Niveau : 2ème année du baccalauréat
Module I : Lire un conte philosophique : Candide ou l’optimisme, Voltaire
Activité : Orale
Support : exposés des apprenants.
Durée : 1h
Objectifs : L’élève doit être capable de :
- Effectuer des recherches pour informer et s’informer.
- Exposer et comparer des informations concernant un thème précis.
Mise en situation :
Dans le chapitre XVIII, Candide ou l’optimisme, le narrateur rêve d’une société idéale où
règnent justice, équité, tolérance…
Sujet : Quel regard portez-vous sur les nouvelles villes actuellement ? Apportent-elles tout ce
que l’homme cherche ?
- Le travail sera effectué par les élèves sous forme d’un exposé. On désignera trois élèves pour
traiter trois axes :
La république de Platon
La cité idéale du philosophe musulman AL
FARABI L’Eldorado de Voltaire.
1er axe : La république de Platon :
La cité parfaite, nous dit Platon dans La République, sera composée de trois classes, celle
des producteurs, celle des gardiens et celle des magistrats, chacune traduisant par analogie une
des parties de l’âme : les producteurs ou artisans auxquels correspond la tempérance, les gardiens
ou guerriers dont la fonction nécessite le courage, et les chefs ou magistrats qui doivent posséder
la sagesse pour gouverner.
Cette correspondance entre les fonctions principales de l’âme et les classes de la société
propose ainsi une définition non arbitraire et objective de la justice idéale qui se trouve exprimée
mathématiquement, chaque individu trouvant sa juste place selon son tempérament et l’éducation
qu’il reçoit. L ’Etat idéal devra donc être dirigé par les philosophes rois, ou tout du moins par les
aristocrates (au sens étymologique) qui, l’esprit tourné vers les Idées du monde intelligible,
s’appliqueront à élaborer les meilleures lois possibles afin d’établir un ordre à l’intérieur duquel
chaque citoyen puisse prétendre à une existence libre et juste.
2ème axe : La cité idéale/vertueuse d’AL FARABI :
Al-Fârâbî, penseur du monde musulman du Xe siècle a été influencé par les œuvres de
Platon et d’Aristote.
La cité se base sur la religion.
Existence d’un seul Dieu, chef suprême qui a tout crée sans participation de quiconque.
L’être humain doit vivre en groupe, il ne peut réaliser ce qu’il veut tout seul. Il est né pour
s’associer aux autres afin de progresser …
En ce qui concerne le chef de la cité : il est pour cette cité comme le cœur pour le corps et ses
auxiliaires doivent lui ressembler.
Ses caractéristiques :
→ Il doit être chef par nature (caractéristique innée), c’est un don pour lui.
→ Il doit avoir la forme et la vocation d’être chef de la cité.
Tout cela Tout cela ne peut se réaliser que si le chef est doté de 12 qualités :
1. Il ne doit avoir aucun défaut dans ses membres.
2. Compréhensible et compréhensif.
3. Apprend bien pour ne rien oublier
4. Très intelligent.
5. Eloquent (bien parler) et aime l’apprentissage.
6. Non gourmand (en ce qui concerne la nourriture, les boissons et le sex)
7. Aime la vérité et déteste le mensonge.
8. Déteste l’injustice et partisan de la volonté et de la patience.
3ème axe : L’Eldorado de Voltaire :
I- Les caractéristiques de l'utopie
1- Le luxe et la richesse :
Les maisons sont excessivement luxueuses : elles sont "bâties comme des palais d'Europe"
Les vêtements indiquent la richesse du peuple, même ceux des enfants : ils sont "vêtus de
draps d'or"
L’abondance : le repas est pantagruélique : les plats sont nombreux, et tous exotiques : pour
Candide, l'exotisme représente un luxe. Les récipients même indiquent la richesse du
village :
Ils sont faits dans "une espèce de cristal de roche".
Les larges pièces d'or que Candide et Cacambo ont ramassées sont "des cailloux de grands
chemins" aux yeux des habitants : les conquistadors cherchaient de l'or, mais cet or n'a dans
cet endroit aucune valeur.
Cette impression de grande richesse est encore accentuée par la gratuité : le gouvernement
offre la nourriture aux habitants et aux étrangers, et il leur offre le luxe aussi : le
gouvernement lui aussi est riche (par opposition à la France : misère est grande, et le
gouvernement est pauvre lui aussi)
2- Un monde de plaisir et de bonheur :
Plaisir des sens : "musique très agréable" => plaisir de l'ouïe, écoute est agréable
"odeur délicieuse" => plaisir de l'odorat également
"Ragoûts exquis, pâtisseries délicieuses" => plaisir du goût les enfants qui les servent sont
beaux et bien vêtus => plaisir de la vue Les sens sont ravis, pleinement satisfaits, accentuant
le bonheur et le plaisir des habitants et des voyageurs.
Les habitants sont heureux et montrent leur bonheur : ils rient ("éclatèrent de rire"). Il y a un
équilibre : on compte autant de filles que de garçons (" deux garçons et deux filles") : la
population est stable, équilibrée.
Les habitants sont généreux : après avoir servi un repas pantagruélique, ils s'excusent de la
mauvaise chère qu'ils ont présentée aux voyageurs.
3- Politesse et savoir-vivre :
Extrême politesse et discrétion de la part des commerçants et des voituriers présents dans
l'auberge (dans le monde de Candide, les voituriers sont les moins polis de tous)
Les habitants sont honnêtes : aubergistes auraient pu profiter de l'ignorance de Candide et
Cacambo et leur réclamer un dû pour le repas, mais ils les informent.
Voltaire fournit absolument tout ce qui constitue un monde idéal : les gens sont heureux, riches
et tout le monde s'entend bien. Ce monde idéal émerveille Candide et Cacambo qui ne croient
pas ce qu'ils voient. Mais cette incrédulité est aussi celle du lecteur, car Voltaire force les traits
de l'utopie à dessein.
Conclusion :
Ce monde idéal nous est présenté avec ironie par Voltaire : ce pays est absolument
merveilleux, tout le monde y est heureux, mais il n'existe pas. Voltaire nous rappelle en quoi
consistent nos rêves. Il dénonce l'utopie, et avec l'utopie, il dénonce le rêve : il faut être réaliste,
arrêter de rêver. Mais cet extrait pose aussi une question : après avoir vu ce monde idéal, que
faut- il faire ? Le texte qui termine Candide répond à cette question : Candide et ses amis
achètent une ferme et cultivent leur jardin. C'est la morale de Candide : Voltaire nous rappelle
que le bonheur est le fruit du travail et non du rêve.
=> Rapprochement : Lettres Persanes, de Montesquieu : dans la lettre 12, il parle des
troglodytes, et dénonce lui aussi l'utopie d'un monde idéal.