Discours politiques et religieux au Bénin
Discours politiques et religieux au Bénin
MÉMOIRE
PRÉSENTÉ
DE LA MAÎTRISE EN COMMUNICATION
PAR
JANVIER 2006
Avertissement
La diffusion de ce mémoire se fait dans le respect des droits de son auteur, qui a signé
le formulaire Autorisation de reproduire et de diffuser un travail de recherche de cycles
supérieurs (SDU-522 - Rév.01-2006). Cette autorisation stipule que «conformément à
l'article 11 du Règlement no 8 des études de cycles supérieurs, [l'auteur] concède à
l'Université du Québec à Montréal une licence non exclusive d'utilisation et de
publication .de la totalité ou d'une partie importante de [son] travail de recherche pour
des fins pédagogiques et non commerciales. Plus précisément, [l'auteur] autorise
l'Université du Québec à Montréal à reproduire, diffuser, prêter, distribuer ou vendre des
copies de [son] travail de recherche à des fins non commerciales sur quelque support
que ce soit, y compris l'Internet. Cette licence et cette autorisation n'entraînent pas une
renonciation de [la] part [de l'auteur] à [ses] droits moraux ni à [ses] droits de propriété
intellectuelle. Sauf ententè contraire, [l'auteur] conserve la liberté de diffuser et de
commercialiser ou non ce travail dont [il] possède un exemplaire.»
DEDICACE
A tous ceux et celles qui luttent pour plus de bien-être social dans le monde,
Aux individus qui comprennent que l'amour et la charité apportent à notre monde la réussite
Je dédie ce mémoire.
AVANT PROPOS.
Au moment de finir la rédaction de ce mémoire, cet avant propos nous apparaît
indispensable; il se voudrait être une lettre intime adressée à tous ceux et celles qui
entreprendront de lire ce travail et qui peut-être se poseront des questions sur la nécessité de
sa grande densité, sur la place réelle que nous accordons à « l'autre» et sur le caractère de
nos propos d'ordre spirituel ou religieux.
CHERS LECTEURS ET LECTRICES.
Sans vouloir vous amener à assumer nos convictions religieuses, nous voudrions vous dire
que ce mémoire, dans la mesure du possible, voudrait traiter des faits et non des possibilités.
Pourquoi un mémoire d'une telle densité?
L'étude de la théorie fonctionnaliste nous a amené à nous poser une question: Pourquoi les
discours si médiatisés des leaders catholiques du Bénin sur le développement n'avaient pas
l'impact voulu par ses derniers? Au fur et à mesure que nous progressions dans nos lectures,
nous avons compris qu'au Bénin, il y a un fait. La politique et la religion vont de paire sur les
questions d'ordre social. Nous avons constaté beaucoup de points communs dans les discours
des leaders religieux et politiques. Et les raisons sont multiples. Pour atteindre les objectifs
que nous nous sommes librement fixés pour notre sujet de recherche, il nous a fallu voir,
d'une part ce que disent les leaders politiques et religieux sur le développement et d'autre
part identifier leur point commun en essayant d'y relever ce que les récepteurs en pensent.
Comment Politique et Religion sont-elles liées au Bénin?
Les prêtres de la Société des Missions Africaines à leur arrivée au 19'''''e siècle se sont donnés
pour tâche première de construire des écoles et des hôpitaux; par la suite la population
béninoise, en ce qui concerne la pratique de la religion devenait un peu comme le Québec des
années 40 où la majorité va à l'Église; à Cotonou, il n' y a pas de quartier de ville qui n'abrite
une église ou un cercle de réflexion d'ordre spirituel, de guérisseur ou autre; enfin, l'église
catholique du Bénin, contrairement à celle du Québec n'a jamais exercé un pouvoir civil
important; au contraire elle a été martyrisée et ses biens, pendant la révolution marxiste, ont
été expropriés; des prêtres ont été mis en prison. Par contre ses locaux ont servi de lieu de
regroupement à la résistance pacifique et anti-marxiste; sa doctrine a amené progressivement
la population à prendre conscience de sa situation pour une sortie de crise. Pour cette raison,
IV
L'objectif principal de notre recherche est de comprendre ce que pensent les récepteurs des
discours politiques et catholiques, si proches et si différents. Aussi, arriverons-nous à savoir
quelle était réellement la place qui leur est assignée dans ces discours.
Au début de notre mémoire, nous avons voulu mettre le récepteur comme le sujet principal de
notre sujet de recherche. Cette intention est toujours la nôtre. Toutefois au fur et à mesure de
l'avancement nos recherches, il nous apparaissait évident que les leaders, malgré leur effort et
les prestigieux moyens de communication dont ils disposent, demeurent « étrangers» pour
les récepteurs; et le contenu de leur message est tout simplement méconnu. Nous avions
l'impression que les leaders n'écoutent pas leur public. Nous avons voulu de notre côté, aller
les écouter. En effet, dans notre ministère sacerdotal, nous nous posions souvent la question
de savoir si les récepteurs sont vraiment pris en compte dans les différents discours politiques
et religieux. Car, à plusieurs reprises nous avions été surpris par les propositions avancées par
v
ces leaders dans le but de régler des crises sociales. Nous aurions aimé avoir été consulté.
Mais très tôt, nous avons remarqué que leurs différentes propositions en vue du
développement étaient presque pareilles à celles avancées par la hiérarchie politique ou
religieuse. Nous confessons dans ce cas que les conclusions et les résultats auxquels nous
sommes parvenu ne vérifient pas totalement notre hypothèse de départ. Mais les faits
s'imposent et ce serait une malhonnêteté intellectuelle que de ne pas les livrer comme tels.
Dès lors, nous ne pouvons que faire état de la question en partant des discours politiques et
religieux; trouver ces points communs et les confronter avec ce que disent les récepteurs. Et
c'est un fait pertinent pour la recherche que de reconnaître ou de constater le rapport
d'altérité dans lequel se trouvent les émetteurs et les récepteurs. Les leaders n'écoutent pas
les récepteurs et ceux-ci non plus n'écoutent pas les leaders. Les uns parlent aux autres sans
les écouter et les autres se regroupent autour des leaders mais ne s'intéressent pas vraiment au
contenu de leur discours. Ils sont des « étrangers» au niveau des discours et des actes. Ils
font les mêmes propositions tout en s'ignorant mutuellement. C'est dans ce contexte politico
religieux qu'est né notre sujet de recherche, ce qui n'enlève rien à son caractère scientifique.
Le caractère d'ordre spirituel ou religieux de nos propos.
La place que nous accordons à notre foi en Dieu dans un travail à caractère scientifique est
aussi importante que l'espérance qui a guidé presque tous les grands hommes et les
chercheurs de l'histoire de l'humanité. Cette espérance qui guide la recherche de nombreux
scientifiques pour la découverte de remèdes efficaces et définitifs contre le cancer et autres
maladies aujourd'hui incurables, est la même qui soutient notre foi en l'avenir d'un monde de
justice et de paix. Notre foi en Dieu est un élément important relié à notre propre histoire, à
notre cheminement spirituel, à notre relation avec l'Église catholique du Bénin. Nous avons
connu une Église respectueuse, soucieuse et proche de la personne humaine. Nous ne
pouvons que reconnaître qu'elle est un élément déterminant de toute notre personne. Nous
tenons à soul igner cela. Étant donné le sujet de recherche ce serait nous leurrer que de ne pas
tenir compte de notre propre expérience fût-elle spirituelle et immatérielle. Et justement,
comme la communication, la théologie, les sciences des rel igions, la spiritualité et la
philosophie sont autant de disciplines qui s'enseignent dans la plupart des grandes universités
du monde. Cette foi en Dieu, et donc, en sa parole dite révélée dans la Bible, ne se démontre
pas. Dieu, tel un axiome, prend sa source dans l'imaginaire popu laire des Béninois qui
VI
l'appellent en langue locale « Gbédotô », c'est-à-dire le créateur. Cet imaginaire conçoit que
tout ce qui existe est l'effet d'une cause qui est e.lle-même l'effet d'une autre cause. Comme
on ne peut remonter indéfiniment au risque de tomber dans un diallèle piteux ou dans la
querelle du droit d'aînesse entre la poule et l'œuf; cet imaginaire suppose alors qu'au début
de tout, il y a une cause qui, tout en étant une cause causante, n'est pas elle-même une cause
causée: c'est Dieu. Dans cette logique, plusieurs membres de la hiérarchie catholique,
vou lant se mettre dans la peau de représentant de Dieu se sont tristement livrés à des excès de
pouvoir et plus encore à maints abus d'autorité. L'imaginaire populaire des Béninois,
retrouve à beaucoup d'endroits ce que disait le chercheur et physicien Blaise Pascal « mieux
vaut croire que Dieu existe et mourir et ne pas le voir; que de ne pas croire et mourir pour le
voir ». Ce sont là les bases de notre expérience personnelle. Ces bases n'ont sûrement rien de
scientifique, peut-être même en ont-elles de trop matériels? Comme le dit l'adage populaire
le cœur (la foi) a ses raisons que la raison elle-même ignore.
Que dire de la science et de la foi?
Même si " on a longtemps pensé que la science allait chasser la fonction religieuse, c'était une
1
erreur. " comme le souligne l'astrophysicien Hubert Reeves • Erreur, tout simplement parce
que sCience et religion n'abordent pas les mêmes questions: La science décrit les
phénomènes, les mécanismes, les principes auxquels nous sommes soumis, en un mot le "
comment" de notre existence. Cependant, " notre soif de signification et d'espérance n'est pas
prise en compte par la science car on ne sait pas l'introduire dans les équations! " (Pierre
Karli, Académie des Sciences). La foi, de son coté, s'intéresse aux questions existentielles
concernant le sens de notre vie ici-bas et dans l'au-delà, l'existence de Dieu, notre relation
avec Lui, en un mot le "pourquoi" de notre existence. Sans chercher absolument des
éléments de certitudes de la religion révélée qu'est l'Église catholique, nous considérons que
le caractère scientifique de ce travail est dans les faits et non pas dans les possibilités.
Des faits et non des possibilités.
Ce mémoire ainsi voudrait présenter et analyser des faits et non des possibilités. Que nous
soyons prêtre de l'Église catholique est un fait dont nous ne saurons nous départir. Nous
1 Cf http://fr.wikipedia.org/wiki/Relation_entre_science_et_foi
Vil
aUrions beau chercher à occulter cet élément de notre personne, nous n'y arriverions pas.
Nous sommes en ce moment le sujet en recherche et il nous est impossible de nous détacher
complètement de nos influences culturelles ou religieuses. Pour nous, reconnaître cela et
l'assumer est faire preuve d'objectivité. Les faits sociaux nous intéressent et nous les
regardons et les analysons avec toute notre personne et notre histoire. L'individu est toujours
ancré et influencé par divers contextes. En ce qui nous concerne, chercher à occulter cela et à
remettre en cause tout ou une paltie de la doctrine sociale de l'Église catholique est une
possibilité; chercher à prendre nos distances vis-à-vis de la doctrine de l'Institution qu'est la
Religion est aussi une possibilité. Seulement, dans ce mémoire, nous ne voudrions pas pattir
sur des bases de possibilités, mais plutôt partir des faits pour entrevoir les possibilités. Celles
ci ne vont en rien renier les faits. Le Bénin, jadis quartier latin de l'Afrique n'a pas pu le
devenir sans l'implication des pères de la Société des Missions africaines. En république du
Bénin, les discours religieux et politiques sur le développement s'assemblent et se
ressemblent. Il est impossible d'analyser un fait sociopolitique sans y trouver un fait
religieux. D'ailleurs l'actuelle constitution du Bénin, en son article 53 sur la prestation de
serment du président de la république note le caractère religieux de la nation béninoise. Il
stipule en effet : «Avant son entrée en fonction, le Président de la République prête le
serment suivant: «Devant Dieu, les Mânes des Ancêtres, la Nation et devant le Peuple
béninois, seul... ». Pour beaucoup de béninois, dire que Dieu existe est une vérité éternelle;
et sa démonstration est tout simplement un axiome.
La sincérité dans nos propos.
Pour notre part, chercher à contester les faits serait malhonnête. Cela n'apporterait rien à
l'évolution de la science. Et par rapport à la conclusion de nos recherches, nous ne pouvons
alors que reconnaître et assumer notre histoire, tout en faisant nos recherches de manière
objective et en livrant les conclusions qui s'imposent.
Voilà, chers lecteurs et lectrices ce que nous voulons vous dire avant que vous ne
commenciez à lire ce mémoire. Il est le fruit de notre recherche qui a été guidée et inspirée
par toute notre expérience. Nous sommes conscients que la science doit être mise au service
de ta personne humaine. Et toute recherche scientifique gagnerait à se munir d'une
conscience remplie d'amour pour le bien de l'humanité. Car comme le dit si bien Rabelais,
« Science sans conscience n'est que ruine de j'âme ». À présent exprimons notre gratitude.
VUI
Remerciements
Nos sentiments de gratitude voudraient s'envoler vers:
- Le Dieu Créateur dont la gloire est dans le Bonheur de chaque personne humaine.
- L'Église de Dieu qui est à Cotonou au Bénin, aux archevêques Nestor Assogba et Marcel
Agboton. Qui nous ont choisi et envoyé comme premier prêtre du diocèse à venir étudier au
bien voulu financer la grande partie de nos études de maîtrise ici au Québec.
- À Mme Carmen RlCO épouse Ariel SOTELO qui a dirigé cette recherche et surtout pour
ses critiques constructives qui ont apporté rigueur et objectivité à notre démarche.
- À nos parents Victorine et Bernard BOCO : Merci pour vos prières et sacrifices.
- À nos frères Mellon, Gualbert, Sosthène, Renaud et à ma sœur Fabienne: Le rêve d'un
monde de bonheur, de joie, d'amour et de paix, est gage d'un développement durable.
- À M. l'abbé François Baril, à Christiane Vanier et à André Tiphane et à travers eux, toute
jour en jour comme chez nous. Merci pour votre accueil et votre présence.
d'accueil des étudiants étrangers pour les bourses d'excellence et autres dont nous avons
bénéficié. Sans celles-ci il nous aurait été impossible d'étudier dans la grande sérénité.
Nous ne saurons finir sans remercier tout le corps professoral de la Faculté de communication
Que chaque rayon de soleil qui illumine nos belles journées d'Été,
Que chaque flocon de neige apparaissant pendant la saison d'Hiver, si rude soit-elle,
Soit pour chacune de vos personnes et pour tous les vôtres, le signe de ma profonde gratitude
et de la bénédiction divine.
RÉSUMÉ xix
INTRODUCTION GÉNÉRALE 1
ET OBJECTIFS 2
1. QUI SOMMES-NOUS ? 2
A. Intérêts 6
B. Objectifs 8
communications sociales 9
leaders à Cotonou 9
Bénin 10
PREMIÈRE PARTIE: Il
LE DÉVELOPPEMENT INTÉGRAL. Il
CHAPITRE 1 : 12
COMMUNICATIONNEL 12
1. 1 Le contexte 12
1.2 Problématique 26
BASE 31
partis politiques 37
DEUXIÈME PARTIE: 81
MÉTHODOLOGIE DE TRAVAIL. 81
CHAPITRE 3 : 82
LA MÉTHODE 82
3.1 Méthodologie 82
CHAPITRE 4 : 98
XI
CHAPITRE 5 : 174
souverain 178
5.5. Les éléments actuels de développement intégral au Bénin: Rôle des leaders
CHAPITRE 6 : 181
méthodologiques 197
APPENDICES A 203
APPENDICES B 215
LES LIVRES 21 5
Xll
et religieux à Cotonou 50
........................................................................................................................... 125
........................................................................................................................... 126
chrétiens 128
interviewée 128
diocésain 129
xv
Cotonou 139
........................................................................................................................... 139
Dépouillement questionnaire 2. 5 : Canal utilisé pour informer les fidèles des autres
paroisses 141
d'Information 142
........................................................................................................................... 143
XVll
Toutefois, pour nous, l'Homme vivant est bien l'Homme qui vit et non qui survit comme la
plupart des béninois et des ressortissants des pays en voie de développement.
Au cours de notre ministère sacerdotal, plusieurs questions se sont posées à nous. Des
interrogations qui nous venaient à l'esprit au fur et à mesure que nous devions lire et
expliquer un certain nombre de lettres pastorales de la conférence épiscopale du Bénin.
Quelle richesse et quelle profondeur! I! Mais encore quel gâchis de trésors cachés et ignorés
!!' Des questions portées Sur Je rôle social de l'Église et l'évidence de son impact sur la vie
politique et sociale des récepteurs nous apparaissent clairement à l'esprit.
Pourquoi le peuple béninois ne vou)üt pas que Mgr Isidore de SOUZA, alors Archevêque de
Cotonou, ne se retira pas de la scène politique du Bénin?
Pourquoi reproche t-on à l'Église Catholique à la fois une chose et son contraire? Pourquoi
certains doivent-ils présenter le catholicisme comme traditionaliste alors qu'autres regrettent
l'âge d'or de cette même Église? Pourquoi paraît-elle libérale pour les uns et trop
conservatrice pour d'autres?
À cause de son importance dans la cité, quel est en réalité le rôle à la fois politique et
économique que l'Église du Bénin est appelée à jouer?
Pourquoi les politiciens et les religieux ne s'entendent-ils pour faire front commun dans la
lutte pour le développement? Leurs discours en plusieurs points ne sont-ils pas similaires et
leur union n'a-t-elle pas été à plusieurs moments de notre histoire bénéfique pour le peuple?
Pourquoi la vision du développement appréhendée par l'Église catholique et ces politiciens
du Bénin est- elle si méconnue, mal connue, apparemment irréaliste ou tout simplement
inconnue?
Ces questions ont servi de coup de pousse à notre intuition de départ et à notre travail.
Enfin, depuis sa constitution comme peuple et nation, le Bénin n'ajamais connu une guerre
civile encore moins une famine ou une catastrophe écologique grave. À l'exception des 17
2 Le genre masculin sera utilisé dans le seul but d'alléger le style et le texte.
5
années de régime marxiste et totalitaire, cette nation a toujours joui d'un régime
démocratique assez plaisant. Elle est devenue en 1990 le berceau de la démocratie en Afrique
sub-saharienne. Les partis politiques qui se succèdent au pouvoir et qui sont en tête de ce
mouvement démocratique font du développement l'axe central de leur programme. De part
leur action, l'instruction primaire et secondaire est rendue gratuite) et obligatoire dans
4
certains contextes ; l'importation des matériels didactiques et des Nouvelles Technologies de
l'Information et de la Communication est libre et exemptée de taxe 5 . Par ailleurs, le Bénin
fait partie des Nations les plus endettées, ce qui veut dire qu'il a obtenu des financements
économiques importants de bailleurs de fonds dont le FMI et la Banque Mondiale.
Au regard de tout ce qu i précède, nous avons l'intuition que l'instruction, l'éducation
religieuse, les discours politiques, l'absence de guerre civile, les prêts, les dettes et autres
financements ne sont pas en eux-mêmes (ou seuls) des facteurs déterminants de
développement. L'individu est l'élément le plus complexe et le plus déterminant et la
communication internationale pour le développement a un rôle à jouer.
Les raisons qui justifient l'indignation en face du sous-développement du Bénin sont:
• Le taux d'instruction relativement élevé par rapport à la sous région.
• L'absence de guerres et de famine depuis son indépendance.
• Le système démocratique enviable.
• Les nombreux financements et prêts contractées, demandées et obtenus. (cf
http://www.gouv.bj/textes_rapports/rapports/rapport_caa. php).
• La liberté de presse non seu lement de droit constitutionnel et mise en pratiqué.
L'indignation est que malgré tous ces éléments positifs, le Bénin est classé parmi les nations
dites sous-développées. L'existence massive des médias parlant régulièrement du
3 http://www.sonangnon.net/actualites/2006/octobre/intinformat 1610_2.php
5 RAPPORT DE SUIVI SUR L'EDUCATION POUR TOUS 2003/04: CAS DE LA REPUBLIQUE DU BENIN.
6Le Bénin est très bien classé selon le dernier rapport de reporters sans frontières cf
http://fr.wikipedia.org/wiki/Mod%C3%A81e:Reporters_sans_fronti%C3%A8res/Classement_mondia1_
desyays_sur_laJibert%C3%A9_deJayresse
6
A. Intérêts
Dans ce mémoire, nous allons nous astreindre à une analyse de discours politiques et
catholiques sur le développement. Cette analyse, subdivisée en plusieurs étapes sera
consacrée d'une part, aux discours politiques de trois grands partis politiques et d'autre part,
à des lettres pastorales de la conférence épiscopale du Bénin. Nous focaliserons notre analyse
sur une période bien précise: de Février J 990 à Avril 2006.
politique ou religieuse avant d'agir. Les deux morales ne s'imposent pas de fait aux individus
mais, leur influence s'agrandit lorsqu'elles sont concordantes. Par exemple, il est très difficile
pour les individus de se mettre en marge à la fois de la société et de leur religion. Nous ne
savons pas s'il y a un ordre de préséance. Mais il est certain que les individus choisissent ce
qui les arrange entre les deux possibilités. C'est l'exemple de la loi sur l'avortement. Au
moment où cet acte était interdit par la loi civile et la religion au Bénin, il était difficile aux
individus, en conscience tout au moins, de l'accomplir. Mais depuis qu'elle n'est plus
interdite par la loi civile, on constate que même les catholiques, des plus pratiquants, s'y
adonnent en disant qu'il est légal. C'est la complexité de cette situation au Bénin qui fait
l'originalité de notre sujet. Cette complexité s'accentue au niveau des éléments de
développement toujours présents dans les discours politiques et catholiques mais qui ne
rencontrent pas toujours l'adhésion des récepteurs. Au nombre de ces éléments communs aux
7
deux discours politiques et catholiques, il y a :
o La bonne gouvernance;
o L'éducation et l'alphabétisation;
o Le travail bien fait et le salaire justeS;
o La bonne répartition ou le juste partage des richesses;
o La justice, la paix, le pardon et la tolérance mutuelle;
o La lutte contre la corruption;
o L'amour de la patrie;
o Le sacrifice de soi.
À cette complexité s'ajoute la période que nous avons choisie pour faire notre analyse.
7Ces thèmes ont été repérés suite à un travail sur SEMATO. Ce logiciel nous a permis de dégager les thèmes
qui reviennent souvent dans les discours politiques et catholiques sur le développement.
8 Le principe du salaire juste, avancé par le pape Léon XIII en 1893 dans son encyclique sociale Rerum
Novarum, voudrait par exemple que les charges sociales (familles par exemple) de chaque ouvrier soient
prises en compte dans sa rétribution.
8
B. Objectifs.
Les leaders d'opinion qu'ils soient catholiques ou politiques influencent les décisions des
citoyens et des chrétiens. Or, ceux et celles du Bénin parlent souvent de développement.
Nous nous demandons alors pourquoi cette communication pour le développement ne
rencontre pas l'assentiment de leur récepteur et n'atteint pas encore les impacts souhaités? Il
se pose ainsi un problème d'efficacité des discours politiques et religieux au Bénin, ne serait
ce que sur le développement. Les objectifs de notre recherche seront alors de :
9
place de 1'« autre» dans les différentes communications des politiciens et des religieux du
Bénin.
L'ANGLE COMMUNICAllONNEL.
1. 1 Le contexte.
Le fait qui a éveillé notre réflexion est bien simple. Il s'agit d'un paradoxe. Au Bénin, comme
nous le verrons plus loin, les grands medias, bien que ne fonctionnant pas tous 24h/24,
consacrent en moyenne 45 minutes par jour aux questions religieuses ou politiques. Les
questions politiques et spirituelles intéressent le monde. Les plus grands rassemblements sont
soient politiques, religieux ou culturels et le message principal des leaders politico
catholiques convergent souvent vers les questions de développement. Si on se réfère à la
déclaration de candidature du Dr Yayi Boni, futur président de la République du Bénin, on
9
comprend l'importance de la religion dans les faits politiques sur les médias . Nous
1o
présentons dans ce premier chapitre l'environnement politique et religieux du Bénin .
Plusieurs thèses et travaux d'envergure ont été consacrés à ce type de sujet et les lecteurs
peuvent en prendre connaissance à l'adresse suivante:
http://www.bj.refer.orglbenin_ct/tur/ccf/medialcata/cult3.htm
9 http://www.quotidienlematinal.comlarticle.php3?id_article= 1721
10 http://\l'Ww.fil-info-france.com/actualites-mondel7beni n.htm
Il http://www.qret.orq/parmal!r2/ressource/edm/pdf/benin.pd!
13
La République du Bénin , berceau de la démocratie en Afrique sub saharienne, garantit un
peu, cette liberté de la presse par ses institutions démocratiques et par une situation politico
sociale assez paisible et stable. Mais la misère endémique d'une mauvaise situation
conjoncturelle assez récurrente pose énormément des problèmes aux journalistes dans
l'exercice de leurs fonctions. En effet, comment exercer son métier de journaliste si on est
très mal payé pour sa fonction et toujours en quête de la satisfaction de ses besoins primaires
? Quel journaliste arriverait à bien exercer son métier dans un pays où la raison du plus riche
est toujours la meilleure? Être bon journaliste dans ces conditions n'est-il pas un luxe? La
presse n'est-elle pas dans ce cas un danger pour la liberté?
La liberté de la presse a une valeur constitutionnelle en République du Bénin. En effet, après
avoir affirmé l'inviolabilité et le caractère sacré de la personne humaine, la loi N°90 -32 du
11 décembre 1990 portant constitution de la République du Bénin a, dans son article 8, ajouté
que l'État assure à ses citoyens l'égal accès à l'information. L'article 23 reconnaît de façon
précise à toute personne le droit à la liberté de pensée, de conscience, de religion, de culte,
d'opinion et d'expression. En ce qui concerne la liberté de la presse, J'article 24 la consacre
solennellement et crée par la même occasion une institution de la République qui est chargée
de la protéger et de la garantir. Il s'agit de la Haute Autorité de l' Aud iovisuelle et de la
Communication (HAAC). En créant cette institution pour s'occuper de la gestion de cette
liberté, le constituant béninois affirme son attachement à une liberté cardinale: la liberté de
presse est le socle de toutes les autres libertés. L'article 24 de la Constitution affirme: « La
liberté de presse est reconnue et garantie par l'État. Elle est protégée par la HAAC dans les
conditions fixées par une loi organique ».
Comme un peu partout dans le monde, les médias de masse au Bénin ont leurs fonctions bien
réglementées par la loi.
13 Bénin, officiellement République du Bénin, pays d' Afrique occidentale, situé sur le golte de Guinée, bordé au Nord par par le
Niger, au Nord-Est par le Burkina-Faso, à l'Est par le Nigeria et à l'Ouest par le Togo. Protectorat en 1894, puis colonie
française du Dahomey, le Bénin a accédé à l'indépendance complète en 1960, sous la dénomination de République du Dahomey,
avant de prendre son nom actuel en 1975. Le pays couvre une superficie de 112622 km'; il s'étend sur 670 Km, du fleuve Niger
à la côle atlantique, longue de 121 km. La capitale officielle est Porto-Novo. Cotonou étant la capitale politique et économique
14
Elles sont régies par la loi N° 97 -010 du 20 août 1997 portant sur la libéralisation de
l'espace audio-visuel et les dispositions pénales spéciales relatives aux délits en matière de
Les secteurs privés et publics de la radio diffusion sonore et de la TV ont pour mission, sur
l'ensemble du territoire national, de servir J'intérêt général et notamment de:
Éduquer
La communication de masse est un véhicule de valeurs (ou contre valeurs) et de normes utiles
et indispensables à la stabilité, à l'évolution et au développement des individus, des
communautés et des sociétés sur tous les plans.
15
Divertir
A ces trois fonctions, il est possible de rattacher tous les aspects du développement
économique, politique et social. Sur le plan économique par exemple, la communication de
masse impulse le commerce par le biais de la publicité qui permet d'introduire sur le marché
et de faire accepter de nouveaux biens de consommation. Elle fait vivre les entreprises et ils
s'entretiennent par le même biais.
Soulignons que la communication a d'abord une vocation de mIse en commun, par
conséquent, la communication dite de masse a pour mission de mettre ensemble, de toucher,
de faire penser et même de faire agir autant de personnes dans un sens comme dans l'autre.
En cela, pour l'intérêt de notre recherche, l'approche d'André AKOUN in, la communication
démocratique et son destin, PVF, 1994, page 9 mérite d'être notée: «La communication a
pour fin dernière d'organiser un espace social de consensus, une communauté productrice
d'identité partagée ».
La communication ainsi perçue apparaît comme .un agent fondamental de développement si
tant est qu'il n'y a de développement que collectif. Mais de la mission qui lui est assignée à la
finalité réellement atteinte, une multitude de théories ont essayé de comprendre ce qu'est la
communication de masse. Toutefois, dans l'esprit du Constituant béninois, la communication
de masse est et doit être au service du développement intégral de l'Homme I4 . Aussi, au-delà
de la Constitution, existe-il les lois, les décrets et les autres textes qui réglementent la libelté
de presse.
15
vue sont Le Matinal, Le Matin, Les Echos du Jour, Le Point au quotidien, Le Progrès et Le
Républicain. Les périodiques, les plus en vue sont « La Croix du Bénin» et « le Dominical »,
tous deux journaux catholiques. La presse écrite est en perpétuel mouvement. Un titre chasse
l'autre, suivant les événements qui rythment la vie nationale. Ainsi on crée des titres à la
veille d'une élection qu'on laisse mourir sitôt la consultation terminée. De même, on lance
des titres ou on en ressuscite d'autres, dans la seule perspective de bénéficier de l'aide de
l'État à la presse. Ce remue-ménage permanent donne le sentiment d'un renouvellement
continu. Mais aucun titre ne réussit à s'inscrire dans la durée et se transformer en une
véritable entreprise de presse. A cet égard, La Croix, organe de l'Église catholique, qui paraît
depuis 1945, est l'exception qui confirme la règle. La presse béninoise apparaît donc comme
une presse opportuniste. Elle naît généralement au gré des circonstances, se déploie dans
l'improvisation, vit d'expédients et évolue à la petite semaine.
Waasého; sur Radio Capp FM, c'est l'émission en langue goun, Etèhoutou, qUI soulève
l'enthousiasme populaire l6 .
Toutefois, nos enquêtes nous révèlent que pour ceux et celles qui consacrent en moyenne
trois heures aux émissions radiophoniques par jour, ce sont les émissions religieuses et
politiques qui prennent le dessus. En effet, 70% de ceux qui écoutent la radio au moins une
fois dans la journée écoutent de la musique, les émissions dans le genre « tout le monde en
parle» et la revue de presse Xodjlawémalè sur la Radio Planète. De plus, 86% des personnes
qui nous ont déclaré écouter les émissions radiophoniques durant au moins trois heures par
jour, organisent leur écoute de la manière suivante:
Entre 6h30 et 7hOO : La prière du matin avec Radio Maranatha ;
De 7h à 7h45 : Messe sur la Radio Catholique Immaculée;
À 10h : Revue de presse sur Golf fm ;
À 13h : Journal sur la Radio Nationale;
À 14h : Musique et potes de leur choix;
À 19h : Prière et chapelet sur la Radio Immaculée;
À partir de 22h : Jusque tard dans la nuit: Écoute des émissions catholiques ou
politiques.
Ceux qui sont à la maison et les malades sont branchés à 62% sur Radio Immaculée. Dans les
édifices même publics, est écoutée Radio Immaculée à longueur de journée. En effet, les
postes radios sont privés et chaque agent capte la chaîne de son choix.
Dans les grandes villes: Cotonou, Parakou, Porto-Novo et Bohicon, les émissions les plus
populaires sont des émissions interactives réalisées en langues nationales. Pour marquer leur
soutien à ces radios, les populations créent depuis 1999 des associations ou amicales des
auditeurs et sympathisants. Cet engouement des auditeurs pour les radios de proximité
s'explique aussi par le fait qu'elles ne se contentent pas de donner des informations sur Je
développement agricole ou économique comme ce fut le cas pendant longtemps à la radio
nationale. Elles traitent aussi des problèmes de société et réalisent des émissions religieuses,
politiques ou divertissantes. Mieux encore et contrairement à la radio rurale nationale, les
16Edmond Dandjinou Adjovi, Les entraves économiques à la liberté de la presse, Mémoire de fin de
formation à l'ENA cycle II, option: gestion des entreprises de presse, année académique 1999-2000, P. 46.
18
radios rurales locales, les radios communautaires ou associatives et les radios commerciales
ne servent pas de courroie de transmission à la propagande gouvernementale. Elles sont le
creuset de l'expression pluraliste des sensibilités politiques, sociales, économiques,
philosophiques et religieuses du pays. Toutefois les ressources de ces radios sont faibles,
même si les opérateurs de l'audiovisuel doivent justifier auprès de la Haac d'une certaine
surface financière avant de recevoir leur licence. Les responsables de ces médias sont mal
formés pour gérer ce type d'entreprises et se laissent influencer par les bailleurs de fonds
pour la plupart des hommes politiques. Voyons à présent le contexte audio visuel de la
communication de masse au Bénin.
La « Conférence des forces vives de la Nation» qui se tient sous la direction de Mgr Isidore
de SOUZA du 19 au 28 février 1990 met en place un gouvernement de transition dirigé par
le premier ministre Nicéphore Dieudonné SOGLO. La nouvelle constitution adoptée en
décembre 1990 instaure une République démocratique avec le régime présidentiel et le
multipartisme.
Les premières élections communales du Bénin se sont tenues le 15 décembre 2002. C'est
l'Union du Bénin Futur (UBF) de la mouvante présidentielle qui, avec 448 sièges, sort
victorieuse de ces élections devant la Renaissance du Bénin (RB) du président Nicéphore
D. SOGLO, 171 sièges; le Parti du Renouveau Démocratique (PRD), 134 sièges et le
Mouvement Africain pour la Démocratie et le Progrès (MADEP), 82 sièges.
17 Mars 2006.
20
La RB, principal parti de l'opposition, a remporté la majorité des sièges à Cotonou (capitale
économique). Le PRD est arrivé en tête à Porto-Novo (capitale politique), tandis que
l'UBF, J'alliance des partis soutenant le président KEREKOU, a obtenu la majorité des
sièges sur le plan national.
Le président Mathieu KEREKOU de même que son successeur Thomas Yayi Boni
n'appartiennent à aucun parti pol itiq ue. Il existe au Bénin, une mu Ititude de petits partis se
réclamant également soit de l'opposition ou de la mouvance: c'est notamment le cas de
l'Union pour la Démocratie et la Solidarité nationale (UDS) de Sacca LAFIA, le Parti
Démocratique du Bénin (PDB) de l'ancien ministre Soulé DANKORO et la génération des
Verts. La plupart de ces partis, comme leur nom l'indique, veulent œuvrer pour le
développement, le renouveau, l'avenir ou la renaissance du Bénin.
La liste de la plupart de ces partis politiques respectant la charte béninoise des partis
politiques se retrouvent sur les pages web suivantes:
• http://www.izf.net/izf/ee/pro/index frameset.asp?url=http://www.izf.net/izf/EE/pro/
benin/2023.asp
• http://www.afrikinfo.com/lois/samples/partis/parpol.htm
Si les medias publics sont dans les mains du pouvoir exécutif et font pour la plupart du
temps avec plus ou moins de résistance l8 la politique du gouvernement qui nomme les
responsables de ces agences, les medias privés sont presque tous dirigés ou financés de
manière souvent détournée l9 par les chefs de partis politiques.
18
11 faut dire que vers la fin de son règne, Kérékou voulut corrompre encore les médias publics. Il voulût en effet,
demander aux responsables de la télévision nationale de passer une émission montée de toute pièce pour contester
le bon déroulement des élections. Mais Fidèle AÏKOUE, alors directeur général de l'ORTB et son secrétaire
général refusèrent de mordre à l'hameçon. Il furent alors limogés de leur poste en pleine période de campagne
électorale. Il reviendra au futur président, Thomas Yayi BONI de les réhabiliter dans leur rôle.
19 Au Bénin, la loi interdit aux députés d'être directeur de publication d'un organe de presse.
21
souvent difficile de faire la distinction entre le culte, le cultuel et la culturezo . Lors de notre
premier passage au Bénin en été 2005 pour notre enquête sur le terrain, nous avons avec
quelques journalistes canadiens, constaté une fois encore, cette réalité de près. Les leaders de
ces religions maintiennent entre eux une ambiance de cohabitation pacifique mais il semble
que ce sont les chrétiens catholiques qui en font le prix. Toutefois à cause du passé de
l'Église catholique et de son implication dans la vie politique et sociale, ses dirigeants sont
respectés et bien écoutés par l'ensemble du peuple et surtout par les leaders politiques
comme le Dr Thomas Yayi BONI, actuel président de la République du Bénin dans ses
· 21 .
propos sur O leu
Ainsi, lors de la «Journée national du vodou», qui a lieu à Ouidah chaque année le 10 janvier,
les délégations viennent communier dans des retrouvailles mystiques sous le soleil béninois.
Il faut dire qu'au tout début, même la religion catholique à travers certains intellechlels, s'est
impliquée dans ce festival pour faire une décantation de la situation. En effet, une bonne
partie de la culture et de l'histoire béninoise sommeille encore dans les rites et incarnations
vodou 23 . Ces catholiques veulent rénover la culture en la séparant du culte et du cultuel. Le
20 Ce rapport entre culte, cultuel et culture au Bénin est intéressant à voir. Nous nous sommes servi des travaux de
BARBIER J.c., DORIER-APPRILL E. (2002), « Cohabitations et concurrences religieuses dans le golfe de Guinée. Le
sud-Bénin, entre vodun, islam et christianismes. », in Pourtier R.(org.), Colloque Géopolitiques africaines,
Bulletin de l'association des géographes français, juin 2002, pp. 223-236.
21 http://www.topchretien.com/topinfo/default.php?/10778/
22 La plupart des béninois ont conscience que le vodou est revenu à Ouidah. En 1992, sous le patronage de
l'Unesco, un grand rassemblement de tous les vodounons du monde a officialisé cette tranche d'histoire
africaine
23 Le Bénin, l'ancien Dahomey, comme nation était une royauté dans lequel le roi était choisi par les
divinités. Le chefféticheur était quelque peu le garant de la tradition. Cf « Doguisimi » de Paul
Hazounmé.
22
père Barthélemy Adoukonou y avait consacré une thèse de Doctorat en Sociologie «Vodou :
Sacré ou Violence ». Il est lui-même responsable d'un centre de Recherche et d'Inculturation
qui pilote le projet Menwi Hwendo.
Pour l'écrivain Jean Pliya, catholique militant: «L'animisme... au Bénin ... a pour nom vodou.
Celui-ci connaît aujourd'hui un regain qui m'inquiète. Autour du Vodou se construit en effet
une forme de vie marquée par le secret, le règlement de comptes, l'empoisonnement. Ce ne
sont pas là des valeurs d'avenir, des valeurs épanouissantes. Le vodou n'encourage pas
l'éducation scolaire, il enferme les enfants dans les couvents. En tant que chrétien, il faut que
je puisse proposer autre chose».
24
passe ses journées dans son presbytère, en face du temple du Python ; une série de cases
sombres, encombrées de monticules informes couverts d'huile rouge, de purée de maïs séché,
de plumes d'oriflammes, de fers de lance: chacune représente un élément du panthéon vodou.
L'une des cases abrite des pythons vivants et affectueux que l'on vous enroule autour du cou.
L'animal sacré, à la peau souple et froide, représente Dan, l'un des principaux personnages du
vodou. Les vodous sont partout. Ils apparaissent sous des formes multiples. Le vodou est une
religion complexe. Il n'a jamais cessé de battre au coeur du Bénin. Et spécialement à Ouidah,
cité nonchalante au bord d'une mer étincelante. Le catholicisme s'est superposé à lui sans le
remplacer. «Quand les Portugais sont arrivés, nos vodounons leur ont offert le terrain pour
construire leur basilique. C'est pour cela qu'elle est en face du temple du Python», explique le
Un des journalistes canadiens racontait: « On était venu avec quelques images dans la tête,
des transes, des coqs égorgés et quelques rifs lancinants de Jimi Hendrix, 1 am a Voodoo
Child, Voodoo Child ... On repart de Ouidah avec l'impression d'avoir effleuré un univers ».
« C'est ici, le long du golfe de Guinée, à cheval sur le Bénin, le Togo et le Ghana, qu'est né le
vodou » disait le guide. Les esclaves l'ont emmené avec eux en Haïti, à Cuba, au Brésil. Cette
cité un peu endormie fut aussi l'un des centres de la traite des Noirs: les rois locaux étaient de
grands marchands d'esclaves, et les Blancs s'en sont bien vite aperçus... Mais Ouidah préfère
se souvenir que ces drames ont engendré le rayonnement de la religion des ancêtres. Dans
l'ancien fort portugais, un petit musée démontre, textes et photos à l'appui, la filiation entre le
vodou des Caraïbes ou de l'Amérique latine et sa matrice originelle. D'où venaient ces
croyances ? La question amuse Dah AI igbonon, doux aristocrate au profil d'oiseau,
descendant des rois d'Abomey et grand vodounon. «Personne ne peut me prouver que le
vodou n'est pas la religion originelle. Le vodou nous a été transmis par nos ancêtres depuis le
début des temps. Il est arrivé avant Jésus, avant Mahomet. Là-bas, à la Mecque, ils pratiquent
le vodou 24 heures sur 24. Ils tournent autour de la Kaaba, le bâtiment sacré qui est au centre
de la grande mosquée. C'est là qu'ils ont mis tous les VOdOLlS. Les statues sont là, je vous le
dis... ». Ainsi, les chefs Vodous sont conscients de la proximité qu'il y a entre le Vodou et les
religions monothéistes. Ceci encourage leurs adeptes dans leurs démarches syncrétistes.
24 En effet, la Basilique de Ouidah est juste en face du temple de python et n'a pu être construite sans l'aide
combien sensible de tous les chefs Vodou de Ouidah et d'ailleurs
24
Le grand prêtre Vodou Dah AJigbonon est un chef vodou militant de cette thèse. Il apparaît
régulièrement sur les télévisions locales, un chapeau noir posé sur son turban blanc, pour
réapprendre le vodou aux jeunes. <de suis en train de réhabiliter la tradition. La religion s'est
dévoyée. Il y a des charlatans. Il faut que les gens comprennent que le vodou est encore plus
qu'une religion. C'est notre identité culturelle.» Dah Aligbonon débarque dans les studios
avec des posters couverts de calebasses et autres symboles. Il explique la complexité des
vodous. Il y a Xebioso, le ciel, mais aussi la foudre, celui qui frappe les gens mauvais: «Si
vous avez commis un crime, ou si vous vous préparez à en commettre un, Xebioso le sait.
C'est pour cela que vous serez frappé.» Il y a Sakpata, la terre, qui est aussi le vodou de la
variole, Dan Ayidohwédo, l'arc-en-ciel, qui représente l'air, Lissa et Mahu, vodous masculin
et féminin qui représentent l'univers, Dan le serpent qui représente l'eau, l'or et l'amour. C'est
pourquoi les adeptes vous expliqueront volontiers qu'au Bénin tout le monde croit au vodou,
même s'ils fréquentent l'église ou les nouvelles sectes à succès comme le christianisme
céleste, importé du Nigeria. Pour le vodounon Vigan Codja, «Le vodou est un principe
naturel né avec le monde. Les week-ends, les voitures des Béninois les plus importants
stationnent devant ma porte. «Je peux parler aux anges. Ils sont mes messagers pour ceux qu i
ne connaissent pas le vodou.»
Le prêtre Vodou soigne par les plantes, devine l'avenir en lançant des cauns, ces petits
coquillages qui servaient de monnaie en Afrique. Si les malades sont loin, en Europe, il les
envoie chercher et les matérial ise dans sa case, le temps de les soigner. Le «transporteur» est
symbolisé par un fer de lance planté dans l'un des vodous. «Ces malades, quand ils sont ici, je
suis le seul à les voir», précise-t-il. Ses rivaux catholiques ne l'entendent pas de cette oreille.
«Ils disent que nous faisons le jeu du diable», s'emporte Dah Aligbonon, conférencier vodou
de la télévision, qui s'énerve contre «les représentants de la religion importée». Mais «le
diable est partout», ajoute le vodounon. <dl y a des sorciers qui font le mal. Nous luttons
contre eux. Le vodou fait le bien.»
L'Église catholique domine dans les grandes villes du Bénin. Les populations, parfois
incapables de se détacher directement du vodou s'obligent à une pratique syncrétiste de la
religion. L'Église catholique, par la voie de sa conférence épiscopale se trouve alors à
certains moments critiques de l'histoire au devant de la scène politique. Ses lettres pastorales
26
sont lues et relues même par les politiciens du Bénin. Dès la parution de sa dernière lettre
pastorale et à l'approche des dernières élections présidentielles, Mr Albert TÉVOÉDJRÉ,
ancien ministre et ancien représentant de l'ONU en Côte d'Ivoire n'a trouvé mieux à faire
que de venir lire presque en intégralité cette lettre pastorale et de dire à la fin que l'homme
dont parlent les évêques c'est Thomas Yayi BONI. Providence ou hasard du sort, ce dernier
a été élu président de la république avec une écrasante majorité.
L'Église catholique du Bénin est donc présente sur les médias et sur la scène politique. Sur
la plupart des grandes questions de développement, il y a concordance entre ce que l'Église
dit et les messages des grands partis politiques. La plupart des grands partis politiques
intègrent à leur discours le message de la conférence épiscopale, étant donné qu'un certain
nombre de ces discours parlent du développement intégral. Et c'est à ce niveau que se trouve
le problème.
1.2 Problématique
attentifs, l'essentiel de cette réussite miraculeuse japonaise revient à l'homme Japonais, à son
savoir et à son savoir-faire; à sa discipline et son autodiscipline, à ses dispositions intérieures,
à sa culture, à sa religion2S ; mais aussi et surtout à son ambition de faire du développement
un signe de bénédiction divine et du Japon un empire toujours prospère. Si l'on considère
donc le cas du Japon, on peut dire que les dispositions humaines sont des facteurs qui passent
avant les facteurs matériels et économiques dans le processus de développement. D'ailleurs,
nombreux sont les pays riches en ressources naturelles qui sont classés et reconnus comme
faisant partie des pays les moins avancés et les moins développés. Dans notre cas, les facteurs
et les dispositions humaines seraient: la volonté personnelle de chaque individu, ses bonnes
dispositions et intentions morales, l'instruction; la stabi 1ité sociale marquée par la paix et
l'absence de tout conflit surtout armée et, une politique gouvernementale vraiment
responsable et consciente des problèmes sociaux. Or le Bénin, apparemment, réunit toutes ces
conditions. Une bonne communication pour le développement pourrait maximiser ces
dispositions.
D'abord en ce qui concerne l'instruction: par rapport aux pays dits développés, le Bénin
posséderait la matière grise et les ressources intellectuelles appropriées. Il a beaucoup de
cadres et d'intellectuels formés dans les grandes universités américaines et européennes.
Ensuite, depuis son accession à l'indépendance le 1er AoCtt 1960, le Bénin, a connu lIne
stabilité sociale et politique assez désirable. L'alternance au pouvoir est inscrite dans l'esprit
des béninois et est considérée comme indicateur de stabilité et de maturité politique. Cette
conception est soutenue par les leaders catholiques et politiques.
Enfin, tous les agents impliqués dans le processus de développement sont conscients qu'il y a
un réel travail à accomplir et qu'un bon chemin reste à parcourir. Au nombre de ces acteurs,
nous citons en premier lieu et principalement les leaders d'opinion que nous aurons à définir
dans les lignes à suivre. Ces leaders d'opinion sont au double plan catholique et politique.
Au plan catholique parce que nous avons la conviction que l'Homme en général prend
souvent des repères avant d'agir; ces repères s'ils ne sont pas dictés par sa religion le sont
nécessairement par des groupes de réflexion ou d'appartenance politique. Pour l'ensemble
des béninois et pour des raisons historiques, le catholicisme demeure au Bénin, une référence
25
Au Japon, chaque maison est un temple où on expose les mausolées des ancêtres de même les
autels érigés en leur mémoire.
28
et une source d'influence capitale même si de nouveaux groupes de références et des cercles
béninois.
Au plan politique et surtout gouvernemental, on constate que les partis politiques, parce
Le facteur devient indispensable lorsqu'il est une condition sine qua none à la réalisation ou à
l'atteinte des résultats. Certes les facteurs sans les moyens sont comme un tam-tam qui
résonne dans le vide. Mais au Bénin, les discours des leaders d'opinion catholiques et
communication. Et s'il y a des sujets qui occupent les communications faites sur les grands
medias au Bénin, ce sont bien sûr: la politique et la religion. Selon les enquêtes réalisées par
béninois consacrent une moyenne journalière de 150 min de temps d'antenne aux faits
politiques et religieux.
l'on est en droit de dire qu'il y a un réel problème qui se pose quand à l'efficacité des
communications des leaders politiques et catholiques du Bénin. Ou bien alors les moyens de
communication de masse ne répondent pas à leur mission qui est d'éduquer ou de former.
Dans le chapitre suivant, nous allons essayer de construire notre cadre théorique en
commençant par définir quelques concepts clefs indispensables pour traiter et
favoriser par la suite la compréhension de notre mémoire.
CHAPITRE Il : CADRE THÉORIQUE ET DÉFINITION
DES CONCEPTS DE BASE
2.1. Définition des concepts clefs.
Pour mieux comprendre le développement de notre thème, il sera important de définir les
différents concepts clefs auxquels nous ferons allusion. Ces concepts clefs se retrouvent déjà
dans le titre de notre mémoire: « Discours des grands leaders politiques et catholiques du
Bénin: critiques et propositions en vue d'une stratégie de communication pour le
développement»
2.1.1 Discours
Le discours est un message ou un ensemble de messages qu'un émetteur « E» envoie à un
récepteur « R » en vue d'obtenir en retour une action ou une réaction. Dans notre cas précis,
il s'agit d'une part des homélies, des sermons, des lettres pastorales, des encycliques
rédigées, publiées ou prononcées par la hiérarchie catholique, et d'autre part, des allocutions,
des harangues ou des plates-formes idéologiques des grands partis politiques du Bénin.
26
Le dictionnaire universel définit Je diocèse comme une circonscription ecclésiastique placée sous la
juridiction d'un évêque.
32
En effet, le message chrétien, pour le magistère (l'enseignement les évêques dans leur
ensemble) est une Parole qui vient d'en haut, c'est-à-dire de Dieu qui est omniscient,
omniprésent et omnipotent. Dans la Bible, Dieu pour les croyants, en commençant par la
hiérarchie, est considéré comme celui qui connaît déjà les besoins véritables et positifs des
humains; sa Parole est donc sa réponse à leurs besoins. Ce qui veut dire qu'à priori, le
message chrétien n'est pas une explication mais une révélation. Ce qui fait que les autorités
ecclésiastiques dans leur prédication cherchent d'abord à révéler avant d'expliquer.
Le problème qui demeure est que la Parole de Dieu, telle que conçue ne cherche pas un
consensus. Le discours catholique sur plusieurs points ne cherche pas à être populaire. Les
phrases telles « en dehors de l'Église pas de salut» sont encore d'actualité tout au moins dans
la mentalité de plusieurs personnes. Jésus qui en est la Source a dit «Je suis le Chemin, la
Vérité et la Vie .... Nul ne peut aller au Ciel sans passer par moi ... » (Jn 6). Les propos de la
hiérarchie catholique sont donc pour la plupart absolus et souverains. Le schéma de
communication est à priori stimuli-réponse. Toutefois, si la Révélation au niveau théologique
et biblique ne cherche pas à persuader les humains mais tend à s'imposer à eux comme un
choix de vie ou de mort, les questions relatives à la doctrine sociale, politique et
économique, quant à elles, ont souvent été sujets de débat. Les résultats de ces débats comme
une constitution deviennent à leur tour absolus. C'est le cas lorsque le Pape ou l'Évêque
diocésain parle ex-cathedra, c'est-à-dire s'assoit sur son siège pour conclure et légiférer sur
un débat.
Qu'en est-il des discours ou programmes des leaders politiques?
voient à travers lui la fierté de la région et lorsqu'il parle, c'est comme si c'était sa nation,
son ethnie qui parlait. Or il y a encore au Bénin, un grand culte de la Nation, de la race, de
l'ethnie ou tout simplement des ancêtres et donc de la famille. Nicéphore Soglo, l'autre
dinosaure de la vie politique du Bénin, représente pour quelques gens de sa région le Messie
capable de restaurer l'ancienne puissance d'Abomey (sa ville natale dont le palais royal est
inscrit au patrimoine mondial 27 ) et pour d'autres le magicien capable de régler tous les
problèmes économiques du Bénin. L'actuel président de la République, Thomas Yayi Boni, a
bénéficié de ce symbole. Le cauris qui est son symbole de campagne rappelle l'argent, la
monnaie. Enfin les partis politiques au Bénin en général et pour la plupart sont dirigés ou
fondés soit par un chef d'État en poste28 , un ministre du gouvernement 29 , ou le directeur
d'une entreprise. Lorsqu'ils parlent, les leaders politiques, sont conscients des symboles
qu'ils représentent. C'est donc investis de ces pouvoirs ethniques, charismatiques et
autoritaires (finances ou autres) qu'ils s'adressent à la population. Ils sont pour la plupart
détenteurs d'un avoir (puissance matérielle), d'un savoir (intellectuel) ou d'un être (ils sont
soit ministre, directeur ou autre) et donc c'est en tant que tel qu'ils parlent et leur discours
pour la plupart ne peut venir que d'en haut et s'inscrire dans un schéma arrosoir et unilatéral.
Ils sont comme des leaders naturels pour leurs partisans. Qu'est-ce donc un leader?
2.1.4 Le leader.
C'est celui qui dirige; il est chef et principal orateur de parti politique ou de regroupement de
personnes unies par ou pour différentes raisons.
Dans notre cas, le leader, fort de sa notoriété, de sa technicité, de sa popularité, de son poste
dans la hiérarchie de société ou tout simplement à cause de son avoir matériel est celui qui est
capable d'exercer sur d'autres personnes une influence. Ils amènent les autres à adopter ou à
changer de comportements. Il peut influencer par d'autres personnes. Il influence surtout la
réflexion et l'opinion soit individuelle ou publique. Il arrive donc que sa simple parole ou son
geste influence l'agir ou l'opinion des autres. Il est alors dans ce cas un leader d'opinion.
27 http://whc.unesco.org/fr/list/323
28 C'est le cas de la RB, deuxième force politique au Bénin fondée pour le Président Soglo par son épouse Rosine
29 Au Bénin la plupart de partis sont fondés par un ministre une fois arrivé au Pouvoir. C'est comme si
l'autorité du ministre suffisait à elle seule pour fonder un parti.
34
2.1.6 Un acteur
L'acteur est un participant actif et comme tel, les leaders politiques ou catholiques du Bénin,
parce qu'ils parlent souvent de développemene l sont donc des supposés acteurs directs du
développement.
Mais les premiers acteurs sont les premiers concernés par le développement. L'autre, c'est le
récepteur, le destinataire des discours catholiques et politiques sur le développement. À partir
de maintenant, lorsque nous parlons d'acteurs de développement nous aurons en esprit ceux
et celles à qui sont destinés le discours ou le message des leaders politiques et catholiques. Ils
vivent d'abord à Cotonou; ils sont soient des chrétiens catholiques ou non, soient membres
d'un parti politique ou encore responsables de partis politiques ou soient encore agent
économique ou social ayant à leur tour une responsabilité ou un pouvoir d'influencer, au
moins une douzaine de personnes. Leur niveau intellectuel est supérieur ou égal à celui de
cégep complété. Ce sont donc des personnes capables d'apporter sensiblement plus que
d'autres un atout au développement du Bénin. Elles ont aussi une autorité, même si celle-ci
est moindre que celle de la hiérarchie catholique ou des partis politiques.
2.1.7 Autorité
C'est le pouvoir, le droit de commander. L'autorité d'un chef est toujours créditée d'une
influence plus ou moins grande et d'un ascendant. Celui-ci, dans l'exercice de son pouvoir,
peut ne pas se référer à quoi (qui) que se soit et ne tenir compte que de lui-même. Selon la
doctrine catholique, toute autorité vient d'abord de Dieu; cette assertion tiendrait sa source de
ce que disait Jésus à Pilate: « Tu n'auras aucun pouvoir sur moi si cela ne t'est donné d'en
haut »32. Ensuite, la doctrine sociale de l' égl ise catholique considère que toute autorité doit
vouloir en premier lieu le bien commun et ensuite sa propre fin, c'est-à-dire tendre à
disparaître pour que grandissent ceux et celles sur qui elle exerce le pouvoir. En effet, comme
le dit si bien Gaston Fessard 33 , une société qui perd le sens du bien commun est une société
condamnée.
32
Cf. Évangile de Jean chapitre 19 versets li.
J3
In Autorité et Bien Commun; Paris 8 janvier 1992.
34
Cité Par Claude Rochet, in Conseil associé SECOR Montréal - Paris
36
ambitions qui ne furent plus contenues, après la mort de Périclès, par la direction intelligente
et civique du premier des citoyens. L'harmonie qui avait caractérisé Athènes sous Périclès
n'exista plus entre les ambitions privées des chefs et le bien commun».
Thucydide nous donne par ce texte plusieurs caractéristiques de ce qu'est le bien commun:
Si les autorités comme les leaders d'opinion exercent leur pouvoir sur leur public cible, ils
ont aussi besoin d'une stratégie pour faire passer leur message. Mais qu'est-ce donc une
stratégie?
2.1.9 Stratégie
Le mot vient du grec strategos qui signifie « conduite des armées ». Selon Kottler et Dubois,
in « Marketing» elle a une origine militaire et son histoire est riche de 2.500 ans.
Modification de la chaîne de valeurs d'une entreprise, la stratégie peut être définie comme
une allocution de ressources qui engage l'entreprise dans le long, moyen et court terme. Ces
ressources peuvent être matérielles, humaines, financières, industrielles, technologiques et
commerciales. La stratégie peut être mise soit au service du développement ou soit de la
communication ou soit encore au service de la communication pour le développement.
Qu'est-ce donc le développement? Ce thème sera développé étape par étape; car, il constitue
le point le plus important de notre mémoire.
37
351 Cf. Populorum progressio : Lettre encyclique du pape Paul VI sur le développement des peuples.
36Le Concile avec à sa tête le Pape est l'instance suprême de décision dans l'Église Catholique. Il regroupe tous les évêques
catholiques du monde entier. Rien n'est au dessus du concile. Le concile est dit œcuménique lorsque le pape qui le convoque
décide d'y inviter des laïCS, des non catholiques, des experts de toutes les disciplines scientifiques afin qu'ils éclairent les
évêques sur un certains de point dont ils auront à débattre. Le concile prend le nom du lieu oil il s'est tenu. Les chiffres qui les
accompagnent indiquent le rang de ce concile. Concile Vatican Il veut dire qu'il s'agit du deuxième concile qu'il y a eu au
Vatican. C'est d'ailleurs le tout dernier qui s'est tenue du 1963 à 1965.
38
mission à eux assignée par l'Église, ont porté des coups presque fatals à l'image de l'Église et
au message évangélique. Mais beaucoup surent aussi cultiver les institutions locales de
développement et les promouvoir. En maintes régions, au Bénin par exemple, ils se sont
trouvés parmi les pionniers du progrès matériel comme de l'essor culturel. Qu'il suffise de
rappeler l'exemple du P. Charles de Foucauld, qui fut jugé digne d'être appelé pour sa charité,
le "Frère universel" et qui rédigea un précieux dictionnaire de la langue touareg. Nous devons
rendre hommage à ces gens trop souvent ignorés que pressait la charité du Christ comme à
leurs émules et successeurs qui continuent d'être, aujourd'hui encore, au service généreux et
désintéressé de ceux qu'ils évangélisent. Les évêques du Bénin croient que le développement
commence par un amour désintéressé de la patrie dans son ensemble. Ce qui n'est pas
toujours le cas chez les politiciens. Comme exemple, nous ne citons que l'interview accordée
par le Cardinal Bernardin Gantin. "Qu'il croisse mon pays et que je diminue", et présentée
par l'Abbé André Quenum in Journal "La Croix" du 02/08/05.
qu'extérieures des sociétés dites sous-développées et tend à mettre en œuvre des stratégies
qui valorisent les ressources locales avec le concours de tout apport extérieur bien identifié.
Et maintenant qu'entendons-nous par communication pour le développement?
• Le niveau de vie mesurée d'après le PŒ (Produit Intérieur Brut) réel par habitant
exprimé en Parité de pouvoir d'Achat en sigle PPA.
A ces indices, nous ajoutons la qualité de vie. Qui fait que le développement devient un
développement intégral; une notion ecclésiale que nous développerons un peu plus loin.
Il apparaît donc que la notion de développement socio-économique, tel que l'a défini le
NEPA0 37 regroupe des dimensions aussi variées que l'accès des populations aux services de
santé, à l'eau potable, à l'alimentation, à l'emploi, à la sécurité, à l'information, à la
37
Nouveau Partenariat pour le Développement et de [' Afrique
41
l'Homme de rendre le monde plus beau doit être respecté. Le prophète Élie disait: « Les
pères ont mangé des raisins verts et les enfants ont les dents agacées» mais cela ne doit plus
jamais se reproduire. Pour l'Église le développement ne doit avoir que des retombées
positives sur les générations à venir. Une politique de profit et de consommation
systématique et abusive des ressources naturelles est donc à bannir.
Pourquoi dans l'espace? Raoul Follereau ne pensait pas si bien définir la doctrine sociale
de l'Église sur le développement durable dans l'espace lorsqu'il disait « Nul n'a le droit
d'être heureux tout seul ». En effet, si l'inégale répartition des biens de la nature est un fait, la
destination universelle des biens de la nature est un droit et une obligation morale. Le pape
Léon XIII dans la première encyclique sociale, « Rerum Novarum» disait déjà que le
partage des biens de la nature, source de développement, n'est pas une œuvre facultative de
charité accomplie par les pays riches mais une obligation de justice. La nation développée est
cette nation qui minimise le taux de pauvreté en son sein et qui vole au secours d'autres
nations en partageant ses ressources matérielles et immatérielles. Elle est ainsi en voie de
développement intégral, un concept purement par nature ecclésiale.
Afin d'éviter cela et de favoriser des partenariats "équilibrés" et durables, les différents
acteurs de la coopération décentralisée au Bénin, en concertation avec les assistants
techniques du projet "appui à la décentralisation et à la gestion urbaine" et le Service de
Coopération et d'Action Culturelle (SCAC) ont arrêté un certain nombre de principes et
recommandations concernant la coopération décentralisée franco-béninoise. Il en résulte que
43
la priorité en matière de cofinancement sera donnée aux partenariats qui auront pris en
compte ces recommandations. Par ailleurs l'Égl ise dans sa logique de développement durable
ne cesse d'implanter ou de soutenir ici et là des infrastructures de développement. C'est ainsi
que les communautés catholiques pour la plupart s'entourent ou s'investissent dans la
construction d'école, d'hôpitaux et de micro-projets de soutien au développement.
Au plan social, les indicateurs ont moins progressé, indiquant un profil social mitigé. En
effet, si cette évolution d'ensemble a permis de réduire entre 1995 et 2000 la pauvreté en
44
milieu urbain, elle n'a pas eu assez d'impact sur la vie quotidienne des populations en milieu
rural où la pauvreté et les inégalités se sont accentuées.
• à tous les acteurs de la vie sociale d'œuvrer pour la promotion des liens naturels de
fraternité et d'amitié, conditions de compréhension et de meilleure collaboration entre nos
peuples. Ainsi se développeront le rapprochement culturel et la solidarité en vue de soutenir
les plus pauvres, notamment les veuves, les orphelins, les handicapés et les déplacés de
guerre;
• à tous les acteurs de la vie économique d'améliorer la qualité de vie de nos
populations, remettre nos pays au travail, recréer les conditions d'un développement intégral
et durable, compte tenu des conditions actuelles de la mondialisation. Que l'exploitation des
ressources des pays se fasse pour l'intérêt des peuples.
• à la communauté internationale d'envisager, une conférence internationale sur les
États ... de l'Afrique, afin de résoudre le problème ... de manière globale; de donner une
suite aux recommandations des experts des Nations Unies concernant l'exploitation illégale et
le pillage des ressources naturelles des Pays.
solliciter la participation d'une population à son propre développement. Sa finalité est donc
avant tout de faciliter des changements voulus au plan individuel et social quel que soit le
domaine en question. En choisissant cette approche du développement comme support de
secours, notre but est de rompre avec la démarche verticale qui a toujours caractérisé la lutte
contre le sous-développement et la pauvreté. Il convient désormais que le développement ne
peut être un processus ou un mécanisme imposé, importé ou dicté par un leader d'opinion
fût-il catholique ou politique. Il suppose plus une communication de type horizontale entre
les groupes et les communautés touchées par le problème à résoudre. II peut aussi être
impulsé par une communication verticale qui va du bas vers le haut permettant de porter les
problèmes à résoudre de la base vers les décideurs.
Après plusieurs décennies d'élaboration de lutte contre le sous-développement, il s'est enfin
imposé une approche participative. La notion de communication pour le développement
apparaît aujourd'hui comme l'approche la plus indiquée pour permettre aux personnes même
en situation de sous-développement d'identifier leur besoin et de se doter des mécanismes
adaptés à leur évolution. L'expression communication pour le développement est la
formalisation des démarches adaptées notamment par l'UNESCO et l'USAID depuis les
années 50 dans les pays dits sous-développés. On en retrouve les origines chez le professeur
Nora QUEBRAL, aux Philippines dans les années 70. Elle regroupe les approches et
stratégies très diverses mais une démarche fondamentale s'en dégage. Elle essaie autant que
possible de faire participer toute une communauté à la conception des moyens de lutte contre
le sous-développement. 11 nous paraît évident, mais rien n'est moins sûr, que le conflit - entre
politicien, théoricien et catholiques - au niveau du concept du développement en est pour
quelque chose dans le niveau actuel des indices de développement du Bénin. D'où notre
hypothèse de base.
47
38
IVe Partie: Poétique, Essais de linguistique générale, vol. I.
48
référence
message
locuteur . . .1
. - - - - - -.... récepteur
code
contact
communication interpersonnelle demeure l'option qui, selon nous, est à privilégier au niveau
des discours ou du dialogue catholique et politique, nous reconnaissons que les
communications de masse sont aussi un outil important dans la transmission des messages,
étant donné qu'il est de plus en plus compliqué pour les leaders catholiques et politiques de
faire le porte-à-porte pour passer leur message. Et ceci, à cause de leur inaccessibilité, de leur
indisponibilité mais aussi de la gêne des récepteurs à entreprendre des relations
interpersonnelles avec ces leaders d'opinion.
Du point de vue social, il s'agit avant tout d'une théorie basée sur la lutte des classes. La
théorie des classes est le nœud où se concentrent et se rejoignent les lignes directrices du
du schéma communicationnel adopté par les leaders politiques et catholiques (nous prendrons
un exemple dans la sphère catholique qui peut bien s'appliquer au monde politique.
Dieu
Les
+
Le pape Les églises, les fidèles,
Les les
médias publics ou
+
Les privés; les
prêtres; hommes
ers les et les
let rassemblements
leaders femmes
politiques
Politiques politiques de bonne
diocésains et les
et les volonté
t
L'évêque
bouches à
oreilles.
agents
pastoraux
Les
prêtres.
Du point de vue purement catholique, la parole des leaders est d'abord accueillie par la
hiérarchie constituée pour la plupart du temps des membres du clergé. Les assemblées
dominicales constituent le premier lieu de la transmission de cette parole. Les autres canaux
40 Certes le modèle tOl/che seulement les structures du système communicationnel à un niveau très
élémentaire et non les structures de la pensée humaine sur lesquelles se base le paradigme structuraliste.
51
sont les différents médias et la proclamation faite par les fidèles eux-mêmes dans leurs
différents milieux de vie. Ce message est adressé aux fidèles et à tous les hommes et femmes
dites de bonne volonté. Ceux-ci peuvent s'adresser ensuite à leur curé ou aux autres agents de
pastoral pour avoir plus d'explications.
Il faut reconnaître aussi que l'Église présente deux types de messages. Le premier venant de
Dieu et le second venant de la hiérarchie; ce dernier est souvent d'ordre disciplinaire, moral
ou organisationnel.
pas si évidents. 41 Du moins, à écouter tous les acteurs en amont comme en aval les objectifs
et les attentes ne sont pas atteints en majorité. D'où l'importance d'une analyse critique de ce
système de communication.
41
Ce n'est d'ailleurs souvent pas ce à quoi la hiérarchie s'attend. On n'a pas non plus les réactions
53
43
Cf. René Jean Ravault in « Défense de l'Identité Culturelle par les réseaux traditionnels de
Coerséduction ».
54
conception et pour les autres elle commence à deux, trois mois de grossesse. La guerre aussi
serait de nos jours justifiée par des communautés à caractère religieux.
Pour nous donc, il existe un être qui est source de valeurs qu'on ne peut pas remettre en cause
car à force de tout remettre en cause on finira par tomber dans le débat relatif au droit
d'aînesse entre la poule et J'œuf. Il y a bien un(e) qui est premier(e) et qui tout en étant
géniteur (trice) de poule ou d'œuf n'est pas un produit de j'autre ou d'un autre objet. Car la
vie devrait avoir une source incommensurable et l'adhésion à un groupe d'appartenance ou
de référence peut amener tout individu à ne pas tomber dans le relativisme ou à ne pas se
prendre comme critère de vérité. Seul un être suprême créateur de tout pourrait donner à
l'humanité une valeur universellement répartie comme la raison.
Le choix de nos auteurs clefs s'est fait en raison de leurs théories et de leur paradigme. Nous
donnons ici à titre indicatif quelques auteurs tout en demeurant conscient qu'ils ne sont pas
exclusifs et que leur approche pourra être revue ou relativisée compte tenu des recherches en
cours ou des futures trouvailles dans le domaine de la science des communications. Il s'agit
de: Jacques Grand'maison, Dominique Reny, Alex Mucchielli, James W. CAREY et de Guy
MARCHESSAULT; nous ferons quelques allusions à Stuart Hall, à Edgar Morin, Jesus
Martin Barbero, Serge ProuJx; à Elihu Katz; et à René Jean Ravault. Ces auteurs nous
permettront d'approcher et d'apprivoiser les concepts tels que « leaders d'opinion »,
« l'éthique dans la communication », « la conscience », « l'autre », « l'imaginaire », sans
Selon lui, les nouveaux shows comme Loft Story, Reality Show, etc., de plus en plus à la
mode, témoignent du besoin de se montrer, de se dire en public au plus intime de soi-même.
« Mais, pour lui, la question et l'enjeu sont plus larges et plus profonds ». D'où vient donc
cette complicité du grand nombre avec les médias qui incitent chacun à se livrer
spontanément, à se mettre à nu, sans nul besoin de la contrainte? Jean-Claude GuiJlebaud
nous offre ici une réflexion éclairante sur les travaux de Jacques de Grand'maison :
« La divulgation volontaire du secret finit par supplanter dans les médias - en termes
d'audience et de volume - les genres les plus anciens comme la politique ou les débats
d'idées. Plus significatif encore: ces émissions d'aveux, qu'on reléguait jadis aux heures
avancées de la nuit, deviennent des produits d'appel. J'avoue donc je suis; j'écoute l'aveu de
l'autre, et je me rassure sur moi-même: la nouvelle doxa cultive le narcissisme insistant. »
« Cette transparence obligée de soi, dira M. Grand'Maison, cette intimité sur la table semblent
devenir des conditions pour se sentir exister. Est-ce un substitut au lien social de plus en plus
réduit, et même dévalué? L'autre n'a de sens pour moi que comme miroir dans lequel je me
mire. Entre lui et moi, point de mystère. Me voilà dans toute ma totalité! Une totalité qui se
dit, se veut souveraine, et pourtant si dépendante de l'autre, de son acceptation
inconditionnelle. Avec les médias, la distinction pourtant très moderne de l'espace privé et de
l'espace public s'estompe. Et dire que nous avons cru nous émanciper du village d'hier où
tout le monde savait tout de chacun. [... ] »
Quand les leaders catholiques ou politiques prennent la parole dans les médias, jusqu'à quel
point un tel jugement sur les médias s'applique-t-il ? Le leader au fond, est-il dans le vent,
jouant à fond sur la sensibilité contemporaine? Est-ce dangereux? Comment en juger ?
Ceci revient à dire que les leaders dans leur communication au lieu de s'adonner au culte de
leur personnalité sont invités à rentrer dans un dialogue interactif avec leur récepteur. Ce qui
correspond à l'apport de Dominique Ren/ 5 .
Patrick Beauduin est un publicitaire belge très renommé, ancIen journaliste. Dans une
interview récente au quotidien Le Devoir, il résumait la pensée de Dominique Reny,
spécialement en ce qui concerne le fonctionnement actuel de l'information. Son constat, s'il
le laisse songeur, n'en est pas moins clair. Il croit que pour le journaliste Dominique Reny :
l'information est désormais un objet de consommation. Et les similitudes se multiplient entre
45Dominique Reny « L'information en solde. La réflexion est évacuée au profit de l'émotion, déplore le publicitaire Patrick
Beauduin », dans Le Devoir, 25 mai 2004, p.! et 10
57
les moyens qu'utilisent les publicitaires pour vendre des pots de yogourt et ceux auxquels les
médias ont recours pour pousser à la consommation de nouvelles.
« Les pros du marketing ont même mis au point un « indice de fatigue» qui leur permet de
déterminer la vitesse à laquelle une campagne publicitaire atteindra le seuil de tolérance des
consommateurs - Le but étant évidemment de modifier le message avant de leur faire grincer
des dents. « Manifestement, les médias fonctionnent de la même façon. Ils renouvellent
continuellement leur contenu pour tenir en haleine le consommateur. C'est particulièrement
frappant pour les chaînes télévisées comme CNN, où les manchettes changent d'heure en
heure. » Ce qui n'est pas toujours le cas dans les communications des leaders politiques et
religieux du Bénin.
« Une infinité de possibilités de consommation, ça veut aussi dire une infidélité toujours
possible du consommateur, rappelle Patrick Beauduin. D'où la course au scoop pour le
retenir chez nous. [... ] dans tous les pays occidentaux, on assiste à un basculement du rôle
des médias qui ne cherchent plus à intéresser les gens, mais simplement à les
impressionner. » La réflexion, déplore-t-il, est évacuée au profit de l'émotion. « Ce n'est plus
58
le fond de la nouvelle qui est important, mais sa forme. On s'arrête à des épiphénomènes
simplement parce qu'ils surprennent, bousculent ou dérangent le public, sans prendre le
temps de les replacer dans leur contexte pour essayer d'en tirer un sens pour la société.
[... ] « Quand ils ont l'échantillon en main, les gens ont l'impression de connaÎtre le produit.
Ici, ils lisent un échantillon de nouvelle et ils savent - ou, plutôt, ils croient savoir - ce qui
s'est passé.
[... ] « Mais la véritable racine de la solution, c'est l'éducation. De la même façon qu'on
forme maintenant des consommateurs intelligents, on doit former des citoyens avertis à
l'école. » Et plus encore des citoyens apte à ouvrir des sentiers battus.
Voilà qui pose encore de sérieuses questions sur la qualité du travail des médias, tant en
information qu'en fiction. Quelles en seraient les conclusions à tirer pour la présence des
leaders politiques et religieux dans les médias? Les médias, au fond, n'ont-ils pas tous
intérêt à tirer profit d'une présence de ces derniers en leur sein, parce que cette présence leur
apporte de vastes publics ... et donc de vastes revenus?
Mais encore, pourquoi cela se produit-il ainsi? Qu'est-ce qUI crée si facilement cette
«connivence» entre tes médias et la présence de ces leaders alors que leur message ne passe
apparemment pas? Ce sera la fonction de nos réflexions suivantes que de tenter de creuser
cette surprenante situation.
Premièrement, une approche plus attentive aux phénomènes naturels et physiques: cela
donne la recherche positiviste, qui tente d'expliquer toute chose en procédant des causes aux
effets. C'est là une attitude expérimentale qui s'appuie sur trois postulats: que les tiers
possibles sont exclus, que la réalité existe, qu'il existe une causalité linéaire.
Évidemment, les deux approches vont vouloir formuler des théories, des modèles ou des
concepts plutôt diHérents. Par exemple, en ce qui concerne la compréhension générale, ou
l'organisation des phénomènes: on aura droit à une vision plutôt descriptive, ou plutôt
constructiviste. À partir de divers cadres théoriques, on pourra formuler des hypothèses
différentes et les tester. Certaines théories s'exprimeront dans des modèles explicatifs,
d'autres dans des modèles plus analogiques.
D'après l'auteur, en sciences humaines on peut utiliser les deux. Mais la réciproque n'est pas
vraie pour les sciences de la nature, qui doit se limiter à l'approche positiviste. C'est que les
sciences humaines abordent les réalités dans une approche culturelle plus globale.
Dans son chapitre 3, Mucchielli s'interroge alors pour savoir quelle approche scientifique
convient le mieux, en théorie, à J'étude des médias proprement dits.
Pour conduire une recherche en communication, croit-il, il faut recourir à des stratégies
d'enquêtes et d'analyses. Ces méthodes d'ailleurs ne conviennent pas seulement aux
communications, mais aussi à d'autres disciplines.
Les méthodes constructivistes sont de deux natures: « actionniste », c'est-à-dire qui consiste
à nommer les relations entre les acteurs d'un système donné (par exemple en
communication); ou par « hypertexte réduit» : c'est-à-dire qui situe le tout au sein de débats
latents, à travers une mise en contexte.
Pour leur part, les méthodes réductionnistes sont aussi au nombre de deux principales.
L'approche psychanalytique sera attentive aux « besoins» cachés, au contenu latent, à
l'analyse qui prend en compte comme moyen d'interprétation la « symbolique à clé ». Pour sa
part, l'analyse sémiotique "à la Pierce" approche les situations à partir de la phénoménologie
du signe, de la décomposition des signes complexes du langage et finalement du sens final à
donner au message sur le développement.
En fin de compte, il existe des méthodes pour vérifier si une théorie a des chances de succès.
Ici aussi, au moins deux sont bien connues: l'approche hypothético-déductive: c'est-à-dire
qu'on émet une hypothèse à vérifier dans un champ humain donné, par enquête soit
61
Toutes les méthodes ont leurs valeurs, mais aussi leurs limites, conclut Mucchielli. Car elles
conservent toutes leur pal1i pris. Quand à nous, nous jugeons intéressant d'essayer d'adopter
une méthode interprétative qui s'appuie sur les approches de la théorie de la réception active
et d'un paradigme compréhensif du récepteur.
Dans le concret, comment travailler scientifiquement avec les médias? C'est l'objet de son
chapitre 4.
Selon Mucchielli, tout chercheur est toujours orienté, qu'il le veuille ou non: « Le chercheur
est préoccupé d'un ensemble de phénomènes, sur lesquels il a une intention d'observation et
une intention de compréhension nouvelle de leur fonctionnement» (73) Donc souvent, à
cause de cette intention, il ne peut échapper à de nombreux a priori.
C'est pourquoi il lui importe de bien préciser dès le départ la problématique de recherche. En
termes d'attitude, il lui faut, d'abord, avoir la volonté de cerner une situation afin de la mieux
comprendre; ensuite, laisser de l'ouverture pour de nouvelles réponses.
Chaque mot de l'hypothèse compte, évidemment, et doit être scruté très attentivement.
Mucchielli décrit l'incertitude radicale de toute hypothèse en des termes colorés: il s'agit
d'une «conjoncture douteuse», d'une « réponse prématurée», qu'il reste évidemment à
prouver ...
En sciences de la communication, il est crucial de ne pas appuyer ses recherches sur des a
priori non nommés, qui sont faciles à faire entrer sans s'en apercevoir (ex. l'amélioration
causée par les technologies, l'effet de la balle magique, etc.). Or nous constatons dans les
réponses apportées dans les questionnaires que les leaders politiques et catholiques s'y
adonnent. De là l'importance de ce que Mucchielli appelle la déconstruction de pétitions de
pnnclpe:
62
« ... de nombreuses recherches reposent sur des problématiques postulant implicitement une
relation directe entre les technologies de communication et l'évolution du lien social et des
pratiques (qu'elles soient sociales, matérielles ou intellectuelles).» (76) C'est n'est pas si
évident ...
Si l'on fouille un peu, on peut retrouver derrière toute hypothèse « un certain nombre de
présupposés qui la rattachent à des conceptions implicitement pensées sur les phénomènes
questionnés ... » (76)
Aussi, conclut Mucchielli à ce propos, « une 'bonne problématique' doit prendre la précaution
d'énoncer dans quelle position épistémologique elle se situe et quelles sont ses théories de
référence. En annonçant ainsi ses points d'ancrage, elle va au-devant des critiques qui
pourraient lui être faites du point de vue d'autres référents scientifiques. » (78).
Nous voudrions terminer cette réflexion sur l'image des leaders dans les médias à l'aide du
livre de Mucchielli par l'attention qu'il a mis, à partir des principes ci-dessus exposés, à
délimiter quelque peu l'horizon de différents concepts théoriques de la communication. Sous
jacentes à bien des façons de faire, ces conceptions de l'acte de communication lui-même
impliquent des conséquences complètement différentes, selon que l'on opte pour J'une ou
pour l'autre. On verra plus loin comment ces concepts-clés vont avoir de l'importance en ce
qui concerne le type de communication à promouvoir, entre la communauté chrétienne (ou
politique) et la population, à travers les médias.
d. La communication-transmission d'information:
Durant la compagne électorale pour les présidentielles de 1991, un des candidats, leader d'un
parti politique, sans même chercher à connaître ['une des agglomérations où il se rendait et
parce qu'il a dormi tout le temps où iJ s'y rendait, faisait entre autres promesses électorales la
construction d'un pont pour désenclaver le village et faire augmenter la production. Les gens
du village lui ont fait comprendre qu'ils n'en avaient pas besoin parce que n'ayant aucun lac
ou fleuve autour d'eux et qui les désenclavait. Coincé dans sa promesse, le leader politique
promet de faire venir un lac pour y construire ensuite le pont. Quelle démagogie?
On saisit vite aussi que bien des gens d'Église consacrent toute leur énergie à promouvoir une
communication qui vise avant tout la transmission d'information, la motivation ou le contrôle.
C'est un concept qu'on pourrait qualifier de «vertical », en ce sens qu'il y a une source
versant son information (contenu) sur le récepteur (contenant). Le rôle actif du récepteur
demeure surtout celui de recevoir. Ce qui ne vérifie pas les approches de la réception active
qui place le récepteur au sommet du schéma de communication.
e. La communication-transaction:
Mucchielli donne ici comme exemple un gars qui siffle une fille pour attirer son attention et
peut-être provoquer éventuellement une rencontre amoureuse.
Au fond, il s'agit ici d'une communication basée non pas d'abord sur le contenu, mais sur le
plaisir de communiquer, ou sur [a capacité d'enclencher et de maintenir la communication.
64
C'est le genre de communication qui fait qu'on peut avoir d'excellentes relations ... tout en
étant foncièrement opposés sur bien des points de vue. Et il semble que c'est comme cela que
se comportent les leaders politiques. En effet, la jeune fille n'est pas sortie forcément pour
faire une rencontre de ce genre, peut-être est-elle déjà « occupée» et n'avait plus besoin
d'autres amoureux. Le sifflement de notre gars à la limite devrait ennuyer la jeune fille. Et si
c'était le cas dans la communication de nos leaders? Et si les récepteurs étaient vraiment
ennuyés par leur communication? Pour les uns c'est vrai, ils ont dépassé une première étape
de la communication. Pour d'autres, ils ne sont même pas au courant de ces communications.
f. La communication-participation:
Ici, nous allons encore plus loin: Nous ouvrons officiellement le débat.
« La « communication», par définition, est une « vision du monde incarnée» dans une
conduite et un état. Elle est aussi une « proposition de définition de la situation» faite dans
un « espace public» aux acteurs de la situation. Cette proposition est, par ailleurs, comprise
par les autres acteurs, car elle s'appuie sur « un savoir normatif commun partagé» qui est de
l'ordre de J'implicite.» (31)
65
Dans l'Église et dans les partis politiques, l'utilisation du débat ouvert sur la place publique
fait toujours problème en principe, mais finit toujours par se réaliser quand même, dans une
atmosphère plus ou moins saine. Jusqu'où est-il souhaitable d'ouvrir complètement ces débats
publics? Il faut reconnaître ici que:
Du point de vue de l'Église catholique, il s'agit d'une religion révélée; c'est Dieu qui vient à
la rencontre de l'Humanité (l'Incarnation). Il y a donc des vérités révélées qui ne feront plus
question de débats. Mais là encore il faudra mieux les expliquer.
Du point de vue des partis politiques, les leaders politiques sont aussi au courant de certaines
informations auxquelles le commun des mortels n'a pas forcément accès. Mais on pourra
toujours faire appel au bon sens et à la raison des citoyens.
Là, nous allons toujours plus loin: la communication n'est pas conçue ici comme un simple
lieu de transmission ou même de débat, mais de changement d'attitude.
« La communication est une participation à un échange plus vaste qui s'insère dans la
situation. L'analyse de l'ensemble des communications faites dans la situation nous ...
montre comment l'homme utilise diverses manipulations des éléments de la situation, pour
faire passer son message. » (32) ou mieux encore construire et se construire sa propre image,
et son message. D'où la nécessité pour nous d'élargir notre approche sur les médias.
47
Communication As Culture. Essays on Media and Society. New York/London, Routledge, 1989,
242 p.
66
Dans la présentation de son livre, Carey explique que son but est d'établir les fondements
d'une approche culturelle pour une étude des communications et des technologies modernes.
Il entend résister au vocabulaire du pouvoir, résister à privilégier les aspects idéologiques au
détriment des aspects mythiques, rituels, anthropologiques, dans la description et
l'interprétation des formes culturelles comme les médias.
Pour Carey, les communications modernes ont drastiquement changé les termes ordinaires
d'expérience et de conscience, les structures ordinaires d'intérêt et de sentiment, le sens moral
d'être vivant ou d'avoir une relation sociale (1-2).
On a changé la culture des villages en n'en faisant une culture écrite; mais à notre surprise
nous ne sommes pas encore dépossédés des rituels et des narrations, dit-il. (2) On a
longtemps interprété les médias comme des lieux de transport de contenu: ce transport
permettait de dépasser le temps et le lieu immédiats. (3)
On a alors assisté à des débats, mais aussi à l'art de la rhétorique et de la discussion. Cela a
favorisé l'instruction, la presse et l'éducation. Cela a-t-i 1 favorisé aussi la démocratie et le
développement? C'est ce que certains ont cru: "Le plus important, c'est que l'épisode a établi
une croyance particulière mise de l'avant avec l'arrivée de toute nouvelle technologie: la
technologie du transport et de la communication rendrait possible J'érection d'une démocratie
de l'État-ville grec à la grandeur du continent". (7-8) Encore une fois, est-ce que cela s'est
effectivement réalisé?
67
Dans son chapitre 1, Carey tente d'élargir le concept de communication en lui donnant une
dimension plus vaste: une société existe non pas seulement PAR la transmission ou la
communication, mais DANS la communication. Ce qui fait ressortir deux conceptions bien
différentes de la communication: une qui parle de transmission, l'autre de rituel. (On rejoint
Mucchielli sous un aspect)
Quand la communication est interprétée comme transmission, on voit apparaître les termes:
faire part, envoyer, transmettre, donner de l'information aux autres ... C'est basé sur la
métaphore du transport: triompher des distances dans un but de contrôle de l'espace et des
gens (15).
Bien sûr, le but religieux fut oublié à la longue en faveur de la technologie elle-même, qui se
trouva alors au centre de la pensée. (18)
C'est par exemple le genre de situations gue l'on retrouve dans "la prière, le chant et les
cérémonies. On y voit la manifestation originale ou très fOlie de communication non dans la
transmission de contenu intelligent, mais dans la construction et le maintien d'un univers
culturel ordonné, significatif, qui peut servir de contrôle et de soutien à l'action humaine".
( 18-19)
L'approche du rituel se révèle fort différente. "Elle percevra, par exemple, un journal moins
comme un lieu où envoyer ou recevoir de l'information, et plus dans le style de l'assistance à
une messe, une situation dans laquelle on n'apprend rien de nouveau mais dans laquelle une
vision particulière du monde est présentée et confirmée. La lecture ou l'écriture de nouvelles
est d'abord un acte rituel, plus encore: un acte dramatique, croit-il. Ce qui se présente devant
le lecteur, ce n'est pas de la pure information, mais la représentation des forces en conflit dans
69
le monde". (20) "Le modèle ici n'est pas tant l'acquisition d'information, même si cela se
produit, mais l'action dramatique dans laquelle le lecteur rejoint des forces en conflits comme
un observateur dans un jeu". (21)
Au fond, ces présentations informatives donnent forme à la vie, créant un ordre, un ton (21).
En réalité, pense Carey, c'est une recherche d'expérience ("a hunger for experience"), un désir
d'éviter l'épique (le purement poétique) pour retrouver l'unique, l'original, le nouveau, la
nouvelle, les nouvelles. "En conséquence, d'un point de vue rituel, les nouvelles ne sont pas
de J'information mais du drame" (21).
N'oublions pas, rappelle l'auteur, qu'au-delà du monde réel des objets, événements et
processus qu'on peut observer, il existe un langage et des symboles qui apposent des noms
sur ces événements: "Il y a la réalité et, après coup, nos façons de la raconter". (25)
Mais qu'est-ce alors que l'ordre symbolique? Comme le dit Cassirer, à travers l'ordre
symbolique l'humain vit une nouvelle dimension de la réalité, la réalité symbolique; et c'est
par l'intermédiaire de cette capacité que l'existence est produite." (26) Et n'oublions pas qu'on
voit tout d'abord dans un regard symbolique, avant de voir de façon scientifique ou
mathématique.
Cette réalité symbolique mais aussi réceptive peut s'exprimer sous différents modes: visuel,
oral et kinesthésique. "Chacune de ces formes symboliques est productive; une personne en
charge des symboles peut produire une infinité de représentations à partir d'un nombre limité
d'éléments symboliques". (28).
70
Carey introduit alors une distinction fort intéressante: entre "symbole DE" et "symbole
"POUR"
Aux États-Unis, nous dit Carey, certaines approches ont représenté la communication, à
l'intérieur du modèle de la transmission, orientée vers le pouvoir ou l'anxiété. C'est ce qu'on
trouve, par exemple, dans les théories classiques de l'information, de l'apprentissage, de
l'influence et de la dissonance, de la balance, du fonctionnalisme et des usages et
gratifications. Somme toute, d'après ces théories, les gens courent après le pouvoir. .. ou
fuient l'anxiété. La recherche s'intéressera donc ici surtout aux usages. Au contraire, le
modèle rituel symbolique essaie de nommer les valeurs "DE" et "POUR" la communication
qui construisent notre culture.
Évidemment, une vision rituelle de la communication amène à une toute autre perception:
c'est un processus à travers lequel une culture est partagée, créée, modifiée et transformée.
L'archétype alors de la communication sera le rituel, ou la mythologie (pour ceux qui
viennent de l'anthropologie), ou l'art et la littérature pour ceux qui viennent de la critique
littéraire ou de l'histoire.
L'approche rituelle ne s'intéresse pas d'abord à l'extension des messages dans l'espace, mais
au maintien de la société dans le temps; pas à l'action de répandre de l'information ou
d'influencer, mais à la création, à la représentation et à la célébration de croyances partagées,
même illusoires. (... ) Selon le sociologue britannique Tom Burns, la tâche de l'art est de créer
du sens pour notre vie. (43-44).
72
À partir de cette approche, la culture devient le sens et la signification que des gens précis
découvrent dans leur expérience à travers l'art, la politique, la religion et le reste. En ce sens,
culture et communication se recoupent, pense Carey. C'est pourquoi les approches
transmissionnelles font face à un cul-de-sac. Dans les études de communication, on a vu
apparaître trois sortes d'approches: behavioriste, fonctionnaliste et culturelle. Seule l'approche
culturelle qui se recoupe sur les théories de la réception, dépasse les difficultés rencontrées.
Les autres se heurtent aux effets de l'idéologie ou aux limites de l'explication par les usages et
gratifications. À moins qu'on s'en tienne aux purs besoins psychologiques ... Ces approches
tentent de réduire les dimensions symboliques à ces variables antécédentes ou causales. De
là, on se retrouve toujours face à des modèles interprétatifs de pouvoir ou d'anxiété. De là
l'utilisation de la religion, par exemple, pour garantir l'unité du pays (ex. USA); de là la
recherche du bouc émissaire, le méchant contre lequel on a à s'unir. On pourra ainsi
interpréter l'entertainment comme le lieu du divertissement pour sortir les auditoires de leurs
troubles et peurs (53) :
"Ainsi, des études sur l'entertainment professent que la fantaisie n'est pas complètement
"irrationnelle" du fait qu'il soulage la tension, promeut la solidarité et promeut l'apprentissage
- assertions complètement ridicules pour quiconque a vu une communauté divisée sur le
contenu de films ou a été personnellement dérangé par une image de film récurrente. Ce
qu'on trouve plus rarement, c'est une analyse de la voix qui s'exprime dans le film. Il y a
emphase sur tout, excepté sur ce qui fait vraiment les films". (55)
En somme, "une science culturelle des communications tend à voir le comportement humain
- ou, de façon plus adéquate, l'agir humain - comme un cas d'étude (a text). Notre tâche a
consisté à construire une "lecture" de ce cas d'étude. Le cas d'étude lui-même est une
séquence de symboles - discours, écrit, geste - qui contient des interprétations". (60) "À partir
73
de ces données fugitives et fragmentaires, il nous faut construire une lecture de la situation:
interpréter la signification de ces symboles comme gestes". (61)
Au fond, tenter de comprendre les significations que d'autres ont placées dans telle ou telle
expérience, construire une compréhension véridique de ce qui s'est dit à d'autres moments,
dans d'autres lieux, d'autres façons; donner de l'envergure à la conversation humaine en
essayant de comprendre ce que les autres ont à dire. (61-62)
Par exemple, il nous faut faire de vraies théories de la fiction. Seules les études culturelles
peuvent s'y livrer. Car les humains peuvent créer tellement de réalités. Une forme symbol ique
ne peut parvenir à les contenir toutes entières: scientifiques, religieuses ou esthétiques.
Certaines questions en ressortent, inédites dans les autres approches et très pertinentes pour
les préoccupations religieuses. Par exemple: en quoi des changements technologiques vont
ils affecter ces constructions basées sur l'expérience? En quoi les nouvelles technologies
vont-elles changer les formes de communauté dans lesquelles l'expérience est appréhendée et
vécue? Sous la pression de l'histoire, de la technologie, de la société, qu'est-ce qui est pensé
dorénavant, avec qui, et à qui est-ce communiqué? Comme on le voit, cela va bien au-delà
des conditions psychologiques, sociologiques, politiques ou économiques; on s'approche
alors plutôt des champs esthétiques. Ces derniers seront-ils plus propices à exprimer les
identités et le sens de la vie? (64)
74
Ainsi, il faut comprendre qu'au début les études en communication se sont essayées à
comprendre l'environnement d'un système ou organisme ou d'un pouvoir à maintenir sur le
sujet. C'est en partie fondé. Mais l'approche culturelle est beaucoup plus vaste: "un ensemble
de pratiques, un mode d'activité humaine, un processus grâce auquel la réalité est créée,
maintenue et transformée". (65) Ce qui permet aux humains de fonctionner en produisant et
maintenant une signification au cosmos, à la fois gratifiante esthétiquement et plausible
intellectuellement. "C'est ce genre de théorie de la culture - ou si vous préférez une théorie de
la signification, sémantique ou sémiotique - qui s'avère nécessaire si la culture doit s'extirper
de l'approche du pouvoir ou de l'environnement". (65)
On fera alors face à de multiples réalités, parce qu'on tiendra compte de l'histoire et de la
culture, c'est-à-dire de l'expérience particulière des peuples. Ainsi, les différentes formes
méd iatiques seront vues comme reflétant les goûts des auditoires à travers diverses façons
d'aller chercher leurs expériences. (66) La perception changera constamment selon diverses
modalités: religieuses, esthétiques, scientifiques... "L'art populaire est, tout d'abord, une
expérience" (66).
Alors, les questions deviennent: "Quelle est la signification de l'existence dans le monde des
significations transportées par l'art populaire? Quelle est la relation entre les significations
trouvées dans l'art populaire et dans des formes telles que la science, la religion et le discours
ordinaire? Comment, en ces temps modernes, réussit-on à mouler l'expérience, à l'interpréter
et à la congeler en connaissance et en compréhension?" (67)
Carey, dans une analyse très riche en enseignement nous aide à le comprendre.
2.3.3.2.6. Epistémologie
Les fruits de notre projet auront pour mérite de faire apparaître que l'usage de la
communication pour impulser le développement ne peut consister essentiellement à diffuser
de l'information, de haut (par les émetteurs que sont les leaders politiques ou catholiques) sur
les médias pour en vanter les avantages (mérites pour la population). Une telle approche était
surtout liée à la compréhension du développement comme un processus assez mécanique
d'accroissement des richesses et de diffusion des connaissances et des techniques ne tenant
75
pas compte des réalités sociales. Notre démarche cherche à réfuter les théories persuasives,
telles les stimuli réponses qui étaient dominantes dans les communications des leaders
d'opinion du Bénin. Les limites de cette approche sont évidentes et ses déboires jalonnent le
bilan des expériences entreprises par ces leaders.
Nous démontrerons ensuite que communiquer pour promouvoir le développement consiste à
éveiller la volonté et le potentiel de changement de la communauté en situation. Ceci passe
par une prise de conscience que le développement est un changement personnel voulu et non
imposé ou élaboré par autrui. Au regard des paramètres du développement et du sous
développement que nous avons évoqué, il apparaît que la communication pour le
développement devrait par exemple être au niveau social un outil dans les mains de la
population en situation qui relèvera elle-même les causes, raIsons, modes et
dysfonctionnement à l'origine de ses conditions de vie difficile. Suite à cette identification,
les mécanismes adaptés devraient être identifiés comme solution à ces problèmes. Des
mécanismes similaires destinés à l'évaluation des résultats atteints devraient être également
trouvés.
Au plan économique et spirituel, la même démarche participative devrait permettre de cerner
et d'identifier de meilleurs modes de production, de financement, de gestion et d'épargne.
Cette mobilisation doit avoir pour finalité d'agir sur la saine gestion économique et financière
au niveau local et national. En effet, sans cette capacité des communautés à influencer le
mode d'administration de la richesse produite, le développement intégral local ou national
demeure hypothéqué.
Au demeurant, la communication pour le développement éveille chaque acteur à la place qui
est la sienne de sorte que la mobilisation collective crée suffisamment d'énergie pour
influencer les grands pôles de décisions dans le sens favorable au plus grand nombre. Chaque
acteur est donc situé dans son rôle et demeure en interaction avec les autres.
76
qu'institutionnelles, afin de gérer correctement les ressources internes, mais aussi celles qui
affectent la communauté internationale. Il faudra aussi disposer d'une diplomatie plus
offensive pour participer plus activement aux efforts d'intégration régionale et économique et
apporter la part du Bénin aux efforts de la communauté internationale pour promouvoir un
monde de justice sociale, de paix, de stabilité et de sécurité.
Devant ces exigences, le renforcement de la démocratie dépendra autant de l'aptitude de
chacun à mobiliser la communauté et à créer des solidarités internes en vue d'un
développement endogène et autocentré, que de la capacité de tout à mobiliser des capitaux et
à susciter des solidarités externes. C'est en termes de solidarité et sous le signe d'une
gouvernance sans cesse améliorée que se pose la problématique du développement du Bénin
dans ses rapports avec l'Afrique et la communauté internationale.
Le Bénin doit participer activement au partenariat mondial forcé sur le partage des
responsabilités entre pays riches et pays pauvres. Ce qui lui permettra d'être en 2015, au
rendez-vous du bilan des Objectifs de développement du millénaire (ODM).
L'Homme se trouve sur le chemin qui mène à un développement véritable dans toutes ses
dimensions. Un Homme bien portant, bien éduqué et bien formé. Un Homme, agent
économique, qui tend ses efforts vers la production, la compétence et la qualité.
Toute politique qui ne privilégie pas l'Homme béninois et qui ne Je place au centre des
programmes de développement est vouée à sa perte. Car toutes les couches sociales trouvent
leur compte dans l'exécution de cette politique. Aussi faudra-t-il qu'elles en aient une claire
conscience.
L'idée se répand de plus en plus dans la population béninoise qu'il n'est pas nécessaire d'être
diplômé pour bien gagner sa vie. Or, les hommes politiques du Bénin pensent que seuls des
investissements massifs dans l'éducation et la formation des filles et des fils d'une nation
constituent le socle sur lequel se consolide la démocratie et se construit une économie
moderne.
C'est pourquoi les politiciens du Bénin souhaitent, pour le pays, une société de responsabilité
dans laquelle le rôle moteur des jeunes soit accru, tout en tenant compte de leurs capacités.
Celles-ci s'acquièrent par l'éducation et la formation.
Aujourd'hui, de nombreux jeunes se tournent vers la politique par facilité sans avoir pu se
former sur le plan intellectuel et technique. Dans les vieilles démocraties, ce sont d'abord les
79
pour permettre, non pas de recaser des rejetés du système éducatif, mais d'accueillir des
jeunes qui souhaitent devenir entrepreneurs agricoles.
Plusieurs adultes ont souvent la faiblesse de penser que les jeunes incapables d'évoluer
correctement dans le système d'éducation classique doivent être orientés vers ce type
d'enseignement. Cela doit changer. Les béninois devront les considérer comme les étudiants
en informatique ou d'autres disciplines plus nobles. C'est un devoir sacré de toute la nation
que de donner à l'enseignement technique agricole la place qu'il mérite dans la formation de
la jeunesse.
Une attention particulière doit être également accordée à la scolarisation des jeunes filles. Il
faudra selon la politique de certains partis politiques élaborer les meilleures stratégies pour
combler l'écart qui sépare les garçons des filles en termes d'accès à une éducation de qualité.
C'est une exigence de bonne gouvernance, mais aussi d'équité. La promotion des femmes est
un impératif de développement. Elle répond à la nécessité de donner un contenu réel à la
notion de famille. Il s'agit moins de faire du féminisme que de construire un modèle de
société dans laquelle la complémentarité de 1'homme et de la femme soit une réalité, dans le
ménage, dans les serVIces, dans les entreprises et dans nos institutions.
Pour ce faire, les programmes de formation, d'alphabétisation et de post-alphabétisation
doivent accorder aux femmes une priorité absolue. En cas de besoin, il faut recourir à la
discrimination positive pour donner aux femmes la possibilité d'accéder à des responsabilités
leur permettant de mettre au service de tous leurs talents, leurs compétences, leur savoir-faire.
Le rôle de la femme dans la vie pol itique du Bénin mérite aussi plus d'attention. Les rares
femmes qui se sont occupées de la gestion de la chose publique, de l'avis générale se sont
acquittées de leur mission avec dignité et efficacité. Il va falloir leur faire confiance en leur
accordant davantage de place dans les institutions politiques et économiques. Il y va de
l'avenir du pays. Pour que celui-ci connaisse une croissance économique durable et soit
compétitif sur le plan international, l'effort ne doit pas se limiter à la généralisation de
l'éducation primaire. Des mesures doivent être prises pour inciter le secteur privé à investir
massivement dans l'enseignement supérieur.
La mobilisation des ressources privées permet en effet de donner un appui important aux
moyens limités de l'État. Mais c'est toujours l'individu le premier moteur et acteur de
développement.
,
DEUXIEME PARTIE:
MÉTHODOLOGIE DE TRAVAIL.
CHAPITRE 3 :
LA MÉTHODE
3. 1 Méthodologie
48
Leader charismatique et berger national du groupe Renouveau Charismatique du Bénin.
83
C'est pour colmater les brèches de l'historicité de la lecture des messages transmis par les
hommes que la lecture et la réception de la littérature sont aussi productives de sens: on ne
fait plus politiques ou religieux, que les théories de la réception active proposent une
approche relationnelle où le tiers-état - lecteur/public - serait la pierre angulaire d'une
nouvelle perspective communicationnelle de la lecture des faits. Autrement dit, nous
constatons depuis peu l'économie de la triade AUTEUR-TEXTE-LECTEUR. On constate
l'importance du destinataire pour l'histoire de la littérature. Effectivement, sans lecteur le
texte n'existe pas. C'est l'actualisation du texte par la lecture qui lui permet d'entrer dans
J'histoire, de jouer un rôle, de se socialiser.
49Selon les derniers recensements qui ont eu lieu en 200 l, près de 97% de la population béninoise
recensée déclarent croire en l'existence d'un être suprême (Dieu).
84
Ainsi, les fruits de notre projet auront pour mérite de faire apparaître que l'usage de la
communication pour impulser le développement ne peut pas consister essentiellement à
diffuser de l'information, de haut, sur les médias pour en vanter les avantages (mérites). Une
telle approche était surtout liée à la compréhension du développement comme un processus
assez mécanique d'accroissement des richesses et de diffusion des connaissances et des
techniques ne tenant pas compte des réalités sociales et existentielles. Notre démarche
cherche à réfuter un tant soit peu certains types de théories persuasives, telles les
stimuli/réponses qui étaient dominantes dans les communications des leaders d'opinion du
Bénin. Les limites de cette approche sont évidentes et ses déboires jalonnent le bilan des
expériences entreprises par ces leaders. Nous démontrerons que communiquer pour
promouvoir le développement consiste à éveiller la volonté et le potentiel de changement de
la communauté en situation. Ceci passe par une prise de conscience que le développement est
un changement personnel voulu et non imposé ou élaboré par autrui. Il est aussi un processus
endogène lié aux communautés, à la culture et à la religion. Au regard des paramètres du
développement et du sous- développement que nous avons évoqués, il apparaît que la
communication pour le développement devrait par exemple être au niveau social un outil
dans les mains de la population en situation qui relèvera elle-même les causes, raisons, modes
et dysfonctionnement à l'origine de ses conditions de vie difficile. Suite à cette identification,
les mécanismes adaptés devraient être identifiés comme solution à ces problèmes. Des
mécanismes similaires destinés à l'évaluation des résultats atteints devraient être également
trouvés.
Au plan économique et spirituel, la même démarche participative devrait permettre de cerner
et d'identifier de meilleurs modes de production, de financement, de gestion et d'épargne.
Cette mobilisation doit avoir pour finalité d'agir sur la saine gestion économique et
financière au niveau local et national. En effet, sans cette capacité des communautés à
influencer le mode d'administration de la richesse produite, le développement intégral local
ou national demeure hypothéqué.
Certaines méthodes de financement ou d'auto-financement crées par les communautés elles
mêmes peuvent être optimisées.
Au demeurant, la communication pour le développement éveille chaque acteur à la place qui
est la sienne de sorte que la mobilisation collective crée suffisamment d'énergie pour
85
influencer les grands pôles de décisions dans le sens favorable au plus grand nombre. Chaque
acteur est situé dans son rôle tout en demeurant en interaction avec les autres.
Comme nous ('avons déjà évoqué, l'objet de notre recherche a été très peu étudié et il n'existe
pas, à notre connaissance, de théories qui nous permettraient d'explorer plus à fond les
représentations du public de Cotonou de leur droit de parole et de discussion sur les questions
de développement. D'où notre obligation de faire appel à la synergie d'approches. Il s'agit
donc pour nous d'une recherche exploratoire de type interprétatif. En effet, les travaux qui
existent cherchent à apporter un éclairage sur le regard que portent les publics sur leur propre
socialisation 5o (1997), ou à connaître la représentation sociale des droits humains à la parole
chez les adultes et les jeunes adultes (Clémence et al. 1995; Herrera, 1996). Mais, souvent ces
recherches visent à établir des liens entre la perception des étudiants et des variables telles
que le sexe, le statut socio-économique des parents, l'origine ethnique, etc.
Notre démarche exploratoire n'est pas synonyme de méthode qualitative, comme l'usage
courant peut le laisser entendre. Il nous semble cependant juste de dire que les méthodes
qualitatives conviennent particulièrement aux explorations qui se donnent comme but de
générer des hypothèses en vue de construire une théorie (Cournoyer, 1986, p. 37). Le choix
d'une méthode de type qualitatif correspond par ailleurs aux fondements philosophiques et
épistémologiques sur lesquels nous fondons notre démarche et renvoie à l'axiologie qui sous
tend l'ensemble de notre recherche. Comme nous l'avons déjà mentionné, dans la perspective
que nous privilégions, les connaissances ne sont plus considérées comme des «théories»
rendant compte d'un «réel» existant en dehors de celui ou celle qui les produit. Nous serons
donc amené à «reconnaître» notre subjectivité afin de la prendre en compte au moment de
l'analyse des données. Cette orientation épistémologique nous conduira, d'autre part, à utiliser
une méthode qui place le sujet dans l'univers social et physique dans lequel il évolue. Ainsi,
la recherche qualitative nous semble convenir davantage à l'objet de notre recherche que la
recherche quantitative qui vise plus les résultats quantifiables et mesurables que le processus.
De plus, la prise en compte des notions contextuelles et la reconnaissance de la subjectivité
nOlis paraissent essentielles dans le cadre d'une recherche sur les représentations. Nous même
ne sommes donc plus extérieur à notre objet de recherche, lequel recouvre, avec une telle
approche, notre statut de sujet-acteur.
Cette place accordée à tout acteur de développement, ne doit pas faire oublier que celui-ci vit
dans un environnement social. Les fidèles et les paltisans politiques dont nous cherchons à
comprendre les représentations qu'ils ont de leur droit aux débats pOltant sur le
développement évoluent dans plusieurs sphères: la famille, l'école, le qualtier, les pairs, etc ...
Cela nous conduit à envisager la collecte de données SOllS un angle écosystémique. Cette
approche -qui conduit à prendre en considération les différents milieux dans lesquels
évoluent les fidèles catholiques et les partisans politiques et qui envisage la problématique
sous plusieurs angles - correspond, au plan théorique, à un modèle comprenant quatre sous
systèmes (Boutin, 1996, p. 13 8). Dans le cadre de notre recherche, ces sous-systèmes se
définiraient comme suit:
Pour reprendre la catégorisation proposée par Van der Maren (1995), on peut considérer que
l'enjeu principal de notre démarche est avant tout nomothétique (faire avancer la
connaissance).
SI
Il s'agit ici de tout public qui reçoit le message politique ou catholique.
87
Dans notre recherche, les différentes techniques, outils et méthodes de recherche que nous
avons utilisées sont:
3.2.1 Le dictionnaire:
C'est un moteur et un outil de recherche qui nous sert parfois d'annuaire ou de méta
moteurs. 11 constitue aussi un document d'information et de recherche d'information. Le
dictionjaire est un outil de recherche qui nous donne des listes et des répertoires utiles de
vocabulaire. Il s'agit:
• Du dictionnaire Quillet de la Langue Française;
52
• Du dictionnaire Universel et de l'encyclopédie Catholique pour tous: The0 ;
52
Édition Droguet et Ardant Fayard. Paris 1992.
88
3.2.2.1 L'entretien
Compte tenu de l'objet de notre recherche, nous avons procédé à des entretiens ind ividuels
centrés sur le dialogue et au cours desquels le degré de liberté de l'interviewé est cependant
circonscrit par un cadre préétabli (questionnaire). Même si des thèmes seront préalablement
retenus, ce sont les idées exprimées par les fidèles catholiques, les non catholiques et les
partisans de partis politiques qui permettront de structurer les entretiens. Les questions sont
donc ouvertes et l'entretien non standardisé (ou non planifié). Par ailleurs, comme nous
l'avons mentionné, la prise en compte de la subjectivité du chercheur que nous sommes, nous
amène à envisager l'entretien sous l'angle d'une construction par l'interaction dans laquelle
l'interviewé joue un rôle actif. Ce type d'entretien, qu'on peut qualifier de constructiviste,
permet de faire émerger des éléments dont la personne n'est pas toujours consciente. D'autre
part, J'écoute active de l'interviewé nous a procuré l'avantage de susciter la motivation de ces
personnes qui sont généralement reléguées au rang de simple récepteur passif ou de simple
exécutant; ce que ne permet pas le questionnaire classique qui, en quelque sorte, rappelle un
examen.
• Il crée une ambiance très favorable à l'expression chez les interviewés, qui se sentent
moins identifiés individuellement et, de ce fait, expriment leurs idées sans se préoccuper de
censurer les émotions qui les accompagnent;
• Cette technique offre également l'avantage de vérifier immédiatement l'information
dans la mesure où les destinataires des messages (politiques et religieux) se corrigent entre
eux sur les faits qu'ils relatent;
• Se sentant plus forts en groupe, les fidèles catholiques ou les partisans des grands
partis politiques risquent d'aller plus loin dans leur critique qu'en entretien individuel;
• L'influence des leaders naturels risque d'orienter le discours et de polariser les
interventions autour des leurs.
Pour palier à cela, nous avons envisagé de mettre dans le focus groupe des gens que nous
aurons préalablement interviewés. II s'agit aussi pour nous, au moment de l'interview,
d'identifier les leaders et le type d'influence qu'ils exercent dans le groupe et de prendre en
compte ces éléments au moment de l'analyse des données.
Nous avons conduit les entretiens dans les locaux de la paroisse et au siége des partis ou
simplement sur les places publiques, lieux de rencontre mis à la disposition des populations
dans certains quartiers de la ville de Cotonou. Au plan de la validité, le fait d'interviewer les
récepteurs dans un lieu qu'ils fréquentent sur une base volontaire réduit les risques
d'influence indue. En effet, n'étant pas dans le contexte eucharistique ou de meetings
politiques, ces récepteurs auront moins tendance à répondre à ce qu'ils pensent et à qu'on
90
attend d'eux. Il va de soi que ces éléments devront être considérés au moment de l'analyse.
Faire les entretiens dans ces lieux est aussi un choix personnel et optionnel.
Pour avoir une vision aussi large que possible des représentations des récepteurs des discours
catholiques ou politiques, nous avons également recueilli des données auprès des autorités
ecclésiales et politiques. Pour ce faire, nous avons recours à des techniques complémentaires
au nombre desquelles nous avons inclus des rencontres informelles avec nos confrères curés
de paroisses et des responsables de grands partis politiques: La RB (Renaissance du Bénin),
le PRD (Parti du Renouveau Démocratique), le MADEP (Mouvement Africain pour la
Démocratie et le Progrès) et le PSD (Parti Social Démocrate). La triangulation ou
confrontation des données recueillies à partir de plusieurs techniques représente, par ailleurs,
une procédure de validation instrumentale et de validation théorique (Boutin, G., non daté, p.
50). À ce sujet, nous comptons soumettre notre interprétation des données à des chercheurs
extérieurs de même qu'aux sujets interrogés.
L'étude multi-cas (deux milieux différents: Église et Siège des Partis politiques) nous semble
être le plan de recherche le plus adapté à l'objet de notre recherche. Il s'agit, en effet, d'étudier
de l'intérieur un phénomène de vie dans un contexte donné et de réunir des informations
«aussi nombreuses et aussi détaillées que possible en vue de saisir la totalité d'une situation.
C'est pourquoi elle [l'étude de cas] recourt à des techniques de collectes des informations
variées (observations, interviews, documents)>> (De Bruynes et al. cité par Boutin G. non
daté, p. 112). L'étude de cas correspond, par ailleurs, au mode d'investigation le plus ouvert
et, par conséquent, le moins contrôlable. La difficulté que représente cet aspect lié à
l'ouverture ne nous semble pas insurmontable dans la mesure où nous connaissons les
caractéristiques des fidèles laïcs et le contexte aussi bien ecclésial que politique.
Les techniques que nous avons retenues pour réaliser cette recherche correspondent à l'angle
écosystémique par lequel nous abordons la question; elles sont en lien direct avec notre début
d'analyse de faisabilité. Ce choix correspond également à la façon de nous situer en tant que
chercheur. Ainsi que nous l'avons déjà souligné, nous estimons qu'il est vain d'essayer de
91
Nous avons fait deux entretiens exploratoires avec des récepteurs qui ne sont ni chrétiens
catholiques ni impliqués dans la vie politique mais qui sont de vrais acteurs économiques à
Cotonou. Cette méthode devrait nous permettre de dégager les thèmes qui serviront de cadre
aux interviews. Nous nous servirons du logiciel SPSS et surtout de l'écuyer et de son
approche développementale pour l'analyse de contenu. Cette deuxième méthode d'analyse de
contenu qui s'applique à l'étude d'un phénomène est, nous dit "auteur, «suffisamment souple
pour se prêter à l'étude de réalités elles-mêmes changeantes» (L'écuyer, R. 1989, p.53). Cette
méthode, qui comprend six étapes, commence par une première lecture de tout le matériel et
l'établissement d'une liste d'énoncés. Une fois les unités de classification (codification)
choisies et définies, il s'agira de catégoriser. Dans notre cas, les catégories seront en partie
induites et en partie prédéterminées: c'est que l'écuyer appelle les catégories objectivées. En
effet, il semble difficile de fixer dès Je départ le sens des mots sans tenir compte du contexte
dans lequel les choses sont dites. Dans un quatrième temps, il s'agira de quantifier les
données selon les catégories retenues avant d'en faire l'analyse quantitative et qualitative
pour, enfin, terminer par l'interprétation des résultats.
Si, dans un premier temps, nous avions pensé nous adresser aux églises et aux partis
politiques pour joindre notre public cible, nos récepteurs, la légendaire lenteur -voire
lourdeur- administrative du système politique, à laquelle s'ajoutent les complexités de notre
92
statut (de prêtre) et les susceptibilités les plus banales nous ont amené à opter pour le réseau
de nos amis et de nos connaissances. Nous sommes conscients que le fait de choisir nous
mêmes les personnes à interviewer comporte aussi bien des risques que des avantages. En
effet, compte tenu de notre implication dans divers lieux de concertation de quartiers et
Église de Cotonou, il est tout à fait pensable et faisable pour nous de conduire en ces lieux
des entretiens. Bien sür, les récepteurs qui ont accepté d'être interviewés sont déjà impliqués
au plan social dans la mesure où ils fréquentent une église catholique, un parti politique, ou
ils sont leaders d'opinion ou alors acteurs de développement. Mais la représentation de
l'espace qui leur est réservé à la place publique, au siège ou à l'église pour qu'ils s'expriment
sera d'autant plus intéressante qu'ils seront en mesure de comparer diverses expériences.
C'est sur des considérations déontologiques que nous conclurons cette partie consacrée à la
description de notre méthodologie. Compte tenu de l'importance que nous accordons au
respect des droits et surtout à la libelié/épanouissement des humains, il nous semble en effet
important de porter une attention particulière aux dimensions éthiques de cette recherche.
Gérald Boutin (1997, p.95-98) nous mentionne plusieurs éléments à considérer et dont nous
avons tenu compte lors de la collecte de données:
• les questions posées à l'interviewé ne doivent en aucun cas le troubler ni nuire à son
développement (ou épanouissement dans sa foi ou dans son parti politique) ;
• le chercheur doit toujours tenir compte en premier lieu des «informants» et «veiller
sur leur honneur, leur dignité et leur intimité»;
• les droits, les intérêts et la sensibilité des «informants» doivent être sauvegardés;
• les buts de la recherche doivent être communiqués au mieux et au plus tôt possible;
• Une dernière règle éthique vise à contrer l'exploitation possible des «informants».
Ces éléments sont par ailleurs pris en compte dans les demandes d'approbation
déontologiques concernant les recherches portant sur des sujets humains.
93
53
M. Grawitz, "Les méthodes et techniques d'étude de documents", in Méthodes des sciences sociales, Paris,
Dalloz, 1986, p. 675-678)
94
3.5.1.1 Le corpus
Le corpus est constitué par de différentes données à analyser:
- Ce qui est difficile à accomplir et ce qui est à améliorer dans la manière de communiquer
Le corpus sera donc de trois types: les résultats des entretiens et des interviews; les résultats
- Cotonou compte environ 1.500.000 habitants et les catholiques sont autour de 71 % c'est à
- Interroger 150 sur 1.500.000 revient à un pourcentage d'une personne pour 10.000.
- Recueillir l'avis de 100 catholiques sur 125 personnes interrogées nous rapproche des 3/5,
3.5.2 L'échantillon
Les échantillons sont de trois ordres et tous représentatifs de la population de Cotonou. Nous
avons fait des croisements significatifs selon le sexe, l'âge, la religion et l'appartenance plus
ou moins à un parti politique.
54 Adrien Houngbedji grand homme politique du Bénin, Adrien Houngbedji est considéré comme un
présidentiable par beaucoup de Béninois. À 33 ans, il fut condamné à mort, pour raison politique, par le
régime du marxiste de Mathieu Kérékou d'alors et n'eut la vie sauve que grâce à une évasion spectaculaire.
Revenu au Bénin grâce à une loi d'amnistie qui a précèdé la Conférence des Forces Vices de la Nation en
Février 1989, il a exercé de grandes responsabilités ... il fût pendant deux exercices présidents de
l'Assemblée Nationale du Bénin, premier ministre de Kérékou sous l'ère du Renouveau Démocratique et est
arrivée par deux fois deuxième aux élections présidentielles. Son dernier livre politique sur Je
développement est intitulé: Il n'y a de Richesse que d'Hommes paru aux éditions de l'Archipel en
Septembre 2005
55 Président de la République du Bénin de 1972 à 1991 et puis de 1996 à 2005.
56 Ancien fonctionnaire de la Banque mondiale, premier ministre élu par consensus à la conférence des
forces vives de la Nation et premier président élu de l'ère démocratique.
99
- de Gaston Zossou, avec son document « Au nom de l'Afrique» paru aux éditions
l'Harmattan en 2000. Ce document a été préfacé par Émile Derlin Zinsou, ancien président
de la République du Bénin que bon nombre de critiques politiques présentent comme le
politicien béninois le plus accompli.
Enfin nous avons considéré les avis de Janvier Yahouedehou 57 et de Béatrice Lalinon
Gbado 58
Il faut dire que la plupart des points de vue exprimés par les évêques du Bénin dans leurs
lettres pastorales sont acceptés et pris en compte par les leaders catholiques dont nous avons
choisi les documents pour analyse. La première partie de cet exposé ne sera donc pas
seulement un exposé du point de vue catholique, mais un exposé des points de vue communs
des leaders catholiques et religieux sur le chemin à parcourir pour atteindre le
développement.
En effet, pour les uns et les autres, l'homme comme être social est engagé dans un réseau de
relations socio-économique, politique et culturelle qui font son épanouissement et qui
l'amène à se développer et à développer son environnement. Toutefois ces rapports sont
parfois viciés par J'injustice, l'inégalité, l'intérêt personnel, la haine, causes de l'émergence
des foyers de tensions, de conflits et de guerre. Cette situation compromet dangereusement la
paix sans laquelle il ne peut avoir développement intégral
Restée longtemps muette devant les questions de société, l'Église du Bénin, à la suite de la
mémorable Encyclique Rerum Novarum du Pape Léon XIII, de même que les leaders
politiques du Bénin, que nous avons étudiés prennent conscience de leur devoir
d'engagement social pour défendre la dignité de la personne humaine et sauvegarder la paix
et le développement. Pour ce faire, ils ont élaboré un enseignement social, une doctrine où ils
mettent l'accent sur la charité, le sacrifice de soi, la valorisation de la nature humaine et la
justice ainsi que sur les obligations pour garantir et favoriser la paix pouvant conduire au
développement.
l'Homme à faire le bien et à éviter le mal. Le Pape Pie XII définit la loi naturelle comme le
fondement sur lequel repose la doctrine sociale de l'Église.
La doctrine sociale de l'Église tire son origine de la rencontre du message évangélique et de
ses exigences éthiques avec les problèmes sociaux. La révélation confirme, approfondit et
dépasse la loi naturelle. Elle nous apprend que la personne humaine est dotée d'une dignité
du fait qu'elle est créée à l'image et la à ressemblance de Dieu. (Cf. livre de la Genèse. 1,27).
Le Pape Jean Paul II renchérit dans Evangelium Vitae: « L 'homme est dans le monde une
manifestation de Dieu, un signe de sa personne, une trace de sa gloire. Cette dignité de
l'homme n'est pas seulement liée à ses origines, au fait qu'il vient de Dieu, mais aussi à sa
fin, à sa destinée qui est d'être en communion avec Dieu». Cette vérité doit susciter en
['Homme le désir de travailler dans l'espérance du ciel, d'informer et de dynamiser son agir
moral.
Par ailleurs, par le précepte divin: « Dominez la terre et soumettez-la» (Genèse. 1,28),
l'homme a reçu le pouvoir de disposer des biens de la nature pour son épanouissement. Mais
pour atteindre sa finalité, la gestion des biens doit se faire dans la justice, la charité et la paix;
ce sera l'enseignement constant et pressant des prophètes Amos, Osée, Ezéckiel et Jérémie,
qui ont dénoncé l'injustice, proclamé le droit du pauvre, du faible et du petit; et ont prêché la
justice. Dans leur enseignement, amour et vérité se rencontrent, justice et paix s'embrassent,
selon la belle expression du Ps 85, Il.
Quant à la Nouvelle Alliance, elle porte l'ancienne alliance à sa perfection notamment par le
commandement nouveau: « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». Dans
son discours sur la montagne (Mt 5), Jésus reprend et confirme le précepte de justice, et
donne la loi nouvelle de la charité qui doit animer toutes les vertus. Dans l'Evangile, on
trouve aussi un enseignement sur la richesse et la pauvreté, l'usage des biens matériels et leur
destination à tous les hommes.
Cyprien; les pères cappadociens; Saint Augustin et, pour l'époque scolastique, Saint
Thomas dont la pensée a influencé tout l'enseignement social de l'Église jusqu'à nos jours.
D'abord comme éducatrice des consciences, l'Église doit conduire les hommes à leur
S9« Comme le Prophète Élie, laissant son manteau à Élisée» in Raymond Goudjo, « Discours social des
Évêques du Bénin de 1960 à 2000» les éditions du Flamboyant, Cotonou 2000. Pg. 15 ss.
60 « Peuple Béninois, souviens-toi et relève ton pays» les Éditions Catholiques du Bénin,
Décembre 2005.
103
politique et sociaux. C'est en accomplissant leurs devoirs envers Dieu et leur devoir d'état
que les hommes sont sauvés par la grâce de Jésus-Christ.
Ensuite, comme gardienne de la loi morale, l'Église veille à ce que l'ordre socio-économique
et politique ne viole pas la loi morale. Et que l'ordre temporel ne constitue pas un obstacle à
la destinée suprême de la personne humaine.
Enfin, comme corps mystique du Christ, l'Église a pour miSSion de rassembler tous les
hommes quelles que soient leur race, langue, mentalité, classe sociale, dans l'unité du Christ.
Pour cela, la doctrine sociale de l'Église dénonce les mouvements d'idées ou d'actions qui
s'opposent à la réalisation de ce plan d'amour de Dieu sur les hommes. Ainsi, elle a
condamné la voie du marxisme léninisme et la révolution marxiste qui a été choisie par le
gouvernement béninois de 1972 à 1989. Cf. «Convertissez-vous et le Bénin vivra »61 cette
lettre fait échos et rappelle l'Encyclique Mit brenender Sarge de Pie XI condamnant le
nazisme; ainsi que le communisme par l'encyclique « Divini Redemptoris » en 1931.
Trois événements majeurs ont souvent conduit la conférence épiscopale à élaborer une
doctrine sociale:
* les changements techniques, économiques et politiques du siècle qUI provoquent des
bouleversements dans la vie des individus, des familles et de la société.
* Le développement rapide de la socialisation, de l'indépendance et de la solidarité entre les
hommes.
* La prise de conscience aiguë de la dignité de 1'homme, de ses aspirations, de son bien être,
de ses devoirs dans la société vis-à-vis des plus déshérités, en vue d'une répartition plus
équitable des biens de la terre.
61
Lettre pastorale des évêques du Bénin pour le carême de l'an de Grâce, 1989.
104
Pour bien accomplir cette mission, la doctrine sociale de l'Église s'appuie sur des principes
de jugement et des valeurs fondamentales qui restent permanents, malgré la variation des
L'homme est un sujet de droits qu'il tient de Dieu; au plan social, il est surtout question du
La doctrine sociale de l'Église s'appuie aussi sur trois principes: du bien commun, de la
solidarité et de la subsidiarité.
ne sont pas souvent respectées par les systèmes socio-économiques qUI, bien souvent,
génèrent de graves et profondes inégalités.
apparaît comme une parole d'humanité au cœur des systèmes économiques et politique,
Pour mieux saisir son importance, examinons d'abord ces systèmes économiques.
* Quadragesimo Anno (15 mai 1931) de Pie XI, rejette l'usage de la force, de l'économisme
(impérialisme économique) et le matérialisme prônés dans le communisme.
* Divini Redemptoris (19 mars 1937) de Pie XI condamne le communisme bolchevick et
athée.
Au total aussi bien le capitalisme que le socialisme amoindrissent l'homme. Face à leurs
dérives déshumanisantes, la conférence épiscopale du Bénin ne propose aucun système
intermédiaire. Elle rappelle tout simplement quelques principes qui doivent caractériser un
bon système économique.
En somme, l'Église ne prend parti ni pour l'un ou pour l'autre système. Tout en reconnaissant
leurs valeurs respectives, elle condamne les abus auxquels ils conduisent.
4.1.4.1. La justice
* La justice commutative: échange de droits et de devoirs fondé sur l'égalité des personnes.
Elle part des individus et règle leurs rapports: "je te donne pour que tu me donnes à ton
tour" .
* La justice distributive: elle attribue à chacun ce qui lui revient. Elle part de la communauté
et règle ses rapports avec les citoyens selon le principe d'une réparation des avantages
sociaux.
* La justice légale: elle amène les législateurs à faire des lois favorables au bien commun et
impose aux citoyens d'y obéir.
* La justice sociale coïncide avec la justice légale, lorsqu'elle s'exprime dans des lois
sociales faites par J'État en vue du bien commun. Mais elle la dépasse en ce qu'elle vise
l'instauration d'un ordre social qui appelle le concours de tourtes les institutions.
4.1.4.2. La charité.
La charité est un mot spécifique au christianisme, elle signifie amour, agapè. C'est l'amour
de Dieu accueilli par J'homme.
** Clément d'Alexandrie dans Qui dives salvetur souligne que le riche, pour être sauvé, doit
distribuer son superflu aux pauvres plutôt que de les dilapider dans la débauche.
** Les homélies et les lettres pastorales des évêques du Bénin s'inspirent de Saint Basile; ils
se basent sur le partage des richesses qui représentent à leurs yeux une pierre précieuse dans
En définitive, la charité dépasse lajustice. Car le résumé de toute loi, c'est l'amour. A la suite
de St Paul, des théologiens ont montré que la charité est la plus grande de toutes les vertus.
Pour les mystiques et les saints, la charité est le fondement de la prière et la relation avec
Dieu et les hommes: « La charité seule fait la perfection» a écrit St François d'Assise.
Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus pour sa part déclare: « Dieu se fait pauvre afin que nous
puissions lui faire la charité ».
doctrine sociale de l'Église affirme que la guerre est intrinsèquement mauvaise et immorale,
totalement inhumaine. D'où la nécessité de cultiver la paix et de rechercher tout ce qui
favorise et contribue à l'édification des hommes (Rm 14, 13).
ressemblance de Dieu. Mais aussi et surtout l'égalité fondamentale de tous les hommes.
de vivre l'Evangile et de le traduire dans tous les aspects de leurs activités sociales,
économiques et politiques par le témoignage d'une vie rayonnante de foi, d'espérance et de
charité. Leur situation de « citoyen du ciel» ne doit pas les amener à se désintéresser des
tâches présentes. Car l'espérance eschatologique ne diminue pas l'importance des tâches
terrestres mais soutient plutôt leur accomplissement par de nouveaux motifs (GS nO 21). D'où
l'impérieuse nécessité d'une vie de justice et de charité et l'obligation de construire une
humanité où rayonne la paix. Le partage entre riches et pauvres est une exigence même de la
destination universelle des biens de la terre à tous les hommes. Pour bâtir la paix, la toute
première condition réside dans l'élimination des causes de discordes entre les hommes car
elles nourrissent les guerres à commencer par les injustices. Nombre de celles-ci proviennent
d'excessives inégalités d'ordre économique, ainsi que du retard à y apporter les remèdes
nécessaires. D'autres naissent de l'esprit de domination, du mépris des personnes et, si nous
allons aux causes profondes, de l'envie, de la méfiance, de l'orgueil et des autres passions
égoïstes. « Comme l'homme ne peut supporter tant de désordres, il s'ensuit que le monde,
même lorsqu'il ne connaît pas les atrocités de la guerre, n'est pas moins continuellement
agité par des rivalités et des actes de violences» GS n083.
Face à la communication, les évêques du Bénin épousent entièrement la ligne tracée par le
concile Vatican II dans le décret sur les moyens de communication sociale "inter mirifica"
Ils réaffirment que « Parmi les merveilleuses découvertes techniques qu'avec l'aide de Dieu, le génie
de l'homme a tiré de la création, à notre époque surtout, l'Eglise accueille et suit avec une sollicitude
toute maternelle celles qui, plus directement, touchent les facultés spirituelles de l'homme et offrent
des possibilités élargies de communiquer très facilement des nouvelles de tout genre, des idées et des
orientations. Or parmi ces découvertes, il faut assigner une place singulière aux moyens qui, de par
leur nature, sont aptes à atteindre et à influencer non seulement les individus, mais encore les masses
comme telles, et jusqu'à J'humanité tout entière. Tel est le cas de la presse, du cinéma, de la radio, de la
télévision et d'autres techniques de même nature. Aussi bien peut-on les appeler à juste titre moyens de
communication sociale».62
62 ConciJe Vatican Il « Décret sur les moyens de communication sociale "inter mirifica" »
Paragraphe 1
116
• Avoir la probité dans la gestion des affaires publiques et une dynamique nouvelle de
développement;
• Avoir la conviction que la réussite d'une politique se mesure d'abord et toujours à
son impact sur le niveau de vie des hommes et des femmes;
• Avoir la conviction que le progrès passe par toute capacité à produire davantage de
richesses;
• Diversifier les cultures pour satisfaire la demande intérieure, mais aussi pour saisir
toutes les opportunités offertes par le marché sous-régional et le marché international;
63À lui seul Kérékou fut président de la République du Bénin 27 années durant. 17 ans comme dictateur et
10 ans (Avril 1996 à Avril 2006) comme président démocratiquement élu.
117
Tels sont, les grands axes de leur programme de gouvernement pour la période quinquennale
2006-20 Il. Les actions contenues dans ce programme de gouvernement vont concourir à la
promotion des jeunes et des femmes, l'émergence d'une véritable administration publique de
développement au service d'un secteur privé actif, à la création d'emplois et à l'expression
d'un formidable élan de solidarité pour l'intégration des couches défavorisées dans le circuit
de production.
Tous ceux qui acceptent ces programmes, partagent l'ambition de faire du Bénin un pays
moderne, de mieux-être accessible à tous. Les questions auxquelles il faudra répondre:
• Tous les enfants vont-ils à l'école et dans de bonnes écoles?
• Les malades sont-ils tous soignés dans des centres de santé dont les normes de
répartition et de prestation correspondent au moins aux minima exigés par les instances
internationales?
• Les milliers de jeunes qui arrivent chaque année sur le marché du travail y trouvent-
ils un emploi ou un auto emploi?
• La femme béninoise, si entreprenante, rompue à la tâche, a-t-elle accès aux crédits et
aux financements qui lui permettent de jouer son rôle économique et social?
• L'eau potable est-elle accessible à tous?
• L'air que nous respirons est-il pur?
• Nos quartiers de ville, nos villages, nos routes, sont-ils des lieux sûrs?
• L'habitat est-il décent pour tous?
• Avons-nous donné la bonne place au sport, aux loisirs, aux arts, à la culture ... ?
• Nos routes, pistes, ponts, aéroports, ports, télécommunications, réseaux
informatiques, bref, nos infrastructures sont-elles de qualité?
Tous les leaders politiques veulent former un gouvernement qui peut répondre « oui» à ces
questions. Toutefois, est-ce vraiment ce qu'il faut pour le développement du Bénin?
Combien de béninois sont au courant de ces propositions? Quel est leur avis? Et quelle est la
place qu'ils occupent dans ces plans d'actions? Le questionnaire nous aidera à répondre à ces
questions. Ces deux données documentaires nous ont servi à établir nos questionnaires dont
voici les résultats.
119
4.3 Le questionnaire.
Nous avons interviewé trois catégories de personnes et donc élaboré trois différents types de
questionnaires. Le premier s'adressait aux responsables à divers niveaux de la hiérarchie
catholique; le second aux chrétiens catholiques ayant une responsabilité dans la société civile
et le troisième à des non catholiques militant ou/et responsables d'un parti politique. Le
nombre de personnes interviewées est en lien avec le type de population que constitue la
ville de Cotonou.
Les trois types de questionnaire se trouvent à la page annexe de ce document.
Selon la CENA, il y a au Bénin 4 021 626 individu âgés de 18 ans et plus. Parmi eux 413
2. Elle possède à elle seule plus de 10,28% des individus âgés de 18 ans et plus.
4. En décidant d'interroger 150 personnes, notre objectifs est d'atteindre au moins 125
6. L'espérance de vie des femmes est de 56,2 et de 51,3 pour les hommes. Les femmes
serait alors judicieux d'interviewer 65 personnes de sexe féminin contre 60 personnes de sexe
masculin. La première objection est qu'au Bénin comme en Afrique, les femmes, étant donné
semblent pas encore avoir une grande influence sur les questions relatives au Développement.
Ce qui est certes vrai, mais nous garderons comme tel notre échantillon étant donné qu'au
121
niveau religieux les femmes sont pJus impliquées et jouent un grand rôle dans le secteur
informel, principal employeur de la main d'œuvre active du Bénin.
• La religion
En général les religions au Bénin se répartissent comme suit (cf.www.izf.net):
Animismes : 61 %; Catholicisme: J9 %; Islamisme: 15 %; Protestantisme: 3%
Autres: 2% Toutefois deux observations s'imposent:
D'abord le syncrétisme fait qu'au Bénin la plupart des animistes se retrouvent chez les
catholiques, les protestants et les musulmans. De plus, le christianisme et surtout le
catholicisme est majoritaire dans les grandes villes du sud et du centre du Bénin. A
Cotonou, une enquête réalisée par des étudiants de l'ENA donne cette répartition:
Catholique: 40%; Musulmans 15%; Protestants 14%; Eglises évangéliques 9%;
Animistes 12 %; Agnostiques et clubs de réflexion: 10%. On peut donc dire qu'en
majorité il y a: 40% de catholiques et 60% de non-catholique dont les J2% d'animistes
(sympathisants catholiques ou même carrément syncrétistes). Nous sommes donc permis
d'interviewer 62 dits catholiques et 63 non-catholiques. Il J6 paroisses à Cotonou avec en
moyenne trois prêtres par paroisse (nous comptons ici les prêtres qui travaiJlent dans les
instituts et qui desservent à J'occasion les paroisses). Nous avons pris l'option
d'interviewer au moins un prêtre par paroisse ou regroupement paroissial. Les 125
personnes interviewées sont réparties alors de cette manière. Il y a une soixantaine
d'associations regroupées entre les aumôneries, les services diocésains et le
développement Caritas et Santé. Nous avons alors sur les 62 catholiques interviewés 16
prêtres et 46 catholiques réparties plus ou moins dans les institutions diocésaines et
venant en même temps de différentes paroisses. Parmi ceux-ci, il ya bien sûr les religieux et
religieuses. Les prêtres sont choisis compte tenu du fait qu'ils sont sur les paroisses et rencontrent
le plus de fidèles catholiques et sont aussi le lien entre l'Autorité diocésaine et les fidèles. Au
total neuf religieux et religieuses sont choisis compte tenu de leur implication plus ou
moins dans les institutions diocésaines. Les critères de sélection sont relatifs à
l'appartenance ou non à la religion catholique, le sexe et les fonctions exercées dans la
cité. En ce qui concerne les critère politique, il faut dire que la totalité des personnes
interviewées ont été sélectionnées parmi les citoyens ayant choisi d'aller voter et qui se
sont donc enregistrés sur la liste électorale de la CENA
122
Prêtres 16
Responsable associations 6
Hommes Religieux 3
Cadres civils 2
Cadres politiques 2
Total hommes 29
Catholiques
29
Religieuses 13
Cadres civils 5
Femmes
Cadres politiques 2
Commerçantes 13
Total femmes 33 33
Total catholiques 62
Imams 9
Cadres civils 6
Hommes Chefs de partis politiques 3
Chefs entreprises 4
Pasteurs 7
Total hommes 29 29
Non catholiques
Eglises évangéliques 2
Militantes de partis politiques 4
Femmes Animistes 7
Cadres civils 9
Commerçantes 12
Total femmes 34 34
Total non catholiques 63
Commentaires: Majoritairement ce sont les réunions qui dominent et non les nouvelles publications.
Les demandes de dons dépassent encore la réponse ou les annonces concernant leur préoccupation.
L'autre ne semble donc pas être au cœur des préoccupations de ces leaders. Il l'est vraiment à 4%.
donne court à une rivalité entre information donnée par ['autorité (26%) et celle qui est véhiculée par
tes rumeurs (30%).
c groupe/associations 5
d Radio 5
e Lettres circulaires 3
f Autres 4
g Télévision 3
Total 23
Sur tes questions relatives au développement, les annonces dans les groupes semblent mieux
passer que celles qui passent à l'Église. Mais il faut dire que le principal lieu ou canal
d'information n'est désigné et même les responsables ne savent pas toujours où s'informer.
b Responsables associations 7
c associations elles-mêmes 3
d catholiques et non catholiques 3
Total 23
Commentaires: Le message de la hiérarchie (74%) est souvent adressé aux fidèles en
général et aux associations en particulier.
125
Commentaire: Les rumeurs sont à 36% le moyen de recevoir les feed-back des
communications faites par la hiérarchie. Il n'y a donc pas une stratégie programmée pour
obtenir le feed-back de leur communication. Ce sont les rumeurs qui permettent aux pasteurs
de savoir si oui ou non leurs fidèles ont compris, accepté ou rejeté leur message. Les fidèles
n'osent même pas parler directement même quand on leur pose la question.
a Sacrements 5
b les heures des célébrations 3
e Des conseils 1
f Des biens matériels 1
g Autres 2
Total 23
Commentaires: Il faut dire que 17% (e, f, g) seulement des demandes adressées par les
fidèles à la hiérarchie de l'Église ont un lien avec leur vie sociale dans la cité. Sinon dans la
plupart des cas, 83% de leurs attentes vis-à-vis de l'Eglise sont liées à leur vie spirituelle.
Toutefois, lorsqu'on leur demandera de dire s'il y a un lien entre la religion, la politique et le
développement la réponse sera franchement positive chez la majorité des personnes
interviewées.
a spiritualité (strictement) 4
b développement (strictement) 7
c spiritualité et développement 12
Total 23
Total 23
Commentaire: Pour 91 % des personnes interviewées il n'y a aucun doute qu'il existe un
lien entre politique et religion et que ce lien est évident.
A Donner (positive) 2
B Charitas 16
Commentaires: À 69% les personnes qui demandent de l'aide sociale sont envoyées à la
charitas. Cela va sans dire que les problèmes sociaux ne sont pas forcément traités par la
hiérarchie. C'est peut-être à ce niveau qu'il devrait avoir une implication plus évidente de la
hiérarchie sans oublier que leur rôle principal est de s'occuper de l'éducation sans âmes. Mais
c'est ici le lieu d'application de la doctrine sociale sur le développement.
128
a Radio immaculée 9
b Radio Nationale 2
c Autre Radio 1
d Personnellement 1
e Doyenné 2
g Le bouche à oreilles 3
h autres agents. 1
1 autres moyens 1
Total 23
Commentaire: La Radio Immaculée demeure le premier canal de communication selon les personnes
interviewées. Mais si l'on considère les résultats du tableau 02 qui révèlent que les annonces faites par
la hiérarchie elle-même rivalisent avec celles qui sont véhiculées par les rumeurs, on est en droit de
s'inquiéter que c'est seulement 4% de la hiérarchie qui s'impliquent comme canal d'information.
a Radio Immaculée 4
b Radio Nationale 3
d Doyennés 1
G la bouche à oreille 1
e autres agents 1
F télévision 11
Total 23
Commentaire: La plupart des personnes interviewées dans la hiérarchie préfèrent donner les
informations par la Télévision qu'elles jugent comme étant le meilleur canal d'information à
129
Cotonou; et pourtant le bouche à oreille semble être, selon la question N*2 du présent
a Économie 7
b Église du Bénin 8
c . Religieux 2
d Faits divers 0
e Sport 0
f Politique 0
g Nouvelles paroisses de Cotonou 6
h Autres 0
Total 23
a Internet 13
b Intranet 8
c Aucun 0
d Les deux 2
Total 23
Commentaire: Les résultats de cette question nous permettent d'affirmer que les personnes
interrogées souhaitent que les informations et les messages de la hiérarchie soient à la portée
de tous. Il s'agit là d'une demande explicite de l'égal accès de tous à ['information.
131
b Eglise du Bénin 8
c Religieux 2
d Faits divers 0
e Sport 0
f Politique 0
Total 23
h Autres 3
Total 23
Commentaire: il semble que le fait d'être modèle et de donner l'exemple doit être le
meilleur moyen ou le meilleur type de communication.
b entre 1 et 3 9
c 4 et plus 3
Total 23
Commentaire: Même si la Radio Immaculée est la plus écoutée par les populations de
Cotonou; même si les émissions catholiques et des leaders catholiques recueillent le meilleur
taux d'audience, il semble que les heures précises des émissions ne sont pas connues. Est-ce à
dire que les personnes interviewées écoutent ces émissions au hasard? ou ne trouvent pas
quelque chose d'autres de mieux ou bien alors c'est seulement la musique religieuse qui les
intéresse ou bien encore, les émissions ne sont pas trop intéressantes et la plupart tout en
restant fidèles à la Radio Immaculée ne sont pas accrochés aux émissions.
133
Commentaire: Pour les leaders il y a un lien évident entre politique et religion catholique.
A Passable 10
B bien 3
C très bien 2
0 Mauvais 5
E sans aVIs 3
Total 23
Commentaire: Pour beaucoup le lien évident d'une collaboration entre l'Église catholique
et la politique n'est pas évidente. Il n'y a pas une appréciation nette de ce rapport. Mais 65%
l'apprécient.
0 faire la synthèse 5
E au cas par cas 4
Total 23
Commentaire: 30% contre 9% des personnes interrogées préfèrent sUivre ce que dit la
hiérarchie en cas de contradiction des messages sur le développement. Cela va sans dire que
les individus donnent plus de crédits aux messages d'ordre spirituel. Les politiciens bien
qu'ils disposent du crédit technique sur les questions économiques ont alors besoin de
l'appui de la hiérarchie catholique pour faire passer certains de leur point de vue. Toutefois, il
faut reconnaître que 30% veulent faire ce qui les arrangent et que chacun de ces personnes
gardent et exercent toujours leur liberté de choix.
A Pas évident 1
B Contradictoire 3
C même chose 5
0 Complémentarité 5
E le discours religieux est supérieur 7
Total 23
Commentaire: Suite à la réponse précédente, il n'est pas étonnant de constater que 30% des
personnes interrogées disent que le discours religieux est supérieur au message politique
135
contre 9% qui trouvent ce discours plus adapté. Mais reconnaissant que ce sont des
développement.
A Oui 17
B non 3
C ne sais pas 3
Total 23
B objecteur de conscience 2
C Sensibilisation 2
D Créativité 2
E Initiative 1
F Autres 6
Total 23
Commentaire: Pour 43% des personnes interrogées le rôle de l'Église est avant tout avant
gardiste. Il ne s'agit pas de prendre la place des économistes encore moins des partis
politiques ou du gouvernement.
136
Dépouillement questionnaire 1. 28 : Ce qui fait la différence entre pays développés et pays sous
développés.
f Autres 1
Total 23
Commentaire: il y a deux conceptions qui se dégagent ici. Pour 35%, des pays sont sous
développés parce que la plupart de leur population n'a pas le minimum, c'est-à-dire ne donne
pas satisfaction à leurs besoins primaires. Pour d'autres, la question du sous-développement
est en lien avec des valeurs aussi bien morales qu'humaines telles que le partage. Il s'agit
surtout du respect de l'autre, de l'environnement, de l'espace et du temps. Le problème du
développement durable est donc bien soulevé.
E Autres 3
Total 23
Commentaire: La paix est le premier synonyme de développement. Les biens matériels et l'amour
viennent en seconde position. Mais seules 22% des personnes interrogées considèrent les biens
matériels comme synonyme de développement. Ainsi, les critères de développement sont aussi
nombreuses que variées.
B trop verbale 5
C trop charitable 5
E Insuffisante 5
..
D mOIl1S Il1C1S1Ve 4
E encore loin de l'objectif 2
Total 23
b pas important. 21
Total 23
Commentaire: Le premier indice de développement est une fois encore la satisfaction des
besoins primaires.
139
b le dominical 3
c Eglise de Cotonou 4
d autres 1
e Ne sait pas. 19
Total 39
Le bouche à oreille 12
les annonces 2
les radios 2
les journaux 11
la Télé 1
Total 39
Commentaire: Dans la pratique, pour les fidèles qui veulent s'informer, le bouche à oreille
et les réunions des associations sont les modes d'information les plus usités. La plupart des
informations et des rumeurs partent de là. D'où l'intérêt pour les leaders de partis politiques
d'utiliser ou de prendre en compte leurs réelles préoccupations à partir de ces réunions des
associations. Il serait aussi bien de voir comment gérer les rumeurs.
140
Les réunions 5
Les nouvelles décisions 7
Autres à préciser 13
Total 39
Commentaire: Les fidèles étant donné qu'ils ne savent pas réellement ce qu'ils sont en droit
d'attendre de la hiérarchie, n'ont vraiment pas une nette attente de celle-ci. Ils savent qu'ils
seront à l'Église pour les informations importantes. Les informations concernant le
développement et la vie sociale ne sont pas trop recherchées.
la radio 8
la presse 3
la télé 3
la bouche à oreille 12
Autres 0
Total 39
Commentaire: Cette question nous permet d'affirmer que les messages passés directement
par les responsables de l'Église ont le plus d'impact. En l'absence de ceux-ci, c'est le bouche
à oreille et les rumeurs qui prennent la place. D'où l'urgence d'apprendre à gérer des rumeurs
au sein de la hiérarchie.
141
Dépouillement questionnaire 2.5: Canal utilisé pour informer les fidèles des autres paroisses.
Annonces 12
Télé 3
Journaux 1
radio immaculée 1
bouche à oreille 4
pOlte à porte 4
autres à préciser 2
Total 39
Commentaire: Les annonces sont les premiers moyens auxquels on pense pour informer.
Toutefois les leaders qui ont plus d'impact ne sont pas les premiers informateurs. Ils utilisent
les circulaires mais la plupart des récepteurs n'ont pas une culture écrite mais orale.
Non 20
cela dépend 3
Occasionnellement 7
Total 39
Commentaire: La réponse à cette question nous amène à nous demander: pourquoi un tel
désintérêt des fidèles vis-à-vis des informations portés à leur endroit? Est-ce parce que ces
informations ne sont pas livrés par les ayant droit? D'où la nécessité de voir « qui doit dire
quoi? » Ou bien alors cibler les informations qui sont vraiment de peltinentes.
142
Total 39
Commentaire: La majorité des personnes interrogées ont quelque chose à redire sur le
système d'information et de communication. D'où l'importance de penser à son amélioration.
Commentaire: Nombre de personnes interrogées pensent qu' i1 faut soit hiérarchiser les
informations en ne mettant peut-être pas les demandes de dons en première position ou ne pas
les faire trop souvent, ou soit former les communicateurs à mieux faire passer leur message,
ou bien alors se servir vraiment des affiches et des nouvelles technologies.
143
Total 39
IOdes 39 personnes interrogées pensent que leur place dans la communication est peu évidente. Donc
ils ne se retrouvent pas dans la communication et ne se sentent pas concernés dans les messages.
Comme pour la question précédente, les fidèles n'ont aucune évidence que les leaders ont
connaissance de leur problème existentiel.
Total 39
Commentaire: Bien que le bouche à oreille soit le moyen le plus utilisé, il semble que la majorité des
personnes interrogées désirent que les informations soient rendues publiques le plus vite possible et
J'effet du bouche à oreille aidant, la majorité des récepteurs serait informée. De plus cette stratégie
permettrait aux sources d'information de ne pas laisser libre cours aux rumeurs.
144
Dépouillement questionnaire 2. 12 : Connaissance des heures des émissions catholiques sur les
média
Total 39
La plupart des fidèles interrogées 21/39 connaissent les heures des émissions catholiques
présentées sur la Radio Immaculée. Cela va sans dire que c'est ce média et non « La Croix»
qui est le canal le mieux adapté pour rejoindre l'ensemble des fidèles.
Catéchèse 9
Témoignage 10
lettres ou encycliques 10
Total 39
Commentaires: Les lettres et les encycliques souvent utilisées par la hiérarchie pour joindre
les fidèles ont la même côte de popularité et de connaissance que les autres moyens. II serait
alors important que la hiérarchie pense à soutenir par d'autre moyen les lettres et les
encycliques afin de faire passer leur message.
Oui 26
Non 13
Total 39
Non 37
Total 39
Nombreux (37/39) sont ceux et celles qUI pensent que les émissions catholiques sur les
médias ne sont pas intéressantes.
Dépouillement questionnaire 2.16: Pourquoi financer les œuvres du parti et/ou de l'Église?
Possibilités de choix Réponses
Rien 1
reconnaissance divine 1
reconnaissance du curé 2
Total 39
Il faut dire que la plupart de ceux et celles qui veulent ou qui continuent de soutenir les
œuvres de L'Église le font par reconnaissance (désir aussi de se faire valoir) et pour ce que
l'Église et les partis politiques font pour la cité.
146
Négative 20
Ne connaît pas. 10
Total 39
Cette question nous permet de voir l'appui que le courriel pourrait apporter comme support de
communication. Il faudra tout simplement apprivoiser le peu de gens qui ['utilisent ou tout au moins en
faire la vulgarisation auprès de ceux et celles qui ne le cOfU1aissent pas.
Dépouillement questionnaire 2.18: consultation de cette boite électronique (au moins quatre fois
par semaine).
Total 39
Il faut dire que 23 des 39 personnes choisies dans cette rubrique ne connaissent pas ou ne
peuvent pas citer de documents politiques ou catholiques sur le développement. Cela va sans
'" Wolton Dominique.2000. « Internet et Après? » Une théorie critique des nouveaux médias Suivi d'un glossaire. Paris
Flammarion
147
dire que soit ils ne vont pas faire l'effort d'aller les connaître ou bien alors ceux qui les
écrivent ou leurs éditeurs ne font pas les efforts nécessaires pour leur vulgarisation.
Bonne gouvernance 2
sacrifice patriotique 2
lutte contre la corruption 7
Education 5
Santé 2
travail bien fait 3
amour de la patrie 5
Autres 2
Total 39
Les questions concernant le développement et la lutte contre la corruption sont pour beaucoup les
points sur lesquels les discours politiques et religieux s'entendent. Et la lutte contre la corruption est
premier fléau qui empêche le développement. Cf le focus group.
Dépouillement questionnaire 3.1 : Canal d'information sur l'Église et les partis politiques.
Possibilités de choix Réponses Pourcentages
a. Les communiqués 12 20%
b. La radio 15 25%
c. La télé 16 27%
d. Les annonces 3 5%
e. Les affiches 2 3%
f. La bouche à oreille 9 15%
g. autres 3 5%
Total 60 100%
Les moyens audiovisuels sont les plus utilisés par les populations pour s'informer de tout ce qui se
passe dans le monde politique et catholique. L'Internet reste à venir et à découvrir et le bouche à
oreille un élément à ne pas laisser au risque de laisser libre cours aux rumeurs.
148
Radio 15 25%
La presse 2 3%
Les meetings 5 9%
Le bouche à oreille 5 9%
Affiches 1 2%
Cinéma 0 0%
Total 59 100%
Ici encore l'audiovisuel est toujours le media le mieux désigné pour entrer en communication
avec le monde politique et catholique.
Dépouillement questionnaire 3. 3 : Intérêt portés par les récepteurs aux messages des leaders.
Possibilités de choix Réponses Pourcentages
..
les positIOns de
28 47%
l'Église ou du parti
Lien avec le social 21 35%
Réconfort 4 7%
l'idéal 5 8%
Autres 2 3%
Total 60 100%
Deux pôles d'attractions attirent les récepteurs vers les messages politiques et religieux. C'est
SUIiout quand le parti ou la hiérarchie donne sont avis ou dicte ses décisions sur les
problèmes sociaux de la cité.
149
indicateur de sens 2 3%
le pouvoir du peuple 3 5%
le dernier recours 4 7%
Autres 3 5%
Total 60 100%
Les partis politiques sont surtout importants quand ils luttent pour la bonne cause et quand ils
détiennent le pouvoir financier.
65Nous pensons à la dernière crise dans l'enseignement où à la veille d'une année blanche, la conférence
épiscopale du Bénin s'est rendue au palais de la présidence pour dénouer la crise.
150
Il faut dire que selon la majorité des personnes interrogées dans ce cas, c'est à l'approche des
élections et des grandes crises sociales plus ou moins grandes que l'importance des partis
politiques et de l'Église catholique (hiérarchie) se fait sentir.
Hôpitaux 11 18%
Morale 5 8%
Autres 7 12%
Total 60 100%
Hôpitaux 2 3%
les routes 1 2%
rôles politiques 5 8%
Autres 4 7%
Total 60 100%
Contrairement à l'Église catholique, les partis politiques ne sont connus que comme
éveilleurs de conscience. On sait qu'ils ne feront pas toujours ce qu'ils proposent durant leur
campagne mais on se à eux pour qu'ils attirent l'attention de la population sur les sujets
brûlants de l'actualité.
Total 60 100%
Total 60 100%
Il est évident pour la majorité que les œuvres de l'Église catholique sont importantes pour la
cité de même que celles des partis politiques. Ce n'est donc pas étonnant que nombre de
personnes cherchent à voir et à se rendre compte des positions de l'Église catholique et des
partis politiques avant de prendre position dans leur agir.
152
Les personnes interrogées souhaitent une stratégie de visibilité, c'est-à-dire une implication
permanente et à long terme des leaders dans la vie sociale et non seulement communautaire
ou politique.
Total 60 100%
Ces résultats démontrent de manière évidente que ce que disent et font les leaders ont plus
d'impact comme stratégie de communication. La lute contre la corruption commence donc
par là et le chemin de développement aussi commence par ici.
153
Les informations souhaitées sur le site des partis politiques et de l'Église Catholiques sont
relatives à leur prise de position et à l'offre d'emploi. C'est la première fois que l'emploi
apparaît ici comme préoccupation et élément important de développement. II s'agit d'un
élément nouveau.
b. la catéchèse 9 15%
c. le témoignage 17 28%
Total 60 100%
Les leaders eux-mêmes reconnaissent que leur propre implication dans la vie sociale de
même que leur discours ou message bien élaborés sont à coup sOr leur meilleur moyen de
communication ayant le plus d'impact.
154
Dépouillement questionnaire 3. 14 : Secours demandés par les citoyens aux leaders politiques et
catholiques.
Emploi 26 43%
recommandation 21 35%
Autres 3 5%
Total 60 100%
L'emploi et les recommandations à l'emploi sont à présent l'aide le plus important que les
citoyens demandent aux leaders politiques et religieux.
Non 2 3%
Total 60 100%
Cette question permet d'évaluer le capital confiance dont bénéficient encore les leaders
catholiques et politiques. Cette confiance, évaluée au niveau de l'apport des membres à
l'Église ne semble pas souffrir des déceptions observées ici et là.
155
Répo Pource
Possibilités de choix oses ota2es
a. Rien 4 7%
Total 60 100%
Les raisons pour aider l'Eglise et les partis politiques sont encore différentes. Le focus group
nous permettra de voir d'avantage plus en profondeur.
156
développement Il 18%
Economie 6 10%
bonne gouvernance 5 8%
Patriotisme 4 7%
Education 5 8%
Ambition 3 5%
Morale 6 10%
Autres 3 5%
Total 60 100%
lei aussi les questions de développement et la lutte contre la corruption sont les points
communs que les personnes interrogées retiennent comme éléments majoritairement
communs aux discours politiques et catholiques.
Dépouillement questionnaire 3. 18: Insuffisance dans les discours catholiques et politiques sur le
développement.
Possibilités de choix Réponses Pourcentages
Adaptation 15 25%
Réalisme 15 25%
feed-back 18 30%
importance de l'autre 3 5%
Vérité 5 8%
Autres 4 7%
Total 60 100%
En considérant les réponses à cette question, il nous apparaît clairement que c'est la
négligence de l'importance de l'autre qui constitue l'élément premier du déficit de stratégie
de communication des leaders. 85% des personnes interrogées reconnaissent que ces discours
157
sont soit inadaptés, soit irréalistes, ne tiennent pas compte des feed-back ou ne vont pas les
chercher, ou soit encore n'accordent aucune importance aux récepteurs.
Aucun 49 82%
au moins 1 9 15%
entre 2 et 5 2 3%
Aucun 0%
au moins 1 45 75%
entre 2 et 5 10 17%
6 et plus 5 8%
Total 60 100%
La majorité des personnes interrogées (82% au niveau des catholiques et 75% au nIveau
politique) était dans l'incapacité de citer un document sur le développement. D'où la même
question ou le même contact: ou bien ils ne s'intéressent pas à ces documents ou bien il n'y a
aucune stratégie de visibilité à ce niveau pour permettre aux récepteurs de faire connaissance
de ces documents.
au total 13 personnes à chaque focus group qui s'est déroulé le samedi 04 Février 2006 à
Cotonou et a duré 2h 12min (de 20H15 à 22h27).
Nous donnons ici les grandes lignes des résultats de ce focus group.
Pour l'ensemble des personnes présentes au focus group, le développement passe par la
décentralisation et la lutte contre la corruption. Il faut dire que les circonstances dans lesquels
ce débat a eu lieu pouvaient nous amener à ne faire le débat que sur la décentralisation. En
effet, le Bénin vivait une période de campagne électorale et le thème de campagne se
focalisait sur le développement à la base et donc par les communes. Le plan de
66
développement communal vise un développement durable: Le développement durable est
un processus de développement dans lequel l'exploitation des ressources naturelles,
l'orientation des investissements, le développement des technologies et les changements
institutionnels sont en adéquation et renforcent le potentiel actuel et futur pour satisfaire les
67
besoins fondamentaux .
La planification locale est une démarche responsable, soutenue par une volonté politique
du Maire et de ses administrés et non uniquement une question technique. C'est à dire qu'il
appartient aux élu (e) s locaux en relation avec la société civile d'effectuer des choix, de
prendre des décisions, et de faire les arbitrages qui s'imposent.
La planification locale repose sur une approche participative, où le citoyen est associé aux
diverses étapes de la démarche d'élaboration du plan par le biais de la concertation et de
l'information dans un processus dynamique de communication: son implication à toutes les
étapes est un gage de réussite du processus de planification.
La planification locale se fonde sur une attitude à la fois « pré- active» et « pro- active» :
C'est-à-dire d'une part, elle explore et anticipe les évolutions possibles auxquelles elle
prépare les différents acteurs et d'autre part, dans un élan volontariste, elle provoque les
changements souhaités.
66 http://www.ainc-inac.gc.ca/sd/whatisjhtmJ
67 http://www.mddep.gouv.qc.ca/developpement/inter.htm
159
Ainsi donc, les acteurs de développement deviennent plus nombreux et difficiles à identifier.
Sur le plan purement religieux, ce développement est de type communal et vise un
développement durable. Un processus de développement dans lequel l'exploitation des
ressources naturelles, l'orientation des investissements, le développement des technologies et
les changements institutionnels sont en adéquation et renforcent le potentiel actuel et futur
dans le but de satisfaire les besoins fondamentaux de l'homme.
160
Les acteurs du focus group ont identifié, aussi bien dans les messages politiques que
religieux, la corruption comme étant le premier handicap au développement. Ils semblent
aussi être majoritairement de cet avis.
68
Né à Ouidah (Rép. du Bénin) en 1946, marié et père de trois enfants, Roger GBEGNONVI est
nanti d'un doctorat de lettres et actuellement professeur à l'université nationale du Bénin. Connu pour son
engagement dans la lutte contre la corruption et son intégrité qu'il tient de son père et de son passage au
séminaire catholique où il a renoncé à la vocation d'être prêtre, il a bien voulu nous laisser ses impressions
en ce qui concerne la lutte contre la corruption au Bénin et le nouvel Observatoire de Lutte contre la
Corruption mis en place par le gouvernement.
69
Cf http://www.sonagnon.net!
161
Vous prenez un jeune homme qui a entre 25 et 35 ans et qui est propriétaire de trois, quatre
immeubles à Cotonou et d'un appartement à Paris. Mais qu'est-ce qu'il fait? Non, il est dans
les affaires. Tout le monde sait au Bénin ce que cela veut dire! Il a trouvé le bon circuit et
quand ce circuit n'est pas politique, il est dans le traffic de la drogue, il est dans le coton ou il
.est dans les voitures d'occasion et tout le monde sait comment cela se passe, c'est-à-dire que
l'État ne prend pas d'impôts. Vous vous contentez de distribuer les billets à gauche et à droite
et vous prenez tout le magot pour vous, ce qui fait que vous avez de l'argent en veux-tu en
voilà. Les impôts que l'État ne perçoit pas entraîne que si vous allez à l'hôpital CNHU
(Centre National Hospitalier et Universitaire) et que vous êtes malade et vous ne déposez pas
de l'argent pour vous soigner, tout Je personnel soignant vous regarde et passe parce qu'il n'y
a rien pour vous soigner. Alors qu'il s'agit là d'un service public. Lorsque vous avez des
enfants que vous mettez à l'école alors que l'école est publique et en principe obligatoire
jusqu'à l'âge de 16 ans, et si vous ne payez pas de la tête au pied, vos enfants ne seront pas
scolarisés. Voilà comment l'enrichissement illicite de 10% de la population grosso modo
entraîne l'appauvrissement illicite de 90%. Toute une population qui n'arrive pas à avoir
accès aux soins, à l'éducation, à des impératifs de vie auxquels elle a droit naturellement par
le truchement de l'État. Voilà notre définition de la corruption. Désormais, il faut insister sur
les 90% de pauvres illicites par opposition aux 10% de riches illicites.
cela. J'ai dû les arrêter pour leur répondre: mais savez-vous ce que c'est que la corruption?
Corruption veut dire pourriture. Alors si je remplace corruption par son synonyme pourriture,
vous êtes en train de me dire qu'on ne peut pas s'en sortir sans la pourriture; et c'est là, grâce
à cette étymologie, qu'ils commencent à réfléchir. Sinon, la corruption est vécue aujourd'hui
au Bénin comme quelque chose de bien pour ceux qui arrivent à s'y accrocher et tout le
monde espère s'y accrocher. J'espère que les gens commencent à se rendre compte que non
seulement tout le monde ne s'y accrochera pas, mais encore que ça va entraîner toute la
société, les corrompus comme les corrupteurs, les non corrompus et les non corrupteurs, où
cela a entraîné une société comme celle du Zaïre devenu la république démocratique du
Congo etc ».
transformions le maïs en pain, voyez de quel bénéfice cela va être pour nos paysans? Ils vont
pouvoir gagner énormément d'argent et peut-être qu'ils ne penseront plus jamais que le
réfrigérateur n'est pas pour eux, que l'électricité n'est pas pour eux. Un vrai paysan béninois
ne rêve pas d'un réfrigérateur, c'est pour les gens de la ville; il ne rêve pas d'avoir
l'électricité chez lui, il est toujours avec sa lampe ancestrale dont on se servait depuis 500 ans
et il pense que c'est ça qui est bon pour lui; or il est paysan c'est-à-dire que sans lui nous
n'avons pas à manger. Mais nous, dans les villes, nous avons appris plutôt à enrichir avec
notre argent l'étranger au lieu de nous enrichir nous mêmes à travers nos paysans. Voilà
comment on peut expliquer le facteur fondamental de la corruption qui amène toujours à une
pauvreté touj ours plus grande et, en toute logique, nous sommes partis pour nous engouffrer
dans la pauvreté, puisque plus le temps avance plus nous allons dans ce sens là. Le coton
c'est nous qui le produisons. Un étudiant qui a été interviewé et qui a fait de l'agriculture et
de la statistique faisait remarquer que si nous gardions sur place au Bénin 10% de la
production totale du coton pour les transformer sur place, les étudiants en fin de cycle qu'on
appelle les maÎtrisards auraient du travail toute série confondue sur plusieurs générations.
Parce que les 10% de coton transformés sur place d'après lui vont générer énormément
d'emplois car il faut faire beaucoup de choses pour que le coton devienne la chemise que
nous portons. Eh bien le capitaliste blanc n'est pas bête. Il nous fait cultiver le coton qui ne
pousse pas chez lui et fait transporter tout chez lui là bas et pendant que nos étudiants
titulaires d'une maîtrise traînent à la maison et finissent par se faire conducteurs de taxi moto
pour ne pas mourir de faim, nous aidons les étudiants titulaires d'une maîtrise quelconque en
France ou en Belgique, ailleurs, à trouver des emplois et de très bons emplois grâce au coton
béninois, grâce au coton malien, grâce au coton tchadien. Tout ceci pendant que les titulaires
de maîtrise tchadiens, maliens et béninois traînent dans la rue et crèvent de faim. Voilà la
corruption qui entraîne la pauvreté, laquelle pauvreté s'arrêtera lorsque nous allons renverser
la vapeur.
La formule réduire la pauvreté est inadéquate. Il ne s'agit pas de réduire la pauvreté, il s'agit
de l'éradiquer. Mais est-ce possible qu'on éradique la pauvreté?
164
Mais oui. La pauvreté a été éradiquée, grosso modo, aux États-Unis et au Japon. Nous
étudions actuellement au Canada. Les pauvres, on ne voit pas comme chez nous au Bénin.
Ces gens qui n'ont pas réussi ne sont pas nombreux; ce sont des individus qui pour des
raisons plutôt mentales « ont manqué le coche ». Les pauvres en Amérique du Nord ont un
train de vie que pourrait leur envier un fonctionnaire international travaillant au Bénin. Nous
côtoyons ici des jeunes chômeurs. Leur chômage était un chômage doré parce que la société
fait en sorte qu'il n'y ait pas de pauvre et ce n'est pas parce qu'on a pas pour le moment un
travail, un emploi qu'on va vivre dans la pauvreté. La société s'est arrangée pour qu'il n'y ait
pas de pauvres. Et donc on peut éradiquer la pauvreté et le continent africain vu du Bénin, du
Togo, du Burkina Faso, de la Côte d'Ivoire est quand même un continent magnifique de ce
point de vue là. Nous avons tout ce qu'il faut pour éradiquer la pauvreté et de toute façon les
Européens le savent très bien. Pourquoi sont-ils avec nous depuis grosso modo cinq, six
siècles? L'esclavage, la colonisation et maintenant l'ère du développement, de la
mondialisation et de la globalisation. On a beau dire que l'Afrique est le trou noir, mais il n'y
a aucun pays africain sans différentes chancelleries et ambassades. Est-ce d'abord pour nous
aider à nous développer que le capitaliste vient s'installer en Afrique? Non. Les différentes
multinationales savent très bien que la richesse c'est bien en Afrique. C'est pourquoi elles
sont là. Mieux que d'autres, l'Afrique peut éradiquer la pauvreté, elle possède de plus
grandes richesses du sous-sol et la richesse humaine que constitue sa jeunesse.
D'abord pour éradiquer la pauvreté il faut éradiquer la corruption. Pas la corruption au sens
scolaire où nous l'entendons mais au sens que nous la concevons désormais. Il n'y a pas de
développement qui puisse se faire au Bénin sur la base disons du sol français parce que le sol
français est en France; il n'est pas au Bénin. De même les Français ne peuvent pas se
développer sur la base du sol béninois. Le sol béninois est au Bénin. Qu'est ce que nous
faisons en mangeant du pain de blé? Nous nous développons à partir du sol français. Il faut
alors concevoir une autre forme de développement qui parte de nos réalités et nos réalités
sont très riches. Je vous ai parlé du coton. On avait l'huile de palme au Bénin. Nous avons le
Nigeria à coté où le pétrole gît. Nous avons tout en Afrique. Maintenant si nous laissons ce
tout entre les mains de l'étranger pour n'avoir que les royalties, cela va-t-il entraîner le
165
développement? C'est à dire que nous croisons les bras et c'est l'autre qui travaille et qui
nous dit: « Puisque vous m'avez laissé emporter votre richesse, voici le cadeau que je vous
fais». Le cadeau qu'il nous fait ne sera jamais à la hauteur de nos besoins et nous allons nous
battre autour de ce cadeau et c'est ça qui entraîne la corruption; c'est la corruption qui
entraîne la pauvreté et pour abattre la pauvreté, il faut commencer par abattre la corruption
c'est à dire renverser la vapeur puisque la richesse est chez nous et que c'est nous qui en
disposons, alors c'est nous qui devons avoir Je fruit principal. Comment comprendre qu'un
pays comme le Congo Brazzaville fasse partie aujourd'hui des pays les plus pauvres du
monde avec sa population réduite et ses immenses richesses? Le fait est que l'exploitation de
son pétrole est entre les mains de ELF (entreprise pétrolière internationale) pour
l'enrichissement de la France. La France a besoin de toutes les richesses de ses anciennes
colonies qui sont restées ses colonies pour que la situation sociale là bas ne se dégrade pas.
La France ne veut plus avoir affaire à une autre année 1789. Il faut donc aller prendre les
richesses quelque part et, ma foi, c'est chez nous qu'on les prend.
Seulement dans les pays développés, il y a le fisc. On sait ce que chacun gagne en tant que
fonctionnaire de l'État. Si on voit quelqu'un construire ou faire des dépenses en dehors des
limites de ce qu'il pourrait gagner, il est obligé de justifier ses revenus et aller jusqu'à
restituer ses ressources injustifiées. C'est ce qu'il faut pour éviter la corruption, la punition,
la sanction. La France, qui n'est pourtant pas le meilleur exemple dans ce domaine, a vu des
ministres démissionnés il n'y a pas si longtemps que ça, parce qu'ils n'arrivaient pas à
expliquer le trop d'argent qu'ils avaient. Ils ont démissionné et ils se sont retrouvés devant les
tribunaux. Ne parlons pas des États-unis où la corruption existe aussi. Mais le jour où tu te
fais prendre, tu passes devant les tribunaux et tu rembourses. Donc, si ces capitalistes
européens et américains qui cultivent la corruption au premier degré chez nous mais oui ces
166
capitalistes « qui cultivent la corruption chez nous en Afrique», ont pu mettre des mesures
saines, contraignantes pour éradiquer la corruption, il ne tient qu'au pays d'Afrique d'adopter
des mesures semblables et de les respecter pour contraindre la corruption à disparaître.
Il est alors évident que l'éducation de l'homme, de tout l'homme et tous les hommes est le
premier élément moteur de développement. L'Église catholique, étant donné son caractère
universel a encore du pain sur la planche pour travailler aussi bien en amont qu'en aval.
167
Ceci nous permet de dire aussi que chaque culture et chaque nation par consensus plus ou
moins affiché possèdent sa conception du développement. S'il est vrai que comme on le dit
dans le jargon théologique, « Dieu qui nous a créé sans nous mais ne peut pas nous sauver
sans nous », il est aussi vrai que le développement des peuples du Bénin ne peut pas se faire
sans eux. C'est le message que véhiculent les discours sur le développement mais est-ce que
les leaders arrivent à les faire passer? Ce sont là les objectifs que nous nous sommes fixés
d'atteindre.
168
de leur communication sur le développement aille pour être efficace, ce qui n'est pas le cas
actuellement, toujours recueillir l'avis des récepteurs. D'abord, avant de leur adresser le
discours ou de faire les propositions. Ensuite, recourir à eux pour savoir les problèmes liés à
l'application et enfin les associer dans les nouvelles propositions. La méthode de « Ford»
encore connue sous le nom de « fordisation» selon laquelle le patron disait à l'ouvrier,
« Exécutez. Vous n'avez pas besoin de réfléchir, il y a ici ceux qui sont payés pour cela ... »
ne saurait marcher dans le processus de développement au Bénin. Car, chaque individu est
singulier et particulier. Ce que ne comprennent malheureusement pas les leaders politiques et
catholiques dans leur communication. Et, la place qu'il accorde à l'autre dans leur discours le
démontre bien. D'où la question fondamentale qui revient: Quelle est la place de l'autre dans
les communications des leaders politiques et religieux?
La grosse question se trouve à ce niveau. Les informations recueillies dans le focus group
nous permettent à présent d'affirmer que l'efficacité de la communication des leaders
catholiques et politiques dépend surtout de cette place qu'ils accordent à leur audience. Pour
y arriver, il va falloir qu'ils adoptent deux attitudes: Ou bien être avec l'Autre tout en vivant
ses réalités ou à défaut de ne pouvoir les vivre réellement, réfléchir à partir de ces réalités.
Ou alors, construire ses discours à partir de ces réalités.
Il va falloir aussi que le leader religieux ou politique, trouve avec le peuple les solutions, ou
mieux encore, les chemins à prendre pour le développement tant souhaité. Se mettre à la
place de l'autre, dans sa peau.
Considérer la place de l'autre dans ses communications, c'est vivre les mêmes réalités que
lui. C'est l'aider à trouver le chemin pour aboutir à un type spécifique de développement.
L'usage du logiciel SEMATO, nous a permis de récapituler les thèmes ou l'ensemble des
thèmes qui définissent le développement chez les populations interviewés.
Il s'agit pour 78 des 125 personnes interviewées de :
• La satisfaction des besoins fondamentaux;
• La bonne santé;
• La beauté de l' Avoir et de l'être;
• Le nombre d'enfants;
• Le pouvoir de l'autorité, de la richesse et la connaissance.
171
Les acteurs du développement s'inscrivent dans une démarche qui se veut résolument
interdisciplinaire, essayant de confronter les différentes approches des sciences humaines et
sociales sur les enjeux du développement durable. La séance du 04 Février 2006 a permis de
faire des propositions et de donner la parole à certains acteurs locaux du développement
durable de la ville de Cotonou afin de mieux comprendre les stratégies et les pratiques
sociales dans lesquelles ils sont engagés. A la fin, un certain nombre de questions au niveau
communicationnel se sont posées et méritent d'être retenues. Ce sont là des questions des
récepteurs aux leaders politiques et catholiques:
2. Quelle définition donner à cette notion aux contours parfois flous ? Est-elle
pertinente, bien comprise et partagée de tous?
3. Comment devient-on un praticien du développement durable? Comment acquiert-on
une reconnaissance et une légitimité dans ce domaine?
4. Avec qui traiter pour monter et faire avancer des projets de terrain? Doit-on faire des
alliances, des compromis, chercher un consensus ou parfois s'opposer?
5. Le développement durable est-il soluble dans notre système démocratique
représentatif ou doit-on imaginer une nouvelle forme de gouvernance locale?
CHAPITRE 5:
DEVELOPPEMENT.
5.1. Le diagnostic
FORCES FAIBLESSES
pnon des croyants et des adhérents aux • Les a pnon et les préjugés des
atouts au plan communication. débats qui les contredisent dans leur vision
• Ils possèdent des temps d'antenne. de faire.
• Ils ont un auditoire bien toujours. Les préjugés des récepteurs.
nombreux.
• Les rassemblements aUSSI bien
politiques que religieux sont nombreux et
réguliers.
• Les associations et les partis. Les partis politiques sont des partis
politiques ont des extensions diocésaines presque ethniques ou fondés seulement sur
voire même nationales et internationales. la richesse ou le charisme d'une seule
• Il Ya des modèles à imiter. personne.
• Certaines associations catholiques. La pauvreté des récepteurs à avoir
et des partis politiques sont aussi des accès aux informations.
associations civiles. • Manque de structure regroupant
directement les acteurs de développement.
Menaces Opportunités
• Baisse de la pratique constatée au. Pas de structure permettant de faire
niveau des décideurs. une synthèse et un bilan des
• Accentuation de l'individualisme communications.
opposé à tout système de développement. La présence et la prédisposition
durable. des médias à donner la parole aux leaders
politiques et religieux.
• Dans le système actuel de. Certaines émiSSions ont une
176
récepteur.
• Presque toute l'information se fait à . Les leaders politiques sont bien
l'oral. Dans ce cas la culture de l'oralité est reçus chez eux dans leur région. Leurs
un handicap. Car il n'y a pas de possibilité familles sont réceptives à leur message.
pour les récepteurs de recourir à un texte. L'Église catholique possède une
pour repréciser la pensée de l'émetteur. bonne et grande image de marque.
• Le message est interprété
différemment.
• La hiérarchie catholique n'a pas le. Certaines personnalités de l'Église
monopole de l'explication de la Parole de ont une grande popularité.
Dieu. Il y a beaucoup de mimétisme et de. Des évènements et des fêtes de
multiplicité de prophètes. l'Église attirent encore l'attention de
nombreux récepteurs.
70
Robert K. Merton, Mass Persuasion, New York, Harper, 1947, relancé un peu plus tard par un best
seller: Vance Packard, The Hidden Persuaders, New York, McKay, 1957. Ces approches se situent en
référence avec le courant psychologique behavioriste, qui aboutissait pour les médias à la théorie dite du
« magie bullet ». Sergei Tchakhotine, Le Viol des foules par la propagande politique, Paris, Gallimard,
1939, 605p. fut le pendant francophone de ce type de questionnement.
178
• Faire circuler les informations sur tout ce qui se fait ou peut se faire sur le
développement.
• Convaincre les récepteurs que croire en Dieu (Église) et en ses leaders est une
stratégie gagnante. D'ailleurs nombreuses sont les questions qui se posent sur l'omnipotence
et l'omniscience de Dieu.
Dieu est Créateur. Nous ne disons pas qu'on puisse prouver par une déduction logique que la
simple existence soit un objet de création. Mais la simple existence est une abstraction.
L'homme voit des arbres, des planètes qui se meuvent; il voit, en un mot, ['évidence d'une
intention, ce qui, comme on l'a si souvent exprimé, implique un auteur, de ['intention. La
connaissance claire et positive d'un Créateur est une affaire de foi. Cependant, si l'homme
suppose l'existence abstraite de la matière sans une cause, il viole les premiers principes de la
pensée. Il est accoutumé à voir les hommes former bien des choses d'une matière
comparativement informe, en sorte qu'il a une idée de celle-ci. Mais, quand il commence à
réfléchir pourquoi une chose quelconque existe, il ne peut éviter la pensée d'une cause, car le
«pourquoi» l'implique: nous ne pouvons pas dire: «pourquoi» ; c'est notre nature de le dire.
7
Nous sommes constitués de telle façon que nous cherchons une cause \ (*). Il se peut que
nous sachions pas la définir, de même que nous ne puissions pas concevoir la création; mais,
d'autre part, nous ne pouvons pas concevoir qu'une chose puisse exister sans qu'elle ait été
créée. li est possible que notre esprit soit inerte, et que nous acceptons sans réflexion ce qui
existe comme nous le trouvons; mais aussitôt que notre esprit est en activité, il cherche à
savoir pourquoi une chose existe. Le même fait prouve que nous ne pouvons connaître une
cause première, mais que nous savons seulement qu'il doit en exister une. Nous ne pouvons
concevoir quoi que ce soit sans que la chose qui existe ait une cause, c'est pourquoi nous
disons qu'il faut une cause. Mais une cause première est ce qui existe sans cause. Cela revient
à dire que nous ne pouvons la concevoir; par conséquent aussi nous ne pouvons pas
concevoir la création, quoique nous savons qu'il doit nécessairement y avoir un Créateur ;
autrement dit: nous sommes une créature, et il faut que nous pensons selon l'ordre de notre
être.
Toutefois, la bonté ou l'amour, l'omniscience et l'omnipotence, impliquent la parfaite
sagesse qui signifie ici la Connaissance absolue. Seulement tout ceci suppose l'existence d'un
7J (*) Une cause, je pense, est une puissance produisant un effet, - une volonté qui agit quelque
part. Je dis «quelque part», comme disent les scolastiques; car il y a «causa causata», et «causa causans»
(une «cause causée, et une «cause causante»).
180
Dieu, ayant une volonté libre, avant qu'on ne puisse lui assigner aucun attribut. S'il n'est pas
libre d'agir, l'omniscience et l'omnipotence sont tout simplement nulles.
Ainsi, l'omniscience et l'omnipotence de Dieu lorsqu'elles sont respectées peuvent amener
les responsables de la hiérarchie catholique à juste indiquer la vision de Dieu sans chercher
de consensus encore moins de compromis ou de compromission. Si la Volonté première de
Dieu c'est le bonheur et que comme le dit Saint Irénée, « la gloire de Dieu c'est l'Homme
vivant », il n'y a donc pas de raison pour qu'en respectant sa volonté les hommes et les
femmes du Bénin ne trouvent le chemin du bonheur. D'ailleurs c'est cette vision qui a amené,
en partie au développement des États-Unis, aujourd'hui première puissance économique du
globe. En effet, ce sont les premiers immigrants européens, et donc premiers artisans de son
développement actuel qui étaient des protestants puritains, et donc des religieux selon lequel
la réussite matérielle et la richesse sont un signe évident de la bénédiction de Dieu. Dans la
Bible aussi, ceux et celles qui ont été présentés comme « amis» de Dieu dans J'Ancien
Testament sont tous et toutes devenus riches. Comme exemple nous pouvons citer: Job,
Abraham, David, la Reine Esther, Noémie ...
On peut donc dire que le Créateur, qui par avance, a destiné toute l'Humanité au bonheur et
donc au développement, sait par avance le chemin à prendre pour y arriver. Les humains
auront à le suivre pour y parvenir. Mais comment? Qui détient la Volonté de Dieu? Qui sont
les dépositaires des secrets du Créateur? Qui connaît mieux que quiconque les préceptes de
Dieu? S'il est vrai que le consensus n'est pas toujours le premier critère de Vérité, il est
aussi vrai que cette Vérité ne saurait être l'apanage d'un petit groupe de leaders politiques ou
religieux. Les éléments de développement intégral du Bénin sont alors à chercher ici et là ... il
reviendra alors aux leaders d'aller les chercher et de les communiquer de la bonne manière.
avec l'aide du logiciel SEMATO qu'il y a au Bénin une convergence de points de vue des
leaders catholiques et politiques sur les voies à prendre par les citoyens pour enclencher le
Pour tous ces leaders, le développement est un processus. Ils reconnaissent tous que,
essentiellement économiques. Mais au fil des décennies, il est apparu que le facteur
économique évalué en terme de PIB ou PNB n'a un sens que s'il correspond à des réalités
qu'il est un processus par lequel une communauté, une société ou une nation améliore ses
politiques, culturelles, etc. de même que celles de chacun de ses membres. Ce processus
devrait intégrer des notions comme l'inventivité, l'ingéniosité et des emprunts à d'autres
concrètes comme les revenus par habitant; qu'abstraites comme le bien-être de chacun des
membres de la société. C'est d'ailleurs pour rendre compte des divers aspects du
182
catholiques) et des débats qui en ont suivi aussi bien dans les interviews que le focus groupe
les grandes lignes que nous présentons ici:
Dans les pays sous-développés, 35% de la population moyenne vit dans les centres urbains
alors que dans les pays dits développés, ce taux va jusqu'à 70%. Mais les pays sous
développés ont plus de difficultés à gérer la population urbaine. Celle-ci à un taux de
croissance moyen de 5% dans les pays sous-développés à peine 0,8% dans les autres.
La cause principale est l'exode rural et les mouvements d'immigration qui font de plus en
plus des centres urbains, des centres cosmopolites. Il s'en suit un surpeuplement dont les
conséquences immédiates sont les problèmes de logement, de chômage, d'insécurité, de
transport ... etc.
En somme, les villes deviennent de plus en plus accueillantes et peu propices au bien-être des
habitants. A l'exemple des villes du Bénin, comme Cotonou, les dysfonctionnements
occasionnés sont entre autres: la pollution atmosphérique, la pollution des déchets de toute
nature qui entraîne une pollution des eaux, une détérioration croissante des cadres de vie et
des conditions d'existence.
En effet, les infrastructures urbaines ne croissent pas au même rythme que la population, pire
encore, le niveau de vie croit sans cesse et de moins en moins de citadins se trouvent dans
185
trouvent souvent lésés. C'est d'ailleurs pourquoi ces derniers prennent des initiatives au cours
des négociations.
il ne serait pas rare de voir que ce dernier pays se retrouve avec une dette de deux millions à
payer dans quelques années. Les dirigeants ayant troqué cette somme en échange de soutien
politique à leur gouvernement souvent totalitaire ... à l'armement... ou à un soutien
logistique.
Enfin, la politique de l'immigration sélective adoptée à visage voilé par certains pays est une
nouvelle manière d'appauvrir davantage le Bénin. Les cadres et techniciens sont tirés et triés
par les pays européens et américains tandis que les autres sont la proie de fausses promesses
et finissent pour la plupart noyés suite à des naufrages ...
Quand on parle de domination sociale, culturelle ou politique dans les pays sous-développés,
on évoque l'attitude des populations de ces pays qui consiste à se ranger essentiellement sous
les modèles élaborés par les pays dits industrialisés. Quelque part, il y a une imposition de la
part de ces derniers, mais par ailleurs, il y a une adoption et une adaptation par les pays sous
pays sous-développés qui surtout copient les modèles socioculturels véhiculés par les médias.
Parfois, ce type de domination est fortement lié à un héritage colonial, mais il dégénère de
plus en plus prenant une forme subtile des exigences économiques. Ainsi, il arrive que les
dirigeants de nos pays ne soient que des marionnettes à la solde des politiques extérieures.
Comme on le dit dans le jargon désormais populaire: c'est l'extérieur qui guide leur moyen.
Sur le plan politique, des situations comme l'élection présidentielle au Zimbabwe en 2002 et
le discours dit de la Gaule en 1988 restent des repères pour dire que les pays industrialisés
attendent toujours des pays sous développés une reproduction des mécanismes politiques en
Il ne peut avoir développement s'il doit y avoir une reproduction de ce qui se passe ailleurs.
la population sont les premiers éléments du développement. Certes, mais c'est l'homme bien
éduqué intellectuellement, moralement, spirituellement qui peut résister à ces sortes de fléaux
188
pour enclencher le vrai développement. Parmi ces autres au niveau humain, il yale fléau de
la corruption.
Cette « analyse diagnostic» nous révèle que le contenu des discours catholiques et politiques
sur le développement est méconnu, mal connu et totalement inconnu de la majorité des
personnes interviewées et ceci à cause de sa structure. Le contenu de ces discours vient
parfois comme un cheveux sur la soupe; ou bien alors, lorsqu'il tombe à propos, l'absence de
feed-back et de débat sur le contenu et les tentatives d'application empêchent d'aller plus loin
189
dans la réflexion. Les opportunités à saIsIr par les leaders politiques et catholiques sont
nombreuses. Le crédit positif dont ils bénéficient auprès de leur audience est encore grand. Et
beaucoup sont conscients du travail qui reste à faire pour arriver au minimum social commun
pour chacun et pour tous. Par contre il y a toujours des menaces ...
En effet, la multiplicité des partis politiques et des cercles à caractère plus ou moins religieux
ou scientiste rivalisant de critiques vis-à-vis de l'Égi ise catholique -surtout et presque
uniquement à cause de sa morale sexuelle- jette un discrédit plus ou moins lourd sur
l'ensemble de sa doctrine. Dans ce cas, c'est l'ensemble de la nation qui est perdante. Aucune
des personnes non catholiques, interviewées n'ont en effet remis en cause les propositions de
l'Église catholique sur le développement.
Au niveau politique, on reconnaît aussi que les définitions du développement et les moyens à
prendre pour y arriver sont aussi nombreux que convergents. Une approche de solution est tin
chemin ouvert vers d'autres propositions aussi nombreuses que divergentes. Un tel état de
choses, tout en faisant avancer la réflexion apporte beaucoup trop de distractions. Le trop
grand nombre de partis politiques ne permet pas non plus une concentration approfondie de
l'ensemble du peuple sur le développement. Les récepteurs ont l'impression que les leaders
profitent d'eux pour se hisser à la place voulue. Ce qui nous conduit à notre troisième
objectif. Quelle est la place de l'autre dans les discours politiques et religieux?
les messages qu'ils reçoivent de la hiérarchie. On peut aussi dire que leaders et récepteurs,
dans une certaine mesure, sont dans un rapport d'étrangéité.
La résistance des anciennes sagesses, mentalités et traditions béninoises à l'évangélisation
telle qu'elle est faite et aux différents discours politiques sur le développement impose un
changement de perspectives. Dans la ligne de l'œuvre de Jacques Gernet, professeur au
Collège de France, deux livres récents, publiés en français, soulignent la pertinence d'un
renversement de perspective. Il s'agit de l'ouvrage de Nicolas Standaert (Université
catholique de Leuven), « L'autre dans la mission, leçons à partir de la Chine» (Lessius,
2003). Cet auteur invite à prendre en compte « l'autre» c'est-à-dire le chinois comme co
acteur de la mission et non plus seulement comme le projet missionnaire à la suite de
74
Matthieu Ricci . Jacques Gernet dans son livre « Chine et Christianisme, action et
réaction» (Gallimard 1982), invitait déjà à regarder quelle fut la réaction des Chinois à
l'action des missionnaires et non pas d'abord quelle fut la stratégie des évangélisateurs
européens. Dans la même ligne, Roland Jacques (Faculté de droit canonique d'Ottawa et
Institut catholique de Paris), dans son ouvrage « Des nations à évangéliser - genèse de la
mission catholique pour l'Extrême-Orient» (Le Cerf, 2003) propose de pendre le point de
vue de l'autre. Il disait: « c'est à une véritable confrontation avec [' « autre» qui est au cœur
d'un système culturel et sapientiel extrêmement fort que la mission de développement est
appelée ».
Soulignons que cette perspective à partir des résistances aux stratégies d'évangélisation et de
développement, rejoint la réflexion sur le dialogue inter-religieux. On tiendra également
compte des avis avancés dans l'ouvrage de Jean-Marie Ploux (prêtre de la Mission de
France), « Le dialogue change-t-illafoi? » (Editions de l'Atelier, 2004, 208 p.). En effet, il
se situe dans le registre de ['autre et de la différence en élargissant le dialogue non seulement
aux membres des autres religions mais également à l'échange avec des non croyants.
La question de l'autre rebondit partout où la nouvelle évangélisation et les discours
politiques devront prendre en compte cet « autre» qui est maintenant installé en son sein,
avec le risque toujours ouvert de l'affrontement possible. L'altérité prise en compte est alors
facteur de vérité, de fraternité et donc de développement. Elle n'est plus lIne fatalité.
Faisons à présent une comparaison de notre recherche avec des résultats déjà existants.
l'échange. La question des ressources humaines devrait recevoir une attention particulière par
le biais de l'éducation, de la professionnalisation et de la spécialisation.
Comme l'a souligné Axelle Kabou, et ceci est valable pour beaucoup de pays sous
développés, « sous payé par rapport au coût de la vie, l'Africain est en revanche surpayé
par rapport à sa productivité» (Page 159 -160 de Si l'Afrique refusait le développement.
Les pays sous-développés devraient donc accroître leur productivité à travers un sens accru
du travail bien fait et bannir dans la plupart des cas l'assistanat. Il n'en demeure pas vrai que
toutes ces réformes nationales ne seront porteuses que si elles s'intègrent dans un
environnement international.
division en deux blocs, d'une part, les Nouveaux pays industrialisés et d'autre part, les pays
africains en général qui étaient avancés.
Par ailleurs, à la Conférence des dirigeants de l'OPEp 75 en 1975, un appel a été lancé en
faveur d'un nouvel ordre économique mondial basé sur la justice, la compréhension mutuelle
et le bien être de tous. Pour faciliter un tel vœu en 1975, les accords de Lomé 1ont été signés
76 77
entre la CEE et les ACP dont le but est de garantir pour 5 ans la stabilisation des
exportations. Beaucoup d'autres initiatives s'en sont suivies mais aujourd'hui ce nouvel ordre
économique international appelé de tous les vœux est loin d'être une réalité. En effet, les
pays développés d'économie de marché (PDEM) font encore à eux seuls 60% du marché
mondial dans le domaine des ventes et les 4/5 dans les flux de capitaux. En revanche, les
exportations des pays à économie planifié font 5% seulement des ventes et les pays en
développement 2%. La plupart de ces pays en développement sont sous ajustement structurel,
ce qui les limite dans leur capacité d'autodétermination. En outre, ce même ajustement a
longtemps mis l'accent essentiellement sur l'économie (du reste un domaine qui ne se porte
pas vraiment mieux) au détriment du social. Ce qui a entraîné un dysfonctionnement notable
au nom des pays en développement en général. Par conséquent, l'ordre économique
international aujourd 'hui est surtout caractérisé par un déséquilibre chronique aggravé par les
ajustements structurels. La dette des plus pauvres et la mondialisation pour certains pays sont
un véritable cauchemar. Le nouvel ordre économique international peut donc être une réalité
si les schémas classiques du fonctionnement du monde aujourd'hui sont révisés ou carrément
changés. Mais comment cela se passe-t-il ? Quelques mesures sont d'ores et déjà prises, mais
il faut encore qu'elles aboutissent à des résultats n'impliquant pas de nouveaux déséquilibres.
6.1.3.2. Les rapports avec les différents travaux effectués dans Je domaine purement
communicationneJ.
La théorie fonctionnaliste ne se vérifie pas dans le cadre de notre sujet de recherche. Car,
malgré la présence sur les médias des leaders bien dotés de popularité et de crédibilité leur
message n'est pas adopté. La théorie critique non plus ne se vérifie; car malgré l'usage des
médias par les leaders politiques et catholiques, leur message n'a pas plus d'effet ou
d'influence sur leur auditoire.
Les théories de la réception active semblent entrer en ligne de compte avec les propositions et
les résultats des questionnaires. Mais c'est la théorie constructiviste qui va être en ligne de
compte avec les résultats des travaux déjà existants et nos résultats. Au fait, les théories
constructivistes nous ont aidé à mieux comprendre les phénomènes de masse capable de vivre
des émotions sans pour autant changer de comportement.
78
Cette recherche peut être mise en relation avec les travaux du sociologue Jules Gritti . En
effet, ce dernier a bien analysé le sens de la présence du pape (Jean Paul II) sur les médias. Il
avança même une réflexion plutôt dérangeante pour certains sur la culture populaire et la
religion.
78 cf. son ouvrage « Le pape à la une» Ed. Salvator Yves Briend (1980)
196
propres ressources tant humaines que matérielles pour susciter l'intérêt et la considération de
ceux qui veulent bien J'aider de l'intérieur ou de l'extérieur. Ce pays doit se débarrasser de la
corruption. On ne peut pas compter sur une baguette magique! Faisons preuve de
détermination! Donnons-nous des moyens légaux et appliquons-les sans complaisance.
Ceci dit, et dans un premier temps, nous apportons deux opinions brèves mais significatives,
qui questionnent la qualité de l'information sur le développement et des différents
divertissements qui circulent actuellement dans les médias du Bénin.
Face à ce phénomène, nous avons eu recours à l'analyse de Jacques Grand'Maison, qui voit
l'information et les spectacles populaires de plus en plus comme des lieux d'automanifestation
des individus, plus qu'un endroit d'échanges réels sur la réalité. Ceci se vérifie aussi au niveau
des leaders politiques et parfois même religieux. Le culte de la personnalité est flagrant chez
certains. Autrement dit, ils ont remplacé le confessionnal d'antan par la confession publique
médiatisée. Patrick Beauduin, soulève quant à lui la difficulté vécue actuellement en
information, à partir du fait que les médias la traitent de plus en plus comme un objet de
consommation faisant appel aux lois du marché et non à la réflexion encore moins à [a
réflexion personnelle qui est la prise de conscience.
198
Ce qui nous a amené, dans un deuxième temps, avec Alex Muchielli, à nous interroger sur les
différentes sortes d'informations qui circulent, et sur la méthodologie à utiliser pour réfléchir
là-dessus. Ce fût l'occasion de nous ouvrir aux nouvelles théories concernant l'information:
cette dernière n'est pas pure ligne de transmission, mais bien plutôt lieu d'interactions.
Dans un troisième temps, enfin, nous avons essayé d'aller plus loin dans cette direction, en
compagnie cette fois d'un auteur états-unien remarquable, James Carey. Selon ce dernier, la
communication, avant d'être transmission, est surtout rituelle. Ce qui correspond
naturellement à l'environnement médiatique, politique et religieux du Bénin.
Notre réflexion épistémologique s'est poursuivie à d'autres niveaux et porte à présent sur les
restrictions que nous appelons épistémologiques. Nos restrictions épistémologiques sont à
plusieurs niveaux.
toujours son avis sur le processus de développement ne nous semble pas non plus une
stratégie garantissant la réussite et l'atteinte des objectifs. S'il faut une celtaine technicité et
une certaine largesse de vision pour enclencher le développement, il va falloir que les leaders
fassent des choix ou mieux des propositions de choix quitte à faire le bilan. Au début ces
propositions ne doivent pas nécessairement avoir l'assentiment de tout le monde.
non. En effet, les pays d'Afrique qui connaissent toute sorte de guerre s'appauvrissent de jour
en jour. .. On sait quand est-ce qu'une guerre commence mais on ne sait jamais quand et
comment elle finit. Et les autorités religieuses et politiques ont certainement ce devoir de
faire advenir comme au Canada une révolution tranquille ... Le Bénin a déjà étonné le monde
en changeant de régime, et surtout en passant de régime totalitaire à un régime démocratique
dans la paix. Ce miracle doit advenir également pour le développement.
Si nous avons essayé de mettre ensemble politique et religion catholique c'est que les
institutions tout en poursuivant des buts différents, se retrouvent au Bénin sur le même champ
de communication pour le développement. On ne peut pas unir les deux réalités plus
longtemps. La religion œuvre pour le salut des âmes et les partis politiques veulent conquérir
le pouvoir et l'exercer le plus longtemps possible. La première instance concernée lorsqu'on
parle de développement est donc les partis politiques. L'Église doit se contenter du rôle
d'éveilleur de conscience tout en se gardant de se mêler à la politique. Car comme dit
Rabelais« Science sans conscience, n'est que ruine de l'âme ». Au Bénin les hommes
politiques font souvent des allusions à la foi en Dieu dans leurs discours; car la foi en un être
suprême est fortement ancrée dans [' imaginaire populaire. L'actuel président du Bénin disait
ceci lors de sa mise en candidature pour « Pour mon pays ... : préserver la démocratie, afin que
le développement socio-économique du Bénin soit perceptible partout, sans région arriérée par rapport
à ['ensemble. Que tout le peuple puisse garder cet esprit d'ouverture qui est le sien, indicateur
de la bonne santé de cette démocratie. Qu'il soit jaloux de notre Dieu: la rel igion favorise le
développement du pays, la lutte contre la corruption et le tribalisme. Ceux qui nous
gouvernent savent qu'ils doivent rendre compte, ce qui n'est pas le cas dans les
dictatures »79 0n peut aussi dire que l'enjeu majeur pour le Bénin est de déterminer comment
passer de la situation de pays phare dans l'édification de la démocratie, mais pauvre et
gangrené par la corruption, à celle de pays économiquement prospère et bien dirigé. 8o
79 (cf. http://www.eqlise-reformee-mulhouse.orq/ralliement/ra02-03/ra02-03.html
80 http://www.yayiboni.com/article.php?id article=104
201
Enfin, nous ne saurons terminer ce mémoire sans inviter nos lecteurs et lectrices à
garder en mémoire ce que nous disions dans notre avant propos. Ce mémoire ne se
comprendrait pas sans cet avant-propos: Il est important pour nous de souligner
que l'homme est le vecteur principal du développement. Il est le créateur, le
gestionnaire et le bénéficiaire des richesses. Le développement est aussi le reflet des
hommes et des femmes qui en sont les bâtisseurs. La situation des ressources
humaines du Bénin se caractérise par le nivellement des compétences par le bas et la
dégénérescence des valeurs morales. De ce fait, le développement des ressources
humaines et d'une culture citoyenne constitue une condition nécessaire à la
construction d'une économie nouvelle.
PAGES ANNEXES DU MÉMOIRE.
APPENDICES A
b) Affiche
c) Groupe par groupe
d) Communiqués radio
e) Lettre circulaire
f) Autres à préciser. .
4. Qui sont ceux qui sont souvent concernés par vos annonces? Bien vouloir
hiérarchiser
a) Tous les fidèles
b) Les responsables des associations
c) Les associations elles-mêmes
d) Les fidèles comme les non fidèles
5. comment arrivez-vous à obtenir le feed-back de vos informations
a) Quand les fidèles répondent à vos appels?
b) Quand vous le leur demandez?
c) Quand vous leur rendez visite?
d) Quand vous les recevez dans vos bureaux?
e) Au cours de échanges?
f) Les rumeurs?
g) Les changements de comportements observés?
6. Que proposez-vous souvent à vos fidèles les plus méritants pour les
récompenser de leurs bons et loyaux services?
a) Bénédictions
b) Promesse de bénéd iction
c) Décoration
d) Promotion
e) Autres
7. Quels genres d'informations les fidèles viennent demander souvent?
a) les sacrements
b) les heures des célébrations
c) les nouvelles de prêtres et rel igieux
d) Objections à faire aux sectes
205
e) Prières efficaces
f) Des conseils
g) Des biens matériels
h) Autres à préciser. ..
8. Vos communications sont elles souvent du domaine spirituel ou simplement
du domaine du développement? Il Ya-t-il un lien entre les deux?
9. Que faites-vous le plus souvent lorsque les fidèles vous demandent un bien
matériel?
a) vous donnez
b) vous les envoyer à la charitas
c) vous les aidez à trouver du travail
d) ça dépend
e) vous les aider à se prendre en charge
10. comment arrivez-vous à joindre les gens du dehors (les non catholiques, les
non pratiquants, les fidèles d'autres paroisses)
a) Téléphone
b) Radio Immaculée
c) Radio Nationale
d) Autre Radio
e) Personnellement
f) Doyennés
g) Les fidèles eux-mêmes
h) la bouche à oreille
i) autres agents
j) autres à Préciser .
Il. Selon vous quel est le meilleur moyen de communication pour atteindre le
plus de monde?
12. quel est votre meilleur canal d'information?
13. Que pensez-vous du site Internet des paroisses et du diocèse?
a) quel type d'information avez-vous sur ce site?
206
22. Comment juger vous les rapports entre l'église catholique et les pouvoirs
publics dans notre pays? 1 très mauvais et 10 excellent
23. Pensez-vous que la nature de ce rapport a des impacts sur le comportement
des citoyens? si oui comment? que doivent faire les fidèles en temps de conflit ou
d'opposions entre les deux discours?
24. Quel lien il y a-t-il entre les discours politiques et religieux? quel est votre
jugement ou votre appréciation de ce rapport et que souhaitez-vous?
25. Pensez-vous que l'église a une politique et un discours au Olveau du
développement de la cité terrestre? si oui quel est son rôle?
26. Pour vous qu'est-ce qui fait la différence entre un pays développé et un pays
en voie de développement?
27. Le développement est-il selon vous synonyme de paix, de bien matériel,
d'amour? ou bien quel est votre indice de développement?
28. Pouvez-vous nous dire en quelques mots la politique sociale de la conférence
de notre pays sur le développement?
29. Autres informations.
Questionnaire adressé aux fidèles laïcs (33 personnes)
1. Quel est selon vous, le bulletin d'informations officiel des paroisses
de Cotonou?
a. La croix.
b. Le dominical
c. Eglise de Cotonou
de vos préoccupations?
a. Non
b. Oui
a. Annonces
b. Presse
c. Audiovisuel
d. Autres
a. Santé
b. Emprunts
c. Scolarité
d. Job
e. Conseils
16. Pouvez-vous nous donner les heures des émissions catholiques qui
vous intéressent sur les médias?
a. Oui
b. Non
21. Quels sont les documents sur le développement que vous connaissez
au niveau politique et catholique(s)?
22. Quels sont les lieux de croisement entre le message catholique(s) et
politiques?
23. Autres propositions.
Catholique?
214
a. les homélies
b. la catéchèse
c. le témoignage
d. les lettres ou encycliques.
LES LIVRES
1. Adorno, Théodor and so one. Religion and Media, Edited by Samuel WEBER.
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14. GBEDO, Marie Elise Mars 2005 : Le destin du Roseau. Autobiographie publiée à
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15. Gilbert Rist 'Le développement Histoire d'une croyance occidentale' Presses de
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16. GIRARDET, Raoul .1986. Mythes et Mythologies politiques, éd du Seuil, Paris
17. GORDON MACE ET FRANÇOIS PÉTRY .2000.Guide d'élaboration d'un projet
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18. GOUDJO, Raymond 2000. Discours social des évêques du Bénin, de 1960 À 2000.
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24. Kabou, Axelle .1991. Et si l'Afrique refusait le développement. Paris: L'Harmattan,
25. Katz, Elihu: Hebrew University of Jerusalem, L'Héritage de Gabriel Tarde, Un
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26. Kérékou, Mathieu Déc. .1995. : Construire le Bénin du Futur: Document de
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45. YAHOUEDEHOU, Janvier. 2002. : Le droit de savoir (Tome 2). Crépuscule d'un
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Les collections.
46. « Communication Développement International» Sous la Direction Thérèse
PAQUET-SEVIGNY.
47. « Nouvelle Communication », Sous la direction de Yves WINKIN. Éd du Seuil Paris
1996.
48. La communication Internationale « Mondialisation Internationale» Sous la direction
de Gilles Brunei, Claude-Yves Charron. Éd « Gaétan Morin, Canada. 2002
49. Sous la direction de Solange Lefebvre: La Religion dans la sphère publique; Les
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50. Concile du Vatican II: Constitution dogmatique « Gaudium et SPES » sur L'Eglise
dans le monde de ce temps.
51. Concile du Vatican II : Decret « Inter Mirifica » sur les moyens de Communication
Sociale dans l'Eglise.
52. « Témoigner de sa foi dans les médias, aujourd'hui» .2005. sous la direction de Guy
Marchessault. Sous les presses de l'Université d'Ottawa Religion et croyances.
Les journaux
54. Google
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