Analyse des Signaux et Systèmes
Analyse des Signaux et Systèmes
et Informatique
Unité SES
Signaux et Systèmes
1ère partie
in s t i t u t d '
Au t o m a t i s a t i o n
in d u s t r i e l l e Prof. Freddy Mudry
(C)2005 [email protected]
Unité SES - Signaux et Systèmes
Programme : Un temps total de 96 périodes est accordé à cette unité d’enseignement. Il est bien
clair que le programme ci-dessous constitue une ligne directrice et que le rythme du cours peut
être légèrement modifié selon les circonstances.
(C)2005 [email protected] i
ii (C)2005 [email protected]
Bibliographie générale
Traitement de la parole
iv (C)2005 [email protected]
6. Klein Etienne : La physique quantique, Dominos Flammarion, 1996
7. Hawking Stephen : Une brève histoire du temps, Flammarion, 1988
8. Reeves Hubert : Malicorne : réflexions d’un observateur de la nature,
Seuil, 1990
9. ThuanTrinh Xuan : Le chaos et l’harmonie : la fabrication du réel,
folio essais, Gallimard, 1998
10. Davis Ph.J, Hersh R. : L’univers mathématique, Bordas 1985
11. Ekeland Ivan : Le Calcul, l’Imprévu : les figures du temps de Kepler
à Thom, Seuil 1984
12. Conway John : The Book of Numbers, Copernicus, 1996
13. Fivaz Roland : L’ordre et la volupté, PPR 1989
14. Lesieur Marcel : La turbulence, Grenoble PUG 1994
Démonstrations interactives
1. http ://www.jhu.edu/~signals/
2. http ://image-1.rose-hulman.edu/~yoder/bookcd/visible/contents/cover.htm
3. http ://www.engin.umich.edu/group/ctm/home.text.htm
Livre et divers
1. http ://www.dspguide.com/pdfbook.htm
2. http ://www.redcedar.com/learndsp.htm
3. http ://www.dspguru.com/info/tutor/other.htm
Logiciels gratuits
1. http ://www.sysquake.com
2. http ://www.dspguru.com/sw/opendsp/mathclo.htm
3. http ://www-rocq.inria.fr/scilab/scilab.htm
(C)2005 [email protected] v
vi (C)2005 [email protected]
Table des matières
(C)2005 [email protected] ix
Table des matières
x (C)2005 [email protected]
1 A NALYSE DES SIGNAUX PÉRIODIQUES
1.1 Introduction
Le temps et la fréquence sont deux bases servant à la description des signaux. Ce sont deux
points de vue différents d’une même réalité ; ils sont complémentaires. Il est important de
bien comprendre les relations qui existent entre ces deux bases ; c’est le but de ce chapitre.
Une grandeur sinusoïdale est décrite par l’équation :
x(t) = A cos(2π f0t + α) (1.1)
Son évolution temporelle est contenue dans le mot cos ; dès lors, on sait que le signal x(t)
ondule avec une forme précise fixée par la fonction cosinus. Cependant, des informations
supplémentaires sont données : l’amplitude A, la phase α et la fréquence f0 . Ce sont ces
informations qui sont fournies par la représentation fréquentielle ou spectrale.
Comme le temps et la fréquence sont les deux composantes de la description d’un même
signal, une sinusoïde devrait être représentée dans un espace à trois dimensions (fig. 1.1).
Une telle représentation étant mal pratique, on la remplace par ses projections sur les
plans temporel et fréquentiel.
Dans la projection sur l’axe du temps, on retrouve le dessin bien connu d’une sinusoïde,
alors que la projection sur l’axe des fréquences conduit à une raie située en f = f0 et de
hauteur A. Comme cette projection ne fournit que l’amplitude A, il est nécessaire, pour la
fréquence considérée, de donner également la phase α. Ces deux diagrammes portent le
nom de spectres d’amplitudes et de phases.
Considérons un signal composé de 2 sinusoïdes
π 1 π
x(t) = A cos(2π f0t − ) + A cos(4π f0t − ) (1.2)
2 2 4
(C)2005 [email protected] 1
1 A NALYSE DES SIGNAUX PÉRIODIQUES
+A
0 t
-A T
Espace temporel
T t
0
1/T
Espace fréquentiel
f
Amplitude Phase
+π
A
f 1/T f
0 1/T 0
−π
2 (C)2005 [email protected]
1.2 Deux représentations pour un seul signal
0.5
−0.5
−1
−1.5
0 0.5 1 1.5 2 2.5 3 3.5 4 4.5 5
Somme de 2 sinusoides
1.5
0.5
−0.5
−1
−1.5
0 0.5 1 1.5 2 2.5 3 3.5 4 4.5 5
A A
900 900
A/2 A/2
450 450
f f0 f f 2 f0 f
f0 2 f0
-450 -450
-900 -900
A
900
450
f f0 2 f0 f
f0 2 f0
-450
-900
(C)2005 [email protected] 3
1 A NALYSE DES SIGNAUX PÉRIODIQUES
L’élément fondamental de l’analyse de Fourier est constitué par le fait qu’un signal pé-
riodique peut être décomposé en une somme d’ondes sinusoïdales. Une illustration de la
construction d’un signal périodique non-sinusoïdal est donnée à la figure 1.4 : le signal
résultant est la somme de trois sinusoïdes dont la fréquence est chaque fois un multiple
de la fondamentale f0 .
6 6
x1(t) 1+x1(t)
4 4
2 2
0 0
−2 −2
−2 −1 0 1 2 −2 −1 0 1 2
6 6
x (t) 1+x (t)+x (t)
2 1 2
4 4
2 2
0 0
−2 −2
−2 −1 0 1 2 −2 −1 0 1 2
6 6
x3(t) 1+x1(t)+x2(t)+x3(t)
4 4
2 2
0 0
−2 −2
−2 −1 0 1 2 −2 −1 0 1 2
4 (C)2005 [email protected]
1.3 Séries de Fourier
avec :
a0 −bk
q
A0 = Ak = a2k + b2k αk = arctan (1.8)
2 ak
Cette série en cosinus est extrêmement importante car elle correspond à la description
bien connue des signaux en régime sinusoïdal permanent où l’on représente un courant
ou une tension par leur amplitude et leur phase. D’un point de vue pratique, cela revient
à considérer que le signal x(t) est créé de manière équivalente par une infinité de généra-
teurs sinusoïdaux. La représentation spectrale qui lui est associée porte le nom de spectre
unilatéral.
Une illustration en est donnée à la figure 1.5. On y voit une onde périodique en dents de
scie qui peut être reconstruite par une superposition d’ondes sinusoïdales. Cette superpo-
sition peut être présentée dans l’espace temps ou, de manière équivalente et plus explicite,
dans l’espace des fréquences.
(C)2005 [email protected] 5
1 A NALYSE DES SIGNAUX PÉRIODIQUES
1 1
0.5 0.5
x(t) et xc(t)
xk(t)
0 0
−0.5 −0.5
−1 −1
−0.5 0 0.5 1 1.5 −0.5 0 0.5 1 1.5
temps temps
0.7 2
0.6
1
0.5
module(X(jk))
phase(X(jk))
0.4
0
0.3
0.2
−1
0.1
0 −2
0 2 4 6 8 10 0 2 4 6 8 10
fréquence [k f0] fréquence [k f0]
on montre aisément que la série de Fourier peut être transformée en une série de Fourier
complexe :
∞
x(t) = ∑ X( jk) exp(+ j2πk f0t) (1.11)
k=−∞
La représentation spectrale graphique qui lui est associée porte le nom de spectre bila-
téral. Pour la suite du cours, on retiendra essentiellement cette description car elle est
analytiquement plus intéressante que la forme en cosinus.
On remarquera au passage que la formule d’Euler remplace les fonctions sinus et cosinus
par des exponentielles à exposant imaginaire appelées phaseurs. Ces phaseurs ne sont
rien d’autres que des fonctions complexes oscillant cosinusoïdalement sur l’axe réel et
sinusoïdalement sur l’axe imaginaire.
Les relations existant entre les trois représentations de Fourier sont présentées dans le
tableau 1.1 et illustrées par la figure 1.6. Cette figure est importante car elle permet de
voir en un coup d’oeil les relations simples liant les trois représentations spectrales.
6 (C)2005 [email protected]
1.3 Séries de Fourier
Im
Ak ∈R
-bk
-bk/2
X(+jk) ∈C
+αk
Re
+ak/2 +ak
−αk
X(-jk)
+bk/2
k=0 a0 /2 A0 X(0)
k>0 {ak , bk } {Ak , αk } X(± jk)
q
Ak a2k + b2k Ak 2|X( jk)|
−bk Im{X(+ jk)}
αk arctan αk arctan
ak Re{X(+ jk)}
1 1
X(+ jk) 2 (ak − jbk ) 2 Ak exp(+ jαk ) X(+ jk)
1 1
X(− jk) 2 (ak + jbk ) 2 Ak exp(− jαk ) X(− jk)
(C)2005 [email protected] 7
1 A NALYSE DES SIGNAUX PÉRIODIQUES
La description de x(t) avec les fonctions cosinusoïdales Ak cos(2πk f0t + αk ) conduit aux
spectres unilatéraux d’amplitudes et de phases (Ak et αk ) du signal x(t). Ici, les fréquences
sont positives ou nulles car le compteur k des harmoniques varie de 0 à +∞ (figure 1.7).
−1 0
0 1 2 3 0 2 4 6
0.8
1
0.6
0.5
0.4
0
−0.5 0.2
−1 0
0 1 2 3 0 2 4 6
0.8
1 0.6
0.4
0.5
0.2
0
0
0 1 2 3 0 2 4 6
temps fréquence
La description de x(t) avec les fonctions complexes X(± jk) exp(+ j2πk f0t) conduit aux
spectres bilatéraux d’amplitudes et de phases (|X( jk)| et ∠X( jk)). Ici, les fréquences sont
négatives et positives car le compteur k varie de −∞ à +∞.
Dans le cas des spectres bilatéraux, on notera que les spectres d’amplitudes sont toujours
des fonctions paires car on a :
8 (C)2005 [email protected]
1.4 Spectres d’amplitudes et de phases
Ak
|X(+ jk)| = |X(− jk)| = , k 6= 0 (1.14)
2
alors que les spectres de phases sont toujours des fonctions impaires. On a en effet :
|X(0)| = A0 , ∠X(0) = 0, π
Si l’on tient compte des symétries du signal, le calcul des séries de Fourier est simplifié.
On démontre en effet aisément les propriétés suivantes :
– une fonction paire est représentée par des cosinus seulement ; on a alors :
– une fonction impaire est représentée par des sinus seulement ; on a alors :
π
αk = ± , Re{X( jk)} = 0 (1.17)
2
– une fonction à symétrie demi-onde ne possède pas d’harmoniques pairs :
Les fonctions à symétrie demi-onde sont telles qu’une rotation autour de l’abscisse de
l’alternance positive ou négative permet de reproduire l’autre alternance (figure 1.8).
1.5
0.5
−0.5
−1
−1.5
0 0.5 1 1.5 2 2.5 3
(C)2005 [email protected] 9
1 A NALYSE DES SIGNAUX PÉRIODIQUES
Considérant le signal x(t) = 3 + 2 cos(2π f0t) − 3.464 sin(2π f0t) + 2 sin(4π f0t + π/4), on
souhaite le décrire dans les représentations spectrales uni- et bi-latérales.
Utilisant les règles de trigonométrie, on obtient la forme en cosinus :
π
x(t) = 3 + 2 cos(2π f0t) − 3.464 sin(2π f0t) + 2 sin(4π f0t + )
4
π π
p
2 2
−(−3.464)
= 3 + 2 + 3.464 cos 2π f0t + arctan + 2 cos 4π f0t + −
2 4 2
= 3 + 2 exp(+ jπ/3) exp (+ j2π f0t) + 2 exp(− jπ/3) exp (− j2π f0t)
+1 exp(− jπ/4) exp (+ j4π f0t) + 1 exp(+ jπ/4) exp (− j4π f0t)
= X(0) + X(+ j1) exp (+ j2π f0t) + X(− j1) exp (− j2π f0 )
+X(+ j2) exp (+ j4π f0t) + X(− j2) exp (− j4π f0t)
10 (C)2005 [email protected]
1.5 Suite d’impulsions
Signal temporel
10
5
x(t)
−5
0 0.5 1 1.5 2 2.5 3 3.5 4
Spectres unilatéraux temps Spectres bilatéraux
5 5
4 4
3 3
|X(jk)|
Ak
2 2
1 1
0 0
0 1 2 3 4 −2 −1 0 1 2
k f0 k f0
1 1
0.5 0.5
/X(jk) / π
αk / π
0 0
−0.5 −0.5
−1 −1
0 1 2 3 4 −2 −1 0 1 2
k f0 k f0
x(t)
∆t
t
-T 0 +T
(C)2005 [email protected] 11
1 A NALYSE DES SIGNAUX PÉRIODIQUES
Z +T /2
1 1
X( jk) = x(t) exp(− j2πk f0t)dt avec f0 =
T −T /2 T
A +∆t/2
Z
X( jk) = exp(− j2πk f0t)dt
T −∆t/2
∆t ∆t
A −1
= exp(− j2πk f0 ) − exp(+ j2πk f0 )
T j2πk f0 2 2
∆t sin(kπ f0 ∆t)
X( jk) = A (1.19)
T kπ f0 ∆t
On notera que l’amplitude du spectre X( jk) est égale à la valeur moyenne de la SIR car
la fonction sin(x)/x tend vers 1 lorsque x tend vers 0. De plus, et comme on pouvait s’y
attendre, les coefficients de Fourier sont purement réels puisque le signal est pair. Leur
enveloppe est une fonction en sin(x)/x qui porte le nom de sinus cardinal (figure 1.11).
X(jk)
A ∆t/T
1/T = f0
f = k f0
-1/∆t +1/∆t
On remarquera que plus les impulsions sont étroites par rapport à la période T , plus le
spectre s’étale. En effet, le premier passage par zéro se fait à la fréquence 1/∆t. Par
contre, la distance entre raies spectrales ne change pas puisqu’elle est égale à l’inverse
de la période de la SIR f0 = 1/T .
12 (C)2005 [email protected]
1.5 Suite d’impulsions
| X(jk) |
f = k f0
/_X(jk)
+π
f = k f0
−π
(C)2005 [email protected] 13
1 A NALYSE DES SIGNAUX PÉRIODIQUES
Il est fréquent que le spectre d’un signal soit complexe. Dans ce cas, sa représentation
dans un plan ne peut se faire qu’au travers du traçage distinct des spectres d’amplitudes
et de phases. C’est pour cela, que le spectre de la figure 1.11 est souvent donné à l’aide
des 2 représentations de la figure 1.12.
Il existe une autre suite d’impulsions qui est également très importante en télécommuni-
cations ; il s’agit de la suite d’impulsions triangulaires (SIT). Le signal x(t) et son spectre
X( jk) sont représentés à la figure 1.13. Afin que les surfaces de la SIR et de la SIT soient
égales, la largeur à la base du triangle est égale à 2∆t. L’expression de X( jk) est alors la
suivante :
∆t sin(kπ f0 ∆t)
2
X( jk) = A (1.20)
T kπ f0 ∆t
x(t)
Α
t
0
-T −∆t +∆t +T
X(jk)
A ∆t/T
f = k f0
-1/ ∆t 0 +1/ ∆t
14 (C)2005 [email protected]
1.5 Suite d’impulsions
1 T
Z
X( jk) = x(t) exp(− j2πk f0t)dt
T 0
A T
Z
= exp(−t/τ) exp(− j2πk f0t)dt
T 0
A T
1
Z
= exp −t( + j2πk f0 ) dt
T 0 τ
T
A exp −t( 1τ + j2πk f0 )
= ·
T −( 1τ + j2πk f0 )
0
A −τ T
= · exp −( + j2πk f0 T ) − 1
T (1 + j2πk f0 τ) τ
0.9
0.8
0.7
0.6
0.5
0.4
0.3
0.2
0.1
0
−1 −0.5 0 0.5 1 1.5 2
En admettant que la constante de temps τ est beaucoup plus petite que la période T , on
permet à l’exponentielle de revenir à zéro à la fin de chaque période. Dans ce cas, le
premier terme entre crochets est beaucoup plus petit que 1 et peut être négligé. On obtient
alors le résultat intéressant suivant :
τ 1
X( jk) = A · si τ T (1.21)
T (1 + j2πk f0 τ)
On peut relever que dans ce résultat on trouve la fonction de transfert d’un filtre passe-bas
d’ordre 1 pondérée par le rapport A Tτ . La représentation des raies spectrales d’amplitudes
(figure 1.15) coïncidera donc, à un coefficient près, avec le module de la réponse fréquen-
tielle de ce filtre alors que celle des phases seront les mêmes.
(C)2005 [email protected] 15
1 A NALYSE DES SIGNAUX PÉRIODIQUES
0.1
0.08
abs(X(jf))
0.06
0.04
0.02
0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
−20
angle(X(jf))
−40
−60
−80
−100
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
frequence [kHz]
On se souvient que connaissant le spectre X( jk), on peut toujours reconstruire une ap-
proximation d’ordre N du signal temporel. Dans le cas d’une suite d’impulsions rectan-
gulaires cela donne :
∆t +N sin(kπ f0 ∆t)
xN (t) = A ∑ kπ f0∆t exp(+ j2πk f0t)
T k=−N
!
∆t sin(kπ f0 ∆t)
+N
= A 1+2 ∑ cos(2πk f0t)
T k=1 kπ f0 ∆t
Dans le cas d’un signal carré, le rapport cyclique ∆t/T vaut 0.5 et le sinus cardinal s’an-
nule pour k pair. Avec A = 1, il vient alors :
1 2 2 2
xN (t) = + cos(2π f0t) − cos(6π f0t) + cos(10π f0t)....
2 π 3π 5π
Une illustration de cette synthèse est donnée par la figure 1.16.
on remarque une convergence rapide vers le signal original au fur et à mesure que N
augmente. Cependant, cela n’est plus vrai lorsque le signal possède des discontinuités
16 (C)2005 [email protected]
1.6 Reconstruction des signaux
1.2 1.2
1 N=0 1 N=1
0.8 0.8
0.6 0.6
0.4 0.4
0.2 0.2
0 0
−0.2 −0.2
−5 0 5 −5 0 5
1.2 1.2
1 N=3 1 N=5
0.8 0.8
0.6 0.6
0.4 0.4
0.2 0.2
0 0
−0.2 −0.2
−5 0 5 −5 0 5
F IG . 1.16: Synthèse d’un signal carré par l’addition successive de ses harmoniques
d’ordre 0. Il apparaît alors, à l’endroit de la discontinuité, des oscillations que l’on désigne
sous le nom de phénomène de Gibbs. L’amplitude du dépassement dû à ces oscillations
est égale au 9% de l’amplitude de la discontinuité (figure 1.17).
(C)2005 [email protected] 17
1 A NALYSE DES SIGNAUX PÉRIODIQUES
1.2 1.2
0.6 0.6
0.4 0.4
0.2 0.2
0 0
−0.2 −0.2
−4 −2 0 2 4 −4 −2 0 2 4
1.2 1.2
0.6 0.6
0.4 0.4
0.2 0.2
0 0
−0.2 −0.2
−4 −2 0 2 4 −4 −2 0 2 4
De ces illustrations, on en déduit que la phase contient une part importante de l’informa-
tion concernant la forme d’un signal. Les deux dernières images illustrent particulière-
ment bien ce fait puisque le portrait initial ne peut pas être reconstruit avec un seul des
deux spectres.
On notera que cette définition coïncide avec celle du carré de la valeur efficace du signal
x(t). Les unités de la puissance normalisée ne s’exprime donc pas en [W ], mais en [V 2 ] ou
[A2 ] selon que le signal est une tension ou un courant électrique.
Le théorème de Parseval affirme que la puissance normalisée d’un signal peut se calculer
aussi bien dans le domaine temporel que dans le domaine fréquentiel. En effet, comme
dans l’espace des fréquences, le signal x(t)) est représenté par des générateurs d’ampli-
tude Ak , il s’ensuit que la puissance totale est égale à la somme des puissances fournies
18 (C)2005 [email protected]
1.7 Quelques théorèmes importants
original
module phase
(C)2005 [email protected] 19
1 A NALYSE DES SIGNAUX PÉRIODIQUES
∞ ∞
1
P = Xe2f f = ∑ Pk = A 2
0 + ∑ 2 A2k
k=0 k=1
= Pdc + Pac
∞
1
= X(0)2 + ∑ (2 · |X( jk)|)2
k=1 2
+∞
= ∑ |X( jk)|2
k=−∞
De l’ensemble de ces résultats, on conclut que la puissance peut se calculer dans le do-
maine temporel ou dans le domaine fréquentiel avec l’une ou l’autre des équations ci-
dessous :
1 +T /2 2
Z
P= x (t)dt (1.24)
T −T /2
1 ∞ 2
P = A20 + ∑ Ak
2 k=1
(1.25)
+∞
P= ∑ |X( jk)|2 (1.26)
k=−∞
+∞
P = X(0)2 + 2 ∑ |X( jk)|2 (1.27)
k=1
Le carré de la valeur efficace d’un signal est égal à la somme des carrés
des valeurs efficaces de chacune de ses composantes.
Xe2f f = Xdc
2 2
+ Xac (1.28)
On peut relever au passage que le premier lobe du spectre d’une SIR contient environ le
90% de la puissance totale du signal. De plus, il est intéressant de rappeler ce que valent
les puissances des trois signaux les plus usuels que sont le carré, le sinus et le triangle
d’amplitude A et à valeur moyenne nulle :
A2
x(t) = A sqr (2π f t) ⇒ P = (1.29)
1
A2
x(t) = A sin (2π f t) ⇒ P = (1.30)
2
A2
x(t) = A tri (2π f t) ⇒ P = (1.31)
3
20 (C)2005 [email protected]
1.7 Quelques théorèmes importants
Il est fréquent en analyse des signaux de devoir décaler temporellement un signal x(t) ;
on obtient alors un nouveau signal y(t) = x(t +td ). Ce décalage td peut être positif (signal
avancé) ou négatif (signal retardé) (fig. 1.19). On montre alors qu’entre les espaces temps
et fréquences, il existe la relation suivante :
y(t) = x(t + td ) ⇔ Y ( jk) = exp(+ j2πk f0td )X( jk) (1.32)
td > 0 td < 0
t t t
Comme le module du phaseur exp(+ j2πk f0td ) vaut toujours un, il s’ensuit que seul le
spectre de phases est modifié par un décalage temporel. On a donc :
|Y ( jk)| = |X( jk)| , βk = αk + 2πk f0td (1.33)
À un décalage temporel correspond une phase variant linéairement avec
la fréquence.
(C)2005 [email protected] 21
1 A NALYSE DES SIGNAUX PÉRIODIQUES
|M(jf)|
m(t)
0.5
0.2
0
0
0 1 2 3 −20 −10 0 10 20
0.5 0.4
|P(jf)|
p(t)
0
0.2
−0.5
−1 0
0 1 2 3 −20 −10 0 10 20
0.5 0.4
|X(jf)|
x(t)
0
0.2
−0.5
−1 0
0 1 2 3 −20 −10 0 10 20
temps fréquence
22 (C)2005 [email protected]
1.8 Calcul de quelques spectres
La figure 1.20 illustre la modulation d’amplitude d’une porteuse de fréquence 10kHz par
un signal triangulaire de fréquence 1kHz. Au niveau fréquentiel, on voit très bien que le
spectre original situé autour de la fréquence nulle est déplacé autour des fréquences de la
porteuse ±10kHz avec une amplitude réduite de moitié.
La rotation d’un signal autour de son ordonnée est décrite par y(t) = x(−t). Dans ce cas,
on montre que :
Par exemple, si l’on s’intéresse à une suite périodique d’exponentielles croissantes décrite
par
x(t)|T = A · exp(+t/τ) si 0 ≤ t < T
τ 1
Xo ( jk) = A · si τ T
T (1 + j2πk f0 τ)
donc
τ 1
X( jk) = Xo (− jk) = A · si τ T
T (1 − j2πk f0 τ)
(C)2005 [email protected] 23
1 A NALYSE DES SIGNAUX PÉRIODIQUES
x(t)
3
1 1 1
0 0 0
24 (C)2005 [email protected]
1.8 Calcul de quelques spectres
Comme le signal x(t) et ses deux SIR constitutives sont paires, leurs spectres sont réels :
k -5 -4 -3 -2 -1 0 +1 +2 +3 +4 +5
X1 ( jk) -0.045 0 +0.075 +0.159 +0.225 +0.25 +0.225 +0.159 +0.075 0 -0.045
X2 ( jk) 0.127 0 -0.212 0.00 +0.637 1.00 0.637 0.00 -0.212 0 0.127
X( jk) +0.082 0 -0.137 +0.159 +0.862 1.25 +0.862 +0.159 -0.137 0 +0.082
Ak 1.25 1.724 0.318 0.274 0 0.164
αk 0.00 0.00 π 0 0.00
x(3) (t) = 1.25 + 1.724 · cos(2π f0t) + 0.318 · cos(4π f0t) + 0.274 · cos(6π f0t + π)
À titre d’exercice, on peut montrer que les puissances des signaux x(t) et x(3) (t) valent
respectivement Px = 3.25Ve2f f , Px(3) = 3.14Ve2f f .
(C)2005 [email protected] 25
1 A NALYSE DES SIGNAUX PÉRIODIQUES
3.5
2.5
2
Signaux x(t) et x3(t)
1.5
0.5
−0.5
−0.2 0 0.2 0.4 0.6 0.8 1
temps [msec]
0.8
0.6
x(t)
0.4
0.2
26 (C)2005 [email protected]
1.8 Calcul de quelques spectres
et le temps de décalage vaut donc td = −∆t/2. Partant d’une SIR centrée et utilisant le
théorème du retard, on obtient :
∆t sin(kπ f0 ∆t) ∆t
X( jk) = A · exp(− j2πk f0 ) (1.39)
T kπ f0 ∆t 2
Si l’on désigne X( jk) par le produit de 3 facteurs X( jk) = X0 · X1 ( jk) · X2 ( jk), le spectre
d’amplitudes s’obtient en effectuant le produit des modules :
0.1
|X(jk)|
0.05
0
−30 −20 −10 0 10 20 30
4
/SIR centree
2
0
−2
−4
−30 −20 −10 0 10 20 30
5
/Decalage
−5
−30 −20 −10 0 10 20 30
5
/SIR decalee
−5
−30 −20 −10 0 10 20 30
frequence [kHz]
Considérant que l’on a ∆t = 0.1 [msec], T = 1 [msec], la combinaison de ces termes spec-
traux est illustrée par la figure 1.25. Comme attendu, on constate que le décalage temporel
du signal ne modifie pas le spectre d’amplitudes, mais introduit une phase variant linéai-
rement avec la fréquence.
(C)2005 [email protected] 27
1 A NALYSE DES SIGNAUX PÉRIODIQUES
Considérons, comme exemple, un filtre attaqué par une SIR (figure 1.26). Comme ce
signal est périodique, on retrouvera à la sortie du circuit un signal périodique y(t). La
décomposition de ces 2 signaux en série de Fourier donnera les spectres X( jk) et Y ( jk)
qui seront liés l’un à l’autre par la réponse fréquentielle G( jω) du filtre.
x(t)
y(t)
x(t) y(t)
G(jω)
t t
|X(jk)|
1
|G(jf)|
|Y(jk)|
0.9
0.8
0.7
0.6
0.5
0.4
0.3
0.2
0.1
0
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20
fréquence [Hz]
Comme les signaux périodiques sont représentés par des ondes sinusoïdales de fréquences
k f0 et que les systèmes linéaires conservent la fréquence des signaux appliqués, on re-
trouve pour Y ( jk) des raies spectrales situées aux mêmes fréquences que celles de X( jk)
(figure 1.27). De plus, l’amplitude et la phase de ces raies spectrales sont liées au si-
gnal d’entrée par la relation bien connue Y ( jω) = G( jω) · X( jω). Dans le cas de signaux
périodiques, la pulsation ω est un multiple de la fondamentale 2π f0 . On a donc :
28 (C)2005 [email protected]
1.9 Réponse d’un système linéaire
Considérant le circuit L-R de la figure 1.28 et la SIR qui lui est appliquée, on aimerait :
[V] u1(t)
10 L
u1(t) R u2(t)
t
0 0.2 1.0 [ms]
Solution :
(C)2005 [email protected] 29
1 A NALYSE DES SIGNAUX PÉRIODIQUES
30 (C)2005 [email protected]
1.10 Réponse d’un système non-linéaire
La caractéristique essentielle des systèmes non-linéaires est de déformer les signaux si-
nusoïdaux. Le signal de sortie est donc périodique non-sinusoïdal. Il s’en suit que son
spectre est constitué d’un grand nombre de raies spectrales, alors qu’à l’entrée il n’y avait
qu’une seule raie.
Dans la pratique, il est important de pouvoir chiffrer cette déformation puisque les am-
plificateurs réels, quelle que soit leur qualité, possèdent des non-linéarités. On mesure
cette déformation à l’aide du taux de distorsion harmonique (TDH). Celui-ci est défini
comme le rapport de la valeur efficace des harmoniques d’ordre supérieur à 1 avec la
valeur efficace du premier harmonique :
s
Xe f f (k > 1) X 2 (2) + X 2 (3) + X 2 (4) + · · ·
T DH = = (1.41)
Xe f f (k = 1) X 2 (1)
Considérons comme exemple de système non linéaire, une diode à laquelle on applique
une tension sinusoïdale superposée à une tension continue (figure 1.29) :
IS = 10 [pA], n = 1, VT = 26 [mV ]
on désire :
Solution :
(C)2005 [email protected] 31
1 A NALYSE DES SIGNAUX PÉRIODIQUES
i(t)
∆(t)
uD(t)
U0
Cette valeur élevée est le signe de la forte déformation de la sinusoïde causée par la
variation exponentielle du courant.
32 (C)2005 [email protected]
1.10 Réponse d’un système non-linéaire
(C)2005 [email protected] 33
1 A NALYSE DES SIGNAUX PÉRIODIQUES
1.11 Exercices
SF 2 Utilisez les formules d’Euler pour montrer que la série de Fourier du signal suivant
π
x(t) = 1 + cos 2π f0t + · cos (10π f0t)
6
est décrite par les harmoniques 4, 5 et 6. Pour ce faire :
k 0 ±1 ±2
X( jk) 2 −3 ± j2 +1 ± j3
|X|
∠X
retrouvez sa description temporelle en cosinus après avoir rempli les cases libres du ta-
bleau.
34 (C)2005 [email protected]
1.11 Exercices
Ex. SF4
10
8
x1(t) [V]
6
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18
4
x2(t) [V]
−2
−4
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18
t [ms]
F IG . 1.32: Ex SF 4
Ex. SF5
5
3
Ak [V]
0 1 2 3 4 5
0.6
0.4
0.2
αk / π
−0.2
−0.4
0 1 2 3 4 5
f [kHz]
F IG . 1.33: Ex SF 5
(C)2005 [email protected] 35
1 A NALYSE DES SIGNAUX PÉRIODIQUES
SF 6 Considérant les trois signaux x1 (t), x2 (t), x3 (t) de période T = 1 ms décrits par
leurs spectres respectifs (tableau Ex SF6) :
k 0 1 2 3 4
x1 (t) ak +2 +5 -2 +1 0
bk +4 +3 –1 0
k 0 1 2 3 4
x2 (t) Ak 1 3 0 2 0
αk 0 −π/3 0 +π/2 0
k 0 ±1 ±2 ±3 ±4
x3 (t) X( jk) 5 4 ± j3 0 −2 ± j 0
TAB . 1.2: Ex SF 6
1. esquissez x(t) ;
2. calculez son spectre X( jk) ;
3. esquissez les spectres bilatéraux d’amplitude et de phase ;
4. calculez la puissance de cette SIR.
36 (C)2005 [email protected]
1.11 Exercices
Ex. SF10
10 +A
5
x(t) [V]
−∆ t
0
+∆ t
−5
−10 −A
−2 0 2 4 6 8 10 12 14
t [ms]
F IG . 1.34: Ex SF 10
SF 12 Esquissez avec soin les spectres bilatéraux d’amplitude et de phase des signaux
Ex SF12a et Ex SF12b. Expliquez les différences apparaissant entre les spectres.
SF 13 À partir du spectre d’une SIT, calculez le spectre d’un signal triangulaire symé-
trique d’amplitude A = 5 V et de période T = 1 ms.
(C)2005 [email protected] 37
1 A NALYSE DES SIGNAUX PÉRIODIQUES
Ex. SF12a
1
x1(t) [V]
0.5
0
−0.2 0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4
1
x2(t) [V]
0.5
0
−0.2 0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4
0.5
x (t) [V]
0
3
−0.5
−0.2 0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4
t [ms]
F IG . 1.35: Ex SF 12a
Ex. SF12b
0.6
0.4
0.2
x (t) [V]
0
4
−0.2
−0.4
0.6
0.4
0.2
x (t) [V]
0
5
−0.2
−0.4
F IG . 1.36: Ex SF 12b
38 (C)2005 [email protected]
1.11 Exercices
Ex. SF14
1
1
0.5 0.8
0.6
x1(t)
x2(t)
0
0.4
−0.5 0.2
0
−1
0 0.5 1 1.5 −1 −0.5 0 0.5 1
t [ms] t [ms]
1
1
0.8
0.8
0.6 0.6
x4(t)
x3(t)
0.4 0.4
0.2
0.2
0
0
0 0.5 1 1.5 −1 −0.5 0 0.5 1
t [ms] t [ms]
F IG . 1.37: Ex SF 14
SF 16 Un filtre passe-bas RC réalisé avec R = 1 [kΩ] et C = 0.1 [µF] est attaqué par un
signal carré u1 (t) de période T = 1 ms et d’amplitude comprise entre 0 et 20 V :
SF 17 Soit un filtre RC passe-bas dont la constante de temps est mal connue. On lui
applique une SIR x(t) d’amplitude A = 10 [V ], de période T = 20 [ms] et de largeur ∆t =
1 [ms].
(C)2005 [email protected] 39
1 A NALYSE DES SIGNAUX PÉRIODIQUES
SF 18 Pour identifier un système linéaire possédant une résonance, on injecte dans celui-
ci une SIR x(t) de période T. La sortie sera donc périodique et son spectre Y ( jk) sera
constitué de raies distantes de 1/T. Afin d’obtenir une image spectrale représentative du
système H( jω), il faut que les raies spectrales soient en nombre suffisant et que le premier
lobe de la SIR couvre le domaine de fréquences désiré (' 10 fres ).
On demande de déterminer les paramètres T et ∆t d’une SIR permettant de mesurer la
réponse harmonique d’un circuit LC-R dont on connaît approximativement les valeurs
L ' 1 mH, C ' 0.1 µF, R ' 20 Ω.
Pour ce faire :
40 (C)2005 [email protected]
1.11 Exercices
(C)2005 [email protected] 41
1 A NALYSE DES SIGNAUX PÉRIODIQUES
Ex. SF23
2 5
4
1
3
x1(t)
x2(t)
0
2
−1
1
−2 0
0 0.5 1 1.5 −1 −0.5 0 0.5 1
t [ms] t [ms]
F IG . 1.38: Ex SF 23
SF 27 La figure Ex SF27 présente une sinusoïde x(t) d’amplitude 10V et une sinusoïde
y(t) saturée à ±9V avec les spectres correspondants. Sachant que les composantes spec-
trales unilatérales fournies par l’analyseur spectral sont les suivantes :
42 (C)2005 [email protected]
1.11 Exercices
k 1 3 5 7 9
Ax (k) [dB] 0.0
Ay (k) [dB] –0.33 –30.0 –33.2 –33.8 –50.7
Ax (k) [V ]
Ay (k) [V ]
5
x(t) et y(t)
−5
Usat = 9[V]
−10
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4 1.6 1.8 2
temps [s] −3
x 10
0
−20
X(f) [dB]
−40
−60
−80
0 1000 2000 3000 4000 5000 6000 7000 8000 9000 10000
−20
Y(f) [dB]
−40
−60
−80
0 1000 2000 3000 4000 5000 6000 7000 8000 9000 10000
frequence [Hz]
F IG . 1.39: Ex SF 27
(C)2005 [email protected] 43
1 A NALYSE DES SIGNAUX PÉRIODIQUES
44 (C)2005 [email protected]
Bibliographie
[1] B.P. Lathy, Linear Systems and Signals, Berkeley-Cambridge Press, Carmichael CA,
1992
[2] A.V. Oppenheim, A.S. Willsky, Signals and Systems, Prentice-Hall, 1983
(C)2005 [email protected] 45
Bibliographie
46 (C)2005 [email protected]
2 A NALYSE DES SIGNAUX NON
PÉRIODIQUES
Le passage d’un signal périodique à un signal apériodique peut se faire en considérant que
la période T devient de plus en plus grande pour tendre vers l’infini. On constate alors que
les raies spectrales distantes de 1/T se rapprochent pour se transformer en spectre continu.
Mais en même temps, l’amplitude de celui-ci diminue pour tendre zéro.
0.1 0.1
0.5
0 0
0
−0.1 −0.1
0 1 2 3 0 5 10 15 0 5 10 15
1
0.2 0.2
0.1 0.1
0.5
0 0
0
−0.1 −0.1
0 1 2 3 0 5 10 15 0 5 10 15
1
0.2 0.2
0.1 0.1
0.5
0 0
0
−0.1 −0.1
0 1 2 3 0 5 10 15 0 5 10 15
temps fréquence fréquence
(C)2005 [email protected] 47
2 A NALYSE DES SIGNAUX NON PÉRIODIQUES
Pour voir plus précisément comment les choses se passent, considérons une suite d’im-
pulsions rectangulaires dont la période augmente alors que la largeur reste constante (fi-
gure 2.1).
Nous savons qu’un signal périodique est décrit par :
+∞
x(t) = ∑ X( jk) exp(+ j2π k f0 t)
k→−∞
Z +T /2
1
X( jk) = x(t) exp(− j2π k f0 t)dt
T −T /2
T → ∞, f0 → d f , k f0 → f , T · X( jk) → X( j f )
A partir de celles-ci, on voit que la série de Fourier discrète devient une fonction continue.
Cette fonction X( j f ) est une densité spectrale d’amplitude qui, par définition, est la
transformée de Fourier du signal apériodique x(t) :
Z +∞
X( j f ) ≡ x(t) exp(− j2π f t)dt
−∞
T → ∞, T · X( jk) → X( j f ), f0 → d f , k f0 → f
Il est important de noter que les unités de X( j f ) ne sont pas les mêmes que celles du
signal original x(t). Dans le cas où x(t) est une tension électrique, sa transformée X( j f )
s’exprime en [V /Hz].
48 (C)2005 [email protected]
2.1 Transformation de Fourier
Les deux relations que nous venons de démontrer constituent les transformations de Fou-
rier directe et inverse. On constate que les descriptions temporelle et spectrale sont par-
faitement symétriques :
Z +∞
x(t) = X( j f ) exp(+ j2π f t) d f (2.1)
−∞
Z +∞
X( j f ) = x(t) exp(− j2π f t) dt (2.2)
−∞
Xi ( f )
∠X( j f ) ≡ α( f ) = arctan (2.5)
Xr ( f )
Dans le cas des signaux non permanents, on prendra garde à parler de leur énergie et non
pas de leur puissance, car celle-ci est nulle si l’on considère une durée infiniment longue.
De manière similaire à ce que l’on a vu pour les signaux périodiques, on peut calculer
l’énergie d’un signal apériodique aussi bien dans le domaine temporel que dans domaine
fréquentiel :
Z +∞
x2 (t) dt
2
W = V s (2.6)
−∞
Z +∞
|X( j f )|2 d f
2
W = V /Hz (2.7)
−∞
L’expression de l’énergie d’un signal x(t) dans le domaine des fréquences entraîne la
définition de la densité spectrale d’énergie Sx ( f ) :
Sx ( f ) ≡ |X( j f )|2 = X( j f ) · X( j f )∗
2
V /Hz2
(2.8)
On notera que ses unités s’expriment en [V 2 /Hz2 ] lorsque le signal est une tension.
(C)2005 [email protected] 49
2 A NALYSE DES SIGNAUX NON PÉRIODIQUES
∆t
0 si |t| > 2
x(t) = (2.9)
∆t
A si |t| ≤
2
il vient :
Z +∆t/2
X( j f ) = A exp(− j2π f t)dt
−∆t/2
+∆t/2
−A
= exp(− j2π f t)
j2π f −∆t/2
∆t ∆t
−A
= exp(− j2π f ) − exp(+ j2π f )
j2π f 2 2
A exp(+ jπ f ∆t) − exp(− jπ f ∆t)
=
πf 2j
on obtient finalement :
50 (C)2005 [email protected]
2.2 Exemples de spectres continus
dx(t)
e) dérivation j2π f X( j f )
dt
1 1
X( j f ) + X(0)δ( f )
Z t j2π f 2
f) intégration x(t)dt
−∞ Z +∞
avec X(0) = x(t)dt
−∞
h(t) ⊗ x(t) H( j f ) · X( j f )
g) convolution
h(t) · x(t) H( j f ) ⊗ X( j f )
Z +∞ Z +∞
h) énergie W= 2
x (t)dt W= |X( j f )|2 d f
−∞ −∞
Z +∞ Z +∞
j) valeurs à l’origine x(t = 0) = X( j f )d f X( f = 0) = x(t)dt
−∞ −∞
sin(π f ∆t)
X( j f ) = A ∆t = A ∆t sinc( f ∆t) ∈ ℜ (2.10)
π f ∆t
Comme on pouvait s’y attendre, la densité spectrale d’amplitude d’une impulsion rectan-
gulaire centrée en t = 0 est bien décrite par un sinus cardinal.
0.8
0.6
x(t)
0.4
0.2
−0.2
−10 −8 −6 −4 −2 0 2 4 6 8 10
temps
2
X(jf)
−1
−1 −0.8 −0.6 −0.4 −0.2 0 0.2 0.4 0.6 0.8 1
fréquence
On remarquera (figure 2.2) que le spectre passe par zéro chaque fois que le sinus cardinal
s’annule, c’est-à-dire, chaque fois que la fréquence est un multiple de 1/∆t.
Le spectre de cette impulsion illustre deux points importants concernant les signaux de
durée limitée (figure 2.3) :
52 (C)2005 [email protected]
2.2 Exemples de spectres continus
10
1
8
0.8
6
0.6
X1(jf)
x1(t)
4
0.4
2
0.2
0
0
−2
−0.2
−10 −5 0 5 10 −5 0 5
10
1
8
0.8
6
0.6
X2(jf)
x2(t)
4
0.4
2
0.2
0
0
−2
−0.2
−10 −5 0 5 10 −5 0 5
temps fréquence
Z +∞
Y(j f) = y(t) exp(− j2π f t)dt
−∞
Z ∞
= A exp(−at) sin(2π f p t) exp(− j2π f t)dt
0
Z ∞
exp(+ j2π f p t) − exp(− j2π f p t)
= A exp(−at) exp(− j2π f t)dt
0 2j
Cette intégrale ne contient que des exponentielles ; elle est très simple à calculer. Après
réduction des deux primitives à un même dénominateur, on obtient :
2π f p
Y(j f) = A ∈C (2.12)
(a + j2π f )2 + (2π f p )2
(C)2005 [email protected] 53
2 A NALYSE DES SIGNAUX NON PÉRIODIQUES
1
A = 1.0
0.5 f = 4.0
p
y(t) a = 0.25
0
−0.5
−1
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
temps
1.5
|Y(jf))|
0.5
0
−10 −5 0 5 10
fréquence
2π f p A
f =0: Y (0) = A 2
' si a 2π f p
a + (2π f p )2 2π f p
A 2π f p A
f = fp : Y ( j f p) = ' si a 2π f p
a a + + j4π f p j2a
on a :
sin(π f ∆t) h t0 t0 i
Z( j f ) = A ∆t exp(+ j2π f ) + exp(− j2π f )
π f ∆t 2 2
54 (C)2005 [email protected]
2.2 Exemples de spectres continus
donc :
sin(π f ∆t)
Z( j f ) = 2 A ∆t cos(π f t0 ) (2.14)
π f ∆t
De plus, par rapport à ce qui va suivre, il est intéressant de considérer également la densité
spectrale d’énergie :
sin(π f ∆t)
2
Sz ( f ) ≡ |Z( j f )| = 2 A ∆t
2
cos(π f t0 ) (2.15)
π f ∆t
1
z(t)
0.5
(a)
0
−10 −8 −6 −4 −2 0 2 4 6 8 10
1
Z(jf)
−1
(b)
−2
−2 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 2
3
S (f)
z
1
(c)
0
−2 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 2
F IG . 2.5: Deux impulsions rectangulaires symétriques (a) avec ses densités spectrales
d’amplitude (b) et d’énergie (c)
Le spectre d’énergie des deux impulsions que l’on vient de calculer montre une grande
similitude avec la figure de diffraction de Fraunhofer due à deux fentes étroites (figure
2.6). En réalité, il s’agit plus que d’une similitude car on montre en physique que toute
figure de diffraction est la transformée de Fourier de l’objet qui en est la cause.
Les spectres spatiaux (ou les figures de diffraction) d’ouvertures circulaire et carrée sont
présentés à la figure 2.7 ; on y reconnaît la fonction sinus cardinal distribuée dans l’espace
des fréquences spatiales fx et fy .
Une illustration des spectres spatiaux des majuscules de l’alphabet est donnée à la fi-
gure 2.8. Quelques instants d’observation montrent qu’il est possible de reconnaître les
(C)2005 [email protected] 55
2 A NALYSE DES SIGNAUX NON PÉRIODIQUES
lettres de l’alphabet simplement à partir des images de diffraction, c’est-à-dire leur trans-
formée de Fourier spatiale. Dans cette figure, seules 20 images de l’alphabet de Fraunho-
fer sont présentées dans l’ordre alphabétique ; les lettres manquantes peuvent être retrou-
vées en essayant de se représenter leur spectre.
Une illustration en est donnée à la figure 2.9. On y voit comment l’extraction de contour
d’une image est obtenue par élimination des basses fréquences. Le filtre spatial est réalisé
optiquement par un masque éliminant la zone centrale (c’est à dire les basses fréquences
spatiales) de la figure de diffraction de l’image analysée.
Afin de mieux saisir les implications de la TF, calculons les transformées de quelques
signaux importants en traitement du signal.
56 (C)2005 [email protected]
2.3 Calcul de quelques transformées
1 1
g(x,y)
g(x,y)
0.5 0.5
0 0
50 50
50 50
0 0
0 0
y −50 −50 x y −50 −50 x
1 1
0.5 0.5
G(f ,f )
G(f ,f )
x y
x y
0 0
−0.5 −0.5
5 5
5 5
0 0
0 0
fy −5 −5 fx fy −5 −5 fx
(C)2005 [email protected] 57
2 A NALYSE DES SIGNAUX NON PÉRIODIQUES
58 (C)2005 [email protected]
2.3 Calcul de quelques transformées
(C)2005 [email protected] 59
2 A NALYSE DES SIGNAUX NON PÉRIODIQUES
4
1
0.8 3
0.6
|X(jf)|
2
x(t
0.4
0.2 1
0
0
0 2 4 6 −2 −1 0 1 2
temps fréquence
1
/ X(jf)
−1
−2
−2 −1 0 1 2
fréquence
d’où :
1
X( j f ) = (2.17)
a + j2π f
Pour illustrer le théorème de l’énergie, calculons l’énergie de ce signal dans le domaine
temporel : Z +∞ Z +∞
2 1
W= x (t) dt = exp(−2at) dt =
−∞ 0 2a
et dans le domaine fréquentiel :
Z +∞ Z +∞
df
W = |X( j f )|2 d f =
−∞ −∞ a2 + (2π f )2
60 (C)2005 [email protected]
2.3 Calcul de quelques transformées
+∞
1 2π f 1
= arctan =
2πa a −∞ 2a
4
1
0.8 3
0.6
|X(jf)|
x(t)
2
0.4
0.2 1
0
0
−6 −4 −2 0 2 4 6 −2 −1 0 1 2
temps fréquence
1
/ X(jf)
−1
−2
−2 −1 0 1 2
fréquence
On a alors :
Z 0 Z ∞
X( j f ) = exp(+at) exp(− j2π f t) dt + exp(−at) exp(− j2π f t) dt
−∞ 0
d’où :
1−0 0−1 2a
X( j f ) = + = 2 (2.19)
a − j2π f −(a + j2π f ) a + (2π f )2
(C)2005 [email protected] 61
2 A NALYSE DES SIGNAUX NON PÉRIODIQUES
Le signal constant unité vaut simplement 1 quelque soit t ∈ (−∞, +∞). Au sens des li-
mites, il peut être décrit à partir de l’exponentielle symétrique :
Ce passage par la limite est nécessaire car le signal constant n’est pas intégrable en valeur
absolue et sa transformée de Fourier ne peut donc pas être calculée à partir de sa définition.
Par contre, partant de l’exponentielle symétrique, on a :
2a 0 si f 6= 0
X( j f ) = lim 2 =
a→0 a + (2π f )2
∞ si f = 0
Ce résultat coïncide avec la définition d’une impulsion de Dirac. La TF d’un signal unité
est donc une impulsion de Dirac située en f = 0 :
X( j f ) = δ( f ) (2.21)
Le calcul de la TF d’un saut unité ε(t) (figure 2.12) nécessite également quelques pré-
cautions, car ce signal n’est pas intégrable en valeur absolue. Mais, constatant que l’on
a:
1 = ε(t) + ε(−t)
et désignant la TF de ε(t) par E( j f ), il vient :
T F{1} = δ( f ) = E( j f ) + E ∗ ( j f ) = 2 Er ( j f )
dont la transformée (équation 2.17) est purement imaginaire et vaut 1/( j2π f ). On obtient
donc finalement :
1 1
E( j f ) = Er ( j f ) + j Ei ( j f ) = δ( f ) + (2.23)
2 j2π f
62 (C)2005 [email protected]
2.3 Calcul de quelques transformées
0.5 1 0
0.5 −1
0 0 −2
−5 0 5 −2 0 2 −2 0 2
1 1 2
0.5 1
Cosinus
0 0.5 0
−0.5 −1
−1 0
−2
−5 0 5 −2 0 2 −2 0 2
1 1 2
0.5 1
Sinus
0 0.5 0
−0.5 −1
−1 0
−2
−5 0 5 −2 0 2 −2 0 2
t f f
F IG . 2.12: Signaux et densités spectrales d’un saut unité, d’un cosinus et d’un sinus
(C)2005 [email protected] 63
2 A NALYSE DES SIGNAUX NON PÉRIODIQUES
2.3.5 Phaseur
Pour calculer sa TF, considérons le fait qu’un phaseur de fréquence f0 peut s’écrire
comme suit :
x(t) = exp(+ j2π f0t) = lim exp(−a |t|) exp(+ j2π f0t) (2.24)
a→0
X( j f ) = δ( f − f0 ) (2.25)
Comme un signal sinusoïdal est constitué de 2 phaseurs conjugués complexes (loi d’Eu-
ler), sa TF comportera 2 impulsions de Dirac située en ± f0 . Plus précisément, on aura :
1 h + j2π f0t i δ( f − f0 ) + δ( f + f0 )
x(t) = cos(2π f0t) = e + e− j2π f0t ←→ X( j f ) = (2.26)
2 2
La première TF est réelle, car la cosinusoïde est paire, alors que la deuxième TF est
imaginaire car la sinusoïde est impaire. On notera que les modules des densités spectrales
sont les mêmes et que seuls diffèrent leurs arguments (figure 2.12).
Parmi les propriétés des transformations de Laplace et Fourier, nous avons vu qu’à un
produit de convolution dans le domaine temporel correspond un produit simple dans le
domaine complexe :
L’inverse de cette proposition est également vraie et elle est très pratique pour calculer
le spectre de signaux modulés en amplitude. Elle s’exprime comme suit. À un produit
simple dans le domaine temporel correspond un produit de convolution dans le domaine
complexe :
y(t) = m(t) · x(t) ⇔ Y ( jω) = M( jω) ⊗ X( jω) (2.29)
64 (C)2005 [email protected]
2.4 Quelques conclusions
y(t) =
0 si |t| ≥ ∆t2
Voyant que ce signal est équivalent à la multiplication d’un sinusoïde permanente par une
impulsion de largeur ∆t, on a :
Sachant que les spectres des signaux x(t) et m(t) valent respectivement
1
X( j f ) = (δ ( f + f0 ) + δ ( f − f0 ))
2
M( j f ) = A ∆t sinc( f ∆t)
et que la convolution entre une fonction et une impulsion de Dirac reproduit la fonction à
l’endroit où se situe l’impulsion, on voit que le spectre de l’impulsion sinusoïdale vaut
A ∆t
Y ( j f ) = M( j f ) ⊗ X( j f ) = (sinc(( f + f0 ) ∆t) + sinc(( f − f0 ) ∆t))
2
On constate ainsi que le spectre d’une impulsion sinusoïdale de durée ∆t est constitué de
deux sinus cardinaux situés en + f0 et − f0 (figure 2.13).
Les définitions des transformées de Fourier et Laplace montrent une forte similitude. On
a en effet : Z +∞
X( j f ) = x(t) exp(− j2π f t)dt
−∞
Z +∞
X(s) = x(t) exp(−st) dt avec s = σ + j2π f
0
(C)2005 [email protected] 65
2 A NALYSE DES SIGNAUX NON PÉRIODIQUES
2
x(t)
m(t)
x(t), m(t), y(t)
1
y(t)
0
−1
−2
−1 −0.8 −0.6 −0.4 −0.2 0 0.2 0.4 0.6 0.8 1
1
X(f), M(f)
0.5
0
−80 −60 −40 −20 0 20 40 60 80
1
Y(f)
0.5
0
−80 −60 −40 −20 0 20 40 60 80
66 (C)2005 [email protected]
2.5 Classification des signaux
Si on a défini des transformations si proches, mais malgré tout distinctes, c’est que tous
les signaux ne sont pas transformables de Fourier et/ou de Laplace. En effet, l’existence
de ces transformations entraînent les restrictions suivantes :
– pour la transformation de Fourier, il faut que le signal soit intégrable en valeur absolue
et que le nombre de ses discontinuités soit fini :
Z +∞
|x(t)| dt < ∞
−∞
autrement dit, il faut que le signal x(t) pondéré par une exponentielle amortie soit inté-
grable en valeur absolue.
Des deux points ci-dessus, il découle que tous les signaux à énergie finie, permanents ou
non, possèdent une transformée de Fourier mais pas nécessairement une transformée de
Laplace. Ainsi en est-il de l’exponentielle symétrique et, au sens des limites, des signaux
périodiques à puissance finie.
Par contre, des signaux démarrant en t = 0 tels qu’une rampe x(t) = a · t ε(t), une para-
bole x(t) = a · t 2 ε(t), ne sont pas transformables de Fourier, alors qu’ils possèdent une
transformée de Laplace.
Il existe d’autre part des signaux qui possèdent les deux transformées ; par exemple, les si-
gnaux amortis démarrant en t = 0. Et d’autres qui n’en possèdent pas du tout ; par exemple
x(t) = a · t pour −∞ < t < +∞.
On trouvera en fin de chapitre une table illustrée des transformées de Fourier tirée de
l’ouvrage de F. de Coulon [2].
Sans entrer dans les détails de la classification des signaux, il faut mentionner que plu-
sieurs approches sont possibles. Parmi celles-ci, on en citera deux :
– la classification phénoménologique qui met l’accent sur le comportement temporel du
signal ;
– la classification énergétique où l’on classe les signaux suivant qu’ils sont à énergie finie
ou à puissance finie.
(C)2005 [email protected] 67
2 A NALYSE DES SIGNAUX NON PÉRIODIQUES
Dans cette classification, on répartit généralement les signaux en deux classes principales
et quatre sous-classes illustrées par la figure 2.14.
Dans les deux classes principales, on trouve :
– les signaux déterministes dont l’évolution temporelle parfaitement définie peut être pré-
dite par un modèle mathématique approprié ;
– les signaux aléatoires qui ont un comportement temporel imprévisible et dont la des-
cription ne peut se faire qu’au travers d’observations statistiques.
Signaux
Déterministes Aléatoires
68 (C)2005 [email protected]
2.5 Classification des signaux
1 1
0.5 0.5
0 0
−0.5 −0.5
−1 −1
−5 0 5 −5 0 5
(a) (b)
1
1
0.5 0.8
0.6
0
0.4
−0.5 0.2
0
−1
−0.2
−5 0 5 −5 0 5
(c) (d)
−1
−5 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 5
(a)
−1
−5 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 5
(b)
−1
−5 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 5
(c)
F IG . 2.16: Trois exemples de signaux aléatoires : (a) bruit blanc, (b) bruit large bande,
(c) bruit non-stationnaire
(C)2005 [email protected] 69
2 A NALYSE DES SIGNAUX NON PÉRIODIQUES
On dira que ce signal est à énergie finie si Wx < ∞. Dans cette catégorie, on rencontre tous
les signaux temporellement éphémères qu’ils soient déterministes ou aléatoires.
La puissance moyenne Px d’un signal x(t) est définie par :
Z +T /2
1
Px ≡ lim x2 (t) dt ≡ Xe2f f (2.31)
T →∞ T −T /2
On notera que cette définition coïncide avec celle du carré de la valeur efficace du si-
gnal x(t). On dira que celui-ci est à puissance finie si Px < ∞. Cette catégorie englobe
les signaux périodiques, quasi-périodiques et les signaux aléatoires permanents. Dans le
cas où le signal est périodique, la durée d’intégration T est prise égale à une période du
signal.
Certains signaux théoriques n’appartiennent à aucune de ces catégories ; c’est le cas, par
exemple, de l’exponentielle x(t) = e−at − ∞ < t < ∞.
Une opération mathématique qui, de par sa forme, est très proche de la convolution est
la fonction de corrélation de deux signaux. Cependant, contrairement à la convolution, le
but de la corrélation est de mesurer le degré de ressemblance de ces signaux et d’extraire
des informations qui, dans une large mesure, dépendent de l’application considérée.
La corrélation est utilisée dans les radars, les sonars, les communications numériques, la
détection de signaux noyés dans du bruit, la mesure de temps de transmission, le GPS
(Global Positioning System), etc.
Dans chaque cas, on dispose de deux fonctions : le signal de référence x(t) et le signal
reçu y(t). Il faut alors trouver une opération mathématique permettant de comparer ces
signaux et d’en mesurer la ressemblance ou corrélation. Ceci se fait simplement en effec-
tuant l’intégrale du produit des signaux que l’on décale progressivement l’un par rapport
à l’autre.
Deux illustrations en sont données dans les figures 2.17 et 2.18. Dans la première, on
compare deux signaux dont la superposition (maximum de ressemblance) apparaît après
un décalage temporel égal à 0.8. Dans la deuxième, on compare un signal chirp (signal
sinusoïdal dont la fréquence varie linéairement avec le temps) avec sa version décalée. On
y voit que la corrélation d’un tel signal avec sa version décalée possède un maximum très
bien défini à l’endroit correspondant au décalage des deux signaux.
Intercorrélation de 2 signaux
Considérant deux signaux x(t) et y(t) à énergie finie, on définit la fonction d’intercorrélation
(fic) comme l’intégrale du produit du signal x(t) avec le signal y(t) décalé d’une valeur
70 (C)2005 [email protected]
2.6 Comparaison des signaux
Exemple de corrélation
1
y(t)
0.5
0
−1 −0.8 −0.6 −0.4 −0.2 0 0.2 0.4 0.6 0.8 1
1
x(t), y(t+τ)
−1
−1 −0.8 −0.6 −0.4 −0.2 0 0.2 0.4 0.6 0.8 1
1
x(t) ⋅ y(t+τ)
−1
−1 −0.8 −0.6 −0.4 −0.2 0 0.2 0.4 0.6 0.8 1
0.1
rxy(+τ)
−0.1
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4 1.6 1.8 2
temps
Exemple de corrélation
1
y(t)
−1
0 0.5 1 1.5 2 2.5 3
1
x(t), y(t+τ)
−1
0 0.5 1 1.5 2 2.5 3
1
x(t) ⋅ y(t+τ)
−1
0 0.5 1 1.5 2 2.5 3
0.4
rxy(+τ)
0.2
0
−0.2
0 0.5 1 1.5 2 2.5 3
temps
(C)2005 [email protected] 71
2 A NALYSE DES SIGNAUX NON PÉRIODIQUES
τ: Z +∞
rxy (τ) = x(t) y(t + τ) dt (2.32)
−∞
Par changement de variable θ = t + τ, on montre que
Z +∞
rxy (τ) = x(θ − τ) y(θ) dθ = ryx (−τ) (2.33)
−∞
On voit ainsi que la fonction rxy (τ) est aussi la version retournée de ryx (τ) autour de
l’ordonnée Oy.
Comme on peut le constater, les fonctions d’intercorrélation
Z +∞
x(t) y(t + τ) dt = rxy (τ)
−∞
et de convolution Z +∞
x(θ) y(t − θ) dθ = x(t) ⊗ y(t)
−∞
sont formellement très proches. On montre qu’elles sont reliées entre elles par :
Cette relation valable dans l’espace temps a bien entendu son équivalent dans l’espace
des fréquences :
Rxy ( j f ) = X ∗ ( j f )Y ( j f ) (2.35)
Dans ce cas, les signaux sont permanents et possèdent une énergie infiniment grande ; on
ne peut donc pas utiliser les définitions précédentes. Pour cette catégorie de signaux, on
redéfinit les deux fonctions de corrélation comme suit :
Z +T /2
1
rxy (τ) = lim x(t) y(t + τ) dt (2.38)
T →∞ T −T /2
72 (C)2005 [email protected]
2.6 Comparaison des signaux
Z +T /2
1
rxx (τ) = lim x(t) x(t + τ) dt (2.39)
T →∞ T −T /2
Il est d’autre part évident que si les signaux sont périodiques, l’intégration se fera sur une
période seulement.
La figure 2.19 illustre des fonctions d’autocorrélation représentatives de quelques signaux
aléatoires. On
h y trouve
i successivement trois signaux dont les puissances sont les mêmes,
2
à savoir 0.2 Ve f f :
– un bruit blanc gaussien : son caractère non prévisible est manifeste et il est confirmé
par l’étroitesse du pic de la fac.
– un bruit à large bande : ce signal a été obtenu en filtrant passe-bas le bruit blanc. Son
contenu spectral moins étendu fait qu’il est raisonnablement possible de prévoir une
valeur future pas trop éloignée. Une mesure de cet horizon de prévision est donnée par
la largeur à mi-hauteur du pic de la fac.
– un bruit à bande étroite : ce signal a été obtenu en filtrant le bruit blanc à l’aide d’un
filtre passe-bande. Son contenu fréquentiel étroit se manifeste par un comportement
oscillant de manière assez régulière. Cette pseudo-périodicité est encore plus facile à
déterminer à l’aide de sa fac : elle se mesure par la distance séparant le pic central du
premier pic latéral.
1. Lorsque le décalage temporel est nul (τ = 0), la fac est égale à l’énergie du signal
pour les signaux à énergie finie :
Z +∞
rxx (0) = x(t)2 dt ≡ Wx (2.41)
−∞
2. Comme la correspondance entre les 2 signaux ne peut pas être aussi forte que
lorsque les signaux se superposent exactement cela entraîne que la fac est maxi-
mum pour un décalage nul. On a donc :
rxx (0) ≥ rxx (τ) (2.42)
(C)2005 [email protected] 73
2 A NALYSE DES SIGNAUX NON PÉRIODIQUES
x(t) rxx(τ)
0.2
1
0.1
0 (a) 0
−0.1
−1
−0.2
−2 −1 0 1 2 −2 −1 0 1 2
0.2
1
0.1
0 (b) 0
−0.1
−1
−0.2
−2 −1 0 1 2 −2 −1 0 1 2
0.2
1
0.1
0 (c) 0
−0.1
−1
−0.2
−2 −1 0 1 2 −2 −1 0 1 2
temps décalage τ
A2
Z +T /2
= sin(ωt + α) sin(ω(t + τ) + α) dt
T −T /2
d’où :
A2
rxx (τ) = cos(ωτ) (2.45)
2
74 (C)2005 [email protected]
2.6 Comparaison des signaux
On remarque ainsi que l’amplitude de cette fac est la puissance A2 /2 du signal x(t)
et que la fac ne nous donne aucune information sur la phase α du signal.
6. Dans le cas d’un signal x(t) perturbé par du bruit n(t), il est possible de retrouver la
fac du signal non perturbé. Considérant y(t) = x(t) + n(t), on a en effet :
Z +T /2
1
ryy (τ) = lim (x(t) + n(t)) (x(t + τ) + n(t + τ)) dt
T →∞ T −T /2
Z +T /2
1
= lim (x(t) x(t + τ) + n(t) n(t + τ) · · ·
T →∞ T −T /2
(C)2005 [email protected] 75
2 A NALYSE DES SIGNAUX NON PÉRIODIQUES
10
x(t) 0
−10
−20
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
30
20
rxx(τ)
10
−5 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 5
0.5
rxx(τ)
−0.5
−1
−5 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 5
décalage τ
1 N−1
rxy [k] = ∑ x[n] y[n + k],
N n=0
kmin ≤ k ≤ kmax (2.49)
Dans le cas où l’on souhaite utiliser toutes les valeurs à disposition, le nombre de points
intervenant dans la somme diminue au fur et à mesure que le décalage augmente. Pour
éviter de biaiser le résultat de la corrélation, on la calcule alors comme suit :
1 N−|k|
rxy [k] = ∑ x[n] y[n + k],
N − |k| n=0
0 ≤ k ≤ N −1 (2.50)
La fonction d’intercorrélation est très souvent utilisée pour détecter la présence d’un mes-
sage et mesurer un temps de propagation. Dans ce but, le signal émis est choisi de manière
à ce que le pic de sa fonction d’autocorrélation soit très bien défini. Les signaux le plus
76 (C)2005 [email protected]
2.7 Exemples de corrélation
souvent utilisé sont les signaux chirp (à fréquence variable au cours du temps) et les sé-
quences binaires pseudo-aléatoires.
Le signal chirp est un signal sinusoïdal dont la fréquence (ou la pulsation) varie linéaire-
ment avec le temps. Il est défini comme suit :
x(t) = A sin(θ(t) + α)
avec Z t
θ(t) = ω(t) dt
0
et
ωmax − ωmin
ω(t) = ωmin + t 0 ≤ t ≤ tmax
tmax
Sa fonction d’autocorrélation possède un maximum très bien défini correspondant à la
puissance du signal qui vaut A2 /2 (figure 2.21).
Signal chirp
1
0.5
x(t)
−0.5
−1
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
temps
0.4
0.3
0.2
rxx(τ)
0.1
−0.1
−0.2
−0.5 −0.4 −0.3 −0.2 −0.1 0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5
décalage
Une séquence binaire pseudo-aléatoire (SBPA) est une succession de valeurs binaires
(généralement ±1) dont la distribution temporelle possède un caractère aléatoire pendant
(C)2005 [email protected] 77
2 A NALYSE DES SIGNAUX NON PÉRIODIQUES
s[n] 0.5
−0.5
−1
0.8
0.6
rss [m]
0.4
0.2
−0.2
−100 −50 0 50 100
décalage m
Comme exemple illustratif, imaginons un système radar avec lequel on désire détecter la
présence ou non d’un avion puis en déduire la distance à laquelle il se trouve.
Le radar émet un signal chirp x(t) et capte en retour l’écho y(t) renvoyé par l’avion (fi-
gure 2.23). S’il n’y a pas d’avion dans la zone couverte par le radar, le signal reçu y(t) est
constitué d’un bruit n(t) seulement. De plus, il est évident que si un avion est présent, le
signal y(t) reçu en retour consiste en une version atténuée, retardée, et fortement bruitée
du signal émis x(t). Ainsi, le signal reçu peut être décrit par :
avec :
– A = une fonction d’atténuation dépendant de la distance et de la forme de l’avion
– td = le temps mis par l’onde pour faire son aller et retour
– n(t) = le bruit additif capté par l’antenne et généré par l’électronique du radar.
Pratiquement, le signal reçu est tellement perturbé par le bruit qu’une analyse visuelle est
incapable de déceler la présence ou l’absence d’un signal réfléchi par l’avion (figure 2.23).
78 (C)2005 [email protected]
2.7 Exemples de corrélation
Signal émis
0.5
−0.5
−1
0 100 200 300 400 500 600 700 800 900 1000
0.1
0.05
−0.05
−0.1
0 100 200 300 400 500 600 700 800 900 1000
Instants n
0.1
0.05
−0.05
−0.1
0 100 200 300 400 500 600 700 800 900 1000
x 10
−3 Intercorrélation en l’abscence de l’avion
5
−1
−2
−500 −400 −300 −200 −100 0 100 200 300 400 500
décalage m
(C)2005 [email protected] 79
2 A NALYSE DES SIGNAUX NON PÉRIODIQUES
0.1
0.05
−0.05
−0.1
0 100 200 300 400 500 600 700 800 900 1000
x 10
−3 Intercorrélation en présence de l’avion
5
−1
−2
−500 −400 −300 −200 −100 0 100 200 300 400 500
Instants n
Les figures 2.24 et 2.25 illustrent le principe de l’utilisation d’un signal chirp pour détecter
un avion et mesurer sa distance. Considérons les deux situations suivantes :
1. Absence d’un avion : Le signal reçu y(t) est fortement atténué et perturbé. Seule
une intercorrélation entre x(t) et y(t) permet de savoir si un avion est présent ou non.
Dans ce dernier cas, aucun pic bien distinct n’apparaît dans le graphe (figure 2.24).
2. Présence d’un avion : Ici, l’intercorrélation fait apparaître un pic très étroit se
dégageant nettement au-dessus du bruit de fond (figure 2.25). On notera que ce pic
est légèrement décalé vers la droite par rapport à la position centrale ; ce décalage
correspond au temps d’aller et retour du signal émis. Une fois ce temps déterminé,
on peut calculer la distance de l’avion par rapport au radar.
80 (C)2005 [email protected]
2.8 Signaux types
x1(t)
0.5
−5 0 5 10 15 20 25
0.5
x2(t)
−0.5
−1
−5 0 5 10 15 20 25
0.5
x3(t)
−0.5
−1
−5 0 5 10 15 20 25
temps
Les signaux déterministes temporaires tels que x1 (t) sont des signaux à puissance moyenne
nulle mais énergie finie. Ils possèdent un spectre continu défini par leur densité spectrale
d’amplitude. Celle-ci n’est autre que la transformée de Fourier du signal :
Z +∞
V
X( j f ) = x(t) exp(− j2π f t) dt [V sec] = (2.51)
−∞ Hz
Leur énergie se calcule soit au niveau temporel
Z +∞
x12 (t) dt
2
Wx = V sec
−∞
V2
Z +∞
Wx = Sx ( f ) d f (2.52)
−∞ Hz
Un signal déterministe permanent, par exemple x2 (t), est un signal périodique dont la
puissance est finie et l’énergie infinie. Sa description spectrale peut se faire grâce à la
(C)2005 [email protected] 81
2 A NALYSE DES SIGNAUX NON PÉRIODIQUES
Pour tous signaux périodiques, on obtient alors une densité spectrale d’amplitude consti-
tuée d’impulsions de Dirac. Ces impulsions correspondent aux raies spectrales du signal
périodique qui, comme on le sait, possède un spectre discret.
Plutôt que de travailler avec les impulsions de Dirac, il est alors plus simple et plus pra-
tique d’en rester à la description bien connue des séries de Fourier
Z +T /2
1
X( jk) = x(t) exp(− j2πk f0 t) dt [V ] (2.55)
T −T /2
Par définition, les signaux aléatoires ne peuvent pas être décrits analytiquement. On peut
cependant tenter de les classer dans une des trois catégories types qui sont :
– les bruits à large bande dans lesquels toutes les fréquences sont présentes à amplitudes
égales (à la limite du bruit blanc) ;
– les bruits à bande limitée dans lesquels les composantes hautes fréquences sont nulles ;
– les bruits colorés dans lesquels toutes les fréquences sont présentes mais avec des am-
plitudes variables.
Une illustration temporelle de ces trois bruits est donnée dans la figure 2.27.
Comme aucune description analytique n’est possible pour les signaux aléatoires, on tente
d’en extraire des propriétés statistiques temporelles en utilisant leurs fonctions d’auto-
corrélation (fac) illustrées à la figure 2.28. On en déduit que la fac du premier signal est
extrêment étroite ; on la modélise par une impulsion de Dirac. La deuxième fac rappelle
une fonction en sinus cardinal. Enfin, la troisième peut être modélisée par une exponen-
tielle décroissante symétrique.
82 (C)2005 [email protected]
2.9 Description des signaux aléatoires
−0.5
−1
−5 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 5
1
(b)
0.5
−0.5
−1
−5 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 5
1
(c)
0.5
−0.5
−1
−5 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 5
t
1
(a)
0.5
−0.5
−5 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 5
1
(b)
0.5
−0.5
−5 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 5
1
(c)
0.5
−0.5
−5 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 5
τ
(C)2005 [email protected] 83
2 A NALYSE DES SIGNAUX NON PÉRIODIQUES
L’observation de la densité spectrale de puissance (figure 2.29) des trois signaux permet
de tirer quelques propriétés et de définir des modèles représentant aussi bien que possible
chacune des trois densités spectrales de puissance.
1
(a)
0.5
0
−5 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 5
1
(b)
0.5
0
−5 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 5
1
(c)
0.5
0
−5 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 5
f
84 (C)2005 [email protected]
2.9 Description des signaux aléatoires
1
(a)
0.5
0
−5 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 5
1
(b)
0.5
0
−5 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 5
1
(c)
0.5
0
−5 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 5
f
Il contient toutes les fréquences de − fmax à + fmax . Sa puissance finie est souvent désignée
par la variance statistique σ2x qui n’est autre que le carré de la valeur efficace Xe2f f du
signal. Ce bruit est alors représenté par
σx
2 h 2i
V
2 fmax si − f max < f < + f max Hz
Rxx ( f ) = (2.60)
0 sinon
Il contient toutes les fréquences de −∞ à +∞. Mais son spectre diminuant avec la fré-
quence, sa puissance σ2x est finie. Un modèle souvent utilisé est le suivant :
σ2x V2
1
Rxx ( f ) = − ∞ < f < +∞ (2.62)
π fc
2
f Hz
1+ fc
(C)2005 [email protected] 85
2 A NALYSE DES SIGNAUX NON PÉRIODIQUES
avec
1
a = 2π fc (2.64)
sec
Il est extrêment fréquent que l’on doive étudier des signaux reliés entre-eux par le passage
au travers d’un système linéaire, par exemple un filtre. Celui-ci étant décrit par sa réponse
impulsionnelle h(t) ou sa réponse fréquentielle H( j f ), les signaux d’entrée x(t) et de
sortie y(t) sont alors reliés entre eux par les relations bien connues :
Z +∞
y(t) = h(θ) x(t − θ) dθ (2.65)
−∞
Y ( j f ) = H( j f ) X( j f ) (2.66)
où X( j f ) et Y ( j f ) sont les densités spectrales d’amplitude des signaux x(t) et y(t).
Corrélation
entrée rxx (τ) Rxx ( f )
système h(τ) H( j f )
sortie rxy (τ) Rxy ( j f )
relation rxy (τ) = h(τ) ⊗ rxx (τ) Rxy ( j f ) = H( j f ) · Rxx ( f )
Densités spectrales
Ryy ( f ) = |H( j f )|2 Rxx ( f )
86 (C)2005 [email protected]
2.11 Énergie et puissance des signaux
on montre aisément que les densités spectrales de puissance sont reliées entre elles par la
relation suivante :
Ryy ( f ) = |H( j f )|2 Rxx ( f ) (2.69)
On peut également montrer que si x(t) et y(t) sont reliés entre eux par h(t), le produit de
convolution s’applique aux fonctions de corrélation et l’on a :
Z +∞
rxy (τ) = h(θ) rxx (τ − θ) dθ (2.70)
−∞
Rxy ( f ) = H( j f ) Rxx ( f ) (2.71)
Le tableau 2.2 réunit les relations existant entre les signaux, les fonctions de corrélation
et les densités spectrales.
Suivant les caractéristiques des signaux, on calculera leur puissance P ou leur énergie W.
Ce calcul peut, bien entendu, se faire dans le domaine temporel :
Z +T /2
1
x2 (t)dt V 2
P = lim (2.72)
T →∞ T −T /2
Z +T /2
x2 (t)dt V 2 s
W = lim (2.73)
T →∞ −T /2
ou dans celui des fréquences :
Z +∞ 2
P= R( f ) d f V (2.74)
−∞
V2
Z +∞
W= S( f ) d f (2.75)
−∞ Hz
où R( f ) [V 2 /Hz] est la densité spectrale de puissance et S( f ) [V 2 /Hz2 ] est la densité
spectrale d’énergie.
Reprenons les signaux de la figure 2.26 et calculons leur puissance ou leur énergie dans
le domaine temporel.
Signal temporaire
Soit x1 (t) = A exp(−at) ε(t) ; sa puissance moyenne est nulle et son énergie finie :
Z +T /2
1
P1 = lim x12 (t) dt = 0
T →∞ T −T /2
A2 A2 τ V2
Z +T /2
W1 = lim x12 (t) dt = = <∞ (2.76)
T →∞ −T /2 2a 2 Hz
(C)2005 [email protected] 87
2 A NALYSE DES SIGNAUX NON PÉRIODIQUES
Soit x2 (t) = A signe(sin(2π f0t)) ; sa puissance est finie et son énergie infini :
Z +T /2
1
x22 (t) dt = A2 < ∞ V 2
P2 = lim (2.77)
T →∞ T −T /2
Z +T /2
W2 = lim x22 (t) dt → ∞
T →∞ −T /2
Un signal aléatoire et permanent possède une puissance finie et une énergie infinie :
Z +T /2
1
x32 (t) dt = X3,e ff <∞ V
2
2
P3 = lim (2.78)
T →∞ T −T /2
Z +T /2
W3 = lim x32 (t) dt → ∞
T →∞ −T /2
Reprenant les signaux de la figure 2.26 et connaissant leur densité spectrale de puissance
ou d’énergie, on peut calculer leur puissance ou énergie dans le domaine fréquentiel.
Signal temporaire
A2 A2 V2
Z +∞ Z +∞
W1 = S1 ( f ) d f = d f = (2.80)
−∞ −∞ a2 + (2π f )2 2a Hz
+∞
∆t sin(kπ f0 ∆t) 2
Z +∞
R2 ( f ) d f = ∑ A = A2 Ve2f f
P2 = (2.82)
−∞ −∞ T kπ f0 ∆t
88 (C)2005 [email protected]
2.12 Temps, spectres et statistique des signaux
Grâce aux modèles que l’on s’est donné pour décrire les signaux aléatoires (section 2.8.3),
on peut calculer la puissance du signal x3 (t) :
Z +∞
2
2
P3 = R3 ( f ) d f = X3,e ff Ve f f (2.83)
−∞
Des graphes illustrants ces trois bruits ainsi que les fonctions d’autocorrélation et les
densités spectrales de puissance correspondantes sont présentés dans les figures à 2.27 à
2.30.
(C)2005 [email protected] 89
2 A NALYSE DES SIGNAUX NON PÉRIODIQUES
90 (C)2005 [email protected]
2.13 Quelques exemples
Exemple 1 :
On applique une exponentielle décroissante u1 (t) = U0 exp(−at)ε(t) à un filtre passe-
bande idéal.
Solution :
(C)2005 [email protected] 91
2 A NALYSE DES SIGNAUX NON PÉRIODIQUES
Exemple 2 :
Un opérateur vous informe qu’il a mesuré à la sortie d’un amplificateur un bruit large
bande dont la valeur efficace vaut U1,e f f = 0.1 [Ve f f ].
Solution :
92 (C)2005 [email protected]
2.13 Quelques exemples
Exemple 3 :
À la sortie d’un amplificateur dont la bande passante est de 100 [kHz], on mesure un bruit
de 0.1 [Ve f f ]. On filtre ce bruit avec un filtre RC passe-bas réalisé avec R = 1.6 [kΩ] et
C = 100 [nF].
Solution :
(C)2005 [email protected] 93
2 A NALYSE DES SIGNAUX NON PÉRIODIQUES
Exemple 4 :
On applique une impulsion de tension d’amplitude E et de largeur ∆t à un filtre passe-
bande LC-R caractérisé par sa fréquence de résonance f0 et son facteur de qualité Q0 .
Admettant que la largeur de l’impulsion est beaucoup plus petite que les temps caracté-
ristiques du filtre :
Solution :
94 (C)2005 [email protected]
2.14 Table illustrée de quelques transformées de Fourier
(C)2005 [email protected] 95
2 A NALYSE DES SIGNAUX NON PÉRIODIQUES
96 (C)2005 [email protected]
2.14 Table illustrée de quelques transformées de Fourier
(C)2005 [email protected] 97
2 A NALYSE DES SIGNAUX NON PÉRIODIQUES
2.15 Exercices
1.5
x(t)
0.5
−8 −6 −4 −2 0 2 4 6 8
temps [msec]
1
x(t)
−1
−400 −200 0 200 400 600
1
y(t)
0.5
0
−400 −200 0 200 400 600
1
z(t)
0.5
0
−400 −200 0 200 400 600
temps [msec]
TF 3 Partant de la TF d’une impulsion et d’un saut unité, trouvez celle de z(t) (fi-
gure 2.33). Est-il possible de trouver Z( j f ) à partir de Y ( j f ) ? Vous pouvez vérifier votre
résultat en calculant Z( j f = 0) qui doit être égal à ∆t/2.
98 (C)2005 [email protected]
2.15 Exercices
TF 6
fréquence temps
4 X( j f ) est continu
(C)2005 [email protected] 99
2 A NALYSE DES SIGNAUX NON PÉRIODIQUES
1 (a) 1
(b)
0.5
0 0.5
−0.5
−1 0
−6 −4 −2 0 2 4 6 −6 −4 −2 0 2 4 6
1 (c) 1 (d)
0.5 0.5
0 0
−0.5 −0.5
−1 −1
−6 −4 −2 0 2 4 6 −6 −4 −2 0 2 4 6
1 1 (f)
(e)
0.5
0.5 0
−0.5
0 −1
−6 −4 −2 0 2 4 6 −6 −4 −2 0 2 4 6
0.8
0.6
x(t)
0.4
0.2
−2 −1 0 1 2 3 4
5. temps [msec]
TF 10 Soit un message m(t) = A cos(2π f1t) modulé en amplitude par une porteuse si-
nusoïdale p(t) = sin(2π f0t) :
1. calculez la TF du signal modulé x(t) = m(t) · p(t) = A sin(2π f0t) · cos(2π f1t) ;
2. esquissez le spectre du signal modulé |X( j f )| si f1 = 10 [kHz] et f0 = 800 [kHz] ;
3. idem 2) lorsque le signal m(t) possède un spectre continu |M( j f )|triangulaire et
non-nul entre 2 [kHz] et 10 [kHz].
TF 11 Soit le signal :
U0 cos(2π f0t) si |t| ≤ t0
u(t) =
0 si |t| > t0
1. esquissez u(t) ;
2. calculez sa TF U( j f ) ;
3. esquissez |U( j f )| pour U0 = 1 [V ], T = 1/ f0 = 1 [msec], t0 = 10 [msec].
Ce signal correspond à l’observation d’une fonction sinusoïdale pendant une durée finie
2t0 . On remarquera, une fois le calcul effectué, que l’analyse spectrale d’une sinusoïde
pendant une durée finie revient à remplacer les raies spectrales situées en f = ± f0 par la
fonction sinus cardinal.
TF 12 Soit la fonction :
1 T
2 [1 − cos(2π f 0t)] si |t| ≤ 2
u(t) =
T
0 si |t| >
2
1. esquissez u(t) ;
2. calculez sa TF U( j f ) ;
3. esquissez U( j f ) et la TF d’une impulsion rectangulaire de même durée ;
4. observez les différences.
TF 14 Montrez qu’un produit simple dans l’espace des fréquences correspond à un pro-
duit de convolution dans l’espace temps :
Z +∞
Y ( j f ) = X( j f ) · H( j f ) ⇔ y(t) = x(t) ⊗ h(t) = x(θ)h(t − θ)dθ
−∞
Pour démontrer ce résultat important et bien connu, vous pouvez d’abord exprimer la TFI
de Y ( j f ) :
Z +∞ Z +∞
y(t) = Y ( j f )exp(+ j2π f t)d f = H( j f )X( j f )exp(+ j2π f t)d f
−∞ −∞
1. esquissez H( j f ) ;
2. calculez, puis esquissez h(t) ;
3. ce signal correspond à la réponse impulsionnelle du filtre décrit par H( j f ); ce filtre
est-il réalisable ? pourquoi ?
1. esquissez U( j f ) ;
2. calculez puis esquissez u(t) ;
3. que vaut sa puissance ?
1. avant de vous lancer dans les calculs, esquissez u1 (t) et imaginez ce que peut être
u2 (t) ;
2. calculez la tension de sortie du filtre.
La marche à suivre est la même que celle utilisée avec la transformation de Laplace :
décomposition en somme de fractions simples puis recherche des coefficients par identi-
fication avec des transformées connues.
−4
x 10
20
15
10 1/2 1/2
X(jf)
−5
−4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4
fréquence [kHz]
1 Si
le calcul de l’intégrale définie nécessaire pour obtenir l’énergie vous paraît trop difficile, essayez la
démarche suivante :
a) esquissez la fonction à intégrer ;
b) estimez des limites raisonnables pour la valeur de l’énergie ;
c) à l’aide d’un petit programme (une douzaine de lignes), intégrez numériquement la densité spectrale
d’énergie. Si le nombre de pas est suffisant, le résultat obtenu sera tout à fait satisfaisant.
on demande :
1. esquissez x(t) ;
2. calculez sa fonction d’autocorrélation pour les valeurs particulières suivantes
τ = 0, ±∆t, ±2∆t ;
3. esquissez la fonction rxx (τ), −∞ < τ < +∞.
Remarque Le calcul de la troisième fonction n’est pas simple ; sans entrer dans le détail
des calculs, imaginez comment vous devriez vous y prendre pour le faire.
Corr 3 Calculez la fonction d’intercorrélation des signaux x(t) et h(t) de l’exercice CV2.
Avant de vous lancer dans les calculs, imaginez où se situera le maximum de la fonction.
Esquissez le résultat de l’intercorrélation.
Ex.CR4
1
h1(t)
0.5
0
−5 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 5
1
h2(t)
0.5
0
−5 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 5
0.4
r21(τ)
0.2
−5 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 5
temps [∆t]
Remarque Pour donner une idée de ce que représente l’approche analytique, voici le
calcul de la partie la plus simple correspondant au décalage avancé de h1 (t + τ) avec τ
compris entre 0 et ∆t.
Comme l’on a : Z +∞
r21 (τ) = h2 (t) h1 (t + τ) dt
−∞
t +τ
A
h2 (t) = t h1 (t + τ) = A 1 −
∆t ∆t
Corr 5
n ··· 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 ···
x(n) 0 0 0 0 0 0 1 2 3 4 0 0 0 0 0 0 0
y(n) 0 0 0 0 0 0 0 0 4 3 2 1 0 0 0 0 0
4
x(n)
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20
4
y(n)
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20
30
20
rxy(m)
10
0
−10 −8 −6 −4 −2 0 2 4 6 8 10
n, m
[1] B.P. Lathy, Linear Systems and Signals, Berkeley-Cambridge Press, Carmichael CA,
1992
[2] F. de Coulon, Théorie et traitement des signaux, Presses polytechniques romandes,
Lausanne, 1984
[3] M. Alonso, E.J. Finn, Physique générale : champs et ondes, Editions pédagogiques,
Montréal, 1970
1
δTe (t) ←→ δf ( f) (3.3)
Te e
– la TF d’une impulsion rectangulaire de largeur ∆t est un sinus cardinal
sin(π f ∆t)
rect(t/∆t) ←→ ∆t = ∆t sinc( f ∆t) (3.4)
π f ∆t
Un signal analogique x(t) et sa densité spectrale X( j f ) sont reliés entre eux par les rela-
tions : Z +∞
X( j f ) = x(t) exp(− j2π f t)dt [V · sec] (3.5)
−∞
Z +∞
x(t) = X( j f ) exp(+ j2π f t) d f [V ] (3.6)
−∞
Ces transformations directe et inverse montrent à l’évidence, la parfaite symétrie qui relie
les espaces temps et fréquence (figure 3.1.a). A cette symétrie correspond la propriété
suivante :
On considère ici que le signal continu x(t) est échantillonné tous les multiples de la pé-
riode d’échantillonnage Te . On obtient alors un signal discret x[n] = x(t = nTe ) (figure
3.1.c). Mathématiquement, cette opération d’échantillonnage est équivalente à une multi-
plication du signal x(t) par un peigne d’impulsions de Dirac distantes de Te :
Dans l’espace fréquentiel, le peigne de Dirac temporel δTe (t) devient un peigne de Dirac
périodique fe (figure 3.1.b).
1
∆( f ) ≡ T F{δTe (t)} = δf ( f) (3.8)
Te e
Comme le produit simple dans l’espace temps conduit à un produit de convolution entre
les spectres X(jf) et ∆( f ) (figure 3.1.c), on constate que :
Z + fe /2
x[n] = Xe ( j f ) exp(+ j2π f nTe ) d f [V ], −∞ < n < +∞ (3.10)
− fe /2
Dans le cas où l’on désire traiter numériquement un signal, le nombre de valeurs x[n] ne
peut pas être infiniment grand. On est donc contraint à ne prendre en compte qu’une partie
du signal original. Mathématiquement, cette opération de troncation revient à multiplier
le signal x(t) par une fenêtre rectangulaire w(t) de largeur T (figure 3.1.d).
À cette multiplication dans l’espace temps correspond un produit de convolution dans
l’espace des fréquences entre le spectre du signal X( j f ) et le spectre en sinus cardinal de
la fenêtre w(t). Il en résulte une déformation du spectre original causée par les ondulations
du sinus cardinal (figure 3.1.e).
Le signal x(t) est enregistré pendant une durée finie T en échantillonnant N valeurs du
signal x(t). On a donc T = N · Te .
La suite de valeurs discrètes xN [n] ainsi obtenue sera énumérée avec le compteur temporel
n compris entre 0 et N − 1 et le spectre du signal tronqué se calcule alors comme suit :
N−1
Xe,N ( j f ) = Te ∑ xN [n] exp(− j2π f nTe) [V · sec]
n=0
Il est bien clair que les N valeurs temporelles peuvent s’obtenir par transformation inverse
de Xe,N ( j f ) :
Z + fe /2
xN [n] = Xe,N ( j f ) exp(+ j2π f nTe )d f [V ], 0 ≤ n ≤ N − 1
− fe /2
Remarque :
Par la suite, aucune distinction ne sera faite entre xN [n] et x[n] d’une part, et Xe,N ( j f ) et
Xe ( j f ) d’autre part, car le contexte permettra toujours de savoir si la longueur N de la
suite considérée est finie ou non et les 2 relations ci-dessus s’écriront :
N−1
Xe ( j f ) = Te ∑ x[n] exp(− j2π f nTe) [V · sec] (3.11)
n=0
Z + fe /2
x[n] = Xe ( j f ) exp(+ j2π f nTe )d f [V ] (3.12)
− fe /2
Cette discrétisation de la fréquence n’est rien d’autre qu’un échantillonnage dans le do-
maine spectral et les résultats des opérations d’échantillonnage et de multiplication vues
plus haut pour l’espace temps s’appliquent également dans l’espace des fréquences (fi-
gure 3.1.f et 3.1.g) et conduisent à la propriété suivante :
1 N−1
j2πkn
x[n] = ∑ X[ jk] exp + N
NTe k=0
[V ] 0 ≤ n ≤ N − 1 (3.16)
Comme les domaines temporel et fréquentiel sont discrétisés avec le même nombre de
points N, on peut noter les points suivants.
Une illustration des relations existant entre les domaines temporel et fréquentiel est don-
née dans la figure 3.2.
Dans ce qui précède, on a constamment vu apparaître un phaseur faisant intervenir l’ar-
gument ± j2π n f Te :
exp (± j2π n f Te )
Il est donc naturel de chercher à alléger l’écriture en définissant la pulsation numérique
ou normalisée Ω qui s’exprime en radians (figure 3.2) :
f
Ω ≡ 2π f Te = 2π [rad] (3.24)
fe
Comme le spectre de base est compris entre ± fe /2, on voit que la pulsation normalisée
prendra ses valeurs entre ±π et que les transformations de Fourier s’écrivent :
+∞
Xe ( jΩ) = Te ∑ x[n] exp(− jnΩ) [V · sec] (3.25)
n=−∞
Z +π
1
x[n] = Xe ( jΩ) exp(+ jnΩ)dΩ [V ] (3.26)
2π −π
En observant les relations (3.15) et (3.16), on constate que, mis à part le changement de
signe du phaseur et les coefficients précédant la somme, les calculs du spectre X[ jk] ou
du signal x[n] se font de la même manière. Ceci conduit à définir les algorithmes des
transformations de Fourier discrètes directe ou inverse comme suit :
N−1
j2πkn
XD [ jk] ≡ ∑ x[n] exp − [V ] 0 ≤ k ≤ N − 1 (3.27)
n=0 N
x(t), x[n]
T = N∆t
∆t=Te
T t = n∆t
0 N-1
N∆t t
0 ∆t tmax = T
∆f fmax = fe
0 N∆f f
|Xe(jf)|, |X[jk]|
fe = N ∆f
∆f
fe /2 fe f = k∆f
0 N-1
1/2 1 f / fe
0 π 2π Ω
N−1
j2πkn
xD [n] ≡ ∑ XD [ jk] exp + [V ] 0 ≤ n ≤ N − 1 (3.28)
k=0 N
La comparaison des équations 3.27 et 3.15, ainsi que 3.28 et 3.16 montre que les résultats
de la TFD sont reliés aux spectres et signaux réels par les relations suivantes :
xD [n]
x[n] = (3.30)
N
Nous avons vu que le passage de la TF à la TFD peut modifier de manière sensible les
résultats de l’analyse spectrale à cause de la troncation. Par contre, si le signal temporel
x(t) est périodique, on peut se trouver dans la situation idéale où les raies spectrales du
signal xT (t) sont en parfaite coïncidence avec les raies analysées par la TFD. Pour remplir
cette condition, il suffit d’enregistrer très exactement une ou plusieurs périodes du signal
temporel.
En comparant les définitions de la décomposition en série de Fourier :
Z +T /2
1 j2πkt
XSF [ jk] = xT (t) exp − dt [V ] (3.31)
T −T /2 T
+∞
j2πkt
xT (t) = ∑ XSF [ jk] exp + [V ] (3.32)
k=−∞ T
avec celles de la TFD (équations 3.27 et 3.28 ), on voit alors apparaître les relations
suivantes :
XD [ jk]
XSF [ jk] = (3.33)
N
xD [n]
xT (t = nTe ) = (3.34)
N
de longueur 1000, conduit à calculer 1’000’000 de sinus et cosinus suivis d’une addition
et d’une multiplication ; les temps de calcul deviennent très vite prohibitifs..
L’algorithme de la FFT utilise le fait que l’opération de la TFD globale peut être décompo-
sée en la TFD de séquences de plus en plus courtes. Il en découle alors que le nombre total
d’opérations est bien inférieur à celui imposé par la simple application de l’algorithme de
la TFD. En contrepartie, le nombre de points analysés N doit être une puissance de 2. Le
nombre d’opérations demandées par le nouvel algorithme est alors fortment diminué et il
vaut
Nop ' N log2 (N) (3.35)
Ainsi, pour transformer 1024 points, le nouvel algorithme demande environ cent fois
moins de temps que la TFD :
N 1024
= = 102.4
log2 (N) 10
Il ne faut pas se méprendre sur la signification de la FFT : l’algorithme FFT n’est pas une
nouvelle transformation. Ce n’est rien d’autre qu’un moyen rapide d’obtenir les mêmes
résultats que ceux fournis par la TFD. Différents algorithmes de FFT sont présentés dans
le livre de Burrus et Parks [3].
Il est important de bien comprendre que, dans toute analyse numérique des signaux, on
est contraint d’enregistrer une durée finie du signal et que cette durée finie peut conduire
à des effets indésirables lors de l’analyse.
On a vu que la FFT travaille sur un bloc complet d’échantillons considéré comme pério-
dique. Cela ne pose aucun problème dans le cas d’un signal transitoire si celui a le temps
de revenir à 0 avant la fin de l’enregistrement. Par contre, dans le cas de signaux per-
manents, les choses peuvent se compliquer sensiblement. Pour le voir, considérons deux
situations pouvant apparaître lors de l’enregistrement d’un signal périodique tel qu’une
sinusoïde.
Dans ce cas, la FFT analyse un signal qui possède une transition brusque au raccordement
du début et de la fin de l’enregistrement. Cette transition possède un contenu spectral
hautes-fréquences qui peut masquer une partie du spectre réel.
La figure 3.3b montre un enregistrement contenant 10.25 périodes d’une onde sinusoïdale
permanente d’amplitude 1 et de période1 ms. Dans ce cas, le signal enregistré, considéré
périodique par la FFT, ne coïncide pas avec le signal réel (une sinusoïde permanente)
et son spectre s’étale dans tout le domaine spectral. Cette dispersion de la puissance du
signal dans tout le domaine fréquentiel porte le nom d’étalement spectral.
Pour éviter ces effets de bords, il faut s’attacher à enregistrer exactement un nombre entier
de périodes du signal et, dans le cas où cela n’est pas possible, il faut ramener les deux
bords à une valeur identique à l’aide d’une fenêtre qui modifie aussi peu que possible le
spectre réel.
0.5 0.5
x(t)
0 0
−0.5 −0.5
−1 −1
0 2 4 6 8 10 0 2 4 6 8 10
temps [ms] temps [ms]
0 0
−20 −20
XdB (f)
−40 −40
−60 −60
−80 −80
0 2 4 6 8 10 0 2 4 6 8 10
fréquence [kHz] fréquence [kHz]
Les fenêtres utilisées en analyse spectrale sont nombreuses et elles ont été étudiées exten-
sivement par F.J. Harris [2]. On se contente ici de mentionner les quatre fenêtres le plus
fréquemment appliquées à l’enregistrement d’un signal. Elles sont définies comme suit :
Fenêtre rectangulaire
wr [n] = 1 pour 0≤n<N (3.36)
Fenêtre de Hann
n
wc [n] = 0.5 1 − cos 2π pour 0≤n<N (3.37)
N
Fenêtre de Hamming
n
wh [n] = 0.54 − 0.46 cos 2π pour 0≤n<N (3.38)
N
Fenêtre de Blackman
n n
wb [n] = 0.42 − 0.5 cos 2π + 0.08 cos 4π pour 0≤n<N (3.39)
N N
Pour bien saisir l’effet des fenêtres dans le domaine spectral, on considère ici les deux si-
tuations présentées plus haut auxquelles on appliquera les fenêtres de Hann, de Hamming
et de Blackman (figure 3.5).
Le nombre de périodes enregistrées est un entier Dans ce cas idéal (figure 3.5a), on
peut relever quelques différences spectrales légères.
1. Les raies spectrales du signal original sont également présentes quelle que soit la
fenêtre choisie.
2. Grâce au maintien d’une légère discontinuité temporelle, la fenêtre de Hamming
offre les raies spectrales les plus étroites.
3. La fenêtre de Blackman qui est la plus étroite temporellement, fournit, comme at-
tendu, des raies spectrales plus larges.
Rectangle Hann
1 1
0.8 0.8
0.6 0.6
wc(t)
wr(t)
0.4 0.4
0.2 0.2
0 0
Hamming Blackman
1 1
0.8 0.8
0.6 0.6
wh(t)
wb(t)
0.4 0.4
0.2 0.2
0 0
0 0 0
−1 −1 −1
0 5 10 0 5 10 0 5 10
temps [ms] temps [ms] temps [ms]
0 0 0
0 0 0
−1 −1 −1
0 5 10 0 5 10 0 5 10
temps [ms] temps [ms] temps [ms]
0 0 0
F IG . 3.5: Effet des fenêtres d’observation avec : (a) 10 périodes entières ; (b) 10.25 pé-
riodes
1. la fenêtre de Hann fournit un spectre tout à fait satisfaisant, quoique un peu large à
sa base ;
2. la fenêtre de Hamming fournit un spectre étroit mais, à cause de l’étalement spectral
résiduel, elle ne permet pas de voir les 2 autres composantes spectrales ;
3. la fenêtre de Blackman donne le meilleur résultat : un spectre bien défini sans éta-
lement spectral.
Le choix d’une fenêtre est un compromis entre une bonne définition spectrale (spectre
étroit) et un étalement spectral aussi faible que possible (douceur de la fenêtre). Qualita-
tivement, leurs caractéristiques peuvent être résumées comme suit.
1. La fenêtre rectangulaire ne modifie pas l’enregistrement ; c’est celle que l’on uti-
lisera dans le cas de signaux transitoires ou non permanents et, dans le cas de
signaux périodiques, lorsque l’on est sûr que le nombre de périodes enregistrées est
un entier.
2. La fenêtre en cosinus, dite de Hann, est mathématiquement la plus simple et elle
offre de bons résultats dans le cas de composantes spectrales pas trop proches.
3. La fenêtre en cosinus relevé, dite de Hamming, n’élimine pas complètement l’éta-
lement spectral. Elle offre en contre partie une meilleure définition spectrale mais
ne permet pas de voir des composantes spectrales de faibles amplitudes.
4. La fenêtre de Blackman, constituée de deux cosinus, atténue très fortement les effets
de bord et permet ainsi de bien distinguer des raies spectrales proches et de faibles
amplitudes.
Données On considère ici un signal temporel fortement bruité (SNR ' 0 dB) qui
semble contenir une oscillation périodique dont on souhaite connaître la teneur.
Te = 20 µs T = 20 ms
1 1 1
fN = fe = = 25 kHz ∆f = = 50 Hz
2 2 Te T
1 1
|X (jf)|
0 0
0 5 10 15 20 25 0 1 2 3 4 5
f [kHz] f [kHz]
% lecture de l’enregistrement
enreg = load(’enreg.txt’) ;
tt = enreg( :,1) ;
xt = enreg( :,2) ;
Xdc = mean(xt)
Xac = std(xt)
% analyse temporelle
Npts = length(xt) ;
dt = tt(2) - tt(1)
duree = Npts * dt
% analyse spectrale
df = 1/duree, fmax = 1/dt
ff = 0 :df :fmax-df ;
Xjf = fft(xt)/Npts ;
% spectre unilatéral
Ndemi = round(Npts/2) ;
ffu = ff(1 :Ndemi) ;
Xjfu = 2*Xjf(1 :Ndemi) ;
Xjfu(1) = Xjf(1) ; % composante DC
Données Afin d’analyser et illustrer les résultats fournis par la TFD, on considère ici
un signal connu
A1 = 1 A2 = −0.8 A3 = 0.5
et de fréquences harmoniques
f1 = 50 Hz f2 = 150 Hz f3 = 250 Hz
Ce signal original est perturbé par un bruit important (SNR ' +5 dB). Le but de cet
exemple est de montrer que, malgré la présence d’un fort bruit, il est possible de retrouver
le signal original.
0.25
2
0.2
0 0.15
0.1
−2
0.05
−4 0
0 50 100 150 200 0 100 200 300 400 500
temps [ms] fréquence [Hz]
2 2
0 0
−2 −2
−4 −4
0 50 100 150 200 0 50 100 150 200
temps [ms] temps [ms]
Analyse temporelle L’enregistrement du signal bruité a été fait avec une période d’échan-
tillonnage Te = 0.2 ms et il a une durée T = 210 ms (figure 3.8a). Ceci permet de prévoir
que le domaine des fréquences est caractérisé par :
– la fréquence de Nyquist
fe
fN = = 2500 Hz
2
– la définition spectrale
1 1
∆f = = = 4.76 Hz
T 210 ms
On notera que la durée d’analyse T = 210 ms conduit à une définition spectrale ∆ f =
4.76 Hz qui n’est pas un sous-multiple des composantes spectrales. Cela fait que l’on sera
dans l’impossibilité de trouver la valeur exacte des fréquences originales. Idéalement, on
aurait dû prendre une durée de 200 ms permettant ainsi d’avoir une définition spectrale de
5 Hz.
Analyse spectrale L’observation du spectre (figure 3.8b) montre que les trois raies
spectrales sont bien visibles. Mais, on doit cependant constater que ces raies se sont dé-
doublées à cause de la définition spectrale non-entière et de l’utilisation de la fenêtre
d’observation.
Les fréquences mesurées à ±2.4 Hz près sont
A11 = 0.453 A12 = 0.432 α11 = −0.151 rad α12 = +2.98 rad
A21 = 0.368 A12 = 0.334 α21 = −2.87 rad α22 = −0.275 rad
A31 = 0.198 A12 = 0.185 α31 = +0.372 rad α32 = −2.65 rad
avec
Ak = 2 |X( jk)| αk = ∠X( jk)
Malgré l’effet de la fenêtre d’observation utilisée avant d’effectuer la FFT et le fait qu’il y
ait six fréquences au lieu de trois, le signal ainsi extrait (figure 3.8c) reproduit assez bien
l’allure du signal original (figure 3.8d).
% signal bruité
yt = xt+nt ;
Npts = length(yt) ;
% reconstruction
xtr = zeros(size(yt)) ;
for kn = 1 :Nraies
Xrjf = Yjf(kf(kn)) ; fr = ff(kf(kn)) ;
xtr = xtr + Xrjf*exp(+j*2*pi*fr*tt) + Xrjf’*exp(-j*2*pi*fr*tt) ;
end ;
3.8.1 Données
1
x(t)
−1
−2
0 0.005 0.01 0.015 0.02 0.025 0.03
1
x(t)
−1
−2
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4 1.6 1.8 2
1
x[n]
−1
−2
0 0.005 0.01 0.015 0.02 0.025 0.03
temps [sec]
Le signal x(t) observé à l’oscilloscope (figure 3.10a) apparaît comme un sinusoïde carac-
térisée par son amplitude A ' 1V et sa période T0 ' 3.5 msec. Cependant, une observa-
tion de plus longue durée (figure 3.10b) montre un phénomène de battement de période
Tb ' 0.45 sec ou de fréquence
1
fb = ' 2.2 Hz
Tb
On en déduit que ce signal est composé d’au moins 2 sinusoïdes d’amplitudes fort diffé-
rentes (car la variation d’amplitude de x(t) est faible) et de fréquences très proches :
1
f1 ' ' 285 Hz f2 = f1 ± fb ' 285 ± 2 Hz
T0
T0
∆t ≡ Te ' = 0.35 msec ' 0.2 msec
10
et on en déduit la fréquence d’échantillonnage
1
fe = = 5 kHz
∆t
La figure 3.10c présente une partie du signal numérique ainsi acquis.
Comme il faut pouvoir distinguer deux raies distantes de fb ' 2 Hz, on choisira une défi-
nition spectrale suffisamment fine
fb
∆f ' = 0.5 Hz
4
Sachant que la résolution fréquentielle est inversement proportionnelle à la durée d’ac-
quisition, on en tire
1
tacq = = 2 sec
∆f
1 1
N pts = = = 100 000
∆ f · ∆t 0.5 Hz · 0.2 ms
fe 5000
∆f = = 0 = 0.5 Hz
N pts 10 000
à
fe 5000
∆f = = 0 = 0.305 Hz
Nf ft 16 384
1
x[n] ⋅ wr[n]
−1
−2
0 2000 4000 6000 8000 10000 12000 14000 16000
−20
Xr(f) [dB]
−40
−60
−80
0 500 1000 1500 2000 2500 3000 3500 4000 4500 5000
fréquence [Hz]
Après avoir complété le signal fenêtré par des zéros pour atteindre une puissance de 2
(figure 3.12a), on obtient les résultats présentés dans les figures 3.12 et 3.13b .
Zoom fréquentiel Étant donné la haute définition spectrale, obtenue au prix d’un long
enregistrement, les échelles globales ne permettent pas de voir le détail des raies atten-
dues. Il faut donc zoomer sur la zone intéressante. On voit alors très nettement que la
1
x[n] ⋅ wh[n]
−1
−2
0 2000 4000 6000 8000 10000 12000 14000 16000
−20
Xh(f) [dB]
−40
−60
−80
0 500 1000 1500 2000 2500 3000 3500 4000 4500 5000
fréquence [Hz]
fenêtre rectangulaire (figure 3.13a) est totalement incapable de fournir les informations at-
tendues alors qu’avec la fenêtre de Blackman (figure 3.13b), on retrouve bien la deuxième
fréquence recherchée et on peut même apercevoir la présence d’une troisième composante
spectrale d’amplitude encore plus faible, qui n’était absolument pas perceptible au niveau
temporel.
La figure 3.13b permet de mesurer les fréquences des trois composantes spectrales du
signal x(t) et les amplitudes relatives des raies spectrales bilatérales.
Il est important de noter que les amplitudes spectrales dépendent de la fenêtre choisie et
que seules leurs valeurs relatives peuvent en être déduites
Xk
= 10(Xk,dB −X1,dB )/20
X1
−20
X (f) [dB]
−40
r
−60
−80
250 260 270 280 290 300 310 320 330 340 350
0
Fenêtre de Blackman
−20
X (f) [dB]
−40
h
−60
−80
250 260 270 280 290 300 310 320 330 340 350
fréquence [Hz]
Pour obtenir la valeur réelle des amplitudes, on peut passer par l’égalité de Parseval :
∞ 2 2 2 !
A2 A2
Z T
1 A2 A3 A4
Pac = 2
xac (t) dt = ∑ k = 1 1+ + + +···
T 0 k=1 2 2 A1 A1 A1
A21 A2
1 + 0.0592 + 0.0062 = 1.00352 1
Pac =
2 2
1 N−1
Pac = ∑ (x[n] − µx )2 = var(x[n]) = 1.45
N n=0
A2 = 0.059 A1 = 0.1
A3 = 0.006 A1 = 0.01
Remarque Une correction des amplitudes spectrales tenant compte de la fenêtre utilisée
n’est possible que si le signal acquis possède exactement un nombre entier de périodes. Si
cette condition est remplie, il suffit alors de diviser les amplitudes spectrales par la valeur
moyenne de la fenêtre : Ak → Ak /µ(w). Ce calcul doit être évité si l’on est pas sûr que la
condition est remplie.
Le fichier créé pour générer le signal x(t), calculer et tracer les spectres dans différentes
conditions est donné ci-dessous. Bien qu’il puisse paraître volumineux au premier abord
(beaucoup de lignes sont consacrées au traçage uniquement), les parties essentielles de ce
fichier sont simplement :
1. la conversion analogique- numérique ±2V avec Nbits ± 21 LSB de non linéarité (on
admet que celle-ci entraîne la perte d’un bit) :
· Ucan = 4 ; Nbits = 8 ;
· xn = Ucan*round((xn0/Ucan)*(2^(Nbits-1))/(2^(Nbits-1) ;
2. le fenêtrage :
· wh = (blackman(length(xn)))’ ;
· xnwh = xn.*wh ;
3. l’ajout de zéros et le calcul du spectre :
· Nfft = 2^ceil(log2(length(xn))) ;
· xnwh = [xnwh, zeros(1,Nfft-length(xn))] ;
· Xjfh = fft(xnwh)/length(xnwh) ;
% analyse spectrale
clear all ; close all ; format compact ; clc ;
% parametres du signal
amp1 = 1.7 ; amp2 = 0.1 ; amp3 = 0.01 ;
f1 = 271.828 ; f2 = f1+2 ; f3 = f1+5 ;
% oscilloscope
tosc = 0.03 ; kosc = 2000 ;
dt = tosc/kosc ;
tt = 0 :dt :tosc-dt ;
xt0 = amp1*sin(2*pi*tt*f1)+amp2*cos(2*pi*tt*f2)+amp3*sin(2*pi*tt*f3) ;
% acquisition
tacq = 2 ;
Te = 0.2e-3 ;
tn = 0 :Te :tacq-Te ;
xn0 = amp1*sin(2*pi*tn*f1)+amp2*cos(2*pi*tn*f2)+amp3*sin(2*pi*tn*f3) ;
% conversion +/- 2V avec Nbits et +/- 1/2LSB de non linearite
Ucan = 4 ; Nbits = 8 ;
xn = Ucan*round(xn0/Ucan*2^(Nbits-1))/2^(Nbits-1) ;
Calcul des spectres Une fois les signaux acquis, on peut calculer leurs spectres et
afficher des informations
% graphes temporels
figure ;
subplot(3,1,1) ;
plot(tt,xt0) ; grid ;
axis([0,tosc,-2,2])
texte = [’Acquisition : ’, num2str(round(tacq/Te)), ’ points,’] ;
texte = [texte, ’ f_e = ’, num2str(1/Te,4), ’ [Hz] ;’] ;
texte = [texte, ’ CAN : \pm ’, num2str(Ucan/2,2), ’ [V], ’] ;
texte = [texte, ’ ’, num2str(Nbits,2), ’ bits \pm 1/2LSB,’] ;
title(texte) ;
ylabel(’x(t)’) ;
subplot(3,1,2)
plot(tn,xn) ; grid ;
axis([0,tacq,-2,2])
ylabel(’x(t)’) ;
subplot(3,1,3) ; % zoom
plot(tn,xn,’.’) ; grid ;
axis([0,tosc,-2,2])
ylabel(’x[n]’) ;
xlabel(’temps [sec]’) ;
print -deps ansptemps.eps
% spectres
figure ; % fenetre rectangulaire
subplot(2,1,1) ;
plot(xnwr) ; grid ;
axis([0,Nfft,-2,2])
texte = [’Spectres d”amplitudes : \Deltaf = ’,num2str(df,3), ’ [Hz],’] ;
texte = [texte, ’ f_N = ’, num2str(fmax/2), ’ [Hz]’] ;
title(texte) ;
ylabel(’x[n] \cdot w_r[n]’) ;
legend(’Fenêtre rectangulaire’) ;
subplot(2,1,2) ;
plot(ff, 20*log10(abs(Xjfr))) ; grid ;
axis([0,fmax,-80,0]) ;
ylabel(’X_r(f) [dB]’) ;
xlabel(’fréquence [Hz]’) ;
print -deps anspwr.eps
figure ; % fenetre de Blackman
subplot(2,1,1) ;
plot(xnwh) ; grid ;
axis([0,Nfft,-2,2])
texte = [’Spectres d”amplitudes : \Deltaf = ’,num2str(df,3), ’ [Hz],’] ;
texte = [texte, ’ f_N = ’, num2str(fmax/2), ’ [Hz]’] ;
title(texte) ;
ylabel(’x[n] \cdot w_h[n]’) ;
legend(’Fenêtre de Blackman’) ;
subplot(2,1,2) ;
plot(ff, 20*log10(abs(Xjfh))) ; grid ;
axis([0,fmax,-80,0]) ;
ylabel(’X_h(f) [dB]’) ;
xlabel(’fréquence [Hz]’) ;
print -deps anspwh.eps
% zoom spectral
fz1 = 250 ; fz2 = 350 ; % domaine interessant
dbmax = 80 ;
figure ;
subplot(2,1,1) ;
plot(ff, 20*log10(abs(Xjfr))) ; hold on ;
axis([fz1,fz2,-dbmax,0]) ; grid ;
title(texte) ;
ylabel(’X_r(f) [dB]’) ;
legend(’Fenêtre rectangulaire’) ;
subplot(2,1,2) ;
plot(ff, 20*log10(abs(Xjfh))) ;
axis([fz1,fz2,-dbmax,0]) ; grid ;
ylabel(’X_h(f) [dB]’) ;
xlabel(’fréquence [Hz]’) ;
legend(’Fenêtre de Blackman’) ;
print -deps anspzoom.eps
3.9 Exercices
TFD 1
L’analyse spectrale, par la FFT, d’un signal x[n] constitué de N = 8 valeurs a fourni le
spectre discret XD [ jk] partiellement donné dans le tableau ci-dessous.
k 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
|XD [ jk]|
∠XD [ jk]
f [kHz]
TFD 4 Considérant un signal x(t) = cos(2π 1000t) + cos(2π 2000t) échantillonné pen-
dant une période à la fréquence fe = 8 f0 :
k 0 1 2 3 4 5 6 7
XD [ jk] 0 4 4 0 0 0 4 4
AnSp 1 Lors de l’analyse spectrale d’un signal échantillonné x[n], les paramètres N, Te , tmax
et fe , ∆ f sont reliés entre eux ; la donnée de deux d’entre eux suffit pour fixer tous les pa-
ramètres de l’analyse. Rappelez ces relations puis complétez le tableau ci-dessous.
N Te tmax ∆f fe
40 2 kHz
1 msec 50 Hz
50 10 msec
100 10 Hz
20 Hz 1 kHz
2 msec 1 sec
30 1 msec
5 msec 5 kHz
représenté à la figure 3.14 dont on a enregistré deux périodes. Sachant qu’on souhaite ob-
tenir numériquement son spectre X[ jk], on l’échantillonne avec une période Te = 1 msec.
1. Dessinez les points échantillonnés x[n]. Quelle fenêtre faut-il utiliser avant l’analyse
spectrale ?
2. Que valent N, tmax , fe , ∆ f ?
3. Qelles raies spectrales seront présentes ? Quel sera le nombre de valeurs spectrales
analysées ?
4. Donnez les fréquences, les amplitudes et les phases de chaque valeur spectrale
X[ jk], k = 0, · · · , N − 1.
5. Quel serait le résulat de l’analyse spectrale si l’on avait échantillonné six périodes
au lieu de deux ?
10
4
x(t)
−2
−4
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20
temps [ms]
F IG . 3.14: Ex AnSp 3