EspascesPréhilbertiens Notes
EspascesPréhilbertiens Notes
Définition 1.1
Un espace vectoriel E sur R .
On appelle produit scalaire sue E toute forme bilinéaire symétrique <, > définie posi-
tive,sur E ce qui signifie :
1. Pour tout y de E, l’application de E dans R qui à x 7−→< x, y > est linéaire.
Pour tout x, l’application de E dans R qui à y 7−→< x, y > est linéaire.
2. ∀x ∈ E, ∀y ∈ E, < x, y >=< y, x >
3. x ∈ E, < x, x >= 0 ⇔ x = 0
4. x ∈ E, < x, x >≥ 0
On note aussi un produit scalaire x.y s’il n’y a pas ambiguité avec un autre produit.
1
Abderrazak Chakor Lydex 27 mars 2022 Espaces vectoriels euclidiens Notes
Propriété 1.1
Exercice 1.2
Montrer que ||x + y|| ≤ ||x|| + ||y|| ⇔ x et y sont positivement liés
Définition 1.4
Un espace vectoriel réel E est dit euclidien s’il est de dimension finie et
muni d’un prduit scalaire <, >
II - Orthogonalité
Définition 2.1
Soit E un espace euclidien muni d’un produit scalaire <, >.
1. Un vecteur x est dit unitaire ou normalisé si ||x|| = 1.
2. Deux vecteurs x et y sont dits orthogonaux si < x, y >= 0.
3. Une famille de vecteurs de E (u1 , ..., up ) est dite orthogonale si ses vecteurs sont
deux à deux orthogonaux.
4. Une base (e1 , ..., en ) est dite orthonormale ou orthonormée si elle est orthogo-
nale et si tous ses vecteurs sont normalisés
Remarques 2.1
1. (x + y) ⊥ (x − y) ⇔ ||x|| = ||y||
2. la notion d’orthogonalité dépend du produit scalaire défini sur E en effet :
(1, 2) et (−2, 1) sont orthogonaux pour le produit scalaire usuel sur R2 <
(x, y), (x0 , y 0 ) >= xx0 + yy 0
alors que
(1, 2) et (−2, 1) ne sont pas orthogonaux pour le produit scalaire
< (x, y), (x0 , y 0 ) >= xx0 + 2yy 0
2
Abderrazak Chakor Lydex 27 mars 2022 Espaces vectoriels euclidiens Notes
Proposition 2.1
Si un système de vecteurs est constitué de vecteurs non nuls et deux à deux orthogonaux,
alors, ce système est libre
Proposition et définition: Expréssion du produit scalaire
dans une base donnée
Soit E un espace euclidien muni d’un produit scalaire <, >.
n
P n
P
Soit (e1 , ..., en ) une base d’un espace vectoriel euclidein E et x = xi ei et y = yi ei
1 1
deux vecteurs de E
X , Y sont les matrices colonnes, représentant x et y dans la base (e1 , ..., en )
M = (< ei , ej >)1≤j≤n dite matrice du produit scalaire dans la base (e1 , ..., en )
1≤i≤n
!
n n
< ei , ej > yj = t X M Y
P P
On a : < x, y >= xi
i=1 j=1
Si (e1 , ..., en ) est une base orthonormée alors
n
M = In et < x, y >= xi yi = t X Y
P
1
Proposition 2.2
Exercice 2.1
Donner l’expréssion de la matrice du produit scalaire défini sur R3 par
zz 0
< (x, y, z), (x0 , y 0 , z 0 ) >= 2xx0 + yy 0 + + xy 0 + x0 y + 2xz 0 + 2x0 z + 5yz 0 + 5y 0 z
2
relativement à la base canonique
Exercice 2.2
Montrer qu’une matrice de produit scalaire est inversible
Théorème 2.2
Procédé d’orthonormalisation de Gram-Schmidt :
Soit (e1 , ..., en )une base del’espace vectoriel euclidein E
il éxiste une base orthonormale (ε1 , ..., εn ) unique vérifiant les conditions ci-
εk ∈ Vect(e1 ..., ek )
dessous :∀k ∈ [[1, n]]
< εk , ek >> 0
Preuve
Existence :
e1
On prend ε1 = répond ...
||e1 ||
On suppose avoir construit ε1 , .., εk pour 1 ≤ k ≤ n − 1 répondant aux contraites de
Gram-Shmidt
Pk
posons uk+1 = ek+1 + λi εi on a uk+1 6= 0 sinon ek+1 ∈ Vect(e1 ..., ek )
i=1
On impose que uk+1 Vect(e1 ..., ek )⊥
ce qui est équivalent à ∀i ∈ [[1, k]] ; < uk+1 , εi >= 0
c’est à dire ∀i ∈ [[1, k]] ; 0 =< ek+1 , εi > +λi < εi , εi >
c’est à dire ∀i ∈ [[1, k]] ; λi = − < ek+1 , εi >(Choix unique des λi )
k
< ek+1 , εi > εi ∈ Vect(e1 ..., ek )⊥ et non nul
P
Ainsi uk+1 = ek+1 −
i=1
uk+1
εk+1 = répond à la question
||uk+1 ||
3
Abderrazak Chakor Lydex 27 mars 2022 Espaces vectoriels euclidiens Notes
En effet
||εk+1 || = 1
∀i ∈ [[1, k]] ; < εk+1 , εi >= 0 et
Xk
< εk+1 , ek+1 >=< εk+1 ; ek+1 − < ek+1 , εi > εi =< εk+1 , uk+1 >= ||uk+1 || > 0
i=1
Unicité : Supposon que (ε1 , ..., εn ) et (ε01 , ..., ε0n ) répondent aux deux contraites du
procédé
k
ε0k = λi εi pour i ≤ k − 1 ; on a < ε0k , εi >= λi = 0
P
i=1
car εi ∈ Vect(e1 , e1 , ..., ek−1 ) =Vect(ε01 , ε01 , ..., ε0k−1 ). donc ε0k = λk εk
donc λk = ±1 mais < ε0k , ek >= λk < εk , ek >> 0 donc λk = 1 et alors ε0k = εk
Remarque 2.1
Dans la pratique on pourra trouver une base orthogonale puis la normaliser après
la base orthonormale (ε1 , ..., εn ) obtenue de (e1 , ..., en ) par le procédé de Gram- Schmit
a même sens que (e1 , ..., en ) en effet
Les matrices de passage de (ε1 , ..., εn ) à (e1 , ..., en ) est triangulaire superieure
à coefficients diagonaux strictements positifs à savoir < ek , εk >
Exercice 2.3
1. Dans R2 , on considère le produit scalaire :
(x, y).(x0 , y 0 ) = xx0 + 21 (xy 0 + yx0 ) + yy 0 .
La base canonique (e1 , e2 ) est elle orthonormée ?.
Sinon l’orthonormaliser par le procédé de Gram-Shmidt.
Z 1
2. Dans R2 [X] muni du produit scalaire < P, Q >= P (t)Q(t)dt.
0
Trouver une base orthonormale partant de la base canonique (1, X, X 2 )
3. Dans R4 muni du produit scalaire canonique, on se donne l’hyperplan
d’équation 2x + 3y − z − 2t = 0.
Trouver une base orthogonale de cet hyperplan en partant de la base
−3 ! 1 ! 1 !
2 0 0
0 2 0
0 0 1
Proposition 2.3
Proposition 2.4
4
Soit E un espace euclidien muni d’un produit scalaire <, >.A une partie non vide de E
⊥
A⊥ est sous-espace vectoriel de E et A⊥ = (V ect(A))
Abderrazak Chakor Lydex 27 mars 2022 Espaces vectoriels euclidiens Notes
Exercice 2.5
Soit E un espace euclidien muni d’un produit scalaire <, >.A et B deux parties non
vides de E
Montrer que :
A ⊂ B =⇒ A⊥ ⊃ B ⊥
⊥
(A ∪ B) = A⊥ ∩ B ⊥
⊥
A ⊂ A⊥
Deux sous-espaces vectoriels F et G d’un espace vectoriel E muni d’un produit scalaire
<, > sont dits orthogonaux
si :∀x ∈ F, ∀y ∈ G, < x, y >= 0
le cas échéant F et G sont en somme directe
Proposition 2.5
Deux sous-espaces vectoriels F et G d’un même espace vectoriel E muni d’un produit
scalaire réel <, > de bases respectives BF , BG
F ⊥ G ⇔ BF ⊥ BG
Définition 2.3
Soit F un sous-espace vectoriel d’un espace vectoriel E muni d’un produit scalaire <, >
On appelle orthogonal de F l’ensemble { y ∈ E tel que ∀x ∈ F, < x, y >= 0 }
qu’on note F ⊥ ou F ◦
Exercice 2.6
Z 1
Dans E = C 0 ([−1, 1]) muni du produit scalaire < f, g >= f (t)g(t)dt ;
0
On note E+ , E− respectivement l’ensemble des fonctions paires( impaires).
Montrer que E+ = E− ⊥ et E− = E+ ⊥
Remarque 2.2
Proposition 2.7
Remarque 2.3
Exercice 2.7
Z b
Soit E l’espace C 0 ([0, 1]), muni du produit scalaire < f, g >= f (t)g(t)dt
a
F le sous-espace vectoriel des fonctions polynomiales.
Montrer que F ⊥ = { 0 }
⊥
Comparer F ⊥ et F
III - Projections et symétries orthogonales
Dans un espace vectoriel euclidien E,l’orthogonal d’un sous-espace vectoriel F est un
supplémentaire de F
Définition 3.1
on appelle projection orthogonale sur F la projection orthogonale sur F parallèlement à
F⊥
on appelle symétrie orthogonale par rapport à F la symétrie orthogonale par rapport à
F parallèlement à F⊥
Proposition 3.2
Si (ei ) est une base orthonormée de F dont les p premiers vecteurs forment une base de
F et donc les n − p restants forment une base de F ⊥ .
Pp
La projection orthogonale sur F est : p(x) = < x, ei > ei
1
p n
⊥
P P
La projection orthogonale sur F est : q(x) = x − < x, ei > ei = < x, ei >
1 i=p+1
ei
p
P n
P
La symétrie par rapport à F : sF (x) = < x, ei > ei − < x, ei > ei
i=1 i=p+1
Exercice 3.1
Donner les matrices de sF et p dans de telle base
Exercice 3.2
Z 1
Dans R2 [X] muni du produit scalaire < P, Q >= P (t)Q(t)dt.
0
2
Trouver la projection orthogonale de X sur Vect(1, X) de deux façons
1
Rep :X − 6
6
Abderrazak Chakor Lydex 27 mars 2022 Espaces vectoriels euclidiens Notes
Exercice 3.3
Exercice 3.4
Z 1 2
Interprétez et calculer inf t2 + at + b dt
a,b∈R2 0
1
Rep :
180
Théorème 3.1 Caractérisation des projections orthogonales
Soit E un espace euclidien muni d’un produit scalaire <, > et F ,G deux
sous-espaces vectoriels supplémentaire de E
p un projecteur vectoriel sur F parallèlement à G
1. p est un projection orthogonal ⇔ ∀x ∈ E ||p(x)|| ≤ ||x||
2. p est un projection orthogonal ⇔ ∀x, y ∈ E < p(x), y >=< x, p(y) >
Définition 4.1
Soit E un espace vectoriel euclidien .
On s’intéresse aux endomorphismes u qui préserve la norme, c’est à dire tels que : ∀x ∈
E, ||u(x)|| = ||x||
De tels endomorphismes sont qualifiés d’orthogonaux ou d’isométries vectorielles
Proposition 4.1
Si u orthogonal de E alors
1. u est bijectif.
2. det(u) = ±1
Proposition 4.2
Proposition 4.3
Propriété 4.1
u orthogonal
Si F est un sous-espace vectoriel stable par u alors F ⊥ est aussi stable par u
8
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Propriété 4.2
Cas n = 3
Soit E un espace vectoriel euclidien de dimension 3,orienté. u, v, w 3 vecteurs de E.
1. u ∧ v ∈ Vect(u, v)⊥
2
2. [u, v, u ∧ v] = ||u ∧ v||
→
−
3. (u, v) est libre ⇔ u ∧ v 6= 0
4. Si (u, v) est libre alors (u, v, u ∧ v) est une base dircte de E
u∧v =w
5. Si (u, v, w) est une base orthonormale dierecte de E alors v ∧ w = u
w∧u=v
6. Si B b.o.n.d
b b0
0
c c
a0
!
a
0
Si [u]B = b et [v]B = b0 alors [u ∧ v]B = c c 0
c c 0 a a
0
a a
0
b b
7. u ∧ v = −v ∧ u
8. w ∧ (λu + v) = λw ∧ u + w ∧ v
9. (u ∧ v) ∧ w =< u, w > v− < v ∧ w > u
2 2 2
10. ||u ∧ v|| + < u, v >2 = ||u|| ||v||
Remarques 4.2
Proposition 4.4
En dimension 2,
(SO(E), o) est isomorphe à̀ (R/2πZ, +)
Proposition 4.5
Traduction complexe des des éléments de O(E2 ) . (e1 , e2 ) une base orthogonale directe
Rotation d’angle θ :z 7−→ z 0 = eiθ z
Symetrie d’axe Re1 :z 7−→ z 0 = z
Symetrie d’axe R(cos θ2 e1 + sin θ2 e2 ) :z 7−→ z 0 = eiθ z 9
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Groupe orthogonal en dimension 3
Soit E un espace vectoriel euclidein de dimension 3
Soit u un endomorphisme orthogonal
Nous raisonnerons sur la dimension du sous-espace des vecteurs invariants par u qui est :
Inv(u) = ker(u − IdE )
Proposition 4.7
Soit u ∈ O(E)
dim( inv u) dét u nature de l’isométrie u
3 1 Id
2 -1 réflexion sH
1 1 rotation r (y compris les retournements sD )
0 -1 anti-rotation rosH
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Corollaire 4.1
Soit u ∈ O(E)
det u nature de l’isométrie u
Proposition 4.8
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V - Matrices orthogonales
Définition 5.1
Soit M ∈ Mn (R)
M est dite orthogonale si M vérifie t M .M = In
Proposition 5.1
Soit M ∈ Mn (R). Les assertion suivantes sont équivalentes
1. M orthogonale
2. Les colonnes de M forment une base orthonormée de Rn
3. M est une matrice d’un automorphisme orthogonal u dans une base orthonor-
mée.
4. M est la matrice du passage entre deux bases orthonormales
Propriété 5.1
Soit M ∈ Mn (R) orthogonale
M est inversible et M −1 = t M
det(M ) = ±1
(M ) = Com(M )
M −1 est une matrice orthogonale
Propriété 5.2
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Á la pratique
Exercice 5.1
R3 étant muni de sa strucure euclidienne canonique , déterminer la nature de chacun de
ses endomorphismes u canoniquement associé à la matrice M dans chacun des cas :
−1 2 2 2 2 1
1 1
• A= 2 −1 2 • B = −2 1 2
3 3
2 2 −1 1 −2 2
0 1 0 0 1 0
• C= 0 0 1 •D = 0 0 1
1 0 0 −1 0 0
8 1 −4
1
• T = −4 4 −7
9
1 8 4
13