ROYAUME DU MAROC
ADMINISTRATION DE LA DEFENSE NATIONALE
DIRECTION GENERALE DE LA SECURITE
DES SYSTEMES D’INFORMATION
Loi n° 43-20 relative aux services de confiance pour les
transactions électroniques
-Foire aux questions-
2023
INFORMATIONS
PERSONNES AYANT CONTRIBUÉ À LA RÉDACTION DE CE DOCUMENT :
Rédigé par Version Date
DGSSI 1.0 01/01/2023
ÉVOLUTION DU DOCUMENT :
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1.0 01/01/2023 Version initiale
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à :
[email protected] 2/15
Sommaire
I. INTRODUCTION......................................................................................................................................... 4
II. QUESTIONS RELATIVES A L’ENSEMBLE DES SERVICES DE CONFIANCE ........................................... 4
1. Quels sont les principaux objectifs de la loi 43-20 ? ..................................................................................... 4
2. Quels sont les textes d’application de la loi 43-20 ? ...................................................................................... 4
3. Que devient loi 53-05 et ses textes d’application suite à l’entrée en vigueur de la loi 43-20 ? ........................... 5
4. Quels sont les apports du volet « services de confiance » de la loi 43-20 ?...................................................... 5
5. Quels sont les effets juridiques de la loi 43-20 ? ........................................................................................... 5
6. En quoi diffèrent les règles de preuve pour les services de confiance qualifiés et non qualifiés ? ...................... 6
7. Comment choisir entre les services de confiance électroniques qualifiés et non qualifiés ? ............................... 6
8. Quelles sont les obligations des prestataires de services de confiance (PSCo) agréés et non agréés ? ................ 7
9. En quoi consistent les services de validation et de conservation de la signature ou de cachet
électronique ? ................................................................................................................................................... 7
10. Dans quels cas l’envoi recommandé électronique peut-il être utilisé ? ............................................................ 8
11. Quels services de confiance peuvent être fournis par un prestataire de services de confiance ? ......................... 8
12. Quelles sont les garanties qu’offrent les prestataires de services de confiance agréés ? .................................... 8
13. Quel est le régime de contrôle applicable aux prestataires de services de confiance ? ...................................... 8
14. Quelles sont les modalités de contrôle spécifiques aux prestataires de services de confiance agréés ? ............... 9
III. QUESTIONS RELATIVES A LA SIGNATURE ET AU CACHET ELECTRONIQUE ..................................... 9
15. Quels sont les différents niveaux de signature électronique ? ......................................................................... 9
16. Quelle distinction y’a-t-il entre la signature électronique et le cachet électronique ? ......................................10
17. Qui peut demander un certificat électronique qualifié ?...............................................................................10
18. Un face à face est-il nécessaire pour la délivrance d'un certificat électronique qualifié ? ................................11
19. Une signature manuscrite numérisée ou scannée a-t-elle une valeur juridique ? ............................................11
20. En quoi consiste la signature électronique à distance ou dans le Cloud ? ......................................................11
21. En quoi consiste la signature électronique qualifiée à distance ? ..................................................................11
22. Comment attester du consentement du signataire lors d’une signature électronique avancée à distance ? ........13
23. Quels sont les critères à considérer pour choisir un niveau de signature électronique ? ..................................13
24. Quelques exemples de cas d’usage potentiels des services de confiance ? ....................................................14
25. Qu’est-ce qu’un dispositif de création de signature électronique ? ...............................................................14
26. Quels sont les régimes applicables à la cryptologie dans la loi 43-20 ? .........................................................15
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I. INTRODUCTION
Au regard des évolutions réglementaires et technologiques dans le domaine de la confiance
numérique, et compte tenu de la diversité des usages et des besoins métiers croissants engendrés par
la transformation numérique que connait notre pays, le besoin de refonte de la loi 53.05 relative à
l’échange électronique de données juridiques s’est fait fortement ressentir. C’est dans ce cadre que
s’inscrit la loi 43-20 relative aux services de confiance pour les transactions électroniques.
L’objectif de ce document est d’éclairer les utilisateurs et les différents acteurs des services de
confiance sur les questions relatives au cadre régissant ces services, afin de favoriser une
compréhension commune et partagée par toutes les parties prenantes.
II. QUESTIONS RELATIVES A L’ENSEMBLE DES SERVICES DE
CONFIANCE
1. Quels sont les principaux objectifs de la loi 43-20 ?
Les principaux objectifs de la loi 43-20 se présentent comme suit :
Elargir le
périmètre
d'application à
l'ensemble des
transactions Clarifier
Se mettre en électroniques d'avantage la
harmonie avec force probante
les des différents
réglementations niveaux de
internationales Introduire d'autres services de
services de confiance
confiance pour
promouvoir le
recours au Définir
Renforcer le numérique plusieurs
régime d'agrément niveaux de
des PSCo et sécurité pour
mieux encader s'adapter à la
ceux non agréés Fixer les diversité des
régimes usages
applicables aux
moyens et
prestations de
cryptologie
2. Quels sont les textes d’application de la loi 43-20 ?
Le seul texte d’application relatif aux services de confiance publié à la date de la rédaction du
présent document est le décret n° 2.22.687 pris pour l’application de la loi n°43-20 relative aux
services de confiance pour les transactions électroniques.
Pour ses aspects techniques, le cadre juridique de la loi 43-20 renvoie à des référentiels
d’exigences relatifs aux services de confiance, qui seront publiés sur le site Internet de l’autorité
nationale (DGSSI1), une fois établis.
1
La direction générale de la sécurité des systèmes d’information relevant de l’administration de la défense nationale.
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3. Que devient loi 53-05 et ses textes d’application suite à l’entrée en vigueur de la
loi 43-20 ?
La loi 43-20 abroge le chapitre premier et le titre II de la loi 53-05 relative à l’échange
électronique de données juridiques, tandis que le titre premier relatif à la validité des actes sous
forme électronique ou transmis par voie électronique et qui introduit la signature électronique dans le
Dahir formant code des obligations et des contrats (DOC) demeure en vigueur.
La loi 43-20 prévoit des mesures transitoires pour (i) les prestataires de certification
électronique (PSCE) agréés au titre de la loi 53-05, pour (ii) les certificats électroniques sécurisés, et
pour (iii) les dispositifs de création de signature électronique attestés par un certificat de conformité
délivrés conformément aux dispositions de la loi 53-05.
4. Quels sont les apports du volet « services de confiance » de la loi 43-20 ?
La loi 43-20 instaure un cadre juridique général pour l'utilisation des services de confiance. Elle
étend le champ d'application de la loi 53.05 relative à l’échange électronique de données juridiques
au-delà de la seule signature électronique et englobe les services suivants :
⎯ La création de signatures électroniques, de cachets électroniques, d'horodatage électronique
et d'envoi recommandé électronique ;
⎯ La création des certificats électroniques relatifs aux signatures électroniques, aux cachets
électroniques ou à l’authentification des sites internet ;
⎯ La validation des signatures électroniques ou des cachets électroniques ;
⎯ La conservation des signatures électroniques et des cachets électroniques ou des certificats
relatifs à ces services.
5. Quels sont les effets juridiques de la loi 43-20 ?
Conformément à la loi 43-20, l’effet juridique et la recevabilité comme preuve en justice des
signatures électroniques, des cachets électroniques, des horodatages électroniques, et des envois
recommandés électroniques, ne peuvent être refusés au seul motif que ces derniers se présentent sous
forme électronique ou qu’ils ne sont pas qualifiés.
Par exemple, lorsque le procédé de signature électronique n’est pas qualifié, alors sa fiabilité
devra être démontrée. L’acte signé n’est pas suffisant pour démontrer le consentement des parties à
son contenu. Pour que la signature électronique non qualifiée ait la même valeur juridique qu’une
signature manuscrite, il faudra apporter la preuve de sa fiabilité grâce à un dossier de preuve
décrivant le procédé de signature utilisé et les procédés techniques assurant sa fiabilité.
Pour le niveau qualifié, la loi 43-20 précise les effets juridiques suivants :
⎯ La signature électronique qualifiée bénéficie d'un effet juridique similaire à celui d'une
signature manuscrite en termes de présomption de fiabilité sans qu’aucune preuve de la
fiabilité de la signature ne soit rapportée. (Art 417-3 du DOC modifié par la loi 43-20) ;
⎯ L’effet juridique d’une signature électronique qualifiée associée à un horodatage
électronique qualifié est équivalent à celui d’une signature manuscrite légalisée (article
417-3 du DOC modifié par la loi 43-20) ;
⎯ Le cachet électronique qualifié bénéficie d'une présomption d'intégrité des données et
d'exactitude de l'origine des données auxquelles il est lié ;
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⎯ L’horodatage électronique qualifié bénéficie d'une présomption d'exactitude de la date et de
l'heure qu'il indique et d'intégrité des données auxquelles se rapportent cette date et cette
heure ;
⎯ L’envoi recommandé électronique qualifié bénéficie d'une présomption relative à l'intégrité
des données, à l'envoi de ces données par l'expéditeur identifié, à leur réception par le
destinataire identifié et à l'exactitude de la date et de l'heure de l'envoi et de la réception
indiquées.
En vertu de la loi 43-20, les services de confiance qualifiés et les prestataires qui les offrent,
sont soumis à des exigences plus strictes (usage des dispositifs certifiés, des audits de sécurité
réguliers, respect strict des normes et standards, etc.) que celles applicables aux services non
qualifiés, ce qui justifie les effets juridiques privilégiés qui leurs sont reconnus.
6. En quoi diffèrent les règles de preuve pour les services de confiance qualifiés et
non qualifiés ?
Pour les services de confiance qualifiés, en cas de litige, c’est à la partie qui conteste leur
validité d’apporter la preuve. Par exemple, c’est au destinataire d’un envoi recommandé électronique
de prouver que l’envoi n’a pas été effectué. Cette présomption de fiabilité est similaire à celle qui
s’applique dans le monde physique.
Dans le cas des services de confiance électroniques non qualifiés, en cas litige, c’est la partie
qui en fait usage qui doit apporter les preuves de leur validité. Par exemple, l’expéditeur de l’envoi
recommandé électronique doit lui-même prouver que l’envoi recommandé électronique a bel et bien
été effectué. Il n’y a pas de présomption de fiabilité équivalente à celle qui s’applique au monde
physique.
CHARGE DE LA PREUVE -CAS DE LA SIGNATURE ELCTRONIQUE-
Signature électronique qualifiée Signature électronique non qualifiée
La paternité d’une signature est présumée prouvée, à moins Dans le cas où la paternité d’une signature est
qu’une personne la conteste et apporte la preuve du contraire. mise en cause, il convient à la personne qui
⎯ La partie qui conteste la validité de la signature soutient son authenticité de prouver la paternité
électronique endosse la charge de la preuve. de ladite signature.
⎯ On parle de renversement de la charge de la preuve. ⎯ Le signataire supporte la charge de la preuve
de la validité de sa signature.
7. Comment choisir entre les services de confiance électroniques qualifiés et non
qualifiés?
En règle générale, le choix est libre sauf obligation légale ou réglementaire dans certains
secteurs exigeant le recours à un niveau donné. Lorsque le risque de litige est fort (risque d’actions
collectives, transactions à forts montants), l’usage de la signature qualifiée serait de facto nécessaire.
Les parties qui veulent réduire au maximum ce risque ont tout intérêt à faire appel à des services
qualifiés. Le choix revient donc entièrement à l’utilisateur et fait partie d’un processus de gestion du
risque métier qui peut prendre en considération les éléments ci-après :
Niveau simple Niveau avancé Niveau qualifié
⎯ L’enjeu financier ⎯ L’enjeu financier et/ou ⎯ L’enjeu financier et/ou juridique est
Cas et/ou juridique est juridique est important critique
d’utilisation faible ⎯ Le risque de ⎯ Le risque de contestation est à fort
lorsque ⎯ Le risque de contestation est enjeu
contestation est faible important ⎯ Obligation réglementaire s’il y’a lieu
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Prenant l’exemple de la signature électronique, en fait, tous les niveaux de signature
électronique peuvent être utilisés pour signer électroniquement tous les types de documents, sauf
certains actes devant répondre à un formalisme spécifique (actes notariés, marchés publics, etc.).
L’estimation de la vraisemblance du litige (probabilité sur une période donnée) et de sa gravité
(impacts liés à l’annulation de l’acte signé électroniquement) permet de préciser le choix du niveau
approprié. Plus la vraisemblance et la gravité estimées d’un litige sont importantes, plus le choix
d’un niveau de signature disposant d’une force probante élevée devient judicieux et recommandé.
En conséquence, il convient donc d’être vigilant quant au choix du niveau de signature
électronique utilisé et d’évaluer, en amont, si ce niveau répond bien aux prérequis de la transaction
ou du contrat à conclure en termes de valeur, du risque juridique, financier et opérationnel, sans
perdre de vue également les considérations liées à la convivialité de l’usage, le coût et la sécurité.
En cas de recours à un service de confiance qui n’est pas qualifié, il serait important de vérifier
que les garanties de fiabilité fournies par le prestataire (références à des normes, certifications,
assistance et fourniture du dossier de preuve, etc.) permettent d’apporter la confiance dans
l’utilisation des services proposés et d’aider à obtenir gain de cause en cas de contentieux.
8. Quelles sont les obligations des prestataires de services de confiance (PSCo)
agréés et non agréés ?
Un prestataire de services de confiance agréé est un prestataire de services de confiance offrant
au moins un service de confiance qualifié. La loi formule des exigences générales applicables à
l’ensemble des prestataires de services de confiance agréés, ainsi que des exigences spécifiques pour
chaque service de confiance qualifié.
Un prestataire de services de confiance agréé doit avoir fait l’objet d’une évaluation de
conformité aux exigences de la loi 43-20 et de ses textes d’application et avoir obtenu son agrément,
pour un ou plusieurs services de confiance qualifiés, auprès de l’autorité nationale avant de pouvoir
commencer à le ou les fournir, tandis qu’un prestataire de services de confiance non agréé se
contente d’une déclaration préalable auprès de ladite autorité.
Les prestataires de services de confiance agréés sont responsables de leur négligence, incapacité
ou insuffisance professionnelles tant vis-à-vis de leurs contractants que des tiers. Ils sont également
tenus de conserver les données relatives à la fourniture des services de confiance, et de notifier à
l’autorité nationale les incidents de sécurité.
9. En quoi consistent les services de validation et de conservation de la signature ou
de cachet électronique ?
Avec l’usage grandissant de la signature électronique, de nombreux documents émanant des
administrations et des entreprises sont susceptibles de constituer des éléments de preuve en cas de
contentieux. Pour encadrer cet usage, et au-delà de la problématique de l’archivage de ces documents
électroniques eux-mêmes, deux nouveaux services sont introduits par la loi 43-20 : l’un concerne la
validation, l’autre la conservation des signatures ou cachets électroniques qualifiés :
o La validation de signatures ou de cachets électroniques qualifiés
Le service de validation des signatures ou cachets électroniques qualifiés permet aux parties
utilisatrices de recevoir le résultat du processus de validation d’une signature ou cachet électronique
qualifié d'une manière automatisée, fiable, et efficace. On aura donc la certitude au moyen de ce
service fourni par un tiers de confiance, et au-delà de la durée de vie limitée (en général de 2 à 3 ans
maximum) des certificats électroniques, que la signature ou le cachet électronique était bien valide
au moment de son apposition.
o La conservation des signatures ou des cachets électroniques qualifiés
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Le service de conservation des signatures ou cachets électroniques qualifiés permet d’étendre la
fiabilité et la pérennité de celles-ci au-delà de leur période de validité technologique. En effet, avec le
temps, la probabilité́ que les algorithmes utilisés dans les signatures ou cachets électroniques
puissent être corrompus ou devenus obsolètes augmente. Le prestataire fournissant ce service doit
conserver non seulement les signatures et cachets électronique qualifiés, mais aussi les éléments de
preuve associés afin de pouvoir les fournir à la justice en cas de contentieux.
10. Dans quels cas l’envoi recommandé électronique peut-il être utilisé ?
L’envoi recommandé électronique peut être utilisé par toutes les catégories d’utilisateurs
(personnes physiques, administrations, entreprises). Lorsqu’il est qualifié, l’envoi recommandé
électronique se présente comme la version dématérialisée, de l’envoi à la réception, de la lettre
recommandée papier avec un effet juridique similaire à celle-ci.
L’envoi recommandé électronique qualifié présente l’avantage d’apporter un acheminement
instantané, une identification fiable de l’expéditeur et du destinataire, des preuves électroniques 2
associées aux envois (preuves de dépôt, de réception, de refus et de non-réclamation), ainsi qu’une
conservation électronique probatoire des différents éléments relatifs à ces envois.
11. Quels services de confiance peuvent être fournis par un prestataire de services
de confiance ?
Les prestataires de services de confiance peuvent choisir un ou plusieurs services de confiance
parmi ceux énumérés dans la loi sur les services de confiance pour les transactions électroniques.
Le fait d’offrir un service de confiance (qualifié ou non qualifié) ne leurs impose pas de fournir
les autres services de confiance (qualifiés ou non).
Lorsqu’un prestataire demande un agrément pour la fourniture d’un ou plusieurs services de
confiance, la décision d’agrément finale porte seulement sur le (ou les) services objet de la demande.
12. Quelles sont les garanties qu’offrent les prestataires de services de confiance
agréés ?
Un prestataire de services de confiance agréé par l’autorité nationale :
⎯ Est soumis à des audits réguliers permettant de vérifier et de s’assurer de sa conformité aux
exigences définies par la réglementation en vigueur ;
⎯ Peut émettre des certificats électroniques ou proposer des services avec présomption de
fiabilité ;
⎯ Figure dans une liste publiée au Bulletin Officiel.
Le statut de prestataire agréé apporte ainsi un degré de confiance supplémentaire auprès des
utilisateurs, certes la responsabilité du choix d’un PSCo agréé ou pas incombe finalement au client
en fonction de ses besoins.
13. Quel est le régime de contrôle applicable aux prestataires de services de
confiance ?
Le régime de contrôle prévu par la loi 43-20 est du ressort de l’autorité nationale. Celle-ci a
pour mission :
⎯ Le contrôle a priori dans le cadre de la demande d’un agrément en qualité de PSCo au titre
de la loi 43-20 précitée pour la fourniture des services de confiance qualifiés,
2
Ces preuves peuvent être perçues comme l’équivalent dans le monde physique d’un avis de passage.
8/15
et a posteriori dans le cadre des audits périodiques auxquels sont soumis les PSCo agréés au
cours de leur période d’agrément ;
⎯ La prise des mesures, a posteriori et à chaque fois jugée nécessaire, en ce qui concerne les
prestataires de services de confiance non agréés établis sur le territoire national et ce,
lorsque l’autorité nationale est informée que ces derniers ou les services qu'ils fournissent
ne satisfont pas aux exigences de la loi 43-20 et de ses textes d’application.
Les prestataires de services de confiance non agréés ne font pas l’objet d’un contrôle a priori.
14. Quelles sont les modalités de contrôle spécifiques aux prestataires de services de
confiance agréés ?
En vue d’être agréés, les prestataires de services de confiance doivent se soumettre à une
évaluation effectuée à leurs frais, par un organisme désigné par l’autorité nationale, au moins tous les
3 ans. Cette évaluation vise à s’assurer du respect de la loi n° 43-20 et des textes pris pour son
application, et des règles de sécurité applicables aux services de confiance telles que fixées dans les
référentiels d’exigences.
En dehors de ces audits réguliers (d’agrément ou de renouvellement d’agrément), l’autorité
nationale peut décider à tout moment de soumettre le prestataire de services de confiance agréé à des
contrôles spécifiques par rapport à un aspect donné, ou peut demander à des experts externes de
procéder à une évaluation de la conformité dudit prestataire, aux frais de ce dernier.
III. QUESTIONS RELATIVES A LA SIGNATURE ET AU CACHET
ELECTRONIQUE
15. Quels sont les différents niveaux de signature électronique ?
La loi 43-20 prévoit trois niveaux de signatures électroniques, ayant chacun des caractéristiques,
effets juridiques, et usages différents :
⎯ La signature électronique simple : Consiste en l’usage d’un procédé fiable d’identification
garantissant le lien entre la signature et le document électronique auquel elle se rattache. Ce
type de signature correspond au premier stade de sécurité et de reconnaissance légale de la
signature d’un document. Elle ne requiert pas une décision de l’autorité nationale.
La signature électronique simple permet de justifier de l’intégrité3 du document. Toutefois,
l’identité du signataire est difficilement garantie, par conséquent la non-répudiation4 ne peut
être assurée dans tous les cas.
Comme son nom l’indique, la signature électronique simple est le procédé le plus facile à
mettre en œuvre. Elle est adaptée aux actes simples à faible enjeu juridique ou financier.
⎯ La signature électronique avancée : Est une signature simple qui doit respecter en outre les
conditions suivantes :
- être liée au signataire de manière univoque ;
- permettre d’identifier le signataire ;
- avoir été créée à l’aide de données de création de signature électronique que le
signataire peut utiliser sous son contrôle exclusif, avec un niveau de confiance élevé
défini par l’autorité nationale ;
- reposer sur un certificat électronique ou tout procédé jugé équivalent fixé par voie
réglementaire ;
3
Que le document n’a pas été modifié depuis sa signature.
4
Une fois que le document est signé, la personne l’ayant signé ne peut pas nier l’avoir signé.
9/15
- être liée aux données qui lui sont associées de telle sorte que toute modification
ultérieure des données soit détectable.
A l’instar de la signature simple, la signature avancée ne requiert pas de décision de
l’autorité nationale. La signature avancée est très adaptée au mode de signature électronique
à distance et aux actes ou transactions comportant des risques juridiques et/ou financiers
importants.
En cas de contestation, l’examen et l’appréciation du juge de la validité de ce type de
signature et de son dossier de preuve correspondant (en principe conservé et produit par le
PSCo pour la résolution de litiges) est nettement facilité dès lors que les conditions
supplémentaires ci-dessus soient respectées.
⎯ La signature électronique qualifiée : est une signature électronique avancée qui, en plus,
doit reposer sur un certificat qualifié de signature électronique délivré par un PSCo agréé et
mise en œuvre grâce à un dispositif qualifié de création de signature électronique. Un tel
dispositif garantit, avec un haut niveau de confiance, que la signature ne peut être réalisée que
par le signataire légitime. Ce dispositif doit être attesté par un certificat de conformité délivré
par l’autorité nationale.
Etant présumée fiable jusqu’à preuve du contraire, la signature électronique qualifiée
représente ainsi le plus haut niveau de reconnaissance juridique et de sécurité de la signature
électronique, permettant à la fois de s’assurer de façon fiable de l’identité du signataire grâce
au certificat qualifié de signature électronique et de garantir la sécurité des données contenues
dans le document signé via l’utilisation d’un dispositif qualifié de création de signature
électronique. L’acte signé est suffisant pour démontrer le consentement des parties à son
contenu.
Utiliser la signature électronique qualifiée revient donc à s’offrir un niveau de protection
juridique élevé en cas de contentieux. Par conséquent, ce type de signature devrait être
réservé aux actes et transactions électroniques à très fort enjeu juridique ou/et financier.
16. Quelle distinction y’a-t-il entre la signature électronique et le cachet
électronique ?
S’il est vrai que la technologie ainsi que les outils matériels et logiciels utilisés pour créer un
cachet électronique sont identiques à ceux utilisés pour la création d’une signature électronique, le
cachet électronique se distingue fondamentalement de la signature électronique par le fait que cette
dernière est réservée aux personnes physiques, par contre, le cachet électronique est dédié aux
personnes morales. En effet, la signature électronique permet, tout comme la signature manuscrite,
d’attester du consentement d’une personne physique (signataire), tandis que le cachet électronique,
assimilable au tampon traditionnel d’administration ou d’entreprise, est utilisable par les personnes
morales tel un tampon électronique permettant d’attester de l’intégrité et l’origine des données.
17. Qui peut demander un certificat électronique qualifié ?
La loi 43-20 n’impose aucune restriction quant aux demandeurs de certificats électroniques, dès
lors qu’ils sont identifiés conformément aux exigences de l’article 33 de cette loi, et respectent les
conditions générales d’utilisation liées à ces certificats. Ainsi, toute personne physique ou morale
peut demander un certificat qualifié de signature électronique ou de cachet électronique, délivré par
un prestataire de services de confiance agréé.
Le certificat électronique permet dans le cas de la signature électronique de signer des
documents numériques en ayant la garantie que l'identité du signataire est reconnue sans ambiguïté
ni contestation.
Pour rappel, un certificat qualifié de signature électronique est une attestation de l’identité du
signataire délivrée par un processus répondant à des exigences garantissant la validité de la signature,
10/15
l’identité de son signataire, a minima son nom, son pseudonyme ou l’un de ses identifiants
administratifs (ICE, numéro de registre de commerce…) dans le cas d’une entreprise par exemple.
18. Un face à face est-il nécessaire pour la délivrance d'un certificat électronique
qualifié ?
Pour la délivrance d'un certificat électronique qualifié pour un service de confiance, l'identité et
tous les attributs de la personne physique ou morale à laquelle ledit certificat est délivré doivent être
vérifiés. La loi 43-20 précise que cette vérification doit se faire :
⎯ en présentiel (de la personne physique ou du représentant autorisé de la personne morale) ;
⎯ à distance, à l'aide de moyens d'identification électronique dont la délivrance a nécessité la
présence physique de la personne physique ou du représentant autorisé de la personne
morale devant l’entité ayant délivré ce moyen. A ce titre, cette vérification d’identité à
distance doit permettre de vérifier que le moyen présenté par l’intéressé est authentique et
que ce dernier en est le détenteur légitime. Ces moyens sont fixés par voie
réglementaire (exemple CNIE 2 ou toute pièce d’identité officielle permettant la vérification
de l’identité à distance) ;
⎯ Au moyen d'un certificat qualifié de signature électronique ou de cachet électronique en
cours de validité, délivré conformément aux deux points ci-dessus ;
⎯ A l'aide d'autres méthodes d'identification qui fournissent une garantie jugée équivalente par
l’autorité nationale aux moyens précités en termes de fiabilité quant à la présence physique.
Ainsi, un face à face peut être remplacé par une vérification d’identité à distance, ce qui ouvre la
voie à des services entièrement dématérialisés.
19. Une signature manuscrite numérisée ou scannée a-t-elle une valeur juridique ?
Non. Cette signature ne présente aucune garantie en termes d’identité du signataire et elle ne
permet pas non plus de manifester le consentement de ce dernier aux obligations qui découlent de
l’acte signé.
Les conditions requises par l’article 417-2 du DOC ne sont donc pas respectées. Cela découle
notamment du fait qu’une telle signature peut facilement être falsifiée (via un logiciel de retouche
d’image) ce qui rend très facile l’usurpation d’identité.
En tout état de cause, une signature électronique n’a pas d’apparence physique.
20. En quoi consiste la signature électronique à distance ou dans le Cloud ?
Un service de signature électronique à distance ou dans le Cloud est assuré via un système dans
lequel l’environnement de création de signatures électroniques est géré par un prestataire de services
de confiance au nom du signataire, et grâce auquel le signataire peut activer à distance la réalisation
de sa signature électronique. Dans ce mode de signature, la clé privée qui sert à créer la signature
électronique est gérée et hébergée dans le Cloud par un prestataire de service de confiance et non
directement sur un support physique détenu par le signataire, dit dispositif de création de signature
électronique (token, carte à puce, …). Ainsi, le signataire peut signer un document depuis n’importe
quel appareil (PC, tablette ou smartphones), n’importe où, et sans aucun prérequis technique.
21. En quoi consiste la signature électronique qualifiée à distance ?
Le cloud sous certaines conditions peut être aussi sécurisé qu’un support physique de signatures
telles que les cartes à puce. Par ailleurs, la loi 43-20 ne positionne plus ces supports comme seules
solutions nécessaires pour effectuer une signature qualifiée. La signature électronique qualifiée peut
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être désormais, sous certaines conditions, gérée à distance par un prestataire de service de confiance
agréé pour le compte du signataire (voir figures ci-dessous).
En effet, la loi permet explicitement (aliéna 3 de l’article 8) la réalisation de signatures
qualifiées « à distance » pour le compte du signataire. Les clés privées de signatures ou les données
de création de signature électronique en jargon juridique étant gérées par un prestataire de services
de confiance agréé, et ce, en garantissant que l’utilisation de ces données soit sous contrôle exclusif
du signataire légitime, et que les exigences en matière de signature électronique qualifiée soient
satisfaites.
La vérification du respect de ces exigences est réalisée dans le cadre de la certification de
conformité du dispositif de création de signature électronique (QSCD5) déployé.
Les figures ci-dessous décrivent globalement la procédure d’enregistrement des clients lors de la
demande de souscription au service de confiance ainsi que le fonctionnement de la signature
électronique qualifiée à distance :
o Enregistrement du client :
o Opération de signature électronique :
5
Qualified signature creation device.
12/15
22. Comment attester du consentement du signataire lors d’une signature
électronique avancée à distance ?
A l’image d'une signature en mode local, où la réalisation de la signature électronique est
réalisée sous le contrôle exclusif du signataire (reposant par exemple sur une carte à puce et un code
PIN), la création d'une signature électronique avancée à distance, doit fournir un niveau de sécurité
similaire à celui d'une signature locale.
Pour ce faire, plusieurs solutions techniques peuvent être envisagées (par exemple, la saisie d’un
code PIN réservé à cet usage dans une application dédiée, confirmation par SMS OTP…), dans la
mesure où l’implémentation faite de ces solutions est sécurisée.
23. Quels sont les critères à considérer pour choisir un niveau de signature
électronique?
Le tableau récapitulatif ci-dessous reprend les principales caractéristiques des différents niveaux
de signature électronique :
Niveau de Signature simple Signature avancée Signature qualifiée
signature
Infrastructure Pas d’exigence Infrastructure centrale répondant Infrastructure centrale
à un cahier des charges qualifiée très cadrée
technique
Niveau de Neutralité technologique Certificat électronique ou Certificat qualifié sur
certificat équivalent support matériel
(à la volée ou sur support (Carte à puce, USB crypto
logiciel ou matériel : poste de ou hébergé chez un PSCo
travail, mobile, …) agrée en mode à distance)
Vérification de Pas d’exigence Identité vérifiée rigoureusement Identité vérifiée en face à
l’identité (à distance) face ou niveau jugé
équivalent
Exigence Pas d’exigence Le contrôle exclusif du Dispositif de signature
dispositif de signataire de sa clé privée doit attesté par un certificat de
signature être garanti conformité délivré par
l’autorité nationale
Bénéfices - Facile à mettre en œuvre - Bonnes garanties en cas de - Présomption de fiabilité :
- Expérience utilisateur litige effet juridique équivalent
- Adapté aux actes simples - Dossier de preuve solide à la à la signature manuscrite
à faible risque juridique charge du PSCo - La charge de la preuve
ou financier. - Garantit l’intégrité des actes et pèse sur celui qui la
la non-répudiation conteste
- Expérience utilisateur - Destinée aux actes et
- Adapté aux actes ou transactions à très fort
transactions à moyen ou enjeu juridique,
important enjeu juridique, financier, etc.
financier…
Limites & - Preuve à la charge du - Preuve à la charge du - Complexe à mettre en
contraintes porteur ou fournisseur du fournisseur du service œuvre
service (celui qui prétend - La charge de la preuve revient - Nombreux audits à
que sa signature est à celui qui prétend que sa prévoir/conformité
valide) signature est valide stricte aux normes de
- La non-répudiation non sécurité internationales
garantie (ETSI, CC, ISO,
FIBS…)
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24. Quelques exemples de cas d’usage potentiels des services de confiance ?
Les usages possibles des services de confiance sont divers, et ils concernent tous les secteurs.
À titre indicatif, les services de confiance peuvent être utilisés dans les domaines suivants6 :
Services de Confiance Exemples de cas d’usage
Signature électronique - Attestations, Avis, notifications - Actes notariés
administratives - Contrats commerciaux
- Transfert de dossiers juridiques - Vote électronique
- Procès-verbaux - Soumission électronique aux marchés
- Casiers judiciaires publics
- Actes d’état civil - Contrats de crédit, assurance, travail, bail
- Déclarations …
Cachet électronique - Factures électroniques - Diplômes
- Devis, Notes d’honoraire - Pass sanitaire
- Relevés de comptes bancaires - Textes juridiques
Horodatage - Dater une signature électronique - Copies conformes de documents
électronique - Factures électroniques, numériques à valeur juridique
- Bulletins de paie numériques, - Clôture des enchères électroniques
Envoi recommandé - Envoi d’une promesse d’embauche ou du contrat de travail
électronique - Conclusion ou résiliation des contrats d’assurance
- Gestion des comptes bancaires (opération de clôture…)
- Envoi de divers actes juridiques et administratifs
- Marchés publics : Notifications de différents documents, par exemple : décision
d’attribution ou de rejet, notification du marché, reconduction de marché, avenant,
mise en demeure, résiliation de marché…
25. Qu’est-ce qu’un dispositif de création de signature électronique ?
Un dispositif de création de signature électronique est un dispositif logiciel ou matériel servant à
créer une signature électronique tout en garantissant l’intégrité et la confidentialité des données de
création de signature électronique (la clé privée), ainsi que la sécurité de la signature.
Un dispositif qualifié de création de signature électronique (QSCD) doit satisfaire aux exigences de
l’article 8 de la loi 43-20, il est exigé pour créer la signature électronique qualifiée. La conformité du
QSCD à ces exigences règlementaires, techniques et de sécurité est certifiée par l’autorité nationale
via la délivrance d’un certificat de conformité.
En pratique, il s’agit souvent d’une carte à puce ou d’une clé cryptographique hautement
certifiée, et plus récemment, d’équipements cryptographiques (HSM) installés dans l’environnement
du prestataire agréé, faisant partie ainsi d’un système global formant le dispositif qualifié de création
de signature (QSCD) doté d’une gestion d’accès hautement sécurisée afin de permettre au signataire
de préserver le contrôle exclusif de ses données de création de signature électronique pour ses
besoins de signature et ce ,via des mécanismes d’authentification forts.
Le certificat de conformité est délivré pour une version identifiée du QSCD, et sa durée de
validité ne peut excéder cinq (5) ans au-delà de la décision de certification ou de la dernière
surveillance selon les normes exigées, à savoir les critères communs.
Pour les dispositifs qualifiés de création de signature électronique gérés par un PSCo agréé pour
le compte d’un signataire (dans le cas d’une « signature à distance ou dans le cloud »), l’autorité
nationale définit le processus de certification de la conformité pour ce type de dispositif.
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Cette liste, donnée à titre indicatif, n’est pas exhaustive.
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La fiabilité de l’environnement de signature électronique doit également être prise en compte.
Un environnement sécurisé permet, par exemple, de garantir que l’utilisateur signe bien ce qu’il
voit sur son écran, et non un autre document. Il est donc important au moment de la signature
électronique de se questionner sur l’environnement.
26. Quels sont les régimes applicables à la cryptologie dans la loi 43-20 ?
Les opérations d’importation, d’exportation ou de fourniture de moyens de cryptologie, ainsi
que de fourniture de prestations de cryptologie sont soumises dans le cadre de la loi 43-20 à un
régime de déclaration préalable ou de demande d’autorisation. Ces démarches sont à accomplir
auprès de l’autorité nationale.
Le régime applicable dépend des fonctionnalités techniques du moyen et de l’opération
commerciale projetée, selon les cas suivants :
⎯ Déclaration préalable : Moyen ou prestation de cryptologie dont l’unique objectif est
d’authentifier une transmission ou d’assurer l’intégrité des données transmises par voie
électronique (authentification et intégrité).
⎯ Autorisation : Autre objet que celui visé ci-dessus (confidentialité et cryptanalyse).
Les démarches à effectuer auprès de l’autorité nationale incombent au fournisseur du moyen ou
prestation de cryptologie. Ces démarches peuvent également être accomplies par l’importateur ou
l’exportateur du moyen de cryptologie, à condition qu’il soit en mesure de fournir les informations
techniques relatives à ce moyen.
Certains moyens et prestations de cryptologie sont dispensés de toute formalité précitée. La liste
de ces moyens et prestations est fixée par voie réglementaire (voir l’annexe 6 du décret n° 2.22.687).
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