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Ce document décrit la géographie, le climat, la population, l'économie et l'agriculture du Tchad. Il fournit des informations sur la superficie, les ressources naturelles, les zones climatiques, la démographie, le PIB et le secteur agricole du pays.

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1

Tchad

GÉOGRAPHIE, CLIMAT ET POPULATION


Le Tchad est un pays enclavé situé au cœur de l’Afrique d’une superficie de 1 284 000
km2. Les terres cultivables sont estimées à 19 millions d’ha (Vaïdjoua, 2003). La superficie
cultivée était évaluée à environ 3.63 millions d’ha en 2002, soit moins de 3 pour cent de
la superficie totale du pays et environ 15 pour cent de la superficie cultivable, dont 3.60
millions d’ha en terres arables et 0.03 million en cultures permanentes (tableau 1). Les
ressources forestières sont estimées à 32.4 millions d’ha soit 25 pour cent de la superficie
du pays. Les formations végétales sont composées de 0.6 million d’ha de forêts classées,
0.4 million d’ha de parcs nationaux et 11.1 millions d’ha de réserves forestières.
Le Tchad forme une immense plaine dont les bords sont relevés vers le nord et
l’est. Le sommet le plus élevé est la montagne du Tibesti à 3 145 m. Au sud-ouest
du pays sont localisés les vertisols, tandis que le nord est colonisé par des dunes de

TABLEAU 1
Caractéristiques du pays et population
Superficies physiques
Superficie du pays 2002 128 400 000 ha
Superficie cultivée (terres arables et cultures permanentes) 2002 3 630 000 ha
• en % de la superficie totale du pays 2002 3 %
• terres arables (cultures temporaires + prairies et jachères temp.) 2002 3 600 000 ha
• cultures permanentes 2002 30 000 ha
Population
Population totale 2004 8 854 000 habitants
• dont rurale 2004 75 %
Densité de population 2004 7 habitants/km2
Population active 2004 4 021 000 habitants
• en % de la population totale 2004 45 %
• féminine 2004 45 %
• masculine 2004 55 %
Population active dans le secteur agricole 2004 2 870 000 habitants
• en % de la population active 2004 71 %
• féminine 2004 52 %
• masculine 2004 48 %
Économie et développement
Produit intérieur brut (PIB) 2003 2 600 millions de $EU/an
• valeur ajoutée du secteur agricole (% du PIB) 2003 37.7 %
• PIB par habitant 2003 302 $EU/an
Indice de développement humain (plus élevé = 1) 2002 0.379
Accès aux sources améliorées d’eau potable
Population totale 2002 34 %
Population urbaine 2002 40 %
Population rurale 2002 32 %
2 L’irrigation en Afrique en chiffres – Enquête AQUASTAT 2005

sables inaptes aux activités agricoles, hormis dans les oasis. Les sols des polders issus
de l’isolement des bras du lac Tchad, sont particulièrement riches et permettent de
nombreuses cultures.
La moyenne pluviométrique du pays (322 mm/an) est très peu représentative, du
fait de la forte variabilité géographique des précipitations, qui s’accompagne d’une forte
variabilité interannuelle. Les sécheresses sont fréquentes. Pays continental, le Tchad
comprend trois grandes zones agroclimatiques du nord au sud où la répartition des
ressources naturelles en eau, en terre et en biomasse est très variée:
• La zone saharienne avec une pluviométrie inférieure à 300 mm à la frange du
désert au nord, tandis que les pluies sont épisodiques dans tout le reste de
zone. Elle couvre près de 47 pour cent de la superficie totale du pays mais ne
renferme que 2 pour cent de la population.
• La zone sahélienne où la pluviométrie est comprise entre 300 et 600 mm/an au
centre du pays. Elle couvre environ 28 pour cent de la superficie totale et sa
population représente 51 pour cent de la population totale.
• La zone soudanienne, caractérisée par une pluviométrie supérieure à 600 mm/
an (et atteignant parfois 1 200 mm vers la pointe sud), occupant 25 pour cent
de la superficie totale.
Les maxima des pluies dans l’année se situent en juillet/août. On distingue deux
saisons pour les zones sahélienne et soudanienne.
• une saison des pluies de juin à septembre;
• une saison sèche d’octobre à mai.
L’évapotranspiration atteint parfois 3 000 mm dans certaines régions. Les
températures moyennes mensuelles sont de 28°C à 42°C le jour, selon les mois,
pouvant toutefois chuter la nuit à 14°C. Au nord les températures varient de 13°C à
29°C en janvier et de 25°C à 44°C en mai. Au sud les températures s’établissent entre
15°C à 34°C en janvier et entre 23°C à 35°C en mai.
La population totale est estimée à 8.85 millions d’habitants (2004) soit une densité
moyenne de moins de 7 habitants/km2 (tableau 1). Mais cette densité varie fortement
du nord au sud (de 0.2 à 9 habitants/ km2). La population rurale représente 75 pour cent
de la population totale. La croissance démographique était de 2.9 pour cent en 2002.
Quarante-cinq pour cent de la population totale sont actifs mais 60 pour cent vivent
en dessous du seuil de pauvreté. Selon l’indice du développement humain pour l’année
2002, le Tchad est classé au 167e rang sur un total de 177. L’alphabétisation concerne 46
pour cent de la population, mais 37 pour cent seulement des femmes.
Le taux de desserte en eau potable pour l’ensemble de la zone urbaine n’est que de
40 pour cent, tandis qu’en milieu rural seuls 32 pour cent de la population ont accès
aux sources améliorées d’eau potable (tableau 1). Les conditions sanitaires sont très
mauvaises tant dans les villes que dans les campagnes. Les infrastructures sanitaires
sont insuffisantes et de mauvaise qualité. Enfin, la prévalence du VIH/SIDA dépassait
4 pour cent en 2001.

ÉCONOMIE, AGRICULTURE ET SÉCURITÉ ALIMENTAIRE


L’agriculture et l’élevage occupent environ 73 pour cent de la population active et, en
2003, représentaient 37.7 pour cent du PIB dans l’économie nationale. Ils produisent
environ 85 pour cent des recettes d’exportation. La sécurité alimentaire est encore loin
d’être atteinte. Au plan quantitatif on observe un déficit chronique par rapport à la
disponibilité de céréales. La superficie cultivée et la production agricole varient suivant
la pluviométrie. L’accessibilité aux aliments de qualité est encore très difficile pour la
plupart des Tchadiens.
L’agriculture tchadienne, bien qu’elle offre d’excellentes perspectives d’avenir en
raison de la présence d’importantes ressources en terres et en eau, est une activité
qui fait face à plusieurs contraintes dont les plus importantes sont: i) sa dépendance
Tchad 3

vis-à-vis des aléas climatiques faute d’une bonne maîtrise de l’eau (plus de 80 pour
cent des céréales et 100 pour cent du coton sont des cultures pluviales); ii) son faible
niveau de productivité; iii) la perte de fertilité de certaines zones; iv) les difficultés
de commercialisation dues aux mauvais état des axes de communication; v) le faible
niveau de vulgarisation. Les systèmes agricoles diffèrent selon les zones climatiques. La
zone saharienne présente un potentiel agricole limité, mais une bonne production de
palmiers dattiers. L’économie sahélienne repose sur la culture des céréales (mil) et des
oléagineux (arachides). Néanmoins, le long épisode sec qui a caractérisé cette région au
cours des dernières décennies a entraîné une très forte régression de l’arachide. Dans
cette zone, le système de production est agropastoral. La zone soudanienne est celle où
sont pratiquées toutes les cultures et surtout le coton.

RESSOURCES EN EAU ET UTILISATION DE L’EAU


Ressources en eau
Les principaux bassins sont:
• Le bassin du Chari – Logone:
- Le Chari prend sa source en République centrafricaine et est constitué
par le Bamingui, le Gribingui, et le Bangoran (bassin de 80 000 km2 en
République centrafricaine). Le Bahr Aouk (bassin de 100 000km2) le
rejoint ensuite. Les débits moyens annuels du Chari à N’Djaména étaient
de 39.1 km3 pour la période 1950-1971 et 21.8 km3 pour 1972-2000. On
observe donc une tendance à la diminution des débits, depuis le début des
années 1960 jusqu’au faible niveau de 1984-1985.
- Le Logone prend sa source au Cameroun et est formé de la Vina et de
la Mbéré. Il reçoit la Lim (45 000 km2), la Nya (3 000 km2) et la Pendé
(15 000 km2).
• Le bassin du Mayo – Kébbi, affluent de la Bénoué, qui constitue le trait d’union
entre les bassins du Tchad et du Niger.
• Le bassin du Batha, fleuve temporaire qui coule environ trois mois par an et
apporte au lac Fitri un volume d’eau de l’ordre de 1-2 km3/an avec des fortes
irrégularités interannuelles.
Le lac plus important est le lac Tchad. Dans les années 1960, sa surface mesurait 19 000
km2 et sa côte 281.5 m. Le lac s’étend sur quatre pays riverains (Tchad, Niger, Nigeria,
Cameroun). Actuellement, il existe des zones couvertes de végétation marécageuse qui
sont inondées saisonnièrement ou en permanence. Le lac s’est complètement asséché
en 1985, c’est pourquoi sa surface en eau varie entre 0 (1985, 1987, 1988) et 7 000 km2
(1979, 1989 et 2000) suivant les années. Les lacs Fitri, Léré, Iro et Toupouris sont plus
petits.
Les eaux de surface ne dépendent que de la pluviométrie caractérisée par une
forte variabilité spatio-temporelle. Les ressources renouvelables internes des eaux de
surface sont estimées à 13.5 km3/an. Le Tchad dispose d’importantes ressources en eau
souterraine. On rencontre de vastes régions constituées de formations sédimentaires
(sables, grès), sièges d’aquifères continus sous forme de nappes libres et de nappes
profondes captives ou semi-captives. Ces aquifères représentent près des trois quarts
de la superficie totale du pays; ils sont repartis dans les trois zones géoclimatiques,
mais se situent principalement au nord, à l’ouest et au sud du Tchad. Les ressources
renouvelables des eaux souterraines sont estimées annuellement à près de 11.5 km3.
Considérant une partie commune entre eaux de surface et eaux souterraines, estimée à
10 km3/an, les ressources renouvelables totales internes seraient de 15 km3 (tableau 2).
Le débit moyen d’eau qui entre dans le pays actuellement par le Chari est estimé à 28
km3/an, ce qui donne une quantité totale de ressources renouvelables de 43 km3/an.
Les zones humides sont situées dans l’extrême sud et dans les plaines des deux
principaux fleuves. La zone du lac Tchad, avec les variations du plan d’eau, peut
4 L’irrigation en Afrique en chiffres – Enquête AQUASTAT 2005

TABLEAU 2
L’eau: ressources et prélèvement
Les ressources en eau renouvelables
Précipitations moyennes 322 mm/an
413 109 m3/an
Ressources en eau renouvelables internes 15 109 m3/an
Ressources en eau renouvelables réelles totales 43 109 m3/an
Indice de dépendance 65.1 %
Ressources en eau renouvelables réelles totales par habitant 2004 4 857 m3/an
Capacité totale des barrages - 106 m3
Prélèvements en eau
Prélèvement total en eau 2000 230 106 m3/an
- agriculture 2000 190 106 m3/an
- collectivités 2000 40 106 m3/an
- industrie - 106 m3/an
• par habitant 2000 29 m3/an
• en % des ressources en eau renouvelables réelles totales 2000 0.5 %
Ressources en eau non conventionnelles
Volume d’eaux usées produit - 106 m3/an
Volume d’eaux usées traité - 106 m3/an
Réutilisation des eaux usées traitées - 106 m3/an
L’eau dessalée produite - 106 m3/an
Réutilisation des eaux de drainage - 106 m3/an

également être considérée comme zone


FIGURE 1 humide. D’une manière générale, elles sont mal
Prélèvements en eau
conservées et font l’objet d’une dégradation
Total 0.23 km³ en 2000
notable.
Collectivités
urbaines
17 %
Utilisation de l’eau
Les principaux secteurs d’utilisation d’eau
sont: l’élevage, l’agriculture, les industries,
les usages domestiques, les écosystèmes
aquatiques et la navigation. L’agriculture,
Irrigation
83 %
avec 190 millions de m3/an, est de loin la
plus grosse consommatrice d’eau, provenant
principalement de l’eau de surface (fleuves,
lacs, eaux de pluie) (tableau 2 et figure 1). L’élevage utilise aussi bien les eaux de surface
que les eaux souterraines. Les industries possèdent très souvent leur propre forage;
seule la Compagnie sucrière du Tchad (CST) utilise les eaux de surface tant pour
l’irrigation que pour l’approvisionnement de ses usines. Il existe parfois des conflits
autour de certains points d’eau, liés aux insuffisances des ouvrages de mobilisation des
ressources, ou à leur double vocation: pastorale et villageoise.
L’agriculture consomme environ 190 millions de m3/an, viennent ensuite les usages
domestiques avec 40 millions de m3/an et l’usage industriel avec un prélèvement
négligeable. Les projections font ressortir qu’à l’avenir l’exploitation du pétrole fera
augmenter le niveau de pression sur les ressources en eau. Toutefois, les projections
du schéma directeur de l’eau et de l’assainissement prévoient la prédominance de
l’agriculture sur les autres secteurs jusqu’aux horizons 2020.

Eaux internationales: enjeux


Les eaux partagées concernent le bassin du Niger et le bassin du lac Tchad. L’autorité
du bassin du Niger (ABN), dont le siège est à Niamey, est représentée au Tchad par
un point focal à la Direction des ressources en eau et de la météorologie. Le bassin
physique du lac Tchad couvre une superficie de 2 381 635 km2 et s’étend sur sept
Tchad 5

pays: Tchad, Cameroun, Niger, Nigéria,


République centrafricaine, Soudan et Algérie. FIGURE 2
Le «bassin conventionnel», quant à lui, Origine de l’eau d’irrigation en maîtrise totale/
partielle
compte actuellement cinq États membres Total: 30 273 ha en 2002
couvrant les sous-bassins hydrologiques actifs
du Cameroun, de la République centrafricaine, Eau souterraine
20 %
du Niger, du Nigéria et du Tchad, regroupés
dans la Commission du bassin du lac Tchad
(CBLT) créée en 1964. Un Plan d’action
stratégique (PAS) a été adopté par ces États
en 1998 pour une gestion intégrée et concertée
des ressources partagées. Eau de surface
80 %
En outre, dans un cadre bilatéral, il existe
un accord entre le Tchad et le Cameroun signé
en 1970 qui limite pour chacun des pays les
prélèvements dans le système hydrographique
FIGURE 3
commun (Logone et affluents) à 10 m3/s entre Typologie des périmètres irrigués en maîtrise
mai et décembre et à 5 m3/s de janvier à avril. totale/partielle
Cela porte l’irrigation de contre-saison, à partir Total: 30 273 ha en 2002
de l’eau de ce fleuve, à 3000 ha de riziculture
< 100 ha
pour chacun de ces deux pays. 21 %

DÉVELOPPEMENT DE L’IRRIGATION ET DU
DRAINAGE
Évolution du développement de
l’irrigation > 100 ha
Les estimations sur le potentiel d’irrigation 79 %

conduites uniquement à partir des analyses des


sols varient de 1.2 à 5 millions d’ha, mais ces
chiffres sont à prendre avec précaution car ils ne tiennent compte ni de considérations
environnementales, liées en particulier à la baisse du niveau du lac Tchad, ni du partage
des ressources en eau entre les pays riverains du Logone et du lac Tchad. Le Comité
permanent inter-États de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS), en tenant
compte de la proximité des ressources en eau, évalue la superficie irrigable à 335 000 ha
dont 200 000 dans la zone sahélienne et 135 000 dans la zone soudanienne.
L’irrigation au sens moderne du terme est très récente par rapport à certains pays
d’Afrique et notamment d’Afrique du Nord. Mais l’irrigation traditionnelle est très
ancienne dans les zones saharienne et sahélienne. Dans ces zones les pluies étant
nulles ou rares, l’irrigation à partir des eaux souterraines captées au moyen de puits
ou puisards était déjà bien connue avant la période coloniale (figure 2). Le moyen
d’exhaure le plus utilisé était le «chadouf» (système de balancier) pour irriguer du
maraîchage sur des surfaces très limitées. L’irrigation moderne a été introduite avec
la colonisation et n’a connu un réel développement que vers les années 1970, surtout
après la grande sécheresse de 1973. Les principales zones d’irrigation sont la vallée du
Chari-Logone, la zone du lac Tchad, les oueds du Kanem et ceux du Ouaddaï, le Batha
et le lac Fitri, et les palmeraies du B.E.T.
Les aménagements encadrés sont de loin les plus importants du point de vue de
la surface et du nombre d’exploitants: 79 pour cent des superficies équipées entrent
dans les périmètres de plus de 100 ha (figure 3). Sur les 30 273 ha aménagés en maîtrise
totale, seuls les 3 754 ha de canne à sucre de la Compagnie sucrière du Tchad (CST) sont
irrigués par aspersion, le reste par irrigation de surface (tableau 3 et figure 4). Dix-huit
pour cent sont irrigués avec de l’eau souterraine et 26 200 ha, soit 86 pour cent, étaient
exploités en 2002.
6 L’irrigation en Afrique en chiffres – Enquête AQUASTAT 2005

TABLEAU 3
Irrigation et drainage
Potentiel d’irrigation 335 000 ha
Contrôle de l’eau
1. Irrigation, maîtrise totale/partielle: superficie équipée 2002 30 273 ha
- irrigation de surface 2002 26 519 ha
- irrigation par aspersion 2002 3 754 ha
- irrigation localisée - ha
• partie irriguée à partir des eaux souterraines 2002 19.8 %
• partie irriguée à partir des eaux de surface 2002 80.2 %
2. Zones basses équipées (marais, bas-fonds, plaines, mangroves) - ha
3. Irrigation par épandage de crues - ha
Superficie totale équipée pour l’irrigation (1+2+3) 2002 30 273 ha
• en % de la superficie cultivée 2002 0.8 %
• augmentation moyenne par an sur les 14 dernières années 1988-2002 5.7 %
• superficie irriguée par pompage en % de la superficie équipée 2002 50 %
• partie de la superficie équipée réellement irriguée 2002 86.5 %
4. Marais et bas-fonds cultivés non équipés - ha
5. Superficie en cultures de décrue non équipée 2000 125 000 ha
Superficie totale avec contrôle de l’eau (1+2+3+4+5) 2002 155 273 ha
• en % de la superficie cultivée 2002 4 %
Périmètres en maîtrise totale/partielle Critère
Périmètres d’irrigation de petite taille < 100 ha 2002 6 358 ha
Périmètres d’irrigation de taille moyenne 2002 0 ha
Périmètres d’irrigation de grande taille > 100 ha 2002 23 915 ha
Nombre total de ménages en irrigation -
Cultures irriguées dans les périmètres en maîtrise totale/partielle
Production totale de céréales irriguées - tonnes
• en % de la production totale de céréales - %
Superficie totale en cultures irriguées récoltées - ha
• Cultures annuelles/temporaires: superficie totale - ha
- riz 2002 10 000 ha
- mais 2002 6 000 ha
- mil 2002 3 000 ha
- blé 2002 2 000 ha
- patate douce 2002 50 ha
- canne à sucre 2002 3 754 ha
- légumes 2002 2 000 ha
• Cultures permanentes: superficie totale - ha
Intensité culturale des cultures irriguées - %
Drainage - Environnement
Superficie totale drainée - ha
- partie de la superficie équipée pour l’irrigation drainée - ha
- autres surfaces drainées (non irriguées) - ha
• superficie drainée en % de la superficie cultivée - %
Superficie protégée contre les inondations - ha
Superficie salinisée par l’irrigation - ha
Population touchée par les maladies hydriques liées à l’eau - habitants

Rôle de l’irrigation dans la production agricole, l’économie et la société


Dans la zone saharienne, la production agricole est entièrement tributaire de
l’irrigation, à l’exception de la datte (non irriguée). L’irrigation joue donc un rôle
primordial (avec l’élevage) dans l’économie de la région, bien que les superficies soient
souvent très limitées. Dans la zone sahélienne, les populations combinent la petite
irrigation à l’agriculture pluviale et à l’élevage. Le rôle de l’irrigation varie donc avec
les exploitations. Dans la zone soudanienne quand bien même la production céréalière
serait pluviale à plus de 80 pour cent, les populations de certaines zones dépendent
presque exclusivement de l’irrigation par submersion naturelle ou contrôlée. Ce sont
Tchad 7

les zones de riziculture situées entre Bongor et


Laï. En ce qui concerne l’irrigation urbaine et FIGURE 4
Techniques d’irrigation sur les périmètres en
périurbaine, des milliers de familles ne vivent
maîtrise totale/partielle
que de cette activité autour des grandes villes. Total 30 273 ha en 2002
L’irrigation est pratiquée pour développer les
Irrigation par
cultures de rente. apersion
Les coûts d’investissement pour les 12 %
périmètres en maîtrise totale d’eau sont souvent
très élevés et varient de 6 500 à 13 000 dollars
EU/ha. Les périmètres irrigués par pompage
posent souvent des problèmes de maintenance Irrigation de
et d’exploitation. La rentabilité varie selon les surface
88 %
périmètres et c’est surtout dans les périmètres
villageois à maîtrise totale qu’elle est élevée.
L’efficience du réseau tend à être faible et de
grandes pertes d’eau se produisent dans le
transport et à la parcelle. FIGURE 5
Les cultures irriguées les plus pratiquées Principales cultures irriguées en 2002
sont le riz et d'autres céréales (tableau 3 et Légumes
figure 5). Mais en décrue le sorgho prédomine Canne à sucre
dans de vastes plaines d’inondation. Patate douce
L’irrigation urbaine et périurbaine est dominée Bié
par le maraîchage. Les rendements varient Mil
Maïs
fortement d’un périmètre à l’autre. Pour le riz
Riz
le rendement va de 1.5 à 6 tonnes /ha, voire 0 2 000 4 000 6 000 8 000 10 000 12 000
même davantage, sur certains périmètres. Un Hectares
seul périmètre de 500 ha réalise la double
culture du riz.

GESTION DE L’EAU, POLITIQUES ET DISPOSITIONS LÉGISLATIVES RÉGISSANT


L’UTILISATION D’EAU EN AGRICULTURE
Institutions
La Direction des ressources en eau et de la météorologie (DREM) du Ministère de
l’environnement et de l’eau est responsable de la gestion et de l’exploitation des
ressources en eau. La Direction de l’hydraulique (DH) du même ministère est chargée,
avec les services régionaux, du suivi des points d’eau permanents.
Les institutions publiques et parapubliques concernées aussi par l’irrigation sont les
suivantes:
• la Direction du génie rural et de l’hydraulique agricole (DGRHA) du
Ministère de l’agriculture est responsable du développement de l’irrigation, y
compris la construction de périmètres à petite échelle, de barrages, de digues et
de l’installation de pompes;
• l’Office national de développement rural (ONDR) est l’organisme parapublic
d’exécution des programmes de développement agricole. Il est en particulier
chargé de la vulgarisation, de l’approvisionnement en intrants et de l’octroi de
crédits aux agriculteurs situés hors des périmètres parapublics;
• la Société de développement du lac Tchad (SODELAC);
• Le Ministère de l’élevage qui gère les projets d’approvisionnement en eau des
troupeaux.
Toutes ces institutions manquent souvent de moyens pour mettre en œuvre leur
politique et dépendent de financements extérieurs.
Dans le secteur privé, la CST, ancienne Société nationale sucrière (SONASUT) qui
a été privatisée, gère 3 754 ha irrigués par aspersion.
8 L’irrigation en Afrique en chiffres – Enquête AQUASTAT 2005

Gestion de l’eau
La politique de l’irrigation dans les années 1970 était fondée sur de grands périmètres,
mais de nombreuses surfaces équipées en maîtrise totale de l’eau se sont dégradées et
ont nécessité une réhabilitation qui a commencé au début des années 1990. La politique
d’irrigation actuelle consiste donc à réhabiliter ces anciens grands aménagements et à
créer de petits périmètres où l’intervention des agriculteurs est plus importante. L’accent
est fortement mis sur la responsabilisation et la participation active des bénéficiaires à
la gestion. Des comités de gestion ou des groupements organisés autour des quartiers
hydrauliques sont en place dans les grands périmètres encadrés et pour l’irrigation
villageoise. L’État continue à gérer les grands ouvrages et à assurer la vulgarisation des
irrigants.

Financement
On note une autonomie financière faible ou inexistante des structures chargées de
l’irrigation. Les redevances sont souvent subventionnées sur les périmètres encadrés
mais la tarification n’est pas uniforme.

Politiques et dispositions législatives


Le secteur de l’hydraulique est resté peu réglementé jusqu’à l’adoption du Code de
l’eau par l’Assemblée nationale en 1999 (loi N° 016/PR/99). Il se caractérise par une
volonté de régulation du secteur, dans le cadre des efforts de décentralisation, avec
une grande implication du secteur privé ou associatif. Des textes portant agrément des
aménagements hydro-agricoles sont en vigueur mais mal appliqués.

ENVIRONNEMENT ET SANTÉ
Le pays est actuellement encore très peu industrialisé, la qualité des eaux des fleuves ne
pose donc aucun problème car les eaux sont douces et très faiblement souillées. Le seul
problème provient de la qualité des eaux pour l’irrigation urbaine et périurbaine car
beaucoup de sources sont de qualité douteuse (eaux usées non recyclées par exemple).
Le bas niveau d’utilisation des pesticides dans l’agriculture limite la pollution de
l’environnement par ces produits. Des problèmes d’engorgement et de salinité se
posent dans la zone du lac Tchad.

PERSPECTIVES POUR LA GESTION DE L’EAU EN AGRICULTURE


L’irrigation villageoise et privée est en pleine expansion dans le pays. Les demandes
en aménagements sont croissantes au niveau des communautés rurales. Les grands
aménagements, tant en maîtrise partielle que totale, sont également en expansion
bien que des problèmes techniques et organisationnels subsistent. Seule l’expansion
de l’irrigation peut garantir la production en cas de mauvaise pluviométrie et, partant,
la sécurité alimentaire. La responsabilisation et la participation des producteurs
constituent la principale stratégie actuelle et la possibilité de transfert de gestion de
plusieurs aménagements est à l’étude. Le désengagement de l’État a amorcé de nouvelles
perspectives pour assurer la durabilité des aménagements.
À l’heure actuelle les financements de l’irrigation se raréfient, mais le gouvernement
tente de convaincre les bailleurs de fonds d’investir dans ce sous-secteur.

PRINCIPALES SOURCES D’INFORMATION


CBLT. 1993. Programme d’action, Bassin du lac Tchad.
CBLT. 1998. Plan d’action stratégique.
DGRHA. 2001. Rapports d’activités.
FAO, Centre d’investissement. 1989. Irrigation subsector review.
FAO. 1995. Les études préparatoires pour la création de l’ARID.
Tchad 9

FAO. Sans date. Étude sur l’irrigation urbaine et périurbaine, qualité des eaux et impacts sur la
santé.
Ministère de l’agriculture et de l’environnement. 1993. Consultation sectorielle sur le
développement rural, la sécurité alimentaire et les ressources hydrauliques.
PNUD, ONU, DAES, DH, DGRHA. 2002. Schéma directeur de l’eau et de l’assainissement.
Sène A. 2002. Projet d’appui aux services agricoles et aux organisations de producteurs (PSAOP)
– Évaluation environnementale. Banque mondiale.
SODELAC. 2001. Rapports d’activités.
Vaïdjoua G. 1997. Étude sur la gestion intégrée des ressources en eau au Tchad. Commission
économique pour l’Afrique.
Vaïdjoua G. 2003. La situation des cultures irriguées au Tchad.
Walbadet A.A., Abderamane S. 2002. Cahier du plan national pour l’action environnementale
du Tchad, N° 2 Eau souterraine et de surface.

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