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xyz topographie pour tous les grands chantiers
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ROWER DING
La Topographie
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Pa evi CeO eEN LUDA
OPE eae 13° année MC a Ca renaREVUE DE L’ASSOCIATION FRANCAISE DE TOPOGRAPHIE
Numéro 1.8.S.N. 0290-8057 FEVRIER 1991
COUVERTURE N° 46
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dean a42n * Tunnel sous la Manche ; victoire des topographes. 4
COMTAPPORTDUR On * Tunnel sous Ja Manche : résultats de la premire jonotion topo-
Ancré BAILY grahique sous mer entre la France et le Royaume Uni,
ingenieur ETF par Jean-Jacques MORLOT 7
* Tunnel sous la Manche : bravo les mineurs, mais ou étaient done
cachés les topographes !
Ingnieer Ese par André TOQUET 9
brokriou Shneral Geocrcohe 5
‘ean-Joeques LEVALLOS '* 18 mai 1990 : la rame 325 du TGV Atlantique bat le record du
monde de vitesse sur rails, 10
— La Méridienne de Dunkerque & Barcelone et le détermination du metre,
par Jean-Jacques LEVALLOIS 12
— A propos de la réduction des distances a I'éllipsoide de référence,
par Paul COURBON ....0-...c.....0 24
bert VINCENT — Sciences géographiques, connaissance du monde et conception de
'ngeneu E "univers dans I’antiquité (3* partie),
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION ——_par Raymond d’HOLLANDER 29
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Dessin inspiré de celui de Monsieur Boinet paru dans XYZ - 6.
Congrés International de la Topographie - CITOP.
ANIMATEURS DE L’AFT EN 1991
Anciens Présidents de AFT
Louis CATINOT 1978-1981
Robert VINCENT — 1981-1986
Roger SCHAFFNER 1986-1990
Bureau
Président : André BATLLY, Ingénieur Géometre Topographe ETP (GDF)
Vice-Présidents : Maurice DAUGE, Ingénicur Divisionnaire des Travaux Ruraux (Canal de Provence)
Jean BOURGOIN : Ingénieur Général de 1’Armement (Hydrographe)
Michel MAYOUD : Ingénicur Topographe ESGT (CERN)
Seerétaire Général : Edmond BARBACANNE, Ingénieur en chef Géographe (IGN)
Secrétaire Général Adjoint : Pierre SECOND, Urbaniste & la DDE des Bouches-du-Rhone
‘Trésorier : Jacques FUHRER, Géométre-Expert Inscrit 4 '0GE
‘Trésorier Adjoint : Michel SAUTREAU, Directeur divisionnaire du cadastre
Chargés de mission
Informatique : Jean COMBE, Ingénicur Topographe ESGT (EDF)
Histoire de la Topographie : Raymond &’HOLLANDER, lngénieur Général Géographe (IGN)
Annuaire : André MEMIER, Ingénieur Topographe ESGT, Géométre-Expertinscrit 2 'OGE, Photogrammete
Relarions Internationales : Roget SCHAFFNER, Géom@ire-Expert Foncier DPLG
Enseignement : Roget THOMAS, Géométre-Expert Foncier DPLG, Professeur de Topographie
Les membres du Conseil «administration
Les Présidents de Régions
Revue XYZ -N° 46 - 1991LA TOPOGRAPHIE COMPAGNE DE TOUS LES GRANDS TRAVAUX
Tunnel sous la Manche : Victoire des topographes
Aprés la médiatisation de la rencontre histori-
que du ter décembre, les géométres frangais et
anglais ont relié, le 3 décembre, les chemine-
ments des points de référence ayant servi a gui-
der les tunneliers et 4 construire le tunnel de
service.
C'est a cette occasion que la Société Leica a
organisé, lejour de la Sainte Barbe, la «Soirée des
Topographes» qui a réuni tous les géometres de
TML ainsi que leurs partenaires ayanttravaillé sur
le chantier.
Lors de cette soirée, Jean-Jacques Morlot,
chef du service topographique de TransManche
Link, a annoneé et commenté en avant-premiere
les résultats topographiques de la jonction, résul-
tats tres attendus par les professionnels.
Les résultats topographiques de la jonction
Ecart transversal a I'axe du tunnel : 358 mm
Jeanslacques Morot, responsable cu service topagraphie de
TTML. annonce ot cornmante les résultats dala fonction,
Ecart en altitude : 58 mm
Ecart en distance suivant I'axe du tunnel : 76 mm
pour un cheminement d’une longueur totale de
37 920 metres.
Tunnel fertoviair. Gyrothéodolte (Gyromat et T2 Wid).
«Les résultats sont largementdans les toléran-
ces que I'équipe s’était imposée au début du
projet, commente Jean-Jacques Morlot. En ac-
cord avec I'équipe anglaise, les cheminements
ont été ajustés sur une ligne «théorique», I'écart
étant réparti proportionnellement a la longueur
des cheminements frangais et anglais. De ce fait,
on peut dire que par rapport au point «théorique»
4 la jonction, le dernier point polygonal francais
est @ 147 mm au sud, 24mm plus haut et 31 mm
trop loin. De méme l'extrémité du cheminement
anglais s0 trouve a 211 mm au Nord du point
théorique, 34 mm plus bas et 45 mm trop loir
Nousavons vérifié, explique Jean-Jacques Morlot,
que nos 147 mm étaient bien compris dans la
tolérance de 20 cm que nous nous étions fixée
pour la partie francaise ot que les 211 mm étaient
4
Revue XYZ - N° 46 - 1991LA TOPOGRAPHIE COMPAGNE DE TOUS LES GRANDS TRAVAUX
également dans les 30 cm tolérés par les anglais.
Ces résultats relevent de l'exploit si nous consi-
dérons que les conditions de travail en tunnel
sont extrémement difficiles et que nous n’avons
jamais ralenti un convoi, encore moins arrété un
tunnelier pour faire de la topographie».
Guider, mesurer et controler
contre vents et marées.
En effet, au dela des problémes techniques
posés par le guidage d'un tunnelier sans possibi-
lité de repérage & la surface, les géomatres ont da
travailler dans des conditions atmosphériques
parfois épouvantables et avec des impératifs de
délais draconniens. Le tout a 100 metres sous la
mer et avec des difficultés d’acces a un chantier
ou la production a toutes les priorités, 'ouvrage
étant le premier de cette importance a connaitre
un financement entiérement privé.
[Michel Gouinguéne présente le groupe Leica et remet une pee
dejumelies Licad Monsieur Sabatior,gtoméuede TML, dontles
Dhotos ont t8 largementutlisbes dans les ddtions Leica,
Les conditions de travail dans le tunnel de
service de faible seétion ont représenté de nom-
breuses difficultés pour les géometres: rayons de
courbure minima de 2 000 metres en plan, obliga-
tion de construire des supports d’instruments
amovibles pour laisser le passage des convois et
des portiques, impossibilité d’ancrer des repéres
Les théodoltes Wild dotés d'un ocuiaita laser sont utlisés en
combineison avec is aistancematres Wid
Revue XYZ - N° 46 - 1991
a V'extérieur du revétement construit de fagon &
étre étanche et résistant a une pression supé-
rigure & 11 bars, atmosphere saline, 100 % d’hu-
midité, température variables allantjusqu’a 40°C
pres du tunnelier.
Malgré tous ces obstacles, les topographes de
TML ontssu s‘adapter chaque jour & de nouvelles
conditions de travail sans ralentir la production.
Cette jonction «sans fauten ost le résultat d'un
formidable travail d'équipe réunissant les spécia-
listes du service de géodésie de I'IlGN et de
Ordnance Survey, les équipes topographiques,
frangaises et anglaises de TransManche Link et
Jes constructeurs d’instruments Leica et OMT.
Aucchantier de Sangatte, toutes les opérations
topographiques, y compris le guidage du
tunnelier, ontétéeffectuées avec des instruments
théodolites et tachéometres électroniques
72000, T1600, TC1600, T1000, distancemetres
12000, D11000, niveaux avec micrometreset ocu-
laires laser Wild GLO2, en tout plus de 20 stations
completes, une quinzaine de niveaux et des dizai-
nes d'instruments et accessoires.
Sur la trace des géométres..
Le chantier rentre maintenant dans une 2sme
phase. Celle-ci verra ’émergence d'autres spé-
cialistes comme des électro-mécaniciens et
Veffacement progressif des topographes et de
toute l'équipe du génie civil. Commence alors
Fépoque de 'aménagement des tunnels, de leur
ahabillagen, |'électrification, la réfrigération, la
signalisa
Las gdomatras de TML, leu's partenaires de \GN et es jours
listes ont ot6 invites la "soirée des topographes' crganisée par
Laica
Mais & Jean-Jacques Morlot de conclure
«Dans 2ans, lorsque, sous la Manche, vous pren-
drez une pinte de «bitter» au bar du TGV sans
renverser votre verre, pensez & l'équipe de
topographes qui a su implanter tunnels et voies
conformémentau projet». Bravolestopographes |
(Leica. Communiqué de presse du 17 décembre 1990)
5UN
GEODIMETER
CEST UN
GEODIMET
Un Geodimeter, ce n’est pas une quelconque
station totale. Un Geodimeter, c’est la
rencontre des plus hautes qualités de
précision et de robustesse d’un instrument
et des performances de simplicité et
d'intelligence d’un systéme évolutif
“LE SYSTEM 400”
Depuis le premier instrument de la gamme
réellement économique pour travaux courants
jusqu’aux équipements les plus sophistiqués
pour travaux de haute précision.
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Tunnel sous la Manche
Résultats de la premiére jonction topographique
sous mer entre la France et le Royaume-Uni
30 octobre 1990: «Brigitte», le tunnelier Robbins
parti de Sangatte trente deux mois plus tat en
direction des c6tes britanniques s‘immobilise
Acette date, fixée quatre ans plus tét, il avait foré et
construit 15 618 metres du tunnel de service sous
mer... au lieu des 13 600 m initialement prévus.
‘TraneManche Link avait gagné ce pari en respectant
des délais considérés par beaucoup comme trop
courts. Méme apras les premiers mois de foration
(48 m seulement avaient été réalisés le premier
mols, 1 km la premiére année), il nous était difficile
d'imaginer que nous allions parvenir a cette dis-
tance.
Il est vrai que les cadences tenues aujourd'hui
‘ont dépassé les 60 m par jour et le km par mois.
Ce défi s‘inscrit dans la liste déja longue des autres
défis que TML a pris I'habitude de relever et de
réussir, comme par exemple cet engagement pris
début 1987 d’embaucher 75 % de la main d’oeuvre
dans la région pour construire cet ouvrage pourtant
tres technique. Aujourd’hui, nous constatons que ce
pourcentage est dépassé puisque c'est 85 % de
notre personnel qui est originaire du Nord-Pas-de-
Calais. Ces deux exemples reflatent bien la particu-
larité du projet dans chacun de ses secteurs d’activi-
tés:
Atteindre, mais souvent dépasser les objects fixés
en début de projet qui semblaient pour beaucoup
inaccessibles.
Les objectifs des topographes
Il s'agissait d/implanter les tunnels au plus prés
de leur axe théorique, et d’assurer leur construction
ainsi que celle des ouvrages spéciaux dans les
tolérances de construction de + 10 mm, tout au
long de ces 150 km de tunnels, et bien sir de
raccorder au cm prés les trois tunnels frangais avec
ceux forés depuis le Royaume-Uni.
Sachant qu'il n’était pas possible aux tunneliors,
forant & un diamétre supérieur celui du tunnel
quills construisent derriére eux, de reculer ou de
casser sous une pression d'eau de 10 bars pour
«reprendre» une partie de tunnel construite hors
tolérance, nous étions done condamnés & faire bien
‘du premiercoup... lIrestaita traduire ces objectifsen
termes de tolérancestopographiques réalistes, puis
trouver le moyen de raccorder entre elles les deux
parties de cet ouvrage d'art (frangaise et britanni-
que) dans les tolérances de génie civil de + 1 cm
Les tolérances
En planimétrie : compte-tenu de la précision des
coordonnées des points géodésiques de départ, de
celle du canevas complémentaire, dela descente de
base dans le puits de Sangatte, et de la méthode de
topométrie souterraine utllisée, nous avionscalculé
et nous nous étions fixé, pour la partie frangaise, une
tolérance de + 20 cm (a 2,58 6) a 'extrémité du'che-
minement de 15,6 km.
Aucheminement britannique plus|ong,ilcorres-
pondait une tolérance de + 30cm. Au pire, nous
estimions que I’écart & la jonction entre nos deux
cheminements ne devait pas dépasser 50 cm.
En altimétrie : la précision sur la dénivelée entre
les systémes altimétriques francais et anglais était
6valuée par'l.G.N. 88 cm (10) en raison de la dif-
ficulté & rattacher géoide et ellipsoide dans cette
zone, Avec la transmission de l'altimétrie des repa-
res de surface jusqu’au dernier repére situé & I'ar-
riére du tunnelier frangais & plus de 15 km du puits,
et & plus de 22 km pour le tunnelier britannique,
nous estimions que I'écart altimétrique a la jonction
ne devait pas dépasser 25 em.
Solution retenue pour raccorder les parties
frangaises et britanniques entre elles
Nous avons calculé qu'une longueur de 100 m
suffisait pour résorber un défaut d’alignement de
80 cm et une denivelée de 25 om. Il faudrait, alors,
ajuster le tracé sur cette distance pour «joindre les
deux bouts» tout en respectant les critéres ggomé-
‘triques minima.
Nous décidions done d’arréter les tunneliers &
100 m l'un de autre, Puis, d'effectuer, a travers la
1t8te de coupe du tunnelier britannique, un forage en
direction du tunnelier francais qui avait terminé sa
course et dont nous commencions le déman-
telement. L’espace restreint mis a notre disposition
ne nous permettait pas d’installer une machine pour
forer & un diamatre de 50 cm comme demandé...
mais de 56 mm seulement. Il était inutile d’espérer
un forage rectiligne. Il était méme trés difficile de ne
pas dévier de plus de 3 m & cette distance. Aprés.
plusieurs essais dans des portions de tunnel termi-
nées, nous réussissions, le 30 octobre, datteindre la
«cible». La déviation de l'outil n’était que de 1,60 m,
et nous pouvions faire le levé du tunnelier Robbins
par rapport au tunnelier britannique par I'intermé-
diaire de ce forage sinueux reliant les deux machi-
nes.
instrument Maxibor (Sté Reflex’- Suéde) utill-
sant la technologie des caméras CCD nous a permis,
de mesurer la position relative des deux extrémités
du forage et le décalage transversal entre les deux
cheminements polygonaux : 60 cm &+ 20 cm prés,
alors qu'un niveau aeau désoxygénée, confectionné
Revue XYZ - N° 46 - 1991
7LA TOPOGRAPHIE COMPAGNE DE TOUS LES GRANDS TRAVAUX
artisanalement, nous donnait une fermeture alt
métrique de 8 cm a+ 2.0m prés.
Cos résultats, méme imprécis, suffisaient pour
continuer la foration du coté britannique sur les
40 msuivants, avant que le tunnelier ne braque vers
le sud en position définitive de rebut.
Et, c'est par la petite galerie de 2,50 m de long
reliant ’arriére du tunnelier britannique a la téte de
la machine qui a été utilisée pour une poignée de
main historique que nous «fermions» nos chemi-
ements le 3 décembre.
Ces résultats serviraient alors a construire les 60
demiersmétres pourse raccorder parfaitement avec
los derniers anneaux de béton du tunnel francais.
Les résultats a la jonction
Les écarts de fermeture entre les cheminements
frangais et britannique mesurés conjointement par
les équipes topographiques des deux pays sont
en plan:
+ transversalement a 'axe du tunnel : 358 mm
+ suivant axe du tunnel : 76 mm.
sen altitude : 88 mm
Cos résultats sont dans les tolérances fixées a
priori, etils ne poseront donc pas de probleme pour
le raccordement sur 100 m des deux parties de
tunnel. Ces valeurs correspondent des précisions
relatives de:
Seger cr ee,
wre a= et [Prats
eas Rao
Lsz190
sett ne,
ee
sae
Prasage de lajonetion (vue en plan sans échalo.
8
9.4 10% en direction
2 10S endistance
1,5 10%en altitude.
Lécarttransversal de 358mm (un peu moins que
la diagonale de cette page) aurait pu étre réduit de
moitié environ, en tenant compte de la variation de
la déviation de la verticale entre Sangatte et
Shakespeare Cliff
En effet, angle entre la verticale physique et la
normale a'l’ellipsoide a 66 mesuré par I'IGN &
Sangatte (- 10 ce) alors qu'elle a été estimée a + 7 co
8 l'extrémité anglaise du tunnel. Cette difference
d'environ 17 cc affecte directement la mesure de
Fazimut au gyrothéodolite.
Conclusion
Nous pouvons dire que malgré des conditions de
transport et de travail en tunnels extramement dif-
ficiles (aucun convoi ni tunnelier n’a été ralenti),
malgré cette distance de 38 km non stationnable et
imposant des bases de calibration d'instruments
‘sur chacune des rives, malgré des équipes, des
méthodeset instruments différents departet d’autre
de la Manche, les résultats obtenus sont excellents,
lissontdisalacompétenceeta|'étroitecollaboration
des différentes équipes franaises et anglaises de
TML, de I'LG.N. et de son homologue Ordnance
Survey, aux constructeurs européens des instru
ments ot des systemes de guidage Leica, D.M.T.,
ZE.D., Marx, Cete de Lyon, Amberg, Reflex.
Jean-Jacques MORLOT
TML
Descendte de Shatepere Clift
JHE Pat comma ads comme
Pulte de Sangete
Ecarts & la jonction entre les cherinements topographiquos
frangais et anglais,
Revue XYZ - N° 46 - 1991LA TOPOGRAPHIE COMPAGNE DE TOUS LES GRANDS TRAVAUX
A propos de Ia jonction
du premier tunnel sous la Manche
Bravo les mineurs !
mais ou étaient done cachés les topographes.
par André Toquet, Topographe EDF retraité, AFT n° 325
J'ai regardé une deuxiéme fois, ily a quelques
jours, le reportage télévisé «La béte sous la Man-
che» programmé le 29/11 et le 27/12 sur A2 et ce,
vous n’en douterez pas, avec le plus vif intérét. Je
ne fus certainement pas le seul ancien a revivre,
en cette occasion, nombre d’heures de la carriére
passées sous la terre pour le percement de tun-
nels avec «aux tripes», les angoisses
topométriques d’une rencontre imminente !
Liheure de la jonction est en effet celle d'une
vérité dont le mérite ne revient, en fait, qu’au(x)
seul(s) topographe(s) ayant oeuvré en surface
et en galerie. «Percer le gruyére» c'est dur et
méritoire, je n’en disconviens pas, mais seraient-
ils mis tellement en relief tous les efforts de:
mineurss‘ilsn’arrivaient pas au but recherché qi
est celui de la bonne rencontre ?... Vous et moi
savons sur qui elle repose! Dieu, pardonnez ici
cette prétention, mais nul ne me convaincra du
contraire : les mineurs usurpent chaque fois une
part de la gloire qui leur est octroyée !
Me sont revenus fugitivement au cours de
Vémission, bien des tableaux de travaux souter-
rainsauxquelsj‘ai participé ici etlaet, danse halo
d'une lampe de casque, des visages amis de cette
époque.
J'airevécu angoisse descalagesaltimétriques
aux attaques... j'ai recalculé des V,,.. revu des
systémes de pilotage a référence(s) courte(s) par
la force des choses, defiant toutes les régles du
métier... revécu la répétition des mesures... des
palabres pénibles pour obtenir une galerie de
visée ou un hors-profil dans une courbe afin
d’améliorer au mieux les systémes... J'ai revu des
burins en radier perpétuellement noyés... des
passages de PK géologiquement annoncés déli-
cats... des «n» kilometres sans fenétre... revu
aussi les mineurs soucieux de leur seul avance-
ment... les caisses d'explosifs jetées dans les
wagonnets & proximité immédiate de caisses de
détonateurs... revécu les stationnements du di-
manche pour évité le masque d'un bouchon ga-
z0ux.
J'airevécu les heures terribles qui succédaient
aux accidents... celles des «sainte barbe» joyeu-
ses... les instants heureux des rencontres sur les
lieux-mémes des événements, puis 'ambiance
de féte des cantines perdues dans nos monta-
gnes (a cette époque estomac, foie, tension, dia-
bate faisaient bon ménage...).
Le 28 done, veille de la premiére diffusion,
favais relu article de Jean-Jacques Morlot (XYZ
n° 40) pour me pénétrer a nouveau du canevas de
surface et de la topométrie d’approche, coté fran-
ais. La bonne chronologie d'un tel reportage
n‘imposait-elle pas -de mon point de vue- un mot
‘sur ces questions ? N'y avait-il pas la une occasion
unique d'initier le grand public «au mystere» des
rencontres souterraines ?...
Las |... Déception | ... Pas un mot sur le sujet !
Cegrand public, s‘ila bien prété oreille, aura tout
de méme su qu'un géometre (j'aurais préféré
«un topographe» !) avait été nécessaire ala réus-
site...
Ime restait espoir, naif, de voirauxactualités
télévisées du 1/12, jour de la fonction, deux res-
ponsables du pilotage se serrer la main. Nenni !
comme @ l'accoutumée, toute la gloire et les
attentions allérent aux mineurs....
Etune plaie au coeur que je croyais cicatrisée,
s'est ouverte & nouveau en constatant, qu'une
fois de plus, on éclipsait les mérites de la topogra-
phie. Honnétement, j'ai souffert pour tous ceux
qui oeuvrerent en la matiére !
Vousenarriverez me dire avec votre sagesse
«Tout doux I'ami, il faut magnifier Ia profession
mais pensez aussi qu‘ils durent étre nombreux a
étre absents ceux qui, d'une maniére ou d'une
autre, participérent aussi a la réussite |...» C’est
vrai ! Pardonnez-moi ! Je ne peux néanmoins
m’empacher de vous livrer une anecdote
Au printemps de 1978, je fusinvité la jonction
des avancements d'une galerie EDF (en grande
section) sousle massif de Belledonne (19 km sans
fenétre), 1/2 par explosif, 1/2 par tunnelier. Réfé-
rence trés courte & I'une des attaques. (Je signale
que je n‘avais pas, personnellement oeuvré dans
cet ouvrage). J’étais & coté de mon prédécesseur
Revue XYZ - N° 46 - 1991LA TOPOGRAPHIE COMPAGNE DE TOUS LES GRANDS TRAVAUX
(dans le poste que j‘allais embrasser dans la
Division), enl’occurrence : Armand Lanfray. Mon,
collegue vivait la les detniers instants de sa car-
igre parmi un public stationné sur une estrade
installée coté «explosif» et face bien sar au
tunnelier dont on apercevait le bouclier déja bien
‘engagé dans |e voile résiduel qui restait & abattre.
Apres quelques rotations symboliques des
trépans - vision impressionnante- on assista au
spectacle classique des mineurs se rencontrant
(bien entendu pas de topographes I).
Un invité, plus curieux que les autres et que
nous ne connaissions pas, ni l'un ni l'autre, se
pencha vers Lanfray et lui demanda comment
diable on pouvait se rencontrer ainsi sous la
terre ! Mon collégue de lui rpondre, avec sa voix
caverneuse caractéristique : «Rien de bien diffi
cile cher Monsieur, je connais justement assez
bien la question ! Ii faut acheter des cierges, les
plus gros possible ; les allumer & chaque attaque
et conseiller des prigres simultanées. L'affaire,
ainsi, se passe toujours bien | Ii convient aussi de
tenir compte du flair des mineurs. Pour eux le
point de rencontre estinstinctif. Rien donc, voyer-
vous, qui mérite qu’on en parle dans un discours
de jonction. D’ailleurs... vous en avez la preuve
aujourd'hui, méme pour des attaques distantes:
de 19 kilométres |...» J’étais quelque peu glacé |
Le renseigné, fort heureusement, prit le parti de
rire de la boutade. Je compris que Lanfray avait
eu au coeur le méme pincement que j’avais res-
senti en l'absence de topographes a la rencon-
tre |... (je me souviens de son clin d’oeil).
II convient, je crois, maintenant, de laisser a
ces petits chagrins professionnels pour donner
un grand coup de chapeau a cette réalisation qui
met en évidence, non seulement les technolo:
gies, mais plus encore, une volonté humaine de
mieux aller, enfin, les uns vers les autres pour,
souhaitons le, des échanges meilleurs de tous
ordres.
TGV 515,3 Km/h : Record du monde
Bravo les Topos
Le 18mai 1990, la rame 325 du TGV Atlantique
bat le record du monde de vitesse sur rail avec
515,3 km/h.
Cotte rame de série a été quelque peu adaptée
pour I’exploit : roues de 109 cm de diamatre au
lieu de 92, rapport d'engrenage modifié,
pantographe spécialement réglé, et carénages
supplémentaires pour améliorer I'aérody-
namisme.
Lavoie,elle, n’a pas subi de traitement spécial ;
C'est la voie maintenant classique du TGV, rail de
60 kg/m, traverses en béton sur ballast, remar-
quable de stabilité et de précision géométrique,
Implantée au cm prds, elle est ensuite fignolée
au mm en plan et en profil (bravo les topos I)
Les soudures entre les éléments du rail de
300 m sont meulées et rectifiées au 1/10 mm !
Graphique officiel du record signé DELEBARRE
10
Revue XYZ - N° 46 - 1991‘A TOPOGRAPHIE COMPAGNE DE TOUS LES GRANDS TRAVAUX
( ESSAI TGV |
| CONSTITUTION DE LA RAME
service de
BD) Tt positionement par
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Revue XYZ - N° 46 - 1991La méridienne de Dunkerque a Barcelone
et la détermination du métre (1792-1799)
La lettre et I’espri
par J.J. Levallois, Ingénieur Général Géographe
N.B. : Cetarticle est un remaniement d'un article du
‘méme ttre publiédans les comptes-rendusdu 1 }4éme
congrés National des Sociétés Savantes.
Par décret du 10 mai 1790, l’Assemblée
Nationale «désirant aire jouir jamais la France
entiére de Vavantage qui doit résulter de ’ uni-
‘formité des poids et mesures...» décidait
WW de procéder au recencement exhaustif des
systémes d’unitésen usage sure territoire natio-
nal,
Md'adopter un étalon de longueur re-
productible, défini par la longueur du pendule
simple battant 1a seconde de temps 4 45° de
latitude, au niveau de la mer,
W de fixer les nouvelles unités et d’en faire
Gtablir les équivalences par rapport & celles de
PAncien Régime.
Elle chargeait par ce méme décret I’ Acadé-
mie des Sciences de préciser «!" échelle de div
sionqu’ellecroitlaplus convenable tant pour les
poids que pour toutes les autres mesures et les
‘monnaies».
L’Académie préconisait peu apres I'adoption
de Ja division décimale, et remettait le 19 mars
1791 un rapport tres complet rédigé par une
commission des Poidset Mesures, signé de Borda,
Lagrange, Laplace, Monge et Condorcet. Ce
rapport concluait & rapporter toutes les mesures.
cGiune unité de longueur prise dans la nature» et
proposait de définir cette unité comme étant
égale A la dix millioniéme partie du quart du
méridien terrestre, telle que l’on pourrait la dé-
duire de la mesure géodésique d'un arc de mé-
ridien s’étendant de Dunkerque & Barcelone,
Une semaine plus tard, le 26 mars 1791,
I'Assemblée Nationale décrétait «... qu'elle
adopte la grandeur du quart du méridien terres-
tre comme base du nouveau systéme de mesu-
res ; qu’en conséquence les opérations néces-
Saires pour déterminer cette base, telles qu’ elles
sont indiquées dans l'avis de I’ Académie des
Sciences... et notamment la mesure d'un arc de
méridien depuis Dunkerque jusqu’a Barcelone,
seront nécessairement exécutées ; ...».
En fait le choix définitif du quart de méridien
terrestre comme «unité de longueur prise dans la
nature» ne s'imposait pas avec évidence. Le
décret de 1790 penchait pour la longueur du
pendule simple battant Ia seconde de temps 445°
de latitude, au niveau de la mer comme on vient
de le voir. Dans son rapport, I’Académie des
Sciences discute ce choix, auquel elle reproche
de faire entrer dans la définition un paramétre de
nature différente - le temps - exprimé de surcroit
en une unité arbitraire, la seconde« quatre vingt
six mille quatre centiéme partie du jouro*. On
presserit danscet argument! influence de Laplace,
ferventpartisan de la division décimale du temps.
Le rapport continue : le choix d'une «unité de
‘mesure prise sur la terre elle-méme, a un autre
avantage, celui d’ étre parfaitement analogue a
toutes les mesures réelles que dans les usages
communs @ la vie on prend aussi sur la terre... it
est bien plus naturel en effet de rapporter la
distance d'un lieu @ un autre au quart d'un des
cercles terrestres que de le rapporter @ la lon-
gueur d'un pendule.» L’argument ne parait pas,
décisif non plus.
Ty avait peut-étre encore d’autres raisons
moins spécieuses : on se rappelle que l’abbé
Picard avait, vers 1670, préconisé une unité
dérivée de la longueur d'un pendule & secondes
detemps moyen dont ll avait mesuré la longueur,
€gale selon lui 2 40,5 lignes de la toise du
Chatelet**.
+ 24x 60 x 60 = 86 400.
#1 toise = 6 pieds, 1 pied = 12 pouces, 1 pouce = 12
lignes.
12
Revue XYZ - N® 46 - 1991Dortous de Mairau avait repris lamesure avec
beaucoup de soin, (1740) s'étaitrendu compte de
sonextréme difficulté et avait fixé cette longueur
440,57 lignes, valeur que Laplace corrigera en
450,67 lignes. On savait que cette donnée variait
avec la latitude, I'altitude, et qu’en définitive
était une valeur strictement locale que l'on ne
pouvait que tres difficilement relier 2 une autre,
sauf par mesures relatives.
D'autre part, "Assemblée Nationale avait
initialement proposé & d’autres nations, en parti-
culier AI’ Angleterre qui s’était récusée, de parti-
ciper aux travaux, L’expérience du pendule ris-
quait donc, reprise en plusieurs endroits, de don-
ner des résultats discordants, difficiles a di
ter, 2 comparer, ce qui ne pouvait qu’augmenter
les indécisions.
La mesure géodésique d’un are donnerait
certainement un résultat - aussi discutable qu'un,
autre - mais qui aurait plusieurs avan-
tages :
Bi la longue tradition et l'expé-
rience accumulées pendant 120 ou
130 ans par les géodésiens francais
(reconnaissance déja trés poussée du
réseau etc...) facilitaientla besogne et
la crédibilité des résultats ;
la précision des instruments
nouveaux concus par Borda ouvrait
de nouvelles perspectives
i la méridienne ainsi mesurée
pourrait servir d’appui a des travaux
ultérieurs, et ferait taire les discus-
sions surles résultats de la méridienne
de La Caille et Cassini III ;
I enfin - hypothése personnelle -
Jerésultat ne pouvait étre discuté qu’a
partir d’une expérience identique, re-
prise ailleurs ; il n’en n’existait pas
alors de comparable.
Ledécretde 1791 tranchait donela
question, malgré l'avis du grand as-
tronome Lalande, qui trouvait l’opé-
ration non indispensable et trop dis-
pendicuse.
Figure 1
1- Etude ci
méridienne
ique de la
La méridienne s’étend de Dunkerque &
Barcelone, selon une suite de 1 [5 triangles prin-
cipaux (fig.1). Elle est appuyée sur deux bases,
Tune située entre Lieusaint et Melun, l'autre
dans la région de Perpignan, de Salces 4 Vernet.
Chacune d’elles mesure environ 12 kilometres.
ing stations astronomiques principales la seg-
mentent, Dunkerque, Paris-Panthéon, Evaux (au
sud de Montlucon), Carcassonne, Montjuich
(Barcelone). Sauf en Sologne, pays géodési-
quement difficile parce que trés plat et trés boisé,
les triangles sont bien conformés, c’est-d-dire
qu’aucund’euxn’admetd’ angletrop aigu,néfaste
pour la précision d’ensemble.
Les deux astronomes disposaient d’
ments excellents, le fameux cercle répétiteur
pour les mesures angulaires, construit selon les
CHAINE DES TRIANGLES
de Dunkerque a Barcelone
racine: par WIM Delambre et Méchsin
Revue XYZ -N° 46 - 1991
13Figure 1 suite
14
Revue XYZ - N° 46 - 1991plans de Borda, avait donné toute satisfaction au
cours d’une jonetion géodésique franco-anglaise
en 1787, Borda avait également mis au point un
appareil de mesure des bases. Par rapport aux
travaux des devanciers, leur précision respective
était améliorée par un facteur de l’ordre de 10 ;
on pouvait donc espérer surclasser les travaux
anciens, quelle qu’en ait été la valeur.
Le constructeur instruments de précision
Lenoir, chargé de leur exécution, les livrait au
printemps 1792 et les deux équipes se mirent en
route fin juin, aprés s’étre partagé la besogne,
Delambre se chargeant de la partie nord de la
chaine jusqu’a Rodez ot Méchain, remontant
Espagne, le rejoindrait,
Les opérations furent mouvementées ; outre
des incidents locaux, elles furent interrompues
sous la Terreur ; le comité du Salut-Public avait
destitué des membres de la Commission des
Poids et Mesures - dont Delambre - et supprimé
T’Académie des Sciences ; "Espagne et la France
étaient en guerre. Les travaux ne purent repren-
dre qu’en avril 1795 et se poursuivirent des lors
sans interruption. On procéda aux calculs,
Le 22 juin 1799, le métre et le kilogramme
étalon étaient présentés au Conseil des Cing
Cents et au Conseil des Anciens, par une com-
mission internationale, composéeessentiellement
de représentants de petits états alliés de la France,
et la commission des Poids et Mesures.
juivalence toise-métre était établie &:
1 toise = 1.9490366 metres.
A - Précision accessible
Une définition aussi abstraite que celle
qu’imposait le décret du 26 mars 1791 n’était
réalisable que si les quarts de méridien terrestre
étaient identiques, c’est-2-dire si la surface du
‘gGoide était rigoureusement de révolution, sy-
‘métrique par rapport & son équateur. Elle suppo-
sait d’autre part que les observations étaient
parfaites, au moins dans les limites admissibles
des erreurs de mesure des instruments de I’6po-
que.
1 - Mesures angulaires
La précision des mesures angulaires des cer-
cles répétiteurs était effectivement de l’ordre de
la seconde sexagésimale : cela ressort de I’exa-
men des formetures angulaires des triangles. On
sait en effet que la somme des trois angles d'un
triangle est fixée a priori par la géométrie ; égale
180° pour un triangle plan, elle est égale & 180°
+ E sur une sphére, E étant I"excés sphérique,
quantité proportionnelle & la surface du triangle,
calculable sans erreur, petite en géodésie quoi
que sensible,
La statistique des erreurs de fermeture des
115 triangles admet pour écart type la valeur
1"9 soit pour un angle e = + 1",1. La fermeture
maxima est de 4",7.
Ces résultats sont trés bons et font honneur
aux observateurs. Plus tard, les géodésiens fran-
ais ont retrouvé «in situ» certaines stations de
Méchain, la comparaison des angles communs
s'est avérée trés satisfaisante.
2.- Transmission des cétés
Sachant que l'on a fait le calcul des cétés &
partir de la valeur intangible d’une base, on veut
connaitre I'écart type de la longueur d'un c6té du
nidme triangle de la chaine.
Pour une chaine de triangles bien conformés,
dont le c6té moyen est égal a "a", cet écart type
est donné par (valeur approximative) :
exax Vin
ce qui pour e = 1/200 000, a= 30 km, n = 80
entre Ia base de Paris et celle de Perpignan
donne : + 1,65 m.
Or, le calcul de la chaine a partir de la base de
Melun attribuait & la base de Salces la valeur :
+ 11 706,74 m comparée &
+ 11 706,40 m (valeur mesurée directement)
Le recoupement était done tout & fait remarqua-
ble.
Il s‘avérera cependant, au cours des opéra-
tions ultérieures de triangulation (vers 1830),
que I’échelle était tres défectueuse en Sologne :
ilnes'agissait doncque dune heureuse compen-
sation des erreurs.
3- Longueur de la chaine
Lécart type sur la longueur d’une chaine de
Revue XYZ - N° 46 - 1991
15triangles accolés est donné approximativement
par :
23exLxVn/2
oi L est la longueur de la chaine.
Compte tenu du fait que la commission cal-
cula la chafne en deux trongons a peu pres égaux,
'un déduit de la base de Paris, autre de celle de
Perpignan, on trouve un écart type total de :
+8mazi0m.
4 - Stations astronomiques
Enfin, sil’on admet que les latitudes astrono-
miques étaient déterminées a + 1" d'are prés
(€valuation optimiste) soit + 1".5 surl’amplitude,
sachant qu’une seconde dare sous tend environ
30 m 2 la surface terrestre, Iécart type qui en
résultait pour la longueur était de + 45 m.
Par un hasard miraculeux, Delambre et
Auteur Epoque 1/2 grand axe
| (metres)
Delambre 1810 6376 985
Bessel 1841 6377 397
Struve 1845 6 378 298
Clarke 1880 6 378 249
Helmert 1907 6 378 200
Hayford 1909 6 378 388
Krassovsky 1942 6.378 245
Réf. Internat 1980 6378 137
Méchain opérantindépendemmentI'undel’autre,
obtenaient pour lacroix du Panthéon, respective-
ment :
48° 50 48",86 et 48° 50’ 48",37
valeur qu’ils portent 48° 50’ 49",37 et qui sera
trouvée égale a:
48° 50’ 46",6 vers 1890
lors de la reprise de la méridienne de France par
Bassot et ses adjoints (1890).
Précision résultante : composant les écarts
types de 3 et 4, on obtient :
V (0? + (45) = +48 m
Le calcul précédent montre l’influence pré-
pondérante de la précision des observations as-
tronomiques sur celle du résuttat
Les valeurs que nous avoris obtenues - qui
sont d’ailleurs optimistes - montrent que dans
Uhypothése d’étude d’un géoide idéal ellipsoi-
dique, le métrerésultantdes observations avaient-
deux chances sur trois d’étre matérialisé avec
une précision supérieure a 1/25 000...
B - Précision réell
L’opération de Delambre et Méchain fut jus-
tement admirée des contemporains, elle fut le
signal d’un exubérant développement d’opéra-
tions géodésiques nationales d’ oi résultérent de
nouveaux ares dont on compara les résultats ; on
calcula les constantes dellipsoidiques déduites
dun traitement d’ensemble. Nous en résumons
quelques unes ci-dessous :
Tebleau!
Aplatissement 1/4 de méridien
(metres)
1/308,64 10 000 724
1/299,15 10 000 856
294,73, 10 002 018
1/293,47 10 001 868
1/298,30 10 002 067
1/297,00, 10 002 288
298,30 10 002 138
298,26 10.001 966
Si la définition du metre de 1791 avait éé
réaliste, on devrait trouver des valeurs du quart
de méridien voisines de 10 000 000 de metres, &
£400 matres pres environ, on est loin du compte
et les arcs les plus récents sont d’accord pour
fixer la discordance & 2 kilometres environ.
‘On ne saurait soupgonner!’habilité des obser-
vateurs, leur totale conscience professionnelle
non plus que la précision de leurs appareils ; il
faut donc chercher une autre explication ; elle est
Evidente aujourd’hui : le géoide n’est pas une
surface de révolution et aucun de ses méridiens
mest identique A un autre, autrement dit, la défi-
nition théorique était inaccessible et fallacieuse.
16
Revue XYZ - N° 46 - 1991Le géoide est une boule, qui dans l’ensemble
peut étre assimilé un ellipsoide de révolution,
mais qui en détail en differe de maniéxe & inter-
dire toute généralisation et toute extrapolation.
1 - La déviation de la verticale
Les géodésiens appellent - improprement -
déviation de la verticale, la différence angulaire
existanten un point donné entre ladirection dela
verticale physique, le fil 4 plomb (que donnent
Jes mesures astronomiques) et la verticale théo-
rique qui est précisément la direction, au méme
point, de la normale a V’ellipsoide de référence
support de la triangulation,
Latitudes et longitudes astronomiques résul-
tent directement d’observations stellaires sans
autre intermédiaire, latitudes et longitudes
g6odésiques se calculent & partir des résultats de
Ja triangulation, appliquée sur un ellipsoide
convenablement choisi. Si l'on calcule la méme
triangulation sur deux ellipsoides différents, les
coordonnées géodésiques varieront consé-
quemment, les coordonnées astronomiques res-
tant intangibles : la déviation de la verticale
dépend done du choix de l’ellipsoide de réfé-
rence.
2- Ses causes
La cause principale est l'action d’attraction
perturbatrice qu’exercent les masses monta-
gneuses et leur soubassement sur la direction du
fil a plomb. Si on considére un profil méridien
nord-sud par exemple traversant une chaine de
‘montagnes, au nord de la chaine, le fil & plomb
sera attiré vers le sud et inversement ; ’angle des
verticales physiques entre nord et sud sera supé-
rieur a celui que I’on trouverait par la géodésie,
le géoide est plus bombé que l’ellipsoide dans
cette région, et la différence des latitudes astro-
nomiques et géodésiques en chaque point repré-
sente la pente du géoide par rapport ’ellipsoide
de référence. On peut A partir de cette pente
calculer par intégration le relief du géoide, &
condition que I’on dispose d’un nombre suffi-
sant de stations astronomiques le long du profil
considéré
3- Le géoide astrogéodésique en France
Un géoide résultant de la comparaison des
coordonnées astronomiques et géodésiques d’un
réseau d’ensemble, couvre l'Europe occidentale
(figure 2). C’estune représentation en courbes de
niveau du relief du géoide parrapport al’ellipsoide
de Hayford (cf. tableau D), sur lequel on acaleulé
ensemble des triangulations européennes; c'est
Ie systéme dit Europe 1950, date de son achéve-
ment.
La figure 3 en est extraite, elle représente la
sectiondece géoide, parlaméridienne Dunkerque
Barcelone. Le profil du géoide est lacourbe D, P,
E,C, B (Dunkerque, Paris, Evaux, Carcassonne,
Barcelone), les latitudes sont reportées en abs-
cisses. L’attention du lecteur est attirée sur la
bosse P, E, C, B. Elle représente la courbure
relative du géoide parrapportla ligne pointillée,
’est-d-dire par rapport aun ellipsoide de Hayford
convenablement placé, ce qui signifie que le
‘g6oide, selon la méridienne, est beaucoup plus
bombé que cet ellipsoide. Vers 1804, Legendre,
par la méthode des moindres carrés qu’il venait
de découvrir, trouvait en utilisant les 5 stations
astronomiques D, P, B, C, B un aplatissement de
Revue XYZ - N° 46 - 1991
17Figure 3
Profil Méridien du Géoide
EUROPE 1950
1/150, peu compatible avec ce que l'on connais-
sait par ailleurs.
Legéoide européen a étécaleulé parintégration
des valeurs des déviations de verticale résultant
de la comparaison des observations astronomi-
+3” AEvaux,
- 4" & Carcassonne,
- 10" & Montjuich.
On peut en tirer une intéressante
vérification de la précision des mesu-
res de Delambre et Méchain.
Le réseau Europe 1950 est calculé
sur des triangulations modernes ; il est
totalement indépendant dans ses mesu-
res angulaires, astronomiques, ou son
échelle, des mesures de 1792-1798.
Appliquons alors aux valeurs astro-
nomiques des stations de Delambre et
Méchain, les déviations de verticale
observées sur Europe 50 et calculons sur ces
6léments ainsi ramenés’1’ellipsoide de Hayford,
les longueurs des segments Dunkerque-Paris,
Paris-Evaux, Bvaux-Carcassonne, Carcassonne-
Barcelone, Dunkerque-Barcelone ; comparons
avec les distances obtenues par Delambre.
Tableau It
Stations Latitude Correction Latitude Distance Distance |
astronomique géodésique 1950 1799
(toises) (toises)
Dunkerque 51°02'09",20 +3" 51°02'12",20 |
1249335 1249448
Paris 48°50'49" 37, +2" 48°50'51",37
152309,9 1522931
Evaux 48°1042" 54 46°1039"54
168 839,3 168 848,7
Carcassonne 43°1254",30 +4” 43°12'58",30
105.5066 105 499.0
Montjuich 41°21'44".90 +10" ——41°21°54",96
ques de latitude et de longitude & leurs valeurs
calculées sur le réseau Europe 1950.
On en connait done a priori Ja valeur aux
stations de la méridienne de Delambre
~ 3" dans la région de Dunkerque *,
= 2" dans la région de Paris *,
* Onn’apas faite ‘ebservations astranomiques directesen
corte station.
(On s'est basé sur une moyenne régionale de 3 ou 4 points
situés au plus pres.
Le pays étant 18s peuaccidonté, ia différence ne dépasse
certainement pas 0°5.
Le calcul direct de I’are entre Dunkerque et
Barcelone donne
Distance 1950 ... 351 589.3 toises
Distance 1799 ... 551 584 toises
Ce dernier résultat est le plus important, les
distances des segments intermédiaires sont moins
sOires en raison de I’arrondi des valeurs de dévia-
tion de la verticale qui se fait évidemment moins
sentir sur arc total que sur les segments partiels,
ce que confirme un examen immédiat.
Cette concordance avec des travaux posté-
rieurs de plus d'un siécle montre excellence des
18
Revue XYZ - N° 46 - 1991Figure 4
mesures de Delambre et Méchain. C'est une
inopportune déviation de la verticale qui leur a
donné un metre «trop court» par rapport & une
définition plus générale tirée de lamoyenne d’un.
grand nombre d’ares.
In’est, pour deviner la cause de cette dévia-
tion, que de jeter un coup doeil sur la carte de la
céte espagnole de Perpignan a Barcelone. Le fort
de Montjuich est situé au sud de la ville, sur la
Revue XYZ - N° 46 - 1991
rive droite du Llobregat. Il est adossé a la mer au
sud dont la céte, dans la région de Barcelone, suit
la direction ouest-sud ouest.
Aunord de Barcelone (fig. 4), les contreforts
des Pyrénées a une trentaine de kilometres, s’éle-
vent déja 8 1.500 m et plus jusqu’au massif du
Canigou et a la ligne de partage des eaux de la
chaine.
19T1y a done attraction du fil & plomb par le
massif Pyrénées sans que les masses attractives
sojent balancées au sud.
C- Sur le rapport de I'Académie
Tl est difficile de croire que les auteurs du
rapport ignoraient totalement I’attraction locale
et la disparité des méridiens.
La déviation de verticale avait été mise en
évidence et interprétée comme telle par Bouguer
au XVIlleme sigcle qui avait cherché & mesurer
action perturbatrice du Chimborazo sur la di-
rection du fil A plomb, au cours de I'expédition
du Pérou. La Caille de son cdté écrivait en 1758 :
«sil onadmet la conjecture des Jésuites italiens
qui pensent qu’a Perpignan, le voisinage des
Pyrénées a pu faire dévier le fila plomh de notre
instrument vers le sud... il faudra abandonner
toutes les déterminations de degré... faites a
Perpignan ...». Enfin, 1’Astronome Royal,
Maskelyne, avait entrepris des expériences dans
ce sens et confirmé ces faits.
Le rapport de I’Académie se borne & une
discréte allusion. « [ly a intérét, dit-il, d mesurer
un arc s’étendant jusqu'd Barcelone... pour
8 étendre au-dela des Pyrénées et de soustraire
‘auxincertitudes que leur effetsur les instruments
peut produire dans les observations...».
Dans les mémoires de I’ Académie pour l’an-
née 1786, Laplace cherchant & calculer
Vaplatissement terrestre & partir des mesures
d’arc et de pesanteur alors connues, explique =
« ..de léznous pouvons conelure quel hypothese
d'une figure elliptique (de la terre) ne peut pas se
concilier avec les observations de la mesure des
degrés terrestres et que la terre s'écarte sensi
blement de cette figure ; de plus il est fort
probable qu elle n'est pas formée de deux par-
ties semblables de chaque cbté de I' Equateur ..
on peut méme soupconner d'aprés ces mesures
que la terre n'est pas un solide de révolution,
mais les erreurs dont elles sont susceptibles ne
permettent pas de se prononcer sur cet objet ...»
Le rapport de I’ Académie, quoique laconique
dit clairement «... la régularité de ce cercle
(I équateur) n'est pas plus assurée que la simili-
tude ou la régularité des méridiens ... » mais
ajoute «... "erreur que l'on peut commettre ne
serait pas sensible. L’hypothese elliptique ne
peut s’éloigner de la réalité dans l'arc dont la
grandeur sera mesurée immédiatement ...»
Insister plus longuement ne ménerait & rien ;
je pense que Laplace et ses collegues avaient, de
bonne foi, sous-estimé la disparité des méridiens
et l’influence de la déviation de la verticale ;
quant & Ja reproductibilité, ils savaient parfaite-
ment, sans le dire ouvertement, que les vérifi-
cations possibles sur d’autres méridiens ne pou-
vaient mener & grand chose, sinon & ergoter sur
des précisions de mesure.
Iestprobable que I’onn’aurait pasmieux fait
en choisissant comme unité la longueur du pen-
dule simple battant la seconde. Borda avait mis
au point un tres remarquable pendule dont Biot,
ultéricurement, se servira dans toute l'Europe,
mais la nature méme du probléme ne se préte
guére A une définition reproductible : le pendule
«simple» existe pas.
IL est relativement facile de construire un
pendule composé battant la seconde de temps en
un lieu donné, la difficulté est d’en déduire la
Iongueur du pendule simple correspondant, et la
encore, la reproductibilité n’aurait pu se conce~
voir, sauf 2 opérer avec un apparel identique, au
‘méme point, D’autre part, l’expérience n'aurait
guére été plus précise : Borda avait trouvé qu’a
Observatoire de Paris, la longueur du pendule
simple battant la seconde était de 440,5513 li-
‘gnes, soit 0.993827 mce qui donnait pour!’accé-
Iération de la pensateur au méme point :
2 = 980.868
Bienqu’onnesache pas aujourd’ hui quel était
emplacement précis de la station de Borda, on
sait que cette accélération y serait de l'ordre de :
£= 980.93
correspondant une longueur différente de 6 x
10°, et la répétition d’expériences a la station
méme n’aurait pu engendrer que perplexité et
confusion. Rappelons pour confirmation, qu’en
1905, Kuhnen et Firtwangler, s*entourant de
toutes les précautions possibles et travaillant
pendant plusieurs années 4 Potsdam n’auraient
pu définir une telle Iongueur qu’a + 1,5 x 10°.
20
Revue XYZ - N° 46 - 1991Figures 5
LILGN. possede dans ses collections un cercle
répétiteur de Lenoir qui pourrait avoir été I'un des deux
cercles de Méchain. Mais l'dentification certaine est
impossible quoique non invraisemblable
Les photographies ont 6:6 prises par Monsieur Louis
‘Moucquet, Ingénieur des Travaux Météorologiques.
21
Revue XYZ - N° 46 - 1991Il - Epilogue
En 1792, l'adhésion du monde savant n’était
pas unanime, certains blamérent comme
inutilementcofiteuse I’opération de mesure de la
méridienne, on décida méme en 1795 d’établir
unmitre provisoire basé sur la méridienne de La
Caille. Bordaet Brisson, chargés de laconstruire,
lui attribuérent la longueur de
3 pieds, 11 lignes, 44 (loi du 18 Germinal
An Ill)
La loi du IX Frimaire, An VII abrogea
purement et simplement la loi du 18 Germinal
An Tift fixa comme on I’a vu a:
3 pieds, 11 lignes, 296
la longueur officielle du metre par rapport la,
toise de I’ Académie qui avait servi de module 2
la commission des Poids et Mesures.
L’adoption du nouveau systéme en France
méme, fut assez longue a s'imposer, mais l’évo-
lution était irréversible :
En 1817, Louis XVII décidait la mise en
chantier d’une nouvelle carte de France. Dans la
commission chargée d’étudier les modalités de
Vopération figuraient deux vétérans de la com-
mission des Poids et Mesures - et non des moin-
dres - Laplace et Delambre.
Laméridienne de 1792-1799 fut adoptée telle
quelle comme base d’appui de la triangulation
nationale de la future carte d’Etat Major au
1/80 000.
Les mesures géodésiques (figure 5) furent
exécutées avec les matériels concus par Borda ;
Ie syst8me métrique, y compris le grade comme
unité angulaire, fut imposé et la description g
métrique du pays fut calculée sur un ellipsoide
dit de Plessis, dont le quart de méridien mesurait
exactement dix millions de métres.
La Restauration pouvait-elle rendre un plus
bel hommage 8 la Révolution ?
Le rapport de I’ Académie des Sciences avait
66 rédigé pour entratner l’adhésion de I’ Assem-
blée Nationale ; les motifs invoquésne pouvaient
que la séduire : universalité du systéme, change-
ment radical avec le passé, etc ... Les hommes de
génie qui le congurent voyaient loin et juste,
Favenir confirma leur intuition. Peu importait
que la définition méridienne soit théoriquement
correcte ou non, elle était invérifiable & ’épo-
que ; iln’est méme pas impossible qu'elle ait &té
choisie de préférence a la définition pendulaire
pour cette raison méme. Il fallait frapper un
‘grand coup, il fut frappé et le résultat fut définitif.
POUR EN SAVOIR PLUS
BIBLIOGRAPHIE
J.B. Delambre, Les hases du systéme métri-
que décimal, 3 tomes, biblio. Observatoire et
Institut.
P.S. Laplace, Exposition du systéme du
monde, Fayard 1984, édition de 1835. Corpus
des ceuvres de philosophie en langue frangaise
sous la direction de Michel Serres.
G.Bigourdan, Le Systéme métrique des poids
et mesures, Gauthier Villars, 1901.
F. Trystram, Le proces des étoiles, Seghers,
H. Lacombe, P. Costabel, La figure de la
Terre duXVIlle siecle al'ére spatiale, Académie
des Sciences, Gauthier Villars, 1988
J.-J. Levallois, Mesure de la Terre - 300 ans
de géodésie francaise, Association Francaise de
Topographic, 136 bis, rue de-Grenelle, Paris,
1989.
A.M. Motais de Narbonne, J. Alexandre,
Une mesure révolutionnaire : le métre, Obser-
vatoire de Paris, 1988.
1979, récit de l'expédition géodésique du Pérou
(1735 - 1745).
22
Revue XYZ - N° 46 - 1991JJ. LEVALLOIS
MESURER
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23
Revue XYZ - N° 46 - 1991Le Comité de Rédaction d'X¥Z est heureux de publier l'article ci-dessous d'un professionnel et enselgnant de la
topographie qui fait des propositions constructives pour améliorer les errements actuels en matidre d'ensei-
_gnement de réduction des longueurs a lellipsoide de référence.
Note du Comité de Rédaction a'XYZ
A propos de la réduction des distances
a l'ellipsoide de référence
par Paul COURBON
Ingénieur des Travaux Géographiques de I'Etat - Géométre expert
Professeur 4 Iinstitut d’Enseignement Technique de la Grande Tourrache - Toulon
Suite a article "Réduction des longueurs", écrit
par l'Ingénieur Général Géographe d'Hollander
dans la revue XYZ n°30 (1987), je suis amené a
critiquer ce qui est enseigné a ce sujet dans les
écoles de géomatres ; en ce qui me concerne, je
remets en cause les formules que nous incul-
quons aux 6léves que nous préparons au Brevet
Technique de topographie, et qui ont été incul
quées & de nombreux géometres experts.
Laltitude moyenne
dans la réduction des distances
Pourquoi avoir pris une altitude moyenne ?
Comme nous le verrons plus loin, dans une pre-
mire approximation trés suffisante jusqu’a 4 ou 5
km, cola ne simposait pas ; je diral méme que
cela est illogique au regard de notre procédé de
calcul.
En fait, les théoriciens ont pris une altitude
moyenne parcequiils ne voulaient pas privilégier
tune extrémité de la longueur mesurée par rapport
a autre. Or, dans les calculs que nous faisons,
ous prenons un site non réciproque : celui de A
sur B ou encore de B sur A, ce qui est en contra:
diction avec le souci des théoriciens,
Il faut noter que la formule rigoureuse empioyée
en géodésie tient compte des hauteurs au-dessus
de I'ellipsoide des deux extrémités de la visée,
mais elle ne fait pas intervenir directement lati
de moyenne.
Deb, VI
D, est la distance AB suivant la pente, Hy et Ha
sont les hauteurs au-dessus de lellipsoide de
référence, assimilables en topométrie aux alti-
tudes Z, et Z, ; AH = He — Hq ; R est le rayon de
courbure moyen dans la direction considérée ; D,
est la distance réduite a lelipsoide de rétérence
On remarquera que cette formule nous permet de
passer directement de D, & D,, sans passer par D,
Si nous voulons employer une formule plu
simple ou plus pédagogique, tout en employan
une altitude moyenne, il faut prendre certaine
précautions de réciprocité. Ce sont ces précau-
tions qui ont été oubliées dans ce qui est inculqu
dans la filiére d'enseignement des géometres @
{qui font que la formulation
Dh = Dp cos i @
=0,(1-Hm
(1 -_Hm_|
R
Hn +R
Do=
est incorrecte
avec Hm= Has He
2
Lerreur introduite par cette formulation est dan
certains cas bien supérieure a la précision des
appareils actuels. Dans une polygonation de préci-
sion en terrain accidenté, elle crée des erreurs
systématiques non négiigeables, quand on dépas-
se des cotes de 600 m. Monsieur d'Hollander nous
le montre dans son article o¥ deux tableaux font
apparaitre les erreurs commises ; enoore oes
tableaux sont-is limités a des sites de 6,50 gr qui
peuvent étre dépassés en Provence ou’ dans les
massifs montagneux frangais. On dépasse ainsi
14 om derreur pour une visée de 4.600 m, avec
Un site de 6,50 gf. On retrouve aussi cette erreur
dans mon tableau de calcul, joint ci-aprés, quand
on compare la D, obtenue avec la formule (1) et
avec la formule (2) (derniére colonne).
Redémonstration d'une formule approchée
Dans la démonstration qui suit, seule la sphéri-
cité a é16 prise en compte : jai occulté la réfraction
en tragant des visées droites plus commodes pour
la démonstration et le calcul. Ii en résulte une
erreur minime, de Tordre du em pour une visée de
3.km avec un site de 6,50 gr et inférieure & 3 cm
our une visée de 4,6 km avec le méme site, ce
qui est d'autant plus satisfaisant pour une formule
approchée que cette erreur est inférieure a la pré-
Cision de mesure de telles longueurs.
24
Revue XYZ - N° 46 - 1991Dans le sens AB, on
voit que
D, = D,.cos i
D, correspond a
Faltitude de 8 et non
a altitude moyenne
Si on considére Ia visée dans le sens AB,
angle diinclinaison vaut : i = 6,50 gr.
Avec D, = 4600m, nous avons :
Dhe = 4600.c0s6,50gr = 4576,04 m
‘Supposons H,
Nous obtenons : D,.sin i+ NA = 470,26 m
La distance réduite a lelipsoide est rigoureuse-
ment D, = AB, = Bo, mais
AB) = R. tg0-R(o +2) j done De = ABS"?
Do = Dhs(1 a] 3
(t-te)
Avec R = 6369 km, D, = 4575,706 m
(9 seme ngage : RE”, 51D, = 5km, 0 Seg" « 5xE x10
20000 km,
Pour R= 6367 kx
ona: R& = 1,02% 10°F km = 1.02% 10°% m,
de Ferd du mm, done tout fait régigeable
On voit ici qu'l n'est pas indispensable de faire
intervenir Valtitude moyenne
Hy =H Ha ts dans ce cas particulier)
Si, par raison de symétrie, nous voulons faire
intervenir latitude moyenne entre A et B, ce rest
1D, = D,.c0s i, ni D,, = D,.cos (i+ 60)
Dans le sens BA, on
voit que
D, =D, cos (1+ 0) ©
D, correspond a
Valtiiude de A et non
4 Faltitude moyenne.
Si on considere la visée dans le sens BA, en
prenant langle homologue i de la figure de
gauche, 'angie diinclinaison en B est
i = — (6,50 + 0,046) = - 6,546 gr
‘Aveo D, = 4600 m
Dh, = 4600.cos6,546gr = 4575,705 m
Comme précédemment, D, = AB, = Roo.
Mais,
A= Dhq=Asina=R(a— ©")
Nous voyons que Dh, =D, (2)
‘Avec R = 6369 km, D, = 4575,706 m
(2) terme négiigé re SiDo=5km, w=5cgr
tn trowe une erreur de Fordre du deri mm.
quil faut prendre en considération, mais comme
a démontré M. d'Hollander
Dhin=| Dp.cos(i + 2)
© Do = Dh Hn)
2
(4)
Revue XYZ - N° 46 - 1991
25Le tableau ci-dessous permet de comparer les
résultats obtenus pour quatre valeurs de D, : 1000 m,
2000 m, 3000 m, 4600 m de 5 manieres diffé-
rentes
— 2 procédés rigoureux tenant compte de la ré-
fraction,
—2 ptocédés moins rigoureux qui iennent compte
Tableau compar:
our spires clos, rau avon pris Ha =. On a done He «Opn na (na
1/2 5
2 Ope)
whe |e va | tn | ese
sn ae | re
com | ae” fl
p= 600000
mp0 | | |x| souzze | sour7e
0, =200000°m
72300) | aoure| ae0ses | sc0nses
|< ato
mooom| 5 |eonar| zeonzes | o01ze
0. =4609.00%m
902m | | cae esrsra0 | sre 700
(1) le calcul de 0, dans la colonne 4 est tit par ia formule do ta qbodtsie : Op= “\
\
{20 calel de D, dans la colonne 6 est fait parla formule. Dhy =D,cos
de la sphéricité, mais négligent la rétraction,
—Ie cinquiéme procédé étant celui en usage dans
Venseignement du brevet technique et qui est
employé par de nombreux géomatres ; dans cet
exemple, il est insuffisant & partir de 2 km et peut
"etre pour des distances bien inférieures quand on
a des pentes plus fortes.
des calculs de D,
a
‘i
s [7|,* [|e] [a
Deer | | thpw | | tip
etka | am teRtES | | eric aw
comm |on| som | | enna
vous G2 47s a2 os7e
reeoser G4 weoseo | 05 eansse | 27
294,203 1,1 2984,293 1,1 2084.05 | 6.1
ssrs00 a, as705
4—(any’
25
i est rangle dincnaison corigé dela rfraction, «Tangle des vertcales on A et 8
Dp Sobtient & partir de Dh en faisantintervenit: Hy = Bote
(ie catdD asiacson Scaepndacabige atcdenn: Oty = Dae Dyin)
Hg est Ialttude du point vie.
(4) le caleul do D, dans la colonne 6 est efectué au moyen des formule (4)
Ory
(6) le caloul de Dp dans ia colonne 10 est fit selon ea errements actuols ot les formulas enseignées aux géomairos
(formule (2) ct-dessus) qui ne présentent plus de igueursutsanteau-deld de 2 km,
‘compta fenu dela précision des instruments moderne.
(6) les 4 correspondent aux ditéences expriméas en om entre les résutats oblerus par les formules simpltiges
Dy est la valeur exacte.D, : AD =D, ~D,
Propositions pour les programmes d’enseignement
4) Soit, nous enseignons que pour réduire les
distances au niveau 2éro, il faut prendre Fatitude
‘du point visé. Dans notre exemple, si on prend la
visée A sur B, (i= 6,50 gf) il faut prendre Faltitude
de B ; si nous avions pris la visée de B sur A (i =
6,546 gy), il aurait fallu prendre Faltitude de A.
2) Soil, nous enseignons comme précédem-
ment qu'il faut prendre altitude moyenne, mais
alors il faut écrire :
0, =D,,cos [i+ 2)
2
et non D, = D,,cos i, dés que la distance dépasse
{600 m, L’angle « est facile calculer : 1 cor par km
de distance
3) De toutes maniéres, méme si on ne la
démontre pas aux éléves qui préparent le brevet
technique, on peut enseigner la formule (1)
‘employée en géodésie, facile & programmer et qui
ne pose aucun probléme dapplication avec les
calculatrices électroniques. De la méme maniére
que l'on fait appliquer les formules de tolérance de
1980 sans les avoir démontrées !
26
Revue XYZ - N° 46 - 1991Tableau |
itn 2P(™] 400 | 500 | 600 | 700 | 800 | 900 | 1000] 1 100 | 1 200 | 1 300 | 1 400
0.5 |-0,02|- 0,03 |- 0,04| -0,08 | - 0.07| - 0,09] - 0,11| - 0,14|- 0.16|- 0,19] - 0,22|
10 |-0,04|~0,06|- 0,08] - 0.11|- 0,14|- 0,18|- 0,2/ - 0,27|- 0.93|- 0,28 -0,44
| 15 ~ 0,08} - 0,09] ~ 0,12] ~ 0,17] ~ 0,22] - 0,28|- 0,34| ~ 0,41| - 0,49] — 0,58) — 0,67
20 |-007|-0.11|- 0.16|- 0.22|- 0.29|- 0,37|- o45|—0.95|— 0.65 |- 0.77|— 0.80
25 |-009|-014]- 0,20|- 0.28|- 0,20|- 046[-0.57|- 0.09|- 0@2|- 096|- 1.1
30 |-o11]-017[-0.24|- 0.93|- 04a] 058|- 068|— 0,82) -0,91/—1,15|- 1.38
36 013|- 0,20] — 0,20] 0.30[-081|064|- 0,79 0,96|-1,14|- 1,94] 1.88
40 |-014[-0.23|- 0,93|— 0,4a|- 0,58|- 0,7a|- 0,91|- 1,10] - 1,30|- 1,53] - 1.77
45 |~0,16|- 0,25| - 0,37[- 0.60] - 0.65] - 0,82| - 1,02|— 1,23] - 1.47|- 1,72| - 2,00
30 |-0.18|~028|- 041] 0.55| - 0,72| - 092|- 1,18]- 1,36|- 1.6a]~ 1.91] - 2.21
35 |-020|-0,91|- 0.45|-0.61|- 0.79 - 1,01] 1.24] 1,80] - 1,79 - 2,10] - 2.48
60 |-0.22|-084|- 049[- 066|-0.87| - 1,10|- 1,35|~ 1,64|- 1.98|- 2.20|- 205
65 |-023|-037]-03|- 0.72|~09a|-1.19|- 147|- 1.77|-2.01|- 2.48|— 207
Le trait épais on escalier sépare les zones du tableau
pour lesquelles, lorsau’on prend Is formule approchée
{Dhalapp = Dpcosi, erreur commise ost inférieure &
0,5¢m, de celle pour laquelle 'errour commise est supé-
rieure ou égale 8 0,5 cm.
Tableau Il donnant les corrections en cm 8 apporter & la valeur approchée Dhiay = Dpcosi lorsqu’on veut obtenir la dis-
tance rigoureuse réduite 8 horizon du point | d'altitude moyenne entre A et 8
vy 2 [te Jie [ome Jzon | 0 Jenn Jas J sn | on
aso |-01|-oa|-az|-o2|-03|-oa[- ox5|- oa
1.00 }- 0,2 | 08 04 4 08 7|- 08 |
iso _|-oa|-o4|-05 ~ 13] -20|-22)- 25) -27 |-a0|- aa
2.00, ~ 04 |- 05)- 0,7 ~24|-27|-30|-a3/- 37|- a0|- a4
20 |-as|- 07 |-08 = 30|- a4]-a7|- ar) 45|- 50|- 58
ao0 |= 06|- 08 [- v0]-12|- 15|-v8|-21|-2a]-z0|- 92|-a6|- 40|-48|-50|- 55|- e0|- 60
350 |-o7|-oa|-12|-14)-17|-21/-2a[-2a]-93|-a7|-az|-47|-s2/-0|- aa|-70|- 79
200 _|- 08) ta|-13|- 10|- 20|- 24|-20|-aa|-a7|-a2|- 4a |- 54|-0|- 90|- 7a|-e0[- a7
450 |-o9]-12|-18|- 19|-22|-27|-a1|-0|-42|-47|-s4)-80|-7/- 74|-02|- 90| oa
soo [-t0]-13|-1a|- ar] 28] 30] as] an|-en|- ea] ao/-o7|-6)-a0|- ea ol 109
eso [taf ts |- v0] 22] a7|-aa[- 90|- a5|-sa|- as] a6) 7a] a2|- 01 > wal snob rad
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2. SCIENCES GEOGRAPHIQUES __
DURANT LA PERIODE GRECQUE
(SUITE)
Cuaprrre 4.
L’astRonomie GRECQUE
p’Eupoxe pe Cuipe A Eucuine
(4e stéce avant J.C.)
L’astronomie géométrique amorcée par
Autolycus va connaitre son apogée avec Eudoxe
de Cnide, l'un des plus grands astronomes grecs.
Celui-ci est né vers 408 avant J.C. a Cnide, tle de
la mer Egée, située prés de I'extrémité d'une
presquille de Carie, au Nord Quest de ile de
Rhodes.
Eudoxe entreprit le voyage d’Athenes pour
suivre les legons de Platon, qu'il quitta par la
suite. Aprés avoir enseigné & Cyzique sur la
Propontide (actuelle mer de Marmara), il revint &
‘Athénesavec de nombreux disciples pour éclipser
son ancien maitre Platon. II fit d’assez nombreux
voyages, au cours desquels il effectua ses
observations de levers et de couchers d’étoiles,
qui serviront a dresser sa sphere céleste (sphére
d'Eudoxe). Malheureusement les ouvrages
composés par Eudoxe et notamment la
«Description de la Terre», cles Phénomanes» et
ale Miroir» ont ét6 perdus. Nous connaissons le
contenu des «Phénomanes» et du «Miroir» parle
poémedAratus, qui florissait vers le milieu du 3e
siécle avant J.C. Ce povme est intitulé «les
Phénomenes» et «les Signes ou Pronostics». C’est
une paraphrase en vers des deux ouvrages perdus
d'Eudoxe, consistant essentiellement en une
description duciel. Delambre danssonastronomie
ancienne y consacre 14 pages.
D’aprés Pline, Eudoxeaurait rapporté d’Egypte
année de 368 jours 1/4, soit le cycle de 4 années
de 365 jours et une de 366. Ce cycle commencait
aun solstice d’été qu’ll avait observé et que l'on
a pu situer au 13 juillet 381 avant J.C.
D’aprés Archimade il donnait au Soleil un
diamétre réel 9 fois plus grand que celui de la
Lune (voir le chapitre suivant & Aristarque de
Samos).
Selon Vitruve (1e siecle avant J.C.) on attribue
8 Eudoxe le cadran solaire horizontal pourvu de
courbes pourlire I'heureetla date. Cecadrana été
appelé «araignéen & cause du réseau compliqué
de lignes qui y était tracé. Par confusion avec
Varaignée de l'astrolabe, certains auteurs ont vu
en Eudoxe le pere de l'astrolabe, ce qui parait
actuellement trés peu vraisemblable. Excellent
géométre, Eudoxe a vraisemblablementeu I’idée
de la projection stéréographique dont dérive
lastrolabe, Eudoxe a en outre clairement montré
ses contemporain la différence entre la science
astronomiqueet!'astrologie, pourlaquelleil avait
un profond mépris.
Louvre d'Eudoxe est immense ; nous la
diviserons en 4 parties
«La sphere d’Eudoxen. 4.1
Le parapegme d’Eudoxe et sa réforme du
calendrier. 4.2
Lloeuvre géographique d’Eudoxe. 4.3
Le systéme des spheres homocentriques
d'Eudoxe. 4.4
Nous étudierons ensuite les modifications
apportées au systéme d'Eudoxe par Callippe et
par Aristote. 4.5 et 4.6
Nous terminerons ce chapitre en évoquantle réle
joué par Euclide en astronomie. 4.7
4.1 La sphere d’Eudoxe
Nous ne savons rien des dimensions de cette
sphere, qui était un globe céleste, mais «le
commentairesur Aratus» d'Hipparquenousdonne
quelques renseignements a son sujet. Sur cette
sphere céleste devaient étre tracés l'équateur, les
deux tropiques et «les cercles arctiques» en
donnant au mot arctique le sens que nous avons:
indiqué en 3.31 ; c’étaient donc les plus grands
cercles de visibilité et de non visibilité des étoiles
pour une latitude donnée. Parmi les cercles ho-
raires sont cités les colures, mais non le méridien
qu'Euclide sera le premier @ nommer expressé-
ment. Le nom d’écliptique pour désigner la tra-
jectoire du Soleil n’existait pas encore au temps
d’Eudoxe ; on parlait de «cercle médian» ou de
«cercle du Soleil» ou méme de «cercle oblique»
{parrapporta équateur). Cen’estqu’au 4e siecle
aprés J.C. que Macrobe désignera la trajectoire
du Soleil par «écliptiquen, parce que les éclipses:
de Soleil et de Lune ne pouvent avoir lieu que sur
Sa ee 29
Revue XYZ - N° 46 - 1991
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