Legal Tech
Legal Tech
LegalTech
Un marché dynamique et innovant,
porté par des start-up en quête de légitimité
secteurs & marchés
LegalTech
Un marché dynamique et innovant,
porté par des start-up en quête de légitimité
L
ongtemps réticentes à l’adoption des nouvelles technologies, les professions juridiques se numé-
risent cependant progressivement. La tendance s’est amplifiée durant la crise sanitaire de Covid-19.
De leur côté, les départements juridiques des entreprises font face à des problématiques de plus en
plus prégnantes liées à la conformité, tandis que le droit demeure aux yeux des citoyens comme un
domaine complexe et méconnu.
Dans ce contexte, une multitude de start-up propose de simplifier les démarches des professionnels
comme des particuliers. Se basant, pour les plus innovantes d’entre elles, sur des solutions d’intelligence
artificielle, elles se déploient dans de nombreux segments de marché jusqu’ici peu investis : moteurs de
recherche en jurisprudence, automatisation des contrats, mise en relation et même justice prédictive.
Les créations d’entreprise et les levées de fonds s’accélèrent.
Ces nouveaux entrants se lancent néanmoins dans un environnement encore mouvant. Malgré un réel
potentiel, le secteur reste vulnérable à un durcissement de la régulation et se voit freiné par la lenteur
de l’ouverture de l’exploitation des données. Les relations avec les professions juridiques se montrent
ambivalentes, entre collaboration et opposition. L’écosystème demeure quant à lui émergent, se consti-
tuant dans un premier temps autour des différents Barreaux.
20 %
pour les métiers du droit
219
autres
Notaires 9%
6%
Particuliers
10 %
2020 49 %
Le nombre de start-up Entreprises
ENTREPRISES
PROFESSIONNELS
START-UP EXTÉRIEURES
DU DROIT
AU SECTEUR
Paysage concurrentiel
Naissant en 2015, le marché français des solu- Ces dernières pourraient réaliser un chiffre d’af-
tions numériques destinées aux affaires juridiques faires proche de 100 millions d’euros en 2022,
connaît une phase d’accélération depuis 2017. soit près du triple de 2020. La valeur du mar-
L’analyse d’un panel constant de 29 start-up figu- ché serait ainsi multipliée par huit en l’espace
rant parmi les leaders du secteur réalisé en 2021 de cinq ans. Dirigeante de la start-up Gino
par France Digitale montre que leur chiffre d’af- LegalTech, Audrey Ellis affirmait en juin 2021 au
faires a triplé entre 2018 et 2020 pour avoisiner site Village de la Justice : “L’hypercroissance de la
35 millions d’euros. Réseau d’entreprises et d’in- LegalTech est le signe qu’une transformation ma-
vestisseurs du numérique, France Digitale ras- jeure est en marche. Nous entrons dans une nou-
semble un collectif de start-up majeures du secteur velle ère, dans laquelle la technologie devient
depuis 2019 sous l’appellation French LegalTech. l’allié indispensable des professionnels du droit.”
100 95
75
60
50
35
25 20
12
0
2018 2019 2020 2021(e) 2022(e)
Traitement IndexPresse. Source : France Digitale
8 LegalTech
Un marché émergent, tiré par la crise sanitaire
La crise sanitaire survenue en 2020 a représenté nouveaux services malgré le contexte délicat, et
un facteur d’accélération pour le secteur. Encore 9 % avaient même créé des fonctionnalités spéci-
balbutiante, la digitalisation du domaine juridique fiquement dédiées à la gestion de la crise.
a progressé avec la mise en place du télétra- À l’inverse, elles n’étaient que 7,4 % à avoir dû
vail et l’essor de procédures comme la retarder le lancement de nouveaux outils
signature électronique. L’usage accru à cause de la crise. Par ailleurs, moins
de services de cloud a également
contribué à cette dynamique. 90 % de 5 % des start-up interrogées
ont modifié de façon définitive
Parmi les start-up sondées par leur modèle économique suite
France Digitale en 2020, 90 %
La proportion
à l’évolution de la situation sa-
estimaient que la pandémie des start-up du collectif nitaire.
avait été bénéfique pour leur French LegalTech Environ 11 % des acteurs re-
activité. Le baromètre publié considérant la crise de censés par le baromètre ont
au premier trimestre 2021
par le média spécialiste des
Covid-19 comme bénéfique connu un impact négatif im-
pour leur activité. portant sur leur activité tan-
start-up Maddyness et le ca-
dis que 26 % ont fait état de
binet d’information profession-
Source�: France Digitale. répercussions limitées. À court
nelle Wolters Kluwer corrobo-
terme, la pandémie a toutefois eu
rait cette tendance. La moitié des
des conséquences sur une partie
LegalTech répondantes considérait
des clients des LegalTechs : 59 % des
que la pandémie avait eu un impact po-
jeunes sociétés sondées ont perdu certains
sitif sur leur situation, et 77 % envisageaient de
contrats ou mis davantage de temps à commer-
recruter sous peu. Un quart avait développé de
cialiser leurs solutions.
4,9 %
ont retardé
ont définitivement changé 7,4 % le développement
de modèle économique de certaines fonctionnalités
LegalTech 9
Un marché émergent, tiré par la crise sanitaire
95 %
vont améliorer l’exercice de leur des notaires considérent que l’IA
profession.” Également fondateur est susceptible d’accroître leur
de la société Visio Avocats, productivité. Le panel interrogé
spécialisée dans la vidéo pour La proportion d’actes par la Banque des territoires
les professionnels du droit, notariés authentiques présentait toutefois une opinion
Vince Durand ajoutait à propos
réalisés sous format contrastée sur le sujet puisque
de la visioconférence : “Ce 72 % des sondés décelaient
n’était pas uniquement le temps numérique.
également dans l’IA une menace
du confinement, c’est aussi pour Source�: Banque des territoires. pour leur activité. Mais plutôt
après. Les clients ne veulent plus que de la rejeter, ils souhaitent au
perdre deux heures aller-retour contraire la maîtriser : environ 94 %
pour voir leur avocat en ville pour un d’entre eux déclarent nécessaire de se
quart d’heure.” former à cette technologie. Or, en 2020,
Les juristes manifestent également un intérêt les notaires ne représentaient que 6 % des clients
grandissant quant à l’usage du numérique dans des LegalTechs. La marge de progression envers
leur travail quotidien. Les trois quarts d’entre eux cette profession s’avère donc significative.
opéraient en 2018 un projet de transformation
digitale basé sur de nouvelles technologies,
d’après Lexqi Conseil et l’Association française Les directions juridiques prennent
des juristes d’entreprises. Cette proportion une importance croissante
grimpait à 92 % en 2021, tandis que 78 % des
juristes interrogés souhaitaient poursuivre de L’influence des départements juridiques au sein
telles démarches en 2022. En simplifiant et en des entreprises s’avère portée par une plus grande
accélérant le traitement des tâches à faible valeur attention accordée à la gestion des risques,
ajoutée, les LegalTechs participent à accroître la notamment sur les questions de conformité. La
productivité des juristes. complexité accrue de la législation renforce les
besoins en LegalTech, tandis que le recours à de
Les notaires, dont 40 % avaient déjà recours à la telles technologies se montre facilité par le rôle
visioconférence avant le début de la crise sanitaire, de plus en plus essentiel des directions juridiques
ont aussi accéléré dans ce domaine selon la dans les processus de décison. D’après l’étude
Banque des territoires : la part des professionnels de Lexqi Conseil et de l’Association française
utilisant les outils vidéo depuis le confinement des juristes d’entreprises (AFJE), trois quarts
10 LegalTech
Un marché émergent, tiré par la crise sanitaire
des directeurs juridiques étaient consultés ou de 225 millions d’euros en 2021 pour des faits
faisaient partie des comités exécutifs ou de similaires.
direction de leur entreprise en 2021, contre deux En affirmant sa nouvelle dimension, la fonction
tiers en 2018. Un sur dix était même membre juridique pèse davantage sur les décisions
d’un autre organe de direction en plus de ces de l’entreprise. Elle peut ainsi aiguiller les
comités. Marc Mossé, président de l’AFJE, notait investissements vers l’équipement de son
en septembre 2021 que “cette étude confirme département en nouvelles technologies, venant
des tendances qui se sont dessinées les années notamment de la LegalTech. Cette évolution
précédentes, notamment celle du rôle stratégique influence en outre le travail des cabinets
de la direction juridique [...] qui s’affirme de plus d’avocats auxquels les directions juridiques ont
en plus.” recours. “Les services juridiques des entreprises
Cette montée en puissance de la fonction juridique sont devenus puissants à l’intérieur même des
se traduit dans le niveau de responsabilité entreprises”, indiquait en février 2020 Paul
attaché aux directeurs de ce service : 75 % se Lignières, managing partner chez le cabinet
voyaient chargés d’un périmètre international d’avocats d’affaires Linklaters, dans Le Nouvel
en 2021, contre 70 % trois ans plus tôt. La même Économiste. “Les prestations demandées par nos
évolution s’est produite au sujet des questions de clients sont donc d’un niveau beaucoup plus
conformité, d’éthique et de gestion des données élevé, et réclament davantage de savoirs chez
personnelles, avec 77 % de directeurs concernés nos collaborateurs.”
en 2021, un niveau supérieur de sept points Disposant de plus de personnel et pouvant
à celui de 2018. La moitié des responsables compter sur de nouvelles technologies, les
interrogés soulignait en outre une expansion de directions juridiques ont donc la possibilité de
leur périmètre d’activité suite à la crise sanitaire. gérer en interne un plus grand nombre de dossiers.
Ils ont également pu recruter davantage de Elles peuvent alors concentrer leurs demandes
collaborateurs, pour 27 % d’entre eux, tandis que auprès des avocats sur des questions plus
14 % ont au contraire dû réduire leurs effectifs. pointues et nécessitant une forte spécialisation.
Laure Lavorel, directrice juridique chez le groupe Ces derniers doivent donc consacrer davantage
américain Broadcom et présidente du Cercle de temps à des problématiques complexes, ce
Montesquieu, une association de directeurs qui peut les inciter à s’orienter à leur tour vers les
juridiques, confirmait cette transformation : “Le LegalTechs pour effectuer rapidement les tâches
directeur juridique n’est plus seulement consulté à faible valeur ajoutée.
pour ses compétences techniques ou son rôle de
conseil, mais pour sa capacité à prévenir le risque
et à définir la stratégie qui permettra de le gérer”. L’essor de la protection juridique,
Différentes affaires ont en effet illustré le caractère une chance pour les LegalTechs
critique du risque juridique et les conséquences
Le développement soutenu du marché de la pro-
qui pouvaient en découler. La non conformité de
tection juridique (PJ) constitue une autre ten-
la banque française BNP Paribas aux sanctions
dance porteuse pour la LegalTech. Évalué à plus
américaines contre l’Iran en 2014 aboutissait à
de 1,4 milliard d’euros en 2018 selon la Fédéra-
une amende de 6,6 milliards de dollars. En 2020,
tion française de l’assurance, ce secteur connaît
le constructeur aéronautique Airbus a quant à
une croissance dynamique : + 26 % entre 2014 à
lui payé 3,6 milliards d’euros pour mettre fin à
2018, dont + 5,9 % entre 2017 et 2018. Sur ce
des accusations de corruption liées à certains
dernier exercice, les particuliers représentaient
contrats. Des condamnations ont également été
74 % du chiffre d’affaires, soit environ 1,1 milliard
prononcées pour non respect de la protection
d’euros. Le marché progresse car “il correspond à
des données personnelles, avec par exemple
un besoin face à la judiciarisation de la société”,
une amende de 50 millions d’euros infligée par la
assure Nicolas Vié, directeur général de Grou-
Commission nationale informatique et libertés à
pama PJ, interrogé par La Tribune de l’assurance
Google en 2019. En Irlande, WhatsApp (filiale de
en mars 2020. Selon lui, “90 % des Français pen-
Meta, ex-Facebook) a été sanctionnée à hauteur
LegalTech 11
Un marché émergent, tiré par la crise sanitaire
sent que le système judiciaire est com- Elles ont segmenté nos chaînes de va-
pliqué. [...] La protection juridique, leur par de l’automatisation à ou-
par son fonctionnement simple et
large, répond pleinement à cette 1,4 milliard
trance et massivement investi sur
le référencement. Nous avons
inquiétude.” Plus à l’aise avec
le numérique, mieux informés,
d’euros pris du retard sur cette par-
tie digitale et technologique.”
les clients veulent gérer les La valeur du marché En libérant les conseillers de
premières démarches de fa- français de la protection tâches chronophages, les
çon plus autonomes. De nou- LegalTech contribuent en outre
velles solutions technologiques juridique en 2018. à un meilleur suivi des dossiers,
permettent ainsi de fournir cer- Source�: Fédération française gage d’une satisfaction des assu-
tains services de façon plus ra- de l’assurance. rés plus élevée. Des partenariats
pide et moins coûteuse. PDG du avec les compagnies d’assurance
spécialiste de la protection juridique se révèlent donc possibles pour les
Solucia, Daniel Bohbot confir- start-up du marché. Ces collaborations
mait dans La Tribune de l’assurance : “Nos leur offre l’opportunité d’accélérer la diffusion de
concurrents sont plutôt les LegalTechs. leurs solutions.
Depuis 2017, les start-up françaises de la Legal- augmenté, tout du moins juqu’en 2020, passant
Tech se révèlent de plus en plus nombreuses d’un peu moins de 13 millions d’euros en 2017
à procéder à des appels de fonds extérieurs. à 52 millions en 2019. Cette dernière année a vu
D’après le baromètre 2020 Wolters Kluwer/ une forte accélération du financement avec un
Maddyness, environ 48 % des start-up n’avaient doublement des montants amassés par rapport à
pas engagé de levée de fonds depuis leur créa- 2018, pour un nombre quasi identique de start-
tion, soit moins de la moitié. Cette proportion, up. Sur l’ensemble de la période 2017-2019, les
en baisse continue depuis 2017, a diminué de start-up du marché ont réalisé un total cumulé de
36 points en l’espace de quatre ans. près de 90 millions d’euros de levées de fonds. En
Cette dynamique rejoint celle des créations d’en- incluant l’année 2020, le total des financements
treprises, qui s’est accélérée sur la période. Un levés par les LegalTechs se porte à un peu plus de
nombre croissant de start-up ont été amenées à 107 millions d’euros.
lever des fonds d’amorçage dans le but d’émerger Une rupture de tendance a toutefois été obser-
et de financer le développement et la commer- vée en 2020 avec une chute à 17,8 millions d’eu-
cialisation de leur solution. Dans le même temps, ros levés, soit une baisse de 66 % par rapport à
d’autres ont procédé à de telles opérations pour 2019. La recul apparaît toutefois plus modeste
améliorer leur offre ou accélérer leur progres- en volume, - 5 %. Le montant médian levé est
sion : recrutement, mise au point de nouvelles tombé à 600 000 euros, soit un niveau équiva-
fonctionnalités, internationalisation, etc. lent au tiers de celui de l’année précédente. En
En conséquence de cette évolution, le mon- 2020, un peu moins d’un quart des LegalTechs
tant des fonds levés annuellement a fortement ont réalisé des opérations portant sur un mon-
12 LegalTech
Un marché émergent, tiré par la crise sanitaire
tant supérieur à un million d’euros. Dans la conti- d’opérations inférieur (17 en 2021 contre 18
nuité des trois années précédentes, les montants en 2020), le total des fonds obtenus par les Le-
levés se concentraient sur un nombre restreint galTechs a plus que doublé par rapport à 2020
d’acteurs prometteurs souhaitant se développer (chiffres arrêtés à mi-novembre 2021) pour avoi-
rapidement. Ainsi, trois LegalTechs (LegaLife, siner le niveau record de 58 millions d’euros. You-
ReciTAL et Quai Des Notaires) ont capté à elles sign (30 millions d’euros), Jus Mundi (8 millions
seules environ 58 % des financements des entre- d’euros) et Leeway (3,6 millions d’euros) ont ef-
prises du panel Wolters Kluwer/Maddyness. fectué les augmentations de capital les plus éle-
Les levées de fonds sont revenues sur le che- vées en 2021.
min de la croissance en 2021. Malgré un nombre
Avec la crise sanitaire de Covid-19, le rythme Cette proportion s’est révélée sensiblement in-
de création de LegalTechs a ralenti en France férieure aux ratios relevés au cours des années
en 2020. La conjoncture économique délicate précédentes, qui oscillaient entre 18 % en 2018
a dissuadé les nouveaux entrants de se lan- et 22 % en 2017 et 2019.
cer, faute de visibilité suffisante. Les sociétés Les créations ont toutefois renoué avec la crois-
fondées en 2020 n’ont représenté que 3,6 % sance dès 2021. La proportion de LegalTechs
des start-up actives sur le marché et intégrées fondées cette dernière année a doublé par rap-
au baromètre Wolters Kluwer et Maddyness. port à 2020 pour atteindre 8 %. De nouveaux
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Un marché émergent, tiré par la crise sanitaire
2016 2017
ou antérieur 22 %
18 %
89
start-up
2021
2018
8%
18 %
2020
4%
2019
Traitement IndexPresse. Source : Baromètre Wolters Kluwer et Maddyness 22 %
acteurs sont ainsi apparus sur le marché, à l’ins- Maddyness en compte 89 en 2021 alors que
tar de Qatent, Eval’Tiers, Rubato ou encore l’Observatoire du site Village de la Justice en dé-
MonJuridique. nombrant près de 220. Les diverses sources
Le nombre d’acteurs présents dans le secteur convergent toutefois pour souligner la richesse
s’avère cependant variable en fonction des pé- de l’écosystème et la dynamique entourant les
rimètres retenus. Le baromètre Wolters Kluwer/ start-up.
Les fonds d’investissement et les business an- en incluant les LegalTechs où ceux-ci se trouvent
gels s’imposent comme les principaux fournis- actionnaires aux côtés d’autres parties prenantes.
seurs de capitaux des Legaltechs. Ces derniers Environ 46 % des fondateurs restent en outre
ont représenté plus de 41 % des investisseurs de majoritaires au capital de leur société d’après
la LegalTech en France en 2020. Cette propor- le baromètre 2020 Wolters Kluwer/Maddyness.
tion se révèle toutefois en déclin quasi continu Moins de 6 % des entreprises du panel sont
depuis 2018. Cette perte de terrain s’est notam- sous contrôle des fondateurs et des salariés. Les
ment opérée au profit du love money, c’est-à-dire clients professionnels du droit, en premier lieu
l’argent récolté auprès des proches. Près de 12 % les notaires et les experts-comptables, consti-
des start-up étaient financées via love money tuent également des investisseurs importants.
en 2020, deux fois plus qu’en 2018. Ils représentaient ainsi respectivement 11,8 % et
Le poids des fonds d’investissement et des bu- 5,9 % des actionnaires des LegalTechs en 2020.
siness angels apparaît toutefois plus important
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Un marché émergent, tiré par la crise sanitaire
LegalTech 15
Un marché émergent, tiré par la crise sanitaire
de 10 à 30 France France
millions d'euros Professions du droit
2020 fin 2021
1,2 % ou étudiants
16,5 %
de 5 à 10 Start-up
millions d'euros 65,5 %
1,2 %
de 1 à 5
millions d'euros
8,4 %
Traitement IndexPresse. Sources : Baromètre Wolters Kluwer et Maddyness ; Village de la Justice
La clientèle des LegalTechs françaises reste encore en 2018 la première cible des LegalTechs
avant tout professionelle et cette orientation hexagonales. Le grand public n’arrive qu’en qua-
tend d’ailleurs à s’amplifier. D’après le dernier ba- trième position, avec 37 %. Visés par respective-
romètre Wolters Kluwer/Maddyness réalisé en ment 22 % et 14 % des LegalTechs, les notaires
septembre 2021, 82 % des 89 LegalTechs du pa- et les huissiers ne constituent pas une clientèle
nel proposaient leur offre à des professionnels, prioritaire pour les sociétés du marché pour le
contre 33% auprès des particuliers (37 % pour moment, pas plus que les magistrats, à 7 %, et les
le baromètre publié par Village de la Justice, com- experts-comptables, à 6 %.
posé d’un nombre supérieur de sociétés). Près de
six LegalTechs sur dix s’adressaient même exclu-
sivement aux entreprises, dont 83 % aux TPE et
les PME, les catégories les plus prisées. Signe de
confirmation de ce positionnement, 39 % start- 35 %
up du secteur développent des services relatifs La part des
à la digitalisation des processus métier en 2021,
soit une hausse de 27 points en quatre ans.
LegalsTechs françaises
Au sein de la clientèle professionnelle, les en- qui se positionnent
treprises occupent la première position. Selon sur la rédaction
le baromètre permanent de Village de la Justice, de documents juridiques
65 % des LegalTechs proposent une offre des- en 2021.
tinée aux entreprises à fin septembre 2021 et
60 % aux départements juridiques des organisa- Source�: Village
de la Justice.
tions privées et des collectivités. 55 % ciblent les
avocats, une catégorie de clients qui représentait
16 LegalTech
Un marché émergent, tiré par la crise sanitaire
Notaires
6%
Particuliers
9,6 %
83 Entreprises
start-up 49,4 %
Avocats
25,3 %
Les acteurs historiques du droit restent peu pré- CNP Assurances disposent de brevets dans le
sents dans le secteur des technologies numé- domaine. Leurs fortes capacités en recherche
riques. Ils cherchent toutefois à s’y positionner, et développement leur permettent d’appliquer
oscillant entre concurrence et collaboration avec leurs technologies à de nouveaux cas d’usage,
les start-up. en particulier pour les spécialistes du numérique
Certains ont développé leurs propres solutions, qui mènent par exemple des travaux sur l’intel-
à l’image de CMS Francis Lefebvre fin 2018, ligence artificielle ou la blockchain. En 2018,
avec son interface destinée aux notaires. Elle 19 % des start-up du baromètre Wolters Kluwer/
a été réalisée en partenariat avec la start-up Maddyness avaient recours à l’IA, et 6,3 % combi-
Hercule. La même année, le cabinet d’avocats naient blockchain et IA.
Fidal lançait son projet Fidal Tech afin de numé- Le potentiel des grands comptes a également été
riser ses contrats et le parcours client. “Les Le- bien identifié par les start-up : elles sont plus de
galTechs sont des opportunités. Nous croyons 65 % à avoir déjà mis en place un partenariat
qu’au-delà de la plateforme, nous avons un conseil avec un grand groupe ou une autre entreprise,
augmenté à donner”, déclarait alors au journal Les ou à souhaiter le faire. Près de 46 % avaient noué
Échos le directeur général de Fidal, Régis Lassabe. une collaboration en 2020.
D’autres sociétés, extérieures au secteur, cher- Enfin, plusieurs grandes entreprises ont d’ores et
chent également à développer ce type de so- déjà recours aux services de la LegalTech en tant
lutions. De grands groupes comme Atos (via sa que clientes, telles que Cdiscount avec Legisway,
filiale Bull), Orange, ou encore des banques et Orange avec eJust ou encore Axa et la SNCF
des compagnies d’assurance comme BPCE ou avec Predictice et Doctrine.
LegalTech 17
Un marché émergent, tiré par la crise sanitaire
3,5
service public s’avèrent également Cette législation aboutit à la mise
concernés. La loi établit des obli- millions en œuvre d’une veille juridique
gations de diffusion “dans un continue, concernant notam-
standard ouvert, aisément réu- Le nombre de décisions ment les décisions de justice
tilisable et exploitable par un judiciaires accessibles et les peines potentielles en-
système de traitement auto- courues. Plus une société est
en open data au plus tard
matisé.” Elle s’applique aux do- imposante et internationalisée,
cuments électroniques, mais en 2025. plus l’envergure et la complexi-
également aux algorithmes Source�: Ministère té d’un tel dispositif s’avèrent
employés dans les décisions ad- de la Justice. importantes. Il s’agit ainsi d’un
ministratives. D’abord prévue dans terreau fertile pour des solutions
le cadre de la loi Lemaire, l’ouverture numériques automatisées.
des données de jurisprudence a été mo-
difiée et réintégrée en 2019 dans la loi de pro-
grammation 2018-2022 et de réforme de la jus- Le RGPD soumet les entreprises
tice. Elle fixe notamment davantage d’obligations à de nouvelles exigences
quant à la confidentialité de l’identité des parties
prenantes d’un jugement. Environ 3,5 millions de La mise en place en 2019 du Règlement général
décisions judiciaires devraient être concernées sur la protection des données (RGPD) a renforcé
par l’open data à l’horizon 2025, selon les objec- les besoins des organisations dans le domaine
tifs affichés par le ministère de la Justice. juridique. La mise en conformité (compliance)
des pratiques de collecte et de traitement des
données est devenue centrale. “La compliance
La Loi Sapin II pour lutter est une coloration attendue désormais dans tous
les secteurs d’activité”, estimait en mars 2019
contre la corruption Caroline Oulié, managing partner dans le cabi-
En 2017, l’État a mis en place une nouvelle ré- net de recrutement Boyden. Le cabinet Atorus
glementation destinée aux moyennes et aux Executive notait dès 2019 “qu’avec l’arrivée de
grandes entreprises afin de lutter plus efficace- nouvelles réglementations, le secteur de la com-
ment contre la corruption. Les organisations de pliance a connu une évolution exponentielle,
plus de 500 salariés ou celles générant un chiffre notamment des postes de juristes compliance” Le
d’affaires supérieur à 100 millions d’euros ont ain- RGPD impose en effet des obligations d’accès,
si été obligées de mettre en place un programme de confidentialité et de possibilité de suppres-
de due diligence (vérification de la probité). Ces sion des données personnelles par les individus
18 LegalTech
Un marché émergent, tiré par la crise sanitaire
concernés, sous peine de sanctions. Certains flux Une structuration des activités
de données peuvent être suspendus, tandis que
des amendes d’un montant maximum de 20 mil- des LegalTechs sur le plan légal
lions d’euros ou 4 % du chiffre d’affaires peuvent La loi de programmation 2018-2022 et de ré-
être infligées. Appliqué à l’échelle européenne, forme de la justice intègre des mesures d’enca-
le règlement se montre particulièrement critique drement des sites Internet de services à carac-
pour les entreprises opérant dans plusieurs pays. tère juridique. Si celles-ci peuvent être perçues
La crise sanitaire n’a pas remis en cause ce be- comme contraignantes pour le secteur, elles
soin de mise en règle avec la législation. Selon viennent également le normaliser et ainsi éviter
une étude de la start-up Data Legal Drive menée de potentielles dérives. Des règles concernant
en 2020, 40 % des juristes et des délégués à la l’éthique, la protection des données personnelles
protection des données interrogés avaient profi- ainsi que la transparence permettent de garantir
té du confinement pour mettre à niveau leur en- un niveau de confiance plus élevé dans ces ou-
treprise en termes de conformité. “Aux premiers tils, et donc d’amplifier et de pérenniser leur suc-
jours de la crise sanitaire, certains ont pu croire cès. Le règlement des litiges à l’amiable s’avère de
que la mise en conformité RGPD serait reléguée plus élargi pour les recouvrements de créances
aux calendes grecques”, racontait en mai 2020 le portant sur un petit montant et sur les conflits
CEO de Data Legal Drive, Sylvain Staub. “En réa- de voisinage. Souvent délaissés par les avocats,
lité, c’est bien entendu tout le contraire qui s’est les petits contentieux représentent une cible
passé.” Cette étude rejoignait les conclusions de de choix pour les LegalTechs, qui peuvent en
l’entreprise américaine de cybersécurité Tanium, assurer une gestion plus simple, plus rapide et
qui avait mené une recherche à la même période moins coûteuse. Le texte n’a en outre pas adopté
auprès de décideurs dans plusieurs pays, dont la descritères de certification trop restrictifs pour
France. 82 % avaient eu recours à de nouveaux les services numériques dans le domaine du rè-
logiciels et services pour leur mise en conformité glement à l’amiable. Contrairement aux souhaits
avec le RGPD. Ces dispositions se révèlent ainsi exprimés notamment par le Conseil national des
susceptibles de profiter aux LegalTechs. barreaux, la labellisation n’a pas été réservée aux
professions réglementées du droit. La loi indique
uniquement que “la résolution amiable devra être
réalisée par des professionnels qui ont les compé-
tences requises”.
LegalTech 19
LES TECHNOLOGIES
D’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE
AU CŒUR DES SOLUTIONS
INNOVANTES
Les solutions de justice prédictive,
un marché en devenir
Depuis 2015, l’innovation anime le marché fran- un meilleur professionnel du droit, plus efficace,
çais des LegalTechs. De jeunes entreprises ont ce qu’on appelle un professionnel augmenté", ré-
saisi l’opportunité des avancées technologiques sumait Guillaume Carrère, directeur général de la
pour développer et commercialiser des solutions start-up Doctrine en septembre 2020. Les seg-
et logiciels complexes recourant aux technolo- ments des moteurs de recherche et de la rédaction
gies d’intelligence artificielle (IA). Ces nouveaux de contrats et documents juridiques ont été par-
outils à valeur ajoutée, principalement destinés mi les principaux à bénéficier de ces innovations.
à une clientèle professionnelle, aident les acteurs Les technologies de l’IA ont parallèlement fait
du droit à optimiser leurs tâches les plus chrono- émerger un nouveau créneau au sein du marché :
phages et complexes et à améliorer l’efficacité de les solutions dites de justice prédictive ou jurimé-
leur processus décisionnel. "Les juristes ont com- trie.
pris que la technologie est une opportunité d’être
20 LegalTech
Les technologies d˙intelligence artificielle au cœur des solutions innovantes
qui ne cesse de croître depuis plus de dix ans. La un abonnement annuel d’un montant mensuel
solution a ainsi été développée face au constat de 199 euros hors taxes au titre du droit d’utili-
que les avocats et les juristes “passent un temps sation de la plateforme et d’accès aux services.
incroyable, non facturable, à chercher de l’infor- Cette formule comprend des fonctionnalités de
mation”. “Des millions de documents se révèlent recherche intelligente, de lecture enrichie (syn-
produits chaque mois sans être analysables à la thèses de décisions, chronologie de l’affaire, plan
main. L’idée a été d’appliquer des outils de trai- de la décision interactif, suggestion de décisions
tement automatique du langage à ces big data”, similaires) et d’analyse du contentieux. Elle in-
soulignait en mai 2019 Louis Larret-Chahine, ju- tègre également des services d’accompagnement
riste de formation et cofondateur de l’entreprise. (assistance en temps réel via le tchat, décisions de
“Nous avons cherché à répondre à la probléma- justice à la demande).
tique de l’explosion des documents et décisions La commercialisation de la solution a pu voir
juridiques, de plus en plus difficiles à connaître le jour grâce à un partenariat exclusif signé
et à comprendre à cause de l’augmentation des en juin 2017 avec Wolters Kluwer France, qui
infos produites en interne par les cabinets” expli- propose une une offre de documentation et
quait-il dans Challenges. veille juridique, de logiciels juridiques, d’an-
Predictice a conçu des algorithmes reposant nonces et de formalités légales et de forma-
sur une technologie de compréhension du lan- tion et conférences. Selon Wolters Kluwer, le
gage naturel en capacité de lire et de décrypter groupe a apporté à Predictice les contenus
deux millions de documents par seconde, et d’en de ses solutions de documentation juridique .
trier les informations. Ces algorithmes peuvent “Le partenariat que nous signons avec Predictice
aussi identifier les éléments de fait ou de droit s’inscrit dans notre stratégie digitale au service
qui ont le plus d’impact sur la prise de déci- des professionnels du droit. Nous allons accélérer
sion juridictionnelle. Grâce à son moteur de re- l’innovation en travaillant main dans la main avec
cherche, Predictice offre également la possibilité une start-up française prometteuse de la Legal-
de chercher en fonction du sens des documents. Tech sur ces sujets totalement nouveaux de jus-
Ayant une double fonction, la solution élaborée tice prédictive”, commentait en juin 2017 Hubert
par Predictice permet de fournir aux avocats Chemla, président de Wolters Kluwer France, à
ainsi qu’aux juristes des probabilités de réussite l’occasion de la signature de ce partenariat.
d’une action en justice grâce à un traitement et L’outil innovant mis au point par Prédictice a été
à une analyse de la jurisprudence. “Une partie de amélioré en 2020. Il intègre depuis une nouvelle
notre outil est un moteur de recherche nouvelle fonction d’analyse de l’information juridique ap-
génération et l’autre permet d’extraire des sta- pelée “scan”. D’après l’entreprise, “scan” permet
tistiques, exportables sous la forme d’un rapport de “gagner des heures de recherche en accédant
de risque. L’outil ne prédit pas l’avenir, mais se directement aux sources juridiques citées dans
contente de donner des informations statistiques le document” et de “vérifier simplement la vali-
permettant de prendre une bonne décision”, ré- dité des sources et du raisonnement de la partie
sume Louis Larret-Chahine. Cet outil d'analyse adverse”. L’utilisateur télécharge le document ju-
calcule par exemple les chances de gagner un ridique à analyser en le glissant directement dans
procès et les indemnités envisageables selon la “scan”. Les décisions de justice ainsi que les fon-
juridiction, le magistrat ou le cabinet d’avocats dements juridiques cités s’avèrent alors automa-
engagé. L’algorithme de Predictice se veut aussi tiquement identifiées et se transforment en liens
“un outil de datavisualisation du contentieux”. cliquables.
L’offre de la start-up se décline en deux sous- Prédictice rencontre le succès depuis son lan-
offres selon le nombre d’utilisateurs. La première, cement. La start-up, devenue rentable après
qui s’adresse à plusieurs personnes, apparaît trois ans d’activité selon l'un de ses fonda-
sur-mesure. La seconde, accessible uniquement teurs, revendiquait fin novembre 2020 quelque
aux avocats exerçant à titre individuel, porte sur 2 000 clients, soit 400 nouveaux clients recrutés
LegalTech 21
Les technologies d˙intelligence artificielle au cœur des solutions innovantes
chaque année depuis la création de l’entreprise. til de LegalMetrics apparaît comme une solution
L’incubateur du Barreau de Paris a notamment de visualisation des contentieux. À partir du nom
signé en avril 2021 un partenariat avec la jeune et du numéro SIREN des entreprises françaises,
pousse afin que tous les avocats du Barreau il offre la possibilité de cartographier les conten-
de Paris (environ 30 600 membres à fin dé- tieux judiciaires. Il identifie et indique les princi-
cembre 2020) puissent tester, à tarif réduit pour paux thèmes des contentieux de l’entreprise (li-
la première année, la plateforme de Prédictice. cenciement pour faute, rupture conventionnelle,
La jeune entreprise française a récemment pris défaut de paiements…), sa position (défense ou
le virage de l’internationalisation en mettant en demande), ainsi que les arguments et les fonde-
ligne, en novembre 2021, une plateforme spé- ments invoqués. Il offre par ailleurs la possibilité
cialement adaptée aux professionnels du droit de connaître, sur un contentieux donné, sa du-
luxembourgeois. Les cabinets d’avocats Bonn rée moyenne, le taux de réussite d’une demande
Steichen & Partners et Arendt & Medernach ainsi ou encore le montant des indemnités versées en
que l’assureur Foyer, premier assureur au Luxem- fonction du préjudice ou de la juridiction.
bourg, ont monté un consortium d’innovation L'accès au service proposé par LegalMetrics
avec la start-up pour mettre au point sa plate- s'avère payant. Le client s'acquitte du paiement
forme et la commercialiser sur le marché luxem- d'un tarif forfaitaire. Lexbase propose également
bourgeois. une offre sur-mesure destinée aux cabinets
d’avocats ainsi qu’une offre par abonnement à
raison d’un abonnement d’un an renouvelable.
LegalMetrics : l’outil statistique Le montant de ce dernier varie entre 730 euros
d’aide à la prise de décision hors taxes par an et 1 095 euros hors taxes par
an selon le pack souhaité. Fin novembre 2021,
et à la stratégie contentieuse Lexbase revendiquait pour l’ensemble de ses so-
Créé en 1998, l’éditeur juridique digital Lexbase a lutions 35 000 professionnels du droit clients.
développé puis lancé en septembre 2018 un ou-
til novateur d’aide à la prise de décision et à la
stratégie contentieuse par le biais de l'édition de
rapports statistiques. Élaboré grâce à des parte-
nariats avec les juridictions et à une collaboration
avec les greffes, il a vocation à permettre aux
professionnels (avocats, juristes, directeurs, di-
ET AUSSI...
rection des ressources humaines) d’élaborer ou EXEMPLES D’AUTRES MOTEURS
de conforter leur stratégie judiciaire. Il permet DE RECHERCHE BTOB JURISPRUDENTIELS
en effet d'estimer les chances de réussite en cal- DÉPLOYÉS EN FRANCE
culant le montant des indemnisations et la durée
des contentieux. “Il ne s’agit en aucun cas de rem- • Doctrine (Forseti, 2016, France) : moteur
placer le professionnel du droit mais au contraire de recherche et de consultation de la juris-
de lui donner un outil supplémentaire pour l’ai- prudence. Offre sur-mesure ou par abonne-
der dans son argumentation juridique” explique ment (144 euros hors taxes/mois). 7000
Fabrizio Papa Techera, directeur général délégué utilisateurs clients revendiqués à fin no-
de Lexbase. “La plus-value de LegalMetrics est vembre 2021.
notamment constituée par les liens entre notre
plateforme documentaire et notre solution de • Juri’Predis (2018, France) : moteur de re-
justice prédictive. On peut ainsi consulter toutes cherche jurisprudentiel. Offre sur-mesure et
les décisions sur lesquelles les statistiques sont par abonnement (29,90 euros hors taxes/
fondées”, ajoute-t-il. mois). 6500 utilisateurs clients revendi-
Utilisant lui aussi les technologies issues de l’in- qués à fin novembre 2021.
telligence artificielle et du machine learning, l’ou-
22 LegalTech
Les technologies d˙intelligence artificielle au cœur des solutions innovantes
Case Law Analytics : le modèle Conseil National du Barreau met en avant cette
offre : “Seule une solution, portée par Case Law
de calcul des risques juridiques Analytics, nous semble présenter les caractéris-
La LegalTech nantaise Case Law Analytics s’est tiques d’une technologie de rupture en ce qu’elle
imposée parmi les plus novatrices en France de- répond à un concept de justice simulative, lequel
puis 2015. Apparue sur le marché en septembre concept est infiniment préférable à tout autre (à
2017 et spécialisée dans l’édition de logiciels, elle l’exception, sans doute, de celui de “jurimétrie”)
commercialise des solutions de quantification du en raison de son exactitude technologique et de
risque juridique et judiciaire des contrats et du ses résultats concrets”. Ayant initialement dé-
contentieux. Proposées en mode SaaS, ces der- buté son activité par cette solution destinée au
nières, qui ont nécessité quatre ans de recherche, contentieux juridique, Case Law Analytics s’est
s'adressent aux professionnels du droit (avocats, par la suite diversifiée vers le risque contractuel.
directions juridiques d’entreprises ou des collec- La société se rémunère grâce à l'abonnement. Ce
tivités territoriales, notaires, huissiers de justice, dernier offre à l’utilisateur un accès illimité aux
etc.), aux assureurs, aux fonctions supports de différentes solutions. Pour assurer son dévelop-
l’entreprise (DRH, achats, etc.) ainsi qu'aux spé- pement et innover, la start-up nantaise multiplie
cialistes des comptes (experts-comptables, com- aussi depuis sa création les partenariats commer-
missaires aux comptes). ciaux et de co-développement avec des éditeurs
Appliquant des modèles mathématiques et in- de documentation juridique et des profession-
formatiques, l'outil dédié à l'analyse du risque nels du droit.
contentieux doit notamment permettre d’anti- Au fil des ans, Case Law Analytics a décliné sa
ciper l’éventail des issues possibles d’un dossier solution dans des domaines spécifiques du droit.
contentieux présenté devant une juridiction. En 2020, elle s'est par exemple déployée dans
“Notre outil va explorer les jugements dans les le droit des marques, en s’associant avec le ca-
différentes juridictions de France, observer la binet d’avocats De Gaulle Fleurance & Associés
réalité de terrain et modéliser la décision. Il va afin de créer un outil, LitiMark, destiné à quan-
ainsi être capable de donner un éventail de pro- tifier l’aléa judiciaire en matière de conten-
babilités quant au montant de l’indemnité qui se- tieux de contrefaçon de marques en France.
rait accordée sur un nouveau dossier”, détaillait “L’outil informatique simule l’analyse des ju-
en mai 2019 le mathématicien Jacques Lévy-Vé- ridictions confrontées à une certaine situa-
hel, fondateur de l’entreprise et ancien directeur tion et évalue le sens des décisions qu’elles
de recherche à l’Institut national de recherche en pourraient être amenées à rendre. Pour cela,
sciences et technologies du numérique. En démo- l’utilisateur du logiciel doit saisir les critères
cratisant l’accès à l’intelligence artificielle, la jeune correspondant à sa situation contentieuse.
pousse nantaise offre la possibilité aux avocats L’intelligence artificielle calculera, par la suite,
de gagner du temps pour mieux conseiller leurs la probabilité que la décision rendue soit en fa-
clients, voire de favoriser le recours aux modes al- veur du demandeur ou du défendeur avec une
ternatifs de règlement des différends. "Notre so- évaluation du montant des dommages et intérêts
lution est un nouvel outil pour mieux comprendre en supplément”, décrypte Décideurs Magazine.
le fonctionnement des juridictions et aider ainsi En 2021, la start-up a poursuivi sa collaboration
les avocats à choisir la meilleure stratégie possible avec le cabinet d'avocats De Gaulle Fleurance
pour leurs clients”, résumait le fondateur. & Associés pour co-développer LitiDesign, une
La start-up se démarque de ses concurrents solution d’intelligence artificielle permettant de
grâce à ses modules de simulation, au nombre quantifier l’aléa judiciaire en matière de conten-
d’une vingtaine dans huit domaines différents du tieux de la contrefaçon de dessins et modèles.
droit. Une étude comparative de 12 LegalTechs La LegalTech entend poursuivre sur cette voie
françaises, européennes et nord-américaines du dans les prochaines années. “Jusqu’ici, nous avons
domaine de la jurimétrie publiée en octobre 2020 développé 22 modules dans différents domaines
et pilotée par le groupe de travail LegalTech du du droit. Notre objectif est de doubler leur
LegalTech 23
Les technologies d˙intelligence artificielle au cœur des solutions innovantes
nombre pour couvrir le plus de sujets possibles” Jean-Philippe Cornet, fondateur de Rubato, et
précisait en février 2020 le fondateur Jacques Lé- Jacques Lévy-Véhel à l’occasion de l’officialisation
vy-Véhel. Dans cette finalité, l’entreprise porte- de cette collaboration. En septembre 2021, Case
rait pour fin 2021 un nouveau projet de levée de Law Analytics a également signé un partenariat
fonds, après celle déjà réalisée en 2019. avec Eurojuris France, un réseau de profession-
Pour pérenniser son développement et accroître nels du droit en France et à l’étranger, afin de per-
sa notoriété, Case Law Analytics mise également mettre à tous les membres de ce réseau d’accéder
sur des collaborations commerciales pour diffu- à ses tarifs préférentiels.
ser son offrere. En juin 2020, elle a ainsi signé un Très engagée, Case Law Analytics souhaite aussi
partenariat avec l’éditeur juridique Dalloz, filiale promouvoir le “made in France”. Dans cette fina-
du groupe Lefebvre Sarrut. “C’est un partenariat lité, elle a créé à l’été 2020 un label “Intelligence
inédit parce qu’il repose sur un véritable échange artificielle et Droit”, que ses clients peuvent ap-
d’expertises et sur la création de services nou- poser sur leurs éléments de communication afin
veaux. Il n’est pas à sens unique. Il va bénéficier de témoigner de leur maîtrise dans l’évaluation
aux deux entreprises et à leurs clients”, expliquait quantitative des dossiers judiciaires qui leur sont
en juin 2019 Jacques Lévy-Véhel. D’après l’ac- confiés. La start-up se veut également engagée
cord, les clients de Dalloz et de Case Law Ana- en matière de la confidentialité des données. Elle
lytics auront accès au riche fonds jurisprudentiel a signé en octobre 2020 la charte sur la trans-
de l’éditeur ainsi qu’à une solution de quantifica- parence et l’éthique de l’utilisation des données
tion du risque contentieux. Cette alliance entre judiciaires rédigée par le Conseil National des
les deux acteurs a été renforcée à l’été 2020. De- Barreaux.
puis cette période, tous les nouveaux abonnés au Selon Le Journal de l’Entreprise, Case Law Ana-
portail Dalloz Avocats bénéficient d’un module lytics revendiquait au total un peu plus de
d’évaluation des chances d’attribution, au choix 4 100 utilisateurs au 19 avril 2021, soit près du
parmi celui sur les prestations compensatoires, triple du chiffre de l’année précédente. La renta-
celui sur les indemnités pour licenciement sans bilité de l’entreprise devrait être atteinte fin 2022
cause réelle et sérieuse, et celui sur les ruptures ou début 2023 selon son fondateur.
brutales des relations commerciales établies.
Par la suite, en avril 2021, Case Law Analytics
a engagé une collaboration avec la LegalTech
nantaise Rubato, qui propose une application
de gestion de cabinets d’avocats reposant sur la
technologie SaaS. Selon les modalités de ce par-
LA CHARTE ÉTHIQUE DU CNB
tenariat, Rubato, qui souhaite élargir son offre de Le Conseil National des Barreaux a adopté
services, met à disposition de ses utilisateurs la le 9 octobre 2020 une charte sur la trans-
possibilité d’utiliser la solution de Case Law Ana- parence et l’éthique de l’utilisation des don-
lytics pour proposer des services d’analyse et de nées judiciaires. Cette dernière, qui com-
calcul du risque contentieux, ainsi que l’accès à la prend 11 principes, a vocation à garantir et
fonctionnalité de recherche documentaire ciblée à valoriser auprès des avocats le respect
“jurisprudence associée”. “C’est parce que nous d’une éthique dans la conception des outils
croyons tous deux à l’addition des expertises que de justice prédictive et l’utilisation des don-
nous avons décidé de mettre en place ce par- nées judiciaires.
tenariat inédit et innovant”, s’enthousiasmaient
24 LegalTech
Les technologies d˙intelligence artificielle au cœur des solutions innovantes
ET AUSSI...
EXEMPLES D’AUTRES SOLUTIONS
DE LEGALTECHS FRANÇAISES
PROPOSANT DES OUTILS DE CALCUL
• Quantum (2019, France) : outil BtoB d’aide
au calcul sur-mesure des préjudices corpo-
rels, utilisant le machine learning. La solu-
tion était dans sa phase de test beta juqu’à
l’été 2021. Lauréat du prix de l’innovation
du Barreau de Paris 2019.
• IndemnCalcul (2021, France) : applica-
tion BtoB de calcul d’indemnisation (perte
de gains professionnels, incidence profes-
sionnelle/perte de retraite, assistance par
tierce personne).
Le marché français des solutions et des outils lo- passerait à 230 000 décisions puis atteindrait
giciels de justice prédictive ou “jurimétrie” offre 3,9 millions en 2025. In fine, ce changement
de réelles perspectives de positionnement pour d’échelle permettrait de proposer des statis-
de nouveaux acteurs. Ce créneau, qui émerge, tiques et données de plus en plus précises.
demeure encore très peu investi par les Legal-
Techs. Seulement six des plus de 220 acteurs
recensés par le site communautaire Village de la
Justice se positionnaient en septembre 2021 sur
ce segment.
En 2021, l’ouverture des décisions de justice de 3%
la Cour de cassation et du Conseil d’État en open
data apparaît comme une opportunité d’adop-
La proportion de
tion à plus grande échelle des outils digitaux de LegalTechs françaises
justice prédictive dans les années à venir. Pour actives dans le domaine
les LegalTechs, elle représente une véritable au- de la justice predictive à
baine au regard des volumes de données à ve-
nir. Cette ouverture accroît considérablement
fin septembre 2021.
la taille de la base de données à laquelle ont Source�: Village de la Justice.
accès les outils de justice prédictive. D’après
Estelle Jond-Nécand, conseillère référendaire
à la Cour de cassation et directrice du projet
open data, 15 000 décisions sont actuellement
publiées chaque année sur Légifrance. À la deu-
xième étape de l’open data, en avril 2022, ce flux
LegalTech 25
Les technologies d˙intelligence artificielle au cœur des solutions innovantes
Plus globalement, les multiples avantages que indemnités qu’il est possible d’obtenir. Ils per-
présentent les outils de justice prédictive pour mettent de calculer le risque pour une entreprise
les utilisateurs en font un créneau d’avenir. “L’in- d’être condamnée en cas de contentieux liés, par
telligence artificielle crée indéniablement de la exemple, à un licenciement sans cause réelle et
valeur dans le domaine juridique. Aucun sec- sérieuse ainsi que le montant de l’indemnité à
teur ne peut prétendre s’en passer, car elle offre verser au salarié. Ils constituent enfin une base
d’innombrables avantages. [...] Les recherches de données puissante pour créer de multiples
sont facilitées et l’on peut prévoir le montant statistiques sur l’état du contentieux, les mon-
des dommages et intérêts. Aujourd’hui, calculer tants indemnitaires moyens pour un litige, ou
les chances de gagner un procès est également encore les arguments mobilisés par les juges et
possible”, résumait en octobre 2018 Frédéric les avocats.
Rouvière, responsable du développement de Si le créneau offre des perspectives, s’y position-
Juri’Predis. De telles solutions permettent en effet ner n’apparaît pas chose aisée. Dans une étude
d’estimer le montant des dommages et intérêts, consacrée aux LegalTechs du domaine de la ju-
d’une pension, d’une indemnité ou de tout type rimétrie publié en octobre 2019, les rédacteurs
de prestation à caractère monétaire pouvant être du Conseil National des Barreaux soulignaient un
accordée par les juridictions dans certains do- “ticket d’entrée élevé” pour pénétrer le marché
maines tels que le bail, le divorce, les dommages français. Cette barrière à l’entrée se révèle liée
corporels, la prestation compensatoire, le licen- à la nécessaire adaptation de l’outil à la langue
ciement, les troubles du voisinage, etc. du pays ou au droit local, à l’analyse de la juris-
Les outils logiciels de justice prédictive permet- prudence ou encore à la nécessité d’intégrer des
tent aux professionnels du droit de gagner du principes et des normes de traitement juridique
temps, d’anticiper les risques, d’éclairer la prise dans les arbres de décision. Plus globalement,
de décision et de provisionner les dépenses liées développer et commercialiser des solutions de
à un contentieux. Plus précisément, ils offrent justice prédictive nécessite des compétences
la possibilité d’établir des statistiques sur les mathématiques solides et une maîtrise relative-
chances de gagner une procédure contentieuse ment poussée des technologie héritées de l’in-
ou de réaliser une prévision sur le montant des telligence artificielle.
14 %
La proportion
de LegalTechs
françaises proposant
une solution utilisant
l’intelligence artificielle à fin
septembre 2021.
Source�: Village de la Justice.
26 LegalTech
Les technologies d˙intelligence artificielle au cœur des solutions innovantes
LegalTech 27
Les technologies d˙intelligence artificielle au cœur des solutions innovantes
documents chargés sur sa plateforme par près Pour se démarquer de l'offre conventionnelle,
d'une centaine de clients, principalement des ca- la start-up a adopté une approche qualitative et
binets d'avocats; indiquait en juin 2020 Le Monde non quantitative. “Contrairement à nos concur-
du Droit. rents, Juri’Predis ne collecte pas des données ju-
La rémunération de l’entreprise repose à la fois ridiques pour en extraire des statistiques sur les
sur la tarification de prestations personnalisées contentieux de masse. Là où certains moteurs
pour les cabinets d’avocats et les sociétés et sur traitent les données juridiques issues du ‘big
une formule d’abonnement dédiée aux avocats bata’ comme n’importe quel autre type de don-
individuels. L’abonnement peut être mensuel ou nées, Juri’Predis analyse et filtre la jurisprudence
annuel. Il donne accès à l'ensemble de l'informa- comme le ferait un juriste : c’est le cœur même
tion juridique et des fonctionnalités de la plate- de l’algorithme développé et de l’intelligence ar-
forme. Son montant débute à 129 euros hors tificielle proposée”, expliquait en septembre 2018
taxes par mois. Le site internet de la jeune pousse Pierre Martine, fondateur de Juri’Predis, dans
faisait mention de plus de 7 000 avocats et ju- une interview publiée sur le site d’emploi
ristes clients à fin novembre 2021. Carrières-Juridiques.
Depuis son entrée sur le marché, la société d’ori-
gine aixoise a fait évoluer sa solution vers le pré-
Juri’Prédis : le moteur dictif. Elle y a ajouté des briques de fonctionna-
lités pour en faire un outil d’aide à la stratégie
de recherche jurisprudentiel juridique. Au moteur de recherche historique et
Entrée sur le marché en 2017, la startp up à la fonctionnalité Juri-Stats (analyse du conten-
Juri’Predis a lancé en mars 2018 un moteur de tieux par dispositifs, moyens, durée) s’est ajou-
recherche doté d’intelligence artificielle et spé- tée en mai 2021 un nouveau service dénommé
cialisé dans la jurisprudence, visant notamment Juri’Detect. Celui-ci propose une analyse ju-
à imiter l’indexation humaine. Il a été créé pour risprudentielle instantanée de tout document
des professionnels du droit (avocats, juristes en juridique (conclusions, rapports, etc.). Il permet
entreprises, collectivités, banques et assurances, aux avocats et juristes d’identifier les références
experts comptables, notaires, huissiers). Outre un jurisprudentielles, de confirmer ou d’infirmer les
gain de temps (et de productivité) pour les utilisa- sources des adversaires, et de renforcer leur ar-
teurs, la solution leur permet entre autres d’op- gumentaire. L'intégralité de ces informations est
timiser la stratégie juridique, d’explorer de nou- conservé dans un rapport détaillé accessible pour
veaux types de contentieux et de débloquer des l'utilisateur. Juri’Detect respecte les plus hauts
dossiers complexes. standards technologiques de sécurité avec des
L’algorithme mis au point par Juri’Predis a néces- données chiffrées, protégées et hébergées dans
sité sept mois de développement et se compose l’Union européenne selon les exigences du RGPD
d’une série de neurones artificiels programmés par et de la CNIL. Pour son lancement, Juri’Detect
machine learning. Il se révèle capable de procé- est inclus dans l’abonnement Juri’Predis.
der à une analyse qualitative de la jurisprudence, Le modèle économique de la LegalTech repose
de réaliser une pré-interprétation des données sur la formule de l’abonnement, d’une durée d’un
pour proposer à l’utilisateur les arguments juris- an renouvelable. Cet abonnement peut être men-
prudentiels les plus pertinents, d’identifer les ju- suel ou annuel, moyennant une participation fi-
risprudences constantes appartenant à un même nancière d’un montant de 29,90 euros hors taxes
courant jurisprudentiel ou encore de trouver par mois. Consulté fin novembre 2021, le site In-
les séries jurisprudentielles de cas semblables. ternet de l’entreprise faisait état d’une clientèle
Juri’Predis indexe les décisions de justice issues composée de 6 500 professionnels du droit et du
de l’open data juridique émanant du Conseil chiffre.
d’État, de la Cour de Cassation et des Cours d’ap-
pel.
28 LegalTech
Les technologies d˙intelligence artificielle au cœur des solutions innovantes
Jus Mundi : la recherche du droit avec des institutions mondiales, des réseaux in-
ternationaux exclusifs de contributeurs ou encore
et de l’arbitrage international des sources publiques locales. Les données sont
La start-up parisienne Jus Mundi a fait de la spé- centralisées, croisées et mises à jour automati-
cialisation un pilier de sa stratégie pour se faire quement en temps réel. Le service propose près
une place sur le marché français des moteurs de de 43 000 documents juridiques en arbitrage
recherche juridique. Créée début 2018 par un commercial, d’investissement, en droit commer-
avocat international associé à un ingénieur et à cial international et en droit maritime. Il com-
deux mathématiciens, elle a mis en service un porte des traités internationaux, leur application
moteur de recherche BtoB intelligent et multilin- en droit national, des sentences en open data et
gue dédié aux domaines du droit et de l’arbitrage tous les arbitrages en cours. Selon les observa-
international. “Le moteur de recherche est le pre- teurs, l’étendue et la structuration de la base de
mier moteur de recherche du marché à être mul- données de Jus Mundi ainsi que son caractère
tilingue”, affirmait en avril 2019 la jeune pousse. multilingue apparaîssent comme ses principaux
Son outil se définit comme une "bibliothèque in- avantages concurrentiels.
ternationale de décisions de justice". Il a vocation La start-up parisienne, qui a fait partie de la sé-
à jouer un rôle de facilitateur d’accès aux res- lection "100 start-up où investir en 2021” du
sources juridiques mondiales dans le but d’édifier magazine Challenges, se rémunère à travers l’ad-
un état du droit et d’améliorer l’accès à la justice. hésion à son outil de gestion, les contenus res-
“Nous collectons et structurons des données tant gratuits. Les utilisateurs s’acquittent d’un
juridiques internationales qui étaient jusque-là abonnement, mensuel ou annuel. Selon le journal
dispersées", résume l’entreprise. Pour rendre l'in- Les Échos, le montant de ce dernier s’élèverait à
formation aisément accessible, "le moteur de re- 1 500 euros par an. Grâce à l’abonnement, l’utili-
cherche, multilingue, est doté de plusieurs filtres sateur a accès à 20 critères de recherche en fran-
spécifiques au droit international qui permettent çais et en anglais. “Les organisations comme les
de rendre la recherche juridique plus efficace et cabinets d’avocats, les institutions internationales
compréhensive”, explique-t-elle. Une vingtaine ou encore les universités bénéficient de tarifs
de filtres permet de combiner les critères de re- sur-mesure”, précise toutefois Jus Mundi.
cherche (par type d'affaires, secteur, siège de l'ar- L’entreprise aurait atteint l’équilibre dès 2019.
bitrage, etc.) ou les liens croisés entre contenus Depuis sa création, elle a procédé à deux levées
en fonction des références juridiques mention- de fonds afin de pérenniser son développement,
nées, y compris dans d'autres langues. pour un montant total de 9,5 millions d’euros. La
Le moteur de recherche, qui utilise une intelli- dernière, réalisée en septembre 2021 pour un
gence artificielle d’analyse sémantique (traite- apport de 8,5 millions d’euros, doit lui permettre
ment du langage naturel), s’adresse en première d’élargir le champ de compétences du moteur de
intention aux cabinets d’avocats multinationaux recherche en y ajoutant à court terme de nom-
dotés d’une équipe spécialisée dans l’arbitrage in- breux autres domaines tels que le droit fiscal, du
ternational. Il se destine également aux services sport ou encore de l’environnement. Une partie
juridiques d’entreprises ou de collectivités, aux de ce financement vise également à développer
magistrats ou encore aux étudiants en droit. Il la capacité de l’algorithme à comprendre le droit
permet de gagner en efficacité lors de la résolu- en langage naturel.
tion d’affaires juridiques en réduisant le temps de Fin novembre 2021, l’entreprise revendiquait
recherche. 2 500 utilisateurs clients et environ 50 000 visi-
Les informations collectées par la plateforme de teurs mensuels. Pour Pascal Cagni, fondateur de
Jus Mundi proviennent de partenariats signés C4 Ventures, fonds d’investissement monté au
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Les technologies d˙intelligence artificielle au cœur des solutions innovantes
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Les technologies d˙intelligence artificielle au cœur des solutions innovantes
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Les technologies d˙intelligence artificielle au cœur des solutions innovantes
ET AUSSI...
teur, etc.) et le matching avec les prospects. La EXEMPLES D’AUTRES PLATEFORMES
start-up propose des services dans de multiples EN LIGNE BTOB DE MISE EN RELATION
domaines du droit : dans les actes de la vie quo-
tidienne (contestation d’amende, vente de véhi- • Avoloi (DME Communication, 2012,
cule, voisinage, annulation de billets d’avion ou de France) : plateforme en ligne et application
train), en droit du travail (rupture conventionnelle, mobile de mise en relation de particuliers
heures supplémentaires, licenciement, contrat et professionnels avec des avocats.
de travail), en droit immobilier (baux, relations
locataires/propriétaires, travaux), en matière d’e- • Call A Lawyer (2016, France) : plateforme
commerce (incident de commande et de livraison, en ligne et application mobile multi-accès
fraude, usurpation d’identité), en matière de fi- BtoB et BtoC de mise en relation entre des
nances personnelles (crédits, prêts, impôts, su-
justiciables et des avocats.
rendettement) et dans le cadre de litiges (divorce,
licenciement, procédures judiciaires).
Initialement tournée vers le marché des particu-
liers, la start-up s’est diversifiée sur le marché juin 2021 Les Échos. La jeune pousse comptabi-
BtoB en 2020. Elle a signé des contrats avec une lisait, à fin novembre 2021, 50 000 utilisateurs
société d’assurance, des places de marché ou des assistés en trois ans. Pour continuer son dévelop-
entreprises qui ont voulu mettre à disposition ce pement, elle a pour projet de se déployer à l’inter-
service auprès de leurs salariés. Cette double national dès 2022. Dans cet objectif et pour étof-
clientèle, BtoB et BtoC, a historiquement confé- fer davantage son offres, elle a procédé en 2021
ré à Avostart une particularité par rapport à la à une levée de fonds d’un montant de 2 millions
très grande majorité des LegalTechs françaises d’euros auprès de OneRagtime, de BNP Paribas
qui se sont démarquées au cours des cinq der- Développement ainsi que de plusieurs business
nières années. angels du monde de l’assurance.
Pour se rémunérer, l’entreprise pratique une po-
litique tarifaire différenciée selon le profil de la
clientèle. Pour son service d’assistance juridique Justice.cool : des algorithmes
proposé aux particuliers, son offre se veut très pour régler les litiges à l'amiable
attractive afin de rendre sa solution accessible au
Entrée dans le secteur en décembre 2019, la Le-
plus grand nombre. Avostart leur propose deux
galTech française Europe Médiation a lancé dé-
types d'abonnement selon le besoin : un abon-
but 2020 une solution intelligente de médiation
nement sans engagement standard à 3 euros
nommée Justice.cool. Saisissant l’opportunité
par mois (assistance juridique en ligne et service
offerte par l’évolution favorable de la législation
client), ainsi qu’un abonnement premium avec un
en matière de règlement des litiges (loi n°2019-
engagement de douze mois donnant accès, en
222 de mars 2019), elle a mis en service une pla-
plus de l’assistance juridique en ligne et au ser-
teforme digitale d’aide à la résolution amiable
vice client, à d’autres fonctionnalités : consulta-
des différends dont le montant n'excède pas
tions téléphoniques illimitées avec des avocats,
5 000 euros. “Nous avons créé Justice.cool car
accès à un réseau d’avocats, prise en charge télé-
nous pensions que ces affaires n’allaient pas pou-
phonique express en 15 minutes, etc. Pour l’offre
voir être gérées par le nombre de médiateurs exis-
BtoB, la clientèle professionnelle peut recourir
tants”, raconte le fondateur Romain Drosne dans
aux services d’Avostart sous une marque blanche
Le Monde du Droit. "On permet aux personnes en
par des tiers, ou en utilisant un modèle basé sur
conflit d'éviter les tribunaux grâce à un proces-
une API (solution logicielle qui permet à deux ap-
sus rapide, simple, accessible à tous". Justice.cool
plications de communiquer entre elles).
revendique le statut de première plateforme de
Afaaff! ambitionne d’atteindre 100 000 utili- conciliation assistée par intelligence artificielle.
sateurs d’ici la fin de l’année 2021 contre “une “C’est une approche totalement inédite dans le
dizaine de milliers aujourd’hui”, indiquait en domaine de la médiation qui permet de réduire
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Les technologies d˙intelligence artificielle au cœur des solutions innovantes
drastiquement les coûts de toutes les tâches né- Pour fonctionner et se rémunérer, Justice.cool
cessaires à la gestion du processus de médiation propose deux forfaits distincts. Le premier, dé-
mais aussi de toutes les tâches administratives nommé "évaluation", offre la possibilité d'accéder
qui en découlent”, explique Romain Drosne. gratuitement à une évaluation du score géné-
L’innovation réside dans l’utilisation de tech- ral de la demande ainsi qu'à une estimation des
niques d’intelligence artificielle ayant pour finalité demandes financières et des coûts judiciaires.
“d’analyser le contexte de l’affaire et les disposi- Le second, baptisé "médiation", porte sur un
tions prévues par la loi, afin d’apporter aux deux service payant de médiation. Il englobe les éva-
parties un ensemble d’indicateurs statistiques qui luations financières auxquelles s'ajoutent des
leur permettent de mieux appréhender ses en- services de médiation et de résolution du litige
jeux”. L’algorithme mis au point par la LegalTech (invitation de la partie adverse à la médiation,
permet principalement d’établir un score global accès à la plateforme de négociation, rédaction
évaluant les chances que la demande de chacune automatique de l'éventuel accord, signature et
des parties aboutisse. Ce score, établi à partir des paiement en ligne de ce dernier, etc.). Pour ces
données extraites d’un formulaire de description prestations, le demandeur s’acquitte d’un mon-
de la situation complété en ligne par le deman- tant de 36 euros toutes taxes comprises avec une
deur, évolue tout au long de la médiation à par- garantie “satisfait ou remboursé”.
tir des informations fournies par chaque camp.
Il fournit également une estimation du montant
à financer pour un tiers qui souhaiterait prendre
en charge le risque financier des poursuites ju- ET AUSSI...
diciaires (assurance ou financement), ainsi que le
montant de potentiels dommages et intérêts. L'al-
EXEMPLES D’AUTRES PLATEFORMES
gorithme repose sur deux approches statistiques EN LIGNE FRANÇAISES DE MÉDIATION
conjuguées, dont l'une résulte d’un traitement ET D’ARBITRAGE
par l'apprentissage automatique (machine lear- • eJust (2015, France) : plateforme en ligne
ning) qui compare les faits présentés à une base BtoB d’arbitrage fonctionnant comme une
de données de 1,8 million de décisions de justice.
marketplace.
L’outil opère également une analyse émotion-
nelle dont la vocation est de permettre à l'utili- • Justicity (Live.Digital, France, 2018) :
sateur de tempérer ses émotions. “Il analyse les
plateforme en ligne BtoB de médiation
messages au moment où ils sont écrits pour si-
gnaler, par exemple, un ton trop agressif”, précise
et d’arbitrage par visioconférence.
Roman Drosne en avril 2020 dans L’Usine Digi-
tale. "L'un des éléments les plus importants d'une • Marcel Médiation (DSL, France, 2018) :
médiation est d'enlever le côté émotionnel. Il est plateforme en ligne BtoC de médiation.
indispensable de se concentrer uniquement sur
les éléments factuels", ajoutait-il dans Les Échos • Justeo (France, 2020) : plateforme en
quelques mois plus tôt. Si les échanges sont ligne de résolution de litiges.
considérés comme trop émotionnels par le sys-
tème d'analyse, ils sont renvoyés à l’auteur pour • Cessez-le-feu (2021, France) : plateforme
qu’il les modifie. en ligne BtoB et BtoC de médiation collec-
tive.
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Les technologies d˙intelligence artificielle au cœur des solutions innovantes
35 %
ments juridiques s’impose comme le plus atomisé
du marché français. Si la proportion de start-up
proposant ce type de prestations tend à dimi-
nuer depuis 2017, le secteur demeure toutefois La proportion
porteur. Il a connu depuis 2015 un nouvel élan de LegalTechs françaises
grâce à l'utilisation de technologies avancées. proposant une offre
Sur ce créneau, des start-up se sont démarquées
ces dernières années en développant des solu- de rédaction d’actes
tions logicielles innovantes d’automatisation et de documents juridiques
dans le but d’aider les professionnels du droit à à fin septembre 2021.
réduire leur temps passé sur des tâches répéti- Source�: Village de la Justice.
tives, longues et à faible valeur ajoutée.
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Les technologies d˙intelligence artificielle au cœur des solutions innovantes
Cette formule lui permet d’engranger des reve- cuments juridiques du même nom. Cette der-
nus récurrents. Ceux-ci assurent une plus grande nière, qui se destine aux professionnels du droit
sécurité financière que les achats unitaires de (avocats et juristes principalement) a été mise
prestations. “Notre première formule d’abonne- au point en interne avec quatre développeurs. À
ment permet de poser des questions à un juriste partir de ses trames Word existantes, le juriste
dédié en illimité, générer des documents person- créé un modèle dynamique qui permet d’automa-
nalisés et bénéficier de notifications et de rappels tiser la génération de contrats. Il paramètre par
d’échéances personnalisées pour son entreprise, la suite les droits d’accès, les questionnaires ainsi
tout cela pour 19 euros par mois”, détaille la start- que les flux de travail (workflow) selon les diffé-
up. rents besoins et les cas d’usage, décrypte la jeune
Cette formule a rencontré le succès avec la crise, pousse.
cette dernière ayant accru les besoins d’accom- Le logiciel est enrichi par de nombreuses fonc-
pagnement juridique des entreprises, notamment tionnalités telles qu’une messagerie, un tchat, des
les plus fragilisées. “La crise a accéléré la matu- groupes de travail, des exports Word et PDF, des
rité du marché. [...] Il y a quelques années, la pro- dashboards, des statistiques, etc. Elles permet-
portion de créateurs d’entreprises à faire des dé- tent d’interagir plus simplement avec les conte-
marches juridiques en ligne était bien plus faible”, nus juridiques et de piloter efficacement les
indiquait à Maddyness le cofondateur Philippe données. “La force de notre logiciel SaaS, c’est
Wagner. De nombreux nouveaux utilisateurs ont qu’il s’adapte aux pratiques de chacun : chaque
été séduits par cette offre. “Aujourd’hui, 30 % de cabinet peut y injecter sa façon de produire, son
notre chiffre d’affaires provient de l’abonnement savoir, son expertise. Et transmettre ainsi le sa-
; ce sera 40 % d’ici la fin d’année et il devrait être voir vers les plus jeunes”, expliquait en mai 2021
majoritaire l’année prochaine”, projetait Philippe Marie-Alice Godot-Sorine, présidente et cofon-
Wagner, à l’été 2021. Le chiffre d’affaires de la so- datrice de LegalPilot.
ciété repose sur les honoraires des professionnels La start-up lyonnaise cherche depuis 2019
du droit démarchés en ligne, auxquels s’ajoute la à parfaire et à moderniser son logiciel SaaS.
commission de la start-up. “Nous développons et améliorons sans cesse le
Sur son marché, Captain Contrat affronte une logiciel pour qu’il colle au plus près des besoins
concurrence multiple. “Nos concurrents sont va- de nos clients avocats et juristes d’entreprises.
riés, il y a quelques acteurs en ligne qui apportent Ces besoins, nous les connaissons très bien car
une partie des services que nous proposons et il nous exerçons ou avons exercé leur métier. La
y a surtout le marché historique des avocats et force de notre équipe est notre culture hybride
des experts-comptables”, explique Philippe Wa- juriste/codeur et notre capacité à attirer des nou-
gner. À fin novembre 2020, le site de l’entreprise veaux talents, en formant des juristes au nouveau
revendiquait 30 000 clients entrepreneurs ac- métier d’ingénieur juridique”, détaillait Pierre-Mi-
compagnés. D’après le média Maddyness, la jeune chel Motteau, directeur des opérations, en oc-
pousse parisienne aurait enregistré un volume tobre 2021 dans Le Monde du Droit.
d’affaires de 7 millions d’euros en 2020 et devrait À l’image de nombreuses LegalTechs hexago-
avoisiner 10 millions d’euros sur l’exercice 2021. nales, la jeune pousse se rémunère à travers
l’abonnement. Ce dernier s’élève à 99 euros hors
taxes par mois pour un utilisateur dans la limite de
LegalPilot : l’automatisation et le 1 000 documents par an. La jeune pousse pro-
partage de documents juridiques pose également une offre sur-mesure sur devis,
Fondée en 2017 par deux avocats et incubée à partir de 299 euros hors taxes par mois et par
dans la structure dédiée du barreau de Lyon, la utilisateur.
société lyonnaise LegalPilot a commercialisé en Pour poursuivre son développement, la start-up a
fin d’année 2019 une plateforme collaborative procédé en novembre 2021 à sa première levée
de rédaction automatisée et de partage de do- de fonds. D’un montant de 1,6 million d’euros,
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Les technologies d˙intelligence artificielle au cœur des solutions innovantes
elle a été réalisée auprès de Mediapps Innovation ment du rédacteur d’actes afin de lui faire ga-
et de Bpifrance. Cet appel de fonds vise à recru- gner du temps. Il questionne l’utilisateur et pro-
ter et développer de nouveaux services de veille duit automatiquement le contrat correspondant,
et d’analyse pour son produit. “Nous sommes en quels que soit la langue et le système de droit.
train de développer et de tester de nombreuses “La robotisation des contrats par les juristes ap-
fonctionnalités complémentaires basées notam- porte une rupture dans leurs méthodes de ré-
ment sur de l’intelligence artificielle qui vont per- daction des contrats : du copier-coller rébarba-
mettre aux entreprises d’améliorer la gestion de tif et chronophage, les juristes vont passer au
leurs contrats. Avec ces nouvelles fonctionnalités gestionnaire de concepts”, expliquait l’entreprise
de veille et d’analyse, nous visons un usage plus dans un communiqué publié en juillet 2017.
étendu de la solution tournée vers la gestion et Cette solution permet aux juristes de créer un
l’analyse de l’existant”, expliquait en octobre 2021 robot par type de contrat (NDA, pacte d’ac-
Gérald Sadde, cofondateur de LegalPilot. tionnaires, contrats de prestations de service,
D’après le journal hebdomadaire d’annonces contrats de travail, baux, etc.) au lieu de gérer
légales et d’information juridique Affiches Pari- une multitude de modèles. Le robot reproduit les
siennes, la start-up lyonnaise aurait recruté une instructions que le juriste lui enseigne. Celui-ci
soixantaine de clients entre le lancement de son rédige son acte comme à l'accoutumée, soit en
logiciel fin 2019 et la mi-2020. Cela représente- partant d’une feuille blanche, soit d’un acte exis-
rait 7 à 8 000 utilisateurs. Des cabinets d’avo- tant qu’il importe dans le système. À mesure de
cats, tels que PwC Société d’avocats et Fidal, la rédaction de son acte, le juriste enrichit ce der-
des entreprises intermédiaires, comme Visiativ et nier d’instructions dites intuitives : variable, texte
TDF, ou encore le Barreau de Lyon ont intégré conditionnel, texte alternatif et boucle. Une fois le
sa clientèle. LegalPilot ambitionne de devenir le robot créé, le juriste implémente en permanence
leader français de l’automatisation pour les avo- son robot, au cas par cas et au fil des expériences,
cats d’ici 2022 et de s’engager à l’international en intégrant les particularités de chaque nouvelle
d’ici 2023, avec un déploiement en Europe, en situation, les évolutions du droit ou encore des
Afrique du Sud ainsi qu’au Moyen-Orient. améliorations de rédaction.
L’objectif final vise à capitaliser sur les travaux
contractuels. “L’idée est de ne jamais refaire
Gino LegalTech : la robotisation deux fois la même chose, et d’accumuler, de ca-
de contrats pitaliser son expertise. Les robots deviennent
ainsi des sommes de connaissances et de com-
Gino a rapidement su se démarquer dans le
pétences” expliquait en novembre 2017 Philippe
paysage concurrentiel de la LegalTech fran-
Ginestie, fondateur de Gino LegalTech́ . Cet outil
çaise. Créée en mai 2017 par un avocat, la
entend apporter une réponse aux multiples en-
jeune pousse parisienne membre de France
jeux auxquels sont confrontés les juristes d’en-
Digitale veut devenir l’un des leaders du contract
treprises : multiplication du nombre de contrats,
management dans l'Hexagone. Pour y parve-
complexification croissante de ces derniers, im-
nir, elle a conçu une plateforme novatrice de
pératif croissant de performance des juristes ou
gestion et d'automatisation du cycle de vie
encore besoin grandissant de saisie automatique
contractuel, commercialisée depuis fin 2017 et
des données contractuelles dans les systèmes
avant tout destinée aux juristes en entreprises.
d’information.
Suite intégrée composée de dix modules com-
plémentaires, cette plateforme compte notam- Grâce à cette innovation de rupture avec l’offre
ment un module baptisé Lab, qui offre la possi- existante, la start-up est parvenue à atteindre
bilité aux juristes de créer de façon autonome une position de premier plan. “Dans le marché
leur propre robot sur-mesure de rédaction des contrats automatisés, les éditeurs juridiques
d’actes, sans l’aide d’informaticiens. Ce robot a ou les LegalTechs, à l’instar de Captain Contrat
vocation à reproduire fidèlement le comporte- ou de LegalStart, vendent du contenu. Chez Gino
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Les technologies d˙intelligence artificielle au cœur des solutions innovantes
LegalTech, nous vendons une plateforme qui ro- Pour se rémunérer, Gino propose l’accès à sa
botise des contrats, un outil de capitalisation de la plateforme via une formule d'abonnement de
connaissance et de délégation de la production” douze mois. Sa solution commence à décoller.
indiquait en mai 2018 Philippe Ginestié. En no- Fin 2020, la start-up a signé un partenariat com-
vembre 2021, la jeune pousse a remporté le Tro- mercial avec Hachette, premier groupe d’édition
phée d’Or LegalTech dans la catégorie contract de l’Hexagone. L’appel d’offre international rem-
management lors de la septième édition du Som- porté prévoyait un déploiement de la solution
met du Droit en entreprise. de Gino dans les maisons d’édition françaises de
Hachette à partir de 2021.
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DES DÉFIS À SURMONTER
POUR PÉRENNISER LE SECTEUR
Assurer la sécurité et la confidentialité
des données, un enjeu majeur
Des garanties nécessaires pour renforcer le marché
Du fait de la nature particulièrement sensible des daire par rapport à la performance de la solution.
informations juridiques, certaines entreprises La start-up Hyperlex a pour sa part choisi d’obte-
restent réticentes à recourir aux services juri- nir fin 2021 des certifications ISO (27001:2013
diques numériques. Outre les avocats, des sec- et 27701:2019) relatives à la protection des don-
teurs comme l’énergie ou la défense présentent nées et de la vie privée. Cela lui permet de dé-
des exigences élevées dans la protection des don- crocher plus facilement des contrats avec les
nées. Thierry Vidal, directeur du contract mana- grands groupes et les entreprises de taille inter-
gement chez Naval Group, confirmait ces craintes médiaire, les questions de cybersécurité ayant
lors du LegalTech Show en juillet 2021 : “La ro- pris une place encore plus importante depuis
botisation des contrats pourrait nous intéresser, la généralisation du télétravail en 2020. Le fait
mais le niveau de confidentialité imposé dans le d’être certifié accélère en outre les procédures de
secteur de la défense nous freine. La sécurisa- vérification pour initier une collaboration auprès
tion des données est trop importante et le cloud des clients majeurs.
nous fait peur.” Il ajoutait en fin d’année dans Toutefois, l’amélioration de la sécurisation des
Décideurs Magazine : “Il manque aujourd’hui des solutions peut parfois s’avérer excessive et frei-
outils français ou européens pouvant répondre à ner le développement de l’écosystème fran-
nos besoins”. Le même média rapportait à cette çais. “Certaines DSI [directions des systèmes
période que le cigarettier Philip Morris avait in- d’information] de grands groupes établissent
terrompu la mise en place d’une solution d’auto- des standards renforcés qui ne sont pas néces-
matisation des contrats avec un prestataire, ce sairement applicables à nos solutions”, affirme
dernier avouant ne pouvoir atteindre le niveau de ainsi en 2021 Philippe Laurence, responsable des
sécurisation exigé. De son côté, le groupe français affaires publiques de Doctrine et coanimateur
d’édition Hachette avait choisi de faire confiance du groupe French LegalTech. Les processus de
en 2020 à la start-up Gino LegalTech pour l’ins- certification peuvent en outre se montrer chro-
tallation d’un système de gestion de contrats, nophages et coûteux sur le plan financier. Inter-
grâce notamment aux garanties assurées en ma- rogé en 2020 par Maddyness, Christophe Henner,
tière de protection des données. COO d’Hyperlex, déconseillait aux start-up de
Les LegalTechs abordent cette problématique de moins de vingt salariés de se lancer dans de telles
différentes façons. La société Amurabi a décidé démarches, “sauf si cela est absolument néces-
de recourir à des serveurs situés en France, tandis saire d’un point de vue business”.
que chez Call A Lawyer, cet aspect reste secon-
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Des défis à surmonter pour pérenniser le secteur
LegalTech 39
Des défis à surmonter pour pérenniser le secteur
Une méfiance des professionnels de son côté rompu son partenariat avec Doctrine
suite aux accusations portées contre elle.
L’une des difficultés des start-up du secteur réside
dans les réserves, voire l’opposition, que mani-
feste une partie des professionnels du droit à leur Des atouts pour renforcer
encontre. Certains considèrent que les acteurs
de la LegalTech ne disposent pas des compé- la confiance
tences et des garanties suffisantes pour accom- Tous les professionnels ne se montrent pas entiè-
pagner les clients, n’étant pas soumis aux mêmes rement opposés aux LegalTechs. Craignant une
réglementations que les notaires ou les avocats. ubérisation d’un secteur fortement réglementé,
D’autres affirment que de tels services remettent Olivier Fontibus reconnaissait néanmoins dans Le
en cause l’égalité d’accès au droit, alors que les Nouvel Économiste que “pendant longtemps, nous
start-up affirment au contraire vouloir démocrati- n’avons pas occupé le champ des petits dossiers,
ser le droit en simplifiant les démarches grâce au il faut l’admettre. C’est sur ce domaine que beau-
numérique. “Cela s’apparente un peu à du dum- coup de nouveaux acteurs se sont positionnés.”
ping avec les risques inhérents”, avançait mi-2017 Certains spécialistes du droit se révèlent même
Françoise Casagrande, vice-bâtonnière du Bar- favorables à la LegalTech, allant jusqu’à créer
reau de Bordeaux, dans Les Échos. “Quel recours leur start-up ou développer leur propre solution.
a, par exemple, un client ayant choisi un statut En 2021, au moins un avocat était présent parmi
de société ne correspondant pas à ses besoins ? les dirigeants de 40 % des LegalTechs françaises,
Aucun. Sans parler des interrogations qu’on peut selon une enquête de France Digitale. Cette im-
avoir sur l’identité, la formation, la confidentia- plication renforce la crédibilité des nouveaux ac-
lité sur ces plateformes.” teurs, tant au sujet de la fiabilité des solutions que
La justice prédictive a particulièrement mobi- par rapport à la confidentialité des données.
lisé contre elle, les professionnels craignant une Des chartes concernant les règles de la profes-
privatisation de la loi du fait de l’opacité des sion et la déontologie ont été rédigées par le
processus algorithmiques. Olivier Fontibus, pré- Conseil National des Barreaux, le Conseil Supé-
sident de la commission Exercice du droit du rieur du Notariat ou encore l’association Open
Conseil National des Barreaux, alertait sur de tels Law afin d’instaurer un cadre autour des Legal-
risques en 2020 dans Le Nouvel Économiste : “la Techs mais également de sensibiliser l’ensemble
justice prédictive a pour principe de passer un de la profession à leur développement. Dans ce
grand nombre de données à la moulinette d’un cadre, les modules de formation apparaissent
algorithme. Mais qui contrôle celui-ci ? Aucun constituent des outils efficaces et importants
algorithme n’est neutre !”. Cette défiance se ma- pour familiariser les futurs professionnels du
nifeste par ailleurs dans le procès intenté par le droit à ces technologies et ainsi faciliter leur dé-
CNB et le Barreau de Paris à la start-up Forseti ploiement. La faculté de Montpellier propose par
(Doctrine), accusée en 2018 d’avoir recueilli des exemple un diplôme universitaire “LegalTech and
informations de manière illégale pour renforcer law innovation”, tandis que Paris 2 Panthéon-As-
son offre. Son concurrent Predictice l’a également sas dispose d’un diplôme “Transformation numé-
poursuivie pour des faits similaires. Infogreffe a rique du droit et LegalTech”.
40 LegalTech
Des défis à surmonter pour pérenniser le secteur
LegalTech 41
Des défis à surmonter pour pérenniser le secteur
15,7 % 5%
La part des décisions
La part des LegalTechs
de justice de première
françaises déclarant
instance facilement
être freinées
accessibles
dans leur développement
pour les LegalTechs.
pour des raisons
réglementaires. Source�: Fabien Girard de Barros,
Lexbase.
Source�: Baromètre 2020
Wolters Kluwer/
Maddyness.
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Des défis à surmonter pour pérenniser le secteur
Paris Lyon
Marseille Bordeaux
11
projets incubés
à Lyon
Strasbourg Rennes
Montpellier Toulouse
10
Grenoble Aix-en-Provence projets incubés
à Paris
Nîmes Grasse
LegalTech 43
Des défis à surmonter pour pérenniser le secteur
entre le RNIB et l’éditeur de logiciels juridiques il concerne l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne et la ré-
LexisNexis en 2019. Il porte sur des sessions de gion Benelux. La première promotion de l’incuba-
tests de solutions développées par le Lab Lexis teur a permis de soutenir la start-up Droits Quo-
Intelligence ou par des avocats. Des comités de tidiens ou la plateforme coopérative de gestion
réflexion sur l’évolution des métiers du droit en de données MyCo.
lien avec la technologie sont également prévus. D’autres acteurs participent à la promotion des
À Lille, le pôle Euratechnologies a ouvert en 2018 start-up de la LegalTech. Bien que plus généra-
un nouvel incubateur dédié entre autres à la liste, l’incubateur parisien Station F, créé en 2017,
LegalTech. Il a été fondé en collaboration avec a déjà intégré plusieurs jeunes pousses du sec-
de nombreux organismes professionnels du sec- teur comme Case Law Analytics, Share Your
teur comme l’Ordre des Avocats du Barreau de Knowledge et Le Droit Pour Moi. Rassemblant
Lille, l’école de formation IXAD, des chambres des investisseurs et des entreprises d’horizons
des notaires et des huissiers ou encore l’EDHEC divers, la structure peut favoriser des échanges
Business School. Ces partenaires apportent leur et des synergies allant au-delà des questions
expertise aux projets incubés au sein d’Eura- juridiques. Elle permet en outre à ses start-up
technologies, tant sur les domaines réglemen- d’accéder à des services aux tarifs préférentiels
taires qu’économiques. D’une durée d’un an, le grâce à de nombreux partenariats, par exemple
cycle d’accompagnement combine des ateliers avec Microsoft pour ses plateformes et infras-
d’échange, des formations et un coaching person- tructures as-a-service.
nalisé sur l’ensemble des thématiques relatives au Actuellement, le secteur des LegalTechs ne dis-
succès entrepreneurial du projet. pose pas de fonds d’investissement spécifiques.
En 2021, l’éditeur juridique Lefebvre Sarrut a Il peut toutefois s’appuyer sur certains acteurs
lui aussi lancé un incubateur pour start-up de positionnés sur des domaines proches. Le fonds
la LegalTech. Baptisé LightSpeed, il a vocation Axeleo, spécialiste des logiciels d’entreprise,
à accompagner jusqu’à sept jeunes sociétés eu- représente ainsi un partenaire potentiel pour le
ropéennes pour une durée de six mois. Le pro- financement du secteur. Il présente en outre un
gramme comprend des conférences, des ateliers double positionnement, offrant aussi un soutien
et la mise en place d’un cas d’usage (preuve de en tant qu’accélérateur pour les jeunes pousses.
concept) avec des spécialistes de Lefebvre Sarrut. D’autres fonds focalisés sur l’économie numé-
Il se focalise sur les projets pouvant facilement rique, comme Isai ou Elaia Partners, peuvent éga-
s’internationaliser et ayant un caractère trans- lement apporter des capitaux à des start-up de la
versal. L’incubateur a été lancé simultanément LegalTech.
dans plusieurs pays européens : outre la France,
44 LegalTech
LES FORCES EN PRÉSENCE
En l’espace de sept ans, la population de Legal- (particuliers hors étudiants) à fin septembre 2021.
Techs opérant en France a été multipliée par Cette moindre proportion s’avère corroborée par
trente pour avoisiner 220 entreprises à la fin le baromètre Wolters Kluwer/Maddyness publié
du troisième trimestre 2021, d’après l’observa- en décembre 2021, composé d’un échantillon de
toire permanent réalisé par Village de la Justice. 89 start-up. Quelle que soit la source considérée,
La très grande majorité d’entre elles a d’ailleurs les entreprises s’imposent comme la principale
fait son entrée dans le secteur au cours de la catégorie de clients des LegalTechs hexagonales
période 2015-2020. Selon un panel IndexPresse (60 % d’après le baromètre permanent Village de
composé d’une centaine de LegalTechs implan- la Justice). Suivent les avocats (55 %) et les no-
tées en France et positionnées sur les segments taires (22 %).
dominants ou porteurs du marché, environ six so- Les LegalTechs françaises s’avèrent principa-
ciétés sur dix ont été créées durant cette période. lement concentrées dans trois régions. Leur
La rédaction d’actes et de documents juridiques présence se calque en outre sur le niveau de
ainsi que la mise en relation – segments histo- développement de l’activité économique régio-
riques du marché – s’imposent comme les pres- nale. L’Île-de-France, l’Auvergne-Rhône-Alpes et
tations les plus couramment proposées par les la Provence-Alpes-Côte d’Azur constituent ainsi
acteurs du secteur dans l’Hexagone. En 2021, trois territoires privilégiés. L’Île-de-France figure
35 % des sociétés sont positionnés sur le premier, cependant loin en tête. Au sein du panel Index-
et entre 16 % et 17 % sur le second, selon l’ob- Presse, 59 % des sociétés y étaient implantées
servatoire de Village de la Justice. Le portefeuille en 2020.
de services des LegalTechs basées en France Les LegalTechs françaises se révèlent de plus
apparaît toutefois souvent diversifié. D’après le en plus internationalisées. D’après le baromètre
panel IndexPresse, la moitié des entreprises se Wolters Kluwer/Maddyness, la proportion de Le-
positionne sur deux segments et plus. Cette ca- galTechs hexagonales ne commercialisant leur
ractéristique explique en partie le déficit de lisibi- solution qu’en France a baissé en 2020, tombant
lité de l’offre. à environ 60 % contre 72 % un an plus tôt. Ce
Cette offre se destine majoritairement, et de plus recul, observé dans un contexte de crise sanitaire,
en plus, à une clientèle professionnelle. D’après confirme une tendance déjà amorcée depuis
Village de la Justice, seules 37 % des LegalTechs quelques années.
proposaient leur solution auprès du grand public
LegalTech 45
Les forces en présence
Année de
Effectif de Département
Nom de l'entreprise Nom de la solution Solution / Offre création de
l'entreprise d'implantation
l'entreprise
Solution d'inventaire, de création et de valorisation des actifs
Aboutinnovation About Innovation
immatériels des entreprises (propriété intellectuelle)
2017 1 à 10 75
Afaaff! Avostart Plateforme intelligente de mise en relation avec les avocats 2015 3à5 93
Alex Legal Alex Solution de création automatisée de documents juridiques 2020 6à9 75
Clic Formalités Clic Formalités Solution de gestion de statuts d'entreprise 2009 3à5 13
Coda Plume by Coda Solution de services juridiques en droit de la famille 2012 n.d. 25
Digital Directories
Justifit Solution de mise en relation avec un avocat 2015 20 à 49 75
France
Digital Legal Solutions Solution de création de diagnostics thématiques
Uperia.legal 2017 n.d. 6
(DLS) pour les professionnels du droit
46 LegalTech
Les forces en présence
Année de
Effectif de Département
Nom de l'entreprise Nom de la solution Solution / Offre création de
l'entreprise d'implantation
l'entreprise
Gigalex Le Petit Justicier Solution d'automatisation des petits litiges 2019 n.d. 75
Global Visio Visio-Avocats Solution de visioconférence et de paiement pour les avocats 2018 1à2 69
Izilaw IziLaw Solution de mise en relation avec un avocat, notaire ou huissier 2017 n.d. 75
Justice Express Group Justice Express Solution de résolution de litiges 2012 1à2 75
La Fabrique Juridique La Fabrique Juridique Solution de mise en relation avec un avocat 2017 1 à 10 33
Leewa Leeway Solution de gestion du cycle de vie d'un contrat 2020 n.d. 31
LegalTech 47
Les forces en présence
Année de
Effectif de Département
Nom de l'entreprise Nom de la solution Solution / Offre création de
l'entreprise d'implantation
l'entreprise
Legalpilot Legal Pilot Solution de création et d'automatisation de documents juridiques 2017 1à2 69
Les Études Hospitalières Hopitalex Base de données juridiques spécialisées en droit de la santé 1995 6à9 33
Lextenso Formalight Solution de rédaction d'actes et formalités juridiques 1995 250 à 499 92
Notaref Justi-Direct Solution de mise en relation avec des huissiers de justice 2019 3à5 75
Ordiges France Lia web Solution de gestion des achats et marchés publics 2012 10 à 19 13
Predilex Predilex Outil en ligne d'évaluation des dommages corporels 2018 n.d. 72
T.I.D Finance Droit Travail Portail juridique en ligne spécialisé dans le droit du travail 2005 6à9 59
Waasbros Captain Contrat Solution BtoB de services à la fois juridiques et administratifs 2013 20 à 49 75
Weblex WebLex Solution d'information juridique pour la gestion d'entreprise 2014 3à5 44
Liste non exhaustive d'entreprises des segments les plus développés et, à l'opposé, les plus étroits du marché.
Traitement IndexPresse. Sources : Village de la Justice, baromètre Wolters Kluwer/Maddyness, greffes des tribunaux de commerce, sites internet spécialisés et opérateurs
48 LegalTech
Les forces en présence
Offre Marché
Documentation juridique
Rédactions d'actes et de
données et valorisation
Arbitrage et médiation
documents juridiques
Stockage sécurisé de
Information juridique
Justice prédictive ou
Echanges sécurisés
(données, contrats)
Aide à la résolution
Chatbots et robots
Mise en relation
de documents
de documents
juridiques
jurimétrie
de litiges
Analyse
BtoB
BtoC
Société / Solution
Aboutinnovation • • • •
Actoowin • • •
Adec • • • •
Adec • •
Afaaff! • •
Alex Legal • • •
Algonomia • •
Avokar • • •
Azko • •
Bad Payeur • • • •
Bailfacile • • • •
Barner • •
Be Associate • •
BZ5 • •
Call a Lawyer • • •
Case Law Analytics • • •
Cassius Avocats • • •
Cessez-le-feu • • • •
Clic Formalités • •
Coda • • •
Come On Law • • • • •
Commissaireonline • •
Contrat Facile • • •
Cosavodroits • • •
Dailyagri • •
Demander Justice • • • •
Digilaw (Capsens) • •
Digital Directories France • • •
Digital Legal Solutions (DLS) • •
DME Communication • • •
Dooxi • •
Draftr • • •
DSL • • • •
Echoline • • • •
Editions Tissot • • •
eJust •
Europe Médiation • • •
LegalTech 49
Les forces en présence
Offre Marché
Documentation juridique
Rédactions d'actes et de
données et valorisation
Arbitrage et médiation
documents juridiques
Stockage sécurisé de
Information juridique
Justice prédictive ou
Echanges sécurisés
(données, contrats)
Aide à la résolution
Chatbots et robots
Mise en relation
de documents
de documents
juridiques
jurimétrie
de litiges
Analyse
BtoB
BtoC
Société / Solution
Forseti • • • •
Gcollect • •
Gigalex • •
Gino Legaltech • • • • • •
Global Visio • • •
Hyperlex • • •
Iceranking • • • •
Iloh • •
IP Transfer • • •
Izilaw • •
Juriactes • •
Juriboard • • •
Juridev • • •
Juri'Predis • • • • • •
Juriservices • •
Juritravail • • • • •
Jus Mundi • • • •
Justeo • •
Justice Express Group • • •
La Fabrique Juridique • • • •
LaJurisTech • • • •
Lawgarithm • • •
Le bon contrôle urssaf • • •
Le Légaliste • • •
Leewa • • • •
Legal Quantum • •
Legalacte • •
Legalissimo • •
Legalpilot • •
LegalPlace • • • • • •
LegalRH • •
Legascope • •
Les Études Hospitalières • • • • •
LexBase • • • •
Lexdev • •
LexisNexis • •
Lextenso • • •
Live. Digital • • • •
Luxia • • • • •
LVPRO • •
Mafiscalité • • • •
Mil • •
My-Pacs • • •
NeoNotario • • •
50 LegalTech
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Documentation juridique
Rédactions d'actes et de
données et valorisation
Arbitrage et médiation
documents juridiques
Stockage sécurisé de
Information juridique
Justice prédictive ou
Echanges sécurisés
(données, contrats)
Aide à la résolution
Chatbots et robots
Mise en relation
de documents
de documents
juridiques
jurimétrie
de litiges
Analyse
BtoB
BtoC
Société / Solution
Notaref • • •
Ofa • • • •
Office Légale • • • •
Ordiges France • •
Predictice • •
Predilex • • •
Prevento • • • •
Qualiplainte • • •
reciTAL •
Seven Seas • •
Seville More Helory • •
SoftLaw • •
Sunwork Média • • • •
T.I.D Finance • • • •
Tyr-Legal • • • • • • • •
Unlatch • • •
Waasbros • • • •
Weblex • • •
Wolters Kluwer France • •
Yolaw • • •
Liste non exhaustive d'entreprises des segments les plus développés et, à l'opposé, les plus étroits du marché.
Traitement IndexPresse. Sources : Village de la Justice, baromètre Wolters Kluwer/Maddyness, greffes des tribunaux de commerce, sites internet spécialisés et opérateurs
LegalTech 51
Les forces en présenc
52 LegalTech
Les forces en présenc
LegalTech 53
Les forces en présence
54 LegalTech
LEXIQUE
• API • Machine learning
Application Programming Interface (interface de Technologie d’intelligence artificielle, aussi appe-
programmation d'application), solution logicielle lée apprentissage automatique, permettant aux
permettant à deux applications de communiquer machines d’apprendre “par elles-mêmes” une
entre elles. tâche ou un comportement, sans avoir été pro-
grammées spécifiquement à cette fin au préalable.
• Justice prédictive
Concept qualifiant des outils qui décomposent • Marque blanche
les règles de droit et les formulent en langage Procédé par lequel une entreprise propose à ses
informatique, afin d'établir un arbre de décision clients un service assuré par un tiers sans que ce
constitué de ramifications successives associées dernier apparaisse clairement comme en étant le
à une logique conditionnelle. fournisseur.
LegalTech 55
Sources utilisées
Allemand Pierre, “Nous n’avons pas vocation à remplacer les magistrats ni les avocats”, carrieres-juridiques.com,
26 septembre 2018
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Arnoux Patrick, “Le big-bang du ‘juridique’”, Le Nouvel Économiste, 21 février 2020
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Bizeray Martin, “La plateforme Doctrine dans le top 10 des start-ups françaises”, affiches-parisiennes.com,
15 novembre 2021
Bœro Alexandre, “Avostart aide les particuliers à accéder facilement à un avocat en ligne “, clubic.com,
10 août 2021
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21 novembre 2018
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27 septembre 2018
Bregeras Guillaume, “Doctrine confirmée dans son droit d’accès aux décisions de justice”, lesechos.fr, 6 février 2019
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Calvo Marine, “La transformation numérique du métier de juriste ne tombera pas du ciel”, magazine-decideurs.com,
9 novembre 2021
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Calvo Marine, “Les nouveaux acteurs et les nouveaux produits de la LegalTech”, magazine-decideurs.com,
15 septembre 2020
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Calvo Marine, “P.Ginestié (Gino LegalTech) : ‘Les juristes veulent être libérés des tâches répétitives’”,
magazine-decideurs.com, 22 octobre 2019
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56 LegalTech
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Dumourier Arnaud, “LegalTech : Doctrine lève 2 millions d’euros”, lemondedudroit.fr, 13 octobre 2016
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Sources utilisées
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2 juillet 2019
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Tydgadt Louise, “Le barreau des Hauts de Seine choisit Case Law Analytics”, magazine-decideurs.com,
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village-justice.com, 8 mars 2017
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“Legal Pilot peaufine son modèle et accélère”, affiches-parisiennes.com, 25 mai 2021
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“L’État met de l’ordre dans les LegalTech”, tribuca.net, 22 mai 2019
“Lexbase lance Legalmetrics, la statistique juridique”, edubourse.com, 25 septembre 2018
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“Numérisation de la Justice”, Commissions des Lois du Sénat, 16 juin 2021
“Pourquoi les notaires ont-ils intérêt à travailler avec les LegalTech ?”, Banque des territoires, 2020
“Une intelligence artificielle pour quantifier le risque juridique”, inria.fr, 16 mai 2019
60 LegalTech
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Business Etude
Comment accéder à des données fiables, économique et professionnelle. En s’ap-
pertinentes et surtout synthétisées, alors puyant sur des informations fiables et de
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accessible en apparence ? des synthèses analytiques et éclairées sur
Voilà une question à laquelle sont confron- les secteurs d’activité émergents ou en
tés quotidiennement les décideurs dans mutation.
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les bonnes décisions. pour accompagner votre réflexion straté-
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partir des plus grands titres de la presse positionnement dans le jeu concurrentiel.
Renaud HAMMAMY
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édition 2021
Émergent il y encore cinq ans, le marché des solutions numériques destinées aux pro-
fessionnels du droit et de la justice décolle en France. L’accélération des créations et des
levées de fonds de start-up spécialisées, le déploiement d’incubateurs ou encore la mul-
tiplication de solutions novatrices apparaissent comme autant d’élements clés d’un sec-
teur dynamique. Porté par la digitalisation croissante des domaines juridiques, son avenir
s’annonce prometteur. Des freins restent cependant à lever pour tirer pleinement profit
du potentiel de la LegalTech.
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Cette étude apporte des éléments de réponse et de réflexion pour comprendre les enjeux
et les perspectives de la LegalTech, décrypter les modèles de développement à potentiel
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