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REPUBliQUE DU SENEGAL

UN PEUPLE - UN BUT - UNE FOI

MINISTERE DE L' EDUCATION NA nONALE (MEN)

UNIVERSITE CHEIKH ANTA DIOP DE DAKAR (UCAD)

INSTITUT NATIONAL SVPERlEUR


DE L'E.DUCAnON POPULAIRE ET DU SPORT (INSEPS)

MEMOIRE DE MAITRISE ES SCIENCES ET TECHNIQUES


DE L'ACTIVITE PHYSIQUE ET DU SPORT (S.T.A.P.S.)

Thème:

CONTRIBUTION A l'ANALYSE DU BASKET-BAll


PLAYGROUND : LE CAS DE QUELQUES SITES
A DAKAR

Papa Ngor BOB Abdoul Wahib KANE, Enseignant à l'INSEPS

Année Universitaire: 1998-1999


TOUT EST BIEN QUI FINIT BIEN
SOMMAIRE
03t0

PAGES
INTRODUCTION 1

1 - ORIGINE ET INTRODUCTION DU BASKET-BALL PLAYGROUND AU


SENEGAL : Des banlieues de NEW YORK aux rues de DAKAR

A - LES ORIGINES 8

• Aux Etats Unis


• En France

B- INTRODUCTION AU SENEGAL 11

• Les débuts
• Eclosion du phénomène

II - NATURE ET COMPOSANTES DU BASKET-HALL PLAYGROUND 15

A - DEFINITION DU« PLAYGROUND» 16

B - ORGANISATION MATERIELLE 17

C - LES MODALITES DU JEU 21

D - LE REGLEl\1ENT 25

III - SIGNIFICATION DU PHENOMENE: Les acteurs et leur motivation 29

A - LES ACTEURS 30

B - LES MOTIVATIONS 34

CONCLUSION 43

ANNEXES: - Guide d'entretien pour pratiquant


- Guide d'entretien pour Technicien
- Schéma d'illustration
1

SIGLES ET ABREVIATI.QNS

APS ACTIVITE PHYSIQUE ET SPORTNE


ASFA ASSOCIATION SPORTIVE DES FORCES ARMEES
ASFÜ ASSOCIATION SPORTIVE DES FONCTIONNAIRES
CAPEPS CERTIFICAT D'APTITUDE AU PROFESSORAT
D'EDUCATION PHYSIQUE ET SPORTIVE
CIO COMITE INTERNATIONAL OLYMPIQUE
CTR COORDONNATEUR TECHNIQUE REGIONAL
DT DIRECTEUR TECHNIQUE
DUC DAKAR UNIVERSITE CLUB
EPS EDUCATION PHYSIQUE ET SPORTIVE
FFBB FEDERATION FRANCAISE DE BASKET-BALL
FSBB FEDERATION SENEGALAISE DE BASKET-BALL
INSEPS INSTITUT NATIONAL SUPERIEUR DE L'EDUCATION
POPULATIRE ET DU SPORT
MBA MEDINA BASKET-BALL ASSOCIATION
NCAA NATIONAL COLLEGIATE ATHLETIC ASSOCIATION
NBA NATIONAL BASKET-BALL ASSOCIATION
POBAC PATTE D'OIE BASKET-BALL
SIBAC SICAP BASKET-BALL CLUB
UASSU UNl0N DES ASSOCIATIONS SPORTIVES SCOLAIRES ET
UNIVERSITAIRES
UCAD UNIVERSITE CHElKH ANTA DIOP DE DAKAR
USA UNlTED STATES OF AMERlCA
USG UNION SPORTIVE DE GOREE
DEDICACES

AU NOM D' ALLAH, LE TOUT PUISSANT

JE DEDIE CE TRAVAIL A :

• Mes parents

Mon père: Malick Cheikh Tidiane BOB


Ma mère: Ndeye Fatou AW

• Mes enfants

Iba
Tom
Pa Cheikh
Marne Khady

• Mes neveux

Haroun SAKHO
Rougui SAKHO
Je remercie tous ceux qui, de près ou de loin ont participé à l'élaboration de ce travail:

• M. KANE : mon Directeur de Mémoire pour sa disponibilité et sa rigueur.

• Mme Aminata NDIAYE BOB: ma femme, ma sœur, ma cousine pour son soutien sur
tous les plans.

• lba Bob: mon frère avec qui je vis à Dakar.

• Léopold SENGHOR: pour ses conseils et sa gratitude.

• Toutes mes sœurs: Marne Yacine, N'dèye Astou, Mame Sokhna, N'dèye Mariéme,
Ma·(mouna.

• Tous mes frères et leurs épouses: Papa Amath, Pape Bocar, Doudou,Lamine,
Ndèye Khady NDIAYE, Maguette BA DIAGNE, Adja DIEYE.

• Tous mes amis: Tidiane DIAGNE, Patrice FAYE, Sylvain FAYE, Samba KEITA,
Ousseynou T. TOUNKARA, Raymond DIATTA, Ass NDIAYE, Djiby SENE, Grégoire
DIAnA, Anastasie DIAKHATE, Gora SECK, Amadou SEYE.

• Toute la famille NDIAYE au 271 Gibraltar Il et ma mère Ndèye SEYE.

• Toute la famille SECK au 2745 B HLM 6 et ma mère Rama AW.

• Tous les étudiants de l'INSEPS.

• Tous les techniciens et pratiquants de basket-bail qui ont bien voulu répondre à nos
questions.

• Tous les membres du corps professoral de l'INSEPS.

• Tous les entraîneurs de l'ASFO plus particulièrement Moussa PAYE.

• Tous les juniors garçons de l'ASFO.

• Tous les membres du PATS de l'INSEPS.


INTRODUCTION
Le sport, véritable phénomène des temps modernes, recouvre beaucoup d'enjeux
sociaux partout où il est pratiqué. En effet, les grandes manifestations sportives à
l'échelle mondiale comme la coupe du monde de football, à travers leur caractère
multidimensionnel aux plans économique, politique et culturel; prouvent bien cet état
de fait. Cependant, même s'il bénéficie d'une importante institutionnalisation partant
des organisations en ligues régionales jusqu'au C.I.O (Comité International
Olympique) en passant par des fédérations nationales, internationales et
confédérations continentales, on assiste pas moins à l'éclosion de pratique hors
institution communément appelée: «sport sauvage».

Ainsi, au plan sociologique et selon CALLEDE, «le sport constrtue un domaine


important de recherche» 1. Dès lors, poursuit- il, «il se développe actuellement une
toute autre perspective: la possibilité d'un sport à la dimension de l'homme,
autrement dit, à la dimension de tous et de chacun»2. C'est cette quête sans cesse
de pratiques sportives, à la fois pour des individualités et des groupes, qui a créé un
nouveau champ d'A.P.S (Activités Physiques et Sportives). Ce dernier connaît un
développement sanS précédent avec la naissance de diverses formes de pratiques
sportives à côté de celles dites fédérales et institutionnelles.
Nous pouvons citer en guise d'exemples les cas du footba\\ en sane, du volleY ball et J

du handball de plage.
Ces disciplines, dans leur apparition initiale, répondaient à des aspirations de loisir
pour les populations jusqu'au moment où certaines d'entre elles ont pris des
proportions telles que le besoin de s'organiser autour d'une structure fédérale et
institutionnelle s'est fait sentir3 .

Sans doute, ce phénomène est assimilable à celui de «NAVETANE» au Sénégal. En


effet, le Navétane est un mouvement qui s'approprie des disciplines sportives suivant
ses propres structures institutionnelles et qui de plus en plus voit le nombre de ses
licenciés se multiplier.

1 CALLEDE, J.P. Le développement récent des APS : les dimensions sociales, chaoce et risque. Université de
Bordeaux pp 1 et 2
2 Idem
J C'est le cas du Beach·Volley qui est devenu une discipline olympi.que depuis Atlanta 1996.

2
Par ailleurs, au Sénégal, la rue constitue un lieu d'expression de pratiques de loisirs
ausSI bien pour les personnes adultes que pour les jeunes. Ainsi, des manifestations
comme le «saban> au plan culturel et les jeux sportifs comme le football et
récemment le basket-bail, prouvent que la rue, du point de vue des diverses activités
qui s'y déroulent, est d'une importance capitale dans le quotidien des sénégalais.
Seulement, «à une époque où, en rapport avec la société, les disciplines et les
4
pratiques se diversifient de plus en plus, un bilan s'impose ». Ce bilan, à nos yeux,
est synonyme d'études ou de recherches avec des in'struments scientifiques.
Pourtant, à l'I.N.S.E.P.S, des travaux de mémoire ont porté sur des thèmes bien
précis. En effet, si nous prenons le cas du basket-bail qui nous interpelle ici, des
sujets comme ceux de :

• Coumbacor BAKHOUM: «Essai d'analyse de l'influence de la taille sur l'efficacité


du joueur pour la sélection d'une future élite du basket-bail au Sénégal.» 1985.-
1986 :
• Moussa DJIBA: «La gestion du temps d'entraînement de basket-bail. L'exemple
de quelques équipes d'élite de Dakar.» 1990-. 1991 ;
• Moustapha GAYE: «Etude interactive entre les modifications du règlement de
basket-bail et le jeu.» 1990- 1991 ;
• Chérif KABO: (dnfluence de la fréquence de possession de balle et du temps
d'attaque su r la performance au basket-baiL)} 1993- 1994.

ont été traités par des étudiants. Mais il en ressort exclusivement les aspects
techniques et administratifs de ce sport. Dès lors, nous pensons que des efforts sont
à faire pour ce qui est de la pratique du basket-bail en rapport avec la société et le
cadre de vie. Ainsi, notre situation d'étudiant, à la fois dans un institut de sport
(I.N.S.E.P.S ) et optionnaire de basket·ball, nous permet de fonder une remarque sur
cette mouvance, avec récemment la naissance d'une pratique liée au jeu du basket-
bail dans les rues: c'est le «BASKET-BALL PLAYGROUNO» encore appelé le
«BASKET-BALL EN LIBERTE».

4 CALLEDE, J.P. Idem

3
En effet, on peut aujourd'hui constater une floraison de panneaux de basket-bail à
travers les rues de presque toutes les grandes villes de la planète comme Dakar par
exemple.

Par conséquent, comme le constate GODARD, <(Une pratique sociale n'a pas de
sens en elle-même et ne peut se comprendre et s'analyser qu'à partir du système de
pratiques dans lequel elle s'inscrih>5. En d'autres termes, l'importance du basket-bail
de rue résiderait dans les conditions de son émergence d'une part, et de la
signification qu'on lui octroie comme phénomène de société ou pratique sportive
d'autre part. De même, il serait difficile d'appréhension si abstraction est faite du
basket-bail comme pratique première et il serait judicieux d'établir et de maintenir un
lien étroit entre les deux pratiques. Faut-il alors parler de crise pour le basket-bail
sénégalais ? Certainement pas, car aucune structure de la Fédération Sénégalaise
de Basket-Bali (FSBB ) ne fait état d'une telle situation. Mieux, le Sénégal est
champion d'Afrique en titre aussi bien chez les hommes que chez les dames et
commence à se faire un nom au niveau mondial avec la présence de ses basketteurs
en NBA (Boubacar AW; Matar ND1AYE).

Malgré ce profil haut du basket-bail sénégalais, on assiste quand même à l'existence


du basket-baIl playground à côté du basket-bail fédéral.

Cependant, le basket-bail playground n'englobe t- il pas beaucoup plus de


significations qu'il ne laisse apparaître?

S'agirait- il d'une appropriation par nos jeunes d'un modèle caractéristique de


l'<<AMERICAN WAY OF LlFE» ? Modèle qui on le sait, est aujourd'hui présent aussi
bien en France qu'au Sénégal avec des mouvements de jeunes comme le «Hip
Hop» ou la «New Generation Boul Falé».

Quelles sont les modalités nouvelles de ce jeu par rapport au «basket-bail


traditionnel» ?

5 GODARD, F. Les pratiques du temps. Université de Nice. pp let 2

4
Quelle est la nature des motivations qui incitent les jeunes à adopter cette pratique
nouvelle?

Est-ce un moyen pour les jeunes de signifier un quelconque refus par rapport au
«basket-bail fédéral» ?

Autant de questions qui méritent réflexion et dont les réponses permettraient une
meilleure compréhension du phénomène basket-bail playground.

De notre point de vue, l'émergence et le développement du basketwball


playground au Sénégal s'explique par une série de raisons relevant de deux
facteurs: les facteurs internes à la société et les facteurs externes liés à
/'influence de modèles extérieurs.

Pour ce qui est des facteurs internes, nous constatons depuis quelques temps un
développement important du basket-bail sénégalais aussi bien au niveau national
qu'international et l'existence de ce sport comme pratique non encadrée.
Quant aux facteurs externes, nous notons une prégnance des modèles étrangers à
travers l'((american way of life» et surtout en rapport avec des mouvements de
jeunes tels que le «Hip Hop» et la «New Generation Boul Falé», mais également le
«basket-bail playg rou nd».

Dans le cadre de notre travail, le basket-bail playground est constitué de trois (3)
éléments essentiels:

• le basket-bail playground comme phénomène social mondial d'abord et les


conditions dans lesquelles il est né au Sénégal:
• l'organisation matérielle et la description du jeu ensuite;
• et enfin l'identification des acteurs du basket-bail playground et la signification
qu'ils lui donnent.

Pour une meilleure appréhension du phénomène basket-bail playground, nous nous


placerons dans un cadre d'étude sociologique intéressant quelques sites au niveau
de la ville de Dakar.

5
Pour ce faire, nous userons, pour ce qui est de \a méthodologie de l'observation
directe, d'entretiens à l'aide de guides d'entretien confectionnés pour les pratiquants
du basket-bail playground, et des techniciens du basket-bail en général.

• L'observation directe: c'est un instrument à notre sens qui est l'un des mieux
adaptés dans le cadre d'une étude de pratique sociale comme c'est le cas ici. En
effet, elle a consisté pour nous à constater d'abord un phénomène, à nous rendre
sur des lieux et à voir nous même ce qui s'y fait.
• Les guides d'entretien: au nombre de deux, nous en avons confectionné pour les
pratiquants du basket-bail playground et les techniciens du basket-baIl. Ils
tiennent compte d'abord de nos besoins en informations sur le phénomène à
travers des rubriques comme l'historique, la nature du jeu, l'identification des
acteurs et la signification, Mais également, les répondants peuvent parfois nous
faire des suggestions.
• La population : elle est composée de 116 pratiquants de basket-bail playground
et de 15 techniciens du basket·ball allant du Président de la FSBB aux coaches
de différents niveaux du championnat d'élite,
• Analyse documentaire: Nous avons eu à consulter des documents, Mais ils sont
exclusifs au basket-bail playground de l'extérieur (aux Etats Unis et en France).
Par contre, au Sénégal nous n'avons pas eu de documents publiés sur le basket-
bail playground. Ainsi, nous nous sommes uniquement intéressés aux
informations données par les acteurs et les techniciens.

Ceci nous permettra de confirmer ou d'infirmer l'hypothèse avancée à l'issue du


questionnement majeur.

Notre étude s'articulera autour de "

• l'origine et l'introduction du basket-bail playground au Sénégal d'abord ;


• l'étude descriptive du basket-bail playground à travers sa nature et ses
composantes ensuite;
• la signification du basket-bail playground suivant la motivation de ses acteurs;
• et, enfin la conclusion pour tirer les enseignements de l'étude et surtout faire des
suggestions pouvant ouvrir sur des perspectives nouvelles,

6
1- ORIGINE ET' INTRODUGTION DU BÂSlŒT-BALL···
PLAYGRGUND AU SENECi~ : Des banIieue& de New
~ork aux' rues debakar

7
A· LES ORIGINES

Evoquer la naissance du basket~ball playground conduit inéluctablement à faire un


bref rappel du basket-bail comme pratique première. Le basket-bail est né en 1891
dans le MASSACHUSSETIS, des œuvres du pasteur presbytérien James
NAISMITH dans un contexte bien déterminé. En effet, dans le but de trouver une
discipline pour à la fois diversifier et pratiquer un sport (collectif) autre que la
gymnastique pendant l'hivers, le basket-bail vit le jour et se joua dans un premier
temps au gymnaseO. Depuis, il ne cesse de connaître des évolutions et des
mutations et ceci jusqu'à nos jours.

• Aux Etats Unis:

Ainsi, dans le contexte du basket-bail américain, on est passé de la pratique du


basket-bail au collège à la NBA (National Basket-bail Association) en 1946.
La NBA est le championnat de basket-baIl le plus célèbre du monde où rêvent
d'évoluer beaucoup de basketteurs de la planète. Mais il y a surtout /a NCAA
(National Collegiate Athletic Association) qui est le championnat universitaire des
Etats Unis et en même temps la véritable école de la NBA d'où sortent des prodiges
incontestés du basket-bail américain. Dès lors, il ressort ainsi que pour arr\ver un jour
au niveau de l'élite, deux possibilités s'offrent aux basketteurs: c'est soit passer par
la NCAA donc le championnat universitaire pour être «drafté>/ ; ou pour les joueurs
d'ailleurs, faire preuve d'un grand talent pour gagner sa place en NBA car toutes les
stars de la NBA ne viennent pas que de la NCAA.

Malheureusement, tout le monde n'a pas ce talent et tout le monde ne peut pas
accéder à la NCAA encore moins la plupart des jeunes américains qui ont les
conditions de vie misérables pour première contrainte.

6f1JRON, O. Basket-bail (Le). Bruxelles: Edition Erasme. 1975.


7Le système de la « draft» consiste â sélectionner par ordre, les meilleurs éléments d'une saison de la NCAA
pour qu' i Is jouent dans le champioiUlat professionnel de la NBA.

8
Cela est d'autant plus appréciable à travers la société américaine que, même si les
Etats Unis sont le pays le plus développé du monde, on y enregistre les taux de
criminalité, de chômage et de pauvreté les plus élevés.

Cette société connaît des perversions au niveau de domaines divers et même le


sport n'est pas épargné. Si on prend le cas du basket-bail qui nous intéresse ici, le
jeune américain laissé à lui-même, ne bénéficiant ni d'une éducation, ni d'une
scolarité correcte, ne peut prétendre évoluer en NCAA (qui demande d'abord
l'inscription dans une université), encore moins en NBA, Par ailleurs, \a rue, lieu
d'expression pour les jeunes dans certains quartiers de quelques villes des Etats
Unis, va favoriser la naissance de jeu créé les jeunes eux-mêmes. Et pour le basket-
bail, c'est ainsi nous dit Rick TELENDER dans un extrait de son livre « Heaven is a
playground» recueilli par TREVISAN 8 que: «Ces jeunes américains se sont
résignés et ont fait preuve d'imagination en procédant par transfert de la pratique du
basket-bail dans les rues de Harlem d'abord et les ghettos de New York ensuite ».
Ceci fait partie des conditions qui ont favorisé la naissance du basket-bail playground
aux Etats Unis. MaiS la liste n'est pas exhaustive 9 . Cependant, vu que le basket-bail
playground est un phénomène social important, qu'en est-il ailleurs?

• En France

Le caractère social du phénomène basket-bail playground fera qu'il ira au delà des
frontières américaines pour gagner le vieux continent: l'Europe, dans des pays
comme la Grèce, l'ex Yougoslavie, l'Espagne et plus tard la France. Seulement, les
contextes dans lesquels le basket-bail playground est né dans ces pays sont
différents de ceux des Etats Unis, toujours est-il que ce pays (Etats unis) reste la
source d'imitation de tous.

S TREVISAN, L. Maxj Basket N° 1 J , Janvier 1991


9Nous aurions pu donner davantage de détails sur l'historique du Basket-EaU playground aux Etats Unis, si nous
avions eu à notre disposilion des oUVTages comme « The city game » ~~ Hoop dreams » et (( Rebound ) que nous
a suggérés un contact dans le réseau Internet [email protected]

9
Par exemple en France, c'est suite à une régénérescence de la violence dans les
banlieues parisiennes où vivent en majorité des émigrés d'Afrique et d'ailleurs, que
les autorités gouvernementales ont décidé de mettre en place une politique
cherchant à mieux canaliser les jeunes des milieux défavorisés. Cette initiative de
l'Etat français se résume à un projet de mise en place des infrastructures sportives à
travers des espaces multi-fonctionnels. Mais on s'est très vite rendu compte que,
grêce à la diffusion dont bénéficie le basket-bail américain, les jeunes s'adonnent le
plus à cette pratique au détriment des autres sports pour aduler des stars de la NBA
comme Magic, Ewing, Jordan etc. C'est dans ce contexte précis que la FFBB
(Fédération Française de Basket-bail) a nommé un président de la commission des
jeunes et du « basket en liberté », un enseignant d'EPS: M. JUGNET (M.
playground) et envoyé en émissaire aux Etats Unis pour à son retour établir un
rapport sur la mise en place du matériel adéquat pour le ptayground version
américaine. C'est ainsi que le basket-bail playground naquit en France dans les
années 1990 avec 521 demandes de terrain sur toute la France au début
JUGNET disait alors ({ il faut résoudre d'abord les problèmes concrets de matériel et
voir ensuite à travers le basket-bail playground un phénomène social car les jeunes
ont besoin d'images, de modèles» 10,

Pour WENDL1NG 11 , représentant de ADIDAS en France, l'une des explications à la


naissance du phénomène basket-bail playground est peut-être l'engouement qu'il ya
autour. Ainsi, dit-il: «il y a un fort potentiel autour du phénomène basket-bail
playground qui remue les 13 et 17 ans, surtout les garçons. Ils veulent tous jouer, les
clubs ne peuvent pas tous les accueillir. Le Adidas Streetball permet d'offrir un panier
et des ballons dans chacune des villes que nous traversons. On doit en mettre le
maximum pour faire comme aux Etats Unis, en Grèce. C'est la solution la plus
rapide ». Egalement dans cette pensée, on retrouve une autre explication fondée de
la naissance du phénomène basket-bail playground, c'est celle liée à une
augmentation significative de pratiquants de basket-bail, d'où l'incapacité des clubs
de tous les caser.

JO TREVISAN ANGENAUL T. Macadam story in Maxi Basket N°114, Janvier 1993


1J Propos recueillis par NEMALE & BESCON. Maxi basket N°32, janvier 1994

10
Mais ce qui sort comme essentiel, c'est que le basket-bail playground français est
totalement calqué sur le modèle américain. D'ailleurs, il en sera ainsi pour tous les
pays où on observe ce phénomène. Autrement dit, même dans le contexte du
Sénégal, on retrouve cette connotation américaine du basket-bail playground ne
serait- ce que du point de vue de l'appellation.
Ceci nous permet d'aborder le contexte sénégalais dans lequel les jeunes ont vu
naître et évoluer ce phénomène récent de pratique sociale liée à un jeu de basket-
baIl dans les rues: le basket-bail playground.

B - INTRODUCTION DU BASKET-HALL PLAYGROUND AU SENEGAL

Pour une rigueur de démarche, il nous faut procéder à un bref rappel également de
l'avènement et de l'évolution du basket-bail comme pratique première au Sénégal.

En fait, le basket-bail doit son implantation au Sénégal aux militaires européens et


aux missionnaires catholiques vers les années 1910. Il s'est davantage installé et a
connu son plein épanouissement après les années d'indépendance (1960). Toujours
est-il qu'il y a cette forte influence des hommes de l'église 12. En effet, autrefois, la
pratique du basket-bail au Sénégal rimait avec des noms comme le collège Saint-
Michel, l'établissement de la Cathédrale du centre de la ville de Dakar, donc un
milieu restreint et bien déterminé. Ce n'est que par la suite que le basket-bail a
gagné les quartiers proches du centre- ville en l'occurrence la Médina et d'autres
milieux environnants.

Seulement des années 60 à nos jours, le basket-bail a pris des proportions


importantes du point de vue de sa pratique partant d'une partie de la communauté
catholique au basket-bail institutionnel et fédéral en passant par sa pratique au
niveau des établissements scolaires et universitaires sous l'égide de l'UASSU (Union
des Associations Sportives Scolaires et Universitaires).

12BEN ADJ, A. T. Etude du basket-bail sénégalais de la petite catégorie il Dakar. Mëmoire de maîtrise. STAPS.
INSEPS. 1995.

Il
Par ailleurs, d'autres pratiques comme le regroupement d'anciens sportifs les
dimanches pour jouer au basket-bail, les matches dans le quartier de «grands
contre petits» et même l'intégration de ce sport dans le mouvement navétane,
prouvent que le basket~ball sénégalais est en état de pleine évolution en rapport
avec sa société.

• Les débuts

Aujourd'hui, le basket-bail sénégalais est tellement développé que sa pratique hors


des structures institutionnelles n'est pas exceptionnelle.
Cela est d'autant plus appréciable du point de vue des différentes formes de sa
pratique, qu'il ira même jusqu'à se jouer en pleine rue pour certains. En effet, quand
on sait, au Sénégal encore une fois que la rue constitue un lieu de loisirs pour les
jeunes, les panneaux de basket-bail qui y sont érigés confirment cet état de fait. Par
contre, cette forme de pratique du basket-bail n'est observée que dans certains
quartiers de la ville de Dakar 13 •
Pour d'autres, comme à l'accoutumé, c'est le terrain de basket-bail réglementaire
d'une institution (club, établissement scolaire ou universitaire) qui est à côté, ou celui
offert par les autorités locales (communes d'arrondissements) qui sert de lieu
d'expression d'une pratique récente dénommée « basket-bail playground )} par les
pratiquants en grande majorité mais également par une partie des techniciens du
basket-bail sénégalais. Mais pourquoi le nom de « basket-bail playground » ?

• Eclosion du phénomène

Pour mieux asseoir l'approche historique du phénomène, nous avons senti la


nécessité d'interroger d'une part, l'origine du nom et de voir d'autre part en quoi
colle-t-il à la réalité des pratiquants sénégalais.

13 L'observation directe â laquelle nous avons procédée, pennet de voir que le phénomène basket-ball
playground n'existe pas dans tous les quartiers de la ville de Dakar. Par exemple, il n'existe pas à Grand Dakar,
ni à Niaye Thioker, ni à Ben Tally, ni à Colobane, ni au Point E, ni au Plateau etc.

12
En fait, pour la quasi totalité des sujets interrogés sur le nom de basket-baIl
playground il ya d'abord le fait d'imitation des américains (utilisation du même nom),
ensuite c'est une pratique du basket-bail en plein air (par opposition au parquet et la
salle) et enfin on y joue avec une très grande liberté. Son apparition pourrait être
située vers les années 90 au Sénégal, apparition peut être concomitante à
l'installation chez nous d'une chaîne privée de télévision: Canal Horizon. En effet, la
large diffusion dont bénéficie le basket-baH américain à travers ce médium a participé
à la naissance du phénomène basket-bail playground. De la même manière, le
succès que connaissent certaines séries télévisées américaines « Le Prince de Bel
Air)} en l'occurrence qui à travers son générique met en relief le basket-bail
playground.
Mieux, cette pratique va davantage s'installer en 1992 avec la participation de la
14
Dream Team 1 aux jeux olympiques de Barcelone en Espagne.
Par ailleurs, c'est l'existence d'infrastructures sportives (terrain de basket-bail
réglementaire ou non) qui est à "origine de l'émergence du basket-bail playground
comme c'est le cas à la Rue 5 (2) de la Médina, à Dieuppeul 1 et à la Patte d'Oie.
Ainsi, il ressort d'une manière générale, que l'émergence du phénomène basket-bail
playground requiert deux conditions allant plus ou moins de paire: c'est l'accès aux
images de l'extérieur par soit la télévision ou les magazines de basket-bail et la
possibilité également d'accéder à un terrain de basket~ball quelque soit son état
(terrain réglementaire ou de fortune).

Certes, nous dirait-on qu'il ya toujours eu une pratique du basket-baIl en toute liberté
à côté de celui institutionnel et fédéral, c'est la fameuse formule du 3 contre 3
d'antan à laquelle se sont adonnés presque l'ensemble des grands basketteurs du
Sénégal. Mais cette forme du basket~ball était typiquement sénégalaise en ce sens
qu'elle s'exécutait uniquement sur les terrains réglementaires. Alors que pour ce qui
est du basket-bail playground, il y a une large connotation étrangère (américaine)
avec la spécificité de panneaux de basket-bail érigés en pleine rue. C'est cette forme
jouée du basket-bail qu'on a située dans les années 90 reconnue par tous, même les
gens du milieu du basket-bail fédéral.

14 c'est la sélection nationale des Etats Unis avec des stars de la NBA ce qui n'était pas permis avant 1992

13
Cependant, si les jeunes ont réussi à avoir un nom d'une pratique de basket-bail,
comment trouvent-ils le moyen de s'adonner à leur pratique? Si toutefois ils trouvent
le moyen, comment jouent-ils? Ce qui nous permet d'aborder la nature et les
composantes du basket-ball playground.

14
II - LE BASKET-HALL PLAYGROUND : Nature et
~~____ . ~omposantes

15
L'historique du basket-bail playground montre qu'il faut voir à travers ce phénomène,
une imitation des américains d'abord et une possibilité pour les jeunes de pouvoir
s'adonner à la pratique du basket-bail sous une autre forme, différente de celle dite
fédérale et institutionnelle. Ainsi, ils vont s'octroyer des moyens, ce que nous
appelons ici l'organisation matérielle, pour jouer à une manière que nous tenterons
d'exposer dans les modalités du jeu et le règlement.

A - DEFINITION DE « PLAYGROUND »

« Le playground est une aire de jeu en plein air, non surveillée et libre d'accès,
spécifique à la pratique du basket-baIl. Une clôture ouverte peut délimiter l'espace
de liberté. Des bancs ou des murets autour du terrain personnalisent le site et
favorisent la convivialité. Plusieurs options sont possibles: un demi terrain, un terrain
complet plus quatre aires d'entraÎnement 15 ».
La Fédération Française de Basket-bail a adopté cette définition qui colle le plus à la
réalité du playground made in USA. En effet, en France, rappelons-le, M. JUGNET a
été envoyé en émissaire aux Etats Unis pour s'imprégner de la mise en place du
matériel sur les playgrounds américains. C'est ainsi qu'il a, dans son rapport,
présenté le terrain de basket-baIl qui sert de cadre de jeu pour les américains dans
les quartiers. C'est plutôt un terrain qui, dans sa description, présente des aspects
particuliers à la liberté (plein air, non surveillé, libre d'accès) mais aussi des
conditions de relation humaine (convivialité). Il se présente sous des formats
différents sUivant l'espace disponible d'une part, et le nombre de pratiquants d'autre
part.

Cependant, si c'est cette organisation matérielle qui est employée dans le contexte
français avec une imitation parfaite des américains, au Sénégal et plus précisément
à Dakar, on assiste à une autre forme d'organisation matérielle.

En effet, même si aux Etats Unis et en France ce sont les autorités qui sont entières
responsables des initîatives de mise en place du matériel, à Dakar, les rôles sont
partagés et à la limite, ce sont les jeunes eux-mêmes qui prennent en charge la mise
en place du matériel de jeu à travers d'une part, les panneaux de basket-bail qu'ils
fabriquent mais aussi des démarches qu'ils entretiennent pour l'obtention de terrains
de basket-bail.

16
B - ORGANISATION MATERIELLE

Les dix sites sur lesquels a porté notre étude, prouvent bien ce point de vue, parce
qu'il y a aussi bien des terrains réglementaires d'institutions (établissement scolaire,
universitaire ou club de basket-bail), des terrains de basket-bail construits par les
autorités locales sous la demande des jeunes des quartiers, mais également des
terrains à un seul panneau de basket-bail aménagés par les pratiquants eux-mêmes
dans les rues de la ville de Dakar.

• Les différents types de terrains

L'étude que nous avons menée, a porté sur 10 sites de basket-bail de constitution
différente. En effet, sur ces 10, il Y a 4 terrains à 1 panneau (liberté III, HLM 6,
Médina Rue 5 (1) et Rue 5 (2) et 6 terrains complets (Ecole Médine, Lycée Kennedy,
Terrain Sibac, Université CAO. Dieupeull et Patte d'Oie).

• Les terrains à un panneau

Pour ce qui est des trois premiers terrains à un seul panneau (Liberté III, HLM 6, Rue
5 (1 )), ils sont faits par les jeunes eux-mêmes à l'aide de poteaux de récupération et
d'arceaux faits par soit un copain ouvrier (comme c'est le cas chez les jeunes de
Médina rue 5 (1)) ou commandés chez des menuisiers métalliques (HLM 6).

If arrive parfois que les jeunes reçoivent un don de la part de « Sprite )} un panneau
avec les couleurs du donateur et son action ne s'arrête pas là.

En ce qui concerne le dernier terrain à 1 seul panneau (Rue 5 (2)), c'est suite à un
don d'un particulier (un aîné du quartier évoluant à J'extérieur) qu'on a observé le
déclic. C'est un panneau complètement professionnel avec un réglage pour la
hauteur et la possibilité de le fixer ou de le démonter à sa guise.

15 TREVISAN. ANGENAUL T. Macadam stary, in Maxi Basket Ne J 14 de janvier 1993

17
1

• Les terrains complets

Les 6 autres terrains sont complets et appartiennent à des institutions comme un


établissement scolaire ou universitaire ou encore un club de basket-bail; ou alors
des terrains complets offerts par la commune d'arrondissement du quartier. C'est le
cas des terrains de Dieupeull et de Patte d'Oie.

• Les terrains complets offerts par les autorités locales

A Dieupeul l, ce sont les jeunes qui se sont regroupés en association et nommer un


responsable pour qu'il soit leur porte-parole auprès des élus locaux pour l'obtention
d'un terrain de basket-bail avec l'appui des habitants du quartier. C'est ainsi que le
jardin public du Goin en état de délabrement s'est vu transformé en terrain complet de
basket-bail. En définitive, ce sont deux opportunités qui ont concouru à la
construction de ce terrain. la disponibilité d'un espace d'abord et l'abnégation notée
chez ces jeunes de Dieupeul 1 pour pouvoir satisfaire un besoin de pratiquer le
basket-bail, une discipline qu'ils aiment beaucoup.

A la Patte d'Oie, il semble selon les jeunes qu'on a construit le terrain uniquement
pour jouer sur la conscience des populations locales. En effet, c'est à la veille
d'élections que les autorités municipales ont choisi après de multiples tentatives chez
les jeunes pour avoir un terrain de le construire en un temps record. Ceci est d'autant
plus appréciable que, par la suite il y a eu le problème de l'éclairage d'abord et
aujourd'hui des trous à chaque 50 cm sur le terrain, mais la commune ne réagit pas.
C'est peut-être un hasard heureux, mais ce terrain a remplacé également un jardin
public qui est devenu de plus en plus lugubre, mais si les autorités locales ne
réagissent pas. les jeunes de Patte d'Oie risquent de surseoir à un besoin, celui de
pratiquer leur discipline favorite sur leur propre terrain, à moins qu'ils ne veuillent
s'exposer à des accidents des pieds. Malheureusement, c'est le cas car certains se
débrouillent pour y jouer quand même et d'autres préfèrent attendre d'avoir le temps,
pour aller jouer ailleurs.

18
1

• Les terrains complets d'institutions

Ailleurs, rime ici avec comme nous l'avons signalé plus haut des terrains complets
appartenant à des institutions (établissements scolaires, universitaires ou clubs).
Sur ces terrains, les jeunes n'ont pas besoin de s'investir en terme de négociations
ou de travaux. Il leur suffit tout simplement d'adopter un comportement qui consiste à
ne pas perturber le déroulement des cours, des entraînements et surtout de ne pas
jouer les « Shaq attack » (casseurs de cerceau). Ceci peut leur être préjudiciable car
pouvant les priver d'accès au terrain pour une durée indéterminée. En guise
d'exemple, on peut donner celui du terrain annexe de l'université (terrain des
pavillons J K LM), les deux cerceaux sont cassés et ne sont pas réparés, les jeunes
sont obligés d'attendre la fin des entraînements du DUC ou le week-end pour pouvoir
accéder au terrain du Pavillon A sous la surveillance généralement de quelqu'un du
club. Cela dit que même si les jeunes qui pratiquent le basket-bail playground ne
sont pas prioritaires sur les terrains réglementaires appartenant à des institutions, ils
peuvent avec une certaine organisation y accéder. Par exemple au terrain du
pavillon A de l'université, il y a un responsable du basket-bail loisir pour le samedi
matin pendant l'année scolaire. En effet, ce dernier est nommé par ses paires et ils
ont l'aval de la direction du club pour ce créneau bien déterminé.

Il ressort ainsi, pour ce qui est de l'organisation matérielle, une rée\le prise en charge
par les jeunes eux-mêmes de leur pratique de basket-bail playground.
En effet, les initiatives individuelles à travers les panneaux érigés en pleine rue et la
fréquentation de terrains de basket-bail d'institutions à des moments précis, prouvent
que les jeunes ont bel et bien une envie réelle: celle de pratiquer le basket-bail à
leur guise.

D'autre part, une meilleure implication des pouvoirs publics, participerait à une
vulgarisation du basket-baIl ne serait- ce que du point de vue de la canalisation des
jeunes par des activités saines.

19
Même si des autorités locales ont donné le bon exemple en construisant des terrains
complets de basket-bail, aidées en cela par des sociétés de la place (Sprite), force
est de reconnaître qu'il y a encore du chemin à faire, car dans certains quartiers,
l'existence de terrain de basket-bail n'y est pas notée d'où l'inexistence du
phénomène basket-baIl playground en leur sein. Ainsi, on voit que le problème lié à
la disponibilité d'espaces de jeu demeure car sur les 10 sites qu'a porté notre étude,
6 d'entre eux donnent un accès libre aux jeunes pratiquants de basket-bail
playg round (Liberté III, HLM 6, Méd ina Rue 5 (1), Médina Rue 5 (2), Dieupeul l, Patte
d'Oie) par contre, les 4 autres obligent les jeunes qui veulent y évoluer à s'organiser
d'une manière ou d'une autre en fonction à la fois de leur disponibilité et de celle des
terrains.

Mais les difficultés ne s'arrêtent pas là pour les pratiquants du basket-bail playground
malheureusement. En effet, même s'ils arrivent à créer un tant soit peu de conditions
pour jouer, il faut résoudre le problème de ballons auquel ils sont souvent confrontés.

Rares sont les terrains de basket-bail playground où il y a toujours un ballon pour


jouer, s'il existe, il appartient à un d'entre les jeunes.
Il leur arrive quelque fois de cotiser pour s'acheter un ballon et dans de rares cas,
que le club du quartier prête des ballons. Sur les 116 sujets interrogés, 98 affirment
jouer avec le ballon amené par le copain (84,5%), 8,65% des jeunes soit 10 sujets
jouent grâce au prêt de ballon par le club en place (terrain Slbac, Université et Ecole
Médine), ceux qui cotisent pour avoir un ballon avec lequel jouer représentent 6,85%
c'est à dire 8 sujets seulement. " peut même arriver, nous affirment certains
pratiquants qu'ils se déplacent en vain. C'est à dire, quitter leur maison, se déplacer
jusqu'au terrain, mais n'ayant pas de ballon pour jouer, retourner tout simplement
chez soi ce jour là 16.

16 Par exemple, le jour où nous sommes allés faire nos enquêtes à la Patte d'Oie, nous avons trouvé SUT place
beaucoup de monde alors qu'il faisait .il peu près 17 heures, les jeunes ont poireaute jusque vers 18 heures, heure
à laquelle est venu un copain avec un ballon, alors, le jeu pouvait commencer.

20
Tout compte fait, nous voyons ainsi que les conditions que doivent réunir les
pratiquants du basket-bail playground ne sont pas servies sur un plateau d'argent. Si
toutefois, ils arrivent à d'abord se trouver un terrain, quelque soit son format (1
panneau en pleine rue, 1 demi terrain ou 1 terrain complet) et un ballon (du copain
du groupe ou du club), le jeu peut commencer. Mais comment jouent-ils? Une
tentative de réponse à cette question nous permet d'aborder les modalnés du jeu de
basket-bail playground.

c- LES MODALITES DU JEU

La particularité du basket-bail playground est qu'il est possible à tout le monde de le


pratiquer partant du simple débutant au joueur confirmé évoluant dans le
championnat d'élite en passant par le véritable « playgrounder» (c'est celui qui en
fait sa spécialité autrement dit, c'est quelqu'un qui a des aptitudes en basket-bail et
Qui n'est pas intéressé pas la fréquentation d'un club).
Vu la différence de constitution des terrains (terrain à 1 panneau à un coin de rue et
terrain complet), il va de soi que les formes de jeu divergent en conséquence. Par
contre, du fait de la popularité du phénomène basket-baU playground, on note une
certaine uniformisation du jeu allant du 1 contre 1 au 3 contre 3 sans oublier le 2
contre 2 sur moitié terrain ou un seul panneau dans les cas comme HLM 6, Médina
Rue 5 (1) et (2), Liberté 1Il, et le 5 contre 5 sur tout terrain avec le souci de faire jouer
beaucoup de gens quand il y a du monde à des moments déterminés.

• Le 1 contre 1 ; (1 c 1)

Il est très rare sur les terrains de basket-bail playground de voir les jeunes s'adonner
à cette forme de jeu. Mais en règle générale, le 1 c 1 permet de départager deux
jeunes qui prétendent être capable de remporter le dessus sur l'autre. Il est fréquent
dans ce cas précis de les voir mettre une mise symbolique (une somme d'argent ou
un objet quelque soit sa valeur) pour faire régner le défi à travers un duel sans merci
nous affirment quelques jeunes pratiquants de basket-bail playground.

21
1

Pourtant, le 1 c 1 constitue la situation pédagogique la plus utilisée en apprentissage


pour l'acquisîtion de certains fondamentaux comme le dribble et le jump shoot nous
17
dit RAT, M . Ces propos sont confirmés par le 3éme degré, Instructeur EPS et coach
des seniors garçons de l'ASFA(Association Sportives des Forces Armées) en ce
sens dit-il qu' « il n'existe pas de tactique globale dans ce basket-bail, tout est basé
sur le 1 c 1, donc la technique individuelle offensive ».
Ainsi, même si les jeunes voient à travers la forme de jeu du 1 c 1 un moyen de se
défier, ce qui du reste est valable, ils se forment de manière implicite au plan de la
technique individuelle.

• Le 2 contre 2 : 2 c 2

Il est beaucoup plus utilisé que le 1 c 1 surtout chez les ieunes qui ont un seul
panneau de basket-bail avec toujours cette idée de défi et la possibilité de prendre
un partenaire. En réalité, cette prise de partenaire dans beaucoup de cas n'est pas
gratuite. En effet, elle suscite une bonne connaissance de celui avec qui on joue. En
général, c'est des groupes de copains qui se connaissent bien et qui même en cas
de défaite peuvent se consoler à leur manière. Il arrive parfois qu'on veuille
constituer une équipe avec quelqu'un qui refuse parce qu'il a déjà un copain sans
lequel il ne se voit pas gagner une partie. Egalement, le 2 c 2 est un préalable des
autres formes de jeu, les pratiquants du basket-bail playground parlent même
d'échauffement en attendant que le terrain refuse du monde pour passer au 3 contre
3 pour les terrains à 1 seul panneau ou au 5 contre 5 sur les terrains complets.

• Le 3 contre 3 : 3 c 3

C'est la formule universelle du basket-baIl playground promue à travers des tournois


de renommée des grandes marques de sport comme le Adidas Streetball, le Nike
Raid Out Door et le Reebok Black Top en France.
Dans le contexte Sénégalais, le 3 c 3 est utilisé chez les pratiquants du basket·ball
playground aussi bien pour ceux qui ont un seul panneau que les jeunes disposant
de terrains complets.

17 RAT, M. Basket-bail: le 1 cl, in EPS N° 224 de juin- juillet 1990. P. 24

22
Chez les premiers) ils ne peuvent pas, nous affirment-ils, dépasser cet effectif car
étant confrontés à un espace limité. Mais ils apprécient bien cette forme de jeu du 3 c
3 et organisent même des tournois en invitant d'autres playgrounders jouant le 3 c 3
sur leur terrain avec un engagement des équipes participantes.

Chez les autres, vu que le 3 c 3 diffère du 5 c 5, les jeunes de Dieupeul 1 nous


avouent avoir une équipe de 3 c 3 qui va disputer les tournois auxquels ils sont
invités et engagés, mais disposent également d'une équipe pour les tournois de 5 c
5. Seulement, à leur niveau, il leur est possible d'avoir cette organisation parce qu'lis
ont un responsable. C'est ce dernier même qui nous apprend qu'il arrive sur leur
terrain (complet) de maintenir, même s'il y a du monde la forme de jeu du 3 c 3 car
présentant plus de rigueur et de spectacle que le 5 c 5 qui, lorsqu'il y a dans l'une
des équipes sur le terrain 1 ou 2 éléments qui flanchent, risque de devenir
monotone.
En effet, confirme le 2éme degré, diplômé du CAPEPS (Certificat d'Aptitude au
Professorat d'EPS), DT (Directeur Technique) de l'USG (Union Sportive de Gorée) et
coach des seniors garçons;« le fait de jouer à effectif réduit (3 c 3 ex) rend le jeu
plus attrayant parce qu'on se fatigue moins et il n'y a presque pas de défense ».
Par ailleurs, l'effectif constitué de 3 joueurs dans le 3 c 3 permet d'entreprendre un
jeu au plan collectif et donc des tentatives de fondamentaux collectifs comme « la
passe et va }) et l'écran sur adversaire 18,

En définitive, il ressort que le 3 c 3 est un jeu privilégié chez les jeunes qui ont un
seul panneau de basket-bail alors qu'il constitue un préalable du 5 contre 5 chez
beaucoup de pratiquants disposant d'un terrain complet en attendant que les autres
arrivent pour faire Je {( TalaI» 19,

18RAT, M. Basket-baIL Pratiquons le 3 contre 3 in EPS n° 228 de zuars·avril 1991. P. 68


19« TalaI ) : tenue wolof qui veut dire étaler. Les pratiquants du basket-baIl playground utiliseot ce tenne pour
jouer le 5 c 5 sur tout le terrain.

23
• Le 5 contre 5 : 5 c 5

Il est exclusivement réservé aux jeunes qui ont accès aux terrains complets comme
c'est le cas pour les pratiquants de Dieupeul l, Patte d'Oie, LIberté VI (terrain Sibac),
Université, Ecole Médine et Lycée Kennedy.
Vu que ce sont des terrains fréquentés par beaucoup de jeunes, le 5 contre 5
demeure l'unique et seule forme de jeu pour permettre de faire jouer le maximum de
pratiquants surtout pendant les moments de grandes affluences (les week-ends). Le
5 contre 5 est également retrouvé dans les grands tournois qu'on organise surtout
pendant les grandes vacances à travers tout Dakar: c'est le fameux « Rap Attack )),
formule connue de tout le monde et à travers laquelle tous les niveaux sont
représentés (playgrounders, joueurs de l'élite sénégalaise, basketteurs
professionnels expatriés). C'est une forme de jeu beaucoup plus structurée
comparée aux autres. En effet, on y note l'implication plus ou moins de clubs et de
techniciens de basket-bail qui encadrent et engagent des équipes pour ces tournois.
Cela est d'autant plus appréciable nous dit le DT de Gorée à travers les noms qu'on
donne comme le Rap Attack de Gorée, de Sibac, de Bopp, de l'université etc. De
même, il existe des quartiers réputés par et leur organisation et leur prestation lors
des tournois de Rap Attack ; c'est le cas de Mermoz, de Amitié de Dieupeul et de la
Médina.

Ainsi donc, il ressort des formes de jeu que l'adoption d'une d'entre elles par les
pratiquants du basket-bail playground est fonction à la fois des infrastructures
existantes (moitié terrain ou 1 panneau et terrain complet) et de l'effectif qu'il y a
autour. Seulement, il convient de signaler que lorsque la forme de jeu passe au 5 c 5
lors des tournois organisés à travers tout Dakar, on donne le nom de Rap Attack.
Toujours est-il qu'il affiche les mêmes aspects que le basket-bail playground, c'est à
dire un jeu libre et sans institutionnalisation fédérale.

Cependant, quand les pratiquants s'adonnent à leurs jeux, ne serait- ce que pour la
régularité, un code est observé même si la rigueur, le spectacle. le loisir, bref la
liberté y est permanente. Ce qui nous permet de voir le règlement au niveau du
basket-bail playground.

24
1

D ~ LE REGLEMENT DU BASKET-BALL PLAYGROUND

La popularité qu'a connu le basket-bail playgound aux Etats Unis et en France, a fait
dans ces contextes, qu'il y avait une certaine uniformisation du jeu. Le basket-bail
playground made in USA s'est teliement développé que, du point de vue du
déroulement du jeu. on parlait de code de jeu et non de règlement qui lui, suppose
un ensemble de points figés sur lesquels on ne discute pas. En effet, nous dit
TELENDER : « les playgrounds ont leurs codes, leurs rites qui varient d'un terrain à
un autre suivant qu'on joue à Brooklyn, à Greenwich, à Harlem ou dans Je Bronx »20.

Chez ces joueurs américains donc, il faut faire preuve d'une grande capacité
d'adaptation pour pouvoir évoluer sur d'autres playgrounds. Encore qu'il faut prendre
la précaution de s'informer de \a conduite à adopter avant de s'aventurer sur un
terrain autre que celui de son quartier, et dans un éventail plus large, d'une autre
ville.

Par contre en France, même si c'est la copie parfaite du basket-bail playground


américain, du moment que ce sont les autorités qui ont initié en grande partie cette
pratique, on sent une certaine forme d'organisation du déroulement du jeu par les
initiateurs de tournois (ADIDAS- NIKE~ REEBOK), mais aussi à travers les
magazines spécialisés de basket-bail (Mondial Basket- Maxi Basket). Par exemple,
pour ce qui est des tournois de 3 c 3 dans les rues que ce soit: ADIDAS, NIKE, ou
REEBOK; peu importe le nom, dans l'ensemble, ils sont tous régis par les mêmes
règles à quelques nuances près.
Dans le contexte sénégalais, nous nous sommes permis de parler de règlement en
ce qui concerne le basket-bail de rue car, sur les 116 sujets interrogés quant à
l'existence de règlement ou non, la tendance à 100% qui se dégage est oui chez les
pratiquants. Seulement, on aurait pu comprendre si ce règlement n'existait pas et
qu'on aurait à la place des codes de jeu d'un playground à un autre vu le caractère
polymorphe des terrains (1 panneau dans la rue, moitié terrain, terrain complet) et les
différentes formes de jeu (1 c 1, 2 c 2, 3 c 3, et 5 c 5).Mais comme nous avons eu à
le dire, le règlement existe bel et bien et c'est même celui du basket-bail fédéral qui
sert de base dans la plupart des terrains où nous avons enquêté.

20 TREVISAN et ANGENAULT. Maxi Basket N°l 14 de Janvier 1993.

25
Evidemment il Y a des points sur lesquels les pratiquants du basket-bail playground
procèdent par convention.
Par exemple dans les rencontres à effectifs réduits (1 c 1, 2 c 2, 3 c 3) sur le
déroulement du jeu, voici quelques points d'accord chez les pratiquants:

1- Les équipes sont ouvertes à tous ;


2- L'arbitrage est assuré par le rentrant immédiat qui est en dehors du terrain;
3- Le temps de jeu est limité par le nombre de points(12 points en général) "
4- L'équipe qui marque garde la possession du ballon;
5- Après un rebond défensif, faire ressortir la balle à l'extérieur de la zone
réservée;
6- Chaque panier marqué, où qu'il soit, est comptabilisé pour 2 points;
7- Il n'y a pas de lancers francs pour sanctionner les fautes.

Concernant les rencontres de 5 c 5 sur terrain complet, on essaye au maximum de


se référer au règlement fédéral nous affirment les jeunes parce que, quoiqu'on dise,
le 5 c 5 est d'abord institutionnel, et il serait quasi impossible de trouver des moyens
de le jouer autrement. Par contre, des fautes comme les 3 secondes dans la
bouteille, la progression avec le ballon (marché) et les irrégularités physiques, sont
laissées à l'appréciation de l'arbitre.
Ce dernier se doit du reste d'être le plus intègre possible pour ne pas se faire
massacrer à son tour une fois sur le terrain. Sur le déroulement du jeu, on peut
donner aussi quelques points retrouvés aussi bien dans le règlement fédéral (en
majorité d'ailleurs), mais également des règles par convention du 5c5 :

1- Les équipes sont ouvertes à tous;


2- L'arbitrage est assuré par le rentrant immédiat;
3- Le temps de jeu est limité par le nombre de points (16 points avec changement
de panneau à 8 points) ;
4- L'équipe qui marque, laÎsse le ballon à l'adversaire;
5- Les points sont comptabilisés suivant les zones de tir: 3 points, 2 points, 1
point (sur lancer franc) ;
6- Les fautes sont sanctionnées par lancer franc si le joueur était en position de
tir;

26
7- On peut demander un temps mort quand on veut;
8- Le début du match se fait avec un entre deux.

Ainsi, on s'aperçoit que même si les pratiquants du basket-bail playground jouent


avec un règlement combiné, il y a un réel désir de se conformer à un statut, ne
serait- ce que du point de vue de la régularité du jeu nous confirment- ils. En effet,
nous confie le responsable du terrain de Dieupeul 1: {( en dépit du loisir, du
spectacle et de la liberté qui accompagnent en permanence le jeu, il y a un minimum
de régularité à observen>.

Cependant, ceci reste de très loin l'avis de la plupart des techniciens de basket-bail
que nous avons approchés. Sur les 15 réponses recueillies, 5 techniciens avouent
qu'il ya un règlement et que même c'est celui fédéral qui en demeure la base. Mais il
y a d'importantes nuances à y voir car nous dit le CTR (Coordonnateur Technique
Régional) de basket-bail de Dakar qu' {( il Y a un règlement, mais il est spécifique sur
certains points et tributaire aux gosses du basket-bail loisir. })
Cela nous semble plausible du moment que, comparé au basket-bail institutionnel et
fédéral, le basket-bail playground a une finalité différente. Dès lors, on peut aisément
comprendre cette note de différenciation entre les deux règlements. Toujours est-il
que les jeunes affirment avoir le règlement fédéral comme support quand on sait que
leur pratique est du basket-bail, mals avec beaucoup de liberté.

D'ailleurs, cette liberté on la retrouve à tous les niveaux du basket-bail playground.


En effet, sur les playgrounds, ce qui nous a le plus impressionné chez les
pratiquants, c'est l'accoutrement. En général, ce sont des maillots de basket-bail,
originaux ou imités (en grande partie) et surtout une bonne paire de chaussures
ADIDAS, NIKE. ou REEBOK qu'on retrouve chez les jeunes. Du moment que c'est
une pratique de loisir d'abord et en liberté, il arrive également de voir des jeunes
habillés en pantalons Jeans. le torse nu sur les terrains entrain de jouer. Autrement
dit, il n'y a pas de restriction en ce qui concerne la pratique du basket-bail
playground, il suffit tout simplement de se faire ses propres conditions.

27
Seulement, durant les rencontres organisees, on voit les jeunes se mettre
systématiquement en tenue correcte (maillot- short- chaussures). Mais dans la
pratique de tous les jours des pratiquants du basket-bail playground, la tenue importe
peu, si l'envie les guettent, ils se mettent à jouer sans se poser de question.
En réalité, comme nous venons de le voir, la pratique du basket-bail playground, à
travers à la fois sa popularité et sa prise en charge par les jeunes eux-mêmes, s'offre
à tous ceux qui aiment et désirent jouer au basket-bail tout court.
Vu que c'est un grand monde qui fréquente les terrains de basket-bail playground, il
y a lieu de s'intéresser au profil des pratiquants. Nous entendons aborder ici
l'identification des différents pratiquants du basket-bail playground et tenter de voir la
signification qu'ils lui confèrent.

28
III - SIGNIFICAitON DU BASKET-Bl\LL
- _... -. ~
PLAYGROUND : Les acteurs ehleur-modVàti0n
..

29
Le basket-bail playground doit sa popularité aux différents acteurs. C'est une
pratique autre du basket-bail, que les jeunes ont inséré dans leur quotidien, ce qui a
le plus participé à sa vulgarîsation. C'est d'ailleurs à ce titre, dans le cadre de notre
étude, que nous nous sommes directement intéressé à cette population qui ,du reste
nous a appris la majorité des choses que nous savons maintenant sur ce
phénomène. D'autre part, nous avons senti la nécessité de nous enquérir de leur
identité à travers l'âge, le sexe et le niveau d'étude pour pouvoir ensuite essayer de
dégager les traits qui correspondent au profil du pratiquant de basket-bail pJayground
au Sénégal et plus précisément à Dakar.

A· LES ACTEURS

• .!,JLniveau social et sportif

Au nombre de 116, les pratiquants du basket-bail playground que nous avons


interrogés sont tous des jeunes âgés de 15 à 28 ans, de sexe masculin, avec un
certain niveau de scolarisation. En effet, seuls 7 sujets sur les 116 disent qu'ils sont
au chômage (6,03%) avec quand même un niveau d'études de 3ème secondaire pour
tous. Ainsi donc, la tendance qui se dégage est que la majeure partie est constituée
d'élèves, d'étudiants ou de jeunes en formation professionnelle (93,97%). Le basket-
bail playground est joué par tout le monde, partant du novice au joueur confirmé en
passant par les élèves surtout et les étudiants. Qu'on soit licencié dans un club ou
pas, c'est une pratique qui réunit les jeunes en quête d'amusement et de
divertissement. D'ailleurs, c'est cela qui fait qu'on y retrouve des jeunes aux vécus en
basket-bail différents car, d'aucuns l'ont appris dans la rue, des jeunes qui ont fait le
mini-basket grâce à un club, et d'autres qui ont bénéficié de cours d'initiation à l'école
au cours d'Education Physique et Sportive.

Mais, pour la plupart des pratiquants (93 sujets), l'apprentissage s'est fait dans la
rue, en tout cas, de manière informelle (80,17%).

30
1

• Les pla~grounders et les clubs

Pourtant, il Y a des jeunes qui ont appris le basket-bail dans la rue et qui ont réussi à
se faire une place dans les clubs. Par contre, dans l'enquête que nous avons menée,
rares sont chez les pratiquants de basket-bail playground ceux qui ont appris le
basket-bail dans un club ou à l'école (23 sujets), ce qui représente un pourcentage
de 19,83% chez ces derniers.
Cela pourrait être expliqué par le fait que les clubs ne peuvent pas tous les prendre
du fait de l'allure particulière qu'a connu le basket-bail dans le monde de manière
générale et particulièrement au Sénégal. C'est dire donc que le basket-bail
playground demeure un moyen d'accéder à une pratique du basket-bail par une
autre filière.
Il y a d'autre part, la non fréquentation des clubs de basket-bail par les jeunes du fait
du caractère institutionnel excluant toute forme de loisir ou de divertissement.
En effet, la disponibilité que demandent les heures d'entraînement et de matches, les
consignes ça et là de l'entraîneur dans le jeu, font qu'il n'y ait pas d'amusement, de
divertissement et la liberté que les jeunes cherchent à travers le basket-bail
ptayground : d'où leur refus de fréquenter les clubs.
D'ailleurs, sur les 116 pratiquants que représente notre «population )} seuls 14 sujets
avouent fréquenter un club (12,06%), le reste. c'est à dire, les 102 sujets disent être
confrontés à un problème de temps ou parfois au refus des parents. Certains
avancent même qu'ils ne sont pas intéressés par le fait d'évoluer dans un club de
basket-bail (87,94%) car, disent-ils, des fois, même ceux qui évoluent en club
viennent jouer au basket-bail de rue.

• La fréquentation des playgrounds

En fait, c'est cela qui fait qu'on observe une fréquentation des terrains de basket-bail
playground par d'abord les jeunes du quartier et ceux des environs dans une entente
particulière du point de vue de la mise en place des équipes et des matches par
ordre d'arrivée.
Mais, ceci est valable au niveau de certains terrains comme l'école de la Médina,
Dieupeull, l'Université, donc, des terrains d'accès facile à des moments précis.

31
1

Pour ce qui est des terrains aménagés par les jeunes eux-mêmes, seuls les jeunes
du quartier y évoluent et rarement des jeunes d'ailleurs avec non moins quelques
difficultés liées à la réticence des uns et des autres.
Encore une fois, c'est la tendance de jeu pour tout le monde, aussi bien des jeunes
du quartier que ceux des environs qui se dégage avec l'avis favorable de 80,17%
représentant un effectif de 93 sujets sur les 116 interrogés.

• L'organisation temporelle

Sur les terrains de basket-bail playground, ce n'est pas toujours la grande affluence
pendant l'année scolaire. Cela s'explique aisément dans la mesure où les 93,97%
des pratiquants sont élèves, étudiants ou professionnels en formation. De ce fait, les
moments de pratique dépendent essentiellement des emplois du temps, autrement
dit, des heures sans classe et mieux encore du temps libre. En effet, 68 des sujets
enquêtés affirment jouer au basket-bail playground quand ils ont du temps libre
(59%).

Le reste, c'est à dire les 48 sujets, ne vont sur les terrains que les mercredis et les
week-ends pendant les après-midi et parfois les matinées de week-ends (41 %).
Toujours est-il qu'il existe des moments où on note une grande affluence des
pratiquants moyennant qu'on soit en vacances ou en année scolaire. Pendant les
grandes vacances, les terrains de basket-bail désemplissent, nous dit la quasi-
totalité des 116 pratiquants interrogés. C'est pendant l'année scolaire qu'il n'y a pas
ce flux de tous les jours matins et soirs sauf les mercredis soirs et les week-ends
matins et soirs pour d'aucuns et pour d'autres, les week-ends matins et soirs
seulement.

Par contre, pour ceux qui ont un terrain de basket-bail d'accès facile, ils avouent aller
au terrain jouer au basket-bail playground tous les soirs à partir de 17 heures. C'est
te cas des jeunes de Dieuppeul 1 et de la Patte d'Oie qui ont des terrains de basket-
bail offerts par les autorités locales (communes d'arrondissements), donc à leur
disposition.

32
En définitive, il ressort que le pratiquant du basket-bail playground répond à un
certain profil général que nous avons essayé de dégager à travers cette identification
qui regroupe les questions 1, 2, 3, 4, 22, 23, 24, 25, 26 et 27 du guide d'entretien
pour pratiquant. En effet, l'âge permet de voir que ce sont des jeunes, le sexe reste à
100% masculin et le niveau d'étude, montre qu'ils en ont tous un même si on a
trouvé quelques rares chômeurs. Il se trouve par ailleurs, que le basket-bail
playground est pratiqué par les jeunes du quartier où il y a un terrain et ceux des
environs. La plupart d'entre eux ont appris le basket-bail dans la rue puis dans les
clubs et à l'école dans une proportion moins importante.
La fréquentation de clubs leur est impossible du point de vue disponibilité en général,
ce qui explique d'ailleurs le pourquoi ils s'adonnent à leur pratique qu'aux moments
où ils sont libres. Mieux, il ya même des moments où c'est la grande affluence qu'on
soit en année scolaire ou en vacances. C'est un jeu ouvert à tous les jeunes de tous
les niveaux, entendons par là licencié dans un club ou pas, débutant ou joueur
confirmé bref, il suffit d'avoir l'envie pour pouvoir exprimer sa passion du basket-bail.

• Le point de vue des techniciens

N'ayant pas constaté la présence de techniciens autour des terrains de basket-bail


playground, nous avons senti le besoin de nous approcher d'eux pour avoir leurs
sentiments sur ce phénomène qui du reste s'intéresse à leur sport. Pour Jes
techniciens, le basket-bail playground est pratiqué en grande partie par des jeunes,
quelque soit le niveau, du même quartier en général et plus particulièrement, des
bandes de copains sous l'influence de deux éléments ou plus nous affirme le
Directeur Technique de SIBAC. De même, leur apprentissage s'est fait dans la rue,
c'est pourquoi d'ailleurs le coach des juniors garçons du DUC (Dakar Université
Club) parle d'informel car selon le Directeur Technique de Bopp, «ils ont appris le
basket-bail en procédant par imitation des images», Ces jeunes ne sont pas
intéressés par le fait de fréquenter un club car, nous confie le Président de la FSBB,
«ils tiennent à leur jeu qui est totalement libre quand on sait que dans les clubs, c'est
le travail en permanence (entraînements) et des évaluations (compétitions)>>.

33
Pour le coach des seniors garçons de l'ASFA, la non fréquentation des clubs par les
jeunes du basket~ball informel est doublement liée au problème de moyens qu'ont
les clubs en limitant le nombre des joueurs, ce qu'il n'approuve pas d'ailleurs. et au
fait que les jeunes versent trop au spectacle dans leur pratique.

Par contre, le coach du DUC des juniors garçons trouve que ce sont en général des
gosses qui ont appris le basket-bail très tard et que certains fondamentaux laissent à
désirer. Il est rejoint dans ses propos par le Président de la FS88 qui affirme quI «ils
ont certes des aptitudes physiques énormes, mais il y a beaucoup de déchets dans
le jeu }).
Ainsi, il ressort que tous les techniciens adviennent avec nous qu'il y a bel et bien
une pratique du basket-bail en dehors des instances fédérales et institutionnelles par
les jeunes qui connaît son paroxysme pendant les grandes vacances avec la
participation et des joueurs du championnat mais également des expatriés.

Alors, on s'aperçoit de mieux en mieux que te basket-bail playground demeure une


pratique où tout le monde s'y retrouve. Etant donné qu'jl s'agit d'une pratique du
basket-bail à laquelle s'adonne une cohorte de personnes avec chacune, on
suppose. ses propres aspirations et ses attentes, il nous semble opportun de nous
intéresser à la signification que ses acteurs lui confèrent.

B - LES MOTIVATIONS

L'historique du basket-bail playground nous a montré que c'est un phénomène


d'imitation en grande partie qui a trouvé. comme par un heureux hasard, un besoin
de pratique du basket-bail avec une certaine liberté chez les jeunes. De même. à
travers une organisation matérielle entièrement prise en charge par les pratiquants
eux- mêmes, nous nous rendons compte de la capacité d'auto- gérance dont ils ont
fait preuve. Mieux encore, les différentes formes de jeu, dans leur description, nous
édifient sur les dispositions prises par les jeunes pratiquants du basket-bail
playground pour pouvoir évoluer en fonction aussi bien du matériel que de l'effectif.
Quant au règlement, il faut simplement le voir, chez les jeunes, comme un souci
d'avoir un outil auquel se référer pour éviter de transformer les terrains de basket-bail
playground en guérilla.

34
Pour mieux élucider la signification que donnent les acteurs au basket-bail
playground, nous allons nous référer aux informations recueillies lors de l'enquête.
Dans le guide d'entretien pour les pratiquants, il y a une rubrique réservée à la
signification que pourraient donner les jeunes à leur pratique. Il s'agit des questions
numérotées de 30 à 45. Mais en fait toutes les questions du guide d'entretien pour
les pratiquants renferment chacune d'entre elles une signification quelconque.

• Le basket-bail playground : une expression identitaire

D'abord, ce n'est pas un simple hasard si la population de notre enquête se trouve


être des jeunes à travers les âges (15 à 28 ans) et de sexe uniquement masculin.
En effet, à aucun moment dans nos enquêtes, nous avons noté ne serait- ce que la
présence de pratiquant du sexe féminin. Dés lors, on peut avancer que le basket-bail
playground dans sa pratique, est exclusif aux jeunes garçons,ou du moins dans le
contexte du Sénégal et plus précisément à Dakar.

Ailleurs, en France par exemple, des terrains de basket-bail en liberté sont


fréquentés par les jeunes filles. Est-ce à dire que le basket-bail playground est une
expression identitaire chez ses jeunes pratiquants 7

• Une pratique d'adaptation

L'identification des pratiquants du basket-bail playground, nous a appris qu'en


dehors du fait que ce sont des jeunes, de sexe masculin, ils ont également un certain
niveau d'études que l'on peut même situer dans le secondaire. malgré les quelques
rares cas de chômages enregistrés. Ainsi, comme nous l'avons déjà montré plus
haut, il s'agit de jeunes élèves, étudiants ou professionnels en formation qui
s'adonnent généralement à cette pratique du basket-baIl dans les rues. Mais, ce fait
a son importance dans la mesure où, ces jeunes, ayant pour priorité d'étudier
d'abord, n'ont plus que cette forme de pratique informelle, par opposition au club, qui
leur permet de jouer quand ils veulent et comme ils veulent. Autrement dit, le basket-
bail playground pourrait être considéré comme une pratique d'adaptation à leur
situation.

35
• Un refus du conformisme

Le nom donné même par la FFBB est révélateur en ces termes de «basket-bail en
liberté». Mais au Sénégal, comme nous l'avons déjà vu, c'est le nom de «basket-bail
playground>} qu'on utilise le plus chez les pratiquants, rejoints en cela même par
certains techniciens du basket-bail fédéral. Cette appellation doit sa signification à
une imitation d'abord et au besoin chez les jeunes de nuancer avec le basket-bail
institutionnel. En effet, les acteurs du basket-bail playground avouent en grande
partie adopter ce nom parce que d'une part, il ya cette influence de l'extérieur et plus
particulièrement des américains, et d'autre part, du moment que c'est un jeu libre
dans tous ses aspects (terrains, équipements, formes de jeu, règlement etc.), il faut
le différencier du basket-bail traditionnel. Mais il arrive parfois qu'on donne d'autres
noms comme le «basket-bail loisin> ou le «basket-bail informel» chez surtout les
techniciens, ou encore le «rap attack» quand il s'agit de matches de 5 c 5 organisés
pour l'essentiel pendant les grandes vacances, nous dit le Président de la FSBB.

De même, pour ce dernier, «l'organisation matérielle à laquelle les jeunes se sont


investis revêt une importance capitale même si dans leur confection de panneau de
basket·ball les normes requises ne sont pas respectées». Cela montre tout
simplement, ajoute le coach des seniors garçons de l'AS FA, que «les jeunes ont
envie de jouer au basket-bail et qu'il y a des efforts à faire dans la création
d'infrastructures sportives au niveau des pouvoirs publics». Mieux, il faut peut être
voir à travers cette organisation matérielle chez les pratiquants du basket-bail
playground, comme un moyen de s'approprier leurs propres terrains. Ceci leur
permettra de s'adonner à leur pratique quand ils le veulent, comme ils le veulent et là
où ils le veulent sous une forme plus ou moins semblable à travers les formules du 1
c 1 au 3 c 3 sans oublier le 2 c 2 sur moitié de terrain et le 5 c 5 sur terrain complet.

• Un basket-bail libre

Le règlement du jeu, il est tiré pour l'essentiel de celui fédéral et de convention. Cette
combinaison prouve encore une fois que les pratiquants du basket-bail playground
ont pour référence le basket-bail fédéral et qu'ils ont envie de le jouer de façon très
libre.

36
1

D'ailleurs, c'est cet aspect de liberté totale dans le jeu qui fait que la plupart des
techniciens ont du mal à croire qu'il existe un règlement pour ce jeu. Par contre,
quand il s'agit des grands tournois de rap-attack, nous apprend le Président de la
FSBB : « nous n'hésitons pas à donner des arbitres, il nous est même arrivé d'aller
jusqu'à proposer la salle Marius Ndiaye pour les finales de rap- attack ». Mais il faut
comprendre par là qu'il y avait chez ce dernier un souci de vouloir protéger des
joueurs de l'élite qui y participaient.
C'est dire donc que c'est tout un chacun qui s'adonne à cette pratique du basket-bail
libre car à travers l'identification des acteurs du basket-bail playground, on a vu que
c'était des jeunes de tous les niveaux avec des vécus en pratique différents qu'ils
soient du même quartier ou non. Pour d'aucuns, l'apprentissage s'est fait dans la rue
ou à l'école, alors que pour d'autres, c'est le club de basket-bail qui les a initiés.

• Juste un passe-temp§

La majeure partîe ne fréquente pas les clubs pour des raisons que nous avons
évoquées plus haut. Mais en réalité, il leur est presque impossible de le faire dans la
mesure où ces jeunes du basket-bail de rue ne font pas l'unanimité chez les
techniciens au plan tactique. Pourtant, dit le Directeur Technique de USG, «les clubs
devraient aller pêcher chez ces jeunes parce qu'il arrive parfois qu'on y voit de
véritables prodiges». Mais le Président de la FSBB pose la question à savoir «est-ce
que ces pratiquants du rap-attack veulent évoluer dans les clubs? Quand on sait
que ces derniers peuvent constituer un carcan pour eux). En effet, en dépit du fait
qu'ils ont du mal à suivre le rythme des entraînements qui demande une certaine
disponibilité, le loisir, le spectacle, le divertissement et la liberté que recherchent les
jeunes du basket-bail playground, constituent également des freins à leur intégration
dans les clubs. Vu que c'est à ces derniers qu'appartient la plupart des terrains de
basket-bail (4 terrains sur les 10 où nous avons enquêté), les jeunes fréquentent les
terrains à des moments précis. Sur les autres terrains où l'accès est plus facile, les
pratiquants du basket-bail playground jouent en fonction de leur temps libre, encore
qu'il faut trouver un ballon avec lequel jouer. A ce niveau, le basket-bail playground
est un moyen de passe-temps pour certains des jeunes qui le pratiquent.

37
Quand nous avons demandé aux jeunes s'ils avaient un encadreur sur le terrain,
c'était dans le but de voir si réellement ils étaient prêts à en accueillir. Evidemment, il
n'y a aucun encadreur sur les playgrounds, mais par contre les pratiquants
souhaitent en avoir pour essentiellement apporter des moyens (ballons) et la
discipline sur le terrain. En effet, le seul terrain de basket-bail playground où nous
avons trouvé quelqu'un c'est à Dieuppeul 1et c'est le responsable du terrain. Il joue
le rôle de modérateur et de porte~parole des jeunes auprès du quartier et des
autorités locales. En réalité, les jeunes ont réeliement besoin de cet encadreur sur
les terrains de basket-bail playground car, il arrive souvent qu'ils s'y prennent aux
paroles ou aux mains. Cela pourrait se comprendre aisément quand on sait que ce
sont des adolescents parfois sur les terrains qui veulent évacuer leur mal de vivre.

Par ailleurs, chez les jeunes de Patte d'oie plus précisément, la venue d'un
encadreur est souhaitée d'autant qu'ils envisagent de monter un club à partir de leur
pratique. Ainsi, disent-ils, l'encadreur supervisera les entraînements et apportera des
moyens pour un jour qu'on puisse entendre le nom de POBAC (Patte d'Oie Basket
Club) dans le championnat. Mais en attendant que cela arrive, ces jeunes jouent
toujours au basket-bail playground et participent aux différents tournois organisés à
travers la ville de Dakar sous le nom de POBAC.

• La compétition au basket-bail playground

Parlant de tournoi de basket-bail playground, chez les pratiquants, d'aucuns en


organisent et d'autres pas.
En effet, chez les jeunes qui ont un seul panneau de basket-bail dans leur quartier,
seuls ceux de Médina rue 5 (2) et de Liberté III en organisent régulièrement avec
généralement le concours de SPRITE, d'association ou de particulier (le plus souvent
des politiciens).
Concernant les tournois de 5 c 5 sur terrain complet et qui porte le nom de rap-
attack pendant les grandes vacances, il en existe certains qui ont de véritable
succès. C'est le cas des rap-attack de Mermoz, de Gorée, de l'Université et de Sibac
nous affirment la quasi totalité des sujets.

38
C'est Je lieu de dire que SPRITE est omniprésent dans la majorité des tournois de
basket-bail playground. Mieux, il repeint et retrace certains terrains de basket-bail en
général et vend lors des tournois ses produits à des prix cassés aux populations sur
place. Il met également des trophées en jeu et SPRITE privilégie pour la plupart le
spectacle en récompensant le meilleur {( dunker » 21 par exemple.

Dans certains quartiers, il arrive qu'un habitant (un père, une mère, ou un aîné) mette
en jeu un trophée pour encourager les jeunes dans leur pratique: c'est le cas à
Dieupeul 1et à la Médina rue 5 (1) et (2) en donnant un nom au trophée (le trophée
Bougoul à la Médina rue 5 (2»22.
Ainsi, il apparaît que même si le basket-bail playground demeure une pratique libre,
non institutionnelle, il existe une réelle volonté de part et d'autre de vouloir
encourager et aider ses pratiquants.
Cependant, vu que c'est un phénomène de masse et de localité, il peut y avoir des
personnes ou des groupes de personnes qui cherchent à le récupérer avec tout ce
que cela suppose comme réaction du côté des jeunes, quand on sait qu'il n'y a que
leur pratique qui Jes intéresse.

• Les playgrounds et leurs noms

On a déjà vu que le nom de basket-bail playground s'explique par à la fois par le fait
d'imitation d'abord de l'extérieur, mais également le besoin chez les jeunes de
pouvoir le différencier du basket-bail traditionnel. Ceci reste valable pour les terrains
auxquels on a donné un nom chez certains pratiquants du basket-bail loisir.
En effet, les noms de « Garden)} üardin), de «Playground 5ème », de MBA (Médina
Basket-bail Association) et de POBAC chez les jeunes respectivement de Dieupeul l,
de Médina rue 5 (1) et (2) ; et de Patte d'Oie, est un moyen de spécifier qu'il s'agit de
terrains leur appartenant.
Chez les jeunes de Dieupeul l, le nom de « garden » donné au terrain est une façon
d'américaniser davantage le phénomène et que ce terrain a remplacé un jardin
public qui portait ce même nom ne signifiant rien d'autre que ({ jardin» en américain.

21 Dunker : tenne américain qui signifie smasheur avec beaucoup de spectacle.


22 Bougoul est le nom d'un aîné des jeunes de la rue 5 (2) Médina. Il évolue dans un club de
basket-ball à "étranger et organise ce tournoi chaque année depuis décembre 1996.

39
Pour les jeunes de la rue S (1), «Playground Sème}) signifie le terrain de basket-bail
playground de la rue 5 (1) à ne pas confondre avec un autre playground qui est dans
la même rue.
Pour les jeunes de la rue 5 (2), même si aujourd'hui MBA est un club en division
régionale par l'appui des élus locaux, c'est ce terrain de basket-bail playground qui a
servi de tremplin à la formation du club.
A la Patte d'Oie, c'est cette même ambition qui est nourrie à travers le nom de
POBAC donné par les jeunes; c'est à dire voir un jour leur pratique de basket·ball en
liberté se structurer et se faire une place dans le basket-bail fédéral.
Quant aux jeunes de Liberté III, ils ont préféré donner le nom de Etienne PRElRA23 à
leur terrain de basket-bail playground. En fait ce nom traduit chez ces jeunes nous
disent- ils, «notre affection, notre respect à l'égard de cet homme, mais également le
modèle qu'il constitue pour nous».

Sur les autres terrains, nous n'avons pas relevé de nom original qu'ont donné les
pratiquants du basket-baIl playground (Ecole MEDINE, Lycée KENNEDY, Terrain
SIBAC, Terrain UNIVERSITE). Cela pourrait s'expliquer par le fait qu'il s'agit de
terrains qui ne leur appartient pas de manière spécifique.
De même, chez les jeunes de HLM 6, il n'y a pas de nom désignant leur terrain qu'ils
ont pourtant confectionné eux-mêmes dans un parking au sein de leur quartier.

Ainsi, de manière générale, il ressort du fait de donner un nom aux terrains, la


possibilité pour les jeunes de spécifier l'appartenance des playgrounds sur une note
d'imitation toujours et de magnifier également le choix d'un personnage comme
modèle. On peut y voir d'autre part une tendance à vouloir se structurer pour
éventuellement rejoindre un niveau du championnat d'élite du basket-ball sénégalais,
d'où la fonction de promotion du basket-bail playground.

13Etienne PREIRA fût un international sénégalais et capitaine des lions de basket-bail. Sa


carrière de professionnel expatrié a été arrêtée par un grave accident en France. Tout le monde
le regrette.

40
• Entre le clyb de basket-bail oy le playground

Le basket-baIl sénégalais est d'ailleurs très bien représenté à travers la ville de


Dakar de manière générale. En effet, les différents quartiers où se trouvent les 10
sites qui ont fait l'objet de notre étude, comptent tous en leur sein des clubs de
basket-bail aussi bien de première division que de deuxième division.

Seuls les quartiers de Liberté III, de Dieuppeul 1 et de Patte d'Oie n'en comptent pas.
Les différents clubs qu'on a recensés sont: le JARAAF et la MBA à la Médina;
l'ASFO au terrain de KENNEDY; le SlBAC à la Liberté VI, le DUC au terrain de
l'UNIVERSITE et le HLM Basket Club des HLM de 1 à 6.
Ainsi, on voit, du point de vue de la représentativité des clubs de basket-baIl, que les
jeunes n'ont pas à se plaindre. Néanmoins, la majeure partie d'entre eux ne les
fréquents pas pour des raisons comme le manque de temps libre, le caractère fermé
du jeu et parfois le non intéressement par les pratiquants du basket-bail playground à
jouer dans les clubs. Dès lors, on peut affirmer que le manque de clubs de basket-
bail ne peut pas constituer un argument valable chez les jeunes du basket-ball de
loisir quant à leur non fréquentation de ces structures. Cela dit qu'il faut chercher
l'explication de cette situation ailleurs.
En fait, cette explication nous la détenons chez les pratiquants de basket-bail
playground eux-mêmes à travers les manques de temps libre et de nberté dans le
jeu. Ainsi, seul est le basket-bail en liberté, le moyen pour ces jeunes de s'adonner à
la pratique du basket-bail quand ils veulent, comme ils veulent et où ils veulent.

Mais de manière beaucoup plus approfondie, les playgrounders nous affirment dans
la majorité, qu'il s'agit de pratique sportive qui aide à maintenir la forme physique (se
faire une santé) et en même temps de se faire du plaisir en jouant avec des copains
ou des gens de même génération. Pour d'autres, c'est une pratique qui permet de se
faire de nouveaux amis même si dans le jeu les altercations y sont fréquentes.
Cependant, pour une minorité, le basket-baIl playground permet surtout d'avoir un
vécu en pratique du basket-bail, cela peut servir un jour si on voyage à l'étranger
a'lec la possibilité de côtoyer des équipes. Ces propos sont quelque peu rejoints par
le DT de Gorée qui trouve que «le basket-bail playground est un moyen de formation
de basketteurs à moindre coup ».

41
De même, pour ces jeunes qui ambitionnent un jour de se voir évoluer dans un club
comme professionnel expatrié, le rêve est permis car, nombreux sont aujourd'hui de
jeunes sénégalais basketteurs évoluant à l'extérieur.

En tout cas, aux Etats Unis, il est arrivé à plusieurs reprises de voir des
playgrounders se faire leur place en NBA. C'est le cas de Chris MULLIN (Indiana), de
Shawn KEMP (Seattle) pour ne citer que ceux là. De même en France, des joueurs
qui font aujourd'hui la fierté de leur équipe nationale, sont sortis directement des
playgrounds. Ce sont Moustapha SONKO et Abdul WAHAB, ce dernier même évolue
en NBA, aux Etats Unis (Sacramento).

En définitive, comme nous l'avions postulé avant, la signification d'ensemble qu'ont


les différents acteurs du basket-bail playground, diffère suivant qu'on est novice,
joueur confirmé ou juste un playgrounder. Toujours est-il que le dénominateur
commun demeure ce besoin de pratiquer le basket-bail sans limites ni contraintes,
bref une pratique en grande liberté, ce que n'offre pas les conditions d'évolution dans
un club institutionnel d'une part, et d'autre part, la forte influence de l'extérieur à
travers les images du basket-bail mondial et américain en particulier.

42
1 1
L'analyse du basket-bail playground à travers l'origine et l'introduction, la nature et
les composantes, les acteurs et leur motivation, nous a permis de voir un
phénomène qui n'a pas laissé te Sénégal indifférent. En effet, même si on note une
certaine imitation de cette pratique par les jeunes du Sénégal et plus précisément de
la ville de Dakar, de par le caractère social et mondial du basket-bail playground,
force est de reconnaître qu'il s'agit également d'un phénomène qui a trouvé un
besoin réel d'une pratique du basket-bail en dehors des structures institutionnelles
chez les jeunes.

Ainsi, ce sont donc une imitation et un besoin de pratique chez les jeunes qui ont
concouru à la naissance du basket-bail playground au Sénégal. Ce phénomène, lié à
la pratique du basket-bail à la fois en dehors des structures fédérales et
institutionnelles et surtout en pleine rue à travers les panneaux qui y sont érigés, a
fait son apparition dans les années 90. Ce jeu, dénommé basket-bail playground,
intéresse dans le contexte de la ville de Dakar les jeunes garçons aux vécus et
niveau de pratiques différents. Il est quasiment pris en charge par ses pratiquants du
point de vue de l'organisation et regroupe des jeunes de même quartier et parfois de
localités différentes.

Du moment que ce sont des scolaires et universitaires qui le pratiquent en majorité, il


est évident qu'ils le font quand ils sont libres. Ces pratiquants n'ont pas d'encadreurs
sur leurs terrains et souhaitent en grande partie en avoir même si d'aucuns ne
partagent pas cette idée. Dès lors, le basket-bail playground demeure chez les
jeunes une pratique d'un sport qu'ils aiment mais sous une forme de loisir, de
divertissement et de liberté. Tout le monde s'y retrouve en partant du novice au
professionnel expatrié, en passant par les joueurs licenciés dans les clubs de Dakar.
De même, à travers les noms donnés aux différents terrains, on peut voir que le
basket-bail en liberté est un moyen pour ses pratiquants de se singulariser et de
spécifier leur pratique à côté du basket-bail traditionnel.

Cependant, malgré les quelques initiatives timides de mise en place d'infrastructures


sportives liées au basket-bail, beaucoup d'efforts sont encore à faire.

44
1

En effet, il y a un réel manque de matériel quand les jeunes vont jusqu'à construire
leur propre terrain de basket~ball. Pourtant, il est de notre point de vue qu'en dehors
du fait que le basket-bail playground constitue une forme du basket-bail plus I\bre
chez les jeunes, c'est un moyen de vulgarisation de ce sport et permet à ses
pratiquants de s'adonner à une pratique saine qui est celle du basket-bail, quand on
sait qu'jl s'agit de jeunes d'une tranche d'âge très vulnérable.

Vu que le basket-bail de loisir ne bénéficie d'aucune structure de fonctionnement,


l'attitude réticente de la FSBB à l'égard de ce phénomène est compréhensible.
Néanmoins, elle ne manque pas autant qu'elle peut de venir en aide à des
personnes qui s'en occupent généralement pendant les vacances à travers les
tournois de rap-attack. Pour le Président de cette instance, sa fédération et Jui- sont
beaucoup plus attirés par des jeunes regroupés en association structurée, aidés en
cela par de grandes personnes pour rejoindre les rangs du basket-baIl traditionnel.
C'est le cas des équipes de MBA nous confirme-t-il d'abord, de DERKLE et du
PLATEAU nous apprend t-il ensuite.

En réalité, ces équipes sont le fruit d'une combinaison de trois éléments qui sont
l'existence de jeunes pratiquants, de terrain de basket-bail et l'appui de leurs élus
locaux. Ces exemples devraient faire tâche d'huile sur l'étendu du territoire
sénégalais. Alors, au moment où la politique de « décentralisation)} est davantage
définie, il faut dire que la balle est dans le camp des pouvoirs publics locaux.

Ainsi, l'existence de terrains et de pratiquants, pourrait conduire à la formation de


club avec l'appui des autorités locales si référence est faite au deuxième club de
basket-bail de la Médina (MBA). Dès lors, il semble intéressant de voir l'impact du
basket-bail playground sur la formation de clubs récents nous suggère le Président
de la FSBB.

D'autre part. il paraît que pendant les grandes vacances les tournois de rap-attack
connaÎssent beaucoup de succès à travers des matches de 5 contre 5. Il nous
semble également très important de nous interroger sur cette forme du basket~ball

toujours en dehors des structures fédérales et institutionnelles.

45
1

Ne serait· ce que du point de vue de la signification que lui donnent ses acteurs,
quand on sait que même les professionnels expatriés de basket-baU y évoluent.
Par conséquent, le basket-bail playground pourrait constituer une menace pour les
institutions officielles du basket-bail s'il existe une quelconque forme de structuration
de ce phénomène comme le mouvement «NAVETANE» l'est pour le football.

46
1

BIBUOGRAPHIE

1 - BEN. ADJ, Ahmet T. Etude du basket-ball sénégalais de la petite catégorie à


Dakar. Mémoire de maîtrise STAPS. fNSEPS. 1995

2 - CALLEDE, J.P. Le développement des APS: les dimensions sociales,


chance et risque. Université de Bordeaux ppl et 2

3 - DURET et AUGUSTIN Sport de rue et insertion sociale. INSEP.


Publication, Paris. 1993

4 - FURON, O. Basket-baIl (le). Erasme, Bruxelles. 1975

5 - GODARD, F. Les pratiques du temps. Université de Nice. Pp 1 et 2

6 - NEMALE et BESCON. Maxi Basket N° 32, janvier 1994

7 - RAT, M. Basket-ball: Le 1 contre 1 in EPS N° 224, juin-juillet 1990, p 24

8 - RAT, M. Basket-ball: pratiquons le 3 contre 3 in EPS. N° 228, mars-avril


1991, P.68

9 - TREVISAN et ANGENAULT . Macadam story in Maxi Basket.N° 114,


janvier 1993

10 - TREVISAN, L. Maxi basket N° 11,janvier 1991

47
1

48
1

Annextl :

GUIDE D'ENTRETIEN POUR PRATIQUANT

49
1

Ce guide d'entretien s'adresse aux personnes qui pratiquent le basket-bail en


dehors des structures fédérales sur quelques sites de la ville de Dakar.

1. Age

2. Sexe

3. Niveau d'étude

4. Autre à préciser

5. Quel est le nom que vous dormez à cette pratique?

6. Pourquoi?

7. Depuis quand vous adonnez-vous à cette pratique?

8. Avez-vous fait cette pratique avant? üuiO NonO

9. Si oui, où l'avez-vous déjà faite?

10. Depuis quand existe votre terrain?

11. Comment l'avez-vous obtenu?

12.Pourquoi le terrain se trouve à cette place?

13. Avez-vous des ballons pour jouer? üuiO NonO

14. D'où proviennent-ils?

15.A combien de joueurs jouez-vous?

16. Pourquoi?

17. Avez-vous un règlement? üuiO NonO

18. Est-il le même que celui du basket~ball fédéral? üuiO NonO

19.5i non, comment l'avez-vous fait?

20. Y a-t-il un arbitre pour le jeu? üuiO NonO

21 .Qui fait l'arbitre quand vous jouez?

22. Qui sont ceux qui jouent en général ici?

50
1

23. Où avez-vous appris le basket-bail?

24. Avez-vous fréquenté un club? OuiO NonO

25. Pourquoi vous n'y êtes plus?

26.A quel moment venez-vous souvent jouer?

27. Quand est-ce qu'il y a beaucoup de monde?

28. Avez-vous un encadreur sur le terrain? OuiO NonO

29. Si non, souhaiteriez-vous en avoir?

30. Si oui, quel sera son rôle?

31. Organisez-vous des tournois sur votre terrain? OuiO NonO

32. Si oui, comment les organisez-vous?

33. Existe-t-i1 des tournois autres que les vôtres? OuiO NonO

34. Qui sont ceux qui les organisent?

35. Y a-t-il des sponsors? OuiO NonO

36. Si oui, que font-il concrètement?

37. Avez-vous d'autres personnes qui parrainent cette pratique? Oui 0 Non 0
38. Si oui, qui sont-elles?

39. Avez-vous donné un nom à votre terrain? OuiO NonO

40. Quelle est sa signification?

41. Pourquoi avez-vous donné un nom 7

42. Y a-t-il un club dans le quartier? OuiO NonO

43. Si oui, pourquoi vous n'y êtes pas 7

44. Qu'attendez-vous de la pratique de ce basket-bail ?

45. Qu'offre-t-elle de mieux que le basket-bail fédéral?

51
1

Annexe 2 :

GUIDE D'ENTRETIEN POUR TECHNICIEN

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Ce guide d'entretien s'adresse aux techniciens du basket·ball sénégalais
entraîneurs, professeurs d'EPS, initiateurs et encadreurs

1. Age

2. Sexe

3. Niveau technique

4. Club

5. Catégorie

6, Quel est le nom que vous donnez à la pratique du basket-bail dans les rues?

7. Pourquoi?

8. Depuis quand avez-vous remarqué cette pratique à Dakar?

9. Selon vous d'où est-ce que les jeunes tiennent cette pratique?

10. Que pensezMvous des terrains aménagés par les jeunes eux-mêmes?

11. Pourquoi selon vous jouent-ils à effectif réduit?

12. Avez-vous une idée sur leur règlement de jeu? OuiO NonO

13. Pensez-vous qu'il est le même que celui du basket-bail fédéral?

14.Qui sont ceux qui jouent à ce basket~ball ?

15. Quel est (e niveau que vous leur donnez?

16. Pourquoi ces jeunes ne vont-ils pas dans les clubs?

17. Seriez-vous prêt à intervenir avec ces jeu nes ? OuiO NonO

18. Où croyez-vous qu'ils ont appris le basket-bail ?

19. Pensez~vous qu'il ya une organisation pour cette pratique? Oui 0 Non 0
20.Si oui, qui en sont les organisateurs ?

21. Pensez-vous qu'il y a des choses que le basket de rue offre et pas celui du club?
OuiO Non 0

22. Pouvez~vous nous dire lesquelles?

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23. Considérez-vous le basket de rue comme une école? Oui 0 NonO

24. Si oui, qu'est-ce que les jeunes y apprennent?

25. Si non, qu'est-ce qu'il représente à vos yeux?

26. Etes-vous pour une meilleure prise en charge de cette pratique?

OuiO NonO

27.Si oui, que faudrait~il faire?

28. Si non, que préconisez-vous?

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Annexe 3 :

SCHEMA D'ILLUSTRATION

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