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Projet

Ce document présente les bases de la topologie. Il commence par définir les espaces métriques puis les espaces topologiques avec des exemples. Il aborde ensuite les notions d'applications continues, de convergences, d'espaces compacts et connexes. Le document contient également des sections sur les espaces normaux et le théorème de Baire.

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Mohamed Aaskri
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Ce document présente les bases de la topologie. Il commence par définir les espaces métriques puis les espaces topologiques avec des exemples. Il aborde ensuite les notions d'applications continues, de convergences, d'espaces compacts et connexes. Le document contient également des sections sur les espaces normaux et le théorème de Baire.

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Université Ibn Zohr Mai 2014

Faculté des sciences Agadir


Département de mathématique

Préparé par :
• Radouane ABITI
• Nadir KARROUT
• Badr TAOURIRT
• Es-said ESSEMLALI

Sous la direction de :
M. EL MENNAOUI
"Dans la relativité générale d’Einstein, la structure de l’espace peut être changée, mais pas sa
topologie. La topologie est la propriété de quelque chose qui ne change pas lorsque vous pliez ou étirez
tant que vous n’avez rien cassé."

(Edward Witten) 1

1. Edward Witten, né le 26 juillet 1951 à Baltimore, est un physicien mathématicien américain,


professeur de physique mathématique à l'Institute for Advanced Study de Princeton, dans le New
Jersey. En 1987, il était considéré comme l'un des plus éminents physiciens vivants.
Introduction

Le mot  topologie  vient de la contraction des noms grecs topos et logos qui signient
respectivement  lieu  et  étude . Littéralement, la topologie signie l' étude du lieu . Elle
s'intéresse donc à dénir ce qu'est un lieu (appelé aussi  espace ) et quelles peuvent en être
les propriétés.
L'origine de la topologie est l'étude de la géométrie dans les cultures antiques. Le travail de
Leonhard Euler datant de 1736 sur "le problème des sept ponts de Königsberg" 2 est considéré
comme l'un des premiers résultats de géométrie qui ne dépend d'aucune mesure, c'est-à-dire
l'un des premiers résultats topologiques.
En 1895 Henri Poincaré publia Analysis Situs où il a introduis les concepts d'homoto-
pie et d'homologie. Arzelà, Hadamard, Ascoli et d'autres introduisaient le concept d'espace
métrique en 1906, puis en 1914, Felix Hausdor a généralisé cette notion, inventa le terme
d'espace topologique et dénit ce qui s'appelle aujourd'hui l'espace séparé ou espace de Haus-
dor. Finalement, une autre légère généralisation en 1922, par Kuratowski, donna le concept
actuel d'espace topologique.
Parmi les branches de la topologie on cite :

- La topologie générale qui fournit un vocabulaire et un cadre général pour traiter des
notions de limite, de continuité, et de voisinage.

- La topologie algébrique qui consiste à associer à diérents espaces des invariants de


manière à pouvoir les classier. Les premiers invariants découverts étaient numériques. Au-
jourd'hui ces invariants sont des structures algébriques, groupes, anneaux, le plus souvent. Les
correspondances entre espaces et objets sont des foncteurs et la théorie des catégories simplie
parfois la compréhension de celles-ci. Citons entre autres, le groupe fondamental et l'homologie
singulière.

- La topologie diérentielle qui étudie les propriétés topologiques des variétés diérentielles
ainsi que leurs plongements et leurs immersions dans des espaces euclidiens.

- La topologie géométrique qui est l'étude des variétés et des applications entre elles, en
particulier les plongements d'une variété dans une autre. Une branche particulière active est
la topologie en basses dimensions qui concerne les variétés de dimension inférieure ou égale à
quatre, et qui inclut la théorie des n÷uds.
"extrait de wikepedia.org"

2. Le problème des sept ponts de Königsberg est un problème mathématique connu pour être à l'origine de
la théorie des graphes. Résolu par Leonhard Euler, il se présente de la façon suivante : La ville de Königsberg
(aujourd'hui Kaliningrad) est construite autour de deux îles situées sur le Pregel et reliées entre elles par un
pont. Six autres ponts relient les rives de la rivière à l'une ou l'autre des deux îles. Le problème consiste à
déterminer s'il existe ou non une promenade dans les rues de Königsberg permettant, à partir d'un point de
départ au choix, de passer une et une seule fois par chaque pont, et de revenir à son point de départ, étant
entendu qu'on ne peut traverser le Pregel qu'en passant sur les ponts."extrait de wikepedia.org"

3
Agadir 2014

Ce document a pour objectif de donner les bases de la topologie. Dans ce qui suit, on com-
mence par la notion d'espace métrique, puis celle d'espace topologique avec des exemples
fondamentaux et on termine par une liste d'exercices corrigés.

En n, nous tenons à remercier M. El MENNAOUI de bien vouloir nous encadrer dans notre
projet. Nous exprimons également notre gratitude aux membres de jury, qui nous ont honorés
en acceptant de juger ce modeste travail.

4
Table des matières

Introduction 3
1 Espace métrique 7
1.1 Dénitions et Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.2 Suites dans les espaces métriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.3 Applications continues . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.4 Applications lipschitziennes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.5 Distances équivalentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.6 Espace vectoriel normé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15

2 Espace topologique 17
2.1 Topologie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
2.2 Intérieur, adhérence, frontière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
2.2.1 Voisinage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
2.3 Topologie produit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.4 Topologie de la convergence simple . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.5 Topologie de la convergence uniforme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.6 Topologie des fonctions tests . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
2.7 Densité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
2.8 Topologie induite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22

3 Applications continues 23
4 Convergences dans les espaces topologiques 27
5 Espace compacts 30
5.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
5.2 Compacité dans les espaces métriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
5.3 Théorème d'Ascoli-Arzelà . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
5.4 Compacts et suites généralisée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
5.5 Théorème de Tychono . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35

6 Espaces connexes 37
6.1 Dénitions et exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
6.2 Connexité par arcs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38

7 Espaces normaux 40
7.1 Espaces normaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40

5
TABLE DES MATIÈRES Agadir 2014

8 Théorème de Baire 43
8.1 Théorème de Baire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
8.2 Applications de théorème de Baire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
8.2.1 Application aux fonctions continues . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
8.2.2 Application aux espaces de Banach . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50

9 Exercices 52
Examen de topologie SM5 (17 janvier 2012) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
Examen de topologie SM5 (8 janvier 2014) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
Examen de topologie SM5 (7 Mars 2013) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58

10 Correction 59
Correction d'examen de topologie SM5 (17 janvier 2012) . . . . . . . . . . . . . . . . 69
Correction d'examen de topologie SM5 (8 janvier 2014) . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
Correction d'examen de topologie SM5 (7 Mars 2014) . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74

Bibliographie 76

6
Chapitre 1
Espace métrique

La distance naturelle entre deux points de la droite réelle R ou


du plan R2 est la longueur du segment joignant ces deux points.
À cette distance, on associe un certain nombre de notions ma-
thématiques : ensembles ouverts, limite de suites ou de séries,
continuité de fonctions, etc. C'est l'étude des diérentes proprié-
tés de ces notions qui détermine, entre autres, ce que l'on ap-
pelle la topologie de R ou de R2 . Depuis les travaux de Riemann,
Dedekind, Weierstrass et Cantor, on connaît assez bien la topo-
logie de R. Le but du présent chapitre est d'aller au-delà de R
et de présenter la topologie dans un cadre plus général, ce qui
s'eectuera dans le cadre des espaces métriques et des espaces
vectoriels normes. Le concept d'espace métrique, ensemble sur le-
quel on se donne une distance, fut introduit par Fréchet. C'est
un cadre adapté et unicateur pour les travaux de Cauchy, Abel
et d'autres mathématiciens sur la convergence des suites et des
séries et la continuité des fonctions.

"Mathématique L3 Analyse, Partie I Topologie, Pearson Education France."

"Maurice René Fréchet, né à Maligny le 2 septembre 1878 et mort


à Paris le 4 juin 1973, est un mathématicien français. Mathématicien
prolique, il travailla entre autres en topologie, en théorie des proba-
bilités et en statistiques."
(extrait de wikipedia.org)

7
CHAPITRE 1. ESPACE MÉTRIQUE Agadir 2014

1.1 Dénitions et Exemples


Dénition 1.1.1. Soit E un ensemble non vide.
Une application d : E × E → R+ est une distance ou métrique ssi :
1. d(x, y) = 0 ⇔ X = y (axiome de séparation).
2. d(x, y) = d(y, x) (axiome de symétrie).
3. d(x, z) ≤ d(x, y) + d(y, z) (inégalité triangulaire).
Lorsque E est muni d'une métrique d, le couple (E, d) sera appelé espace métrique (en abrégé
e.m).

Exemple 1.1.1. 1. Soit E = R, N, Z, Q et d : E × E → R+ . Alors (E, d) est un


(x, y) 7→ |x − y|
espace métrique.
2. Soit n un entier ≥ 1 et E = Rn ou Cn . Soit x, y ∈ E , alors x et y s'écrivent

x = (x1 , ....., xn ) ; y = (y1 , ....., yn ).

On pose
n
X
d1 (x, y) = |xk − yk |
k=1

Xn
d2 (x, y) = ( |xk − yk |2 )1/2
k=1

d∞ (x, y) = max1≤k≤n |xk − yk |.


Alors (E, di )i=1,...,∞ est un e.m. Facile à établir pour d1 , d∞ . Pour d2 , l'inégalité triangu-
laire découle de celle de Minkowski.

Exemple 1.1.2. Soit a < b ∈ R et E = C([a, b], R), on pose :


Z b
d1 (f, g) = |f (x) − g(x)|dx
a
Z b
d2 (f, g) = ( |f (x) − g(x)|2 dx)1/2
a

d1 (f, g) = sup |f (x) − g(x)|.


d1 , d2 et d∞ sont des métriques sur E (facile à établir sauf que l'inégalité triangulaire pour d2
qui découle de celle de Minkowski).

Proposition 1.1.1. Soient a1 , ..., an , b1 , ..., bn des nombres réels. Alors,


n n n
2 21 1
X X X
| ai b i | ≤ ( ai ) ( b2i ) 2 (inégalité de Cauchy-Schwarz)
i=1 i=1 i=1

et n n n
2 12 2 21 1
X X X
( (ai + bi ) ) ≤ ( ai ) + ( b2i ) 2 (inégalité de Minkowski).
i=1 i=1 i=1

8
CHAPITRE 1. ESPACE MÉTRIQUE Agadir 2014

Remarque 1.1.1. Soit (E, d) un e.m et F ⊆ E un sous-ensemble non vide de E . L'application :

dF : F × F → R+

(x, y) 7→ dF (x, y) = d(x, y)


est une distance sur F appelée distance induite sur F par d.
Dénition 1.1.2. (Boule ouverte)
Soit (E, d) un e.m, soit x0 ∈ E et x ∈ R∗+ . On appelle boule ouverte de centre x0 et de rayon
r, l'ensemble B(x0 , r) = {x ∈ E / d(x, x0 ) < r}.
Dénition 1.1.3. (Boule fermée)
La boule fermée de centre x0 et de rayon r, est l'ensemble B(x0 , r) = {x ∈ E / d(x, x0 ) ≤ r}.
Dénition 1.1.4. (Sphère)
La sphère de centre x0 et de rayon r, est l'ensemble S(x0 , r) = {x ∈ E / d(x, x0 ) = r}.
Remarque 1.1.2. On a : B(x0 , r) ⊂ B et B = B(x0 , r) ∪ S(x0 , r).
Exemple 1.1.3.

1) E = N, d(x, y) = |x − y|. B(0, 1/2) = {0}, B(0, 2) = {0, 1}, B(0, 2) = {0, 1, 2}, S(0, 2) =
{−2, 2}.
2) E = R, d(x, y) = |x−y|. B(0, 1/2) = [−1/2, 1/2], B(0, 2) =]−2, 2[, B(0, 2) = [−2, 2] et S(0, 2) =
{−2, 2}.
E = R2 muni de d1 , d1 ((x1 , y1 ), (x2 , y2 )) = |x1 − x2 | + |y1 − y2 |.
B((0, 0), 1) = {(x, y) ∈ R2 /|x| + |y| ≤ 1}.
Dénition 1.1.5. Soit (E, d) un e.m et A ⊆ E un sous-ensemble non vide. Soit x0 ∈ A, on

dit que x0 est un point intérieur de A, ou que A est voisinage de x0 , et on écrit x0 ∈ A ssi

∃ > 0 tq B(x0 , ) ⊂ A, x0 ∈ A ⇔ ∃ > 0 B(x0 , ) ⊂ A.

Exemple 1.1.4. E = R, d(x, y) = |x − y|.



A =]0, 1] alors A =]0, 1[ en particulier 0 et 1 6= A.
Dénition 1.1.6. (ouvert)

On dit que A ⊂ E est un ouvert de (E, d) ssi A = A, on convient que ∅ est ouvert.
Un ensemble est ouvert ssi il est voisinage de tous ses points.
Soit (E, d) un e.m. Une partie A ⊆ E est ouverte ssi

∀x ∈ A, ∃ > 0 tq B(x, ) ⊆ A.

Proposition 1.1.2. Toute boule ouverte de (E, d) est un ouvert.


Démonstration. Soit x0 ∈ E et r > 0, mq B(x0 , r) est un ouvert. En eet,
soit x ∈ B(x0 , r) soit  = r−d(x,x
2
0)
alors B(x, ) ⊆ B(x0 , r) ⇒ B(x0 , r) est un ouvert.
Corollaire 1.1.1. Dans un espace métrique, une partie est ouverte si et seulement si elle est
union de boules ouvertes.
Démonstration. Soient (E, d) un espace métrique et A une partie de E . Si A est une union de
boules ouvertes, alors A est ouverte. D'autre part, si A est ouverte, S
alors pour tout x ∈ A, il
existe rx > 0 tel que B(x, rx ) ⊆ A. Dans ce cas, on a clairement A = x∈A B(x, rx ).

9
CHAPITRE 1. ESPACE MÉTRIQUE Agadir 2014

Proposition 1.1.3. On désigne par τ la collection de tous les ouverts de (E, d) e.m. On a les
propriétés suivantes :
1. ∅ et E ∈ τ .
2. La réunion d'éléments de τ est un élément de τ ( stable par réunion quelconque).
3. L'intersection d'un nombre ni d'éléments de τ appartient à τ (stable par intersection
nie).

Démonstration.

1. ∅ et E ∈ τ par convention et E est trivialement ouvert.


2. Soit Oi ∈ τ ∀i ∈ I (ensemble d0 indice) mq Oi ∈ τ .
S
i∈I
Soit x0 ∈ Oi alors il existe i0 ∈ I tq x0 ∈ Oi0 et comme Oi0 ∈ τ alors ∃r0 >
S
i∈I
0 tq B(x0 , r0 ) ⊂ Oi0 , donc B(x0 , r0 ) ⊂ Oi . D0 où Oi ∈ τ .
S S
i∈I i∈I
3. Soit O1 , O2 ∈ τ, mq O1 ∩ O2 ∈ τ . En eet soit x0 ∈ O1 ∩ O2 ⇔ x0 ∈ O1 et
x0 ∈ O2 , or O1 , O2 ∈ τ donc ∃r1 , r2 > 0 tq B(x0 , ri ) ⊆ Oi pour i ∈ {1, 2}, on pose
r0 = min{r1 , r2 } alors B(x0 , r0 ) ⊆ O1 ∩ O2 ⇒ O1 ∩ O2 ∈ τ.

On dit alors que τ est une topologie.

Dénition 1.1.7. (Adhérent)


Soit (E, d) un e.m et A ⊆ E . Un point x0 ∈ E est dit adhérent à A si

∀ > 0, B(x0 , ) ∩ A 6= ∅,

B(x0 , ) rencontre A. En particulier ∀x0 ∈ A, x0 adhère à A.

Exemple 1.1.5. E = R, d(x, y) = |x − y|. A =]0, 1] alors 0 ∈


/ A mais 0 et 1 adhère à A.
◦ ◦
On note A l'ensemble des points adhèrent à A, on a A ⊂ A (A ⊆ A), d'où A ⊆ A ⊂ A.

Dénition 1.1.8. (Point d'accumulation)


On dit que x0 est un point d'accumulation de A si

∀ > 0, B(x0 , ) ∩ A/{x0 } =


6 ∅.

On note Acc (A) l0 ensemble des points d0 accumulation de A, on a Acc ⊆ A.

Dénition 1.1.9. Soit(E, d) un e.m et F ⊆ E. On dit que F est fermé si F = F .

Exemple 1.1.6. 1. F =]0, 1] dans R n0 est pas fermé car 0 ∈


/ F /F.
2. Dans un e.m (E, d) toute boule fermé est fermé.

10
CHAPITRE 1. ESPACE MÉTRIQUE Agadir 2014

Proposition 1.1.4. Il découle des propriétés des ouverts de (E, d) que :


1. ∅ et E sont fermé.
2. toute intersection de fermé est fermé.
3. la réunion d'un nombre nie de fermés est fermé.

Exemple 1.1.7. Dans E = R, S


d(x, y) = |x − y|.
Fn = [0, 1 − 1
n+1
], Fn est fermé n∈N Fn = [0, 1[ qui n'est pas fermé.

Proposition 1.1.5. Soient (E, d) un espace métrique et A, B deux parties de E . Alors,A
\ ∩B =
◦ ◦
A ∩ B.

◦ ◦ ◦ ◦ ◦ ◦
Démonstration. On a A ∩ B ⊆ A ∩ B . Comme A ∩ B est un ouvert, A ∩ B ⊆ A
\ ∩ B . D'autre

◦ ◦ ◦ ◦
part, on a A ∩ B ⊆ A, ce qui entraine que A ∩ B ⊂ A. On a de même A
\ ∩ B ⊂ B . On obtient
alors l'inclusion inverse, d'où l'égalité cherchée.
Proposition 1.1.6. Soient (E, d) un espace métrique et A, B deux parties de E . Alors,
A ∪ B = A ∪ B.

Démonstration. On a A ∪ B ⊆ A ∪ B et, puisque A ∪ B est un fermé, on obtient A ∪ B ⊆ A ∪ B .


D'autre part, A ⊆ A∪B et B ⊆ A∪B , ce qui entraine A ⊆ A ∪ B et B ⊆ A ∪ B . D'où l'inclusion
inverse. Ainsi on a l'égalité cherchée.

Proposition 1.1.7. Soient E un espace métrique et A une partie de E . Alors, c A = c
(A) et

_
c
A = c (A).

Démonstration. On a

x ∈ c A ⇔ ∀r > 0, B(x, r) ∩ (c A) 6= ∅ ⇔ ∀r > 0, B(x, r) * A ⇔ x ∈ c (A).

D'où c A = c (A). On a, de même,

x ∈ c (A) ⇔ ∃r > 0, B(x, r) ⊆ c A

⇔ ∃r > 0, B(x, r) ∩ A = ∅
⇔ x ∈ c (A),

_
ce qui montre la seconde égalité A = c (A).
c

Dénition 1.1.10. (Frontière)


Soit (E, d) un e.m et A ⊆ E . On appelle frontière de A, que l'on note Fr (A) ou ∂A,

l'ensemble Fr (A) = A/A.

Exemple 1.1.8. E = R, d(x, y) = |x − y|.


∂[0, 1] = {0, 1}.

∂Q = Q/Q = R/Q = R.
∂(R/Q) = R.
∂B((0, 0), 1) = S((0, 0), 1).

11
CHAPITRE 1. ESPACE MÉTRIQUE Agadir 2014

Parties denses

Dénition 1.1.11. Soient (E, d) un espace métrique et A une partie de E . On dit que A est
dense dans E si A = E .

Proposition 1.1.8. Soient (E, d) un espace métrique et A une partie de E . Les assertions
suivantes sont équivalentes :
1. A est dense dans E .
2. tout ouvert de E rencontre A.
3. l'intérieur de c A est vide.

Démonstration. L'équivalence entre 1) et 2) découle immédiatement des dénitions. L'équiva-


lence entre 1) et 3) est une conséquence de la proposition 1.1.7.

1.2 Suites dans les espaces métriques


Dénition 1.2.1. Soit (E, d) un e.m. Une suite (ordinaire) est une application

N → E
n 7→ xn

que l'on note (xn )n∈N . On dit qu'une suite xn converge vers un point x ∈ E et on écrit
limxn = x, si ∀ > 0, ∃N ∈ N tq ∀n ≥ N on a d(xn , x) ≤ .

Proposition 1.2.1. Dans un e.m (E, d), la limite d'une suite convergente est unique.

Démonstration. Soit (xn ) ⊂ E une suite convergente et x, y ∈ E tq x = lim xn et


y = lim xn , montrons que x = y. Par de dénition ∀ > 0 ∃N ∈ N, N ∈ N tq :
0

0
d(xn , x) ≤  et d(xn , y) ≤  si n ≥ N et n ≥ N .

Alors ∀n ≥ max(N , N ) on a d(x, y) ≤ d(x, xn )+d(xn , y) ≤ 2, cette inégalité étant vraie pour tout
0

 > 0 donc d(x, y) = 0 ⇒ x = y.(c.q.f.d)

Dénition 1.2.2. (Sous-suite extraite)


Soit (xn )n≥0 une suite. On appelle sous-suite extraite de (xn ) toute suite de la forme (xφ(n) )n ,
où φ : N → N est une application strictement croissante.

Proposition 1.2.2. Soient (E, d) un espace métrique et (xn )n une suite dans E convergente
vers une limite a. Alors, toute sous-suite extraite de (xn ) converge vers a.

Démonstration. Soit (xn )n une suite convergente vers a, et soit (xφ(n) )n une sous-suite extraite
de (xn )n . Soit  > 0. Il existe un entier N tel que, pour tout n ≥ N , d(xn , a) < . Donc, si
n ≥ N , on a φ(n) ≥ φ(N ) ≥ N et, par conséquent, d(xφ(n) , a) < . Cela montre que (xφ(n) )n
converge bien vers a.
Dénition 1.2.3. (Valeur d'adhérence)
Soit (xn ) ⊆ E , (E, d) un e.m et soit x ∈ E . On dit que x est une valeur d'adhérence de (xn )
ssi
∀ > 0, ∀N ∈ N, ∃n ≥ N tq d(xn , x) ≤ .
D'autre façon, on appelle valeur d'adhérence de (xn )n la limite d'une sous-suite extraite de
(xn )n .

12
CHAPITRE 1. ESPACE MÉTRIQUE Agadir 2014

Exemple 1.2.1. E = R, d(x, y) = |x − y|. La suite (xn ) = (−1)n avec n ∈ N, possède deux
valeurs d'adhérence, x = −1 et x = 1.

Proposition 1.2.3. Soit (E, d) un e.m et A ⊆ E . Les p.s.s.e :


i. x ∈ A.
ii. Il existe une suite (xn ) ⊆ A tq limxn = x.

Démonstration.
(i) ⇒ (ii)
Soit x ∈ A. Donc ∀ > 0, B(x, ) ∩ A 6= ∅.
Pour  = 1, soit x1 ∈ B(x, 1) ∩ A.
Pour  = 21 , soit x2 ∈ B(x, 12 ) ∩ A.
.
.
.
.
Pour  = n1 , soit xn ∈ B(x, n1 ) ∩ A.
Ainsi on a construit une suite qui converge vers x.

(ii) ⇒ (i)
Soit (xn ) ⊆ A tq x = lim xn ∈ E . Montrons que x ∈ A. Soit  > 0, B(x, y) contient tous
les termes de la suite (xn ) à partir d'un certain rang N , alors B(x, ) ∩ A contient ces même
termes d'où B(x, ) ∩ A 6= ∅, ainsi x ∈ A.
Corollaire 1.2.1. Soit (E, d) un e.m et A ⊆ E . A est fermé si toute suite d'éléments de A
convergente, converge vers un élément de A.

Suite de Cauchy

Dénition 1.2.4. Soit (E, d) un e.m. Une suite (xn ) ⊂ E est dite de Cauchy si

∀ > 0, ∃N ∈ N tq : n, m ≥ N ⇒ d(xn , xm ) ≤ . (∗)

Remarque 1.2.1.
 Au lieu de dire qu'une suite est de Cauchy, on dit aussi que la suite vérie le critère de
Cauchy. On trouve aussi l'expression "suite fondamentale".
 L'expression (∗) signie que : limn→+∞,m→+∞ d(xn , xm ) = 0 [suite double de réels ≥ 0
convergente de limite 0].
 Les inégalités larges peuvent être remplacées par des strictes, sauf pour  > 0.
 Si d1 et d2 sont des distances équivalentes sur E : les suites de Cauchy de (E, d1 ) et de
(E, d2 ) sont les mêmes.
 Soit (F, δ) un sous-espace métrique de (E, d) [F ⊂ E, δ = d|F ×F ] et soit (xn ) une suite
de points de F : (xn ) est de Cauchy dans (E, d) si et seulement si elle est de Cauchy dans
(F, δ).

Proposition 1.2.4. Toute suite convergente est de Cauchy, la réciproque est fausse.

Dénition 1.2.5. (Complétude)


On dit que (E, d) un e.m est complet, si toute suite de Cauchy de (E, d) converge.

13
CHAPITRE 1. ESPACE MÉTRIQUE Agadir 2014

1.3 Applications continues


Dénition 1.3.1. Soit (E1 , d1 ) et (E2 , d2 ) deux e.m et soit f : E1 → E2 . Soit x0 ∈ E1 .
x 7→ f (x)
On dit que f est continue en x0 si :

∀ > 0, ∃ δ > 0 d1 (x, x0 ) ≤ δ ⇒ d2 (f (x), f (x0 )) ≤ 

⇔ ∀ > 0, ∃δ > 0 B(x0 , δ) ⊂ f −1 (B(f (x0 ), ))


⇔ L'image réciproque de tous voisinage de f (x0 ) est un voisinage de x0 .
On dit que f est continue sur E1 , si f est continue en tout point x0 ∈ E1 .

Proposition 1.3.1. (E1 , d1 ), (E2 , d2 ) deux e.m et f : E1 → E2 une application. Soit x0 ∈ E1 .


Les p.s.s.e :
i. f est continue en x0 .
ii. limn→+∞ f (xn ) = f (x0 ) pour toute suite (xn ) qui converge vers x0 .

Démonstration.
(i) ⇒ (ii)
On suppose f est continue en x0 , soit (xn ) une suite dans (E1 , d1 ) tq : xn → x0 , montrons
n→+∞
que
f (xn ) −→ f (x0 ).
n→+∞

Soit  > 0 alors ∃δ > 0 tq d1 (x, x0 ) < δ ⇒ d2 (f (x), f (x0 )) <  (car f est continue en x0 ).
Comme xn → x0 ∃N ∈ N tq :∀n ≥ N on ait d1 (xn , x0 ) < δ et donc
n→+∞
d2 (f (xn ), f (x0 )) <  ∀n ≥ N , d'où limf (xn ) = f (x0 ) dans (E2 , d2 ).(c.q.f.d)

(ii) ⇒ (i)
On suppose (ii), montrons que f est continue en x0 . Par l'absurde si f n'est pas continue
en x0 alors ∃ > 0 ∀δ > 0 ∃x ∈ E1 tq d1 (x , x0 ) < δ mais d2 (f (x ), f (x0 )) > .
Pour δ = 1, ∃x1 ∈ E1 , d(x1 , x0 ) ≤ 1 et d(f (x1 ), f (x0 )) > .
Pour δ = 21 , ∃x2 ∈ E1 , d(x2 , x0 ) ≤ 12 et d(f (x2 ), f (x0 )) > .
.
.
.
.
Pour δ = n1 , ∃xn ∈ E1 , d(xn , x0 ) ≤ n1 et d(f (xn ), f (x0 )) > .
Ainsi, on construit une suite (xn ) ⊂ E tq lim xn = x0 et d(f (xn ), f (x0 )) ≥ , ceci contredit
avec (ii) Absurde. D'o`ù (ii) ⇒ (i).
Proposition 1.3.2. (E1 , d1 ), (E2 , d2 ) deux e.m et f : E1 → E2 une application. Les p.s.s.e :
i. f est continue sur E1 .
ii. f −1 (O) est un ouvert de E1 pour tout O ouvert de E2 .
iii. ∀F fermé de E2 , f −1 (F ) est un fermé de E1 .

Démonstration.

14
CHAPITRE 1. ESPACE MÉTRIQUE Agadir 2014

Continuité uniforme

Dans les espaces métriques, la notion d'uniforme continuité s'exprime comme pour les fonc-
tions réelles.
Soit (E1 , d1 ), (E2 , d2 ) deux e.m et f : E1 → E2 une application. On dit que f est uniformé-
ment continue sur E1 si :
∀ > 0, ∃δ > 0 tq d1 (x, y) < δ ⇒ d2 (f (x), f (y)) < .

(δ ne dépend pas de x, y ∈ E1 )

1.4 Applications lipschitziennes


Dénition 1.4.1. Soient (E1 , d1 ), (E2 , d2 ) deux espaces métriques, A ⊆ E1 et f : A → E2 une
application. On dit que f est k − lipschitzienne, k ≥ 0, si

∀(x, y) ∈ A2 , d2 (f (x), f (y)) ≤ kd1 (x, y).

On dit que f est lipschitzienne s'il est k − lipschitzienne pour une constante k ≥ 0.
Proposition 1.4.1. Toute application lipschitzienne est uniformément continue.
Démonstration. vérication est immédiate.

1.5 Distances équivalentes


Dénition 1.5.1. Soit E un ensemble et d1 , d2 deux métriques sur E .On dit que d1 est plus
ne que d2 si d1 (x, y) ≤ d2 (x, y) ∀x, y ∈ E .
On dit que d1 et d2 sont équivalentes si ∃α, β > 0 tq αd2 (x, y) ≤ d1 (x, y) ≤ βd2 (x, y). Si
d1 et d2 sont équivalentes alors Id : (E, d1 ) → (E, d2 ) x 7→ x est un homéomorphisme, c-à-d
une application continue bijective d'inverse continu.
Proposition 1.5.1. Les distances d2 , d∞ et d1 dénies sur Kp vérient

∀(x, y) ∈ Kp × Kp , d∞ (x, y) ≤ d1 (x, y) ≤ pd2 (x, y) ≥ pd∞ (x, y).

En particulier, elles sont équivalente.



Démonstration. Les inégalités d∞ ≤ d1 (x, y) et d2 (x, y) ≤ pd∞ (x, y) sont immédiates. D'autre
part, on a, grâce à l'inégalité de Cauchy-Schwarz,
p p p
X X 1
X 1 √
d1 (x, y) = |xi − yi | ≤ ( 12 ) 2 ( |xi − yi |2 ) 2 = pd2 (x, y),
i=1 i=1 i=1

ce qui montre l'inégalité d1 ≤ pd2 .

1.6 Espace vectoriel normé


Dénition 1.6.1. Soit E un K − ev avec K = R ou C on dit qu'une application N : E → R+
est une norme sur E si :
1. N (x) = 0 ssi x = 0.
2. N (x + y) ≤ N (x) + N (y).

15
CHAPITRE 1. ESPACE MÉTRIQUE Agadir 2014

3. N (λx) = |λ|N (x) (avec λ ∈ K).


Pour tout x, y ∈ E .
Si N est une norme sur E , on dit que (E, N ) est un espace vectoriel normé (e.v.n).

Dénition 1.6.2. Deux normes N1 et N2 sur E K − ev sont dites équivalentes si


∃α, β > 0 tq αN2 (x, y) ≤ N1 (x, y) ≤ βN2 (x, y) ∀x ∈ E .
Si N1 et N2 sont équivalentes alors Id : (E, N1 ) → (E, N2 ) x 7→ x est un homéomorphisme,
c-à-d une application continue bijective d'inverse continu.

Exemple 1.6.1. (Espaces d'applications bornées)


Soient X un ensemble non vide et (E, ||.||) un e.v.n sur K. On note A(X, E) l'ensemble des
applications de X dans E . A(X, E) est un espace vectoriel sur K.
Soit Ab (X, E) l'ensemble des applications bornées de X dans E ,
df
Ab (X, E) = {f : X → E; ||f ||∞ = sup||f (x)|| < +∞}.
x∈X

Exemple 1.6.2. (Espaces de fonctions continues sur un intervalle)


Soient I = [a, b] un intervalle fermé borné et C(I, K) l'espace vectoriel des fonctions conti-
nues sur I à valeurs dans K. Toute fonction dans C(I, K) est bornée et intégrable sur I . On
dénit deux normes sur C(I, K) en posant
Z b
||f ||∞ = sup|f (x)| et ||f ||1 = |f (x)|dx.
x∈I a

16
Chapitre 2
Espace topologique

La topologie générale, au niveau où nous la présentons ici, est plus un ensemble de dénitions
et de techniques qu'une discipline à part entière. Elle est cependant à la base de la plupart des
constructions de l'analyse classique, qu'elle permet de formaliser et d'unier en synthétisant
les diérentes propriétés des objets étudiés, qu'ils soient des fonctions ou des ensembles de
fonctions.
L'idée principale de la topologie générale est qu'il est possible de
dénir, sur un ensemble quelconque, des structures précisant les 
relations de proximité  entre ses points, permettant ainsi de po-
ser les bases de la notion essentielle de limite. Sa formalisation com-
plète est donc postérieure à celle de la théorie des ensembles, bien
que sa nécessité se soit fait sentir dès le XIXe siècle pour fonder de
manière ferme, par exemple, la dénition d'une fonction continue. Il
n'est donc pas fortuit qu'un mathématicien comme Cantor, certai-
nement l'un des principaux initiateurs de la théorie des ensembles,
ait donné son nom à quelques exemples et idées fondamentales en
topologie. Il fallut environ une cinquantaine d'années après la nais-
sance de la théorie des ensembles, ce qui est exceptionnellement court,
pour que la topologie générale atteigne une forme pratiquement dé-
nitive. On peut considérer que, pendant la période 1920-1950, Fré-
chet a apporté à la constitution de cette théorie une contribution ma-
jeure.

"Mathématique L3 Analyse, Partie I Topologie, Pearson Education France."

17
CHAPITRE 2. ESPACE TOPOLOGIQUE Agadir 2014

2.1 Topologie
Soit E un ensemble non vide.
Dénition 2.1.1. Soit τ ⊂ P(E) une collection de parties de E . On dit que τ est une topologie
sur E si :
1. ∅ et E ∈ τ .
2. Toute réunion d'éléments de τ est un élément de τ .
3. Toute intersection nie d'éléments de τ est un élément de τ .
Lorsque τ est une topologie sur E on dit que (E, τ ) est un espace topologique (e.t).
Exemple 2.1.1.  La collection des ouverts d'un espace métrique (E, d) est une topologie.
 Soit E un ensemble non vide et τG = {Ω, ∅} ⊆ P(E), τG est une topologie sur E , c'est la
topologie grossière.
 Soit E un ensemble non vide et τD = P(E), τD est une topologie appelée topologie discrète
(τG ⊆ τD ).

Lorsque (E, τ ) est un e.t les éléments de τ sont par dénition les ouverts de (E, τ ).
Dénition 2.1.2. Soit (E, τ ) un e.t et soit A ⊆ E , on dit que A est fermée si C
A = E/A est
ouvert.
Proposition 2.1.1.
1. ∅ et E sont fermés.
2. Toute intersection de fermés est fermée.
3. Toute réunion nie de fermés est fermés.

2.2 Intérieur, adhérence, frontière


Soit (E, d) un e.t et soit A ⊆ E . Il existe un plus grand ouvert inclus dans A : c'est la
réunion de tous les ouverts inclus dans A, ce plus grand ouvert est par dénition l'intérieur de

A noté A ou Int(A),
◦ [
A= O (O ouvert).
O⊂A

Il existe de même un plus petit fermé contenant A, on le note A, c'est par dénition l'adhé-
rence ou fermeture de A,
F (F fermé).
\
A=
A⊂F

On a : ◦
A ⊆ A ⊆ A.
Proposition 2.2.1.

 A est ouvert ssi A = A.
 A est fermé ssi A = A.
Dénition 2.2.1. (Point d'accumulation)
Un point x ∈ E est dit point d'accumulation de A et on écrit x ∈ Acc (A), si
∀O ∈ τ, x ∈ O ⇒ O ∩ A/{x} =
6 ∅.

18
CHAPITRE 2. ESPACE TOPOLOGIQUE Agadir 2014

Dénition 2.2.2. (point isolé)


x ∈ A est dit point isolé si ∃O ∈ τ tq x ∈ O et O ∩ A/{x} = ∅.
Dénition 2.2.3. (frontière)

La frontière de A notée Fr (A) ou ∂A est dénie par ∂A = A/A.
Exemple 2.2.1. E = R, d(x, y) = |x − y|.
Soit A = [0, 1] ∪ {2, 3, 4}. Les points isolés de A sont 2, 3 et 4.

2.2.1 Voisinage

Soit (E, τ ) un e.t et x ∈ E . Un ensemble V ⊆ E est dit voisinage de x ssi


∃O ∈ τ tq x ∈ O ⊂ V.

On écrit alors V ∈ Vx , en d'autre terme, V ∈ Vx ssi x ∈ V .
Une collection Ux de voisinages de x ∈ E est dite système fondamental de voisinage de x
(SFV) si :
∀V ∈ Vx , ∃U ∈ Ux tq U ⊂ V.
Exemple 2.2.2. E = R, d(x, y) = |x − y|. Un voisinage de 0 contient toujours un intervalle
du
type ] − n1 , n1 [ (n ≥ 1). Alors, {] − n1 , n1 [, n ≥ 1} = U0 est un SFV.

Remarque 2.2.1. Pour montrer que x ∈ A, il sut de montrer que ∀U ∈ Ux (Ux SF V de x) on a


U ∩ A 6= ∅.
Dénition 2.2.4. (Topologie engendrée). Soient E un ensemble et A un ensemble de parties
de E . L'intersection de toutes les topologies qui contiennent , A est appelée topologie engendrée
par A. C'est la topologie la moins ne sur E qui contient l'ensemble de parties A.
Dénition 2.2.5. (Base de topologie)
Soit E un ensemble. Une base de topologie sur E est un ensemble de parties de E noté B
tel que
1. la réunion des éléments de B est égale à E .
2. l'intersection de deux éléments de B est une réunion d'éléments de B .
Si B est une base de topologie sur E qui engendre une topologie τ , on dit que B est une base de
topologie pour τ .
Proposition 2.2.2. (Critère pour SFV)
Soit E un ensemble non vide. Pour tout x ∈ E , on suppose donné une collection Ux de
parties non vide de E tq :
1. x ∈ U, ∀U ∈ Ux .
2. ∀U, V ∈ Ux , ∃W ∈ Ux tq W ⊂ U ∩ V .
3. ∀U ∈ Ux ∀y ∈ U, ∃V ∈ Uy tq V ⊂ U .
Alors τ = {O ⊂ E / ∀x ∈ O ∃U ∈ Ux tq U ⊆ O} est une topologie sur E pour laquelle
∀x ∈ E, ∀U ∈ Ux , U ∈ τ et Ux est un SF V de x.

Le critère permet de dénir respectivement la topologie produit, la topologie de la conver-


gence simple et la topologie de la convergence uniforme.

19
CHAPITRE 2. ESPACE TOPOLOGIQUE Agadir 2014

2.3 Topologie produit


Dénition 2.3.1. Soient (E1 , τ1 ), (E2 , τ2 ) deux espaces topologiques.
Notons B = {ω1 × ω2 / ωj ∈ τj , j = 1, 2}. L'ensemble T des parties de E = E1 × E2 formé
des unions d'éléments de B est la famille des ouverts d'une topologie sur E , appelée topologie
produit sur E notée π = τ1 × τ2 .
La famille B , dont les éléments sont appelés ouverts élémentaires de E forme une une base
d'ouverts de la topologie produit.

Remarque 2.3.1. (1) La dénition ci-dessus se généralise sans peine à un produit ni de
n espaces, n ≥ 2.
(2) Un ouvert d'un espace produit n'est pas nécessairement un produit d'ouverts.
(Une boule ouverte euclidienne de R2 n'est pas un produit de parties de R)
(3) Dans un espace produit, tout produit de fermés est un fermé.
La réciproque est fausse : {(x, y) ∈ R2 , xy = 1} est un fermé de R2 mais pas un produit
de fermés de R.

Dénition 2.3.2. (Voisinage dans un espace produit)


Soit E1 , E2 deux espaces topologiques, a = (a1 , a2 ) ∈ E1 × E2 muni de la topologie produit
de celles de E1 et E2
1. Si Vj est voisinage de aj dans Ej , j = 1, 2 alors V1 × V2 est voisinage de a dans E1 × E2 .
2. {V1 × V2 , Vj ∈ Vj (aj ) j = 1, 2} est un SFV de a dans E . Si Sj (aj ) est un système
fondamental de voisinage de aj dans Ej alors S1 × S2 est un SFV de a dans E .
3. E1 × E2 est à système fondamental dénombrable de voisinage ⇔ E1 et E2 le sont.

2.4 Topologie de la convergence simple


Dénition 2.4.1. Soit X un ensemble et (E, τ ) un espace topologique.
Soit (fn )n∈N une suite de X dans E et f une fonction de X dans E . On dit que (fn )n∈N
converge simplement vers f pour la topologie de E quand n tend vers l'inni si ∀x ∈ X, fn (x)
tend vers f (x) quand n tend vers l'inni.
Ceci permet de dénir une topologie sur F(X, E) : l'ensemble des fonctions de X dans E .
Cette topologie sur F(X, E) est la topologie de la convergence simple :
 On dénit tout d'abord les fermés par la propriété suivante :
”F ⊂ F(X, E) est un fermé ⇔ F est vide ou alors toute suite (fn )n∈N d'éléments de F qui
converge simplement vers un élément f de F(X, E) a sa limite f dans F ”. Autrement
dit, F est fermé si et seulement si F est vide ou alors si pour tout élément f de F(X, E)
qui est limite simple d'une suite d'éléments de F , f est élément de F .
 On dénit naturellement les éléments de notre topologie en armant que les ouverts de
F(X, E) sont les complémentaires des fermés de F(X, E).

2.5 Topologie de la convergence uniforme


X désigne un ensemble et (Y, ||.||) désigne un K-espace vectoriel normé.
On s'intéresse à B(X, Y ) = {f : X → Y /sup||f (x)|| < ∞}.
x∈X

Remarque 2.5.1. On s'intéresse souvent dans la pratique à des ensembles X munis d'une
topologie les rendant compacts. On considérera alors, en lieu et place de B (X,Y) l'ensemble

20
CHAPITRE 2. ESPACE TOPOLOGIQUE Agadir 2014

C (X,Y) des fonctions continues de X dans Y ( continues pour les topologies respectives de X
et Y). Dans ce cas, en raison du fait que l'application x −→k f (x) k est continue ( composée
d'application continue), que X muni de sa topologie est compact et que toute fonction continue
à valeurs réelles et dénie sur un compact est bornée, on a : C (X,Y) ⊂ B(X , Y).
Dénition 2.5.1.
? On dénit sur B (X,Y) une loi externe par
. : k × B (X,Y) −→ B(X , Y) (υ ,f ) −→ υ.f où υ.f est l'application de X dans Y qui a x ∈
X associe υ.f (x). On dénit aussi sur B (X,Y) une loi interne par + :B (X,Y)×B (X,Y) −→
B (X,Y), (f, g) −→ f + g , où f + g désigne l'application qui à tout x de X associe l'élément
f(x)+g(x). ( + désigne ici la loi interne de Y).
? Si f ∈ B (X,Y) (resp. f ∈ C (X,Y)), on pose :
k|fk|= supkf (x)k.
x∈X

? L'application k||k précédemment dénie est une norme sur B (X,Y) (resp. C (X,Y)).
? Soit (fn )n∈IN une suite d'applications de X dans Y. Soit f une application pareillement
dénie. On dit que (fn )n∈IN converge uniformément vers f si

∀ε > 0, ∃N (ε), ∀x ∈ Xkfn (x) − f (x)k < ε.

? Si (fn )n∈IN est une suite de fonction sur X qui converge uniformément vers f dénie sur
X alors (fn )n∈IN converge simplement vers f .
? La topologie sur B (X,Y) (resp. C (X,Y)) héritée de la norme k||k est appelée topologie de
la convergence uniforme.
? Le fait que la convergence uniforme d'une suite de fonctions implique la convergence simple
de cette suite a comme conséquence que la topologie de la convergence uniforme est plus ne
que la topologie de la convergence simple.

2.6 Topologie des fonctions tests


Dénition 2.6.1. Soit Ω un ouvert non vide de RN . L'espace des fonctions tests D(Ω) est
l'ensemble des fonctions de Ω dans R, de classe C ∞ et à support compact (i.e nulle en dehors
d'un compact).
Exemple 2.6.1. Sur Ω = R, la fonction
1
 
exp(− 1−x 2) si |x| < 1
x 7→
0 sinon

est C ∞ et son support est l'intervalle [−1, 1].

On munit cet espace vectoriel de la topologie suivante : les voisinages d'un élément de
l'espace sont les translatés par cet élément des voisinages de 0, et un ensemble V ⊂ D(Ω) est
un voisinage de la fonction nulle si, pour tout compact K de Ω, il existe un entier m > 0 tel
que V contienne l'ensemble suivant :
1
AK,m := {φ ∈ DK (Ω) | max k∂ α φk∞ ≤ },
|α|≤m m
α∈N

où DK (Ω) désigne l'ensemble des fonctions de D(Ω) dont le support est inclus dans K , et kf k est
la norme de f au sens de la convergence uniforme. Autrement dit, si Ω est la réunion d'une suite

21
CHAPITRE 2. ESPACE TOPOLOGIQUE Agadir 2014

croissante de compacts Kn , une base de voisinage de 0 est constituée des Vm := n∈N AKn ,mn .
S
Dans D(Ω), la convergence vers 0 d'une suite de fonctions φn se traduit par l'existence d'un
compact K de Ω, contenant les supports de toutes les φn à partir d'un certain rang, et tel que
φn ainsi que toutes ses dérivées tendent vers 0 uniformément sur K .

2.7 Densité
Soit (E, τ ) un e.t et A, D ⊆ E .
1. On dit que D est dense dans A si A ⊆ D.
2. On dit que D est partout dense si D = E .
3. On dit que E est séparable s'il existe un ensemble D partout dense dans E .
Exemple 2.7.1.
Dans E = R, d(x, y) = |x − y|.
D = Q est partout dense, et comme Q est dénombrable, alors R est séparable.

2.8 Topologie induite


Soit (E, τ ) un e.t et soit F ⊆ E . On pose τF = {O ∩ F, O ∈ τ }.
Proposition 2.8.1. (E, τF ) est un espace topologique.

Démonstration. 1. ∅ et F ∈ τF (∅ = ∅ ∩ F, F = E ∩ F ).
2. Soit
S Oi ∩ F i ∈ S I (ensemble d0 indice) une f amille de τF , alors
(Oi ∩ F ) = ( Oi ) ∩ F ∈ τF d'où la stabilité par réunion quelconque.
i∈I i∈I
3. Soit O1 ∩ F, O2 ∩ F ∈ τF on a :
2
\ 2
\
(Oi ∩ F ) = ( Oi ) ∩ F ∈ τF .
i=1
|i=1
{z }
∈τ

D'où la stabilité par intersection nie.

Dénition 2.8.1. (Trace)


τF est la topologie induite sur F , par celle de E , c'est la trace de la topologie τ sur F .

22
Chapitre 3
Applications continues

On introduit la continuité des applications dénies entre espaces topologiques.


Dénition 3.0.2. soient (E1 , τ1 ) et (E2 , τ2 ) deux e.t etf : E1 → E2 Une application.
Soit x0 ∈ E1 , on dit que f est continue au point x0 , si l'image réciproque f −1 (V ) de tout
voisinage V ∈ Vf (x0 ) de f (x0 ) est un voisinage de x0 , c-à-d : ∀V ∈ Vf (x0 ) , f −1 (V ) ∈ Vx0 . On
établit facilement que f est continue en x0 ssi : ∀V ∈ Uf (x0 ) , f −1 (V ) ∈ Vx0 où Uf( x0 ) est un
SFV de f (x0 ).

Remarque 3.0.1. La dénition est bien équivalente à celle donné dans le chapitre 1 entre e.m.
On dit que f est continue sur E1 , si f est continue en tout point de E1 .

Proposition 3.0.2. Soient (E1 , τ1 ), (E2 , τ2 ) deuxe.t et f : E1 → E2 . Les p.s.s.e :


i) f est continue sur E1 .
ii) f −1 (O) ∈ τ1 , ∀O ∈ τ2 .
iii) f −1 (F ) est un f érmé, ∀F fermé de E2 .
¯
iv) f (Ā) ⊆ f (A), ∀A ⊂ E1 .

Démonstration. i)⇒ ii) On suppose f continue sur E1 . Montrons que si O ∈ τ2 , alors f −1 (O) ∈
τ1 . Soit O ∈ τ2 et x ∈ f −1 (O). Alors, f −1 (O) est voisinage de x, car O est voisinage de f (x).
D'où f −1 (O) ∈ τ1 .
ii) ⇒ iii) Soit F un fermé de E2 .
Montrons que f −1 (F ) est un fermé de E1 . On a

{(f −1 (F )) = {x ∈ E1 /f (x) ∈
/ F } = {x ∈ E1 /f (x) ∈ {F }.

D'après ii) c'est un ouvert. D'où f −1 (F ) est fermé de E1 .


(iii) ⇒ (iv) Soit A ⊆ E1 . M ontrons que f (A) ⊂ f (A). Comme f (A) est le plus petit fermé
contenant f (A), alors f −1 (f (A)) est un fermé d'après (iii) qui contient A, c-à-d A ⊆ f −1 (f (A)).
On a
A ⊆ f −1 (f (A)) ⇔ f (A) ⊆ f (A).
(iv) ⇒ (i) Soit x ∈ E1 et V ∈ Vf (x) . M ontrons que f −1 (V ) ∈ Vx . Soit A = E1 /f −1 (V )
et U = E2 /V. Alors x ∈ U, car f (A) ⊆ f (A) ⊆ E2 /V = E2 /V. Comme f (U ) ⊆ V alors f −1 (V )
est un voisinage de x.
Il s'ensuit que f est continue.
Exemple 3.0.1. 1. Si E1 est muni de sa topologie discrète, c-à-d : τ1 = P (E1 ). alors f :
E1 → E2 est continue automatiquement. ∀O ∈ τ2 , on a bien f −1 (O) ⊆ E1 ⇒ f −1 ∈ τ1 .

23
CHAPITRE 3. APPLICATIONS CONTINUES Agadir 2014

2. Si E2 est muni de sa topologie grossière τ2 = {∅, E2 } . Alors toute fonction f : E1 → E2 est


continue. En eet, dans ce cas il n'y a que deux ouverts dans E2 , ∅ et E2 . Or f −1 (∅) = ∅
et f −1 (E2 ) = E1 sont des ouverts de E1 .

Proposition 3.0.3. Soit (E1 , τ1 ), (E2 , τ2 )deux e.t.


i) Si f : E1 → E1 est continue en x et g : E2 → E3 est continue en f (x), alors
gof : E1 → E3 est continue en x ( la composée de fonctions continues est continue ).
ii) Si f : E1 → E2 est continue et si F ⊆ E est muni de sa topologie induite τ|F . alors,

f|F : F → E2
x 7→ f (x)

est continue ( les restrictions des fonctions continues sont continues ).


0 0
iii) Si f : E1 → E2 est continue et si de plus f (E1 ) ⊆ E2 ⊆ E2 . Alors f : E1 → E2 est
continue
0
lorsque E2 est muni de la topologie induite par celle de E2 .

Démonstration. i) Soit x ∈ E1 , on veut monter que gof est continue en x dès que f est continue
en x et g en f (x), soit W ∈ Vgof (x) alors g −1 (W ) ∈ Vf (x) et de même f −1 (g −1 (W )) ∈ Vx . D'ou
gof est continue en x.
ii) Soit f : E1 → E2 continue sur E1 et F ⊆ E1 alors, ∀O ∈ τ2 (f|F )−1 (O) = f −1 (O) ∩ F qui
bien un ouvert de F . τF = {O ∩ F, O ∈ τ }.
Il s'ensuit par proposition 3.1 que f|F est continue sur F .

iii) On suppose f : E1 → E2 continus et que f (E1 ) ∈ E2 est continue .


0

Soit O un ouvert de E2 , il s'écrit O = O∩E2 , on af˜−1 (O ) = f −1 (O) ∈ τ1 . D0 ou f˜ est continue E1 →


0 0 0 0 0

E2 . On munit R de la topologie usuelle issue de la métrique d(x, y) = |x − y| .


0

Proposition 3.0.4. Soit (E, τ ) e, t et soient f, g : E → R deux fonctions continues ,alors ;

f +g : E → R
x 7→ f (x) + g(x)

f −g : E → R
x 7→ f (x) − g(x)

f ∗g : E → R
x 7→ f (x) ∗ g(x)

f
g
: E → R
f (x)
x 7→ g(x)
g(x) 6= 0
sont continues.

Remarque 3.0.2. On peut remplacer R par C ou par un e.v.n quelconque pour f + g, f − g.


la démonstration de la proposition 3 utilise le lemme :

24
CHAPITRE 3. APPLICATIONS CONTINUES Agadir 2014

Lemme 3.0.1. Soit (E, τ ) un e.t n ∈ N∗ et


f: E → R
x → f (x) = (f1 (x), ....., fn (x)).
Alors f est continus en x ssi f1 , ....., fn le sont.
Démonstration. Soit
pk : Rn → R
(x1 , ..., xn ) 7→ xk
Alors pk est continus ∀k, et on a fk = pk of . d'où f continue ⇒ fk continue ∀k .
Récip : si fk et continue ∀k, montrons que f continue, soit x ∈ E et V un voisinage de f (x) dans Rn ,
on choisit V dans un S.F.V de la f orme :
Uf (x) = {(y1 , ..., y2 ) ∈ Rn / |yk − fk (x)| < , ∀k}.

fk continue ⇒ fk−1 ({y ∈ R, |y − fk | < }) = Uk est ouvert, ∀k donc U = U1 ∩ ... ∩


Un est ouvert et U = f −1 (v).
(la prop 3.0.4)
1) Si f et g sont continues. D'après le lemme 1
F : E → R2
x 7→ (f (x), g(x))
est continue. Comme
s : R2 → R
(x, y) 7→ x + y

est continue. Alors sof est continue or sof = f + g .

2) De même :
d : R2 → R
(x, y) 7→ x − y

est continue. Donc dof = f − g est continue.

3) Analogue
p : R2 → R
(x, y) 7→ xy

Donc pof = f g est continue.

4) De même :
q : R × R∗ → R
x
(x, y) 7→ y 6= 0
y

est continue. Donc qof = f


g
(g 6= 0) est continue.

25
CHAPITRE 3. APPLICATIONS CONTINUES Agadir 2014

Dénition 3.0.3. Soit τ1 et τ2 deux topologie sur un même ensemble E. On dit que τ1 est plus
f ine que τ2 ou que τ2 est moins f ine que τ1 si τ2 ⊂ τ1 (tout ouvert de (E, τ2 ) est ouvert de (E, τ1 ).

Proposition 3.0.5. τ1 , τ2 deux topologies sur E . Alors τ1 est plus ne que τ2 ssi

id : (E, τ1 ) → (E, τ2 )
x 7→ x
est continue.

Remarque 3.0.3. Soit (E1 , τ1 ), (E2 , τ2 ) e, t, et f : E1 → E2 une bijection, on dit que f est un
homéomorphisme.
Si f et f −1 sont continue. On dit alors que (E1 , τ1 ), (E2 , τ2 ) sont homéomorphe.

26
Chapitre 4
Convergences dans les espaces
topologiques

Soit (E, d) un e.m. On rappelle qu'une suite ordinaire d'éléments de E est une application :

N → E
n → xn .

La suite (xn ) converge vers x ∈ E ssi, ∀ > 0, ∃N ∈ N, ∀n > N ,on ait d(xn , x) ≤ .
On sait que si (xn ) converge, alors sa limite est unique. Soit maintenant (E, τ ) un e.t. U ne suite
ordinaire d0 élément de E est encore une application :

N → E
n → xn .
Elle converge dans E ssi ∃x ∈ E tq ∀v ∈ V (x), ∃N ∈ N, ∀n ≥ N, on ait xn ∈ V .
Dans ce cas des e.t, la limite x de xn n'est plus unique.

Exemple 4.0.2. E ensemble non vide contenant au moins x1 6= x2 .


Soit τ , la topologie grossière sur E . Alors toute suite est convergente vers tout élément de E .
En eet :
Soit (xn ) ⊂ E une suite et x ∈ E quelconque, soit V ∈ V(x) . Alors V = E et si N =
0, alors ∀n ≥ N, on a xn ∈ V .

Dénition 4.0.4.(E, τ ) e.t. On dit que (E, τ ) est separé ou de Hausdor 1 , si ∀x 6= y ∈ E,


∃V ∈ V(x), W ∈ V(y), tq V ∩ W = ∅.

Exemple 4.0.3. 1) E=R, d(x, y) = |x − y|.


En ef f et : si x 6= y ∈ R, soit r = |x−y|
3
, alors ]x − r, x + r[∩]y − r, y + r[= ∅.
2) T out e.m est de Hausdorf f.

Proposition 4.0.6. Soit (E, τ ) un e.t de Hausdorf f et (xn ) une suite ordinaire d0 élément de E.
Alors si (xn ) est converge sa limite est unique.
1.
Felix Hausdor (8 novembre 1868 - 26 janvier 1942) est un mathématicien allemand,
considéré comme l'un des fondateurs de la topologie moderne. Il contribua aussi signica-
tivement à la théorie des ensembles, à la théorie de la mesure et à l'analyse fonctionnelle.
Il est l'auteur sous le nom de Paul Mongré de travaux philosophiques et littéraires.

27
CHAPITRE 4. CONVERGENCES DANS LES ESPACES TOPOLOGIQUES Agadir 2014

Démonstration. Soit (xn ) ⊂ E tq limn→+∞ xn = x et limn→+∞ xn = y . Si x 6= y ,


soit V ∈ V(x), W ∈ V(y) telle que V ∩ W = ∅.
Il existe N1 ∈ N, N2 ∈ N tq : 
xn ∈ V , ∀n ≥ N1 .
xn ∈ W , ∀n ≥ N2 .

Donc si n ≥ max(N1 , N2 ), xn ∈ V ∩ W = ∅, absurde.


On rappelle que dans un e.m (E,d). Les psse :
i) x ∈ A.
ii) Il existe (xn ) ⊂ A tell que limn→+∞ xn = x.
Dans les e.t, on a plus l'équivalence (i) ⇔ (ii). Bien sûr on a tjrs, (ii) ⇒ (i) mais (i) ⇒ (ii) est
fausse.
Exemple 4.0.4. Soit E = RR = {f : R → R}. La topologie de la convergence simple sur E est déf inie
par la proposition (critère S.F.V ) où Uf = {Uf,N ,  > 0 et N ≤ R, f ini}.
Avec : Uf,N = {g ∈ RR tell que |g(x) − f (x)| < , ∀x ∈ N}.
On vérif ie les hypothèses de la proposition (critèreS.F.V ) et on obtient que τ = {O ∈
E/∀f ∈ O, ∃U N, ∈ Uf tell que UfN, ⊂ O} est une topologie sur E qui est par déf inition la topologie
de la convergence simple sur RR .
U ne suite (fn ) ⊂ (E, τ ) est convergente ssi ∀x ∈ R, limn→∞ f (x) existe.
Soit A = {1Ω , Ω ⊆ R, f ini ou dénombrable}, avec

0 si x ∈/Ω
1Ω =
1 si x ∈ Ω.

Alors 1R ∈ A, mais il n0 existe pas de suite (fn ) ⊂ E qui converge vers 1R , sinon R serait dénombrable
pour remédir à ce problème, on introduit la notion de suites généraliseés.

Dénition 4.0.5. 1) Soit D un ensemble et ≤ une relation linéaire sur D tq :


(i) ∀i ∈ D, i ≤ i, (ref lexivité).
(ii) ∀i, j, k ∈ D, (i ≤ j et j ≤ k) ⇒ i ≤ k.
(iii) ∀i, j ∈ D, ∃k ∈ D tq i ≤ k et j ≤ k.
Le couple (D, ≤) est alors appelé un ensemble dirigé.
2) si (D, ≤) est un ensemble dirigé, on appelle suite généraliseé, indixée par (d, ≤) d0 élément de E.
Toute application
D → E
i 7→ xi
que l'on note (xi )i∈D .

Exemple 4.0.5. 1) Si D = N et ≤ la relation d0 ordre habituel sur N. Alors (D, ≤


) est dirigé une s, g indexé par (N, ≤) est une suite ordinaire.
2) Soit (E, τ ) un e.t. x ∈ E et Ux un S.F.V de x.
Soit D = Ux , alors D est dirigé par la relation U ≤ V ⇔ V ⊆ U, (D, ≤) est un ensemble dirigé.
Soit xn ∈ u, ∀u ∈ Ux , U (xn )x∈Ux est s, g d0 éléments de E.
3) Soit [a, b] ⊆ R
D = {(S, θ), S subdivision de [a, b] et θ subdivision subordonnée}
S = a = λ0 < λ1 < ... < λn = b avec θ = {θ1 < ... < θn } et α1 ≤ θi ≤ αi .
D est un ensemble dirigé par (S1 , θ1 ) ≤ (S2 , θ2 ) ⇔ S1 ⊆ S2 (S2 est plus f ine que S1 ).
n−1
Soit f : [a, b] → R, intégrable au sens de Riemann alors; J(S, θ) = Σk=0 (λk+1 − λk )f (θk )
Rb
vérif ie J(S, θ)(S,θ)∈D converge vers a f (t)dt.

28
CHAPITRE 4. CONVERGENCES DANS LES ESPACES TOPOLOGIQUES Agadir 2014

Dénition 4.0.6. Soit (E, τ ) un e.t et (D, ≤) un ensemble dirigé. Soit (xi )i∈D une s.g déléments de E.
On dit que (xi )i∈D converge vers x ∈ E, si ∀V ∈ V(x), ∃i0 ∈ D tell que ∀i ≥ i0 , on ait xi ∈
V.

Proposition 4.0.7. Soit (E, τ ) un e.t de Hausdorf f. Alors la limite d0 une s.g, si elle existe est unique.

Démonstration. (xi )i∈D une s, g, (d, ≤) dirigé, si (xi )i∈D converge vers x et y avec x 6= y,
soit v ∈ V (x), w ∈ V (y), tell que v ∩ w = ∅.
Alors il existe i0 , i1 ∈ D tell que xi ∈ v, ∀i0 ≤ i et xi ∈ w, ∀i1 ≤ i.
Soit i2 ∈ D tell que i0 ≤ i2 et i1 ≤ i2 , alors xi2 ∈ v et xi2 ∈ w ⇒ v ∩ w 6= ∅, absurde.

Proposition 4.0.8. Soit (E, τ ) un e.t de Hausdorf f et A ⊆ E une partie de E . Les psse :
(i) x ∈ A.
(ii) Il existe une s.g (xi )i∈D délément de A qui converge vers x.

Démonstration. (ii)⇒ (i) Soit (xi )i∈D une s, g, d0 élément de A qui converge vers x.
Soit V ∈ V (x), on doit montrer que V ∩ A 6= ∅. ON sait ∃i0 ∈ D, ∀i0 ≤ i,
on ait xi ∈ V → V ∩ A 6= ∅ ⇒ x ∈ A.
(i) ⇒ (ii) Soit x ∈ A soit v un S.F.V de x et d = V il est drigé par U ≤ V ⇔ V ⊆ .
P our u ∈ v, soit xn ∈ U ∩ A alors (xn )n∈v est une s, g qui converge vers x.
comme dans le cas de e, m, on a le corollaire.

Corollaire 4.0.1. (E, τ ) un e.t de Hausdorf f et A ⊂ E. Alors les psse :


(i) A est f ermé (A = A).
(ii) toute s, g d0 éléments de A qui converge, converge vers un élément de A.

Démonstration. Base sur proposition 7

Proposition 4.0.9. Soit (E1 , τ1 ), (E2 , τ2 ) deux e.t séparé et x0 ∈ E1 . Soit


f : E1 → E2 , les psse :
(i) f est continue en x0 .
(ii) limi∈D f (xi ) = f (x0 ) pour toute s, g (xi )i∈D qui converge vers x0 .

29
Chapitre 5
Espace compacts

Les espaces topologiques compacts sont les espaces  topologiquement nis  au sens où
les propriétés des applications continues sur de tels espaces sont en pratique comparables à
celles des applications dénies sur des ensembles nis. Ce chapitre donne les dénitions et
les premières propriétés dans le cadre général des espaces topologiques. Cette notion est très
importante, elle permet d'obtenir des résultats d'existence ( ou d'unicité ) pour les équations
diérentiel et le problème d'évolution.
"Mathématique L3 Analyse, Partie I Topologie, Pearson Education France."

5.1 Généralités
Dénition 5.1.1. Soit (E, τ ) un espace topologique.

1. On appelle recouvrement ouvert S( r.o ) de E toute famille d'ouverts {Oi , i ∈ I} ( I


ensemble d'indices ) tel que E = i∈I Oi .
2. On dit que (E, τ ) est compact, si de tout r.o de E on peut extraire un sous-recouvrement
S ) ni. C'est ta dire :∀Oi ∈ τ , i ∈ I si E = i∈I Oi , alors ∃J ⊂ I ni tel
ouvert ( s.r.o
S
que E = i∈J Oi .
3. Soit F ⊂ E . Comme les ouverts de (F, τF ) sont la trace des ouverts de ES sur F , alors F
est compact, ssi ∀{O
S i , i ∈ I} famille des ouverts de E , vériant F ⊂ i∈I Oi , il existe
J ⊂ I ni tq F ⊆ i∈J Oi .
4. Soit F ⊆ E . On dit que F est relativement compact si F̄ est compact.
5. Si (E, d) est unS
espace métrique, on dira que (E, d) est pré-compact, si ∀ > 0, ∃x1 .....xn ∈
E tel que E = ni=1 B(xi , ).

Proposition 5.1.1. Soit (E, τ ) un espace topologique.

1. Si E est compact et F fermé de E , alors F est compact.


2. Si E est de Hausdor et F ⊂ E est compact, alors F est fermé.
3. Si (E1 , τ1 ), (E2 , τ2 ) deux espaces topologiques et f : E1 → E2 continue. Si E1 est compact,
alors f (E1 ) est compact dans E2 .
4. Si (E1 , τ1 ), (E2 , τ2 ) sont de Hausdor, (E1 , τ1 ) est compact et f : E1 → E2 continue
bijective. Alors f −1 est continue .

Démonstration. 1. on suppose (E, τ ) compact et F ⊆ E fermé. Montrons que F est compact.


Soit {Oi , i ∈ I} un r.o de F , alors {Oi , i ∈ I} ∪ {F est un r.o de E .

30
CHAPITRE 5. ESPACE COMPACTS Agadir 2014

Oi ⇒ E = F ∪ {F = i∈I Oi ∪ F .
S S
F ⊂ i∈I
Comme (E, τ ) est compact, on peut extraire un s.r.o ni,
E = Oi1 ∪ Oi2 ..... ∪ Oin ∪ {F ⇒ F ⊆ Oi1 ∪ Oi2 ∪ .... ∪ Oin ⇒ F compact.
2. Si E est de Hausdor et F ⊆ E , Montrons que F fermé, c-àd que : {F est ouvert. Il sut
de montrer que {F est voisinage de chacun de ses points.
Soit x ∈ {F , on sait que ∀y ∈ F , on a x 6= y et comme E de Hausdor USx,y ∈ τ voisinage
de x et Ox,y ∈ τ voisinage de y tel que Ox,y ∩ Ux,y = ∅. Alors F ⊆ y∈F Ox,y , F est
compact ⇒ ∃y1 ...yn ∈ F tel que F ⊆ Ox,y1 ∪ .... ∪ Ox,yn
Soit U = Ux,y1 ∩ .... ∩ Ux,yn . Alors U est ouvert et U ∩ (Ox,y1 ∪ .... ∪ Ox,yn ) = ∅ ⇒ U ∩ F = ∅
⇒ U ⊂ {F d'où F est fermé.
3. Soit (E1 , τ1 ), (E2 , τ2 ) deux espaces topologiques et f : E1 → E2 continue. On suppose
que E1 est compact. Montrons que f (E1 ) est compact. SoitS{Oi , i ∈ I} un r.o de f (E1 )
de E2 , c-à-d : f (E1 ) ⊆ i∈I Oi ⇒ E1 = f ( i∈I Oi ) = i∈I f −1 (Oi ). On obtient un
−1
S S
r.o de E1 , car f est continue. Puisque E1 est compact, on peut en extraire un s.r.o ni
E1 = f −1 (Oi1 ) ∪ .... ∪ f −1 (Oin ) ⇒ f (E1 ) ⊆ Oi1 ∪ .... ∪ Oin . D'où f (E1 ) est compact.
4. Soit (E1 , τ1 ), (E2 , τ2 ) deux espaces topologique de Hausdor, avec E1 compact et soit
f : E1 → E2 continue bijective. Montrons que f −1 est continue.
f −1 : E2 → E1 , x = f −1 (y) ⇒ y = f (x). Il sut de montrer que l'image réciproque pour
f −1 de tout fermé de E1 est fermé dans E2 .
Soit F ⊆ E1 fermé, on a (f −1 )−1 (F ) = f (F ). Comme E1 est compact et F fermé de
E1 , alors F est compact d'après (1) et f (F ) et aussi compact d'après (3). Donc f (F ) est
fermé d'après (2). D'où f −1 est continue.

5.2 Compacité dans les espaces métriques


Exemples :

1. Dans E = R2 , d(x, y) =| x − y |. Les compacts de (R, d), sont exactement les ensemble
fermé borné ( théorème de Borel Lebesgue ). En particulier [a, b] est compact, ∀ a < b
∈ R.
2. Dans E = Rn ou Cn (n = 1, 2...), munit de l'un des métrique d1 , d2 ou d∝ qui produisent
la même topologie sur Kn ( K = R ou C). Les sous-ensemble compacts sont encore les
ensembles fermé borné.
3. En générale, dans les espaces métriques (E, d). Un ensemble V ⊂ E compact est fermé
borné, mais la réciproque et fausse.
Théorème 5.2.1. (Bolzano 1 - Weierstrasss 2 )
Soit (E, d) espace métrique. Les p.s.s.e :
i) E est compact.
ii) De toute suite d'éléments de E , on peut extraire une sous-suite convergente.
1. Bernard Bolzano (5 octobre 1781  18 décembre 1848) , de son nom complet Bernhard Placidus Johann
Nepomuk Bolzano, est un mathématicien, logicien, philosophe et théologien né et mort à Prague. Fils d'une
germanophone et d'un émigré d'Italie en Bohême, alors dans l'Empire d'Autriche, Bolzano a rédigé toutes ses
÷uvres en allemand. L'inuence de ses ouvrages philosophiques est importante, tout comme ses découvertes en
mathématiques. Il a donné son nom à deux théorèmes.
2. Karl Theodor Wilhelm Weierstrass, habituellement appelé Karl Weierstrass, né le 31 octobre 1815 à
Ostenfelde (Westphalie), mort le 19 février 1897 à Berlin, était un mathématicien allemand, lauréat de la
médaille Copley en 1895.

31
CHAPITRE 5. ESPACE COMPACTS Agadir 2014

Démonstration. i)⇒ii)
On suppose (E, d) compact et soit (xn ) ⊂ E . Montrons que (xn ) admet une sous-suite conver-
gente.
Par absurde, si (xn ) n'admet pas de sous-suite convergente. Alors ∀x ∈ E , le fait que (xn )
n'admet pas de sous-suite convergent vers x ⇒ ∃r S x >0 tel que B(x, rx ) contient au plus un
nombre ni des termes de la suite (xn ). On a E = x∈E B(x, rx ) et E compact ⇒ ∃x1 ...xn ∈ E
tel que E = B(x1 , rx1 ) ∪ .... ∪ B(xn , rxn ) absurde. D'où (xn ) admet une sous-suite convergente (
car ces boules ne contiennent qu'un nombre ni de termes de la suite (xn ) qui en contient une
innité ).
ii)⇒i) On suppose que de toute suite d'éléments de E , on peut extraire une sous-suite conver-
gente. Montrons que E compact.
∗ 1er cas E est pré-compact :
Soit >0, ∃x1 ....xn ∈ E tel que E = B(x1 , ) ∪ ..... ∪ B(x2 , ) car si non, ∃>0 tel que ∀x1 ∈ E
on a E 6= B(x1 , ). Soit x2 ∈ E \ B(x1 , ), comme B(x1 , ) ∪ B(x2 , ) 6= ∅. Ainsi de suite, on
construit une suite (xn ) ∈ E tel que d(xi , xj ) ≤ . Une telle suite n'admet pas de sous-suite de
Cauchy et donc pas de sous-suite convergente. D'où E pré-compact.

∗ 2e cas E est compact :


Sinon, soit {Oi , i ∈ I} un r.o de E qui n'admet pas de s.r.o ni.
Pour  = 1, ∃x1 , ..., xn ∈ E tq E = B(x1 , 1) ∪ ... ∪ B(xn , 1). L'une au moins de ces boules
n'admet pas de s.r.o ni, on peut supposer c'est B(x1 , 1).
Pour  = 1/2, ∃x1 2 , ..., xn 2 ∈ E tel que E = B(x1 2 , 1/2) ∪ ... ∪ B(xn 2 , 1/2). En particulier
B(x1 , 1) ⊂ B(x1 2 , 1/2)∪....∪B(xn 2 , 1/2). Il existe au moins une de ces boule qui n'admet pas de
s.r.o ni et on peut supposer que c'est B(x1 2 , 1/2). Ainsi de suite pour  = 1/2n−1 , on construit
une suite (x1 n )n ⊂ E tel que d(x1 n , x1 n+1 ) ≤ n + n+1 = 1/2n−2 . (x1 n )n est par conséquent, une
suite de Cauchy et admet d'après (ii) une sous-suite convergente ⇒ (x1 n ) est convergente. Soit
(x0 ) sa limite, alors ∃i0 ∈ I tq x0 ∈ Oi0 . Soit δ = inf {d(x0 , x), x ∈/ Oi0 }. Si n est susamment
grand, alors d(xn ; x0 ) < δ et 1/2 n−1
≤ δ/2. Alors, B(x1 , 1 ) ∩ ... ∩ B(xn 1 , n ) ⊂ B(x0 , δ).
1

Absurde, car ces boules n'admettent pas de sro ni. D'où E est compact.

5.3 Théorème d'Ascoli-Arzelà


Dans un espace vectoriel réel normé de dimension nie, les parties com-
pactes sont exactement les parties fermées et bornées. Dans un espace vecto-
riel topologique séparé, les parties relativement compactes restent bornées,
mais la réciproque est fausse. Le théorème d'Ascoli 3 -Arzelà 4 traite du cas
de l'espace des fonctions continues :
Soient K un espace compact et (E, d) un espace métrique. L'espace
C(K, E) des fonctions continues de K dans E , muni de la distance uniforme,
est un espace métrique.
Une partie A de C(K, E) est relativement compacte si et seulement si les deux conditions
suivantes sont respectées :
? A est équicontinue, i.e pour tout élément x de K, on a
∀ε > 0, ∃V ∈ V(x), ∀f ∈ A, ∀y ∈ V, d(f (x), f (y)) < ε ;
3. Giulio Ascoli (né le 20 janvier 1843 à Trieste et mort le 12 juillet 1896 à Milan) est un mathématicien
italien du xixe siècle.(voir photo)
4. Cesare Arzelà (né le 6 mars 1847 à Santo Stefano di Magra et mort le 15 mars 1912 dans la même ville) est
un mathématicien et universitaire italien qui enseigna à l'université de Bologne et est passé à la postérité pour
ses contributions à l'analyse fonctionnelle et notamment le célèbre théorème d'Arzelà-Ascoli, caractérisation des
suites de fonctions continues généralisant celle donnée précédemment par Giulio Ascoli.

32
CHAPITRE 5. ESPACE COMPACTS Agadir 2014

? pour tout élément x de K , l'ensemble A(x) = {f (x)|f ∈ A} est relativement compact.


Ce théorème caractérise les sous-ensemble de C(K, R) , espace des fonctions continues de
l'espace métrique compact (K, d) dans R ( ex K=[0,1])
C(K, R) est e.v.n pour la norme kf k∞ = supx∈k |f (x)| pour laquelle C(K, R) est un espace
(e.v.n) métrique complet espace de Banach .
Dénition 5.3.1. Soit H ⊂ C(K, R)
On dit que H est équicontinue si :
∀x ∈ K, ∀ > 0, ∃σ >0 tel que d(x, y) < σ ⇒ |f (x) − f (y)| <  ∀f ∈ H.

Théorème 5.3.1. (Ascoli-Arzelà)


Soit H ⊆ C(K, R). Les p.s.s.e :
1. H est compact.
2. i) H est fermé dans C(K, R) .
ii)H est borné, ∃M >0 tel que kf k∞ ≤ M ∀f ∈ H .
iii) H est équicontinue .

Démonstration. 1 ⇒ 2
On sait que dans un espace métrique, les compacts C sont fermé et borné ( borné signie
∃r > 0, ∃z ∈ E tel que C ⊆ B(z, r)) d'où (i)e t (ii).
Il sut de montrer (iii), c-à-d : H équicontinue,
par absurde si H n'était pas équicontinue alors ∀n ∈ N∗ ∃fn ∈ H et xn , yn ∈ K tel que
d(xn , yn ) ≤ 1/n mais |fn (xn ) − fn (yn )| ≥ 0
comme K est compact la suite (xn ) admet un sous-suite (xnk1 ) convergent , on considérons la
suite (ynk1 ) dans K elle admet aussi un sous-suite (ynk2 ) converge alors on a (xnk2 ) et (ynk2 ) sont
converge vers le même limite comme H compact les suite (fnk2 ) admet une sous-suite (fnk3 )
converge dans C(K, R) vers f alors les suite (xnk3 ) et (ynk3 ) sont converge ceci implique
lim |f (xnk3 ) − f (ynk3 )| ≥ 0 absurde car lim xnk3 =ynk3 donc H équicontinue .
n→∞ n→∞
(2) ⇒ (1) on suppose i) , ii) , iii) Montrons que H est compact.
première étape :
Montre que (K, d) S est séparable
∀n ≥ 1 on a K = n∈K B(x, 1/n) ⇒ {B(x, 1/n), x ∈ K} est r.o de K soit xn 1 ....xn n ∈ K tel
que B(xn , 1/n) ∪ .... ∪ B(xn n , 1/n) ces points existe car K est compact l'ensemble
D = {xn i , n ≥ 1 i = 1, 2, ..., n} alors D est dense dans K et D est dénombrable ( on veut de
montre que espace métrique compact est séparable ).
deuxième étape
Soit {s1 , s2 , ....} dense dans (K, d) on cherche a montre que H est compact , d'après le théorème
de ( Bolzano Weierstrass) , il sut de montre que toute suite (fn ) ⊂ H admet une sous-suite
converge la suite fn (s1 ) est une suite de nombre réels bornée |fn (s1 )| ≤ kfn k∞ ≤ M d'après (1)
⇒ (fn (s1 )) admet une sous-suite (fnk 1 (s1 )) convergent .
on considéré la suite (fnk 1 (s2 )) ⊂ R bornée d'après théorème ( Bolzano Weierstrass) elle admet
sous-suite converge (fnk 2 (s2 )) alors (fnk 2 (s1 )) et (fnk 2 (s2 )) sont toutes les deux converge
on considéré la suite (fnk 2 (s3 )) on lui applique le même raisonnement on obtient une suite
(fnk 3 (s3 )) converge donc on peut construit une sous-suite fnk j tel que (fnk j (si )) converge ∀i ≤ j
on donne la suite diagonale gk = fkk .
troisième étape
(gk ) est une sous-suite de (fn ) montre que (gk ) est de Cauchy en obtient (i),(ii),(iii) ceci entraine
(gk ) est converge car C(K, R) est compact.

Corollaire 5.3.1. Soit H ⊆ C(K, R). Les p.s.s.e :

33
CHAPITRE 5. ESPACE COMPACTS Agadir 2014

1. H est relativement compact .


2. i)H est équicontinue .
ii) H est borné .

Démonstration. On applique le théorème (d'Ascoli-Arzelà) à H .

5.4 Compacts et suites généralisée


Soit (E, τ ) espace topologique , on cherche a caractériser les compacts de E à l'aide des
suites .
Dénition 5.4.1. Soit (xi )i∈D suite généralisé où (D, ≤) est un ensemble dirigé. On appelle
sous suites de (xi )i∈D toute suite généralisé (xϕ(j) )j∈D0 avec (D0 , ≤) ensemble dirigé tel que ϕ :
D0 → D vérier ∀i ∈ D ∃j0 ∈ D0 tel que ϕ(j) ≥ i ∀j ≥ j0 .
la suite généralisé (xi )i∈D est dit universelle si elle vérier la propriété suivant : ∀A ⊆ E
on a soit :
1) ∃i0 ∈ D tel que xi ∈ A ∀i ≥ i0 .
2) ∃i0 ∈ D tel que xi ∈c A i ≥ i0 .

Remarque 5.4.1. On montre a l'aide du lemme de Zorn 5 que toit suite admet un sous-suite
universelle .

Lemme 5.4.1. ( Zorn )


Soit (A, ≤) ensemble non vide ordonné. On suppose que toute partie B totalement ordonnée de
A (∀x, y ∈ B on a soit x ≤ y soit y ≤ x) admet une borne sup. Alors

∀x ∈ A, ∃m ∈ A maximal tq x ≤ m.

(m est maximal ssi ∀a ∈ A a ≥ m alors a = m).

Proposition 5.4.1. Soit (E, τ ) espace topologique. Les p.s.s.e :


i) E est compact.
ii) E possède la propriété de intersection ni ∀Fi fermé de E ,i ∈ I i∈I Fi = ∅ alors ∃Fi1 ∩
T
.... ∩ Fin = ∅.
iii) Toute suite généralisé universelle d'éléments de E est convergente.
iv) Toute suite généralisé d'éléments de E admet une sous-suite converge.

Démonstration. ii)S⇒ i) On suppose E compact soit {Fi , i ∈ I} une famille de fermés tel que
i∈I Fi = ∅ alors i∈I {Fi = E d'ou un r.o de E dont on extrait un s.r.o {Fi1 , {Fi2 , ....., {Fin ⇒
T
∅ = {Fi1 ∩ {Fi2 ∩ ..... ∩ {Fin on obtient de même passage on complémentaire (ii)⇒ (i)

5. Max Zorn est un mathématicien américain d'origine allemande (1906-1993). Il étudie avec Artin à l'univer-
sité de Hambourg. En 1933, par opposition au régime nazi et bien que n'étant pas juif, il émigre dénitivement
aux Etats-Unis. Sa thèse portait sur l' algèbre alternative .

34
CHAPITRE 5. ESPACE COMPACTS Agadir 2014

5.5 Théorème de Tychono


Né près de Smolensk, il étudia à l'Université d'État de Moscou où il
obtint son doctorat en 1927 sous la direction de P. S. Aleksandrov. En
1933, il fut nommé professeur à l'université de Moscou.
Tychono s'intéressait à de nombreux domaines des mathématiques. Il
contribua de manière importante à la topologie, l'analyse fonctionnelle, la
physique mathématique, et à certaines classes de problèmes bien posés. La
régularisation Tychono, une des méthodes les plus utilisées pour résoudre
les problèmes inverses, est nommée ainsi en son honneur. Il est surtout
connu pour son travail en topologie, dont le théorème de métrisation qu'il
prouva en 1926, et le Théorème de Tychono selon lequel tout produit
de compacts est compact au sens de la topologie produit. Les espaces
complètement réguliers sont appelés espaces de Tychono en son honneur.
Tychono a reçu de nombreux prix et distinctions durant sa carrière dont le prix Lénine
(1966) et la médaille de Héros du travail socialiste (1954, 1986). Il était membre de l'Académie
des sciences de Russie.
"extrait de wikipedia.org"

Théorème 5.5.1. Tychono


Soit (Ei , τi ) , i ∈ I des e.t compacts alors l'espace produit E = i∈I Ei est compact pour la
Q
topologie produit
Soit (Eα , τα ), α ∈ I une famille d'espace topologique. L'espace produit α∈I Eα est par
Q
E =
dénition l'ensemble E = {f : I → α∈I Eα , f (α) ∈ Eα , ∀α ∈ I} .
S

par exemple si I = {1, 2} Q alors 2α=1 Eα = E1 × E2


Q
la topologie produit τ = α∈I τα est dénie la proposition ( critère system fondamental de
voisinage ) de sorte que O ∈ τ ssi ∀x ∈ O ∃α1 ....αn ∈ I et Oα1 ∈ τα1 , Oα2 ∈ τα2 ,......,Oαn ∈ ταn
tel que x ∈ {y ∈ E, y(α1 ) ∈ Oα1 , ...., y(αn ) ∈ Oαn } ⊂ O on note ∀x ∈ E Pα (x) = x(α) ∈ Eα

alors f : E → Eβ , ∀β ∈ I, est une application c'est la projection de E sur Eβ .


x 7→ x(β)

Lemme 5.5.1. 1. Soit (Eα ), τα ) espace topologie (α ∈ I) et Pβ la projection


Q
E = α∈I Eα
sur Eβ soit (F, τ ) espace topologie d'une application f : F → E = α∈I Eα est continue
Q
Pβ of est continue de F dans Eβ (∀β ∈ I).
2. une suite généralisé (xi )i∈D d'élément de E = α∈I Eα est converge ssi la suite généralisé
Q
(Pβ (xi )) est converge ∀β ∈ I.

Démonstration. 1. ⇒
On suppose que f est continue et soit β ∈ I alors Pβ est continue (Pβ −1 (Oβ )) est ouvert
dans E par dénition de la topologie produit (Pβ −1 (Oβ )) = {y ∈ E, y(β) ∈ Oβ } et donc
Pβ of est continue

On suppose que Pβ of continue ∀β ∈ I montre que f est continue :
soit x ∈ E soit V ∈ V(f (x)) , ∃α1 .....αn ∈ I ∃Oα1 ∈ τα1 , Oα2 ∈ τα2 ,......,Oαn ∈ ταn
tel que T
f (x) ∈ {y ∈ E, y(α1 ) ∈ Oα1 , ...., y(αn ) ∈ Oαn } ⊂ V ⇒ Pαj (f (x)) ∈ Oαj j=1,...,n
⇒ x ∈ nj=1 (Pαj of )−1 (Oαj ) = U alors U est ouvert de F ⇒ f −1 (V ) est voisinage de x
2. on montre de la même façon

35
CHAPITRE 5. ESPACE COMPACTS Agadir 2014

Démonstration. (Théorème de Tychono)


On suppose que (Eα , τα ) , α ∈ I est espaceQtopologie compact ∀α ∈ I montre que E = α∈I Eα
Q
est compact par la topologie produit τ = α∈I τα il sut de montre que toute suite universelle
de l'espace produit converge soit (xi )i∈D une suite généralise universelle d'après le le lemme
il sut de montre que (Pβ (xi ))i∈D et converge ∀β ∈ I or (Pβ (xi ))i∈D est une suite universelle
dans Eβ qui compact il s'ensuit que (Pβ (xi ))i∈D converge .

36
Chapitre 6
Espaces connexes

Les espaces topologiques connexes sont les espaces qui peuvent être considérés comme 
étant en un seul morceau .

6.1 Dénitions et exemples


Dénition 6.1.1. Soit (E, τ ) un espace topologique :
1. On dit que (E, τ ) est connexe ssi E n'est pas réunion de deux ouverts non vides et disjoints.
Autrement dit E est connexe ssi :
∀O1 , O2 ∈ τ non vides E = O1 ∪ O2 ⇒ O1 ∩ O2 6= ∅
2. Un sous ensemble F de E est dit connexe ssi ∀O1 , O2 ∈ τ tel que O1 ∩F 6= ∅ et O2 ∩F 6= ∅
alors F ⊆ O1 ∪O2 ⇒ (O1 ∩F )∩O2 ∩F 6= ∅. Par conséquent si E est un espace topologique
non connexe alors ∃O1 , O2 ∈ τ non vides et disjoints tel que E = O1 ∪ O2 dans ce cas
O1 = {O2 et O2 = {O1 sont à la fois ouvert et fermé. Donc (E, τ ) et connexe ssi les
seules parties à la fois ouvertes et fermé de E sont E et ∅

Exemple 6.1.1. 1. E = [0, 1[∪]2, 3[ comme partie de R n'est pas connexe et [0,1[ et ]2,3[
sont à la fois ouverts et fermés dans (E, τ ), τ est la topologie induite dans E par celle de
R [0, 1[=] − 1, 1[∩E et [0, 1[= [−1, 2] ∩ E .
√ √
2. Q n'est pas connexe dans R car Q = {x ∈ Q, x < 2} ∪ {x ∈ Q, x > 2} décompose Q
en deux ouverts non vides et disjoints.

Proposition 6.1.1. les seuls connexe de R sont les intervalles ( ]a, b[, ]a, b], [a, b[, [a, b] , ∀a, b ∈
R.

Démonstration. Soit C ⊆ R un connexe.


Montrons que C est un intervalle, il sut de montre que ∀a < t ∈ C, on a ]a, b[⊆ C .
Soit donc a < b ∈ C , par absurde si ]a, b[6⊂ C alors, il existe α ∈]a, b[ tel que α ∈
/ C . L'ensemble
{t ∈ [a, b], [a, t[⊂ C} est non vide majoré par α , il admet un borne supérieure et par γ =
sup{t ∈ [a, b], [a, t[⊂ C} montre que γ est atteint et qu'on obtient une contradiction avec C
connexe ⇒]a, b[⊂ C ⇒ C est connexe.

Si C ∈ I est un intervalle montre que C est connexe par absurde , s'il existe O1 ∩ I , O2 ∩ I
ouvert non vides tel que I = O1 ∪ O2 et (O1 ∩ I) ∩ (O2 ∩ I) = ∅ soit α ∈ O1 ∩ I et β ∈ O1 ∩ I
on peut supposer pour simplier que α < β alors [α, β] ⊂ I car I intervalle
Soit δ = {t ∈]α, β[, ]α, t[∈ O1 } l'ensemble et non vides comme O1 est ouvert α ∈ O1 puisque
O1 ∩ I est fermé δ ∈ O1 ∩ I et O1 , O2 est ouvert ∃ > 0 ]δ − , δ + [⊂ O1 contradiction le
caractère maximal de δ ⇒ I est connexe .

37
CHAPITRE 6. ESPACES CONNEXES Agadir 2014

Lemme 6.1.1.SSoit (E, τ ) espace topologique et Ei ⊂ E des partie de E tel que Ei ∩ Ej 6= ∅.


∀i, j ∈ I, E = i∈I alors (E, τ ) est connexe .

Démonstration. par absurde supposons E non connexe et soit O1 , O2 ∈ τ non vide tel que
E = O1 ∪ O2 et O1 ∩ O2 6= ∅ alors ∀i ∈ I on a Ei = (Ei ∩ O1 ) ∪ (Ei ∩ O2 ) comme Ei connexe ,
ceci implique Ei ∩ O1 = ∅ ou Ei ∩ O2 = ∅ ⇒ Ei ⊂ {O1 ou Ei ⊂ {O2 on xe i ∈ I et soit j ∈ I
si Ei ⊂ O1 alors Ej ⊂ O1 ∀j ∈ I car si non Ei ∩ Ej = ∅
si Ei ⊂ O2 alors Ej ⊂ O2 ∀j ∈ I car si non Ei ∩ Ej = ∅ d'où tout les ensembles Ej sont inclus
dans les ouverts O1 ou O2 ⇒ E ⊂ O1 ouE ⊂ O1 absurde car O1 6= ∅ ou O2 6= ∅

Corollaire 6.1.1. Rn est connexe (∀n = 1, 2, ...., n).


Démonstration.
EX = {λX, λ ∈ R} pour X ∈ I = {Y ∈ Rn kY k2 = 1 EXSest homomorphisme à R donc
connexe de plus EX ∩ EY 6= ∅ car 0 ∈ EX ∩ EY on a Rn = X∈I EX Lemme 3 ⇒ Rn est
connexe .

6.2 Connexité par arcs


Soit (E, τ ) espace topologie on appelle chemin au arcs joignant , x ∈ E à y ∈ E toute
application f d'un intervalle [a, b]deR à valeur dans E vériant f (a) = x, f (b) = y cette dénition
ne dépend pas de [a, b] en eet l'application ϕ : [a, b] → E par ϕ(t) = f (a+t(b−a)) est continue
vériant ϕ(0) = x et ϕ(1) = y lorsque x est joignable à y ∈ E par chemin continue on écrit
xRy en dénit une relation d'équivalent .
On dit que (E, τ ) et connexe par arcs si ∀x, y ∈ R on xRy c-a-d x et y joignable dans E par
une chemin continue .
Tout produit d'espaces connexes par arcs est connexe par arcs.
En eet, si x et y sont deux points de E = i∈I Ei et si les Ei sont connexes par arcs, il
Q
existe pour chaque indice i un chemin γi à valeurs dans Ei tel que :γi (0) = xi , γi (1) = yi . Le
chemin γ : [0, 1] → E déni par γ(t) = (γi (t))i∈I joint alors x à y.
Proposition 6.2.1. Toute espace topologie (E, τ ) connexe par arcs est connexe .

Démonstration. supposons (E, τ ) un connexe et soit , O1 , O2 ∈ τ non vide tel que E = O1 ∪O2 ,
et O1 ∩O2 6= ∅ soit x ∈ O1 , y ∈ O2 par hypothèse xRy il existe ϕ : [0, 1] → E continue ϕ(0) = x
, ϕ(1) = y de plus ϕ([0, 1]) est connexe ( proposition 4) on a ϕ([0, 1] ∩ O1 ) ∪ ([0, 1] ∩ O2 )
les deux ouvert sont disjoints car O1 ∩ O2 = ∅ absurde donc E est connexe .
le connexité pars arcs implique donc la connexité , le réciproque est fausse on verra qu'elle vrai
par les ouvert de RR .
Exemple 6.2.1. S = {(x, sin(1/x)), x ∈ R+ } Soit E = S ∪ {(0, y), −1 ≤ y ≤ 1} On munit de
E de la topologie induite par celle de RR alors E est connexe mais E n'est pas connexe par arcs
.

Proposition 6.2.2. Soit ω ⊂ Rd (d = 1, 2, ...) un ouvert alors ω est connexe ssi ω connexe
pars arcs .

Démonstration. ⇐ déjà montrer connexité par arcs implique la connexité


⇒ on suppose ω connexe , montre que ω est connexe par arcs
soit x, y ∈ ω montre que xRy on pose S = {y ∈ ω tel que zRx} on veut montre que S = ω on
a bien S ⊆ ω est non vide car x ∈ S on montre que S est a la fois ouvert et fermé de ω il se

38
CHAPITRE 6. ESPACES CONNEXES Agadir 2014

montre sue S = ω car ω connexe .


S est ouvert
Soit z ∈ S alors z ∈ ω donc ∃>0 tel que B(z, ) ⊂ ω Soit z ∈ B(z, ) alors xRy et ϕ : [a, b] → ω
, ϕ est continue et ϕ(0) = z 0 , ϕ(1/2) = z comme xRz ∃g : [1/2, 1] → ω continue tel que
g(1/2) = z et g(1) = z alors le chemin γ = ϕ ⊕ g :
γ : [0, 1] → ω
γ(0) = ϕ(0) = z 0 et γ(1) = ϕ(1) = x z 0 ∈ S d'où

ϕ(t) : 0 ≤ t ≤ 1/2
t 7→
ϕ(t) : 1/2 ≤ t ≤ 1
B(z, ) ⊂ S d'où résultat
S est fermé
Soit x0 ∈ S ∩ ω montre que x0 ∈ S Soit >0 tel que B(x0 , ) ⊂ S soit y ∈ B(x0 , ) ∩ S ( y existe
car x ∈ S
Soit f : [1/2, 1] → ω joignable x0 , y
g : [0, 1/2] → ω
et soit alors f ⊕ g joint x a x0 ⇒ x0 ∈ S ⇒ S = ω .
t 7→ y + 2t(x − y)

Corollaire 6.2.1. Soit ω ⊂ Rd ouvert si ω est connexe alors ∀x, y ∈ ω xRy .

39
Chapitre 7
Espaces normaux

Le but de ce chapitre est d'étudier un axiome de séparation, plus fort que la condition usuelle
d'être d'Hausdor, qui est à la base de résultats comme le lemme d'Urysohn 1 et le théorème
de prolongement de Tietze 2 concernant l'existence des fonctions continues non constantes.

7.1 Espaces normaux


Dénition 7.1.1. Soit (E, τ ) espace topologique.On dit que (E, τ ) est normal si et seulement
si pour tous fermés disjoints F1 et F2 de E , il existe des ouverts disjoints O1 et O2 tels que O1
contienne F1 et O2 contienne F2 .Par des symboles : ∀F1 , F2 deux fermés disjoints ∃O1 , O2 ∈ τ
tels que F1 ⊂ O1 , F2 ⊂ O2 et O1 ∩ O2 = ∅ .
Remarque 7.1.1. : il est claire qu'un espace normal est de Hausdor .Par contre, un espace
de Hausdor n'implique pas la normalité en général. On a l'implication suivante :

espaces normaux espaces de Hausdor.

Proposition 7.1.1. 1. Tout espace métrique complet est normal.


2. Tout espace topologique compact de Hausdor est normal.
1. Pavel Samouilovitch Urysohn (1898,1924) .Mathématicien russe, connu pour ses travaux sur les dimensions
et sur la topologie(voir photo).
2. Heinrich Franz Friedrich Tietze (1880,1964). Mathématicien autrichien surtout connu pour ses contribu-
tions à la topologie.

40
CHAPITRE 7. ESPACES NORMAUX Agadir 2014

Démonstration. 1. Soit (E, d) espace métrique. A, B ⊆ E deux fermés disjoints A ∩ B = ∅.


On considère l'application continue :

E → R+
x 7→ d(x, A)
avec d(x, A) = inf {d(x, y), y ∈ A}.
On pose l'application f :
E −→ [0, 1]
d(x, A)
x 7→ .
d(x, A) + d(x, B)
Alors f est continue et
0 ∀x ∈ A.

f (x) =
1 ∀x ∈ B .

Soit O1 = f −1 ([0, 12 [) ⊃ A et O2 = f −1 (] 12 , 1]) ⊃ B . O1 , O2 sont deux ouverts contenant


respectivement A et B et O1 ∩ O2 = ∅. D'où (E, d) est normal.
2. Soit (E, τ ) un espace topologique de Hausdor compact. Montrons que (E, τ ) est normal.
Soit F1 , F2 ⊆ E deux fermés disjoints.
Soit x ∈ F1 , y ∈ F2 . Comme (E, τ ) est séparé ,alors ∃Ux,y ∈ τ ,∃Wx,y ∈ τ tels que :
x ∈ Ux,y , y ∈ Wx,y avec Ux,y S
∩ Wx,y = ∅.
On fait varier y ∈ F2 , F2 ⊆ y∈F2 Wx,y .
Comme F2 est compact, on peut éxtraire un sous recouvrement ouvert ni

F2 ⊆ Wx,y1 ∪ . . . ∪ Wx,yn = Wx .

Soit Ux = Ux,y1 ∩ . . . ∩ Ux,yn . Alors Ux et Wx sont deux ouverts disjoints, de plus x ∈ Ux


,et F2 ⊂ Wx .
On fais varier x dans F1 , F1 ⊆ x∈F1 Ux . on peut extraire un sous recouvrement ouvert
S
ni
F1 ⊆ Ux1 ∩ . . . ∩ Uxm = O1 .

Soit O2 = Wx1 ∩ . . . ∩ Wxm . Alors O1 , O2 ∈ τ , F1 ⊂ O1 , F2 ⊂ O2 et O1 ∩ O2 = ∅ . D'où


(E, τ ) est normal.

Proposition 7.1.2. Tout sous-espace fermé d'un espace normal est normal. Donc d'après la
proposition 1 tous les sous-espaces fermés d'espace métrique complet ou d'espace topologique
de Hausdor compact sont normaux.
Démonstration. Soit (E, τ ) un espace normal. Soient  F1 ⊆ E0 et F2 ⊆ E deux fermés disjoints
F1 = F1 ∩ F.
de F . Alors il existe F10 , F20 fermés de E tels que : =⇒F1 et F2 fermés dans
F2 = F20 ∩ F.
E
.
F ⊂ E fermé =⇒ tout fermé de (F, τF ) est fermé dans (E, τ ).
A ⊂ E ouvert =⇒tout ouvert de (A, τA ) est ouvert dans (E, τ ).
Alors F1 et F2 sont deux fermés disjoints de E qui est normal.Il existe O10 , O20 ∈ τ tels que :
 0
 O1 ∩ O20 = ∅.
F10 ⊆ O10 .
F20 ⊆ O20 .

41
CHAPITRE 7. ESPACES NORMAUX Agadir 2014



 O1 , O2 ∈ τF .
O1 = O10 ∩ F.

F1 ⊆ O1 .

Soit =⇒ =⇒ D'où (F, τF ) est normal.
O2 = O20 ∩ F. 
 F2 ⊆ O2 .
O1 ∩ O2 = ∅.

Théorème 7.1.1. Théorème de Tietze-Urysohn :


Soit(E, τ ) espace topologique, les propositions suivants sont équivalentes :
1. (E, τ ) est normal.
2. ∀F1 , F2 ⊆ E fermés disjoints. Il éxiste f : E −→ [0, 1] continue telle que :

f (x) = 0 ∀x ∈ F1 .
f (x) =
f (x) = 1 ∀x ∈ F2 .

3. ∀F ⊆ E fermé et ∀f :F −→ [0, 1] continue. f admet un prolongement continue f˜ tel que :


f˜ : E −→ [0, 1].
la démonstration de ce théorème repose sur la proposition suivante.
Proposition 7.1.3. Soit (E, τ ) espace topologique .Alors(E, τ ) est normal si et seulement si
∀F fermé de E , ∀G ouvert de E ,avec F ⊂ G .Alors ∃O ∈ τ tel que : F ⊂ O ⊂ O ⊂ G.

∀F fermé de E


(E,τ ) est normal ⇐⇒ ∀G ouvert de E , F ⊂ G
∃O ∈ τ tel que : F ⊂ O ⊂ O ⊂ G.

Démonstration. (=⇒) On suppose (E, τ ) normal.


Soit F un fermé de E , et G un ouvert de E tel que F ⊂ G.
On a l'implication suivante F ⊂ G =⇒ F ∩ {G = ∅
On pose F1 = F et F2  = {G sont deux fermés disjoints dans E , comme (E, τ ) est normal, alors
 F1 ⊂ O1 .
∃O1 , O2 ∈ τ tels que : F2 ⊂ O2 .
O1 ∩ O2 .

On prend O = O1 =⇒ F ⊂ O ⊂ O (on doit montrer que O ⊆ G).


On aura O1 ∩ O2 = ∅ ⇐⇒ O ∩ O2 = ∅ ⇐⇒ O ⊂ {O2 ⇐⇒ O ⊂ {O2 .
Or {O2 ⊂ {F2 = G. D'où F ⊂ O ⊂ O ⊂ G.

(⇐=) Soit F1et F2 deux fermés disjoints de E . (On cherche O1 , O2 ∈ τ deux ouverts dis-
F1 ⊂ O1 .
joints tels que : )
F2 ⊂ O2 .
On a : F1 ∩ F2 = ∅ =⇒ F1 ⊂ {F2
On pose G = {F2 et F = F1 . 
O1 = O.
Par hypothèse : ∃O ∈ τ tel que : F ⊂ O ⊂ O ⊂ G. On prend
O2 = {O.
O ⊂ G ⇐⇒ O ⊂ {F2 ⇐⇒ F2 ⊂ {O.
 
F1 ⊂ O1 . O1 , O2 ∈ τ.
Alors et
F2 ⊂ O2 . O1 ∩ O2 = O ∩ {O = ∅.
D'où la normalité.

42
Chapitre 8
Théorème de Baire

René Baire 1 démontra ce résultat en 1899. Bien que l'américain William Osgood l'ait ob-
tenu aussi dès 1898, c'est pourtant le nom du Français Baire que lui a attaché la postérité.
Ce théorème étonnamment simple est un outil puissant en analyse, aux conséquences parfois
surprenantes.

8.1 Théorème de Baire

Dénition 8.1.1. Soit (E, τ ) un espace topologique.


On dit que (E, τ ) est un espace de Baire si toute intersection dénombrable d'ouverts dense dans
E est dense dans E.( ∀On ∈ τ, On = E on a ∩n∈N On = E ).

Exemple 8.1.1. R.Baire a démontré que Rn possède cette propriété. Par contre, Q l'ensemble
des nombres rationnels n'est pas de Baire. En eet Q est dénombrable et s'écrit :
Q = {x1 , x2 , · · · } et On = Q − {rn } pour tout (n > 1).
Qn est dense dans (Q, τQ ) ,avec (τQ trace de la topologie de R sur Q).
Cependant ∩n∈N∗ On = ∅ ⇒ Q n'est pas de Baire.

Proposition 8.1.1. 1. Tout espace métrique (E, d) complet est de Baire.


2. Tout espace topologique (E, τ ) de Hausdor compact est de Baire.

Démonstration. 1. Soit (E,


T d) espace métrique, {On , n ∈ N)} une famille d'ouverts de E
dense et on pose D = n∈N∗ On , donc on doit montrer que D = E
1. René-Louis Baire (1874-1932). Mathématicien français . il a fait des recherches sur la continuité et les
nombres rationnels.(voir photo)

43
CHAPITRE 8. THÉORÈME DE BAIRE Agadir 2014

(pour montre que D = E , il sut que D rencontre toutes les boules ouvertes non vides,
c'est à dire montrer que B(x, ε) ∩ D 6= ∅).
Soit x0 ∈ E et ε > 0, comme On est ouvert, on considère l'ouvert dense O1 . Alors
O1 ∩ B(x0 , ε) est un ouvert non vide. Soit x1 ∈ E et ε1 < 2ε tel que :

B(x1 , ε1 ) ⊆ B(x0 , ε) ∩ O1 .

On considère maintenant l'ouvert dense O2 . Alors O2 ∩ B(x1 , ε1 ) est un ouvert non vide.
Soit x2 ∈ E et ε2 < ε21 tel que :

B(x2 , ε2 ) ⊆ B(x1 , ε1 ) ∩ O2 ⊆ O2 ∩ O1 ∩ B(x0 , ε).

On construit de proches en proches une suite (xn ) ⊂ E et (εn ) avec (εn < εn−1
2
) tel que :

B(xn , εn ) ⊆ On ∩ B(xn−1 , εn−1 ) ⊆ On ∩ . . . ∩ O1 ∩ B(x0 , ε).

En particulier, xn ∈ B(xm , εm ) ⊆ B(xm , 2−m ε) pour tout n > m. Alors (xn ) est de Couchy
dans (E, d) complet, elle converge et on pose x = limn→∞ xn . Alors x ∈ B(xn , εn ) pour
tout n.
⇒ x ∈ D ∩ B(x0 , ε) ⇒ D ∩ B(x0 , ε) 6= ∅ ⇒ D = E.
D'où (E, d) est de Baire.
2. (Espace topologique de Hausdor compact ⇐⇒ espace normal)
Soit {On , n ∈ N∗ } une famille d'ouverts dense et soit D = n∈N∗ On .
T

(pour que D = E , il sut de montrer que D rencontre tout ouvert deE ). Soit O ∈ τ (on
cherche à montrer que O ∩ D 6= ∅), comme O1 est ouvert alors O1 ∩ D est non vide.Soit
x1 ∈ O1 ∩ D , comme (E, τ ) est normal, il existe U1 ∈ τ tel que :

{x1 } ⊆ U1 ⊆ U1 ⊆ O.

Comme O2 est un ouvert dense, alors il existe U2 ∈ τ tel que :

∅=
6 U2 ⊆ U2 ⊆ O1 ∩ U1 ⊆ O2 ∩ O1 ∩ O.

On construit ainsi une suite décroissante d'ouverts Un tel que :

∅=
6 Un ⊆ On ∩ . . . ∩ O1 ∩ O,

avec Un+1 ⊆ Un+1 ⊆ Un .


Puisque les intersections nies des Un sont non vides, alors
\ \
Un = Un 6= ∅.
n∈N∗ n∈N∗

Or n∈N∗ Un ⊆ D ∩ O. Donc D ∩ O 6= ∅ ⇒ D = E.
T
D'où (E, τ ) espace topologique de Hausdor compact est de Baire.

Théorème 8.1.1. Dans un espace métrique complet (non vide).


(i) Toute intersection dénombrable d'ouverts denses est dense.
(ii) Toute réunion dénombrable de fermés d'intérieur vide est d'intérieur vide.
(iii) Si l'espace entier est réunion dénombrable de fermés, l'un au moins de ces fermés contient
un ouvert (non vide).

44
CHAPITRE 8. THÉORÈME DE BAIRE Agadir 2014

"Intersection dénombrable de ..." est une abréviation pour "intersection d'une famille nie
ou dénombrable de ...".
L'équivalence de (i) et (ii) se voit par passage au complémentaire, puisqu'une partie A est dense
si et seulement si son complémentaire est d'intérieur vide : dire que tout ouvert rencontre A
revient à dire qu'aucun ouvert n'est contenu dans le complémentaire de A.
Proposition 8.1.2. Soit (E, τ ) un espace de Baire et F ⊆ E un ensemble ouvert. Alors (F, τF )
est aussi de Baire.
Démonstration. Les ouverts de (F, τF ) sont exactement les ouverts de E inclus dans F (car F
ouvert) soit donc {On , n ∈ N∗ } une famille d'ouverts denses dans (F, τF ) et soitOn0T= On ∪ {F .
Alors On0 ∈ τ est Tdense dans E car On est dense dans F . (E, τ ) est de Baire ⇒ n∈N∗ On0 est
dense dans E ⇒ n∈N∗ On est dense dans F .
Dénition 8.1.2. Dans un espace topologique :

”Gδ ” : "intersection dénombrable d'ouverts" ; ”Fσ ” : "réunion dénombrable de fermés" .


Une intersection dénombrable de ”Gδ ” est un ”Gδ ” ; une réunion dénombrable de ”Fσ ” est un
”Fσ ” .
Le complémentaire d'un ”Gδ ” est un ”Fσ ” , et réciproquement.
Exemple :
Dans R : Q est un ”Fσ ” (réunion dénombrable de singletons) ; RQ est un ”Gδ ”.

Dans un espace de Baire :

? Une intersection dénombrable d'ouverts denses (et plus généralement de ”Gδ ” denses) est
un ”Gδ ” dense.
? Une réunion dénombrable de fermés d'intérieurs vides (et plus généralement de ”Fσ ” d'inté-
rieurs vides) est un ”Fσ ” d'intérieur vide.
Proposition 8.1.3. Un ”Gδ ”-sous ensemble d'un espace de Baire est aussi un espace de Baire.
Démonstration. Soit (E, τ ) espace de Baire.
Une partie F de E est un ”Gδ ” ssi ∃O1 , . . . , On , . . . ∈ τ tels que :
\
F = On .
n∈N∗

Soit {Vi , i ∈ N∗ } la famille d'ouverts denses de F (on cherche à montrer que i∈N∗ Vi = F )
T
Vi ouvert de F ⇐⇒ ∃Ui ∈ τ tel que Vi = Ui ∩ F .
Soit Wi = Ui ∪ {F , pour tout i ∈ N∗ , Wi est ouvert de E (pour tout i), et de plus Wi ∩ F = Vi
=⇒ Wi est dense dans E (pour tout i). D'où :
\ \
Vi = ( Wi ∩ F ).
i∈N∗ i∈N∗

Comme E est de Baire et Wi ouvert dense (pour tout i), alors Wi est dense dans E
T
i∈N∗
\
=⇒ Wi ∩ F
i∈N∗
est dense dans F .
D'où : \
Vi
i∈N∗
est dense dans F .

45
CHAPITRE 8. THÉORÈME DE BAIRE Agadir 2014

Dénition 8.1.3. Soit (E, τ ) espace topologique et soit M ⊆ E .


1. On dit que M est nulle part dense si Int(M ) = ∅.
2. On dit que M est de catégorie"1" si M = n∈N Mn tel que Mn est nulle part dense
S
,∀n ∈ N.
3. On dit que M est de catégorie"2" si M n'est pas de catégorie"1".
comme {( n Mn ) = n {Mn ⊆ n {Mn on obtient le corrolaire suivant.
S T T

Corollaire 8.1.1. (Théorème des catégorie de Baire)


Dans un espace métrique complet et dans tout espace topologique compact de Hausdor, le
complémentaire d'un ensemble de catégorie"1" est dense.
Corollaire 8.1.2. Soient E un espace métrique complet qui est réunion dénombrable de fermés
Fn . Alors la réunion des intérieurs des Fn est un ouvert dense de E
preuve :
Soient Ω la réunion des intérieurs des Fn et Fn0 = Fn ∩ (EΩ). Chaque Fn0 est un fermé
d'intérieur vide de E : si un ouvert est contenu dans Fn0 , il est contenu dans Fn , donc il est dans
son intérieur, donc dans Ω, ce qui lui interdit d'être dans EΩ. D'après le théorème de Baire
la réunion des Fn0 ne peut alors contenir aucun ouvert. Or, E étant réunion des Fn , la réunion
des Fn0 est EΩ. Par suite Ω est dense dans E.

8.2 Applications de théorème de Baire


8.2.1 Application aux fonctions continues

Théorème 8.2.1. ( Théorème de la limite simple de Baire)


Une limite simple de fonctions continues sur un complet est continue sur une partie dense.
De façon plus détaillée, l'énoncé du théorème est : Soient E et F deux espaces métriques,
avec E est complet. On considère une suite (fn ) d'application continues de E dans F, conver-
geant simplement vers une application f de E dans F (limn→∞ fn = f ). Alors l'ensemble des
points de continuité de f est un ”Gδ ” dense dans E.

preuve :
On va appliquer deux fois le théorème de Baire.
• pour tout ε > 0, pour tout n ∈ N, on pose :

Fn,ε = {x ∈ E  ∀p > n, d(fn (x), fp (x)) 6 ε}.

Montrons que [
Ωε = int(Fn, )
n∈N

est un ouvert dense dans E et que


∀x0 ∈ Ωε , ∃V ∈ V (x0 ), ∀x ∈ V, d(f (x0 ), f (x)) 6 3ε.

Fixons ε > 0 et n ∈ N. Pour tout p > n, l'ensemble


Gp = {x ∈ E  d(fn (x), fp (x)) 6 ε}

46
CHAPITRE 8. THÉORÈME DE BAIRE Agadir 2014

est fermé (car fn et fp sont continues) donc


\
Fn,ε = Gp
p>n

est fermé.
Par hypothèse, la suite (fn ) converge simplement, donc
[
Fn,ε = E.
n∈N

Ce qui entraîne que (corollaire 2 du théorème de Baire)


[
Ωε = int(Fn,ε )
n∈N

est un ouvert dense dans l'espace de Baire E.


Ceci étant, soit x0 ∈ Ωε et soit n ∈ N tel que x0 ∈ int(Fn,ε ). Comme fn est continue, il existe
un voisinage V de x0 inclut dans int(Fn,ε ) tel que
∀x ∈ V, d(fn (x0 ), fp (x)) 6 ε.

Or
∀x ∈ V, ∀p > n, d(fn (x), fp (x)) 6 ε.
Donc en faisant tendre p vers +∞ (pour x et n xés), on obtient d(fn (x), fp (x)) 6 ε pour tout
x∈V.
Finalement, et d'après l'inégalité triangulaire :
∀x ∈ V, d(f (x), f (x0 )) 6 d(f (x), fn (x)) + d(fn (x), fn (x0 )) + d(fn (x0 ), f (x0 )) 6 3ε.

• Posons \
R= Ω1,
n
n∈N∗

et montrons que f est continue en tout point de R. Soit x0 un réel et ε > 0.


Fixons n ∈ N∗ tel que n1 6 3ε . Comme x0 ∈ Ω n1 , d'après le résultat de la question précédente, il
existe un voisinage V de x0 tel que
3
∀x ∈ V, d(f (x), f (x0 )) 6 6 3ε.
n
Ceci sut à prouver que f est continue en x0 .
L'ensemble des points de continuité de f contient donc R, intersection dénombrable d'ouvert
dense de E, en particulier dense dans E d'après le théorème de Baire.
Exemple 8.2.1. Soit f : R → R une application dérivable sur R, Alors l'ensemble des points
de continuité de la fonction dérivée f 0 est dense dans R.
Pour tout n ∈ N∗ , on considère la fonction
fn : R → R
f (x + n1 ) − f (x)
x 7→ 1 .
n
La suite (fn ) est une suite de fonctions continues qui converge simplement vers f 0 sur R. On
en déduit d'après ce qui précède que l'ensemble des points de continuité de f 0 est dense dans
R puisque R est complet.

47
CHAPITRE 8. THÉORÈME DE BAIRE Agadir 2014

Proposition 8.2.1. Soit f : R → R de classe C ∞ .On suppose que, pour tout x ∈ R, il existe
un entier n ∈ N (dépendant à priori de x ) tel que f (n) (x) = 0, où f (n) désigne la dérivée n-ème
de f . Alors f est un polynôme.

preuve :

Soit O l'ensemble des points de R au voisinage desquels il existe une dérivée de f qui est
identiquement nulle. Il est clair que O est un ouvert. Si l'on montre que O = R alors la dé-
monstration est terminée en vertu de la remarque suivante :
Soit I un intervalle ouvert (borné ou non) contenu dans O. Alors il existe un entier n ∈ N
tel que f (n) est identiquement nulle sur I. On peut bien sûr supposer I non vide. Soit x0 un
point de I. Par hypothèse, il existe un entier n et un intervalle ouvert contenant x sur lequel
f (n) s'annule. Soit J =]α, β[ le plus grand intervalle ouvert contenant x et contenu dans I sur
lequel f (n) s'annule. Supposons J 6= I : par exemple, β ∈ I . Par continuité, pour tout entier
p > 0, f (n+p) (β) = 0. Par ailleurs ; il existe un entier m tel que f (m) est identiquement nulle
au voisinage de β . Alors la formule de Taylor-Young appliquée en β à un ordre susamment
grand montre que f est un polynôme de degré n au voisinage de β ce qui contredit la dénition
de J.
Soit maintenant F = RO. Comme F est fermé, c'est un espace métrique complet. Remar-
quons tout d'abord que F ne possède pas de points isolés : en eet, si x0 ∈ F était isolé dans
F, il existerait ε > 0 tel que les intervalles ]x0 − ε, x0 [ et ]x0 , x0 + ε[ seraient contenus dans
O, et d'après ce qui précède il existerait une dérivée de f identiquement nulle sur ces deux
intervalles ce qui implique x0 ∈ O. Appliquons maintenant le Théorème de Baire à F. Soit
Fn = {x ∈ F tels que f (n) (x) = 0}. Les Fn sont des fermés de F, et, par hypothèse, F est
réunion des Fn . Le Théorème de Baire implique donc qu'il existe n0 tel que Fn0 est d'intérieur
non nul (dans F bien sûr). En d'autres termes, il existe ε > 0 et x0 ∈ Fn0 tel que f n0 est nulle
sur H =]x0 − ε, x0 + ε[∩F .
Remarquons maintenant que, en tout point y de H, on a f (n0 +p) (y) = 0, pour tout entier p > 0.
En eet, comme F n'a pas de points isolés, y est limite d'une suite innie de points de H.
En appliquant le Théorème de Rolle entre deux points de cette suite, on conclut qu'il existe
une suite innie de points qui converge vers y et sur lesquels f (n0 +1) s'annule. En répétant ce
procédé, par récurrence, pour tout entier p > 0, on produit une suite innie qui converge vers
y sur laquelle f (n0 +p) s'annule. Ceci prouve notre assertion par continuité.
Comme ]x0 − ε, x0 + ε[H est un ouvert, c'est une réunion dénombrable d'intervalles d'ouverts
In =]an , bn [ deux à deux disjoints (d'après la proposition "Tout ouvert de R est réunion dé-
nombrable d'intervalles ouverts deux à deux disjoints" ). Pour chacun de ces intervalles In , il
existe un entier mn tel que f (mn ) est nulle sur In . Alors, en appliquant la formule de Taylor en
an à un ordre susamment élevé, on conclut que f est un polynôme de degré n0 sur In . Il en
résulte que f (n0 ) est identiquement nulle sur ]x0 − ε, x0 + ε[ ce qui contredit le fait que x0 ∈ F
et termine la preuve.
Théorème 8.2.2. Il existe (au moins) une application continue et nulle part dérivable de R
dans R.

preuve :

Soit E l'espace de Banach C ([0, 1],R) qui est de Baire, car métrisable complet. Montrons que
l'ensemble A des applications continues nulle part dérivables à droite de [0, 1] dans R contient
un "Gδ " dense (donc est non vide). Ceci implique le résultat.

48
CHAPITRE 8. THÉORÈME DE BAIRE Agadir 2014

Pour tout n ∈ N, soit


1 1 f (x + h) − f (x)
Fn = {f ∈ C([0, 1], R) : ∃x ∈ [0, 1 − ], ∀h ∈]0, ], | | 6 n}.
n+1 n+1 h
Montrons que Fn est un fermé d'intérieur vide pour tout n, ce qui implique que ∩n∈N {Fn
est un "Gδ " dense. Toute application continue de [0, 1] dansR, ayant une dérivée à droite nie
en un point de [0, 1[ , est contenue dans ∪n∈N Fn . Donc l'ensemble A contient l'intersection
∩n∈N {Fn , ce qui conclura.

• Étape 1 : Montrons que Fn est fermé.


L'application d'évaluation (f, x) → f (x) de C([0, 1], R) × [0, 1] dans R est continue, car
|f (x) − f0 (x0 )| ≤ kf − f0 k∞ + |f0 (x) − f0 (x0 )|.

Donc pour tout h0 ∈]0, n+1


1
], l'application (f, x) → f (x+h0 )−f (x)
h0
de C([0, 1], R) × [0, 1 − 1
n+1
]
dans R est continue. Par conséquent,
f (x + h0 ) − f (x)
{(f, x) : | | ≤ n}
h0
est fermé dans C([0, 1], R)×[0, 1− n+1
1
]. Comme une intersection de fermés est fermée, l'ensemble

1 f (x + h) − f (x)
{(f, x) : ∀h ∈]0, ], | | ≤ n}
n+1 h
est fermé dans C([0, 1], R) × [0, 1 − 1
n+1
] . Comme [0, 1 − 1
n+1
] est compact, l'ensemble Fn est
donc fermé (en utilisant des suites).

• Étape 2 : Montrons que l'intérieur de Fn est vide.


Soient f ∈ Fn et ε > 0. Montrons que la boule de centre f et de rayon ε ,pour la norme
uniforme, contient un élément g n'appartenant pas à Fn (l'idée est d'essayer de l'obtenir en
rajoutant à une petite perturbation lisse de f une petite fonction ayant de nombreux zigzags).
Par le théorème de Weierstrass, soit P une application polynomiale de [0, 1] dans R telle que
kf − P k∞ < 2ε . Par continuité de P' sur le compact [0, 1] , la norme uniforme kP 0 k∞ de P' est
nie.
Soit A : [0, 1] → [0, 2ε ] une fonction continue, ane par morceaux de pentes égales en valeur
absolue à kP 0 k∞ + n + 1, et posons g = P + A. Alors
ε ε
kf − gk∞ ≤ kf − P k∞ + kAk∞ < + = ε.
2 2
De plus, pour tout x dans [0, 1 − n+1
1
], il existe h ∈]0, 1
n+1
] tel que
P (x + h) − P (x)
| | < |P 0 (x)| + 1
h
et que x et x + h soient dans le même sous-intervalle de [0, 1] sue lequel la pente de A est
constante, donc
g(x + h) − g(x) A(x + h) − A(x) P (x + h) − P (x)
| | ≥ | |−| | > (kP 0 k∞ +n+1)−(kP 0 k∞ +1) = n.
h h h
Le résultat découle.

49
CHAPITRE 8. THÉORÈME DE BAIRE Agadir 2014

8.2.2 Application aux espaces de Banach

Théorème 8.2.3. (Banach-Steinhaus)


Soient E un espace de Banach, F un espace normé, et un : E → F des applications linéaires
continues.
(i) Si la suite (un ) est "simplement borné", elle est uniformément borné sur la boule unité,
bornée en norme d'application linéaire. Autrement dit : l'hypothèse
∀x ∈ E, ∃Mx , ∀n, kun (x)k ≤ Mx
entraîne
∃M, ∀x ∈ E, ∀n, kun (x)k ≤ M kxk.

(ii) Une limite simple d'applications linéaires continues d'un espace de Banach dans un normé
est continue. Autrement dit : si chaque un est linéaire continue sur E et si un (x) → u(x) pour
chaque x ∈ E , alors u est continue sur E. De plus la conclusion de (i) est valable pour les un .
preuve :

(i)Pour k ∈ N, notons
Fk = {x ∈ E, ∀n, kun (x)k ≤ k}
 chaque Fk est fermé dans E, car les un sont continues.
 E est la réunion (croissante) de tout les Fk , k ≥ 0, car x ∈ Fk dès que k ≥ M (x).
D'après Baire, un Fk au moins contient une boule fermé B(a, r) avec r > 0, autrement dit les
applications un sont uniformément bornées par k sur cette boule. Il n'y a plus qu'à se ramener
à la boule unité par translation et homothétie : si kxk ≤ 1, alors le point y = a + rx appartient
à B(a, r) ⊂ Fk . D'où, pour tout n
y−a 1 2
kun (x)k = kun ( )k = kun (y) − un (a)k ≤ k = M.
r r r
Puisque y et a appartiennent à B(a, r).Ceci établit (i).

(ii) "On pourrait appliquer ici le théorème de la limite simple de Baire, mais il est plus fa-
cile de raisonner directement."
La convergence simple de un vers u entraîne que la suite (un (x)) est bornée pour chaque x ∈ E .
D'après (i), il existe M tel que kun (x)k ≤ M kxk pour tout n et tout x. En passant à la limite
pour n → ∞, on en déduit ku(x)k ≤ M kxk, d'où la continuité de u.
Exemple 8.2.2. Soit a = P(an )n∈N une suite donnée de nombres complexes. Si pour toue suite
b = (bn ) dans l2 la série ∞ a
n=0 n nb converge, alors a est aussi dans l 2
.
Soit en eet SN la forme linéaire sur l2 dénie par
N
X
SN (b) = an b n .
n=0

Par hypothèse, les SN convergent simplement sur l2 . d'après le théorème de Banach-Steinhaus


il existe M > 0 tel que kSN k ≤ M pour tout N (norme d'application linéaire). Comme
N
1
X
kSN k = ( |an |2 ) 2 .
n=0

On en déduit a ∈ l2 en faisant tendre N vers l'inni.

50
CHAPITRE 8. THÉORÈME DE BAIRE Agadir 2014

Remarque 8.2.1. Ne pas confondre ce résultat avec le théorème de Riesz, d'après lequel Ptoute
forme linéaire continue sur l s'écrit b →
2
an bn avec (an ) ∈ l . Ici la continuité de b →
2
P
an b n
n'était pas supposée à priori.

51
Chapitre 9
Exercices

Exercice 1 :
Soit (E, d) un espace métrique, x ∈ E et r un nombre réel > 0. soit
B(x, r) = {y ∈ E, d(x, y) < r} et B(x, r) = {y, d(x, y) ≤ r}.

1) Montrer que B(x, r) est un ouvert de (E, d).

2) Montrer que B(x, r) est un fermé de (E, d).

Exercice 2 :
Soit E un ensemble. Montrer que τ = {O ⊆ E, E\O est ni } ∪ {∅}
est une topologie sur E.

Exercice 3 :
Dans R, soit τ = {]t, +∞], −∞ ≤ t ≤ +∞}. Montrer que τ est une

toplogie et déterminer { 2}.

Exercice 4 :
Soit (E, d) un espace topologique et A ⊆ E ouvert ou fermé. Montrer que F rA n'a pas de
point intérieur.

Exercice 5 :
Soient (E1 , τ1 ) et (E2 , τ2 ) deux espaces topologiques. Montrer qu'il existe une topologie π sur
E1 ×E2 pour laquelle U ×V est ouvert pour tout U ∈ τ1 et V ∈ τ2 , et {U, x ∈ U ∈ τ1 , y ∈ V ∈ τ2 }
est un système fondamental de voisinage de (x, y) pour tout (x, y) ∈ E1 × E2 .
π est, par dénition, la topologie produit de τ1 × τ2 .
Montrer que la topologie usuelle de Rn+m coïncide avec la topologie produit de celle de Rn et
de celle de Rm (n,m entiers > 1).

52
CHAPITRE 9. EXERCICES Agadir 2014

Exercice 6 :
Soient (E1 , τ1 ), (E2 , τ2 ) et (E3 , τ3 ) des espaces topologiques. On munit E1 × E2 de la topo-
logie produit π . Montrer que :

a) p1 : E1 × E2 → E1 (s, t) 7→ s et p1 : E1 × E2 → E2 (s, t) 7→ t sont continues, et que


la topologie sur E1 × E2 est la topologie la plus moins ne rendant continue p1 et p2 .

b) Une application f : E3 → E1 × E2 est continue si et seulement si, p1 ◦ f et p2 ◦ f le


sont.

Exercice 7 :
Soit (S, τ ) un espace topologique. L'ensemble l∞ (S) des fonctions bornées à valeurs dans R
est muni de la convergence uniforme d(f, g) = sups∈S |f (s) − g(s)|.

1) Montrer que le sous-espace vectoriel Cb (S) = {f ∈ l∞ (S), f est continue} est fermé.

2) Montrer que les espaces l∞ (S) et Cb (S) sont complets.

Exercice 8 :
Montrer que dans un espace de Hausdor, les ensembles nis sont fermé et que la réciproque
est fausse.

Exercice 9 :
Soit E l'espace topologique produit des espaces topologiques Eα (α ∈ I). On considére les
projections pβ : E → Eβ (β ∈ I).

1) Montrer que l'image d'un ouvert de E par pβ est ouvert dans Eβ .

2) Montrer que l'image d'un fermé de E par pβ n'est pas necéssairement fermé de Eβ .

Exercice 10 :
Soit (Eα , τα ), α ∈ I une famille d'espaces topologiques.
Q On suppose que pour tout α ∈ I
(Eα , τα ) est de Hausdor. Montrer que l'espace produit τα est aussi de Hausdor.

Exercice 11 :
Un espace topologique (E, τ ) satisfait le second axiome de dénombrabilité s'il existe une
suite O1 , O2 , O3 , ... d'ouverts de E telle que pour tout ouvert O de E il existe N ⊂ N vériant
O = ∪n∈N On . Montrer que :

a) R muni de sa topologie usuelle satisfait le second axiome de dénombrabilité.

53
CHAPITRE 9. EXERCICES Agadir 2014

b) Rd muni de sa topologie euclidienne satisfait le second axiome de dénombrabilité pour


tout d entier ≥ 1.

c) Tout espace métrique séparable satisfait le second axiome de dénombrabilité.

Exercice 12 :
Montrer qu'un espace topologique E est connexe si et seulement si toute fonction continue
f : E → {0, 1} est constante.

Exercice 13 :
Soit E un espace topologique.

1) Montrer que si S est connexe alors S l'est aussi.

2) Soient x ∈ X et Cx la composante connexe, dénie comme étant la réunion de tous les


connexes
contenant x. Montrer que Cx est un connexe fermé.

3) Montrer que la composante Cx est ouverte si E = Rn .

Exercice 14 :
Montrons qu'un e.t X est normal si, et seulement si, pour tout fermé F de X et tout ouvert
O contenant F , il existe un ouvert U contenant F tel que

F ⊂ U ⊂ U ⊂ O.

Exercice 15 :
Montrer qu'un sous espace fermé d'un espace topologique normal est normal (muni de sa
topologie induite).

Exercice 16 :
Soient A une partie fermée d'un espace topologique normal E et f : A → R continue.
Montrer que f admet un prolongement continu F : E → R.

Exercice 17 :
Soit E un espace topologique. une fonction f : E → R est dite semi-continue inférieurement
si {t : f (t) > r} est ouvert pour tout r ∈ R, et semi-continue supérieurement si {t : f (t) < r}
est ouvert pour tout r ∈ R.

1) Pour quelles parties de E , la fonction caractéristique de A est sci ou scs ?

54
CHAPITRE 9. EXERCICES Agadir 2014

2) f est sci ssi ∀(ti )i tel que ti → t et f (ti ) ≤ r, on a f (t) ≤ r.

3) Soient K un compact et f : K → R sci. Montrer que f est minoré et atteint sa borne


inférieure.

Exercice 18 :
Montrer qu'un Gδ − sous ensemble d'un espace de Baire est aussi un espace de Baire.

Exercice 19 :
Soient E = R2 \{(x, 0), x ∈ R\Q} et S = Q×{0} munis de la topologie euclidienne. Montrer
que E est un espace de Baire et S est fermé dans E qui n'est pas de baire.

Exercice 20 :
Soit f : 1, +∞[→ R une fonction continue telle que ∀x ∈ [1, +∞[, f (nx) → 0 quand
n → +∞. Montrer que f (x) → 0.

55
CHAPITRE 9. EXERCICES Agadir 2014

Université Ibn Zohr


Faculté des sciences
Département de mathématiques
Agadir

17 janvier 2012

Epreuve de topologie (SM5)


I)
Soit τ = {]a, +∞[, −∞ ≤ a ≤ +∞}.

1. Montrer que (R, τ ) est un espace topologique, est-il de Hausdor ?


2. Déterminer l'adhérence, l'intérieur et la frontière de A pour cette topologie dans les cas
suivants :

a) A = {π}.

b) A =]0, 1[.

II)
Soit D un sous ensemble dense d'un espace topologique X .

a) Montrer que D ∩ O = O pour tout ouvert O de X .

b) Montrer que pour tout ouvert O de X l'ensemble D ∩ O est dense dans O pour sa to-
pologie induite.

c) Montrer que si A ⊂ X n'est pas ouvert, alors D ∩ A n'est pas nécessairement dense
dans A.

III)
Soit X un espace topologique. Une fonction f : X −→ R est dite (sci) semi-continue inférieure-
ment (resp. (scs) semi-continue supérieurement) si pour tout réel r l'ensemble {x ∈ X : f (x) >
r} (resp{x ∈ X : f (x) < r}) est ouvert.

1. Montrer que f est sci si et seulement si pour tout x ∈ X , r ∈ R et pour tout suite
généralisée (xi )i∈I converge vers x et vériant f (xi ) ≤ r pour tout i on a f (x) ≤ r.

2. En déduit que f est sci si et seulement si pour tout x ∈ X , r ∈ R et pour tout suite
généralisée (xi )i∈I converge vers x et vériant f (xi ) ≥ r pour tout i on a f (x) ≥ r.

3. On suppose que X est compact et f : X → R scs. Montrer que f est majorée et atteint
sa borne supérieure.

56
CHAPITRE 9. EXERCICES Agadir 2014

Université Ibn Zohr


Faculté des sciences
Département de mathématiques
Agadir

8 janvier 2014

Epreuve de topologie (SM5)


I) Soit E un ensemble .on rappelle le critère suivant . pour tout x ∈ E on suppose donné
un système non vide Ux de parties deE tel que :
i) x ∈ U pour tout U ∈ Ux
ii) pour tout U, V ∈ Ux il existe W ∈ Ux tel que W ⊂ U ∩ V
iii)pour tout U ∈ Ux et tout y ∈ U il existe V ∈ Uy tel que V ⊂ U alors τ = O ⊂ E∀x ∈ O∃U ∈ Ux : U ⊂ O
est une topologie sur E pour laquelle Ux est un système fondamentale de voisinage ouvert de x
.
1. ( Topologie de la convergence uniforme sur les compacts ) soient E = C(R)
l'ensemble des fonction continues f : R → R soit f ∈ E pour tout compact K ⊂ R et
tout > 0 on considère
UK, = {U ⊂ E, |g(x) − f (x)|< 0 , pour tout x ∈ K et g ∈ U }
Uf = {UF, (f ), K compact ,  > 0}.
a) Montrer que Uf satisfait les conditions i),ii)et iii) pour tout f ∈ E.
b) En déduire qu'il existe une topologie τU sur E pour laquelle Uf est un système fonda-
mental de voisinage de voisinage ouverts de f ∈ E.
c) Montrer qu'une suite (fn ) ⊂ E converge dans E pour la topologie τU si et seulement
si elle converge uniformément sur les compacts de R.
2. ( Topologie de la convergence simple ) soient E = C(R) et f ∈ E pour tout partie
ne F ⊂ R et tout > 0 on considère
VF, = {V ⊂ E, |g(x) − f (x)|< 0 , pour tout x ∈ F et g ∈ V }.
Vf = {VF, (f ), F ⊂ E ni ,  > 0 }.
a) Montrer que Vf satisfait les conditions i),ii)et iii) pour tout f ∈ E .
b) En déduire qu'il existe une topologie τS sur E , pour laquelle Vf est un système fonda-
mental de voisinage de voisinage ouverts
c) Montrer qu'une suite (fn ) ⊂ E converge pour la topologie τS si est seulement si elle
converge simplement .
d) Montrer que τS coïncide avec la topologie produit sur RR .
II) On munit R de la topologie dénie par la métrique d(x, y) = |x − y| pour tout x, y ∈ R
soit E = [0, 1[∪[2, 3] ∪ {4} On munit E de la topologie τS induite par celle de R . Dire dans
chacun des cas suivants si A est ouvert , fermé dans (E, τS ) et déterminer l'adhérence de A
dans (E, τS ).
1. A = [0, 1/2[.
2. A = [2, 3].
3. A = {4}.

57
CHAPITRE 9. EXERCICES Agadir 2014

Université Ibn Zohr


Faculté des sciences
Département de mathématiques
Agadir

7 mars 2013

Epreuve de topologie (SM5)


I) Soit E un espace topologie et f : E → R, une application. On rappelle que f est
semi − continue inf érieurement s.c.i (resp. semi − continue supérieurement s.c.s) si
t, f (t) > r (resp. t, f (t) > r) est un ouvert de E pour tout r ∈ R.

A) 1) M ontrer que f est s.c.i si et seulement si − f est s.c.s


2)M ontrer que est continue sur E si et seulement si f est s.c.i et s.c.s.
3) Soit A ⊂ E et χA sa f onction indicatrice. Sous quelles condition sur A la f onction
χA est − elle
i) s.c.i?
ii) s.c.s?
iii) continue sur E?

B) 1) Montrer que f est s.c.i si et seulement si pour toute suite gnralise (ti )i∈I
convergeant vers un point t ∈ E vérif iant f (ti ) ≤ r pour un réel r, on a
f (t) ≤ r.
2) En déduire que f est s.c.s si et seulement si pour toute suite généralisée
(ti)i∈I convergeant vers un point t ∈ E et vérif iant f (ti ) ≥ r pour un réel r, on a
f (t) ≤ r.

C)Soit K⊂ E un compact de E.
1) On suppose que f est s.c.i. M ontrer que f est minorée et atteint sa borne inf érieue.
2) En déduire que si s.c.S. M ontrer alors f est majorée et atteint sa borne supérieur.
II) Soit r = {] − ∞, a[, −∞ ≤ a ≤ +∞}.
1) Montrer que (R, r) est un espace topologique, est − il de Hausdorf f ?
2) Dérminer l0 adhérence, l0 intérieur et la f rontiére de A pour cette topologie dans
suivante :
les cas √
a) A={ 3}.
b) A =]0, 1[.

58
Chapitre 10
Correction

Exercice 1 Corrigé :
1. Soit (E, d) un e.m et soit

B(x, r) = {y ∈ / d(x, y) < r}

Montrons B(x, r) est un ouvert.


C-à-d montrons que :

∀y ∈ B(x, r), ∃ > 0 tq B(y, ) ⊂ B(x, r)

En eet, soit
y ∈ B(x, r)
alors
d(x, y) < r

Posons  = r−d(x,y)
2
Soit z ∈ B(y, ) on a
d(z, x) ≤ d(z, y) + d(y, x)

≤  + d(x, y) < r
ainsi
z ∈ B(x, r)
donc
B(y, ) ⊂ B(x, r)
d'où
B(x, r) est ouvert.
2. Montrons que B(x, r) = {y, d(x, y) ≤ r} est fermé.
c-à-d montrons que :
C
B(x, r) = {y, d(x, y) > r} est ouvert.

ou encore
∀y ∈ C
B(x, r), ∃ > 0 tq B(y, ) ⊂ C
B(x, r)

59
CHAPITRE 10. CORRECTION Agadir 2014

En eet, soit
C
y∈ B(x, r)
alors
d(x, y) > r
Posons  = d(x,y)−r
2
Soit z ∈ B(y, ) on a
d(x, y) − r
d(y, z) < < d(x, y) − r
2
⇒ d(x, y) − d(y, z) > r
⇒ d(x, z) > r
ainsi
C
z∈ B(x, r)
donc
C
B(y, ) ⊂ B(x, r)
d'où
C
B(x, r) est ouvert
nalement
B(x, r) est fermé.

Exercice 2 Corrigé :
Montrons que τ = {O ⊆ E , OC est ni} ∪ {∅} est une topologie sur E .
Rappel :
τ ⊂ P(E) est une topologie sur E ssi
i) ∅, E ∈ τ .
ii) ∀U, V ∈ τ : U ∩ V ∈ τ .
iii) ∀Oi ∈ I , i ∈ I (ensemble d'indices) on a ∪i∈I Oi ∈ τ .

i - On a ∅ ∈ τ par dénition et C E = ∅ est ni ⇒ E ∈ τ .


ii - Soit U, V ∈ τ :

1ercas : U = ∅ et V = ∅ ⇒ U ∩ V = ∅ ∈ τ .
2ecas : U 6= ∅ et V 6= ∅
si U ∩ V = ∅ alors U ∩ V ∈ τ
si U ∩ V 6= ∅ alors C (U ∩ V ) =C U ∪C V
est ni, d'où U ∩ V ∈ τ .
iii - Soit I un ensemble d'indice, et Oi ∈ τ ∀i ∈ I . Montrons que ∪ Oi ∈ τ .
i∈I
Si ∪ Oi = ∅ terminé. Sinon c ( ∪ Oi ) = ∩ c Oi ⊆c Oi0 , i0 ∈ I . D'où c ( ∪ Oi ) est ni donc
i∈I i∈I i∈I i∈I
∪ Oi ∈ τ .
i∈I

60
CHAPITRE 10. CORRECTION Agadir 2014

Exercice 3 Corrigé :
Dans R, montrons que τ = {]t, +∞[, −∞ ≤ t ≤ +∞}.
i - Pour t = +∞ on a ∅ =] + ∞, +∞[∈ τ , pour t = −∞ on a R =] − ∞, +∞[∈ τ .
ii - Soit t1 , t∈ R, ]t1 , +∞[∩]t2 , +∞[=]max(t1 , t2 ), +∞[∈ τ .
iii - Soit (ti )i∈I ⊂ R une famille où I un ensemble d'indice qlq. Posons t = inf ti , on a
i∈I
]ti , +∞[=]t, +∞[∈ τ .
S
i∈I
τ est bien une topologie.

√ √
Déterminons { 2} : le plus petit fermé contenant 2.
√ √
F un fermé de τ ⇔ ∃t ∈ R F =] − ∞, t]. Alors { 2} =] − ∞, 2].

Exercice 4 Corrigé :
Soient (E, τ ) un espace topologique et A ⊆ E) montrons que ∂A n'a pas de point intérieur.

Si A est un ouvert : ◦ ◦
Supposons que ∂A 6= ∅. Soit x ∈ ∂A, alors ∃O ∈ τ tq : x ∈ O ⊂ ∂A = A/A = A/A (A est un
ouvert), donc x ∈ A mais O ∩ A = ∅ absurde (x ∈ A ⇔ ∀O, x ∈ O, O ∩ A 6= ∅).

Si A est fermé : ◦ ◦ ◦
Supposons que ∂A 6= ∅. Soit x ∈ ∂A, alors ∃O ∈ τ tq : x ∈ O ⊂ ∂A = A/A = A/A (A est

un fermé). Donc O ⊂ A et O ∈ τ , ainsi O ∪ A est un ouvert contenu dans A, il s'ensuit que
◦ ◦ ◦ ◦
A ⊂ O ∪ A absurde car A est le plus grand ouvert contenu dans A. d'où ∂A = ∅.

Exercice 5 Corrigé :
Il s'agit d'utiliser le critère de SFV.
On pose E = E1 × E2 et U(x,y) = {U × V, x ∈ U ∈ τ1 et y ∈ τ2 }. Montrons que U(x,y) vérie les
3 conditions du critère de SFV.
1. Soit (x, y) ∈ E alors (x, y) ∈ U(x,y) ∈ A ∀A ∈ U(x,y) .
2. Soit (x, y) ∈ E , U × V ∈ U(x,y) et U × V ∈ U(x,y) soit W = (U ∩ V ) × (V ∩ V ) alors
0 0 0

∈τ1 ∈τ2
W ∈ U(x,y) et W ⊂ U × V ∩ U × V .
0 0

3. ∀(x, y) ∈ E , ∀U × V ∈ U(x,y)
∀(x , y ) ∈ U × V , on a U × V ∈ U(x0 ,y0 ) .
0 0

donc il existe une unique topologie π sur E pour laquelle U × V ∈ π ∀U ∈ τ1 , V ∈ τ2 et


{U × V, x ∈ U ∈ τ1 , y ∈ V ∈ τ2 } soit SFV de (x, y) ∈ E . Montrons que sur Rn+m la topologie

produit coïncide avec la topologie usuelle. On prend n = m = 1 et E1 = E2 = R on

” O est ouvert pour la topologie produit ssi O est ouvert pour la topologie usuelle ”.

61
CHAPITRE 10. CORRECTION Agadir 2014

Exercice 6 Corrigé :
Soient (E1 , τ1 ), (E2 , τ2 ) et(E3 , τ3 ) des espaces topologiques montrons que :

i) p1 : E1 × E2 → E1 (s, t) 7→ s est continue.


En eet, soit O ∈ τ1 , on a p−1
1 (O) = {(s, t) ∈ E1 × E2 tqs ∈ O} = O × E2 ∈ τ1 × τ2 . ainsi
p1 est continue.
De même p2 est continue.

De plus si τ est une topologie qui rendant p1 et p2 continue, montrons que τ1 × τ2 ⊂ τ , ou


encore U × V ∈ τ ∀U ∈ τ1 , V ∈ τ2 . On a U × V = (U × E2 ) ∩ (E1 × V ) = p−1
1 (U ) ∩ p2 (V ),
−1

comme p−11 (U ) ∈ τ et p2 (V ) ∈ τ alors U × V ∈ τ , ainsi τ1 × τ2 ⊂ τ .


−1

ii) f : E3 → E1 × E2 est continue ⇔ p1 ◦ f et p2 ◦ f le sont.


⇒)
on suppose f continue, alors p1 ◦ f et p2 ◦ f sont continues en tant que composée de
fonctions continues.
⇐)
si p1 ◦ f et p2 ◦ f sont continues, montrons que f est continue. Il sut de montrer
que f −1 (U × V ) est ouvert ∀U ∈ τ1 , V ∈ τ2 car {U × V, U ∈ τ1 , V ∈ τ2 } est une
base d'ouvert. f −1 (U × V ) = f −1 (p−1 −1
1 (U ) ∩ p2 (V )) = f
−1 −1
(p1 (U )) ∩ f −1 (p−1
2 (V )) =
(p1 ◦ f ) (U ) ∩ (p2 ◦ f ) (V ) ∈ τ1 × τ2 c.q.f.d.
−1 −1

Exercice 7 Corrigé :
Soit (S, τ ) un espace topologique. l∞ (S) = {f : S → R, f est bornée} muni de la distance
de la convergence uniforme d(f, g) = sups∈S |f (s) − g(s)|.
1. Montrons que le sous-espace vectoriel Cb (S) = {f ∈ l∞ (S), f est continue} est fermé.
Il s'agit d'utiliser la caractérisation séquentielle des fermés. Soit (fn ) ⊂ Cb (S) une suite
convergente vers f dans l∞ (S) montrons alors que f ∈ Cb (S). En eet,

fn −→ f ⇒ sups∈S |fn (s) − f (s)| −→ 0,


n→+∞ n→+∞

ce qui revient à dire que fn converge uniformément vers f et comme fn est continue par
hypothèse alors f l'est aussi, il reste à montrer que f est bornée. En eet, on a

sups∈S |fn (s) − f (s)| −→ 0 ⇒ ∀ > 0, ∃n ∈ N tq n ≥ n , |fn (s) − f (s)| ≤ ,


n→+∞

pour  = 1 ∃n ∈ N, n ≥ n tq

−1 ≤ f (s) − fn (s) ≤ 1

−1 + fn (s) ≤ f (s) ≤ 1 + fn (s)


⇒ |f (s)| ≤ 1 + sups∈S |fn (s)|.
| {z }
=M

D'où f est bornée.


Il s'ensuit que Cb (S) est fermé.

62
CHAPITRE 10. CORRECTION Agadir 2014

2. Montrons que Cb (S) et l∞ (S) sont complets . Comme Cb (S) est un sous-espace fermé de
l∞ (S) il sut de montrer que l∞ (S) est complet. En eet soit (fn ) une suite de Cauchy
dans l∞ (S), on a
∀ > 0, ∃n ∈ N, n, m ≥ n , d(fn , fm ) ≤ 
⇒ ∀ > 0, ∃n ∈ N, n, m ≥ n , |fn (s) − fm (s)| ≤ .
Donc ∀s ∈ S , la suite de nombres réels (fn (s)) est de Cauchy dans R, qui est complet,
elle est par suite convergente. On note sa limite f (s) ∀s. Montrons que f ∈ l∞ (S) et que
(fn ) converge vers f dans l∞ (S).
D'après 1) on a f ∈ l∞ (S), de plus en faisant tendre m vers +∞, on obtient

∀ > 0, ∃n ∈ N, n ≥ n , |fn (s) − f (s)| ≤ 

⇒ ∀ > 0, ∃n ∈ N, n ≥ n , d(fn , f ) ≤ ,


ce qui revient à dire que (fn ) converge vers f dans l∞ (S).
d'où l∞ (S) est complet.

et par suite Cb (S) l'est aussi.

Exercice 8 Corrigé :
Soit (E, τ ) un espace topologique de Hausdor i.e : ∀x, y ∈ E, x 6= y, ∃U ∈ Vx , V ∈
Vy tq U ∩ V = ∅. Montrons que les ensembles nis sont fermées, comme chaque ensemble nis
est une réunion nie des singletons alors il sut de montrer que {x} est fermés, équivaut à
montrer que c {x} est ouvert. En eet,
1ercas : c {x} = ∅ ⇔ E = {x} terminé.
2ecas : c {x} 6= ∅. Soit y ∈ c {x} donc y 6= x et ∃U ∈ τ, V ∈ τ tq x ∈ U, y ∈ V et U ∩ V = ∅ ⇒
V ⊂c U ⇒ v ⊂ c {x}, alors c {x} est ouvert et par suite {x} est fermé c.q.f.d.

Montrons que la réciproque est fausse i.e : montrons qu'il existe des e.t dans lesquels les single-
tons sont fermé sans que (E, τ ) soit séparé. la topologie conie convient.

Exercice 9 Corrigé :
Soit E l'espace topologique produit des espaces topologiques Eα α ∈ I . On considère les
projections pβ : E → Eβ (β ∈ I).
1. Montrons que l'image d'un ouvert de E par pβ est ouvert dans Eβ . Soit O ⊂ E ouvert et β ∈
I , montrons que pβ (O) est ouvert de Eβ . En eet, soit xβ ∈ pβ (O) ⇒ ∃x ∈ O tq
xβ = pβ (x). Comme O est ouvert ∃α1 , ...., αn ∈ I Oα1 ∈ τα1 , .......Oαn ∈ ταn tq
x ∈ p−1 −1 −1 −1
α1 (Oα1 ) ∩ ....... ∩ pαn (Oαn ) ⇒ xβ ∈ pβ (x) ∈ pβ (pα1 (Oα1 ) ∩ ....... ∩ pαn (Oαn )) ⇒
xβ ∈ Oαi ⊂ pβ (O) si β = αi , xβ ∈ Eβ ⊂ pβ (O) si β 6= αi .⇒ pβ (O) est ouvert.
2. Montrons que l'image d'un fermé de E par pβ n'est pas nécessairement fermé de Eβ .
Contre exemple : I = {1, 2}, E1 = R, E2 = R pour la topologie usuelle, on cherche un
fermé F de R2 tq pβ (F ) ne soit pas fermé de R. L'ensemble F = {(x, x1 ), 0 ≤ 1} est fermé
mais sa projection sur (Ox ) ]0, 1] ne l'est pas.

63
CHAPITRE 10. CORRECTION Agadir 2014

Exercice 10 Corrigé :
Soit (Eα , τα ) (α ∈ I)
Q une famille d'espaces topologique de Hausdor. Montrons que α∈I Eα
Q
est de Hausdor pour α∈I τα . Soit x, y ∈ E = α∈I Eα , x 6= y , donc ∃α0 ∈ I tq x(α0 ) 6= y(α0 ).
Q
Comme Eα est de Hausdor, ∃Uα0 ∈ τα0 , ∃Vα0 ∈ τα0 tq :

x ∈ Uα0 , y ∈ Vα0 , Uα0 ∩ Vα0 = ∅.

On cherche U, V ∈ τα tq x ∈ U, y ∈ V et U ∩ V = ∅. On prend
Q
α∈I
Y
U = {z ∈ Eα , z(α0 ) ∈ Uα0 }
α∈I
Y
V = {z ∈ Eα , z(α0 ) ∈ Vα0 }
α∈I

U et V sont des ouverts pour la Q


topologie produit, car ∀z ∈ U, z ∈ {ω ∈ α∈I Eα , ω(α0 ) ∈
Q
Uα0 } ⊆ U et ∀z ∈ U, z ∈ {ω ∈ α∈I Eα , ω(α0 ) ∈ Vα0 } ⊆ V . De plus x ∈ U, y ∈ V et z ∈
U ∩ V ⇔ z(α0 ) ∈ Uα0 ∩ Vα0 = ∅. d'où U ∩ V = ∅, et par suite E est de Hausdor.

Exercice 11 Corrigé :
Un espace topologique (E, τ ) satisfait le second axiome de dénombrabilité s'il existe une
suite O1 , O2 ,SO3 , ... d'ouverts de E telle que pour tout ouvert O de E il existe N ⊂ N∗
vériant O = n∈N On .
a) Montrons que R muni de sa topologie usuelle satisfait le second axiome de dénombrabilité.
On cherche une famille dénombrable d'ouverts (Oi ) tq ∀O ⊂ R ouvert O s'écrive :
[
O= Oi (N ⊆ N).
i∈N

On sait que Q est dénombrable, l'ensemble {]ak , bk [, ak < bk ∈ Q} est dénombrable. De


plus pour O ⊂ R on a O = ]ak , bk [ c.q.f.d.
ak ,bk ∈Q

b) Montrons que R muni de sa topologie euclidienne satisfait le second axiome de dénom-


d

brabilité. Qd est dense dans Rd et dénombrable. On considère les boules ouvertes de centre
xk ∈ Q est de rayon n1 (n ≥ 1)

1
{B(xk , ), k = 0, 1, ... et n = 1, 2, ...}
n
c'est un ensemble dénombrable et ∀O ⊂ R ouvert on a :
[ 1
O= B(xk , ) c.q.f.d.
k∈N
n

c) Montrons que tout espace métrique séparable satisfait le second axiome de dénombrabilité.
On rappelle qu'un e.m (E, d) est séparable ssi il existe D ⊂ E dénombrable tq D dense
dans E . Soit {B(x, n1 ), x ∈ D, n ≥ 1} alors ∀O ⊆ E ouvert on a
[ 1
O= B(x, ) (c.q.f.d).
1
n
B(x, n )⊂O

64
CHAPITRE 10. CORRECTION Agadir 2014

Exercice 12 Corrigé :
Montrons qu'un espace topologique E est connexe si et seulement si toute fonction continue
f : E → {0, 1} est constante. Notons qu'il s'agit de l'ensemble à deux éléments {0, 1}, sa seule
structure d'espace métrique possible correspond à la topologie discrète, et les ouverts (aussi les
fermés) sont donc :{0, 1}, {0}, {1}, ∅.
Si E est connexe, et s'il existe f :→ {0, 1} continue non constante : A = f −1 ({0}) et B =
f −1 ({1}) constituent une partition propre de E par des parties ouvertes(et fermées, d'ailleurs)
[ou encore : A est une partie de E ouverte et fermée] : contradiction.
Si E n'est pas connexe, il existe une partition propre de E par des ouverts A et B . On pose
alors f (u) = 0 pour u ∈ A et f (u) = 1 pour u ∈ B . f n'est pas constante, et f est continue
car : f −1 (∅) = ∅, f −1 ({0}) = A ouvert, f −1 ({1}) = B ouvert f −1 ({0, 1}) = E .

Exercice 13 Corrigé : (composante connexe)


Soit E un espace topologique.
1. Soit S ⊆ E connexe. Montrons que S est connexe. Supposons que S n'est pas connexe
alors ∃O1 , O2 ∈ τ tq
(S ∩ O1 ) 6= ∅, (S ∩ O2 ) 6= ∅, (S ∩ O1 ) ∩ (S ∩ O2 ) = ∅ et S = (S ∩ O1 ) ∪ (S ∩ O2 ).
Ainsi S ∩ O1 6= ∅ ⇐ ∃ x1 ∈ S tq x1 ∈ O1 alors O1 ∩ S 6= ∅ (car x1 ∈ S). De même on a
S ∩ O2 6= ∅. De plus, on a (S ∩ O1 ) ∩ (S ∩ O2 ) ⊆ (S ∩ O1 ) ∩ (S ∩ O2 ) = ∅. D'autre part,
on (s ∩ O1 ) ∪ (S ∩ O2 ) ⊂ S (évident), montrons que S ⊆ (S ∩ O1 ) ∪ (S ∩ O2 ). En eet,
soit x ∈ S on a
x ∈ S ⇒ x ∈ O1 ∩ S ou x ∈ O2 ∩ S
⇒ x ∈ O1 ∩ S ou x ∈ O2 ∩ S
⇒ S ⊆ (S ∩ O1 ) ∪ (S ∩ O2 )
Contradiction car S est connexe.
Il s'ensuit que S est connexe.
2. Rappel : "Toute réunion de connexe ∪i∈I Fi est connexe si ∩i∈I Fi 6= ∅".
Cx est connexe. Est il fermé ?
En eet, Cx est la plus grande partie connexe de E contenant x. Comme Cx est aussi
connexe et contient x, on en déduit Cx = Cx , et par suite Cx est fermée.
3. Montrons que Cx est ouvert si E = Rn . En eet, on sait que Rn est connexe, donc Cx = Rn
ainsi Cx est ouvert.

Exercice 14 Corrigé :
Montrons qu'un e.t X est normal si, et seulement si, pour tout fermé F de X et tout ouvert
O contenant F , il existe un ouvert U contenant F tel que
F ⊂ U ⊂ U ⊂ O.
Soit F un fermé de X . La donnée d'un fermé G disjoint de F équivaut, par passage au com-
plémentaire, à celle d'un ouvert O contenant F .
 Si U et V sont deux ouverts disjoints tels que F est inclus dans U et G dans V , alors le
complémentaire de V est un fermé, qui contient U donc U , et qui est inclus dans O.
 Réciproquement, si U est un ouvert contenant F et si U est inclus dans O, alors le
complémentaire de U est un ouvert contenant G et disjoint de U .

65
CHAPITRE 10. CORRECTION Agadir 2014

Exercice 15 Corrigé :
Montrons que Tout fermé d'un espace normal est normal (pour la topologie induite).
Soit X un espace topologique normal, Y un sous-espace fermé. Soient F et G deux fermés
de Y disjoints. Y étant fermé, ce sont aussi deux fermés de X . Donc ils peuvent être séparés
dans X par deux ouverts disjoints U et V , U contenant F et V contenant G. Mais alors U ∩ Y
et V ∩ Y sont des ouverts de Y disjoints séparant F et G.

Exercice 16 Corrigé : (Théorème de Tietz-Urysohn)


Soit A ⊂ E fermé. On suppose que (E, τ ) est normal. Soit f : A → R continue. Soit f :
A → [0, 1] dénie par f (x) = 21 (1 + π2 artanf (x)) alors f est continue et admet un prolongement
F : E → [0, 1] continue (f (x) = F (x) ∀x ∈ A). On a f (x) = tan( π2 (2f (x) − 1)) ∀x ∈ A, on
∼ ∼
pose f (x) = tan( π2 (2F (x) − 1)), alors f : E → R est continue et prolonge f .

Exercice 17 Corrigé :
1. Soit A ⊆ E et f = 1A .
f est sci ⇔ f −1 (]r, +∞[) est ouvert.
1ercas : si r < 0, f −1 (]r, +∞[) = E .
2ecas : si 0 ≤ r < 1, f −1 (]r, +∞[) = A.
3ecas : si r > 1 f −1 (]r, +∞[) = ∅
Ainsi f −1 (]r, +∞[) est ouvert ∀r ssi A est ouvert.
De même 1A est scs ssi f −1 (] − ∞, r[) est ouvert ∀r ∈ R.
1ercas : r > 1 f −1 (] − ∞, r[) = E .
2ecas : 0 < r ≤ 1 f −1 (] − ∞, r[) = {A.
3ecas : r ≤ 0 f −1 (] − ∞, r[) = ∅.
Ainsi f est scs ssi A est fermé.
2.
3. Soit K compact et soit f : K → R sci. Montrons que f est minorée et atteint sa borne
inférieure. On sait que f est sci ssi ∀r ∈ R, ∀(ti )i∈D s.g tq

ti → t0
f (t0 ) ≤ r ⇐
f (ti ) ≤ r

On suppose E = K compact. Montrons que f est sci ⇒ f minorée et atteint sa borne


inférieure.
f minorée :
On montre qu'il existe m ∈ R q ∀t ∈ R on a f (t) > m.
[
K= {t ∈ K, f (t) > m}.
m∈R

En eet, ∀t0 ∈ K, ∃m ∈ R, tq
f (t0 ) > m
⇒ t0 ∈ {t ∈ K, f (t) > m} ⇒ t0 ∈ m∈R {t ∈ K, f (t) > m}. D'où K = m∈R {t ∈
S S
K, f (t) > m}.

66
CHAPITRE 10. CORRECTION Agadir 2014

De plus ∀m ∈ R {t ∈ K, f (t) > m} ouvert. Donc on a un recouvrement ouvert de K qui


est compact. Doit m1 , ..., mn ∈ R tq K = {t ∈ K, f (t) > m1 }∪....∪{t ∈ K, f (t) > mn },
il s'ensuit que f est minorée par inf {m1 , ..., mn } = m0 .
inf f est atteint ? :
En eet, posons m = infx∈K f (x). Pour λ > m, l'ensemble Kλ = f −1 ([−∞, λ])
T est fermé
et non vide et l'application λ 7→ Kλ est croissante. Comme K est compact, λ>m Kλ est
non vide (théorème de Bolzano-Weierstrass). Soit a un point de cette intersection. On
a f (a) ≤ λ pour tout λ > m, donc f (a) ≤ m. D'après la dénition de m on voit que
f (a) = m.

Exercice 18 Corrigé :
Soit (E, τ ) espace de Baire et soit F = n∈N∗ On un Gδ de E , montrons que F est de Baire.
T

Soit Vi ⊂ F ouvert dense dans F , ∀i ∈ N∗ , on cherche à montrer que i ∈ N∗ Vi = F .


T

Vi ouvert ⇔ ∃Wi ∈ τ tq Vi = Wi ∩ F = (Wi ∪ {F̄ ) ∩ F.

Vi dense dans F ⇔ Wi ∪ {F̄ est dense dans E ∀i ∈ N∗ .


\
⇒ Wi ∪ {F̄ est dense dans E (E est de Baire)
i∈N∗
\
⇒ Vi est dense dans F est un Gδ .
i∈N∗

Exercice 19 Corrigé :
Soit E = R2 \{(x, 0), x ∈ R\Q} et S = Q × {0} munis de la topologie euclidienne de R2 .
1. Montrons que E est de Baire. Soit {Oi , i ∈ N} famille d'ouverts de E denses dans E alors
il existe Ui ouvert de R2 tq Oi = Ui ∩ E ∀i ∈ N.SoitF=R2 \{(x, 0), x ∈ R}, remarquons
que D ⊂ F est dense dans E ssi D est dans R2 car F est dense dans R2 , en eet soit
(x, y) ∈ R2 , si y 6= 0 alors (x, y) ∈ F , si y = 0 (x, n+1 1
) ∈ FT ⇒ (x, y) ∈ F̄ ⇒ Ui ouvert
T dans R (R est de Baire car est un e.m complet) ⇒ i∈N∗ Ui est dense dans R
dense 2 2 2

⇒ i Oi est dense dans E ⇒ E est de Baire.


2. Montrons que S est fermé. Soit A = R × {0}, A est fermé dans R2 et A ∩ S = S ainsi S
est fermé.
3. Montrons que S n'est pas de Baire. Q étant dénombrable, il existe r1 , r2 , ... ∈ Q tel que
Q = {r1 , r2 , ...}. Soit Oi = {(rk , 0), k 6= i} = {(ri , 0), dans S les singletons sont fermé (S
e.m) donc Oi est ouvert ∀i, de plus Ōi = S . En eet, soit (x, 0) ∈ S ,
si x 6= ri alors (x, 0) ∈ Oi .
si x = ri alors (x m+1
m
, 0) ∈ Oi ⇒ (x, 0) ∈ Ōi .
T T ¯
⇒ Ōi = S, i∈N Oi = ∅ ⇒ i∈N Oi = ∅ =
6 S
Alors S n'est pas de Baire.

Exercice 20 Corrigé :
Soit  > 0. Pour N ∈ N posons

FN = {x ∈ [1, +∞[: ∀n ≥ N, |f (nx)| ≤ }.

67
CHAPITRE 10. CORRECTION Agadir 2014

La condition |f (nx)| ≤  dénie une partie fermée de [1, +∞[ en tant qu'image réciproque
d'un fermé par une application continue. On en déduit que FN est une partie fermée en tant
qu'intersection de parties fermées.
En vertu de l'hypothèse de travail
[
FN = [1, +∞[
N ∈N

Par le lemme de Baire, une union dénombrable de fermés d'intérieurs vide est d'intérieur
vide. Ce n'est ici pas le cas, on peut donc armer que l'un au moins de FN est d'intérieur non
vide. Ainsi, il existe N ∈ N et a < b ∈ [1, +[ tels que [a, b] ⊂ FN ce qui signie

∀x ∈ [a, b], ∀n ≥ N, |f (nx)| ≤ 

Considérons alors la partie [


X= [na, nb]
n≥N

sur laquelle les valeurs prises par f vérie |f (x)| ≤ .


Pour n assez grand
nb ≥ (n + 1)a
et les intervalles [na, nb] et [(n + 1)a, (n + 1)b] se superposent de sorte que la partie X forme
alors un voisinage de +∞. Il existe alors A ≥ 0 tel que [A, +∞[⊂ X et donc

∀x > A, |f (x)| ≤ .

On peut alors armer que f tend vers 0 en +∞.

68
CHAPITRE 10. CORRECTION Agadir 2014

Correction d'examen de topologie SM5 (17 janvier 2012)

I)
1. Pour montrer que (R, τ ) est un espace topologie, on doit montrer que τ contient ∅ et R ,
stable par réunion quelconque ,et stable par intersection nie.
on a :
τ = {]a, +∞[, −∞ ≤ a ≤ +∞}
i) pour a = +∞ ⇒] + ∞, +∞[= ∅ ⇒ ∅ ∈ τ
pour a = −∞ ⇒] − ∞, +∞[= R ⇒ R ∈ τ
Donc ∅ et R ∈ τ .
ii) Stabilité par réunion quelqonque :
Soit I un ensemble d'indice, ai ∈ [−∞, +∞] . Montrons que :
[
]ai , +∞[∈ τ.
i∈I

Soit a = inf {ai , i ∈ I} ∈ [−∞, +∞[


Alors [
]ai , +∞[=]a, +∞[∈ τ.
i∈I

iii) Stabilité par intersection nie :


de la même manière que ii) on aura :
n
\
]ai , +∞[=]sup{ai , i ∈ {1 . . . n}}, +∞[∈ τ
i=1

=⇒ Donc τ est une topologie sur R.

Est-il de Hausdor ?
Soit x et y ∈ R avec x 6= y .
∀Ox un ouvert de (R, τ ), x ∈ Ox .
∀Oy unouvert de (R, τ ), y ∈ Oy .
Ox =]ax , +∞[
on a :
Oy =]ay , +∞[
Alors
Ox ∩ Oy =]ax , +∞[∩]ay , +∞[=]sup{ax , ay }, +∞[6= ∅
=⇒ (R, τ ) n'est pas de Hausdor.
2. F A = {π}
Adhérence :
A est l'intersection de tous les fermés contenant A et comme les fermés pour cette topologie
sont de la forme ] − ∞, a], a ∈ R, alors
\
A= ] − ∞, a]
π≤a

puisque A est le plus petit fermé qui contient A donc A =] − ∞, π].


Intérieur :
int(A) est le plus grand ouvert inclut dans A alors :
int(A) =]a, +∞[⊂ A

69
CHAPITRE 10. CORRECTION Agadir 2014

int(A) =]a, +∞[⊂ π


int(A) = ∅.
Frontière :

Aint(A) = A =⇒ F r(A) =] − ∞, π].

F De même pour A =]0, 1[


\
A= ] − ∞, a] =] − ∞, 1]
]0,1[⊂]−∞,a]

int(A) =] − ∞, a] ⊂]0, 1[= ∅

et
F r(A) =] − ∞, 1].
II)
Soit D un sous ensemble dense d'un espace topologique X .
a) Montrons que D ∩ O = O pour tout O de X . En eet, on a :

D ∩ O ⊂ O ⇒ O ∩ O ⊂ O.

D'autre part, on a :
D = D ∩ O ∪ D ∩ {O.
or D est dense donc
X = D ∩ O ∪ D ∩ {O.
Comme O est un ouvert de X alors

O ⊂ D ∩ O ∪ D ∩ {O.
◦ ◦
Supposons que O ∩ (D ∩ {O) 6= ∅ comme D ∩ {O ⊂ D ∩ {O = D ∩ {O = {O (O = O),
alors O ∩ {O 6= ∅ absurde.
Donc O ⊂ D ∩ O ainsi O ⊂ D ∩ O.
D'où O = D ∩ O.
b) Montrons que D ∩ O est dense dans O, c-à-d montrons que

D ∩ OO

on a : D ∩ O ⊂ O ⇒ D ∩ O ⊂ O.
de plus comme O est ouvert, d'après a) on a : O ⊂ D ∩ O.
D'où O = D ∩ O.
√ √
c) On prend X = √ R, A = { 2} et D = Q on a :√Q est dense dans R, { 2} est un fermé de
R mais Q ∩ { 2} = ∅ n'est pas dense dans { 2}.

70
CHAPITRE 10. CORRECTION Agadir 2014

III)
1. (=⇒)
On a A est fermé ⇐⇒ ∀(xi )i∈I suite généralisée qui converge, converge dans A.
{x, f (x) > r} ouvert si f est sci =⇒ {x, f (x) 6 r} est fermé
donc tout suite généralisée (xi )i∈I convergeant vers un x ∈ X , avec (xi )i∈I appartient à
{x, f (x) 6 r} qui est fermé, donc x ∈ {x, f (x) 6 r}.
d'ou f est sci =⇒ tout suite généralisée (xi )i∈I convergent vers x ∈ X
et ∀i, f (xi ) 6 r , ∀r ∈ R on aura : f (x) 6 r.

(⇐=)
Soit A = {x, f (x) 6 r} on a pour tout suite généralisée ∀i, (xi )i∈I ∈ A, lim(xi ) 6= x ,
(x ∈ A), donc A est fermé et {A = {x, f (x) > r} est ouvert
=⇒ f est (sci).
2. f est (sci) ⇐⇒ {x ∈ X, f (x) > r} est ouvert de X , ∀r ∈ R
f est (sci) ⇐⇒ {x ∈ X, −f (x) < −r} est ouvert de X , ∀r ∈ R
posons(-r=r')
f est (sci) ⇐⇒ {x ∈ X, −f (x) < r0 } est ouvert de X , ∀r0 ∈ R
f est (sci) ⇐⇒ −f est (scs) ♣
d'aprés l'équivalence ♣ on aura : −f sci ⇐⇒ ∀(xi )i∈I suite généralisée converge vers x
et −f (xi ) 6 r (fermé) alors −f (x) 6 r
D'ou f (scs) ⇐⇒ ∀(xi )i∈I suite généralisée converge vers x ∈ X et f (xi ) > r0 , ∀i, on a :
f (x) > r0 , avec r0 = −r, ∀r ∈ R et ∀x ∈ X .
3. f majorée ⇐⇒ ∃M ∈ R tel que f (x) ≤ M , ∀x ∈ X
si f n'est pas majorée, donc ∀M ∈ R, ∃xm ∈ X tel que f (xm ) > M
(en particulier M = n) on aura
il existe xn ∈ X tel que f (xn ) > n ♠
soit On = {x ∈ X tel que f (x) < n} qui est ouvert car f est (scs), de plus ∀x ∈ X
f (x) ∈ R donc ∃n tel que f (x) < n
=⇒ x ∈ On
[
⇒X= On .
n∈N
On ne peut pas extraire un sous-recouvrement ouvert ni car sinon
X = On1 ∪ . . . ∪ Onk .
Soit
m = infi∈{1,...,k} (ni ).
Donc
X = Om = {x ∈ X; f (x) < m}.
C'est à dire, ∀x ∈ X on a f (x) < m d'après ♠
=⇒ contradiction donc f est majorée.
Alors ∃M ∈ R tel que f (x) ≤ M , ∀x ∈ X.
{f (x), x ∈ X} ⊂ R majorée =⇒ {f (x), x ∈ X} admet une borne supérieur M0 .
donc ∀ε > 0, ∃x ∈ X tel que :
M0 − ε ≤ f (x) ≤ M0 .
Posons ε = 1
n
donc il existe une suite xn ∈ X telle que
1
M0 − ≤ f (xn ) ≤ M0 .
n

71
CHAPITRE 10. CORRECTION Agadir 2014

Comme X est compact, cette suite xn admet une sous-suite (xnk ) convergente xnk → x0
pour n → +∞.
1

M0 − ≤ f (xnk ) ≤ M0
Alors nk
xnk → x0 .
D'où f (x0 ) = M0 .

72
CHAPITRE 10. CORRECTION Agadir 2014

Correction d'examen de topologie SM5 (8 janvier 2014)

I)
1. a) Montrons que Uf satisfait les 3 conditions ci-déçus :
i) soit Uk, (f ) ∈ Uf .
∀x ∈ K on a |f (x) − f (x)| ≤  ⇒ f ∈ Uk, .
ii) soit Uk, et Uk0 ,0 deux élément de Uf on a Uk1 ,1 et Uk1 ,1 ∈ Uk, ∩ Uk0 ,0 avec k1 = k ∩ k 0
qui compact (k1 = ∅ ou k1 6= ∅) dans tout les cas , et 1 = min(, 0 ) .
iii) soit Uk, (f ) ∈ Uf et soit h ∈ Uk, (f ) on a Uk, (h) ∈ Uh et Uk, (h) ⊂ Uk, (f ) en eet si
g ∈ Uk, (h) on a : |g(x) − f (x)| <  ∀x ∈ K et .
|g(x) − f (x)| ≤ |g(x) − h(x)| + |h(x) − f (x)| < 2 ∀x ∈ K d'où g ∈ Uk, (f ) .
b) Uf satisfait les conditions les conditions i) , ii) , iii) , alors les données de I) , il existe
une topologie τU pour laquelle Uf est SFV ouverts de ∈ E , dénie par :
τU = {O ⊂ E ∀f ∈ O, ∃Uk, (f ) ∈ Uf : Uk, (f ) ⊂ O}.
c) Soit (fn ) ∈ E converge uniformément vers f sur les compacts de R.
⇔ ∀ > 0 ∃N ∈ N , ∀n ≥ N ∀x ∈ K compact : d(fn (x) − f (x)) < 
⇔ ∀ > 0 ∃N ∈ N , ∀n ≥ N ∀x ∈ K |fn (x) − f (x)| < 
⇔ (fn ) ⊂ Uk, (f )
⇔ (fn ) converge vers f dans E pour la topologie τU .
2. a) Montrons que Vf satisfait les 3 conditions ci-déçus :
i) Soit VF, (f ) ∈ Vf .
∀x ∈ F, on a |f (x) − f (x)| ≤  ⇒ f ∈ VF, .
ii) Soit VF, et VF 0 ,0 deux élément de Vf on a VF1 ,1 et VF1 ,1 ∈ VF, ∩VF 0 ,0 avec F1 = F ∩F 0
qui compact (F1 = ∅ ou F1 6= ∅) dans tout les cas , et 1 = min(, 0 ) .
iii) Soit Vk, (f ) ∈ Vf et soit h ∈ VF, (f ) on a VF, (h) ∈ Vh et VF, (h) ⊂ VF, (f ) en eet si
g ∈ VF, (h) on a : |g(x) − f (x)| <  ∀x ∈ K et
|g(x) − f (x)| ≤ |g(x) − h(x)| + |h(x) − f (x)| < 2 ∀x ∈ K d'où g ∈ VF, (f )
b) Vf satisfait les conditions les conditions i) , ii) , iii) , alors les données de I) , il existe
une topologie τU pour laquelle Vf est SFV ouverts de ∈ E , dénie par :
τV = {O ⊂ E ∀f ∈ O ∃ VF, (f ) ∈ Uf : VF, (f ) ⊂ O }
c) soit (fn ) ∈ E converge uniformément vers f sur les compacts de R
⇔ ∀ > 0 ∃N ∈ N , ∀n ≥ N ∀x ∈ F compact : d(fn (x) − f (x)) < 
⇔ ∀ > 0 ∃N ∈ N , ∀n ≥ N ∀x ∈ F |fn (x) − f (x)| < 
⇔ (fn ) ⊂ VF, (f )
⇔ (fn ) converge vers f dans E pour la topologie τV .
d) la topologie de la convergence simple est la topologie produite RR .
II)
1. A est ouvert en eet A = [0, 1/2[=] − 1, 1/2[∪E avec ] − 1, 1/2[ un ouvert de R muni de
la topologie usuelle ⇒ Å = A = [0, 1/2[ et A = [0, 1/2].
2. A est ouvert et fermé en même temps en eet : A = I ∩ E = I 0 ∩ E avec I =]3/2, 7/2[
ouvert et I 0 = [2, 3] fermé de R muni de sa topologie usuelle ⇒ Å = A = A = [2, 3] .
3. A = {4} est aussi ouvert et fermé en eet A = J ∩ E = J 0 ∩ E avec J =]7/2, 5[ ouvert de
R muni de sa topologie usuelle . et J 0 = [7/2, 5] fermé de R muni de sa topologie usuelle.

73
CHAPITRE 10. CORRECTION Agadir 2014

Correction d'examen de topologie SM5 (7 Mars 2013)

I-A

1. On a f est s.c.i ⇔ {t, f (t) > r} est ouvert de E ∀r ∈ R ⇔ {t, −f (t) < −r} est ouvert de E
∀r ∈ R.
Posons r = r
0

0 0
⇔ {t, −f (t) < r } est ouvert de E ∀r ∈ R. ⇔ −f est s.c.s.
2. (a) f est continue sur E ⇒ f est s.c.i et s.c.s.
On a f est continue donc ∀o ouvert de R, f −1 (o) est ouvert de E et on a ∀r ∈ R,
] − ∞, r[et ]r, +∞[ sont des ouvert de R muni de sa topologie usuelle donc f −1 (] −
∞, r[) et f −1 (]r, +∞[)
sont des ouvert de E donc {t, f (t) < r} et{t, f (t) > r} sont des ouvert de E ∀r ∈ R.
D'où f est s.c.s et s.c.i.

(b) f est s.c.i et s.c.s ⇒ f est continue sur E.


On a f est s.c.s s.c.i donc {t; f (t) > r} et {t, f (t) < r} sont des ouvert de E ∀
r ∈ R et on a ∀o ouvert de R, o =]a, b[ avec − ∞ ≤ a ≤ +∞ et − ∞ ≤ b ≤ ∞.
Donc o =]a, +∞[∩]−∞, b[, b > a, donc f −1 (o) = f −1 (]a, +∞[)∩f −1 (]−∞, b[) qui est ouvert
de E car f est s.c.s et s.c.i.
L0 intérsection f ini des ouvert est ouvert. D'où ∀o ouvert de R, f −1 (o) est continue donc f
estcontinue sur E .

3. Les condition sur A pour laquelle


(a) χA est S.c.i 
 E , r<0
On a χ−1
A (]r, +∞[) = A , 0 < r < 1 , donc χA est s.c.i si et seulement si A est ouvert.
∅, 1<r


 E , 1<r
(b) On a χ−1
A (]−∞, r[) = c
A , 0 < r ≤ 1 , donc χA est s.c.s si et seulement sic A est ouvert
∅ r≤0

⇔ A est frme.

(c) Les condition pour laquelle χA est continue sur E .


On a d'après 2) f est continue sur E ⇔ f est s.c.s et s.c.i, donc pour que χA soit continue
sur E, il f aut χA soit s.c.s et s.c.i, donc A soit f érmes et ouvert aux même temps.

B-
1. Soit f est s.c.i donc {t, f (t) ≥ r} ouvert ⇒ {t, f (t) ≤ r} est f érme donc tout généralisée (ti )
convergent vers un point t ∈ E avec (ti ) ∈ {t, f (t) ≤ r} qui est f érmes.
donc t ∈ {t, f (t) ≤ r}.
D0 ou f est s.c.i ⇒ tout suit généralisée (ti ) convergent vers t ∈ E et ∀f (ti ) ≤ r,
∀r ∈ R ou f (t) ≤ r.
rcep : Soi, A = {t, f (t) ≤ r}, on a pour tout s, g (ti ) ∈ A et lim ti 6= t ∈ A donc A est f érmes
⇒c A = {t, f (t) > r} est ouvert donc f est s.c.i, d0 ou le resultat.

2. On a d'aprs A-1) f est s.c.i ⇔ −f est s.c.sdonc d0 aprés B − 1) on a − f s.c.i ⇔


∀(ti )i∈I s, g convergent vers t et −f (ti ) ≤ r on a−f (t) ≤ r d0 ou f s.c.s ⇔ ∀(ti )i∈I s, g convergent vers
t ∈ E et f (ti ) ≥ r ∀i on a f (t) ≥ r avec r = r ∀rR et ∀t ∈ E .
0 0 0

74
CHAPITRE 10. CORRECTION Agadir 2014

C-
1. f minorée ⇔ ∃m ∈ R que f (x) ≥ m ∀x ∈ E .
Si f n0 est pas minorée ∀m ∈ R, ∃xm ∈ R, tell que f (xm ) < m.
En particulier m = −n; ∃xn ∈ R, tell que f (xn ) < −n,
soit On = {x ∈ R, tell que f (x) > −n}, On est ouvert car f est s.c.i de plus ∀x ∈ K
f (x) ∈ R donc ∃x, f (x) > −n ⇒ x ∈ On ⇒ k = ∪n∈N On on ne peut pas extraire car sinon
∪Oxk ⇒ K = Osup xi avec i ∈ {1, ..., n} c.à.d ∀x ∈ R on aura f (x) > −xk absurde, donc f est
minorée, ∃m ∈ R tell que f (x) > m ∀x ∈ k, ⇒ {f (x), x ∈ k} ⊂ R minorée
{f (x), x ∈ k} admet un borne inf érieur M0 , on point minorée X ⊆ R admet un borne inf érieur
M0 = inf X ssi
∀ > 0 ∃x ∈ X/ M0 < x < M0 + . On pose  = n1 , n ≥ 1, il existe une suite (xn ) ⊂
K tell que
M0 ≤ f (xk ) ≤ M0 + n1 , comme K est compacte cette suite (xn ) admet une sous suit
(xnk ) ⊂ V
xnk → x; alor; {M0 ≤ f (xnk ) ≤ M0 + n1k }.Donc M0 ≤ f (x) ≤ M0 car f est s.c.i et d0 aprés
B − 1. d0 ou f (x0 ) = M0 .

2. 0n a f est s.c.s ⇔ −f est s.c.i donc d0 aprés on a −f est minorées et atteint sa borne inf érieur,
donc ∃ m ∈ R tell que ∀x ∈ k, −f (x) ≥ m ⇒ f (x) ≤ −m et soit M0 la borne inf érieur de f (x) donc
∃x0 ∈ k tell que − f (x0 ) = M0 ⇒ f (x0 ) = −M0 avec − M0 = sup{f (x); x ∈
k}.D0 ou f est majorées
atteint sa borne supérieure.
II)
1. Montrer que (R, τ ) est un espace topologie, est il de Hausdor ?
On a r = {] − ∞, a[, −∞ ≤ a ≤ +∞}.
Si a = −∞, ] − ∞, a[= ∅ ∈ τ et si a = +∞ ] − ∞, a[= R ∈ τ .
* Si (Oi )i∈I une f amille d0 élément de τ avec Oi =] − ∞, ai [
∪i∈I Oi =] − ∞, supi∈I ai [∈ τ.
∩ni=1 =] − ∞, inf i∈{1,...,n [∈ τ.
D'ou (R, τ ) est un espace topologie.
* Soit x et y ∈ R avec x 6= y on a ∀Ox et ouvert de (R, τ )qui contient x ∀Oy un ouvert de (R, τ )
qui contient y, on a Ox =] − ∞, a[ et Oy =] − ∞, b[ donc Ox ∩ Oy =] − ∞, inf(a, b)[6=
∅, ∀Ox , Oy ouvert de (R, τ ) d0 ou (R, τ ) n0 est pas de Housdorf f.
√ √
2. a) *√l0 adhérence de A = { 3} on a A est f érmé donc A
√ = [a, +∞[ on√a 3∈A⇒
a ≤ 3 et comme A est √ le plus petit f érmé contenant
√ 3 donc A = [ 3, +∞[.
∗ l0 intérieur de A = { 3}, on a Ȧ =] − √ ∞, a[⊂ { 3} ⇒ Ȧ = ∅.
∗ la f rontiére de A; F r(A) = A/Ȧ = [ 3, +∞.
b) * * l0 adhérence de A =]0, 1[; A = [a, +∞[ et on a ]0, 1[⊂ [a, +∞[ donc a ≤ 0 et comme A est le plus
petit f érmé contenant A donc A = [0; +∞[.
∗ l0 intérieur on a Ȧ =] − ∞, a[⊂]0, 1[⇒ Ȧ = ∅.
* la f rontiére de A; F r(A) = A/Ȧ = [0; +∞[ .

75
Bibliographie

[1] M. O. EL MENNAOUI, Cours de topologie SM5, Faculté des sciences. Agadir.


[2] Mathématique L3 Analyse, Partie I Topologie, Pearson Education France.
[3] Mathématique L2 Cours complet avec 700 tests et exercices corrigés, Chapitre 6 : "Intro-
duction à la Topologie", Pearson Education France.
[4] Gustave Choquet.Cours de Topologie. Deuxième édition(2000). Dunod,1969.
[5] Yves SONNTAC, Topologie et analyse fonctionnelle cours de licence avec 240 exercices et
30 problèmes corrigés. ellipses.
[6] Francis Nier, Dragos Iftimie, "Introduction à la topologie".. Licence de Mathématique,
université de Renne 1.

INTERNET
[7] wikipedia.org, Topologie, Espace Compact, Espace connexe ....
[8] Les-Mathematiques.net, Toplogie de la convergence simple et uniforme.
[9] mp.cpgedupuydelome.fr, exercices corrigés.

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