La présentation, la lisibilité, l’orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté et la précision des raisonnements entreront
pour une part importante dans l’appréciation des copies.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
Ils ne doivent faire usage d’aucun document; l’utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite.
Seule l’utilisation d’une règle graduée est autorisée.
² L’objet du problème est l’étude, dans certains cas, des sous-espaces stables par un endomorphisme d’un espace vectoriel.
² Dans tout le problème, on considère un entier naturel n non nul et on note E le R-espace vectoriel R n .
² On note 0 E le vecteur nul de E et IdE l’endomorphisme identité de E .
² On dira qu’un sous-espace vectoriel F de E est stable par un endomorphisme f de E (ou que f laisse stable F ) si
l’inclusion f (F ) ½ F est véri…ée.
² On note R [X] l’espace vectoriel des polynômes à coe¢cients réels et, pour tout entier naturel k, on note R k [X] le
sous-espace vectoriel formé par les éléments de R [X] qui sont de degré inférieur ou égal à k.
² Si f est un endomorphisme de E on pose
f 0 = IdE ; f 1 = f; f 2 = f ± f ; f 3 = f ± f ± f ; etc:
² Si f est un endomorphisme de E et si
n
X
P = ak X k
k=0
est un élément de R, on rappelle qu’on note P (f ) l’endomorphisme de E égal à
n
X
P (f ) = ak f k :
k=0
PARTIE 1
Préliminaires
Soit B une base de E : Soit f un endomorphisme de E de matrice A dans la base B .
1.
a) Montrer que si f et g sont deux endomorphismes qui commutent , le noyau , l’image et les sous espaces propres de g
sont stables par f .
b) Soit P un élément de R [X]. Montrer que le sous-espace vectoriel ker P (f ) est stable par f.
2.
a) Montrer que les droites de E stables par f sont exactement celles qui sont engendrées par un vecteur propre de
l’endomorphisme f .
b) Soit Á une forme linéaire non nulle de matrice L dans a base B . Montrer que H = Ker(Á) est stable par f si et
seulement si t L est un vecteur propre de t A .
b) On note B = (e1 ; e2 ; e3 ) la base canonique de R3 et on considère l’endomorphisme g de R 3 dont la matrice dans la
base B est 0 1
1 1 0
B = @ 0 1 1 A:
0 0 2
Déterminer (en donnant une base) tous les sous espaces stables de g .
3. Soit p un entier naturel non nul.
Pp
a) Si F 1; : : : ; F p sont p sous-espaces vectoriels de E stables par f , montrer qu’alors la somme k=1 F k est un sous-espace
vectoriel stable par f .
b) Si ¸ 1 ; : : : ; ¸p sont p valeurs propres de f et si n1 ; : : : ; np sont p entiers naturels, montrer qu’alors la somme
p
X
ker(f ¡ ¸ k IdE )n k
k= 1
est stable par f .
4.
a) Soit ¸ un réel. Véri…er que les sous-espaces vectoriels de E stables par un endomorphisme f sont exactement ceux
qui sont stables par l’endomorphisme f ¡ ¸IdE .
b) Quel lien y-a-t-il entre les sous-espaces vectoriels stables par un endomorphisme f et ceux qui sont stables par
l’endomorphisme f 2 ?
c) Quel lien y-a-t-il entre les sous-espaces vectoriels stables par un automorphisme f et ceux qui sont stables par
l’endomorphisme f ¡1 ?
d) Que dire d’un endomorphisme de E laissant stable tout sous-espace vectoriel de E?
e) Donner un exemple d’endomorphisme de R 2 ne laissant stable que le sous-espace vectoriel réduit au vecteur nul et
l’espace R 2 .
PARTIE 2
Le cas où l’endomorphisme est diagonalisable
Dans cette partie, on considère un endomorphisme f de E diagonalisable et on note ¸1 ; : : : ; ¸ p ses valeurs propres distinctes
et E1 ; : : : ; E p les sous-espaces propres correspondants.
1. Que dire des sous-espaces vectoriels de E stables par f si p = 1?
2. On suppose l’entier p au moins égal à 2. On considère un sous-espace vectoriel F de E stable par f et un élément x de
F.
Qp
a) Justi…er l’existence d’un unique élément (x1 ; x 2 ; : : : ; x p ) de k=1 E k véri…ant l’égalité:
p
X
x= xk:
k=1
Pp
b) Montrer que le vecteur k=2 (¸ k ¡ ¸1 )x k est élément de F .
c) Montrer que les vecteurs x1 ; : : : ; xp sont tous dans F .
3. Déduire de la questionPprécédente que les sous-espaces vectoriels de E stables par f sont exactement les sous-espaces
vectoriels de la forme pk=1 F k où, pour tout entier k véri…ant les inégalités 1 · k · p, Fk est un sous-espace vectoriel
de E k .
4. Montrer que l’endomorphisme induit par f sur l’un de ses sous-espaces vectoriels stables F est un endomorphisme
diagonalisable de F .
5. Donner une condition nécessaire et su¢sante portant sur les valeurs propres de f pour que E possède un nombre …ni de
sous-espaces vectoriels stables par f . Quel est alors ce nombre?
PARTIE 3
Le cas où l’endomorphisme est nilpotent d’ordre n
On note 0 l’endomorphisme nul de E et on considère un endomorphisme f de E nilpotent d’ordre n, c’est-à-dire véri…ant les
conditions:
fn = 0 et f n¡1 6= 0:
1. On note D l’endomorphisme de R n¡ 1 [X] qui à tout polynôme P associe son polynôme dérivé P 0 .
a) Véri…er que D n est nilpotent d’ordre n .
b) Véri…er que les sous-espaces vectoriels de R n¡ 1 [X] stables par D sont, en dehors du sous-espace vectoriel réduit au
polynôme nul, les n sous-espaces vectoriels suivants:
R 0 [X]; R1 [X]; : : : ; R n¡1 [X ]:
2.
a) Etablir qu’il existe une base B = (e1 ; e2 ; : : : ; en ) de E dans laquelle la matrice A de f est
0 1
0 1 0 ¢¢¢ 0
B .. .. . .. C
B . 0 . .. . C
B C
A = B ...
B .. C
B . 1 0 CC
B . C
@ .. 0 1 A
0 ¢¢¢ ¢¢ ¢ ¢¢¢ 0
2
A est donc la matrice dont le coe¢cient de la ligne i et de la colonne j (1 · i · n; 1 · j · n) vaut 1 si j = i + 1 et 0
sinon.
b) Montrer que la matrice A est semblable à la matrice B suivante
0 1
0 1 0 ¢ ¢¢ 0
B .. .. .. C
B . 0 2 . . C
B C
B = B ...
B .. .. C
B . . 0 CC
B . C
@ .. 0 n¡1 A
0 ¢¢¢ ¢¢¢ ¢ ¢¢ 0
B est donc la matrice dont le coe¢cient de la ligne i et de la colonne j (1 · i · n; 1 · j · n) vaut i si j = i + 1 et 0
sinon.
c) Déterminer (en donnant une base) les sous-espaces vectoriels de E stables par f .
PARTIE 4
Le cas où l’endomorphisme est nilpotent d’ordre 2
Dans cette partie on considère un endomorphisme f de E nilpotent d’ordre 2, c’est à dire un endomorphisme non nul de E
tel que f ± f est l’endomorphisme nul.
1. On considère un sous-espace vectoriel F2 de E véri…ant
F2 \ ker f = f0 E g:
a) Justi…er l’inclusion:
f (F2 ) ½ ker f :
b) On considère de plus un sous-espace vectoriel F1 de ker f contenant f (F 2 ). Montrer que la somme F 1 + F2 est directe
et que c’est un sous-espace vectoriel de E stable par f .
c) Étant donné A; B; C trois sous-espaces vectoriels de E , établir l’inclusion:
(A \ C) + (B \ C ) ½ (A + B) \ C:
A-t-on nécessairement l’égalité?
d) Déterminer l’intersection
(F 1 + F2 ) \ ker f:
2. Réciproquement on considère un sous-espace vectoriel F de E stable par f . On pose F 1 = F \ ker f et on considère un
sous-espace vectoriel F2 supplémentaire de F 1 dans F .
Véri…er l’inclusion f (F ) ½ F 1 .
3. Dans cette question, on suppose que l’entier n est égal à 4 (i.e. E = R 4 ) et on considère l’endomorphisme h de E
dont la matrice dans la base canonique B = (e 1 ; e2 ; e3 ; e4 ) de R 4 est la matrice M suivante
0 1
1 1 0 0
B 0 1 0 0 C
M =B @ 0 0 2 1 A
C
0 0 0 2
a) Véri…er que les sous-espaces vectoriels
G 1 = ker(h ¡ Id)2 et G2 = ker(h ¡ 2I) 2
sont supplémentaires.
b) Montrer que les sous-espaces vectoriels stables par h sont exactement les sommes H1 + H2 où H1 (resp. H2 ) est un
sous-espace vectoriel de G1 (resp. G2 .) stable par h.
c) Déterminer (en donnant une base) les sous-espaces vectoriels de E stables par h.
PARTIE 5
Existence d’un plan stable par un endomorphisme
3
Soit f un endomorphisme non nul de E .On supposera n ¸ 2:
1. a) Justi…er l’existence d’un polynôme non nul à coe¢cients réels annulant f .
b) En déduire l’existence d’un unique polynôme non nul unitaire (coe¢cient dominant égal à 1) à coe¢cients réels de
plus bas degré annulant f .Ce polynôme est noté M :
c) que peut-on dire de f si M est un polynôme de degré 1:
2. Montrer que ¸ est valeur propre de f si et seulement si ¸ est racine de M :
3. Dans cette question, on suppose que le polynôme M est divisible par un polynôme du second degré à coe¢cients réels
noté X 2 + bX + c avec b 2 ¡ 4c < 0
a) Montrer que l’endomorphisme f 2 + bf + cIdE n’est pas injectif.
b) En déduire qu’il existe un plan de E stable par f .
4. Dans cette question, on suppose qu’il existe un réel ¸ et un entier p au moins égal à 2 véri…ant l’égalité: M = (X ¡ ¸)p
. On pose g = f ¡ ¸IdE :
a) Montrer qu’il existe un vecteur x de E tel que la famille
¡ ¢
x; g(x); : : : ; g p¡ 1 (x)
est libre.
b) En déduire qu’il existe un plan de E stable par f .
5. Montrer que, dans tous les cas, il existe un plan de E stable par f .
6. On note B = (e 1 ; e 2 ; e3 ; e4 ) la base canonique de R 4 et on considère l’endomorphisme g de R4 dont la matrice dans la
base B est 0 1
0 1 0 0
B 0 0 1 0 C
A=B @ 0
C
0 0 1 A
¡1 0 0 0
a) Calculer A4
b) Déterminer le polynôme M associé .
c) Calculer un plan stable par g:(En donner un base)