Chapitre 1 : crises et récessions
I. Problématique de la croissance économique : crise et récessions
Crise économique ?
Au sens strict, la « crise » économique est le moment ou les principaux indicateurs
macroéconomiques se détériorent, après une phrase d’expansion : baisse de la production,
de l’emploi et des revenus, et augmentation du chômage.
Récession ?
La récession est la période de ralentissement de l’activité économique plus au moins
longue qui suit la crise. Une crise peut survenir à la suite d’une baisse inattendue de la
demande de biens et services (choc de demande) ou après une baisse soudaine de l’offre
globale (choc d’offre).
L’offre globale = la production intérieur brute + les importations (produit provenant de
l’étranger)
La demande globale = la consommation des ménages + investissement + les exportations
(demande étrangères)
1. Une crise de la demande
Pour un niveau inchangé des salaires, la baisse des prix augmente le coût réel de
production.
La hausse des coûts de production rend la production moins profitable et incite les
entreprises à réduire le volume de bien offerts.
Comment l’économie va elle s’adapter a cette récession de l’activité et de l’emploie ?
A. La vision néoclassique de la crise :
1. La récession provoquée par le recul de la demande est temporaire.
2. La baisse des salaires va rapidement compenser la baisse initiale des prix de vente.
3. Le point B est une situation temporaire. La baisse des salaires stimulera et déplacera la
courbe vers la droite (vers 02)
4. L’augmentation de l’offre entraine de nouvelle baisses de prix qui stimulent la demande.
Le processus se poursuivent jusqu’au nouveau point d’équilibre, C.
Commentaires :
Les salaires ont baissé dans les mêmes proportions que les prix,
Les travailleurs ont accepté la baisse des salaires parce qu’ils anticipent correctement la
déflation (la baisse des prix) en cours et savent que leur pouvoir d’achat reste inchangé ;
L’apparition du chômage au début de la récession, indique aux travailleurs que toute
résistance à la baisse des salaires réduira leur niveau de vie en supprimant durablement
des emplois.
Blocage du mécanisme : 1. Les monétaristes ont reconnu qu’à court terme ce
mécanisme pouvait être bloqué.
2. Progressivement, les travailleurs réalisent la baisse des
prix en cours et corrigent leurs anticipations.
3. L’économie peut rester au point B. Mais, peu à peu,
elle retrouvèrent spontanément vers l’équilibre, au
point C.
Anticipations rationnelles :
Sur la figure on ne passe même pas
par le point B, à court terme. On va
directement du point A au point C ;
on évite ainsi la récession et le
chômage, dès le début de la crise.
Robert Lucas qui a développer les anticipations rationnelles.
B. La vision Keynésienne de la crise :
La baisse de la demande entraine une
baisse encore plus marquée des
ventes : si les prix restent fixés en
P1, la quantité demandée baisse en
PIB3 et non en PIB2.
À ce niveau de prix, les entreprises
accumulent des stocks de produits Mais, au point B, le marché des biens
invendus ; et elles peuvent être et services est en équilibre ; il
incitées à baisser leurs prix jusqu’au n’existe donc plus aucune pression
nouvel équilibre entre l’offre et la spontanée tendant à développer la
demande (au point B). production.
Les salaires sont rigides à la baisse !
Les chômeurs voient leur revenu diminuer et doivent limiter leur consommation ;
Le recul de la consommation aggrave le recul initial de la demande et peut contraindre
les entreprises à de nouvelles réductions de l’emploi et de la production.
Commentaires :
Si on laisse faire, les mécanismes spontanés du marché risquent d’entraîner l’économie
dans un processus de récession de plus en plus grave.
Au sein de ce contexte, négocier des baisses de salaire risquerait de freiner encore plus
la demande et d’accentuer la crise au lieu de l’atténuer.
Les mécanismes de retour automatiques vers l’équilibre peuvent rester plus au
moins durablement bloqués.
Quelle solution ?
Il existe un moyen plus sûr et moins
coûteux de ramener l’économie vers
l’équilibre initial et le plein emploi :
la politique économique.
Sur la figure, cela revient à faire
parcourir à la demande globale le
même chemin à l’envers, pour
ramener l’économie au point A.
2. Une crise de l’offre :
Une hausse du coût de production rend la production moins profitable pour un prix
donné.
En conséquence, à chaque niveau des prix, les entreprises sont disposées à offrir une
quantité de biens et services inférieure à celle qu’elles offraient avant la hausse des coûts.
Hausse des prix (de P1 e, P2).
On atteint un nouvel équilibre (au point B) qui se caractérise à la fois par une récession
de l’activité (le PIB régresse de PIB1 à PIB2) et par l’inflation.
La conjonction d’une stagnation ( ou d’une récession) de la production et de l’inflation,
est dénommée « stagflation »
A. La vision néoclassique de la crise : Après avoir reculé en O2, l’offre
globale repart vers la droite, vers O1.
Cette relance de l’offre amène à une
baisse progressive du niveau général
des prix qui retourne vers P1.
Le processus doit se poursuivre
jusqu’à ce que l’offre globale et le
niveau général des prix soient
revenus à leur niveau initial (au point
A), gommant ainsi la récession et
l’inflation.
B) la vision keynésienne de la crise
Au point A, le niveau général des
prix est revenu à son niveau initial,
mais les salaires monétaires versés
aux travailleurs ont été abaissés … =
baisse du pouvoir d’achat.
Quelle solution ?
Sur la figure, on tente de déplacer D1 vers D2 (en pointillé) et d’atteindre le point C.
Est-ce que la stratégie keynésienne règle le problème ?
Cette stratégie keynésienne ne règle pas davantage le problème fondamental. Certes, la
récession et le chômage sont atténués et les salaires sont maintenus, mais le niveau des
prix a fortement augmenté : le pouvoir d’achat s’est donc détérioré.
Dans la stratégie néoclassique, il est payé par les salariés par l’intermédiaire d’une baisse
des salaires ; dans la stratégie keynésienne, il est également payé par les travailleurs,
mais par le biais d »une inflation hui érode leur pouvoir d’achat.
Quelle solution à proposer ?
Une entente claire et stable entre les employeurs et les employés sur le partage des
coûts peut seule conduire à un nouvel équilibre durable.
Chapitre 2 : problème de l’inflation
I. L’inflation
L’inflation est une hausse du niveau général des prix. Elle ne doit pas être confondu avec
la hausse du prix d’un bien ou de quelque biens particuliers.
Le contraire de l’inflation est la déflation, qui indique une baisse du niveau général des
prix.
1. Les mécanismes de l’inflation
Toute hausse du niveau général des prix constitue donc un mécanisme d’ajustement de
l’économie à un déséquilibre entre l’offre et la demande globales.
On oppose parfois deux visions de l’inflation : déséquilibre entre l’offre et la demande ou
phénomène monétaire.
A. L’inflation par la demande :
Imaginons l’apparition d’un phénomène qui entraine une augmentation sensible de la
demande globale.
On constate désormais un excès de demande : le volume des biens et services demandés
dépasse le volume des biens et services offerts.
L’ampleur de l’inflation provoquée par la demande excédentaire dépend de l’élasticité
de l’offre.
L’inflation par la demande est donc faible si l’offre est très élastique.
En revanche, l’inflation par la demande est forte si l’offre est inélastique.
B. L’inflation par les coûts :
La hausse des coûts peut avoir différentes origines : hausse généralisée des salaires, choc
pétrolier (année 70), augmentation des taxâtes sur les produits, dépréciation de la
monnaie nationale qui renchérit le coût des importations.
Imaginons par exemple une hausse généralisée du prix des matières premières :
Cela réduit la profitabilité de la production.
Si les entreprises veulent maintenir leur marge bénéficiaire, que doivent il faire ?
Le problème majeur de l’inflation par les cours tient à son caractère auto entretenu et
cumulatif.
Les phénomènes d’anticipation peuvent ainsi contribuer à accentuer l’inflation par les
cours même après la disparitions de ses causes initiales.
C. Un phénomène monétaire
L’équation de Fisher :
Et comme le marché monétaire est équilibré
Cas des États-Unis
LE PLEIN ENPLOI ET LE SOUS-EMPLOI :
Les monétaristes considèrent que l’économie est toujours en plein emploi et qu’en
conséquence les entreprises ne peuvent pas développer la production : l’offre est rigide.
Les keynésiens estiment au contraire que l’économie peut se trouver en situation de sous-
emploi, avec des équipements et des travailleurs inutilisés et disponibles rapidement pour
produire davantage.
L’erreur de l’approche monétaire consiste à faire du laxisme monétaire du gouvernement
la seule cause de l’inflation ; or il s’agir seulement de l’un des facteurs coexistant avec les
autres chocs sur les coûts et la demande globale, et les facteurs structurels
Mais l’approche monétaire conserve un intérêt pratique : elle attire l’attention sur le fait
qu’en règle générale l’inflation ne peut pas se développer sans une certaine expansion née
la quantité monnaie.
II. Les causes structurelles de l’inflation par la demande
Tout investissement productif a pour effet de distribuer immédiatement des revenus
supplémentaires alors que les biens nouveaux produit grâce à cet investissement devront
être attendus plus au moins longtemps.
L’offre supplémentaire ne se développera qu’une fois que l’usine commence la
production. Mais, au moment ou l’offre de cette entreprise augmente afin, d’autres
investissement ont lieu.
En période de croissance continue ; l’investissement ne s’arrête jamais totalement : il
introduit en permanence un décalage entre la distribution de revenus et l’offre de bien.
Une demande excédentaire structurelle provient aussi du développement des services non
marchands, et en particulier des services publics.
Les revenus versés contribuent à gonfler la demande globale pour les biens et services
marchands.
2. Les causes structurelles de l’inflation par les coûts
Deux sources essentielles de l’inflation par les coûts à distinguer :
Les mutations de la concurrence
Les conflits entre les partenaires sociaux pour le partage du revenu national
A) Les mutations de la concurrence
La concurrence dans les marchés de concurrence pure et parfaite s’exerce d’abord par les
prix.
Confronté à une hausse des coûts, une entreprise en situation de concurrence parfaite, au
sens traditionnel du terme, ne peut pas relever ses prix de vente.
= elle risque de perdre l’essentiel ou la totalité de ses parts de marché au profit des
concurrents qui maintiendront leurs prix à un niveau inchangé.
Chaque producteur aurait intérêt à ce que l’ensemble des concurrents se concertent pour
décider en même temps de relever les prix.
B) La lutte pour le partage de la valeur ajoutée :
Si les partenaires sociaux sont d’accord sur un partage de la valeur ajoutée, les
entreprises peuvent réagir à un choc sur les coûts sans augmenter les prix.
Une partie du coût supplémentaire est compensée par une baisse des salaires ; l’autre
partie du coût d’ajustement est supportée par les entreprises.
Seuls une entente durable entre les partenaires sociaux sur la part de chacun dans les
revenus tirés de la production permet un ajustement non inflationniste aux chocs sur
les coûts de production.
Si les relations entre ces partenaires sont fondamentalement conflictuelles, l’inflation
est en revanche le moyen d’ajustement le plus facile.
Chapitre 3 : problème du chômage
Aspect économique et social :
D’un point de vue économique, le chômage signifie le « gaspillage » d’une ressource
(humaine). Lorsque le chômage augmente, cela signifie qu’une quantité importante de
biens et services n’est pas produite.
D’un point de vue social, le chômage entraine de nombreuses souffrances, y compris
morales et émotionnelles, puisque les personnes concernées ont un revenu faible.
I. Mesurer l’emploie et le chômage
1. La décomposition de la population
2. La dynamique emploi-chômage
Être sans emploi et ne pas en souhaiter : les individus sont alors considérés comme
inactifs (c’est le cas, par exemple, des personnes à la retraite ou des chômeurs
découragés) ;
Être sans emploi et en chercher un : les individus sont au chômage, ils correspondent à
des actifs inoccupés ;
Avoir un emploi : les individus sont des actifs occupés.
Flux de fonctionnement du marché du travail :
Le halo du chômage :
Est-ce qu’une variation du chômage est l’inverse de la variation de l’emploi ?
Est-ce que la création de 100 emplois réduira le nombre de chômeurs d’un nombre égal à
100 ?
En effet, les créations d’emploi peuvent attirer les chômeurs mais également les
personnes inactives ou bien encore les personnes déjà employées et souhaitant changer
d’emploi.
La variation du chômage n’est pas l’inverse de la variation de l’emploi.
3. Détermination du taux de chômage :
Selon le bureau international du travail (BIT) :
« Un chômeur est une personne en âge de travailler, c’est-à-dire qui a 15 ans ou plus, et qui
doit remplir simultanément 3 conditions » :
Être sans emploi, c’est-à-dire ne pas travailler, même pas une heure, durant une semaine
de référence ;
Être disponible pour prendre un emploi dans les 15 jours ;
Avoir cherché activement un emploi dans le mois précédent ou en avoir trouvé un qui
commence dans moins de trois mois.
Si l’on note (U) le nombre de chômeur et (L) la population active totale, le taux de chômage (C )
peut se définir comme : C= U/L
On sait que la population active totale (L), est la somme du nombre de chômeurs (U), et du
nombre de personne ayant un emploi (E)
Dès lors, le taux de chômage (c ) peut se réécrire comme : C= U/ U+E
En plus du taux de chômage, nous pouvons distinguer plusieurs indicateurs parmi lesquels le
taux d’activité et le taux d’emploi.
Le taux d’activité, noté (a), est le rapport entre l’ensemble de la population active (L) et la
population en âge de travailler (N), soit : a = L/N = E+U/N
Le taux d’emploi, noté (e ), est le rapport entre la population active occupée ( E) et la population
en âge de travailler (N), soit : e = E/N
On peut dès lors établir une relation entre le taux de chômage (c ), le taux d’activité (a) et le taux
d’emploi (e ).
On voit que : a = L/N = E+U/N = E/N + U/N
On sait que : L= E+U ; e = E/N et que c= U/L
Donc : a = e+ cL/N ;
a= e+c x a ;
a–e=cxa
Soit au final : c = a-e/a = a/a -e/a = a = e/a
c = 1 – e/a
Selon cette relation, si le taux d’activité (a) est constant, le taux de chômage (c ) et le taux
d’emploi (e ) écoulent en sens inverse.