Causalité Épargne-Croissance Économique
Causalité Épargne-Croissance Économique
MÉMOIRE
PRÉSENTÉ
DE LA MAÎTRISE EN ÉCONOMIQUE
PAR
MOHAMED AMMI
DÉCEMBRE 2016
REMERCIEMENTS
Aussi, sans le soutien de ma très chère famille (mes parents, mon frère et mes sœurs),
je ne serais jamais arrivé au bout de mon chemin, merci pour votre encouragement.
Un grand merci pour mon «!coloc!» Maxime, son soutien était apprécié durant mes
études, ainsi que tous les autres amis qui n’ont pas épargné un moment pour m’aider
ou simplement me soutenir, je vous remercie du fond de mon cœur.
Figure Page
1.1 Évolution du taux d’épargne brute au monde entre 1977 – 2015 ............... 7!
B.1 Évolution du taux d’épargne dans les pays à haut revenu......................... 50!
B.2 Évolution du taux d’épargne dans les pays à faible revenu ...................... 51!
C.1 Évolution du taux de croissance dans les pays à haut revenu ................... 53!
C.2 Évolution du taux de croissance dans les pays à faible revenu ................. 54!
LISTE DES TABLEAUX
Tableau Page
croissance économique tandis que Modigliani (1970) a trouvé empiriquement que les
pays avec une forte croissance ont aussi un taux d’épargne plus élevé, voir (Easterly
et Levine, 2001) et aussi (Mohan, 2006).
Pas uniquement les études empiriques qui nous laissent observer cet effet positif de
l’épargne sur la croissance. D’un point de vue théorique, la prédiction du modèle de
Solow (1956) affirme que des taux d’épargne plus élevés peuvent être traduits en un
investissement important, conduisant ainsi à une augmentation (en niveau) du PIB par
tête ce qui stimulera la croissance sur le court terme. Toutefois, cette croissance à
long terme ne serait éventuelle que grâce à l’effet d’un facteur entièrement exogène
au modèle, il s’agit du progrès technique.
2
Ou même, sur le long terme, pour une économie ouverte en dehors de la charge de la dette extérieure,
voir aussi la discussion dans les pages 29-30.
3
Notamment dans les pays ayant des revenus plus élevés que d’autres et qui
connaissent une croissance plus rapide.
REVUE DE LA LITTÉRATURE
La littérature sur l’épargne est très riche dans les sciences économiques, la croissance
bénéficie également d’un vaste champ de recherche. Cependant, le but de ce chapitre
n’est pas de chercher à définir les concepts et les modèles théoriques, mais plutôt de
faire un survol des articles écrits à propos de la relation entre les deux variables.
Dans l’école classique et selon les interprétations d’Adam Smith et de David Ricardo,
l’épargne est inévitablement affectée sous forme de consommation. L’agent
économique ne détient aucun résidu et il n’y a pas des préférences pour la liquidité.
L’épargne ne peut être dans ce cas que le reflet direct de l’investissement et de la
croissance. Cette relation a été vérifiée durant la révolution industrielle, une forte
portion d’autofinancement issue de l’épargne de l’agriculture et du commerce. Aussi
dans des pays comme la Chine durant le communisme et dans certains cycles de
temps des pays industrialisés où un rôle accru des marchés financiers a été observé
pour un retour vers la croissance (Hausmann et al., 2004).
5
Par contre, Keynes (1936) dans son livre «!Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt
et de la monnaie!» donne toute une nouvelle définition de l’épargne, c’est plutôt le
revenu disponible et la propension à consommer qui déterminent la consommation et
indirectement l’épargne, cette dernière est considérée comme un résidu lorsque la
demande est satisfaite. Keynes s’oppose donc aux classiques, l’épargne est largement
indépendante des projets d’investissement puisque le comportement des agents
économiques dépend d’autres variables : le revenu, l’efficacité marginale du capital et
le taux d’intérêt. Une forte épargne peut générer une faible consommation et ralentir
la croissance, car elle diminue la demande globale (Eggoh, 2009).
L’épargne occupe une place importante pour l’évolution des variables par tête dans
les modèles de croissance. Le modèle de Solow (1956), en s’appuyant sur les
hypothèses des néoclassiques notamment les rendements factoriels décroissants,
prédit que l’épargne, entièrement investie, précède et cause une augmentation dans le
niveau du PIB par tête. Cependant, l’analyse de Solow attribue l’origine de cette
croissance à des facteurs exogènes, tout particulièrement, au progrès technique.
L’étude revient sur quelques aspects liés à l’épargne mondiale. L’analyse des données
statistiques est faite sur un échantillon de 112 pays en développement et 22 pays
développés sur une période de 35 ans. Elle fait ressortir plusieurs conclusions sur
l’épargne. En ce qui concerne les taux de l’épargne intérieure brute, il est indiqué que
ces taux ont diminué en moyenne depuis les années 1970, mais ils restent
positivement corrélés avec les taux de croissance des pays étudiés (le coefficient de
corrélation varie entre 0,29 et 0,40). Cette corrélation est aussi positive avec
l’investissement. Par contre, l’épargne souffre d’une grande dispersion à cause des
tendances divergentes dans les régions en développement tandis qu’elle est plutôt
homogène et fortement corrélée avec la croissance dans les pays développés. Par
ailleurs, la part de l’épargne privée a aussi décliné avec le temps dans les pays en
développement, mais elle est restée constante dans les pays industrialisés. À titre
indicatif, nous présentons dans la figure 1.1 l’évolution de l’épargne intérieure brute
mondiale (en % du PIB) à partir des données de la Banque Mondiale.
7
Figure 1.1 Évolution du taux d’épargne brute au monde entre 1977 – 20153
D’un autre côté, l’étude de (Attanasio et al., 2000) s’intéresse aussi aux corrélations
et liens de causalité entre trois variables : le taux de l’épargne, la part
d’investissement dans le PIB et le taux de croissance annuel sur un panel de 123 pays
couvrant la période 1961 à 1994. Le modèle théorique suggéré «!life cycle model!»
permet de cerner la relation de long terme et dynamique entre les trois variables. Les
auteurs font référence à trois principaux résultats :
Cependant, les résultats empiriques de l’étude indiquent que non seulement le cycle
de l’épargne et de l’investissement sont plus persistants que celui de la croissance,
3
Source : Base des données de la Banque Mondiale : Indicateurs du développement dans le monde.
Récupéré de http://databank.banquemondiale.org/data/databases.aspx
8
mais que l’investissement a un effet de causalité positif sur l’épargne. Cette dernière
demeure positivement corrélée à la croissance malgré les réserves émises par les
auteurs sur l’effet faible et ambigu de la causalité positive allant de la croissance vers
l’épargne.
Plusieurs études ont analysé des petits ensembles de données pour démontrer la
relation de l’épargne domestique avec le temps, avec l’agrégation régionale et avec
d’autres variables économiques, en occurrence (Masson et al., 1995) et (Schmidt-
Hebbel, 1997).
Parmi les premières études empiriques qui s’intéressent à la relation de causalité entre
l’épargne et la croissance, nous trouvons l’étude menée par Carroll et Weil (1994).
Leur conclusion s’oppose à la prédiction du modèle de croissance néoclassique dont
l’effet exogène de la hausse de l’épargne cause la hausse de la croissance. En effet,
après avoir examiné le lien de causalité, au sens de Granger, entre le taux de
croissance et le taux d’épargne en niveau, ils ont trouvé que la croissance cause
positivement l’épargne et pas l’inverse pour le deuxième panel des données
constituées principalement des 22 pays de l’OCDE.
L’étude de Sinha et Sinha (1998) sur le Mexique s’est appuyée aussi sur le même
concept de Granger pour tester la causalité allant de l’épargne privée et publique vers
le PIB. Après avoir vérifié la stationnarité et la coïntégration des séries, les résultats
ont montré qu’il y a un lien de causalité inverse allant de la croissance du PIB vers la
croissance de l’épargne privée et publique et pas inversement.
MÉTHODOLOGIE ET DONNÉES
Dans le cadre de notre travail, la méthodologie adoptée pour tester ce lien est basée
sur l’analyse faite par Oladipo (2010). L’article repose sur la méthode de Toda et
Yamamoto (1995) pour tester la causalité. Dans la première section de ce chapitre,
nous expliquerons la démarche qui regroupe trois étapes :
Plus loin encore, nous discuterons de l’avantage d’utiliser cette procédure pour tester
la causalité au détriment du test classique de Granger, l’article de (Mavrotas et Kelly,
2001) revient largement sur cette question. Enfin, l’application de cette démarche sur
le modèle de l’étude avec description des données est présentée à la deuxième
section.
Une série chronologique est stationnaire si elle est la réalisation d’un processus
stationnaire. Plus généralement, la série ne comporte aucun facteur évoluant avec le
temps. Pour vérifier la stationnarité des séries, en plus de l’observation des
corrélogrammes, il faut pratiquer des tests de stationnarité ou des tests de racine
11
unitaire. Ces tests permettent d’identifier la présence de racine unitaire dans une série
temporelle et de vérifier si elle est stationnaire. Plus exactement, nous chercherons à
vérifier l’hypothèse nulle d’existence de racine unitaire et que le processus
autorégressif est non stationnaire contre l’hypothèse alternative. Parmi les tests qui
conviennent à cette fin, nous retenons le test Augmented Dickey-Fuller (ADF) (Smith
et Fuertes, 2010).
Si nous supposons que nos données seront générées par un processus autorégressif
vectoriel (VAR) d’ordre !, le nombre de retards, le cadre du test ADF prévoit trois
modèles pour la régression selon les éléments déterministes rajoutés :
Les paramètres des relations sont estimés par MCO, les résultats obtenus permettent
de calculer la statistique du test afin de déterminer s’il faut rejeter l’hypothèse nulle
de la non-stationnarité.
Plusieurs méthodes peuvent être utilisées pour optimiser le nombre de retards, nous
retenons le critère d’information d’Akaike (1974) : :;<= = −2 log(D E) + 2(G E) Où
l est le logarithme de la fonction de vraisemblance, k est le nombre de paramètres de
la fonction et T le nombre d’observations.
Dans le cadre de ce travail, c’est l’ordre d’intégration I(.) de la série qui nous
intéresse tout particulièrement. En effet, une série ,- est :
La présence d’une relation d’équilibre entre des variables est testée formellement à
l’aide de procédures statistiques. (Breitung et Pesaran, 2005) reviennent amplement
sur la coïntégration dans les séries panels. Ils expliquent que l’existence et la nature
de cette relation ont fait objet de plusieurs procédures et techniques dont les plus
connues sont celles d’Engle et Granger (1987) et Johansen (1988). Ce dernier propose
des estimateurs du maximum de vraisemblance pour tester la coïntégration des séries,
il effectue un test de rang de coïntégration.
Le test de Johansen (1988) s’opère dans un univers multivarié des séries temporelles,
la méthode propose une analyse des valeurs propres de la matrice du modèle pour
tester la coïntégration.
Γ1 = Π) + ⋯ + Π1 − :
Π = Π) + ⋯ + ΠO − :
Deux statistiques nous permettent de calculer deux types de valeurs propres, la trace
et la valeur propre maximale :
Le test classique, à cet effet, est celui de Granger (1969), le théorème repose sur la
valeur des prévisions des variables à partir de leur passé. Supposer que la variable V-
cause Q- veut dire que la prédictibilité de Q- est améliorée lorsque l’information
relative à V- est incorporée dans l’analyse. En d’autres termes, une série cause une
15
La définition de Sims (1972) de la causalité stipule qu’une série cause une autre série,
si les innovations de la première contribuent à la variance d’erreur de prévision de la
seconde. Le fondement de la définition de Granger est la relation dynamique entre les
variables, elle est énoncée en termes d’amélioration de la prédictibilité d’une variable.
Il paraît très utile de préciser que c’est le concept de causalité selon la définition de
Granger qui sera adopté et testé dans ce travail4.
Reprenant maintenant les notations de (Hurlin, 2007) qui découlent des définitions de
Granger (1969). Soit XI et YI ""deux variables aléatoires et AI un ensemble
dénombrable de variables aléatoires de variances finies (ensemble d’informations en
t) tel que :
4
Pour voir plus la différence entre la causalité de Granger et celle de Sims, nous suggérons de
consulter le texte de (Kuersteiner, 2008).
16
2 q
9$ :"7k = 0, l = 1, … , n. (2.13)
sans aucune restriction sur les coefficients du retard d’un sous-ensemble de variables.
Le test de non-causalité de Granger offre une statistique de Fisher traditionnelle
permettant de vérifier sous l’hypothèse nulle qu’un ensemble de paramètres du
modèle VAR est nul. Ce test est fondé dans l’univers des variables stationnaires (la
théorie asymptotique est compatible qu’avec les variables stationnaires). En présence
de coïntégration, l’analyse de la causalité selon l’approche employée de Granger n’est
plus valable comme démontré par Phillips et Toda (1993) et (Damodar N. Gujarati,
1988).
La nouveauté est que la statistique WALD modifiée prend une distribution de Khi-
deux à degré de liberté (!) correspondant au nombre de restrictions dans le modèle
contraint, indépendamment de l’ordre d’intégration des séries et de leur coïntégration.
À cette étape, estimer un modèle VAR d’ordre p+dmax revient à estimer le modèle
augmenté des termes autorégressifs d’ordres compris entre p+1 et p+dmax tel que :
2 2Ttuvw
Or, rappelons que l’ordre optimal des retards ! peut être trouvé à l’aide du critère
AIC et dmax l’ordre d’intégration peut être identifié grâce un test de stationnarité
comme ADF.
5
Il s’agit d’une loi de « r j ».
19
V ≔ ,) , … , ,{ """""""" |"x"E
1
,-
,-.)
""""""""""""""""""""""""Ä- ≔ . """"""" 1 + | ! + "~"1 " pour t = 1, …, T
.
.
,-.2.tT)
V = "SÄ + Å. (2.16)
20
La statistique Wald modifiée proposée par Toda et Yamamoto (1995) peut être
définie comme :
Tel que
Q : Une matrice indice qui sert à identifier les restrictions sous l’hypothèse nulle
7 = ÖyÜ(S), vec est l’opérateur du vecteur colonne obtenu en empilant les lignes des
estimateurs des paramètres.
Pour bien résumer les étapes à suivre afin de mener le test de causalité selon la
méthode de Toda et Yamamoto, nous suggérons les étapes résumées par
Giles (2011a) :
"! Tester la stationnarité sur chacune des séries (test ADF) et déterminer l’ordre
d’intégration «!dmax!». Cet ordre peut être conclu de la manière suivante : si on
21
suppose que le maximum des ordres d’intégration pour les séries est dmax et
nous avons deux séries temporelles affichant un ordre I(1) alors dmax = 1,
sinon, si elle est I(0) et l’autre I(1) alors dmax = 1,…etc.
"! Construire le modèle VAR avec le nombre optimal des retards «!p!»
(indépendamment des ordres d’intégrations trouvés dans l’étape précédente),
ce nombre peur être trouvé à l’aide du critère AIC.
"! Tester la coïntégration (le test de Johansen sur le VAR construit) si les deux
séries ont le même ordre d’intégration trouvé.
2.2.1 Le modèle
Dans notre analyse économétrique, nous nous intéressons tout particulièrement aux
données sous forme de panel, rappelons que la coupe transversale ne fait pas l’objet
de notre étude.
Pour étudier la relation à long terme entre les variables d’intérêt, Toda et Yamamoto
(1995) recourent à un modèle vectoriel autorégressif (VAR). En nous inspirant de
leur travail, nous définissons YI le vecteur de dimension 2, composé des mesures de la
croissance et de l’épargne à la date t. L’étude de la causalité est réalisée sur le VAR
d’ordre p suivant :
εI ~"N 0, ∑Ɛ .
et "t = 1,2, … , T
ô:ö- − ô:ö-.)
Eïñ~"y"ÜUóòeeï|Üy"ñ"ô:ö- = " " (2.19)
ô:ö-.)
é!ïUú|y"ò|8éUòyñUy"ùUñ8y-
"""""Eïñ~" å é!ïUú|y- = " (2.20)
ô:ö-
Dans un travail tel que le nôtre, la construction d’une base de données pose plusieurs
problèmes. Le premier défi reste de trouver une base crédible qui couvre une longue
période de temps puisque l’objectif est de s’intéresser à une relation de causalité. Une
autre contrainte réside dans le fait que les ressources pour des bases types peuvent
être multiples sans que leurs données soient homogènes pour autant.
Il faut rappeler aussi que la puissance des tests économétriques peut être
probablement faible à cause de l’horizon très court (49 observations) des données
annuelles qui permettent de générer le VAR de l’étude.
23
Les données annuelles sur le PIB et l’Épargne Intérieure Brute sont en devises locales
constantes. À noter que si l’épargne intérieure brute n’est pas en devises constantes,
elle sera déflatée par le déflateur du PIB.
La structure de la base des données utilisée dans cette étude est résumée au
tableau 2.1.
Bases Pays
Quelques remarques à propos du cas chinois s’avèrent utiles. Malgré que son PIB
reste très considérable (plus de 8!700 milliards de dollars6 en 2015), nous relevons
que le PIB par habitant est, au-dessous, de 7!000 dollars pour la même année. Encore
plus faible que celui de l’Argentine, estimé de plus de 10!000 dollars. Ce constat nous
permet de placer confortablement la Chine dans la deuxième base des pays à revenu
intermédiaire ou faible. L’autre remarque a trait à la fiabilité des données de la Chine
pour la période d’étude. À ce stade, il convient de préciser que toutes les données des
pays sont issues directement de la base de la Banque Mondiale. Cette dernière est
compétente pour uniformiser ses indicateurs de croissance pour chaque pays.
6
En dollars constants de 2010, selon les données de la Banque Mondiale.
CHAPITRE III
RÉSULTATS EMPIRIQUES
Le présent chapitre a pour objet de relater les résultats empiriques des tests expliqués
dans le chapitre précédent ainsi que leurs interprétations. La réalisation des tests
nécessaires à notre travail était appuyée par le travail de (Oladipo, 2010) et en suivant
la méthode de Giles (2011a) pour application sur EViews.
Avant de parler des résultats du test ADF, il convient de préciser, encore une fois, que
la puissance du test est relativement faible notamment à cause du nombre réduit des
observations, le risque est de ne pas rejeter l’hypothèse nulle de stationnarité
lorsqu’elle est fausse. La méthodologie exige de faire a priori des tests de
stationnarité sur les deux séries avant de parler de la coïntégration et de la causalité.
Nous allons maintenant tester les trois modèles ADF présentés par les équations (2.1),
(2.2) et (2.3) pour chaque série en niveau et en différence sur la période de 1967 à
2015. Le nombre de retards sera optimisé par le critère AIC. À titre de rappel,
l’hypothèse nulle du test est de la sorte H$ «!La série est engendrée par un processus
contenant une racine unitaire!».
Les résultats du test ADF sont présentés par les tableaux 3.1 et 3.2. Les valeurs
critiques correspondantes sont indiquées dans le tableau 3.3.
26
ADF statistiques
Pays Variables I(.)
En niveau En différence première
û"(ò) û"(òò) û"(òòò) û"(ò) û"(òò) û"(òòò)
Taux de croi. - 2,47 - 4,73 - 5,29 -5,48 - 5,44 - 5,37 I(0)
Canada
Taux d’épar. - 0,52 - 2,79 - 2,87 - 6,14 - 6,08 - 6,02 I(1)
Taux de croi. - 2,74 - 4,31 - 5,17 - 5,96 - 5,93 - 5,74 I(0)
France
Taux d’épar. - 1,63 - 2,38 - 2,44 - 5,10 - 5,19 - 5,26 I(1)
Taux de croi. -1,00 - 5,02 - 5,30 - 6,32 - 3,84 - 3,86 I(0)
États-Unis
Taux d’épar. - 1,49 - 0,44 - 2,90 - 4,30 - 3,60 - 4,54 I(1)
Taux de croi. -1,57 - 5,48 - 5,99 - 6,59 - 6,51 - 6,42 I(0)
Allemagne
Taux d’épar. - 0,45 - 2,74 - 2,32 - 5,40 - 5,34 - 5,85 I(1)
Royaume- Taux de croi. - 2,83 - 4,92 - 4,95 - 6,24 - 6,16 - 6,09 I(0)
Uni Taux d’épar. - 1,67 - 0,28 - 4,36 - 5,87 - 5,90 - 5,83 I(1)
Taux de croi. - 1,92 - 2,81 - 2,92 - 6,74 -6,66 - 6,59 I(1)
Espagne
Taux d’épar. - 0,46 - 2,89 - 2,98 - 3,84 - 3,86 - 4,05 I(1)
Taux de croi. - 2,37 - 4,50 - 6,25 - 9,21 - 9,23 - 9,16 I(0)
Italie
Taux d’épar. - 0,88 - 1,79 - 3,61 - 6,80 - 5,61 - 5,54 I(1)
Taux de croi. - 1,96 - 4,46 - 6,45 - 8,81 - 8,12 - 7,99 I(0)
Japon
Taux d’épar. - 2,76 - 1,50 - 2,04 - 5,04 - 5,43 - 5,39 I(1)
Note û" ò , û" òò , û"(òòò) indique, respectivement, le modèle sans constante et sans tendance,
avec une constante, avec constante et tendance.
ADF statistiques
Pays Variables I(.)
En niveau En différence première
û"(ò) û"(òò) û"(òòò) û"(ò) û"(òò) û"(òòò)
Taux de croi. - 1,69 - 7,18 - 7,12 - 4,28 - 4,22 - 4,28 I(0)
Chine
Taux d’épar. 1,64 - 1,57 - 3,28 - 5,79 - 6,12 - 3,82 I(1)
Taux de croi. - 5,12 - 8,03 - 8,78 - 9,31 - 9,23 - 9,17 I(0)
Algérie
Taux d’épar. 0,12 - 1,76 - 1,97 - 6,37 - 6,34 - 6,27 I(1)
Afrique du Taux de croi. - 3,07 - 4,89 - 4,84 - 5,57 - 5,52 - 5,44 I(0)
Sud Taux d’épar. - 0,85 - 1,33 - 2,47 - 6,69 - 6,67 - 6,60 I(1)
Taux de croi. - 4,60 - 5,42 - 5,38 - 7,78 - 7,70 - 7,61 I(0)
Argentine
Taux d’épar. - 0,59 - 2,05 - 2,26 - 5,50 - 5,45 - 5,38 I(1)
Taux de croi. 1,32 - 6,26 - 6,04 - 5,42 - 5,54 - 5,45 I(0)
Inde
Taux d’épar. 1,68 - 0,98 - 3,50 - 9,20 - 9,71 - 9,61 I(1)
Taux de croi. - 2,41 - 4,79 - 4,78 - 7,95 - 7,86 - 7,77 I(0)
Turquie
Taux d’épar. - 0,08 - 1,73 - 1,48 - 6,34 - 6,28 - 6,32 I(1)
Taux de croi. - 4,43 - 4,81 - 4,91 - 2,89 - 2,74 - 2,22 I(0)
Gabon
Taux d’épar. - 0,36 - 2,82 -2,78 - 5,75 - 5,68 - 5,61 I(1)
Taux de croi. - 2,44 - 4,71 - 5,32 - 4,95 - 4,90 - 4,87 I(0)
Nigeria
Taux d’épar. - 0,97 - 4,46 - 4,43 - 5,03 - 4,93 - 4,82 I(0)
Taux de croi. 0,06 - 9,77 - 10,34 - 8,91 - 8,84 - 8,73 I(0)
Sénégal
Taux d’épar. - 0,59 - 2,96 - 2,91 - 9,91 - 9,80 - 9,69 I(1)
Note û" ò , û" òò , û"(òòò) indique, respectivement, le modèle sans constante et sans tendance,
avec une constante, avec constante et tendance.
Modèles
Seuil de significativité
û"(ò) û"(òò) û"(òòò)
1% - 2,61 - 3,57 - 4,16
5% - 1,94 - 2,92 - 3,50
10 % - 1,61 - 2,59 - 3,18
Dans les deux tableaux 3.1 et 3.2, les t-statistiques concernant la plupart des taux
d’épargne sont supérieures aux valeurs critiques des trois modèles en niveau, mais
cette série est stationnaire lorsqu’elle est testée en différence première. Par contre, le
taux de croissance testé en niveau ne possède aucune racine unitaire, la statistique t
est inférieure aux valeurs critiques, ce qui permet de rejeter H$ et conclure que la
série est stationnaire.
Donc, les résultats du test ADF révèlent clairement un résultat commun entre les deux
bases peu importe le revenu du pays (exception faite pour l’Espagne et le Nigeria), à
savoir, l’existence d’une racine unitaire dans les variables d’épargne et la
stationnarité du taux de croissance. Pour l’Espagne, les taux de croissance et
d’épargne sont tous non stationnaires. Par contre, le Nigeria a deux séries
stationnaires.
7
Ces valeurs sont issues directement d’EViews, ce dernier n’utilise que les valeurs critiques
asymptotiques.
29
À ce stade, nous pouvons conclure que l’ordre maximum d’intégration pour le taux
d’épargne est I(1), car les statistiques ADF, pour les variables en niveau
(respectivement en différence), sont supérieures (respectivement inférieures) à leurs
valeurs critiques arbitrairement à 5 %. Par contre, le taux de croissance s’est révélé
être d’ordre I(0) puisque les statistiques ADF, pour les variables en niveau, sont
inférieures aux valeurs critiques.
Le fait que le taux d’épargne intérieure brute soit I(1) et le taux de croissance I(0),
pour la plupart des pays (sauf l’Espagne et le Nigeria), complique notre travail
économétrique.
Rappelons que
Dans une économie fermée, l’identité comptable est «!I = S!», en remplaçant
l’investissement par l’épargne en (3.1) nous obtenons :
Avant de continuer l’analyse sur le taux d’épargne, nous voulons discuter un peu de
l’identité comptable «!I = S!» dans une économie ouverte. C’est vrai qu’à court terme
l’investissement ne peut être identique à l’épargne domestique puisque les pays ont
recours, souvent, au financement extérieur et leur accumulation du capital ne doit pas
être limitée par l’épargne nationale. Cette relation ambiguë entre l’épargne et
l’investissement ne cesse d’être contestée à travers le «!puzzle8!» de Feldstein-
Horioka (1980) concernant la mobilité internationale des capitaux. Les auteurs
8
Tel que qualifié par Obstfeld et Rogoff (2000).
30
suggèrent que si une parfaite mobilité des capitaux est observée, la corrélation entre
l’épargne nationale et l’investissement intérieur devient relativement faible.
Cependant, cette hypothèse a été peu vérifiée pour les pays de l’OCDE bien que les
flux de capitaux dans ces pays soient libres, l’épargne demeure très fortement
corrélée au taux d’investissement.
Pour simplifier notre analyse, nous allons adopter l’hypothèse selon laquelle,
abstraction faite du paiement d’intérêts sur la dette extérieure, les deux séries :
l’épargne et l’investissement seront coïntégrés sur une relation de long terme, même
pour une économie ouverte.
Revenant maintenant à l’équation (3.2) et divisant les deux côtés par le PIB
x ° ü (Q − †)
1= + + + (3.3)
ô:ö ô:ö ô:ö ô:ö
Le premier qui a fait remarquer l’influence des bris structurels sur les résultats
économétriques était Perron (1989). Il a montré qu’une présence d’un bris éventuel
dans les données conduirait à un biais empêchant de rejeter l’hypothèse nulle de non-
stationnarité (Glynn et al., 2007).
Notre objectif est de prouver qu’il existe un bris structurel dans la série pour corriger
le taux d’épargne (en tant qu’une série I(0) en déviation de sa moyenne avant la
rupture structurelle et après) et procéder ainsi au test de causalité.
Afin de poursuivre notre analyse des bris structurels, nous suggérons un test de Chow
pour vérifier l’existence de changements structurels dans la série du taux d’épargne
peut être utilisé. L’analyse des graphiques, voir Annexe B, nous donne une idée sur
les années (Break-point) clés qui peuvent constituer des changements drastiques dans
la politique économique des pays affectant ainsi le taux d’épargne.
Le test de Gregory Chow (1960) est souvent utilisé pour détecter un changement
structurel soupçonné entre les variables durant des périodes différentes. La
méthodologie du test consiste à décomposer en deux sous-échantillons avec |) et |j
comme observations avec les hypothèses traditionnelles de la régression à savoir
l’homoscédasticité et l’indépendance des termes d’erreurs, voir Giles (2011b).
9
Récupéré de http://programming-r-pro-bro.blogspot.ca/2011/11/unit-root-versus-breaking-trend-
perrons.html.
32
Pour notre étude, le choix des dates de rupture est fait à partir des graphiques
présentés en Annexe B. Les résultats du test de Chow en considérant un seul
changement dans la série du taux d’épargne avec un seul paramètre de la régression
(la constante) sont résumés au tableau 3.4.
Ces résultats confirment l’existence de changement structurel dans les séries du taux
d’épargne pour tous les pays. Donc, l’hypothèse nulle d’inexistence de bris structurel
est rejetée, car la probabilité (Prob.F) est inférieure à 5 %. Nous avons exclu de cette
analyse l’Espagne puisqu’elle a deux séries du même ordre I(1) et le Nigeria, car les
deux séries sont I(0).
33
Il existe plusieurs méthodes pour rendre une série stationnaire (effectuer un filtre H-P,
enlever la tendance ou prendre la première différence). Pour notre cas, nous allons
redéfinir le taux d’épargne comme une nouvelle série qui fluctue autour de sa
moyenne. Tantôt sur une certaine moyenne avant la rupture structurelle et tantôt
autour d’une nouvelle moyenne après le changement structurel puisque nous partons
de l’hypothèse que la moyenne change à l’intérieur du panel.
Les résultats du test ADF sur la nouvelle série sont résumés par le tableau 3.5.
34
Sur la lumière du tableau 3.5, les nouvelles valeurs des statistiques du test ADF
comparées aux valeurs critiques du tableau 3.3, surtout celles du troisième
modèle"û(òòò) (constante avec tendance), nous font remarquer que la série du taux
d’épargne est devenue stationnaire (France, Allemagne, Italie, Japon, la Chine,
Afrique du Sud, Inde) ou presque (Canada, États-Unis, Royaume-Uni, Algérie,
Argentine, Turquie, Gabon, Sénégal). Du fait que la statistique t, arbitrairement à
5 %, est inférieure ou très proche de la valeur citrique (-3,50) pour rejeter l’hypothèse
nulle de non-stationnarité.
35
Notre méthode de sélectionner une date et d’appuyer ce choix par un test de Chow
ressemble un peu au travail fait par (Zivot et Andrews, 1992). Ces derniers ont
décomposé leur échantillon pour chaque date probable de rupture et en utilisant des
variables d’interaction dichotomiques. La date la plus favorisée pour un bris est
sélectionnée en fonction de la statistique ADF la plus négative pour rejeter
l’hypothèse nulle de la racine unitaire (Glynn et al., 2007).
10
Le choix de retard a été fait sur une plage allant de 1 à 7 retards.
36
Tel que mentionné dans le précédent chapitre, l’analyse de la coïntégration n’est pas
déterminante dans la méthodologie de (Toda et Yamamoto, 1995). Le fait de procéder
par un test de coïntégration est juste de s’assurer qu’il existe une relation stable à long
terme, mais sans incidence directe sur la causalité. En effet, deux séries non
coïntégrées peuvent manifester un lien de causalité11.
Les deux premières séries (le taux de croissance et le taux d’épargne non modifié)
avaient des ordres d’intégration différents I(0) et I(1), voir tableau 3.1 et 3.2. En
conséquence, elles ne peuvent pas présenter un lien d’équilibre à long terme et nous
ne pouvons pas procéder par un test de Johansen pour détecter la coïntégration12.
Identiquement pour les deux séries que nous avons maintenant (le taux de croissance
et le taux d’épargne corrigé) puisqu’elles sont stationnaires. Par contre, nous avons un
cas exceptionnel de l’Espagne, car il affiche deux séries du même ordre I(1).Un test
de coïntégration peut être fait.
Valeur Valeur
Pays H0 H1 §- trace §- Max!
critique à 5 % critique à 5 %
U=0 U=1 12,35 12,32 12,26! 11,22
Espagne
U≤1 U=2 0,08 4,13 0,08! 4,13
r : nombre des vecteurs de coïntégration
Selon les deux tests, la trace et la valeur propre maximale, les résultats indiquent
l’existence d’un vecteur de coïntégration à un seuil de 5 % entre l’épargne et la
croissance économique pour l’Espagne. Donc, une relation de longue durée est
11
Voir le texte de (Giles, 2011a).
12
Toutefois, un test de coïntégration peut être effectué dans un modèle ARDL (Autoregressive
Distributed Lag).
37
envisageable entre les deux variables. Or, ceci suggère de penser qu’il y a une
causalité dans au moins dans un sens.
Si les deux séries sont stationnaires, I(0), aucun retard additionnel n’est introduit dans
le VAR (dmax = 0) et la procédure de test suit l’approche standard de Granger. En
revanche, si les séries sont intégrées d’ordre un, alors un seul retard supplémentaire
est introduit dans le modèle. (Toda et Yamamoto, 1995). Donc, la même méthode
peut être adoptée dans notre cas en prenant juste dmax = 0.
Le retard optimal du modèle VAR est ! = 1 ou ! = 2 selon le pays, voir tableau 3.6,
pour l’Espagne (dmax = 1). Nous cherchons à vérifier l’hypothèse nulle de non-
causalité du taux d’épargne modifié vers le taux de croissance et dans le sens inverse
aussi. La statistique de Wald modifiée (2.18) est utilisée pour tester la causalité entre
le taux de croissance et le taux d’épargne pour l’ensemble des pays pour la
période 1967-2015. Les tableaux 3.8 et 3.9 résument la statistique de Wald modifiée
et la p-value pour chaque test de causalité.
38
↛ : Sens de non-causalité
↛ : Sens de non-causalité
Ce sens de causalité est bidirectionnel (l’hypothèse nulle est vérifiée dans les deux
sens à un seuil de 5 % ou 10 %) pour le Canada, la Turquie et le Sénégal.
Faisant maintenant des comparaisons de nos résultats avec les principaux textes écris
à ce sujet.
Nos résultats sont comparables avec ceux de Mohan (2006) d’autant qu’il a utilisé la
même source des données (indicateurs du développement dans le monde de la
Banque Mondiale). Cette étude demeure la plus proche de nos résultats.
En effet, ce dernier, après avoir utilisé le test de Granger (1969) pour un ensemble de
pays plus diversifiés en revenu par rapport à nos données, a affirmé soit le lien de
causalité de la croissance vers l’épargne ou le lien bidirectionnel.
Exceptionnellement, le lien inverse de l’épargne vers la croissance a été vérifié que
pour deux pays à revenu intermédiaire dans son étude.
La similitude réside dans le caractère des résultats trouvés puisque dans notre étude
nous avons remarqué la forte présence du lien de causalité de la croissance vers
l’épargne et la causalité bidirectionnelle. Par contre, la différence est remarquée pour
certains pays communs entre l’étude de l’auteur et la nôtre. Nous avons distingué des
différences en ce qui concerne le Canada, le Royaume-Uni, l’Inde, l’Argentine,
l’Afrique du Sud et le Nigeria. Pour la plupart de ces pays, l’auteur trouve plutôt une
causalité croissance-épargne. Sinon, pour le reste des pays à l’instar du Japon et
l’Algérie, les résultats sont identiques (une causalité croissance-épargne est
considérée). Pour la classe de revenu intermédiaire, l’auteur trouve une causalité dans
42
les deux sens tandis qu’elle est unidirectionnelle de la croissance vers l’épargne dans
le reste des pays. Dans notre étude, les résultats de causalité sont plus mitigés par
rapport à la classe de revenu, mais concorde avec l’auteur sur la prédominance du lien
croissance-épargne.
Donc, cette prédominance ne peut confirmer la vision conventionnelle que des taux
d’épargne plus élevés conduisent systématiquement à une croissance importante.
Nous avons fait remarquer plusieurs fois dans ce travail que les théories de la
croissance dans un cadre néoclassique maintiennent le fait que la croissance
économique est influencée positivement par des taux d’investissement importants13,
ce niveau d’investissement est attribué à son tour à plusieurs facteurs, principalement
l’épargne nationale. Inévitablement, ces autres facteurs peuvent expliquer la
prédominance du lien causal de la croissance envers l’épargne, au moins dans les
pays à haut revenu.!!
La causalité inverse de la croissance vers l’épargne a été discutée aussi dans l’étude
de Carroll et Weil (1994). En comparant les résultats, nous constatons que les pays de
l’OCDE traités individuellement peuvent manifester un lien de causalité traditionnel
allant de l’épargne vers la croissance (Allemagne, Italie) ou bidirectionnelle (le
Canada) contrairement aux résultats des auteurs qui confirment le lien causal de la
13
Toutefois, la démonstration théorique de ce lien à partir d’un modèle macroéconomique ne fait pas
objet de la présente étude.
43
Dans notre travail, nous avons choisi l’analyse par des séries temporelles en
construisant un taux de croissance standard pour l’économie et de le jumeler avec un
taux d’épargne dans un modèle vectoriel autorégressif (VAR), les données en panel
sont issues de la base de la Banque Mondiale pour étendre notre analyse sur un
échantillon de pays avec différents revenus.
Après avoir vérifié les caractéristiques des séries notamment la stationnarité, nous
avons procédé à un test de causalité en suivant la méthode de Toda et Yamamoto
(1995) en considérant deux séries stationnaires. Les résultats obtenus sont différents
d’un pays à l’autre. En effet, un lien unidirectionnel de causalité de l’épargne vers la
croissance a été effectif pour des pays à haut revenu tels que l’Allemagne, l’Italie,
mais aussi pour des pays à faible revenu comme l’Afrique du Sud, le Gabon et le
Nigeria. Par contre, le lien inverse où la croissance cause l’épargne est majoritaire,
nous l’observons aux États-Unis, en Espagne, au Japon, en Chine, mais aussi en
Algérie et en Inde. Un lien de causalité dans les deux sens est trouvé pour le Canada,
14
Voir l’étude de Aghion et al. (2008).
45
la Turquie et le Sénégal. Enfin, nous n’avons trouvé aucun lien pour la France, le
Royaume-Uni et l’Argentine.
Il convient de préciser que notre analyse présente quelques limites. D’abord, il faut
être prudent par rapport aux mesures, nos résultats sont basés sur le comportement de
l’épargne intérieure brute (encore corrigée). Si une substitution peut être faite avec
l’épargne privée, les résultats peuvent être différents, voir (Mavrotas et Kelly, 2001).
Aussi, pour enrichir l’analyse sur les économies ouvertes, il serait pertinent de
rajouter au modèle une mesure pour la contrainte financière afin de tenir compte du
financement extérieur. Nos résultats peuvent aussi être critiqués par rapport à
l’horizon T relativement réduit, les caractéristiques asymptotiques des tests, dans les
séries temporelles, sont généralement vérifiées pour un T qui tend mathématiquement
vers l’infini pour un N fixe (Smith et Fuertes, 2010).
Également, l’autre limite qui devrait être discutée a trait à la méthodologie utilisée
pour corriger le taux d’épargne tout en permettant un changement de moyenne. En
effet, l’hypothèse de Perron (1989) sur les changements structurels a été critiquée par
rapport au choix d’une date qui serait la plus probable pour une rupture. Ce choix
exogène (sur une connaissance préalable des données) et/ou endogène (à l’aide des
tests économétriques) peut invalider les caractéristiques des distributions concernant
les statistiques des tests de la racine unitaire. Les nouvelles études sur les
changements structurels se penchent de plus en plus vers des méthodes qui permettent
des choix endogènes des dates de rupture en adéquation avec les tests économétriques
de la racine unitaire (Glynn et al., 2007).
ANNEXE A
STATISTIQUES DESCRIPTIVES
.26
.28 .24
.25
.23
.24 .20
.22
.20
.20 .16
.19
.27
.24
.28 .26
.22
.25
.23
.18
.24
.22
.16
.21
.22
.14 .20
.12 .19
.20 1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015
1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015
1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015
Italie Japan
.27 .44
.26
.40
.25
.36
.24
.23 .32
.22 .28
.21
.24
.20
.20
.19
.18 .16
1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015 1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015
Figure B.1 Évolution du taux d’épargne dans les pays à haut revenu
51
.55 .325
.36
.50
.300
.45 .32
.275
.40
.28 .250
.35
.225
.30 .24
.25 .200
.20
.20 .175
.32 .7
.24
.28 .6
.20
.24 .5
.16
.4
.20
.12 .3
.16
.08 .2
.12 1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015
1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010 1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015
.20 .52
.40
.35 .48
.16
.30 .44
.20
.36
.08
.15
.32
.10 .04
.28
.05
.00 .24
.00 1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015 1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010
1985 1990 1995 2000 2005 2010
Figure B.2 Évolution du taux d’épargne dans les pays à faible revenu
ANNEXE C
!.04 !.04
1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015 !.04
1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015
1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015
.04 .06
.02
.02 .04
.00
.00 .02
!.02
!.02 .00
!.04
!.04 !.02
Italie Japon
.08 .10
.06 .08
.06
.04
.04
.02
.02
.00
.00
!.02
!.02
!.04 !.04
!.06 !.06
1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015 1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015
Figure C.1 Évolution du taux de croissance dans les pays à haut revenu
54
.06 .10
.2
.04 .05
.1
.02 .00
.0
.00 !.05
!.1
!.02 !.10
.3
.08 .08
.2
.04 .04
.1
.00 .0
.00
!.1
!.04 !.04
!.2
.3 .15
.08
.2 .10
.04
.1 .05
.00
.0 .00
!.04
!.1 !.05
Figure C.2 Évolution du taux de croissance dans les pays à faible revenu
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