Prévisions et Programmation Linéaire
Prévisions et Programmation Linéaire
Introduction
Cette approche est fondée sur l’hypothèse que le passé sera reconduit dans le
futur. Elle consiste donc à projeter dans le futur les données historiques.
Il s’agit de :
- lisser ou niveler les variations aléatoires des expériences passées (calcul de
moyennes), ou
- cerner des tendances et les extrapoler dans le futur (analyse de la
tendance).
Les approches mentionnées plus haut (1.1) sont basées sur l’évolution temporelle
des actions de l’entreprise. Par contre, les prévisions associatives utilisent une ou
plusieurs variables pouvant servir à prévoir la demande future, autre que le
temps. Dans le modèle de prévisions associatives, on a recourt à des variables
causales (explicatives) pour prévoir la demande future.
Cette approche est fondée sur le jugement et utilise des données subjectives
comme les enquêtes auprès des consommateurs, la perception et l’avis du
personnel, des managers, des cadres, etc..
�é��� ����é�
Pi+1 = � ������
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�
�=1 ��
Pn+1 = �
où
i = période
n = nombre de périodes (les points de données) de la moyenne mobile, appelé la
base
Ri = valeur réelle de la période i passée
Pn+1 = prévision de la prochaine période
Reprenons l’exemple et calculons la moyenne mobile sur 3 mois et la moyenne
mobile sur 4 mois.
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1- la prévision obtenue avec la moyenne mobile calculée sur 3 mois révèle une
erreur moyenne inférieure à la moyenne mobile calculée sur 4 mois. On
choisira donc la MM3.
3- plus la moyenne mobile est fondée sur une longue période plus les
prévisions feront tarder la réaction mais le risque d’erreur due à
l’interférence (hasard ou fait exceptionnel) est petit. En revanche, plus la
période est courte, plus la réaction est rapide mais le risque d’erreur due à
l’interférence est grand. Le manager se posera la question suivante : doit-
on privilégier la réaction rapide ou bien éviter les interférences ? La
réponse dépend de la situation et des risques associés.
Supposons, par exemple, que les ventes des trois mois précédents aient été
respectivement de 50, 50 et 100 unités. A l’aide d’une moyenne mobile
calculée sur trois mois, la prévision pour le quatrième mois serait de
(50+50+100)/3, soit 66.67 unités, alors que si on se servait d’une moyenne
mobile calculée sur deux mois, on laisserait de côté le mois le plus éloigné
dans le temps. La prévision pour le quatrième mois serait ainsi de
(50+100)/2, soit 75 unités.
Supposons que la vente de 100 unités, au cours du troisième mois, reflète
une autre situation et qu’on puisse dorénavant espérer des ventes d’une
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centaine d’unités par mois. Il est alors évident que la moyenne calculée sur
deux mois serait préférable, car celle-ci permettrait de réagir plus vite à
cette autre situation. Par contre, si les résultats du troisième mois ne
reposaient que sur le hasard ou un fait exceptionnel (une interférence),
alors la prévision calculée sur trois mois, en permettant une réaction plus
lente, permettrait de diminuer le risque d’erreur causé par cette
interférence et d’éviter de grossir les prévisions inutilement.
Tableau 4. Moyenne pondérée mobile calculée sur 3 mois, Erreur totale et erreur
moyenne
Une technique plus rapide consiste à faire un lissage exponentiel. Elle tient à la
fois de la méthode de la moyenne mobile et de celle de la moyenne pondérée
(Stevenson et Benedetti, 2011).
Nous venons de voir que dans le cas de la moyenne mobile, on utilise un nombre
fixe n de périodes et on donne la même importance à chacune de ces périodes, soit
un coefficient de pondération égal à 1/n. Par contre, pour la moyenne pondérée,
on pondère différemment les activités selon leur importance.
Le lissage exponentiel est une méthode basée sur la sommation de la prévision
précédente et un pourcentage de l’erreur de prévision (α). α étant un facteur de
pondération dont la valeur se situe toujours entre 0 et 1. Plus la valeur de α est
proche de zéro, plus la prévision s’ajustera lentement aux erreurs de prévision
(risque minime d’interférence, plus le lissage sera grand). Inversement, plus α est
grand, plus la réaction serait rapide, plus une interférence risque d’impacter les
prévisions et plus le lissage serait petit.
Avec :
Pi = les prévisions de la période i
Ri = les activités réelles (effectives) de la période i
Prenons notre exemple en supposant que nous avons une prévision de 120 en
janvier 2020 et que notre α est établi à 0.4. On aura les prévisions suivantes.
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Remarque : Comme c’est le cas pour les autres techniques étudiées dans ce cours,
pour arriver à un facteur de pondération α idéal, il faut faire plusieurs tentatives
et prendre celle qui minimise l’erreur moyenne.
Selon Stevenson et Benedetti (2011), les techniques fondées sur les moyennes
(simples, mobiles, pondérées ou lissées) ne tiennent pas compte de la tendance
qui peut influencer les activités de l’entreprise. On établira ainsi une relation
entre l’évolution des activités (ventes) et l’évolution du temps. L’analyse de la
tendance consiste à élaborer une équation qui décrira de manière appropriée la
tendance qui peut être linéaire ou pas (parabolique, exponentielle, croissance,
etc.). Dans le cadre de ce cours, nous nous focalisons seulement sur la tendance
linéaire.
On s’attachera à calculer les paramètres de la droite y = a x +b où y représente
les ventes et x représente le temps (mois par exemple) selon un ordre numérique.
Les facteurs a et b représentent respectivement la pente et l’origine de la droite.
(� ��)−( � �) ��−� � �
a = � �2 −( �)2
= �2 − � �2
( �2 �)−( � ��)
b= (� �2 )−( �)2
=�− ��
x y xy x2 y2
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a = 8 et b = 105.33
y = 8 x + 105.33
x y y’ |y-y’| |y-y’|/y
1 110 113.33 3.33 0.03
2 130 121.33 8.67 0.067
3 120 129.33 9.33 0.078
4 150 137.33 12.67 0.084
5 130 145.33 15.33 0.118
6 160 153.33 6.67 0.042
7 163.33 0.419
Dans le cadre de cette méthode, selon carrier (1997), on calcule le plus souvent
l’erreur en pourcentage. On fait ensuite la moyenne de ces pourcentages.
Pour calculer l’erreur moyenne, on appliquera la formule suivante :
|�−�' |
������� �� %
Erreur relative moyenne = ������ �� �������� =
�
�
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y = fonction (x1, x2..) ; la fonction qui détermine cette relation est la fonction de
régression. Nous allons nous concentrer dans le cadre de ce cours sur la
régression linéaire simple qui a pour principe : on trace une droite d’ajustement
qui passe le plus près possible des différents nuages de points c'est-à-dire en
minimisant la somme des écarts verticaux entre les points de la droite. On parle
de la méthode des moindres carrés ordinaires.
Cette droite d’ajustement est de la forme y = a x + b.
a : la pente de la droite
(� ��)−( � �) ��−� � �
a = � �2 −( �)2
= �2 − � �2
( �2 �)−( � ��)
b= (� �2 )−( �)2
=�− ��
Il faut noter que, dans un premier temps, il faut déterminer s’il existe réellement
une relation entre la variable y et la variable x. Il faut toujours procéder au calcul
du coefficient de corrélation r dont la valeur se situe toujours entre -1 (variation
de y et x opposée) et 1 (variation y et x du même sens). Plus la valeur est proche
de -1 ou 1, plus on suppose l’existence d’une grande corrélation entre la variable à
expliquer et la variable explicative.
(� ��)−( � �)
r=
� �2 − ( �)2 � �2 − ( �)2
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Année x y xy x2 y2
2019 12 14.5 174 144 210.25
2018 16 20.4 326.4 256 416.16
2017 14.8 19.8 293.04 219.04 392.04
2016 15.2 20.5 311.6 231.04 420.25
2015 17.7 23.1 408.87 313.29 533.61
2014 19 28.9 549.10 361 835.21
2013 16.4 21 344.4 268.96 441
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(� ��)−( � �)
r=
� �2 − ( �)2 � �2 − ( �)2
10∗2802.56 − (144.4∗183)
a= 10∗2167.18 −144.42
= 1.95
( �2 �)−( � ��)
b= (� �2 )−( �)2
2167.18∗183 − (144.4∗2802.56)
b= 10∗2167.18 −144.42
= -9.87
y = 1.95 x – 9.87
Année x y xy x2 y2 Prévisions
2020 10.8 11.19
2019 12 14.5 174 144 210.25 13.53
2018 16 20.4 326.4 256 416.16 21.33
2017 14.8 19.8 293.04 219.04 392.04 18.99
2016 15.2 20.5 311.6 231.04 420.25 19.77
2015 17.7 23.1 408.87 313.29 533.61 24.64
2014 19 28.9 549.10 361 835.21 27.18
2013 16.4 21 344.4 268.96 441 22.11
2012 11.2 10.8 120.96 125.44 116.64 11.97
2011 9.6 8.9 85.44 92.16 79.21 8.85
2010 12.5 15.1 188.75 156.25 228.01 14.51
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Remarque :
On pourrait utiliser dans le cas des séries chronologiques ou des régressions
linéaires, l’erreur avec l’équation suivante :
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4- La programmation linéaire
Cette méthode est adaptée dans le cas où nous avons deux variables (ou
dimensions). Au-delà, nous utiliserons la méthode du simplexe.
Pour trouver la solution optimale, il faut suivre les quatre étapes suivantes :
1- Formaliser la fonction objective
2- Formaliser les contraintes
3- Délimiter sur un graphique la surface des solutions
4- Trouver la combinaison de x1, x2 qui optimise la fonction objective.
Résolution graphique :
1- Ecrire l’équation de la fonction objective (fonction économique du
programme)
Max z = 60 x1 + 50 x2
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2 x1 + x2 ≤ 22
85 x1 + 85 x2 ≤ 1100
x1, x2 ≥ 0 (contraintes de non négativité)
3-
Les différentes contraintes peuvent être rapportées sur un graphique: une fois les
contraintes traduites en inéquations, on peut les représenter graphiquement
(voir ci-dessous) sur un plan qui présente :
- les quantités de x1 sur un axe,
- les quantités de x2 sur l’autre axe.
Chaque contrainte partage le plan en trois zones :
- la droite elle-même qui représente toutes les combinaisons de produits
qui saturent la contrainte (programmes de production qui utilisent le
maximum de capacités) ;
- une zone en dessous de la contrainte : les combinaisons de cette partie
du plan respectent la contrainte mais n’assurent pas le plein emploi de
ses capacités ;
- la partie supérieure du plan : les combinaisons de produits sont
inacceptables puisqu’elles nécessitent plus de facteurs de production
que l’on en dispose.
Une fois toutes les droites tracées, on peut ainsi éliminer les programmes de
production irréalisables (qui excèdent au moins une contrainte, partie colorée du
graphique) et visualiser par différence l’ensemble de programmes de production
possibles (qui ne dépassent aucune contrainte). Cet ensemble est appelé
« polygone des possibles » (partie non colorée du graphique).
Une fois l’ensemble des programmes de production réalisables identifié, il reste à
trouver le programme optimal, c'est-à-dire celui qui maximise le profit. La
fonction économique du programme peut s’écrire : x2 = -1.2 x1 + Max Z
Cela revient à tracer la droite de pente égale à – 1,2. Cette droite doit être
représentée au point (0,0) puis la faire glisser vers le haut et on s’arrêtera alors
au dernier point de contact (le point le plus rapproché de l’origine si on est dans
le cas d’une minimisation de la fonction objective) avec le polygone des possibles
comme le montre le graphique ci-dessous (point M du polygone).
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4-
Le programme optimal est celui correspondant aux coordonnées du point optimal
identifié. Pour déterminer ces coordonnées avec rigueur, il convient d’identifier
les droites à l’intersection desquelles il se trouve et de résoudre le système
d’équation correspondant aux équations des droites.
Dans cet exemple, le point optimal se trouve à l’intersection des droites de la
contrainte entreposage et la contrainte contrôle qualité. Les quantités x1 et x2
recherchées sont donc la solution du système :
2x1 + x2 = 22 en l’occurrence x1 = 9 et x2 = 4
85x1 +85 x2 = 1 100
Le programme de production optimal est donc de 9 x1 et 4 x2 pour un profit de
740 DT.
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Max z = 60 x1 + 50 x2
4 x1 + 10 x2 ≤ 100
2 x1 + x2 ≤ 22
85 x1 + 85 x2 ≤ 1100
x1, x2 ≥ 0 (contraintes de non négativité)
En utilisant http://www.phpsimplex.com/simplex/simplex.htm?l=fr
5- L’approche qualitative
1
La technique Delphi consiste à recueillir les opinions d’un panel d’expert en leur fournissant individuellement
la possibilité de connaitre les opinions des autres mais on leur interdisant de communiquer entre eux.
2
Dans ce cas, on favorise la communication entre ces experts afin d’arriver à un consensus.
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Application n°2 :
Les données dans le tableau ci-dessous indiquent le nombre de jours de travail perdus à
l’entreprise Béta pour cause d’accident au cours des sept dernières années.
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