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Seq Therese Raquin Zola

Séquence Thérèse Raquin seconde

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Séquence 2 sur le roman naturaliste : Thérèse Raquin

 Objet d’étude : le roman et la nouvelle au XIXe siècle : réalisme et naturalisme


 Objectifs :
- découvrir les caractéristiques d’un mouvement littéraire
- lire une œuvre romanesque longue : en repérer la structure, les grandes thématiques
- Lire un roman naturaliste : des simples données physiologiques aux modulations de l’intrigue.
- Etudier les ressources littéraires d’un texte ambigu et protéiforme.

 Problématique de séquence : Thérèse Raquin, un roman de l'enfermement ?


=> Issue d'une réflexion sur les impressions de lecture (sensation d'étouffement, de pesanteur
à la lecture). Il s'agit ensuite de décliner cette notion d'enfermement tout en éprouvant aussi
l'ouverture à l'innovation scientifique que constitue ce roman et aussi l’ouverture sur d’autres
genres romanesques comme le fantastique et le tragique.

 Volume horaire de la séquence : environ 17 heures


Introduction à l’œuvre (1 heure)
Objectifs :
- Analyse comparée de plusieurs images.
- Réflexion sur la production et la singularité des textes.
- Comprendre les enjeux de l’édition de texte.
Déroulé :
Introduction sur l’œuvre et lien avec la séquence précédente.
Supports : couverture des deux éditions Pocket

Fiche sur le titre d’une œuvre (5min) Discussion à l’oral.


 Indication sur le thème de l’œuvre ? présente un personnage ? un lieu ?
 Donne des informations sur la forme de l’œuvre ? la tonalité ? sur le genre ?
 Le rôle du titre ? effet d’annonce ou non ? Symbole ? Lien avec d’autres
œuvres (intertextualité ?)
- Thérèse Raquin : personnage éponyme (qui donne son nom à l’œuvre). Prénom + Nom : on va
s’intéresser à la vie d’un personnage en particulier, à son inscription dans une famille donnée.
- Nom d’un personnage : c’est un roman. Très différent d’un thème précis qui va être donné :
exemple l’avare dans une comédie au théâtre (présentation d’un type). Ici le lecteur attend que
lui soit présentée la vie de ce personnage. Rôle du titre : donner une idée de ce qui va suivre.
Dans l’Arlésienne ; titre mystérieux. On a envie d’en savoir plus sur ce personnage.
- Différent de Aux champs : personnage sont des paysans mais on ne s’intéresse pas plus que
ça à leur individualité.
- Synthèse individuelle à l’écrit

Le contexte de l’œuvre (5min)


Roman publié en 1867 : second empire. Industrialisation de la France a commencé et les
villes s’agrandissent, de grands travaux (Haussmann) sont faits dans Paris + Progrès tech-
niques. Zola va peindre les différentes couches de la société avec la volonté affichée de ne
rien cacher de la réalité (= peindre le réel sans l’embellir, évoquer toutes les strates sociales,
même et surtout les plus pauvres : Réalisme).
Zola lui est le chef de file du naturalisme, une radicalisation du réalisme et cherche à
faire en écrivant, une expérimentation scientifique visant à découvrir la vérité physique et mo -
rale présidant aux comportements des hommes de son temps.

5 min. Discussion sur le rapport entre l’œuvre et le choix de


l’éditeur pour la couverture du livre.
-Quels éléments du roman sont-ils mis en avant dans ces images
?
-Laquelle vous parait fidèle/infidèle au contenu du roman ?
- Retour sur leur lecture. Présenter les deux éditions choisies (Pocket). L’une présente 3
femmes, l’autre présente uniquement le portrait de l’une. Discutez avec les élèves. Quelle cou-
verture vous semble la plus appropriée ?
- Qu’en déduit-on du rôle d’une couverture ?
Rôle argumentatif : il faut inciter le lecteur à lire et donc à acheter le livre. Choix de thèmes
séducteurs qui à ne pas être fidèle au contenu de l’œuvre.
Séance 1 : Le passage du Pont-Neuf (2h)
Supports :
- Incipit du début jusqu’à « la marchande sommeille au fond de son armoire, les mains ca-
chées sous son châle »
Objectifs :
-rappeler les fonctions de l’incipit romanesque
- Montrer en quoi le roman naturaliste est créateur d’atmosphère : Saisir l’originalité de cet
incipit : combinaison du réalisme et du fantastique.
- Mise en place d’un plan de lecture analytique.
- Étudier l’importance de la description. Repérer l’omniprésence de la saleté, de la grisaille, de
la mort
- Mesurer les écarts entre l’ambition de Zola (précision, objectivité) et la mise en oeuvre
littéraire de cette ambition
- Évoquer les polémiques que l’esthétique naturaliste a fait naître et la difficile réception de
l’œuvre
Problématique : En quoi cette description initiale n’est pas une simple reproduction du réelle
mais est symbolique et annonciatrice de la suite du roman ? (leur faire noter la problématique à
la fin de la lecture analytique car il faut qu’ils la trouvent eux-mêmes).
Lecture du texte par un élève.

5 min : établir la carte d’identité du texte en classe entière.


 Mes connaissances sur l'auteur / l'œuvre / le siècle / le mouvement littéraire
 Genre littéraire du texte
 Registre dominant
 Type de texte ou forme de discours : narratif, descriptif, argumentatif...
 Thèmes principaux...

(25 min) Trouver des axes de lecture : deux démarches proposées vers l’approche de la di-
versité des élèves. Activité à deux vitesses : des élèves ont demandé d’être plus libres lors de
la dernière lecture analytique et d’autres plus guidés donc distribution d’un questionnaire qui
oriente les recherches (facultatif).

Préparation à la lecture analytique

1) Quel est le type de ce texte (narratif, argumentatif, descriptif…) ? Quel en est le sujet ?

2) Comment appelle-t-on le début d’un roman ? Quels en sont les objectifs ? Pourquoi le roman
Thérèse Raquin commence-t-il par ce passage?

3) Relevez les noms de lieux. Pourquoi sont-ils si nombreux ?

4) Relevez les adverbes spatiaux. Marquent-ils des étapes dans le texte ?


5) Lequel des cinq sens est mobilisé dans le texte ? Justifiez en citant le texte et en l’analysant.

6) Relevez les indications de temps. Quelle est l’impression donnée par cette description du point de
vue du temps (temps long/temps court et analyse)?

7) Relevez les deux champs lexicaux dominants dans le texte.

8) Relevez les expressions péjoratives employées par le narrateur.

9) En quoi la rue apparait-elle animée d’une force humaine surnaturelle? Relevez des exemples de
cette figure de style que vous nommerez.

10) Décrivez l’atmosphère de la rue à partir de vos réponses aux questions 6, 7 et 8.

11) Quels sont le ou les registre(s) dominants dans cet extrait ?

1) Quel est le type de ce texte (narratif, argumentatif, descriptif…) ? Quel en est le sujet ? Texte
descriptif. Description du passage du Pont-Neuf.

2) Comment appelle-t-on le début d’un roman ? Quels en sont les objectifs ? Pourquoi le
roman Thérèse Raquin commence-t-il par ce passage? C’est un incipit. Il informe, intéresse et
noue le pacte de lecture. Il présente ici le passage dans lequel se trouve la boutique de Mme Raquin.
3) Relevez les noms de lieux. Pourquoi sont-ils si nombreux ? Quel effet produisent-ils ? Rue
Guénégaud, passage du Pont Neuf, rue Mazarine, rue de Seine. Ils produisent un effet de réel car ils
ancrent le passage du Pont-Neuf dans un univers précis. On peut reconstituer un plan du quartier =
Zola se documentait sur les lieux réels, il s’y rendait, notait ses observations avec précision.
4) Relevez les adverbes spatiaux. Marquent-ils des étapes dans le texte ? « au bout de », « trente
pas de long et deux de large », « à gauche », « là », « au-delà », « à droite », « sur toute la longueur »,
« au-dessus ». Ils marquent les étapes que suit un observateur qui entre dans le passage du Pont-
Neuf. Description orientée vers le lecteur.

5) Lequel des cinq sens est mobilisé dans le texte ? Justifiez en citant le texte et surtout en
l’analysant. Trajet logique du regard : (indicateurs spatiaux) : il est intégralement exploré : le sol
(des pavés), le plafond (un vitrage) ; les parois : des boutiques d'un côté, de l'autre des armoires, les
différentes boutiques ; Une visite guidée : " lorsqu'on vient des quais, on trouve " (pronom indéfini,
verbes de déplacement) ; " à gauche ", " à droite " ; l'écrivain introduit son lecteur dans le décor et
dans l'ouvrage.

6) Relevez les indications de temps. Quelle est l’impression donnée par cette description du
point de vue du temps ? Temps : les saisons avec leur influence sur l’aspect des lieux « Par les
beaux jours d’été = une clarté blanchâtre » + « Par les vilains jours d’hiver = de la nuit sur les dalles
gluantes », « oubliées là depuis vingt ans » = lieu ancré dans le temps qui passe et qui reste tel qu’il
est, éternité. Temps = présent. Décors immuable.
7) Relevez les deux champs lexicaux dominants dans le texte. Importance du champ lexical de la
mort, de la maladie, de la déchéance : "gluant" détail de la marchande qui présente ses bijoux dans
de petits cercueils… "caveau" "tombes" "corridor" (mot à forte connotation) : sorte d'entrée dans le
monde des morts... dans un univers menaçant. La couleur : Couleurs sales, absence de pureté = noir
jaunâtre, blanchâtre, verdâtre, sombre, gris, ténèbres. /
8) Relevez les expressions péjoratives employées par le narrateur. Le narrateur utilise un
vocabulaire avec de connotations péjoratives : répétitions d'adjectifs à suffixe péjoratif : " jaunâtre ",
" blanchâtre ". et un vocabulaire évaluatif: des adjectifs sans objectivité (" une nuit salie et ignoble ",
" des formes bizarres ", " horrible couleur brune ") ; des adverbes traduisant une opinion "
misérablement " ; " étrangement ". et de nombreux mots appartenant au champ lexical de "bizarre" et
de l'hétéroclite : choses accumulées, dans un bric à brac de poubelle, ordures ...: énumération;
accumulation : utilisation de la juxtaposition. Un lieu répugnant.

9) Comment la rue apparait-elle animée d’une force humaine ? Relevez des exemples de cette
figure de style que vous nommerez. Personnifications : « une clarté (…) traîne misérablement »
(l.16) , « les étalages gris de poussière dorment » (l.15) et la comparaison « la muraille monte (…)
comme couverte d’une lèpre et toute couturée de cicatrices » (l.30). Le cadre devient quelque peu
surnaturel et renvoie à un univers fantastique

10) Décrivez l’atmosphère de la rue à partir de vos réponses aux questions 6, 7 et 8. La rue
renvoie à une sensation d’étouffement : les boutiques sont « basses, écrasées » (l.12), les boutiques
se réduisent même à « d’étroites armoires » (l.13) dans lesquelles sont entassées de « marchandises
oubliées » (l.23) et de « bijoux faux » (l.25). D’ailleurs, la rue apparaît aux yeux du narrateur
comme « une galerie souterraine » (l.54).
Enfin, cette rue est tellement repoussante qu’elle devient effrayante : « pleine de ténèbres » (l.18),
« trous lugubres » (l.19), « formes bizarres » (l.19) et « grandes ombres » (l.52) sont autant
d’expression qui créent la peur . Le passage, la nuit, devient fantomatique : les becs de gaz sont
métamorphosés en « lampes funéraires » (l.55) et la rue « sinistre » (l.52) est « un véritable coupe-
gorge » (l.52). Au début du texte, la métaphore « souffles froids de caveau » (l.13) donne une
dimension morbide à la scène. La rue est ainsi décrite comme un lieu propice à la mort.

11) Quels sont le ou les registre(s) dominants dans cet extrait ?


L’étrange, même, confine au fantastique qui se mêle au caractère morbide, faisant du passage du
Pont-Neuf un tombeau fantastique. L’aspect fantastique est présent tant le jour, où " les vitrines [...]
moirent étrangement les marchandises de reflets verdâtres " et où la nuit est déjà présente, évoquant
la mort : " les boutiques pleines de ténèbres sont autant de trous lugubres ", que le soir, où des jeux
de lumières inquiétants se dessinent : " des ronds d'une lueur pâle [...] vacillent et semblent
disparaître par instants ". On songe à des fantômes, de même que les " grandes ombres "
qui " s'allongent sur les dalles " les " souffles humides " qui " viennent de la rue ".C’est donc un lieu
bien sinistre, triste le jour, et étrange la nuit, " au milieu des ombres fantastiques ", que ce passage du
Pont-Neuf où, comme son nom l’indique, les individus ne font que passer, et qui va servir de cadre
principal au déroulement du roman. On ne saurait s’étonner que Thérèse étouffe dans un endroit si
étriqué, sale, et inquiétant, plein de laideurs étranges.
Registre réaliste aussi par la précision de la description et la représentation d’une population de
travailleurs pressés et fatigués.

1) Formuler des premières hypothèses sur le sens et l'interprétation du texte. Par groupe
de deux, chercher des grands axes étudiables. Partir de vos intuitions sur le texte, puis
compléter un tableau je relève, j’analyse, j’interprète pour bâtir un plan solide.
2) En vous aidant des réponses aux questions, selon vous, que souhaite ici mettre en
avant l’auteur ?
(15 min) Mise en commun des différents éléments repérés et rattachement à la problé-
matique sur l’enfermement :
 Enfermement ressenti par le décor : impression lugubre et lieu étroit.
 Enfermement du lecteur, dans ce qu'il faut voir = l'organisation de la description // un
tableau.

Construction d’un plan (15min)

Autre visage du passe du Pont-Neuf : la gravure


Décrivez cette illustration. Quel rapport a-t-elle avec l’incipit du roman ?

Travail : Ecrire la biographie de Zola. Ne noter que 15 éléments essentiels.

Thérèse Raquin – Incipit

Au bout de la rue Guénégaud, lorsqu’on vient des quais, on trouve le passage du Pont-Neuf,
une sorte de corridor étroit et sombre qui va de la rue Mazarine à la rue de Seine. Ce passage a trente
pas de long et deux de large, au plus ; il est pavé de dalles jaunâtres, usées, descellées, suant toujours
une humidité âcre ; le vitrage qui le couvre, coupé à angle droit, est noir de crasse.
Par les beaux jours d’été, quand un lourd soleil brûle les rues, une clarté blanchâtre tombe des
vitres sales et traîne misérablement dans le passage. Par les vilains jours d’hiver, par les matinées de
brouillard, les vitres ne jettent que de la nuit sur les dalles gluantes, de la nuit salie et ignoble.
À gauche, se creusent des boutiques obscures, basses, écrasées, laissant échapper des souffles
froids de caveau. Il y a là des bouquinistes, des marchands de jouets d’enfant, des cartonniers, dont
les étalages gris de poussière dorment vaguement dans l’ombre ; les vitrines, faites de petits
carreaux, moirent étrangement les marchandises de reflets verdâtres ; au-delà, derrière les étalages,
les boutiques pleines de ténèbres sont autant de trous lugubres dans lesquels s’agitent des formes
bizarres.
À droite, sur toute la longueur du passage, s’étend une muraille contre laquelle les boutiquiers
d’en face ont plaqué d’étroites armoires ; des objets sans nom, des marchandises oubliées là depuis
vingt ans s’y étalent le long de minces planches peintes d’une horrible couleur brune. Une
marchande de bijoux faux s’est établie dans une des armoires ; elle y vend des bagues de quinze
sous, délicatement posées sur un lit de velours bleu, au fond d’une boîte en acajou.
Au-dessus du vitrage, la muraille monte, noire, grossièrement crépie, comme couverte d’une lèpre et
toute couturée de cicatrices.
Le passage du Pont-Neuf n’est pas un lieu de promenade. On le prend pour éviter un détour,
pour gagner quelques minutes. Il est traversé par un public de gens affairés dont l’unique souci est
d’aller vite et droit devant eux. On y voit des apprentis en tablier de travail, des ouvrières reportant
leur ouvrage, des hommes et des femmes tenant des paquets sous leur bras ; on y voit encore des
vieillards se traînant dans le crépuscule morne qui tombe des vitres, et des bandes de petits enfants
qui viennent là, au sortir de l’école, pour faire du tapage en courant, en tapant à coups de sabots sur
les dalles. Toute la journée, c’est un bruit sec et pressé de pas sonnant sur la pierre avec une
irrégularité irritante ; personne ne parle, personne ne stationne ; chacun court à ses occupations, la
tête basse, marchant rapidement, sans donner aux boutiques un seul coup d’oeil. Les boutiquiers
regardent d’un air inquiet les passants qui, par miracle, s’arrêtent devant leurs étalages.
Le soir, trois becs de gaz, enfermés dans des lanternes lourdes et carrées, éclairent le passage.
Ces becs de gaz, pendus au vitrage sur lequel ils jettent des taches de clarté fauve, laissent tomber
autour d’eux des ronds d’une lueur pâle qui vacillent et semblent disparaître par instants. Le passage
prend l’aspect sinistre d’un véritable coupe-gorge ; de grandes ombres s’allongent sur les dalles, des
souffles humides viennent de la rue ; on dirait une galerie souterraine vaguement éclairée par trois
lampes funéraires. Les marchands se contentent, pour tout éclairage, des maigres rayons que les becs
de gaz envoient à leurs vitrines ; ils allument seulement, dans leur boutique, une lampe munie d’un
abat-jour, qu’ils posent sur un coin de leur comptoir, et les passants peuvent alors distinguer ce qu’il
y a au fond de ces trous où la nuit habite pendant le jour. Sur la ligne noirâtre des devantures, les
vitres d’un cartonnier flamboient : deux lampes à schiste trouent l’ombre de deux flammes jaunes.
Et, de l’autre côté, une bougie, plantée au milieu d’un verre à quinquet, met des étoiles de lumière
dans la boîte de bijoux faux. La marchande sommeille au fond de son armoire, les mains cachées
sous son châle.

Séance 1 : proposition de plan: l’incipit de Thérèse Raquin

Auteur, contexte : Thérèse Raquin, roman de Zola, publié en 1867. 3ème roman de Zola. C’est
ce roman qui fait connaître l’auteur et présente les traits de l’esthétique naturaliste, développée plus
tard dans les Rougon-Macquart.
Résumé : Thérèse est marié à Camille, son cousin et va, avec son amant Laurent l’assassiner.
Rongés par le remord et hantés par des visions du mort, le couple devient fou et n’arrive plus à se
supporter. Ils finissent par se suicider.
Situation de l’extrait : incipit : début du texte (il faut toujours se demander en quoi l’incipit
annonce la suite et comment + est ce que l’incipit correspond à ce qu’on attend d’un personnage).
Problématique : nous verrons en quoi cette description initiale n’est pas une simple
reproduction du réelle mais est symbolique et annonciatrice de la suite du roman.

I/ Une description réaliste


1) Un cadre réaliste
 Noms propres : Rue Guénégaud, Passage du Pont-Neuf, Rue Mazarine, Rue de Seine
On peut reconstituer un plan du quartier = nous avons vu que Zola se documentait sur les
lieux réels, il s’y rendait, notait ses observations avec précision.
 Temps : les saisons avec leur influence sur l’aspect des lieux « Par les beaux jours d’été = une
clarté blanchâtre » + « Par les vilains jours d’hiver = de la nuit sur les dalles gluantes » « ou-
bliées là depuis vingt ans » = lieu ancré dans le temps qui passe et qui reste tel qu’il est, éter-
nité. Temps = présent. Décors immuable.
 La population qui anime le passage est également typique de cette époque. On y trouve des
apprentis » (l.34) , « des ouvrières » (l.35) , « des hommes et des femmes » (l.36), « des
vieillards » (l.37), et également « des petits enfants », de retour de l’école (l. 38). Ces person-
nages donnent à la description un caractère pittoresque. Comme son nom l’indique, la rue
n’est qu’ « un passage » et non « un lieu de promenade » (l.31). Il s’agit donc d’une rue po-
pulaire, emprunté par des travailleurs pressés

2) Une description à l’image d’un tableau


Le sol, à gauche, à droite…
-Indices spatiaux nombreux et précis : « au bout de », « trente pas de long et deux de large », « à
gauche », « là », « au-delà », « à droite », « sur toute la longueur », « au-dessus ».
En outre, on peut remarquer que la construction de la description de cet environnement suit celle
d’un tableau comme l’attestent les adverbes spatiaux : « Au bout de » (l.1) , « A gauche » (l.12), « A
droite » (l.20) et « Au-dessus » (l.38) qui débutent les paragraphes. .Le verbe de perception visuelle
« On y voit » (l.34) est une invitation à regarder le tableau que le narrateur ébauche. D’ailleurs, il
s’agit d’une peinture en clair-obscur à la manière des tableaux de Rembrandt puisque « le soir »
(l.47), des « taches de clarté fauve » venant des « becs de gaz » » dessinent dans l’obscurité « des
ronds d’une lueur pâle » (l.50).
=> Enfermement du lecteur dans la description. Regard guidé par Zola.

3) Absence d’embellissement du réel : univers miséreux et sale.


-Lieu sombre et sale « dalles jaunâtres, usées, descellées », le vitrage est « noir de crasse », « dalles
gluantes » la lumière traine « misérablement »
-Boutiques de marchandises bon marché, « trous lugubres », « bouquinistes », « cartonniers »,
« étalages gris de poussière », « marchandises oubliées là depuis 20 ans » « bagues de quinze sous »

II/ La portée symbolique et annonciatrice de cette description


1) L’influence du milieu, saleté, dégradation = dégradation morale des personnages
-Couleurs sales, absence de pureté = noir jaunâtre, blanchâtre, verdâtre, sombre, gris, ténèbres. //
annonce une intrigue lugubre, sombre, sale
-Idée renforcée de dépravation morale « une nuit salie et ignoble »
- Seule le « velours bleu » semble ressortir. Accent mis sur les bijoux faux posés sur un joli velours :
image même de l’hypocrisie de Laurent, la fausseté de Thérèse.
Tout est en place
- image de la maladie : maladie morale des personnages « muraille comme couverte d’une lèpre »
Ce milieu va ainsi avoir une influence sur les personnages qui vont y vivre (théorie naturaliste)

2) Un lieu propice aux hallucinations, à l’étrange = fantastique


 Suffixes dépréciatifs : « une sorte de », « jaunâtre », « vaguement », « étrangement », « des
formes bizarres »
 Personnifications
 Annonce des visions de Camille qu’ont Thérèse et Laurent après le meurtre.

3) Une impression d’enfermement


 Lieu clos et étroit : symbole de l’étau resserré de la tragédie, voie sans issue dans laquelle
s’engagent les personnages. « une sorte de corridor étroit et sombre » « 2 pas de large », cou-
vert « le vitrage qui le couvre est noir de crasse ». Lieu fermé, huis clos.
 La mort est suggérée : « des souffles froids de caveau », « ténèbres », « trous lugubres » : an-
nonce le meurtre + la mort finale du couple.

Conclusion :
Une description réaliste
Une description symbolique
Un incipit qui annonce la suite du texte
Un mise en pratique de la théorie naturaliste : le milieu est décrit et ce milieu va conditionner,
influencer les personnages qui vont y vivre et les actions qui vont s’y dérouler.

Au-delà de la simple description rigoureuse, Zola distille des indices qui permettent dès l’ouverture
du roman d’identifier les thèmes principaux (la peinture et en effet, Laurent est peintre ; l’eau, la
noyade, la pourriture).

L’image qui s’offre aux yeux du lecteur ne présente guère d’issue et dès son ouverture le roman se
referme sur la nécessité d’un destin sinistre et morbide. On peut parler d’une dimension tragique du
roman, le destin est en marche.
Séance 2 : Le déterminisme des personnages dans Thérèse Raquin (3h)
Objectifs :
- Approfondir la connaissance du roman et aborder des notions utiles pour la Première où
l’étude des personnages de roman est essentielle.
- Explorer toutes les dimensions dans lesquelles un personnage de roman peut être étudié à
travers la création de ressources pédagogiques faites par les élèves.
- Comprendre la construction des personnages de Zola comme des tempéraments et ancrer
l’œuvre dans la théorie naturaliste avec l’influence du milieu et la notion de déterminisme.
- Comparer les portraits des deux personnages masculins. Analyser l’attitude du personnage
féminin pour mieux comprendre ce qu’est un personnage de roman.
- Relire l’œuvre de façon transversale. Trouver des repères de lecture.
Supports :
- Lecture transversale des personnages dans Thérèse Raquin
- Essai du XIXe sur les tempéraments (p.315-318)
- Lecture complémentaire de la préface de la seconde édition de Thérèse Raquin.

Déroulé :
- Faire noter le titre de la séance.
Déterminisme : principe selon lequel chaque événement est déterminé par un principe de
causalité. Différent de la liberté.
Problématique : interrogation sur les personnages caractéristiques du roman naturaliste.

10 min - Introduction à la théorie des tempéraments.


- A partir de l’essai du XIXe siècle sur les tempéraments (livre p.315-318), répondre aux
questions posées. Objectif : trouver des informations dans un texte long et difficile.

- Chacun individuellement va répondre aux questions données sur le texte (p.315-318)


- Donnez une définition de tempérament à partir de ce que vous avez compris du texte. Faire la
synthèse. 5 min.
Le tempérament, en psychologie traditionnelle, est la manière dont un individu réagit
aux stimuli extérieurs. Chaque personne a son propre tempérament. Selon la théorie
naturaliste, la compréhension du comportement d’une personne dépend d’une démarche
scientifique. « étude du tempérament et des modifications profondes de l'organisme sous
la pression du milieu et des circonstances » (préface à la seconde édition de Thérèse Raquin,
1868). Les naturalistes enfin, fascinés par l'esprit de déduction et de rationalisation, hantés
par le modèle médical se proposent d'étudier les maladies du corps social. Le personnage de
roman est appréhendé à travers ses composantes physiologiques et psychologiques qui
caractérisent son tempérament.
La physiologie (du grec φύσις, phusis, la nature, et λόγος, logos, l'étude, la science)
étudie le rôle, le fonctionnement et l'organisation mécanique, physique et biochimique des
organismes vivants et de leurs composants (organes, tissus, cellules et organites cellulaires).

- Les élèves se mettent par groupe de 2 ou 3. Chaque groupe étudie l’un des trois personnages
principaux dans Thérèse Raquin Au choix : Thérèse, Camille ou Laurent. S’aider de la page 326
du manuel. 35 min
- Ecriture d’une synthèse : Par rapport à cette théorie : Zola observe et analyse les
comportements physiques, moraux et physiologiques définis comme fonctionnement normal de
l’organisme humain. Il fait de son livre une expérience scientifique de la relation entre trois
tempéraments. Enfermement du personnage dans ses pulsions.
 Innovation à l'époque : faire entrer la science dans la littérature. A cette époque, les
sciences sont au centre de la société qui en est folle.+ Lecture complémentaire de
l'essai du XIXe sur les tempéraments sanguin et colérique = ce travail du tempérament
ne vient pas de nulle part mais d'une « mode scientifique ».

- Présentation des exposés de 3 groupes. Chacun en 10 min. Pendant ce temps là, les autres
élèves notent. 30 min.
Séance 3 (1h) : Zola et le naturalisme (séance au CDI)
Supports :
- Site de la BNF sur Emile Zola : http://expositions.bnf.fr/zola/index.htm
- Claude Bernard, Introduction à la médecine expérimentale (1865) (extrait)
- Zola, Préface de La Fortune des Rougon (1871)
Objectifs :
- Approfondir les connaissances sur Zola
- Découvrir l’importance des textes théoriques sur l’écriture littéraire.
- Établir une relation entre la culture scientifique contemporaine de Zola et son écriture.
- Apprendre à comparer des textes pour en tirer un enseignement.
- Apprendre à chercher des informations en utilisant les TICE.
Déroulé :
- Par groupe de deux sur un ordinateur, les élèves se rendent sur le site de la BNF et
répondent au questionnaire qui leur est donné sur Zola.
- Dans un deuxième temps, les élèves relient le projet de Zola aux caractéristiques du
naturalisme. Démarche scientifique

Ouverture sur la littérature putride et caricature de Zola.


Résumer chacun des chapitres IX, X et XI en 3 lignes.

séance de découverte, auteur et mouvement littéraire (1h)

Il s’agit d’effectuer une séance d’une heure au CDI dans le but de familiariser les élèves à la
recherche documentaire et dans un même temps de les conduire à effectuer des recherches sur
l’auteur de Thérèse Raquin et son projet d’écriture.

RECHERCHE DOCUMENTAIRE : THERESE RAQUIN, ZOLA (1867)

Biographie et bibliographie partielle.

Consignes :

a) Zola, une vie, une œuvre


Allez sur le site de la BNF afin de mieux comprendre:
http://expositions.bnf.fr/zola/zola/expo/index.htm

► Cliquez sur « Le temps de l’apprentissage »


 Examinez l’affiche faisant la promotion de Thérèse Raquin au XIXème siècle. Quel
rapport l’illustration choisie a-t-elle avec l’intrigue ?
 Zola s’intéresse à la peinture. Quels peintres fréquente-t-il ?
 Examinez l’arbre généalogique des Rougon-Macquart. Que peut-on remarquer ?

►Cliquez sur « le temps de l’analyse »


 Décrivez la méthode de travail mise en place par Zola pour écrire ses romans ?
 Que réalise-t-il pour chaque personnage ?

►Cliquez sur « le temps de l’utopie »


 Cherchez le nom du journal dans lequel Zola publie un article concernant l’affaire
Dreyfus. Pensez à chercher qui est le capitaine Alfred Dreyfus ! Pour cela, ouvrez un
nouvel onglet : http://expositions.bnf.fr/zola/dreyfus/intro.htm
 Revenez au premier onglet et relevez une citation qui indique ‘l’objectif général de
son œuvre. Apprenez-la pour le cours suivante.

b) Les références scientifiques du Naturalisme.

Remplissez le tableau suivant en vous servant d’un dictionnaire des noms propres ou
cherchez ces éléments sur internet :

Noms Dates Nationalité Domaine de Titre d’ouvrage


recherche
Auguste Comte

Charles Darwin

Claude Bernard

Cherchez, maintenant, une définition précise permettant de comprendre ce qu’est le


naturalisme. Aidez-vous de la page 322-323 de votre manuel.
Séance 4 (2h) : regards croisés sur la scène du crime
Supports :
- Les chapitres IX à XI
Objectifs :
- Se repérer dans une œuvre complète. Travailler sur la progression, le mouvement des textes
- Faire comprendre la notion d’indices textuels et de structure à l’échelle d’une œuvre
intégrale
- Savoir rédiger une écriture d’invention.

Déroulé :
- 5 min Faire noter le titre de la séquence. Expliquer l’objectif de la séance : se repérer dans
l’œuvre complète et étudier un moment clef de l’œuvre : la scène du crime.
- 5 min Articulation avec la dernière séance et la séquence dans son ensemble. Retour sur ce
qui précède le crime. Demander à un élève de résumer les évènements qui conduisent à la scène
du crime. Résumé des grands faits de l’histoire.

- 30 min I – La scène du meurtre


- Mise en activité autour de la lecture
- Entraînez-vous à lire la scène et à la rendre la plus expressive possible « La barque allait »
(p.87) à « voix lamentable ». (p.89)

- Décrivez les faits et les actions de chacun.


1) Laurent serre Camille à bras-le-corps, lui prend la gorge.
2) Camille panique, appelle au secours avec difficulté. (R)
3) Thérèse regarde et est prise d’une crise.
4) Laurent le soulève en dehors de la barque.
5) Camille le mord. (R)
6) Laurent le jette en dehors de la barque.
7) Il résiste dans l’eau et se noie. (R)
8) Laurent se jette à l’eau avec Thérèse pour masquer son crime.

- question ajoutée : que remarquez-vous au niveau de la progression du texte ?


Une action basée sur l’action réaction, Laurent attaque, Camille résiste (R). A chaque fois
Camille perd un peu plus.
A quel genre cela vous fait penser lorsque que le héros est condamné, qu’il ne peut que mourir ?
Cette scène s’organise en différents actes d’une tragédie, dont le mécanisme implacable
occasionne la fin de Camille. Cette fin est inévitable. La lutte est trop inégale. Camille
mène un combat perdu d’avance contre la force brute de Laurent.

TRAVAIL PAR GROUPE (5-7 min de recherches)


- question ajoutée : relevez les sentiments (et sensations) de chacun :
« figure effrayante de son ami, toute convulsionnée », « une épouvante vague le
saisit », « effrayante contraction, « spectacle horrible », « elle était rigide, muette »,
« éclata en sanglots », « ses nerfs se détendaient », « toute frémissante », « pliée,
pâmée, morte », « « sa victime, folle de rage et d’épouvante », « poussant un
hurlement », « jetant des cris de plus en plus sourds », « une voix lamentable »
- question ajoutée : A quel moment sommes-nous dans le roman, qu’est-ce qu’on remarque sur
le vocabulaire ? on est dans un moment de crise, tout est exagéré, (retour sur la figure
de l’hyperbole), les personnages se montrent sans leur masque, il y a un retour à
l’animalité, les tempéraments ici transpirent.
- question ajoutée : comment percevez-vous les deux personnages principaux ?
- Thérèse
Thérèse, au contraire de son amant, est passive. Elle reste spectatrice de la tragédie,
les yeux « fixés sur le spectacle horrible de la lutte ». Elle ne témoigne d’aucune
compassion à l’égard de Camille. À aucun moment, elle ne cherche à éviter sa mort.
- Laurent
Laurent n’hésite à aucun moment. Sa figure est « convulsionnée ». Il se transforme en
bête effrayante, animée par l’instinct meurtrier. C’est lui qui commet les gestes décisifs.
Il est le seul à être actif dans la scène. Il commet le meurtre parfait, en l’absence de
témoins susceptibles de le dénoncer. Il garde une maîtrise terrifiante de ses gestes.

II- La montée vers le crime (30 min)


- Est-ce un acte prémédité ? Relevez dans les chapitres précédents tous les indices qui
annoncent cette scène.
Oui les amants en ont parlé lors de leur rencontre dans la mansarde de Laurent, (Thérèse
pense à enfoncer son point dans la bouche de Camille) chap IX, ils y ont repensé aussi
lors d’une soirée du jeudi où les convives évoquent le crime (chap X), lors de la sortie
encore une fois Laurent essaya de le tuer pendant sa sieste.
« Laurent ne pouvait employer les couleurs les plus éclatantes sans les rendre ternes et
boueuses ; il avait, malgré lui, exagéré les teinte blafardes de son modèle, et le visage de
Camille ressemblait à la face verdâtre d’un noyé ; le dessin grimaçant convulsionnait les traits,
rendant ainsi la sinistre ressemblance plus frappante. » (fin chapitre 6)

- Quel est le mobile ? Pourquoi Thérèse et Laurent décident-ils de tuer Camille ?


Le professeur note au tableau tous les éléments de réponse : les élèves vont répondre : parce
que Thérèse et Laurent sont amoureux. Pour justifier cette hypothèse de lecture : retour sur
le texte. Expliquez les raisons du succès de cette relation pour chacun des deux personnages.
Le confort : sexuel, financier de Laurent surtout.
Pendant huit mois dura cette vie de secousses et d’apaisements. Les amants vivaient dans une
béatitude complète ; Thérèse ne s’ennuyait plus, ne désirait plus rien ; Laurent, repu, choyé,
engraissé encore, avait la seule crainte de voir cesser cette belle existence.
Les premiers temps sont ceux de la « béatitude » (fin chap. VIII, p. 65). Ce
terme à connotations sacrées signale ironiquement l’aveuglement des amants, qui restent
étrangers à toute considération morale et qui osent profiter d’un bonheur intense, en
principe réservé aux innocents.

15 min Que peut-on imaginer de la suite ? (lecture à nouveau des indices, là on essaie
d’anticiper sur la fin du texte)
Thérèse laisse faire Laurent. Mais sa réaction extrême face à la mort de Camille, qui est
le fruit de son tempérament nerveux, laisse présager les difficultés qu’elle connaît après
le meurtre. Zola nous décrit ainsi ses symptômes : elle « resta pliée, pâmée, morte. »
Cette conclusion nous montre qu’elle rejoint symboliquement son mari dans cette scène,
plus que son amant, pour lequel elle n’a pas même un regard.

Travail : Ecriture d’une synthèse qui répond à la question suivante (2nde7). En quoi l’auteur
enferme-t-il les personnages de son roman dans un destin horrible (appuyez-vous sur le texte à
l’étude mais aussi sur l’œuvre en entier et sur la théorie des tempéraments).
Séance 5 (1h) : La réception de l’œuvre : la critique du naturalisme de Zola
Objectifs :
- Savoir étudier une image
- Ancrer Thérèse Raquin dans son contexte : le scandale de la réception de l’œuvre
- Savoir lire une préface.
- Comprendre la doctrine naturaliste comme une ouverture scientifique.
Supports :
- Préface de la deuxième édition de Thérèse Raquin (1868) p.261-266 dans l’édition Pocket.
- Fiche sur l’étude d’images
- Caricature de Zola, Victor Lenepveu, 1899-1900.
Déroulé :

3 min : faire noter le titre de la séance


- Question : Restitution par un élève de ce qu’on sait sur le naturalisme, la théorie des
tempéraments etc.
Zola a bien un projet d’écriture avec Thérèse Raquin : doctrine naturaliste : il cherche à écrire
avec une démarche scientifique. Quelle est la démarche scientifique en ce qui concerne ses
personnages ? La théorie des tempéraments.

15 min Etude de la préface de la deuxième édition de Thérèse Raquin (1868) p.261-266


1) Comment a été accueilli Thérèse Raquin par la critique ? Quels sont les termes utilisés à
propos du livre ? Sont-ils péjoratifs ou mélioratifs § 2 ? Mauvais accueil : ordure, puanteur,
nauséabonde = termes péjoratifs.
2) Qu’a voulu étudier Zola dans Thérèse Raquin §4 ? Il a voulu étudier les tempéraments et
non les caractères à travers ses deux héros.
3) Les personnages de Thérèse Raquin sont-ils libres §4 ? Non ils sont « dépourvus de libre
arbitre, entraînés à chaque acte de leur vie par les fatalités de leur chair ». Donc la notion de
tempérament enferme les personnages dans un comportement bien spécifique dont ils ne
peuvent sortir.
4) Quel était le but de Zola ? Qu’a-t-il voulu expliquer §5 ? But scientifique de Zola : expliquer
l’union de deux tempéraments différents à travers ces deux personnages. Rencontre entre le
tempérament nerveux de Thérèse et sanguin de Laurent. Etude clinique.
5) Que répond Zola à ceux qui traitent son livre d’immoral §8 ? Il faut se placer sur le terrain
de l’analyse et de l’observation, curiosité du savant a été la sienne, or la science ne peut pas
être morale ou immorale.
6) Comment un journaliste a-t-il appeléThérèse Raquin dernier §? Un journaliste du Figaro,
sous le pseudonyme de Ferragus, dénonce le 23 janvier 1868 la « littérature putride » dont le
roman relèverait. Il reproche à l’écrivain sa peinture brutale des instincts et l’immoralité du
sujet. Zola répond dans le même journal le 31 janvier 1868. Il ajoute également une préface au
roman. Cette polémique incite Zola à préciser et à défendre l’esthétique naturaliste.
- PUTRIDE, adj. Faire trouver aux élèves des synonymes pour putride.
Au sens propre : Qui est en état de putréfaction; dont les matières organiques en cours de
décomposition, dégagent une mauvaise odeur. Fièvre putride. Fièvre que l'on attribuait à la
corruption des humeurs
Au fig. D'où émanent des influences corruptrices. Synon. malsain, morbide, pervers.
10 min : étude de la caricature de Zola
Distribuer la fiche sur l’analyse d’image. Travail par groupe de deux.
1 : décrivez l’image : que voyez vous ?
2 : analyse : quels reproches le caricaturiste adresse-t-il au romancier ?
3 : Quelle est le message donné par cette caricature ? Appuyez vous sur l’étude de sa fonction.

Le roi des porcs, caricature grossière représentant Émile Zola, réalisé par Lenepveu
Victor. Cette caricature provient du Musée des Horreurs (1899 - 1900) qui visent à démontrer
la débauche de la cause dreyfusarde. Cette représentation n’est pas traditionnelle de l’époque
car le visage a été dessiné avec une très grande exactitude. En revanche le corps est associé à
celui d’un porc. Il a été représenté ainsi car Zola aborde la réalité telle qu’elle est, sans
artifice, sans idéalisation et donc sans l’embellir. Zola est représenté tel un goret car il a
trahit sa patrie en exprimant des revendications socialistes par ces publications à caractère
social et par son alliance dans la cause dreyfusarde.
Dans la caricature il est inscrit « Kabosch d’âne », le « K » représente ici
l'antisémitisme. On peut constater que Zola a une position scatologique et qu'il est assis sur
plusieurs exemplaire de ses roman dans une auge, et qu'il souille la carte de la patrie avec de
l'excrément. Ce qui laisse prétendre que Zola n'écrit pas ses ouvrages mais qu'il les
confectionne de façon beaucoup moins distingué.
Sur le récipient tenu par Zola il est inscrit « caca international » ce qui invoque la
théorie du complot car à cette époque les juifs sont traité comme des apatrides. Ils sont donc
pratiquement tous considérés comme des traîtres. Ainsi le terme « international » signifie que
les étrangers sont d'influences néfastes. Sur la carte on peut apercevoir que l'Alsace qui a
été perdue depuis 1871 après le Traité de Francfort, est mis en relief. Le message passé
signifie que par la faute de personne comme Zola la nation a été affaiblie.
Séance 6 : Quand la littérature échappe à la doctrine : Thérèse Raquin à la lisière du
fantastique (2h)

15 min - lecture complémentaire de la lettre-réponse de Sainte-Beuve


- Retour sur le passage du Pont-Neuf. Lecture du texte de Sainte-Beuve (2 nde6).
– Comment Sainte-Beuve parle-t-il de la description du passage du Pont-Neuf ?
- Relever à la fois les réserves énoncées par le critique à l’égard de l’oeuvre et les éloges
qu’il adresse à Zola.
- Il ne voit pas la même chose que Zola dans ce passage du Pont-Neuf et le fait remarquer. Il
n'y a donc pas de description objective mais forcément orientée. Ici il est aussi intéressant de
voir la fonction symbolique de la description en ouverture de roman naturaliste.
- Sainte-Beuve reconnaît le génie de Zola : il considère même que son oeuvre peut faire date
dans l’histoire de la littérature. Mais il met en cause la conformité du roman avec le projet
naturaliste. Pour lui, la description du lieu sort du strict réalisme. Il doute également de la
vraisemblance psychologique du comportement des personnages. Il invite à réfléchir sur l’écart
entre les ambitions de Zola et leur mise en œuvre. La description, si elle se veut réaliste, n’en
devient pas moins parfois « fantastique ». Plus généralement, Sainte-Beuve reproche à Zola
une forme d’excès dans la noirceur, dans la brutalité de la description. Il affirme attendre une
œuvre nouvelle, qui cherche davantage à satisfaire le public, en proposant une vision du monde
certes audacieuse, mais plus plaisante.

- Montrer comment Sainte-Beuve critique la description du passage du Pont-Neuf. Demander à


un élève de reprendre le plan fait sur cet extrait. Le passage du Pont-Neuf n’est pas
strictement réaliste : le texte est à la lisière du fantastique. Passage qui brouille les
frontières entre réalisme et fantastique. Lieu morbide.

10 min Question : A votre avis qu’est-ce qui est fantastique dans le roman ? Justifiez à l’aide
d’une analyse des personnages ou de certains éléments qui apparaissent étranges.
- hallucinations
- confusions entre l’homme et l’animal (cf François le chat)
- confusions entre la vie et la mort

 Le portrait morbide de Camille peint par Laurent


 Le portrait de Camille à la Morgue
 La nuit de noces)
Le trauma et le remord du meurtre est traité de façon fantastique par Zola, il n'avait pas
d'autre choix à l'époque (contrairement à aujourd'hui, où le trauma serait écrit avec un autre
style). Le fantastique suppose un travail sur le point de vue qui introduit aussi la séance
suivante. Ouverture du roman sur le fantastique.

Zola voudrait décrire le réel de manière rationnelle et scientifique, sans l’embellir. Mais il
porte un regard personnel sur le monde, qui fait aussi du roman une oeuvre littéraire. Sous
l’effet de la folie des personnages, il laisse place aux obsessions et aux visions
cauchemardesques.
10 min d’écriture. Synthèse des élèves avec une question de départ :
Le roman naturaliste est-il une simple observation de la réalité ou une interrogation sur son
étrangeté ?

La lettre de Sainte-Beuve à Émile Zola, le 10 juin 1868

Cher Monsieur,
Je ne sais si je vous enverrai cette lettre, car je ne me sens aucun droit de critique privée sur Thérèse
Raquin, et il me faudra bien une troisième sommation pour que je vous obéisse.
Votre œuvre est remarquable, consciencieuse, et, à certains égards même, elle peut faire époque dans
l’histoire du roman contemporain.
Selon moi, cependant, elle dépasse les limites, elle sort des conditions de l’art à quelque point de vue
qu’on l’envisage ; et, en réduisant l’art à n’être que la seule et simple vérité, elle me paraît hors de cette vérité.
Et tout d’abord, vous prenez une épigraphe que rien ne justifie dans le roman. Si le vice et la vertu ne
sont que des produits comme le vitriol et le sucre, il s’ensuivrait qu’un crime expliqué et motivé comme celui
que vous exposez n’est pas chose si miraculeuse et si monstrueuse, et on se demande dès lors pourquoi tout
cet appareil de remords qui n’est qu’une transformation et une transposition du remords moral ordinaire, du
remords chrétien, et une sorte d’enfer retourné.
Dès les premières pages, vous décrivez le passage du Pont-Neuf : je connais ce passage autant
que personne et par toutes les raisons qu’un jeune homme a pu avoir d’y rôder. Eh bien ! ce n’est pas
vrai, c’est fantastique de description : c’est comme la rue Soli, de Balzac. Le passage est plat, banal,
laid, surtout étroit, mais il n’a pas toute cette noirceur profonde et ces teintes à la Rembrandt que vous
lui prêtez. C’est là une manière aussi d’être infidèle.
Vos personnages d’ailleurs, si vous les avez faits exprès plats et vulgaires (excepté la jeune femme qui
a quelque chose d’algérien) sont ressemblants, bien présentés, analysés en conscience, copiés avec probité. A
vrai dire, si peu idéaliste que je sois, je me demande bien si le crayon ou la plume ont nécessairement pour
objet de choisir des objets vulgaires, sans nul agrément (je me le suis même demandé déjà au sujet de
Germinie Lacerteux de mes amis les Goncourt) ; je me suis persuadé qu’un peu d’agréable, un peu de
touchant, n’est point entièrement inutile, ne fût-ce que sur un point ou deux, dans un tableau même qu’on veut
faire parfaitement triste et terne. Mais enfin je passe. Il y a un endroit où je trouve particulièrement du talent,
au sens de l’invention : c’est dans la hardiesse des rendez-vous : la page sur le chat, sur ce qu’il pourrait dire,
est charmante et cela ne rentre plus dans la copie pure et simple.
Je trouve encore un grand talent d’analyse et de vraisemblance (le genre admis) dans les scènes
préparatoires de la noyade, et dans celles qui suivent immédiatement.
Mais là je m’arrête, et le roman me semble faire fausse route. Je prétends qu’ici vous manquez à
l’observation ou à la divination. C’est fait de tête et non d’après nature. Et, en effet, les passions sont féroces.
Une fois déchaînées, tant qu’elles ne sont pas assouvies, elles n’ont pas de cesse. Si Clytemnestre et Egisthe,
s’aimant à la fureur, n’avaient pu se posséder complètement qu’à côté du cadavre tout chaud et saignant
d’Agamemnon, le cadavre d’Agamemnon ne les aurait pas gênés, au moins pour les premières nuits. Aussi je
ne comprends rien à vos amants, à leurs remords et à leur refroidissement subit, avant d’être arrivés à leurs
fins. Ah ! plus tard, je ne dis pas. Quand la passion principale est satisfaite, on réfléchit, on voit les
inconvénients : le chapitre des remords commence… Vous voyez mes objections, cher Monsieur. Ce qui ne
m’aveugle pas sur le mérite technique et d’exécution de bien des pages. Je désirerais seulement que le mot de
vautrer se rencontrât moins souvent, et que cet autre mot brutal, qui reparaît sans cesse, ne vînt pas accuser la
note dominante, qui n’a nullement besoin de ce rappel pour ne pas se laisser oublier.
Vous avez fait un acte hardi : vous avez bravé dans cette œuvre et le public et aussi la critique. Ne
vous étonnez pas de certaines colères ; le combat est engagé ; votre nom y est signalé : de tels conflits se
terminent, quand un auteur de talent le veut bien, par un autre ouvrage, également hardi, mais un peu détendu,
où le public et la critique croient voir une concession à leur gré, et tout finit par un de ces traités de paix qui
consacrent une réputation de plus.
Tout à vous.
Sainte-Beuve
P.S. – Voici un aphorisme moral qui, selon moi, atteint votre roman par le milieu : « Une passion, une fois
déchaînée, ne s’éteint point, ne se coupe point brusquement par le remords, comme la fièvre par la quinine,
avant de s’être assouvie. »
Séance 6 (2h) : devoir : commentaire composé

Thérèse Raquin, Zola, 1867, Ch 13 : le cadavre de Camille à la morgue

Le meurtrier s’approcha lentement du vitrage, comme attiré, ne pouvant détacher ses


regards de sa victime. Il ne souffrait pas ; il éprouvait seulement un grand froid intérieur et
de légers picotements à fleur de peau. Il aurait cru trembler davantage. Il resta immobile,
pendant cinq grandes minutes, perdu dans une contemplation inconsciente, gravant malgré 5.lui
au fond de sa mémoire toutes les lignes horribles, toutes les couleurs sales du tableau qu’il
avait sous les yeux.
Camille était ignoble. Il avait séjourné quinze jours dans l’eau. Sa face paraissait encore
ferme et rigide ; les traits s’étaient conservés, la peau avait seulement pris une teinte
jaunâtre et boueuse. La tête, maigre, osseuse, légèrement tuméfiée, grimaçait ; elle se
10penchait un peu, les cheveux collés aux tempes, les paupières levées, montrant le globe
blafard des yeux ; les lèvres tordues, tirées vers un des coins de la bouche, avaient un
ricanement atroce ; un bout de langue noirâtre apparaissait dans la blancheur des dents. Cette
tête, comme tannée et étirée, en gardant une apparence humaine, était restée plus effrayante
de douleur et d’épouvante. Le corps semblait un tas de chairs dissoutes ; il avait souffert
horriblement. On sentait que les bras ne tenaient plus ; les clavicules perçaient la peau des
épaules. Sur la poitrine verdâtre, les côtes faisaient des bandes noires ; le flanc gauche, crevé,
ouvert, se creusait au milieu de lambeaux d’un rouge sombre. Tout le torse pourrissait. Les
jambes, plus fermes, s’allongeaient, plaquées de taches immondes. Les pieds tombaient.
Laurent regardait Camille. Il n’avait pas encore vu un noyé si épouvantable. Le cadavre
avait, en outre, un air étriqué, une allure maigre et pauvre ; il se ramassait dans sa pourriture ;
il faisait un tout petit tas. On aurait deviné que c’était là un employé à douze cents francs,
bête et maladif, que sa mère avait nourri de tisanes. Ce pauvre corps, grandi entre des
couvertures chaudes, grelottait sur la dalle froide.

Vous ferez un commentaire littéraire en deux parties


Problématique : Comment le cadavre de Camille est-il décrit ?

1ère partie : la description naturaliste du corps du défunt

2ème partie : le regard et la réaction de Laurent.

Avant de recopier, pensez à :

- relever des relevés précis

- rechercher des procédés mis en évidence dans les autres lectures analytiques de
l’œuvre
- à organiser les arguments
Evaluation Nom ……… Prénom ……………..

Construction du
commentaire
(parties,
paragraphes)

Introduction

Cohérence et
pertinence des
arguments

Richesse des
analyses

Insertion
correcte des
relevés
Conclusion,
transition

Syntaxe,
orthographe,
soin de
l’écriture

BILAN :
CORRECTION de DEVOIR

Thérèse Raquin, Zola, 1867, Ch 13 : le cadavre de Camille à la morgue

Depuis « le meurtrier s’approcha lentement » à «grelottait sur la dalle froide »

Vous ferez un commentaire littéraire en deux parties (Introduction – 1ère partie –

transition – seconde partie non rédigée – conclusion ) et vous pourrez vous appuyer sur le

parcours suivant :

Problématique : Comment le cadavre de Camille est-il décrit ?

1ère partie : la description naturaliste du corps du défunt

2ème partie : le regard et la réaction de Laurent.

______________________________________________________________________

PLAN DETAILLE

1ère partie : La description naturaliste du corps du défunt

2) Des références d’ordre médical


- vocabulaire propre à l’anatomie : « globe » (l.14), « chairs » (l.20), « clavicules »
(l.22), « côtes » (l.23)
- approche médicale : observation du corps à la façon d’une autopsie - souci d’ex-
plication rigoureuse : nombre de jours dans l’eau « 15 jours » (l.9) – analyse de la
« face », « les traits » (l.10), « la peau » (l.11)
3) Description macabre (macabre = image de la mort)
- Couleur repoussante du corps par le nombre d’adjectifs de couleurs en « âtre» =
suffixe péjoratif : « jaunâtre » (l.12), « noirâtre » (l.17), « verdâtre » (l.22) aux-
quels on peut rajouter « blafard » (l.24)
- Vocabulaire exprimant la décomposition du corps : « ferme et rigide » (l.10) « tu-
méfiée » (l.13), « tannée et étirée » (l.18), « chairs dissoutes » (l.20), « tâches
immondes » (l.26) et surtout la reprise du mot « pourrissait » (l.25) par un nom
« sa pourriture » (l.30)
4) Influence du milieu : concept naturaliste : Le narrateur fait un lien entre le corps de
Camille et son éducation : « un employé de douze francs, bête te maladif, que sa mère
avait nourri de tisanes » (l.31)
2ème partie : le regard et la réaction de Laurent

1) Le point de vue de Laurent : focalisation interne


- verbes de perception visuelle ayant Laurent pour sujet : « détacher ses re-
gards » (l.2), « il avait sous les yeux » (l.8), « regardait » (l.27)
- expressions de l’émotion « il éprouvait » (l.3)
- expressions de la pensée : « il aurait cru trembler davantage » (l.4)
« perdu dans ne contemplation » (l.6)

« il n’avait pas encore vu » (l.27)

2) Laurent est un peintre : il a un regard précis de peintre


- le corps de Camille est décrit de haut en bas : « la tête » (l.12) à … « les pieds »
(l.26)
- jeu des couleurs : « bandes noires » (l.23), « lambeaux d’un rouge sombre » (l.24)
– contraste entre le « bout de langue noirâtre » (l.27) et « la blancheur des
dents » (l.28)
- le narrateur parle lui-même de « tableau » (l.8). Laurent a déjà peint le portrait
de Camille … Ici, il semble imprimer son portrait de cadavre « gravant malgré lui
au fond de sa mémoire » (l.7), portrait qui le hantera par la suite.

3) Réaction de panique derrière une indifférence feinte : antithèse entre l’expression de


l’indifférence et de l’émotion
- Laurent cherche à masquer son émotion pour ne pas se trahir : »il resta immo-
bile » (l.5), « il ne souffrait pas » (l.2), « il aurait cru trembler davantage » (l.4)
- Son corps manifeste une panique : « grand froid intérieur » et « légers picote-
ments » (l.4)

5) Vision fantastique du cadavre :


- image repoussante : « atroce » (l.26), « horriblement » (l.20),« immondes » (l.26),
- expression d’effroi : « plus effrayante de douleur et d’épouvante » (l.19) « épou-
vantable » (l.28) renforcée par l’adverbe d’intensité « si » (l.28)
- Camille = un mort-vivant : « la tête (…) grimaçait » (l.23), « les lèvres (…) avaient
un ricanement atroce » (l.26), « ce pauvre corps (…) grelottait » (l.33). Cette
image deviendra une hallucination, notamment lors de la nuit de Noce

CONCLUSION :

- Thème propre à l’univers naturaliste : la description précise de la mort


- Occasion pour Zola d’ébaucher un tableau qu émane du regard de Laurent
- Passage central du roman : découverte du cadavre de Camille => Le couple va bas-
culer dans la culpabilité et dans le cauchemar : Laurent qui a imprimé le portrait
de Camille dans son esprit va le voir resurgir toutes les nuits et l’empêcher ainsi
de vivre.

Bilan de séquence (1h)


Objectif :
- restituer avec pertinence une œuvre romanesque
- préparation à l’entretien du bac oral de Français

Déroulé :
- Travail par groupes de trois: à tour de rôle, chaque élève est jury, candidat et examinateur
(celui qui décide de la note). Il doit donc à tour de rôle poser des questions sur l’oeuvre,
développer des réponses ou évaluer ses camarades.

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