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Expl Linéaire "Le Mal" Rimbaud

Dans le poème 'Le Mal', Rimbaud critique la guerre et la religion en dénonçant la violence des conflits et l'indifférence de Dieu face à la souffrance humaine. À travers des métaphores puissantes et un lexique évocateur, il met en lumière la misère du peuple et l'insouciance des puissants. Ce sonnet révèle la révolte d'un adolescent contre une société marquée par la guerre et l'oppression religieuse.

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Expl Linéaire "Le Mal" Rimbaud

Dans le poème 'Le Mal', Rimbaud critique la guerre et la religion en dénonçant la violence des conflits et l'indifférence de Dieu face à la souffrance humaine. À travers des métaphores puissantes et un lexique évocateur, il met en lumière la misère du peuple et l'insouciance des puissants. Ce sonnet révèle la révolte d'un adolescent contre une société marquée par la guerre et l'oppression religieuse.

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Expl linéaire poésie 3 “Le Mal” Rimbaud

C’est dans un contexte de guerre franco-prusse qu’Arthur Rimbaud, jeune adolescent de 16


ans, compose en 1870 Les Cahiers de Douai. Ce recueil, également connu sous les noms
de Recueil Demeny ou Recueil de Douai, est composé de 22 poèmes écrits entre mars et
octobre. Publié à titre posthume en 1895, il marque la poésie française par sa diversité
thématique: les premiers émois amoureux,la fuite, la révolte ou encore la satire de la guerre
et de la religion. Le poème « Le Mal » se trouve dans la première partie des cahiers de
Douai. Dans ce sonnet atypique (ne respecte pas le schéma rimique du sonnet traditionnel)
le poète dresse une double critique. Le Mal du titre, c’est à la fois la guerre mais aussi Dieu.
Ce sonnet brutal et cynique révèle la révolte d’un adolescent qui refuse d'être emprisonné
dans la folie d'une société orientée vers la guerre.
Problématique: Comment Rimbaud dénonce-t-il à travers ce sonnet la guerre et la religion ?
1er Mouvement: v1→v8: Dénonciation de la guerre
2ème Mouvement: v9→v11: Satire de la religion
3ème Mouvement: v12→v14: la misère et la peine du peuple

I-Dénonciation de la guerre

Le premier mouvement du poème "Le Mal" de Rimbaud dépeint la guerre et met en


évidence plusieurs aspects marquants.
Le quatrain initial commence par une proposition subordonnée conjonctive circonstancielle
de temps introduite par "Tandis que", rappelant ainsi au lecteur qu'il se déroule quelque
chose pendant les affrontements. Tout au long du mouvement, on observe un champ lexical
de la guerre qui prédomine. La métaphore des "crachats rouges de la mitraille" assimile les
tirs meurtriers à des crachats, évoquant le sang versé par les soldats agonisants. La couleur
rouge renvoie à la mort et au sang. L'allitération en "r" qui parcourt le quatrain renforce la
violence de la guerre.
L'enjambement du vers 1 au vers 2 met en évidence le verbe "siffler", qui évoque l'ouïe,
tandis que l'allitération en "f" imite le bruit des balles sur les champs de bataille. La locution
adverbiale de temps "tout le jour" rappelle que la guerre ne connaît aucun répit, que les
soldats ne se reposent pas. Le rouge est omniprésent avec les mots "rouges", "écarlates" et
"feu", illustrant la violence, le sang et le mal en opposition à l'hyperbole de "l'infini du ciel
bleu".
La conjonction de coordination "ou" coordonne l'adjectif "écarlates" (la couleur des
uniformes français) et l'adjectif "verts" (la couleur des uniformes prussiens), révélant ainsi les
pertes des deux camps. Le verbe "railler", dont le sujet est le Roi, accuse le chef suprême
de se moquer, créant une opposition entre le roi et les soldats. Rimbaud le tient pour
responsable de ce désastre. Alors que le roi est mentionné de manière individuelle, les
soldats, quant à eux, sont déshumanisés à cause de leur nombre croissant. Ils sont décrits
comme des "bataillons", une "masse", puis "cent milliers d'hommes", pour finalement être
réduits à un "tas fumant".
Le deuxième quatrain s'ouvre également par une proposition subordonnée conjonctive
circonstancielle de temps introduite par "Tandis que". Le poète prolonge sa phrase sans
ponctuation marquée pour illustrer la perpétuité des combats, montrant ainsi que sa
description du chaos n'est pas terminée. La métaphore de la "folie épouvantable" peut
désigner la guerre elle-même, voire la folie du roi qui conduit son pays à la boucherie.
L'adjectif "épouvantable", composé de cinq syllabes, associé au verbe au haut degré
"broyer", accentue la violence de la guerre.
Dans les deux derniers vers du quatrain, la ponctuation expressive dévoile l'indignation face
à ce tableau. Le tiret montre une prise de parole du poète. L'énumération de "dans l'été,
dans l'herbe, dans ta joie" ramène la nature au milieu de ce chaos. Les apostrophes
"Nature" et "Ô toi" témoignent que le poète s’adresse directement à la force de la nature
qu’il divinise mais qu’il tutoie également car il se sent proche d’elle. L'adverbe "saintement",
séparé du mot "nature", semble lui être attribué.

II-Satire de la religion
-Dans le premier vers de ce tercet on retrouve la proposition principale de la longue phrase
qui a précédé
-l’utilisation du déterminant indéfini avant “Dieu” diminue la dimension sacrée
-Dieu est défini par 2 subordonnées relatives qui dévoilent par les verbes “rire” et
“s’endormir" son insouciance face à la guerre subie par son peuple. Le rire fait écho au roi
qui "raille" dans la première strophe, ce qui rapproche les deux figures qui se moquent
toutes deux des soldats qui perdent la vie.
-Les COI des vers 9 et 10 révèlent que ce rire est destiné aux richesses citées qui sont des
offrandes. Ce lexique liturgique prépare une opposition avec la misère du peuple.

III- la misère et la peine du peuple


-La conjonction de coordination "et" donne une dernière dynamique à la longue phrase de
ce poème, où Dieu "se réveille"
-La proposition subordonnée de temps introduite par “Quand” montre que le réveil de la
divinité n’est motivé que par les offrandes de son peuple.
-Le lexique pathétique dépeint les mères des soldats comme des êtres démunis, offrant tout
ce qu'elles ont à Dieu.
-l’allitération en [r] vient rappeler la violence de la guerre subit par les soldats tandis que
l’allitération en [s] appuie sur la souffrance de leurs mères
-l’adjectif vieux révèle la pauvreté de ces familles qui malgré leur faibles économies donnent
tout à Dieu pour sauver leurs enfants comme le montre l’hyperbole “un gros sou”
-l’adjectif noir qualifiant le bonnet se rapporte au deuil et accentue la tristesse du peuple
Les deux tercets sont donc construits en complète opposition : le premier évoque le luxe, la
joie et la tranquillité de l’Église et de Dieu,alors que le second décrit la misère et la tristesse
du peuple à la fin du poème.

Conclusion:
Ainsi, à travers ce sonnet, nous comprenons que le Mal dont parle Rimbaud est multiple. Il
évoque d'abord le mal représenté par les tyrans qui sacrifient les hommes pour leurs
ambitions. Il met également en avant le mal que représente Dieu et l'Église, qui manipulent
le peuple dans le but de s'enrichir. Rimbaud dénonce donc bien la guerre en décrivant les
conséquences horribles des combats au lecteur. Ensuite, il critique la religion en dépeignant
Dieu comme un personnage avide qui ne se soucie pas des hommes. Enfin, Rimbaud
cherche à susciter une réaction chez son lecteur en utilisant des jeux d'opposition, tels que
celui entre le chaos des combats et le calme divin, ou celui entre la misère du peuple et
l'opulence de l'Église.

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