. Les molécules se posent les
unes sur les autres pour donner une zone interfaciale qui peut contenir plusieurs épaisseurs
de molécules sorbées ( voir figure suivante).
Schéma du modèle BET
Dans ce qui suit, nous détaillerons le fondement de leur raisonnement :
Soient θ0 , θ1 , θ2 , .... θn les portions surface unitaire recouvertes respectivement par 0, 1,
2, ... n couches de molécule de gaz.
De façon similaire à celle de Langmuir, à l’équilibre la vitesse d’adsorption est égale à celle
de désorption :
- pour la couche d’ordre 0,
1 1 K 1a
K Pθ 0=¿ K θ1
a d ⟶ θ1 = 1 θ0
Kd
A ce stade, l’hypothèse BET postule que seule la première couche correspond véritablement
à une adsorption gaz-solide.
- pour la couche d’ordre 1,
2 2 K 2a
K Pθ 1=¿ K θ 2
a d ⟶ θ2 = 2 θ1
Kd
- pour la couche d’ordre 2,
3 3 K 3a
K Pθ 2=¿ K θ3
a d ⟶ θ3 = 3 θ 2
Kd
.
.
.
- pour la couche d’ordre n-1,
n n K na
K Pθ n−1=¿ K θ n
a d ⟶ θn = n θn−1
Kd
A ce stade, ils postulent une hypothèse fondamentale qui consiste à dire que l’adsorption
sur les couches ≥ 1 s’apparente à une condensation et inversement la désorption est
identique à l’évaporation.
Cet équilibre condensation-évaporation est caractérisé par la constante d’équilibre b. Ainsi,
on peut écrire :
K 2a K 3a K na
= …………= = b (coefficient d’adsorption pour les
K 2d K 3d K nd
couches ≥ 1)
K 1a
Et, 1
=b 1 ( coefficient d’adsorption pour la couche d’ordre 0 )
Kd
On peut donc écrire plus simplement :
θ1=b1 P θ0
θ2=b P θ1
θ3 =b Pθ 2
........
Nous posons : bP=x
b1
θ1=b1 P θ0 = bP θ0
b
b1
θ1=Cx θ 0 avec C= ; Cx=b1 P
b
¿=¿>¿ θ1=Cx θ 0
θ2=x θ1=C x 2 θ0
θ3 =x θ2=C x3 θ0 …………
i
θi= x θi−1=C x θ0
En faisant tendre i vers l’infini et sachant que :
Par définition :
↪Le volume V total du gaz adsorbé sur la surface est :
∞
V =V 0 ∑ i θi
i=0
Avec V 0 : le volume du gaz adsorbé sur 1cm 2 de surface quand elle est recouverte
totalement sur une couche.
↪ Si A est la surface totale du solide, on a :
∞
A = ∑ θi
i=0
On a donc :
∞
V 0 ∑ i θi
V V i=0
=
AV 0 Vm
= ∞
V 0 ∑ θi
i =0
Où V m est le volume du gaz adsorbé pour former une monocouche sur toute la surface.
V 0 .θ 0+ ( 1. θ1 ) + ( 2 . θ2 ) + ( 3 . θ3 ) +… …
Vm =
θ 0+θ 1+θ 2+ θ3+ … … … .
2 3
V C . x .θ 0+ 2C . x . θ0 +3 C . x . θ0 +… … .
=
Vm θ0 +C . x θ0 +C . x 2 θ 0+ C . x3 θ0 +… ..
2
V C . x (1+2 x+3 x +… …) .
→ =
V m 1+C . x(1+ x + x 2 +… .).
V C . x (1+2 x+ 3 x 2 +… …).
→ =¿
Vm 1+C ( x+ x2 + x 3 +… .).
x d x 1
Le développement limité de ( x + x 2+ x 3 +… .). vaut et =
1−x dx 1−x (1−x)2( )
d
qui correspond à
dx
( x + x 2+ x 3 +… . ) =1+2 x +3 x 2+ … …
Cette équation peut s’écrire sous la forme :
Cx
V (1−x )2
Vm
=
Cx
1+
(1−x)
V 1
=¿C x [ ] [*]
Vm 1−x 1+ (C−1 ) x
x 1
Où encore sous la forme linéaire selon : ([*]-1. 1−x V )
m
x C−1 1
V (1−x )
= VmC
x + V mC
[**]
P
En pratique x exprime une pression réduite , l’équation devient : (on multiplie le
P0
P0
numérateur et le dénomérateur par )
P
1 1 C−1 P
= +
P V m C V m C P0 [***]
V ( 0 −1)
P
avec :
P : pression du gaz.
P0 : pression de liquéfaction du gaz à la température de l’expérience et P\P0 : pression
réduite ou relative.
Dont la représentation graphique est la suivante :
A partir de V m, on peut déduire le nombre de moles adsorbés.
∆ H ads−∆ Hcond
Et C=e RT
Avec ∆ H ads est la chaleur d’adsorption de la première couche.
et ∆ H cond est la chaleur de liquéfaction (couches≥2 ).
↪Si C≫ 1 <=> |∆Hads| ≫ |∆Hcond|
L’adsorption est plus intense que la liquéfaction, c’est le cas de l’isotherme de type II
↪ Si C≪ 1 <=> |∆Hads| ≪ |∆Hcond|
La liquéfaction est beaucoup plus prononcée que l’adsorption, c’est le cas de l’isotherme
type III
↪Remarques :
Si C est négatif, cela veut dire qu’on ne peut plus appliquer le modèle BET et qu’il
faut diminuer la gamme des pressions réduites.
L’analyse de l’influence de la constante C sur l’allure de l’isotherme théorique BET
montre que plus la constante C augmente plus l’adsorption est favorisée. ( voir
figure suivante)
Soient m la masse totale de produit adsorbé et m o la masse de totale de produit
nécessaire pour recouvrir le solide d’une seule monocouche.
Il faut mentionner, puisqu’il y a proportionnalité entre la masse et le volume de gaz
correspondant, que l’on peut substituer, dans les formules précédentes, V et V m par
m et mo.
On peut toujours écrire l’équation de BET en fonction de m :
1 1 C−1 P
= +
P m0 C m0 C P0
m( 0 −1)
P
↪ Analyse d’une isotherme expérimentale d’adsorption d’azote à 77K :
P
I :
P0
<0.01
L’adsorption est linéaire en fonction de la pression relative, elle suit la loi d’Henry.
P
II : 0.05 <
P0
<0.35
On a une adsorption en monocouche, évolution lente et linéaire en fonction de la
pression relative.
III :
L’adsorption en multicouches commence par le remplissage des petits pores r ≤ nm
et ensuite les mésopores.
Dans cette région, le chemin de l’adsorption ne coïncide pas avec la désorption à cause
de l’apparition d’un phénomène d’hystérésis qui se traduit par un retard de l’évaporation.
IV :
P
Dans cette région et jusqu’à saturation =1, tous les macropores sont remplis.
P0
Macropores, largeur > 50 nm
Mésopores, largeur comprise entre 2 et 50 nm
Micropores, largeur < 2 nm
II-2-3 Autres isothermes d’absorption :
↪ L’isotherme de Freundlich
L’isotherme de Freundlich s’applique généralement lorsque les quantités adsorbées sont très
faibles. Ce modèle mathématique qui est un modèle empirique, inspiré du modèle de
Langmuir, considère de possibles interactions entre les molécules adsorbées tout en prenant
en compte l’hétérogénéité de la surface des sites d’adsorption par le biais d’un paramètre
supplémentaire (n) et s’exprime par la relation suivante :
V =k P 1/ n
Avec :
V : volume adsorbé.
P : pression à l’équilibre.
k : constance de l’affinité de l’adsorbat pour la surface de l’adsorbant
Les paramètres caractéristiques d’adsorption k et n sont alors déterminés respectivement à
partir de la linéarisation de l’isotherme de Freundlich suivante :
1
log V =Logk + LogP
n
↪ L’isotherme de Temkin
Le modèle de Temkin repose sur l’hypothèse que, lors de l’adsorption en phase gazeuse, la
chaleur d’adsorption due aux interactions avec l’adsorbat décroit linéairement avec le taux
de recouvrement θ. C’est une application de la relation de Gibbs pour les adsorbants dont la
surface est considérée comme énergétiquement homogène.
Plusieurs auteurs utilisent ce modèle en phase liquide et la fraction de recouvrement θ est
liée à la concentration dans la solution à l’équilibre Ce(mol/l) grâce à la variation de l’énergie
d’adsorption ∆Q(KJ/Mol) et la constance de Temkin K0 (l/mol).
RT
θ= ln ( k 0 C0 ) R = 8,314J.mol-1K-1
∆Q
↪Quelques définitions indispensables
Qu'est-ce qu'un pore ?
Un pore est une cavité fermée ou ouverte et plus profonde que large. La largeur d'un pore
est sa dimension la plus faible ou limitante.
Les différentes classes de tailles de pores
On définit selon la nomenclature IUPAC les différentes classes de pores suivantes :
Macropores, largeur > 50 nm
Mésopores, largeur comprise entre 2 et 50 nm
Nanopores, largeur comprise entre 0,3 et 10nm
Micropores, largeur < 2 nm
Avec un appareil de mesure de la surface spécifique par adsorption de gaz (BET) (qu’on va
voir après), on peut déterminer les micropores et les mésopores. Avec le porosimètre à
mercure, on peut déterminer des pores de 2nm à 1μm.
Une structure poreuse peut être, « fermée » lorsque les pores ne sont pas reliés entre eux
(le verre cellulaire), ou « ouverte » lorsque les pores sont reliés entre eux et forment des
canaux très fins (brique, béton).
Figure - Types de porosité
La porosité :
La porosité peut être définie comme étant la propriété d’un milieu ou d’un solide de
comporter des pores, c’est à dire des vides interstitiels interconnectés ou non. Elle
peut être exprimée comme étant le rapport du volume de ces vides au volume total
du milieu. Puisqu’il s’agit d’un rapport de mêmes propriétés, la porosité n’a pas
d’unités et elle est souvent exprimée en pourcentage.
La porosité peut être sous deux formes : La porosité d’interstice (figure a), et la
porosité de fissure (figure b)
Figure - Les deux types de la porosité
La porosité est donc définie à la fois comme une propriété caractéristique d’un milieu poreux
et comme un paramètre qui l’exprime quantitativement (rapport de volumes, sans
dimension).
volum vide
ε=
volume total
Qu'est-ce que l'aire spécifique ?
L'aire (ou surface) spécifique est définie comme étant l'aire superficielle par gramme de
solide, souvent notée a (m2/g) ou Ss.
Exemple d’application :
Pour une sphère non poreuse de diamètre d et de masse volumique ρ, l’aire spécifique
6 3 4
a= = (volume d' une sp hè ℜest π R3 et son aire est 4 π R2 )
ρd ρR 3
- d = 5nm, a = 600m2/g
- d = 10μm, a = 0,3m2/g
Les facteurs qui peuvent influencer cette aire spécifique sont :
- La forme du solide : à masse égale, la surface développée par un cube diffère
de celle développée par une sphère,
- Les irrégularités de surface ou rugosité :
<
- La taille du solide,
un matériau composé de petites particules a en moyenne une surface spécifique (Ss) plus
grande que celle d’un même matériau composé de grosses particules. (voir exemple
d’application).
- La porosité interne :
II-2-4 Mesure expérimentale de la surface spécifique
L’application du modèle BET est à la base de la méthode la plus classique de mesure
de surface spécifique.
L’isotherme BET :
V 1
=¿C x [ ]
Vm 1−x 1+ (C−1 ) x
peut se mettre sous la forme linéaire selon :
x C−1 1
= V C x+V C
V (1−x ) m m
P
P0 C−1 P 1 P
qui devient : = V C P +V C (avec x= )
P m 0 m P0
V (1− )
P0
Cette équation est de la forme y = ax + b pour les faibles valeurs de la pression relative
P
0.05< < 0.35
P0
Représentations linéaire et réelle de l’isotherme de B. E. T.
A l’aide de cette ordonnée à l’origine et de la pente, on a deux équations dont les inconnues
sont C et Vm. On peut donc atteindre la connaissance de ces deux paramètres.
Connaissant la dimension d’une molécule, à l’aide de V, donc de sa surface, on saura
déterminer l’aire spécifique de la surface du solide.
↪Principe et montage expérimental de la mesure
Volumétrie point par point d’adsorption / désorption de N2
(l’absorbat : N2 ou Ar, He, CH4, Kr)
L'adsorption est un phénomène physique de fixation de molécules sur la surface d'un
matériau. La fixation provient des interactions entre le solide, appelé adsorbant.
L’adsorbant (le solide) est placé dans un Dewar d’azote liquide ou les molécules
d’un fluide (gaz ou liquide) appelé adsorbat ou molécule sonde.
Par la surface du solide, on sous-entend les surfaces externes et internes engendrées
par le réseau de pores et cavités à l'intérieur de l'adsorbant.
Dans le cas d’une adsorption physique ou physisorption, la fixation se fait
essentiellement par les forces de Van der Waals et se produit sans modification de la
structure moléculaire. La physisorption est un processus réversible, à savoir les
molécules adsorbées peuvent être facilement désorbées en diminuant la pression ou
en augmentant la température dans la cellule d’adsorption. Ce processus conduit à
l’isotherme d’adsorption/désorption de l’adsorbat utilisé sur le solide à étudier.
↪Réalisation d'une mesure
1/ Préparation de l'échantillon
Le but est d'évacuer les molécules d'eau ou de CO2 qui se sont déposées dans la structure
poreuse de l'échantillon.
Pour cela, on procède à un dégazage de l'échantillon sous vide et à température appropriée
(en prenant soin de respecter les propriétés physiques de l'échantillon) ; puis, la masse de
l'échantillon dégazé est notée afin de l'introduire dans le calcul final de la surface spécifique.
2/ Réfrigération
Lorsque l'échantillon est préparé, le porte-échantillon est mis en place sur le poste d'analyse,
et est immergé dans un bain réfrigérant (le plus souvent : de l'azote liquide).
On détermine, à l'aide de l'hélium, le volume mort, c'est-à-dire le volume du porte-
échantillon non occupé par l'échantillon lui-même (l'adsorption de l'hélium à la surface de
l'échantillon à basse température est considérée comme négligeable).
3/ Injection de l'adsorbat
Enfin, la méthode classique utilise comme adsorbat l'azote, à la température d'ébullition de
l'azote liquide sous pression atmosphérique ; elle emploie des mesures volumétriques pour
déterminer les quantités de gaz adsorbées en fonction de la pression d'équilibre.
Concrètement, l'isotherme est déterminée par l'introduction séquentielle de quantités
connues de gaz d'adsorption dans le porte-échantillon (ces quantités de gaz doivent être
parfaitement déterminées, ce qui implique de thermostater très précisément l'emplacement
où cette mesure va s'effectuer).
A chaque étape, l'adsorption du gaz par l'échantillon se produit et la pression dans le volume
isolé chute jusqu'à ce que l'adsorbat et le gaz restant soient en équilibre.
L'application de la loi de Boyle-Mariotte permet de déterminer la quantité d'azote adsorbée
pour chaque pression d'équilibre, par différence entre la quantité de gaz introduite
initialement et celle restant effectivement gazeuse.
Ces mesures successives de quantités adsorbées et de pressions d'équilibre permettent de
construire l'isotherme d'adsorption ainsi que l'équation BET correspondante ; ce qui donne
enfin accès à la valeur de la surface spécifique de l'échantillon...
↪Calcul de surface spécifique
Définition :
S=N m σ m
S : surface spécifique (m2/g).
N m : le nombre de molécules de gaz adsorbées par un gramme de solide pour former
une couche monomoléculaire complète.
σ m: aire occupée par une molécule de gaz (m2/molécule).
Or N m est relié au volume V m nécessaire pour couvrir une monocouche complète.
V m est exprimé en cm de gaz par gramme de solide et il est ramené dans des conditions
normale de pression et de température.
Vm
Nm= ×NA
VM
Avec
N A : nombre d’Avogadro
V M : volume molaire des gaz parfaits dans les conditions normales de Température
et de pression (CNTP) ; V M = 22.414 L
Vm
⟶ S= × N A × σm
VM
En pratique, V m est exprimé en cm3/g et l’aire σ m occupée par une molécule en Å2 .
On donne alors :
Vm −20 2
S= × N A × σ m 10 m /g
224 14
→Par conséquent, la détermination de la surface spécifique revient à déterminer Vm.
↪Exercices d’application :
1/
Des mesures de l'adsorption du CS2 sur un solide ont été faites de -10 à +30 °C. À l'aide des
données expérimentales fournies au tableau, déterminer la chaleur différentielle
d'adsorption du CS2 sur ce solide pour différentes concentrations de surface du CS2 (i.e. pour
différentes valeurs de X données au tableau). Cette adsorption est-elle physique ou chimique
?
Pression (mmHg)
X (cm3 g1)
10 °C 0 °C 10 °C 20 °C 30 °C
6,7 0,41 0,80 1,50 2,65 4,52
21,4 2,98 5,42 9,38 15,70 25,30
50,0 19,06 32,48 52,96 83,10 127,0
CORRIGÉ
La chaleur différentielle d'adsorption est déterminée à partir de l'équation :
Ln P = cte + Qa / RT
La quantité Qa peut donc être déterminée à partir d’une droite représentant la variation de
Log P en fonction de 1/T ( voir I-2 Chaleur d’adsorption ) :
à X = 50,0 le tracé de la droite donne :
Ln P = 17,3116 3 778,85 / T
Qa = 3 778,85 × 8,314 = 31,4 103 J mol1
Qa = 31,4 kJ mol1
à X = 21,4 le tracé de la droite donne :
Ln P = 17,2997 4 264,5 / T
Qa = 4 264,5 × 8,314 = 35,5 103 J mol1
Qa = 35,5 kJ mol1
à X = 6,7 le tracé de la droite donne:
Ln P = 17,3113 4 789,25 / T
Qa = 4 789,25 × 8,314 = 39,8 103 J mol1
Qa = 39,8 kJ mol1
En résumé, chaleur différentielle d'adsorption du CS2 sur le solide est comprise entre - 30
et - 40 kJ mol-1. On peut donc en déduire que l’adsorption est plutôt de nature physique. .
2/
Langmuir a trouvé les valeurs suivantes pour l'adsorption du CH4 sur du mica à 90 K : V
représente le volume de gaz TPN adsorbé sur le solide en équilibre avec la pression de ce
gaz.
À l'aide de ces données, vérifier graphiquement la validité de l'isotherme de LANGMUIR
pour ce système. Calculer ensuite le coefficient d'adsorption du CH4 sur le mica.
CORRIGÉ
On a vu que l’expression de l’équation de Langmuir peut aussi s’écrire sous la forme :
P P 1
= +
V V max b V max
V et V max représentent respectivement le volume de gaz adsorbé et le volume
nécessaire pour recouvrir la surface complète du catalyseur d'une monocouche.
Le tracé de la droite donne :
P/V = 0,050 2748 + 0,007 986 88 P
1/Vmax = 0,007 986 88
Vmax = 125,2 cm3·g1
1/b Vmax = 0,050 2748
b = 1/(125,2 ⤬ 0,0502748) = 0,16
3/
L'adsorption du CO2 sur du charbon de bois a été mesurée à 0 °C pour différentes pressions.
Employez l'isotherme d'adsorption de Langmuir pour trouver l'aire spécifique du charbon de
bois si l'aire occupée par une molécule est 14,1 Å2.
CORRIGÉ
La linéarisation de l’équation de langmuir donne :
P P 1
= +
V V max b V max
Le tracé de la droite donne :
P/V = 1,174 92 + 0,008 376 13 P
1/Vmax = 0,008 376 13
Vmax = 119,39 cm3·g1
Le nombre de molécules adsorbées par gramme d'adsorbant est donc :
119,39 × 6,023 1023 21
n= =3,21 10
22400
L'aire spécifique est donnée par :
S = 14,1 Å2/molécule × 3,21 1021 molécules = 4,52 1022 Å2
S = 452m2/g
4/
En 1930, McBain et Britton ont étudié l'adsorption de l'éthylène sur du charbon activé à 273
K. Montrez, en utilisant un graphe convenable, que leurs résultats s'accordent avec
l'isotherme de Langmuir. De ce graphe, calculez la valeur ka / kd (où ka et kd sont,
respectivement, les constantes de vitesse d'adsorption et de désorption) ainsi que la surface
active d'un gramme de ce charbon. On rappelle que la surface de section d'une molécule
d'éthylène est de 0,21 nm2.
P(atm) 4,0 9,7 13,4 14,2 19,0 28,6
m(C2H4) g/gdu 0,163 0,189 0,198 0,201 0,206 0,206
charbon
CORRIGÉ
L’isotherme de Langmuir se traduit par la relation :
k ads P bP
=θ=
k d é s +k ads P 1+bP
k ads est la constante de vitesse d’adsorption et k d é s la constante de vitesse de
désorption.
1 1
La linéarisation de cette courbe est obtenue en représentant en fonction de , sachant
θ P
que θ qui n’est autre que la fraction de la surface occupée S’sur S la surface totale. On en
déduit :
S' bP
=θ=
S 1+ bP
1 S 1
= ' =1+
θ S bP
En multipliant par P et en divisant par S l'équation, on obtient :
P P 1
= +
S ' S bS
( il faut toujours choisir la forme de l’équation qui permet de résoudre l’exercice).
On doit donc compléter le tableau précédent :
Par exemple pour P(C2H4) = 4,0atm ; m(C2H4) adsorbée = 0,163g/gde charbon donc
m( C 2 H 4 ) 0,163
n(C2H4) = =
M ( C 2 H 4 ) 28,0536
et sachant qu’une molécule d'éthylène occupe 0,21 nm2.
La surface occupée par 0,206 g de molécules d’éthylène sera tel que :
6,021023 ×0,206 g ×021 n m 2 20 2 2
=9,284 10 n m =928,4 m
28,0536
P(atm) 4,0 9,7 13,4 14,2 19,0 28,6
m(C2H4) g/gdu 0,163 0,189 0,198 0,201 0,206 0,206
charbon
S’m2g-1 735 852 892 906 928 928
P/S’(atm.g.m-2103) 5,44 11,38 15,01 15,67 20,47 30,8
Donc, en portant sur un papier graphique approprié P/S’ = f(P), la pente sera égale à
1/S et l’ordonnée à l’origine sera égale à 1/(bS) (voir le graphe ci-joint). La courbe obtenue
est bien une droite.
Les données numériques obtenues sont :
* pour l’équation de la droite y = 1,0256 10-3 x + 1,2689 10-3; R2 = 0,9995
*
pour la pente S = 1,026 10-3 m2·g-1
pour l’ordonnée à l’origine 1,269 10-3 atm·m2·g-1.
⟶ S = 1 / (1,0256 10-3) = 975 m2·g-1
1 k
b= =( 1,238)−1 atm−1 et ads =0,807 atm−1
−3
1,27 10 × 975 k dés
5/
L'adsorption de l'azote à 90,1 K sur un certain solide donne les volumes suivants, ramenés
aux conditions TPN, adsorbés par gramme de solide aux pressions relatives indiquées :
P / P0 0,05 0,10 0,15 0,20 0,25
3
V (cm /g) 51,3 58,8 64,0 68,9 74,2
En utilisant un graphe convenable, montrez que l'adsorption suit l'isotherme de Brunauer,
Emmett et Teller.
- En déduire les valeurs de V m et de C.
- Calculer la surface spécifique du solide, en m2/g, sachant que l’aire occupée par une
molécule d’azote est de 16.20 Å2.
CORRIGÉ
L’isotherme BET :
V 1
=¿C x [ ]
Vm 1−x 1+ (C−1 ) x
peut se mettre sous la forme linéaire selon :
x C−1 1
= V C x+V C
V (1−x ) m m
P
P0 C−1 P 1 P
qui devient : = V C P +V C ( avec x= )
P m 0 m P0
V (1− )
P0
Cette dernière expression montre que si l’on porte sur un graphe le membre de gauche en
1
fonction de la variable P / P0, l’ordonnée à l’origine est donnée par le rapport b= et
V mC
C−1
la pente à la droite par le rapport a= . On construit maintenant le tableau qui suit :`
VmC
v (cm3) x = P / P0 1 P / P0 v (1 P / P0) y
51,3 0,05 0,95 48,74 10,26 104
58,8 0,10 0,90 52,92 18,90 104
64,0 0,15 0,85 54,40 25,57 104
68,9 0,20 0,80 55,12 36,28 104
74,2 0,25 0,75 55,65 44,92 104
En portant sur un graphe les valeurs de y = f(x), on observe bien la présence d’une droite.
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L’ordonnée à l’origine s’établit à : b= =1,57.10−4 cm 3
V mC
C−1
et la pente à la droite à : a= =173,4. 10− 4 cm3
VmC
⟶ (C –1) 1,57 10-4 = 173,4 10-4
C –1 = 110,44
1 cm 3
et C = 109,4 ⟶ V m= =58 , 2 de solide
109 , 4 × 1 ,57 10−4 g
L’équation qui permet de déterminer la surface spécifique du solide c’est :
m2 Vm
S ( )
g
=
22400
× N A ×σ m × 10−20
où N A c’est le nombre d’Avogadro : N = 6.023.1023
et l’application numérique donne :
58,2
S= × 16,20 ×10−20 ×6,023 ×1023=253,51m 2 /g
22400