R Eduction D'endomorphismes: 1. Qu'est-Ce Que R Eduire Un Endomorphisme ?
R Eduction D'endomorphismes: 1. Qu'est-Ce Que R Eduire Un Endomorphisme ?
UFR MATHÉMATIQUES
Réduction d’endomorphismes
a11 a12 ··· a1n a11 0 ··· 0
.. .. ..
0 a22 .
a2n a21 a22 . .
M (f )ei = .. .. ..
.. ou M (f )ei = . .. ..
. . .. .. . . 0
0 · · · 0 ann an1 · · · ann−1 ann
Dans toute la suite, on suppose que E est un espace vectoriel de dimension finie sur un
corps K.
Démonstration : si f est diagonalisable, alors il existe une base {e1 , . . . , en } telle que
a11 0 ··· 0
.. ..
0 a22 . .
M (f )ei = .. .. ..
. . . 0
0 ··· 0 ann
On en déduit que, pour tout vecteur ei de cette base f (ei ) = aii ei avec ei 6= 0 donc cette
base est formée de vecteurs propres. Réciproquement, si E admet une base de vecteurs
propres de f , il est clair que la matrice de f dans cette base sera diagonale.
Remarque - Si f est diagonalisable, les termes qui apparaissent sur la diagonale de la
matrice représentant f dans une base de vecteurs propres sont les valeurs propres associées.
Proposition 4 – Les valeurs propres de f sont les racines du polynôme Pf (λ) = Dét(f −
λId). Pf (λ) est un polynôme de degré n, appelé polynôme car-
actéristique de f .
Remarque - Si A et B sont deux matrices représentant un même endomorphisme f dans
deux bases distinctes, alors elles sont semblables donc Dét(A − λI) = Dét(B − λI). On
appelle également polynôme caractéristique de la matrice A le polynôme Dét(A − λIn ).
Définition 5 – On dit qu’une valeur propre de f est de multiplicité α si elle est racine
d’ordre α du polynôme caractéristique de f .
Une fois déterminées les valeurs propres, on détermine l’espace des vecteurs propres associés
à chacune de ces valeurs en résolvant le système linéaire (A − λId)(u) = 0 où A est la
matrice de f dans une certaine base.
Définition 6 – L’ensemble des valeurs propres d’un endomorphisme f est appelé le spectre
de f .
n−1
X
Dét(A − λIn ) = (−1)n λn + ai λi avec a0 = Dét A, an−1 = (−1)n−1 trA
i=0
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R ÉDUCTION D’ENDOMORPHISMES
Proposition 9 – Soient λ1 , . . . , λp des scalaires distincts deux à deux. Alors les sous-
espaces propres Eλ1 , . . . , Eλp sont en somme directe.
d’où Pf (X) = Dét (λ − X)Iα+1 Dét(B − X In−α−1 ) = (λ − X)α+1 Dét(B − X In−α−1 ).
λ serait donc valeur propre de multiplicité strictement supérieure à α. Absurde
Des propositions précédentes, on déduit le
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Préparation à l’agrégation interne Année 2005-2006
avec λ1 , . . . , λp scalaires et α1 + · · · + αp = n.
2) Pour chaque valeur propre λ de multiplicité α, on a dim Eλ = α.
4. Applications de la diagonalisation
On écrit cette égalité sous forme matricielle et on est encore ramené à un calcul de puissance
de matrice d’ordre k.
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R ÉDUCTION D’ENDOMORPHISMES
Le système s’écrit alors Xn+1 = AXn , d’où, par récurrence, Xn = An X0 . On est ainsi
ramené au calcul de An .
dX
= AX.
dt
Supposons A diagonalisable. Il existe alors une matrice D diagonale et une matrice P
dX ′
inversible telle que A = P DP −1 . Si on pose X ′ = P −1 X, le système devient = DX,
dt
système qui s’intégre facilement car D est diagonale.
5. Trigonalisation
Définition 15 – Une matrice A de Mn (K) est dite triangulaire supérieure (respectivement
inférieure) si elle est de la forme
a11 a12 ··· a1n a11 0 ··· 0
.. .. ..
0 a22 . a a22 . .
(resp. A = .21
A= .. .. .. .. .. .. )
. . . . .. . . 0
0 ··· 0 ann an1 ··· ann−1 ann
Remarque - Toute matrice triangulaire supérieure est semblable à une matrice triangulaire
supérieure. En effet, soit A une matrice triangulaire supérieure et f l’endomorphisme de
Kn représenté par A dans la base canonique (e1 , . . . , en ) de Kn . f est représenté par une
matrice triangulaire inférieure dans la base (en , . . . , e1 ).
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Préparation à l’agrégation interne Année 2005-2006
donc Pf (X) est scindé. De plus, les éléments diagonaux de la matrice triangulaire sont les
valeurs propres de f .
Réciproquement, supposons que le polynôme caractéristique de f soit scindé et montrons
par récurrence que f est triangularisable. Pour n = 1, il n’y a rien à montrer. Supposons le
résultat vrai à l’ordre n − 1. Puisque Pf (λ) est scindé, il admet au moins une racine λ ∈ K.
Soit u1 un vecteur propre associé. On complète {u1 } en une base {u1 , . . . , un } de E. On a
alors
a b2 · · · bn
0
M (f )ui =
..
. B
0
On a Pf (λ) = (a − λ) Dét(B − λIn−1 ) = (a − λ)Pg (λ) où g est l’endomorphisme représenté
par la matrice B dans la base (u2 . . . , un ). Comme Pf (λ) est scindé, Pg (λ) l’est aussi et,
d’après l’hypothèse de récurrence, la matrice B est triangularisable. Il existe donc une base
(v2 , . . . , vn ) de Vect{u2 , . . . , un ) telle que la matrice de g dans cette base soit triangulaire
supérieure.
Ainsi, dans la base {u1 , v2 , . . . , vn }, la matrice de f est triangulaire supérieure.
6. Le théorème de Cayley-Hamilton
Soit E un espace vectoriel sur K et P ∈ K[X] :
P (f ) = am f m + am−1 f m−1 + · · · + a1 f + a0 Id
où f k = f ◦ · · · ◦ f .
| {z }
k fois
Définition 18 – Soit f ∈ L (E). Un polynôme P (x) de K[X] est dit annulateur de f si
P (f ) = 0.
Pf (f ) = 0
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R ÉDUCTION D’ENDOMORPHISMES
8. Polynôme minimal
Soit f un endomorphisme d’un espace vectoriel E de dimension finie sur un corps K.
L’ensemble If des polynômes P de K[X] tels que P (f ) = 0 est un idéal de K[X]. K[X]
étant un anneau principal, il existe un polynôme µ engendrant If . De plus, ce polynôme est
unique si on le suppose unitaire (c’est-à-dire de coefficient dominant égal à 1).
Définition 23 – On appelle polynôme minimal de f l’unique polynôme µ unitaire qui
engendre If .
2
Remarque - Comme L (E) est de dimension finie, la famille (Id, f, . . . , f n ) où dim E = n
est liée . Il existe donc une combinaison linéaire non triviale de ses éléments qui est nulle.
On en déduit que If 6= {0} et donc 1 ≤ deg µ.
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Préparation à l’agrégation interne Année 2005-2006
Démonstration : il est clair que les racines du polynôme minimal sont racines du polynôme
caractéristique. Réciproquement, soit λ une racine de Pf . Il existe alors v 6= 0 tel que
(f − λId)(v) = 0.
Posons µf (X) = X p + ap−1 X p−1 + · · · + a1 X + a0 . Puisque µf (f ) = 0, on a
f p (v) + ap−1 f p−1 (v) + · · · + a1 f (v) + a0 v = 0. En utilisant que f r (v) = λr v, on obtient
que µf (λ) = 0 car v 6= 0.
9. Sous-espaces caractéristiques
Soit f un endomorphisme d’un espace vectoriel E de dimension finie n. On note Pf (X) le
polynôme caractéristique de f .
On suppose que Pf (X) est scindé et s’écrit
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R ÉDUCTION D’ENDOMORPHISMES
λ1 ⋆
.. 0
.
0 λ1
λ2 ⋆
..
.
M (f )B =
0 λ2
..
.
λp ⋆
0 ..
.
0 λp
λ1 ⋆
où .. est la matrice (triangulaire supérieure) de la restriction de f à Nλi
.
0 λ1
dans la base Bi . C’est une matrice de Mαi (K).
Démonstration : elle se fait en plusieurs étapes. Remarquons d’abord que les espaces Nλi
sont stables par f donc il existe une base B ′ = {B1′ , . . . , Bp′ } de E où Bi′ est une base
de Nλi telle que la matrice de f soit diagonale par blocs, chaque bloc représentant la
restriction fi de f à Nλi . Notons Mλi un de ces blocs non nuls. Il reste à montrer que Mλi
est triangularisable et que la diagonale de la matrice triangulaire obtenue ne contient que
des λi .
Comme Nλi = Ker(f − λi Id)αi , le polynôme Q(X) = (X − λi )αi est annulateur de fi .
Par conséquent le polynôme minimal de fi est du type
Comme les racines de Pfi sont exactement les racines de µfi , on en déduit que le polynôme
caractéristique de fi est scindé, que Mλi est triangularisable et que sa diagonale est formée
de termes tous égaux à λi
Proposition 30 – Il existe une base de E telle que les matrices représentatives dans cette
base de f et g respectivement soient diagonales. On dit que f et g sont
simultanément diagonalisables.
Démonstration : raisonnons par récurrence sur n.
Si n = 1, le résultat est trivialement vrai.
Supposons qu’il soit vrai sur tout espace de dimension inférieure ou égale à n − 1. Soit E un
espace vectoriel de dimension n et soit λ1 , . . . , λp les valeurs propres de f distinctes deux à
deux. Si f est une homothétie, le résultat est vrai car toute base qui diagonalise g diagonalise
f . Si f n’est pas une homothétie, E est somme directe de ses sous-espaces propres qui
sont tous de dimensions strictement inférieures à n (car f n’est pas une homothétie).
Soit Eλ un sous-espace propre de f . Montrons qu’il est stable par g. Soit x ∈ Eλ . On a
f − λId) ◦ g(x) = g ◦ (f − λId)(x) car f et g commutent. Donc f − λId) ◦ g(x) = 0
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Préparation à l’agrégation interne Année 2005-2006
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R ÉDUCTION D’ENDOMORPHISMES
la matrice représentative de f est triangulaire supérieure ; or, dans cette base, la matrice de
n est triangulaire supérieure avec une diagonale nulle.
Montrons enfin l’unicité de cette décomposition. Supposons qu’il existe D et N tels que
f = D+N , D et N vérifiant les mêmes hypothèses que d et n. Comme D et N commutent,
ils commutent avec f , donc ils commutent avec d et n car ce sont des polynômes en f .
Posons h = D − d = n − N . n − N est nilpotent car n et N le sont. De plus D et d
commutent et sont diagonalisables donc ils sont simultanément diagonalisables et D − d est
diagonalisable. L’endomorphisme h est donc nilpotent et diagonalisable ; on en déduit qu’il
est nul.
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RÉDUCTION DES ENDOMORPHISMES
1. Qu’est-ce que réduire un endomorphisme ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
2. Vecteurs propres - Valeurs propres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
2.1. Vecteurs propres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
2.2. Polynôme caractéristique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
3. Caractérisation des endomorphismes diagonalisables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
4. Applications de la diagonalisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
4.1. Calcul de la puissance d’une matrice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
4.2. Suites récurrentes linéaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
4.3. Systèmes de suites récurrentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
4.4. Systèmes différentiels à coefficients constants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
5. Trigonalisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
6. Le théorème de Cayley-Hamilton . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
7. Théorème de décomposition des noyaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
8. Polynôme minimal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
9. Sous-espaces caractéristiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
10. Diagonalisation simultanée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
11. Décomposition de Dunford . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
11.1. Endomorphismes nilpotents . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
11.2. Décomposition de Dunford . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
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