Indigènes de la République : Analyse
Indigènes de la République : Analyse
Auteurs :
Claudie Gardin-Faure
Thomas Langlinay
Jacques Touboul
Toussaint Basantu Miesi
Cette étude a été réalisée dans le cadre d’un projet pédagogique de l’École de Guerre Économique. La
méthodologie présentée, bien que se voulant factuelle, ne prétend aucunement à l’exhaustivité.
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rédacteur(s) et du propriétaire des droits patrimoniaux.
1
Sommaire
Introduction 3
1. Méthodologie 4
1.1 La méthode QQOQCP 4
1.2 Grilles d’analyse 4
1.3 Échiquiers 4
2. Qui sont les Indigènes de la République ? 5
2.1 L’appel de 2005 6
2.2 Les Indigènes 6
2.3 Le Parti politique 7
2.4 La cartographie des personnalités du PIR 8
2.4.1 Les personnalités 8
2.4.2 La Cartographie Générale 9
2.4.3 Cartographie des proches 10
2.4.5 Les liaisons internationales 11
2.4.6 L’influence des Etats-Unis sur les banlieues et les partisants du PIR 12
2.5 Les financements 13
3. Idéologie et visibilité médiatique 14
3.1 L’idéologie 14
3.1.1 Le racisme 14
3.1.2 L’islamisme 15
3.1.3 La lutte palestinienne 15
3.1.4 L’analyse décoloniale se décline dans l’actualité 16
3.2 La visibilité médiatique 16
3.2.1 Dans les médias traditionnels 16
3.2.2 Sur Internet 16
3.2.3 Par réseautage 17
4. Stratégies et actions 18
4.1 Guerre de l’information 18
4.2 Guerre intellectuelle 19
5. Buts, perspectives et menaces à travers différents échiquiers 20
5.1 Echiquier religieux : l’islamisation 20
5.2 Échiquier politique : déstabilisation des pouvoirs publics 20
5.3 Echiquier sociétal : radicalisation 21
5.4 Échiquier économique et géopolitique : déstabilisation de la France 21
Conclusion 22
Bibliographie 23
Liste des tableaux, des cartographies et des images 24
Annexes 25
2
Introduction
Les Indigènes de la République, association, mouvement puis parti politique, font partie intégrante du
monde politique, associatif, intellectuel et culturel français. Depuis 15 ans, soutenus par des chefs de
file charismatiques comme Houria Bouteldja et Youssef Boussoumah, ils mènent différentes actions
contre les discriminations, “les inégalités raciales qui cantonnent les Noirs, les Arabes et les Musulmans
à un statut analogue à celui des indigènes dans les anciennes colonies” [1].
Pour mener leur combat, ils sont présents sur différents fronts : dans la rue lors de manifestations, à la
télévision, dans la littérature ou au sein de congrès.
Mais, qui sont les indigènes de la république ? Quelle est leur idéologie ? Leurs stratégies ? Leurs plans
d’action ? Quelles menaces peuvent-ils représenter ? Autant de questions auxquelles cette étude
propose de donner des réponses.
Dans une première partie, nous nous intéresserons à la méthodologie employée dans cette étude. Via la
méthode QQOQCP, plusieurs grilles d’analyse et d’échiquiers pourront être mises en place dans le but
de traiter le sujet sous tous les aspects.
Nous aborderons la genèse et l’histoire du PIR (“Parti des Indigènes de la République”). Une
cartographie des membres ainsi que des connections possibles à d’autres organisations, personnalités
influentes sera présentée, mettant ainsi en exergue les jeux d’influence qui peuvent s’opérer. Une
attention particulière sera consacrée aux financements de ce parti politique.
Enfin, nous étudierons les actions et les stratégies mises en œuvre par le PIR.
Nous aborderons, dans la dernière partie, les finalités des Indigènes, ce qui motive désormais leurs
actions pour mieux appréhender les risques qu'ils peuvent représenter pour la France.
3
1. Méthodologie
L’étude du parti des Indigènes de la République a nécessité la mise en place d’une méthodologie afin
d’aborder le sujet sous des angles pertinents en se posant les bonnes questions. Nous nous sommes
basés sur la méthode QQOQCP : Qui ? Quoi ? Où ? Quand ? Comment ? Pourquoi ? [2].
Cette méthode empirique est basée sur 6 questions dont les réponses sont considérées comme la base
de la collecte et la structure de l’information, de la résolution de problèmes.
Pour notre étude, nous nous sommes focalisés sur les questions Qui ? Quoi ? Comment ? Pourquoi ?
Compte tenu du sujet, les questions Où ? (lieux, environnement….) et Quand ? (date, durée,
périodicité….) n’ont pas été traitées. Il nous a semblé peu intéressant de consacrer de véritables
paragraphes à ces deux questions. Où ? et quand ? seront explicités via des exemples, des cas concrets
précis tout au long du dossier sur les Indigènes de la République.
A partir de cette méthode, plusieurs grilles d’analyse ont été constituées. Chacune de ces grilles
correspond aux différentes questions énoncées dans le paragraphe précédent.
1.3 Échiquiers
Dans son Manuel d’intelligence économique, C. Harbulot définit les échiquiers comme “une
représentation de l’information” [3]. Par leur mise en place, ces échiquiers peuvent permettre de
déterminer les liens, directs ou indirects, entre les acteurs, “les lignes directrices d’une action
d’influence ou d’une opération d’information”.
Chaque échiquier sera détaillé par la suite dans les prochains paragraphes.
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2. Qui sont les Indigènes de la République ?
Les Indigènes de la République naissent en 2005 sous la forme du Mouvement des Indigènes de la
République. Ce mouvement militant se constitue au sein des banlieues et des quartiers populaires autour
de trois personnalités : Houria Bouteldja, Sadri Khiari et Youssef Boussouma [1].
Dès le début, ils annoncent clairement leur credo : “le PIR constitue un espace d’organisation autonome
de tous ceux qui veulent s’engager dans le combat contre les inégalités raciales qui cantonnent les
Noirs, les Arabes et les musulmans à un statut analogue à celui des indigènes dans les anciennes
colonies” [1].
Au-delà de cet engagement, leurs ambitions sont clairement affichées dès les premières lignes de leur
site [1] :
- “plus généralement, le PIR lutte contre toutes les formes de domination impériale, coloniale et
sioniste qui fondent la suprématie blanche à l’échelle internationale”,
- “le PIR a pour objectif, à plus long terme, la constitution d’un gouvernement décolonial,
s’appuyant sur une nouvelle majorité politique dans le pays. Dans cette perspective, il travaille
à construire des alliances susceptibles d’engager une dynamique de mobilisation et de
regroupement sur une base décoloniale”.
Les Indigènes de la République font leur apparition dans un contexte très particulier. En effet, la France
est en plein débat autour de la question des “lois mémorielles” et des “aspects positifs de la
colonisation”. Le Président Jacques Chirac a été contraint, en janvier 2005, de renoncer à l’article 4 de
la loi du 23 février 2005 en faveur des rapatriés et des harkis pour mettre un terme aux débats suscités
par l’intégration aux programmes scolaires du volet mémoriel sur les aspects positifs de la colonisation.
Cet article stipule que “les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la
présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord” [4]. La classe politique était divisée et
les débats devenaient houleux.
La même année, en octobre 2005, plusieurs quartiers de banlieues d’Ile de France s’embrasent pendant
3 semaines. A l’origine de ces émeutes, la mort de deux jeunes électrocutés sur un transformateur EDF
alors qu’ils fuyaient les forces de l’ordre à Clichy-sous-Bois. Cet incident est le déclencheur de
violences inédites. L’état d’urgence est déclaré le 9 novembre. Les violences gagnent Lyon. L’état
d’urgence est prolongé 3 mois.
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2.1 L’appel de 2005
En janvier 2005, les indigènes lancent leur appel “ Nous sommes les Indigènes de la République ! ”,
appel qui proclame la création du mouvement.
Le 8 mai 2005, c’est par une marche que les Indigènes ont démarré symboliquement leur mouvement :
“Le 8 mai 1945, la République révèle ses paradoxes : le jour même où les Français fêtent la capitulation
nazie, une répression inouïe s’abat sur les colonisés algériens du Nord-Constantinois : des milliers de
morts ! Le 8 mai prochain, 60ème anniversaire de ce massacre, poursuivons le combat anticolonial par
la première Marche des indigènes de la République !” [1].
En effet, la date du 8 mai 2005 a été choisie en mémoire des massacres de Sétif et Guelma. Ces
massacres représentent un symbole du paradoxe de la République en ce qu’elle est et demeure
“inégalitaire et raciale” [5].
Lors de la seconde marche, un nouveau logo est apparu et est venu s’ajouter à l’imagerie du
mouvement : une carte d’identité retouchée.
L’appel était destiné aux “personnes issues de l’immigration coloniale et celles et ceux qui entretiennent
un rapport critique avec l’héritage colonial républicain” [5]. Il introduit et ancre dans le discours
polémique les notions de “décolonialisation” (à l’instar de cette mouvance Latino-américaine, le PIR
est très inspiré par les discours et écrits de Ramon Grosfoguel (sociologue portoricain)), de
“néocolonialisme républicain”, de “continuum colonial” dans des “persistances coloniales
républicaines”. Ils développent cette nouvelle sémantique tout au long de leurs publications. Les
Indigènes de la République sont les “populations des “quartiers” “indigénisées”, “reléguées aux marges
de la société” [5].
Le terme d’indigène a été détourné de sa définition première pour renvoyer à cette nouvelle définition
et rassembler sous cette terminologie les personnes qui s’identifient comme rejetées par la société du
fait de leur origine raciale. Le système colonial a été transposé dans la société actuelle avec la
domination des blancs sur les descendants d’immigrés.
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Image 3 : à gauche : affiche de 1941 signée par E. Castel et éditée par le secrétariat d’Etat aux colonies
à droite : affiche signée par le PIR présentant leur marche du 8 mai 2011 [1].
Le congrès de fondation du parti, appelé Congrès Malcom X, s’est réuni en février 2010 et a énoncé
les “Principes généraux du PIR”. “Le PIR a pour objectif politique l’avènement d’une majorité politique
contrôlant les principaux leviers institutionnels et déterminée à engager les profondes réformes
institutionnelles, sociales, économiques et culturelles nécessaires pour poursuivre le processus
décolonial, dans ses différentes dimensions et combattre les inégalités raciales” [5].
Le but des Indigènes est désormais de dépasser les luttes protestatives ou revendicatives. Il a l’ambition
de “construire une force politique organisée, représentative, puissante, qui soit capable d’accéder au
pouvoir” [5].
Les Indigènes proclament là leur ambition de se faire une place sur l’échiquier politique et de bousculer
les forces en place, de rompre avec les institutions dites “coloniales” et donc “blanches” ou assimilées
pour “ne plus être des objets de politique mais des sujets politiques” [5].
7
2.4 La cartographie des personnalités du PIR
8
2.4.2 La Cartographie Générale
9
2.4.3 Cartographie des proches
10
Les deux cartographies précédentes nous présentent les arcanes des liaisons des membres du PIR.
Le noyau central du PIR et de ses personnalités ont été surlignés en jaune afin de mieux se rendre
compte du réseau que chaque membre crée.
De nombreux croisements s’opèrent entre les membres originaux du mouvement et des mouvances
très différentes. Certains sont en relation avec des membres d’extrême gauche voire des activistes
terroristes, tels que Action Directe, et d’autres avec des membres d’extrême droite, par exemple le
mouvement belge NATION. Dans ce réseau se retrouvent aussi de nombreux complotistes
internationaux. Mais tous convergent vers des “croyances” communes : le décolonialisme, la lutte
contre l’islamophobie, le soutien à la Palestine et un antisionisme voire un antisémitisme, un certain
féminisme aux dépens du féminisme, un “Antiracisme” noir et beurs (titre d’un des livres de Houria
Bouteldja “Les blancs, les juifs et nous”).
De nombreux rapprochements sont aussi visibles avec des milieux proches des Frères Musulmans
(UOIF), du Hamas (émanation des Frères Musulmans) et d’un proche islam turc (Abdelaziz
Chaambi).
Un tableau regroupant toutes les liaisons des membres ainsi que leur “biographie” a été déposé en
annexe et permet de mieux visulaiser tous ces croisements.
Les cartographies ont été réalisées via ce tableau et à l’aide de l’outil Cytoscape.
Lors de colloques, de réunions et autres événements décoloniaux, le PIR noue de nombreux contacts
à l’international avec certaines personnalités comme :
✓ Sandew Hira, coordinateur du Decolonial International Network (“DIN”) (le PIR est
membre de ce réseau) et directeur de l'International Institute for Scientific Research de La
Haye (Pays-Bas). Il entretient des relations avec l’Institute for the Decolonization of
Suriname (“DEKOSUR”) et le National Institute for the Decolonization of Venezuela. Il a
aussi participé au Bandung du Nord. Il tient un blog sur l’Islamic Human Rights
Commission (“IHRC”) au Royaume Uni.
✓ Ramon Grosfoguel (USA), sociologue et professeur à l’université de Berkeley en
Californie. Il peut être considéré comme un des principaux inspirateurs du PIR. Il est l’un
des fondateurs du DIN et intervient dans de nombreuses universités à travers le monde
prêchant le décolonialisme. Il a invité Houria Bouteldja à faire une conférence à Berkeley.
✓ Sebijan Fejzula possède un Master obtenu à l’université de Budapest (Hongrie) et prépare
un doctorat à l’université de Coimbra (Portugal). Elle est l'une des fondatrices de Kale
Amenge, une organisation de décolonisation des Roms et est en contact avec Ramon
Grosfoguel.
✓ Boubacar Diop (Sénégal) est professeur, écrivain et journaliste et est en contact avec
Houria Bouteldja et Ramon Grosfoguel.
✓ Fred Hampton Junior (USA), activiste politique américain, fils d’un Black Panther tué
par la police. Il a été président du Mouvement démocratique populaire international Uhuru.
En 1993, il a été reconnu coupable d'incendie criminel aggravé contre une épicerie coréenne
lors des manifestations nationales de 1992.
✓ Safa Chebbi (Quebec) est membre du collectif “Pour une dignité politique”, présidente
d’Alternatives, militante antiraciste et décoloniale. Elle est en contact avec Houria
Bouteldja.
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✓ Arzu Merali (UK) est cofondatrice du IHRC, membre du comité de rédaction d’une série
de livres intitulés “Decolonizing the Mind”. En compagnie d’Houria Bouteldja, elle a
participé à la conférence sur le décolonialisme à Berkeley.
✓ Vanessa Thompson (Allemagne) est, depuis mai 2010, collaboratrice scientifique, maître
de conférences et ancienne doctorante à la chaire de culture et de migration. Elle est membre
du Département des sciences sociales de l’Institut de sociologie de l’Université Goethe de
Francfort. Elle a aussi étudié à Berkeley. Elle a écrit sa thèse sur “L'Echo Fanonien à Paris.
Racisme anti-noir, aliénation coloniale et activisme noir” avec comme conseiller Ramón
Grosfoguel. C’est une activiste décoloniale. Elle a aussi participé au 10 ans du PIR et est
membre de Brigade Anti Négrophobie/Cop-watch à Frankfurt en Allemagne. Elle a
participé à la marche de la dignité “MAFED” avec Houria Bouteldja et Paola Baccchetta.
✓ Paola Bacchetta (USA) est professeur d'études sur le genre et les femmes à l’université de
Berkeley. Elle a un doctorat en sociologie obtenu à la Sorbonne. Féministe, homosexuelle
et décoloniale, elle a écrit un livre sur ces thèmes intitulé “Théories féministes et queers
décoloniales”.
✓ Muntadhar al-Zaidi (Irak) est un journaliste irakien travaillant sur la chaîne Al-Baghdadia
TV. Il s’est fait connaître lors d’une conférence de presse à Bagdad lorsqu’il a lancé ses
chaussures sur Monsieur Bush. Son geste a été reconnu par le PIR qui en a fait son logo. Il
s’est ensuite présenté comme candidat aux élections législatives irakiennes en 2018 sur la
liste du parti communiste et de l'Alliance des révolutionnaires réformistes de Moqtada al-
Sadr.
2.4.6 L’influence des Etats-Unis sur les banlieues et les partisans du PIR
Les cartographies décrites dans les paragraphes 2.4.2 et 2.4.3 permettent de montrer des liens étroits
entre des partisans et amis du PIR (Rokhaya Dialo, Najat Azmy….) avec le gouvernement
américain.
L’ambassade américaine à Paris a, en particulier, depuis les attentats du 11 Septembre, mis en œuvre
un jeu d’influence dans les banlieues et en particulier en Seine Saint Denis.
Cette année encore, des marines américains ont distribué des cadeaux aux enfants de Stains et de
Sevran [6,7]. Il existe de multiples exemples de l’intervention de l’ambassade américaine dans les
banlieues. Ces actions font partie d’une guerre d’influence à travers un programme de Soft Power
où, comme les attachés culturels successifs américains l’expliquent : “Nous essayons, au travers de
ces projets, d'identifier des dynamiques et des leaders, or la vitalité de la banlieue française s'y
prête.”
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Image 4 : soldats américains distribuant des cadeaux aux enfants issus de banlieues à Sevrand [7].
Selon les Wikileaks, les USA reprochaient à la France de “ne pas considérer ses compatriotes à la
peau sombre et musulmans comme des citoyens à part entière”.
Plusieurs programmes sont ainsi développés :
✓ “Les jeunes ambassadeurs” identifient chaque année 36 jeunes issus de milieux modestes et
d'un “bon niveau scolaire”. Ils les envoient ensuite deux semaines aux États-Unis et les
accompagnent sur un projet associatif qu'ils devront ensuite monter dans leur quartier.
✓ Des diplomates américains vont dans les lycées parler de sujets typiquement américains.
Un programme national, mais qui fonctionne bien dans les quartiers, confirme l'ambassade,
citant le lycée Suger de Saint-Denis comme cible régulière.
✓ Des repas de l'Iftar organisés pour la rupture du jeûne du Ramadan sont orchestrés
régulièrement par l'ambassade des États-Unis.
✓ Un programme très ancien, créé après la seconde guerre mondiale. De nombreuses
personnalités ont pu en bénéficier : Nicolas Sarkozy, François Fillon, Lionel Jospin, Alain
Juppé... Ce programme se nomme l’International Visitor Leadership et se trourne ces
dernières années vers les banlieues avec “des jeunes leaders dans leurs domaines”, comme
Rokhaya Diallo, le rappeur Ekoué Labitey ou le sous-préfet de Seine-Saint-Denis, Fayçal
Douhane.
Toutes ces politiques d’influence ont été mises en œuvre par l’ancien ambassadeur des États-Unis
en France, Charles Rivkin, nommé par Barack Obama en 2009. Il a écrit, en particulier, un rapport
intitulé “Embassy Paris - Minority engagement strategy” qui démontre les stratégies et opérations
mises en place dans le but de manipuler les minorités en France [8].
Quelques mois après la création du PIR, une association de financement du parti des indigènes de
la république (“AFPIR”) a vu le jour [9]. Cette association, basée au 135 bis rue Gabriel Péri à
Saint-Denis, a “pour objectif exclusif de recueillir les fonds destinés au financement des activités
politiques du Parti des Indigènes de la République”.
En France, un parti politique peut être financé par des ressources privées et publiques.
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Dans le cas du PIR :
- Ressources publiques : le parti ne reçoit pas de financements publics. Pour pouvoir y
bénéficier, un parti doit présenter des candidats aux élections législatives ayant obtenu
au moins 1% des voix dans un minimum de 50 circonscriptions, avoir des représentants
au Sénat ou au Parlement [10]. Dans le cas du PIR, ces deux conditions ne sont pas
remplies.
- Ressources privées : des cotisations des adhérents du parti, des dons de personnes
privées (dans la limite de 7500 euros par personne).
Depuis sa création, le PIR fait appel à la générosité de donateurs, par exemple en Mai 2010 pour
financer leurs activités (achat d’un local autonome, publications, tracts…) [11] ou en Avril 2011.
De plus, suite à l’agrément délivré par la CNCCFP en 2010, le PIR peut établir des reçus fiscaux
qui permettent aux donateurs de réduire leurs impôts (principal argument énoncé dans leur article).
De nombreuses recherches en sources ouvertes ont été effectuées afin de cartographier les différents
financements du PIR. Malheureusement, très peu d’informations, aucun chiffre, aucun montant
précis n’ont été trouvés.
3.1 L’idéologie
3.1.1 Le racisme
Les indigènes de la République font partie d’un mouvement intellectuel, culturel et politique qui estime
que la colonisation par ses représentations, ses idées ou ses règles est encore présente dans notre
société. Le PIR dénonce un racisme à l’égard des “minorités” et plutôt que de le nier, affirme haut
et fort le principe de l’existence des races. La ségrégation raciale serait le produit de la colonisation
qui, dans le continuum colonial, a fait de la République, une république intrinsèquement raciste. Ils
analysent ainsi l’histoire et la société avec une grille de lecture raciale et décolonialiste pour porter
une argumentation anti-blancs et anti-juifs. Les argumentaires sont emplis de paradoxes et
volontairement provocateurs. Les Indigènes contrent les accusations d’antisémitisme en créant un
nouveau concept : le “philosémitisme d’Etat”, faisant ainsi la démonstration que la meilleure
défense est l’attaque.
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3.1.2 L’islamisme
Pour les Indigènes, l’islamisme n’est qu’un prétexte pour stigmatiser les opprimés de la république
coloniale. Ne voulant être associés aux mouvements islamistes, ils prennent, par exemple, leurs
distances par rapport à Tariq Ramadan ou tout rapprochement avec les extrêmes. Il n’en demeure
pas moins que les Indigènes, à l’instar du combat contre la loi sur l’interdiction de porter le voile à
l’école de 2004, ont porté haut et fort leur rejet de la loi de 2011 sur l’interdiction du port du voile
intégral dans les lieux publics.
Ils défendent l’idée d’une république reconnaissant les religions, dénonçant la laïcité comme
“islamophobe”. La technique reste la provocation en lançant des slogans chocs.
Image 6 : image issue de l’article intitulé “L’islamophobie, axe fondamental de la contre-révolution coloniale” [1].
Le PIR prend alors une place sur l’échiquier religieux. Sans pour autant faire de la religion la base
de son argumentaire, en intégrant l’islam à l’identité indigène, il inscrit son discours dans la
mouvance islamiste.
Le PIR s’insurge contre les discriminations, affirme sans hésitation son rejet du racisme, de
l’islamophobie. Pour autant, sa position face à l’antisémitisme est particulièrement ambiguë.
La dénonciation affichée de l’antisémitisme (se référer à l’image 6) et du philosémitisme peut
sembler contradictoire.
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Les Indigènes jouent des paradoxes et veulent dénoncer toute force d’impérialisme, en l’occurrence
l’impérialisme d’Israël, responsable de l’oppression du peuple palestinien. Ils se positionnent
comme défenseurs des opprimés en attaquant le système en place.
La décolonisation se conjugue désormais dans tous les domaines puisqu’il est même question
d’écologie décoloniale. La crise écologique et climatique actuelle n’échappe pas à la grille de
lecture racialiste puisque Le Figaro titre en décembre 2012 “Greta Thunberg et le spectre de
l’écologie décoloniale”.
Le PIR est également de la partie dans l’opposition au projet de réforme des retraites présenté par
le gouvernement en annonçant sur Twitter le 25 novembre 2019 qu’il “soutient
inconditionnellement les opposants à cette réforme” “au nom de la lutte contre les discriminations
raciales au travail”.
Dès l’apparition du Mouvement des Indigènes de la République, les Indigènes ont été disqualifiés
par les grands médias qui ne leur ont pas offert de visibilité médiatique. Ils ont été, de facto, associés
à des figures repoussoirs et à des images négatives car leur discours antirépublicain était non
conforme au référentiel des grands médias. Ce constat a aussi été développé par Marion Dalibert
dans sa thèse : “Les membres du Mouvement des Indigènes de la République ont constitué des
mauvais sujets et ils ont été construits de manière très négative. Ils ont été altérisés, exclus du Nous
en étant mis en scène comme constituant une menace pour les valeurs républicaines d’égalité, de
laïcité et de liberté : ils ont été représentés comme étant islamistes (et donc sexistes) et antisémites”.
Par conséquent, le Parti des Indigènes de la République a été peu représenté dans les médias
traditionnels du fait qu’il véhicule une idéologie négative en opposition aux valeurs sociétales
consensuelles. Ils ont donc dû utiliser d’autres moyens pour se rendre visibles.
L’analyse de la présence des Indigènes de la République sur les réseaux sociaux (8800 abonnés
Facebook - 6400 abonnés Twitter) montre que le nombre de personnes qui suivent les publications
du PIR ne dépasse pas quelques milliers.
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Image 8 : les indigènes de la république sur Facebook et Twitter.
L’analyse des occurrences de recherche sur Internet (Google trends), met en évidence un bruit de
fond (les résultats sont identiques pour “Indigènes de la République” ou “Parti des Indigènes de la
République”). Pour autant, comme le montre le graphique ci-dessous, les recherches sur ce thème
sont peu nombreuses depuis avril 2018 (moins de 25 par mois).
Image 9 : fréquence à laquelle les termes Indigènes de la république ont été recherchés sur Google de 2004 à ce jour.
Ils ont développé leurs connexions à l’international en se rapprochant de mouvements dans la même
mouvance idéologique (se référer au paragraphe 2.4.5 Les liens à l’internationale).
La cartographie du PIR a fait apparaître de nombreuses connexions avec des mouvements dé-
colonialistes en Europe, aux Etats-Unis, au Québec, sur le continent Africain voire en Irak. En
s’adossant à des mouvements défendant les mêmes idées, le PIR gagne en légitimité et en visibilité.
17
4. Stratégies et actions
Au-delà des faits historiques, l’autre source privilégiée utilisée par le PIR pour moissonner ses idées
et légitimer son action sont les faits divers. En effet, sur la base d’évènements qui peuvent survenir
sur le territoire français et plus particulièrement dans les banlieues pauvres et peuplées d’étrangers :
incendies de logements insalubres, bavures policières, faits considérés comme discriminatoires, le
mouvement récupère ces informations et en font des exemples concrets visant à crédibiliser la
rhétorique “décoloniale” et “antiblanc” défendue par le parti et la rendre acceptable. Dans cette
dynamique, au plus haut du mouvement des “Gilets Jaunes”, le PIR a publié le 30 Janvier 2019 sur
son site officiel une déclaration signée par Wissam Xelka titrée “Quartiers Populaires et Gilets
Jaunes : mêmes galères même combat ?”. Dans cet article, ce membre du PIR fait un parallèle
simpliste entre le mouvement qui mobilise des millions de français de la classe moyenne et les
“quartiers” de banlieue. Ainsi, en partant des revendications des Gilets Jaunes : baisses des taxes,
hausse du smic, institutionnalisation du référendum d’initiative citoyen, Wissam Xelka en arrive à
considérer que “les points de convergence avec les habitants des banlieues sont nombreux et qu’une
alliance paraît tout aussi souhaitable que naturelle”. Il enfonce le clou en affirmant que “les
difficultés vécues par les habitants de ces quartiers et partagées avec les gilets jaunes paraissent
même plus importantes et graves”. Une affirmation très surprenante dans la mesure où il a été
clairement documenté que les populations issues des quartiers difficiles comprennent les
revendications des gilets jaunes mais ne se sentent pas représentés par eux. Bien au contraire, ils les
considèrent comme les enfants privilégiés et gâtés de la république qui seraient mécontents d’une
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situation politique. Dans un article présent sur le site Bondy Blog [13], quatre jeunes de banlieue
parisienne mettent en avant les antagonismes et le malaise qui persiste au sein des populations
populaires de banlieue. C’est dans cette atmosphère trouble que le PIR tente de tirer son épingle du
jeu en essayant de monter les populations des banlieues contre le reste des français.
Utiliser l’information comme une arme d’accompagnement d’un courant de pensée, le PIR en cela
n’est pas novateur. A travers le monde, nombreux sont les mouvements de contestation qui se sont
levés contre un ordre établi et qui se sont appuyés sur l’information (grand public, étude terrain,
investigation, voir manipulation de données…) afin de donner de l’épaisseur à leurs théories. Houria
BOUTELDJA, pour les 10 ans de mouvement organisé le vendredi 8 mai 2015 au sein de la bourse
du travail à Saint Denis, avait fait appel à Angela DAVIS pour “remobiliser“ les troupes. Le choix
de cette figure américaine qui a œuvré dans la lutte pour les droits civiques au sein du mouvement
révolutionnaire afro-américain d'inspiration marxiste-léniniste et maoïste “Black Panther Party”
n’est pas anodin. De la même manière que le mouvement noir américain convoquait l’histoire
esclavagiste américaine pour lutter contre un ségrégationnisme d’état et aller vers la confrontation
des races (dans le sens culturel et social), le PIR oppose les noirs et les arabes des quartiers dit
difficiles aux blancs dit privilégiés en s’appuyant sur l’histoire coloniale et post-coloniale de la
France. Néanmoins faire un rapprochement entre les Etats-Unis des années 60 et la France des
années 2000, diamétralement opposés du point de vue social, économique et surtout politique nous
laisse penser que faire appel à Angela DAVIS relève essentiellement d’une opération de
communication.
Leurs communications s’appuient, à plusieurs reprises, sur des personnalités ayant une forte
renommée mais aussi sur la provocation. Lorsque nous parcourons les publications média du Parti
des Indigènes de la République, nous découvrons des réalisations qui visent à marquer les esprits
voire à choquer :
Dans l’histoire de l’humanité, pour mener à bien un combat, tout mouvement révolutionnaire
politique ou apolitique, violent ou non violent, légal ou illégal, a toujours dû s’appuyer sur une
couche de la population intellectualisée. Le PIR en cela ne déroge pas à la règle. Faire appel à des
professeurs d’universités, des étudiants, des artistes, des écrivains, des philosophes ou des
personnalités politiques est essentiel pour construire et surtout “instruire” au plus grand nombre
l’idéologie défendue.
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A l’instar des Frères Musulmans, le PIR agit sur les milieux de l’éducation et du militantisme
politique au sein des universités. Il combine entrisme et volonté de rupture, de révolution pour
l’avènement d’une “autre France”.
En développant un discours intellectuel, il s’ouvre les portes de l’éducation et peut ainsi introduire
sa sémantique “décoloniale” en particulier dans les universités. Avec le déclin manifeste des
mouvements marxiste et l’arrivée de nouvelles filières de formation autour de la race, du genre ou
encore de la religion, l’université française, bousculée et vidée de toute identité, est devenue le
terreau de tous les affrontements idéologiques.
Dans cette guerre intellectuelle, le PIR saisit l’opportunité et déroule sa pensée décoloniale et
racialiste à qui veut l’entendre au sein des universités françaises et des organisations étudiantes
(UNEF par exemple). En s’appuyant sur une base solide constituée de partisans d’extrême gauche
orpheline d’idéologie séduisante depuis que le communisme a montré ses limites, les Indigènes de
la République tissent cette alliance improbable. Dans une tribune publiée le 7 septembre 2018 dans
Figaro Vox par Barbara Lefebvre et Anne-Sophie Nogaret, intitulée “Comment le racialisme
indigéniste gangrène l’université”, ce rapprochement entre le gauchisme blanc et des mouvements
islamistes et décoloniaux est conceptualisé sous le terme “d’intersectionnalité des luttes”. En effet,
afin d’améliorer leurs capacités d’actions dans le projet de lutte contre les discriminations liées à la
couleur de la peau, à la religion ou encore au sexe et pour un plus fort impact sur la société française,
les différents mouvements ont décidé de s’allier. Alliance étonnante au spectre très large puisqu’on
y retrouve des étudiants islamistes proches des frères musulmans, des groupuscules d’extrême
gauche ou encore des partisans du parti Les Verts et Insoumis, membres du corps enseignant.
C’est donc au travers de ces acteurs que se fait la production et la diffusion du savoir anticolonial
et antiblanc du PIR.
Loin d’un scénario à la Houellebecq qui, dans son livre “Soumission” [15], imagine l’élection d’un
président issu du parti des Frères Musulmans et une islamisation progressive mais sans douleur de
la société française, le PIR se positionne plus dans une logique anarchique trotskiste (rappelant les
anciennes affinités de Sadri Khiari avec la LCR). Il affiche son ambition de renverser le pouvoir et
imposer sa vision de la France. Parallèlement, il instille sa vision d’une France islamisée.
Le PIR se défend de prêcher pour une islamisation de la France et affirme son indépendance par
rapport aux salafistes mais avoue que la plupart de ses partisans sont musulmans et que, de ce fait,
défendre une “autre France” c’est défendre l’idée d’une France islamique.
Le PIR est dans le rejet de toute forme d’intégration ou d’assimilation qui représente pour lui une
négation de l’identité indigène. Houria Bouteldja, dans son livre “Nous sommes les indigènes de la
République” coécrit avec Sadri Khiari, n’hésite pas à proclamer “Mais fais gaffe […] parfois tu
crois marquer des points mais ce que tu prends pour une victoire n’est que triomphe illusoire. […]
Certes c’est toi qui frappes le plus fort. Mais reconnais que nos coups de fleurets mouchetés font
aussi leur petit effet” [16]. La sémantique ne laisse aucune place au doute : elle est guerrière.
20
L’objectif est la mise en place, par la force, d’une “autre France”, par une “transformation profonde
de la propre personnalité de la France” [16].
La volonté des Indigènes est donc bien de faire un travail de pédagogie afin de bousculer la société
en remettant en cause ses fondements républicains, laïcs, non racistes. En faisant voler en éclat ces
grands principes, le risque de déstabilisation est bien présent.
Le fait d’exacerber les antagonismes vise à conduire à une remise en question de la société.
Le risque de conflictualité au sein même de la société est bien présent car, en faisant la promotion
de la violence et de la rébellion d’une jeunesse qui perd ses repères, les Indigènes nourrissent la
radicalisation islamiste des banlieues. Conjugué au contexte actuel de radicalisation islamiste, le
PIR justifie et légitime, par son approche historique, le renversement de la République.
A ce stade de notre analyse, la question peut effectivement se poser de savoir à qui profite le crime.
Quelle serait l’incidence de la fragilisation du modèle français sur la scène internationale ?
Et si, comme l’évoque l’article de Benjamin Pelletier “les banlieues françaises, cibles de l’influence
culturelle américaine” [17], derrière l’objectif apparent des Etats-Unis de promouvoir la diversité
et d’améliorer leur image auprès de la jeunesse musulmane, se cachait, en réalité, le double objectif
d’affaiblir le rôle de la France sur la scène internationale tout en “déprimant l’exemplarité de la
culture française”. Les Indigènes de la République seraient alors un levier de déstabilisation
intérieure pour la France.
21
Conclusion
Nous sommes face à un mouvement né dans les banlieues, dans un contexte et un espace-temps
favorables.
Disqualifiés par les grands médias qui ne leur ont assuré quasiment aucune visibilité médiatique,
les Indigènes sont présents sur le terrain en s'associant à des manifestations, en intervenant dans des
congrès et en assurant une présence sur les réseaux sociaux.
Leur stratégie s'est adaptée au fur et à mesure de leurs combats. Ils écrivent et développent leurs
thèses auprès de publics avertis et “colonisent” les universités. Ils ont tenu à garder leur
indépendance pour éviter toute récupération par des mouvements politiques ou islamistes bien
qu’ils soient proches de toutes les mouvances islamistes, gauchistes et contestataires.
Leur impact et leur pouvoir de nuisance sont relativement limités au premier abord mais ils
instillent, au niveau des populations jeunes, une grille de lecture colonialiste visant à bousculer la
société et les façons de penser.
Il est intéressant de souligner les actions et le jeu d’influence des Etats-Unis, qui se placent en partie
prenante de ce qui se joue dans nos banlieues. En effet, en intervenant dans le désamorçage des
tensions, ils souhaitent garder la main sur l'évolution des mouvances musulmanes et islamistes et
se placer en modèle dans le combat des discriminations raciales. Ce jeu d’influence vise à maintenir
des liens forts en favorisant les interactions et la création de réseaux France - Etats-Unis. Mais s’il
était aussi une arme à double tranchant visant à déstabiliser le modèle français ?
Le véritable risque lié au PIR réside dans la promotion d’une idéologie qui fait l’apologie des
antagonismes et de l’opposition violente à la société auprès d’une population jeune qui se construit
une identité autour de concepts racialistes et islamisants.
Et, in fine, le risque est bien la cible annoncée par le PIR : une déconstruction de la société et de ses
valeurs. L’adoption de la sémantique décolonialiste au-delà des sphères indigénistes est bien le
signe qu’ils ont déjà gagné une partie.
22
Bibliographie
[1] [Link]
[2] [Link]
[4] Patrick Fraisseix, Presses Universitaires de France “Revue française de droit constitutionnel”
(2006) n° 67
[9] [Link]
Journal officiel de la république française, Lois et Décrets, Numéro 27, ISSN 753-2156 (juillet
2010)
[10] [Link]
[12] M. Dalibert, Thèse de doctorat Thèse “Accès à l’espace public des minorités ethno raciales et
blanchité” (2012)
[13] [Link]
banlieue-parisienne-ne-rejoignent-pas-les-gilets-jaunes/
[16] H. Bouteldja, S. Khiari, “Nous sommes les indigènes de la République” Editions Amsterdam
(2012)
Tableaux :
Cartographies :
Images :
Image 3 : à gauche : affiche de 1941 signée par E. Castel et éditée par le secrétariat d’Etat aux
colonies à droite : affiche signée par le PIR présentant leur marche du 8 mai 2011 [1].
Image 4 : soldats américains distribuant des cadeaux aux enfants issus de banlieues à Sevrand [7].
Image 9 : fréquence à laquelle les termes Indigènes de la république ont été recherchés sur Google
de 2004 à ce jour.
24
Annexes
- Cartographie des personnalités du PIR
Felix Boggio Ewanje Epee Maboula Soumahoro Ecrivain - Doctorant en économie, professeur de
Bruxelles Panthères philosophie au lycée - Féministe Révolutionnaire -
Stella Magliani- Publie dans La Fabrique - Ecrit dans la revue
Belkacem Contretemps - Position Homophobe (Parle
NPA d'impérialisme gay) - Participe à la formation
“L’invention de la race blanche”
Revue Contretemps
Hamé Bourokhba Ekoué Labitey Possède un DEA de sociologie des médias - Fait
partie du Groupe de RAP “La Rumeur” - Accuse le
La Rumeur ministère de l'Intérieur (Sarkozy) de tuer sans
impunité - Signataire de l'appel du MIR
Hanane Mabchour Les filles voilées
25
Mamans toutes égales Pro-palestinienne - participe à "Maman Toutes
Pierre Tevanian Egales" contre l'interdiction du foulard à l'école -
Militante assidue du PIR
Houria Bouteldja Dieudonné Membre Fondateur du MIR/PIR - Ecrivain
Bruxelles Panthères Polémiste - Publie des articles dans Contretemps -
Sadri Khiari Participe à des écrits sur site "Bruxelles Panthères"
- Salariée de l'Institut du Monde Arabe - Soutien du
UJFP
Hamas (Cheick Yassine), du Hezbollah et des
Réseau Voltaire Frères musulmans - BDS - Nombreuses
Danièle Obono Interventions dans les universités en France et à
Felix Boggio Ewanje l'étranger - Decolonial - Publication sur "Réseau
Epee Voltaire" - Intervient au Bandung du Nord -
Indigenes du royaume Accusée à partir de ses dires et écrits
CRI d'antisémitisme, homophobie, sexisme,
Revue Contretemps communautarisme et racisme anti blanc - Pro-
Palestinienne
Bandung du Nord
Hamé Bourokhba
Indigenes du royaume Souhail Chichah Site Web : [Link] -
Décolonial - Antisémite - Pro-palestinien
Ismahane Chouder Al Adl Wal Ihsane Fondatrice du collectif "Femmes pour l'égalité" -
Islam & Laïcité VP de Islam & Laïcité - Conférence contre
l'islamophobie à Saint Denis - Représentant du
Femmes pour l'égalité Participation et Spiritualité Musulmanes (PSM)
Les filles voilées proche de Al Adl Wal Ihsane (Justice et
Bienfaisance) mouvement islamiste marocain de la
Cheikh Yassine
fille du Cheick Yassine (Nadia) - Soutien à Cheick
Bandung du Nord Yassinne du HAMAS - Intervention au Bandung du
Nord - Considérer comme Anti-Charlie, Anti-IVG
et Anti-Mariage Homo - Membre fondatrice de
“Maman Toutes Egales”
Lisette M'Baïreh Bruxelles Panthères Consultant en gestion de crise et en continuité
d’activité - Maire-adjoint Fosses (Alternative
citoyenne) - Pro-Palestinien - Soutien à Action
Directe - Décolonial
Maboula Soumahoro Rokhaya Diallo Militante Antiraciste et afroféministe - Titulaire
d'un CAPES d'anglais - Participe à la formation
“L’invention de la race blanche” - cofonde
MAFED
l'association Black History Month - Soutien au
collectif Mwasi (Festival organisé en non-mixité
raciale) - Antisémite
Mehdi Meftah Bruxelles Panthères Décolonial - Intervient sur "Bruxelles Panthères" -
Pro-Palestinien
Michel Collon [Link] Fondateur du Collectif Investig'Action - Journaliste
et essayiste Belge - Tendances Complotiste -
Extrême Gauche Belge - Participe à Axis for Peace
Thierry Meyssan
(Anti-impérialiste) - Anti Israël et antisémite - Anti
Média en général
26
Morgane Merteuil STRASS Ancienne Travailleuse du Sexe - Master en Lettres
Modernes - Féministe - Secrétaire Générale et
Bruxelles Panthères Porte-Parole du STRASS - Publie sur Contretemps
- Co-auteure de plusieurs ouvrage avec Félix
Revue Contretemps
Boggio Éwanjé - Épée, Stella Magliani-Belkacem -
Anti-Charlie - Pro Voile
Nacira Guenif Bandung du Nord Professeure à l’université Paris 8 Vincennes-Saint-
Denis - sociologue et anthropologue - Proche
d'Houria Bouteldja - ancienne conseillère de
Ségolène Royal - Membre du jury des Y'a bon
Awards - Soutien pour la libération de Georges
Ibrahim Abdallah chef des FARL en France
(Complice D'assassinat)
NAJAT Azmy ACSE Femme politique française (PS) - signe l'appel du
CRAN collectif “l'égalité d'abord” - Agence nationale pour
Soft Power - IVLP la cohésion sociale et l’égalité des chances - Prise
par IVLP pour aller aux USA
Nathalie Ménigon Action directe Fondatrice d'action Directe (Groupe terroriste
d'extrême gauche)
Nordine Saidi Mouvement Citoyen Publie sur “Bruxelles Panthères” - Porte-parole du
Palestine partie Belge EGALITE (Extrême Gauche) - Pro-
Parti EGALITE palestinien - Antisémite - Ancien du Parti ISLAM
Bruxelles Panthères belge (Intégrité Solidarité Liberté Authenticité
Michel Collon Moralité) - Proche de Souhail Chichah - Participant
de Burqa Pride - Intervention au Bandung du Nord
Dieudonné
- Soutien proche de Dieudonné en Belgique - Porte-
Bandung du Nord parole du Mouvement Citoyen Palestine
27
libération de Georges Ibrahim Abdallah chef des
FARL en France (Complice D'assassinat)
Sihame Assbague Association "Stop le Militante Antiraciste - Ancienne porte-parole du
Contrôle au Facies" collectif Stop le contrôle au faciès - Organisait un
Bandung du Nord camp d'été sans mixité raciale - Masters Lettres
Modernes et Science Politique - Proche de Tariq
Ramadan - Proche Houria Bouteldja et PIR -
Tariq Ramadan
afroféministe - Ecrit sur Contre-attaques - Racisme
anti-blancs - Intervenante au Bandung du Nord -
Pro-palestinienne - Antisémite - MAFED
Souhail Chichah [Link] Chercheur à l'Université Libre de Bruxelles (ULB)
et de l'université de Lyon - Organise une Table
Bruxelles Panthères ronde à ULB avec des Membres d'un parti d'extrême
droite (Nation) et des polémistes antisémites -
Dieudonné Organisateur de la “Burqa Pride” - Publie sur
“Bruxelles Panthères” - Décolonial - Pro-
Palestinien - Antisioniste - Antisémite - A reçu une
quenelle d'or de Dieudonné
Stella Magliani-Belkacem Eric Hazan travaille aux éditions La fabrique - Publie dans
Jean Morisot Revue Contretemps - Féministe - Amie et coauteure
Morgane Merteuil de felix boggio ewanje epee - directrice de
publication de la Revue Période - Décoloniale -
Bandung du Nord
Intervenante au Bandung du Nord - Soutien
Revue Contretemps Palestine
Thierry Meyssan Réseau Voltaire Ecrivain - président-fondateur du Réseau Voltaire -
Installé au moyen Orient - proche du Hezbollah -
Iran Proche de l'Iran - Proche de Bachar el Assad -
Financer par des Proche de Bachar al Assad -
Hezbollah
Créateur du projet Ornicar (Lutte contre
Bachar al assad discrimination sur sexualité) - Complotiste -
Négationniste - Anti-impérialiste - Axis for Peace
Wiam Berhouma MAFED Enseignante Anglais dans un lycée - Proche de
Houria Bouteldja et du PIR - Décolonial - Pro-
Palestine - candidate aux élections régionales dans
la “liste d'union citoyenne” - Soutien au MAFED
Wissam Xelka Bruxelles Panthères Militant du PIR - Décolonial - Publie sur “Bruxelles
Panthères” - Pro-Palestinien
Youssef Boussoumah CCIPPP Fondateur de "Campagnes Civiles Internationales
BDS pour la Protection du Peuple Palestinien" CCIPPP -
Alain Pojolat Publie dans Investig'Action - Intervient au Bandung
du Nord - Pro-palestinien - Décolonial - Anti-
Tariq Ramadan
Charlie - Antisémite - Meeting en collaboration
[Link] d'Alain Pojolat deu NPA - BDS
Michel Collon
Bandung du Nord
Madjid Messaoudene Rokhaya Diallo Délégué à l'égalité à la mairie de Saint Denis (93) -
le congrès fondateur du Parti des indigènes de la
28
PIR République (PIR) en 2010, un meeting du PIR et de
Tariq Ramadan l'Union des organisations islamiques de France
UOIF (UOIF, émanation des Frères musulmans) le 18
décembre 2016 - Anti-Charlie
Bandung du Nord Référence à Conférence Intercontinentale de 1955 à
Bandung (Indonésie) - Réseau Décolonial
International (DIN) - Participation de Angela Davis
(Blacks Panthères) - Fred Hampton Jr (fils du chef
des blacks panthères tué par la police) aussi
président du Mouvement démocratique populaire
international Uhuru - Elie Domota Syndicaliste
Guadeloupéen - Muntadhar al-Zaidi (Le lanceur de
chaussure sur Bush)
[Link] Collectif de journalistes dont le slogan est "L'info
n'est pas un luxe mais c'est un droit" - tendance
Complotiste - Antisioniste - Anti médias en général
Bruxelles Panthères Site Internet d'Informations clairement décolonial -
Slogan “La liberté, la justice et l'égalité, par tous les
moyens nécessaires ! Malcolm X” - Anti-Israël -
Pro-palestine - Anti Américain - Anti Police
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