MÉMOIRE
PRÉSENTÉ À
L’UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À CHICOUTIMI
COMME EXIGENCE PARTIELLE
DE LA MAITRISE EN GESTION DES ORGANISATIONS
PAR
Annie Doryse Chiédji Boni
ENTREPRENEURIAT FÉMININ EN AFRIQUE : SECTEUR DES NOUVELLES
TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION (NTIC)
ÉTÉ 2023
RÉSUMÉ
Longtemps perçue comme étant un mauvais élève en ce qui concerne la parité ou
encore la promotion à l’emploi à l’égard des femmes, l’Afrique profite de nos jours
non seulement du leadership, mais aussi de l’esprit d’initiative des femmes. En effet,
selon le rapport de l'Institut McKinsey 2019 intitulé « Power of Parity Report:
Advancing Women’s Equality in Africa », l’égalité des sexes en Afrique est de 0,58%.
Selon la Banque Mondiale 2019, les femmes sont les plus touchées par le taux de
chômage en Afrique avec un taux de 6,7% en Afrique subsaharienne et un taux de
18,1% en Afrique du Nord et Moyen-Orient. Travailler pour leurs propres comptes
leur permet donc de s'extraire du chômage, d'assurer une sécurité financière à leur
famille et d’espérer une rémunération équitable. En 2022, la Banque Mondiale
démontre qu’elles gagnent en moyenne 15 à 30 % de moins que les hommes, soit
deux tiers des revenus des hommes entrepreneurs. Les femmes africaines sont
pourtant devenues, un noyau fort de l’économie en Afrique. Elles sont souvent
cantonnées dans le secteur informel, mais contribuent de façon importante aux
revenus du ménage (Adjamagbo, Gastineau, & Kpadonou, 2016). Elles arrivent
grâce à leurs activités rémunératrices à subvenir aux différentes charges familiales.
Aujourd’hui, à l’ère des nouvelles technologies de l’information et de la
communication (NTIC), les femmes se trouvent très présentes, dans presque tous
les secteurs d’activités. Les NTIC sont présentées comme, un gage d’opportunités,
de développement et de croissance économique d’un pays par les politiques
gouvernementales et les organisations gouvernementales et non
gouvernementales. Pourtant, l’accès des NTIC s’avère difficile, surtout pour les
femmes.
La présente étude qui se déroule sur la base d’une méthodologie qualitative vise
dans un premier temps à savoir et décrire quelle est la place qu’occupe
l’entrepreneure africaine dans le secteur des nouvelles technologies de l’information
et de la communication de façon exploratoire. Dans un deuxième temps, de
comprendre le système entrepreneurial féminin en Afrique et l’importance des
nouvelles technologies dans l’entrepreneuriat féminin. Pour répondre à ces objectifs
de recherche, nous nous appuyons sur une recension des écrits de plusieurs
auteurs qui ont travaillé sur des thématiques similaires et sur la théorie du
comportement planifié (Ajzen, 1991) et le connectivisme (Duplàa & Talaat, 2011).
Les résultats de cette étude obtenus par le biais des entrevues individuelles
réalisées auprès de femmes entrepreneures africaines démontrent que les normes
III
sociales et ont un impact significatif sur les motivations et les décisions
entrepreneuriales d’une femme.
Table des matières
RÉSUMÉ ..............................................................................................................................II
LISTE DES TABLEAUX .................................................................................................... VI
LISTE DES FIGURES....................................................................................................... VII
REMERCIEMENTS............................................................................................................ IX
INTRODUCTION ET PROBLÉMATIQUE ...........................................................................1
CHAPITRE 1 :......................................................................................................................8
REVUE DE LA LITTÉRATURE ...........................................................................................8
1.1 L’ENTREPRENEURIAT ................................................................................................8
1.1.1 Préambule de l’entrepreneuriat .............................................................................. 8
1.1.2 L’entrepreneuriat en Afrique ......................................................................................... 9
1.1.2.1 Le succès de l’entrepreneuriat africain ............................................................ 11
1.1.2.2 La culture africaine ................................................................................................. 12
1.1.3 L’entrepreneuriat féminin en Afrique ........................................................................ 14
1.1.3.1 Les différents secteurs d’activité entrepreneuriale ....................................... 16
1.1.3.2 Les freins à l’entrepreneuriat féminin en Afrique .......................................... 19
1.2 LES NTIC (Nouvelles Technologies de l’information et la communication) ........23
1.2.1 Les NTIC en Afrique....................................................................................................... 25
1.2.2 Impact des NTIC en Afrique......................................................................................... 25
1.2.3 Les femmes et les NTIC ................................................................................................ 28
1.2.4 Les obstacles à l’accès des femmes africaines aux NTIC .................................. 29
CONCLUSION ............................................................................................................................ 30
CHAPITRE 2 ......................................................................................................................31
LE CADRE THÉORIQUE ..................................................................................................31
2.1 La théorie du comportement planifié ........................................................................... 32
2.2 La théorie du connectivisme .......................................................................................... 33
2.3 La relation entre la théorie du comportement planifié et la théorie du
connectivisme ........................................................................................................................... 34
CHAPITRE 3 ......................................................................................................................37
MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE ..........................................................................37
3.1 Positionnement épistémologique ................................................................................. 37
3.2 Approche utilisée .............................................................................................................. 38
3.3 Méthode de collecte de donnée ..................................................................................... 39
V
3.4 L’intérêt d’un certificat d’éthique .................................................................................. 40
3.5 Échantillonnage ................................................................................................................. 41
3.6 Instrument de collecte de données .............................................................................. 42
3.7 Techniques d’analyse des données ............................................................................. 43
CHAPITRE 4 ......................................................................................................................45
ANALYSE DES DONNÉES ET PRÉSENTATION DES RÉSULTATS .............................45
4.2. Les motivations entrepreneuriales de la femme africaine .................................... 49
4.3. La fracture du genre ........................................................................................................ 56
4.4. Importance des NTIC ....................................................................................................... 61
4.5. Prospectives ...................................................................................................................... 69
CHAPITRE 5 ......................................................................................................................72
SYNTHÈSE ET DISCUSSION ...........................................................................................72
CONCLUSION ...................................................................................................................82
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES .................................... Erreur ! Signet non défini.
ANNEXES ..........................................................................................................................99
ANNEXE 1 : GUIDE D’ENTREVUE ................................................................................100
ANNEXE 2 : CERTIFICAT D’ÉTHIQUE ..........................................................................104
ANNEXE 3 : IDENTIFICATION DES CODES DES ENTREVUES ..................................105
LISTE DES TABLEAUX
Tableau 1 : Nombre de chefs d’entreprises hommes et femmes en 2001 et 2019
Tableau 2 : Informations socioprofessionnelles des participantes interviewées
LISTE DES FIGURES
Figure 1 : La théorie du comportement planifié
Figure 2 : Schématisation de la relation de la théorie du comportement planifié et la
théorie du connectivisme
Figure 3 : Les étapes de collecte et d’analyse des données
Figure 4 : Schématisation des étapes de l’analyse thématique de contenu
LISTE DES ABRÉVIATIONS
ATDA : Assises de la Transformation Digitale en Afrique
IPM : Indice de Pauvreté Multidimensionnelle
ISU : Institut de statistique de l’UNESCO
NTIC : Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication
OCDE : Organisation de Développement et de Coopération économiques
PME : Petite et Moyenne Entreprise
PIB : Produit intérieur brut
TIC : Technologie de l’information et de la Communication
UNESCO : Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture
UNIDO : United Nations Industrial Development Organization
WETECH : Women in Entrepreneurship and Technology
WIA : Women in Africa
WWWF : World Wide Web Foundation
REMERCIEMENTS
La réalisation de ce mémoire a été possible grâce au concours de plusieurs
personnes à qui je voudrais témoigner toute ma gratitude.
Je voudrais exprimer d’abord ma reconnaissance à mes directrices de
mémoire, madame Marie-Josée Drapeau et madame Salmata Ouedraogo. Je les
remercie de m’avoir encadré, orienté, aidé, conseillé et surtout pour la grande
patience qu’elles m’ont accordée.
Je tiens spécialement à remercier mes parents Boni Charles et Janine et mes frères
Landry et Martial, pour leur confiance, leur soutien inconditionnel et leurs
encouragements dans mon parcours.
Je désire aussi à dire merci à mes amis d’avoir été toujours là et de m'avoir aussi
fait profiter de leur réseau pour aisément trouver mes intervenantes et des
informations pour la rédaction de ce mémoire.
Un merci spécial à toutes ces intervenantes qui ont facilité la réalisation de ce
mémoire.
INTRODUCTION ET PROBLÉMATIQUE
Depuis plusieurs années, le monde assiste à une politique visant à la promotion de
l’entrepreneuriat. Cette promotion est persistante, car dans le paradigme de
l’innovation, l’entrepreneuriat est source d’opportunités, d’exploitation des
occasions, d’exploitation du capital humain qui constitue en lui-même un
accroissement du développement économique (Attarça & Lassalle-de Salins, 2013;
Lopez, Feige, & Bidi, 2016). Les institutions telles que la Banque Mondiale,
l’organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et la
Commission européenne ne sont pas restées en marge. Elles ont encouragé les
pays à favoriser un environnement propice pour entreprendre et propager
l’importance et l’impact de l’entrepreneuriat. Citons, par exemple, l’indice « Doing
business » de la Banque Mondiale mis en place pour pouvoir mesurer la
réglementation des affaires et son application effective dans 190 économies. Cet
indice démontre que pour la troisième année consécutive en 2018, l’Afrique
subsaharienne bat son propre record pour le nombre de réformes réglementaires
facilitant les affaires. Cela est dû à plusieurs stratégies et politiques mises en place
depuis des années pour promouvoir l’entrepreneuriat. En effet, on constate une forte
médiatisation de l’entrepreneuriat depuis les années 1950 avec « Pas moins de
4 101 émissions ou sujets de Journal télévisé, consacrés aux entreprises et à
l’entrepreneuriat en Afrique » (Larcher, 2021, p. 229).
Comme pour tout continent, mais encore plus pour l’Afrique, l’entrepreneuriat est
considéré comme une clé essentielle pour le développement économique, puisqu’il
2
est créateur d’emploi, favorise la croissance économique, réduit le taux de pauvreté
et favorise l’égalité des sexes (Capron, 2009; Florent Tasso, 2021; Larcher, 2021).
Ces dernières décennies, une emphase est mise sur les femmes dans
l’entrepreneuriat en Afrique, les agences et les organisations internationales, mais
aussi les scientifiques et les politiques s’y intéressent de plus en plus. En effet, les
femmes africaines sont les plus touchées par le taux de chômage avec un taux de
6,6 % (Organisation international du Travail, 2020) . Elles se tournent donc vers
l’entrepreneuriat pour s’extirper du chômage, dans le but de soutenir leur famille ou
dans une recherche d’autonomisation et d’émancipation personnelle (Diye, 2019;
Tchouassi, Ngwen, Tekam Oumbe, & Temfack, 2018).
L’Afrique est considérée comme la région la plus entrepreneuriale du monde
puisque « 22 % des Africains en âge de travailler créent de nouvelles entreprises,
contre 13 % en Asie et 19 % dans les pays d’Amérique latine » (Pezzini & Minsat,
2019, p. 9). L’entrepreneuriat est un outil d’autonomisation financière qui peut élargir
les possibilités qu’ont les femmes pour améliorer leur contribution à la production
nationale et à la création d’emplois, et aussi à la production internationale. Il est
désormais clair que la création d’entreprise féminine a joué un rôle important dans
le développement économique de l’Afrique depuis l’ère précoloniale et est enracinée
dans la culture de la femme africaine (Beddi, Fadil, & Saadaoui, 2019; Brasseur,
2008).
À l’ère du numérique et d’internet, plusieurs auteurs ont souligné la contribution des
nouvelles technologies de l’information de la communication (NTIC) et de leurs
apports à la croissance économique des pays (Gilbert, Mairesse, & Kocoglu, 2005).
3
Certains de ces auteurs ont cependant insisté par de nombreux travaux de
recherche et étude de cas, sur le rôle important qu’a la nouvelle technologie sur
l’économie et le développement socioculturel (Nwamen, 2006; Sahut & Leroux,
2011). La principale conclusion ou le constat de différents travaux est que les NTIC
représentent pour les entreprises un instrument redoutable, qui leur permettrait de
mettre en place ou d’accroitre leur avantage concurrentiel et gagner des parts de
marché. Ils mettent en évidence le fait que les NTIC sont essentielles à la croissance
et à la pérennité des entreprises. Les entreprises qui utilisent les nouvelles
technologies de l’information et de la communication de façon efficace et efficiente
connaissent le succès (Rivard, 2003; Sahut & Leroux, 2011). Utiliser les NTIC,
contribue à augmenter la productivité, l’innovation et les profits dans l’entreprise. À
cet égard, certains auteurs ont étudié l’impact des NTIC sur la productivité, la
rentabilité, les stratégies d’analyse par l’entreprise et l’avantage compétitif (Peppard
& Ward, 2004).
De nombreux pays africains comme le Rwanda, l’Afrique du Sud, le Sénégal et la
Côte d’Ivoire reconnaissent l’importance des nouvelles technologies de l’information
et de la communication comme moteur de développement et en font donc une
priorité. Les technologies sont devenues le centre d’attention des politiques
africaines et des partenaires africains au développement, avec un objectif
spécifique : la croissance économique de ces pays (Pezzini & Minsat, 2019;
Totouom, 2018). Les NTIC représentent une des innovations les plus importantes
de cette nouvelle ère et l’Afrique l’a bien compris, avec l’image des populations au
sud du Sahara qui s’ouvrent de plus en plus au reste du monde par leur utilisation
4
des technologies de l’information et de la communication (Ndongo & Klein, 2020).
L’Afrique est actuellement dans la mouvance de l’entrepreneuriat et surtout de
l’entrepreneuriat féminin. Différentes politiques gouvernementales, des stratégies et
projets des organismes non gouvernementaux sur la promotion et la sollicitation des
femmes à entreprendre ont été mis en place. Les ONG (Organisation non
gouvernementale) créées pour les femmes en vue de favoriser
l’autonomisation des femmes en sont un parfait exemple (Perrot, 2010). L’Afrique
est aussi « engagée dans un important effort de restructuration de ses
télécommunications » (Plane, 2002, p. 272). En effet, les politiques publiques du
Sénégal et de la Côte d’Ivoire ont mis en place un ministère de l’Économie
numérique et des Télécommunications dont le but est de moderniser et de
développer les technologies de l’information et de la communication par l’utilisation
efficace des réseaux de communication. En novembre 2021, la Côte d’Ivoire a
dégagé 50 079 822 439 FCFA (soit 111 469 661,76 dollars canadien)
d’investissement dans les NTIC.
En Afrique subsaharienne, les femmes sont donc de plus en plus impliquées dans
des activités génératrices de revenus (Ndèye Faty & Marie, 2021). Cependant, on y
note que l’entrepreneuriat féminin plus spécifiquement dans le domaine des NTIC
est complexe et difficile à cerner, puisque la littérature scientifique, à notre
connaissance, est limitée. En 2019, on constate un écart femmes–hommes
considérable, seulement 23 % des femmes d’Afrique subsaharienne ayant accès à
internet contre 34 % des hommes (Li et al., 2020). Dans le but de réduire le fossé
numérique entre les sexes, plusieurs initiatives sont mises en place. Par exemple,
5
pour rehausser les chiffres au niveau des femmes dans les NTIC, la Banque
Mondiale s’est associée avec Consumer Electronics Show (CES) qui organise un
concours mondial de l’innovation et de la technologie dans plusieurs buts dont celui
de réduire le fossé numérique entre les sexes en 2020. Dans ce même sens, les
intervenants à la 6e édition des Assises de la Transformation Digitale en Afrique
(ATDA) en 2017 initiée par « Cio Mag », le premier magazine panafricain dédié au
numérique en Afrique, ont aussi insisté sur la nécessité d’intégrer la femme dans
toutes les fonctions numériques (2017). Les ATDA sont même devenues, au fil des
années, une plateforme d’échange et d’intelligence collective entre Africains,
Européens, Asiatiques et Américains. Tous ces efforts fournis par les différents
organismes cités auparavant ont porté des fruits. En effet, la banque
d’investissement européenne a démontré qu’en 2020 en Afrique, comparativement
aux années précédentes, 27 % des femmes ont maintenant accès à l’internet mais
seulement 15 % d’entre elles peuvent se permettre de l’utiliser. Ce qui constitue tout
de même un écart considérable.
Pour la World Wide Web Foundation (WWWF), les causes de cette fracture
numérique entre les genres sont dues aux coûts élevés, au manque de savoir-faire,
au peu de contenus pertinents pour les femmes sur internet et aux barrières
imposées aux femmes pour s’exprimer librement en ligne, et ce, tant en public qu’en
privé (Guermazi, 2021). La Banque Mondiale (2015), soutient aussi que le plus gros
problème est sans doute le manque criant de modèles auxquels elles peuvent
s’identifier. En effet, nous n’avons pas assez d’éléments pour évaluer la présence
de la femme dans le secteur des NTIC. La littérature actuelle traitre généralement
6
de la performance des entreprises créées par les femmes, de leur profil psychosocial
en tant qu’entrepreneures et aussi de l’apport économique qu’elles apportent à leur
pays grâce à l’entrepreneuriat (Batibonak, 2009; Brière, Auclair, & Tremblay, 2017;
Song-Naba, 2015).
Malgré l’omniprésence des NTIC dans notre ère, les auteurs justifient le manque
d’informations sur les femmes dans les NTIC, par le simple fait qu’elles ont encore
un accès limité à la technologie qui peut changer considérablement leur vie
(Pasquier, 2022).
La recherche part du constat qu’il existe peu de littérature sur les femmes
entrepreneures en Afrique dans les NTIC. Nous nous interrogerons donc sur la
présence des femmes dans l’entrepreneuriat en Afrique, plus précisément dans le
secteur des NTIC.
L’objectif poursuivi est donc de décrire les caractéristiques de l’entrepreneuriat
féminin et l’utilisation des nouvelles technologies de l’information et de la
communication par les entrepreneures africaines dans le cadre de leurs activités de
façon exploratoire, de comprendre le système entrepreneurial féminin en Afrique et
de comprendre l’importance des nouvelles technologies dans l’entrepreneuriat
féminin. Notre question de recherche s’énonce comme suit : quels sont les défis
majeurs que rencontrent les femmes entrepreneures en Afrique dans le domaine
des NTIC?
Afin de mieux comprendre et d’expliquer ce phénomène, nous avons utilisé une
méthodologie plus descriptive, qu’est l’étude qualitative exploratoire. Nous avons
7
procédé à 10 entretiens semi-directifs avec des femmes entrepreneures en Afrique
pour mieux comprendre le positionnement de l’entrepreneure africaine et surtout
découvrir la place qu’occupent les nouvelles technologies de l’information et de la
communication dans leur milieu.
Le mémoire est composé de six chapitres. Le chapitre premier sera consacré à la
revue de littérature dédiée à l’entrepreneuriat en Afrique (1,1) et à celle qui porte
spécifiquement sur les femmes ainsi que leurs différentes motivations pour
entreprendre (1,2 et 1,3), avant de nous intéresser à la littérature portant sur les
NTIC (1,4). Une synthèse des écrits sur l’entrepreneuriat féminin et sur les NTIC
viendra conclure ce premier chapitre (1,5). Quant au chapitre deux, il présente les
théories du comportement planifié et met en rapport le niveau d’apprentissage et de
prise en compte du connectivisme pour des femmes entrepreneures. Le chapitre
trois présente la problématique, la question ainsi que l’objectif de recherche. Le
chapitre quatre se base sur les précédents pour soumettre la méthodologie de
recherche en lien à une approche qualitative et interprétative en sciences sociales,
sur la collecte et le traitement des données. Le chapitre cinq expose l’analyse des
résultats. Quant au chapitre six, il présente la discussion des résultats. Puis nous
terminerons avec une conclusion générale.
CHAPITRE 1 :
REVUE DE LA LITTÉRATURE
Ce chapitre présente une recension des écrits portant sur l’entrepreneuriat féminin
en Afrique et aussi des nouvelles technologies de l’information et de la
communication en Afrique dans le but de comprendre l’importance et la place que
ces entrepreneures occupent.
1.1 L’ENTREPRENEURIAT
1.1.1 Préambule de l’entrepreneuriat
D’après Audretsch (2006), le développement des entreprises est un moteur
essentiel de la croissance économique et de la création d’emploi. L’entrepreneuriat
prend de l’ampleur tant sur le plan politique que sur le plan socioéconomique, car
les politiques le considèrent comme une clé du développement socioéconomique. Il
est non seulement une solution de croissance économique, mais aussi un
mouvement majeur à l’évolution de la société et de création d’emplois en réponse
au problème du chômage (Soulabail, 2014; Torrès, 2001). En ce sens, les
gouvernements mettent généralement en place plusieurs stratégies pour le soutenir
et le promouvoir, par exemple des centres de formations et d’accompagnement des
créateurs — des incubateurs (Bakkali, Messeghem, & Sammut, 2013; Fayolle,
2004). Bien que nous notions cet engouement pour l’entrepreneuriat, « c’est un
vaste domaine qui regroupe des secteurs et des réalités différents » (Soulabail 2014,
9
p.124). En effet, les réalités différentes selon la zone géographique, car « l’action
entrepreneuriale ne peut se concevoir en dehors de la société qui la contient »
(Torrès, 2001, p. 2). Pour bien cerner le phénomène et l’analyser, il serait important
de prendre en compte la position géographique, les conditions environnementales,
socioculturelles et religieuses.
La majorité des travaux de recherche sur l’entrepreneuriat n’ont tenu compte que du
contexte occidental qui, placé généralement au rang des pays développés, a des
valeurs basées sur la rationalité, la liberté, l’égalité, la laïcité, mais aussi
l’individualisme, l’universalisme, le libéralisme, le primat du droit avec une approche
dominante centrée sur la création de valeur économique par l’entrepreneur
individuel (Aufrère, Eynaud, Gauthier, & Vercher-Chaptal, 2019; Torrès, 2001). En
occident, bien qu’il existe des modèles conservateurs et traditionalistes dans
l’entrepreneuriat, on constate le caractère fortement individualiste de
l’entrepreneuriat où l’élément central se trouve être l’entrepreneur. Par conséquent,
les réalités entre l’Afrique et l’Occident étant différentes (Kamdem, 2001; Kombou &
Feudjo, 2007), il est nécessaire de différencier l’entrepreneuriat que l’on se trouve
en occident ou en Afrique.
1.1.2 L’entrepreneuriat en Afrique
L’Afrique est un continent très riche en ressources naturelles. D’après la commission
économique des Nations Unies pour l’Afrique, en 2015, le continent possédait 78 %
des réserves mondiales de diamant, 28 % de celles de manganèse, près de 12 %
de celles du pétrole, 40 % des réserves d’or et 80 à 90 % des métaux du groupe du
10
chrome et du platine (Moussa Dembélé, 2015; Totouom, 2018). Le continent reste
le plus pauvre au monde, et l’accès aux services essentiels, notamment la santé et
l’éducation, y est extrêmement difficile (Kadio, Ridde, & Mallé Samb, 2014; Ndongo
& Klein, 2020). Un rapport des Nations Unies en 2020 démontre que près de 84,3 %
des personnes souffrant de pauvreté multidimensionnelle vivent en Afrique
subsaharienne. La Banque Mondiale prévoyait une augmentation de la croissance
économique à 2,8 % en 2021 avant de monter à 3,3 % en 2022. Elle détient, selon
les données de la Banque B. Mondiale (2019), sur le total mondial des bénéfices
tirés des ressources naturelles, 7,5 % du PIB mondial. Malgré cela, l’indice de
pauvreté multidimensionnelle (IPM) de 2020 du rapport des Nations Unies révèle
que 14 pays d’Afrique subsaharienne ont vu le nombre de personnes souffrant de
pauvreté multidimensionnelle augmenter. Cette augmentation serait due à la
croissance démographique avec 60 % des individus extrêmement pauvres de la
planète, selon l’agence française de développement (AFD, 2021), même si elle a
observé une baisse de 8 % entre 1985 et 2017.
Afin de lutter contre la pauvreté et le chômage, et dans l’objectif de promouvoir le
développement économique, plusieurs organismes et organisations, les
communautés et les gouvernements ont instauré des politiques visant à la création
d’emplois (Kouadio Clément, 2019; Labbani, 2014), dont l’entrepreneuriat. En effet,
l’entrepreneuriat a donné un nouveau souffle à l’économie en Afrique avec son
caractère de pourvoyeur d’emploi et de gain de richesse à travers les taxes avec un
taux de croissance économique atteignant 3,5 % en 2018 et 3,2 % en 2019 (Kchirid,
2020).
11
Sur l’étude de l’entrepreneuriat en Afrique, plusieurs auteurs (Essingone, 2003;
Hugon, 2002; M. B. Sall, 2013) émettent des analyses sur l’évolution économique et
financière des entreprises africaines en incluant sobrement le volet social et culturel.
Cela n’est pas surprenant, car le but de l’étude de l’entrepreneuriat, pour ces
auteurs, était d’obéir à une approche du management reposant sur l’hégémonie de
l’économie et accordant moins d’intérêt au problème d’ordre social et culturel.
Cependant, force est de constater que le développement économique des sociétés
africaines révèle des situations complexes dont l’élucidation nécessite une approche
globale, pour aller au cœur des rationalités présentes dans ces sociétés et
susceptibles d’influer positivement ou négativement sur le développement des
entreprises (Kamdem, 2001).
1.1.2.1 Le succès de l’entrepreneuriat africain
Pour les auteurs Fayolle (2017) et Picod, Amrani et Oloum (2019), le succès des
entreprises africaines démontre qu’il serait important d’aller au-delà de cette
utilisation productiviste et de rentabilité qu’à l’approche économique, ainsi que le
besoin d’un regard multidisciplinaire qu’a l’approche comportementale.
Ledit succès inclut les éléments relatifs aux sciences sociales qui prennent en
compte non seulement les comportements, mais également les droits, les normes,
les obligations, l’environnement, la culture et les croyances adoptés par des
individus dans une société. En effet, majoritairement dans la gestion des affaires,
les individus se réfèrent à leur culture et leurs croyances (Brasseur, 2008; Delaye,
Duru, & Okamba, 2011; Mutabazi, 2004).
12
En Afrique, la culture est basée sur la notion de groupe (Tahmi, 2001), car
l’entrepreneur ne travaille pas seulement pour son compte, mais aussi pour ses
proches et plus généralement pour sa communauté (Bane & Petitjean, 2018). C’est
pourquoi la relation entre les employeurs et les employés sera similaire à la relation
qui existe entre les enfants et la famille élargie. Ils s'entremêleront moralement,
créant des obligations mutuelles: la protection du salarié par l'employeur et la
loyauté du salarié envers l'employeur (Bourgouin 1984 cité par Kamdem, 2001). En
Afrique, « dans les relations d’affaires, les relations prennent le pas sur les affaires »
(Kamdem, 2001, p. 3). Tel que souligné par Kamdem (2001, p. 3), « L’esprit
communautaire constitue donc la clé de voûte de l’édifice social africain. Cette
manière de vivre va entrer en conflit avec l’entreprise et de l’économie capitaliste qui
sont fondées sur l’individualisme et la recherche du profit ». Ainsi, Simen et Ebene
Nkoa (2019) expliquent que les individus dans la société africaine se comportent de
façon solidaire en petite entreprise, faisant apparaître le caractère familial dans la
gestion des relations humaines. Il serait nécessaire de faire une analyse de la culture
africaine en elle-même pour mieux comprendre le comportement des femmes
entrepreneures.
1.1.2.2 La culture africaine
La culture est le socle d’une société. Bien qu’il y ait de multiples définitions sur la
culture, nous retenons celle donnée par l’UNESCO (1982), car elle englobe toutes
celles trouvées dans mes recherches. L’UNESCO (Guèvremont, 2021, p. 169)
définit la culture comme suit :
13
La culture, dans son sens le plus large, est considérée comme
l’ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et
affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social. Elle
englobe, outre les arts et les lettres, les modes de vie, les droits
fondamentaux de l’être humain, les systèmes de valeurs, les traditions
et les croyances.
Partant de cette définition, nous présenterons donc les caractéristiques de la culture
africaine dans le paragraphe suivant qui paraît très utile pour cerner l’environnement
socioculturel qui pourrait influencer le comportement des entrepreneures.
En Afrique, il y a un grand nombre de religions et de pratiques religieuses dont
apparaissent en majorité le christianisme, l’islam et les pratiques religieuses
traditionnelles. La population est fortement croyante et pratiquante.
Chaque pays africain a ses rites, valeurs, coutumes et interdits et certains pays ont
plusieurs ethnies (Duport, Fagnibo, & Palenfo, 2020; Makinwa-Adebusoye, 1999;
Toko & Kadouamaï, 2020). La notion d’« ethnie » définit par Amselle (2005) comme
un objet d’appartenance à un groupe provenant de la même descendance et ayant
une langue commune est un aspect important dans la culture africaine, car dans leur
culture, les africains ont le fort désir de paraître et de s’élever aux yeux de leur
groupe d’appartenance et d’influencer culturellement par stratification sociale (Dia,
1990; Rivière, 1975; Telep, 2018).
Parlant de stratification sociale 1 en Afrique, dans les années antérieures et plus
précisément concernant la place de la femme, l’on constate que la valeur sociale
des femmes était niée, leur rôle productif était également négligé, exploité et leur
1
Stratification sociale : découpage des sociétés humaines en catégories hiérarchisées
14
émancipation était sévèrement entravée (Canonne, 2013). Mais, aujourd’hui, les
conditions et statuts de la femme dans la société africaine ont connu une réelle
mutation de leur rôle dans la vie économique, politique et culturelle en au moins une
ou deux générations (Coquery-Vidrovitch, 2013b).
Il s’avère difficile de trouver des sources scientifiques qui traduisent l’image de
l’entrepreneuriat du point de vue religieux et ethnique en Afrique, mais si l’on se
réfère aux enseignements bibliques, coraniques ou même selon les pratiques
religieuses propres à l’Afrique qui inculquent le don de soi, le partage et la fraternité,
on se retrouve dans du communautarisme, et dans des stéréotypes basés sur le
genre homme et femme. À cet effet, selon Brasseur (2008), une première approche
de la culture a démontré que seuls les stéréotypes basés sur le genre qui découlent
des différentes cultures pourraient déterminer la conception que l’entrepreneur aura
pour rôle en Afrique. De ces stéréotypes, on retient celui porté sur la femme qui
paraissait presque invisible dans les études portant sur l’entrepreneuriat. Toutefois,
la perception de la femme comme destinée à seulement s’occuper du ménage et
des enfants, reste très présente depuis l’époque précoloniale (Charmes, 2005;
Coquery-Vidrovitch, 2013a; Sylvanus, 2006). C’est dire que la culture en elle-même
émet plusieurs aspects qui peuvent être considérés comme des défis que peuvent
rencontrer des entrepreneures africaines.
1.1.3 L’entrepreneuriat féminin en Afrique
Les femmes africaines sont bien représentées dans la structure entrepreneuriale et
ont une certaine importance dans l’économie (Brière et al., 2017). Elles se sont
toujours intéressées à l’entrepreneuriat et depuis l’époque précoloniale, même si le
15
taux est faible, comme le démontre le pourcentage des chefs d’entreprises hommes
et femmes de 2001 et de 2019, selon les données de la Banque Mondiale (2020)
(tableau 1).
Tableau 1 : Pourcentage de chefs d’entreprises hommes et femmes en 2001 et
2019
Pourcentage de Pourcentage
femme chef d’homme chef
d’entreprise d’entreprise
2001 2019 2001 2019
Bénin 0,6 0,7 1,7 1,9
Côte d’Ivoire 0,2 0,7 0,7 2,3
Mauritanie 0,4 0,8 2,5 5,6
Sénégal 0,2 0,4 1,0 1,1
Source : Les données de la Banque Mondiale des indicateurs clés du marché
du travail (ICMT)
L’écart entre les sexes dans l’activité entrepreneuriale est encore très grand. Pour
l’OCDE (2017), cela s’explique par le fait que les femmes entrepreneures soient
confrontées aux défis financiers, sociaux et culturels, alors que les avantages
économiques et sociaux de l’entrepreneuriat féminin sont nombreux.
Les nouvelles technologies ont ouvert des champs d’action très prometteurs pour
les femmes. Dans l’éducation, la finance, la santé, le commerce et les médias,
celles-ci n’hésitent plus à surfer sur le web.
16
Ces outils de développement ont permis de former des réseaux de femmes capables
de conseiller et, surtout, d’inspirer les autres. Par exemple, Women in Africa (WIA 2)
et WETECH Africa 3 (Women in Entrepreneurship and Technology) sont deux de ces
réseaux qui promeuvent et financent des projets, souvent à fort impact économique
et social, portés par des femmes.
1.1.3.1 Les différents secteurs d’activité entrepreneuriale
Dans plusieurs pays comme en Afrique, on retrouve des secteurs d’activité
économique formels et informels (M’Bouna, 2019). Il convient donc de situer le
secteur prédominant et d’en chercher les raisons pour comprendre à quel niveau
l’entrepreneuriat se situe en Afrique.
Le secteur informel fait référence aux petites entreprises non enregistrées et non
taxées qui sont généralement les entreprises de services, les activités de production
et les commerçants ambulants (M’Bouna, 2019; Spring, 2009), même si quelques
pays africains comme le Ghana et le Kenya ont fourni des sites et services à ces
petites entreprises pour qu’elles puissent être taxées (Spring, 2009). Dans ce cas-
ci, on reconnaît ces entreprises comme informelles, car elles ne sont pas
enregistrées dans le registre des entreprises et ne détiennent donc aucun numéro
d’immatriculation.
L’économie informelle, en 2019, accapare entre 60 et 70 % des emplois non
agricoles (Berrou & Eekhout, 2019). En sus, il semble que les femmes africaines
2
WIA est la principale plateforme internationale privée consacrée au développement économique
et au soutien des femmes africaines entrepreneures.
3
WETECH (Women in Entrepreneurship and Technology) est une plateforme de soutien aux
femmes africaines dans les domaines de l’entrepreneuriat et de la technologie.
17
privilégient le secteur informel, quand elles créent leur propre activité économique.
Les informations sur l’économie de la Côte d’Ivoire et le Gabon montrent qu’il y a
très peu de femmes dans la structure économique moderne de leur pays, car leurs
domaines d’activité se limitent aux petites entreprises informelles et aux travaux de
terrain (M’Bouna, 2019; Ouattara, 2007). En effet, les entreprises détenues par des
femmes se situent davantage dans le secteur informel, puisque cela leur semble
plus accessible (Datta & Gailey, 2012; Della-Giusta & Phillips, 2006; Rutashobya,
Allan, & Nilsson, 2009; Spring, 2009). Le secteur d’activité informel est le plus prisé,
car la majorité de ses activités sont moins coûteuses et la plupart des femmes dans
ce domaine viennent de milieu rural et sont issues de famille ou de milieux de classe
modeste ou, voire pauvre. Elles sont auteures d’une grande partie de la production
alimentaire dans le monde, avec une exploitation prédominante en Afrique
subsaharienne de 80 % (Davis, 2012; Goody & Buckley, 1973). Au Burkina Faso par
exemple, « plus de 75 % de la production de subsistance est assurée par les
femmes malgré leur faible accès aux moyens de production » (Dao, Sanou et al.
2016, p.2).
On les retrouve également dans le milieu du commerce (Coquery-Vidrovitch, 2013a;
Toulabor, 2012). C’est ce que nous explique Chamlee-Wright (2002) dans son étude
de l’entrepreneuriat féminin en milieu urbain, avec les femmes du Ghana qui
pendant l’époque précoloniale, en tant que commerçantes, ont formé une classe
entrepreneuriale solide, développant et élaborant une accumulation du capital tout
en utilisant leurs liens de parenté matrilinéaire qui leur permettaient de sécuriser
toute relation dans le but de faire croître leur entreprise. Ces femmes sont le plus
18
souvent dans la prestation de service, la restauration, la vente de produits ou
accessoires de beauté ou dans la vente de textiles.
À titre d’exemple, dans la vente de textile, les entrepreneures les plus célèbres sont
les femmes provenant du Togo. On les appelle les Nanas Benz 4. Les Nana Benz
sont présentes dans le domaine commercial depuis le début de la colonisation, et
ce grâce à des connexions transnationales (Adjamagbo, 2020). Elles représentent
indéniablement une composante de la classe moyenne parmi les commerçants
togolais et étaient même à la tête d’un réseau international, depuis la Côte d’Ivoire
et le Niger jusqu’à la République démocratique du Congo, engendrant des chiffres
d’affaires et des bénéfices hors normes (Coquery-Vidrovitch, 2013a; Sylvanus,
2006; Toulabor, 2012).
Le secteur informel domine les économies africaines et connaît une réelle expansion
au détriment du secteur formel (Zogning, Mbaye, & Um-Ngouem, 2017). Les
femmes apportent majoritairement, dans ce secteur informel, une forte contribution
économique dans leur pays qui selon UNIDO 5 n’est pas pris en compte dans les
comptes nationaux (Woldie & Adersua, 2004).
Le secteur formel est un secteur qui comptait peu de femmes jusqu’à ces dernières
années (Brière et al., 2017; Toché, 2017). La rareté des femmes est due aux
exigences en matière de réglementation, d’acquittement des impôts et au niveau
4
Les Nana Benz : « nana » est un terme affectueux et familier, qui signifie « mère » ou « grand-
mère », puis l’additif Benz fait référence au fait qu’elles circulaient dans des véhicules de
marque « Mercedes-Benz ».
UNIDO : Organisation des Nations unies pour le développement industriel
5
19
d’instruction qu’il requiert alors que le niveau d’instruction est faible au niveau des
femmes (Gherbi, 2014; Toulabor, 2012). Mais, depuis quelques années avec les
différentes promotions accrues sur l’entrepreneuriat, ce secteur accueille de plus en
plus de femmes. Malgré tout, l’écart reste grand, car « elles entreprennent dans le
formel par opportunité d’affaires, par vocation professionnelle et pour répondre à un
projet de vie » (M’Bouna, 2019, p. 11). Elles restent donc confrontées, à des
difficultés qui les maintient dans l’informel (Glidja, 2019).
1.1.3.2 Les freins à l’entrepreneuriat féminin en Afrique
Malgré la volonté des femmes à entreprendre, elles rencontrent moins
d’opportunités de développement professionnel, tant au niveau formel, qu’informel
(Davis, 2012). Elles sont soumises à d’énormes défis et de barrières socioculturelles
et socioéconomiques. En effet, bien qu’elles jouent un rôle prééminent dans la
société africaine, on leur reconnaît majoritairement un rôle de génitrice avec des
conditions qui peuvent varier d’une région à une autre, mais elles restent toujours
soumises à la prédominance masculine (Goerg, 1998). Encore aujourd’hui, la voir
accomplir d’autres choses que celle de tenir un foyer choque encore certaines
personnes.
Dans un contexte où les femmes ont été exclues des opportunités éducatives
pendant longtemps, et suffisamment occupées pour aspirer à occuper des postes
de direction au sein des entreprises. (Mianda, 2020; Ouattara, 2007) ce qui
engendre une fracture du genre et tue le leadership féminin. Il y a donc de nombreux
obstacles qui pourraient freiner l’essor de la femme en entrepreneuriat.
20
Dans les sociétés, les inégalités en matière de genre, existent depuis bien
longtemps, laissant à la femme la responsabilité socioaffective de la famille et à
l’homme, la fonction instrumentale. Ce mode de pensée s’est amplifié à la
colonisation avec le développement des régimes patriarcaux capitalistes (Bugain,
1988). La femme est présentée seulement comme celle qui tient le foyer. Elle a à sa
charge de l’éducation des enfants, l’entretien de la maison, du mari, des enfants et
souvent de la belle famille. Elles sont éduquées dès le bas âge pour remplir cette
mission. La société traditionnelle estime même que « la meilleure femme dont un
homme puisse rêver est celle qui n’ose pas lever les yeux sur un homme et qui se
préoccupe de la tenue de son foyer » (Ouattara 2007, p.56). On leur enseignait,
depuis leur plus jeune âge, à ne pas parler en public, à ne jamais adresser la parole
en premier à un homme, ni à le regarder dans les yeux, à communiquer tout bas et
discrètement, sauf si elles se trouvaient entre elles ou dans un cadre cérémoniel
(Coquery-Vidrovitch, 2013a).
À la tête des entreprises, il y a très peu de femmes gestionnaires (Fournier, Brière,
Pellerin, & Laflamme, 2020). Mais, en Afrique, ce constat est pire et cela est dû à
leur niveau d’éducation et de compétence relativement faible (Woldie & Adersua,
2004). D’après l'ISU 6, l’Afrique subsaharienne a l’un des taux les plus élevés
d’exclusion de l’éducation, dont plus d’un cinquième des enfants âgés d’environ 6 à
11 ans n’est pas scolarisé, suivis par un tiers des enfants âgés d’environ 12 à 14 ans
(Maïga & Hotte, 2021). Les raisons de ce taux si faible sont multiples. À cet effet,
dans leur étude sur la pauvreté, le genre et la scolarisation des enfants, Gnoumou
6
ISU : Institut de statistique de l’UNESCO
21
Thiombiano (2014) et Lo et Mendy (2021) ont évoqué plusieurs raisons qui
pourraient être des causes de ce bas taux. Dans certains foyers où le revenu de la
famille est bas, on choisit généralement que le petit garçon continue à être scolarisé.
En effet, « Lorsque les contraintes économiques imposent aux familles de faire des
choix en matière d’éducation, ces choix se font souvent en défaveur des filles »
(Wouango, 2017, p. 3). L’étude de ces auteurs (Gnoumou Thiombiano, 2014; Lo &
Mendy, 2021) donne comme autre raison le niveau d’éducation des parents, la taille
du ménage, la culture, la distance assez longue de la maison à l’école, mais surtout
le manque d’enseignante dans le corps professoral qui pourrait représenter des
modèles pour les jeunes filles.
Aujourd’hui, beaucoup de femmes analphabètes ou peu instruites ont des
entreprises. En effet, selon Davis (2012), dans une étude ghanéenne sur des
femmes propriétaires, il a été révélé que sur le nombre de femmes interrogées, 60 %
n’avaient que le niveau primaire. Elles n’ont nécessairement pas besoin d’être
diplômées universitaires ou savoir lire et écrire pour avoir une entreprise. Le manque
d’instruction n’est pas un problème pour qu’elles s’émancipent, car n’ayant pas de
niveau de formation axée sur le commercial, elles se forment sur le tas. Mais, elles
sont limitées dans la capacité à faire croître l’entreprise et surtout à reconnaître les
opportunités et à détecter les lacunes du marché (Davis, 2012). Le manque de
formation entrepreneuriale pour ces femmes entrepreneures est un frein à leur
investissement.
Pour Yasmina (2019) et Glidja (2019), l’accès au financement est le plus grand
obstacle pour les femmes entrepreneures. Dans les sociétés africaines,
22
majoritairement patriarcales, les institutions financières sont sexistes. Selon les
auteurs Berguiga et Adair (2022), il est difficile pour les femmes entrepreneures
d’obtenir des prêts à la banque contrairement à leur homologue homme. Elles sont
victimes de préjugés face aux institutions bancaires où elles sont considérées
comme de nature passive, inefficace dans les affaires et vulnérable à la moindre
difficulté. Davis (2012), dans son étude, démontre que plus de 64 % de femmes
affirment que le financement est difficile à obtenir et quand elles reçoivent des prêts
bancaires, le taux d’intérêt est très élevé. C’est pourquoi elles s’autofinancent elles-
mêmes ou se font aider par leur famille ou en participant à des tontines 7 (Glidja,
2019; Ouattara, 2007). C’est dans cette optique de participer à au financement des
entreprises que L’Action positive pour le financement en faveur des femmes en
Afrique (AFAWA) a été mis en place. L’AFAWA (Levalois, 2019) est un :
Ce mécanisme de financement de l'autonomisation économique des
femmes sur le continent a été adopté lors du Sommet des chefs d'État
de l'Union africaine (UA) en janvier 2015 et confié à la Banque africaine
de développement (BAD) pour sa mise en œuvre. Le projet implique,
entre autres, le Fonds Africain de Garantie et le Réseau Bancaire
Africain. […] Le programme AFAWA vise à améliorer l’accès des
femmes au financement et à favoriser la prestation de services de
renforcement des capacités aux femmes entrepreneuses, y compris
l’accès à des cours de mentorat.
L’AFAWA (2023) travaillant ainsi pour renforcer les capacités professionnelles et
financières, a en fin du mois de décembre 2022, fait approuver les prêts en faveur
des petites et moyennes entreprises dirigées par des femmes atteignant 1,051
milliard de dollars.
7
Tontine : Opération par laquelle plusieurs personnes constituent par le paiement de cotisations un
fonds commun, qui sera capitalisé et versé à l'échéance convenue.
23
Aujourd’hui, avec la promotion sur la scolarisation pour tous promue par l’UNESCO,
l’UNICEF, la Banque Mondiale et l’avènement des NTIC qui a favorisé la naissance
de start-up, de plus en plus de femmes s’intéressent au secteur formel et en
particulier aux NTIC.
Les NTIC offrent diverses possibilités d’autonomisation des femmes en participant
de manière plus égale au marché du travail, au marché financier et à
l’entrepreneuriat (Zogning, 2021). Ainsi, de plus en plus d’études (Deming, 2017;
Wilson, Daugherty, & Bianzino, 2017) tentent de comprendre ce que représente les
NTIC dans notre société, pourquoi et comment mieux utiliser la ressource de
l’économie numérique pour développer l’entrepreneuriat féminin.
1.2 LES NTIC (Nouvelles Technologies de l’information et la communication)
Les NTIC ont pris une place importante, dans la vie quotidienne et professionnelle,
à laquelle s’adjoint la globalisation et la mondialisation des économies (Nwamen,
2006; Zogning, 2021). On y retrouve les NTIC que sont les téléphones fixes et
mobiles, télévisions, PC, internet, chaînes hi-fi, radios et les machines industrielles
(Pharabod, 2004). Pour Devèze-Sanson (2014, p. 1) :
Les NTIC ou parfois simplement TIC (car ces technologies perdent
rapidement leur caractère de nouveauté) sont définies comme
l’ensemble des techniques et des équipements informatiques
permettant de communiquer à distance par voie électronique.
À cette précédente définition, on peut ajouter celle de Nouira, Soudane, Hajaji et
Rguibi (2021, p. 35) qui désigne le TIC comme « l'ensemble des outils, services et
24
techniques utilisés pour la création, l'enregistrement et le traitement de l'information,
ainsi que les moyens de communication nécessaires à sa diffusion» .
Elles ont, en effet, permis la croissance et la pérennité de plusieurs entreprises, ainsi
que la croissance du produit intérieur brut (PIB) et de la productivité du travail grâce
à leur grande capacité de traitement des données, leur possibilité de stockage, leur
accessibilité et la rapidité des transmissions de données (Ben Slimane & Auplat,
2015; Gilbert, Mairesse, & Kocoglu, 2005). Pour d’autres auteurs (Boulay & Kalika,
2007; Deltour & Lethiais, 2014; Ngongang, 2013; Pensel, 2010), la croissance des
entreprises par les NTIC est aussi due à son apport au niveau des relations avec les
clients et avec ses nombreux services comme internet, qui permettent aux
entreprises d’avoir une facilité à interagir avec les clients et arriver à se trouver
facilement de nouveaux clients, de nouvelles offres et de maintenir un service de
qualité en répondant aux exigences des clients. À ce propos, Nwamen (2006) et
Chakri et Riouch (2021) montrent que grâce aux NTIC, se sont créés plusieurs
logiciels qui ont pour but la gestion de flux d’informations dans les entreprises et
entre les entreprises, tout en permettant également la réduction des coûts de
collecte et traitement de données.
Aujourd’hui, de nombreuses entreprises évoluent grâce aux NTIC et d’autres aussi
doivent leurs naissances aux Nouvelles Technologies de l’information et de la
Communication (NTIC) encore appelées Technologies de l’information et de la
Communication (TIC). En effet, jusqu’à une époque récente, le terme « nouvelles
technologies de l’information et de la communication » (NTIC) était très utilisé, à
25
cause de la nouveauté que représentait le rapprochement entre l’informatique et les
différents moyens de communication.
Bien qu’il ne soit qu’un phénomène nouveau, son « accès très limité en Afrique »
(N. Sall & Michaud, 2006, p. 297) fait qu’il paraît toujours nouveau dans ce continent.
1.2.1 Les NTIC en Afrique
« Les technologies de l’information et de communication (TIC) ont évolué, créant
ainsi de nouvelles opportunités […] en particulier dans les pays de l’Afrique » (El
Mehdi, 2011, p. 1) même si, selon la communauté internationale, « le fossé
numérique continue à se creuser entre les pays développés et l’Afrique d’une part
et d’autre part à l’intérieur des pays africains, entre les élites et les populations moins
nanties et défavorisées » (Thioune, 2002, p. 1). En effet, la pauvreté est l’une des
causes de la non-accessibilité des NTIC. Subséquemment, N. Sall et Michaud
(2006) expliquent que le progrès qu’a la technologie en Afrique, est dû aux besoins
des communautés d’affaires ou scientifiques dont les assises sont extranationales,
d’une part et par les aléas et la générosité des bailleurs de fonds, d’autre part. Il n’y
a présentement pas de données fiables sur les statistiques d’entreprises en Afrique
évoluant dans le secteur des NTIC ou usant de cette évolution technologique.
Pourtant, l’Afrique aurait tout à y gagner, car les entreprises évoluant dans le secteur
des NTIC selon l’OCDE compteraient parmi les plus importantes capitalisations
boursières mondiales (Cherchem, 2011).
1.2.2 Impact des NTIC en Afrique
De nombreux auteurs (Bomsel, 2006; Legrenzi, 2015; Sahut & Leroux, 2011; Tlich,
2013) ne cessent de vanter les mérites des nouvelles technologies tant sur le plan
26
éducatif qu’économique. En effet, pour Bonjawo (2002), les NTIC donnent à l’Afrique
l’option de passer les étapes du développement pour un meilleur avenir et de faciliter
le grand bond technologique. Mais, comme le démontrent N. Sall et Michaud (2006),
en Afrique, plus qu’ailleurs, les technologies ont pu avoir un impact négatif sur
l’éducation des femmes, des enfants, voir sur des communautés dû à un abus dans
l’usage ou à des interprétations erronées qui prêtent à confusion ou s’avère en
contradiction avec le contexte social et environnemental, les cultures et valeurs de
la société africaine. La pandémie de la COVID19, a aussi accentué le mode
télétravail, qui a eu un impact négatif au niveau de la santé physique et mentale des
travailleurs, d’après Vayre (2019). C’est pourquoi ils préconisent de tenir compte du
contexte social pour un meilleur impact sur la société. C’est la raison pour laquelle,
Uimonen (cité par Thioune, 2002, p. 2) explique aussi en ces termes : « La révolution
numérique n’est pertinente pour l’Afrique que dans la mesure où elle tient compte
des réalités et aspirations quotidiennes des individus ».
Mais, il faut aussi noter que la technologie n’a pas que des impacts négatifs sur les
Africains. En effet, elle a permis à certaines régions d’améliorer leur procédé de
production en vue de gagner en temps et en argent (N. Sall & Michaud, 2006).
Également, avec l’internet, les entreprises et même les simples commerçants
arrivent à exporter ou importer aisément leur produit, car les moyens de
communication sont simplifiés (Ngongang, 2013).
Internet et les téléphones portables ont fait une différence cruciale sur le continent
africain, notamment dans les domaines liés à l’entrepreneuriat. Selon une récente
étude du cabinet de conseil McKinsey (Afrik, 2023), les économies africaines
27
pourraient relancer leur croissance en améliorant leur productivité via une transition
numérique accélérée, une valorisation des compétences locales, une collaboration
interrégionale accrue, des investissements dans l’urbanisation et une promotion des
entrepreneurs locaux.
D’après les statistiques de l’Union Internationale des Télécommunications de 2011,
l’Afrique a enregistré pendant la période 2005 - 2010 le taux de croissance annuel
cumulé le plus élevé du monde pour ce qui est de la pénétration de l’internet (34 %
en Afrique contre 26 % et 18 % respectivement dans les États arabes et en Asie —
Pacifique) et des abonnements aux services mobiles cellulaires (27 % en moyenne
en Afrique contre 25 % en Asie — pacifique et dans les États arabes, 12 % dans la
région Amérique et 6 % en Europe) (El Mehdi, 2011). En 2018, l'utilisation d'internet
en Afrique a connu une croissance exponentielle au cours de la dernière décennie
avec le Maroc se distinguant en tant que pays du continent ayant le plus fort taux
d'utilisation d'internet, avec 62 % de sa population connectée, puis les îles
Seychelles avec 59 % et le Cap-Vert avec 57 % (Lavallée, 2021). Ces pays affichent
des pourcentages élevés de pénétration d'internet parmi leurs populations
respectives. Cette croissance a été expliquée en grande partie par le développement
rapide et soudain des matières premières et par l’ouverture des marchés au monde.
Pour, les chercheurs, économistes, sociologues et politiques (Bogui, 2017;
Nwamen, 2006; Tlich, 2013; Wouango, 2017), l’on pourrait résorber la précarité des
conditions de vie par les NTIC. Ils considèrent les NTIC comme un outil de lutte
contre la pauvreté pouvant être profitable aux hommes et aux femmes. Pourtant, les
28
filles et les femmes sont sous-représentées dans le domaine du numérique
(Beaucher, 2020; Fluckiger, 2016).
1.2.3 Les femmes et les NTIC
Les femmes étaient très impliquées dans les débuts des NTIC, par exemple :
Ada Lovelace qui ne se doutait pas que son prénom serait un jour
attribué à un langage informatique. Passionnée de mathématiques, elle
conceptualisa, un siècle avant les premiers calculateurs électroniques,
les bases d’une machine programmable […], les mathématiciennes
nommées «ENIAC girl» qui ont participé à programmer le premier
ordinateur, Grâce M.Hopper qui a conçu le premier langage de haut
niveau ou encore Mary K.Keller qui a été la première femme à détenir
un doctorat en informatique (Morley, 2004, p. 1).
Aujourd’hui, les femmes sont largement minoritaires dans les métiers de
l’informatique ou du numérique, particulièrement en Afrique (Beaucher, 2020;
Morley, 2004).
En Afrique, le domaine des NTIC ne prend pas en considération les réalités de la
gent féminine. En effet, les dispositions gouvernant ce secteur n’accordent guère
d’importance aux obstacles économiques et sociaux que peuvent rencontrer les
femmes. En dépit de la quasi-pluralité de ces dispositions, celles-ci ne contribuent
point à la valorisation et à l’autonomisation de la femme (Beaucher, 2020). Par
ailleurs, avec la multitude d’articles scientifiques (Bane & Petitjean, 2018; Bonjawo,
2002; Legrenzi, 2015) visant à démontrer l’importance des NTIC et les fondateurs
de certaines entreprises émanant des NTIC, on remarque une très faible
participation des femmes dans ce secteur. Beaucher (2020), explique que cette
faible participation des femmes dans ce secteur est due à plusieurs obstacles.
.
29
1.2.4 Les obstacles à l’accès des femmes africaines aux NTIC
Les femmes sont peu nombreuses dans les NTIC. Malencontreusement, de
nombreuses contraintes restreignent pour le moment l’accès des femmes aux NTIC
(Alami, Bedoui, & El Mahjoubi, 2018). Les femmes utilisant de façon constante les
NTIC ne constituent qu’une minorité urbaine et instruite de la population féminine en
Afrique. À ce propos, plusieurs auteurs (Beaucher, 2020; Fogue Kuate, 2020; Turrel,
2006) constatent qu’il apparaît un grand écart entre la femme et l’homme,
notamment par rapport à l’accès aux services et contenus des TIC et qu’aussi les
hommes utilisent plus que les femmes, les services de TIC pour de multiples raisons.
Pour certains auteurs, l’exigence d’un certain niveau d’enseignement pédagogique
(Behdja, 2018; Castaño, 2019), les difficultés réelles dans l’acquisition du matériel
de télécommunication et le déficit en matière d’infrastructure dans le domaine des
NTIC (Alami et al., 2018) expliquent cette minorité féminine dans ce secteur.
30
CONCLUSION
Aujourd’hui, l’Afrique est toujours un continent en voie de développement et sa
croissance économique demeure toujours faible par rapport à sa démographie qui
ne cesse de croître, entraînant alors une précarité et une vulnérabilité des
populations ainsi que des problèmes de chômage. À cet effet, la Banque africaine
de Développement (BAD) a exprimé un taux de chômage de 8 % en Afrique, dont
celui des jeunes tournerait autour de 13 % (Ducass, 2019). Pour pallier cela et aussi
pour aider financièrement leur foyer, les femmes africaines décident d’entreprendre.
Cependant, l’accès au financement est l’un des principaux obstacles pour les
femmes qui créent leur propre entreprise. Elles s’autofinancent ou sont aidées par
leurs amis ou familles.
L’Afrique est le continent de demain et le numérique a ouvert d’excellentes
opportunités entrepreneuriales. Les coûts et la qualité de la connexion internet sur
le continent et l’accès à l’information sont difficiles pour tous, mais encore plus
difficiles pour les femmes et apparaissent comme un facteur important d’inégalité.
Cependant, le développement des nouvelles technologies et l’émergence de cette
nouvelle génération d’entrepreneures africaines ont permis l’apparition d’un nombre
croissant de programmes d’accompagnement, de formation et de soutien, qui
apportent une aide précieuse aux femmes désireuses de créer des entreprises et
de développer leurs capacités de leadership.
Les nouvelles technologies ont ouvert des champs d’action très prometteurs pour
les femmes.
CHAPITRE 2
LE CADRE THÉORIQUE
Pour rappel, l’objectif de cette étude est de décrire les caractéristiques de
l’entrepreneuriat féminin et l’utilisation des NTIC par les entrepreneures africaines
dans le cadre de leurs activités, de comprendre le système entrepreneurial et de
cerner l’importance des NTIC pour l’entrepreneuriat féminin. Cette étude revêt
plusieurs variables, dont le comportement, l’attitude, la culture et la connaissance.
Ce chapitre est consacré à la proposition de théories permettant d’atteindre les
objectifs de recherche. Plusieurs théories visent à identifier et à mieux comprendre
les facteurs psychosociaux qui aident à prédire l’intention ou le comportement. Dans
le cadre de nos travaux, nous retenons la théorie du comportement planifié et la
théorie de la connectivité. La théorie du comportement planifié est, par conséquent,
adoptée puisqu’elle permet, la compréhension de l’intention entrepreneuriale des
femmes; comme démontré dans la revue de littérature, les informations telles que le
chômage, les pratiques religieuses, les traditions, la pression sociale, de leur famille
et amis influents sur leurs motivations et surtout sur leur intention d’entreprendre.
Aussi, nous sommes dans un environnement changeant d’où la prise en compte de
plusieurs contextes est nécessaire pour une décision, où il faudrait s’adapter au
changement. La théorie de la connectivité prend en compte le contexte instable de
l’environnement et la notion d’apprentissage, chose indispensable pour les femmes
qui désirent entreprendre dans les NTIC.
32
Ces deux théories ont été largement étudiées et testées empiriquement, ce qui
renforce leur validité et leur fiabilité en tant que cadres théoriques. Elles offrent un
socle de connaissances et des outils de recherche éprouvés pour étudier divers
aspects des comportements liés aux TIC et à la connectivité.
2.1 La théorie du comportement planifié
La théorie du comportement planifié (Ajzen, Albarracin, & Hornik, 2007) est une
extension de la théorie de l’action raisonnée qui s’en distingue par la prise en compte
de l’intention. La théorie du comportement planifié place l’intention de l’individu au
centre de l’origine du comportement. D’après cette théorie, tout comportement
requérant une certaine planification peut être signalé par l’intention d’un tel
comportement. La théorie du comportement planifié (Ajzen, 1991), place l’intention
comme résultant de trois facteurs déterminants que sont :
• L’attitude adjointe au comportement : qui fait référence au degré d’évaluation du
comportement connexes d’une personne;
• la norme sociale perçue qui elle spécifie la pression sociale pour atteindre ou
échouer le comportement (Ajzen, 1991);
• le contrôle comportemental perçu qui correspond au degré de facilité ou de
difficulté à percevoir le comportement d’après Ajzen (1991). Il fait référence au
point de vue d’une personne sur la faisabilité personnelle des comportements
associés (Boissin, Chollet, & Emin, 2009).
Les attitudes adjointes au comportement, les normes sociales et le contrôle du
comportement perçu s’expriment par des croyances (Boissin et al., 2009). En effet,
33
une personne adopte son comportement selon les informations fausses ou vraies
qu’elle reçoit comme le démontre la figure 1.
Figure 1 : La théorie du comportement planifié (Boissin et al., 2009)
2.2 La théorie du connectivisme
Le connectivisme est une théorie de l’apprentissage développé par George Siemens
et Stephen Downes en 2004, fondé sur les apports des nouvelles technologies et
qui accentue leur analyse des limites du béhaviorisme, du cognitivisme et du
constructivisme (Duplàa & Talaat, 2011) afin d’expliquer les effets de la technologie
sur la façon dont les gens vivent, communiquent et apprennent. Mais pour Guité (
2004), en plus d’être un modèle d’apprentissage, c’est un modèle qui reconnaît les
troubles sociaux causés par les nouvelles technologies, ce qui signifie que
34
l’apprentissage n’est plus seulement basé sur l’individualisme et les activités
internes, mais dépend aussi de l’environnement et des outils de communication
disponibles. En effet, le connectivisme est motivé par la compréhension que la prise
de décision est basée sur une base en évolution rapide et du fait que de nouvelles
informations sont constamment acquises. Selon Anderson et Dron (2011), nous
sommes présentement dans la troisième génération : celle de la pédagogie
connectiviste dont la structure des réseaux de ressources est une étape essentielle
de l’apprentissage qui est d’autant basée sur l’appropriation d’information que sur
la création du contenu .
George Siemens et Stephen Downes relèvent de cette théorie cinq principes clés
du connectivisme (Duplàa & Talaat, 2011) que sont :
• L’apprentissage et la connaissance résident dans la diversité des opinions;
• L’apprentissage est un processus reliant des nœuds spécialisés;
• Le contrôle de l’apprentissage;
• L’apprentissage peut résider dans des appareils (non humain);
• La notion sociale : Entretenir et maintenir des connexions est nécessaire pour
faciliter l’apprentissage continu.
2.3 La relation entre la théorie du comportement planifié et la théorie du
connectivisme
La théorie du comportement planifié semble distincte de la théorie du connectivisme
pourtant, elle est la base de tous les modèles d’acceptation des technologies (Kefi,
2010).
35
La théorie du connectivisme soutient que l’apprentissage résulte de la mise en
relation de différentes sources d’information et prend en compte les
bouleversements sociaux provoqués par les nouvelles technologies. Il en résulte
donc que tout comme le comportement planifié comme le démontre la figure 2, la
théorie de la connectivité est aussi influencée par les différentes interactions
sociales et les informations qu’elle reçoit de ses différentes sources d’information,
pour une prise de décision.
La théorie du comportement planifié offre un cadre conceptuel solide pour étudier
les facteurs qui influencent le comportement humain. Elle prend en compte les
attitudes, les normes sociales perçues et le contrôle comportemental perçu, ce qui
permet de mieux comprendre pourquoi les individus adoptent certains
comportements. La théorie de la connectivité met l'accent sur les interactions
complexes entre les individus et leur environnement numérique. Elle permet
d'analyser comment les NTIC et les réseaux sociaux influencent les attitudes, les
normes et le contrôle comportemental des individus. Dans un monde de plus en plus
connecté, il est essentiel de comprendre comment les NTIC et la connectivité sociale
affectent les comportements individuels et sociaux.
En combinant la théorie du comportement planifié et la théorie de la connectivité,
nous pouvons bénéficier d'un cadre théorique solide et complet pour analyser le
comportement des femmes entrepreneures dans un contexte numérique, en tenant
compte à la fois des facteurs individuels et contextuels. Cela peut enrichir notre
recherche et contribuer à une meilleure compréhension des phénomènes étudiés.
36
Figure 2 : Schématisation de la relation de la théorie du comportement planifié
et la théorie du connectivisme
Comportement planifié Connectivisme
Attitude vis-à-vis du La connaissance du
comportement réseau est un produit du
Intention réseau
Normes sociales
Interaction La technologie joue un rôle clé
sociale important dans
Perception du contrôle l’apprentissage et le partage
Réception des
informations Apprentissage de la
connexion, de la
construction et de
l’expansion
CHAPITRE 3
MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
Toute recherche scientifique emprunte un cheminement méthodologique qui varie
en fonction de la manière dont le chercheur entend acquérir la connaissance. Ce
chapitre présente la méthodologie utilisée dans le cadre de notre mémoire. Nous
aborderons successivement les éléments suivants : le positionnement
épistémologique, l’approche utilisée, la méthode de collecte des données, l’intérêt
du certificat d’éthique de la recherche, l’échantillonnage, l’instrument de collecte de
données et la technique d’analyse de données.
3.1 Positionnement épistémologique
La position épistémologique du chercheur comme forme de réflexivité est
obligatoire, car il établit la validité et la légalité de la recherche. Dans le cadre de
notre recherche, nous adopterons une approche empirique inductive et une posture
interprétativiste. Il s’agit ici comme se définit l’approche interprétativiste, de prendre
« acte de la dépendance de la réalité par rapport à la subjectivité » (Rappin, 2011,
p. 2) pour mieux comprendre le système entrepreneurial chez la femme en Afrique
et de mieux cerner l’importance des NTIC dans l’entrepreneuriat féminin.
Sur le plan méthodologique, « ce paradigme interprétativiste permet de comprendre
et d’analyser la réalité telle qu’elle est perçue et vécue par les acteurs dans une
démarche exploratoire » (Tchankam, Ndoume Essingone, & Tchagang, 2020, p. 3).
38
3.2 Approche utilisée
L’objectif général de la recherche étant de comprendre les caractéristiques de
l’entrepreneuriat féminin et l’utilisation des NTIC par les entrepreneures africaines
dans le cadre de leurs activités, il convient de mentionner en premier le caractère
exploratoire de l’approche qui sera employée. Pour être plus explicites, nous
utiliserons une approche qualitative. Mener une recherche qualitative est une façon
de regarder la réalité sociale, car en collectant des données, cela nous permet non
seulement de décrire, mais aussi d’obtenir des explications plus significatives sur un
phénomène social (Kohn & Christiaens, 2014). La place qu’occupe la femme
entrepreneure en Afrique dans les NTIC est un fait de société actuel et comme le
souligne Hlady Rispal (2002, p. 38), dans une telle perspective, « une logique de
découverte est au centre du processus de recherche ».
Il est important de retenir que la manipulation des intervenants par les acteurs de
l’organisation et les intervenants-chercheurs sur le terrain d’observation peut faire
perdre leur lucidité et leur visibilité par une trop forte absorption du terrain
(Tchankam et al., 2020).
Pour tenter de diminuer les risques, nous allons utiliser l’entrevue semi-dirigée
comme méthode de collecte de données et adopter une position neutre pour limiter
les préjugés.
39
3.3 Méthode de collecte de donnée
La collecte de données qualitatives prend de nombreuses formes, mais les
entretiens et l’observation sont parmi les plus utilisées (Kohn & Christiaens, 2014).
La collecte de données qualitatives nécessite souvent une interaction directe avec
les participants. Parmi les techniques de collecte de données qualitatives, l’entrevue
semi-dirigée est une technique populaire de collecte de données qualitatives (Royer,
Baribeau, & Duchesne, 2009). Nous allons donc pour mieux comprendre ce
phénomène nous appuyer sur les entrevues individuelles semi-directives pour
recueillir les propos de femmes entrepreneures dans le milieu des nouvelles
technologies de l’information et de la communication en Côte d’Ivoire, au Mali, en
Guinée et au Ghana.
Notre choix s’est porté sur l’entrevue individuelle semi-directive, qui est une
technique de collecte de données qui concourt à l’accroissement de la connaissance
et qui favorise les approches qualitatives et interprétatives (Imbert, 2010), semble le
plus approprié pour recueillir des données. Aussi, il faut noter que l’entrevue
individuelle semi-directive est flexible et permet donc d’ajuster le sujet de l’entretien
en fonction des propos de l’interviewée, et de modifier l’ordre des questions en
fonction des idées présentées par les participantes. Cette méthode de collecte
permet à ces femmes de raconter exactement les faits et les évènements en rapport
avec l’entrepreneuriat et les NTIC.
40
3.4 L’intérêt d’un certificat d’éthique
Pour réaliser cette recherche, nous avons eu besoin de la participation des femmes
entrepreneures en Afrique dans les NTIC. Ainsi, sachant que « toute recherche
touchant des sujets humains doit tout d’abord être approuvée par un comité
d’éthique de la recherche » (Lee, 2018, p. 1), nous avons procédé aux différentes
étapes pour obtenir le consentement du comité d’éthique de la recherche. Ce
consentement du comité d’éthique de la recherche légitime que l’étude a le potentiel
d’apporter une contribution utile aux connaissances scientifiques, ou sociales du
moment; que les droits, le bien-être des participants sont protégés et que les risques
inhérents à la recherche sont raisonnablement justifiés par rapport aux avantages
que procure l’étude. Avant de débuter, le processus collecte des données, nous
avons soumis notre projet de recherche au comité d’éthique de la recherche de
l’Université du Québec à Chicoutimi (CERUQAC) qui par la suite nous a délivré une
attestation d’approbation de la recherche (annexe 2).
Après l’obtention du consentement du CER, nous avons envoyé l’affiche type
exposant le projet de recherche, le formulaire d’information et de consentement a
toutes les participantes une semaine avant le début des rencontres. Cela constituait,
pour les participantes, un temps considérable pour s’informer sur les modalités du
projet de recherche et de donner son consentement. Tous ces documents
développent de façon nette et concise les objectifs du projet de recherche, son
déroulement, les avantages et les inconvénients liés à la participation de ce projet
de recherche. Le formulaire d’information et de consentement avisait les
participantes sur toutes les mesures prises par le chercheur pour garantir la
41
confidentialité au cours du déroulement du projet, pendant la collecte des données,
de l’analyse des données et aussi par rapport à la conservation des données. Ce
formulaire précise aussi que les participantes ont le droit de se retirer du projet
quand elles le veulent. Les participantes, après avoir lu le formulaire, ont donné leur
consentement de façon verbal.
3.5 Échantillonnage
L’échantillonnage compose toutes les décisions subordonnées au choix de
l’échantillon (Savoie-Zajc, 2006). Notre échantillon porte sur les femmes
entrepreneures exerçant dans les NTIC en Afrique, soit en Côte d’Ivoire, au Mali, en
Guinée et au Ghana. En effet, « l’échantillon de milieu n’exige pas nécessairement
que toutes les observations soient faites dans un seul lieu, mais tout simplement
qu’elles soient traitées comme se rapportant globalement à un même milieu » (Pires,
1997, pp. 37-38). De ce fait, notre échantillon est composé de femmes
entrepreneures, ayant fondé une entreprise dans le domaine des NTIC et qui dirigent
toujours leur entreprise d’au moins 1 an et qui réside en Afrique de l’Ouest dans le
but d’obtenir des informations riches, fiables et pertinentes.
Les critères de sélections sont donc les suivants :
• Être une femme entrepreneure;
• L’entreprise a son siège social en Afrique de l’Ouest;
• Entreprise exerçant dans les NTIC;
• Entreprise détenue depuis plus d’un an.
42
Pour constituer notre échantillon, nous avons dans un premier temps constitué une
liste d’envoi en utilisant notre propre réseau et aussi grâce aux différents réseaux
sociaux comme LinkedIn et Facebook. En supplément, après avoir épluché et retenu
des profils pertinents pour notre étude, nous avons contacté les femmes
entrepreneures retenues par l’envoi d’un courriel de recrutement et par appel
téléphonique sur leur numéro WhatsApp afin d’étayer le projet de recherche et leur
donner un temps de réflexion pour avoir leur consentement. Nous avons contacté
16 femmes qui ont toutes pris la peine de nous écouter leur exprimer les raisons de
notre approche. Elles ont toutes donné leurs accords, mais après avoir analysé leur
disponibilité, seulement 10 femmes ont pu faire partie de la recherche.
3.6 Instrument de collecte de données
Nous avons interviewé 10 femmes entrepreneures œuvrant dans les NTIC en
Afrique, plus précisément en Côte d’Ivoire, au Mali, en Guinée et au Ghana (la
participante du Ghana pour avoir étudié en France et en Belgique s’exprimait très
bien en français, ce qui a facilité l’entrevue pour des entrevues semi-dirigées). Pour
effectuer la collecte de données chez les participantes, en vue de répondre à notre
question de recherche, nous avons élaboré un guide d’entrevue (voir annexe 1). Ce
guide d’entrevue a été conçu sur la base des informations perçues de la revue de
littérature et des cadres théoriques de notre étude que sont la théorie du
comportement planifié (Ajzen, 1991; Kefi, 2010) et le connectivisme (Duplàa &
Talaat, 2011; Guité, 2004).
Cette grille d’entrevue se compose des informations suivantes (voir annexe 1 pour
voir le guide complet) :
43
- Le profil des participants
- Les informations descriptives des entreprises
- Les motivations entrepreneuriales de la femme africaine
- La fracture du genre
- L’importance des NTIC
- Les prospectives de l’entrepreneuriat dans leur milieu
Pendant ces entrevues, chaque participante en répondant aux questions posées, a
décrit sa perception selon leur expérience de faits et évènements dans leur domaine
d’activité. Ces informations nous ont aidé à comprendre les intentions, les
motivations et la place des femmes entrepreneures dans les NTIC en Afrique.
En raison de la distance, nous avons procédé aux entrevues par des
vidéoconférences via zoom et enregistrées avec l’accord des participantes. Nos
différentes entrevues se sont déroulées sur un temps maximum de 50 minutes.
3.7 Techniques d’analyse des données
L’analyse des données qualitatives est la méthode la plus répandue pour étudier les
interviews ou les observations qualitatives (Krippendorff, 2018). Pour permettre
l’analyse des données issues des enregistrements audio, nous avons retranscrit
fidèlement sous forme de verbatim tout ce qui a été dit et noté aussi les faits et
évènements pertinents. Ces verbatims faisaient au maximum 12 pages. On a
procédé au codage et à l’analyse des données grâce au logiciel d’analyse NVIVO.
Le logiciel a été d’une grande utilité pour faciliter l’analyse et le traitement des
données. Le logiciel NVIVO est fréquemment utilisé pour la recherche qualitative en
sciences de gestion et pour stocker, classer, organiser des informations, puis mener
44
des opérations de recherche (Krief & Zardet, 2013). Ce logiciel nous a permis de
classer toutes les données recueillies et de les catégoriser pour une analyse
thématique, sous forme de thème et sous thème.
En effet, notre analyse découle, de notre revue de littérature, de notre cadre
théorique, de nos entrevues et surtout de nos questions et objectifs de recherche. À
cet effet, nous avons prêté attention à chaque entrevue, en repérant les idées
pertinentes, les thèmes utilisés par les participantes pour décrire un fait, un
évènement ou pour exprimer leurs ressentis. Par la suite, nous avons mis en relation
les verbatims de toutes les participantes afin de trouver les thèmes pertinents,
récurrents d’une entrevue à une autre et les classifier. Toute cette analyse a aussi
permis de vérifier la concordance de notre cadre théorique utilisée pour notre
recherche et la réalité du terrain.
Figure 3 : les étapes de collecte et d’analyse des données
Constitution de la liste d'envoi
Recrutement des participants
Réalisation des entrevues
Transcription des entrevues
Codages des données
Traitement des données
CHAPITRE 4
ANALYSE DES DONNÉES ET PRÉSENTATION DES RÉSULTATS
Dans le présent chapitre, nous allons nous centrer sur l’analyse des données ayant
été récoltées au cours de nos entrevues. En d’autres termes, nous allons analyser
les informations fournies par les entrepreneures interviewées ; et par la suite, nous
allons présenter l’ensemble des résultats provenant de notre étude. Il importe de
souligner que cette analyse a pour finalité d’explorer l’entrepreneuriat féminin en
Afrique, plus spécifiquement en ce qui concerne le secteur des nouvelles
technologies de l’information et de la communication. Pour ce faire, nous allons nous
centrer sur l’analyse thématique de contenu. En pratique, cette dernière renvoie à la
démarche consistant à rendre le texte multiforme et varié d’un entretien en une étude
originale et unique de son contenu, autour non seulement de ses thèmes, mais
également des sous-thèmes, et cela par le biais d’un code. L’analyse thématique de
contenu consiste alors en un décodage des données apportées par les interviews,
et cette opération est essentielle dans une étude qualitative, puisque sans elle il n’y
a pas d’utilisation possible des informations recueillies. L’utilisation de l’analyse
thématique est effectivement vitale dans le présent mémoire, puisque celui-ci a
permis d’apporter des éléments de réponses satisfaisantes à notre recherche qui
est centrée sur l’entrepreneuriat féminin en Afrique.
Il existe de nombreuses étapes en vue de mener à bien l’analyse en question,
comme le montre la figure suivante :
46
Figure 4 : Schématisation des étapes de l’analyse thématique de contenu
Notons également que nos recherches sur le terrain ont mis en avant quatre
thèmes que nous allons analyser dans ce qui va suivre. Avant toute chose, nous
allons présenter le profil des entrepreneures et leurs entreprises.
4.1 Profils des entrepreneures
Notre échantillon est constitué de 6 femmes entrepreneures venant de la Côte
d’Ivoire, 2 femmes entrepreneures du Ghana et les 2 autres viennent du Mali et de
la Guinée. Elles détiennent toutes des petites et moyennes entreprises (PME) qui
47
ont plus de 2 ans d’existence. Ces femmes entrepreneures sont toutes instruites,
mais à des niveaux bien différents. En effet, quatre ont la maitrise, une a la licence
qui est l’équivalent du baccalauréat, nous avons deux ingénieurs, une technicienne
brevetée qui est l’équivalent d’un diplôme d’étude collégiale et les deux dernières
ont un niveau primaire. Leurs âges varient entre 23 et 47 ans et sont pour la plupart
mariée, célibataire, veuve et mère.
Tableau 2 : Informations socioprofessionnelles des participantes interviewées
P Âges S.M Mère N. S PME ou N N. E
GE
1 30 C Non Master PME 2,8 7
2 29 M Oui Master PME 3 5
3 28 C Non Licence PME 6 12
4 36 C Oui Ingénieur PME 3 11
5 23 C Non Brevet de PME 2,5 3
technicien
supérieur
6 47 V Oui Primaire PME 20 87
7 37 M Oui Primaire PME 7 13
8 29 C Non Master PME 3 16
9 41 M Oui Master PME 6 8
10 44 M Oui Ingénieur PME 11 72
P Participantes
Âges Âge actuel des participantes
S.M Situation Matrimoniale
N.S Niveau Scolaire
PME 8 Petite et Moyenne Entreprise
G.E Grande Entreprise
8
Pour l’Union Économique Monétaire ouest-africaine (UEMOA), les PME sont les entreprises
formelles de moins de 200 salariés réalisant un chiffre d’affaires inférieur à 1 milliard de francs
CFA
48
N Année d’existence d’entreprise
C Célibataire
V Veuve
M Mariée
L’âge des femmes entrepreneures a fait l’objet de multiples études : la plupart des
études montrent qu’au démarrage d’un projet d’entreprise, les femmes
entrepreneures sont plus jeunes que les hommes entrepreneurs en occident (Cornet
& Constantinidis, 2004). Par contre, après avoir mené une étude en Afrique, Moreau
(2004) conclut que contrairement à l’occident, les femmes entrepreneures en
Afrique sont plus âgées que les hommes et attribue cela à l’entrée tardive de
l’entrepreneuriat féminin en Afrique comme le démontre le cas des participantes
interviewées qui ont en grande partie atteint la majorité et voire même plus de 25 ans
avant d’entreprendre dans les NTIC.
On retrouve le plus les femmes dans la vente de détail, le commerce et les
prestations de service (Toché, 2017) ou quand elles sont structurées, c’est pour la
plupart des petites et moyennes entreprises (Fouda, 2014; Teufack, Moskolai, &
Myede, 2017). En effet, les recherches (Bouzekraoui, 2023; Tchouassi et al., 2018)
sur les femmes entrepreneures en Afrique confirment que les femmes exploitent des
microentreprises qui sont de petites entreprises qui emploient en moyenne moins
de 20 employés.
Aussi, selon le rapport de Cornet et Constantinidis (2004) sur de nombreuses études
et Yameogo (2020), la majorité des femmes ayant lancé leur entreprise sont en
49
couple avec un ou plusieurs enfants. Ce qui signifierait qu’avoir des enfants et un
conjoint n’influent pas négativement sur l’intention entrepreneuriale de la femme,
mais ce serait plutôt l’inégalité sur la répartition des tâches dans un foyer qui pourrait
impacter négativement l’intention entrepreneuriale de la femme.
4.2. Les motivations entrepreneuriales de la femme africaine
L’entrepreneuriat constitue la clé du développement économique dans de nombreux
pays africains. En effet, les femmes entrepreneures ont toujours été là et ont façonné
l’économie africaine de manière imprévisible (Florent Tasso, 2021). Dès lors,
« l’entrepreneuriat donne à beaucoup de femmes africaines la liberté de travailler
sur ce qu’elles aiment » (participante n° 5). Pour la participante n° 1, les femmes se
lancent en entrepreneuriat pour diverses raisons : « Il y a des femmes qui se lancent
dans l’entrepreneuriat en vue de commencer quelque chose avec ce qu’elles aiment
faire, c’est-à-dire faire d’une passion une activité rémunératrice, par contre, d’autres
y vont par nécessité et besoin d’indépendance financière ». Beaucoup de femmes
trouvent leur véritable vocation et « préfèrent se concentrer sur leur passion plutôt
que sur leur profession et réussir à en faire une entreprise rentable » (participante
n° 10). Il n’y a aucune pression pour faire quelque chose avec laquelle elles ne sont
pas à l’aise. À cet effet, la participante n° 8 explique que : « par le passé, de
nombreux stéréotypes étaient associés aux femmes, qui les limitaient à rester à la
maison, et à jouer un rôle inférieur, nonobstant leurs objectifs de carrière et leurs
rêves. […], les femmes ont considérablement lutté contre ces stéréotypes, ont brisé
leurs plafonds de verre et ont volé avec leurs courages et succès ». Elles ne collent
plus aux rôles de genre définis par la société. Il existe de nombreux facteurs de
50
motivation ainsi que d’attraction qui poussent les femmes à se lancer dans
l’entrepreneuriat. Elles désirent aussi s’affirmer dans la société. C’est ce que nous
dit la participante n° 2 en ces termes : « Ce qui m’a réellement motivé à entreprendre
ce sont mes grossesses et ma vie de foyer, car il fallait tout réorganiser selon mon
travail. J’ai donc décidé de travailler à mon propre compte pour être le libre arbitre
de mon emploi du temps ». Les femmes entrepreneures estiment que « la voie de
l’entrepreneuriat reste la meilleure option pour être indépendante » (participante
n° 3).
Ces dernières années, l’émergence d’une communauté croissante de femmes
entrepreneures en Afrique a été décrite comme le développement économique et
social le plus important au monde. L’environnement économique des pays africains
présente « les hommes migrant vers les zones urbaines pour gagner leur vie, tandis
que les femmes restent pour élever leurs enfants […] moi j’ai fait le choix du
contraire » (participante n° 6). Dans certaines parties de ce continent, plus de 50 %
des ménages sont dirigés par des femmes en raison de la migration des hommes
vers les secteurs industriels urbains. Dès lors, dans la plupart des régions du monde,
y compris les pays en développement, les femmes sont une force puissante dans
leurs communautés. Lorsque ces dernières gagnent un revenu et contrôlent ce
qu’elles font avec leur propre argent, leurs enfants ont plus de chances de terminer
leurs études, leurs familles mangent mieux et restent en bonne santé. La littérature
portant sur le travail des femmes en Afrique met en lumière qu’au cours des deux
dernières décennies, les femmes sont devenues de plus en plus les principaux
51
pourvoyeurs économiques de leurs familles qui se rendent sur les marchés pour
faire des affaires (Assoumou Menye & Guetsop Sateu, 2017).
Notons dans cette optique qu’il existe une abondante littérature sur l’importance
d’aider les femmes à accroitre leur influence sur leur vie et leur environnement.
Néanmoins, l’amélioration de leur situation économique devrait être essentielle pour
que les femmes exercent un contrôle sur leur vie. Celles qui se lancent dans
l’entrepreneuriat citent bon nombre de raisons qui les ont incitées à emprunter cette
voie. Une analyse des principales raisons motivant les femmes à se lancer dans le
monde de l’entrepreneuriat a mis en avant les points suivants :
• Une augmentation des revenus ;
• L’autodétermination et l’autonomie ;
• Les attraits de l’entrepreneuriat ;
• Les préoccupations familiales telles que l’équilibre entre carrière et famille;
Ainsi que le manque d’avancement professionnel.
Les facteurs motivationnels comprennent le fait de pousser les femmes à gagner
leur vie. Ces dernières se trouvent alors dans une situation où elles n’ont d’autres
choix que de gagner. Dans de telles situations, les femmes se lancent dans des
microentreprises et des entreprises à domicile comme c’est le cas de la plupart de
femmes que nous avons interviewées. En revanche, pour des participantes, les
motivations vont au-delà de la passion ou de la nécessité financière. À cet effet, pour
la participante n° 4 : « j’ai passé toute ma vie en Europe, mais chaque fois que je
venais en vacances dans mon pays, repartir me rendait triste. […] J’ai donc décidé
52
de rentrer définitivement. Le problème est qu’il y avait juste deux entreprises qui
correspondaient à mon besoin professionnel, mais qui m’avait dit ne pas recruter.
J’ai donc décidé de me mettre à mon propre compte ». Il y a aussi, des femmes qui
sont à la recherche d’un accomplissement personnel : « […] j’avais besoin
d’épanouissement, mais surtout de ressentir, ce sentiment d’accomplissement, qui
m’a longtemps été dérobé au détriment des hommes quand j’étais salariée »
(participante n° 8). Notons que les facteurs motivationnels sont quelque chose qui
attire les femmes vers le monde des affaires. Leur désir de diriger, d’apporter un
changement, d’obtenir la reconnaissance, le respect, le statut social, d’avoir une
indépendance économique ainsi que d’autres choses similaires motivent
considérablement les femmes à se lancer.
L’impact de l’inégalité des sexes
L’attribution de différents rôles dans toute organisation en se basant sur le sexe a
été un facteur de la plus haute importance pour que la plupart des répondantes
adoptent l’entrepreneuriat plutôt qu’un emploi. Pour certaines participantes, les
postes de direction inférieurs à leurs compétences ont été une raison pour laquelle
bon nombre de femmes ont quitté leur emploi pour se lancer à leur compte : « je ne
pouvais pas rester dans un milieu de travail très sexiste qui privilégie les hommes
au détriment des femmes surtout à cette ère » (participante n° 8). Nos répondantes
font souvent face à des iniquités : « ma promotion m’est passée sous les yeux à
deux reprises, car pour mon employeur j’avais trop de responsabilités étant mère
pour me consacrer pleinement à mes fonctions » (participante n° 10). Le manque
de reconnaissance basée sur la discrimination sexuelle a inquiété de nombreuses
53
femmes pour continuer à relever des défis afin de gagner la course dans leur
carrière. Dans divers domaines, les entreprises n’ont pas toujours été accueillantes
pour les employés de sexe féminin. Qu’il s’agisse d’embaucher des femmes après
une interruption de carrière, d’offrir des possibilités de travail à distance ou
d’autoriser des horaires de travail flexibles ainsi qu’un salaire égal, « différentes
contraintes empêchent une femme d’accéder ou de reprendre son emploi, et cela,
peu importe ses compétences » (participante n° 9). La participante n° 10 explique
aussi : « lors d’une conférence à laquelle j’ai assisté en août 2019 au Sénégal, j’étais
agréablement surprise de voir qu’il y avait beaucoup plus de femmes entrepreneures
que d’hommes, mais leurs entreprises étaient moins rentables et avec une
croissance retardée par rapport à leurs homologues ». Les soucis de rentabilité et
de croissance retardée des entreprises détenues par les femmes, serait dû aux faits
que : « quelques clients qui ont annulé leur commande avec moi quand ils ont vu
qu’ils allaient négocier avec une femme. […], car pour eux, la somme est trop
conséquente pour traiter avec une femme » (participantes n° 6). La participante n° 2
insiste aussi sur le fait que : « les hommes sont les plus plébiscités. Et ce juste parce
que ce sont des hommes. Il y a des marchés pour lesquels on m’a exclu juste parce
que je suis une femme. Les entreprises font plus confiance aux hommes et cela est
dû à la culture et tradition africaine qui paraisse ancestrale et pourtant très actuelle
en passant l’homme avant la femme […] ou au stéréotype qui place l’homme comme
un sexe fort, quelqu’un qui n’a pas de contraintes familiales comme la femme ».
Influence et modèle entrepreneurial
54
L’influence et la présence de modèle entrepreneurial ont été des facteurs de
motivation majeurs pour la plupart des répondantes à se lancer dans
l’entrepreneuriat. À ne pas en douter, elles se sont inspirées par des personnes qui
réussissent et qui deviennent des modèles. Ces figures d’inspiration peuvent être
un membre de la famille comme l’affirme la participante n° 3 en ces termes :
« L’intention m’est venue en voyant ma mère travailler quand j’étais toute petite et
qui avait rarement le temps d’être avec nous. J’ai donc décidé à mon tour d’être
entrepreneure pour gérer mon propre horaire et être plus tard disponible pour mes
enfants ». Pour sa part, la participante n° 7 affirme que : « Ce qui me motive le plus
c’est la fierté qu’éprouve mon mari en me voyant évoluer dans ce travail », ou un
entrepreneur célèbre qui a réussi tels que : « Leticia N’cho, Akouba Angola, Ada
Osakwe » qui sont des modèles de réussite pour la participante n° 10.
Des études ont montré qu’une grande partie des parents de femmes entrepreneures
sont des entrepreneurs et que la carrière des parents d’entrepreneurs dessinait
fortement, la personnalité d’entrepreneurs chez leurs enfants (Boutillier, 2008;
d’Andria & Gabarret, 2016). Cela s’applique aux femmes comme aux hommes.
Toulabor (2012) indique d’ailleurs que la présence d’une mère-entrepreneure
renforce plus le sentiment d’indépendance chez sa fille et aura une influence sur son
désir d’entreprendre. La participante n° 4 l’exprime dans son vécu en ces termes :
« Ma mère, veuve avec une charge de 7 enfants, dont 3 garçons, s’est occupée de
tous avec ses maigres moyens provenant de son petit commerce ».
Insuffisance de revenus, pauvreté et chômage.
55
À la question de savoir pourquoi les femmes entreprennent? Woldie et Adersua
(2004), présentent des facteurs tels que l’inégalité des sexes, la pauvreté, le
chômage, la cherté de la vie, qui ont incité les femmes à se lancer dans
l’entrepreneuriat. D’ailleurs selon la participante n° 5 : « l’entrepreneuriat s’est
présenté à moi comme une opportunité qu’il fallait coûte que coûte choisir, car, je
peinais à me trouver un stage après ma formation. Le plus souvent quand j’en
trouvais, la rémunération ne me permettait pas d’assurer mon transport mensuel,
car très insuffisante ».
En effet, parmi ces nombreuses motivations à entreprendre, il est important de noter
celui de l’insuffisance de revenus. À cet effet, la participante n° 1 souligne que :
« L’envie d’entreprendre, m’est venue du fait que mon salaire à lui seul n’arrivait pas
à supporter mes charges, d’épargner et m’épanouir », ou encore selon la
participante n° 7, « avec la cherté de la vie, le salaire de mon époux et moi n’arrivait
pas à combler toutes les charges, il fallait donc trouver une autre source de
revenus ». À cette ère, avec l’inflation des prix de tout sur les marchés, « il est
vraiment difficile pour les familles de joindre respectivement les deux bouts avec
juste le salaire comme revenus du foyer » (participante n° 10). L’entrepreneuriat
permet donc « de soutenir financièrement le mari dans les charges du foyer, car le
train de vie a beaucoup augmenté » (participante n° 7).
L’équilibre entre vie familiale et vie professionnelle et le désir d’apporter une
contribution sociale semblent être les principaux facteurs de motivation à
l’entrepreneuriat pour les participantes. L’analyse des données récoltées auprès de
ces dernières souligne que cette attitude bienveillante qu’est la contribution sociale
56
se manifeste dans le style de leadership des répondantes, mais aussi que des
objectifs autres que la croissance économique guident les entreprises des
répondantes. Les femmes interviewées croient en effet fermement qu’une entreprise
prospère doit redorer la communauté, renforçant de ce fait le facteur de contribution
sociale.
En outre, avec une population active de plus de 400 millions de personnes qui
augmentera d’au moins 70 % d’ici l’année 2035, le continent africain se trouve à la
croisée des chemins. L’Afrique pourrait soit exploiter ce capital humain actif et viable
pour générer une forte croissance, soit souffrir d’une insécurité encore plus grande,
du chômage et d’une foule de défis économiques, dans la mesure où la population
en question est laissée inactive.
Toutefois, ce qui distingue les perspectives de carrière des femmes, c’est le fait que
leurs options en dehors de l’entrepreneuriat sont rares et espacées. Réussir au sein
de leur petite entreprise peut faire la différence entre gagner sa vie décemment et
tomber dans la fragilité économique.
4.3. La fracture du genre
La fracture du genre est un terme abordé dans plusieurs domaines d’activité et qui
nous a permis, de décrire comment les participantes perçoivent la présence de la
femme par rapport à l’homme sur le marché entrepreneurial et sur les NTIC. En nous
basant sur l’ensemble des données que nous avons recueillies auprès des femmes
interviewées au cours de notre recherche, nous constatons un écart entre les sexes
bien établis dans l’entrepreneuriat. Les entreprises dirigées par des femmes
africaines sont moins susceptibles d’obtenir un financement externe que les
57
entreprises dirigées par des hommes d’obtenir un financement externe. En effet,
dans la pratique : « pour avoir travaillé dans une institution financière, les politiques
de financement n’étaient pas tendres avec les femmes pour l’obtention d’un crédit
même si c’était vraiment justifié. […], car la rentabilité de leur projet était deux fois
plus longue que ceux des hommes et la majorité des entreprises qui fermaient
étaient celle des femmes » (la participante n° 1).
La part la plus importante de l’écart provient d’une part des différences entre les
sexes dans l’orientation initiale des start-ups, d’autre part, cet écart provient aussi
de l’éducation, plus précisément, sur ce qui serait convenable pour une femme ou
un homme pour la société.
En effet d’après les explications de la participante n° 1 : « Actuellement, homme
comme femme rencontrent les mêmes difficultés en entrepreneuriat. Entreprendre
c’est hyper difficile contrairement à ce qu’on fait croire, et chaque projet a ses réalités
et je pense qu’aucun coaching ne peut élaborer un plan de réussite en
entrepreneuriat hormis la persévérance, la détermination et la prière, surtout cela.
Cela est dû au fait que dès le bas âge, l’on nous apprend qu’il y a des domaines
d’activités propres aux hommes spécifiquement, tels que les NTIC. Il y a un
désintéressement de la part des femmes et aussi les parents n’encouragent pas,
même quand certaines femmes veulent s’y adonner, car qualifiées de métiers
d’hommes ».
Il est vrai que les parents africains préfèrent que les jeunes filles se concentrent
beaucoup plus sur les tâches ménagères et leur enseignent à être de bonnes
58
épouses : « moi, ma mère m’a juste formé pour être une très bonne femme au
foyer » (participante n° 6).
Selon les explications de la participante n° 2 « Je dirais que c’est d’abord dû à
l’éducation. Ce domaine d’activité requiert un certain niveau d’étude et l’on sait qu’en
Afrique, la priorité est mise sur l’homme pour les études au détriment des femmes
dans les familles moins nanties. Mais, il y a aussi cette tendance, qu’on a de classer
les métiers selon le sexe en nommant un certain nombre de travaux de métier
d’homme. L’impact est grand, car aujourd’hui le marché de l’emploi est exigeant et
il faudrait maitriser le numérique pour s’y inclure. Les femmes répondent rarement
au profil recherché pour leur manque de compétence dans les tics. Elles sont donc
plus contraintes au chômage ».
Interviewée à ce sujet, la participante n° 3 affirme aussi que « Pour moi, tout part de
l’idée qu’on se fait soit même. Il y a un stéréotype du genre créé depuis nos cultures
ancestrales, qui placerait l’homme au-dessus de la femme. Pour moi, une femme
qui est consciente qu’elle est l’égale de l’homme ne sera pas confrontée à cette
sensation d’inégalité. […] Comme je le disais tantôt, le stéréotype du genre que nous
inflige notre culture apporte un rôle négatif dans notre société. On a tendance à
qualifier certains métiers, de métier d’homme, et les NTIC en font partie. Pour moi,
en dehors de tout ce qui a été cité, il faut noter qu’en Afrique dans les familles
défavorisées, la priorité dans l’éducation est donnée aux garçons. […] notre culture
prépare plus la femme au mariage qu’à l’autonomisation ».
La participante n° 4 affirme également qu’: « Il existe plus de difficultés pour les
femmes par rapport aux hommes en entrepreneuriat et l’on pourrait l’attribuer à
59
l’adoption du patriarcat dans nos sociétés, car bien vrai que la loi nous présente de
façon égale, il en est autre chose dans le vécu. Il y a plus d’hommes et de femmes
dans ce domaine et cela peut être dû au manque d’information sur le secteur parce
que de nombreuses femmes pensent qu’il faut être très instruites pour utiliser le
digital. Pourtant, pour faire de la vente en ligne ou proposer ses services au public,
il faudrait juste savoir lire et écrire. […] On peut citer des problèmes d’ordre culturel
qui prétend que la place de la femme est à la cuisine comme le disent les jeunes
ici ».
La participante n° 8, partage le même avis que la participante n° 1 et explique que :
« Je ne pense pas qu’en 2022, il existe des difficultés pour les femmes par rapport
aux hommes en entrepreneuriat ». En effet, toutes les femmes de ne perçoivent pas
la difficulté que d’un seul côté. Pour la participante n° 8 et n° 1, les choses ont bien
évoluées et qu’on soit homme ou femme, les difficultés sont pareilles.
Sans nul doute, même si l’entrepreneuriat est l’une des caractéristiques les plus
importantes de l’économie de l’Afrique actuelle, lancer une nouvelle entreprise
semble particulièrement désavantageux pour les femmes, qui ont nettement moins
de chances de réussir en tant qu’entrepreneures. Pour la participante n° 5, le
déséquilibre entre les femmes et les hommes entrepreneurs est particulièrement
remarqué dans les entreprises à forte croissance, où les femmes représentant une
part beaucoup plus faible des fondateurs ne sont pas capables d’obtenir des
résultats en matière de capitaux propres, plus spécifiquement dans le domaine des
NTIC ou des nouvelles technologies de l’information et de la communication.
60
Au cours de nos recherches sur le terrain, nous avons constaté qu’il existe un large
consensus sur le fait que les femmes restent largement sous-représentées dans ce
secteur. Et d’après les explications de la participante n° 5 « les femmes sont juste
intimidées par les hommes dans ce domaine. À cause de tous ces préjugés prônant
l’homme comme celui qui domine tout. Ce domaine a longtemps été mystifié par la
société, ce qui freinait certaines femmes à se lancer dans les TIC. Une société très
patriarcale et imprégnée de ses traditions ancestrales qui n’adhérait pas vraiment à
l’inclusion de la femme dans le milieu du travail et surtout à des postes dits travaille
d’homme ».
Toutefois, malgré les nombreux témoignages et les nombreuses recherches sur ce
thème, il convient de mentionner que notre compréhension en ce qui concerne la
fracture du genre dans l’entrepreneuriat reste incomplète. Pour toutes ces
participantes, les difficultés à entreprendre s’accentuent, dans le domaine des
nouvelles technologies d’informations et de communications. Cela peut être dû au
fait que « notre société africaine très patriarcale dans laquelle, règne les us et
coutumes ancestraux commence à peine à accepter l’inclusion de la femme dans le
secteur du travail et surtout à des postes qui étaient occupés par des hommes,
comme le domaine des NTIC » (participante n° 3).
La représentation des femmes sur le marché du travail, la fracture de genre reste
obstinément présente dans le monde de l’entreprise. Pour la participante n° 10,
seulement une petite portion des entreprises africaines a une femme comme PDG,
et celles qui travaillent gagnent moins que les hommes. Le soutien et les possibilités
d’avancement des femmes sont particulièrement limités dans les industries à
61
prédominance masculine, qui constituent la majorité du marché du travail. C’est la
raison pour laquelle «de nombreuses femmes confrontées à un manque persistant
de revenus, et de perspectives de croissance dans les industries à prédominance
masculine cherchent à gagner du terrain en fondant leurs propres entreprises »
(participante n° 1).
Cela fait, ces femmes entrepreneures peuvent être confrontées à de nouveaux
obstacles comme le démontrent les explications de nos participantes. En outre, de
nombreuses recherches (Davis, 2012; Glidja, 2019) attestent qu’un écart important
entre les sexes persiste même en tenant compte de facteurs pouvant affecter le
financement, tels que le besoin de capital de l’entreprise et la qualité de l’entreprise
et du fondateur. De ce fait, il est donc souhaitable de maximiser les opportunités
pour les aspirantes entrepreneures de réaliser cette ambition, et de progresser entre
les sexes en matière de participation à l’entrepreneuriat.
4.4. Importance des NTIC
Au cours de nos entretiens, nous avons constaté que l’évolution des nouvelles
technologies de l’information et de la communication est un fait connu qui semble
devenir de plus en plus fort ces dernières années partout dans le monde et même
en Afrique. En effet, les interactions sociales sont très présentes dans les NTIC :
« quand j’ai commencé à faire du commerce, il me fallait obligatoirement voyager
pour croiser mes fournisseurs. […] Aujourd’hui, grâce aux NTIC, j’arrive à négocier
et m’assurer de la qualité des produits sans voyager. […] Si ça avait été aussi
populaire quand j’étais plus jeune, je crois que je n’aurais pas arrêté d’aller à l’école »
(participante n° 7). La participante n° 1 explique quant à elle, la capacité d’expansion
62
et de contrôle des NTIC est l’essence même du connectivisme : « c’est grâce aux
NTIC aujourd’hui que je peux me permettre de rester salarié et avoir des boutiques
en ligne. […] Je n’ai pas le temps d’ouvrir une boutique et d’être physiquement
présente. Les NTIC me sont d’une importance capitale pour m’assurer un bon
revenu et pour étendre mon activité ». Alors que, de plus en plus d’entrepreneures
en comprennent l’importance pour leur entreprise, le secteur des NTIC prend le
contrôle des industries sur le continent africain : « toutes les nouvelles entreprises
agricoles utilisent de nos jours des machines de plus en plus sophistiquées pour
permettre un travail plus efficace et plus rapide » (participante n° 6). Il est vrai que
de plus en plus d’opportunités sont créées, plus spécifiquement pour les femmes
qui veulent entreprendre et qui souhaitent avoir un juste équilibre entre vie privée et
vie professionnelle, et cela est possible grâce aux NTIC : « je prends mes
commandes tous les soirs à ma descente et je les remets à des prestataires pour la
livraison. Je gère donc moi-même mes horaires. […] Les NTIC me permettent d’avoir
un contrôle sur mon entreprise » (participante n° 1). Dans le même temps, de plus
en plus de femmes désirant entreprendre ou qui possèdent des entreprises et
voulant les faire croître se concentrent sur les améliorations ainsi que l’évolution des
pratiques commerciales basées sur les nouvelles technologies d’information et de
communication : « je propose un service selon les matériaux digitaux que j’ai. […] le
milieu de la technologie et du digital est très capricieux et il vaut mieux faire
beaucoup attention, car il y a tout le temps de l’innovation. [...] si je prends la décision
d’agrandir je dois y mettre les moyens financiers, mon énergie et surtout mon temps
63
que je préfère consacrer à mes enfants qui sont encore très jeunes » (participante
n° 4).
Sans nul doute, les technologies ont déclenché dans l’environnement
entrepreneurial africain des changements considérables, et cela dans bon nombre
de domaines. Avec l’évolution technologique, les NTIC continueront en ce sens et
tout ce que nous pouvons faire est d’attendre et d’évoluer avec elles; d’autant plus
que dans le domaine de l’entrepreneuriat, lesdits changements sont beaucoup plus
rapides. Actuellement, une entreprise de quelle que nature que ce soit ne peut
croître sans impliquer les NTIC, car : « pour être reconnu comme une grande
entreprise et avoir accès à de grands fournisseurs et clients, il faut bien-être en
phase avec son temps. […] et aujourd’hui, nous sommes à l’ère des NTIC »
(participante n° 7). La participante n° 4 estime que l’environnement entrepreneurial
est changeant et les entreprises actuelles se doivent d’être innovantes : « il faut
toujours se mettre au goût du jour et adapter ses services aux besoins actuels. […]
l’environnement entrepreneurial n’est jamais stable et je pense que les NTIC qui
innovent à chaque fois, répondent bien à cet environnement ».
Au cours de nos entrevues, les participantes n° 1 et 3 ont affirmé que l’e-commerce
est désormais présent partout. Grâce à ce dernier, les entreprises africaines peuvent
être connectées aux consommateurs africains, mais aussi du monde entier et les
fournir des produits ainsi que des services par les biais des nouvelles technologies
de l’information et de la communication.
Questionné à ce sujet, la participante n° 1 affirme que : « au vu de l’évolution et de
la modernisation du monde, les nouvelles technologies et l’entrepreneuriat vont de
64
pair. Les NTIC nous facilitent vraiment et marketing et communication surtout dans
le digital ».
En effet, les nouvelles technologies de l’information et de la communication ont
complètement modifié le marketing ainsi que la publicité. Tout est numérique de nos
jours, puisque les consommateurs africains, qui sont de plus en plus constitués par
les jeunes générations, sont ultras connectés. De ce fait, l’utilisation des NTIC facilite
comme l’affirme la participante 1, le marketing, puisque les consommateurs sont
toujours en ligne. Aussi, grâce à ces nouvelles technologies, les femmes
entrepreneures s’adressent désormais à plus de personnes, elles peuvent envoyer
leurs messages plus rapidement et plus facilement et, par conséquent, augmenter
leurs revenus.
Selon les explications de la participante n° 3 : « En cette ère, les NTIC représentent
le présent et l’avenir, car, il évolue de jour en jour avec de nouveaux projets et
produits novateurs, porteurs de développement social et de richesse économique.
Je pense que ce milieu est porteur d’opportunité pour tous, qui a des avantages
particuliers pour chaque attente. Parlant des femmes, ce domaine collerait mieux
avec le besoin qu’elles ont d’accomplir plusieurs tâches. C’est-à-dire travailler tout
en ayant le temps de gérer leur famille, car, grâce aux NTIC, elles auront la
possibilité d’opter pour le travail à domicile et optimiseront les déplacements ».
Sans nul doute, grâce aux nouvelles technologies de l’information et de la
communication, les femmes entrepreneures peuvent répondre et s’adapter à toutes
les demandes de la clientèle ; de plus, les communications sont plus faciles et plus
rapides. D’ailleurs, avec les nouvelles technologies en question, les entrepreneurs
65
n’ont plus besoin d’un véritable magasin physique ou même d’un bureau pour fournir
des produits ou des services. Tout peut se faire en ligne, et cela depuis les premiers
échanges avec les consommateurs aux achats et à l’expédition des produits.
En ce sens, la participante n° 4 souligne que : « Nous restons convaincus que le
digital reste un vaste champ d’opportunités, vu qu’il est encore à l’étape
embryonnaire en Côte d’Ivoire et offre beaucoup d’opportunité. Une opportunité à
saisir, car plein de secteurs doivent être transformés. Les potentialités de la digitale
sont énormes, un vaste marché naissant en Afrique et en Côte d’Ivoire. En plus, il
requiert un investissement minime. Par exemple, il suffit de se connecter avec un
ordinateur ou un portable sur internet pour converser avec un fournisseur qui se
trouve au bout du monde, sans toutefois se déplacer ou encore proposer ces
produits, ses services en étant assis chez soi. On prend alors un avantage en temps
et en finance ».
Les nouvelles technologies de l’information et de la communication facilitent les
échanges; et une fois que les coûts des services publics sont minimisés, les prix
baissent. À mesure que les prix baissent, de plus en plus de personnes peuvent
avoir accès à des produits ainsi qu’à des services, ce qui peut les aider à améliorer
leur qualité de vie.
Dans cette optique, la participante 5 affirme que : « Les NTIC restent l’un des
principaux moteurs essentiels de l’entrepreneuriat en 2022. Les NTIC c’est l’avenir.
Le potentiel de chaque femme sera mis en évidence, ce qui facilitera l’insertion dans
certains milieux et favoriser certaines opportunités d’affaires ».
66
Au cours des dernières décennies, les nouvelles technologies de l’information et de
la communication ont connu un développement très rapide et elles ont été introduites
dans l’ensemble des segments de la vie des gens. Cela a donc apporté de nouvelles
opportunités au monde de l’entrepreneuriat, mais aussi à celui des consommateurs.
Les outils NTIC modernes peuvent réduire considérablement les coûts, mais
également accroitre la productivité ainsi que l’efficacité au niveau des individus et
des entreprises. Les outils en question ont aussi engendré des changements
profonds dans le domaine de l’entrepreneuriat africain, notamment au niveau de la
communication, de l’accessibilité et aussi de la disponibilité des informations. À ne
pas en douter, par le biais du développement des nouvelles technologies de
l’information et de la communication, beaucoup de choses ont changé en Afrique,
plus spécifiquement dans le monde de l’entrepreneuriat et beaucoup peuvent être
réalisées plus efficacement et avec plus de succès. À titre d’illustration, notons que
les NTIC peuvent permettre aux entrepreneures de tester divers scénarios de prise
de décision. C’est pour cette raison que bon nombre de personnes interviewées
pensent que les nouvelles technologies de l’information et de la communication
peuvent être utilisées comme un outil pour créer et développer des compétences
entrepreneuriales.
En ce sens, la participante n° 6 souligne que : « les NTIC sont pour moi,
indispensables en 2022 pour l’entrepreneuriat. Aujourd’hui, tous les secteurs sont
bien à entreprendre, mais la majorité des secteurs les NTIC s’avère indispensable
en 2022 ».
67
En effet, les nouvelles technologies de l’information et de la communication offrent
de nombreuses opportunités d’apprentissage, des outils de base de données, des
solutions de planification d’entreprise ainsi que, des opportunités de formation
commerciale et cela grâce à des simulateurs de plan d’entreprise. Des éléments
pouvant aider les femmes à réussir dans le monde de l’entrepreneuriat. Les
nouvelles technologies en question peuvent aussi aider à développer la
communication sur les réseaux sociaux.
De la vente de vêtements et accessoires pour enfants, de la création et de la gestion
des sites et de la communication digitale des entreprises, du gestionnaire de
communauté, aux entreprises spécialisées dans l’évènementiel, à l’import-export, la
technologie avec l’avantage supplémentaire d’internet et de bon nombre d’outils
apportés par la technologie de l’information et de la communication devient de plus
en plus une partie intégrante de l’environnement des affaires ainsi que de nos vies.
Ainsi, selon les explications de la participante n° 7, les NTIC : « est un trésor. Si je
l’avais connu dans ma jeunesse, je n’aurais pas eu à arrêter mes études. J’aurais
pu allier business en ligne et me permettre de financer mes cours et ceux de mes
frères. Les NTIC offrent tellement d’opportunités de carrière qui peuvent éloigner les
jeunes filles de la pauvreté et des vices de la société. Aujourd’hui, on fait de la
restauration en ligne, des prestations de coursiers en ligne. Il suffit maintenant juste
de présenter son talent sur internet et fixer des prix pour avoir de la clientèle. On n’a
pas obligatoirement besoin d’avoir un local pour exercer grâce à internet et moi
j’appelle ça la magie du web ».
68
Les nouvelles technologies de l’information et des communications sont
généralement devenues une preuve importante de la croissance de la technologie
en Afrique. De plus, l’Afrique a connu, dernièrement, un afflux d’avantages
commerciaux qui en découlent. La hausse grandissante de l’accès au téléphone
mobile et l’introduction des téléphones intelligents ont, sans nul doute, accru l’accès
à internet. La présence des téléphones portables et d’internet a créé des secteurs
totalement nouveaux, donnant ainsi naissance à de nouvelles entreprises et fournis
des emplois à de nombreuses personnes, tout en ayant un impact considérable sur
l’esprit d’entreprise, mais également les modèles commerciaux. En résumé, nous
avons constaté que les contributions notables des nouvelles technologies de
l’information et de la communication à l’entrepreneuriat comprennent les points
suivants :
• Accès aux marchés : Le commerce électronique a réduit, et ce de manière
considérable, le besoin d’infrastructures physiques pour que le commerce ait
lieu. Les nombreuses plateformes donnent aux femmes voulant se lancer
dans l’entrepreneuriat, un accès aux marchés dans toutes les régions du
pays, mais également partout dans le monde.
• Coordination commerciale virtuelle et efficace : les nouvelles
technologies de l’information et de la communication ont complètement
révolutionné la manière dont les entreprises africaines fonctionnent de nos
jours. Les entreprises en question utilisent différentes applications et ne
nécessitent généralement pas la présence physique du propriétaire de
l’entreprise. Elles peuvent être gérées de manière efficace et virtuelle.
69
• Communication marketing et publicité : avec l’avènement des nouvelles
technologies de l’information et de la communication, il est possible de
transmettre facilement des messages publicitaires par le biais d’un tweet sur
Twitter, des vidéos sur YouTube, un message sur Facebook, etc., et cela à
des tarifs bien moins chers.
• Accroitre les flux de revenus, mais aussi économiser du temps ainsi
que de l’argent : les nouvelles technologies de l’information et de la
communication ont fourni de nouvelles opportunités intéressantes pour
augmenter les revenus des femmes entrepreneures africaines.
• Téléconférence : les entrepreneures peuvent réaliser des réunions grâce
aux systèmes de technologie de vidéoconférence permettant à divers sites
ou encore de communiquer plus par le biais des transmissions audio et vidéo
bidirectionnelles simultanées, qui éliminent de ce fait la logistique des
déplacements, faisant ainsi économiser du temps et de l’argent.
Tout ce que nous venons de mentionner soutient les explications de nos
participantes.
Somme toute, force est de constater que les nouvelles technologies de l’information
et de la communication représentent une opportunité importante pour les femmes
entrepreneures africaines, car elles leur offrent de nombreux avantages
considérables.
4.5. Prospectives
70
Au cours de notre analyse de données, les participantes n° 4 et n° 6 exposent le fait
que des différences entre les femmes et les hommes entrepreneurs apparaissent à
différents stades, et s’accumulent au fil des années et que les politiques doivent
impliquer de nombreuses interventions, ciblant bon nombre d’acteurs à plusieurs
stades de l’entrepreneuriat.
Nous avons constaté que la majorité des femmes en plus d’accuser les normes
sociales qui seraient un frein à la motivation entrepreneuriale, accusent aussi les
différentes politiques gouvernementales qui font : « moins ou je dirais ne font pas
assez de campagnes de sensibilisation, de formation pour l’apprentissage d’outils
informatiques » (participante n° 3). La participante n° 7 et n° 8 ont proposé une
restructuration des centres de services aux entreprises locales dans les
communautés, de sorte que l’information puisse être plus largement diffusée et
accessible à toute la population, car pour elle : « le plus gros souci, c’est que tout
soit centralisé à la capitale. Les petites régions comme où j’ai grandi, n’ont pas
facilement accès aux informations » (participante n° 7) et « je pense bien que si je
n’avais pas aménagé à la capitale après mon mariage je n’aurais pas été informée
et formée pour être où j’en suis » (participante n° 8). Nos participantes proposent
donc aux institutions comme les ONG et les politiques gouvernementales d’inclure
les populations des zones rurales dans leur sensibilisation. La participante n° 1
demande aussi aux femmes entrepreneures de « s’approcher des ONG […], pour
partager son expérience. Il y a des jeunes filles qui ont juste besoin de modèles ».
Tout comme, le conseil la participante n° 1, les participantes n° 7, n° 8 et n° 10
participent à des campagnes de sensibilisation des jeunes des écoles primaires,
71
collèges, lycée, université, et dans des centres de formation et de réinsertion sociale
sur l’importance de se familiariser aux outils des NTIC comme l’informatique, ou
encore partager leur expérience en expliquant qu’il n’y a pas des métiers typiques
réservés aux hommes ou aux femmes. Ces dernières affirment aussi avoir suivi des
formations pour en être là et qu’il n’y a pas d’âges pour apprendre.
CHAPITRE 5
SYNTHÈSE ET DISCUSSION
Dans la présente partie de notre étude, nous allons discuter les résultats obtenus
pour mieux comprendre et décrire la place de l’entrepreneure africaine dans les
NTIC. Les données récoltées auprès de nos participantes soulignent qu’il est encore
difficile en Afrique pour les femmes d’entreprendre. En effet, celles-ci font face à de
nombreux obstacles. Parmi ces derniers, nous pouvons citer le manque de
systèmes de soutien autour de ces dernières. Partout en Afrique, les femmes sont
socialement définies comme les gardiennes de la famille, c’est-à-dire que ces
dernières doivent s’occuper de leurs enfants, prennent soin de leurs maris ainsi que
des unités familiales. Et elles sont plus susceptibles d’être socialement punies pour
ne pas tenir ou encore remplir leurs rôles. Par conséquent, elles souffrent d’un
manque de soutien venant de leurs familles. De plus, la communauté a également
du mal à accepter la femme entrepreneure. Le soutien social de la famille ainsi que
des amis fournissant des modèles positifs et plus particulièrement des parents
promouvant les aspirations entrepreneuriales pendant l’enfance participent, sans nul
doute à créer des conditions environnementales positives favorisant
l’entrepreneuriat féminin. Au cours de notre analyse des données, nous avons pris
connaissance qu’il existe un certain nombre d’actions que les décideurs politiques
peuvent réaliser, comme :
• Fournir des subventions assorties de conditions appropriées aux femmes
voulant devenir indépendantes;
73
• Mettre en place de mesures politiques pouvant encourager le secteur privé à
créer un accès plus facile au capital pour les femmes.
Même si les mesures en question ne résolvent pas entièrement la fracture de genre
en matière d’entrepreneuriat, nous pensons qu’elles peuvent contribuer à la réduire,
et cela de manière considérable. Elles sont victimes de discrimination sur les
marchés du travail. Nos entrevues nous ont aussi permis de comprendre que la
fracture de genre peut s’expliquer en partie par les nombreuses discriminations
auxquelles les femmes font face. Des discriminations dues à plusieurs facteurs,
parmi lesquels nous pouvons citer :
• La discrimination salariale ;
• Une plus faible participation des femmes sur les marchés à hauts salaires ;
• La discrimination en matière de promotion ;
• La différence d’horaires de travail, car les femmes assument une plus grande
part des tâches familiales ;
• Une forme de discrimination exercée par les femmes elles-mêmes qui,
souvent sans le savoir ou encore par crainte de réponses négatives,
demandent des salaires inférieurs à ceux des hommes pour les mêmes
postes.
À cela s’ajoute également le mauvais accès à l’information et aux conseils. Nous
avons constaté qu’il est essentiel de restructurer les centres de services aux
entreprises locales dans les communautés, de manière que l’information puisse être
plus largement diffusée et accessible à toute la population. Une diffusion qui est de
74
nos jours facilitée grâce aux nouvelles technologies. Nous avons aussi pris
connaissance que le manque d’esprit d’entreprise, un manque d’acceptation au sein
de la communauté, un manque de connaissances dans le domaine des affaires, le
manque de compétences en gestion et les préjugés masculins sont également des
obstacles à l’entrée des femmes dans le monde de l’entrepreneuriat. Par ailleurs,
dans la vie de tous les jours, les rôles et les responsabilités des femmes africaines
sont chronophages et plus difficiles en raison des problèmes causés par un manque
d’infrastructures et de services de base au niveau local.
La place de l'entrepreneure africaine dans le secteur des NTIC est de plus en plus
significative et en constante évolution. Au cours des dernières années, on observe
une augmentation notable du nombre d'entrepreneures africaines qui se lancent
dans le secteur des NTIC. Elles embrassent de plus en plus les opportunités offertes
par les nouvelles technologies pour créer et développer leurs entreprises. Les
entrepreneures africaines apportent souvent des idées innovantes et des solutions
technologiques créatives aux défis spécifiques auxquels sont confrontées les
communautés africaines ou pour donner vie à leur passion. Elles utilisent les NTIC
pour aborder des problèmes sociaux, économiques et environnementaux, et
contribuent ainsi au développement socioéconomique de leurs pays. Les nouvelles
technologies jouent un rôle clé pour surmonter certaines barrières traditionnelles
auxquelles les femmes entrepreneures peuvent faire face. Les plateformes en ligne,
les réseaux sociaux et les outils de commerce électronique leur offrent de nouvelles
opportunités pour accéder à des marchés plus larges, à des ressources financières
et à des partenariats stratégiques. Les nouvelles technologies renforcent
75
l'autonomie des femmes entrepreneures en leur permettant de travailler de manière
flexible, d'accéder à des connaissances et à des compétences, et de créer des
réseaux professionnels. Elles jouent un rôle essentiel dans l'émancipation
économique des femmes en leur offrant des possibilités d'indépendance financière
et de leadership. Il convient de souligner que malgré les avancées, des défis
subsistent pour les entrepreneures africaines dans le secteur des NTIC. Cela inclut
les obstacles tels que l'accès aux financements, les disparités de genre persistantes,
le manque de modèles féminins dans l'industrie et les défis liés à l'infrastructure
technologique.
Certaines participantes ont trouvé des moyens pour contourner ces obstacles. Elles
ont décidé de participer à la sensibilisation des jeunes dès le primaire, sur
l’importance de se familiariser aux outils des NTIC comme l’informatique, ou encore
partager leur expérience en expliquant qu’il n’y a pas des métiers typiques réservés
aux hommes ou aux femmes.
Certaines, ont été éduquées dans des foyers traditionnels stricts, ont peu
d’éducation, se sont mariées relativement jeunes et n’ont eu que peu ou pas
d’expérience urbaine. Alors que la génération de revenus, que ce soit pour le profit
ou pour soutenir les moyens de subsistance de la famille, constitue une force motrice
derrière l’entrepreneuriat des femmes, nous avons reconnu que certaines femmes
ne sont pas seulement motivées en raison de leur pauvreté. Autrement dit, les
femmes sont motivées par une variété de facteurs d’opportunité, des facteurs
d’attraction, ou encore des facteurs d’incitation.
76
Pour d’autres, elles sont motivées pour des besoins financiers, en raison de la
situation familiale. Les facteurs motivationnels en question sont le produit de
conditions désespérées ; l’entrepreneuriat constitue alors pour elles la seule option
disponible pour gagner leur vie, plutôt qu’un choix positif. En ce sens, elles veulent
entreprendre, car :
• Elles ont un revenu familial insuffisant ;
• Elles ne sont pas épanouies de leur emploi actuel ;
• Elles ont beaucoup de difficultés à trouver du travail ;
• Elles ont besoin d’horaires de travail flexibles en raison des conditions
familiales.
Les femmes sont de ce fait motivées à entreprendre, car l’entrepreneuriat leur
procure un avenir plus stable et une source de revenus attrayante pour une vie
meilleure et plus épanouissante. Outre ces facteurs motivationnels, les résultats de
nos entrevues ont notamment mis en avant que les femmes africaines
entrepreneures sont motivées par la nécessité d’assurer la sécurité de leur famille
et non par la maximisation du profit. L’exploration approfondie du système
entrepreneurial féminin en Afrique nous a permis de comprendre les dynamiques,
les défis et les opportunités spécifiques auxquels sont confrontées les
entrepreneures africaines dans le secteur des NTIC. Cela incluant l'analyse des
facteurs sociaux, culturels, économiques et politiques qui influencent leur
participation à l'entrepreneuriat. La théorie du comportement planifié nous a offert
un cadre d'analyse pour mieux comprendre les facteurs qui influencent les décisions
et les comportements des entrepreneures africaines dans le secteur des NTIC. Elle
77
a exploré les attitudes, les normes sociales et le contrôle perçu pour comprendre les
motivations et les intentions entrepreneuriales, et nous a permis de voir qu’il y a des
facteurs tels que les besoins financiers, la passion et le besoin d’autonomie qui
motivent les femmes à s'engager dans l'entrepreneuriat dans le secteur des NTIC
en Afrique et d’autres facteurs comme l’ouverture des marchés au monde qui
peuvent influencer l'adoption des nouvelles technologies dans leurs entreprises. La
théorie du connectivisme a mis l'accent sur les interactions entre les individus, les
technologies et l'environnement. Dans le contexte de l'entrepreneuriat féminin en
Afrique, elle a permis de comprendre comment les nouvelles technologies facilitent
la connectivité sociale, l'accès à l'information et la collaboration entre les
entrepreneures, les clients et les fournisseurs. Elle a mis en lumière l'importance des
réseaux et de la connectivité pour l'entrepreneuriat féminin dans le secteur des
NTIC. En combinant la compréhension du système entrepreneurial féminin en
Afrique, l'importance des nouvelles technologies, la théorie du comportement
planifié et la théorie du connectivisme, une analyse approfondie a pu être réalisée
pour évaluer les motivations, les comportements et les impacts des entrepreneures
africaines dans le secteur des NTIC. En effet, les normes sociales, le besoin de
contrôle et leur attitude qu’elles détiennent de leur éducation influent sur leur
comportement. Et cela est d’autant plus facilité avec l’utilisation des nouvelles
technologies d’information et de communication.
Cependant, il convient de noter les limites de ces théories dans le contexte de
l'entrepreneuriat féminin africain des NTIC. Premièrement, la théorie du
comportement planifié peut ne pas rendre pleinement compte de certaines réalités
78
culturelles et contextuelles propres à l'Afrique, ce qui peut limiter sa pertinence.
Deuxièmement, la théorie du connectivisme peut sous-estimer les inégalités d'accès
à la technologie et les disparités numériques qui peuvent affecter les parcours
entrepreneuriaux des femmes en Afrique. Par conséquent, il est important de tenir
compte de ces limites et de les intégrer dans l'analyse et les recommandations.
Les nouvelles technologies en question favorisent la création d’entreprises et aident
les femmes à entrer facilement dans le monde de l’entrepreneuriat; et cela
notamment par le biais des applications plus intelligentes, un traitement plus rapide,
un stockage de données amélioré, mais également une diffusion plus large des
informations. Les nouvelles technologies rendent aussi les entreprises plus
efficaces, augmentent la valeur, optimisent la qualité et stimulent la productivité.
En effet, les femmes africaines sont de plus en plus nombreuses à entreprendre
dans le secteur des NTIC, en offrant leurs services aux femmes, en vue de les aider
à entrer facilement dans ce secteur. Le monde de l’entrepreneuriat féminin en
Afrique a considérablement évolué grâce aux nouvelles technologies :
• Les nouvelles technologies de l’information et de la communication ont donné
aux femmes les outils nécessaires pour résoudre des problèmes complexes
dans le monde de l’entrepreneuriat, et ce grâce à des applications plus
intelligentes facilitant la recherche de données, leur analyse;
• La technologie de l’information et de la communication permet aux femmes
entrepreneures de prendre de meilleures décisions. Sans nul doute, les
bonnes décisions en affaires reposent sur une solide étude de marché. Cela
peut être fait en travaillant avec d’autres personnes, par le biais de
79
vidéoconférences, par exemple, en examinant le sentiment du public sur les
médias sociaux et les forums, et en se basant sur les sondages en ligne afin
d’obtenir les commentaires des clients;
• Les nouvelles technologies de l’information et de la communication
améliorent le marketing. Grâce à ces technologies, les femmes
entrepreneures utilisent des méthodes de publicité en ligne qui sont
beaucoup plus précises et efficaces que le marketing traditionnel. De plus,
ces derniers peuvent les aider à trouver les publics cibles, découvrir leurs
besoins et créer une campagne marketing adaptée en vue de les persuader
d’acheter. De nos jours, il est facile de savoir combien de personnes ont
cliqué sur une bannière en ligne que de savoir combien de personnes lisent
une annonce dans un journal;
• La technologie de l’information a amélioré le support client. Les
consommateurs peuvent recevoir une assistance de plusieurs canaux par
plateforme de médias sociaux, par téléphone, ou encore par courriels. En
outre, les systèmes de gestion de la relation client aident les femmes
entrepreneures africaines à comprendre le comportement des clients.
En effet, l’innovation est la vague du futur entrepreneurial africain et si le but des
affaires est d’accroitre les profits, alors les NTIC s’avèrent le moyen de faire plus de
profits, plus rapidement.
Cependant, il convient également de discuter des limites de l'entrepreneuriat féminin
en Afrique dans le secteur des NTIC. Malgré les progrès réalisés, les femmes
rencontrent encore des défis tels que l'accès limité aux financements, les
80
stéréotypes de genre persistants et les disparités dans l'accès aux ressources et
aux opportunités. Des efforts supplémentaires sont nécessaires pour créer un
environnement favorable, renforcer les réseaux de soutien, promouvoir l'éducation
entrepreneuriale et éliminer les barrières structurelles qui entravent la participation
des femmes.
Par ailleurs, il serait faux de croire que les nouvelles technologies de l’information et
de la communication sont un domaine dédié aux hommes, car il y a partout dans le
monde des femmes qui sont à la tête des grandes entreprises ou start-ups de NTIC.
Pourquoi cela ne serait-il pas le cas en Afrique?
Par tradition, l’entrepreneuriat et surtout les nouvelles technologies sont caractérisés
comme un phénomène masculin. Cette situation est également due à l’éducation
africaine qui est particulièrement patriarcale, donnant la priorité aux hommes. Dans
la société africaine, l’entrepreneuriat est considéré comme un risque, un domaine
qui demande de l’audace, c’est la raison pour laquelle il était considéré comme étant
exclusivement masculin. Mais tel n’est pas le cas de nos jours, car les femmes ont
su montrer qu’elles peuvent également entreprendre, et cela au même titre que les
hommes. Aujourd’hui, de nombreuses femmes africaines se lancent dans
l’entrepreneuriat, malgré les stéréotypes, pour aider leur famille et pour être plus
indépendantes.
Nos participantes montrent que leurs motivations sont liées à leur ambition
personnelle et que ces ambitions peuvent être aussi liées aux charges résultantes
de la conciliation famille-travail. On constate donc que l’environnement et les normes
sociales ont un impact sur l’intention et la manière d’entreprendre des participantes
81
et que les NTIC viendraient par sa qualité de réseau, comme un moyen d’affirmer
leur contrôle dans l’entrepreneuriat et de s’étendre.
CONCLUSION
Nous avons vu tout au long de ce mémoire qu’en Afrique, il n’est pas facile pour une
femme de créer sa propre entreprise. Selon les explications des personnes
interviewées, cela est particulièrement dû aux croyances sociales et à l’éducation
parentale dans ce continent privilégiant surtout les hommes au détriment des
femmes; et cela a été conforté dans la revue de littérature. En effet, durant de
nombreuses années, les femmes ont été marginalisées et réduites seulement au
rang traditionnel de la femme au foyer dont le rôle est d’être mère, mais aussi de
s’occuper des enfants, du mari et de toute la famille. Toutefois, tel n’est plus le cas
actuellement en Afrique, puisque dernièrement, les femmes sont de plus en plus
présentes dans le secteur de l’entrepreneuriat et parviennent même à imposer leur
leadership en vue de faire évoluer leur entreprise.
Lorsque nous revenions aux origines de l’entrepreneuriat des femmes en Afrique,
ce qui nous vient en tête, ce sont surtout des mères vendant leurs produits
alimentaires sur les étals du marché. Mais au fil des années, une génération
d’entrepreneures est née, notamment des jeunes femmes, cassant les codes et
réussissant dans les secteurs qui sont dédiés aux hommes, comme les nouvelles
technologies de l’information et de la communication. De nombreuses femmes
africaines surfent actuellement sur la vague du numérique, malgré les obstacles. Il
est indéniable que l’Afrique est le continent de demain et la transformation digitale a
su donner des opportunités à toutes les Africaines voulant entreprendre, et a su
ouvrir ses portes, en vue d’avancer sa transformation. Les femmes africaines jouent
un rôle de plus en plus important dans la dynamique entrepreneuriale, apportant des
83
idées novatrices et contribuant au développement économique et social de l'Afrique.
Notre étude a permis de constater l'importance des TIC pour l'entrepreneuriat
féminin en Afrique. Les femmes entrepreneurs africaines ont largement adopté les
TIC comme un outil important pour le développement des affaires. Ces technologies
leur permettent d'accéder à de nouveaux marchés, d'accroître leur visibilité et leurs
réseaux professionnels et de faciliter la gestion opérationnelle. La transformation
numérique offre des perspectives prometteuses pour l'entrepreneuriat féminin en
Afrique, et les femmes sont prêtes à saisir ces opportunités pour façonner l'avenir
du continent.
En outre, l'étude met en évidence l'existence d'un écosystème entrepreneurial en
croissance en Afrique, facilité par l'émergence de plateforme technologiques,
d'incubateurs et d'organisations de soutien. Cependant, des défis subsistent, tels
que l'accès au financement, les stéréotypes sexistes et les contraintes
socioculturelles.
En synthèse, il existe un énorme potentiel pour l'entrepreneuriat féminin dans le
secteur des TIC en Afrique. Les femmes entrepreneures africaines ont su profiter
des opportunités offertes par les NTIC pour créer et développer leurs entreprises.
Cependant, des efforts supplémentaires sont nécessaires pour surmonter les
obstacles et promouvoir une plus grande intégration des femmes dans les
écosystèmes entrepreneuriaux africains. Les politiques publiques, les initiatives de
formation et le renforcement des réseaux de soutien peuvent contribuer à favoriser
l'entrepreneuriat féminin en Afrique et à exploiter la puissance des TIC.
84
Le présent mémoire n’est qu’une petite contribution à un thème d’actualité ; de ce
fait, force est de constater que cette étude fait appel à des analyses plus
approfondies.
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Adjamagbo, A. (2020). Muriel Gomez-Perez (dir.), Femmes d’Afrique et émancipation, Paris,
Éditions Karthala, 2018, 470 p. Recherches féministes, 33(2), 185-190. doi:
https://doi.org/10.7202/1076621ar
Adjamagbo, A., Gastineau, B., & Kpadonou, N. (2016). Travail-famille : un défi pour les femmes à
Cotonou. Recherches féministes, 29(2), 17-41. doi: https://doi.org/10.7202/1038719ar
AFD, A. f. d. d. (2021). au fil des années, l'extrême pauvreté se concentre en Afrique. Repéré à
https://www.afd.fr/fr/actualites/atlas-de-lafrique-afd-au-fil-des-annees-lextreme-
pauvrete-se-concentre-en-afrique
africaine, A. d. p. (2017). TDA 2017 : L'Afrique invitee à miser sur le capital humain pour amorcer le
virage numerique. Repéré à
https://libkey.io/libraries/939/openurl?genre=article&au=&aulast=&issn=&isbn=&title=TD
A+2017+%3A+L%27Afrique+invitee+%C3%A0+miser+sur+le+capital+humain+pour+amorc
er+le+virage+numerique&jtitle=Agence+de+Presse+Africaine+%28APAnews%29&pubnam
e=Agence+de+Presse+Africaine+%28APAnews%29&btitle=&atitle=TDA+2017+%3A+L%27A
frique+invitee+%26agrave%3B+miser+sur+le+capital+humain+pour+amorcer+le+virage+n
umerique&volume=&issue=&spage=&date=2017&doi=&sid=ProQuest
Afrik, F. (2023). Étude de McKinsey: Nouvelles perspectives sur l’économie marocaine pour libérer
le potentiel de croissance. Repéré à https://www.financialafrik.com/2023/07/04/etude-
de-mckinsey-nouvelles-perspectives-sur-leconomie-marocaine-pour-liberer-le-potentiel-
de-croissance/
Ajzen, I. (1991). The theory of planned behavior. Organizational Behavior and Human Decision
Processes, 50(2), 179-211. doi: https://doi.org/10.1016/0749-5978(91)90020-T
Ajzen, I., Albarracin, D., & Hornik, R. (2007). Prediction and change of health behavior: Applying the
reasoned action approach. Psychology Press.
Alami, H., Bedoui, N., & El Mahjoubi, K. (2018). Pourquoi l’intégration du Maroc dans l’économie
fondée sur la connaissance piétine-t-elle? Geopolitics and Geostrategic Intelligence, 1(2),
66-77.
Amselle, J.-L. (2005). Ethnies et espaces : pour une anthropologie topologique. Dans Au cœur de
l’ethnie (pp. 11-48). Paris: La Découverte. doi: 10.3917/dec.amse.2005.01.0011. Repéré à
https://www.cairn.info/au-coeur-de-l-ethnie--9782707146229-page-11.htm
86
Anderson, T., & Dron, J. (2011). Three generations of distance education pedagogy. The
International Review of Research in Open and Distributed Learning, 12(3), 80-97. doi:
10.19173/irrodl.v12i3.890
Assoumou Menye, O., & Guetsop Sateu, F. A. (2017). L’entrepreneuriat féminin au Cameroun :
enjeux et perspectives. Revue Congolaise de Gestion, Numéro 24(2), 11-42. doi:
10.3917/rcg.024.0011
Attarça, M., & Lassalle-de Salins, M. (2013, Apr 2013). Quand l'entrepreneur devient entrepreneur
politique: Le cas du développement de la méthanisation agricole en France. Revue
Française de Gestion, 39(232), 25-44,183,189,111. Repéré à
https://sbiproxy.uqac.ca/login?url=https://www.proquest.com/magazines/quand-
lentrepreneur-devient-entrepreneur/docview/1366064847/se-2?accountid=14722
Audretsch, D. (2006). L'émergence de l'économie entrepreneuriale. Reflets et perspectives de la
vie économique, XLV(1), 43-70. doi: 10.3917/rpve.451.70
BAD, B. a. d. d. (2023). Prêts aux entrepreneuses en Afrique: le cap du milliard de dollars
d’investissements franchi pour AFAWA, de la Banque africaine de développement. Repéré
à https://www.afdb.org/fr/news-and-events/press-releases/prets-aux-entrepreneuses-en-
afrique-le-cap-du-milliard-de-dollars-dinvestissements-franchi-pour-afawa-de-la-banque-
africaine-de-developpement-58670
Bane, M. F., & Petitjean, J.-L. (2018). Le pilotage de la performance globale dans les entreprises
africaines. L’exemple de deux entreprises du secteur de l’énergie au Sénégal. La Revue des
Sciences de Gestion, 294(6), 59-68. doi: 10.3917/rsg.294.0059
Batibonak, S. (2009). Entrepreneuriat et changement du rôle de la femme camerounaise. Dans La
recherche féministe francophone (pp. 613-630). Paris: Karthala. doi:
10.3917/kart.sow.2009.01.0613. Repéré à https://www.cairn.info/la-recherche-feministe-
francophone--9782811102777-page-613.htm
Beaucher, H. (2020). Réduire la fracture numérique entre les hommes et les femmes par
l’éducation. Revue internationale d’éducation de Sèvres, (85), 12-16.
Beddi, H., Fadil, N., & Saadaoui, K. (2019). Entrepreneuriat féminin et développement
international : étude de trois cas. Management international, 22(3), 12-23. doi:
10.7202/1060890ar
87
Behdja, B. (2018). Attitude des étudiants algériens envers la culture numérique et son impact sur
l'utilisation de la technologie selon le modèle d'acceptation de la technologie (TAM).
Revue des Sciences Humaines & Sociales, 4(2), 226-237.
Ben Slimane, S., & Auplat, C. (2015). Le développement durable, un vecteur de croissance pour les
nanotechnologies. Dans Objectif business development (pp. 54-66). Caen: EMS Editions.
doi: 10.3917/ems.deger.2015.01.0054. Repéré à https://www.cairn.info/objectif-business-
development--9782847697414-page-54.htm
Berguiga, I., & Adair, P. (2022). Les obstacles au financement des entrepreneures dans la région
MENA : auto-sélection et discrimination. Revue française d'économie, XXXVII(1), 165-193.
doi: 10.3917/rfe.221.0165
Berrou, J.-P., & Eekhout, T. (2019). L’économie informelle : un défi au rêve d’émergence des
économies africaines ? Études internationales, 50(1), 121-146. doi:
https://doi.org/10.7202/1062819ar
Bogui, J.-J. (2017). Analyse de la dynamique intergénérationnelle dans la perception des
technologies numériques et leur intégration dans la pédagogie universitaire à l'Université
Félix Houphouët-Boigny d'Abidjan (Côte d'Ivoire). Canadian Journal of Communication,
42(2), 273-289. doi: http://dx.doi.org/10.22230/cjc2017v42n2a3128
Boissin, J.-P., Chollet, B., & Emin, S. (2009). Les déterminants de l'intention de créer une entreprise
chez les étudiants : un test empirique. M@n@gement, 12(1), 28-51. doi:
10.3917/mana.121.0028
Bomsel, O. (2006). qu'est ce que le numérique ? Entreprises et Histoire, (43), 5-14,13.
Bonjawo, J. (2002). Internet: une chance pour l'Afrique. Repéré à
https://books.google.ca/books?id=pBK3u6z-mmsC
Boulay, J., & Kalika, M. (2007). Big brother is watching you! le rôle des technologies de
l'information dans la stratégie de contrôle des réseaux de points de vente franchisés.
Décisions Marketing, (45), 7-20.
Boutillier, S. (2008). Femmes entrepreneures : motivations et mobilisation des réseaux sociaux.
Humanisme et Entreprise, 290(5), 21-38. doi: 10.3917/hume.290.0021
Bouzekraoui, H., Ferhane, Driss. (2023). Les spécificités de l'entrepreneriat féminin au Maroc: Etat
des lieux à travers les résultats d'une étude et perspectives de dévéloppement.
88
Brasseur, M. (2008). Le rôle des stéréotypes dans le management de la diversité culturelle : le cas
de l'Afrique1. La Revue des Sciences de Gestion : Direction et Gestion, 43(230), 61-67,10.
Brière, S., Auclair, I., & Tremblay, M. (2017). Soutenir les femmes entrepreneures en contexte
africain : vers une nouvelle approche dynamique et collective. Revue internationale
P.M.E., 30(3-4), 69-97. doi: https://doi.org/10.7202/1042661ar
Bugain, J. (1988). La problématique du rôle des femmes dans le développement en Afrique :
l’implication du CIFAD. Recherches féministes, 1(2), 121-126. doi:
https://doi.org/10.7202/057520ar
Canonne, J. (2013, Les Africaines: Histoire des femmes d'Afrique subsaharienne du XIXe au XXe
siècles. La Découverte, 246(3), 34-34. Repéré à https://www.cairn.info/magazine-sciences-
humaines-2013-3-page-34.htm
Capron, H. (2009). Conclusion. La transition vers une économie entrepreneuriale. Dans
Entrepreneuriat et création d'entreprises (pp. 271-299). Louvain-la-Neuve: De Boeck
Supérieur. doi: 10.3917/dbu.capro.2009.01.0271. Repéré à
https://www.cairn.info/entrepreneuriat-et-creation-d-entreprises--9782804159900-page-
271.htm
Castaño, I. G. (2019). Adultes en difficulté avec l’écrit et nouvelles technologies: quel accès et
quels usages?
Chakri, L., & Riouch, M. L. (2021). Apports des TIC dans l'enseignement et l’apprentissage des
mathématiques : Scénarisation pédagogique et pratiques de l'enseignement à distance.
(Vol. 39). Les Ulis: EDP Sciences. doi: http://dx.doi.org/10.1051/itmconf/20213903012
Chamlee-Wright, E. (2002). Savings and acculumation strategies of urban market women in
Harare, Zimbabwe. Economic Development and Cultural Change, 50(4), 979-1005.
Charmes, J. (2005). Femmes africaines, activités économiques et travail : de l'invisibilité à la
reconnaissance. Revue Tiers Monde, 182(2), 255-279. doi: 10.3917/rtm.182.0255
Cherchem, M. (2011). L'innovation dans les services comme un pilier de l'économie fondée sur la
connaissance (cas des banques et des assurances algériennes). La Revue des Sciences de
Gestion : Direction et Gestion, 46(247/248), 29-37,28.
Coquery-Vidrovitch, C. (2013a). IX. Les femmes et le commerce. Dans Les Africaines (pp. 155-177).
Paris: La Découverte. Repéré à https://www.cairn.info/les-africaines--9782707175458-
page-155.htm
89
Coquery-Vidrovitch, C. (2013b). Les Africaines. Histoire des femmes d'Afrique subsaharienne du
XIXe au XXe siècle. Paris: La Découverte. doi: 10.3917/dec.coque.2013.02. Repéré à
https://www.cairn.info/les-africaines--9782707175458.htm
Cornet, A., & Constantinidis, C. (2004). Entreprendre au féminin: Une réalité multiple et des
attentes différenciées.
d’Andria, A., & Gabarret, I. (2016). Femmes et entrepreneurs : trente ans de recherches en
motivation entrepreneuriale féminine. Revue de l’Entrepreneuriat / Review of
Entrepreneurship, 15(3), 87-107. doi: 10.3917/entre.153.0087
Datta, P. B., & Gailey, R. (2012). Empowering Women through Social Entrepreneurship: Case Study
of a Women's Cooperative in India. Entrepreneurship Theory and Practice, 36(3), 569-587.
doi: 10.1111/j.1540-6520.2012.00505.x
Davis, P. J. (2012). The global training deficit: the scarcity of formal and informal professional
development opportunities for women entrepreneurs. Industrial and Commercial
Training, 44(1), 19-25. doi: http://dx.doi.org/10.1108/00197851211193381
Delaye, R., Duru, F., & Okamba, E. (2011). Diversité culturelle et employabilité : enquête sur les
atouts de la culture d'origine dans le processus d'amélioration de l'employabilité des
étudiants africains francophones, en sciences de gestion. Revue Management & Avenir,
(43), 180-202.
Della-Giusta, M., & Phillips, C. (2006). Women entrepreneurs in the Gambia: challenges and
opportunities. Journal of International Development, 18(8), 1051-1064. doi:
https://doi.org/10.1002/jid.1279
Deltour, F., & Lethiais, V. (2014). L'innovation en PME et son accompagnement par les TIC : quels
effets sur la performance ? Systèmes d'Information et Management, 19(2), 45-73,122.
Deming, D. J. (2017). The Growing Importance of Social Skills in the Labor Market*. The Quarterly
Journal of Economics, 132(4), 1593-1640. doi: 10.1093/qje/qjx022
Devèze-Sanson, N. (2014). Nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC).
Dans Dictionnaire d'administration publique (pp. 349-350). FONTAINE: Presses
universitaires de Grenoble. Repéré à https://www.cairn.info/dictionnaire-d-
administration-publique--9782706121371-page-349.htm
Dia, A. L. (1990). Le Management africain: Mythe ou Réalité? Africa Development / Afrique et
Développement, 15(1), 61-78.
90
Diye, J. (2019). Les femmes des monts Mandara dans l'economie informelle à Yaoundé. Scholarly
Journals, 47.
Duplàa, E., & Talaat, N. (2011). Connectivisme et formation en ligne. Étude de cas d'une formation
initiale d'enseignants du secondaire en Ontario. Distances et savoirs, 9(4), 541-564.
Duport, M., Fagnibo, C. F., & Palenfo, D. M. (2020). Chapitre 8. Quelle croissance pour l’Afrique et
ses entreprises ? Des facteurs communs de réussite indissociables du contexte
économique local et international. Dans Africa Positive Impact (pp. 99-115). Caen: EMS
Editions. doi: 10.3917/ems.frimo.2020.01.0099. Repéré à https://www.cairn.info/africa-
positive-impact--9782376873976-page-99.htm
El Mehdi, I. K. (2011). Gouvernance et TIC : cas des pays d'Afrique. Recherches en Sciences de
Gestion, 86(5), 63-84. doi: 10.3917/resg.086.0063
Essingone, H. N. (2003). Les fondements et les développements de la structure financière des
entreprises: une synthèse théorique et empirique. La Revue des Sciences de Gestion :
Direction et Gestion, 38(201-202), 99-114.
Fayolle, A. (2017). Chapitre 1. L’entrepreneuriat, un phénomène économique et social. Dans
Entrepreneuriat (pp. 17-47). Paris: Dunod. Repéré à
https://www.cairn.info/entrepreneuriat--9782100765072-page-17.htm
Florent Tasso, B. (2021). Yvette Onibon Doubogan, Entrepreneuriat féminin et développement au
Bénin, L’Harmattan, 2019, 186 pages, ISBN : 9782343160573, 19,50 €. Revue
internationale des études du développement, 245(1), 251-253. doi: 10.3917/ried.245.0013
Fluckiger, C. (2016). Culture numérique, culture scolaire: homogénéités, continuités et ruptures.
Diversité, VEI, (185), 64-70.
Fogue Kuate, F. A. (2020). Les voies téléphoniques de l’émancipation des jeunes femmes en
milieux musulman et chrétien au Cameroun. Réseaux, 222(4), 113-138. doi:
10.3917/res.222.0113
Fouda, C. N. B. (2014). Dynamisme entrepreneurial des femmes camerounaises: études de cas de
développement d'entreprise. Université de Bordeaux.
Fournier, P.-S., Brière, S., Pellerin, A., & Laflamme, A.-M. (2020). Pratiques de rétention des
femmes dans des emplois traditionnellement masculins au Québec : que peut-on
apprendre de l’expérience des inspectrices ? Relations industrielles / Industrial Relations,
75(3), 423-448. doi: https://doi.org/10.7202/1072342ar
91
Gherbi, H. (2014). Caractéristiques et déterminants de l'emploi informel féminin en Algérie. Le cas
de la wilaya de Bejaia. Mondes en développement, 166(2), 45-58. doi:
10.3917/med.166.0045
Gilbert, C., Mairesse, J., & Kocoglu, Y. (2005). Effets de la diffusion des technologies de
l'information sur la croissance potentielle et observée. L'Actualité Économique, 81(1/2),
203-230.
Glidja, J. (2019). Les déterminants du succès de l’entrepreneuriat féminin au Bénin, le rôle
modérateur de l’appui institutionnel : cas de la WBPC. Gestion 2000, 36(2), 39-59. doi:
10.3917/g2000.362.0039
Gnoumou Thiombiano, B. (2014). Genre et prise de décision au sein du ménage au Burkina Faso.
Cahiers québécois de démographie, 43(2), 249-278. doi:
https://doi.org/10.7202/1027979ar
Goerg, O. (1998). Les femmes paradoxales en Afrique. Omniprésence sociale et invisibilité
historique en France. Dans L'Histoire sans les femmes est-elle possible ? (pp. 113-128).
Paris: Perrin. doi: 10.3917/perri.sohn.1998.01.0115. Repéré à https://www.cairn.info/l-
histoire-sans-les-femmes-est-elle-possible--9782262014742-page-113.htm
Goody, J., & Buckley, J. (1973). Inheritance and Women's Labour in Africa. Africa: Journal of the
International African Institute, 43(2), 108-121. doi: 10.2307/1159323
Guermazi, B. (2021). Tribune: Les femmes, laissées pour compte du numérique : une exclusion qui
coûte des milliards aux États.^ Banque Mondiale Log Dashiki Repéré à
https://blogs.worldbank.org/fr/nasikiliza/tribune-les-femmes-laissees-pour-compte-du-
numerique
Guèvremont, V. (2021). L’unesco et la diversité culturelle. Revue québécoise de droit international
/ Quebec Journal of International Law / Revista quebequense de derecho internacional,
165-182. doi: https://doi.org/10.7202/1087386ar
Guité, F. ( 2004, 15 décembre). Le connectivisme (néo socioconstructivisme) ^ Relief Repéré à
http://www.francoisguite.com/2004/12/le-connectivisme-neo-socioconstructivisme
Hlady Rispal, M. (2002). Approche qualitative ou quantitative : un faux débat ? Dans La méthode
des cas (pp. 25-38). Louvain-la-Neuve: De Boeck Supérieur. Repéré à
https://www.cairn.info/la-methode-de-cas--2804139506-page-25.htm
92
Hugon, P. (2002). Nouveaux défis économiques et financiers en Afrique subsaharienne. Revue
internationale et stratégique, 46(2), 107-118. doi: 10.3917/ris.046.0107
Imbert, G. (2010). L'entretien semi-directif : à la frontière de la santé publique et de
l'anthropologie. Recherche en soins infirmiers, 102(3), 23-34. doi: 10.3917/rsi.102.0023
Kamdem, E. (2001). Entrepreneuriat et sciences sociales en Afrique. Management International,
Vol. 6(No 1), 17-32.
Kchirid, A. (2020). Chapitre 12. Entreprendre en Économie Sociale et Solidaire, un levier de
croissance inclusive pour l’Afrique : cas du Maroc. Dans Africa Positive Impact (pp. 151-
161). Caen: EMS Editions. doi: 10.3917/ems.frimo.2020.01.0151. Repéré à
https://www.cairn.info/africa-positive-impact--9782376873976-page-151.htm
Kefi, H. (2010). Mesures perceptuelles de l'usage des systèmes d'information : application de la
théorie du comportement planifié. Humanisme et Entreprise, 297(2), 45-64. doi:
10.3917/hume.297.0045
Kohn, L., & Christiaens, W. (2014). Les méthodes de recherches qualitatives dans la recherche en
soins de santé : apports et croyances. Reflets et perspectives de la vie économique, LIII(4),
67-82. doi: 10.3917/rpve.534.0067
Kouadio Clément, K. (2019). Ameliorer les politiques d'emploi jene en Afrique francophone cas de
la Cote D'Ivoire.
Krief, N., & Zardet, V. (2013). Analyse de données qualitatives et recherche-intervention.
Recherches en Sciences de Gestion, 95(2), 211-237. doi: 10.3917/resg.095.0211
Krippendorff, K. (2018). Content analysis: An introduction to its methodology. Sage publications.
Labbani, O. (2014). La protection sociale et la lutte contre la pauvreté en Algérie. Revue des
Sciences Humaines & Sociales, 61-73.
Larcher, L. (2021). La médiatisation de l’entreprise et de l’entrepreneuriat en Afrique. Revue
internationale des études du développement, 245(1), 227-237. doi: 10.3917/ried.245.0227
Lavallée, G. (2021, 6 Avril). L’Internet en Afrique : un enjeu multidimensionnel.^ Perspective
Monde Repéré à https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMAnalyse/3125
93
Lee, V. (2018). Au-delà du formulaire de consentement éclairé : Pour des propositions de
recherche pleinement éthiques. Canadian oncology nursing journal = Revue canadienne de
nursing oncologique, 28(3), 225-227.
Legrenzi, C. (2015). Informatique, numérique et système d'information: definition, perimetres,
enjeux economiques. Vie & Sciences de l'Entreprise, (200), 49-76.
Levalois, M. (2019). Le G7 prête 251 millions $ à la BAD pour soutenir l’entreprenariat féminin en
Afrique.^ Le Magazine du Manager Repéré à https://lemagazinedumanager.com/22114-
le-g7-prete-251-millions-a-la-bad-pour-soutenir-lentreprenariat-feminin-en-afrique.html
Li, Y., Mitra, P., Miyajima, K., Ongley, K., Ouattara, F., Ouedraogo, R., ... Simione, F. F. (2020). La
transformation numérique en Afrique subsaharienne. fonds monétaire.
Lo, C., & Mendy, P. (2021). Pauvreté multidimensionnelle et enfants hors du système scolaire au
Sénégal : une étude empirique. Revue française de pédagogie, 212(3), 57-71. doi:
10.4000/rfp.10795
Lopez, J.-C., Feige, J., & Bidi, G. (2016). Entrepreneuriat et capital humain socialement
responsable: proposition d'un modèle de capacité à entrepredre RSE. Vie & Sciences de
l'Entreprise, (202), 109-128.
M’Bouna, M. N. (2019). La carrière entrepreneuriale des femmes : une étude des trajectoires entre
secteur formel et informel au Gabon. Question(s) de management, 26(4), 13-22. doi:
10.3917/qdm.194.0013
Maïga, A., & Hotte, R. (2021). Monographie de l'enfant de Gao: l'école en Afrique subsaharienne.
Graphies Francophones, (001), 284-298.
Makinwa-Adebusoye, P. K. (1999). 6. La famille africaine en milieu rural. Dans La famille africaine
(pp. 135-152). Paris: Karthala. doi: 10.3917/kart.adepo.1999.01.0135. Repéré à
https://www.cairn.info/la-famille-africaine--9782865379422-page-135.htm
Mianda, G. (2020). Demain l’Afrique : par les femmes et avec les femmes. Présence Africaine,
201(1), 35-57. doi: 10.3917/presa.201.0035
Mondiale, B. (2019). Total des bénéfices tirés des ressources naturelles. Repéré à
https://donnees.banquemondiale.org/indicateur/NY.GDP.TOTL.RT.ZS?end=2021&location
s=ZG&start=2013
94
Mondiale, L. B. (2015). Émanciper les femmes en leur offrant des emplois dans l'économie
numérique. Repéré à
https://www.banquemondiale.org/fr/news/feature/2015/10/20/empowering-women-
through-jobs-in-the-digital-economy
Mondiale, L. B. (2020). Les données de la Banque Mondiale des indicateurs clés du marché du
travail (ICMT) Repéré à https://donnees.banquemondiale.org/indicator
Moreau, F. (2004). L’entrepreneuriat, approche théorique. Revue Française de Gestion, 30(152),
215-217.
Morley, C. (2004, Masculin/féminin Le genre des technologies de l'information. Revue Française de
Gestion, 30(148), 67-87.
Mutabazi, E. (2004). Le management des équipes multiculturelles: l'expérience des équipes afro-
occidentales. Management International, 8(3), 41-54.
Ndèye Faty, S., & Marie, F. (2021). La promotion de l’empowerment et de l’entrepreneuriat
féminin auprès des femmes exclues des politiques sociales et économiques au Sénégal.
Revue organisations & territoires, 30(2). doi: 10.1522/revueot.v30n2.1347
Ndongo, M., & Klein, J.-L. (2020). Les innovations sociales en Afrique subsaharienne : la place des
communautés et des territoires locaux: Revue Canadienne de Recherche sur les OSBL et
l'Économie Sociale (ANSERJ). Canadian Journal of Nonprofit and Social Economy Research,
11(2), 56-81. doi: http://dx.doi.org/10.29173/cjnser.2020v11n2a379
Ngongang, D. (2013). Facteurs de contingence, TIC et informations dans les entreprises
tchadiennes. La Revue des Sciences de Gestion : Direction et Gestion, 48(259/260), 153-
162,115.
Nouira, Z., Soudane, J. A., Hajaji, O., & Rguibi, K. (2021). L’évolution de l’e-recrutement dans la
fonction RH. IOSR Journal of Business and.
Nwamen, F. (2006). Impact des technologies de l'information et de la communication sur la
performance commerciale des entreprises. La Revue des Sciences de Gestion : Direction et
Gestion, 41(218), 111-121.
OCDE, U. E. (2017). Note de politique sur l’entrepreneuriat féminin. Office des publications de
l’Union européenne, situé au Luxembourg. Repéré à
https://www.oecd.org/cfe/leed/Policy%20Brief%20on%20Women's%20Entrepreneurship
%20FR.pdf
95
Organisation international du Travail, O. (2020). Rapport sur l’emploi en Afrique (Re-Afrique).
Repéré à https://www.ilo.org/wcmsp5/groups/public/---africa/---ro-
abidjan/documents/publication/wcms_761156.pdf
Ouattara, A. (2007). L'entrepreneuriat féminin en Côte d'Ivoire : obstacles et opportunités.
Management International, 11(2), 53-64.
Pasquier, D. (2022). Le numérique à l’épreuve des fractures sociales. Informations sociales, 205(1),
14-20. doi: 10.3917/inso.205.014
Pensel, J.-L. (2010). Technologies de l'Information et de la Communication (TIC) et parties
prenantes minoritaires : vers l'entreprise responsable. Management & Avenir, 39(9), 407-
424. doi: 10.3917/mav.039.0407
Peppard, J., & Ward, J. (2004). Beyond strategic information systems: towards an IS capability. The
Journal of Strategic Information Systems, 13(2), 167-194. doi:
https://doi.org/10.1016/j.jsis.2004.02.002
Perrot, F. (2010, Vers la construction des marchés au bas de la pyramide: Implications sur la
gestion et le financement des projets. Revue Française de Gestion, 36(208/209), 45-61,10.
Pezzini, M., & Minsat, A. (2019). L'industrialisation de l'Afrique nécessite une approche
continentale en association avec les entrepreneurs locaux. Réalités Industrielles, 8-
12,91,98.
Pharabod, A.-S. (2004). Territoires et seuils de l'intimité familiale. Un regard ethnographique sur
les objets multimédias et leurs usages dans quelques foyers franciliens. Réseaux, 123(1),
85-117.
Picod, A., Amrani, O., & Oloum, R. S. (2019). De l’importance de former à l’entrepreneuriat au
primaire et au collège en Afrique. Moroccan Journal of Entrepreneurship, Innovation and
Management, 4(2), 110-122.
Pires, A. (1997). Échantillonnage et recherche qualitative: essai théorique et méthodologique. La
recherche qualitative. Enjeux épistémologiques et méthodologiques, 113-169.
Plane, P. (2002). Privatisation et ouverture des télécommunications en Afrique subsaharienne:
modalités et implications des réformes. Canadian Journal of Development Studies/Revue
canadienne d'études du développement, 23(2), 271-292. doi:
10.1080/02255189.2002.9668866
96
Rappin, B. (2011). De l'unité ontologique des épistémologies gestionnaires et de ses
conséquences. Revue Management & Avenir, (43), 476-489.
Rivard, S. (2003). La structure du service des technologies de l'information: le défi de la flexibilité.
Gestion, 28(1), 36.
Rivière, C. (1975). Classes et starifications sociales en Afrique noire. Cahiers Internationaux de
Sociologie, 59, 285-314.
Royer, C., Baribeau, C., & Duchesne, A. (2009). Les entretiens individuels dans la recherche en
sciences sociales au Québec: où en sommes-nous? Un panorama des usages. Recherches
qualitatives, 7, 64-79.
Rutashobya, L. K., Allan, I. S., & Nilsson, K. (2009). Gender, Social Networks, and Entrepreneurial
Outcomes in Tanzania. Journal of African Business, 10(1), 67-83. doi:
10.1080/15228910802701387
Sahut, J.-M., & Leroux, E. (2011). Innovation, TIC & Entrepreneuriat. Revue Management &
Avenir, (42), 184-186.
Sall, M. B. (2013). Flexibilité financière des sociétés conjointes au Sénégal. La Revue des Sciences
de Gestion : Direction et Gestion, 48(259/260), 119-129,113-114.
Sall, N., & Michaud, P. (2006). Éducation et technologie: Analyse des perceptions d'intervenants
sénégalais à l'aube de la mise en place de projets éducatifs en technologie de l'information
et de la communication. Canadian Journal of African Studies / Revue Canadienne des
Études Africaines, 40(2), 296-329.
Savoie-Zajc, L. (2006). Comment peut-on construire un échantillonnage scientifiquement valide.
Recherches qualitatives, 5, 99-111.
Simen, S. F., & Ebene Nkoa, D. (2019). La solidarité comme moyen de Gestion des Ressources
Humaines dans les Très Petites Entreprises (TPE) sénégalaises : vers un modèle local plus
adapté. Projectics / Proyéctica / Projectique, 22(1), 65-87. doi: 10.3917/proj.022.0065
Song-Naba, F. (2015). Les fondements ethniques de l’entrepreneuriat des femmes immigrées dans
la restauration à Ouagadougou, Burkina Faso. Revue de l’Entrepreneuriat, 14(2), 139-165.
doi: 10.3917/entre.142.0139
97
Spring, A. (2009). African Women in the Entrepreneurial Landscape: Reconsidering the Formal and
Informal Sectors. Journal of African Business, 10, 11-30. doi: 10.1080/15228910802701296
Sylvanus, N. (2006). L'habileté entrepreneuriale des Nana Benz du Togo. Africultures, 69(4), 179-
184. doi: 10.3917/afcul.069.0179
Tahmi, E. (2001). Histoire d'entreprendre--Les réalités de l'entrepreneuriat. Management
International, Vol. 6(No 1), 89-96.
Tchankam, J.-P., Ndoume Essingone, H., & Tchagang, E. (2020). Chapitre 14. Portée et limites de la
recherche qualitative. Dans Produire du savoir et de l'action (pp. 165-174). Caen: EMS
Editions. doi: 10.3917/ems.peret.2020.01.0165. Repéré à
https://www.cairn.info/produire-du-savoir-et-de-l-action--9782376873471-page-165.htm
Tchouassi, G., Ngwen, N., Tekam Oumbe, H., & Temfack, S. (2018). Connaissances
entrepreneuriales des jeunes et des femmes et développement économique. Revue
internationale des sciences de l'organisation, 5(1), 57-79. doi: 10.3917/riso.005.0057
Telep, S. (2018). « Moi je whitise jamais. » Accent, subjectivité et processus d’accommodation
langagière en contexte migratoire et postcolonial. Langage et société, 165(3), 31-49. doi:
10.3917/ls.165.0031
Teufack, M. D., Moskolai, D. D., & Myede, M. (2017). Structures d’accompagnement informelles et
financement de la petite entreprise camerounaise en phase de démarrage: le cas de la
femme entrepreneure. Revue africaine de management. 2(1).
Thioune, R. M. (2002). Technologies de l'Information et de la Communication pour le
Développement en Afrique, Volume 1 : Potentialités et Défis pour le Développement
Communautaire. Ottawa, CANADA: IDRC Books/Les Éditions du CRDI. Repéré à
http://ebookcentral.proquest.com/lib/uqac-ebooks/detail.action?docID=3012137
Tlich, I. (2013). Mesure de l'appropriation des TIC dans les entreprises tunisiennes : analyse
typologique. La Revue des Sciences de Gestion : Direction et Gestion, 48(259/260), 163-
173,115.
Toché, C. L. (2017). Le secteur informel et l’autonomisation des femmes en Afrique: Un secteur
favorable à l’entrepreneuriat féminin. L’économie informelle, l’entrepreneuriat et l’emploi,
41.
Toko, J., & Kadouamaï, S. (2020). L'entreprise citoyenne: un modèle de développement pour
l'Afrique. L'entreprise citoyenne, 1-319.
98
Totouom, A. (2018). Les obstacles au développement industriel de l'Afrique. L'Actualité
Économique, 94(3), 1-30.
Toulabor, C. (2012). Les Nana Benz de Lomé. Mutations d'une bourgeoisie compradore, entre heur
et décadence. Afrique contemporaine, 244(4), 69-80. doi: 10.3917/afco.244.0069
Turrel, S. (2006). ITC News - African Businesswomen Get Access to Trade. International trade
forum., 42(3), 30.
Vayre, É. (2019). Les incidences du télétravail sur le travailleur dans les domaines professionnel,
familial et social. Le travail humain, 82(1), 1-39. doi: 10.3917/th.821.0001
Wilson, H., Daugherty, P., & Bianzino, N. (2017). The jobs that artificial intelligence will create. MIT
Loan Management Review Summer, 58, 4.
Woldie, A., & Adersua, A. (2004). Female entrepreneurs in a transitional economy:
Businesswomen in Nigeria. International Journal of Social Economics, 31(1/2), 78-93. doi:
http://dx.doi.org/10.1108/03068290410515439
Wouango, J. (2017). L’accès des filles à l’enseignement supérieur au Burkina Faso: choix
parentaux, parcours d’étudiantes et défis. International Review of Education, 63(2), 213-
233. doi: 10.1007/s11159-016-9610-5
Yameogo, B. (2020). « Faire du terrain » auprès des femmes entrepreneures à Ouagadougou :
entre obstacles d’entrée sur le terrain et stratégies de collecte de données. Recherches
qualitatives, 39(1), 173-193. doi: https://doi.org/10.7202/1070021ar
Yasmina, B. M. (2019). Les motivations et freins à l'entrepreneuriat féminin en Algérie. El-Bahith
Review, 19(1), 647-658.
Zogning, F. (2021). L’entrepreneuriat féminin dans les pays émergents et en développement à l’ère
du numérique. Journal of Small Business & Entrepreneurship, 33(4), 371-375. doi:
10.1080/08276331.2020.1755113
Zogning, F., Mbaye, A. A., & Um-Ngouem, M.-T. (2017). L’économie informelle, l’entrepreneuriat et
l’emploi. Editions JFD.
ANNEXES
100
ANNEXE 1 : GUIDE D’ENTREVUE
Préambule
Bonjour,
Je vous remercie de me recevoir aujourd’hui et de me consacrer du temps.
Cette recherche est menée dans le cadre de l’élaboration d’un mémoire de Master
en gestion des organisations à l’université du Québec à Chicoutimi.
La durée de cet entretien ne devrait en principe pas excéder une heure.
Avez-vous des questions avant de commencer?
101
Structuration du guide Questions
Quel âge avez-vous?
Profil des répondantes Quelle est votre situation matrimoniale?
Célibataire
Mariée
Divorcée
Veuf/Veuve
Avez-vous des enfants? Combien ?
Quel est votre niveau d’éducation?
Non scolarisé
Primaire
Alphabétisation/Centre de métier (préciser
domaine) :
Secondaire
5. Supérieur (quel domaine)
Informations Quel est le domaine d’activités de votre
descriptives des entreprise?
entreprises Quelle est la taille de votre entreprise? Si
PME, envisagez-vous plus tard de grandir?
Combien d’employés compte votre
entreprise?
Votre entreprise est à combien d’années
d’existence?
Motivations À quel moment avez-vous eu l’intention ou
entrepreneuriales de la l’envie de créer votre entreprise? La
femme africaine tradition, la religion, la société et la famille
ont-elles influencé votre intention
d’entreprendre? Si oui, comment?
Pourquoi avoir choisir la voie de
l’entrepreneuriat? Et surtout pourquoi dans
ce domaine?
102
En créant cette entreprise avez-vous eu
des intentions particulières?
Qu’est-ce qui vous motive à rester
entrepreneure?
Avez-vous bénéficié d’aide spécifique pour
la création de votre entreprise? (Coaching,
formation, financement)
Quelle a été votre source de financement
pour la création de votre entreprise?
La fracture du genre En 2022, existe-t-il plus de difficultés pour
les femmes par rapport aux hommes en
entrepreneuriat? Si oui, lesquels?
Pourquoi pensez-vous qu’il existe
précisément plus d’hommes que de femme
dans ce domaine d’activité que sont les
NTIC?
Qu’elle est pour vous, la cause du manque
d’accès des femmes aux TIC?
Quel est l’impact de la fracture numérique
de genre ?
Importance des NTIC Que représente pour vous en 2022, les
NTIC pour l’entrepreneuriat?
Quel serait l’intérêt pour la femme de se
lancer en entrepreneuriat dans les NTIC
plutôt que tout autre secteur?
(Opportunités d’affaires en Afrique)
Prospective Existe-t-il des ONG, des programmes
gouvernementaux mis en place pour
favoriser cette insertion des NTIC dans
103
l’entrepreneuriat chez les femmes dans
votre pays?
Que proposeriez aux institutions
gouvernementales pour faciliter l’insertion
des femmes dans l’entrepreneuriat?
Que faudrait-il donc mettre en œuvre pour
favoriser leur intérêt d’entreprendre dans
les NTIC?
104
ANNEXE 2 : CERTIFICAT D’ÉTHIQUE
CERTIFICAT D'APPROBATION ÉTHIQUE
Ce mémoire fait l’objet d’une certification éthique. Le numéro du
certificat est 2023-1019
105
ANNEXE 3 : IDENTIFICATION DES CODES DES ENTREVUES
N Codes Phrases de sens
*
1 Se sentir libre « L’entrepreneuriat donne à beaucoup de femmes
africaines la liberté de travailler sur ce qu’elles aiment »
2 Réaliser sa passion « Il y a des femmes qui se lancent dans
et recherche l’entrepreneuriat en vue de commencer quelque chose
d’indépendance avec ce qu’elles aiment faire, c’est-à-dire faire d’une
financière passion une activité rémunératrice, par contre, d’autres
y vont par nécessité et besoin d’indépendance
financière »
3 Briser les « Par le passé, de nombreux stéréotypes étaient
stéréotypes du associés aux femmes, qui les limitaient à rester à la
genre maison, et à jouer un rôle inférieur, nonobstant leurs
objectifs de carrière et leurs rêves. […], les femmes ont
considérablement lutté contre ces stéréotypes, ont
brisé leurs plafonds de verre et ont volé avec leurs
courages et succès ».
4 Réorganiser son « Ce qui m’a réellement motivé à entreprendre ce sont
emploi du temps mes grossesses et ma vie de foyer, car il fallait tout
réorganiser selon mon travail. J’ai donc décidé de
travailler à mon propre compte pour être le libre arbitre
de mon emploi du temps. »
5 Être indépendante « La voie de l’entrepreneuriat reste la meilleure option
pour être indépendante »
106
6 Choisir « Les hommes migrant vers les zones urbaines pour
gagner leur vie, tandis que les femmes restent pour
élever leurs enfants […] moi j’ai fait le choix du
contraire »
7 Besoin professionnel « J’ai passé toute ma vie en Europe, mais chaque fois
que je venais en vacances dans mon pays, repartir me
rendait triste. […] J’ai donc décidé de rentrer
définitivement. Le problème est qu’il y avait juste deux
entreprises qui correspondaient à mon besoin
professionnel, mais qui m’avait dit ne pas recruter. J’ai
donc décidé de me mettre à mon propre compte »
8 Besoin « J’avais besoin d’épanouissement, mais surtout de
d’épanouissement et ressentir, ce sentiment d’accomplissement, qui m’a
d’accomplissement longtemps été dérobé au détriment des hommes quand
j’étais salariée »
9 Sexisme « Je ne pouvais pas rester dans un milieu de travail très
sexiste qui privilégie les hommes au détriment des
femmes surtout à cette ère »
10 Rentabilité et « Lors d’une conférence à laquelle j’ai assisté en août
croissances des 2019 au Sénégal, j’étais agréablement surprise de voir
entreprises qu’il y avait beaucoup plus de femmes entrepreneures
que d’hommes, mais leurs entreprises étaient moins
rentables et avec une croissance retardée par rapport à
leurs homologues »
11 Inégalité du genre « Quelques clients qui ont annulé leur commande avec
dans les moi quand ils ont vu qu’ils allaient négocier avec une
négociations femme. […], car pour eux la somme est trop
conséquente pour traiter avec une femme »
12 Confiance « Les hommes sont les plus plébiscités. Et ce juste parce
que ce sont des hommes. Il y a des marchés pour
lesquels on m’a exclu juste parce que je suis une
femme. Les entreprises ont plus confiance aux hommes
et cela est dû à la culture et tradition africaine qui
paraisse ancestrale, mais très actuelle en passant
l’homme avant la femme […] ou au stéréotype qui
passe l’homme un sexe fort, quelqu’un qui n’a pas de
contraintes familiales comme la femme. »
107
13 Présence d’influence « L’intention m’est venue en voyant ma mère travailler
quand j’étais toute petite et qui avait rarement le
temps d’être avec nous. J’ai donc décidé à mon tour
d’être entrepreneure pour gérer mon propre horaire et
être plus tard disponible pour mes enfants. »
14 Opportunités « L’entrepreneuriat c’est présenté à moi comme une
opportunité qu’il fallait coûte que coûte choisir, car, je
peinais à me trouver un stage après ma formation. Le
plus souvent quand j’en trouvais la rémunération ne me
permettait pas d’assurer mon transport mensuel, car
très insuffisante ».
15 Se soutenir « Avec la cherté de la vie, le salaire de mon époux et
financièrement moi n’arrivait pas à combler toutes les charges, il fallait
donc trouver une autre source de revenu »
16 Difficulté « Pour avoir travaillé dans une institution financière, les
d’obtention de politiques de financement n’étaient pas tendres avec
crédit les femmes pour l’obtention d’un crédit même si c’était
vraiment justifié. […], car la rentabilité de leur projet
était deux fois plus longue que ceux des hommes et la
majorité des entreprises qui fermaient étaient celle des
femmes »
17 Soutien familial « Actuellement, homme comme femme rencontrent les
mêmes difficultés en entrepreneuriat. Entreprendre
c’est hyper difficile contrairement à ce qu’on fait croire,
et chaque projet à ses réalités et je pense qu’aucun
coaching ne peut élaborer un plan de réussite en
entrepreneuriat hormis la persévérance, la
détermination et la prière, surtout cela. Cela est dû au
fait que dès le bas âge, l’on nous apprend qu’il y’a des
domaines d’activités propres aux hommes
spécifiquement, tels que les NTIC. Il y a un
désintéressement de la part des femmes et aussi les
parents n’encouragent pas, même quand certaines
femmes veulent s’y adonner, car qualifiées de métiers
d’hommes ».
18 Prise de conscience « Pour moi, tout part de l’idée qu’on se fait soit même.
chez la femme Il y a un stéréotype du genre créé depuis nos cultures
ancestrales, qui placerait l’homme au-dessus de la
femme. Pour moi une femme qui est consciente qu’elle
est l’égale de l’homme ne sera pas confrontée à cette
108
sensation d’inégalité. […] Comme je le disais tantôt, le
stéréotype du genre que nous inflige notre culture
apporte un rôle négatif dans notre société. On a
tendance à qualifier certains métiers de métier
d’homme, et les NTIC en font partie. Pour moi en
dehors de tout ce qui a été cité plus haut, il faut noter
qu’en Afrique dans les familles défavorisées, la priorité
dans l’éducation est donnée aux garçons. […] notre
culture prépare plus la femme au mariage qu’à
l’autonomisation. »
19 Société patriarcale « Il existe plus de difficultés pour les femmes par
rapport aux hommes en entrepreneuriat et l’on
pourrait l’attribuer à l’adoption du patriarcat dans nos
sociétés, car bien vrai que la loi nous présente de façon
égale il en est autre chose dans le vécu. Il y a plus
d’hommes et de femmes dans ce domaine et cela peut
être dû au manque d’information sur le secteur parce
que de nombreuses femmes pensent qu’il faut très
instruites pour utiliser la digitale pourtant le basic et
pour faire de la vente en ligne ou proposer ses services
au public il faudrait juste savoir lire et écrire. […]
Comme autre cause l’on peut citer des problèmes
d’ordre culturel qui prétend que «la place de la femme
est à la cuisine » comme le disent les jeunes ici ».
20 Mobilité « Quand j’ai commencé à faire du commerce, il me
fallait obligatoirement voyager pour croiser mes
fournisseurs. […] aujourd’hui grâce aux NTIC, j’arrive à
négocier et m’assurer de la qualité des produits sans
voyager. […] si ça avait été aussi populaire quand j’étais
plus jeune, je crois que je n’aurais pas arrêté d’aller à
l’école »
21 Assurance financière « C’est grâce aux NTIC aujourd’hui que je peux me
permettre de rester salarié et avoir des boutiques en
ligne. […] je n’ai pas le temps d’ouvrir une boutique et
d’être physiquement présente. Le NTIC m’est d’une
importance capitale pour m’assurer un bon revenu ».
22 Efficacité « Toutes les nouvelles entreprises agricoles utilisent de
nos jours, des machines de plus en plus sophistiquées
pour permettre un travail plus efficace et plus rapide »
109
23 Contrôler « Je prends mes commandes tous les soirs à ma
descente et je les remets à des prestataires pour la
livraison. Je gère donc moi-même mes horaires. […] les
NTIC me permettent d’avoir un contrôle sur mon
entreprise. »
24 Innovation « Je propose un service selon les matériaux digitaux que
j’ai. […] le milieu de la technologie et du digital est très
capricieux et il vaut mieux faire beaucoup attention, car
il y a tout le temps de l’innovation. [...] si je prends la
décision d’agrandir je dois y mettre les moyens tant
financier, mon énergie et surtout mon temps que je
préfère consacrer à mes enfants qui sont encore très
jeunes. »
25 Être à jour « Pour être reconnu comme une grande entreprise et
avoir accès à de grands fournisseurs et client, il faut
bien-être en phase avec son temps. […] et aujourd’hui
nous somme à l’ère des NTIC »
26 NTIC produit « En cette ère, les NTIC représentent le présent et
novateur l’avenir, car, il évolue de jour en jour avec de nouveaux
projets et produits novateurs, porteurs de
développement social et de richesse économique. Je
pense que ce milieu est porteur d’opportunité pour
tous, qui a des avantages particuliers pour chaque
attente. Parlant des femmes, ce domaine collerait
mieux avec le besoin qu’elles ont d’accomplir plusieurs
tâches. C’est-à-dire travailler tout en ayant le temps de
gérer leur famille, car, grâce aux NTIC, elles auront la
possibilité d’opter pour le travail à domicile et
optimiseront les déplacements ».
27 Faciliter l’insertion « Les NTIC restent l’un des principaux moteurs
essentiels de l’entrepreneuriat en 2022. Les NTIC c’est
l’avenir. Le potentiel de chaque femme sera mis en
évidence, ce qui facilitera l’insertion dans certains
milieux et favoriser certaines opportunités d’affaires. »
28 Mondialisation « Les NTIC pour l’entrepreneuriat en 2022, c’est l’outil
essentiel pour la croissance d’une entreprise et même
d’un pays. Se lancer en entrepreneuriat dans les NTIC,
c’est : s’ouvrir au monde, être un acteur du
développement, de l’innovation et de la
mondialisation. »
110
29 Formation « Moins ou je dirais qui ne font pas assez de campagnes
de sensibilisation, de formation pour l’apprentissage
d’outils informatiques »
30 Accessibilités aux « Le plus gros souci, c’est que tout soit centralisé à la
informations capitale, les petites régions comme où j’ai grandi, n’ont
pas facilement accès aux informations »
31 Partage d’expérience « S’approcher des ONG […], pour partager son
expérience. Il y a des jeunes filles ont juste besoin de
modèle. »