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Sciences Economiques: Institut Universitaire D'abidjan

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Institut Universitaire d'Abidjan

II Plateaux, rue L40, 01 BP 12159 Abidjan 01, tel. 22422265 / 07231862 /45842102 / 66040081
Fax: 22 42 27 24 / www.iua-ci.org

LES MANUELS DE COURS DE L’INSTITUT


UNIVERSITAIRE D’ABIDJAN (IUA)
Année universitaire 2020-2021

Sciences Economiques

Première année de Licence


Semestre 1

Volume 1
Les manuels de l’Institut Universitaire
d’Abidjan
Édition 2020-2021
o
N IUA-2020/SCES.ECO/L1/S1

Licence 1 Sciences Economiques


Semestre 1

Volume 1

IL EST FORMELLEMENT INTERDIT DE REPRODUIRE CE


LIVRE SOUS QUELQUES FORMES QUE CE SOIT. Tous
droits de traduction, d’adaptation et de
reproduction par tous procédés réservés pour tous
pays. Conformément à la loi no 96-564 du 25 juillet 1996
relative à la protection des œuvres de l’esprit et aux droits
des auteurs, le photocopillage de cet ouvrage expose son auteur à des sanctions
pénales et civiles prévues par les articles 64 et 65 de ladite loi.

Collection Monde universitaire

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Les Manuels de l’Institut Universitaire d’Abidjan / 2020-2021

Note introductive

Ce manuel de cours est élaboré pour aider les étudiants de l’Institut


Universitaire d’Abidjan (IUA) dans l’apprentissage des enseignements qui
leur sont dispensés.

Il regroupe l’ensemble des supports de cours du semestre. Ces documents


ont été confectionnés par les Enseignants titulaires des formations. Ils
comprennent non seulement les notes de cours mais aussi diverses
informations en rapport avec les sujets abordés et représentant un
approfondissement des enseignements.

Le corps de chaque cours comprend les éléments suivants pour chaque


chapitre :
1. Le contenu du chapitre,
2. Quelques lignes représentant les points à retenir après lecture du
chapitre,
3. Une bibliographie spécifique au chapitre pour inciter l’apprenant
à approfondir ses connaissances sur le sujet,
4. Des exercices d’assimilation avec différents niveaux de difficulté
pour tester l’apprenant quant à la compréhension du chapitre.

L’élaboration des documents a été supervisée par les Professeurs de rang


magistral des différentes filières qui les ont consolidés et validés.

L’Institut Universitaire d’Abidjan veut, à travers ces manuels, améliorer


notablement la qualité de la formation de ses étudiants par la mise à leur
disposition d’un savoir inégalé dans leur domaine de spécialité.
L’usage au quotidien de ce manuel comme document de travail par les
étudiants leur garantira un haut niveau de formation, ce qui constitue un
avantage comparatif sur le marché du travail devenu très sélectif et exigent.

La direction de l’Institut Universitaire d’Abidjan souhaite un bon usage de


ce manuel à tous les étudiants et formule le vœu de les voir tous réussir en
fin d’année.

Aka KOUAMÉ
Président de l’Institut Universitaire d’Abidjan

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NOS FORMATIONS
FACULTÉ DES SCIENCES JURIDIQUE ET FACULTÉ DES SCIENCES
POLITIQUE ÉCONOMIQUES ET SOCIALES
DÉPARTEMENT DE DROIT DÉPARTEMENT DES SCIENCES
Droit Privé et Public Ivoirien ÉCONOMIQUES
Droit Privé et Public Français Économie Pure
Économie Monétaire et Bancaire
DÉPARTEMENT DE SCIENCE POLITIQUE Stratégies de Développement
Politiques Publiques et Bonne Gouvernance
Affaires Internationales et Diplomatie DÉPARTEMENT D’ADMINISTRATION
DES AFFAIRES
FACULTÉ DES SCIENCES ET Comptabilité
TECHNOLOGIES Finances
DÉPARTEMENT DE MATHÉMATIQUES ET Marketing
INFORMATIQUE Logistique
Actuariat Gestion des Ressources Humaines
Génie Logiciel
DÉPARTEMENT DES SCIENCES DE
DÉPARTEMENT DES SCIENCES DE L’INFORMATION ET DE LA
L’INGÉNIERIE COMMUNICATION
Mécanique Énergétique Publicité Marketing
Génie des Procédés Communication Numérique
Génie Civil Communication des Organisations

DÉPARTEMENT DES SCIENCES PHYSIQUES DÉPARTEMENT DES SCIENCES


Sciences Physiques SOCIALES APPLIQUÉES
Études du Développement

FACULTÉ DES ARTS, LETTRES ET


SCIENCES HUMAINES
DÉPARTEMENT CINÉMA AUDIOVISUEL
Cinéma
Production Audiovisuelle (télé, radio,
montage)

DÉPARTEMENT DE MUSIQUE
Musique et Musicologie (composition
instrumentale, électro-acoustique)
II Plateaux, 7ème tranche rue L40, Carrefour Cascades, Lot 3016, Illot 251 BIS 01 BP 12159 Abidjan 01 – Tel : 22 42 22 65 / 07 23 18 62 /
www.iua-ci.org / [email protected]
L’ENVIRONNEMENT D’ETUDES

Un personnel enseignant et administratif qualifié, accueillant et disponible


Des ressources didactiques et pédagogiques de pointe
 Les Salles Multimédias
 Les Salles Climatisées
 La Salle de Marchés
 La Salle visio conférence
 Les Bibliothèques Physique et Virtuelle
 Une plateforme de E-learning : Blackboard

Bibliothèque Virtuelle Une des salles des ordinateurs Salle de Marchés

Services d’accompagnement
 La mobilité étrangère et Coopération Internationale

Aeroport FHB, départ des étudiants


de l’IUA pour l’Université de Nantes Visite du Responsable de la mobilité aux étudiants à Nantes

 Le Centre de Formation Pratique (CFP)


 Le Centre de Promotion à l’Initiative Privée (CPIP)
 Le Service d’Insertion Professionnelle (Stages et Emploi)
 Le Service de Transport des étudiants
 Un Laboratoire de Langue
 Le Service de Restauration
 Le Service médical Cars des étudiants
 Les Activités Socio-culturelles et Sportives

Club Humanitaire de l’IUA Equipe de Football

Les étudiants de l’IUA avec l'ancien


ambassadeur américain Philippe Carter
III lors d'une campagne de planting au
Jardin Botanique de Bingerville
Equipe de Basket Equipe de Football
ème
II Plateaux, 7 tranche rue L40, Carrefour Cascades, Lot 3016, Illot 251 BIS
01 BP 12159 Abidjan 01 – Tel : 22 42 22 65 / 07 23 18 62 / www.iua-ci.org / [email protected]
DANS LA MÊME COLLECTION

Département de Science Juridique


 Manuel de cours de Licence 1 droit  Manuel de cours de Master 2 fiscalité
général des entreprises
 Manuel de cours de Licence 2 droit  Manuel de cours de Master 2 droit des
général affaires
 Manuel de cours de Licence 3 droit  Manuel de cours de Master 2 droit des
public affaires et management
 Manuel de cours de Licence 3 droit privé  Manuel de cours de Master 2 droit
international et humanitaire
 Manuel de cours de Master 1 droit privé  Manuel de cours de Master 2 droit
 Manuel de cours de Master 1 droit public bancaire et marchés financiers

Département d’Administration Des Affaires


 Manuel de cours de Licence 1  Manuel de cours de Master 1 sciences
 Manuel de cours de Licence 2 comptable et financières option Finances
 Manuel de cours de Licence 3  Manuel de cours de Master 1 sciences
Management option Marketing comptable et financières option Finances
 Manuel de cours de Licence 3 d’entreprise
Management option Logistique  Manuel de cours de Master I Sciences
 Manuel de cours de Licence 3 sciences comptables et financières option gestion
comptable et financières option des risques en assurance et finance
comptabilité  Manuel de cours de Master 1
 Manuel de cours de Licence 3 Management option Logistique
Management option Manuel de cours de  Manuel de cours de Master 2
Gestion des ressources humaines Management option Logistique
 Manuel de cours de Licence 3 sciences  Manuel de cours de Master 2
comptable et financières option Finances Management option Marketing
 Manuel de cours de Master 2 sciences
 Manuel de cours de Master 1 comptable et financières option
Management option Marketing comptabilité
 Manuel de cours de Master 1 sciences  Manuel de cours de Master 2
comptable et financières option Management option Gestion des
comptabilité ressources humaines
 Manuel de cours de Master 1  Manuel de cours de Master 2 sciences
Management option Gestion des comptable et financières option Finances
ressources humaines  Manuel de cours de Master 2
Management option Logistique

Département de Science Politique


 Manuel de cours de Licence 1  Manuel de cours de Master 2 option
 Manuel de cours de Licence 2 Politiques publiques et gouvernance
 Manuel de cours de Licence 3  Manuel de cours de Master 1 option
Affaires internationales et diplomatie
 Manuel de cours de Master 1 option  Manuel de cours de Master 2 option
Politiques publiques et gouvernance Affaires internationales et diplomatie

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Département de Mathématiques-Informatique
 Manuel de cours de Licence 1  Manuel de cours de Licence 3
 Manuel de cours de Licence 2
Mathématiques appliquées  Manuel de cours de Master 1
 Manuel de cours de Licence 2  Manuel de cours de Master 2
Informatique

Département d’Ingénierie
 Manuel de cours de Licence 1
 Manuel de cours de Licence 2
 Manuel de cours de Licence 3

 Manuel de cours de Master 1


 Manuel de cours de Master 2

Département d’Études du Développement


 Manuel de cours de Licence 1
 Manuel de cours de Licence 2
 Manuel de cours de Licence 3

 Manuel de cours de Master 1


 Manuel de cours de Master 2

Département des Sciences Économiques


Manuel de cours de Licence 1
Manuel de cours de Licence 2
Manuel de cours de Licence 3

Manuel de cours de Master 1


Manuel de cours de Master 2

Département de Science de l'Information et de la Communication

Manuel de cours de Licence 1


Manuel de cours de Licence 2
Manuel de cours de Licence 3

Manuel de cours de Master 1


Manuel de cours de Master 2

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Présentation du programme de Licence en Sciences économiques

1. Contenu et Structure du Programme


Le programme de licence en sciences économiques vise à :
- initier aux théories, principes et méthodes des sciences économiques ;
- initier aux différents aspects de l’économie d’une organisation ;
- préparer aux différents métiers de l’économie ;
- spécialiser dans les fonctions de l’économie ;
- permettre aux étudiants d’analyser, de comprendre et d’expliquer
l’environnement économique national et international dans lequel les
administrations, les pouvoirs publics et les organisations prennent leurs
décisions ;
- approfondir leur spécialisation dans le champ des politiques publiques
et des projets de développement, le commerce international, le
développement durable et l’analyse des problèmes de développement.
- Permettre aux étudiants la maîtrise des outils modernes de traitement de
l’information (logiciels de traitement, l’économétrie, l’analyse de
données et les statistiques).
La Licence en Sciences Économiques se présente en une option qui intègre des
éléments d’économie financière et des éléments d’économie du développement.
Au sortir de ce programme, les diplômés seront en mesure de réaliser toutes les
opérations comptables d’une entreprise, d’effectuer des analyses financières
complexes et d’agir en qualité d’auditeur interne comme externe. Dans les
institutions de dépôt, ils pourront accorder des crédits, effectuer des placements,
et gérer des portefeuilles. La formation débouche sur les carrières de comptable,
d’analyse financier, d’auditeur, les métiers d’agents d’investissement,
administrateur des opérations, analyse financier, directeur des comptes, etc.
La formation vise également à fournir aux étudiants les moyens d’analyser les
grandes problématiques de développement international. Ainsi, les étudiants
seront capables d’intervenir dans l’étude de questions de développement dans une
région ou un pays, au sein d’organismes sectoriels, locaux ou nationaux.
2. Débouchés
Un diplôme en Licence en Sciences Économiques mène à des emplois très variés,
dans de nombreux domaines d’activités. Emplois dans les sociétés financières et
bancaires. Emplois d’économistes professionnels dans le domaine de l’analyse
conjoncturelle, de la prévision économique, de la gestion de portefeuille, de la
gestion de risque et activité commerciale. Analyste financier et de crédit,
statisticien, auditeur, chargé d’affaires Entreprise, conseiller de clientèle
professionnels, directeur d’agence, conseiller en gestion de patrimoine. Carrières
universitaires, etc.
Page 11 of 380
Les Manuels de l’IUA – Licence 1 Sciences Economiques/ Semestre 1

SOMMAIRE

DISCIPLINE ENSEIGNANT PAGE

Histoire des faits économiques Bah Matie KONE 14

Introduction à la macroéconomie Eric KOUASSI 151

Introduction à la microéconomie N’Guetta Gisèle 257

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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

Institut Universitaire d'Abidjan

Histoire des faits


économiques
Bah Matie KONE

0
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Histoire des faits économiques

Histoire des faits économiques

Bah Matie KONE

1
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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

Syllabus

*INTITULE DU COURS : Histoire des Faits Economiques et Sociaux (HFE)


Code : ………….
*Type : CM ou TD ; CM et TD (barrez la mention inutile)
*Volume horaire : 30 HEURES
UE de rattachement : Initiation à l’Economie
*Niveau du cours : Licence 1
*Département : Sciences Economiques
*Semestre : PREMIER
*Nombre de crédit : 3 crs
*Nom de l’enseignant : KONE BAH MATIE
*Contact téléphonique : (225) 57261896
*Email : [email protected]
*Statut : Enseignant à l’Université  Professionnel 

*Les objectifs
L’étudiant à la fin de ce cours doit pouvoir :
- Retracer l’histoire économique des sociétés occidentales depuis leur
origine jusqu’au XIXe siècle,
- Faire apparaître les racines anciennes et plus récentes de la révolution
industrielle
- Expliquer les causes profondes de l’industrialisation réussie en Europe
Occidentale.

*Les objectifs spécifiques


L’étudiant doit être capable de
- Connaître et situer les grands historiens et leurs œuvres dans le domaine
de l’histoire économique,
- D’expliquer le sens de l’expression « première révolution économique »
et analyser l’évolution historique du néolithique aux premières
civilisations,
- Faire une analyse complète des grandes découvertes,
- Situer l’importance relative de divers événements concomitants de la
révolution industrielle au XVIIIe siècle.

Les pré-requis
Une connaissance du cours d’histoire notamment sur les grandes découvertes
est un prérequis.
2
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Histoire des faits économiques

*Le contenu
*Programme du cours
N° de Séance Contenu Lectures/travaux
Prise de Contact
Séance 1 Présentation du Cours
Présentation du plan
Chapitre 01 – Du néolithique à la
Lecture Obligatoire :
révolution industrielle
Encadré 1, Histoire des
Le néolithique, archétype d’une
Séance 2 faits économiques et
révolution industrielle
sociaux, Page, 19,
Les empires antiques
Tome 1
Section 2 : Chapitre 02 – La pensée
économique de l’antiquité et au
Moyen-Âge
Lecture obligatoire :
Le communisme de PLATON Chapitre 2, Tome 1,
Séance 3 Aristote, précurseur du libéralisme P31, Histoire des faits
économique économiques et
La doctrine du juste prix chez Thomas sociaux
D’AQUINA

Séance 4 DEVOIR SURVEILLE NO1 02 HEURES


Chapitre 03 – les mercantilistes
Aperçu d’ensemble
Le mercantilisme français
Séance 5
Le mercantilisme fiduciaire :
la tentative de John LAW

Chapitre 04 : Les physiocrates


Le contexte historique de la
Séance 6 physiocratie
Les principales idées des physiocrates

Chapitre05: La révolution
Séance 7 industrielle
Les débuts de la révolution industrielle
anglaise

3
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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

Autres aspects de la révolution


industrielle anglaise

Séance 8 EXPOSE

La révolution industrielle dans le reste


du monde
Séance 9 Origines, conséquences et
prolongements de la révolution
industrielle

Chapitre 06 – Les économistes


classiques
Les points communs aux économistes
Séance 10
classiques
Adam SMITH

David RICARDO
Séance 11 Thomas MALTHUS

Chapitre 07 – Les économistes


Socialistes
Séance 12
La diversité des socialismes
Charles FOURIER et les phalanstères
Chapitre 09 : De la Belle époque à la
crise de 1929
Séance 13 La Belle époque où l’âge de la
première mondialisation
La crise de 1929
Chapitre 10 – La pensée économique
dans l’entre-deux guerres
Séance 14
JOHN MAYNARD KEYNES
JOSEPH SCHUMPETER
Chapitre 11 – L’évolution
économique depuis 1945
L’Etat providence
Séance 15
La mondialisation à l’heure de la
nouvelle économie

4
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Histoire des faits économiques

*Méthodes et stratégies pédagogiques


Diapos, support de cours seront les moyens pour atteindre les objectifs.

Langue d’enseignement : Français

Modalités d’évaluation

Évaluation continue : 60%


Participation 10%
Interrogations 15%
Devoirs sur table 20%
Travaux à rendre 15%
Examen final en fin de semestre 40%
1ère session : à la fin du cours
Session de rattrapage (2ème session)
*Les références bibliographiques
Jacques Brasseul 2001, Histoire des Faits Economiques et Sociaux, Tome 1 :
De
l’Antiquité à la Révolution Industrielle, Armand Colin.

_________ 2004, Histoire des Faits Economiques et Sociaux, Tome 2 : De la


Révolution Industrielle à la Première Guerre Mondiale.

5
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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

Sommaire

Syllabus .................................................................................................
Introduction ..............................................................................................

Première partie .........................................................................................


CHAPITRE 1 : L’ère préindustrielle Du néolithique à la révolution industrielle
............................................................................................................... ...
CHAPITRE 2 : La pensée économique dans l’antiquité et au moyen-âge.
CHAPITRE 3 : Les mercantilistes ............................................................
CHAPITRE 4 : Les physiocrates ..............................................................

Deuxième partie : La révolution industrielle .............................................


CHAPITRE 5 : La révolution industrielle.................................................
CHAPITRE 6 : Les économistes classiques .............................................
CHAPITRE 7 : Les diversités du socialisme ............................................
CHAPITRE 8 : Les économistes marginalistes ........................................
CAPITRE 9 : De la Belle époque à la crise de 1929 .................................
CHAPITRE 10 : La pensée économique dans l’entre-deux guerres ..........
CHAPITRE 11 : L’évolution économique depuis 1945 ............................
CHAPITRE 12 : Les théories macroéconomiques contemporaines ..........

6
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Histoire des faits économiques

Introduction

L’histoire des faits économiques se définit comme l’étude et l’analyse des faits
économiques du passé. Les phénomènes économiques étant l’ensemble des
activités de production et d’échange des biens et services. Elle peut avoir comme
domaine d’études toutes les périodes à partir desquelles les hommes se sont mis
à produire et à échanger des biens et services. La périodisation des faits
économiques ne correspond pas à l’histoire générale. En effet, l’histoire est liée
à des évènements politiques, les phénomènes économiques surviennent eux, de
façon autonome. De plus, il n’existe pas de dates faisant ruptures ou créatrices
pour cette matière. Les changements économiques se font en générale
progressivement. Les contemporains de ces changements n’ont pas toujours
conscience de l’évolution qui se produit sous leurs yeux. C’est à partir
d’évènements autonomes qu’on va pouvoir identifier le passage d’un système
économique à un autre. C’est notamment ainsi, à partir de l’analyse de plusieurs
faits, que l’on pourra identifier le passage d’une société précapitaliste à la société
capitaliste. La naissance du capitalisme est liée à une multitude d’évènement.
Chacun de ces événements a participé à l’avènement du capitaliste mais aucun
est prépondérant. C’est la conjonction de tous les évènements qui a permis cet
avènement.
Le capitalisme créera les conditions nécessaires à l’apparition même d’une
nouvelle société. C’est grâce à l’existence de ce système économique que la
révolution industrielle se mettra en place. La révolution industrielle engendra
le basculement d’une société agraire à une société commerciale. La révolution
a peu à peu atteint et transformé tous les domaines de la vie. Le quotidien des
gens, leur mentalité et leur culture ont été chamboulés. On considère qu’il y a un
avant et un après « révolution industrielle ». Il faut tout de fois signaler que ce
n’est pas la première fois que la société connaissait une telle révolution. Des
révolutions profondes provoquées par des phénomènes économiques avaient
évidemment eu lieu bien avant le 18ème siècle. Les historiens ont ainsi mis en
évidence que le Moyen-Âge (11ème – 14ème siècle) avait connu une révolution
économique ayant une influence certaine sur la société. Cependant, l’intensité de
cette révolution n’étant en rien comparable avec ce qui va se passer au 18 ème
siècle.
7
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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

Première partie

CHAPITRE 1 : L’ère préindustrielle Du néolithique à la révolution


industrielle

L’échelle de temps dans ce chapitre surprendra plus d’un lecteur, puisqu’en 15


pages il lui faudra survoler près de 12 000 ans d’histoire économique, alors que
le reste de l’ouvrage, si l’on excepte les chapitres 2 à 4 qui traitent des idées
économiques associées à cette longue période, représentent environ 250 ans
d’histoire, mais une masse de faits et d’idées bien plus impressionnants.
L’étonnement passé, on conviendra qu’il s’agit là d’une conséquence directe du
caractère exponentiel de l’évolution humaine et, plus précisément dans notre cas,
de l’histoire des faits et de la pensée économique. C’est en tout cas dans les douze
siècles que nous allons parcourir que, en dehors du feu, sont nées les inventions
sans lesquelles l’humanité n’aurait jamais pu atteindre le niveau de
développement et de bien-être sans précédent qu’elle connaît aujourd’hui :
techniques agricoles, écriture, monnaie, infrastructures urbaines, codes de la
propriété privée et des contrats, …. Et même, en - 62 avant Jésus-Christ, machine
à vapeur. La place consacrée à chaque période, qu’il s’agisse du néolithique ou
des civilisations antiques, n’est absolument pas proportionnelle ni à leur durée
chronologique, ni même à leur importance. Là où il était possible de résumer les
faits essentiels en quelques paragraphes, nous l’avons fait, même quand cela
concernait plusieurs siècles. Ailleurs, il fallait plusieurs pages pour décrire des
évolutions qui se sont produites en quelques décennies.

1 – Le néolithique, archétype d’une révolution industrielle.

C’est à l’historien de l’économie Douglas NORTH que l’on doit d’avoir souligné
que la première « révolution industrielle » est celle du néolithique.
Il y a quelques 10 000 ans, sur les rives de l’Euphrate et du Tigre, dans le «
croissant fertile », naît l'agriculture et les premiers systèmes de propriété privée
sont mis en place. C’est le début d’une révolution de 7000 ans, qui s’étend du
bassin méditerranéen, à l'Inde et à la Chine. C’est la modification du climat qui
serait à l’origine de la première révolution industrielle.

8
Page 22 of 380
Histoire des faits économiques

Selon une logique très malthusienne, un déséquilibre entre le nombre des


hommes et la quantité de ressources en résulte. C’est ce déséquilibre qui est à
l’origine des premiers progrès techniques décisifs de l’histoire de l’humanité.
Poussés par la nécessité, les hommes (ou plutôt, les femmes) se mettent alors à
cultiver la terre pour assurer le complément de ressources nécessaires à la survie.
Il s’ensuit la découverte de l’irrigation, de la traction animale, de la roue et, plus
tardivement, du travail des métaux comme le cuivre, l’étain, le bronze et le fer.
La possession de la terre fertile devient progressivement un enjeu vital. D’où le
passage de la propriété collective à la propriété privée, afin de garantir
pérennité et sécurité à celui qui exploite la terre. Parallèlement, les progrès de
productivité dans l’agriculture rendent la chasse et la cueillette bien moins «
rentables ». Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, un surplus se
dégage et permet une division du travail, elle-même source de productivité. La
division du travail implique l’échange, ce qui favorise l’apparition et l’usage de
la monnaie. Par ailleurs, la sédentarisation modifie l’exercice du pouvoir dont
l’une des prérogatives principales, la levée des impôts, est née à cette époque.
Pour mieux pouvoir taxer, l’Écriture est inventée : « La première forme apparaît
avec les caractères cunéiformes, inventés à Sumer vers 2800 av. J.-C. par la
hiérarchie religieuse pour garder la trace des impôts en nature.

2 – Les empires antiques.

A – La Mésopotamie, héritière de la révolution néolithique.

La révolution néolithique se développe d’abord en son centre, c’est-à-dire la


portion du croissant fertile comprise entre le Tigre et l’Euphrate. Grâce aux deux
fleuves, l’irrigation permet d’atteindre des rendements élevés et de pratiquer des
cultures variées jurisprudence, qui reconnaît et protège les droits de propriété et
les contrats.
Le néolithique et les civilisations antiques ont légué à la postérité des inventions
majeures : la roue, l’écriture, les codes de lois protégeant la propriété privée et
les contrats, la monnaie, la voile, de nombreux outils agricoles, le travail des
métaux, le levier, des dispositifs mécaniques, l’horloge de CTESIBIUS.
L'horloge à eau, appelée Clepsydre mesurait déjà le temps de manière fixe et
régulière. CTESIBIUS d'Alexandrie (IIIème siècle av. J.-C.) en perfectionna le
9
Page 23 of 380
Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

principe par l’ajout d’un mécanisme permettant de diviser la journée en deux


périodes égales de douze heures. Cependant, cet instrument restait peu maniable
et encombrant. C’est en fait le sablier, beaucoup plus pratique que les navigateurs
tels Christophe COLOMB, utiliseront.
(Appareil permettant de faire le point astronomique en mer), etc.
. Les civilisations mésopotamienne, carthaginoise, phénicienne, grecque et
romaine ont connu une expansion importante, mais toutes, à un moment donné,
ont reculé.Plusieurs historiens, dont Douglass NORTH, ont montré que la raison
de ce déclin réside dans l’insuffisante valorisation et la faible diffusion des
inventions et, par conséquent, dans l’absence de croissance économique
cumulative. Il est important de préciser que l’absence du progrès technique ne
signifie pas l’absence d’invention, mais plus précisément l’absence de la mise en
œuvre systématique et à grande échelle de ces inventions dans le système
économique. Ainsi, par exemple, les armées romaines n’ont guère bénéficié de
progrès dans leur armement et leurs moyens militaires. Elles n’ont donc pas pu
compenser la diminution de leur poids relatif à mesure que les frontières de
l’empire s’élargissaient. Selon Douglass NORTH, c’est la reconnaissance du
droit de propriété intellectuelle qui, après plusieurs siècles de maturation, a
permis la croissance économique moderne. Ce n’est qu’à partir du moment où
les individus ont été rémunérés pour leurs innovations que l’innovation a pu se
développer à grande échelle : « Qu’est-ce qui détermine le développement des
nouvelles technologies et des connaissances scientifiques fondamentales ? Bien
que son rendement social ait toujours été élevé, le développement du progrès
technique fut lent tant qu’il n’exista pas un mécanisme permettant d’attribuer son
rendement privé aux inventeurs [….] Les inventions existent depuis toujours,
mais leur rythme lent et intermittent s’explique par le caractère sporadique de
l’incitation à la recherche. Jusqu’aux temps modernes, l’absence de protection
systématique des inventions est la cause essentielle de la lenteur du progrès
technique »

10
Page 24 of 380
Histoire des faits économiques

B) Les progrès de l’artisanat et de la petite industrie.

Parallèlement aux progrès agricoles et artisanaux, on assiste à une révolution


industrielle : apparition des moulins à eau et à vent. Les moulins à vent étaient
connus depuis l’époque romaine mais jusque-là peu utilisés. Ils sont
perfectionnés grâce à la mise au point de systèmes d’engrenages perfectionnés.
Ce sont les premières usines polyvalentes. La domestication de l’énergie éolienne
permet, entre autre : de moudre les grains, de piler les olives, de préparer la bière,
d’aiguiser des instruments, d’actionner d’énormes soufflets afin d’élever la
température de chauffe des forges, de manier de lourds marteaux travaillant le
métal. Cette nouvelle source d’énergie, jointe à la division du travail permise par
les surplus agricoles provoque un essor de la métallurgie, tant civile que militaire
: socs de charrues, fers à cheval, serrures et clés, clous, chaînes, armatures de
construction, mais aussi épées, poignards, casques, cottes de mailles, armures,
pièces d’arbalètes.

C) le développement des villes

L’accroissement du surplus profite à la classe paysanne autant qu’aux seigneurs.


Le dynamisme des marchés villageois en témoigne. Les gros bourgs et les villes
tirent également leurs profits de cette amélioration du niveau de vie des
campagnes européennes. Les villes constituent le débouché naturel pour
l’excédent de production agricole. Les artisans s’y concentrent et se regroupent
par métiers dans des quartiers. Ce sont les premières corporations. Des produits
de toutes sortes sont fabriqués et échangés contre les surplus agricoles. Les villes
attirent aussi les classes riches de la société : haut clergé et grands seigneurs
viennent y résider. C’est aussi l’époque de l’édification des cathédrales et de la
construction de vastes remparts destinés à assurer la sécurité des villes. Cela attire
une main-d’œuvre itinérante nombreuse et qualifiée : les artisans compagnons.
Les villes accueillent aussi les représentants de l’administration royale.

D) L’essor des échanges locaux et internationaux

Les populations fortunées achètent des produits provenant de contrées lointaines.


Les grands courants d’échanges se mettent en place. La consommation de
produits orientaux se développe, de même que celle de produits de l’Europe du
11
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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

Nord ou de l’Est. Le commerce des marchandises prend son essor : produits


alimentaires, textiles s’échangent à travers l’Europe.
C’est à cette époque que se constituent des dynasties familiales qui ouvrent des
comptoirs ou des succursales situés dans les régions les plus actives, et passent
entre elles des accords qui facilitent les transactions.

E) l’Insuffisance chronique de numéraire

À cette époque, de nombreuses monnaies d’or et d’argent circulent, frappées à


l’effigie de grands seigneurs ou d’autorités ecclésiastiques. Cela s’explique
par l’absence d’autorité centrale et confirme la thèse de la spontanéité monétaire
; Ces monnaies sont naturellement en concurrence entre elles, suivant le célèbre
adage de GRESHAM selon lequel « La mauvaise monnaie chasse la bonne ». La
contrepartie de cette spontanéité monétaire, c’est que les mouvements de
l’activité sont gouvernés par l’abondance ou la rareté du numéraire. Or
précisément, l’or et l’argent disponible se raréfient relativement à l’augmentation
de la quantité des marchandises. L’absence de moyens de paiement suffisants
ralentit les changes. Une innovation financière va y pallier provisoirement : la
Lettre de change qui apparaît en Italie. La lettre de change permet à un acheteur
de régler son vendeur à l’aide d’une reconnaissance de dette. Cette lettre peut être
convertie par son détenteur en monnaie locale s’il en a besoin. Il peut également
« endosser » cette lettre (c’est-à-dire à poser une signature sur le dos de la lettre)
au bénéfice d’une tierce personne dont il est par exemple le débiteur. La lettre de
change est une véritable innovation car elle permet d’éviter le transport de pièce.
À ce titre, elle facilite et sécurise les échanges. Elle est aussi, secondairement, un
outil de spéculation sur le cours des monnaies, et un moyen de contourner
l’interdiction du prêt à intérêt par l’église (le fonctionnement de la lettre de
change est suffisamment complexe pour tromper la sagacité plutôt juridique, et
par conséquent peu aiguisée sur le plan économique, des tribunaux
ecclésiastiques).

12
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Histoire des faits économiques

POINTS IMPORTANTS À RETENIR

Le célèbre adage de GRESHAM

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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES POUR


APPROFONDIR LE CHAPITRE

 La Politique, livre II, texte disponible sur Internet


:http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Aristote/p
olitique2.htm#V BLAUG, Marc, 1998,

 La pensée économique, origine et développement,


5ème édition, Economica. BOIGUILLEBERT,
:http://www.ecn.bris.ac.uk/het/boisguilbert/Dissertex
t.html#02 BRASSEUL, Jacques, 2001,

 Histoire des faits économiques et sociaux, tome 1, De


l’antiquité à la révolution, Armand Colin.
CANTILLON, Richard, 1755, Essai sur la nature du
commerce en général

14
Page 28 of 380
Histoire des faits économiques

EXERCICES D’ASSIMILATION

1. Système de propriété privé et système de


propriété collectif :
Les divergences entre Aristote et Platon

2. Que stipule le célèbre adage de Gresham ?

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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

CHAPITRE 2 : La pensée économique dans l’antiquité et au moyen-âge.


On produit toutes choses en plus grand nombre, mieux et plus facilement,
lorsque chacun, selon ses aptitudes et dans le temps convenable, se livre à un seul
travail, étant dispensé de tous les autres », PLATON, La République, Livre II).
Bien avant la révolution industrielle, les questions économiques sont vivement
débattues. Trois auteurs se sont particulièrement illustrés par leurs réflexions
économiques : PLATON et ARISTOTE dans l’Antiquité, THOMAS D’AQUIN
au Moyen-âge. La première question qui agite les esprits est celle de la propriété
: faut-il que celle-ci soit collective, comme le pense PLATON, ou privée, ainsi
que le soutient ARISTOTE ? La seconde question est celle de la répartition de la
richesse : celle-ci doit-elle être distribuée égalitairement, comme l’exige
PLATON, au faut-il qu’elle soit distribuée proportionnellement à l’effort de
chacun comme va l’expliquer ARISTOTE ? Par la suite, THOMAS D’AQUIN,
réfléchissant sur la pensée d’ARISTOTE, va largement reprendre à son compte
les idées du penseur grec et tenter, dans un autre domaine

1 – Le communisme de Platon

La pensée économique de PLATON est principalement développée dans les deux


ouvrages que sont la République, où il expose les avantages de la division du
travail et défend une société tripartite avec communauté des biens, des femmes
et des enfants pour les classes supérieures (guerriers et chefs) et les Lois, où il
pose avec précision les bases d’une cité idéale.
- L’intérêt personnel et la division du travail
Platon, bien avant Adam SMITH, a insisté sur l’aiguillon que constitue l’intérêt
personnel et sur les avantages de la division du travail. Dans le second livre de
la République, il expose que les cités se constituent parce que les individus,
poussés par leur intérêt individuel, voient dans la division du travail, le moyen
d’augmenter leur bien-être.
– Les lois : une apologie de l’égalitarisme
Le communisme de PLATON (428 av. J.C., décédé à Athènes en 347 av. J.C.)
apparaît très clairement dans « Les lois ». PLATON y décrit une cité idéale dans
laquelle tous les aspects de la vie sont gérés directement par l’Etat.
16
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Histoire des faits économiques

A) La démographie

La cité idéale compte 5040 habitants, nombre choisi parce qu’il est facilement
divisible (il est divisible par tous les nombres de 1 à 12, sauf 11) ce qui, à une
époque où l’informatique était peu développée (le boulier est utilisé à partir de -
500 av. J.-C.), pouvait faciliter les calculs administratifs. La vie du couple est
soigneusement contrôlée par l’Etat qui, en cas de divorce, choisit le second
conjoint.Quand la population excède 5040, la création d’une nouvelle cité est
prévue. On a donc ici un modèle assez curieux de duplication à l’identique de
petites cités, évitant ainsi par avance tous les problèmes d’encombrements
urbains et d’externalités négatives que ces encombrements engendrent
aujourd’hui.

B) L’organisation de la production et la répartition de la richesse

Les terres sont réparties en lots identiques entre toutes les familles de la cité. Les
récoltes sont rassemblées par l’Etat et redistribuées égalitairement. Une part est
prévue pour faire le commerce avec les étrangers. Enfin, la production et les
métiers sont réglementés, de même que l’héritage.

2 – ARISTOTE, précurseur du libéralisme

Disciple de PLATON, ARISTOTE (-384 à -322 av. J. C.) va s’opposer à lui sur
le plan des doctrines économiques. Il est très hostile à la propriété publique et à
l’égalitarisme. Si PLATON est l’ancêtre des communistes, alors ARISTOTE est
le précurseur d’un libéralisme modéré (il est contre la spéculation, le prêt à intérêt
et ne prône pas l’enrichissement).

A – Défense de la propriété privée

Pour ARISTOTE, la propriété commune des terres entraîne l’inefficacité de leur


gestion car on ne peut plus faire en sorte que la rémunération de chacun soit
proportionnelle à sa contribution : « Le travail et la jouissance n'étant pas
également répartis, il s'élèvera nécessairement contre ceux qui jouissent ou
reçoivent beaucoup, tout en travaillant peu, des réclamations de la part de ceux
qui reçoivent peu, tout en travaillant beaucoup ». Sa modernité ressort lorsqu’il
écrit par exemple que : « Mettre tout en commun est pour l’homme une entreprise
17
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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

difficile entre toutes ». Il souligne que les biens possédés en indivision


engendrent beaucoup plus de conflits que les biens possédés séparément. Il
considère d’ailleurs qu’une certaine richesse matérielle est nécessaire pour
pouvoir s’épanouir.

B – Une théorie de la valeur et des prix chez ARISTOTE ?

Les travaux de plusieurs auteurs qui ont étudié en détail la pensée économique
d’ARISTOTE et, plus généralement, les aspects économiques de la philosophie
grecque, laissent penser qu’il n’est pas impossible de reconstituer ce qui aurait
pu être l’embryon d’une théorie de la valeur et des prix. Aristote distinguait en
effet deux notions de la valeur. La valeur d’usage et la valeur travail.

C – Les deux formes d’acquisition des richesses

Dans l’antiquité et durant le Moyen-âge, le profit est très mal perçu. Pour
PLATON, l’idée de profit est rejetée avec mépris vers les classes basses de la
société, esclaves, étrangers, commerçants. ARISTOTE, quant à lui, emploie une
rhétorique particulière pour parler du profit et de l’acquisition des richesses. Il
parle de chrématistique, mot par lequel il désigne les activités qui consistent
dans l'acquisition des biens et des richesses. Selon ARISTOTE, il y a deux formes
de chrématistique : une forme naturelle et légitime et une forme basse et
condamnable. La forme naturelle et légitime c'est celle qui consiste à acquérir
des biens en vue de la satisfaction des besoins. C'est-à-dire l'agriculture, l'élevage,
la pêche, la chasse. La forme basse et condamnable, c'est l'activité commerciale,
et encore pas toute l'activité commerciale, mais seulement la partie du commerce
qui est effectuée non pour satisfaire les besoins, mais dans le but de tirer un profit
de cette activité.

3 - La doctrine du juste prix chez Thomas d’Aquin

S’il est vrai que la motivation par le profit est aussi ancienne que l'homme lui-
même, cette notion est le plus souvent condamnée, tant dans l’Antiquité qu’au
Moyen-Âge Par exemple, l'idée que chaque individu peut et doit lutter pour
améliorer sa condition matérielle n'existe ni dans la civilisation égyptienne, ni
dans la civilisation grecque, ni dans la civilisation romaine, ni dans le monde
médiéval.
18
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Histoire des faits économiques

A – La tentative de réhabiliter l’intérêt

Au Moyen-âge, ceux qui se livraient à une activité de prêt pouvaient être


condamnés par les tribunaux ecclésiastiques. Mais en fait, comme l'église elle-
même avait fréquemment besoin d'argent, elle était bien contente d'emprunter à
des riches "usuriers", comme on les appelait. Donc, il y avait une condamnation
théorique, mais en pratique, le prêt à intérêt existait bel et bien un peu partout.
Les usuriers étaient souvent des étrangers ou des non chrétiens, comme
par exemple les juifs, car on admettait qu'ils n’étaient pas obligés de se conformer
aux préceptes d'une religion qui n'était pas la leur.

B – Un marché foncier inexistant

Avant la révolution industrielle, la notion de terre n'avait pas le sens qu'on lui
donne aujourd'hui en économie. La terre n'était pas un bien qui pouvait être
librement achetée et vendue ou même louée. La terre était à la base du prestige
et du rang dans la société. Elle fondait l'organisation militaire, judiciaire et
administrative de la société. Il était possible de vendre et d'acheter des terrains,
mais dans des conditions très restrictives. Et en fait, les ventes de terrains étaient
très rares. Par exemple, un riche commerçant ne pouvait pas comme cela acheter
une partie de ses terres à un noble, même si le noble lui devait de l'argent. C'était
peut-être possible, mais cela ne se pratiquait pas. En fait, il aurait été très difficile
d'établir la valeur de la transaction. Par exemple, au France, au départ, les terres
appartenaient au Roi, qui les distribuait en quelques sortes gratuitement à ses
seigneurs, ce qui avait pour effet de les anoblir. D'ailleurs quand il voulait anoblir
ou récompenser quelqu'un, le roi lui donnait un titre et une terre. Mais cela ne
serait venu à l'idée de personne de vendre la terre qu'il avait reçu du Roi et
d'ailleurs sans doute que l'acheteur n'aurait pas pu se prévaloir d'être propriétaire
aux yeux de la Loi. Le Roi d'ailleurs avait toujours la possibilité de confisquer
des terres et d'exiler son propriétaire. L'absence d'un marché foncier, c'est-à-dire
l'absence d’un marché où l'on peut acheter et vendre librement des terrains est
une caractéristique d'un monde précapitaliste. C'est une caractéristique de l'ère
préindustrielle.

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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

POINTS IMPORTANTS À RETENIR

 La pensée économique de Platon et d’Aristote


sur la répartition des richesses et le système de
droit de propriété :
- Les deux formes d’acquisition des
richesses
- Le libéralisme économique de Platon

 La pensée économique de Platon et d’Aristote


sur la répartition des richesses et le système de
droit de propriété :
- Les deux formes d’acquisition des
richesses
- Le libéralisme économique de Platon

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Histoire des faits économiques

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES POUR


APPROFONDIR LE CHAPITRE

- La Politique, livre II, texte disponible sur Internet


:http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Aristote/p
olitique2.htm#V BLAUG, Marc, 1998,

- La pensée économique, origine et développement,


5ème édition, Economica. BOIGUILLEBERT,
:http://www.ecn.bris.ac.uk/het/boisguilbert/Dissertex
t.html#02 BRASSEUL, Jacques, 2001,

- Histoire des faits économiques et sociaux, tome 1, De


l’antiquité à la révolution, Armand Colin.
CANTILLON, Richard, 1755, Essai sur la nature du
commerce en général

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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

EXERCICES D’ASSIMILATION

Donner la vision de Platon et d’Aristote sur l’idée de la


division du travail et de la répartition des richesses

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Histoire des faits économiques

CHAPITRE 3 : Les mercantilistes

1 - Le mercantilisme français

Le mercantilisme français est représenté par des hommes tels que Jean BODIN
(1530-1596), Antoine de MONTCHRESTIEN (1575-1621) et Jean Baptiste
COLBERT (1619-1683). Il s'agit d'enrichir l'État, mais cette fois autant par le
développement industriel que commercial et non au détriment des intérêts
«économiques ». L'État doit donner l’impulsion en créant de grandes activités, «
les manufactures ».

A – La doctrine des harmonies économiques

Jean BODIN (1530-1596) est surtout connu aujourd'hui pour son célèbre
aphorisme : "Il n'est de richesse ni force que d'hommes ". Il pense que la richesse
économique est la condition d'un état puissant. Ses idées sont assez proches de
celles d'un autre mercantiliste français, Antoine de MONTCHRESTIEN (1575-
1621) dont la particularité est d'avoir été à la fois un théoricien et un homme de
terrain (il a créé et dirigé une usine d'ustensiles et de couteaux). Bien qu'il soit
classé dans les mercantilistes, c'est cependant lui que l'on crédite généralement
pour avoir inventé le terme " économie politique".

B - le populationnisme

Les mercantilistes sont populationnistes, c'est-à-dire favorables à


l'augmentation de la population dans un pays. L’abondance de la main-d'œuvre
favorise le développement de l'industrie et du commerce, notamment des
exportations. Par conséquent les industriels et les marchands s'enrichissent. Cela
permet aussi de lever des armées puissantes, ce qui bénéficie à l'Etat.

C – La théorie quantitative de la monnaie

Les mercantilistes insistent constamment sur la nécessité de développer la


quantité de monnaie en circulation afin d'accompagner le développement du
commerce. Pour comprendre cet intérêt pour la quantité de monnaie, il faut
rappeler que pendant tout le moyen âge, l'insuffisance de la quantité de monnaie
en circulation (sous forme d'or et d'argent), avait été un problème endémique.
Comme il n'y a pas assez de monnaie, on réduit la quantité d'or et d'argent
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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

contenue dans une monnaie. On a donc des pièces qui ont la même valeur faciale
que les autres, mais avec moins d'or dedans. Cela se voit cependant assez
facilement à l’usage. Aussi les gens essaient-ils de se débarrasser des pièces qui
contiennent moins d'or afin de conserver celles qui en contiennent plus. Par
conséquent, la monnaie qui circule est la "mauvaise" monnaie, celle dont on
cherche à se débarrasser et la monnaie qui est thésaurisée est la bonne monnaie.
Ce phénomène avait été énoncé par l'anglais Thomas GRESHAM (1519-1579)
dans une célèbre formule : "", formule que l'on appelle de ce fait "loi de
GRESHAM".

2 – Le mercantilisme fiduciaire : la tentative de John LAW

Le mot "fiduciaire" vient du latin "fiduciarus" qui signifie "confiance". L'idée du


mercantilisme fiduciaire est que l'enrichissement d'un pays dépend de l'existence
d'un système bancaire permettant la circulation de billets pour suppléer à
l'insuffisance de la monnaie pour financer les besoins de l'activité. Ça veut dire
qu'il faut une banque nationale qui fabrique et met des billets en circulation. Ces
billets sont convertibles en or et cette convertibilité est garantie par la banque.
Autrement dit, si quelqu'un se présente à la banque avec des billets et réclame
leur convertibilité, on lui reprend les billets et on lui donne de l'or. Quand le
système existe, cela paraît naturel. Mais supposons maintenant que le système n'a
jamais existé, et que quelqu'un arrive et dise aux gens :"Nous allons créer une
banque qui va fabriquer des billets. Ces billets seront mis en circulation par le jeu
de l'escompte."
Rappelons que l'escompte, c'est lorsqu’un commerçant possède une traite (un
billet de commerce, une reconnaissance de dette, ...) signée par un débiteur (par
exemple une traite à un mois signifie que le débiteur paiera dans un mois) et qu'il
ne peut pas attendre l'échéance, qu’il va à la banque et que la banque lui reprend
sa traite et lui donne des billets. Par exemple, si la traite vaut 100, la banque lui
donne 98. Elle garde 2%. Dans cet exemple, 2%, c'est le taux d'escompte. Donc,
par le jeu de l'escompte, la banque va mettre les billets en circulation. Ensuite,
les billets vont se répandre dans l'économie. Par exemple, le commerçant qui a
reçu les 98 va dépenser cette somme et ainsi de suite. Ce système est basé sur la
confiance. En effet, si ceux qui reçoivent les 98 n'ont pas confiance, ils vont aller
tout de suite à la banque pour convertir leurs billets en pièces d'or et le système
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Histoire des faits économiques

ne fonctionnera pas. Cela ne peut fonctionner que si les gens gardent les billets
et les utilisent à leur tour. Petit à petit, au fur à mesure de l'escompte des traites,
il y a de plus en plus de billets en circulation. Quand la banque juge qu'il y en a
suffisamment, elle peut ralentir l'émission de billets en augmentant le taux
d'escompte. Par exemple, en donnant 95 sur 100 au lieu de 98. On dit alors que
la banque relève le taux d'escompte. Il y a alors moins de commerçants qui
présentent des traites à l'escompte car cela devient plus coûteux. Si le système
fonctionne correctement, il va y avoir bientôt l’essentiel de la quantité de
monnaie en billets (par exemple 90%) et une faible partie en or (par exemple
10%, 5% dans le public [dans les bas de laine] et 5% dans les réserves de la
banque). Les 5% détenus par la banque sont la garantie des billets pour le cas où
quelques personnes voudraient échanger leurs billets contre de l'or. On dit que la
monnaie est gagée sur l'or. Mais pas à 100%. C'est pour cela qu'on dit que le
système de la monnaie fiduciaire est basé sur la confiance. Car si la confiance
disparaît, si tout le monde vient à la banque pour convertir ses billets, alors le
système s'écroule. Ceux qui arrivent les premiers sont remboursés et ensuite la
banque ferme ses portes. C'est la banqueroute, la faillite du système. En revanche,
si le public a confiance, alors le système fonctionne à merveille. Il n'y a plus de
problèmes de pénurie de pièce puisque si un besoin de monnaie se fait sentir, la
banque baisse son taux d'escompte, ce qui entraîne une augmentation des traites
présentées avant l'échéance et permet d'injecter des liquidités dans l'économie
sous forme de billets.

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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

POINTS IMPORTANTS À RETENIR

 Le mercantilisme
 Le populationnisme
 Le mercantilisme fiduciaire

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Histoire des faits économiques

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES POUR


APPROFONDIR LE CHAPITRE

- La Politique, livre II, texte disponible sur Internet


:http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Aristote/
politique2.htm#V BLAUG, Marc, 1998,

- La pensée économique, origine et développement,


5ème édition, Economica. BOIGUILLEBERT,
:http://www.ecn.bris.ac.uk/het/boisguilbert/Disserte
xt.html#02 BRASSEUL, Jacques, 2001,

- Histoire des faits économiques et sociaux, tome 1,


De l’antiquité à la révolution, Armand Colin.
CANTILLON, Richard, 1755, Essai sur la nature du
commerce en général

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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

EXERCICES D’ASSIMILATION

1. Qu’est-ce que le mercantilisme ?


2. Qu’est-ce que le populationnisme ?
3. Qu’est-ce que le mercantilisme fiduciaire ?

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Histoire des faits économiques

CHAPITRE 4 : Les physiocrates

1. Le contexte historique de la physiocratie

La physiocratie naît dans une époque où plus des trois quarts du revenu national
proviennent de l'agriculture mais où celle-ci connaît cependant les prémices d'un
déclin. C'est donc d'abord une réaction contre ce déclin. La physiocratie arrive
aussi après deux siècles de mercantilisme, qui ont vu la multiplication et les abus
de la réglementation.

A – La réaction contre le déclin de l'agriculture

Au milieu du 18ème siècle, le déclin de l'agriculture est ressenti comme un


malaise durable qui se manifeste par l'accroissement des superficies de terres
incultes : dans l'Ouest et le Centre, friches et landes occupent la moitié du
territoire. La misère des populations rurales est particulièrement grande. La terre
est chargée d'impôts et les cultivateurs sont taillables et corvéables à merci. Ils
supportent de nombreuses redevances réelles et personnelles héritées de la
féodalité. De plus, la politique de Louis XIV, qui a consisté à attirer à la Cour les
nobles disposants de grands domaines et à les pousser à la dépense vestimentaire,
pour les amener par l'endettement à dépendre de lui, a détourné l'épargne des
investissements dans l'agriculture. À ce sujet, QUESNAY écrira à l'article
"Fermiers", dans l'Encyclopédie : «
Les hommes manquent dans les campagnes. Il faut dit-on en chasser les maîtres
d'école qui, par les instructions qu'ils donnent aux paysans, facilitent leur
désertion... On regarde les paysans comme les esclaves de l'Etat : la vie rustique
paraît la plus dure et la plus méprisable, parce qu'on destine les habitants des
campagnes aux travaux qui sont réservés aux animaux... Les paysans ne tombent
dans la misère et n'abandonnent la province que quand ils sont trop inquiétés par
les vexations auxquelles ils sont exposés, ou quand il n'y a pas de fermiers qui
leur procurent du travail et que la campagne est cultivée par de pauvres métayers
bornés à une petite culture... Les manufactures et le commerce, entretenus par les
désordres du luxe, accumulent les hommes et les richesses dans les grandes villes,
s'opposent à l'amélioration des biens, dévastent les campagnes, inspirent du
mépris pour l'agriculture, augmentent excessivement les dépenses des

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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

particuliers, nuisent au soutien des familles, s'opposent à la propagation des


hommes et affaiblissent l'Etat. Il faut éloigner les causes qui font abandonner les
campagnes, qui rassemblent et retiennent les richesses dans les grandes villes.
Tous les seigneurs, tous les gens riches, tous ceux qui ont des rentes ou des
pensions suffisantes pour vivre commodément fixent leur séjour à Paris ou dans
quelque autre grande ville où ils dépensent presque tous les revenus des fonds du
royaume. »

B - La réaction contre les abus de la réglementation

Sous l’influence mercantiliste l’Etat a multiplié les réglementations. Il intervient


dans l’agriculture en interdisant ou en limitant certaines cultures, la vigne par
exemple. Il réglemente de façon très étroite le commerce des grains par le jeu de
droits de péages aux octrois et des droits prélevés sur les marchés et les foires.
Une « police des grains » veille à ce que les agriculteurs ne vendent pas leurs
grains avant la récolte et à ce qu’ils ne stockent pas non plus la récolte pour
spéculer en cas de hausse des prix. D'autres dispositions concernent les
marchands de grains qui, pour exercer, doivent obtenir une autorisation, se faire
inscrire sur les registres de police, s'abstenir de toute association tendant à
l'accaparement, etc.Ces entraves ont préparé l'opinion à recevoir favorablement
la doctrine des physiocrates qui défend la liberté au nom de l'efficacité et qui
donne à l'agriculture le premier rôle dans la création des richesses.
Sous l’influence physiocrate, les sociétés d'agriculture comme celles d'Orléans et
de Limoges, et cinq parlements régionaux demandent la réouverture de
l'exportation des grains et réclament la liberté du commerce agricole. Les
physiocrates obtiennent ainsi l'édit sur la liberté du commerce des grains de
1764.

2. les principales idées des physiocrates

A- La notion de loi en économie

Pour les physiocrates, les lois de l’économie existent et sont immuables. Mais ce
ne sont pas les lois du marché telles que nous les connaissons aujourd’hui. Ce
sont des lois naturelles, irrévocables et voulues par Dieu. Ces lois naturelles sont
discernables par l'évidence : «Evidence signifie une certitude si claire et si
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Histoire des faits économiques

manifeste par elle- même que l'esprit ne peut s'y refuser. Il y a deux sortes de
certitudes : la foi et l'évidence... J'entends par évidence une certitude à laquelle il
nous est aussi impossible de nous refuser qu'il nous soit impossible d'ignorer nos
sensations actuelles

B – Le calcul économique rationnel

L'ordre naturel des physiocrates est providentiel. Il se fonde sur l'harmonie des
intérêts privés et publics. La science économique peut en
appréhender quantitativement les éléments : «
La science économique s'exerçant sur des objets mesurables est susceptible d'être
une science exacte et d'être soumise au calcul » (Le TROSNE, De l'ordre social).
QUESNAY peut être considéré comme l'un des précurseurs du calcul
économique rationnel qui déboucha par la suite sur la notion de maximisation
sous contrainte. En effet, il écrit : « Obtenir la plus grande augmentation possible
de jouissance par la plus grande diminution possible de dépense : c'est la
perfection de la conduite économique »

C – La valeur travail

Dans l'article "Grains" qu'il rédige pour l'Encyclopédie, QUESNAY mesure la


valeur des productions à partir de la quantité de travail nécessaire pour les
produire : «Comparez le gain des ouvriers qui fabriquent les ouvrages d'industrie
à celui des ouvriers que le laboureur emploie à la culture de la terre, vous
trouverez que le gain de part et d'autre se borne à la subsistance de ces ouvriers ;
que ce gain n'est pas une augmentation de richesses, et que la valeur des ouvrages
d'industrie est Sur les travaux des artisans proportionnée à la valeur même de la
subsistance que les ouvriers et les marchands consomment. Ainsi l'artisan détruit
autant en subsistance qu'il produit par son travail » Ainsi la théorie de la valeur
travail est mise au service de l'agriculture et de la propriété foncière. Plus tard,
chez MARX, la théorie de la valeur travail sera à l'origine de la notion
d'exploitation des masses et servira à justifier une revendication révolutionnaire
contre la propriété et contre la libre entreprise.

31
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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

D – Le produit net

À noter que pour QUESNAY, l'existence des profits industriels n'empêche pas
que l'industrie soit stérile. Il ne se laissait pas éblouir par les fortunes des
marchands ou mêmes celles des industriels, refusant de croire que cette richesse
reflète une quelconque création de valeur. Il n’y voit que le fruit de circonstances
contingentes, la rémunération d’un goût pour le risque qu’il semble d’ailleurs
condamner. Il suspecte aussi que la richesse masque les pertes des autres. C’est
la France de toujours, dans ce qu’elle a de plus profond qui s’exprime ici :
apologie de la terre, méfiance teintée de refus à l’égard de l’industrie et du
progrès…On retrouve ainsi une partie de l'héritage mercantiliste, sa partie la plus
pessimiste : nul ne gagne sans qu'un autre ne perde. La vie économique serait un
jeu à somme nulle. Seule l'agriculture est productrice de richesse, les autres
classes sont stériles. Ceci nous amène à la notion de produit net. Pour QUESNAY
et les physiocrates, toutes les productions, toutes les richesses d'une nation,
proviennent en dernière instance de l'agriculture. L'agriculture ne permet pas
seulement la production de subsistance, elle permet aussi d'obtenir toutes les
matières premières dont les produits artisanaux et manufacturés sont faits. En
fait, les physiocrates identifient ici terre et nature. Quand ils disent "Tout vient
de la terre", il faut parfois comprendre "tout vient de la nature". Dans ce dernier
sens ils ont forcément raison. Ce qui paraît incongru aujourd'hui, c'est de dire
"tout vient de l'agriculture, tout vient de la terre". Si l'on remplace "terre" par
"nature", on énonce peut-être un truisme, mais on reste physiocrate dans l'esprit.
QUESNAY se demande : Comment se fait-il que les agriculteurs parviennent non
seulement à subvenir à leurs besoins, mais également à fournir les subsistances
et les matières premières aux autres classes de la société. Comme l'explique
Claude JESSUA "
La réponse est que cet état de choses résulte d'une propriété physique du sol, qui
fait qu'il rend à celui qu'il exploite plus que ce qu'on lui a apporté. Il y a
en quelque sorte une générosité intrinsèque de la nature, que QUESNAY appelle
le "don gratuit". Ce don gratuit de la nature représente en somme un surplus,
un excédent du produit par rapport au coût physique de production. C'est à cet
excédent que QUESNAY donne le nom de produit net, définissent ainsi la notion
de produit net : "Toute opération productive implique nécessairement certaines

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Histoire des faits économiques

dépenses..., une certaine consommation de richesse, laquelle est évidemment à


déduire de la richesse, créée au cours de l'opération productive... Ce n'est que la
différence, l'excédent de celle-ci sur celle-là, qui peut constituer l'accroissement
net de richesse.
Ils ont cru découvrir que ce produit net n'existait que dans une seule catégorie
d'opérations productives, dans l'industrie agricole. Là seulement, disent-ils, la
richesse créée dépasse la richesse consommée : le laboureur récolte, sauf
accident, plus de blé qu'il n'en a consomme, en comptant non seulement celui
consommé par les semailles, mais aussi celui consommé par la nourriture de
l'année. Et c'est seulement parce que la production agricole a cette merveilleuse
vertu de donner un produit net que l'épargne a pu se créer et la civilisation se
fonder : " Ce miracle ne se retrouve dans aucune autre catégorie de production,
ni dans le commerce et les transports, car il est évident que le marchand ou le
voiturier ne crée rien puisqu'il ne fait que déplacer ou échanger les produits déjà
créés, ni même dans l'industrie manufacturière, car l'artisan ne fait que modifier,
mélanger, additionner des matières premières... Leur travail augmente la valeur...
mais seulement dans la mesure des valeurs qu'ils consomment eux-mêmes; car
les prix des produits fabriqués ne représente rien de plus que le prix des
consommations nécessaires à l'entretien des fabricants. Il y a là une addition de
valeurs superposées, de même qu'une juxtaposition de matières premières
mélangées ».
La vraie richesse, c'est le produit net ou produit disponible, celui dont la
consommation provoque la reproduction avec accroissement ; seule la terre pour
sa fécondité permet à l'activité humaine d'obtenir un produit net. DUPONT de
NEMOURS écrit : «
Que le souverain et la nation ne perdent jamais de vue que la terre est l'unique
source de richesse et que c'est l'agriculture qui les multiplie. » Et LE MERCIER
de la RIVIERE : «

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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

POINTS IMPORTANTS À RETENIR

 La doctrine physiocrate
 Les idées QUESNAY
 Le mercantilisme fiduciaire

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Page 48 of 380
Histoire des faits économiques

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES POUR


APPROFONDIR LE CHAPITRE

 La Politique, livre II, texte disponible sur Internet


:http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Aristo
te/politique2.htm#V BLAUG, Marc, 1998,

 La pensée économique, origine et développement,


5ème édition, Economica.BOIGUILLEBERT,
:http://www.ecn.bris.ac.uk/het/boisguilbert/Disse
rtext.html#02 BRASSEUL, Jacques, 2001,

 Histoire des faits économiques et sociaux, tome 1,


De l’antiquité à la révolution, Armand Colin.
CANTILLON, Richard, 1755, Essai sur la nature
du commerce en général La pensée économique

 La première révolution industrielle de


DOUGLAS NORTH
 L’insuffisance chronique de numéraire.
 Le droit de propriété intellectuel

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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

EXERCICES D’ASSIMILATION

Le courant de pensée physiocrate

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Histoire des faits économiques

Deuxième partie : La révolution industrielle

CHAPITRE 5 : La révolution industrielle

La vie moderne nous a habitué au progrès technologique continu, lui-même à


l’origine d’une amélioration permanente des niveaux de vie. Cependant, ce
processus de changements technologiques rapides est un phénomène
historiquement récent, qui a débuté avec la
Révolution industrielle.
1 – Les débuts de la révolution industrielle anglaise

A – Les industries motrices

Trois industries sont particulièrement concernées : le textile, l’énergie et la


métallurgie.
Le textile : l’innovation dans l’industrie textile, tout particulièrement dans le
secteur du coton, est le point de départ de la révolution industrielle. Une vague
d’inventions a en effet révolutionné les méthodes de filage, de tissage et
d’impression des motifs et des couleurs. On a ainsi pu mesurer que le temps
nécessaire à un ouvrier pour filer une livre de coton est passé de 500 heures à 3
heures.
Avant la révolution industrielle, les seules sources d’énergie disponibles étaient
le vent, l’eau et l’énergie humaine et animale brutes. Dès lors, l’apparition de la
machine à vapeur, où la combustion du charbon produit de la vapeur, laquelle
vapeur, correctement canalisée permet d’actionner un mécanisme comme une
roue ou un piston, allaient représenter une révolution. Elles allaient conduire à
l’exploitation de vastes gisements de charbon qui n’étaient utilisés jusque-là que
pour le chauffage. Ceci est un bon exemple d’une invention (la machine à vapeur)
qui valorise une ressource (le charbon). Le charbon allait devenir une source
d’énergie majeure. Entre 1750 et 1850, la production anglaise de charbon allait
être multipliée par dix tandis que l’usage de la vapeur allait révolutionner les
transports maritimes, avec l’invention du bateau à vapeur en 1807 par Robert

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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

FULTON (1765-1815) et conduire à la création d’un nouveau mode de transport,


le chemin de fer avec l’invention de la
Locomotive à vapeur par George STEPHENSON (1781-1848) en 1814,
l’ouverture du premier chemin de fer à vapeur ayant eu lieu en 1825.
La métallurgie : Le coût de production du fer a considérablement baissé à
partir des années 1760 à la suite du remplacement du bois par le charbon, d’une
part, et d’une série d’inventions d’autre part. La production anglaise de fer
augmenta massivement. Le fer put alors être utilisé en grande quantité dans la
production de ponts, de chemins de fer et d’immeubles.

B – Le mouvement des enclosures

Le mouvement des enclosures résulte de la volonté des gros propriétaires


terriens, de reprendre le contrôle de leurs terres, en faisant voter par le parlement
des lois obligeant les propriétaires à enclore leurs propriétés (d’où l’appellation«
enclosures »). Ce mouvement, débuté au Moyen-Âge, s’est accentué à partir de
1700 et poursuivi tout au long du 18ème siècle, pour culminer avec l’enclosure
Act de 1801. Les historiens considèrent qu’il était pratiquement achevé vers
1810. Contrairement à une idée répandue, le régime de la propriété privée existait
avant le mouvement des enclosures, mais sa complexité et l’absence de clôtures
empêchait en pratique sa mise en application. Ainsi, un propriétaire ne pouvait-
il pas exclure de son bien les paysans qui y étaient installés ou qui venaient y
faire paître leurs bestiaux, chasser, pêcher, faire diverses cueillettes, organiser
des fêtes, etc.
Les plus gros propriétaires voyaient bien que ce système les empêchait
d’exploiter rationnellement et productivement leurs terres. Mais les petits et
moyens propriétaires, très nombreux, y étaient hostiles car, à court terme, ils
gagnaient bien plus qu’ils ne perdaient à ce qu’il perdure. Beaucoup d’entre eux
en effet, n’avaient pas les moyens d’enclore leurs propriétés. Par ailleurs, leur
propriété une fois enclose ne leur aurait peut-être pas rapporté autant que la
possibilité de piocher dans les communs à volonté, sans jamais réaliser aucun
investissement de productivité. Quant aux plus pauvres, les plus nombreux aussi,
ils avaient évidemment intérêt à ce qu’un système basé sur la confusion et les
grands principes perdure. Toutefois, le pouvoir politique des Landlords leur a
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Histoire des faits économiques

permis d’imposer les « enclosures acts », lois les autorisant à enclore ou, plus
précisément, obligeant tout propriétaire à enclore sa propriété. De vastes
domaines furent alors enclos et exploités rationnellement, générant d’importants
progrès de productivité. À l’inverse, des populations entières n’eurent alors
d’autre choix que de quitter les campagnes pour aller vers les villes. C’est cette
main-d’œuvre qui a servi à l’essor des industries textiles, minières et
métallurgique. À long terme, ils étaient perdants, bien sûr, car sans le mouvement
des enclosures, la croissance économique n’auraient pas pu démarrer et la
révolution agricole non plus. Mais ils ne voyaient évidemment que leur intérêt le
plus immédiat. Les landlords aussi, mais il se trouve que leur intérêt immédiat
coïncidait avec l‘intérêt à long terme de l’Angleterre.

C – Le déclin de la population agricole

Les progrès industriels et le mouvement des enclosures ont abouti à


l’augmentation de la population des villes industrielles et au déclin de la
population des campagnes ; Le déclin de la population agricole résultant des
enclosures s’est fait au profit de l’industrie.

D – Les progrès de productivité dans l’agriculture

Les enclosures ont engendré un fort mouvement de concentration des terres. Les
petits et moyens propriétaires n’ont souvent eu d’autres choix, à défaut d’enclore
leurs terres, que de les vendre aux landlords, qui n’allaient pas tarder à devenir
des gentlemen farmers. L’appellation de gentleman farmer date de cette époque,
quand la noblesse et la gentry
(Littéralement : « les gens de la haute société »), s’est mise à s’intéresser à la
mise en valeur des terres et à posséder les moyens juridiques lui permettant de
récupérer les bénéfices de ses investissements. C’est dans les grandes
exploitations du comté de Norfolk (façade Est de l’Angleterre, à la hauteur des
Pays-Bas) que le mouvement de modernisation de l’agriculture allait débuter et
se diffuser progressivement à toutes les campagnes anglaises, sous l’impulsion
de gros propriétaires terriens tels que : Jethro TUL
David RICARDO (1772-1823), l’Angleterre n’allait pas tarder à s’ouvrir au
libre-échange sous l’impulsion des industriels et au grand dam des propriétaires
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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

terriens, ce qui contribua à maintenir la nourriture à bas prix (en particulier le


pain) et donc aussi les salaires.
Mentionnons que sont réunis ici les éléments du débat entre les tenants de la
sécurité alimentaire et les partisans du libre-échange. Les premiers soutiennent
que c’est grâce à la révolution agricole anglaise que l’Angleterre put résister
efficacement au blocus continental (1806-1813) instauré par NAPOLEON. Les
seconds répliquent que c’est l’ouverture au libre-échange qui a favorisé
l’essor industriel de l’Angleterre, donnant des débouchés à ses produits. Selon
Bertrand de JOUVENEL : « [Les mesures prises dans le cadre de la politique du
blocus ont] " provoqué de profonds et durables changements dans les courants
commerciaux internationaux et dans la structure économique de l'Europe. C'est
alors que le sucre de betterave a commencé à remplacer le sucre de canne.
C'est l'occasion du conflit de vingt-trois ans qui a permis aux États-Unis de
devenir une grande puissance commerçante. C'est parce que Napoléon les a
finalement entraînés dans une guerre contre l'Angleterre que, privés des objets
manufacturés britanniques, ils ont fondé leurs propres fabriques qu'au
rétablissement de la paix, ils défendront par des tarifs protecteurs. C'est à la
faveur de l'exclusion des marchandises anglaises que s'est fondée l'industrie
moderne de l'Allemagne. Son étouffement par les marchandises insulaires,
affluant sitôt NAPOLEON défait, suscitera le tarif prussien, la campagne de LIST
et enfin le Zollverein. Ainsi les deux grandes puissances économiques qui, au XX
siècle, dépasseront l'Angleterre et la France, doivent leur premier essor au Blocus

2 – Autres aspects de la révolution industrielle anglaise

Deux autres aspects de la révolution industrielle anglaise doivent être mentionnés


: le développement de l’infrastructure des transports et la croissance
démographique.

A – Le développement des transports

L’essor industriel et agricole de l’Angleterre n’aurait cependant pas pu avoir lieu


sans le développement d’une infrastructure de transport. La particularité de ce
développement est qu’il a reposé sur l’initiative privée, bel exemple de
l’existence d’investissements à long terme qui relèvent de l’initiative privée et
qui néanmoins sont dans l’intérêt le plus essentiel du progrès économique d’une
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Histoire des faits économiques

nation. C’est d’abord l’essor des canaux qui a considérablement réduit le coût
de transport des marchandises sur de longues distances. Les très gros
investissements nécessaires à la réalisation des canaux furent financés par des
prêts bancaires. Plusieurs milliers de kilomètres de canaux furent ainsi construits.
C’est ensuite la création de routes, qui facilita les flux de population et de
marchandises entre les campagnes et les villes, sous l’impulsion d’hommes tels
que John METCALF (1717-1810),
Thomas TELFORD (1757-1834), et le célèbre John Loudon Mc ADAM (1756-
1836) qui est à l’origine d’un nouveau procédé de construction de routes aux
surfaces moins rudes et plus dures en même temps, dont le nom est resté dans
l’histoire sous l’appellation de « macadam ». Les débuts du chemin de fer sont
plus tardifs (la première ligne de chemin de fer fut inaugurée en 1825).
Contrairement à ce qui s’est passé dans des pays comme la France, l’Allemagne
ou les Etats-Unis, ce n’est pas le chemin de fer qui a été le principal fer de lance
de la révolution industrielle anglaise.

B – L’accroissement démographique

Il est aujourd’hui admis par de nombreux spécialistes de l’histoire économique


que la pression démographique est un des facteurs clé du développement de
l’humanité. On imagine mal en effet comment l’humanité aurait pu atteindre le
niveau de développement technique qu’elle connaît aujourd’hui si la population
mondiale était restée à son niveau de l’an zéro de notre ère (soit 250 millions
d’habitants). Il n’est donc pas étonnant que la révolution industrielle anglaise se
soit accompagnée d’une très forte croissance démographique. Entre 1701 et
1841, la population anglaise a pratiquement triplé, passant de 5,8 à 15,9 millions
d’habitants (voir le graphique 5). Ce triplement est d’ailleurs à l’origine des
inquiétudes du pasteur anglais
Thomas Robert MALTHUS (1766-1834), contemporain et ami intime de David
RICARDO, dont nous étudierons les théories dans le prochain chapitre.

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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

3 – La révolution industrielle dans le reste du monde

A – Aux Etats-Unis

Le développement économique des Etats-Unis se fait par émancipation


progressive à l’égard de l’empire britannique, grâce aux vagues de peuplement
en provenance de l’Europe et à la conquête de l’Ouest américain. Malgré le flux
important d’émigration, la croissance économique américaine a manqué de main-
d’œuvre et a de ce fait été beaucoup plus rapidement mécanisée que celles des
pays européens. Dès les premières années de l’indépendance, il apparaît
clairement que l’émancipation économique des anciennes colonies est inévitable.
Cela n’empêche cependant pas l’Angleterre et les Etats-Unis de conserver des
relations économiques et commerciales privilégies, basées sur la plus grande
compétitivité de l’industrie anglaise sur ses rivales européennes. Ainsi que le
notait déjà TALLEYRAND, dans un mémoire : « L’Amérique a besoin de
recevoir de l’Europe non seulement une grande partie de ce qu’elle consomme
intérieurement, mais aussi une grande partie de ce qu’elle emploie pour son
commerce extérieur. Or, tous les objets sont fournis à l’Amérique si
complètement par l’Angleterre, qu’on a lieu de douter si dans les temps de la plus
sévère prohibition [c’est-à-dire avant l’indépendance] l’Angleterre jouissait plus
exclusivement de ce privilège avec ce qui était alors ses colonies qu’elle
n’en jouit actuellement avec les Etats-Unis indépendants. Les causes de ce
monopole sont au reste facile à assigner : l’immensité de la fabrication qui sort
des manufactures anglaises, la division du travail à la fois principe et
conséquence de cette fabrication …, ont donné moyen aux manufacturiers anglais
de baisser le prix de tous les articles d’un usage journalier au-dessous de celui
auquel les autres nations ont pu le livrer jusqu’à ce jour.» L’existence d’une
frontière à l’Ouest ouvre des débouchés sans cesse renouvelés et génère une
frénésie d’activité propice à l’innovation et à la croissance. Contrairement à ce
que l’on pourrait imaginer, ce ne sont pas les premiers colons qui se lancent à la
conquête de l’Ouest, mais les plus récemment arrivés. Ainsi, on a l’image du
peuplement d’un espace où ceux qui arrivent en premier s’installent sur place et
où ce sont les suivants qui trouvent les premières places occupées, progressent
toujours plus loin vers l’Ouest. Plus rares sont ceux qui, installés dans l’Est ont
décidé de poursuivre vers l’Ouest. La population américaine passe de 4 à 50
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Histoire des faits économiques

millions entre 1790 et 1834, sous l’effet d’une très forte natalité, d’une faible
mortalité due à la jeunesse de la population et enfin grâce à l’immigration. Malgré
cette croissance, la main-d’œuvre manque encore plus que les capitaux. Cette
rareté du facteur travail est compensée par l’esprit d’entreprise et l’innovation
qui vont conduire à une croissance économique très forte, dominée par le progrès
technique et la mécanisation des processus.
C’est le 16 décembre 1773 que les colons jetèrent une cargaison de thé dans le
port de Boston, déclenchant ainsi la guerre avec la métropole, guerre qui devait
se solder par l’indépendance 10 ans plus tard. La date symbolique généralement
retenue (et d’ailleurs fêtée aux Etats-Unis), est celle du 4 juillet 1776, où les
représentants de treize colonies se réunissent à Philadelphie pour proclamer
leur indépendance. Pour finir l’importance du chemin de fer qui a permis de
mettre en valeur les immenses surfaces du continent nord-américain permettant
la communication entre elles.

B – En France et en Allemagne

En France et en Allemagne, la révolution industrielle se développe aussi, sous


l’influence de l’exemple anglais, avec un décalage de quelques décennies et des
particularités propres à ces deux nations : tandis que la France est lestée d’un
monde agricole qui se refuse à avancer, l’Allemagne doit quant à elle réaliser son
unité nationale.

1) La lente industrialisation de la France

Alors que l’Angleterre débute sa révolution industrielle dès 1760, la France entre
pour sa part dans une révolution politique à partir de 1789. Il s’ensuit une série
de guerres contre toute l’Europe et la paix ne revient qu’avec la chute de l’Empire
napoléonien et le retour de la monarchie en 1815. Les facteurs propices au
développement économique ne manquent pas : c’est d’abord, grâce à la
révolution, la fin du régime des corporations qui, comme on l’a vu au chapitre
1, bloque toute innovation. La Révolution apporte aussi la suppression des droits
d’octroi qui paralysaient le commerce intérieur. L’adoption du système
métrique, en mai 1790, favorise aussi, par sa simplicité, les échanges
économiques. « Pour qu’une chose soit parfaite, il faut qu’elle soit inventée en

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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

France et travaillée en Angleterre » : ce propos d’un fabricant suisse de textile


illustre à merveille la différence entre l’esprit d’invention dont la France ne
manque pas et l’esprit d’entreprise ou d’innovation, qui se trouve en Angleterre
et aux Etats-Unis. Ainsi, est-ce en France, en 1794, que fut fondée le modèle
universel de la « grande école », l’Ecole Polytechnique, par un décret de la
Convention. Cela ne fit pas de la France le berceau de la révolution industrielle,
mais en revanche l’idée fut imitée partout dans le monde et servit notamment de
modèle à la création de l’académie militaire de West Point. Plus tard, ce sont les
Saint-Simoniens (voir le chapitre 8) qui seront les apôtres de l’industrialisation à
travers le monde. Cependant, des éléments nombreux freinent le décollage
industriel de la France. C’est d’abord le l’absence de croissance démographique.
Comparée à la vitalité de la croissance démographique anglaise et américaine, la
population française Le 17 mars 1791 le décret d'ALLARDE libère
l'apprentissage. Il pose le principe fondamental de la liberté du travail selon
lequel chaque homme est libre de travailler là où il le désire, et chaque employeur
libre d'embaucher qui lui plaît grâce à la conclusion d'un contrat dont le contenu
est librement déterminé par les intéressés. Ensuite, le 22 mai 1791 la loi LE
CHAPELIER interdisant les coalitions est votée. Alors que l’Angleterre se dote
d’une agriculture moderne et que, sous l’effet du mouvement des enclosures, elle
expédie ses excédents ruraux vers les centres industriels ou aux Etats-Unis, la
France ne connaît qu’une très faible urbanisation. Les paysans restent le plus
souvent ancrés sur leur terre natale et vivent sur la rente géographique de la
France qui leur permet, sans effort ni imagination, de bénéficier d’un climat
clément et de sols féconds. L’absence d’esprit d’entreprise dans les classes
dirigeantes françaises (le Saint-simonisme étant une exception qui d’ailleurs fait
davantage école à l’étranger qu’en France) a orienté l’épargne vers des usages
peu productifs (emprunts d’Etat) ou étrangers. Enfin, sous l’influence des
agriculteurs, la France s’enlise dans le protectionnisme, au nom de la défense de
l’économie nationale, ce qui ralenti encore davantage l’industrialisation.

2) Le Zollverein, socle de la révolution industrielle allemande

Le Zollverein, c’est l’Union douanière instaurée en 1834 sous l’impulsion de la


Prusse, entre 39 Etats indépendants allemands, union douanière qui constitue le
préalable à l’Union politique qui ne sera réalisée qu’en 1871. Le Zollverein a
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Histoire des faits économiques

permis la liberté de circulation des capitaux et des marchandises, abaissant les


coûts de transports. Cette union douanière tardive explique le retard de
l’industrialisation allemande mais lui a aussi permet de « mettre les bouchées
doubles » et de bénéficier pleinement des effets positifs des chemins de fer sur le
développement économique

4 – Origines, conséquences et prolongements de la révolution industrielle

A – Le renforcement des droits de propriété, base de la révolution


industrielle

Après les deux siècles de croissance exponentielle que le monde a connue depuis
l’avènement de la révolution industrielle, les chercheurs s’interrogent encore sur
les origines de celle-ci, comme si le fait de les connaître avec certitude pouvait
influer de quelque manière que ce soit sur l’issue de la trajectoire des sociétés
industrielles. Parmi les principaux facteurs invoqués, et au-delà de ceux que nous
venons juste d’étudier, trois explications, d’ailleurs imbriquées, reviennent de
façon récurrente dans les écrits des sociologues et des théoriciens : l’imprimerie,
le progrès des règles du droit de la propriété et l’éthique protestante qui a
favorisé le développement de l’épargne productive et du capitalisme
industriel. Ainsi, tout semble se passer comme si la révolution industrielle avait
eu besoin pour émerger :
1) De la possibilité d’un savoir cumulatif et de règles écrites (condition remplie
par l’avènement et la propagation de l’imprimerie).2) de l’existence d’une
éthique non seulement du gain que l’on amasse spéculativement et pour lui-même
dans la sphère financière, mais d’une éthique de l’épargne productive et
créatrice (condition remplie par le succès du protestantisme dans les pays anglo-
saxons, berceau de la révolution industrielle).

B – L’opposition du capital et du travail

L’une des conséquences sociales les plus importantes de la révolution industrielle


est la disparition des classes anciennes et la redistribution des rôles. Dès les
débuts de la révolution industrielle, dans de nombreux pays, deux classes vont se
constituer et devenir antagonistes : la classe ouvrière d’une part, la classe
capitaliste d’autre part. Il faudra attendre la seconde moitié du vingtième siècle
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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

pour voir cette distinction s’atténuer avec la montée en puissance d’une


importante classe moyenne. L’analyse de l’opposition du capital et du travail sera
à l’origine des réflexions du courant social, que nous étudierons dans le chapitre
7 et en particulier de l’œuvre de Karl MARX (1813-1883).

C – La « seconde » révolution industrielle

Le terme de seconde révolution industrielle désigne une nouvelle série


d’innovations centrées d’une part sur l’apparition de l’électricité comme
nouvelle forme d’énergie supérieure à la vapeur et qui va progressivement lui
être substituée et d’autre part sur le pétrole, lui-même source d’énergie
électrique, bien sûr, mais également à l’origine du développement de l’industrie
automobile et aussi utilisé comme combustible dans l’aviation. Ces nouveaux
moyens de transports vont à nouveau relancer l’activité économique à partir des
années 1860-1880. Non seulement les coûts de transports vont à nouveau se
réduire, mais les coûts de communication vont également grâce à l’invention du
télégraphe par Samuel MORSE (1791-1872) en 1864 et du téléphone par
Graham BELL (1847-1922) en 1876. Soulignons également que l’invention de
l’ampoule électrique par l’anglais Joseph SWAN (1828–1914) et amélioré par
Thomas EDISON en 1860 va faciliter le travail nocturne.

D – Les cycles économiques

L’apparition de grappes successives d’innovations, elle-même à l’origine de


cycles longs de croissance économiques contribué à la formation de la théorie
des cycles par plusieurs économistes dont les plus importants, comme Joseph
SCHUMPETER(1883-1950), seront étudiés dans les chapitres ultérieurs. Il
convient cependant de résumer brièvement ici, pour conclure ce chapitre sur la
révolution industrielle, l’apport de la théorie des cycles à la compréhension de
l’histoire économique. Quatre catégories de cycles, qui diffèrent par leurs durées,
ont été observées dans l’histoire économique : les cycles KITCHIN du nom de
l’économiste Joseph KITCHIN, les cycles JUGLAR, du nom de l’économiste
Clément JUGLAR (1819-1905), les cycles KUZNETS, du nom de l’économiste
Simon KUZNETS (1901-1985) et les cycles KONDRATIEFF, du nom de
l’économiste Nicolas KONDRATIEFF (1892-1938). Tous ces cycles comportent
une phase ascendante, un maximum et ensuite une phase descendante. Le cycle
46
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Histoire des faits économiques

KITCHIN est un cycle court, de 40 mois environ (quatre ans selon certains
auteurs), qui serait lié notamment à l’évolution des stocks des entreprises. En fait,
si ce cycle semble bien réel, s’agissant de variables telles que les prix, les taux
d’intérêt ou encore les stocks des entreprises, les explications qui gouvernent son
évolution sont loin d’être claires. Le cycle JUGLAR a une durée de 7 à 11 ans,
la moyenne étant de 8 ans. Il s’agit d’un cycle d’évolution des variables
financières telles que les taux d’intérêt mais aussi les prix. Il se superpose au
cycle KITCHIN sans le perturber. Le cycle KUZNETS d’une durée de 15 à 25
ans est un cycle qui concerne les taux de croissance de variables telles que la
production, plutôt que l’évolution des variables elles-mêmes. En fait, ce cycle a
surtout été étudié par KUZNETS dans l’industrie américaine de la construction
avant la première guerre mondiale. Il n’est pas réapparu depuis ou alors est passé
inaperçu. Le
Cycle KONDRATIEF est le plus célèbre et le plus long (45 à 60 ans). C’est
celui qui a été le plus étudié par Joseph SCHUMPETER (1883-1950) qui a
identifié trois cycles KONDRATIEF dans l’histoire économique de ces deux
derniers siècles. Un premier cycle coïncide avec les débuts de la révolution
industrielle (1780-1842). Il est principalement tiré par les innovations dans le
secteur textile et la métallurgie. Puis, après une phase de déclin apparaît la phase
ascendante d’un second cycle ou c’est l’usage de la vapeur dans les transports,
en particulier le chemin de fer, qui lance le cycle (1842-1897). Enfin, le troisième
cycle va de 1897 aux années 1930 et serait gouverné par les innovations motrices
de la « seconde révolution industrielle » : électricité, moteur à explosion, chimie
et automobile.

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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

POINTS IMPORTANTS À RETENIR

 La révolution industrielle
 L’apparition de la machine à vapeur
 Le mouvement des enclosures
 Le progrès de productivité dans l’agriculture
 Les cycles économiques

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Histoire des faits économiques

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES POUR


APPROFONDIR LE CHAPITRE

 La Politique, livre II, texte disponible sur Internet


:http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Aristote/p
olitique2.htm#V BLAUG, Marc, 1998,

 La pensée économique, origine et développement,


5ème édition,Economica.BOIGUILLEBERT
:http://www.ecn.bris.ac.uk/het/boisguilbert/Dissertext
.html#02 BRASSEUL, Jacques, 2001,

 Histoire des faits économiques et sociaux, tome 1,


De l’antiquité à la révolution, Armand Colin.
CANTILLON, Richard, 1755, Essai sur la nature du
commerce en général

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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

EXERCICES D’ASSIMILATION

THÈME D’EXPOSE :
Les trois grandes Révolutions Industrielles

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Histoire des faits économiques

CHAPITRE 6 : Les économistes classiques

« Ce n’est pas de la bienveillance du boucher, du brasseur ou du boulanger que


nous attendons notre dîner, mais de l’attention qu’ils portent à leur propre intérêt.
Nous nous adressons non à leur humanité, mais à leur amour d’eux-mêmes et
nous ne leur parlons jamais de nos propres besoins mais de leur avantage » -
Adam SMITH

1 – Les points communs aux économistes classiques

Ce chapitre traite des économistes Classiques, qui sont les fondateurs de


l'économie politique. Il n'est pas simple de dégager les points communs entre
ces économistes, d'autant que certains, comme l'économiste anglais Walter
ELTIS, allongent cette liste et considèrent que Karl MARX (1818-1883) est aussi
un classique, dans la mesure où son œuvre est un prolongement critique des
conclusions des classiques. Selon Walter ELTIS, l'analyse de l'école classique
repose sur quelques propositions fondamentales que l'on peut résumer ainsi : La
concurrence est à la base du fonctionnement efficace des économies. Les
décisions d'investissement et de production sont d'autant plus efficaces qu'elles
sont prises par ceux qui les rendent possibles, que ce soit par leur argent, par leurs
talents ou leur travail. La propriété privée est la condition d'un fonctionnement
efficace des marchés. Il y a des activités productives et des activités
improductives. Les activités productives engendrent un surplus net (à ne pas
confondre avec le produit net des physiocrates). Les activités improductives
n’existent que grâce au surplus des activités productives. La croissance des
économies dépend du réinvestissement du surplus engendré par les activités
productives. Si ce surplus est absorbé par les activités improductives, le produit
national stagnera ou baissera. La croissance de la population dépend du salaire
des ouvriers. Tant que ce salaire est suffisant pour nourrir des bouches
supplémentaires, la population augmente. Sinon, la population stagne ou
diminue.

2) L'allocation optimale des ressources

Supposons que les consommateurs demandent davantage d'imperméables qu'il


s'en produit et moins de parapluies. La demande d'imperméables va monter et
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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

celle de parapluies va baisser. Les affaires iront mal dans l'industrie des
parapluies et les commerçants se frotteront les mains dans le secteur des
imperméables. Le prix des imperméables aura donc tendance à augmenter,
puisque les consommateurs voudront en acheter plus qu'il n'y en a sur le marché.
En revanche, puisque les boutiques de parapluies sont de plus en plus vides, le
prix des parapluies tend à baisser. Comme le prix des imperméables augmente,
le profit des producteurs d’imperméables augmente également. Comme les prix
des parapluies chutent, les profits chutent aussi dans ce secteur. Mais cette fois
c'est l'intérêt personnel qui vient au secours de la concurrence. Des travailleurs
seront licenciés dans le secteur des parapluies. Ils seront embauchés dans les
usines d'imperméables où les affaires tournent bien. Le résultat ne se fera pas
attendre : la production d'imperméables augmentera sous l'effet de l'avidité des
producteurs d'imperméables qui veulent toujours plus de profits, la production de
parapluies baissera et on obtiendra exactement le résultat voulu par la société :
plus d'imperméables et moins de parapluies. À travers le mécanisme du marché,
la main invisible aura réalisé l’
Allocation optimale des ressources; elle répartit différemment les ressources
pour satisfaire ses nouveaux désirs. Il s'agit bien d'une main invisible : " personne
n'a donné d'ordre et aucune autorité planificatrice n'a établi les plans de
production ; l'intérêt personnel et la concurrence, agissant en opposition, ont
assuré cette mutation. Nous avons vu à travers l'exemple des parapluies comment
les prix ne peuvent s'écarter arbitrairement du coût réel de production des biens.
Ensuite, nous avons vu comment la société incite les producteurs à produire les
différents biens dans les proportions qui lui conviennent. Dans les deux cas, le
processus que nous avons décrit est Auto régulateur." Une des implications
admirables du marché est qu'il est son propre gardien " écrit Robert
HEILBRONER, " Si la production ou les prix ou bien certaines formes
de rémunération s'écartent trop de leur niveau social ordinaire, des forces entrent
en jeu pour les faire rentrer dans le rang. D'où un curieux paradoxe : le jeu du
marché qui concrétise le summum de la liberté économique individuelle est un
gardien extrêmement strict. On peut faire appel contre le règlement d'un office
de planification ou obtenir une dispense d'un ministre ; mais il n'y a ni appel ni
dispense qui puisse contrer les pressions anonymes du mécanisme du marché. La
liberté économique est donc plus illusoire qu'il n'y paraît à première vue. On est
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Histoire des faits économiques

libre d'agir selon son gré dans le système du marché ; mais, que l'on se mette à
enfreindre la loi du marché, et le prix de cette liberté individuelle sera la ruine
économique.
De nos jours, le mécanisme de marché, même s'il existe, est très éloigné de la
description qu'en donne Adam SMITH. En effet, dans la plupart des secteurs de
l'économie moderne, on observe l'existence de très grandes entreprises qui
semblent fixer les prix bien davantage que la main invisible d'Adam SMITH. Et
pourtant la concurrence existe plus qu'on ne le pense généralement. Des
entreprises disparaissent chaque jour. Certaines se débarrassent de pans entiers
de leur activité. De nouvelles entreprises naissent et deviennent en quelques
années des géants …pour répondre aux besoins nouveaux et variés de la société.

3) La division du travail

Adam SMITH fut fasciné par le gain prodigieux de productivité qu'entraînaient


la Division et la spécialisation des tâches. C'est l'exemple fameux de l'usine
d'aiguilles : « Un homme tire le fil, un autre le tend, un troisième le coupe,
un quatrième l'ajuste, un cinquième en affûte le bout pour qu'il puisse recevoir la
tête ; la fabrication de la tête requiert deux ou trois opérations distinctes ;
l'ajustage de la tête est un métier à part ; l'étamage [ajout d'une mince couche
d'étain] en est un autre ; c'est même un métier en soi que de les emballer. J’ai vu
une manufacture de cette espèce, qui employait seulement dix hommes, dont
quelques-uns accomplissaient donc deux ou trois opérations distinctes. Quoique
très pauvres, donc peu familiarisés avec les machines, ils étaient capables, en
produisant un effort, de fabriquer à eux seuls jusqu'à douze livres d'aiguilles par
jour. Mais s'ils les avaient forgées chacun indépendamment l'un de l'autre, aucun
n'aurait pu en fabriquer vingt et peut-être même pas une par jour».
Pour Adam SMITH, la division du travail et la spécialisation des tâches
accroissent certes la productivité, mais, ce qui est plus important, elles permettent
la croissance économique et l'amélioration du niveau de vie.

4) Valeur d'usage et valeur d'échange

Adam SMITH pose de nouveau la distinction qui deviendra fondamentale : toute


marchandise possède une valeur d'usage et une valeur d'échange. Le plus
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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

souvent, ces deux valeurs sont extrêmement différentes pour une même
marchandise, comme il l'explique dans cet extrait célèbre où il compare les
valeurs d'usage et d'échange respectives de l'eau et du diamant : «rien n'est plus
utile que l'eau, mais on ne peut presque rien obtenir en échange de celle-ci. Un
diamant, au contraire, n'a presque pas de valeur d'usage, mais on peut souvent
obtenir une très grande quantité d'autres biens en échange ». Aussi Adam SMITH
va-t-il s'appliquer à déterminer en quoi consiste le véritable prix de toutes les
marchandises. Sa réponse, comme toujours, est pleine de bon sens : « Le prix réel
de toute chose, ce que toute chose coûte réellement à l'homme qui veut l'obtenir,
c'est la peine et le mal qu'il a pour l'obtenir.» Pour SMITH, le travail est un étalon
fiable et invariable. C'est même, selon lui : « le seul étalon fondamental et réel
avec lequel on peut en tout temps et en tout lieu estimer et comparer la valeur de
toutes les marchandises ».

5) Stocks, capital fixe et capital circulant

SMITH distingue trois catégories de capital, distinction que l'on retrouvera


d'ailleurs chez David RICARDO, tout comme bon nombre de concepts
initialement développés par SMITH. La première catégorie, ce sont les stocks.
Ce capital ne rapporte aucun profit, il est même source de dépense dans la mesure
où il faut conserver les stocks. La deuxième catégorie est le capital fixe, qui est
ainsi appelé car il rapporte un revenu sans circuler ces sont les machines, les
bâtiments, mais aussi ce que l'on appellera plus tard le "capital humain" à la suite
de Gary BECKER, l'économiste de l'école de Chicago (prix Nobel d'Economie
1992) et que SMITH appelle « les capacités utiles acquises par tous les habitants
ou membres de la société » (autrement dit savoir-faire, talents, dextérité). La
troisième catégorie est le capital circulant. Il comprend la monnaie et tout ce qui
est consommé et/ou détruit pendant le cycle de production (les semences dans
l'agriculture, les matières premières dans l'industrie).Soulignons ici que SMITH
considère la monnaie comme un instrument d'échange et donc comme n'ayant
pas d'influence dans la formation et la création des richesses. Il s'inscrit dans la
tradition des auteurs classiques pour lesquels la monnaie est un voile qui
obscurcit bien davantage qu'il n'éclaircit la compréhension des phénomènes
économiques réels

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Histoire des faits économiques

6) Les lois de l’accumulation et de la répartition

Il faut se souvenir que le livre d'Adam SMITH est, comme son titre l'indique,
une« Enquête sur la nature et les causes de la richesse des nations » et qu'il s'agit
donc de mettre en évidence les causes de la croissance économique. Pour Adam
SMITH, la division du travail est la conséquence du mécanisme de la main
invisible, c'est-à-dire de la combinaison de l'intérêt individuel et de la
concurrence " car il plonge l'homme dans un milieu qui le stimule et l'oblige à
inventer, innover, grandir et prendre des risques."
La division du travail permet des gains de productivité énormes et est à l'origine
de la création d'un surplus économique. Ce surplus, c'est la différence entre ce
que la division du travail permet d'obtenir et ce que la somme des efforts isolés
permettrait d'obtenir. Mais la division du travail ne suffit pas à elle seule pour
engendrer la croissance économique. Ce n'est qu'une des conditions, certes
importante, mais pas la seule. La croissance économique provient en effet de
l'accumulation d'une partie plus ou moins importante de ce surplus.
L'accumulation, c'est-à-dire le réinvestissement d'une partie de ce surplus, est ce
qui permet au système économique de se reproduire sur une base élargie. En effet,
au départ, c'est le capital investi qui permet d'augmenter la productivité du travail,
c'est le capital qui permet d'investir dans des machines et des usines qui ensuite
permettent la spécialisation source de productivité. De quoi dépend
l'accumulation du capital ? Pour Adam SMITH, elle dépend du goût pour
l'épargne qui existe dans les classes aisées de la société. Elle dépend de la
frugalité des classes riches et l'on retrouve ici l'éthique protestante qui, selon le
sociologue Max WEBER, serait à l'origine du capitalisme. La frugalité, certes,
mais aussi le désir d'investir, d'entreprendre pour réussir. La réussite, qui serait,
toujours selon l'éthique protestante, le signe sur terre de l'élection divine. La
première conséquence de l'accumulation est en effet d'augmenter les salaires de
la classe ouvrière (la concurrence sur le marché du travail pour obtenir de la main-
d’œuvre entraîne une hausse des salaires). Il en résulte une augmentation du
nombre des travailleurs (l'amélioration du niveau de vie favorise la natalité, on
voit donc qu'il s'agit d'un raisonnement à long terme). Par conséquent, le taux de
salaire va de nouveau baisser quand cette nouvelle population affluera sur le
marché du travail. L'accumulation pourrait alors se poursuivre. Et ainsi de suite.
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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

Ce sont donc les variations de la population qui empêchent le taux de salaire


d'augmenter et le maintiennent à un niveau de subsistance, tout comme le prix
des autres marchandises (qui est sans cesse ramené à leur coût de production).
Cette conception de la natalité découle de l'observation de la mortalité infantile
dans les classes inférieures de la société dans l'Angleterre du 18ème siècle « Il
n'est pas rare, écrit SMITH, que dans les Highlands d'Écosse, une mère ayant
engendré vingt enfants n'en conserve que deux vivants. ». À cette époque, la
moitié des enfants mourait avant l'âge de quatre ans. La division du travail n'est
possible, et ne peut s'améliorer, que dans la mesure où le capital, lui-même issu
du surplus, s'accumule et s'investit. Mais quelle est la part qui revient au capital
? «La valeur ajoutée par les ouvriers aux matériaux se résout en deux parties :
l'une paie leurs salaires, l'autre les profits réalisés par leur employeur » répond
Adam SMITH. En cela, il annonce Marx, qui parlera quant à lui de plus-value. ».
En effet, pour Adam SMITH, les profits « sont réglés par la valeur du
capital engagé et sont plus ou moins grands selon son importance ». Ce n'est que
bien plus tard que les auteurs libéraux justifieront le profit des employeurs par
l'idée qu'il serait la rémunération d'un travail de coordination, d'inspection et de
direction, ainsi que de prise de risque. En ce qui concerne la rente, c'est-à-dire le
revenu des propriétaires terriens, SMITH indique que celle-ci est égale à la
différence entre la valeur de la récolte et la somme des salaires et des profits
versés respectivement pour le travail et le capital engagés dans la production
agricole. Il explique également que les propriétaires terriens sont dans une
situation de monopole.

7) L'apologie du laisser-faire

Pour Adam SMITH les gouvernements sont prodigues, irresponsables et


improductifs. Donc, moins un gouvernement intervient dans la vie économique,
mieux elle se porte. Adam Smith n'est cependant pas opposé à toute intervention
de l'Etat dans l'économie en général. Ce qu'il redoute, c'est que le gouvernement
entrave l'action de la main invisible, c'est-à-dire aille à l'encontre du mécanisme
spontané par lequel l'intérêt individuel et la concurrence aboutissent à l'allocation
optimale des ressources. Ceci l'amène à s'opposer aux restrictions à l'importation
et aux mesures d'aide à l'exportation, aux lois qui protègent l'industrie de la
concurrence, aux dépenses improductives (traitement des fonctionnaires, etc.)
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Histoire des faits économiques

Pourtant, plus que l'intervention de l'Etat, c'est l'influence néfaste des monopoles
qu'Adam SMITH redoute : « Les gens qui pratiquent la même profession
se rencontrent rarement, écrit-il, mais la conversation se termine toujours par
une conspiration contre les prix. »

C – Conclusion sur Adam SMITH

On retiendra que « la Richesse des nations représente une rupture radicale avec
les deux traditions alors fondamentales de la pensée européenne, à savoir
les traditions morales issues de la philosophie grecque d'une part, de la Bible
d'autre part. On peut dire que ces deux courants de pensée s'accordaient pour
prescrire aux européens un mode de vie fondé sur le respect du devoir ou, pour
user d'un terme vieilli, sur un certain nombre de vertus. Celles-ci se trouvaient
cautionnées par une doctrine de la nature humaine qu'on a souvent décrite comme
une doctrine «transcendantale», selon laquelle l'homme doit être compris à la
lumière de ses possibilités les plus élevées.» Pour soutenir cette volonté
d'élévation, les deux traditions précédemment évoquées concluaient à la nécessité
d'assujettir l'homme à des lois morales telles que, justement, la répression féroce
de la poursuite de l'intérêt individuel, la méfiance à l'égard de tout ce qui est
proprement humain et, plus généralement, un pessimisme de bon a loi
débouchant soit sur l'immobilisme en matière politique et sociale, soit sur une
révolte radicale. SMITH rejette implicitement cette tradition transcendantale. Car
pour lui " tout phénomène, y compris dans la sphère humaine, est en dernier
recours réductible au mouvement de la matière. La conservation de ce
mouvement ou, s'agissant d'êtres humains (homo œconomicus), la préservation
de la vie, constitue pour Smith l'objectif suprême de la nature. Pour SMITH, et
aussi pour les économistes anglais du courant utilitariste et pragmatique, " Le
système le plus naturel, par conséquent, est celui qui organise le mieux la
production des biens nécessaires à la vie. C'est parce que la division du travail
augmente la productivité que cette forme d'organisation se recommande aux yeux
de SMITH.

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3 – David RICARDO

A – Données biographiques

Né en 1772, David RICARDO (1772-1823) a 4 ans quand Adam SMITH publie


"
La Richesse des nations ". David Ricardo naît dans une famille nombreuse de
riches financiers juifs d'origine portugaise. Dès l'âge de 14 ans, il entre dans la
finance, pour travailler avec son père. Marié à 21 ans avec une jeune femme
quaker, il se convertit à la religion de sa femme. C’est la rupture avec sa famille
et il est contraint de travailler pour son propre compte. Il réussit cependant à faire
fortune en Bourse, ce qui lui permet ensuite de vivre de ses rentes. À partir de
1799, il se consacre entièrement à l'étude de la théorie économique. En 1809-
1810, il publie trois articles sur les problèmes monétaires dans le
Morning Chronicle. Ces articles seront ensuite réunis dans un ouvrage, «Essai
sur le haut prix du lingot : preuve de la dépréciation des billets de banque », paru
en 1810, où il développa thèse, purement quantitativiste, que l'excès d'émission
avait été la cause de la dépréciation des billets de banque anglais lors des guerres
napoléoniennes. En 1815, RICARDO publie " Essai sur l'influence du bas prix
du blé sur les profits du capital », où il jette les bases de sa théorie de la
répartition.

B – La théorie de la valeur

Les "Principes de l'économie politique et de l'impôt" est un ouvrage où


RICARDO déploie un esprit de synthèse et de logique qui révèle un esprit
supérieur. Ce texte a traversé les siècles et fait aujourd'hui encore l'admiration
des économistes. Tout comme Adam SMITH dans La Richesse des nations,
David RICARDO s'attache à expliquer les causes de la richesse économique
d'une nation. Cette richesse provient de la croissance économique, dont il
s'attache à dévoiler les déterminants. À cette fin, il aborde dans un premier temps
l'analyse de la formation du prix des produits et la fixation du taux de salaire. Il
reprend la distinction de SMITH entre prix naturel et prix de marché. Il emploie
plus volontiers le terme de prix normal pour désigner le prix naturel. Le prix
normal d'un produit est déterminé par la quantité de travail nécessaire à sa
production. Ainsi écrit-il : "Toute augmentation dans la quantité de travail doit
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Histoire des faits économiques

nécessairement augmenter la valeur de l'objet auquel ce travail a été employé ; et


de même toute diminution dans la quantité de travail doit en diminuer le
prix ".Mais comment calculer ce prix, sachant que dans le monde réel les prix
sont exprimés en monnaie et non, par exemple, en heures de travail ? Le prix
d'une marchandise c'est en effet une certaine quantité de monnaie. Pour
RICARDO, la monnaie elle-même a une valeur en temps de travail : c'est la
quantité de travail qu'il faut pour produire la quantité de métal dont est faite la
pièce qui sert à payer le croissant. Pour comprendre le raisonnement de
RICARDO nous indique donc que le prix en monnaie du bien 1 dépend non
seulement de la quantité de travail nécessaire pour produire ce bien, mais aussi
de la quantité de travail nécessaire pour produire la monnaie nécessaire à l'achat
de ce bien.

C – La théorie de la répartition

La théorie classique de la répartition est fondée sur la notion de produit


marginal décroissant. Nous allons donc d'abord préciser le concept de
productivité marginale à partir d'un exemple numérique simple dont les données
figurent dans le tableau ci-dessous. Nous allons supposer avec RICARDO que
l'économie d'un pays est une gigantesque entreprise agricole qui produit du blé,
au moyen des trois facteurs de production : terre, travail et capital. La terre est
disponible en quantité fixe, mais le travail et le capital peuvent varier.

1) Le produit marginal est décroissant.

C'est la loi des rendements décroissants, que l'on retrouve chez Ricardo, mais
aussi chez les autres auteurs classiques, sous une forme ou une autre. Cette loi
s'explique par le fait que le rendement de la terre est décroissant. Dans cet
exemple, le rendement de la terre diminue parce que l'on applique de plus en plus
de travail et de semences sur une quantité fixe de terre.

2) Le produit moyen est décroissant

, mais supérieur au produit marginal. C'est logique. Pour le comprendre, prenons


l'exemple des notes. Supposons quelqu'un quia une seule note et que cette note
soit égale à 15. La moyenne est de 15 et la contribution marginale de cette note à
la moyenne est aussi de 15.
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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

Supposons maintenant que sa deuxième note soit égale à 11, sa moyenne sera de
(15+11)/2=26/2 = 13. Par conséquent, la moyenne a baissé, mais elle reste
supérieure à la note marginale (13>11). Si la troisième note est de 9, la moyenne
sera de (15+11+9)/3=35/3=11,7. Là encore, la moyenne baisse, mais elle reste
supérieure à la note marginale. Dans le cas du produit, c'est la même chose. La
baisse du produit marginal fait baisser le produit moyen, mais le produit moyen
reste supérieur au produit marginal.

3) En faisant la somme verticale des produits marginaux, on obtient le


produit total

(Vérifier en additionnant les valeurs de la dernière colonne). Géométriquement,


cela signifie que le produit total est donné par l'aire qui est située sous la courbe
du produit marginal.

D – La théorie des avantages comparatifs

C'est probablement pour son apport à la théorie de l'échange international que


RICARDO est le plus connu aujourd'hui. Sa théorie, que l'on appelle la " théorie
des avantages comparatifs "ou"théorie des avantages comparés" ou encore "loi
de l'avantage comparatif" est toujours enseignée comme un élément majeur de
tout cours de théorie du commerce international. Cette théorie enseigne que
chaque pays doit se spécialiser, c'est-à-dire produire et exporter, les biens qu'il
sait produire avec la meilleure compétence. Le point essentiel est que même si
un pays était plus compétent que ses partenaires pour produire tous les biens, il
gagnerait encore à se spécialiser dans la production et l'exportation des biens qu'il
sait produire avec une plus grande compétence encore. Ce point n'est pas évident,
car il s'agit de comprendre que ce pays va devoir éventuellement importer des
biens qu'il sait mieux produire que son partenaire commercial ! C'est cela le grand
apport de la théorie de RICARDO, apport essentiel en ce qu'il permet de
démontrer que l'échange international, plus précisément le libre-échange, est
toujours bénéfique pour les pays qui décident de s'y rallier. La théorie de
RICARDO est sans doute l'élément majeur de tout plaidoyer en faveur du libre-
échange. Pour démontrer sa théorie, RICARDO prend l'exemple de l'Angleterre
et du Portugal,chacun de ses deux pays étant producteur à la fois de vin et de
drap. Il montrequ'alors même que le Portugal est plus avantagé que l'Angleterre
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à la fois pour produire le vin et le drap, il a néanmoins intérêt à laisser l'Angleterre


lui fournir son drap.

3– Jean-Baptiste SAY

– Données biographiques
Jean-Baptiste SAY (1767-1832) est le descendant d'une famille de protestants
calvinistes qui avait dû s'exiler lors de la révocation de l'Edit de Nantes par Louis
XIV en 1685. Il a la chance de pouvoir partir quelques années en Angleterre pour
faire ses études. C'est là qu'il découvre le livre d’Adam SMITH, la Richesse des
Nations. Il revient en France et commence sa carrière comme employé dans une
compagnie d'assurance parisienne. En 1789, quand éclate la Révolution française
(né en 1767, il avait alors 23 ans), il travaille dans la presse puis part comme
volontaire. Au retour il fonde un périodique, La décade philosophique, politique
et littéraire et en devient le rédacteur en chef. Sous l'Empire, il refuse de
cautionner la politique économique de NAPOLEON. De ce fait, il est écarté de
toute fonction importante et connaît des difficultés matérielles. Il créé sa propre
entreprise, une usine de filature mécanique et réussit fort bien dans ce métier.
Puis il se met à écrire. Dès 1804, il publie son Traité d'Économie Politique.

B – La loi des débouchés

Jean-Baptiste SAY est connu comme étant l'auteur de la loi des débouchés que
l'on appelle d’ailleurs souvent aussi la loi de Say. Cette loi s'énonce ainsi "
L'offre créé sa propre demande " ou encore « les produits s'échangent contre des
produits ». Ces deux formules signifient que, comme le physiocrate Le
MERCIER de la RIVIERE l'écrivait en 1767 " personne n'est acheteur sans être
en même temps vendeur ".Autrement dit, dans l'économie prise dans son
ensemble, la demande totale ne peut pas durablement excéder l'offre totale, ni
être inférieure. Plus précisément, chaque fois qu'un produit est créé, un débouché
est créé en même temps. En effet, ce produit va être mis sur le marché et va donc
engendrer un revenu. Ce revenu servira de débouchés à un autre produit. Et ainsi
de suite. En fait, nul n'est mieux placé que Jean-Baptiste SAY pour expliquer la
loi des débouchés : " Il est bon de remarquer qu'un produit terminé offre, dès cet
instant, un débouché à d'autres produits pour tout le montant de sa valeur. En

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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

effet, lorsque le dernier producteur a terminé un produit, son plus grand désir est
de le vendre, pour que la valeur de ce produit ne chôme pas entre ses mains. Mais
il n'est pas moins empressé de se défaire de l'argent que lui procure sa vente, pour
que la valeur de l'argent ne chôme pas non plus. Or, on ne peut se défaire de son
argent qu'en demandant à acheter un produit quelconque. On voit donc que le
seul fait de la formation d'un produit ouvre, dès l'instant même, un débouché à
d'autres produits."
Mais il n'est pas le seul à affirmer cette confiance. Ainsi, John Stuart MILL
écrira-t-il :"
Les moyens de paiement des marchandises sont les marchandises elles-mêmes.
Les instruments dont chacun dispose pour payer la production d'autrui sont
les produits qu'il possède lui-même. Les vendeurs sont tous nécessairement et au
sens propre du mot des acheteurs. Si l'on pouvait doubler tout à coup la capacité
de production du pays on doublerait l'offre de marchandises sur tous les marchés,
mais on doublerait du même coup le pouvoir d'achat. Tout le monde doublerait
sa demande en même temps que son offre ; chacun serait à même d’acheter deux
fois plus parce que chacun aurait deux fois plus à offrir en échange "Cette loi
appelle quatre remarques :1) Tout d'abord en ce qui concerne l'épargne. Si
l'individu qui reçoit de l'argent en échange de son produit ne le dépense pas
immédiatement, que se passe-t-il ? La réponse dépend s'il s'agit d'épargne ou de
thésaurisation. S'il s'agit de thésaurisation, c'est-à-dire d'argent retiré de la
circulation et entassé dans un bas de laine ou sous un matelas, la loi de Say ne
tient plus. L'offre n'aura créé aucune demande... S'il s'agit d'épargne productive,
alors la loi de Say tient toujours car l'argent épargné sera en fait prêté à quelqu'un
d'autre qui le dépensera et l'offre de cet individu aura créé une demande (celle de
celui qui a emprunté l'argent).2) Say ne dit rien en ce qui concerne la
compatibilité des demandes. Autrement dit, si un cordonnier fabrique une paire
de chaussures et la vend, son offre crée, mais une demande de quoi ? Si, avec son
argent, il souhaite acheter des gants, encore faut-il qu'il y ait en face une offre de
gants, sinon il pourra fort bien thésauriser la somme qu'il a reçu 3) Même si on
admet que la production d'un agent économique crée un débouché pour un autre
agent économique, reste le problème de savoir ce qui motive le premier agent à
engager une production sachant qu'il n'a pas de débouché assuré. Sa seule
assurance est en réalité la loi de SAY elle-même 4) En réalité le problème de
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Histoire des faits économiques

savoir si l'offre crée sa propre demande ou bien si, au contraire, l'insuffisance de


la demande effective va créer une crise de surproduction est un des problèmes les
plus fondamentaux de l'économie. C'est aussi un problème qui transcende les
clivages traditionnels puisque, par exemple, du côté de SAY, on trouve Ricardo
qui écrivait : “ Les produits s’achètent toujours au moyen de produits ou de
services ; la monnaie n’est que le moyen par lequel s’effectue l’échange.
Puisqu’un accroissement de la production est toujours accompagné
d’un accroissement correspondant du pouvoir d’achat et de consommation, il
n’est pas possible qu’il y ait surproduction ". Mais contre SAY, c'est-à-dire du
côté des partisans de l'insuffisance de la demande, il y a MALTHUS, MARX et
KEYNES. Il s'agit en fait d'un clivage qui oppose les optimistes (comme toujours
minoritaires), ceux qui ont confiance dans la capacité du système à créer ses
propres débouchés, et les pessimistes, ceux qui pensent que le système
économique est voué sinon à la destruction, du moins à des difficultés dont il ne
pourra sortir qu'avec l'intervention de l'Etat.

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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

POINTS IMPORTANTS À RETENIR

- L’allocation optimale des ressources


- La division du travail chez les classiques
- La valeur d’usage et la valeur travail

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Histoire des faits économiques

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES POUR


APPROFONDIR LE CHAPITRE

 La Politique, livre II, texte disponible sur Internet


:http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Aristot
e/politique2.htm#V BLAUG, Marc, 1998,

 La pensée économique, origine et développement,


5ème édition, Economica. BOIGUILLEBERT,
:http://www.ecn.bris.ac.uk/het/boisguilbert/Dissert
ext.html#02 BRASSEUL, Jacques, 2001,

 Histoire des faits économiques et sociaux , tome 1,


De l’antiquité à la révolution, Armand Colin.
CANTILLON, Richard, 1755, Essai sur la nature
du commerce en général

65
Page 79 of 380
Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

EXERCICES D’ASSIMILATION

- Que stipule la loi des débouchés de Jean Baptiste


Say ?
- Quelle différence existe t’il entre la valeur d’usage
et la valeur travail ?

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Histoire des faits économiques

CHAPITRE 7 : Les diversités du socialisme

1 – La diversité du socialisme

On distingue généralement, dans l'école socialiste, les socialistes d'avant MARX,


qu'ils soient ou non "utopistes", et MARX. Cette distinction s'explique peut-être
par l'importance de MARX, que cette importance/influence soit jugée positive ou
néfaste, eu égard selon le cas, aux rêves qu'elle a suscité ou aux milliards
d'humains qu'elle a plongé dans la misère et la mort. Les socialistes avant MARX
sont marqués par une grande diversité, mais aussi par une forme assez prononcée
d'utopisme, sauf peut-être chez le suisse Jean Léonard Sismonde de SISMONDI
(1773-1842). Charles FOURIER (1772-1837) préconise la vie en petite
communauté, les phalanstères, qui sont un retour à une forme précapitaliste de la
société (en cela, il s'agit d'une rêverie utopique). SAINT-SIMON (1760-1825) et
les Saint-Simoniens rêvent d'une société élitiste, gouvernée par le mérite et d'où
l'héritage serait absent. PROUDHON (1802-1864), après avoir déclaré" la
propriété, c'est le vol", n'a cessé de développer de subtiles analyses sur la notion
de relations contractuelles qui se substitueraient progressivement à l'Etat, qui font
qu'aujourd'hui il est davantage revendiqué par les libéraux que par les
socialistes. Le socialisme de Karl MARX (1818-1883), qu'il a qualifié lui-même
de "scientifique", est beaucoup plus systématique. Rappelons que MARX est
parfois considéré comme un auteur classique ("le dernier des classiques") et qu'il
a aussi exercé une énorme influence sur la pensée politique et économique, ainsi
que sur l'histoire économique, au moins jusqu'à la fin du 20ème siècle.

2 – Charles FOURIER et les phalanstères

L'idée de former de petits groupes d'hommes se séparant de la masse des humains


afin de mener une vie plus parfaite dans des communautés isolées est ancienne,
notamment chez des sectaires du Christianisme comme les Adamites de Bohème
et les Anabaptistes, mais réapparaît au début du 19ème siècle en dehors de toute
référence au christianisme, comme un moyen proposé pour résoudre les
problèmes posés par le développement du capitalisme. L'un des théoriciens les
plus connus de ce qu'il est convenu d'appeler le "socialisme associationniste" est
Charles FOURIER (1772-1837).FOURIER a développé une théorie de la vie
en petite communauté, basée sur la notion de "Phalanstère". Le phalanstère de
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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

FOURIER est une association de travail et de vie formée par un nombre bien
déterminé d'individus, hommes et femmes(1620 , soit 810 par sexe) qui possèdent
des passions communes et sont décidés à vivre ensemble. Ils renoncent à
l'échange commercial, vivent surtout du travail agricole, et même de préférence
du jardinage. FOURIER est l'ennemi déclaré des villes, de l'industrie et surtout
du commerce. Son aversion pour le commerce est célèbre, notamment parce qu'il
l'a contée à travers l'histoire des "quatre pommes». Un jour, il vit dans un
restaurant parisien, un client payer une pomme 14 sous, soit cent fois plus cher
qu'à Rouen, ville dont il venait d'arriver. FOURIER fut alors révolté par une telle
distorsion dans les prix, ce qui l'amena à condamner toute société fondée sur le
commerce. À la suite de cette anecdote, il écrivit que l'histoire comptait quatre
pommes célèbres : deux d'entre elles pour les désastres qu'elles provoquèrent --
celles d'ADAM et de PÂRIS (guerre de Troie) -, et les deux autres au contraire,
celles de NEWTON et de FOURIER (car c'est elle qui lui a révélé l'ampleur de
l'imposture commerciale), pour les services qu'elles rendirent à la science. S'il est
définitivement contre le commerce, il a en plus une dent contre le commerce
anglais. Ainsi écrit-il de l'Angleterre : " la paix n'est plus qu'un leurre, qu'un
songe de quelques instants, l'industrie est devenue le supplice des peuples depuis
qu'une île de pirates entrave les communications, décourage les cultures des
deux continents et transforme leurs ateliers en pépinières de mendiante...
L'esprit mercantile a ouvert de nouvelles routes au crime, à chaque guerre il étend
les déchirements sur les deux hémisphères et porte jusqu'au sein des nations
sauvages les scandales de la cupidité civilisée... La terre n'offre plus qu'un affreux
chaos politique, elle appelle le bras d'un autre Hercule pour la purger des
monstruosités sociales qui la déshonorent ... ". Le nouvel Hercule dont il parle
n'est autre que lui-même, puisqu'il écrit un peu plus loin " Déjà le nouvel Hercule
a paru ... Pour compléter l'opprobre de ces titans modernes, Dieu a voulu qu'ils
fussent abattus par un inventeur étranger aux sciences et que la théorie du
mouvement universel échût en partage à un homme presque illettré : c'est un «
sergent de boutique » qui va confondre ces bibliothèques politiques et morales,
fruit honteux de charlataneries antiques et modernes. Eh ! ce n'est pas la première
fois que Dieu se sert de l'humble pour abaisser le superbe, et qu'il fait choix de
l'homme le plus obscur pour apporter au monde le plus important message "
(l'homme le plus obscur choisi par Dieu, c'est lui ....). Le phalanstère est une

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Histoire des faits économiques

société par actions, constituée grâce aux apports de ses membres, qui ne seront
pas nécessairement égaux. Les bénéfices iront à raison de4/12 aux apporteurs du
capital, de 5/12 aux travailleurs (ceux-ci n'étant pas rémunérés pour leur travail
proprement dit) et 3/12 pour le « talent»
, c’est-à-dire l'activité des savants et des artistes. FOURIER est contre l'égalité
complète entre les individus, que ce soit en termes de richesse ou de mode de vie,
car il souhaite préserver la diversité, condition de l'harmonie (rappelons qu'il est
demeuré célibataire). Dans le phalanstère théorique, il y a donc des classes
différentes. FOURIER est un autodidacte qui n'a pratiquement pas lu le corpus
de la culture classique, ce qui ne l'empêche pas de publier une œuvre considérable
en quantité et en originalité. En 1808, il publie son premier ouvrage "La théorie
des quatre mouvements", qui débute par une dénonciation du système capitaliste.
En 1822, il développe sa théorie du phalanstère dans le " Traité de l'association
domestique agricole ", prolongée en 1827 par "
Le Nouveau Monde industriel " et, en 1835-1836," La fausse industrie ". C'est
dans Le Nouveau Monde industriel et sociétaire, publié en mars 1829, qu'il
formule le plus précisément théorie du phalanstère : on y apprend notamment que
ceux-ci sont des palais en forme d’étoile qui contiennent des galeries
marchandes, des salles à manger collectives, une bibliothèque et un temple
...Admiré par un nombre croissant de disciples, FOURIER pense que des
mécènes viendront d'eux-mêmes, attirés par le rayonnement naturel de sa pensée.
De 1825 à 1835, il déjeune tous les jours en tête-à-tête avec une chaise vide sur
laquelle il s'attend à voir venir s'asseoir un mécène enthousiaste, désireux de
financer des phalanstères. En effet, FOURIER ne propose nullement de faire une
révolution. Selon lui, la création des phalanstères se fera nécessairement, le
moment venu, rien ne sert de hâter ce moment. FOURIER s'est contenté de
proposer une description de l'état social de l'avenir. Il y a eu des tentatives de
création de phalanstères. Elles ont toutes échoué, après avoir connu des fortunes
diverses. La thèse de Pierre MERCLE, "

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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

B – Exploiteurs et exploités

SAINT-SIMON a une vision dichotomique de la société, vision que l'on


retrouvera dans l'analyse et la propagande socialistes tout au long du 19ème
siècle. Il voit deux classes fondamentales qui s'opposent : un petit nombre
d'exploiteurs et une nuée d'exploités. Les exploiteurs, ce sont les «oisifs», les
«propriétaires rentiers», les «frelons», les «sangsues de la nation», tous les hauts
dignitaires de l'Ancien Régime d'avant la révolution, qui sont revenus dans les
fourgons de la Restauration, tous ceux qui n'« entreprennent » rien, qui ne
produisent rien et qui vivent aux crochets de la société, notamment les prêtres
mais aussi les militaires. Dans "L'Organisateur", ouvrage paru en 1818-20,
SAINT-SIMON utilise une parabole célèbre pour exposer sa thèse, parabole pour
laquelle il dû s'expliquer devant la Cour d'Assises : "
Supposons que la France perde subitement ses cinquante premiers physiciens, ses
cinquante premiers chimistes, ses cinquante premiers physiologistes ... ses
cinquante premiers mécaniciens, ... ses cinquante premiers tanneurs, ses
cinquante premiers teinturiers, ses cinquante premiers mineurs, etc. Comme ces
hommes sont les Français les plus essentiellement producteurs, ceux qui donnent
les produits les plus importants, ceux qui dirigent les travaux les plus utiles à la
nation et qui la rendent productive dans les sciences, dans les beaux-arts et dans
les arts et métiers, ils sont réellement la fleur de la société française; ils sont de
tous les Français les plus utiles à leur pays, ceux qui lui procurent le plus de
gloire, qui hâtent le plus sa civilisation ainsi que sa prospérité: la nation
deviendrait un corps sans âme à l'instant où elle les perdrait...Passons à une autre
supposition. Admettons que la France conserve tous les hommes de génie qu'elle
possède dans les sciences, dans les beaux-arts et dans les arts et métiers, mais
qu'elle ait le malheur de perdre le même jour Monsieur, frère du roi, Mgr le duc
d'Angoulème, Mme la duchesse de Bourbon, etc... Qu'elle perde en même temps
tous les grands officiers de la Couronne, tous les ministres d'Etat avec ou sans
département, tous les conseillers d'Etat, tous les maîtres des requêtes, tous ses
maréchaux, etc. et en sus de cela, les dix mille propriétaires parmi les plus
riches parmi ceux qui vivent noblement .Cet accident affligerait certainement les
Français, parce qu'ils sont bons, parce qu'ils ne sauraient voir avec indifférence
la disparition subite d'un aussi grand nombre de leurs compatriotes. Mais cette

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Histoire des faits économiques

perte des trente mille individus réputés les plus importants de l'Etat ne leur
causerait de chagrin que sous un rapport purement sentimental, car il n'en
résulterait aucun mal politique pour l'Etat ..." »

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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

POINTS IMPORTANTS À RETENIR

- La doctrine socialiste
- Le socialisme associationniste de Charles Fourier
- La vision dichotomique de saint Simon

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Histoire des faits économiques

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES POUR


APPROFONDIR LE CHAPITRE

 La Politique, livre II, texte disponible sur Internet


:http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Aristote/politiqu
e2.htm#V BLAUG, Marc, 1998,

 La pensée économique, origine et développement, 5ème


édition, Economica. BOIGUILLEBERT,
:http://www.ecn.bris.ac.uk/het/boisguilbert/Dissertext.html
#02 BRASSEUL, Jacques, 2001,

 Histoire des faits économiques et sociaux, tome 1, De


l’antiquité à la révolution, Armand Colin. CANTILLON,
Richard, 1755, Essai sur la nature du commerce en général

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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

EXERCICES D’ASSIMILATION

THEME D’EXPOSE :
Le courant de pensée socialiste

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Histoire des faits économiques

CHAPITRE 8 : Les économistes marginalistes

Bien des économies d'échelles qu'on imagine généralement être l'apanage des
très grandes entreprises, ne dépendent pas, en réalité, de la taille des entreprises.
Certaines dépendent du volume global de la production du voisinage immédiat
de l'entreprise, tandis que d'autres, en particulier celles qui sont liées aux progrès
de la connaissance et des arts, dépendent principalement du niveau global de la
production dans l'ensemble du monde civilisé " - Alfred MARSHALL.

1 – Les différentes écoles

Les économistes marginalistes sont généralement regroupés sous l’appellation


d’économistes
Néo-classiques. Ils ont renouvelé de façon profonde et durable l'analyse
économique. C'est un nouveau paradigme qui se met en place et qui fait autorité
aujourd'hui puisque, pour l'essentiel, la plupart des cours qui sont enseignés sont
des raffinements de l'analyse néo-classique. Ceci est valable aussi pour la
macroéconomie, qui au départ a fortement subi l'influence keynésienne, mais qui
par la suite est revenue en partie dans le "camp" néo-classique, tant sous
l'influence de la "nouvelle économie keynésienne", qui ne renie pas certains
concepts néo-classiques, que sous l'influence de la "nouvelle économie
classique", qui fait un retour en force aux analyses néo-classiques. Ces deux
écoles seront étudiées dans leurs grandes lignes au chapitre 11. S'agissant de
l'école néo-classique, il existe plusieurs courants en son sein, mais chacun de ces
courants à contribué à la mise en place des "briques" néo-classiques. Les cinq
principaux courants sont :1) L'école autrichienne, qui compte parmi elles les
pionniers de la "révolution marginalistes" : Carl MENGER (1840-1921), à
l'université de VIENNE, Friedrich VONWIESER (1851-1926) et Eugen von
BÖHM BAWERK (1851-1914). Leurs héritiers furent Ludwig von MISES
(1881-1973), Friedrich von HAYEK (1899-1992) et
Joseph SCHUMPETER (1883-1950), ce dernier n'étant pas considéré comme
un économiste de l'école autrichienne. L'école autrichienne a rayonné à
l'université de Vienne jusqu'aux années 1930, après quoi ses membres s'exilèrent
soit au Royaume-Uni, soit aux Etats-Unis. Dans ce chapitre, nous n'étudierons
qu'un tout petit aspect de la pensée autrichienne, celle qui concerne son apport à
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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

la théorie de l'utilité marginale, à travers Carl MENGER et Friedrich VON


WIESER.2) L'école de Lausanne, qui compte principalement Léon WALRAS
(1834-1910) et Vilfre do PARETO (1848-1923). C'est l'un des courants les plus
importants de l'école néo-classique, puisque c'est à WALRAS que l'on doit, entre
autres, a) la première formulation de la maximisation de l'utilité sous
contrainte débouchant sur une fonction de demande et b) la mise en équation
d'un système économique d'équilibre général. Quant à Vilfredo PARETO, on lui
doit la notion d'optimum, que l'on qualifie d'ailleurs d’optimum de Pareto, c'est-
à-dire une situation d'équilibre entre agents économiques qui, lorsqu'on l'a atteint,
ne peut plus être améliorée pour aucun agent sans nuire à aucun autre.

2) L'économie, science de l'allocation optimale des ressources par le


marché
Les ressources étant fixées, l'analyse néo-classique se concentre sur leur
allocation optimale, c'est-à-dire leur répartition efficiente entre les agents
économiques. Cette allocation optimale se fait à travers l'échange volontaire des
ressources entre les Titres d'un article célèbre, co-écrit par les deux prix Nobel
d'Economie Gary BECKER et George STIGLER et publié en mars 1967 dans
l’American Economic Review agents économiques, par l'intermédiaire d'un
mécanisme de marché. Les prix des biens se forment sur les marchés et les agents
économiques sont confrontés à ces prix qui sont pour eux des données sur
lesquelles ils n'ont pas d'influence. Remarques complémentaires :1) S'il est vrai
que des économistes comme WALRAS (1834-1910) ou EDGEWORTH (1845-
1926), ou encore COURNOT (1801-1877) et MARSHALL (1842-1924) ont
utilisé de façon relativement importante l'outil mathématique, ce n'est pas le cas
de tous les néo-classiques. En, particulier, les économistes de l'école autrichienne
se sont souvent distingués par un refus prononcé pour l'utilisation des
mathématiques en économie 2) La théorie quantitative de la monnaie et la loi
de Say font partie intégrante des raisonnements néo-classiques mais ne sont pas
des caractéristiques distinctives de cette école puisque ces deux éléments leurs
sont antérieurs, ainsi que nous l'avons vu lors de l'étude des chapitres
précédents.3). Par opposition aux classiques, qui privilégiaient l'étude de la
production et de la répartition des richesses, les néoclassiques se sont concentrés
sur le mécanisme de l'allocation des ressources entre leurs usages alternatifs.

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Histoire des faits économiques

Lorsqu'ils s'intéresseront de nouveau aux mécanismes de la création de richesse


(théorie de la croissance des années 1950), ce sera en conservant l'idée
d'allocation optimale des ressources tant sur le plan statique que dynamique.

3 – L'utilité marginale

A – La négation de l'utilité et de la rareté par les classiques

Nous avons vu lors de l'étude des économistes classiques et socialistes – Adam


SMITH, David RICARDO, John Stuart MILL, Karl MARX -- que la rareté,
mais aussi la subjectivité étaient reconnues comme les deux facteurs intervenant
dans la détermination de la valeur. Toutefois, les classiques pensaient qu'en dépit
du rôle indéniable de la subjectivité dans la détermination de la valeur, ce
n'étaient en définitive ni la rareté, ni la subjectivité qui déterminaient le prix de
la très grande majorité des biens, mais le coût de leur production et plus
spécifiquement la quantité de travail humain nécessaire à leur production : c'est
ce que l'on a appelé la théorie de la valeur travail.

B - La rareté subjective reconnue par le courant utilitariste

Nous l'avons déjà indiqué à propos de Stuart MILL et du courant utilitariste, c'est
l'Abbé Étienne BONNOT de CONDILLAC (1715-1780) qui fut l'un des premiers
à reconnaître explicitement le rôle conjoint de l'utilité et de la rareté dans la
détermination de la valeur des biens à travers la célèbre phrase : " Une chose n'a
pas une valeur parce qu'elle coûte, comme on le suppose; mais elle coûte parce
qu'elle a une valeur ".

C – BERNOULLI : le paradoxe de Saint-Pétersbourg

Le concept d'utilité marginale allait cependant naître de l'intérêt, déjà ancien,


manifesté par les philosophes au sujet d'un paradoxe connu sous le nom de
paradoxe de Saint-Pétersbourg", lequel fut résolu par Daniel BERNOULLI
(1700-1782) en 1738, qui lui appliqua sans le nommer le concept d'utilité
marginale décroissante. Le concept d'utilité marginale décroissante dit
simplement que chaque unité supplémentaire de bien que l'on consomme procure
un supplément d'utilité décroissant. Pour voir comment ce concept s'applique au
paradoxe de Saint-Pétersbourg, on rappellera d'abord en quoi celui-ci consiste.
77
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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

Premièrement, s'il a été appelé ainsi, c'est simplement parce que Daniel
BERNOULLI (1700-1782) fut pendant quelques années professeur de
mathématiques à Saint-Pétersbourg et que c'est donc logiquement devant
l'académie de Saint-Pétersbourg, en 1738, qu'il présenta pour la première fois la
solution à ce paradoxe qui était connu mais sans solution jusqu'alors.

D – La loi de KING et l'élasticité de la demande

C'est l'anglais Gregory KING (1648-1718) qui fut l'un des premiers à s'intéresser
à ce que l'on appelle aujourd'hui "l'élasticité de la demande". Il avait en effet noté
qu'une récolte abondante pouvait paradoxalement avoir pour effet
d'appauvrir davantage les fermiers qu'une récolte médiocre. On l'explique
aujourd'hui par le fait que la demande de certains produits est fortement
inélastique (c’est-à-dire que les consommateurs ne réduisent pratiquement pas
leur demande face à une hausse du prix). Autrement dit, la demande d'un bien de
première nécessité ne varie pas avec son prix. Si le prix augmente, la demande
reste inchangée. Par conséquent, il est possible qu'une récolte abondante mais
vendue peu chère rapporte moins qu'une médiocre récolte vendue chère. Un autre
exemple, qui n'a rien à voir avec les récoltes, illustre ce même point : Si je vends
1 pack de 6 canettes de boissons gazeuses pour 3 euros, ma recette est moins
importante que si je vends seulement 3canettes à 2 euros chacune (la quantité
vendue est 2 fois moindre, mais la recette totale est 2 fois plus élevée). Les mêmes
acheteurs qui auraient préféré acheter le pack de 6 canettes pour 3 euro, s'ils ont
soif, achèteront les 3 canettes à 2 euros.

3 – La théorie néo-classique de la production et de la répartition

Le premier point qu'il convient de noter est que dans la théorie néo-classique de
la production, les prix ainsi que les quantités de tous les biens sont déterminés
simultanément par l'offre et la demande de facteurs de production disponibles.
Le deuxième point est que dans la théorie néo-classique de la production et de la
distribution, tous les facteurs de production, c'est-à-dire le travail, la terre et le
capital, sont disponibles en quantité fixe. Autrement dit, la question de leur
formation n'est pas posée. La question de la formation du capital, c'est-à-dire la
théorie du capital, a fait quant à elle l'objet d'une controverse, et sera étudiée
séparément, dans la mesure où elle est Ce raisonnement suppose que les utilités
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Histoire des faits économiques

marginales des deux agents sont mesurées dans une unité commune et sont donc
comparables.
Sans lien (mais cet absence de lien n'est pas sans conséquence) avec la théorie
néo-classique de la production et de la répartition telle qu'elle est présentée ici.
Troisième point : par répartition, on entend ici le revenu perçu par les
propriétaires de facteurs de production. Par exemple, si L unités de travail sont
employées dans l'économie, que chacune de ces unités reçoit un salaire égal à w,
alors le revenu du travail est égal à wL. Ceci suppose que le travail est un facteur
homogène, c'est-à-dire que toutes les unités de travail ont la même qualification.
Autrement dit, pour simplifier leur raisonnement, les auteurs néo-classiques sont
conduits dans un premier temps à négliger le fait qu'une heure de travail qualifié
n'a pas la même valeur qu'une heure de travail non qualifié. Plus précisément, ils
supposent qu'il existe implicitement une table d'équivalence qui a déjà permis de
convertir toutes les unités de travail. Par exemple, supposons que cette table
d'équivalence dise qu'une heure de travail d'ingénieur vaut 10 heures de travail
non qualifié. S'il existe 1 million d'heures de travail d'ingénieur et 10 millions
d'heures de travail qualifié, on dira que la quantité totale de travail, mesurée en
heures, est égale à 20 millions d'unités de travail de base. De la même façon, si
l'on désigne par K la quantité de capital disponible dans un pays, par r la
rémunération de ce capital, et par Y le revenu d'un pays, la part du capital dans
ce revenu est rK/Y, tandis que la part du travail est wL/Y. ainsi, les" parts
relatives" peuvent s'exprimer par wL/rK. La
Théorie néo-classique de la répartition est donc la théorie de la répartition de
Y entre le travail, le capital et, éventuellement, un résidu qui reste à déterminer
et qui revient à une classe appelée les "entrepreneurs".

A – Rente et revenu

Il ne faut pas confondre le résidu et le surplus. Le surplus, c'est ce qui est


éventuellement payé à un facteur, mais qui ne correspond pas à la rémunération
du service rendu par ce facteur. Par exemple, le capital reçoit wK au titre de la
rémunération rendue par son service productif et le travail reçoit wL. Mais le
capital peut aussi recevoir plus que rK et le travail plus que wL, c'est cela le
surplus, qu'il ne faut pas confondre avec le résidu, c'est-à-dire ce qui reste quand
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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

on a payé la part du travail et la part du capital : R = Y - rK - wL. Pour être plus


précis, on peut distinguer, dans ce que chaque facteur reçoit, son revenu
"économique",
Entre rente et revenu économique (parfois le terme revenu apparaît seul et
parfois encore il désigne la somme de la rente et du revenu économique, ce qui
prête à confusion).Le revenu économique est la part de ce qui échoit à un facteur
en rémunération du service qu'il rend. Cette rémunération est suffisante pour
obtenir le concours de ce facteur à la production. La rente d'un facteur est ce que
ce facteur reçoit en plus de cette rémunération et qui provient du fait que ce
facteur est disponible en quantité fixe.

B – Revenu économique et coût d'opportunité d'un facteur

Les économistes autrichiens ont précisé la notion de revenu économique, qu'ils


appellent le
Coût d'opportunité. C'est d'ailleurs cette appellation qui est aujourd'hui utilisée,
de préférence à celle de "revenu économique". Supposons qu'un facteur reçoive
40 euros de l'heure dans l'activité A, mais qu'il reçoive seulement 30 euros dans
les activités B, C et D. Dans ce cas, le coût d'opportunité de ce facteur est égal à
30 euros et correspond à son revenu économique. La rente qu'il reçoit dans
l'activité A est égale à 10 euros. On voit donc dans cet exemple que le coût
d'opportunité d'un facteur est égal à son coût alternatif.

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Histoire des faits économiques

POINTS IMPORTANTS À RETENIR

- Le nouveau paradigme des néoclassique


- La maximisation de l’utilité sous contrainte
- L’optimum de Pareto
- La théorie quantitative de la monnaie et la loi de Jean
Baptiste Say

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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES POUR


APPROFONDIR LE CHAPITRE
 La Politique, livre II, texte disponible sur Internet
:http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Aristot
e/politique2.htm#V BLAUG, Marc, 1998,

 La pensée économique, origine et développement,


5ème édition, Economica. BOIGUILLEBERT,
:http://www.ecn.bris.ac.uk/het/boisguilbert/Dissert
ext.html#02 BRASSEUL, Jacques, 2001,

 Histoire des faits économiques et sociaux, tome 1,


De l’antiquité à la révolution, Armand Colin.
CANTILLON, Richard, 1755, Essai sur la nature
du commerce en général

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Histoire des faits économiques

EXERCICES D’ASSIMILATION

THEME D’EXPOSE :
Le courant de pensée néoclassique

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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

CAPITRE 9 : De la Belle époque à la crise de 1929

La Belle époque où l’âge de la première mondialisation

Vers la fin du 19 ème siècle et au début du 20 ème siècle, sous l’impulsion de


l’Angleterre, l’Europe connaît une apogée. Pendant quelques décennies, elle va
dominer technologiquement et économiquement le monde. Cette période est
aussi une période de globalisation sans précédent et, à certains égards (ouverture
des économies, mouvements des capitaux et des personnes) la mondialisation
était au moins aussi avancée qu’elle ne l’est au début du 21ème siècle. Alors que
le monde compte environ 1,7 milliard de personnes, la population européenne
n’a jamais été aussi importante en pourcentage : près du quart de l’humanité vit
en Europe et un tiers de la population mondiale est d’origine européenne. Les
technologies comme le télégraphe et le téléphone révolutionnent les moyens de
communication. Le développement des chemins de fer et de la marine à vapeur
ont« rapetissé » le monde en rapprochant les continents. C’est la période où des
millions d’individus émigrent chaque année de l’Europe vers les Etats-Unis ou
l’Amérique du sud. Les bateaux commerciaux, les trains de marchandises
sillonnent la planète et partout le commerce et les échanges fleurissent. Les
grands ports du monde, les grandes villes du monde forment les mailles d’un
réseau mondial cosmopolite où la culture et la civilisation atteignent des sommets
encore jamais atteints. KEYNES a décrit ainsi l’âge d’or de cette première
mondialisation
Les conséquences économiques du premier conflit mondial

La première guerre mondiale qui éclate durant l’été 1914 a des conséquences
économiques considérables, parmi lesquelles : une augmentation de
l’intervention des Etats dans la vie économique, l’installation du communisme
dans toute une partie du monde, le déplacement du pouvoir économique mondial
de l’Europe vers les Etats-Unis et l’avènement du fascisme.

A – L’économie de guerre

L’effort de guerre des principales puissances en conflit nécessite des moyens


financiers et humains énormes. La pression fiscale et la dette intérieure et
extérieure des Etats augmentent, alors même que l’activité économique se
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Histoire des faits économiques

paralyse en raison de la mobilisation des hommes pour les combats (8,5 millions
d’hommes sont mobilisés pour le conflit). Par ailleurs, les destructions
matérielles et humaines sont énormes. Enfin, il faut tenir compte du manque à
gagner engendré par le conflit. Lorsque la paix revient, le monde a changé.
Partout, l’intervention de l’Etat dans l’économie se substitue au marché. Des
comités de coordination de la production sont mis en place Tandis que la
population civile souffre en silence du rationnement, l’effort est dirigé vers la
production militaire. Durant les quatre années du conflit, 65 millions de soldats
s’affrontèrent. 8,5 millions moururent de façon directe et près de 6 millions de
personnes de façon indirecte. Près de 20 millions furent blessés. On compte 1,5
millions de morts militaires en France (17% de l’effectif mobilisé, 10,55% de la
population active masculine et 31%de la classe d’âge des 20-35 ans). Les
destructions matérielles sont considérables sur la zone des conflits. L’absence
des hommes dans la vie économique de l’arrière favorise l’entrée des femmes
dans la vie active.

B – La révolution russe

L’entrée de la Russie dans le conflit aux côtés de la France et de l’Angleterre aura


pour conséquence la chute du régime tsariste et l’instauration brutale d’un
régime communiste à partir de novembre 1917. Ceci se traduit par un chaos
économique et social à grande échelle, des tentatives de contre-révolution, des
soulèvements (comme celui des marins de CRONSTADT en février 1921) et des
famines.

1) La Nouvelle Economie Politique (NEP)

En 1921 alors que règne un mécontentement général lié à la guerre et que


certaines régions souffrent de famine, LENINE (1870-1924) au 10ème Congrès du
parti communiste, fait connaître sa décision de mettre en œuvre une « Nouvelle
Economie Politique», dont les principaux axes sont la réconciliation avec le
monde.

2) Le stalinisme

Vers la fin des années 1920, STALINE qui a succédé à LENINE et éliminé
TROTSKY décide de renoncer à la Nouvelle politique économique (NEP) et
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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

impose la planification. Le premier plan débute en 1928 privilégiant l’industrie


lourde. Dans les campagnes, les terres sont à nouveau collectivisées, des fermes
d’Etat, les kolkhozes, sont créées, ainsi que des coopératives paysannes, les
sovkhozes. Ces modifications se font dans un climat de terreur et provoquent des
famines en Ukraine en 1933-1934, ainsi que des déportations massives et
arbitraires. Une industrialisation rapide axée sur la sidérurgie, les chemins de fer
et autres industries lourdes et polluantes s’ensuit dans les années 1930, à un prix
humain insensé et au détriment des industries de consommation.

C – Les années folles et l’affirmation de la puissance américaine

Pendant la guerre et au cours des années 1920, les États-Unis bénéficient d’une
croissance rapide. Cette croissance est favorisée par les besoins de l’Europe et en
même temps par la disparition de celle-ci de la scène économique. La croissance
américaine se fonde aussi sur l’exploitation des innovations de la seconde
révolution industrielle (électricité, automobile), ainsi que des progrès dans la
rationalisation du travail. Les Etats-Unis connaissent une période d’abondance
que rien ne semble devoir arrêter : ce sont les Années folles qui encouragent les
extravagances les plus inouïes, tant sur le plan artistique et littéraire, que sur le
plan des mœurs ou celui de la spéculation boursière. Les cours boursiers ne
cessent de monter et cela contribue à l’enrichissement général. De nombreux
américains empruntent pour acheter des actions et, même à long terme,
l’opération semble systématiquement bénéfique (pendant plus de 10 ans les cours
boursiers n’ont cessé d’augmenter).Cependant les agriculteurs restent exclus de
cette prospérité, les prix agricoles, au contraire des prix industriels, ne cessent en
effet de baisser, tout comme la valeur des terres. Tandis que l’Angleterre et la
France se relèvent péniblement des conséquences de la première guerre mondiale
et que l’Allemagne et l’Italie glissent lentement vers le fascisme, l’Amérique
prend progressivement ses marques comme première puissance économique du
monde, détrônant ainsi l’Angleterre.

D – L’hyperinflation allemande et l’avènement du nazisme

L’Allemagne et l’Autriche devaient faire face aux conséquences économiques


de leur défaite. Le traité de Versailles (28 juin 1919) impose à ces deux pays le
paiement de lourdes réparations qui, ainsi que l’avait prévu John Maynard
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Histoire des faits économiques

KEYNES (voir le chapitre suivant) les empêcheront d’opérer leur redressement


économique et dans le fascisme. Pour rembourser leurs dettes, l’Allemagne et
l’Autriche eurent recours à la création monétaire. L’inflation s’installa. Les
gouvernements créèrent encore plus de monnaie. L’inflation augmenta encore ;
ce fut l’hyperinflation

3 – La crise de 1929

La crise de 1929 éclate au milieu de la prospérité générale. La rapidité avec


laquelle elle se répand a surpris tous les observateurs. Aucun remède ne parvient
à résorber le chômage massif et la crise de confiance qu’elle a engendrée. Même
le New Deal, inspiré par les théories keynésiennes, ne parvient pas à remettre
l’économie américaine sur le sentier de croissance qu’elle a connu durant les «
années folles ».Il faudra attendre la seconde guerre mondiale, puis le plan
Marshall et les années 1950 pour connaître à nouveau ces taux de croissance.

A – La spéculation boursière et le jeudi noir

L'Amérique du début du 20ème siècle est une nation dynamique, totalement


vouée au capitalisme et à l'économie de marché. Tout le monde est persuadé que
la richesse et la fortune sont à la portée de tous. Non seulement par le travail,
mais aussi par la participation au marché financier et la spéculation boursière.
Les signes de prospérité sont partout. Herbert HOOVER (1874-1964) est rentré
dans l’histoire pour avoir déclaré, alors qu’il était président des Etats-Unis en
pleine crise que la reprise était au coin de la rue. Chaque américain jouait en
bourse et comptait bien s’enrichir car la valeur des actions ne cessait d’augmenter
depuis 1919, soit près de 10 ans d’augmentation. Si l'on refait le calcul en suivant
l'évolution réelle du cours des actions on s’aperçoit que400 dollars investis en
1919 sur le marché boursier seraient devenus 21 000 dollars en 1929, juste avant
le krach, soit une multiplication par 52 de la mise initiale. Plus le temps passait,
plus la prospérité s'installait et plus les américains étaient persuadés qu'en
investissant habilement en bourse, ils pouvaient devenir riches. Tout change le
jeudi 24 octobre 1929, baptisé le jeudi noir, date à laquelle le marché s'effondre.
Avec la crise, des millions d'américains qui avaient investi leurs économies en
bourse furent ruinés. Le pouvoir d'achat s'effondra brutalement. Les entreprises
fermaient les unes après les autres et le chômage augmenta dramatiquement. Plus
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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

de la moitié de la richesse nationale américaine a disparu dans la crise de 1929 et


on a atteint le chiffre de 14 millions de chômeurs en l'espace de 3 ans.

B – L’extension de la crise dans le monde

La crise de 1929 s'est étendue au monde par trois mécanismes :

L'interdépendance des banques internationales

La ruine des banques américaines a entraîné la ruine de certaines banques


européennes, comme en Autriche et en Allemagne, à cause de l'endettement de
ces banques auprès des banques américaines.

Le cercle vicieux du protectionnisme

Vers les Etats-Unis, d'une part, qui n'avaient plus de pouvoir d'achat et qui ont
de plus commencé à adopter des mesures protectionnistes pour lutter contre la
crise, vers le reste du monde d'autre part, puisque chaque pays a commencé à se
protéger.

La crise de confiance

Celle-ci ébranla le monde et entraîna une chute de l'investissement et une


méfiance à l'égard du capitalisme. La crise de 1929 allait donner raison aux
partisans de l'insuffisance de la demande globale dans une économie de marché.
Et c'est donc tout naturellement que la théorie de KEYNES sur la nécessité de
l'intervention de l'Etat pour relancer la demande globale allait s'imposer (voir le
chapitre suivant). Mais, comme on le souligne souvent, c'est en fait la deuxième
guerre mondiale et surtout le Plan MARSHALL, avec le supplément d'activité
économique qu'ils ont engendré, qui allait permettre aux Etats-Unis de sortir
durablement du marasme.

C – Les analyses de la crise de 1929

Sur les causes de la crise de 1929, les avis ont longtemps été partagés. Mais
aujourd'hui on s'oriente de plus en plus vers une explication unique. Pendant
longtemps, cependant, deux thèses opposées étaient en présence.

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Histoire des faits économiques

1) La thèse de la surproduction

La crise de 1929 était selon les marxistes le révélateur des contradictions internes
du capitalisme. Les marxistes y voyaient la preuve de leurs analyses. Ils
considéraient donc que le capitalisme conduirait à des crises sans cesse plus
violentes, jusqu'à la destruction complète du capitalisme. Et ils se frottaient les
mains devant les difficultés des Etats-Unis.

2) La thèse d'une insuffisance de la demande globale

C'est la thèse de KEYNES, que nous allons étudier plus en détail dans la suite de
ce chapitre. Selon KEYNES et les keynésiens, il peut arriver que l'économie de
marché soit "coincée" dans une situation de sous-emploi des capacités de
production du fait de l'insuffisance de la demande globale et principalement à
cause du pessimisme des investisseurs privés. Dans ce cas, le système ne peut
pas rebondir de lui-même ,il faut une intervention de l'Etat pour le remettre dans
la voie du plein-emploi, à la fois en se substituant aux investisseurs privés par
l'investissement public et en injectant du pouvoir d'achat dans l'économie pour
redonner confiance aux investisseurs privés.

3) Vers une explication monétaire de la crise

De plus en plus, notamment à la lumière des crises boursières des années 1980
et1990, on tend cependant à privilégier une explication légèrement différente, qui
reprend seulement certains éléments de l'explication keynésienne. Cette nouvelle
explication a été avancée au départ par le monétariste Milton FRIEDMAN, dans
son livre Histoire Monétaire des Etats-Unis. Il propose de distinguer la crise
boursière de 1929 de la crise économique proprement dite. Il soutient que c'est la
réaction des autorités monétaires à la crise boursière qui a constitué le principal
élément de transmission de la crise boursière à l'économie réelle. Si la politique
monétaire avait été appropriée, la crise boursière ne se serait pas transmise pas à
l'économie réelle et le monde se serait remis très rapidement de l'explosion de la
bulle spéculative de 1929.La crise boursière était inévitable car les cours en
bourse avaient monté dans des proportions considérables de 1919 à 1929. Cette
poussée était entretenue par la spéculation massive, spéculation à laquelle la
plupart des ménages américains savaient participer.
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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

POINTS IMPORTANTS À RETENIR

 La crise boursière
 La spéculation boursière
 La politique du new deal
 Le jeudi noir
 La propagation de la crise au reste du monde
 La crise de confiance

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Histoire des faits économiques

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES POUR


APPROFONDIR LE CHAPITRE

 La Politique, livre II, texte disponible sur Internet


:http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Aristot
e/politique2.htm#V BLAUG, Marc, 1998,
 La pensée économique, origine et développement,
5ème édition, Economica. BOIGUILLEBERT,
:http://www.ecn.bris.ac.uk/het/boisguilbert/Dissert
ext.html#02 BRASSEUL, Jacques, 2001,
 Histoire des faits économiques et sociaux, tome 1,
De l’antiquité à la révolution, Armand Colin.
CANTILLON, Richard, 1755, Essai sur la nature
du commerce en général

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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

EXERCICES D’ASSIMILATION

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Histoire des faits économiques

CHAPITRE 10 : La pensée économique dans l’entre-deux guerres

"Le seul remède radical aux crises de confiance qui affligent la vie
économique moderne serait de restreindre le choix de l’individu à la seule
alternative de consommer son revenu ou de s’en servir pour faire fabriquer
l’article de capital qui, même avec une faible évidence, lui paraît être
l’investissement le plus intéressant qui lui soit offert ( KEYNES, La Théorie
Générale)".La pensée économique de l’entre-deux guerres est dominée par trois
figures historiques : John Maynard KEYNES (1883-1946), Joseph Alois
SCHUMPETER(1883-1950) et Friedrich von HAYEK. (1899-1992). Ce sont
tous les trois des contemporains de la crise de 1929. Ils en tireront cependant des
conclusions fort différentes. Pour KEYNES, l’instabilité chronique du
capitalisme nécessite l’intervention de l’Etat afin de soutenir la demande. Pour
SCHUMPETER, les difficultés économiques des années 1930 ne sont que des
soubresauts. La dynamique du capitalisme est gouvernée par l’innovation qui
engendre des cycles longs. Il ne croit cependant pas à la survie du capitalisme à
long terme. HAYEK, pour sa part, défend le libre marché et développe une
théorie violemment hostile à toute forme d’intervention de l’Etat dans la vie
économique. Ignoré longtemps, HAYEK survivra 43 ans à Schumpeter et 47 ans
à KEYNES. Cette longévité lui permettra de décrocher le Prix Nobel en 1977 et
de voir ses idées triompher dans les faits après la chute du mur de Berlin.

1 – John Maynard KEYNES

A – Données biographiques

KEYNES est né en 1883, en Angleterre. À 14 ans, il a obtenu une bourse pour


le collège d’Eton. Il est entré par la suite au King's College à Cambridge où il fut
l'élève d'Alfred MARSHALL. Il rêvait d’être entrepreneur (il voulait diriger une
compagnie de chemins de fer) mais devint finalement fonctionnaire à l'« India
Office», puis professeur d’économie à Cambridge. Loin d’être seulement un
théoricien, KEYNES sera durant sa vie un acteur de premier plan de la vie
économique. Il participe aux conférences internationales (conférence de
Versailles, conférence de Bretton Woods, etc.) et sera constamment sollicité pour
ses conseils par les autorités politiques anglaises et même américaines (il
séjournera à New York en 1932 et rencontrera le président Franklin Roosevelt).
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B – Les conséquences économiques de la paix

Pendant la guerre de 1914, KEYNES fut chargé de gérer les Finances


britanniques outre-mer. Il devint rapidement un personnage clé. Selon Roy
HARROD (1900-1978), qui écrivit une biographie de KEYNES, ce dernier aurait
« plus contribué à gagner la guerre que tout autre civil » .À la fin de la guerre, il
était devenu un conseiller important du ministère des finances et fut désigné pour
représenter ce même ministère à la conférence de la paix qui débutait à Paris.
Mais il n'avait pas droit à la parole et il a dû assister impuissant aux manœuvres
de Lloyd GEORGE (1863-1945), George CLEMENCEAU (1841-1929) et de
Woodrow WILSON (1856-1924).Il fut indigné par la paix carthaginoise que le
traité de Versailles imposait aux allemands et par le montant faramineux des
réparations. Il comprit que ce traité contenait le germe d'une nouvelle guerre dans
la mesure où il allait attiser les sentiments d'injustice et le besoin de vengeance
des allemands .Il démissionna trois jours avant la signature du traité pour marquer
son désaccord et écrivit un livre demeuré célèbre, "

C – La redécouverte de MALTHUS

En 1930 KEYNES publie un ouvrage intitulé "Traité sur la monnaie " dans lequel
il s'intéresse à l'explication des fluctuations économiques. Plusieurs
économistes s'étaient déjà intéressés à ce phénomène (voir le chapitre 8, section
4, alinéa D).Stanley JEVONS (1835-1882) avait même cru observer une
corrélation entre les cycles économiques et l'apparition des tâches solaires. "
JEVONS fut impressionné par le fait que les cycles économiques de 1771 à 1878
durèrent en moyenne, entre deux apogées de prospérité, 10,46 années, tandis que
les taches solaires (qui avaient été découvertes en 1801 par William
HERSCHEL) avaient une périodicité de 10,45 années. Jevons était convaincu
que la corrélation était trop étroite pour être purement accidentelle. Il pensait que
les taches solaires engendraient les cycles météorologiques, qui engendraient les
cycles de pluie, lesquels engendraient les cycles de récoltes, qui étaient à l'origine
des cycles économiques. Ce n'était pas une théorie absurde, mais elle n'avait
qu'un défaut : un calcul plus soigneux des cycles des taches solaires aurait montré
que leur périodicité était de onze ans : la belle Roy HARROD (1951), The Life
of John Maynard Keynes correspondance entre la mécanique céleste et les
divagations économiques était brisée. Les taches solaires relevaient de
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Histoire des faits économiques

l'astronomie et, pour expliquer les cycles économiques, il fallait en revenir à des
considérations plus terre à terre." écrit HEILBRONNER.

D – La transformation de l'épargne en investissement

C'est ce qui allait devenir un des classiques de la compréhension des crises


économiques. Comment faire en sorte que l'argent épargné soit réinjecté de façon
productive dans l'économie. C'est-à-dire :1) dépensé à la place de l’épargnant
(celui qui ne veut pas dépenser tout de suite) afin que l'offre puisse continuer à
créer sa propre demande et;2) dépensé productivement (ce débat surgira plus tard
lorsque les monétaristes et les nouveaux classiques critiqueront les politiques
keynésiennes de relance de la demande globale).Ainsi, tant que l'épargne des uns
est dépensée par d'autres, elle permet d'alimenter le processus économique. C'est
le système bancaire et plus généralement le marché financier qui permet la
réutilisation de l'épargne et le flux des revenus qui se transmettent de main en
main.

E – La dépense, moteur de l’activité

Mais encore faut-il que les agents économiques aient envie de dépenser l'argent
épargné. On parle du "moral" des chefs d'entreprises, du "moral" des ménages.
Quand ce "moral" augmente, l’activité est soutenue. Sinon, elle tend à se réduire
.C'est ce problème que MALTHUS, puis KEYNES ont identifié, à savoir le rôle
des agents qui dépensent dans le mécanisme de transformation de l'épargne en
dépense. Les agents économiques n'ont pas toujours la volonté de dépenser. Pire,
même s'ils veulent dépenser, ils n'en n'ont pas toujours la possibilité. Une
entreprise qui se trouve dans un secteur en expansion peut investir car elle a des
perspectives de développement. Mais une entreprise qui se trouve dans un secteur
en déclin ne peut pas dépenser, même si elle le désire, car il n'y a pas de
perspectives.
F – La Théorie Générale

En effet, lors de la grande crise de 1929, le taux d'intérêt baissa mais il ne se passa
rien. Dès lors, en dépit de l'élégance intellectuelle du mécanisme proposé dans le
Traité sur la monnaie, KEYNES compris que l'hypothèse d'un retour automatique
à l'équilibre était erronée. La baisse du taux d'intérêt ne provoquait en effet aucun
retour à la prospérité. Il découvrit alors l'idée que lorsqu'une économie connaît
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des difficultés et que son revenu se contracte, c'est parce que la demande est
insuffisante pour offrir des perspectives d'investissement intéressantes. C'est-à-
dire que même si l'épargne est convertie en investissement par le jeu de la baisse
du taux d'intérêt, il y a trop peu d'épargne et trop peu d'investissement dans
l'économie, car au départ il y a trop peu de revenu à dépenser et à épargner. Pour
relancer l'activité, il faudrait qu'un "revenu autonome", un revenu
supplémentaire, vienne s'ajouter à l'investissement trop faible issu de l'épargne
privée, pour stimuler l'économie. D'où l'idée que cet investissement doit être
initié par l'Etat quitte pour cela à ce que l'Etat s'endette et rembourse "plus tard".

G – Le New Deal

Cette constatation pessimiste de la Théorie Générale s'accompagne en même


temps d'un message d'espoir. Il faut noter ici que lorsque paraît la Théorie
Générale , en1936, les remèdes qu'elle propose ont déjà commencé à être
appliqués aux Etats-Unis et que les idées de KEYNES ne font donc en quelque
sorte que valider intellectuellement la démarche entreprise empiriquement par la
nouvelle équipe au pouvoir aux Etats-Unis, l'équipe de Roosevelt, qui a été élue
sur la promesse d'un New Deal , c'est-à-dire d'une "nouvelle donne".C'est en
quelque sorte un médicament sans ordonnance que le président Franklin
ROOSEVELT (1882-1945) avait commencé à administrer à l'économie
américaine et que l'ordonnance du docteur KEYNES venait régulariser après
coup. Le gouvernement américain s'était en effet lancé dans une politique de
grands travaux. Le gouvernement devint subitement, ce qui était très nouveau
aux Etats-Unis, un investisseur important. Il donna l'exemple. Aujourd'hui, l'Etat
et les collectivités publiques sont presque partout les premiers investisseurs. Mais
à l'époque de ROOSEVELT et de KEYNES, ce n'était pas du tout le cas. L'idée
que l'investissement public puisse servir à "amorcer la pompe" était entièrement
neuve. Certes, elle avait été évoquée par MALTHUS, mais plus personne n'y
songeait sérieusement et ce fut comme une "redécouverte". KEYNES vint à
Washington en 1934, deux ans avant la publication de la Théorie Générale, alors
que la politique des grands travaux avait déjà commencé, puisque Franklin
ROOSEVELT fut élu fin 1932 à la présidence des États-Unis, sur la promesse de
sortir "en cent jours" les Etats-Unis de la crise. Lors de son séjour, KEYNES
rencontra ROOSEVELT et confirma intellectuellement le New Deal, dans un
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Histoire des faits économiques

article paru alors dans le New York Times. Les grands travaux se poursuivirent
et enclenchèrent une reprise suffisante pour que ROOSEVELT soit réélu
triomphalement en 1936. Grâce à la politique de ROOSEVELT, le chômage
passa de 14 millions à 9 millions. Mais la politique des grands travaux resta trop
timide face à l'ampleur de la crise. Pour sortir complètement les Etats-Unis de la
crise, il aurait fallu que l'Etat fédéral dépense encore plus. Plus tard, pendant la
guerre, le niveau des dépenses fut multiplié par dix, ce qui engendra non
seulement le plein emploi, mais aussi l'inflation (car l'économie buta alors sur la
contrainte de capacité, c'est-à-dire l'insuffisance de la main-d’œuvre ce qui
faisait monter les salaires et les prix).

H – Les principaux thèmes de la "Théorie Générale"

Dans la "Théorie Générale", l'objectif de KEYNES est « de découvrir ce qui, dans


un système économique donné, détermine à tout moment le revenu national et
(ce qui revient presque au même), le volume de l’emploi » (Keynes, 1936,
Théorie Générale, p. 253). Il souhaite montrer que l’équilibre macroéconomique
est compatible avec le chômage involontaire. Pour cela, il va développer
plusieurs nouveaux concepts : la demande effective, l'efficacité marginale du
capital, la propension à consommer, le multiplicateur, la préférence pour la
liquidité, le chômage involontaire et le renversement de la loi de SAY (la
demande créé l'offre au lieu de "l'offre créé sa propre demande")

1) Le principe de la demande effective

Le principe de la demande effective énonce que dans une économie fermée,


disposant de capacités inutilisées, le niveau de la production (et donc de l’emploi)
est déterminé par les prévisions de dépense globale, qui se compose des dépenses
de consommation des ménages (C) et des dépenses d’investissement des
entreprises(I) :E = C + I (1)Les dépenses d’investissement (I) dépendent du profit
escompté de l’investissement que KEYNES appelle l'efficacité marginale du
capital et du taux d’intérêt, qui représente le coût d’emprunt des fonds, c’est-
à-dire le taux d’intérêt. On voit donc que, dans le modèle de KEYNES, la
production et donc l’emploi dépendent d’un facteur instable, les dépenses
d’investissement. Les décisions d’investissement sont particulièrement
incertaines tout simplement car les machines et les immeubles doivent être
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achetés maintenant, alors qu'ils sont sensés servir à produire des biens qui seront
vendus dans un futur par définition incertain. Les investisseurs doivent donc se
fonder sur leurs prévisions des niveaux futurs de demande et de coûts. Ces
prévisions sont influencées par des faits objectifs, mais aussi par des sentiments
subjectifs

2) La propension marginale à consommer et le multiplicateur

Les dépenses de consommation (C) dépendent quant à elles du revenu mais pas
du taux d’intérêt (il faut cependant se souvenir ici que l'absence du taux d'intérêt
dans la fonction de consommation engendrera par la suite une
controverse).C=C(Y) (2) La consommation dépend du revenu à partir de ce qu'il
appelle, la Propension marginale à consommer.

3) La préférence pour la liquidité

La Théorie Générale s'intitule en fait Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et


de la monnaie. Et cela sans doute parce qu’elle elle contient une conception
novatrice en matière monétaire. Avant KEYNES, la théorie néo-classique du taux
d'intérêt était basée sur l'offre et la demande d'épargne, théorie reprise dans son
Traité sur la monnaie. Mais, dans la Théorie Générale, KEYNES, le taux d’intérêt
apparaît comme un phénomène purement monétaire déterminé par la préférence
pour la liquidité des agents (demande de monnaie), conjointement avec l’offre de
monnaie, fixée par les autorités monétaires. C'est la fameuse théorie des 3 motifs
de détention de la monnaie : détention de monnaie à des fins de transaction,
détention de monnaie à des fins de précaution et détention de monnaie à des fins
de spéculation.
4) Le schéma de détermination de la production et de l'emploi
La structure de base de la théorie de la demande effective de Keynes peut être
comprise à partir de la figure 1 ci-après. La production et l’emploi globaux
dépendent de la demande globale (C + I), ce qui peut être source d’instabilité, car
les décisions d’investissement sont soumises à l’influence des prévisions d’un
futur incertain. Ceci crée également un désir de détenir de l’argent liquide, de
sorte que les variations de la demande de monnaie, comme celle de l'offre de
monnaie, peuvent influencer la production et l'emploi, ce qui revient à rejeter le
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Histoire des faits économiques

postulat de neutralité de la monnaie. L'augmentation de l'offre de monnaie, en


réduisant le taux d'intérêt, peut stimuler la demande globale à travers
l'augmentation de l'investissement et l'effet multiplicateur qui s'ensuit. Pour
KEYNES, le pouvoir de la politique monétaire était limité. La demande globale
devait être directement stimulée au moyen des dépenses publiques, ou
indirectement, au moyen d'allégements fiscaux visant à augmenter le revenu
disponible et donc à accroître la consommation : « L’État sera conduit à exercer
sur elle [la propension à consommer] une influence directrice par sa politique
fiscale, par la détermination du taux d’intérêt, et peut-être aussi par d’autres
moyens ». Pour KEYNES, la propension à épargner tend à être plus importante
que l’incitation à investir, ce qui est source d’instabilité car rien ne garantit que
les dépenses d’investissement atteignent un niveau suffisant pour absorber la
totalité de l’épargne, condition parce qu'elle est selon lui « le seul moyen de
garantir le plein emploi »

5) La notion de chômage involontaire

KEYNES rejetait très nettement l’idée que le marché du travail puisse


fonctionner d’une façon qui assure toujours son équilibre. Au contraire, dès lors
que les salaires nominaux sont rigides, le chômage involontaire est une donnée
caractéristique du marché du travail. Mais il allait plus loin que cela et soutenait
que la flexibilité des salaires nominaux ne pourrait probablement pas engendrer
de forces suffisamment puissantes pour ramener l’économie vers le plein emploi.

6) L'inversion de la loi de SAY

La loi de SAY, dès qu’on l’accepte, rend redondante toute politique de demande.
Nous avons vu précédemment que dans le modèle classique une décision de
réfréner la consommation courante était équivalente à celle de
consommer davantage dans le futur. Cette décision implique donc
automatiquement que des ressources soient mobilisées pour permettre de
produire les biens d’investissement nécessaires pour fournir les futurs biens de
consommation. Une augmentation de l’épargne se traduit automatiquement par
celle des dépenses d’investissement, via l’ajustement du taux d’intérêt. Dans le
modèle classique, l’épargne n’est en fait qu’une autre forme de dépense. Les
principes qui sous-tendent la loi de SAY sont revenus au premier plan dans les
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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

débats relatifs aux politiques économiques destinées à lutter contre la crise de


l’entre-deux guerres. Ralph HAWTREY (1879-1971), partisan convaincu de «
l’optique du Trésor », a soutenu que les programmes de grands travaux seraient
sans effets car les dépenses qui leur seraient consacrées viendraient simplement
« évincer » un montant équivalent de dépense privée. Mais de telles opinions
n’ont de sens que dans une économie de plein emploi. C'est ce que l'on appelle
aujourd'hui l'effet d'éviction.
2 – Joseph Alois SCHUMPETER

A – Donnés biographiques

Joseph SCHUMPETER (1883-1950) est né dans l’ex-empire austro-hongrois.


Il fait des études d’économie à Vienne et a pour professeur les précurseurs du
courant autrichien de l’école marginaliste, Friedrich von WIESER (1851-1926)
et Eugen von Böhm BAWERK (1851-1914). Bien que sa formation soit
proprement économique, il s’intéresse aussi aux sciences sociales, ce qui le
tiendra écarté des formalisations mathématiques. Encouragé par ses professeurs,
il se tourne vers une carrière universitaire qui le fera voyager d’abord en
Angleterre, où il rencontre Alfred MARSHALL, puis aux Etats-Unis, à
l’Université de Columbia. En 1932, il obtient un poste de professeur d’économie
à l’Université de Harvard. C’est durant cette période qu’il écrira ses deux
ouvrages majeurs : Capitalisme, Socialisme et Démocratie et Histoire de
l’Analyse Economique. Il aura aussi pour élève plusieurs futurs prix Nobel : Paul
SAMUELSON, Wassily LEONTIEF et James TOBIN.

B – Les principales idées de SCHUMPETER

Pour Joseph Schumpeter le processus de la destruction créatrice est l’élément


essentiel de la dynamique du capitalisme. Ce sont les entrepreneurs qui, par leurs
innovations, modifient les conditions du marché et font évoluer la production et
la consommation dans les sociétés. Chez SCHUMPETER, contrairement aux
néo-classiques, il n’y a pas d’idéalisation de la concurrence ou de la rationalité
économique. Le monde est décrit comme rempli d’oligopoles qui se livrent une
concurrence féroce et pour lesquels l’innovation, les économies d’échelle et la
standardisation de la production sont des outils permanents de lutte pour gagner
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Histoire des faits économiques

des parts de marché et augmenter les profits. SCHUMPETER observe les


innovations qui révolutionnent la vie économique de son temps : électricité,
automobile, téléphone … Il observe aussi que certaines industries jouent un rôle
d’entraînement pour toute l’activité économique (chemins de fer, Métallurgie,
etc.). Enfin, il constate après d’autres que l’activité économique semble soumise
à des cycles d’expansion et de reprise. Il en déduit une théorie dans laquelle ces
sont les innovations qui gouvernent le cycle. En effet, il constate que les
innovations n’apparaissent jamais seules, mais par grappes. Il est important,
aussi, pour comprendre cette théorie, de faire la différence entre l’invention et
l’innovation. Alors qu’une invention peut rester dans les cartons, l’innovation,
au contraire, est une invention qui connaît un succès économique. C’est en ce
sens que l’innovation est le moteur de l’activité. Le personnage clé n’est pas
l’inventeur, mais l’innovateur ou plus précisément l’entrepreneur, celui qui a su
porter l’invention et la transformer en succès commercial par sa vision, son
aptitude à la prise de risque et à la gestion des ressources humaines et financières.
Ainsi l’évolution de l’économie est-elle liée au dynamisme de l'entrepreneur. En
effet, le succès commercial d'un entrepreneur fait naître d'autres entreprises par
imitation. D’où le caractère à la fois moteur de l’innovation, et sa production en
grappes d’innovation. Contrairement aux approches classique et néo-classique,
qui posent comme modèle la stabilité, avec seulement des perturbations
transitoires sur des marchés voués à l’équilibre concurrentiel, l’approche de
SCHUMPETER est dynamique. En effet l'innovation perturbe les équilibres
anciens, elle accélère l’obsolescence des méthodes de production, des produits et
des méthodes antérieurs. Des entreprises dépassées disparaissent ou doivent
s’adapter. Des secteurs naissent. C’est ce processus de destruction créatrice qui
constitue la donnée fondamentale du capitalisme. Malgré ce côté admiratif pour
l’esprit d’entreprise et pour les entrepreneurs, SCHUMPETER reste pessimiste
sur l’avenir à long terme du capitalisme En effet, au fur et à mesure que
l’économie se développe, l’entrepreneur perd de l’importance au profit du
gestionnaire. Il s’ensuit une bureaucratisation de l’économie d’où l’esprit
d’entreprise disparaît progressivement. Parallèlement l’hostilité de la société à
l’égard du capitalisme augmente à mesure qu’une classe de plus en plus
importante de fonctionnaires se développe (grâce aux progrès permis par le
capitalisme, c’est là le paradoxe) en tentant par tous les moyens de limiter les «
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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

pouvoirs » des chefs d’entreprises, d’où ce que SCHUMPETER appelle le


«crépuscule de la fonction d’entrepreneur ».

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Histoire des faits économiques

POINTS IMPORTANTS À RETENIR

 Les fluctuations économiques


 La théorie générale
 La demande effective
 L’efficacité marginale du capital
 La propension à consommer
 Le multiplicateur
 La préférence pour la liquidité
 Le chômage involontaire

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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES POUR


APPROFONDIR LE CHAPITRE
 La Politique, livre II, texte disponible sur Internet
:http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Aristote
/politique2.htm#V BLAUG, Marc, 1998,

 La pensée économique, origine et développement ,


5ème édition, Economica. BOIGUILLEBERT,
:http://www.ecn.bris.ac.uk/het/boisguilbert/Dissert
ext.html#02 BRASSEUL, Jacques, 2001,

 Histoire des faits économiques et sociaux, tome 1,


De l’antiquité à la révolution, Armand Colin.
CANTILLON, Richard, 1755, Essai sur la nature
du commerce en général

104
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Histoire des faits économiques

EXERCICES D’ASSIMILATION

1. Que stipule la loi des débouchés de JEAN


BAPTISTE SAY ?
2. Expliquez le thème : « destruction créatrice »
3. Quelle est la différence entre « Innovation et
Invention » ?

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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

CHAPITRE 11 : L’évolution économique depuis 1945

Faire des profits est l’essence même de la démocratie. […] tout gouvernement
qui poursuit une politique contraire aux intérêts du marché est donc anti
démocratique, quand bien même il jouirait d’un large soutien populaire " (Milton
FRIEDMAN) De 1945 à 1995, en moins de 50 ans, l’économie mondiale est
passée d’une phase de croissance et de prospérité débutée dans un climat
keynésien d’intervention massive de l’Etat dans l’économie, à une économie
mondialisée, fondée sur la liberté des échanges et la montée en puissance de la «
nouvelle économie » et des technologies de l’information et de la
communication. Entre l’ère de l’Etat providence et l’ère de la mondialisation, une
crise importante s’est déclarée à partir de 1973, date du quadruplement du prix
du pétrole, laissant s’installer un chômage dont les pays occidentaux ne sont
jamais vraiment parvenus à se débarrasser complètement.

1 – L’Etat providence

Selon l’encyclopédie Wikipedia, «l'État-providence est une organisation sociale


dans laquelle l'État joue un rôle central de régulation de l'économie et de
redistribution des richesses ». En fait, c’est la crise économique des années 1930
et la progression des idées de KEYNES qui ont convaincu les dirigeants
occidentaux de la nécessité et de l’efficacité d’une l'intervention de l’Etat dans
l’économie. L’anglais William BEVERIDGE (1879-1963) est l’inventeur de la
notion de Welfare State , traduit en français par Etat Providence, système
universel, uniforme et unitaire, de protection sociale, mais qui suppose aussi un
présence très importante de l’Etat dans tous les secteurs de l’économie et de la
société. C’est donc sur cet arrière-plan idéologique que la reconstruction
européenne et l’essor de l’économie mondiale se sont produits.

A – La reconstruction européenne et le plan MARSHALL

Le 5 juin 1947, dans un discours à l’université Harvard, le secrétaire d’Etat


américain George MARSHALL a défini un programme pour la reconstruction de
l’Europe qui allait rapidement être connu sous l’appellation de « plan
MARSHALL». L’esprit du plan MARSHALL, face à la misère et à la
destruction laissées en Europe par la seconde guerre mondiale, est très simple : il
s’agit d’aider les pays qui n’ont pas opté pour l’allégeance à l’Union soviétique
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Histoire des faits économiques

à opérer un redressement économique, gage de stabilité et de paix. Finalement,


l’affaiblissement de la France aura au moins servi à tirer les leçons de la première
guerre mondiale. Plutôt que d’imposer à l’Allemagne des réparations qu’elle ne
pourrait pas payer, on allait, tout comme aux autres pays européens, lui fournir
les crédits nécessaires à l’acquisition des moyens de la reconstruction. L’aide
Marshall, qui prit la forme de crédits distribués pour permettre de payer les
importations nécessaires en provenance des Etats-Unis reste un modèle de
coopération internationale efficace et mutuellement profitable. Elle a permis
l’expansion du commerce international et favoriser la constitution de l’Union
Européenne. Pendant quatre ans, de 1948 à 1951, les Etats-Unis ont apporté
14milliards de dollars d’aide à la France, l’Italie, la Belgique, le Royaume-Uni,
l’Allemagne et à douze autres pays. Tous les grands secteurs économiques en ont
bénéficié : énergie, sidérurgie, travaux publics et transports. Grâce au plan
MARSHALL, l’Europe fut placé sur le sentier de croissance le plus élevé de son
histoire, celui que l’économiste Jean FOURASTIE qualifia de « trente glorieuses
».Le plan MARSHALL fut sans doute le meilleur moyen de populariser les thèses
keynésiennes parmi les élites européennes. Les américains n’avaient-ils pas en
définitive appliqué à l’Europe la recette du New Deal lequel était réputé avoir
mis fin avec succès à la crise de 1929 ?

B – L’essor de l’économie mondiale

Entre 1945 et 1973, tous les pays développés ont vu leur PIB multiplié par trois,
au moins, soit autant que durant les deux siècles précédents. Même le « tiers
monde » (expression inventée par le démographe Alfred SAUVY [1899-1990])
a hérité d’une partie de cette croissance, mais celle-ci a été absorbée par
l’explosion démographique (les taux de mortalité ont chuté mais les taux de
natalité n’ont commencé à baisser que bien plus tard).Durant toute cette période,
les PIB n’ont cessé de croître et le plein emploi était partout assuré. Ce fut un âge
d’or où la croissance et le progrès technique ont permis une amélioration sans
précédent des niveaux de vie et des conditions de travail. C’est de cette époque
que date, pour ce qui est de l’Europe, la naissance de la « société de
consommation ».Cette croissance exceptionnelle peut s’expliquer par la
conjonction de plusieurs facteurs, dont :

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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

1) Le Baby Boom

À partir de 1945, voire avant pour certains pays comme la France, la natalité
augmente brusquement, sans que personne n’ait pu fournir d’explication
convaincante. Le phénomène, qualifié de baby boom, va durer environ 25 ans.
Cette croissance démographique va stimuler la demande globale et soutenir la
croissance.

2) La locomotive américaine : leadership ou impérialisme ?

Dès les lendemains de la seconde guerre mondiale, les Etats-Unis assurent un


leadership économique sur le monde libre en général et l’Europe en particulier,
tandis que les pays soumis à l’influence soviétique et chinoise s’enfoncent
durablement dans la rhétorique et le sous-développement. L’American way of
life exerce une fascination et sert de modèle pour la consommation. Quant aux
méthodes de production rationnelles héritées du fordisme et du taylorisme, elles
font fureur en Europe et se répandent rapidement à partir de 1950 à mesure que
l’implantation des entreprises multinationales américaines en progresse.
Cependant, plus les Etats-Unis s’impliquent dans la construction et le soutien
d’institutions internationales propres à favoriser le développement, la croissance
et la paix, plus l’anti-américanisme augmente. Sans doute est-il largement
stimulé par le camp soviétique qui assure une large publicité aux moindres
défaillances de l’imperium américain et s’appuie dans plusieurs pays, comme la
France, sur un parti communiste influent et bien organisé. Ainsi, dès cette
époque, malgré le plan MARSHALL, malgré l’impulsion donnée par les Etats-
Unis à la création d’institutions telles que le Fond Monétaire International ,la
Banque Mondiale et le GATT, l’influence croissante des multinationales
américaines dans l’économie mondiale inquiète plus qu’elle ne rassure.

3) L'essor du commerce international

Si l’Organisation Mondiale du Commerce existe seulement depuis 1995, le


système commercial dont elle est issue, l’Accord général sur les tarifs
douaniers et le commerce (de l’acronyme anglais GATT qui signifie “General
Agreement on Tariffs and Trade”), date de 1948.Cet accord a donné naissance à
une organisation internationale officieuse, existant de fait et aussi dénommée

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Histoire des faits économiques

officieusement GATT, qui a évolué au fil des ans à travers plusieurs cycles de
négociation. Ces différents cycles de négociations, dont les noms évoquent
l’influence américaine ont conduit à faire avancer la cause du libre-échange au
plan mondial, à petits pas cependant. Cela a néanmoins suffit pour donner un
essor sans précédent aux échanges commerciaux, essor dont l’Europe et les Etats-
Unis, mais aussi le Japon et les pays asiatiques, ont largement profité.

4) La stabilité monétaire

Le développement des échanges commerciaux, qui a favorisé la croissance


économique mondiale, a lui-même été bénéficié d’une grande stabilité monétaire,
dans le cadre des accords de Bretton Woods, du nom de la conférence qui eut
lieu dans une petite ville balnéaire du New Hampshire, située dans le Nord Est
des Etats-Unis, et qui a réuni en juillet 1944 les représentants de 44 pays. Il
s’agissait d’éviter que ne se reproduisent les désordres monétaires de l’entre-deux
guerres. Après diverses péripéties où s’affrontent notamment les plans de Harry
WHITE et de John Maynard KEYNES, un système connu sous l’appellation de
Gold Exchange Standard (ou « étalon de change or fut adopté. Malgré la
similitude avec le système du Gold Standard (étalon-or), la différence est
importante. En effet, dans l’étalon-or, les monnaies sont définies par rapport à
l’or. En revanche, dans le système de l’étalon de change or, les monnaies sont
définies par rapport au dollar, lui-même défini par rapport à l’or. Ceci devait
confirmer la prédominance américaine déjà évoquée. C’est donc un système de
Taux de change fixes qui en résulte, évitant des fluctuations monétaires de
grande ampleur, mais qui instaure le dollar au-dessus des autres monnaies, un
statut envié qu’il conserve encore à l’heure actuelle et sans doute pour longtemps.

5) La construction européenne

Les premières étapes de la construction européenne allaient surtout stimuler le


commerce entre pays européens qui ne demandait qu’à reprendre. Le 9 mai
1950,Robert SCHUMAN (1886-1963), ministre français des Affaires étrangères,
propose de créer une communauté des ressources de charbon et d'acier, d’abord
entre la France et l'Allemagne, puis avec d’autres pays européens. Aussitôt
acceptée, cette proposition allait se concrétiser par la signature le 18 avril 1951,
par l'Allemagne, la Belgique, la France, l'Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas,
109
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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

du Traité de Paris instituant la Communauté du charbon et de l'acier


(CECA).Le 25 mars 1957, six pays (Allemagne, Belgique, France, Italie,
Luxembourg et Pays-Bas) signent le Traité de Rome qui crée la Communauté
économique européenne (CEE ou Marché commun). Mais ce n’est qu’en 1968
que l'Union douanière est réalisée entre les six pays. En 1973, quelques mois
avant le premier choc pétrolier, le Danemark, le Royaume-Uni et l'Irlande
rejoignent la CEE.

2 – Du choc pétrolier de 1973 à la chute du mur de Berlin

À partir du milieu des années 1960, les signes précurseurs de difficultés, ou en


tout cas d’une transition majeure des économies s’amoncellent. C’est d’abord
une contestation de plus en plus vive du mode de production et de consommation,
dont les Etats-Unis sont le symbole, tandis que la puissance militaire de ce pays
semble être mise à mal par leur enlisement dans le conflit du Viêt-Nam. Cette
contestation de la société de consommation paraît avoir été l’expression déguisée
d’une volonté d’accéder plus rapidement, plus largement et plus efficacement,
aux biens de consommation. Mais c’est surtout, à partir de 1971, l’éclatement du
système de l’étalon de change or puis, en 1973, le quadruplement du prix du
pétrole, qui symbolise l’entrée dans une période de difficultés économiques qui
n’a finalement été qu’une transition vers la mondialisation.

A – La fin du système de l’Etalon de change or

On pourrait se demander en quoi la rigidité des taux de change instaurée par les
accords de Bretton Woods a été un facteur de stabilité plus qu’un frein à la
croissance économique des années 1950 et 1960. Toujours est-il que cette entorse
aux lois du libre marché vole en éclat à partir des années 1968.Les privilèges du
dollar, qui permettaient aux Etats-Unis d’avoir une balance des paiements
déficitaire, font des jaloux, notamment en France. Ainsi, l’économiste Jacques
RUEFF, s’élève-t-il avec éloquence contre ce système. Beaucoup de
commentateurs européens étaient alors convaincus que ce privilège cesserait si
l’on redonnait aux marchés des changes leur rôle de détermination des valeurs
monétaires relatives. L’avenir montrera qu’il n’en était rien, car les Etats-Unis
ont depuis continué à accumuler leurs déficits, afin de financer les besoins
apparemment illimités de l’économie mondiale en dollars. Mais les Etats-Unis
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Histoire des faits économiques

semblent eux-mêmes soucieux de défaire le lien qui relie le dollar à l’or, même
si ce lien était de toute façon essentiellement théorique. Aussi, le 15août 1971, le
président NIXON annonce-t-il la fin de la convertibilité du dollar en or. On
passait ainsi d’un système d’étalon de change-or à un système d’étalon de
change dollar.

B – Les chocs pétroliers

En octobre 1973, les pays pétroliers décident d’augmenter unilatéralement le prix


de l’or noir. En l’espace de quelques semaines, le prix du baril de pétrole est
multiplié par quatre. Cette hausse allait s’avérer durable et consacrer le cartel de
l’OPEP (organisation des Pays Exportateurs de Pétrole), organisme qui fixera
désormais le prix du baril, non sans d’importantes difficultés de répartition de la
quantité à produire au sein de ses membres. Pour comprendre les implications de
cette hausse, il faut rappeler que de 1920 à1970, le prix du baril de pétrole est
resté inférieur à 5 dollars le baril. À partir de 1970, il va augmenter. Mais c’est la
hausse brutale d’octobre 1973, date à laquelle il atteint les 10 dollars, puis celles
de 1979-80, où il passe à 40 dollars, qui allait réveiller les marchés. Le monde
occidental prend ainsi conscience du rôle économique central joué par le pétrole
dans tous les domaines de l’économie. En effet, le pétrole est utilisé comme
source d’énergie par les voitures et les avions. Il sert aussi à fabriquer le goudron
utilisé dans la construction des routes. Il sert au chauffage des maisons et
immeubles avec le fioul. Le pétrole sert aussi d’huile de graissage dans l’industrie
et les transports. Enfin, il ne faut pas perdre de vue que le pétrole sert à produire
un ensemble de matières chimiques dérivées tels que le benzène, le toluène, et
les xylènes qui permettent la fabrication des plastiques, textiles synthétiques,
caoutchoucs synthétiques, détergents et enfin interviennent dans la fabrication
d’engrais complexes. Bref, sans le pétrole, l’économie est en panne…
La demande de pétrole augmente au même rythme que la population mondiale et
des questions se posent sur la durée des réserves disponibles, généralement
évaluée à quelques décennies seulement. L’épuisement des ressources en pétrole
suscite d’ailleurs, dès les années 1970, des inquiétudes dont on ne sait si elles
sont justifiées, dans la mesure où 1) les réserves semblent plus importantes qu’on
ne l’a cru et 2) l’épuisement des ressources en pétrole contribuera à diminuer
l’effet de serre.
111
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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

C – Chômage et inflation

On attribue souvent aux deux chocs pétroliers l’apparition d’une situation


économique nouvelle : la coexistence de l’inflation et du chômage, qualifiée de
stagflation. En fait le problème est apparu avant, notamment aux Etats-Unis où,
sous l’ère Nixon, un contrôle des prix avait même été instauré (sans effets
d’ailleurs).Il est certain cependant que le chômage s’est durablement installé à
l’occasion du choc pétrolier, notamment dans certains pays européens tels que la
France. L’inflation, en revanche, semble avoir reflué à partir du milieu des années
1980.

3 – La mondialisation à l’heure de la nouvelle économie

Contre toute attente, vers le milieu des années 1980, l’Etat providence va reculer
un peu partout dans le monde, à la suite de la « contre-révolution conservatrice »
(arrivée au pouvoir de Ronald REAGAN, président des Etats-Unis de 1981 à
1989, et de Margaret THATCHER, premier ministre britannique de 1979 à
1990). Il s’ensuit alors une forte réduction de l’intervention de l’Etat dans la vie
économique dans ces deux pays. Parallèlement, à partir de 1989, on assiste au
passage à l’économie de marché de l’ex-Union soviétique et de ses pays satellites.
Puis c’est la Chine et l’Inde, ainsi que plusieurs pays d’Amérique latine qui
engagent d’importantes réformes économiques et entrent de plein pied dans la
mondialisation libérale.

A – Le retour du libre marché

Aux Etats-Unis, sous l’impulsion du président Ronald REAGAN, de nombreuses


activités économiques jusque-là soumises aux contrôles de commissions
étatiques (transports aériens, télécommunications, etc.) sont libérées de tout
carcan. En Grande-Bretagne, on va encore plus loin, puisque Margaret
THATCHER s’attache à démanteler l’ensemble du
Welfare state mis en place par les gouvernements travaillistes, permettant ainsi
au pays de sortir de la crise économique et de renouer avec la croissance. De
nombreux pays suivent alors ces exemples : la Nouvelle Zélande, mais aussi
divers pays « émergents », tels l’Inde, qui renonce définitivement à la
planification étatique de son économie et plus encore la Chine, qui se développe
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Histoire des faits économiques

à une vitesse très rapide (taux de croissance proche des 10% annuels) et accède
à l’OMC en 2001.

B – Le choc technologique des années 1990 Internet

Est né en 1969 sous l'impulsion du département américain de la défense. Le


réseau, qui s'appelait alors ARPANET, devait assurer les échanges
d'informations électroniques entre les centres névralgiques américains dans le
contexte de la guerre froide. Mais c’est en mars 1993 qu’apparaît MOSAÏC le
premier des navigateurs grand public, doté d'une interface graphique, inventé par
Marc ANDREESSEN. C’est alors que l’Internet commercial tel qu’on le
connaît aujourd’hui va prendre un envol exponentiel, tandis que la puissance de
calcul des ordinateurs double environ tous les 18 mois (loi de MOORE) et que
le débit de transmission des données ne cesse de s’accélérer. C’est la naissance
de la nouvelle économie, largement basée sur la connaissance (on a parlé à cet
égard de capitalisme cognitif), qui va relancer la croissance économique un peu
partout dans le monde. Après avoir marqué un coup d’arrêt à la suite de
l’explosion de la bulle Internet en mars 2000, l’essor du secteur des nouvelles
technologies semble reprendre de plus belle à partir du milieu des années2000,
confirmant les théories de Joseph SCHUMPETER sur le rôle des grappes
d’innovations dans les cycles longs (voir le chapitre 10).

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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

POINTS IMPORTANTS À RETENIR

 Le libre échange
 Gold exchange standard
 Gold standard
 Le dollar monnaie dominante
 Le choc pétrolier de 1973
 Le baby boom
 Welfare rate/ Etat providence

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Histoire des faits économiques

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES POUR


APPROFONDIR LE CHAPITRE
 Histoire des faits économiques et sociaux, tome 1, De
l’antiquité à la révolution, Armand Colin.
CANTILLON, Richard, 1755, Essai sur la nature du
commerce en général

 L’Economie de Keynes, de Boeck. DENIS, Henri,


1966, Histoire de la pensée économique

 PUF.GABORIAUX, Marc, 2000, in préface de


L’islam en Asie, du Caucase à la Chine
, Les Études de la documentation française. GIDE,
Charles et Charles RIST, 1909,
 Histoire des doctrines économiques depuis les
physiocrates jusqu'à nos jours

 Paris : Editions Dalloz / Comité pour l'édition des


œuvres de Charles Gide, 2001.HANSEN, Alvin, 1949,
Monetary Theory and Fiscal Policy, McGraw-
HillHARROD, Roy, (1951),

 The Life of John Maynard Keynes, London:


Macmillan.

 HAYEK, Friedrich von, 1993, La route de la servitude,


PUF, collection Quadrige première édition en
1944.HEILBRONNER, Robert, 2001, Les grands
économistes, éditions du Seuil. HICKS, John R., 1939,
Mr. Keynes and the Classics: A suggested
Interpretation, Econometrica.

 HUME, David, 1742 (vol 1) 1752 (vol 2), Political


Discourses

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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

EXERCICES D’ASSIMILATION

Thème d’exposé :
Le système étalon-or

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Histoire des faits économiques

CHAPITRE 12 : Les théories macroéconomiques contemporaines

Ce chapitre est consacré à la pensée macroéconomique contemporaine.


Schématiquement, on peut établir une filiation avec les deux grands courants qui
se dessinent dans la pensée macroéconomique de l’entre-deux guerres : le courant
hérité de la tradition classique, d’une part ; celui porté par la révolution
Keynésienne d’autre part. Ainsi qu’on l’a déjà vu à l’occasion de l’étude de la
pensée des économistes classique, cette opposition remonte en fait aux origines
de l’économie politique classique avec la controverse autour de la loi de SAY.
Dans les deux décennies qui ont suivi les années 1940, on voit ainsi s’affronter
deux écoles :
 les keynésiens orthodoxes, qui ont codifié l'analyse de KEYNES dans le
schéma dit "IS-LM" (John HICKS, Alvin HANSEN et James TOBIN);
•les monétaristes ou économistes de l’école de Chicago, dont le chef de file fut
Milton FRIEDMAN, prix Nobel d'Economie 1976, dont les théories seront
largement perçues comme une alternative à l'approche keynésienne orthodoxe.
Dès la fin des années soixante, cependant, ces deux approches se renouvellent et
conduisent à une nouvelle opposition dans laquelle chaque camp semble faire
sien les meilleurs arguments du camp opposé. On retrouve ainsi :
• Les nouveaux classiques
(Robert LUCAS, Robert BARRO), revendiquent l'héritage monétariste, mais
proposent en outre un retour à l'école néo-classique et plus précisément, ils
proposent de donner des fondements microéconomiques à la macroéconomie (ils
rejettent l'analyse IS-LM et lui préfèrent l'analyse dite "OG-DG" qui prétend
représenter l'économie toute entière au moyen d'une courbe d'offre globale et
d'une courbe de demande globale).

• Les néo-keynésiens
(Gregory MANKIW) qui se veulent dans les prolongements de l’analyse des
keynésiens orthodoxes, mais qui acceptent l'analyse OG-DG en essayant d'en
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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

tirer les conclusions keynésiennes quant à la lenteur de l'ajustement économique


spontané et la nécessité pour l'Etat de corriger les insuffisances de l'économie de
marché. Il faut préciser avant de commencer que les concepts évoqués et
brièvement présentés ici ne doivent pas être confondus avec un cours de
macroéconomie, de microéconomie, de théorie de la croissance économique ou
de théorie du commerce international. Il s'agit simplement de situer ces concepts
dans l'histoire de la pensée (et de les situer sommairement). Pour une présentation
analytique sérieuse et unifiée, il faut se rapporter aux cours dans lesquels ces
concepts sont enseignés.

1 – Les keynésiens orthodoxes et le modèle IS/LM

Il s'agit des économistes qui ont prolongé l'œuvre de KEYNES. En effet, dès
qu'elles furent connues, les idées keynésiennes se propagèrent avec une vitesse
considérable et marquèrent durablement toute la génération des économistes de
l'après-guerre, notamment aux Etats-Unis, où des universités comme
HARVARD ne comptaient pratiquement que des économistes conquis aux
problématiques keynésiennes. L'une des raisons du succès des idées
keynésiennes (outre qu'elles apparaissaient comme la réponse à la crise de 1929),
fut qu'on leur donna une forme beaucoup plus pédagogique et accessible à un
large public d'étudiants (la Théorie Générale est un livre brillant, mais très
difficile, peu de lecteurs en viennent à bout. Les idées essentielles qui
caractérisent l’école keynésienne orthodoxe peuvent être résumées ainsi : 1.
L’économie est intrinsèquement instable et sujette à des chocs erratiques. Ces
chocs proviennent principalement de variations de l’efficacité marginale du
capital. Ces variations résultent elles-mêmes d’une modification de l’état d’esprit
des chefs d’entreprise (les « esprits animaux » dont parlait KEYNES).2. À la
suite d’une crise, L’économie peut s'éterniser dans le sous-emploi ou, ce qui
revient au même, mettre très longtemps pour revenir spontanément au plein-
emploi :" À long terme, nous serons tous morts " écrivait KEYNES. La lenteur
de l’ajustement économique spontané nécessite l'intervention de l'Etat.3. Le
niveau de la production et celui de l’emploi dépendent essentiellement de la
demande globale et les pouvoirs publics peuvent influencer le niveau de la
demande« effective » afin de garantir un retour plus rapide au plein-emploi.4. La
politique budgétaire est généralement préférée à la politique monétaire, parce que
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Histoire des faits économiques

les effets des mesures de politique budgétaire sont considérés comme plus
directs, plus prévisibles et plus rapides que ceux de la politique monétaire. Ces
convictions sont exprimées dans le modèle des keynésiens orthodoxes, ou «
modèle IS–LM », que nous allons présenter brièvement.

A –La structure de base

En dehors des très grands économistes contemporains, tels John R. HICKS ou


Paul A.SAMUELSON, il est probable que seuls les spécialistes universitaire de
KEYNES (ceux qui ont écrit une thèse ou des ouvrages sur son œuvre) et
quelques esprits brillants, ont réellement lu et compris l’intégralité de la Théorie
Générale. Cette remarque vaut probablement aussi pour l’œuvre de la plupart des
grands économistes : Adam SMITH, RICARDO, etc. C’est important de le
rappeler, car on a souvent l’impression contraire lorsque l’on observe la façon
péremptoire avec laquelle les théories économiques sont traitées dans le grand
public et les médias.

B –Les politiques économiques dans le modèle IS/LM

1 – La politique budgétaire

D'où l'intérêt d'une politique de relance de la demande globale par


l'investissement autonome. Si l'Etat investit par exemple d'un montant, la courbe
IS sera déplacée vers la droite (sans que le taux d'intérêt soit modifié car il s'agit
d'un investissement autonome). le problème de la politique économique se
résume donc à choisir le niveau de telle sorte que l'on se rapproche le plus
possible du plein emploi.

2 – La politique monétaire

On peut également s'approcher du plein emploi par une politique monétaire


appropriée. Par exemple, si les autorités monétaires augmentent la quantité de
monnaie disponible dans l'économie d'un montant et l'on obtiendra un équilibre.
La différence entre les deux politiques est que la politique monétaire
expansionniste réduit le taux d'intérêt d'équilibre alors que la politique budgétaire
augmente le taux d'intérêt d'équilibre.
C –Approfondissements et controverses
119
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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

1– L'effet Keynes

Le retour à l'équilibre automatique est trop hypothétique pour que l'on attende
qu'il se produise. À la suite d’une crise, l’économie peut s'éterniser dans le sous-
emploi ou, ce qui revient au même, mettre très longtemps pour revenir
spontanément au plein-emploi : "
À long terme, nous serons tous morts " écrivait KEYNES à ce sujet. La lenteur
de l’ajustement économique spontané nécessite l'intervention de l'Etat. On trouve
dans la "Théorie générale", une analyse du retour automatique à l'équilibre : c’est
ce que l'on a par la suite appelé " l’effet KEYNES ". Mais, ainsi que KEYNES
le précise, ce mécanisme est trop ténu pour que l'on compte dessus, car il se heurte
en pratique à deux obstacles : la trappe à liquidité et l'inélasticité de
l'investissement privé au taux d'intérêt.

2 – La trappe à liquidité

Pour KEYNES, l'élasticité de la demande de monnaie au taux d'intérêt devient


infinie quand le taux d'intérêt est très bas. Par exemple, tant que le taux d'intérêt
est supérieur à 3%, la demande de monnaie a une élasticité au taux d'intérêt
"normale", c’est-à-dire que plus le taux d'intérêt baisse et plus la demande de
monnaie à des fins spéculatives est importante.

3– L'inélasticité de l'investissement au taux d'intérêt

On retrouve aussi le scepticisme keynésien s'agissant des influences qui


s'exercent sur l'investissement. Les keynésiens orthodoxes admettent bien une
relation négative entre l'investissement privé et le taux d'intérêt monétaire, mais
ils pensent que cette relation est peu élastique, voire peut-être inexistante dans
certains cas. Dans ce cas, si l'investissement ne réagit pas aux variations du taux
d'intérêt, la courbe IS est horizontale. Dès lors, l'effet KEYNES, qui joue à travers
la revalorisation de l'offre de monnaie, n'a pas d'impact sur le niveau du revenu
et ne permet pas le retour au plein-emploi en cas d'équilibre initial situé à un
niveau du sous-emploi.

120
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Histoire des faits économiques

4 – L'effet PIGOU

Pour les néo-classiques, la trappe à liquidité et l’inélasticité de l’investissement


au taux d’intérêt ne sont cependant pas le fin mot de l'histoire du retour à
l'ajustement automatique. Même si l'économie est dans la trappe à liquidité, elle
peut en sortir, pensait Arthur Cecil PIGOU (1877-1959), le contemporain de
KEYNES, comme lui élève d'Alfred MARSHALL, mais resté fidèle au camp
néo-classique. L'effet PIGOU ou " effet d'encaisses réelles" repose sur
l'observation que la baisse des prix (liée à la diminution des coûts salariaux) a
aussi un effet sur les encaisses monétaires privées qu'elle revalorise. Dès lors, la
consommation augmente, ce qui a pour effet d'engendrer un déplacement
autonome de la courbe IS vers la droite, ce qui peut permettre un retour au plein
emploi, même quand la courbe IS croise au départ LM dans sa partie horizontale
(trappe à liquidité).
Figure 5L'effet PIGOU (effet d'encaisses réelles)5 – La controverse sur
l'efficacité respective des politiques monétaire et budgétaire
L'une des grandes controverses de la fin des années 1960, qui allait opposer les
keynésiens orthodoxes comme James TOBIN (prix Nobel d'économie en 1981,
formé à Harvard, puis professeur à l'université de Yale) aux monétaristes comme
Milton FRIEDMAN, est de savoir laquelle des deux politiques, budgétaire ou
monétaire, est la plus efficace pour amener l'économie au plein emploi. La
politique budgétaire est généralement préférée par les keynésiens orthodoxes à la
politique monétaire, parce que les effets des mesures de politique budgétaire sont
considérés comme plus directs, plus prévisibles et plus rapides que ceux de la
politique monétaire.

6 – La courbe de PHILLIPS et l'inflation par les coûts

La courbe de PHILLIPS traite de la relation entre l’inflation et le chômage, l’une


des plus fameuses et des plus controversées de la macroéconomie. Elle résulte
d’une étude statistique, faite par A. W. PHILLIPS (1958), de la relation entre le
niveau du chômage (U) et le taux variation des salaires nominaux ( ), au
Royaume-Uni, au cours de la période 1861-1957. Comme l’illustre le graphique
7, la relation qu’il a trouvée est non linéaire et inverse. Pour un niveau de
chômage d’environ 5,5 %, le taux de variation des salaires nominaux était égal à
121
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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

0 %, tandis que lorsque le niveau de chômage était égal à 2,5 %, le taux de


variation des salaires nominaux était d’environ 2,0 % La courbe découverte par
A. W. PHILIPPS À la suite du travail novateur de A. W. PHILLIPS, l'idée s'est
développée chez les keynésiens qu'il existait une relation inverse entre l'inflation
et le chômage.

2 – Le monétarisme

Principalement associée à la personne de Milton FRIEDMAN (([1912-2006],


prix Nobel d'économie en 1976), le monétarisme allait servir de contrepoids aux
politiques économiques inspirées par les keynésiens orthodoxes. Il s'appuie sur
une reformulation de la théorie quantitative de la monnaie et débouche sur une
nouvelle conception de la relation entre l'inflation et le chômage, par
l'intermédiaire de la notion de chômage naturel.

A – Le revenu permanent

Le revenu permanent est une théorie présentée par Milton FRIEDMAN en 1956
et1957, à travers 2 contributions à l'analyse économique demeurées célèbres : la
reformulation de la théorie quantitative de la monnaie et une nouvelle conception
de la consommation et de la demande. D'après les observations statistiques qu'il
a étudiées, Milton FRIEMAN observe que les dépenses de consommation sont
plus stables dans le temps que le revenu. D'après la fonction de consommation
keynésienne, quand le revenu augmente, la consommation augmente et quand le
revenu diminue, la consommation diminue. Or, selon Friedman, les faits tendent
souvent à démontrer que la consommation ne se modifie pas quand le revenu
baisse et augmente temporairement. Autrement dit, la consommation ne dépend
pas seulement du revenu du mois ou de l'année en cours mais de l'ensemble des
revenus des années antérieures et des revenus espérés pour les années à venir.

B – Le chômage naturel et la courbe de PHILLIPS verticale à long terme

La courbe de PHILLIPS fut remise en question par Milton FRIEDMAN et les


monétariste, qui introduisirent deux éléments fondamentaux à savoir 1) le taux
de chômage naturel et 2) les anticipations. Pour FRIEDMAN, il existe un taux de
chômage naturel, incompressible, qu'aucune politique budgétaire ou monétaire
ne peut résorber. Ce chômage, que l'on appelle aussi parfois frictionnel, est
122
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Histoire des faits économiques

parfaitement compatible avec l'équilibre des marchés, y compris celui du marché


du travail. Il ne peut y avoir aucun chômeur dans une économie. Chaque jour,
des individus démissionnent pour chercher un meilleur emploi, des jeunes
arrivent sur le marché du travail, l'indemnisation du chômage permet de fait à des
individus de s'accorder un temps de battement entre deux emplois... Le taux de
chômage ne peut donc atteindre 0 % et le marché du travail correspondant au
plein emploi se situe aux environs de 3,5 ou 4 % de
Chômage frictionnel. Le chômage naturel ou frictionnel ne doit pas être
confondu avec le
Chômage "structurel" lequel ne dépend pas non plus du rythme de l'activité
économique mais de l'inadéquation entre l'offre et la demande de travail. Il résulte
de l’évolution des qualifications dues aux évolutions techniques qui rend non
employable une partie de la population active qui ne trouve pas dans le même
temps des emplois correspondant à leurs qualifications. Le risque est que ce type
de chômage ne se transforme en un chômage de longue durée qui rendrait
inemployable à terme une partie importante de la population active qui
n'arriverait pas à se réorienter vers les secteurs susceptibles de leur offrir un autre
emploi. En définitive, cette clarification conceptuelle a permis de dégager 3 types
de chômage : le chômage naturel (ou frictionnel) qui est un chômage de
transition, le chômage structurel qui ne peut pas non plus être résorbé par des
politiques macroéconomiques mais seulement par des politiques structurelles de
formation et de requalification de la main-d’œuvre et le chômage conjoncturel
qui seul peut éventuellement être influencé par des politiques
macroéconomiques. Ceci peut être relié à la courbe de PHILIPPS qui, pour les
monétaristes, n'existe pas à long terme. Pour le montrer, envisageons le scénario
suivant (Graphique 10). Dans un premier temps, une politique de relance de la
demande réduit le chômage au prix de l'inflation. Mais rapidement les
revendications salariales amènent une hausse des salaires et un retour du
chômage à son niveau naturel. Or l'inflation ne baisse pas pour autant et la fois
suivante il faut encore plus d'inflation pour réduire le chômage.

123
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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

3 – Néo-keynésiens contre nouveaux classiques

Les controverses entre les keynésiens orthodoxes et les monétaristes se sont


poursuivies avec leurs successeurs. Les successeurs de keynésiens orthodoxes,
ces sont les néo-keynésiens. Et les successeurs des monétaristes, ce sont les
Nouveaux classiques
A – Les néo-keynésiens

Les principaux néo-keynésiens sont Gregory MANKIW et Lawrence


SUMMERS(Université de Harvard); Olivier BLANCHARD et Stanley
FISCHER (MIT); Bruce GREENWALD et Edmund PHELPS ( Université de
Columbia, prix Nobel 2006); Ben BERNANKE et Laurence BALL (Université
de Princeton); George AKERLOF, Jan et YELLEN et David ROMER
(Berkeley); Joseph STIGLITZ, Robert HALL et John TAYLOR (Université de
Sandford); Dennis SNOWER (Université de Birkbeck, Londres) et Assar
LINDBECK (Université de Stockholm).Il est impossible dans le cadre de ce
mémento d’histoire des faits et des idées de donner autre chose qu'une vague idée
de l'apport des néo-keynésiens à l'analyse macro-économique. Deux idées sont
cependant à souligner : 1) les auteurs néo-keynésiens sont tous convaincus que
la monnaie n'est pas neutre. Autrement dit, ils pensent que la politique monétaire
a une influence sur l'activité économique, notamment qu'elle permet de stimuler
l'activité économique. 2) les néo-keynésiens sont également convaincus que la
macroéconomie héritée de Keynes doit être

B – Les nouveaux classiques

L'apport des nouveaux classiques est essentiellement lié à trois concepts : les
anticipations rationnelles, l'ajustement continu des marchés et la représentation
du fonctionnement de l'économie à partir d'une fonction d'offre et de demande
globale.

1 –La notion d'anticipations rationnelles

Le concept d'anticipations rationnelles a initialement été introduit dans l'analyse


économique par John MUTH en 1961. MUTH (1961) suggéra « que
les anticipations, dans la mesure où elles sont des prévisions bien

124
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Histoire des faits économiques

informées d’événements futurs, sont essentiellement identiques aux prévisions


d’une théorie économique correcte ». L’idée de MUTH ne fut pas tout de suite
reprise par d’autres économistes et il se passa presque dix ans avant que Robert
LUCAS et Thomas SARGENT ne commencent à l’incorporer dans leurs modèles
macroéconomiques.

2 –L'ajustement continu des marchés

La seconde hypothèse centrale des modèles des nouveaux classiques est que tous
les marchés de l’économie s’ajustent continuellement, suivant la tradition néo-
classique. À tout instant, les résultats observés sont considérés comme le reflet
de l’«ajustement du marché », c’est-à-dire des réactions optimales d’offre et de
demande des agents économiques en fonction de leur perception des prix. Il
s’ensuit que l’économie est dans un état d’équilibre permanent (à court et long
terme). Les modèles des nouveaux classiques sont par conséquent qualifiés de
modèles d’équilibre.

3 – La fonction d'offre globale

Les fondements de la fonction d'offre globale sont deux postulats


microéconomiques : (i) les décisions rationnelles des travailleurs et des
entreprises reflètent un comportement d’optimisation de leur part ; et (ii) l’offre
de travail (production) par les travailleurs (entreprises) dépend du prix du travail
(des biens).

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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

POINTS IMPORTANTS À RETENIR

 Trappe à la liquidité
 La courbe de Philips
 La théorie du revenu permanent de Friedman
 Le chômage frictionnel
 Le chômage structurel

126
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Histoire des faits économiques

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES POUR


APPROFONDIR LE CHAPITRE

 Histoire des faits économiques et sociaux , tome 1, De


l’antiquité à la révolution, Armand Colin. CANTILLON,
Richard, 1755, Essai sur la nature du commerce en général

 L’Economie de Keynes , de Boeck. DENIS, Henri, 1966,


Histoire de la pensée économique

 PUF.GABORIAUX, Marc, 2000, in préface de L’islam


en Asie, du Caucase à la Chine

 Les Études de la documentation française. GIDE, Charles


et Charles RIST, 1909,

 Histoire des doctrines économiques depuis les


physiocrates jusqu'à nos jours

 Paris : Editions Dalloz / Comité pour l'édition desoeuvres


de Charles Gide, 2001.HANSEN, Alvin, 1949, Monetary
Theory and Fiscal Policy , McGraw-HillHARROD, Roy,
(1951),

 The Life of John Maynard Keynes , London: Macmillan.

 HAYEK, Friedrich von, 1993, La route de la servitude,


PUF, collection Quadrige première édition en
1944.HEILBRONNER, Robert, 2001, Les grands
économistes, éditions du Seuil. HICKS, John R., 1939, Mr.
Keynes and the Classics: A suggested Interpretation

 " ,Econometrica. HUME, David, 1742 (vol 1) 1752 (vol


2), Political Discourses .

127
Page 141 of 380
Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

EXERCICES D’ASSIMILATION

I. Questions de compréhension
- Quelles est la différence entre le chômage structurel et le chômage frictionnel ?
- Qu’est-ce qu’une trappe à liquidité ?
- Enoncer la théorie du revenu permanent de Friedman

II. Questions de réflexion


1- Expliquez avec des arguments solides le déroulement de la crise économique
durable de 1929.
2- Donnez les conséquences de la révolution industrielle sur le continent africain.
3- Expliquez-nous cette affirmation de jules Ferry « La politique coloniale est la
fille de la politique industrielle ».
4- Qu’entendez-vous par suprématie financière de la grande Bretagne ?
5- Qu’est-ce qui distinguais Keynes et les classiques sur l’ingérence de l’Etat dans
les activités économiques.

III. Sujet de réflexion :


Expliquez-nous cette expression de John Maynard Keynes « L’économie privé des
marchés abandonnée à elle seule n’est pas capable d’établir l’équilibre du plein
emploi »
QCM ET QUESTIONS THEORIQUES
A- QCM (Bonne reponse +1, Mauvaise reponse -1)
1) Dans la Mésopotamie l’horloge à eau était appelée :
a- Le Clepsydre
b- Le CTESIBUS
c- La Pendule
2) En Allemagne, la monnaie dominante à l’époque de la révolution industrielle fut
:
a- Le dollar
b- Le FCFA
c- Aucune de ces réponses n’est correcte
3) La main invisible de l’Etat a été préconisée par :
a- Les classiques
b- Les keynésiens
c- Les néoclassiques
d- Les postkeynésiens
4) Le Système dans lequel l’or était relié à la quantité de monnaie en circulation
est :
a- Le système d’étalon-or
b- Le système du cours légal forcé
c- Le système du gold-exchange-standard
d- La doctrine capitaliste
e- La doctrine communiste

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Histoire des faits économiques

EXERCICES D’ASSIMILATION (Suite)

5) L’expression « La mauvaise monnaie chasse la bonne » a été évoquée par


l’économiste :
a- Keynes
b- Gresham
c- Ricardo
6) Parmi les types de croissances développées par Parker et Mokyrs , celle qui fonde
son principe sur l’innovation technologique est :
a- La croissance smithienne
b- La croissance boserupienne
c- La croissance schumpeterienne
d- La croissance solovienne
7) Le cycle de Kondratieff est un cycle :
a) Cours
b) Moyens
c ) Long

8) L’un des économistes qui a affirmé que la première révolution industrielle fut celle du
néolithique est :
a) Adams North
b) Casimir North
c) Douglas North
9) La machine à vapeur a été inventé par
a) James watt
b) Carl Marx
c) Hark wite
10) Le crash boursier de Wall Streets a eu lieu un :
a) Jeudi
b) Vendredi
c) Lundi
11) La lettre de change est :
a)- La lettre de change permet à un acheteur de régler son vendeur à l’aide d’une
Reconnaissance de dette
b)- La lettre de change permet à un vendeur de régler son acheteur à l’aide d’une
reconnaissance de dette.

B- QUESTIONS THEORIQUES
1- Quelles différences faites-vous entre la révolution industrielle et l’industrialisation ?
2- Quelles sont les conséquences de la révolution industrielle sur le continent africain ?
3- L’impact de la crise de 1929 sur l’économie mondiale. Bref résumé.
4- Quelles différences existe-t-il entre la vision de Platon et celle d’Aristote sur la
répartition des richesses

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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

Table des matières


Syllabus ..................................................................................................................... 2
Sommaire................................................................................................................... 6
Introduction ................................................................................................................ 7
Première partie............................................................................................................ 8
CHAPITRE 1 : L’ère préindustrielle Du néolithique à la révolution industrielle ....... 8
1 – Le néolithique, archétype d’une révolution industrielle. .................................................. 8
2 – Les empires antiques. ....................................................................................................... 9
A – La Mésopotamie, héritière de la révolution néolithique. ................................................. 9
B) Les progrès de l’artisanat et de la petite industrie. ......................................................... 11
C) le développement des villes ............................................................................................. 11
D) L’essor des échanges locaux et internationaux ............................................................... 11
E) l’Insuffisance chronique de numéraire ........................................................................... 12
CHAPITRE 2 : La pensée économique dans l’antiquité et au moyen-âge. ................ 16
1 – Le communisme de Platon ............................................................................................. 16
A) La démographie .............................................................................................................. 17
B) L’organisation de la production et la répartition de la richesse ...................................... 17
2 – ARISTOTE, précurseur du libéralisme ......................................................................... 17
A – Défense de la propriété privée ....................................................................................... 17
B – Une théorie de la valeur et des prix chez ARISTOTE ? ................................................ 18
C – Les deux formes d’acquisition des richesses .................................................................. 18
3 - La doctrine du juste prix chez Thomas d’Aquin ............................................................ 18
A – La tentative de réhabiliter l’intérêt ............................................................................... 19
B – Un marché foncier inexistant ........................................................................................ 19
CHAPITRE 3 : Les mercantilistes ............................................................................. 23
1 - Le mercantilisme français............................................................................................... 23
A – La doctrine des harmonies économiques ....................................................................... 23
B - le populationnisme ......................................................................................................... 23
C – La théorie quantitative de la monnaie ........................................................................... 23
2 – Le mercantilisme fiduciaire : la tentative de John LAW ................................................ 24
CHAPITRE 4 : Les physiocrates ............................................................................... 29
1. Le contexte historique de la physiocratie ......................................................................... 29
A – La réaction contre le déclin de l'agriculture .................................................................. 29

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Histoire des faits économiques

B - La réaction contre les abus de la réglementation ........................................................... 30


2. les principales idées des physiocrates ............................................................................... 30
A- La notion de loi en économie ........................................................................................... 30
B – Le calcul économique rationnel ..................................................................................... 31
C – La valeur travail............................................................................................................ 31
D – Le produit net ............................................................................................................... 32
Deuxième partie : La révolution industrielle ............................................................. 37
CHAPITRE 5 : La révolution industrielle ................................................................. 37
1 – Les débuts de la révolution industrielle anglaise ............................................................ 37
A – Les industries motrices .................................................................................................. 37
B – Le mouvement des enclosures ....................................................................................... 38
C – Le déclin de la population agricole ................................................................................ 39
D – Les progrès de productivité dans l’agriculture.............................................................. 39
2 – Autres aspects de la révolution industrielle anglaise ...................................................... 40
A – Le développement des transports .................................................................................. 40
B – L’accroissement démographique ................................................................................... 41
3 – La révolution industrielle dans le reste du monde .......................................................... 42
A – Aux Etats-Unis .............................................................................................................. 42
B – En France et en Allemagne ............................................................................................ 43
1) La lente industrialisation de la France ............................................................................ 43
2) Le Zollverein, socle de la révolution industrielle allemande ............................................ 44
4 – Origines, conséquences et prolongements de la révolution industrielle .......................... 45
A – Le renforcement des droits de propriété, base de la révolution industrielle .................. 45
B – L’opposition du capital et du travail ............................................................................. 45
C – La « seconde » révolution industrielle ........................................................................... 46
D – Les cycles économiques ................................................................................................. 46
CHAPITRE 6 : Les économistes classiques ............................................................... 51
1 – Les points communs aux économistes classiques ............................................................ 51
2) L'allocation optimale des ressources................................................................................ 51
3) La division du travail....................................................................................................... 53
4) Valeur d'usage et valeur d'échange ................................................................................. 53
5) Stocks, capital fixe et capital circulant............................................................................. 54
6) Les lois de l’accumulation et de la répartition ................................................................. 55
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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

7) L'apologie du laisser-faire ............................................................................................... 56


C – Conclusion sur Adam SMITH ....................................................................................... 57
3 – David RICARDO ........................................................................................................... 58
A – Données biographiques ................................................................................................. 58
B – La théorie de la valeur ................................................................................................... 58
C – La théorie de la répartition ........................................................................................... 59
1) Le produit marginal est décroissant. ............................................................................... 59
2) Le produit moyen est décroissant .................................................................................... 59
3) En faisant la somme verticale des produits marginaux, on obtient le produit total ......... 60
D – La théorie des avantages comparatifs ........................................................................... 60
3– Jean-Baptiste SAY .......................................................................................................... 61
B – La loi des débouchés ...................................................................................................... 61
CHAPITRE 7 : Les diversités du socialisme.............................................................. 67
1 – La diversité du socialisme .............................................................................................. 67
2 – Charles FOURIER et les phalanstères ........................................................................... 67
B – Exploiteurs et exploités .................................................................................................. 70
CHAPITRE 8 : Les économistes marginalistes.......................................................... 75
1 – Les différentes écoles...................................................................................................... 75
2) L'économie, science de l'allocation optimale des ressources par le marché ..................... 76
3 – L'utilité marginale ......................................................................................................... 77
A – La négation de l'utilité et de la rareté par les classiques ................................................ 77
B - La rareté subjective reconnue par le courant utilitariste ............................................... 77
C – BERNOULLI : le paradoxe de Saint-Pétersbourg ........................................................ 77
D – La loi de KING et l'élasticité de la demande ................................................................. 78
3 – La théorie néo-classique de la production et de la répartition........................................ 78
A – Rente et revenu ............................................................................................................. 79
B – Revenu économique et coût d'opportunité d'un facteur ................................................ 80
CAPITRE 9 : De la Belle époque à la crise de 1929 ................................................... 84
La Belle époque où l’âge de la première mondialisation ...................................................... 84
Les conséquences économiques du premier conflit mondial ................................................ 84
A – L’économie de guerre .................................................................................................... 84
B – La révolution russe ........................................................................................................ 85
1) La Nouvelle Economie Politique (NEP) ........................................................................... 85
132
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Histoire des faits économiques

2) Le stalinisme .................................................................................................................... 85
C – Les années folles et l’affirmation de la puissance américaine ........................................ 86
D – L’hyperinflation allemande et l’avènement du nazisme ................................................ 86
3 – La crise de 1929 ............................................................................................................. 87
A – La spéculation boursière et le jeudi noir ....................................................................... 87
B – L’extension de la crise dans le monde ............................................................................ 88
L'interdépendance des banques internationales .................................................................. 88
Le cercle vicieux du protectionnisme ................................................................................... 88
La crise de confiance ........................................................................................................... 88
C – Les analyses de la crise de 1929 ..................................................................................... 88
1) La thèse de la surproduction ........................................................................................... 89
2) La thèse d'une insuffisance de la demande globale .......................................................... 89
3) Vers une explication monétaire de la crise ....................................................................... 89
CHAPITRE 10 : La pensée économique dans l’entre-deux guerres .......................... 93
1 – John Maynard KEYNES ............................................................................................... 93
A – Données biographiques ................................................................................................. 93
B – Les conséquences économiques de la paix ..................................................................... 94
C – La redécouverte de MALTHUS .................................................................................... 94
D – La transformation de l'épargne en investissement ........................................................ 95
E – La dépense, moteur de l’activité .................................................................................... 95
F – La Théorie Générale ...................................................................................................... 95
G – Le New Deal .................................................................................................................. 96
H – Les principaux thèmes de la "Théorie Générale" ......................................................... 97
1) Le principe de la demande effective................................................................................. 97
2) La propension marginale à consommer et le multiplicateur ............................................ 98
3) La préférence pour la liquidité ........................................................................................ 98
5) La notion de chômage involontaire .................................................................................. 99
6) L'inversion de la loi de SAY ............................................................................................ 99
2 – Joseph Alois SCHUMPETER ...................................................................................... 100
A – Donnés biographiques ................................................................................................. 100
B – Les principales idées de SCHUMPETER .................................................................... 100
CHAPITRE 11 : L’évolution économique depuis 1945.............................................106
1 – L’Etat providence ........................................................................................................ 106
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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

A – La reconstruction européenne et le plan MARSHALL ............................................... 106


B – L’essor de l’économie mondiale................................................................................... 107
1) Le Baby Boom ............................................................................................................... 108
2) La locomotive américaine : leadership ou impérialisme ? ............................................. 108
3) L'essor du commerce international ............................................................................... 108
4) La stabilité monétaire .................................................................................................... 109
5) La construction européenne .......................................................................................... 109
2 – Du choc pétrolier de 1973 à la chute du mur de Berlin ................................................ 110
A – La fin du système de l’Etalon de change or ................................................................. 110
B – Les chocs pétroliers ..................................................................................................... 111
C – Chômage et inflation ................................................................................................... 112
3 – La mondialisation à l’heure de la nouvelle économie ................................................... 112
A – Le retour du libre marché ........................................................................................... 112
B – Le choc technologique des années 1990 Internet ......................................................... 113
CHAPITRE 12 : Les théories macroéconomiques contemporaines ..........................117
1 – Les keynésiens orthodoxes et le modèle IS/LM ............................................................ 118
A –La structure de base ..................................................................................................... 119
B –Les politiques économiques dans le modèle IS/LM....................................................... 119
1 – La politique budgétaire ................................................................................................ 119
2 – La politique monétaire ................................................................................................. 119
1– L'effet Keynes ............................................................................................................... 120
2 – La trappe à liquidité .................................................................................................... 120
3– L'inélasticité de l'investissement au taux d'intérêt ........................................................ 120
4 – L'effet PIGOU.............................................................................................................. 121
6 – La courbe de PHILLIPS et l'inflation par les coûts ..................................................... 121
2 – Le monétarisme ........................................................................................................... 122
A – Le revenu permanent .................................................................................................. 122
B – Le chômage naturel et la courbe de PHILLIPS verticale à long terme ....................... 122
3 – Néo-keynésiens contre nouveaux classiques ................................................................. 124
A – Les néo-keynésiens ...................................................................................................... 124
B – Les nouveaux classiques .............................................................................................. 124
1 –La notion d'anticipations rationnelles ........................................................................... 124
2 –L'ajustement continu des marchés ................................................................................ 125
134
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Histoire des faits économiques

3 – La fonction d'offre globale ........................................................................................... 125

135
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Les Manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques / Semestre 1

Histoire des faits


économiques
Bah Matie KONE

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Les Manuels de l’IUA- Licence 2 Science économiques / Semestre 3
g
Institut Universitaire d'Abidjan

Introduction à la
macroéconomie
Eric KOUASSI

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Introduction à la macroéconomie

Introduction à la macroéconomie

Eric KOUASSI

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Les Manuels de l’IUA- Licence 2 Science économiques / Semestre 3

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Introduction à la macroéconomie

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Les Manuels de l’IUA- Licence 2 Science économiques / Semestre 3
Avant-propos

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Introduction à la macroéconomie

INTRODUCTION GENERALE .................................................................................................................. 6


1. Science économique .................................................................................... Erreur ! Signet non défini.
2. Macroéconomie ................................................................................................................................. 10
CHAPITRE 1 : FONCTIONNEMENT DE L’ECONOMIE........................................................................ 15
1. La production ..................................................................................................................................... 16
2. La répartition ..................................................................................................................................... 21
3. Les dépenses ...................................................................................................................................... 24
4. Circuit et équilibre emplois-ressources ............................................................................................... 28
5. Le financement du circuit ................................................................................................................... 29
CHAPITRE 2 : AGREGATS MACROECONOMIQUES .......................................................................... 31
1. Le produit intérieur brut (PIB) ............................................................................................................ 31
2. Autres indicateurs .............................................................................................................................. 38
CHAPITRE 3 LA CROISSANCE ECONOMIQUE ................................................................................... 43
1. Concepts de bases .............................................................................................................................. 43
2. Taux de croissance ............................................................................................................................. 45
3. Les sources de la croissance ............................................................................................................... 47
4. Notions de croissance potentielle ........................................................................................................ 49
5. Les moteurs de la croissance et la croissance effective ........................................................................ 50
CHAPITRE 4 CONJONCTURE ECONOMIQUE ..................................................................................... 51
1. Définition .......................................................................................................................................... 51
2. Les phases d’un cycle conjoncturel ..................................................................................................... 52
3. Indicateurs conjoncturels .................................................................................................................... 54
4. Causes des variations conjoncturelles ................................................................................................. 55
CHAPITRE 5 LE CHOMAGE .................................................................................................................. 66
1. Définition .......................................................................................................................................... 66
2. Le taux de chômage ........................................................................................................................... 67
3. Causes et caractéristiques du chômage ................................................................................................ 68
4. Les conséquences du chômage ........................................................................................................... 73
5. Politiques anti-chômage ..................................................................................................................... 74
CHAPITRE 6 INFLATION ....................................................................................................................... 77
1. Définition : inflation, déflation et désinflation ..................................................................................... 77
2. Mesure de l’inflation .......................................................................................................................... 78
3. Causes et solutions du chômage.......................................................................................................... 78
4. Conséquences .................................................................................................................................... 80
CHAPITRE 7 POLITIQUE CONJONCTURELLE .................................................................................... 84
1. Politique économique ......................................................................................................................... 84
2. La politique conjoncturelle ................................................................................................................. 87
3. Politique de relance et politique de rigueur ......................................................................................... 91
4. Effets des politiques économiques ...................................................................................................... 91
CONCLUSION GENERALE .................................................................................................................... 98

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Les Manuels de l’IUA- Licence 2 Science économiques / Semestre 3
INTRODUCTION GENERALE

1. Il était une fois, l’homme qui ressent des besoins et cherche à les
satisfaire.

Le véritable sens de l’économie commence par l’existence de besoins à


satisfaire. Selon Edmond Malinvaud, « l’économie est la science qui étudie
comment les ressources rares sont employées pour la satisfaction des
besoins des hommes vivant en société » (Leçons de théorie
microéconomique, 1986)
Les besoins des hommes et des femmes dans le monde entier reste donc le
point de départ de l’étude économique. Ils constituent une raison d’agir en
menant des activités économiques.

1.1. L’homme ressent des besoins.

1.1.1. Définition du besoin :

Un besoin est le constat d’un manque, d’une carence, d’un sentiment de


privation ou d'insatisfaction, accompagné du désir ou de la nécessité de le
faire disparaître.
Les besoins sont des exigences nées de la nature (besoins naturels) ou de la
vie sociale (besoins sociales), ressenties par un individu (besoins
individuels) ou par une collectivité (besoins collectifs).

1.1.2. Classification des besoins

Les besoins peuvent être d’origine physiologique (se nourrir, se loger, de


vêtir). Il y a aussi des besoins de civilisation : apparaissent avec le progrès
une fois que les besoins physiologiques sont satisfaits (affectif, culturel,
social, intellectuel ou spirituel)
« Les besoins peuvent être d’origine physiologique, d’ordre affectif,
culturel, social, intellectuel ou spirituel ».

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Introduction à la macroéconomie

1.1.3. Caractéristiques des besoins

Les besoins sont subjectifs et dépendent des circonstances car ils sont
relatifs à une société donnée, à son niveau de développement, à son
système social. Ils ont donc les caractéristiques suivantes :
 Ils sont illimités en nombre, ils se multiplient avec le progrès
technologique. Les besoins sont essentiellement sociaux et culturels car
ils sont relatifs au niveau de développement à l’évolution du système
social d’une économie donnée.
 Ils sont subjectifs car ils varient selon les époques, selon les personnes.
 leur intensité diminue au fur et à mesure qu'ils sont satisfaits.

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Les Manuels de l’IUA- Licence 2 Science économiques / Semestre 3
1.2. L’homme satisfait ses besoins par l'acquisition de biens.

Pour satisfaire leurs besoins, les hommes utilisent des biens (matériels) ou
des services (immatériels).
Certains biens et services sont dits « libres » et sont disponibles dans la
nature et ne nécessite pas d’être transformés. Ce sont des biens
surabondants dont on dispose librement sans devoir renoncer à d’autres
biens (air, eau de source, terre, espace, soleil, flore, faune...)
À cote des biens et services libres, il y a des biens et services économiques.
Ces derniers nécessitent un effort pour l’obtenir. Ils ont besoin d’être
produits et leur production induit des couts (argent, temps) Les biens et
services économiques ont les caractéristiques suivantes à savoir :
 Ils sont utiles : ils sont aptes à satisfaire un besoin.
 Ils sont disponibles : il est possible de s’en procurer
 Ils sont rares : ils sont disponibles en quantité limitée

Les biens peuvent être classés selon plusieurs critères :

1.1.1.1. Le critère de la durée d’utilisation

On a essentiellement :
 des biens durables utilisés sur une période très longue (un bâtiment)
ou assez longue (un meuble, un véhicule)
 des biens non durables détruits immédiatement par l’usage (le pain,
l'électricité, le pétrole)
 des biens semi-durables qui se dégradent assez rapidement par une
utilisation régulière (des vêtements).

1.1.1.2. Le critère d’utilité dans processus de production

On a :
 des biens de consommation (finale) qui sont des biens qui satisfont
directement les besoins de leurs utilisateurs sans engendrer de
nouveaux produits à l’intérieur d’un processus de production
(vêtements, bijoux, meubles, nourriture, vélo, console de jeu, CD

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Introduction à la macroéconomie

audio). Ils se situent en fin de processus : on parle de consommation


finale.
 des biens de production qui ne permettent pas de satisfaire
directement les besoins de l'utilisateur. Les biens de production se
décomposent en :
o des biens d’équipement qui peuvent être utilisés dans plusieurs
processus de production sans subir de transformation autre que
l'usure et l'obsolescence (grue de chantier, micro-ordinateur,
les machines, les bâtiments, les équipements). L'emploi de ces
biens d'équipement s’appelle la consommation de capital fixe.
o des biens intermédiaires qui sont des biens qui ne sont utilisés
que dans un seul processus de production soit parce qu'ils sont
incorporés aux produits, soit parce qu'ils disparaissent en cours
de processus (ex : matières premières). L'emploi de ces biens
intermédiaires est appelé consommation intermédiaire.

2. La rareté impose des choix économiques

Les besoins ne se conçoivent que dans le cadre de la rareté. Dans une


société d’abondance, l’état de manque disparaîtrait et avec lui, le besoin. La
rareté peut être celle des ressources financières (contrainte budgétaire d'un
ménage, par exemple) ou celle de biens et services économiques.

2.1. Existence d’un conflit entre besoins illimités et biens limités et


coûteux.

La rareté des biens et services économiques oblige à faire


des choix puisque les besoins sont illimités (ou en tout cas beaucoup moins
limités que les ressources).

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Les Manuels de l’IUA- Licence 2 Science économiques / Semestre 3
Un calcul économique s'impose pour :
 satisfaire le plus possible de besoins
 dépenser le moins possible
 effectuer le minimum d’efforts.

2.2. Les sujets économiques doivent faire des choix.

Les choix sont difficiles car les sujets économiques doivent renoncer à
consommer d’autres biens. Ces choix s’imposent à plusieurs niveaux :
 Quels biens produire, comment les produire, avec quoi les produire ?
 Comment répartir entre les individus le revenu dégagé par la vente de
ces produits de sorte à garantir l’équité ?
 Comment les sujets économiques utilisent-ils leurs revenus pour
satisfaire leurs besoins ?

3. En quoi consiste donc l’économique ?

Pour Edmond Malinvaud, « elle s’intéresse d’une part, aux opérations


essentielles que sont la production, la distribution, et la consommation des
biens, d’autre part, aux institutions et aux activités ayant pour objet de
faciliter ces opérations » (Leçons de théorie microéconomique, 1986).
L’économie est donc l’étude des mécanismes allant de la création de biens
jusqu'à la satisfaction des besoins et des interdépendances entre ces
mécanismes.
Elle s’appuie, d’une part, sur l’analyse microéconomie qui s’intéresse à
l’affectation de ressources, et de manière plus spécifique, à l’allocation
optimale des ressources et aux décisions des individus (consommateur et
producteur) sur des marchés désagrégés, spécifiques. D’autre part, la
macroéconomie s’intéresse aux effets globaux sur l’économie de toutes les
décisions prises par tous les agents économiques

4. Macroéconomie

Nous aborderons successivement la définition et l’objet, les objectifs et la


méthodologie de la macroéconomie.

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Introduction à la macroéconomie

4.1. Définition et objet de la macroéconomie

La macroéconomie étudie les relations qui existent entre diverses grandeurs


représentatives de l’activité économique d’une nation (revenu national,
consommation, taux d’intérêt, emploi, inflation) et cherche à comprendre
comment elles sont affectées par la politique économique.
Elle procède à une simplification des comportements en se basant sur des
variables agrégées ou agrégats. Un agrégat est une grandeur économique
qui résulte de l’addition (agrégation) de grandeurs élémentaires ou en
construisant des indices pour un agent représentatif.

4.2. Objectifs de la macroéconomie

La macroéconomie se propose d’analyser certaines questions


fondamentales liées à la marche des activités de l’économie nationale. Ces
différentes questions principales peuvent trouver leur place dans le carré
magique de Nichols Kaldor, économiste britannique et pro-keynésien.

11

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Les Manuels de l’IUA- Licence 2 Science économiques / Semestre 3

Chaque sommet du carré magique représente les quatre grands objectifs de


la politique économique conjoncturelle d’un pays que sont :
 Stimuler la croissance;
 Réduire le chômage;
 Stabiliser les prix;
 Réaliser l’équilibre extérieur de la balance commerciale.

Le carré est dit magique car les quatre objectifs ne peuvent être atteints
simultanément. Il permet de comparer de façon beaucoup plus visible les
performances économiques d’un pays par rapport à celles des autres pays
ou encore les performances réalisées à une période par rapport aux autres
périodes.

4.3. Méthodologie

La macroéconomie utilise une méthodologie propre à la science


économique.

4.3.1. La macroéconomie est à la fois positive et normative.

L’économie positive cherche à décrire ou expliquer scientifiquement le


fonctionnement de l’économie. On tente de répondre à des questions

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Introduction à la macroéconomie

comme, quelles sont les relations entre consommation / production /


inflation / chômage ? Pourquoi il y a du chômage ?
L’économie normative cherche à donner des prescriptions ou des
recommandations sur la manière dont l’économie devrait se comporter ou
sur ce qu’il y à faire pour que l’économie fonctionne bien. Par exemple,
que faudrait-il faire pour juguler le chômage ? Elle repose sur une norme
car on pose des jugements de valeur.

Le but de la macroéconomie est d’expliquer comment les changements


économiques affectent les consommateurs, les entreprises et l’Etat et tous
les marchés, en suivant la démarche suivante :
 déterminer les variables expliquant le comportement des agents pris
dans leur ensemble ;
 étudier les relations entre les variables afin de déterminer l’existence
de rapports stables, voire de lois, entre ces variables ;
 dégager les conditions de réalisation d’un équilibre entre les agrégats
économiques ;
 analyser les principaux déséquilibres qui apparaissent entre les
agrégats et en rechercher les causes ;
 étudier les politiques économiques et les moyens à mettre en œuvre
pour atteindre certains buts fixés par la société.
Cette démarche scientifique impose aux macroéconomistes de construire
des modèles et d’utiliser des outils d’analyse comme les mathématiques et
les statistiques et l’économétrie pour les tester.

13

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Les Manuels de l’IUA- Licence 2 Science économiques / Semestre 3
4.3.2. Méthodes

La macroéconomie combine la méthode déductive et la méthode inductive.


 La méthode déductive part de quelques vérités simple et évidente
(axiomes ou postulats) pour arriver à des conclusions par un
raisonnement logique. Elle relève de l’économie théorique et utilise
la modélisation mathématique comme outil d’analyse.
 La méthode inductive qui part de l’observation d’un grand nombre
de faits et recherche à expliquer dans quelle mesure des rapports
existent entre les données enregistrées. Elle relève de l’économie
empirique et utilise la modélisation économétrique comme outil
d’analyse.

4.3.3. Modèles

« Les modèles sont des théories qui posent des relations entre des variables
économiques et en tirent des enseignements sur le fonctionnement de
l’économie. Ce « sont des représentations théoriques des réalités que l’on
souhaite étudier avant d’en évaluer le pouvoir explicatif ».
Exemple du modèle du marché de « garba ». Dans une vision classique, le
marché garba est caractérisé par un équilibre qui égalise l’offre de garba
(QO) et la demande de garba (QD).
QO  Q D (1)

La relation (1) est une relation d’équilibre comptable ou équilibre ex-post si


les quantités offertes (QO) et demandée (QD) de garba découlent du résultat
de la transaction entre le vendeur et l’acheteur de garba. Mais, lorsqu’elles
traduisent les projets d’achat/vente on parle d’équilibre économique ou ex-
ante. La relation (1) n’a pas plus de sens parce qu’elle ne décrit pas le
comportement des acheteurs et des vendeurs de garba. Il est donc
nécessaire de définir l’offre (QO) et la demandée (QD). Selon la loi de
l’offre, les quantités offre de garba est une fonction positive de son prix (P)
et d’autres paramètres θ.
S ( P)
QO  S ( P, ), 0 (2)
P

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Introduction à la macroéconomie

Selon la loi de la demande, les quantités demandées de garba est une


fonction négative de son prix (P) et d’autres paramètres λ.
D( P)
Q D  D( P,  ), 0 (3)
P

Le système (4) formé par les équations (1), (2) et (3) est un modèle possible
du marché du « garba ».

QO  Q D
 O
Q  S ( P, ) (4)
Q D  D( P,  )

C’est la forme structurelle du modèle. Les équations (2) et (3) sont des
relations analytiques où (QO) et (QD) sont des variables endogènes c’est-à-
dire expliquées par la variable exogène (P) et l’équation (1) est une relation
d’équilibre. Lorsqu’on résout le système en exprimant les quantités en
fonction des prix on obtient la forme réduite.

CHAPITRE 1 : FONCTIONNEMENT DE L’ECONOMIE


Toute économie fonctionne comme un circuit « Production-Revenu-
Dépense », les richesses générées par la production permet de distribuer
des revenus à ceux qui y ont participé et ces revenus ainsi distribués sont à
leur tour dépensés pour acheter les biens et services produits et disponibles
dans l’économie.
Ce fonctionnement sous forme de circuit économique est naturellement
garanti par la réalisation de trois grandes fonctions économiques
fondamentales que sont :
 La fonction PRODUCTION : quels biens produire, comment les
produire, avec quoi les produire ? On produit, on crée des richesses ;

15

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Les Manuels de l’IUA- Licence 2 Science économiques / Semestre 3
 La fonction REPARTITION : Comment répartir entre les individus le
revenu dégagé par la vente de ces produits de sorte à garantir l’équité ?
On distribue des revenus aux personnes en fonction de leur participation
au processus productif ou à leur situation personnelle ;
 La fonction CONSOMMATION : Comment les sujets économiques
utilisent-ils leurs revenus pour satisfaire leurs besoins ? On utilise ces
revenus pour obtenir des produits de consommation (consommation) ou
des biens de production (investissement).

1. La production

1.1. Définition
La production est l’activité humaine de création de biens et services à partir
de facteurs de production visant à satisfaire les besoins individuels et
collectifs. Elle est source de création de valeur et de richesses.
La production est l’acte par lequel les unités de production combinent des
facteurs de production pour créer de nouveaux biens et services destinés à
la satisfaction des besoins.

1.2. Producteurs et nature de la production


Il y a deux familles de producteurs qui se distinguent par les conditions
économiques dans lesquelles la production est réalisée.

1.1.1.1. Les entreprises et la production marchande

La production marchande est la production qui s’échange sur un marché à


un prix tel qu’il vise à couvrir les coûts de production et à dégager un
profit. Exemple : production automobile, alimentation, …

Elle est le fait des entreprises privées ou publiques que. Une entreprise est
une organisation économique et sociale qui fournit des biens et services en
vue de satisfaire un besoin. Il est possible de regrouper en fonction du type
de biens ou de services :

 Sociétés non financières produisant des biens et services non


financiers (Nestlés, Unilevers, Orange, etc.)
 Sociétés financières produisant des services financiers (Ecobank,
BRVM, Cofina, etc.)

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Introduction à la macroéconomie

 Entreprises individuelles (avocats, Notaires, etc.)

La distinction privé/public porte sur la propriété du capital. Parmi les


entreprises privées, on peut distinguer les entreprises privées à but lucratif
et les entreprises coopératives (économie sociale)

La distinction peut être de nature juridique : entreprise individuelle /


entreprise sociétaire.

 Entreprise Individuelle : elle appartient à une seule personne, qui la


dirige, qui reçoit la totalité du bénéfice mais qui en cas de faillite, est
responsable sur la totalité de ses biens
 Entreprise Sociétaire : le capital de la société est réparti entre
plusieurs personnes (physiques ou morales) qui détiennent chacune
des parts appelées parts sociales. Selon les sociétés, le capital
minimum, le nombre minimum ou maximum d’associés, la
responsabilité en cas de faillite peut varier.

1.1.2. Les administrations et la production non marchande

La production non marchande est la production qui ne s’échange pas sur un


marché. Elle regroupe l’ensemble des services rendus à titre gratuits ou
quasi-gratuits.

Elle est le fait des administrations publiques ou privées. Les


administrations publiques regroupent :

 les administrations centrales (Etat) ;


 les administrations locales (collectivités locales) ;
 les administrations de sécurité sociale (CGRAE, CNPS) ;

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Les Manuels de l’IUA- Licence 2 Science économiques / Semestre 3
Les administrations privées sont aussi appelées institutions sans but lucratif
au service des ménages (ISBLSM). Ce sont par exemple, les associations,
les parti politique, les ONG qui produisent divers services de conseils-
informations, de soins ou de subsistance, etc.

1.2. Les facteurs de production

La production est réalisée en combinant des facteurs de production.

1.2.1. Quels sont ces facteurs ?

Dans l'analyse la plus courante, on distingue deux facteurs de production:


Le travail et le capital.

1.2.1.1. Le travail (noté L)

Le travail est l’ensemble de capacités physiques et intellectuelles des


hommes mobilisées pour la création de biens et de services pouvant
satisfaire leurs besoins. On parle de capital humain déterminé :

 Quantitativement par une série d’élément dont la durée du travail et


des facteurs démographiques.
 Qualitativement par la qualification du travail (formation initiale,
formation permanente et expérience), l’âge (l’efficacité croit puis
décroit ensuite), le sexe (contraintes propres aux femmes : congés
maternité, parentaux, cessation d’activité), l’organisation du travail
et de la motivation des salariés. Il s’agit d’apprécier l’efficacité de la
main d’œuvre dans les entreprises.

1.2.1.2. Le capital

Capital est l’ensemble des biens de production utilisés par une unité
productive. Il se décompose en :

 Capital fixe (noté K) désignant tous les biens de production durable


ou biens d’équipement qui contribuent à la production. Par exemple
ce sont les grues de chantier, les micro-ordinateurs, les machines, les

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Introduction à la macroéconomie

bâtiments, les équipements dont dispose une entreprise pour réaliser


sa production. Le capital fixe s’accumule par l’acte d’investissement.
 Capital circulant qui sont des biens et services utilisés dans un seul
processus de production soit parce qu'ils sont incorporés aux
produits, soit parce qu'ils disparaissent en cours de processus
(exemple, les matières premières, l’énergie, etc.). Leur utilisation est
appelé consommation intermédiaire.

1.2.2. Modalité de combinaison des facteurs

Travail et Capital sont toujours utilisés l’un avec l’autre, traduisant ainsi
l’idée de combinaison productive). De manière fonctionnelle, les
économistes écrivent :

Y  F ( K , L, CI )

Travail et Capital sont en proportion variable dans une combinaison


productive. Il revient à l’entrepreneur de choisir sa combinaison
productive pertinente au regard de ses besoins et de ses possibilités.

 Les combinaisons productives sont plus ou moins intenses en


capital;
 Dans une combinaison productive, les facteurs sont plus ou
moins substituables ou plus ou moins complémentaires.

1.3. Comment mesure-t-on la production ?

On reprend la distinction entre la production marchande et la production


non marchande.

19

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Les Manuels de l’IUA- Licence 2 Science économiques / Semestre 3
1.3.1. Production marchande

Au niveau microéconomique, la production peut fait l’objet d’une mesure


physique (tonnes, hectolitres, mètre) et d’une mesure en valeur. Dans le
deuxième cas, la valeur de la production d’une entreprise durant une
période, au prix de vente ou prix de marché, est appelé le chiffre d’affaires
auquel on ajoute la variation de stocks de produits finis. Le chiffre d’affaire
d’une entreprise durant une période est le prix de vente d’une unité de
produit multiplié par la quantité d’unités produites.

Au niveau macroéconomique, la production marchande totale ne peut être


mesurée par la sommation des chiffres d’affaire réalisés par les unités
productives d’un pays. En effet, pour produire certaines unités productives
utilisent la production d’autres entreprises comme consommations
intermédiaires. Additionner les chiffres d’affaire reviendrait à compter
deux fois les coûts des biens intermédiaires : une première fois comme la
production d’une entreprise, une deuxième fois comme la composante de la
production d’une autre entreprise. Les économistes utilisent plutôt le
concept de valeur ajoutée c’est-à-dire la contribution propre de l’unité
productive à la création de la richesse.

Valeur ajoutée = production – consommations intermédiaires

Ainsi, l’entreprise ajoute de la valeur à des biens intermédiaires utilisés en


mettant en œuvre une combinaison de travail et de biens d'équipement.

Ainsi, au niveau macroéconomique, c’est la valeur ajoutée qui permet de


calculer correctement la production marchande réalisée par l'appareil
productif d'un pays. La production marchande totale s’obtient en agrégeant
les valeurs ajoutées par toutes les différentes unités marchandes.

1.3.2. Production non marchande

La production non marchande est difficile à être évalué à partir de la notion


de valeur ajoutée. En effet, cette production n’est pas vendue et son prix
n'est pas économiquement significatif. Par exemple, on ne peut pas calculer
la valeur ajoutée d'une caserne de pompiers. Par convention, la valeur de la
production de services non marchands est égale au coût de production en

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Introduction à la macroéconomie

travail et en capital de ces services. Ce coût de production est assimilé à


une valeur ajoutée.

La production non marchande est donc évaluée « au coût des facteurs »


alors que la production marchande est calculée « au prix du marché ».

1.4. Résultat de l’ensemble des activités productives

Résultat final de l’ensemble des activités productives des unités


productrices résidentes d’un pays donné est mesuré par le produit
intérieur brut (PIB).

Il est obtenu par agrégation des valeurs ajoutées des différents agents
économiques augmentée des impôts sur les produits moins les subventions
sur les produits.
n
PIBt   VAt  impôts sur les produits  subventions sur les produits
t 1

C’est le principal agrégat de macroéconomique de mesure de la


performance économique.

2. La répartition

La répartition de la richesse créée décrit comment la valeur ajoutée


engendrée par la production est distribuée puis redistribuée entre les agents
économiques ; elle permet de décrire les différentes étapes de la formation
des revenus.

La répartition des revenus s'effectue donc en deux étapes : la distribution et


la redistribution.
21

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Les Manuels de l’IUA- Licence 2 Science économiques / Semestre 3
2.1. La distribution de revenus

C’est la répartition fonctionnelle, c’est-à-dire selon la participation de


chaque agent aux processus de production par le travail et/ou le capital.

Tous les agents ont potentiellement des revenus primaires. Par exemple :

 Les ménages reçoivent des revenus du travail salarié, des revenus du


travail non salarié (revenus mixtes) et des revenus du patrimoine
 Les entreprises dégagent le bénéfice non distribué
 Les administrations publiques collectent des impôts sur les produits

2.2. La redistribution de revenus

C’est la répartition personnelle c’est-à-dire en fonction de la situation


personnelle des agents économiques. La redistribution occasionne des
transferts de pouvoir d'achat :

 Verticaux : entre le haut et le bas de l'échelle des revenus. La


redistribution diminue les disparités de revenus primaires : la
disparité des revenus disponibles est plus faible.
 Horizontaux : des personnes non "victimes" du risque vers les
personnes présentant une exposition aux risques de l'existence

L’'Etat, en tant pivot du processus, prélève des impôts, taxes + cotisations


sociales (où prélèvements obligatoires) et il verse des transferts sociaux
pour l'essentiel, en capital (bonification d'intérêt, aides à l'investissement),
mais aussi en nature (fonctionnement des services publics, services fournis
de façon non directement monétaire : les consommations collectives ;
assurance chômage, santé, éducation).

Les transferts sociaux permettent de faire face aux risques de l'existence.


Le terme de risque désigne des événements qui se traduisent par une perte
de ressources et/ou un surcroît de dépenses relatifs :

 à la « santé » (maladie, invalidité, accidents du travail)


 à la « vieillesse » (préretraite et retraite)
 à la « dépendance »

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Introduction à la macroéconomie

 à la « maternité, famille » (incluant les aides au logement)


 à l’« emploi » (chômage et inadaptation professionnelle)
 aux risques « divers ».

Les risques sociaux peuvent être non couverts, couverts collectivement ou


de façon privative. Les risques sociaux sont pris en change collectivement
selon deux logique :
 Logique de l'assurance (Bismarck)
 Logique de l'assistance (ou de la solidarité) (Beveridge)

2.3. Formation du revenu disponible

La combinaison de la distribution et de la redistribution conduit à la


formation du revenu disponible utilisé pour consommer et épargner.

PRODUIT INTERIEUR BRUT

REVENUS PRIMAIRES

(-) IMPÔTS (-) COTISATIONS SOCIALES (+) TRANSFERTS

REVENU DISPONIBLE

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Les Manuels de l’IUA- Licence 2 Science économiques / Semestre 3
3. Les dépenses

Les revenus sont dépensés pour obtenir les biens et les services qui ont été
produits.

3.1. Ressources

Dans une économie, les ressources en biens et services sont constituées par
le PIB et les importations. Il représente l’offre globale de l’économie.

3.2. Emplois

Les emplois c’est-à-dire l’utilisation des ressources sont au nombre de trois


: la consommation finale, l'investissement et les exportations. Il représente
la demande globale de l’économie.

3.2.1. La consommation finale (noté C)

Consommer un produit, c'est le détruire par l'usage ; la consommation


entraîne la disparition, plus ou moins rapide, par destruction ou par
transformation, des biens ou services utilisés. Elle comprend :

 La consommation finale des ménages : ce sont les dépenses


effectuées directement par les ménages pour acquérir des biens et
services marchand de consommation finale. On peut y ajouter la
consommation individualisable de services non marchand
déterminée par la part des dépenses individualisables d'éducation, de
santé, de sécurité, de logements, de culture ou de sport restant à la
charge des individus en vue de satisfaire leurs besoins.
 Les consommations collectives : ce sont des dépenses dans les
services non marchands non individualisables liés au fonctionnement
(rémunération des fonctionnaires, entretien des bâtiments…), aux
prestations sociales aux ménages, à l’aides aux entreprises
(subventions, bonification) et au service de la dette. Elles forment la
consommation finale des administrations publiques et des
institutions sans but lucratif au service des ménages.

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Introduction à la macroéconomie

L'achat d'un logement ne rentre pas dans la consommation : c'est un


investissement, de même que les grosses réparations (au sens du fisc).

Depuis E. Engel au XIX° siècle, on sait que lorsque le revenu augmente, la


part des dépenses alimentaires dans la dépense totale diminue. C'est la loi
d'Engel.

L'épargne est la partie du revenu qui n'est pas consommée. C'est le solde
entre le revenu disponible et la consommation finale. L'épargne des
ménages est composée de :

 Leur épargne non financière : les acquisitions de logements et


l'investissement des entrepreneurs individuels, l’investissement
 Leur épargne financière, thésaurisée (détenir son épargne par devers
soi) ou placée (mise à la disposition d'un autre agent économique,
moyennant une contrepartie, rémunération).

Pour les entreprises, l'épargne correspond à leur capacité


d'autofinancement des investissements.

3.2.2. L’investissement (noté FCBF ou I)

En général, tous les agents investissent. Pour les ménages, cela correspond
à leurs achats de logements et aux grosses réparations (définition fiscale).

3.2.2.1. Définition

D'un point de vue individuel (microéconomique), investir, c'est consentir


un coût immédiat en échange d'un gain futur.

D'un point de vue global (macroéconomique), l'investissement correspond


à peu près à la Formation brute de capital fixe (FBCF) c’est-à-dire aux
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Les Manuels de l’IUA- Licence 2 Science économiques / Semestre 3
acquisitions nettes d'actifs corporels (matériels) ou incorporels
(immatériels) issus de processus de production et utilisés dans d'autres
processus productifs pendant au moins un an.

Elle comprend :

 Les biens destinés à être utilisés dans le processus de production


pendant au moins un an
 Les brevets
 Les achats de logiciels

3.2.2.2. Nature de l’investissement

On peut distinguer :

Investissement de remplacement/Investissement net

L'investissement visant à remplacer le capital existant correspond à


l'investissement de remplacement ou dotations aux amortissements. 1 La
formation de capital nouveau est l'investissement net. Par définition, on a
donc :

Investissement brut  FBCF  Investissement net  Investissement de remplacement

Ou encore

Investissement brut  FBCF  Investissement net  Amortissements

NB : dans un cadre macroéconomique le terme général d'investissement


correspond à la notion d'investissement brut ou de formation brute de
capital fixe (FBCF), sauf précisions particulières.

Investissement de capacité/Investissement de productivité

1
Un amortissement est une opération économique par laquelle l'entreprise met en
réserve des sommes de manière à faire face à la dépréciation du capital due à l'usure et à
l'obsolescence (vieillissement technique).

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Introduction à la macroéconomie

En investissant au-delà du simple motif de remplacement (Investissement


net >0), une entreprise cherche :

 Soit à produire plus, à accroître sa capacité productive : on parle


d'investissement de capacité. L'investissement net est positif et il n'y
a pas de modification de la combinaison productive. Ainsi, la
proportion capital/travail reste inchangée même s’il y a plus de
capital et plus de travail.
 Soit, à production égale, à utiliser moins de facteurs de production
c'est-à-dire à réaliser des gains de productivité : on parle
d'investissement de productivité ou d'investissement de
rationalisation. L'investissement net est positif et il y a modification
de la combinaison productive c’est-à-dire que la proportion
capital/travail est modifiée.

NB : dans les faits, on trouve la plupart du temps des investissements qui


tiennent à la fois de la recherche de capacité et de productivité :
l'investisseur cherche dans la plupart des cas à améliorer ses capacités de
production tout en essayant de réaliser des gains de productivité. En
employant l'expression d'investissement de capacité, de productivité et
même de remplacement, il faut avoir à l'esprit que l'on raisonne en termes
de dominante, d'orientation préférentielle : on indique quel est celui des
objectifs qui l'emporte sur les autres.

3.2.3. Les exportations (notées X)

La troisième manière d'utiliser les biens et services obtenus par l'activité de


production et l'achat aux non-résidents, outre la consommation et
l'investissement, consiste à les vendre auprès du reste du monde : c'est
l'exportation.

27

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Les Manuels de l’IUA- Licence 2 Science économiques / Semestre 3
Elles sont prises ici dans leur sens « réel », c'est à dire un emploi de biens
et services s'analysant en vue d'une sortie du territoire économique (en ce
sens une exportation est bien une dépense) et non dans leur aspect
monétaire, qui est la contrepartie du mouvement réel, et qui s'analyse
comme une ressource en devises (cet aspect monétaire est analysé par la
balance des paiements).

4. Circuit et équilibre emplois-ressources

Les trois fonctions économiques (production, répartition, dépense) sont


étroitement imbriquées dans le circuit production-revenus-dépenses de
sorte à déterminer un équilibre ressources-emplois.

Les ressources sont créées par les résidents, c'est à dire le PIB, ou sont
importées en provenance du Reste du Monde, c'est à dire les biens et
services importés (Importations).
Donc, le total des ressources qui forment l'offre globale, aura été : PIBt +
Importations (Mt)

Les ressources sont employées sous forme de consommation finale,


d'investissement et d'exportations de biens et services. Le total des emplois
qui forment la demande globale, aura été alors : Consommation finale (Ct)
+ Investissement (It) + Exportations (Xt). On aura donc, obligatoirement,
par construction :

PIBt  M t Ct  It  X t  PIBt  M t  Ct  It  X t

Il s’agit d’une identité qui donne son caractère obligatoire à l’égalité entre
les ressources et les emplois. Cette égalité est toujours vraie par
construction, notée avec le symbole « identique » correspondant. Il s'agit
d'un équilibre ex post, c'est à dire en fin de période. C'est une constatation
une fois que toutes les opérations auront été réalisées. On parle d'équilibre
comptable.

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Introduction à la macroéconomie

5. Le financement du circuit

5.1. La capacité ou le besoin de financement

Par catégorie d'agents, on peut comparer pour une année donnée leurs
ressources et leurs emplois.

 Si Ressources > Emplois, les agents ont globalement une Capacité de


financement (Exemple structurel : les ménages même s’ils
empruntent)

 Si Ressources < Emplois, les agents ont globalement un besoin de


financement (exemple structurel : les entreprises ; l'Etat)

Au niveau national, capacité et besoins de financement s'additionnent pour


former un besoin ou une capacité de financement de l'économie nationale.

5.2. Les circuits de financement

D'un point de vue macroéconomique, les groupes d'agents disposent donc


soit d’une capacité ou d’un besoin de financement.

Comment capacité et besoin peuvent-ils être économiquement compatibles


? Il existe deux circuits de financement :

5.2.1. Les institutions financières

On peut distinguer celles qui sont des banques (IFB) et celles qui sont non
bancaires (IFNB). Elles ont pour rôle de :

 Collecter et gérer des dépôts (IFB seuls)


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Les Manuels de l’IUA- Licence 2 Science économiques / Semestre 3
 Vendre des placements
 Négocier sur les marchés pour le compte de clients (ou leur propre
compte) : activité de courtage.
 Accorder des crédits en recyclant de l'épargne collectée et en créant
des moyens de paiements supplémentaires dans l'économie nets des
remboursements (IFB seuls créent de la monnaie)

La banque centrale est une institution de rang supérieur qui a pour fonction
d'organiser et de contrôle des institutions financières (tutelle), et parfois de
qui les refinancer (Prêteur en dernier ressort) et assurer la conduite de la
régulation monétaire (politique monétaire).

Une banque qui a besoin de liquidités peut se refinancer auprès de la


banque centrale, mais elle peut aussi s’adresser directement au marché
monétaire, lorsque les taux du marché monétaire sont inférieurs aux taux de
refinancement.

5.2.2. Le marché financier

Les marchés financiers sont des lieux fictifs de rencontre entre des offres
de titres et des demandes de titres pour lesquelles un prix (cours) se forme
et des quantités de titres sont échangées. On distingue marché des capitaux
à court et moyen terme (marché monétaire) et marché des capitaux à long
terme (marché financier)

Les agents à besoin de financement se financent en émettant des titres


nouveaux auprès d'agents à capacité de financement qui souscrivent à ces
émissions de titres et apportent ainsi des capitaux et les financent.
Cependant, tout achat / vente de titres n'entraîne pas une opération de
financement. Un achat / vente de titres déjà émis n'est qu'un simple
transfert de propriété qui permet aux opérateurs de modifier leur détention
d'actifs.

5.2.3. Le reste du monde

Le bouclage du circuit se fait aussi au niveau international. En effet :

 Si la nation a une capacité de financement, c'est une capacité à


financer le Reste du Monde (La nation aura un excédent de sa

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Introduction à la macroéconomie

balance des transactions courantes : elle sera créditrice nette du Reste


du Monde)
 Si la nation a un besoin de financement, c'est un besoin de
financement comblé par le reste du monde (La nation aura un déficit
de sa balance des transactions courantes : elle sera débitrice nette du
Reste du Monde)

NB : Balance des transactions courantes = solde exprimé en unités


monétaires des flux d'exportation et d'importation de biens, de services
ainsi que des flux de revenus des facteurs de production.

CHAPITRE 2 : AGREGATS MACROECONOMIQUES

On mesure l’activité économique d’une nation, durant une période, à l’aide


des concepts appelés agrégats macroéconomiques. Ce sont par exemple le
produit intérieur brut (PIB), le produit national brut (PNB), le revenu
national (RN), etc.

1. Le produit intérieur brut (PIB)

Le PIB se distingue des autres agrégats par sa définition et sa mesure.

1.1. Définition et utilité du PIB

Le PIB englobe l’ensemble de la production réalisée sur le territoire d’un


pays tant par les nationaux que par les non-nationaux. Le critère est celui
du territoire.

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Les Manuels de l’IUA- Licence 2 Science économiques / Semestre 3

Ainsi :

 Le PIB correspond à la somme des valeurs ajoutées des entreprises


implantées sur le territoire national.
 Le PIB correspond au montant de la richesse créée par les entreprises
installées sur le territoire national pour une période déterminée.
 Le PIB est un indicateur de la richesse d’un pays à un moment
donné.

Le PIB permet de faire des comparaisons entre pays et il permet aussi de


faire des comparaisons dans le temps, c’est-à-dire de mesurer la croissance
économique (taux de croissance du PIB)

1.2. Mesures

Le PIB se calcule selon trois optiques correspondant aux trois principales


fonctions économiques : production, revenus et dépenses.

L’optique production : le PIB est égal à la somme des valeurs ajoutées


brutes augmentées des imports sur la production et les importations (droits
de douane, taxe à l’importation et TVA) moins les subventions sur les
produits.
n
PIBt   VAt  impôts sur les produits  subventions sur les produits
t 1

L’optique revenus : le PIB est égal à la somme de la rémunération des


salariés (S), des impôts sur la production et les importations (IPI), de
l’excédent brut d’exploitation (EBE) et des revenus mixtes (RM) moins les
subventions à l’exploitation (SE).

PIBt  St  IPIt  EBEt  RMt  SEt

L’optique dépenses : le PIB est égal à la somme de la consommation finale,


des investissements, des exportations moins les importations :

PIBt  Ct  It  X t  M t

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Introduction à la macroéconomie

Ici Ct désigne la consommation finale des ménages et de l’Etat et It


représente les investissements des entreprises et de l’Etat. It est la
formation brute de capital fixe plus la variation des stocks. On peut écrire
aussi :

PIBt  Ct  FBCFt  St  X t  M t

Il est également possible de séparer la consommation des ménages de celle


de l’Etat (Gt) qui représente les dépenses de l’Etat ou dépenses publiques.
On aura alors :

Yt  Ct  It  Gt  X t  M t

La consommation finale des ménages (C), c’est-à-dire tous les achats de


biens et de services opérés par les ménages à l’exception du logement, qui
dépend de l’évolution du pouvoir d’achat des ménages et de leur
propension à consommer (part du revenu disponible qu’ils consacrent à la
consommation).

La consommation finale des administrations (G) représente tous les achats


de l’Etat qui ne sont pas considérés comme des investissements, qui dépend
des décisions de l’Etat en matière d’évolution des dépenses publiques.

L’investissement en capital fixe (I) des entreprises, des ménages et des


administrations publiques représente l’achat de biens d’équipement
durables, de bâtiments et de logiciels, qui dépend de l’évolution de la
demande, des profits réalisés et anticipés et de leur capacité à les financer.
A cela on ajoute la variation des stocks (un stockage profite à
l’augmentation de la production, un déstockage contribue à son
ralentissement).

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Les Manuels de l’IUA- Licence 2 Science économiques / Semestre 3
Les exportations (X) désigne correspondent à la demande adressée aux
pays par des non-résidents et qui dépendent de la compétitivité des produits
nationaux vis-à-vis des produits étrangers et de la croissance du pouvoir
d’achat des non-résidents.

1.2.1. Prix de marché et coût des facteurs

Le PIB au prix du marché est le PIB mesuré par le prix de vente des biens
et services produits. Dans le PIB au prix du marché les impôts directs
(TVA) tendent à augmenter les prix du marché tandis que les subventions
(de l’Etat) tendent à les diminuer.

Le PIB au coût des facteurs est égal à la somme des valeurs ajoutées
brutes :
n
PIBt  VAt
t 1

Le PIB au coût des facteurs est un meilleur indicateur de la capacité


productive d’une économie que le PIB au prix du marché, car il n’y a pas
de distorsions provenant de l’imposition et de l’intervention étatique.

1.2.2. Valeur réelle et valeur nominale

Afin de saisir la croissance réelle entre deux périodes quelconques, on ne


peut pas se baser sur la variation PIB calculé en termes nominaux, en
valeur ou aux prix courants, car cette variation contient : une part reflétant
la variation de la quantité des biens et services produits et une part reflétant
la variation des prix auxquels sont évalués ces biens et services, autrement
dit :

Croissance nominale  Croissance réelle  Effet de variation des prix

Il faut donc calculer le PIB réel ou PIB à prix constant ou encore PIB en
volume. En général, Il est obtenu en déflatant le PIB nominal. Le déflateur
implicite du PIB est défini comme le rapport entre du PIB aux prix courants
et le PIB aux prix constants.

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Introduction à la macroéconomie

1.2.3. PIB par tête et la productivité apparente du travail

L’analyse de l’évolution du PIB est souvent complétée par une analyse de


l’évolution du PIB par tête. Il est égal au PIB réel divisé par le nombre total
d’habitants (pop).

PIBt
PIBt par tête 
Popt

Ce type d’indicateur est utile à deux titres :

Pour juger de l’évolution du niveau moyen de bien-être individuel des


résidents d’un pays dans le temps. C'est un indicateur usuel du niveau de
vie pour une population. Pour procéder à des comparaisons du niveau
moyen de bien-être entre pays de tailles différentes.

Un autre agrégat par tête (LP) est la productivité apparente du travail :

PIBt
LPt 
emplt

Où empl est le nombre de la population active occupée c’est-à-dire les


personnes qui travaillent. En général, la productivité d’un facteur de
production est l’efficacité avec laquelle on utilise ce facteur de production
dans l'acte de produire. Cet indicateur permet de savoir si une variation du
PIB réel d’une année à l’autre provient d’une variation du nombre de
personnes actives occupées (Emplt) ou d’une variation de la production par
travailleur, LPt.

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Les Manuels de l’IUA- Licence 2 Science économiques / Semestre 3
1.3. Limites du PIB

Le PIB et sa variation ont fait l'objet d'une véritable religion par de


nombreux économistes, les politiques et la population. Toutefois, cet
indicateur comporte des limites qui ne font de lui une mesure complète de
la richesse et du bien-être

A sa création en 1932, son concepteur S. Kuznets déclarait : "Une mesure


du revenu national telle que celle que nous avons définie [...] peut
difficilement servir à évaluer le bien-être d'une nation ".

Par ailleurs, le Rapport sur la mesure de la performance économique et du


progrès social de janvier 2008 de J. Stiglitz et A. Sen relève des limites à
cet indicateur central dans la vie économique et sociale.

1.3.1. Limites liée à la mesure de la richesse

La production marchande :

 ne prend pas en compte l’économie souterraine : trafic de drogue qui


est une activité illégale ou revenus non déclarés pour échapper au
fisc.
 ne dit rien sur la nature de ce qui fait augmenter la richesse : vente
d'armement, traitements anti-cancéreux suite à des pollutions,
impression de documents publicitaires qui inondent les boites aux
lettres et leur traitement même en recyclage, etc.
 néglige les dommages collatéraux souvent irréversibles sur
l'environnement : l'activité privée de dépollution fait augmenter le
PIB...de la même façon que l'exploitation minière
 néglige l'impact des nuisances au sens large, les sources de bien-être
non quantifiables (promenade en famille) et les externalités positives
ou négatives accompagnant les activités de production et de
consommation.

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Introduction à la macroéconomie

La production non marchande :

 pose un problème de l'évaluation au coût des facteurs : une


augmentation du coût de fonctionnement des services publics accroît
le PIB.
 le travail bénévole y est pris en compte mais il est sous-évalué car il
est mesuré au coût des facteurs...
 Une grande part du travail domestique est délaissée, (mais
l'autoconsommation est prise en compte).

1.3.2. Limites liée à la mesure du bien-être :

Le PIB par tête a toutes les limites du PIB. S'y ajoutent les effets
statistiques de la démographie (par exemple : la contraction démographique
fait augmenter l'indicateur...).

A côté de l'indicateur PIB ou PIB/tête, la tendance est à adjoindre des


indicateurs complémentaires pour mieux saisir l'étendue de la notion de
développement. On peut citer, l’indice de développement Humain qui mixe
PIB/ht avec l’espérance de vie à la naissance et le taux d'alphabétisation
des adultes. En général, le classement par IDH et classement selon le
PIB/tête sont parfois différents.

Cet indicateur permet de prendre en compte la durabilité du


développement, mis en évidence par le Rapport de Commission Brundtland
aux Nations-Unies en 1987 qui a accéléré le retour du débat sur la mesure
de la richesse et du développement. Le développement durable (ou encore
soutenable) est « un développement qui répond aux besoins des générations
du présent sans compromettre la capacité des générations futures à
répondre aux leurs. Deux concepts sont inhérents à cette notion : le concept
de « besoins », et plus particulièrement des besoins essentiels des plus
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Les Manuels de l’IUA- Licence 2 Science économiques / Semestre 3
démunis à qui, convient d'accorder la plus grande priorité, et l'idée des
limitations que l'état de nos techniques et de notre organisation sociale
impose sur la capacité de l'environnement à répondre aux besoins actuels et
à venir. »

2. Autres indicateurs

Il existe plusieurs autres agrégats et indicateurs qui permettent d’analyser la


situation des pays.

2.1. Niveau général des prix

Le niveau général des prix mesure le coût de la vie dans un pays donné.
Les économistes recourent à l’indice des prix à la consommation (IPC)
pour mesurer le coût de la vie, mais ils utilisent également le déflateur du
PIB.

1.3.3. Calcul des deux indices

L’indice des prix à la consommation (IPC) est calculé à partir de plusieurs


méthodes :

Approche de Laspeyres

IPC 
PY it i 0

P Y
i0 i0

Approche de Paasche

IPC 
PYit it

P Y
i 0 it

Approche de Fisher (moyenne géométrique des indices de Laspeyres et de


Paasche)

  PitYi 0   PitYit 
IPC  
  P Y  
i 0 i 0   Pi 0Yit

 

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Introduction à la macroéconomie

Approche de Marshall et Edgeworth

IPC 
 P Y
it i0  Yit 
 P Y
i0 i0  Yit 

Approche de Sidgwick (la moyenne arithmétique des indices de Laspeyres


et de Paasche)

PY it i 0

PY it it

IPC 
P Y i0 i0 P Y i 0 it

Approche de Tornqvist :

IPC 
P it Yi 0Yit
P i0 Yi 0Yit

Le déflateur du PIB se calcul par le rapport entre le PIB nominal et la PIB


réel :

PIBN
Deflateur du PIB 
PIBR

1.3.4. Le déflateur du PIB

Le déflateur du PIB mesure les prix de tous les biens produits dans le pays
alors que l’IPC se rapporte à un panier de biens consommés par l’individu
moyen.

39

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Les Manuels de l’IUA- Licence 2 Science économiques / Semestre 3
2.2. Taux de change

Le taux de change nominal (E) est le prix d’une monnaie donnée en termes
d’unités d’une autre monnaie. A l’incertain, en Côte d’Ivoire, le taux de
change du dollar par rapport au FCFA (E$/FCFA) exprime la quantité de
FCFA qu’il faut pour obtenir 1 dollar au change.

On distingue deux régimes de change : un régime de change fixe lorsque la


parité de change est fixe voie d’autorité, par rapport un panier d’autres
monnaies ou une devise forte; un régime de change flottant ou flexible
parce que la valeur externe de la monnaie nationale est déterminée
librement par les forces du marché. Les variations de la valeur de la
monnaie s’appellent dépréciation (perte) ou appréciation (gain) en régime
de change flexible tandis qu’en régime de change fixe on parle de
dévaluation (perte) ou réévaluation (gain)

On calcul aussi le taux de change réel (e) qui est un indicateur de


compétitivité extérieure d’un pays ; c’est un rapport entre le prix étrangers
converti en monnaie nationale (EP*) et le prix intérieur (P) :

P*
e E
P

Une hausse (baisse) du taux de change réel signifie une dépréciation


(appréciation) de la monnaie nationale et partant une hausse (baisse) de la
compétitivité-prix des biens domestiques par rapport aux biens étrangers.

2.3. Le taux d’intérêt

Le taux d’intérêt peut se définir comme le prix de la monnaie ou des fonds


prêtables. Il est fixé à la rencontre de l’offre et de la demande de monnaie
sur le marché monétaire (taux d’intérêt à court terme) et de l’offre et de la
demande de capitaux sur le marché financier (taux d’intérêt à long terme).

Il présente plusieurs facettes :

 Le taux d’intérêt représente une charge pour l’emprunteur. C’est le


coût de l’endettement. Ainsi, 100 millions d’euros empruntés sur 10

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Introduction à la macroéconomie

ans à un taux d’intérêt de 10% l’an va provoquer un remboursement


de (100 x 1,110 = 259) 259 millions d’€ sur 10 ans.
 Le taux d’intérêt représente un revenu pour le prêteur. Une somme
laissée pendant un certain nombre d’année à un emprunteur (banque,
entreprise) va rapporter des intérêts composés. Elle va être
capitalisée. C’est donc l’un des revenus de la banque. C’est aussi un
revenu financier pour les placements en obligation, livret
d’épargne…
 Le taux d’intérêt est une mesure approximative de l’inflation future
estimée par le prêteur qui renonce à l’utilisation de ses capitaux pour
un profit dans le futur. Il va donc réclamer un taux d’intérêt qui
couvre au moins l’inflation anticipée. On y ajoute une prime de
risque pour connaître ce que vaut maintenant une somme dans le
futur. Pour connaître le pouvoir d’achat des revenus procurés par
l’intérêt, il faut éliminer l’inflation. On va donc enlever aux intérêts
affichés (taux nominal) la hausse des prix pour savoir ce que le
prêteur a réellement gagné (taux réel).

Le taux d’intérêt réel correspond au taux d’intérêt nominal corrigé de


l’inflation (π). Selon l’équation de Fisher on :

r  i 

L’égalité entre taux d’intérêt réel et taux d’intérêt nominal n’est possible
qu’en de taux d’inflation anticipée nul.

2.4. Investissement, marge et pression fiscale

Le taux d’investissement mesure la part du PIB d’un pays consacré à


l’investissement

41

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Les Manuels de l’IUA- Licence 2 Science économiques / Semestre 3
FBCF
T X invest  100
PIB

Le taux de marge d’un pays est égal au rapport de l’excédent brut


d’exploitation et du PIB.

EBE
T X marge   100
PIB

Le taux de pression fiscale d’un pays est égal au rapport des prélèvements
obligatoires et du PIB.

PO
T X presfiscale   100
PIB

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Introduction à la macroéconomie

CHAPITRE 3 LA CROISSANCE ECONOMIQUE

1. Concepts de bases

Avant de parler de la croissance économique, il est nécessaire de définir


certains concepts clés.

1.1. La croissance

Selon l’économiste français François Perroux (1903-1987), la croissance


économique l’augmentation soutenue pendant une ou plusieurs périodes
longues d’un indicateur de dimension, pour une nation, le produit global
net en termes réels »

1.2. Productivité

Productivité de facteur de production mesure l’efficacité avec laquelle on


utilise un ou des facteurs de production dans l'acte de produire. On
distingue la productivité partielle d'un facteur (du travail, du capital) de la
productivité globale des facteurs.

La productivité totale des facteurs : rapport entre la production et


l’ensemble des facteurs de production.

Y
PT 
KL

La productivité partielle moyenne : rapport entre la production et d’un


facteur

43

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Les Manuels de l’IUA- Licence 2 Science économiques / Semestre 3
Y Y
PMK  PML 
K L

Productivité partielle marginale : rapport entre la variation de la production


et la variable d’un facteur :

Y Y
PmK  PmL 
K L

1.3. Fonction de production et degré de substitution des facteurs

De manière générale, une fonction de production macroéconomique a deux


arguments à savoir les facteurs capital K et travail L.

Fonction de production

La fonction de production peut s’écrire :

Yt  AF  Kt , Lt  ,   0,   0

Où Yt désigne la production, Kt la quantité de capital, Lt la quantité de


travail et A est la productivité totale des facteurs considérée constante. Le
capital est l’ensemble de biens utilisable sur le long terme pour la
production (machine, bâtiments, terrains). Il augmente avec
l’investissement. Le travail est mesuré par le nombre de travailleur ou le
nombre d’heure de travail. Il augmente avec la population.

Degré de substituabilité entre facteurs

Le degré de substitution entre les facteurs de production joue un rôle


fondamental dans l’étude des possibilités de croissance d’une économie :

 La présence de substitution implique qu’un même niveau de


production peut être atteint en utilisant les facteurs dans des
proportions différentes. Cela induit une souplesse ou flexibilité dans
le processus de production.
 L’absence totale de substitution signifie que les facteurs sont utilisés
dans des proportions fixes.

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Introduction à la macroéconomie

La fonction de production de Cobb-Douglas est un exemple classique de


technologie à facteurs substituables :

Yt  F  Kt , Lt   aKt Lt ,   0,   0

1.4. Rendements à l’échelle

Lorsque les facteurs sont tous multipliés par une même constant λ>1, on
aura :

Yt*  F   Kt ,  Lt     aKt Lt    Yt

 Si α+β=1 alors la fonction présente des rendements constants à


l’échelle : le produit Y qui en découle est lui aussi multiple de λ. La
fonction Cobb-Douglas est dite linéaire homogène ;
 Si α+β>1 alors la fonction à des rendements croissants à l’échelle : le
produit Y qui en découle est multiplié par une valeur supérieur à λ ;
 Si α+β<1 alors la fonction à des rendements décroissants à l’échelle :
le produit Y qui en découle est multiplié par une valeur inférieur à λ.

2. Taux de croissance

La croissance économique est l’accroissement du Produit Intérieur Brut


réel. Il est mesuré à partir du taux de variation, annuel, moyen annuel,
trimestriel annualisé ou en glissement annuel.

2.1. Le taux de croissance annuel

On suppose l’évolution du PIB réel année après année c’est-à-dire entre


l’année t-1 et l’année t. Le taux de croissance annuel est calculé par
45

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Les Manuels de l’IUA- Licence 2 Science économiques / Semestre 3
 PIBt  PIBt 1 
TA    100
 PIBt 1 

Il rend simplement compte de la progression du volume de biens et services


produits cette année par rapport à celle qui la précède.

2.2. Le taux de croissance annuel moyen

Supposons que le PIB évolue entre une date de départ 0 et une date de fin t,
tel que t-0 corresponde à une période de n années. Le taux de croissance
moyen annuel est calculé par :

 1

 PIBt  n 
TAM     1 100
 PIB0  
 

Cette mesure est caractérisée par une perte d’information au moment du


calcul de la moyenne annuelle. Pour pallier cette perte d’informations on
peut calculer le taux de croissance trimestriel annualisé et le taux de
croissance en glissement annuel.

2.3. Le taux de croissance trimestriel et trimestriel annualisé

On suppose l’évolution du PIB réel trimestre après trimestre (t=trimestre).


Le taux de croissance trimestriel, également désigné glissement trimestriel,
mesure l'évolution de la production entre deux trimestres consécutifs.

 PIBt  PIBt 1 
TTA     100
 PIBt 1 

D'une grande volatilité, cette mesure permet cependant de souligner les


inflexions de la croissance. Il permet de qualifier une récession
économique, épisode caractérisé par deux trimestres consécutifs de
contraction du PIB, donc deux glissements trimestriels négatifs successifs.
A partir de cette mesure, se construit par extrapolation le taux de croissance
trimestrielle annualisée, en multipliant le taux trimestriel par quatre. Le
taux de croissance trimestriel annualisé qui rapport les évolutions des

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Introduction à la macroéconomie

quatre trimestres en une évolution annuelle. Cette mesure de la croissance


capte la tendance de très court terme de l’activité économique réelle
(fluctuation). Toutefois, elle est volatile et reflète les effets d’évènements
passagers.

2.4. Le taux de croissance en glissement annuel

On suppose toujours l’évolution du PIB réel trimestre après trimestre


(t=trimestre). Mais cette fois on ne s’intéresse qu’au premier (t-4) et
quatrième (t) trimestre. Le taux de croissance en glissement annuel est :
 PIBt  PIBt  4 
TTGA    100
 PIBt  4 
Ce taux annuel permet d’exploiter la fréquence trimestrielle des données
des comptes nationaux. Il reflète bien la performance de l’économie au
cours des quatre derniers trimestres (moins volatile).

3. Les sources de la croissance

Le modèle néoclassique étudie l’évolution temporelle du revenu national


sur long terme, en tenant compte des effets de capacité engendrés par un
investissement net croissant (les aspects structurels d’une économie)

Dans la théorie de la croissance économique ce sont les facteurs d’offre qui


sont mis en évidence et non pas les théories conjoncturelles et les facteurs
de demande, sur lesquels se focalise en revanche le modèle keynésien.

47

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Les Manuels de l’IUA- Licence 2 Science économiques / Semestre 3
3.1. Variations des facteurs

Avec une fonction de production de Cobb-Douglas linéaire homogène le


taux de croissance de l’économie s’écrit en utilisant sa différentielle totale
(ou la dérivée logarithmique).

F  K t , Lt  F  K t , Lt 
dYt  dK t  dLt   a K t 1 L1t  dK t   a (1   ) K t Lt   dLt
Kt Lt
dYt

 a K t 1 L1t  dK t K t  a (1   ) K t Lt   dLt Lt

Yt Yt Kt Yt Lt
dYt

 aK t L1t  dK t
 (1   )
 aK t L1t  dLt
Yt Yt Kt Yt Lt
dYt dK t dL
gYt    (1   ) t
Yt Kt Lt

Le taux de croissance de la production est une moyenne pondérée du taux


de croissance du capital et du taux de croissance du travail.

3.2. Progrès technique

Le résultat ci-dessus est obtenu avec une fonction de Cobb-Douglas avec


progrès technique constant. Robert Solow (prix Nobel en 1987) montre que
la croissance dépend à la fois de l’accumulation de facteur de production et
du progrès technique. Soit la fonction de production Cobb-Douglas
suivante :

Yt  F  Kt , Lt , at   at Kt Lt ,   0,   0

On peut monter que :

dYt dK dL da
gYt    t  (1   ) t  t
Yt Kt Lt at

Le terme Δat/at est la productivité ou progrès technique. Qu’est-ce qui


explique l’amélioration de la productivité des facteurs ? Le progrès
technique désigne l’ensemble des modifications qui affectent les procédés
ou la nature des biens réalisés, ou encore l’ensemble des innovations qui

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Introduction à la macroéconomie

améliorent l’efficacité de la combinaison productive et la qualité des


produits. Ces changements sont favorisés par la recherche et le
développement, les brevets et l’innovation (de procédé et d’organisation).
Le progrès technique fait augmenter la productivité des facteurs et permet
une augmentation des facteurs de production.

4. Notions de croissance potentielle

La croissance potentielle se définit comme la « croissance maximale que


peut obtenir un pays lorsqu’il mobilise tous ses facteurs de production
(population active, équipement, productivité) sans déclencher de
l’inflation ». Les projections de croissance potentielle reposent sur des
hypothèses qui reflètent les tendances passées observées (elles ne
constituent donc pas des prévisions) de trois (3) dimensions :

 La croissance de la population active occupée qui dépend de la


croissance démographique, c’est-à-dire de la croissance naturelle de
la population (naissance – décès) et du solde migratoire
(immigration-émigration), et du taux d’emploi de la population en
âge de travailler.
 La croissance du stock de capital fixe dépend du rythme des
investissements (achat de nouveaux équipements durables, de
nouveaux bâtiments et de nouveaux logiciels) et du rythme de
l’usure et de l’obsolescence du capital fixe (dépréciation ou
consommation du capital fixe).
 L’évolution du progrès technique, mesurée par celle de la
productivité globale des facteurs, dépend principalement du rythme
des innovations.

49

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Les Manuels de l’IUA- Licence 2 Science économiques / Semestre 3
La croissance économique potentielle est évaluée par le taux de croissance
du PIB potentiel, c’est-à-dire du PIB maximal qui pourrait être réalisé
grâce à la pleine utilisation des facteurs de production disponibles. Le PIB
potentiel est donc une évaluation de la production maximale qu’il serait
possible de réaliser sans tensions inflationnistes ; c’est une mesure des
capacités d’offre de l’économie.

5. Les moteurs de la croissance et la croissance effective

Pourquoi ou pour quelles raisons produit-on plus ? La réponse la plus


évidente à cette question est parce que la demande finale augmente. Les
trois composantes de la demande finale globale (consommation finale,
investissement et demande extérieure) sont au cœur de la croissance
économique effective. La croissance effective correspond à la croissance
réellement obtenue par le pays. Elle dépend essentiellement des variations
de la demande globale qui comprend :

 La consommation finale des ménages (C), c’est-à-dire tous les achats


de biens et de services opérés par les ménages à l’exception du
logement, qui dépend de l’évolution du pouvoir d’achat des ménages
et de leur propension à consommer (part du revenu disponible qu’ils
consacrent à la consommation).
 La consommation finale des administrations (G), c’est-à-dire tous les
achats de l’Etat qui ne sont pas considérés comme des
investissements, qui dépend des décisions de l’Etat en matière
d’évolution des dépenses publiques.
 L’investissement en capital fixe (I) des entreprises, des ménages et
des administrations publiques, c’est-à-dire l’achat de biens
d’équipement durables, de bâtiments et de logiciels, qui dépend de
l’évolution de la demande, des profits réalisés et anticipés et de leur
capacité à les financer. A cela on ajoute la variation des stocks (un
stockage profite à l’augmentation de la production, un déstockage
contribue à son ralentissement).
 Les exportations (X) qui correspondent à la demande adressée aux
pays par des non-résidents et qui dépendent de la compétitivité des
produits nationaux vis-à-vis des produits étrangers et de la croissance
du pouvoir d’achat des non-résidents.

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Introduction à la macroéconomie

CHAPITRE 4 CONJONCTURE ECONOMIQUE

1. Définition

Pour mieux comprendre la conjoncture économique il est important de


définir le cycle économique ou cycle conjoncturel.

Le cycle économique décrit les variations à court terme de l’activité


économique dont le déroulement n’est pas uniforme. Plus précisément,
c’est la succession plus ou moins régulière des phases de déclin et de
reprise d’une économie autour de son équilibre de long terme c’est-à-dire
autour de sa tendance temporelle principale.

Ces fluctuations de l’activité économique se trouvent au centre de l’étude


de la macroéconomie dans la mesure où la contraction de l’activité
économique engendre généralement le chômage et l’expansion de
l’économie peut générer des tendances inflationnistes.

20 4E+10
15 3,5E+10
10 3E+10
2,5E+10
5
2E+10
0
1,5E+10
-5 1E+10
-10 5E+09
-15 0
1964
1966

1976

1988

2000

2012
1960
1962

1968
1970
1972
1974

1978
1980
1982
1984
1986

1990
1992
1994
1996
1998

2002
2004
2006
2008
2010

2014
2016

PIB réel Taux de croissance (%)

51

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Les Manuels de l’IUA- Licence 2 Science économiques / Semestre 3

On distingue trois type de cycles économiques globalement emboîtés et


dont les noms correspondent aux économistes les ayant identifiés. Ils sont
définis en fonction de leur durée, leur origine et leur ampleur :

Les cycles Kondratieff sont des cycles longs (40-60 ans) et se caractérisent
par des vagues longues de hausse puis de baisse des prix. Ces cycles
dépendent des contraintes techniques pesant sur la production qui
dépendent du rythme du progrès technique et de la durée de vie du capital.
C’est pourquoi l’on dit qu’ils sont provoqués par des innovations.

Les cycles Juglar sont des cycles plus courts (6 à 12 ans) liés au climat des
affaires, c’est-à-dire la confiance en l’avenir durant plusieurs années. Se
succèdent donc des périodes de confiance source d’expansion, elle-même à
l’origine d’excès (crédits, spéculation) qui provoquent une crise et un
renversement de situation (récession) due à une perte de confiance.

Les cycles Kitchin sont des cycles très courts (environ 40 mois – 3 ans) liés
à la gestion des stocks : les entreprises accumulent des stocks en période
d’expansion pour répondre à la demande, puis doivent déstocker par la
suite, d’où la baisse des prix et de la production.

2. Les phases d’un cycle conjoncturel

Selon, les économistes américains Arthur Burns et Wesley Mitchell (1946)


« Un cycle est constitué d’expansions qui se produisent à peu près au même
moment dans de nombreuses branches de l’activité, expansions qui sont
suivies par des phases de récession, des contractions et des reprises, qui
affectent elles aussi l’ensemble de l’activité économique ».

Un cycle conjoncturel peut être divisé en quatre phases : expansion,


sommet, contraction et creux. Chaque fin de phase de cycle se confond
avec le début de la phase suivante. Un retournement conjoncturel marque le
changement de cap observé au sommet ou au creux du cycle conjoncturel.

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Introduction à la macroéconomie

 Expansion (ou reprise) : l’activité économique, mesuré par le PIB,


augmente et donc le degré d’utilisation des facteurs de production
augmente aussi. Autrement, la production augmente, le chômage
baisse, la consommation augmente, l’investissement croit car les
taux d’intérêt baissent;
 Sommet (crise): la valeur la plus élevée de l’activité économique est
atteinte au terme d’une phase d’expansion et les facteurs de
production sont à leur degré d’utilisation maximal. Elle se caractérise
par une surchauffe de l’économie car les entreprises ont investi et
produit plus qu’il n’en faut. La croissance stagne, le chômage est
faible et l’inflation est élevée.
 Contraction (ou récession) : l’activité économique décline après
avoir atteint un sommet et le degré d’utilisation des facteurs de
production diminue aussi. On assiste à la baisse des investissements,
aux licenciements qui augmente le chômage, à la baisse de la
consommation.
 Creux (début de reprise) : l’activité économique atteint sa valeur la
plus base au terme d’une phase de contraction et les facteurs de
production sont à leur degré d’utilisation minimal.

53

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Les Manuels de l’IUA- Licence 2 Science économiques / Semestre 3
3. Indicateurs conjoncturels

Ce sont les données statistiques publiées en fréquence mensuelle ou


trimestrielle pour certaines variables macroéconomiques qui résument l’état
de l’économie d’un pays ou d’une région.

Le rôle de ces indicateurs est de permettre aux secteurs privé et public


d’utiliser sous forme compacte l’information statistique la plus récente
concernant l’évolution des conditions de demande et d’offre sur divers
marchés et faire des prévisions macroéconomiques qui sont utiles sinon
indispensables dans la planification de leurs activités.

On distingue les indicateurs conjoncturels individuels et les indicateurs


conjoncturels synthétiques.

3.1. Indicateurs individuels

Il y a des indicateurs avancés (leading) qui tendent à précéder les hauts et


les bas de l’activité économique générale. Ce sont les entrées de
commandes, les agrégats monétaires et les modifications du taux de change
(réel).

Il y a aussi des indicateur concomitants (coïncident) qui tendent à


accompagner l’évolution conjoncturelle générale. Ce sont le commerce de
détail, l’emploi, la production industrielle, le PIB.

Il y a des indicateurs retardés (lagged) qui tendent à suivre la conjoncture et


qui n’ont donc pas de valeur prévisionnelle. L’indice des prix à la
consommation (IPC) est le plus connu d’entre eux.

3.2. Indices synthétiques

On est tout naturellement poussé à utiliser les séries avancées pour prévoir
l’évolution macroéconomique à court terme c’est-à-dire dans les six à
douze mois à venir. Au lieu d’employer de telles séries séparément, la
pratique habituelle consiste à sélectionner les plus fiables d’entre elles et à
les regrouper dans un seul indice synthétique qui devrait fournir la

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Introduction à la macroéconomie

meilleure prévision possible de la conjoncture à venir. Il est également


possible d’inclure quelques séries concomitantes en tant que composantes
d’un indicateur synthétique, mais l’inclusion des séries retardées n’a pas de
sens.

4. Causes des variations conjoncturelles

Avant de présenter les sources cette section compare la croissance


potentielle et la croissance effective.

4.1. Croissance potentielle et croissance effective

Le cycle économique peut s’analyser à partir des différences entre la


croissance effective (celle qui est mesurée au cours d’une période donnée)
et la croissance potentielle (celle qui peut être obtenue en mobilisant tous
les facteurs de production).

Lorsque la croissance effective est supérieure à la croissance potentielle,


cela conduit à des tensions inflationnistes (on parle de « surchauffe ») car la
demande, alimentée par une expansion des crédits, augmente plus vite que
l’offre car, par exemple, les capacités de production mettent du temps à se
mettre en place, les travailleurs qualifiés peuvent être en nombre
insuffisant. La demande étant supérieure à l’offre de produits, il y a
inflation c’est-à-dire que les prix augmentent de façon durable et
cumulative.

Lorsque la croissance effective est inférieure à la croissance potentielle, on


assiste à une montée du chômage car le niveau de production est insuffisant
pour employer tous ceux qui recherchent activement un emploi. Les
capacités de production sont alors sous-employées. L’offre de produits
55

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Les Manuels de l’IUA- Licence 2 Science économiques / Semestre 3
étant supérieure à la demande, les prix vont diminuer (déflation) ou
augmenter moins vite (désinflation).

L’écart, ou « gap » en anglais, entre croissance effective et croissance


potentielle permet donc d’appréhender l’instabilité de la croissance. A
court terme, la croissance effective oscille autour de la croissance
potentielle à la faveur des cycles économiques. À long terme, on suppose
que le PIB revient vers son niveau potentiel du fait de l’ajustement des
différents marchés (Cf. analyse néo-classique).

Graphique : PIB réel et PIB potentiel de la Côte d’Ivoire


4E+10
3,5E+10
3E+10 y = 4E+08x + 5E+09
R² = 0,9083
2,5E+10
2E+10
1,5E+10
1E+10
5E+09
0
1972

1978

1994

2000

2016
1960
1962
1964
1966
1968
1970

1974
1976

1980
1982
1984
1986
1988
1990
1992

1996
1998

2002
2004
2006
2008
2010
2012
2014
PIB ($ US constants de 2010) Linéaire (PIB ($ US constants de 2010))

Sources : auteur, WDI

4.2. Chocs d’offre et de demande

Le fonctionnement d’une économie est tout le temps sujet à l’influence de


chocs. Un choc économique est tout évènement inattendu et non anticipé
qui ne constitue pas un changement dans la politique macroéconomique
mais qui déplace quand même :

 La courbe de demande agrégée, on parle alors de choc de la demande


qui se traduit par des changements autonomes dans les
investissements, importations, exportations ou de la demande de
monnaie.
 La courbe d’offre agrégée, on parle dans ce cas de chocs d’offre qui
se traduit par des changements autonomes dans l’offre d’un bien

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Introduction à la macroéconomie

d’importance macroéconomique (par exemple le choc pétrolier) ou


d’un facteur de production.

Les chocs sont positifs lorsqu’ils se traduisent par une accélération de la


croissance à court ou long terme. Ils sont négatifs lorsqu’ils provoquent un
ralentissement de la croissance voire une récession.

Les chocs conjoncturels ont des conséquences sur la production, les prix et
l’emploi. Les économistes considèrent que ces conséquences disparaissent
plus ou moins rapidement en fonction du degré de flexibilité des marchés.
Pour certains cependant ils peuvent laisser des traces durables (effet
d’hystérèse).

Les chocs peuvent avoir une origine endogène (une dévaluation de la


monnaie, par exemple) ou exogène (une guerre, un tremblement de terre,
un accident nucléaire, par exemple) à un pays.

Les chocs sont symétriques lorsqu’ils s’exercent en même temps sur


plusieurs pays à la fois. Ils sont asymétriques lorsque leur incidence ne
s’exerce que sur un certain nombre de pays d’une zone économique.

4.2.1. Chocs d’offre

Les chocs d’offre sont des variations des conditions de la production; ils
découlent notamment de la productivité ou du prix des facteurs.

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Les Manuels de l’IUA- Licence 2 Science économiques / Semestre 3
Les chocs d’offre peuvent être positifs ou négatifs:

Positif Négatif
 Les innovations permettant  Hausse des prix de l’énergie,
des gains de productivité des matières premières, ou
 Les découvertes de nouvelles des produits semi-finis du fait
ressources de bouleversement de la
 De nouvelles organisations du géopolitique (chocs pétrolier
travail (fordisme) de 1973 et 1979)
 Baisse des prix de l’énergie,  Ralentissement de la
des matières premières, ou croissance ou baisse de la
des produits semi-finis; population active pour des
 Un ralentissement des salaires raisons démographiques et/ou
dû à la montée du chômage en raison d’une moindre
(baisse du coût salarial mobilité des travailleurs
unitaire) ;  Hausse du coût du travail
(salaires) ou du capital (taux
d’intérêt) supérieur aux gains
de productivité
 Catastrophes d’origine
naturelle et/ou humaine
(tsunami, etc.)
 Épuisement de certaines
ressources naturelles
 Dégradation des systèmes
d’enseignement et de
recherche
 Ralentissement de la
croissance ou la baisse de la
productivité
 Baisse de la compétitivité vis-
à-vis du reste du monde
 Alourdissement de la fiscalité
sur les entreprises.

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Introduction à la macroéconomie

Un choc d’offre négatif se traduit par une augmentation des coûts de


production des entreprises, ce qui conduit, sur un marché concurrentiel, à
l’élimination des entreprises marginales (celles dont le coût de production
est supérieur au prix du marché), à une baisse de la rentabilité des autres
entreprises qui vont moins investir ce qui va provoquer une diminution de
la production et de l’emploi (montée du chômage).

Les chocs d’offre positifs correspondent notamment aux chocs


technologiques ou chocs de productivité. Une ou plusieurs innovations de
procédé permettent de réaliser des gains de productivité et d’abaisser les
coûts de production car il faut moins de travail et de capital pour réaliser la
même quantité de produits. Cette diminution des coûts de production a
plusieurs effets positifs :

 D’une part, si les prix restent inchangés, les entreprises vont


augmenter leurs profits ce qui va leur permettre d’accroître leurs
investissements matériels et immatériels. L’offre de produit va
augmenter en quantité et en qualité.
 D’autre part, si les entreprises décident de diminuer leurs prix, elles
vont augmenter leur compétitivité vis-à-vis de leurs concurrents et
accroître leurs parts de marché. Enfin, la baisse des prix devrait
entraîner une hausse de la demande. Dans tous les cas, la croissance
va s’accélérer.

4.2.2. Chocs de demande

Un choc de demande est une perturbation de l’activité économique liée à


une hausse ou à une baisse brutale de la demande. Les chocs de demande
résultent des variations des différents composants de la demande globale.

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Les Manuels de l’IUA- Licence 2 Science économiques / Semestre 3
Selon Mankiw et Taylor, la courbe de demande agrégée est décroissante
pour plusieurs raisons :

 L'effet de richesse : un niveau de prix plus bas fait augmenter la


richesse réelle, ce qui encourage les dépenses de consommation.
 L'effet de taux d'intérêt : un niveau de prix plus bas fait baisser le
taux d'intérêt, ce qui encourage les dépenses d'investissement.
 L'effet de taux de change : un niveau de prix plus bas conduit à une
dépréciation du taux de change réel, ce qui encourage les dépenses
d'exportations nettes.

Positif Négatif
 Une baisse du taux d’épargne  Une hausse des taux d’intérêt
des ménages ; (baisse des crédits) ;
 Une hausse des exportations  Un ralentissement des salaires
vers les pays émergents ; dû à la montée du chômage
 Une politique de relance (ralentissement du pouvoir
budgétaire ; d’achat) ;
 Un crédit bancaire plus facile  Une hausse du prix de
; l’énergie et des matières
 Le lancement de grands premières (baisse du pouvoir
travaux d’infrastructures (le d’achat) ;
multiplicateur) ;  Une hausse des impôts (baisse
 Une hausse importante des du pouvoir d’achat) ;
prestations sociales ;  Une forte récession chez nos
clients étrangers ;

4.3. Cycle du crédit et les crises financières

Les cycles sont également influencés par le cycle du crédit et des crises
financières

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Introduction à la macroéconomie

4.3.1. Le cycle du crédit

Le cycle des affaires est fortement lié au comportement des banques qui
relâchent leurs conditions d'octroi de crédit en période d'expansion et qui
les restreignent en période de récession : c'est le cycle du crédit. Il
contribue à expliquer le caractère endogène, c’est-à-dire propre au système
capitaliste, de l’instabilité de la croissance. Il existe traditionnellement une
synchronisation entre cycle d’activité et cycle du crédit. La très forte
progression du crédit lors des phases ascendantes du cycle ainsi que son
retournement brutal lors des phases de contraction alimente et amplifie les
fluctuations de l’activité.

Le recours au crédit dépend en grande partie du taux d’intérêt. La baisse


des taux d’intérêt nominaux peut être due à trois facteurs :

 D’abord, elle peut résulter d’une démarche volontaire de la Banque


centrale qui diminue ses taux d’intérêt directeurs afin de faciliter le
refinancement des banques et de les encourager à réduire leurs taux
d’intérêt. Ceci va permettre de rouvrir « le robinet » de crédit et de
soutenir la croissance de la demande et de la production.
 Ensuite, la baisse des taux d’intérêts sur le marché monétaire et sur le
marché obligataire peut résulter d’un excès de liquidités. Si au
niveau mondial, l’offre de capitaux excède la demande, les taux
d’intérêt à court terme et à long terme diminuent.
 Enfin, la baisse de l’inflation a favorisé la baisse des taux nominaux.
En effet, si les prêteurs anticipent une faible augmentation des prix
dans les années futures, ils sont prêts à consentir des taux d’intérêts
faibles puisque le risque de perte de pouvoir d’achat de la monnaie
est faible.

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Les Manuels de l’IUA- Licence 2 Science économiques / Semestre 3
En conséquence, les entreprises, les ménages et l’Etat sont incités à
s’endetter pour financer leurs dépenses d’investissement et de
consommation. Ils le sont d’autant plus que la croissance est forte (leurs
revenus et leurs profits vont augmenter) et que leurs actifs immobiliers et
financiers prennent de la valeur. En période d’expansion économique,
surtout si la situation économique est saine (faible taux d’intérêt, faible
inflation), le « paradoxe de la tranquillité » (H. Minsky) joue : les agents,
qui ont confiance dans l’avenir et des perspectives d’enrichissement,
s’endettent, financent des investissements ou une consommation à crédit,
ce qui dynamise la demande et renforce la croissance donc l’optimisme
général. Cette forte croissance des crédits a plusieurs effets :

 Les agents économiques vont spéculer à la hausse sur le prix des


actifs financiers et immobiliers. Les prix des actions, des obligations
et des maisons vont fortement augmenter. Les agents vont donc
profiter de cet « effet richesse positif » pour s’endetter davantage
provoquant le phénomène de « l’accélérateur financier ».
 Une bulle financière va se former. On parle de bulle spéculative
quand le prix d'un actif s'éloigne de sa valeur « fondamentale »,
définie comme la somme des revenus que cet actif peut rapporter
dans le futur. Lorsque les agents réalisent que les actifs concernés
sont surévalués, leur réévaluation fait apparaître la situation de
surendettement des agents concernés (entreprises ou ménages) car la
valeur de leurs actifs ne leur permet pas d’assurer le paiement des
intérêts et les remboursements.

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Introduction à la macroéconomie

4.3.2. Les crises financières

Le retournement du cycle va avoir lieu lorsque les taux d’intérêt tournent à


la hausse, en particulier du fait du resserrement monétaire des banques qui
craignent de ne pas être remboursées et de la Banque centrale qui craint
l’inflation. L’endettement qui paraissait soutenable, compte lorsque les
taux d’intérêt étaient bas, devient insupportable pour les agents les moins
solvables. Les agents vont anticiper la baisse et commencer à vendre leurs
actifs ce qui va enclencher la baisse des prix. Les mécanismes qui avaient
accéléré la croissance jouent alors dans le sens d’une amplification de la
déflation, voire de la dépression. La crise financière va avoir plusieurs
effets sur l’économie réelle :

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Les Manuels de l’IUA- Licence 2 Science économiques / Semestre 3
D’une part, les banques, qui subissent l’insolvabilité des clients à qui elles
avaient prêté et la perte de valeur des actifs financiers sur lesquels elles
avaient spéculé pour leur propre compte, vont raréfier fortement leurs
crédits. C’est le « crédit crunch » qui va empêcher les ménages et les
entreprises de mener à bien leurs projets de consommation et
d’investissement. Les entreprises ne peuvent plus se financer (surtout les
PME), elles se restructurent en licenciant ou elles font faillite ce qui
entraîne l’effondrement de la demande globale.

D’autre part, les agents surendettés sont contraints de vendre leurs actifs
financiers et immobiliers ce qui accélèrent la baisse de leurs prix. Cet «
effet de richesse négatif » les pousse à diminuer leur consommation, ou à
repousser à plus tard leurs projets d’investissement et à augmenter leur
épargne de précaution. La baisse des prix augmente le poids réel de la dette
pour les firmes endettées, les faillites se multiplient, ce qui aggrave en
retour la situation des banques.

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Introduction à la macroéconomie

Cette diminution de la demande a des effets récessifs cumulatifs, ce qui


correspond à la « déflation par la dette » (I. Fisher) : les agents endettés
cherchent à se désendetter, ce qui conduit à une diminution de la demande,
ce qui entraîne une contraction de l’activité qui aggrave la situation des
agents endettés et fragilisent davantage le système bancaire. La déflation
correspond à la baisse des prix, des salaires et de la masse monétaire.
D'après I. Fischer, la déflation conduit à son tour à l'endettement car les
agents économiques se désendettent moins vite que les prix ne baissent. La
charge réelle de la dette augmente donc : « plus les débiteurs payent, plus
leurs dettes augmentent ». Si elle élimine les producteurs les moins
efficaces, la déflation peut créer les conditions de la reprise. La chute de
l’investissement pendant la déflation réduit la demande de crédits et
favorise la baisse des taux d’intérêt, tandis que le chômage contribue à la
diminution des salaires. A un moment, le coût unitaire de production est si
faible que l’activité des producteurs ayant survécu reprend. Mais cette «
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Les Manuels de l’IUA- Licence 2 Science économiques / Semestre 3
régulation par la faillite » (J. Rueff) a fait l'objet d'une vive contestation de
la part de J. M. Keynes pour qui seule l'intervention de l'Etat peut permettre
un redémarrage de l'activité économique.

CHAPITRE 5 LE CHOMAGE

Authentique phénomène majeur dans la plupart des pays du monde, le


chômage est aujourd’hui une réalité qui touche de nombreuses personnes.
Véritable défi pour les sociétés, notamment en Afrique, le chômage est l’un
des principaux sujets de débats chez les économistes.

1. Définition

Le chômage est l’Etat de personnes sans emploi, disponible pour travailler


et recherchant effectivement un emploi. Cette définition proposée par le
bureau international du travail (BIT) repose sur trois critères : (i) « être sans
travail », (ii) « être disponible pour travailler » et (iii) « rechercher
activement un emploi ».

On distingue différentes formes de chômage dont les causes sont


différentes.

Le chômage de longue durée : ce sont les demandes d’emploi enregistrées


depuis plus de douze mois consécutifs et qui sont sans réponses. Cette
situation peut provenir de l’indisponibilité des postes à pouvoir, par rapport
aux compétences proposés.

Le chômage conjoncturel : Chômage résultant d’un ralentissement de


l’activité économique. Par exemple, en période de récession économique,
le chômage augmente.

Le chômage structurel : chômage lié aux déséquilibres structurels de


l’économie comme les déséquilibres régionaux, l’inadaptation des
qualifications, le déclin d’activités traditionnelles.

Le chômage technique : chômage lié à l’inactivité forcée des entreprises en


raison de circonstance particulières et indépendantes de l’entreprise. Par

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Introduction à la macroéconomie

exemple, en cas de pannes de machines, de défauts d’approvisionnement en


pièces ou en matières premières, trouble publiques prolongés, catastrophes.

Le chômage partiel : chômage lié à la réduction temporaire par une


entreprise du volume d’heures travaillées à effectif constant à la suite de la
baisse de la conjoncture de l’activité. Elle vise à baisse les coûts en baissant
la production puisque les heures non travaillées font l’objet d’une moindre
rémunération.

Le chômage frictionnel : en situation de plein emploi, chômage


d’adaptation lié à la période entre deux emplois.

2. Le taux de chômage

L’offre de travail dans un pays émane de la population en âge de travailler


précisément de population active, noté L. Cette dernière représente la
frange de la population en âge de travailler qui occupe un emploi (E) ou qui
sont au chômage (U).

Population totale (LT)


Population en âge de travailler (LAT) Population pas en âge de
travailler
15 ans ≤ LAT ≤ 65ans
Population active L Population âge<15 et âge>65ans
inactive
Occupés (E) Au chômage (U)

Le taux de chômage (TChômage) est le rapport en pourcentage du nombre de


personnes actives au chômage (U) et de la population active (L).

U   LE 
TChômage    100    100
L  L 

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Les Manuels de l’IUA- Licence 2 Science économiques / Semestre 3
Pour analyser les caractéristiques du marché du travail on peut également
calculer le taux de participation ou taux d’activité (Tactivité) qui égale au
rapport en pourcentage de la population active et de la population en âge de
travailler et le taux d’emploi (Temploi) qui est égal rapport en pourcentage du
nombre d’emplois et de la population en âge de travailler.

 L 
Tactivité    100
 LAT 

 E 
Temploi    100
 LAT 

3. Causes du chômage

Les causes du chômage dépendent de la forme du chômage étudiée. Mais,


la théorie économique présente aussi les causes du chômage.

3.1. Causes théoriques

Les causes théoriques diffèrent suivants des courants théoriques classique


et keynésien et bien d’autres arguments.

3.1.1. L’école classique

Dans la théorie classique, la flexibilité des salaires permet de garantir


l’équilibre du marché du travail. Les salaires diminuent pour absorber
l’excédent de demande d’emploi et augmentent pour pouvoir faire face à
l’insuffisance de la demande d’emploi.

Dans ce cas, le chômage est soit volontaire car des personnes qui quittent
leur emploi pour un emploi mieux rémunéré, soit lié à l’existence d’une
rigidité institutionnelle des salaires (SMIG ou SMIC) qui pourrait causer le
sous-emploi de la main d’œuvre, car cette rigidité empêche la baisse du
niveau des salaires.

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Introduction à la macroéconomie

3.1.2. Les Keynésiens

Pour Keynes, l’entreprise n’embauche de nouveaux travailleurs que si elle


prévoit une augmentation de la demande de ses produits. Le chômage
existe quand il y a un déséquilibre sur le marché des biens et services
(surproduction ou sous-consommation relative) qui entraîne une diminution
de la production et donc des licenciements. Ce type de chômage n’est pas
volontaire.

La solution préconisée par Keynes est alors l’intervention de l’Etat par les
politiques de relance conjoncturelles, qui ont pour objectif d’augmenter la
demande, par suite la production et par suite l’emploi.

3.1.3. Théorie des contrats implicites

La forte aversion pour le risque du salarié amène l’entreprise a lui garantit


un salaire fixe et en se réservant le droit d’ajuster le niveau de l’emploi en
fonction de la conjoncture (chômage conjoncturel). Il s’agit d’un contrat
implicite entre l’employé et l’employeur.

3.1.4. Théorie du déséquilibre

Elle tente d’opérer une sorte de conciliation entre les analyses classiques et
Keynésiennes du chômage. En effet, cette théorie démontre que les deux
types de chômage, keynésien et Classique peuvent coexister à un moment
donné dans un pays : certains secteurs sont en excès d’offre de travail,
tandis que d’autres secteurs génèrent un chômage lié aux contraintes qui
pèsent sur l’offre (niveau du salaire, conditions du travail…). Ainsi, un
secteur peut évoluer d’un type de chômage à un autre: on parle de chômage
mixte. Dans ce cas, on parle de chômage mixte. La mise en place de

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Les Manuels de l’IUA- Licence 2 Science économiques / Semestre 3
politiques mixtes, axées à la fois sur l’offre et la demande, et différenciées
selon le secteur d’activité peut résorber ce type de chômage.

3.1.5. Théorie de la segmentation

Elle analyse le chômage en termes de sélectivité, et repose sur l’existence


de sous- marché du travail. En fait, confrontées à l’incertitude, les
entreprises mettent en place une gestion de leur personnel de telle sorte
qu’il y ait deux sortes de marchés :

 Un marché primaire regroupant les emplois stables, bien rémunérés,


offrant des perspectives de promotion ;
 Un marché secondaire défini par des emplois instables et mal
rémunérés. Sur ce marché, seraient recrutés les jeunes, les femmes,
etc.

3.2. Causes empiriques

Dans la réalité économique le chômage est expliqué par plusieurs facteurs


empiriques.

3.2.1. La croissance et la concurrence international

L’insuffisance de la croissance, est un facteur essentiel, expliquant la


diminution des offres d’emploi des entreprises. Les PED (pays en voie
développement) et notamment les NPI (nouveau pays industrialisés : Corée
du sud, Taiwan, Mexique…) contribuent à l’aide de coûts de production
très faibles à rendre la concurrence rude dans certains secteurs d’activité
(textile, électronique…). En outre, les entreprises des pays développés
choisissent parfois de délocaliser leur production ou leur gestion dans des
pays à bas coût de main-d’œuvre.

3.2.2. L’évolution démographique

L’importance de la population active fait varier la demande d’emplois.


Depuis 1975, celle-ci augmente car les enfants du baby – boom arrivent à
l’âge de travailler, les femmes sont de plus en plus nombreuses sur le
marché du travail. Ainsi, il faut créer chaque année des emplois

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Introduction à la macroéconomie

supplémentaires uniquement pour absorber le poids des « nouveaux


entrants ». Ce solde démographique devrait rester positif jusqu’au début du
XXI siècle.

3.2.3. Le développement de la technologie

Le progrès technique a permis de substituer largement le capital au travail


(y compris dans le secteur tertiaire, avec la Bureautique). Ceci est
globalement un élément d’amélioration, car certaines tâches pénibles sont
réalisées par des robots, mais la main-d’œuvre peu ou pas qualifiée a subi
les conséquences de ces restructurations Industrielles. Le progrès
technologique crée, en nombre insuffisant, de nouveaux emplois,
nécessitant une qualification, que les chômeurs ne peuvent pas toujours
avoir. En outre, la productivité continue à s’accroître alors que la
production est en quasi- stagnation le nombre d’emplois n’augmente pas et
les nouveaux arrivants sur le marché du travail ne trouvent pas de place.

3.2.4. Le salaire de réservation

Le salaire de réservation est le niveau de rémunération en déca duquel un


individu refuse de travailler. Lorsqu’il existe, la flexibilité des
rémunérations (individualisation des salaires) devient un moyen à double
tranchant : il facilite l’emploi (surtout des jeunes diplômés), comme il peut
décourager certains individus à travailler à des salaires inférieurs à ceux de
leurs disciples, et les conduits à être en chômage volontaire, à la recherche
d’une rémunération meilleure.

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Les Manuels de l’IUA- Licence 2 Science économiques / Semestre 3
3.3. Causes liées à la gestion des flux d’obtention et de perte
d’emploi

D’abord, le chômage est la conséquence de deux tendances contraires : la


croissance de la population active et le déclin de l’emploi. Pour illustré
posons L la population active, E les membres de la population active en
emploi et U les membres de la population active au chômage. Par définition
L = E + U. Ce qui nous permet d’écrire

E  L U (1)

Le taux de chômage est égal à : U/L. Analysons la transition des individus


entre emploi et non-emploi : soit s le taux de perte d’emploi c’est-à-dire la
proportion d’individus occupés qui perdent leur travail chaque mois. Soit
f le taux d‘acquisition d’emploi c’est-à-dire la fraction des individus non
occupés qui trouvent un emploi chaque mois. Supposons que ces taux sont
constants et analysons comment ils déterminent le chômage. Pour que le
taux de chômage soit constant c’est-à-dire que le marché de travail soit en
état stationnaire le nombre d’individus qui perdent leur emploi (noté sE)
doit être égal au nombre d’individus qui trouvent un emploi (noté fU).

f U  s  E (2)

En remplaçant substituant le nombre d’individu en emploi E par son


expression en (1) dans le deuxième membre de l’équation (2) et en divisant
les deux membres par L, on obtient :

U (1  U )
f  s
L L (3)

Le rapport U/L mesure le taux de chômage de l’économie. En résolvant


l’équation (3) en U/L on obtient la relation suivante :

U s

L s f (4)

Cette relation indique que le taux de chômage stationnaire est une fonction
du taux de perte de l’emploi s et du taux d’acquisition de l’emploi f. Plus le

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Introduction à la macroéconomie

taux de perte de l’emploi d’un pays est élevé, plus le taux de chômage est
élevé, inversement plus le taux d’acquisition d’emploi est élevé, moins le
taux de chômage est élevé. Plus la population active croit et plus le taux de
pertes de l’emploi est élevé plus le taux de chômage sera élevé.

4. Les conséquences du chômage

Le chômage de masse est un fléau économique, politique et social qui


concerne désormais toutes les catégories socioprofessionnelles (employés,
ouvriers et cadres). La hausse du chômage de masse à des conséquences
directes et indirectes.

4.1. Les conséquences directes du chômage

La première conséquence directe du chômage est la perte du pouvoir


d’achat et l’endettement des ménages. La seconde conséquence directe est
la perte du lien social. La troisième concerne la santé physique et psychique
du chômeur.

4.2. Les conséquences indirectes du chômage

La première conséquence indirecte concerne la hausse de la délinquance et


de la criminalité. La seconde conséquence indirecte concerne l’impact du
chômage sur les salariés en poste. La dernière conséquence indirecte est
politique et concerne la menace que fait peser la hausse du chômage sur le
processus démocratique.

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Les Manuels de l’IUA- Licence 2 Science économiques / Semestre 3
5. Politiques anti-chômage

Il y a deux types de politiques

5.1. Politique de lutte contre le chômage

La lutte contre le chômage est l’un des objectifs majeurs de la politique


économique globale. Elle passe par une croissance économique solide. En
effet, la loi d’Okun décrit une relation linéaire entre le taux de croissance
du PIB (∆Y/Y) et la variation du taux de chômage (∆U). La lutte contre le
chômage passe avant tout par les politiques destinées à restaurer la
croissance. Il existe un débat sur les politiques de lutte contre le chômage.

5.1.1. La politique libérale

La politique libérale, également qualifiée de politique de l’offre, se


caractérise par une réduction de l’intervention de l’État dans l’activité
économique et par la consécration du rôle majeur de l’entreprise. Le retour
à l’équilibre sur le marché du travail dépend de la flexibilité à la baisse des
salaires. En outre, l’amélioration de la compétitivité de l’entreprise, par un
allégement des coûts de production (réduction des charges sociales et
fiscales), favorise la résorption du chômage.

5.1.2. La politique keynésienne

La politique keynésienne est aussi qualifiée de politique de la demande.


Elle préconise la mise en œuvre de mesures expansionnistes.
L’augmentation de la demande globale, et par suite de l’emploi, repose sur:

 une politique budgétaire expansive;


 une politique monétaire favorisant l’accès au crédit, en particulier
par la baisse des taux d’intérêts.

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Introduction à la macroéconomie

5.2. Politique d’emploi

On distingue les politiques d’emploi « actives » et les politiques d’emploi


« passives ».

5.2.1. Les politiques d’emploi actives

Elles visent à augmenter le niveau de l’emploi. Elles sont de trois types et


sont mises en œuvre suivant des phases successives :

1ère phase de défense de l’emploi : elle consiste à freiner les licenciements


et les suppressions d’emplois, éventuellement à réduire le temps de travail
ou à créer des emplois publics. La réduction du temps de travail vise à
augmenter les emplois créés. Si les salariés travaillent moins, il en faudra
davantage pour assurer le même niveau de production. Mais, cette mesure
ne peut avoir d’effet proportionnel et automatique sur l’emploi car les
entreprises peuvent profiter de cette réduction pour mieux organiser la
production. Ainsi, les gains de productivité peuvent venir limiter voire
annuler les créations d’emplois escomptés avec la réduction du temps de
travail, d’autant que les entreprises sont fortement incitées à accroître leur
productivité car les salariés bénéficient de la compensation salariale ;

2ème phase de gestion de la population active : elle consiste à diminuer la


population active à travers la pré-retraites ou les aides au retour pour les
travailleurs étrangers acceptant de regagner leur pays ;

3ème phase de traitement économique et social du chômage, en faveur de


certaines catégories particulièrement affectées (jeunes, femmes, personnes
âgées). Le traitement économique vise à augmenter le niveau d’emploi à
travers par exemple les subventions à l’emploi et la réduction des charges
sociales accordées aux entreprises. Le traitement social vise à réduire le
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Les Manuels de l’IUA- Licence 2 Science économiques / Semestre 3
poids l’excédent de population active sur le niveau de l’emploi en
corrigeant les mécanismes d’exclusion en favorisant l’insertion ou la
réinsertion dans la vie professionnelle à travers la formation en alternance,
stage d’adaptation ou de formation, le congé de conversion pour les salariés
touchés par les restructurations des entreprises.

5.2.2. Les politiques d’emploi passives

Elles se concentrent sur l’indemnisation des chômeurs. Par exemple, en


France, les mesures d’aide au retour à l’emploi combinent l’octroi
d’allocation chômage et l’aide sociale aux personnes sans emploi.

Cependant, selon l’analyse libérale, les seules aides apportées aux


chômeurs peuvent inciter les chômeurs à la paresse et créer ainsi une
« trappe à chômage ».

Ces politiques ont été alors réorientation au cours des années 80 et 90 dans
les pays anglo-saxon vers le concept de « Workfare ». C’est la contraction
de work (travail) et de Welfare (bien-être). Ainsi, le Workfare combine les
aides et l’obligation d’effectuer des travaux d’utilité collective.

5.3. Mesures réglementaires

La flexicurité combine une réglementation du travail suffisamment flexible


pour permettre aux entreprises de s’adapter aux transformations
économiques et une protection sociale suffisamment sécurisante pour
couvrir tous les individus le long de leur parcours professionnel, même
lorsqu’ils se retrouvent sans emploi. Cette sécurisation des parcours
professionnels consiste à garantir aux individus la continuité de leurs droits
sociaux durant les périodes d’interruption d’emploi. Un service public de
l’emploi efficace, permettant le retour à l’emploi et une formation tout au
long de la vie complètent cette « transférabilité » des droits sociaux.

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Introduction à la macroéconomie

CHAPITRE 6 INFLATION

1. Définition : inflation, déflation et désinflation

L’inflation est la hausse durable du niveau général des prix à l’intérieur


d’un pays.

D’après cette définition une hausse ponctuelle et localisée des prix, ne peut
être considérée comme de l’inflation, que si elle se propage à toute
l’économie et se poursuit sur la période qui suit. Ainsi, le mouvement de
croissance des prix doit être général et concerner les différents secteurs et
branches de l’économie et se maintenir dans le temps au moins un
semestre.

L’inflation doit être distinguée d’autres phénomènes (déflation,


désinflation, stagflation) qui affectent aussi le niveau général des prix :

 La déflation exprime la diminution du niveau général des prix et


désigne généralement une situation de dépression économique.
 La désinflation désigne la baisse du taux d’inflation. Il intervient
lorsque les prix augmentent toujours mais à un rythme moins
important qu’auparavant.
 La stagflation est un concept qui désigne une accélération de
l’inflation conjuguée à une augmentation du taux de chômage.

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Les Manuels de l’IUA- Licence 2 Science économiques / Semestre 3
2. Mesure de l’inflation

L’ampleur de l’inflation est mesurée par le taux d’inflation, qui correspond


au taux de variation de l’indice des prix entre deux dates.

 IP  IPt 1 
Tinflation     t   100
 IPt 1 

Il s’agit du taux d’inflation annuel. On peut également le calculer le taux


d’inflation en glissement annuel pour prendre en compte les variations
saisonnières ou en moyenne annuel.

 Le taux d’inflation en glissement annuel compare l’indice des prix


du mois de décembre des deux années.
 Le taux d’inflation en moyenne annuelle compare la moyenne
annuelle de l’indice (moyenne arithmétique des douze indices de
l’année) des deux années.

L’Indice des prix communément utilisée est l’indice des prix à la


consommation (IPC). Cet instrument statistique résume l’ensemble des prix
des biens et services consommés par les ménages (détail). Il ne prend pas
en compte les prix à la production ou les prix de gros contrairement au
déflateur du PIB.

3. Causes et solutions du chômage

Les économistes distinguent plusieurs causes de l’inflation :

3.1. Inflation par la monnaie

Cause : une quantité de monnaie excessive ou, précisément, d’une


croissance de la masse monétaire trop importante par rapport à la
croissance de la production conduit à la hausse des prix (théorie
quantitative de la monnaie). La hausse des prix résulte donc d’une création
excessive de monnaie. Cette explication, apparue dès le XVIe siècle
lorsque l’afflux de métaux précieux d’Amérique provoqua une hausse des
prix.

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Introduction à la macroéconomie

Solution : la réduction de la quantité de monnaie en circulation ou contrôler


la vitesse d’expansion de la monnaie.

3.2. Inflation par la demande

Cause : La hausse des prix résulte d’un déséquilibre entre l’offre de biens,
qui est insuffisante et la demande des consommateurs. Cette demande trop
forte peut être expliquée par une création monétaire, mais également par
d’autres facteurs comme l’augmentation de la population par exemple.

Solution : l’accroissement de l’offre de biens ou l’augmentation des


capacités de production des entreprises sont des remèdes.

3.3. Inflation par les coûts

Cause : elle traite des facteurs qui interviennent dans la fixation des prix de
revient par les entreprises. Elle se traduit par une répercussion sur les prix
de vente d’une augmentation des coûts de production ou coûts des facteurs.
Par exemple, une augmentation du prix des matières premières, des salaires
ou d’autres coûts auxquels les entreprises doivent faire face. Par exemple,
si les salaires augmentent plus rapidement que les gains de productivité, le
coût du travail augmentera et sera peut-être répercuté sur les prix de vente.
Par ailleurs, une hausse du prix du pétrole peut ainsi se répercuter sur
l’ensemble de l’économie.

Lorsque l’inflation par les coûts est liée à l’augmentation du prix des biens
importés on parle d’inflation importée.

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Les Manuels de l’IUA- Licence 2 Science économiques / Semestre 3
3.4. L’inflation structurelle

Causes sont :

La structure du marché. Par exemple sur un marché oligopolistique


caractérisé par quelques offreurs et un grand nombre de demandeurs, les
entreprises peuvent influencer les prix de marché à la hausse ;

La pouvoir monétaire des banques. En effet, par le biais de la création


monétaire et donc de l’octroi des crédits, les banques encouragent
indirectement la consommation. Si la production n’arrive pas à suivre
l’augmentation de la demande, il y aurait hausse des prix et donc inflation ;

La libéralisation et le commerce international. Avec l’ouverture sur les


marches extérieures, la demande envers les produits nationaux pourrait
augmenter, entraînant ainsi l’augmentation des prix.

La dévaluation compétitive. Elle renchérit les prix à l’importation et peut


de ce fait entraîne l’augmentation de la demande pour les biens intérieurs et
partant celle des prix nationaux.

Les anticipations inflationnistes, de la part des agents économiques, font


que ces derniers préfèrent une consommation immédiate plutôt que de
consommer ultérieurement avec des prix plus élevés. Il en résulte une
inflation aujourd’hui.

4. Conséquences

L’inflation influe sur l’économie et sur la société. Ses effets sont multiples :
elle affecte la compétitivité, la consommation, le chômage, la croissance et
la répartition.

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Introduction à la macroéconomie

4.1. Pouvoir d’achat

L’inflation correspond d’abord à une diminution du pouvoir d’achat de la


monnaie. Le taux de change réel (e) à l’incertain est un rapport entre le prix
étrangers converti en monnaie nationale (EP*) et le prix intérieur (P) :

P*
e E
P

Une hausse des prix induit réduit le pouvoir d’achat de la monnaie. On


parle dans une certaine mesure de dépréciation de la valeur interne de la
monnaie.

Comme le pouvoir d’achat désigne la quantité de biens et services qu’un


certain revenu permet d’obtenir, la hausse des prix conduit à une
diminution de la quantité de biens que permet d’acheter une certaine
somme.

S
s
P

En période d’inflation, si les revenus augmentent, l’augmentation nominale


est moins importante que la véritable augmentation de pouvoir d’achat.

4.2. La compétitivité-prix

L’existence d’un différentiel d’inflation entre un pays donné et ses


partenaires commerciaux, diminue sa compétitivité-prix. En effet, lorsque
les prix nationaux augmentent plus rapidement que ceux des pays
étrangers, les produits nationaux ne seront plus aussi compétitifs que les
produits similaires étrangers, ce qui pénalise le commerce. Par exemple,
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Les Manuels de l’IUA- Licence 2 Science économiques / Semestre 3
une inflation plus importante en Côte d’Ivoire qu’ailleurs pénalise les
exportations ivoiriennes alors que les prix des importations deviennent
moins élevés que les prix des produits intérieurs. L’inflation s’accompagne
donc d’une modification des prix relatifs.

4.3. La consommation

L’inflation peut avoir soit un effet expansif, soit un effet dépressif sur la
consommation. L’effet dépressif de l’inflation sur la consommation a été
développé par Pigou. Il part de l’idée selon laquelle chaque agent
économique souhaite détenir un montant d’encaisse réelles constant c’est-
à-dire un rapport entre la masse monétaire M et le niveau général des prix P
constant. Si les prix augmentent, M/P diminue. Pour reconstituer son
encaisse, l’agent va être amené à diminuer sa consommation. L’effet
expansif de l’inflation sur la consommation s’explique par les anticipations.
En effet, si les prix augmentent et si l’agent anticipe une accélération de
l’inflation, il va avoir tendance à consommer plus aujourd’hui, accroissant
du même coup le taux d’inflation.

4.4. La spirale inflationniste

Lorsque les coûts augmentent les entreprises peuvent répercuter cette


augmentation sur les prix pour maintenir ou accroître leur profit découlant
de leur activité productive. Ce qui influence sur le niveau général des prix.
Dès lors l’inflation peut aussi s’analyser comme une spirale salaires-profit
(« spirale inflationniste »), la hausse des uns ne faisant que compenser celle
des autres.

4.5. La répartition

L’inflation entraîne toujours de profondes modifications dans la répartition


des revenus : certaines catégories d’agents sont pénalisées par l’inflation,
d’autres au contraire, y gagnent ou ne sont au moins pas affectés par la
hausse des prix.

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Introduction à la macroéconomie

Les agents qui sont pénalisés par l’inflation sont:

 Les détenteurs de revenus fixes comme les rentes foncières et la


redevance féodale en monnaie, qui ont a été surtout répandues au
milieu du XVIème siècle.
 Les retraités, dont les pensions de vieillesse sont réajustées par
période et les salariés dont les contrats de travail sont indexés avec
retard.

Les agents qui tirent parti de l’inflation sont :

 Les agents endettés car ils sont amenés à payer des sommes fixes à
terme (tels que le remboursement des crédits) et continuent de payer
les mêmes sommes suivant un taux d’intérêt préalablement fixé, et
ne seront pas touchés par l’inflation. Bien au contraire, ils
bénéficient de l’augmentation du niveau des prix, puisque la
monnaie perd de sa valeur.
 L’Etat peut aussi bénéficier de l’inflation dans la mesure où la hausse
des prix constitue un « impôt indolore ». En effet, l’inflation conduit
à un alourdissement de la charge fiscale puisque l’imposition pèse
sur le revenu nominal et non sur le revenu réel (pouvoir d’achat).

4.6. La croissance

Entre l’inflation et la croissance, il peut y avoir une relation positive ou


négative :

 L’inflation est un facteur de croissance : dans la mesure où elle


contribue à la diminution des taux d’intérêts réels, et favorise ainsi,

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Les Manuels de l’IUA- Licence 2 Science économiques / Semestre 3
le recours à l’endettement des entreprises et des ménages pour
financer l’investissement et la consommation.
 L’inflation est un symptôme de forte croissance : elle apparaît
lorsque les capacités de production tournent à plein et que le facteur
travail est entièrement mobilisé.
 L’inflation est un frein à la croissance : elle dégrade la compétitivité,
freine les exportations, crée un climat d’incertitude et diminue le
taux d’épargne, ce qui défavorise l’investissement et par suite la
production et la croissance.

4.7. Le chômage

Phillips a publié en 1958 une étude sur la relation entre le taux de chômage
et la variation du salaire nominal en Grande Bretagne de 1861 à 1957.
D’après lui, lorsque le taux de chômage est faible, les hausses de salaires
sont importantes et par suite l’inflation est importante, à l’inverse, lorsque
le taux de chômage est élevé, les hausses de salaires sont faibles voire
négatives et l’inflation n’est pas importante. Cette relation décroissante
peut s’expliquer par le pouvoir de négociation des syndicats : lorsque le
chômage est élevé, les syndicats ne peuvent obtenir de hausse solide des
salaires.

CHAPITRE 7 POLITIQUE CONJONCTURELLE

La politique conjoncturelle s’insère dans la grande famille des politiques


économiques mise en place dans la plupart des pays du monde.

1. Politique économique

La politique économique exprime les choix et les modalités d’action mis en


œuvre par l’État pour produire des effets à long terme en faisant évoluer les
structures (politiques structurelles) ou pour produire des effets à court
terme pour répondre aux problèmes de conjoncture (politiques
conjoncturelles). La conception d’une politique économique suppose la
définition d’objectifs et la manipulation d’instruments en vue de leur
réalisation.

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Introduction à la macroéconomie

1.1. Objectifs

Les pouvoirs publics interviennent dans l’économie via des politiques


économiques c’est-à-dire en concevant et en mettant en œuvre un ensemble
d’actions pour atteindre les objectifs économiques et sociaux qu’ils se sont
fixés. Ils s’appuient sur :

 Les politiques conjoncturelles qui visent à orienter, sur du court


terme, l’activité économique dans le sens souhaité par les pouvoirs
publics afin de maintenir ou de rétablir les grands équilibres. Les
deux composantes essentielles de la politique conjoncturelle sont la
politique budgétaire et la politique monétaire.
 Les politiques structurelles qui ont une action à long terme. Elles
visent une modification profonde du fonctionnement de l’économie.
Il s’agit par exemple des politiques de nationalisation ou de
privatisation, des politiques industrielles, des politiques de recherche
et formation, des politiques de réglementation de l’environnement ou
encore des politiques de déréglementation des marchés financiers.

1.2. Les domaines de la politique économique

L’État intervient sur le plan économique pour corriger ou compléter le jeu


du marché. Les domaines d’intervention de l’État dans l’économie se
situent entre les deux conceptions du rôle de l’État. De ces deux
conceptions va découler une intervention plus ou moins importante de
l’Etat dans l’économie.

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Les Manuels de l’IUA- Licence 2 Science économiques / Semestre 3
1.2.1. Le libéralisme

Dans la conception libérale (A. Smith, XVIII), l’intervention de l’Etat dans


l’économie doit être minimale : on parle d’État gendarme qui cherche à
maintenir l’ordre intérieur et extérieur. Ses domaines d’intervention sont :

 la défense nationale ;
 la police ;
 la justice.

Ainsi, l’Etat n’intervient dans le marché que pour en garantir le respect des
règles de fonctionnement et en assurer le bon fonctionnement. En effet, la
doctrine libérale considère que la concurrence exercée sur les marchés
garantit la meilleure efficacité économique possible. Dès lors que les
individus sont laissés libres de poursuivre leurs intérêts personnels sur les
différents marchés (meilleure satisfaction possible des consommateurs et
plus grand profit possible pour les producteurs), il en découle la réalisation
de l’intérêt général. Pour eux, l’intervention de l’État doit être minimale
(État gendarme). L’État doit rester cantonné dans ses fonctions régaliennes
avec toutefois un devoir de prise en charge des activités non rentables
(biens collectifs et externalités) et de création d’un cadre institutionnel qui
permette au marché de fonctionner sans entrave.

1.2.2. L’interventionnisme

Dans la conception interventionniste (JM Keynes), l'État providence doit


intervenir dans l’économie car le marché est incapable de se réguler de
façon autonome. Ainsi, l’Etat intervient afin de réguler le fonctionnement
du marché c’est-à-dire de :

 Stabiliser l’économie et en assurer les grands équilibres : plein-


emploi, stabilité des prix…
 Protéger les individus contre les risques économiques et sociaux :
mise en place du système de sécurité sociale.

John Maynard Keynes est un économiste britannique, né en 1883, mort en


1946, qui va révolutionner la pensée économique en publiant la "Théorie
générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie " (1936). Il se situe au

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Introduction à la macroéconomie

niveau macroéconomique et raisonne à court terme pour s'opposer aux


politiques libérales qui ne font qu’aggraver le chômage.

2. La politique conjoncturelle

Une politique économique l’ensemble des interventions de l’Etat


susceptibles de modifier à court terme et à moyen terme l’évolution de
l’économie.

2.1. Les objectifs et instruments

Pour la conduite de la politique macroéconomique, les décideurs se dotent


d’objectifs et choisissent les instruments à mettre en œuvre de façon à
réaliser au mieux ces objectifs.

Les objectifs des politiques économiques conjoncturelles ont été


schématisés par l’économiste Kaldor sous la forme d’un carré magique. On
retient les quatre indicateurs correspondant aux quatre principaux
objectifs :

 Améliorer la croissance : hausse du PIB


 Améliorer l’emploi : réduire le chômage
 Assurer la stabilité des prix : limiter l’inflation
 Assurer l’équilibre extérieur : améliorer le solde de la balance
commerciale

Ce carré est qualifié de magique car il est très difficile d’atteindre les quatre
objectifs en même temps, du moins sur le court terme.

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Les Manuels de l’IUA- Licence 2 Science économiques / Semestre 3
2.2. Les instruments

Pour réaliser leurs objectifs, les pouvoirs publics disposent de nombreux


moyens. Les deux principaux instruments utilisés dans le cadre des
politiques contra-cycliques sont les instruments budgétaires et les
instruments monétaires.

2.2.1. La politique budgétaire

Elle est contrôlée par les gouvernements, la politique budgétaire a pour


objectif d’orienter l’activité économique grâce au budget en jouant sur le
montant et la nature des dépenses et des recettes de l’État.

Politique de dépense qui consiste à augmenter ou à baisser les dépenses


publiques (G). Ce sont les
Dépenses courantes :
 La consommation publique : traitements, salaires, pensions des
fonctionnaires et employés d’Etat, frais d’entretien, loyers, achat de
fournitures
 Les dépenses de transfert : subventions aux entreprises, transfert aux
ménages (allocations familiales, primes de naissance, bourse
d’études, etc.), transferts au reste du monde (contribution au budget
de l’UEMOA, APD), contribution au déficit de la sécurité sociale.
 Les intérêts de la dette publique.
Dépenses en capital comportent les dépenses d’investissement qui servent à
augmenter le patrimoine public ainsi que le remboursement de la dette
publique : investissements publics (bâtiments publics, infrastructures
routières), financement des entreprises publiques, remboursement du
principal de la dette publique.
Politique fiscale qui consiste à baisser ou à augmenter les recettes fiscales
(T). Elles sont composées des :
Recettes courantes comprenant les :
 Impôts et taxes
o Impôts directs qui sont perçus sur le revenu ou sur la fortune
des entreprises et des ménages.
o Impôts indirects qui sont perçus lors de certains actes relatifs à
l’utilisation des revenus ou de transactions commerciales

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Introduction à la macroéconomie

(TVA).
 Recettes courantes : d’intérêts de fonds publics déposés auprès des
banques; de redevances encaissées en contrepartie de concessions
accordées à certaines sociétés privées; de revenus provenant des
sociétés à participation publique et de l’exploitation d’entreprises
publiques ; de taxes sur le produit brut des jeux; de recettes, de
moindre importance, ayant leur origine dans la location d’immeubles
ou la vente de biens meubles.
Les recettes en capital : vente de terrains, d’immeubles ou de participations
appartenant à l’Etat, mais aussi des emprunts publics.
Solde budgétaire est la différence entre les recettes courantes de l’Etat, T,
et ses dépenses courantes, G, dans une année fiscale :
SBt  Tt  Gt
il y a équilibre budgétaire si les recettes sont égales aux dépenses:
SBt  Tt  Gt  0
Il y a excédent budgétaire si les recettes sont supérieures aux dépenses
SBt  Tt  Gt  0
Tandis qu’il y a déficit budgétaire si les recettes sont inférieures aux
dépenses
SBt  Tt  Gt  0

89

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Les Manuels de l’IUA- Licence 2 Science économiques / Semestre 3
2.2.2. Politique monétaire

Elle est contrôlée généralement par les banques centrales, la politique


monétaire a pour objectif de maintenir les grands équilibres économiques
par le contrôle de l’évolution de la masse monétaire et de celle des taux
d’intérêt.

Instruments de la politique monétaire


Politique de taux d’intérêt

Taux directeur : les banques centrales fixent les taux d’intérêt directeurs.
Une hausse (ou une baisse) de ces taux accroît (diminue) le coût de
refinancement des banques.

Opérations d’open market : l’open market est une technique d’intervention


de la Banque centrale sur le marché monétaire. Elle consiste à fournir ou
retirer des liquidités aux banques en achetant ou vendant des titres. L’achat
(la vente) de titres sur le marché monétaire entraîne l’augmentation (la
diminution) du taux d’intérêt sur ce marché, élevant (baisse) ainsi le coût
du refinancement des banques et leurs offres de crédit aux agents
économiques.
Politique de réserve obligatoire :

Les réserves obligatoires : les réserves obligatoires sont des fonds non
rémunérés qui doivent être déposés par les banques auprès de la Banque
centrale et qui ne seront pas utilisés pour faire des crédits. Si la BC souhaite
restreindre (accroître) la création monétaire, elle augmente (diminue) le
taux de réserves obligatoires des établissements de crédit. Cela devrait
décourager (encourager) les banques à prêter davantage.

Politique d’encadrement du crédit


La Banque centrale impose aux banques des quotas de crédit à ne pas
dépasser. Ces seuils sont fonction des crédits accordés l’année précédente.
Il s’agit de limiter le pouvoir de création de monnaie par les banques qui
doivent respecter un certain pourcentage d’augmentation annuelle des
crédits qu’elles distribuent.

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Introduction à la macroéconomie

3. Politique de relance et politique de rigueur

Les politiques conjoncturelles oscillent généralement entre :

 Un politique de rigueur (Stop), d’inspiration plutôt libérale, qui vise


à lutter contre l’inflation et retour à l’équilibre extérieur.
 Une politique de relance (Go), d’inspiration plutôt keynésienne, qui
vise relance de l’activité économique et réduction du chômage.

Politique monétaire Politique budgétaire


Politique de Hausse des taux d’intérêt Baisse des dépenses
rigueur (de réserve obligatoire) publiques et/ou hausse des
impôts
(STOP)
Contraction de la masse Réduction des déficits
monétaire budgétaires
Politique de Baisse des taux d’intérêt (de Hausse des dépenses
relance réserve obligatoire) publiques et/ou baisse des
impôts
(GO)
Accroissement de la masse Creusement des déficits
monétaire budgétaires

4. Effets des politiques économiques

Les politiques conjoncturelles assurent la régulation des fluctuations


économiques. Le choix d’une politique économique est fait en fonction de

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Les Manuels de l’IUA- Licence 2 Science économiques / Semestre 3
la situation de l’économie nationale et des objectifs politiques des partis au
pouvoir.

4.1. Politique de relance

Les politiques de relance d’inspiration keynésienne, visent la lutte contre la


récession et retrouver la croissance économique et la lutte contre le
chômage.

4.1.1. Effets attendus

Les moyens utilisés consistent à développer les revenus des ménages par
une politique de salaire souple et une extension des revenus de transferts;
par ailleurs, la demande publique tend à s’accroître, le déficit budgétaire
étant considéré comme favorable parce qu’il stimule la demande. La
politique monétaire assure une progression des crédits et de la masse
monétaire, les taux d’intérêts sont bas.

BAISSE DES TAUX D’INTERÊT OU DES RESERVES


OBLIGATOIRES

LES COÛTS CREDITS DIMINUENT OU LES POSIBILITE DE


CREDITS AUGMENTENT

INVESTISSEMENTS CONSOMMATION
AUGMENTENT AUGMENTE

LA CROISSANCE DU PIB S’ACCELERE ET LE CHÔMAGE BAISSE


MAIS IL Y A UN RISQUE D’INFLATION, DE DEFICIT EXTERIEUR.

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Introduction à la macroéconomie

CREUSEMENT DU DEFICIT PUBLIC

DEPENSES PUBLIQUES RECETTES DIMINUENT


AUGMENTENT

LA DEMANDE GLOBALE (CONSOMMATION ET


INVESTISSEMENTS) AUGMENTE

LA CROISSANCE DU PIB S’ACCELERE ET LE CHÔMAGE BAISSE,


MAIS IL Y A RISQUE D’INFLATION, DE EDFICIT EXTERIEUR ET
D’ENDETTEMENT PUBLIC EXCESSIF

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Les Manuels de l’IUA- Licence 2 Science économiques / Semestre 3
4.1.2. Les limites

La politique de relance keynésienne présente d’autres limites importantes:

 La contrainte extérieure : la relance par la demande entraîne une


hausse des importations donc un déficit de la balance commerciale
pour un pays fortement ouvert.
 L’inflation : plus de revenus entraîne plus de demande (plus de
consommation et plus d’investissement) or selon la loi de l’offre et
de la demande, si la demande est supérieure à l’offre l’inflation
augmente.
 L‘effet boule de neige et la soutenabilité budgétaire : la soutenabilité
budgétaire concerne la capacité d’un État à rester solvable. En effet,
il faut que la richesse créée soit suffisante pour payer les intérêts de
la dette sinon ces derniers seront de plus en plus lourds et la dette va
s’aggraver. On appelle cela l’effet boule de neige de la dette.
 L’effet d’éviction des entreprises (Friedman) : pour financer le
déficit, l’État doit emprunter sur les marchés en risquant d’évincer
les acteurs privés : c’est l’effet d’éviction. Le recours à l’emprunt
détourne l’épargne des ménages vers le secteur public au détriment
du secteur privé, ce qui provoque une baisse de l’investissement et,
par-là, un ralentissement de l’activité économique.
 Les anticipations rationnelles des agents économiques (Robert
Lucas) théorie selon laquelle les ménages anticipent une mesure de
relance budgétaire comme une hausse future de leurs impôts et
diminuent en conséquence leur consommation mettant en échec la
relance.
 Le poids des impôts : Laffer présente une théorie qui veut que
jusqu’à un certain niveau, l’impôt est accepté par les contribuables
mais qu’au-delà d’un certain taux d’imposition, les recettes fiscales
diminuent. La figure ci-dessous illustre ce mécanisme : lorsque le
taux augmente jusqu’au point T, les recettes fiscales augmentent et
atteignent un maximum M. Au-delà du point T, le taux devient
dissuasif et les agents économiques sont incités à travailler moins ou
à recourir à des activités non déclarées (baisse des recettes de l’Etat).
Le point M est le sommet de la courbe, il correspond aux recettes
maximales de l’Etat. Ce n’est pas un taux de pression fiscale

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Introduction à la macroéconomie

immuable. On peut résumer cette théorie ainsi : « trop d’impôts tuent


l’impôt » ou « les hauts taux tuent les totaux ».

4.2. Politique de rigueur

Les politiques de rigueur, d’inspiration plutôt libérale, privilégient la lutte


contre l’inflation, le déficit budgétaire et l’endettement excessif et la
réduction du déficit extérieur. Elles impliquent le plus souvent le freinage
de la croissance et donc de la demande.

4.2.1. Effets attendus

En matière de revenu, c’est la rigueur salariale qui doit permettre un


partage de la valeur ajoutée plus favorable aux entreprises et un
ralentissement de la hausse des coûts et de la demande. La politique
budgétaire recherche l’équilibre ou l’excédent du budget afin de limiter
l’effet inflationniste du déficit et le poids de la dette publique. Une
politique monétaire restrictive se traduit par une limitation du crédit et une
hausse des taux d’intérêt.

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Les Manuels de l’IUA- Licence 2 Science économiques / Semestre 3

HAUSSE DES TAUX D’INTERÊT OU DES RESERVES


OBLIGATOIRES

LES COÛTS CREDITS AUGMENTENT OU LES POSIBILITES


DE CREDITS DIMINUENT

INVESTISSEMENTS CONSOMMATION
DIMINUENT DIMINUE

LA CROISSANCE DU PIB RALENTIE ET L’INFLATION BAISSE AVEC UN RISQUE


CHÔMAGE ELEVE, DE RECESSION CAR LA DEMANDE GLOBALE BAISSE

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Introduction à la macroéconomie

REDUCTION DU DEFICIT PUBLIC

RECETTES
DEPENSES PUBLIQUES BAISSE
AUGMENTENT

LA DEMANDE GLOBALE (CONSOMMATION ET


INVESTISSEMENTS) DIMINUE

LA CROISSANCE DU PIB ET RALENTIE ET L’INFLATION


BAISSE, LE DEFICIT DISPARAIT AVEC UN RISQUE
CHÔMAGE ELEVE, DE RECESSION CAR LA DEMANDE
PUBLIQUE BAISSE

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Les Manuels de l’IUA- Licence 2 Science économiques / Semestre 3

4.2.2. Limites

La politique de rigueur libérale présente les limites importantes suivantes :

 Aggrave la récession
 Accroît le chômage
 La baisse des rentrées fiscales à terme à cause de la récession

Ce chapitre montre que pour résorber les déséquilibres les politiques


conjoncturelles sont nécessaires. Mais, chacun de ces politiques à des
limites dont la résolution nécessite une coordination.

CONCLUSION GENERALE

Ce cours a traité les bases de la macroéconomie. Les deux premiers


chapitres ont mis en évidence le fonctionnement de l’économie basé sur les
trois principales fonctions économiques qui lient les agents économiques
(production, répartition et dépenses) et les agrégats macroéconomiques tels
que le PIB, les indices de prix, le taux de change et le taux d’intérêt. Dans
le chapitre 3 et le chapitre 4 ont abordé les questions de la croissance
économique et de la conjoncture économique. Le chômage et l’inflation ont
fait l’objet de traitement dans les chapitres 5 et 6. Enfin, le chapitre 7 a
présenté les politiques conjoncturelles.

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Introduction à la macroéconomie

Table des matières


Avant-propos ........................................................................................................................ 4
INTRODUCTION GENERALE .................................................................................................... 6
1. Il était une fois, l’homme qui ressent des besoins et cherche à les satisfaire. ....................... 6
1.1. L’homme ressent des besoins. ...................................................................................... 6
1.1.1. Définition du besoin :............................................................................................ 6
1.1.2. Classification des besoins...................................................................................... 6
1.1.3. Caractéristiques des besoins .................................................................................. 7
1.2. L’homme satisfait ses besoins par l'acquisition de biens. .............................................. 8
2. La rareté impose des choix économiques ........................................................................... 9
2.1. Existence d’un conflit entre besoins illimités et biens limités et coûteux. ...................... 9
2.2. Les sujets économiques doivent faire des choix. ......................................................... 10
3. En quoi consiste donc l’économique ? ............................................................................. 10
4. Macroéconomie ............................................................................................................... 10
4.1. Définition et objet de la macroéconomie .................................................................... 11
4.2. Objectifs de la macroéconomie .................................................................................. 11
4.3. Méthodologie ............................................................................................................ 12
4.3.1. La macroéconomie est à la fois positive et normative. ......................................... 12
4.3.2. Méthodes ............................................................................................................ 14
4.3.3. Modèles .............................................................................................................. 14
CHAPITRE 1 : FONCTIONNEMENT DE L’ECONOMIE.......................................................... 15
1. La production .................................................................................................................. 16
1.1. Définition ........................................................................................................................ 16
1.2. Producteurs et nature de la production ............................................................................. 16
1.1.1.1. Les entreprises et la production marchande ...................................................... 16
1.1.2. Les administrations et la production non marchande ............................................ 17
1.2. Les facteurs de production ......................................................................................... 18
1.2.1. Quels sont ces facteurs ? ..................................................................................... 18

99

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Les Manuels de l’IUA- Licence 2 Science économiques / Semestre 3
1.2.2. Modalité de combinaison des facteurs ................................................................. 19
1.3. Comment mesure-t-on la production ? ....................................................................... 19
1.3.1. Production marchande ........................................................................................ 20
1.3.2. Production non marchande .................................................................................. 20
1.4. Résultat de l’ensemble des activités productives ........................................................ 21
2. La répartition................................................................................................................... 21
2.1. La distribution de revenus .......................................................................................... 22
2.2. La redistribution de revenus ....................................................................................... 22
2.3. Formation du revenu disponible ................................................................................. 23
3. Les dépenses ................................................................................................................... 24
3.1. Ressources................................................................................................................. 24
3.2. Emplois ..................................................................................................................... 24
3.2.1. La consommation finale (noté C) ........................................................................ 24
3.2.2. L’investissement (noté FCBF ou I) ..................................................................... 25
3.2.3. Les exportations (notées X) ................................................................................. 27
4. Circuit et équilibre emplois-ressources ............................................................................ 28
5. Le financement du circuit ................................................................................................ 29
5.1. La capacité ou le besoin de financement .................................................................... 29
5.2. Les circuits de financement ........................................................................................ 29
5.2.1. Les institutions financières .................................................................................. 29
5.2.2. Le marché financier ............................................................................................ 30
5.2.3. Le reste du monde ............................................................................................... 30
CHAPITRE 2 : AGREGATS MACROECONOMIQUES ............................................................ 31
1. Le produit intérieur brut (PIB) ......................................................................................... 31
1.1. Définition et utilité du PIB ......................................................................................... 31
1.2. Mesures ..................................................................................................................... 32
1.2.1. Prix de marché et coût des facteurs...................................................................... 34
1.2.2. Valeur réelle et valeur nominale .......................................................................... 34
1.2.3. PIB par tête et la productivité apparente du travail ............................................... 35
1.3. Limites du PIB .......................................................................................................... 36
1.3.1. Limites liée à la mesure de la richesse ................................................................. 36
1.3.2. Limites liée à la mesure du bien-être : ................................................................. 37
2. Autres indicateurs ............................................................................................................ 38
2.1. Niveau général des prix ............................................................................................. 38
1.3.3. Calcul des deux indices ....................................................................................... 38

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Page 251 of 380
Introduction à la macroéconomie

1.3.4. Le déflateur du PIB ............................................................................................. 39


2.2. Taux de change.......................................................................................................... 40
2.3. Le taux d’intérêt ........................................................................................................ 40
2.4. Investissement, marge et pression fiscale ................................................................... 41
CHAPITRE 3 LA CROISSANCE ECONOMIQUE ..................................................................... 43
1. Concepts de bases............................................................................................................ 43
1.1. La croissance ............................................................................................................. 43
1.2. Productivité ............................................................................................................... 43
1.3. Fonction de production et degré de substitution des facteurs....................................... 44
1.4. Rendements à l’échelle .............................................................................................. 45
2. Taux de croissance .......................................................................................................... 45
2.1. Le taux de croissance annuel ...................................................................................... 45
2.2. Le taux de croissance annuel moyen .......................................................................... 46
2.3. Le taux de croissance trimestriel et trimestriel annualisé ............................................ 46
2.4. Le taux de croissance en glissement annuel ................................................................ 47
3. Les sources de la croissance ............................................................................................ 47
3.1. Variations des facteurs ............................................................................................... 48
3.2. Progrès technique ...................................................................................................... 48
4. Notions de croissance potentielle ..................................................................................... 49
5. Les moteurs de la croissance et la croissance effective ..................................................... 50
CHAPITRE 4 CONJONCTURE ECONOMIQUE ....................................................................... 51
1. Définition ........................................................................................................................ 51
2. Les phases d’un cycle conjoncturel .................................................................................. 52
3. Indicateurs conjoncturels ................................................................................................. 54
3.1. Indicateurs individuels ............................................................................................... 54
3.2. Indices synthétiques ................................................................................................... 54
4. Causes des variations conjoncturelles .............................................................................. 55
4.1. Croissance potentielle et croissance effective ............................................................. 55

101

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Les Manuels de l’IUA- Licence 2 Science économiques / Semestre 3
4.2. Chocs d’offre et de demande...................................................................................... 56
4.2.1. Chocs d’offre ...................................................................................................... 57
4.2.2. Chocs de demande .............................................................................................. 59
4.3. Cycle du crédit et les crises financières ...................................................................... 60
4.3.1. Le cycle du crédit ............................................................................................... 61
4.3.2. Les crises financières .......................................................................................... 63
CHAPITRE 5 LE CHOMAGE ..................................................................................................... 66
1. Définition ........................................................................................................................ 66
2. Le taux de chômage ......................................................................................................... 67
3. Causes du chômage ......................................................................................................... 68
3.1. Causes théoriques ...................................................................................................... 68
3.1.1. L’école classique ................................................................................................ 68
3.1.2. Les Keynésiens ................................................................................................... 69
3.1.3. Théorie des contrats implicites ............................................................................ 69
3.1.4. Théorie du déséquilibre ....................................................................................... 69
3.1.5. Théorie de la segmentation ................................................................................. 70
3.2. Causes empiriques ..................................................................................................... 70
3.2.1. La croissance et la concurrence international ....................................................... 70
3.2.2. L’évolution démographique ................................................................................ 70
3.2.3. Le développement de la technologie.................................................................... 71
3.2.4. Le salaire de réservation...................................................................................... 71
3.3. Causes liées à la gestion des flux d’obtention et de perte d’emploi ............................. 72
4. Les conséquences du chômage......................................................................................... 73
4.1. Les conséquences directes du chômage ...................................................................... 73
4.2. Les conséquences indirectes du chômage ................................................................... 73
5. Politiques anti-chômage................................................................................................... 74
5.1. Politique de lutte contre le chômage ........................................................................... 74
5.1.1. La politique libérale ............................................................................................ 74
5.1.2. La politique keynésienne..................................................................................... 74
5.2. Politique d’emploi ..................................................................................................... 75
5.2.1. Les politiques d’emploi actives ........................................................................... 75
5.2.2. Les politiques d’emploi passives ......................................................................... 76
5.3. Mesures réglementaires ............................................................................................. 76
CHAPITRE 6 INFLATION ......................................................................................................... 77
1. Définition : inflation, déflation et désinflation .................................................................. 77

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Introduction à la macroéconomie

2. Mesure de l’inflation ....................................................................................................... 78


3. Causes et solutions du chômage ....................................................................................... 78
3.1. Inflation par la monnaie ............................................................................................. 78
3.2. Inflation par la demande ............................................................................................ 79
3.3. Inflation par les coûts................................................................................................. 79
3.4. L’inflation structurelle ............................................................................................... 80
4. Conséquences .................................................................................................................. 80
4.1. Pouvoir d’achat ......................................................................................................... 81
4.2. La compétitivité-prix ................................................................................................. 81
4.3. La consommation ...................................................................................................... 82
4.4. La spirale inflationniste ............................................................................................. 82
4.5. La répartition ............................................................................................................. 82
4.6. La croissance ............................................................................................................. 83
4.7. Le chômage ............................................................................................................... 84
CHAPITRE 7 POLITIQUE CONJONCTURELLE ...................................................................... 84
1. Politique économique ...................................................................................................... 84
1.1. Objectifs .................................................................................................................... 85
1.2. Les domaines de la politique économique .................................................................. 85
1.2.1. Le libéralisme ..................................................................................................... 86
1.2.2. L’interventionnisme ............................................................................................ 86
2. La politique conjoncturelle .............................................................................................. 87
2.1. Les objectifs et instruments ........................................................................................ 87
2.2. Les instruments ......................................................................................................... 88
2.2.1. La politique budgétaire ....................................................................................... 88
2.2.2. Politique monétaire ............................................................................................. 90
3. Politique de relance et politique de rigueur ...................................................................... 91
4. Effets des politiques économiques ................................................................................... 91
4.1. Politique de relance ................................................................................................... 92

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Les Manuels de l’IUA- Licence 2 Science économiques / Semestre 3
4.1.1. Effets attendus .................................................................................................... 92
4.1.2. Les limites .......................................................................................................... 94
4.2. Politique de rigueur ................................................................................................... 95
4.2.1. Effets attendus .................................................................................................... 95
4.2.2. Limites ............................................................................................................... 98
CONCLUSION GENERALE ...................................................................................................... 98

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Introduction à la macroéconomie

Introduction à la
macroéconomie

105

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Les manuels de l’IUA-Licence 1 Sciences économiques

Institut Universitaire d'Abidjan

Introduction à la
microéconomie
N’Guetta Gisèle

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Probabilités

Introduction à la microéconomie

N’Guetta Gisèle

ii

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SYLLABUS
INTITULE DU COURS : INTRODUCTION A LA MICROECONOMIE.........................
Code : ………….
Type : CM et TD
Volume horaire : 30 H
UE de rattachement : UE 2 : MICROECONOMIE……………………………………………….
Niveau du cours : LICENCE 1……………………………………………………………
Semestre : 1…………………………………………………………..............................
Nombre de crédit : 3 crs
Nom de l’enseignant : Dr N’GUETTA GISELE………………………………………………...

Les objectifs

L’objectif principal du cours est d’analyser les principes et les outils analytiques de base
permettant de répondre à des questions de nature microéconomique. Il vise donc à fournir aux
étudiants un enseignement de base en microéconomie.

Les objectifs spécifiques

De manière spécifique, il s’agit :


▪ D’étudier les décisions de consommation des ménages.
▪ De décrire le comportement des entreprises

Les pré-requis
De bonnes connaissances en calculs et techniques de dérivation des fonctions sont
essentielles.

Le contenu
Introduction générale : Importance de l’économie, Domaine d’étude de l’analyse
économique, Domaine d’étude de l’analyse microéconomique, Les agents économiques, Rôle
des marchés dans l’analyse économique, Notion d’équilibre, Courbe des possibilités de
production, Concepts d’analyse statique et dynamique, Notion de rationalité de l’agent
économique.

1ère Partie : Théorie du consommateur


Chapitre 1 : Fondements de la théorie du consommateur
Chapitre 2 : Choix optimal du consommateur et dualité
Chapitre 3 : Modification du choix optimal et demande du consommateur

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3
2ème Partie : Théorie de la firme
Chapitre 4 : Fonction de production
Chapitre 5 : Les coûts de production

Programme du cours

N0 de
Plan du cours Contenu Lectures/Travaux
séance
Objet de l’analyse
Introduction générale
microéconomique, biens et Picard, Pierre
Séance 1 du cours
agents économiques, thèmes Varian, Hal R.
abordés par la microéconomie
Concept d’utilité, Mesure
1ère partie : Théorie du ordinale de l’utilité, Mesure Picard, Pierre
Séance 2 consommateur cardinale de l’utilité, Courbes Varian, Hal R.
Chapitre1 d’indifférences et leurs H L AHUJA
propriétés
Taux Marginal de Substitution,
postulat de décroissance du
Chapitre1: (suite et TMS Picard, Pierre
Séance 3
fin) Utilité marginale et loi de l’Um Varian, Hal R.
décroissante, Notion de
contrainte budgétaire.
Méthode de Lagrange
Picard, Pierre
Méthode de substitution et
Séance 4 Chapitre 2: Varian, Hal R.
géométrique, Demande
marshallienne
H L Ahuja
Picard, Pierre
Chapitre 2: (suite et Utilité indirecte, Demande
Séance 5 Varian, Hal R.
fin) compensée
H L Ahuja
Exercices et Percheron S
Séance 6 Théorie du consommateur
Problèmes Salvatore D
Exercices et
Percheron S
Séance 7 Problèmes (suite et Théorie du consommateur
Salvatore D
fin)
Théorie du consommateur, chap
Séance 8 Devoir 1
1 et 2
Elasticité-prix, Elasticité-revenu,
courbe d’engel, consommation Picard, Pierre
Séance 9 Chap 3 prix et revenu, de demande, Varian, Hal R.
demande individuelle et de H L Ahuja
marché
Picard, Pierre
Chapitre 3: (suite et Effet de substitution, revenu et
Séance 10 Varian, Hal R.
fin) total, équation de Slutsky
H L Ahuja
Théorie du consommateur, chap
Séance 11 Devoir 2
2 et 3

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4
Fonction de production,
2ème partie : Théorie
Isoquant, taux marginal de Picard, Pierre
Séance 12 du producteur
substitution technique Gould et Ferguson
Chapitre 4
Productivité marginale.
Chapitre 4 : Fonctions Productivité moyenne, Sentier
et techniques de d’expansion, rendement
Séance 13 Varian
production (suite et d’échelle
fin) Elasticité de substitution
Chapitre 5 : Les coûts
Séance 14 Les coûts de production Varian
de production
Chapitre 5 : Les coûts
Séance 15 de production (suite Les coûts de production Varian
et fin)
Exercices et Percheron S
Séance 16 Théorie de la production
Problèmes Salvatore D
Exercices et Percheron S
Séance 17 Théorie de la production
Problèmes Salvatore D

Méthodes et stratégies pédagogiques


Pour atteindre nos objectifs, les étudiants auront droit à des séances de cours marginaux et
de travaux dirigés. Ces derniers étant nécessaires pour la bonne compréhension du cours, il
appartient dès lors aux étudiants de traiter les exercices au préalable avant les corrections.

Langue d’enseignement : Français

Modalités d’évaluation

Evaluation continue : 60%


Participation 10%
Interrogations 15%
Devoirs sur table 20%
Travaux à rendre 15%

Examen final en fin de semestre 40%


1ère session : à la fin du cours
Session de rattrapage (2ème session) : En Juillet

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Page 261 of 380
5
Les références bibliographiques

- Pindyck, Robert S. et Daniel L. Rubinfeld, Microéconomie, Pearson, 7ème édition,


(2009).
- -Begg David, Stanley Fischer et Rudiger Dornbusch, Microéconomie, 2ème édition,
Dunod, (2002).
- -Wasmer, Etienne, Principes de microéconomie, méthodes empiriques et théories
modernes, Pearson, (2010).
- Picard, Pierre. Éléments de microéconomie 1 - Théorie et applications, 4e édition,
Paris, Éditions Montchrestien, 1994, 587 pages.
- Varian, Hal R. Introduction à la Microéconomie, Bruxelles, De Boeck Université, 6è
édition, 2006.
- Gould et Ferguson, Théorie Microéconomique, Economian, 5è edition, 1993.
- H L AHUJA, .Advanced Economic: Microeconomic Analysis, Schand, 2007
- Lahouani L., Théorie Microéconomique: Eléments de cours et applications
- Malinvaud, Edmond. Leçons de théorie microéconomique, 4e édition, Paris,
Dunod, 1982.
- Percheron S, Exercice de Microéconomie, 6ème édition, 1999.
- Salvatore D, Microéconomie : Cours et Problèmes, Série SCHAUM, 2ème édition,
1999.

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6
INTRODUCTION GENERALE DU COURS

I. Cadre conceptuel de la théorie microéconomique


1. Objet de l’analyse microéconomique
Selon Malinvaud l’économie est la science qui étudie comment des ressources rares sont
employées pour la satisfaction des besoins des hommes vivant en société. Elle s’intéresse d’une
part aux opérations essentielles que sont la production la distribution et la consommation des
biens, d’autre part aux institutions et aux activités ayant pour objet de faciliter ces opérations.
La théorie qui nous intéresse a pour objet principal l’analyse de la détermination simultanée des
prix et des quantités produites, échangées et consommées. Elle est dite microéconomique parce
qu’elle prétend respecter dans ses formulations abstraites l’individualité de chaque bien et de
chaque agent.
La microéconomie traite du comportement d’unités ou d’agents économiques individuels. Ces
unités comprennent les consommateurs, les travailleurs, les investisseurs, les propriétaires
terriens, les chefs d’entreprises, soit tous les agents jouant un rôle dans le fonctionnement de
notre économie. La microéconomie explique comment et pourquoi ces unités prennent des
décisions économiques. Par exemple elle décrit la manière dont les consommateurs prennent
leurs décisions d’achat et l’influence des changements de prix et de revenu sur ces choix. Elle
établit également comment les entreprises décident du nombre de travailleurs à employer et
comment les travailleurs décident dans quelle entreprise travailler et combien de temps
travailler.
La microéconomie s’occupe aussi de la manière dont les agents interagissent pour former des
unités plus grandes, des marchés et des industries. Aussi la microéconomie nous aide à
comprendre le développement de l’industrie textile ivoirienne et l’intervention des producteurs
et consommateurs sur ce marché. Elle permet de déterminer le prix des articles (pagnes, tissus),
les investissements des fabricants dans la construction d’usines, et la quantité d’articles produits
chaque année. En étudiant le comportement et les interactions des entreprises individuelles et
des consommateurs, la microéconomie montre comment les secteurs d’activités et des marchés
fonctionnent et évoluent, quelles sont leurs différences et comment ils réagissent aux politiques
publiques et aux conditions économiques.
Par opposition, le reste de la théorie économique est le plus souvent macroéconomique,
raisonnant directement sur des agrégats de biens et d’agents. La macroéconomie traite de

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7
quantités économiques agrégées telles que le niveau et le taux de croissance de la production,
les taux d’intérêts, le chômage et l’inflation.

2. Biens et agents
Biens et agents constituent les deux concepts premiers de la théorie microéconomique. Le pain,
le charbon, l’énergie électrique, les autobus, etc. sont considérés comme des biens. Les services,
transports, coupes de cheveux, consultations médicales sont aussi des biens puisqu’ils servent
à satisfaire des besoins humains.
L’activité économique des individus est à la fois professionnelle et privée.
Professionnelle : elle se situe souvent dans le cadre d’entreprises ayant pour objet la production.
Privée : elle prend généralement place à l’intérieur des ménages et implique la consommation
de biens pour la satisfaction directe des besoins les plus divers.
La théorie microéconomique distingue ainsi deux types de cellules organisées dans laquelle
opèrent l’une et l’autre de ces activités. On parle donc d’agents producteurs et d’agents
consommateurs. Plus généralement, les agents sont les individus, groupes d’individus ou
organismes qui constituent les unités élémentaires agissantes. A chaque agent correspond un
centre de décision autonome.
On suppose que les agents peuvent être répartis en deux catégories : les producteurs qui
transforment certains biens ou d’autres biens et les consommateurs qui utilisent pour leur
besoins propres certains biens. Les premiers sont aussi appelés parfois entreprises ou firmes.
Les seconds représentent soit les individus eux-mêmes, soit des cellules d’individus solidaires
que constituent les ménages soit encore des groupes sociaux plus vastes poursuivant des
objectifs communs pour la satisfaction directe de leurs besoins.

Dans ce cadre conceptuel général, la théorie microéconomique a deux catégories d’objectifs.


En premier lieu elle doit décrire l’activité des agents, c'est-à-dire fournir des modèles qui
expliquent en termes abstraits comment chaque consommateur détermine la quantité de biens
et comment chaque producteur détermine la quantité produite, décrire aussi comment se
déterminent simultanément toutes les quantités ainsi qu’éventuellement les prix. Elle doit donc
se situer aussi bien au niveau de l’agent dans une optique partielle qu’au niveau de l’économie
entière. C’est l’objet de la théorie de l’équilibre, d’abord équilibre partiel puis équilibre général.
En second lieu elle doit rechercher ce qui pourrait être une organisation optimale de la
production, de la consommation et des échanges pour étudier les propriétés d’un état de

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8
l’économie qui réaliserait cette organisation optimale. C’est l’objet de la théorie de l’optimum
dite encore théorie du rendement social.
Telles sont les questions que nous examinerons successivement au cours des chapitres suivants.

II. Les thèmes abordés par la microéconomie


Une grande partie de la microéconomie concerne les limites : le revenu limité que les
consommateurs peuvent dépenser en biens et services, le budget et la technologie limités que
les entreprises peuvent utiliser pour produire des biens et le nombre limité d’heures
hebdomadaires que les travailleurs peuvent allouer au loisir ou au travail. Mais la
microéconomie montre aussi de quelle manière tirer le meilleur parti de ces limites. Plus
précisément elle traite de l’allocation des ressources rares. Par exemple elle explique comment
les consommateurs allouent au mieux leur revenu limité à l’achat des différents biens et services
disponibles ; comment les travailleurs allouent au mieux leur temps au travail plutôt qu’au
loisir ; comment les entreprises allouent au mieux des ressources financières limitées à l’emploi
de travailleurs supplémentaires, à l’achat de machines ou à la production de tel ensemble de
biens plutôt que tel autre.

Dans une économie planifiée comme celle de Cuba, de la Corée du Nord ou de l’ancienne Union
Soviétique, ces décisions d’allocation dépendent de l’Etat. Il s’agit du système de l’économie
dirigée qui est un système économique dans lequel l’Etat prend toutes les décisions relatives à
la production et à la consommation. On impose aux entreprises la nature, le niveau et les
méthodes de production. Les travailleurs ont peu de latitude dans le choix de leur emploi, du
nombre d’heures de travail et même de leur lieu de résidence et les consommateurs disposent
d’un ensemble très limité de biens. Par conséquents de nombreux concepts et instruments de la
microéconomie ne sont pas pertinents pour ces pays.
Dans un système d’économie libre ou de marché, l’économie fonctionne selon les principes de
l’offre et de la demande. Il n’y a pas d’intervention des pouvoirs publics dans le système
productif en tant qu’acteur de production et les individus ont donc la latitude de poursuivre
leurs propres intérêts.
Le système de l’économie mixte regroupe à la fois le secteur privé et l’Etat en tant qu’acteur de
production. En effet dans ce système, l’Etat et le secteur privé interviennent pour résoudre les
problèmes. Une part importante est contrôlée par l’Etat, le transfert et fournitures des biens de
services tels que la défense ou la police. Il réglemente aussi la mesure dans laquelle les individus
peuvent poursuivre leurs intérêts.

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9
La plupart des économies sont mixtes, certaines sont plus proches de l’économie dirigée et
d’autres de l’économie de marché libre. L’économie ivoirienne appartient au système de
l’économie mixte.

1. Arbitrages
Dans les économies modernes, les consommateurs, les travailleurs et les entreprises ont plus de
flexibilité et de choix dans l’allocation des ressources rares. La microéconomie décrit les
arbitrages auxquels tous sont confrontés et montre comment arbitrer au mieux.
Consommateurs : les consommateurs ont des revenus limités qui peuvent être soit dépensés
pour l’achat de biens, soit épargnés dans le futur. La théorie du consommateur présentée dans
les chapitres 1, 2 et 3 décrit la manière dont les consommateurs, suivant leurs préférences
maximisent leur bien-être en arbitrant pour acheter plus de certains biens et moins d’autres.
Travailleurs : ils doivent arbitrer entre travailler maintenant et percevoir immédiatement un
revenu ou continuer les études avec l’espoir de gagner un salaire plus élevé dans le futur. Les
travailleurs font aussi face à des arbitrages dans leurs choix d’emplois : sécurité d’emploi mais
peu de possibilités d’avancement ou chances d’avancement plus importantes et sécurité de
l’emploi moindre. Enfin les travailleurs peuvent décider du nombre d’heures hebdomadaires
d’activité salariée, arbitrant entre travail et loisir.
Entreprises : les entreprises sont limitées par les types de biens qu’elles peuvent produire et par
les ressources disponibles pour cela. Elles sont aussi contraintes par leurs ressources financières
et par les capacités de production de leurs usines. La théorie de la firme présentée dans les
chapitres 4 et 5 décrit ces arbitrages.

2. Prix et marchés
Le 2ème thème important de la microéconomie est le rôle des prix. Tous les arbitrages décrits
plus hauts sont fondés sur les prix auxquels les consommateurs, les travailleurs ou les
entreprises sont confrontés. Par exemple un consommateur arbitre entre l’achat de bœuf ou de
poulet non seulement en fonction de ses préférences pour chacun des deux biens, mais aussi en
fonction des prix. De la même manière les travailleurs arbitrent entre travail et loisir en partie
selon le prix qu’ils peuvent recevoir de leur travail c.à.d. le salaire. Et les entreprises décident
d’employer plus de travailleurs ou d’acheter plus de machines en partie en fonction du montant
des salaires et du prix des machines.
La microéconomie décrit aussi comment les prix sont déterminés. Dans une économie planifiée,
les prix sont fixés par l’Etat. Dans une économie de marché, les prix sont le résultat des

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interactions des consommateurs, des travailleurs et des entreprises. Ces interactions ont lieu sur
des marchés, ensembles d’acheteurs et de vendeurs qui déterminent ensemble le prix d’un bien.
Sur le marché automobile, par exemple, le prix des voitures est affecté par la concurrence entre
Renault, Toyota et les autres fabricants et aussi par la demande des consommateurs. Le rôle
central des marchés, leur nature et leur fonctionnement est le 3ème thème important abordé par
la microéconomie.

2.1 Théories et modèles


Comme toutes les sciences, l’économie cherche à expliquer les phénomènes observés. Par
exemple pourquoi les entreprises ont-elles tendance à embaucher ou licencier des travailleurs
quand le prix des matières premières varie ? Combien y aura-t-il d’embauches ou de
licenciements probables de travailleurs dans une entreprise quand le prix des matières premières
augmente de 10% par exemple ?
En économie comme dans les autres sciences, les explications et les prédictions sont fondées
sur des théories. Les théories sont développées pour expliquer les phénomènes observés sous
forme d’un ensemble de règles simples et d’hypothèses. Ainsi la théorie de la firme commence
par une hypothèse simple : les entreprises tentent de maximiser leurs profits. La théorie utilise
cette hypothèse pour expliquer comment les entreprises choisissent les quantités de travail, de
capital et de matières premières qu’elles utilisent dans la quantité d’output qu’elles produisent.
Elle explique aussi comment ces choix dépendent du prix des inputs comme le travail, le capital
et les matières premières et du prix de vente de leurs produits.
Les théories économiques servent aussi à formuler des prédictions. Ainsi la théorie de
l’entreprise nous dit si la production d’une entreprise va croître ou diminuer à la suite d’une
augmentation des taux de salaire ou d’une baisse du prix des matières premières. Grâce à
l’emploi de techniques statistiques et économétriques, les théories sont utilisées pour construire
des modèles à partir desquels on obtient des prédictions quantitatives. Un modèle est une
représentation mathématique, fondée sur la théorie économique d’une entreprise, d’un marché
ou d’une autre entité économique.
Aucune théorie n’est parfaite. L’utilité et la validité de la théorie dépendent de sa capacité à
expliquer et prédire l’ensemble des phénomènes que l’on a l’intention d’expliquer et de prédire.
Par conséquent les théories sont continuellement soumises à des tests empiriques. A la suite de
ces tests elles sont souvent modifiées ou précisées et parfois même écartées.

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2.2 Analyse positive et analyse normative
La microéconomie traite à la fois des questions positives et normatives. Les questions positives
traitent de ce qui est et les questions normatives de ce qui devrait être.
Supposons que le gouvernement impose un quota sur l’importation d’automobiles. Que se
passera t-il en termes de prix, de production et de ventes de voitures ? Quel sera l’impact de ce
changement de politique sur les consommateurs ivoiriens ? Sur les travailleurs de l’industrie
automobile ? Ces questions appartiennent au domaine de l’analyse positive : ce sont des
propositions qui décrivent des relations de cause à effet.
L’analyse positive est le cœur de la microéconomie. Supposons que l’Etat envisage
d’augmenter les taxes sur l’essence. Le changement affectera le prix de l’essence, les
préférences des consommateurs pour les petites ou les grosses voitures, etc. pour préparer
convenablement l’avenir, les compagnies pétrolières, les constructeurs d’automobiles, les
fabricants de pièces détachées et d’autres entreprises auront tous besoins d’estimer l’impact de
l’augmentation des taxes. Les décideurs politiques auront aussi besoin d’estimations
quantitatives de ces effets. Ils voudront déterminer les coûts imposés aux consommateurs, les
effets sur les profits et l’emploi dans les industries pétrolières, automobiles et touristiques et le
montant des taxes perçues chaque année.
Parfois on voudrait aussi aller au-delà des explications et des prédictions et poser des questions
comme quelle est la meilleure solution ? Cela nécessite une analyse normative. Ainsi les
constructeurs automobiles voudront savoir combien investir pour rendre les voitures moins
consommatrices d’essence ? Pour les politiques, il s’agit par exemple de savoir si la taxe est
conforme à l’intérêt général. L’analyse normative ne traite pas seulement des différentes
solutions à des questions de politiques économiques. Elle s’intéresse aussi à la conception de
certaines politiques. Supposons qu’on ait décidé qu’une taxe sur l’essence est souhaitable. On
peut ensuite déterminer le montant optimal de cette taxe en cherchant à équilibrer les avantages
et les coûts.
En tant que science positive c'est-à-dire explicative, l’économie doit donc analyser les
comportements d’agents jouissant d’une certaine liberté mais soumis à des contraintes que la
nature et les institutions leur imposent. Elle doit étudier les conséquences qu’ont ces
comportements individuels sur l’état qui se réalisera dans la collectivité.
En tant que science normative, l’économie doit s’interroger sur la meilleure manière d’organiser
la production, la distribution et la consommation. Elle doit nous fournir les moyens conceptuels
permettant un jugement sur les avantages comparés des diverses formes d’organisation.

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Dans sa double recherche explicative et normative, notre science a été amenée à attribuer un
rôle central aux prix qui président aux échanges de biens entre agents. Ces prix reflètent pour
l’individu, d’une manière plus ou moins exacte, la rareté sociale des produits qu’il achète et
qu’il vend. C’est pourquoi l’étude du système des prix revêt autant d’importance que celle de
la production et de la consommation.

3. Qu’est-ce qu’un marché ?


D’une manière générale les marchés rapprochent les acheteurs et les vendeurs de biens et
services. Traditionnellement, le marché est un lieu physique (ou géographique) où se
rencontrent acheteurs (consommateurs) et vendeurs (producteurs) pour un échange monétaire
de biens et services. C’est le cas des foires où se rencontrent directement des vendeurs et des
acheteurs. Dans d’autres cas tels que les bourses de valeurs, les ventes peuvent être faites par
téléphone, par messagerie électronique, etc…
Un marché est donc une expression condensée qui désigne le processus par lequel les décisions
des ménages relatives à la consommation des différents biens, les décisions des firmes relatives
aux biens à produire et à la façon de produire et les décisions des travailleurs concernant la
durée de leur travail sont rendues compatibles grâce à un enregistrement des prix. En d’autres
termes, les quantités demandées des biens et services s’adaptent aux quantités offertes grâce
aux prix. Ce qui permet de déterminer un prix d’équilibre et une quantité d’équilibre.

Quel que soit le niveau retenu, la méthode d’analyse est la même : la méthodologie d’équilibre.
L’équilibre (statique) d’un système est défini comme une situation où les forces qui déterminent
l’état du système sont en équilibre, par conséquent, les variables du système n’ont plus à
changer. Un équilibre d’un système d’agents économiques (que ce soit un marché isolé ou toute
l’économie) peut exister quand deux conditions sont satisfaites :
– les décideurs individuels ne désirent plus changer leurs plans ou leurs réactions ;
– les plans des décideurs individuels sont compatibles entre eux et donc ils peuvent se réaliser.
Une situation économique est en équilibre lorsqu’elle est caractérisée par l’absence de
changement. Aucun agent n’est incité à modifier ses choix ou ses décisions. Elle suppose que
les agents poursuivent leur but propre : la maximisation des profits pour les entreprises et la
maximisation de l’utilité pour le consommateur.
Le concept d’équilibre est important car il nous donne une solution pour nos modèles. Les
forces en action dans un système économique donné (un marché isolé par exemple) une fois
définies, nous nous demandons quel sera le résultat de l’interaction de ces forces. La réponse

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est donnée par le concept d’équilibre : nous établissons les propriétés d’´équilibre du système
et nous prenons ces propriétés comme le résultat que nous cherchons. Cet état correspond à ce
que nous observerions une fois que tous les problèmes de coordination de décisions ont été
résolus sur le marché. Il faut établir au préalable l’existence et les propriétés (en particulier
l’unicité et la stabilité) de cet équilibre.
La détermination de l’équilibre sur un marché peut s’effectuer à trois niveaux :
▪ L’équilibre au niveau des consommateurs ou producteurs individuels,
▪ L’équilibre des marchés uniques,
▪ L’équilibre général ou simultané de tous les marchés.

Lorsqu’un marché est étudié en isolation, c’est-à-dire sans qu’on ne tienne explicitement
compte de ses liens avec les autres marchés, on parle d’équilibre partiel. C’est le cas des deux
premiers types d’équilibre. Il s’agit d’examiner ce qui arrive sur le seul marché du bien étudié
en faisant l’hypothèse « toutes choses égales par ailleurs » ou encore la clause de Ceteris
Paribus. Cette hypothèse permet de considérer comme paramètre les variables appartenant aux
autres marchés.

Exemple : soit la fonction de demande suivante : Dx = f ( Px , Py , R, )

Avec :
Px: le prix du bien x
Py : le prix du bien y
R : le revenu
α: paramètre de goût et préférence
Dans l’analyse des marchés uniques on maintiendra constantes les variables qui ne sont pas
directement liées à la demande du bien X c’est-à-dire Py , R,  et la demande du bien X concerne

le seul prix Px
D x = f ( Px , Py , R ,  )

La demande (Demand) est la quantité de bien que les acheteurs souhaitent acquérir pour chacun
des prix possibles. La courbe de demande est la courbe qui relie la quantité d’un bien demandé
à son prix (en sens inverse) donc plus le prix est élevé moins grande est la quantité. Ainsi :
D x = f ( Px , Py , R ,  )  0

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L’offre (Supply) est la quantité de bien que le producteur souhaite vendre pour chacun des prix
possibles. La courbe d’offre est fonction du prix du bien et des coûts de production. Ces derniers
comprennent la technologie, les prix des facteurs de production (input). L’offre est donc :
S x = g ( Px ) avec S x = g ( Px )
supérieur à 0
Avec l’hypothèse toutes choses égales par ailleurs, l’équilibre partiel se réalise au point E sur
la figure suivante.

Figure 1 : Equilibre sur un marché : L’offre S(P) est égale à la demande D(P)

P
S(P)

D(P)

Au point E, les prix des autres variables sont donnés. Seul le prix du bien étudié sera susceptible
de varier.
Cet équilibre peut avoir trois caractéristiques. Il peut être stable, instable ou métastable.
- L’équilibre stable : lorsque les forces du marché tendent à éloigner le point d’équilibre
de son niveau initial, ces mêmes forces de marché ramènent ce point à son niveau de
départ.
- L’équilibre instable : lorsqu’il y a déviation du point d’équilibre par rapport à son
niveau initial, cette déviation tend à s’agrandir. En d’autres termes l’équilibre est
instable lorsqu’une poussée même légère fait perdre la position d’équilibre au système.
- L’équilibre métastable : lorsqu’il y a déviation par rapport au point d’équilibre, les
forces du marché tendent à ramener le prix d’équilibre vers son niveau initial sans
toutefois l’atteindre ou à écarter davantage ce prix d’équilibre de son niveau initial.

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Donc une poussée même légère fait perdre définitivement la position d’équilibre du
système.

Si on prend en considération les liens d’un marché avec les autres marchés, l'analyse est dite en
équilibre général ou équilibre simultané sur tous les marchés. Dans ce cas l’hypothèse toutes
choses égales par ailleurs est levée. Ainsi on dira qu’un système économique est en équilibre
général compte tenu des informations disponibles et les usages en cours, aucun agent isolé
(consommateur, producteur) et aucun groupe d’agents n’a intérêt à modifier leurs décisions.

III. Notion de rationalité des agents économiques


L’analyse microéconomique fait l’hypothèse selon laquelle le décideur individuel est rationnel.
Un processus de décision rationnelle prend la forme suivante :
• Le décideur énumère toutes les alternatives qui sont disponibles et il écarte les
alternatives qui ne sont pas réalisables ;
• Il tient compte de toute l’information disponible valant la peine d’être collectée dans
l’établissement des conséquences du choix de chaque alternative ;
• En fonction de leurs conséquences, il classe les alternatives selon son ordre de
préférence. Cet ordre doit satisfaire certaines conditions de cohérence et de complétude ;
• Il choisit l’alternative qui a la position la plus élevée dans cet ordre : il choisit
l’alternative dont il préfère la conséquence à celle de toutes les autres alternatives
disponibles.

IV. Méthodes d’analyse en microéconomie


L’approche microéconomique suit une ligne de développement relativement systématique. On
commence avec les modèles des décideurs individuels, un consommateur type et une firme
type. Sous l’hypothèse de rationalité ces modèles prennent la forme de problèmes
d’optimisation sous contraintes : le décideur est supposé chercher l’alternative la meilleure
parmi un ensemble d’alternatives disponibles pour lui. En précisant relativement bien la nature
de ces problèmes d’optimisation et en les résolvant, on est capable d’établir certaines
caractéristiques et propriétés des choix du décideur. De plus, en étudiant comment le choix
optimal varie suite à des modifications des paramètres du problème (surtout des prix) on peut
établir certaines relations de comportement comme les courbes de demande et d’offre.

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La prochaine étape de l’analyse consiste à agréger les relations de comportements sur un groupe
d’agents économiques : sur un marché, la demande globale des acheteurs d’une part et l’offre
globale des vendeurs d’autre part. Ces relations agrégées peuvent ensuite permettre d’analyser
le fonctionnement d’un marché pris isolément ou d’un système de plusieurs marchés
interdépendants.

V. Etendue du cours d’introduction à la microéconomie

Ce cours d’introduction à la microéconomie porte sur la théorie du consommateur et sur les


contraintes technologiques du producteur. Ainsi nous verrons les fondements de la théorie du
consommateur et du producteur (notions d’utilité, de production, d’équilibre).

• Lectures complémentaires
- Pindyck, Robert S. et Daniel L. Rubinfeld, Microéconomie, Pearson, 7ème édition,
(2009), Chapitre 1.

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CHAPITRE I : FONDEMENTS DE LA THEORIE DU CONSOMMATEUR

Introduction

N‘importe quel consommateur, lorsqu’il entre dans un magasin, doit faire un choix entre ce
qu’il désire et ce qu’il peut acheter. De cet arbitrage découle sa demande. Pour analyser ce
comportement d’achat, la théorie de base simplifie l’analyse et considère que le consommateur
de la théorie microéconomique néoclassique est rationnel, qu’il évolue dans un univers sans
risque et atemporel. Il cherche à retirer la satisfaction ou l’utilité la plus grande possible de ses
achats tout en veillant à ce que ses dépenses ne dépassent pas son budget ou revenu et étant
donnés les prix des biens sur les marchés.
Nous allons d’abord représenter les goûts du consommateur. Ensuite, nous déterminerons les
paniers qu’il a la possibilité d’acquérir. Il s’agira de ceux qui sont compatibles avec sa
contrainte de budget. Cela va nous permettre de déterminer la manière dont il classe tous les
paniers disponibles du point de vue de ses goûts. On étudiera alors le choix du panier optimal
sous la contrainte du budget qui nous permettra de déterminer la demande de biens que le
consommateur exprimera sur les différents marchés, pour les différents niveaux de prix de ces
biens.

A. Théorie de l’utilité et de la préférence individuelle


1. Notion de panier de biens et d’espace de biens

Soit un ensemble de n biens caractérisés par l’indice i (1, 2,…, n). Si on représente par Xi la
quantité du bien i, on appelle panier de biens le vecteur formé par les Xi (x1, x2, …, xn). Puisque
les xi mesurent des quantités, on peut considérer qu’ils sont non négatifs et on les associe alors
à des nombres réels positifs.
Pour représenter un certain panier de biens, on se place dans un repère (x1, x2) baptisé espace
de biens. Pour la suite du cours, on considérera des paniers comportant 2 biens seulement.
La consommation de tout panier de biens procure au consommateur une satisfaction ou utilité
qui représente le niveau de satisfaction du consommateur.

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2. Utilité et préférence

2.1 Notion d’utilité


Le concept d’utilité a été développé par les économistes marginalistes (fin du 19ème et début
20ème siècle). L’utilité représente le niveau de satisfaction que le consommateur retire de la
consommation d’un bien ou d’un ensemble de biens donnés. Son appréciation est individuelle
et donc subjective. L’utilité totale UT représente le niveau de satisfaction que procure la
consommation de différentes quantités de biens.
Mais comment évaluer le degré d’utilité d’un consommateur ?
Deux théories sont en général retenues pour mesurer l’utilité : la théorie de l’utilité cardinale et
la théorie de l’utilité ordinale.

2.1.1 L’utilité cardinale


La mesure cardinale de l’utilité fut développée par les économistes néoclassiques William
Stanley Jevons, Léon Walras, ….. Elle consiste à attribuer à chaque bien ou à chaque
combinaison de biens un nombre qui mesure la grandeur de l’utilité qui résulte de la
consommation de ce bien ou de cette combinaison de biens. L’utilité cardinale renvoie donc à
une utilité mesurable et additive.
Soient deux biens x et y dont les utilités mesurées sont respectivement U(x) et U(y). L’additivité
signifie que l’utilité totale UT est égale à : UT = U(x)+U(y).
Ou si l’on a U(x) = 2U(y), alors cela voudrait dire que le consommateur aime deux fois plus x
que y.
Le consommateur est donc capable d’exprimer par un nombre la quantité d’utilité issue de la
consommation d’une quantité donnée d’un bien.
Exemple : La consommation d’une mangue me procure 50 de satisfaction, la consommation
d’une orange me procure 100 de satisfaction.
Les économistes qui ont développé cette idée supposèrent également que l’utilité
supplémentaire attachée à la consommation d’une unité d’un bien devait décroître au fur et à
mesure qu’augmentait la consommation de ce bien. En d’autres termes, l’utilité à la marge
diminue au fur et à mesure qu’augmentent les quantités consommées d’un bien (utilité
marginale décroissante).
L’approche cardinale de la mesure de l’utilité est généralement contestée principalement parce
qu’il est impossible à un consommateur de déterminer une unité de mesure de la satisfaction
retirée de la consommation d’un bien.

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La théorie de l’utilité cardinale a donc été délaissée par l’école néoclassique au début du XXème
siècle au profit de la théorie de l’utilité ordinale.

2.1.2 L’utilité ordinale


La théorie de l’utilité ordinale a été développée au début du 20è siècle par W. Pareto, Slutsky
et a été reprise par Samuelson et Hicks. Pour eux, il est impossible de mesurer l’utilité. Tout ce
qu’un consommateur peut faire, c’est de classer par ordre de préférence les biens ou
combinaisons de biens qu’il conçoit sans qu’il soit nécessaire de quantifier l’utilité. Par exemple
le consommateur préfère une orange à une mangue ; le consommateur est indifférent entre un
Sprite et un Coca cola.
Considérons un consommateur devant choisir entre différents paniers contenant deux biens 1
et 2. Un panier X qui contient x1 unités de bien 1 et x2 unités du bien 2 : X = (x1, x2) et un panier
Y qui contient y1 unités de bien 1 et y2 unités du bien 2 : Y = (y1, y2).
Les paniers diffèrent les uns des autres uniquement par les quantités des deux biens qu’ils
contiennent. Le consommateur rationnel est susceptible de classer ces différents paniers de
biens en fonction de ses goûts et de ses préférences. Il peut alors exprimer l’un des trois choix
suivants :
o Il préfère le panier X au panier Y
o Il préfère le panier Y au panier X
o Il est indifférent entre les deux paniers X et Y
Le consommateur classe donc tous les assortiments (paniers) de biens selon deux critères : la
préférence ou l'indifférence.
Les préférences ou l'indifférence doivent vérifier un certain nombre de propriétés pour rendre
compte de choix relativement bien structurés. Il s’agit d’hypothèses en vue de refléter la
cohérence supposée du comportement du consommateur.

2.1.2.1 Les propriétés de la relation préférence-indifférence


Les propriétés de la relation de préférence-indifférence sont aussi appelées « axiomes » : elles
sont valables quelque soit le consommateur et ses goûts. La relation de préférence-indifférence
doit obéir à trois propriétés ou axiomes : la complétude, la réflexivité et la transitivité.
La relation de préférence est un préordre, en d’autres termes elle satisfait les propriétés de
transitivité et de réflexivité.

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❖ Axiome de transitivité de la relation préférence-indifférence
En présence de trois paniers X, Y et Z comprenant chacun diverses quantités de biens
o Si X est préféré ou indifférent à Y : X  Y
o Si Y est préféré ou indifférent à Z : Y  Z
o Alors X est préféré ou indifférent à Z : X  Z
Les préférences sont suffisamment cohérentes.

❖ Axiome de réflexivité des préférences


Quelque soit un panier X, il est préféré ou indifférent à lui-même : X  X car X ~X.

Le préodre est souvent supposé total (c'est-à-dire complet).

❖ Axiome de complétude de la relation préférence-indifférence


En présence de deux paniers X et Y comprenant chacun diverses quantités de biens, le
consommateur est toujours capable d’exprimer l’un des trois jugements suivants :
o Il préfère le panier X au panier Y
o Il préfère le panier Y au panier X
o Il est indifférent entre les deux paniers X et Y
Le consommateur est donc capable de classer clairement n’importe quels paniers de biens qu’on
lui propose.

Si un consommateur respecte ces 3 axiomes dans ses jugements, il pourra classer, selon ses
préférences, tous les paniers de biens qui se présentent à lui.
Les trois axiomes sont généralement complétés par deux hypothèses : l’hypothèse de non-
saturation des préférences et l’hypothèse de convexité des préférences.

2.1.2.2 Les hypothèses de la relation préférence indifférence


❖ Hypothèse de non-saturation (non-satiété) des préférences ou monotonicité des
préférences
Le consommateur préfère toujours disposer de quantités additionnelles de tous les biens : Si un
panier X comporte une quantité plus importante d’au moins un des deux biens par rapport à un
panier Y, alors le panier X sera préféré strictement à Y.
X = ( x1 , x2 ) et Y = ( x1' , x2' ) si x1 = x1' et x2  x2' ou si x1  x1' et x2 = x2' alors X  Y .

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D’une manière générale, on suppose que l’agent économique préfère consommer plus que
moins pour des biens désirables ou encore plus est mieux (more is better).
L'hypothèse de non saturation de préférences signifie que le consommateur cherche toujours à
consommer plus, de chaque bien ou d'au moins un des deux biens car cela lui apporte toujours
plus d'utilité. Il ne se trouve donc jamais en état de « satiété ».

❖ Hypothèse de convexité des préférences


L'hypothèse de convexité de préférences conduit à supposer que le consommateur préfère les
paniers de biens diversifiés ou mixtes aux paniers de biens extrêmes.
Supposons deux paniers X et Y jugés équivalents par un consommateur. Si l’un des deux paniers
comporte plus de bien 1 et moins de bien 2 et l’autre panier plus de bien 2 et moins de bien 1,
le consommateur préférera un panier Z constitué d’une fraction α du panier X et d’une fraction
(1- α) du panier Y. Si le panier Z est strictement préféré aux paniers X et Y, on dit que les
préférences sont strictement convexes.

La relation de préférence indifférence peut faire l’objet d’une représentation graphique sous
forme de courbes d’indifférences.

3. Les courbes d’indifférence

Les courbes d’indifférences constituent une représentation graphique des préférences du


consommateur. On appelle courbe d’indifférence, le lieu géométrique de l’ensemble des biens
qui procurent aux consommateurs le même niveau de satisfaction ou d’utilité. Elle indique les
réactions subjectives du consommateur à différents ensembles de biens potentiels et non les
ensembles de biens qui seront réellement choisis.
Exemple : Soit la fonction d’utilité suivante : U ( x1 , x2 ,...., xn ) . Une courbe d’indifférence est

définie comme l’ensemble de toutes les combinaisons de biens qui vérifient l’équation
U ( x1 , x2 ,...., xn ) = U . U étant le niveau d’utilité totale constant de la courbe d’indifférence.
La figure 1.1 ci-contre indique l’allure possible d’une courbe d’indifférence.

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Figure 1.1 : Courbes d’indifférence
X2

C1
5

C2
2

2 3 X1

Les points C1 et C2 procurent le même niveau d’utilité avec les combinaisons différentes des

deux biens x1 et x2 . En balisant toutes les dotations équivalentes, on obtient une courbe

d’indifférence.

Une carte d’indifférence est une collection de courbes d’indifférences correspondant à


différents niveaux de satisfactions.

Figure 1.2 : une carte d’indifférence

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3.1 Propriétés des courbes d’indifférence
Les CI possèdent traditionnellement quatre (4) propriétés qui reprennent les propriétés de la
relation préférence-indifférence.

i) Plus la courbe d’indifférence s’éloigne de l’origine des axes, plus le niveau de


satisfaction du consommateur est élevé.

Figure 1.3 : courbe d’indifférence et niveau de satisfaction

X2 Les CI sont des courbes de


niveau de satisfaction. Ce
niveau s’accroît au fur et à
mesure que l’on s’éloigne
de l’origine des axes. Tout
déplacement d’une CI à
U2 une autre signifie un
changement du bien-être
U1 du consommateur.
Ainsi U2 > U1 > U0.
U0

X1

ii) Les CI sont des courbes décroissantes. Elles ont donc une pente négative.

iii) Les CI sont convexes par rapport à l’origine des axes.


La convexité signifie que les paniers intermédiaires sont préférés aux paniers extrêmes.
si M ~ N et    0,1
P =  M + (1 −  ) N
P M~N

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Figure 1. 4 : Convexité d’une courbe d’indifférence

iv) En vertu de l’axiome de transitivité, les CI ne peuvent se croiser


Que se passera-t-il dans le cas où deux CI se croisent ?

Figure 1. 5 : Impossibilité d’intersection de deux courbes d’indifférence

Trois points A, B et C représentent 3 combinaisons


de biens situés sur 2 CI. Les combinaisons A et B
étant situées sur la même CI, on a : A ~B. De même
les combinaisons B et C étant sur la même CI on a :
B ~C.
Par transitivité, on pourrait déduire que A ~C. ce qui
est une contradiction car les combinaisons A et C
ne sont pas situées sur la même CI. Par conséquent
l’intersection de deux CI est une violation de la
relation d’indifférence qui est une relation
transitive.

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3.2 Cas atypiques de courbes d’indifférence
3.2.1 Les préférences concaves
Figure 1. 6 : Préférences concaves
Le cas des préférences
concaves représente un
certain goût pour une
consommation
spécialisée.

3.2.2 Les préférences représentées par des droites parallèles.

i) Cas de biens parfaitement substituables

Deux biens sont substituables s'ils ont les propriétés équivalentes pour le consommateur.
Lorsque le consommateur est prêt à échanger un bien (Coca Cola) par un autre (Pepsi cola) à
taux constant, 1 contre 1 sans que cela modifie son utilité, on dit que les biens sont parfaitement
substituables et les courbes d'indifférences sont linéaires et décroissantes.

Figure 1. 7 : Courbes d’indifférence de droites parallèles

ii) Cas de biens indésirables

Un bien indésirable est un bien que le consommateur n’aime pas ou ne souhaiterait pas
consommer.

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Par exemple, pour des raisons de santé, un parent est obligé de faire boire régulièrement à son
enfant du jus de carotte alors que celui-ci ne l’aime pas. Pour l’enfant, ce jus est un bien
indésirable et il ferait tout ce qu’il peut pour éviter de le consommer. Conscient des goûts de
son enfant, le parent peut, pour séduire son enfant, lui proposer en accompagnement du chocolat
(bien qu’il aime). On peut donc dire que l’enfant sera prêt à prendre facilement un verre de jus
si on lui donne par la suite un petit pot de chocolat. S’il faut lui donner deux verres de jus,
comment devrait-on ajuster la quantité de chocolat pour que sa satisfaction soit la même que
celle réalisée avec un verre de jus et un petit pot de chocolat ? Il faudra simplement lui donner
un deuxième pot de chocolat. La satisfaction de l’enfant augmenterait si l’on maintient inchangé
le nombre de verres de jus et augmente le nombre de pots de chocolat, si l’on diminue le nombre
de verres de jus et maintient inchangé le nombre de pots de chocolat ou si l’on diminue le
nombre de verres de jus et augmente le nombre de pots de chocolat.
Dans ces conditions, les courbes d’indifférences du consommateur auront une pente positive.

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3.2.3 Les CI peuvent être à angle droit.

Figure 1. 8 : Courbes d’indifférence à angles droits

Dans ce cas, le consommateur


utilise les biens dans des
proportions fixes. Ces deux biens
sont alors dits complémentaires.

B. Le Taux Marginal de Substitution (TMS) (Marginal Rate of Substitution)

Tout déplacement le long d’une CI s’interprète comme un passage d’un panier de biens à un
autre. Il se caractérise par :
- La substitution entre les biens.
- Le maintien de la satisfaction du consommateur à un niveau inchangé.
La substitution entre les biens le long d’une CI se mesure grâce au taux marginal de substitution
d’un bien à un autre.

Le TMS s’interprète de façon géométrique (et au signe près) comme la pente de la tangente à
la courbe d’indifférence.

Figure 1. 9 : Taux marginal de substitution

Lorsque le consommateur
passe du panier M au
panier N, la quantité du
bien 2 augmente de x2
et la quantité du bien 1
diminue de x1 .
Graphiquement, le TMS
entre 2 points d’une CI est
mesuré par la valeur
absolue de la pente du
segment de droite qui
réunit ces 2 points.
x2
TMS = − .
x1

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28
Définition : Le TMS du bien 1 au bien 2 est la quantité de bien 2 à laquelle un consommateur
est prêt à renoncer pour obtenir une unité supplémentaire de bien 1, sa satisfaction ou utilité
restant inchangée. Le TMS du bien 2 au bien 1 sera l’inverse du précédent.
Le TMS est égal à la valeur absolue de la pente de la droite tangente à la CI en un point
particulier.

La relation de préférence donne le classement, par l’individu, des différents paniers, du point
de vue de la satisfaction qu’ils lui procurent. Il serait assez commode si on pouvait attribuer un
indice de satisfaction à chaque panier, de manière à représenter parfaitement le classement
établi par le consommateur. La fonction d’utilité vise justement à apporter cette commodité
dans la représentation des préférences des consommateurs. Cette fonction doit donc attribuer
une valeur plus élevée à un panier qui est plus désirable qu’un autre. Ces nombres indiquent
des classements ou un ordre de préférence.

C. La fonction d’utilité

Une fonction d’utilité associe à chaque panier de biens X un nombre positif appelé « utilité »
du panier. Cette fonction d’utilité U permet de traduire algébriquement les préférences ordinales
(classements) du consommateur.
Dans cette approche ce qui compte, c’est la valeur relative d’un panier par rapport à un autre et
non la valeur absolue de chaque panier. On demande uniquement à la fonction d’utilité de
représenter l’ordre des différents paniers et non la satisfaction tirée de chaque panier individuel :
on a une fonction d’utilité ordinale.
Si on note U la fonction d’utilité, l’utilité du panier X sera notée U(X). Pour deux paniers X et
Y, on aura les équivalences suivantes :
X ~Y ssi U(X) = U(Y)
X  Y ssi U(X) > U(Y)
L’utilité d’un panier X, U(X), dépend des quantités de bien 1 (x1) et de bien 2 (x2) : x1 et x2 sont
donc les arguments de la fonction U : X = ( x1 , x2 ); U ( X ) = U ( x1 , x2 ) .
La fonction d’utilité n’est pas unique. En fait, si U est une fonction d’utilité ordinale qui
représente les préférences d’un individu, toute transformation monotone croissante de U
représentera tout aussi bien ces préférences.

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29
1. L’utilité marginale Um
L’utilité marginale représente la variation de l’utilité totale résultant de la consommation de
l’unité supplémentaire d’un bien, les quantités consommées des autres biens étant inchangées.
Par exemple si le consommateur a un panier de biens représenté par (x1 , x2 ) avec x1 et x2 fixés
et qu’on lui donne une unité supplémentaire du bien 1, son utilité va augmenter de la manière
suivante : U = U (x1 + 1, x2 ) − U (x1 , x2 ) .
U est l’utilité procurée par la consommation de l’unité supplémentaire du bien 1 lorsque le
panier de biens est (x1 , x2 ) .
La théorie marginaliste considère que l’utilité marginale d’un bien est décroissante. Ce qui se
traduit par le fait que les dérivées secondes de la fonction d’utilité sont négatives :

 2U
 0.
 x 2j
Si la quantité du bien 1 augmente de x1 et celle du bien 2 reste constante, l’Um est la variation
de l’UT pour une variation unitaire de x1.

U (x1 + 1, x2 ) − U (x1 , x2 ) U
Um = = .
x2 x1

Si x1 tend vers 0 et si la fonction U (x1 , x2 ) est différentiable, on a :

U (x1 , x2 ) U (x1 , x2 )
Um1 = et Um2 = .
x1 x2

2. Relation entre UT et Um

Soient des UT et Um suivantes relatives à un bien x1:

Quantité consommée de x1 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Utilité Totale 60 100 130 150 160 168 174 178 180 180
Utilité marginale (Umx1) - 40 30 20 10 8 6 4 2 0

Au fur et à mesure que la consommation du bien x augmente, l’Um résultante décroît. C’est
l’illustration de la loi de l’Um décroissante qui stipule que : plus la consommation d’un bien
augmente, plus l’Um qui en résulte est décroissante (toutes chose égale par ailleurs).
-Lorsque la quantité consommée du bien x augmente, l’UT s’accroît à taux décroissant.

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30
-Lorsque la quantité consommée atteint le point de satiété, l’UT atteint son maximum entre 9 et
10 unités du bien x. A partir de ce point l’UT commence à décroître et l’Um est nulle. La
consommation de 9 unités constitue le point de satiété du consommateur.

Graphiquement on a :

Figure 1. 9 : Relation Utilité totale et Utilité marginale

Um

UT

Quantité
Um

3. Relation entre la fonction d’utilité et la CI


Une fonction d’utilité est représentée graphiquement par des CI. Une CI C0 représente les
paniers qui procurent au consommateur un même niveau d’utilité U0 (U0 est une constante).
L’équation d’une courbe d’indifférence C0 de niveau d’utilité U0 est :
C0 = X = (x1 , x2 ) / U (x1 , x2 ) = U 0 .

Exemple 1 : Construction d’une CI à partir d’une fonction d’utilité.


Supposons que les préférences d’un consommateur soient représentées par la fonction d’utilité
suivante :

U (x, y ) = 5 x 2 y
Représenter graphiquement la carte d’indifférence du consommateur dans le cas où
U (x, y ) = U 0 = 45 et U (x, y ) = U1 = 90

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31
Exemple 2 : on donne :

U ( x1 , x2 ) = x1 x2
Représenter graphiquement la carte d’indifférence du consommateur dans le cas où

U ( x1 , x2 ) = U 0 = 16 et U (x1 , x2 ) = U1 = 36

4. Quelques exemples de fonction d’utilité du consommateur

❖ Les fonctions d’utilité de type Cobb-Douglas représentent des préférences normales de


paniers où les biens sont substituables :

U (x1 , x2 ) = Ax1 x2 où A, α et β sont des paramètres positifs

❖ Les fonctions d’utilité de biens parfaitement substituables sont représentées sous forme
de droites décroissantes et parallèles.

U (x1 , x2 ) =  x1 +  x2 où α et β sont des paramètres positifs

Figure 1. 10 : Préférences de biens parfaitement substituables

❖ Les fonctions d’utilité de biens parfaitement complémentaires sont représentées sous


forme de droites coudées.

x x 
U (x1 , x2 ) = min 1 , 2  où α et β sont des paramètres positifs
  

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32
Figure 1. 11 : Préférences de biens parfaitement complémentaires

5. Relation entre la fonction d’utilité et le TMS


Considérons un consommateur confronté à différents choix de paniers (x1 , x2 ) dont l’utilité est

définie par U (x1 , x2 ) . Le long d’une même CI, le consommateur est indifférent entre différentes
quantités des deux biens donc dU=0 d’où :

U (x1 , x2 ) U (x1 , x2 )
dU = dx1 + dx2 = 0
x1 x2
U (x1 , x2 ) U (x1 , x2 )
dx1 = − dx2
x1 x2
U ( x1 , x 2 )
x1 Um1 dx
= = − 2 = TMS ou pente de la courbe d’indifférence.
U ( x1 , x 2 ) Um2 dx1
x 2
Le TMS est donc égal au rapport des Um respectives des biens 1 et 2.

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33
Conclusion du chapitre

La structure des préférences du consommateur a permis de savoir si un panier procure ou non


une satisfaction supérieure à celle d’un autre panier. Cette structure est illustrée graphiquement
par les courbes d’indifférence du consommateur et algébriquement par une fonction d’utilité.
Pour obtenir la plus grande satisfaction, le consommateur va choisir le panier de biens qu’il
préfère selon la structure de ses préférences. Graphiquement, c’est le panier situé sur la CI la
plus éloignée de l’origine. Algébriquement, c’est le panier associé au niveau d’utilité le plus
élevé. Or la dépense liée au panier choisit ne doit pas dépasser le revenu du consommateur.
Le chapitre suivant va nous permettre de déterminer les paniers que le consommateur a la
possibilité d’acquérir. On étudiera alors le choix du panier optimal sous la contrainte de budget.

• Points importants à retenir

L’utilité représente le niveau de satisfaction que le consommateur retire de la consommation


d’un bien ou d’un ensemble de biens donnés. Deux théories sont retenues pour mesurer l’utilité :
la théorie de l’utilité cardinale et la théorie de l’utilité ordinale. La mesure cardinale de l’utilité
consiste à attribuer à chaque bien ou à chaque combinaison de biens un nombre qui mesure la
grandeur de l’utilité qui résulte de la consommation de ce bien. Cette approche est généralement
contestée principalement parce qu’il est impossible à un consommateur de déterminer une unité
de mesure de la satisfaction retirée de la consommation d’un bien. La théorie de l’utilité
cardinale a donc été délaissée au profit de la théorie de l’utilité ordinale qui consiste à classer
par ordre de préférence les biens ou combinaisons de biens en utilisant deux critères : la
préférence ou l'indifférence. Les courbes d’indifférences constituent une représentation
graphique des préférences du consommateur. On appelle courbe d’indifférence, le lieu
géométrique de l’ensemble des biens qui procurent aux consommateurs le même niveau de
satisfaction ou d’utilité. La substitution entre les biens le long d’une CI se mesure grâce au taux
marginal de substitution d’un bien à un autre. Le TMS du bien 1 au bien 2 est la quantité de
bien 2 à laquelle un consommateur est prêt à renoncer pour obtenir une unité supplémentaire
de bien 1, sa satisfaction ou utilité restant inchangée. L’utilité marginale représente la variation
de l’utilité totale résultant de la consommation de l’unité supplémentaire d’un bien, les quantités
consommées des autres biens étant inchangées.

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34
• Quelques notions essentielles du chapitre 1
Concept d’utilité totale – Notion de comportement rationnel du consommateur – Le TMS entre
biens et postulat de décroissance du TMS – Concept de panier de biens – Mesure ordinale de
l’utilité – Mesure cardinale de l’utilité – Loi de l’Um décroissante – Courbes d’indifférences et
leurs propriétés.

• Lectures complémentaires
- Lahouani L., Théorie Microéconomique: Eléments de cours et applications, chapitre 1
- Pindyck, Robert S. et Daniel L. Rubinfeld, Microéconomie, Pearson, 7ème édition,
(2009), Chapitre 3.
- Varian, Hal R. Introduction à la Microéconomie, Bruxelles, De Boeck Université, 6è
édition, 2006, Chapitres 3 et 4.

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35
EXERCICE
QCM (Vrai ou Faux) : Répondre par vrai ou faux

1. L’individualisme méthodologique est une forme de pensée qui :


a. fournit une méthode d’analyse des choix politiques.
b. considère que l’individu est la seule source de richesse.
c. cherche à expliques les phénomènes sociaux à partir des comportements individuels.

2. Un homme déclare que face à deux femmes, il préfère toujours la plus belle et la
plus intelligente ; cette relation de préférence est :
a. transitive.
b. complète.

3. Considérons une promotion d’étudiants de première année et la relation


« strictement plus âgé que » ; cette relation de préférence est :
a. transitive.
b. réflexive.
c. complète.

4. Selon les tenants de la théorie cardinale, l’utilité marginale d’un bien est :
a. toujours décroissante.
b. généralement décroissante.
c. souvent croissante puis décroissante.

5. Au sens fort, l’hypothèse de non-saturation signifie :


a. qu’une quantité additionnelle de tout bien procure toujours au consommateur une
satisfaction additionnelle, quel que soit le stock du bien considéré détenu.
b. qu’une quantité additionnelle d’un bien peut procurer au consommateur une
satisfaction additionnelle nulle, lorsque ce bien est détenu en grande quantité.

6. Le TMS entre un billet de 100 euros et un billet de 200 euros est égal à :
a. 2.
b. 0,5.
c. 100.

7. Soit la fonction d’utilité suivante : U ( x, y ) = x . y  avec α>0, β>0, x≥0, y≥0. Le


TMS est égal à :
y
a. .
x
y
b. .
x

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36
8. Sur la fonction d’utilité précédente, le TMS est :
a. constant.
b. décroissante.
c. croissante.

9. Jean aime regarder des DVD et écouter des CD, et en retire de la satisfaction. Pour
maximiser sa satisfaction, Jean pense que :
a. l’utilité marginale des CD doit être égale à celle des DVD.
b. le prix des CD multiplié par leur utilité marginale doit être égal au prix des DVD
multiplié par leur utilité marginale.
c. le rapport de l’utilité marginale des DVD au prix de ce bien doit être égal au rapport
de l’utilité marginale des CD au prix de ce bien.

10. L’expression « ceteris paribus » est utilisée lorsque l’on étudie l’influence :
a. de plusieurs facteurs, en décidant d’en laisser un seul à son niveau initial.
b. de plusieurs facteurs, en décidant d’en laisser quelques-uns à leur niveau initial.
c. d’un seul facteur, en décidant de laisser tous les autres à leur niveau initial.

CORRECTION

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37
CHAPITRE 2 : CHOIX OPTIMAL DU CONSOMMATEUR

Les concepts d’utilité et de préférence ont permis de définir le comportement rationnel de


l’agent économique.
Dans ce chapitre, nous allons caractériser les paniers que le consommateur peut acquérir, étant
donnés les prix du marché et son budget. On cherchera particulièrement à établir un lien entre
les prix des biens consommés, les quantités demandées et le revenu monétaire R limité du
consommateur. On montrera ensuite comment ce revenu monétaire limité et le niveau des prix
déterminent la nature et la quantité de biens d’équilibre du consommateur.

A. La contrainte budgétaire

1. Définition

Le consommateur est limité dans ses choix de consommation par les prix des biens qu’il achète
et le revenu qu’il gagne. Ce revenu est dépensé en partie en achetant certaines quantités de biens
x1 , x2 ,...., xn aux prix p1 , p2 ,......, pn . On obtient alors la consommation en valeur :
p1 x1 + p2 x2 + ...... + pn xn .

L’équation de budget ou la contrainte budgétaire indique l’éventail de toutes les différentes


combinaisons de biens x1 et x2 que le consommateur peut acheter compte tenu de son revenu R
limité et des prix p1 et p2 des deux biens x1 et x2 (si le consommateur consomme deux biens).
La contrainte budgétaire s’écrit donc :

R = p1 x1 + p2 x2 .

Le consommateur doit dépenser la quantité p1 x1 à l’achat du bien x1 et la quantité p2 x2 à


l’achat du bien x2. La somme de ces deux dépenses est inférieure ou égale à son revenu.
La contrainte budgétaire du consommateur peut être représentée graphiquement par la droite de
budget.
R p
x2 = − 1 x1 .
p2 p2

Elle représente l’ensemble des possibilités de consommation des deux biens et est obtenue en
épuisant l’intégralité du revenu du consommateur.

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38
Figure 2. 1 : Droite de budget et espace de budget

X2

Au point A, le consommateur
A consacre la totalité de son revenu à
l’achat du bien 2. Les paniers de
biens situés sur la droite de budget
et en dessous de la droite sont
accessibles pour le consommateur.
Les paniers situés au dessus de la
droite sont inaccessibles pour le
consommateur, ils nécessitent une
Espace de budget
dépense supérieure au revenu.
Toutes les combinaisons optimales
de x1 et x2 sont obtenues tout au
long de la droite de budget.

B X1

Nous allons maintenant considérer l’effet sur la forme de la contrainte de budget d’une
modification du revenu et des prix.

2. Statique comparative de la droite de budget

Lorsque le revenu ou les prix varient, la droite de budget se déplace, modifiant l’ensemble des
paniers accessibles.

2.1 Variation du revenu, les prix restants inchangés

Supposons que le revenu du consommateur augmente de R à R’. La droite de budget devient :

R ' p1
R ' = p1 x1 + p2 x2 pour R’ > R et x2 = − x1 .
p2 p2
La pente reste constante puisque les prix ne varient pas. La droite de budget se déplacera
parallèlement à elle-même vers le haut car :
R' R R' R
 et  .
p1 p1 p2 p2

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39
2.2 Variation du prix du bien 1 (p1), p2 et R restant inchangés.

Supposons que le prix du bien 1 baisse de p1 à p’1. La nouvelle droite de budget devient :

R p'
R = p1' x1 + p 2 x2 pour p’1 < p1 et x2 = − 1 x1 .
p2 p2
La pente de la droite de budget a changé en raison de la variation du prix du bien 1. La droite
de budget va pivoter vers le bas autour du point A (0, R/P2)

Figures 2. 2 : Modification du revenu Figure 2. 3 : Modification du prix

Après avoir introduit la représentation des contraintes du consommateur et celle de ses


préférences, nous allons maintenant considérer le problème du choix du consommateur. Il doit
choisir le panier qu’il préfère à tous les autres parmi les paniers qu’il peut acheter avec son
revenu.

B. Détermination du choix optimal du consommateur


La stratégie du consommateur est de rechercher, parmi les paniers accessibles par son revenu,
celui qui lui procure la plus grande satisfaction.

1. La maximisation de l’utilité
Le problème du consommateur s’écrit algébriquement par un programme de maximisation sous
contrainte. Comme le revenu et les prix des biens sont des valeurs connues, le consommateur
va chercher les quantités x1 et x2 qui maximisent la fonction d’utilité sous contrainte du budget.
Le problème du consommateur peut être résolu de manière graphique ou algébrique.

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40
1.1 La méthode graphique ou géométrique

Le consommateur rationnel doit choisir, parmi l’ensemble des paniers de biens qui se présentent
à lui, celui qui lui procure un maximum de satisfaction compte tenu de son budget.
Pour déterminer graphiquement l’optimum du consommateur, on représente sur un même
graphique les préférences du consommateur (carte d’indifférence) et sa contrainte budgétaire
(droite de budget). Le panier de consommation optimal sera celui qui permet au consommateur
d’être sur la CI la plus éloignée de l’origine et d’être sur la droite de budget.

1.1.1 Cas ordinaire


Considérons la figure suivante, où nous avons U2 > U1 > U0. Ceci implique que le
consommateur peut atteindre un niveau d’utilité plus élevé en consommant davantage de bien
1 et moins de bien 2, sa consommation optimale lorsqu’il sature sa contrainte budgétaire est
donc le point E, point de tangence entre la contrainte budgétaire et la courbe d’indifférence.

Figure 2. 2 : Choix optimal (cas ordinaire)

X2

U2
U1

U0
B X1

( * *
)
Le couple x1 , x2 constitue la solution intérieure qui indique que les quantités consommées

sont positives. On sait que la pente de la contrainte budgétaire est égale à moins le rapport des
prix, - p1/p2 et que la pente de la courbe d’indifférence en un point était égale à moins le rapport
des utilités marginales (- Um1/Um2, l’opposé du Taux Marginal de Substitution TMS). Or sur
la figure ci-dessus au point E, ces deux pentes sont égales.
L’optimum du consommateur est donc réalisé lorsque :

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41
dU
U m1 dx P
TMS = = 1 = 1
U m2 dU P2
dx2

1.1.2 Cas atypique

Figure 2. 3 : Choix optimal (cas atypique)

X2
U2
U1
U0
A

B X1

L’équilibre du consommateur est déterminé par rapport au seul bien x1 . Ce qui donne une

solution en « coin ».
C’est un cas atypique de l’équilibre du consommateur qui s’obtient dans le cas des courbes
d’indifférence linéaires ou concaves. Le niveau d’utilité maximum du consommateur est atteint
pour une solution en coin sur l’un des axes. Ce qui signifie que le consommateur
« monomaniaque » consomme exclusivement un type de bien.

1.1.2.1 Les préférences concaves


Il existe des biens que l’individu ne peut pas consommer au même moment compte tenu de leur
nature ou de ses goûts. C’est le cas de la combinaison poisson salé, gâteau aux fraises. Dans de

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42
telle situation, la courbe d’indifférence du consommateur est concave par rapport à l’origine
des axes.

Figure 2. 4 : Solution en coin (cas atypique)

Sur la figure ci-dessus, le point E qui est un point de tangence entre une courbe d’indifférence
et la droite de budget ne correspond pas à un choix optimal pour le consommateur car il est
possible pour lui d’acheter le panier F qui se situe sur une courbe d’indifférence supérieure.
L’équilibre qui est donc réalisé au point F est une solution au coin parce ce que x1* = R/p1 et
x2* = 0.

1.1.2.2 Les substituts parfaits et les biens neutres


Deux biens x1 et x2 sont qualifiés de parfaitement substituables si le consommateur est disposé
à les substituer à un taux constant. Dans ce cas, la courbe d’indifférence est une droite. La
position d’équilibre du consommateur ne sera pas déterminée par la condition de tangence
qu’on a mise en évidence plus haut. On va se servir à cet effet de l’approche graphique.
Sur la figure ci-dessous, les points D, E et F sont des points financièrement réalisables
puisqu’appartenant à l’ensemble budgétaire. Le consommateur réalise son équilibre au point E
car de tous les points qui lui sont accessibles, c’est le point qui lui procure le plus de satisfaction.
On est donc en présence d’une solution frontière : x1* = R/p1 et x2* = 0. Le consommateur
n’achètera que le bien 1 parce qu’il coûte moins cher.

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43
Un bien est neutre aux yeux d’un consommateur si la quantité disponible de ce bien
n’influence aucunement son niveau de satisfaction.
Supposons qu’à une réception, on présente à un diabétique, lors d’un premier service, un panier
de 19 bouteilles de boisson sucrée. Le diabétique ne consommera aucune bouteille compte tenu
de son état de santé. Si lors d’un deuxième service, le protocole lui présente un autre panier
contenant cette fois, 30 bouteilles de boisson sucrée, son niveau de satisfaction n’aura pas
changé. Ainsi, la boisson sucrée est un bien neutre à ses yeux. Sa situation ne pourra s’améliorer
que si on lui présente un panier contenant du soda. Plus important sera le nombre de bouteilles
de soda, plus élevée sera sa satisfaction.
Si l’on représente le nombre d’unité du bien neutre par x2 et le nombre de bien désirable par x1,
la courbe d’indifférence de l’individu sera une droite parallèle à l’axe des ordonnées. La
satisfaction n’augmentera que si l’on augmente la quantité de x1.
Dans ce cas, le consommateur réalise son équilibre en consacrant tout son revenu à l’acquisition
du bien désirable. Ceci parce que le niveau de satisfaction est déterminé par x1 et que celui-ci
est maximisé au point x1* = R/p1.

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44
1.2 Résolution algébrique du problème du consommateur

Le problème du choix du consommateur est un problème de maximisation sous contrainte dont


les variables sont x1 et x2. Ce problème peut être résolu par la méthode de substitution ou par la
méthode de Lagrange.

1.2.1 La méthode de substitution

Soit un consommateur dont la fonction d’utilité et la contrainte budgétaire sont :


U (x, y ) et R = XPX + YPY

Le problème du consommateur consiste à maximiser la fonction d’utilité sous la contrainte

budgétaire. Il devra trouver une combinaison de biens X et Y qui satisfasse l’équation

R=XPX+YPY et qui maximise U(X ; Y). On peut réécrire l’équation sous cette forme :
R PX
R = XPX + YPY  Y = − X
PY PY

En substituant cette équation dans U(X,Y), on obtient une nouvelle fonction d’utilité en fonction
 R PX 
de X seulement. U devient U = U  X , − X  et puisque la relation X et Y est fixée par la
 PY PY 

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45
 R PX 
contrainte budgétaire, il suffit de maximiser U = U  X , − X  par rapport à X pour
 PY PY 
obtenir les quantités optimales des deux biens c'est-à-dire l’extremum de la dérivée de U.

Tableau de maximisation et de minimisation

Condition nécessaire et suffisante pour un Condition nécessaire et suffisante pour un


maximum minimum

dU dU
= 0 condition nécessaire = 0 condition nécessaire
dX dX

d 2U d 2U
 0 condition suffisante  0 condition suffisante
dX 2 dX 2

Exercice d’application 2.1


Soit un consommateur dont les préférences sont représentées par la fonction d’utilité suivante :
U ( x, y ) = x y
Soient P1 et P2 les prix respectifs des biens x et y et R le revenu du consommateur.
Si R = 40, P1 = 2 et P2 = 3, déterminons les valeurs de x et de y qui maximisent l’utilité de ce
consommateur.

Le programme de maximisation s’écrit comme suit :



max U ( x, y ) = x y

x, y

 s / c : R = p1 x + p 2 y

Le problème de l’agent (du consommateur) consiste à maximiser la fonction d’utilité sous la

contrainte budgétaire. On peut réécrire l’équation sous cette forme :


R P1
R = P1 x + P2 y  y = − x
P2 P2
En substituant cette équation dans U=x y, on obtient une nouvelle fonction d’utilité en fonction
de x seulement. U devient :

R P  R P
U = xy = x.  − 1 x  = x − 1 x 2
 P2 P2  P2 P2

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46
R P
Il suffit de dériver U = x − 1 x 2 par rapport à x pour obtenir les quantités optimales de x.
P2 P2

dU R 2 P1
= − x=0
dx P2 P2

R
P R
 x = 2 =
2 P1 2 P1
P2

R P1
En remplaçant x par sa valeur dans y = − x , on obtient la valeur de y.
P2 P2

R P1 R P R R R R
y= − x= − 1. = − =
P2 P2 P2 P2 2 P1 P2 2 P2 2 P2

40 40
Pour R = 40, P1 = 2 et P2 = 3, on a : x = = 10 et y  = = 6,67
41 6
L’équilibre ou les quantités optimales du consommateur est (sont) donc donné(es) par

x = 10 et y  = 6,67 . Ce sont les valeurs de x et y qui maximisent l’utilité du

consommateur.
R R
Les fonctions x = et y =
 
sont appelées fonctions de demande ordinaire ou
2 p1 2 p2

marshallienne tel que x* = x ( P1 , P2 , R ) et y* = y ( P1 , P2 , R ) .

1.2.2 La méthode de Lagrange


La méthode de Lagrange permet de résoudre les programmes d’optimisation à contraintes
« égalités » comme c’est le cas pour le problème du consommateur. Cette méthode est
également appelée méthode du lagrangien ou encore méthode du multiplicateur de Lagrange
noté λ. Le paramètre λ s’interprète comme l’utilité marginale d’un franc supplémentaire
dépensé sur les biens de consommation. C’est donc l’utilité marginale du revenu.

le programme de maximisation s’écrit comme suit :

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47
max U = U ( x1 , x 2 )

s / c : R = p1 x1 + p 2 x 2 On parle de programme primal ou marshallien
La méthode de Lagrange consiste à former, à partir de la fonction objectif U(x1, x2) et de la
contrainte budgétaire R = p1 x1 + p2 x2 la fonction de Lagrange telle que :

L(x1 , x2 ,  ) = U (x1 , x2 ) +  ( R − p1 x1 − p2 x2 )

La résolution du Lagrangien consiste en une optimisation :

▪ Condition nécessaire : condition de premier ordre (CIO)


L U Um1
= −  p1 = Um1 −  p1 = 0   =
x1 x1 p1
L U Um2
= −  p2 = Um2 −  p2 = 0   =
x2 x2 p2

L
= R − p1 x1 − p2 x2 = 0  R = p1 x1 + p2 x2


Um1 p
 = 1
Um2 p 2

A l’équilibre du consommateur, le TMS entre les deux biens est égal au rapport des utilités
marginales et au rapport des prix. Cette égalité entre le TMS et le rapport des prix ainsi que la
contrainte budgétaire permettent de déterminer les solutions optimales.
Les conditions du premier ordre définissent un extremum. Pour qu’il soit un maximum il faut
que les conditions du deuxième ordre soient respectées.

▪ Condition suffisante : condition de second ordre (CIIO)


La condition suffisante de la maximisation liée aux contraintes nécessite que le déterminant de
la matrice Hessien Bordé formé des dérivées partielles de second ordre de L soit positif.

On appelle hessien (ou discriminant hessien) le déterminant de cette matrice.

Dans notre cas on aura :

L'x' 2 L''x1 x2 L''x1 Um11 Um12 - P1


1

H = L'x' 2 x1 L''x ' L''x2  0 ou H = Um 21 Um22 - P2  0


2

- P1 - P2 0
L''x1 L''x 2 L''

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48
* *
Cela permet de déterminer les solutions optimales x1 et x2 appelées fonctions de demande
ordinaire ou marshallienne tel que x1 = x(P1 , P2 , R ) et x 2 = x 2 (P1 , P2 , R ) .
* *

Exemple :
Soit un consommateur dont les préférences sont représentées par la fonction d’utilité suivante :
U ( x, y ) = x y

Soient p1 et p2 les prix respectifs des biens x et y et soit R le revenu du consommateur.


Si R = 40, P1 = 2 et P2 = 3, déterminons les valeurs de x et de y qui maximisent l’utilité de ce
consommateur ainsi que la fonction d’utilité indirecte.

Le programme de maximisation s’écrit comme suit :



max U ( x, y ) = x y

x, y

 s / c : R = p1 x + p 2 y
 On parle de programme marshallien

La fonction de Lagrange est :

L(x, y,  ) = x y +  ( R − p1 x − p2 y )

▪ Condition nécessaire : condition de premier ordre (CIO)

L
= y −  p1 = 0  y =  p1 (1)
x
L
= x −  p2 = 0  x =  p2 (2)
y
L
= R − p1 x − p2 y = 0  R = p1 x + p2 y (3)


(1) y p px
 = 1  y= 1 (4)
(2) x p2 p2

p1 x R
(4) dans (3) ==> R = p1 x + p2  R = 2 p1 x  x = (5)
p2 2 p1

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49
R
p1
2 p1 R
(5) dans (4) donne y=  y =
p2 2 p2
40 40
Pour R = 40, P1 = 2 et P2 = 3, on a : x = = 10 et y  = = 6,67
41 6
L’équilibre ou les quantités optimales du consommateur est (sont) donc donné(es) par

x = 10 et y  = 6,67 . Ce sont les valeurs de x et y qui maximisent l’utilité du

consommateur.
R R
Les fonctions x = et y =
 
sont appelées fonctions de demande ordinaire ou
2 p1 2 p2

marshallienne tel que x* = x ( P1 , P2 , R ) et y* = y ( P1 , P2 , R ) .

1.2.3 La fonction d’utilité indirecte V

En remplaçant les fonctions de demande marshallienne dans la fonction d’utilité U=U(x1, x2),
on obtient une nouvelle fonction d’utilité appelée fonction d’utilité indirecte représentée par

 
l’expression suivante : U * (P1 , P2 , R) = V (P1 , P2 , R) = U x1 (P1 , P2 , R), x2 (P1 , P2 , R)
* *

Dans notre exemple, en remplaçant les fonctions de demande marshallienne dans la fonction
d’utilité U(x, y) = x y ,on obtient la fonction d’utilité indirecte :

R R R2
U ( P1 , P2 , R ) = U  x ( P1 , P2 , R ) , y ( P1 , P2 , R )  = x y =
* * *  
=
2 p1 2 p2 4 p1 p2
V =66.7

Autre exercice
Soit un autre consommateur dont la fonction d’utilité est représentée par :
U = ln( x) + ln( y )
R = 100, P1 = 2, P2 = 5
On cherche à déterminer les quantités x et y qui procurent au consommateur le maximum de
satisfaction.

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50
On pose alors le programme :


max U ( x, y ) = ln x + ln y

x, y

 s / c : R = p1 x + p 2 y

La fonction de Lagrange ou le Lagrangien est :

L(x, y,  ) = ln x + ln y +  ( R − p1 x − p2 y )
L 1 1
= − p1 = 0  = p1 (1)
x x x
L 1 1
= − p 2 = 0  = p 2 (2)
y y y

L
= R − p1 x − p2 y = 0  R = p1 x + p2 y (3)


(1) y p px
 = 1  y= 1 (4)
(2) x p2 p2

p1 x R
(4) dans (3) ==> R = p1 x + p2  R = 2 p1 x  x = (5)
p2 2 p1

R
p1
2 p1 R
(5) dans (4) donne y=  y =
p2 2 p2
On remarque que l’on obtient les mêmes fonctions de demande que précédemment c'est-à-dire
lorsque la fonction d’utilité était U ( x, y ) =xy

La fonction d’utilité n’est pas unique. En fait, si U est une fonction d’utilité ordinale qui
représente les préférences d’un individu, toute transformation monotone croissante de U
représentera tout aussi bien ces préférences.

Pour R = 100, P1 = 2 et P2 = 5, on a x  = 25 et y  = 10

Graphiquement on a :

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51
Figure 2. 2 : Choix optimal de consommation

10 E

25 B X

1.2.4 Propriétés des fonctions de demande marshalliennes

On peut déduire deux propriétés importantes des fonctions de demandes :


- La fonction de demande marshallienne est une fonction univoque1 des prix et du revenu.
Cette propriété découle de la convexité des courbes d’indifférence qui implique un seul
maximum.
- Les fonctions de demande marshallienne sont homogènes de degré 0 c'est-à-dire que si
tous les prix et le revenu varient dans la même proportion, les quantités demandées par
le consommateur restent inchangées. Autrement dit :

k  0, x1* (kP1 , kP2 , kR ) = x1* (P1 , P2 , R ) et x2 * (kP1 , kP2 , kR ) = x2 * (P1 , P2 , R ) .


On dit que le consommateur n’est pas victime de l’illusion monétaire.

2. La minimisation des dépenses du consommateur : le programme Hicksien

On considère que le consommateur reçoit une subvention ou paiement complémentaire qui lui
assure un revenu minimum afin de conserver son niveau d’utilité initiale. La fonction de

1
Une quantité y est une fonction (univoque) d'une quantité x, dans un intervalle donné quand à chaque valeur
attribuée à x dans cet intervalle correspond une valeur unique et déterminée de y, sans rien spécifier sur la façon
dont les diverses valeurs de y s'enchaînent les unes aux autres.

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demande hicksienne ou compensée indique la quantité de biens que le consommateur achète en
fonction du prix des biens tout en maintenant constant son niveau d’utilité. Cette fonction peut
être obtenue en résolvant le programme suivant :

Min Px x + Py y

s / c : U = U(x, y ) On parle de programme dual.

Et le Lagrangien est :
L(x, y, β) = XPX + YPY + β[ U0 – U(x, y)] avec β multiplicateur de Lagrange.
Les conditions de premier ordre donnent :

L’x(.) = L’x = Px – ßUmx(x, y) = 0 (1)

L’y (.) = L’y = Py - ßUmy(x, y) = 0 (2)

L’(.) = L’ = U0 – ßU(x, y) = 0 (3)

(1) P U (4)
 x = mx
(2) PY U my
(4) dans (3) permet d’obtenir les fonctions de demandes
compensées

Xh = Xh(PX, PY, U0) et Yh = Yh(PX, PY, U0)

Les conditions de second ordre pour un minimum sont telles que le Hessien bordé soit négatif.

L'X' 2 L''XY L''X


H = L'YX' L''Y 2 L''Y  0
L'' X L'' Y L'' 2

Exercice d’application 2.3 : Soit les préférences d’un consommateur représentées par la
fonction d’utilité U(X, Y) = XY et PX et PY les prix respectifs des biens X et Y.
Déterminez la dépense minimale e pour atteindre le niveau de satisfaction U0 donné.

Résolution :
min imiser :e = PX X + PY Y

s / c : U 0 = XY
L(x, y, β) = XPX + YPY + β[ U0 – XY] avec β multiplicateur de Lagrange.

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53
Les conditions de premier ordre (CIO) donnent :
L’x(.) = Px – Y = 0 (1)
L’y (.) = Py - X = 0 (2)

L’ (.) = U0 - XY = 0 (3)

𝑃𝑥 𝑌
𝑂𝑛 𝑎 = (4)
𝑃𝑌 𝑋

Px 𝑃𝑦 𝑃𝑦 𝑃
(4) dans (3) donne : U0- x( ) x = 0 ⇒ 𝑋 2 = 𝑃 𝑈0 ⇒ 𝑋 ℎ = √𝑃 𝑈0 et 𝑌 ℎ = √𝑃𝑥 𝑈0
Py 𝑥 𝑥 𝑦

CIIO
0 - -Y
det( H ) = −  0 - X = − XY − XY = −2XY  0
−Y -X 0
Donc Xh et Yh sont les quantités des biens X et Y qui minimisent les dépenses du consommateur
et gardent constant son niveau d’utilité U0.
Déterminons la dépense e qui minimise les dépenses du consommateur :

 
e = 𝑃𝑋 𝑋 ℎ + 𝑃𝑌 𝑌 ℎ = 

Py 
U 0  Px + 
Px
U0 P =2 Px PyU 0
 Px   Py  y
   

NB : Tout comme les fonctions de demandes marshalliennes, les fonctions de demandes


Hicksiennes sont homogènes de degré 0 en prix. Autrement dit si tous les prix des biens varient
dans une même proportion, les quantités qui minimisent les dépenses du consommateur ne
changent pas.

C. Identité de Roy et Lemne de Shepard

1. Fonction de dépense, lemme de Shepard et symétrie

La fonction de dépense indique la dépense à réaliser afin de préserver un certain niveau de


satisfaction suite à un changement de prix.
A partir de cette fonction de dépense il est facile de déterminer la demande Hicksienne, il suffit
d’utiliser le lemme de Shepard.

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54
Lemme de Shepard : la variation de la fonction de dépense suite à une variation de prix est
égale à la demande compensée. Soit :
𝜕𝑒 𝜕𝑒
= 𝑋ℎ et = 𝑌ℎ
𝜕𝑝𝑋 𝜕𝑝𝑌

2. L’identité de Roy
L’équivalence entre maximisation de l’utilité et minimisation des dépenses nous donne une
autre propriété importante : l’utilité maximale issue du revenu e(p,u) est u. Soit :

V(p,e(p,u)) = u.

Ce qui nous donne l’identité de Roy :

𝜕𝑉/𝜕𝑝𝑋 𝜕𝑉/𝜕𝑝𝑌
− = 𝑋∗ et − = 𝑌∗
𝜕𝑉/𝜕𝑅 𝜕𝑉/𝜕𝑅

Cette identité nous permet ainsi de déterminer la demande marshallienne à partir de l’utilité
indirecte.

Résumé de la dualité
En maximisant l’utilité sous contrainte budgétaire nous obtenons la demande Marshallienne.
En insérant cette demande dans l’utilité nous obtenons l’utilité indirecte.
Le problème dual consiste à minimiser la dépense sous contrainte de la satisfaction. La
résolution de ce problème nous donne la demande compensée qui insérée dans les dépenses
nous donne la fonction de dépense. Enfin en inversant cette fonction de dépense nous obtenons
l’utilité indirecte. Le graphique suivant résume ces résultats.

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De plus en insérant l’utilité indirecte dans la fonction de demande compensée nous obtenons la
demande Marshallienne.
A l’inverse en insérant la fonction de dépense dans la fonction de demande Marshallienne nous
obtenons la demande compensée.
Enfin le lemme de Shepard nous permet de passer de la fonction de dépense à la demande
compensée et l’identité de Roy d’obtenir la demande Marshallienne à partir de l’utilité indirecte.
Le graphique ci-dessous représente les différents liens entre les notions que nous venons
d’aborder.

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56
• Points importants à retenir
L’équation de budget ou la contrainte budgétaire indique l’éventail de toutes les différentes
combinaisons de biens que le consommateur peut acheter compte tenu de son revenu et des prix
des biens. La contrainte budgétaire du consommateur peut être représentée graphiquement par
la droite de budget. Celle-ci se déplace parallèlement à elle-même quand le revenu varie,
TCEPA et elle pivote vers la gauche ou la droite quand l’un des prix varie, TCEPA. Pour
déterminer le choix optimal du consommateur, on peut soit maximiser l’utilité ou minimiser la
dépense. Deux méthodes sont utilisées pour maximiser l’utilité sous la contrainte du revenu : la
méthode graphique et la méthode algébrique. Celle-ci comprend la méthode de substitution et
la méthode de Lagrange. Graphiquement, le panier de consommation optimal est celui qui
permet au consommateur d’être sur la CI la plus éloignée de l’origine et sur la droite de budget.
A l’optimum, on a donc une égalité entre le TMS et le rapport des prix. La méthode algébrique
permet de déterminer les solutions optimales appelées fonctions de demande ordinaire ou
marshallienne qui dépendent des prix et du revenu. En remplaçant les fonctions de demande
marshallienne dans la fonction d’utilité on obtient une nouvelle fonction d’utilité appelée
fonction d’utilité indirecte qui dépend des prix et du revenu. Les fonctions de demande
marshallienne sont homogènes de degré 0 en prix et en revenu. La minimisation des dépenses
du consommateur sous la contrainte de l’utilité permet de déterminer les fonctions de demande
hicksienne ou compensée. Tout comme les fonctions de demandes marshalliennes, les fonctions
de demandes Hicksiennes sont homogènes de degré 0 en prix. Le lemme de Shepard permet de
déterminer la demande Hicksienne à partir de la fonction de dépense et l’identité de Roy permet
de déterminer la demande marshallienne à partir de l’utilité indirecte.

• Notions essentielles du chapitre 2


Contrainte budgétaire – droite de budget – choix optimal du consommateur : méthode de
substitution, géométrique et du multiplicateur de Lagrange – Notion de fonction d’utilité
indirecte – fonction de demande marshallienne – minimisation des dépenses du consommateur
- fonction de demande hicksienne.

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57
• Lectures complémentaires
- Lahouani L., Théorie Microéconomique: Eléments de cours et applications, chapitres
2 et 3.
- Pindyck, Robert S. et Daniel L. Rubinfeld, Microéconomie, Pearson, 7ème édition,
(2009), Chapitre 3.
- Varian, Hal R. Introduction à la Microéconomie, Bruxelles, De Boeck Université, 6è
édition, 2006, Chapitres 2 et 5.

EXERCICES

Exercice 1

Jean consomme chaque jour des biens X et Y, dont les prix unitaires sont respectivement de 20
et 25 euros. Il dispose d’un revenu quotidien de 250 euros qu’il dépense entièrement. Vous
disposez de plus des informations suivantes concernant l’utilité marginale de Jean :

Quantité 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
UmX 120 100 90 85 80 75 70 65 60 55 40 20
UmY 160 140 130 120 110 100 90 80 70 60 50 40

a. Indiquer la contrainte budgétaire de Jean.


b. Ecrire la condition d’équilibre et la justifier.
c. En déduire les quantités optimales.

Exercice 2

Un consommateur a la fonction d’utilité suivante :


1/2 1/4
𝑈(𝑋1 , 𝑋2 ) = 𝑋1 𝑋2 où 𝑋1 et 𝑋2 représentent les biens qu’il consomme.

1) Déterminer le niveau d’utilité lorsque 𝑋1 = 4 et 𝑋2 = 1. Calculer l’augmentation d’utilité


due à une unité supplémentaire du bien 𝑋1 . Comparer avec l’utilité marginale et commenter.

2) Déterminer le TMS

3) Le revenu du consommateur, les prix des biens 𝑋1 et 𝑋2 sont quelconques. Déterminer les
expressions de demande de 𝑋1 et 𝑋2.

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58
CORRECTION

Exercice 1

a) La contrainte budgétaire est : 20𝑋 + 25𝑌 = 250

b) La condition d’équilibre est :


𝑈𝑚𝑥 𝑃𝑥 𝑈𝑚𝑥 𝑈𝑚𝑦
= ⟺ =
𝑈𝑚𝑦 𝑃𝑦 𝑃𝑥 𝑃𝑦

Le consommateur rationnel utilisera sa dernière unité monétaire pour l’achat d’une quantité
additionnelle du bien qui lui rapporte le plus d’utilité. A l’équilibre l’utilité marginale de la
dernière unité monétaire dépensée est la même pour tous les biens.
𝑈𝑚𝑥 𝑈𝑚𝑦
c) Par tâtonnement il faut rechercher l’égalité = .
𝑃𝑥 𝑃𝑦

Les quantités optimales sont : 𝑥 ∗ = 5 𝑒𝑡 𝑦 ∗ = 6.

Exercice 2
1/2 1/4
1) 𝑈(𝑋1, 𝑋2 ) = 𝑋1 𝑋2 = 𝑈(4,1) = √4. 1 = 2

∆𝑈 = 𝑈(5,1) − 𝑈(4,1) ⇒ √5 − √4 = 2.23 − 2 = 0.23


1 1
𝑈𝑚1 (5,1) = (1⁄2)𝑋1 −2 𝑋2 = = 0.22
2 ∗ 51/2
∆𝑈 ≅ 𝑈𝑚1

L’utilité additionnelle provenant de la consommation de la 5ième unité (dernière unité


consommée) du bien 1 correspond à l’utilité marginale par définition.

2) Calcul du TMS

1 −1/2 1/4
Um1 2 X1 X2 2X2
𝑇𝑀𝑆1,2 = = =
Um2 1 X1/2 X −3/4 X1
4 1 2
2
𝑇𝑀𝑆1,2 = = 0.5
4
3. Le programme marshallien
1 1
2 4
{𝑀𝑎𝑥 𝑈(𝑋1 , 𝑋2 ) = 𝑋1 𝑋2 (1)
𝑆⁄𝐶 𝑅 = 𝑃1 𝑋1 + 𝑃2 𝑋2 (2)

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A l’équilibre :
1 −1/2 1/4
P1 Um1 2 X1 X2 2X 2 P1
𝑇𝑀𝑆1,2 = ⇒ = = =
P2 Um2 1 X1/2 X −3/4 X1 P2
4 1 2
𝑋1 P1
⇒ 𝑋2 = (3)
2 P2

1 3 2 𝑅
En substituant (3) dans (2) on a : 𝑅 = 𝑃1 𝑋1 + 2 𝑃1 𝑋1 ⇒ 𝑃𝑋 = 𝑅 ⇒ 𝑋1∗ = 3 𝑃
2 1 1 1

2 𝑅 𝑅
𝑋1∗ = 3 𝑃 et 𝑋2∗ = 3𝑃
1 2

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60
CHAPITRE 3 : MODIFICATION DU CHOIX OPTIMAL ET DEMANDE DU
CONSOMMATEUR

A. Choix optimal du consommateur et variation du revenu

1. La courbe de consommation-revenu

Lorsque le revenu nominal de l’agent varie, la droite de budget se déplace parallèlement à elle-
même vers le haut ou vers le bas selon que le revenu augmente ou diminue (les prix nominaux
restant constants).
Les points de tangence entre les droites de budget ainsi déterminées et les CI correspondent à
de nouveaux points d’équilibre du consommateur. La droite reliant ces différents points
d’équilibre est appelée courbe de consommation revenu ou sentier d’expansion du revenu.

Figure 3. 1 : Sentier d’expansion du revenu

Avec un revenu initial R = p1 x1 + p2 x2 , le panier


optimal est E = (x1, x2). Lorsque le revenu passe de R à
R’, tel que R = p1 x1 + p2 x2 , la droite de budget se
'

déplace vers le haut, un nouvel optimum est défini E’=


(x1, x2). La satisfaction du consommateur a augmenté.
Idem lorsque l’on passe de R’ à R’’.
Les paniers E, E’ et E’’ correspondent à 3 niveaux de
revenu R, R’ et R’’. Si on étend le raisonnement à tous
les niveaux de revenu possibles, on obtient une infinité
de paniers optimaux. Si on joint ces paniers optimaux
par une courbe, on obtient la courbe de consommation-
revenu ou sentier d’expansion du revenu.

La courbe de consommation-revenu ou sentier d’expansion du revenu est donc le lieu


géométrique des différents équilibres du consommateur pour un niveau de revenu variable et
un rapport des prix constant.
À partir de la courbe de consommation-revenu, on peut déduire une relation entre la
consommation optimale de l’un des deux biens et le revenu du consommateur.

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61
2. La courbe d’Engel

La courbe d’Engel est étroitement liée à la courbe de consommation-revenu. Elle traduit la


relation entre la quantité d’équilibre achetée d’un bien et le revenu du consommateur et
représente donc la demande optimale d’un bien pour chaque niveau de revenu.

Figure 3.2 : Courbe d’Engel du bien 1.

Lorsque le revenu est R, la consommation


optimale du bien 1 est égale à x1. Lorsque
le revenu passe à R’, la consommation
optimale du bien 1 est de x’1. Lorsque le
revenu passe à R’’, la
consommation optimale du bien 1 est de
x’’1.
La relation entre consommation
optimale d’un bien et revenu du
consommateur est représentée par la
courbe d’Engel.

La forme de la courbe d’Engel dépend de la nature des biens. En effet la pente en un point de
la courbe d’Engel possède le même signe que l’élasticité revenu de la demande de ce bien.

3. La courbe d’Engel et l’élasticité-revenu de la demande

3.1 Définition du concept d’élasticité


D’une manière générale on peut définir l’élasticité comme la mesure de la sensibilité ou
l’intensité de réaction d’une grandeur y (variable dépendante) à une variation d’une autre
grandeur (variable indépendante) x.
Soit y = f(x).
y / y y x
 y/x = = .
x / x x y
L’élasticité désigne donc la variation relative d’une grandeur par rapport à la variation relative
d’une autre grandeur.

3.2 L’élasticité-revenu de la demande


L’élasticité-revenu permet de mesurer la « sensibilité » de la demande du consommateur aux
variations du revenu. Elle représente la variation relative de la quantité demandée d’un bien,
suite à une variation relative du revenu du consommateur, TCEPA.
Entre deux niveaux de la demande de bien 1, l’élasticité-revenu est égale :

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62
x1 / x1 x1 R
x /R = = . ,
1
R / R R x1
En un point, l’élasticité-revenu de la demande du bien 1 est égale à :

x1 / x1 x1 R
x /R = = .
1
R / R R x1
Le signe et la valeur de l’élasticité-revenu dépendent de la nature des biens. Ainsi, en fonction
du signe de l’élasticité-revenu, on peut classer les biens en trois catégories : biens supérieurs,
biens inférieurs et bien normaux.

3.2.1 Elasticité-revenu et biens inférieurs x /R < 0


1

Les biens inférieurs ont une élasticité-revenu négative :  x / R < 0. Lorsque le revenu augmente,
1

la quantité demandée diminue. La quantité demandée varie dans le sens inverse du revenu. La
courbe d’Engel dans le cas de biens inférieurs est donc décroissante.

3.2.2 Elasticité-revenu et biens normaux de première nécessité :


0<  x / R < 1
1

Les biens normaux prioritaires ou de première nécessité ont une élasticité-revenu comprise
entre 0 et 1 : 0<  x / R < 1. Lorsque le revenu augmente de 1%, la quantité demandée augmente
1

mais dans une moindre proportion (moins de 1%). La courbe d’Engel d’un bien prioritaire
(nécessaire) est croissante.

3.2.3 Elasticité-revenu et biens normaux supérieurs ou de luxe :


1<  x / R
1

Les biens de luxe ont une élasticité-revenu supérieure à 1 : 1<  x / R . Lorsque le revenu augmente
1

de 1%, la quantité demandée augmente plus que proportionnellement par rapport au revenu
(plus de 1%). On l’appelle bien de luxe ou bien supérieur. La courbe d’Engel d’un bien de luxe
(supérieur) est croissante.

Remarques
-La demande d’un bien peut être indépendante du revenu : 1<  x / R = 0. Lorsque le revenu
1

augmente, la quantité demandée reste constante. La courbe d’Engel d’un bien à élasticité revenu
nulle est une droite horizontale.
-L’élasticité-revenu peut être égale à l’unité :  x / R =1. Lorsque le revenu augmente de 1%, la
1

demande augmente aussi de 1%. La demande varie dans la même proportion que le revenu. Le
bien 1 est donc un bien normal.

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63
B. Choix optimal du consommateur et variation des prix

1. La courbe de consommation-prix
Supposons que seul le prix du bien 1 augmente de p1 à p’1, le prix du bien 2 et le revenu du
consommateur restent constants. Les variations de p1 vont permettre de déterminer de nouveaux
points d’équilibre aux points d’intersections entre les droites de budget dont la valeur absolue
de la pente varie et les CI successives. La droite joignant ces différents points d’équilibre est
appelée courbe de consommation-prix.
Figure 3.3 : La courbe de consommation-prix

Avec un prix initial P1, le panier optimal est E=(x1, x2) _


L’augmentation du prix du bien 1 a réduit l’ensemble des
paniers accessibles car la droite de budget pivote vers le bas
le panier E ne peut plus être atteint. Un nouveau panier
optimal est défini : E’=(x1’, x2’) Le consommateur demande
moins de _ bien 1 et de bien 2 avec l’augmentation du prix
du bien 1 _ Idem si le prix augmente de P1’ à P1’’: un nouvel
équilibre sera défini au panier E’’=(x1’’, x2’’)
Les paniers d’équilibre E, E’, E’’ correspondent à trois
niveaux de prix P1, P1’, P1’’. Si on étend le raisonnement à
tous les niveaux de prix possibles, on obtient une infinité de
paniers optimaux. La courbe qui lie ces paniers optimaux est
appelée courbe consommation-prix.

La courbe de consommation-prix est donc le lieu géométrique des différents équilibres du


consommateur lorsque le prix d’un bien varie, le prix de l’autre bien et le revenu du
consommateur étant maintenus constants.
A partir de la courbe de consommation-prix, on peut obtenir une relation entre le prix d’un bien
et la quantité optimale de ce bien. La représentation graphique de cette relation entre les
différents niveaux de prix possibles d’un bien et les quantités optimales correspondantes est la
courbe de demande du consommateur pour ce bien.

2. La courbe de demande

Figure 3.4 : La courbe de demande d’un bien 1

Lorsque le prix du bien 1 augmente, les


quantités optimales diminuent.
La courbe de demande est décroissante. Le
bien 1 est donc un bien normal.

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La courbe de demande d’un bien indique les quantités de ce bien que le consommateur achète
tout en maintenant constant son revenu et les prix des autres biens.

2.1 Demande individuelle et demande de marché


La demande individuelle d’un bien est la quantité d’équilibre de ce bien qu’un consommateur
est prêt à acquérir aux prix en vigueur et dans les limites de son revenu.
La courbe de demande individuelle d’un bien indique la relation qui existe entre la quantité
demandée d’un bien et le prix de ce bien.
La loi de la demande exprime la relation inverse entre la quantité demandée d’un bien et son
prix. En d’autres termes la quantité demandée d’un bien est d’autant plus grande que son prix
X
est bas. Cette loi indique donc que la pente de la courbe de demande est négative :  0.
P
Si la demande d’un bien augmente lorsque le revenu s’accroît la demande de ce bien diminue
quand son prix augmente.

La demande d’un bien peut être influencée par des facteurs externes à ce bien. Il s’agit d’effets
externes révélés par un bien qui agissent sur l’utilité qu’il procure au consommateur. Ce type
de biens peut s’identifier selon les effets suivants :
- L’effet d’entrainement ou le bandwagon effect : Cet effet indique que la demande d’un
bien augmente parce que ce bien est demandé et consommé par d’autres individus, c’est
le phénomène de mode.
- L’effet de snobisme : Il stipule que la demande d’un bien diminue parce que d’autres
individus demandent et consomment ce même bien ou bien parce que les autres agents
économiques augmentent la consommation de ce bien ; c’est le phénomène
d’exclusivité de la masse d’être différent des autres.
- L’effet Veblen est relatif aux biens de luxe et il indique que la demande d’un bien
augmente parce qu’il coûte cher.

La demande globale ou demande de marché ou demande totale est la demande exprimée par
l’ensemble des n consommateurs pour un même bien.

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i
Supposons l’existence de n consommateurs qui demandent un même bien 1. Soit x1 la fonction

de demande individuelle du bien 1 pour le consommateur i et Ri son revenu. Alors, la fonction


de demande totale x1 du bien 1 est la somme des n demandes individuelles d’un même bien :
n
X 1
( p , p ,..., p , R ,R ,..., R ) =  x ( p , p , R )
1 2 n 1 2 n
i
1 1 2 i
i =1

La fonction de demande du consommateur dépend de son revenu et des prix des biens
considérés. Toute variation de l’une de ces variables aura des incidences sur la demande du
consommateur. Il devient alors intéressant de mesurer la sensibilité de la demande aux
changements qui affectent les prix des biens considérés : c’est l’étude des élasticités. On
distingue deux sortes d’élasticité-prix : l’élasticité-prix direct et l’élasticité prix-croisé.

2.2 L’élasticité-prix direct de la demande : εp


Quelle sera la variation de la demande de bien 1 si le prix de ce bien augmente tandis que le
revenu et les autres prix restent constants ? Intuitivement on s’attendrait à une baisse de la
demande puisque ce bien est devenu plus cher. C’est bien le résultat que nous avons dans la
majeure partie des cas. La majorité des biens sont des biens ordinaires pour lesquels nous
avons :

Mais nous nous n’avons pas toujours ce résultat.


Un économiste irlandais, Sir Robert Giffen, a observé, pendant la famine de 1850, une
augmentation de la consommation de pommes de terre par les paysans irlandais, tandis que le
prix des pommes de terre venait d’augmenter (le paradoxe de Giffen).
L’explication de ce phénomène va apparaître dans les sections suivantes. Mais si la demande
d’un bien augmente avec son prix alors on parle de bien de Giffen.

εp permet de mesurer la « sensibilité » de la demande du consommateur pour un bien aux


variations des prix de ce bien. Elle mesure la variation relative (en %) de la quantité demandée
d’un bien, suite à une variation relative du prix de ce bien, toutes choses égales par ailleurs.
L’élasticité-prix de la demande du bien 1 est égale à :

x1 / x1 x1 p1
x /p = = . .
1 1
p1 / p1 p1 x1

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Pour la très grande majorité des biens, l’élasticité-prix de la demande est négative εp <0 car la
demande et le prix varient en sens inverse. Il s’agit de biens normaux.
- Si εp >0, cela signifie que la demande du bien varie dans le même sens que le prix. Si
le prix augmente, la demande augmente. Si le prix baisse, la demande baisse : Il s’agit
d’un bien atypique : bien de Giffen.
- Si -1 < εp <0, cela signifie que lorsque le prix varie de 1%, la quantité demandée varie
en sens inverse de moins de 1% : La quantité demandée varie moins que
proportionnellement par rapport au prix du bien en question, la demande du bien est
inélastique.
- Si εp = -1, cela signifie que lorsque le prix varie de 1%, la demande varie dans le sens
inverse de 1% : La demande varie dans les mêmes proportions que les prix. Il s’agit de
biens à élasticité unitaire.
- Si εp <-1, cela signifie que la quantité demandée répond infiniment aux variations du
prix. La demande du bien est élastique.

3 L’élasticité-prix croisée de la demande x / p


1 2

x / p
1 2
permet de mesurer la « sensibilité » de la demande du consommateur pour un bien aux

variations des prix d’un autre bien. En présence de deux biens 1 et 2, on peut mesurer l’impact
de la variation du prix du bien 2 sur la demande du bien 1.
Ex : Comment réagira la demande de voitures à une augmentation des prix du carburant ?
Elle mesure la variation relative de la quantité demandée d’un bien, suite à une variation relative
du prix d’un autre bien.
l’élasticité-prix croisée de la demande du bien 1 par rapport au prix du bien 2 est égale à :

x1 / x1 x p
x / p = = 1. 2,
1 2
p2 / p2 p2 x1

Le signe et la valeur de l’élasticité-prix croisée dépendent des relations qui existent entre les
biens.

3.1 Elasticité-prix croisée et biens indépendants


Lorsque la variation du prix d’un bien (bien 2) n’a aucune incidence sur la demande d’un autre
bien (bien 1), ces deux biens sont dit indépendants, L’élasticité-prix croisée est donc nulle.
Exemple : Théâtre et pain.

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3.2 Elasticité-prix croisée et biens substituables
Si en présence de deux biens normaux 1 et 2, l’augmentation du prix du bien 2 incite le
consommateur à se reporter sur le bien 1 pour satisfaire le même besoin, ces deux biens sont
dits substituables. L’élasticité-prix croisée sera donc positive.
Exemple : Pepsi et Coca cola.
La valeur de cette élasticité est d’autant plus forte que les biens sont des substituts proches.

3.3 Elasticité-prix croisée et biens complémentaires


Si en présence de deux biens normaux 1 et 2, l’augmentation du prix du bien 2 entraîne la baisse
de la consommation du bien 1, ces deux biens sont dits complémentaires. L’élasticité-prix
croisée sera donc négative.
Exemple : voiture et carburant.
L’augmentation des prix de l’essence entraîne une baisse de la demande de voitures.

On s’attend généralement à ce que la demande d’un bien diminue lorsque son prix augmente (à
part les biens Giffen où la demande décroît quand le prix diminue). Il existe toutefois des
situations où les variations de prix peuvent avoir des effets incertains sur la demande. C’est à
ce genre de situations que nous nous intéressons maintenant.

C. Effet de substitution et effet de revenu


On s’attend généralement à ce que la demande d’un bien diminue lorsque son prix augmente.
Toutefois, les variations de prix peuvent avoir des effets incertains sur la demande.
Considérons deux biens 1 et 2, et supposons que le prix du bien 1 diminue. Suite à cette
diminution, la demande du consommateur réagit suivant deux effets :
- Un effet revenu : le bien 1 est désormais moins cher, notre consommateur est en quelque
sorte plus riche, son pouvoir d’achat ou revenu réel a progressé, si le bien qu’il
consomme est normal, alors nous savons qu’il en consommera davantage (à l’inverse
pour un bien inférieur, une baisse du prix entraînera une hausse de revenu réel qui aura
pour conséquence de faire chuter la consommation de bien 1). Le sens de cet effet
dépend donc de la nature des biens.
- Un effet de substitution : le prix relatif du bien 1 est désormais moins élevé, notre
consommateur aura donc à renoncer à moins de bien 2 pour consommer davantage de
bien 1, on parle alors d’effet de substitution. Cet effet ne dépend pas de la nature des

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biens et d’après cet effet la baisse du prix d’un bien entraîne toujours une hausse de la
demande ce bien.
La variation du prix d’un bien entraine donc deux types d’effets : il y a d’une part une
modification du taux auquel vous pouvez échanger un bien contre un autre et d’autre part une
variation du pouvoir d’achat total que représente votre revenu. Le premier effet (la variation de
la demande due à une modification du taux d’échange entre deux biens) est appelé effet de
substitution. Le second effet (la variation de la demande due à une modification du pouvoir
d’achat) est appelé effet revenu.
Ainsi, lorsque le prix d’un bien varie le consommateur a tendance à augmenter la consommation
du bien devenu moins cher et diminuer celle du bien devenu relativement plus cher. L’effet de
substitution résulte alors de ce réaménagement d’achat du consommateur suite à la
modification des prix relatifs. L’effet revenu quant à lui est égal à la variation de la demande
résultant exclusivement de la variation du revenu réel (toute chose égal par ailleurs).

Ces deux effets ont été analysés dans des approches différentes par deux économistes : Slutsky
et Hicks.

1. Effet de substitution et de revenu selon Slutsky


Le but de cette décomposition est de déterminer dans un premier temps comment le choix de
consommation varie suite à une modification de prix en considérant que le pouvoir d’achat est
resté inchangé. Ainsi lors du passage de A à I sur la Figure 3.5, tout se passe comme si le
consommateur n’avait pas réalisé que son revenu réel avait augmenté, face à la baisse de prix
du bien 1, il décide donc de consommer davantage de ce bien au détriment du bien 2. L’effet
de substitution entraîne ainsi une rotation de la contrainte budgétaire. Puis arrivé au point de
consommation I, le consommateur « réalise » qu’avec ce nouveau prix, il possède un revenu
réel plus important, ce qui se traduit par un déplacement parallèle de la contrainte budgétaire.

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Figure 3.5 : Effet de substitution et de revenu selon Slutsky

Dans les faits on passe directement de A à B, le point I est un point intermédiaire purement
théorique.
Pour tracer la droite de budget imaginaire, on raisonne comme suit : A partir de la situation
finale, il faut faire varier le revenu du consommateur de telle sorte que le panier initial de
consommation soit accessible.

On peut passer de A à B en utilisant une autre décomposition.

2. Effet de substitution et de revenu selon Hicks


Le but de cette décomposition est de déterminer dans un premier temps comment le choix de
consommation varie suite à une variation de prix en considérant que le niveau de satisfaction
est resté inchangé. Passage de A à I sur la Figure 3.6.
On retrouve ainsi l’effet substitution (changement de la demande suite à une modification de
prix mais en considérant désormais une satisfaction constante). Puis lors du passage de I à B
c’est l’effet revenu (changement de la demande à prix constant, lorsque le revenu est modifié)
qui entre en jeu.

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Figure 3.5 : Effet de substitution et de revenu selon Hicks

Pour tracer la droite de budget imaginaire, on raisonne comme suit : A partir de la situation
finale, il faut faire varier le revenu du consommateur de telle sorte qu’il ait le même niveau
de satisfaction qu’à la situation initiale.

Les figures 3.6 et 3.7 suivantes représentent les deux effets respectivement dans le cas d’un
bien normal et dans le cas d’un bien inférieur.

Figure 3.6 : Effet de substitution et de revenu d’un bien normal.

B
C

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71
Figure 3.7 : Effet de substitution et de revenu (cas d’un bien inferieur)

B
A

Au sens de Slutsky l’effet de substitution est l’impact des prix sur la demande laissant le revenu
réel inchangé et au sens de Hicks c’est l’utilité qui reste constante.
Dans les deux cas, la variation totale de la demande est égale à la somme de l’effet revenu et de
substitution. Ceci peut être démontré à l’aide de l’équation de Slutsky que nous allons présenter.

3. Illustration de l’effet Giffen


Imaginons qu’un individu ne consomme que deux biens, un bien de première nécessité, le pain
et un bien plus évolué la viande. Un consommateur pauvre aura donc tendance à consommer
du pain de sorte à satisfaire sa faim, une fois le seuil de subsistance atteint le résidu de son
revenu servira à sa consommation de viande. Si dans un tel cas le prix du pain augmente, ce
consommateur, pour conserver le minimum de calorie lui permettant d’assurer sa subsistance,
peut choisir de diminuer sa consommation résiduelle pour pouvoir consommer davantage de
pain. En d’autres termes pour que l’effet Giffen apparaisse, il faut que le bien soit un bien
inférieur qui représente une part importante du budget du ménage.
Le bien Giffen est donc un bien inférieur dont l’effet de revenu est tellement important devant
l’effet de substitution si bien que le prix et la quantité demandée d’un tel bien varient dans le
même sens.

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72
4. L’équation de Slutsky
La contribution de Slutsky à la théorie du consommateur est représentée par l’équation qu’il va
développer en 1915. Cette équation établit une relation d’une part entre la qualité de la demande
ordinaire obtenue du programme de maximisation de l’utilité et d’autres parts la variation de la
qualité demandée quand le prix varie dans une fonction de demande compensée obtenu du
programme de minimisation des dépenses du consommateur.
Cette équation se présente comme suit :

X iR X iU R X i
R

= − Xj
Pj Pj R

Conclusion du chapitre 3

Le raisonnement microéconomique de l’étude du comportement du consommateur nous a


permis de comprendre la rationalité qui sous-tend la détermination du choix optimal individuel
de consommation, la construction des fonctions de demande individuelles, la construction des
fonctions de demande totales.
La théorie microéconomique s’intéresse également au comportement d’un autre agent
économique, le producteur et aux différentes interactions du consommateur et du producteur
sur le marché.

• Points importants à retenir


La courbe de consommation-revenu ou sentier d’expansion du revenu est le lieu géométrique
des différents équilibres du consommateur pour un niveau de revenu variable et un rapport des
prix constant. La courbe d’Engel traduit la relation entre la quantité d’équilibre achetée d’un
bien et le revenu du consommateur et représente donc la demande optimale d’un bien pour
chaque niveau de revenu. L’élasticité mesure la sensibilité ou l’intensité de réaction d’une
grandeur à une variation d’une autre grandeur. Elle désigne donc la variation relative d’une
grandeur par rapport à la variation relative d’une autre grandeur. L’élasticité-revenu permet de
mesurer la « sensibilité » de la demande du consommateur aux variations du revenu. En fonction
du signe de l’élasticité-revenu, on peut classer les biens en trois catégories : biens supérieurs,
biens inférieurs et bien normaux.
La courbe de consommation-prix est le lieu géométrique des différents équilibres du
consommateur lorsque le prix d’un bien varie, le prix de l’autre bien et le revenu du

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consommateur étant maintenus constants. La courbe de demande d’un bien indique les quantités
de ce bien que le consommateur achète tout en maintenant constant son revenu et les prix des
autres biens. La courbe de demande individuelle d’un bien indique la relation qui existe entre
la quantité demandée d’un bien et le prix de ce bien. La loi de la demande exprime la relation
inverse entre la quantité demandée d’un bien et son prix. En d’autres termes la quantité
demandée d’un bien est d’autant plus grande que son prix est bas.
La demande d’un bien peut être influencée par des facteurs externes à ce bien. On a l’effet
d’entrainement, l’effet de snobisme et l’effet Veblen. La demande globale ou demande de
marché ou demande totale est la demande exprimée par l’ensemble des consommateurs pour
un même bien. L’élasticité prix-direct permet de mesurer la « sensibilité » de la demande du
consommateur pour un bien aux variations du prix de ce bien. L’élasticité prix-croisé permet
de mesurer la « sensibilité » de la demande du consommateur pour un bien aux variations du
prix d’un autre bien. La variation du prix d’un bien entraine donc deux types d’effets : il y a
d’une part une modification du taux auquel on peut échanger un bien contre un autre et d’autre
part une variation du pouvoir d’achat total que représente le revenu. Le premier effet (la
variation de la demande due à une modification du taux d’échange entre deux biens) est appelé
effet de substitution. Le second effet (la variation de la demande due à une modification du
pouvoir d’achat) est appelé effet revenu. Ces deux effets ont été analysés dans des approches
différentes par Slutsky et Hicks. Au sens de Slutsky l’effet de substitution est l’impact des prix
sur la demande laissant le revenu réel inchangé et au sens de Hicks c’est l’utilité qui reste
constante. Dans les deux cas, la variation totale de la demande est égale à la somme de l’effet
revenu et de substitution. Un bien Giffen est un bien inférieur dont l’effet de revenu est
tellement important devant l’effet de substitution si bien que le prix et la quantité demandée
d’un tel bien varient dans le même sens.

• Notions essentielles du chapitre 3


Courbe de consommation-revenu – courbe d’Engel – élasticité-revenu de la demande – courbe
de consommation-prix – courbe de demande – biens normaux – biens inférieurs – biens
supérieurs – biens Giffen – biens de luxe – élasticité – élasticité prix-direct de la demande-
élasticité-prix croisé de la demande – effet Veblen – effet de snobisme – effet d’entrainement
– effet de substitution – effet revenu- effet total – définition et représentation graphique de
l’effet de substitution selon Slutsky et Hicks.

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74
• Lectures complémentaires
- Lahouani L., Théorie Microéconomique : Eléments de cours et applications, chapitre
4
- Pindyck, Robert S. et Daniel L. Rubinfeld, Microéconomie, Pearson, 7ème édition,
(2009), Chapitre 4.
- Varian, Hal R. Introduction à la Microéconomie, Bruxelles, De Boeck Université, 6è
édition, 2006, Chapitres 6, 8 et 15.

EXERCICES
I. Questions théoriques
1. Définir les notions suivantes : effet de substitution, effet de revenu et effet total de la
variation du prix d’un bien selon HICKS et selon SLUTSKY.
2. Montrer graphiquement l’effet de substitution, l’effet de revenu et l’effet total selon
Hicks et selon Slutsky de la Hausse du prix du bien 1 lorsque 𝑋1 et 𝑋2 sont des biens
normaux.

II. QCM : Indiquer uniquement la ou les lettres des réponses jugées correctes à
chaque question
1) Effet total, Effet de substitution et Effet de revenu
a) la variation totale de la demande d’un bien suite à la variation de son prix est égale à la
somme de l’effet de substitution et de l’effet de revenu
b) la variation de la demande due à la modification des prix relatifs est appelée effet de revenu,
tandis que la variation de la demande due à la modification du pouvoir d’achat est appelée effet
de substitution
c) la proposition b est fausse
d) les propositions a et c sont vraies.
2) Un bien Giffen
a) est nécessairement un bien inférieur
b) est un bien pour lequel l’effet de revenu négatif l’emporte totalement sur l’effet de
substitution positif de la baisse du prix
c) ne vérifie pas la loi de la demande
d) tout ce qui précède est vrai.

III) APPLICATION
1
Soit un agent économique dont la fonction d’utilité est 𝑈(𝑋1 , 𝑋2 ) = 𝑋1 𝑋22 . L’agent dispose d’un
revenu R et consomme les deux biens 1 et 2 en quantités 𝑋1 et 𝑋2 et aux prix 𝑃1 et 𝑃2 .
1) Déterminer les solutions du programme Marshallien. Déterminer le degré d’homogénéité
des fonctions de demande de l’agent économique.

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75
Donner l’équation de la courbe de consommation – revenu ou sentier d’expansion du
consommateur et les équations de la courbe d’Engel si 𝑃1 = 2 et 𝑃2 = 5 .
Si 𝑃1 = 2 ; 𝑃2 = 5 et 𝑅 = 30 déterminer les valeurs d’équilibre. Que devient l’équilibre si 𝑃1
passe à 4 avec 𝑃2 et 𝑅 restant inchangés ?
2) Déterminer la fonction d’utilité indirecte et vérifier l’identité de Roy pour le bien 1.

3) Déterminer les fonctions de demande Hicksiennes et montrer qu’elles sont homogènes de


degré 0 par rapport aux prix.
Pour 𝑃1 = 2, 𝑃2 = 5 et 𝑈0 = 10√2 déterminer les quantités consommées à l’équilibre et la
dépense minimale 𝐷0 , correspondante. Comparer cette solution aux valeurs d’équilibre
déterminées en 1).
4) Déterminer la fonction de dépense minimale et vérifier le Lemme de Shephard pour le bien
2.
5) Noter E1 (𝑥1∗ ; 𝑥2∗ ; 𝑈0 ) l’équilibre initial ; noter E2 (𝑥1∗∗ ; 𝑥2∗∗ ; 𝑈1 ) le nouvel équilibre obtenu
lorsque 𝑃1 passe à 4 avec 𝑃2 et 𝑅 restant inchangés.
Déterminer l’effet de substitution, l’effet de revenu et l’effet total selon Hicks et selon Slutsky.
Représenter graphiquement les situations ainsi décrites.

CORRECTION
I. Questions théoriques
1. Lorsque le prix d’un bien varie, il se produit un effet sur la demande de ce bien qu’on
peut décomposer en un effet de substitution et un effet de revenu.
EFFET DE SUBSTITUTION
Selon SLUTSKY, on appelle effet de substitution la variation de la demande consécutive à une
variation du prix lorsque le pouvoir d’achat reste constant.
Selon HICKS, on appelle effet de substitution la variation de la demande résultant d’une
variation du prix lorsque le niveau d’utilité est maintenu constant.
EFFET DE REVENU
On appelle effet de revenu d’une variation de prix, la variation de la quantité demandée résultant
exclusivement d’un changement du revenu réel.
EFFET TOTAL
On appelle effet total la variation de la quantité demandée consécutive à un changement de prix.
L’effet-prix total est la somme des effets de substitution et de revenu.
Effet Total = Effet de substitution + Effet revenu
Effet Total (Slutsky) = Effet Total (Hicks)

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76
2. Illustrations Graphiques des effets de substitution et de revenu selon HICKS et
SLUTSKY

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77
II. QCM
1) a, c ;d
2) a, b, c, d

III. Application
1. Programme primal ou marshallien

A l’équilibre :

Solutions du primal :

Homogénéité par rapport au prix et au revenu :

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78
Les fonctions de demande marshalliennnes sont homogènes de degré 0 en prix et en revenu.

Equation de la courbe de consommation-revenu


A partir de la condition d’équilibre :

Courbes d’Engel

- Valeurs d’équilibre

2. Fonction d’utilité indirecte et identité de Roy


Soit V la fonction d’utilité indirecte. On a :

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79
Vérifions l’identité de Roy pour le bien 1. On a :

D’où :

3. Programme hicksien ou dual


Programme hicksien

A l’équilibre :

Solutions du dual :

- Homogeneité par rapport au prix uniquement

Les fonctions de demande hicksiennes sont donc homogènes de degré 0 en prix.

- Equilibre et dépense minimale du programme dual


On a :

A l’équilibre :

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80
Comparaison
- Les demandes optimales du programme dual et du programme primal sont égales à l’équilibre
- La dépense minimale du programme dual est égale au revenu du programme primal ;
- Le niveau d’utilité du programme dual est égal à l’utilité maximale dans le programme primal.

4. Fonction de dépense minimale et vérification du Lemme de Shephard

Vérifions le Lemme de Shephard pour le bien 2

5. Détermination de l’effet de substitution, de l’effet de revenu et de l’effet total

- Chez Hicks
Déterminons le revenu 𝑅′ qui permet au consommateur de conserver son niveau d’utilité initial
au nouveau système de prix.
La fonction de revenu compensé ou de dépense minimale est :

L’équilibre du consommateur suite à l’effet de substitution est :

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81
D’où les trois équilibres suivants :

- Chez Slutsky
Déterminons le niveau de revenu R’’ qui permet d’acheter les quantités initiales au nouveau
système de prix.

L’équilibre du consommateur suite à l’effet de substitution :

D’où les trois équilibres suivants :

Représentation graphique
Voir l’illustration graphique des questions théoriques.
.

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82
2ème PARTIE : THEORIE DE LA PRODUCTION

L’étude des décisions de production constitue le second pilier de l’analyse microéconomique.


Il s’agit d’étudier certaines décisions prises par les entreprises relatives au choix de la technique
de production et de la quantité à produire en fonction des conditions du marché. Pour ce faire,
la microéconomie s’intéresse à un deuxième agent : « le producteur » (ou entreprise ou firme)
dont les décisions sont supposées rationnelles compte tenu des contraintes auxquelles il est
soumis.
Quel(s) objectif(s) poursuit le producteur?
Quelles décisions de production doit il prendre?
Quelles sont les contraintes auxquelles sont soumises les décisions du producteur?

▪ Objectif du producteur
Les décisions du producteur rationnel sont supposées motivées par l’objectif de maximisation
du profit. Le profit est la différence entre les recettes qu’obtient la firme en vendant sa
production et les coûts de la mise en œuvre de cette production.
Les économistes considèrent que le producteur poursuit un autre objectif de minimisation des
coûts de production qu’il supporte.

▪ Les décisions du producteur


La théorie microéconomique du comportement du producteur s’intéresse à l’analyse des
décisions qui portent sur la production des biens et services :
Comment produire? Avec quelle technique? Quelle quantité de biens produire?
Les décisions du producteur sont soumises à de nombreuses contraintes.

▪ Les contraintes du producteur


- Les contraintes liées au prix du marché : si les marchés sont en concurrence parfaite,
l’entreprise ne peut choisir le prix du bien à produire ou les coûts (prix) des ressources
qu’elle utilise. Tous les prix sont dictés par le marché.
- Les contraintes technologiques de production : pour fabriquer un bien ou un service,
l’entreprise est limitée par la technologie et les quantités de ressources (facteurs de

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production) qu’elle choisit. Pour un niveau de production, elle choisit toujours la
quantité de ressource qui minimise ses coûts de production.

Pour analyser le comportement du producteur, cette partie va comporter deux chapitres : le


premier concerne les ensembles et la fonction de production tandis que la seconde porte sur les
fonctions d’offre et de coût de l’entreprise.

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CHAPITRE 4 : ENSEMBLE ET FONCTION DE PRODUCTION

Selon la théorie néoclassique, le producteur est l’agent économique qui transforme des facteurs
de production (inputs) en produits sortants (outputs) selon une fonction de production. La firme
se distingue du consommateur par le fait qu’elle achète des facteurs de production pour les
transformer en d’autres biens et services grâce à sa technologie. Elle est donc du côté de la
demande sur les marchés des facteurs de production et du côté de l’offre sur le marché du bien
final qu’elle produit. On peut représenter le fonctionnement de la firme selon le schéma
suivant :

Figure 4.1 : Synthèse du fonctionnement d’une firme

4.1 Les facteurs de production


Les facteurs de production, appelés aussi « inputs », sont l’ensemble des biens et services
utilisés dans un processus de production pour produire un « output ».
On peut distinguer les différents facteurs de production selon plusieurs critères :
– En premier lieu, la provenance des facteurs utilisés par la firme permet de distinguer entre les
matières premières et les consommations intermédiaires. Les facteurs qui sont directement
extraits de la nature (du bois, du charbon, de l’eau) sont des matières premières. Les facteurs
qui sont le produit d’une autre firme (du papier, de l’acier, de l’eau lourde) sont des
consommations intermédiaires.
– Une seconde distinction peut être introduite en considérant les possibilités de modification
des quantités utilisées des différents facteurs pendant la période de temps étudiée. Si l’on ne
peut changer la quantité d’un facteur alors il est fixe. Si la quantité utilisée peut être modifiée,
alors il s’agit d’un facteur variable. On suppose en général que les équipements lourds comme

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les bâtiments ou les machines d’une usine (le capital de la firme) et la terre d’une exploitation
agricole correspondent à des facteurs fixes, tandis que la main-d’œuvre (le travail) et les
matières premières sont des facteurs variables.
– La dernière distinction concerne la manière dont on peut combiner les différents facteurs
pendant le processus de production. Deux facteurs sont substituables quand on peut remplacer
une certaine quantité d’un des facteurs par une quantité supplémentaire de l’autre tout en
gardant le même niveau de production. La terre et les engrais dans l’agriculture sont des facteurs
de cette nature, de même que le travail et les machines dans l’industrie. Si deux facteurs doivent
toujours être combinés dans les mêmes proportions alors ils sont complémentaires. Il faut une
carrosserie et quatre roues pour faire une voiture, il faut une molécule de sulfate (SO4) et deux
molécules d’hydrogène pour faire une molécule d’acide sulfurique. Dans ce cas si l’on
augmente la quantité utilisée d’un des deux facteurs, il faut aussi augmenter celle de l’autre
pour accroître le niveau de la production.

4.2 L’output
L’output peut être un bien ou service final destiné à la consommation des ménages ou un bien
ou service destiné aux entreprises pour être à son tour intégré dans un processus de production.

Figure 4.2 : La firme comme une boîte noire

L’objectif du producteur (firme) est de déterminer les relations entre quantités d’inputs et
quantités d’outputs dans le cadre de chaque processus de production.
Quelles quantités d’inputs faut-il utiliser pour avoir une certaine quantité d’output ?
La relation entre quantité d’inputs et quantités d’output est décrite au moyen de la fonction de
production. Nous allons maintenant caractériser les relations qui existent entre l’utilisation des
facteurs et le niveau de la production. On peut représenter la technologie de production d’une
entreprise avec le concept de fonction de production.
La fonction de production indique, pour chaque combinaison d’inputs, le niveau maximal
d’outputs (q) produits par l’entreprise.

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Figure 4.3 : fonction de production avec un input et un output

L’ensemble de production désigne l’ensemble des quantités d’output y qu’il est techniquement
possible de produire avec un ensemble de quantités x d’input. y = f(x) signifie que q est la
quantité maximale d’output qu’il est possible de produire à partir d’une quantité x

Pour simplifier l’analyse, on se limitera à deux inputs : le travail (L = labor) et le capital (K).
La fonction de production montre ce qui est techniquement faisable quand l’entreprise produit
avec une efficacité maximale.

3. La fonction de production

Une fonction de production est une relation quantitative entre inputs et outputs, entièrement
déterminée par la technologie, qui décrit en termes physiques quelle est la quantité d’inputs
nécessaires et suffisants pour produire une quantité quelconque d’outputs.
Si on note q la quantité d’output produite en combinant une quantité d’un input x, alors, la
fonction de production de l’output q est notée : q = f(x).
La fonction de production est donc la traduction analytique des contraintes techniques
(quantités des facteurs) auxquelles le producteur est confronté pour produire l’output.
Exemple de fonction de production avec un input et un output.

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Figure 4.4 : Fonction de production

L’ensemble de production désigne l’ensemble des quantités d’output q qu’il est techniquement
possible de produire avec un ensemble de quantités x d’input. q = f(x) signifie que q est la
quantité maximale d’output qu’il est possible de produire à partir d’une quantité x d’input. La
fonction de production est donc la relation qui lie quantité d’inputs et niveau maximal d’output
que ces inputs permettent d’obtenir.

Remarque : Par commodité de notations et de représentations graphiques, plusieurs


hypothèses simplificatrices sont faites sur le processus de production : Le processus de
production ne permet d’obtenir qu’un seul output. L’output est obtenu par la combinaison de
deux inputs seulement : le travail et le capital.
Comme on suppose que l’output est obtenu par la combinaison de deux inputs (travail et
capital), on peut envisager l’existence d’une certaine substituabilité entre ces inputs. Cette
substituabilité entre les inputs peut être représentée par les courbes d’isoproduits (ou
isoquantes)

4. Les isoquantes

On appelle isoquante (ou courbe d’isoproduit), la représentation graphique de l’ensemble des


combinaisons efficaces de facteurs de production (sur la fonction de production) permettant
d’obtenir un niveau donné d’output Elle décrit la substituabilité qui peut exister entre deux
inputs pour la production d’une quantité donnée d’output.
Si on considère une fonction de production f à deux inputs (x1, x2) qui permettent d’obtenir un
niveau d’output y0, l’isoquante correspondant à ce niveau d’output est :
(x1 , x2 / f (x1 , x2 ) = y0 )
Il s’agit de l’ensemble des combinaisons d’inputs (x1, x2) qui permettent d’obtenir le même
niveau d'output maximal y0

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Remarque : L’isoquante joue, par rapport à la fonction de production, le même rôle que les
courbes d’indifférence par rapport à une fonction d’utilité
Dans le cas le plus général où existe une certaine substituabilité entre les deux inputs considérés,
la forme de l’isoquante est la suivante :

Figure 4.5 : représentation d’une isoquante

Remarques : L’isoquante a la même allure et les mêmes propriétés que la courbe d’indifférence.
Pour une fonction de production donnée, il y aura autant d’isoquantes possibles que de niveaux
d’output. L’ensemble des isoquantes définit la carte d’isoquante de la fonction de production.
Les isoquantes possèdent quatre propriétés :
P1 : Plus une isoquante est éloignée de l’origine, plus le niveau de production associé est élevé.

Figure 4.6 : Déplacement de l’isoquante

B permet de produire plus d’output que A, en raison de l’efficacité technique, c à d qu’il est
impossible de produire plus d’output avec les mêmes quantités d’inputs, ou autant d’output
avec des quantités moindres d’inputs.

P2: les isoquantes ne se croisent pas

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Figure 4.7 : Intersection d’isoquantes

A appartient aux deux isoquantes de niveau y1 et y2. A permet donc de produire efficacement
les deux niveaux de production y1 et y2. A permet donc aussi de produire au maximum y1 et y2.

P3: les isoquantes sont décroissantes : Si on augmente le niveau d’utilisation d’un input et que
l’on désire maintenir constant le niveau de production d’output, il est nécessaire de diminuer le
niveau d’utilisation de l’autre output.

P4: les isoquantes sont convexes. Une isoquante convexe illustre une fonction de production à
facteurs substituables.

Remarque : La forme des isoquantes dépend de la relation qui existe entre les facteurs de
production (substituabilité / complémentarité)

La fonction de production Cobb-Douglas


La fonction Cobb-Douglas permet de représenter les techniques de production à facteurs
substituables. Si y représente le niveau de production obtenu grâce à la combinaison de
différentes quantités x1 et x2 de deux inputs substituables, alors la fonction qui relie les quantités
de facteurs au niveau maximal de production est :
y = f (x1 , x 2 ) = Ax1 x2 avec A  0,   0,   0.

La forme générale d’une technologie Cobb-Douglas est la suivante

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Figure 4.8 : Isoquante de fonction de production Cobb-Douglas

La fonction de production Léontieff


La fonction de production Leontief permet de représenter les techniques de production à
facteurs complémentaires : les inputs sont combinés dans des proportions fixes. Si y représente
le niveau de production obtenu grâce à la combinaison de différentes quantités x1 et x2 de deux
inputs complémentaires, alors la fonction qui relie les quantités de facteurs au niveau maximal
de production est :

y = f (x1 , x2 ) = min  x1 ,  x2 

On a ici une technologie qui correspond à des facteurs complémentaires : le capital et le


travail doivent toujours être combinés dans une proportion fixe pour être pleinement
utilisés. On appelle aussi cette fonction la fonction de production à facteurs
complémentaires. Pour produire 1 unité d’output avec une telle technologie, il faut a unités
de capital et b unités de travail. Les paramètres a et b sont appelés les coefficients
techniques. Pour produire q unités d’output, il faut a.q unités de capital et b.q unités de
travail. Si l’on dispose de K = a.q mais de L<b.q alors on ne peut produire q mais seulement
L/b. Ce phénomène correspond à la fonction de production suivante :

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C’est le facteur dont on dispose le moins qui détermine le niveau de la production.
Supposons que la firme possède un stock de capital K0. Si elle dispose de suffisamment de
travail alors elle peut produire K0/a unités d’output.

Figure 4.9 : Fonction de production Leontief

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Figure 4.10 : Isoquante d’une fonction de production Leontief

La forme générale d’une technologie à substituts parfaits est la suivante :

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Figure 4.11 : Isoquantes d’une technologie à facteurs parfaitement substituables

5. Le Taux Marginal de Substitution Technique (TMST)

Le TMST du facteur 1 au facteur 2 indique la quantité de facteur 2 à laquelle l’entreprise doit


renoncer pour obtenir une unité supplémentaire du facteur 1 et qu’elle souhaite maintenir le
niveau de production constant.
Le TMST se détermine donc le long d’une même isoquante.

Figure 4.12 : Taux marginal de substitution technique

Le signe négatif du TMST est une convention : compte tenu de la décroissance de l’isoquante,
les quantités des facteurs évoluent en sens contraire. Le signe (-) donne donc une valeur (+) au
TMST. Graphiquement, entre deux points de l’isoquante, le TMST est mesure par la valeur
absolue de la pente du segment de droite reliant ces deux points.

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Remarque importante
Si l’on considère des variations infinitésimales du facteur 1, le TMST de l’input 1 à l’input 2
devient :

∆𝑥2 𝑃𝑚1
𝑇𝑀𝑆𝑇1/2 = − =
∆𝑥1 𝑃𝑚2

L’analyse économique distingue deux principales périodes :


• Court terme :
Une période de temps durant laquelle il n’est pas possible d’ajuster les quantités d’un ou de
plusieurs facteurs de production. Ces facteurs sont appelés facteurs fixes.
• Long terme :
Une durée de temps suffisamment longue pour que tous les facteurs puissent être variables

La fonction de production est donc la relation qui lie quantité d’inputs et niveau maximal
d’output que ces inputs permettent d’obtenir.

4.4. LA PRODUCTION AVEC UN SEUL FACTEUR VARIABLE (TRAVAIL)


Analyse à court terme : un seul facteur variable tandis que l’autre est maintenu constant. Seul
un input varie L tandis que l’autre est maintenu constant K. (Exemple : bâtiments, machines,
etc.). La fonction de production est donc :

y = f ( K , L)
L’entreprise ne peut augmenter la production qu’en augmentant la quantité de travail.
Exemple : Combien de travailleurs le producteur devrait embaucher ? Quelle est l’incidence de
cette augmentation du facteur travail sur la production ?
Les entreprises prennent leurs décisions en comparant les bénéfices et les coûts de production :
• Soit en termes marginaux :
Quelle augmentation de production peut-on obtenir en accroissant le travail d’une unité ?
• Soit en termes de moyenne.
Quelle est en moyenne la production par travailleur ?

Pour pouvoir répondre à ces questions et décider du nombre de travailleurs à embaucher,


l’entreprise doit connaître la relation entre travail et production. Elle va donc déterminer

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comment la production augmente (ou diminue) quand la quantité du facteur variable (nombre
de travailleurs) augmente (ou diminue), d’où la notion de productivité.

Les productivités
Les productivités permettent de préciser la relation qui existe entre le niveau de l’output et le
niveau d’utilisation de l’un des inputs. Elles sont issues de la fonction de production, en
considérant que tous les inputs sauf un sont maintenus constants.
On distingue entre 3 types de productivités d’un input.
- La productivité totale (PT)
- La productivité moyenne (PM)
- La productivité marginale (Pm)

La productivité marginale

La Pm d’un facteur de production est l’accroissement de productivité totale obtenu grâce à


l’utilisation d’une unité supplémentaire de ce facteur, l’autre facteur étant maintenu constant.

Productivité marginale du Travail : Dans le cas du facteur travail, la Pm reflète la


contribution d’un travailleur additionnel à la production totale.
PmL = production supplémentaire par unité supplémentaire de travail.
Elle mesure la productivité du dernier travailleur (ou de la dernière heure de travail).

Production q
PmarL = =
Travail L

q dq
PmL = = avec q = f ( K , L )
L dL
La productivité moyenne

La PM mesure la contribution moyenne du facteur variable à la production (l’autre facteur étant


maintenu fixe). La PM d’un input est donc définie comme le rapport entre la productivité totale
de l’input et la quantité utilisée de cet input.

Productivité moyenne du travail : PML = production par unité de travail.


Elle mesure la productivité moyenne des travailleurs.

Production q
PMoyL = =
Travail L

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q f ( K , L)
PM L = = avec q = f ( K , L )
L dL

La productivité totale (PT)


La productivité totale d’un input est une fonction qui relie la quantité totale d’output que l’on
obtient et la quantité utilisée de l’input variable, la quantité de l’autre input étant constante. En
présence de deux facteurs (L et K par exemple) si seul le facteur L varie, alors la productivité
totale du facteur L est :

q = y = f ( K , L)

Figure 4.4 : Variation d’un input et fonction de production

Soit le tableau de données ci-dessous. Calculer la productivité moyenne et la productivité


marginale du travail.

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Quantité de Quantité de Production totale Productivité moyenne Productivité
Travail (L) Capital (K) (q) (q/L) marginale
(Δq/ΔL)

0 10 0 — —

1 10 10 10 10

2 10 30 15 20

3 10 60 20 30

4 10 80 20 20

5 10 95 19 15

6 10 108 18 13

7 10 112 16 4

8 10 112 14 0

9 10 108 12 –4

10 10 100 10 –8

Graphiquement, on observe que :


• La production augmente avec le travail.
• La productivité marginale est positive tant que la production totale augmente.
• La productivité marginale coupe la productivité moyenne à son maximum.

Productivités moyenne et marginale


• Quand la productivité marginale est supérieure à la productivité moyenne, la
productivité moyenne augmente.
• Quand la productivité marginale est inférieure à la productivité moyenne, la productivité
moyenne baisse.
• La productivité marginale est égale à la productivité moyenne quand la productivité
moyenne est à son maximum.
• Quand la productivité marginale est égale à zéro, la production est à son maximum.

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Figure 4.11 : Relation entre PT, PM et Pm

6.

La loi des rendements marginaux décroissants (RMD)


Il arrive un moment où les suppléments de production se réduisent, alors que l’utilisation
d’un facteur de production (ceteris paribus) augmente. C’est la loi des rendements
marginaux décroissants.
Quand la quantité de travail utilisée est petite et que le capital est fixe, la production
augmente sensiblement, parce qu’un plus grand nombre de travailleurs permet une
spécialisation de chacun dans des tâches précises : leur productivité marginale augmente.
Quand la quantité de travail utilisée est trop grande, certains agents deviennent inefficaces
et la productivité marginale du travail diminue.

La loi des rendements marginaux décroissants s’applique généralement à court terme,


quand au moins un facteur de production est fixe. Cependant, elle peut également
s’appliquer à long terme, si le chef d’entreprise décide qu’un ou plusieurs inputs resteront
fixes. Cette loi suppose que la qualité du travail (des travailleurs) reste constante.
La productivité du travail peut augmenter à la suite de progrès technologique, même avec
des rendements marginaux décroissants.

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7. Les rendements d’échelle

La notion de rendements d’échelle étudie la variation de l’output lorsqu’on fait varier tous les
inputs dans la même proportion.
Les rendements d’échelle peuvent être croissants, constants ou décroissants.
Pour déterminer la nature des rendements d’échelle, il suffit de comparer l’évolution de
l’ensemble des inputs et du niveau de l’output.

Remarque importante
La nature des rendements d’échelle peut être déterminée par le degré d’homogénéité de la
fonction de production.
Rappel mathématique : une fonction à deux variables est homogène de degré k si et seulement
si :

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• Points importants à retenir

La fonction de production donne la quantité maximale d'outputs qu'il est possible d'obtenir pour
une certaine quantité des différents inputs.
Une isoquante est une courbe qui représente l'ensemble des combinaisons efficaces d’inputs
permettant de produire une quantité donnée d'output.
Au long terme, tous les inputs sont variables. Au court terme, seul un input varie tandis que
l’autre est maintenu constant.
La Pm d'un input est l'accroissement de la quantité d'output obtenue pour un petit accroissement
de l’input considéré.
La loi de la Pm décroissante : ‘‘lorsqu’on augmente l’utilisation d’un input (l’autre input étant
maintenu constant), il existe un niveau d’utilisation de l’input variant à partir duquel la Pm de
cet input diminue’’.
Les rendements d’échelle indiquent la manière dont la production évolue quand l’échelle de
production (les quantités d'inputs utilisées à proportion fixe) est modifiée.
Le TMST est l’accroissement d’input nécessaire pour compenser la diminution d'un autre input
qui permet de maintenir l’output à un niveau constant.

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• Notions essentielles du chapitre 4
Isoquant, in put, out put, facteur fixe, facteur variable, productivité, fonction de produit total,
productivité marginale, productivité moyenne, taux marginal de substitution technique, loi des
rendements marginaux décroissants, élasticité de substitution, rendements d’échelle.

• Lectures complémentaires
- Pindyck, Robert S. et Daniel L. Rubinfeld, Microéconomie, Pearson, 7ème édition,
(2009), Chapitre 6.
- Varian, Hal R. Introduction à la Microéconomie, Bruxelles, De Boeck Université, 6è
édition, 2006, Chapitres 19.

EXERCICE
I. QCM

1. Une isoquante correspond à :


a. un niveau de capital
b. un niveau de travail
c. un niveau de coût
d. un niveau de production

2. L’égalité du rapport des productivités marginales des facteurs au rapport des prix des
facteurs correspond :
a. à l’équation du sentier d’expansion.
b. à l’équation d’une droite d’isocoût.
c. à la condition d’optimalité du producteur.
d. à l’équation d’une isoquante.

3. La fonction de production d’une entreprise est : Q(L,K)=Min (3K,2L). Si l’entreprise


adopte un comportement rationnel, pour produire 12 unités de bien elle utilise :
a. 4 unités de capital et 4 unités de travail
b. 6 unités de capital et 4 unités de travail
c. 4 unités de capital et 6 unités de travail
d. 6 unités de capital et 6 unités de travail

4. L’élasticité partielle d’un facteur est égale :


a. au rapport de la variation relative de la quantité de ce facteur à celle du taux de marginal de
substitution technique.
b. au rapport de la productivité marginale de ce facteur au taux marginal de substitution
technique.
c. au rapport de la variation relative de la quantité produite à celle de la quantité de ce facteur.
d. au rapport de la productivité marginale à la productivité moyenne de ce facteur.

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5. L’élasticité de substitution technique est égale :
a. au rapport de la variation relative de la quantité d’un facteur à celle du taux de marginal de
substitution technique.
b. au rapport de la productivité marginale d’un facteur au taux marginal de substitution
technique.
c. au rapport de la productivité marginale à la productivité moyenne des facteurs.
d. le rapport de la variation relative du rapport des facteurs (K/L) sur la variation relative du
TMST.
6. La fonction de production Q(K,L)=2KaLb (type Cobb-Douglas) présente des
rendements d’échelle croissants si :
𝑎
a) 𝑏 > 1 ; b) 𝑎𝑏 > 1 ; c) 𝑎 + 𝑏 > 1 ; d) 𝑎 − 𝑏 > 1.

7. Dans la même fonction qu’en 6), on considère que a=b=1. Si on multiplie les quantités
de tous les facteurs par 2, par combien la production sera-t-elle multipliée ?
a) 1 ; b) 2 ; c) 3 ; d) 4

8. le sentier d’expansion correspond à :


a. l’ensemble des points qui maximisent le profit ;
b. l’ensemble des points d’intersection entre les droites d’isocoût et les isoquantes.
c. l’ensemble des points de tangence entre les droites d’isocoût et les isoquantes.
d. l’ensemble des points pour lesquels la productivité marginale est décroissante.

9. Le TMST est égal :


a. au rapport des prix des facteurs
b. au rapport des productivités marginales.
c. au rapport des variations de quantités de facteurs.
d. à l’opposé du rapport des variations de quantités de facteurs sur une isoquante.

II. Répondre par vrai ou faux aux questions suivantes

1. Une entreprise agricole utilise K unités de capital physique et L unités d’heures de


travail pour produire Q unités de mais suivant la fonction de production :
Q = L0,5 + K 0,75
La fonction de production de cette entreprise présente des rendements d’échelle constants.

2. Une entreprise cinématographique utilise K unités de capital physique et L unités


d’heures de travail pour produire Q unités de mais soufflé suivant la fonction de
production :
Q = L0,5 K 0,75
La fonction de production de cette entreprise présente des rendements d’échelle croissants
pour tous les niveaux de production.

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3. L’entreprise BAFIAN produit des ballons. Le tableau suivant présente le nombre
d’employés nécessaires par niveau de production de ballons compte tenue de la taille
des installations.
Nombre Production mensuelle
d’employés de ballons
2 200
4 300
7 400
12 550

Nous pouvons donc conclure que la technologie de l’entreprise FAMA respecte la loi des
rendements marginaux décroissants.

CORRECTION
I. QCM
1/d
2/a. c.
3/ c.
4/c. d.
5/d
6/c
7/d
8/a. c
9/b. d

II. Répondre par vrai ou faux


1/ Faux
2/ Vrai
3/ Vrai

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104
CHAPITRE 5 : LES COÛTS DE PRODUCTION

L’entreprise fabrique un produit en combinant des facteurs de production. Elle supporte des
coûts de production liés à l’achat des inputs. Elle perçoit des recettes en vendant son output sur
le marché. Si les recettes perçues sont supérieures aux coûts supportés, l’entreprise réalise un
profit. Comme l’entreprise est un agent rationnel recherchant un profit maximum, elle doit
avant tout :
• définir et analyser sa fonction de production (chapitre 4)
• définir et analyser sa fonction de coûts (présent chapitre)
Le problème du producteur est donc double :
1. Comment choisir la technologie de production minimisant les coûts de production pour une
quantité donnée d’output ? (minimisation des coûts)?
2. Comment choisir le niveau de production optimal de manière à maximiser le profit
(maximisation du profit)?
Pour produire, le producteur est amené à transformer des inputs acquis par lui sur les marchés,
en outputs. L’acquisition des inputs entraîne des dépenses, ou des coûts.
Tandis que le consommateur alloue, compte tenu de ses préférences, son budget entre les divers
biens, le producteur répartit son budget entre les différents inputs dont il a besoin, compte tenu
des possibilités qu’offre sa fonction de production.

5.1 La mesure des coûts : quelques définitions


Les économistes conçoivent les coûts différemment des comptables. Lorsque les entreprises
parlent du coût de production d’une firme, ils incluent tous les coûts d’opportunité relatifs à la
production des biens et services, c'est-à-dire les coûts explicites et les coûts implicites. Les coûts
explicites sont les coûts qui donnent lieu à une sortie d’argent pour la firme tandis que les coûts
implicites sont les coûts qui ne donnent pas lieu à une sortie d’argent pour la firme. Cette
distinction entre coûts explicites et coûts implicites met en avant les différences importantes
entre les économistes et les comptables pour analyser le fonctionnement d’une entreprise.
Les économistes s’intéressent à la façon dont les firmes produisent et comment elles fixent les
prix. Comme ces décisions sont basées sur les coûts explicites et implicites, les économistes
incluent ces deux catégories dans la mesure du coût de production. A l’opposé les comptables
sont chargés de retracer les flux monétaires qui entrent et sortent des firmes. Ils mesurent donc
les coûts explicites mais ignorent souvent les coûts implicites.

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5.2 : Le coût total de production
Le coût total d’un niveau de production donné (noté CT) est la somme en valeur, aux prix du
marché, de tous les inputs utilisés par le producteur pour réaliser cette production, pendant une
période de temps donnée.
Si on considère deux inputs, le capital K et le travail L, le coût total sera égal à la quantité de
travail utilisée (L), multipliée par le prix de celui-ci (w), plus la quantité de capital utilisée (K)
multipliée par le prix de celui-ci (r): r K + w L = CT .
Le coût total de l’entreprise peut être représenté graphiquement par la droite d’isocoût.
Le coût total peut être décomposé en :
• Coût fixe. Ce coût ne varie pas avec le niveau de production. La seule façon d’éliminer un
coût fixe est d’arrêter de produire.
• Coût variable. Ce coût varie avec le niveau de production.
La production totale est une fonction des inputs fixes et variables. Par conséquent, le coût total
de production est égal à la somme du coût fixe (le coût des inputs fixes) et du coût variable (le
coût des inputs variables) :

CT = CF + CV

Il faut aussi faire une distinction entre coût marginal et coût moyen. Ensuite, il faudra
différencier coûts de court terme et long terme.
Le coût marginal (Cm) est l’accroissement du coût correspondant à la production d’une unité
supplémentaire. Les coûts fixes n’ont pas d’effet sur le Cm.

ΔCV ΔCT
Cm = =
Δq Δq

Le coût total moyen (CTM) est le coût total par unité de production. Le CTM est aussi égal à
la somme du coût fixe moyen (CFM) et du coût variable moyen (CVM):

CT CF CV
CTM = = + = CFM + CVM
q q q

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5.3 Fonction de coût et horizon temporel
Le producteur n’est pas capable de modifier instantanément, et avec n’importe quelle ampleur,
les quantités de tous les inputs. La minimisation du coût total ne peut se faire de la même
manière selon l’horizon temporel pris en considération pour l’ajustement des quantités de
facteurs.
L’analyse économique fait donc la distinction entre la fonction de coût de court terme et la
fonction de coût de long terme

5.4 LES COUTS DE COURT TERME


Soit le tableau suivant qui fournit des données sur les différents coûts en fonction des niveaux
de production à court terme.
Les données du tableau ci-dessus indiquent la façon dont les coûts variables et les coûts totaux
augmentent avec le niveau de production dans le court terme. Le rythme d’augmentation de ces
coûts dépend de la nature du processus de production et en particulier du fait que la production
induit des rendements marginaux décroissants pour les facteurs variables. On sait que les
rendements marginaux décroissants du travail correspondent à une productivité marginale
décroissante du travail.

5.4.1. Les déterminants des coûts de court terme


Si la productivité marginale du travail décroît au fur et à mesure de son utilisation, on devra
dépenser plus pour produire à un taux plus élevé, et les coûts variables et totaux vont augmenter.
Si la productivité marginale du travail ne diminue que faiblement lorsque la quantité de travail
augmente, les coûts n’augmenteront pas aussi vite lorsque la production augmentera.
À partir du tableau, on observe que :
– Le Cm croît initialement avec des rendements croissants : De 0 à 4 unités de production.
– Le Cm croît initialement avec des rendements décroissants.
Le graphique suivant montre les coûts qui varient avec la production.

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Tableau 5.1 : Calcul des différents coûts de production

Nivea Coût Fixe Coût Coût Coût Coût Coût Coût


u de (€ par an) Variable Total (€ Marginal Fixe Variable Total
produ (€ par par an) (€ par Moyen Moyen Moyen
ction an) an) (€ par (€ par (€ par
(unité an) an) an)
s par
an)
(CF) (CV) (CT) (Cm) (CFM) (CVM) (CTM)
(1) (2) (3) (4) (5) (6) (7)
0 50 0 50 — — — —
1 50 50 100 50 50 50 100
2 50 78 128 28 25 39 64
3 50 98 148 20 16,7 32,7 49,3
4 50 112 162 14 12,5 28 40,5
5 50 130 180 18 10 26 36
6 50 150 200 20 8,3 25 33,3
7 50 175 225 25 7,1 25 32,1
8 50 204 254 29 6,3 25,5 31,8
9 50 242 292 38 5,6 26,9 32,4
10 50 300 350 58 5 30 35
11 50 385 435 85 4,5 35 39,5

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Figure 5.1: Les courbes de coûts

Figure 5.2: Les courbes de coûts moyens et marginaux

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5.4.2. Relations entre les courbes de coûts
• Quand Cm < CVM, alors, CVM baisse.
• Quand Cm > CVM, alors, CVM augmente.
• Quand Cm < CTM, alors, CTM baisse.
• Quand Cm > CTM, alors, CTM augmente.
• => Cm coupe CVM et CTM à leur minimum.

5.5 LES COUTS DE LONG TERME


À long terme, l’entreprise peut faire varier tous ses facteurs de production. Elle doit les choisir
en minimisant ses coûts, pour une quantité d’output donnée.

5.5.1 La droite d’isocoût


La droite d’isocoût indique toutes les combinaisons de capital K et de travail L qui peuvent
être achetées pour un coût donné. Le coût total de production est la somme du coût du travail
wL et du coût du capital rK :

C = wL + rK

En réarrangeant les termes, on obtient :


K = C/r - (w/r)L
La pente de la droite d’isocoût est donc :
-(w/r) = rapport du taux de salaire sur le coût de location du capital. Ce ratio indique le taux de
substitution du travail au capital, sans variation de coût.

5.5.2 Le choix des facteurs et la minimisation des coûts


Le choix des facteurs en minimisant les coûts pour un niveau de production donné est obtenu
grâce aux isoquantes et aux droites d’isocoût :
• L’isoquante représente la quantité que l’on désire produire.
• La droite d’isocoût représente la combinaison de K et L qui donne un coût donné.

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5.5.3. La substitution des inputs quand leur prix change

Si le prix du travail w varie, alors, la pente des droites d’isocoûts (-w/r) varie aussi. L’entreprise
minimise ses coûts de production en substituant du capital au travail.

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Comment la droite d’isocoût est-elle liée au processus de production ?

Pente de la courbe d'isocoût = K = −w


L r

PmL
=w quand l'entreprise minimise ses coûts
PmK r

La combinaison qui minimise les coûts est telle que:

Pm L = Pm K
w r
Le dernier franc alloué à chacun des facteurs de production doit induire le même supplément
de production.

5.5.4. Le sentier d’expansion


Le sentier d’expansion décrit les combinaisons de capital et de travail choisies par l’entreprise
pour minimiser ses coûts à chaque niveau de production.

Le sentier d’expansion de l’entreprise contient la même information que sa courbe de long


terme C(q).

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Pour aller du chemin d’expansion à la courbe de coût de long terme, on passe par trois étapes :
• choisir le niveau de production représenté par une isoquante; puis trouver le point de
tangence avec une droite d’isocoût;
• déterminer le coût minimal de production du niveau d’output choisi;
• tracer la combinaison production-coût.

5.5.5. Rendements d’échelle et fonctions de coûts


❖ Rendements d’échelle constants :
– Il y a RE Constant si la production double lorsque tous les facteurs sont doublés.
– Le CMLT est constant à tout niveau de production.
❖ Rendements d’échelle croissants :
– Il y a RE croissant si la production fait plus que doubler lorsque tous les facteurs sont
doublés.
– Le CMLT décroît avec le niveau de production.
❖ Rendements d’échelle décroissants :
– Lorsque tous les facteurs sont doubles, la production fait moins que doubler.
– Le CMLT augmente avec le niveau de production.

Dans le long terme, les rendements d’échelle sont d’abord croissants, puis décroissants : la
courbe de CMLT a une forme en U. La courbe de CMCT a aussi une forme en U, mais à cause
des productivités marginales croissantes d’un facteur de production. Le CMLT mesure la
variation des coûts totaux de long terme quand la production augmente d’une unité.

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Figure 5.4 : les courbes de coût marginal et moyen de long terme

Les coûts moyens (CM) et marginaux (Cm) de long terme sont tels que :
– Si CmLT < CMLT, alors, CMLT baisse.
– Si CmLT > CMLT, alors, CMLT augmente.
– Si CmLT = CMLT, alors, CMLT est à son minimum.
– Dans le cas spécial où CMLT est constant : CmLT = CMLT.

Lorsque la production augmente, le CMLT va vraisemblablement diminuer, au moins jusqu’à


un certain point, car :
- Si l’entreprise opère à plus grande échelle, les travailleurs peuvent se spécialiser dans
les activités dans lesquelles ils sont les plus productifs.
- L’échelle de production peut amener de la flexibilité : les entreprises peuvent organiser
le processus de production de façon plus efficace.
- L’entreprise peut acquérir certains facteurs de production à un coût plus faible, car
achetés en grandes quantités.
Cependant, à partir d’un certain niveau de production, le CMLT se mettra à augmenter, car :

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- L’espace disponible et les équipements peuvent rendre le travail des ouvriers moins
efficace.
- Gérer une grande entreprise peut devenir plus complexe et inefficace lorsque le nombre
de tâches augmente.
- Les avantages de l’achat en gros peuvent disparaître lorsque certaines quantités sont
atteintes, car les stocks disponibles de certains facteurs peuvent être limites, ce qui
augmente leurs coûts.
Lorsque les combinaisons des facteurs changent, le chemin d’expansion n’est plus une ligne
droite. Le concept de rendements d’échelle n’est plus applicable.
On dira qu’une entreprise fait des économies d’échelle (ou déséconomies) quand elle peut
doubler sa production en faisant moins (ou plus) que doubler ses coûts.

5.5.6 Les courbes de coûts à long terme


Pour déterminer la taille optimale de l’usine, on utilise les courbes de coûts de court et de long
terme. La décision est importante puisque, une fois l’entreprise construite, elle ne reviendra pas
dessus pendant un certain temps. Par exemple, on compare trois tailles différentes de l’usine.

Figure 5.5 : La courbe de coût moyen de long terme

Quelle est la courbe de coût moyen de long terme CMLT ?

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La courbe de coût moyen de long terme (CMLT) est l’enveloppe des courbes de coût moyen
de court terme CMCT. La courbe de coût moyen de long terme CMLT a une forme en U à cause
des économies d’échelle initiales, suivies de déséconomies d’échelle à des niveaux de
production plus élevés.

Quelques notions essentielles du chapitre 5


Coûts de court terme, coûts de long terme, sentier d’expansion, droite d’isocoût, coût variable,
coût fixe, coût total, économie d’échelle, déséconomie d’échelle.

EXERCICE

I. QCM
1. La fonction de coût marginal coupe en son minimum :
a. la fonction de coût moyen.
b. la fonction de coût variable moyen.
c. la fonction de coût total.
d. la fonction de coût fixe moyen.

2. La fonction de coût de long terme correspond à :


a. une fonction de coût de court terme particulière.
b. la courbe enveloppe des fonctions de court terme.
c. la fonction de coût de court terme sans les coûts fixes.
d. la fonction de coût de court terme où le facteur fixe est évalué à son niveau optimal.

3. La fonction de coût d’une entreprise est C(Q)=6Q+Q2. La fonction d’offre de


l’entreprise en CPP sera donc :
a. Q(p)=3
b. Q(p)=0.5p-3
c. Q(p)=0
d. Q(p)=2.

III. Répondre par vrai ou faux


1. Le coût fixe total d’une entreprise est de 60 000 $. Le coût variable moyen est de 20
$ et le coût (total) moyen de 30 $. Le niveau de production de la firme est donc de
3000 unités.

2. Le coût marginal est défini comme le changement dans les coûts totaux de
production suite à la production d’une unité supplémentaire d’output. Dans un
contexte de court terme, le coût marginal pourrait de façon équivalente être défini

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par le changement dans les coûts variables totaux suite à la production d’une unité
supplémentaire d’output.

CORRECTION

I. QCM

1/ a b

2/ b c

3/ b

II. Répondre par vrai ou faux


1. Faux
2. Faux

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Probabilités

Introduction à la microéconomie

N’Guetta Gisèle

ii

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