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Cours Séries pour Licence Physique-Chimie

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1

Année Universitaire 2023-2024

Licence 2 PHYSIQUE-CHIMIE

Support de Cours de Séries

Ceci est un support qui ne saurait se substituer au cours. Les démonstrations


et les corrections des exercices seront détaillées pendant le cours.
Table des matières

1 SUITES ET SERIES DE FONCTIONS 2


1.1 Suites de fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.1.1 Convergence simple (ponctuelle) d’une suite de fonctions . 3
1.1.2 Convergence uniforme d’une suite de fonctions . . . . . . . 3
1.2 Séries de fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.2.1 Convergence simple ou ponctuelle . . . . . . . . . . . . . . 7
1.2.2 Convergence absolue, normale et uniforme . . . . . . . . . 7
1.2.3 Lien entre les différents types de convergence . . . . . . . . 10

2 SERIES ENTIERES 12
2.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2.2 Convergence d’une série entière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.2.1 Rayon de convergence d’une série entière . . . . . . . . . . 13
2.2.2 Méthode de calcul du rayon de convergence . . . . . . . . . 15
2.3 Opérations sur les séries entières . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2.4 Propriétés des séries entières . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
2.4.1 L’équivalence des séries entières . . . . . . . . . . . . . . . . 19
2.4.2 Continuité, intégration et dérivation d’une série entière . . . 19
2.5 Fonctions développables en séries entières . . . . . . . . . . . . . . 21
2.6 Applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.6.1 Calcul du terme général d’une suite récurrente à l’aide d’une
série entière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.6.2 Résolution d’une équation différentielle à l’aide des séries
entières . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25

3 SERIES FOURIER 27

Bibliographie 28

1
Chapitre 1

SUITES ET SERIES DE FONCTIONS

On désigne par K le corps des réels ou des complexes (K = R ou K = C ). On


considère l’ensemble F(I, K), de toutes les fonctions définies sur I (I intervalle
de R) à valeurs dans K ; à savoir :
n o
F(I, K) = f | f : I −→ K, f f onction .

Nous remarquons que F(I, K) est un espace vectoriel.

1.1 Suites de fonctions


Définition 1.1.1 On appelle suite de fonctions sur I toute application

f : N −→ F(I, K)
n 7−→ f (n)

On note f (n) par fn et on note la suite par (fn )n∈N .

Exemple 1.1.1 Soit x ∈ I.


1. ∀ n ∈ N, fn (x) = e−nx . Les éléments de la suite sont

f0 (x) = 1, f1 (x) = e−x , f2 (x) = e−2x , .....

2. ∀ n ∈ N∗ , fn (x) = sin(x + n1 ). Les éléments de la suite sont

1 1
f1 (x) = sin(x + 1), f2 (x) = sin(x + ), f3 (x) = sin(x + ), .....
2 3

2
C HAPITRE 1 SUITES ET SERIES DE FONCTIONS 3

1.1.1 Convergence simple (ponctuelle) d’une suite de fonctions


Définition 1.1.2 On dit qu’une suite de fonctions (fn )n∈N converge simplement sur I
vers une fonction f (ou bien converge point par point sur I) si pour tout x ∈ I, la suite
numérique (fn (x))n∈N converge vers f (x),
c’est-à-dire :
∀ x ∈ I, lim fn (x) = f (x).
n→+∞

f est appelée limite simple de la suite (fn )n∈N ; et on écrit


converge simplement CS
fn −−−−−−−−−−−→ f sur I ou bien fn −−→ f sur I. Ceci se traduit par

∀ x ∈ I, ∀  > 0, ∃ N,x ∈ N, ∀ n ∈ N : (n ≥ N,x =⇒ |fn (x) − f (x)| < ).

Exemple 1.1.2 1. Soit la suite de fonctions fn (x) = e−nx définie sur R. Nous avons

 1
 si x = 0
lim fn (x) = 0 si x > 0
n→+∞ 
+∞ si x < 0.

(
CS 1 si x = 0
Ainsi, fn −→ f sur R+ , où f (x) =
0 si x > 0
et (fn )n∈N ne converge pas simplement sur ] − ∞, 0[.
2. Soit la suite de fonctions fn (x) = sin(x + n1 ) définie sur R. Pour tout x ∈ R, la
suite (fn )n∈N∗ converge simplement vers la fonction f (x) = sin(x) sur R.
nx
3. Soit la suite de fonctions fn (x) = 1+nx
définie sur R+ . (Laisser en exercice)

Remarque 1.1.1 L’exemple précédent montre que la continuité des fonctions fn n’en-
traîne pas forcément la continuité de la fonction limite f .

Dans le paragraphe qui suit nous allons étudier une notion de convergence qui
permettra de conserver la continuité et d’autres propriétés intéressantes.

1.1.2 Convergence uniforme d’une suite de fonctions


Définition 1.1.3 Soit la suite de fonctions (fn )n∈N définie de I dans K et f ∈ F(I, K).
On dit que la suite de fonctions (fn )n∈N converge uniformément vers la fonction f sur
I si

lim sup |fn (x) − f (x)| = 0, (1.1)


n→+∞ x∈I

c’est-à-dire

∀  > 0, ∃ N ∈ N, ∀ n ∈ N, ∀ x ∈ I : (n ≥ N =⇒ |fn (x) − f (x)| < ).

3
C HAPITRE 1 SUITES ET SERIES DE FONCTIONS 4

Définition 1.1.4 Soit f ∈ F(I, K). On appelle norme uniforme de f sur I, et on note
kf k∞ la quantité
kf k∞ = sup |f (x)|.
x∈I

Rappelons que toute partie majorée de R admet une borne supérieure finie, et que
par convention la borne supérieure d’une partie non majorée est +∞.

Proposition 1.1.1 Soit (fn )n∈N ⊂ F(I, K) et f ∈ F(I, K). La suite (fn )n∈N converge
uniformément vers f si et seulement si lim kfn − f k∞ = 0.
n→+∞

Cette proposition montre bien que la convergence uniforme est naturellement as-
sociée à la norme uniforme. On dit aussi que fn converge vers f pour la norme de
la convergence uniforme et que f est la limite uniforme sur I de la suite (fn )n∈N .
converge uniformément CU
Et on note fn −−−−−−−−−−−−→ f sur I ou bien fn −−→ f sur I.

Remarque 1.1.2 Soit (fn )n∈N ⊂ F(I, K) et f ∈ F(I, K). Alors

CU CS
fn −−→ f sur I =⇒ fn −−→ f sur I.

Proposition 1.1.2 (Condition suffisante de la convergence uniforme)


Pour qu’une suite de fonctions (fn )n∈N converge uniformément sur I vers une fonction
f , il suffit qu’il existe une suite numérique (un )n∈N telle que :

|fn (x) − f (x)| ≤ un ∀ n ∈ N, ∀ x ∈ I et lim un = 0.


n→+∞

Exemple 1.1.3 Étudier la convergence simple et uniforme de la suite de fonctions (fn )n∈N
sur [0, 1] telle que
ne−x + x2
fn (x) = .
n+x
• Convergence simple
Soit x ∈ [0, 1]. Nous avons lim fn (x) = e−x .
n→+∞
CS
Ainsi, fn −−→ f sur [0, 1].
• Convergence uniforme
Soit x ∈ [0, 1].

ne−x + x2 −x x − e−x |x| + |e−x | 2


−e = |x| ≤ ≤ .
n+x n+x n+x n
2
Puisque lim = 0 alors d’après la Proposition précédente, (fn )n∈N converge
n→+∞ n
uniformément vers e−x sur [0, 1].

4
C HAPITRE 1 SUITES ET SERIES DE FONCTIONS 5

Proposition 1.1.3 Soient (fn )n∈N et (gn )n∈N deux suites de fonctions définies sur I
convergeant uniformément respectivement vers f et g.
1. Si λ et µ sont deux nombres réels, alors la suite de fonctions (fn + gn )n∈N converge
uniformément vers la fonction λf + µg sur I.
2. Si les fonctions limites f et g sont bornées sur I alors la suite de fonctions (fn gn )n∈N
converge uniformément vers f g sur I.

Proposition 1.1.4 (Propriétés conservées lors de la convergence uniforme)


Soit (fn )n∈N ⊂ F(I, K) et f ∈ F(I, K).

1. Continuité : Si,
• pour tout entier n ∈ N, la fonction fn est continue sur I,
• la suite (fn )n∈N converge uniformément sur I vers f .
Alors f est continue sur I.

2. Permutation limite/intégrale : Supposons que la suite (fn )n∈N est telle que pour
tout entier n ∈ N, la fonction fn est continue sur I = [a, b].
Si la suite (fn )n∈N converge uniformément sur I vers f , alors
Z b Z b Z b
lim fn (x)dx = lim fn (x)dx = f (x)dx.
n→+∞ a a n→+∞ a

3. Interversion des limites : Soit a ∈ I. Supposons que la suite (fn )n∈N converge
uniformément sur I vers f et pour tout entier n, lim fn (x) = ln existe.
x→a
Alors lim ln existe et lim f (x) existe. Ces deux limites sont égales, c’est-à-dire
n→+∞ x→a

   
lim lim fn (x) = lim lim fn (x) .
n→+∞ x→a x→a n→+∞

Nous remarquons que ce résultat reste vrai lorsque a = ±∞.

4. Dérivabilité : Supposons que la suite (fn )n∈N est telle que pour tout entier n ∈
N, la fonction fn est continument dérivable sur I(c’est-à-dire fn ∈ C 1 sur I ) et
converge simplement vers une fonction f sur I.
0
Si la suite de fonction (fn )n∈N converge uniformément vers une fonction g sur I,
alors la fonction f est continument dérivable sur I ( c’est-à-dire f ∈ C 1 sur I) et
0
f (x) = g(x) ∀ x ∈ I, c’est-à-dire
 0
0
lim fn (x) = lim fn (x) ∀ x ∈ I.
n→+∞ n→+∞

5
C HAPITRE 1 SUITES ET SERIES DE FONCTIONS 6

Remarque 1.1.3 1. Pour montrer qu’une suite de fonctions (fn )n∈N converge uni-
formément vers f nous pouvons tenter d’appliquer la proposition 1.1.2 ou étudier
les variations de la fonction fn − f afin de déterminer sup |fn (x) − f (x)| et de
x∈I
démontrer que cette quantité tend vers 0.
2. Pour montrer qu’une suite de fonctions (fn )n∈N ne converge pas uniformément vers
f , nous pouvons :
(a) étudier les variations de la fonction fn − f afin de déterminer
sup |fn (x) − f (x)| et de démontrer que cette quantité ne tend pas vers 0.
x∈I
(b) Si la suite de fonctions (fn )n∈N converge simplement sur I vers la fonction f
et s’il existe une suite (xn )n∈N de I telle que la limite de fn (xn ) − f (xn ) est
différente de 0 alors la suite (fn )n∈N ne converge pas uniformément sur I vers
f.
(c) Nier les propriétés 1, 2 et 3 de la propositions 1.1.4.

Exemple 1.1.4 1. Soit (fn )n∈N la suite de fonction définie sur [0, 1] par

fn : [0, 1] −→ R
n
.
x 7−→ x (1 − x)

Nous avons lim fn (x) = 0.


n→+∞
CS
Ainsi, fn −−→ f = 0 sur [0, 1].
Posons gn (x) = |fn (x) − f (x)| = xn (1 − x).
Par étude des variations de la fonction gn , on trouve que
 n  
n n n n
sup gn (x) = fn ( )= 1− ≤1− .
x∈[0,1] n+1 n+1 n+1 n+1

Puisque  n  
n n n
∀ n ∈ N, 0 ≤ 1− ≤1− ,
n+1 n+1 n+1
n
n n

d’où d’après le Théorème des gendarmes lim n+1 1 − n+1 = 0 et nous avons
n→+∞
lim sup gn (x) = 0.
n→+∞ x∈[0,1]

On conclut que (fn )n∈N converge uniformément vers 0 sur [0, 1].
2. La suite de fonctions définie sur [0, 1] par fn (x) = xn n’est pas uniformément
convergente sur [0, 1].
En effet : il est clair que la suite (fn )n∈N converge simplement vers la fonction f sur
[0, 1] telle que (
0 si x ∈ [0; 1[
f (x) =
1 si x = 1.

6
C HAPITRE 1 SUITES ET SERIES DE FONCTIONS 7

Étant donné que chaque fn est continue sur [0, 1] et que f n’est pas continue sur
sur [0, 1], on conclut que (fn )n∈N ne converge pas uniformément sur [0, 1].

Exercice 1.1.1 Étudier la convergence simple et uniforme des suites de fonctions (fn )n
suivantes
(−1)n xn
1. fn (x) = n
, x ∈ R+ .
(
1 − nx si 0 ≤ x ≤ n1
2. fn (x) =
0 si n1 < x ≤ 1.

1.2 Séries de fonctions


Définition 1.2.1 Soit la suite de fonctions (fn )n∈N définie de I dans K. La série de fonc-
tions de terme général fn est la suite de fonction (Sn ), où les Sn sont définies sur I par
n
X
Sn (x) = fp (x)
p=0

1.2.1 Convergence simple ou ponctuelle


P
Définition 1.2.2 La série de fonctions fn (x) est dite simplement convergente sur I
n
P
si la suite des sommes partielles (Sn ) (à savoir Sn (x) = fp (x)(x)) converge simple-
p=0
ment vers une fonction S sur I.

Remarque 1.2.1 1. Étudier la convergence simple sur I d’une série de fonctions re-
P
vient à fixer x ∈ I et étudier la série numérique fn (x).
P
2. Si la série de fonctions fn (x) converge simplement vers une fonction S sur un
domaine D, alors
(a) l’ensemble D est appelé le domaine de convergence de la série de fonctions
P
fn (x),
P
(b) la fonction limite S est appelé la somme de la série fn (x).

1.2.2 Convergence absolue, normale et uniforme


• Convergence absolue
P
Définition 1.2.3 La série de fonctions fn (x) est dite absolument convergente sur I
si la série de terme général |fn (x)| converge simplement sur I.

7
C HAPITRE 1 SUITES ET SERIES DE FONCTIONS 8

Remarque 1.2.2 Tous les critères de convergence étudiés pour les séries numériques à
termes positifs restent valables pour l’étude de la convergence des séries de fonctions à
termes positifs, en particulier l’étude de la convergence absolue des séries de fonctions.

fn (x) telle que ∀ x ∈ R, fn (x) = sin(nx)


P
Exemple 1.2.1 1. Soit √ .
n n
n≥1

sin(nx) 1
∀ x ∈ R, √ ≤ √ .
n n n n
P 1
Étant donné que la série de Riemann 3 converge, alors pour tout x ∈ R la série
n≥1 n2
P
de fonctions fn (x) est convergente. C’est-à-dire elle est simplement convergente
n≥1
sur R et on déduit que le domaine de convergence simple est R.
fn (x) telle que ∀ x ∈ R, fn (x) = n!(x + 1)n .
P
2. Soit
n≥0

fn+1 (x)
∀ x ∈ R, = (n + 1)|x + 1|.
fn (x)
Nous avons (
+∞ si x 6= −1
lim (n + 1)|x + 1| =
n→+∞ 0 si x = −1.
P
Si x 6= −1 alors la série fn (x) diverge.
n≥0 P
Pour tout n ≥ 0, fn (−1) = 0 ; cela implique que la série numérique fn (−1)
n≥0
P
converge vers 0. D’où le domaine de convergence de la série de fonctions fn (x)
n≥0
est {−1}.

• Convergence normale
P
Définition 1.2.4 La série de fonctions fn (x) est dite normalement convergente sur
I si la série numérique de terme général kfn k∞ est convergente.
P P
Théorème 1.2.1 Soit la série de fonctions fn (x) définie sur I. fn (x) converge nor-
malement si et seulement si :
• il existe une suite numérique (un )n telle que ∀ n ∈ N, ∀ x ∈ I, |fn (x)| ≤ un ;
P
• la série numérique un converge.

Exemple 1.2.2 Soit la série de fonctions dont le terme général fn est défini par
e−nx
fn (x) = ∀ x ∈ R+ , ∀ n ∈ N∗ .
n2
Nous avons
e−nx 1
∀ x ∈ R+ , ∀ n ∈ N∗ , fn (x) = 2 ≤ 2 .
n n
P 1
Puisque la série de Riemann n2
converge, alors d’après le Théorème précédent, la série
P
fn (x) est normalement convergente sur R+ .

8
C HAPITRE 1 SUITES ET SERIES DE FONCTIONS 9

• Convergence uniforme
P
Définition 1.2.5 On dit que la série de fonctions fn (x) converge uniformément vers
la fonction S sur I, si sa suite des sommes partielles (Sn )n converge uniformément vers
la fonction S sur I
C’est-à-dire la suite numérique de terme général
n
X
sup fk (x) − S(x)
x∈I
k=0

converge vers 0.
P
Remarque 1.2.3 1. Une série de fonction fn (x) simplement convergente sur I
vers une fonction S, converge uniformément sur I si et seulement si, la suite (Rn )n
+∞
P
de reste d’ordre n (c’est-à-dire Rn (x) = fk (x)) converge uniformément vers
k=n+1
0.
2. Nous rappelons le théorème de Leibniz normalement étudié dans le cours de Série
numérique.
Soit (−1)n un une série alternée telle que (un )n décroit et est de limite nulle.
P

Alors,
(a) la série (−1)n un converge,
P

(b) sa somme S est toujours comprise entre deux termes consécutifs Sn et Sn+1 de
la suite de ses sommes partielles,
(c) le reste vérifie
|Rn | ≤ |un+1 |.
P
Proposition 1.2.2 Soit la série de fonctions fn (x) définie sur I.
P
Si la série de fonctions fn (x) converge uniformément sur I alors la suite de fonctions
(fn )n converge uniformément vers la fonction nulle sur I.

Remarque 1.2.4 La Proposition précédente est utile par sa contra-posé : si (fn )n ne


P
converge pas uniformément vers 0 sur I alors la série de fonctions fn (x) ne converge
pas uniformément sur I.

Exemple 1.2.3 Soit la série de fonctions dont le terme général fn est défini par

fn (x) = nx2 e−x x
∀ x ∈ R+ , ∀ n ∈ N.
P
∗ Étude de la convergence simple de la série fn (x) sur R+ .

9
C HAPITRE 1 SUITES ET SERIES DE FONCTIONS 10

P
Si x = 0 alors pour tout n ∈ N, fn (0) = 0. Donc la série fn (0) converge vers 0.

Supposons x > 0. Puisque



nx2 e−x x
n3
lim 1 = lim x2 √ = 0,
n→+∞
n2
n→+∞ ex n

alors fn = ◦( n12 ).
+∞ P 1
La série de Riemann n2
étant convergente, alors pour tout x > 0, la série numérique
P
fn (x) est convergente. Ainsi la série de fonctions converge simplement sur R+ .

P
∗ Étude de la convergence uniforme de la série fn (x) sur R+ .
Pour tout x ∈ R+ , nous avons
0 √ √
fn (x) = nx(2 − x n)e−x n .

Cela implique
√ 2 4
sup |fn (x)| = sup |nx2 e−x x
| = fn ( √ ) = 2 .
x∈R+ x∈R+ n e
Étant donné que le sup |fn (x)| ne tend pas vers 0, alors la suite de fonctions (fn )n ne
x∈R+
converge pas uniformément vers la fonction nulle sur R+ .
P
Ainsi fn (x) ne converge pas uniformément sur R+ .

1.2.3 Lien entre les différents types de convergence

La convergence normale =⇒ La convergence uniforme =⇒ La convergence simple

La convergence normale =⇒ La convergence absolue =⇒ La convergence simple

Exemple 1.2.4 Soit la série de fonctions dont le terme général fn est défini par

(−1)n
fn (x) = ∀ x ∈ R+ , ∀ n ∈ N∗ .
x+n
Soit n ∈ N∗ .
1 1
∀ x ∈ R+ , |fn (x)| ≤ ≤ .
n+x n
Puisque fn (0) = n1 , alors nous avons kfn k∞ = n1 . Comme 1
P P
n
diverge alors fn ne
n≥1 n≥1
converge pas normalement.

10
C HAPITRE 1 SUITES ET SERIES DE FONCTIONS 11

1

Soit x ∈ R+ . La suite x+n étant décroissante de limite nulle, alors d’après le Théo-
P n≥1
rème de Leibniz la série fn converge simplement. De plus, pour tout n ≥ 1,
n≥1

+∞
X 1 1
|Rn (x)| = fk (x) ≤ ≤ .
k=n+1
n+1+x n+1
P
Par conséquent, la suite (kRn k∞ )n tend vers 0 et on déduit que la série fn converge
n≥1
uniformément.
n
D’autre part, pour tout x ∈ R+ , (−1) 1 1
P 1
x+n
= ∼
x+n +∞ n
. Étant donné que n
diverge
P n≥1
alors fn ne converge pas absolument sur R+ .
n≥1 P
La série fn converge uniformément sur R+ alors qu’elle n’est ni normalement
n≥1
convergente sur R+ ni absolument convergente sur R+ .

Exercice 1.2.1 Étudier la convergence normale, la convergence uniforme et la conver-


gence absolue de la série de fonctions dont le terme général fn est défini par

(−1)n
fn (x) = ∀ x ∈ [0, 1[, ∀ n ∈ N∗ .
x2 n 2 + n

11
Chapitre 2

SERIES ENTIERES

2.1 Généralités
Définition 2.1.1 Soit (an )n une suite d’éléments de K. On appelle série entière de
variable complexe (respectivement variable réelle), toute série de fonctions de la forme
an z n (respectivement an xn ).
P P

La suite (an )n est appelée la suite des coefficients de la série entière.

Remarque 2.1.1 Toute série entière converge pour z = 0.

X zn X zn X +∞
X
n
Exemple 2.1.1 Les séries , , nz ou encore (1 + i)n z n sont des
n≥1
n n≥0
n! n≥0 n=0
exemples de séries entières.

Définition 2.1.2 On désigne par D l’ensemble des nombres complexes z pour lesquels la
série an z n converge. On note f (z) la somme de cette série et nous avons
P

+∞
X
∀ z ∈ D, f (z) = an z n .
n=0

L’ensemble D est appelé domaine de convergence de la série entière.

L’ensemble D est non vide puisqu’il contient toujours 0.

Définition 2.1.3 • On appelle disque ouvert de centre 0 et de rayon R, noté DR le


domaine suivant
DR = {z ∈ C, |z| < R} .
• On appelle disque fermé de centre 0 et de rayon R, noté DR le domaine suivant

DR = {z ∈ C, |z| ≤ R} .

12
C HAPITRE 2 SERIES ENTIERES 13

1. Série entière géométrique z n .


P
Exemple 2.1.2
P n
Puisque la série z est une série géométrique de raison z, alors elle est conver-
gente si et seulement si |z| < 1. Ainsi, le domaine de convergence de la série z n
P

est le disque ouvert de centre 0 et de rayon 1.


P zn
2. Série entière exponentielle n!
.
En utilisant le Critère de D’Alembert (Voir cours de Série numérique) nous avons
z n+1
(n+1)! |z|
lim zn = lim = 0 < 1,
n→∞ n→∞ n + 1
n!

P zn
d’où la série n!
converge absolument donc simplement sur C. Ainsi, le domaine
P zn
de convergence de la série n!
est l’ensemble C.

2.2 Convergence d’une série entière


an z n et un réel r > 0. Si la suite numé-
P
Lemme 2.2.1 (Abel) Soient la série entière
rique (an rn )n∈N est bornée alors
X
∀ z ∈ C, |z| < r =⇒ an z n converge absolument.

Preuve : Soit r > 0 tel que la suite numérique (an rn )n∈N soit bornée.
Cela implique
∃M > 0, ∀ n ∈ N : |an rn | ≤ M.
Pour tout z ∈ C tel que |z| < r nous avons,

zn n z
n
z n
|an z n | = an rn n
= |a n r | n
≤M .
r r r
n
Puisque la série géométrique M zr est convergente ( |z| < r ⇒ | zr | < 1 ), alors
P

série entière an z n est absolument convergente.


P

2.2.1 Rayon de convergence d’une série entière


an z n . Le nombre réel positif
P
Définition 2.2.1 Soit la série entière

R = sup {r ≥ 0| la suite (an rn )n est bornée}

an z n .
P
s’appelle le rayon de convergence de la série

Remarque 2.2.1 Le Rayon de convergence d’une série entière appartient à l’ensemble


R+ ∪ {+∞} et permet de déterminer son domaine de convergence.

13
C HAPITRE 2 SERIES ENTIERES 14

P n
Exemple 2.2.1 1. La série z a pour rayon de convergence R = 1 car la suite
n
(r )n est bornée si et seulement si |r| ≤ 1.
P zn
2. Reprenons l’exemple de la série n!
. Il est clair que le domaine de convergence est
l’ensemble C tout entier. D’où le rayon de convergence est R = +∞.

Proposition 2.2.2 Soit la série entière an z n . S’il existe deux réels strictement positifs
P

m et M telle que
∀ n ∈ N, m ≤ |an | ≤ M,
alors le rayon de convergence de cette série vaut 1.

an z n . Étant donné que


P
Preuve : Soit R le rayon de convergence de la série
∀ n ∈ N, m ≤ |an | ≤ M, nous avons

sup {r ≥ 0| la suite (M rn )n est bornée} ≤ sup {r ≥ 0| la suite (|an |rn )n est bornée}

et

sup {r ≥ 0| la suite (|an |rn )n est bornée} ≤ sup {r ≥ 0| la suite (mrn )n est bornée} .

Or

sup {r ≥ 0| la suite (M rn )n est bornée} = sup {r ≥ 0| la suite (mrn )n est bornée}


= sup {r ≥ 0| la suite (rn )n est bornée} = 1

D’où R = 1.

Exemple 2.2.2 Déterminer le rayon de convergence de la série entière (sin2 (n)+1)z n .


P

Puisque ∀n ∈ N, 1 ≤ (sin2 (n)+1) ≤ 2, alors par application de la Proposition précédente


le rayon de convergence de la série entière (sin2 (n) + 1)z n est 1.
P

X
Théorème 2.2.3 Soit la série entière an z n de rayon de convergence R.
• Si z ∈ DR alors la série entière converge absolument.
• Si z ∈
/ DR (|z| > R) alors la série entière diverge grossièrement.
• Si z est à la frontière de DR (|z| = R) alors on ne peut rien dire en général.

Remarque 2.2.2 Dans le cas où R = +∞, la série entière converge sur C et dans le cas
où R = 0, la série entière diverge pour tout nombre complexe non nul.

14
C HAPITRE 2 SERIES ENTIERES 15

2.2.2 Méthode de calcul du rayon de convergence


X
Proposition 2.2.4 Soit la série entière an z n . S’il existe un réel ρ > 0 tel que :
X
• Si |z| < ρ alors la série entière an z n converge absolument,
X
• Si |z| > ρ alors la série entière an z n diverge grossièrement,
X
alors le rayon de convergence R = ρ et la série an z n converge normalement sur DR
pour tout réel r > 0 tel que 0 < r < R.
X
Exemple 2.2.3 1. Le rayon de convergence de la série entière nz n est R = 1.
n≥0
En effet soit z ∈ C∗ et posons r = |z| > 0. Analysons la nature de la série numé-
X
rique nrn par le critère de d’Alembert. Nous avons
n≥0

(n + 1)rn+1
lim = r.
n→∞ nrn
X X
• Si r < 1 alors la série nz n converge. Donc nz n converge absolument pour
n≥0 n≥0
|z| < 1.
X X
• Si r > 1 alors la série nz n diverge grossièrement. Donc nz n diverge gros-
n≥0 n≥0
sièrement pour |z| > 1.
On déduit d’après
X la Proposition précédente que R = 1. Nous pouvons aussi ajouter
que la série nz n converge normalement sur Dr pour tout r < 1.
n≥0
X 1
2. Le rayon de convergence de la série entière z n où (i2 = −1) est R = 1.
n≥1
n2 + in
En effet :
1 √ 1
• cette série converge absolument si |z| = 1 car |n2 +in|
= ∼ 1
n4 +n2 +∞ n2
qui est le
terme général d’une série de Riemann convergente. Remarquons que cela suffit
n
pour conclure que la série converge absolument sur sur D1 ( puisque |n|z|
2 +in| ≤
1
|n2 +in|
si |z| ≤ 1 ).
n
• si |z| > 1 alors lim |n|z| e n ln(|z|)
2 +in| = lim 2 = +∞ et dans ce cas la série diverge

4
n→∞ n→∞ n +n
grossièrement.
On déduit d’après la Proposition précédente que R = 1.
X
Théorème 2.2.5 Le rayon de convergence R de la série entière an z n est donné par

1 p
= lim sup n |an |
R n→∞

où lim sup désigne la limite supérieure.

15
C HAPITRE 2 SERIES ENTIERES 16

On rappelle que lim sup xn = inf (sup xk )


n→∞ n∈N k≥n

Proposition
X 2.2.6 (Règle de d’Alembert pour les séries entières)
n
Soit an z une série entière. S’il existe n0 ∈ N tel que :

 ∀ n ≥ n0 , an 6= 0
an+1
 lim an
= l ∈ R+ ∪ {+∞}
n→+∞

X
alors le rayon de convergence R de la série an z n est R = 1
l
avec la convention 1
+∞
=0
et 01 = +∞.

Exemple 2.2.4 1. Déterminer le rayon de convergence des séries suivantes :


X n! X ln(n)
n
zn et z 2n .
n≥1
n n≥1
2n

(n+1)!
n
(a) ∀ n ≥ 1, an = n!
nn
6= 0 et lim an+1 = lim (n+1)n+1
n! = lim n
=
n→+∞ an n→+∞ nn n→+∞ n+1

e−1 donc R = e. (
X ln(n)
2n
X
p ap = ln(p)
2p
si p = 2n, n ∈ N
(b) Nous avons n
z = ap z avec
n≥1
2 n≥1
ap = 0 si p = 2n + 1, n ∈ N.
Nous ne pouvons donc pas appliquer la règle de d’Alembert pour les séries en-
tières car nous avons des termes an nul. Nous allons en revanche appliquer
cette règle pour les séries numériques.
X Soit r > 0. ln(n)
Considérons la série numérique un avec un = 2n r2n ≥ 0.
n≥1
Pour tout n ≥ 2,
un+1 ln(n + 1)r2n+2 2n 2 ln(n + 1)
= = r .
un 2n+1 r2n ln(n) 2 ln(n)
2
Nous avons lim uun+1 n
= r2 .
n→+∞
X ln(n)
2n r2

La série r converge si 2
< 1. C’est-à-dire converge si r < 2 et
n≥1
2n
√ X ln(n)
diverge si r > 2. Par suite, le rayon de convergence de la série n
z 2n
n≥1
2

est R = 2.
X
2. Soit R le rayon de convergence de la série an z n . Déterminer le rayon de conver-
n≥0
X
2n
gence de la série an z .
n≥0
X
Étant donné que la série entière an z n converge pour |z| < R et diverge pour
n≥0

16
C HAPITRE 2 SERIES ENTIERES 17

X
|z| > R, alors la série entière an z 2n converge pour |z 2 | < R et diverge pour
n≥0
X √
2
|z | > R. C’est-à-dire la série an z 2n converge pour |z| < R et diverge pour
n≥0
√ √ √
|z| > R. D’où son rayon de convergence est R.( On admet que +∞ = +∞)

2.3 Opérations sur les séries entières


X
Définition 2.3.1 • La multiplication d’une série entière an z n par un scalaire λ
n≥0
  X
n
λan z n .
P
est la série entière λ an z définie par
n≥0 n≥0
X X X X
n n
• L’addition an z + bn z des deux séries entières an z n et bn z n est la
n≥0 n≥0 n≥0 n≥0
X
n n
série entière (an z + bn z ).
n≥0

X X
Proposition 2.3.1 Soit an z n et bn z n deux séries entières de rayons de conver-
n≥0 n≥0
X
gence R1 et R2 respectivement. Alors le rayon de convergence R de la série entière (an z n + bn z n )
n≥0
vérifie :
1. de manière générale R ≥ min {R1 , R2 } ;
2. si R1 6= R2 , alors R = min {R1 , R2 }.
De plus, pour tout z ∈ C vérifiant |z| < min {R1 , R2 }, nous avons
+∞
X +∞
X +∞
X
n n
an z + bn z = (an z n + bn z n ).
n=0 n=0 n=0

Définition 2.3.2 (Produit


! de Cauchy! de deux séries entières)
X X X X
Le produit an z n bn z n des deux séries entières an z n et bn z n est la
n≥0 n≥0 n≥0 n≥0
X n
X
série entière cn z n où cn = ak bn−k .
n≥0 k=0

X X
Remarque 2.3.1 On suppose que les séries numériques an et bn sont absolument
n≥0 n≥0
X
convergente. Alors la série de Cauchy cn converge absolument et
n≥0

+∞
! +∞
! +∞
X X X
an bn = cn
n=0 n=0 n=0

17
C HAPITRE 2 SERIES ENTIERES 18

n
X
où cn = ak bn−k .
k=0
X X
Proposition 2.3.2 Soit an z n et bn z n deux séries entières de rayons de conver-
n≥0 n≥0
gence R1 et R2 respectivement. Alors le rayon de convergence R de la série entière produit
vérifie R ≥ min {R1 , R2 }.
De plus, pour tout z ∈ C vérifiant |z| < min {R1 , R2 }, nous avons
+∞
! +∞ ! +∞
X X X
an z n bn z n = cn z n
n=0 n=0 n=0
n
X
où cn = ak bn−k .
k=0
X X
Exercice 2.3.1 1. Considérons les deux séries entières (1 + 2n )z n et (1 − 2n )z n
n≥0 n≥0
ayant le même rayon de convergence 21 .
X
La somme des deux séries est 2z n . Le rayon de convergence de la série somme
n≥0
est 1.
Pour tout |z| < 12 , nous avons
+∞ +∞ +∞
X
n n
X
n
X 2 − 3z
(1 + 2 )z = z + 2n z n = .
n=0 n=0 n=0
(1 − z)(1 − 2z)
+∞ +∞ +∞
X
n n
X
n
X −z
(1 − 2 )z = z − 2n z n = .
n=0 n=0 n=0
(1 − z)(1 − 2z)
Pour tout |z| < 1, la série somme vaut
+∞
X 2
2z n = .
n=0
1−z
+∞
X 1 1
2. Étudions la fonction somme S(z) = (1 + + ... + )z n
n=1
2 n
+∞ n
X
n
X 1
On remarque que S(z) = cn z avec cn = .
n=1 k=1
k
n
X 1
On pose cn = , ∀n ≥ 1 et bn = 1, ∀n ≥ 0.
ak bn−k avec a0 = 0, an =
k=0
n
X zn X
Donc S(z) est le produit de Cauchy de deux séries entières et z n . Les
n
deux séries ont le même rayon de convergence 1. Alors le rayon de convergence de
la série S est R ≥ 1. X
Pour z = 1, la série numérique cn est grossièrement divergente. Donc R = 1.

18
C HAPITRE 2 SERIES ENTIERES 19

2.4 Propriétés des séries entières


2.4.1 L’équivalence des séries entières
X X
Proposition 2.4.1 Soient an z n et bn z n deux séries entières de rayons de conver-
gence respectifs R1 et R2 .

Si an ∼ b n alors R1 = R2 .

2.4.2 Continuité, intégration et dérivation d’une série entière


On s’intéresse aux sommes des séries entières de variable réelle à valeurs com-
plexes, définies sur les intervalles de la formeX ]−R, R[ (R est le rayon de conver-
gence). Notons S la somme de la série entière an xn (x ∈ R) définie sur ]−R, R[
par
+∞
X
S(x) = an x n .
n=0

• Continuité
X
Proposition 2.4.2 La fonction somme S d’une série entière an xn de rayon de conver-
gence R(R 6= 0) est continue sur ]−R, R[.

• Intégration
X
Proposition 2.4.3 Soit la série entière an xn de somme S et de rayon de convergence
R. Alors pour tout intervalle [a, b] inclue dans ]−R, R[, nous avons
Z b +∞
X Z b
S(x)dx = an xn dx.
a n=0 a

X
Corollaire 2.4.1 Soit la série entière an xn de somme S et de rayon de convergence
R. Alors la fonction S est continue sur ]−R, R[ et ses primitives sont de la forme :
+∞
X an n+1
t 7→ x +k (k ∈ R).
n=0
n+1

• Dérivation
X
Proposition 2.4.4 Soit la série entière an xn de somme S et de rayon de convergence
n≥0
R. Alors la fonction S est de classe C 1 sur ]−R, R[. De plus, nous avons
+∞
0
X
S (x) = nan xn−1 .
n=1

19
C HAPITRE 2 SERIES ENTIERES 20

X
Corollaire 2.4.2 Soient an xn une série entière de rayon de convergence R stricte-
ment positif. Soit S la fonction somme, de classe C ∞ sur l’intervalle ]−R, R[.
Pour tout k ≥ 1, la dérivée k−ième de f sur ]−R, R[, notée Dk (f ) s’obtient en dérivant
k fois terme à terme la série de fonctions :
+∞
!
X
f (k) (x) = Dk an x n
n=0
+∞
X
= an n(n − 1)(n − 2)...(n − k + 1)xn−k
n=k
+∞
X n!
= an xn−k .
n=k
(n − k)!
X
Exemple 2.4.1 1. La série entière xn a pour rayon de convergence 1 et
+∞
X 1
f (x) = xn = .
n=0
1−x

Donc pour tout élément x de ]−1, 1[, une primitive de f est


+∞ +∞ n
X xn+1 X x
F (x) = = = − ln(1 − x).
n=0
n + 1 n=1 n

On peut déduire que


+∞
X (−x)n
ln(1 + x) = − .
n=1
n
X (−1)n xn
2. La série entière a pour rayon de convergence 1.
2n + 1
Posons
+∞
X (−1)n xn
S(x) = .
n=0
2n + 1
+∞
X (−1)n x2n+1
Étant donné que arctan(x) = , alors xS(x2 ) = arctan(x).
n=0
2n + 1

arctan( x)
D’une part, pour x > 0 S(x) = √
x
.
D’autre part, nous avons
+∞
! +∞
d X x2n+1 X 1
= x2n = .
dx n=0
2n + 1 n=0
1 − x2

Cela implique que,


+∞ Z x
x2n+1
 
X 1 1 1+x
= 2
dt = ln
n=0
2n + 1 0 1 − t 2 1−x

20
C HAPITRE 2 SERIES ENTIERES 21

et nous avons
+∞
x2n+1
 
2
X 1 1+x
xS(−x ) = = ln .
n=0
2n + 1 2 1−x
 √ 
On en déduit que pour x < 0, S(x) = 2 −x ln 1+
√1 √−x .
1− −x
Dans le cas où x = 0, nous avons S(0) = 1.

Théorème 2.4.5 (Unicité)


X X
Soit an xn et bn xn deux séries entières de rayons de convergence non nuls. S’il
n≥0 n≥0
existe r > 0 tels que
X X
∀ x ∈ ] − r, r[, an x n = bn x n ,
n≥0 n≥0

alors pour tout entier naturel n an = b n .

2.5 Fonctions développables en séries entières


X
Dans tout ce qui suit, les séries entières an z n considérées sont à coefficients
n≥0
réels an ∈ R.

Définition 2.5.1 Soit f ∈ F(I, R). Soit x0 ∈ I tel que J =] − r + x0 , x0 + r[⊂ I pour
un certain r > 0. On dit qu’une fonction f est développable en série entière en x0 sur
X
l’intervalle J s’il existe une série entière an z n de rayon de convergence R ≥ r telle
n≥0
que
+∞
X
∀ x ∈ J, f (x) = an (x − x0 )n .
n=0

Remarque 2.5.1 1. On dira que f est développable en série entière en x0 s’il


existe r > 0 tel que f soit développable en série entière en x0 sur l’intervalle
J =] − r + x0 , x0 + r[.
2. Pour ramener aux développements en série entière en 0, on prend x0 = 0.
X
Exemple 2.5.1 1. La série entière z n a comme rayon de convergence R = 1
n≥0
(comme on le voit par la règle de d’Alembert, par exemple). Par ailleurs par une
n
X 1 − z n+1
formule bien connue : pour tout z ∈ D1 et pour tout n ∈ N, zk = .
k=0
1 − z
n
X 1 n+1
Par suite, zk − = |z|
|1−z|
tend vers 0 lorsque n → +∞.
k=0
1 − z

21
C HAPITRE 2 SERIES ENTIERES 22

+∞
X 1
En d’autres termes, pour tout z ∈ D1 , zn = . Ceci montre que f (x) =
n=0
1 − z
1
1−x
est développable en série entière en 0 sur D1 et pour tout x ∈ D1 , f (x) =
+∞
X
xn .
n=0
On remarquera sur cet exemple que f est définie sur R \ {1} mais qu’elle n’est
développable en série entière en 0 que sur D1 .
2. Les fonctions exponentielles, sinus, cosinus, sinus hyperbolique, cosinus hyperbo-
lique sont développables en série entière sur R.
1 1 1
3. Les fonctions x 7→ , x 7→ , x 7→ , x 7→ ln (1 − x) ,
1−x 1+x 1 + x2
1
x 7→ ln (1 + x) , x 7→ arctan(x), x 7→ (1−x) k+1 (k ∈ N) sont développables en série

entière sur ]−1, 1[.

Théorème 2.5.1 Soit f ∈ F(I, R) une fonction développable en série entière en x0 ∈ I


sur l’intervalle J =] − r + x0 , x0 + r[⊂ I, r > 0. Alors,
1. f est de classe C ∞ sur J ;
0
2. la fonction dérivée f est développable en série entière en x0 sur J ;
0
3. la série entière associée à f est la série dérivée formelle de la série entière associée à
f : pour tout x ∈ J,
+∞
! +∞
!
0
X X
f (x) = an (x − x0 )n =⇒ f (x) = nan (x − x0 )n−1 .
n=0 n=1

1
Exemple 2.5.2 D’après le point 1 de l’exemple 2.5.1, la fonction f : x 7→ 1−x
est dévelop-
+∞
X
pable en série entière en 0 sur ] − 1, 1[ et pour tout x ∈] − 1, 1[, f (x) = xn .
n=0
Par application du théorème précédent, f est C ∞ (]−1, 1[) et pour tout x ∈]−1, 1[, f 0 (x) =
+∞
X +∞
X
n−1
1
(1−x)2
= 00 2
nx , f (x) = (1−x)3 = n(n − 1)xn−2 .
n=1 n=2

Corollaire 2.5.1X Soit f ∈ F(I, R) une fonction développable en série entière en x0 ∈ I,


(n)
de série associée an z n . Alors an = f n!(x0 ) pour tout n ∈ N, où f (n) est la dérivée
n≥0
n−ième de f . En particulier on a l’unicité du développement en série entière.

Définition 2.5.2 (Séries de Taylor) Soit f une fonction de classe C ∞ sur I (intervalle
contenant x0 ). La série de Taylor de f en x0 est la série entière
+∞ (n)
X f (x0 )
(x − x0 )n .
n=0
n!

22
C HAPITRE 2 SERIES ENTIERES 23

Lorsque le point x0 = 0, on parle parfois de série de Mac-Laurin plutôt que de


série de Taylor.

Proposition 2.5.2 Soit r > 0. Soit f : ] − r, r[−→ R une application de classe C ∞ dans
un voisinage de 0. On suppose qu’il existe M > 0 tel que pour tout n ∈ N, et pour tout
+∞ (n)
(n)
X f (0) n
x ∈] − r, r[, |f (x)| ≤ M . Alors la série (x) est simplement convergente
n=0
n!
sur ] − r, r[ et on a
+∞ n
X f (0) n
f (x) = x ∀ x ∈ ]−r, r[ .
n=0
n!

Preuve : Par hypothèse, il existe M > 0 tel que pour tout n ∈ N, et pour tout
x ∈] − r, r[, |f (k) (x)| ≤ M .
Le développement de Taylor de f au voisinage de 0 à l’ordre n donne :
n
X f (k) (0) f (n+1) (θx) n+1
f (x) = xk + x avec 0 < θ < 1,
k=0
k! (n + 1)!

f (n+1) (θx) n+1


où la quantité (n+1)!
x est appelé le reste de Mac-Laurin.
(n+1) (θx)
Pour démontrer cette Proposition, nous devons prouver que lim f (n+1)!
xn+1 =
n→+∞
0.
En effet :

x ∈] − r, r[ =⇒ |x| < r =⇒ |θx| < r =⇒ |f (n+1) (θx) | ≤ M.

Donc,
f (n+1) (θx) n+1 M rn+1
x ≤ .
(n + 1)! (n + 1)!
M rn+1
Or la série de terme général un = (n+1)!
est convergente car

un+1 r
lim = lim = 0,
n→+∞ un n→+∞ n + 1

P f (n+1) (θx) n+1


et par suite la série (n+1)!
x est convergente. Ce qui implique que

f (n+1) (θx) n+1


lim x =0
n→+∞ (n + 1)!

+∞ n
X f (0)
et nous avons f (x) = xn .
n=0
n!

Exemple 2.5.3 La fonction exponentielle : f (x) = ex .


2 3 xn
∀x ∈ R, ex = 1 + 1!x + x2! + x3! + · · · = +∞
P
n=0 n! , car pour tout n ∈ N et pour tout
x ∈] − r, r[ (r > 0), |f (n) (x)| = ex ≤ er .

23
C HAPITRE 2 SERIES ENTIERES 24

2.6 Applications
2.6.1 Calcul du terme général d’une suite récurrente à l’aide d’une
série entière
On considère l’équation de récurrence suivante :
(
u0 = 2
∀ n ∈ N, un+1 = 2un + 3
On suppose que les éléments de la suite (un )n représentent les coefficients
du
Xdéveloppement en série entière d’une fonction f . Considérons la série entière
un z n de rayon de convergence 0 < R ≤ +∞. Soit 0 < r ≤ R.
n≥0
Posons :
+∞
X
f (x) = un xn ∀ x ∈] − r, r[.
n=0

Nous avons, ∀ n ≥ 0, un+1 = 2un + 3. Cela implique que

∀ x ∈] − r, r[, ∀ n ≥ 0, un+1 xn = 2un xn + 3xn .


+∞
X X+∞ +∞
X
n n
∀ x ∈] − r, r[, un+1 x = 2 un x + 3 xn .
n=0 n=0 n=0

Le terme à gauche de l’égalité peut se réécrire ainsi


+∞ +∞
X 1X 1
∀ x ∈] − r, r[\{0}, un+1 xn = un xn = (f (x) − u0 ) .
n=0
x n=1 x

L’équation devient

1 3 u0 3x
(f (x) − u0 ) = 2f (x) + ⇒ f (x) = +
x 1−x 1 − 2x (1 − x)(1 − 2x)
et nous avons
+∞ +∞
! +∞
!
X X X
f (x) = u0 2n xn + 3x xn 2n xn .
n=0 n=0 n=0

Nous avons le produit de Cauchy


+∞
! +∞ ! +∞
X X X
xn 2n xn = cn x n ;
n=0 n=0 n=0

24
C HAPITRE 2 SERIES ENTIERES 25

n
X
avec ∀ n ≥ 0, cn = 2n−k = 2n+1 − 1. En remplaçant dans l’expression de la
k=0
fonction f , on obtient
+∞
X +∞
X +∞
X
2n xn + 3 2n+1 − 1 xn+1 = (5.2n − 3) xn .

f (x) = u0
n=0 n=0 n=0

Par identification, nous obtenons

∀ n ≥ 0, un = 5.2n − 3.

2.6.2 Résolution d’une équation différentielle à l’aide des séries


entières
On considère l’équation différentielle linéaire du second ordre avec coeffi-
cients non constants :

(E) : x2 y 00 (x) − 6xy 0 (x) + (12 + x2 )y(x) = 0.

On suppose que la solution de l’équation (E) est développable en série entière


+∞
X
au voisinage de 0. Notons y(x) = an xn cette solution définie sur ] − r, r[ où
n=0
r > 0 est son rayon de convergence. Nous avons ensuite
+∞
X +∞
X
0 n−1 00
y (x) = nan x , y (x) = n(n − 1)an xn−2 .
n=1 n=2

Remplaçons les développements dans l’équation (E).


+∞
X X+∞ +∞
X +∞
X
n n n
(E) : n(n − 1)an x − 6 nan x + 12 an x + an xn+2 = 0
n=2 n=1 n=0 n=0
+∞
X +∞
X +∞
X +∞
X
⇐⇒ n(n − 1)an xn − 6 nan xn + 12 an x n + an−2 xn = 0
n=2 n=1 n=0 n=2
⇐⇒
+∞
X X+∞ +∞
X +∞
X
n n n
n(n − 1)an x − 6 nan x − 6a1 x + 12 an x + +12(a0 + a1 x) + an−2 xn = 0
n=2 n=2 n=2 n=2

+∞
X
⇐⇒ 12a0 + 6a1 x + [n(n − 1)an − 6nan + 12an + an−2 ]xn = 0
n=2
Le développement en série entière nul correspond aux coefficients nuls. Ainsi

 12a0 = 0 =⇒ a0 = 0;

6a1 = 0 =⇒ a1 = 0;

∀ n ≥ 2, an (n − 3)(n − 4) + an−2 = 0.

25
C HAPITRE 2 SERIES ENTIERES 26

Pour n = 2, a2 = 0. Pour n = 3 et n = 4, nous ne pouvons pas déterminer a3 et a4


avec les informations précédents.
Pour n ≥ 5,
−an−2
an = .
(n − 3)(n − 4)
Si n = 2k + 3 avec k ≥ 1, on a

−a2k+1 (−1)k a3
a2k+3 = =
(2k)(2k − 1) (2k)!

Si n = 2k + 4 avec k ≥ 1, on a

−a2k+2 (−1)k a4
a2k+4 = = .
(2k + 1)(2k) (2k + 1)!

La solution devient
+∞
X
y(x) = a3 x3 + a4 x4 + a2k+3 x2k+3 + a2k+4 x2k+4

k=1
+∞  k k
!
X (−1) (−1)
= x 3 a3 + a4 x + a3 x2k + a4 x2k+1
k=1
(2k)! (2k + 1)!
" +∞
! +∞
!#
X (−1)k X (−1) k
= x 3 a3 1 + x2k + a4 x + x2k+1
(2k)! (2k + 1)!
" +∞ k=1 +∞
k=1
#
X (−1) k X (−1) k
= x 3 a3 x2k + a4 x2k+1
k=0
(2k)! k=0
(2k + 1)!
= x3 (a3 cos(x) + a4 sin(x))

où a3 et a4 sont des constantes qu’on peut déterminer à l’aide de conditions sup-


plémentaires.

26
Formulaire PanaMaths (CPGE)
Développements en séries entières usuels

Développement en série entière Intervalle de


Fonction
(DSE) validité du DSE
+∞
xn x 2 x3
x6e x

n=0 n !
= 1 + x + + + ...
2 6
\

+∞
x2n x2 x4 x6
x 6 chx ∑
n = 0 ( 2n ) !
= 1 + + +
2 24 720
+ ... \
+∞
x 2 n +1 x3 x5 x7
x 6 shx ∑
n = 0 ( 2 n + 1) !
= x + + +
6 120 5040
+ ... \

( −1) x 2 n = 1 − x 2 + x 4 − x 6 + ...
n
+∞
x 6 cos x ∑n =0 ( 2n ) ! 2 24 720
\

( −1) x 2 n+1 = x − x3 + x5 − x 7 + ...


n
+∞
x 6 sin x ∑
n = 0 ( 2n + 1) ! 6 120 5040
\

x 6 (1 + x )
α +∞ α (α − 1)(α − 2 ) ... (α − ( n − 1) )
1+ ∑ xn ]−1; +1[
Où α ∈ \ n =1 n!

+∞

∑x
1
x6 n
= 1 + x + x 2 + x3 + ... ]−1; +1[
1− x n =0
+∞

∑x
1
x6 2n
= 1 + x 2 + x 4 + x 6 + ... ]−1; +1[
1 − x2 n =0
+∞

∑ ( −1)
1
x n = 1 − x + x 2 − x3 + ... ]−1; +1[
n
x6
1+ x n =0
+∞

∑ ( −1)
1
x 2 n = 1 − x 2 + x 4 − x 6 + ... ]−1; +1[
n
x6
1 + x2 n =0

1 +∞
( 2n )! x 2 n = 1 + x 2 + 3x 4 + 5 x 6 + ...
x6 ∑
n = 0 2 ( n !)
2 ]−1; +1[
1 − x2
2n
2 8 16

( −1) ( 2n )! x 2 n = 1 − x 2 + 3x 4 − 5 x 6 + ...
n
+∞
1
x6 ∑ ]−1; +1[
1 + x2 n = 0 2 ( n !)
2n 2
2 8 16

PanaMaths [1-2] Janvier 2010


+∞
xn x 2 x3 x 4
x 6 ln (1 − x ) −∑ = − x − − − − ... ]−1; +1[
n =1 n 2 3 4
+∞
x 2 n +1 x3 x5 x 7
x 6 arg tanh x ∑ = 1 + + + + ... ]−1; +1[
n = 0 2n + 1 3 5 7
( −1)
n +1
+∞
xn x 2 x3 x 4
x 6 ln (1 + x ) ∑ = x− + − + ... ]−1; +1[
n =1 n 2 3 4
+∞
x 2 n +1 x3 x5 x 7
x 6 arctan x ∑ ( −1)
n
= x − + − + ... ]−1; +1[
n =0 2n + 1 3 5 7
+∞
( 2n )! x 2 n+1 = x + x3 + 3x5 + 5 x 7 + ...
x 6 arcsin x ∑2 ]−1; +1[
( n !) 2n + 1
2n 2
n=0 6 40 112
π +∞ ( 2n ) ! x 2 n +1 π x3 3 x5
x 6 arccos x −∑ = −x− − − ... ]−1; +1[
2 n =0 22 n ( n !)2 2n + 1 2 6 40

( −1) ( 2n )! x 2 n+1 = x − x3 + 3x5 − 5 x 7 + ...


n
+∞
x 6 arg sinh x ∑ ]−1; +1[
n = 0 2 ( n !) 2n + 1
2n 2
6 40 112

PanaMaths [2-2] Janvier 2010


Chapitre 3

SERIES FOURIER

Les séries de Fourier sont un outil d’analyse des signaux périodiques (son,
vibration, ondes) décomposés en harmoniques. Dans cette partie du cours, nous
allons analyser (déterminer les coefficients de Fourier) et synthétiser (retrouver
la fonction à partir de la suite des coefficients de Fourier) des fonctions mathé-
matiques. Les applications en physique sont nombreuses telles que en électricité
(étude des courants électriques), en décomposition des ondes (ondelettes), en vi-
bration (onde acoustique), traitement d’images, etc.

27
donc
f (n+1) ( x) n+1 M rn+1
x :
(n + 1)! (n + 1)!

M rn+1
Or la série de terme général un = est convergente car
(n + 1)!

un+1 r
lim = lim = 0;
n !1 un n !1 n + 2

X f (n+1) ( x) f (n+1) ( x) n+1


et par suite la série xn+1 est convergente, ainsi lim x = 0; ce qui
(n + 1)! n !1 (n + 1)!
donne
+1 (k)
X f (0)
f (x) = xk :
k!
n=0

Exemple 5.30 1. La fonction exponentielle : f (x) = ex :

+1 n
X
x x2 x3 x
8x 2 R; ex = 1 + + + + = ;
1! 2! 3! n!
n=0

car pour tout n 2 N; et pour tout x 2 ] r; r[ (r > 0) ; f (n) (x) = ex er :


2. Les fonctions hyperboliques : les fonctions cosinus hyperbolique et sinus hyperbolique ont même
rayon de convergence que la fonction exponentielle, c’est à dire R = +1:

+1 2n
X
ex + e x x2 x4 x
ch x = =1+ + + = :
2 2! 4! (2n)!
n=0
+1
X
ex e x x3 x5 x2n+1
sh x = =x+ + + = :
2 3! 5! (2n + 1)!
n=0

5.2 Séries de Fourier

5.2.1 Dé…nitions et généralités

Les séries de Fourier sont des séries de fonctions d’un type particulier, qui servent à étudier les fonc-
tions périodiques. L’idée est d’exprimer une fonction 2 périodique quelconque en série de fonctions
2 périodiques simples, de la forme cos(nx) ou sin(nx).

Dé…nition 5.31 (Série trigonométrique). On appelle série trigonométrique une série de fonc-
X
tions fn (x) dont le terme général est de la forme

fn (x) = an cos(nx) + bn sin(nx) avec x 2 R et pour tout n 2 N; an 2 C et bn 2 C:

98
X X
Proposition 5.32 Si les deux séries an et bn sont absolument convergentes alors la série
X
trigonométrique (an cos(nx) + bn sin(nx)) est normalement convergente sur R:

Démonstration.
sup jan cos(nx) + bn sin(nx)j jan j + jbn j ;
x2R
X X
et comme les deux séries numériques an et bn sont absolument convergentes, alors la série
X X
(jan j + jbn j) est convergente, ainsi la série an cos(nx) + bn sin(nx) est normalement convergente
sur R :

X
Remarque 5.33 Toute série trigonométrique (an cos(nx) + bn sin(nx)) peut se réécrire sous la
forme (complexe) :

X an ibn an + ibn
cn einx avec c0 = a0 et 8n 2 N : cn = et c n = :
2 2
n2Z

Proposition 5.34 (Évaluations des coe¢ cients d’une série trigonométrique).


X
Soit (an cos(nx) + bn sin(nx)) une série trigonométrique uniformément convergente sur [ ; ] : Notons

+1
X
S (x) = (an cos(nx) + bn sin(nx)) ; pour tout x 2 R ;
n=0

alors
Z+
1
a0 = S (x) dx
2

et pour tout n 2 N :

Z+ Z+
1 1
an = S (x) cos(nx)dx et bn = S (x) sin(nx)dx:

X
Proposition 5.35 Soit cn einx une série trigonométrique écrite sous forme complexe qui converge
n2Z
uniformément sur [ ; ]. Notons, pour tout x 2 R;

+1
X
S (x) = cn einx ;
n= 1

alors pour tout n 2 N :


Z+
1 inx
cn = S (x) e dx:
2

99
Dé…nition 5.36 (Série de Fourier). Soit f une fonction 2 périodique. Sa série de Fourier
X
notée par F (f ) (x) ; est par dé…nition la série trigonométrique (an cos(nx) + bn sin(nx)) où

Z+
1
a0 (f ) = f (x) dx
2

et pour tout n 2 N :

Z+ Z+
1 1
an (f ) = f (x) cos(nx)dx et bn (f ) = f (x) sin(nx)dx.

Si ces intégrales sont dé…nies, les coe¢ cients an et bn sont appelés coe¢ cients de Fourier de f:

Remarque 5.37 i) Puisque f est 2 périodique, on peut changer l’intervalle d’intégration en [ ; +2 ]


pour tout 2 R.
ii) Si f est paire, alors pour tout n 2 N; bn (f ) = 0.
iii) Si f est impaire, alors pour tout n 2 N; an (f ) = 0.

Dé…nition 5.38 Soit f une fonction de R à valeurs dans R; continue par morceau et 2 périodique
sur R.
f (x+ ) + f (x )
On appelle régularisée de f la fonction fe dé…nie par fe(x) = :
2

Nous remarquons que, en tout points de continuité x0 ; la fonction fe coïncide avec la fonction f (i.e.
fe(x0 ) = f (x0 )).

Théorème 5.39 (Théorème de Lejeune-Dirichlet (1829)). Soit f une fonction de R à valeurs


dans R; de classe C 1 par morceau; 2 périodique. Alors la série de Fourier de f converge simplement
sur R vers la régularisée fe de f; c’est-à-dire

+1
X
8x 2 R; (an cos(nx) + bn sin(nx)) = fe(x) ;
n=0

ou encore
+1
X
8x 2 R; cn einx = fe(x) :
n= 1

En particulier, en tout point x où f est continue, la somme de sa série de Fourier est f (x).

100
Soit l’ensemble F = ff : R ! C 2 périodique et dont le carré est intégrable sur [ ; ]g :
On dé…nie sur F le produit scalaire

Z+
1
hf; gi = f (x) g (x)dx;
2

où g (x) désigne le nombre complexe conjuguée de g(x).


p
On note par kf k (norme de f ) le nombre réel positif telle que kf k = hf; f i:

Proposition 5.40 L’ensemble (in…ni) des fonctions x ! einx ; n 2 Z forme une base orthonor-
mée (in…nie) de F muni du produit scalaire dé…nie en dessus.

5.2.2 Interprétation géométrique des séries de Fourier

Soit f 2 F. Alors la série de Fourier n’est rien d’autre que sa décomposition suivant la base or-
thonormée x ! einx ; n 2 Z : Cette interprétation permet de retenir l’expression des coe¢ cients
de Fourier de f .

Proposition 5.41 (Projection orthogonale). Soit f 2 F: Pour tout n 2 Z, ses coe¢ cients de
Fourier cn est la projection orthogonale de f sur einx , c’est-à-dire

Z+
inx 1 inx
cn (f ) = f; e = f (x) e dx:
2

Dé…nition 5.42 On note par D l’ensemble des fonctions f 2 Cm;2 0 (R; C) (l’ensemble des fonctions
f (x+ ) + f (x )
continues par morceaux et 2 périodique), telle que pour tout x 2 R : f (x) = :
2

Nous remarquons que C20 (R; C) D 0


Cm;2 (R; C) :
Soit f 2 F et fcn ; n 2 Zg ses coe¢ cients de Fourier en écriture complexe, et f(an ; bn ) ; n 2 Ng ses
coe¢ cients de Fourier en écriture réelle. Alors on a les résultats suivants.

Inégalité de Bessel

Théorème 5.43 (Inégalité de Bessel (1828)). Soit la fonction f 2 D: Alors pour tout n 2 N;

N
X Z+
2 2 1
jcn j kf k = jf (x)j2 dx:
2
n= N

101
Égalité de Parseval

Théorème 5.44 (Égalité de Parseval (1799)). Pour tout fonction f 2 D; on a

+1
X
kf k2 = jcn j2 :
n= 1

Si f est à valeurs réelles, on a

Z2 +1
2 1 2 1X 2
kf k = hf; f i = jf (x)j dx = ja0 j + jan j2 + jbn j2 :
2 2
0 n=1

5.3 Exercices

Partie 1 : Séries entières


Exercice 5.1. Déterminer les domaines de convergence des séries entières

X ( 1)n X ( 1)n
1: z 2n ; 2: z 2n+1 :
(2n)! (2n + 1)!
n 0 n 0

Exercice 5.2. Déterminer le rayon puis le domaine de convergence des séries entières suivantes

X n2 + n X X ln n
n2 n
1: xn ; 2: e x ; 3: xn ;
3n n2
n 0 n 0 n 1
X ( 1)n X 1 X
4: xn ; 5: sin xn ; 6: ch (n) xn :
ln n n
n 2 n 1 n 0

X
Exercice 5.3. Soit an xn une série entière de rayon de convergence R:
n 0
X
1. Quelle est le rayon de convergence de la série an x2n :
n 0
2. On déduit le rayon de convergence des séries entières :

X ln n X X n2 + n
1 x2n ; 2: ch (n) x3n ; 3: x5n :
n2 3n
n 1 n 0 n 0

x4n
Exercice 5.4. Soit la suite de fonctions (fn )n telle que : fn (x) = :
X (4n)!
1. Déterminer le rayon de convergence de la série fn (x) :
n 1
2. Développer la fonction f (x) = cos x + chx en série entière sur R:
X
3. En déduire la somme de la série fn (x) :
n 0

102
Bibliographie

[1] J.-M. Monier, Analyse MP. Dunod, collection J’intègre. 5éme Edition 2007.

28

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