Corrigé du partiel du 09/11/2018
9 novembre 2018
1+a a a
Exercice 1. 2 points Calculer b 1+b b en fonction des nombres réels
c c 1+c
a, b et c.
On somme tout sur la première ligne. On obtient une ligne composée de 1 + a + b + c
qu’on peut extraire du déterminant, c’est-à-dire qu’on obtient
1 1 1
D = (1 + a + b + c) b 1 + b
b .
c c 1+c
On retire ensuite b fois la première ligne à la seconde, et c fois la première ligne à la
troisième. On obtient alors
1 1 1
D = (1 + a + b + c) 0 1 0 .
0 0 1
Il reste une matrice triangulaire supérieure, avec des 1 sur la diagonale. Celle-ci est de
déterminant 1 et donc D = 1 + a + b + c.
Exercice 2. 4 points Soit ∆n le déterminant de taille n suivant :
3 1 0 . . . 0
. . ..
2 3
1 . .
∆n = 0 2 ..
. 0 .
3
.. . . . .
..
. . . . 1
0 ... 0 2 3
1. Démontrer que, pour tout n ≥ 1, on a ∆n+2 = 3∆n+1 − 2∆n . 2 points
2. En déduire la valeur de ∆n pour tout n ≥ 1. 2 points
On développe suivant la première colonne. On trouve
3 1 0 . . . 0 1 0 0 . . . 0
. . .. . . ..
2 3
1 . . 2 3
1 . .
∆n+2 = 3 0 2
. .. 0 − 2 0 2
. . . 0 .
3 3
.. . . . . . . .. . . . . . .
. . . . 1 . . . . 1
0 ... 0 2 3 0 ... 0 2 3
1
Le premier déterminant est ∆n+1 . Pour le second, on développe par rapport à la première
ligne, et on retrouve alors ∆n (on a barré 2 lignes et 2 colonnes). Ceci nous donne la
formule voulue.
On a ∆1 = 3, ∆2 = 7, et en utilisant la relation de récurrence on trouve ∆3 = 15.
Ceci amène à conjecturer que ∆n = 2n+1 − 1. Montrons cette formule par récurrence.
Elle est vraie pour n = 1 et pour n = 2. Supposons que ∆n−1 = 2n − 1 et ∆n = 2n+1 − 1.
Alors ∆n+1 = 3(2n+1 − 1) − 2(2n − 1) = (3 × 2 − 2)2n − 1 = 2n+2 − 1. La formule est
donc vraie pour tout n.
Exercice 3. 3 points Soit A = (ai,j ) ∈ Mn (R). On note A(x) la matrice dont le
terme général est ai,j + x.
1. Montrer que la fonction x 7→ det(A(x)) est une fonction polynômiale de degré
inférieur ou égal à 1. 1 point
2. Pour a et b deux réels distincts et α1 , . . . , αn ∈ R, on considère la matrice A
suivante :
α1 a . . . a
.
b α2 . . . ..
.
.. . . . .
. . . a
b . . . b αn
Calculer det(A(−a)) et det(A(−b)). 1 point
3. Calculer det(A) en utilisant les deux questions précédentes. 1 point
Retranchons la première colonne à toutes les autres colonnes. Alors le déterminant de
A(x) est égal au déterminant d’une matrice dont la première colonne est constituée
par des termes du type ai,1 + x et tous les autres coefficients sont des constantes (ne
dépendent pas de x). Si on développe ce déterminant par rapport à la première colonne,
on trouve que
Xn
det(A(x)) = (−1)i (ai,1 + x)det(Ai )
i=1
où Ai est une matrice à coefficients réels. D’où le résultat.
De plus, D(−a) est le déterminant d’une matrice triangulaire inférieure dont les
éléments diagonaux sont αi − a. D’où
n
Y
D(−a) = (αi − a).
i=1
De même, on a
n
Y
D(−b) = (αi − b).
i=1
D’après la question 1, on sait que D(x) = λx + µ pour des réels λ et µ. λ et µ se
déduisent alors facilement par la résolution d’un système 2 × 2 :
(
λ = D(−b)−D(−a)
a−b
µ = aD(−b)−bD(−a)
a−b .
2
Ce qui nous intéresse est la valeur D(0), soit
a ni=1 (αi − b) − b ni=1 (αi − a)
Q Q
D(0) = .
a−b
Exercice 4. 4 points
Soit Sn (R) ⊂ Mn (R) resp. An (R) ⊂ Mn (R) le sous-espace vectoriel des matrices
symétriques (ie, telles que t A = A) resp. antisymétriques (ie, telles que t A = −A).
1. Montrer que Sn (R) ∩ An (R) = {0}. 1 point
2. Montrer que Sn (R) et An (R) sont des sous-espaces vectoriels supplémentaires dans
Mn (R). 1 point
3. Déterminer la dimension de Sn (R) et An (R). 1 point
4. Soit φ l’endomorphisme de Mn (R) défini par φ(A) = t A. Calculer le déterminant
de φ. 1 point
1/ Si A est à la fois symétrique et antisymétrique alors A = t A = −t A, de sorte que
tA = 0 donc A = 0.
2/ Pour A une matrice quelconque, on a A = 21 (A+ t A)+ 21 (A− t A), où 12 (A+ t A) est
symétrique et 21 (A − t A) est anti-symétrique. Donc on a bien Mn (R) = Sn (R) + An (R).
3/ Une base de l’espace des matrices symétriques est donnée par les Ei,j + Ej,i avec
i ≤ j (Ei,j désigne la matrice élémentaire ayant un 1 en position (i, j)). Une base de
l’espace des matrices antisymétriques est donnée par les Ei,j − Ej,i avec i < j. Ainsi,
dim(Sn (R)) = n(n + 1)/2 et dim(An (R)) = n(n − 1)/2.
4/ Mn (R) est la somme directe du sous-espace vectoriel des matrices symétriques et
des matrices antisymétriques.
Soit (A1 , . . . , Ap ) et (B1 , . . . , Bq ) une base respective de l’espace vectoriel des ma-
trices symétriques et antisymétriques. (A1 , . . . , Ap , B1 , . . . , Bq ) forme une base de Mn (R),
et il suffit de calculer le déterminant dans cette base. Mais φ(Ai ) = Ai tandis que
φ(Bj ) = −Bj . On a donc det(φ) = (−1)q . Il suffit ensuite de se souvenir que p = n(n+1) 2 ,
n(n−1)
ou q = 2 .
Exercice 5. - Vrai/faux 4 points Pour chacun des énoncés suivant, dites s’il est vrai
ou faux. S’il est vrai, donner un argument court en citant le cours. S’il est faux, donner
un contre-exemple.
1. En dimension finie, un endomorphisme admet un nombre fini de vecteurs propres.
2. Si A est diagonalisable, alors A2 est diagonalisable.
3. Si A2 est diagonalisable, alors A est diagonalisable.
4. La somme de deux matrices diagonalisables est diagonalisable.
1/ C’est faux ! Ou un endomorphisme n’admet pas de vecteurs propres, ou il en
admet une infinité. En effet, si x est vecteur propre, tous ses multiples non nuls sont
vecteurs propres.
2/ C’est vrai ! Si A = P DP −1 avec D diagonale, 2 2 −1 2
alorsA = P D P et D est diagonale.
0 1
3/ C’est faux ! Considérer par exemple A = qui n’est pas diagonalisable alors
0 0
que son carré est la matrice nulle qui est diagonale.
4/ Sûrement pas ! Prendre par exemple
1 1 −1 0
A= et B = .
0 3 0 −3
3
Exercice 6. 3 points
Soit f l’endomorphisme de R3 dont la matrice dans la base canonique est
1 0 0
C = 0 1 0 .
1 −1 2
Montrer que f est diagonalisable et diagonaliser f ; on indiquera la matrice de passage
de la base canonique à la base de vecteurs propres choisie ainsi que sa matrice inverse.
Le polynôme caractéristique de C est χC (X) = (1 − X)2 (2 − X). On trouve que
(u1 , u2 ) forme une base de l’espace propre associé à la valeur propre 1, avec u1 = (1, 1, 0)
et u2 = (0, 1, 1) et que (u3 ) forme une base de l’espace propre associé à la valeur propre
2, avec u3 = (0, 0, 1). Ainsi, C s’écrit C = P DP −1 avec D la matrice diagonale
1 0 0
D= 0 1 0
0 0 2
et
1 0 0
P = 1 1 0 .
0 1 1
Exercice 7. 4 points Soit m un nombre réel et f l’endomorphisme de R3 dont la
matrice dans la base canonique est
1 0 1
A= −1 2 1 .
2−m m−2 m
1. Quelles sont les valeurs propres de f ? 2 points
2. Pour quelles valeurs de m l’endomorphisme f est-il diagonalisable ? 2 points
On calcule le polynôme caractéristique de A. On a
1−X 0 1 1−X 0 1
χA (X) = −1 2 − X 1 =C +C →C 1−X 2−X 1
1 2 1
2−m m−2 m−X 0 m−2 m−X
1−X 0 1
= (1 − X) 2 − X 0
=L2 −L1 →L2
0 2−X 0 m−2 m−X
0 m−2 m−X
= (1 − X)(2 − X)(m − X).
Les valeurs propres de f sont donc 1,2 et m. En particulier, si m = 1 ou 2, f n’admet
que deux valeurs propres.
Si m 6= 1 et m 6= 2, f est un endomorphisme de R3 qui admet trois valeurs propres
distinctes : f est donc diagonalisable. Si m = 1, le polynôme caractéristique de f est
(1 − X)2 (2 − X). f est diagonalisable si et seulement si la dimension du sous-espace
4
propre associé à la valeur propre 1 est égale à 2. Cherchons ce sous-espace (rappelons
qu’on a m = 1). Pour u = (x, y, z), on a
z = 0 x = x
f (u) = u ⇐⇒ −x + y + z = 0 ⇐⇒ y = x
x−y = 0 z = 0
Une base de ker(f −I) est donc donnée par le vecteur (1, 1, 0). L’espace est de dimension
1 6= 2 : la matrice n’est pas diagonalisable.
Supposons maintenant m = 2. On doit chercher cette fois la dimension de ker(f −2I).
On a, pour u = (x, y, z) :
−x + z = 0 x = x
f (u) = 2u ⇐⇒ −x + z = 0 ⇐⇒ y = y
0 = 0 z = x
Une base de ker(f − 2I) est donnée par la famille des deux vecteurs (1, 0, 1) et (0, 1, 0).
En particulier, ker(f − 2I) est de dimension 2 et f est diagonalisable.