Objectif Client
Objectif Client
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Traduit de l'anglais (États-Unis) par Laurence Nicolaieff
L'édition originale de cet ouvrage a été publiée aux États-Unis par Jossey-Bass, a Wiley brand,
sous le titre Your Customer Rules ! Delivering the Me2B Experiences that Today's Customers
Demand.
Copyright © 2015 by Bill Price. All rights reserved.
All rights reserved. This translation published under license with the original publisher John Wiley
& Sons, Inc.
Mise en page : APS-Chromostyle, Tours
Epub : APS-Chromostyle, Tours
© 2015, Pearson France pour l'édition française
Aucune représentation ou reproduction, même partielle, autre que celles prévues à l'article L. 122-5
2° et 3° a) du Code de la propriété intellectuelle ne peut être faite sans l'autorisation expresse de
Pearson France ou, le cas échéant, sans le respect des modalités prévues à l'article L. 122-10 dudit
code.
ISBN édition imprimée : 978-2-7440-6636-8
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ISBN édition numérique : 978-2-3260-5153-9
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À Erika et Rachel
Rebecca et Patrick
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P r éf ace à l'éd itio n
f r an çaise
C'est une certitude : le service client n'est pas un coût, mais un investissement. Je dirais même plus
le meilleur investissement à l'ère du digital.
Une évidence qui n'est pas partagée par toutes les entreprises, loin s'en faut, mais qui pour moi
est une intime conviction. Depuis le premier jour de la création de vente-privee en 2001, le client
est au centre de toutes nos préoccupations et cette philosophie est partagée par tous les salariés.
Pourquoi ?
Les raisons ne manquent pas. Le client est de plus en plus informé, libre de choisir, de comparer,
de critiquer, de s'en aller. Jamais il n'a eu autant d'influence : il dicte l'offre, il fait la réputation
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d'une entreprise sur les réseaux sociaux, et son niveau d'exigence croît année après année. Bref, ce
n'est plus seulement un acheteur, mais un acteur clé du marché.
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Aucun doute possible : à l'heure de la mondialisation et du choix, les clients attendent un service
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de luxe, une relation empathique et sur mesure, seul gage de leur fidélité.
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C'est d'autant plus vrai lorsqu'on vend exclusivement sur Internet comme vente-privee. L'illusion
serait de croire que l'humain a disparu avec le cyberacheteur. Comme si le virtuel impliquait
l'impersonnel… Grave erreur ! Il faut, au contraire, renforcer et réincarner la relation. C'est ce que
le client réclame, c'est ce qui le rend fidèle, c'est ce qui l'attache à l'entreprise.
Mieux ! Plus la qualité de notre service client augmente, plus nombreux sont les récompenses et
les prix – vente-privee est très fier d'en gagner 5 à 6 par an – plus motivées sont nos équipes, plus
nos clients le ressentent et plus les ventes augmentent.
L'excellence du service client est donc un pilier du business – aussi important que la
technologie, la production et la livraison –, qui s'impose d'autant plus à l'ère du numérique. Après
l'invention de l'écriture et la naissance de l'imprimerie, le digital est une révolution qui a remis le
client au centre et nous oblige à traiter chaque client comme un roi, qu'il dépense 3 000, 30 ou
20 euros. La satisfaction du client – de tous les clients – est donc une clé du succès.
Mais il ne suffit pas de faire de la satisfaction client un enjeu stratégique. Encore faut-il s'en
donner concrètement les moyens.
Un bon service client, qu'est-ce que c'est ?
C'est d'abord un état d'esprit qui habite nos 300 chargés de clientèle au quotidien. Se mettre à la
place de chaque client et se demander « Comment j'aimerais être traité si j'avais la même
problématique », voilà la clé. C'est la raison pour laquelle notre directeur du service relations
membres – Laurent Tupin – est très exigeant dans le recrutement.
Nous embauchons exclusivement des conseillers qui ont de l'empathie et dont le niveau
d'orthographe est suffisant pour répondre aux clients de façon personnalisée. À l'écrit comme à
l'oral, nos conseillers clientèle travaillent sans script, ce qui leur permet d'apporter des réponses
sur mesure à chaque demande pour répondre au mieux aux attentes de nos clients.
Pas de réponse toute faite donc. Et pas non plus de réponses inacceptables, telles que « Je ne
suis pas responsable », « Je n'y peux rien » ou pire encore « C'est comme ça ». Ça, ça n'existe pas
chez vente-privee. Le conseiller se sent responsable et s'il constate objectivement une erreur, il ne
craint pas de l'avouer au client. Autonome dans ses propos, il l'est aussi dans son choix de
rembourser un client ou de lui offrir un bon d'achat sans avoir à demander l'autorisation d'un tiers.
Cette liberté d'action est décisive pour motiver les conseillers et leur donner envie de se dévouer
aux clients.
Mais il y a plus. Notre démarche consiste à tout faire pour offrir le meilleur service à chacun.
C'est la raison pour laquelle il n'y a pas de VIP parmi nos clients que nous appelons
volontairement des membres. Tous sont traités comme les membres d'un club – avec les mêmes
égards – et tombent directement sur un conseiller clientèle au téléphone, sans devoir effectuer un
parcours du combattant avant de rencontrer voix humaine. Et tous auront une réponse à leur
problème car nous sommes là pour leur trouver une solution. Ainsi notre implication est totale, au
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risque de passer quatre heures au téléphone pour résoudre un problème ou de défier l'impossible.
Réouvrir un bureau de poste pour trouver en urgence la bague de fiançailles d'un client en partance
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pour Venise ? C'est possible. Retrouver en deux semaines une alliance renvoyée par erreur, sachant
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que vente-privee reçoit en moyenne 75 000 colis par jour ? Lorsque la cliente a vu arriver Laurent
Tupin en moto pour lui déposer sa bague en main propre, elle n'y croyait plus.
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C'est cela un bon service client : tout faire pour résoudre les problèmes de nos membres, quitte à
faire des miracles.
Et le résultat est là. Aujourd'hui vente-privee reçoit quotidiennement plus de 60 000 commandes
de la part de 24 millions de membres répartis dans 8 pays et notre service client traite
6 000 demandes par jour, ce qui est un ratio faible par rapport à ce qui existe sur le marché. C'est
dire que nous avons peu de clients insatisfaits et que les rares concernés tendent à être encore plus
fidèles car nous avons résolu leur problème et qu'ils ont confiance en nous. Autrement dit, grâce à
la qualité de la relation tissée avec nos membres, nous réussissons aujourd'hui à transformer la
plupart de ceux qui sont mécontents – et cela arrive lorsqu'on livre 80 millions de produits sans
toujours avoir le contrôle de toute la chaîne – en véritables ambassadeurs de la marque.
Alors pourquoi toutes les entreprises n'ont-elles pas un excellent service client ?
Parce que cela a un prix, bien sûr, et qu'il coûte moins cher de faire des réponses standardisées,
d'externaliser tout son service client et de tenter de dissuader le client par un labyrinthe du type
« Tapez 1, tapez 2, tapez 3… Nous n'avons pas compris votre demande… Toutes nos lignes sont
occupées. Veuillez rappeler ultérieurement ».
Parce que le e- de e-commerce rend fou et que l'objectif de vendre a pris le pas sur rendre
service.
Parce que beaucoup d'entreprises ne mesurent pas que l'humain est au centre de tout – y compris
du business – et qu'elles raisonnent en coût et non en investissement.
Parce qu'on gère trop souvent le service client avec un objectif de productivité et non de
confiance et de fidélité.
Tous ces « parce que » sont fondés mais ils mènent immanquablement à la perte. D'où
l'importance cruciale de ce livre qui démontre avec force et arguments, preuves concrètes à l'appui,
combien le service client est un facteur de réussite et de pérennité.
Résumons-nous.
Un client n'est pas un numéro de commande.
Les entreprises qui réussissent le mieux aujourd'hui sont aussi celles qui sont le plus
irréprochables en matière de service client. C'est le cas de vente-privee tout comme d'Amazon et
d'Apple, toutes trois entièrement tournées vers la satisfaction de leurs consommateurs.
Ces entreprises, au fond, ont compris une chose essentielle : l'important n'est pas de vendre des
produits. Ça, bien d'autres savent le faire. Non, l'important, c'est de proposer du rêve, des solutions,
de la confiance. C'est la clé du succès à court et à long terme : investir sur, pour et en faveur du
client !
Jacques-Antoine Granjon
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PDG et fondateur de vente-privee
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Ces dix dernières années ont été marquées par un changement radical dans l'entreprise : l'équilibre
du pouvoir s'est modifié au bénéfice du client ; les organisations ne contrôlent plus les termes de
l'échange – aujourd'hui, c'est le client qui fixe les règles du jeu ! À l'époque où nous écrivions notre
premier ouvrage, The Best Service Is No Servicea en 2007 et 2008, des sites tels que Facebook et
Twitter naissaient à peine. Personne ne mesurait encore la portée décisive des médias sociaux, de
l'Internet, de l'accès mobile et d'autres innovations radicales. Personne ne prévoyait la mutation
profonde de l'information et du pouvoir aux mains des clients.
Aujourd'hui, il est essentiel de répondre à cette nouvelle donne ou de l'anticiper et de prendre
une longueur d'avance sur les autres. Nous avons estimé que le moment était venu d'écrire un nouvel
ouvrage. Les termes de B2C ou de B2B ne suffisent plus à décrire les rapports entre l'entreprise et
ses clients. À l'heure actuelle, le seul concept qui nous semble pertinent est le modèle du Me2B :
c'est le client qui dicte la relation et les entreprises doivent d'abord, et avant toute chose, intégrer
son point de vue dans leur réflexion.
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En même temps, nous avons observé dans le domaine du conseil en expérience client une
tendance à négliger des données susceptibles d'aider les entreprises à s'adapter et à croître, sous
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prétexte qu'elles étaient erronées ou éphémères. Le consultant moyen semble focalisé sur l'étude de
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la cartographie détaillée du parcours client et obsédé par les mesures et les contrôles. D'autres s'en
tiennent à la culture ou à l'évaluation et aux mécanismes de retour d'expérience à l'exclusion du
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reste.
Nous ne récusons pas a priori les enquêtes de satisfaction, les groupes d'études ou l'analyse de
l'expérience client. Nous constatons seulement l'emprise grandissante des partisans de l'une ou de
l'autre de ces pratiques. Or, nous sommes convaincus que pour répondre aux besoins des clients, au
moment où ce sont eux qui décident, il faut une approche holiste et intégrée. Les entreprises
économiseront du temps et des ressources dès lors qu'elles ne se limiteront pas à considérer
seulement le problème en termes « d'étude et de retour d'expérience ». Nous avons l'intuition que
l'expérience client repose sur certains principes sous-jacents, qui sans avoir jamais été clairement
explicités, doivent néanmoins servir de guides. Et nous avons décidé de montrer que les
organisations pouvaient mettre ces nouveaux principes en pratique.
Notre premier livre traitait de la simplification, de l'automatisation et de l'élimination des
interactions avec le client et offrait en définitive aux entreprises différents moyens de maximiser
l'effet positif des interactions quand elles se produisent. Dans le présent ouvrage, nous voulons
explorer en profondeur ce qui détermine la réussite de l'expérience client à chaque point de contact,
de l'étape de prévente à l'utilisation du produit ou du service. Nous animons tous les deux des
forums intersectoriels dont les membres recensent les meilleures pratiques client existantes et les
transforment en cas d'étude. Nous savons que peu d'entreprises, y compris parmi les plus célèbres,
accèdent à l'excellence dans ce domaine. Nous avons rassemblé les exemples de réussite les plus
convaincants, afin de définir les caractéristiques de l'expérience client idéale – et de l'entreprise
qui en est à l'origine. Avec le concours de nos partenaires au sein de l'Alliance LimeBridge, nous
avons interrogé des organisations qui semblaient performantes et nous avons tenté de percer les
secrets de leur recette miracle. Au cours de nos recherches, nous avons dégagé des schémas
dominants susceptibles de se résumer à sept besoins clés des clients, que nous décrivons dans ce
livre.
Nous présentons à la fois des histoires positives et des histoires négatives illustrant ces sept
besoins. Nous avons pris la liberté d'indiquer les noms des « bonnes » entreprises et des exemples
édifiants. Et nous taisons l'identité des protagonistes des « mauvaises » histoires. Certains ayant fait
partie de nos clients, nous devons respecter nos accords contractuels et les règles de
confidentialité. Au lieu d'en nommer quelques-uns tout en ignorant les autres, il nous a paru plus
équitable d'opter pour l'anonymat généralisé, vous laissant ainsi le plaisir d'essayer de deviner qui
est en cause.
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Un processus d'un genre unique
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Ce travail est le fruit d'un mode de collaboration particulier. Nous vivons sur deux continents
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différents et un décalage horaire de seize heures nous sépare en général l'un de l'autre : David
habite à Melbourne, en Australie, et Bill réside dans les environs de Seattle, à Bellevue, dans l'État
de Washington aux États-Unis. (David annonce toujours à Bill à quoi ressemblera sa journée du
lendemain !) Pendant l'écriture de ce livre, il nous est arrivé une seule fois de nous trouver réunis
dans la même pièce. Le reste du temps, nous avons communiqué sur Skype, partagé des fichiers sur
Dropbox et utilisé d'autres outils informatiques. Le fait d'avoir réussi à travailler ainsi montre qu'à
l'exemple des multinationales, d'incroyables partenariats peuvent se nouer ailleurs qu'à l'échelon
local.
Nous espérons que vous nous accompagnerez avec plaisir dans l'exploration de ce nouveau
concept de Me2B et des sept besoins clés des clients, et que les nombreux exemples de réussites et
d'échecs présentés ici guideront votre cheminement vers l'excellence.
Octobre 2014
Bill Price
David Jaffe
Notes
a. « Le meilleur service, c'est l'absence de service » (NdT).
Ch ap itr e
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Du B2C au Me2B
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Aujourd'hui le service au client est une réalité attaquée de toutes parts. Alors que la technologie
annonce des expériences client hautement personnalisées et homogènes, à échelle illimitée, peu
d'entreprises se montrent à la hauteur de cette promesse. Les consommateurs partagent le sentiment
que le service et que les relations avec les entreprises se détériorent au lieu de s'améliorer. Dans de
nombreux secteurs, les plaintes des clients augmentent en volume et en rapidité grâce à l'Internet.
Ces gros titres des journaux témoignent du phénomène :
« Les tweets reçus par MBTA font apparaître un taux de réclamation/satisfaction qui reste
élevéa. »
« NPower se classe en tête pour les réclamations : les plaintes des clients à l'encontre du géant
de l'énergie augmentent de 25 %b. »
« 70 % des entreprises ne tiennent pas compte des critiques des clients sur Twitterc. »
Dans les services publics australiens, par exemple, le volume des plaintes adressées au
médiateur a progressé spectaculairement pour un nombre d'utilisateurs resté à peu près stable – il a
doublé en l'espace de cinq ans, soit quatre fois le taux de croissance de la population. Des
institutions du même type dans d'autres pays, par exemple l'Office des communications au
Royaume-Uni font état pour la même période d'un taux de réclamation également en hausse.
Malgré les milliards déboursés pour gagner la faveur du consommateur, nous dépassons à peine
les niveaux de satisfaction client du début des années 1990. À cela s'ajoute que la propension des
consommateurs à changer de fournisseur augmente, souvent motivés par une expérience client
décevanted.
Les entreprises en retard dans le domaine de l'expérience client affichent des résultats financiers
très inférieurs à ceux des leaders. Une étude de Watermark Consulting a comparé sur six ans, par
rapport à l'indice S&P 500, la performance boursière des entreprises en pointe et des entreprises à
la traîne. Les premières ont dépassé l'indice S&P 500 de 28 % tandis que les secondes ont vu la
valeur de leurs actions baisser de 33 %e.
Au moment où les centres d'appels du monde entier nous obligent à patienter indéfiniment, à
répéter pour la énième fois une information que nous avons déjà fournie à un autre interlocuteur lors
de notre parcours d'achat, comment ne pas regretter le bon vieux temps où les enseignes de
proximité offraient un service personnalisé et adapté ? Certes, le choix proposé et les heures
d'ouverture du magasin étaient plus limités, mais le commerçant connaissait ses clients et ses
produits et les aimait. Vous vous rappelez peut-être ces moments où vous accompagniez votre mère
à l'épicerie du coin ; vous regardiez avec délice le propriétaire du magasin aller chercher dans la
réserve le produit commandé pour elle et vous donner au passage une friandise. Vouloir réconcilier
le passé et le présent crée une sorte de dissonance cognitive qui rappelle une scène du célèbre film
des années 1980, Retour vers le futur, lorsque Michael J. Fox dans une DeLorean fonctionnant au
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plutonium, se retrouve propulsé en 1955 et s'arrête de stupéfaction en voyant le pompiste d'une
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vielle station d'essence servir les clients.
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Que s'est-il donc passé ? Les besoins ont-ils évolué dans des proportions telles que les clients et
les entreprises ne se trouvent plus sur la même longueur d'onde ? Ou bien les entreprises
d'aujourd'hui ne parviennent-elles plus à satisfaire des besoins de toujours ?
Certes, l'environnement a changé. Les entreprises actuelles sont plus importantes et
incroyablement plus complexes. La taille est un facteur d'efficience et de productivité, mais elle
éloigne les dirigeants et les managers des clients et des employés de première ligne. Non seulement
les sièges sociaux sont implantés dans des villes situées à des milliers de kilomètres de leurs
clients, mais à l'ère de la mondialisation, il n'est pas rare que les dirigeants se trouvent dans un
autre pays ou parlent une autre langue qu'eux. Les dirigeants consacrent rarement du temps à
s'entretenir avec les clients, à prendre leurs appels et à interroger les employés en contact direct
avec eux. Résultat : toute notion d'intimité a disparu et les organisations ont oublié l'importance des
moments de vérité que l'interaction et la relation en face à face permettaient.
Pour ajouter à cette complexité, les opérations de service au client aujourd'hui comportent des
éléments mouvants qui ne communiquent pas entre eux. L'éventail des canaux d'interaction, centres
de contact, SMS, conavigation, Internet et médias sociaux, s'élargit sans cesse. On en arrive ainsi au
dilemme de l'omnicanal. Alors que les clients ont réclamé toujours plus de moyens pour traiter avec
l'entreprise, par exemple, via l'envoi de textos de leur smartphone accessible en permanence, et
tandis que les entreprises s'empressent d'ouvrir de nouveaux canaux, l'intégration des différents
canaux reste l'exception. Ce qui augmente la frustration des clients – et, de surcroît, les coûts de
support –, un scénario perdant-perdant.
Accenture Global Pulse, une étude sur l'attitude et les comportements des clients dans le monde
entier, met en lumière la frustration provoquée chez le consommateur par ce hiatusf. Sur une échelle
allant de 1 (« absolument pas frustrant ») à 5 (« extrêmement frustrant »), 23 % des clients ont
coché 4 et 66 % ont indiqué 5 pour décrire leur réaction quand ils doivent répéter la même
information à de multiples interlocuteurs sur les différents canaux de l'entreprise.
Le CRM (customer relationship management, gestion de la relation client), largement pratiqué
aujourd'hui, est une méthodologie qui ne marche pas. Ses promoteurs ont mis en avant la possibilité
de contrôler la relation avec les clients via des solutions technologiques. Le terme même de gestion
de la relation client révèle le cœur du problème. Selon la théorie, l'entreprise doit gérer la relation.
Mais personne n'a demandé aux clients s'ils voulaient être gérés par l'entreprise. Qui aurait envie
d'être géré ? Nous dirions, quant à nous, qu'on ne gère pas une relation ; une relation se partage
plutôt qu'elle ne se gère. Depuis le début, le CRM constitue une erreur, mais celle-ci devient encore
plus criante dans le contexte actuel de l'entreprise.
Quel est le résultat ? Les entreprises continuent à adopter des pratiques stupides qui irritent les
clients, comme en témoigne une étude réalisée au Royaume-Uni : « on me répond par un courrier
standard alors que j'ai rédigé une demande de renseignement sur un sujet bien précis », « ils
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compliquent tout », ou encore « on vous offre le monde entier quand vous êtes un client potentiel et
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on vous traite comme moins que rien quand vous êtes un client fidèle »g. Cela ne vous rappelle
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rien ?
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Toutes ces tendances participent d'une nouvelle réalité : ce sont les clients et non les entreprises
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qui détiennent le pouvoir. Cela se traduit par un modèle d'affaires qui n'est ni le B2C, ni le B2B,
mais le Me2B. Les clients sont propriétaires de la relation et déterminent à quel moment ils
choisissent d'interagir avec l'entreprise. Les organisations doivent repenser leur manière de prendre
les décisions en se plaçant du point de vue du client. Répétez après nous : Me2B, parce que c'est le
client qui fixe les règles !
Ce retournement, qui apparaît comme une menace pour certaines entreprises, stimule et structure
l'activité de beaucoup d'autres.
Les clients voient leurs options s'élargir de manière significative. Le consommateur dispose
d'une information pléthorique – en ligne et hors ligne, à domicile ou en magasin –, son choix est
plus large que celui offert par un seul fournisseur ou une entreprise donnée.
Les réactions, les besoins et les exigences des clients sont diffusés haut et clair. Les entreprises
n'ont plus besoin de lancer des enquêtes sur les goûts des consommateurs, de distribuer des
questionnaires aux clients des centres commerciaux en train de faire leurs achats, ou de toute
autre forme d'étude coûteuse. Les consommateurs utilisent toute la panoplie des outils
électroniques pour partager activement avec leurs amis ce qu'ils aiment et ce qu'ils détestent, et
pour donner directement leur avis aux entreprises.
Les entreprises ne peuvent plus dissimuler les défauts de leurs produits/services. Des sites tiers
d'avis des clients encouragent à poster des critiques et des commentaires sur les expériences
réalisées et les sites sociaux généraux se sont également multipliés. Tout client confronté à un
service/produit défaillant peut avertir en quelques secondes des milliers de personnes, et dans la
mesure où les consommateurs tendent à faire davantage confiance aux autres consommateurs
(même inconnus d'eux) qu'aux entreprises elles-mêmes, l'effet viral est stupéfianti ! Les vidéos
sur YouTube (et les « j'aime » ou « je n'aime pas ») et les autres options vidéo donnent de l'écho
à ces réactions des clients, avec les risques que cela entraîne pour les organisations assoupies ou
dans le déni concernant la performance réelle de leurs produits/services.
Le prix est transparent pour les clients ; ils ne sont plus obligés de sortir de chez eux pour aller
comparer les prix dans différents magasins. À partir de leur smartphone ou de leur tablette, grâce
aux moteurs de comparaison des prix, ils sont mieux renseignés que nombre de vendeurs de
magasins ou de chefs de produit. Ils sont furieux quand ils constatent que les prix changent en
fonction de l'heure ou du segment de clientèle. Ils recherchent les conditions les plus
avantageuses possibles et disposent de robots et d'applications qui les alertent quand le vol qu'ils
veulent prendre est au prix le plus bas ou quand ils ont gagné une offre de séjour à tarif
préférentiel.
Un constat s'impose : les entreprises qui ne trouvent pas le moyen de satisfaire les besoins de
leurs clients de manière appropriée – en utilisant tous les canaux disponibles et en assurant une
forme d'expérience client comparable à celle qu'offraient les petits commerçants d'autrefois – sont
vouées à disparaître.
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L'ère du Me2B ou le retour aux fondamentaux
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Tout n'est pas perdu. Certaines entreprises s'efforcent d'apporter à leurs clients l'expérience d'achat
qu'ils réclament. Ces leaders sont les héros du Me2B. Elles ont compris que le pouvoir est du côté
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du client. Elles surpassent leurs concurrentes en termes de croissance des ventes, de rentabilité, de
fidélité de la clientèle et du personnel et dans d'autres domaines clés. Des groupes notoires comme
Amazon, Apple, Disney, Ikea, John Lewis, Lego, Nordstrom, Southwest Airlines, USAA et Virgin
se classent au tout premier rang pour ce qui concerne l'expérience clientj.
Parmi ces leaders du Me2B, on trouve aussi de jeunes pousses en plein essor telles que Shoes of
Prey en Australie, vente-privee en France ou Yamato Transport au Japon, qui restent peu connues
au-delà de leur pays d'origine.
Ce livre répond au désir de comprendre comment elles ont réussi alors que d'autres échouent.
À travers lui, nous voulons aider toutes les entreprises, jeunes et anciennes, à s'adapter à la
nouvelle donne. Nous avons interrogé les dirigeants de ces leaders du marché, leurs clients, leurs
fournisseurs, et ajouté des analyses complémentaires incluant les échanges sur les réseaux sociaux
et ce que nous appelons WOCAS (what our customers are saying, ce que disent nos clients), le
processus qui permet de recueillir la voix du client.
Nos découvertes successives n'ont fait que renforcer notre intuition première : les clients Me2B
recherchent aujourd'hui ce qu'ils ont toujours recherché. Les besoins fondamentaux n'ont pas varié.
Ce qui a changé, c'est la capacité des entreprises à les reconnaître et à les satisfaire. Dès lors que
le client dicte les règles, il devient vital mais plus compliqué pour l'entreprise de combler ses
besoins, parce qu'il est mieux informé et peut choisir entre différents modes d'interaction.
Les leaders Me2B créent des expériences qui, au-delà de la fourniture d'un produit, comblent
des besoins relationnels fondamentaux remontant bien plus loin que l'époque de la petite épicerie. Il
ne s'agit pas d'innovations radicales. Les leaders Me2B innovent en réfléchissant comment
satisfaire ces besoins dans l'univers du gigantisme et de la complexité des canaux, et comment
rester reliés aux clients en dépit de la tyrannie du nombre et de la distance qui sépare les sièges
sociaux des employés de première ligne et des consommateurs.
Les clients d'aujourd'hui veulent être reconnus et servis comme ils l'auraient été dans leur
épicerie de quartier – mais dans le monde du numérique, ce service prend une tout autre forme. Les
clients qui achètent leurs produits d'alimentation en ligne s'attendent à ce que le site web mémorise
leur commande hebdomadaire habituelle, de la même manière que l'artisan boucher de jadis se
souvenait des habitudes de chacun de ses clients. Seul le médium a changé : le besoin, lui, est resté
identique.
En étudiant les entreprises leaders dans le modèle Me2B, nous avons vu se dessiner un schéma
commun s'agissant de la manière de reconnaître et de satisfaire les besoins du client et d'établir
avec lui une relation durable. Il s'agit d'une méthodologie originale axée sur ce que nous appelons
les sept besoins des clients. La terminologie que nous utilisons pour les décrire reflète le point de
vue du client :
1. Vous me connaissez, vous vous souvenez de moi.
2. Vous m'offrez des choix.
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3. Vous me facilitez la vie.
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4. Vous me valorisez.
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La satisfaction de ces besoins détermine les stratégies que les entreprises doivent adopter pour
vendre leurs produits et leurs services dans le monde du Me2B. Nous les présentons ici et montrons
comment les relier aux besoins de relation fondamentaux. Nous passons au crible les méthodes
utilisées par les entreprises leaders du Me2B. Nous illustrons par des exemples ce que réussir ou
échouer signifie et nous indiquons comment surmonter les obstacles.
Notes
a. Jeremy Fox. « Complaint-to-Compliment Ratio of MBTA Tweets Remains High », Boston.com,
24 février 2012. Consulté le 20 mai 2014 :
http://www.boston.com/yourtown/news/downton/2012/02/complaint-to-compliment_ratio.html
b. Sean Poulter, « NPower Ranks Top for Moans : Customer Complaints Against Energy Giant Soar
25% », Mail Online, 14 janvier 2014. Consulté le 12 février 2014 :
http://www.dailymail.co.uk/news/article-2539614/Npower-ranks-moans-Customer-complaints-
against-energy-giant-soar-25.html-ixzz2xknP6ayY
c. Jay Baer, « 70% of Companies Ignore Customer Complaints on Twitter », Convince&Convert,
12 octobre 2011. Consulté le 20 mai 2014 : http://www.convinceandconvert.com/social-media-
monitoring/70-of-companies-ignore-customer-complaints-on-twitter/
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d. ACSI Inc, « National Customer Satisfaction Index », 2014. Consulté le 20 mai 2014 :
http://www.theacsi.org/national-economic-indicator/national-customer-satisfaction-index
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e. John Picoult, « The Watermark Consulting 2013 Customer Experience ROI Study », Watermark,
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f. Accenture, « Accenture 2013 Global Consumer Pulse Survey : Global&U.S. Key FIndings »,
2013. Consulté le 20 mai 2014 :
http://www.accenture.com/SiteCollectionDocuments/PDF/Accenture-Global-Consumer-Pulse-
Research-Study-2013-Key-Findings.pdf
g. Philip Cullum, The Stupid Company : How British Businesses Throw Away Money by Alienating
Customers, National Consumer Council, 2006, p. 9.
h. Marketing Charts, « Millennials and Brand-Marketing : A Complicated Affair », 25 mars 2014.
Consulté le 17 mai 2014 : http://www.marketingcharts.com/wp/traditional/millennials-and-brand-
loyalty-a-complicated-affair-41522/
i. Kimberlee Morrison, « (Infographie) Peer Recommendations Are More Influential Than Any
Other Form of Advertising », SocialTimes, 7 novembre 2013. Consulté le 20 mai 2014 :
http://socialtimes.com/90-percent-consumers-trust-earned-media-form-advertising_b137463. Voir
aussi Don Peppers et Martha Rogers, Extreme Trust : Honesty as a Competitive Advantage, New
York, Penguin, 2012.
j. Temkin Group, « Top 10 in 2014 Temkin Experience Ratings » (nécessite JavaScript). Consulté le
20 mai 2014 : http://www.temkinratings.com. Voir également Beyond Philosophy, « Global
Customer Experience Survey 2012-2013, Executive Summary ». Consulté le 20 mai 2014 :
http://www.beyondphilosophy.com/thought-leadership/global-leaders-survey/
Ch ap itr e
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Vous me connaissez, vous vous souvenez de moi
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$!
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Aujourd'hui, les clients demandent à être connus et reconnus lors de chaque interaction et à
chaque étape de leur relation avec l'entreprise. Les organisations qui répondent à cette exigence
comblent ainsi le premier besoin du client dans le modèle Me2B : vous me connaissez, vous vous
souvenez de moi. Il constitue le prélude à tous les autres besoins ; l'entreprise capable de le
satisfaire est assurée de réussir.
Amazon, pionnier de l'expérience client, est sans doute l'exemple le plus accompli et le plus
convaincant d'entreprise qui connaît ses clients et se souvient d'eux – et nous ne le pensons pas
simplement parce que Bill a été le premier vice-président du service client monde ; les résultats du
groupe parlent d'eux-mêmes. Outre la rapidité de livraison, l'attractivité du prix et le choix
incroyable, Amazon est célèbre pour la qualité de l'expérience offerte à ses clients. Ainsi,
contrairement à nombre de commerçants en ligne, Amazon a toujours utilisé les cookies (des
données stockées sur les navigateurs des utilisateurs) pour accélérer la connexion et permettre aux
clients d'accéder facilement à leur compte.
Pourtant, en dépit des progrès concernant la centralisation des bases de données client, les
entrepôts de données et l'historique des interactions, la plupart des entreprises conservent leurs
informations dans des silos séparés et sont incapables d'identifier leurs clients sur l'ensemble des
interactions ou des canaux. Au bon vieux temps, les boutiquiers, les banquiers ou les marchands de
chandelles connaissaient tous leurs clients de vue ou de nom – ou du moins s'arrangeaient pour le
faire croire. Les clients témoignaient leur gratitude en leur restant fidèles et en les recommandant à
leurs parents et amis. L'intimité avec la personne et le souvenir aidaient à entretenir la connaissance
du client. Aujourd'hui encore, nombre de petites structures locales fonctionnent ainsi.
Seulement, les entreprises ont changé de taille et sont devenues des géantes, on est passé du
local au global, le contact personnel s'est dissous dans l'anonymat. À mesure qu'elles se
développaient, les organisations ont élaboré des données sur leurs clients et les ont conservées
dans des lieux de stockage distincts, en utilisant parfois un mode de signalisation qui ne mettait pas
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en évidence les liens communs. Tel client pouvait par exemple figurer dans une base de données
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sous le nom de Clifford Smith, apparaître en tant que Cliff Smith dans une autre et se trouver
désigné par les initiales C.G. Smith dans une troisième. Il est vrai que certaines entreprises se
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donnent la peine de nettoyer leurs données, mais la plupart ne savent pas comment procéder ou ne
s'en préoccupent pas. Concernant l'exemple ci-dessus, certaines pourraient même considérer qu'il
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Vous ne me reconnaissez pas quand je reprends contact ou que je change de
Vous me connaissez en tout temps et en tout lieu.
canal.
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Vous ne me demandez pas deux fois la même
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ce que je déteste ?
Vous continuez à me faire des offres dont je ne veux pas ou qui ne me sont pas
Vous anticipez mes besoins avec intelligence.
utiles.
Vous me connaissez, moi et mon entourage. Je vous ai déjà dit que nous faisons partie du même foyer !
Vous savez quand je ne souhaite pas être connu. Laissez-moi donc tranquille !
l'abri d'un concurrent qui propose un service de qualité équivalent et qui connaît ses clients où
qu'ils se trouvent et à tout moment.
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Nous pourrions citer nombre d'entreprises où il n'existe pas ou peu de visibilité entre la
succursale, le centre de contact et les canaux internet. Voici un exemple significatif : un jour, David
est entré dans un magasin pour acheter un téléphone. Le vendeur qui l'a reçu lui a indiqué qu'il
n'existait pas de promotions susceptibles de lui convenir. Or, en l'espace de vingt-quatre heures,
David reçut plusieurs appels directs de l'entreprise proposant des tarifs préférentiels sur les
nouveaux appareils s'il choisissait de renouveler son contrat. Étonné, il en parla à des responsables
de l'entreprise, lesquels reconnurent que ces offres tarifaires n'étaient pas proposées sur tous les
canaux, que le centre d'appels n'était pas au courant des transactions en magasin et vice versa. La
séparation entre les différents canaux de distribution ne permettait pas d'offrir en continu les mêmes
produits et les mêmes conditions. On retrouve ce mode de fonctionnement dans les services publics,
les banques, les compagnies d'assurances, où les offres varient selon le canal et où personne n'est
en mesure de renseigner les clients sur les tarifs pratiqués dans les autres entités.
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aperçu complet à leurs clients via Internet et sur leur téléphone mobile, ce qui représente un
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avantage non négligeable. Au début de la banque sur Internet, les clients ne disposaient pas d'option
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permettant de consulter chacun de leurs comptes sur le Web. Aujourd'hui, ils veulent aussi avoir la
possibilité d'y découvrir chaque produit nouveau.
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Récemment, Bill était en train de remplir sa fiche d'hôtel lorsqu'il entendit le réceptionniste
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s'enquérir auprès d'un autre client : « Est-ce la première fois que vous séjournez chez nous ? » Dans
un contexte de Me2B il aurait dit : « Bienvenue dans notre hôtel, Monsieur ou Madame X ! » ou
« Nous sommes heureux de vous accueillir de nouveau ! » L'hôtel aurait dû savoir s'il s'agissait du
premier, du troisième ou du dixième séjour du client dans un établissement de la chaîne. Le fait
d'être reconnu dès son arrivée, surtout quand il se trouve dans une ville inconnue, est réconfortant
pour le client et impressionne favorablement tous les autres – « Ça alors ! J'aimerais pouvoir
bénéficier du même traitement. »
Cette expérience est à comparer à celle de Bill quand il séjourne avec son épouse dans un hôtel
de la chaîne américaine Joie de Vivre. Quel que soit le lieu, ils ont toujours le plaisir de trouver
dans leur chambre une demi-bouteille de chardonnay de Californie dans un seau de glace. Bill avait
demandé à bénéficier de cet agrément lors de leur première visite et l'établissement a enregistré
cette exigence. Joie de Vivre est l'exemple d'organisation dirigée par un entrepreneur résolu à offrir
à ses clients une expérience différenciée. Dans l'hôtellerie, intégrer les besoins Me2B dans
l'expérience du client passe par la prise en compte de ses préférences : tel client trouvera le New
York Times ou le Figaro devant sa porte le matin, tel autre disposera d'une chambre non-fumeur, qui
ne donne pas sur la rue, et avec un lit king size.
Le défaut d'intégration des systèmes en est souvent responsable. Un client qui change de service
fournisseur à l'intérieur de la même entreprise peut se trouver répertorié dans le système A, alors
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que son nouvel interlocuteur travaille sur le système B. Il est certes difficile de parvenir au niveau
d'intégration optimum, mais cela n'excuse en rien l'effort que cette carence impose aux clients.
Il existe des moyens pour éviter ces inconvénients, mais les solutions les plus pratiques font
appel à des technologies de pointe coûteuses, telles que la biométrie vocale (reconnaissance de la
voix) ou le scanner rétinien. À supposer que ces systèmes ne soient pas adaptés à toutes les
situations, les entreprises peuvent en tout état de cause faire en sorte de rendre le processus
d'authentification le moins douloureux possible pour le client.
Les entreprises de téléphonie fixe possèdent d'excellents dispositifs d'identification mais elles
semblent peu les utiliser. Au début de chaque appel, l'opérateur demande systématiquement : « quel
est votre numéro de compte ? », ce à quoi, le client répond : « comment ? » En général, ce numéro
de compte n'est ni plus ni moins le numéro de téléphone dudit client. Or il est possible, grâce aux
technologies ANI/CLI, de relier le numéro d'appel directement à la base de données client. Et
pourtant, ces entreprises n'hésitent pas à multiplier les questions, même lorsqu'il ne s'agit pas de
données sensibles. Il serait nettement plus confortable pour les deux parties si l'opérateur se
contentait de dire au client : « je vois que vous utilisez un numéro de téléphone qui correspond à un
numéro de compte, êtes-vous Monsieur Untel ? »
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Bien connaître son client, c'est aussi tenir compte des préférences qu'il a exprimées concernant, par
exemple, la fréquence ou l'envoi de ses relevés de facturation (courrier ou e-mail), ou la manière
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dont il souhaite être contacté, (texto ou e-mail.) Chaque critique ou suggestion a son importance
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dans la mesure où elle indique explicitement une préférence. L'entreprise doit exploiter le moindre
détail et s'en souvenir – ne serait-ce que le souhait de trouver chaque matin à la porte de sa
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d'une commande en ligne et fait d'Amazon sa destination d'achat privilégiée.
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Nous sommes étonnés de constater que peu d'entreprises utilisent les données dont elles disposent
pour aider leurs clients. Les leaders Me2B savent, par exemple, quels canaux leurs clients préfèrent
sans avoir à le leur demander. Elles analysent les comportements, et les plus intelligentes d'entre
elles informent leurs clients qu'elles ont deviné leurs préférences. Une compagnie aérienne aura par
exemple remarqué que tel client a une préférence pour un siège précis et s'arrangera pour lui donner
satisfaction sur tous les vols qu'il emprunte. Le but est d'observer les actes du client et d'utiliser les
enseignements retirés à bon escient.
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L'expérience récente de Bill avec Netflix offre un contraste saisissant. L'une de ses cartes de crédit
était sur le point d'atteindre sa date d'expiration ; parmi tous les sites en ligne où il l'avait
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enregistrée (pour des achats répétés ou des abonnements), Netflix était l'un des seuls lui demandant
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d'actualiser ses données sous peine de ne plus pouvoir accéder aux DVD ou aux vidéos en
streaming. Contrairement à la banque dans l'exemple précédent, Netflix l'avait avisé le mois même
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où sa carte expirait. Le bénéfice de la démarche était double : pour Netflix – qui n'accusait pas de
perte de revenus – et pour ses clients, qui à l'instar de Bill au planning surchargé, oublient souvent
sur quels sites ils ont enregistré leur carte de crédit.
L'entreprise de billetterie en ligne australienne Ticketmaster prévoit avec intelligence les
intentions de ses clients. Elle sauvegarde l'historique de leurs réservations et leur donne la
possibilité de s'inscrire à des offres en lien avec leurs achats précédents. Ticketmaster ne se
préoccupe pas des données personnelles, mais tient compte exclusivement des commandes passées.
La démarche est astucieuse ; elle part du principe que le client peut acheter un billet à titre de
cadeau – des parents qui offrent des billets de concert à leur fille par exemple – et sert de base pour
aiguiller le client vers de futurs achats de cadeau.
Une des clientes de Bill cite volontiers une de ses expériences récentes avec Ticketmaster. Le
serveur vocal interactif lui posa simplement une série de questions, visant à l'aider à passer
commande directement via ce serveur au lieu d'attendre qu'un agent soit disponible pour effectuer la
transaction. L'entretien sous forme de questionnaire s'inspirait des données enregistrées lors des
transactions précédentes :
« Êtes-vous Madame Une telle ? »
« Oui. »
« Votre carte de crédit se termine-t-elle par les chiffres XXXX ? »
« Oui. »
« Souhaitez-vous que vos billets soient envoyés à l'adresse suivante : XXXXXXXXX ? »
« Oui. »
C'est ce que Peter Massey de LimeBridge UK, notre partenaire, qualifie d'interaction « rapide et
simple pour le client » à partir de prévisions intelligentes.
L'un des principaux dentistes de Melbourne possède un réseau de cabinets dentaires. Il dirige
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également une firme de conseil en dentisterie. Pour l'ensemble de son activité, il traite avec une
seule banque qui gère aussi ses comptes personnels. Il y a quelques années, un de ces comptes se
trouva pratiquement dans le rouge. En dépit des millions de dollars figurant au crédit de ses
comptes professionnels, la banque refusa d'honorer un chèque, le mettant dans une position délicate.
Il retira tous ses avoirs de la banque – ce qui montre que l'on peut perdre un client de valeur faute
de disposer des systèmes et des processus qui auraient permis d'appréhender sa situation
d'ensemble et de l'exploiter intelligemment.
S'il est vrai que tous les clients doivent bénéficier d'un service de qualité, cela se vérifie
d'autant plus lorsqu'il s'agit d'un client influent. Le non-respect de ce principe peut être lourd de
conséquences. Les leaders Me2B qui l'ont parfaitement compris n'y dérogent jamais et traquent la
moindre défaillance. En 2011, en Australie, le premier ministre de l'État du Queensland reçut une
facture d'électricité affichant des sommes extravagantes. Le soir même, il fit une apparition à la
télévision et montrant sa facture, exhorta les téléspectateurs à vérifier s'ils n'étaient pas eux aussi
victimes de la même erreur. Le centre de contact du fournisseur incriminé explosa littéralement sous
les appels, et les plaintes auprès du médiateur se multiplièrent. L'erreur commise eut des
répercussions financières importantes et nuisit à la réputation de l'entreprise. Après cet incident,
ses campagnes marketing ne parvinrent plus à séduire de nouveaux clients. Le véritable problème
était bien sûr l'erreur sur la facture, mais le manque d'attention à l'égard du client qui se trouvait
être un personnage influent contribua à aggraver la situation. L'entreprise réagit après coup en
mettant en place une unité spéciale dédiée aux clients importants (personnalités de la politique et du
monde des affaires.)
Si cet exemple peut sembler extrême, il en existe bien d'autres qui méritent d'être considérés.
Bill eut un jour à conseiller un client voulant améliorer la satisfaction client dans son centre de
contact de Seattle. Il envoya son équipe sur place pour écouter les appels reçus par le client. (Il
n'existe pas de meilleure méthode !) Au cours d'un de ces appels, en fin d'après-midi, un client à
l'accent britannique demanda si l'entreprise pouvait expédier sa commande en urgence parce que,
argumentait-il « nous en avons besoin pour demain ».
L'employé du centre d'appels vérifia la procédure standard et revint vers lui en déclarant : « Je
suis désolé, mais nous ne pourrons pas vous livrer avant la fin de la semaine. » Le client répondit :
« Je comprends parfaitement, dans ce cas je vais essayer de trouver une autre solution. » Et la
communication s'arrêta là. Quand Bill et son équipe rapportèrent le fait au vice-président marketing
du client, la même semaine, ce dernier eut l'air embarrassé et demanda au responsable du centre de
contact de se renseigner sur l'auteur de l'appel. Et son embarras grandit quand il découvrit qu'il
s'agissait du PDG de son deuxième client britannique. Bilan de l'opération : une affaire manquée, et
la défection probable d'un client majeur.
de leurs proches. Mais cela ne suffit pas, il faut également prévoir un suivi adéquat pour s'assurer
que ces cas particuliers sont gérés comme ils le méritent. Au lieu d'envoyer des lettres de rappel
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insistantes comme le veut la procédure standard en cas de non-paiement, la banque traite ces clients
avec davantage de ménagements.
Le fournisseur de télévision par satellite DIRECTV en particulier, et toutes les entreprises qui
disposent de bases de données client intégrées, identifient les clients importants dès qu'ils se
connectent en ligne ou sur le serveur vocal interactif et les orientent immédiatement vers des agents
formés pour les conseiller. Parfois, le client sait qu'il est l'objet d'un traitement préférentiel ; les
compagnies aériennes ou les chaînes hôtelières fournissent à ce type de clients un numéro d'appel
réservé, voire une URL personnalisée pour accéder à leur compte en ligne. Le traitement VIP a un
impact d'autant plus fort qu'il est inattendu. La surprise éprouvée est le prélude à une expérience
client extraordinaire.
solde des comptes du Premier ministre. Le bouche à oreille aidant, la nouvelle qu'on pouvait
consulter les comptes en banque du Premier ministre se propagea en un rien de temps et personne
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ne s'en priva.
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Besoin satisfait Potentiel d'accroissement des revenus
|\/ Potentiel de réduction des coûts
Vous me connaissez en Augmentation des revenus réguliers sur un nombre croissant de Délais de vente et de traitement
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tout temps et en tout lieu. canaux. raccourcis.
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Vous ne me demandez
Permet de sauver une vente qui serait perdue si le client Délais de vente et de traitement
jamais ce que vous savez
raccroche ou s'en va. raccourcis.
déjà.
By
Vous connaissez mes Renforcement du taux d'attachement pour les ventes croisées Moins de gaspillage et diminution des
préférences ou les produits/services dérivés. retours de marchandise.
Vous anticipez Ventes additionnelles qui ne seraient pas réalisées autrement, Diminution du coût de développement
intelligemment mes conduisant à plus d'achats répétés et à un bouche à oreille des produits et des dépenses
besoins. positif. marketing.
Vous me connaissez, moi Multiplication des ventes, fidélité des clients renforcée, attrition Diminution des frais de publicité et des
et mon entourage. limitée. coûts marketing.
Vous savez quand je ne Diminution des coûts, par exemple de
Fidélité des clients accrue.
souhaite pas être connu. publipostage.
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Malheureusement, connaître de manière efficace le client n'est pas uniquement affaire de logiciel
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– c'est aussi (et de plus en plus souvent) un problème de processus et de motivation. Si les
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employés directement en contact avec le client ont accès à l'historique actualisé des interactions,
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cela ne signifie pas qu'ils sachent quand le consulter, où chercher, et comment utiliser l'information.
Vous devez développer un système de formation et des processus guidant l'action des salariés, de
sorte que la connaissance du client devienne une priorité et que les systèmes d'évaluation et
By
d'incitation soutiennent cette stratégie. Des vendeurs en magasin, par exemple, qui ont la possibilité
de réutiliser les données fournies par les clients lors d'une transaction en ligne, peuvent choisir de
ne pas les exploiter si le système de gratification de l'entreprise récompense exclusivement les
ventes qu'ils ont réalisées eux-mêmes.
L'organisation intégrée
L'autre frein à l'adoption des comportements répondant au besoin « vous me connaissez, vous vous
souvenez de moi » est d'ordre structurel. Il est lié à l'histoire de l'entreprise. Les canaux sont
souvent pilotés par des équipes ayant des cibles et des objectifs différents et qui se trouvent en
position de concurrence. Cette rivalité ne favorise pas le partage des données, ni le développement
de processus transversaux. De la même manière, les silos de produits peuvent constituer un
obstacle à la mise en commun des données et des processus. Pour lutter contre la tendance à
fragmenter les objectifs de l'entreprise, les dirigeants doivent intervenir, fixer une stratégie générale
et faire concorder les systèmes d'évaluation dans le but d'encourager une politique de partage en
phase avec les besoins du client.
Diffuser la connaissance sur tous les canaux et en utilisant tous les
outils
Il est difficile pour le personnel en contact avec la clientèle de comprendre et de soutenir
uniformément tous les types de mécanismes et d'interactions. Les entreprises doivent repenser
l'organisation et le rôle de ces employés de première ligne, afin que chacun d'eux puisse exploiter
l'information et la connaissance issues de tous les canaux. Nombre d'entreprises ont remodelé leur
offre de service et de vente selon deux niveaux, les gestionnaires de niveau 1 assumant la
responsabilité de produits et de canaux, ceux de niveau 2 étant plus spécialisés. Il est primordial
que les entreprises développent également des outils de partage du savoir qui apportent aux
employés de première ligne plus d'information sur les produits et services, sans leur imposer pour
autant de devenir des experts.
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c'est indispensable. Le préremplissage doit être intégré dans la conception des systèmes et des
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processus. Il s'agit de l'arbitrage classique entre l'investissement à court terme et l'investissement à
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long terme : d'un côté, il est beaucoup plus rapide de concevoir un formulaire en ligne que le client
complète, mais d'un autre, les retombées positives à long terme du préremplissage sont multiples.
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Outre son apport en termes de fidélisation et de satisfaction du client, le préremplissage évite les
problèmes de chevauchement des données et les erreurs susceptibles de se glisser dans la base de
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données.
La question de la conception ne concerne pas seulement les technologies de l'information et de
la communication, mais aussi le produit et le marketing. Nous avons vu qu'une entreprise doit
comprendre et exploiter les préférences de ses clients. Une organisation performante dans le
service au client fournit à ses clients le moyen de solliciter des informations marketing ou
publicitaires – les incitant à donner leur accord au lieu d'attendre qu'ils se décident à le donner.
C'est un choix cornélien pour l'équipe de marketing et de vente qui tente de générer un maximum de
prospects, mais les clients donnent d'autant plus volontairement leur accord si l'entreprise sait leur
vendre les avantages qu'ils en retireront et si l'opération marketing est ciblée et bien conduite. Dans
ce cas tout le monde est gagnant : les clients comme l'entreprise.
Notes
a. J.D. Power&Associates, « J.D. Power and Associates Reports », 23 mars 2005. Consulté le
6 juin 2014 : http://businesscenter.jdpower.com/news/pressrelease.aspx?ID=2005051
b. Bain&Company, « Customer Loyalty in Retail Banking : Global Edition 2013 », 6 novembre
2013. Consulté le 20 mai 2014 : http://www.bain.com/Images/BAIN_REPORT_Loyalty_in_Retail-
Banking_2013.pdf
c. Kashmir Hill, « How Target Figured Out a Teen Girl Was Pregnant Before Her Father Did »,
Forbes, 16 février 2012. Consulté le 20 mai 2014 :
http://www.forbes.com/sites/kashmirhill/2012/02/16/how-target-figured-out-a-teen-girl-was-
pregnant-before-her-father-did/
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Ch ap itr e
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Vous m'offrez des choix
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À première vue, il semble que l'ère moderne surclasse le passé par sa capacité à fournir des
choix au consommateur, grâce à Internet, au développement ininterrompu de produits nouveaux, aux
centres commerciaux, aux grandes surfaces et ainsi de suite. Mais il se peut également que cette
surabondance provoque chez lui une sorte d'épuisement.
Au bon vieux temps, le choix offert était différent, il prenait la forme de la personnalisation,
laquelle était rendue possible par la relation étroite existant entre le client et le fournisseur. Les
maîtres tailleurs réalisaient des costumes en fonction de la mode et du tissu disponible. Le boucher
coupait la viande selon ce que commandait le client. Les confiseries proposaient des bocaux et des
boîtes débordant de sucreries qu'on pouvait acheter au poids ou en assortiment, et les autres types
de magasins offraient eux aussi une sélection ciblée sur le client. Certains assuraient même des
livraisons à domicile.
Aujourd'hui, les clients ont le plaisir de voir la personnalisation se développer, là encore grâce
à la technologie, à l'Internet, et aux entreprises suffisamment audacieuses pour embrasser ces
tendances. Aux États-Unis, des entreprises comme Smith Brothers Farms renouent avec la tradition
du portage de lait à domicile. La livraison de lait existait dans de nombreux pays jusqu'au début des
années 1970, mais l'usage avait disparu avec l'arrivée des supermarchés. Cette entreprise familiale
de la région de Seattle date de 1920, mais en proposant aux représentants de la génération du
millénium de les fournir à domicile, elle exploite un souhait majeur des consommateurs de l'ère
Me2B : élargir le choix disponible. La rubrique de son site web « qui sommes-nous ? » a
parfaitement saisi l'esprit du temps en signifiant d'emblée aux clients : « C'est vous qui décidez. »
La tendance est à la combinaison du choix et de la distribution à domicile dans plusieurs
domaines. On le voit en Australie, avec la livraison de produits frais via Aussie Farmers Direct,
l'une des cinq entreprises en forte croissance au cours des cinq dernières années, et à Singapour
avec RedMart dont les camions sillonnent les autoroutes et les rues tortueusesa.
Les clients ont toujours apprécié de pouvoir choisir. Le choix satisfait leur besoin de tout
maîtriser. Aujourd'hui, le choix – pas tant des produits, mais dans les relations avec les
fournisseurs – correspond de nouveau à une attente grâce au terrain de jeu commercial qu'offrent
l'Internet et le téléphone mobile. Face à la multiplicité des entreprises qui se livrent une lutte sans
|
merci pour mieux les séduire, les clients n'hésitent pas à récompenser celles qui répondent à leur
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besoin de contrôle.
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Les entreprises qui veulent établir de véritables relations avec leurs clients – c'est le cas des
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leaders Me2B – savent qu'elles ne dictent pas les règles du jeu. Imaginez que vous entreteniez des
relations personnelles avec un/une partenaire qui décide de tout : de ce que vous mangez et quand,
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des endroits où vous allez, des sujets dont vous discutez… Personne n'est prêt à se laisser dominer
ainsi. Les choix créent l'expérience opposée, ils donnent lieu à l'échange qui est la caractéristique
des relations de qualité, personnelles ou professionnelles. Les organisations qui saisissent toutes
les occasions d'offrir des choix montrent à leurs clients que leur temps, leurs désirs et leurs besoins
sont valorisés.
Certaines entreprises fondent leur succès sur d'autres paramètres que le choix ou réussissent en
dépit d'une sélection ou d'un service limité. La chaîne de supermarchés Aldi, par exemple, distribue
uniquement sa marque maison, ce qui lui permet de garantir des prix très avantageux. La proposition
de valeur qui en résulte – ce que le client obtient en retour pour le choix restreint – est on ne peut
plus claire. La stratégie d'Aldi consiste à offrir aux clients une option plutôt inédite sur le marché :
au lieu d'évoluer dans le multimarque classique, dans un supermarché à prix différenciés, les clients
peuvent désormais faire leurs courses sans élément superflu chez Aldi, en échangeant l'abondance
du choix contre une facture beaucoup plus raisonnable et une expérience client simplifiée. La chaîne
américaine Costco, présente dans dix pays, gagne 100 milliards de dollars par an en proposant
également une sélection limitée de produits de haute qualité comme la viande et le vin, et une large
gamme d'autres produits, le plus souvent vendus par lots. Outre sa marque propre, Kirkland, Costco
commercialise d'autres marques, connues et appréciées du consommateur et permet aussi d'acheter
en grandes quantités !
Les entreprises Me2B sont extrêmement sensibles au besoin de contrôle du client. Ce qui
implique de lui offrir du choix, mais aussi de prendre le soin de lui expliquer pourquoi, à certains
moments, ses choix sont limités. Lorsque la réglementation ou des raisons de sécurité autorisent un
processus sur un seul canal et l'interdisent sur tous les autres, l'entreprise doit exposer clairement la
situation à ses clients. Car ils ont tendance à se rebeller et s'estiment lésés quand les restrictions
leur paraissent arbitraires ou destinées à satisfaire des besoins de l'entreprise au détriment des
leurs.
Si les organisations Me2B répondent au désir de choix multiples de leurs clients, il existe autant
d'entreprises qui manquent à ce devoir. Le Tableau 3.1 répertorie les six stratégies des entreprises
Me2B.
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offrant par exemple exclusivement des produits groupés limitant la possibilité de mélanger,
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d'assortir ou d'opérer une sélection parmi les volumes proposés – ou pire encore, en lui proposant
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une prime ou un cadeau pour compenser la restriction du choix.
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ses clients. À la fin des années 1990 – avant que l'accès au Web ne se généralise –, elle a
expérimenté toute une palette de technologies de libre-service. Désirant aider les clients à choisir
et à acheter ses produits, l'organisation a inauguré un processus informatique dans lequel les clients
étaient soumis à une batterie de questions à l'issue de laquelle – subito presto – le système
conseillait un produit. L'innovation pourtant si prometteuse, du moins en théorie, se heurta au rejet
pur et simple des clients. Ils ne faisaient pas confiance à l'ordinateur pour apporter la solution
idéale. Ils voulaient avoir leur mot à dire dans le processus de sélection.
La Nationwide Building Society fit une seconde tentative avec un autre prototype. Cette fois-ci,
le système recommandait trois produits qui correspondaient aux critères des clients et en conseillait
un en priorité, censé représenter la meilleure option. Puis on demandait aux clients de choisir celui
qu'ils préféraient. Le résultat s'avéra différent du précédent. Les clients acceptaient invariablement
l'option qui leur avait été présentée comme étant la meilleure. Lorsque, ensuite, le personnel
discutait avec eux et leur proposait un autre produit, ils ne modifiaient pas leur décision : ils
faisaient confiance au choix suggéré. Le fait de les laisser comparer entre eux des produits
similaires créait toute la différence.
L'un des exemples de personnalisation les plus célèbres est le moteur de recommandation
d'Amazon, en particulier la mention qui indique « des clients comme vous ont acheté cet article,
vous pourriez aussi l'aimer ». Si le moteur a accru significativement les revenus de l'entreprise, ce
qu'il permet est encore plus impressionnant. Les clients peuvent choisir de consulter certaines
recommandations et de supprimer les autres. Si vous avez acheté des jouets pour bébé sans avoir
l'intention de renouveler ce type d'achat, vous avez la possibilité d'annuler les recommandations
correspondantes et de conserver celles qui ont trait à la musique ou aux livres, des domaines qui
vous intéressent davantage. Dans cet exemple, on voit que le moteur qui permet le choix est lui-
même fondé sur un choix.
L'ennui pour les entreprises qui n'ont pas adopté les nouveaux canaux ou qui refusent le choix à
leurs clients, c'est que ces derniers peuvent maintenant établir des comparaisons avec les autres
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secteurs d'activité, voire à l'intérieur du secteur lui-même. Nous avons souvent entendu des clients
déclarer lors d'appels téléphoniques : « Ma compagnie d'assurances (mon fournisseur ou
l'entreprise X ou Y…) me donne la possibilité de réaliser cette opération par téléphone ou sur
Internet, pourquoi ne le faites-vous pas ? » Dès lors qu'une seule entreprise élargit le choix de ses
canaux – ou, à vrai dire, le choix en général – ses clients l'apprennent, en font part à leurs amis, et
finissent par exiger que leurs autres fournisseurs/partenaires fassent de même. Dans notre premier
livre nous appelions cela « le benchmarking du dernier contact » – et cette constatation s'applique
d'autant plus aujourd'hui où le choix des canaux augmente.
moins que le personnel de la banque n'avait pas dérogé d'un iota à la règle établie. À l'évidence, le
client ne pouvait pas choisir où se déroulait l'opération.
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Cette histoire nous a paru si étrange qu'elle nous a inspiré le dessin suivant.
leurs impératifs que des contraintes de leurs clients. Elles leur imposent ainsi des horaires de
service limités et planifient les opérations, par exemple les périodes de facturation, selon leur bon
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vouloir. Nombre de clients préféreraient régler toutes leurs factures le même jour chaque mois.
Pourtant, les entreprises fixent chacune un calendrier de facturation immuable, les contraignant à
adapter leur comptabilité pour qu'elle coïncide avec le cycle de paiement du fournisseur. Pourquoi
ne pas permettre au client de planifier lui-même le règlement de ses factures s'il respecte les délais
et les montants ?
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Graniterock, un fabricant de matériaux de pavage, situé en Californie du Nord, est un autre
exemple. Ses clients souhaitaient pouvoir accéder au dépôt à tout moment. Au lieu d'engager du
$!
personnel à plein temps, l'entreprise, confiante en l'honnêteté de ses clients, préféra instaurer un
4$
quand elles en ont besoin – ce qui est vital pour elles, sachant que les travaux de voirie s'effectuent
le plus souvent de nuitc. Cette innovation fut plébiscitée par les clients et en 1992, Graniterock
reçut le Malcolm Baldrige National Quality Award, une distinction prestigieuse accordée chaque
année à une poignée de lauréats, le plus souvent à des entités célèbres telles que Xerox ou Ritz-
Carlton.
Les entreprises seraient bien inspirées de chercher et d'exploiter chaque occasion de s'adapter à
l'agenda de leurs clients. Bupa, une compagnie d'assurances santé qui pèse 16 milliards de dollars,
présente en Australie, au Royaume-Uni et dans d'autres pays, a adopté un système de service par
téléphone qui fait gagner du temps à ses clients. Un agent confronté à une question ou à des
recherches compliquées a toute liberté pour traiter le cas de manière autonome. Au lieu de
demander au client de patienter au téléphone le temps d'étudier le problème ou de se renseigner
auprès d'un autre département, il lui propose de le rappeler le jour même ou le lendemain si cela lui
convient. Les clients sont souvent ravis qu'on leur évite de gaspiller un temps précieux. En
contrepartie, l'agent de Bupa doit tenir sa promesse dans les délais annoncés. La planification et la
gestion de ces cas particuliers font peser une lourde charge sur le centre de contact, mais le système
permet aux agents de répartir leur travail sur toute la journée.
Vous me donnez le conseil dont j'ai besoin, au moment où
j'en ai besoin
Offrir des choix suppose aussi d'adapter l'aide ou le conseil apporté aux spécificités du client.
Nombre d'organisations négligent cet aspect du service dans leurs efforts de personnalisation, il
s'agit pourtant d'un élément important dans l'établissement de la relation client. Certains clients sont
novices ; d'autres sont déjà des experts. Certains possèdent un esprit analytique et aiment entrer
dans les détails, tandis que d'autres se préoccupent surtout du résultat et veulent juste connaître les
solutions susceptibles de fonctionner. Il existe une similitude avec le principe du leadership
situationnel imposant aux responsables d'adapter leur style managérial aux besoins de leur équipe.
Les entreprises habituées à la complexité savent que la diversité des clients impose différents
niveaux d'information au cours d'interactions différentes. Un conseiller en gestion de patrimoine,
spécialiste de l'investissement et de l'épargne, ne se contente pas d'analyser les besoins de chaque
client, il évalue également ses besoins d'information et y apporte la réponse appropriée. Si certains
de ses clients veulent connaître en détail la stratégie qu'il propose, d'autres s'intéresseront
principalement au retour sur investissement ou aux risques.
une chambre d'hôtel ou un billet d'avion et de nous entendre dire qu'il n'y avait plus rien de
disponible. Dans ce cas, nous imaginons invariablement qu'on nous dissimule la vérité. Le message
By
devrait préciser si l'hôtel, le train ou l'avion est réellement complet ou si le quota disponible n'est
pas encore connu. Exemple : au cours de la période précédent des Jeux olympiques, le site de
réservation en ligne indiqua un beau jour qu'il n'y avait plus de billets pour assister à une certaine
compétition. Pourtant, quatre semaines plus tard, un client parvint à acheter des places. Le site
aurait dû expliquer que le quota existant était épuisé et conseiller aux personnes intéressées
d'effectuer une nouvelle tentative pour voir si de nouveaux billets avaient été mis en vente entre-
temps. (Ou, mieux encore, leur indiquer quand de nouveaux billets seraient disponibles !)
De même, lorsque David voulut réserver sur un site européen un billet pour le train de nuit
reliant l'Allemagne à la République tchèque, il fut avisé que le train était complet. Comme cela se
passait plusieurs mois avant la date du voyage, cela lui parut improbable. Il téléphona aux chemins
de fer allemands où il apprit qu'en fait, toutes les places étaient encore vacantes – il fallait
simplement que la compagnie tchèque se décide à mettre les billets en vente. Il est regrettable que
le message affiché sur le site n'ait pas été plus explicite.
Les compagnies aériennes doivent saisir toutes les opportunités d'améliorer l'aide apportée aux
clients quand la situation l'exige – c'est-à-dire en cas de retard et d'annulation de vols. Dans ces
moments-là, les passagers ont besoin de connaître la cause exacte du contretemps et les solutions de
secours, pour modifier leurs projets, étudier de nouveaux horaires de départ, ou envisager de
prendre un autre moyen de transport. Or, les employés en contact avec le public détiennent rarement
ces informations. Certes, le personnel n'a aucune prise sur des événements tels que les phénomènes
météorologiques, mais le fait de savoir, par exemple, que l'aéroport de Londres a été fermé pendant
deux heures permet aux passagers concernés d'évaluer l'étendue du problème et ses conséquences
Pourtant, les compagnies aériennes possèdent de l'expérience en la matière. Elles pourraient s'y
référer et avertir les passagers de l'évolution possible de la situation en annonçant : « Quand
l'aéroport JFK (ou Roissy) a subi une tempête de neige il y a deux ans, tout trafic a dû être suspendu
pendant trois heures. »
trouvent pas en stock, dans ce cas le vendeur montre au client des photos en ligne et lui indique la
marche à suivre pour passer sa commande sur Internet. À la fois rapide et simple pour le client,
By
qui ont acheté l'appareil et qui règlent les communications chaque mois. Ces situations ubuesques
naissent d'une interprétation erronée de la législation sur la protection de la vie privée, et sont
By
pénalisantes pour les clients. La loi a pour but de protéger les informations personnelles des
clients, et non d'empêcher leurs amis et leur famille de régler des factures ou de les aider dans la
gestion de leurs affaires si nécessaire.
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|\/
Contre-exemple : exclure le client du processus de conception
$!
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Certaines entreprises refusent par réflexe la collaboration des clients parce qu'elles ont l'habitude
de procéder à l'ancienne, selon leurs propres méthodes. Bill en a fait l'expérience avec un de ses
clients, producteur d'aciers de précision. Son équipe s'était rendue chez les clients de ce
By
fournisseur, afin de déterminer leurs besoins. Au cours des visites, les collaborateurs de Bill
entendaient sans cesse ce refrain : « Nous apprécions la qualité de leurs aciers mais nous avons des
exigences à satisfaire et nous aimerions être partie prenante dans la conception des nouveaux
produits. » Bill et son équipe comprenaient parfaitement cette revendication ; ils la transmirent aux
responsables de l'entreprise qui l'écartèrent purement et simplement. « Pour quelles raisons
devrions-nous leur ouvrir notre laboratoire de R&D ? », dirent-ils en expliquant qu'ils disposaient
déjà des meilleurs ingénieurs. Au lieu d'accepter une collaboration avec leurs clients, ils lancèrent
une stratégie de réduction des coûts. Quelque temps après, l'entreprise était victime d'une OPA
hostile menée par son principal concurrent qui la racheta.
parfaited.
|
|\/ temps et de ressources financières.
Vous m'apportez les Amélioration du taux de rétention, des niveaux de
$!
Diminution des retours.
conseils dont j'ai besoin, satisfaction et de la fidélité des clients.
Utilisation du libre-service en augmentation.
4$
Vous me laissez
Achats passion et bouche à oreille positif en hausse. Moins de dépenses de R&D et de
concevoir moi-même
Élévation du montant des dépenses. développement de produits.
mon produit/service.
Notes
a. BRW magazine, « Fast 100 », 2013. Consulté le 29 juillet 2014 :
http://www.brw.com.au/lists/fast-100/2013
b. Don Peppers et Marthe Roger, The One to One Future : Building Relationships One Customer at
a Time, New York, Doubleday, 1996.
c. Jill Griffin et Robert T. Herres, Customer Loyalty : How to Earn It, How to Keep It, San
Francisco, Jossey-Bass, 2002.
d. Jodie Fox, présentation devant le Chief Customer Officer Forum, à Sydney, Australie, 2014.
Ch ap itr e
4
Vous me facilitez la vie
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$!
4$
By
Au bon vieux temps, les entreprises facilitaient la vie de leurs clients de plusieurs façons.
Comme on le voit dans le film Retour vers le futur, les pompistes, non seulement faisaient le plein à
votre place, mais ils nettoyaient aussi votre pare-brise et regonflaient vos pneus. Les bouchers, les
boulangers et autres commerçants livraient à domicile. Chez l'épicier, un employé remplissait votre
sac et portait les articles lourds jusqu'à votre voiture. Les médecins se déplaçaient chez leurs
patients. Les représentants de commerce ou les prestataires de services aidaient leurs clients à
remplir les formulaires ou cherchaient des solutions alternatives quand un problème surgissait. Le
service, pour être de qualité, devait épargner tout effort au client ; le caractère direct de la relation
et un volume d'opérations limité rendaient cela possible.
À mesure que les organisations et que les réglementations les gouvernant se complexifiaient, les
rapports clients-entreprises sont devenus plus difficiles. Les vagues de centralisation et de
réduction des coûts lors des trente ou quarante dernières années ont souvent entraîné un effort
supplémentaire pour le client et ont pesé sur son existence au lieu de l'alléger. Certains processus
ont été conçus pour réduire les coûts internes à ses dépens ; c'est du moins l'impression qu'il a. Les
consommateurs peuvent ressentir la complexité comme une frustration à chacune de leur relation à
l'entreprise, qu'il s'agisse de déterminer les produits correspondant le mieux à leurs besoins,
d'utiliser ou d'améliorer les produits/services, de les remplacer quand le moment est venu
d'acquérir du neuf. La Figure 4.1 représente les défis auxquels sont confrontés les clients tout au
long de ce cycle de vie.
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Dans l'univers Me2B d'aujourd'hui, centré sur la relation, il devient de plus en plus risqué pour
l'entreprise de demander au client de supporter la majorité de l'effort. Là encore, les recherches sur
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la qualité des relations interpersonnelles apportent des enseignements qui s'appliquent également
4$
aux relations client-entreprises. En examinant les facteurs communs aux unions qui durent, l'étude
de l'Open University a conclu que le fait de réduire l'effort supporté par le partenaire, à travers le
By
partage du travail et des tâches domestiques, est l'une des clés de la réussitea. Dans les relations
personnelles, faire de son mieux pour faciliter la vie de l'autre est un témoignage d'amour et de
respect ; à l'inverse, ignorer les besoins du partenaire ou lui rendre la vie moins facile met en
danger l'équilibre de la relation.
Ce constat vaut pour les relations entre l'entreprise et ses clients. Lorsque l'entreprise impose au
client de travailler et complique son existence, il se sent exploité ou humilié et la relation n'y
résiste pas. En 2009, le Customer Research Council (organisme d'études sur les clients) a mis en
évidence que l'effort demandé au client, c'est-à-dire le volume de travail qu'il doit effectuer (ou
dont il peut se dispenser), est l'indicateur le plus fiable de sa fidélité à l'entreprise. Le client
témoigne de la loyauté à l'entreprise quand elle ne le contraint pas à effectuer un travail non
indispensableb.
Une fois l'étape de la vente passée, l'analogie entre la relation personnelle et la relation client-
entreprise devient caduque, dans la mesure où faciliter la vie de l'autre dans le contexte de
l'entreprise peut signifier au contraire passer moins de temps avec lui, plutôt que plus de temps.
L'obligation d'interagir avec l'entreprise cessant, le client n'a plus d'effort à faire.
Quand l'interaction entre le client et l'entreprise est nécessaire, elle devrait dans l'idéal exiger le
moins d'effort possible du client. En d'autres termes :
Elle doit se dérouler rapidement (valorisant le temps du client).
Elle doit être directe (éviter au client des étapes ou des détours non indispensables ; voir le
dessin humoristique en tête de chapitre).
Elle devrait avoir comme but immédiat la satisfaction des besoins du client.
Elle doit paraître simple et logique au client.
Elle doit correspondre au mode d'action habituel du client.
Certains éprouvent des difficultés ou des réticences à se déplacer jusqu'au siège de leur banque ;
d'autres, à l'inverse, sont stressés à la perspective d'effectuer des opérations sur Internet. Offrir des
choix contribue aussi à faciliter l'interaction, dans la mesure où il n'est pas toujours possible de
savoir à l'avance quelle solution convient le mieux au client.
Tableau 4.1 L'expérience client : réussites et échecs
Vous me facilitez la vie (réussite) Vous me facilitez la vie (échec)
Vous m'aidez à acheter chez vous. Vous retardez ou perturbez ma décision d'acheter chez vous.
Vous me permettez d'accéder à votre Vous m'imposez un entretien téléphonique ou une autre forme de contact, là où le libre-
produit/service sans m'imposer des service serait plus efficace. (Même principe mais inversé, quand le client préfère au
contacts non justifiés. contraire le contact à l'achat en libre-service.)
Vous rendez mon parcours d'achat plus Vous m'obligez à franchir un véritable parcours d'obstacles, à répéter des informations déjà
fluide. connues ou à emprunter des chemins compliqués.
Vous ne m'obligez pas à naviguer à
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J'aimerais disposer d'un organigramme, afin de trouver le département adéquat lorsque je
travers les méandres de votre
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ne sais pas (ou si je veux savoir) comment votre entreprise est structurée.
organisation.
$!
Vous résolvez mon problème au premier
Je ne cesse de courir de-ci, de-là ; je n'obtiens pas de réponse à ma précédente demande
4$
Vous ne m'interrogez pas sur les efforts Vous m'envoyez un questionnaire sur les efforts que j'ai fournis et j'ai déjà perdu une demi-
que j'ai dû fournir. heure à tenter d'y répondre.
Si l'idée de moindre effort paraît simple en soi, elle est malaisée à concrétiser. Elle suppose en
effet que les entreprises comprennent les attentes et les capacités de leurs clients, ainsi que leurs
réactions face aux processus mis en œuvre. Heureusement, les leaders Me2B nous apprennent
comment faciliter la vie de nos clients. Les plus performantes de ces entreprises ont trouvé les
moyens de faciliter le mode d'interaction pour qu'il devienne plus simple et nécessite moins d'effort
à chaque étape du cycle de vie du client (Tableau 4.1).
|
fonctionnement sans heurt du système précédent. On pouvait espérer qu'il s'agissait d'un défaut
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inhérent à la mise en route du nouveau dispositif, mais un an plus tard, le problème n'était toujours
$!
pas résolu. Pourquoi les entreprises se privent-elles de l'occasion de faciliter la vie de leurs clients
en remédiant à des défaillances mineures qui risquent de briser la relation ?
4$
Pete Massey, notre partenaire chez LimeBridge UK, a vécu une expérience similaire lorsqu'il
By
s'apprêtait à souscrire une assurance sur les biens auprès d'une compagnie locale et souhaitait
connaître le montant de la prime à acquitter. Il vit défiler sur son ordinateur plusieurs écrans de
questionnaires à visée marketing, totalement superflus s'agissant d'une demande de renseignement
sur les tarifs. Au bout de vingt minutes d'efforts, il arriva enfin au dernier écran, où on lui
demandait d'indiquer la valeur globale de ses biens. Lorsqu'il s'exécuta, on l'informa qu'au-dessus
d'un certain seuil, l'inscription ne pouvait plus être effectuée en ligne et qu'il devait prendre contact
avec un agent de la compagnie. Furieux, il renonça purement et simplement à sa démarche.
Quelqu'un de sensé observerait que la question sur la valeur des biens aurait dû figurer en
première et non en dernière position. Mais la compagnie d'assurances privilégiait à tel point le
marketing et la recherche de clients potentiels, qu'elle négligeait l'expérience client et perdait de
nombreuses ventes. Pete vécut la même expérience sur d'autres sites de compagnies d'assurances
qui concevaient leur processus en fonction de leurs propres préoccupations, sans se mettre à la
place du client.
avantage : jusqu'à l'acte d'achat proprement dit, ce processus préalable mobilisait peu de leur
temps.
Ikea constitue un phénomène mondial et offre une expérience client unique. L'intérieur d'un
magasin Ikea est un modèle de libre-service géant, organisé de manière à faciliter l'achat. La
configuration est identique quel que soit le pays, et a délibérément été conçue sur le modèle d'un
labyrinthe (offrant pourtant des raccourcis clairement indiqués) pour obliger le client à passer
devant tous les produits avant d'atteindre la section marché, où sont proposés les articles de
décoration et autres accessoires, puis le dépôt où sont stockés les produits conditionnés en
emballages plats.
Ikea s'est aussi mis à la place du client qui parcourt le magasin en étant chargé de paquets
encombrants. Des catalogues et des formulaires de commande sont disponibles un peu partout, avec
des stylos mis à disposition gratuitement, de sorte que le client peut réfléchir aux articles dont il a
besoin et les commander avant de se rendre à l'entrepôt. Les visiteurs ont à leur disposition des
sacs et des chariots renouvelés en permanence. Pour les familles, des aires de jeu et une cafétéria
proposant des repas pour enfants ont été prévues. Un personnel de soutien nombreux vient en
assistance à la clientèle qui peut régler ses achats à la sortie, auprès du personnel de caisse ou aux
caisses automatiques.
Si la visite d'un magasin Ikea s'avère quelque peu fatigante, du moins les clients bénéficient-ils
de produits modiques et bien conçus. Et ils constatent par eux-mêmes que l'enseigne a mis à profit
toutes les occasions de leur offrir une expérience d'achat ludique et facile.
devrait être supprimée ou automatisée à plus de 60 %, parce qu'elle n'est source de valeur ni pour
le client, ni pour l'entreprise. À ces données irréfutables, nombre de responsables marketing et
By
commerciaux continuent d'opposer : « N'abandonnons pas ces contacts ! Ce sont des opportunités
de vente supplémentaires ! » Il s'agit d'un argument ancien, fondé sur l'obsession des ventes
croisées et de la montée en gamme. Selon nos recherches, le taux de réussite de ces deux types de
vente plafonne à 15 %, ce qui signifie que la majorité des clients ne cautionne pas ce processus.
Les entreprises qui continuent à offrir des accessoires, des garanties de service ou autres
programmes annexes à tous les points de contact par le biais des ventes croisées échouent 85 % du
temps, il n'est donc pas surprenant que les clients s'estiment floués et déclarent qu'il est difficile de
conclure des affaires avec elles.
D'autres souscrivent à la « théorie de la récupération », selon laquelle les clients dont le
problème a pu être résolu affichent un taux de loyauté plus élevé que ceux qui n'ont pas rencontré de
difficulté. En dépit des données contraires émanant de plusieurs études, ces théoriciens de la
récupération persévèrent – même si certains signes indiquent qu'eux aussi considèrent que le fait de
ne pas avoir à entrer en contact avec l'entreprise pour solliciter de l'aide est de loin la solution
préférable.
utilisateurs comme pour les personnels. Trois mois de tests supplémentaires et de perfectionnement
du système auraient évité plusieurs mois de retards accumulés, sans parler des coûts liés à la main-
d'œuvre recrutée en renfort pour traiter le volume des réclamations. Cette situation ayant également
By
des répercussions sur la trésorerie (les factures émises tardivement entraînaient un retard des
paiements), les entreprises durent gérer le déséquilibre de leurs créances et accepter de voir
baisser leur valeur.
Les retards dus à des dysfonctionnements en chaîne sont une autre source de mécontentement des
clients qui saturent les centres de contact. La plupart des entreprises sont un ensemble dynamique et
complexe de parties reliées entre elles. Si l'une faillit, les autres souffrent elles aussi. Voici un
exemple : dans une compagnie spécialisée dans l'assurance santé, le service chargé des
réclamations accusait une semaine de retard dans le traitement des plaintes, occasionnant une
augmentation de 20 % des appels de clients ulcérés de ne pas savoir où en était le traitement de
leur dossier. Malheureusement, les agents des centres de contact se contentaient de répondre « il est
en cours », personne ne leur ayant fourni d'indications propres à faire patienter les clients.
L'entreprise estimait que le centre de contact n'avait pas suffisamment de personnel, alors qu'en fait,
le manque de main-d'œuvre concernait plutôt le service chargé des réclamations !
Les retards qui se répercutent d'une fonction à l'autre en provoquant un engrenage fatal sont
monnaie courante. Chaque fois qu'un processus traîne en longueur par rapport aux attentes du client,
les appels au centre de contact augmentent. Ce phénomène se retrouve dans nombre de cas :
demande de prêt immobilier, transfert d'abonnement d'électricité, déménagement, réclamation
auprès d'une compagnie d'assurances. Si le niveau de service ne correspond pas aux attentes du
client, il téléphone – ou de plus en plus, il se manifeste sur Internet.
s'est intéressée aux causes des appels, dans le but de diminuer le volume de certains types ou de
certaines catégories d'appels. Elle a lancé plusieurs actions en ce sens :
By
Rendre le parcours du client plus aisé suppose aussi d'adapter son langage à l'interlocuteur et
d'utiliser une terminologie qu'il puisse comprendre et exploiter. Nous avons effectué une mission
auprès d'un constructeur informatique connu qui insistait pour désigner ses ordinateurs portables
par le terme de notebook au lieu de laptop, voulant ainsi se singulariser par rapport aux autres
marques. Et pour compléter cette stratégie de différenciation, le serveur vocal interactif de
l'entreprise avait été programmé pour reconnaître exclusivement le mot notebook ; chaque fois qu'un
client utilisait un autre terme, il se trouvait automatiquement dirigé vers un employé du service
technique. Faciliter la vie des clients n'était sûrement pas considéré comme une priorité de
l'entreprise !
D'autres organisations tombent dans le travers de la terminologie maison : elles utilisent un
jargon ou des expressions dépourvus de sens pour leurs clients et parfois pour le personnel lui-
même, mais qui perdurent en tant que langue officielle. Certains sites web de constructeurs de
logiciel, par exemple, s'avèrent impraticables tant ils sont abscons. Découragés par les versions
numérotées et les noms de code, les clients n'ont d'autre recours que de décrocher leur téléphone
pour avoir un interlocuteur capable de leur fournir les explications souhaitées – quand ils ne
choisissent pas (c'est de plus en plus fréquent) de partager leur désarroi sur les forums ou les sites
communautaires.
Bon exemple : un produit conçu avec intelligence
Le Quick Start Guide de Honda est un exemple de conception calquée sur les besoins de
l'utilisateur. En général, les constructeurs automobiles éditent à l'intention des nouveaux
propriétaires de véhicule un manuel d'utilisation de trois cents pages au moins, qui offre un tel luxe
de détails que personne n'a envie de s'y plonger. Le Quick Start Guide de Honda résume en dix-sept
pages tout ce que le conducteur doit savoir pour démarrer et conduire sa voiture. Les points clés
sont accessibles à l'aide de diagrammes simples présentant les caractéristiques et les différents
éléments, comme le tableau de bord. Cet opuscule a l'avantage d'être plastifié et peut donc résister
à un usage intensif ou aux liquides renversés et se range dans la boîte à gants.
La compagnie d'assurances Bupa a imaginé une solution conviviale pour inciter ses clients à
renoncer aux e-mails pour les problèmes susceptibles d'être résolus via un autre canal. Après avoir
recensé les questions suffisamment complexes pour être traitées par téléphone, l'entreprise adressa
un message aux clients adeptes de l'e-mail, leur proposant de téléphoner ou d'être contactés par un
téléconseiller. Les clients avaient ainsi le choix du moyen.
La démarche était bénéfique tant pour les clients que pour la compagnie. Les uns obtinrent plus
rapidement et à moindre effort une solution à des questions complexes. La seconde y gagna une
diminution du nombre des interactions et une résolution plus rapide des problèmes.
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$!
Vous ne m'obligez pas à naviguer à travers les méandres
4$
de votre organisation
By
La manière dont l'entreprise s'organise pour répondre aux besoins des clients joue un rôle
considérable. Nombre d'entreprises ont développé des modes d'interaction avec le public en
fonction de leurs nécessités internes. Certaines des structures mises en place reflètent la croissance
des produits et services, d'autres sont fondées sur les compétences ou la spécialisation. Si cette
organisation fonctionne pour l'entreprise, il n'en va pas de même pour le client ; il doit souvent
passer par des serveurs vocaux interactifs et des moteurs de reconnaissance vocale complexes pour
accéder au département souhaité ou multiplier les contacts avant d'obtenir une solution. Il n'y a rien
de plus frustrant pour le client que d'entendre l'agent déclarer à la fin d'un long entretien : « Je suis
désolé je ne peux pas vous aider. Composez ce numéro, vous serez mis en relation avec quelqu'un
qui saura vous répondre. »
La conception des sites web – pourtant née d'une collaboration avec l'utilisateur – est le reflet
des silos de fonctions et de produits plutôt que des besoins des clients. Les banques, par exemple,
construisent leur site web en s'inspirant de leur structure interne en départements spécialisés. Pour
le client qui se rend sur le site parce qu'il a l'intention d'acheter une voiture, il serait plus commode
de trouver réunis les services en lien avec ce projet, par exemple les prêts personnels et
l'assurance.
ont besoin d'aide. Blizzard Entertainment offre aux adeptes des jeux vidéo un avantage du même
ordre : une assistance intégrée gratuite qui permet aux joueurs de continuer de chasser les orques ou
By
Lors d'un colloque, un participant raconta l'histoire d'un client qui avait dû appeler vingt-sept fois
avant d'obtenir satisfaction sur un problème donné. On imagine sans peine sa colère ! Et on ne peut
qu'admirer sa persévérance… En raison de l'éparpillement de ses données client, l'entreprise
coupable ne s'était pas rendu compte que les différents contacts émanaient du même client. Lorsque
tout fut réglé, l'affaire des « vingt-sept contacts » se transforma en un cas d'école. Il devint clair
pour toute l'entreprise que les problèmes devaient être résolus dès le premier contact.
Nous conseillons des entreprises de haute technologie et nous constatons que dans ce secteur
2,75 contacts sont nécessaires pour apporter une solution. C'est nettement inférieur au chiffre de
l'exemple cité – mais encore 1,75 fois de trop.
de ses agents avec les réclamations spécifiques des clients. Bupa est une compagnie d'assurances
spécialisée dans l'assistance au personnel travaillant sur les plateformes pétrolières. Compte tenu
de la diversité des situations et de la complexité des procédures de réclamation, la probabilité de
contacts répétés était élevée. De fait, pour un échantillon observé, 40 % des communications étaient
des appels répétés.
L'entreprise a revu tout son système pour mettre de l'expérience en face de la complexité et a
augmenté la marge d'autonomie des agents expérimentés. Dans le nouveau modèle, 70 % des
personnes qui appelaient bénéficiaient d'une solution immédiate et 30 % étaient dirigées vers une
équipe experte. Cette dernière abordait le problème posé avec l'intention de le résoudre dès le
premier contact. Curieusement, nombre de clients ne considèrent pas le fait d'être dirigés vers un
expert comme un transfert proprement dit. Au lieu de se sentir perdus, ils ont le sentiment d'être
bien traités puisqu'ils ont pour interlocuteur une personne plus qualifiée. Ce qui change tout en
termes de perception de résolution au premier contact. La charge de travail dans le nouveau modèle
(volume d'appels et nombre de contacts) a diminué de 40 %. Environ 20 % du volume d'appels ont
été éliminés et le temps que les agents consacraient à l'interaction a été réduit de presque deux
minutes par appel. Ce qui signifiait aussi que chaque contact était traité plus rapidement. Il n'y avait
quasiment plus de délais d'attente. Dans ce changement, le client apparaissait clairement comme le
grand gagnant.
Vous ne m'interrogez pas sur les efforts que j'ai dû fournir
Nombre d'entreprises ont inauguré une stratégie de « réduction de l'effort client » depuis qu'un
article de la Harvard Business Review a lancé le concept en juillet 2010d. L'article incitait les
entreprises à évaluer les efforts de leurs clients en les questionnant sur les difficultés qu'ils avaient
rencontrées lorsqu'ils voulaient s'inscrire, modifier un détail, engager une interaction ; etc. L'ironie
de la chose, c'est que les entreprises commençaient précisément par exiger d'eux un effort
supplémentaire en les interrogeant sur leurs efforts !
transporteur aérien : les passagers des longs courriers recevaient un questionnaire sur papier
atteignant quasiment un mètre. David s'amusait à le dérouler lors de ses conférences pour montrer à
By
l'assistance ce qu'il faut surtout éviter. D'un autre côté, sachant que le formulaire était distribué au
cours des vols les plus longs, les passagers avaient amplement le temps de le compléter.
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Par ailleurs, la simplification des processus apporte davantage d'agilité et permet d'exploiter
toutes les opportunités. Ces organisations regardent vers l'avant au lieu de demeurer focalisées sur
$!
la gestion des erreurs et des réclamations – elles sont réactives dans le traitement des
4$
dysfonctionnements. Dans la mesure où elles ont intégré la facilité et la simplicité dans leur mode
de pensée et dans la conception de leurs processus, elles réalisent des profits plus élevés que les
By
entreprises qui fonctionnent selon les anciens modèles et elles rendent leurs clients plus heureux.
Les bénéfices en termes de stratégie et de relation client sont clairs : des contacts moins
fréquents, plus courts et avant tout moins de frustration pour les clients. Le Tableau 4.2 résume les
bénéfices liés à cette stratégie de facilitation. Les exemples en témoignent : le client qui a fait
l'expérience de la facilité se montre plus disposé à acquérir d'autres types de produits et de
services. À l'issue de son ambitieux programme de simplification, l'un des clients de Bill, un grand
groupe de télécommunications, a constaté que ses ventes croisées avaient augmenté de 30 % parce
que le personnel avait le temps de proposer des offres et que les clients étaient devenus plus
réceptifs.
Besoins du client satisfaits Potentiel d'accroissement des revenus Potentiel de réduction des coûts
Augmentation du taux de conversion des ventes, du Réduction des coûts par vente. Diminution
Vous m'aidez à acheter chez
volume moyen de commandes, des ventes croisées et des retours et des coûts logistiques des
vous en rendant l'acte d'achat
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de montée en gamme. Achats plus fréquents. retours. Moins d'investissement dans les
plus facile.
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Rétention et valeur vie du client plus élevées. opérations d'assistance à la vente.
$!
Moins d'investissement en opérations
Davantage de temps pour les opérations marketing.
Je ne veux pas avoir de d'assistance technique et de support et
4$
Processus de vente plus rapide (de la commande au Moins de temps et de coûts consacrés à
Vous facilitez mon parcours paiement), volume de ventes plus élevé, bouche à réparer des erreurs. Moins de dépenses
d'achat. oreille positif incitant d'autres consommateurs à visant à retenir la clientèle et à regagner les
acheter. clients perdus.
Vous ne m'obligez pas à Achats de montants supérieurs. Propension accrue à Moins de temps perdu en détours. Moins
naviguer à travers les réaliser des ventes croisées et davantage de temps de temps perdu à traiter plusieurs fois les
méandres de votre organisation consacré aux ventes croisées. mêmes problèmes.
Vous m'apportez une solution Moins de temps et de coûts consacrés à
au premier contact ou vous Rétention et fidélité des clients. Bouche à oreille réparer des erreurs. Moins de demande
réglez au moins les problèmes positif. d'assistance parce que tout fonctionne
une bonne fois pour toutes. parfaitement !
Vous ne m'interrogez pas sur Dépenses d'achats en hausse. Davantage d'achats Moins de temps et de coûts consacrés à
les efforts que j'ai fournis et consécutifs aux réactions des clients connues en enquêter sur les clients, à collecter leurs
que vous connaissez déjà. temps réel. réponses et à analyser les résultats.
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Se mettre à la place du client
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Nombre d'entreprises souffrent d'insularité ou de nombrilisme, et oublient de se mettre à la place du
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client pour acquérir un nouveau point de vue. Quand des PDG se rendent « sur le terrain », ils sont
étonnés en découvrant ce que vivent leurs clients. Mais sauf à participer à une émission de
téléréalité, combien d'entre eux prennent le temps d'y aller ?
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Lors d'un entretien avec le responsable mondial de l'assistance technique de l'un de ses clients,
un éditeur de logiciels, Bill lui demanda : « Et vous, que faites-vous quand vous avez besoin
d'assistance technique ? » L'autre sourit et saisit son téléphone portable, composa trois chiffres et
fut immédiatement mis en relation avec un agent spécialisé. Rapide et facile !
Quand Bill lui fit observer que ses clients devaient se livrer à de longues recherches pour
trouver le numéro à appeler, attendre un certain temps avant d'avoir un correspondant (souvent situé
outre-mer et difficile à comprendre), et faire plusieurs tentatives avant que leur problème soit
résolu, le directeur de l'assistance technique fit une grimace. Il admit n'être jamais allé sur le site
web de l'entreprise pour trouver le bon numéro, ni avoir téléphoné pour connaître les délais
d'attente, ni même avoir été en communication avec un agent situé à l'autre bout du monde. Il
reconnut, en revanche, avoir sur son bureau une pile de rapports attestant des difficultés rencontrées
par ses clients.
Notes
a. Gabb Jacqui, Martina Klett-Davies, Janet Fink et Manuela Thomae, « Enduring Love ? Couple
Relationships in the 21st Century », Open University Enduring Love Research Project, 2014.
Consulté le 20 mai 2014 : http://www.open.ac.uk/researchprojects/enduringlove/file/ecms/web-
content/Final-Enduring-Love-Survey-Report.pdf
b. Customer Contact Leadership Council, « Shifting the Loyalty Curve », 2009. Consulté le 20 mai
2014 : https://ccc.executive board.com/public/Shifting_the_Loyalty_Curve(B2C).pdf
c. Jardon Bouska, ancien président de CheckFree Division, 2011 : e-mail adressé à Bill Price.
d. Matthew Dixon, Karen Freeman et Nicholas Toman, « Stop Trying to Delight Your Customers »,
Harvard Business Review, 88, 7/8, 2010, p. 116-122.
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Ch ap itr e
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Vous me valorisez
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Nous avons tous entendu le message suivant, parfois à plusieurs reprises, alors que nous
attendions d'être mis en relation avec un agent du centre de contact : « Nous vous remercions de
votre appel. Toutes nos lignes sont momentanément occupées, veuillez patienter, nous vous mettrons
en relation avec un téléconseiller dès que possible. »
Cette suite de phrases banales est un classique du service client – comment imaginer une
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formulation plus hypocrite à l'intention d'un client que l'on prétend valoriser ? Au premier abord,
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elle paraît sincère, mais quand le client l'entend réitérée toutes les trente secondes, elle finit par
sonner creux. Si l'entreprise se souciait vraiment de ses clients, elle mettrait plus d'agents à leur
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disposition ou trouverait un moyen plus efficace de traiter les appels – c'est probablement ce que
pense le client obligé de patienter.
By
Pourquoi certaines organisations traitent-elles leurs clients comme une marchandise de basse
qualité, alors que d'autres les considèrent comme des pépites d'or ? Tout rapport de réciprocité se
construit sur un échange de valeur. Le challenge étant qu'on ne peut pas savoir d'emblée s'il s'agira
d'une relation de valeur. Depuis quelques années, les entreprises récompensent les clients selon
leur valeur en analysant ceux qui sont importants et ceux qui ne le sont pas sur la base de la
segmentation RFM (récence, fréquence, montants).
Les entreprises qui sont actuellement leaders dans le domaine de l'expérience client – et dont le
succès est fondé sur cette expertise – imaginent des moyens originaux et efficaces pour donner à
leurs clients le sentiment qu'ils sont importants. Le modèle RFM consiste pour elles à regarder dans
le rétroviseur pour savoir comment avancer. Les entreprises leaders dans le modèle Me2B
reconnaissent qu'il est très difficile de détecter un client de valeur au début de la relation, alors que
les données sur les dépenses et les comportements ne sont pas encore définitives. Ces entreprises
préfèrent calculer et gérer la valeur potentielle que les clients sont susceptibles de leur apporter
– en particulier, la rentabilité potentielle de leurs futurs achats et incluant une plus grande part de
portefeuille. Elles s'intéressent également à la valeur potentielle du bouche à oreille positif qui
attire de nouveaux consommateurs vers l'entreprise.
L'ancien modèle de segmentation passe complètement à côté de ces cibles. La nouvelle stratégie
de réussite impose de traiter tous les clients comme s'ils avaient la même valeur, ou tout au moins
de posséder une vision nette de la valeur future et des indicateurs de valeur potentielle. Selon une
école de pensée à laquelle souscrivent plusieurs leaders Me2B, tous les clients peuvent avoir de la
valeur si l'entreprise prend le temps de bâtir une relation de réciprocité digne de ce nom.
Il était plus facile de comprendre le concept de valeur du client quand les affaires se traitaient à
l'échelon local et en face à face. Les entreprises d'hier avaient en mémoire l'historique de la
relation avec chacun de leurs clients. Les directeurs de banques locales ou les garagistes savaient
d'instinct comment valoriser ces relations. L'épicier acceptait d'ouvrir un compte à un client connu
et fidèle qui réglait l'ensemble de ses dépenses une fois par mois. Opposez cette pratique à ce qui
se passe dans les grandes entreprises d'aujourd'hui, dont les processus de collecte des créances et
de gestion du crédit sont appliqués uniformément, quel que soit l'historique de la relation client.
Les entreprises ont certes toujours connu différentes strates de service et différentes versions de
la segmentation des clients. Les pubs du Royaume-Uni comportaient un bar ouvert au grand public
et un salon ou lounge réservé à la clientèle plus fortunée. Il existait trois classes dans les trains,
comme aujourd'hui sur les vols intercontinentaux. Mais peu importait la catégorie ou la classe, les
meilleures entreprises respectaient leurs clients et les traitaient tous comme des individus de
valeur, et non comme des chiffres potentiels sur un compte de résultat.
Telle est l'essence du quatrième besoin du client selon la philosophie Me2B. Il s'exprime dans la
formule « vous me valorisez ». Aujourd'hui, les clients, qu'ils se situent à deux pas de l'entreprise
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ou à l'autre extrémité du globe, ne se contentent plus simplement des cartes de fidélité et des rabais.
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Ils veulent faire entendre leur voix, avoir leur mot à dire concernant la manière dont l'entreprise les
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considère, eux, et les autres clients, et ils estiment mériter un traitement qui soit à la hauteur de leur
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loyauté.
Il suffit parfois d'une simple manifestation de gratitude pour qu'ils se sentent valorisés et
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respectés. Les petites attentions contribuent à renforcer les relations avec les clients, comme on le
constate aussi dans les rapports personnels. L'étude de l'Open University menée au Royaume-Uni,
citée précédemment, a révélé que les expressions de gratitude et que les gestes de prévenance – le
moyen le plus immédiat de montrer que l'on apprécie l'autre – constituaient un facteur clé pour la
réussite d'une relation interpersonnelle.
Malheureusement, nombre d'organisations n'accordent pas de marque de valeur à leurs clients.
Certaines adoptent même une attitude qui se situe au-delà de la simple négligence – elles les traitent
comme une marchandise à exploiter. Elles ne respectent ni leur temps, ni leur contribution à
l'activité de l'entreprise. Dans la philosophie de l'orientation client qui prévaut actuellement, cette
posture n'est plus tenable. Les relations motivées par « la valeur que je peux tirer de vous »
appartiennent au passé. Ce chapitre indique comment satisfaire l'aspiration croissante des clients à
interagir avec des entreprises qui prennent le temps et qui font l'effort de les valoriser. Les cinq
exemples reproduits dans le Tableau 5.1 vous serviront de guides.
Tableau 5.1 L'expérience client : réussites et échecs
moment pourraient le devenir s'ils étaient traités convenablement. C'est ce que les spécialistes du
marketing appellent la valeur vie du client (customer lifetime value, CLV).
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Il est certain que le fait de prioriser la rentabilité future représente un défi pour les entreprises.
Cette philosophie se situe très loin de la stratégie actuelle qui s'appuie sur les ventes passées ; elle
suppose non seulement de prévoir la valeur future du client, mais aussi de la mettre en balance avec
les coûts futurs du service au client. Les entreprises qui s'en remettent aveuglément à l'historique
des ventes risquent de tomber dans le piège consistant à penser que l'expérience antérieure se
répétera à l'avenir. En réalité, chaque consommateur subit constamment des changements de mode
de vie et de cycle de vie – on se marie, on change de travail, on hérite… Les entreprises qui
regardent en arrière sous-estiment largement la valeur de nombre de leurs clients – et ces clients,
tout naturellement, se sentent sous-évalués, voire ignorés. À d'autres moments, ce sera l'inverse :
l'entreprise surestime la valeur réelle de ses clients.
Choisir de considérer d'abord la valeur vie client (CLV) n'a rien de très mystérieux. Il existe
plusieurs façons de mesurer la valeur potentielle, certaines méthodes sont déjà employées
actuellement, même de manière simplifiée. La première consiste à calculer combien un client
lambda vaut par an ou par achat, et de comparer le résultat aux coûts actuels de support et
d'acquisition. Pendant plusieurs années, certains secteurs ont établi des statistiques comparant les
coûts d'acquisition et les coûts de rétention d'un client. Ce ratio est important. Lors de fusions
récentes, des observateurs financiers ont affirmé qu'une entreprise avait versé 1 000 dollars par
client. La marge moyenne par client par an dans le secteur concerné était de 300 dollars. Cela
signifie que l'entreprise était persuadée qu'elle conserverait chaque client pendant au moins
3,33 ans juste pour atteindre l'équilibre. Dans le même secteur, l'acquisition d'un client en faisant du
porte-à-porte ou en démarchant par téléphone coûte de l'ordre de 200 dollars par acquisition. Mais
elle implique aussi d'accorder des rabais et de sacrifier sa marge la première année. Dans ces deux
domaines, les entreprises avaient des exemples. Aussi simplistes que soient ces exemples, ils
montrent que l'acquisition d'un nouveau client a un coût et qu'il faut avoir une vraie stratégie de
rétention de la clientèle pour rentabiliser ce coût.
En fait, il peut être plus profitable d'investir dans une campagne de rétention que d'acquérir de
nouveaux clients. Autrement dit, si vous réussissez à renforcer la fidélité ou la dépendance de vos
clients existants – pour qu'ils ne soient pas tentés de chercher d'autres fournisseurs – en éliminant
tout ce qui serait susceptible de les faire fuir, vous en retirerez un bénéfice considérable. David est
récemment intervenu auprès d'un groupe qui venait de racheter une petite entreprise. La stratégie
envisagée était de fusionner les deux structures – mais elle se révéla moins pertinente lorsque
l'équipe de David découvrit que l'entité nouvellement acquise possédait une expérience client
nettement supérieure à celle du groupe. Garder les deux activités distinctes se traduirait par des
coûts supplémentaires, mais l'analyse montra que la perte de 250 clients (un petit pourcentage),
résultat probable de la fusion projetée, coûterait encore davantage au groupe ; la valeur future de
ces clients excédant ce que coûterait le maintien de deux organisations distinctes.
services offerts par l'entreprise) est de définir l'envergure du portefeuille. Prenons l'exemple d'un
libraire. Le portefeuille comprend-il la totalité des achats concernant le marché du livre ? Ou doit-
By
on considérer que le livre est aussi assimilable à une forme de loisir personnel et d'éducation,
auquel cas le portefeuille devrait inclure d'autres types de loisir et d'éducation comme les
magazines ou les écoles ? Si l'on s'en tient à la première définition, la part du portefeuille du client
pourra s'élever à 25 %, mais si l'on prend en compte la seconde, elle ne sera que de 2 %. Il est
donc aisé de voir que l'idée que l'on se fait du potentiel futur de chaque client peut varier.
Les compagnies aériennes sont particulièrement sensibles à ce concept. Leur modèle
récompense les voyageurs fréquents, mais elles ne connaissent pas suffisamment l'historique
complet de chaque passager pour bâtir une analyse fiable de leur « part de portefeuille ». Voici un
exemple : un client fidèle qui accumule 55 000 miles est considéré par American Airlines comme
un voyageur de niveau moyen, son nombre de miles n'étant pas très élevé. Supposons maintenant
que la compagnie apprenne que ce même voyageur totalise 200 000 miles supplémentaires par an
en volant sur d'autres compagnies et concernant des destinations qu'elle dessert également. En lui
offrant un traitement très préférentiel, il n'est pas exclu qu'American Airlines puisse le récupérer.
Bien sûr, certaines compagnies adressent à leurs passagers des questionnaires leur demandant le
nombre de vols ou de miles effectués chaque année, mais le taux de réponse à ces enquêtes est
extrêmement faible. Au lieu d'évaluer le potentiel de voyageurs pour l'ensemble du secteur, les
compagnies aériennes persistent à ne comptabiliser que leurs propres miles, s'infligeant à elles-
mêmes un manque à gagner important. Si elles se décidaient à collecter les données fournies par les
médias sociaux, les conversations anodines avec le personnel au sol, sans parler des autres sources
d'information, elles pourraient évaluer la valeur potentielle réelle de leurs passagers et les traiter
en conséquence.
déposée sur un compte de Lloyds. La banque avait identifié un groupe à valeur potentielle élevée et
avait pris le pari que 5 £ par candidat (auxquels s'ajoutaient les frais d'organisation du concours)
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constituaient une mise de fonds relativement modeste pour attirer les membres et leur faire ouvrir
leur premier compte chez elle.
DIRECTV, un opérateur de télévision, a une vision large de la « part de portefeuille ». Il tient
compte des revenus apportés par les abonnés (environ l'équivalent de 80 euros par mois), et par ce
qu'ils dépensent chaque mois en allant au cinéma, en achetant des DVD (certes, en nombre
décroissant d'année en année) et en participant à d'autres formes de loisir et d'éducation. Le fait
d'intégrer les dépenses de loisir de ses clients dans leur globalité permet à l'entreprise de prédire
leurs dépenses à venir. C'est une information non négligeable au moment de fixer les tarifs des
événements sportifs, des chaînes thématiques, des programmes en streaming et d'autres produits
nouveaux. En intégrant l'industrie des loisirs sans se limiter au secteur de la télévision par satellite,
DIRECTV connaît la réelle valeur potentielle du client.
cour estima qu'elles étaient sans commune mesure avec les coûts occasionnés et imposa des
remboursements massifs. Ce fut l'avertissement ultime donné à une profession reconnue coupable de
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traitement inique à l'égard de clients de bonne foi. Au moment où nous publions ce livre, plusieurs
banques viennent d'être la cible d'actions collectives similaires.
postés sur des blogs et sur les autres forums communautaires. Dans le même ordre d'idées, les
clients de RACV sont codés par couleur en fonction de l'ancienneté de leur adhésion : cinq ans,
By
bronze ; dix ans, argent et ainsi de suite. Selon le niveau auquel il se situe, le client se verra
accorder des rabais plus ou moins importants. L'entreprise récompense la fidélité en offrant à ses
clients à la fois reconnaissance et incitation à rester. Elle estime que le fait d'avoir acquitté
vingt ans de cotisations leur donne largement droit à un rabais.
organisations, freinent, voire empêchent la mise en place de stratégies d'écoute suivies d'action.
« Considérez chaque critique comme un cadeau », tel est le conseil des spécialistes. Pourtant trop
souvent, le personnel en prise directe avec la clientèle, en magasin, dans les centres de service
après-vente, sur le terrain, estime qu'« écouter les doléances des clients et les faire remonter » ne
fait pas partie de leur travail.
On retrouve cette attitude dans tous les secteurs. À l'aéroport, le personnel au sol vous conseille
« d'appeler le numéro vert ». David a récemment tenté l'expérience auprès d'un transporteur
ferroviaire. Indiquant à l'employé du guichet qu'il avait une suggestion à faire sur des possibilités
d'amélioration, il reçut cette réponse laconique : « Adressez-vous aux réclamations. » David
précisa qu'il ne s'agissait pas d'une réclamation, mais son interlocuteur insista. À contrecœur,
David soumit son idée au service des réclamations. Le préposé la traita évidemment comme une
critique et lui demanda si le problème persistait. David répéta qu'il n'y avait aucun problème et
qu'il voulait juste faire une proposition d'évaluation. Mais faute de catégorie adéquate, il fut
impossible d'entrer l'observation de David dans le système informatique. L'affaire s'arrêta là.
Bilan : un conseil et du temps gaspillés. Nous posons à tous nos clients une question qui a valeur de
test : le personnel en contact avec la clientèle sait-il écouter les suggestions et dans l'affirmative,
existe-t-il un mécanisme qui permette de faire remonter l'information aux responsables ?
Les enquêtes constituent un moyen d'écoute concret, mais leur succès est relatif. Nombre
d'organisations utilisent ce que nous appelons « l'écoute pour la forme » – des questionnaires
standards qui ne comportent pas de questions ouvertes. Elles n'écoutent pas vraiment, puisqu'elles
ont défini à l'avance ce qui leur semble important – une expérience frustrante pour le client qui a
d'autres attentes.
D'autres entreprises sont victimes du biais d'échantillonnage. Une compagnie d'assurances était
ravie des résultats positifs de l'enquête qu'elle avait lancée. Nous avons alors découvert qu'elle
n'envoyait le questionnaire qu'aux clients dont l'affaire avait déjà été traitée (leur dossier était
clos). Ceux qui avaient un problème en cours d'examen ou non résolu, en tout cas non enregistré
dans le système, n'apparaissaient pas dans l'enquête. La compagnie avait délibérément fermé
l'oreille aux commentaires des clients susceptibles d'être mécontents.
Les enquêtes a posteriori sont utiles jusqu'à un certain point. Le plus souvent, les clients
victimes d'une (très) mauvaise expérience – par exemple les 20 % d'usagers qui ont téléphoné
pendant plus d'un quart d'heure au centre de contact de leur fournisseur d'électricité – n'ont guère
envie de continuer à gaspiller du temps à répondre à un questionnaire.
Cela posé, les organisations doivent aussi écouter pour savoir ce que les paroles des clients
révèlent de leurs préférences. Il leur faut apprendre à lire entre les lignes, à tenir compte du
contexte et à décrypter les comportements. Les clients qui manifestent leur satisfaction, mais qui
n'achètent plus jamais ses produits/services envoient une alerte à l'entreprise – laquelle doit alors
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s'interroger sur certains signaux antérieurs trahissant peut-être leur véritable état d'esprit. C'est le
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point d'application idéal du Big Data, ce gigantesque broyage de données disparates qui permet de
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décrypter et de prévoir les comportements. Nous attendons les résultats avec impatience !
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Pendant des années, Tom Peters a enseigné une pratique managériale appelée le « management
baladeur » apprise de Hewlett-Packardb. Il avait même créé des calendriers à l'usage des
dirigeants, comportant chaque jour des espaces grisés représentant des plages horaires décidées au
hasard, pendant lesquelles ils devaient quitter leur bureau et aller voir ce qui se passait dans
l'entreprise, notamment à l'échelon des employés en contact avec la clientèle. C'est une démarche
capitale, malheureusement moins répandue qu'elle ne devrait – sauf peut-être sur les plateaux de
télévision. Des émissions de téléréalité importées des États-Unis ou de Grande-Bretagne comme
Patron Incognito montrent des PDG qui d'emblée, n'ont aucune idée du face à face entre les clients
et le personnel. L'émission les dépeint souvent de retour dans leur bureau, après l'épreuve du feu,
décrétant que dorénavant l'entreprise sera réorganisée autour de l'expérience client. Mais il s'agit
de téléréalité. Voyons ce qu'il en est dans la vraie vie à l'aide d'exemples pris sur le vif.
Paul Polman, le PDG d'Unilever, s'entretient directement avec les clients et les fournisseurs lors
de ses déplacements à l'étranger. Richard Branson, de Virgin, fait de même. L'ancien PDG de
BestBuy, Brian Dunn, qui a débuté sa carrière dans le groupe au contact de la clientèle, se rendait
volontiers dans les magasins et passait beaucoup de temps avec le personnel de vente et de support
pour observer ce qui se vendait et ce qui ne se vendait pas, et pour voir comment améliorer le
rendement des équipes.
En général, les dirigeants renâclent à s'éloigner de leur bureau. L'un des premiers clients de Bill
considérait le rapport de Bill sur les problèmes du centre de contact d'un air perplexe, avouant que
la situation le prenait par surprise. Poussé dans ses retranchements, il reconnut qu'il ne s'était
jamais rendu dans les locaux du service client, pourtant situés à deux pas de son bureau. Bill,
déconcerté, pria l'assistante du PDG de les rejoindre. S'inspirant du calendrier de Tom Peters, il
passa en revue avec elle le planning, annula plusieurs réunions superflues et réussit à dégager
quatre heures hebdomadaires pour que le PDG se familiarise avec la relation client. Deux semaines
plus tard, ce dernier lui fit part avec enthousiasme de tout ce que ses visites au centre de contact lui
avaient appris sur les problèmes en cours, les questions à envisager, les innovations possibles. Il
rendit même hommage au personnel confronté à une tâche souvent ingrate. Après cette mise en
situation concrète, il lui devint plus facile d'approuver les investissements ciblés sur l'amélioration
de l'expérience client et de l'expérience des agents ; ce dont tout le monde bénéficia.
Les entreprises qui sont à l'écoute de ce que leurs clients disent à d'autres consommateurs sur ces
forums (une qualité essentielle des leaders Me2B) prouvent qu'elles accordent de la valeur à leurs
By
clients en cherchant à connaître leur opinion et en l'écoutant telle qu'ils l'expriment sur le canal de
leur choix.
Nous avons vu que la vente, le service, l'assistance, tous les modes d'interaction en général,
doivent s'effectuer avec un minimum d'effort de la part du client. « Valorisez mon temps et mon
effort » étend ce concept aux méthodes que l'entreprise utilise pour solliciter la contribution et les
retours du client. Lancer un questionnaire, surtout lorsqu'il n'est pas accompagné d'une récompense
explicite, revient à solliciter une faveur du client, à lui demander de consacrer du temps et des
efforts pour aider l'entreprise. Les leaders Me2B le savent pertinemment et trouvent les moyens
d'obtenir un retour du client tout en requérant un minimum de temps et d'attention de sa part. Chaque
question devrait être conçue en fonction de l'effort qu'elle demande au client. (Ce critère
s'appliquant également au questionnaire.)
Hyatt Hotel Corporation a lancé en 2007 sa marque Andaz, qui s'est rapidement implantée en
Asie, en Amérique du Nord et en Europe. La nouvelle chaîne avait été conçue pour remplir un
double objectif : supprimer tous les obstacles à une expérience hôtelière d'exception et éliminer
tout ce qui empêche le personnel d'offrir cette expérience aux clients. Le résultat ? Les clients se
sentent valorisés à chaque étape de leur séjour. Sans oublier les bénéfices annexes ; par exemple, la
simplification des procédures d'enregistrement, de facturation et de fourniture de services, et une
plus grande flexibilité du personnel qui permet de mieux satisfaire les besoins des clients.
L'équipe d'Andaz sait que si la conception intelligente de l'hôtel contribue pour une part à cet
objectif, le personnel doit jouer son rôle en apprenant à adopter la perspective du client. Avant
l'ouverture d'un nouvel établissement, l'équipe gestionnaire s'exerce à « imaginer le client » et
invite la famille et des amis des employés à y séjourner pour en faire l'expérience.
Les préférences des clients sont également scrutées dans le détail : l'équipe a réorganisé les
processus standards en fonction de cette exigence. Ayant par exemple constaté que les clients
n'apprécient pas de devoir régler les produits du minibar qu'ils consomment, chez Andaz, les
boissons non alcoolisées, les confiseries et les en-cas divers sont gratuits. De même, sachant que
les clients ont souvent besoin de faire repasser un vêtement à leur arrivée, la chaîne met
gracieusement ce service à leur disposition.
de déplacements professionnels ? » En outre, l'hôtel interrogeait les clients sur le nombre de nuits
qu'ils avaient passées à l'hôtel même – une information qu'il possédait déjà. En compliquant
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inutilement son questionnaire, cet établissement se privait certainement d'un grand nombre de
réponses – et s'aliénait plus d'un client par son approche désinvolte. Quand les entreprises lancent
des enquêtes maladroites qui mettent lourdement leurs clients à contribution, ceux-ci ne se sentent
pas valorisés. Ils ont l'impression d'être utilisés.
Parmi les leaders Me2B, peu d'entreprises ont trouvé le moyen de s'assurer que leurs partenaires
accordent aux clients la valeur et le respect qu'elles-mêmes leur témoignent. C'est sans doute la
manière la plus difficile et la moins usitée de renforcer le sentiment de valorisation des clients.
Et pourtant, c'est primordial. Le monde des affaires est plus interrelié que jamais. Dans le
monde entier, les entreprises sous-traitent à des tiers la relation client par téléphone. Les
entreprises de télévision par câble confient à des prestataires indépendants les travaux
d'installation et de réparation ; les principales compagnies aériennes délèguent les vols court-
courriers à leurs compagnies de charter qui, tout en conservant le logo de l'entreprise mère, sont
détenues et gérées en propre ; des chaînes hôtelières développent leur marque par le biais de
contrats de licence ou de franchise. Les entreprises partenaires opérant pour le compte de
l'organisation principale doivent comprendre et exploiter la proposition de valeur des clients. Elles
doivent comme elle connaître l'historique du client, être informées des problématiques et des
opportunités, et avoir la possibilité de participer à la collecte et à l'exploitation de l'information
client.
peut ne pas faire partie de vos restaurants préférés, mais c'est l'une des entreprises les plus
prospères au monde. Elle a su créer une expérience client homogène sur toute la planète, tout en
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respectant les différences locales, qu'il s'agisse de la tradition culinaire, de la taille des portions ou
des ingrédients. L'un des premiers mots d'ordre de Ray Kroc, enseigné à la Hamburger University »
à des générations de managers nouvellement promus était « QSC&V » (Q comme qualité, S comme
service, C comme cleanliness ou propreté et V comme valeur). Le groupe contrôle en permanence
points de contact et données pour s'assurer que ces principes sont respectés. À travers un système
de formation et de veille élaboré, McDonald's a pérennisé tous les éléments de sa réussite, depuis
le succès de ses premiers établissements dans les années 1950 et 1960 jusqu'à son réseau actuel de
franchisés répartis dans le monde entier.
De la même façon, mais à l'autre extrémité de l'échelle, dans le domaine du luxe, les
établissements de la chaîne Hyatt sont presque exclusivement gérés par des propriétaires locaux.
Hyatt impose à ses partenaires ses normes de qualité, ses produits marqués du logo, son système de
réservation centralisé (entre autres obligations), et veille à ce qu'ils valorisent les clients en leur
garantissant une expérience de qualité constante. Peu de clients se rendent compte que chaque hôtel
est géré par un propriétaire indépendant, ce qui témoigne d'un partenariat réussi.
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moindre coût, de changer subitement d'attitude et de les considérer comme un actif précieux à
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cultiver et à nourrir. Nous le verrons un peu plus tard dans ce livre, pour provoquer une remise en
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question, il faut qu'une rupture se produise, par exemple l'arrivée d'un nouveau dirigeant ou une
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crise qui oblige l'entreprise à se réinventer. Mais les entreprises peuvent aussi engager une
démarche de valorisation des clients en optant pour une vision à long terme.
By
Besoins du client satisfaits Potentiel d'accroissement des revenus Potentiel de réduction des coûts
Fidélité accrue de la part de segments de Moins de dépenses destinées à attirer de
Vous valorisez la durée et l'intensité
clientèle de valeur. Plus de dépenses de nouveaux clients ou à retenir ceux qui
de ma relation avec vous.
marketing ciblées. menacent de s'en aller.
Évite de gaspiller des dollars en marketing à
Marketing ciblé sur les clients à fort potentiel.
Vous valorisez mon potentiel. destination de clients qui ont déjà délivré de la
Valeur vie du client accrue.
valeur.
Moins d'investissements en études de marché.
Vous m'écoutez et vous agissez en Rétention des clients accrue. Croissance due
Diminution des coûts liés au gaspillage et aux
fonction de ce que je dis. à la réputation et au bouche à oreille.
efforts.
Vous valorisez mon temps et mon Retour d'expérience et actions correctives
Diminution des coûts d'enquêtes et d'analyses.
effort. plus rapides.
Vous vous assurez que vos
Coûts de support réduits. Moins de dépenses
partenaires me valorisent autant Rétention de la clientèle.
destinées à maintenir le niveau de clientèle.
que vous le faites.
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Définir des critères de mesure cohérents avec la valeur à long terme
$!
du client
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Une partie de l'entreprise ou certains de ses partenaires peuvent s'être fixé des objectifs qui entrent
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en conflit avec la manière dont l'entreprise veut gérer certains clients. Par exemple : demander à un
sous-traitant de limiter ses coûts peut signifier que l'entreprise privilégie l'efficacité au détriment
de la qualité de service pour tous les clients. Pour surmonter ce dilemme, les entreprises doivent
repérer et réconcilier les objectifs antagonistes. Certaines entreprises ont résolu le problème en
définissant des mesures en harmonie avec les objectifs client au sens large. Si l'on décide par
exemple d'évaluer un sous-traitant ou une activité de service en fonction du taux de résolution, cela
induira probablement des comportements différents de ceux que l'on obtiendrait en récompensant
plutôt la brièveté des contacts. L'évaluation peut devenir encore plus complexe quand l'entreprise
veut appliquer un traitement différencié à ses clients, ce qui impose de fixer des critères de mesure
en fonction du traitement apporté à chaque groupe de clients.
Notes
a. Leah Binkovitz, « A Nike Shoe, Now a Part of the Smithsonian », Smithsonian, février 2013.
Consulté le 20 mai 2014 : http://www.smithsonianmag.com/smithsonian-institution/a-nike-shoe-
now-a-part-of-the-smithsonian-4378596/
b. Ton Peters et Nancy Austin, La Passion de l'excellence, InterÉditions, 1985.
Ch ap itr e
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Vous me faites confiance
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$!
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Il est frustrant de se trouver face à une attitude que l'on ressent comme inflexible et arbitraire de
la part d'une entreprise avec laquelle on traite. Et ce sentiment peut très vite se transformer en
colère quand le comportement semble dicté par un manque de confiance à votre égard.
C'est une expérience que nombre d'entre nous connaissent. Depuis les vingt dernières années, la
plupart des organisations ont adopté un système de management directif et hiérarchisé qui privilégie
l'efficacité et les procédures normalisées, afin d'éviter tout écart par rapport à une ligne fixée – par
exemple, le modèle Six Sigma et les autres formes de standardisation des processus. Mais en
appliquant cette politique au personnel de première ligne pour limiter les possibilités d'erreurs et
les conséquences indésirables, on restreint le choix pour les clients. Un commerçant qui vend des
vêtements de cérémonie ou de soirée n'accepte pas, par exemple, d'échanger un article au-delà d'un
délai de dix jours (ce qui est très court), afin d'éviter que le client ne soit tenté de le porter avant de
le retourner au magasin. Ces règles rigides, qui ont un effet limitant, sont souvent édictées pour
protéger l'entreprise contre des clients peu scrupuleux. Malheureusement, elles se traduisent par des
expériences négatives pour l'ensemble des clients et obligent les employés de première ligne à
rester intransigeants dans des situations où ils pourraient se montrer plus accommodants.
Les leaders Me2B qui veulent offrir à leurs clients des expériences exceptionnelles savent que
la confiance, en tant que gage de bonnes relations, fonctionne dans les deux sens. Ces entreprises
appliquent le système directif et hiérarchisé dans la fabrication, la conception des produits et des
systèmes, ou dans le transport et la livraison, mais n'en tiennent pas compte lorsqu'il s'agit de
l'expérience client. La confiance accordée aux clients est mise en balance avec le coût potentiel
– dans l'exemple ci-dessus, la vente perdue et les dommages dus au client qui a utilisé le
fournisseur comme un service de location de vêtement gratuit. Elles savent aussi qu'il est
indispensable de faire confiance au personnel en contact avec les clients, et de l'autoriser à déroger
à la règle si nécessaire.
Il existe certes des clients dépourvus de scrupules, et vous ne pouvez pas (et ne devriez pas)
accorder uniformément votre confiance. Avant que les organisations gagnent en dimension et en
complexité, il leur était plus facile de faire confiance à leurs clients et inversement. Les relations
étaient plus étroites et les communautés restreintes. Les réputations se faisaient et se défaisaient
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rapidement. Aucune personne, aucune entreprise ne pouvait se permettre de perdre la confiance de
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la communauté, ni de se méfier des autres.
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Mais nous voyons aujourd'hui nombre d'organisations évoluer vers l'autre extrême : la méfiance
est devenue une seconde nature et elles mettent en place des systèmes de contrôle concernant tous
les clients et toutes les situations, même quand le risque est négligeable ou inexistant. À l'inverse,
By
les entreprises qui privilégient la qualité de la relation client estiment que les obligations et les
restrictions sont plus coûteuses et occasionnent plus de dommages que les actes qu'elles tentent
d'empêcher. Elles ont adopté d'autres modes opératoires. Nous en examinerons cinq au cours de ce
chapitre. L'entreprise qui veut entrer avec succès dans l'ère du Me2B doit trouver un équilibre entre
la confiance et le contrôle. Le Tableau 6.1 propose cinq exemples de réussite et d'échec à méditer.
Tableau 6.1 L'expérience client : réussites et échecs
Vous me faites confiance (réussite) Vous me faites confiance (échec)
Vous ne faites pas confiance à vos clients en raison du
Vous ne m'appliquez pas un traitement uniforme.
comportement de certains d'entre eux.
Vous ne m'imposez pas de politique arbitraire et vous admettez des Vous ne vous ménagez aucune marge de manœuvre, y
exceptions. compris dans les situations exceptionnelles.
Vous vous fiez à ma version des événements sans m'obliger à toutes Vous obligez le client à fournir des preuves avec documents
sortes de contorsions pour fournir des preuves. concrets à l'appui.
Vous présentez des données trompeuses ou douteuses et vous
Vous me fournissez des occasions de vous faire confiance.
ne tenez pas toutes vos promesses.
Vous supprimez les commentaires de vos clients sur les
Vous me faites confiance pour conseiller les autres.
médias sociaux et sur tous les médias en général.
Vous ne m'appliquez pas un traitement uniforme
Certaines entreprises voient dans tous leurs clients des fraudeurs potentiels. Il suffit d'une
escroquerie ou d'un vol pour déclencher une vague de méfiance généralisée et instaurer rapidement
un état d'esprit du type « c'est comme cela qu'il faut traiter les clients ». Les organisations Me2B ont
au contraire appris à gérer l'exception plutôt que la règle. La priorité accordée à l'expérience client
les conduit à élaborer des processus intelligents et à faire confiance au personnel de première ligne.
Les entreprises des secteurs dans lesquels la fraude constitue une menace réelle ont, elles aussi,
trouvé des solutions pour respecter l'équilibre confiance/risque. Prenons l'exemple des compagnies
d'assurances. La valeur d'un produit d'assurance se révèle au moment de la réclamation du client.
Cependant, la santé financière des compagnies d'assurances dépend de leur capacité à maîtriser les
réclamations. Malheureusement pour les clients, cela peut signifier que la protection qui leur avait
été garantie et pour laquelle ils ont payé pendant plusieurs années soit difficile à obtenir ; les
inspections d'experts, le processus d'approbation, les procédures administratives et la méfiance
généralisée compliquent le processus de réclamation et d'indemnisation. Le cas extrême qui a
valeur d'exemple, est ce qui s'est passé à Christchurch, en Nouvelle-Zélande : quatre ans après le
tremblement de terre, de nombreux assurés dont le logement a été détruit n'ont pas pu entreprendre
les travaux de reconstruction à cause de litiges avec les compagnies d'assurances, alors même que
les dommages étaient clairement dus au tremblement de terre. Aux États-Unis, l'ouragan Katrina a
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été cause d'histoires tout aussi désolantes et terribles, des années après la catastrophe.
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D'autres compagnies d'assurances pratiquent heureusement des méthodes plus civilisées.
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Suncorp, une compagnie d'assurances australienne, a été confrontée à une série d'accidents
météorologiques tout aussi destructeurs, dont le cyclone Yasi et des inondations à Brisbane et dans
les environs. Après le passage de Yasi, les appels pour demandes d'indemnisation ont augmenté de
By
50 % en une semaine. L'expérience de cyclones précédents en 2006 ayant prouvé que les processus
habituels étaient inopérants, Sunkorp avait prévu une nouvelle stratégie. La compagnie a réorganisé
le tri des appels et traité une grande partie des réclamations en express, avec des procédures
administratives et un processus de fourniture de preuves simplifiés. Sunkorp montrait ainsi qu'il
faisait confiance aux assurés tout au long du processus, qu'il réagissait rapidement et apportait un
soulagement immédiat aux victimes. La compagnie a réutilisé ce dispositif lors de tempêtes plus
récentes, à la grande satisfaction de ses adhérents.
Certains assureurs vont maintenant jusqu'à rembourser des dommages mineurs sans exiger de
preuves détaillées. Ils ont compris par ailleurs que la confiance (ou la facilitation de l'expérience
client) a une valeur telle pour les clients qu'elle justifie un réajustement des tarifs afin de
compenser le pourcentage minime (peut-être 1 %) de réclamations frauduleuses. Ils ont aussi prévu
des systèmes destinés à mettre en garde ou à détecter les clients qui tentent de tricher en déposant
plusieurs fois une demande de dédommagement pour un même sinistre.
Il existe un autre exemple de politique de protection de risques mineurs totalement inadaptée. Les
fournisseurs d'énergie exigent souvent que les colocataires d'un appartement ou d'une maison
By
prouvent concrètement qu'ils figurent tous sur le bail et leur demandent de présenter le contrat établi
par l'agent immobilier. AGL et Origin Energy en Australie, Puget Sound Energy à Seattle, aux États-
Unis, ont compris que les cas où les clients tentent de se soustraire à leurs responsabilités en se
passant mutuellement le contrat de bail sont extrêmement rares. Ils ont estimé préférable de
déléguer à une seule personne l'autorisation de conclure le contrat pour la fourniture d'énergie, ce
qui accélère le processus, au lieu d'imposer une démarche longue et compliquée à tous les
occupants, avec à la clé une série d'échanges téléphonique et autant d'interactions avec le
propriétaire du bien. Après ce changement de politique, ils n'ont pas constaté davantage d'impayés
– et les clients vivant en colocation ont pu bénéficier aussi rapidement que les autres de la
fourniture d'électricité.
Zappos, Amazon, et Marks & Spencer sont connus pour leurs politiques de retour. Amazon
donne la possibilité à ses clients de télécharger des étiquettes de retour et de renvoyer leurs
marchandises sans autre preuve. Le groupe sait que peu de clients se donneraient la peine de
commander et de régler une marchandise pour la retourner ensuite. Même en supposant qu'un
certain nombre de clients changent d'avis, le coût induit serait minime – et largement compensé par
les clients fidèles et satisfaits qui commandent d'autant plus facilement qu'ils ont la liberté de
renvoyer les articles achetés sans procédures compliquées. Zappos partage la même philosophie.
L'entreprise accepte les retours pendant un an. Net-a-Porter fait de même, ainsi que Shoes of Prey.
Ces entreprises ont transformé le risque de l'achat en ligne – le client ne peut ni toucher, ni
essayer – en avantage. Les clients deviennent rapidement fidèles dès qu'ils comprennent que
l'entreprise est disposée à assumer le risque à leur place.
Marks & Spencer a instauré sa politique de retour plusieurs années avant l'arrivée d'Internet. Les
premiers magasins Marks & Spencer possédaient peu de cabines d'essayage. Les clients pouvaient
emporter les vêtements qu'ils achetaient, les essayer chez eux et les rapporter s'ils ne convenaient
pas. Cette pratique devint partie intégrante de la proposition de valeur, y compris après la
généralisation des cabines d'essayage à tous les points de vente. Les clients appréciaient la liberté
de pouvoir essayer les articles chez eux. Cette approche créait la confiance et encourageait les
clients à acheter pour eux-mêmes sans crainte, à acheter des cadeaux pour les autres et à se laisser
aller à des achats d'impulsion.
Le Goring Hotel, un célèbre établissement cinq-étoiles de Londres, fait confiance à ses clients
– qui font en général partie de l'élite. Nombre d'hôtels exigent le versement d'un acompte substantiel
pour la réservation d'une salle de conférence ou de réception. Le Goring s'y refuse, la parole du
client suffit et le paiement s'effectue après la conférence ou la réception. C'est une pratique inusitée
dans le monde de l'hôtellerie de luxe.
En Australie, l'administration des impôts fait parfois preuve d'une grande souplesse à l'égard des
contribuables susceptibles de rencontrer des problèmes de liquidités. Les TPE et les PME
bénéficient de larges délais pour effectuer les paiements élevés. L'administration sait que le
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règlement des impôts peut avoir un impact significatif sur la trésorerie de l'entreprise. Quand un
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contribuable sollicite un report de plusieurs semaines, sa demande est acceptée. L'administration
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vérifie bien sûr que l'entreprise est capable d'honorer sa promesse, mais la confiance dont elle fait
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preuve est appréciée par les entreprises et contribue à huiler les rouages de l'économie.
À Vashon Island, près de Seattle (où se situe la maison de campagne de Bill et de son épouse
By
Lori), survit la tradition des stands en plein air où les fermiers locaux proposent leur marchandise
(œufs, fruits et légumes). Les stands ne sont pas surveillés et les prix ne sont pas toujours affichés,
chacun paie ce qu'il estime juste. Par deux fois, en l'espace d'une année, de l'argent a été volé dans
la boîte où une agricultrice conserve les sommes qu'elle a récoltées. Mais elle n'a pas jugé
opportun de faire garder son stand pour autant. La plupart du temps, les clients se montrent
honnêtes. Un de ses voisins vient de confectionner un mini-coffre-fort renforcé qui résout
définitivement les problèmes de vola. Bien sûr, on pourrait aussi voler les produits mis en vente,
mais là encore, la confiance a une valeur qui excède le risque.
Les entreprises orientées client font également preuve de flexibilité lorsque des clients loyaux se
trouvent confrontés à une situation délicate. Southern California Edison (SCE), un fournisseur
By
d'énergie de Californie, donc proche du Mexique, reçoit occasionnellement des appels de clients
affolés disant que leur conjoint, leur père ou leur mère risque d'être reconduit à la frontière
mexicaine et qu'ils ont l'intention, bien qu'ayant la nationalité américaine, de le rejoindre. Ils
préviennent SCE qu'il leur faudra plusieurs semaines pour mettre leurs affaires en ordre et qu'ils
n'auront pas la possibilité de régler leur facture en instance. Si certaines entreprises pressent le
client de payer le plus rapidement possible, par crainte qu'il ne déménage définitivement, SCE mise
au contraire sur la confiance et estime qu'un client qui se donne la peine de téléphoner pour
expliquer sa situation s'exécutera tôt ou tard. Le personnel en contact avec la clientèle est autorisé à
assouplir les règles – par souci d'humanité, certes, mais aussi parce que c'est dans l'intérêt de
l'entreprise.
De la même façon, en Australie, trois fournisseurs d'énergie ont mis en place des équipes
chargées de gérer les situations difficiles et instauré des politiques dédiées aux clients concernés
– la loi australienne protège les consommateurs et leur garantit la fourniture de services essentiels.
Dans certains cas, l'entreprise échelonne le montant pour que le client puisse régler ou éviter au
moins de s'endetter trop lourdement. Elle l'aide aussi à obtenir des aides gouvernementales et met
en place un audit énergétique et des recommandations pour qu'il apprenne à réduire sa
consommation. Toutes ces politiques sont autant d'exemples de traitements adaptés à une situation
exceptionnelle.
Vous vous fiez à ma version des événements
Nous constatons avec étonnement que les entreprises, par leurs politiques et leurs processus,
obligent souvent les clients à reprendre de zéro une démarche entamée, ou qu'elles ne se fient pas à
leurs critiques sur le fonctionnement du produit/service acheté. Ce faisant, elles donnent
l'impression de les traiter comme des enfants et placent le personnel de première ligne dans une
situation embarrassante. En appliquant trop strictement le règlement, en exigeant par exemple des
preuves pour certaines réclamations, elles disent en somme au client : « Je ne crois pas votre
version des faits. » Ce qui engendre perte de temps et frustration, comme en témoigne l'histoire de
cette cliente aux prises avec un décodeur TV défectueux. Après plusieurs tentatives infructueuses,
elle appela le service d'assistance qui lui conseilla de redémarrer l'appareil. Elle expliqua qu'elle
avait déjà essayé sans succès. « Je suis désolé, répondit l'agent, essayez de nouveau en restant en
ligne. » D'abord réticente, elle s'exécuta et au bout de cinq minutes, n'ayant pas de résultat, elle
abandonna. Déçue, cette personne finit par annuler son abonnement.
Des leaders Me2B comme Costco, REI, et vente-privee prennent les réactions de leurs clients
très au sérieux et estiment que cette stratégie se traduit à longue échéance par des retombées en
termes de fidélité, de revenus et de publicité par le bouche à oreille. Il est étonnant de constater à
quel point le moindre témoignage de confiance attache le client à l'entreprise.
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Contre-exemple : mieux vaut être mort
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Les réglementations maladroites qui signalent de la méfiance vis-à-vis du client sont encore pires
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dans les moments de détresse émotionnelle – par exemple, en cas de deuil. Un service public de
fourniture d'électricité avait pour politique d'exiger une copie du certificat de décès avant de
By
transférer le contrat d'un client décédé à une autre personne, ajoutant un tourment supplémentaire au
chagrin éprouvé par cette personne. En travaillant avec lui sur ce problème, nous avons trouvé le
moyen d'inclure dans le contrat la mention parent ou exécuteur testamentaire pour ces situations
spécifiques.
la meilleure stratégie marketing et elles étayent leur démonstration par des témoignages réels.
D'autres comptent sur le pouvoir des communautés de clients pour promouvoir leurs produits. Mais
By
les médias sociaux peuvent aussi tromper le consommateur ; certains services se louent au prix fort.
Des hôtels et des restaurants pourtant dignes de confiance gonflent leurs statistiques et leur
classement en demandant à des amis et à leur famille de publier des critiques élogieuses sur des
sites influents. (Comment leur jeter la pierre ? Lors de la parution de notre premier livre, nous
avions fait en sorte que les premières critiques émanent de personnes que nous connaissions.)
Il existe une seconde catégorie d'affirmations fausses, celles qui concernent une promesse faite
de bonne foi, mais que l'entreprise ne parvient pas à tenir. Quand on assure à un client : « vous
aurez une réponse dans trois jours » ou « nous vous rappellerons », ou encore « le remboursement
vient de vous être expédié par courrier, vous devriez le recevoir incessamment », cela doit être
vrai. Dès que l'on rompt un engagement, la confiance disparaît. Le seul moyen de l'éviter est
d'instaurer des processus intégrés, permanents, pour que les équipes face aux clients comprennent
les enjeux réels et les engagements à prendre et à respecter. Il faut également assurer la continuité
du service et gérer les attentes du client. En cas de problème, le fait de se montrer proactif et de
corriger la situation peut contribuer à restaurer la confiance.
Les meilleures des entreprises savent désormais que la confiance des clients est fragile. Prenons
l'exemple de Toyota et de Volkswagen. Pendant des décennies, ces deux constructeurs ont été le
symbole même de la fiabilité. Mais après le rappel de plusieurs de leurs produits à l'échelle
mondiale, en dépit de leur réputation antérieure, la confiance que le public avait en eux a faibli.
Aucune entreprise ne peut se reposer sur ses lauriers – comme tout ce qui a trait aux relations, la
confiance croît et décroît à chaque interaction.
trouvait mis au pied du mur. Une entreprise qui mise sur la transparence aurait accompagné chaque
facture d'une lettre d'excuses, en expliquant également aux clients qu'ils bénéficiaient d'un délai de
By
paiement. En faisant cela, il aurait peut-être conservé l'estime de ses clients. Mais le fait d'avoir
dissimulé la réalité et ses obligations légales a éloigné une bonne partie de la clientèle. L'opération
a peut-être soulagé sa trésorerie à court terme, mais elle s'est traduite par une perte de confiance
des clients.
Un constructeur automobile renommé a commis la même erreur. Pendant deux ans, diverses
rumeurs ont circulé au sujet d'un de ses modèles. Des consommateurs affirmaient que le moteur
s'arrêtait complètement, ce qui était extrêmement dangereux sur autoroute et sur les grandes voies
de circulation dans la mesure où le véhicule se mettait brusquement à décélérer. Les médias et le
public se firent l'écho du problème, mais le constructeur continuait à affirmer que tout allait pour le
mieux. Il fut en fin de compte obligé de rappeler 5 millions de véhicules, un exercice qui lui coûta
une fortune. Si le rappel était intervenu immédiatement et à titre de précaution, la perte de confiance
vis-à-vis de la marque et du produit aurait été moindre et aurait compensé les coûts. Face à une
réponse aussi rapide du constructeur visant à les protéger, les clients se seraient sentis rassurés et
lui auraient même peut-être témoigné encore davantage de confiance. Malheureusement, sa fiabilité
fut une fois de plus mise en cause lorsqu'on apprit qu'il connaissait la nature du problème et s'était
contenté de changer la pièce incriminée sans modifier son numéro de série (sachant que lors d'une
enquête future, cela prouverait qu'il était au courant de la défaillance). À ce moment-là, nombre de
clients s'étaient déjà tournés vers d'autres marques plutôt que d'essayer de démêler le vrai du faux.
Bon exemple : être fiable dans la durée
La confiance des clients est un avantage. Elle permet à la marque de gagner de nouveaux clients et
de les retenir, voire de justifier des prix élevés comme Hilti, un fabricant d'outillages électriques
installé au Liechtenstein. L'entreprise opère dans un secteur hautement concurrentiel, ce qui ne
l'empêche pas, grâce à la position qu'elle occupe dans certains pays, d'imposer des tarifs supérieurs
aux autres. Hilti a gagné une réputation de fiabilité en garantissant à vie à ses clients un service de
qualité et le remplacement des pièces, une offre que ses concurrents ne paraissent pas en mesure
d'égaler. Les clients ont besoin d'avoir la certitude que le produit qu'ils acquièrent sera toujours
disponible et en état de marche. Aujourd'hui, la marque Hilti constitue un investissement d'autant
plus appréciable qu'il leur assure une tranquillité d'esprit. Ses produits ne sont certes pas les moins
chers, mais ce sont les plus fiables sur le marché. Les profits du groupe ont doublé en l'espace de
quatre ans.
Proposer des produits exceptionnels qui apportent des solutions innovantes à des problèmes
récurrents est aussi une façon de gagner la confiance des clients. L'entreprise britannique Dyson a
valeur d'exemple à cet égard. La fiabilité de ses produits compte sans doute pour beaucoup. (Dyson
a fermé un de ses centres d'assistance client parce qu'il recevait de moins en moins d'appels,
comme nous l'avons expliqué dans notre premier ouvrage !) Mais l'extraordinaire confiance de ses
clients s'explique autant par sa réputation d'innovateur que par la qualité des produits.
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La marque Dyson a considérablement élargi sa gamme depuis son premier aspirateur, elle
propose désormais des appareils de chauffage et des ventilateurs sans pales, appliquant son
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ingénierie d'excellence à des produits connexes. Sa technologie Airblade pour sèche-mains a
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envahi le monde et semble dominer dans les lieux publics. Pourquoi ? Les sèche-mains classiques
étaient à la fois bruyants et inefficaces. En outre, ils tombaient souvent en panne. Le système
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Airblade permet de se sécher les mains presque aussi rapidement qu'avec une serviette et connaît
peu de défaillances. Dyson est devenue une marque digne de confiance quel que soit le produit.
Chacune de ses innovations offre un « plus » technique qui fascine les consommateurs. Ses
aspirateurs laissaient voir le mécanisme fonctionner, la puissance de souffle de ses sèche-mains est
impressionnante. Nous supposons que sa réputation grandissante en matière d'innovation est l'autre
secret de sa réussite : les clients partent en effet du principe que si l'entreprise est suffisamment
intelligente pour innover, ses produits ne peuvent qu'être fiables.
D'autres entreprises bâtissent plutôt leur fiabilité sur des critères traditionnels : en assurant avec
constance et pendant des années une qualité de produit et de service égale. Heinz en est le parfait
exemple – l'entreprise se classe souvent parmi les meilleures (voire à la première place) en termes
de satisfaction client aux États-Unis. Ses aliments pour bébés figurent parmi les plus populaires
dans le monde. Nombre de produits Heinz, comme les haricots blancs à la sauce tomate et le
ketchup, sont devenus iconiques. Le degré élevé de confiance dont le groupe jouit auprès des
consommateurs lui a permis d'élargir chaque année sa gamme. Ses produits occupent une position
de leader sur le marché dans plus de cinquante-neuf pays ; chaque année 650 millions de bouteilles
de sauce tomate sont venduesb.
Vous me faites confiance pour conseiller les autres
Au cours des six dernières années, on a vu exploser sur Internet les réseaux sociaux, les blogs et les
communautés d'utilisateurs. Ces nouveaux canaux de communication ont donné aux entreprises la
possibilité de profiter de l'expérience phénoménale et de l'avis de leurs clients. Quand les
organisations valorisent suffisamment leurs clients pour les laisser partager leurs idées et leurs
suggestions, tout le monde y gagne. Il a été démontré que les consommateurs font souvent plus
confiance à leurs pairs qu'à l'entreprise et accordent également plus de poids à leur opinionc. Le fait
de permettre aux clients de conseiller d'autres clients favorise la diffusion de la connaissance au
lieu de la limiter à des notions établies, accroît la fidélité à l'entreprise – tant des clients
conseillers que des clients qui reçoivent les conseils – et apporte une augmentation des revenus ou
une diminution du taux de contacts. La confiance qui relie les clients entre eux (ce que nous avons
appelé C2C) signifie qu'ils peuvent s'entraider et donc réduire le nombre de leurs contacts avec
l'entreprise. Certaines organisations voient d'un mauvais œil leurs clients prendre l'initiative, nous
estimons au contraire qu'il s'agit d'une extraordinaire opportunité de libre-service, ainsi qu'un
moyen de libérer l'entreprise de certaines problématiques.
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L'un des pionniers de la relation client via les réseaux sociaux s'est engagé sur une voie que nous
estimons dangereuse. Chaque fois qu'un client se plaint en ligne, sur Facebook, Twitter ou sur un
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blog, l'entreprise répond directement et publiquement au client puis l'invite à communiquer hors
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ligne et efface l'échange initial. C'est un peu comme si l'équipe qui a perdu un match ne figurait plus
dans le classement. Le fait de retirer les commentaires en ligne ne peut qu'inciter les internautes à
By
se demander si l'entreprise n'a pas quelque chose à dissimuler. Sans oublier le risque que le client
vexé d'avoir vu ses commentaires effacés, ne décide de se venger en partageant en ligne des
critiques encore plus défavorables.
eBay a été un des précurseurs des systèmes d'évaluation publics sur Internet ; tous les vendeurs
étaient évalués par les acheteurs, ce qui assurait la transparence des échanges. Nous avons organisé
des ateliers avec des vendeurs sur eBay et avons découvert qu'ils avaient une variété d'approches
intéressante à ce sujet. Quand certains vendeurs obtenaient une évaluation négative, ils étaient vexés
et dénigraient le jugement porté sur eux par l'acheteur en l'accusant de se montrer injuste. D'une
certaine façon, ils refusaient à l'autre le droit d'exprimer son avis. D'autres vendeurs en revanche
réagissaient avec plus d'intelligence. Ils prenaient contact avec ceux qui avaient émis une opinion
négative à leur égard et tentaient de collaborer avec lui pour résoudre le différend. Si les acheteurs
étaient satisfaits, ils leur demandaient de modifier leur évaluation. Ce qui représentait une manière
plus éclairée d'aborder les choses.
sur chaque écran. Ce procédé a accru le taux de conversion, le volume moyen commandé, et réduit
les taux de retour parce que les achats sont mieux ciblés. Le C2C contribue à réduire les coûts et
By
les efforts que les entreprises investissent dans la construction de leurs systèmes d'information et de
leurs systèmes de support. Il ouvre la voie à un nouveau mode de libre-service.
DIRECTV, leader de la télévision par satellite et d'autres médias en Amérique du Nord et en
Amérique latine, a fait œuvre de pionnier en invitant les téléspectateurs à donner leur avis sur des
produits et des programmes et à fournir de l'aide aux autres téléspectateurs. L'un d'eux accumulait
les commentaires élogieux d'autres utilisateurs de DIRECTV concernant le maniement de la
commande à distance – une opération particulièrement délicate comme chacun sait. Sur l'espace
communautaire du site, il avait fini par se faire connaître comme l'Expert avec un grand E de la
commande à distance, prêt à offrir gratuitement ses conseils à tout un chacun : comment programmer
la commande, utiliser les touches rapides et trouver ses émissions préférées.
Quand le groupe DIRECTV a découvert qu'il jouait un rôle clé auprès des autres clients, il aurait
pu intervenir pour le rappeler à la discrétion. Mais il a choisi une stratégie plus intelligente : il l'a
encouragé en lui envoyant de nouveaux systèmes de commande à distance avant de les lancer sur le
marché, pour qu'il puisse à loisir les casser, les (re)programmer et offrir éventuellement des
conseils aux futurs utilisateurs, une fois la commande disponible à la vente. Soit un coût minimum et
un retour sur investissement maximum en termes d'expérience d'apprentissage pour le groupe et
pour son public de plus de 30 millions d'abonnés.
« Vous me faites confiance » : pourquoi est-ce si
important ?
La confiance du client a de la valeur et elle est précieuse. Submergés par les messages marketing,
les clients s'engagent dans la relation avec l'entreprise en étant sur leurs gardes. Les entreprises
doivent mériter leur confiance et celle-ci peut se perdre tout aussi facilement qu'elle se gagne. Le
client victime d'une mauvaise expérience mettra des mois ou des années à se laisser séduire de
nouveau et peut ne plus faire confiance à l'entreprise.
À l'instar des autres besoins du client, la confiance est importante dans la mesure où l'entreprise
s'inscrit dans une relation avec le client. Prenons le cas des relations interpersonnelles : la perte de
confiance chez un couple, qu'elle soit provoquée par une liaison extraconjugale ou à cause de
bizarreries de comportement, signe presque toujours la fin de l'union. Et même quand la relation
survit, elle se transforme, évoluant rarement vers le bien.
Nous n'aimons pas que les autres ne nous accordent pas leur confiance. Nous pensons que notre
honneur et que nos valeurs sont mis en cause quand l'autre partenaire de la relation nous témoigne
de la méfiance. Voilà pourquoi les organisations doivent se montrer si prudentes. Si le client
affirme : « j'ai fait ceci ou cela » et que l'entreprise réagit en disant « prouvez-le », la relation s'en
trouve immédiatement déstabilisée. Le sentiment d'un échange équitable et ouvert disparaît. La
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relation risque d'évoluer rapidement vers l'antagonisme et de mal se terminer.
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Quand une entreprise étend sa confiance également à son personnel, elle en retire un autre
avantage. Elle peut éliminer les dispositions et les règlements restrictifs non indispensables, en
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laissant le personnel libre de prêter une oreille plus attentive aux demandes et aux critiques des
clients et de prendre les mesures appropriées. Les leaders Me2B contrôlent les concessions ou les
By
rabais accordés aux clients, mais ne les limitent pas. En fin de compte, les interactions qui se
déroulent sans directives de la hiérarchie sont plus courtes et les employés comme les clients
apprécient l'expérience.
Southwest et Virgin font également confiance au personnel au sol, au moment de l'enregistrement
et de l'embarquement, pour surclasser les passagers harassés ou distribuer gratuitement des
boissons ou des bons de repas sans limite et sans contrôle. L'entreprise qui fait de la confiance un
principe clé indissociable de ses processus et de sa philosophie réalise des profits supérieurs à
ceux des modèles directifs et hiérarchisés. Ses clients sont plus heureux et son personnel plus
impliqué et plus disposé à adopter les comportements justes.
La confiance se répercute favorablement sur la réputation de la marque et la fidélité des clients.
Les clients valorisent les entreprises qui leur font confiance. L'arbitrage en temps passé et en effort
est d'autant plus positif quand l'entreprise limite les contrôles et les mesures d'identification.
Certes, le risque de fraudes ou de retours non justifiés et la nécessité d'améliorer le produit
demeurent. Quoi qu'il en soit, les organisations doivent veiller à équilibrer les termes de
l'équation suivante :
Coût de la fraude comparé à (l'effort supplémentaire pour contrôler la fraude + la survaleur et la
fidélité des clients dues à la confiance que l'entreprise leur témoigne)
Comme le montrent Amazon, Marks & Spencer, Nordstrom, REI et Zappos, il revient souvent
moins cher de faire confiance aux clients sur la question des retours que de mettre en place des
dispositifs de contrôle et de validation. Nous avons souvent vu des cas où le personnel en contact
avec la clientèle doit attendre une autorisation, faire remonter les problèmes, solliciter la
permission d'intervenir ou patienter parce que le management ne lui fait pas confiance pour prendre
la bonne décision. Tous ces contretemps ont un coût. S'y ajoutent les coûts de vérification du
respect des processus ou d'intégration dans les logiciels des procédures de validation et de
contrôle. Quand un climat de confiance règne dans l'entreprise, tous les coûts cachés inhérents au
modèle directif peuvent être identifiés et éliminés.
L'équilibre entre la fraude ou sa prévention et les bénéfices en termes de réputation et de fidélité
de la confiance des clients vis-à-vis de l'entreprise est plus difficile à évaluer – les effets de la
fidélité des clients n'étant pas forcément mesurables à court terme.
À l'inverse, le fait de supprimer une procédure de vérification ou de contrôle n'entraîne pas
automatiquement une augmentation de la fraude et des coûts induits. Nous recommandons par
conséquent de tester les changements afin de voir ce qu'il advient. D'après notre expérience, il est
rare de se trouver instantanément confronté à une vague de fraudes ou de problèmes, alors que la
survaleur et la fidélité des clients sont visibles immédiatement. Le Tableau 6.3 résume les bénéfices
apportés.
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Tableau 6.3 Faire confiance au client : les bénéfices
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Besoins du client
Potentiel d'accroissement des revenus Potentiel de réduction des coûts
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satisfaits
Vous ne m'appliquez Plus d'attention accordée aux exceptions susceptibles de
Moins de temps consacré aux clients qui ne font
pas un traitement nuire à la rentabilité. Fidélité accrue. Moins de frustration
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qui voudront bénéficier du même privilège. Sachant les dommages que les clients peuvent à
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l'inverse provoquer en diffusant des histoires négatives de règlements abusifs et de processus trop
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stricts, cette inquiétude nous semble sans fondement. Nous ne connaissons pas de client dont
l'activité consisterait à guetter les failles et à conseiller aux autres de les exploiter. Un client qui se
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trouve dans une situation difficile est reconnaissant à l'entreprise d'en tenir compte et de lui offrir
une solution. Ceux qui bénéficient de délais de paiement ou d'une remise de dette, par exemple, s'en
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vantent rarement auprès des autres clients comme étant le seul moyen de se dispenser du paiement
des factures et des pénalités. Ils apprécient que l'entreprise les traite équitablement et humainement.
Notes
a. « 3 Honor System Farm Stands », vidéo YouTube, 10:42, postée par Paul Wheaton, 12 février
2012 : http://www.youtube.com/watch?v=Gy_H-eQf6Ng
b. « Heinz », Superbrands Annual 2013 : An Insight into Some of Britain's Strongest Brands, 2013.
Consulté le 20 mai 2014 : D3iixjhp5u37hr.cloudfront.net/files/2013/02/Heinz-89pY4Z.pdf
c. Don Peppers et Martha Rogers, Extreme Trust : Honesty as a Competitive Advantage, New York,
Penguin, 2012.
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Ch ap itr e
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Vous me surprenez au-delà de toute attente
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Aucune nouvelle ne se diffuse plus vite ou ne reste plus longtemps en mémoire que l'histoire
d'une surprise originale, exécutée à la perfection. Jugez plutôt : en 2013, pendant la période des
fêtes de fin d'année, le transporteur aérien canadien WestJet décida de célébrer Noël à sa façon et
installa dans un aéroport une borne vidéo et un Père Noël. Ledit Père Noël, comme le veut l'usage,
demandait aux enfants et aux adultes ce qu'ils souhaitaient recevoir. Ce que les passagers
ignoraient, c'est que WestJet prenait soigneusement des notes.
Au moment de récupérer leurs bagages à l'arrivée, ils n'en crurent pas leurs yeux : une montagne
de paquets emballés dans des papiers magnifiques, étiquetés à leurs noms, tournait sur le tapis
roulant. Imaginez leur surprise quand ils découvrirent que le contenu des paquets correspondait aux
vœux qu'ils avaient formulés trois heures auparavant ! Une équipe logistique mise en place par
WestJet avait travaillé sans relâche pour trouver et acheter des cadeaux aussi divers qu'une paire de
chaussettes, de la lingerie, des billets d'avion pour rentrer chez soi ou passer le réveillon en
famille, ou encore des téléviseurs grand format. Leurs rires, leurs larmes et leur joie furent
enregistrés pour que tout le monde les partage. L'impact direct portait sur deux cents passagers,
mais l'événement totalisa plus de 36 millions de vues sur Interneta.
Si cette histoire représente le nec plus ultra en matière de « surprise et d'enchantement », on peut
aussi satisfaire ses clients à moindres frais. Le boucher d'autrefois pouvait surprendre agréablement
une fidèle cliente en annonçant : « J'ai ajouté quelques saucisses maison à votre rôti. » Pourquoi
une entreprise d'aujourd'hui se priverait-elle d'une attention délicate envers ses clients – d'ailleurs,
certaines n'y résistent pas ? L'épicerie en ligne FreshDirect de New York, glisse parfois dans ses
livraisons un échantillon grandeur nature ou quelques bananes.
Ce n'est pas nécessairement la nature, ni la taille de la surprise qui séduit. La moindre
gentillesse, quand on ne l'attend pas, peut changer la journée du client. D'une certaine façon, l'aspect
inattendu, la surprise en soi, a plus d'importance que son objet. Le fait d'être pris au dépourvu
modifie la réponse émotionnelle. Le client réalise brusquement qu'il y a à l'autre extrémité de la
transaction des individus en chair et en os qui réfléchissent au moyen de rendre sa journée un peu
plus agréable. Cette révélation et la gratitude qui en découle donnent une résonance plus profonde à
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la relation.
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« Vous me surprenez » se situe au sommet de la hiérarchie des besoins du client Me2B avec
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« vous me permettez de faire plus » que nous allons explorer dans le chapitre suivant. Ce besoin se
construit à partir des expériences qui répondent aux besoins précédents. Les organisations doivent
les avoir pleinement satisfaits avant de prétendre surprendre leurs clients. Au fur et à mesure que
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l'on s'élève dans la hiérarchie, la relation avec le client acquiert une maturité telle qu'il devient
possible de lui ménager une vraie surprise. D'un autre côté, tout client qui a entretenu des relations
harmonieuses avec une entreprise, qui s'est vu offrir des choix par elle, et qui s'est senti valorisé et
digne de confiance, est ouvert et prêt à se laisser impressionner et surprendre. Il est disposé à
sceller un accord. Dans certains cas, la surprise compense des expériences manquées où
l'entreprise a failli et n'a pas su satisfaire le besoin du client. Mais cela doit rester une exception.
En dépit de la nombreuse littérature sur la manière d'enchanter et d'enthousiasmer les clients, la
grande majorité des entreprises ont encore du chemin à faire – nous en sommes d'accord. Il vaut
mieux commencer modestement et réussir sa stratégie avant de prétendre emporter l'adhésion du
client. Hilti Australia estime qu'il faut d'abord être constant dans la relation client ; les clients n'en
demandent pas davantage. Ceux de Hilti sont enchantés que la réparation de leurs outils soit
effectuée et que leurs commandes soient livrées en temps et en heure.
Des théories comme le lean et le modèle Six Sigma axées sur la réduction des coûts et les
facteurs d'efficience paraissent se situer à l'antithèse de la surprise et de l'investissement dans la
relation client – et cependant, elles y participent d'une certaine manière. Des projets lean viseraient
à éliminer les contacts et l'effort gaspillés, afin de libérer du temps et des ressources pour planifier
la surprise. Les projets Six Sigma cherchent à réduire la variabilité – une tentative noble quand elle
s'applique aux variations qui sont néfastes à l'entreprise ou au client. La standardisation des
processus n'exclut pas des surprises positives.
Le but ici n'est pas de surprendre ou d'enchanter chaque client à chaque interaction ; personne
n'en attend autant. En fait, toute entreprise qui offre une interaction facile, bâtie sur la confiance et
de valeur surprend et enchante d'une certaine façon des clients qui ont trop souvent vécu une
expérience radicalement différente dans leurs échanges précédents. Imaginons un banlieusard sur le
point d'acheter sa carte hebdomadaire, qui apprend du guichetier ou sur le site web qu'il existe un
billet meilleur marché. L'interaction, même si elle ne dévie pas de la routine, représenterait pour lui
une surprise.
« Surprenez-moi » va un peu plus loin : il s'agit d'identifier les moments – pas n'importe
lesquels, mais les moments opportuns – et les offres qui fournissent l'occasion d'approfondir la
relation client. Les leaders Me2B sont constamment à la recherche de moyens propres à susciter
des réactions d'émerveillement chez les clients et les employés, et d'instiller de la surprise et de
l'enchantement dans la relation.
Comme nous le verrons dans le chapitre 10, la création d'une culture encourageant l'autonomie
du personnel pour offrir aux clients une expérience unique dépend d'une démarche volontaire de
l'entreprise. Celle-ci doit d'abord embaucher des collaborateurs qui affichent la bonne attitude, puis
bâtir un environnement répondant à ce dessein. Chez Virgin, les recrutements s'effectuent d'abord
sur le comportement, la formation technique étant jugée secondaire. Les candidats qui ont
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effectivement le profil adéquat se plient volontiers à cette exigence qu'ils jugent gratifiante en soi.
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Mais il est important que les entreprises ne suscitent pas d'obstacles en instaurant des dispositions
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restrictives ou une surveillance décourageant ces comportements. Pour les promouvoir, il faut que
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les responsables diffusent largement des récits positifs. C'est ce que fait Nordstrom. Au lieu
d'éditer un long et fastidieux manuel, le groupe conseille simplement au personnel de « faire ce qui
est juste » et soutient son implication par des anecdotes tirées de la réalité qui ont valeur
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d'exemple.
Dans ce chapitre, nous allons analyser six composantes du besoin d'expérience unique (voir le
Tableau 7.1).
Tableau 7.1 L'expérience client : réussites et échecs
Vous me surprenez (réussite) Vous me surprenez (échec)
Vous dépassez mes attentes aux moments clés Vous vous contentez du strict minimum pour me satisfaire et vous dites que ce
et vous m'enchantez par des gestes gratuits. n'est pas votre problème.
Vous rendez simple ce qui est complexe. Vous compliquez tout.
Vous me traitez en permanence avec autant Vous me traitez comme une vulgaire marchandise dès que je fais partie de vos
d'égards qu'un nouveau client. clients fidèles, et vous réservez vos meilleures offres aux nouveaux clients.
Vous me surprenez seulement quand la situation
Vous me surprenez dans des moments mal choisis.
s'y prête.
Vous obtenez des résultats que je ne pensais pas
Vous répondez juste à mes attentes.
ou ne savais pas possibles.
En cas de défaillance vous ne vous contentez
Vous réparez à peine vos manquements.
pas de réparer vos torts, vous allez au-delà.
Vous dépassez mes attentes aux moments clés
Toutes les surprises ne sont pas équivalentes – ou du moins n'ont pas la même valeur sur le plan
temporel. En fait il s'agit de capter ce que l'ancien président de SAS, Jan Carlzon, nomme « les
moments de vérité », les moments critiques pour le client et les interactions durant lesquelles la
surprise offerte a un impact réel et durable sur la relation. Bill préfère appeler cela le phénomène
« 2 + 2 = 6 », dans la mesure où le retour sur investissement se révèle supérieur à ce qui était
attendu.
Les entreprises qui excellent dans cet exercice utilisent les outils à leur disposition et
aboutissent à un résultat qui déclenche des réactions sur le mode : « incroyable ! » ou « je ne m'y
attendais vraiment pas ! » Certains secteurs y sont, de par leur spécificité, plus propices que
d'autres.
Les compagnies d'assurances, par exemple, traitent avec des clients qui se trouvent dans une
situation due à un hasard malencontreux (accident de la circulation ou dégâts au domicile) ou
dramatique (santé, assurance médicale). Étant inattendues, ces situations favorisent la surprise.
Mais la première interaction ou l'étape initiale de la relation est aussi une occasion de surprise. Or,
les entreprises ne saisissent pas toujours l'opportunité. Les banques savent quand un de leurs clients
s'apprête à emménager dans un nouveau domicile. Voilà l'occasion d'exploiter ce moment unique et
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critique dans la vie du client. Peu d'entre elles, pourtant, se donnent la peine d'envoyer une bouteille
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de champagne ou un bouquet de fleurs à titre de bienvenue, ou célèbrent d'une manière ou d'une
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autre un événement qu'elles ont contribué à créer. Les prêts au logement offrent des marges de profit
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gratitude réelle. Les habitués d'un bar ou d'un café proposent au serveur de garder la monnaie ; le
serveur joint les chocolats à la menthe qu'il vient de recevoir à la commande d'un client qu'il sait
curieux de nouveautés. À plus large échelle, les entreprises qui envoient des bons d'achat ou de
remise à leurs clients fidèles ou qui les dispensent de frais, déclenchent des réactions de surprise.
Et les bénéficiaires, enchantés, se félicitent auprès de leurs amis et de leur famille de leur chance.
proposent des éléments interchangeables comme des chargeurs de téléphone universels ou des
batteries adaptables à tout type d'ordinateur.
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Bill a récemment téléchargé un album acheté sur Amazon sur son nouvel ordinateur. Quelle ne fut
pas sa surprise de recevoir d'Amazon le message suivant : « Voulez-vous que nous installions tous
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vos albums achetés chez nous sur ce nouveau support ? » Et comment ! En un clin d'œil, Amazon
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Ce processus « vous me surprenez » n'aurait pas existé sans la capacité d'Amazon à « connaître et à
se souvenir du client » qui fait sa renommée, et sans son engagement à « faciliter la vie » de ses
clients.
L'entreprise australienne de logistique et de services postaux Australia Post a été contrainte
d'admettre que son activité évoluait rapidement. Le volume du courrier ayant décliné, elle a
regroupé son activité autour de la livraison des paquets. Elle a introduit une innovation
surprenante : sur chaque paquet, les clients peuvent ajouter un « vidéo-timbre ». Un flash sur le QR-
code du paquet relie à une vidéo réalisée par le client – un geste particulièrement amical pour
accompagner l'envoi d'un cadeau. Une jolie manière de surprendre les clients grâce à une
fonctionnalité intelligente exploitant une technologie dont ils ignoraient peut-être l'existence.
Environ 14 % des foyers américains déménagent chaque année. Un événement qui s'accompagne
de nombreuses démarches administratives, par exemple changer de fournisseur d'eau et d'électricité
et réactualiser les données de son compte. L'industrie américaine du câble a simplifié ce processus
pour ses clients, en obligeant les fournisseurs à partager les données de sorte que les informations
concernant chaque compte puissent être transférées. Elle va encore plus loin en reliant les services
postaux aux fournisseurs d'énergie et aux autres organismes et facilite le déménagement via un
service appelé CableMover.
Vous me traitez en permanence avec autant d'égards
qu'un nouveau client
Les clients ne sont pas stupides, pourquoi tant d'entreprises les considèrent-elles comme tels ?
Elles organisent des offres promotionnelles à l'intention des nouveaux clients – tandis que leurs
fidèles clients assistent, furieux et déçus, à ces campagnes de séduction insultantes pour eux. Leur
fidélité devrait être récompensée, mais les entreprises focalisées sur l'acquisition de nouveaux
clients se désintéressent des anciens.
Les organisations orientées client savent qu'elles doivent faire mieux que cela et jugent les
stratégies d'amorçage et de leurre inacceptables. Elles informent ouvertement leurs clients des
promotions ou des rabais dont ils peuvent bénéficier. Elles les inscrivent même parfois
automatiquement à des campagnes promotionnelles, ou n'hésitent pas à rembourser la différence
quand ils trouvent ailleurs le même produit à un prix inférieur. Qui n'apprécierait pas une telle
« surprise », surtout quand le remboursement porte sur plusieurs mois ? Au lieu de faire bénéficier
les nouveaux clients des meilleures offres, ces entreprises donnent la priorité aux clients existants.
Ces derniers se sentent valorisés, leur loyauté et la probabilité qu'ils recommandent à d'autres
consommateurs les services de l'entreprise augmentent spectaculairement.
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Contre-exemple : encourager l'instabilité des clients
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La fourniture d'énergie dans l'État de Victoria en Australie est l'un des secteurs les plus
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pour que le service soit restauré même s'il n'est plus utilisé, mais en tout cas, les clients sont
satisfaits de constater que l'entreprise veille à leurs intérêts.
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Les fournisseurs de télévision par satellite et par câble proposent tous des offres de départ
alléchantes en vue d'attirer une nouvelle clientèle – par exemple, une saison gratuite sur la chaîne
de la National Football League (NFL) d'une valeur de 30 $/mois. Un de ces fournisseurs a décrété
qu'il ne voulait pas traiter les nouveaux venus mieux que les clients fidèles, il a étendu l'offre
promotionnelle à tous les abonnés sans qu'ils aient à en faire la demande. Cette décision correspond
au deuxième des quatre « principes fondateurs du service » énoncés par l'entreprise : « Nous
mettons les nouveaux services et les nouvelles fonctionnalités en priorité à la disposition des
clients existants, si possible sans qu'ils aient besoin d'en faire eux-mêmes la demande. »
David soutient une équipe de football de Melbourne, appelée Melbourne Victory, et détient une
carte d'abonnement pour toute la saison. Comme il est stipulé dans son contrat, l'équipe participe à
des rencontres qui se déroulent dans un vaste stade disposant souvent de places vacantes. Lors d'un
match récent, l'équipe a décidé de remplir une partie des sièges en les offrant à des supporteurs
fidèles : David a reçu un SMS lui offrant une place supplémentaire à titre gratuit pour le prochain
match. Il suffisait qu'il donne son accord en envoyant un texto en retour. Le club lui adressa le billet
gratuit par e-mail. Une autre surprise l'attendait au cours de la saison : le club lui proposa de
racheter ses billets pour un certain match au cas où il n'y assisterait pas. La rencontre promettait
d'avoir du succès, le fait de disposer d'un supplément de billets à vendre constituait une aubaine
pour le club – la proposition était également intéressante pour les abonnés empêchés qui
récupéraient la somme investie dans l'achat du billet. Ces deux exemples illustrent des méthodes
qui permettent de récompenser les clients fidèles en les surprenant agréablement.
Un éditeur de logiciels renommé lance automatiquement les mises à jour de ses logiciels au moment
où les utilisateurs arrêtent leur ordinateur. L'idée étant de s'assurer que les clients disposent en
permanence du meilleur code. Mais l'ennui, c'est que l'instant choisi peut constituer un problème si
le client veut par exemple arrêter rapidement son ordinateur parce qu'il doit partir, embarquer sur
un avion ou se rendre à une réunion. Pourquoi ne pas laisser le client décider seul du moment
auquel effectuer l'opération ? La version suivante du logiciel était encore plus directive ; elle
signalait à l'utilisateur que le système se fermerait dix minutes plus tard pour l'installation de la
mise à jour. Du moins le client était-il prévenu, mais arrêter automatiquement le système était quand
même osé, dans la mesure où il n'avait peut-être pas prévu de faire une pause.
Un passager se vit proposer un surclassement. Ravi, dans un premier temps, il déchanta
rapidement quand il s'aperçut que la personne voyageant avec lui ne bénéficierait pas de ce
privilège car elle ne faisait pas partie de la catégorie des grands voyageurs. Cette situation gênante
aurait pu être évitée si le système informatique qui recommandait le surclassement avait la
possibilité de vérifier les réservations pour savoir si le bénéficiaire voyageait seul ou accompagné.
C'est désolant de voir miroiter la perspective de voyager en première classe et de devoir y
renoncer, sauf à laisser votre compagne/compagnon poursuivre le vol en classe économique.
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On atteint le summum en matière de surprise quand l'entreprise paraît réaliser l'impossible. Cela
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implique souvent de repenser en partie l'entreprise elle-même, pour qu'elle puisse modifier ses
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comportements et aboutir à des résultats inattendus du client. Les innovateurs et les challengers qui
ne sont pas façonnés par l'habitude adoptent plus facilement cette philosophie.
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Aujourd'hui, nous considérons les programmes de fidélité des compagnies aériennes comme
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quelque chose de banal, mais ils n'existaient pas avant qu'American Airlines ait l'idée
révolutionnaire de récompenser la fidélité de ses passagers en leur réservant un traitement
privilégié sous forme de vols gratuits et de surclassements. Les nouvelles inventions sont souvent
l'occasion de ménager au client une surprise inoubliable. Les agents en contact avec la clientèle qui
connaissent parfaitement leur produit n'hésitent pas à révéler au client des opportunités inattendues
ou des fonctionnalités étonnantes. Ce qui nous ramène au fameux slogan d'Amazon, si souvent
repris : « Être l'entreprise de la terre la plus centrée sur le client. » Lorsque nous lui avons
demandé de définir ce qu'il entend par là, Jeff Bezos, le fondateur et PDG d'Amazon, a répondu à
Bill : « C'est un équilibre délicat entre le fait d'écouter le client et d'inventer pour le client. »
elle ne peut plus seulement se contenter de réparer le tort commis. Comme dans toute relation, la
partie qui ne répond pas aux attentes de l'autre partie doit fournir une compensation. Et lorsque s'y
ajoute une surprise de qualité, cela constitue une excellente offre de paix qui aura un effet durable.
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surprise réparatrice. Nous avons même rencontré le cas d'une compagnie américaine qui déléguait
les réclamations à un centre de contact délocalisé, aggravant une situation déjà pénible.
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« Vous me surprenez au-delà de toute attente » : pourquoi
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est-ce si important ?
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Pour certaines personnes, le terme sérieux est synonyme d'ennuyeux, de simple, de basique. Mais
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les entreprises qui veulent sérieusement entretenir une relation positive et durable avec leurs clients
ne doivent pas se contenter d'interactions factuelles et purement marchandes. Les surprises qui
nécessitent de l'initiative et qui sont offertes avec enthousiasme retiennent les clients et génèrent un
impact émotionnel qui apporte de la densité à la relation. Atteindre cet objectif apporte des
changements durables à l'entreprise, peut-être même davantage que le fait de satisfaire les autres
besoins des clients. Cela peut immédiatement inverser des attitudes négatives, et transformer les
clients habituels en loyaux et sincères avocats de la marque. Ces actions qui sortent de l'ordinaire,
les clients les conservent longtemps en mémoire et ils les racontent sans se lasser, en particulier sur
les médias sociaux. Nous parlons rarement avec nos amis et nos collègues de ce qui se passe
normalement, comme nous l'avions prévu. Les histoires que nous partageons sont celles qui nous
étonnent et il vaut mieux pour l'entreprise qu'elles correspondent à des surprises inattendues,
agréables et bienvenues. Faire de vos clients des ambassadeurs enthousiastes est plus efficace et
moins coûteux que n'importe quelle campagne publicitaire. L'engouement des professionnels pour le
marketing du bouche à oreille depuis plusieurs années en témoigne.
Comme l'a démontré l'histoire du Père Noël de WestJet, les surprises ont aussi le pouvoir de
diffuser très largement des messages marketing et offrent au personnel la chance de vivre une
expérience plus exaltante que la routine journalière. Des employés responsabilisés restent plus
longtemps, et les coûts liés au recrutement et à la formation diminuent. Le Tableau 7.2 récapitule les
bénéfices apportés par les surprises réussies.
Vous me surprenez au-delà de toute attente : relever le
défi
Il n'est pas si facile de créer les conditions de la surprise. Et cela pour plusieurs raisons, mais
relever ce défi en suivant les étapes proposées ci-dessous en vaut l'effort.
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rapidement et sans problème. Ce qui implique, dans l'intérêt du personnel, de distinguer clairement
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les processus nécessitant de la rapidité et de la simplicité de ceux qui autorisent une plus grande
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liberté de manœuvre.
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Durée de vie du client accrue. remises à l'intention des nouveaux
d'égards qu'un nouveau client.
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Moins de réclamations. Moins
Vous me surprenez seulement quand la situation Maîtrise l'impulsion de « brader tout le
d'investissements improductifs dans
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Notes
a. Neha Prakash, « WestJet Christmas Surprise Will Make You Believe in Santa », Mashable,
9 décembre 2013. Consulté le 20 mai 2014 : http://mashable.com/2013/12/09/westjet-christmas-
miracle-ad/
b. Lettre du client de Nordstrom transmise à Bill Price le 16 mai 2014 par Nordstrom Corporate
Communications.
Ch ap itr e
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Vous me permettez d'être mieux et de faire plus
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$!
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En se développant, les entreprises ont multiplié les canaux de distribution et se sont éloignées
géographiquement de leur clientèle, il leur est devenu moins facile de se focaliser sur le client. Les
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organisations ont en outre tendance à privilégier leurs profits trimestriels et à accroître la valeur
pour leurs actionnaires, exploitant à cette fin des systèmes qui ont fonctionné relativement bien par
le passé, mais qui risquent de se révéler dépassés aujourd'hui. Ces anciens modèles privilégient la
multiplication des essais de produits, captent un pourcentage dérisoire des achats réels,
s'accommodent de perdre chaque année des clients et compensent en développant des produits
toujours plus nombreux et en redoublant d'efforts pour trouver des prospects et des clients. Leurs
relations avec les clients sont plus ou moins d'ordre transactionnel ; les clients se sentent
principalement concernés par le prix et les organisations luttent pour maintenir leurs marges.
Ce modèle est voué à disparaître, les clients ayant pris l'habitude de changer plus souvent de
fournisseurs et étant mieux informés sur les prix. Ils contrôlent la situation et ont la possibilité
d'utiliser Internet pour trouver la meilleure affaire, qu'elle se situe au bout de la rue ou à l'autre
extrémité du monde, ce qui fragilise les profits des entreprises. Par ailleurs, la technologie, à
travers les données partagées par les clients, permet de mieux appréhender le contexte dans lequel
ils évoluent.
Aucun client ne veut se sentir exploité. Les entreprises doivent s'envisager comme partie
prenante dans une relation à long terme avec leurs clients et se donner pour objectif de les aider à
réaliser une autre ambition que celle de la jouissance immédiate du produit. (Vous noterez à
nouveau qu'il n'est pas question de « gestion de la relation avec le client » laissant supposer que
l'entreprise domine la situation, alors que nous venons de prouver que ce n'est plus le cas.)
La plupart des entreprises seraient bien inspirées de souscrire à cette vision élargie des
bénéfices qu'elles apportent au client. Dans les services financiers, les spécialistes de la gestion de
patrimoine et de l'investissement doivent aider leurs clients à accroître leur richesse et à l'employer
avec discernement. Les entreprises de services aux professionnels, par exemple les consultants en
technologies de l'information, doivent faire en sorte que leurs clients exploitent leurs services pour
atteindre leurs objectifs au lieu de les aider uniquement à optimiser leur gestion. Dans le commerce
de détail, combler les besoins du client peut se résumer simplement à l'aider à utiliser le produit
pour améliorer sa vie. Des chaînes de magasins de bricolage organisent par exemple des ateliers
pour assister les clients dans leurs projets et éditent toute une série de guides pratiques montrant
comment installer des étagères ou construire un abri de jardin. Ces gestes prouvent aux clients que
leurs préoccupations sont prises en compte et que l'entreprise s'intéresse à eux au-delà de la vente
du produit.
Le Tableau 8.1 répertorie les cinq manières pour l'entreprise d'aider ses clients à être mieux et à
faire plus.
Tableau 8.1 L'expérience client : réussites et échecs
Vous me permettez de faire plus (réussite) Vous me permettez de faire plus (échec)
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Vous me venez en aide au-delà de la vente du
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Vous faites le minimum, juste pour me vendre le produit/service.
produit.
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Vous m'apprenez à mieux utiliser le
Vous me laissez me débrouiller seul en espérant que ça marchera.
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produit/service.
Vous m'aidez à économiser le produit. Vous me vendez des choses dont je n'ai pas besoin.
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Une fois que vous m'avez vendu votre produit/service, vous vous préoccupez
Vous m'aidez à préparer l'avenir.
seulement de la vente suivante.
Vous m'aidez à obtenir des choses que je croyais
Vous ne vous intéressez qu'à l'achat de ces produits.
hors de ma portée.
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client potentiel, elles doivent aussi gérer le rétablissement de la mère, et dans le cas d'une première
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naissance, le changement des conditions de vie des deux parents. Au lieu d'offrir des services et une
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assistance adaptés à la situation, nombre de professionnels n'ont qu'un seul contact avec le client :
l'envoi de la facture. En cas de litige, leurs processus de traitement des plaintes sont conçus pour
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éliminer tout risque de réclamation excessive, témoignant ainsi d'une vision très étroite de ce
qu'exige le service du client.
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Il existe peu d'événements aussi éprouvants qu'un accident de voiture mortel, et cependant, à en
juger d'après leurs actions, les compagnies d'assurances tiennent peu compte de la gravité de la
situation et du besoin de réconfort des personnes concernées. Nous avons vu des assureurs harceler
la famille endeuillée de requêtes administratives ou, pire encore, adresser au défunt six mois après
un formulaire de renouvellement de contrat. Peu d'entreprises respectent les situations difficiles.
Une réclamation concernant un pare-chocs égratigné n'a rien de commun avec un dossier qui traite
d'un accident fatal ; la différence devrait se refléter dans le mode de traitement des réclamations et
être dûment prise en compte.
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Nombre d'entreprises s'acharnent à diminuer le temps consacré aux appels, aux e-mails ou à
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l'accueil au guichet, parce qu'elles s'imaginent que la rapidité est synonyme de gain. Elles adressent
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force e-mails et courriers à leurs clients sur leurs nouveaux produits/services, en croyant que leurs
offres se traduiront en retombées financières immédiates. Les leaders Me2B, en revanche, misent
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sur un accompagnement et une information de qualité sans se préoccuper du temps investi. Leur
priorité est d'aider le client à utiliser le produit pour en retirer le maximum de valeur et bénéficier
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de la meilleure expérience possible. Malheureusement pour elles, les entreprises guidées par le
profit immédiat ou obsédées par la réduction des coûts négligent cette opportunité qui risque
d'entraîner une diminution des revenus et une augmentation des coûts à court terme. Ce qui est un
contresens économique parce que l'éducation du client est source de rentabilité à plusieurs égards.
Elle réduit le nombre et la durée des coûteux appels téléphoniques d'assistance au client. Elle induit
des achats répétés et des recommandations dans la mesure où le client valorise davantage le
produit. Enfin, lorsque les clients ne sont pas correctement éduqués ou ne comprennent pas
comment utiliser le produit, ils risquent de nuire à la marque en signalant leur mécontentement sur
Internet.
Certaines entreprises attendent que le client ait rencontré un problème avant de lui proposer un
accompagnement et une formation. Les leaders Me2B, plus visionnaires, adoptent une approche
proactive. Intuit, par exemple, a intégré des tutoriels, des démonstrations et différents niveaux
d'aide et de soutien dans ses logiciels. Il faut parfaitement connaître à la fois les clients et les
produits, pour anticiper les besoins d'accompagnement, le niveau de soutien et le mode d'éducation
et les intégrer dans le processus de vente.
Le secteur de l'assurance santé a largement été évoqué dans ces pages en tant qu'exemple de
« mauvaises pratiques ». Pourtant, certaines entreprises ont commencé à s'investir dans le domaine
de l'assistance au client. Elles conseillent à leurs clients de pratiquer une activité sportive et
d'adopter un mode de vie sain et subventionnent des installations et des équipements sportifs.
Certaines prestations incluent un check-up médical annuel gratuit à titre préventif, assorti d'une
intervention chirurgicale immédiate en cas de problème médical ou dentaire. De nombreux services
mettent à la disposition des clients des numéros de téléphone dédiés, où des infirmières voire des
médecins distribuent informations et conseils. Ces services aident littéralement les clients à « être
mieux » et à « faire plus » et leur apportent aussi une certaine tranquillité d'esprit. De leur côté, les
compagnies d'assurances ont tout à gagner de la baisse des réclamations, cela signifie que les
assurés prennent mieux soin d'eux-mêmes. Nous voyons actuellement les médecins renouer avec la
pratique des visites à domicile : un retour assumé au bon vieux temps. Ce qui a du sens aujourd'hui
où la médecine préventive, l'analyse de l'environnement domestique et le suivi des pathologies
familiales concourent à améliorer l'état des assurés.
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d'écran tactile. La réaction des utilisateurs fut brutale et spectaculaire. Ils n'appréciaient pas de
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devoir passer par une étape supplémentaire pour revenir à l'interface traditionnelle, qui semblait
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pourtant peu pratique et, selon le fabricant, n'offrait pas les options et la facilité d'utilisation de la
nouvelle version à écran tactile. Finalement, l'entreprise fut obligée de reconcevoir la configuration
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et l'assistance pour les ordinateurs classiques à clavier. Elle n'avait pas anticipé les besoins de
groupes d'utilisateurs différents, ni intégré les options d'aide et d'assistance correspondantes. Sa
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fois le meilleur indice de satisfaction du client pour son service selon l'American Customer
Satisfaction Index.
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L'entreprise de jeux en ligne Blizzard Entertainment fournit des outils d'assistance sur site pour
des jeux comme World of Warcraft, qui aident les joueurs sans qu'ils aient à abandonner leur quête
ou à suspendre leur partie. Sur d'autres sites s'affichent des panneaux d'information flash ; ils
constituent un moyen d'éducation très pratique, permettant aux utilisateurs d'obtenir des conseils et
de poursuivre leur navigation sans avoir à changer de fenêtre, à téléphoner ou à lancer une
discussion en ligne. Ces guides conçus pour réagir immédiatement nécessitent de connaître le
parcours du consommateur, pour prévoir à quel endroit il risque de se trouver dans l'embarras.
Apple a révolutionné l'expérience de shopping high tech avec ses Apple Stores, puis a ajouté le
Genius Bar pour former le consommateur à utiliser ses produits et ses logiciels… gratuitement !
Nombre d'entreprises copient son modèle avec des succès variables. Verizon Wireless a transformé
ses 1 700 points de vente aux États-Unis en centres high-tech baptisés Smart Stores. Des
spécialistes expérimentés organisent gratuitement (décidément, c'est le mot clé) des animations in-
store sur lesquelles les clients s'extasient : « C'est super. J'adore les cours particuliers. On apprend
10 fois plus viteb. »
est élevé et plus ils durent, plus les profits du prestataire augmentent, ce qui encourage le pire – un
comportement qui contredit la volonté affirmée d'aider le client à moins utiliser le service. Il en va
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de même dans les activités d'appui. Les prestataires externalisés doivent impérativement former un
partenariat avec le client pour rendre les processus plus efficaces et réduire leur coût, mais le plus
souvent, ils sont rémunérés à la transaction ou au client. S'ils réussissent à rendre le processus plus
efficace et moins cher, les résultats ne sont pas partagés avec le client. Il ne s'agit dont plus d'un
partenariat. Certaines sociétés telles que Sitel ont décidé de rompre avec ce modèle qu'elles
remplacent par celui du « partage des gains » et par d'autres systèmes de tarification progressive
qui incitent les prestataires externalisés à « aider le client à économiser le produit », par exemple,
en limitant le nombre de contacts client ou en trouvant des solutions d'amélioration des processus.
Dans les régions ensoleillées, les habitants installent des chauffe-eau solaires et des panneaux
solaires pour produire de l'électricité. En Australie, la réglementation, les aides financières et les
crédits d'impôt ont encouragé cette tendance et plus d'un million de panneaux ont été posés dans ce
pays qui compte neuf millions d'habitations. Les détaillants vendent des panneaux et des produits à
base de technologie photovoltaïque, mais les clients qui les achètent pour favoriser l'énergie
durable paient un tarif d'électricité plus élevé – ils sont pénalisés parce qu'ils économisent de
l'énergie. Les usagers équipés de panneaux finissent par payer davantage pour leur électricité que
ceux qui n'en ont installé aucun.
exemple opter pour le prélèvement automatique donnant droit à une remise en échange du paiement
ponctuel des factures.
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L'année dernière, par une journée pluvieuse (classique à Seattle), Bill à la recherche d'une veste
imperméable, entra dans un des magasins de la chaîne REI. Ayant toujours été satisfait de cette
marque qui est la référence en matière de vêtements de loisirs, il avait choisi de commencer par là.
Le voyant fouiller dans les portants, un vendeur s'approcha et lui proposa son aide. Après avoir
écouté Bill lui exposer à quel usage servirait l'article acheté – jogging d'une heure chaque dimanche
et randonnées au milieu des frimas hivernaux –, il le conduisit vers un rayon dédié à une marque
nationale dont la dernière création, une veste imperméable, convenait parfaitement aux rudes
activités de plein air appréciées de Bill. Outre la veste de la marque REI, Bill acheta une deuxième
veste pour lui, portant l'étiquette de ce fabricant, puis une troisième à l'intention de son épouse Lori.
REI gagne parfois à diriger ses clients vers le produit le plus intéressant en magasin, qu'il porte ou
non sa marque.
Il y a quelques années, une entreprise de location de films en ligne connue a inventé un produit de
nouvelle génération mais a complètement échoué dans sa stratégie. Jusqu'alors, les clients louaient
leurs DVD sur Internet et les recevaient par courrier. Le nouveau modèle leur permettait de voir des
films en streaming sans avoir de DVD. Cela constituait une évolution logique puisqu'il devenait
possible de visionner un DVD selon deux modes. Seulement, pour bénéficier du service en
streaming, les clients devaient s'inscrire sur un site différent et fournir des renseignements que
l'entreprise possédait déjà puisqu'ils étaient utilisés pour l'envoi des DVD par la poste. Quand on
parle de simplification ! Comment imaginer pire manière d'inciter les clients à utiliser votre tout
nouveau service ? Cette entreprise a tout simplement gâché son avantage concurrentiel : le fait que
ses clients possédaient déjà un compte chez elle. En les obligeant à s'inscrire une seconde fois, elle
ne leur facilitait qu'une seule chose, le passage à la concurrence. Cette erreur lui coûta 60 % de sa
valeur de marché et même si le cours de l'action s'est largement repris depuis, les clients restent
dans l'expectative.
Tableau 8.2 Anticipation des besoins selon l'évolution de la vie des clients
Quelles mesures peut prendre une organisation qui s'est engagée dans une relation client vouée à
péricliter ? Nous avons observé les conseillers de clientèle d'une banque traiter les appels de
clients qui avaient dépassé le plafond de leur carte de crédit. C'était une expérience alarmante. Au
lieu d'aider les clients à mettre en place une stratégie rigoureuse pour sortir de l'endettement, ils
assistent mois après mois à l'accumulation des intérêts débiteurs sans intervenir et les voient
s'épuiser à tenter de payer les taux exorbitants que la banque leur facture – à moins de changements
radicaux, la faillite est inévitable.
L'établissement bancaire pourrait suggérer de transformer le solde débiteur en prêt personnel qui
oblige à régler la dette en un délai donné, et coupler l'opération à une carte de crédit fixant un
plafond nettement inférieur, pour que le client ne soit pas tenté de s'endetter encore davantage. Non
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seulement l'avenir du client s'en trouverait sauvegardé, mais cela renforcerait aussi la qualité et la
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durée de la relation entre la banque et le client. Nous savons que certaines banques encouragent
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leurs clients à fusionner leur dette avec un prêt immobilier sécurisé, un autre exemple d'approche
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comporte souvent un coût de transaction caché de 5 à 10 dollars. En fait l'organisme facture un prix
au client et de surcroît, le fait travailler en l'obligeant à fournir lui-même l'équipement.
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Deuxièmement, pour les événements sportifs, le client a seulement besoin d'un billet équipé d'un
code-barres à scanner à l'entrée. Pourtant, les sites de billetterie éditent des billets au graphisme
élaboré, fait d'une débauche de couleurs et de publicités portant sur des marques et sur l'événement
sportif. Les clients gaspillent donc l'encre de leur imprimante en illustrations complexes totalement
inutiles.
En Australie, aux États-Unis et ailleurs, les compagnies aériennes n'acceptent pas dans leurs
salons les passagers, y compris les titulaires des cartes gold, qui ne voyagent pas le jour même sur
un de leurs vols. D'aucuns estiment que cette politique est justifiée puisque le passager utilise les
services de la concurrence. Qu'en est-il si la compagnie à laquelle appartient le salon ne propose
pas de vol qui répond au besoin du voyageur ? C'est un cas de force majeure ; le salon ne devrait-il
pas l'accueillir dans la mesure où il acquitte une cotisation annuelle (élevée) auprès du réseau des
salons d'aéroport, pour pouvoir bénéficier de ce droit à tout moment et pas seulement quand la
compagnie en décide ? La solution serait d'établir un partenariat fondé sur la confiance au lieu d'un
arrangement informel entre compagnies aériennes.
Rien n'est prescrit à l'avance. L'information nécessaire est fournie aux professionnels du
soin – nous les appelons « professionnels du soin au client », parce que c'est exactement ce
qu'ils sont. Ce ne sont pas des spécialistes du service ; ils prennent soin des clients. Nous
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dressons le profil du client et nous fournissons tous les renseignements pertinents pour
l'interaction qui doit avoir lieu. Ce qui permet au professionnel du soin de se familiariser
avec la situation, de révéler sa personnalité et d'entrer en résonance avec les besoins
spécifiques du clientd.
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amélioré.
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Vous me permettez d'accéder à des Valeur de vie du client augmentée. Moins de retours. Diminution des montants
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choses que je croyais hors de ma Marketing par le bouche à oreille remboursés et des réclamations consécutives aux
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La réflexion à long terme qui intègre la relation client dans une dimension plus large a un impact
financier positif qui se concrétise à travers différents éléments :
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Notes
a. Pinoy Prabhakar « Virgin Atlantic Is One of My Long-Standing Business Affairs : Richard
Branson », Economic Times, 17 novembre 2013. Consulté le 20 mai 2014 :
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http://economictimes.indiatimes.com/opinion/interviews/virgin-atlantic-is-one-of-my-long-
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standing-business-affairs-richard-branson/articleshow/25902725.cms
$!
b. Jennifer Wang, « Grabbing Attention Is Retailers' Focus », Orange County Reporter, 22 janvier
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2014.
c. Sheryl Connelly, « Looking Further with Ford : 13 Trends for 2013 », 2013 :
http://i.usatoday.net/money/_pdfs/ford-consumer-trend-report.pdf
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d. Jeff Colvin, « How Can American Express Help You ? », Fortune, 19 avril 2012. Consulté le
20 mai 2014 : http://management.fortune.cnn.com/2012/04/19/american-express-customer-service/
Ch ap itr e
9
Ce qui motive les entreprises Me2B
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$!
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Dans les précédents chapitres nous avons défini les conditions d'une expérience client
d'excellence, gage de performance sur le marché Me2B. Nous souhaiterions maintenant explorer
pourquoi certaines entreprises ont compris les nouvelles règles du jeu, alors que d'autres n'en ont
pas encore la moindre notion. En étudiant les caractéristiques et les motivations des organisations
qui servent réellement leurs clients, nous espérons préparer les conseils d'administration et les
équipes dirigeantes à conduire les changements radicaux souvent indispensables pour mieux
répondre aux besoins des consommateurs et réussir sur un marché en pleine évolution. Les start-up
et les entreprises qui envisagent de s'engager dans une nouvelle activité trouveront également dans
ces observations matière à élaborer une stratégie.
Les organisations qui satisfont les sept besoins décrits offrent une expérience hors normes à
leurs clients et un retour sur investissement optimal et durable à leurs actionnaires, ainsi qu'un
environnement de travail dynamique et passionnant à leurs salariés. Si nous examinons en détail les
performances boursières de quatre entreprises leaders Me2B, nous constatons qu'elles dépassent
très largement l'indice S&P 500 (voir la Figure 9.1). Certains ne manqueront pas de remarquer :
« Les produits d'Apple et d'Amazon sont fabuleux, cela explique tout ! » Nous en convenons
volontiers, mais réfléchissez un instant : ces entreprises, et d'autres que nous avons citées,
réussissent également parce que tous leurs partenaires apprécient l'expérience de traiter avec elles.
Nombre d'entreprises proposent des produits extraordinaires : les leaders Me2B offrent des
produits extraordinaires et une relation exceptionnelle.
Source : Yahoo ! Caractéristiques financières comparées 18 mai 2014.
Figure 9.1 L'avantage des entreprises Me2B
En examinant les organisations qui réussissent à combler la plupart ou tous les besoins des
clients, tels que nous les avons décrits, nous distinguons quatre catégories non exclusives les unes
des autres :
Les Naturelles. L'orientation client fait partie du patrimoine génétique de l'entreprise et en
constitue le principe fondateur ; elle imprègne toutes ses décisions et ses actions, comme une
évidence.
Les Challengers. Pour ces entreprises, la focalisation sur le client est devenue une stratégie de
différenciation clé face à la concurrence.
Les Réactives. Ces entreprises se sont trouvées au bord de l'abîme, le choc les a poussées à
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l'action et elles ont gagné leur survie. Pour rebondir, elles ont été contraintes de bouleverser leur
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stratégie en la centrant sur le client.
Les Dominantes sous contrainte. Elles dominent leur marché sans pourtant afficher une forte
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focalisation sur l'expérience client. Elles sont en train de modifier leur stratégie en vue de
défendre leur terrain – pourquoi et comment, voilà les questions clés.
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Les Naturelles
Les leaders Me2B de ce premier groupe sont nés ainsi. Leur fondateur a mis l'expérience client au
cœur de toutes les décisions clés dès le début : elle définit à la fois la culture et le fonctionnement
de l'entreprise. Les dirigeants et les employés croient profondément et passionnément que
l'investissement dans le client est source de rentabilité et ils n'hésitent pas à sacrifier le revenu à
court terme et à moyen terme pour un objectif à long terme. Curieusement, elles finissent par obtenir
à la fois des retours sur investissement élevés et immédiats et une rentabilité durable.
Les Naturelles ne varient pas dans leur engagement pour le client. Ce qui ne signifie pas qu'elles
sont parfaites. Apple est une entreprise « Naturelle » au service de ses clients à travers ses produits
uniques et sa culture, depuis ses débuts modestes dans le garage de Steve Jobs à Palo Alto. Mais
Apple a perdu ses repères dans les années 1990 jusqu'au retour de Jobs. Aujourd'hui, il lui arrive
encore de décevoir ses clients en exploitant son monopole ou sa position de quasi-monopole, par
exemple en utilisant son format de musique propriétaire sur ses appareils, un choix communément
vu comme bénéficiant davantage à l'entreprise qu'à l'utilisateur. Les entreprises de cette catégorie
partagent la conviction que l'orientation client et la croissance de l'entreprise sont inéluctablement
liées.
La première lettre de Jeff Bezos d'Amazon aux actionnaires, au début de 1997 reflète clairement
l'éthique de l'orientation client propre aux Naturelles (on notera l'expression « nous continuerons
à » de la part d'une start-up vieille de deux ans) :
En raison de l'accent que nous mettons sur le long terme, nous pouvons être appelés à
prendre des décisions et à envisager des arbitrages différents de certaines entreprises. Cela
étant, nous voulons partager avec vous notre approche décisionnelle et managériale
fondamentale de sorte que vous, nos actionnaires, puissiez confirmer qu'elle est en accord
avec votre philosophie de l'investissement :
– Nous continuerons à nous focaliser sans discontinuer sur nos clients.
– Nous continuerons à prendre des décisions d'investissement dictées par un objectif
de leadership du marché à long terme, plutôt que par la rentabilité à court terme ou
les réactions à court terme de Wall Streeta.
Lors d'une réunion avec l'équipe dirigeante, Bezos attira délibérément l'attention sur une chaise
vide, rappelant par là à son équipe de « s'assurer que le client reste présent dans toutes nos
décisions, puisque nos clients ne peuvent assister aux réunions où les décisions sont prisesb. » Cette
philosophie avait ses détracteurs parmi les experts et les analystes extérieurs. Au plus fort de la
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bulle internet, en 1998 et au début de 1999, nombre de spécialistes déclaraient que les entreprises
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fondées sur Internet étaient différentes des autres et constituaient un défi pour l'analyse financière
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classique essentiellement centrée sur la rentabilitéc. Cependant, dix-sept ans plus tard, il est clair
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que l'investissement d'Amazon dans ses clients a porté ses fruits et que l'entreprise, contre tout
mode d'évaluation classique, réalise des profits.
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Parce qu'elles reposaient sur les principes d'orientation client dès leur début, les Naturelles ont
exploité toutes les occasions d'intégrer le point du vue du client dans leur stratégie. Des entreprises
telles que Costco, Kohler, Nordstrom, vente-privee et Yamato Transport ont mis en place une série
de mécanismes de reporting et de retour d'expérience pour relier leurs dirigeants aux
problématiques, aux compliments, aux critiques, aux suggestions et aux intuitions des clients ; elles
tiennent aussi régulièrement des réunions à tous les niveaux de la hiérarchie pour débattre des
questions en rapport avec la clientèle. Chez Costco, les vice-présidents de département (par
exemple, le responsable du service alimentation) répondent chaque jour par téléphone à des clients
qui ont émis des avis critiques en magasin, en leur posant souvent des questions susceptibles de
déboucher sur des solutions d'amélioration. Les Naturelles ont également élaboré des processus qui
permettent de satisfaire les sept besoins des clients Me2B et accordé à leur personnel l'autonomie
nécessaire pour les mettre en œuvre.
entreprises qui aspirent à l'excellence dans le domaine de l'expérience client. L'énoncé des valeurs
imprègne tous les processus – le recrutement et la formation du personnel, la prise de décision au
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niveau le plus élevé, etc. –, permettant aux équipes en contact avec le client de « faire ce qui est
juste ».
Kohler, un fabricant de produits en céramique, a développé il y a plus de cinquante ans quatre
« compétences » autour desquelles s'articule son activité : bâtir la confiance, fixer des normes de
performance élevées, guider l'amélioration continue et se concentrer sur l'utilisateur final.
Lorsque nous nous sommes rendus au siège social et au principal centre d'assistance client de
vente-privee, dans la banlieue de Paris, nous avons été frappés par une affiche aperçue en entrant,
qui déclinait en lettres rouges les huit valeurs de l'entreprise :
Responsabilité
Diversité
Mixité
Confiance
Transparence
Créativité
Innovation
Respect
Et quand nous avons interrogé le PDG Jacques-Antoine Granjon sur ce qu'elles signifiaient pour
lui et comment elles se concrétisaient, il en a parlé pendant quarante minutes ! Il apparaît clairement
que ces valeurs sont un ingrédient majeur dans la recette qui a propulsé vente-privee au sommet.
Blizzard Entertainment, une des réussites les plus spectaculaires dans le domaine des jeux en
ligne multiplayer, a convaincu ses dirigeants de témoigner par écrit du succès foudroyant de
l'entreprise et d'indiquer clairement au personnel comment continuer à le développer. Aujourd'hui
l'entreprise affiche partout l'énoncé de sa mission et ses huit valeurs fondamentales – sur la statue
d'une personnalité phare du groupe devant le siège social, sur les murs du centre de formation, et
sur son site web – une audace dont peu d'entreprises se montrent capables :
Les huit valeurs centrales de Blizzard Entertainment représentent les principes et les
croyances qui ont guidé notre entreprise au cours des années. Ces valeurs se reflètent dans
les décisions et les actions quotidiennes des employés.
Ces valeurs se déclinent comme suit : le gameplay avant tout ; l'engagement pour la qualité ;
respect et intégrité ; geeks et fiers de l'être ; chaque voix compte ; penser « mondial » ; diriger de
façon responsable ; apprendre et grandir.
Elles transparaissent dans les processus de recrutement, d'intégration et de formation, à travers
chaque décision quotidienne visant à sortir de la tradition et à donner la priorité au client. En
partageant officiellement ses valeurs, Blizzard informe de manière explicite à son public de gamers
avides qu'ils vont profiter d'une « expérience de jeu épique ».
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Yamato Transport porte sa mission sur sa manche – ou plus exactement affichée sur tous ses
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camions et ses entrepôts : un ovale jaune avec une chatte noire tenant ses chatons dans la gueule.
Explication de l'entreprise :
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Le logo au chat noir, inventé en 1976 par le fondateur Yasuomi Ogura lui-même, est devenu
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le symbole national du transport au Japon et le sera dans le monde entier. Dans les
années 1980, Yamato Transport a constitué des réseaux en Asie du Sud-Est, aux États-Unis
et en Europe, qui se sont largement développés par la suite.
Aujourd'hui, le chat noir se tient à votre service partout où vous en avez besoin. Après
quatre-vingt-dix ans, il est encore synonyme d'attention et de fiabilitéd.
Les Challengers
Le deuxième groupe Me2B est constitué d'entreprises qui défient les acteurs présents sur leurs
marchés, en décidant sciemment de se concentrer sur l'amélioration de l'expérience client pour les
éliminer. Le groupe iiNet, qui se pose en adversaire des principales entreprises de
télécommunication en Australie est l'exemple classique. (Il pourrait tout aussi bien faire partie des
entreprises Naturelles.) Ces Challengers présentent des points communs avec le type d'entreprise
qu'on désigne fréquemment par le terme de disrupteurs, mais leurs innovations visent
essentiellement à améliorer l'expérience et la satisfaction des clients.
Les Challengers ont constaté que l'offre d'un service supérieur constitue un avantage compétitif,
et leur permet d'attirer et de retenir la clientèle d'acteurs présents sur le marché. Richard Branson
en a fait une stratégie de développement originale, en ne lançant pas qu'une seule, mais plusieurs
entreprises nouvelles sur différents marchés (musique, transport aérien et ferroviaire, etc.) chaque
fois qu'il estimait que les clients étaient mal servis.
Tout secteur dominé par des entreprises qui se bornent à fournir des expériences client passables
voire insuffisantes, est riche d'opportunités de croissance et de réussite pour ces Challengers.
Même dans des domaines protégés par des barrières à l'entrée, par exemple le transport aérien, des
Challengers habiles tels que JetBlue, et, auparavant People Express (1981-1987), ont réussi leur
percée. Internet a permis à d'autres entreprises de pénétrer des marchés à faible coût d'entrée et
d'ouvrir la voie à d'autres Challengers. AppliancesOnline, implanté au Royaume-Uni et en
Australie, concurrence les grandes chaînes d'électroménager grâce à la qualité de son service client
(et de ses prix), sans avoir à supporter les coûts et les inconvénients des points de vente physiques.
Le e-commerçant répond au besoin du client en comblant des lacunes dans des domaines comme la
garantie de livraison (« vous m'offrez des choix »), et l'installation (« vous me permettez de faire
plus »). Parmi les autres exemples notables, citons Amazon (qui est également une entreprise
Naturelle), MakeMyTrip (une agence de voyages basée en Inde), Zillow (un site d'estimations
immobilières) et Egencia (un service de voyages d'affaires, appartenant à Expedia, elle-même
considérée comme un Challenger).
Cela dit, les vrais Challengers de notre point de vue Me2B ne cherchent pas prioritairement à
concurrencer leurs rivaux sur les prix – ils se distinguent par une offre client de qualité supérieure.
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First direct, leader des services financiers au Royaume-Uni, n'offrait pas l'option la moins chère
$!
pour ses produits lorsqu'il est entré sur le marché. Mais il fournissait un éventail plus large de
canaux de contact et un service différencié. Sur son site web, l'entreprise publie un résumé des
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multiples distinctions qui lui ont été décernées. « Nous aimons rendre nos clients heureux, mais de
temps en temps, nous apprécions de recevoir aussi des encouragements de la professione. » Les
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récompenses en question incluent : meilleur compte-courant pour les services de centre d'appels
2013 ; meilleur compte-courant pour les services en ligne 2013 ; éditeur de cartes de crédit le plus
fiable 2013 ; fournisseur de prêt le plus fiable 2013 ; ainsi que la distinction « Supers » de
MoneySupermarket. Le « Supers » est décerné aux professionnels des services financiers qui ont
réalisé la meilleure performance en termes de qualité de produit et de service. Les gagnants sont
élus par les clients du site et par des juges indépendants.
Une précision importante pour terminer : la réussite de ces entreprises en tant que Challengers
dépend du fait qu'elles fournissent réellement une expérience différenciée, au lieu d'en faire
simplement un argument de vente pour capter l'attention dans les secteurs où le service au client est
défaillant. En Australie, par exemple, après la déréglementation dans les télécommunications, un
des principaux acteurs de l'époque se targuait d'offrir un service de meilleure qualité que l'ancien
monopole. Il était jugé effectivement supérieur, en dépit d'une amélioration insignifiante : pour les
clients, rien n'avait vraiment changé. Par opposition, le Challenger iiNet ne se livre pas à une
analyse concurrentielle du service client par rapport aux anciennes entreprises de
télécommunications, ni aux fournisseurs de services sur Internet. Il essaie plutôt d'égaler les
évaluations et le score net de recommandation les plus élevés dans tous les secteurs, en s'efforçant
de dépasser largement les meilleurs de sa profession. C'est une attitude de véritable Challenger.
Les caractéristiques des Challengers pourraient se résumer en ces quelques mots : priorité
donnée à l'agilité et promotion du changement.
Danaher (sciences et technologies) a réussi cet exploit en acquérant plus d'une centaine de petites
structures spécialisées qui ont souvent conservé leur marque d'origine, par exemple Fluke.
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Promouvoir le changement
Les Challengers sont utiles en ce sens qu'elles convainquent les sceptiques de l'importance de la
valeur dans une stratégie centrée sur le client. Elles réussissent à gagner des parts de marché et à
croître aux dépens des entreprises déjà présentes sur le marché. S'il leur arrive de subir des pertes
au début de leur développement, des groupes comme Amazon et T-Mobile montrent que cette
stratégie débouche sur une rentabilité solide. Les Challengers peuvent sélectionner les clients
profitables et laisser aux autres acteurs les moins performants (donc les moins rentables). Les
opérateurs historiques qui ont tendance à sous-estimer le risque qu'ils prennent en ne servant pas
leurs clients comme ils le devraient feraient bien de le noter.
Les Réactives
Les entreprises de cette catégorie ont soit frôlé la faillite, soit accusé de lourdes pertes en parts de
marché ou en satisfaction client ou ont été poussées à l'action pour une raison quelconque – elles
ont connu ce que nous appelons une expérience de mort imminente.
Elles ont inversé le processus en développant davantage ou en renouant avec une stratégie de
recentrage sur leurs clients.
Le virage de British Airways commencé dans les années 1990 sous l'impulsion de Tom King est
l'un des exemples les plus célèbres. Ses parts de marché avaient fondu et sa marque avait perdu de
la valeur. Les clients affluèrent de nouveau quand King recentra l'entreprise sur la qualité du
service et redonna sa notoriété à la marque. Aux États-Unis, Home Depot, JetBlue (elle aussi une
Challenger) et Starbucks ont suivi le même chemin. D'autres groupes qui ont dominé leur secteur un
temps donné, comme Hewlett-Packard et Vodafone/Hutchison sont encore en train de lutter pour
retrouver leur gloire ancienne fondée sur le client.
Plusieurs raisons expliquent que des entreprises se retrouvent au bord du gouffre. Il s'agit
parfois d'une faille majeure dans leurs systèmes comme dans le cas de Vodafone/Hutchison en
Australie. Le groupe né de la fusion des deux entités a sous-estimé l'importance de la couverture
réseau compte tenu de l'élargissement de sa base de clientèle et de l'augmentation du volume des
données. Vodafone, affaibli par la médiocrité de sa couverture réseau et par les dommages causés à
sa réputation a perdu presque 2 millions de clients en deux ans. Le groupe essaie de se reconstruire
après cette expérience désastreuse en misant de nouveau sur l'orientation client et sur son
dynamisme, mais au moment où ces lignes sont écrites, il n'a pas encore retrouvé sa position.
Il suffit souvent d'une négligence durable ou d'une évolution du marché pour que la menace
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s'installe. Pendant presque dix ans, la chaîne australienne de supermarchés Coles s'est laissé
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dominer par son concurrent principal. Elle a perdu des parts de marché, s'est désintéressée de ses
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magasins et a vu ses marges chuter. Mais l'arrivé d'une nouvelle équipe managériale a changé la
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donne. Un nouveau format de magasins, une nouvelle logistique, des systèmes innovants et une
campagne triennale d'offres promotionnelles sur des articles courants de la marque maison, comme
le lait et le pain, ont fait grimper ses résultats. Pendant dix trimestres d'affilée, les points de vente
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ont réalisé des chiffres supérieurs à ceux du secteur et le groupe, auparavant en position de suiveur,
est devenu leader du marché.
Nous avons indiqué qu'Australia Post proposait en option d'accompagner l'envoi de paquets
d'une vidéo en ligne assortie d'une carte. C'est une innovation parmi d'autres lancées pour
compenser la baisse du trafic du courrier. Le service du courrier a dû en effet repenser son offre
client autour de la livraison de colis, la facturation et d'autres éléments logistiques. Les succursales,
dont les opérations sont régies par la loi australienne, ont été modernisées pour satisfaire une
nouvelle clientèle, avec par exemple la possibilité de venir retirer des colis à toute heure. Pris
séparément, ces actifs coûteux se seraient transformés en passif.
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Figure 9.2 La renaissance de Home Depot
$!
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Starbucks est une autre entreprise qui a su rebondir. Après avoir dominé le marché des cafés, sa
croissance éclair (à travers de nombreuses opérations de franchise) a entraîné une baisse de la
qualité du service qui lui a aliéné une bonne partie de la clientèle. Quand Howard Schultz a repris
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les rênes en tant que PDG, il a voulu recentrer la chaîne sur ce qui avait fait son succès. Dans son
livre Comment Starbucks a sauvé sa peau sans perdre son âmeg, il raconte comment il a établi un
« ordre du jour de la transformation », dans le but d'instiller à nouveau dans l'entreprise des valeurs
fondamentales, par exemple « inspirer et nourrir l'esprit humain », qui lui ont permis de se
développer de manière étonnante et d'atteindre son statut d'icôneh. Il a mis l'accent sur « sept
actions majeures » : mobiliser et inspirer le personnel (dans la terminologie de Starbucks, les
employés sont des « partenaires », une manière de reconnaître qu'ils constituent une valeur clé pour
l'entreprise) et susciter chez lui un « attachement émotionnel » au client.
Peu de temps après, Starbucks a rédigé un nouvel énoncé de sa mission de service au client et l'a
fait coudre sur l'envers du fameux tablier vert que porte chaque serveur. « Nous créons des
moments inspirés dans la journée de chaque client », peut-on y lire, avec ces quatre verbes
d'action : anticiper, connecter, personnaliser, posséder. Ces « rappels à l'ordre » ont contribué à
restaurer la réputation de l'entreprise en remobilisant un élément que Schultz a toujours considéré
comme le principal moteur de la valeur : les baristas (les serveurs) et non le café.
moyens d'améliorer l'expérience client, nous suggérons de se remémorer le « bon vieux temps ».
Elles en retireront des idées et des modèles à imiter pour répondre aux défis actuels. Bill appelle
cela aller à la recherche « des mammouths laineux et du cœur comestible de l'artichaut » ou
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chercher au plus profond de l'histoire de l'entreprise des solutions aux problèmes d'aujourd'hui.
Au-delà de la défense
Améliorer l'expérience client n'est pas seulement une stratégie de défense. Certaines entreprises qui
ont réussi et qui ne redoutent pas la concurrence l'ont adoptée uniquement dans le but d'accroître la
part de portefeuille de leurs clients et de réduire le gaspillage chez elles. Du point de vue du PDG
nouvellement arrivé, la bonne stratégie consiste à mettre les troupes en ordre de bataille et de
poursuivre sur sa lancée pour conserver sa position de domination. Autour de quel objectif peut-il
mobiliser le personnel : améliorer les relations avec le client ou chercher à rendre leur travail plus
efficace ? Nous miserions plutôt sur la première proposition ! Il est difficile d'essayer de persuader
une entreprise déjà dominante et très rentable de réduire ses coûts. Les employés considéreront les
profits et les niveaux de revenu et pourraient remettre en question cet objectif. A contrario, un
programme de réduction de l'effort ou une stratégie lean qui met l'accent sur les buts des clients est
à la fois plus facile à vendre et plus fédérateur.
Prises entre ces deux feux – la pression des Challengers et une stratégie de leadership
prudente –, les Dominantes sous contrainte ont presque toutes intérêt à confier la barre à un nouveau
PDG. Comme dans le cas des Réactives, nous avons observé que les PDG en place depuis plus d'un
an ont des difficultés à évaluer la situation et à percevoir l'urgence du changement. Le virage
stratégique indispensable coïncide le plus souvent avec l'arrivée d'un nouveau PDG et d'une
nouvelle équipe qui prennent le contre-pied de ce qui se faisait avant.
Le PDG qui a précédé David Thodey chez Telstra avait généreusement investi dans la
technologie ; cependant, les clients fuyaient et la qualité de service sur laquelle reposait la
réputation de l'entreprise ne cessait de baisser. L'équipe chargée de gérer les plaintes comptait
presque cinq cents employés. Thodey et son état-major décidèrent de recentrer l'entreprise sur le
client. Il s'agissait, entre autres, de diviser par deux le nombre des réclamations et de réduire le
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volume d'appels. Trois ans plus tard, la stratégie menée donna des résultats : Telstra regagna des
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parts de marché dans des secteurs clés comme le mobile et les données, le nombre d'interactions
avec les clients diminua et le cours de l'action remonta graduellement pour atteindre un niveau
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historique.
Le recentrage sur le client a également fait des adeptes dans les institutions gouvernementales
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qui ne sont pourtant soumises à aucune concurrence. En Grande-Bretagne, le Trésor public s'est
engagé avec succès dans une politique visant à réduire le gaspillage et l'effort demandé au client, et
à « traiter équitablement les clients ». Elle s'est traduite par une baisse des coûts d'assistance aux
« clients » du Royaume-Uni (il n'est plus question de « citoyens » ni de « résidents »), par une
diminution de la pression exercée par les membres du Parlement en réponse aux réclamations des
clients, et par une augmentation des recettes fiscales.
L'administration territoriale a suivi la même voie en améliorant son offre de services. Dans
plusieurs villes d'Amérique du Nord, dont Toronto et New York, l'« Initiative 3-1-1 » (inaugurée à
Baltimore, dans le Maryland, où Bill a grandi) permet un accès unique à plusieurs services
administratifs. Elle a ensuite fait des émules en Australie, par exemple, avec des initiatives telles
que Smart Service Queensland et Services New South Wales qui mettent un guichet unique à la
disposition des administrés. Outre les usagers, l'administration elle-même en bénéficie : moins de
complexité et plus d'économies d'échelle. Dans certains cas, il a même été possible de supprimer
des systèmes à serveur vocal interactif et des lignes téléphoniques d'assistance complexes et
coûteux. Une preuve s'il en est que l'amélioration du service permet de réaliser des économies.
Notes
a. Amazon, « Lettre aux actionnaires de 1997 (réimprimée à partir du rapport annuel 1997) ».
Consulté le 20 mai 2014 : http://benhorowitz.files.wordpress.com/2010/05/amzn_shareholder-
letter-20072.pdf
b. Notes prises par Bill Price au cours de sa première réunion chez Amazon, dirigée par Jeff Bezos,
printemps 1999.
c. « Quand la bulle éclate », The Economist, 28 janvier 1999. Consulté le 20 mai 2014 :
http://www.economist.com/node/183857
d. Yamato Transport Europe BV, « About Us », 2014. Consulté le 7 juin 2014 :
http://www.yamatoeurope.com/about-us/
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e. First direct, « First direct Awards », 2014. Consulté le 20 mai 2014 :
http://discover.firstdirect.com/awards
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f. ACSI, « Benchmarks de l'entreprise », 2014. Consulté le 20 mai 2014 :
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http://www.theacsi.org/index.php?
option=com_content&view=article&id=149&catid=<emid=214&c=Home+Depot
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$!
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Si, à l'instar des leaders du Me2B, vous voulez réussir à satisfaire les sept besoins du client, la
première étape est de déterminer où vous vous situez par rapport aux quatre catégories
d'entreprises que nous venons d'analyser. Ensuite, que devez-vous faire ? Le présent chapitre
détaille les principes à respecter pour réussir dans l'univers Me2B.
Principe no 1 : une culture orientée client
Aucune entreprise ne peut s'affirmer comme leader dans le modèle Me2B sans bâtir une culture du
personnel forte qui met la relation client au centre de la stratégie. C'est un impératif en ce qui
concerne les besoins les plus sophistiqués (« vous me faites confiance », « vous me valorisez »,
« vous me surprenez », et « vous me permettez d'être mieux et de faire plus »). Garantir aux clients
ces expériences suppose de s'appuyer sur une culture qui permet aux employés en contact avec la
clientèle de s'octroyer des libertés par rapport aux directives générales et de reconnaître quand ils
doivent intervenir de leur propre chef sans attendre l'autorisation de leur hiérarchie. Ils doivent par
exemple savoir s'ils peuvent dispenser un client de frais ou l'enchanter par une surprise inattendue
sans en référer à leur supérieur. Ce type de culture émerge seulement quand le leadership la nourrit
consciemment à travers des modèles à imiter, des messages, une stratégie ciblée, des systèmes
d'évaluation, la reconnaissance et des récompenses constantes. Les trois entreprises ci-dessous sont
des modèles à imiter pour leur orientation client :
Amazon avec le « The Just Do It Award », une tradition vieille de seize ans, qui célèbre les
employés qui prennent des initiatives.
Zappos avec ses « Customer Heroes » : les dirigeants sélectionnent chaque mois un « héros » à
récompenser pour son engagement vis-à-vis du client. Il a l'honneur de défiler dans toute
l'entreprise, bénéficie pendant un mois d'un parking couvert, reçoit une carte cadeau de
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150 dollars, et une capea.
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Yamato Transport lors de la réunion du « conseil stratégique du management » chaque vendredi,
interroge systématiquement : « est-ce pratique pour le client ? » et « n'existe-t-il qu'une seule
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l'objectifb.
Les organisations considèrent souvent l'établissement d'une culture orientée client comme un
objectif stratégique, mais nombre d'entre elles échouent à le concrétiser. Les dirigeants Me2B ne se
contentent pas d'affirmer que leur entreprise va devenir « l'entreprise du monde la plus centrée sur
le client » (Amazon) ou qu'elle s'est « consacrée à créer les expériences de jeu les plus épiques qui
aient jamais existé » (Blizzard), ou qu'elle défend « le service d'abord, le profit après » (Yamato
Transport). Elles ne se contentent pas de déclarations audacieuses, elles les mettent en pratique à
travers des actions ciblées qui contribuent à instaurer le changement et à le développer.
Ces dirigeants imposent pour commencer des mesures visant à rassembler toute l'organisation
autour de l'objectif d'orientation client. La cohésion est un élément critique. Il suffit d'une mesure
contradictoire ou d'un projet qui semble moins centré sur le client pour mettre la culture en danger.
Ralph Norris, le PDG de la Commonwealth Bank, garantissait la cohérence de sa stratégie en
appliquant à tous ses collaborateurs un mode d'évaluation unique : leurs primes dépendaient en
grande partie de leur capacité à faire progresser la banque de la quatrième à la première place du
classement Roy Morgan sur la satisfaction du client. C'était le but à atteindre pour tous les membres
de l'équipe dirigeante, qu'ils soient responsables des relations avec la clientèle ou des processus.
L'incitation financière ne doit pas être le seul outil de motivation dont usent les dirigeants, il leur
faut aussi convaincre les employés d'agir pour le changement.
Les dirigeants Me2B évitent d'évaluer les performances en fonction des données moyennes de
l'expérience client. Le message envoyé est négatif quand l'entreprise se base sur la moyenne des
bonnes et des mauvaises périodes pour affirmer qu'elle a atteint son objectif ; certains centres de
contact peuvent se féliciter d'avoir réalisé un score 80/20 (80 % des appels répondus dans les
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20 secondes), mais que dire si 5 % des clients qui appellent doivent attendre dix minutes, voire
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plus longtemps avant d'être mis en relation avec un agent ? Cela signifie que certains clients et que
certaines expériences ne comptent pas. Pour développer une véritable culture du client, l'entreprise
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récompenses ou des distinctions. AGL, un distributeur d'eau et d'électricité, félicitait ses équipes
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quand elles obtenaient le taux de plaintes le plus bas du secteur ; c'était l'occasion de reconnaître et
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de célébrer une réussite commune et de montrer que les dirigeants valorisaient la performance.
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Yamato Transport a institué un programme appelé la « Banque des Compliments » qui rassemble
tous les compliments émanant des clients et les présente aux employés concernés sous forme de
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badge à arborer sur leur chemise ou leur chemisier ; chaque badge porte un nombre d'étoiles variant
en fonction du mérite.
Les anecdotes et les histoires ont une résonance plus importante sur les salariés que les
statistiques mesurant les « gains nets » ou le « revenu par employé. » Les chiffres sont certes utiles
pour élaborer le compte de résultat, mais ils se prêtent moins au storytelling en tant que stratégie de
rassemblement.
vente-privee collecte et cite volontiers en exemple les histoires d'expériences client qui ont
dépassé les attentes des consommateurs, confortant ainsi ses conseillers dans leur rôle critique vis-
à-vis de la clientèle. Laurent Tupin, directeur du service relations membres, a raconté dans un mail
à Bill une de ses histoires préférées :
Une cliente nous a un jour prévenus qu'elle s'était trompée en nous retournant un paquet. Elle
avait mis dans le colis son jean préféré de la marque Victoria Beckham au lieu du Replay
qu'elle nous avait commandé. Elle précisait qu'il s'agissait d'un cadeau reçu pour son
anniversaire. Elle semblait vraiment attristée et nous suppliait de trouver une solution.
Compte tenu du nombre de paquets stockés dans nos entrepôts, cela revenait à peu près à
chercher une aiguille dans une botte de foin. Nous l'avons assurée que nous ferions tout
notre possible mais que nous ne pouvions pas lui garantir le résultat.
Les jours suivants, nous avons demandé au personnel de l'entrepôt de chercher l'article dans
tout le stock Replay : en l'occurrence, plus de trois cents jeans de la même couleur !
L'équipe logistique passa au crible chaque pièce, afin de repérer le jeans de notre cliente en
fonction des précisions qu'elle avait fournies. Après plusieurs heures de recherche, nous
avons réussi à localiser l'article. Nous l'avons envoyé à la cliente ; elle était ravie et
n'arrêtait pas de nous remercier !
Tupin explique ailleurs que les salariés disposent d'une très large autonomie pour fournir la
qualité de service promise par vente-privee. « À ce niveau, la relation avec le client est
personnalisée et le conseiller est autonome dans sa rédaction et son choix de rembourser un client,
explique-t-il. L'autonomie est le seul moyen de motiver les conseillers pour qu'ils se dévouent aux
clientsc. »
par exemple l'amélioration apportée par un nouveau logiciel, il est important que les bénéfices
client soient clairement mis en évidence.
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À l'opposé, dans certaines entreprises, l'amélioration des processus se traduit à la fois par une
réduction des coûts et par un bénéfice pour les clients en termes d'apport de solutions plus rapides
et d'augmentation de la performance. Ce qui envoie un message tout à fait différent. Medibank
Private, spécialiste de l'assurance-maladie, a fait l'effort d'expliquer concrètement que chaque
processus nouveau et chaque changement structurel était corrélé à un bénéfice client attendu.
Résultat : le personnel, convaincu par ces arguments, est devenu l'avocat le plus ardent du
changement au lieu de le combattre. T-Mobile USA a décidé que les investissements concernant le
matériel informatique des agents des centres de contact, les programmes sur les réseaux sociaux,
l'assistance sur le Web et d'autres activités liées devaient faire l'objet d'un plan pluriannuel,
soulignant ainsi leur importance pour l'entreprise.
Principe no 2 : des processus simplifiés
La conception des processus est déterminante pour satisfaire les sept besoins du client, tout
particulièrement les cinq premiers. Son importance a été soulignée par Hammer et Champy dans
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leur ouvrage de référence Le Reengineringd. Les cercles de qualité, le lean, et la méthode Six Sigma
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en font également un principe clé. Certaines de ces théories insistant davantage sur l'efficience et la
répétabilité que sur l'aspect convivial pour le client. La peur du risque a également conduit à
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inefficaces.
Tableau 10.1 La conception des processus : exemples d'efficacité et d'inefficacité
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Vous me On ne demande pas au client de fournir des preuves, sauf
|\/ Les clients sont constamment obligés de fournir des
preuves pour expliquer leur version des événements, par
faites cas exceptionnel. Et là encore, l'historique de la relation
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exemple en fournissant des copies de leur relevé bancaire
confiance. peut compenser le manque de preuve concrète.
ou de tout autre type de document.
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Vous me
surprenez Les processus sont conçus pour permettre au personnel
Les processus de contrôle sanctionnent le personnel qui se
By
de moins en moins facile à gérer. La réponse la plus adaptée à cette complexité est d'imiter
l'attitude de l'enfant de 3 ans qui multiplie sans relâche les « pourquoi ? ». Pourquoi cette étape est-
elle indispensable ? Pourquoi devons-nous procéder de cette façon ? Les raisons se perdent parfois
dans la nuit des temps. Certaines entreprises ont pris l'habitude de nettoyer leurs dépôts de données
(à partir du moment où FAQ cesse de signifier foire aux questions pour se transformer en fouillis de
questions), tandis que les dirigeants Me2B remplacent les bases de données par des wikis
dynamiques et des informations provenant des médias sociaux.
Un spécialiste de l'assurance santé demandait aux assurés qui voulaient suspendre leur police
pendant la durée d'un voyage, d'envoyer les preuves attestant dudit voyage. Nous lui en avons
demandé la raison. Après tout, les clients qui ne sont plus couverts par leur police ne créent pas de
risque de fraude ni de confusion : ils renoncent juste à faire valoir leurs droits à un dédommagement
pendant cette période. Pis encore, la compagnie d'assurances ne se préoccupait absolument pas de
l'itinéraire que le client lui faxait ou lui envoyait par e-mail. Poussé dans ses retranchements,
l'assureur finit par renoncer à cette exigence. Moins de contraintes pour l'assuré et moins de coûts
pour l'entreprise.
Pourquoi ? est en définitive une question au pouvoir redoutable. Quand les entreprises
s'enferment dans leur système de pensée au risque de retomber dans la dualité risque-contrôle, la
solution est de remettre en cause chaque étape, à chaque interaction avec le client.
Principe no 3 : des canaux intégrés
L'intégration des canaux est essentielle pour réussir à satisfaire les trois premiers besoins. Une des
causes de frustration majeure des clients est de constater qu'ils ne sont pas représentés sur tous les
canaux. Imaginez l'énervement du client qui, après avoir complété un formulaire d'inscription en
ligne compliqué, doit recommencer l'opération au magasin. Les technologies actuelles devraient
permettre de créer une mémoire transversale aux canaux, pour que l'entreprise puisse satisfaire le
besoin « vous me connaissez, vous vous souvenez de moi ».
L'intégration des canaux est également indispensable pour combler le besoin « vous me facilitez
la vie ». Les clients devraient transiter sans peine d'un canal à l'autre, et les entreprises, tout en les
guidant, devraient leur laisser décider eux-mêmes du canal à emprunter pour tel ou tel processus.
C'est à ce moment qu'entre en jeu le besoin « vous m'offrez des choix ». Il peut sembler plus
immédiat de remplir un formulaire à la succursale de la banque ou en magasin, sauf si le client doit
pour s'y rendre emprunter deux autobus ou accomplir quarante minutes de trajet en voiture. Dans
ces conditions, il trouvera sans doute préférable de consacrer deux minutes à s'inscrire en ligne.
Les clients ont besoin de disposer de plusieurs choix, le personnel sur chaque canal et les canaux
eux-mêmes doivent tenir compte de tous les autres canaux afin de lui offrir la meilleure option
possible.
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Les jeunes entreprises possèdent souvent un avantage sur leurs aînées, dans la mesure où elles
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n'héritent pas de canaux à continuer de développer. Il est aussi plus facile d'offrir aux clients un
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traitement unifié et standardisé quand on anime juste un site web et un chat au lieu des six ou sept
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canaux que les organisations plus anciennes ont ajoutés et développés séparément à mesure qu'une
nouvelle technologie émergeait. Il y a d'abord eu le face à face avec le client, suivi des centres
d'appels, puis l'e-mail, la navigation sur le Web, les forums de discussion, les médias sociaux et
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ainsi de suite. À l'intérieur de l'organisation, ces canaux sont souvent détenus séparément et
disposent aussi de leurs propres plateformes technologiques. Les entreprises n'évaluent même pas
les problèmes que poserait l'intégration – pour la bonne raison que personne ne l'a jamais tentée !
Ce n'est peut-être pas facile, mais certaines entreprises adoptent des mécanismes qui rendent
l'intégration possible, à travers des processus de conception intégrée, l'utilisation de technologies
qui relient et intègrent, la conception et le déploiement stratégique des canaux, un système
informatique unifié pour le personnel en contact avec les clients, et la suppression des systèmes
d'évaluation et des règlements qui font obstacle à l'intégration.
passait en 2008, donc avec dix ans de retard sur les compagnies aériennes). Les clients
découvrirent que pour utiliser le système, ils devaient réserver dix jours avant la date de leur
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voyage parce que l'entreprise continuait à imprimer les billets et à les envoyer par courrier ! C'était
d'autant plus étonnant que les compagnies aériennes mettaient déjà en place les voyages sans billet.
Mais ironie de l'histoire, chaque billet comportait une référence unique qui rendait celui-ci
superflu. Il aurait suffi que le contrôleur valide dans le train cette référence sur présentation de la
réservation. Aujourd'hui, soit six ans plus tard, les clients sont encore obligés d'aller retirer un
billet « papier » pour voyager et, ce qui semble incroyable, ne peuvent pas l'imprimer chez eux ;
cette option n'est pas proposée par le transporteur !
En matière de technologie, des passerelles non des barrières
La technologie a trop souvent constitué une barrière à la conception de processus orientés client. La
multiplicité des produits et des opérations impose aux employés (et par extension, aux clients) de
naviguer à travers une pléthore de systèmes – si chaque groupe de produits a son propre logiciel,
comment être surpris du manque de communication ? De la même façon, la technologie peut ériger
des barrières entre les canaux. Si une succursale, un centre de contact et un service d'appui n'ont
pas la possibilité de voir les transactions réalisées par les autres parce que chacun fonctionne avec
son propre système, comment pourraient-ils établir une collaboration efficace ?
Certaines entreprises commencent heureusement à utiliser en interne les applications web
développées pour les clients, après s'être rendu compte qu'elles étaient plus efficaces que celles
utilisées par le personnel de première ligne. Un éditeur de cartes de crédit, par exemple, a mis au
point une application de libre-service rapide, facile à utiliser par ses clients et l'exploite également
pour remplacer l'interface dans son centre d'appels. L'uniformité entre le centre d'appels et
l'application client a facilité le travail des employés du centre d'appels. Ultérieurement, cette même
interface a été également mise à la disposition du personnel de la succursale, créant de ce fait un
troisième canal commun et unifié.
Nous avons aussi vu des obstacles consciemment intégrés dans la conception d'un système. Un
fournisseur d'énergie a laissé à sa division de gestion des risques la possibilité de configurer elle-
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même son nouveau système. Les gestionnaires de risque craignaient que le personnel de support
puisse à la fois établir un compte et le gérer de manière à en faire bénéficier des amis ou des
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parents, par exemple en établissant un crédit. Pour parer cette éventualité, ils ont décidé de séparer
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les accès aux systèmes afin que le personnel en contact avec les clients ne puisse plus accéder aux
éléments du système permettant de manipuler les données financières. Cette précaution constituait
By
une sécurité, certes, mais elle signifiait aussi que des requêtes simples – comme une demande de
virement de solde créditeur – étaient étroitement contrôlées, au préjudice des clients. Les
responsables de la sécurité informatique ont défendu avec ardeur le principe des systèmes clos,
arguant que des changements «violeraient les normes de sécurité », comme s'il s'agissait de
documents sacrés à préserver de la profanation.
Depuis quelques années, on voit se développer une stratégie « multicanal » ou « omnicanal »
fondée sur les systèmes intégrés qui fait de la technologie un pont reliant les différents segments du
parcours du client, qu'il s'agisse du téléphone, de l'e-mail, ou d'autres canaux. Les adopteurs
précoces tels que Virgin America Airlines et BestBuy ont découvert que non seulement leurs clients
aimaient être reconnus quel que soit le canal utilisé, mais aussi que leurs agents géraient les
problèmes avec plus de facilité. L'exploitation d'un logiciel reliant les produits et les canaux
conduit logiquement à revisiter toutes les structures de vente et de service de l'entreprise. Si le
système marche pour tous les canaux et tous les produits, pourquoi l'entreprise ne devrait-elle pas
fonctionner également sur ce modèle ? La technologie peut jouer un rôle clé en créant des structures
et des processus plus adaptés aux clients, mais elle ne peut pas tout.
Il nous paraît aussi intéressant de relever qu'on ne sélectionne pas et qu'on ne redéploie pas
toujours entre ou parmi les canaux des mécanismes existants. Dans le secteur de la banque sur
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Internet, par exemple, on a ajouté une sécurité supplémentaire pour prévenir le vol d'identité dans
certaines situations, quand on doit ressaisir son mot de passe ou au moment d'entrer une transaction
financière d'un montant élevé. C'est ce que l'on appelle l'authentification à deux facteurs. Ces
mécanismes comportent parfois l'envoi d'un message par e-mail appelant une réponse. Mais peu de
centres de contact ont recours à cette technologie, même si elle leur est parfaitement applicable ;
comme dans un processus en ligne, le client pourrait valider son mot de passe en répondant à
quelques questions. La différence d'approche s'explique par le fait que les canaux ont été
développés séparément.
l'élimination des silos organisationnels. Les savoirs et les disciplines que doit maîtriser un centre
de contact diffèrent de ceux qui s'appliquent dans une succursale ou un service d'appui. Certaines
compétences et disciplines sont identiques, mais le diable se cache dans les détails. L'intégration
By
des canaux ne doit donc pas être laissée à la responsabilité d'une seule personne, elle implique un
travail d'équipe pour assurer la continuité entre les canaux. Des équipes dédiées à la conception ou
à l'amélioration des processus peuvent certainement apporter leur aide, mais elles ont aussi besoin
d'expertise pour exploiter les capacités de chaque canal et pour fonctionner dans les limites fixées.
On peut aussi recourir à un groupe d'architectes de systèmes pour coordonner l'ensemble. Ce
groupe chargé d'agréger et de fédérer les éléments pourrait reporter directement à un dirigeant
responsable des canaux concernés.
Les organisations progressistes comme DIRECTV et T-Mobile ont réussi à abattre les barrières
structurelles en créant des groupes dédiés à l'expérience client qui couvrent toute l'étendue du
domaine. Loin de maintenir la séparation entre les canaux, ils relient tous les détenteurs internes de
sorte que les messages et les processus soient conçus et appliqués de manière constante et
uniformément.
|
Vous
|\/ Respecte rigoureusement les consignes et offre le
Ne se préoccupe pas des consignes et offre des remboursements
m'offrez des remboursement censé convenir au client d'après
$!
plus généreux ou des solutions alternatives.
choix. les calculs automatisés.
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vie. avec vous » et expérimente des moyens destinés à faciliter la vie vocal interactif, afin de savoir vers qui le diriger.
du client.
Écoute attentivement pour capter les termes ou expressions clés
du type « je voudrais acheter ceci chez vous » ou « mon appareil Cherche à clore le plus vite possible l'entretien
Vous me
ne fonctionne plus », note et transmet ce que le client dit (c'est ce pour prendre le prochain appel ou s'occuper du
valorisez.
que nous appelons WOCAS/what our customers are saying – ce prochain client sur Internet.
que disent nos clients).
Vous me
Se fie à la version que le client donne des événements quand c'est S'abrite derrière le règlement édicté par
faites
approprié. l'entreprise.
confiance.
Vous me Écoute les bruits de fond pendant l'appel (pleurs de bébé ou
surprenez au- aboiement d'un chien) puis fait une offre qui a du sens
Lit le règlement d'un ton morne.
delà de toute (concernant le bébé ou l'animal). Offre gratuitement une boisson
attente. aux clients fidèles sans qu'ils aient demandé quoi que ce soit.
Vous me
permettez
d'être mieux Anticipe, expliquant au client ce qui va de passer ensuite. Fait ce qu'il doit faire et passe à autre chose.
et de faire
plus.
Les dirigeants s'efforcent de former des employés avec lesquels les clients ont envie de traiter
en insistant sur cinq points principaux.
récompensent pas celui qui a résolu avec créativité le problème d'un client ou qui a géré une
situation difficile avec intelligence et courage.
|
travail. Ce groupe comprenait également deux employés connus pour leurs suggestions
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d'amélioration, leurs dénonciations des dysfonctionnements et leurs propositions de solutions
$!
permanentes. Dans certaines organisations, ils seraient passés pour des semeurs de trouble et
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auraient été accusés de se plaindre sans raison. Mais les managers comprirent qu'ils avaient affaire
à des sujets particulièrement motivés et désireux d'aider. Le projet d'amélioration leur offrait la
chance de transformer leurs suggestions en actions et ils obtinrent des résultats remarquables. Les
By
nouveaux processus furent salués par des applaudissements lors de leur présentation. Ils permirent
globalement d'accroître le taux de résolution de 20 % et de réduire l'effort client de plus d'une
minute par contact.
Abandonner les cas désespérés ; investir plutôt dans ceux qui ont du
potentiel
Dans une équipe, certains membres sont plus performants que d'autres. Les managers et les
superviseurs doivent choisir où investir le temps limité dont ils disposent, afin d'améliorer les
résultats de toute l'équipe. Les meilleures entreprises repèrent rapidement les salariés dont les
performances sont médiocres parce qu'ils n'occupent pas le poste qui leur convient et elles ne
perdent pas de temps à s'occuper de ceux qui n'ont aucune chance de réussir. Cela peut sembler
injuste, mais si certains ne sont pas à leur place dans l'équipe ou exigent trop d'efforts de la part de
l'entreprise pour progresser, elle n'a aucune raison d'investir en eux. Il est plus rentable de miser
sur les salariés capables d'exceller, mais dont les performances paraissent encore insuffisantes.
Pour détecter ce potentiel prometteur, le management doit savoir ce qu'il doit chercher. Là
encore, le comportement est le critère déterminant. Les salariés désireux de réussir, mais qui
manquent de compétences et de connaissances, peuvent être formés à l'excellence. Ils sont capables
de fournir au client une expérience supérieure.
Nous recommandons généralement aux entreprises d'établir un profil de performance type à
l'aune duquel évaluer leurs salariés (c'est ce que nous appelons la gestion de la performance des
agents : agent performance management, APM). Apple et JP Morgan Chase ont adopté cette
approche. Au lieu d'accompagner les salariés les moins performants et de laisser les autres de côté,
intéressez-vous au contraire aux éléments de valeur. Cherchez à identifier les facteurs d'excellence
qui les caractérisent, inspirez-vous d'eux pour établir un profil qui servira de critère de base pour
améliorer le recrutement et surtout, soignez-les pour qu'ils ne soient pas tentés de quitter
l'entreprise. Quant aux moins performants, autorisez-les à démissionner ou mettez-les à la porte.
année, l'entreprise affrète un avion pour conduire ses salariés les plus performants vers une
destination de rêve où ils assistent à un concert et passent une soirée mémorable – voilà une belle
By
carotte ! Elle offre aussi aux responsables d'agence un intéressement aux résultats, comme dans le
système de la franchise, mais sans les risques financiers. Ce ne sont que des exemples de
mécanismes originaux mis en place pour encourager le personnel à offrir des expériences vraiment
uniques à leurs clients : par exemple les appeler avant le départ pour l'enregistrement des bagages
ou leur demander au retour si le voyage répondait à leurs attentes. Ces minuscules attentions et ces
exemples de « surprenez-moi » ramènent les clients vers les agences du groupe. FlightCentre
recrute des collaborateurs qui aiment voyager et qui exploitent cette passion dans leur travail. Étant
eux-mêmes des voyageurs convaincus, ils veulent aider les clients à « faire plus », à en retirer le
maximum.
Notes
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a. Stan Phelps, « Celebrating Super Human Customer Service », 9 Inch Marketing, 13 janvier 2013.
Consulté le 20 mai 2014 : http://9inchmarketing.com/2013/01/13/heroes-wanted-and-rewarded-
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zappos/
b. Entretien avec les hauts dirigeants de Yamato Transport mené par Bill Price et Osamu Taniguchi,
By
Le maréchal Lyautey demanda un jour à son jardinier de planter un arbre. Le jardinier objecta que
l'arbre mettrait du temps à croître et ne parviendrait pas à maturité avant une centaine d'années au
moins. Le maréchal répondit : « Dans ce cas, il n'y a pas de temps à perdre. Plantez-le cet après-
midi. »
John F. Kennedy
Ce livre analyse comment les entreprises qui réussissent aujourd'hui satisfont sept besoins
fondamentaux de leurs clients en leur offrant en outre des expériences exceptionnelles. Il constitue
un outil à l'usage de nos lecteurs qui veulent transformer leur propre organisation.
Par quoi commencer ?
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Avant de se lancer dans cette aventure, il faut d'abord analyser et recenser ses forces et ses
$!
faiblesses au regard de chacun des quatre principes fondateurs du succès. Il s'agit ensuite de
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considérer en détail les interactions et l'expérience client à travers le prisme des sept besoins que
nous avons identifiés. Chaque interaction et chaque contact avec le client mériterait d'être évalué :
« Le client a-t-il été reconnu et identifié là où c'était nécessaire ? » « De combien d'options
By
disposait-il ? » « L'interaction était-elle fluide – pourrions-nous la rendre encore plus facile (pour
qu'elle nécessite moins d'efforts de la part du client) ? »
Les managers et les salariés doivent comprendre ce qui échoue et ce qui réussit. Dès lors qu'il
s'agit d'énoncer des priorités, il vaut mieux se montrer le plus concret et le plus factuel possible.
Affirmer « nos processus sont inopérants » est moins efficace que d'expliquer : « 25 % de nos
processus n'apportent pas au client la solution qu'il réclame. »
L'autodiagnostic présente l'inconvénient que chacun côtoie de trop près l'existant pour être
capable d'envisager des possibilités de changement. À cela s'ajoute une réticence à se montrer aussi
critique à l'égard de soi-même que cela serait nécessaire. Par ailleurs, les dirigeants, les managers
et les employés qui ont toujours œuvré dans un seul secteur peuvent ne pas connaître toute la gamme
des solutions possibles.
Et pourtant, le défi majeur qui se pose aux entreprises actuelles est d'engager une rénovation
complète en continuant à vivre dans le même bâtiment. Ce n'est pas impossible, mais cela exige des
sacrifices et la volonté de procéder à des changements fondamentaux – chaque entreprise doit en
trouver le moyen. Nous assistons actuellement dans tous les pays et dans tous les secteurs à une
remise en question sans précédent des anciens modèles. Les organisations qui continuent à penser
en termes de B2C ou de B2B au lieu d'adopter la philosophie Me2B sont vulnérables, et doivent
agir dès maintenant au lieu d'attendre de vivre une expérience de mort imminente comme décrite
dans le chapitre 9. Nombre d'entreprises dans les télécommunications, l'assurance, le commerce de
détail, le transport aérien, l'informatique et le conseil n'ont pas réagi à temps et ont fait faillite ou
ont été rachetées à un prix dérisoire. Les fondements de la réussite Me2B ne se construisent pas du
jour au lendemain, mais dès qu'ils sont mis en place, ils apportent des bénéfices multiples.
Nous vous conseillons vivement d'entamer votre parcours Me2B le plus tôt possible. Nous
sommes convaincus que les organisations qui entretiennent de véritables relations avec leurs clients
et qui comblent de manière constante ces sept besoins immuables assureront leur survie et leur
prospérité pour les années à venir.
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By
Glo ssair e
Nous avons tendance à employer des termes familiers à ceux qui se trouvent en contact direct avec
le client. Mais nous avons estimé opportun d'ajouter un glossaire à l'intention de ceux qui pourraient
en avoir besoin.
ACSI – American customer satisfaction index : indice américain de satisfaction client. Système
ou groupe de systèmes fournissant un aperçu de chaque interaction et de chaque produit en relation
avec un client donné. Ces systèmes saisissent tous les produits et tous les contacts clients,
indépendamment des modes de contact.
Agents virtuels : une forme d'automatisation en ligne dans laquelle l'aide ou l'assistance sur les
sites web ou sur les kiosques est fournie par des personnages animés ou avatars. Ces automates
peuvent répondre à des questions simples ou guider l'utilisateur tout au long de l'interaction. À ne
pas confondre avec les agents du service client travaillant à partir de leur domicile qu'on désigne
parfois par le terme d'agents virtuels.
ANI – Automatic number identification : identification automatique du numéro. Voir CLI.
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APM – Agent performance management : gestion de la performance agent. Processus systémique
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visant à évaluer, à gérer et à améliorer la performance des employés directement en contact avec
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les clients. Développée par Bill Price, cette approche comporte un tableau de bord prospectif
(balanced score card), un processus de classement, puis des processus d'accompagnement
By
personnalisé et de formation pour aider les agents en contact avec la clientèle à améliorer leur
performance.
Benchmarking relatif au dernier contact : ou last contact benchmarking. Approche développée
par Bill Price. L'entreprise compare ses opérations aux meilleures expériences les plus récentes de
ses clients. Il ne s'agit pas nécessairement d'expériences réalisées auprès de ses concurrents directs
ou dans le même secteur.
B2B – Business to business : entreprises qui entretiennent en priorité des relations avec d'autres
entreprises.
B2B2C – Business to business to customer : entreprises qui recourent à des entreprises faisant
fonction d'intermédiaires pour vendre au consommateur final. Les entreprises de ce groupe peuvent
par exemple vendre leurs produits en passant par des agents ou des conseillers financiers, ou via
des accords de franchise.
B2C – Business to customer : entreprises qui entretiennent en priorité des relations avec le
consommateur final.
Big Data – Big Data customer analytics : analyse des données des clients. Systèmes d'information
utilisés pour agréger les interactions, les achats et les comportements des clients dans le but de
prévoir leurs comportements futurs, les probabilités d'achat et le rendement potentiel pour
l'entreprise.
Bouche à oreille : ce que les clients disent à d'autres clients à propos d'un produit ou d'un service.
Par le marketing du bouche à oreille, l'entreprise encourage ses clients à promouvoir un produit
auprès d'autres clients. Précurseur du score net de recommandation (NPS ou net promoter score).
Boules de neige : contacts répétés, soit 100 % de moins de « résolution au premier contact » ou de
« résolution au premier point ». Calculé en utilisant les ratios input-output par équipe, centre et
entreprise.
BPO – Business process outsourcing : externalisation des processus. Des fournisseurs
spécialisés, externalisés, assurent des processus complexes ou répétitifs, par exemple l'impression
de documents, les mailings, le traitement des réclamations pour les compagnies d'assurances et des
demandes de prêt. Un grand nombre d'entreprises recourent à l'externalisation qui permet des
économies d'échelle, une réduction des coûts, l'offre de services spécialisés, l'accès à des pays où
la main-d'œuvre est moins chère comme l'Inde ou les Philippines.
C2C – Customer to customer : interactions dans lesquelles le client assiste ou conseille d'autres
clients. Les sites d'assistance partagée, les blogs, les forums et tous les nouveaux médias sociaux en
sont autant d'exemples.
CES – Customer effort score : score de l'effort client ou baromètre d'effort client. Mesure de
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l'investissement du client dans une interaction donnée, allant de l'effort minime ou quasiment nul (1)
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à l'effort extrême (5).
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CLI – Caller line identification : identification de la ligne appelante. Voir ANI. Système
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d'identification automatique du numéro à partir duquel le client appelle, souvent couplé dans les
centres de contact aux données sur le client, de sorte que le conseiller n'est pas obligé de demander
By
vers le client, mais incluant tous les agents sollicités avant que le client raccroche – par exemple :
transfert à d'autres opérateurs, transmission à l'échelon supérieur ou intervention d'un spécialiste
(voir résolution au premier point.)
Résolution au premier point : indication sous forme de pourcentage de la proportion des
problèmes des clients résolus sans deuxième contact du client avec l'agent, ni de l'agent avec le
client, sans transmission à l'échelon supérieur ni assistance d'une autre personne que l'agent avec
lequel le client a traité.
SVI – serveur vocal interactif : système informatique de gestion des appels entrants permettant au
client d'entrer un message en appuyant sur des touches ou de l'exprimer en langage courant, pour
obtenir une information automatisée (demande de solde bancaire ou suivi d'une commande) ou pour
communiquer une information à l'entreprise.
TRN – taux de recommandation net : voir NPS.
Valeur vie client : ou customer lifetime value. Calcul du revenu total et du retour sur
investissement que l'entreprise peut retirer d'un client donné pendant toute la durée de leur relation.
Les entreprises l'utilisent pour segmenter la clientèle, attirer les clients ayant la valeur la plus
élevée et investir en fonction dans la relation.
Vision client à 360° : système ou ensemble de systèmes fournissant une vue de chaque interaction et
de chaque produit concernant un client donné. Ces dispositifs captent tous les produits et tous les
contacts réalisés par les clients quel que soit le canal utilisé.
Voix du client – VDC : ou voice of the customer – VOC. L'art et la science d'écouter ce que le
client dit à l'entreprise, soit directement (à travers ses commentaires), soit indirectement (par
l'intermédiaire du service client). Voir aussi WOCAS.
WOCAS – What our customers say : ce que disent nos clients. Connaître la voix du client par les
employés directement en contact avec lui est devenu aujourd'hui un outil concret qui permet de
recueillir la VDC au niveau des employés en contact avec le client, à travers l'analyse de codes, de
scores, des parcours client et de rapports. Élaboré par Bill Price, il est commercialisé par notre
partenaire LimeBridge en Allemagne, Stephan Pucker.
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4$
By
Lectu r es r eco mman d ées
Don Peppers et Martha Rogers, Extreme Trust : Honesty as a Competitive Advantage, Penguin,
2012.
James L. Heskett, W. Earl Sasser Jr. et Leonard A. Schlesinger, The Service Profit Chain : How
Leading Companies Link Profit and Growth to Loyalty, Satisfaction, and Value, Free Press, 1997.
Tony Hsieh, L'Entreprise du bonheur, Leduc.S Éditions, 2011.
Chip Conley, Emotional Equations : Simple Steps for Creating Happiness + Success in Business
+ Life, Atria, 2012.
Hanson Hosein, Storyteller Uprising : Trust and Persuasion in the Digital Age, HRH M Media,
2012.
Clotaire Rapaille, Culture Codes : Comment déchiffrer les rites de la vie quotidienne à travers
le monde, JC Lattès, 2008.
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Robert Spector et Patrick McCarthy, The Nordstrom Way to Customer Service Excellence,
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Wiley, 2012.
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John H. Fleming et Jim Asplund, Human Sigma: Managing the Employee-Customer Encounter,
4$
Gallup, 2007.
Christopher Morace et Sara Gaviser Leslie, Transform : How Leading Compagnies Are Winning
By
Nous souhaiterions exprimer notre gratitude aux collègues de LimeBridge du monde entier, pour
leur soutien, leurs exemples et contre-exemples, et leur collaboration active à la diffusion de notre
premier ouvrage, The best Service is No Service ; Peter Massey au Royaume-Uni pour sa passion
inaltérable des processus rapides + simples ; Osama Taniguchi au Japon pour avoir partagé ses
informations sur Yamato Transport et d'autres entreprises leaders du Me2B ; Stephan Pucker en
Allemagne pour son implication dans le programme WOCAS ; Joseph Kort en France pour
l'inspiration apportée par les vins français et les nombreuses histoires de réussite ;
MD Ramaswami et Vinit Singhal en Inde pour leur insatiable enthousiasme concernant les idées
neuves ; et Toby Detter en Suède pour ses perspectives sur la stratégie et le marketing.
David voudrait remercier Peter Morrison et Graham Howard, ses partenaires en Australie,
d'avoir encouragé ce projet et d'avoir joué un rôle de conseillers. Et de nous avoir autorisés à
utiliser les caricatures. Merci également à l'équipe de LimeBridge en Australie – Caroline
Loughrey, Probal das Gupta, Michael Hazel, Luke Hannemann, Synth Senthi, John Spooner, Karen
Witty et Helen Moses – pour leur excellente collaboration qui l'a rendu disponible pour les
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conversations sur Skype et l'écriture de ce livre.
$!
Bill adresse ses remerciements à ses collègues passés et présents aux États-Unis – Cass Nevada,
4$
David Morad, Doug Cassell, Jamie Erze, Jim Bartz, Jim Folk, John Rushing, Linda Chidester, Pat
Larson, Paul Davis, Phil Vandecar, Wes Pitman, et Zulma Pereira – pour leur dévouement
By
permanent à l'égard de nos clients, leur conseil éditorial, et leur fidélité dans la recherche du
meilleur service, de solutions Me2B et dans l'exercice du leadership Me2B. Bill a beaucoup appris
au contact des adeptes du meilleur service et de la philosophie Me2B, trop nombreux pour être
cités ici, qui ont partagé leurs expériences avec nous, en particulier Cate Hardy de Starbucks, Gary
Qualls de DIRECTV, Gibbs Jones de Suddenlink, Harvey Trager de Danaher/Fluke, Jardon Bouska
de CheckFree/Fiserv, Laurent Tupin de vente-privee, Mike Baker de First Data et UHG, Philippe
Tisserand d'Owi, Sara Kearney de Hyatt, Scott Maxwell d'Open View Venture Partners et Scott
Tweedy de T-Mobile.
Toute notre reconnaissance à nos collègues consultants : Daniel Ziv de Verint, Keith Fiveson
d'ITESA, Sarah Beardsley d'Accenture et Michelle Watson de Match.com (désormais
Walmart.com) pour leur émulation et leur contribution.
Ce livre n'aurait pas vu le jour sans l'incroyable partenariat avec Karen Murphy et John Maas de
Jossey-Bass ; Sara Grace qui nous a aidés à remodeler notre manuscrit ; Mary Garrett et Mark
Karmendy responsables de la publication ; et Hilary Powers secrétaire de rédaction qui a donné sa
forme finale, claire et nette, à notre travail.
Nous remercions tous les deux Jon Kudelka de ses extraordinaires dessins. David et Jon en ont
produit quinze par an pendant ces dix dernières années, admirés dans le monde entier. Jon a
remporté plusieurs prix de journalisme en Australie ; toute notre gratitude pour son exceptionnelle
contribution.
Un grand merci à nos familles : Erika et Rachel, et Rebecca et Patrick, d'avoir supporté
l'absence périodique de leurs papas qui donnaient l'impression de préférer leurs ordinateurs
portables et leurs PC à leurs enfants ; Rebecca, en particulier, s'est mise à la conduite au bon
moment pour que David puisse travailler à l'arrière de la voiture. Enfin, et ce n'est pas le moindre,
merci à Sue et à Lori de leur amour, de leurs encouragements, de leur inspiration, des critiques et
des suggestions venues renforcer notre argumentation.
David remercie Bill de sa vision et de ses idées et d'avoir accepté de faire équipe avec lui. Je
pense que nous nous sommes sans cesse améliorés en tant qu'équipe et je suis toujours agréablement
surpris de la bonne volonté que met Bill à écouter mes idées et à partager les siennes avec moi. J'ai
dû proposer deux cents titres et quelques, mais Bill a trouvé ceux qui méritaient d'être retenus. De
la même façon, nous ne nous sommes jamais écartés des idées forces du livre (qui étaient celles de
Bill), mais il a fait preuve de souplesse en me laissant leur donner corps et les affiner. C'est un
plaisir de travailler avec un partenaire qui écoute, réfléchit et améliore. Merci encore Bill, d'avoir
accepté cette collaboration internationale et de m'avoir permis de goûter aux joies de l'orthographe
et de la grammaire américaines.
Bill reconnaît que sans l'infatigable focalisation de David sur le sujet et sans son désir de
publier ensemble ce second ouvrage ; sans son humour et ses petites phrases ; les multiples ajouts et
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précisions qu'il a apportés aux réflexions originelles de Bill à propos du « bonheur du client », du
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« retour au futur du client » et des « mammouths laineux et des artichauts » ; sans sa stupéfiante
$!
capacité à élaborer des tableaux, à inventer des titres et à synthétiser des histoires complexes et
4$
variées en besoins concis et en facteurs de succès, ce livre sur le modèle Me2B n'aurait jamais
existé – encore une fois bravo, l'ami !
By
À p r o p o s d es au teu r s
Bill Price, coauteur du livre The Best Service Is No Service, a fondé Driva Solutions, LLC, en
septembre 2001, conseil en construction de stratégie de service client et amélioration de la
performance opérationnelle, après avoir été le premier vice-président du service client monde
d'Amazon. En 2002, il a cocréé L'Alliance Globale LimeBridge (LimeBridge Global Alliance) qui
réunit dix pays et le Conseil des Opérations Globales (Global Operations Council) comptant
aujourd'hui trente-neuf pays membres qui diffuse « les meilleures pratiques et les pires
expériences » ; il préside également le Chief Customer Officer Forum des Amériques. Il est associé
d'Antuit, une entreprise spécialisée dans l'analyse prévisionnelle et le Big Data installée à
Singapour, en tant que responsable des programmes marketing et client.
Price a débuté sa carrière chez McKinsey & Company aux bureaux de San Francisco et de
Stockholm, au service de clients internationaux et il a collaboré à ce qui allait devenir « Le Prix de
l'excellence ». Il est ensuite devenu directeur financier et directeur général d'un des premiers
spécialistes de SVI, Automated Call Processing Corporation, dont le réseau a acquis la division
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routage de MCI ; il a créé les divisions externalisation d'agents, conseil et automatisation des
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services de centres d'appels de MCI, et a été désigné comme le pionnier des premiers centres
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d'appels par les éditeurs de CRM Magazine en 1997.
4$
Price donne également des conférences, enseigne le marketing et la gestion des affaires
internationales, et est membre de comités de conseil. Il est diplômé de Dartmouth College et de la
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Stanford Graduate School of Business et vit avec son épouse à Bellevue et à Vashon, dans l'État de
Washington, où il pratique la course à pied et le kayak en été. Une de ses filles prépare une maîtrise
sur le comportement des primates et son autre fille s'apprête à passer un diplôme d'ingénierie
mécanique.
Plus d'informations sur www.drivasolutions.com.
David Jaffe, coauteur de The Best Service is No Service, vit à Melbourne, en Australie et est
directeur consultatif et fondateur de LimeBridge Australie, organisation spécialisée dans
l'expérience client. Il a grandi en Angleterre et a étudié la philosophie, les sciences politiques et
l'économie à Oxford avant de s'engager dans une carrière de consultant puis d'émigrer en Australie.
Jaffe a exercé son activité de conseil pendant vingt-huit ans en Grande-Bretagne, en Irlande et en
Australie, ainsi qu'en Inde, en Nouvelle-Zélande, à Hong Kong, aux Philippines, à Singapour et aux
États-Unis. Il a travaillé dans différents secteurs dans les domaines du service client et de la vente
en direct aussi bien en succursale, qu'en centre d'appels, libre-service et administration des ventes.
Il a commencé sa carrière chez Accenture, où il a été associé national chargé de la pratique client
pour les services financiers dans la zone Asie-Pacifique. Il a ensuite rejoint AT Kearney en tant
qu'associé principal du Financial Institutions Group. Il a quitté AT Kearney pour participer à la
fondation de LimeBridge Australie
Dans le cadre de LimeBridge Australie, Jaffe dirige le développement client, la recherche et le
marketing. Il est intervenu lors de nombreuses conférences en Australie, en Asie et en Amérique du
Nord. Il a créé le Chief Customer Officer Forum en Australie et est fréquemment sollicité en tant
que conférencier dans le monde entier.
Il a une épouse et deux enfants, chante avec passion dans une chorale, pratique la course
d'orientation et est un excellent convive et animateur de soirée.
Plus d'informations sur www.limebridge.com.au
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By
I n d ex
A
Accenture Global Pulse 1, 2
ACSI (American Customer Satisfaction Index indice de satisfaction client). 1
acte de foi 1
administration territoriale 1
adopteurs précoces 1, 2
agents virtuels 1
AGL 1, 2, 3, 4
AHM 1
Airbnb 1
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Alaska Airlines 1
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Aldi, 1
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Amazon 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20
By
amélioration à contretemps 1
American Airlines 1, 2
American Customer Satisfaction Index 1
American Express 1, 2
Andaz 1
Android 1
Apple 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10
AppliancesOnline 1
Arthur Blank 1
assistance de client à client (C2C) 1
atteinte à la vie privée 1
Aussie Farmers Direct 1
Australia Post 1, 2
authentification à deux facteurs 1
autodiagnostic 1
autonomie du personnel 1
avatars 1
B
B2B 1, 2, 3
B2B2C 1
B2C 1, 2
Baltimore 1
Bank of America 1
Bankwest 1, 2, 3
Banque des Compliments 1
Banque Nationale d'Australie (National Australia Bank) 1
barre de progression 1
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Basecamp 1
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Bellevue Club 1, 2
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Ben Shaffer 1
bénéfice du doute 1
By
Bernard Marcus 1
besoin d'expérience unique 1
BestBuy 1, 2
BevyUp 1
biais d'échantillonnage 1
Big Data 1, 2, 3
Bill Hewlett 1
BlackBerry 1
Blake Nordstrom 1
Blizzard Entertainment 1, 2, 3
Bob Holden 1
Boccia 1
Bon exemple 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25,
26, 27, 28, 29, 30, 31, 32, 33, 34, 35, 36, 37, 38
bon vieux temps 1, 2, 3, 4, 5
Booking.com 1
bouche à oreille 1, 2
boules de neige 1
bouton SOS 1
Brian Dunn 1
Brisbane 1
British Airways 1
British Telecom 1, 2
Build-a-Sign 1
Building Society 1
Bupa 1, 2, 3, 4
Bupa International 1
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C
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C2C 1, 2
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CableMover 1
canaux intégrés 1
By
centre de contact 1, 2, 3
centres d'appel 1
centres d'appels 1
centres de contact 1, 2, 3
Cercles de Qualité 1
Challenger 1
Challengers 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7
Champy 1
CheckFree 1
Christchurch 1
classement Roy Morgan 1
client confronté à la complexité 1
client- créateur 1
client-créateur 1
cloud 1, 2, 3, 4
Coles 1
Comment Starbucks a sauvé sa peau sans perdre son âme 1
Commonwealth Bank 1, 2, 3, 4
communautés d'utilisateurs 1
communication C2C 1
complexité 1
conavigation 1, 2
conception stratégique des canaux 1
conception transversale 1
Contre-exemple 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25,
26, 27, 28, 29, 30, 31, 32, 33, 34, 35, 36, 37, 38
conversations imposées 1
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Costco 1, 2, 3, 4, 5, 6
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culture orientée client 1
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D
Danaher 1, 2
David Packard 1
David Risher 1
David Thodey 1
Delta Airlines 1
démarche EFM (Enterprise Feedback Management) 1
diminution du taux de contacts 1
DIRECTV 1, 2, 3, 4
disponibilité 24 h/24, 7 j/7 1
Distinctive Dry Cleaners Australia 1
dominantes sous contrainte 1, 2, 3, 4
Don Peppers 1
donner la priorité au client 1
Dyson 1
E
eBay 1
échantillonnage des contacts 1
éducation du client 1
Egencia 1
Egg.plc 1
Emirates Airlines 1
employés de première ligne 1, 2, 3
encourager l'instabilité des clients 1
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Energy Australia 1
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enquêtes de satisfaction 1
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eStara 1
exceptions 1
By
F
Facebook 1, 2, 3, 4
facilitation de l'expérience client 1
fausses alliances 1
Fire 1
FlightCentre 1
Fluke 1, 2
Flyknit Racer 1
Ford 1
franchise 1
FreshDirect 1
G
gains d'efficience 1
gestion de la complexité 1
gestion de la performance des agents
Agent Performance Management/APM 1
gestion de la relation client (customer relation management/CRM) 1
Goring Hotel 1
Graham Howard 1
grands voyageurs 1
Graniterock 1
guides virtuels 1
H
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|\/
Hamburger University 1
$!
Hammer 1
4$
Heinz 1
Hewlett-Packard 1, 2, 3
hiérarchie des besoins de Maslow 1
hiérarchie des besoins selon Maslow, 1
Hilti 1, 2
historique de la relation client 1
Home Depot 1, 2
Honda 1
Horst Schulze 1
Howard Schultz 1
HPWay 1
Huit Valeurs Fondamentales 1
Hyatt 1
Hyatt Hotel Corporation 1
I
iiNet 1
IKEA 1, 2
indicateurs de valeur potentielle 1
indice S&P 500 1
information partielle et risques de spams 1
ingénierie prospective 1
Initiative 3-1-1 1
intégration de la technologie 1
intégration des canaux 1, 2, 3, 4
intégration des processus 1
intensité de la relation 1
interaction 1
Internet 1, 2
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|\/
Intuit 1, 2
$!
4$
J
Jacques-Antoine Granjon 1, 2
By
Jan Carlzon 1
JD Power Chairman's Award 1
Jeff Bezos 1, 2, 3, 4, 5
JetBlue 1, 2
Jim Bush 1
Jodie Fox 1
John F. Kennedy 1
Joie de Vivre (hôtels) 1
JP Morgan Chase 1, 2
K
Kablow 1
Kindle 1
kindle Fire HDX 1
kiosques en libre-service 1
Kirkland 1
Kohler 1, 2
L
la bonne attitude 1
Laurent Tupin 1
le management baladeur 1
Le Reenginering 1
leaders Me2B 1, 2, 3
leaders open-source 1
Lean 1, 2
l'écoute pour la forme 1
libre-service 1
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LimeBridge UK 1, 2
|\/
$!
Lloyds 1
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logiciels de CRM 1
By
M
MakeMyTrip 1
Malcolm Baldrige National Quality Award, 1
M&M 1
mammouths laineux et cœur comestible de l'artichaut 1, 2
Maréchal Lyautey 1
Marks & Spencer 1
Marks&Spencer 1
Martha Rogers 1
matrice Valeur-Irritation 1
MBTA
Autorité de Transport de la Baie de Massachusetts 1
McDonald's Corporation 1
MCI 1
Me2B 1
médias sociaux 1
Medibank Private 1, 2
Meg Whitman 1
Melbourne Victory 1
MINI Cooper 1
modèle Me2B 1
moments de vérité 1
MoneySupermarket. 1
Moosejaw, 1
Motorola 1
multicanal 1
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National Australia Bank 1, 2, 3
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$!
Nationwide Building Society 1
4$
Naturelles 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7
Net Promote Score/NPS 1, 2
By
Net-a-Porter 1
Netflix 1
New York 1
New York Department of Motor Vehicles (DMV), 1
Newton 1
Nike 1
Nike Flyknit Racer 1
niveau 1 1
niveau 2 1, 2
Nokia 1
non-respect de la délégation de pouvoir 1
Nordstrom 1, 2, 3, 4, 5
nouveau client 1
Nouvelle Zélande 1
NPower 1
NPS/Net Promoter Score 1
O
occasions manquées 1
offres de customisation 1
omnicanal 1, 2
Open University 1, 2
organisation intégrée 1
orientation client 1
Origin Energy 1
ouragan Katrina 1
P
|
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Palo Alto 1
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parcours d'achat 1, 2, 3, 4
4$
part de portefeuille 1, 2, 3
By
Patron Incognito 1
Paul Polman 1
People Express 1
personnel en contact avec la clientèle 1
personnel en contact avec le client 1
Pete Massey 1
Peter Massey 1
phénomène 2 + 2 = 6 1
Pitney-Bowes 1
plateforme de libre-service client 1
points de contact 1
politique arbitraire 1
politiques indifférenciées 1
potentiel 1
préférences du client 1
préremplissage 1
problèmes d'écoute 1
processus simplifiés 1
processus transversaux 1
programmes de fidélité des compagnies aériennes 1, 2
Puget Sound Energy 1
pyramide Me2B 1
Q
Qantas 1, 2
QSC&V 1
quatre principes fondateurs du service 1
questionnaires-catastrophes 1
|
Quick Start Guide 1
|\/
$!
R
4$
RACV 1, 2, 3
By
Ralph Norris 1, 2
Ray Kroc 1
Réactives 1, 2, 3, 4, 5, 6
recentrage sur le client 1
reconnaissance incomplète 1
RedHat 1
RedMart 1
réduction de l'effort client 1
REI 1, 2, 3, 4, 5
relation client 1
relation client via les réseaux sociaux 1
relation comportant une date d'expiration 1
relations personnelles 1
rendre le possible impossible 1
répétabilité 1, 2
répétition des contacts 1
résolution au premier contact 1
responsabilisation du personnel 1
responsabilisation, stimulation des salariés 1
retour d'expérience 1
retour d'expérience multidimensionnel 1
Retour vers le Futur 1, 2, 3
RFM (Récence, Fréquence, Montants). 1
Richard Branson 1, 2, 3, 4, 5
Ritz-Carlton 1, 2
Robinson 1
Royal Automobile Club de Victoria 1, 2
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S
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Samsung 1, 2
4$
S&P 500 1
S&P500 1
By
Six Sigma 1, 2, 3, 4, 5
Smart Service Queensland 1
By
T
tactique de l'enfant de trois ans 1
Target Stores 1
taux de conversion 1
technologie Airblade 1
technologies ANI/CLI, 1
télécommandes universelles 1
Telefonica O2 1
|
Telstra 1, 2
|\/
$!
Tesla 1
4$
The Best Service Is No Service, (Le meilleur service, c'est l'absence de service) 1
The One to One Future 1
théorie de la récupération 1
Ticketmaster 1
TiVo 1
T-Mobile 1, 2, 3, 4
T-Mobile USA 1, 2, 3
Tom King 1
Tom Peters 1
Tony Hsieh 1
Toronto 1
Toyota 1
traçabilité 1
traitement uniforme 1, 2
traitement VIP 1
transaction prioritaire 1, 2
transfert de statut 1
transferts d'appels 1
TravelSIM 1, 2
Trésor Public 1
TripAdvisor 1
Twitter 1, 2, 3, 4
U
Uber 1
Unilever 1
United Airlines 1
|
USAA 1, 2, 3, 4, 5
|\/
$!
V
4$
valeur du client 1
valeur future des clients 1
valeur vie client (CLV) 1
valeur vie du client (CLV customer lifetime value). 1
Vashon Island 1
Vente Privée 1
vente-privee 1, 2, 3, 4, 5, 6
ventes croisées 1
Verizon Wireless 1
vidéo-timbre 1
Virgin 1, 2, 3, 4, 5, 6
Virgin Airlines 1, 2
Virgin America Airlines 1
Virgin Australia 1, 2
vision à 360 degrés 1
vision étroite du portefeuille 1
Visite E-Z 1, 2
Vodafone/Hutchison 1
Volkswagen. 1
Vous me connaissez, vous vous souvenez de moi 1
Vous me permettez d'être mieux et de faire plus. 1
vous me valorisez 1, 2
W
Watermark Consulting 1, 2
WestJet 1, 2
WOCAS/what our customers are saying, ou ce que disent nos clients.) 1
Wotif.com 1
|
|\/
X
$!
Xerox 1
4$
Y
By
Yamato Transport 1, 2, 3, 4, 5
Yasuomi Ogura 1
You Tube 1
Your Hamper 1
Z
Zappos 1, 2, 3, 4
Zillow 1