Cours de Mathématiques pour Ingénieurs
Cours de Mathématiques pour Ingénieurs
LE COURS DE
MATHÉMATIQUES POUR
LES SCIENCES DE L'INGÉNIEUR
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ES
LE COURS DE
MATHÉMATIQUES POUR
LES SCIENCES DE L'INGÉNIEUR
Sous la direction de Frédéric Bertrand, professeur des universités à l’université
de Technologie de Troyes, et Myriam Maumy-Bertrand, maître de conférences à
l’université de Strasbourg
Sandie Ferrigno
Maître de conférences à l’université de Lorraine
Didier Marx
Docteur en génie électrique, agrégé de physique au lycée Fabert de Metz,
vacataire en écoles d’ingénieurs (GEIGM et ENSEM)
Illustration de couverture :
Du Pont © Georges-Standen – [Link]
[Link]
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Avant-propos ix
Comment utiliser cet ouvrage ? x
Partie 1 Algèbre 1
Fiche 1 Logique 2
Fiche 2 Quantificateurs et raisonnements mathématiques 6
Fiche 3 Ensembles 10
Fiche 4 Relations binaires 14
Fiche 5 Applications 18
Fiche 6 Nombres entiers, nombres rationnels 22
Fiche 7 Structures algébriques : groupes 26
Fiche 8 Structures algébriques : anneaux et corps 30
Fiche 9 Arithmétique dans Z 34
Fiche 10 Vecteurs 38
Fiche 11 Vecteurs et éléments de géométrie 42
Fiche 12 Polynômes 46
Fiche 13 Fractions rationnelles 50
Fiche 14 Systèmes linéaires 54
Fiche 15 Pivot de Gauss 58
Fiche 16 Nombres complexes 62
Fiche 17 Nombres complexes et géométrie plane 66
© Dunod. Toute reproduction non autorisée est un délit.
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Index 557
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Avant-propos
fbertran@[Link]
mmaumy@[Link]
ix
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Un découpage
en quatre grandes parties :
Algèbre, Analyse, Probabilités,
Statistique
Un repérage
facile
De très
nombreux
exemples
x
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Algèbre
1
Introduction
L’algèbre est née il y a plus de 4000 ans avec les Babyloniens et les Égyptiens
qui résolvaient des problèmes concrets du premier et du second degrés. Elle étudie
aujourd’hui les opérations et les équations sur les nombres.
Dans cette partie, les Fiches 1 à 9 permettent d’acquérir les bases de l’algèbre, de
la logique mathématique aux structures algébriques.
Munis de ces nouveaux outils, nous traitons dans les Fiches 10 à 17 la géométrie
vectorielle qui va nous permettre d’aborder le calcul algébrique. Nous explorons en-
suite (fiches 18 à 30) une partie fondamentale qui est l’algèbre linéaire. S’ensuivent
les transformations avec changements de bases, la diagonalisation des matrices et
les méthodes de calcul qui nourrissent depuis le xxe siècle la programmation des
ordinateurs.
Pour clore cette partie, un focus présente une application de l’algèbre linéaire : la
cryptographie.
[Link].
1
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Fiche 1
Logique
La logique mathématique permet l’étude des mathématiques en tant que langage.
Définition 1.1
Une assertion est un énoncé mathématique auquel nous pouvons attribuer la valeur
de vérité vrai (V) ou faux (F) mais jamais les deux simultanément.
Exemples
1. L’assertion « 10 > 100 » est fausse (F).
2. L’assertion « 12 est un multiple de 4 » est vraie (V).
3. L’énoncé « π vaut approximativement 3, 14 » n’est pas une assertion car il n’est pas assez
précis pour déterminer s’il est vrai ou faux. En effet, il sera vrai si nous nous contentons d’une
approximation de la valeur de π au centième près et faux sinon.
Définition 1.2
Un prédicat P est un énoncé mathématique contenant des lettres appelées variables
tel que, quand nous remplaçons chacune de ces variables par un élément donné de
cette variable nous obtenons une assertion.
Exemple
L’énoncé suivant « n est un multiple de 6 » est un prédicat car il devient une assertion lorsque
nous donnons une valeur à n. En effet,
• « 10 est un multiple de 6 » est une assertion fausse (F).
• « 12 est un multiple de 6 » est une assertion vraie (V).
Les connecteurs logiques permettent de créer de nouveaux prédicats, dits composés, à partir de
prédicats de référence.
Définition 1.3
Soit P un prédicat. La négation de P est le prédicat noté non (P) ou ¬P, qui est vrai
lorsque P est faux et faux lorsque P est vrai. Nous résumons ceci dans la table de
vérité suivante :
P non (P)
V F
F V
2
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Exemple
Soit P le prédicat « x > 5 ». Alors non (P) est le prédicat « x 5 ».
Fiche 1
Remarque : en effet, le contraire de « supérieur à » est « inférieur ou égal à », et non simple-
ment « inférieur à ». De même, le contraire de « pour tout x, P » n’est pas « quel que soit x,
non (P) » mais « il existe x pour lequel non (P) ».
Définition 1.4
Soient P et Q deux prédicats.
• Le prédicat « P =⇒ Q » appelé implication de P vers Q est un prédicat qui est
faux lorsque P est vrai et Q est faux, et vrai dans tous les autres cas.
• Le prédicat « P ⇐⇒ Q » appelé équivalence de P et de Q est un prédicat qui est
vrai lorsque P et Q sont simultanément vrais ou faux, et faux dans tous les autres
cas.
• Le prédicat « P ∧ Q » (P et Q) appelé conjonction de P et de Q est un prédicat qui
Algèbre
est vrai lorsque P et Q sont simultanément vrais, et faux dans tous les autres cas.
• Le prédicat « P ∨ Q » (P ou Q) appelé disjonction de P et de Q est un prédicat
qui est vrai lorsque au moins un des prédicats P et Q est vrai, et faux dans tous
les autres cas.
Nous résumons ceci dans la table de vérité :
P Q P =⇒ Q P ⇐⇒ Q P∧Q P∨Q
Analyse
V V V V V V
V F F F F V
F V V F F V
F F V V F F
Probabilités
Le « ou » dans la définition de P ∨ Q a un sens inclusif, à ne pas confondre avec le « ou » exclusif
de « fromage ou dessert ».
Théorème 1.1
• Soient P et Q deux prédicats. Nous avons les équivalences logiques (notées par =)
suivantes :
non (P ou Q) = ( non (P) et non (Q)),
Statistique
non (P et Q) = ( non (P) ou non (Q)).
© Dunod. Toute reproduction non autorisée est un délit.
Théorème 1.2
Soient P et Q deux prédicats. Nous avons les équivalences logiques suivantes :
• non ( non (P)) = P,
• [P =⇒ Q] = [non (P) ou Q],
3
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P =⇒ Q signifie que Q est une condition nécessaire pour P. L’implication non (Q) =⇒ non (P)
est la contraposée de P =⇒ Q. L’implication Q =⇒ P est la réciproque de P =⇒ Q. Pour
démontrer une équivalence, nous démontrons souvent une implication et sa réciproque.
Définition 1.5
Une tautologie est une formule propositionnelle qui prend la valeur « vrai » quelles
que soient les valeurs données à ses arguments.
Exemples
Les formules suivantes sont des tautologies :
1. P ou non (P), qui est le principe du tiers exclu,
2. P =⇒ P,
3. (P et Q) =⇒ P
4. P =⇒ (P ou Q).
Définition 1.6
Une contradiction est une formule qui prend la valeur « faux » quelles que soient
les valeurs données à ses arguments.
Exemple
P et non (P) est une contradiction, c’est le principe de non-contradiction. Sa négation, P est
vraie ou non P est vraie, est donc une tautologie.
Application
Nous suspectons trois élèves, Anita, Bernard et Christophe d’avoir dérobé du matériel dans
un laboratoire de Physique. Nous possédons les informations suivantes à leur sujet :
• Si Christophe n’est pas coupable alors Bernard est coupable,
• Si Anita n’est pas coupable alors Christophe est coupable,
• Si Christophe est coupable alors Anita l’est aussi,
• Si Anita est coupable alors Bernard ne l’est pas.
Les assertions suivantes sont-elles vraies ou fausses ?
• C : « Christophe est coupable »,
• B : « Bernard est coupable »,
• A : « Anita est coupable »,
• D : « Anita ou Bernard est coupable ».
4
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• La première information de l’énoncé se traduit par non (C) =⇒ B. Donc non (B) =⇒ C par
contraposée.
Fiche 1
• La deuxième information se traduit par non (A) =⇒ C. Donc non (C) =⇒ A par contraposée.
• La troisième information se traduit par C =⇒ A. Donc non (A) =⇒ non (C) par contraposée.
• Enfin, la dernière information se traduit par A =⇒ non (B). Donc B =⇒ non (A) par contraposée.
Algèbre
pable » ne sera vraie que si Anita est coupable, ce qui est le cas puisque nous avons
montré que l’assertion A est vraie dans l’item précédent. Donc l’assertion D est vraie.
Analyse
négation de cette assertion. Italie »,
• P : « Deux droites parallèles se coupent
1.2 Écrire les contraposées des implica- en un point », Q : « Paris est une ville de
tions suivantes : moins de dix mille habitants ».
1. xy 0 =⇒ x 0 et y 0,
1.5
Probabilités
Nous considérons les assertions P et
2. [n premier] =⇒ [n = 2 ou n impair]. Q listées ci-dessous. Donner dans chaque cas
la valeur de vérité pour P ∨ Q.
1.3 Montrer que [n pair] ⇐⇒ [n2 pair].
• P : « Un oiseau sait nager », Q : « Paris est
la capitale de la France »,
1.4 Nous considérons les assertions P et
Q listées ci-dessous. Donner dans chaque cas • P : « Un chien a cinq pattes », Q : « Un
la valeur de vérité pour P ∧ Q. triangle a trois côtés », Statistique
• P : « Paris est la capitale de l’Espagne », • P : « 2 < 3 », Q : « Madrid est la capitale
© Dunod. Toute reproduction non autorisée est un délit.
Q : « 2 + 2 = 4 », de l’Espagne »,
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Fiche 2
Quantificateurs et raisonnements
mathématiques
1. Quantificateurs
À partir d’un prédicat P, défini sur un ensemble E, nous pouvons construire de nou-
velles assertions, dites quantifiées, en utilisant les quantificateurs « quel que soit » et
« il existe ».
Définition 2.1
Le quantificateur universel « quel que soit » ou « pour tout », noté par ∀, permet de
définir l’assertion quantifiée « ∀x ∈ E, P(x) » qui est vraie si pour tous les éléments
x ∈ E, l’assertion P(x) est vraie.
Exemple
∀n ∈ N∗ , l’assertion P : « n2 > 0 » est vraie.
Définition 2.2
Le quantificateur existentiel « il existe », noté par ∃, permet de définir l’assertion
quantifiée « ∃x ∈ E, P(x) » qui est vraie si nous pouvons trouver au moins un élé-
ment x ∈ E tel que l’assertion P(x) soit vraie. S’il en existe un et un seul nous
pourrons écrire « ∃!x ∈ E, P(x) » et nous dirons qu’il existe un unique élement x de
E vérifiant P(x).
Exemple
L’assertion quantifiée P : « ∃x ∈ R, x2 = 4 » est vraie.
Définition 2.3
Soit P(x) un prédicat sur un ensemble E. Alors,
[non (∀x ∈ E, P(x))] = [∃x ∈ E, non (P(x))] ,
[non (∃x ∈ E, P(x))] = [∀x ∈ E, non (P(x))] .
6
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Si nous utilisons deux fois le même quantificateur, l’ordre n’a pas d’importance, nous pouvons
alors les permuter. En revanche, si les quantificateurs sont différents, leur ordre est important.
Fiche 2
2. Raisonnements mathématiques
Nous donnons dans ce paragraphe quelques méthodes de démonstrations basées sur des
raisonnements mathématiques que nous serons amenés à utiliser dans les prochaines
fiches de cet ouvrage.
Algèbre
à montrer que non (P) entraîne à la fois un énoncé Q et son contraire non (Q). Nous sup-
posons l’énoncé non (P) vrai et nous cherchons alors Q qui, sous cette hypothèse, serait
à la fois vrai et faux. Nous disons que nous avons obtenu une contradiction ou que l’hy-
pothèse non (P) est contradictoire. Par conséquent non (P) est fausse, donc P est vraie.
Analyse
Le but est de démontrer des résultats en faisant apparaître une implication « P =⇒ Q ».
Le principe est qu’au lieu de montrer « P =⇒ Q » nous montrons sa contrapo-
sée « non (Q) =⇒ non (P) ». Nous faisons l’hypothèse que non (Q) est vraie et nous
montrons que cela entraîne que non (P) est vraie.
Probabilités
Le raisonnement par contre-exemple sert à montrer qu’un énoncé de la forme « ∀x ∈
E, P(x) » est un énoncé faux. Nous cherchons alors à trouver un élément x de E qui ne
vérifie pas P(x).
est vraie pour tout n n0 , alors la propriété P(n) est vraie pour tout n n0 . Il s’effectue
en trois étapes :
• Étape d’initialisation. Nous vérifions que P(n0 ) est vraie.
• Étape d’hérédité. Fixons un entier naturel n n0 , puis montrons que si P(n) est
vraie alors P(n + 1) est vraie.
• Étape de conclusion. Nous concluons que l’assertion P(n) est vraie ∀n n0 .
Corrigés
Il existe également le raisonnement par récurrence à deux pas et le raisonnement par récurrence
forte. Pour le premier, nous supposons P(n) et P(n + 1) vraies et nous montrons que P(n + 2) est
vraie. Pour le second, nous supposons que pour tout k n, P(k) est vraie et nous montrons que
P(n + 1) est vraie.
7
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Application
√
1. Démontrer par l’absurde l’énoncé suivant : 2 est irrationnel.
2. Soient x et y deux réels. Montrer que :
xy 0 =⇒ x 0 et y 0.
3. Montrer que :
√ √
1. Si 2 est rationnel, nous pouvons écrire 2 sous la forme p/q, avec p, q ∈ Z et p et q
premiers entre eux. Nous avons alors p2 = 2q2 . Donc p2 est pair ce qui implique que p
l’est également. Donc si p est pair, alors p peut s’écrire sous la forme 2n. Donc q2 = 2n2
et par conséquent q est aussi pair. Mais alors, p et q ne peuvent pas être √ premiers entre
eux, ce qui contredit
√ l’hypothèse. Ainsi, nous ne pouvons pas écrire 2 sous la forme
p/q et donc 2 est bien irrationnel.
2.
Nous montrons ce résultat en utilisant un raisonnement par contraposée.
La contraposée de (xy 0 =⇒ x 0 et y 0) est :
x = 0 ou y = 0 =⇒ xy = 0.
• Étape d’hérédité
Nous supposons que la propriété est vraie à un ordre n ∈ N, c’est-à-dire que (1 + a)n
1 + na. Nous voulons montrer que (1 + a)n+1 1 + (n + 1)a. Nous avons, grâce à
l’hypothèse d’hérédité,
8
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Fiche 2
par contraposée que pour n entier, si n2 est n 1 que :
impair alors n est impair.
n
(2k − 1) = n2 .
2.2 Montrer en utilisant un raisonnement k=1
par contraposée que pour x et y réels diffé-
1 1 2.11 Soient a, b 0. Montrer que :
rents de 1, si x y alors ·
x−1 y−1 a b
si = alors a = b,
1+b 1+a
2.3 Montrer, en donnant un contre-
2.12
n
exemple, que 22 + 1 n’est pas un nombre Montrer que l’assertion suivante est
premier pour toute valeur de n ∈ N. fausse : « Tout entier positif est somme
de trois carrés. » (Les carrés sont les
2.4 Montrer que la somme d’un nombre 02 ; 12 ; 22 ; . . . Par exemple 6 = 12 + 12 + 22 .)
rationnel et d’un nombre irrationnel est irra-
tionnelle. 2.13 Combien y-t-il de nombres à quatre
Algèbre
chiffres, lorsqu’ils sont écrits en base 10, où
2.5 Montrer par récurrence, pour tout 0 ne figure qu’une seule fois ?
n ∈ N que :
2n n + 1. 2.14 Montrer par récurrence, pour tout
n 1 que :
2.6 Montrer par récurrence, pour tout n
k 1
n 4 que : =1− ·
(k + 1)! (n + 1)!
Analyse
k=1
2n n!.
√
2.15 Montrer que 2 est irrationnel.
2.7 Montrer par récurrence, pour tout
n 0 que : 2.16 Montrer que pour n 2, n per-
n(n + 1)
sonnes s’échangent sans répétition
32n+2 − 2n+1 est divisible par 7. 2
poignées de main.
Probabilités
2.8 Montrer par récurrence, pour tout
n 1 que :
2.17 Combien y a-t-il de diagonales dans
un polygone convexe formé de n côtés (avec
n(2n + 1)(7n + 1)est divisible par 6. n 3) ?
2.9 Montrer par récurrence, pour tout 2.18 Soit f une fonction de R dans R.
n ∈ N∗ que :
1. Écrire à l’aide de quantificateurs la pro-
n
n(n + 1)
k= . priété « f est strictement croissante sur R ». Statistique
k=1
2 2. Écrire à l’aide de quantificateurs la pro-
© Dunod. Toute reproduction non autorisée est un délit.
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Fiche 3
Ensembles
1. Définitions
Définition 3.1
Un ensemble E est une collection d’objets distincts. Ces objets s’appellent les
éléments de cet ensemble.
Pour tout élément x, nous pouvons dire si l’assertion x appartient à E (x ∈ E) est vraie ou fausse.
Exemples
1. L’ensemble vide, c’est-à-dire l’ensemble qui ne contient aucun élément, est noté par ∅.
2. L’ensemble ne contenant qu’un seul élément x est un singleton, noté {x}.
3. R est l’ensemble des nombres réels.
4. N est l’ensemble des nombres entiers naturels.
5. {1; 2; 3; 4} est l’ensemble contenant les entiers 1, 2, 3 et 4.
Définition 3.2
Soient E et F deux ensembles. Nous disons que E est inclus dans F et nous notons
E ⊂ F, si et seulement si tous les éléments de E appartiennent aussi à F. Nous
disons aussi que E est une partie de F ou que F contient E. L’ensemble des parties
de F se note P(F).
Exemples
1. L’ensemble des entiers naturels N est contenu dans l’ensemble des réels R.
2. {1} est contenu dans {1; 2; 3; 4}.
Définition 3.3
Soient E un ensemble, A et B des parties de E.
• Nous définissons le complémentaire de A dans E par A = {x ∈ E; x A}.
• Nous définissons l’intersection de A et B par A ∩ B = {x ∈ E; x ∈ A et x ∈ B}.
• Nous définissons l’union de A et B par A ∪ B = {x ∈ E; x ∈ A ou x ∈ B}.
• Deux ensembles A et B sont disjoints s’il n’existe aucun élément commun à A et
à B, c’est-à-dire si A ∩ B = ∅.
10
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E E B E
B
Fiche 3
A A A
−
A AB
AB
Définition 3.4
Soient E un ensemble, A et B des parties de E. Nous définissons
• la différence par A \ B = {x ∈ E; x ∈ A et x B} = A ∩ B.
• la différence symétrique par A B = (A ∪ B) \ (A ∩ B) = (A ∩ B) ∪ (A ∩ B).
Algèbre
E E
B B
Analyse
A A
AB AΔB
• A B est l’ensemble des éléments qui appartiennent à une et une seule des parties A et B.
• A B = (A \ B) ∪ (B \ A).
• La différence symétrique de deux parties A et B est commutative : A B = B A.
Probabilités
Définition 3.5
• Un recouvrement d’une partie A de E est une famille (Ai )i∈I de parties telles que
Ai ⊂ E et A ⊂ ∪i∈I Ai .
• Une partition P d’un ensemble E est une famille de parties non vides de E (Ai )i∈I
telles que Ai ∩ Aj = ∅ si i j et ∪i∈I Ai = E. Statistique
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Définition 3.6
Soient A et B deux ensembles. Alors le produit cartésien de ces deux ensembles,
noté A × B, est l’ensemble des couples (a; b) tels que a ∈ A et b ∈ B.
A × B = {(a; b) ; x ∈ A et y ∈ B} .
Corrigés
Exemple
R2 = R × R = {(x; y); x ∈ R et y ∈ R}.
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E1 × . . . × En = {(x1 , . . . , xn ) ; x1 ∈ E1 ; . . . ; xn ∈ En } .
2. Propriétés
Théorème 3.1
Soient A, B et C des parties d’un ensemble E. Alors, nous avons les propriétés suivantes
sur le complémentaire, la réunion et l’intersection :
• E=∅ et ∅ = E,
• A = A,
• si A ⊂ B, alors B ⊂ A,
• A ∩ B = A ∪ B et A ∪ B = A ∩ B (lois de Morgan),
• A ∪ B = B ∪ A : commutativité de l’union,
• A ∩ B = B ∩ A : commutativité de l’intersection,
• A ∪ (B ∪ C) = (A ∪ B) ∪ C : associativité de l’union,
• A ∩ (B ∩ C) = (A ∩ B) ∩ C : associativité de l’intersection,
• A ∪ A = A ; A ∪ ∅ = A et A ∪ E = E,
• A ∩ A = A ; A ∩ ∅ = ∅ et A ∩ E = A,
• A ∩ (B ∪ C) = (A ∩ B) ∪ (A ∩ C) : distributivité de l’intersection par rapport à l’union,
• A ∪ (B ∩ C) = (A ∪ B) ∩ (A ∪ C) : distributivité de l’union par rapport à l’intersection.
Application
Nous allons montrer trois des propriétés précédemment énoncées ci-dessus. Cela va nous
permettre d’utiliser le raisonnement par double inclusion, très utile pour effectuer des
démonstrations.
1. Montrer que A = A.
2. Montrer que A ∩ B = A ∪ B.
3. Montrer que A ∪ B = A ∩ B.
1.
Pour cela, nous devons montrer la double inclusion A ⊂ A et A ⊂ A.
12
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Fiche 3
Réciproquement : soit x ∈ A ∪ B, alors, x ∈ A ou x ∈ B c’est-à-dire que x A ou x B. En
particulier, x A ∩ B donc x ∈ A ∩ B. Nous avons donc A ∪ B ⊂ A ∩ B.
La double inclusion permet de conclure que A ∩ B = A ∪ B.
3.
Nous devons pour cela montrer la double inclusion A ∪ B ⊂ A ∩ B et A ∩ B ⊂ A ∪ B.
Soit x ∈ A ∪ B, alors x A ∪ B. Nous avons donc en particulier x A et x B c’est-à-dire
x ∈ A et x ∈ B. Donc x ∈ A ∩ B et ainsi nous avons montré que A ∪ B ⊂ A ∩ B.
Réciproquement : soit x ∈ A ∩ B, alors x ∈ A et x ∈ B c’est-à-dire que x A et x B. Donc
x A ∪ B et x ∈ A ∪ B. Nous avons montré A ∩ B ⊂ A ∪ B.
Cela nous permet de conclure que A ∪ B = A ∩ B.
Nous aurions également pu raisonner par équivalence pour réaliser ces démonstrations mais
lorsque les preuves à effectuer sont plus complexes, cela est souvent source d’erreurs et il
Algèbre
vaut mieux privilégier le raisonnement par double inclusion.
Analyse
3.2 Soit A = {x ∈ R; x > 9}. Déterminer 3.8 Donner deux exemples pour lesquels
le complémentaire A de A. A × B = B × A, puis deux autres pour lesquels
A × B B × A.
3.3 Trouver un exemple d’ensembles A,
B et C tels que A ∪ B = A ∪ C et B C. 3.9 Montrer que si A ⊂ B, alors, pour
tout C, nous avons :
3.4 Démontrer que si A ∪ B = A ∩ B alors A × C ⊂ B × C.
Probabilités
A = B.
3.10 Si A, B, C et D sont des parties d’un
3.5 Démontrer que si A ∪ B = A ∪ C et ensemble E, montrer que :
A ∩ B = A ∩ C alors B = C. Que dire de la
B\C ⊂A
réciproque ? ⇒ B \ D ⊂ A.
C\D⊂A
3.6 Simplifier les quatre expressions sui-
3.11 Si A, B et C sont des parties d’un en-
vantes : Statistique
semble E, montrer que :
1. A ∪ B, A∪B=A∩C ⇔B⊂A⊂C
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