Séquence pédagogique sur le genre
Séquence pédagogique sur le genre
De Blanche-Neige à Blanc-Neige
Une séquence d’enseignement et d’apprentissage pour interroger le genre
Anthony Coppola
Résumé
Cette contribution à visée descriptive présente une séquence d’enseignement et d’apprentissage –
mise à disposition pour l’ensemble des cantons romands - qui a été conçue autour du conte de
Blanche-Neige et les 7 nains. Cette séquence permet d’interroger le système de genre en engageant les
élèves âgés d’une dizaine d’années dans des activités de compréhension orale par contrastes.
Effectivement, en faisant échos aux objectifs d’une pédagogie de l’égalité, ainsi que de littératie
critique, cette séquence utilise des parodies du conte afin de permettre aux élèves de mieux
comprendre la version originale sous le prisme du genre. En plus de poursuivre des objectifs d’égalité,
cette séquence offre des pistes novatrices pour véritablement enseigner la compréhension orale,
notamment, en recourant à la notion de système récit-personnages (SRP).
Mots-clés
Pédagogie de l’égalité, littératie critique, système récit-personnages, genre
Auteur
Anthony Coppola, Université de Genève, Faculté de psychologie et des sciences de l'éducation,
Pavillon Mail – Bureau 223, Boulevard du Pont d’Arve 40, 1205 Genève, [email protected]
Introduction
Paradoxalement, dans les pays occidentaux, alors que
l’institution scolaire - de par les règlements officiels et les lois
scolaires - se doit de favoriser l’égalité entre les sexes, le
genre1 traverse les murs de l’école. En effet, le plus souvent
inconsciemment et de manière involontaire, de nombreuses
micro-discriminations, c’est-à-dire des mini-différences de
traitement infralégales (en deçà du seuil fixé par la loi pour
interdire ce genre de pratiques) qui conduisent à favoriser de
grandes inégalités (Rowe, 2008), conduisent à distinguer et à
hiérarchiser le féminin et le masculin. Par exemple, au
quotidien, demander uniquement à des garçons de déplacer
un objet lourd contribue à envoyer deux messages : d’une
part, les filles et les garçons sont différents, d’autre part, les
filles sont faibles, les garçons sont costauds. Façonnée par le
système de genre, notre représentation du monde qui
catégorise l’être humain dans deux boîtes distinctes2 - les
femmes d’un côté ou les hommes de l’autre - conduit à
projeter des attentes différenciées qui finissent par jouer le
rôle de prophéties auto-réalisatrices. En outre, le genre,
omniprésent, joue le rôle de repère à plusieurs niveaux (Dayer, 2017a) : (1) l’identité (le fait de se sentir
femme ou homme, les deux, ni l’un ni l’autre) ; (2) la manière de nous présenter (tenues
vestimentaires, mimiques, posture du corps, maquillage) ; (3) le choix des activités de loisirs et
professionnelles; ainsi que (4) l’orientation sexuelle (nous vivons dans une société qui privilégie
l’hétérosexualité au détriment des autres formes de sexualités).
À bien des égards, des recherches en sociologique et en psychologie sociale expliquent que l’école
contribue à la (re)production du genre : des manuels scolaires stéréotypés (Sinigalia-Amadio, 2011) ; un
curriculum caché et inégal entre les exigences et activités proposées aux filles et aux garçons
(Perrenoud, 1995) ; des interactions verbales entre enseignant-e et élèves pour lesquels les garçons,
surtout au secondaire, monopolisent l’espace sonore de la classe pour des enjeux de compétition
(Jarlégan, 1999) ; ou encore, une division socio-sexuée des savoirs (Mosconi, 1989) et des orientations3
(Vouillot, 2007) qui ne permettent pas aux filles de transformer, « de manière équivalente aux garçons,
leur réussite scolaire en réussite professionnelle » (Fassa, 2014, p.69).
Le genre limite non seulement le développement et le libre arbitre, mais aussi produit des violences
qui peuvent s’abattre, telles des épées de Damoclès (Dayer, 2017a), sur les individus s’écartant des
normes sociales (garçon trop efféminé, fille trop virile, garçon amoureux d’un autre garçon, etc.), les
1
Selon une acception sociopolitique (Collet, 2016), le genre (toujours employé au singulier) correspond à un système
qui se fonde sur des normes qui non seulement conduisent à définir ce qui relève du féminin et du masculin, mais
surtout à déséquilibrer la manière de les percevoir, le féminin étant dévalorisé par rapport au masculin. On prend
conscience de ce système lorsqu’on se rend compte qu’il est mieux perçu pour une fille d’aller vers le côté masculin
plutôt que l’inverse.
2
Malgré une vision de la réalité qui semble in-questionnable, le sexe est si complexe à définir et fluide à la fois au niveau
biologique et psychologique que la dualité femelle/mâle est plutôt le résultat d’une construction sociale (Dayer, 2017a ;
Dorlin, 2008 ; Mosconi, 2016). Si nous prenons en compte l’ensemble des niveaux de sexuation, il existe bien plus que
deux sexes (Fausto-Sterling, 2000).
3
Bien qu’il n’y ait aucune prescription, les filles et les garçons fondent leur choix non pas sur le hasard, mais bel et bien
en fonction de l’influence du genre (Collet & Dayer, 2014).
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injures ne représentant que la pointe de l’iceberg de ce système idéologique (Dayer, 2017b). Ces
violences genrées sont à prendre au sérieux, car elles peuvent impacter la santé psychique et physique
des apprenant·e·s (mauvaise estime de soi, sentiment de honte, anxiété, dépression, suicide) (Dayer,
2017a) et leurs conditions d’apprentissages (absentéisme, dérochage scolaire, détérioration du climat
de classe) (Chamberland, 2010).
Sans être la seule instance de socialisation responsable, si l’école choisit de fonctionner comme un
milieu « normal » ou « neutre » dans une société autant marquée par le genre, les inégalités qui en
découlent (ainsi que les inégalités sociales) vont continuer à se (re)produire (Duru-Bella, 2008). On
peut toutefois supposer qu’en tant que facteur de socialisation essentiel, l’école peut jouer un rôle de
résistance et de rempart pour contrer ce(s) système(s) de domination en choisissant de manière
consciente, volontaire et courageuse de s’y opposer.
Ces éléments théoriques sont donc à la base de mon ancrage légitimant la construction d’une
séquence pédagogique luttant contre les inégalités. Par conséquent, dans le cadre d’un contrat régi
par la CIIP4 et coordonné par l’IRDP5, j’ai produit une séquence d’enseignement et d’apprentissage sur
la compréhension orale adressée à des classes du deuxième cycle (élèves âgés d’environ 10 ans) de
l’enseignement obligatoire en Suisse romande. Cette séquence - qui est disponible depuis le mois de
septembre 2020 dans les ressources en ligne du site officiel du Plan d’études romand6 (sous la
rubrique « nouveaux moyens d’enseignement romands ») - vise à interroger le système de genre à
partir du conte de Blanche-Neige et de plusieurs parodies. La parodie est, dans ce contexte particulier,
un outil intéressant puisqu’elle a pour fonction d’imiter une œuvre dans le but d’en rire en modifiant le
cadre, les personnages, le style ou sa structure.
Dans ce texte, je commencerai par préciser le concept de pédagogie de l’égalité qui légitime et donne
du crédit à une telle séquence d’enseignement.
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vie courante » et, plus précisément, les apprentissages à faire par les élèves dans le regroupement de
genres textuels « Le texte qui raconte ». Elle répond à trois sous-objectifs spécifiques qui composent le
fil conducteur structurant la suite de ce présent texte.
1. Distinguer et interroger les rôles et les fonctions attribuées aux personnages féminins et
masculins ;
2. Saisir les sentiments, les intentions et les actions associées aux personnages et prendre
conscience des stéréotypes de genre ;
3. Identifier et exercer les différents indices oraux non verbaux (bruitages) et verbaux (voix du
narrateur et des personnages).
Notons que le genre est un terme polysémique en particulier dans ce texte. En effet, le genre fait donc
référence à la fois à un système de normes sexuées (le système de genre, toujours employé au
singulier), mais aussi à un regroupement de textes fonctionnant de manière similaire catégorisés par
genre (les genres textuels ou discursifs).
Après avoir décrit en détail ces éléments théoriques affinant notre ancrage théorique, je présenterai le
plan général de la séquence en mettant en évidence quelques activités proposées.
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de dissocier la fiction et la réalité. Dans cette perspective, apprendre à chausser les lunettes de
l’égalité permet d’atteindre une liberté plus grande en écartant les barrières du genre notamment.
Par conséquent, la séquence sur Blanche-Neige propose aux élèves d’écouter la version originale du
conte et de mieux la comprendre en la contrastant aux versions parodiques qui jouent sur le féminin
et le masculin en focalisant notamment l’attention des élèves sur les intentions, les sentiments et les
actions des personnages.
L’utilisation du SRP, en tant que concept théorique, prend une nouvelle coloration dans cette
séquence sur ce conte, puisqu’il constitue aussi un outil qui permet de faciliter la distinction des
comportements interprétés comme féminins et masculins dans le but de les questionner. Par
exemple, une certaine vision de la femme est véhiculée dans le conte canonique de Blanche-Neige par
le fait que la reine, vieillissante et jalouse de la beauté de sa belle-fille, devient cruelle et sans cœur au
point de tout mettre en œuvre pour l’éliminer. En revanche, le prince tombe amoureux au premier
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regard de Blanche-Neige et l’embrasse en la sauvant d’un profond sommeil, ce qui donne une vision
héroïque et romantique du rôle de l’homme.
Bien souvent, le système de genre se (re)produit par les récits et par le langage plus généralement. Il
est alors utile d’apprendre aux élèves à développer leurs capacités langagières et notamment celles
concernant la communication orale, omniprésente dans leur quotidien, pour leur éviter d’être la cible
de manipulation et de dogmatisme.
11 Selon les idées de Vygotski (1934/1985) reprises par Bronckart (1997), la construction d’un sujet le développement de
son langage à la base de ses fonctions psychiques qui en découlent (mémoire, raisonnement, attention, etc.) sont
rendus possible grâce à - simultanément ou de façon conjointe - (1) des actions réciproques, des interactions, entre des
membres d’un groupe et (2) par l’appropriation d’objets sociaux créés par la culture, nommés justement outils
sémiotiques.
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Maintenant que nous avons précisé le cadre théorique légitimant et précisant notre ancrage
théorique, ainsi que l’importance d’avoir mis en place un outil pour enseigner la compréhension orale
d’un conte de manière critique, je vais décrire la séquence d’enseignement et d’apprentissage plus en
détail.
5. Déstabiliser le genre dans une perspective littéracie critique : une séquence pour
comprendre Blanche-Neige autrement
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argumentant son choix. Puis, suite à une agression physique, Blanche-Neige, en guise de légitime
défense, parvient à poignarder la reine. Finalement, la jeune fille refuse les avances d’un prince en
choisissant librement son amoureux : un homme d’un autre rang social et d’une autre taille puisqu’il
s’agit d’un des nains.
Dans la première version parodique sélectionnée, la marâtre exige que sa belle-fille s’affiche avec plus
de féminité. Désobéissante et exaspérée, Blanche-Neige décide de s’enfuir et trouve la maison des
nains. Elle y propose de couper du bois. Les nains, étonnés, se montrent extrêmement machos en
exigeant de manière franche que Blanche-Neige, en tant que femme, se doit de leur faire à manger et
s’occuper de leur logis. Suite à ces mots, elle décide de quitter les lieux en exprimant haut et fort son
mécontentement. Sur le chemin, elle rencontre un prince qui souhaite l’épouser pour qu’elle s’occupe
des enfants. Elle décide finalement de vivre seule sans que personne ne lui dise comment être ou quoi
faire.
Dans la deuxième et dernière version parodique, les rôles féminins et masculins sont complètement
inversés, ce qui permet de faciliter encore davantage la remise en question du système de genre. Il
s’agit d’un beau-père qui accède au trône et qui désire rester le plus beau, non pas en s’adressant à un
miroir magique, mais plutôt à travers le nombre de « j’aime » sur les réseaux sociaux. Le jour où son
beau fils, Blanc-Neige, le surpasse, il décide par jalousie de le faire tuer par un tueur à gages. Après lui
avoir laissé la vie sauve, Blanc-Neige trouve la demeure des 7 nains et propose ses services pour
nettoyer leur maisonnette. Ceux-ci l’acceptent et veillent sur lui. Malgré leur avertissement, naïf, le
prince ouvre à trois reprises la porte à un inconnu. Heureusement, les nains parviennent à le sauver de
justesse, jusqu’à la quatrième fois où il boit un café empoisonné et tombe dans un profond sommeil.
Une princesse tombe amoureuse du prince et demande à déplacer son cercueil en verre où il avait été
placé. Au cours du déplacement, une chute réveille Blanc-Neige. Finalement, le prince préfère rester
célibataire et sans enfant pour vivre heureux.
Mise en
situation C1 M1 C2 M2 C3
La séquence minimale (sans les activités facultatives suggérées), d’une durée d’environ 10 périodes de
45 minutes12, commence par une mise en situation qui a pour but de rendre visibles les représentations
des élèves liées aux contes traditionnels au regard des caractéristiques habituelles qui les
12
Les activités de compréhension ont une durée moyenne de deux périodes. Un module d’apprentissage dure une à deux
périodes.
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accompagnent, par exemple, les personnages prototypiques de la princesse, du prince et de la
marâtre.
Ensuite, sur l’ensemble de la séquence, trois activités de compréhension (C1, C2, C3) permettent
d’exercer la compréhension orale des différentes versions de Blanche-Neige (une version canonique et
deux parodies élaborées par les étudiant·e·s de la FEP) en vue de les comparer entre elles ainsi qu’à
leurs représentations initiales mises en évidence dans la mise en situation. Chaque activité de
compréhension est organisée en cinq sous-activités (A, B, C, D, E) :
13
Cette activité et ce nom sont insprés de la démarche des « cercles de lecture », une stratégie d’enseignement qui vise à
réunir les élèves en petits groupes hétérogènes en vue d’analyser de manière critique un texte lu collectivement
(Anderson & Corbett, 2008).
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Entre chaque activité de compréhension, un module d’apprentissage (M1, M2) est proposé pour
exercer de manière spécifique et ciblée des capacités permettant une compréhension plus fine du
conte et anticipées comme représentant des obstacles de compréhension pour les élèves.
Module 2 : Identifier les indices non verbaux et verbaux dans plusieurs versions du conte
Le deuxième module se centre sur les indices non verbaux (bruitages) et verbaux (voix du narrateur
des personnages) dans chaque version du conte. Une première activité propose aux élèves
d’apprendre à définir et à imiter différentes voix en vue d’élargir leur lexique afin de mieux
caractériser la voix des personnages du conte (Voir Annexe 4). Une deuxième activité offre deux
extraits d’une version parodique de Blanche-Neige permettent de focaliser l’écoute sur les bruitages
et les différentes voix pour faciliter la compréhension du texte. En ce qui concerne ces derniers, on se
concentre sur l’identification et la signification de bruit de pas, d’un claquement de porte, d’un
hennissement d’un cheval. Quant aux voix des personnages et du narrateur, les élèves sont amené·e·s
à les identifier et les décrire.
En fin de chaque activité de compréhension et/ou d’un module d’apprentissage, dans un but
d’institutionnalisation des connaissances acquises, des constats sont suggérés dans le but de stabiliser
les nouvelles connaissances apprises (Voir Annexe 5).
En fonction des trois sous-objectifs spécifiques visés par la séquence, deux évaluations facultatives
(une initiale avant la première activité de compréhension et une à la fin de la séquence) testent les
capacités de compréhension des élèves. Elles sont facultatives mais ont l’avantage d’être en mesure
d’évaluer de manière objective les progrès de chaque apprenant·e.
Finalement, des pistes complémentaires et facultatives sont à disposition de l’enseignant·e au cas où il
y aurait un intérêt à prolonger la séquence à partir d’autres contes à l’oral et à l’écrit. Il y a notamment
comme proposition de créer une nouvelle parodie du conte.
Conclusion
Le système de genre - omniprésent - nous pousse au conformisme et engendre de nombreuses
discriminations et souffrances. L’école, n’étant pas épargnée, a pour responsabilité de le contrer en
permettant aux élèves, d’une part, de prendre conscience de son existence et de son impact et,
d’autre part, de s’en émanciper pour accéder à davantage d’égalité et de liberté.
C’est en promouvant la pédagogie de l’égalité et les principes de littératie critique que la séquence
d’enseignement et d’apprentissage présentée ici a été conçue. Faire progresser les capacités de
compréhension critique d’un conte au regard du système de genre est utile pour comprendre
comment les stéréotypes du genre sont véhiculés. En effet, la stratégie utilisée est – à partir d’un
conte existant, connu et particulièrement stéréotypé (celui de Blanche-Neige) - d’amener les élèves à
mieux le comprendre en jouant sur diverses parodies élaborées expressément pour cet enseignement.
En engageant les élèves dans une prise de distance réflexive grâce à un outil notionnel du système
récit-personnages (SRP), à savoir différentes manières de présenter les personnages au regard de
leurs intentions, sentiments et actions, nous espérons qu’elle leur permettra d’assouplir les frontières
du féminin et du masculin.
L’originalité de cette séquence réside dans la création d’un outil clé en main permettant un réel
enseignement basé sur trois sous-objectifs spécifiques liés à la compréhension orale d’un conte. Elle
offre également des activités adaptées aux enseignant-e-s pour évaluer la progression orale des
élèves.
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Dans une perspective scientifique, afin de poursuivre cette démarche et évaluer clairement les
bénéfices de cette séquence, il serait utile, dans une perspective de Recherche-Action (Catroux, 2002),
d’expérimenter cet enseignement dans des classes pour en dégager les points forts et les
améliorations à partir des remarques des enseignant·e·s et des élèves, ainsi que d’analyser l’impact de
la séquence en termes d’évolution du niveau de la dépendance/indépendance à l’égard du genre des
apprenant·e·s. L’outil méthodologique mis en place par Marro (2012) et déjà expérimenté dans mes
propres travaux (Coppola, Colognesi & Collet, 2019) constitue une piste prometteuse.
En définitive, et bien qu’il s’agisse d’une petite pierre dans un édifice encore bien large à bâtir pour
atteindre l’égalité, cette séquence d’enseignement et d’apprentissage est un moyen d’affirmer qu’il
est possible d’enseigner la compréhension orale tout en s’impliquant pour l’égalité entre les sexes.
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Auteur
Anthony Coppola est enseignant primaire dans le canton de Vaud depuis 2012. Suite à un Master en cours
d’emploi à l’université de Genève en Sciences de l’éducation, il est devenu assistant du professeur Joaquim
Dolz-Mestre en didactique du français et d’Isabelle Collet en études genre à l’université de Genève. Il s’est
investi dans un travail de recherche doctorale dans lequel il a mis en place un dispositif didactique dans
trois classes du deuxième cycle primaire visant à enseigner le débat régulé sur des questions d’(in)égalités
sociales. Il alimente un blog pour l’enseignement primaire : http://enseignantcoppola.eklablog.com
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Vom «Blanche-Neige» zum «Blanc-Neige»
Eine Unterrichtssequenz über Geschlechterfragen
Anthony Coppola
Abstract
Der Beitrag stellt eine Unterrichtssequenz vor, die in allen französischsprachigen Kantonen zur Verfügung
steht und sich mit dem Märchen «Schneewittchen und die 7 Zwerge» befasst. Sie thematisiert die
Geschlechterfrage und Hörverstehen über unterschiedliche Schneewittchen-Adaptationen. Im Sinne der
Ziele der Gleichstellungspädagogik und der Reflexion über Literalität werden den Schülerinnen und
Schülern in dieser Sequenz Parodien des Märchens vorgestellt, die es ihnen ermöglichen, die
Originalversion unter dem Blickwinkel der Geschlechterfrage besser zu verstehen. Neben den
Gleichstellungszielen verfolgt die Sequenz auch innovative Wege des Hörverstehens, insbesondere über
die Förderung von emotionalen Zugängen zu den Figuren.
Schlüsselwörter
Gleichstellungspädagogik, Literalität, Empathie, Gender, Geschlecht
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Da Biancaneve a Bianconeve
Una sequenza di insegnamento e apprendimento per una messa in discussione del genere
Anthony Coppola
Riassunto
Questo contributo a carattere descrittivo presenta una sequenza d'insegnamento e di apprendimento,
messa a disposizione di tutti i Cantoni francofoni, che è stata concepita intorno alla favola di Biancaneve e i
sette nani. Questa sequenza consente di mettere in discussione il sistema di genere impegnando gli alunni
di circa dieci anni in attività di comprensione orale per contrasto. Riecheggiando gli obiettivi
dell'educazione all'uguaglianza e dell'alfabetizzazione critica, infatti, questa sequenza utilizza parodie del
racconto per aiutare gli allievi a comprendere meglio la versione originale attraverso la lente del genere.
Oltre a perseguire obiettivi di uguaglianza, la sequenza offre modalità innovative per insegnare veramente
la comprensione orale, in particolare, utilizzando la nozione di sistema narrazione-personaggi (SNP).
Parole chiave
Pedagogia dell'uguaglianza, letteralità critica, sistema narrazione-personaggi, genere
Anthony Coppola 23