Ecole Supérieur de Gestion, d’Informatique et de Comptabilité(ESGIC)
Licence 1/ 2023
Cours : Economie Générale
Programme d’Enseignement
Objectif :
- Faire acquérir les notions et concepts permettant à l’étudiant d’analyser et de comprendre les mécanismes de fonctionnement de
l’économie nationale, le comportement de ses agents et leurs opérations économiques essentielles ;
- Pouvoir appréhender l’environnement économique national et international.
Contenu :
Chapitre 1 : Introduction à la Science économique
Chapitre 2 : les Grands Courants de la pensée économique
Chapitre 3 : Présentation de l’activité économique : le circuit économique
Chapitre 4 : La monnaie et le financement de l’économie
CHAPITRE 1 : INTRODUCTION A LA SCIENCE ECONOMIQUE
INTRODUCTION
L’économie a germé dans la philosophie car les premiers travaux relatifs aux questions de la production marchande et de la monnaie ont été
l’œuvre des philosophes grecques dont les plus célèbres étaient : Aristote, Platon, Sophistes, Xénophon, etc.
Le mot économie provient de deux notions grecques : "Oïkos" et "Nomos" qui signifient respectivement maison et ordre d’où l’économie est
une activité qui consiste à mettre de l’ordre dans la maison (cité) ou l’art de bien administrer une maison ; plus tard elle est devenue une action
qui consiste à respecter les lois (règles) dans les ménages.
Le premier penseur a utilisé le terme "économie" est Aristote, pour lui c’est la science de l’activité en famille.
A la suite des philosophes, les questions économiques ont été la préoccupation des religieux au moyen âge ; les théologiens les plus célèbres de
cette époque étaient : Saint Augustin (3è siècle), Saint Thomas d’Aquin (12è siècle).
Du XVè au XVIIIè siècle, l’objet de l’économie s’est considérablement enrichi avec l’intervention des marchands (Courant Mercantiliste) ;
ceux-ci vont élaborer une nouvelle discipline intitulée économie politique avec Antoine de Montchrestien (1616-1617).
Définition de l’économie politique
Elle étudie les rapports sociaux de production ainsi que le caractère des forces productives correspondantes et les lois économiques qui régissent
la société.
Définition de la politique économique
Elle est un art, une manière ou la stratégie qui consiste à se fixer des objectifs et se donner les moyens nécessaires permettant de les atteindre.
Au XVIIIè siècle, l’économie a été transformée en "sciences économiques" par les classiques anglais dont les plus célèbres sont : Adam Smith,
David Ricardo, Thomas Robert, Malthus, etc.
1.1. Qu’est-ce que la Science économique ?
La science économique est une science sociale puisqu’elle étudie le comportement des individus au sein de la société. Le constat de départ de
l’analyse économique est que les hommes éprouvent des besoins illimités mais, hélas, les ressources dont ils disposent pour les
satisfaire n’existent qu’en nombre limité (d’où le phénomène de rareté).
➢ OBJET DE L’ECONOMIE
L’activité économique a pour fin de satisfaire les besoins humains illimités grâce à la livraison des biens économiques obtenus à partir des
ressources rares.
Les biens économiques comprennent les biens naturels rares (or, pétrole, etc.) et des produits (biens) transformés par les hommes (produits
manufacturés).
Partant des buts, nous pouvons dire que l’économie étudie comment les hommes en société choisissent les richesses à créer, répartissent et
consomment les biens produits pour satisfaire leurs besoins.
Retenons la définition de Malinvaud qui résume ce qu’est l’économie : "L’économie est la science qui étudie comment les ressources rares sont
employées pour la satisfaction des besoins des hommes vivant en société, elle s’intéresse d’une part aux opérations essentielles que sont : la
production, la répartition et la consommation des biens, d’autre part aux institutions et aux activités ayant pour but de faciliter ces opérations".
La science économique se donne pour objectif d’analyser les choix imposés par la rareté, et cela en répondant aux trois questions suivantes :
Quels biens produire ? Comment les produire ? Pour qui les produire ? L’objet de la science économique est donc d’étudier et orienter l’activité
économique en vue de satisfaire les besoins des hommes vivant en société.
➢ DOMAINE D’ACTIVITE
L’analyse des phénomènes économiques peut se faire à différents niveaux : microéconomique et macroéconomique.
1. Au niveau d’un agent économique : C’est la microéconomie.
Elle étudie le comportement individuel des agents économiques tels que le consommateur, le producteur ainsi que le caractère du marché.
2. Au niveau d’un pays : C’est la macroéconomie
Elle étudie le comportement collectif des agents économiques à travers les grandeurs globales telles que les agrégats (outils de mesure) de la
comptabilité nationale (PIB, Taux de chômage, PNB, Taux d’inflation, etc.).
● La mésoéconomie : définie comme l’intermédiaire entre la microéconomie été la macroéconomie.
➢ Définitions de la Science économique :
La science économique est la science de l’administration des ressources rares. Elle étudie les formes que prend le comportement humain
dans l’aménagement de ces ressources ; elle analyse et explique les modalités selon lesquelles un individu ou une société affecte des
moyens limités à la satisfaction de besoins nombreux et illimités » (R. Barre).
1.2. Problématique de la rareté :
➢ Notion de besoin :
Un besoin est une sensation d’insatisfaction et de privatisation. Le besoin est le désir de la possession d’un bien, pour palier à un sentiment de
manque. Un besoin se définit généralement comme un sentiment de manque de ce qui est nécessaire.
Au sens économique, On appelle besoin, toute sensation de manque qu'un individu cherche à combler et dont la satisfaction se fait par la
consommation d'un bien ou d'un service. Les besoins varient en fonction de la culture et du niveau de développement. Ils sont par nature
illimités, une fois l’un d’eux satisfait, il en apparaît de nouveaux. Ainsi, nous distinguons
a. les besoins primaires (ou vitaux) c’est-à-dire primordiaux pour notre survie: manger, boire, se loger, se soigner...
b. les besoins secondaires (de civilisation ou d’ordre culturel) : ils concernent le confort, une certaine qualité de vie…et participent à notre
socialisation : avoir un ordinateur, se divertir, se cultiver, sortir (cinéma, musée, restaurant), pratiquer du tennis, ou lire un livre. Sans besoin, il n
y a aucun sens à l’activité économique. L’activité économique a pour objet la satisfaction des besoins des hommes. Le besoin est une notion
relative qui varie selon:
- Le temps: les besoins évoluent en fonction du degré de développement économique et social ; l’évolution des mentalités et de l’innovation
technologique ; les phénomènes de mode...
- L’espace: les besoins diffèrent selon (les croyances ; la catégorie socioprofessionnelle ; le lieu d’habitation…).
➢ Notions de biens et de services
Les biens sont les moyens qui permettent de satisfaire les besoins. Il existe des biens naturels (ou biens libres) et des biens économiques (non
naturel).Les biens peuvent être classés selon leur destination (bien de consommation ; bien de production ou d’investissement), selon leur
nature (bien matériels et immatériels ; bien durables et non durables) ou encore selon les relations existantes entre les biens (Bien
substituables; complémentaires ou indépendants).par ailleurs, on peut également faire distinction entre Bien marchands et non marchands.
Les biens sont les moyens qui permettent de satisfaire les besoins. Il existe des biens naturels (ou biens libres) et des biens économiques (non
naturel).
- Les biens libres : sont des produits issus de la nature et non d'une activité humaine. Ils sont théoriquement en quantité illimitée. Ex : l'air,
lumière…
- Les biens économiques : sont nés de l'activité humaine et transformés tout au long du processus productif. Ils sont utiles et rares.
Un bien est dit économique s’il répond aux trois caractéristiques suivantes : l’utilité (ou l’aptitude à satisfaire un besoin), la disponibilité
(accessibilité), la rareté (disponible en quantité limitée). On distingue :
- biens non durables : les biens non durables sont détruits dès la première utilisation (carburant, nourriture…)
- biens semi-durables : ils servent plusieurs fois et ont une durée de vie moyenne (une paire de chaussures, un pantalon, un crayon...).
- biens durables : les biens durables sont détruits progressivement et ont une durée de vie assez longue (voitures, réfrigérateur…
1.3. Problèmes économiques
➢ La croissance :
La croissance économique est l’augmentation soutenue, sur une longue période, de la production d’un pays.
➢ L’inflation :
L’inflation peut être définie comme l’augmentation du niveau moyen des prix ou la diminution de la valeur de la monnaie. En général, l’inflation
est « une hausse soutenue du niveau moyen des prix des biens et des services »
➢ Le chômage :
Le chômage est l'état d'une personne qui n'a pas d'emploi mais souhaite travailler et recherche un emploi.
Chapitre 2 : les Grands Courants de la pensée économique
I. Le Mercantilisme
Il valorise le commerce et l’accumulation de richesses (l’or est le nerf de la guerre). La puissance des Etats suppose donc que les rois accumulent
le plus d’or possible. Les moyens pour obtenir ce résultat varient d’un auteur à l’autre.
En France J.Bodin estime qu’il faut exporter des produits élaborés pour accroitre les réserves d’or mais interdire l’exportation des produits de
première nécessité et limiter les importations. Colbert favorise la constitution de manufactures royales dynamiques en vue de stimuler les
exportations.
- Le mercantilisme ibérique :
On peut définir cette forme de mercantilisme par le fait que le rôle de l’Etat est d’obtenir les plus grandes réserves d’or possible. On parle de
bullionisme également dans le cas présent. On peut citer les noms d’ORTIZ et de SIERRA comme chefs de file de ce courant.
- Le mercantilisme français :
Ce mercantilisme a connu deux versions : l’agrarianisme considère que l’agriculture est le moyen de se procurer les richesses (OLIVIER DE
SERRE), et l’autre version, l’industrialisme colbertisme s’appuie sur les manufactures et le commerce (BODIN,DE MONTCHRESTIEN…)
Le colbertisme implique de faciliter la circulation des matières premières notamment en favorisant les importations. Avec les matières premières,
les manufactures vont les transformer en marchandises qu’il conviendra d’en favoriser ultérieurement les exportations.
- Le mercantilisme anglais et hollandais :
Cette forme accorde une attention particulière au commerce, il insiste beaucoup plus que tous les autres sur l’abondance de monnaie comme
facteur de la croissance des activités et le rôle des manipulations de la parité de la monnaie pour équilibrer la balance commerciale et réduire
l’endettement externe.
II. Les Physiocrates : F. Quesnay est le représentant le plus connu du courant physiocrate(1694-1774). Son ouvrage Tableau
économique (1758) donne une analyse globale du fonctionnement de l’économie sous forme d’un circuit économique qui préfigure la logique
de nos actuelles comptabilités nationales, mais en donnant une place très particulière à l’agriculture qui seule serait créatrice de richesses.
Turgot tenta, quand il fut contrôleur des finances, d’appliquer les idées des physiocrates (liberté du commerce du grain, suppression des
corporations).
- L’existence de lois naturelles
Etymologiquement physiocratie signifie gouvernement de la nature. Cet ordre naturel repose sur le sacro-saint principe de la propriété privée.
- L’existence de classes sociales
Trois classes sont à distinguer :
a- La classe productive : celle des agriculteurs car seule l’agriculture est considérée comme productive ;elle seule peut fournir un surplus, un
produit net.
b- La classe des propriétaires fonciers chargés d’effectuer les avances qu’ils récupèrent au terme du processus de création des richesses,
c- La classe stérile comprend toutes les autres catégories sociales (artisans, commerçants, magistrats, policiers, militaires…)qui ne font que
transformer des produits existants.
d- La nécessité de la liberté
C’est le corollaire de la propriété privée. En cela les physiocrates s’opposent à la pensée mercantiliste et annoncent l’école classique. L’aspiration
à la liberté s’explique d’ailleurs par l’évolution économique et sociale : les réglementations économiques et sociales, nombreuses sous l’ancien
régime sont de plus en plus ressenties comme des entraves insupportables par la bourgeoisie marchande et industrielle qui juge désormais
gênantes les interventions de l’Etat et le système des corporations.
III. L’Ecole classique :
a- Adam Smith (1723-1790)
Il affirme que c’est le travail qui est la source des richesses et non le stock d’or ou la terre, car le travail transforme des biens intermédiaires et en
augmente la valeur.
La division du travail accroit l’efficacité de la main d’ouvre, mais il faut toutefois une accumulation suffisante de capital pour augmenter la
productivité du travail, le marché ne doit pas être trop restreint pour pouvoir écouler la production et il faut une monnaie pour assurer les
transactions (mais celle-ci n’est qu’un voile).
b- David Ricardo (1772-1823)
Il analyse la répartition des revenus entre salariés, propriétaires fonciers et détenteurs de capital. Il démontre la baisse tendancielle du taux de
profit qui finit par décourager les détenteurs de capital à investir. Les hypothèses suivantes sont retenues :
- La valeur des marchandises intègre le travail immédiatement appliqué à leur production et le travail nécessaire à la production d’outils, de
machines et de bâtiments.
- Les salaires doivent permettre aux salariés de subsister, ils correspondent aux prix des denrées de première nécessité, qui dépendent de la
quantité de travail qui y est incorporée.
- Les hommes commencent par cultiver les terres les plus fertiles, mais au fur à mesure que la population augmente, des terres moins
fertiles doivent être exploitées. Alors, il faut plus de travail pour produire du blé sur les terres les moins fertiles et celui-ci est donc plus
cher.
Un remède : le libre-échange qui permet d’importer des produits de première nécessité moins chers que ceux produits sur le territoire national.
C- Jean-Baptiste SAY (1767-1832)
Dans sa loi des débouchés, SAY affirme que l’offre crée la demande. L’entrepreneur distribue des revenus équivalents à la valeur des produits
fabriqués. Ces revenus sont échangés contre d’autres biens. Si certains produits ne sont pas écoulés, c’est qu’ils ne correspondent pas aux besoins
et les entrepreneurs réajustent leur production.
D-La théorie de MARX
Marx reprend l’analyse de Ricardo et démontre que le profit a tendance à baisser : pour améliorer son profit, l’entrepreneur se dote
d’équipements toujours plus couteux qui intègrent les derniers progrès techniques, ainsi il fait moins appel à la force de travail.
‘4- l’Ecole Néoclassique
3 grands représentants de cette école : Léon Walras (1834-1910),Stanley Jevons (1835-1882) et Karl Menger (1840-1921)
Comme les classiques, les néoclassiques sont attachés à la propriété privée et à l’individualisme libéral.
La valeur d’un bien dépend de son utilité, de sa rareté.
Pour tout individu détenant une certaine quantité d’un bien, toute acquisition d’une unité supplémentaire de ce même bien lui procurera moins de
satisfaction que la dernière unité acquise : on dit que l’utilité marginale de ce bien diminue. C’est cette utilité marginale qui fonde le
comportement du consommateur : il choisit le bien qui a l’utilité marginale la plus élevée.
5- La théorie de Keynes :
John Maynard KEYNES (1883-1946) conteste la notion d’équilibre général développée par néoclassiques. Un déséquilibre peut apparaitre sur le
marché du travail. Les travailleurs acceptent de travailler pour un salaire donné et ils refusent des baisses de salaires nominaux qui pourraient
rééquilibrer le marché. Comment assurer le plein emploi ? en agissant sur le budget de l’Etat et l’offre de monnaie.
IV. Les Systèmes économiques et leur évolution
1- Le Système Capitaliste
Pas de capitalisme sans système financier. L’apport de capital est indispensable pour produire, il faut acheter des équipements, des produits
intermédiaires, payer les salariés. Ces facteurs de production sont rassemblés dans des entreprises d’où le capitalisme est une économie
d’entreprises.
Le capital financier est détenu par un individu ou un groupe d’individus. Autrement -dit, le capital financier se trouve entre les mains de
propriétaires privés. La mobilisation du capital financier doit entrainer la réalisation de profit, donc une plus grande accumulation de capital est la
logique d’un système capitaliste.
Enfin, le capitalisme ne peut pas fonctionner sans un grand marché : la division du travail, la production à grande échelle nécessitent l’existence
d’un vaste marché destiné à écouler la production.
2- Le Système Socialiste
Le système socialiste classique, c’est d’abord une structure politique, le monopole exclusif d’un parti idéologique. Des bureaucrates du parti
fixent dans le cadre d’une planification impérative le niveau de production, les prix, les salaires, le but recherché étant le développement rapide
de l’économie grâce à l’investissement… Dans l’économie soviétique, il s’agissait également de construire un potentiel militaire. Les moyens de
production appartiennent à la collectivité : à des coopératives agricoles, de production, à des entreprises d’Etat.
L’égalité de traitement est assurée à tout citoyen ainsi qu’une protection sociale à vie : emploi, rémunération, assurance maladie.
Ce système a été inauguré en URSS à partir de 1917,puis a été appliqué dans les pays d’Europe centrale et de l’Est après la seconde Guerre
mondiale (ils ont constitué les pays du bloc de l’Est),en chine après 1949,puis en Corée du Nord, au Vietnam, près des USA à CUBA, en Afrique
…
Conclusion :
Une seule vague de réformes est déclenchée à partir de 1990 : libération des prix et des échanges, privatisations des entreprises d’Etat, nouveau
régime fiscal, nouveau système juridique, nouveau système financier. Mais il faut des années pour mettre en place des institutions de soutien aux
marchés comme les systèmes juridiques et Financiers.
CAPITRE 3 : PRESENTATION DE L’ACTIVITE ECONOMIQUE : LE CIRCUIT ECONOMIQUE
I. Les Agents économiques
L’économie nationale est constituée par les décisions et les actions des millions d’agents économiques individuels qui la composent. Par
définition, un agent économique (ou unité institutionnelle selon la comptabilité nationale) est un centre de décision économique indépendant.
Les unités institutionnelles sont regroupées en secteurs institutionnels. Un secteur institutionnel est un ensemble d’unités institutionnelles qui ont
un comportement économique analogue, c’est –à –dire la même fonction économique principale et les mêmes ressources principales.
La comptabilité nationale distingue Cinq secteurs institutionnels résidents (Les sociétés financières, les sociétés non financières, les
administrations publiques, les institutions sans but lucratif au service des ménages ou ISBLSM, les ménages) et un secteur institutionnel non
résident (le reste du monde ou l’extérieur).
En simplifiant, on peut regrouper les agents économiques en quatre grandes catégories :
1.1. Les ménages (y compris les entrepreneurs individuels)
Il s’agit de toutes les personnes physiques ou tous les groupes d’individus vivant en communauté et offrant aux autres agents leurs temps de
travail et leurs capitaux disponibles. Grâce à la rémunération de leur travail et de leur capital, les ménages constituent un revenu qu’ils peuvent
affecter à la demande de biens de consommation ou à l’épargne. Leur fonction économique principale est la consommation de biens et de
services, et leur ressource économique principale provient de la rémunération des facteurs de production (travail, capital) ou des produits de la
vente des biens et services marchands non financiers (pour les entrepreneurs individuels).
1.2. Les entreprises (sociétés financières et sociétés non financières)
Elles produisent (ou encore offrent) des biens et services marchands (c’est – à dire vendus sur des marchés). Pour produire, les entreprises
utilisent (demandent) des facteurs de production
(travail, outil, machines, etc.). Leur fonction économique principale est la production de biens et services à but lucratif, et leur ressource
économique principale provient du résultat de leurs ventes.
1.3. Les Administrations
Elles produisent des services non marchands destinés aux autres unités institutionnels : il peut s’agir de services publics (police, justice, défense
nationale, éducation et santé publiques, éclairage public, infrastructures routières et portuaires, etc.) ou de services privés (syndicats,
associations, clubs, etc.). Leur fonction économique principale est la production de services non marchands, c’est –à-dire à but non lucratif.
Leur ressource économique principale provient des prélèvements publics obligatoires (impôts et cotisations sociales).
1.4. Le reste du monde (ou l’extérieur)
Agent fictif, il ne rend compte de l’activité des unités non résidentes que dans la mesure où celles –ci sont en relation avec des unités résidentes,
notamment au niveau des importations et des exportations.
II. Les opérations économiques :
➢ Les opérations sur biens et services:
C’est la valeur de tous les échanges de biens et services opérés par l’économie nationale avec le reste du monde (l’extérieur). Les importations
sont les biens et services fournis par les agents non-résidents à des agents résidents. Les exportations sont les B & S fournis par les agents
résidents à des agents non-résidents.
➢ Les opérations de répartition:
Ce sont les opérations de distribution et de redistribution du revenu issu de la production et du patrimoine ainsi que les flux de revenu et
de transfert en capital avec le reste du monde…
➢ Les opérations financières:
Purement financières, par oppositions aux autres opérations, ce sont des opérations relatives à la création, la collecte et la circulation des
moyens de paiement. (Monnaie, épargne, crédit, intérêt, primes pour les assurances…).
III. Les marchés
Les agents économiques effectuent entre eux des transactions sur quatre(4) grands marchés :
➢ Le marché de biens et services
C’est celui ou se détermine la production nationale, la demande (par exemple la demande de biens de consommation).Il permet de déterminer le
niveau des prix et les quantités échangées.
➢ Le marché des facteurs de production :
Le marché du travail est le plus important. Il permet de déterminer le niveau des salaires, l’emploi et par différence le chômage.
➢ Le marché des capitaux :
(March2 monétaire, marché financier .Sur ce marché s’établit le niveau des taux d’intérêt.
➢ Le marché des changes :
Il permet l’échange de la monnaie nationale contre l’ensemble des devises et la détermination du taux de change, c’est-à-dire le nombre d’unité
de monnaie étrangère que l’on peut obtenir pour une unité de monnaie nationale.
Nous allons étudier, d’une manière volontairement simplifiée, les liaisons qui existent entre les agents économiques effectuant des transactions
sur les principaux marchés.
IV. La schématisation de l’activité économique nationale :
Les différents agents économiques entretiennent entre eux des opérations économiques représentées par des flux économiques. Les mouvements des flux
entre agents permettent de construire un circuit économique qui est une représentation de l’activité économique faisant apparaitre la circulation des biens et
services et de la monnaie entre eux.
➢ Une économie à deux agents
Les agents considérés sont les entreprises et les ménages. Deux hypothèses sont successivement traitées. Dans la première les ménages
consomment tout leur revenu. Dans la seconde ils constituent une épargne.
➢ Une économie à trois agents
L’état est le troisième acteur introduit dans le circuit économique..
● L’état prélève des impôts et taxes uniquement sur les ménages.
● L’état effectue deux types de dépenses :
CHAPITRE 4 : LA MONNAIE ET LE FINANCEMENT DE L’ECONOMIE
I. Intérêt et définition de la monnaie
➢ Limites du troc
En l'absence de monnaie, les échanges prenaient la forme de troc. Il fallait donc, pour chaque transaction, trouver un partenaire commercial qui
avait besoin de nos produits et dont nous voulions acquérir les siens. Par exemple, si un éleveur de poules voulait acquérir un mouton, il lui fallait
trouver un éleveur de moutons qui veuille acquérir des poules et s'entendre sur le nombre de poules qui représentait une valeur équivalente à celle
du mouton.
De tels procédés rendent les échanges longs et difficiles et ont dû, afin de favoriser et d'accompagner l'expansion des transactions, évoluer vers
un système plus pratique et rapide d'échange des biens. Le troc présente de gros inconvénients essentiellement liés à la lenteur des transactions.
➢ Définition de la monnaie :
La monnaie repose avant tout sur une convention : tout individu appartenant à une communauté économique l'accepte parce qu'il sait que les
autres l'accepteront à leur tour. Cette convention est de nos jours le plus souvent produite par une décision des pouvoirs publics ; on dit que la
monnaie a cours légal, ce qui signifie que les créanciers sont tenus de l'accepter en règlement de leurs créances. La monnaie est le seul bien
échangeable contre tous les autres biens. La monnaie se définit est tout moyen de paiement permettant de régler sans délai et définitivement une dette ou
un achat.
II. LES FONCTIONS ET LES FORMES DE LA MONNAIE
II.1. LES FONCTIONS DE LA MONNAIE
On retient généralement trois fonctions principales qui peuvent permettre de bien rendre compte de tous les impacts et enjeux de la monnaie
dans l'économie contemporaine.
➢ LA MONNAIE INSTRUMENT DE CHANGE
En tant qu'instrument de paiement, la monnaie permet de rendre les échanges faciles, rapides et transparents. Un instrument de paiement est un
signe monétaire (pièce, billet, chèque ... ) reconnu et accepté de manière stable dans une communauté économique qui permet d'acquérir des
biens ou des services ou de les vendre en contrepartie d'une certaine quantité de ce signe monétaire qui pourra être utilisé au cours d'une autre
transaction
➢ LA MONNAIE, UNITÉ DE COMPTE
On peut parler d'unité de compte car la monnaie permet d'exprimer de manière objective le montant des transactions mais aussi, et surtout, les
positions de créanciers ou de débiteurs que les agents économiques ont les uns vis-à-vis des autres.
➢ LA MONNAIE RÉSERVE DE VALEUR
La monnaie peut, en tant qu'unité de compte, permettre d'exprimer des positions de créances ou de dettes. Elle permet donc le stockage de la
valeur et la dissociation dans le temps entre le moment où cette valeur est créée par le travail et le moment où elle sera utilisée. La valeur retirée
du travail sous forme de signes monétaires peut être conservée; c'est le mécanisme de l'épargne. Inversement, certains agents peuvent acquérir de
la valeur qu'ils n'ont pas encore créée, c'est le mécanisme de l'emprunt et donc du crédit.
II.2. Les FORMES DE LA MONNAIE
Les sociétés humaines ont vu apparaître différentes formes de monnaie au fil du temps qui ont évolué au même rythme que leur organisation
économique. Ces rythmes d'évolution n'ont pas été les mêmes dans toutes les régions de la planète et ces évolutions n'ont pas été linéaires; ainsi
certaines formes de monnaie ont disparu à certaines époques pour réapparaître ultérieurement.
Évolution des formes de la monnaie Support et institution d'émission Commentaire
Monnaie marchandise Blé, riz, métal, bétail. .. Pour pallier l'inconvénient du troc.
Monnaie métaux
L'or et l'argent. Le problème de rareté de ces métaux va se poser.
Précieux
Monnaie papier et La valeur de la monnaie dépend de la confiance
Billets de banque et pièces.
monnaie métallique accordée aux autorités émettrices.
Montants portés sur les comptes à Dématérialisation de la monnaie 85 %
Monnaie scripturale
vue tenus dans les banques. de la monnaie aujourd'hui.
Cartes téléphoniques, C'est de la monnaie scripturale transformée en
Monnaie électronique
porte-monnaie électronique. monnaie électronique.
➢ DU TROC À LA MONNAIE MARCHANDISE
Pour éviter le problème de l'expression des prix en valeur relative, la plupart des sociétés ont rapidement choisi des biens qui servaient de
référence pour mesurer la valeur de tous les autres, on les qualifie de monnaie marchandise. Ces biens présentaient en général comme
caractéristiques d'être rares (et donc d'avoir une valeur intrinsèque) et divisibles afin de constituer une réserve de valeur crédible et permettant de
mesurer la valeur de tous les biens.
Par exemple des 9000 avant J.-C., on utilisait le bétail et le grain dans beaucoup de sociétés comme monnaie. En 1200 avant J.-C., les Chinois
ont commencé à utiliser les « Cauris », petits coquillages de la famille des porcelaines, comme monnaie; plus tard ce seront les outils et les armes
... Et on pourrait multiplier les exemples. Il existe encore des sociétés, comme certains peuples d'Asie centrale, qui utilisent encore les chevaux
ou des peaux d'animaux tannées pour régler leurs échanges.
➢ DE LA MONNAIE MARCHANDISE À LA MONNAIE MÉTAUX PRÉCIEUX
Il existe un type de marchandise qui répond parfaitement aux critères de rareté et de divisibilité, ce sont les métaux précieux, et parmi eux, plus
spécifiquement, l'or. Ils sont moulés en objets de tailles différentes qui tirent leur valeur du poids de métal qu'ils incorporent; ainsi une monnaie
comme la Livre, tire l'origine de son nom de la « livre ", unité de poids. On parlait à ce sujet de « monnaie pesée» qui évoluera vers la « monnaie
frappée» quand ce seront les souverains qui s'approprieront le monopole de la fabrication de ces objets, généralement à leur effigie, et qui en
garantiront le poids. Au départ, ces objets se présentaient en général sous forme de « galets »plats en or qui étaient les premières pièces de
monnaie. On les voit apparaître en Asie mineure dès le XIX siècle avant J.-C., puis s'étendre rapidement en Grèce, jusqu'en Chine, puis à Rome.
➢ DE LA MONNAIE METAUX PRECIEUX A LA MONNAIE PAPIER ET MÉTALLIQUE
Nous venons de voir que la monnaie métaux précieux, notamment lorsqu'elle prend la forme de pièces frappées par le souverain, posait un
certain nombre de questions. Parmi celles-ci, revenait souvent celle du cours. Le cours légal des pièces devait-il s'aligner sur le cours commercial
des métaux, leur valeur intrinsèque étant liée à leur contenu en métal précieux et variant donc en fonction du prix de celui-ci? Ou pouvait-il être
arbitraire, à la discrétion du souverain?
➢ LA MONNAIE FIDUCIAIRE ET LA MONNAIE DIVISIONNAIRE
L'adjectif « fiduciaire" vient du latin fiducia qui signifie confiance. La monnaie fiduciaire donc une « monnaie confiance" qui repose, ainsi que
nous l'indiquions précédemment, confiance accordée aux institutions et à l'économie.
La monnaie fiduciaire désigne les billets de banque qui sont émis par la Banque centrale c'est-à-dire la Banque centrale européenne pour l'euro
La monnaie divisionnaire désigne les pièces. C'est le système européen de banques centrales qui met en circulation les pièces en euros. Les
pièces sont également une forme de monnaie fiduciaire dans la mesure où leur valeur repose aussi sur la confiance. On les classe cependant à
part des billets.
➢ LA MONNAIE SCRIPTURALE
La monnaie scripturale est la monnaie écriture» Il s'agit d'écritures comptables que les banques portent au débit ou au crédit des comptes de
leurs clients et qui constituent une véritable monnaie qui peut circuler en temps réel dans les réseaux informatiques.
➢ Les écritures comptables en compte constituent donc la monnaie scripturale et les chèques, virements et cartes bancaires, des
moyens de mobiliser cette monnaie, et non de la monnaie en eux-mêmes.
Avec la monnaie scripturale, il y a dématérialisation de la monnaie.
La monnaie dématérialisée consiste en enregistrements comptables informatiques et circule par voie également informatique et surtout
par télécommunications. Il n'y a plus détention et circulation des signes monétaires physiques que sont les pièces et les billets.
La monnaie scripturale et immatérielle représente aujourd'hui plus de 85 % de la monnaie en circulation, les pièces et billets étant réservés aux
achats de faibles montants des ménages ... et aux activités occultes.
➢ LA MONNAIE ÉLECTRONIQUE
On confond souvent la monnaie électronique et les cartes bancaires. Ces dernières sont, nous venons de le voir, des moyens de mobiliser de la
monnaie scripturale, mais ne constituent pas de la monnaie en elles-mêmes. On les qualifie à tort de monnaie électronique car le support qu'elles
utilisent - carte magnétique ou à puce - est un support électronique.
III. Le financement de l’économie :
Le financement de l’économie désigne l’ensemble des modalités par lesquelles les agents économiques se procurent les fonds nécessaires à la
réalisation de leurs activités.
1. Financement direct ou indirect :
Un agent ayant des besoins de financement obtient des ressources directement auprès d'un autre agent économique sans passer par un
intermédiaire (émission d'actions, de titres de créances négociables...). Par contre, dans le cas d'un financement indirect, un agent économique
particulier (un intermédiaire financier) intervient en collectant les fonds des agents en excédent de financement et les prêtent aux agents ayant
des besoins de financement. On parle alors "d'intermédiation financière".
2. Financement interne (national) ou externe (étranger) :
Les agents économiques en situation de déficit de financement vont faire appel aux ressources disponibles auprès des autres agents
économiques nationaux en situation d’excédent de financement D’un point de vue macroéconomique, les ménages fournissent les ressources
nécessaires aux autres agents économiques nationaux. Si les capacités de financement d’une nation ne suffisent pas à satisfaire l’ensemble des
besoins de financement des agents économiques nationaux, ces derniers font appel à des capitaux provenant d’agents économiques étrangers.
IV. Les déterminants de la demande de monnaie
Keynes distingue trois déterminants de la demande de monnaie:
- Motif de transaction : échange de biens.
- Motif de précaution : incertitude, réserve pour faire face aux imprévus.
- Motif de spéculation : la demande de monnaie dépend du taux d’intérêt qui détermine le partage entre monnaie et placement.
Les deux premiers motifs sont sensibles à l’évolution de l’activité économique et au niveau du revenu. Tandis que le troisième motif réagit
aux variations du taux d’intérêt.
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