Emploi et Chômage en RDC : Enquête 2004-2005
Emploi et Chômage en RDC : Enquête 2004-2005
Martin Mba
Institut National de la Statistique du Cameroun
[email protected]
Constance Torelli
IRD-DIAL, INSEE
[email protected]
JEL Code : J20, J21, J22, J23, J24, J30, J31, J71, J81, J82
1
Cette publication a été élaborée grâce à la collaboration de l’Institut National de la Statistique de la République Démocratique du Congo,
d’AFRISTAT (Observatoire Economique et Statistique d’Afrique Subsaharienne) et de DIAL (Développement Institutions et analyses
de Long Terme).
2
Table des matières
INTRODUCTION .................................................................................................................... 6
2 ACTIVITE ................................................................................................................................. 15
2.1 Insertion des femmes sur le marché du travail....................................................................... 16
2.2 Insertion des jeunes sur le marché du travail ......................................................................... 17
2.3 La population inactive .............................................................................................................. 18
3 CHOMAGE ............................................................................................................................... 19
3.1 Profils des taux de chômage ..................................................................................................... 21
3.2 Qui sont les chômeurs ? ............................................................................................................ 23
3.2.1 Les primo-demandeurs ................................................................................................................... 23
3.2.2 Les anciens occupés ........................................................................................................................ 24
3.3 Caractéristiques et durée du chômage ................................................................................... 24
3.4 Le mode de recherche d’emploi ............................................................................................... 24
3.5 Le type d’emploi recherché ...................................................................................................... 25
3
7.2 Taux d’équipement des ménages. ............................................................................................ 42
ANNEXE ................................................................................................................................. 58
4
Tableau 29 : Caractéristiques des membres secondaires selon le secteur institutionnel du chef de ménage et
milieu de résidence ......................................................................................................................... 39
Tableau 30 : Répartition des ménages selon le secteur institutionnel du chef de ménage .................................. 41
Tableau 31 : Taux d’accès à la propriété selon le secteur institutionnel du chef de ménage .............................. 41
Tableau 32 : Accès à l’eau et à l’électricité selon le secteur institutionnel du chef de ménage .......................... 42
Tableau 33 : Eléments de confort et taux d’équipement des ménages en biens durables selon le milieu de
résidence......................................................................................................................................... 42
Tableau 34 : Eléments de confort et taux d’équipement des ménages en biens durables selon le secteur
institutionnel du chef de ménage à Kinshasa.................................................................................. 43
Tableau 35 : Mobilité scolaire entre générations ................................................................................................ 45
Tableau 36 : Table de mobilité scolaire par milieu de résidence ........................................................................ 45
Tableau 37 : Table de mobilité intergénérationnelle selon le secteur d’activité par milieu de résidence ........... 46
Tableau 38 : Table de mobilité intergénérationnelle selon la catégorie socioprofessionnelle et le milieu de
résidence......................................................................................................................................... 47
Tableau 39 : Structure des emplois désirés par les jeunes de 15 à 24 ans et de l’ensemble des emplois
créé par secteur institutionnel et milieu de résidence .................................................................... 48
Tableau 40 : Structure des emplois désirés par les jeunes de 15 à 24 ans et de l’ensemble des emplois
créés selon la catégorie socioprofessionnelle par milieu de résidence .......................................... 49
Tableau 41 : Répartition de l’échantillon initial et final des ménages par province et milieu ............................ 50
Tableau 42 : Répartition de l’échantillon final des individus par province et milieu.......................................... 50
Tableau 43 : Taux d’activité et intervalles de confiance par milieu .................................................................... 51
Tableau 44 : Taux d’activité et intervalles de confiance par province ................................................................ 51
Tableau 45 : Taux de chômage au sens du BIT et intervalles de confiance par milieu de résidence .................. 52
Tableau 46 : Taux de chômage au sens large et intervalles de confiance par milieu de résidence..................... 52
Tableau 47 : Taux de salarisation et intervalles de confiance par milieu de résidence ...................................... 52
Tableau 48 : Calendrier des opérations de collecte et moyens mis en œuvre ..................................................... 53
5
INTRODUCTION
Dans les pays en développement et aussi dans d'autres régions du monde (Amérique latine
notamment), l'emploi est au cœur du dispositif des systèmes statistiques nationaux. Cela se comprend
dans la mesure où les politiques de l'emploi sont au centre des politiques économiques. Pour répondre
à ce besoin d'orientation des politiques, il faut disposer de bonnes statistiques sur l'emploi. Par ailleurs,
en Afrique, la majorité des emplois étant concentrés dans le secteur informel, ce pan de l'activité
économique mérite également d'être mieux connu en vue de formuler de « bonnes » politiques de
l'emploi et par conséquent de réduction de la pauvreté. La question de l’emploi est d’autant plus
centrale en Afrique que l'immense majorité de la population tire ses revenus du travail, les transferts
institutionnels (prévoyance sociale) et les revenus du capital ne jouant qu’un rôle marginal. L’enquête
emploi donne donc aux autorités des éléments chiffrés pour agir sur le front de l’emploi, et à la
population le moyen de juger de l’efficacité de la politique économique.
Or, dans la sous-région, les dispositifs de suivi de l’emploi et du secteur informel sont quasi
inexistants. L’emploi n’est souvent mesuré que lors des recensements de la population ou très
sommairement à l’occasion de la réalisation d’autres enquêtes auprès des ménages consacrées à
d’autres thèmes (enquête budget consommation, enquête démographique et de santé, etc.). En outre, la
mesure de l’emploi et du secteur informel repose sur des définitions et des méthodologies différentes
d’un pays à l’autre et qui diffèrent souvent de celles retenues par les instances internationales. Quant
aux conditions de vie des ménages, il n'y a pas de réel suivi puisque les enquêtes sont irrégulières et
les méthodologies changeantes.
Pour bien appréhender les objectifs du dispositif d’enquête 1-2-3 mis en place en 2004 dans la ville de
Kinshasa, puis en 2005 dans l’ensemble des autres régions de la République Démocratique du Congo,
il convient de revenir quelque peu sur la situation du suivi de données statistiques socio-économiques
de base dans le pays. Au cours des vingt dernières années, seulement deux enquêtes nationales auprès
des ménages ont été réalisées : les enquêtes MICS1 en 1995 et MICS2 en 2001, sur la situation des
femmes et des enfants, enquêtes simples, très encadrées au niveau international et dirigées en dehors
de l’Institut National de la Statistique (INS). Quant aux données sur Kinshasa, la dernière enquête sur
les conditions de vie des ménages date de 1984, l’année même du dernier recensement de la
population. C’est dire tout l’enjeu que représente cette enquête 1-2-3 réalisée en 2005 au niveau
national en RDC dans l’élaboration et le pilotage des politiques de lutte contre la pauvreté.
La situation socio-démographique
Troisième plus grand pays d’Afrique, la RDC est grand comme quatre fois la France. L’enquête
nationale auprès des ménages sur l’emploi et les conditions d’activité réalisée en 2004-2005 estime la
population des ménages ordinaires à 55 300 000 personnes, soit un taux de croissance annuel moyen
de 3,7 %. L’agglomération de Kinshasa est la quatrième province la plus peuplée. Finalement, 70 %
des congolais vivent en milieu rural et 30 % en zone urbaine.
La distribution par âge de la population présente les caractéristiques classiques des pays en
développement, avec une prépondérance massive des jeunes. L’âge moyen est de 21 ans, la moitié a
moins de 16 ans et les personnes âgées de 60 ans et plus représentent à peine 4 % de la population
totale. Globalement, les femmes sont très légèrement majoritaires.
La taille moyenne des ménages est de 5,4 personnes et la structure familiale nucléaire reste le modèle
dominant (48,6 % des ménages). Moins d’un ménage sur cinq est dirigé par une femme,
principalement parmi les ménages constitués d’une seule personne et les ménages monoparentaux.
Dans l’ensemble, 20 % des individus âgés de 15 ans et plus n’ont jamais fréquenté l’école primaire. La
situation est variable selon que l’on vit en milieu urbain ou en milieu rural, les habitants de Kinshasa
bénéficiant davantage des infrastructures scolaires sont ainsi les mieux lotis avec plus de 95 % des
personnes ayant été à l’école contre 74 % en milieu rural.
6
Le marché du travail
Sur l’ensemble du pays, on compte près de 3,5 millions de personnes en âge de travailler (10 ans et
plus). Six personnes sur dix sont actives (ayant un emploi ou chômeur), soit un taux d’activité de
61 %.
Les taux entre urbain et rural soulignent une différence de 20 points (respectivement 47 % et 67 %),
l’activité agricole absorbant certainement davantage la population rurale. Située en-dessous de la
moyenne urbaine, Kinshasa enregistre le taux le plus faible avec seulement 43 % d’actifs. Si l’on se
restreint à la population de 15 ans et plus, le taux d’activité gagne plus de 10 points en passant à
71,6 % au niveau national. Généralement il y a plus d’actifs que d’actives, ce qui se vérifie
effectivement en milieu urbain mais pas en milieu rural. L’analyse par classe d’âge montre que l’écart
entre les hommes et les femmes est plus marqué en milieu urbain. Les femmes étant davantage sous-
scolarisées, le taux d’activité féminin est de fait plus élevé dans les campagnes avec 69 %, soit trois
points de plus que les hommes.
L’entrée précoce des enfants sur le marché du travail reste un phénomène préoccupant en milieu
rural avec 12,5 % de très jeunes actifs (actifs occupés ou chômeurs), et les filles sont plus touchées que
les garçons par ce problème, avec des taux d’activité respectifs de 14 % et de 11 %.
En milieu urbain comme en milieu rural, près de huit inactifs sur dix ont choisi ce statut de façon
volontaire. En revanche, pour 3 165 500 inactifs, l’absence d’activité correspond en fait à une forme
de chômage déguisé, dans la mesure où ils se sont retirés du marché du travail parce qu’ils ne pensent
pas pouvoir obtenir d’emploi. Ce formidable volant de main d’œuvre potentielle est une des
nombreuses mesures de l’importance de l’offre de travail inemployée qui pourrait quitter l’inactivité.
Le chômage est un indicateur de tension sur le marché du travail, marquant le désajustement entre la
demande et l’offre. Au niveau national, le nombre de chômeurs au sens du BIT est estimé à 776 000
personnes, ce qui correspond à un taux de chômage de 3,7 %. Comme la plupart des pays africains, la
RDC est un pays agro-pastoral où la terre représente un facteur économique, sinon le seul facteur de
production. L’accès à ces ressources est crucial pour assurer les moyens de subsistance pour 70 % de
la population congolaise, expliquant ainsi le très faible taux de chômage constaté en milieu rural
(1,2 %). Le chômage est essentiellement un phénomène urbain. Ainsi, un tiers de l’ensemble des
chômeurs congolais sont kinois, soit un taux de chômage dans la capitale très élevé (15 %).
Au niveau agrégé, le chômage affecte davantage les hommes que les femmes quel que soit le milieu de
résidence. Le taux de chômage décroît avec l’âge, le chômage touchant beaucoup les jeunes urbains.
D’ailleurs, plus de 60 % des chômeurs kinois sont des primo-demandeurs. Paradoxalement, le taux de
chômage croît avec le niveau scolaire. Dans la capitale, le taux de chômage des personnes non
scolarisées est de 8 % contre 16 % pour celles ayant suivi des études secondaires ou supérieures. On
retrouve ici la même situation observée dans les principales capitales d’Afrique de l’Ouest.2
La durée du chômage est longue, puisqu’elle atteint en moyenne plus de cinq ans au niveau national,
(67 mois à Kinshasa). La mobilisation du réseau des solidarités familiales est l’option privilégiée des
chômeurs dans leur recherche d’emploi. Dans la capitale, seulement 2 % des chômeurs ont fait une
démarche pour trouver un travail auprès d’une agence pour l’emploi. Par méconnaissance de ces
institutions, il apparaît clairement que les agences de placement des chômeurs ne jouent pas leur rôle
efficacement et demandent à être restructurées.
Le nombre d’actifs occupés en RDC est estimé à 20 343 500, la capitale concentrant 7,3 % des actifs
occupés. Au niveau national, la moitié des emplois sont occupés par des femmes, 46 % en milieu
urbain. Le taux de salarisation, qui constitue un indicateur du degré de formalisation des relations de
travail, est de 29 % en milieu urbain. La pluri-activité souvent mise en avant comme une stratégie
généralisée des ménages pour accroître leurs revenus est faible en milieu urbain, puisque moins de
2
« L’emploi, le chômage et les conditions d’activité dans les principales agglomérations de sept Etats membres de l’UEMOA. Principaux
résultats de l’enquête 1-2-3 de 2001-2002», Document de Travail DIAL, DT-2004-06
7
7 % des actifs occupés kinois exercent au moins une activité secondaire, le phénomène étant plus
répandu en milieu rural (18 %).
La répartition par secteur institutionnel des emplois est un bon indicateur synthétique de la structure
du marché du travail. C'est évidemment l’ensemble du secteur informel qui occupe la première place :
91 % des actifs occupés y sont employés au niveau national, variant de 71 % dans la capitale à 95 %
en zone rurale. Le secteur public vient en deuxième position avec 17 % des emplois kinois. Enfin,
moins d’un actif sur dix travaille dans le secteur privé formel de la capitale tandis que ce secteur est
quasiment inexistant en milieu rural.
Le niveau d’instruction des salariés du secteur public est de loin le plus élevé : 11 années d’études
scolaires réussies contre 5 en moyenne au niveau national. Bien qu’il ne compte que 17 % des actifs
occupés à Kinshasa, le secteur est majoritairement composé de cadres (61 %). L’ancienneté des
salariés du public dans la capitale est aussi très supérieure à celle de tous les autres secteurs : près de
12 ans en moyenne, soit 4 ans de plus que dans les autres secteurs.
Après le secteur public, le secteur privé formel présente le plus fort taux de salarisation, (92 % dans
l’ensemble urbain). En milieu urbain, les actifs occupés de ce secteur sont relativement plus nombreux
dans les entreprises de moins de 10 personnes que dans celles de plus de 50 personnes, respectivement
37 % et 29 % des emplois. Relativement plus jeunes que dans le secteur public, les employés du
secteur privé formel sont aussi bien formés avec 11 années d’études scolaires réussies en moyenne.
La couverture nationale de l’enquête permet de distinguer les activités informelles agricoles des
activités non agricoles, ces dernières étant concentrées en milieu urbain.
Elles proviennent à plus de 90 % d’unités de production de moins de 6 personnes, dont 69 % sont des
auto-emplois. Le taux de salariat est ainsi le plus faible avec moins de 15 %. Plus de la moitié des
emplois informels non agricoles se trouvent dans le commerce et près d’un quart dans les services. Le
secteur industriel n’est cependant pas négligeable dans le secteur informel, puisqu’il compte plus de
20 % des emplois. La main-d’œuvre du secteur informel est plus jeune : 20 % des actifs ont moins de
25 ans. Avec un niveau d’études moyen de 8 années, c’est aussi le secteur le plus féminisé puisque
plus d’un actif sur deux à Kinshasa est une femme.
Près de la moitié des unités de production sont des unités de deux personnes et 27 % sont des auto-
emplois. La main d’œuvre agricole, par ailleurs très féminisée est aussi plus âgée, 60 % des actifs
ayant dépassé les 40 ans. Le niveau scolaire est très faible avec moins de 4 années d’études.
L’ancienneté dans l’emploi est la plus longue ce qui témoigne de l’attachement des populations rurales
à leurs terres et/ou de l’incapacité de migrer vers les centres urbains.
Le revenu d’activité constituant la majeure partie des revenus des individus et des ménages africains,
l’analyse de cet indicateur permet d’apprécier non seulement la qualité des emplois générés par les
différents secteurs productifs, mais aussi de mesurer le niveau de vie et l’état de la pauvreté en RDC.
Le milieu rural composé à plus de 90 % d’agriculteurs, les revenus observés dans l’enquête emploi
doivent donc être interprétés avec beaucoup de précaution. Aussi, l’analyse ne porte que sur les
revenus provenant de l’activité principale en milieu urbain, en particulier dans la capitale.
La situation du pays causée par les conflits armés durant ces dernières années met en lumière la
faiblesse des revenus en RDC. Le revenu d’activité mensuel moyen est évalué à 27 000 FCFC dans la
capitale et 15 400 FCFC dans les autres villes urbaines. Malgré une expérience professionnelle et un
niveau d’éducation plus élevés, le revenu des fonctionnaires kinois est très faible avec 24 000 FCFC
en moyenne, montant équivalent à celui perçu par un actif informel non agricole. Les entreprises
publiques de la capitale employant moins de 5 % des actifs rémunèrent leurs employés bien
davantage : 68 000 FCFC par mois en moyenne. Enfin le secteur privé formel vient en deuxième
position avec plus de 43 000 FCFC. A secteur institutionnel donné, la hiérarchie de revenus est
8
toujours respectée, des cadres aux manœuvres. Dans l’ensemble, que ce soit en termes de revenu
moyen ou médian, les femmes gagnent moitié moins que les hommes.
Le niveau des revenus individuels permet d’estimer le taux de sous-emploi invisible (pourcentage
d’actifs occupés gagnant moins que le salaire horaire minimum). Il touche près de 55 % de la main
d’œuvre urbaine. Si l’on y ajoute les deux autres composantes du sous-emploi (le chômage ; le sous-
emploi visible, soit ceux qui travaillent moins de 35 heures contre leur gré), le taux de sous-emploi
global atteint 72 % de la population active occupée urbaine (63 % dans la capitale). Le sous-emploi du
facteur travail apparaît donc comme le principal problème que rencontre le marché du travail urbain.
La qualité des emplois ne dépend pas seulement des revenus qu’ils procurent mais aussi de l’ensemble
des avantages auxquels ils donnent droit. En moyenne la qualité des emplois est faible. La précarité se
manifeste d’abord par la faible contractualisation des relations de travail : un actif sur deux n’a aucun
contrat écrit avec son employeur et six actifs sur dix ne possèdent pas de bulletin de paie.
Tous les éléments mentionnés précédemment (rémunérations, relations de travail, etc.) se combinent
pour procurer un certain niveau de satisfaction dans l’emploi. Paradoxalement, 63 % de ceux qui ont
un emploi en milieu urbain se déclarent satisfaits du poste qu’ils occupent et ne comptent pas en
rechercher un autre dans un avenir proche. Cependant, ils sont plus de 35 % à désirer obtenir un
nouvel emploi. L’insatisfaction plus importante chez les jeunes de moins de 25 ans se traduit par un
profond désajustement entre leurs projets professionnels et les opportunités réelles d’emplois. Le
secteur public (administration et entreprises publiques), qui n’a pratiquement pas créé de postes au
cours de l’année précédent l’enquête (3,5 % des nouveaux emplois urbains), attire encore 25 % des
souhaits des jeunes urbains. Parallèlement, le secteur informel, principal pourvoyeur d’emplois avec
88 % d’emplois créés en milieu urbain, n’attire que 45 % de ces derniers.
Cette présentation détaillée du marché du travail en RDC met en lumière les défis majeurs auxquels
est confronté le gouvernement congolais. Le pays semble enfin sortir d’une récession sans précédent,
le financement de l’effort de guerre durant la décennie écoulée ayant mis à mal toute l’économie
congolaise. En s’engageant dans la voie de la paix et dans le redressement économique, il faut espérer
qu’une dynamique du marché du travail se traduira par de meilleures conditions de vie des ménages
congolais.
9
1 SITUATION SOCIO-DEMOGRAPHIQUE
Graphique 1 : Taille des ménages et proportion de femmes chefs de ménages selon milieu de
résidence
25
Bas-Congo
Nord-Kivu
Katanga
20
Ur bain Kinshasa
Bandundu
% femmes chefs de ménages
Rur al RDC
Kasai-Occidentale
15
Kasai-orientale Equateur Sud-Kivu
Orientale Maniema
10
0
4,5 4,7 4,9 5,1 5,3 5,5 5,7 5,9 6,1 6,3
Taille m oye nne de s m é nage s
100,0
90,0
80,0
70,0
60,0
%
50,0
40,0
30,0
20,0
10,0
0,0
10-14 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 50-54 55-59 60 ans
ans ans ans ans ans ans ans ans ans ans et +
Age
10
Capitale de Superficie Population Population Population
Province
province (km²) (estimation 1994) (estimation 1998) (estimation 2005)
( %) ( %) ( %) ( %)
Enquête 123
295 658 4 907 673 5 201 000 6 304 000
Province de Bandundu Bandundu
12,6 11,5 12,3 11,4
53 920 2 578 299 2 835 000 3 207 000
Province du Bas-Congo Matadi
2,3 6,1 6,7 5,8
403 292 4 789 307 4 820 000 5 751 000
Province de l'Équateur Mbandaka
17,2 11,3 11,4 10,4
Province du Kasaï- 154 742 3 117 305 3 337 000 4 258 000
Kananga
Occidental 6,6 7,3 7,9 7,7
Province du Kasai- 170 302 3 778 151 3 830 000 4 756 000
Mbuji-Mayi
Oriental 7,3 8,9 9,1 8,6
496 877 5 602 178 4 125 000 8 737 000
Province du Katanga Lubumbashi
21,2 13,2 9,8 15,8
9 965 4 657 061 4 787 000 5 751 000
Ville de Kinshasa Kinshasa
0,4 10,9 11,4 10,4
132 250 1 048 000 1 246 787 1 548 000
Province du Maniema Kindu
5,6 2,5 3,0 2,8
59 483 3 546 000 3 564 434 4 479 000
Province du Nord-Kivu Goma
2,5 8,3 8,5 8,1
503 239 5 426 715 5 566 000 6 581 000
Province Orientale Kisangani
21,5 12,8 13,2 11,9
65 070 3 093 000 2 837 779 3 926 000
Province du Sud-Kivu Bukavu
2,8 7,3 6,7 7,1
Total 2 344 798 42 545 000 42 150 000 55 300 000
Le pays a connu divers noms dans l’histoire récente : le Congo Belge devient indépendant en 1960 en
tant que République du Congo, puis est rebaptisé Zaïre durant les années Mobutu. Au moment de la
première guerre du Congo en 1997, le Général Joseph-Désiré Mobutu est renversé par Laurent-Désiré
Kabila et le pays retrouve son nom de République Démocratique du Congo. Après l’assassinat de
Kabila en 2001 et une période de transition politique, des élections présidentielles ont lieu en 2006. Le
fils du président assassiné, Joseph Kabila est l’actuel président élu en novembre 2006.
Administrativement, le pays est divisé en 11 provinces mais la Constitution de la troisième République
adoptée en février 2006, prévoit un nouveau découpage en 26 provinces.
Troisième plus grand pays d’Afrique, la RDC est grand comme quatre fois la France. Elle partage ses
frontières avec neuf pays (Angola, Zambie, Tanzanie, Burundi, Rwanda, Ouganda, Soudan,
Centrafrique et la République du Congo Brazaville). Traversé par l’Equateur, le territoire congolais
bénéficie de trois climats différents : équatorial, tropical et climat de montagne. Avec un accès à la
mer à l’extrême-Ouest, la région des grands lacs à l’Est, la savane et hauts plateaux du Sud et la forêt
équatoriale au Nord, le pays offre une diversité dans ses paysages. Aussi, la répartition géographique
de la population est inégale, la province du Katanga située au sud et celle de l’Orientale au nord du
pays concentrent à elles deux plus de 40 % de la superficie du territoire et 27 % de la population
congolaise. Avec plus de 10 % de la population, Kinshasa est la quatrième province la plus peuplée et
11
où le taux de densité est certes le plus élevé. Située au Centre-Est du pays, la province plus désertique
de Maniema concentre moins de 3 % de la population totale. En résumé, 70 % des congolais vivent en
milieu rural et 30 % en zone urbaine.
La distribution par âge de la population présente les caractéristiques classiques des pays en
développement, avec une prépondérance massive des jeunes. L’âge moyen est de 21 ans, la moitié de
la population a moins de 16 ans et les personnes âgées de 60 ans et plus représentent à peine 4 % de la
population totale. Globalement, les femmes sont très légèrement majoritaires.
Katanga
Maniem
Occiden
Equateu
Oriental
Kinshas
Bandun
oriental
Urbain
Congo
Kasai-
Kasai-
Nord-
Rural
RDC
Kivu
Kivu
Sud-
Bas-
tale
du
a
e
r
Population (milliers) 5751 3207 6304 5751 6581 4479 1548 3926 8737 4756 4258 16 837 38 463 55 300
Population ( %) 10,4 5,8 11,4 10,4 11,9 8,1 2,8 7,1 15,8 8,6 7,7 30,5 69,6 100
Structure par âge ( %)
- de 0–14 ans 39,9 44,7 46,8 46,8 44,4 50,0 46,0 51,1 50,1 50,1 50,2 45,1 48,2 47,3
- de 15–59 ans 56,0 49,8 49,7 48,9 51,1 46,1 49,5 44,4 47,1 45,7 47,1 51,2 47,8 48,8
- de 60 ans et plus 4,1 5,6 3,5 4,3 4,6 3,9 4,6 4,5 2,8 4,2 2,7 3,8 4,0 3,9
Total 100 100 100 100 100 100 100 100 100 100 100 100 100 100
Age moyen 23 23 22 21 22 20 22 20 20 20 20 21 21 21
Age médian 19 17 17 16 17 14 17 14 14 14 14 17 15 16
Femmes ( %) 51,3 52,0 50,8 50,5 50,1 50,9 49,3 49,4 51,0 48,5 50,0 50,8 50,3 50,5
Migrants ( %) 22,3 24,1 14,6 10,6 13,0 15,0 20,5 7,4 21,6 14,9 16,4 18,5 14,7 16,3
Source : INS, Enquête 1-2-3 Nationale RDC, Phase 1 (2004-2005)
1.1 Migration
Au niveau national, le phénomène migratoire est peu important. Cependant, les migrants (personnes
nées ailleurs et n’ayant pas toujours vécu dans la localité enquêtée) sont attirés davantage par les zones
d’emploi que sont la capitale et les villes du Bas-Congo, ainsi que des zones riches en ressources
minières (charbon, cuivre, fer, or, etc.) dans la province du Katanga par exemple. A l’inverse, le Sud-
Kivu, frontalier avec le Rwanda dont la situation dans la région est encore extrêmement préoccupante,
reste la province où le taux de migration est le plus faible.
La migration est presque exclusivement un phénomène national (98 % des migrants proviennent de
l’intérieur du pays). L’origine interne géographique varie selon le milieu de résidence : si les trois-
quarts des migrants étaient déjà citadins avant de s’installer dans la capitale par exemple, en revanche
en milieu rural, les migrants proviennent aussi en grande partie d’autres villages (61 %). La migration
à Kinshasa est bien plus ancienne avec un migrant sur deux qui est arrivé il y a plus de vingt ans
contre moins d’un migrant sur cinq dans le reste du pays. Cette caractéristique se traduit par une
population de migrants nettement plus âgée : leur moyenne d’âge est de 41 ans à Kinshasa et de 32 ans
au niveau national. En général, plus d’un migrant sur deux met en avant le désir de rejoindre sa famille
(55 % au niveau national), poursuivre ses études (20 % dans la capitale) ou chercher un emploi (12 %
en milieu urbain) sont également des autres motifs de migration. Enfin, ceux qui déclarent avoir été
« déplacés de guerre » ou qui sont revenus vivre dans leur localité représentent 14 % des migrants au
niveau national.
La RDC est dans sa grande majorité de religion chrétienne. Au niveau national les catholiques
représentent 36,5 % de la population et 23 % appartiennent à une autre religion chrétienne. Les
protestants sont plus nombreux en milieu rural avec un tiers des personnes contre 22 % en milieu
urbain. Les musulmans sont très minoritaires avec seulement 1,5 % de la population totale.
On dénombre 10 366 000 ménages en RDC et moins d’un ménage sur dix vit à Kinshasa. La taille
moyenne des ménages est de 5,4 personnes, et fait inhabituel, les ménages ruraux semblent être
12
légèrement de plus petite taille qu’en milieu urbain. Aussi, les ménages de grande taille (10 personnes
et plus) sont deux fois plus nombreux à Kinshasa que dans le milieu rural.
La dominante reste encore le modèle de la famille nucléaire (48,6 % soit un ménage sur deux) suivie
des familles élargies avec un quart des ménages. Moins d’un ménage sur cinq est dirigé par une
femme. Quatre ménages isolés sur dix et plus de huit ménages monoparentaux sur dix ont à leur tête
une femme. A cet égard, il faut soulever l’importance numérique de ces ménages monoparentaux
(19 % de l’ensemble des ménages à Kinshasa et 15 % des ménages au niveau national). A titre de
comparaison, l’étude réalisée dans les principales agglomérations d’Afrique de l’Ouest entre 2001 et
2002 indique une proportion allant de 11% de ménages monoparentaux dans les capitales du modèle
« sahélien » (Bamako, Niamey et Ouagadougou) à 23% dans celles appartenant au modèle « côtier »
(Cotonou, Lomé et Dakar), tandis qu’Abidjan occupe une position intermédiaire avec 19% de
ménages monoparentaux.
Tableau 3 : Type de ménages suivant le sexe du chef dans la capitale et au niveau national
1.4 Scolarité
Selon une étude récente coordonnée par la Banque Mondiale3 en 2001-2002, le système éducatif en
RDC comptait environ 19 100 écoles primaires avec 159 000 enseignants pour un effectif d’élèves
estimé à 5,47 millions et un peu plus de 8 000 écoles secondaires avec 108 000 enseignants et
1,6 million d’élèves. Parallèlement l’enseignement supérieur comptait 326 établissements et
200 000 étudiants. L’étude signalait une couverture relativement faible au niveau primaire et de
grandes inégalités dans l’accès à l’école. Le diagnostic relevait une grave détérioration de la qualité de
l’éducation à tous les niveaux, un système administratif lourd et désuet, et enfin un très bas niveau de
3
Le renouveau du système éducatif de la République Démocratique du Congo : Priorités et alternatives. Banque Mondiale, 2005.
13
dépenses avec un système financier inefficace et inéquitable. Cette situation s’explique principalement
dans les différents conflits aux effets dévastateurs qu’a connus le pays.
Face à l’effondrement du financement public en 1986, le système éducatif est essentiellement financé
par les parents. Dans l’ensemble, 20 % des individus âgés de 15 ans et plus n’ont jamais fréquenté
l’école primaire. La situation est variable selon que l’on vit en milieu urbain ou en milieu rural. Les
habitants de Kinshasa bénéficiant davantage des infrastructures scolaires sont ainsi les mieux lotis
avec plus de 95 % des personnes ayant été à l’école contre 74 % en milieu rural. Si la différence entre
genre est peu notable dans la capitale, en revanche elle est nettement plus frappante ailleurs et en
particulier en milieu rural, avec plus de 25 points d’écarts entre les hommes et les femmes. La
discrimination entre genre relève finalement du schéma classique observé dans tous les pays en
développement. Ajouté à cela, l’isolement des régions, l’absence ou l’entretien dans les
infrastructures, le manque de manuels scolaires, la difficulté des parents de payer les frais scolaires ne
font que renforcer les inégalités régionales. Ainsi 61 % des personnes vivant en milieu rural, qui ne
sont jamais allés à l’école ou ont arrêté leurs études invoquent ces problèmes financiers contre 47 %
pour ceux vivant en zone urbaine. Enfin, concernant l’alphabétisation, moins d’une personne sur trois
sait lire et écrire le français en zone rurale contre les deux-tiers en zone urbaine.
Pour conclure sur une note positive, il convient de souligner l’accroissement des taux de fréquentation
scolaire suivant les générations surtout chez les femmes et une relative stabilité chez les hommes.
Quant à l’Etat, le gouvernement s’engage à mettre progressivement en place un renouveau du système
éducatif dont une des composantes est par exemple la politique de formation des enseignants.
14
Graphique 3 : Niveau d’éducation de la population selon le genre
100,0 100,0
90,0 90,0
80,0 80,0
70,0 70,0
60,0 60,0
50,0 50,0
%
%
40,0 40,0
30,0 30,0
20,0 20,0
10,0 10,0
0,0 0,0
10-14 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 50-54 55-59 60 ans 10-14 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 50-54 55-59 60 ans
ans ans ans ans ans ans ans ans ans ans et + ans ans ans ans ans ans ans ans ans ans et +
Age Age
Non scolarisé Au-delà du primaire Supérieur Lire et écrire le français Non scolarisée Au-delà du primaire Supérieur Lire et écrire le français
2 ACTIVITE
75,0
70,0
Rural
65,0
Taux d'activité des femmes
60,0
RDC
55,0
50,0
45,0
Urbain
40,0
Kinshasa
35,0
30,0
30,0 35,0 40,0 45,0 50,0 55,0 60,0 65,0 70,0 75,0
Taux d'activité de s hom m e s
15
Graphique 5 : Temps hebdomadaire consacré aux activités domestiques selon le genre par
région
25,0
Maniema
Equateur
Kasai-Occidentale
Sud-Kivu
Nord-Kivu
Nombre d'heures domestiques des femmes
20,0 Orientale
RDC Rural
Urbain
Katanga
Kasai-orientale Bandundu
Bas-Congo
15,0
Kinshasa
actives
10,0
5,0
0,0
0,0 5,0 10,0 15,0 20,0 25,0
Nom bre d'he ure s dom e s tique s de s hom m e s actifs
Sur l’ensemble du pays, on compte près de 3,5 millions de personnes en âge de travailler (10 ans et
plus). Six personnes sur dix sont actives (ayant un emploi ou chômeur), soit un taux d’activité de
61 %. Les taux entre urbain et rural soulignent une différence de 20 points (respectivement 47 % et
67 %), l’activité agricole absorbant certainement davantage la population rurale. Située en-dessous de
la moyenne urbaine, Kinshasa enregistre le taux le plus faible avec seulement 43 % d’actifs. Si l’on se
restreint à la population de 15 ans et plus, le taux d’activité gagne plus de 10 points en passant à
71,6 % au niveau national.
Le taux d’activité global recouvre d’importantes disparités selon le statut des individus, notamment
selon le genre et l’âge. Généralement il y a plus d’actifs que d’actives, ce qui se vérifie effectivement
en milieu urbain mais pas en milieu rural. L’analyse par classe d’âge montre que l’écart entre les
hommes et les femmes est plus marqué en milieu urbain. Davantage sous-scolarisées, le taux d’activité
féminin est de fait plus élevé dans les campagnes avec 69 %, soit trois points de plus que les hommes.
Taux d'activité selon le genre en milieu urbain Taux d'activité selon le genre en milieu rural
100,0 100,0
90,0 90,0
80,0 80,0
70,0 70,0
60,0 60,0
%
50,0 50,0
40,0
40,0
30,0
30,0
20,0
20,0
10,0
10,0
0,0
0,0
10-14 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 50-54 55-59 60
10-14 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 50-54 55-59 60
ans ans ans ans ans ans ans ans ans ans ans et
ans ans ans ans ans ans ans ans ans ans ans
+
et +
Classes d'âge
Classes d'âge
16
Aussi, ceci traduit le rôle social joué par les femmes qui se partagent entre deux fonctions : la prise en
charge de la reproduction interne des unités familiales et une contribution importante au pouvoir
d’achat des ménages à travers l’exercice d’une activité économique. Ainsi les femmes passent en
moyenne 18 heures par semaine à effectuer des activités domestiques quand les hommes se contentent
de moins de 7 heures par semaine, les ruraux effectuant deux heures de plus que leurs homologues
urbains. Cependant, il est intéressant de noter que les femmes actives passent plus de temps que les
inactives à se consacrer aux tâches domestiques (19 heures versus 15 heures), ce qui met clairement en
lumière le phénomène dit de la « double journée » des femmes qui travaillent.
Le taux d’activité épouse les étapes successives du cycle de vie. Les taux d’activité croissent
rapidement à mesure que les jeunes sortent du système scolaire et s’intègrent dans la vie
professionnelle. Le maximum est atteint entre 30 et 49 ans quel que soit le milieu géographique :
l’écart entre le taux d’activité dans la capitale et le taux observé en zone rurale dépassant même
20 points sur cette tranche d’âge. Au niveau national, neuf personnes sur dix âgées de 30 à 49 ans sont
actives.
L’entrée précoce des enfants sur le marché du travail reste un phénomène préoccupant, en particulier
en zone rurale avec 12,5 % de très jeunes actifs, et les filles sont plus touchées que les garçons par ce
problème, avec des taux d’activité respectifs de 14 % et de 11 %.
Le statut au sein du ménage constitue un autre indicateur du cycle de vie des individus. Ce sont les
chefs de ménage qui enregistrent les taux d’activité les plus élevés (92,5 % au niveau national),
17
viennent ensuite les conjoints et les autres membres du ménage et finalement les enfants qui
enregistrent les taux les plus faibles (26,6 %). Cette hiérarchie dans l’insertion sur le marché du travail
a sa logique. La survie des ménages repose avant tout sur le chef de ménage. Ensuite, lorsque cela
devient nécessaire, la stratégie consiste à mobiliser le conjoint et les autres membres du ménage. La
participation des enfants est mise en œuvre en dernier recours.
Autres
Milieu de résidence Chef de ménage Conjoints Enfants Ensemble
membres
Kinshasa 82,3 53,2 22,0 31,9 42,8
Milieu Urbain 85,8 60,4 21,3 31,2 47,1
Milieu Rural 95,1 89,1 29,5 47,6 67,4
RDC 92,5 81,9 26,6 40,7 60,9
Source : INS, Enquête 1-2-3 Nationale RDC, Phase 1 (2004-2005)
Champ: population âgée de 10 ans et plus
Enfin, les taux d’activité varient sensiblement suivant l’origine migratoire des individus. Alors que sur
l’ensemble de la population totale, 16 % sont des migrants, ces derniers représentent 22 % de la
population en âge de travailler et près de trois actifs sur dix. Le taux d’activité des migrants (71,8 %)
est systématiquement supérieur à celui des natifs (57,8 %), reflétant l’attraction que représente les
villes en matière d’emploi et donc comme motif de migration. Ainsi à Kinshasa, déjà très important
chez les femmes, 20 points de pourcentage séparant le taux d’activité des natives de celui des
migrantes, ce phénomène est encore plus marqué chez les hommes, avec 30 points à l’avantage des
migrants. Finalement, quel que soit le milieu, les migrants sont majoritaires parmi les actifs, ce qui met
en lumière leur contribution déterminante à l’économie locale.
Sur l’ensemble de la population potentiellement active, 40 % n’ont pas d’emploi et n’en recherchent
pas. Une personne sur trois est inactive en milieu urbain et plus d’une sur deux en milieu rural. Hormis
la catégorie « autres cas », les deux principaux groupes d’inactifs sont formés par les jeunes en cours
de scolarité ou étudiant (61,8 %) et les femmes au foyer (10,0 %). La proportion des retraités est quasi
inexistante.
18
Dans près de 95 % des cas, les inactifs sont pris en charge par leur famille. Environ 4 % peuvent
compter sur des revenus de pensions (du travail, invalidité, etc.). La proportion de ceux qui assurent
leur survie grâce aux revenus du capital est marginale (0,7 %). Ce résultat met en lumière le faible
développement des transferts institutionnels (pensions, etc.), le rôle majeur des solidarités et des
transferts informels (inter et intra ménages), ainsi que la prédominance massive des revenus du travail
dans le revenu total des ménages dans les différents pays.
En milieu urbain comme en milieu rural, près de huit inactifs sur dix ont choisi ce statut de façon
volontaire, qu’ils considèrent ne pas être en âge de travailler ou ne pas avoir besoin de travailler pour
vivre. En revanche, pour 3.165.500 inactifs, l’absence d’activité correspond en fait à une forme de
chômage déguisé, soit qu’ils se soient retirés du marché du travail parce qu’ils ne pensent pas pouvoir
obtenir d’emploi compte tenu de la situation économique dégradée ou de leur qualification jugée trop
faible, soit qu’ils attendent les résultats d’une démarche qui tarde à se concrétiser. La frontière est
donc floue entre ce type d’inactifs, les « travailleurs découragés », et les chômeurs qui eux sont
comptabilisés dans la population active et dont ils partagent un certain nombre de traits.
3 CHOMAGE
Graphique 7 : Taux de chômage au sens du BIT et au sens large selon le genre par milieu de
résidence
25,0
Kinshasa LA RGE
20,0
Urbain LA RGE
Taux de chômage des femmes
15,0
RDC LA RGE
5,0
Rural LA RGE RDC BIT
Rural BIT
-
- 5,0 10,0 15,0 20,0 25,0
Taux de chôm age de s hom m e s
19
Graphique 8 : Taux de chômage BIT et part du chômage de longue durée par milieu de
résidence
100,0
95,0
Part du chômage de longue durée
Rural
90,0
Kinshasa
RDC
85,0
Urbain
A utres urbains
(hors Kin)
80,0
75,0
- 2,0 4,0 6,0 8,0 10,0 12,0 14,0 16,0
Taux de chôm age BIT
Le chômage est un indicateur de tension sur le marché du travail, marquant le désajustement entre la
demande et l’offre. Son importance varie selon la situation économique. Au niveau national, le
nombre de chômeurs au sens du BIT est estimé à 776 000 personnes, ce qui correspond à un taux de
chômage de 3,7 %. Comme la plupart des pays africains, la RDC est un pays agro-pastoral où la terre
représente un facteur économique, sinon le seul facteur de production. L’accès à ces ressources est
crucial pour assurer les moyens de subsistance pour 70 % de la population congolaise, expliquant ainsi
le très faible taux de chômage constaté en milieu rural (1,2 %). Un des pays voisins, le Cameroun,
ayant conduit une enquête identique en 2005 confirme exactement le même résultat qu’en RDC4.
Le chômage est essentiellement un phénomène urbain. Ainsi, un tiers de l’ensemble des chômeurs
congolais est kinois, soit un taux de chômage dans la capitale très élevé (15 %), taux à nouveau tout à
fait comparable aux capitales économique et politique du Cameroun (Yaoundé (14,7 %) et Douala
(12,5 %)).
La définition du chômage est extrêmement restrictive (ne pas avoir exercé d’emploi au cours de la
semaine de référence, ne serait-ce qu’une heure, en rechercher activement un et être disponible pour
l’exercer). Si l’on retient une définition plus large du chômage, en ajoutant aux chômeurs BIT,
l’ensemble des inactifs qui, bien que n’ayant pas cherché d’emploi au cours du mois de référence,
4
Enquête sur l’Emploi et le Secteur Informel au Cameroun en 2005. Phase 1 : Enquête sur l’Emploi. Rapport principal.
20
restent malgré tout disponibles si on leur en proposait un, le diagnostic change sensiblement et en
particulier en milieu urbain. Le niveau du chômage augmente de 9 points à Kinshasa par exemple, les
kinoises ayant le même taux de chômage élargi que les hommes alors que plus de cinq points
séparaient les taux de chômage stricts au sens du BIT entre les hommes et les femmes. Selon l’âge, le
chômage affecte aussi davantage les jeunes, dix points d’écart entre les deux définitions de chômage
pour les moins de 30 ans contre moins de cinq points pour leurs aînés. Dans l’ensemble,
l’élargissement du concept de chômage a pour conséquence d’incorporer comme chômeurs des
catégories de population qui se situent en marge de l’activité économique et qui entretiennent un lien
plus lâche avec le marché du travail, principalement les jeunes et les femmes.
Pour éviter toute confusion dans la suite du texte, l’analyse ne portera que sur les chômeurs au sens du
BIT, qui correspond à la définition internationale du chômage. Etant donné le faible taux de chômage
observé en milieu rural, les principaux résultats commentés sur le chômage porteront essentiellement
sur le milieu urbain.
Au niveau agrégé, le chômage affecte davantage les hommes que les femmes quel que soit le milieu.
A titre d’indication, en zone urbaine les très jeunes chômeurs (moins de 15 ans) sont
proportionnellement trois fois plus nombreux que les jeunes chômeuses (respectivement 13,5 % et
4 %), puis entre 15 et 29 ans, les taux passent à 20,3 % pour les jeunes hommes et 18,2 % pour les
jeunes filles. Passé 25 ans, le taux de chômage décroît avec l’âge, cependant les hommes âgés de 50 à
60 ans semblent éprouver des difficultés plus sérieuses à s’insérer sur le marché du travail. Sans doute
pour certains arrive l’heure de la retraite notamment pour les fonctionnaires et donc à la réflexion d’un
nouvel emploi, pour d’autres s’agit-il d’une réduction dans les transferts entre les ménages et donc
contraints à rechercher un autre moyen d’existence.
Graphique 9 : Taux de chômage BIT par genre et par classe d’âge au niveau national
9 ,0
8 ,0
7 ,0
6 ,0
5 ,0
%
4 ,0
3 ,0
2 ,0
1 ,0
-
1 0 -1 4 1 5 -1 9 2 0 -2 4 2 5 -2 9 3 0 -3 4 3 5 -3 9 4 0 -4 4 4 5 -4 9 5 0 -5 4 5 5 -5 9 6 0 a n s
a n s a n s a n s a n s a n s a n s a n s a n s a n s a n s e t +
C la s s e s d 'â g e
H o m m e s Fe m m e s E n s e m b le
Le taux de chômage varie aussi d’un cycle d’étude à l’autre. Paradoxalement, le taux de chômage croît
avec le niveau scolaire. Il atteint son plus bas niveau chez les actifs qui n’ont jamais été à l’école,
21
probablement moins exigeants quant à l’emploi qu’ils acceptent d’exercer. Dans la capitale, le taux de
chômage des non scolarisés est de 8 % contre 16 % pour ceux ayant suivi des études secondaires ou
supérieures. Plus largement en milieu urbain, à partir du niveau primaire, les taux de chômage
masculin sont systématiquement supérieurs aux taux moyens, alors que c’est à partir du niveau
d’études secondaires que les taux sont plus élevés que la moyenne pour les chômeuses urbaines.
Tableau 13 : Taux de chômage BIT selon le niveau d'études par milieu de résidence
La position dans le ménage est aussi un facteur discriminant dans la recherche d’emploi. En principe,
les chefs de ménages, principaux pourvoyeurs de revenus des ménages, devraient être les moins
touchés par le chômage, avec un taux effectivement très faible (2,4 %) sur l’ensemble du pays. Et en
toute logique, il revient aux membres « secondaires » du ménage de pâtir le plus de la faiblesse de la
demande de travail. Exception faite pour les conjoints, majoritairement des femmes pour qui les taux
de chômage sont encore plus faibles que leurs époux. En revanche, les descendants du chef de ménage
ainsi que les autres membres du ménage sont de loin les plus affectés avec des taux respectivement de
10,3 % et 8,1 % ; le milieu urbain et en particulier la capitale sont les plus touchés par ce phénomène.
Tableau 14 : Taux de chômage BIT selon le statut au sein du ménage par milieu de résidence
Chef de Autres
Milieu de résidence Conjoints Enfants Ensemble
ménage membres
Kinshasa 9,9 4,0 29,4 24,4 14,9
Milieu Urbain 7,1 5,1 25,6 20,4 11,2
Milieu Rural 0,8 0,4 4,0 2,3 1,2
RDC 2,4 1,3 10,3 8,1 3,7
Source: INS, Enquête 1-2-3 Nationale RDC, Phase 1 (2004-2005)
Champ: population âgée de 10 ans et plus. Note : Les critères du BIT sont appliqués dans la définition des chômeurs.
Partout, le chômage frappe plus les natifs que les migrants. En ne s’intéressant qu’au milieu urbain,
pour les premiers, le taux de chômage est de 12,5 %, alors que celui des migrants est de 8,6 %. Il est
même multiplié par deux à Kinshasa, ville qui concentre le plus de migrants par ailleurs.
22
Tableau 15 : Taux de chômage BIT selon le genre, le statut migratoire par milieu de
résidence
Milieu Milieu
Kinshasa RDC
Urbain Rural
Natifs
Hommes 22,1 13,7 1,8 4,6
Femmes 14,7 11,2 1,1 3,2
Ensemble des natifs 18,7 12,5 1,4 3,9
Migrants
Hommes 11,5 9,5 1,0 4,2
Femmes 7,2 7,3 0,4 2,0
Ensemble des migrants 9,8 8,6 0,7 3,0
Source: INS, Enquête 1-2-3 Nationale RDC, Phase 1 (2004-2005)
Champ: population âgée de 10 ans et plus. Note : Les critères du BIT sont appliqués dans la définition des chômeurs.
Six chômeurs sur dix sont des hommes. Partout les chômeurs sont majoritairement des hommes. L’âge
moyen des chômeurs est de 31 ans, les chômeurs kinois étant les plus âgés. Le niveau moyen
d’instruction des chômeurs est de 7,8 années d’études réussies. Les chômeurs de Kinshasa jouissent de
plus de deux années d’études supplémentaires par rapport à leurs homologues nationaux, et de deux
fois plus que les chômeurs ruraux, ce qui ne fait que refléter le niveau global d’éducation plus élevé
entre urbain et rural.
Durée
Répartition selon le Nombre Répartition par catégorie Chômeurs
moyenne
genre ( %) Age moyen ( %) de plus
du
moyen d’années d’un an
Primo- Anciens chômage
Hommes Femmes d’études ( %)
demandeurs occupés (en mois)
Kinshasa 65,8 34,2 33,0 10,2 60,9 39,1 66,7 85,1
Milieu Urbain 59,3 40,7 31,7 8,8 60,1 39,9 57,2 82,2
Milieu Rural 62,6 37,4 28,1 4,7 79,8 20,2 73,7 90,6
RDC 60,1 39,9 30,8 7,8 65,0 35,0 61,3 84,3
Source: INS, Enquête 1-2-3 Nationale RDC, Phase 1 (2004-2005)
Champ: population âgée de 10 ans et plus. Note : Les critères du BIT sont appliqués dans la définition des chômeurs. Les chômeurs de
longue durée sont ceux qui cherchent un emploi depuis plus d’un an.
Cependant, les chômeurs forment une population hétérogène. Il convient de distinguer deux types de
chômeurs : ceux qui tentent d’obtenir leur premier emploi (les « primo-demandeurs ») et ceux qui ont
perdu leur emploi (les « anciens occupés »). 65 % des chômeurs, soit 503 600 individus, sont des
primo-demandeurs5 (ce qui représente 157 700 personnes dans la capitale, 350 000 sur l’ensemble
urbain). L’ajustement de l’emploi formel urbain s’est donc principalement fait à travers le gel des
embauches, et seulement en second lieu par compression de personnel.
C’est la catégorie la plus féminisée, les trois-quarts des femmes au chômage étant à la recherche d’un
premier emploi. Bien que les primo-demandeurs soient plus jeunes que les anciens occupés, le niveau
d’étude moyen est sensiblement équivalent.
5
La même enquête menée au Cameroun (ESI 2005) montre par exemple une proportion d’anciens occupés légèrement supérieure à celle
des primo-demandeurs (53 % contre 47 %). En revanche, Kinshasa présente des proportions sur ces deux catégories très comparables à
ceux observés dans les principales agglomérations de l’UEMOA (PARSTAT 2001-2002) ainsi qu’à Douala et Yaoundé au Cameroun
en 2005.
23
3.2.2 Les anciens occupés
Chez les anciens occupés, la perte d’emploi s’explique pour moitié par une mauvaise conjoncture :
51 % des départs à Kinshasa sont dus aux licenciements, fins de contrat, fermetures d’établissements
ou compression du personnel (42 % dans d’autres cités urbaines). Un quart des chômeurs kinois a été
victime d’un licenciement ou d’une fin de contrat. L’instabilité politique et économique que connaît le
pays a entraîné de fait les fermetures d’entreprises et compression du personnel avec un quart des
pertes d’emploi dans la capitale. La rémunération insuffisante est dénoncée par environ un chômeur
sur dix en milieu urbain.
Durée Durée
Nombre chômeurs Nombre chômeurs
moyenne moyenne
Age moyen de plus Age moyen de plus
Kinshasa au RDC au
moyen d’années d'un an moyen d’années d'un an
chômage chômage
d’études ( %) d’études ( %)
(mois) (mois)
Primo-demandeurs Primo-demandeurs
Hommes 28,5 10,4 68,3 88,3 Hommes 27,3 8,1 63,9 88,6
Femmes 26,7 9,6 59,3 88,8 Femmes 25,7 7,1 57,3 83,6
Ensemble 27,8 10,1 64,6 88,5 Ensemble 26,6 7,6 60,9 86,4
Anciens actifs occupés Anciens actifs occupés
Hommes 42,6 10,1 73,9 80,2 Hommes 40,0 8,5 66,1 83,3
Femmes 35,8 9,4 57,0 78,7 Femmes 35,8 6,8 52,9 73,9
Ensemble 41,0 9,9 70,1 79,8 Ensemble 38,7 8,0 62,0 80,4
Ensemble des chômeurs Ensemble des chômeurs
Hommes 35,0 10,3 70,9 84,6 Hommes 32,4 8,3 64,7 86,5
Femmes 29,1 9,5 58,7 86,1 Femmes 28,4 7,0 56,1 81,0
Ensemble 33,0 10,2 66,7 85,1 Ensemble 30,8 7,8 61,3 84,3
Source: INS, Enquête 1-2-3 Nationale RDC, Phase 1 (2004-2005)
Champ: population âgée de 10 ans et plus. Note : Les critères du BIT sont appliqués dans la définition des chômeurs. Les chômeurs de
longue durée sont ceux qui cherchent un emploi depuis plus d’un an.
La durée du chômage est longue, puisqu’elle atteint en moyenne plus de cinq ans au niveau national,
(67 mois à Kinshasa). Ce chiffre doit plus être interprété comme la durée pendant laquelle les
chômeurs n'ont pas eu accès à un « véritable » emploi, que comme la véritable durée du chômage,
pendant laquelle les individus n'auraient pas exercé la moindre activité, même la plus marginale.
Même si les chiffres de durée moyenne de chômage doivent être considérés avec prudence, ils n'en
constituent pas moins un indicateur de l'extrême difficulté des chômeurs à s'insérer et/ou se réinsérer
sur le marché du travail. Ce constat est confirmé par l'importance du chômage de longue durée (c’est-
à-dire de plus d’un an). Plus de 84 % des chômeurs sont au chômage depuis plus d'un an. Dans
l’ensemble, le chômage de longue durée frappe relativement plus les primo-demandeurs que les
anciens occupés (respectivement 86 % et 80 %) et également davantage les hommes que les femmes
(respectivement 87 % et 81 %).
La mobilisation du réseau des solidarités familiales est l’option privilégiée des chômeurs dans leur
recherche d’emploi. Cette stratégie est adoptée par plus de huit chômeurs sur dix. La prospection
directe auprès des employeurs concerne à peine plus d’un chômeur sur dix (13,5 %). Enfin, le recours
aux petites annonces concerne 2 % des chômeurs. En dehors de la capitale, en milieu urbain 5 % des
chômeurs ont fait une démarche pour trouver un travail auprès d’une agence pour l’emploi (moins de
2 % à Kinshasa). En moyenne, moins de 5 % des chômeurs kinois sont inscrits dans un service de
placement. Les faibles taux d'inscription des chômeurs auprès des agences de placement,
essentiellement publiques, s'expliquent principalement par la méconnaissance de ces institutions par
les chômeurs : plus des deux tiers des non-inscrits n'en ont jamais entendu parlé. Un sérieux effort doit
donc être consenti par les autorités pour appuyer les chômeurs, notamment en matière d'informations.
Il convient de leur faciliter les démarches de recherche d'emplois, en cherchant à mettre en relation les
24
offres d'emplois non satisfaites en provenance des entreprises avec le profil de candidats potentiels,
aujourd'hui au chômage. De plus, il apparaît clairement que les agences de placement des chômeurs ne
jouent pas leur rôle efficacement et demandent à être restructurées.
En milieu urbain, les trois quarts des chômeurs recherchent un emploi salarié (80 % à Kinshasa). Le
reste préfère un emploi indépendant et à peine un sur dix est indifférent au type d’emploi recherché.
Dans les mêmes proportions les chômeurs souhaitent un emploi permanent à plein temps avec un
horaire hebdomadaire moyen de 42 heures. Il s'agit donc bien d'une population disponible pour
travailler, et non d'un volant de main-d'œuvre situé aux marges de l'activité économique.
Finalement, les chômeurs se montrent relativement flexibles quant au type d'emploi recherché : un
cinquième est prêt à travailler dans n'importe quel type d'entreprises et près d’un sur deux est
indifférent quant à la branche ou à la profession. Enfin, moins de 10 % sont attirés par l’administration
publique à Kinshasa, la même proportion s’applique à ceux qui déclarent être leur propre chef. Le
chômage ne traduit donc pas uniquement l’insatisfaction d’une main-d’œuvre aux ambitions
incompatibles avec les conditions en vigueur sur le marché, mais aussi, au moins en partie, l’absence
réelle d’opportunités d’emplois.
18,0
Kinshasa
16,0
Urbain
14,0
Autres urbains hors
Kinshasa
Part de l'emploi public
12,0
10,0
8,0
RDC
6,0
4,0
Rural
2,0
0,0
60,0 65,0 70,0 75,0 80,0 85,0 90,0 95,0 100,0
Part de l'em ploi inform el
25
Graphique 11 : Part des hommes et des femmes par secteur institutionnel en milieu Urbain
90,0
80,0
Part des femmes par secteur institutionnel
70,0
60,0
Informel agricole
40,0
30,0
Formel
20,0
Public
10,0
10,0 20,0 30,0 40,0 50,0 60,0 70,0 80,0 90,0
En 2005, on estimait à 20 343 500 le nombre d’actifs occupés, c’est-à-dire le nombre de personnes
ayant un emploi. La capitale concentre 7,3 % des actifs occupés. Au niveau national, la moitié des
emplois sont occupés par des femmes, mais elles sont minoritaires en milieu urbain avec 46 % des
emplois occupés. Les migrants sont également minoritaires, représentant un tiers des actifs occupés
dans les villes contre un quart en zone rurale. L’ancienneté moyenne est de 8 ans à Kinshasa et 14 ans
pour les ruraux, reflétant l’entrée précoce dans le monde de l’agriculture.
Si on se concentre sur le milieu urbain, globalement le taux de salarisation, qui constitue un indicateur
du degré de formalisation des relations de travail, est de 29 %. Dans la capitale, un peu plus d’un tiers
des actifs occupés exerce donc comme salarié.
Souvent mise en avant, la pluri-activité est considérée comme une stratégie des ménages et des
individus pour accroître leur revenu et compenser leur chute en période de récession. Sur 4 600 000
actifs occupés au niveau urbain, moins d’un sur dix déclare exercer une activité secondaire au cours de
la semaine de référence. En fait, 13 % des actifs occupés ont exercé un autre travail, parallèlement à
leur emploi principal au cours de l’année écoulée. C’est à Kinshasa que le taux de pluri-activité est le
plus faible (6,5 %), tandis qu’en milieu rural, près de 18 % exercent une activité secondaire.
26
Tableau 18 : Caractéristiques des personnes exerçant un emploi
Milieu Milieu
Kinshasa RDC
Urbain Rural
Nombre d’emplois 1 477 400 4 596 800 15 746 600 20 343 500
Hommes ( %) 55,1 54,0 47,8 49,2
Femmes ( %) 44,9 46,0 52,2 50,8
Migrants ( %) 45,3 33,3 24,7 26,6
Age moyen 39,4 38,1 36,0 36,5
Années d'études réussies 9,2 8,1 4,2 5,1
Durée dans l’emploi (années) 8,1 8,7 14,2 12,9
C.S.P. ( %)
Cadres 14,9 9,5 1,7 3,5
Travailleurs indépendants 60,3 62,2 59,4 60,0
Employés, ouvriers 16,0 14,6 3,4 5,9
Manœuvres et autres 6,5 5,8 1,7 2,6
Aides familiaux 2,3 7,9 33,9 28,0
Taux de salarisation 35,7 28,9 6,1 11,2
Taux de pluriactivité sur les 12 derniers mois 9,1 13,0 24,4 21,9
Taux de pluriactivité sur les 7 derniers jours 6,5 9,1 17,8 15,8
Source: INS, Enquête 1-2-3 Nationale RDC, Phase 1 (2004-2005)
Six actifs occupés sur dix sont à la tête de leur propre unité de production, comme patron employant
des salariés, ou à leur propre compte. La catégorie socio-professionnelle (CSP) des employés et des
ouvriers, qui est largement majoritaire dans les pays développés, compte pour moins de 15 % des
emplois en milieu urbain. La structure par CSP est en toute logique différente en milieu rural où un
tiers des emplois est attribué aux aides familiaux.
La structure par branche des emplois présente l’opposition classique entre villes et campagnes. C’est
évidemment le secteur tertiaire (commerce et services) qui prédomine en milieu urbain. Il regroupe
plus des deux tiers des emplois urbains, jusqu’à 80 % à Kinshasa. Par essence, le secteur primaire est
généralement absent de la structure par branche dans les grandes agglomérations mais les zones
urbanisées autres que la capitale regroupent jusqu’à 22 % des emplois dans le secteur agricole. Les
activités industrielles ne comptent guère plus de 15 % des emplois. En milieu rural, l’agriculture
mobilise majoritairement l’ensemble de la main d’œuvre.
La répartition par secteur institutionnel des emplois est un bon indicateur synthétique de la structure
du marché du travail. On distingue six secteurs: les administrations publiques, le secteur parapublic, le
secteur privé formel, le secteur informel non agricole, le secteur informel agricole, et enfin le secteur
social. C'est évidemment l’ensemble du secteur informel qui occupe la première place : 91 % des
actifs occupés y sont employés au niveau national, variant de 71 % dans la capitale à 95 % en zone
rurale. Le secteur public vient en deuxième position avec 17 % des emplois kinois. Enfin, moins d’un
actif sur dix travaille dans le secteur privé formel de la capitale tandis que ce secteur est quasiment
inexistant en milieu rural. A Kinshasa, cette structure par secteur institutionnel présente à nouveau de
remarquables similitudes avec les principales agglomérations des pays d’Afrique de l’Ouest6.
6
« L’emploi, le chômage et les conditions d’activité dans les principales agglomérations de sept Etats membres de l’UEMOA. Principaux
résultats de l’enquête 1-2-3 de 2001-2002 », revue STATECO n°99, 2005.
27
Tableau 19 : Structure des emplois par secteur institutionnel et par secteur d’activité
Milieu Milieu
Kinshasa RDC
Urbain Rural
Secteur institutionnel
Administration 11,9 9,6 3,0 4,5
Para public 5,0 4,6 1,0 1,8
Privé formel 8,8 5,9 0,6 1,8
Informel non agricole 65,8 55,6 9,7 20,0
Informel agricole 5,1 21,5 84,9 70,6
Associations 3,4 2,9 0,9 1,4
Secteur d'activité
Secteur primaire 5,8 22,0 85,9 71,5
Industrie et BTP 14,8 14,8 4,8 7,1
Commerce 42,3 34,7 3,6 10,6
Services 37,1 28,4 5,8 10,9
Source: INS, Enquête 1-2-3 Nationale RDC, Phase 1 (2004-2005)
Branches d’activité : le secteur primaire comprend l’agriculture, l’élevage la pêche et la sylviculture. L’industrie comprend les industries
manufacturières et extractives et le BTP. Le commerce comprend le commerce de gros et de détail. Les services comprennent les hôtels et
restaurants, les services de réparation, les activités de loisirs, touristiques ainsi que les services domestiques, les services aux collectivités, les
services aux entreprises, les banques et les services financiers, les transports et télécommunications, et les autres services.
Les emplois publics sont naturellement concentrés dans les branches non marchandes. En milieu
urbain, c’est dans le secteur public que l’on observe la plus forte proportion de migrants : 49,7 %. Les
employés du secteur public sont d’une qualification supérieure à l’ensemble de la population active.
Le secteur public dans la capitale : bien qu’il ne compte que 16,9 % des actifs occupés à Kinshasa, le
secteur est composé majoritairement de cadres (60,8 %). Le niveau d’instruction des salariés y est de
loin le plus élevé : 12,8 années d’études scolaires réussies en moyenne dans la capitale. Avec un âge
moyen de 46 ans, les actifs de ce secteur sont les plus âgés, ont un niveau scolaire plus élevé mais
aussi une ancienneté supérieure à tous les autres secteurs. Ainsi, les employés du secteur public ont en
moyenne près de 12 ans d’ancienneté, 5 ans de plus en moyenne que dans les autres secteurs. Une telle
longévité dans l’emploi est la conséquence du mode de régulation des carrières (phénomène de
l’emploi à vie), mais aussi du gel des embauches qui a surtout pénalisé les plus jeunes. Cette politique
a contribué au vieillissement de la pyramide des âges de ce secteur d’activité.
Après le secteur public, le secteur privé formel présente le plus fort taux de salarisation, (92 % dans
l’ensemble urbain). Mais, à bien des égards, il se différencie de l’idée qu’on peut se faire d’un secteur
moderne et fortement concentré que l’on rencontre dans les pays plus développés. Ainsi en milieu
urbain, les actifs occupés dans ce secteur sont relativement plus nombreux dans les entreprises de
moins de 10 personnes que dans celles de plus de 50 personnes, respectivement 37 % et 29 % des
emplois. En fait 21 % des emplois privés formels se trouvent dans des unités d’effectif inférieur à 6
personnes. En termes de caractéristiques de la main-d’œuvre urbaine, la moyenne d’âge (38,3 ans) est
nettement plus faible que dans le secteur public urbain (44,2 ans). Après ceux du secteur public, les
employés du secteur privé formel sont les mieux formés, avec 10,9 années d’études scolaires réussies
en moyenne.
28
Tableau 20 : Structure des emplois par secteur institutionnel et milieu de résidence
La couverture nationale de l’enquête permet de distinguer les activités informelles agricoles des
activités non agricoles, ces dernières étant concentrées en milieu urbain.
Elles proviennent à plus de 90 % d’unités de production de moins de 6 personnes, dont 69 % sont des
auto-emplois. Le taux de salariat est ainsi le plus faible avec moins de 15 %. Plus de la moitié des
emplois informels non agricoles (57 %) se trouve dans le commerce et 22 % dans les services. Le
secteur industriel n’est cependant pas négligeable dans le secteur informel, puisqu’il compte plus de
20 % des emplois.
Environ 18 % des actifs informels exercent dans un véritable local professionnel (12,4 % à Kinshasa).
Le travail à domicile sans installation particulière concerne 18 % des actifs informels (20,2 % à
Kinshasa), tandis que 7 % des travailleurs informels exercent à la maison dans un emplacement
réservé à cet effet (6 % à Kinshasa). Par ailleurs, les travailleurs exerçant sur les marchés publics et les
ambulants représentent respectivement plus de 20 % et 11 % des emplois.
La main-d’œuvre du secteur informel est relativement plus jeune : 20 % des actifs ont moins de 25
ans. Avec un niveau d’études moyen de 7,9 années, c’est aussi le secteur le plus féminisé puisque
55,1 % des actifs informels à Kinshasa sont des femmes. Contrairement à une idée reçue qui met en
avant le rôle de la migration pour expliquer la genèse du secteur informel, c’est dans l’informel que la
proportion de migrants est la plus faible.
29
4.3.2 Le secteur informel agricole en milieu rural :
Près de la moitié des unités de production (48 %) sont des unités de deux personnes et 27 % sont des
auto-emplois. C’est un secteur également très féminisé et la main d’œuvre est plus âgée avec plus de
six actifs informels sur dix ayant dépassé les 40 ans. Le niveau scolaire est très faible avec moins de 4
années d’études. L’ancienneté dans l’emploi est la plus longue ce qui témoigne de l’attachement des
populations rurales à leurs terres et/ou de l’incapacité de migrer vers les centres urbains.
Quel que soit le milieu, trois périodes semblent se succéder. En milieu urbain, les trois quarts des
jeunes actifs occupés de moins de 20 ans exercent dans le secteur informel non agricole,
principalement comme travailleurs dépendants (versus 83 % dans l’agriculture en milieu rural). La
deuxième étape voit l'émergence du salariat dans le secteur formel urbain comme mode d'insertion sur
le marché du travail qui ne cesse de croître jusqu’à 55 ans, tandis qu’au-delà, la troisième étape se
caractérise par un retour de la main-d'œuvre vers des emplois informels agricoles ou non agricoles,
comme travailleurs indépendants (établissement à son compte). Il est tentant d'interpréter ce profil par
âge en termes de cycle de vie professionnelle en milieu urbain : acquisition d’une première expérience
professionnelle informelle, puis intégration dans le secteur formel comme salarié, suivi d’une mise à
son compte en fin de vie active avec le capital humain et financier accumulé au cours de l’étape
antérieure. Cependant, l’analyse devrait aussi prendre en compte l'impact de la conjoncture
économique qui a un effet central sur la composition sectorielle de la main-d'œuvre, mais pour aucune
classe d’âge le salariat formel est plus important que le travail indépendant.
Graphique 12 : Répartition des actifs occupés par âge et par type d’emplois selon le milieu de
résidence
40,0
30,0 30,0
20,0 20,0
10,0 10,0
0,0
0,0
10-14 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 50-54 55-59 60
10-14 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 50-54 55-59 60
ans ans ans ans ans ans ans ans ans ans ans et
ans ans ans ans ans ans ans ans ans ans ans et
+
+
Age
Age
30
5 REVENUS DU TRAVAIL ET CONDITIONS D’ACTIVITE
100,0
95,0
90,0
Taux de sous-emploi global des femmes
80,0
Milieu Urbain
75,0
70,0
Kinshasa
65,0
60,0
55,0
50,0
50,0 55,0 60,0 65,0 70,0 75,0 80,0 85,0 90,0 95,0 100,0
Taux de sous-em ploi global des hom m es
90,0
88,0
86,0
82,0
80,0
Milieu Urbain
78,0
76,0
74,0
Kinshasa
72,0
70,0
40,0 45,0 50,0 55,0 60,0 65,0 70,0 75,0 80,0 85,0 90,0
Revenus fem m es / Revenus hom m es
31
Le revenu d’activité constituant la majeure partie des revenus des individus et des ménages africains,
l’analyse de cet indicateur permet d’apprécier non seulement la qualité des emplois générés par les
différents secteurs productifs, mais aussi de mesurer le niveau de vie et l’état de la pauvreté en RDC. Il
convient de souligner que, comme dans toutes les enquêtes auprès des ménages, l’appréhension des
revenus est toujours extrêmement délicate. De plus, en milieu rural qui est constitué à plus de 90 %
d’agriculteurs, les revenus observés dans l’enquête emploi ne sont vraisemblablement pas fiables.
Aussi, le chapitre sur les revenus portera uniquement sur l’observation des revenus provenant de
l’activité principale en milieu urbain, en particulier dans la capitale. Aussi, les résultats ci-dessous
doivent être interprétés avec précaution.
La situation du pays causée par les conflits armés met en lumière la faiblesse des revenus en RDC. Le
revenu mensuel moyen en milieu urbain est de 19 000 FCFC, les actifs étant un peu mieux rémunérés
dans la capitale que dans les autres villes urbaines. D’après les enquêtes sur l’emploi réalisées dans les
principales agglomérations des pays de l’Afrique de l’Ouest7, les actifs occupés du secteur public sont
relativement mieux rémunérés que ceux du secteur privé. L’enquête ESI au Cameroun en 2005 vérifie
également cette assertion. En revanche, les résultats de l’enquête en RDC montrent une situation
salariale parmi les fonctionnaires congolais précaire. En milieu urbain, près d’un actif occupé sur dix
travaille dans l’administration et gagne en moyenne près de 17 000 FCFC par mois (23 800 FCFC à
Kinshasa). Les grandes entreprises publiques qui emploient 5 % des actifs occupés les rémunèrent
deux à trois fois plus que dans l’administration.
Tableau 21 : Revenu mensuel moyen par secteur institutionnel et secteur d’activité (emploi
principal)
Le revenu mensuel moyen varie aussi en fonction de la branche d’activité. Avec 15 % des emplois
occupés, les revenus dans le secteur industriel sont de même niveau que ceux observés dans les
services où près d’un actif sur trois est employé en milieu urbain.
Face à une désorganisation de la fonction publique, mais situé dans une position intermédiaire, le
revenu mensuel des salariés du secteur privé formel au sein de la capitale atteint 43 400 FCFC. Avec
une ancienneté moyenne de 6 ans contre 12 ans dans le secteur public, les employés du secteur privé à
Kinshasa travaillent également plus longtemps avec près de 49 heures par semaine contre 43 heures
dans le public par exemple. Au sein du secteur informel, il faut distinguer les revenus provenant des
activités non agricoles des activités agricoles, puisqu’encore une fois, les revenus de cette branche sont
plus difficiles à appréhender. Les revenus moyens du secteur informel non agricole sont inférieurs à
7
Rapport d’analyse régionale phase 1, « L’emploi, le chômage et les conditions d’activité dans la principale agglomération de sept Etats
membres de l’UEMOA. Principaux résultats de l’enquête 1-2-3 de 2001-2002».
32
20 000 FCFC en milieu urbain pour un temps de travail hebdomadaire de plus de 45 heures. Les
conditions de travail sont moins favorables qu’ailleurs (si on excepte les activités agricoles), moins
d’un travailleur dépendant sur trois possède un contrat de travail et seulement 16 % reçoivent un
bulletin de paie.
La qualité des emplois ne dépend pas seulement des revenus qu’ils procurent ou de la charge horaire
qu’ils imposent. Elle met en jeu d’autres caractéristiques, tels que la régularité de l’emploi, la
possession de contrat de travail, l’existence de prestations sociales ou de congés payés, le fait d’avoir
bénéficié d’une promotion ou d’une formation interne de la part de l’entreprise, etc.
En milieu urbain, près de neuf emplois sur dix sont permanents. Les emplois occasionnels sont quasi-
inexistants dans le secteur public (moins de 2 %), tandis qu’un emploi sur huit est occasionnel dans les
entreprises privées formelles. Même dans le secteur informel, l’emploi permanent est largement
majoritaire (75,4 % dans l’informel non agricole). Donc, la précarité des emplois ne se manifeste pas
par la multiplication de « petits boulots » successifs ou d’emplois de courte durée, comme c’est le cas
dans la plupart des pays développés.
En fait, la précarité des emplois se manifeste par la faible contractualisation des relations de travail.
Un employé sur deux n’a aucun contrat écrit vis-à-vis de son employeur et quatre sur dix ne possèdent
pas de bulletin de paie. Bien sûr, le type de relations de travail est très diversifié selon le secteur
institutionnel. Dans le secteur public, 83,3 % des salariés sont détenteurs de contrat de travail et
69,4 % d’un bulletin de paie (91,7 % avec contrat et 76,3 % avec bulletin dans la capitale), contre
respectivement 62 % et 59,3 % dans le secteur privé formel. Dans le secteur informel non agricole, la
contractualisation est moins importante : 27 % de travailleurs dépendants ont un contrat écrit et moins
de 16 % disposent d’une feuille de paie.
33
5.3 Une hiérarchie salariale toujours respectée
A secteur institutionnel donné, la hiérarchie de revenus est toujours respectée, des cadres aux
manœuvres. Cependant, l'existence d'une forte composante non salariale sur le marché du travail vient
brouiller les cartes de cette hiérarchie. En particulier, les travailleurs à leur propre compte, qui
représentent 60 % des emplois à Kinshasa, obtiennent des revenus d'activité très hétérogènes. Ce sont
bien sûr les cadres et les patrons qui gagnent le plus. Ils sont d’ailleurs plutôt mieux payés dans le
secteur privé formel que dans le secteur public. Cet avantage en faveur des cadres du privé s'explique
par l'existence de catégories minoritaires privilégiées en matière de salaire. Viennent ensuite les
employés et ouvriers, tandis que les manœuvres et autres (apprentis, aides familiaux) ferment la
marche.
La proportion de ceux qui gagnent moins que le salaire minimum garanti (8 970 FCFC en 2004 à
Kinshasa) se situe à 41 % dans la capitale et à plus de 64 % dans les autres villes urbaines. Comme
dans les autres capitales d’Afrique de l’Ouest, ce résultat montre clairement que la législation en
vigueur est loin d’être respectée. C’est bien sûr dans le secteur informel que cette part est la plus forte.
A l’autre extrémité, environ 12 % des travailleurs kinois perçoivent plus de quatre fois le salaire
minimum, un quart parmi les actifs du secteur privé formel.
34
Tableau 24 : Répartition des revenus d’activité de l’emploi principal par tranche minimum
garanti
Dans l’ensemble, que ce soit en termes de revenu moyen ou médian, les femmes gagnent moitié moins
que les hommes. Dans la capitale les inégalités sont un peu moins prononcées, puisque les hommes
gagnent en moyenne 1,6 fois plus que les femmes alors que dans les autres villes urbaines, le rapport
est de 2,2. Ces écarts traduisent bien l’importance des aides familiaux, très massivement féminins.
Autres urbains
Kinshasa Ensemble Urbain
hors Kinshasa
Revenu mensuel moyen
Hommes 32 300 20 700 24 500
Femmes 20 400 9 400 12 800
Rapport Hommes / Femmes 1,6 2,2 1,9
Revenu mensuel médian
Hommes 18 900 10 000 15 000
Femmes 9 600 6 000 7 500
Rapport Hommes / Femmes 2,0 1,7 2,0
Source: INS, Enquête 1-2-3 Nationale RDC, Phase 1 (2004-2005)
Mesuré en termes de nombre d’heures de travail effectif, le volume de travail fourni par les
travailleurs du secteur privé formel est toujours supérieur à celui déclaré dans le secteur public : 49
heures par semaine dans les entreprises privées formelles à Kinshasa contre 45 heures dans les
entreprises publiques et 42,5 heures dans l’administration. La charge horaire des employés du secteur
informel non agricole est également lourde, avec en moyenne une heure hebdomadaire de moins que
dans le secteur privé formel.
Pour l’ensemble des actifs occupés à Kinshasa, la durée du travail a une distribution très étalée : près
d’un quart travaille moins de 35 heures par semaine (36 % dans les autres villes urbaines) et 39 % plus
de 48 heures (29 % dans autres villes). Si on considère comme « horaires normaux » la plage
hebdomadaire comprise entre 35 et 48 heures, plus d’un tiers de la main-d’œuvre est concernée. C’est
évidemment les salariés kinois du secteur formel public et privé qui bénéficient le plus du respect des
35
horaires de travail. Près de six fonctionnaires sur dix et près d’un salarié du privé formel sur deux
exercent effectivement entre 35 à 48 heures tandis qu’ils sont seulement 29 % parmi les travailleurs du
secteur informel non agricole. La durée du travail est bien plus longue dans l’informel non agricole,
puisque 45 % des actifs de ce secteur travaillent au-delà de 48 heures par semaine, contre 20 % dans le
secteur formel public et 39 % dans le privé formel.
Le niveau des revenus individuels permet d'estimer le sous-emploi invisible. Nous avons retenu
comme indicateur de sous-emploi invisible le pourcentage d'actifs occupés gagnant moins que le
salaire horaire minimum. On peut alors estimer le taux de sous-emploi invisible à 54,4 % de la main-
d'œuvre pour l’ensemble du milieu urbain. Même à Kinshasa, où il sévit avec le moins d’acuité, il
reste supérieur à 45 %.
Encore une fois, c'est dans le secteur informel que cette manifestation du désajustement entre offre et
demande de travail est la plus criante. Dans la capitale, plus de 45 % des informels non agricoles sont
en situation de sous-emploi invisible contre un cinquième des actifs dans le secteur privé formel. La
précarité des fonctionnaires kinois est également mise en évidence puisque 38 % d’entre eux sont en
situation de sous-emploi invisible contre 8,8 % dans les entreprises publiques.
Dans les chapitres précédents, les données portant sur le marché du travail ont été traitées en
considérant les individus comme unités d'analyse de base. Or, il est clair qu'un certain nombre de
décisions individuelles (décisions de poursuivre des études, de se présenter sur le marché du travail,
choix du secteur d'activité, etc.) sont prises, au moins en partie, à l'échelle des ménages. L'objectif de
ce chapitre est donc d'étudier le mode d'insertion des ménages, pris comme entité spécifique, sur le
marché du travail. Au vu des objectifs de l'enquête, une typologie de ménages a été élaborée qui
distingue quatre classes de ménages, suivant le secteur institutionnel d'activité du chef de ménage :
- les ménages publics constitués par les ménages dont le chef exerce son emploi principal dans
le secteur public ;
- les ménages privés formels constitués par les ménages dont le chef exerce son emploi
principal dans le secteur privé formel ;
- les ménages privés informels non agricoles constitués par les ménages dont le chef de ménage
exerce son emploi principal dans le secteur informel non agricole;
- les ménages privés informels agricoles constitués par les ménages dont le chef de ménage
exerce son emploi principal dans le secteur informel agricole;
- les ménages inactif / chômeur constitués par les ménages dont le chef de ménage est soit
inactif soit chômeur.
Cette typologie fonctionnelle ne se fonde pas directement sur le montant des revenus perçus, mais sur
l'origine sectorielle de ces revenus. Il s'agit donc d'une typologie opérationnelle pour la conduite de la
politique économique, notamment en matière de distribution des revenus et de création d'emplois.
Type de ménages
Informel
Privé Informel Chômeur
Public non Total
formel agricole ou Inactif
agricole
Kinshasa
Répartition des ménages 20,6 9,6 39,8 4,2 25,8 100
% des ménages lorsque le chef est un homme 23,6 11,6 36,6 4,5 23,7 100
% des ménages lorsque le chef est une femme 7,7 1,2 53,0 3,1 35,0 100
Répartition de la population totale 22,7 9,5 38,2 4,0 25,6 100
Milieu Urbain
Répartition des ménages 18,3 6,6 38,9 15,9 20,3 100
% des ménages lorsque le chef est un homme 21,1 7,8 38,2 14,9 18,1 100
% des ménages lorsque le chef est une femme 6,8 1,8 41,8 20,2 29,4 100
Répartition de la population totale 20,2 6,5 39,2 14,8 19,3 100
Milieu Rural
Répartition des ménages 6,9 0,8 10,8 75,8 5,7 100
% des ménages lorsque le chef est un homme 7,8 0,8 11,5 74,5 5,1 100
% des ménages lorsque le chef est une femme 2,2 0,7 7,0 81,2 8,9 100
Répartition de la population totale 8,2 0,9 10,8 75,2 4,9 100
RDC
Répartition des ménages 10,1 2,4 18,6 59,1 9,8 100
% des ménages lorsque le chef est un homme 11,4 2,7 18,8 58,5 8,6 100
% des ménages lorsque le chef est une femme 3,6 1,1 17,9 62,2 15,3 100
Répartition de la population totale 11,8 2,6 19,5 56,8 9,3 100
Répartition de la population de 10 ans et plus 12,3 2,7 19,0 55,9 10,1 100
Source: INS, Enquête 1-2-3 Nationale RDC, Phase 1 (2004-2005)
Note : La répartition des ménages correspond à la répartition des emplois pour les seuls chefs de ménage. La répartition de la population total
et de 10 ans et plus (hors domestiques et visiteurs) classe les individus suivant les mêmes critères de situation sur le marché du travail.
En représentant près de six ménages sur dix au niveau national (59,1 %), le type de ménages privés
informels agricoles est le plus important. Il est suivi des ménages informels non agricoles, dont le
poids est de 18,6 %, puis des ménages publics (10,1 %) et des ménages inactifs / chômeurs avec
37
9,8 %. Les 2,4 % ménages restants appartiennent à la catégorie ménages privés formels. Le milieu de
résidence modifie cette répartition, en particulier dans la capitale avec certes une prépondérance de
l’informel relevant cette fois des activités non agricoles mais aussi par une proportion importante des
ménages inactifs / chômeurs suivis des ménages public, respectivement un quart et un cinquième des
ménages kinois. Sur cent ménages kinois dirigés par des femmes, plus de la moitié sont des ménages
de type informels et plus d’un tiers de type inactif / chômeur contre respectivement 36,6 % et 23,7 %
lorsque les hommes sont chefs de ménages.
Les chapitres précédents ont montré que le secteur institutionnel était un bon indicateur synthétique de
la structure du marché du travail. Constatée à l’échelle de l’ensemble des individus, cette propriété se
vérifie aussi sur la sous-population des chefs de ménages. En particulier, on retrouve la hiérarchie de
qualité des emplois suivant le secteur institutionnel, organisée autour de deux pôles qui s’opposent
fortement : les emplois formels et les emplois informels.
% Femmes
Public 7,3 7,1 7,2
Privé formel 2,5 7,7 5,2
Informel non agricole 25,8 18,2 20,8
Informel agricole 14,1 25,5 24,5
Inactifs ou chômeurs 26,2 29,2 28,0
Ensemble 19,4 19,3 19,3
Age moyen
Public 48,4 45,1 46,3
Privé formel 44,1 40,4 42,2
Informel non agricole 44,4 40,4 41,7
Informel agricole 48,1 44,5 44,9
Inactifs ou chômeurs 52,5 47,7 49,7
Ensemble 47,4 43,4 44,7
Nombre moyen d’années d’études
Public 13,0 11,4 12,0
Privé formel 11,0 11,2 11,1
Informel non agricole 8,9 8,5 8,6
Informel agricole 7,6 6,0 6,2
Inactifs ou chômeurs 8,5 7,1 7,7
Ensemble 9,8 8,4 8,8
% Cadres*
Public 82,6 65,1 72,2
Privé formel 45,4 36,4 41,2
Informel non agricole 4,9 3,6 4,0
Informel agricole / / /
Inactifs ou chômeurs / / /
Ensemble 28,1 13,3 17,8
Revenus mensuel moyen emploi principal
(milliers FCFC)
Public 40,6 21,3 28,6
Privé formel 51,6 44,1 47,4
Informel non agricole 31,8 24,0 26,6
Informel agricole 23,2 10,0 11,0
Inactifs ou chômeurs - - -
Ensemble 36,3 21,1 25,7
Source: INS, Enquête 1-2-3 Nationale RDC, Phase 1 (2004-2005)
Note : * taux calculé sur l’ensemble des ménages dont le chef est actif occupé
Dans la capitale, les emplois du secteur formel sont les plus qualifiés, notamment avec une forte
proportion de cadres (82,6 % dans le secteur public et 45,4 % dans le privé), et les mieux rémunérés
(entre 40 600 et 51 600 FCFC contre 31 800 FCFC dans le secteur informel non agricole). Les
différents modes d’insertion sur le marché du travail se traduisent par des caractéristiques socio-
démographiques des chefs de ménages très contrastées d’un secteur à l’autre. Ainsi, les chefs
38
informels, chômeurs ou inactifs, montrent une plus grande « fragilité », avec une très forte proportion
de femmes et un niveau scolaire plus faible. Les ménages de la catégorie inactif / chômeur et informel
non agricole dirigés par les femmes sont beaucoup plus nombreux, représentant plus d’un quart pour
chacun des deux types de ménages à Kinshasa.
Les membres secondaires des ménages réussissent d’autant mieux à s’insérer sur le marché du travail
que le chef de ménage est dans une position favorable (niveau d’éducation élevé, revenu plus
important, etc.). Ainsi, le niveau de scolarisation des conjoints va décroissant, du plus élevé chez les
ménages dont le chef est employé dans le secteur formel (public ou privé) au plus faible pour les
ménages chômeurs / inactifs ou informels.
En moyenne, le revenu moyen des membres secondaires est environ deux fois inférieur à celui observé
pour les chefs de ménages, quel que soit le secteur institutionnel observé. Sans chercher cependant à
39
développer ici une interprétation détaillée des mécanismes à l'œuvre, on peut mentionner comme
facteurs explicatifs, l'importance du contexte familial dans l'acquisition des connaissances, de longue
date mise en évidence par les sociologues, ainsi que le poids des relations personnelles dans l'obtention
d'un emploi sur le marché du travail.
80,0
60,0
Accès à l'eau (%)
Kinshasa
40,0
Rural
0,0
0,0 20,0 40,0 60,0 80,0
100,0
Part des ménages propriétaires (femmes)
80,0
Rural
Autres urbains
RDC
hors Kinshasa
60,0
Kinshasa Urbain
40,0
20,0
0,0
0,0 20,0 40,0 60,0 80,0 100,0
40
L’analyse des caractéristiques de l’habitat, du taux d’accès à certains biens publics et du taux
d’équipement des ménages en biens durables revêt de multiples intérêts. D’abord, ces éléments de
patrimoine reflètent mieux les caractéristiques structurelles des ménages en termes de richesse ou de
revenu permanent que le niveau du revenu courant. Ainsi, une chute temporaire du revenu peut être
amortie, voire compensée par la possession d’un logement ou la vente d’actifs détenus sous forme de
biens. Ce capital réduit la vulnérabilité des ménages aux chocs subis (perte d’emploi, inflation, etc.).
Ces indicateurs présentent aussi l’avantage d’être statistiquement plus fiables que les mesures de
revenu présentées dans les chapitres précédents. Ensuite, ces variables permettent de suivre les
résultats de certaines politiques publiques, au niveau de l’Etat central ou, de plus en plus, de la ville,
en matière d’investissements en infrastructures, comme le taux d’accès à l’électricité ou à l’eau
potable. Enfin, la comparaison des conditions d’habitation suivant la typologie de ménages présentée
au chapitre précédent est une occasion d’en tester la validité. Deux types de comparaisons sont
présentées : suivant la région et entre catégories de ménages.
Milieu Milieu
Type de ménages Kinshasa RDC
Urbain Rural
Public 20,6 18,3 6,9 10,1
Privé formel 9,6 6,6 0,8 2,4
Informel non agricole 39,8 38,9 10,8 18,6
Informel agricole 4,2 15,9 75,8 59,1
Inactifs ou chômeurs 25,8 20,3 5,7 9,8
Ensemble 100,0 100,0 100,0 100,0
Source: INS, Enquête 1-2-3 Nationale RDC, Phase 1 (2004-2005)
Sur l’ensemble du pays, les trois quarts des ménages sont propriétaires de leurs logements. Dans la
capitale, 40 % des ménages sont locataires contre 3,5 % en milieu rural. Il convient cependant de noter
qu’à la différence des pays développés, la possession de son logement n’est pas toujours un bon
indicateur d’aisance financière. Il suffit pour s’en convaincre de constater qu’en général dans les PED,
les ruraux bien que plus pauvres en moyenne sont beaucoup plus souvent propriétaires de leur lieu
d’habitation que les urbains. Il faut donc aussi tenir compte de la qualité des logements.
Milieu Milieu
Type de ménages Kinshasa RDC
Urbain Rural
Public 42,5 44,6 72,9 58,6
Privé formel 27,2 33,0 38,0 34,2
Informel non agricole 35,1 40,5 80,3 57,2
Informel agricole 54,3 69,7 88,5 87,1
Inactifs ou chômeurs 60,7 60,0 78,7 67,9
Ensemble 43,3 49,4 85,6 75,5
Source: INS, Enquête 1-2-3 Nationale RDC, Phase 1 (2004-2005)
7.1 Les conditions d’habitation discriminent les villes et les catégories de ménages.
Sachant que l’accès à l’eau potable et à l’électricité font partie des Objectifs de Développement du
Millénaire (ODM), on mesure le chemin qui reste à parcourir, sachant de surcroît que la situation dans
la capitale est bien meilleure que celle enregistrée ailleurs, notamment en zone rurale.
A Kinshasa, environ six ménages sur dix ont accès à l’électricité et entre plus d’un ménage sur deux
dispose d’un robinet d’eau à l’intérieur ou à l’extérieur du logement. Les ménages dans les autres
villes urbaines (hors Kinshasa) sont raccordés à 20,1 % à l’électricité et 22,5 % à l’eau courante.
L’accès à ces deux biens publics reste encore extrêmement difficile en milieu rural.
La comparaison des conditions d’habitation suivant la typologie de ménages débouche sur un test
positif, dans la mesure où des différences significatives apparaissent. A Kinshasa, les quatre classes de
ménages se regroupent autour de deux pôles, les ménages publics, privés formels et inactifs chômeurs
d’une part, et les ménages informels de l’autre, les premiers étant les mieux pourvus en éléments de
41
confort du logement. Plus précisément, l’opposition entre ménages publics et ménages informels est
très marquée. Les différences en matière de raccordement à l’électricité ou à l’eau courante sont les
plus nettes avec plus de 20 points d’écart entre les deux types de ménages.
Milieu Milieu
Type de ménages Kinshasa RDC
Urbain Rural
Accès à l’électricité ( % des ménages)
Public 73,2 44,9 1,0 23,3
Privé formel 66,7 56,0 34,8* 50,9
Informel non agricole 54,3 32,1 1,3 19,3
Informel agricole 32,3 9,3 1,2 1,7
Inactifs ou chômeurs 58,7 35,0 1,2 20,8
Ensemble 59,6 33,0 1,5 10,3
Accès à l’eau ( % des ménages)
Public 63,7 39,9 3,0 21,7
Privé formel 66,6 55,0 0,0 41,7
Informel non agricole 45,8 32,8 3,6 20,6
Informel agricole 25,7 8,3 2,1 2,6
Inactifs ou chômeurs 54,6 36,6 5,9 23,7
Ensemble 52,9 32,4 2,5 10,9
Source: INS, Enquête 1-2-3 Nationale RDC, Phase 1 (2004-2005)
Note : * les ménages formels sont quasi inexistants en milieu rural si bien que le % indiqué ici est non significatif
Le sous-équipement des ménages, particulièrement dans les zones rurales, apparaît clairement ici
comme un facteur déterminant de la pauvreté. Sur l’ensemble du pays, seulement un ménage sur sept
possède une radio, limitant ainsi le principal moyen d’accès à l’information. Etant donné l’immense
étendue du territoire, la population rurale semble coupée de cette façon du reste de la population.
Ajouté à cela l’utilisation très peu répandue du téléphone portable en raison à la fois du prix et de la
couverture certainement limitée du réseau téléphonique. Les kinois sont un peu mieux équipés en
moyen d’information puisque plus d’un ménage sur deux dispose d’un téléviseur et moins d’un quart
possède une radio. Le téléphone portable fait également une percée en ville, caractéristique commune
avec d’autres grandes agglomérations voisines. Malgré les nombreux problèmes d’embouteillages que
connaît la capitale, à peine 4 % des ménages kinois possèdent une voiture. Ceux-ci n’ont d’autres
choix que d’utiliser les transports en communs ou de circuler à pied.
Tableau 33 : Eléments de confort et taux d’équipement des ménages en biens durables selon
le milieu de résidence
Milieu Milieu
Type de ménages Kinshasa RDC
Urbain Rural
Eléments de confort
Mur en dur (béton, ciment) 7,1 4,3 0,9 1,8
Mur en briques cuites 79,4 81,5 83,8 83,2
Combustible utilisé (électricité) 42,0 17,8 0,1 5,1
Combustible utilisé (charbon ou bois de chauffe) 54,5 78,7 96,9 91,8
Biens d’équipement
Voiture 4,8 2,8 0,2 0,9
Moto/mobylette 0,2 1,2 0,6 0,7
Bicyclette/vélo 0,8 17,8 21,8 20,7
Poste radio 23,7 28,2 14,1 18,0
Téléviseur 54,9 27,7 0,3 7,9
DVD/CD-vidéo 5,6 3,5 0,1 1,0
Réfrigérateur 11,0 5,8 0,1 1,7
Réchaud (gaz, électricité,pétrole) 48,8 20,9 0,5 6,2
Cuisinière (gaz, électricité) 7,5 4,0 0,2 1,2
Téléphone fixe 1,6 1,0 0,1 0,4
Téléphone portable 43,1 29,3 1,1 9,0
Ventilateur 44,1 19,4 0,3 5,7
Source: INS, Enquête 1-2-3 Nationale RDC, Phase 1 (2004-2005)
42
Comme pour les conditions d’habitat, la typologie des ménages permet de mettre en évidence les
discriminations en termes de biens d’équipement. Ainsi l’illustration avec le tableau sur Kinshasa
confirme bien la hiérarchie des différents types de ménages, les ménages publics et formels mieux
pourvus en biens d’équipement que les ménages informels ou inactifs chômeurs.
Tableau 34 : Eléments de confort et taux d’équipement des ménages en biens durables selon
le secteur institutionnel du chef de ménage à Kinshasa
Type de ménages
Eléments de confort
Mur en dur (béton, ciment) 14,9 6,5 4,1 4,0 6,3 7,1
Mur en briques cuites 74,9 75,2 80,0 76,9 84,1 79,4
Combustible utilisé (électricité) 57,0 51,9 35,5 15,7 40,6 42,0
Combustible utilisé (charbon ou bois de 40,6 43,5 60,3 78,7 56,7 54,5
chauffe)
Biens d’équipement
Voiture 9,1 8,1 2,8 0,8 3,8 4,8
Moto/mobylette 0,5 0,0 0,2 0,0 0,1 0,2
Bicyclette/vélo 0,9 0,6 0,7 1,2 0,8 0,8
Poste radio 28,6 24,4 22,7 22,1 21,3 23,7
Téléviseur 69,7 69,9 50,6 31,0 48,1 54,9
DVD/CD-vidéo 8,6 8,9 4,2 0,8 5,0 5,6
Réfrigérateur 18,4 13,1 8,3 1,9 10,1 11,0
Réchaud (gaz, électricité, pétrole) 62,0 59,3 46,6 23,2 42,1 48,8
Cuisinière (gaz, électricité) 15,0 9,5 3,5 3,7 7,6 7,5
Téléphone fixe 2,2 2,5 1,6 0,0 1,1 1,6
Téléphone portable 61,9 54,3 39,1 16,8 34,6 43,1
Ventilateur 53,0 61,4 42,7 11,5 37,8 44,1
Répartition des ménages 20,6 9,6 39,8 4,2 25,8 100
Source: INS, Enquête 1-2-3 Nationale RDC, Phase 1 (2004-2005)
8 TRAJECTOIRES ET PERSPECTIVES
Graphique 17 : Nombre moyen d’années d’études du père et de l’enquêté par classe d’âge
7,0
30 - 44 ans
Nombre moyen d'années d'étdues de l'enquêté
6,0
Ensemble 15 - 29 ans
45 - 59 ans
5,0
4,0
3,0
60 ans et plus
2,0
1,0
0,0
0,0 1,0 2,0 3,0 4,0 5,0 6,0 7,0
Nom bre m oye n d'anné e s d'é tude s du pè re
43
Graphique 18 : Taux de satisfaction de l’emploi selon le genre
100,0
Femmes souhaitant garder leur emploi actuel (%)
Equateur
90,0 Kasai-Occidentale
Maniema
Rural
80,0
Kasai-orientale
70,0
Sud-Kivu
60,0
50,0
50,0 60,0 70,0 80,0 90,0 100,0
Hom m e s s ouhaitant gar de r le ur e m ploi actue l (%)
Dans le chapitre 1, le taux d’accès à l’école au cours du temps a été mise en évidence pour les hommes
et les femmes quel que soit le milieu. Le tableau ci-dessous confirme, en élargissant le diagnostic sur
une plus longue période puisque certains pères sont nés au cours des premières décennies du siècle
dernier, l’amélioration en matière de scolarisation. Ainsi, les congolais jouissent en moyenne de
1,5 années d’éducation de plus que leur père. Ce résultat est plus marqué pour les fils que pour les
filles, puisque les premiers comptent 6,9 années d’éducation réussies en moyenne contre 4,2 pour leurs
pères. Si chez les filles, le résultat est non significatif au niveau national, deux facteurs viennent
relativiser ce constat au désavantage des filles. D’une part, l’avancée est perceptible si l’on se restreint
uniquement au milieu urbain ou dans la capitale. D’autre part, la comparaison serait plus flatteuse si
l’on mettait en regard la trajectoire scolaire des filles avec celles de leurs mères.
44
Tableau 35 : Mobilité scolaire entre générations
Enfant Ecart entre
Père Fils Père Fille Père (Fils et Enfant et
Fille) père
Kinshasa
15 - 29 ans 9,0 9,4 8,5 8,9 8,7 9,2 0,5
30 - 44 ans 6,2 11,1 5,7 8,7 5,9 9,9 3,9
45 - 59 ans 3,7 11,1 3,6 6,7 3,7 9,0 5,3
60 ans et plus 2,1 7,6 1,4 2,0 1,8 5,2 3,4
Ensemble 6,7 10,1 6,6 8,1 6,6 9,1 2,4
Milieu Urbain
15 - 29 ans 8,3 8,6 7,7 7,7 8,0 8,1 0,2
30 - 44 ans 5,6 10,2 5,3 7,5 5,5 8,8 3,3
45 - 59 ans 3,6 10,1 3,4 5,5 3,5 8,0 4,4
60 ans et plus 2,2 6,9 1,7 2,0 2,0 4,6 2,6
Ensemble 6,3 9,2 6,1 7,0 6,2 8,1 1,9
Milieu Rural
15 - 29 ans 4,6 5,7 4,1 3,7 4,3 4,7 0,3
30 - 44 ans 2,9 6,7 2,4 3,1 2,6 4,8 2,1
45 - 59 ans 1,8 6,0 1,5 1,9 1,7 4,0 2,3
60 ans et plus 0,9 3,3 0,7 0,7 0,8 2,1 1,3
Ensemble 3,3 5,8 2,9 3,0 3,1 4,4 1,3
RDC
15 - 29 ans 5,8 6,6 5,3 5,1 5,5 5,8 0,3
30 - 44 ans 3,7 7,8 3,3 4,4 3,5 6,0 2,5
45 - 59 ans 2,3 7,2 2,0 2,9 2,2 5,1 2,9
60 ans et plus 1,3 4,3 1,0 1,1 1,1 2,8 1,7
Ensemble 4,2 6,9 3,9 4,2 4,1 5,5 1,5
Source: INS, Enquête 1-2-3 Nationale RDC, Phase 1 (2004-2005)
Champ : population âgée de 15 ans et plus. Le nombre d’années d’études correspond au nombre théorique d’années nécessaires pour
atteindre la dernière classe suivie avec succès.
L’amélioration de l’accès à la scolarité déjà notée chez les jeunes générations se conserve dans la
transmission de la structure scolaire des parents aux enfants. Ainsi on observe une sensible mobilité de
cette structure favorable à la jeune génération jusqu’au niveau d’études secondaires. Par exemple au
niveau national, 38,7 % des pères n’avaient pas été à l’école, et ils sont moins de 21 % chez les enfants
à n’avoir aucun niveau scolaire. Les proportions des individus ayant fait le primaire ou le secondaire
ont évolué linéairement chez les enfants. Globalement, plus de trois personnes de 15 ans et plus sur
dix (71,6 %) ont effectué autant d’années scolaires que leurs pères. Enfin, si l’on se restreint aux plus
de 24 ans (pour lesquels la scolarisation est terminée), 57 % d’entre eux ont un niveau plus élevé que
leurs pères (72,8 % chez les hommes contre 42,9 % chez les femmes).
45
8.1.2 La mobilité professionnelle
Selon le milieu géographique, si l’on compare le type de branches dans lesquelles exercent les actifs
occupés d’aujourd’hui avec celles où travaillaient leurs pères, on observe une déformation importante
de la structure productive, de l’agriculture au profit des activités commerciales dans la capitale. Alors
que 41,4 % des pères étaient agriculteurs à Kinshasa, ils ne sont plus que 4,9 % chez leurs enfants. A
l’inverse, la proportion d’emplois commerciaux a presque triplé, de 11,6 % chez les pères à 41,7 %
chez leurs enfants. Les activités industrielles ont augmenté de six points d’une génération à l’autre, en
passant de 8,5 % pour les pères à 14,6 % pour les enfants. En milieu rural, sans doute en raison des
drames provoqués par les conflits armés et les pillages au cours de ces dernières décennies conduisant
à la destruction d’outils de production et réduisant tout espoir de création d’activités nouvelles, la
population rurale n’a eu d’autres moyens de subvenir à ses besoins qu’en continuant à cultiver le
moindre lopin de terre. Ainsi, si les trois quarts des pères qui étaient agriculteurs, ils sont dorénavant
encore plus nombreux chez les enfants à exercer dans ce secteur (85,7 %).
Evidemment, il existe une certaine propension des enfants à exercer dans la même branche que leur
père, mais le processus de rétention est ici encore différent selon le milieu géographique. Globalement
faible en milieu urbain où seulement 32 % sont dans ce cas (26 % à Kinshasa). Encore ce chiffre est-il
surestimé dans la mesure où quatre branches (agriculture, industrie, commerce, services) seulement
sont distinguées, sans tenir compte des changements possibles à l’intérieur de chacun des quatre
secteurs agrégés. Ainsi, un fils de fonctionnaire qui est devenu réparateur de voitures sera classé
comme « immobile » (services). Il semble d’ailleurs que la fluidité ait tendance à s’accroître
légèrement, le taux « d’immobilité » croissant avec l’âge. Le taux « d’immobilité » en revanche est
très élevé en milieu rural avec 68 % des individus exerçant dans la même branche d’activité que leurs
pères.
En raison de la prédominance de l’activité agricole dans le pays, c’est en fait à un autre niveau que les
mécanismes de la reproduction sociale peuvent être mieux caractérisés notamment en milieu urbain :
celui de la catégorie socio-professionnelle ou du secteur institutionnel. Ainsi plus précisément dans la
capitale, 31,8 % des fils de cadres (supérieurs ou moyens) de plus de 30 ans8 sont eux-mêmes des
cadres, mais la probabilité pour qu’un fils d’ouvrier ou d’employé non qualifié devienne cadre n’est
que de 9,4 %. A l’inverse, 14,5 % des enfants de manœuvres le sont restés, mais seulement 1,9 % des
enfants de cadres le sont devenus. Les mécanismes de la mobilité sociale à Kinshasa semblent relever
du même processus observé dans d’autres grandes métropoles africaines.
8 La limite de 30 ans est retenue de façon à ce que les actifs occupés aient un âge suffisant pour occuper des postes de responsabilité. Les
taux de reproduction sont moins élevés mais restent importants chez les femmes et les plus jeunes.
46
De la même manière au sein de la capitale, un quart des enfants de fonctionnaire ou travaillant dans
une grande entreprise publique sont aussi des agents du secteur public. En réalité, la structure par
secteur institutionnel a été profondément modifiée, le secteur public ayant subit des chocs dus aux
crises politiques et à fortiori économiques (non paiement des fonctionnaires et salaires trop bas, gels
des recrutements, etc.). Ainsi à Kinshasa, 42 % des pères étaient employés dans le secteur public, ils
ne sont plus que 21 % chez leurs enfants à travailler dans le public.
8.2 Satisfaction dans l’emploi et type d’emplois désirés par les jeunes générations
Le degré de satisfaction des actifs occupés par rapport à l’emploi qu’ils exercent ou le type d’emplois
recherchés par les inactifs ou les chômeurs qui veulent s’insérer sur le marché du travail méritent une
attention particulière, compte tenu de l’importance fondamentale des anticipations des agents sur la
dynamique économique globale. Plus spécifiquement, la nature des désajustements entre emplois
proposés et emplois désirés donne une mesure des rigidités potentielles sur le marché du travail,
pouvant jouer sur le taux d’activité, le chômage ou les rémunérations. Les analyses portent sur les
jeunes de 15 à 24 ans, dans la mesure où cette génération constitue l’immense majorité de ceux qui
viennent ou vont entrer sur le marché du travail au cours des toutes prochaines années.
L’ensemble du pays compte plus de 9 780 000 jeunes de 15 ans à 24 ans, dont 5 192 000 sont inactifs,
4 088 000 exercent un emploi, 263 000 sont au chômage BIT et 237 000 chômeurs au sens élargi. Le
milieu urbain compte plus de 3 305 000 jeunes de 15 ans à 24 ans dont 2 300 000 inactifs, 683 000
exercent un emploi, 176 000 chômeurs BIT et 149 000 chômeurs au sens élargi. Ils sont donc
particulièrement vulnérables en milieu urbain, puisque leur taux de chômage atteint 20,5 % (29,6 % à
Kinshasa et 6 % sur l’ensemble du pays).
47
Paradoxalement, chez ceux qui ont un emploi en milieu urbain, 63 % se déclarent satisfaits du poste
qu’ils occupent et ne comptent pas en rechercher un autre dans un avenir proche. Il est difficile à ce
stade de savoir si ce résultat traduit réellement une satisfaction dans son emploi ou bien s’il témoigne
d’une certaine résignation des actifs congolais face au manque d’opportunités des emplois. Cependant,
ils sont plus de 35 % à désirer obtenir un nouvel emploi, soit pour la majorité en changeant
d’entreprise (25 %), soit par des mécanismes de promotion interne, au sein de l’établissement dans
lequel ils travaillent.
Le niveau d’insatisfaction par rapport à l’emploi exercé décroît avec l’âge, puisqu’il passe par
exemple en milieu urbain de 45 % chez les jeunes à 40 % dans la tranche d’âge 35-44 ans et 18 %
pour ceux qui ont 55 ans ou plus. Ces variations seraient encore plus marquées si l’on tenait compte du
chômage, qui lui aussi est une fonction décroissante de l’âge. Ce phénomène doit être interprété
comme la conjonction de deux facteurs. D’une part, il faut y voir l’effet « normal » du cycle de vie, où
l’expérience professionnelle et l’ancienneté dans l’emploi doivent permettre aux jeunes d’accéder à
des emplois de meilleure qualité. Mais d’autre part, on ne peut exclure le fait que la conjoncture
difficile du marché du travail, conséquence de la situation générale du pays, bloque l’accession des
jeunes à des emplois correspondant à leur qualification.
Aussi, lorsqu’on interroge les jeunes sur leurs projets professionnels, on note un désajustement très
élevé entre leurs préférences et les opportunités réelles d’emplois. Le secteur public (administration et
entreprises publiques), qui n’a pratiquement pas créé de postes au cours de l’année écoulée (moins de
2 % des nouveaux emplois en milieu urbain), attire encore 24,9 % des souhaits des jeunes urbains.
Parallèlement, le secteur informel urbain, principal pourvoyeur d’emplois en 2004/05 avec 92,8 %,
n’attire que 45,1 % de ces derniers.
Tableau 39 : Structure des emplois désirés par les jeunes de 15 à 24 ans et de l’ensemble des
emplois créés par secteur institutionnel et milieu de résidence
Secteur institutionnel
Secteur Total
Entreprise Secteur
Administration privé
publique informel
formel
Kinshasa
Emplois désirés par les jeunes de 15-24 ans 10,2 12,7 40,6 36,6 100
Emplois créés en 2004 par les jeunes de 15-24 ans 0,0 0,0 6,2 93,8 100
Emplois créés en 2004 par les 15 ans et plus 1,6 1,5 11,3 85,6 100
Milieu Urbain
Emplois désirés par les jeunes de 15-24 ans 13,7 11,2 30,1 45,1 100
Emplois créés en 2004 par les jeunes de 15-24 ans 0,4 1,4 5,5 92,8 100
Emplois créés en 2004 par les 15 ans et plus 2,1 1,4 8,9 87,7 100
Milieu Rural
Emplois désirés par les jeunes de 15-24 ans 22,5 14,2 18,5 44,8 100
Emplois créés en 2004 par les jeunes de 15-24 ans 2,4 0,0 2,4 95,2 100
Emplois créés en 2004 par les 15 ans et plus 4,5 2,9 3,8 88,8 100
RDC
Emplois désirés par les jeunes de 15-24 ans 19,0 13,0 23,1 44,9 100
Emplois créés en 2004 par les jeunes de 15-24 ans 1,4 0,7 3,9 94,0 100
Emplois créés en 2004 par les 15 ans et plus 3,0 1,9 7,0 88,1 100
Source: INS, Enquête 1-2-3 Nationale RDC, Phase 1 (2004-2005)
48
Tableau 40 : Structure des emplois désirés par les jeunes de 15 à 24 ans et de l’ensemble des
emplois créés selon la catégorie socioprofessionnelle par milieu de résidence
Secteur institutionnel
Cadre, Employé, Man- Patron Compte Autre Total
agent Ouvrier œuvre propre non
de qualifié salarié
maîtrise ou semi-
qualifié
Kinshasa
Emplois désirés par les jeunes de 15-24 ans 32,8 26,6 6,5 5,5 27,2 1,4 100
Emplois créés en 2004 par les jeunes de 15-24 ans 0,0 11,9 6,4 3,1 51,9 26,9 100
Emplois créés en 2004 par les 15 ans et plus 4,9 15,4 8,7 6,1 53,5 11,3 100
Milieu Urbain
Emplois désirés par les jeunes de 15-24 ans 25,2 28,9 8,3 5,4 31,2 1,0 100
Emplois créés en 2004 par les jeunes de 15-24 ans 0,6 10,0 8,5 1,9 59,3 19,8 100
Emplois créés en 2004 par les 15 ans et plus 4,3 15,0 9,3 3,7 56,6 11,1 100
Milieu Rural
Emplois désirés par les jeunes de 15-24 ans 17,0 33,6 11,0 3,8 32,9 1,7 100
Emplois créés en 2004 par les jeunes de 15-24 ans 0,0 6,4 7,0 1,1 41,0 44,5 100
Emplois créés en 2004 par les 15 ans et plus 2,5 11,4 7,3 1,5 44,8 32,6 100
RDC
Emplois désirés par les jeunes de 15-24 ans 20,3 31,7 9,9 4,4 32,2 1,4 100
Emplois créés en 2004 par les jeunes de 15-24 ans 0,3 8,2 7,7 1,5 50,1 32,2 100
Emplois créés en 2004 par les 15 ans et plus 3,6 13,7 8,6 2,9 52,2 19,1 100
Source: INS, Enquête 1-2-3 Nationale RDC, Phase 1 (2004-2005)
La phase 1 de l'enquête 1-2-3 est une enquête statistique du type enquête-emploi. Elle a deux
objectifs :
- fournir les principaux indicateurs pour décrire la situation des individus et des ménages sur le
marché du travail. Elle vise à appréhender l'emploi et les activités économiques des ménages,
notamment dans le secteur informel ;
- servir d’enquête filtre pour identifier un échantillon représentatif d’unités de production
informelles, qui sont ensuite enquêtées en phase 2.
Le dispositif a été réalisé en deux temps : une première enquête a été réalisée en 2004 dans la capitale,
Kinshasa, puis en en 2005 sur le reste du territoire national. Le plan de sondage retenu utilise la
technique classique des enquêtes aréolaires à deux degrés. Une stratification au premier et/ou au
second degré a été réalisée quand cela était possible.
9.1.1 Kinshasa
La base de sondage des quartiers à Kinshasa a été stratifiée (12 strates) selon le standing de vie et la
taille en population des quartiers. Le nombre de quartiers tirés est proportionnel à la population totale
de chacune des 12 strates définies. Le sondage de l’enquête 1-2-3 à Kinshasa est à deux degrés :
• au premier degré tirage des 50 quartiers ;
• au deuxième degré, après avoir dénombré les ménages dans les 50 quartiers échantillonnés,
tirage dans chaque quartier, à probabilités égales de 42 ménages, soit au total un échantillon
de 2 100 ménages.
Le tirage est stratifié à deux et trois degrés. En milieu urbain des provinces (villes statutaires) au
premier degré, on tire quatre quartiers à probabilités proportionnelles à la population. Au deuxième
degré, on tire 30 ménages par quartier après dénombrement des ménages de chaque quartier tiré.
49
En milieu urbain des provinces (cités), au premier degré, on tire les cités (districts) à probabilités
proportionnelles à la taille de la population des cités. Au second degré, dans chaque cité, on tire
6 quartiers. Au troisième degré, on tire 15 ménages dans chaque quartier dénombré systématiquement.
En milieu rural des provinces, au premier degré, on tire des secteurs (districts) à probabilités
proportionnelles à la taille de la population du district. Au second degré, dans chaque secteur, on tire
6 villages. Au troisième degré, on tire 15 ménages dans chaque village dénombré systématiquement.
L’échantillon théorique de ménages prévus était de 13 788 sur l’ensemble du pays. Finalement,
13 215 ménages ont effectivement répondu au questionnaire, ce qui correspond à 72 685 individus et
47 563 personnes de 10 ans et plus (soit la population potentiellement active) pour lesquelles un
questionnaire individuel a été rempli. Les visiteurs au moment de l’enquête (739 visiteurs au total) ont
été cependant exclus de l’analyse.
Tableau 41 : Répartition de l’échantillon initial et final des ménages par province et milieu
50
Tableau 43 : Taux d’activité et intervalles de confiance par milieu
Milieu Indicateurs Hommes Femmes Ensemble
Taux d’activité 50.04 35.73 42.64
Kinshasa Intervalles de confiance [47.89 - 52.19] [32.90 - 38.56] [40.31 - 44.97]
Nombre d’observations 4 340 4 636 8 976
Taux d’activité 54.13 45.21 49.58
Autres urbains Intervalles de confiance [52.28 – 55.99] [41.68 – 48.73] [47.26 – 51.90]
Nombre d’observations 7 977 8 307 16 284
Taux d’activité 65.72 69.02 67.40
Rural Intervalles de confiance [63.99 – 67.45] [66.73 – 71.32] [65.72 – 69.08]
Nombre d’observations 10 458 10 749 21 207
Taux d’activité 61.59 60.30 60.93
Total Intervalles de confiance [60.28 – 62.90] [58.43 - 62.16] [59.56 - 62.30]
Nombre d’observations 22 775 23 692 46 467
Source: INS, Enquête 1-2-3 Nationale RDC, Phase 1 (2004-2005)
Champ : population âgée de 10 ans et plus
51
Tableau 45 : Taux de chômage au sens du BIT et intervalles de confiance par milieu de
résidence
52
9.3 Questionnaires et méthode de collecte
Le questionnaire est constitué de deux formulaires : une fiche-ménage où est collecté l’ensemble des
caractéristiques socio-démographiques de chaque membre du ménage, les conditions d’habitat et
l’équipement en biens durables, et un questionnaire individuel pour chaque individu de 10 ans et plus.
Le questionnaire individuel est lui-même composé de 6 modules, permettant de caractériser la
situation de chacun vis-à-vis du marché du travail. Ils se succèdent dans l’ordre suivant :
• le module activité décompose la population en âge de travailler en trois catégories : actif
occupé, chômeur, inactif ;
• le module emploi principal fournit les principales caractéristiques liées à cet emploi : CSP,
branche, ancienneté, horaires, revenus, prestations sociales, mode d’embauche, etc. ;
• le module emploi secondaire donne les mêmes informations pour le plus important des
emplois exercés simultanément avec l’emploi principal, ainsi que le nombre total d’emplois
secondaires et les branches correspondantes ;
• le module chômage donne la durée, le type d’emploi recherché et le mode de recherche, les
prétentions salariales, etc. ;
• le module trajectoire et perspectives décrit le dernier emploi exercé (trajectoire
professionnelle), la situation du père de l’enquêté lorsqu’il avait 15 ans (trajectoire sociale) et
son désir éventuel de changer d’emploi (raison, type d’emploi désiré) ;
• le module revenu hors emploi permet de saisir les revenus de l’individu en dehors des revenus
d’activité.
La collecte des données sur le terrain a été réalisée en un seul passage. Les difficultés principalement
d’ordre financier ont retardé l’acheminement des questionnaires dans la capitale où la vérification des
documents et les opérations de saisie étaient effectuées. Ce qui a conduit automatiquement à retarder
l’apurement des données et ainsi la disponibilité complète des bases de données. Celles-ci ont été
finalisées en mars 2006.
53
Encadré 1 : Concepts et indicateurs
Activité principale : activité qui est déclarée comme telle par l’enquêté.
Aide familial : Personne occupant un emploi à titre indépendant dans une entreprise exploitée par un parent
vivant dans le même ménage, mais qui ne peut pas être considérée comme associée.
Apprenti : Personne admise dans une entreprise pour acquérir une formation professionnelle. Elle peut être
rémunérée ou non rémunérée.
Chômeur : Personne n’ayant pas travaillé (ne serait-ce qu’une heure) lors de la semaine précédant l’enquête,
ayant recherché un emploi au cours du mois précédant l’enquête et se déclarant disponible pour prendre un
emploi dans les quinze jours.
Chômeur découragé : Personne sans emploi bien que disponible pour travailler, déclare ne plus rechercher
d’emploi parce que la perspective d’y parvenir lui paraît trop faible (situation économique dégradée, manque de
qualification, ne sait pas comment rechercher un emploi, attente incertaine d’une démarche d’emploi).
Elève/étudiant : Personne habituellement inactive, qui fréquente un établissement scolaire, public ou privé, de
quelque niveau que ce soit.
Employeur (ou patron) : Individu travaillant pour son propre compte ou avec un ou plusieurs associés,
occupant un emploi à titre indépendant, et qui emploie une ou plusieurs personnes salariées pour travailler dans
son unité.
Ménage : Ensemble d’une ou plusieurs personnes, ayant un lien de sang, de mariage ou non, vivant dans un ou
plusieurs logements de la même concession, mettant en commun leurs ressources, pour subvenir aux dépenses
courantes, prenant le plus souvent leur repas en commun, et reconnaissant l’autorité d’une seule personne
comme chef de ménage.
Migrant : Personne née ailleurs et n’ayant pas toujours vécu au lieu de résidence
Personne au foyer : Individu de sexe masculin ou féminin, habituellement inactif, et qui est engagé dans des
travaux ménagers ou l’éducation des enfants.
Personne travaillant pour son propre compte : Personne occupant un emploi à titre indépendant, mais qui
n’emploie aucun salarié.
Population active occupée : Population regroupant l’ensemble des personnes ayant travaillé (ne serait-ce qu’une
heure au cours de la semaine précédant l’enquête, qu’elles soient salariées, à leur compte, employeurs ou aides
dans l’entreprise ou l’exploitation familiale. Elle comprend aussi les personnes pourvues d’un emploi mais qui
en sont temporairement absentes pour un motif tel qu’une maladie, des congés payés, un conflit du travail, une
formation. Les personnes ayant trouvé un travail qui commencera ultérieurement (mois suivant l’enquête) sont
également compris dans la population active occupée.
Population inactive : Ensemble des individus de tous âges qui n’appartiennent pas à la population active
(occupée ou non)
Retraité / Rentier : Individu de sexe masculin ou féminin, habituellement inactif, et qui perçoit comme revenu
une pension (retraite, invalidité, veuvage, orphelinat, etc.), des revenus mobiliers ou immobiliers, des intérêts.
Salarié : Individu ayant un emploi rémunéré, et titulaire d’un contrat de travail, explicite ou implicite, avec le
même employeur continûment.
54
Encadré 1 : Concepts et indicateurs (suite)
Secteur Informel : Ensemble des unités de production qui ne possèdent pas d’identifiant fiscal ou statistique,
ou, dans le cas des patrons et des travailleurs à leur propre compte, qui ne tiennent pas de comptabilité.
L’enquête réalisée au niveau national, il est donc pertinent de distinguer les activités non agricoles des activités
agricoles au sein de ce secteur.
Taux de dépendance : Rapport du nombre de personnes au chômage ou inactives au nombre d’actifs occupés au
sein de chaque ménage.
Taux de sous-emploi global : Rapport du nombre de chômeurs, et d’actifs occupés en situation de sous-emploi
(visible ou invisible) à la population active.
Taux de sous-emploi invisible : Rapport du nombre d’actifs occupés gagnant moins que le salaire minimum
horaire à la population active occupée.
Taux de sous-emploi visible : Rapport du nombre d’actifs occupés travaillant involontairement moins de 35
heures par semaine à la population active occupée.
Taux net de scolarisation primaire : rapport du nombre total d'enfants inscrits dans le primaire qui
appartiennent au groupe d'âge correspondant à ce niveau d'enseignement sur le nombre total d'enfants
appartenant à ce groupe d'âge.
Taux net de scolarisation secondaire premier cycle : rapport du nombre total d'enfants inscrits dans le
primaire qui appartiennent au groupe d'âge correspondant à ce niveau d'enseignement sur le nombre total
d'enfants appartenant à ce groupe d'âge.
55
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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dans l’agglomération de Cotonou. Premiers résultats de l’enquête Emploi de 2001. Bénin.
Septembre.
INS (2003), Enquête 1-2-3 : Premiers résultats de l’enquête emploi (phase 1). Côte d’Ivoire. Mai.
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l’enquête « Emploi et Chômage » 2001. Mali. Novembre.
DSCN (2003), L’emploi, le chômage et les conditions d'activité dans la Communauté Urbaine de
Niamey. Enquête 1-2-3 2002 : Premiers résultats. Niger. Novembre.
DPS (2004), L'emploi, le chômage et les conditions d'activité dans l'agglomération de Dakar.
Premiers résultats de l'enquête emploi 2002. Sénégal. Juin.
DGSCN (2002), L’emploi, le chômage et les conditions d’activité dans la ville de Lomé en 2001.
Togo. Novembre.
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ménages de 2004. République Démocratique du Congo. Juin.
INS (2005), Enquête sur l’emploi et le secteur informel au Cameroun en 2005. Phase 1 : enquête sur
l’emploi, rapport principal. Cameroun. Décembre.
AFRISTAT, DIAL (2001), Méthodologie de réalisation d’une enquête 1-2-3 dans les principales
agglomérations des pays de l’UEMOA. Juin.
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Juin.
MADIO (2002), Dynamique du marché du travail dans les sept grandes villes de Madagascar entre
2000 et 2001. INSTAT Madagascar. Juin.
Brilleau A., Roubaud F., Torelli C. (2004), « L'emploi, le chômage et les conditions d'activité dans les
principales agglomérations de sept Etats membres de l'UEMOA, principaux résultats de la phase 1
de l'enquête 1-2-3 de 2001-2002 », Document de travail DIAL, DT-2004-06.
56
Ameguashie F., Brilleau A., Coulibaly S., Koriko O., Ouedraogo E., Roubaud F., Torelli C., (2005),
« La conception et la mise en œuvre des enquêtes 1-2-3 en UEMOA, les enseignements
méthodologiques », Stateco n°99, pp. 21-41.
Makabu ma nkenda T., Brilleau A., Ouedraogo E., (2005), « L’organisation de la collecte des données
de l’enquête 1-2-3de Kinshasa (RDC) », Stateco n°99, pp. 143-153.
57
ANNEXE
Autres
Milieu Milieu
Kinshasa urbains hors RDC
Urbain Rural
Kinshasa
Situation socio-démographique
Population (en milliers) 5 751 11 086 16 837 38 463 55 300
Age médian 19 16 17 15 16
Proportion de migrants 22,3 16,5 18,5 14,7 16,3
Taux net de scolarisation primaire 81,2 76,9 78,2 58,3 64,1
Taux net scolarisation. secondaire 1er cycle 53,9 53,6 53,7 20,9 31,7
Taux alphabétisation (10 ans et plus) 69,6 55,5 60,6 24,7 36,1
Taux alphabétisation (15 ans et plus) 73,2 59,9 64,8 27,6 39,4
Nombre de ménages (en milliers) 946,6 1 946,4 2 893,0 7 472,7 10 365,7
Taille moyenne des ménages 6,0 5,6 5,7 5,2 5,4
% ménages dirigés par une femme 19,3 19,3 19,3 16,4 17,2
Activité (définition BIT)
Nombre d’actifs (en milliers) 1 736,6 3 441,9 5 178,5 15 941,3 21 119,8
Taux d’activité (10 ans et +) 42,8 49,6 47,1 67,4 60,9
Taux d’activité (15 ans et +) 50,6 59,7 56,3 78,8 71,6
Taux d’activité des hommes (10 ans et +) 50,2 54,1 52,7 65,7 61,6
Taux d’activité des femmes (10 ans et +) 35,8 45,2 41,7 69,0 60,3
Taux d’activité des 10-14 ans 1,7 3,6 3,0 12,5 9,4
Nombre de travailleurs découragés (milliers) 582,3 785,5 1 367,8 1 797,7 3 165,5
Taux de dépendance 287,5 252,7 263,8 141,9 169,4
Taux de dépendance (>=10 ans) 175,9 122,6 139,6 50,2 70,4
Taux de dépendance (>=15 ans) 133,2 84,8 100,4 28,4 44,9
Chômage (définition BIT)
581 60
Nombre de chômeurs 259 100 322 500 194 700 776 300
0
Taux de chômage définition BIT 14,9 9,4 1,2 3,7
11,2
Taux de chômage au sens large 23,8 14,5 2,5 6,4
17,7
Taux de chômage hommes 17,3 9,5 1,6 4,5
12,2
Taux de chômage femmes 11,8 9,3 0,9 2,9
10,1
Proportion de primo-demandeurs 60,9 59,6 79,8 65,0
60,1
Durée moyenne du chômage (mois) 66,7 49,6 73,7 61,3
57,2
% de chômeurs de longue durée 85,1 79,9 90,6 84,3
82,2
Emploi
Nombre d’actifs occupés (en milliers) 1 477,4 3 119,4 4 596,8 15 746,6 20 343,5
% d’emplois dans l’administration publique 11,9 8,5 9,6 3,0 4,5
% d’emplois dans entreprises pub. 5,0 4,4 4,6 1,0 1,8
% d’emplois secteur privé formel 8,8 4,4 5,9 0,6 1,8
% d’emplois dans secteur informel non agri. 65,8 50,7 55,6 9,7 20,0
% d’emplois dans secteur informel agricole 5,1 29,3 21,5 84,9 70,6
% d’emplois dans secteur associatif 3,4 2,7 2,9 0,9 1,4
Nombre d’heures ouvrées par semaine 46,2 40,9 42,6 31,8 34,2
Taux de salarisation 35,7 25,7 28,9 6,1 11,2
Taux de pluri-activité sur les 7 derniers jours 6,5 10,3 9,1 17,8 15,8
Taux de pluri-activité (12 derniers mois) 9,1 14,9 13,0 24,4 21,9
Revenus (FCFC) et sous-emploi
Revenu mensuel moyen emploi principal 27 000 15 400 19 000
Revenu mensuel médian emploi principal 16 400 7 500 9 400
Revenu mensuel moyen administration 23 800 12 000 16 900
Revenu mensuel moyen entreprises pub. 68 200 34 600 46 700
Revenu mensuel moyen secteur privé formel 43 400 37 500 40 200
Revenu mens. moyen sect. informel non agri. 23 000 17 200 19 400
Revenu mens. moyen secteur informel agri. 18 300 6 800 7 600
Taux de sous-emploi visible 19,6 30,9 27,3
Taux de sous-emploi invisible 40,8 60,7 54,4
Taux de sous-emploi global 63,0 76,7 71,9
Source: INS, Enquête 1-2-3 Nationale, République Démocratique du Congo, Phase 1 (2004-2005)
58