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Dissertation Devoir

Le document présente un extrait de texte critique sur la poésie de Baudelaire qui affirme que certains poètes, dont Baudelaire, puisent leur inspiration dans ce qu'il y a de plus laid et immoral. Le résumé propose d'analyser cette citation en trois parties : la première montre en quoi cette affirmation est juste concernant l'œuvre de Baudelaire, la deuxième partie développe comment Baudelaire parvient à transformer la laideur en beauté, et la troisième partie évoque les limites de cette affirmation critique.

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Le document présente un extrait de texte critique sur la poésie de Baudelaire qui affirme que certains poètes, dont Baudelaire, puisent leur inspiration dans ce qu'il y a de plus laid et immoral. Le résumé propose d'analyser cette citation en trois parties : la première montre en quoi cette affirmation est juste concernant l'œuvre de Baudelaire, la deuxième partie développe comment Baudelaire parvient à transformer la laideur en beauté, et la troisième partie évoque les limites de cette affirmation critique.

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1/ comprendre le sujet

Un critique écrit : « Non seulement le poète descend dans le sous-sol humain où grouille un monde
de stupre et de honte, mais il prend sur lui de montrer que le sous-sol peut donner des fleurs, que
cheveu, boue, crasse peuvent aussi chanter. »
Dans quelle mesure cette citation éclaire-t-elle votre lecture des Fleurs du Mal ? Vous répondrez en
vous appuyant sur le recueil de Baudelaire.
[Stupre=débauche honteuse]
La question, qui commence par « dans quelle mesure... ? », invite à discuter la pertinence de la
citation : ce qu’il affirme au sujet de la poésie, et en particulier de la poésie de Baudelaire, est-il
juste/vrai/valable ?
La première partie de la citation comporte des termes péjoratifs, qui renvoient au « bas » /à un
monde inférieur ainsi qu’à ce qui est sale, honteux, immoral. Cette première proposition revient à
dire que certains poètes vont chercher les sujets de leurs poèmes et puiser leur inspiration dans ce
qu’il y a de plus laid, de plus sale, de plus immoral dans leur monde.
→Il faut, dans un premier temps se concentrer sur la première partie de la citation, pour montrer
que ce que dit le critique est juste : effectivement, l’œuvre de Baudelaire (et de certains poètes) se
concentre sur ce qu’il y a de plus laid/sale/immoral dans le monde.
La deuxième partie de la citation mêle des termes péjoratifs semblables à ceux de la première partie
(« sous-sol ») et des termes mélioratifs : « fleurs » (titre du recueil de Baudelaire) et « chanter ». La
deuxième partie de la citation sous-entend qu’il est possible de trouver de la beauté dans ce qui est
laid/sale/immoral : elle fait donc référence au processus alchimique baudelairien.
→Il faut dans un deuxième temps se concentrer sur la deuxième partie de la citation : effectivement,
l’œuvre de Baudelaire (et de certains poètes) est une mise en œuvre du processus alchimique qui
consiste à trouver de la beauté dans ce qui est laid ou immoral.
2/ Proposition de plan et de problématique
I. Thèse 1 : première partie de la citation

II. Thèse 2 : deuxième partie de la citation


Mais il ne faut pas oublier que la question accompagnant la citation appelle à discuter la pertinence
de cette dernière, et à en envisager les limites (« dans quelle mesure... ? »).
III. Antithèse : les limites de l’affirmation. L’idée est de nuancer les propos du critique et d’en
montrer les limites, pas de montrer qu’ils sont totalement faux ou de parler de poèmes sans aucun
lien avec l’idée du processus alchimique. Pour ce qui est des exemples, il faut s’appuyer au maximum
sur l’œuvre au programme (Les Fleurs du Mal), sans oublier quelques poèmes vus dans un autre
cadre (FRANCIS PONGE, Le Parti pris des choses), mais ayant un lien avec le sujet.
Problématique : le critique a-t-il raison d’affirmer que certains poètes, en particulier Baudelaire dans
Les Fleurs du Mal, s’attachent à chercher leur source d’inspiration dans un monde laid et immoral,
avant de tenter de sublimer cette laideur morale et physique en en faisant émerger la beauté ?
I. PREMIÈRE GRANDE PARTIE : Effectivement, pour puiser son inspiration, Baudelaire dans Les
Fleurs du Mal (et certains poètes) descendent dans un « sous-sol » où règnent la laideur et le mal
1. Paragraphe 1 : le goût pour « le laid » est une des caractéristiques des Fleurs du Mal, affichée et
assumée par Baudelaire
Le terme « Mal » figure dans le titre
Les Fleurs du Mal ont fait l’objet d’un procès et d’une condamnation en 1857, lors de la première
publication, à cause de ce goût affiché pour la laideur et le mal : les pièces les plus scandaleuses ont
été censurées (6 poèmes)
« A une mendiante rousse » : les caractéristiques de la femme évoquée sont surprenantes, en
premier lieu la pauvreté, comme en témoigne son habit : « trous v.2, haillon v13, bas troués v.17 » et
son logement (un « frais réduit » v.40. Cette femme est présentée dès le titre comme « une
mendiante », idée qui est reprise dans la 12ème strophe, qui la met en situation, mendiant (= «
gueusant ») à la sortie d’un restaurant parisien évoqué par la paronomase « quelque Véfour », et la
plaçant dans le contexte trivial et populaire du « carrefour ».
• La 2ème caractéristique qui se dégage est celle de la maladie : « corps maladif » v.6 (peut-être
syphilitique ?), associée la maigreur « maigre nudité » v.55.
• Ajoutons enfin que la rousseur était mal perçue à l’époque.
• Le portrait est également marqué par la notion de vice (« roués v.18, poignard v.19, péchés » v.22,
ou encore l’expression « lorgnant en-dessous » v.49) et l’idée de la prostitution est suggérée (« te
déshabiller » v.25)
Litanies de Satan : Baudelaire dans ces "Litanies" détourne de manière subversive et blasphématoire
la liturgie, c'est-à-dire la prière officielle, le culte rendu à Dieu seul. En effet, il réalise les litanies de
Satan l’incarnation du mal et de la tentation. Son invocation passe par des louanges de ses attributs
ainsi que l’appellation pas des substituts « le plus beau des Anges » « Dieu » « Prince de l’exil »
« grand roi » « Père adoptif » « guérisseur familier ». Pour réaliser un éloge convaincant, Baudelaire
n’hésite pas à contester le Dieu du christianisme « Le Dieu jaloux » (Dieu est jaloux du culte et du
service qui lui reviennent ; adorer ou servir qui que ce soit ou quoi que ce soit d’autre que lui est un
péché). A noter que la répétition de la formule « Ô Satan, prends pitié de ma longue misère ! » est
répété 15 fois. Il achève par énoncer une « prière » symbolique à Satan qui s’inspire des prières
usuelles à Dieu et va même jusqu’à demander le repos de son « âme » auprès de lui. De plus dans les
Litanies de Satan, le diable apparaît comme possesseur d'une science dont la principale fonction est
de guérir les angoisses des êtres faibles ; les lépreux, les parias, le proscrit, l'homme frêle... Le diable
est l'initié pour ainsi dire, qui connaît les secrets de Dieu et peut les révéler aux hommes.
2. Paragraphe 2 : Chez Baudelaire, « le laid » prend des formes multiples

- Des poèmes consacrés à des « objets répugnants » : « Une charogne »


- Des poèmes consacrés au « stupre » et à la « honte », c-à-d au mal moral : les poèmes du Spleen,
les poèmes évoquant les Enfers, Satan ou des créatures maléfiques telles que les vampires
- Souvent, objets répugnants et mal moral se mêlent, comme dans « Les Métamorphoses du vampire
», où la femme, en plus d’être une créature repoussante, incarne l’immoralité et mène le poète à la
mort
3. Pour prolonger, éventuellement paragraphe 3 : en dehors de Baudelaire, d’autres poètes
manifestent un goût affirmé pour ce qui est laid et immoral
Hugo, "J'aime l'araignée et j'aime l'ortie" : le poète défend des créatures viles et laides, s’opposant
ainsi à l’opinion commune et au dégoût de l’esthétique classique.Claudel. Il plaide leur
emprisonnement dans une existence misérable involotontaire. En réalité il se sent fraternel de ces
créatures avec qui il partage une condition commune « prises dans leur œuvre » et captives des
« fatals nœuds » car lui aussi est rejeté par une société qui le méprise. Par la suite, au lieu de
condamner la laideur, Victor Hugo exhorte à prier pour elle.

"Le Porc"
II. DEUXIÈME GRANDE PARTIE. Effectivement, Baudelaire dans Les Fleurs du Mal (et certains
poètes) parvient à transformer la laideur, la saleté, l’immoralité en beauté
1. Premier paragraphe : Trouver de la beauté dans le mal et la laideur : une recherche au cœur du
recueil
Le terme « fleurs » figure dans le titre du recueil : le projet est de trouver de la beauté (1er sens
possible du terme « fleurs ») dans le Mal et d’écrire des poèmes (2e sens possible du terme « fleurs
») en puisant son inspiration dans le Mal. Ce projet est réaffirmé dans un projet d’épilogue pour la 2e
édition des Fleurs du Mal : « Tu m’as donné ta boue et j’en ai fait de l’or »
« L’Ennemi » : « Et qui sait si les fleurs nouvelles que je rêve Trouveront dans ce sol lavé comme une
grève Le mystique aliment qui ferait leur vigueur ? ». Le sens du mot fleur est celui de « poème » en
l’occurrence.

« Le Cygne » : « Aux maigres orphelins séchant comme des fleurs ! »


« La mort des artistes » : C’est que la Mort, planant comme un soleil nouveau, Fera s’épanouir les
fleurs de leur cerveau !

« Elévation » : « Le langage des fleurs et des choses muettes ! »


« Charogne » : « Et le ciel regardait la carcasse superbe Comme une fleur s’épanouir. »

2. Deuxième paragraphe : Le processus alchimique


La laideur physique est sublimée. La laideur morale également
« Les Petites Vielles » : Baudelaire n’est pas dupe dans son poème : le corps des vieilles femmes n’est
pas harmonieux, elles ont une apparence monstrueuse : ce sont des « monstres disloqués » v5, «
brisés, bossus ou tordus » v.6, « tout cassés » v.16 et même « discords » v.30 mais le poète ne
rechigne pas à admettre leur laideur : au contraire, il la met en avant. Pourtant, il existe encore une
figure qui les contemple et encense leurs traits : c’est le poète. En effet les petites vieilles sont à la
fois des créatures « décrépits » et « charmants ».
« Les Deux Bonnes Sœurs » : « deux aimables filles » est le substitut de la débauche et la mort (la
laideur morale) « deux bonnes sœurs, de terribles plaisirs et d’affreuses douceurs »

3. Éventuellement un troisième paragraphe : chez d’autres poètes


Rimbaud dans le poème « Vénus anadyomène »

III. TROISIÈME PARTIE Les limites de la citation


1. Le processus alchimique n’est pas toujours une réussite chez Baudelaire
Dans « Alchimie de la douleur », Baudelaire écrit : « Par toi je change l’or en fer / Et le paradis en
enfer » : il évoque la possibilité que le processus alchimique échoue, ne donne pas toujours « des
fleurs » et ne réussisse pas toujours à faire « chanter » des objets répugnants
Cet échec du processus alchimique s’observe à l’échelle de certains poèmes (« Spleen III » par
exemple, dans lequel l’alchimiste échoue à sauver le roi qui s’ennuie de la mort) ainsi qu’à l’échelle
du recueil : la dernière section des Fleurs du Mal s’intitule « La mort » notamment « La fin de la
journée »
2. La recherche de la beauté chez Baudelaire peut se faire indépendamment de tout lien avec la
laideur et le mal
Exemples à lire : « Correspondances », « Parfum exotique », « L’Invitation au voyage » (la laideur et
le mal sont complètement absents de ces poèmes)
3. Faire chanter des objets autres que « la boue » et « la crasse » mais il est possible que le processus
alchimique s’opère dans un autre cadre, et que la beauté émerge non pas de ce qui est laid ou de ce
qui est immoral, mais de ce qui est banal
C’est le projet de Francis Ponge dans Le Parti pris des choses, avec des poèmes tels que LE PAIN : lire
ce poème.

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