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REPUBLIQUE DU CAMEROUN

Paix-Travail-Patrie
---------

RECUEIL DES DECISIONS

2018

Publié par le Conseil Constitutionnel du Cameroun

1
PLAN DU RECUEIL
I. TEXTES
II. DECISIONS CONCERNANT LA REGULARITE DES ELECTIONS

Article 48 alinéa 1 de la Constitution : « Le Conseil Constitutionnel


veille à la régularité de l’élection présidentielle, des élections
parlementaires, des consultations référendaires. Il en proclame les
résultats. »

A- Elections des Sénateurs

1- Contentieux Pré-électorales

2- Contentieux Post-électorales

3- Proclamation des Résultats

B- Election du Président de la République

1- Contentieux Pré-électorales

2- Contentieux Post-électorales

3- Proclamation des Résultats

2
I. TEXTES

3
COMPOSITION DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL

1. DECRET N° 2018/105 DU 07 FEVRIER 2018 PORTANT NOMINATION


DES MEMBRES DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL. -

LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE,

Vu la Constitution ;
DECRETE :
ARTICLE 1er.- Sont, à compter de la date de signature du présent décret, nommés
Membres du Conseil Constitutionnel pour un mandat de six (06) ans, éventuellement
renouvelable :
• Monsieur BONDE Emmanuel ;
• Monsieur ATANGANA Clément ;
• Monsieur BIPOUN WOUM Joseph Marie ;
• Madame ARREY Florence Rita ;
• Monsieur ESSOMBE Emile ;
• Monsieur Paul NCHOJI NKWI ;
• Monsieur BASKOUDA Jean-Baptiste ;
• Monsieur BAH OUMAROU SANDA ;
• Monsieur LEKENE DONFACK Charles Etienne ;
• Monsieur FOUMAN AKAME Jean ;
• Monsieur AHMADOU TIDJANI.

ARTICLE 2.- Les intéressés auront droit aux avantages de toute nature prévus par
la règlementation en vigueur.
ARTICLE 3.- Le présent décret sera enregistré, publié suivant la procédure
d’urgence, puis inséré au Journal Officiel en français et en anglais. /-

YAOUNDE, le 07 FEVRIER 2018

LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE,
(é)
Paul BIYA
4
2. DECRET N° 2018/106 DU 07 FEVRIER 2018 PORTANT NOMINATION
DU PRESIDENT DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL. -

LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE,

Vu la Constitution ;

Vu décret n° 2018/105 du 07 février 2018 portant nomination des Membres


du Conseil Constitutionnel ;

DECRETE :

ARTICLE 1er.- Monsieur ATANGANA Clément est, à compter de la date


de signature du présent décret, nommé Président du Conseil Constitutionnel.

ARTICLE 2.- L’intéressé aura droit aux avantages de toute nature prévus
par la réglementation en vigueur.

ARTICLE 3.- Le présent décret sera enregistré, publié suivant la procédure


d’urgence, puis inséré au Journal Officiel en français et en anglais./-

YAOUNDE, le 07 FEVRIER 2018

LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE,

(é)

Paul BIYA

5
3. DECRET N° 2018/170 DU 23 FEVRIER 2018 PORTANT NOMINATION
DU SECRETAIRE GENERAL DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL. -

LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE,

Vu la Constitution ;

Vu la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et


fonctionnement du Conseil Constitutionnel, modifiée et complétée par la loi
n° 2012/015 du 21 décembre 2012 ;

Vu le décret n° 2018/104 du 07 février 2018 portant organisation et


fonctionnement du Secrétariat Général du Conseil Constitutionnel ;

DECRETE :

ARTICLE 1er.- Monsieur MALEGHO Joseph ASEH est, à compter de la


date de signature du présent décret, nommé Secrétaire Général du Conseil
Constitutionnel.

ARTICLE 2.- L’intéressé aura droit aux avantages de toute nature prévus
par la réglementation en vigueur.

ARTICLE 3.- Le présent décret sera enregistré, publié suivant la procédure


d’urgence, puis inséré au Journal Officiel en français et en anglais. /-

YAOUNDE, le 23 FEVRIER 2018


LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE,
(é)
PAUL BIYA

6
II. DECISIONS CONCERNANT LA
REGULARITE DES ELECTIONS

7
A- ELECTIONS DES SENATEURS
1- CONTENTIEUX PRE-ELECTORAL

8
DECISION N° 01/CE/CC/2018 DU 15 MARS 2018

AFFAIRE :

Dame SAKI LAMINE (RDPC)


C/
- Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC)
- Elections Cameroon (ELECAM)

OBJET :

(Requête aux fins de contestation du rejet de la candidature de Madame SAKI


LAMINE à l’élection des sénateurs du 25 mars 2018 dans la Région de l’Extrême-
Nord).

---L’an deux mille dix-huit ;

---Et le quinze du mois de mars ;

---Le Conseil Constitutionnel, siégeant en audience publique au Palais des Congrès a


rendu la décision dont la teneur suit :

---Le Conseil Constitutionnel ;

---Vu la Constitution ;

---Vu la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et fonctionnement du


Conseil Constitutionnel, modifiée par la loi n° 2012/015 du 21 décembre 2012 ;

---Vu la loi n° 2012/001 du 19 avril 2012 portant Code Electoral, modifiée et complétée
par la loi n° 2012/017 du 21 décembre 2012 ;

---Vu le décret n° 2018/104 du 7 février 2018 portant organisation et fonctionnement du


Secrétariat Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/015 du 07 février 2018 portant nomination des Membres du


Conseil Constitutionnel ;
9
---Vu le décret n° 2018/106 du 07 février 2018 portant nomination du Président du
Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/170 du 23 février 2018 portant nomination du Secrétaire


Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/103 du 07 février 2018 portant convocation du collège électoral


en vue de l’élection des Sénateurs ;

---Vu le recours de Madame SAKI LAMINE ;

---Vu le mémoire en réponse de Maîtres EYANGOH Louis Gabriel et ALIMA Marcus,


conseils d’ELECAM ;

---Vu le mémoire en réponse de Maître Guy NOAH, conseil du RDPC ;

---Après avoir entendu le Conseiller ESSOMBE Emile, rapporteur, en la lecture de son


rapport ;

---Et après en avoir délibéré conformément à la loi ;

---Attendu que par requête du 08 mars 2018 parvenue au Secrétariat Général du Conseil
Constitutionnel le même jour et enregistrée sous le numéro 001/SG/CC, dame SAKI
LAMINE, Sénatrice RDPC sortante de la Région de l’Extrême-Nord, a saisi le Conseil
Constitutionnel du recours dont la teneur suit :

« Yaoundé le 08 mars 2018

« Mme SAKI LAMINE Sénateur

« Tél :(237) 675 87 10 70 ; (237) 699 58 24 83

« Mr le Président du CC

« Objet : Requête

« J’ai l’honneur de solliciter votre haute compétence pour porter à votre connaissance
que ma candidature n’a pas été retenue comme sénatrice de l’Extrême-Nord.

10
« Je suis SAKI LAMINE Sénatrice du Département du Mayo-Sava, Arrondissement de
Kolofata. Je suis surprise de constater qu’on a reconduit tous mes collègues Sénatrices
à l’exception de ma personne,

« Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de mon profond respect ».

---Attendu qu’en application de l’article 130 alinéa 5 du Code Electoral, cette requête a
été communiquée aux parties intéressées, notamment au Secrétaire Général du Comité
Central du RDPC et au Président du Conseil Electoral d’Elections Cameroon
(ELECAM) respectivement les 8 et 9 mars 2018 ;

---Que réagissant par l’intermédiaire de leurs Avocats, à savoir Maître Guy NOAH
pour le RDPC et Maîtres EYANGOH Louis Gabriel et ALIMA Marcus pour
ELECAM, les défenderesses ont déposé, en date du 10 mars 2018, les mémoires en
réponse qui suivent :

« 1) Requête aux fins de contestation du rejet de la candidature de Madame SAKI


LAMINE à l’élection des sénateurs du 25 mars 2018 dans la Région de l’Extrême-
Nord.

« A Monsieur le Président du Conseil Constitutionnel ;

« Le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), ayant pour


Avocat Maître Guy NOAH BP 1913 YAOUNDE, au Cabinet duquel il élit domicile ;

« A l’honneur de vous exposer ;

« Que par requête en date du 08 mars 2018 déposée au Conseil Constitutionnel sous le
numéro 001 à 10h29mn, Madame SAKI LAMINE, ancien Sénateur, a saisi la
juridiction de céans pour porter à sa connaissance que sa candidature n’a pas été
retenue comme Sénateur de l’Extrême-Nord ;

« Qu’elle se dit surprise alors que tous ses collègues, à l’exception d’elle, ont été
reconduits ;

« Comme pièces justificatives, elle produit :

*Récépissé de dépôt des dossiers du RDPC du 13 février 2018 ;

11
*Fiche de vérification individuelle au niveau Régional du dossier du candidat à
l’investiture du parti du 13 février 2018 ;

*Certificat de versement du cautionnement de FCFA 1.000.000 suivant quittance


n° H47638519 du 13 février 2018 au titre de dépôt de la caution électorale relative aux

sénatoriales du 25 mars 2018 ;

*Fiche collective de candidature de Sénateurs de la circonscription électorale de


l’Extrême-Nord du 13 février 2018 ;

*Récépissé constatant l’enregistrement de la requête de Madame SAKI LAMINE


du 08 mars 2018 ;

*Accusé de réception de Madame SAKI LAMINE, Sénateur titulaire de la CNI


n°2016102905620445 délivrée le 21 décembre 2016 qui reconnaît avoir reçu du
Secrétariat Général du Conseil Constitutionnel le récépissé constatant l’enregistrement
de sa requête ;

« Attendu que cette requête confirme celle du 08 mars 2018 ;

« Qu’il y a donc lieu pour le Conseil Constitutionnel de se déclarer incompétent ;

« Par ces motifs

« Voir constater que la candidature de Madame SAKI LAMINE n’a pas été reconduite ;

« En conséquence ;

« Voir le Conseil Constitutionnel se déclarer incompétent ;

« Sous toutes réserves ;

« Profond respect ;

« Yaoundé, le 10 mars 2018 ;

« Maître Guy NOAH ».

« 2) Monsieur le Président et les Membres composant le Conseil Constitutionnel

« Mémoire en réponse

Pour : ELECTIONS CAMEROON (ELECAM)

12
Me EYANGOH Louis Gabriel, Me ALIMA Marcus

Contre : Madame SAKI LAMINE

« PLAISE AU CONSEIL CONSTITUTIONNEL

« Par requête en date du 08 mars 2018 enregistrée au Conseil Constitutionnel le même


jour sous le numéro 001, Madame SAKI LAMINE, es qualité de sénatrice, a saisi le
Conseil Constitutionnel d’un recours dans lequel elle fait état de ce qu’elle est surprise
de constater qu’on a reconduit tous ses collègues sénatrices à l’exception de sa
personne ;

« Au soutien de son recours, elle produit comme pièces :

- Un récépissé dépôt des dossiers d’investiture des candidats à l’élection des


sénateurs du 25 mars 2018 du RDPC ;

- Une fiche de vérification individuelle au niveau régional du dossier de candidat


à l’investiture du parti RDPC ;

- Une photocopie de sa carte de sénateur ;

- Un certificat de versement du cautionnement ;

- Une quittance du trésor de 1(un) million de FCFA relative à la caution


électorale ;

- Une fiche collective de candidature à l’investiture des candidats à l’élection des


sénateurs du 25 mars 2018 du RDPC ;

« Mais attendu qu’il y a lieu pour le Conseil Constitutionnel de se déclarer


incompétent ;

« Qu’en effet, aux termes de l’article 47 de la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant
organisation et fonctionnement du Conseil Constitutionnel : « Le Conseil
Constitutionnel est juge de l’éligibilité à l’Assemblée Nationale et au Sénat. Tout
électeur inscrit sur les listes électorales, tout candidat ou tout mandataire de la liste
intéressée peut attaquer devant le Conseil Constitutionnel et dans les conditions
prévues par les lois électorales en vigueur, toute décision d’acceptation ou de rejet
d’une candidature ou d’une liste de candidats. » ;
13
« Contrairement, le recours de Madame SAKI LAMINE tend à reprocher à son parti de
ne lui avoir pas accordé l’investiture pour l’élection des sénateurs du 25 mars 2018 ;

« Ce recours qui pose des problèmes internes à un parti politique, n’a manifestement
rien à voir avec la décision d’acceptation ou de rejet des listes de candidatures du
Conseil Electoral du mercredi 07 mars 2018 ;

« Que le Conseil Constitutionnel n’est pas compétent pour connaître des problèmes
d’investiture au sein des partis politiques ;

« Qu’il y a lieu de se déclarer incompétent.

« Par ces motifs

« Voir constater que le recours de Madame SAKI LAMINE tend à amener le Conseil
Constitutionnel à se prononcer sur les problèmes d’investiture au sein d’un parti
politique ;

« En conséquence

« Se déclarer incompétent ;

« Sous toutes réserves

« Profond respect

« Yaoundé, le 10 mars 2018

« Louis Gabriel EYANGOH

« Avocat au Barreau du Cameroun ».

SUR LA RECEVABILITE DES MEMOIRES EN REPONSE

---Attendu qu’en vertu de l’article 130 alinéa 6 du Code Electoral, « les mémoires en
réponse sont déposés dans les vingt-quatre heures suivant la communication ou
l’affichage de la requête. Il en est donné récépissé par le Conseil Constitutionnel » ;

---Attendu que la requête ayant été communiquée à ELECAM le 09 mars 2018, son
mémoire en réponse déposé le 10 mars 2018 a observé ce délai de vingt-quatre heures
et est par conséquent recevable ;

14
---Qu’a contrario, le mémoire en réponse déposé par le RDPC le 10 mars 2018, après
avoir été notifié le 08 mars 2018, est tardif et doit être écarté comme tel ;

SUR LA RECEVABILITE DU RECOURS

---Attendu qu’aux termes de l’article 129 du Code Electoral, « les contestations ou les
réclamations relatives au rejet ou à l’acceptation des candidatures, ainsi que celles
relatives à la couleur, au siège ou au symbole adoptés par un candidat sont soumises
à l’examen du Conseil Constitutionnel par tout candidat, tout parti politique ayant
pris part à l’élection ou toute personne ayant qualité d’agent du Gouvernement pour
ladite élection, dans un délai maximum de deux (2) jours suivant la publication des
candidatures » ;

---Attendu que l’article 47 de la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et


fonctionnement du Conseil Constitutionnel dispose par ailleurs que : « le Conseil
Constitutionnel est juge de l’éligibilité à l’Assemblée Nationale et au Sénat. Tout
électeur inscrit sur les listes électorales, tout candidat ou tout mandataire de la liste
intéressée peut attaquer devant le Conseil Constitutionnel et dans les conditions
prévues par les lois électorales en vigueur, toute décision d’acceptation ou de rejet
d’une candidature ou d’une liste de candidats » ;

---Qu’il en résulte que le contentieux qui peut être déféré devant le Conseil
Constitutionnel a pour point de départ la décision d’acceptation ou de rejet d’une
candidature par ELECAM, l’institution en charge de l’organisation des élections ;

---Que les contestations relatives à l’investiture des candidats relèvent par conséquent
de la gestion interne de chaque parti politique et ne peuvent être soumises à la sanction
du Conseil Constitutionnel ;

---Qu’il s’ensuit que la requête de dame SAKI LAMINE est irrecevable ;

---Attendu que la procédure devant le Conseil Constitutionnel étant gratuite en vertu de


l’article 57 de la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 modifiée, portant organisation et
fonctionnement du Conseil Constitutionnel, il convient de laisser les dépens à la charge
du Trésor Public ;

PAR CES MOTIFS


15
---Statuant publiquement, contradictoirement à l’égard des parties, en matière
électorale, en dernier ressort et à l’unanimité des membres :

---Rejette le mémoire en réponse déposé par Maître Guy NOAH, comme tardif ;

---Déclare la requête de dame SAKI LAMINE irrecevable ;

---Laisse les dépens à la charge du Trésor Public ;

---Ordonne la notification immédiate de la présente décision à ELECAM et aux autres


parties intéressées, ainsi que sa publication au Journal Officiel ;

---Ainsi jugé et prononcé en audience publique ordinaire par le Conseil Constitutionnel,


les jour, mois et an que dessus en la salle des audiences dudit Conseil où siégeaient :

M. Clément ATANGANA, Président du Conseil Constitutionnel,


PRESIDENT ;

MM.
Jean FOUMAN AKAME,
BAH OUMAROU SANDA,
Paul NCHOJI NKWI,
Joseph Marie BIPOUN WOUM,
Emmanuel BONDE,
Mme Florence Rita ARREY,
MM:
Charles Etienne LEKENE DONFACK,
AHMADOU TIDJANI,
Jean-Baptiste BASKOUDA,
Emile ESSOMBE

CONSEILLERS ;

Avec l’assistance de Maître Flavienne Jeannette AMBOMO épouse NOAH,


Greffier ;

En foi de quoi la présente décision a été signée par le Président et le Secrétaire


Général ./-
16
LE PRESIDENT LE SECRETAIRE GENERAL

Clément ATANGANA MALEGHO Joseph ASEH

17
DECISION N° 02/CE/CC/2018 DU 15 MARS 2018

AFFAIRE :

Sieur EGONO Valentin (UCDI)


C/
- Elections Cameroon (ELECAM)
- Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC)
et les autres partis politiques en compétition

OBJET :
(Recours en annulation des listes des partis politiques RDPC, UNDP, UPC, SDF,
UDC, ANDP, FSNC, UDP, UMS et de la décision de rejet par ELECAM d’autres
listes avec illégalité, insuffisance des motifs).
---L’an deux mille dix-huit ;

---Et le quinze du mois de mars ;

---Le Conseil Constitutionnel, siégeant en audience publique au Palais des Congrès a


rendu la décision dont la teneur suit :

---Le Conseil Constitutionnel,

---Vu la Constitution ;

---Vu la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et fonctionnement du


Conseil Constitutionnel, modifiée par la loi n° 2012/015 du 21 décembre 2012 ;

---Vu la loi n° 2012/001 du 19 avril 2012 portant Code Electoral, modifiée et


complétée par la loi n° 2012/017 du 21 décembre 2012 ;

---Vu le décret n° 2018/104 du 7 février 2018 portant organisation et fonctionnement


du Secrétariat Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/015 du 07 février 2018 portant nomination des Membres du


Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/106 du 07 février 2018 portant nomination du Président du


18
Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/170 du 23 février 2018 portant nomination du Secrétaire


Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/103 du 07 février 2018 portant convocation du collège


électoral en vue de l’élection des Sénateurs ;

---Vu le recours de Monsieur EGONO Valentin ;

---Vu le mémoire en réponse de Maîtres EYANGOH Louis Gabriel et ALIMA


Marcus, conseils d’ELECAM ;

---Vu le mémoire en réponse de Maître Guy NOAH, conseil du RDPC ;

---Après avoir entendu le Conseiller Jean Baptiste BASKOUDA, rapporteur, en la


lecture de son rapport ;

---Et après en avoir délibéré conformément à la loi ;

---Attendu que par requête en date du 08 mars 2018, parvenue au Secrétariat Général
du Conseil Constitutionnel le 09 mars 2018 et enregistrée sous le n° 004/SG/CC,
Sieur EGONO Valentin, Juriste d’entreprise, président du parti politique de
l’opposition Union Camerounaise pour la Démocratie et l’Innovation (UCDI),
siégeant à Ombessa dans la Région du Centre, a saisi le Conseil Constitutionnel du
recours dont la teneur suit :

« Ombessa, le 08 mars 2018

« EGONO Valentin

« Union Camerounaise pour la Démocratie et l’Innovation (UCDI) BP. 30

« Tél : (237) 690 87 97 89 / (237) 677 56 10 83

« Monsieur le Président du Conseil Constitutionnel

« Objet : Recours en annulation de l’acceptation par ELECAM aux élections


sénatoriales du 25 mars 2018 au Cameroun des listes des partis politiques RDPC,
UNDP, UPC, SDF, UDC, ANDP, FSNC, UDP, UMS et annulation de la décision de
19
rejet par ELECAM d’autres listes avec illégalité, insuffisance des motifs with the
doctrine of frustration, excès de pouvoir, discrimination, actes frustratoires, erreur
manifeste et utilisation des lois anticonstitutionnelles dans tous les actes publiés par
ELECAM et transmis par celui-ci au Conseil Constitutionnel du Cameroun ;

« J’ai l’honneur de solliciter votre haute compétence pour introduire un recours en


annulation des listes des partis politiques RDPC, UNDP, UPC, SDF, UDC, ANDP,
FSNC, UDP, UMS et de la décision de rejet par ELECAM d’autres listes, au motif
qu’elles ne respectent pas les principes et règles de la Common Law, l’Equity avec le
principe ‘Equity follows’, la jurisprudence administrative sur les circonstances
exceptionnelles ambiantes au Cameroun et sur les autres griefs subséquents ;

« (é) EGONO Valentin, Juriste d’entreprise ».

---Attendu qu’en application des dispositions de l’article 130 alinéa 5 du Code


Electoral, cette requête a été communiquée aux parties intéressées, notamment au
Secrétaire Général du Comité Central du RDPC et au Président du Conseil Electoral
d’Elections Cameroun (ELECAM) le 09 mars 2018 ;

---Que réagissant par l’intermédiaire de leurs Avocats, à savoir Maître Guy NOAH
pour le RDPC et Maître Louis Gabriel EYANGOH et ALIMA Marcus pour
ELECAM, ces parties ont déposé en date du 10 mars 2018 les mémoires en réponse
qui suivent :

POUR LE RDPC

« 1) Requête aux fins de rejet du recours de Monsieur EGONO Valentin en


annulation de l’acceptation par ELECAM des listes des partis politiques RDPC,
UNDP, UPC, FSNC, SDF, UDC, ANDP, UMS à l’Election des Sénateurs du 25
mars 2018 et en annulation de la décision de rejet par ELECAM d’autres listes dans
La Région du Centre ;

« A Monsieur le Président du Conseil Constitutionnel ;

« Le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC) ayant pour


Avocat Maître Guy NOAH BP. 1913, Yaoundé, au Cabinet duquel il élit domicile, a

20
l’honneur de solliciter auprès de votre juridiction de céans le rejet du recours en
annulation des listes des partis politiques en compétition introduit par Monsieur
EGONO Valentin, Juriste d’entreprise, Agent Diplomatique éligible à la profession
de Sénateur, qui ne justifie pas de la qualité requise par la loi pour saisir le Conseil
Constitutionnel, en ce qu’il n’est ni candidat, ni parti politique ayant pris part à
l’élection des Sénateurs, ni agent du Gouvernement pour ladite élection ;

« En conséquence, son recours doit être rejeté pour défaut de qualité ;

« (é) Maître Guy NOAH

« Avocat au Barreau du Cameroun ».

« 2° -Monsieur le Président et les membres composant le Conseil Constitutionnel

« Mémoire en réponse

« POUR : ELECTIONS CAMEROON (ELECAM)

« Me EYANGOH Louis Gabriel

« Me ALIMA Marcus

« Contre : Monsieur EGONO Valentin

« PLAISE AU CONSEIL CONSTITUTIONNEL

« Par requête en date du 08 mars 2018 enregistrée au Conseil Constitutionnel le 09


mars 2018 sous le numéro 004, Monsieur EGONO Valentin, es qualité ‘juriste
d’entreprise et Agent diplomatique éligible à la profession de Sénateur’ a saisi le
Conseil Constitutionnel d’un recours en annulation des listes des partis politiques en
compétition et du rejet d’autres listes de candidature aux mêmes élections
sénatoriales ;

« Attendu qu’aux termes des dispositions de l’article 47 de la loi n° 2004/004 du 21


avril 2004 portant organisation et fonctionnement du Conseil Constitutionnel, le
requérant agissant es qualité « juriste d’entreprise et Agent diplomatique éligible à
la profession de Sénateur » n’a pas la qualité requise pour attaquer devant le

21
Conseil Constitutionnel les décisions d’acceptation ou de rejet d’une candidature ou
d’une liste de candidats ;

« Par ces motifs

« Au principal : déclarer le recours de Monsieur EGONO Valentin irrecevable pour


défaut de qualité ;

« Subsidiairement : rejeter son recours comme étant non fondé ;

« (é) Louis Gabriel EYANGOH

« Avocat au Barreau du Cameroun ».

SUR LA RECEVABILITE DES MEMOIRES EN REPONSE

---Attendu qu’aux termes de l’article 129 du Code Electoral, « Les contestations ou


les réclamations relatives au rejet ou à l’acceptation des candidatures, ainsi que
celles relatives à la couleur, au sigle ou au symbole adoptés par un candidat sont
soumises à l’examen du Conseil Constitutionnel par tout candidat, tout parti
politique ayant pris part à l’élection ou toute personne ayant qualité d’agent du
gouvernement pour ladite élection, dans un délai maximum de deux (2) jours
suivant la publication des candidatures. » ;

---Que la publication des candidatures ayant été faite suivant Résolution du Conseil
Electoral n° 006/R/ELECAM/CE du 07 mars 2018 portant publication de la liste des
candidats à l’élection des sénateurs du 25 mars 2018, le recours de Sieur EGONO du
09 mars 2018 a été introduit dans le délai de l’article 129 susmentionné ;

---Attendu qu’en vertu de l’article 130, alinéa 6 du Code Electoral, « les mémoires
en réponse sont déposées dans les vingt-quatre heures suivant la communication
ou l’affichage de la requête. Il en est donné récépissé par le Conseil
Constitutionnel. » ;

---Que dans cet ordre d’idée, la requête ayant été communiquée à ELECAM le 09
mars 2018, son mémoire en réponse produit le 10 mars 2018 a observé ce délai légal
de vingt-quatre (24) heures et est par conséquent recevable ;

22
---Que dans le même ordre d’idée, la requête ayant été communiquée au Comité
Centrale du RDPC le 09 mars 2018, son mémoire en réponse produit le 10 mars 2018
a observé ce délai légal de vingt-quatre (24) heures et est par conséquent recevable ;

SUR LA RECEVABILITE DU RECOURS

---Attendu que l’article 130 alinéa 4 du Code Electoral dispose que : « sous peine
d’irrecevabilité, la requête doit préciser les faits et les moyens allégués. » ;

---Que l’article 55 alinéa 1 de la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant


organisation et fonctionnement du Conseil Constitutionnel précise que : « le Conseil
Constitutionnel est saisi par une requête datée et signée du requérant. Cette
requête doit être motivée et comporter un exposé sommaire des moyens de fait et de
droit qui la fondent. » ;

---Attendu que la requête de Sieur EGONO Valentin ne satisfait pas à cette exigence
de recevabilité ;

---Que, conformément aux dispositions pertinentes des articles 129, 130 et 131 du
Code Electoral, le requérant, sans disposer des qualités requises de candidature et de
représentation politique exigées par la loi ne peut intenter une action en annulation en
matière d’acceptation ou de rejet de candidatures par ELECAM ;

---Qu’ainsi et en application de l’article 130 alinéa 4 du Code Electoral, il y a lieu de


déclarer irrecevable pour défaut de moyens le recours de Sieur EGONO Valentin ;

---Attendu que la procédure devant le Conseil Constitutionnel étant gratuite en vertu


de l’article 57 de la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et
fonctionnement du Conseil Constitutionnel, il convient de laisser les dépens à la
charge du Trésor Public ;

PAR CES MOTIFS

---Statuant publiquement, contradictoirement à l’égard des parties, en matière


électorale, en dernier ressort et à l’unanimité des membres :

---Déclare irrecevable le recours de Monsieur EGONO Valentin ;

---Laisse les dépens à la charge du Trésor public ;


23
---Ordonne la notification immédiate de la présente décision à ELECAM et aux
autres parties intéressées, ainsi que sa publication au Journal Officiel ;

---Ainsi jugé et prononcé en audience publique par le Conseil Constitutionnel, les


jour, mois et an que dessus en la salle des audiences dudit Conseil où siégeaient :

M. Clément ATANGANA, Président du Conseil Constitutionnel,


PRESIDENT ;

MM.
Jean FOUMAN AKAME,
BAH OUMAROU SANDA,
Paul NCHOJI NKWI,
Joseph Marie BIPOUN WOUM,
Emmanuel BONDE,
Mme Florence Rita ARREY,

MM:

Charles Etienne LEKENE DONFACK,

AHMADOU TIDJANI,

Jean-Baptiste BASKOUDA,

Emile ESSOMBE

CONSEILLERS ;

---Avec l’assistance de Maître Flavienne Jeannette AMBOMO épouse NOAH,


Greffier ;

---En foi de quoi la présente décision a été signée par le Président et le Secrétaire
Général. /-

LE PRESIDENT LE SECRETAIRE GENERAL

Clément ATANGANA MALEGHO Joseph ASEH


24
DECISION N° 03/CE/CC/2018 DU 15 MARS 2018

AFFAIRE :

Sieur MGBAMINE MGBAMINE Zacharie


C/
- Dame Isabelle ASSOUHO NDJOLE épouse
TOKPANOU
-RDPC

- ELECAM

OBJET :

(Inéligibilité de Madame Isabelle ASSOUHO NDJOLE épse TOKPANOU,


candidate au SENAT).

---L’an deux mille dix-huit ;

---Et le quinze du mois de mars ;

---Le Conseil Constitutionnel, siégeant en audience publique au Palais des Congrès a


rendu la décision dont la teneur suit :

---Le Conseil Constitutionnel,

---Vu la Constitution ;

---Vu la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et fonctionnement du


Conseil Constitutionnel, modifiée par la loi n° 2012/015 du 21 décembre 2012 ;

---Vu la loi n° 2012/001 du 19 avril 2012 portant Code Electoral, modifiée et


complétée par la loi n° 2012/017 du 21 décembre 2012 ;

---Vu le décret n° 2018/104 du 7 février 2018 portant organisation et fonctionnement


du Secrétariat Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/015 du 07 février 2018 portant nomination des Membres du


25
Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/106 du 07 février 2018 portant nomination du Président du


Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/170 du 23 février 2018 portant nomination du Secrétaire


Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/103 du 07 février 2018 portant convocation du collège


électoral en vue de l’élection des Sénateurs ;

---Vu le recours de MGBAMINE MGBAMINE Zacharie ;

---Vu le mémoire en réponse de Maîtres EYANGOH Louis Gabriel et ALIMA


Marcus, conseils de ELECAM ;

---Vu le mémoire en réponse de Maître Guy NOAH, conseil du R.D.P.C ;

---Après avoir entendu le Conseiller Charles Etienne LEKENE DONFACK,


rapporteur, en la lecture de son rapport ;

---Et après en avoir délibéré conformément à la loi ;

---Attendu que par requête en date du 09 mars 2018 parvenue au Conseil


Constitutionnel le même jour et enregistrée sous le n°004/SG/CC, Sieur MGBAMINE
MGBAMINE Zacharie a saisi ledit Conseil d’un recours aux fins d’inégibilité de
dame ASSOUHO NDJOLE épse TOKPANOU ;

« Objet : Inéligibilité de Madame Isabelle ASSOUHO NDJOLE épse TOKPANOU,


candidate au SENAT

« Monsieur le Président

« J’ai l’honneur de vous faire tenir les justificatifs du motif en objet, dans l’intérêt
des élections sénatoriales du 25 mars 2018 dans la Région de l’Est ;

26
« 1°/ La loi n° 2012/001 du 19 avril 2012 portant Code Electoral, modifiée et
complétée par la loi n° 2012/017 du 21 décembre 2012, stipule en son article
158 que :

« *sont inéligibles les personnes qui, de leur propre fait, se sont placées dans une
situation de dépendance ou d’intelligence vis-à-vis d’une personne, d’une
organisation, d’une puissance étrangère ou d’un Etat étranger ;

« *L’inéligibilité est constatée par le Conseil Constitutionnel dans les trois jours de
la saisine, à la diligence de toute personne intéressée ou du Ministère Public. »

« Conformément au texte précité ;

« J’ai l’honneur de vous faire tenir les documents d’une situation d’intelligence de
Madame la Sénatrice Isabelle ASSOUHO NDJOLE épse TOKPANOU, qui a engagé
le Préfet du Haut Nyong à intégrer le site de la SAR/SM de MEDJOH au titre foncier
voisin de son feu père NDJOLE MINDJAH Joseph. Son objectif était de :

« * de demander au Préfet d’intégrer le site voisin de la SAR/SM de MEDJOH au


titre foncier de son père, puis engager le morcellement de ce site au profit de l’Etat,
en vue du dédommagement à son profit à elle ;

« * et selon les révélations de certains membres de sa famille, elle envisageait après


au MINDEF la vente à son profit du morcellement à son profit du site de la SAR/SM
de MEDJOH pour y installer les BIR ;

« *elle engage tout cela avec sa famille restreinte, sans informer le public et toute la
communauté de MEDJOH qui doit veiller sur ses droits ;

« La réaction de son frère aîné cohéritier, NDJOLE MINDJAH Hilaire résident à


paris, à la recherche de la vérité, a gelé l’opération (ci-joint les preuves de
vérification menées en avril 2012). Comparativement au bordereau et la carte, le site
de la SAR/SM est voisin et ne fait pas partie de ce titre foncier ;

27
« Le Préfet VILON Jean François était intéressé à cette opération, comme habitué
des procédures d’escroquerie foncière pour ruiner l’Etat par des expropriations
avec les dédommagements, ce qui l’a conduit en prison pour les mêmes opérations
menées dans la zone du port en eau profonde de KRIBI, avant son affectation à
ABONG MBANG ;

« 2°/ Au cours du mandat sénatorial qui s’achève, comme la première tentative a


échoué, la Commune de MINDOUROU a inscrit à son budget, un projet d’étang
piscicole pour la communauté de MEDJOH. D’intelligence avec le Maire ZIENGLE
NTOUH Richard de ladite commune, madame TOKPANOU a engagé ce projet dans
l’espace du titre foncier de son père à MEDJOH. Le Maire dans la suite a engagé
aussi pour son compte un projet piscicole similaire plus grand dans son village
AMPEL. Cet investissement communautaire dans le titre foncier ne peut intégrer que
le patrimoine privé de la sénatrice et sa famille. La communauté de MEDJOH
n’aura pas accès. Voilà l’espérance lucide de l’émergence pour ces élus ;

« 3°/ Dans la profession de foi du RDPC en 2013, le SENAT, en tant que


représentant par excellence des collectivités territoriales décentralisées, avait pour
feuille de route de travailler pour une plus grande prise en compte des
préoccupations locales dans leur diversité et leur complexité. Les Maires de
MESSOK et de MINDOUROU ont fait l’objet de dénonciation au COSUPE et
Tribunal Criminel Spécial au cours du mandat qui s’achève ;

« Dans le cadre de sa mission, le sénateur avait pour feuille de route de veiller à la


gestion équitable dans la redistribution des fruits de la croissance auprès des
collectivités territoriales décentralisées. Il devait lutter contre la corruption et
s’employer à éliminer toute forme de discrimination et d’injustice, car, l’émergence
se fera par et dans la justice ;

« En tant que représentant de ces collectivités territoriales décentralisées, la


sénatrice madame ASSOUHO NDJOLE Isabelle épouse TOKPANOU ne nous a
servi à rien, pour se rapprocher des motifs, faire la lumière dans ces dossiers,

28
réconcilier les conseillers pour ‘unité de l’équipe et rassurer le peuple de la gestion
de ces communes dans l’esprit sénatorial de l’émergence pour les grandes
réalisations. Durant ce mandat sénatorial, les descentes des parlementaires dans
leur base ont toujours fait des échos. Nous ne voyons la sénatrice que lors du
passage du Gouverneur ou du Préfet pour insérer au programme la visite de sa
cacaoyère qui n’est pas du tout un modèle pour refléter le vrai visage mobilisateur
de l’économie de notre région ;

« Depuis des décennies, cette élue qui ne vit pas le village et ne partage pas nos
réalités, arrive à chaque fois dans le secteur avec les étrangers, se greffe au buffet du
Maire pour recevoir et repart après les cérémonies sans jamais dormir chez elle,
comme elle n’a pas d’abris dans son arrondissement, même dans son village sur le
titre foncier de son père ;

« 4°/ Législation et chronologie des faits ;

« Au préambule de la constitution, la loi ne peut avoir d’effet rétroactif ;

« Nul ne peut être jugé et puni qu’en vertu d’une loi promulguée et publiée
antérieurement au fait punissable ;

« * Chronologiquement :

« a) La lettre du Préfet pour finaliser le morcellement du titre foncier au profit de


l’Etat date du 18 août 2011 ;

« b) Celle de madame TOKPANOU invitant sa famille restreinte à cette fin date du


08 septembre 2011 ;

« c) La fouille des bornes à MEDJOH par son frère Hilaire avec une commission
locale des chefs et des notables date du 22 mars 2012 ;

« d) la lettre de Hilaire invitant la famille pour la reconstitution de ce bornage date


du 04 avril 2012 ;

« e) la loi n° 2012/001 portant code Electoral date du 19 avril 2012 ;


29
« f) la dernière version de la loi n° 2012/017, modifiant et complétant le Code
Electoral date du 21 décembre 2012 ;

« Les faits de a, b, c et d sont antérieurs à la loi en e et f, pour un effet non rétroactif


du Code Electoral :

« * Mais pour les étangs piscicoles du budget de la Commune investi dans le titre
foncier, le fait d’intelligence de la sénatrice avec le Maire de MINDOUROU-
ZIENGLE NTOUH Richard est postérieur au Code Electoral et témoigne la volonté
de la sénatrice de valoriser le titre foncier de son père par une escroquerie foncière
de la parcelle voisine de la SAR, ou par une activité frauduleuse d’un investissement
public incorporé dans le titre foncier de sa famille. Cette réalisation des étangs
piscicoles de MEDJOH est publiée dans le calendrier 2018 de la Commune de
MINDOUROU sans préciser que c’est sur le terrain titré de la sénatrice à l’endroit
indiqué sur la carte, sans plaque indicative à titre dissuasif. Nous pouvons guider
une commission pour vérifier ;

« C’est pourquoi je vous fais tenir les pièces authentique en annexe, à toute fin
légale en objet, conformément à la Constitution et à l’article précité du Code
électoral, appuyé par l’adresse de mes références politiques et sociale dans la région

de l’Est ;

« Veuillez recevoir Monsieur le Président l’assurance de ma très haute


considération. »

---Attendu que ce recours ainsi que les pièces jointes, ont été communiqués aux
parties adverses à savoir Elections Cameroon (ELECAM) et le Rassemblement
Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC) conformément à l’article 130 de la
loi n° 2012/001 du 19 avril 2012 portant Code Electoral, modifiée et complétée par
la loi n° 2012/017 du 21 décembre 2012 qui dispose en son article 5 que « la requête
est communiquée à toutes parties intéressées par tout moyen rapide, laissant trace

30
écrite puis affichée au Conseil constitutionnel dans les vingt-quatre (24) heures
suivant le dépôt de la requête » ;

---Que réagissant à ce recours, Elections Cameroon (ELECAM), sous la plume de


ses conseils Maitres EYANGOH Louis Gabriel et ALIMA Marcus, estime que le
recourant ne parvient pas à démontrer à travers son recours ou les pièces produites en
quoi Madame Isabelle ASSOUHO NDJOLE épouse TOKPANOU se serait placée
dans une situation de dépendance ou d’intelligence vis- à vis d’une personne, d’une
organisation, d’une puissance étrangère ou d’un Etat étranger ;

---Que cette structure chargée de l’organisation, de la gestion et de la supervision du


processus électoral et référendaire au Cameroun conclut à cet effet au rejet du
recours ;

---Attendu que le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC),


ayant pour Avocat Maître Guy NOAH, quant à lui demande au Conseil
Constitutionnel de rejeter le recours sus-évoqué pour défaut de qualité ;

---Qu’au soutien de sa position, il évoque l’article 129 du Code Electoral qui dispose
que : « les contestations ou les réclamations relatives au rejet ou à l’acceptation de
candidature, ainsi que celles relatives à la couleur, au sigle ou au symbole adoptés
par un candidat sont soumises à l’examen du Conseil Constitutionnel par tout
candidat, tout parti politique ayant pris part à l’élection ou toute personne ayant
qualité d’agent du gouvernement pour ladite élection, dans un délai maximum de
deux (02) jours suivant la publication des candidatures. » ;

---Que pour le RDPC, sieur MGBAMINE MGBAMINE Zacharie sur la base des
dispositions sus-évoquées n’a pas la qualité requise pour saisir le Conseil
Constitutionnel, en ce qu’il n’est ni candidat, ni parti politique ayant pris part à
l’élection des Sénateurs, ni agent du Gouvernement pour ladite élection ;

---Que cette formation politique, par l’intermédiaire de son conseil, plaide pour le
rejet du recours, argument tiré du défaut de qualité de son auteur ;

31
---Mais attendu, au regard de tout ce qui précède et conformément à la l’article 158
alinéa 2 du Code Electoral, que « l’inéligibilité est constatée par le Conseil
Constitutionnel dans les trois (03) jours de sa saisine, à la diligence de toute
personne intéressée ou du ministère public. » ;

---Attendu que le recourant, bien qu’ayant intenté son recours dans le délai prescrit
par la loi, ne parvient pas à démontrer avec conviction qu’il est une personne
intéressée pour faire constater cette inéligibilité ;

---Qu’au sens strict du terme, l’intérêt est l’avantage pécuniaire ou moral que le
requérant espère tirer d’un recours ;

---Qu’en plus, l’intérêt doit être personnel, certain, direct, légitime, actuel, précis et
en rapport étroit avec les élections concernées, et non par rapport aux affaires de
famille ou de communauté ;

---Que le recourant ne donne malheureusement pas satisfaction à ces caractères


pourtant substantiels à la notion d’intérêt ;

---Que la projection de l’intérêt développée par le recourant renvoie davantage à la


notion d’intérêt général dont la détermination et la sauvegarde sont essentiellement
du ressort des pouvoirs publics ;

---Que l’intérêt évoqué par le recourant à savoir que la candidate serait une mauvaise
sénatrice n’est qu’une présomption ; que cet intérêt au lieu d’être personnel, certain,
direct, légitime, précis et actuel, est vague et général pour être accepté dans le cas
d’espèce ;

---Attendu au surplus, que l’article 129 du Code Electoral selon lequel « les
contestations ou les réclamations relatives au rejet ou à l’acceptation de
candidature, ainsi que celles relatives à la couleur, au sigle ou au symbole adoptés
par un candidat sont soumises à l’examen du Conseil Constitutionnel par tout
candidat, tout parti politique ayant pris part à l’élection ou toute personne ayant
qualité d’agent du Gouvernement pour ladite élection, dans un délai maximum de
32
deux (02) jours suivant la publication de candidature. », tire sa force juridique de
l’article 48 de la loi fondamentale du 18 janvier 1996 qui dispose avec plus de
précision qu’ « en cas de contestation sur la régularité de l’une des élections
prévues à l’alinéa 1 ci-dessus, le Conseil Constitutionnel peut être saisi par tout
candidat, tout parti politique ayant pris part aux élections dans la circonscription
concernée ou toute personne ayant qualité d’agent du Gouvernement pour cette
élection. » ;

---Attendu qu’à l’analyse du dossier, le recourant ne rapporte pas la preuve d’être


candidat, représentant d’un parti politique ayant pris part à l’élection dans la
circonscription concernée ou Agent du Gouvernement comme l’exige la
Constitution ;

---Qu’il échet de déclarer le recours de sieur MGBAMINE MGBAMINE Zacharie


irrecevable ;

---Attendu que la procédure devant le Conseil Constitutionnel étant gratuite en vertu


de l’article 57 de la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et
fonctionnement du Conseil Constitutionnel, il convient de laisser les dépens à la
charge du Trésor Public ;

PAR CES MOTIFS

---Statuant publiquement, contradictoirement à l’égard des parties, en matière


électorale, en dernier ressort et à l’unanimité des membres :

---Déclare la requête de MGBAMINE MGBAMINE Zacharie irrecevable ;

---Laisse les dépens à la charge du Trésor Public ;

---Ordonne la notification immédiate de la présente décision à ELECAM et aux


autres parties intéressées, ainsi que sa publication au Journal Officiel ;

---Ainsi jugé et prononcé en audience publique ordinaire par le Conseil


Constitutionnel, les jour, mois et an que dessus en la salle des audiences dudit
Conseil où siégeaient :
33
M. Clément ATANGANA, Président du Conseil Constitutionnel,
PRESIDENT ;

MM.
Jean FOUMAN AKAME,
BAH OUMAROU SANDA,
Paul NCHOJI NKWI,
Joseph Marie BIPOUN WOUM,
Emmanuel BONDE,
Mme Florence Rita ARREY,
MM :
Charles Etienne LEKENE DONFACK,
AHMADOU TIDJANI,
Jean-Baptiste BASKOUDA,
Emile ESSOMBE,
CONSEILLERS ;

---Avec l’assistance de Maître Flavienne Jeannette AMBOMO épouse NOAH


AMBASSA, Greffier ;

---En foi de quoi la présente décision a été signée par le Président et le Secrétaire
Général. /-

LE PRESIDENT LE SECRETAIRE GENERAL

Clément ATANGANA MALEGHO Joseph ASEH

34
DECISION N° 04/CE/CC/2018 DU 15 MARS 2018
AFFAIRE :

Sieur AHMADOU AHIDJO

C/

- Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (R D P C)


- Elections Cameroon (ELECAM)

OBJET :

(Requête pour investiture aux sénatoriales 2018).

---L’an deux mille dix-huit ;

---Et le quinze du mois de mars ;

---Le Conseil Constitutionnel, siégeant en audience publique au Palais des Congrès a


rendu la décision dont la teneur suit :

---Le Conseil Constitutionnel,

---Vu la Constitution ;

---Vu la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et fonctionnement du


Conseil Constitutionnel, modifiée par la loi n° 2012/015 du 21 décembre 2012 ;

---Vu la loi n° 2012/001 du 19 avril 2012 portant Code Electoral, modifiée et


complétée par la loi n° 2012/017 du 21 décembre 2012 ;

---Vu le décret n° 2018/104 du 7 février 2018 portant organisation et fonctionnement


du Secrétariat Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/015 du 07 février 2018 portant nomination des Membres du


Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/106 du 07 février 2018 portant nomination du Président du


Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/170 du 23 février 2018 portant nomination du Secrétaire

35
Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/103 du 07 février 2018 portant convocation du collège


électoral en vue de l’élection des Sénateurs ;

---Vu le recours de AHMADOU AHIDJO ;

---Vu le mémoire en réponse de Maîtres EYANGOH Louis Gabriel et ALIMA


Marcus, conseils de ELECAM ;

---Vu le mémoire en réponse de Maître Guy NOAH, conseil du R D P C ;

---Après avoir entendu le Conseiller ESSOMBE Emile, rapporteur, en la lecture de


son rapport ;

---Et après en avoir délibéré conformément à la loi ;

---Attendu que par requête en date du 09 mars 2018 parvenue au Conseil


Constitutionnel le même jour et enregistrée sous le numéro 005/SG/CC, le nommé
AHMADOU AHIDJO, demeurant à Bafoussam, a introduit le recours dont la teneur
suit :

« Bafoussam, le 09 mars 2018

« AHMADOU AHIDJO

« B.P. 1228 Bafoussam

« Tél : 699 12 25 83 / 675 08 13 50

« A Monsieur le Président de la Cour Constitutionnelle du Cameroun

« Objet : Requête pour investiture aux sénatoriales 2018

« Nous venons par la présente requête auprès de votre haute bienveillance nous
plaindre contre la Commission régionale de réception de dossier de candidature au
sénatoriale 2018 pour le fait que notre liste n’a pas été « acheminée à son état
initial ;

« L’unique liste qui répondait à la loi et surtout aux exigences de la Constitution


était celle que, j’ai conduit en tant que minorité (voir « fiche collective de
candidature de la région de l’Ouest conduit par une minorité MBORORO que je
suis) ;

« Dans l’espoir que nous serons rétabli dans nos droits et que ma requête retienne
toute votre attention, veuillez croire, Excellence Monsieur le Président de
l’assurance de ma haute considération
36
« (é) AHMADOU AHIDJO ».

---Attendu qu’en application de l’article 130 alinéa 5 du Code Electoral, cette requête
a été communiquée aux parties intéressées, précisément au Secrétaire Général du
comité Central du R D P C. et au Président du Conseil Electoral d’Elections
Cameroon (ELECAM) les 9 et 10 mars respectivement ;

---Que réagissant par l’entremise de leurs Avocats, à savoir Maître Guy NOAH pour
le RDPC et Maîtres EYANGOH Louis Gabriel et ALIMA Marcus pour ELECAM,
ces parties ont produit le 10 mars 2018 leurs mémoires en réponse dont la substance
suit :

POUR ELECAM

«1°) REQUETE AUX FINS D’INVESTITUTRE A L’ELECTION DES SENATEURS


DU 25 MARS 2018 DANS LA REGION DE L’OUEST-BAFOUSSAM

« A Monsieur le Président du Conseil Constitutionnel

« Le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), ayant pour


Avocat Maître Guy NOAH BP 1913 Yaoundé, au Cabinet duquel il élit domicile, « A
l’honneur de vous exposer ;

« Que par requête en date du 09 mars 2018 reçue le même jour au Conseil
Constitutionnel sous le numéro 5, Monsieur AHMADOU AHIDJO, candidat pour
l’investiture aux Sénatoriales 2018, a saisi la juridiction de céans pour se plaindre
contre la Commission Régionale de réception des candidatures du Rassemblement
Démocratique du Peuple Camerounais (R D P C) de l’Ouest pour n’avoir pas
acheminé sa liste en son état initial ;

« Mais attendu que le Conseil Constitutionnel n’est pas compétent pour connaître
des litiges internes à un parti politique ;

« Qu’il y a lieu de rejeter le recours de Sieur AHMADOU AHIDJO pour


incompétence ;

« Par ces motifs

« Voir rejeter le recours de Sieur AHMADOU AHIDJO pour incompétence ;

« Sous toutes réserves ;

« Profond respect ;

« Yaoundé, le 10 mars 2018 ;

« (é) Maître Guy NOAH ;


37
« Avocat au Barreau du Cameroun ».

« Monsieur le Président et les membres composant le Conseil Constitutionnel ;

« Recours n° 005 du 09 mars 2018 » ;

«2) Mémoire en réponse

Pour : Elections Cameroon (ELECAM)

Me EYANGOH Louis Gabriel

Me ALIMA Marcus

Contre : Monsieur AHMADOU AHIDJO

« Plaise au Conseil Constitutionnel

« Attendu que par requête en date du 09 mars 2018 enregistrée au Conseil


Constitutionnel le 09 mars 2018 sous le n° 005, Monsieur AHMADOU AHIDJO,
sans précision d’aucune qualité, a saisi le Conseil Constitutionnel d’un recours
portant en objet « requête pour investiture aux sénatoriales 2018 » ;

« Au soutien de son recours, il produit comme pièces justificatives :

- un récépissé de dépôt par AHMADOU AHIDJO des dossiers du RDPC pour


l’investiture des candidats à l’élection des sénateurs du 25 mars 2018 ;

- une fiche collective de candidature RDPC pour l’investiture des candidats à


l’élection des sénateurs du 25 mars 2018 ;

- un récépissé de dépôt par le Dr NJOYA Aboubakar des dossiers RDPC pour


l’investiture des candidats à l’élection des sénateurs du 25 mars 2018 dans la Région
de l’Ouest ;

- un exploit d’huissier de justice daté du 15 février 2018 portant notification à


Monsieur AHMADOU AHIDJO d’une lettre du Dr NJOYA Aboubakar portant en
objet désistement sur la liste.

- la lettre sus-évoquée du Dr NJOYA Aboubakar ;

« Mais attendu qu’il y a lieu pour le Conseil Constitutionnel de se déclarer


incompétent ;

« Qu’en effet, aux termes de l’article 47 de la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004


portant organisation et fonctionnement du Conseil Constitutionnel, « Le Conseil
Constitutionnel est juge de l’éligibilité à l’Assemblée Nationale et au Sénat. Tout
électeur inscrit sur les listes électorales, tout candidat ou tout mandataire de la liste
38
intéressée peut attaquer devant le Conseil Constitutionnel et dans les conditions
prévues par les lois électorales en vigueur, toute décision d’acceptation ou de rejet
d’une candidature ou d’une liste de candidats. » ;

« Contrairement, le recours de Monsieur AHMADOU AHIDJO portant en objet


« requête pour investiture aux sénatoriales 2018 » tend à amener le Conseil
Constitutionnel à se prononcer sur les questions d’investitures d’un parti politique ;

« Que le Conseil Constitutionnel n’est pas compétent pour connaitre des problèmes
d’investiture au sein des partis politiques ;

« Qu’il y a lieu de se déclarer incompétent ;

« Par ces motifs

« Voir constater que le recours de Monsieur AHMADOU AHIDJO tend à amener le


Conseil Constitutionnel à se prononcer sur des questions d’investiture d’un parti
politique ;

« En conséquence,

« Se déclarer incompétent ;

« Sous toutes réserves

« Profonds respect

« Yaoundé, le 10 mars 2018

(e) Louis Gabriel EYANGOH, Avocat au Barreau du Cameroun ».

SUR LA RECEVABILITE DU RECOURS

---Attendu qu’aux termes de l’article 129 du Code Electoral, « Les contestations ou


les réclamations relatives au rejet ou à l’acceptation des candidatures, ainsi que
celles relatives à la couleur, au sigle ou au symbole adoptés par un candidat sont
soumises à l’examen du Conseil Constitutionnel par tout candidat, tout parti
politique ayant pris part à l’élection ou toute personne ayant qualité d’agent du
Gouvernement pour ladite élection, dans un délai maximum de deux (02) jours
suivant la publication des candidatures. » ;

---Que par ailleurs, l’article 47 de la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant


organisation et fonctionnement du Conseil Constitutionnel dispose que : « Le
Conseil Constitutionnel est juge de l’éligibilité à l’Assemblée nationale et au Sénat.
Tout électeur inscrit sur les listes électorales, tout candidat ou tout mandataire de
la liste intéressée peut attaquer devant le Conseil Constitutionnel et dans les

39
conditions prévues par les lois électorales en vigueur, toute décision d’acceptation
ou de rejet d’une candidature ou d’une liste de candidats. » ;

---Qu’il en résulte que le contentieux qui peut être déféré devant le Conseil
Constitutionnel a pour point de départ la décision d’acceptation ou de rejet d’une
candidature par ELECAM, institution en charge de l’organisation des élections ;

---Qu’ainsi les contestations relatives à l’investiture des candidats relèvent de la


gestion interne de chaque parti politique et ne peuvent être soumises à la sanction du
Conseil Constitutionnel ;

---Que dès lors la requête du sieur AHMADOU AHIDJO, au demeurant intitulée


« Requête pour investiture aux Sénatoriales 2018 », est manifestement irrecevable
comme contrevenant aux dispositions des articles 129 du Code Electoral et 47 de la
loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et fonctionnement du Conseil
Constitutionnel ;

---Attendu à cet effet que l’article 59 alinéa 1er de cette même loi prescrit : « Lorsque
la requête est manifestement irrecevable, le Conseil Constitutionnel statue par
décision motivée sans instruction contradictoire préalable. » ;

---Qu’il y a lieu de déclarer la requête de AHMADOU AHIDJO irrecevable ;

---Attendu que la procédure devant le Conseil Constitutionnel est gratuite en vertu de


l’article 57 de la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et
fonctionnement du Conseil Constitutionnel ;

---Qu’il convient de laisser les dépens à la charge du Trésor Public ;

PAR CES MOTIFS

---Statuant publiquement, contradictoirement à l’égard des parties, en matière


électorale, en dernier ressort et à l’unanimité des Membres :

---Déclare la requête de sieur AHMADOU AHIDJO irrecevable ;

---Laisse les dépens à la charge du Trésor Public ;

---Ordonne la notification immédiate de la présente décision à ELECAM et aux


autres parties intéressées, ainsi que sa publication au Journal Officiel ;

---Ainsi jugé et prononcé en audience publique par le Conseil Constitutionnel, les


jour, mois et an que dessus en la salle des audiences dudit Conseil où siégeaient :

40
M. Clément ATANGANA, Président du Conseil Constitutionnel,

PRESIDENT ;

MM.
Jean FOUMAN AKAME,
BAH OUMAROU SANDA,
Paul NCHOJI NKWI,
Joseph Marie BIPOUN WOUM,
Emmanuel BONDE,
Mme Florence Rita ARREY,
MM :
Charles Etienne LEKENE DONFACK,
AHMADOU TIDJANI,
Jean-Baptiste BASKOUDA,
Emile ESSOMBE,
CONSEILLERS ;
---Avec l’assistance de Maître Flavienne Jeannette AMBOMO épouse NOAH
AMBASSA, Greffier ;

---En foi de quoi la présente décision a été signée par le Président et le Secrétaire
Général. /-

LE PRESIDENT LE SECRETAIRE GENERAL

Clément ATANGANA MALEGHO Joseph ASEH

41
DECISION N° 05/CE/CC/2018 DU 15 MARS 2018
AFFAIRE :

Le Président National de l’Union Nationale


pour la Démocratie et le Progrès (UNDP)

C/

1°) Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais


(R D P C)
2°) Elections Cameroon (ELECAM)

OBJET :
(Recours contentieux en annulation de la décision du Conseil Electoral portant
acceptation de la liste RDPC dans la Région de l’Adamaoua).

---L’an deux mille dix-huit ;

---Et le quinze du mois de mars ;

---Le Conseil Constitutionnel, siégeant en audience publique au Palais des Congrès a


rendu la décision dont la teneur suit :

---Le Conseil Constitutionnel,

---Vu la Constitution ;

---Vu la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et fonctionnement du


Conseil Constitutionnel, modifiée par la loi n° 2012/015 du 21 décembre 2012 ;

---Vu la loi n° 2012/001 du 19 avril 2012 portant Code Electoral, modifiée et


complétée par la loi n° 2012/017 du 21 décembre 2012 ;

---Vu le décret n° 2018/104 du 7 février 2018 portant organisation et fonctionnement


du Secrétariat Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/015 du 07 février 2018 portant nomination des Membres du


42
Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/106 du 07 février 2018 portant nomination du Président du


Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/170 du 23 février 2018 portant nomination du Secrétaire


Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/103 du 07 février 2018 portant convocation du collège


électoral en vue de l’élection des Sénateurs ;

---Vu le recours du Président National de l’Union Nationale pour la Démocratie et le


Progrès (UNDP) ;

---Attendu que par requête en date du 09 mars 2018 parvenue au Conseil


Constitutionnel le même jour et enregistrée sous le numéro 06/SG/CC, l’Union
Nationale pour la Démocratie et le Progrès (UNDP), a introduit le recours dont la
teneur suit :

« Yaoundé le 9 mars 2018

« Recours contentieux en annulation de l’UNDP

« Président National de l’UNDP

« A Messieurs les Président et Honorables Membres du Conseil Constitutionnel

« Objet : Recours contentieux en annulation de la décision du Conseil Electoral


portant acceptation de la liste RDPC dans la Région de l’Adamaoua

« Messieurs les Président et Honorables Membres du Conseil Constitutionnel,

« Le parti politique Union Nationale pour la Démocratie et le Progrès (UNDP)


représenté par son Président national, lequel fait élection de domicile en son siège à
Yaoundé B.P. 5019, Tél. : 222 20 98 98, 677 70 00 12, [email protected]

« A l’honneur de vous exposer :

43
« Que par la présente, il introduit un recours contentieux auprès de votre Haute
Juridiction, aux fins d’obtenir l’annulation de la Décision du Conseil Electoral
d’Elections Cameroon portant acceptation de la liste des candidats du
Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC) dans la Région de
l’Adamaoua ;

« En la forme

« Attendu que ce recours est recevable pour avoir été introduit dans les forme et
délai prévus par la loi (articles 129 et 130 de la loi n° 2012/001 du 19 avril 2012
portant Code Electoral, modifiée et complétée par la loi n° 2012/017 du 21
décembre 2012) ;

« Au fond

« Attendu que toute personne qui veut se porter candidat aux élections sénatoriales,
doit faire une déclaration de candidature dans les conditions prévues par les articles
164 et 165 du Code Electoral ;

« Que l’article 165 du Code Electoral dispose que la déclaration de candidature doit
être accompagnée d’un extrait d’acte de naissance datant de moins de trois (3) mois,
entre autres pièces à fournir par chaque candidat titulaire ou suppléant ;

« Attendu que l’extrait d’acte de naissance produite par dame SOUADATOU


DJALLO épouse KALKABA, candidate du Rassemblement Démocratique du Peuple
Camerounais (RDPC) sur la liste de l’Adamaoua a été établi sur la base d’un faux
acte de naissance ;

« Attendu en effet que l’acte de naissance de dame SOUADATOU DJALLO porte le


numéro 807 et aurait été dressé en 1964 par un certain MOHAMAN BELLO, officier
de l’état civil du Centre de TIBATI, assisté de BABA SOULEYMANOU comme
Secrétaire d’état civil ;

« Mais attendu que toutes ces mentions sont fausses ;

44
« Qu’il ressort en effet des registres des actes de naissance du centre d’état civil de
TIBATI (confrère procès-verbal de constat de Maître NDONFACK TSAFACK
Martine Claire, Huissier de Justice à Tibati, pièce 1) que :

« - En 1964, l’officier de l’état civil du Centre de Tibati s’appelait MOHAMAN


NDJOBDI et non MOHAMAN BELLO, son secrétaire était sieur GARBA ADAMOU
et non BABA SOULEYMANOU ;

« - Le dernier acte de naissance signé dans l’année 1964 au Centre d’état civil de
Tibati porte le numéro 153 alors que celui produit par dame SAOUADATOU
DJALLO porte le numéro 807 ;

« Attendu par ailleurs que le Maire et officier du Centre d’état civil de Tibati,
Monsieur DAHIROU AMADOU, a délivré au requérant, un certificat de non
existence de souche de registre d’acte de naissance (confère pièce n°2) ;

« Qu’il découle de tout ce qui précède que l’acte de naissance de dame


SOUADATOU DJALLO épouse KALKABA est un faux acte ;

« Qu’il est évident que l’extrait d’acte de naissance produit par dame SOUADATOU
DJALLO épouse KALKABA a été obtenu frauduleusement ;

« Attendu que la fraude corrompt tout ;

« Que la conséquence logique et incontestable de cette fraude est le rejet pur et


simple de la liste des candidats RDPC dans la Région de l’Adamaoua ;

« Par ces motifs

« Le requérant sollicite qu’il plaise à Messieurs les Président et Honorables


Membres du Conseil Constitutionnel de bien vouloir :

« En la forme

« Déclarer le présent recours recevable pour avoir été introduit dans les forme et
délai prévus par la loi ;

45
« Au fond

« - Vu le procès-verbal de constat du ministère de Maître NDONFACK TSAFACK


Martine Claire, Huissier de justice à Tibati ;

« - Vu le certificat de non existence de souche dressé le 8 mars par Monsieur


DAHIROU AMADOU, Maire et Officier du Centre d’état civil de TIBATI ;

« - Constater que la candidate dame SOUADATOU DJALLO épouse KALKABA


s’est fait établir frauduleusement un extrait d’acte de naissance sur la base d’un faux
acte de naissance ;

« - Dire et juger que la fraude corrompt tout ;

« En conséquence :

« Annuler la décision du Conseil Electoral d’Elections Cameroon portant


acceptation de la liste des candidats du Rassemblement Démocratique du Peuple
Camerounais (RDPC) dans la Région de l’Adamaoua ;

« Sous toutes réserves :

« Le requérant prie Messieurs les Président et Honorables Membres du Conseil


Constitutionnel de bien vouloir accepter l’assurance de sa haute considération ;

« Pour le Président national,

« Le Secrétaire Général, mandataire des listes UNDP

« (é) Dr Pierre Flambeau NGAYAP ».

---Attendu qu’en date du 13 mars 2018, le requérant a introduit auprès du Conseil


Constitutionnel une correspondance tendant à la radiation de son recours du rôle de
l’audience du contentieux électoral du 15 mars 2018 et libellée ainsi qu’il suit :

« Yaoundé le 13 mars 2018

« Demande de radiation du rôle


46
« A Messieurs le Président et Honorables Membres du Conseil Constitutionnel ;

« Objet : Demande de radiation du rôle de l’audience du 15 mars 2018, la requête


en annulation introduite par l’UNDP, de la décision du Conseil Electoral du 7 mars
2018 portant acceptation de la lise du RDPC pour l’élection des Sénateurs du 25
mars 2018 dans la Région de l’Adamaoua ;

« Messieurs le Président et Honorables Membres du Conseil Constitutionnel ;

« Le parti politique Union Nationale pour la Démocratie et le Progrès (UNDP)


représenté par son Président national, lequel fait élection de domicile en son siège à
Yaoundé BP 5019, Tél. : 222 20 98, 677 7000 012, [email protected], a l’honneur
de vous demander de bien vouloir radier du rôle de l’audience du Conseil
Constitutionnel du 15 mars 2018 consacrée au contentieux des candidatures à
l’élection des Sénateurs du 25 mars 2018, la requête qu’il a introduite le 09 mars
2018 en annulation de la décision du Conseil Electoral du 07 mars 2018 portant
acceptation de la liste du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais
(RDPC) pour l’élection des Sénateurs du 25 mars 2018 dans la Région de
l’Adamaoua, requête enregistrée au Conseil Constitutionnel le 09 mars 2018 sous le
récépissé n° 006/SG/CC ;

« Il prie Monsieur le Président et les Honorables Membres du Conseil


Constitutionnel de lui donner acte de cette demande de radiation et de bien vouloir
accepter l’assurance de sa haute considération ;

« Pour le Président National,

« Le Secrétaire Général, mandataire des listes UNDP pour l’élection des Sénateurs
du 25 mars 2018 ;

« Dr Pierre Flambeau NGAYAP ».

---Attendu que cette demande de radiation est régulière en la forme ;

---Qu’il y a lieu d’en donner acte au recourant ;


47
---Attendu qu’en vertu de l’article 57 de la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant
organisation et fonctionnement du Conseil Constitutionnel, la procédure devant le
Conseil Constitutionnel est gratuite ;

---Qu’il convient de mettre les dépens à la charge du Trésor Public ;

PAR CES MOTIFS

---Statuant publiquement, contradictoirement à l’égard des parties, en matière


électorale, en dernier ressort à l’unanimité des membres :

---Donne acte au Parti recourant de sa demande de radiation ;

---Ordonne la notification de la présente décision à l’ELECAM et aux autres parties


intéressées, ainsi que sa publication au Journal Officiel ;

Ainsi jugé et prononcé en audience publique par le Conseil Constitutionnel, les jour,
mois et an que dessus en la salle des audiences dudit Conseil où siégeaient :

M. Clément ATANGANA, Président du Conseil Constitutionnel,


PRESIDENT ;

MM.

Jean FOUMAN AKAME,

BAH OUMAROU SANDA,

Paul NCHOJI NKWI,

Joseph Marie BIPOUN WOUM,

Emmanuel BONDE,

Mme Florence Rita ARREY,

MM :

Charles Etienne LEKENE DONFACK,

48
AHMADOU TIDJANI,

Jean-Baptiste BASKOUDA,

Emile ESSOMBE

CONSEILLERS ;

---Avec l’assistance de Maître Flavienne Jeannette AMBOMO épouse NOAH


AMBASSA, Greffier ;

---En foi de quoi la présente décision a été signée par le Président et le Secrétaire
Général. /-

LE PRESIDENT LE SECRETAIRE GENERAL

Clément ATANGANA MALEGHO Joseph ASEH

49
DECISION N° 06/ADD/CE/CC/2018 DU 19 MARS 2018

AFFAIRE :

Sieur TCHATCHOUANG Paul (Sénateur SDF)


C/
- Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais
(RDPC)
- Elections Cameroon (ELECAM)

OBJET :
(Requête aux fins d’annulation de la liste des candidats du Rassemblement
Démocratique du Peuple Camerounais aux élections sénatoriales du 25 mars 2018
dans la Région de l’Ouest).

---L’an deux mille dix-huit ;

---Et le quinze du mois de mars ;

---Le Conseil Constitutionnel, siégeant en audience publique au Palais des Congrès a


rendu la décision dont la teneur suit :

---Le Conseil Constitutionnel,

---Vu la Constitution ;

---Vu la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et fonctionnement du


Conseil Constitutionnel, modifiée par la loi n° 2012/015 du 21 décembre 2012 ;

---Vu la loi n° 2012/001 du 19 avril 2012 portant Code Electoral, modifiée et


complétée par la loi n° 2012/017 du 21 décembre 2012 ;

---Vu le décret n° 2018/104 du 7 février 2018 portant organisation et fonctionnement


du Secrétariat Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/015 du 07 février 2018 portant nomination des Membres du


Conseil Constitutionnel ;

50
---Vu le décret n° 2018/106 du 07 février 2018 portant nomination du Président du
Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/170 du 23 février 2018 portant nomination du Secrétaire


Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/103 du 07 février 2018 portant convocation du collège


électoral en vue de l’élection des Sénateurs ;

---Vu le recours de Sieur TCHATCHOUANG Paul ;

---Vu le mémoire en réponse de Maîtres EYANGOH Louis Gabriel et ALIMA


Marcus, conseils d’ELECAM ;

---Vu le mémoire en réponse de Maître Guy NOAH, conseil du RDPC ;

---Après avoir entendu le Conseiller BONDE Emmanuel, rapporteur, en la lecture de


son rapport ;

---Et après en avoir délibéré conformément à la loi ;

---Attendu que par requête du 09 mars 2018 parvenue au Secrétariat Général du


Conseil Constitutionnel le même jour et enregistrée sous le numéro 003/CCES/2018,
le nommé TCHATCHOUANG Paul, Sénateur SDF sortant de la Région de l’Ouest,
ayant pour conseils Maîtres ATANGA MBAH MBOLE Charles, DJOMNGANG
Adeline et NGOUANA MOUSTAPHA Avocats au barreau du Cameroun, BP 4663
Douala (Tél. 243 42 00 89) a saisi le Conseil Constitutionnel d’un recours dont la
teneur suit :

« Requête aux fins d’annulation de la liste des candidats du Rassemblement


Démocratique du Peuple Camerounais aux élections sénatoriales du 25 mars 2018
dans la Région de l’Ouest

« Yaoundé, le 09 mars 2018

« Conseil Constitutionnel

« Yaoundé

51
« Monsieur TCHATCHOUANG Paul, Sénateur en fin de mandat et candidat aux
élections sénatoriales du 25 mars 2018 sur la liste du Social Democratic Front (SDF)
domicilié à BANDJOUN au lieu-dit BAMETCHA, lequel a pour conseils Maîtres
ATANGA MBAH-MBOLE Charles, DJOMGANG Adeline et NGOUANA
MUSTAPHA au cabinet desquels il élit domicile aux fins des présentes et de ses
suites BP : 4663 Douala Tél 243.42.00.89 ;

« A L’HONNEUR DE VOUS EXPOSER

« Qu’il sollicite le rejet de la liste du Rassemblement Démocratique du Peuple


Camerounais en abrégé RDPC aux élections sénatoriales du 25 mars 2018 dans la
région de l’Ouest ;

« Qu’il a régulièrement fait acte de candidature et est de ce fait recevable en son


action qui est faite dans les forme et délai légal ;

« Que la candidature de ses colistiers a respecté toutes les prescriptions prévues par
le législateur notamment les dispositions des articles 164 et 165 du Code Electoral ;

« Que curieusement, la liste du Rassemblement Démocratique du Peuple


Camerounais dans la région de l’Ouest n’a pas respecté les dispositions du Code
Electoral et les Principes Généraux de Droit applicables en matière Electorale ;

« Que la décision inique prise par le Conseil Electoral d’Elections Cameroon portant
acceptation de la liste du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais
dans la région de l’Ouest ne résiste pas à une analyse juridique rigoureuse comme il
sera démontré infra ;

« Qu’en outre, il convient de préciser conformément à l’article 49 de la loi numéro


2004/004 du 21 avril 2004, portant organisation et Fonctionnement du Conseil
Constitutionnel que cinq listes sont en compétition dans la région de l’Ouest, à savoir
: le SDF, le RDPC, l’UDC, l’UMS et l’UNDP ;

« Que la juridiction de céans est compétente pour connaître du contentieux de


l’éligibilité aux élections sénatoriales, ce conformément à l’article 47 de la loi
numéro 2004/004 du 21 avril 2004, portant organisation et fonctionnement du
52
Conseil Constitutionnel, qui dispose : « Le Conseil Constitutionnel est juge de
l’éligibilité à l’Assemblée Nationale et au Sénat » ;

I- Sur le premier moyen pris de la violation de l’article 164 du Code Electoral

« Attendu que la décision prise par le Conseil Electoral d’Elections Cameroon viole
l’article 164 du Code Electoral ;

« En ce que l’article 164 du Code susvisé énonce que : (1) les candidatures font

l’objet, dans les quinze (15) jours suivant la convocation du corps électoral, d’une
déclaration en triple exemplaire, revêtue des signatures légalisées des candidats.

« (2) Cette déclaration est déposée et enregistrée, contre récépissé, à la Direction


Générale des Elections ou au niveau du démembrement départemental d’Elections
Cameroon de la circonscription concernée. Copie en est immédiatement tenue au
Conseil Constitutionnel par le candidat ou le mandataire, contre accusé de réception.

« (3) Les déclarations de candidature déposées au niveau du démembrement


département d’Elections Cameroon sont transmises sans délai à la Direction
Générale des Elections.

« (4) La déclaration de candidature mentionne :

« Les noms, prénoms, date et lieu de naissance, filiation, profession et domicile des
candidats ;

« Le titre de la liste et le parti politique auquel elle se rattache ;

« Le signe choisi pour l’impression des bulletins de vote ou pour identifier le parti le
nom du mandataire de la liste, candidat ou non et l’indication de son domicile ;

« Les indications sur la prise en compte des composantes sociologiques de la


circonscription dans la constitution de la liste ;

« Les indications sur la prise en compte du genre dans la constitution de la liste ;

« (5) Est interdit le choix d’un emblème comportant à la fois les trois (3) couleurs :
vert, rouge, jaune.
53
« Que pourtant la liste du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais a
sans vergogne violé les dispositions de l’article 164 du Code Electoral relatives à la
déclaration par laquelle le candidat mentionne : « Les noms, prénoms, date et lieu de
naissance, filiation, profession et domicile des candidats » ;

« Que sur la liste du RDPC querellée, figure les noms suivants :

« NGOUNCHINGHE Sylvestre ;

« NGOUBEYOU François Xavier ;

« FOMETHE Anaclet ;

« NGANGOUBE AMINATOU ;

« POKAM Max ;

« DSAMOU Micheline ;

« Et TEINGNIDETIO Joseph ;

« Que le dernier nom de la liste du RDPC est une personne fictive et inexistante ;

« Qu’il s’agit d’un personnage mystérieux inséré sur la liste du RDPC à la dernière
minute pour éviter la disqualification de celle-ci, à la suite de la rude bataille des
investitures qu’a connu de parti ;

« Qu’en voulant rattraper le temps perdu dans la bataille des investitures, le RDPC a
cru pouvoir s’en tirer à bon compte en insérant sur sa liste un personnage fictif et
bénéficier par voie de conséquence de la magnanimité d’Elections Cameroon et
éventuellement du « privilège du tenancier » ;

« Qu’un candidat à une élection nationale doit pouvoir être identifiable et identifié ;

« Que les recoupements faits par le requérant et confirmés par la presse, révèlent que
le nom de ce candidat a été ajouté après la clôture du processus électoral, sous la
pression d’un dignitaire de la Région de l’Ouest et originaire du département des
Bamboutos ;

54
« Qu’il s’agit à n’en point douter d’une orchestration cavalière et honteuse dont le
résultat ultime est le discrédit de l’ensemble du processus électoral camerounais ;

« Que toute faute d’identification constitue une légèreté blâmable qui doit
inéluctablement entraîner la disqualification de la liste qui en est l’objet ;

« Qu’en 2007, la Cour Suprême siégeant comme Conseil Constitutionnel avait rejeté
la liste RDPC dans le MOUNGO Sud, suite à une situation quasi similaire où le
nommé MPAPTE avait été présenté comme s’appelant MBAPPE, ce en vue de
brouiller les exigences liées au nécessaire respect des composantes sociologiques ;

« Qu’il échet à l’auguste juridiction de céans de rejeter la liste du RDPC pour


violation des dispositions de l’article 164 du Code Electoral relatif à l’identification
des candidats ;

II- Sur le second moyen pris de la violation de l’article 165 du Code Electoral

« En ce que la décision prise par le Conseil électoral d’Elections Cameroon viole


l’article 165 du Code électoral ;

« En ce que l’article 165 du code susvisé dispose : « la déclaration de candidature


est accompagnée, pour chaque candidat titulaire ou suppléant :

« D’un extrait d’acte de naissance datant de moins de trois (03) mois ;

« D’un certificat de nationalité ;

« D’un bulletin n° 3 du casier judiciaire datant de moins de trois (03) mois ;

« D’une déclaration par laquelle chaque candidat titulaire ou suppléant certifie sur
l’honneur qu’il n’est candidat que sur cette liste et qu’il ne se trouve dans aucun cas
d’inéligibilité prévu par la loi ;

« D’un certificat d’imposition ou de non-imposition ;

« D’une attestation d’inscription sur une liste électorale ;

« De l’original de versement du cautionnement ;

55
« D’une attestation par laquelle le parti politique investit l’intéressé en qualité de
candidat ;

« Qu’en effet, la liste du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais a


sans vergogne violé les dispositions de l’article 165 du Code Electoral énumérant les
pièces à fournir par les candidats ;

« Qu’un candidat inexistant ne peut avoir produit toutes les pièces énumérées par le
SDF, toute chose qui est contraire à l’article 165 susvisé ;

« Qu’il échet à l’auguste juridiction de céans de rejeter la liste du RDPC pour


violation des dispositions de l’article 165 du Code Electoral relatif aux pièces à
fournir ;

III- Sur le troisième moyen pris de la violation du principe général de droit


fraus omnia corrumpit (La fraude corrompt tout)

« Attendu que le déroulement normal des élections présuppose la bonne foi de tous
les participants aux élections et la sincérité de toutes leurs déclarations ;

« Que mêmement, l’identité des participants aux élections comme électeurs ou élus
doit être précise, sincère et ne pas être sujette à controverses ou variations
suspectes ;

« Que malheureusement, la liste du RDPC aux élections sénatoriales dans la région


de l’Ouest n’a pas sacrifié à ces exigences ;

« Qu’en effet, le septième sur la liste du RDPC en l’occurrence le nommé


TEINGNIDETIO Joseph est un personnage imaginaire et frauduleux ;

« Que la mise en compétition d’un être imaginaire exsude de manière on ne peut plus
plausible la volonté de fausser le jeu démocratique et de couvrir le Cameroun de
davantage d’opprobre ;

« Que le changement intervenu sur la désignation du candidat querellé n’est pas un


hasard, mais la manifestation du rafistolage dont le RDPC a seul le secret avec en
toile de fond les batailles des investitures susvisées ;
56
« Qu’en vertu de la maxime latine » FRAUS OMNIA CORRUMPIT » c’est-à-dire la
fraude corrompt tout, la liste du RDPC aux élections sénatoriales dans la région de
l’Ouest doit être purement et simplement rejetée ;

« Que de même la maxime latine « malitiis non est idulgendum » (à l’égard de celui
qui est malicieux il ne faut pas être indulgent) fait obligation à la juridiction de céans
de réprimer les actes frauduleux comme ceux du RPDC en l’espèce ;

« Que l’élection ne s’accommode pas de la fraude sous toutes ses formes ;

« Qu’il échet en conséquence à la juridiction de céans de rejeter purement et


simplement la liste du RDPC aux élections sénatoriales dans la région de l’Ouest ;

« C’est pourquoi le requérant sollicite qu’il vous plaise Monsieur le Président :

« En la forme

« De bien vouloir le recevoir en sa requête comme faite dans les forme et délai
légaux ;

« Au fond :

« De bien vouloir constater que la liste des candidatures RDPC a été reçue dans la
région de l’Ouest ;

« Bien vouloir constater que la liste du RDPC dans la région de l’Ouest contient le
nommé TEINGNIDETIO Joseph ;

« Bien vouloir constater que le nommé TEINGNIDETIO Joseph est inconnu des
registres d’Etat civil camerounais ;

« Bien vouloir constater que les candidats aux élections sénatoriales doivent être
clairement identifiées, ce conformément aux dispositions de l’article 164 du Code
Electoral ;

« Bien vouloir constater que la fraude corrompt tout conformément à la maxime


latine « fraus omnia corrumpit » ayant valeur de principe général de droit ;

« En conséquence
57
« Ordonner l’annulation totale de la liste des candidats du Rassemblement
Démocratique du Peuple Camerounais aux élections sénatoriales dans la région de
l’Ouest ;

« Profonds respects

« Sous toutes réserves

« Pièces jointes : liste des candidats publiée par la presse.

« (é) TCHATCHOUANG Paul ».

---Attendu qu’en application des dispositions de l’article 130, alinéa 5 du Code


Electoral, cette requête a été communiquée au Secrétaire Général du Comité Central
du RDPC et au Président du Conseil Electoral d’ELECAM, respectivement les 8 et 9
mars 2018 ;

---Que réagissant par leurs conseils respectifs à savoir Maître Guy NOAH pour le
RDPC, et Maître EYANGOH Louis Gabriel et ALIMA Marcus pour ELECAM, ces
parties ont déposé en date du 10 mars 2018 les mémoires en réponse dont la teneur
suit :

« 1) Pour le RDPC :

« REQUETE AUX FINS DE CONTESTATION DE L’ANNULATION DE LA LISTE


DES CANDIDATS DU RDPC A L’ELECTION DES SENATEURS DU 25 MARS
2018 DANSLA REGION DE L’OUEST »

« A Monsieur le Président du Conseil Constitutionnel

« Recours n° 03

« Le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC) ayant pour


Avocat Maître Guy NOAH, B.P. 1913 Yaoundé, au cabinet duquel il élit domicile ;

« A L’HONNEUR DE VOUS EXPOSER

« Que par requête en date du 09 mars 2018 enregistrée sous le numéro 03, Monsieur
TCHATCHOUANG Paul, Sénateur en fin de mandat et candidat à l’élection des
58
Sénateurs du 25 mars 2018 sur la liste du Social Democratic Front (SDF) domicilié à
Bandjoun, a saisi le Conseil Constitutionnel pour voir ordonner l’annulation totale
de la liste des candidats du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais
(RDPC) dans la Région de l’Ouest ;

« Que pour soutenir sa demande, il prétend que la liste du RDPC aux élections
sénatoriales dans la Région de l’Ouest n’a pas respecté les exigences légales
notamment, les articles 164 et 165 de la loi n° 2012/001 du 19 avril 2012 portant
Code Electoral, modifiée et complétée par la loi n° 2012/017 du 21 décembre 2012 ;

« Que le septième nom sur la liste du RDPC dans la Région de l’Ouest


TEINGNIDETIO Joseph, est un personnage fictif ;

« Qu’il produit un extrait du journal « l’ORPHELIN » comportant la liste des


candidats aux élections sénatoriales dans toutes les régions du Cameroun ainsi qu’un
extrait de « CAMEROON TRIBUNE » ;

« Mais attendu que non seulement le RDPC a respecté toutes les prescriptions
légales de la loi n° 2012/017 du 21 décembre 2012, mais Monsieur
TCHATCHOUANG Paul ne rapporte aucune preuve de ces allégations ;

« En conséquence son recours doit être rejeté pour faute de preuve ;

« Par ces motifs

« Voir rejeter le recours de Monsieur TCHATCHOUANG Paul pour faute de preuve.

« Sous toutes réserves

« Profond respects

« (é) Maître Guy NOAH » ;

« 2) Pour ELECAM

« MEMOIRE EN REPONSE

« POUR : ELECTIONS CAMEROON (ELECAM)

59
« A MONSIEUR LE PRESIDENT ET LES MEMBRES COMPOSANT LE CONSEIL
CONSTITUTIONNEL

« Plaise au Conseil Constitutionnel

« Par requête en date du 09 mars 2018 enregistrée le même jour au Conseil


Constitutionnel sous le n° 003, Monsieur TCHATCHOUANG Paul, en qualité de
candidat à l’élection des sénateurs du 25 mars 2018 pour le compte du parti
politique Social Democratic Front (SDF), a saisi le Conseil Constitutionnel d’un
recours aux fins d’ordonner l’annulation totale de la liste des candidats du RDPC
aux élections sénatoriales dans la région de l’Ouest ;

« Au soutien de son recours, il évoque la violation des articles 164 et 165 du Code
Electoral et la violation du principe général de droit « FRAUS OMNIA
CORRUMPIT » ;

« Qu’il produit comme pièces :

-Un extrait du journal l’Orphelin édition n° 260 du jeudi 08 mars 2018, portant
publication des listes des candidats à l’élection sénatoriale du 25 mars 2018 et

-Un extrait du journal Cameroon Tribune du 08 mars 2018 portant publication des
mêmes listes ;

I – Sur la prétendue violation des articles 164, 165 du Code Electoral.

« Le moyen fait état de ce que sur la liste du RDPC, figure le nom de


« TEINGNIDETIO Joseph qui serait une personne fictive et inexistante » ;

-D’une part Monsieur TCHATCHOUANG Paul ne rapporte pas la preuve de son


allégation ;

-D’autre part, lors de l’examen par le Conseil Electoral de la déclaration de


candidature du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC) dans
la région concernée, tous les dossiers de candidature de la liste proposée étaient
accompagnés de l’ensemble des pièces exigées par l’article 165 du Code Electoral ;

60
« Il s’ensuit que le moyen proposé n’est pas pertinent et qu’il y a lieu de le rejeter

« S’agissant de la prétendue violation du principe « FRAUS OMNIA


CORRUMPIT » ;

« Attendu que la violation des articles 164, 165 du Code Electoral invoqué par
Monsieur TCHATCHOUANG Paul étant chimérique comme démontré ci-dessus, la
prétendue violation du principe « FRAUS OMNIA CORRUMPIT » qui en serait la
conséquence est inopérante ;

« Par ces motifs

« Voir constater que Monsieur TCHATCHOUANG Paul ne rapporte pas la preuve de


ce que Monsieur TEINGNIDETIO Joseph dont le nom figure sur la liste du RDPC
pour l’élection des sénateurs du 25 mars 2018 dans la région de l’Ouest serait « une
personne fictive et inexistante » ;

« En conséquence

« Rejeter son recours comme étant non fondé ;

« Sous toutes réserves

« Profonds respects ;

« (é) Louis Gabriel EYANGOH

« Avocat au Barreau du Cameroun ».

---Attendu que lors des débats publics à l’audience, les parties sont restées sur leurs
positions respectives relativement à l’existence ou non du nommé TEINGNIDETIO
Jean ;

---Que la comparution personnelle de ce candidat de la liste RDPC de la Région de


l’Ouest s’avérant décisive pour la manifestation de la vérité, il y a lieu de l’ordonner ;

---Attendu que la cause ne recevant pas décision au fond, il convient de réserver les
dépens ;

61
PAR CES MOTIFS

---Statuant publiquement, contradictoirement à l’égard des parties, en matière


électorale avant-dire-droit et à l’unanimité des membres :

---Ordonne la comparution de TEINGNIDETIO Jean, candidat titulaire n° 7 de la


liste RDPC de la Région de l’Ouest, à la diligence dudit parti ;

---Renvoie la cause au 19 mars 2018 à 11 heures pour continuation des débats ;

---Réserve les dépens ;

---Ainsi jugé et prononcé en audience publique par le Conseil Constitutionnel, les


jour, mois et an que dessus en la salle des audiences dudit Conseil où siégeaient :

M. Clément ATANGANA, Président du Conseil Constitutionnel,

PRESIDENT ;

MM.

Jean FOUMAN AKAME,

BAH OUMAROU SANDA,

Paul NCHOJI NKWI,

Joseph Marie BIPOUN WOUM,

Emmanuel BONDE,

Mme Florence Rita ARREY,

MM. Charles Etienne LEKENE DONFACK,

AHMADOU TIDJANI,

Jean-Baptiste BASKOUDA,

Emile ESSOMBE,

CONSEILLERS ;

62
---Avec l’assistance de Maître Flavienne Jeannette AMBOMO épouse NOAH
AMBASSA, Greffier ;

---En foi de quoi la présente décision a été signée par le Président et le Secrétaire
Général./-

LE PRESIDENT LE SECRETAIRE GENERAL

Clément ATANGANA MALEGHO Joseph ASEH

63
DECISION N° 07/CE/CC/2018 DU 19 MARS 2018

AFFAIRE :

Sieur TCHATCHOUANG Paul (Sénateur SDF)


C/
- Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC)
- Elections Cameroon (ELECAM)

OBJET :
(Requête aux fins d’annulation de la liste des candidats du Rassemblement
Démocratique du Peuple Camerounais aux élections sénatoriales du 25 mars 2018
dans la Région de l’Ouest).

---L’an deux mille dix-huit ;

---Et le dix-neuf du mois de mars ;

---Le Conseil Constitutionnel, siégeant en audience publique au Palais des Congrès a


rendu la décision dont la teneur suit :

---Le Conseil Constitutionnel,

---Vu la Constitution ;

---Vu la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et fonctionnement du


Conseil Constitutionnel, modifiée par la loi n° 2012/015 du 21 décembre 2012 ;

---Vu la loi n° 2012/001 du 19 avril 2012 portant Code Electoral, modifiée et


complétée par la loi n° 2012/017 du 21 décembre 2012 ;

---Vu le décret n° 2018/104 du 7 février 2018 portant organisation et fonctionnement


du Secrétariat Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/015 du 07 février 2018 portant nomination des Membres du


Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/106 du 07 février 2018 portant nomination du Président du


64
Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/170 du 23 février 2018 portant nomination du Secrétaire


Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/103 du 07 février 2018 portant convocation du collège


électoral en vue de l’élection des Sénateurs ;

---Vu le recours de Sieur TCHATCHOUANG Paul ;

---Vu le mémoire en réponse de Maîtres EYANGOH Louis Gabriel et ALIMA


Marcus, conseils d’ELECAM ;

---Vu le mémoire en réponse de Maître Guy NOAH, conseil du RDPC ;

---Vu la décision avant-dire-droit n° 06/ADD/CE/CC/2018 du 15 mars 2018 ;

---Après avoir entendu le Conseiller BONDE Emmanuel, rapporteur, en la lecture de


son rapport ;

---Et après en avoir délibéré conformément à la loi ;

---Attendu que par requête du 09 mars 2018 parvenue au Secrétariat Général du


Conseil Constitutionnel le même jour et enregistrée sous le numéro 003/CCES/2018,
le nommé TCHATCHOUANG Paul, Sénateur SDF sortant de la Région de l’Ouest,
ayant pour conseils Maîtres ATANGA MBAH MBOLE Charles, DJOMNGANG
Adeline et NGOUANA MOUSTAPHA Avocats au barreau du Cameroun, BP 4663
Douala (Tél. 243 42 00 89) a saisi le Conseil Constitutionnel d’un recours dont la
teneur suit :
« Requête aux fins d’annulation de la liste des candidats du Rassemblement
Démocratique du Peuple Camerounais aux élections sénatoriales du 25 mars 2018
dans la Région de l’Ouest

« Yaoundé, le 09 mars 2018

« Conseil Constitutionnel

« Yaoundé

« Monsieur TCHATCHOUANG Paul, Sénateur en fin de mandat et candidat aux


élections sénatoriales du 25 mars 2018 sur la liste du Social Democratic Front (SDF)
domicilié à BANDJOUN au lieu-dit BAMETCHA, lequel a pour conseils Maîtres
ATANGA MBAH-MBOLE Charles, DJOMGANG Adeline et NGOUANA MUSTAPHA

65
au cabinet desquels il élit domicile aux fins des présentes et de ses suites BP : 4663
Douala Tél : 243.42.00.89 ;

« A L’HONNEUR DE VOUS EXPOSER

« Qu’il sollicite le rejet de la liste du Rassemblement Démocratique du Peuple


Camerounais en abrégé RDPC aux élections sénatoriales du 25 mars 2018 dans la
région de l’Ouest ;

« Qu’il a régulièrement fait acte de candidature et est de ce fait recevable en son


action qui est faite dans les forme et délai légal ;

« Que la candidature de ses colistiers a respecté toutes les prescriptions prévues par
le législateur notamment les dispositions des articles 164 et 165 du Code Electoral ;

« Que curieusement, la liste du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais


dans la Région de l’Ouest n’a pas respecté les dispositions du Code Electoral et les
Principes Généraux de Droit applicables en matière Electorale ;

« Que la décision inique prise par le Conseil Electoral d’Elections Cameroon portant
acceptation de la liste du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais dans
la région de l’Ouest ne résiste pas à une analyse juridique rigoureuse comme il sera
démontré infra ;

« Qu’en outre, il convient de préciser conformément à l’article 49 de la loi numéro


2004/004 du 21 avril 2004, portant organisation et Fonctionnement du Conseil
Constitutionnel que cinq listes sont en compétition dans la région de l’Ouest, à
savoir : le SDF, le RDPC, l’UDC, l’UMS et l’UNDP ;

« Que la juridiction de céans est compétente pour connaître du contentieux de


l’éligibilité aux élections sénatoriales, ce conformément à l’article 47 de la loi numéro
2004/004 du 21 avril 2004, portant organisation et fonctionnement du Conseil
Constitutionnel, qui dispose : « Le Conseil Constitutionnel est juge de l’éligibilité à
l’Assemblée Nationale et au Sénat » ;

I- Sur le premier moyen pris de la violation de l’article 164 du Code Electoral

« Attendu que la décision prise par le Conseil Electoral d’Elections Cameroon viole
l’article 164 du Code Electoral ;

« En ce que l’article 164 du Code susvisé énonce que (1) les candidatures font l’objet,
dans les quinze (15) jours suivant la convocation du corps électoral, d’une déclaration
en triple exemplaire, revêtue des signatures légalisées des candidats.

« (2) Cette déclaration est déposée et enregistrée, contre récépissé, à la Direction


Générale des Elections ou au niveau du démembrement départemental d’Elections
66
Cameroon de la circonscription concernée. Copie en est immédiatement tenue au
Conseil Constitutionnel par le candidat ou le mandataire, contre accusé de réception.

« (3) Les déclarations de candidature déposées au niveau du démembrement


département d’Elections Cameroon sont transmises sans délai à la Direction Générale
des Elections ;

« (4) La déclaration de candidature mentionne :

« Les noms, prénoms, date et lieu de naissance, filiation, profession et domicile des
candidats ;

« Le titre de la liste et le parti politique auquel elle se rattache ;

« Le signe choisi pour l’impression des bulletins de vote ou pour identifier le parti le
nom du mandataire de la liste, candidat ou non et l’indication de son domicile ;

« Les indications sur la prise en compte des composantes sociologiques de la


circonscription dans la constitution de la liste ;

« Les indications sur la prise en compte du genre dans la constitution de la liste ;

« (5) Est interdit le choix d’un emblème comportant à la fois les trois (3) couleurs :
vert, rouge, jaune.

« Que pourtant la liste du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais a


sans vergogne violé les dispositions de l’article 164 du Code Electoral relatives à la
déclaration par laquelle le candidat mentionne : « Les noms, prénoms, date et lieu de
naissance, filiation, profession et domicile des candidats » ;

« Que sur la liste du RDPC querellée, figure les noms suivants :

« NGOUNCHINGHE Sylvestre

« NGOUBEYOU François Xavier

« FOMETHE Anaclet

« NGANGOUBE AMINATOU

« POKAM Max

« DSAMOU Micheline et TEINGNIDETIO Joseph

« Que le dernier nom de la liste du RDPC est une personne fictive et inexistante ;

67
« Qu’il s’agit d’un personnage mystérieux inséré sur la liste du RDPC à la dernière
minute pour éviter la disqualification de celle-ci, à la suite de la rude bataille des
investitures qu’a connu ce parti ;

« Qu’en voulant rattraper le temps perdu dans la bataille des investitures, le RDPC a
cru pouvoir s’en tirer à bon compte en insérant sur sa liste un personnage fictif et
bénéficier par voie de conséquence de la magnanimité d’Elections Cameroon et
éventuellement du « privilège du tenancier » ;

« Qu’un candidat à une élection nationale doit pouvoir être identifiable et identifié ;

« Que les recoupements faits par le requérant et confirmés par la presse, révèlent que
le nom de ce candidat a été ajouté après la clôture du processus électoral, sous la
pression d’un dignitaire de la région de l’Ouest et originaire du département des
Bamboutos ;

« Qu’il s’agit à n’en point douter d’une orchestration cavalière et honteuse dont le
résultat ultime est le discrédit de l’ensemble du processus électoral camerounais ;

« Que toute faute d’identification constitue une légèreté blâmable qui doit
inéluctablement entraîner la disqualification de la liste qui en est l’objet ;

« Qu’en 2007, la Cour Suprême siégeant comme Conseil Constitutionnel avait rejeté
la liste RDPC dans le MOUNGO Sud, suite à une situation quasi similaire où le
nommé MPAPTE avait été présenté comme s’appelant MBAPPE, ce en vue de
brouiller les exigences liées au nécessaire respect des composantes sociologiques ;

« Qu’il échet à l’auguste juridiction de céans de rejeter la liste du RDPC pour


violation des dispositions de l’article 164 du Code Electoral relatif à l’identification
des candidats ;

II- Sur le second moyen pris de la violation de l’article 165 du Code Electoral

« En ce que la décision prise par le Conseil électoral d’Elections Cameroon viole


l’article 165 du Code électoral ;

« En ce que l’article 165 du code susvisé dispose : « la déclaration de candidature est


accompagnée, pour chaque candidat titulaire ou suppléant :

« D’un extrait d’acte de naissance datant de moins de trois (03) mois ;

« D’un certificat de nationalité ;

« D’un bulletin n°3 du casier judiciaire datant de moins de trois (03) mois ;

68
« D’une déclaration par laquelle chaque candidat titulaire ou suppléant certifie sur
l’honneur qu’il n’est candidat que sur cette liste et qu’il ne se trouve dans aucun cas
d’inéligibilité prévu par la loi ;

« D’un certificat d’imposition ou de non-imposition ;

« D’une attestation d’inscription sur une liste électorale ;

« De l’original de versement du cautionnement ;

« D’une attestation par laquelle le parti politique investit l’intéressé en qualité de


candidat ;

« Qu’en effet, la liste du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais a sans


vergogne violé les dispositions de l’article 165 du Code Electoral énumérant les
pièces à fournir par les candidats ;

« Qu’un candidat inexistant ne peut avoir produit toutes les pièces énumérées par le
SDF, toute chose qui est contraire à l’article 165 susvisé ;

« Qu’il échet à l’auguste juridiction de céans de rejeter la liste du RDPC pour


violation des dispositions de l’article 165 du Code Electoral relatif aux pièces à
fournir ;

III- Sur le troisième moyen pris de la violation du principe général de droit fraus
omnia corrumpit (La fraude corrompt tout)

« Attendu que le déroulement normal des élections présuppose la bonne foi de tous les
participants aux élections et la sincérité de toutes leurs déclarations ;

« Que mêmement, l’identité des participants aux élections comme électeurs ou élus
doit être précise, sincère et ne pas être sujette à controverses ou variations suspectes ;

« Que malheureusement, la liste du RDPC aux élections sénatoriales dans la région de


l’Ouest n’a pas sacrifié à ces exigences ;

« Qu’en effet, le septième sur la liste du RDPC en l’occurrence le nommé


TEINGNIDETIO Joseph est un personnage imaginaire et frauduleux ;

« Que la mise en compétition d’un être imaginaire exsude de manière on ne peut plus
plausible la volonté de fausser le jeu démocratique et de couvrir le Cameroun de
davantage d’opprobre ;

« Que le changement intervenu sur la désignation du candidat querellé n’est pas un


hasard, mais la manifestation du rafistolage dont le RDPC a seul le secret avec en
toile de fond les batailles des investitures susvisées ;

69
« Qu’en vertu de la maxime latine » FRAUS OMNIA CORRUMPIT » c’est-à-dire la
fraude corrompt tout, la liste du RDPC aux élections sénatoriales dans la région de
l’Ouest doit être purement et simplement rejetée ;

« Que de même la maxime latine « malitiis non est idulgendum » (à l’égard de celui
qui est malicieux il ne faut pas être indulgent) fait obligation à la juridiction de céans
de réprimer les actes frauduleux comme ceux du RPDC en l’espèce ;

« Que l’élection ne s’accommode pas de la fraude sous toutes ses formes ;

« Qu’il échet en conséquence à la juridiction de céans de rejeter purement et


simplement la liste du RDPC aux élections sénatoriales dans la région de l’Ouest ;

« C’est pourquoi le requérant sollicite qu’il vous plaise Monsieur le Président :

« En la forme

« De bien vouloir le recevoir en sa requête comme faite dans les forme et délai
légaux ;

« Au fond :

« De bien vouloir constater que la liste des candidatures RDPC a été reçue dans la
région de l’Ouest ;

« Bien vouloir constater que la liste du RDPC dans la région de l’Ouest contient le
nommé TEINGNIDETIO Joseph ;

« Bien vouloir constater que le nommé TEINGNIDETIO Joseph est inconnu des
registres d’Etat civil camerounais ;

« Bien vouloir constater que les candidats aux élections sénatoriales doivent être
clairement identifiées, ce conformément aux dispositions de l’article 164 du Code
Electoral ;

« Bien vouloir constater que la fraude corrompt tout conformément à la maxime latine
« fraus omnia corrumpit » ayant valeur de principe général de droit ;

« En conséquence

« Ordonner l’annulation totale de la liste des candidats du Rassemblement


Démocratique du Peuple Camerounais aux élections sénatoriales dans la région de
l’Ouest ;

« Profonds respects

« Sous toutes réserves

70
« Pièces jointes : liste des candidats publiée par la presse.

« (é) TCHATCHOUANG Paul ».

---Attendu qu’en application des dispositions de l’article 130, alinéa 5 du Code


Electoral, cette requête a été communiquée au Secrétaire Général du Comité Central
du RDPC et au Président du Conseil Electoral ELECAM, respectivement les 8 et 9
mars 2018 ;

---Que réagissant par leurs conseils respectifs à savoir Maître Guy NOAH pour le
RDPC, et Maître EYANGOH Louis Gabriel et ALIMA Marcus pour ELECAM, les
défendeurs ont déposé en date du 10 mars 2018 les mémoires en réponse dont la teneur
suit :

« 1) Pour le RDPC :

« REQUETE AUX FINS DE CONTESTATION DE L’ANNULATION DE LA LISTE


DES CANDIDATS DU RDPC A L’ELECTION DES SENATEURS DU 25 MARS 2018
DANSLA REGION DE L’OUEST »

« A Monsieur le Président du Conseil Constitutionnel

« Recours n° 003

« Le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC) ayant pour


avocat Maître Guy NOAH, B.P. 1913 Yaoundé, au cabinet duquel il élit domicile ;

« A L’HONNEUR DE VOUS EXPOSER

« Que par requête en date du 09 mars 2018 enregistrée sous le numéro 03, Monsieur
TCHATCHOUANG Paul, Sénateur en fin de mandat et candidat à l’élection des
Sénateurs du 25 mars 2018 sur la liste du Social Democratic Front (SDF) domicilié à
Bandjoun, a saisi le Conseil Constitutionnel pour voir ordonner l’annulation totale de
la liste des candidats du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais
(RDPC) dans la Région de l’Ouest ;

« Que pour soutenir sa demande, il prétend que la liste du RDPC aux élections
sénatoriales dans la Région de l’Ouest n’a pas respecté les exigences légales
notamment, les articles 164 et 165 de la loi n° 2012/001 du 19 avril 2012 portant Code
Electoral, modifiée et complétée par la loi n° 2012/017 du 21 décembre 2012 ;

« Que le septième nom sur la liste du RDPC dans la Région de l’Ouest


TEINGNIDETIO Joseph, est un personnage fictif ;

71
« Qu’il produit un extrait du journal « l’ORPHELIN » comportant la liste des
candidats aux élections sénatoriales dans toutes les régions du Cameroun ainsi qu’un
extrait de « CAMEROON TRIBUNE » ;

« Mais attendu que non seulement le RDPC a respecté toutes les prescriptions légales
de la loi n° 2012/017 du 21 décembre 2012, mais Monsieur TCHATCHOUANG Paul
ne rapporte aucune preuve de ses allégations ;

« En conséquence son recours doit être rejeté pour faute de preuve ;

« Par ces motifs

« Voir rejeter le recours de Monsieur TCHATCHOUANG Paul pour faute de preuve.

« Sous toutes réserves

« Profond respects

« (é) Maître Guy NOAH » ;

« 2) Pour ELECAM

« A MONSIEUR LE PRESIDENT ET LES MEMBRES COMPOSANT LE CONSEIL


CONSTITUTIONNEL

« Plaise au Conseil Constitutionnel

« Par requête en date du 09 mars 2018 enregistrée le même jour au Conseil


Constitutionnel sous le n° 003, Monsieur TCHATCHOUANG Paul, en qualité de
candidat à l’élection des sénateurs du 25 mars 2018 pour le compte du parti politique
Social Democratic Front (SDF), a saisi le Conseil Constitutionnel d’un recours aux
fins d’ordonner l’annulation totale de la liste des candidats du RDPC aux élections
sénatoriales dans la région de l’Ouest ;

« Au soutien de son recours, il évoque la violation des articles 164 et 165 du Code
Electoral et la violation du principe général de droit « FRAUS OMNIA
CORRUMPIT » ;

« Qu’il produit comme pièces :

« -Un extrait du journal l’Orphelin édition n° 260 du jeudi 08 mars 2018, portant
publication des listes des candidats à l’élection sénatoriale du 25 mars 2018 et

« -Un extrait du journal Cameroon Tribune du 08 mars 2018 portant publication des
mêmes listes ;

« I – Sur la prétendue violation des articles 164, 165 du Code Electoral.

72
« Le moyen fait état de ce que sur la liste du RDPC, figure le nom de
« TEINGNIDETIO Joseph qui serait une personne fictive et inexistante » ;

« -D’une part Monsieur TCHATCHOUANG Paul ne rapporte pas la preuve de son


allégation ;

-D’autre part, lors de l’examen par le Conseil Electoral de la déclaration de


candidature du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC) dans
la région concernée, tous les dossiers de candidature de la liste proposée étaient
accompagnés de l’ensemble des pièces exigées par l’article 165 du Code Electoral ;

« Il s’ensuit que le moyen proposé n’est pas pertinent et qu’il y a lieu de le rejeter

« S’agissant de la prétendue violation du principe « FRAUS OMNIA


CORRUMPIT » ;

« Attendu que la violation des articles 164, 165 du Code Electoral invoqué par
Monsieur TCHATCHOUANG Paul étant chimérique comme démontré ci-dessus, la
prétendue violation du principe « FRAUS OMNIA CORRUMPIT » qui en serait la
conséquence est inopérante ;

« Par ces motifs

« Voir constater que Monsieur TCHATCHOUANG Paul ne rapporte pas la preuve de


ce que Monsieur TEINGNIDETIO Joseph dont le nom figure sur la liste du RDPC
pour l’élection des sénateurs du 25 mars 2018 dans la région de l’Ouest serait « une
personne fictive et inexistante » ;

« En conséquence

« Rejeter son recours comme étant non fondé ;

« Sous toutes réserves

« Profonds respects ;

« (é) Louis Gabriel EYANGOH

« Avocat au Barreau du Cameroun ».

SUR LA RECEVABILITE DE LA REQUETE

---Attendu qu’aux termes de l’article 129 du Code Electoral, « les contestations ou les
réclamation relatives au rejet ou à l’acceptation de candidature, ainsi que celles
relatives à la couleur, au sigle ou au symbole adoptés par un candidat sont soumises
à l’examen du Conseil Constitutionnel par tout candidat, tout parti politique ayant
pris part à l’élection ou toute personne ayant qualité d’agent du gouvernement pour
73
ladite élection, dans un délai maximum de deux (02) jours suivant la publication des
candidatures. » ;

---Que la requête introduite par le candidat TCHATCHOUANG Paul le 9 mars 2018


étant recevable comme faite dans le délai de deux (02) jours prescrit, il convient de la
recevoir en la forme ;

---Attendu que lors des débats publics à l’audience, les parties sont restées sur leurs
positions respectives relativement à l’existence ou non du nommé TEINGNIDETIO
Jean ;

---Que la comparution personnelle de ce candidat de la liste RDPC de la Région de


l’Ouest s’avérant décisive pour la manifestation de la vérité, il y a lieu de l’ordonner ;

---Attendu que la cause ne recevant pas décision au fond, il convient de réserver les
dépens ;

---Attendu qu’à l’audience de renvoi, le candidat TEINGNIDETIO Jean, dont


l’existence était remise en cause, a comparu personnellement et a présenté sa carte
nationale d’identité ;

---Que répondant aux questions du Président, il a confirmé avoir produit un dossier de


candidature pour les sénatoriales du 25 mars 2018 dans les rangs du RDPC à l’Ouest et
n’est donc pas une personne fictive ;

---Attendu que le débat sur l’existence de ce candidat étant clos à la suite de sa


comparution personnelle, le requérant, ses conseils et le Social Democratic Front
(SDF), ont néanmoins soulevé des irrégularités portant sur les pièces produites dans le
dossier du candidat contesté ;

---Qu’ils ont notamment évoqué la violation de l’article 165 du Code Electoral par
ledit candidat pour avoir déclaré qu’il est candidat sur la liste du sieur AHMADOU
AHIDJO qui n’est pas un parti politique, ainsi que la violation de l’article 166 du
même Code en vertu duquel le candidat titulaire et son suppléant doivent
conjointement verser au Trésor Public un cautionnement d’un million de francs CFA ;

---Mais considérant qu’aux termes de l’article 130 alinéa 4 du susdit Code, « Sous
peine d’irrecevabilité, la requête doit préciser les faits et les moyens allégués » ;

---Qu’il en résulte que le cadre du procès étant fixé par la requête introductive
d’instance, tout moyen nouveau par rapport à celle-ci ne saurait être admis ;

---Qu’il convient par conséquent de se limiter aux faits et moyens développés dans
l’acte de saisine et de rejeter le recours comme non justifié ;

74
---Attendu que la procédure devant le Conseil Constitutionnel étant gratuite en vertu
de l’article 57 de la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et
fonctionnement du Conseil Constitutionnel, il y a lieu de laisser les dépens à la charge
du Trésor Public ;

PAR CES MOTIFS

---Statuant publiquement, contradictoirement à l’égard des parties, en matière


électorale, en dernier ressort, et à l’unanimité des membres :

---Déclare la requête de TCHATCHOUANG Paul recevable en la forme ;

---Au fond : La rejette comme non justifiée ;

---Laisse les dépens à la charge du Trésor Public ;

---Ordonne la notification immédiate de la présente décision à ELECAM et aux autres


parties ;

---Ainsi jugé et prononcé en audience publique ordinaire par le Conseil


Constitutionnel, les jour, mois et an que dessus en la salle des audiences dudit
Conseil où siégeaient :

M. Clément ATANGANA, Président du Conseil Constitutionnel,

PRESIDENT ;

MM.
Jean FOUMAN AKAME,
BAH OUMAROU SANDA,
Paul NCHOJI NKWI,
Joseph Marie BIPOUN WOUM,
Emmanuel BONDE,
Mme Florence Rita ARREY,
MM. Charles Etienne LEKENE DONFACK,
AHMADOU TIDJANI,
Jean-Baptiste BASKOUDA,
Emile ESSOMBE
CONSEILLERS ;

---Avec l’assistance de Maître Flavienne Jeannette AMBOMO épouse NOAH


AMBASSA, Greffier ;
75
---En foi de quoi la présente décision a été signée par le Président et le Secrétaire
Général. /-

LE PRESIDENT LE SECRETAIRE GENERAL

Clément ATANGANA MALEGHO Joseph ASEH

76
2- CONTENTIEUX POST-ELECTORAL

77
DECISION N° 08/CE/CC/2018 DU 03 AVRIL 2018

AFFAIRE

N. NJENJE VALENTIN KLEBER (SDF)

C/
-ELECTIONS CAMEROON (ELECAM)

-RDPC

-ANDP

-UNDP

OBJET:

(Requête aux fins d’annulation des résultats de l’élection sénatoriale du


25 mars 2018 dans le Lebialem, le Kupe-Muanenguba et la Région du Sud-Ouest
toute entière).

---L’an deux mille dix-huit ;

---Et le trois du mois d’avril ;

---Le Conseil Constitutionnel, siégeant en audience publique au Palais des Congrès a


rendu la décision dont la teneur suit :

---Le Conseil Constitutionnel,

---Vu la Constitution ;

---Vu la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et fonctionnement du


Conseil Constitutionnel, modifiée par la loi n° 2012/015 du 21 décembre 2012 ;

---Vu la loi n° 2012/001 du 19 avril 2012 portant Code Electoral, modifiée et


complétée par la loi n° 2012/017 du 21 décembre 2012 ;

---Vu le décret n° 2018/104 du 7 février 2018 portant organisation et fonctionnement


du Secrétariat Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/015 du 07 février 2018 portant nomination des Membres du


78
Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/106 du 07 février 2018 portant nomination du Président du


Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/170 du 23 février 2018 portant nomination du Secrétaire


Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/103 du 07 février 2018 portant convocation du collège


électoral en vue de l’élection des Sénateurs ;

---Vu le recours de N. NJENJE Valentin Kleber

--- Après avoir entendu le Conseiller-Rapporteur, Mme. ARREY Florence Rita, en la


lecture de son rapport ;

---Attendu que le 28 mars 2018, le Secrétaire Général du Conseil Constitutionnel a


reçu de M. N. NJENJE Valentin Kleber, Électeur du Fako et Représentant SDF au
sein de la Commission Régionale de Supervision du Sud-Ouest, une requête en
annulation des résultats des élections sénatoriales dans le Lebialem, le Kupe-
Muanenguba et la Région du Sud-Ouest entière aux termes de l’Article 133(2) du
Code Électoral ;

---Attendu que la requête de M. NJENJE Valentin Kleber expose les faits ainsi qu’il
suit :

« LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL

« SIÉGEANT À YAOUNDÉ

« PLAISE AU PRÉSIDENT ET AUX MEMBRES DU CONSEIL


CONSTITUTIONNEL

« Aff : REQUÊTE EN ANNULLATION TOTALE DES RÉSULTATS DES


ÉLECTIONS SÉNATORIALES DANS LE LEBIALEM, LE KUPE-MUANENGOUBA

79
ET DANS LA RÉGION DU SUD-OUEST AUX TERMES DE L’ARTICLE 132(2) DU
CODE ÉLECTORAL »

« La présente requête repose sur des faits et preuves solides, incontestables,


irréfutables, collectés avant, pendant et après les élections sénatoriales du
25 mars 2018 dans les divers bureaux de vote de la Région du Sud-Ouest. Qu'il vous
plaise que nous présentions quelques cas illustratifs susceptibles d'éclairer votre
décision qui garantira le respect de l’état de droit, l’impartialité, l’équité et la
justice ;

« LE CAS DU KUPE-MANENGOUBA

1. « Il est indéniable qu’aucune élection ne s’est tenue à Bangem le


25 mars 2018. Des faits éloquents indiquent que tout au long du processus, la terreur
et l’horreur ont paralysé la localité suite à des échanges de tirs à balles réelles entre
des assaillants non identifiés et les forces de l'ordre, entraînant ainsi la fuite des
civils qui craignaient pour leur vie. Cette affirmation est corroborée dans la colonne
des observations du procès-verbal remis à la Commission Régionale de Supervision.
Ce procès-verbal révèle entre autres « des séries d’attaques par des hommes armés
non identifiés ... » ;

2. « Deuxièmement, le prétendu procès-verbal du bureau de vote du Kupe-


Manengouba est truffé de ratures au bas de la feuille des résultats qui n’a été signée
par aucun des membres qui étaient supposés être en charge du bureau de vote ;

3. « Troisièmement, le prétendu procès-verbal pour le Kupe-Manengouba est


signé par deux membres de la Commission Locale de Supervision des Elections sur
les quatre membres cités. Fait surprenant, seul le Représentant du RDPC y est
identifié ;

4. « Il est surréaliste et quelque peu hilarant d’affirmer que des élections ont eu
lieu dans ce cadre aussi périlleux et extrêmement dangereux ;

80
5. « À l’exception du RDPC, aucun membre des trois autres partis en lice n’a
signé et n’a reçu de copies dudit procès-verbal ; fait qui constitue une violation de
l’article 234(2) du Code Electoral. La seule déduction logique est qu’aucune
élection ne s’est tenue dans le KUPE-MUANENGOUBA et que les électeurs de ce
Département ont purement et simplement été privés de ce droit en raison des « séries
d’attaques par des personnes armées non identifiées ;

« LE CAS DU LEBIALEM
6. « Qu’il est indéniable qu’environ treize électeurs munis de procurations,
sélectionnés dans les communes de WABANE et ALOU, ont été littéralement confinés
et enfermés à Dschang, dans la Région de l’Ouest. Le jour du vote ils ont été
héliportés à MENJI pour voter dans une ville morte et déserte, en violation non
seulement des droits fondamentaux et des libertés qui constituent une exigence
cardinale pour des élections libres, justes et transparentes, mais aussi en violation
de l’Arrêté du Gouverneur interdisant tout déplacement le jour de l’élection ;

7. « Que même comme seuls 27 sur 93 électeurs ont voté, le bureau de vote a
fermé à 16h 30 en violation des dispositions du Code Electoral et au Décret
présidentiel portant Convocation du corps électoral. Pour protester contre cette
irrégularité flagrante, le Représentant du SDF dans le bureau de vote a signé le
procès-verbal de façon mécanique « avec des réserves » ;

8. « Que le Représentant du RDPC dans le bureau de vote du Lebialem a refusé


de porter sa signature sur le procès-verbal en protestation contre cette violation
flagrante du Code Electoral qui dispose clairement que le vote s’achève à 18h sans
aucune dérogation ;

9. « Les Représentants de l’ANDP et de l’UNDP, membres de la Commission


Régionale de Supervision régionale, n’ont pas été désignés par leurs membres
présents au sein de la Commission Locale de vote et encore moins par leurs parti
politiques respectifs ;

« DES AUTRES BUREAUX DE VOTE DANS LA RÉGION

81
10. « Les faits enregistrés dans les autres bureaux de vote dans le Sud-Ouest ne
sont guère différents. Les cas sont nombreux ;

« Que dans le Département de la Manyu, les bulletins nuls n’ont pas été transmis à
la Commission Régionale, contrairement aux dispositions de l’article 234(3) du
Code Électoral ;

« Tous les 100 électeurs de la Manyu ont été enfermés et cachés aux partis politiques
en compétition à l’exception du RDPC. Ils étaient prétendument enfermés dans
divers hôtels de Mamfe : Royal Hotel, Standard Hotel et Crystal Hotel, du samedi
24 mars au lundi 26 mars 2018 ;

« Dans le bureau de vote de Mudemba A, les membres de la Commission Locale ont


signé devant leurs noms sans indiquer leurs qualités respectives ;

« Les représentants de l’ANDP et du SDF dans le bureau de vote de Mudemba A ne


sont pas reconnus comme scrutateurs dans la liste soumise à ELECAM ;

« Que dans l’ensemble de la Région, les électeurs étaient confinés dans des hôtels
réquisitionnés par l’administration qui, sous le prétexte de vouloir assurer la
sécurité de ceux-ci dans un contexte d’instabilité due à la crise anglophone, a porté
atteinte à la liberté, l’équité et la transparence des élections dans la Région du Sud-
Ouest ;

« Que dans l’ensemble, les élections sénatoriales dans la Région du Sud-Ouest ont
été une occasion manquée pour notre cher pays de consolider les principes et les
pratiques des idéaux démocratiques auxquels nous aspirons ardemment ;

« Nous vous prions, honorables membres du Conseil Constitutionnel, de restaurer le


bon sens et l’espoir pour un Cameroun démocratique que nous avons la
responsabilité historique de léguer à la future génération, en annulant les prétendus
résultats obtenus dans le Lebialem, le Kupe-Muanengouba et dans la Région du Sud-
Ouest toute entière, à cause des abus ayant entaché cette parodie de processus
démocratique ;

82
« ET CE NE SERA QUE JUSTICE ;

« Ont signé ---------------

« N. NJENJE Valentin KLEBER

« Électeur dans le Fako et Représentant SDF dans la Commission Régionale de


Supervision, Région du Sud-Ouest » ;

---Attendu que, Maître EYANGOH Louis Gabriel du Conseil d’Elections Cameroon


(ELECAM) a déposé un mémoire en réponse le 29 mars 2018 ;

---Le mémoire en réponse dont la teneur suit :

« Monsieur le Président et les membres composant le Conseil Constitutionnel

« Recours n° 007 du 28 mars 2018

« Mémoire en réponse

«Pour : Elections Cameroon (ELECAM)

« Maître EYANGOH Louis Gabriel

« Maître ALIMA Marcus

« Contre : Monsieur NJENJE Valentin Kléber

« Plaise au Conseil Constitutionnel

« Par requête non datée enregistrée au Secrétariat Général du Conseil


Constitutionnel le 28 mars 2018 sous le n° 007, Monsieur NJENJE Valentin Kléber,
es qualité « électeur et représentant du Social Democratic Front (SDF) au sein de la
Commission Régionale de Supervision des élections sénatoriales pour la Région du
Sud-Ouest », a saisi le Conseil Constitutionnel d’un recours aux fins d’annulation
des résultats des élections sénatoriales dans le LEBIALEM, le KUPE-
MANENGUMBA et dans toute la Région du Sud-Ouest, en application des
dispositions de l’article 132(2) du Code Electoral ;

83
« Aux dires du recourant, sa requête est fondée sur des faits et preuves irréfutables,
incontestables et convaincants recueillis avant, pendant et après les élections
sénatoriales du 25 mars 2018 dans les différents bureaux de vote de la Région
concernée ;

« Le cas du KUPE-MANENGUMBA

« 1) En premier lieu, le recourant prétend qu’il n’y aurait pas eu élection à


BANGEM le 25 mars 2018, car disposant des preuves que toute la journée, la
terreur et l’horreur se sont emparées de la localité, avec des échanges de coups de
feu et à balles réelles entre des assaillants non identifiés et les forces de l’ordre,
faisant ainsi fuir tous les électeurs. Ces faits ont été portés à la connaissance de la
Commission Régionale de Supervision à travers un rapport qui disait entre autres
qu’il y avait « série d’attaques par des hommes armés non identifiés… » ;

« 2) En deuxième lieu, il allègue que le rapport du bureau de vote de KUPE-


MANENGUMBA comporte de ratures au bas de la feuille des résultats qui n’ont été
ni approuvés ni contresignés par aucun des membres du bureau de vote ;

« 3) Troisièmement, le procès-verbal du bureau de vote de KUPE-MANENGUMBA


est signé par deux membres de la commission locale de vote sur les quatre membres
listés et, chose étonnante, seul le représentant du parti RDPC y est identifié ;

« Que selon lui, il est surréaliste et quelque peu hilarant de faire croire qu’un scrutin
ait pu se dérouler dans un contexte extrêmement périlleux et un environnement très
dangereux ;

« 4) Enfin, il affirme qu’en dehors du RDPC aucun des trois autres partis en lice n’a
signé, ni reçu copie du procès-verbal en violation des dispositions de l’article 234(2)
du code électoral, et, la seule conclusion logique qui peut en être tirée est qu’aucune
élection n’a eu lieu dans le KUPE-MANENGUMBA et que les électeurs de cette
localité ont été simplement privés de leur droit en raison de « la série d’attaques par
des hommes armés non identifiés » ;

« Le cas du LEBIALEM
84
« i) Selon le recourant, il existerait des preuves que 13 électeurs des zones de
WABANE et ALOU ont été enfermés à DSCHANG dans la Région de l’Ouest et le
jour de l’élection, transportés par hélicoptère à MENJI pour voter dans une ville
déserte, en violation des lois et libertés fondamentales, conditions cardinales pour
des élections libres, équitables et transparentes et en violation des instructions du
Gouverneur du Sud-Ouest interdisant tous les mouvements le jour du scrutin ;

« ii) Qu’il serait établi qu’alors que seuls 27 des 93 électeurs avaient voté, le bureau
de vote aurait été fermé à 16h30 en violation des dispositions du code électoral et du
décret présidentiel convoquant le corps électoral. Pour protester contre cette
grossière irrégularité, le représentant du SDF au bureau de vote a signé le procès-
verbal « avec des réserves » ;

« iii) Que le représentant du RDPC dans ledit bureau de vote a refusé de signer le
rapport portant réclamation sur l’heure de fermeture du bureau de vote pour
laquelle aucune dérogation n’est admise ;

« iv) Que les représentants de l’ANDP et l’UNDP au sein de la Commission


Régionale de Supervision n’auraient pas été désignés comme membres de ladite
commission par leur parti politique respectif ;

« Cas des autres bureaux de vote de la Région

« a) Dans la MANYU, le recourant prétend que les bulletins nuls n’auraient pas été
transmis à la Commission Régionale de Supervision, contrairement aux dispositions
de l’article 234(3) du code électoral ;

« b) Toujours dans la MANYU, tous les 100 électeurs auraient été enfermés et
coupés de toute communication avec les partis politiques en compétition à
l’exception du RDPC. Ils auraient été installés dans divers hôtels de MAMFE
(Standard Hôtel, Royal Hôtel et Crystal Hôtel) du samedi 24 au lundi 26 mars 2018 ;

« c) Dans le bureau de vote de MUMDEMBA A, les membres du bureau de vote ont


signé le procès-verbal sans indiquer leur qualité respective et les représentants des

85
partis ANDP et UNDP dans ledit bureau de vote ne figuraient pas sur la liste
officielle transmise par ELECAM ;

« d) Dans toute la Région, les électeurs auraient été mis en quarantaine dans les
hôtels réquisitionnés par l’administration sous prétexte de préserver leur sécurité en
raison du climat instable lié à la crise anglophone en vue de garantir une bonne
élection ;

« Il conclut en disant que dans l’ensemble, les élections sénatoriales dans la Région
du Sud-Ouest ont été une occasion manquée pour le pays de consolider les principes
et idéaux démocratiques et sollicite en conséquence l’annulation des prétendus
résultats obtenus dans le KUPE MANENGOUMBA, le LEBIALEM et dans toute la
Région du Sud-Ouest, car il s’est agi d’une parodie d’élection ;

« Qu’il produit comme pièces :

« - La copie de la décision du Conseil Electoral constatant la composition de la


Commission Régionale de Supervision des élections sénatoriales du 25 mars 2018
pour la Région du Sud-Ouest et ;

« - Une photocopie de sa carte d’électeur ;

Mais attendu que ledit recours est autant irrecevable que non fondé ;

« I- Au principal : Sur l’irrecevabilité

« Attendu que le chapitre XII du code électoral traite du « contentieux électoral » et


de la proclamation des résultats relativement à l’élection des sénateurs ;

« Qu’aux termes des dispositions de l’article 239 de ce chapitre :

« (1) Le Conseil Constitutionnel veille à la régularité de l’élection des sénateurs.

« (2) Le contentieux des élections sénatoriales obéit aux dispositions des articles
133 à 136 de la présente loi. » ;

« Aux termes des dispositions de l’article 133 du code électoral auxquelles renvoient
les dispositions de l’article 239(2) sus visé :

86
« (1) Toute contestation formulée en application des dispositions de l’article 132
ci-dessus doit parvenir au Conseil Constitutionnel dans un délai maximum de
soixante-douze (72) heures à compter de la date de clôture du scrutin.

« (2) Le Conseil Constitutionnel peut, s’il le juge nécessaire, entendre tout


requérant ou demander la production, contre récépissé, des pièces à conviction.

« (3) Sous peine d’irrecevabilité, la requête doit préciser les faits et les moyens
allégués. Elle est affichée dans les vingt-quatre (24) heures à compter de son dépôt
et communiquée aux parties intéressées, qui disposent d’un délai de quarante-huit
(48) heures pour déposer, contre récépissé, leur mémoire en réponse. » ;

« Que l’article 132 du même code auquel se réfère l’article 133(1) dispose en son
alinéa 2 :

« II (le Conseil Constitutionnel) statue sur toute requête en annulation totale ou


partielle des opérations électorales introduite par tout candidat, tout parti politique
ayant pris part à l’élection, ou par toute personne ayant qualité d’agent du
gouvernement pour cette élection. » ;

« En outre, aux termes des dispositions de l’article 48 alinéa 1er de la loi n°


2004/004 du 21 avril 2004 modifiée, portant organisation et fonctionnement du
Conseil Constitutionnel : « En cas de contestation de la régularité de l’élection des
membres du parlement, le Conseil Constitutionnel peut être saisi par tout candidat,
tout parti politique, ayant pris part à l’élection dans la circonscription concernée et
toute personne ayant qualité d’agent de gouvernement pour cette élection. » ;

« Qu’il résulte de la combinaison de l’ensemble des dispositions sus évoquées que la


contestation de la régularité de l’élection des sénateurs n’est ouverte qu’aux
candidats, aux partis politiques ayant pris part à l’élection dans la circonscription
concernée et à toute personne ayant qualité d’agent du gouvernement ;

« Contrairement en l’espèce, Monsieur NJENJE Valentin Kléber agit en qualité


d’électeur et de représentant du SDF au sein de la Commission Régionale de
Supervision des élections sénatoriales pour la région du Sud-Ouest, qualités qui ne
87
sont pas celles requises par les dispositions des articles 132(2) du code électoral et
48 (1) de la loi portant organisation et fonctionnement du Conseil Constitutionnel ;

« Que l’irrecevabilité de la requête de Monsieur NJENJE Valentin Kléber est donc


acquise ;

« Attendu que l’irrecevabilité soutenue est également tirée de l’application des


dispositions de l’article 49 de la loi portant organisation et fonctionnement du
Conseil constitutionnel qui énonce : « Sous peine d’irrecevabilité, la requête doit
contenir les noms, prénom (s), qualité et adresse du requérant ainsi que le nom de
l’élu ou des élus dont l’élection est contestée. Elle doit en outre être motivée et
comporter un exposé sommaire des moyens de fait et de droit qui la fondent. Le
requérant doit annexé à la requête les pièces produites au soutien de ses
moyens. » ;

« Qu’en violation des dispositions de l’article 49 sus visé, la requête de Monsieur


NJENJE Valentin Kléber ne comporte pas le nom de l’élu ou des élus dont il conteste
l’élection ;

« Que son recours est dès lors irrecevable ;

« II – Subsidiairement : Sur le caractère non fondé du recours

« Attendu que Monsieur NJENJE Valentin Kléber ne rapporte aucune preuve de la


plupart de ses nombreuses allégations qui ne sont qu’une reprise des observations
qu’ils avaient faites devant la Commission Régionale de Supervision qui ne les a pas
prises en compte ;

« Que le taux de participation dans cette circonscription, soit 82,33%, démontre que
les opérations électorales ce sont déroulées avec sérénité, battant en brèche les
allégations du recourant ;

« Que s’agissant en particulier de la fermeture d’un bureau de vote avant l’heure


officielle de la clôture du scrutin, il s’agit d’un principe dont la transgression à elle
seule ne saurait provoquer l’annulation de l’élection si les électeurs n’ont pas été
dans l’impossibilité de prendre part au vote, et par suite, les résultats de l’élection
88
n’ont pas été faussées [CE, 22 Nov. 1968, El. mun. de Baie-Mabaut, Rec. T. P. 957,
clôture du scrutin retardée d’une heure, absence de manœuvre, circonstance sans
influence sur la validité de l’élection ; cité par Bernard MALIGNER, « Droit
électoral », ellipses, pp. 404 à 405] ;

« En l’espèce, il ressort du rapport de la Commission Régionale de Supervision de la


circonscription concernée, que pour des « raisons de sécurité », et « avec l’accord
de tous les membres de la commission locale de vote » qui ont signé le PV
correspondant, le bureau de vote dont fait mention le recourant a clos ses opérations
à 16 h 30 mn et que cette circonstance n’a en rien influencé le résultat de l’élection
dans ladite circonscription au regard du taux de participation ;

« Qu’il y a lieu de constater que l’ensemble de ces griefs sont injustifiés et rejeter
par conséquent son recours comme étant non fondé ;

« Par ces motifs

« Au Principal,

« Déclarer le recours de Monsieur NJENJE Valentin Kléber irrecevable pour


violation des dispositions des articles 132(2) du code électoral et 48(1) et 49 de la loi
n° 2004/004 du 21 avril 2004 modifié portant organisation et fonctionnement du
Conseil Constitutionnel ;

« Subsidiairement,

« Voir rejeter le recours de Monsieur NJENJE Valentin Kléber comme non fondé ;

« Sous toutes réserves

« Profond respect

« YAOUNDE, LE 29 MARS 2018

« Louis Gabriel EYANGOH

« Avocat au Barreau du Cameroun ».

89
---Attendu qu’en réponse à cette requête, Me Guy Noah, Conseil du RDPC a
également présenté un mémoire en réponse le 29 mars 2018, enregistré au Secrétariat
Général du Conseil Constitutionnel à 15h10.

« Le mémoire en réponse dont la teneur suit :

« RÉPONSE DU RASSEMBLEMENT DÉMOCRATIQUE DU PEUPLE


CAMEROUNAIS (RDPC) AU RECOURS N° 007/SG/CC REÇU LE 28 MARS 2018
AU GREFFE ;

« Plaise au Conseil Constitutionnel de Déclarer le recours déposé par M. NJENJE


Valentin KLEBER, ELECTEUR dans le Fako et Représentant SDF au sein de la
Commission Régionale de Supervision IRRECEVABLE pour défaut de qualité ;

« Honorables membres du Conseil Constitutionnel, l’article 132(2) de la Loi n°


2012/001 du 19 avril 2012 portant Code Electoral, modifiée et complétée par la Loi
n° 2012/017 de décembre 2012 énonce clairement ce qui suit :

« 132(2) : Il [Conseil Constitutionnel] statue sur toute requête en annulation totale


ou partielle des opérations électorales introduite par tout candidat, tout parti
politique ayant pris part à l’élection, ou par toute personne ayant qualité d’agent du
Gouvernement pour cette élection ».

« Honorables membres du Conseil Constitutionnel, cette requête est par conséquent


introduite en violation des dispositions obligatoires et existantes susmentionnées en
ceci que le Recourant n’est ni candidat ni parti politique ayant pris part aux
élections et encore moins un agent du Gouvernement aux élections sénatoriales dans
la Région du Sud-Ouest le 25 mars 2018 ;

« Honorables membres du Conseil Constitutionnel, les dispositions légales suscitées


revêtent un tel caractère impératif que toute requête introduite en violation de celles-
ci est irrecevable ;

90
« Par ces motifs, nous sollicitons de l’honorable Conseil Constitutionnel que la
requête introduite par M. NJEJE VALENTIN KLEBER soit déclarée irrecevable
pour défaut de qualité du Recourant et par conséquent, rejetée ;

« Sous toutes réserves

« Yaoundé, le 29 mars 2018

« -Me GUY NOAH

« -Me MBITA Blaise

« -Me Luke KISOB

« -Me Xaverine KANGUE NDONG NTAH ».

---Attendu que les analyses du Conseil se basent sur ce qui précède ;

---Après lecture du recours de M. NJENJE Valentin KLEBER et des mémoires en


défense des Conseils du RDPC et d’ELECAM, le Conseil Constitutionnel est d’avis
avec lesdits mémoires que le Recourant ne correspond pas à la catégorie des
personnes prévues par l’article 132(2) du Code électoral étant donné qu’il n’est ni
candidat ni parti politique ayant pris part aux élections, ni un Agent du
Gouvernement impliqué dans ces élections ;

PAR CES MOTIFS :

---Le Conseil Constitutionnel statuant publiquement et contradictoirement en matière


de contentieux électoral, en dernier ressort et à l’unanimité de ses membres :

---Déclare l’action initiée par N. NJENJE Valentin Kleber irrecevable pour défaut de
qualité ;

---Ordonne que les dépens soient laissés à la charge du Trésor Public ;

---Ordonne la notification immédiate de la présente Décision à ELECAM et aux


autres parties ;

91
---Ainsi jugé et prononcé en audience publique par le Conseil Constitutionnel, les
jour, mois et an que dessus, en la Salle d’audience dudit Conseil, où siégeaient :

M. Clément ATANGANA, Président du Conseil Constitutionnel :

PRESIDENT ;

MM :

Jean FOUMAN AKAME,

BAH OUMAROU SANDA,

Paul NCHOJI NKWI,

Joseph Marie BIPOUN WOUM,

Emmanuel BONDE,

MME : Florence Rita ARREY,

MM. :

Charles Etienne LEKENE DONFACK,

AHMADOU TIDJANI,

Jean Baptiste BASKOUDA,

Emile ESSOMBE,

CONSEILLERS ;

---Avec l’assistance de Maîtres Longin MAKA EYOUM et Flavienne Jeannette


AMBOMO épouse NOAH AMBASSA, Greffiers ;

---En présence de Monsieur MALEGHO Joseph ASEH Secrétaire Général ;

---En foi de quoi la présente décision a été signée par le Président et le Secrétaire
Général, puis contresigné par le Greffier. /-

92
LE PRESIDENT LE SECRETAIRE GENERAL

Clément ATANGANA MALEGHO Joseph ASEH

LE GREFFIER

Longin MAKA EYOUM

93
DECISION N° 09/CE/CC/2018 DU 03 AVRIL 2018
AFFAIRE
Sieur YOUMO KOUPIT Adamou

C/

ELECAM, RDPC, SDF, UNDP,


FSNC, UPC, UMS, ANDP et UDP

OBJET :

(Requête en annulation des Elections des Sénateurs du 25 mars 2018 dans la


Région de l’Ouest pour).

---L’an deux mille dix-huit ;

---Et le trois du mois d’avril ;

---Le Conseil Constitutionnel, siégeant en audience publique au Palais des Congrès a


rendu la décision dont la teneur suit :

---Le Conseil Constitutionnel,

---Vu la Constitution ;

---Vu la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et fonctionnement du


Conseil Constitutionnel, modifiée par la loi n° 2012/015 du 21 décembre 2012 ;

---Vu la loi n° 2012/001 du 19 avril 2012 portant Code Electoral, modifiée et


complétée par la loi n° 2012/017 du 21 décembre 2012 ;

---Vu le décret n° 2018/104 du 7 février 2018 portant organisation et fonctionnement


du Secrétariat Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/015 du 07 février 2018 portant nomination des Membres du


Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/106 du 07 février 2018 portant nomination du Président du


Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/170 du 23 février 2018 portant nomination du Secrétaire


94
Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/103 du 07 février 2018 portant convocation du collège


électoral en vue de l’élection des Sénateurs ;

---Vu le recours de sieur YOUMO KOUPIT Adamou ;

---Vu le mémoire en réponse de Maîtres EYANGOH Louis Gabriel et ALIMA


Marcus, Conseils de ELECAM ;

---Vu le mémoire en réponse de Maîtres Guy NOAH, MBITA Blaise, Luke KISOB
et Xaverine KANGUE NDONG NTAH, Conseils du RDPC ;

---Ouï Monsieur OWONA Grégoire, mandataire du RDPC ;

---Ouï Monsieur TCHEUWA Jean Claude, représentant du Ministère de


l’Administration Territoriale ;

---Après avoir entendu le Conseiller BASKOUDA Jean-Baptiste, rapporteur, en la


lecture de son rapport ;

---Et après avoir délibéré conformément à la loi ;

---Attendu que par requête datée du 27 mars 2018 parvenue au Conseil


Constitutionnel le 28 du même mois et enregistrée sous le n° 008/SG/CC, sieur
YOUMO KOUPIT Adamou, Candidat tête de liste de l’UDC à l’élection des
Sénateurs du 25 mars 2018 dans la Région de l’Ouest a introduit le recours dont la
teneur suit :

« YOUMO KOUPIT Adamou

« Candidat Tête de liste de l’UDC aux Elections des Sénateurs du 25 mars 2018

« Région de l’Ouest

« Téléphone : 696 74 21 13

« E-mail : [email protected]

« Bafoussam, le 27 mars 2018

« A Monsieur le Président du Conseil Constitutionnel

« Yaoundé

95
« Objet : Requête en annulation des Elections des Sénateurs du 25 mars 2018 dans
la Région de l’Ouest pour :

1. Violation des dispositions des articles 108, 109 et 113 du Code Electoral
2. Violation des dispositions des articles 100 et 104 du Code Electoral relatives
au secret de vote
3. Substitution d’un candidat par un autre non préalablement déclaré.
« Monsieur le Président,

« En ma qualité de candidat aux Elections des Sénateurs du 25 mars 2018 dans la


Région de l’Ouest sur la liste de l’Union Démocratique du Cameroun, UDC et eu
égard aux faits constitutifs de violation du Code Electoral à notre préjudice, j’ai le
respectueux honneur de saisir votre honneur par la présente requête pour solliciter
l’annulation du scrutin sénatorial du 25 mars 2018 dans la Région de l’Ouest ;

« En effet, nous avons relevé que les articles 108, 109 et 113 relatifs au
dépouillement des votes ont été violés en faveur de la liste RDPC ; il en est de même
des articles 100 et 104 du Code Electoral relatifs au secret de vote ;

« I. DE LA VIOLATION DES ARTICLES 108, 109 ET 113 ET DE SES


CONSEQUENCES SUR LES VOTES EN FAVEUR DU RDPC

« Sur les faits

« Le dimanche 25 mars 2018, jour du scrutin sénatorial, alors que je me retrouvais à


Baham, Chef-lieu du Département des Hauts Plateaux, dans le cadre de la tournée
que j’effectuais dans les différents bureaux de vote à l’effet de vérifier la présence
effective des représentants de ma liste et m’assurer du déroulement normal des votes,
j’ai été stoppé par certains grands électeurs qui me demandaient si ça valait encore
la peine d’aller voter étant donné que le RDPC venait de gagner avec un score de
97,83%. Je leur ai demandé d’où leur venait cette information alors que le vote est
en train de se dérouler partout pour s’arrêter à l’heure prévue par le décret
présidentiel. C’est alors qu’ils m’informent que cette information venait de
DSCHANG. J’ai immédiatement joint le mandataire de ma liste qui m’a révélé que

96
certains électeurs venaient de lui dire à Foumban que notre représentant dans le
Bureau B du Lycée Classique de DSCHANG a confirmé que le dépouillement a été
effectué dans ce bureau de vote à 12 heures 33 après le vote du dernier électeur
inscrit dans ce bureau et que les résultats rendus publics affichent 90 voix pour le
RDPC, 1 voix pour le SDF, 1 bulletin nul et 0 voix pour les autres listes et qu’il était
en route pour DSCHANG. Vérifications faites par simples calculs, je me suis
retrouvé au pourcentage annoncé par ces électeurs et j’ai également pris la route
pour DSCHANG. Y étant, j’ai trouvé sur place Monsieur le Préfet de la Menoua, le
Sous-préfet de DSCHANG, le Commissaire Spécial de DSCHANG et d’autres
autorités sécuritaires ainsi que le Chef d’Agence Elecam de la Menoua déjà en
pleine discussion avec le Mandataire de ma liste. Un Agent de police placé à l’entrée
de la salle a tenté de m’interdire l’accès dans la salle avant de me laisser passer
quand j’ai insisté. Monsieur le Préfet nous faisait savoir qu’étant mis au courant de
la situation à la suite de la contestation forte de notre mandataire, il est venu sur les
lieux et a instruit l’arrêt du processus, notamment le remplissage du procès-verbal et
attendre l’heure prévue par le décret pour le faire. Face à notre insistance, un
compromis a été trouvé avec le Préfet, Elecam et la Commission locale de vote
concernée, de mentionner sur le PV au moment de son remplissage à 15 heures, que
le dépouillement a été fait à 12 heures 33 rendant les résultats à la disposition du
public et communiquant le résultat en valeur relative pour en amplifier l’impact
escompté ;

« Des dispositions du Code Electoral

- Entendu que l’article 86 du Code Electoral dispose que « Le corps


électoral est convoqué par décret du Président de la République » et précise en son
alinéa 4 que « le décret convoquant le corps électoral précise les heures d’ouverture
et de fermeture des bureaux de vote » ;
- Entendu que le décret présidentiel du 07 février 2018 convoquant le corps
électoral à l’effet d’élire les Sénateurs le 25 mars 2018 fixe les heures d’ouverture et
de fermeture des bureaux de vote respectivement à 08 heures du matin et 18 heures
du soir ;
97
- Entendu que l’article 108 du Code Electoral dispose en son alinéa 1 que
« Aussitôt après l’heure prévue pour la clôture du scrutin, le Président de la
commission locale de vote annonce la clôture » ;
- Entendu que l’article 109 du Code Electoral dispose que « le
dépouillement du scrutin et le recensement des votes se font dans chaque bureau de
vote immédiatement après la clôture effective du scrutin, en présence des électeurs
qui en manifestent le désir dans la mesure où la salle peut les contenir sans gêne
pour le déroulement des opérations » ;
- Entendu que l’article 113 du Code Electoral dispose que
« Immédiatement après le dépouillement, le résultat acquis dans chaque bureau de
vote est rendu public » ;
- Entendu que le résultat du bureau B du Lycée Classique de DSCHANG a
été rendu public 12 heures 33, soit au moins 6 (six) heures avant la clôture des votes
et alors que de nombreux autres électeurs étaient encore en train de voter ou de
s’apprêter pour aller voter dans les autres bureaux de vote de la Région de l’Ouest ;
« Sur les conséquences des faits
« Monsieur le Président,
« La publication des résultats plus de six heures avant la clôture des bureaux de vote
tel que prévu par le décret présidentiel du 07 février 2018 portant convocation du
corps électoral à l’effet d’élire les Sénateurs le 25 mars 2018, a favorisé l’élection de
la liste du RDPC sur les résultats acquis par ce parti, découragé les autres électeurs
qui n’ont plus trouvé nécessaire d’aller renforcer le parti gagnant plutôt que de
dilapider les voix inutilement sans jouir des avantages pécuniaires offerts par des
responsables du RDPC en marge des dispositions régulières prévues. La
conséquence est la victoire finale du RDPC à ce scrutin aux dépens de notre liste qui
aurait pu garder ses chances s’il n’y avait pas de tels faits savamment opérés au
préjudice de notre liste ;
« II. SUR LA VIOLATION DES ARTICLES 100 ET 104 DU CODE ELECTORAL
« Sur les faits
« Nous avons constaté que pour les élections des sénateurs du 25 mars 2018, le
RDPC a regroupé les Electeurs dans les Mairies, a organisé leur transport par
98
Commune dans les véhicules apprêtés à cet effet pour les conduire aux bureaux de
vote respectifs où ils votaient et ressortaient avec les bulletins des partis politiques
concurrents pour justifier qu’ils n’ont pas voté pour ces concurrents. Nous avons
constaté qu’à la suite de la représentation de cette « preuve », l’Electeur était
gratifié d’une forte somme d’argent en sus des 50.000 FCFA prévus par l’Etat du
Cameroun ;
« Je suis convaincu que ces faits sont constitutifs des délits de violation du secret de
vote et de corruption en matière électorale ;
« L’article 100 du Code Electoral dispose en son alinéa 1 que « le scrutin est secret.
Le vote a lieu sous enveloppe réglementaire uniforme et opaque » ;
« L’article 104 du Code Electoral dispose en son alinéa 2 que l’Electeur « ressort de
l’isoloir et après avoir fait constater à la commission de vote qu’il n’est porteur que
d’une seule enveloppe, introduit celle-ci dans l’urne » ;
« III. SUR LA SUBSTITUTION D’UN CANDIDAT
« Alors que la liste de candidature du RDPC examinée, validée et publiée par
ELECAM affiche comme Candidat N°7 le nommé TEIGNIDETIO Joseph, le bulletin
de vote de ce parti dans la Région de l’Ouest affiche plutôt le Candidat
TEINGNIDETIO Jean. Il se trouve ainsi que le RDPC a trompé l’Electorat en
soumettant à leurs votes, un candidat dont la caution n’a pas été versée au trésor
public et dont l’éligibilité n’aura pas été préalablement vérifiée comme l’exige la loi,
mais aussi, sur le plan politique, ce parti aura malignement substitué un Candidat
moins compétitif mais dont l’éligibilité aura été vérifiée, à un candidat plus
compétitif pour accroître les chances de son succès alors que ce dernier n’a pas
rempli les conditions requises pour faire acte de candidature conformément aux
exigences du Code Electoral ;
« En conclusion
« Au vu des faits relatés, qu’il plaise à votre honneur :
1. De constater que les articles 108, 109 et 113 ont été violés en faveur
du RDPC ;
2. De constater que cette violation a négativement impacté sur les
chances de mon élection ou de l’élection de ma liste aux Sénatoriales du 25 mars
99
2018 par e découragement de bon nombre d’électeurs qui n’ont plus jugé nécessaire
d’aller voter alors qu’un parti a déjà acquis la victoire, ou par changement d’avis de
vote en faveur du RDPC par certains autres Electeurs qui, du fait de la « victoire »
déjà proclamée du RDPC, n’ont plus jugé nécessaire de dilapider leurs voix
ailleurs ;
3. De constater que les articles 100 et 104 du Code Electoral ont été
violés en faveur de l’élection de la liste du RDPC par la pratique d’achat de
conscience et de monnayage des bulletins de vote des listes concurrentes présentés
au Quartier Général de ce parti pour que ces listes ne sont pas votées ;
4. De constater que ce fait est constitutif du délit de violation du secret
de vote et de corruption en matière électorale ;
5. De constater qu’il y a eu tromperie des électeurs par la substitution
d’un candidat déclaré par un autre candidat non déclaré et dont les conditions
d’éligibilité n’auront pas été examinées ;
« Et ces bases,
« De déclarer la victoire du RDPC aux Elections Sénatoriales du 25 mars 2018 dans
la Région de l’Ouest comme IRREGULIERE et donc nul et de nul effet ;
« D’annuler les votes dans le bureau B du Lycée Classique de DSCHANG ;
« D’annuler toutes les élections des Sénateurs du 25 mars 2018 dans la Région de
l’Ouest pour violation du Code Electoral dans la gestion des opérations électorales
au préjudice des listes concurrentes et au profit de la liste du RDPC ;
« Agissant ainsi, vous aurez rendu justice et contribuer à sauver la démocratie dans
la promotion et la consolidation qui restent des préoccupations majeures du
Président de la République, Chef de l’Etat dans notre pays ;
« LE REQUERANT
« (é)
« YOUMO KOUPIT Adamou ».

---Attendu qu’en application des dispositions de l’article 130 alinéa 5 du Code


Electoral, cette requête a été communiquée au Secrétaire Général du Comité Central
du RDPC et au Directeur Général des Elections le 28 mars 2018 ;
100
---Que réagissant par le truchement de leurs conseils respectifs, à savoir Maîtres Guy
NOAH, MBITA Blaise, LUKE KISOB, Xaverine KANGUE NDONG NTAH pour
le RDPC et Maîtres EYANGOH Louis Gabriel et ALIMA Marcus pour ELECAM,
ces parties ont déposé en date du 29 mars 2018 les mémoires en réponse dont la
teneur suit :
«1) Monsieur le Président et les Membres composant le Conseil Constitutionnel
« Mémoire en réponse

« POUR : ELECTIONS CAMEROON (ELECAM)

- Me EYANGOH Louis Gabriel


- Me ALIMA Marcus
« CONTRE : Monsieur YOUMO KOUPIT ADAMOU

« PLAISE AU CONSEIL CONSTITUTIONNEL

« Par requête en date du 27 mars 2018 enregistrée au Secrétariat Général du


Conseil Constitutionnel le 28 Mars 2018 sous le n° 008, Monsieur YOUMO KOUPIT
ADAMOU, es qualité « candidat et tête de liste de l’UDC pour l’élection des
Sénateurs du 25 mars 2018 dans la Région de l’Ouest », a saisi le Conseil
Constitutionnel d’un recours aux fins d’annulation des élections des sénateurs du 25
mars 2018 dans la Région de l’Ouest pour :

▪ Violation des dispositions des articles 108, 109 et 113 du Code Electoral
▪ Violation des dispositions des articles 100 et 104 du Code Electoral
relatives au secret de vote
▪ Substitution d’un candidat par un autre non préalablement déclaré.
« 1. Sur la violation des dispositions des articles 108, 109 et 113 du Code Electoral
et ses conséquences sur le vote

« Le recourant prétend qu’une information lui serait parvenue selon laquelle dans le
bureau de vote B du lycée classique de DSCHANG, le dépouillement a été effectué à
12h 33min « après le vote du dernier électeur inscrit dans ce bureau » et les résultats
rendus publics ;

101
« Que ce fait aurait donné lieu à controverse entre les membres de la commission
locale de vote, et, un compromis a été trouvé afin que le PV soit établi à 18 heures
tout en précisant que le dépouillement s’est effectué dès 12h 33min ;

« Qu’il affirme que le dépouillement et les résultats de ce bureau rendus publics


avant l’heure officielle de la clôture du scrutin auraient favorisé l’élection de la liste
du RDPC dans la circonscription concernée ;

« 2. S’agissant de la violation des dispositions des articles 100 et 104 du Code


Electoral

« Le recourant dit avoir constaté que lors de l’élection des Sénateurs du 25 mars
2018, le RDPC gratifiait les électeurs de 50.000 FCFA, après qu’ils ont présenté les
bulletins des partis politiques concurrents, toute chose constitutive des délits de
violation du secret de vote et de corruption en matière électorale ;

« 3. Sur la substitution d’un candidat

« Le recourant soutient enfin que la liste de candidats du RDPC examinée, validée et


publiée par ELECAM affiche comme candidat n° 7 TEINGNIDETIO Joseph, alors
que le bulletin de vote de ce parti dans la Région de l’Ouest porte plutôt le nom de
TEINGNIDETIO Jean ;

« Qu’en substituant le nom TEINGNIDETIO Joseph par celui de TEINGNIDETIO


Jean, le RDPC a trompé l’électorat dans la Région de l’Ouest pour accroître ses
chances de succès ;

« Monsieur YOUMO KOUPIT ADAMOU n’a produit aucune pièce à l’appui de son
abondante littérature ;

« Attendu que ledit recours est autant irrecevable que non fondé ;

« I- Au principal : Sur l’irrecevabilité

« Attendu qu’aux termes des dispositions de l’article 48 alinéa 1er de la loi n°


2004/004 du 21 avril 2004 modifiée, portant organisation et fonctionnement du
Conseil Constitutionnel : « En cas de contestation de la régularité de l’élection des
102
membres du parlement, le Conseil constitutionnel peut être saisi par tout parti
politique ayant pris part à l’élection dans la circonscription concernée et toute
personne ayant qualité d’agent du gouvernement pour cette élection. » ;

« Qu’aux termes des dispositions de l’article 49 de la loi ci-dessus mentionnée :


« Sous peine d’irrecevabilité, la requête doit contenir les nom, prénom(s), qualité et
adresse du requérant ainsi que le nom de l’élu ou des élus dont l’élection est
contestée. Elle doit en outre être motivée et comporter un exposé sommaire des
moyens de fait et de droit qui la fondent. Le requérant doit annexer à la requête les
pièces produites au soutien de ses moyens. » ;

« Qu’il résulte de la combinaison des dispositions sus visées que la requête en


contestation de la régularité de l’élection des sénateurs doit obligatoirement
indiquer le nom de l’élu ou des élus dont l’élection est contestée ;

« Que la requête de Monsieur YOUMO KOUPIT ADAMOU ne satisfait pas à cette


exigence impérative de la loi ;

« Qu’il y a lieu de déclarer son recours irrecevable ;

« II. Subsidiairement : sur le caractère non fondé du recours

« Attendu que Monsieur YOUMO KOUPIT ADAMOU ne rapporte la moindre


preuve de ses luxuriantes allégations ;

« Que s’agissant notamment de la fermeture d’un bureau de vote avant l’heure


officielle de la clôture du scrutin, il s’agit d’un principe dont la transgression à elle
seule ne saurait provoquer l’annulation de l’élection si les électeurs n’ont pas été
dans l’impossibilité de prendre part au vote, et par suite, les résultats de l’élection
n’ont pas été faussées [CE, 22 nov. 1968, El. Mun. De Baie-Mabaut, Rec. T. P. 957,
clôture du scrutin retardée d’une heure, absence de manœuvre, circonstance sans
influence sur la validité de l’élection ; cité par Bernard MALIGNER, « Droit
électoral », ellipses, pp. 404 à 405] ;

103
« En l’espèce, il ressort des propres déclarations de Monsieur YOUMO KOUPIT
ADAMOU que le dépouillement a été effectué à 12h 33 min « après le vote du
dernier électeur inscrit dans ce bureau » (sic) ;

« Autrement dit, aucun électeur n’a été dans l’impossibilité de prendre part au
scrutin dans ce bureau de vote, ni d’ailleurs dans l’ensemble de la Région de l’Ouest
où le taux de participation dépasse les 99% d’après les chiffres de la Commission
nationale de Recensement Général des Votes ;

« Que c’est donc en vain qu’il évoque la publicité des résultats de ce bureau qui
aurait découragé certains électeurs à accomplir leur devoir de voter, abstention qui
aurait influencé le résultat de l’élection dans la circonscription de l’ouest ;

« Qu’il y a par conséquent lieu de rejeter le recours de Monsieur YOUMO KOUPIT


ADAMOU comme étant non fondé ;

« PAR CES MOTIFS

« AU PRINCIPAL,

« Déclarer le recours de Monsieur YOUMO KOUPIT ADAMOU irrecevable pour


violation des dispositions de l’article 49 de la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004
modifiée, portant organisation et fonctionnement du Conseil constitutionnel ;

« SUBSIDIAIREMENT

« Voir rejeter le recours de Monsieur YOUMO KOUPIT ADAMOU comme non


fondé ;

« SOUS TOUTES RESERVES

« PROFOND RESPECT

« YAOUNDE, LE 29 MARS 2018.

« (é)

« LOUIS GABRIEL EYANGOH ».

104
«2) A MONSIEUR LE PRESIDENT DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL
« Recours n° 008
« MEMOIRE EN REPONSE
« POUR : LE RASSSEMBLEMENT DEMOCRATIQUE DU PEUPLE
CAMEROUNAIS (RDPC)

AYANT POUR AVOCATS : - Me GUY NOAH


- Me MBITA Blaise
- Me LUKE KISOB
- Me Xaverine KANGUE NDONG NTAH

« CONTRE : YOUMO KOUPIT ADAMOU (UDC)

« PLAISE AU CONSEIL CONSTITUTIONNEL

« Par requête datée du 27 mars 2018 reçue le 28 mars 2018 au Conseil


Constitutionnel sous le numéro 008 à 17H 15min, Monsieur YOUMO KOUPIT
ADAMOU, candidat et tête de liste de l’UDC aux élections des Sénateurs du 25 mars
2018, a saisi la juridiction de céans en annulation des élections des Sénateurs du 25
mars 2018 dans la Région de l’Ouest tel que cela ressort du dispositif de son recours
aux fins :

1. De constater que les articles 108, 109 et 113 ont été violés en faveur du
RDPC ;
2. De constater que cette violation a négativement impacté sur les chances
de mon élection ou de l’élection de ma liste aux Sénatoriales du 25 mars 2018 par le
découragement de bon nombre d’électeurs qui n’ont plus jugé nécessaire d’aller
voter alors qu’un parti a déjà acquis la victoire, ou par changement d’avis de vote
en faveur du RDPC par certains autres Electeurs qui, du fait de la « victoire » déjà
proclamée du RDPC, n’ont plus jugé nécessaire de dilapider leurs voix ailleurs ;
3. De constater que les articles 100 et 104 du Code Electoral ont été violés
en faveur de l’élection de la liste du RDPC par la pratique d’achat de conscience et
de monnayage des bulletins de vote des listes concurrentes présentés au Quartier
Général de ce parti pour que ces listes ne sont pas votées ;
105
4. De constater que ce fait est constitutif du délit de violation du secret de
vote et de corruption en matière électorale ;
5. De constater qu’il y a eu tromperie des électeurs par la substitution d’un
candidat déclaré par un autre candidat non déclaré et dont les conditions
d’éligibilité n’auront pas été examinées ;
« 1) SUR LA VIOLATION DES ARTICLES 108-109 ET 113 DU CODE
ELECTORAL

« Attendu que le jour du scrutin, qui normalement devait être clôturé à dix-huit
heures (18H), le résultat du bureau « B » du Lycée Classique de DSCHANG a été
rendu public à 12h 30min, soit au moins 6 heures avant la clôture des votes, toute
chose préjudiciable aux autres électeurs entrain de voter ou s’apprêtant à aller voter
dans les autres bureaux de vote de la Région de l’Ouest ;

« Mais attendu que Monsieur YOUMO KOUPIT ADAMOU n’apporte pas la preuve
du dépouillement et du recensement des votes après la clôture du scrutin ;

« Que l’article 113 du Code Electoral indique simplement qu’immédiatement après


le dépouillement, le résultat acquis dans chaque bureau de vote est rendu public sans
préciser l’heure à laquelle le résultat doit être publié ;

« Attendu par ailleurs que de l’aveu même du requérant, aucune obstruction n’a été
faite aux autres électeurs de venir accomplir leur devoir de citoyen dans le bureau
« B » du Lycée Classique de DSCHANG, ce qui, manifestement, prouve que celui-ci
était encore ouvert ;

« Attendu qu’il est évident que lorsque tous les électeurs inscrits ont accompli leur
devoir, le Président du bureau de vote à qui incombe la police dans ledit bureau a la
capacité de fermer celui-ci ;

« Que l’on ne saurait donc faire le reproche que cette fermeture prématurée profite
au RDPC ;

« 2) SUR LA VIOLATION DES ARTICLES 100 ET 104 DU CODE ELECTORAL

106
« Attendu que Monsieur YOUMO KOUPIT prétend, sans rapporter la preuve, que le
RDPC a regroupé les électeurs dans les Mairies, a organisé leur transport par
Commune dans les véhicules apprêtés à cet effet pour les conduire aux bureaux de
vote respectifs où ils votaient et ressortaient avec les bulletins des partis concurrents
pour justifier qu’ils n’ont pas voté pour ceux-ci ;

« Attendu que Monsieur YOUMO KOUPIT ADAMOU prétend qu’à la présentation


de cette preuve, l’électeur était gratifié d’une forte somme d’argent en sus des
50.000 F CFA prévus par l’Etat ;

« Qu’il prétend qu’il y a là violation de l’article 100 du Code Electoral, le vote


devant avoir lieu sous enveloppe réglementaire, uniforme et opaque et, suivant
l’article 104 du Code Electoral, l’électeur devant ressortir de l’isoloir après avoir
fait constater à la Commission de vote qu’il n’est porteur que d’une seule enveloppe
introduite dans l’urne ;

« Attendu que Monsieur YOUMO KOUPIT ADAMOU n’apporte aucune preuve de


toutes ses allégations ;

« Qu’il n’indique le nom d’aucun lieu de regroupement des électeurs du RDPC, ni le


numéro d’un véhicule apprêté, ni les bulletins des partis politiques concurrents
rapportés comme « preuve » ;

« Qu’il y a donc lieu de considérer toutes les allégations de sieur YOUMO KOUPIT
ADAMOU comme étant non fondées ;

« 3) SUR LA SUBSTITUTION D’UN CANDIDAT

« Attendu que YOUMO KOUPIT ADAMOU prétend qu’il y a eu substitution de


TEINGNIDETIO Joseph par TEINGNIDETIO Jean ;

« Que ce faisant, le RDPC a trompé l’électorat en soumettant à leurs votes un


candidat ne remplissant pas les conditions exigées par la loi ;

107
« Mais attendu que vidant son délibéré à l’audience du 19 mars 2018 dans le
contentieux concernant la candidature de sieur TEINGNIDETIO Jean, le Conseil
Constitutionnel a rejeté à l’unanimité le recours de TCHATCHOUANG Paul ;

« Qu’au regard de tout ce qui précède, il n’y a pas lieu de considérer comme nulle et
nul effet la victoire de la liste du RDPC aux élections des Sénateurs du 25 mars 2018
dans la Région de l’Ouest ;

« PAR CES MOTIFS

« Voir rejeter le recours de Monsieur YOUMO KOUPIT ADAMOU comme non


fondé ;

« SOUS TOUTES RESERVES

« PROFOND RESPECT

« YAOUNDE, LE 29 MARS 2018.

« (é)

« MAITRE GUY NOAH ».

SUR LA RECEVABILITE DU RECOURS

---Attendu qu’aux termes de l’article 239 de la loi n° 2012/001 du 19 avril 2012


portant Code Electoral modifiée et complétée par celle n° 2012/017 du 21 décembre
2012 ;

« (1) Le Conseil Constitutionnel veille à la régularité de l’élection des Sénateurs ;

« (2) Le contentieux des élections sénatoriales obéit aux dispositions des articles
133 à 136 de la présente loi. » ;

---Qu’il en résulte que pour le contentieux relatif à l’élection des Sénateurs c’est le
Code Electoral qui s’applique, et non l’article 49 de la loi n° 2004/04 du 21 avril
2004 fixant le Conseil Constitutionnel, comme soutenu par les conseils de
ELECAM ;
108
---Qu’ainsi l’article 133 du Code prescrit à l’alinéa 3 ce qui suit :

---Sous peine d’irrecevabilité, la requête doit préciser les faits et les moyens allégués.
Elle est affichée dans les vingt-quatre (24) heures à compter de son dépôt et
communiquée aux parties intéressées qui disposent d’un délai de quarante-huit (48)
heures pour déposer, contre récépissé, leur mémoire en réponse ;

---Que ce texte n’exigeant pas les mentions dont se prévaut le mémoire en réponse de
ELECAM ; l’irrecevabilité alléguée par ledit parti n’est pas fondée ;

---Qu’il y a lieu de déclarer le recours recevable ;

AU FOND

1/ Sur la violation des dispositions des articles 108, 109 et 113 du Code
Electoral

---Attendu que, tout en déclarant qu’à la fermeture anticipée du bureau de vote « B »


du Lycée Classique de DSCHANG, les opérations de dépouillement ont démarré
plus tôt que prévu à 12 heures 33 minutes au lieu de 18 heures tel que fixé par le
décret n° 2018/103 du 07 février 2018 portant convocation du collège électoral, le
recourant lui-même reconnait que tous les électeurs inscrits dans ledit bureau ont
voté en toute liberté et que ce dépouillement a eu lieu après le vote du dernier
électeur inscrit dans le bureau concerné ;

---Qu’il ressort par ailleurs des procès-verbaux dressés à 18 heures 33 minutes et


signés par tous les membres de la Commission Départementale que sur les 93
électeurs régulièrement inscrits dans ce bureau de vote, à l’exception d’un électeur
décédé, 92 ont effectivement voté avec un bulletin déclaré nul ;

---Qu’il en ressort également que le dépouillement intervenu à 12 heures 33 minutes


n’a eu aucune incidence ni sur la régularité des opérations électorales, ni sur la
sincérité du vote dans la Région de l’Ouest ;

---Qu’il s’ensuit que le grief soulevé à cet égard n’est pas justifié ;

109
2/ Sur la violation des articles 100 et 104 du Code Electoral

---Attendu tant sur la violation du secret de vote que sur la corruption des électeurs,
que le recourant n’apporte aucune preuve de ses allégations, affirmant d’ailleurs aux
débats qu’il n’a pas recouru à un huissier de justice en raison du caractère férié du
jour des faits ;

---Qu’il s’ensuit que son recours n’est pas fondé sur ce point ;

3/ Sur la substitution d’un candidat

---Attendu que le litige concernant la candidature de sieur TEINGNIDETIO Jean a


été définitivement tranché par le Conseil en son audience du 19 mars 2018 ;

---Qu’il s’ensuit que cet autre chef de demande n’est pas fondé ;

---Considérant qu’au regard de tout ce qui précède, le recours de sieur YOUMO


KOUPIT ADAMOU n’est pas justifié ;

---Qu’il encourt ainsi le rejet ;

---Attendu que la procédure devant le Conseil Constitutionnel étant gratuite en vertu


de l’article 57 de la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 modifiée, portant organisation
et fonctionnement du Conseil Constitutionnel, il convient de laisser les dépens à la
charge du Trésor Public ;

PAR CES MOTIFS

---Statuant publiquement, contradictoirement à l’égard de toutes les parties, en


matière électorale, en dernier ressort et à l’unanimité des membres :
---Déclare la requête de sieur YOUMO KOUPIT ADAMOU recevable en la forme ;
---La rejette cependant comme non fondée ;
---Laisse les dépens à la charge du Trésor Public ;
---Ordonne la notification immédiate de la présente décision à ELECAM et aux
autres parties.

110
---Ainsi jugé et prononcé en audience publique ordinaire par le Conseil
Constitutionnel, les jour, mois, et an que dessus en la salle des audiences dudit
Conseil où siégeaient :
M. Clément ATANGANA, Président du Conseil Constitutionnel
PRESIDENT ;

MM.
Jean FOUMAN AKAME,
BAH OUMAROU SANDA,
Paul NCHOJI NKWI,
Joseph Marie BIPOUN WOUM,
Emmanuel BONDE,
Mme Florence RITA ARREY,
MM :
Charles Etienne LEKENE DONFACK,
AHMADOU TIDJANI,
Jean-Baptiste BASKOUDA,
Emile ESSOMBE,
CONSEILLERS ;
---Avec l’assistance de Maîtres Longin MAKA EYOUM et Flavienne Jeannette
AMBOMO épouse NOAH AMBASSA, Greffiers ;

---En présence de Monsieur MALEGHO Joseph ASEH Secrétaire Général ;

---En foi de quoi la présente décision a été signée par le Président et le Secrétaire
Général, puis contresigné par le Greffier. /-

LE PRESIDENT LE SECRETAIRE GENERAL

Clément ATANGANA MALEGHO Joseph ASEH

LE GREFFIER

Longin MAKA EYOUM

111
DECISION N° 10/CE/CC/2018 DU 03 AVRIL 2018

AFFAIRE :

MBEM Jean Delors,


Président du parti politique ESDC
C/
ELECAM, RDPC, SDF, UNDP, UDC,
FSNC, UPC, UMS, ANDP et UDP

OBJET :

(Requête en annulation des élections sénatoriales du 25 mars 2018).

---Le Conseil Constitutionnel,

---Vu la Constitution ;

---Vu la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et fonctionnement du


Conseil Constitutionnel, modifiée par la loi n° 2012/015 du 21 décembre 2012 ;

---Vu la loi n° 2012/001 du 19 avril 2012 portant Code Electoral, modifiée et complétée
par la loi n° 2012/017 du 21 décembre 2012 ;

---Vu le décret n° 2018/104 du 7 février 2018 portant organisation et fonctionnement du


Secrétariat Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 20 18/015 du 07 février 2018 portant nomination des Membres du


Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/106 du 07 février 2018 portant nomination du Président du Conseil


Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/170 du 23 février 2018 portant nomination du Secrétaire Général


du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/103 du 07 février 2018 portant convocation du collège électoral en


112
vue de l’élection des Sénateurs ;

---Vu le recours de MBEM Jean Delors ;

---Après avoir entendu le Conseiller BASKOUDA Jean-Baptiste, rapporteur, en la lecture


de son rapport ;

---Et après en avoir délibéré conformément à la loi ;

---Considérant que par requête en date du 26 mars 2018 parvenue au Conseil


Constitutionnel le 02 avril 2018 et enregistrée sous le numéro 105/SG/CC, le nommé
MBEM Jean Delors, demeurant à Douala, ayant pour conseil Me TCHAGOU Pierre,
Avocat au Barreau du Cameroun, a introduit le recours dont la teneur suit :

« A Monsieur le Président du Conseil Constitutionnel Yaoundé - Cameroun

« Requête en annulation des élections sénatoriales du 25/03/2018

« Monsieur le Président, Honorables Membres du Conseil Constitutionnel,

« MBEM Jean Delors, Président du parti politique : Egalité sociale démocratique du


Cameroun (ESDC) dont le siège social est à Douala, BP 873, Tél. 33 41 16 52, ayant pour
conseil Maître TCHAGOU Pierre, Avocat au Barreau du Cameroun, avec résidence
professionnelle à Douala, Tél. 677 644 808 / 694 974 965 ;

« A le respectueux honneur de solliciter très humblement par la présente, l’annulation de


l’ensemble des opérations électorales des sénateurs tenus le dimanche 25 mars 2018 sur
l’ensemble du territoire ;

« Que pour appréhender le nœud du problème, un récit des faits serait judicieux avant
d’invoquer les moyens de droit qui soutiennent la requête en annulation de ladite
consultation électorale.

« I/ RAPPEL DES FAITS

« Qu’en effet en date du 07 février 2018, le Président de la République du Cameroun, par


décret n° 2018/103, convoquera le collège électoral à l’effet de procéder à l’élection des
sénateurs ;

« Que ce décret présidentiel donnera le coup d’envoi de la campagne électorale dont le


parti politique ESDC ne présentera des candidatures aptes à ladite consultation pour le
dimanche 25 mars 2018 ;

« Que cependant un important grief grève cette élection qui ne peut être attaquée selon les
termes de la loi qu’après la tenue de cette dernière ;

113
« Qu’advenue cette date, seuls les conseillers municipaux ont pris part à cette élection
sénatoriale d’où le recours en annulation desdites opérations pour violation de la loi n°
2012/001 du 19 avril 2012 portant code électoral, modifiée et complétée par la loi n°
2012/017 du 21 décembre 2012 ;

« II/ SUR LE MOYEN PRIS DE LA VIOLATION DE LA LOI PORTANT CODE


ELECTORAL : ABSENCE DES CONSEILLERS REGIONS DUDIT SCRUTIN.

« Que la loi n° 2012/001 du 19 avril 2012 portant Code Electoral, modifiée et complétée
par la loi n° 2012/017 du 21 décembre 2012, est précise en ce qui concerne la
composition du collège électoral ;

« Qu’en effet l’article 222(1) de la loi précitée dispose que : « les sénateurs sont élus dans
chaque région par un collège électoral composé des conseillers régionaux et des
conseillers municipaux » ;

« Qu’il ressort de ce texte que les conseillers régionaux accompagnés de conseillers


municipaux doivent élire au moyen de leur vote les sénateurs dans les différentes régions ;

« Que dans cette logique, interviendra le décret n° 2018/103 du 07 février 2018, pris par
le Président de la République convoquant le collège électoral pour le dimanche 25 mars
2018 ;

« Qu’à cette date seuls les conseillers municipaux ont pris part à ce scrutin en violation de
l’article 222(1) de la loi précitée ;

« Que ce manquement est susceptible d’entraver la régularité de l’élection sénatoriales du


25 mars 2018, ce d’autant plus que la loi constitutionnelle du 18 janvier 1996 modifiée,
crée les régions au détriment des provinces ;

« Qu’en application de cette constitution, le décret n° 2008/376 du 12 novembre 2008


viendra réorganiser les circonscriptions administratives de la République du Cameroun ;

« Que dans cette même logique la loi portant code électoral prévoit des dispositions
relatives à l’élection des conseillers régionaux aux articles 243 et suivants ;

« Que comment donc comprendre que les élections sénatoriales puissent être organisées
sans que le collège électoral puisse être constitué au mépris de la loi, alors même que les
régions existent ;

« Que les sénateurs doivent être l’émanation des aspirations des différents conseillers
constituant les collectivités territoriales décentralisées ;

114
« Qu’en l’état actuel de la situation avec la mise en place du conseil constitutionnel et la
désignation de ces différents membres, rien n’empêcherait la tenue des élections des
conseillers régionaux, socle essentiel pour la tenue des élections sénatoriales ;

« C’est pourquoi le requérant sollicite qu’il vous plaise Monsieur le Président,


Honorables membres du conseil constitutionnel ;

« Constater que le collège électoral n’est pas constitué ;

« Constater que seuls les conseillers municipaux ont pris part à ce scrutin ;

« En conséquence de bien vouloir annuler les élections sénatoriales du 25 mars 2018 pour
violation de la loi n° 2012/001 du 19 avril 2012 modifiée et complétée par la loi n°
2012/017 du 21 décembre 2012

« Profonds respects.

« Fait à Douala le 26 mars 2018 ».

---Attendu que l’article 132 alinéa 2 du Code Electoral dispose que : « le Conseil
Constitutionnel statue sur toute requête en annulation totale ou partielle des opérations
électorales introduites par tout candidat, tout parti politique ayant pris part à l’élection,
ou par toute personne ayant qualité d’agent du gouvernement pour cette élection. » ;

---Que l’article 133 du même code dispose que « toute contestation formulée en
application des dispositions de l’article 132 ci-dessus doit parvenir au Conseil
Constitutionnel dans un délai maximum de 72 heures, à compter de la date de clôture du
scrutin. »

---Attendu que les deux dispositions au regard de la requête en annulation de l’élection des
sénateurs du 25 mars 2018 déposée le 02 avril 2018 par le Cabinet de Maître TCHAGOU
Pierre et reçue au Cabinet de Monsieur le Secrétaire Général du Conseil Constitutionnel à
la même date sous le numéro 105 du courrier arrivé à 13 heures 20 minutes, permet sans
rentrer au fond des débats, de constater que le parti politique ESDC non seulement ne fait
pas partie de la nomenclature des partis politiques en compétition pour l’élection des
Sénateurs du 25 mars 2018, mais en plus la requête a été déposée le 02 avril 2018, c’est-à-
dire plus de 72 heures du délai imparti par la loi ;

---Qu’il s’ensuit qu’elle est irrecevable ;

---Attendu que la procédure devant le Conseil Constitutionnel est gratuite en vertu de


l’article 57 de la loi n° 2004/04 du 21 avril 2004 modifiée portant organisation et
fonctionnement du Conseil Constitutionnel, il convient de laisser les dépens à la charge du
trésor public ;

115
---Qu’il y a lieu de déclarer la requête de MBEM Jean Delors irrecevable ;

PAR CES MOTIFS

---Statuant publiquement, contradictoirement à l’égard des parties, en matière électorale,


en dernier ressort et à l’unanimité des membres :

---Déclare la requête de MBEM Jean Delors irrecevable comme tardive ; ---


Laisse les dépens à la charge du Trésor Public ;

---Ordonne la notification immédiate de la présente décision à ELECAM et aux autres


parties.

---Ainsi jugé et prononcé en audience publique ordinaire par le Conseil Constitutionnel,


les jour, mois et an que dessus en la salle des audiences dudit Conseil où siégeaient :

M. Clément ATANGANA, Président du Conseil Constitutionnel,


PRESIDENT ;

MM.
Jean FOUMAN AKAME,
BAH OUMAROU SANDA,
Paul NCHOJI NKWI,
Joseph Marie BIPOUN WOUM,
Emmanuel BONDE,
Mme Florence Rita ARREY,
MM : Charles Etienne LEKENE DONFACK,
AHMADOU TIDJANI,
Jean-Baptiste BASKOUDA,
Emile ESSOMBE,
CONSEILLERS ;

---Avec l’assistance de Maîtres Longin MAKA EYOUM et de Flavienne Jeannette


AMBOMO épouse NOAH AMBASSA, Greffiers ;

---En présence de Monsieur MALEGHO Joseph ASEH, Secrétaire Général ;

116
---En foi de quoi la présente décision a été signée par le Président et le Secrétaire
Général puis contresignée par le Greffier. /-

LE PRESIDENT LE SECRETAIRE GENERAL

Clément ATANGANA MALEGHO Joseph ASEH

LE GREFFIER

Longin MAKA EYOUM

117
3- PROCLAMATION DES RESULTATS

118
PROCES-VERBAL DE PROCLAMATION DES RESULTATS

---L’an deux mille dix-huit et le cinq du mois d’avril ;

---Le Conseil constitutionnel siégeant en audience publique en la salle de ses audiences


sise au palais des congrès de Yaoundé suivant la composition ci-après :

M. Clément ATANGANA, Président du Conseil Constitutionnel,


PRESIDENT ;

MM.
Jean FOUMAN AKAME,
BAH OUMAROU SANDA,
Paul NCHOJI NKWI,
Joseph Marie BIPOUN WOUM,
Emmanuel BONDE,
Mme. Florence Rita ARREY,

MM:

Charles Etienne LEKENE DONFACK,

AHMADOU TIDJANI,

Jean-Baptiste BASKOUDA,

Emile ESSOMBE,

CONSEILLERS ;
---Avec l’assistance de Maîtres Longin MAKA EYOUM et AMBOMO Flavienne épse
NOAH, Greffiers ;

---En présence de Monsieur MALEGHO Joseph ASEH, Secrétaire Général ;

---Vu la Constitution ;

---Vu la loi n° 2004/04 du 21 avril 2004 portant organisation et fonctionnement du Conseil


Constitutionnel, modifiée et complétée par la loi n° 2012/015 du 21 décembre 2012 ;

119
---Vu la loi n° 2006/011 du 29 décembre 2006 portant création, organisation et
fonctionnement d’« ELECTIONS CAMEROON » (ELECAM) modifiée et complétée par
les lois nos 2010/005 du 13 avril 2010 et 2011/001 du 06 mai 2011 ;

---Vu la loi n° 2012/001 du 19 avril 2012 portant Code Electoral, modifiée et complétée
par la loi n° 2012/017 du 21 décembre 2012 ;

---Vu le décret n° 2018/103 du 07 février 2018 portant convocation du Collège électoral


en vue de l’élection des sénateurs ;

---Vu le décret n° 2018/104 du 07 février 2018 portant organisation et fonctionnement du


Secrétariat Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/105 du 07 février 2018 portant nomination des Membres du


Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/106 du 07 février 2018 portant nomination du Président du Conseil


Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/170 du 23 février 2018, portant nomination du Secrétaire Général


du Conseil Constitutionnel ;

---Vu la Résolution n° 006/R/ELECAM/CE du 07 mars 2018 du Conseil Electoral portant


acceptation des listes de candidats à l’élection des sénateurs du 25 mars 2018 ;

---Vu le Procès-verbal de la Commission Nationale de Recensement Général des Votes du


29 mars 2018 ;

---Vu les pièces annexes ;

---Après vérification des opérations de décompte des votes ;

---Arrête ainsi qu’il suit les résultats de l’élection des Sénateurs du 25 mars 2018 pour les
neuf (09) partis politiques en compétition :

1- Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC) : Adamaoua,


Centre, EST, Extrême-Nord, Littoral, Nord, Nord-Ouest, Ouest, Sud, Sud-Ouest.

120
2- Social Democratic Front (SDF) : Adamaoua, Littoral, Nord-ouest, Ouest, Sud-
ouest.
3- Union Nationale pour la Démocratie et le Progrès (UNDP) : Adamaoua, Centre,
Est, Extrême-Nord, Littoral, Nord, Nord-ouest, Sud, Sud-Ouest,

4- Alliance Nationale pour la Démocratie et le Progrès (ANDP) : Extrême-nord,


Littoral, Sud-Ouest,
5- Union Démocratique du Cameroun (UDC) : Littoral, Ouest.

6- Union des Populations du Cameroun (UPC) : Centre, Littoral,

7- Union des Mouvements Socialistes (UMS) : Ouest

8- Front pour le Salut National du Cameroun (FSNC) : Nord

9- UDP : Nord-Ouest

121
REGION : ADAMAOUA
NB DE PARTICI- BULLE- SUFFRAGES VALABLEMENT EXPRIMES EN FAVEUR DE
ABSTEN- CHACUN DES TROIS (3) PARTIS POLITIQUES EN COMPETITION
DEPARTEMENTS BUREAUX INSCRITS
TIONS
VOTANTS PATION TINS SVE
DE VOTE % NULS RDPC SDF UNDP
DJEREM
1 61 0 61 100% 0 61 09 14.75% 0 0% 52 85.25%

FARO-ET-DEO
1 96 0 96 100% 0 96 56 58.33% 0 0% 40 41.67%

MAYO-BANYO
1 92 0 92 100% 0 92 83 90.22% 0 0% 9 9.78%

MBERE
1 111 1 110 99.10% 3 107 100 93.46% 1 0.93% 6 5.61%

VINA
2 211 2 209 99.05% 2 207 106 51.21% 9 4.35% 92 44.44%

TOTAL
6 571 3 568 99.47% 5 563 354 62.88% 10 1.78% 199 35.34%
GENERAL

122
REGION : CENTRE
NB DE PARTICI- BULLE- SUFFRAGES VALABLEMENT EXPRIMES EN FAVEUR DE
ABSTEN- CHACUN DES TROIS (3) PARTIS POLITIQUES EN COMPETITION
DEPARTEMENTS BUREAUX INSCRITS
TIONS
VOTANTS PATION TINS SVE
DE VOTE % NULS RDPC UNDP UPC
HAUTE-SANAGA 1 163 0 163 100% 0 163 162 99.39% 1 0.61% 0 0%
LEKIE 2 256 2 254 99.22% 1 253 250 98.81% 1 0.40% 2 0.79%
MBAM-ET-
2 216 1 215 99.54% 1 214 213 99.53% 1 0.47% 0 0%
INOUBOU
MBAM-ET-
1 119 0 119 100% 1 118 117 99.15% 1 0.85% 0 0%
KIM
MEFOU-ET-
2 192 1 191 99.48% 0 191 188 98.43% 3 0.57% 0 0%
AFAMBA
MEFOU-ET-
AKONO
1 98 0 98 100% 0 98 94 95.92% 4 4.08% 0 0%

MFOUNDI 2 286 0 286 100% 0 286 285 99.65% 1 0.35% 0 0%


NYONG-ET-
KELLE
2 229 3 226 98.69% 2 224 139 62.05% 1 0.45% 84 37.50%
NYONG-ET
1 133 1 132 99.25% 2 130 130 100% 0 0% 0 0%
MFOUMOU
NYONG-ET-SO’O 1 159 1 158 99.37% 1 157 157 100% 0 0% 0 0%
TOTAL
15 1851 9 1842 99.51% 8 1834 1735 94.60% 13 0.71% 86 4.69%
GENERAL

123
REGION : EST
SUFFRAGES VALABLEMENT EXPRIMES EN FAVEUR DE
NB DE PARTICI- BULLE-
ABSTEN- CHACUN DES DEUX (2) PARTIS POLITIQUES EN COMPETITION
DEPARTEMENTS BUREAUX INSCRITS
TIONS
VOTANTS PATION TINS SVE
DE VOTE % NULS
RDPC UNDP /

BOUMBA-ET-
1 105 0 105 100% 0 105 104 99.05% 1 0.95% / /
NGOKO

HAUT-NYONG
2 331 6 325 98.19% 4 321 317 98.75% 4 1.25% / /

KADEY
1 176 1 175 99.43% 1 174 170 97.70% 4 2.30% / /

LOM-ET-
1 193 5 188 97.41% 3 185 163 88.11% 22 11.89% / /
DJEREM

TOTAL
5 805 12 793 98.51% 8 785 754 96.05% 31 3.95% / /
GENERAL

124
REGION : EXTREME-NORD
NB DE PARTICI- BULLE- SUFFRAGES VALABLEMENT EXPRIMES EN FAVEUR DE
ABSTEN- CHACUN DES TROIS (3) PARTIS POLITIQUES EN COMPETITION
DEPARTEMENTS BUREAUX INSCRITS
TIONS
VOTANTS PATION TINS SVE
DE VOTE % NULS
ANDP RDPC UNDP
DIAMARE
2 276 2 274 99.28% 5 269 5 1.86% 217 80.67% 47 17.47%

LOGONE-ET-
2 290 3 287 98.97% 2 285 0 0% 283 99.30% 2 0.70%
CHARI

MAYO-DANAY
2 311 0 311 100% 9 302 1 0.33% 278 92.05% 23 7.62%

MAYO-KANI
2 210 1 209 99.52% 1 208 0 0% 170 81.73% 38 18.27%

MAYO-SAVA
1 118 1 117 99.15% 0 117 0 0% 117 100% 0 0%

MAYO-
1 260 2 258 99.23% 5 253 0 0% 210 83.00% 43 17.00%
TSANAGA

TOTAL
10 1465 9 1456 99.39% 22 1434 6 0.42% 1275 88.91% 153 10.67%
GENERAL

125
REGION : LITTORAL
SUFFRAGES VALABLEMENT EXPRIMES EN FAVEUR DE CHACUN DES
NB DE PARTICI- BULLE-
DEPARTE- SIX (6) PARTIS POLITIQUES EN COMPETITION
MENTS
BUREAUX INSCRITS
ABSTEN
-TIONS VOTANTS
PATION TINS SVE
DE VOTE % NULS

ANDP RDPC SDF UDC UNDP UPC

2
MOUNGO 359 2 357 99.44% 0 357 1 0.28% 272 76.19% 68 19.05% 1 0.28% 11 3.08% 4 1.12%

1
NKAM 93 1 92 98.92% 0 92 1 1.09% 91 98.91% 0 0% 0 0% 0 0% 0 0%

SANAGA-
MARITIME
2 259 3 256 98.84% 4 252 1 0.40% 196 77.77% 9 3.57% 1 0.40% 1 0.40% 44 17.46%

2
WOURI 254 2 252 99.21% 9 243 3 1.23% 176 72.43% 54 22.22% 4 1.65% 2 0.82% 4 1.65%

TOTAL
7 965 8 957 99.17% 13 944 6 0.64% 735 77.86% 131 13.88% 6 0.64% 14 1.48% 52 5.50%
GENERAL

126
REGION : NORD
SUFFRAGES VALABLEMENT EXPRIMES EN FAVEUR DE
NB DE PARTICI- BULLE- CHACUN DES TROIS (3) PARTIS POLITIQUES EN COMPETITION
ABSTEN-
DEPARTEMENTS BUREAUX INSCRITS
TIONS
VOTANTS PATION TINS SVE
DE VOTE % NULS
RDPC UNDP FSNC

BENOUE
2 367 0 367 100% 6 361 209 57.90% 79 21.88% 73 20.22%

FARO
1 49 1 48 97.96% 0 48 48 100% 0 0% 0 0%

MAYO-LOUTI
1 113 2 111 98.23% 0 111 60 54.05% 49 44.15% 2 1.80%

MAYO-REY
1 138 1 137 99.28% 0 137 105 76.64% 32 23.36% 0 0%

TOTAL
5 667 4 663 99.40% 6 657 422 64.23% 160 24.35% 75 11.42%
GENERAL

127
REGION : NORD-OUEST
NB DE PARTICI- BULL- SUFFRAGES VALABLEMENT EXPRIMES EN FAVEUR DE
ABSTEN- CHACUN DES QUATRE (4) PARTIS POLITIQUES EN COMPETITION
DEPARTEMENTS
BUREAUX INSCRITS
TIONS
VOTANTS PATION TINS SVE
DE VOTE % NULS
RDPC UNDP SDF UDP
BOYO
1 114 0 114 100% 0 114 43 37.72% 0 0% 71 62.28% 0 0%

BUI
1 195 0 195 100% 1 194 59 30.41% 0 0% 134 69.07% 1 0.52%

DONGA-
1 163 2 161 98.77% 1 160 95 59.37% 1 0.63% 61 38.12% 3 1.88%
MANTUNG
MENCHUM
1 107 0 107 100% 1 106 39 36.79% 0 0% 64 60.38% 3 2.83%

MEZAM
2 226 0 226 100% 1 225 99 44.00% 1 0.45% 124 55.10% 1 0.45%

MOMO
1 134 0 134 100% 1 133 70 52.63% 0 0% 55 41.35% 8 6.02%

NGO-
1 100 0 100 100% 1 99 91 91.92% 0 0% 8 8.08% 0 0%
KETUNJIA

128
TOTAL
8 1039 2 1037 99.81% 6 1031 496 48.11% 2 0.19% 517 50.15% 16 1.55%

REGION : OUEST
SUFFRAGES VALABLEMNT EXPRIMES EN FAVEUR DE CHACUN DES
NB DE PARTICI- BULLE-
DEPARTE- CINQ (5) PARTIS POLITIQUES EN COMPETITION
MENTS
BUREAUX INSCRITS
ABSTEN-
TIONS VOTANTS
PATION TINS SVE
DE VOTE % NULS
RDPC SDF UDC UMS UNDP
BAMBOUTOS
1 128 0 128 100% 0 128 128 100% 0 0% 0 0% 0 0% 0 0%

HAUTS-
1 169 1 168 99.41% 3 165 138 83.63% 1 0.61% 1 0.61% 25 15.15% 0 0%
NKAM
HAUTS-
1 96 0 96 100% 0 96 96 100% 0 0% 0 0% 0 0% 0 0%
PLATEAUX
KOUNG-
1 89 0 89 100% 0 89 88 98.98% 1 1.12% 0 0% 0 0% 0 0%
KHI
MENOUA
2 187 2 185 98.93% 1 184 183 99.46% 1 0.54% 0 0% 0 0% 0 0%

MIFI
1 117 1 116 99.15% 0 116 76 65.52% 39 33.62% 1 0.86% 0 0% 0 0%

NDE
1 113 0 113 100% 0 113 112 99.12% 0 0% 0 0% 1 0.88% 0 0%

129
NOUN 2 265 2 263 99.25% 1 262 112 42.75% 0 0% 150 57.25% 0 0% 0 0%

TOTAL
10 1164 6 1158 99.48% 5 1153 933 80.92% 42 3.64% 152 13.18% 26 2.26% 0 0%
GENERAL

REGION : SUD
SUFFRAGES VALABLEMENT EXPRIMES EN FAVEUR DE
NB DE PARTICI- BULLE- CHACUN DES TROIS (3) PARTIS POLITIQUES EN COMPETITION
ABSTEN-
DEPARTEMENTS BUREAUX INSCRITS
TIONS
VOTANTS PATION TINS SVE
DE VOTE % NULS
ANDP RDPC UNDP

DJA-ET-LOBO
2 208 1 207 99.52% 0 207 0 0% 206 99.52% 1 0.48%

MVILA
2 192 0 192 100% 0 192 0 0% 188 97.92% 4 2.08%

OCEAN
2 229 3 226 98.69% 2 224 0 0% 224 100% 0 0%

130
VALLEE-DU-
1 90 0 90 100% 0 90 0 0% 88 97.78% 2 2.22%
NTEM

TOTAL
7 719 4 715 99.44% 2 713 0 0% 706 99.02% 7 0.98%
GENERAL

REGION : SUD-OUEST
SUFFRAGES VALABLEMENT EXPRIMES EN FAVEUR DE
NB DE PARTICI- BULLE-
ABSTEN- CHACUN DES QUATRE (4) PARTIS POLITIQUES EN COMPETITION
DEPARTE- BUREAUX INSCRITS
TIONS
VOTANTS PATION TINS SVE
MENTS DE VOTE % NULS
RDPC ANDP UNDP SDF
FAKO
2 211 6 205 97.16% 0 205 157 76.59% 0 0% 1 0.49% 47 22.92%

KUPE MA-
1 84 39 45 53.57% 0 45 45 100% 0 0% 0 0% 0 0%
NENGUBA

LEBIALEM
1 93 66 27 29.03% 0 27 27 100% 0 0% 0 0% 0 0%

131
MANYU
1 107 5 102 95.33% 2 100 95 95.00% 0 0% 0 0% 5 5.00%

MEME
1 148 5 143 96.62% 1 142 71 50.00% 1 0.70% 0 0% 70 49.30%

NDIAN
2 223 32 191 85.65% 5 186 161 86.56% 0 0% 1 0.54% 24 12.90%

TOTAL
8 866 153 713 82.33% 8 705 556 78.87% 1 0.14% 2 0.28% 146 20.71%

AU PLAN NATIONAL
SUFFRAGES VALABLEMENT EXPRIMES EN FAVEUR DE CHACUN DES
BUREAUX DE VOTE

(SUFFRAGES VALABLE-
BULLETINS NULS
PARTICIPATION
ABSTENTIONS

MENT EXPRIMES)
NOMBRE DE

REGIONS NEUF (9) PARTIS POLITIQUES EN COMPETITION ET ATTRIBUTION DES SIEGES


VOTANTS
INSCRITS

% DE

SVE

ANDP FSNC RDPC SDF UDC UDP UMS UNDP UPC


SVE % SVE % SVE % SVE % SVE % SVE % SVE % SVE % SVE %
X X X X 354 62.88 10 1.78 X X X X X X 199 35.34 X X
ADAMAOUA 6 571 3 568 99.47 5 563 X X 7 SIEGES 0 SIEGE X X X 0 SIEGE X
X X X X 1735 94.60 X X X X X X X X 13 0.71 86 4.69
CENTRE 15 1851 9 1842 99.51 8 1834
X X 7 SIEGES X X X X 0 SIEGE 0 SIEGE
X X X X 754 96.05 X X X X X X X X 31 3.95 X X
EST 5 805 12 793 98.51 8 785
X X 7 SIEGES X X X X 0 SIEGE X
EXTREME- 6 0.42 X X 1275 88.91 X X X X X X X X 153 10.67 X X
10 1465 9 1456 99.39 22 1434
NORD 0 SIEGE X X 7 SIEGES X X X X 0 SIEGE X
LITTORAL 7 965 8 957 99.17 13 944 6 0.64 X X 735 77.86 131 13.88 6 0.64 X X X X 14 1.48 52 5.50

132
0 SIEGE X 7 SIEGES 0 SIEGE 0 SIEGE X X 0 SIEGE 0 SIEGE
X X 75 11.42 422 64.23 X X X X X X X X 160 24.35 X X
NORD 5 667 4 663 99.40 6 657
X X 7 SIEGES X X X X 0 SIEGE X
NORD- 8 1039 2 1037 99.81 6 1031
X X X X 496 48.11 517 50.15 X X 16 1.55 X X 2 0.19 X X
OUEST X X 0 SIEGE 7 SIEGES X 0 SIEGE X 0 SIEGE X
X X X X 933 80.92 42 3.64 152 13.18 X X 26 2.26 0 0 X X
OUEST 10 1164 6 1158 99.48 5 1153
X X 7 SIEGES 0 SIEGE 0 SIEGE X 0 SIEGE 0 SIEGE X
0 0 X X 706 99.02 X X X X X X X X 7 0.98 X X
SUD 7 719 4 715 99.44 2 713
0 SIEGE X 7 SIEGES X X X X 0 SIEGE X
SUD- 8 866 153 713 82.33 8 705
1 0.14 X X 556 78.87 146 20.71 X X X X X X 2 0.28 X X
OUEST 0 SIEGE X 7 SIEGES 0 SIEGE X X X 0 SIEGE X
13 0.13 75 0.76 7966 81.13 846 8.62 158 1.61 16 0.16 26 0.26 581 5.92 138 1.41
TOTAL 81 10.112 210 9902 97.92 83 9819
GENERAL 0 SIEGE 0 SIEGE 63 SIEGES 7 SIEGES 0 SIEGE 0 SIEGE 0 SIEGE 0 SIEGE 0 SIEGE

133
Sont ainsi déclarées élues les listes des candidats ci-après :

CIRCONSCRIPTIONS PARTIS NOMS ET PRENOMS DES CANDIDATS


ELECTORALES POLITIQUES
N° TITULAIRES SUPPLEANTS

1 NANA ISMAILA OUMAROU NATOUA

2 HAMADOU Paul BENTOU HALIDOU Marthe

3 ROUGAYATOU ASTA NANA ABDOULAYE


ADAMAOUA RDPC
DJOULDE

4 OUMAROU ISSA ABOUBAKAR


MOHAMADOU

5 SOUADATOU DJALLO épse Thérèse MOUEN


KALKABA

6 BAROUA NYAKEU FANTA BABA Suzanne

7 MAMOUDOU MAZADOU AHAMADOU TIZANI

1 NAAH ONDOA Sylvestre MENGONG ONDOA


Philomène

2 ESSOMBA TSOUNGUI Elie MBEZELE Lucie Victorine


Victor épse BEKONO

3 ANONG ADIBIME Pascal SOYA ZENON

CENTRE RDPC
4 BELL Luc René NGO SOM Julienne

5 OKALA BILAI épse MVOUTSI GOMTSE


AHANDJENA

6 SM MAMA Jean Marie ONGOLO NDZANA Régine

7 KOUNGOU EDIMA Eliane NNEMDE Emmanuel


Didier

1 SALE Charles Mme MBALLA épse ZAORO

134
Jacqueline

2 Mme DJOLE ASSOUHO épse Mme BIEME MBEBOLA


TOKPANOU Bernadette

3 Mme OULI NDONGO MBANGOE MBELE Jacques


Monique

4 NDANGA NDINGA Badel Mme EYENGA Blandine


EST RDPC
5 AMAMA AMAMA Benjamin AMBAH Emmanuel

6 Mme MOAMPEA MBIO née PINALI Philémon


NGBANGAKO Marie Claire

7 MBOUNDJO Jean ADAMOU SOULE

1 MAHAMAT ABDOUL Karim HEROUAMA MALLOUM

2 ABDOULAYE WOUYAK Mme KOGNE ZIMA


MARAVA

3 Mme ZAKIATOU épse SALE M. WANIE Salomon

4 AMRAKAYE Martin GAGUE Henri


EXTREME-NORD RDPC
5 FOUTCHOU épse DJAKAOU SARIAK Paul

6 ALIOUM ALHADJI HAMADOU AMADOU

7 BLADI ABBA DOUNGOUS

1 HANGLOG Géneviève épse NGO YOS Blandine


TJOUES Madeleine

2 TOBBO EYOUM Thomas MONNY DIKONGUE Frédéric


Luis

LITTORAL RDPC 3 DIN BELL Marie Armande KAMGUE Rébecca

4 KINGUE Simon ABDOUL NASSIR

5 MINYEM ENDENE Patience NGAH Marceline épse ZOGO


Félicité épse EBOUMBOU

135
6 KEMAYOU Claude MANGA ZANG

7 BILE Jean David KEMWA DZUKOU Anselme

1 AMIDOU Maurice OUSMANOU DOUNDOUNA

2 NAMIO Pierre KEDA Roger

3 AMADOU ALIM DJODA ALHADJI Denis

4 ASTA Yvonne BOUBA MOUSSA

NORD RDPC 5 BEBNONE PAYOUNNI AISSATOU OUSMAN


DJOUBAÏROU

6 Mme DOUDOU épse ABAKAR MAHAMAT


ADAMOU HAMA DJABOU

7 Mme DIDJATOU OUMAROU MAMOUDOU AMADOU


BAME

1 NKEZE Emilia KALEBONG KENGO Manaseh ACHA

2 VANIGANSEN MOCHIGGLE Cecilia MANKA SONGWE

3 Henry GAMSEY KEMENDE NGOBE NENG Patricia


R- page 21
4 BUH SULE TEGHA KETCHEM Gladys ASHIE

NORD-OUEST SDF 5 AJUOH NGAM Honoré PRESENTA NANGEH NCHI

6 KINYANG NYANG Georges MEYEH Eugene BARAH

7 KUMBONGSI DYX METEN SADJOH AMIDU YERIMA


ALIM

1 NGOUCHINGHE Sylvestre NONO Henri

2 NGOUBEYOU François Xavier KEUMENI DJIAKOUE Claude

3 FOMETHE Anaclet DJOUMESSI Rose épse


JOKENG

4 NGANGOUBE AMINATOU NJOYA ABOUBAKAR

136
5 POKAM Max FOPOUE Emilienne
OUEST RDPC
6 DSAMOU Micheline KOUATCHOU Manfred

7 TEINGNIDETIO Jean NZAPPA

1 MBITA MVAEBEME Lippert METUGU ABENA Angéline


D.R épse AKOA

2 ZANG OYONO Calvin NDINDA NDINDA Ferdinand

3 OBAM ASSAM Samuel MEKINA ASSENG Judith

4 MBA MBA Grégoire MEDJO MENGUE Marthe Sylvie


SUD RDPC
épse AVEBE MIENLAN

5 ELOUMBA MEDJO Thérèse EYIZO’O Ferdinand

6 AMOUGOU Bernard NTOLO ELLONG

7 AFANE Gisèle Solange épse MEKEU Marie Antoinette


BIDJANG

1 CHIEF TABE TANDO NDIEB- OBEN BAKWA ENO


NSO Christopher

SUD-OUEST RDPC 2 OTTE Andrew MOFA NWELLE KUNZ MBAI

3 MBELLA MOKI Charles VEFONGE Juliet Becke

4 NTUBE Agnès NDODE épse EKWOGE Joseph ELANGOME


NDJOCK

5 ANKIE AFFIONG Rébecca NAIENGE MESEMBE Gabriel


AMAH

6 LEKUNZE Andreas MEMBO ANSONGNIA Beatrice


NKEMATABONG

7 Lionel PAPINATU ENGEMISE NENE NJAKO


FONDERSON Sophie

137
---En foi de quoi le présent procès-verbal est dressé en quadruple exemplaire dont
l’original sera conservé au Conseil Constitutionnel et les trois autres transmis
respectivement au Senat, au Ministère de la Décentralisation et du Développement
local ainsi qu’au Conseil Electoral ;
---Il sera publié suivant la procédure d’urgence, puis inséré au Journal Officiel en
français et en anglais ;
---Ont signé, le Président et le Secrétaire Général ;
---Avec le contreseing du Greffier ;

LE PRESIDENT LE SECRETAIRE GENERAL


Clément ATANGANA MALEGHO Joseph ASEH

LE GREFFIER
Longin MAKA EYOUM

138
B- ELECTION DU PRESIDENT DE LA
REPUBLIQUE
1- CONTENTIEUX PRE-ELECTORAL

139
DECISION N° 11/G/SRCER/CC/2018 DU 17 AOUT 2018

AFFAIRE :

Sieur ABOUBAKAR KAMALDINE


C/
Elections Cameroon (ELECAM)

OBJET :

(Requête aux fins de validation de candidature à l’élection présidentielle du 07


octobre 2018).

---L’an deux mille dix-huit ;

---Et le dix-sept du mois d’août ;

---Le Conseil Constitutionnel, siégeant en audience publique au Palais des Congrès a


rendu la décision dont la teneur suit :

---Le Conseil Constitutionnel ;

---Vu la Constitution ;

---Vu la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et fonctionnement du


Conseil Constitutionnel, modifiée par la loi n° 2012/015 du 21 décembre 2012 ;

---Vu la loi n° 2012/001 du 19 avril 2012 portant Code Electoral, modifiée et complétée
par la loi n° 2012/017 du 21 décembre 2012 ;

---Vu le décret n° 2018/104 du 07 février 2018 portant organisation et fonctionnement


du Secrétariat Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/015 du 07 février 2018 portant nomination des Membres du


Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/106 du 07 février 2018 portant nomination du Président du


Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/170 du 23 février 2018 portant nomination du Secrétaire


Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/391 du 09 juillet 2018 portant convocation du corps électoral en


140
vue de l’élection du Président de la République ;

---Vu le décret n° 2018/445 du 31 juillet 2018 portant nomination des responsables au


Secrétariat Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le recours de Monsieur ABOUBAKAR KAMALDINE ;

---Vu le mémoire en réponse des Maîtres MBUFUNG Marcel KUMFA, OKHA BAU
OKHA et ATANGANA AMOUGOU Joseph, Conseils d’ELECAM ;

---Attendu que par requête enregistrée au Conseil Constitutionnel sous le n° 96 en date


du 07 août 2018, sieur ABOUBAKAR KAMALDINE, « Candidat à l’élection
présidentielle » a introduit le présent recours auprès du Conseil Constitutionnel en ces
termes :

« J’ai été victime de plusieurs injustices à ELECAM DOUALA DEIDO et à la


préfecture du Wouri ;

« Tout d’abord validez ma candidature après la réponse à ma saisine…

« Ensuite utilisez votre pouvoir exceptionnel pour me permettre de verser trente


millions (30.000.000 CFA) au Trésor Public soit à Douala soit à Yaoundé 14 jours au
moins après votre réponse à ma saisine ;

« Je vous explique les injustices dont j’ai été victime ;

« - La direction d’ELECAM DOUALA DEIDO a obligé les deux femmes de la réception


à faire le faux et usage de faux le 18 juillet 2018 lorsque je me suis présenté devant eux
pour déposer mon dossier de candidature, j’ai les preuves (mes appels téléphoniques de
ce jour avec la CONAC et mon Avocat, beaucoup de journalistes camerounais présents
pouvant témoigner) ;

« - Le 16 juillet 2018 je dépose un format (copie timbré) à la préfecture du Wouri, pour


que le préfet légalise les statuts d’une alliance politique moi étant le chef de cette
alliance politique ;

« Sur ce format : objet : création d’une alliance politique dénommé ANO 2018
(Alliance Nationale de l’Opposition 2018 qui regroupe tous les partis politiques

141
d’oppositions qui peuvent y adhérer diplomatiquement et financièrement (1.000.000 F
CFA ou 500.000 CFA pour trente ou soixante partis politiques d’oppositions). En
principe le retrait de ce format était prévu pour le mardi 17 juillet 2018 me permettant
de collecter 30.000.000 F CFA pour aller faire un dépôt au Trésor Public à BONANJO
avant le jeudi 19 juillet 2018 et aller à ELECAM DEIDO avec le duplicata de ce
format ;

« Le Préfet du Wouri et son premier adjoint ont utilisé leur pouvoir pour bloquer mon
format dans le bureau de « Madame la chef service des affaires juridiques et politiques
de la préfecture du Wouri » leur motif : sans objet (une injustice). J’ai filmé le format,
traité la photo en question avec le matériel informatique pour faire les photocopies en
couleur ; c’est pour cela que l’un des formats est flou ;

« Le MANIDEM, le NMP, le MRC et tous les citoyens camerounais attendent une


réponse pacifique jouissant d’une INTEGRITE MORALE de votre part, j’ai les preuves
de toutes les injustices dont j’ai été victime » ;

---Attendu qu’en application des dispositions de l’article 130 alinéa 5 de la loi n°


2012/001 du 19 avril 2012 portant Code Electoral, modifiée et complétée par la loi n°
2012/017 du 21 décembre 2012, la susdite requête a été communiquée au Directeur
Général d’ELECAM le 09 août 2018 ;

---Que réagissant par ses conseils Maîtres MBUFUNG Marcel KUMFA, OKHA BAU
OKHA et ATANGANA AMOUGOU Joseph, Avocats au Barreau du Cameroun, cette
partie a déposé en date du 10 août 2018 et contre récépissé n° 026/G/SG/CC, son
mémoire en réponse formulé comme suit :

« PLAISE AU CONSEIL CONSTITUTIONNEL :

« Par requête non datée, enregistrée le 07 août 2018 au Greffe du Conseil


Constitutionnel sous le n° 96, Monsieur ABOUBAKAR KAMALDINE a introduit un
recours dans lequel il sollicite la validation de sa candidature à l’élection du Président
de la République du 07 octobre 2018 ;

« Que cependant, ce recours est irrecevable comme fait en violation de l’article 129 du
Code Electoral ;

« Attendu que l’article susvisé dispose que « les contestations ou les réclamations
relatives au rejet ou à l’acceptation des candidatures ainsi que celles relatives à la
couleur, au sigle ou au symbole adopté par un candidat sont soumises au Conseil
Constitutionnel par tout candidat, tout parti politique ayant pris part à l’élection ou
142
toute personne ayant qualité d’agent du Gouvernement pour ladite élection dans un
délai maximum de deux (2) jours suivant la publication des candidatures » ;

« Qu’ainsi, ne sont recevables dans le contentieux préélectoral, que les recours formés
par les candidats, les partis politiques prenant part à l’élection ou toute personne ayant
qualité d’agent du Gouvernement ;

« Qu’or, le nommé ABOUBAKAR KAMALDINE n’a pas déposé de déclaration de


candidature à Elections Cameroon (ELECAM) ;

« Qu’il n’est donc ni candidat, ni représentant d’un parti politique ayant pris part à
l’élection, pas plus d’ailleurs qu’il n’est agent du Gouvernement ;

« Qu’il s’ensuit que Monsieur ABOUBAKAR KAMALDINE n’a pas qualité pour
exercer le présent recours ;

« Que sa requête est donc irrecevable ;

« PAR CES MOTIFS

« Et tous autres à déduire, à ajouter ou à suppléer même d’office s’il y a lieu ;

« Déclarer irrecevable le recours de Monsieur ABOUBAKAR KAMALDINE.

« ET CE SERA JUSTICE.

« SOUS TOUTES RESERVES,

« Yaoundé, le 09 août 2018

« POUR ELECTIONS CAMEROON (ELECAM)

« (1) Barrister MBUFUNG Marcel KUMFA (é)

« (2) Barrister OKHA BAU OKHA (é)

« (3) Maître ATANGANA AMOUGOU Joseph(é) ».

SUR LA RECEVABILITE DE LA REQUETE

---Attendu qu’aux termes de l’article 129 du Code Electoral, « les contestations ou les
réclamations relatives au rejet ou à l’acceptation des candidatures ainsi que celles
relatives à la couleur, au sigle ou au symbole adopté par un candidat sont soumises
au Conseil Constitutionnel par tout candidat, tout parti politique ayant pris part à
l’élection ou toute personne ayant qualité d’agent du Gouvernement pour ladite
élection dans un délai maximum de deux (2) jours suivant la publication des
candidatures. » ;

---Que par ailleurs, l’article 43 de la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant


organisation et fonctionnement du Conseil Constitutionnel dispose : « Le Conseil
143
Constitutionnel est juge de l’éligibilité à la Présidence de la République. Toute
personne dont la candidature n’a pas été retenue est habilitée à contester la décision
de rejet devant le Conseil Constitutionnel dans les conditions prévues par les lois
électorales en vigueur. » ;

---Qu’il résulte des dispositions suscitées que la saisine du Conseil Constitutionnel en


cette matière n’est réservée qu’aux candidats, aux partis politiques prenant part à
l’élection ou toute personne ayant qualité d’agent du Gouvernement ;

---Que de plus, le contentieux qui peut être déféré devant le Conseil Constitutionnel a
pour point de départ la décision d’acceptation ou de rejet d’une candidature par
ELECAM, l’institution en charge de l’organisation des élections ;

---Attendu en l’espèce que sieur ABOUBAKAR KAMALDINE n’a pas déposé son
dossier de candidature au Conseil Electoral comme il l’affirme lui-même ;

---Qu’il s’ensuit qu’il n’a pas qualité pour ester devant le Conseil Constitutionnel ;

---Que dès lors sa requête est irrecevable ;

---Attendu que la procédure devant le Conseil Constitutionnel étant gratuite en vertu de


l’article 57 de la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et
fonctionnement du Conseil Constitutionnel, modifiée et complétée par la loi n°
2012/015 du 21 décembre 2012, il convient de laisser les dépens à la charge du Trésor
Public ;

---Qu’en application des dispositions de l’article 15(2) de ladite loi et de celles de


l’article 131 (3) du Code Electoral, il y a lieu d’ordonner la notification immédiate de la
présente décision au Conseil Electoral et aux autres parties concernées, ainsi que sa
publication au Journal Officiel ;

PAR CES MOTIFS

---Statuant publiquement, contradictoirement à l’égard des parties, en matière électorale


et à l’unanimité des membres :

---Déclare la requête de sieur ABOUBAKAR KAMALDINE irrecevable pour défaut de


qualité ;

---Laisse les dépens à la charge du Trésor Public ;

---Ordonne la notification immédiate de la présente décision au Conseil Electoral, aux


autres parties concernées, ainsi que sa publication au Journal Officiel ;

---Ainsi jugé et prononcé en audience publique par le Conseil Constitutionnel les jour,
mois et an que dessus, en la salle des audiences dudit Conseil où siégeaient :
144
M. Clément ATANGANA, Président du Conseil Constitutionnel,

PRESIDENT ;
MM. Jean FOUMAN AKAME,
BAH OUMAROU SANDA,
Paul NCHOJI NKWI,
Joseph Marie BIPOUN WOUM,
Emmanuel BONDE,
MME. Florence Rita ARREY,
MM. Charles Etienne LEKENE DONFACK,
AHMADOU TIDJANI,
Jean-Baptiste BASKOUDA,
Emile ESSOMBE,
CONSEILLERS ;

---Avec l’assistance de Maître Longin MAKA EYOUM, Greffier en Chef ;

---Et de Maître AMBOMO Flavienne J. épouse NOAH AMBASSA, Greffier ;

---En présence de Monsieur MALEGHO Joseph ASEH, Secrétaire Général ;

---En foi de quoi la présente décision a été signée par le Président, le Secrétaire Général
et contresignée par le Greffier en Chef. /-

LE PRESIDENT LE SECRETAIRE GENERAL

Clément ATANGANA MALEGHO Joseph ASEH

LE GREFFIER EN CHEF

Longin MAKA EYOUM

145
DÉCISION N° 12/CE/CC/2018 DU 17 AOUT 2018

AFFAIRE :
Sieur KUM ANE IHIMS

C/

1) ELECTIONS CAMEROON (ELECAM)


2) LE RASSEMBLEMENT DÉMOCRATIQUE DU PEUPLE CAMEROUNAIS
(RDCP)

OBJET :
(Requête aux fins de contestation de la candidature de BIYA Paul et du RDPC)
---L’an deux mille dix-huit ;

---Et le dix-sept du mois d’août ;

---Le Conseil Constitutionnel, siégeant en audience publique au Palais des Congrès a


rendu la décision dont la teneur suit :

---Le Conseil Constitutionnel,

---Vu la Constitution ;

---Vu la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et fonctionnement du


Conseil Constitutionnel, modifiée par la loi n° 2012/015 du 21 décembre 2012 ;

---Vu la loi n° 2012/001 du 19 avril 2012 portant Code Electoral, modifiée et


complétée par la loi n° 2012/017 du 21 décembre 2012 ;

---Vu le décret n° 2018/104 du 07 février 2018 portant organisation et fonctionnement


du Secrétariat Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/015 du 07 février 2018 portant nomination des Membres du


Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/106 du 07 février 2018 portant nomination du Président du


Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/170 du 23 février 2018 portant nomination du Secrétaire


Général du Conseil Constitutionnel ;
146
---Vu le décret n° 2018/391 du 09 juillet 2018 portant convocation du corps électoral
en vue de l’élection du Président de la République ;

---Vu le décret n° 2018/445 du 31 juillet 2018 portant nomination des responsables au


Secrétariat Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le recours de KUM ANE IHIMS ;

---Après avoir entendu le Conseiller Paul NCHOJI NKWI, en la lecture de son


rapport ;

---Attendu que par requête en date du 08 août 2018 enregistrée au Secrétariat Général
du Conseil Constitutionnel, Monsieur KUM ANE IHIMS, Agent contractuel
d'administration en service à la Sous-Préfecture de l’Arrondissement de Yaoundé IV, a
saisi ledit Conseil aux fins d’inéligibilité du candidat BIYA Paul, d’invalidation de la
candidature du requérant ;

---Que cette requête est formulée en ces termes :

« M. KUM ANE IHIMS

« AGENT CONTRACTUEL D'ADMINISTRATION

« SOUS PRÉFECTURE DE YAOUNDE 4

« Tél : 677 30 48 72 / 694 39 48 61

« Date : 08 août 2018

« MONSIEUR LE PRÉSIDENT DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL A YAOUNDE

« En raison des signaux de fraude électorale avérés aux termes des articles 122 (a),
(b), (d), (e), (g), (i), 123 (a) du Code Pénal et de l’article 47 (d) du Code Electoral, les
noms (Paul BIYA et BIYA Paul) sont entre autres irrégularités utilisées pour entraver
la candidature de IHIMS du parti BIYA. Nous sollicitons du Conseil Electoral via le
Conseil Constitutionnel qu’il remplace la candidature inéligible du RDPC et du
Président de ce parti par celle du parti politique BIYA de M. KUM ANE IHIMS,
candidat éligible à l’élection présidentielle du 07 octobre 2018 ;
147
« Monsieur le Président ;

« Suite à ma précédente protestation, en ce qui concerne maintenant le chapitre IV,


article 133(3) sur le contentieux électoral, le Parti Politique Bilingue de Yaoundé
(BIYA PARTY) porte d'urgence à votre connaissance le manque d’attention injuste
réservé à la candidature du président du Parti BIYA, M. KUM ANE IHIMS, déposée le
08 juillet 2018 en protestation et en contestation au sujet de la candidature du
Président sortant Paul BIYA du parti-régime RDPC. Une fois de plus, IHIMS est plus
éligible que Paul BIYA pour l‘élection présidentielle du 07 octobre 2018 au vu des
documents de référence joints qui prouvent que IHIMS n'a pas commis de faute en ne
remplissant pas les conditions prévues par le Code Electoral relatives à la désignation
des candidats, à l’éligibilité et aux incompatibilités électorales ;

« Monsieur le Président, j'ai transmis au Conseil Electoral mon contrat de travail n°


002421/MFPRA/DGC/SDPNF/SPCN/BC, entre autres, contre récépissé du 1er mai
2008 et les articles 03, 08, 09 et 19 de ce contrat de travail dont le contenu avait pour
but d’éclairer le Conseil Electoral sur ma situation de torture sur les faits et les
moyens de ma protestation lors de ma participation à l’élection présidentielle du 07
octobre 2018. Je proteste humblement contre l'arbitraire du régime RDPC et du
candidat présidentiel du parti RDPC, en raison d'actes délibérés qui constituent des
obstacles à ma protection civile, sont une violation des droits civiques et politiques
ainsi qu‘une violation du Code Pénal, du Code du Travail et du Code Electoral des
citoyens camerounais. Ces violations des codes sont un terreau pour une élection
injuste, non transparente et une garantie contre les aspirations présidentielles
éligibles et non incompatibles comme KUM ANE IHIMS du parti BIYA et ses partisans
(sympathisants) pour l‘élection du 07 octobre 2018 ; par exemple, l'article 19 de mon
contrat de travail m’exonère du paiement de trente millions (30.000.000) à titre de
cautionnement au Trésor Public ;

« Enfin, Monsieur le Président, outre la décision injuste prise à notre encontre en tant
que segment des Camerounais anglophones torturés, victimes du génocide familial
nucléaire et en tant que bâtisseurs de la Nation, volontaires malgré la guerre lancée
contre nous, démocrates, nous souhaitons que tous les codes (électoral, pénal, du
148
travail, etc.) au Cameroun soient respectés de la même manière par tous les citoyens
sans complexité. En d'autres termes, nous espérons que le Conseil Electoral, par
l'intermédiaire du Conseil Constitutionnel, réexaminera notre appel à prendre part à
l’élection du 07 octobre 2018, car nous attendons du parti BIYA et de ma candidature
que je me présente à la présidence à votre entière discrétion et en considérant que
nous sommes marginalisés même en utilisant le terrorisme ;

« Par exemple, si un Préfet qui est ma hiérarchie m’interdit l’accès dans les services
publics de l'État, en tant que leader d’un parti politique il devient pratiquement
impossible pour mes sympathisants à travers le pays de constituer leurs dossiers de
candidature comme l'exige l’article 122 du Code Electoral en temps de guerre ;

« Dans l’attente de votre sage approbation de la candidature du Parti BIYA à


l’élection présidentielle, Monsieur le Président, je vous remercie, au nom de nos
militants, de votre patience et de votre compréhension ;

« Je reste humblement candidat ;

« (é) ;

« M. KUM ANE IHIMS

« M. KUM ANE IHIM du parti BIYA » .

---Attendu que les défendeurs ont été notifiés de la présente requête conformément à
l’article 133(3) du Code Electoral ;

---Qu'en réponse à cette requête, le Conseil Electoral par l'intermédiaire de ses


Conseils a conclu en ces termes :

« PLAISE AU CONSEIL CONSTITUTIONNEL :

« Attendu que par requête en date du 08 août 2018, enregistrée le même jour au Greffe
du Conseil Constitutionnel sous le n° 10, MONSIEUR KUM ANE IHIMS a saisi ledit
Conseil d'un recours en contestation des Résolutions n° 018/R/ELECAM/CE et n°
019/R/ELECAM/CE adoptées par le Conseil Electoral le 07 août 2018 ;
« Que MONSIEUR KUM ANE IHIMS excipe :
149
« - l'inéligibilité du Candidat BIYA Paul ;
« - la recevabilité de sa déclaration de candidature ;

« Mais attendu que ces arguments ne peuvent convaincre dans la mesure où d'une
part l'inéligibilité alléguée n'est pas établie, d'autre part le rejet de la déclaration de
candidature concernée est justifié en droit, celle-ci ayant été faite en violation des
articles 122 alinéa 2 et 124 du Code Electoral ;

I- « SUR LA PSEUDO INELIGIBILITE DU CANDIDAT BIYA PAUL

« Attendu que les articles 117, 118 et 119 indiquent les conditions d'éligibilité des
candidats à l'élection présidentielle ;
« Que ces articles disposent respectivement :

« Les candidats aux fonctions de président de la République doivent jouir de la


plénitude de leurs droits civiques et politiques et avoir trente - cinq (35) ans révolus à
la date de l'élection. Ils doivent être citoyens camerounais d'origine et justifier d'une
résidence continue dans le territoire national d'au moins douze (12) mois
consécutifs et d'une inscription sur les listes électorales à la date du scrutin, »
« Sont inéligibles les Personnes qui, de leur propre fait, se sont placées dans une
situation de dépendance ou d'intelligence vis-à-vis d'une personne, d'une
organisation ou d'une puissance étrangère ou d'un Etat étranger (...) » ;

« Que de l'application de ces dispositions au candidat BIYA Paul, il est aisé de


constater qu’il jouit pleinement de ses droits civiques et politiques car n'ayant jamais
fait l'objet de condamnation ainsi que l'atteste son bulletin n° 3 du casier judiciaire ;

« - il est âgé de plus de trente - cinq (35) ans ;


« - il est de nationalité camerounaise ;
« - il justifie d'une résidence continue sur le territoire depuis plus douze (12) mois ;
« - il est inscrit sur les listes électorales ;
« - il n'est nullement en situation de dépendance ou d'intelligence avec une personne,
une organisation, une puissance étrangère ou un Etat étranger ;
« Que toutes les conditions d'éligibilité étant remplies par le candidat BIYA Paul, c'est
à tort que le recourant fait valoir l'inéligibilité du candidat concerné ;
150
« Qu'il n'apporte du moins aucun élément de preuve pour justifier ladite inéligibilité ;

« Que dans ce contexte, l'argument de MONSIEUR KUM ANE IHIMS tiré de


l'inéligibilité du candidat BIYA Paul n'est pas fondé ;
« Qu'i1 y a lieu de le rejeter comme tel ;

« II- DE LA VIOLATION PAR LE RECOURANT DES ARTICLES 122 ALINEA


2 ET 124 DU CODE ELECTORAL
« Attendu que l'article 122 alinéa 2 du Code Electoral dispose que « la déclaration de
candidature est accompagnée :
« - de la liste de 300 signatures des personnalités requises à l'article 118 ci-dessus,
le cas échéant ;
« - d'un extrait d'acte de naissance du candidat datant de moins de trois (03) mois ;
« - de la lettre de présentation et d'investiture du parti cautionnant la candidature
du postulant, le cas échéant ;
« - d'une déclaration sur l'honneur par laquelle le candidat s'engage à respecter la
Constitution ;
« - d'un bulletin n° 3 du casier judiciaire datant de moins de trois (03) mois ;
« - d'un certificat d'imposition ou de non-imposition ;
« - d'un certificat de nationalité ;
« - de l'original du certificat de versement du cautionnement. » ;
« Attendu que la clarté de l'article susvisé sur les pièces devant accompagner la
déclaration de candidature n'est plus à démontrer ;

« Qu'or, l'exploitation de la liasse des différentes pièces accompagnant la déclaration


de candidature de Monsieur KUM ANE IHIMS a révélé que ce dernier n'a pas produit
les pièces ci-après :
« - le Certificat de versement de cautionnement ;
« - la déclaration de candidature ;
« - la liste de 300 signatures de personnalités requises par la loi pour un parti
politique non-représenté dans une assemblée élective ;
« - un extrait d'acte de naissance ;
«- la déclaration sur l'honneur;
151
« - le bulletin n° 3 du casier judiciaire ;
« - le certificat d'imposition ou de non-opposition.

« Qu'au demeurant, ce dernier n'apporte pas la preuve de ce qu'il aurait produit


lesdites pièces lors du dépôt de sa déclaration de candidature ;

« Que du reste, le bordereau de réception des pièces accompagnant la déclaration de


candidature de Monsieur KUM ANE IHIMS, contradictoirement établi le 17 juillet
2018, jour du dépôt de ladite candidature, indique clairement que le concerné n'avait
pas produit les pièces dont s'agit ;

« Qu'ainsi, non seulement l'intéressé n'a pas produit plusieurs pièces, mais en plus
n'a pas versé la caution exigée par la loi conformément à l'article 124 du Code
Electoral qui dispose que « le candidat doit verser au trésor public un
cautionnement fixé à trente million (30 000 000) de francs. ( ... ) » ;
« Qu'il s'en suit que la déclaration de candidature en cause n'est pas conforme aux
articles 122 alinéa 2 et 124 du Code Electoral ;
« Que c'est à bon droit que le Conseil Electoral d'Elections Cameroon (ELECAM) a
déclaré irrecevable la candidature de Monsieur KUM ANE IHIMS ;
« PAR CES MOTIFS :
« Et tous autres à déduire, à ajouter ou à suppléer même d'office s'il y a lieu ;
« EN LA FORME :
« Dire recevable le recours de Monsieur KUM ANE IHIMS comme fait dans les forme
et délai de la loi ;
« AU FOND :
« - Dire non fondée l'inéligibilité alléguée du candidat BIYA Paul ;
« - Dire que la déclaration de candidature de Monsieur KUM ANE IHIMS a été faite
en violation des articles 122 alinéa 2 et 124 du Code Electoral ;
« - Confirmer en conséquence le rejet de sa candidature à l'élection présidentielle du
07 octobre 2018 ;
« ET CE SERA JUSTICE.
« SOUS TOUTES RESERVES
« Yaoundé, le 09 août 2018
152
« POUR ELECTIONS CAMEROON (ELECAM)
« Ont signé :

« (1) Maître MBUFUNG Marcel KUMFA

« (2) Maître OKHA BAU OKHA

« (3) Maître ATANGANA AMOUGOU Joseph ».

---Attendu que le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC) par


l'intermédiaire de ses Conseils, a pour sa part conclu en ces termes :

«PLAISE AUX HONORABLES CONSEILLERS, le candidat Paul BIYA vous prie


par la présente de rejeter la requête de KUM ANE IHIMS du PARTI POLITIQUE
BILINGUE DE YAOUNDE (BIYA TRC) pour les raisons suivantes :

« Que la requête de KUM ANE IHIMS est déposée au mépris total des dispositions
impératives et existantes de l'article 129 de la loi n° 2012/002 du 19 avril 2012
relative au Code Electoral, modifiée et complétée par la loi n° 2012/017, qui dispose
notamment :

« Les contestations ou les réclamations relatives au rejet ou à l’acceptation des


candidatures, ainsi que celles relatives à la couleur, au sigle ou au symbole adoptés
par un candidat sont soumises à l’examen du Conseil Constitutionnel par tout
candidat, tout parti politique ayant pris part à l’élection ou toute personne ayant
qualité d’agent du Gouvernement pour ladite élection, dans un délai maximum de
deux (02) jours suivant la publication des candidatures. » ;

« Qu’en vertu de la résolution n° 019/R/ELECAM/CE du 7 août 2018, la candidature


du requérant à l'élection présidentielle de la République du Cameroun prévue pour le
07 octobre 2018 a été rejetée par Elections Cameroon car ne remplissant pas les sept
(07) conditions prévues par le Code Electoral (voir notification n°
0517/ELECAM/DGE du 7 août 2018 de la requête) ;

« Que le requérant n'est pas candidat à ladite élection, et n'a donc pas qualité pour
déposer ce recours devant ce Conseil, qui vise à invalider la candidature d'un
candidat retenu, Paul BIYA ;
153
« Que le requérant n'est pas en concurrence directe avec Paul BIYA, et ne démontre
donc aucun intérêt direct à l'invalidation de sa candidature ;

« Que le requérant ne peut saisir cet Honorable Conseil Constitutionnel qu'aux fins de
contester la résolution n° 019/R/ELECAM/CE du 7 août 2018 par laquelle Elections
Cameroon rejette sa candidature et non par rapport à l'éligibilité de la candidature de
Paul BIYA ;

« Qu’en supposant d’aventure, que vous ayez eu l'intention d'examiner cette requête
au fond, nous relevons en outre que les allégations de fraude électorale, de violation
de l'article 47 du Code Electoral et autres formulées par le requérant sont sans
fondement et ne peuvent être retenues par le Conseil Constitutionnel ;

« Que les dispositions de l'article 129 précité sont si impératives que toute requête
introduite devant vous qui ne les respecte pas est irrecevable :

« De ce qui précède, nous prions instamment cet auguste Conseil Constitutionnel de


rejeter et de déclarer cette requête irrecevable ;

« PROFONDS RESPECTS ;

« YAOUNDE 10 AOÛT 2018 ;

« Ont signé :

«1) Me GUY NOAH

«2) Me MBITA BLAISE

«3) Me LUKE KISOB ».

SUR LA RECEVABILITE DE LA REQUETE

---Attendu que l'article 43 de la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation


et fonctionnement du Conseil Constitutionnel modifiée par la loi n° 2012/015 du 21
décembre 2012 dispose :

« Le Conseil constitutionnel est juge de l'éligibilité à la Présidence de la


République. Toute personne dont la candidature n’a pas été retenue est habilitée à

154
contester la décision de rejet devant le Conseil Constitutionnel dans les conditions
prévues par les lois électorales en vigueur. » ;

---Que l'article 129 du Code Electoral dispose :

« Les contestations ou réclamations relatives au rejet ou à l'acceptation des


candidatures, ainsi que celles relatives à la couleur, au sigle ou au symbole adopté
par un candidat sont soumises au Conseil Constitutionnel par tout candidat, tout
parti politique ayant part à l'élection ou toute personne ayant qualité d’agent du
gouvernement pour ladite élection, dans un délai maximum de deux (02) jours
suivant la publication des candidatures. » ;

---Attendu par ailleurs qu'il ne fait aucun doute que le requérant a déposé son dossier
de candidature à l'élection présidentielle de 2018 auprès d'ELECAM, lequel dossier a
été rejeté ;

---Que sa requête a été déposée au Conseil Constitutionnel dans les forme et délai
légaux, il y a lieu de la déclarer recevable ;

AU FOND

---Attendu que l'allégation du requérant selon laquelle le candidat BIYA Paul n'est pas
éligible pour avoir utilisé de façon interchangeable les noms Paul BIYA et BIYA Paul
n'est étayée par aucune preuve ;

---Qu'il existe un principe de droit qui dit que celui qui allègue un fait doit en rapporter
la preuve claire et irréfutable ;

---Qu’à l’analyse des pièces produites par le requérant, il ressort aisément que celles-ci
n’ont aucun lien avec la requête ; que par conséquent ne permettent pas d’étayer ses
allégations ;

---Qu’il échet de rejeter sa requête comme non fondée ;

---Attendu que la procédure devant le Conseil Constitutionnel étant gratuite en vertu


de l’article 57 de la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et
fonctionnement du Conseil Constitutionnel, modifiée et complétée par la loi n°
155
2012/015 du 21 décembre 2012, il convient de laisser les dépens à la charge du Trésor
Public ;

---Qu’en application des dispositions combinées des articles 15(2) de la susdite loi et
131(3) du Code Electoral, il y a lieu d’ordonner la notification immédiate de la
présente décision au Conseil Electoral et aux autres parties intéressées, ainsi que sa
publication au Journal Officiel ;

PAR CES MOTIFS

---Statuant publiquement, contradictoirement à l’égard des parties, en matière


électorale, en dernier ressort et à l’unanimité de ses membres :

---Déclare le recours de KUM ANE IHIMS recevable en la forme ;

---Au fond, le rejette comme non fondé ;

---Laisse les dépens à la charge du Trésor public ;

---Ordonne la notification immédiate de la présente décision au Conseil Electoral et


aux autres parties intéressées, ainsi que sa publication au Journal officiel.

---Ainsi jugé et prononcé en audience publique par le Conseil Constitutionnel les jour,
mois et an que dessus, en la salle des audiences dudit Conseil où siégeaient :

M. Clément ATANGANA, Président du Conseil Constitutionnel,

PRESIDENT ;
MM. Jean FOUMAN AKAME,
BAH OUMAROU SANDA,
Paul NCHOJI NKWI,
Joseph Marie BIPOUN WOUM,
Emmanuel BONDE,
MME. Florence Rita ARREY,
MM. Charles Etienne LEKENE DONFACK,
AHMADOU TIDJANI,
Jean-Baptiste BASKOUDA,
156
Emile ESSOMBE,
CONSEILLERS ;
---Avec l’assistance de Maître Longin MAKA EYOUM, Greffier en Chef ;

---Et de Maître AMBOMO Flavienne J. épouse NOAH AMBASSA, Greffier ;

---En présence de Monsieur MALEGHO Joseph ASEH, Secrétaire Général ;

---En foi de quoi la présente décision a été signée par le Président, le Secrétaire
Général et contresignée par le Greffier en Chef. /-

LE PRESIDENT LE SECRETAIRE GENERAL

Clément ATANGANA MALEGHO Joseph ASEH

LE GREFFIER EN CHEF

Longin MAKA EYOUM

157
DECISION N° 13/CE/CC/2018 DU 17 AOUT 2018

AFFAIRE :

Sieur Vincent-Sosthène FOUDA ESSOMBA

C/

Elections Cameroon (ELECAM)

OBJET :
(Validation de candidature).

---L’an deux mille dix-huit ;

---Et le dix-sept du mois d’août ;

---Le Conseil Constitutionnel, siégeant en audience publique au Palais des Congrès a


rendu la décision dont la teneur suit :

---Le Conseil Constitutionnel,

---Vu la Constitution ;

---Vu la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et fonctionnement du


Conseil Constitutionnel, modifiée par la loi n° 2012/015 du 21 décembre 2012 ;

---Vu la loi n° 2012/001 du 19 avril 2012 portant Code Electoral, modifiée et


complétée par la loi n° 2012/017 du 21 décembre 2012 ;

---Vu le décret n° 2018/104 du 07 février 2018 portant organisation et


fonctionnement du Secrétariat Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/015 du 07 février 2018 portant nomination des Membres du


Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/106 du 07 février 2018 portant nomination du Président du


Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/170 du 23 février 2018 portant nomination du Secrétaire


158
Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/391 du 09 juillet 2018 portant convocation du corps électoral


en vue de l’élection du Président de la République ;

---Vu le recours de monsieur Vincent-Sosthène FOUDA ESSOMBA ;

---Vu le mémoire en réponse de Maîtres MBUFUNG Marcel KUMFA, OKHA BAU


OKHA et ATANGANA AMOUGOU Joseph, conseils d’ELECAM ;

---Attendu que par requête en date du 08 août 2018 enregistrée le 09 du même mois
au Greffe du Conseil Constitutionnel sous le n° 07, sieur Vincent Sosthène FOUDA
ESSOMBA, candidat déclaré du Mouvement Camerounais Pour la Social-
Démocratie (MCPSD) à l’élection présidentielle du 07 octobre 2018, a saisi ledit
Conseil d’un recours tendant à la validation de sa candidature à l’élection du
Président de la République du 07 octobre 2018 ;

---Que ledit recours est ainsi conçu :

« Prof Vincent Sosthène FOUDA


« Mouvement Camerounais pour la Social- Démocratie (M.C.P.S.D)
« Immeuble Hollando – Yaoundé-porte 302, 3ème étage
« Tél : 678.73.30.28
« [email protected]
« Yaoundé le 08/08/2018
« Contentieux pré-électoral
« Affaire FOUDA ESSOMBA Vincent-Sosthène
« Candidat du mouvement Camerounais pour la Social-Démocratie (MCPSD)
C/
Elections Cameroon (ELECAM)

« Monsieur le Président,

« Mesdames et Messieurs les Conseillers,

159
« Conformément au Chapitre III, de la déclaration de candidature à l’élection du
Président de la République, en son article 121, petit 1 alinéa 2 les candidats à
l’élection du Président de la République peuvent être :

« soit indépendants, à condition d’être présentés comme candidat à l’élection du


Président de la République par au moins trois cents (300) personnalités originaires
de toutes les régions, à raison de trente (30) par Région et possédant la qualité soit
de membre du Parlement ou d’une Chambre Consulaire, soit de Conseiller Régional
ou de Conseiller Municipal, soit de Chef traditionnel de premier degré ;

« Nous avons l’honneur de vous déférer l’ensemble de la loi électorale n° 2012/001


du 19 avril 2012 portant Code Electoral, modifiée et complétée par la loi n°
2012/017 du 21 décembre 2012…et ses manquements ;

« En effet si nous prenons simplement la Région du centre siège des institutions- le


département du Mfoundi ne compte qu’un seul chef traditionnel de 1er degré-siège du
reste vacant – le département de la Lékié compte 2 chefs de premier degré – le
département de la Mefou et Akono aucun- Mefou et Afamba aucun – Haute Sanaga
3- nous pouvons multiplier les exemples ainsi à l’infini sur l’ensemble du territoire
national.

« Au Cameroun, depuis la promulgation de la loi n° 96/06 du 18 janvier 1996


portant révision de la constitution du 02 juin 1972 créant une deuxième catégorie de
collectivité territoriale décentralisée, la région, depuis la promulgation de la loi n°
2004/019 du 22 juillet 2004 fixant les règles applicables aux régions et instituant les
conseils régionaux, force est de constater qu’il n’existe aucun conseil et par
conséquent aucun conseiller dans notre pays.

« Le Conseil Economique et Social, autre Assemblée en me référant à la loi n°


2017/009 du 12 juillet 2017 fixant les attributions, l’organisation et le
fonctionnement du Conseil Economique et Social du Cameroun compte 150 membres
plus un président en ce jour et en cette heure, nous n’avons qu’un Président un
Secrétaire Général et 3 conseillers vivants et certainement pas actifs !
160
« Monsieur le Président du Conseil Constitutionnel, Mesdames et Messieurs les
Membres dudit Conseil, le 11 juillet 2018, le Chef de l’Etat a prorogé le mandat des
députés et des conseillers municipaux d’un an. Ce n’est pas « tripatouiller » que de
se poser – sans se soucier de savoir quel compétiteur aurait intérêt à quelle réponse
– la question de la préséance institutionnelle se pose dans notre pays. Si l’on admet
que la République, repose sur le choix du Président, il n’est pas absurde de
commencer par élire celui dont la circonscription est le Cameroun entier. Pourquoi
n’avons-nous pas l’honnêteté intellectuelle de le dire et de le fixer dans la loi ?

« Que constatons-nous ? Les raisons évoquées par le Chef de l’Etat pour proroger le
mandat des députés s’appuient sur un chevauchement des échéances électorales
lequel chevauchement a été savamment construit, organisé et imposé au peuple
camerounais et aux partis politiques dès le 14 avril 2013 avec l’organisation de la
première des sénateurs dans notre pays il n’y avait ni expression d’urgence ni
nécessité de date à l’époque le mandat des députés et celui des conseillers
municipaux avait alors été également prorogé d’un an sans que le législateur juge et
parti exprime la moindre volonté d’une inversion du calendrier électoral de manière
constitutionnelle… le chevauchement des élections municipales et législatives ne
saurait constituer un cas de force majeure devant amener le chef de l’Etat à inverser
le calendrier électoral avec les conséquences que nous connaissons aujourd’hui.
Que dit le Code Electoral en cas d’inversion du calendrier électoral ?

« Le 30 septembre 2013, nous sommes allés aux élections législatives et municipales


couplées nous avons conduit des listes dites de l’Union de l’Opposition
Camerounaise – baptisées convergence des forces PURS – nous avons obtenus des
conseillers municipaux notamment à douala 4ème et Douala 5ème - monsieur le
Président, vous étiez alors Président de la Chambre Administrative ;

« A ce titre, nous n’avons pas besoin des 300 signatures à raison de 30 par région –
il n’existe pas d’institutions devant fournir les élus en question – premièrement,

161
« Deuxièmement, nous sommes en face d’une inversion du calendrier électoral qui
est une incohérence politique pour un régime présidentialiste avec la loi et le droit
en moins ;

« Monsieur le Président, Mesdame et Messieurs les Membres du Conseil


Constitutionnel – en ce lieu je vous invite non pas à dire la loi, elle semble être
absente, non pas à l’interpréter mais à la façonner face au vide juridique dans lequel
nous nous trouvons – car oui c’est cela qui est vrai ! Le chef de l’Etat en inversant le
calendrier électoral a privé les partis politiques de l’espace nécessaire pour avoir
les conseillers et autres députés nécessaires pour pouvoir librement et sainement
concourir plus tard - vous le savez, 93 partis politiques ont été légalisés depuis la
promulgation de l’actuel Code Electoral ce n’est pas moi qui le dis mais le
Secrétaire Général d’Elections Cameroon – nous pouvons lui faire confiance sur
cette déclaration ;

« In fine, sur cette exigence de 300 signatures, de l’inversion du calendrier électoral,


du vide juridique qui entoure, nous sommes en face d’une méconnaissance du
principe de clarté et de sincérité du débat politique dans notre pays et le Conseil
Constitutionnel doit sanctionner le Conseil Electoral sur ce fait ;

« Vous le savez, la loi n’a pas besoin de flou, quand il y a flou il y a loup et c’est à
vous de débusquer ce loup afin de permettre à la République de rester debout !

« II – Absence de certificat de versement du cautionnement

« Monsieur le Président du Conseil Constitutionnel, Madame et Messieurs les


Membres de cette chambre, la réf – 45/ MINFI/DGTCFM/DT/TGY - la déclaration
de recette n° 043426 du 16 juillet 2018 – Que dit la loi électorale ?

« Ledit document est directement transmis au Conseil Constitutionnel par le Trésor


Public – deux exemplaires sont donnés au mandataire – celui-ci a bel et bien été
joint au dossier.

« III Absence de certificat de nationalité et absence de certificat d’imposition


162
« Je suis dans l’obligation de renvoyer le Conseil Electoral au dossier source en sa
possession – à l’historique du dépôt de dossier remis à notre mandataire et qui
énumère bien – vérification et validation à la réception – et signifie que nous avons
bien déposé les documents qui font aujourd’hui l’objet de rejet de notre candidature.

« C’est l’occasion pour nous de demander ici devant tout ce Conseil réuni si c’est
bien notre dossier de candidature qui a été examiné par le Conseil Electoral ? A
quelle heure a-t-il été examiné ? A la lumière d’une lampe tempête ou d’une bougie
car les délestages sont fréquents.

« Voici la liste première des candidats à l’élection présidentielle publiée par


Elections Cameroon le 19 juillet 2018.

« Ndjoumou Léopold Steve UREC (Union pour le Redressement Economique du


Cameroun) ;

« Bile Olivier Anicet de l’union pour la fraternité et la prospérité (UFP) ;

« Ndifor Afanwi Franklin du MCNC (Mouvement Citoyen National du Cameroun) ;

« Matomba Serge Espoir du PURS (Peuple Uni pour la Rénovation Sociale) ;

« Libii Lingue Ngue Cabral (parti Univers) ;

« Fomo Ngotta Jean Marie du RDPF (Rassemblement démocratique du peuple sans


frontière) ;

« Ndemmano Antoine de Padoue du RDPF (Renaissance Sociale Démocratique du


cameroun) ;

« Biya Paul du RDPC (Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais) ;

« Kamto Maurice du MRC (Mouvement pour la renaissance du Cameroun) ;

« Mvomo Ondoua Aurel Cedric du MCPSD (Mouvement Camerounais Pour la


Social Démocratique) ;
163
« Zeh Amvene Geneviève, (candidate indépendante) ;

« Jean Blaise Gwet, du MPCC (Mouvement Patriotique pour le Changement du


Cameroun) ;

« Gabanmidanha Rigobert, (candidat indépendant) ;

« Habiba Issa UPC (Union des Populations du Cameroun) ;

« Barin Koula Edouard, (candidat indépendant) ;

« Etonde Etonde Jean Patrice, (candidat indépendant) ;

« Choupo Kangaing Hervé, (candidat indépendant) ;

« Engono Valentin de UCDI (Union Camerounaise pour la Démocratie et


l’Innovation)

« Boboro Kekomo, (Candidat indépendant) ;

« Kisop Bertin du PJSC (Parti pour la justice sociale au Cameroun) ;

« Feuzeu Isaac du MERCI (Mouvement pour l’émergence et le réveil du citoyen) ;

« Muna Akere Tabeng du FPD (Front populaire pour le développement) ;

« Garga Haman Adji de l’ADD (Alliance pour la Démocratie et le Développement) ;

« Mongwat Adamou de l’UDC (Union Démocratique du Cameroun) ;

« Kum Ane Ihims, BIYA party (Bilingual Yaoundé Political Party);

« Chantal Roger Tuile du DC (Debout le Cameroun) ;

« Joshua Osih Nambangi du SDF (Social Democratic Front) ;

« Fouda Essomba Sosthène du MCPSD (Mouvement Camerounais Pour la Social-


Démocratie) ;
164
« Comme vous pouvez le constater, le Mouvement camerounais pour la social-
Démocratie (MCPSD) se retrouve avec deux candidats en n° 10 et n° 28 – ceci ne
saurait constituer une simple erreur mais une confusion préjudiciable à l’examen du
dossier du Candidat du MCPSD porté par le mandataire dudit parti monsieur
MVOMO ONDOUA Aurel Cédric alors âgé de 31 ans. Devrais – je rappeler ici que
4 candidats ont vu leur dossier de candidature porté par un mandataire en
commençant par le Président de la République sortant son excellence Paul BIYA –
ce n’est pas le nom du Ministre MVONDO AYOLO Samuel qui a été porté comme
candidat du RDPC ;

« Observation – je vous invite à regarder la dénomination des partis politiques


candidat n° 10 MVOMO ONDOUA Arel Cédric candidat du Mouvement
Camerounais pour la Sociale Démocratique, qu’il n’y a aucun parti politique au
Cameroun légalisé avec la dénomination de Mouvement camerounais pour la Social
démocratique – confère les partis politiques au Cameroun et leur action de Monsieur
le Directeur Général d’Elections Cameroon ;

« FOUDA ESSOMBA Sosthène candidat du Mouvement Camerounais Pour la


Social-Démocratie (M.C.P.S.D) – je voudrais souligner que le patronyme qui m’est
attribué par Elections Cameroon c’est tout sauf moi car je m’appelle bien FOUDA
ESSOMBA Vincent Sosthène ;

« IV – Conclusion

« Monsieur le Président,

« Madame et Messieurs les Membres du conseil Constitutionnel,

« Messieurs les Avocats, Membres du corps diplomatique venus assister à cette


session du Conseil constitutionnel ce n’est pas seulement devant ce conseil que je
prends désormais la parole, je connais chacun de ses membres par le nom et par
l’œuvre, comme président de la République je n’aurai pas hésité à vous choisir pour
ce conseil, mais je vous aurai confié une mission plus grande.

165
« Oui, il est donc enfin arrivé ce moment où moi, Vincent-Sosthène FOUDA
ESSOMBA, accusé le 04 octobre 2011 ici par le Conseil Electoral représenté par
monsieur EWANG SONE Andrew d’être d’une nationalité autre pour l’élection
présidentielle d’octobre 2011, accusé aujourd’hui mais après avoir été réhabilité
dans la nationalité, oui, accusé et disqualifié pour la présidentielle du 07 octobre
2018 de n’avoir pas fourni :

« 1- le certificat de versement du cautionnement,

« 2- de n’avoir pas fourni la liste de 300 signatures des personnalités requises par la
loi mais qui n’existent (lesdites personnalités) que dans la tête de ceux qui veulent
encore y croire,

« 3- de non présentation de certificat de nationalité (document délivré le même jour


heure et dans le même bureau que l’extrait n° 3) !

« 4- de non présentation d’un certificat d’imposition,

« Oui, il est venu le moment de me faire entendre après avoir démontré que mon
dossier est bel et bien complet et de ce fait me qualifier comme candidat du
Mouvement Camerounais Pour la Social-Démocratie à l’élection présidentielle du
07 octobre 2018,

« Oui, il est venu le moment de me faire entendre au milieu de vous ! Il est arrivé ce
moment où, entouré et non pas assisté des conseils et des observateurs qui demain
diront ce qui s’est réellement passé dans ce pays en ce jour,

« Oui, je peux présenter au Conseil Constitutionnel une défense et développer devant


lui les intentions miennes !

« Monsieur le Président, mesdames et messieurs les membres du Conseil


Constitutionnel, je vous parle avec la franchise d’un homme libre donc debout et
d’un citoyen qui sert son pays et participe à sa construction. « Je cherche parmi vous
des membres du Conseil Constitutionnel et je n’y vois que des accusateurs ! Des

166
hommes et des femmes appelés à confirmer une décision qui ne s’appuie sur rien, qui
n’a aucun fondement juridique, qui viole notre Constitution quand celle-ci nous
rappelle combien il est important de respecter en toute circonstance le principe de
clarté et sincérité de la loi.

« Vous voulez vous prononcer sur la recevabilité de ma candidature à l’élection


présidentielle du 07 octobre 2018, et c’est vous-mêmes qui m’accusez ! Vous voulez
et vous avez déjà émis votre vœu ! Vous voulez vous prononcer sur la recevabilité de
ma candidature et vos opinions parcourent toute cette salle, tout ce pays et demain le
monde entier !

« Ma candidature sera donc la seule, ici devant vous, le Mouvement Camerounais


pour la Social-Démocratie sera le seul parti politique à avoir payé 60 millions de
Francs CFA pour deux candidats ! Le MCPSD sera le seul parti politique au
Cameroun à investir un jeune homme de 31 ans défiant de ce fait la loi Electorale
qui fixe à 35 ans l’âge minimal pour postuler à la fonction de Président de la
République ! Quoi que !

« Ma candidature, oui, la candidature de Vincent-Sosthène FOUDA ESSOMBA,


prince de cette ville où le 11 avril 1917, ici juste là en face fut pendu ESSOMBA
MANY Ewondo Barthélémy mon arrière-grand-père, je serai donc le seul candidat à
cette élection pour lequel il n’existe aucune loi ni aucune forme !

« Ici devant vous, Monsieur le Président du Conseil Constitutionnel formé à l’école


des Frères des Ecoles Chrétiennes de l’autre côté de la colline à Mvolyé – vous
professeur Jean-Marie BIPOUN WOUM pleureur infatigable de Me Toussaint
NGONGO OTTOU ;

« Vous professeur Charles Etienne LEKENE DONFACK fils Foto des collines
froides de Dschang, je vous invite à corriger l’erreur institutionnelle, à revoir la
copie du Conseil Electoral, je vous invite non à suivre mais à inventer, je vous cite
dans votre jeunesse je cite le chapitre II de votre thèse d’Etat ;

167
« Vous Jean-Baptiste BASKOUDA fils tant aimé de Monseigneur Yves Plumey, je
vous invite à ne point au perchoir où vous êtes aujourd’hui faire de la loi au
Cameroun une loi qui tue les prophètes – je vous cite dans votre éloge funèbre aux
obsèques de Monseigneur Yves Plumey.

« Vous Florence Rita ARREY, dans l’état de nature, il n’ya de droit que la force ; la
civilisation met la force au service de la loi. Il est important de ne pas l’oublier.

« Hier, citoyen Canadien, je ne jouirai plus de mon ancienne condition, je n’accepte


point la nouvelle, celle de l’homme qui accepte la tromperie et le tripatouillage
juridique dont le seul but est de produire une situation de chaos dans la République
en sélectionnant à la barbarie qui doit ou non prétendre à la fonction présidentielle
dans notre pays. Oui, quelle étrange et inconcevable destinée !

« Monsieur le Président, Madame et Messieurs les Membres du Conseil


Constitutionnel, vous êtes les premiers d’une longue tradition qui va se « construire
avec vous, après vous, mais ne permettez pas qu’elle se construise sans vous.

« Entre membre de cette institution doit vous régénérer ;

« Entre membre de cette institution doit développer en vous de grandes vertus !

« Je refuse de croire que vous êtes des petits soldats au service d’une petite vertu !
Entendez d’avance l’Histoire, qui redira à la renommée : ‘‘Vincent-Sosthène
FOUDA ESSOMBA a été candidat à l’élection présidentielle de 2011, nous l’avons
déclaré citoyen d’un pays autre que celui dans lequel il est né et dans lequel ses
enfants vivent encore aujourd’hui, qu’en 2018 devant le monde entier nous avons
entériné la mascarade vide de tout droit du Conseil Electoral- JE M’ARRETE
DEVANT L’HISTOIRE : songez qu’elle jugera votre jugement et que le sien sera
celui des siècles ;

« Oui, monsieur le Président, mesdames et messieurs les membres du Conseil


Constitutionnel ;

168
« Je souhaite que vous ne passiez pas à côté des manquements du Conseil Electoral,
à côté des vides que j’ai évoqués ici. Ma candidature est recevable parce que
conforme, elle mérite d’être validée mais au-delà de sa validation ;

« Parce qu’il y a bien :

« - Un certificat de versement du cautionnement ;

« - Parce qu’il y a bien une investiture de parti politique ayant un élu ;

« - Parce qu’il y a bien un certificat de nationalité :

« - Parce qu’il y a bien un certificat d’imposition ;

« Je souhaite au nom du peuple camerounais que les questions que j’ai soulevées ici
soient tranchées en droit, c’est le souhait du Mouvement Camerounais Pour la
Social-Démocratie, c’est l’objet premier de la présente saisine qui demande au
Conseil Constitutionnel de se prononcer sur tous les points eu égard à la compétence
et la fonction que lui confère la Constitution ;

« Je demande la validation de ma candidature et ce ne sera que justice.

« Prof. Vincent-Sosthène FOUDA ESSOMBA

« Candidat du Mouvement Camerounais Pour la Social-Démocratie (MCPSD) ».

---Attendu qu’en application des dispositions de l’article 130(5) du Code Electoral, la


présente requête a été communiquée à ELECAM, lequel a, sous la plume de ses
conseils Maîtres MBUFUNG Marcel KUMFA, OKHA BAU OKHA et
ATANGANA AMOUGOU Joseph, déposé son mémoire en réponse conçu ainsi
qu’il suit :

« PLAISE AU CONSEIL CONSTITUTIONNEL

« Attendu que suivant requête en date du 08 août 2018, enregistrée le 09 août 2018
au Greffe du Conseil Constitutionnel sous le n° 07, Monsieur FOUDA ESSOMBA
169
Vincent Sosthène a saisi le Conseil Constitutionnel d’un recours en contestation de
la Résolution n° 019/R/ELECAM/CE adoptée par le Conseil Electoral le 07 août
2018, au motif que celle-ci a, à tort, rejeté sa candidature à l’élection du Président
de la République du 07 octobre 2018 ;

« Qu’au soutien de son recours monsieur FOUDA ESSOMBA Vincent Sosthène fait
valoir :

« - l’imperfection de la loi électorale dont il sollicite la modification ;

« - la recevabilité de sa déclaration de candidature en ceci qu’il avait produit les


pièces dont l’absence a été relevée par le Conseil Electoral ;

« Mais attendu que ces arguments ne sauraient convaincre tant il est constant que
d’une part le Conseil Constitutionnel est incompétent à connaitre de la modification
de la loi, d’autres part le rejet de la déclaration de candidature concernée est justifié
en droit,

« Qu’en effet, cette déclaration de candidature a été faite en violation de l’article


122 alinéa 2 du Code Electoral.

« I- SUR L’IRRECEVABILITÉ DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL À CONNAITRE


DE LA DEMANDE DE MODIFICATION DE LA LOI FORMULEE PAR LE
RECOURANT

« Attendu que l’initiative de la loi appartient concomitamment au parlement et au


Président de la République ;

« Que ce sont ces mêmes autorités qui peuvent solliciter la modification de la loi ;

« Qu’il s’en suit donc que monsieur FOUDA ESSOMBA Vincent Sosthène est
irrecevable à formuler une demande de modification de la loi électorale ;

« II- De la violation des articles 122 alinéa 2 et 124 du Code Electoral ;

170
« Attendu que l’article 122 alinéa 2 du Code Electoral dispose que “la déclaration
de candidature est accompagnée de :

« - la liste de 300 signatures des personnalités requises à l’article 118 ci-dessus, le


cas échéant ;

« - un extrait d’acte de naissance du candidat datant de moins de trois (03) mois ;

« - de la lettre de présentation et d’investiture du parti cautionnant la candidature du


postulant, le cas échéant ;

« - d’une déclaration sur l’honneur par laquelle le candidat s’engage à respecter la


Constitution ;

« - d’un bulletin n° 3 du casier judiciaire datant de moins de trois (03) mois ;

« -d’un certificat d’imposition ou de non-imposition ;

« - d’un certificat de nationalité ;

« - de l’original du certificat de versement du cautionnement.”

« Attendu que la clarté de l’article susvisé sur les pièces devant accompagner la
déclaration de candidature n’est plus à démontrer ;

« Qu’or, l’exploitation de la liasse des différentes pièces accompagnant la


déclaration de candidature de monsieur FOUDA ESSOMBA Vincent Sosthène a
révélé que ce dernier n’a pas produit l’original de certificat de versement du
cautionnement ;

« Qu’au demeurant, ce dernier n’apporte pas la prévue de ce qu’il aurait produit


ladite pièce lors du dépôt de sa déclaration de candidature ;

« Que du reste, le bordereau de réception des pièces accompagnant la déclaration


de candidature de monsieur FOUDA ESSOMBA Vincent Sosthène,

171
contradictoirement établi le 19 juillet 2018, jour du dépôt de ladite candidature,
indique clairement que le concerné n’avait pas produit la pièce dont il s’agit ;

« Que l’intéressé détient d’ailleurs aussi une copie dudit bordereau ;

« Qu’en réalité, monsieur FOUDA ESSOMBA Vincent Sosthène n’a pas versé la
caution exigée par la loi conformément à l’article 124 du Code Electoral qui dispose
que : “ le candidat doit verser au trésor public un cautionnement fixé à trente
millions (30.000.000) de francs (…)”

« Qu’il s’ensuit que la déclaration de candidature en cause n’est pas conforme aux
articles 122 alinéa 2 et 124 du Code Electoral ;

« Que c’est à bon droit que le Conseil Electoral d’Elections Cameroon (ELECAM) a
déclaré irrecevable la candidature de monsieur FOUDA ESSOMBA Vincent
Sosthène.

« PAR CES MOTIFS :

« Et tous autres à déduire, à ajouter ou à suppléer même d’office s’il y a lieu ;

« EN LA FORME :

« Dire recevable le recours de monsieur FOUDA ESSOMBA Vincent Sosthène


comme fait dans les forme et délais de la loi ;

« AU FOND :

« - déclarer irrecevable la demande de modification de la loi électorale formulée par


monsieur FOUDA ESSOMBA Vincent Sosthène ;
« Rejeter la requête de monsieur FOUDA ESSOMBA Vincent Sosthène comme non
fondée ;
« Confirmer en conséquence le rejet de sa candidature à l’élection présidentielle du
07 octobre 2018.
« Et ce sera justice

172
« Sous toutes réserves
« Yaoundé, le 09 août 2018
« Pour Elections Cameroon (ELECAM)
« (1) Barrister MBUFUNG Marcel KUMFA (signé)
« (2) Barrister OKHA BAU OKHA
« (é)
« Maître ATANGANA AMOUGOU Joseph
« (é) ».

SUR LA RECEVABILITE DU RECOURS

---Attendu que l’article 125 alinéas 1 et 3 du Code Electoral dispose :

« (1) Le conseil électoral peut accepter ou déclarer irrecevable une candidature…

« (3) La décision de rejet d’une candidature ou celle portant publication des


candidatures peut faire l’objet d’un recours devant le Conseil Constitutionnel,
dans les conditions fixées par les articles 128, 129 et 130 ci-dessous » ;

---Qu’il résulte des dispositions ci-dessus citées que le sieur Vincent-Sosthène


FOUDA ESSOMBA, candidat à l’élection présidentielle du 07 octobre 2018 dont la
candidature a été rejetée par ELECAM, a qualité pour intenter le recours devant le
Conseil Constitutionnel ;

---Que ledit recours ayant été fait dans les forme et délai de la loi, il convient de le
déclarer recevable ;

AU FOND

---Attendu que l’article 121 du Code Electoral dispose : « (1) Les candidats peuvent
être :
- soit investis par un parti politique ;
- soit indépendants, à condition d’être présentés comme candidat à l’élection
du Président de la République par au moins trois cents (300) personnalités
originaires de toutes les Régions, à raison de trente (30) par Région et possédant la
qualité soit de membre du Parlement ou d’une Chambre Consulaire, soit de

173
Conseiller Régional ou de Conseiller Municipal, soit de Chef Traditionnel de
premier degré ;

(2) Le candidat investi par un parti politique non représenté à l’Assemblée


Nationale, au Sénat, dans un Conseil régional ou dans un Conseil Municipal doit
également remplir les conditions prévues à l’alinéa (1) ci-dessus applicables aux
candidats indépendants ;

Lesdites personnalités doivent apposer leurs signatures légalisées par les autorités
administratives territorialement compétentes sur les lettres de présentation. Une
même personnalité ne peut apposer qu’une seule signature et pour un seul
candidat. » ;

---Attendu que l’article 122(2) du même code dispose : « La déclaration de


candidature est accompagnée :

« - de la liste de 300 signatures des personnalités requises à l’article 118 ci-dessus,


le cas échéant ;

« - d’un extrait d’acte de naissance du candidat datant de moins de trois (03)


mois ;

« - de la lettre de présentation et d’investiture du parti cautionnant la candidature


du postulant, le cas échéant ;

« - d’une déclaration sur l’honneur par laquelle le candidat s’engage à respecter


la Constitution ;

« - d’un bulletin n° 3 du casier judiciaire datant de moins de trois (03) mois ;

« - d’un certificat d’imposition ou de non-imposition ;

« - d’un certificat de nationalité ;

« - de l’original du certificat de versement du cautionnement. » ;

---Qu’il ressort de l’ensemble du dossier de candidature et des débats qu’il n’a pas
rapporté la preuve d’avoir produit le certificat de cautionnement de la somme de
trente millions de francs (30.000.000 F) dans son dossier de candidature ;

174
---Qu’il a par ailleurs déclaré n’avoir pas réuni les trois cents (300) signatures
soutenant sa candidature pour un parti politique non représenté aux institutions
prévues par la loi, soutenant malencontreusement l’inexistence, le non
fonctionnement de la plupart desdites institutions et l’imperfection de la loi électorale
dont la modification ne relève du reste pas du Conseil Constitutionnel ;

---Qu’il s’en suit que son recours n’est pas justifié et qu’il y a lieu de le rejeter ;

---Attendu que la procédure devant le Conseil Constitutionnel étant gratuite en vertu


de l’article 57 de la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004, portant organisation et
fonctionnement du Conseil Constitutionnel, il convient de laisser les dépens à la
charge du Trésor Public ;

---Qu’en application des dispositions combinées des articles 15(2) de la loi n°


2004/004 portant Organisation et Fonctionnement du Conseil Constitutionnel et
131(3) du Code Electoral, il y a lieu d’ordonner la notification de la présente décision
au Conseil Electoral et aux parties intéressées, et sa publication au Journal Officiel ;

PAR CES MOTIFS

---Statuant publiquement, contradictoirement à l’égard des parties, en matière


électorale, en dernier ressort et à l’unanimité des membres :

---Déclare le recours de sieur Vincent Sosthène FOUDA ESSOMBA recevable en la


forme ;

---Au fond, le rejette comme non justifié ;

---Laisse les dépens à la charge du Trésor Public ;

---Ordonne la notification immédiate de la présente décision au Conseil Electoral et


aux autres parties intéressées, ainsi que sa publication au Journal Officiel ;

---Ainsi jugé et prononcé en audience publique par le Conseil Constitutionnel, les


jour, mois et an que dessus en la salle des audiences dudit Conseil où siégeaient :

175
M. Clément ATANGANA, Président du Conseil Constitutionnel,
PRESIDENT ;
MM.
Jean FOUMAN AKAME,
BAH OUMAROU SANDA,
Paul NCHOJI NKWI,
Joseph Marie BIPOUN WOUM,
Emmanuel BONDE,
Mme Florence Rita ARREY,
MM.
Charles Etienne LEKENE DONFACK,
AHMADOU TIDJANI,
Jean-Baptiste BASKOUDA,
Emile ESSOMBE,
CONSEILLERS ;

---Avec l’assistance de maîtres Longin MAKA EYOUM, Greffier en Chef ;

---Et de Flavienne Jeannette AMBOMO épouse NOAH, Greffier ;

---En présence de Monsieur MALEGHO Joseph ASEH, Secrétaire Général ;

---En foi de quoi la présente décision a été signée par le Président et le Secrétaire
Général et contresignée par la Greffier en Chef. /-

LE PRESIDENT LE SECRETAIRE GENERAL

Clément ATANGANA MALEGHO Joseph ASEH

LE GREFFIER EN CHEF

Longin MAKA EYOUM

176
DECISION N° 14/CE/CC/2018 DU 17 AOUT 2018

AFFAIRE :

Sieur GABAN MIDANHA Rigobert AMINOU


Contre
- Elections Cameroon (ELECAM)

OBJET :
(Requalification de candidature).

---L’an deux mille dix-huit ;

---Et le dix-sept du mois d’août ;

---Le Conseil Constitutionnel, siégeant en audience publique au Palais des Congrès a


rendu la décision dont la teneur suit :

---Le Conseil Constitutionnel,

---Vu la Constitution ;

---Vu la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et fonctionnement du


Conseil Constitutionnel, modifiée par la loi n° 2012/015 du 21 décembre 2012 ;

---Vu la loi n° 2012/001 du 19 avril 2012 portant Code Electoral, modifiée et


complétée par la loi n° 2012/017 du 21 décembre 2012 ;

---Vu le décret n° 2018/104 du 7 février 2018 portant organisation et fonctionnement


du Secrétariat Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/015 du 07 février 2018 portant nomination des Membres du


Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/106 du 07 février 2018 portant nomination du Président du


Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/170 du 23 février 2018 portant nomination du Secrétaire

177
Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/391 du 09 juillet 2018 portant convocation du corps électoral


en vue de l’élection du Président de la République ;

---Vu le recours de sieur GABAN MIDANHA Rigobert AMINOU ;

---Attendu que par requête datée du 09 août 2018 et enregistrée au Conseil


Constitutionnel sous le n° 08 du même jour, sieur GABAN MIDANHA Rigobert
AMINOU, candidat déclaré à l’élection du Président de la République du 07 octobre
2018, agissant en son nom et pour son propre compte a introduit un recours auprès
du Conseil Constitutionnel aux fins de requalification de sa candidature à l’élection
du Président de la République du 07 octobre 2018 ;

---Que ledit recours est libellé ainsi qu’il suit :


« A MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA COUR CONSTITUTIONNELLE DE LA
REPUBLIQUE DU CAMEROUN YAOUNDE
« OBJET : RECOURS AUX FINS DE REQUALIFICATION DE MA
CANDIDATURE A L’ELECTION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DU 07
OCTOBRE 2018
« MONSIEUR LE PRESIDENT
« J’ai l’honneur de venir très humblement auprès de votre juridiction suprême
solliciter qu’il soit jugé au fond l’examen de ma candidature à l’élection du
Président de la République du 07 octobre 2018.
« En effet monsieur le Président ce présent recours survient après la résolution n°
019/R/ELECAM/CE du 07 août 2018, portant rejet de ma candidature à l’élection du
Président de la République du 07 octobre 2018 aux motifs ci-après :
« I- Absence de certificat de versement du cautionnement ;
« II- Absence de déclaration de candidature ;
« III- Absence de la liste de 300 signatures des personnalités requises par la loi,
« IV-Absence de déclaration sur l’honneur.

178
« Monsieur le Président, considérant ces quatre motifs relevés par ELECAM, qu’il
plaise à votre honneur de recevoir ma candidature, rénovée, étoffée et motivée cette
fois avec les pièces suivantes :
« I- Ma déclaration sur l’honneur
« II- Ma déclaration de candidature
« - D’examiner en profondeur les motifs ci-dessous objets de querelles réguliers qui
discréditent l’organe qui régule les différents types d’élections et scrutins au
CAMEROUN.
« En effet Monsieur le Président, qu’il soit revu à la hausse le montant de la caution
de 30 millions CFA à 100 millions de francs CFA pour l’élection présidentielle, et de
5 milliards de franc, le financement par l’état de celle-ci au lieu de 500 millions de
francs actuelle.
« Monsieur le Président, les motifs qui me poussent à demander cette hausse sont la
consolidation du prestige du magistère suprême.
« - L’harmonisation et l’égalité des chances, l’encadrement du financement de la
campagne et les dispositions constitutionnelles, lois organiques qui confèrent à votre
juridiction le rôle de veille et de garant de la régularité de l’élection du Président de
République (conseil, acteur, juge durant les périodes électorales pour assurer le
bonheur du peuple, la stabilité de L’ETAT ET DE LA NATION.
« Par ces motifs, je vous prie de bien vouloir juger le caractère patriotique et
Républicain de ma démarche afin que je puisse compétir enfin à cette élection
présidentielle prévue le 07 octobre 2018, caution et parrainage juridique et
politique, ultra confidentielle oblige. Très républicainement votre.
« Pièces jointes :
« -Copie notification du rejet de candidature
« -Copie résolution d’ELECAM
« -Original de ma déclaration de candidature
« -Original de ma déclaration sur l’honneur
« -Deux photos formats A6
« -Signe choisi pour l’impression des bulletins sur (sur fond arc-en ciel) pour
identifier ma candidature
179
« -Original de ma profession de foi
« - Original de certificat d’individualité
« -Originale de dépôt de ma signature légalisée
« -Original d’extrait du registre d’acte de naissance
« LE REQUERANT POSTULANT
« (Signé)
« REV GABAN MIDANHA RIGOBERT AMINOU ».
---Attendu que conformément à l’article 130 alinéa 5 de la loi n° 2012/001 du 19
avril 2012 portant Code Electoral modifiée et complétée par la loi n° 2012/017 du 21
décembre 2012, copie de ladite requête a été transmise à Elections Cameroun par
correspondance n° 190/SG/CC du 09 août 2018 de Monsieur le Secrétaire Général du
Conseil Constitutionnel ;
---Que dans son mémoire en réponse daté du 10 août 2018 et déposé le même jour au
Greffe dudit Conseil, Elections Cameroon a sous la plume de ses conseils Maîtres
MBUFUNG Marcel KUMFA, OKHA BAU OKHA et ATANGANA AMOUGOU
Joseph, Avocats au Barreau du Cameroun, expose ce qui suit :
« PLAISE AU CONSEIL CONSTITUTIONNEL
« Attendu que suivant requête en date du 08 août 2018, enregistrée le 09 août 2018
au Greffe du Conseil Constitutionnel sous le n° 12, GABAN MIDANHA Rigobert
AMINOU a introduit un recours en contestation de la résolution n°
019/R/ELECAM/CE adoptée par le Conseil Electoral le 07 août 2018, au motif que
celle-ci a, à tort, rejeté sa candidature à l’élection du Président de la République du
07 octobre 2018 ;
« Qu’au soutien de son recours Monsieur GABAN MIDANHA Rigobert AMINOU
fait valoir :
« -La recevabilité de sa déclaration de candidature
« -L’imperfection de la loi électorale dont il sollicite la modification ;
« Mais attendu que ses arguments ne peuvent être examinés par le Conseil
Constitutionnel, le recourant ayant saisi une instance qui n’existe pas dans notre
sillage institutionnel ;

180
« Que si par extraordinaire le Conseil Constitutionnel venait à examiner cette
requête il en ressortira que le rejet de la déclaration de candidature concernée est
justifié en droit dans la mesure où celle-ci a été faite en violation des articles 122
alinéa 2 et 124 du Code Electoral ;
« Qu’en plus, le Conseil Constitutionnel est incompétent à connaître de la
modification de la loi.
« I- SUR LA JURIDICTION SAISIE PAR LE RECOURANT
« Attendu que la lecture du recours de Monsieur GABAN MIDANHA RIGOBERT
AMINOU révèle que ce dernier a saisi le Président de la ‘‘Cour’’ Constitutionnelle
et non le Président du ‘‘Conseil’’ Constitutionnelle ;
« Que la Cour Constitutionnelle est une instance qui n’existe pas dans le sillage
institutionnel camerounais ;
« Qu’au demeurant, l’objet de cette requête à savoir « le report de l’élection
présidentielle de 2018 ne rentre pas dans les compétences du Conseil Constitutionnel
en matière électorale ;
« Qu’au surplus le recourant ne justifie d’aucune qualité pour saisir l’Auguste
instance ;
« Qu’avoir été candidat à l’élection présidentielle du 12 octobre 1997 ne lui confère
aucunement cette qualité ;
« Qu’il convient en tout état de cause, pour la haute juridiction de céans de se
déclarer incompétente à connaître d’une requête qui ne lui a pas été adressée.
« II- DE LA VIOLATION DES ARTICLES 122 ALINEA 2 ET 124 DU CODE
ELECTORAL
« ATTENDU que l’article 122 alinéa 2 du Code Electoral dispose que « la
déclaration de candidature est accompagnée :
« -de la liste de 300 signatures des personnalités requises à l’article 118 ci-dessus, le
cas échéant ;
« -d’un extrait d’acte de naissance du candidat datant de moins de trois (03) mois ;
« -de la lettre de présentation et d’investiture du parti cautionnant la candidature du
postulant, le cas échéant ;

181
« -d’une déclaration sur l’honneur par laquelle le candidat s’engage à respecter la
constitution ;
« -d’un bulletin n° 3 du casier judiciaire datant de moins de trois (03) mois ;
« -d’un certificat d’imposition ou de non-imposition ;
« -d’un certificat de nationalité ;
« -de l’original du certificat de versement du cautionnement ».
« Attendu que la clarté de l’article susvisé sur les pièces devant accompagner la
déclaration n’est plus à démontrer ;
« Qu’or, l’exploitation de la liasse des différentes pièces accompagnant la
déclaration de candidature de Monsieur GABAN MIDANHA RIGOBERT AMINOU
a révélé que ce dernier n’a pas produit les pièces ci-après :
« -le certificat de versement de cautionnement
« -la déclaration de candidature ;
« -la liste de 300 signatures de personnalités requises par la loi ;
«- la déclaration sur l’honneur.
« Qu’au demeurant, ce dernier n’apporte pas la preuve de ce qu’il aurait produit
lesdites pièces lors du dépôt de sa déclaration de candidature ;
« Que du reste, le bordereau de réception des pièces accompagnant la déclaration
de candidature de Monsieur GABAN MIDANHA RIGOBERT AMINOU,
contrairement établi le 19 juillet 2018, jour du dépôt de ladite candidature, indique
clairement que le concerné n’avait pas produit les pièces dont s’agit ;
« Qu’ainsi, non seulement l’intéressé n’a pas versé plusieurs pièces, mais en plus ce
dernier n’a pas versé la caution exigée par la loi conformément à l’article 124 du
Code Electoral qui dispose que : « le candidat doit verser au trésor public un
cautionnement fixé à trente million (30 000 000) de francs. (…) ».
« Qu’il s’ensuit que la déclaration de candidature en cause n’est pas conforme aux
articles 122 alinéa 2 et 124 du Code Electoral ;
« Que c’est à bon droit que le Conseil Electoral d’Elections Cameroon (ELECAM) a
déclaré irrecevable la candidature de Monsieur GABIN MIDANHA RIGOBERT
AMINOU.

182
« I- SUR L’IRRECEVABILITE DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL A CONNAITRE
DE LA DEMANDE DE MODIFICATION DE LA LOI FORMULEE PAR LE
RECOURANT.
« Attendu que l’initiative de la loi appartient concomitamment au parlement et au
Président de la République ;
« Que ce sont ces mêmes autorités qui peuvent solliciter la modification de la loi ;
« Qu’il s’en suit donc que Monsieur GABAN MIDANHA RIGOBERT AMINOU est
irrecevable à formuler une demande de modification de la loi électorale.
« PAR CES MOTIFS
« Et tous autres à déduire, à ajouter ou à suppléer même d’office s’il y a lieu ;
« IN LIMINE LITIS, se déclarer incompétent à connaître de la requête de Monsieur
GABAN MIDANHA RIGOBERT AMINOU, celle-ci étant adressée à la « Cour »
Constitutionnelle et non au « Conseil » Constitutionnel ;
« Déclarer irrecevable la demande de modification de la loi électorale formulée par
Monsieur FOUDA ESSOMBA VINCENT SOSTHENE ;
« Rejeter la requête de Monsieur GABAN MIDANHA RIGOBERT AMINOU comme
non fondée, sa déclaration de candidature ayant été faite en violation des articles
122 alinéa 2 et 124 du Code Electoral ;
« Confirmer en conséquence le rejet de sa candidature à l’élection présidentielle du
07 octobre 2018.
« ET CE SERA JUSTICE
« SOUS TOUTES RESERVES
« Yaoundé, le 09 août 2018
« POUR ELECTIONS CAMEROON (ELECAM)
« (1)Barrister MBUFUNG Marcel KUMFA (é)
« (2)Barrister OKHA BAU OKHA (é)
« (3)Maître ATANGANA AMOUGOU Joseph (é) ».

SUR LA RECEVABILITE DE LA REQUETE

183
---Attendu qu’ELECAM soutient que le recourant a saisi une juridiction
incompétente ;
---Mais attendu qu’aux termes de l’article 130 du Code Electoral, « les contestations
ou les réclamations sont faites sur simple requête adressée au Conseil
Constitutionnel » ;
---Qu’il en résulte que la requête saisissant le Conseil Constitutionnel n’est pas
astreinte à un formalisme rigoureux ;
---Qu’en l’espèce, il apparaît à l’évidence que c’est par simple erreur de style que
GABAN a adressé sa requête à la « Cour Constitutionnelle », au lieu du Conseil
Constitutionnel ;
---Que ladite requête est régulière dès lors qu’elle a été effectivement déposée au
Conseil Constitutionnel ;
---Qu’il s’ensuit qu’elle est recevable ;

AU FOND
---Attendu qu’aux termes de l’article 122 alinéa 2 du Code Electoral, « La
déclaration de candidature est accompagnée :
« -de la liste de 300 signatures des personnalités requises à l’article 118 ci-dessus,
le cas échéant ;
« -d’un extrait d’acte de naissance du candidat datant de moins de trois (03) mois ;
« -de la lettre de présentation et d’investiture du parti cautionnant la candidature
du postulant, le cas échéant ;
« -d’une déclaration sur l’honneur par laquelle le candidat s’engage à respecter la
constitution ;
« -d’un bulletin n° 3 du casier judiciaire datant de moins de trois (03) mois ;
« -d’un certificat d’imposition ou de non-imposition ;
« -d’un certificat de nationalité ;
« -de l’original du certificat de versement du cautionnement. » ;
---Qu’il résulte de ces dispositions que les pièces dont s’agit doivent être déposées en
même temps que la déclaration de candidature, sans possibilité de régularisation
comme le souhaite le requérant ;
184
---Attendu par ailleurs que l’article 124 alinéa 1 du texte susvisé dispose : « (1) Le
candidat doit verser au Trésor public un cautionnement fixé à trente millions (30
000 000) de francs. » ;
---Qu’il ressort de l’exploitation du dossier de candidature que sieur GABAN
MIDANHA Rigobert et des déclarations de ce dernier qu’il n’a pas produit les pièces
ci-après :
- le certificat de versement de cautionnement ;
- la déclaration de candidature ;
- la liste de 300 signatures de personnalités requises par la loi ;
- la déclaration sur l’honneur.
---Qu’il s’ensuit que sa requête n’est pas justifiée et qu’elle doit être rejetée ;
---Attendu que la procédure devant le Conseil Constitutionnel est gratuite en vertu de
l’article 57 de la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 modifiée, portant organisation et
fonctionnement du Conseil Constitutionnel, il convient de laisser les dépens à la
charge du Trésor Public ;
---Attendu qu’il y a lieu par ailleurs d’ordonner la notification immédiate de la
présente décision au Conseil Electoral et aux autres parties intéressées, ainsi que sa
publication au Journal Officiel en vertu des dispositions de l’article 131 alinéa 3 du
Code Electoral ;
PAR CES MOTIFS
---Statuant publiquement, contradictoirement à l’égard des parties, en matière
électorale, en dernier ressort et à l’unanimité des membres :
---Déclare la requête de GABAN MIDANHA Rigobert AMINOU recevable en la
forme ;
AU FOND
---La rejette comme non justifiée ;
---Laisse les dépens à la charge du Trésor Public ;
---Ordonne la notification immédiate de la présente décision au Conseil Electoral et
aux autres parties intéressées, ainsi que sa publication au Journal Officiel ;

185
---Ainsi jugé et prononcé en audience publique par le Conseil Constitutionnel, les
mêmes jour, mois et an que dessus en la salle des audiences dudit Conseil où
siégeaient :
M. Clément ATANGANA, Président du Conseil Constitutionnel,
PRESIDENT ;
MM.
Jean FOUMAN AKAME,
BAH OUMAROU SANDA,
Paul NCHOJI NKWI,
Joseph Marie BIPOUN WOUM,
Emmanuel BONDE,
Mme Florence Rita ARREY,
MM : Charles Etienne LEKENE DONFACK,
AHMADOU TIDJANI,
Jean-Baptiste BASKOUDA,
Emile ESSOMBE,
CONSEILLERS ;

---Avec l’assistance de Maître Longin MAKA EYOUM, Greffier en Chef ;


---Et de Flavienne Jeannette AMBOMO épouse NOAH AMBASSA, Greffier ;
---En présence de M. MALEGHO Joseph ASEH, Secrétaire Général ;
---En foi de quoi la présente décision a été signée par le Président et le Secrétaire
Général, puis contresignée par le Greffier en Chef. /-
LE PRESIDENT LE SECRETAIRE GENERAL

Clément ATANGANA MALEGHO Joseph ASEH

LE GREFFIER EN CHEF

Longin MAKA EYOUM

186
DECISION N° 15/CE/CC/2018 DU 17 AOUT 2018

AFFAIRE :

Dame ZEH AMVENE Géneviève


C/
Elections Cameroon (ELECAM)

OBJET :

(Candidate exceptionnelle).

---L’an deux mille dix-huit ;

---Et le dix-sept du mois d’août ;

---Le Conseil Constitutionnel, siégeant en audience publique au Palais des Congrès a


rendu la décision dont la teneur suit :

---Le Conseil Constitutionnel,

---Vu la Constitution ;

---Vu la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et fonctionnement du


Conseil Constitutionnel, modifiée par la loi n° 2012/015 du 21 décembre 2012 ;

---Vu la loi n° 2012/001 du 19 avril 2012 portant Code Electoral, modifiée et


complétée par la loi n° 2012/017 du 21 décembre 2012 ;

---Vu le décret n° 2018/104 du 07 février 2018 portant organisation et


fonctionnement du Secrétariat Général du Conseil Constitutionnel ;
---Vu le décret n° 2018/015 du 07 février 2018 portant nomination des Membres du
Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/106 du 07 février 2018 portant nomination du Président du


Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/170 du 23 février 2018 portant nomination du Secrétaire

187
Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/391 du 09 juillet 2018 portant convocation du collège


électoral en vue de l’élection du Président de la République ;

---Vu le recours de dame ZEH AMVENE Géneviève ;


---Attendu que par requête datée du 09 août 2018 et enregistrée au Conseil
Constitutionnel sous le n° 014 le même jour dame ZEH AMVENE Geneviève,
candidate indépendante à l’élection présidentielle du 07 octobre 2018, a introduit un
recours auprès du Conseil Constitutionnel en ces termes :
« La candidate Géneviève ZEH
« Sans Frontière Ebolowa
« A Monsieur le Président du Conseil Constitutionnel à Yaoundé
« Objet : Recours pour les élections présidentielles
« En ma qualité de Messie tant attendu par les juifs ;
« L’honneur de vous demander de m’aider à gagner le monde. En tant que
Camerounaise, j’aimerai vous arrêter en disant que qui veut aller au Père passe par
dieu. Qui suis-je : le sauveur de l’humanité ;
« Dans tous les cas si vous déclarez la guerre à Dieu, vous aurez les problèmes.
C’est la raison pour laquelle je vous ai écrit avant. C’est moi qui devais trancher et
non vous. Vous allez échouer tous ;
« Donc pour l’avenir, vous n’allez plus faire sinon on va vous tuer tous. Pour moi, je
n’ai rien, je ne connais même rien mais je sais que Dieu fait sa guerre pour moi.
Donc pour nous aider qui doit arrêter les guerres intestines ? Je vous assure que
celui qui fait la guerre n’est même pas au courant de moi mais il fait. C’est donc
maléfique ;
« Qui suis-je, riche en bonté, lent à la colère. Vous comprenez donc tous ceux qui
vont dire qu’ils sont moi ne sont pas moi, mais Moi. Le Messie est donc seul ;
« Fait à Yaoundé le 08 août 2018 ;
« LE MESSIE
« (é) ».

188
---Attendu qu’appui de sa requête, dame ZEH AMVENE Géneviève a joint les
éléments suivants :
- une note d’information utile d’où il ressort que la voix de Dieu est la voix du
peuple, et pose la question de savoir : à qui vous demandez l’argent (probablement
en rapport avec les 30 000 000 millions de FCFA de caution exigée de tout candidat
comme le précise l’article 124 alinéa 1 de la loi électoral) ;
- une demande adressée au Ministre de l’Administration Territoriale sollicitant
l’autorisation d’installation d’une Eglise Universelle ;
- un récépissé de déclaration d’association délivré par le Préfet du département
de la MVILA daté du 14 novembre 2016 ;
- des statuts généraux de l’association SANS FRONTIERE, et une photographie
des membres d’une association en uniforme.
---Attendu qu’en application des dispositions de l’article 130 alinéa 5 de la loi n°
2012/001 du 19 avril 2012 portant Code Electoral, modifiée et complétée par la loi
n° 2012/017 du 21 décembre 2012, la susdite requête a été communiquée à
ELECAM le 09 août 2018.
---Que réagissant par l’intermédiaire de ses conseils Maître MBUFUNG Marcel
KUMFA, OKHA BAU OKHA et ATANGANA AMOUGOU Joseph, Avocats au
Barreau du Cameroun, ELECAM a déposé en date du 10 août 2018 et contre
récépissé n° 032/G/SG/CC, le mémoire en réponse formulé ainsi qu’il suit :

« PLAISE AU CONSEIL CONSTITUTIONNEL :

« Attendu que par lettre en date du 08 août 2018, enregistrée le 09 août 2018 au
Greffe du Conseil Constitutionnel, Madame ZEH AMVENE GENEVIEVE a introduit
un recours qui ne précise ni les faits ni les moyens invoqués ;

« Qu’en plus, cette correspondance ne précise pas les chefs de demande de Madame
ZEH AMVENE GENEVIEVE ;

« Que pourtant, l’article 130 alinéa 4 dispose que « sous peine d’irrecevabilité, la
requête doit préciser les faits et les moyens allégués. » ;

189
« Qu’il convient donc de déclarer irrecevable le recours de Madame ZEH AMVENE
GENEVIEVE
« PAR CES MOTIFS :

« Et tous autres à déduire, à ajouter ou à suppléer même d’office s’il y a lieu ;


« Déclarer irrecevable le recours de Madame ZEH AMVENE GENEVIEVE.
« ET CE SERA JUSTIC ;
« SOUS TOUTES RESERVES ;
« Yaoundé, le 09 août 2018
« POUR ELECTIONS CAMEROON(ELECAM)
« Barrister MBUFUNG Marcel KUMFA (é)
« Barrister OKHA BAU OKHA (é)
« Maître ATANGANA AMOUGOU Joseph (é) ».

SUR LA RECEVABILITE DU RECOURS

---Attendu que l’article 130 alinéa 4 du Code Electoral précise que, « sous peine
d’irrecevabilité, la requête doit préciser les faits et moyens allégués. » ;
---Attendu qu’à l’examen de la requête de Madame ZEH AMVENE Géneviève,
candidate à l’élection présidentielle du 07 octobre 2018, il ressort que la recourante
ne conteste nullement le rejet de sa candidature telle que présentée dans la Résolution
n° 019/R/ELECAM/CE DU 07 août 2018 portant rejet de candidatures à l’élection
du Président de la République du 07 octobre 2018 ;
---Qu’à l’analyse, l’intéressée qui ne précise « aucun chef de demande », se complait
plutôt à faire la promotion de son ONG dénommée « SANS FRONTIERE
EBOLOWA » auprès du Conseil Constitutionnel ;
---Qu’en conclusion, tous les éléments contenus dans la requête de Madame ZEH
AMVENE GENEVIEVE ne pouvant s’assimiler à des moyens de fait ou de droit
susceptibles de justifier une quelconque action en contestation au sens du texte repris
ci-dessus ;

190
---Qu’il s’ensuit que son recours est irrecevable ;
---Attendu que la procédure devant le Conseil Constitutionnel étant gratuite en vertu
de l’article 57 de la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et
fonctionnement du Conseil Constitutionnel, modifiée et complétée par la loi n°
2012/015 du 21 décembre 2012, il convient de laisser les dépens à la charge du
Trésor Public ;
---Qu’’en application des dispositions des articles15(2) de la loi n° 2004/004 du 21
avril 2004 portant organisation fonctionnement du Conseil Constitutionnel et 131(3)
du Code Electoral, il y a lieu d’ordonner la notification immédiate de la présente
décision au Conseil Electoral et aux parties intéressées, ainsi que sa publication au
Journal Officiel ;
PAR CES MOTIFS :
---Statuant publiquement, contradictoirement à l’égard des parties, en matière
électorale et à l’unanimité des Membres :
---Déclare le recours de ZEH AMVENE Géneviève irrecevable ;
---Laisse les dépens à la charge du Trésor Public ;
---Ordonne la notification immédiate de la présente décision au Conseil Electoral et
aux autres parties intéressées, ainsi que sa publication au Journal Officiel ;
---Ainsi jugé et prononcé en audience publique par le Conseil Constitutionnel, les
mêmes jour, mois et an que dessus en la salle des audiences dudit Conseil où
siégeaient :
M. Clément ATANGANA, Président du Conseil Constitutionnel,

PRESIDENT ;

MM.
Jean FOUMAN AKAME,
BAH OUMAROU SANDA,
Paul NCHOJI NKWI,
Joseph Marie BIPOUN WOUM,
Emmanuel BONDE,

191
Mme Florence Rita ARREY,
MM : Charles Etienne LEKENE DONFACK,
AHMADOU TIDJANI,
Jean Baptiste-BASKOUDA,
Emile ESSOMBE,
CONSEILLERS ;
---Avec l’assistance de Maîtres Longin MAKA EYOUM, Greffier en Chef ;

---Et de Flavienne Jeannette AMBOMO épouse NOAH AMBASSA, Greffier ;

---En présence de Monsieur MALEGHO Joseph ASEH, Secrétaire Général ;

---En foi de quoi la présente décision a été signée par le Président et le Secrétaire
Général, puis contresignée par le Greffier en Chef. /-

LE PRESIDENT LE SECRETAIRE GENERAL

Clément ATANGANA MALEGHO Joseph ASEH

LE GREFFIER EN CHEF

Longin MAKA EYOUM

192
DECISION N° 16/CE/CC/2018 DU 17 AOUT 2018

AFFAIRE :

Sieur BILE Olivier Anicet


(Union pour la Fraternité et la Prospérité UPF)
C/
Elections Cameroon (ELECAM)

OBJET :
(Réhabilitation de candidature).
---L’an deux mille dix-huit ;

---Et le dix-sept du mois d’août ;

---Le Conseil Constitutionnel, siégeant en audience publique au Palais des Congrès a


rendu la décision dont la teneur suit :

---Le Conseil Constitutionnel,

---Vu la Constitution ;

---Vu la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et fonctionnement du


Conseil Constitutionnel, modifiée par la loi n° 2012/015 du 21 décembre 2012 ;

---Vu la loi n° 2012/001 du 19 avril 2012 portant Code Electoral, modifiée et


complétée par la loi n° 2012/017 du 21 décembre 2012 ;

---Vu le décret n° 2018/104 du 07 février 2018 portant organisation et


fonctionnement du Secrétariat Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/015 du 07 février 2018 portant nomination des Membres du


Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/106 du 07 février 2018 portant nomination du Président du


Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/170 du 23 février 2018 portant nomination du Secrétaire


193
Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/391 du 09 juillet 2018 portant convocation du collège


électoral en vue de l’élection du Président de la République ;

---Vu le recours de Sieur BILE Olivier Anicet ;

---Vu le mémoire en réponse de Maîtres MBUFUNG Marcel KUMFA, OKHA BAU


OKHA et ATANGANA AMOUGOU Joseph conseils d’ELECAM ;

---Attendu que par requête non datée parvenue et enregistrée au Conseil


Constitutionnel le 09 août 2018 sous le n° 015, sieur BILE Olivier Anicet, Président
du parti politique « Union pour la Fraternité et la Prospérité » en abrégé U.F.P,
Candidat à l’élection présidentielle, a saisi le Conseil Constitutionnel aux fins de
réhabilitation de sa candidature :

---Que ladite requête est formulée ainsi qu’il suit :

« Faisant suite à la correspondance n° 0501/ELECAM/DGE du 07 août 2018


portant notification du rejet de notre candidature à l’élection présidentielle de 2018,
j’ai l’honneur par la présente de venir auprès de l’auguste institution dont vous
présidez aux destinées, soumettre une requête de réhabilitation de ladite
candidature.

« L’unique motif invoqué par le conseil électoral pour ce rejet est : « Absence de
certificat de versement du cautionnement ». Des circonstances inattendues, ne
relevant pas de notre fait, nous ont en effet empêché d’effectuer le versement du
cautionnement exigible. Nous entendons corriger cette lacune en vous précisant les
circonstances dans nos mémoires en réponse, tout en produisant la seule pièce
manquant à notre dossier dans les délais impartis par la loi.

« En remerciant l’ensemble du collège des Sages pour le bienveillant examen de la


présente requête, je vous prie d’agréer, Monsieur Le Président, l’expression de ma
très haute considération. » ;

194
---Attendu que ce recours ainsi que les pièces jointes, ont été communiqués à
Elections Cameroon (ELECAM) conformément à l’article 130 de la loi n° 2012/001
du 19 avril 2012 portant Code Electoral, modifiée et complétée par la loi n°
2012/017 du 21 décembre 2012 qui dispose en son alinéa 5 que « la requête est
communiquée à toutes parties intéressées par tout moyen rapide, laissant trace
écrite puis affichée au Conseil Constitutionnel dans les vingt-quatre (20) heures
suivant le dépôt de la requête. » ;

---Que réagissant par le truchement de ses conseils Maîtres MBUFUNG Marcel


KUMFA, OKHA BAU OKHA et ATANGANA AMOUGOU Joseph, Avocats au
Barreau du Cameroun, la partie défenderesse a déposé en date du 10 août 2018 et
contre récépissé n° 031/G/SG/CC, son mémoire en réponse qui suit :

« PLAISE AU CONSEIL CONSTITUTIONNEL

« Considérant que suivant requête non datée enregistrée le 09 août 2018 au Greffe
du Conseil Constitutionnel sous le n° 10, Monsieur BILE Olivier Anicet a saisi le
Conseil Constitutionnel d’un recours en contestation de la Résolution n°
019/R/ELECAM/CE du Conseil Electoral du 07 août 2018, rejetant sa candidature à
l’élection du Président de la République du 07 octobre 2018 ;

« Que dans sa requête, Monsieur BILE Olivier Anicet indique qu’il entend verser le
cautionnement exigé par la loi qu’il n’a pas pu fournir pour des circonstances à
préciser dans ses mémoires en réponse ;

« Qu’il indique ainsi implicitement mais nécessairement qu’il n’a pas produit la
caution prévue par la loi ;

« Qu’il convient de lui en donner acte ;

- L’original de certificat de versement du cautionnement. ».

SUR LA RECEVABILITE DE LA REQUETE


---Attendu que l’article 125 du Code Electoral dispose :

195
« (1) Le Conseil Electoral peut accepter ou déclarer irrecevable une candidature...
« (3) La décision de rejet d’une candidature ou celle portant publication des
candidatures peut faire l’objet d’un recours devant le Conseil Constitutionnel,
dans les conditions fixées par les articles 128, 129 et 130 ci-dessous. »
---Que l’article 129 suivant prescrit ce qui suit : « les contestations ou les
réclamations relatives au rejet ou à l’acceptation des candidatures, ainsi que celles
relatives à la couleur, au sigle ou au symbole adoptés par un candidat sont
soumises à l’examen du Conseil Constitutionnel par tout candidat, tout parti
politique ayant pris part à l’élection, dans un délai de deux (02) jours suivant la
publication des candidatures. » ;
---Attendu que le présent recours a été fait conformément aux dispositions reprises
ci-dessus ;
---Qu’il s’ensuit qu’il est recevable ;

AU FOND

--- Attendu qu’il ressort de la résolution n° 019/R/ELECAM/CE du 07 août 2018 que


la candidature de sieur BILE Olivier Anicet a été rejetée pour absence de certificat de
versement du cautionnement ;

--- Attendu que l’article 122 du Code Electoral, en son alinéa 2, énumère les pièces
qui doivent accompagner la déclaration de candidature, au rang desquelles le
certificat de versement du cautionnement ;

---Qu’en ne produisant pas cette pièce dans son dossier, le requérant a exposé sa
candidature au rejet ;

---Que son argumentaire selon lequel des circonstances inattendues ne relevant pas
de son fait l’ont empêché de satisfaire à cette exigence est autant inopérant que sa
proposition de régulariser la situation ;

196
---Qu’en effet, l’article 123 du Code Electoral enferme les déclarations de
candidature dans un délai de dix (10) jours suivant la convocation du Corps
Electoral, le législateur n’ayant prévu ni dérogation, ni régularisation ;

---Qu’il s’ensuit que son recours n’est pas justifié et qu’il soit rejeté par conséquent ;

---Attendu que la procédure devant le Conseil Constitutionnel étant gratuite en vertu


de l’article 57 du Code Electoral, il convient de laisser les dépens à la charge du
Trésor Public ;

---Qu’il y a lieu par ailleurs lieu d’ordonner la notification de la présente décision à


ELECAM et aux autres parties intéressées, ainsi que sa publication au Journal
Officiel en application des dispositions combinées des articles 131 (3) du Code
Electoral et15 (2) de la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et
fonctionnement du Conseil Constitutionnel ;

PAR CES MOTIFS

---Statuant publiquement, contradictoirement à l’égard des parties, en matière


électorale, en dernier ressort et à l’unanimité des membres ;

EN LA FORME

---Déclare le recours de sieur BILE Olivier Anicet recevable en la forme ;

AU FOND

---Le rejette comme non justifié ;

---Laisse les dépens à la charge du Trésor Public ;

---Ordonne la notification immédiate de la présente décision au Conseil Electoral, et


aux autres parties intéressées, ainsi que sa publication au Journal Officiel ;

---Ainsi jugé en audience publique les jour, mois et an que dessus en la salle des
audiences où siégeaient :

197
M. Clément ATANGANA, Président du Conseil Constitutionnel,
PRESIDENT ;

MM.

Jean FOUMAN AKAME,


BAH OUMAROU SANDA,
Paul NCHOJI NKWI,
Joseph Marie BIPOUN WOUM,
Emmanuel BONDE,
Mme Florence Rita ARREY,

MM:

Charles Etienne LEKENE DONFACK,

AHMADOU TIDJANI,

Jean-Baptiste BASKOUDA,

Emile ESSOMBE,

CONSEILLERS ;

---Avec l’assistance de Maîtres Longin MAKA EYOUM Greffier en Chef ;

---Et de Flavienne Jeannette AMBOMO épouse NOAH, Greffier ;

---En présence de Monsieur MALEGHO Joseph ASEH, Secrétaire ;

---En foi de quoi la présente décision a été signée par le Président et le Secrétaire
Général et contresignée par le Greffier en Chef. /-

LE PRESIDENT LE SECRETAIRE GENERAL

Clément ATANGANA MALEGHO Joseph ASEH

LE GREFFIER EN CHEF

Login MAKA EYOUM

198
DECISION N° 17/CE/CC/2018 DU 17 AOUT 2018
AFFAIRE:

NDJOUMOU Léopold Steves

C/

Elections Cameroon (ELECAM)

OBJET :

(Requête en contestation du rejet de candidature).

---L’an deux mille dix-huit ;

---Et le dix-sept du mois d’août ;

---Le Conseil Constitutionnel, siégeant en audience publique au Palais des Congrès


a rendu la décision dont la teneur suit :

---Le Conseil Constitutionnel,

---Vu la Constitution ;

---Vu la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et fonctionnement


du Conseil Constitutionnel, modifiée par la loi n° 2012/015 du 21 décembre 2012 ;

---Vu la loi n° 2012/001 du 19 avril 2012 portant Code Electoral, modifiée et


complétée par la loi n° 2012/017 du 21 décembre 2012 ;

---Vu le décret n° 2018/104 du 07 février 2018 portant organisation et


fonctionnement du Secrétariat Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/015 du 07 février 2018 portant nomination des Membres


du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/106 du 07 février 2018 portant nomination du Président du


Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/170 du 23 février 2018 portant nomination du Secrétaire


Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/391 du 09 juillet 2018 portant convocation du collège

199
électoral en vue de l’élection du Président de la République ;

---Vu le recours de monsieur NDJOUMOU Léopold Steves ;

---Vu le mémoire en réponse de Maîtres MBUFUNG Marcel KUMFA, OKHA


BAU OKHA et ATANGANA AMOUGOU Joseph, conseils de ELECAM ;

---Attendu que par requête en date du 09 août 2018 enregistrée le même jour au
Conseil Constitutionnel sous le n° 11, sieur NDJOUMOU Léopold Steves,
candidat déclaré de l’Union pour le Redressement Economique du Cameroun
(UREC) à l’élection du Président de la République du 07 octobre 2018, a saisi ledit
Conseil d’un recours en contestation du rejet de sa candidature à la susdite ;

---Que ledit recours est ainsi formulé :

« NDJOUMOU Léopold Steves

« Candidat déclaré Union pour le Redressement Economique du Cameroun


(UREC)

« Tél : 677.06.60.96/242.66.66.66

« Bp : 10012 – Yaoundé

« REQUETE AUX FINS DE CONTESTATION DU REJET DE CANDIDATURE


DE NDJOUMOU LEOPOLD STEVES A L’ELECTION DU PRESIDENT DE LA
REPUBLIQUE DU CAMEROUN DU 07 OCTOBRE 2018

« A Monsieur le Président du Conseil Constitutionnel – Yaoundé

« Qu’il plaise aux honorables membres du conseil Constitutionnel de recevoir par


la présente la requête du requérant aux fins de l’autoriser à participer à l’élection
du Président de la république du 07 octobre 2018.

« 1) SUR LES FAITS

« Par correspondance n° 0513/ELECAM/DGE du 07 août 2018, le directeur


Général des élections a notifié le requérant de la résolution n° 019/ELECAM/CE

200
du 07 août 2018 portant rejet de candidature à l’élection du Président de la
République du 07 octobre 2018 (doc.1).

« Aux motifs ci-après :

« 1) Absence de certificat de versement du cautionnement.

« 2) Absence de liste, de 300 signatures des personnalités requises par la loi pour
un parti non représenté dans une assemblée élective.

« Pour ces motifs, le requérant sollicite un réexamen de son cas par les honorables
membres du Conseil Constitutionnel. Il statue sur la constitutionnalité des lois,
statuant souverainement dans les domaines de compétences comme les élections
présidentielles.

« LES MOYENS ALLEGUES

« 1) DE L’ABSENCE DE LISTE DE 300 SIGNATURES DES


PERSONNALITES REQUISES PAR LA LOI POUR UN PARTI NON
REPRESENTE DANS UNE ASSEMBLEE ELECTIVE

« De la suspension de l’alinéa 2 de l’article 121 de la loi n° 2012/001 du 19 avril


2012 portant Code Electoral, modifiée et complétée par la loi n° 2012/001 du 19
avril 2012 portant code électoral, modifiée et complété par la loi n° 202/017 du
21 décembre 2012.

« Que l’alinéa 2 sus indiqué est anti constitutionnel du fait que la Constitution,
loi fondamentale, stipule en son article 3 : « les partis ou mouvements politiques
concourent à l’expression du suffrage. » (Point) D’où vient que l’on empêche à
un parti légalisé d’exercer son droit de choisir l’élection à laquelle il voudrait
participer indépendamment des autres élections ?

« Que l’alinéa indiqué est discriminatoire : tous les postulants au jeu politique
(une même élection) doivent être soumis aux mêmes critères d’éligibilité. Or, ceci
n’est pas le cas pour la seule élection du Président de la République.

201
« Que l’alinéa 2 fait le lit de la corruption : car les « personnalités » signataires
monnayent leur acte, ce que notre auguste organe ne saurait encourager.

« Que l’alinéa 2 fragilise la légitimité du Président de la République, son autorité


ne pouvant s’étendre à ces bienfaiteurs, ces quelques élus locaux à qui il devra
faire allégeance et non au peuple souverain.

« Que les signataires sont des personnalités inaccessibles : membres fidèles des
partis politiques, la quasi-totalité est d’obédience du parti au pouvoir, dont le
Président est candidat ;

« Que le contexte sociopolitique n’est pas favorable à l’émergence


démocratique : les signataires s’exposent aux récriminations, intimidations et
mises à l’écart par les membres de leur communauté ;

« Que le jeu politique est ethnocentrique ou régional : un candidat ne peut donc


aller chercher les signatures auprès du camp adverse ou dans d’autres régions.

« Que contexte sécuritaire est peu propice aux déplacements : six régions sur dix
sont les zones de non droit politiques, pouvoir recueillir 30 signatures par région
relève de la magie. Le report des élections locales puise son fondement à cet
aspect sécuritaire dans les régions ;

« Que les manœuvres administratives ont fortement contribué à pénaliser les


partis politiques :

« - Les reports successifs des élections municipales et législatives d’août 2012 au 2


juillet 2013, puis au 30 septembre 2013,

« - Le comportement des autorités administratives bâillonne toute opposition


politique,

« Que la léthargie et le monolithisme des chambres consulaires n’ont pas


favorisé la participation des conseillers,

« - Le Conseil Economique et Social n’a pas procédé aux élections depuis 1996,

202
« - La Chambre de Commerce et d’Industrie est une cooptation des membres du
parti-Etat au pouvoir.

« - La Chambre d’Agriculture n’a pas de membres tel qu’il a été indiqué au


requérant dans la correspondance n° 2018/0548/CAEEF/SG/DEP/SLR/MLM du
08 Juin 2018 déchargée le 03 juillet 2018 (doc 11).

« - Que depuis l’avènement du nouveau Code Electoral, il n’y a pas eu de


renouvellement de membres dans les Chambres Consulaires, ce qui n’a pas
permis l’entrée au sein de ces Chambres d’autres acteurs politiques reflétant
l’expression démocratique, esprit de la loi portant Code Electoral ;

« Que tous les organes de l’Etat, Institutions et Administrations Publiques ont


failli à leur devoir et leur neutralité ; ils n’ont pas joué leur partition pour
l’expression de l’alinéa 2, car toutes les lettres à eux adressées par le requérant
n’ont pas eu de suites légitimes (ci-joints doc. 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9,10) ; seule la
Chambre d’agriculture a prétexté l’organisation future d’une élection en vue des
nouveaux membres (doc 11). Où sont les anciens membres ?

« Que ELECAM, organisme en charge des élections, a été saisi à plusieurs


reprises, il n’a pas mis à disposition du requérant les imprimés de présentation de
candidats, encore moins le fichier des personnalités signataires dont il dispose
certainement et réclamés par le requérant (doc 12, 13, 14).

« Que le Conseil Constitutionnel non plus n’a pas joué son rôle. Interpellé, une
fois lorsqu’encore géré par la Cour Suprême et une fois en pleine exercice de ses
compétences au mois d’avril 2018 ; il n’a même pas accusé réception de la
correspondance (doc 15 et 16).

« Que le projet de loi modifiant et complétant la loi n° 2012/001 du 19 avril 2012


modifié et complété par la loi n° 2012/017 du 21 décembre 2012 n’a pas été
déposé après 3 sessions parlementaires alors qu’il avait l’objet des larges
consultations, des études et reformes sérieuses faisant l’unanimité dans la classe
politique. La correspondance de Monsieur le Ministre de l’Administration
Territoriale 00003374/MINATD (IGOE/IQE2 du 11 juillet 2017 adressée au
203
requérant l’indique clairement. Les travaux portant à une amélioration du Code
Electoral étant encore…, cet alinéa 2 n’existe pas dans ce projet de loi (doc 17).

« Que l’alinéa 2 est infranchissable, aucune personnalité postulante des 17 dont


ce critère discriminatoire a été appliqué, n’ont pu réunir les signatures.

« Par quelle alchimie peut-on avoir la liste des 300 signatures ?

« Pour toutes ces raisons, l’alinéa 2 de l’article 121 de la loi n° 2012/01 du 13


avril 2012 modifiée et complétée par la loi n° 2012/017 du 21 décembre 2012 doit
être suspendu permettant ainsi la validation de la candidature du requérant
NDJOUMOU Léopold Steves à l’élection du Président de la République du 07
octobre 2018.

« Messieurs les Honorables et Distingués membres du Conseil Constitutionnel :

« Laissez que seul le peuple camerounais souverain juge, décide, choisisse son
candidat. C’est un peuple mâture.

« Que la politique est un jeu, donner l’opportunité au requérant Léopold Steves


NDJOUMOU de participer, de rendre plus attractif, d’exposer les malheurs de ses
compatriotes qui croulent dans la misère et ont un message pour dire à ceux qui
nous gouvernent qu’ils souffrent ;

« Que le but du jeu démocratique n’est pas d’éliminer (le boycott des élections est
anti démocratique) mais d’encourager les maximum de postulants à exposer leur
projet de société, ce qui peut inspirer le gagnant au bénéficie du peuple.

« 2) DE L’ABSENCE DE CERTIFICAT DU CAUTIONNEMENT

« La déclaration de candidature a été faite dans les délais, il s’agit ici de


compléter simplement le dossier par l’apport d’éléments manquant, le Code
Electoral ne l’interdit par formellement.

« Le Code Electoral dans ses articles 122 portant sur la composition du dossier de
candidature, l’article 124 fixant le montant du cautionnement à 30.000.000 FCFA
(trente millions de FCFA), une somme exorbitante pour la majorité du peuple et
204
même des grands hommes politiques. Néanmoins, le requérant dispose de cette
somme (30 millions) et souhaiterait que les éminents membres du Conseil
Constitutionnel autorisent le Ministre des Finances (le Trésorier) à recevoir
lesdites sommes contre un certificat de versement de cautionnement objet du rejet.

« Messieurs Honorables et Distingués Membre du Conseil Constitutionnel, voilà


exposées les raisons pour lesquelles vous devez autoriser le requérant
NDJOUMOU Léopold Steves à participer à l’élection du Président de la
république du 07 octobre 2018 en validant sa candidature ;

« Le requérant respectueux des lois s’engage à s’incliner devant votre haute


décision.

« Fait à Yaoundé, le 09 août 2018

« Le Requérant

« (é)

« NDJOUMOU Léopold Steves

« Ingénieur des Ressources Humaines ».

---Attendu qu’en application des dispositions de l’article 130 alinéa 5 du Code


Electoral, cette requête a été communiquée à ELECAM le 09 août 2018 ;

---Que réagissant par le truchement de ses conseils, à savoir Maîtres MBUFUNG


Marcel KUMFA, OKHA BAU OKHA et ATANGANA AMOUGOU Joseph,
Avocats au Barreau du Cameroun, cette partie a déposé, en date du 10 août 2018,
le mémoire en réponse dont la teneur suit :

« PLAISE AU CONSEIL CONSTITUTIONNEL

« Attendu que suivant requête en date du 09 août 2018, enregistrée le 09 Août


2018 au greffe du Conseil Constitutionnel sous le n° 11, Monsieur NDJOUMOU
Léopold Steves a saisi le Conseil Constitutionnel d’un recours en contestation de
la Résolution n° 019/R/ELECAM/CE adoptée par le Conseil Electoral le 07 août

205
2018, au motif que celle-ci a, à tort, rejeté sa candidature à l’élection du Président
de la République du 07 octobre 2018 ;

« Qu’au soutien de son recours Monsieur NDJOUMOU Léopold Steves sollicite la


suspension de l’alinéa 2 de l’article 121 du Code électoral pour lui permettre
d’être exonéré de la production de trois cent (300) signatures prévues par la loi ;

« Qu’il demande par ailleurs l’autorisation du Conseil Constitutionnel pour


procéder au versement dans les caisses de l’Etat du cautionnement fixé par la loi,

« Attendu que ces arguments finissent d’établir que la déclaration de candidature


de Monsieur NDJOUMOU Léopold Steves n’était pas accompagnée des pièces ci-
après :

« - la liste de 300 signatures des personnalités requises à l’article 118 ci-dessus,


les cas échéants ;

« - l’original du certificat de versement du cautionnement.

« Que cette déclaration de candidature a donc été faite en violation de l’article


122 alinéa 2 du Code Electoral qui dispose que : la déclaration de candidature est
accompagnée de :

« - la liste de 300 signatures des personnalités requises à l’article 118 ci-dessus,


le cas échéant ; (…)

« De l’original du certificat de versement du cautionnement. »

« Que de même, il en découle la violation de l’article 124 du Code Electoral qui

dispose que : « le candidat doit verser au trésor public un cautionnement fixé à


trente million (30.000.000) de francs. (…) »

« Que c’est à bon droit que le Conseil Electoral d’Elections Cameroon (ELECAM)
a déclaré irrecevable la candidature de Monsieur NDJOUMOU Léopold Steves.

« PAR CES MOTIFS :

« Et tous autres à déduire, à ajouter ou à suppléer même d’office s’il y a lieu ;


206
« EN LA FORME :

« Dire recevable le recours de monsieur NDJOUMOU Léopold Steves comme fait


dans les forme et délai de la loi ;

« AU FOND

« - Rejeter la requête de monsieur NDJOUMOU Léopold Steves comme non


fondée ;

« - Confirmer en conséquence le rejet de sa candidature à l’élection présidentielle


du 07 octobre 2018.

« Et ce sera justice ;

« SOUS TOUTES RESERVES

« Yaoundé, le 09 août 2018

« Pour ELECTIONS CAMEROON (ELECAM)

« Barrister MBUFUNG Marcel KUMFA (é)

« Barrister OKHA BAU OKHA (é)

« Maître ATANGANA AMOUGOU Joseph (é) ».

SUR LA RECEVABILITE DU RECOURS

---Attendu que le recours de Sieur NDJOUMOU Léopold Stéves est recevable


comme introduit dans les forme et délai prescrits par la loi ;

AU FOND

---Attendu que l’article 121(1) précise : « Les candidats peuvent être :

« 1°) soit investis par un parti politique ;

« 2°) soit indépendants, à condition d’être présentés comme candidat à l’élection


du Président de la République par au moins trois cents (300) personnalités
originaires de toutes les Régions, à raison de trente (30) par Région et possédant
la qualité soit de membre du Parlement ou d’une Chambre Consulaire, soit de
207
Conseiller Régional ou de Conseiller Municipal, soit de Chef Traditionnel de
premier degré.

« (2) Le candidat investi par un parti politique non représenté à l’Assemblée


Nationale, au Sénat, dans un Conseil Régional ou dans un Conseil Municipal
doit également remplir les conditions prévues à l’alinéa (1) ci-dessus applicables
aux candidats indépendants. » ;

---Attendu que l’article 122(2) dispose : « La déclaration de candidature est


accompagnée :

« a) de la liste de 300 signatures des personnalités requises à l’article 118 ci-


dessus, le cas échéant ;

« b) d’un extrait d’acte de naissance du candidat datant de moins de trois (03)


mois ;

« c) de la lettre de présentation et d’investiture du parti cautionnant la


candidature du postulant, le cas échéant ;

« d) d’une déclaration sur l’honneur par laquelle le candidat s’engage à


respecter la Constitution ;

« e) d’un bulletin n° 3 du casier judiciaire datant de moins de trois (03) mois;

« f) d’un certificat d’imposition ou de non-imposition ;

« g) d’un certificat de nationalité ;

« h) de l’original du certificat de versement du cautionnement. » ;

---Attendu que le requérant avoue qu’il n’a pas obtenu les 300 signatures et qu’il
n’a pas versé les 30 millions de cautionnement exigé ;

---Qu’il s’en suit que son recours n’est pas justifié et qu’il encourt le rejet ;

---Attendu que la procédure devant le Conseil Constitutionnel étant gratuite en


vertu de l’article 57 de la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004, portant organisation et
fonctionnement du Conseil Constitutionnel, il convient de laisser les dépens à la
charge du Trésor Public, de notifier immédiatement au Conseil Electoral et à la
partie intéressée et de publier la présente au Journal Officiel, conformément aux
208
dispositions des articles 131(3) du Code Electoral et 15(2) de la loi n° 2004/004 du
21 avril 2004 portant organisation et fonctionnement du Conseil Constitutionnel.

PAR CES MOTIFS

---Statuant publiquement, contradictoirement à l’égard des parties, en matière


électorale, en dernier ressort et à l’unanimité des Membres :

---Déclare le recours de sieur NDJOUMOU Léopold Steves recevable en la forme ;

---Au fond, le rejette comme non justifié ;

---Laisse les dépens à la charge du Trésor Public ;

---Ordonne la notification immédiate de la présente décision au Conseil Electoral


et aux autres parties intéressées, ainsi que sa publication au Journal Officiel ;

---Ainsi jugé et prononcé en audience publique ordinaire par le Conseil

Constitutionnel, les jour, mois et an que dessus en la salle des audiences dudit
Conseil où siégeaient :

M. Clément ATANGANA, Président du Conseil Constitutionnel

PRESIDENT ;

MM.

Jean FOUMAN AKAME,


BAH OUMAROU SANDA,
Paul NCHOJI NKWI,
Joseph Marie BIPOUN WOUM,
Emmanuel BONDE,
Mme Florence Rita ARREY,

MM:
Charles Etienne LEKENE DONFACK,
AHMADOU TIDJANI,

209
Jean-Baptiste BASKOUDA,
Emile ESSOMBE,

CONSEILLERS ;

---Avec l’assistance de maîtres Longin MAKA EYOUM, Greffier en Chef ;

---Et Flavienne Jeannette AMBOMO épouse NOAH, Greffier ;


---En présence de Monsieur Joseph MALEGHO ASEH, Secrétaire Général dudit
Conseil ;

---En foi de quoi la présente décision a été signée par le Président et le Secrétaire
Général et contresignée par le Greffier en Chef. /-

LE PRESIDENT LE SECRETAIRE GENERAL

Clément ATANGANA MALEGHO Joseph ASEH

LE GREFFIER EN CHEF

Longin MAKA EYOUM

210
DECISION N° 18/CE/CC/2018 DU 17 AOUT 2018

AFFAIRE :

Sieur NDJOUMOU Léopold Steves


C/
- Elections Cameroon (ELECAM)
- Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC)

OBJET :

(Invalidation de la candidature de BIYA Paul).

---L’an deux mille dix-huit ;

---Et le dix-sept du mois d’août ;

---Le Conseil Constitutionnel, siégeant en audience publique au Palais des Congrès


a rendu la décision dont la teneur suit :
---Le Conseil Constitutionnel,

---Vu la Constitution ;

---Vu la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et fonctionnement du


Conseil Constitutionnel, modifiée par la loi n° 2012/015 du 21 décembre 2012 ;

---Vu la loi n° 2012/001 du 19 avril 2012 portant Code Electoral, modifiée et


complétée par la loi n° 2012/017 du 21 décembre 2012 ;

---Vu le décret n° 2018/104 du 07 février 2018 portant organisation et


fonctionnement du Secrétariat Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/015 du 07 février 2018 portant nomination des Membres du


Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/106 du 07 février 2018 portant nomination du Président du


Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/170 du 23 février 2018 portant nomination du Secrétaire


Général du Conseil Constitutionnel ;
211
---Vu le décret n° 2018/391 du 09 juillet 2018 portant convocation du collège
électoral en vue de l’élection du Président de la République ;

---Vu le recours de sieur NDJOUMOU Léopold Steves ;

---Attendu que par requête datée du 09 août 2018 et enregistrée au Conseil


Constitutionnel sous le n° 12 du même jour, sieur NDJOUMOU Léopold Steves,
candidat déclaré de l’Union pour le Redressement Economique du Cameroun
(UREC) à l’élection du Président de la République du 07 octobre 2018, agissant en
son nom et pour son propre compte a introduit un recours auprès dudit Conseil
Constitutionnel aux fins d’invalidation de la candidature de BIYA Paul à ladite
élection ;

---Que ledit recours est présenté comme suit :

« A MONSIEUR LE PRESIDENT DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL YAOUNDE

« Qu’il plaise aux Eminents Membres du Conseil Constitutionnel de bien vouloir


recevoir le requérant NDJOUMOU Léopold Steves, candidat déclaré à l’élection du
Président de la République du 07 octobre 2018.

« Le requérant interjette un recours en invalidation de la candidature de Monsieur


BIYA Paul.

« Sur les faits

« Le Conseil Electoral par un communiqué n° 11/CP/ELECAM/CE du 07 octobre


2018 rendant public la liste des candidats ayant été retenus, dont BIYA Paul.

« Sur les motifs de la demande du rejet de la candidature de BIYA Paul « -Que le


dossier de candidature de BIYA Paul n’a pas fait l’objet d’un examen rigoureux par
le Conseil Electoral.

« -Que les noms BIYA Paul ne seraient pas conformes aux noms qui se trouvent
dans le dossier déposé par le candidat par le biais de Monsieur le Directeur du
Cabinet Civil.

212
« -Qu’il ne serait pas surprenant de constater que BIYA Paul est un personnage
fictif ou arbore une double identité dans une parfaite illégalité.
« -Que si la même personnalité que celle qui est Président de la République du
Cameroun, ce que nous en doutons ; qu’il serait souhaitable pour le respect du
peuple souverain, que les membres du Conseil Constitutionnel invitent le RDPC à
présenter son candidat pour qu’il puisse être identifié ;
« -Qu’il serait possible que nous nous retrouvions dans le scénario où le fils, BIYA
Paul (Junior) remplace Biya’a Bi Mvondo Paul Barthelemy alias Paul BIYA actuel
Président.
« -Que l’identification est nécessaire et devrait se faire à partir des supports
suivants :
« 1-Personne physique
« 2-L’original de sa carte National d’identité.
«3- L’original du ou des passeports.
«4 -L’original de la Carte d’Electeur.
«5 -L’original de l’Acte de naissance
«6 -La présentation de la souche de l’Acte de
Naissance
«7- Autres actes justifiant son identification.
«8 -Certificat d’individualité absent dans le dossier
«9 -Le jugement du changement de noms
« Honorables, prestigieux et Distingués Membres du Conseil Constitutionnel,
réguler, régulariser sont les premières définitions du mot discipline qui doit régir la
vie publique, la vie des hommes en charge des affaires publiques, autoriser un
personnage fictif ou à double identité comme candidat à l’élection du Président de
la République est illégal. Nous savons que le « Cameroun c’est le Cameroun » ; le
Conseil Electoral ayant validé les candidatures des personnalités à double
nationalité (OSIH) ou occupant une profession de souveraineté dans une puissance
étrangères (KAMTO, Avocat au Barreau de Paris).
« Que seuls le droit, la justice et votre courage éclairent le peuple Camerounais.
« Fait à Yaoundé le 09 août 2018
213
« Le requérant
« (é)
« Léopold Steves Ndjoumou
« Ingénieur des Ressources Humaines ».

---Attendu que conformément à l’article 130 alinéa 5 de la loi n° 2012/001 du 19


avril 2012 portant Code Electoral, modifiée et complétée par la loi n° 2012/017 du
21 décembre 2012, copie de ladite requête a été transmise à Elections Cameroon
(ELECAM) et au Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC)
respectivement par correspondances n°s 190/SG/CC et 188/SG/CC du 09 août 2018
de Monsieur le Secrétaire Général du Conseil Constitutionnel ;
---Que réagissant à ces écritures, Elections Cameroon par la plume de ses conseils
Maîtres MBUFUNG Marcel KUMFA, OKHA BAU OKHA et ATANGANA
AMOUGOU Joseph, Avocats au Barreau du Cameroun, a produit son mémoire en
réponse en date du 10 août 2018 dont la teneur suit :

« PLAISE AU CONSEIL CONSTITUTIONNEL :

« Attendu que suivant requête en date du 09 août 2018, enregistrée le même jour au
Greffe du Conseil Constitutionnel sous le n° 12, Monsieur NDJOUMOU LEOPOLD
STEVES a saisi le Conseil Constitutionnel d’un recours en contestation de la
Résolution n° 018/R/ELECAM/CE arrêtant et publiant la liste des candidats à
l’élection du Président de la République du 07 octobre 2018 ;
« Que le recourant excipe que la candidature de Monsieur BIYA Paul devrait être
déclarée irrecevable au motif que le nom « BIYA Paul » ne serait pas conforme aux
noms qui se trouvent dans le dossier déposé par le candidat concerné ;
« Que la requête de MONSIEUR NDJOUMOU LEOPOLD STEVES n’est cependant
pas fondée dans la mesure où le nom « BIYA Paul » est bien celui utilisé par le
candidat dont s’agit ;
« Que pour s’en convaincre, il suffit de consulter les documents ci-après
accompagnant la déclaration de candidature de Monsieur BIYA Paul :

« - L’extrait d’acte de naissance établi le 11 juillet 2018 ;


214
« - Le certificat de domicile délivré le 12 juillet 2018 ;

« - Le certificat de nationalité dressé le 11 juillet 2018 ;

« - Le bulletin n° 3 du casier judiciaire établi le 12 juillet 2018 ;

« - L’attestation d’inscription sur les listes électorales du 12 juillet 2018.

« Qu’à la lumière de ces observations, il y a lieu de dire non fondé le recours de


Monsieur NDJOUMOU LEOPOLD STEVES

« PAR CES MOTIFS :

« Et tous autres à déduire, à ajouter ou suppléer par l’auguste Instance, même


d’office s’il y a lieu ;

« EN LA FORME ;

« Dire recevable le recours de Monsieur NDJOUMOU LEOPOLD STEVES comme


fait dans les formes et délais de la loi ;

« AU FOND :

« - Dire non fondée la requête de Monsieur NDJOUMOU LEOPOLD STEVES ;

« -Confirmer en conséquence la Résolution n° 018/R/ELECAM/CE du 07 août 2018


arrêtant et publiant la liste des candidats à l’élection du Président de la République
du 07 octobre 2018.

« ET CE SERA JUSTICE.

« SOUS TOUTES RESERVES

« Yaoundé, le 09 août 2018

« POUR ELECTIONS CAMEROON (ELECAM)

«Barrister MBUFUNG Marcel KUMFA (é)

«Barrister OKHA BAU OKHA (é)

215
«Maître ATANGANA AMOUGOU Joseph (é) ».

---Attendu que dans son mémoire en réponse daté du 10 août 2018 et déposé le
même jour au Greffe du Conseil Constitutionnel, le RDPC par la plume de ses
conseils, Maîtres Guy NOAH, LUKE MIRAC CHENGAYAM KISOB et MBITA
Blaise, Avocats au Barreau du Cameroun a exposé ce qui suit :

« A MONSIEUR LE PRESIDENT DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL

« Recours n° 12

« MEMOIRE EN REPONSE

« POUR : Monsieur PAUL BIYA

«DEFENDEUR AYANT POUR AVOCATS :-Me Guy NOAH, Me MBITA BLAISE,


Me LUKE KISOB

« CONTRE : NDJOUMOU LEOPOLD STEVES

« PLAISE AU CONSEIL CONSTITUTIONNEL

« Attendu que par requête en date du 09 août 2018, NDJOUMOU Léopold Steves,
candidat déclaré pour l’élection Présidentielle du 07 octobre 2018, investi par le
Parti Union pour le Redressement Economique du Cameroun (UREC) demande
Rôle 8
l’invalidation de la candidature de Monsieur Paul BIYA à ladite élection au motif
que : « Le dossier de candidature de BIYA Paul n’a pas fait l’objet d’un examen
rigoureux par le Conseil Electoral et que les noms BIYA Paul ne seraient pas
conformes aux noms qui se trouvent dans le dossier déposé par le candidat par le
biais de Monsieur le Directeur du Cabinet Civil et qu’en conséquence, il serait
souhaitable que le Conseil Constitutionnel invite le RDPC à présenter son candidat
pour qu’il puisse être identifié » ;

« Mais attendu qu’il y a lieu de déclarer la requête de NDJOUMOU Léopold Steves


irrecevables à la fois pour défaut de qualité et défaut d’intérêts ;

216
« Qu’en effets, aux termes de l’article 129 du Code Electoral : « Les contestations
ou les réclamations relatives au rejet ou à l’acceptation des candidatures….. sont
soumises à l’examen du Conseil Constitutionnel par tout candidat Politique ayant
pris part à l’élection ou toute personne ayant qualité d’Agent du Gouvernement
pour ladite élection dans un délai maximum de deux (02) jours suivant la
publication des candidatures » ;

« Attendu que pour justifier sa demande, NDJOUMOU Léopold Steves produit


comme unique pièce le communiqué de presse du Conseil Electoral publiant la liste
des neuf (09) candidats retenus pour l’élection du 07 octobre 2018 ;

« Attendu que le nom de NDJOUMOU Léopold Steves ne figure pas dans cette liste
des candidats retenus pour cette élection ;

« Qu’il en est tellement conscient qu’il a pris le soin d’engager le présent recours
sous la qualité de « candidat déclaré » ;

« Attendu que seuls les candidats dont les dossiers ont été acceptés par le Conseil
Electoral ont qualité pour contester cette acception ;

« Attendu que les postulants dont les candidatures ont été rejetées par le Conseil
Electoral perdent la qualité de candidat pour contester une candidature acceptée
par le Conseil Electoral de leur candidature ;

« Attendu que cette position se justifie par le fait que l’une des conditions pour
engager une action en justice est l’intérêt ;

« Attendu que le recours de NDJOUMOU Léopold Steves ne lui profite en rien


puisque l’invalidation de la candidature de Paul BIYA par le Conseil
Constitutionnel n’entraînerait pas l’acceptation de sa candidature ;

« Attendu que ne peuvent contester une candidature acceptée que les postulants
dont les candidatures ont été acceptées par le Conseil Electoral et en l’occurrence,
l’un des neuf (09) candidats dont les noms ont été publiés par la résolution n°
018/R/ELECAM/CE du 07 août 2018 ;

217
« Qu’il y a lieu en conséquence de déclarer le recours de NDJOUMOU Léopold
Steves à la fois irrecevable pour défaut de qualité et défaut d’intérêt ;

« Subsidiairement,

« Qu’il y a lieu de rejeter son recours, celui-ci n’apportant pas la preuve que le nom
BIYA Paul n’est pas conforme au nom se trouvant dans son dossier déposé au
Conseil Electoral et dont la copie a été transmise au Conseil Constitutionnel ;

« PAR CES MOTIFS

« Voir déclarer irrecevable le recours de NDJOUMOU Léopold Steves à la fois


pour défaut de qualité et défaut d’intérêt ;

« Subsidiairement,

« Voir rejeter sa demande pour défaut de preuve que le nom BIYA Paul est différent
de celui contenu dans son dossier de candidature déposé au Conseil Electoral et
dont la copie a été déposé au Conseil Constitutionnel ;

« SOUS TOUTES RESERVES

« PROFOND RESPECT

« (é) LUKE MIRAC CHENGAYAM KISOB

« YAOUNDE, LE 10 AOUT 2018

« (é) MBITA Blaise, Avocat Tel. 699850754 Yaoundé

« (é) Maître GUY NOAH, Avocat au Barreau du Cameroun BP. 1913 Yaoundé-
Cameroun

«Tel. (237)22 23 09 66- fax(237) 22 23 00 40 Email: [email protected] ».

SUR LA RECEVABILITE DE LA REQUETE

---Attendu que le RDPC conclut à l’irrecevabilité de la requête du sieur


NDJOUMOU pour défaut de qualité comme n’étant pas candidat, mais postulant

218
non retenu à l’élection en cours d’une part, et comme n’ayant pas d’intérêt à
demander l’invalidité de la candidature de BIYA Paul, d’autre part ;

---Mais attendu que l’article 129 du Code électoral dispose :

« Les contestations ou les réclamations relatives au rejet ou à l’acceptation des


candidatures, ainsi que celles relatives à la couleur, au sigle ou au symbole
adoptés par un candidat sont soumises à l’examen du Conseil Constitutionnel par
tout candidat, tout parti politique ayant pris part à l’élection ou toute personne
ayant qualité d’agent du Gouvernement pour ladite élection, dans un délai
maximum de deux (02) jours suivant la publication des candidatures » ;

---Qu’il résulte de ce texte, qui ne parlent nulle part de postulant, que les personnes
non retenues à la compétition ne perdent pas la qualité de candidats pour le
contentieux pré-électoral ;

---Attendu sur le défaut d’intérêt allégué, que sieur NDJOUMOU a soutenu aux
débats qu’en tant qu’opposant, il souhaite l’élimination de la candidature contestée
qui constitue un obstacle pour l’alternance ;

---Qu’il s’agit ainsi d’un intérêt irréfutable pour lui ;

---Que dès lors sa requête est recevable en la forme ;

AU FOND

---Attendu que l’article 122 du Code Electoral énumère les pièces qui doivent
accompagner la déclaration de candidature ;

---Qu’en l’espèce les pièces annexées à la demande de candidature contestées sont


établies au nom de l’intéressé ;

---Que le sieur NDJOUMOU n’a pas rapporté la preuve contraire desdites pièces ;

---Qu’il s’ensuit que sa requête n’est pas justifiée et qu’il est par conséquent rejetée ;

---Attendu que la procédure devant le Conseil Constitutionnel étant gratuite en vertu


de l’article 57 de la loi n° 2004/004 du 21 avril 2018, modifiée, portant organisation

219
et fonctionnement du Conseil Constitutionnel, il convient de laisser les dépens à la
charge du Trésor Public ;

---Attendu qu’il y a lieu par ailleurs d’ordonner la notification immédiate de la


présente décision au Conseil Electoral et aux autres parties intéressées, ainsi que sa
publication au Journal Officiel en vertu des dispositions de l’article 131 alinéa 3 du
Code Electoral ;

PAR CES MOTIFS

---Statuant publiquement, contradictoirement à l’égard des parties, en matière


électorale, en dernier ressort et à l’unanimité des membres :

---Déclare la requête de NDJOUMOU Léopold Steves recevable en la forme ;

---Au fond la rejette comme non justifiée ;

---Laisse les dépens à la charge du Trésor Public ;

---Ordonne la notification immédiate de la présente décision au Conseil Electoral et


aux autres parties intéressées, ainsi que sa publication au Journal Officiel ;

---Ainsi jugé et prononcé en audience publique par le Conseil Constitutionnel, les


mêmes jour, mois et an que dessus, en la salle des audiences dudit Conseil où
siégeaient :

M. Clément ATANGANA, Président du Conseil Constitutionnel,


PRESIDENT ;

MM.

Jean FOUMAN AKAME,


BAH OUMAROU SANDA,
Paul NCHOJI NKWI,
Joseph Marie BIPOUN WOUM,
Emmanuel BONDE,
MME. Florence Rita ARREY,
MM : Charles Etienne LEKENE DONFACK,
220
AHMADOU TIDJANI,
Jean-Baptiste BASKOUDA,
Emile ESSOMBE,
CONSEILLERS ;

---Avec l’assistance de Maître Longin MAKA EYOUM, Greffier en Chef ;

---Et de Flavienne Jeannette AMBOMO épouse NOAH AMBASSA, Greffiers ;

---En présence de M. Joseph MALEGHO ASEH, Secrétaire Général ;

---En foi de quoi la présente décision a été signée par le Président et le Secrétaire
Général puis contresignée par le Greffier en Chef. /-

LE PRESIDENT LE SECRETAIRE GENERAL

Clément ATANGANA MALEGHO Joseph ASEH

LE GREFFIER EN CHEF

Longin MAKA EYOUM

221
DECISION N° 19/CE/CC/2018 DU 17 AOUT 2018

AFFAIRE :
Sieur EGONO VALENTIN
C/
ELECTIONS CAMEROON (ELECAM)

OBJET :

(Validation de candidature).

---L’an deux mille dix-huit ;

---Et le dix-sept du mois d’août ;

---Le Conseil Constitutionnel, siégeant en audience publique au Palais des Congrès


a rendu la décision dont la teneur suit :

---Le Conseil Constitutionnel,

---Vu la Constitution ;

---Vu la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et fonctionnement du


Conseil Constitutionnel, modifiée par la loi n° 2012/015 du 21 décembre 2012 ;
---Vu la loi n° 2012/001 du 19 avril 2012 portant Code Electoral, modifiée et
complétée par la loi n° 2012/017 du 21 décembre 2012 ;

---Vu le décret n° 2018/104 du 07 février 2018 portant organisation et


fonctionnement du Secrétariat Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/015 du 07 février 2018 portant nomination des Membres du


Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/106 du 07 février 2018 portant nomination du Président du


Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/170 du 23 février 2018 portant nomination du Secrétaire


Général du Conseil Constitutionnel ;
222
---Vu le décret n° 2018/391 du 09 juillet 2018 portant convocation du collège
électoral en vue de l’élection du Président de la République ;

---Vu le recours de sieur EGONO Valentin ;

---Attendu que par requête en date du 08 août 2018, enregistrée au Conseil


Constitutionnel le 09 du même mois, Sieur EGONO Valentin, Président National
Elu de l’Union Camerounaise pour la démocratie et l’innovation (UCDI), a introduit
le présent recours auprès du Conseil Constitutionnel aux fins de validation de son
dossier de candidature à l’élection du Président de la République du 07 octobre 2018
en ces termes :

« ELECTION PRESIDENTIELLE DU 07 OCTOBRE 2018 CAMEROUN

« L’UCDI PARTI POLITIQUE ET EGONO VALENTIN SON PRESIDENT


NATIONAL, REPRESENTANT LEGAL DUDIT PARTI TOUS CONJOINTEMENT
REQUERANTS
« AU
« CONSEIL CONSTITUTIONNEL DU CAMEROUN YAOUNDE
« Objet: REQUETE ITERATIVE EN VALIDATION DU DOSSIER DE
CANDIDATURE D’EGONO VALENTIN
« Considérant la Constitution du Cameroun ;

« Considérant le Code Electoral en vigueur au Cameroun et les textes d’application


de ladite loi électorale ;

« Considérant la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et des Libertés des


peuples de 1789 ratifiée par la République du Cameroun à l’O.N.U, ensemble le
Traité et les Actes Uniformes OHADA ;

« Considérant la loi numéro 90/056 du 19 décembre 1990 sur les partis politiques
au Cameroun ;

« Considérant les décrets de création et d’organisation d’ELECAM ELECTIONS


CAMEROON ensemble le décret n° 2018/190 du 2 mars 2018 du Président de la

223
République du Cameroun portant organisation du gouvernement, modifiant le
décret n° 2011/408 du 09 décembre 2011 qui crée et organise le Ministère de
l’Administration Territoriale et le Ministère de la Décentralisation et le Ministère
des Marchés Publics respectivement ;

« Considérant le dépôt à ELECAM le 21 février 2018 et le 22 mars 2018 des


dossiers des candidats sénateurs de l’UCDI parti politique qui les a investis ;

« Considérant le budget de fonctionnement du parti politique UCDI pour l’année


2018 transmis au MINAT le 19 mars 2018 pour son financement légal et juridique
conformément à la loi, la Constitution et le Code Electoral Camerounais ;

« Considérant les circonstances exceptionnelles survenues au Cameroun avec des


pouvoirs exceptionnels acquis par l’autorité constitutionnelle, exécutive,
administrative et juridictionnelle ;

« SUR LES FAITS ET LES MOYENS

« Considérant qu’ELECAM n’a pas notifié dans les délais d’ordre public le rejet du
dossier d’EGONO Valentin lequel a déjà saisi le Conseil Constitutionnel du
Cameroun conformément à la loi électorale ;

« Considérant que le procès de non admission de la déclaration de candidature par


ELECAM a été introduit dans les délais légaux au Conseil Constitutionnel du
Cameroun par voie postale le 19 juillet 2018 au service postal de BAFIA ;

« Qu’ELECAM, dans sa décision implicite de rejet dudit dossier n’a pas cru devoir
notifier ladite décision dans les délais d’ordre public au requérant ;

« Considérant qu’il est de principe constant général de droit que le silence vaut
consentement ;

« Considérant que dans le cas d’espèce, ELECAM n’a pas jusqu’à cette date du 8
août 2018 publié sa décision concernant le dossier de candidature d’EGONO
Valentin à l’élection susvisée et ce silence vaut acceptation implicite de ladite
candidature et que juridiquement, la publication d’une décision se précise par le
224
notification dans un délai d’ordre public de soixante jours, délai repris par le Code
Electoral Camerounais ;

« Considérant que toute décision quelconque de rejet du dossier de candidature de


EGONO Valentin non notifiée suivant le parallélisme de formes c’est-à-dire à
Ombessa-BOUYOUMENOU CENTRE est non publiée dans les délais d’ordre
public et est nulle et non avenue et de nullité absolue d’ordre public conformément
à la loi électorale en vigueur au Cameroun ;

« PAR CES MOTIFS ET AUTRES A SUPPEER OU A AJOUTER DANS NOS


PROCHAINES ECRITURES ET CONCLUSIONS

« Recevoir en la forme et au fond la requête conjointe de EGONO Valentin et de


l’UCDI et les y dire fondés ;

« Constater la validation de la candidature d’EGONO Valentin candidat investi par


le parti politique UCDI ;

« Réserver les dépens ;

« SOUS TOUTES RESERVES ET CE SERA JUSTICE

« Bouyoumenou Centre-Ombessa Cameroun le 8 août 2018


« EGONO VALENTIN (Signé) ».

---Attendu que conformément à l’article 130 alinéa 5 de la loi n° 2012/001 du 19


avril 2012 portant Code Electoral, modifiée et complétée par la loi n° 2012/017 du
21 décembre 2012, copie de la susdite requête a été communiquée à ELECAM par
correspondance n° 199/SG/CC du 09 août 2018 ;

---Que réagissant à cette requête, ELECAM a par le biais de ses conseils Maîtres
MBUFUNG Marcel KUMFA, OKHA BAU OKHA et ATANGANA AMOUGOU
Joseph, Avocats au Barreau du Cameroun, déposé en date du 10 août 2018 et contre
récépissé n° 036/G/SG/CC, son mémoire en réponse dont la teneur suit :

225
« PLAISE AU CONSEIL CONSTITUTIONNEL
« Attendu que suivant requête en date du 08 août 2018, enregistrée le 09 août 2018
au Greffe du Conseil Constitutionnel, Monsieur EGONO Valentin a saisi le Conseil
Constitutionnel d’un recours en contestation de la Résolution n°
019/R/ELECAM/CE adoptée par le Conseil Electoral le 07 août 2018, au motif que
celle-ci a, à tort, rejette sa candidature à l’élection du Président de la République
du 07 octobre 2018 ;

« Qu’en plus, le recourant estime que le Conseil Constitutionnel devrait valider sa


candidature dans la mesure où jusqu’à présent Elections Cameroon (ELECAM) ne
lui aurait pas encore notifié le rejet de sa candidature ;

« Qu’aucun des arguments ainsi soulevés ne peut tenir tant il est constant que la
déclaration de candidature de Monsieur EGONO Valentin a été faite en violation
des articles 122 alinéa 2 et 124 du Code Electoral et le rejet qui en a résulté a été
notifié à l’intéressé ;

« I. DE LA VIOLATION DES ARTICLES 122 ALINEA 2 ET 124 DU CODE


ELECTORAL PAR DECLARATION DE CANDIDATURE DU NOMME EGONO
VALENTIN

« Attendu que l’article 122 alinéa 2 du Code Electoral dispose que la déclaration de
candidature est accompagnée de :

« - la liste de 300 signatures des personnalités requises à l’article 118 ci-dessus,


le cas échéant ;

« - un extrait d’acte de naissance du candidat datant de moins de trois (03) mois ;

« - de la lettre de présentation et d’investiture du parti cautionnant la candidature


du postulant, le cas échéant ;

« - d’une déclaration sur l’honneur par laquelle le candidat s’engage à respecter la


Constitution ;

226
« - d’un bulletin n° 3 du casier judiciaire datant de moins de trois (03) mois ;

« - d’un certificat d’imposition ou de non-imposition ;

« - d’un certificat de nationalité ;

« - de l’original du certificat de versement du cautionnement. »

« Attendu que la clarté de l’article susvisé sur les pièces devant accompagner la
déclaration de candidature n’est plus à démontrer ;

« Qu’or, l’exploitation de la liasse des différentes pièces accompagnant la


déclaration de candidature de Monsieur EGONO Valentin a révélé que ce dernier
n’a pas produit les pièces ci-après :

« - l’orignal du certificat de versement du cautionnement ;

« - la déclaration de candidature ;

« - la lettre d’investiture ;

« - la liste de 300 signatures des personnalités requises par la loi pour un parti non
représenté dans une assemblée élective ;

« - la déclaration sur l’honneur ;

« - un bulletin n° 3 du casier judiciaire ;

« - un certificat d’imposition ou de non-imposition.

« Qu’au demeurant, le bordereau de réception des pièces accompagnant la


déclaration de candidature de Monsieur EGONO Valentin, indique clairement que
le concerné n’avait pas produit les pièces dont s’agit ;

« Qu’il n’est pas surabondant de relever qu’en réalité, l’intéressé n’a pas versé la
caution exigée par la loi conformément à l’article 124 du code Electoral qui dispose
que : « le candidat doit verser au Trésor Public un cautionnement fixé à trente
millions (30 000 000) de francs CFA » ;

227
« II. SUR LA REALITE DE LA NOTIFICATION A SIEUR EGONO VALENTIN DE
LA DECISION DE REJET DE SA CANDIDATURE.

« Attendu que sieur EGONO Valentin prétend que la décision de rejet de sa


candidature ne lui a pas encore été notifiée ;

« Qu’il s’agit d’une affirmation sans fondement puisque la notification de la


décision concernée lui a bel et bien été faite ;

« Que cette notification lui a été faite en date du 08 août 2018 par la poste (réseau
EMS).

« PAR CES MOTIFS

« Et tous autres à déduire, à ajouter ou à suppléer même d’office s’il y a lieu ;

« EN LA FORME

« Dire recevable le recours de Monsieur EGONO VALENTIN comme fait dans les
forme et délai de la loi ;

« AU FOND

« -Rejeter la requête de Monsieur EGONO Valentin comme non fondée ;

« -Confirmer en conséquence le rejet de sa candidature à l’élection présidentielle


du 07 octobre 2018 ».

SUR LA RECEVABILITE DU RECOURS

---Attendu qu’en matière de contestations ou des réclamations relatives au rejet ou à


l’acceptation des candidatures, l’article 129 du Code Electoral accorde à tout
candidat, tout parti politique ayant pris part à l’élection ou toute personne ayant la
qualité d’agent du gouvernement pour ladite élection pour les soumettre à l’examen
du Conseil Constitutionnel, un délai de deux (02) jours suivant la publication des
candidatures ;

228
---Que pour l’élection du 07 octobre 2018, la liste des candidats a été publiée le 07
août 2018 ; que la requête de sieur EGONO Valentin datée du 08 août, déposée puis
enregistrée au Greffe du Conseil Constitutionnel le 09 août 2018 est recevable
comme introduite dans le délai légal ;

AU FOND

SUR LA NOTIFICATION DE LA DECISION DE REJET DE SA


CANDIDATURE

---Attendu que sieur EGONO prétend qu’à la date du 08 août 2018, il n’était pas
encore notifié de la décision de rejet de sa candidature ; que cette absence de
notification constitue un silence qui vaut acceptation de sa candidature et par voie de
conséquence sa validation ;

---Mais attendu que ses allégations ont été battues en brèche par ELECAM qui a
justifié aux débats qu’il a accompli la formalité en question le 08 août 2018 par la
poste ;

---Attendu au demeurant que si le Code Electoral prescrit à l’article 125(2) à


Elections Cameroon de notifier les décisions d’acceptation ou de rejet des
candidatures aux intéressés, ladite notification est sans incidence sur le recours
prévu à l’article 129 repris ci-dessus, le délai de deux (02) jours imparti pour porter
les contestations et les réclamations devant le Conseil Constitutionnel devant courir
à compter du lendemain de la publication de la liste des candidats, comme déjà
indiqué ;

---Qu’au demeurant EGONO Valentin ne saurait alléguer un quelconque préjudice


sous le prétexte de n’avoir pas été notifié du rejet de sa candidature, son recours
ayant été introduit dans le susdit délai ;

---Qu’il s’ensuit que sa requête n’est pas justifiée sur ce point ;

---Que ce point est ainsi rejeté ;

SUR LA DEMANDE DE VALIDATION DE LADITE CANDIDATURE


229
---Attendu qu’à la suite de l’article 121 du Code Electoral, l’article 122 du même
Code dispose :

« - La déclaration de candidature est accompagnée de :

« - la liste de 300 signatures des personnalités requises à l’article 118 ci-dessus ;

« - un extrait d’acte de naissance du candidat datant de moins de trois (03) mois ;

« - de la lettre de présentation et d’investiture du parti cautionnant la candidature


du postulant ;

« - d’une déclaration sur l’honneur par laquelle le candidat s’engage à respecter


la Constitution ;

« - d’un bulletin n° 3 du casier judiciaire datant de moins de trois (03) mois ;

« - d’un certificat d’imposition ou de non-imposition ;

« - d’un certificat de nationalité ;

« - de l’original du certificat de versement du cautionnement. » ;

---Qu’à l’examen du bordereau de réception des pièces qui accompagnent la


déclaration de candidature de sieur EGONO Valentin, contradictoirement arrêté à
ELECAM le 19 juillet 2018, révèle qu’il n’a pas produit les pièces suivantes :

- l’original de certificat de versement du cautionnement ;

- la lettre d’investiture ;

- la liste de 300 signatures des personnalités requises pour un parti non


représenté dans une assemble Elective :

- la déclaration sur l’honneur :

- un bulletin n° 3 du casier judiciaire

- un certificat d’imposition ou de non-imposition ;

230
---Qu’il est établi dès lors que la déclaration de candidature du requérant n’était pas
conforme aux dispositions des articles 122 et 124 du Code Electoral ;

---Qu’il s’ensuit que son recours n’est pas fondé ;

---Attendu que la procédure devant le Conseil Constitutionnel étant gratuite en vertu


de l’article 57 de loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et
fonctionnement de Conseil Constitutionnel modifiée par celle n° 2012/015 du 21
décembre 2012, il échet de laisser les dépens à la charge du Trésor Public ;

---Attendu qu’il y a lieu d’ordonner la notification immédiate de la présente décision


à ELECAM et aux autres parties concernées puis sa publication au journal officiel
en application des dispositions des articles 131 alinéa 3 de la susdite loi et 15(2) de
la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation du Conseil Constitutionnel,
modifiée par la loi n° 2012/015 du 21 décembre 2012 ;

PAR CES MOTIFS :

---Statuant publiquement, contradictoirement à l’égard des parties, en matière


électorale, en dernier ressort et à l’unanimité des Membres :
--- Déclare le recours de sieur EGONO Valentin recevable en la forme ;
--- Au fond, le rejette comme non fondé ;
--- Confirme la décision de rejet de la candidature du recourant pour l’élection du 07
octobre 2018 ;
--- Laisse les dépens à la charge du Trésor Public ;
--- Ordonne la notification immédiate de la présente décision à ELECAM et aux
autres parties intéressées, ainsi que sa publication au Journal Officiel ;
---Ainsi jugé et prononcé en audience publique ordinaire par le Conseil
Constitutionnel, les mêmes jour, mois et an que dessus en la salle des audiences
dudit Conseil où siégeaient :
M. Clément ATANGANA, Président du Conseil Constitutionnel,
PRESIDENT ;
MM.
Jean FOUMAN AKAME,
231
BAH OUMAROU SANDA,
Paul NCHOJI NKWI,
Joseph Marie BIPOUN WOUM,
Emmanuel BONDE,
Mme. Florence Rita ARREY,
MM. Charles Etienne LEKENE DONFACK,
AHMADOU TIDJANI,
Jean-Baptiste BASKOUDA,
Emile ESSOMBE,
CONSEILLERS ;
---Avec l’assistance de Maître Longin MAKA EYOUM, Greffier en Chef ;

---Et de Flavienne Jeannette AMBOMO épouse NOAH AMBASSA, Greffier ;

---En présence de Monsieur MALEGHO Joseph ASEH, Secrétaire Général ;

---En foi de quoi la présente décision a été signée par le Président et le Secrétaire
Général, puis contresignée par le Greffier en Chef. /-

LE PRESIDENT LE SECRETAIRE GENERAL

Clément ATANGANA MALEGHO Joseph ASEH

LE GREFFIER EN CHEF

Longin MAKA EYOUM

232
DECISION N° 20/CE/CC/2018 DU 17 AOUT 2018
AFFAIRE:

Sieur Bertin KISOB

C/

Elections Cameroon (ELECAM)

OBJET :

(Annulation de la décision de rejet de candidature).

---L’an deux mille dix-huit ;

---Et le dix-sept du mois d’août ;

---Le Conseil Constitutionnel, siégeant en audience publique au Palais des Congrès


a rendu la décision dont la teneur suit :
---Le Conseil Constitutionnel,

---Vu la Constitution ;

---Vu la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et fonctionnement


du Conseil Constitutionnel, modifiée et complétée par la loi no 2012/015 du 21
décembre 2012 ;

---Vu la loi n° 2012/001 du 19 avril 2012 portant Code Electoral, modifiée et


complétée par la loi n° 2012/017 du 21 décembre 2012 ;

---Vu le décret n° 2018/104 du 07 février 2018 portant organisation et


fonctionnement du Secrétariat Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/015 du 07 février 2018 portant nomination des Membres


du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/106 du 07 février 2018 portant nomination du Président du


Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/170 du 23 février 2018 portant nomination du Secrétaire


Général du Conseil Constitutionnel ;
233
---Vu le décret n° 2018/391 du 09 juillet 2018 portant convocation du corps
électoral en vue de l’élection du Président de la République le 07 octobre 2018 ;

---Vu le recours du sieur Bertin KISOB ;

---Vu le mémoire en réponse de Maîtres MBUFUNG Marcel KUMFA, OKHA


BAU OKHA et ATANGANA AMOUGOU Joseph, conseils d’ELECAM ;

---Attendu que par requête en date du 07 août 2018 parvenue au Conseil


Constitutionnel le 07 août 2018 et enregistrée sous le numéro 015/SG/CC, le
nommé Bertin KISOB, a saisi le Conseil Constitutionnel en contestation de la
Résolution n° 019/R/ELECAM/CE adoptée par le Conseil Electoral, en ces
termes :

« Prophète Bertin KISOB

« Président National et candidat du Cameroon Party for Social Justice, CPSJ » à


la Présidentielle du 07 octobre 2018. S/C Régisseur Prison Principale de
Kondengui Yaoundé.

« A : Mr le Président du Conseil Constitutionnel du Cameroun sis au palais des


congrès de Yaoundé.

« RECOURS POUR L’ANNULATION DE LA DECISION D’ELECAM


REJETTANT MA CANDIDATURE A L’ELECTION PRESIDENTIELLE DU 07
OCTOBRE 2018

« J’ai l’honneur de venir par la présente solliciter l’annulation par votre Cour de
la décision d’ELECAM rejetant ma candidature à la présidentielle du 07 octobre
2018.

« En effet, je suis victime de discrimination et d’injustice par le régime


néocolonial, sectaires et incompétent du RDPC. Tout a été par ces derniers pour
m’empêcher de constituer un dossier de candidature viable à cette élection et à
d’autres à venir en m’incarcérant injustement depuis plus d’un an, avec la
complicité d’un système judiciaire aux ordres du RDPC, sous des fausses
234
accusations de sécession anglophone. Mais, comment peut-on être un
sécessionniste et en même temps, malgré tous les risques et présenter par deux (2)
fois à des élections présidentielles au Cameroun. Je crois que leur but véritable
était de m’empêcher de sensibiliser le peuple camerounais sur mon offre politique
panafricain – le KEMATIANISME, qui est du reste diamétralement opposé au
concept néocolonial du pouvoir RDPC : changer le nom du pays de Cameroun –
qui veut dire crevette en Portugais, pour le remplacer par KEMATI – qui veut dire
terre des pouvoirs en KEMATIEN la nouvelle langue officielle que nous donnerons
à notre pays après à notre victoire. Noter que le Kematien est en fait une
compilation harmonieuse de toutes nos grandes langues officielles traditionnelles
plus le camfranglais. Résoudre le problème anglophone par un retour unilatéral
au fédéralisme de 1961 et ensuite ouvrir des négociations pour une nouvelle
confédération camerounaise à deux (02) Etats confédérés avec huit (08) régions
francophones et deux (02) régions anglophones. Cette solution pacifique est de
loin meilleure au génocide que prépare actuellement monsieur Biya du RDPC en
zone anglophone ;

« Tous contre Biya. Le véritable gouverneur noir du Cameroun. Et si cela ne suffit


pas, tous derrière l’offre orange de monsieur Hilaire KAMGA ; l’unique voie de
sortie contre cette dictature néocoloniale de BIYA la françafrique du franc CFA
néocoloniale, c’est fini, notre peuple n’en veut plus. Plus de deux (02) mandats
présidentiels c’est de la dictature. Car celui qui est au pouvoir ne pensera plus au
bonheur du peuple, mais plutôt à sa survie au pouvoir. D’où le fait que tôt ou tard
le peuple prendra ses responsabilités malgré tous les dégâts que cela entrainera ;

« Je vous prie enfin de faire parvenir au moins ce jour avant l’audience public un
mandat d’extraction de votre juridiction électorale aux autorités de la prison
principale de Kondengui Yaoundé où je suis actuellement injustement incarcéré
depuis plus d’un an sous de fausses accusations de sécession anglophone par un
système judiciaire aux ordres du RDPC. Comment peut- on être sécessionniste et
en même temps malgré tous les risques se présenter par deux (02 fois aux élections

235
présidentielles du Cameroun. Il faut absolument que je puisse défendre ma cause
personnellement à cette audience ;

« De toutes les façons, je continuerais malgré tous les obstacles à sensibiliser le


peuple camerounais sur mon offre politique panafricain – le Kematianisme qui est
diamétralement opposé au concept de pouvoir néocolonial du RDPC de BIYA ;

« Il ne faut jamais confondre un Tigre avec un gros Chat. Il n’y a pas de vivre
ensemble sans justice sociale ;

« Prophète Bertin KISOB ».

---Attendu que, réagissant à ce recours, Elections Cameroon (ELECAM), sous la


plume de ses conseils Maîtres MBUFUNG Marcel KUMFA, OKHA BAU OKHA
et ATANGANA AMOUGOU Joseph, Avocats au Barreau du Cameroun, a produit
son mémoire en réponse dont la teneur suit :

« RÉPONSE À LA REQUÊTE ADRESSÉE A ELECTIONS CAMEROON


(ELECAM)

« Plaise aux Honorables Membres du Conseil Constitutionnel ;

« Attendu que le Requérant a introduit auprès du Greffe du Conseil


Constitutionnel en date du 9 août 2018, une requête qui a été enregistrée puis
transmise par le Secrétaire Général du Conseil Constitutionnel par lettre n°
192/R/ELECAM du 07 août 2018 au Conseil Electoral de Elections Cameroon.
Que dans son recours, le Requérant sollicite le rejet de la candidature de M. Paul
Biya du RDPC à l’élection présidentielle du 07 octobre 2018 ;

« Que le Requérant y allègue que le Conseil Electoral de Elections Cameroon a


rejeté à tort sa candidature à l'élection présidentielle du 07 octobre 2018 au
Cameroun, et qu’il demande au Conseil Constitutionnel d'annuler cette
Résolution ;

« Prions le Conseil de rejeter cette requête pour les raisons suivantes :

236
« (1) L’ARTICLE 130(4) DU CODE ÉLECTORAL prévoit : « Sous peine
d’irrecevabilité, la requête doit préciser les faits et les moyens allégués. » ;

« Le requérant à l'appui de son recours, a allégué que sa candidature avait été


rejetée à tort par le Conseil Electoral d'Elections Cameroon et n'en a apporté
aucune preuve comme l'exige la loi. Il a simplement déclaré que le régime avait
exercé une discrimination à son égard en ne lui permettant pas de constituer son
dossier comme l'exige la loi. Par ces motifs, nous prions le Conseil Constitutionnel
de bien vouloir rejeter ce recours comme non fondé ;

« (2) La deuxième raison pour laquelle cette requête ne peut être retenue est que :
le dossier de candidature du requérant déposé au Conseil Electoral de Elections
Cameroun, n'a pas rempli les conditions obligatoires du Code Electoral ;

« ARTICLE 122(2), DU CODE ÉLECTORAL :

« (2) La déclaration de candidature est accompagnée :

- de la liste de 300 signatures des personnalités requises à l’article 121 ci-dessus,


le cas échéant ;

- d’un extrait d’acte de naissance du candidat datant de moins de trois (03) mois ;

- de la lettre de présentation et d’investiture du parti cautionnant la candidature


du postulant, le cas échéant ;

- d’une déclaration sur l’honneur par laquelle le candidat s’engage à respecter la


Constitution ;

- d’un bulletin n° 3 du casier judiciaire datant de moins de trois (03) mois ;

- d’un certificat d’imposition ou de non-imposition ;

- d’un certificat de nationalité ;

- de l’original du certificat de versement du cautionnement.

237
« Attendu qu’aux termes de l'article 122(2) du Code Electoral précité, le requérant
n'a pas fourni sept de ces pièces obligatoires pour faire acte de candidature ce qui
justifierait que sa candidature passe à l'examen rigoureux du Conseil Electoral de
Elections Cameroon. Cette omission est d'autant plus manifeste qu'il a fait part de
son aversion dans sa propre requête lorsqu’il a déclaré :

« Tout a été fait par ces derniers pour m'empêcher de constituer un dossier de
candidature fiable à cette élection " ;

« Cela va sans dire, il est lui-même conscient du fait que ses pièces étaient
incomplètes pour la course à l’élection présidentielle du 07 octobre 2018. De ce
qui précède, l'action du Conseil Electoral était évidente et déjà connue du
requérant ;

« (3) La troisième raison est que le Requérant n'a pas respecté les dispositions de
l'article 124(1), du Code Electoral qui prévoit que :

« Le candidat doit verser au Trésor public un cautionnement fixé à trente millions


(30 000 000) de francs. » ;

« Le requérant n'a jamais apporté la preuve qu'il a versé cette caution dans un
quelconque trésor public au Cameroun, comme l'exige l'article 124(1), du Code
Electoral susmentionné.

« N'ayant pas respecté cette disposition, sa candidature ne peut trouver grâce ni


devant le Conseil Electoral ni devant le Conseil Constitutionnel ;

« PAR CES MOTIFS, nous prions les Honorables membres du Conseil


Constitutionnel de :

« Déclarer que cette requête est autant irrecevable que non fondée ;

« Déclarer la requête irrecevable ;

« Voir rejeter ce recours ainsi que sa candidature pour l’élection présidentielle du


07 octobre 2018 ;

238
« Sous toutes réserves.

« Profond respect.

« Fait à Yaoundé ce 10 août 2018

« Me MBUFUNG Marcel KUMFA

« Me OKHA BAU OKHA

« Me ATANGANA AMOUGOU Joseph

« (é) ».

SUR LA RECEVABILITE DE LA REQUETE

----Attendu que la requête de sieur KISOB Bertin est recevable comme faite dans
les forme et délai de la loi ;

AU FOND

---Attendu que les dispositions des articles 121, 122 et 124 du Code Electoral
prévoient entre autres :

« la déclaration de candidature est accompagnée des pièces suivantes :


« un certificat de versement du cautionnement ;
« un certificat de candidature ;
« une déclaration de candidature ;
« une liste de 300 signatures des personnes requises par la loi pour un parti
politique non représenté dans une Assemblée élective ;
« un extrait d’acte de naissance ;
« un certificat de nationalité ;
« un bulletin n° 3 du casier judiciaire ;
« un certificat de non-imposition ou d’imposition. » ;

239
---Que l’examen contradictoire à ELECAM du bordereau des pièces qui devaient
accompagner la déclaration de candidature de Monsieur KISOB Bertin le 19 juillet
2018 révèle que ce dernier n’a produit aucune des pièces sus énumérées ;

---Qu’il s’ensuit que sa déclaration de candidature n’est pas conforme aux


exigences des dispositions des articles 121, 122 et 124 du Code Electoral ;

---Qu’elle est par voie de conséquence non justifiée ;

---Attendu qu’en application des dispositions de l’article 15(2) de la loi n°


2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et fonctionnement du Conseil
Constitutionnel, modifiée et complétée par la loi n° 2012/015 du 21 décembre
2012 et de l’article 131(3) du Code Electoral, il y a lieu d’ordonner la notification
immédiate de la présente décision au Conseil Electoral et aux parties concernées
ainsi que sa publication au Journal Officiel.

PAR CES MOTIFS

---Statuant publiquement, contradictoirement à l’égard des parties, en matière


électorale, en dernier ressort et à l’unanimité des Membres :

---Déclare la requête de sieur KISOB Bertin recevable en la forme ;

---Au fond, la rejette comme non justifiée ;

---Laisse les dépens à la charge du Trésor Public ;

---Ordonne la notification immédiate de la présente décision au Conseil Electoral


et aux autres parties intéressées, ainsi que sa publication au Journal Officiel ;

---Ainsi jugé et prononcé en audience publique par le Conseil Constitutionnel, les


jour, mois et an que dessus en la salle des audiences dudit Conseil où siégeaient :

M. Clément ATANGANA, Président du Conseil Constitutionnel,

PRESIDENT ;

MM.

240
Jean FOUMAN AKAME,
BAH OUMAROU SANDA,
Paul NCHOJI NKWI,
Joseph Marie BIPOUN WOUM,
Emmanuel BONDE,
Mme Florence Rita ARREY,
MM. Charles Etienne LEKENE DONFACK,
AHMADOU TIDJANI,
Jean-Baptiste BASKOUDA,
Emile ESSOMBE,
CONSEILLERS ;

---Avec l’assistance de Maître Longin MAKA EYOUM, Greffier en chef et


Flavienne Jeannette AMBOMO épouse NOAH AMBASSA, Greffier ;

---En présence de Monsieur MALEGHO Joseph ASEH, Secrétaire ;

---En foi de quoi la présente décision a été signée par le Président et le Secrétaire
Général et contresignée par le Greffier en Chef. /-

LE PRESIDENT LE SECRETAIRE GENERAL

Clément ATANGANA MALEGHO Joseph ASEH

LE GREFFIER EN CHEF

Longin MAKA EYOUM

241
DECISION N° 21/CE/CC/2018 DU 17 AOUT 2018

AFFAIRE :

Sieur Bertin KISOB


C/
- RDPC
- ELECAM

OBJET :
(Rejet de la candidature de monsieur Paul BIYA à l’élection présidentielle du 07
octobre 2018).

---L’an deux mille dix-huit ;

---Et le dix-sept du mois d’août ;

---Le Conseil Constitutionnel, siégeant en audience publique au Palais des Congrès a


rendu la décision dont la teneur suit :

---Le Constitutionnel,

---Vu la Constitution ;

---Vu la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et fonctionnement du


Conseil Constitutionnel, modifiée et complétée par la loi no 2012/015 du 21
décembre 2012 ;

---Vu la loi n° 2012/001 du 19 avril 2012 portant Code Electoral, modifiée et


complétée par la loi n° 2012/017 du 21 décembre 2012 ;

---Vu le décret n° 2018/104 du 07 février 2018 portant organisation et


fonctionnement du Secrétariat Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/015 du 07 février 2018 portant nomination des Membres du


Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/106 du 07 février 2018 portant nomination du Président du


242
Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/170 du 23 février 2018 portant nomination du Secrétaire


Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/391 du 09 juillet 2018 portant convocation du corps électoral


en vue de l’élection du Président de la République le 07 octobre 2018 ;

---Vu le recours de Sieur Bertin KIOSB ;


---Attendu que par requête en date du 07 août 2018, enregistrée au Conseil
Constitutionnel le 09 août 2018, sous le n° 014, Bertin KISOB candidat déclaré du
Cameroon Party for Social Justice (CPSJ) à l’élection présidentielle du 07 octobre
2018, a saisi ledit Conseil d’un recours dont l’objet est intitulé : « requête pour
le rejet de la candidature de monsieur Paul BIYA du RDPC à la présidentielle du 07
octobre 2018 pour incompétence notoire et intelligence avec des puissances
étrangères. » ;
---Que ledit recours est ainsi conçu :

« Prophète Bertin KISOB

Président National et candidat du « Cameroon Party for social Justice, CPSJ » à


la présidentielle du 07 octobre 2018. S/c Régisseur Prison principale de Yaoundé.

« A : Monsieur le Président du Conseil Constitutionnel du Cameroun. Sis au Palais


des Congrès de Y.

« REQUETE POUR LEREJET DE LA CANDIDATURE DE MONSIEUR PAUL


BIYA A LA PRESIDENTIELLE DU 07 OCTOBRE 2018 POUR INCOMPETENCE
NOTOIRE ET INTELLIGENCE AVEC LES PUISSANCES ETRANGERES.

« J’ai l’honneur, Mr. Le président de venir par la présente requête solliciter le rejet
de la candidature de Mr. Paul Biya du RDPC à l’élection présidentielle du 07
octobre 2018 pour incompétence notoire et intelligence avec des puissances
étrangères. « En effet monsieur Paul BIYA est manifestement incompétent pour ne

243
pas être capable de mettre en place une simple décentralisation en plus de vingt (20)
ans, ce qu’a provoqué la crise anglophone avec tous ses morts et destructions.

« Tout ce que cherche BIYA c’est un autre mandat de 7 ans pour continuer dans le
même mauvais sens de néocolonialisme et préparer ensuite un génocide dans la zone
anglophone de notre pays.

« Il faut être incompétent pour ne nommer en majorité que des gens à la moralité
douteuse qui ne passent leurs temps qu’à piller les maigres ressources du pays.

« Monsieur BIYA est sans nul doute au service de la France et des sociétés secrètes
occidentales de pouvoir occulte comme le démontre l’implémentation depuis sa prise
de pouvoir : des accords de défense avec la France, de partenariat avec l’Union
Européenne, utilisation du franc CFA néocolonial, attribution de la majorité des
marchés publiques lucratifs aux multinationales françaises et occidentales, le
placement des réserves monétaires du pays dans un compte dit opérationnel au
trésor français, du transfert périodique et illégal des fonds publiques aux sectes
occultes occidentales…

« En outre, l’appartenance de Monsieur BIYA à des loges de ces sociétés secrètes et


de pouvoir occidentales est de notoriété publique. Alors que, nous savons tous le
contrôle strict que ces loges exercent sur leurs membres nous avons même pour
preuve les boutonnières PINS de ces cercles étrangers qu’il porte sur toutes ces
vestes.

« Manifestement cet homme BIYA ne travaille pas pour les intérêts du peuple
camerounais, mais plutôt pour celui de ses grands maîtres occidentaux. Sinon
comment expliquer une grande misère de notre peuple dans un pays si riche. Le pire
c’est la visite dans notre pays de 02 grands maîtres occidentaux en pleine période
électorale avec tous ces morts sur nos routes.

« De toutes les façons, je continuerais malgré tous les obstacles à sensibiliser le


peuple camerounais sur mon offre politique panafricaine – le KEMATIANISME, qui
est du reste diamétralement opposé au concept néocolonial du RDPC au pouvoir
244
pour un temps changer le nom du pays de Cameroun – qui veut dire crevette en
portugais, pour le remplacer par KEMATI – qui veut dire Terre des Noirs en
KEMATIEN- la nouvelle langue officielle que nous donnerons à notre pays après
notre prise de pouvoir. Résoudre le problème anglophone par un retour unilatéral au
fédéralisme à 02 Etats de 1961 et par la suite seulement ouvrir des négociations
pour obtenir une nouvelle Confédération Camerounaise à 02 Etats confédérés avec
08 régions francophones et 02 régions anglophones. Cette solution pacifique est de
loin meilleure au génocide que prépare actuellement Monsieur BIYA du RDPC dans
nos régions anglophones.

« Je vous prie enfin de faire parvenir – au moins 02 jours avant l’audience publique
– un mandat d’extraction de votre juridiction électorale aux autorités de la prison
principale de Kondengui Yaoundé où je suis actuellement incarcéré injustement
depuis plus d’un an sous des fausses accusations de sécession anglophone avec la
complicité d’un système judiciaire aux ordres du RDPC. Mais comment peut-on être
un sécessionniste et en même temps malgré tous les risques se présenter par 02 fois
aux élections présidentielles du Cameroun. Il faut absolument que je défende ma
cause personnellement pendant cette audience publique.

« Tous contre BIYA- le véritable gouverneur Noir du Cameroun. Et si cela ne suffit


pas, tous derrière l’offre Orange de Monsieur Hilaire KAMGA- l’unique voie de
sortie contre cette dictature néocoloniale de BIYA. Il ne faut jamais confondre un
Tigre avec un gros Chat- il n’y a pas de vivre- ensemble sans justice sociale. Vivre le
KEMATIANISME – la seule idéologie de libération du peuple Noir.

« Prophète Bertin KISOB »

---Attendu qu’en application des dispositions de l’Article 130 alinéa 5 de la loi no


2012/001 du 19 avril 2012 portant Code Electoral, modifiée et complétée par la loi no
2012/017 du 21 décembre 2012, la susdite requête a été communiquée à Monsieur le
Directeur Général d’ELECAM et à Monsieur le Secrétaire Général du Comité
Central du RDPC en date du 09 août 2018 ;

245
---Que réagissant par l’intermédiaire de leurs conseils Maîtres Guy NOAH, MBITA
Blaise et Luke KISOB pour le RDPC et Maîtres MBUFUNG Marcel KUMFA,
OKHA BAU OKHA et ATANGANA AMOUGOU Joseph pour ELECAM, les
parties défenderesses ont déposé en date du 10 août 2018 leurs mémoires en réponse
en ces termes :

« RASSEMBLEMENT DEMOCRATIQUE DU PEUPLE CAMEROUNAIS :

« PLAISE AU CONSEIL CONSTITUTIONNEL :

« Attendu que par requête enregistrée au Conseil Constitutionnel le 09 août 2018


sous le numéro 14, Prophète Bertin KISOB, Président National et candidat du
Cameroon Party for Social Justice à l’élection Présidentielle du 07 octobre 2018, a
saisi ledit Conseil aux fins de « Rejet de la candidature de Monsieur Paul BIYA du
R.D.P.C. à la Présidentielle du 07 octobre 2018 pour incompétence et intelligence de
Monsieur Paul BIYA avec les puissances étrangères » ;

« Mais attendu qu’il y a lieu de déclarer son recours irrecevable à la fois pour
défaut de qualité et défaut d’intérêt ;

« SUR LE DEFAUT DE QUALITE

« Attendu qu’aux termes de l’article 129 du Code Electoral : « Les contestations ou


les réclamations relatives au rejet ou à l’acceptation des candidatures…. sont
soumises à l’examen du Conseil

Constitutionnel par tout candidat, tout parti politique ayant pris part à l’élection ou
toute personne ayant qualité d’Agent du Gouvernement pour ladite élection dans un
délai maximum de deux (02) jours suivant la publication des candidatures » ;

« Qu’en effet, Prophète Bertin KISOB ne figure pas sur la liste des candidats dont
les dossiers ont été acceptés par le Conseil Electoral au terme de sa résolution
numéro 018/R/ELECAM/CE du 07 août 2018 ;

« Que seuls les candidats figurant sur cette liste ont qualité pour contester une
candidature acceptée par le Conseil Electoral ;
246
« Que tel n’est pas le cas de Prophète Bertin KISOB dont la candidature a été
rejetée suivant la résolution numéro 019/R/ELECAM/CE du 07 août 2018 ;

« Attendu que ce rejet lui ôte toute qualité pour contester une candidature acceptée
par le Conseil Electoral, le seul recours dont il peut se prévaloir est la réclamation
relative au rejet de sa candidature ;

« SUR LE DEFAUT D’INTERET

« Attendu que trois (03) conditions sont nécessaires pour ester en justice, la qualité,
la capacité et l’intérêt ;

« Attendu que Prophète Bertin KISOB ne tire aucun avantage de l’invalidation de la


candidature de Monsieur Paul BIYA, cette invalidation n’entraînant pas
l’acceptation de sa candidature ;

« Que ne tirant aucun bénéfice de cette invalidation, sa demande est également


irrecevable pour défaut de qualité ;

« Subsidiairement

« Attendu que le Prophète Bertin KISOB ne produit aucun élément de preuve


justifiant l’incompétence notoire et l’intelligence de Monsieur Paul BIYA avec les
puissances étrangères ;

« Qu’au contraire, celui-ci est Président de la République démocratique élu à tous


ses mandats, au cours desquels il a manifesté sa compétence et son esprit
d’indépendance ;

« Qu’il y a donc lieu de rejeter son recours pour défaut de preuve.

« Par ces motifs

« Au principal, à la fois pour défaut de qualité et défaut d’intérêt ; « Déclarer la


demande de Prophète Bertin KISOB irrecevable à « Subsidiairement, « Voir rejeter
son recours pour défaut de preuve de l’incompétence et d’intelligence de Monsieur
Paul BIYA avec des puissances étrangères ;
247
« SOUS TOUTES RESERVES
« PROFOND RESPECT

« Yaoundé, LE 10 AOUT 2018

« Maître Guy NOAH,

« Maître MBITA Blaise,

« Maître Luke KISOB ».

« ELECTIONS CAMEROON : « RÉPONSE ÉCRITE À LA REQUÊTE ADRESSÉE A


ELECTIONS CAMEROON (ELECAM) ».

« Plaise aux Honorables Membres du Conseil Constitutionnel

« Attendu que le Requérant a introduit auprès du Greffe du Conseil Constitutionnel


en date du 09 août 2018, une requête qui a été enregistrée puis transmise par le
Secrétaire Général du Conseil Constitutionnel par lettre n° 191/SG/CC au Conseil
Electoral de Elections Cameroon. Que dans sa requête, le Requérant sollicite que le
Conseil Constitutionnel rejette la candidature de M. Paul Biya du RDPC à l’élection
présidentielle du 07 octobre 2018, pour inéligibilité et incompatibilité ;

« Attendu que dans sa Requête, le Requérant allègue que M. Paul BIYA est inéligible
à l’élection présidentielle du 07 octobre 2018 parce qu'il s'est placé dans une
situation de dépendance à l'égard d'une personne étrangère, d'une organisation
étrangère, d'une puissance étrangère ou d'un État étranger ;

« (1) ÉLIGIBILITÉ ET INCOMPATIBILITÉS

« Les articles 117, 118 et 119 du Code Electoral énoncent les conditions d'éligibilité
des candidats à l'élection présidentielle ;

« Les articles précités prévoient, entre autres :

248
« ARTICLE 117.- (1) Les candidats aux fonctions de Président de la République
doivent jouir de la plénitude de leurs droits civiques et politiques et avoir trente-cinq
(35) ans révolus à la date de l’élection ;

« ARTICLE 118.- (1) Sont inéligibles les personnes qui, de leur propre fait, se sont
placées dans une situation de dépendance ou d’intelligence vis-à-vis d’une personne,
d’une organisation ou d’une puissance étrangère ou d’un Etat étranger.

« Attendu qu’aux termes des dispositions ci-dessus, le requérant n'a fourni aucune
preuve pour étayer l'allégation selon laquelle M. Biya Paul est inéligible ;

« Par ces motifs, nous prions les Honorables membres du Conseil Constitutionnel de
déclarer :

« 1) Que cette requête est dénuée de tout fondement ;

« 2) Que cette requête est irrecevable ;

« 3) De rejeter son recours et sa candidature pour l’élection présidentielle du 7


octobre 2018 ».

SUR LA RECEVABILITE DU RECOURS

---Attendu que le RDPC motive l’irrecevabilité du recours de sieur Bertin KISOB en


évoquant à l’égard de ce dernier le défaut de qualité d’une part, et le défaut d’intérêt,
d’autre part ;

---Mais attendu sur le défaut de qualité allégué que l’article 129 du Code Electoral
dispose :

---« Les contestations ou les réclamations relatives au rejet ou à l’acceptation des


candidatures, ainsi que celles relatives à la couleur, au sigle ou au symbole
adoptés par un candidat sont soumises à l’examen du Conseil Constitutionnel par
tout candidat, tout parti politique ayant pris part à l’élection ou toute personne

249
ayant qualité d’agent du Gouvernement pour ladite élection, dans un délai
maximum de deux (02) jours suivant la publication des candidatures » ;

---Qu’il résulte de la disposition susvisée que la saisine du Conseil Constitutionnel en


cette matière est réservée à tout candidat, tout parti politique prenant part à l’élection
ou toute personne ayant qualité d’agent du Gouvernement pour ladite élection ;

--- Que ce texte ne parle nulle part de postulant à ladite compétition, et que de ce fait
les personnes non retenues pour la suite des opérations ne perdent pas leur qualité de
candidats pour le contentieux pré-électoral ;

---Attendu sur le défaut d’intérêt allégué, que sieur KISOB, en tant qu’opposant, peut
trouver satisfaction sur l’élimination de la candidature contestée qui ouvrirait la voie
à l’alternance ;

---Qu’il s’ensuit dès lors que son recours est recevable, comme introduit dans les
forme et délai prévus par la loi ;

AU FOND

---Attendu qu’il ressort de l’analyse de la requête de sieur Bertin KISOB que ce


dernier s’est limité à affirmer que le candidat Paul BIYA est non seulement
notoirement incompétent, mais aussi qu’il est mis dans une situation d’intelligence
avec les puissances étrangères, sans rapporter la preuve de ces allégations ;

---Qu’il s’ensuit que sa requête est dénuée de tout fondement et encourt par
conséquent le rejet ;

---Attendu qu’en application des dispositions combinées des Articles 131 alinéa 3 du
Code Electoral et 15(2) de la loi no 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et
fonctionnement du Conseil Constitutionnel, modifiée et complétée par la loi no
2012/015 du 21 décembre 2012, il y a lieu d’ordonner la notification de la décision
aux parties concernées et sa publication au Journal Officiel ;

---Que la procédure devant le Conseil Constitutionnel étant gratuite en vertu de


l’article 57 de la loi no 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et
250
fonctionnement du Conseil Constitutionnel, il convient de laisser les dépends à la
charge du trésor public ;

PAR CES MOTIFS

---Statuant publiquement, contradictoirement à l’égard des parties, en matière


électorale, en dernier ressort et à l’unanimité des membres :

---Déclare le recours de sieur KISOB Bertin recevable en la forme ;

---Au fond, le rejette comme non justifié ;

---Laisse les dépens à la charge du Trésor Public ;

---Ordonne la notification immédiate de la décision au Conseil Electorale et aux


autres parties intéressées ainsi que sa publication au Journal Officiel ;

---Ainsi jugé et prononcé en audience publique ordinaire par le Conseil

Constitutionnel, les jours, mois et an que dessus en salle des audiences dudit Conseil
où siégeaient :

M. Clément ATANGANA, Président du Conseil Constitutionnel

PRESIDENT ;

MM :
Jean FOUMAN AKAME,
BAH OUMAROU SANDA,
Paul NCHOJI NKWI,
Joseph Marie BIPOUN WOUM,
Emmanuel BONDE,
MME :
ARREY Florence Rita,
MM :
Charles Etienne LEKENE DONFACK,
AHMADOU TIDJANI,
251
Jean-Baptiste BASKOUDA,
Emile ESSOMBE,
CONSEILLERS ;
---Avec l’assistance de Maître Longin MAKA EYOUM, Greffier en Chef ;
Et de Maître AMBOMO Flavienne J. épouse NOAH AMBASSA, Greffier ;
---En présence de Monsieur MALEGHO Joseph ASEH, Secrétaire Général ;
---En foi de quoi la présente décision a été signée par le Président, le Secrétaire
Général et contresignée par le Greffier en Chef. /-

LE PRESIDENT LE SECRETAIRE GENERAL

Clément ATANGANA MALEGHO Joseph ASEH

LE GREFFIER EN CHEF

Longin MAKA EYOUM

252
DECISION N° 22/CE/CC/2018 DU 18 AOUT 2018

AFFAIRE :
Sieur Antoine De Padoue NDEMMANU
C/
- ELECAM
- ETAT DU CAMEROUN (MINAT)

OBJET :
(Requête aux fins de recommandation du report de l’élection présidentielle et
remaniement du Gouvernement).
---L’an deux mille dix-huit ;

---Et le dix-huit du mois d’août ;

---Le Conseil Constitutionnel, siégeant en audience publique au Palais des Congrès a


rendu la décision dont la teneur suit :
---Le Conseil Constitutionnel,

---Vu la Constitution ;
---Vu la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et fonctionnement du
Conseil Constitutionnel, modifiée et complétée par la loi no 2012/015 du 21 décembre
2012 ;

---Vu la loi n° 2012/001 du 19 avril 2012 portant Code Electoral, modifiée et


complétée par la loi n° 2012/017 du 21 décembre 2012 ;

---Vu le décret n° 2018/104 du 07 février 2018 portant organisation et fonctionnement


du Secrétariat Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/015 du 07 février 2018 portant nomination des Membres du


Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/106 du 07 février 2018 portant nomination du Président du


Conseil Constitutionnel ;

253
---Vu le décret n° 2018/170 du 23 février 2018 portant nomination du Secrétaire
Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/391 du 09 juillet 2018 portant convocation du corps électoral


en vue de l’élection du Président de la République le 07 octobre 2018 ;

---Vu le décret n° 2018/445 du 31 juillet 2018 portant nomination de responsables au


Secrétariat Général du Conseil Constitutionnel ;
---Vu la requête de Monsieur Antoine De Padoue NDEMMANU ;
---Attendu que par requête en date du 1er juillet 2018, enregistrée le 27 juillet 2018 au
Conseil Constitutionnel sous le n° 86, sieur Antoine De Padoue NDEMMANU,
Président du Rassemblement Démocratique du Peuple Sans Frontière (RDPF), a saisi
ledit Conseil aux fins de recommandation du report de l’élection présidentielle et du
remaniement du Gouvernement ;
---Que ladite requête est formulée ainsi qu’il suit :
« Dschang, le 1er juillet 2018,

« Le Président National du Rdpf-Kumzse

«A

« Monsieur le Président de la Cour Constitutionnelle

« Cour Constitutionnelle-MINJUSTICE

« Palais de Justice-Yaoundé-Cameroun

« N/Réf. : n° 001-07/RDPF-KUMZSE/SG-2018

« OBJET : Requête, Projet de REPORT de l’élection présidentielle de 2018 –pour


octobre 2021 – Calendrier Electoral 2018 à 2021-.

« Monsieur le Président,

« Honneur nous échoit de venir très respectueusement auprès de votre haute


bienveillance, solliciter la recommandation de votre cour pour le REPORT du
calendrier électoral pour l’élection présidentielle d’octobre 2018 – en octobre 2021
« Le TITRE II de la Constitution – DU POUVOIR EXECUTIF- Chapitre Premier :

254
« ART. 5- (1) Le Président de la République est le Chef de l’Etat ;

« (2) Elu de la Nation TOUTE ENTIERE, il incarne l’Unité Nationale ;

« ART. 9- (1) Le Président de la République peut, lorsque les circonstances l’exigent,


proclamer par décret, l’état d’urgence qui lui confère des pouvoirs spéciaux dans les
conditions fixées par la loi ;

« (2) Le Président de la République peut, en cas de péril grave menaçant l’intégrité du


territoire, la vie, l’indépendance ou les institutions de la République, proclamer par
décret, l’état d’exception et prendre toutes mesures qu’il juge nécessaires. Il en
informe la Nation par voie de message ;

« Sur l’objet de notre requête et les motivations :

« Il s’agit bien d’une menace à l’intégrité du territoire, des vies, de notre


indépendance et les institutions de la République – sécession – évènement capital pour
notre jeune démocratie ;

« Candidat pour le compte du RDPF à l’élection présidentielle du 12 octobre 1997, et


président national du RDPF, notre démocratie s’inscrit dans le cadre du souci de
promouvoir la paix et l’intégrité territoriale et nationale ;

« Cette requête trouve son support juridique dans la situation qui prévaut actuellement
dans notre pays, tel que défini par les Articles 5(1) et (2), 9(1) et (2) de notre
Constitution à son TITRE II, Chapitre Premier du report des élections législatives
pour octobre 2019, des municipales en 2020 et de la présidentielle en 2021. Et pour
causes :

« Les guerres et l’insécurité grandissantes dans trois (03) de nos dix (10) Régions
rendant ainsi impossible la participation des électeurs et électrices desdites Régions
dans la sérénité, ce qui rend impossible l’expression du suffrage universel par les
citoyens desdites Régions et invalide le vote du Président de la République, qui ne
serait plus élu par la Nation TOUTE ENTIERE ;

« Et c’est pourquoi, nous sollicitons de votre haute juridiction, l’examen de notre


présente requête, projet de report du calendrier électoral à une période ultérieure – de

255
trois (03) années (2018-2021) – cette période nous permettra de mener les
négociations pour pacifier er assainir notre environnement sécuritaire et de préparer
en 2019, les élections législatives et en 2020 les élections municipales en toute sécurité
et sérénité ;

« Nous suggérons également que le Gouvernement Camerounais soit remanié afin de


choisir et de nommer des personnalités avec les protagonistes ambazoniens et boko
haram en vue d’un retour définitif à la paix et à la sérénité. Dans cette démarche, les
interlocuteurs sont les chefs traditionnels et leurs notables, les élus du peuple
(Députés, Sénateurs, Maires, Conseillers Municipaux), les leaders de la société civile,
les hommes et les femmes politiques constitués, les prêtres et les pasteurs, bref tout
autre leader d’opinion crédible et disponible, et pour s’assurer que le retour de la paix
dans les Régions en trouble est effectif et un pari réussi…

« Restant à votre entière disposition pour toute autre information vous permettant de
procéder à l’examen de notre présente requête, nous vous prions d’agréer, et de
croire, Monsieur le Président, l’assurance de notre sincère et haute considération ;

« Pour le RDPF-KUMZSE

« Le Président National,

«é

« Dr Antoine De Padoue NDEMMANU

« Ampliations :

« PRC ; Pdt du Sénat ; Archives/Chrono ».

---Attendu que conformément aux dispositions de l’article 130 alinéa 5 du Code


Electoral, la susdite requête a été communiqué à ELECAM et à l’Etat du Cameroun
respectivement par correspondances n° 176 et 177/SG/CC du 09 août 2018, en leur
impartissant un délai de trois (03) jours pour produire leurs mémoires en réponses ;
---Qu’ainsi, les conseils d’ELECAM Maîtres MBUFUNG Marcel KUMFA, OKHA
BAU OKHA et ATANGANA AMOUGOU Joseph, Avocats au Barreau du Cameroun,
et le représentant de l’Etat du Cameroun Monsieur OYONO ESSOMBA Boanerges

256
Yannick, désigné par décision n° 00071/D/MINAT/SG/DAJ du 16 août 2018 de
Monsieur le Ministre de l’Administration Territoriale, ont déposé respectivement les
10 et 17 août 2018 suivant récépissés n°s 038 et 052/G/SG/CC, le mémoire en réponse
pour ELECAM et le mémoire « en défense » pour l’Etat du Cameroun, formulés
comme suit :

« 1 – POUR ELECAM

« PLAISE AU CONSEIL CONSTITUTIONNEL :

« Attendu que par requête en date du 1er juillet 2018, enregistrée le 27 juillet 2018 au
Greffe du Conseil Constitutionnel sous le n° 86, Monsieur Antoine De Padoue
NDEMMANU a introduit un recours pour solliciter le report de l’élection du
Président de la République du 07 octobre 2018 et le remaniement du Gouvernement
camerounais avant l’élection présidentielle ;

« Mais attendu que ces arguments ne peuvent être examinés par le Conseil
Constitutionnel, le recourant ne l’ayant pas saisi ;

« Que si par extraordinaire le Conseil Constitutionnel venait à examiner cette requête


il constatera que les demandes qui y sont excipées ne relèvent pas de sa compétence ;

« I – SUR LA JURIDICTION SAISIE PAR LE RECOURANT

« Attendu que la lecture du recours de Monsieur Antoine De Padoue NDEMMANU


révèle que ce dernier a saisi la « Cour » Constitutionnelle et non le Conseil
Constitutionnel ; qu’il convient donc pour la haute juridiction de céans de se déclarer
incompétente à connaitre d’une requête qui ne lui a pas été adressée.

« II – SUR LA RECEVABILITE DES DEMANDES DU RECOURANT

« Attendu que Monsieur Antoine De Padoue NDEMMANU sollicite le report de


l’élection présidentielle du 07 octobre 2018, et le remaniement du Gouvernement de la
République avant toute élection ;

« Que ces demandes sortent complètement du cadre du présent contentieux qui est
réservé uniquement aux contestations relatives au rejet et à l’acceptation des
candidatures ;

257
« Qu’en effet, le cadre du présent contentieux est fixé par l’article 129 du Code
Electoral qui dispose « les contestations ou les réclamations relatives au rejet ou à
l’acceptation des candidatures ainsi que celles relatives à la couleur, au sigle ou au
symbole adopté par un candidat, sont soumises au Conseil Constitutionnel par tout
candidat, tout parti politique ayant pris part à l’élection ou toute personne ayant
qualité d’agent du Gouvernement pour ladite élection dans un délai maximum de deux
(2) jours suivant la publication des candidatures » ;

« Que le recours de Monsieur Antoine De Padoue NDEMMANU ne conteste ni la


Résolution n° 018/R/ELECAM/CE du 07 août 2018 arrêtant et publiant la liste des
candidats à l’élection du Président de la République du 07 octobre 2018, ni celle n°
019/R/ELECAM/CE du 07 août 2018 portant rejet de candidatures à l’élection du
Président de la République du 07 octobre 2018 ;

« Que son recours est donc irrecevable ;

« Que du reste il n’est pas superflu de relever que le Conseil Constitutionnel n’est pas
compétent ni pour reporter l’élection présidentielle ni pour procéder au remaniement
du Gouvernement ;

« Que s’agissant de la première préoccupation, l’article 86 du Code Electoral dispose


que « (1) Le corps électoral est convoqué par le Président de la République. (…) » ;

« Que cette compétence qui lui est dévolue par la loi ne saurait faire l’objet
d’empiètement par le Conseil Constitutionnel ;

« Que par ailleurs, aucune disposition légale ne prévoit la prorogation du mandat du


Président de la République.

« PAR CES MOTIFS

« Et tous autres à déduire, à ajouter ou à suppléer même d’office s’il y a lieu ;

« IN LIMINE LITIS, se déclarer incompétent à connaitre de la requête de Monsieur


Antoine De Padoue NDEMMANU, celle-ci étant adressée à la « Cour »
Constitutionnelle et non au Conseil Constitutionnel ;

258
« Déclarer irrecevables les demandes de Monsieur Antoine De Padoue NDEMMANU
comme ne relevant pas du contentieux pré-électoral, destiné aux contestations ou aux
réclamations relatives au rejet ou à l’acceptation des candidatures ainsi que celles
relatives à la couleur, au sigle ou au symbole adopté par un candidat ;

« ET CE SERA JUSTICE

« SOUS TOUTES RESERVES

« Yaoundé, le 09 août 2018

« POUR LECTIONS CAMEROON (ELECAM)

« Barrister MBUFUNG Marcel KUMFA (é)

« Barrister OKHA BAU OKHA (é)

« Maître ATANGANA AMOUGOU Joseph (é) ».

« 2 – POUR L’ETAT DU CAMEROUN

« Plaise au Conseil Constitutionnel ;

« Vu la requête du 1er juillet 2018 déposée par sieur NDEMMANU Antoine De


Padoue, Président national du Rassemblement Démocratique du Peuple sans
Frontière en abrégé « RDPF », au Conseil Constitutionnel le 27 juillet 2018et en
enregistrée sous le numéro 86 ;

« Attendu qu’à travers ladite requête, le recourant sollicite « la recommandation »


pour le report de l’élection présidentielle de 2018 en octobre 2021, en raison de la
« menace à l’intégrité du territoire, de notre indépendance et des institutions de la
République » ;

« Mais attendu que le représentant de l’Etat soutient, à travers les présentes écritures,
que cette requête ne saurait prospérer, car manifestement irrecevable et sans objet ;

« Qu’en effet, sieur NDEMMANU Antoine De Padoue s’est plutôt adressé à la « Cour
Constitutionnelle », institution du reste non reconnue dans notre dispositif
institutionnel tel que prévu par la Constitution et les lois en vigueur ;

259
« Que de surcroît, l’objet même de la requête de sieur NDEMMANU (recommandation
pour report d’une élection présidentielle) ne relève d’aucune attribution conférée au
Conseil Constitutionnel ;

« Que le Conseil ne saurait statuer sur une telle requête n’entrant pas dans son champ
de compétence ;

« Attendu au surplus que les personnes ayant qualité pour saisir le Conseil
Constitutionnel sont limitativement énumérées par la Constitution et la loi ;

« Qu’en matière électorale (élection présidentielle), il s’agit uniquement de « tout


candidat, tout parti politique ayant pris part à l’élection, ou toute autre personne
ayant la qualité d’agent du Gouvernement… », article 129 de la loi n° 2012/001 du 19
avril 2012 portant Code Electoral, modifiée et complétée par la loi n° 2012 ;

« Qu’avoir été candidat à l’élection présidentielle du 12 octobre 2011 ne confère plus


à sieur NDEMMANU la qualité de saisir le Conseil Constitutionnel ;

« Qu’au regard de tous ces arguments, il s’ensuit que sieur NDEMMANU Antoine De
Padoue ne remplit aucune condition légale pour saisir valablement le Conseil
Constitutionnel ;

« Par ces motifs et tous autres à en déduire ou suppléer même d’office ;

« Plaise au Conseil Constitutionnel de :

• Recevoir l’Etat du Cameroun en son mémoire en défense et l’y dire fondé ;


• Dire que la Cour Constitutionnelle saisie par le requérant n’est pas reconnue
dans notre dispositif institutionnel ;
• Dire au besoin, surabondamment, que sieur NDEMMANU Antoine De Padoue
n’a pas qualité et que sa requête est sans objet, au regard des attributions du Conseil
Constitutionnel ;
• Déclarer ladite requête manifestement irrecevable ;
• La rejeter en conséquence.

« Et ce sera justice
260
« Yaoundé, le représentant de l’Etat,

« (é)

« OYONO ESSOMBA, Administrateur Civil ».

I- SUR LA RECEVABILITE DU RECOURS

---Attendu que l’Etat du Cameroun dans son mémoire en défense soulève


l’irrecevabilité de la requête du sieur Antoine De Padoue NDEMMANU pour défaut
de qualité ;

---Mais attendu que, contrairement à cette allégation, il ressort du dossier que sieur
NDEMMANU a déposé sa déclaration de candidature à ELECAM suivant récépissé
du 20 juillet 2018 avec copie de ladite déclaration de candidature au Secrétariat
Général du Conseil Constitutionnel, suivant accusé de réception de la même date ;

---Qu’il s’ensuit que son recours est recevable ;

II- SUR LA COMPETENCE DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL

SUR LA SAISINE

---Attendu qu’en plus de la compétence ratione materiae, les mémoires susvisés


soulèvent l’incompétence du Conseil Constitutionnel au motif que sieur
NDEMMANU a saisi une institution inexistante en s’adressant à la Cour
Constitutionnelle ;

---Mais attendu qu’il ne s’agit pas d’une saisine irrégulière dès lors que la requête a été
déposé au Conseil Constitutionnel ;

---Que c’est plutôt par abus de langage qu’elle a été libellée au nom de la Cour
Constitutionnelle ;

---Qu’elle est par conséquent recevable ;

SUR LA COMPETENCE RATIONE MATERIAE

261
---Attendu que les compétences du Conseil Constitutionnel sont fixées dans les articles
46, 47 et 48 de la Constitution qui disposent :

---Article 46 : « Le Conseil Constitutionnel est l’instance compétente en matière


constitutionnelle. Il statue sur la constitutionnalité des lois. Il est l’organe
régulateur du fonctionnement des institutions. »

---Article 47 : « (1) Le Conseil Constitutionnel statue souverainement sur :

« La constitutionnalité des lois, des traités et accords internationaux


« Les règlements intérieurs de l’Assemblée Nationale et du Sénat, avant leur mise en
application, quant à leur conformité à la Constitution ;
« Les conflits d’attribution : entre les institutions de l’Etat ; entre l’Etat et les
régions ; entre les régions.

« (2) Le Conseil Constitutionnel est saisi par le Président de la République, le


Président de l’Assemblée Nationale, le Président du Sénat, un tiers des députés ou
un tiers des sénateurs.

« Les Présidents des exécutifs régionaux peuvent saisir le Conseil Constitutionnel


lorsque les intérêts de leur région sont en cause.

« (3) Avant leur promulgation, les lois ainsi que les traités et les accords
internationaux peuvent être déférés au Conseil Constitutionnel par le président de la
République, le Président de l’Assemblée Nationale, le Président du Sénat, un tiers
des députés ou un tiers des sénateurs, les Présidents des exécutifs régionaux
conformément aux dispositions de l’alinéa 2 ci-dessus ;

« La saisine du Conseil Constitutionnel suspend le délai de promulgation.

« (4) Le Conseil Constitutionnel donne des avis sur les matières relevant de sa
compétence. » ;

Article 48 : « (1) Le Conseil Constitutionnel veille à la régularité de l’élection


présidentielle, des élections parlementaires, des consultations référendaires. Il en
proclame les résultats.
262
« (2) En cas de contestation sur la régularité de l’une des élections prévues à
l’alinéa 1 ci-dessus, le Conseil Constitutionnel peut être saisi par tout candidat, tout
parti politique ayant pris part à l’élection dans la circonscription concernée ou toute
personne ayant qualité d’agent du Gouvernement pour cette élection.

« (3) En cas de contestation sur la régularité d’une consultation référendaire, le


Conseil Constitutionnel peut être saisi par le Président de la République, le
Président de l’Assemblée Nationale ou le Président du Sénat, un tiers des députés ou
un tiers des sénateurs. ».

---Attendu en l’espèce que la requête de sieur Antoine De Padoue NDEMMANU qui


tend à obtenir la recommandation d’une part, du report de l’élection présidentielle et
d’autre part, du remaniement du Gouvernement ne rentre dans aucune des
compétences reconnues au Conseil Constitutionnel par les dispositions ci-dessus
citées ;

---Qu’en conséquence, il y a lieu pour le Conseil Constitutionnel de se déclarer


incompétent ;

---Attendu que la procédure devant ledit Conseil étant gratuite en vertu de l’article 57
de la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et fonctionnement du
Conseil Constitutionnel, modifiée et complétée par la loi n° 2012/015 du 21 décembre
2012, il convient de laisser les dépens à la charge du trésor public ;

---Qu’en application des dispositions de l’article 15 alinéa 2 de ladite loi, il y a lieu


d’ordonner la notification de la présente décision au Conseil Electoral et aux autres
parties concernées, ainsi que sa publication au Journal Officiel en Français et en
Anglais ;

PAR CES MOTIFS

---Statuant publiquement, contradictoirement à l’égard des parties, en matière


électorale, en dernier ressort et à l’unanimité des membres :

263
---Déclare la requête de sieur Antoine De Padoue NDEMMANU recevable en la
forme ;

AU FOND

---Se déclare incompétent ;

---Laisse les dépens à la charge du Trésor Public ;

---Ordonne la notification de la présente décision au Conseil Electoral et aux autres


parties intéressées, ainsi que sa publication au Journal Officiel ;

---Ainsi décidé et prononcé en audience publique par le Conseil Constitutionnel les


jour, mois et an que dessus, en la salle des audiences dudit Conseil où siégeaient :

M. Clément ATANGANA, Président du Conseil Constitutionnel,

PRESIDENT ;

MM. Jean FOUMAN AKAME,


BAH OUMAROU SANDA,
Paul NCHOJI NKWI,
Joseph Marie BIPOUN WOUM,
Emmanuel BONDE,
MME. Florence Rita ARREY,
MM. Charles Etienne LEKENE DONFACK,
AHMADOU TIDJANI,
Jean-Baptiste BASKOUDA,
Emile ESSOMBE,
CONSEILLERS ;

---Avec l’assistance de Maître Longin MAKA EYOUM, Greffier en Chef ;

---Et de Maître AMBOMO Flavienne J. épouse NOAH AMBASSA, Greffier ;

---En présence de Monsieur MALEGHO Joseph ASEH, Secrétaire Général ;

264
---En foi de quoi la présente décision a été signée par le Président, le Secrétaire
Général et contresignée par le Greffier en Chef. /-

LE PRESIDENT LE SECRETAIRE GENERAL

Clément ATANGANA MALEGHO Joseph ASEH

LE GREFFIER EN CHEF

Longin MAKA EYOUM

265
DECISION N° 23/CE/CC/2018 DU 13 SEPTEMBRE 2018
AFFAIRE :

Sieur KISOB Bertin

C/

- ELECAM
- ETAT DU CAMEROUN
(PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE ET MINISTERE DE LA JUSTICE)

OBJET :

(Annulation du décret portant convocation du corps électoral pour l’élection du


Président de la République et annulation de l’élection du Président de la
République du 07 octobre 2018).
---L’an deux mille dix-huit ;

---Et le treize du mois de septembre ;

---Le Conseil Constitutionnel, siégeant en audience publique au Palais des Congrès a


rendu la décision dont la teneur suit :
---Le Conseil Constitutionnel,

---Vu la Constitution ;

---Vu la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et fonctionnement du


Conseil Constitutionnel, modifiée et complétée par la loi no 2012/015 du 21
décembre 2012 ;

---Vu la loi n° 2012/001 du 19 avril 2012 portant Code Electoral, modifiée et


complétée par la loi n° 2012/017 du 21 décembre 2012 ;

---Vu le décret n° 2018/104 du 07 février 2018 portant organisation et


fonctionnement du Secrétariat Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/015 du 07 février 2018 portant nomination des Membres du


Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/106 du 07 février 2018 portant nomination du Président du

266
Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/170 du 23 février 2018 portant nomination du Secrétaire


Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/391 du 09 juillet 2018 portant convocation du corps électoral


en vue de l’élection du Président de la République le 07 octobre 2018 ;

---Vu le décret n° 2018/445 du 31 juillet 2018 portant nomination de responsables au


Secrétariat Général du Conseil Constitutionnel ;
---Vu le recours de sieur KISOB Bertin ;
---Attendu que par requête sans date enregistrée le 09 août 2018 au Conseil
Constitutionnel sous le n°16, sieur KISOB Bertin, Président National et candidat du
« Cameroon Party for Social Justice -CPSJ » à l’élection du Président de la
République du 07 octobre 2018, a saisi ledit Conseil d’un recours en annulation du
décret n° 2018/391 du 09 juillet 2018 portant convocation du corps électoral pour
ladite élection et en annulation de cette élection ;

---Attendu que ledit recours est articulé comme suit :

« Prophète BERTIN KISOB

« Président National et candidat du Cameroon Party for Social Justice -CPSJ » à la


Présidentielle du 07 octobre 2018. S/C Régisseur Prison Principale de Kondengui
Yaoundé ;

« A: Monsieur le Président du Conseil Constitutionnel du Cameroun sis au Palais de


congrès de Yaoundé.

« REQUETE POUR L’ANNULATION DU DECRET DE CONVOCATION DU


CORPS ELECTORAL POUR LA PRESIDENTIELLE DU 07 OCTOBRE 2018.

« Monsieur le Président,

« J’ai l’honneur de venir par la présente solliciter l’annulation par votre cour du
décret de convocation du corps électoral pour la Présidentielle du 07 octobre 2018.

267
« En effet, comment comprendre qu’une élection présidentielle puisse avoir lieu
pendant que 06 régions sur 10 sont une insécurité totale ou partielle. Les régions du
Nord-Ouest et du Sud-Ouest sont à ce jour totalement hors du contrôle des autorités
de Yaoundé, alors que celles du Nord, Littoral, Est et l’Ouest sont dans une
insécurité inquiétante.

« Comment peut-on proroger le mandat des Députés et des conseillers municipaux


pour des raisons entre autres d’insécurité, mais en même temps vouloir tenir une
élection présidentielle avec un arbitre ELECAM complètement noyauté par des
membres du RDPC? Comment peut-on en plus, organiser en 2018 une élection
présidentielle à un seul tour ? C’est de la dictature pure et dure ! Car cela revient à
faire triompher la minorité sur la majorité. Ce qui est totalement anti-démocratique.

« Je vous prie dès lors d’annuler cette élection présidentielle du 07 octobre 2018
pour permettra au pays de retrouver la paix civile avant toute consultation
électorale. Cela permettre à notre beau pays d’éviter le chaos généralisé. Car, ce
sont les 04 autres régions aujourd’hui en relative paix qui risqueront de basculer
aussi dans la violence après la proclamation des résultats de cette présidentielle-
déjà truquée à cause de ce mauvais code électoral et des violences dans certaines
régions.

« Je continuerais malgré tous ces obstacles à sensibiliser le peuple CAMEROUNAIS


SUR MON OFFRE POLITIQUE, Panafricain-Le KEMATIANISME- qui est du reste
diamétralement opposée au concept de pouvoir néocolonial du RDPC. Changer le
nom du pays de Cameroun – qui veut dire crevettes en portugais pour le remplacer
par KEMATI- qui veut dire Noir en kematien, la nouvelle langue officielle que nous
donnerons à notre pays après notre victoire. Noter que le kematien est en fait une
compilation harmonieuse de toutes nos grandes langues officielles traditionnelles
plus le camfranglais. Résoudre le problème anglophone par un retour unilatéral au
fédéralisme de 1961 et ensuite ouvrir des négociations pour une nouvelle
confédération Camerounaise à 02 Etats confédérés avec 08 régions, francophones et
02 régions anglophones.

268
« Cette solution pacifique est de loin meilleur au génocide que prépare actuellement
Mr. Biya du RDPC en zone anglophone.

« Je vous prie enfin de faire parvenir au moins 02 jours avant l’audience publique un
mandat d’extraction de votre juridiction électorale aux autorités de la Prison
Principale de Kondengui Yaoundé où je suis actuellement injustement incarcéré
depuis plus d’un an sous des fausses accusations de sécession anglophone par un
system judiciaire aux ordres du RDPC. Comment peut-on être sécessionniste et en
même temps malgré tous les risques se présenter par 02 fois aux élections
présidentielles du Cameroun. Il faut absolument que je puisse défendre ma cause
personnellement à l’audience.

« Tous contre Biya, le véritable gouverneur Noir du Cameroun et si cela ne suffit


pas, tous derrière l’offre orange de Mr. Hilaire KAMGA, l’unique voie de sortie
contre cette dictature néocoloniale de Biya. La francophonie du franc CFA
néocolonial c’est fini ! Notre peuple n’en veut plus. Plus de 02 mandats présidentiels
c’est de la dictature car le Président ne pensera plus au bonheur du peuple, mais
plutôt à sa survie au pouvoir. D’où le fait que tôt ou tard, le peuple prendra ses
responsabilités malgré tous les dégâts que cela entrainera.

« Vive le kematianisme la seule idéologie et projet de société panafricain de


libération du peuple noir ! Il ne faut jamais confondre un Tigre avec un gros Chat. Il
n’a pas de vivre-ensemble sans justice sociale.

« Prophète BERTIN KISOB

« é ».

---Attendu que par correspondances nos 198/SG/CC du 09 août 2018, 220/GC/CC du


28 août 2018 et 243/SG/CC du 05 septembre 2018, le Secrétaire Général du Conseil
Constitutionnel a communiqué cette requête au Ministre, Secrétaire Général de la
Présidence de la République, au Ministre d’Etat, Ministre de la Justice, Garde des
Sceaux et au Directeur Général de ELECTIONS CAMEROON, conformément aux
dispositions conjointes des articles 130 alinéa 5 du Code Electoral, et 60 alinéa 4 de

269
la loi n° 2004/004 du 24 avril 2004 portant organisation et fonctionnement du
Conseil Constitutionnel, modifiée et complétée par la loi n° 2012/015 du 21
décembre 2012;

---Que suite à ces correspondances, ELECTIONS CAMEROON a produit par


l’intermédiaire de ses conseils, Maîtres MBUFUNG Marcel KUMFA et
ATANGANA AMOUGOU Joseph, Avocats au Barreau du Cameroun, son mémoire
en réponse du 07 septembre 2018 dont la teneur suit :

« PLAISE AU CONSEIL CONSTITUTIONNEL

« Attendu que suivant requête non datée, enregistrée le 09 août 2018 au Greffe du
Conseil Constitutionnel sous le n° 16, Monsieur KISSOB BERTIN a sollicité
l’annulation du décret n° 2018/391 du 09 juillet 2018 portant convocation du corps
électoral en vue de l’élection du Président de la République ;

« Qu’au soutien de son recours, Monsieur KISSOB BERTIN fait valoir que l’élection
présidentielle envisagée ne saurait se tenir dans le contexte actuel du Cameroun où
l’insécurité a fait son lit dans plusieurs régions ;

« Que cette requête ne peut cependant prospérer dans la mesure où le Conseil


Constitutionnel est incompétent à connaitre de l’objet de ladite requête.

«IN LIMINE LITIS: SUR L’INCOMPETENCE RATIONAE MATERIAE DU


CONSEIL CONSTITUTIONNEL A CONNAITRE DU RECOURS DE MONSIEUR
KISSOB BERTIN.

« Attendu que l’article 3 alinéa 2 de la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant


organisation et fonctionnement du Conseil Constitutionnel dispose que «(…) Il veille
à la régularité de l’élection présidentielle, des élections parlementaires, des
consultations référendaires et en proclame les résultats(…) » ;

« Qu’ainsi, outre la prérogative de la proclamation des résultats de l’élection


présidentielle, le Conseil Constitutionnel assure la fonction de régulateur des
opérations électorales ;

270
« Que dans le cadre de cette régulation, l’assiette de la compétence rationae
materiae du Conseil Constitutionnel est fixée par les articles 129 et 132 alinéa 2 du
Code Electoral ;

« Que ces articles disposent respectivement que :

« Les contestations ou les réclamations relatives au rejet ou à l’acceptation des


candidatures, ainsi que celles relatives à la couleur, au sigle ou au symbole
adoptés par un candidat sont soumises à l’examen du Conseil Constitutionnel par
tout candidat, tout parti politique ayant pris part à l’élection ou toute personne
ayant qualité d’agent du Gouvernement pour ladite élection, dans un délai
maximum de deux (02) jours suivant la publication des candidatures » ;

« (…) Il statue sur toute requête en annulation totale ou partielle des opérations
électorales introduite par tout candidat, tout parti politique ayant pris part à
l’élection, ou toute personne ayant qualité d’agent du Gouvernement pour cette
élection » ;

« Qu’ainsi, le Conseil Constitutionnel n’est compétent que pour connaitre des :

-contestations ou des réclamations relatives au rejet ou à l’acceptation des


candidatures ;

-contestations ou des réclamations relatives à la couleur, au sigle ou au symbole


adoptés par un candidat ;

-requêtes en annulation totale ou partielle des opérations électorales ;

« Que le domaine d’intervention du Conseil Constitutionnel ainsi explicité est


d’ailleurs précisé par les articles 43, 44 et 45 de la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004
portant organisation et fonctionnement du Conseil Constitutionnel ;

« Qu’il n’est nulle part prévu que le Conseil Constitutionnel connaisse de la


régularité ou non de l’acte portant convocation du corps électoral ;

« Qu’il s’en suit dès lors que faute de compétence, le Conseil Constitutionnel ne
saurait statuer sur l’annulation du décret n° 2018/391 du 09 juillet 2018 portant

271
convocation du corps électoral en vue de l’élection du Président de la République
prévue le 07 octobre 2018.

« PAR CES MOTIFS

« Et tous autres à déduire, à ajouter ou à suppléer même d’office s’il y a lieu ;

« IN LIMINE LITIS :

« Se déclarer incompétent rationae materiae à statuer sur la demande d’annulation


du décret n° 2018/391 du 09 juillet 2018 portant convocation du corps électoral en
vue de l’élection du Président de la République.

« ET CE SERA JUSTICE

« SOUS TOUTES RESERVES

« Yaoundé, le 07 septembre 2018

« POUR ELECTIONS CAMEROON(ELECAM)

« Barrister MBUFUNG Marcel KUMFA (é)

«Maître ATANGANA AMOUGOU Joseph (é) ».

---Attendu que l’Etat du Cameroun auquel les correspondances susvisées sont


parvenues le 10 et 28 août 2018 n’y a pas répondu ;

---Qu’il échet de statuer contradictoirement à son égard ;

SUR L’ANNULATION DU DECRET N° 2018/391 DU 09 JUILLET 2018

PORTANT CONVOCATION DU CORPS ELECTORAL

---Attendu qu’aux termes de l’article 86(1) du Code Electoral :

« Le corps électoral est convoqué par décret du Président de la République. » ;

272
---Qu’il s’agit d’un acte de Gouvernement insusceptible de recours, et à tout le
moins, d’un acte administratif qui ne relève pas de la compétence du Conseil
Constitutionnel ;
---Qu’il y a lieu pour celui-ci de se déclarer incompétent sur ce point ;

SUR L’ANNULATION DE L’ELECTION PRESIDENTIELLE DU


07 OCTOBRE 2018
---Attendu que l’article 132 du susdit code dispose :

« (1) Le Conseil Constitutionnel veille à la régularité de l’élection présidentielle.

« (2) Il statue sur toute requête en annulation totale ou partielle des opérations
électorales introduite par tout candidat, tout parti politique ayant pris part à
l’élection, ou par toute personne ayant qualité d’agent du Gouvernement pour
cette élection. ».

---Que l’article 133(1) suivant ajoute :

« Toute contestation formulée en application des dispositions de l’article 132 ci-


dessus doit parvenir au Conseil Constitutionnel dans un délai maximum de
soixante-douze (72) heures à compter de la date de clôture du scrutin ».

---Qu’il résulte de l’ensemble de ces dispositions que le contentieux en annulation


totale ou partielle du scrutin s’ouvre à la clôture de celui-ci ;

---Que dès lors, le recours de KISOB Bertin introduit le 09 août 2018, soit avant le
scrutin prévu le 07 octobre 2018, est irrecevable sur cet autre point, comme
prématuré ;

---Attendu que la procédure devant le Conseil Constitutionnel étant gratuite en vertu


de l’article 57 de la loi n° 2004/004 du 21 avril 2018, modifiée, portant organisation
et fonctionnement du Conseil Constitutionnel, il convient de laisser les dépens à la
charge du Trésor Public ;

---Qu’en application de l’article 15(2) de la même loi et de l’article 131 alinéa 3 du


Code Electoral, il y a lieu d’ordonner la notification immédiate de la présente
273
décision au Conseil Electoral et aux autres parties intéressées, ainsi que sa
publication au Journal Officiel ;

PAR CES MOTIFS

---Statuant publiquement, contradictoirement à l’égard des parties, en matière


électorale, en dernier ressort et à l’unanimité des Membres :

---Se déclare incompétent sur la demande d’annulation du décret de convocation du


corps électoral ;

---Déclare la demande d’annulation de l’élection du Président de la République du 07


octobre 2018 irrecevable ;

---Laisse les dépens à la charge du Trésor Public ;

---Ordonne la notification immédiate de la présente décision au Conseil Electoral et


aux autres parties intéressées, ainsi que sa publication au Journal Officiel ;

---Ainsi jugé et prononcé en audience publique par le Conseil Constitutionnel, les


mêmes jour, mois et an que dessus, en la salle des audiences dudit Conseil où
siégeaient :

M. Clément ATANGANA, Président du Conseil Constitutionnel,


PRESIDENT ;

MM.
Jean FOUMAN AKAME,
BAH OUMAROU SANDA,
Paul NCHOJI NKWI,
Joseph Marie BIPOUN WOUM,
Emmanuel BONDE,
Mme : Florence Rita ARREY,
MM : Charles Etienne LEKENE DONFACK,
AHMADOU TIDJANI,
Jean-Baptiste BASKOUDA,
274
Emile ESSOMBE,
CONSEILLERS ;

---Avec l’assistance de Maître Longin MAKA EYOUM, Greffier en Chef ;

---Et de Flavienne Jeannette AMBOMO épouse NOAH AMBASSA, Greffier ;

---En présence de Monsieur MALEGHO Joseph ASEH, Secrétaire Général ;

---En foi de quoi la présente décision a été signée par le Président et le Secrétaire
Général, puis contresignée par le Greffier en Chef./-

LE PRESIDENT LE SECRETAIRE GENERAL

Clément ATANGANA MALEGHO Joseph ASEH

LE GREFFIER EN CHEF

Longin MAKA EYOUM

275
2- CONTENTIEUX POST-ELECTORAL

276
DECISION N° 24/CE/CC/2018 DU 16 OCTOBRE 2018

AFFAIRE :

Sieur KAMTO Maurice


C/
Le Conseil Constitutionnel

OBJET :
(Récusation de certains Membres du Conseil et renvoi pour cause de suspicion)

---L’an deux mille dix-huit ;

---Et le seize du mois d’octobre ;

---Le Conseil Constitutionnel, siégeant en audience publique au Palais des Congrès a


rendu la décision dont la teneur suit :
---Le Conseil Constitutionnel,

---Vu la Constitution ;

---Vu la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et fonctionnement du


Conseil Constitutionnel, modifiée et complétée par la loi no 2012/015 du 21 décembre
2012 ;

---Vu la loi n° 2012/001 du 19 avril 2012 portant Code Electoral, modifiée et


complétée par la loi n° 2012/017 du 21 décembre 2012 ;

---Vu le décret n° 2018/104 du 07 février 2018 portant organisation et fonctionnement


du Secrétariat Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/015 du 07 février 2018 portant nomination des Membres du


Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/106 du 07 février 2018 portant nomination du Président du


Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/170 du 23 février 2018 portant nomination du Secrétaire


277
Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/391 du 09 juillet 2018 portant convocation du corps électoral


en vue de l’élection du Président de la République le 07 octobre 2018 ;

---Vu le décret n° 2018/445 du 31 juillet 2018 portant nomination de responsables au


Secrétariat Général du Conseil Constitutionnel ;
---Vu les recours de Monsieur KAMTO Maurice ;

---Attendu que par requêtes sans date enregistrées au Greffe du Conseil


Constitutionnel le 15 octobre 2018, sous les recours numéros 350, 351, 352, 353 et
354, Monsieur KAMTO Maurice a formulé une demande de récusation contre les
Membres du Conseil Constitutionnel ci-après :

- M. Emmanuel BONDE
- M. AHMADOU TIDJANI
- M. ATANGANA Clément
- M. Jean-Baptiste BASKOUDA
- M. Jean FOUMAN AKAM
- M. BIPOUN WOUM Joseph Marie

---Que par une autre requête introduite le 15 octobre 2018 par son Conseil Maître
YONDO Black, Avocat au Barreau du Cameroun à Douala, enregistrée sous le recours
numéro 355, Monsieur KAMTO Maurice a demandé le renvoi à une autre juridiction
le Contentieux post-électoral qu’il a déféré devant ledit Conseil pour suspicion
légitime à l’égard des mêmes Membres du Conseil sus désignés ;

---Attendu qu’il relève dans ses requêtes que les Membres du Conseil Constitutionnel
concernés ont des affinités avec le parti politique RDPC, outre que certains d’entre eux
exercent des emplois incompatibles avec leur statut de Membre du Conseil, en
violation des obligations que ce statut leur impose ;

---Que compte tenu de la connexité et des liens entre ces recours, il y a lieu de les
joindre ;

278
SUR LA RECEVABILITE DES REQUETES

---Attendu que le requérant ne cite aucun texte qui l’autorise à récuser des Membres du
Conseil Constitutionnel ou à demander le dessaisissement du Conseil Constitutionnel
lui-même ;

---Que pour contourner l’irrecevabilité que son action encourt de ce fait, le requérant
se prévaut de sa qualité de candidat à l’élection contestée ;

---Que dans le dispositif de ses requêtes, il demande ce qui suit :

« Faire droit à la récusation de Messieurs Clément ATANGANA, Jean FOUMAN


AKAM, Joseph Marie BIPOUN WOUM, Emmanuel BONDE, Jean Baptiste
BASKOUDA et AHMADOU TIDJANI comme inaptes, parce que ni indépendants ni
impartiaux, à veiller à la régularité, à la sincérité et à la transparence de l’élection
présidentielle du 07 octobre 2018, sauf leur départ volontaire ;

« -Transmettre à qui de droit ce qui appartiendra pour qu’il soit « pourvu au


remplacement de ces Membres par l’autorité ou l’organe de désignation concerné…,
conformément à l’article 51(3) de la Constitution,… »;

---Mais attendu à cet égard que l’article 18 de la loi n° 2004/005 du 21 avril 2004
portant Statut des Membres du Conseil Constitutionnel modifiée par celle n° 2012/016
du 21 décembre 2012 dispose :

« Le Conseil constitutionnel statuant à la majorité des deux tiers (2/3) de ses


membres peut d’office ou à la demande de l’autorité de désignation, mettre fin au
terme d’une procédure contradictoire, aux fonctions d’un membre qui aurait
méconnu ses obligations, enfreint le régime des incompatibilités ou perdu la
jouissance de ses droits civils et politiques conformément aux modalités fixées par
son règlement intérieur. » ;

---Qu’il en résulte qu’en la matière, le Conseil Constitutionnel, en dehors de se saisir


d’office, ne peut l’être que par l’autorité de désignation de ses Membres ;

279
---Qu’il s’agit dès lors d’une question préjudicielle qui doit être réglée dans le cadre
d’une procédure spéciale que Monsieur KAMTO n’a pas qualité d’initier, n’étant pas
l’autorité de désignation des Membres du Conseil requise ;

---Qu’il s’ensuit que ses recours sont irrecevables ;

---Attendu que la procédure devant le Conseil Constitutionnel étant gratuite en vertu


de l’article 57 de la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et
fonctionnement du Conseil Constitutionnel, il convient de laisser les dépens à la
charge du Trésor Public ;

---Qu’en application des dispositions de l’article 15(2) de la loi d’organisation du


Constitutionnel susvisée, il y a lieu d’ordonner la notification de la présente décision
au Conseil Electoral et aux autres parties intéressées, ainsi que sa publication au
Journal Officiel ;

PAR CES MOTIFS

---Statuant publiquement, contradictoirement à l’égard des parties, en matière


électorale, en dernier ressort et à l’unanimité des Membres :

---Joint les recours de Monsieur KAMTO Maurice pour cause de connexité ;

---Les déclare irrecevables pour défaut de qualité ;

---Laisse les dépens à la charge du Trésor Public ;

---Ordonne la notification de la présente décision au Conseil Electoral et aux autres


parties intéressées, puis sa publication au Journal Officiel ;

---Ainsi jugé et prononcé en audience publique par le Conseil Constitutionnel, les jour,
mois et an que dessus en la salle des audiences dudit Conseil où siégeaient :

M. Clément ATANGANA, Président du Conseil Constitutionnel,


PRESIDENT ;

MM.

Jean FOUMAN AKAME,

280
BAH OUMAROU SANDA,
Paul NCHOJI NKWI,
Joseph Marie BIPOUN WOUM,
Emmanuel BONDE,
Mme. Florence Rita ARREY,

MM:
Charles Etienne LEKENE DONFACK,
AHMADOU TIDJANI,
Jean-Baptiste BASKOUDA,
Emile ESSOMBE,

CONSEILLERS ;

---Avec l’assistance de Maître Longin MAKA EYOUM, Greffier en Chef ;

---Maître Flavienne Jeannette AMBOMO épouse NOAH, Greffier ;

---En présence de Monsieur MALEGHO Joseph ASEH, Secrétaire Général ;

---En foi de quoi la présente décision a été signée par le Président le Secrétaire Général
et contresignée par le Greffier en Chef. /-

LE PRESIDENT LE SECRETAIRE GENERAL

Clément ATANGANA MALEGHO Joseph ASEH

LE GREFFIER EN CHEF

Longin MAKA EYOUM

281
DECISION N° 25/CE/CC/2018 DU 16 OCTOBRE 2018
AFFAIRE :

Sieur KISOB Bertin


C/
-Elections Cameroon (ELECAM)
-Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC)

OBJET :

(Requête en invalidation des résultats obtenus par le RDPC dans la région du Nord-
Ouest).

---L’an deux mille dix-huit ;

---Et le seize du mois d’octobre ;

---Le Conseil Constitutionnel, siégeant en audience publique au Palais des Congrès a


rendu la décision dont la teneur suit :
---Le Conseil Constitutionnel,

---Vu la Constitution ;
---Vu la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et fonctionnement du
Conseil Constitutionnel, modifiée et complétée par la loi no 2012/015 du 21 décembre
2012 ;

---Vu la loi n° 2012/001 du 19 avril 2012 portant Code Electoral, modifiée et


complétée par la loi n° 2012/017 du 21 décembre 2012 ;

---Vu le décret n° 2018/104 du 07 février 2018 portant organisation et fonctionnement


du Secrétariat Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/015 du 07 février 2018 portant nomination des Membres du


Conseil Constitutionnel ;

282
---Vu le décret n° 2018/106 du 07 février 2018 portant nomination du Président du
Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/170 du 23 février 2018 portant nomination du Secrétaire


Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/391 du 09 juillet 2018 portant convocation du corps électoral


en vue de l’élection du Président de la République le 07 octobre 2018 ;

---Vu le décret n° 2018/445 du 31 juillet 2018 portant nomination de responsables au


Secrétariat Général du Conseil Constitutionnel ;
---Vu le Code Electoral, modifiée et complétée par la loi n° 2012/017 du 21 décembre
2012 ;
---Vu le recours de Sieur KISOB Bertin ;

---Vu les mémoires en réponse de Maîtres MBUFUNG Marcel KUMFA, OKHA BAU
OKHA et ATANGANA AMOUGOU Joseph, conseils d’ELECAM et de Maîtres Guy
NOAH et Louis Gabriel EYANGOH, Avocats au Barreau du Cameroun, Conseils du
Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC) ;

---Attendu que par requête sans date enregistrée le 08 octobre 2018 au Greffe du
Conseil Constitutionnel sous le n° 171, sieur KISOB Bertin, candidat recalé du
« Cameroon Party for Social Justice (CPSJ) » à l’élection du Président de la
République du 07 octobre 2018, a saisi ledit Conseil d’un recours en invalidation des
résultats obtenus par le candidat BIYA du RDPC dans la Région du Nord-Ouest pour
fraude électorale et anti-démocratique ;

---Que ledit recours est ainsi conçu :


« Prophète BERTIN KISOB, Président national et candidat du « Cameroon Party for
Social justice CPSJ » à la présidentielle du 07 octobre 2018. Mandaté et allié du MRC
du candidat Maurice KAMTO S/C Prison Principale de Yaoundé.
« A Mr le Président du Conseil Constitutionnel du Cameroun.
« REQUETE POUR L’INVALIDATION DES RESULTATS OBTENUS PAR LE
CANDIDAT BIYA DU RDPC DANS LA REGION DU NORD-OUEST POUR

283
FRAUDE ELECTORALE SYSTEMATIQUE, MAFIEUSE, MACHIAVELIQUE ET
ANTI DEMOCRATIQUE AVEC LA COMPLICITE ACTIVE DE (L’ARBITRE ET DU
JUGE ?) ELECAM ET CONSEIL CONSTITUTIONNEL DANS L’UNIQUE BUT DE
MAINTENIR A VIE BIYA ET SON SYSTEME DICTATORIAL AU POUVOIR POUR
PROTEGER LES INTERETS DU NEOCOLONIALISME CHINOIS ET FRANÇAIS EN
OPPRIMANT LE PEUPLE CAMEROUNAIS SOUVERAIN.
« En effet Monsieur le Président,
« Candidat BIYA du RDPC a depuis fort longtemps truqué cette élection présidentielle
dans la Région du Nord-Ouest, en changeant unilatéralement la Constitution du pays
dans l’unique but d’enlever la limitation des mandats présidentiels. En maintenant un
scrutin à un seul tour sans bulletin unique. En nommant des membres convaincus de
sa formation politique – le RDPC à des postes stratégiques au sein d’ELECAM et du
Conseil Constitutionnel- des soi-disant juge et arbitre électoraux ? En favorisant
indirectement les détournements des fonds publiques et des militants qui en retour
utiliseront cet argent mal acquis en tant que personnalités ressources du Comité
Central du RDPC ou contributeurs volontaires de sa campagne pour acheter les
consciences des électeurs stratégiquement appauvris d’avance par ce système
dictatorial, machiavélique et mafieux ; et ainsi les soumettre facilement à travers
leurs élites caporalisées, ce jeu de fraude électoral systématique .En donnant des
ordres fermes aux Sous-Préfets, aux forces de maintien de l’ordre et aux Magistrats
d’intervenir systématiquement pour stopper manu militari, si nécessaire, toutes les
manifestations publiques des vrais opposants, en allant même jusqu’à faire
emprisonner injustement les plus virulents d’entre eux – ce qui est mon cas
présentement à la prison principale de Kodengui Yaoundé ou je suis actuellement
incarcéré sous des fausses accusations sécession anglophone par un système judiciaire
aux ordres du RDPC, mais comment peut-on être sécessionniste et en même temps,
malgré tous les risques, se présenter par deux fois à la présidentielle et soutenir
ensuite ouvertement le candidat – Maurice KAMTO du MRC ? BIYA a aussi truqué
cette présidentielle en programmant les forces de défense à massacrer le peuple
souverain en cas de révolte populaire contre ce hold-up antidémocratique et mafieux-

284
en usant du dilatoire pour ne jamais mettre en place une vraie décentralisation et
continuer ainsi à prendre notre peuple en otage en refusant le bulletin unique aux
élections pour facilement bourrer les urnes en achetant les bulletins de vote des
opposants grâce à l’argent des détournements des fonds publics. En se préparant à
faire un passage en force en cas de défaite du candidat BIYA, avec l’aide des membres
convaincus du RDPC déjà infiltrés à des postes stratégiques au sein d’ELECAM et du
Conseil Constitutionnel, des soit-disant juge et arbitre électoraux ?! En vendant notre
pays au néocolonialisme chinois et français en se mettant à leur service à travers le
franc CFA néocolonial, les accords dits de partenariat et défense bidon,
l’appartenance honteuse aux sociétés secrètes occidentales avec ces PINS qu’ils
portent publiquement sur toutes leurs vestes comme pour nous narguer. Alors que
nous savons tous le contrôle négatif que ces cercles ont sur tous les membres africains
à travers des pratiques occultes bizarres qu’ils y subissent. Sans oublier les
financements illégaux qu’ils y apportent avec nos fonds publics. L’attribution des
marchés publics les plus lucratifs aux multinationales de leurs grands maîtres
occidentaux avec le pillage à ciel ouvert de nos maigres ressources aux ports de Kribi
et de Douala, l’exploitation anarchique de nos ressources minières par des sociétés
chinoises qui ne respectent même pas la population locale. Et, la mort de nos
compatriotes sur les rails d’ESEKA entre autres le pire c’est le refus de BIYA de
résoudre la crise anglophone par un véritable dialogue politique en lieu et place du
génocide qu’il prépare actuellement dans cette zone du pays. Alors que la meilleure
solution reste le retour unilatéral au fédéralisme à 02 Etats de 1961, suivi de
l’ouverture des négociations inclusives pour obtenir une nouvelle confédération
Camerounaise à 02 Etats confédérés avec 08 Etats francophones et 02 Etats
anglophones. Tout en réalisant l’unité du pays par la création d’une troisième langue
officielle – le Kematien agglomération harmonieuse de nos grandes langues
traditionnelles plus certains mots du camfranglais et la création d’une nouvelle
monnaie – le Kemati à la place de ce franc CFA néocolonial. Sans oublier de changer
le nom du pays de Cameroun- qui veut dire crevette en portugais, en KEMAM- qui
veut dire terre de Noir en Kematien.

285
« Nous vous prions dès lors, malgré le fait que vous- Conseil Constitutionnel soyez
déjà infiltrés par des membres convaincus du RDPC, en véritable mission commandée
de fraude électorale au profit de leur candidat BIYA, d’invalider les résultats obtenus
dans la région du Nord-Ouest par BIYA- véritable gouverneur noir du Cameroun et
parrain local de ce système dictatorial et mafieux qui a pris en otage notre beau pays
depuis plus de 30 ans car, plus de 02 mandats présidentiels c’est de la dictature. Si
vous ne faites rien, il ne restera au peuple que le CHASSEMENT. Entre temps, la balle
est encore dans votre camp, le peuple vous regarde et l’histoire vous jugera. N’oubliez
pas que 06 régions sur 10 sont déjà en insécurité totale ou partielle. Il n’y a pas de
vivre ensemble sans justice sociale. La peur ne peut plus diriger le pays.
« Prière de faire parvenir aux autorités de la prison principale de Yaoundé un mandat
d’extraction en lieu et place de mes notifications d’audiences car, ils ne respecteront
que cela.
« Vive le Kematianisme Communautaire.
« Prophète Bertin KISOB ».

---Attendu qu’en application des dispositions de l’article 130 alinéa 5 du Code


Electoral, cette requête a été communiquée le 09 octobre 2018 aux parties intéressées,
en l’occurrence ELECAM et le RDPC ;
---Que réagissant par l’intermédiaire de ses Conseils, à savoir Maîtres MBUFUNG
Marcel KUMFA, OKHA BAU OKHA et ATANGANA AMOUGOU Joseph, Avocats
au Barreau du Cameroun, ELECAM a déposé son mémoire en réponse le 09 octobre
2018, formulé ainsi qu’il suit :

« PLAISE AU CONSEIL CONSTITUTIONNEL :


« Attendu que suivant requête non datée, enregistrée le 08 octobre 2018 au Greffe du
Conseil Constitutionnel sous le n° 171, Monsieur KISOB BERTIN a sollicité
« …l’invalidation des résultats obtenus par le candidat BIYA du RDPC dans la
région du Nord-Ouest pour fraude électorale systématique, mafieuse, machiavélique
et antidémocratique avec la complicité active de (l’Arbitre et du juge) ELECAM et le

286
CONSEIL CONSTITUTIONNEL dans l’unique but de maintenir à vie BIYA et son
système dictatorial au pouvoir pour protéger les intérêts du néocolonialisme français
et chinois en opprimant le peuple camerounais souverain » ;
« Que cette requête est cependant irrecevable pour défaut de qualité de son auteur ;
« IN LIMINE LITIS : SUR L’IRRECEVABILITE DE LA REQUETE POUR
DEFAUT DE QUALITE DU SIEUR KISOB BERTIN.
« Attendu que l’article 132 alinéa 2 du Code Electoral dispose que « Il (le Conseil
Constitutionnel) statue sur toute requête en annulation totale ou partielle des
opérations électorales introduites par tout candidat, tout parti politique ayant pris
part à l’élection, ou par toute personne ayant qualité d’agent du Gouvernement pour
cette élection » ;
« Qu’ainsi, ne sont recevables dans le contentieux électoral, que les recours formés
par les candidats, les partis politiques ayant pris part à l’élection ou toute personne
ayant qualité d’agent du Gouvernement ;
« Qu’or, le nommé KISOB Bertin n’a pas été candidat à l’élection du 07 octobre 2018
et son parti politique, le Cameroon Party For Social Justice (CPSJ) n’a pas pris part à
ladite élection ;
« Que par ailleurs, le requérant n’a pas été agent du Gouvernement pour l’élection
concernée ;
« Qu’il s’ensuit que Monsieur KISOB Bertin n’a pas qualité pour exercer un recours
en annulation partielle ou totale de l’élection présidentielle du 07 octobre 2018 ;
« Que sa requête est donc irrecevable ;
PAR CES MOTIFS :
« Et tous autres à déduire, à ajouter ou à suppléer même d’office s’il y a lieu ;
« Déclarer irrecevable le recours de Monsieur KISOB Bertin.
« ET CE SERA JUSTICE.
« SOUS TOUTES RESERVES,
« Yaoundé, le 09 octobre 2018
« Barrister MBUFUNG Marcel KUMFA
« Barrister OKHA BAU OKHA

287
« Maître ATANGANA AMOUGOU Joseph ».

---Attendu que dans son mémoire en réponse déposé le 10 octobre 2018, sous la plume
des Maîtres Guy NOAH et Louis Gabriel EYANGOH, Avocats au Barreau du
Cameroun, le RDPC a soutenu ce qui suit :

« PLAISE AU CONSEIL CONSTITUTIONNEL


« Attendu que par requête en date du 08 octobre 2018, parvenue le même jour à 10
heures et enregistrée sous le n° 171 au Greffe du Conseil Constitutionnel, Monsieur
Bertin KISOB, se présentant sous la double qualité de "Président National et candidat
recalé du Cameroon Party for Social Justice à la Présidentielle du 07 octobre 2018" et
de "mandaté et allié du M.R.C. du candidat Maurice KAMTO", a saisi le Conseil
Constitutionnel aux fins d' «invalidation des résultats obtenus par le candidat BIYA du
RDPC dans la Région du Nord-Ouest pour fraude électorale systématique, mafieuse,
machiavélique et anti-démocratique avec la complicité active de (l'arbitre et du juge!
?) ELECAM et Conseil Constitutionnel dans l'unique but de maintenir à vie BIYA et
son système dictatorial au pouvoir pour protéger les intérêts du néocolonialisme
français et chinois en opprimant le peuple camerounais souverain » ;
« Mais attendu que ladite requête doit être déclarée irrecevable pour défaut de qualité
de Monsieur Bertin KISOB à contester la régularité du scrutin présidentiel du 07
octobre 2018 ;
« En effet, aux termes des dispositions de l'article 48 de la loi n° 96/06 du 18 janvier
1996 portant révision de la Constitution du 02 juin 1972, modifiée et complétée par la
loi n° 2008/001 du 14 avril 2008, « (1) Le Conseil Constitutionnel veille à la
régularité de l'élection présidentielle, des élections parlementaires, des
consultations référendaires. Il en proclame les résultats.
« (2) En cas de contestation sur la régularité de l'une des élections prévues à
l'alinéa 1 ci - dessus, le Conseil Constitutionnel peut être saisi par tout candidat,
par tout parti politique ayant pris part à l'élection dans la circonscription
concernée ou toute personne ayant qualité d'agent du Gouvernement pour cette
élection. » ;

288
« Dans la suite de la loi fondamentale camerounaise, la loi n° 2004/004 du 21 avril
2004 portant organisation et fonctionnement du Conseil Constitutionnel dispose, en
son article 45, de la section II se rapportant à l'élection présidentielle, que « Tout
candidat, tout parti politique ayant pris part à l'élection ou toute personne ayant
qualité d'agent du gouvernement pour l'élection, peut saisir le Conseil
Constitutionnel en annulation totale ou partielle des opérations électorales dans
les conditions prévues par les lois électorales en vigueur. »;
« Qu'aux termes des dispositions de l'article 132 de la loi n° 2012/001 du 19 avril
2012 portant Code Electoral, modifiée, qui s'inspire de la Constitution et de la loi n°
2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et fonctionnement du Conseil
constitutionnel, « (1) Le Conseil Constitutionnel veille à la régularité de l'élection
présidentielle.
« (2) Il statue sur toute requête en annulation totale ou partielle des opérations
électorales introduite par tout candidat, tout parti politique ayant pris part à
l'élection, ou par toute personne ayant qualité d'agent du Gouvernement pour
cette élection. » ;
« Il résulte de la combinaison des dispositions législatives citées ci-dessus que trois
catégories de personnes limitatives et exclusives sont en droit d'exercer l'action
tendant à la contestation des opérations électorales de l'élection présidentielle : tout
candidat, tout parti politique ayant pris part à l'élection, ou toute personne ayant
qualité d'agent du Gouvernement pour ladite élection ;
« Que lorsque le Conseil constitutionnel statuant comme juge électoral est saisi d'une
contestation formée contre les opérations électorales, il interprète scrupuleusement les
dispositions législatives relatives à la qualité du requérant, en écartant
systématiquement de l'exercice du droit en nullité des opérations toutes les personnes
non mentionnées par les dispositions législatives ;
« Attendu que Monsieur Bertin KISOB n’est pas candidat, ni agent du Gouvernement
pour l’élection présidentielle du 07 octobre 2018, et, son parti politique, le Cameroon
Party for Social Justice (CPSJ), n’a pas pris part à ladite élection ;
« Que même la qualité dont il se prévaut de « mandaté et allié du MRC du candidat

289
Maurice KAMTO » outre le fait qu’il ne le justifie pas, ne lui confère nullement le
droit d’ester en l’espèce, car ne faisant partie de l’énumération limitative des
personnes habilitées à saisir le juge constitutionnel en contestation des opérations
électorales de l’élection à la présidence de la République, le droit reconnu à tout
candidat de déférer directement les opérations électorales au Conseil Constitutionnel
ne s’étendant pas aux représentants des candidats ;
« Qu’il s’en suit que sa requête est manifestement irrecevable, ce d’autant qu’elle ne
fait état d’aucun grief se rapportant aux opérations électorales de l’élection
Présidentielle du 07 octobre 2018, susceptible d’avoir une incidence sur les résultats
de ladite élection ;

« PAR CES MOTIFS


« Et tous autres moyens à soulever d’office ;
« Voir déclarer irrecevable pour défaut de qualité le recours de Monsieur Bertin
KISOB
« SOUS TOUTES RESERVES
« PROFOND RESPECT
« Yaoundé, le 10 octobre 2018
« (é) – Me Guy NOAH, - Me Louis Gabriel EYANGOH ».

---Attendu que le même recours sollicitant l’invalidation des résultats obtenus par le
candidat BIYA du RDPC dans la Région du Nord-Ouest a été repris, d’une part, dans
les neuf (09) autres régions du pays, à savoir l’Adamaoua, le Centre, l’Est, l’Extrême-
Nord, le Littoral, le Nord, l’Ouest, le Sud-Ouest et le Sud ; et d’autre part dans les cas
concernant les votes de la diaspora ;
---Qu’il y a lieu de joindre, pour cause de connexité, les recours en question,
enregistrés au Greffe, sous les numéros ci-après :
- n° 171 pour la région du Nord-Ouest ;
- n° 172 pour la région du Sud-Ouest ;
- n° 173 pour la région de l’Ouest ;

290
- n° 174 pour la région du Littoral ;
- n° 175 pour la région du Centre ;
- n° 176 pour la région du Sud ;
- n° 177 pour la région de l’Est ;
- n° 178 pour la région de l’Adamaoua ;
- n° 179 pour la région du Nord ;
- n° 180 pour la région de l’Extrême-Nord ;
- n° 181 pour la diaspora.

SUR LA RECEVABILITE DES RECOURS

---Attendu que l’article 132 du Code Electoral dispose :


« 1- Le Conseil Constitutionnel veille à la régularité de l’élection présidentielle.
« 2- Il statue sur toute requête en annulation totale ou partielle des opérations
électorales introduites par tout candidat, tout parti politique ayant pris part à
l’élection, ou par toute personne ayant qualité d’agent du Gouvernement pour cette
élection. » ;
---Attendu qu’il ressort du dossier déposé en son temps au Conseil Constitutionnel que
le Conseil Electoral, par Résolution n° 019/R/ELECAM/CE du 07 août 2018, a rejeté
la candidature de Sieur Bertin KISOB à l’élection présidentielle du 07 octobre 2018
pour non-conformité aux conditions requises par la loi ;
---Que ce rejet étant devenu définitif comme l’affirme le sieur Bertin KISOB lui-
même, sous la désignation de « candidat recalé » n’a pas pris part à l’élection dont
s’agit, pour laquelle il se prétend allié et mandataire du Parti MRC sans rapporter la
preuve de ces attributs, au demeurant, inopérants en l’espèce ;
---Qu’il s’ensuit que ses recours sont irrecevables pour défaut de qualité ;
---Attendu que la procédure devant le Conseil Constitutionnel étant gratuite en vertu de
l’article 57 de la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004, modifiée, portant organisation et
fonctionnement du Conseil Constitutionnel, il convient de laisser les dépens à la
charge du Trésor Public ;

291
---Qu’il y a lieu par ailleurs d’ordonner la notification de la présente décision au
Conseil Electoral et aux autres parties intéressées, en vertu des dispositions de l’article
15(2) de la loi d’organisation du Conseil Constitutionnel susvisée, ainsi que sa
publication au Journal Officiel en Français et en Anglais ;

PAR CES MOTIFS

---Statuant publiquement, contradictoirement à l’égard des parties, en matière


électorale, en dernier ressort et à l’unanimité des membres :

---Joint les recours de sieur KISOB Bertin n°s 171, 172, 173, 174, 175, 176, 177, 178,
179, 180 et 181 ;

---Les déclare irrecevables pour défaut de qualité ;

---Laisse les dépens à la charge du Trésor Public ;

---Ordonne la notification de la présente décision au Conseil Electoral et aux autres


parties intéressées, puis sa publication au Journal Officiel ;

---Ainsi jugé et prononcé en audience publique par le Conseil Constitutionnel, les jour,
mois et an que dessus en la salle des audiences dudit Conseil où siégeaient :

M. Clément ATANGANA, Président du Conseil Constitutionnel,


PRESIDENT ;
MM.

Jean FOUMAN AKAME,

BAH OUMAROU SANDA,

Paul NCHOJI NKWI,

Joseph Marie BIPOUN WOUM,

Emmanuel BONDE,

Mme Florence Rita ARREY,

MM.

292
Charles Etienne LEKENE DONFACK,

AHMADOU TIDJANI,

Jean-Baptiste BASKOUDA,

Emile ESSOMBE,

CONSEILLERS ;
---Avec l’assistance de Maître Longin MAKA EYOUM, Greffier en Chef ;

---Et de Maître Flavienne Jeannette AMBOMO épouse NOAH, Greffier ;

---En présence de Monsieur MALEGHO Joseph ASEH, Secrétaire Général ;

---En foi de quoi la présente décision a été signée par le Président, le Secrétaire
Général et contresignée par le Greffier en Chef. /-

LE PRESIDENT LE SECRETAIRE GENERAL


Clément ATANGANA MALEGHO Joseph ASEH

LE GREFFIER EN CHEF
Longin MAKA EYOUM

293
DECISION N° 26/CE/CC/2018 DU 16 OCTOBRE 2018

AFFAIRE :

Sieur Bertin KISOB

C/

1-RDPC
2-ELECAM

OBJET :

(-Incompétence du Conseil Constitutionnel, suspension de l’équipe dirigeante


d’ELECAM et suspension du Rassemblement Démocratique du Peuple
Camerounais).
---L’an deux mille dix-huit ;

---Et le seize du mois d’octobre ;

---Le Conseil Constitutionnel, siégeant en audience publique au Palais des Congrès a


rendu la décision dont la teneur suit :

---Le Conseil Constitutionnel,

---Vu la Constitution ;
---Vu la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et fonctionnement du
Conseil Constitutionnel, modifiée et complétée par la loi no 2012/015 du 21 décembre
2012 ;

---Vu la loi n° 2012/001 du 19 avril 2012 portant Code Electoral, modifiée et


complétée par la loi n° 2012/017 du 21 décembre 2012 ;

---Vu le décret n° 2018/104 du 07 février 2018 portant organisation et fonctionnement


du Secrétariat Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/015 du 07 février 2018 portant nomination des Membres du


Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/106 du 07 février 2018 portant nomination du Président du

294
Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/170 du 23 février 2018 portant nomination du Secrétaire


Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/391 du 09 juillet 2018 portant convocation du corps électoral


en vue de l’élection du Président de la République le 07 octobre 2018 ;

---Vu le décret n° 2018/445 du 31 juillet 2018 portant nomination de responsables au


Secrétariat Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu les recours de Monsieur Bertin KISOB ;

---Attendu que par requête en date du 08 octobre 2018, enregistrée le même jour sous
le recours n° 034, sieur KISOB Bertin, Président National du parti Camerounais pour
la Justice Sociale (CPSJ), se disant « candidat recalé à l‘élection présidentielle »,
« mandaté et allié du MRC du candidat Maurice KAMTO » à la même élection, a saisi
le Conseil Constitutionnel aux fins de se déclarer incompétent pour la supervision et la
proclamation des résultats de ladite élection ;

---Que par une autre requête de la même date enregistrée le même jour sous le recours
n° 035, il a sollicité la suspension de la présente équipe dirigeante d’ELECAM ;

---Qu’enfin, par une troisième requête, toujours du 08 octobre 2018, enregistrée


également à cette date sous le recours n° 036, l’intéressé a sollicité la suspension du
parti politique RDPC pour au moins 25 ans ;

---Que ces trois requêtes sont identiques et conçues ainsi qu’il suit :
« J’ai l’honneur de venir par la présente solliciter que votre Conseil Constitutionnel
se déclare incompétent pour la supervision et la proclamation des résultats de la
présidentielle du 07 octobre 2018 ;

« En effet, compte tenu du fait que le candidat BIYA du RDPC a déjà infiltré ce
conseil électoral de ces militants convaincus, en véritable mission commandée de
fraude électorale, ce qui permettra à ce dernier de faire un passage en force même en
cas de défaite ;
295
« Nous vous prions d’avoir un sursaut patriotique en vous déclarant incompétent pour
ainsi permettre au pays de mettre en place avant les futures élections un conseil plus
neutre et d’éviter ainsi le chaos, car, si vous ne faites pas cela, il ne restera au peuple,
de plus en plus conscient, que le CHASSEMENT pour mettre hors d’état de nuire ce
régime incompétent, dictatorial, machiavélique et mafieux qui a pris notre peuple en
otage depuis plus de 30 ans ;

« N’oubliez pas que 06 régions sur 10 sont déjà en insécurité totale ou partielle et la
proclamation des résultats d’une élection déjà truquée d’avance par un candidat -
Biya, risque être de trop ;

« Prière de faire parvenir aux autorités de la Prison Principale de Kondengui


Yaoundé un mandat d’extraction pour que je puisse venir personnellement défendre
ma cause ;

« Vivre le Kematianisme Communautaire, la seule idéologie et projet de société de


libération de l’humanité en générale et du peuple noir en particulier. » ;

---Attendu qu’en raison de leur connexité, il y a lieu de joindre ces requêtes ;

---Que conformément aux dispositions de l’article 130 alinéa 5 du Code électoral, elles
ont été communiquées aux parties intéressées ;

---Qu’ainsi, dans son mémoire en réponse déposé au Conseil Constitutionnel sous la


plume de Maître Guy NOAH et autres, tous Avocats au Barreau du Cameroun, le
RDPC a conclu à l’irrecevabilité des recours en soutenant tour à tour ce qui suit :

« Sur la première requête :


« Plaise au Conseil Constitutionnel :
« Attendu que par requête en date du 08 octobre 2018, parvenue le même jour à 10h et
enregistrée sous le n° 182 au Greffe du Conseil Constitutionnel, Monsieur Bertin
KISOB, se présentant sous la double qualité de "Président National et candidat recalé
du Cameroon Party for Social Justice à la Présidentielle du 07 octobre 2018" et de
"mandaté et allié du M.R.C. du candidat Maurice KAMTO", a introduit un recours
afin que « le Conseil Constitutionnel, juge électoral partial, se déclare incompétent

296
pour la supervision et la proclamation des résultats de la présidentielle du 07 octobre
2018 »;
« Attendu qu'il résulte de l'article 48(1) de la loi n° 96/06 du 18 janvier 1996 portant
révision de la constitution du 02 juin 1972, modifiée et complétée que « Le Conseil
Constitutionnel veille à la régularité de l'élection présidentielle, des élections
parlementaires, des consultations référendaires. Il en proclame les résultats » ;
« Qu'il résulte de ce texte, que seule la constitution fixe les attributions du Conseil
Constitutionnel en matière électorale ;
« Que ladite requête doit être déclarée irrecevable, sans instruction préalable, en
application des dispositions combinées des articles 59(1) de la loi n° 2004/004 du 21
avril 2004 portant organisation et fonctionnement du Conseil Constitutionnel,
modifiée, et 134 de la loi n° 2012/001 du 19 avril 2012 portant code électoral,
modifiée, qui disposent ainsi qu'il suit :
• Article 59(1) de la loi organique n° 2004/004 du 21 avril 2004, modifiée,
« Lorsque la requête est manifestement irrecevable, le Conseil Constitutionnel statue
par décision motivée sans instruction contradictoire préalable » ;
• Article 134 de la loi n° 2012/001 du 19 avril 2012 portant code électoral,
modifiée, « Le Conseil Constitutionnel peut, sans instruction contradictoire préalable,
rejeter par décision motivée, les requêtes irrecevables ou ne contenant que des griefs
ne pouvant avoir aucune incidence sur les résultats de l'élection » ;
« Qu'ainsi, la demande formulée par Monsieur Bertin KlSOB, à savoir que la
juridiction de céans se déclare incompétente pour la supervision et la proclamation de
l'ensemble des résultats de la présidentielle du 07 octobre 2018, ne constitue pas un
grief pouvant avoir une incidence sur les résultats des élections ;
« Qu'il y a donc lieu de déclarer la présente requête irrecevable, sans instruction
contradictoire préalable ;
« Par ces motifs
« Et tous autres moyens à soulever d'office ;
« Voir déclarer manifestement irrecevable le recours de Monsieur Bertin KlSOB ;
« Sous toutes réserves
« Profond respect ;

297
« Yaoundé, le 10 octobre 2018 ».

« Sur la deuxième requête :


« Plaise au Conseil Constitutionnel
« Attendu que par requête en date du 08 octobre 2018, parvenue le même jour à 10h
et enregistrée sous le n° 183 au Greffe du Conseil Constitutionnel, Monsieur Bertin
KISOB, se présentant sous la double qualité de "Président National et candidat
recalé du Cameroon Party for Social Justice à la Présidentielle du 07 octobre
2018" et de "mandaté et allié du MRC du candidat Maurice KAMTO", a saisi le
Conseil Constitutionnel aux fins de « suspension de la présente équipe dirigeante
d'ELECAM - l'arbitre électoral partial - pour contribution active à la fraude
électorale systématique, mafieuse, machiavélique et anti-démocratique de la
présidentielle du 07 octobre 2018 par le candidat BIYA du RDPC et son système
dictatorial» ;
« Attendu que le grief formulé, à savoir la suspension de l'équipe dirigeante
d'ELECAM, n'a aucun rapport avec les opérations électorales et les résultats de
l'élection présidentielle du 07 octobre 2018 ;
« Que ladite requête doit donc être déclarée irrecevable, sans instruction préalable, en
application des dispositions combinées des articles 59(1) de la loi organique n°
2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et fonctionnement du Conseil
Constitutionnel, modifiée, et 134 de la loi n° 2012/001 du 19 avril 2012 portant code
électoral, modifiée, qui disposent ainsi qu'il suit :
• Article 59(1) de la loi organique n° 2004/004 du 21 avril 2004, modifiée
« Lorsque la requête est manifestement irrecevable, le Conseil Constitutionnel
statue par décision motivée sans instruction contradictoire préalable » ;
• Article 134 de la loi n° 2012/001 du 19 avril 2012 portant Code Electoral,
modifiée, « Le Conseil Constitutionnel peut, sans instruction contradictoire
préalable, rejeter, par décision motivée, les requêtes irrecevables ou ne contenant
que des griefs ne pouvant avoir aucune incidence sur les résultats de l'élection » ;
« Par ces motifs
« Et tous autres moyens à soulever d'office ;

298
« Voir déclarer manifestement irrecevable le recours de Monsieur Bertin KISOB ;
« Sous toutes réserves
« Profond respect.
« Yaoundé, le 10 octobre 2018. ».

« Sur la troisième requête :

« Plaise au Conseil Constitutionnel

« Attendu que par requête en date du 08 octobre 2018, parvenue le même jour à 10
heures et enregistrée sous le n° 184 au Greffe du Conseil Constitutionnel, Monsieur
Bertin KISOB, se présentant sous la double qualité de "Président National et candidat
recalé du Cameroon Party for Social Justice à la Présidentielle du 07 octobre 2018" et
de "mandaté et allié du MRC du candidat Maurice KAMTO", a saisi le Conseil
constitutionnel aux fins de « suspension du parti politique RDPC pour au moins 25
ans pour pratique anti-démocratique, machiavélique, mafieuse avant et pendant la
présidentielle du 07 octobre 2018. » ;

« Attendu que le grief formulé, à savoir la suspension du parti politique RDPC, n'a
aucun rapport avec les opérations électorales et les résultats de l'élection
présidentielle du 07 octobre 2018 ;
« Que ladite requête doit donc être déclarée irrecevable, sans instruction préalable, en
application des dispositions combinées des articles 59(1) de la loi organique n°
2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et fonctionnement du Conseil
Constitutionnel, modifiée et 134 de la loi n° 2012/001 du 19 avril 2012 portant code
électoral, modifiée, qui disposent respectivement :

• Article 59(1) de la loi organique n° 2004/004 du 21 avril 2004, modifiée

« Lorsque la requête est manifestement irrecevable, le Conseil Constitutionnel


statue par décision motivée sans instruction contradictoire préalable. » ;

• Article 134 de la loi n° 2012/001 du 19 avril 2012 portant code électoral,


modifiée « Le Conseil Constitutionnel peut, sans instruction contradictoire
préalable, rejeter, par décision motivée, les requêtes irrecevables ou ne

299
contenant que des griefs ne pouvant avoir aucune incidence sur les résultats de
l’élection » ;

« Par ces motifs


« Et tous autres moyens à soulever d'office ;
« Voir déclarer manifestement irrecevable le recours de Monsieur Bertin KISOB ;
« SOUS TOUTES RESERVES,
« PROFOND RESPECT
« Yaoundé, le 10 octobre 2018 ».

---Attendu qu’ELECAM de son côté a déposé son mémoire en réponse le 09


octobre 2018 concluant au rejet des recours comme non fondés, en soutenant ce
qui suit :
« Sur la première requête :

« Plaise au Conseil Constitutionnel

« Attendu que suivant requête non datée, enregistrée le 08 octobre 2018 au Greffe du
Conseil Constitutionnel sous le n° 182, Monsieur KISOB BERTIN a sollicité que «...
le Conseil Constitutionnel - Juge électoral partial - se déclare incompétent pour la
supervision et la proclamation des résultats de la présidentielle du 07 octobre 2018» ;

« Que cette requête ne puisse cependant prospérer tant il est constant que les
attributions que le recourant demande au Conseil Constitutionnel de ne pas accomplir
lui sont dévolues par la loi ;

« Qu'en effet, les articles 132 et 137 du Code Electoral disposent respectivement que :

« (1) Le Conseil Constitutionnel veille à la régularité de l'élection présidentielle.


« (2) Il statue sur toute requête en annulation totale ou partielle des opérations
électorales introduites par tout candidat, tout parti politique ayant pris part à
l'élection, ou par toute personne ayant qualité d'agent du Gouvernement pour cette
élection » ;

« Le Conseil Constitutionnel arrête et proclame les résultats de l'élection

300
présidentielle dans un délai maximum de quinze (15) jours à compter de la date de
clôture du scrutin. »

« Que les articles 40 et 46 de la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation


et fonctionnement du Conseil Constitutionnel rappellent d'ailleurs les missions
assignées au Conseil Constitutionnel ;

« Qu'il y a donc lieu de dire non fondé le recours de Monsieur KISOB Bertin ».
« Par ces motifs :
« Et tous autres à déduire, à ajouter ou à suppléer même d'office s'il y a lieu ;
« En la forme, dire recevable le recours de Monsieur KISOB Bertin.
« Au fond, dire sa requête non fondée.
« ET CE SERA JUSTICE. »
« SOUS TOUTES RESERVES,
« Yaoundé, le 09 octobre 2018
« Sur la deuxième requête :
« Plaise au Conseil Constitutionnel
« Attendu que suivant requête non datée, enregistrée le 08 octobre 2018 au Greffe du
Conseil Constitutionnel sous le n° 183, Monsieur KISOB BERTIN a sollicité «... la
suspension de la présente équipe dirigeante d'ELECAM - l'arbitre électoral partial -
pour contribution active à la fraude électorale systématique, mafieuse machiavélique
et anti-démocratique de la présidentielle du 07 octobre 2018 par le candidat BIYA du
RDPC et son système dictatorial» ;

« Que cette requête est cependant vouée à l'échec dans la mesure où le Conseil
Constitutionnel est incompétent pour suspendre ELECAM ;

« Qu'en effet, les articles 132 et 137 du Code Electoral fixent le cadre d'intervention
du Conseil Constitutionnel ;
« Que ces articles disposent respectivement que :

« (1) Le Conseil Constitutionnel veille à la régularité de l'élection présidentielle.

« (2) Il statue sur toute requête en annulation totale ou partielle des opérations
électorales introduites par tout candidat, tout parti politique ayant pris part à

301
l'élection, ou par toute personne ayant qualité d'agent du Gouvernement pour cette
élection ».

« Le Conseil Constitutionnel arrête et proclame les résultats de l'élection


présidentielle dons un délai maximum de quinze (15) jours à compter de la date de
clôture du scrutin. »
« Que les articles 40 et 46 de la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant
organisation et fonctionnement du Conseil Constitutionnel rappellent d'ailleurs les
missions ainsi assignées au Conseil Constitutionnel ;
« Qu'il n'est nulle part prévu dans le cadre juridique électoral camerounais, la
suspension d'Elections Cameroon (ELECAM), organisme en charge de
l'organisation, de la gestion et de la supervision de l'ensemble du processus
électoral et référendaire ;
« Qu'il convient donc pour le Conseil Constitutionnel, de se déclarer incompétent à
connaître de la demande de suspension d'ELECAM formulée par Monsieur KISOB
Bertin.
« Par ces motifs :
« Et tous autres à déduire, à ajouter ou à suppléer même d'office s'il y a lieu ;
« En la forme, dire recevable le recours de Monsieur KISOB Bertin ;
« Au fond, se déclarer incompétent à statuer sur la demande de suspension d'ELECAM
formulée par Monsieur KISOB Bertin ;
« ET CE SERA JUSTICE.
« Sous toutes réserves,
« Yaoundé, le 09 octobre 2018 »
« Sur la troisième requête :
« Plaise au Conseil Constitutionnel
« Attendu que suivant requête non datée, enregistrée le 08 octobre 2018 au Greffe du
Conseil Constitutionnel sous le n° 184, Monsieur KISOB BERTIN a sollicité «... la
suspension du Parti Politique RDPC pour au moins 25 ans pour pratiques anti-
démocratiques, machiavéliques, mafieuses avant et pendant la présidentielle du
07 octobre 2018 » ;

302
« Que cette requête est cependant vouée à l'échec dans la mesure où le Conseil
Constitutionnel est incompétent pour suspendre un parti politique, notamment le
Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC) ;

« Qu'en effet, les articles 132 et 137 du Code électoral fixent le cadre d'intervention
du Conseil Constitutionnel ;
« Que ces articles disposent respectivement que :

« (1) Le Conseil Constitutionnel veille à la régularité de l'élection


présidentielle.

« (2) Il statue sur toute requête en annulation totale ou partielle des opérations
électorales introduites par tout candidat, tout parti politique ayant pris part à
l'élection, ou par toute personne ayant qualité d'agent du Gouvernement pour
cette élection » ;

« Le Conseil Constitutionnel arrête et proclame les résultats de l'élection


présidentielle dans un délai maximum de quinze (15) jours à compter de la date
de clôture du scrutin » ;

« Que les articles 40 et 46 de la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation


et fonctionnement du Conseil Constitutionnel rappellent d'ailleurs les missions ainsi
assignées au Conseil Constitutionnel ;
« Qu'il n'est nulle part prévu dans les dispositions juridiques électorales
camerounaises, la suspension par le Conseil Constitutionnel d'un parti politique ;
« Que du reste, il convient de préciser que la gestion des partis politiques incombe au
Ministère de l'Administration Territoriale ;
« Que dans ce contexte, il y a lieu, pour le Conseil Constitutionnel, de se déclarer
incompétent à connaitre de la demande de suspension du Rassemblement
Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), formulée par Monsieur KISOB
Bertin ;
« Par ces motifs :
« Et tous autres à déduire, à ajouter ou à suppléer même d'office s'il y a lieu ;
« En la forme, dire recevable le recours de Monsieur KISOB Bertin ;

303
« Au fond, se déclarer incompétent à statuer sur la demande de suspension du
Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), formulée par
Monsieur KISOB Bertin ;
« ET CE SERA JUSTICE.
« Sous toutes réserves
« Yaoundé le 09 octobre 2018 ».

SUR LA COMPETENCE DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL

---Attendu qu’aux termes de l'article 132 du Code Electoral,


« (1) Le Conseil Constitutionnel veille à la régularité de l'élection présidentielle ».
« (2) « Il statue sur toute requête en annulation totale ou partielle des opérations
électorales introduite par tout candidat, tout parti politique ayant pris part à
l'élection, ou par toute personne ayant qualité d'agent du Gouvernement pour cette
élection. » ;
---Attendu en l’espèce que dans ses trois requêtes, sieur KISOB soulève
l’incompétence du Conseil Constitutionnel pour la supervision et la proclamation des
résultats de la présidentielle, la suspension de l’équipe dirigeante d’ELECAM et enfin
la suspension du parti politique RDPC ;
---Mais attendu que ces demandes ne font pas partie des attributions du Conseil
Constitutionnel limitativement énumérées dans le texte susvisé ;
---Qu’il y a lieu pour lui de se déclarer incompétent ;
---Attendu que la procédure devant le Conseil Constitutionnel étant gratuite en vertu de
l’article 57 de la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004, modifiée, portant organisation et
fonctionnement du Conseil Constitutionnel, il convient de laisser les dépens à la
charge du Trésor Public ;
---Qu’il y a lieu par ailleurs, d’ordonner la notification de la présente décision au
Conseil Electoral et aux autres parties intéressées, en application de l’article 15(2) de
la même loi, puis sa publication au Journal Officiel en Français et en Anglais ;

PAR CES MOTIFS

304
---Statuant publiquement, contradictoirement à l’égard des parties, en matière
électorale, en dernier ressort et à l’unanimité des Membres ;

---Joint les recours n°s 034, 035 et 036 ;

---Se déclare incompétent ;

---Laisse les dépens à la charge du Trésor Public ;

---Ordonne la notification de la présente décision au Conseil Electoral et aux autres


parties intéressées, puis sa publication au Journal Officiel ;

---Ainsi décidé en audience publique les jours, mois et an que dessus, en la salle des
audiences où siégeaient :
M. Clément ATANGANA, Président du Conseil Constitutionnel,

PRESIDENT ;

MM.
Jean FOUMAN AKAME,
BAH OUMAROU SANDA,
Paul NCHOJI NKWI,
Joseph Marie BIPOUN WOUM,
Emmanuel BONDE,
Mme
ARREY Florence Rita,
MM.
Charles Etienne LEKENE DONFACK,
AHMADOU TIDJANI,
Jean-Baptiste BASKOUDA,
Emile ESSOMBE,
CONSEILLERS ;

---Avec l’assistance de Maître Longin MAKA EYOUM, Greffier en Chef ;

305
---Et de Maître Flavienne Jeannette AMBOMO épouse NOAH, Greffier ;

---En présence de Monsieur MALEGHO Joseph ASEH, Secrétaire Général ;

---En foi de quoi la présente décision a été signée par le Président, le Secrétaire
Général et contresignée par le Greffier en Chef. /-

LE PRESIDENT LE SECRETAIRE GENERAL

Clément ATANGANA MALEGHO Joseph ASEH

LE GREFFIER EN CHEF

Longin MAKA EYOUM

306
DECISION N° 27/CE/CC/2018 DU 16 OCTOBRE 2018

AFFAIRE

Révérend Pasteur GABAN MIDANHA Rigobert Aminou


C/
ELECAM, RDPC, UDC, FPD, ADD, MCNC, PURS
OBJET
(Annulation et reprogrammation de l’élection du Président de la République du
Cameroun du 07 octobre 2018).

---L’an deux mille dix-huit ;

---Et le seize du mois d’octobre ;

---Le Conseil Constitutionnel, siégeant en audience publique au Palais des Congrès


a rendu la décision dont la teneur suit :
---Le Conseil Constitutionnel,
---Vu la Constitution ;
---Vu la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et fonctionnement du
Conseil Constitutionnel, modifiée et complétée par la loi no 2012/015 du 21
décembre 2012 ;

---Vu la loi n° 2012/001 du 19 avril 2012 portant Code Electoral, modifiée et


complétée par la loi n° 2012/017 du 21 décembre 2012 ;

---Vu le décret n° 2018/104 du 07 février 2018 portant organisation et


fonctionnement du Secrétariat Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/015 du 07 février 2018 portant nomination des Membres du


Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/106 du 07 février 2018 portant nomination du Président du


Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/170 du 23 février 2018 portant nomination du Secrétaire

307
Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/391 du 09 juillet 2018 portant convocation du corps


électoral en vue de l’élection du Président de la République le 07 octobre 2018 ;

---Vu le décret n° 2018/445 du 31 juillet 2018 portant nomination de responsables


au Secrétariat Général du Conseil Constitutionnel ;
---Vu le recours de Monsieur GABAN MIDANHA Rigobert Aminou ;

---Vu les mémoires en réponse des Maîtres MBUFUNG Marcel KUMFA, OKHA
BAU OKHA et ATANGANA AMOUGOU Joseph, Conseils d’ELECAM et
Maîtres Guy NOAH, MBITA Blaise, AMA’AZE AMAH Antony, Louis Gabriel
EYANGOH, Joseph DJABOU, NGONO MBARGA, KANGUE NDONG NTAH,
LUKE KISOB et NKOUMOU TSALA pour le RDPC ;

---Attendu que par requête en date du 09 octobre 2018 parvenue au Conseil


Constitutionnel le même jour et enregistrée sous le numéro 186, le Révérend Pasteur
GABAN MIDANHA Rigobert Aminou, candidat déclaré pour l’élection
Présidentielle du 07 octobre 2018, a saisi ledit Conseil d’un recours en annulation et
de reprogrammation de la susdite élection ;

---Que ladite requête est formulée ainsi qu’il suit :

« Monsieur le Président,

« Votre honneur, et très vénérables membres de la haute cour de justice de mon


beau pays le Cameroun, humblement, je viens par le présent recours demander que
soit annulé et reprogrammé l’élection du Président de la République du 07 octobre
2018 querellée ;

« Les motifs suivants m’obligent à demander l’annulation et sa reprogrammation


car plusieurs incidents majeurs émaillés çà et là survenus dans plusieurs régions de
notre pays ont entaché le déroulement serein de ce scrutin à savoir :

« Primo : sur ma personne,


« Rév. GABANMIDANHA Rigobert Aminou candidat déclaré à l'élection du
Président de la République du 07 octobre 2018 recalé par le CCC décision n°

308
14/CE/CC/2018 du 17 août 2018 affaire Monsieur GABAN MIDANHA Rigobert
Aminou C/ Elections Cameroon (ELECAM) ;

« Monsieur le Président, vénérables membres de la cour, détenteur de la carte


d'électeur n° 05924020/ Yaoundé 1 er, bureau de vote lycée d'Elig-Essono C, n°
d'inscription 0212064008015000382, domicilie Djoungolo I, profession
Pasteur, ce 07 octobre 2018, il est 11 heures 44 minutes quand je me pointe à
mon bureau de vote, vérification des listes mon nom n'y figure pas, surtout ma
carte d'électeur et ma CNI certifie que c'est mon lieu où je dois accomplir mon
devoir civique, surprise et désolation quand je fais recours aux responsable du
bureau de vote sensé m'expliquer ce disfonctionnement ou cette suspecte
absence de mon nom sur les listes des votants, malgré mon nouveau statut de
potentiel Président en herbe et leader d'opinion, donc homme public, une telle
négligence ou affront ne saurait être tolérée. Toutes tentatives par ma personne,
mes efforts pour remédier à cette situation en allant au siège d'ELECAM qui
m'ont donné le numéro vert 8292 ont été vains ; les responsables d'ELECAM
m'ont fait savoir qu'ils ont eu un disfonctionnement d'informatique lors de la
dernière refonte des listes électorales d'avant sénatoriales et cette élection
capitale querellée aujourd'hui ;

« Non seulement que voter est un devoir mais c'est un droit et priver un
présidentiable de l'exercer, me prédisposais j'en suis certain à un score minable
contre un autre soviétique à la Poutine, ou fleuve à la Chine de MAO-
TSETOUN ;
« Second Grief : C'est vrai, les décisions du CCC sont irrévocables, mais
m'attribuer par les copies collées les déclarations qui ne sont pas miennes,
relève du manque de sérieux et du professionnalisme d'Elections Cameroon. Cf
de la Décision du CCC du 17 août 2018 Sieur GABAN MIDANHA Rigobert
Aminou CI ELECAM je cite « qu'avoir été candidat à l'élection présidentielle le
12 octobre 1997 ne lui confère aucunement cette qualité, Etc ... ». ;

« Quelle négligence, provocation et myopie intellectuelle de la part

309
d’ELECAM en m'attribuant de telles déclarations ? C'est une publicité
gratuite de mauvais goût sur ma personne et l'opinion publique. « Je suis
devant vous pour que cela soit corrigé et ce sera aussi rendre justice pour les
générations futures car vos deux institutions sont à vocation pérennes et ne
doivent pas être décrédibilisées par la négligence de vos collaborateurs de
mauvais alois ;

« Tercio: Solidaires des autres collègues candidats, recourants devant votre


juridiction, je plaide que cette élection soit annulée et reprogrammée comme
stipule les textes de notre constitution de la Constitution de la République du
Cameroun, pour que le Président élu soit le choix légitime, légal du peuple
souverain dans l'honneur et la dignité qui sciait à ce magistère suprême,
s'entêter à proclamer vainqueur un de nous dans ces circonstances actuelles,
c'est ouvrir une brèche aux désordres qui seront gravissimes pour nous tous et
celui qui pendant des décennies et avec maestria à présider aux destinées de
cette grande nation terre chérie, chère patrie, nous voulons une élection
crédible, juste et transparente gage de la paix et stabilité pour l'émergence du
Cameroun à l' horizon 2035 et ce sera justice ;
« Excellence Monsieur le Président, vénérable membre, votre rôle de garant,
de régulateur des institutions de la République, vous confère cette décision
ultime. Concomitamment, l'Assemblée Nationale, et le Président de la
République ont la prérogative des lois, il est sage que le Président candidat
proroge son mandat d'un an, annule cette élection querellée ensuite, le climat
apaisé la reprogramme en toute sérénité, vous aurez ainsi rendu service a votre
pays et devenir une légende pour les générations futures.
« Je vous remercie patriotiquement.
« (é)
« Candidat Président Prophétique Potentiel
« Rév. GABANMIDANHA AMINOU RIGOBERT » ;

---Attendu que le susdit recours a été communiqué à ELECAM et aux autres parties

310
intéressées, conformément aux dispositions de l’article 130 alinéa 5 du Code
Electoral ;
---Qu’en réaction à cette communication, les conseils d’ELECAM Maîtres
MBUFUNG Marcel KUMFA, OKHA BAU OKHA et ATANGANA AMOUGOU
Joseph, Avocats au Barreau du Cameroun, et ceux du candidat BIYA Paul, à savoir
Maîtres Guy NOAH, MBITA Blaise, AMA’AZE AMAH Antony, Louis Gabriel
EYANGOH, Joseph DJABOU, NGONO MBARGA, KANGUE NDONG NTAH,
LUKE KISOB et NKOUMOU TSALA ont déposé leurs mémoires en réponse
formulés en ces termes :
« POUR ELECAM

« PLAISE AU CONSEIL CONSTITUTIONNEL


« Attendu que suivant requête datée du 09 octobre 2018, enregistrée le même jour
au Greffe du Conseil Constitutionnel sous le n° 186, Monsieur GABAN MIDANHA
Rigobert AMINOU a sollicité l’« … annulation et la reprogrammation de l’élection
du Président de la République du Cameroun du 07 octobre 2018» ;
« Que cette requête est cependant irrecevable pour défaut de qualité de son auteur ;
IN LIMINE LITIS : SUR L’IRRECEVABILITE DE LA REQUETE POUR DEFAUT
DE QUALITE DU SIEUR GABAN MIDANHA RIGOBERT AMINOU.
« Attendu que l’article 132 alinéa 2 du Code électoral dispose que « Il (le Conseil
Constitutionnel) statue sur toute requête en annulation totale ou partielle des
opérations électorales introduites par tout candidat, tout parti politique ayant pris
part à l’élection, ou par toute personne ayant qualité d’agent du Gouvernement
pour cette élection » ;
« Qu’ainsi, ne sont recevables dans le contentieux électoral, que les recours formés
par les candidats, les partis politiques ayant pris part à l’élection ou toute personne
ayant qualité d’agent du Gouvernement ;
« Qu’or, le nommé GABAN MIDANHA Rigobert AMINOU n’a pas été candidat à
l’élection du 07 octobre 2018 et il n’appartient à aucun des partis politiques qui a
pris part à ladite élection ;

311
« Que par ailleurs, le requérant n’a pas été agent du Gouvernement pour l’élection
concernée ;
« Qu’il s’ensuit que Monsieur GABAN MIDANHA Rigobert AMINOU n’a pas
qualité pour exercer un recours en annulation partielle ou totale de l’élection
présidentielle du 07 octobre 2018 ;
« Que sa requête est donc irrecevable.
« PAR CES MOTIFS
« Et tous autres à déduire, à ajouter ou à suppléer même d’office s’il y a lieu ;
« Déclarer irrecevable le recours de Monsieur GABAN MIDANHA Rigobert
AMINOU.
« ET CE SERA JUSTICE.
« SOUS TOUTES RESERVES,
« Yaoundé, le 10 octobre 2018
« POUR ELECTIONS CAMEROON (ELECAM)
“Barrister MBUFUNG Marcel KUMFA (é)
“Barrister OKHA BAU OKHA (é)
« Maître ATANGANA AMOUGOU Joseph (é)».

« POUR le candidat BIYA Paul du RDPC


« PLAISE AU CONSEIL CONSTITUTIONNEL
« Attendu que par requête en date du 09 octobre 2018, parvenue le même jour à 18
heures 10 minutes et enregistrée sous le n° 186 au Greffe du Conseil
Constitutionnel, Monsieur GABAN MIDANHA RIGOBERT AMINOU, se présentant
sous la qualité de "candidat président prophétique potentiel", a saisi le Conseil
Constitutionnel aux fins « d'annulation et reprogrammation de l'élection du
Président de la République du Cameroun du 07 octobre 2018 » ;
« Attendu que ladite requête doit être déclarée irrecevable pour défaut de qualité de
Monsieur GABAN MIDANHA RIGOBERT AMINOU à contester la régularité du
scrutin présidentiel du 07 octobre 2018 ;
« En effet, aux termes des dispositions de l'article 48 de la loi n° 96/06 du 18 janvier

312
1996 portant révision de la Constitution du 02 juin 1972, modifiée et complétée par
la loi n° 2008/001 du 14 avril 2008, « (1) Le Conseil Constitutionnel veille à la
régularité de l'élection présidentielle, des élections parlementaires, des
consultations référendaires. Il en proclame les résultats ;

« (2) En cas de contestation sur la régularité de l'une des élections prévues à


l'alinéa 1 ci-dessus, le Conseil Constitutionnel peut être saisi par tout candidat, par
tout parti politique ayant pris part à l'élection dans la circonscription concernée ou
toute personne ayant qualité d'agent du Gouvernement pour cette élection » ;
« Dans la suite de la loi fondamentale camerounaise, la loi n° 2004/004 du 21 avril
2004 portant organisation et fonctionnement du Conseil constitutionnel, dispose en
son article 45, de la section II se rapportant à l'élection présidentielle, que « Tout
candidat, tout parti politique ayant pris part à l'élection ou toute personne ayant
qualité d'agent du gouvernement pour l'élection, peut saisir le Conseil
Constitutionnel en annulation totale ou partielle des opérations électorales dans les
conditions prévues par les lois électorales en vigueur» ; Qu'aux termes des
dispositions de l'article 132 de la loi n° 2012/001 du 19 avril 2012 portant code
électoral, modifiée, qui s'inspire de la Constitution et de la loi n° 2004/004 du 21
avril 2004 portant organisation et fonctionnement du Conseil constitutionnel, «(1)
Le Conseil Constitutionnel veille à la régularité de l'élection présidentielle.
« (2) Il statue sur toute requête en annulation totale ou partielle des opérations
électorales introduite par tout candidat, tout parti politique ayant pris part à
l'élection, ou par toute personne ayant qualité d'agent du Gouvernement pour cette
élection » ;
« Il résulte de la combinaison des dispositions législatives citées ci-dessus que trois
catégories de personnes limitatives et exclusives sont en droit d'exercer l'action
tendant à la contestation des opérations électorales de l'élection présidentielle : tout
candidat, tout parti politique ayant pris part à l'élection, ou toute personne ayant
qualité d'agent du Gouvernement pour ladite élection ;
« Que lorsque le Conseil Constitutionnel, statuant comme juge électoral, est saisi
d'une contestation formée contre les opérations électorales, il interprète

313
scrupuleusement les dispositions législatives relatives à la qualité du requérant, en
écartant systématiquement de l'exercice du droit en nullité des opérations toutes les
personnes non mentionnées par les dispositions législatives ;
« Attendu que Monsieur GABAN MIDANHA RIGOBERT AMINOU n'est pas
candidat, ni agent du Gouvernement pour l'élection présidentielle du 07 octobre
2018 ;
Qu'il s'en suit que sa requête est irrecevable, ce d'autant qu'elle ne fait état d'aucun
grief se rapportant aux opérations électorales de l'élection présidentielle du 07
octobre 2018, susceptible d'avoir une incidence sur les résultats de ladite élection ;
« PAR CES MOTIFS
« Et tous autres moyens à soulever d'office ;
« Voir déclarer irrecevable pour défaut de qualité le recours de Monsieur GABAN
« MIDANHA RIGOBERT AMINOU ;
« SOUS TOUTES RESERVES
« PROFOND RESPECT
« YAOUNDE, LE 11 OCTOBRE 2018
« Maître Guy NOAH
« Louis Marie EYANGOH
« (é) ».

SUR LA RECEVABILITE DE LA REQUETE


---Attendu qu’aux termes de l’article 132 alinéa 2 du Code Electoral, le Conseil
Constitutionnel « statue sur toute requête en annulation totale ou partielle des
opérations électorales introduite par tout candidat, tout parti politique ayant
pris part à l’élection, ou par toute personne ayant qualité d’agent du
Gouvernement pour cette élection » ;
---Qu’il résulte des dispositions suscitées que la saisine du Conseil Constitutionnel
en cette matière est réservée aux personnes et aux partis politiques y limitativement
énumérés, en l’occurrence les candidats, les partis politiques ayant effectivement
pris part à l’élection ou toute personne ayant qualité d’agent du Gouvernement ;

314
---Qu’en l’espèce, sieur GABAN MINDANHA Rigobert Aminou, candidat recalé
par rejet de sa candidature comme il le reconnait si bien dans le présent recours, n’a
pas pris part aux opérations électorales proprement dites ;
---Qu’il s’ensuit qu’il n’a pas qualité pour saisir le Conseil Constitutionnel ;
---Que dès lors, sa requête est irrecevable ;

---Attendu que la procédure devant le Conseil Constitutionnel étant gratuite en vertu


de l’article 57 de la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et
fonctionnement du Conseil Constitutionnel, modifiée et complétée par la loi n°
2012/015 du 21 décembre 2012, il convient de laisser les dépens à la charge du
Trésor Public ;

---Qu’en application des dispositions de l’article 15 alinéa 2 de ladite loi, il y a lieu


d’ordonner la notification de la présente décision au Conseil Electoral et aux autres
parties intéressées, ainsi que sa publication au Journal Officiel en Français et en
Anglais ;

PAR CES MOTIFS

---Statuant publiquement, contradictoirement à l’égard des parties, en matière


électorale, en dernier ressort et à l’unanimité des membres ;

---Déclare la requête du Révérend GABAN MIDANHA Rigobert Aminou


irrecevable pour défaut de qualité ;

---Laisse les dépens à la charge du Trésor Public ;

---Ordonne la notification de la présente décision au Conseil Electoral et aux autres


parties intéressées, ainsi que sa publication au Journal Officiel ;

---Ainsi décidé et prononcé en audience publique par le Conseil Constitutionnel les


jour, mois et an que dessus, en la salle des audiences dudit Conseil où siégeaient :
M. Clément ATANGANA, Président du Conseil Constitutionnel,
PRESIDENT ;

315
MM. Jean FOUMAN AKAME,
BAH OUMAROU SANDA,
Paul NCHOJI NKWI,
Joseph Marie BIPOUN WOUM,
Emmanuel BONDE,
MME. Florence Rita ARREY,
MM. Charles Etienne LEKENE DONFACK,
AHMADOU TIDJANI,
Jean-Baptiste BASKOUDA,
Emile ESSOMBE,
CONSEILLERS ;

---Avec l’assistance de Maître Longin MAKA EYOUM, Greffier en Chef ;

---Et de Maître AMBOMO Flavienne J. épouse NOAH AMBASSA, Greffier ;

---En présence de Monsieur MALEGHO Joseph ASEH, Secrétaire Général ;

---En foi de quoi la présente décision a été signée par le Président, le Secrétaire
Général et contresignée par le Greffier en Chef. /-

LE PRESIDENT LE SECRETAIRE GENERAL

Clément ATANGANA MALEGHO Joseph ASEH

LE GREFFIER EN CHEF

Longin MAKA EYOUM

316
DECISION N° 28/CE/CC/2018 DU 16 OCTOBRE 2018

AFFAIRE :

Sieur LIBII LI NGUE NGUE Cabral (Union Nationale pour l’Intégration vers
la Solidarité) UNIVERS
C/
• ELECAM
• RDPC
• ADD
• PURS
• FDP
• UDC
• MCNC

OBJET :
(Annulation totale de l’élection Présidentielle du 07 octobre 2018).

---L’an deux mille dix-huit ;

---Et le seize du mois d’octobre ;

---Le Conseil Constitutionnel, siégeant en audience publique au Palais des Congrès a


rendu la décision dont la teneur suit :
---Le Conseil Constitutionnel,
---Vu la Constitution ;

---Vu la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et fonctionnement du


Conseil Constitutionnel, modifiée et complétée par la loi no 2012/015 du 21 décembre
2012 ;

---Vu la loi n° 2012/001 du 19 avril 2012 portant Code Electoral, modifiée et


complétée par la loi n° 2012/017 du 21 décembre 2012 ;

---Vu le décret n° 2018/104 du 07 février 2018 portant organisation et fonctionnement


du Secrétariat Général du Conseil Constitutionnel ;

317
---Vu le décret n° 2018/015 du 07 février 2018 portant nomination des Membres du
Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/106 du 07 février 2018 portant nomination du Président du


Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/170 du 23 février 2018 portant nomination du Secrétaire


Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/391 du 09 juillet 2018 portant convocation du corps électoral


en vue de l’élection du Président de la République le 07 octobre 2018 ;

---Vu le décret n° 2018/445 du 31 juillet 2018 portant nomination de responsables au


Secrétariat Général du Conseil Constitutionnel ;
---Vu le recours de Sieur LIBII LI NGUE NGUE Cabral ;
---Vu le mémoire en réponse de Maîtres MBUFUNG Marcel KUMFA, OKHA BAU
OKHA et ATANGANA AMOUGOU Joseph conseils d’ELECAM ;

---Vu le mémoire en réponse de Maîtres Guy NOAH, MBITA Blaise, AMA’AZE


AMAH Antony, Louis Gabriel EYANGOH, Joseph DJABOU, NGONO MBARGA,
KANGUE NDONG NTAH, LUKE KISOB et NKOUMOU TSALA conseils du
RDPC ;

---Vu le mémoire en réponse de Maîtres Sylvain SOUOP, Emmanuel SIMH, Réné


MANFO, Joseph YOUMSI, J.M WOUPALA et G. ZOMISSI, conseils du MRC ;

---Attendu que par requête datée du 10 octobre 2018, parvenue et enregistrée au


Conseil Constitutionnel la même date, sieur LIBII LI NGUE NGUE Cabral, candidat
du parti politique « Union Nationale pour l’Intégration vers la Solidarité », en abrégé
UNIVERS à l’élection présidentielle, a introduit le recours auprès dudit Conseil en ces
termes :

« L’élection présidentielle du 07 octobre 2018 s’est caractérisée par de nombreuses


fraudes et irrégularités ;

318
« Que ladite élection n’a été libre, ni crédible, ni démocratique, ni transparente ;
« Que les irrégularités suivantes ont été observées ;
« Au niveau de la diaspora :
« Que nos représentants à Marseille en France, en Norvège, en Suisse, en Tunisie en
Belgique ont été interdits d’accès dans les bureaux de vote.
« Qu’à Paris en France, le nombre de suffrages exprimés s’est avéré supérieur au
nombre d’inscrits ;
« Qu’à Dakar au Sénégal, des personnes de nationalité guinéenne ont voté en lieu et
place des camerounais ;
« Qu’à Marseille, notre représentant a été refoulé du bureau de vote ;
« Au niveau local
« Ngoumou : nos représentants ont été exclus des bureaux de vote ;
« Limbe 1 : ouverture tardive des bureaux de vote ;
« Des individus sans carte d’électeur, ont voté, malgré les réserves de nos
représentants, qui ont été expulsés des bureaux de vote par le maire de la ville, puis
réintégrés. Le Sous-préfet est venu ensuite les expulser à nouveau, parce qu’ils
dénonçaient les fraudes ;
« Le maire a refoulé les électeurs et représentants qui voulaient assister au
dépouillement ;
« Mayo kani : seuls les bulletins de Paul Biya, Maurice KAMTO et AKERE MUNA
étaient disponibles dans les bureaux de vote ;
« Metet : nos représentants ont été battus vers 9h30-10h ;
« Yaoundé 1er et dans plusieurs autres localités : l’encre n’était pas indélébile ;
« Yaoundé5 : des fausses cartes d’électeurs ont été fabriquées le jour des élections ;
« Banwa : le président du bureau de vote aux ordres de FONDJO David, chef
supérieur Bandja, remettaient les enveloppes avec des bulletins du RDPC aux
électeurs ;
« Otélé : un représentant du RDPC accompagnait les électeurs dans l’urne et faisait le
choix pour eux. Dans le même bureau, il a été retrouvé trois représentants du RDPC ;

319
« Yaoundé1er : fermeture du bureau de vote de la mairie de Yaoundé 1er, empêchant
les électeurs d’assister au dépouillement ;
« Douala : expulsion des électeurs du bureau de vote de Bali afin d’empêcher les
électeurs d’assister au dépouillement ;
« Yaoundé 1er : au poste agricole de nkolondom 1 « A », un officier de police a voté
sans carte d’électeurs ;
« Dans de nombreuses circonscriptions électorales, les bulletins du parti UNIVERS
n’ont pas été acheminés dans les bureaux de vote à l’instar des bureaux du
département du Mayo kani, dans la Région de l’Extrême – Nord, - département dans
lequel nous découvrons que nous avons miraculeusement obtenu des voix sachant que
nous n’y avions pas de bulletins de vote dans la Région du littoral, notamment dans les
bureaux de vote de Nkongsamba II ;
« Qu’en outre, dans de nombreuses circonscriptions, les représentants du parti
UNIVERS ont été chassés et violentés, leurs mandats détruits, notamment dans le
département du Nyong et So’o notamment à Metet (les urnes ont été enlevées et le
dépouillement a eu lieu dans un domicile privé, Oboutou ;
« A Mombo (Nkongsamba,) notre représentant a été mis en cellule par le Sous- préfet ;
« A Nkongsamba 3, notre représentant a été agressé physiquement par un chef
traditionnel pris entrain de bourrer les urnes ;
« Que dans la Sanaga maritime, les procès-verbaux ont été réécrits par des élites
locales et ce sont ces procès-verbaux qui ont été transmis à ELECAM pour validation
au détriment des originaux qui nous donnaient gagnants ;
« Que dans la commune de Yaoundé 1er, dans le bureau de vote A de l’école publique
bilingue de bastos, le président du bureau de vote a bourré les urnes au vu et au su de
tous, ce qui a causé un raffut ;
« Qu’au CETIC communal de Yaoundé, notre représentant s’est vu proposé de
l’argent et son refus lui a valu des menaces des autorités administratives ;
« Qu’à PI and JU « B », le président du bureau de vote n’avait pas de mandat et que
le représentant du Sous-préfet était mineur, et que les urnes n’étaient pas scellées ;
« Que dans la commune de Yaoundé 4, il existait des bureaux de votes fictifs ;

320
« Que de nombreux électeurs se sont retrouvés avec de nombreuses cartes
électorales ;
« Que de nombreux électeurs pourvus de leurs cartes électorales n’ont pas trouvé
leurs noms sur les listes de leurs bureaux de vote et ont été incapables d’exprimer
leurs suffrages ;
« Que dans le bureau de mvog Mbida à Yaoundé 1er, le refus de la corruption de notre
représentant lui a valu une expulsion ;
« Que plusieurs autres irrégularités dont nous fournirons les preuves par devant vous
ont été répertoriées ;
« Que tout ceci atteste que le scrutin du 07 octobre a été une simple mascarade ;
« Qu’il échet de dénoncer l’annulation de l’élection du 07 octobre 2018 ;
« C’EST POURQUOI L’EXPOSANT SOLLICITE QU’IL VOUS PLAISE
« Le recevoir en son recours comme formé dans les délais légaux,
« Y faisant droit,
« Bien vouloir annuler TOTALEMENT l’élection présidentielle du 07 octobre
2018 » ;
---Attendu qu’en application des dispositions de l’article 130 alinéa 5 du Code
Electoral, la présente requête a été communiquée aux autres parties intéressées ;
---Que réagissant sous la plume de ses conseils Guy NOAH, MBITA Blaise,
AMA’AZE AMAH Antonny, Louis Gabriel EYANGO, Joseph DJABOU, NGONO
MBARGA, KANGUENDONGTAH, LUKE KISOB, NKOUMOU TSALA, tous
Avocats au Barreau du Cameroun conduits par une délégation composée
de messieurs OWONA Grégoire, NJIEMOUN MAMA, NDONG SOUMET Benoît et
NGOLLE NGOLLE Elvis, le RDPC a déposé son mémoire en réponse le 12 octobre
2018 formulé ainsi qu’il suit :
« PLAISE AU CONSEIL CONSTITUTIONNEL
« Attendu que par requête en date du 10 octobre 2018 parvenue le même jour à 19
heures et enregistrée sous le numéro 234 au Greffe du Conseil Constitutionnel, Sieur
LIBII LI NGUE NGUE CABRAL, résidant à Yaoundé, candidat du parti UNIVERS à

321
l'élection présidentielle du 07 octobre 2018, a saisi le Conseil Constitutionnel aux fins
de : « Solliciter l'annulation de l'élection présidentielle du 07 octobre 2018 » ;
« AU PRINCIPAL,
« 1) SUR L’HEURE DU DEPOT DU RECOURS
« Attendu que la requête de Sieur LIBII LI NGUE NGUE Cabral doit être irrecevable
pour avoir été déposé hors le délai de soixante-douze (72) heures ;
« Attendu qu’au soutien de sa requête, il produit : 15 (quinze) thermocopies de cartes
d’électeurs, 03 (trois) mandats de représentation dans la commission locale de vote,
délivrés par le parti UNIVERS, 01 (une) thermocopie du récépissé constatant
l’enregistrement du recours de Monsieur LIBII LI NGUE NGUE Cabral du 10 octobre
2018 et son accusé de réception ;
« Qu’en effet, aux termes de l’article 133(1) de la loi n° 2012/001 du 19 avril 2012
portant Code Electoral et ses modificatifs subséquents, « Toute contestation formulée
en application des dispositions de l’article 132 ci-dessus doit parvenir au Conseil
Constitutionnel dans un délai maximum de soixante-douze (72) heures à compter de la
date de clôture du scrutin » ;
« Que le décret n° 2018/391 du 09 juillet 2018 portant convocation du corps électoral
en vue de l’élection du Président de la République dispose, en son article 1 que « Les
électeurs sont convoqués le dimanche 07 octobre 2018 à l’effet de procéder à
l’élection du Président de la République » ;
« Que l’article 2 dudit décret dispose que « Les bureaux de vote seront ouverts à huit
(8) heures et fermés à dix-huit (18) heures » ;
« Qu’il s’ensuit de la combinaison des textes cités ci-dessus que toute contestation
formulée dans le cadre de l’élection présidentielle du 07 octobre 2018 devait être
déposée au Conseil Constitutionnel le dix (10) octobre 2018 à dix-huit heures » ;
« Attendu que le recours de Sieur LIBII LI NGUE NGUE Cabral a été reçu au Greffe
du Conseil Constitutionnel le 10 octobre 2018 à dix-neuf (19) heures, soit soixante-
treize (73) heures de la clôture du scrutin ;
« Qu’il s’ensuit que sa requête est manifestement irrecevable pour avoir été déposée
hors le délai de soixante-douze (72) heures prévues par la loi ;

322
« Qu’il y a lieu en conséquence de déclarer le recours de LIBII LI NGUE NGUE
Cabral irrecevable comme tardif ;
« 2) SUR L’ABSENCE DES MOYENS
« Attendu que Sieur LIBII LI NGUE NGUE Cabral, dans son recours, s’est limité à
exposer les faits sans en préciser les moyens ;
« Mais que d’après les dispositions de l’alinéa 3 de l’article133 susvisé, « Sous peine
d’irrecevabilité, la requête doit préciser les faits et les moyens allégués... » ;
« Que faute pour le requérant d’avoir précisé les moyens allégués, il convient, en
application de l’alinéa 3 de l’article 133 susvisé, de dire son recours irrecevable ;
« Attendu en outre qu’aux termes de l’article 134 du Code Electoral : « Le Conseil
Constitutionnel peut, sans instruction contradictoire préalable, rejeter, par décision
motivée, les requêtes irrecevables ou ne contenant que des griefs ne pouvant avoir
aucune incidence sur les résultats de l’élection » ;
« Qu’il y a lieu pour le Conseil Constitutionnel de faire application des dispositions de
l’article 134 suscité ;
« SUBSIDIAIREMENT
« Attendu que pour solliciter l’annulation de l’élection présidentielle du 07 octobre
2018, Sieur LIBII LI NGUE NGUE Cabral invoque de nombreuses fraudes et
irrégularités tant à l’étranger qu’au niveau local, notamment :
• l’exclusion de ses représentants des bureaux de vote,
• les violences exercées sur ses représentants,
• l’encre n’était pas indélébile,
• l’expulsion des électeurs du bureau de vote de BALI etc ;
« Attendu que pour justifier tous ces griefs, irrégularités et violences, le requérant
produit dix-neuf (19) pièces ;
« Mais attendu qu’à l’examen desdites pièces, il n’en ressort aucun lien avec les faits
et les griefs allégués ;
« Que de surcroît, force est de constater que Sieur LIBII LI NGUE NGUE Cabral
n’apporte aucune preuve de toutes les allégations et griefs tendant à l’annulation de
l’élection présidentielle du 07 octobre 2018 ;

323
« Qu’il est de jurisprudence constante que celui qui allègue un fait doit en apporter la
preuve ;
« Qu’au demeurant, le plaideur qui ne parvient pas à rapporter la preuve de son
allégation soit par abstention, soit par refus, ne donne pas la possibilité au juge saisi
de fonder sa conviction ;
« Qu’il y a lieu de rejeter le recours de Sieur LIBII LI NGUE NGUE Cabral, celui-ci
n’apportant aucune preuve des faits allégués au soutien de sa demande en vue de
l’annulation de l’élection présidentielle du 07 octobre 2018 ;
« PAR CES MOTIFS
« AU PRINCIPAL,
« Voir déclarer irrecevable le recours de Sieur LIBII LI NGUE NGUE Cabral comme
tardif ;
« SUBSIDIAIREMENT,
« Voir rejeter sa demande tendant à l’annulation de l’élection présidentielle du 07
octobre 2018 pour défaut de preuve ».

---Que réagissant à son tour sous la plume de ses conseils Maîtres MBUFUNG Marcel
KUMFA, OKHA BAU OKHA, et ATANGANA AMOUGOU Joseph, tous Avocats
au Barreau du Cameroun, ELECAM a déposé en date du 12 août 2018 et contre
récépissé son mémoire dont la teneur suit :
« PLAISE AU CONSEIL CONSTITUTIONNEL :
« Attendu que suivant requête datée du 10 octobre 2018, enregistrée le même jour au
Greffe du Conseil Constitutionnel sous le n° 234, Monsieur LIBII LI NGUE CABRAL
a sollicité « l’annulation totale de l’élection Présidentielle du 07 octobre 2018 » ;
« Que cette requête est cependant irrecevable comme faite en violation de la forme
prescrite par la loi ;
IN LIMINE LITIS : SUR L’IRRECEVABILITE DE LA REQUETE COMME FAITE EN
VIOLATION DE LA FORME PRESCRITE PAR LA LOI.
« Attendu que l’article 133 alinéa 3 du Code Electoral dispose que « Sous peine
d’irrecevabilité, la requête doit préciser les faits et les moyens allégués. Elle est

324
affichée dans les vingt-quatre (24) heures à compter de son dépôt et communiquée aux
parties intéressées, qui disposent d’un délai de quarante-huit (48) heures pour
déposer, contre récépissé, leur mémoire en réponse. » ;
« Que l’article 42 alinéa 3 de la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation
et fonctionnement du Conseil Constitutionnel rappelle que « la requête doit préciser
les faits et les moyens allégués. Elle est affichée dans les vingt-quatre (24) heures à
compter de son dépôt et communiquée aux parties intéressées, qui disposent d’un délai
de quarante-huit (48) heures pour déposer, contre récépissé, leur mémoire en réponse.
»;
« Attendu qu’il ressort des dispositions légales susvisées qu’une requête en annulation
des élections s’articule autour des faits et des moyens ;
« Qu’or, l’exploitation du recours de Monsieur LIBII LI NGUE CABRAL laisse
apparaître que celui-ci se résume en un exposé des faits sans aucune précision ni sur
le texte de loi ni sur le principe juridique qui auraient été violés dans le cadre de
l’élection présidentielle du 07 octobre 2018 ;
« Qu’il s’ensuit que ce recours a été fait en violation des dispositions légales
suscitées ;
« Que la requête de Monsieur LIBII LI NGUE NGUE CABRAL est donc irrecevable.
« SUBSIDIAIREMENT :
« Attendu que si par extraordinaire le Conseil Constitutionnel venait à déclarer
l’action de Monsieur LIBII LI NGUE CABRAL recevable, il notera qu’aucun des
griefs mis au passif d’Elections Cameroon par le recourant n’est sous-tendu par un
élément de preuve ;
« Attendu en effet que le requérant annonce la production future des preuves ;
« Que celles-ci ne sauraient malheureusement être admises puisque n’ayant pas été
déposées dans les délais légaux, soit soixante-douze heures après la clôture du
scrutin ;
« Qu’il convient donc de dire la requête de Monsieur LIBII LI NGUE CABRAL non
justifiée.
« PAR CES MOTIFS

325
« Et tous autres à déduire, à ajouter ou à suppléer même d’office s’il y a lieu ;
« IN LIMINE LITIS :
« Déclarer irrecevable le recours de Monsieur LIBII LI NGUE CABRAL.
« SUBSIDIAIREMENT :
« Déclarer la requête de Monsieur LIBII LI NGUE CABRAL non justifiée et la rejeter.
« ET CE SERA JUSTICE.
« SOUS TOUTES RESERVES,
« Yaoundé, le 11 octobre 2018
« POUR ELECTIONS CAMEROON (ELECAM)
« Maître MBUFUNG Marcel KUMFA
« Maitre OKHA BAU OKHA
« Maître ATANGANA AMOUGOU Joseph”.

---Que pour le Mouvement de la Renaissance du Cameroun (MRC) de son côté, ses


conseils Maîtres SIMH Emmanuel, SOUOP Sylvain, MANFO René, YOUMSI
Joseph, WOUPALA Jean Marie et ZOMISSI NGAPDOH Gautier, tous Avocats au
Barreau du Cameroun, ont déposé leur mémoire soutenant ce qui suit :
« Par requête déposée au Conseil Constitutionnel le 10 octobre 2018 à 19 heures sous
le n° 234, Monsieur LIBII LI NGUE NGUE Cabral, candidat investi par le parti
UNIVERS à l’élection présidentielle du 07 octobre 2018, sollicite l’annulation totale
de ladite élection en raison de nombreuses fraudes et irrégularités ;
« Cette requête a été communiquée au candidat Maurice KAMTO le 11 octobre 2018
par lettre n° 301/SG/CC du Secrétaire Général du Conseil Constitutionnel datée du 10
octobre 2018 ;
« En réponse, le candidat Maurice KAMTO, qui soutient que les mêmes fraudes et
irrégularités ont été relevées dans les Régions variées dans sa requête en annulation
partielle des opérations électorales, sollicite, en vue de manifestation de la vérité,
l’application des dispositions ci-dessous
« Article 107 : “les listes électorales émargées sont conservées par le démembrement
communal d’Elections Cameroon. En cas de contestation, elles sont transmises pour

326
consultation au Conseil Constitutionnel ou à la juridiction administrative compétente
sur sa demande.”
« Article 133(2) “Le Conseil Constitutionnel peut, s’il le juge nécessaire, entendre tout
requérant ou demander la production, contre récépissé des pièces à conviction.”
« PAR CES MOTIFS
« Vu la requête déposée au Conseil Constitutionnel le 10 octobre 2018 à 19 heures
sous le n° 234 par Monsieur LIBII LI NGUE NGUE Cabral, candidat investi par le
parti UNIVERS à l’élection présidentielle du 07 octobre 2018, sollicite l’annulation
totale de ladite élection en raison de nombreuses fraudes et irrégularités ;
« Vu la lettre n° 301/SG/CC du Secrétaire Général du Conseil Constitutionnel datée
du 10 octobre 2018, portant communication de ladite requête le 11 octobre 2018 au
candidat Maurice KAMTO ;
« Donner acte au candidat Maurice KAMTO du dépôt du présent mémoire en réponse
;
« Constater que les mêmes fraudes et irrégularités ont été relevées dans les Régions
visées dans sa requête en annulation partielle des opérations électorales ;
« Voir, en vue de la manifestation de la vérité, faire application des dispositions ci-
dessous du code électoral ;
« Article 107 : “les listes électorales émargées sont conservées par le démembrement
communal d’Elections Cameroon. En cas de contestation, elles sont transmises pour
consultation au Conseil Constitutionnel ou à la juridiction administrative compétente
sur sa demande.”
« Article 133(2) “Le Conseil Constitutionnel peut, s’il le juge nécessaire, entendre tout
requérant ou demander la production, contre récépissé des pièces à conviction.”
« Annuler les opérations électorales des bureaux de vote des Régions du Nord-Ouest,
du Sud-Ouest, de l’Adamaoua, du Nord, de l’Extrême Nord, de l’Est et du Sud.”.

SUR LA RECEVABILITE DU RECOURS

---Attendu qu’aux termes de l’article 132 du Code Electoral :

327
« (1) Le Conseil Constitutionnel veille à la régularité de l’élection présidentielle » ;
« (2) Il statue sur toute requête en annulation totale ou partielle des opérations
électorales introduite par tout candidat, tout parti politique ayant pris part à
l’élection, ou par toute personne ayant qualité d’agent du Gouvernement pour cette
élection » ;
---Que l’article 133 alinéa 3 suivant, dispose :
« Sous peine d’irrecevabilité, la requête doit préciser les faits et les moyens allégués.
»;
---Qu’il résulte de ces dernières prescriptions que non seulement le moyen doit
contenir les faits allégués, mais qu’il doit aussi indiquer les textes ou les principes
généraux de droit justifiant les griefs soulevés ;
---Attendu en l’espèce que la requête de l’intéressé ne vise aucun texte, ni aucun
principe général de droit sur lesquels se fondent les irrégularités alléguées ;
---Qu’il s’ensuit qu’elle est irrecevable ;
---Attendu que la procédure devant le Conseil Constitutionnel étant gratuite en vertu
de l’article 57 de la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et
fonctionnement du Conseil Constitutionnel, il convient de laisser les dépens à la
charge du Trésor Public ;
---Qu’en vertu des dispositions de l’article 15 alinéa 2 de ladite loi, il y a lieu
d’ordonner la notification de la présente décision au Conseil Electoral et aux autres
parties intéressées, puis sa publication au Journal Officiel ;

PAR CES MOTIFS

---Statuant publiquement, contradictoirement à l’égard des parties, en matière


électorale, en dernier ressort et à l’unanimité des Membres :
---Déclare le recours de sieur LIBII NGUE NGUE Cabral irrecevable ;
---Laisse les dépens à la charge du Trésor Public ;
---Ordonne la notification de la présente décision au Conseil Electoral et aux autres
parties intéressées, puis sa publication au Journal Officiel, en Français et en Anglais ;

328
---Ainsi décidé en audience publique les jour, mois et an que dessus, en la salle des
audiences où siégeaient :
M. Clément ATANGANA, Président du Conseil Constitutionnel,
PRESIDENT ;
MM.
Jean FOUMAN AKAME,
BAH OUMAROU SANDA,
Paul NCHOJI NKWI,
Joseph Marie BIPOUN WOUM,
Emmanuel BONDE,
Mme. Florence Rita ARREY,

MM.

Charles Etienne LEKENE DONFACK,

AHMADOU TIDJANI,

Jean-Baptiste BASKOUDA,

Emile ESSOMBE,

CONSEILLERS ;

---Avec l’assistance de Maître Longin MAKA EYOUM, Greffier en Chef ;

---Et de Maître Flavienne Jeannette AMBOMO épouse NOAH, Greffier ;

---En présence de Monsieur MALEGHO Joseph ASEH, Secrétaire Général ;

---En foi de quoi la présente décision a été signée par le Président, le Secrétaire
Général, et contresignée par le Greffier en Chef. /-
LE PRESIDENT LE SECRETAIRE GENERAL

Clément ATANGANA MALEGHO Joseph ASEH

LE GREFFIER EN CHEF

Longin MAKA EYOUM

329
DECISION N° 29/CE/CC/2018 DU 17 OCTOBRE 2018
AFFAIRE :

Sieur Maurice KAMTO


C/
ELECAM, RDPC, UDC, FPD, ADD, MCNC, PURS
OBJET :
(Annulation partielle des opérations électorales dans les bureaux de vote des
Régions du Nord-Ouest, du Sud-Ouest, de l'Adamaoua, du Nord, de l'Extrême Nord,
de l'Est et du Sud).

---L’an deux mille dix-huit ;

---Et le dix-sept du mois d’octobre ;

---Le Conseil Constitutionnel, siégeant en audience publique au Palais des Congrès a


rendu la décision dont la teneur suit :
---Le Conseil Constitutionnel,

---Vu la Constitution ;

---Vu la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et fonctionnement du


Conseil Constitutionnel, modifiée et complétée par la loi no 2012/015 du 21 décembre
2012 ;

---Vu la loi n° 2012/001 du 19 avril 2012 portant Code Electoral, modifiée et


complétée par la loi n° 2012/017 du 21 décembre 2012 ;

---Vu le décret n° 2018/104 du 07 février 2018 portant organisation et fonctionnement


du Secrétariat Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/015 du 07 février 2018 portant nomination des Membres du


Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/106 du 07 février 2018 portant nomination du Président du


Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/170 du 23 février 2018 portant nomination du Secrétaire


Général du Conseil Constitutionnel ;
330
---Vu le décret n° 2018/391 du 09 juillet 2018 portant convocation du corps électoral
en vue de l’élection du Président de la République le 07 octobre 2018 ;

---Vu le décret n° 2018/445 du 31 juillet 2018 portant nomination de responsables au


Secrétariat Général du Conseil Constitutionnel ;
---Vu le recours de Sieur Maurice KAMTO ;

---Vu les mémoires en réponse des Maîtres MBUFUNG Marcel KUMFA, OKHA
BAU OKHA et ATANGANA AMOUGOU Joseph, Conseils d’ELECAM et de
Maîtres Guy NOAH, MBITA Blaise, AMA’AZE AMAH Antony, Louis Gabriel
EYANGOH, Joseph DJABOU, NGONO MBARGA, KANGUE NDONG NTAH,
LUKE KISOB et NKOUMOU TSALA pour le RDPC, conduits par une délégation
composée de Messieurs OWONA Grégoire, NJIMOUN MAMA, NDONG
SOUMHET Benoît et Elvis NGOLLE NGOLLE ;

---Attendu que par requête en date du 10 octobre 2018 parvenue au Conseil


Constitutionnel le même jour et enregistrée sous le numéro 228, Professeur Maurice
KAMTO, candidat investi à l’élection présidentielle du 07 octobre 2018 par le
Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) ayant pour conseil Maîtres
SIMH Emmanuel, SOUOP Sylvain, MANFO René, YOUMSI Joseph, WOUPALA
Jean Marie et ZOMISSI NGAPDOH Gautier, Avocats au Barreau du Cameroun, a
saisi le susdit Conseil d’un recours en annulation partielle des opérations électorales.

---Que ladite requête est formulée ainsi qu’il suit :

« Monsieur le Président,

« Le Professeur Maurice KAMTO, Candidat investi à l'élection présidentielle du 07


octobre 2018 par le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), Parti
Politique dont le siège est à Yaoundé, BP: 8704, ayant pour Conseils Maîtres SIMH
Emmanuel, SOUOP Sylvain, MANFO René, YOUMSI Joseph, WOUPALA Jean Marie
et ZOMISSI NGAPDOH Gautier, Avocats au Barreau du Cameroun, avec élection de
domicile au Cabinet SOUOP Sylvain B.P 31204, sis à Yaoundé Immeubles Editions

331
Clé, Tél. : 222 23 13 84 et au Cabinet WOUPALA & ZOMISSI sis à Yaoundé Entrée
CRTV-Jamot, 222 219 290 /699 58 36 93 /699 820 491 /699 912 448 ;

« A L'HONNEUR DE VOUS EXPOSER :

« Qu'il a été investi par le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC),


pour être candidat à l'élection présidentielle du 07 octobre 2018 ;

« Mais en raison des multiples irrégularités, d'importantes fraudes et des cas de


violation de la loi, il sollicite très respectueusement par les présentes, l'ANNULATION
PARTIELLE des opérations électorales dans les bureaux de vote des Régions du
Nord-Ouest, du Sud-Ouest, de l'Adamaoua, du Nord, de l'Extrême- Nord, de l'Est et du
Sud ;

« Qu'il convient d'exposer les faits de la cause (I) avant de développer les moyens de
droit au soutien de l'annulation sollicitée (II) ;

« I- LES FAITS

« Les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun sont en situation de crise


depuis plus de 02 ans. Il y règne une insécurité indescriptible ayant entrainé la
désertion et les déplacements massifs des populations constituant l'électorat des
bureaux de vote qui y sont créés ;

« Il est en l'état impossible de respecter, dans ces 02 régions, les règles d'organisation
de l'élection présidentielle dont le Conseil Constitutionnel est garant de la régularité
et de la conformité aux règles de droit ;

« Il en résulte que les procès-verbaux issus de ces régions sont des documents établis
de façon irrégulière et donc contestable ;

« Les résultats qui découlent d'un scrutin organisé dans ces conditions ne peuvent être
ni sincères, ni crédibles et transparents ;

« Bien plus, on peut relever que le candidat Maurice KAMTO n'a pas pu déployer sa

332
campagne électorale dans ces régions en raison de l'insécurité ci-dessus décriée et du
refus du Ministre de la Défense de mettre à sa disposition les forces de sécurité ;

« S'agissant des autres régions (Adamaoua, Nord, Extrême-Nord, Est et Sud), la


campagne du candidat KAMTO a été émaillée de nombreuses irrégularités du fait de
l'Administration et d’ELECAM ;

« A cet égard, les emplacements et les dimensions des affichages du candidat du


RDPC Paul BIYA n'ont pas respecté la loi ;

« Par un Arrêté illégal, le Ministre de l'Administration Territoriale a restreint les


déplacements et, partant, les délais de campagne ;

« ELECAM n'a pas cru devoir afficher les listes des bureaux de vote dans les délais
prévus par le Code Electoral ;

« En outre, les bulletins de vote du candidat Maurice KAMTO n'étaient pas en nombre
suffisant dans les bureaux de vote des régions ci-dessus citées ;

« Par ailleurs, malgré le désistement explicite du candidat AKERE MUNA, ELECAM


n'a pas jugé utile de retirer les bulletins de ce candidat, alors que ce dernier avait
appelé ses partisans à voter pour le candidat Maurice KAMTO ;

« Pendant toute la campagne électorale, le temps d'antenne attribué aux différents


candidats n'étaient pas équitables, la part belle était outrancièrement faite au candidat
BIYA au détriment du requérant. Dans le même sens, le candidat BIYA a bénéficié
d'espaces rédactionnels disproportionnés par rapport au candidat KAMTO ;

« Aussi, convient-il de constater qu'il n'était pas possible de recourir équitablement


aux médias pour atteindre les électeurs dans ces régions, du fait que la CRTV, média
d'Etat acquis à Paul BIYA, ne respectait pas la répartition égalitaire du temps
d'antenne, nonobstant la saisine du Conseil National de la Communication ;
« Au surplus, le candidat Maurice KAMTO et le MRC se sont heurtés au refus

333
systématique des Présidents des Tribunaux de Première d'instance de la République
du Cameroun qui, de concert, ont rejeté toutes les requêtes tendant à autoriser les
Huissiers de Justice à procéder aux constats nécessaires le jour du scrutin qui était un
dimanche ;
« Plus grave, les représentants du candidat KAMTO ont été chassés des bureaux de
vote dans les régions en cause, laissant ainsi libre cours au bourrage des urnes et aux
votes multiples sauvages ;
« Ces irrégularités ont eu une incidence significative et néfaste sur les résultats
rendus public dans les bureaux de vote des régions ci-dessus indiquées, lesquels
résultats ont curieusement et exclusivement profité au Candidat Paul Biya, entachant
ainsi la sincérité du vote ;
« II - DISCUSSION JURIDIQUE
« II.1- MOYENS DE DROIT CONCERNANT TOUTES LES REGIONS
« PREMIER MOYEN :
VIOLATION DE L'ARTICLE 286 ALINEA 1 DU CODE ELECTORAL

« En ce que le financement n'a été rendu disponible que trois jours avant le début de
la campagne, et que la Candidat Paul Biya du RDPC a bénéficié des moyens
exorbitants de l'Etat pour battre campagne.

« Alors que l'article 286(1) du code électoral dispose : « en cas d'élections


présidentielle, les fonds publics destinés au financement de la campagne électorale
sont répartis en deux (2) tranches d'égal montant aux candidats, ainsi qu'il suit :

« La première tranche est, après la publication de la liste des candidats, allouée sur
une base égalitaire aux différents candidats ... » ;

« En l'espèce la publication de la liste des candidats est intervenue en date du 07 août


2018, et la mise à disposition des financements n'est intervenue que le 19 septembre
2018 ;

« DEUXIEME MOYEN :
VIOLATION DE L'ARTICLE 91(1) & (5) DU CODE ELECTORAL RELATIF A

334
L'AFFICHAGE ET AU MATERIEL DE CAMPAGNE DE CHAQUE CANDIDAT

« En ce que la réglementation relative à l'affichage n'a pas été respectée, et que les
affiches surdimensionnées du candidat Paul BIYA étaient disposées de façon
anarchique et discriminatoire ;

« Alors que la disposition légale susvisée énonce :

« ARTICLE 91.-
(1) Des emplacements sont réservés par les municipalités à la demande
d'Elections Cameroon, pour l'apposition des affiches et du matériel de campagne de
chaque candidat ou liste de candidats.
(5) Elections Cameroon fait procéder à l'enlèvement des affiches apposées
irrégulièrement » ;

« TROISIEME MOYEN :
VIOLATION DE L'ARTICLE 87(1) DU CODE ELECTORAL

« En ce que par Arrêté n° 00022/A/MINAT/SGIDAP du 05 octobre 2018 réglementant


l'exercice de certaines libertés et activités à l'occasion de l'élection présidentielle du
07 octobre 2018, le Ministre de l'Administration Territoriale a limité à 18 heures la
circulation des personnes et, partant, la fin prématurée de la campagne électorale ;

« Alors que selon l'article 87(1) ci-dessus : « La campagne électorale est ouverte à
partir du quinzième jour précédant le scrutin. Elle prend fin la veille du scrutin à
minuit ».

« QUATRIEME MOYEN :
VIOLATION DE L'ARTICLE 97 DU CODE ELECTORAL RELATIF AU DELAI
D'AFFICHAGE DES BUREAUX DE VOTE

« En ce que ce n'est qu'au petit matin du 07 octobre 2018, jour du scrutin, que les
listes ont été affichées, malgré les lettres de relance adressées à ELECAM ;

« Alors que selon l'article susvisé « La liste des bureaux de vote est transmise aux
démembrements communaux d'Elections Cameroon pour affichage au moins huit (08)

335
jours avant la date du scrutin ».

« CINQUIEME MOYEN :
VIOLATION DE L'ARTICLE 100(2) DU CODE ELECTORAL RELATIF AU
NOMBRE DE BULLETINS IMPARTIS A CHAQUE CANDIDAT

« En ce que les bulletins du Candidat KAMTO étaient déjà épuisés et indisponibles


dans certains bureaux de vote, et les représentants d'ELECAM ont refusé d'en ajouter
;

« Alors que selon l'article 100(2) du Code Electoral visé ci-dessus : « Dans chaque
bureau de vote, les bulletins de vote de chaque candidat ou liste de candidats, ainsi
que les enveloppes, doivent être en nombre supérieur à celui des électeurs inscrits ;

« Cette rupture volontaire du nombre de bulletins de vote aux couleurs du candidat


KAMTO n'ont pas permis à ses partisans de le voter ;

« SIXIEME MOYEN
NON RESPECT DU RETRAIT DU CANDIDAT AKERE MUNA
« En ce que les bulletins de ce candidat ont été exposés dans les bureaux de vote ;
« Alors que de manière explicite, ce candidat a notifié le 06 octobre 2018 à ELECAM
le retrait de sa candidature et a appelé ses militants et alliés à voter le candidat
KAMTO ;
« En l'espèce, en dépit de ce retrait non respecté par ELECAM, des votes ont été
exprimés de Monsieur AKERE MUNA au détriment de Maurice KAMTO ;
« SEPTIEME MOYEN

« VIOLATION DE L'ARTICLE 104 ALINEA 2 DU CODE ELECTORAL

« En ce que de nombreux électeurs ont pu voter plusieurs fois ;

« Alors que l'article 104(2) énonce que : « (1) L'électeur, après avoir fait constater
son identité, prend lui-même une enveloppe et chacun des bulletins de vote mis à sa
disposition, rentre obligatoirement dans l'isoloir et y opère son choix. (2) Il ressort de
l'isoloir, et après avoir fait constater à la commission locale de vote qu'il n'est porteur

336
que d'une seule enveloppe, introduit celle-ci dans l'urne ».

« En l'espèce, à titre d'exemple, dans le bureau de vote de l'école maternelle du


secteur militaire 2 de BUEA, plusieurs militaires ont voté plusieurs fois ;

« Par ailleurs, dans la zone rurale de Buea entièrement désertée par la population,
des militaires ont voté en lieu et place des électeurs inscrits ;

« HUITIEME MOYEN
VIOLATION DE L'ARTICLE 20 ALINEA 4 DU DECRET N° 79/448 DU 05
NOVEMBRE 1979 MODIFIE PAR LE DECRET N° 85/238 DU 22 FEVRIER 1985
PORTANT REGLEMENTATION DES FONCTIONS ET FIXANT LE STATUT DES
HUISSIERS

« En ce que tous les Présidents des Tribunaux de Première Instance (juges des
requêtes) ont systématiquement rejeté toutes les requêtes du MRC et de son candidat,
tendant à autoriser les Huissiers de Justice à faire des constats le dimanche 07
octobre 2018, jour des élections ;

« Alors que l'article susvisé dispose : « sauf ordonnance du magistrat compétent,


l'huissier ne peut instrumenter les dimanches et jours fériés, les jours ouvrables avant
6 heures et après 18 heures »

« Cette situation, qui préjudicie à la manifestation de la vérité, impose au Conseil


Constitutionnel de recourir à l'application des articles 107 et 133(2) du Code
Electoral qui disposent :

« Article 133(2) Le Conseil Constitutionnel peut, s'il le juge nécessaire, entendre tout
requérant ou demander la production, contre récépissé, des pièces à conviction »

« II.2- MOYENS DE DROIT SPECIFIQUES AUX REGIONS DE L'ADAMAOUA,


DU NORD ET DE L'EXTRÊME NORD « NEUVIEME MOYEN
VIOLATION DE LARTICLE 54(1) DU CODE ELECTORAL

337
« En ce que les représentants du candidat Maurice KAMTO ont été expulsés des
bureaux de vote (commissions locales de vote) ;

« Alors que l'article 54(1) ci-dessus prescrit que la commission locale de vote
comprend « un représentant de chaque candidat » ;

« En l'espèce les représentants régulièrement désignés du candidat KAMTO Maurice


ont été violemment expulsé des bureaux de vote des régions ci-dessus citées

« En conclusion les irrégularités multiples, mais non exhaustives, développées dans la


présente requête sont à la fois pertinentes et suffisantes pour entacher la sincérité du
scrutin dans les bureaux de vote des régions ci-dessus citées ;

« Par conséquent, les opérations électorales décriées méritent annulation ;

« C'EST POURQUOI LE REQUËRANT SOLLICITE QU'IL PLAISE AU CONSEIL


CONSTITUTIONNEL

« EN LA FORME :

« Vu les articles 133 et 134 du Code Electoral ;

« Déclarer recevable la présente requête comme faite dans les forme et délai légaux ;
« AU FOND :
« Vu les articles 286(1), 91(1) & (5), 87(1), 97, 100(2),104(2) du Code Electoral ;
« Vu l'article 20 alinéa 4 du décret n079/448 du 05 novembre 1979 modifie par le
décret n° 085/238 du 22 février 1985 portant règlementation des fonctions et fixant le
statut des Huissiers ;
« Vu le retrait de candidature de Monsieur AKERE MUNA, dûment notifiée à
ELECAM ;

« Annuler les opérations électorales des bureaux de vote des Régions du Nord-Ouest,
du Sud-Ouest, de l'Adamaoua, du Nord, de l'Extrême-Nord, de l'Est et du Sud ;

« Laisser les frais à la charge du Trésor public.

338
« SOUS TOUTES RESERVES
« Yaoundé, le 10 octobre 2018
« (é)
« Maurice KAMTO ».

---Attendu qu’en application des dispositions de l’article 130 alinéa 5 du Code


Electoral, le Conseil Constitutionnel a communiqué la requête de sieur KAMTO
Maurice aux autres parties intéressées ;
---Qu’en réaction à cette communication, les conseils d’ELECAM Maîtres
MBUFUNG Marcel KUMFA, OKHA BAU OKHA et ATANGANA AMOUGOU
Joseph, Avocats au Barreau du Cameroun, et ceux du RDPC, en l’occurrence Maîtres
Guy NOAH, MBITA Blaise, AMA’AZE AMAH Antony, Louis Gabriel EYANGOH,
Joseph DJABOU, NGONO MBARGA, KANGUE NDONG NTAH, LUKE KISOB et
NKOUMOU TSALA, Avocats au Barreau du Cameroun, ont déposé les mémoires en
réponse dans le délai légal pour le compte d’ELECAM et du RDPC, formulés
respectivement comme suit :

« 1- POUR ELECAM

« PLAISE AU CONSEILCONSTITUTIONNEL

« Attendu que suivant requête datée du 10 octobre 2018, enregistrée le même jour au
Greffe du Conseil Constitutionnel sous le n° 228, Le Professeur Maurice KAMTO a
sollicité « l’annulation partielle des opérations électorales dans les bureaux de vote
des régions du Nord-Ouest, du Sud-Ouest, de l’Adamaoua, du Nord, de l’Extrême
Nord, de l’Est et du Sud » ;

« Que cette requête est cependant vouée à l’échec au regard de la vacuité des moyens
qui y sont soutenus ;

« Que pour une meilleure lisibilité du présent mémoire en réponse, il convient


d’évoquer les motifs susvisés séparément ;

339
« I-/ SUR LA PRETENDUE VIOLATION DE L’ARTICLE 286 ALINEA 1 DU
CODE ELECTORAL

« Attendu que le Professeur Maurice KAMTO soutient que les fonds publics mis à la
disposition des candidats pour le financement de leur campagne électorale n’ont pas
été répartis de façon égalitaire entre ces derniers ;

« Que selon lui, le candidat BIYA Paul du Rassemblement Démocratique du Peuple


Camerounais (RDPC) aurait en sus des fonds concernés, bénéficié des moyens
exorbitants de l’Etat pour mener sa campagne électorale ;

« Que cependant, il n’apporte aucun élément de preuve à cette allégation qui, en


réalité, est sans fondement ;

« Attendu par ailleurs que le Professeur Maurice KAMTO tente de faire croire que les
fonds destinés au financement de la campagne électorale n’auraient pas été mis à la
disposition des candidats dans le délai imparti par la loi ;

« Attendu qu’il convient de préciser que l’article 286(1) évoqué par le requérant
n’indique pas le nombre de jours minimal ou maximum qui devrait séparer la
publication de la liste des candidats à la remise des fonds de campagne ;

« Que cet article se borne d’indiquer que ces fonds doivent être reversés après la
publication de la liste des candidats ;

« Que s’agissant des fonds de campagne, ils doivent nécessairement être remis aux
candidats avant le début de la campagne ;

« Qu’en l’espèce, les fonds destinés au financement de la campagne ont été mis à la
disposition des candidats le 19 septembre 2018, soit après la publication de la liste des
candidats intervenue le 07 août 2018 et avant le début de la campagne qui avait
commencé le 22 septembre 2018 ;

« Que la remise des fonds destinés au financement de la campagne électorale a donc


été faite dans les délais prévus par l’article 286 du Code Electoral ;

340
« Que le moyen n’est donc pas fondé ;

« II-/ SUR LA PSEUDO VIOLATION DE L’ARTICLE 91(1) & (5) DU CODE


ELECTORAL RELATIF A L’AFFICHAGE ET AU MATERIEL DE CAMPAGNE
DE CHAQUE CANDIDAT

« Attendu que le requérant excipe la violation de l’article 91(1) et (5) au motif que
d’après lui, la règlementation relative à l’affichage n’aurait pas été respectée ;

« Que pourtant, conformément à la loi, Elections Cameroon avait saisi les différentes
autorités municipales pour leur demander de réserver des emplacements pour
l’apposition des affichages et du matériel électoral ;

« Que c’est comme suite à cette démarche d’Elections Cameroon que les différents
espaces publicitaires de la ville de Yaoundé et de toutes les autres villes du pays ont
été mis à la disposition de tous les candidats qui avaient pris attache avec les
différentes municipalités ;

« Que du reste, Elections Cameroon n’a reçu ni d’un candidat, ni d’une municipalité,
une réclamation formelle relative à l’apposition anarchique et discriminatoire des
affiches et matériels de campagne ;

« Que le moyen tiré de la violation de l’article 91(1) et (5) du Code Electoral n’est
donc pas justifié ;

« III-/ SUR LA VIOLATION ALLEGUEE DE L’ARTICLE 87(1) DU CODE


ELECTORAL

« Attendu que le candidat Maurice KAMTO estime que l’arrêté N°


0022/A/MINAT/SG/DAP du 05 octobre 2018 aurait entraîné la violation de l’article
87(1) du Code électoral qui indique que la campagne électorale est ouverte à partir du
quinzième jour précédant le scrutin et prend fin la veille dudit scrutin ;

341
« Qu’en effet, selon le requérant, le Ministre de l’Administration territoriale aurait
limité à 18 heures la circulation des personnes, toute chose qui aurait mis fin à la
campagne électorale de façon prématurée ;

« Que le recourant tente ainsi de faire croire qu’un couvre-feu aurait été décrété sur
toute l’étendue du territoire national alors que tel n’était pas le cas ;

« Que pour s’en convaincre il convient de lire entièrement les alinéas 1 et 2 de


l’article 3 dudit arrêté, lesquels disposent que « (1) la circulation des personnes et des
biens par voie routière, ferroviaire ou aérienne est interdite du 06 octobre 2018 à
partir de dix-huit (18) heures, au 07 octobre 2018 à dix-huit (18) heures ;

« (2) les dispositions de l’alinéa 1 ci-dessus ne sont pas applicables :

« a) aux personnes et aux biens circulant dans un périmètre urbain ou dans une
même localité située en zone urbaine

« (…) »

« Qu’ainsi, la liberté d’aller et de venir d’aucun citoyen, dans une ville ou dans un
village n’a été entravée ;

« Que par ricochet, le droit des uns et des autres de battre campagne où ils se
trouvaient n’a jamais été mis à mal ;

« Que comme cela a d’ailleurs pu être observé dans plusieurs localités, les meetings
de clôture de la campagne électorale se sont poursuivis à des heures tardives le
samedi 06 octobre 2018 ;

« Que l’article 87 du Code Electoral n’a donc fait l’objet d’aucune violation ;

« Que le moyen n’est donc pas fondé.

« IV-/ SUR LA PRETENDUE VIOLATION DE L’ARTICLE 97 DU CODE


ELECTORAL RELATIF AU DELAI D’AFFICHAGE DES BUREAUX DE VOTE

342
« Attendu que le recourant semble ne pas établir la différence entre la liste des
bureaux de vote et les listes d’électeurs ;

« Que s’agissant des premières, qui situent les bureaux de vote et en fixent le ressort,
elles doivent être transmises et affichées au plus tard huit (08) jours avant le scrutin,
toute chose qu’Elections Cameroon a respecté ainsi que cela ressort aussi bien des dix
(10) décisions prises par le Directeur Général des Elections à cet effet, que du
quotidien « Cameroun Tribune » du lundi 1er octobre 2018 qui relayait justement la
publication, le 28 septembre 2018, de la liste des bureaux de vote ;

« Qu’en ce qui concerne les listes d’électeurs, l’article 98 du Code Electoral indique
que « chaque bureau de vote dispose des listes des électeurs devant prendre part au
vote. Une de ces listes est destinée aux émargements par les électeurs. Une liste est
affichée devant le bureau de vote. » ;

« Que le recourant reconnait lui-même que les listes d’électeurs étaient affichées
devant les bureaux de vote au petit matin du jour du scrutin ;

« Qu’en somme, la règlementation relative à l’affichage de la liste des bureaux de vote


et des listes d’électeurs a été respectée ;

« Que la prétendue violation de l’article 97 du Code Electoral n’est donc pas avérée ;

« Que le moyen n’est donc pas fondé.

« V-/ SUR LA PSEUDO VIOLATION DE L’ARTICLE 100(2) DU CODE


ELECTORAL RELATIF AU NOMBRE DES BULLETINS DE VOTE IMPARTIS
A CHAQUE CANDIDAT

« Attendu que le Professeur Maurice KAMTO fait valoir que ses bulletins de vote
« étaient déjà épuisés et indisponibles dans certains bureaux de vote et les
représentants d’ELECAM ont refusé d’en ajouter » ;

« Que curieusement, le candidat n’indique pas les bureaux de vote dans lesquels cet
incident aurait été enregistré ;

343
« Que pourtant, cette précision permettrait de vérifier l’exactitude de l’information à
partir du procès-verbal établi par la commission locale de vote concernée ;

« Qu’en réalité, ce procès-verbal contiendrait alors des réserves émises par le


représentant du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), ce dernier
étant la personne qui a certainement décrié et signalé l’épuisement des bulletins de
vote du candidat Maurice KAMTO ;

« Qu’en l’absence de ces éléments de preuve, le grief formulé ne saurait convaincre ;

« Que du reste, il convient de relever qu’ELECAM a imprimé et mis à la disposition


des bureaux de vote le même nombre de bulletins de vote pour tous les candidats ;

« Que le nombre de bulletins de vote de chaque candidat correspond au nombre


d’électeurs majoré de 25% ;

« Attendu qu’il est utile de noter que conformément à l’article 104(1) du Code
Electoral, la procédure de vote oblige chaque électeur à prendre lui-même une
enveloppe et chacun des bulletins de vote mis à sa disposition ;

« Que les bulletins de tous les candidats s’épuisent ainsi au même moment ;

« Qu’il est donc clair que l’article 100(2) n’a pas été violé, toute chose qui entraîne
que le moyen n’est pas justifié ;

« VI-/ SUR LE NON RESPECT DU RETRAIT DU CANDIDAT AKERE MUNA

« Attendu qu’il est important de relever qu’aucune procédure de retrait de


candidature n’est prévue dans le Code Electoral ;

« Que le retrait d’un candidat n’est évoqué que dans l’article 147 du Code Electoral
qui traite du cautionnement et établit clairement que le cautionnement est restitué
« (…) soit au candidat qui retire sa candidature avant l’impression des bulletins de
vote. (…) » ;

344
« Qu’or, en l’espèce les bulletins de vote avaient déjà été imprimés, et transmis aux
différentes commissions locales de vote sur toute l’étendue du territoire et dans la
diaspora puisque c’est le 06 octobre 2018, à 13heures 26 minutes que le candidat
AKERE MUNA a notifié à ELECAM son retrait de l’élection présidentielle ;

« Attendu qu’il convient de rappeler que la Direction Générale des Elections avait
reçu notification d’une résolution du Conseil Electoral lui indiquant que neuf (09)
candidats avaient été retenus pour l’élection présidentielle du 07 octobre 2018 ;

« Que cette résolution du Conseil Electoral avait été confirmée par le Conseil
Constitutionnel ;

« Que le retrait des bulletins de vote sollicité par Monsieur AKERE MUNA entrainait
implicitement mais nécessairement l’inexécution des décisions du Conseil Electoral et
du Conseil Constitutionnel, lesquelles s’imposent pourtant à la Direction Générale des
Elections ;

« Que la Direction Générale des Elections ne pouvait donc pas procéder à ce retrait
sans violer la loi qui lui impose d’exécuter les résolutions du Conseil Electoral ;

« Qu’au regard de ce qui précède, le grief fait à Elections Cameroon n’est pas fondé,
tout comme le moyen est injustifié ;

« VII-/ SUR LA PRETENDUE VIOLATION DE L’ARTICLE 104 ALINEA 2 DU


CODE ELECTORAL

« Attendu que le Professeur Maurice KAMTO excipe la violation de l’article 104


alinéa 2 du Code Electoral au motif que plusieurs militaires auraient voté plusieurs
fois dans le bureau de vote de l’école maternelle du secteur militaire 2 de BUEA et
que les militaires auraient également voté dans la zone rurale de Buea entièrement
délestée par les populations ;

« Qu’il s’agit là d’une affirmation vague qui n’est soutenue par aucun élément de
preuve ;

345
« Que du reste, les procès-verbaux provenant des bureaux de vote concernés
n’établissent l’existence d’aucune irrégularité lors des opérations de vote

« Que la violation de l’article 104(2) n’est donc pas établie d’où il suit que le moyen
n’est pas fondé.

« VIII-/ SUR LA PRETENDUE VIOLATION DE L’ARTICLE 20 ALINEA 4 DU


DECRET N° 79/448 DU 05 NOVEMBRE 1979 MODIFIE PAR LE DECRET N°
85/238 DU 22 FEVRIER 1985 PORTANT REGLEMENTATION DES
FONCTIONS ET FIXANT LE STATUT DES HUISSIERS

« Attendu qu’il convient préalablement de relever que le Code Electoral camerounais


a mis en place un système inclusif où tous les participants au jeu politique sont acteurs
et témoins de toutes les étapes du processus électoral ;

« Que c’est pourquoi le législateur a prévu la présence dans chaque commission


locale de vote des représentants de tous les candidats ;

« Que ce sont ces représentants qui sont appelés, le cas échéant, à décrier des
manœuvres frauduleuses qu’ils peuvent alors faire mentionner dans les procès-
verbaux établis à la fin des opérations de vote, et dont un exemplaire original est
remis à chaque mandataire présent ;

« Que le Code Electoral n’a nulle part prévu que les Huissiers soient appelés à faire
des constats le jour des élections ;

« Que ce moyen ne semble manifestement pas relever de la compétence du Conseil


Constitutionnel statuant comme juge de la régularité des élections ;

« Qu’il ne revient pas à cette haute instance de se prononcer sur ce moyen ;

« Que le moyen est donc injustifié.

« IX-/ SUR LA PRETENDUE VIOLATION DE L’ARTICLE 54(1) DU CODE


ELECTORAL

346
« Attendu que le Professeur Maurice KAMTO dit que ses représentants ont été
expulsés des bureaux de vote des régions de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-
Nord ;

« Que cette allégation n’est pas fondée puisque Elections Cameroun a reçu des
procès-verbaux qui établissent clairement que le Mouvement pour la Renaissance du

Cameroun (MRC) était représenté dans certains bureaux de vote ;

« Que vraisemblablement l’absence des représentants de cette formation politique


dans certains bureaux de vote résulte de la faiblesse de représentation du candidat au
plan national à l’occasion de l’élection présidentielle du 07 octobre 2018 ;

« Que le moyen n’est donc pas fondé ;

« Attendu au final qu’aucun des moyens soulevés par le candidat Maurice KAMTO
n’est justifié ;

« Qu’il échet de rejeter son recours comme non fondé.

« PAR CES MOTIFS

« Et tous autres à déduire, à ajouter ou à suppléer même d’office s’il y a lieu ;

« EN LA FORME

« Dire recevable le recours du Professeur Maurice KAMTO comme fait dans les forme
et délai de la loi ;

« AU FOND

« Rejeter le recours du Professeur Maurice KAMTO comme non fondé.

« ET CE SERA JUSTICE

« SOUS TOUTES RESERVES

« Yaoundé, le 12 octobre 2018 ».

347
« POUR ELECTIONS CAMEROON (ELECAM)

« Barrister MBUFUNG Marcel KUMFA (é)

«Barrister OKHA BAU OKHA (é)

« Maître ATANGANA AMOUGOU Joseph (é) » ;


« POUR LE CANDIDAT BIYA PAUL

« PLAISE AUCONSEILCONSTITUTIONNEL

« Attendu que par requête en date du 10 octobre 2018, parvenue le même jour à 18h et
enregistrée sous le n° 228 au Greffe du Conseil Constitutionnel, Monsieur KAMTO
Maurice, candidat investi à l'élection présidentielle du 07 octobre 2018 par le
Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) ayant pour Conseil Maîtres
SIMH Emmanuel, SOUOP Sylvain, MANFO René, YOUMSI Joseph, WOUPALA Jean
Marie et ZOMISSI NGAPDOH Gautier, Avocats au Barreau du Cameroun,, a saisi le
Conseil Constitutionnel aux fins d'« ANNULATION PARTIELLE des opérations
électorales dans les bureaux de vote des Régions du Nord-Ouest, Sud-Ouest, de
l'Adamaoua, du Nord, de l'Extrême Nord, de l'Est et du Sud » ;

« Attendu que le requérant cherche à faire valoir de prétendues irrégularités et


violations de la loi électorale afin d'obtenir l'annulation partielle de l'élection
présidentielle du 07 octobre dans certaines Régions du triangle national dans
lesquelles il a vraisemblablement été battu. Ces moyens aussi infondés que dilatoires,
ne sauraient prospérer ;
« Attendu qu'il n'est pas indifférent de revenir sur un fait important évoqué par le
requérant, avant de répondre aux moyens de droit qu'il a soulevés ;
« SUR LES FAITS
« Attendu que le requérant tente de tirer argument du climat d'insécurité des Régions
du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun, en alléguant qu'il était impossible d'y
respecter les règles d'organisation de l'élection présidentielle dont le Conseil
Constitutionnel est garant de la régularité et de la conformité aux règles de droit ;

348
« Qu'il en résulterait que les procès-verbaux issus de ces régions sont des documents
établis de façon irrégulière et donc contestables et les résultats qui découlent d'un
scrutin organisé dans ces conditions ne peuvent être ni sincères, ni crédibles et
transparents ;
« Attendu qu'aux termes des dispositions de l'article 6 de la loi n° 96/06 du 18 janvier
1996 portant révision de la Constitution du 02 juin 1972, modifiée et complétée par la
loi n° 2008/001 du 14 avril 2008, « (1) Le Président de la République est élu au
suffrage universel direct, égal et secret, à la majorité des suffrages exprimés.
« (2) Le Président de la République est élu pour un mandat de sept (7) ans
renouvelables.
« (3) L'élection a lieu vingt (20) jours au moins et cinquante (50) jours au plus avant
l'expiration des pouvoirs du Président de la République en exercice. » ;
« Qu'il en résulte l'obligation d'organiser l'élection du Président de la République
dans un délai préfix ;
« Attendu que la tenue des élections dans des zones d'insécurité n'est pas propre au
Cameroun ;
« Que lors de l'élection présidentielle organisée dans des circonstances similaires au
Mali, la Cour Constitutionnel de ce pays où il règne un climat d'insécurité dans sa
partie Nord, a décidé, dans son arrêt n° 2018-04/CC-EP du 20 août 2018 portant
proclamation des résultats définitifs du second tour de l'élection du Président de la
République (scrutin du 12 août 2018) que: « Considérant que s'agissant de
l'annulation des opérations de vote pour motif d'insécurité, il convient de rappeler la
jurisprudence de la cour (arrêt n° 02017- 04/CCM/réf. du 04 juillet 2017) selon
laquelle « le défi sécuritaire imposé au Mali étant contemporain, le fonctionnement
régulier de ses institutions ne saurait être tributaire de la pacification absolue du
territoire national, elle-même dépendante d'un environnement d'instabilité
transnationale, au risque de freiner le processus démocratique et de plonger le pays
dans l'impasse et le chaos» ;
« Que dans un autre arrêt (Arrêt n° 2013-12/CC-EL du 31 décembre 2013 portant
proclamation des résultats définitifs du deuxième tour de l'élection des Députés à

349
l'Assemblée Nationale), la Cour expliquait que : « la présence des forces de l'ordre est
nécessaire pour prévenir tout débordement, toute agitation, et de ce fait, sécuriser les
opérations électorales dans leur globalité » ;
« Que leur « absence n'entache, en rien, la sincérité du vote » ;
« Que dès lors, l'insécurité, quelle qu'elle soit, ne saurait à elle seule justifier
l'annulation d'un scrutin, notamment en ce qui concerne la circonscription électorale
de Kidal où les forces armées et de sécurité ne peuvent être dissociées de leurs
compagnons d'armes des mouvements signataires de l'Accord pour la paix et la
réconciliation issu du processus d'Alger, tous évoluant sous la bannière de la
République du Mali ;
« Que, par conséquent, les prétentions du requérant sur ce chef ne peuvent prospérer
»;

« Attendu que dans l'attente que la paix revienne dans ces Régions du Cameroun,
l'avantage que tend à tirer le requérant de cette situation est tout simplement
déplorable et ne mérite pas que la Conseil Constitutionnel s'y attarde, tout comme elle
ne saurait retenir les moyens de droit qu'il a soulevés ;

« SUR LES MOYENS DE DROIT

« SUR LES MOYENS CONCERNANT TOUTES LES REGIONS

« 1) LA PRETENDUE VIOLATION DE L'ARTICLE 286(1) DU CODE


ELECTORAL

« Attendu que le texte visé dispose :


« (1) En cas d'élection présidentielle, les fonds publics destinés au financement de
la campagne électorale sont répartis en deux (2) tranches d'égal montant aux
candidats, ainsi qu'il suit :
« La première tranche est, après la publication de la liste des candidats, allouée
sur une base égalitaire aux différents candidats ;
« La deuxième tranche est, après la proclamation des résultats, servie

350
proportionnellement aux résultats obtenus aux candidats ayant obtenu au moins
5% des suffrages exprimés.
« (2) Est tenu de reverser au Trésor Public la totalité de la somme reçue au titre
de la première tranche visée à l'alinéa 1 ci-dessus.
« Que selon le requérant, ce texte aurait été violé parce que le financement alloué par
l'Etat aux candidats à l'élection présidentielle du 07 octobre 2018, en application de la
loi n° 2000/015 du 19 décembre 2000 relative au financement public des partis
politiques et des campagnes électorales, n'a été rendu disponible que le 19 septembre
2018, soit 3 jours avant le début de la campagne électorale ;
« Mais attendu qu'aux termes des dispositions de l'article 9(1) de la loi n° 2000/015 du
19 décembre 2000 sus évoqué, « L'Etat participe au financement des campagnes
électorales par la prise en charge de certaines dépenses des partis politiques à
l'occasion des consultations électorales » ;
« Que ces dernières dispositions, d'un caractère explicite, n'ont point pour effet une
prohibition absolue des règles électorales édictées à l'article 87(2) du code électoral,
lesquelles énoncent que « Les candidats peuvent faire établir à leurs frais ou à ceux
du parti qui présente leur candidature, des circulaires, des professions de foi ou des
affiches. » ;
« Que la participation de l'Etat au financement des campagnes électorales vise donc
simplement à alléger les dépenses des candidats afin de favoriser le jeu démocratique,
sans pour autant qu'ils soient exemptés de s'auto financer ;
« Qu'à cet effet et contrairement à ce qu'insinue le requérant, l'article 286(1) susvisé,
loin de prescrire un délai exprès pour l'acquittement de la première tranche de la
participation de l'Etat au financement des campagnes électorales, prévoit simplement
que ce déblocage intervienne après la publication de la liste des candidats ;
« Que tel a incontestablement été le cas ;
« Que du reste, ce grief ne fait pas sens, dans la mesure où le candidat Maurice
KAMTO n'a pas eu besoin de cette participation de l'Etat pour financer sa campagne
électorale, puisqu'il a refusé de la percevoir ;
« Qu'il y a donc lieu de le rejeter ;

351
« 1- LA PRETENDUE VIOLATION DE L'ARTICLE 91(1) & (5) DU CODE
ELECTORAL RELATIF A L'AFFICHAGE ET AU MATERIEL DE CAMPAGNE

« Attendu que le requérant allègue que l'affichage n'aurait pas été respecté, en ce sens
que les affiches du candidat du RDPC étaient prétendument « surdimensionnées » et «
disposées de façon anarchique », ce qui aurait eu pour conséquence d'entrainer une «
exposition disproportionnée du candidat Paul BIYA » ;
« Attendu que contrairement, ces allégations du requérant, qui ne met pas le Conseil
Constitutionnel en mesure d'en apprécier le bien-fondé, sont vagues et dénuées de tout
fondement, car, il n'indique pas les dimensions des affichages réglementairement
autorisées par la Direction Générale des Elections et celles du candidat du RDPC qui
ne les aurait pas respectés d'une part, et, il ne donne aucune précision sur ce qu'il
qualifie d'affichage « anarchique » d'autre part ;
« Qu’eu égard à l'absence de pièces produites au dossier se rapportant au moyen, il
apparaît que ce grief est vague et fondé sur des conjectures ;
« Que faute de précision et de preuve, il encourt le rejet ;
« 2- LA PRETENDUE VIOLATION DE L'ARTICLE 87(1) & (5) DU CODE
ELECTORAL

« Aux termes des dispositions du texte visé, « La campagne électorale est ouverte à
partir du quinzième jour précédant le scrutin. Elle prend fin la veille du scrutin à
minuit. » ;
« Attendu que le requérant allègue que l'Arrêté du Ministre de l'Administration
territoriale n° 0022/A/MINAT/SGIDAP du 05 octobre 2018 règlementant l'exercice de
certaines libertés et activités à l'occasion de l'élection présidentielle du 07 octobre
2018 aurait prématurément mis fin à la campagne électorale ;
« Attendu que le requérant cherche maladroitement à tirer argument d'une mesure
prise dans l'intérêt d'un scrutin crédible en évitant le déplacement des électeurs d'une
ville à une autre, et qui pourraient être tentés de voter plusieurs fois dans différentes
localités ;
« Que cette mesure n'a pas empêché le requérant d'aller et venir entre Douala et

352
Yaoundé, et de battre campagne jusqu'au samedi 06 octobre 2018 à minuit, puisque
son giga meeting de clôture de la campagne électorale s'est achevé ce jour tard dans
la nuit au quartier BEPANDA à Douala, et que le lendemain, il était à Yaoundé pour
prendre part au vote ;
« Qu'en tout état de cause, le requérant ne démontre pas en quoi cette mesure du
MINAT, qui s'appliquait à tous les candidats, aurait faussé la régularité et la sincérité
du scrutin du 07 octobre 2018 ;

« Que ce moyen, sans conséquence avérée sur le résultat du scrutin, doit être rejeté ;
« 1- LA PRETENDUE VIOLATION DE L'ARTICLE 97 DU CODE ELECTORAL

« Attendu que le requérant allègue que la liste des bureaux de vote aurait été affichée
au matin du 07 octobre 2018, en violation des dispositions du texte visé qui énoncent
que : « La liste des bureaux de vote est transmise aux démembrements communaux
d'Elections Cameroon pour affichage au moins huit (08) jours avant la date du
scrutin. » ;

« Attendu que si le requérant déplore à juste titre cette situation qui était résiduelle,
l'affichage tardif dans certaines localités de la liste des bureaux de vote, reconduits
pour la plupart par ELECAM, n'était à l'avantage d'aucun candidat, et cela n'a en rien
altéré la sincérité du vote ;
« Que le retard observé dans l'accomplissement de cette tâche matérielle, qui ne
révèle aucune manœuvre destinée à altérer la sincérité du scrutin, n'est pas de nature
à entraîner l'annulation de l'élection, le requérant n'ayant pas démontré l'incidence de
cette circonstance sur l'issue du scrutin ;
« Que les concluants soulignent enfin que la publication de la liste des bureaux de vote
n'est qu'une procédure alternative d'information, le nom du bureau de vote de chaque
électeur étant déjà directement porté sur sa carte biométrique ;
« Que ce grief ne saurait donc être retenu ;

« 1- LA PRETENDUE VIOLATION DE L'ARTICLE 100(2) DU CODE ELECTORAL


RELATIF AU NOMBRE DE BULLETINS IMPARTIS AUX CANDIDATS

353
« Attendu que le requérant allègue que le jour du scrutin du 07 octobre 2018, ses
bulletins de vote auraient été épuisés voire indisponibles « dans certains bureaux de
vote », en violation des dispositions de l'article 100(2) du code électoral qui portent
que: « Dans chaque bureau de vote, les bulletins de vote de chaque candidat ou liste
de candidats, ainsi que les enveloppes, doivent être en nombre supérieur à celui des
électeurs inscrits », toute chose qui n'aurait pas permis à ses partisans de voter en sa
faveur ;
« Attendu qu'en droit, il appartient à celui qui allègue un fait d'en rapporter la preuve,
entendue comme « la démonstration de la réalité d'un fait ou d'un acte, dans les formes
admises par la loi » (Gérard CORNU, vocabulaire juridique, Association Henri
Capitant, QUADRIGE / PUF, éd. 2001, p. 669) ;
« Attendu que tel n'est point le cas du requérant qui fait une affirmation gratuite, sans
aucune indication concernant les bureaux de vote dans lesquels ses bulletins de vote
auraient été épuisés voire indisponibles, et sans aucune preuve complémentaire
l'appuyant, ce d'autant plus que le droit électoral est régi par le système dit de preuve
libre ou morale, qui permet l'utilisation de tous les modes de preuves ;
Que ce grief n'est donc pas susceptible de justifier la remise en question du scrutin
présidentiel du 07 octobre 2018 dans les sept Régions visées par le recourant qui
comptait 14569 bureaux de vote ;
« 1- SUR LE GRIEF TIRE DU NON RESPECT DU RETRAIT DE LA
CANDIDATURE D'AKERE MUNA

« Attendu que le requérant allègue que les bulletins de vote du candidat AKERE
MUNA ont été exposés dans les bureaux de vote, alors que le 06 octobre, veille du
scrutin, ce dernier a notifié à ELECAM le retrait de sa candidature ;
« Qu'en raison du maintien des bulletins de vote d'AKERE MUNA, des votes ont été
exprimés en faveur de celui-ci au détriment de Monsieur Maurice KAMTO ;
« Attendu que le retrait d'une candidature, qui plus est la veille du scrutin, est une
situation qui n'est pas prévue dans les règles du code électoral gouvernant l'élection
du Président de la République ;

354
« Que par conséquent, le maintien de ses bulletins de vote lors du scrutin présidentiel
du 07 octobre 2018 ne constitue aucune entorse à la loi électorale, et ce maintien,
qu'ELECAM a abondamment justifié, ne constitue non plus une manœuvre susceptible
de fausser le scrutin, dès lors qu'AKERE MUNA qui a tenu un meeting en compagnie
du requérant le 06 octobre 2018 à Douala a par ailleurs formulé des
recommandations de vote à l'attention de ses partisans par tous les moyens
d'information et de communication nécessaires ;
« Attendu qu'il semble nécessaire de rappeler que le vote est un acte libre et secret ;
« Qu'il est donc chimérique pour Monsieur Maurice KAMTO, de prétendre que les
votes exprimés en faveur d'AKERE MUNA l'ont été au détriment de sa candidature ;
« 1- LA PRETENDUE VIOLATION DE L'ARTICLE 104(2) DU CODE ELECTORAL

« Attendu que relativement à ce moyen, le requérant prétend que dans l'école


maternelle du secteur militaire II de Buea, plusieurs militaires auraient voté plusieurs
fois d'une part et, dans la zone rurale de Buea, des militaires auraient voté à la place
d'autres personnes, d'autre part ;
« Mais attendu qu'outre le fait que le texte soi-disant violé n'a aucun rapport avec les
prétendues irrégularités évoquées, le requérant se borne à faire des affirmations
gratuites, non étayées par aucun élément de preuve complémentaire, alors que, comme
cela a déjà été exposé, il lui revient de faire la démonstration de la réalité des faits
qu'il allègue ;
« Qu'à défaut, il y a lieu de rejeter ce moyen comme étant non justifié ;
« LA PRETENDUE VIOLATION DE L'ARTICLE 20(4) DU DECRET N° 79/448 DU
05 NOVEMBRE 1979 MODIFIE PAR LE DECRET N° 85/238 DU 22 FEVRIER 1985
PORTANT REGLEMENTATION DES FONCTIONS ET FIXANT LE STATUT DES
HUISSIERS
« Attendu que le requérant allègue que le texte visé a été violé en ce que tous les
Présidents des Tribunaux de première instance, juges des requêtes, ont
systématiquement rejeté les requêtes du MRC et de son candidat tendant à autoriser
les Huissiers de justice à faire des constats le jour du scrutin du 07 octobre 2018,

355
toute chose qui aurait préjudicié à la manifestation de la vérité ;
« Qu'il ne produit aucune preuve de son allégation ;
« Qu'il termine sur ce moyen en demandant au Conseil Constitutionnel d'exiger aux
démembrements communaux d'Elections Cameroon, l'ensemble des listes électorales
émargées des sept Régions dans lesquelles il sollicite l'annulation des opérations
électorales ;
« Attendu que tout d'abord, le RDPC prend acte de ce que le requérant reconnait qu'il
ne dispose d'aucun élément de preuve susceptible d'étayer toutes les prétendues
irrégularités dont il fait état dans son recours ;
« Que le RDPC soutient ensuite que c'est à bon droit que les requêtes de Monsieur
KAMTO Maurice, qui sollicitait des ordonnances pour constater des « éventuelles
fraudes », ont été rejetées, car faute d'avoir justifié d'un intérêt sérieux à agir, ce
serait un blanc-seing que le juge de requête aurait accordé aux Huissiers de justice de
KAMTO Maurice ;
« Qu'en effet, l'intérêt à agir doit être né, certain et actuel, c'est-à-dire qu'il doit
exister au jour où la personne agit en justice et ne pas être simplement éventuel ; que «
cet intérêt doit être légitime. L'expression signifie certainement que l'intérêt doit être
sérieux. Il n’y a pas de droit d'action pour satisfaire l'esprit de chicane. Ainsi se trouve
refoulé l'intérêt moral qu'il y aurait à faire juger une question de principe dépourvue
de conséquences pratiques. » (Sous la direction de Jacques Ghestin, Traité de droit
civil, introduction Générale, Tome l, 2e éd., L.G.D.J, 1983, n°527 pp. 426-427) ;
« Que cet auteur précise qu’« il est encore exigé traditionnellement que l'intérêt soit
né et actuel, par opposition à celui qui ne serait que éventuel et hypothétique. De là
découle un principe, (...), prohibant les actions préventives destinées à fixer une
situation juridique en présence de ce que l'on estime être une menace de contestation
future. » (Ibid., note 38) ;
« Attendu que faute d'avoir indiqué le ou les faits devant donner lieu à constatation,
c'est à bon droit que les requêtes introduites par Monsieur Maurice KAMTO ont été
rejetées ;
« Que pour le RPDC enfin, c'est inopportunément que ce dernier tente de soumettre le

356
Conseil Constitutionnel à une inquisition, afin de rechercher des hypothétiques
irrégularités qui ne sont assorties d'aucun commencement de preuve ;
Que ce moyen manifestement sans aucune conséquence sur les résultats du scrutin
encourt le rejet ;
« S'AGISSANT DES MOYENS SPECIFIQUES AUX REGIONS DE
L'ADAMAOUA, DU NORD ET DE L'EXTREME-NORD
« LA PRETENDUE VIOLATION DE L'ARTICLE 54(1) DU CODE ELECTORAL

« Attendu que le requérant prétend que ses représentants ont été expulsés de toutes les
commissions locales de vote dans les trois Régions concernées, en violation des
dispositions de l'article 54(1) du Code Electoral qui prescrivent que la commission
locale de vote comprend « un représentant de chaque candidat » ;
« Mais attendu que ce grief formulé en termes généraux, est imprécis et dépourvu
d'éléments de preuve permettant d'en apprécier le bien-fondé ; qu'ils ne sont même pas
assortis d'un commencement de preuve ;
« Que le juge de réfection rejette les griefs formulés en termes généraux, ceux qui sont
imprécis, ceux « dépourvus d'éléments de preuve permettant d'en apprécier le bien-
fondé» ou ceux « qui ne sont assortis d'aucun commencement de preuve» (CC, 78-875,
21 juin 1978 AN Hérault, 1 re circ., Rec. p. 166 ; - CC, 2002 - 2622, 25 juillet 2002,
AN Haute-Garonne, circ., Rec. p. 140) cf. Droit des élections - Laurent Touvet, Yves-
Marie Doublet - Corpus Droit Public dirigé par Denys de Béchillon - Ed. Economica
2007- P.535 et 536) ;
« Que c'est à bon droit que ce moyen vague et imprécis sera rejeté ;
« PAR CES MOTIFS
« Et tous autres moyens à soulever d'office ;
« Voir rejeter le recours de Monsieur KAMTO Maurice comme étant non justifié et
non fondé ;
« SOUS TOUTES RESERVES PROFOND RESPECT
« Yaoundé, le 12 octobre 2018
« Maître Guy NOAH

357
« (é)
« Louis Marie EYANGOH
« (é) ».
SUR LA RECEVABILITE DE LA REQUETE

---Attendu que la requête est recevable pour avoir été introduite dans les forme et délai
de la loi ;

AU FOND

SUR LE PREMIER MOYEN PRIS DE LA VIOLATION DE L’ARTICLE 286


ALINEA 1 DU CODE ELECTORAL

---Attendu que par ce moyen, sieur KAMTO Maurice allègue que les fonds octroyés
n’ont pas été répartis de façon égalitaire entre les candidats, d’une part, et d’autre part
qu’ils ont été mis à leur disposition tardivement ;

---Mais attendu sur la prétendue répartition inégalitaire desdits fonds, qu’ELECAM a


produit des reçus établissant que tous ceux qui ont accepté de percevoir la première
tranche du financement en question ont reçu la même somme de quinze millions de
francs (15.000.000) fcfa, y compris le candidat BIYA Paul ;

---Que s’agissant du retard de payement allégué, il ressort de l’affirmation du moyen


lui-même que ce payement a été fait après la publication de la liste des candidats,
conformément à l’article 286 alinéa 1 du code électoral qui, de surcroit ne prévoit pas
d’autre délai ;

---Qu’il s’ensuit que le moyen n’est pas justifié ;

SUR LE DEUXIEME MOYEN PRIS DE LA VIOLATION DE L’ARTICLE 91


ALINEAS 1 ET 5 CONCERNANT L’AFFICHAGE ET LE MATERIEL DE
CAMPAGNE

358
---Attendu que ELECAM a produit des pièces attestant qu’il a saisi les communes
conformément à la loi qui au surplus ne prévoit aucune notification de ses diligences
aux candidats ;

---Attendu par ailleurs que cette question s’étant posée sur l’ensemble du territoire le
requérant ne justifie pas pour quoi seules certaines régions ont été affectées ;

---Qu’il s’ensuit que le moyen n’est pas fondé ;

SUR LE TROISIEME MOYEN PRIS DE LA VIOLATION DE L’ARTICLE 87


ALINEA 1 PAR L’ARRETE N° 00022/A/MINAT/SG1/DAAF DU 05 OCTOBRE
2018 DU MINISTRE DE L’ADMINISTRATION TERRITORIALE
REGLEMENTANT L’EXERCICE DE CERTAINES LIBERTES ;

---Attendu que le moyen prétend qu’en limitant la circulation des personnes à dix-huit
heures, l’arrêté dont s’agit a provoqué la fin prématurée de la campagne électorale ;

---Mais attendu qu’il s’agit d’une mesure de sécurité qui s’appliquait à tous les
candidats et que le requérant ne justifie pas en quoi elle aurait faussé la régularité et la
sincérité du scrutin du 07 octobre 2018 ;

---Qu’il s’ensuit que le moyen n’est pas fondé ;

SUR LE QUATRIEME MOYEN TIRE DE LA VIOLATION DE L’ARTICLE


97 DU CODE ELECTORAL RELATIF AU DELAI D’AFFICHAGE DES
BUREAUX DE VOTE

---Attendu que ce moyen fait une confusion entre la liste des bureaux de vote qui a été
affichée conformément à la loi et la liste des électeurs qui peut être affichée à tout
moment, au regard de l’article 98 du Code Electoral qui ne fixe aucun délai, la carte
d’électeur indiquant de surcroit le numéro du bureau de vote du détenteur ;

---Qu’il s’ensuit que ce moyen n’est pas fondé ;

359
SUR LE CINQUIEME MOYEN PRIS DE LA VIOLATION DE L’ARTICLE
100(2) DU CODE ELECTORAL RELATIF AU NOMBRE DES BULLETINS
DE VOTE IMPARTIS A CHAQUE CANDIDAT

---Attendu que le requérant évoque le fait que ses bulletins ont été épuisés dans
certains bureaux de vote avant la fin du scrutin ;

---Mais attendu que le requérant n’a pas rapporté la preuve de cette allégation, aucune
réserve n’ayant été portée sur les procès-verbaux des bureaux de vote concernés ;

---Qu’il s’ensuit que le moyen n’est pas fondé ;

SUR LE SIXIEME MOYEN CONCERNANT LE MAINTIEN DES BULLETINS


DE VOTE DU CANDIDAT AKERE MUNA MALGRE SON DESISTEMENT

---Attendu que l’article 133(3) du Code Electoral dispose :

« Sous peine d’irrecevabilité, la requête doit préciser les faits et les moyens
allégués… » ;

---Qu’il en résulte que le moyen, en plus des faits, doit contenir la règle de droit ou le
principe général de droit sur lesquels se fondent les griefs soulevés ;

---Qu’en l’espèce, le moyen n’invoque aucun texte de loi, ni aucun principe de droit
justifiant les griefs allégués ;

---Qu’il s’ensuit qu’il est irrecevable ;

SUR LE SEPTIEME MOYEN PRIS DE LA VIOLATION DE L’ARTICLE 104


ALINEA 2 CONCERNANT LE VOTE DES MILITAIRES

---Attendu que le requérant n’a pas rapporté la preuve de ses allégations ;

---Qu’il s’ensuit que le moyen n’est pas justifié ;

SUR LE HUITIEME MOYEN PRIS DE LA VIOLATION DE L’ARTICLE 20


ALINEA 4 DU DECRET N° 79/448 DU 05 NOVEMBRE 1979 MODIFIE PAR

360
LE DECRET N° 85/238 DU 22 FEVRIER 1985 PORTANT
REGLEMENTATION DES FONCTIONS ET FIXANT LE STATUT DES
HUISSIERS

---Attendu que le requérant reproche aux Présidents des Tribunaux de Première


Instance, juges des requêtes, d’avoir rejeté ses requêtes tendant à autoriser les
Huissiers de justice à faire des constats le jour de l’élection ;

---Mais attendu qu’il s’agit des décisions des Juges de l’ordre judiciaire dont les
contestations sont faites par l’exercice des voies de recours qui ne relèvent pas de la
compétence du Conseil Constitutionnel ;

---Qu’il s’ensuit que le moyen n’est pas justifié ;

SUR LE NEUVIEME MOYEN TIRE DE LA VIOLATION DE L’ARTICLE


54(1) DU CODE ELECTORAL RELATIF A L’EXPULSION DES
REPRESENTANTS DU REQUERANT DES BUREAUX DE VOTE.

---Attendu que le requérant n’a pas rapporté la preuve de ses allégations, aucune
réserve n’ayant été faite à ce sujet sur les procès-verbaux des bureaux de vote ;

---Qu’il s’ensuit que le moyen n’est pas justifié ;

---Attendu que la procédure devant le Conseil Constitutionnel étant gratuite en vertu


de l’article 57 de la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et
fonctionnement du Conseil Constitutionnel, modifiée et complétée par la loi n°
2012/015 du 21 décembre 2012, il convient de laisser les dépens à la charge du Trésor
Public ;

---Qu’en application des dispositions de l’article 15 alinéa 2 de ladite loi, il y a lieu


d’ordonner la notification de la présente décision au Conseil Electoral et aux autres
parties concernées, ainsi que sa publication au Journal Officiel ;

PAR CES MOTIFS

361
---Statuant publiquement, contradictoirement à l’égard des parties, en matière
électorale, en dernier ressort et à l’unanimité des Membres :

---EN LA FORME

---Déclare la requête de sieur KAMTO Maurice recevable ;

---AU FOND

---La rejette comme non justifiée ;

---Laisse les dépens à la charge du Trésor Public ;

---Ordonne la notification de la présente décision au Conseil Electoral et aux autres


parties intéressées, ainsi que sa publication au Journal Officiel ;

---Ainsi décidé et prononcé en audience publique par le Conseil Constitutionnel les


jour, mois et an que dessus, en la salle des audiences dudit Conseil où siégeaient :

M. Clément ATANGANA, Président du Conseil Constitutionnel,

PRESIDENT ;

MM. Jean FOUMAN AKAME,


BAH OUMAROU SANDA,
Paul NCHOJI NKWI,
Joseph Marie BIPOUN WOUM,
Emmanuel BONDE,
MME. Florence Rita ARREY,
MM. Charles Etienne LEKENE DONFACK,
AHMADOU TIDJANI,
Jean-Baptiste BASKOUDA,
Emile ESSOMBE,
CONSEILLERS ;

---Avec l’assistance de Maître Longin MAKA EYOUM, Greffier en Chef ;

362
---Et de Maître AMBOMO Flavienne J. épouse NOAH AMBASSA, Greffier ;

---En présence de Monsieur MALEGHO Joseph ASEH, Secrétaire Général ;

---En foi de quoi la présente décision a été signée par le Président, le Secrétaire
Général et contresignée par le Greffier en Chef. /-

LE PRESIDENT LE SECRETAIRE GENERAL

Clément ATANGANA MALEGHO Joseph ASEH

LE GREFFIER EN CHEF

Longin MAKA EYOUM

363
DECISION N° 30/CE/CC/2018 DU 18 OCTOBRE 2018
AFFAIRE :

Sieur JOSHUA NAMBANGI OSIH (Social Democratic Front) SDF

C/

ELECAM, RDPC, ADD, PURS, FDP, UDC et MCNC

OBJET:
(Annulation totale de l’élection présidentielle du 07 octobre 2018)

---L’an deux mille dix-huit ;

---Et le dix-sept du mois d’octobre ;

---Le Conseil Constitutionnel, siégeant en audience publique au Palais des Congrès a


rendu la décision dont la teneur suit :
---Le Conseil Constitutionnel,

---Vu la Constitution ;

---Vu la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et fonctionnement du


Conseil Constitutionnel, modifiée et complétée par la loi no 2012/015 du 21 décembre
2012 ;

---Vu la loi n° 2012/001 du 19 avril 2012 portant Code Electoral, modifiée et


complétée par la loi n° 2012/017 du 21 décembre 2012 ;

---Vu le décret n° 2018/104 du 07 février 2018 portant organisation et


fonctionnement du Secrétariat Général du Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/015 du 07 février 2018 portant nomination des Membres du


Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/106 du 07 février 2018 portant nomination du Président du


Conseil Constitutionnel ;

---Vu le décret n° 2018/170 du 23 février 2018 portant nomination du Secrétaire


Général du Conseil Constitutionnel ;

364
---Vu le décret n° 2018/391 du 09 juillet 2018 portant convocation du corps électoral
en vue de l’élection du Président de la République le 07 octobre 2018 ;

---Vu le décret n° 2018/445 du 31 juillet 2018 portant nomination de responsables au


Secrétariat Général du Conseil Constitutionnel ;
---Vu la requête de Sieur JOSHUA NAMBANGI OSIH ;

---Vu le mémoire en réponse de Maîtres Guy NOAH, MBITA Blaise, AMA’AZE


AMAH Antony, Louis Gabriel EYANGOH, Joseph DJABOU, NGONO MBARGA,
KANGUENDONGNTAH, LUKE KISOB et NKOUMOU TSALA, Avocats au
Barreau du Cameroun, conseils du RDPC ;

---Vu le mémoire en réponse de Maîtres MBUFUNG Marcel KUMFA, OKHA BAU


OKHA et ATANGANA AMOUGOU Joseph conseils de ELECAM ;

---Oui ELECAM dans ses déclarations ;

---Vu le mémoire en réponse de Maîtres Sylvain SOUOP, Emmanuel SIMH, Réné


MANFO, Joseph YOUMSI, J.M WOUPALA et G. ZOMISSI Avocats au Barreau du
Cameroun, conseils du MRC ;

---Attendu que par requête datée du 10 octobre 2018, enregistrée au Conseil


Constitutionnel le même jour sous le n° 227, Sieur JOSHUA NAMBANGI OSIH,
candidat à l’élection présidentielle du 07 octobre 2018, ayant pour conseils Maitres
SAMA Francis, MBA NDAM Boniface, SUH FRU Benjamin, TSAPY Lavoisier,
NANA Wilson, ATANGA MBAH MBOLE Charles, NDANGOH TAH Calvin,
DJOMGANG Adeline et NGOUANA Mustapha tous, Avocats au Barreau du
Cameroun, a saisi ledit Conseil pour solliciter l’annulation totale de ladite élection ;

---Que cette requête est formulée ainsi qu’il suit :

« A L’HONNEUR DE VOUS EXPOSER

« Qu'il sollicite l'annulation totale de l'élection présidentielle du 07 octobre,


émaillée d'une kyrielle d'irrégularités qui mettent à mal l'unité nationale et
compromettent durablement la sincérité du résultat de ladite élection ;

365
« Que l'annulation totale sollicitée est conforme aux dispositions de l'article
132 du Code Electoral qui énoncent que :

« (1) Le Conseil Constitutionnel veille à la régularité de l'élection présidentielle.


(2) Il statue sur toute requête en annulation totale ou partielle des opérations
électorales introduite par tout candidat, tout parti politique ayant pris part à
l’élection, ou par toute personne ayant qualité d’agent du Gouvernement pour
cette élection ;

« Qu’il a régulièrement fait acte de candidature et participé de manière effective


aux opérations électorales du 07 octobre 2018 et est de ce fait recevable en son
action qui est faite dans les forme et délai légal ;

« Que malheureusement, cette élection que le peuple camerounais appelait de


tous ses vœux a connu des irrégularités abracadabrantestes, des violations
flagrantes de la loi nationale et des instruments internationaux ratifiés par le
Cameroun ;

« Qu’elle a été organisée dans un contexte sécuritaire attentatoire aux libertés


individuelles, à la liberté d’aller et de venir et surtout à la libre expression
démocratique ;

« Que les circonstances ayant entouré l’élection présidentielle du 07 octobre


2018 ont gravement compromis la sincérité de celle-ci, à telle enseigne que les
résultats attendus, seront complètement faussés et contraire à la volonté
populaire pourtant primordiale en démocratique ;
« Qu’à toutes fins utiles, il convient de préciser en application des dispositions de
l’article 49 de la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et
fonctionnement du Conseil Constitutionnel, que 9 formations politiques étaient en
compétition et ont présenté neuf candidats, à savoir: le SDF (JOSHUA
NAMBANGI OSIH), le MRC (MAURICE KAMTO), le RDPC (PAUL BIYA),
l'UDC (ADAMOU NDAM NJOYA), UNIVERS (CABRAL LIBII), le MCNC

366
(FRANKLYN NDIFOR), le PURS (SERGES ESPOIR MATOMBA), L'ADD
(GARGA HAMAN ADJI), et le FPD (AKERE MUNA) ;

« Qu'une kyrielle de moyens de droits militent en faveur de l'annulation de


l'élection présidentielle du 07 octobre 2018, comme il sera démontré infra :
« 1- SUR LE PREMIER MOYEN PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 21
DE LA DECLARATION UNIVERSELLE DES DROITS DE L'HOMME ET 25
DU PACTE INTERNATIONAL RELATIF AUX DROITS CIVILS ET
POLITIQUES
« Attendu que l'élection présidentielle du 07 octobre 2018 a été l'occasion
inadmissible, explicitement convenue et voulue, de la violation du droit des
citoyens camerounais : à participer à la gestion des affaires publiques par le libre
choix de leurs dirigeants ;
« En ce que d'une part, l'article 21 de la Déclaration Universelle de Droits de
l'Homme du 10 décembre1948 dispose :

«1. Toute personne a le droit de prendre part à la direction des affaires publiques de
son pays, soit directement, soit par l'intermédiaire de représentants librement
choisis.
« 2. Toute personne a droit à accéder, dans des conditions d'égalité, aux fonctions
publiques de son pays.
« 3. La volonté du peuple est le fondement de l'autorité des pouvoirs publics ; cette
volonté doit s'exprimer par des élections honnêtes qui doivent avoir lieu
périodiquement, au suffrage universel égal et au vote secret ou suivant une
procédure équivalente assurant la liberté du vote » ;

« En ce que d'autre part, l'article 25 du Pacte International sur les Droits Civils et
Politiques dispose :

« Tout citoyen a le droit et la possibilité, sans aucune des discriminations visées à


l'article 2 et sans restriction déraisonnables :
a) de prendre part à la direction des affaires publiques, soit directement, soit par

367
l'intermédiaire de représentants librement choisis ;
b) de voter et d'être élu, au cours d'élections périodiques, honnêtes, au suffrage
universel et égal et au scrutin secret, assurant l'expression libre de la volonté des
électeurs ;
c) d'accéder, dans des conditions générales d'égalité, aux fonctions publiques de son
pays » ;
« Que l'article premier alinéa 3 de la Charte des Nations Unies est dans le même
sens ;
« Que les instruments internationaux susvisés desquels découle le droit souverain du
peuple de participer à la gestion des affaires publiques, sont expressément reconnus
dans le préambule de la Constitution qui énonce que : «AFFIRME son attachement
aux libertés fondamentales inscrites dans la Déclaration Universelle des Droits de
l'Homme, la Charte des Nations Unies, la Charte Africaine des droits de l'Homme et
des Peuples et toutes les conventions internationales y relatives et dûment ratifiées,
notamment aux principes suivants :
- « Tous les hommes sont égaux en droits et en devoirs. L'Etat assure à tous les
citoyens les conditions nécessaires à leur développement "
- « L'Etat assure la protection des minorités et préserve les droits des populations
autochtones conformément à la loi » ;

« Que malheureusement, en violation des instruments internationaux susvisés,


pourtant ratifiés par le Cameroun, les populations des régions du Nord-Ouest et
du Sud-Ouest, qui au Cameroun représentent une minorité ont été totalement
exclues des opérations électorales au cours de l'élection présidentielle du 07
octobre 2018 ;
« Qu'en effet d'une part, il n'est plus à démontrer que les régions anglophones
sont en proie à une crise humanitaire et sécuritaire sans précédent dans
l'histoire du Cameroun ;
« Que l'insécurité, les violences, les couvre-feux et l'état de guerre permanente
qu'ils vivent au quotidien a émoussé la volonté des plus courageux d'entre eux et
amoureux de la République à pouvoir participer à l'élection présidentielle du 07

368
octobre 2018, alors pourtant qu'il est de la responsabilité de l'Etat de leur
assurer la sécurité nécessaire à l'exercice de leur devoir citoyen ;
« Qu'il n'est pas superflu de rappeler que la restriction de la liberté d'aller et
venir dans les régions anglophones par les couvre-feux de monsieur le
gouverneur du Nord-Ouest, quoique compréhensible dans le contexte de la crise
sociopolitique actuelle, n'en est pas moins une preuve de la difficulté à se
déplacer pour les citoyens qui doivent braver les balles pour accomplir leur
devoir citoyen ;
« Que les déplacements des populations ont même été soumises à l'obtention des
laissez-passer, qui démontrent au-delà de tout doute raisonnable la difficulté à
pouvoir circuler dans les régions anglophones ; (pièce n° 1)
« Que la liberté d'aller et venir est garantie par la Constitution en ces termes : «
Tout homme a le droit de se fixer en tout lieu et de se déplacer librement ... »
« Que les populations des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, qui
représentent selon les statistiques d'Elections Cameroun, plus d'un million
d'électeurs n'ont pas pu participer à l'élection présidentielle, pourtant
déterminante pour l'avenir de la Nation ;
« Que cette population de plus d'un million d'électeurs constitue une masse
suffisamment critique pour faire basculer l'élection présidentielle du 07 octobre
2018, pour laquelle l'électorat global est inférieur à sept millions d'électeurs en
plus de forte abstention qui l'a émaillé ;
« Qu'en effet d'autre part, la crise sécuritaire dans les régions du Nord-Ouest et
du Sud-Ouest a entraîné une longue suite de déplacés internes, pour lesquels
aucune solution n'a été trouvée par Elections Cameroon nonobstant les
sollicitations du SDF dans ce sens ;
« Qu'en effet, par correspondance datée du 28 septembre 2018 reçue à
Elections Cameroon le 1er octobre 2018, le SDF s'est, une fois de plus, fait fort
d'être le porte-voix de la situation des populations du Nord-Ouest et du Sud-
Ouest au sujet de leur exclusion du processus électoral, tout en l'interpellant sur
la nécessité de trouver des solutions convenables au vote des déplacés internes ;

369
« Que la correspondance ayant en Objet : processus électoral dans les régions
du Nord-Ouest et du Sud-Ouest est ainsi conçue :
« Monsieur le Directeur Général,
« Faisant suite à la réunion de concertation organisée par vos soins en date du
6 septembre 2018, au cours de laquelle vous avez confirmé, en totale violation
de la loi, la création des centres de vote spéciaux, dans les régions du Nord-
Ouest et du Sud-Ouest, je viens par les présentes vous réaffirmer l'opposition
totale du SDF à une telle démarche ubuesque et anti-démocratique ;
« En effet, il n'est pas inutile de vous rappeler que la multiplication des bureaux
de vote par le législateur, avait pour but affiché, de rapprocher les centres de
vote des électeurs, d'encourager et de faciliter le libre exercice du jeu
démocratique ;
« Votre position actuelle consistant à créer des centres spéciaux de vote,
institutionnalise un véritable apartheid électoral, expose les électeurs des
régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest opposées aux sécessionnistes à la
vindicte de ceux-ci et amène plusieurs camerounais à considérer la pratique que
vous êtes en train d'inaugurer comme la porte ouverte à l'organisation d'une
fraude massive. Avec la restriction de la liberté d'aller et venir dans ces régions
et surtout l'interdiction d'utiliser des véhicules terrestres à moteurs, il est
impossible et c'est une gageure pour un citoyen normal, de braver la sérénade
des armes à feu pour aller voter ;
« Les principaux bureaux de vote sont connus depuis les élections précédentes,
toute chose qui a installé une coutume électorale auprès des électeurs qui ne
doivent pas être découragés par des questions de distance et d'insécurité, alors
pourtant qu'ils ont une parfaite connaissance de leurs bureaux de vote au
moment de leur inscription sur les listes électorales ;
« De plus fort, les commissions départementales de supervision et les
commissions locales de vote sont quasi inexistantes dans ces deux régions et ne
rassurent pas du tout les populations par leur absence ;
« Par ailleurs, au cours de la réunion de la concertation du 06 septembre 2018,

370
le SDF par la voix de son Secrétaire Général a appelé votre attention sur la
nécessité de trouver une solution au vote des déplacés internes et vous a fait des
suggestions qui sont restées lettres mortes, au grand dam des électeurs qui ne
demandent qu'à exercer leur devoir citoyen. Les modalités pratiques du vote des
déplacés sont toujours attendues et au regard du mutisme que vous observez
depuis lors, il semble que rien ne sera fait dans le sens de la facilitation de la
participation de ceux-ci à l'élection du 07 octobre prochain ;
« Aussi suis-je dans l'obligation de vous indiquer que le SDF ne laissera aucune
initiative de nature à frustrer les électeurs et attenter à leur libre choix le 07
octobre prochain ;
« Comme vous vous en doutez, la non-participation des populations des régions
du Nord-Ouest et du Sud-Ouest au scrutin du 07 octobre prochain sera de facto,
la porte ouverte à leur exclusion de la Nation camerounaise et la légitimation
expresse de la volonté des sécessionnistes de tous bords ;
« Au regard de ce qui précède, il est d'une urgence absolue, que vous preniez
toutes les mesures idoines pour ne pas porter la responsabilité de la partition de
notre pays à travers la ségrégation électorale et les éventuels troubles qui
pourraient en résulter ;
« Dans l'attente,
« Veuillez croire, Monsieur le Directeur Général, à l'expression de mes sentiments
dévoués » (pièce numéro 2)
« Que cette correspondance pourtant empreinte de chauvinisme et de soif d'unité
nationale a été mise à l'index par Elections Cameroon, qui dans un silence mêlé de
mépris pour la démocratie et d'indifférence pour les populations anglophones, n'a
pas cru devoir y donner suite, laissant persister cette rumeur répandue dans
l'opinion, selon laquelle les violences dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-
Ouest sont favorables au RDPC, qui compte tirer parti de la non-participation liée
à l'état de guerre qui en découle pour prendre avantage sur le SDF qui y a souvent
eu des scores importants, que la marginalisation dont elles sont victimes, aurait
rendu encore plus confortable ;

371
« Qu'en effet en outre, la situation dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest
s'est tellement dégradée que les plus hautes autorités de la république dont le
Premier Ministre inscrit dans la région du Nord-Ouest, se sont trouvées dans
l'obligation de solliciter du fait « de raisons sécuritaires » la délocalisation de
leurs bureaux de vote, ce qui est pour le moins ubuesque et surprenant ;
« Que la crainte du Premier Ministre qui est l'une des autorités les plus
importantes de la République et également l'une des plus protégées laisse
clairement comprendre la peine qui peut être celle du citoyen lambda, sans
protection particulière et qui voudrait exercer son devoir citoyen ;
« Que ce refus est en tout point conforme aux dispositions des articles 82 et 83 du
Code électoral qui indique clairement les circonstances pouvant permettre
l'inscription des électeurs en dehors de la période de révision des listes électorales ;
« Qu'en effet enfin, la situation sécuritaire dans le Nord-Ouest s'est tellement
dégradée qu'à la suite de nombreux échanges de coups de feu entre les forces de
défense et de sécurité et les sécessionnistes ambazoniennes, trois morts ont été
enregistrés comme le révèle fort opportunément le Journal MUTATIONS du lundi 08
octobre 2018 ; (pièce n° 5)
« Que dans un contexte sécuritaire marqué par une violence aussi âpre, et face à
l'impuissance de l'administration à pourvoir la sécurité aux populations qu'elle est
censée protéger, il était impossible que les élections puissent se dérouler dans les
régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest avec la participation des populations
terrorisés par la guerre permanente, toute chose qui décrédibilise les élections dont
s'agit et renforce le sentiment de marginalisation, d'apartheid et de ségrégation
excipé par ceux-ci ;
« Que la délocalisation des bureaux de vote de toute la région du Nord-Ouest qui
étaient au nombre de 2344 et leur regroupement dans 77 centres de vote loin des
populations censés prendre part au scrutin du 07 octobre 2018 a davantage
contribué à l'exclusion de celles-ci ;
« Qu'il échet à l'auguste juridiction de céans au regard de la non-participation de
deux régions du pays (comportant plus d'un million d'électeurs) à l'élection

372
présidentielle d'annuler totalement ladite élection en application des dispositions des
articles 21 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme du 10 décembre
1948 et 25 du Pacte International sur les Droits Civils et Politiques ;

« II- SUR LE DEUXIEME MOYEN PRIS DE LA VIOLATION DE


L'ARTICLE 5 DE LA CONSTITUTION
« En ce que, l'article 5 de la constitution fait obligation au Président de la
République d'être élu par la nation et dispose expressis verbis ce qui suit :
« Le Président de la République est le Chef de l'Etat.
1.« Elu de la Nation toute entière il incarne l'unité nationale ;
« Il définit la politique de la nation ;
« Il veille au respect de la Constitution ;

« Il assure par son arbitrage le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ; Il


est le garant de l'indépendance nationale, de l'intégrité du territoire, de la
permanence et de la continuité de l'Etat, du respect des traités et accords
internationaux » ;
« Que malheureusement, toute la nation n'a pas pu prendre part à l'élection
présidentielle du 07 octobre 2018, du fait du contexte sécuritaire électrique et
délétère dont le Président de la république est pourtant le garant ;
« Qu'en l'état, le Président de la République qui sortira des urnes sera
substantiellement affaibli, illégitime et incapable d'être le garant de l'unité
nationale, du fait de son élection par une frange de la population, à l'exclusion
des anglophones qui sont pourtant une composante importante de celle-ci, et
qu'on ne peut se permettre d'exclure de la gestion des affaires publiques ;
« Que l'unité nationale déjà mise à mal par les irrédentismes et la crise
sécuritaire à laquelle les populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest sont
exposées, se trouverait davantage handicapée si une élection présidentielle
devait être validée par la juridiction de céans sans leur participation effective ;
« Que le Président de la République alors sorti des urnes serait considéré
comme étant celui des francophones, légitimant et renforçant pour ainsi dire

373
les thèses séparatistes ;
« Que le taux de participation des populations des régions anglophones est d'à
peine cinq pourcent dans les régions anglophones ;
« Que les procès-verbaux des Commissions départementales de supervision qui
ont pour la plupart déserté la circonscription dans laquelle ils étaient installés
démontre à suffire que les anglophones du Cameroun n'ont pas pu voter, et ce,
contre leur volonté ;
« Que les différents procès-verbaux des commissions départementales de
supervision attestent à suffire de la non-participation des anglophones des
régions sinistrées du Nord-Ouest et du Sud-Ouest à l'élection du 07 octobre
2018 ;
« Qu'il est dès lors d'une absolue nécessité, que les opérations électorales du
07 octobre 2018 soient totalement annulées au regard de la masse critique que
représente l'électorat des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, laquelle est à
même de faire basculer les résultats de l'élection en faveur du candidat qui y
aurait un score important, étant entendu qu'il s'agit en l'espèce de plus d'un
million d'électeurs ;
« III- SUR LE TROISIEME MOYEN PRIS DE LA VIOLATION DE
L'ARTICLE 26 DU PACTE INTERNATIONAL RELATIF AUX DROITS
CIVILS ET POLITIQUES ET ENSEMBLE LE PREAMBULE DE LA
CONSTITUTION
« En ce que,
« La protection des minorités anglophones n'a pas été assurée au cours de
l'élection présidentielle du 07 octobre 2018 qui a consacré au plus haut point
la marginalisation de ceux-ci ;
« Alors pourtant que d'une part, l'article 26 du Pacte International Relatif aux
Droits Civils et Politiques dispose : « Toutes les personnes sont égales devant
la loi et ont droit sans discrimination à une égale protection de la loi. A cet
égard, la loi doit interdire toute discrimination et garantir à toutes les
personnes une protection égale et efficace contre toute discrimination,

374
notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d'opinion
politique et de toute autre opinion, d'origine nationale ou sociale, de fortune,
de naissance ou de toute autre situation » ;
« Alors pourtant que d'autre part, le préambule de la constitution énonce que :
« L'Etat assure la protection des minorités et préserve les droits des populations
autochtones conformément à la loi » ;
« Que les populations anglophones au Cameroun constituent une minorité, par
rapport aux populations francophones qui ont pris une part belle aux
opérations électorales du 07 octobre 2018 ;
« Que la non-participation des populations anglophones aux opérations
électorales est indiscutable puisque à peine cinq pourcent des électeurs inscrits
ont pu participer à l’élection ; Qu'il s'agit en pareille occurrence d'une
discrimination fondée sur la langue, car l'une des spécificités culturelles des
populations des régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest, est incontestablement la
langue anglaise ;
IV- SUR LE QUATRIEME MOYEN PRIS DE LA VIOLATION DES
ARTICLES 74, 82 ET 83 DU CODE ELECTORAL
« Que les revendications ayant entraîné l'escalade de la violence dans les régions
susvisées étaient bel et bien assises sur les spécificités liées à la protection du sous-
système éducatif anglophone et à la protection du système juridique et judiciaire de
la Common Law, dont ils s'opposent à l'éradication par l'affectation des juges de
culture juridique civiliste et ne s'exprimant pas du tout en anglais ;

« Qu'il échet dès lors, à la juridiction de céans, en application des dispositions de


l'article 26 du Pacte International Relatif aux Droits Civils et Politiques et du
préambule de la constitution, d'annuler totalement les opérations électorales du 07
octobre 2018, suite à la marginalisation et à la discrimination dont les populations
anglophones ont été l'objet en étant exclues contre leur gré des opérations
électorales ;
« En ce que,
« En totale violation des dispositions du Code électoral, des autorités camerounaises

375
ont été inscrites sur des listes électorales en dehors des périodes de révision des
listes électorales ;
Alors pourtant que, l'article 74 du Code Electoral dispose :
«(1) Les listes électorales sont permanentes. Elles font l'objet d'une révision
annuelle sur l'ensemble du territoire national
« (2) La révision annuelle des listes électorales commence le 1er janvier et
s'achève le 31 août de chaque année ».
« Que les articles 82 et 83 du Code Electoral disposent :
« ARTICLE 82.- (1) Peuvent être inscrits sur les listes électorales en dehors des
périodes de révision sans conditions de résidence et lorsque ces mutations
entraînent un changement de résidence : a) les fonctionnaires et agents des
administrations publiques mutés ou admis à faire valoir leurs droits à la retraite
après la clôture des délais d'inscription, ainsi que les membres de leurs familles
domiciliés avec eux à la date de la mutation ou de la mise à la retraite ;
b) les militaires démobilisés après la clôture des délais d'inscription.
(2) Les dispositions de l'alinéa 1 ci-dessus s'appliquent également aux agents du
secteur privé mutés ou admis à faire valoir leurs droits à la retraite.
(3) Les demandes d'inscription sur les listes électorales en dehors des périodes de
révision sont accompagnées des indications nécessaires et déposées dans les
services du démembrement communal d'Elections Cameroon.
« Article 83.- (1) Les demandes sont examinées par la commission de révision des
listes électorales dans un délai de neuf (09) jours, et au plus tard six (06) jours avant
la date du scrutin. Les décisions de la commission sont notifiées sans délai aux
intéressés.
(2) La commission inscrit l'électeur sur la liste électorale ainsi que sur le tableau
additif qui est publié au plus tard quatre (04) jours avant la date du scrutin.
« Que contrairement aux dispositions légales susvisées, des autorités
administratives appartenant tous au parti politique RDPC ont été inscrites sur
les listes électorales en dehors de la période d'inscription prévue par l'article
74 du Code Electoral, c'est-à-dire entre le premier janvier et le 31 Août ;

376
« Qu'il s'agit en l'occurrence du Président du Sénat qui vote généralement dans
le Ndé, mais qui curieusement a cette fois ci voté à l'ambassade du Cameroun
en France, alors qu'il s'est rendu en France pour des raisons médicales
longtemps après la convocation du corps électoral ;
« Que cet exemple qui laisse transpirer le parti pris d'Elections Cameroon n'est
pas de nature à rasséréner sur la sincérité du scrutin du 07 octobre 2018 ; Que
sauf à être doté de pouvoirs métaphysiques et divinatoires, le Président du Sénat
ne pouvait pas s'être inscrit en France alors qu'il vivait au Cameroun ;
« Que de plus fort, le Premier Ministre Philémon YANG et une kyrielle
d'autorités administratives ont par exemple voté à Bamenda alors qu'ils n'y
étaient pas inscrits, d'autant plus que leurs demandes d'inscriptions en dehors
de la période de révision avaient été rejetées par la Commission départementale
de Supervision ;
« Que dès lors le vote effectué à Bamenda par le Premier Ministre Philémon
YANG et la kyrielle d'autorités administratives qui l'accompagnait est tout
simplement frauduleux et légitime davantage l'annulation sollicité. ce au regard
des deux premiers moyens ayant mis en perspective la non-participation des
populations des régions anglophones et la violation de l'article 5 de la
Constitution;
« Que le Premier Ministre et sa suite ne réunissaient pas les conditions de
transfert d'un bureau de vote à un autre, prévues par l'article 82 du Code
Electoral, toute chose qui laisse transpirer le parti pris d'Elections Cameroon ;
« Que cette situation ubuesque est non seulement la preuve de la collusion
d'Elections Cameroon, mais encore la preuve de ce qu'il était impossible pour le
citoyen ordinaire de pouvoir voter paisiblement dans les régions anglophones
au regard de la situation sécuritaire délétère qui y a cours ;
« Qu'il échet à l'auguste juridiction de céans d'annuler l'élection présidentielle
pour le moyen susvisé qui fait corps avec les deux premiers moyens. En ce qu'il
met en perspective la violation du droit des citoyens à participer à la gestion
des affaires publiques et surtout le fait que le Président de la République qui

377
sortira des urnes n'aura pas été élu par toute la nation comme le prévoit
l'article 5 de la constitution ;
« V- SUR LE CINQUIEME MOYEN PRIS DE LA VIOLATION DE L'ARTICLE
102 DU CODE ELECTORAL

« En ce que,
« Elections Cameroon, a délocalisé les bureaux de vote de toute la région du
Nord- Ouest qui étaient au nombre de 2344 ont été délocalisés et regroupés
dans 77 bureaux loin des populations censés voter, ce en, totale violation de la
loi ; Qu'en effet, l'article 102 du Code Electoral dispose ;
1) Nul ne peut être admis à voter s'il n'est inscrit sur la liste électorale du
bureau de vote concerné.
(2) Nonobstant les dispositions de l'alinéa 1 ci-dessus. Le président et les
membres de la commission locale de vote sont autorisés à y voter sur
présentation de leur carte d'électeur. (3) L'ordre d'inscrire donné en cas de
recours par le tribunal compétent attesté par une ordonnance vaut inscription
de l'électeur sur la liste électorale concernée »
« Que, la délocalisation des bureaux de vote de leur circonscription d'origine
n'est pas prévue dans le Code Electoral et constitue une mesure qui viole
allègrement les dispositions de l'article 102 dudit Code Electoral ;
« Que bien plus les populations n'ont pas reçu communication de la liste des
bureaux de vote dans le délai de huit jours prévus à l'article 97 du Code
Electoral ;
« Que cet état de chose a grandement démobilisé et démoralisé les populations
pourtant inscrites et désireuses de participer à l'élection dans les régions
anglophones ;
« Qu'il échet à l'auguste juridiction de céans de procéder à l'annulation totale
de l'élection présidentielle du 07 octobre 2018 pour violation des dispositions
de l'article 102 du Code Electoral qui a conduit à la non-participation des
populations anglophones au scrutin du 07 octobre 2018.
« VI- SUR LE SIXIEME MOYEN PRIS DE LA VIOLATIONDU PRINCIPE

378
GENERAL DE DROIT FRAUS OMNIA CORRUMPIT (LA FRAUDE
CORROMPT TOUT), DES ARTICLES 97 ET 73 DU CODE ELECTORAL
« En ce que,
« L'élection présidentielle du 7 octobre 2018 a été émaillée de nombreux cas de
fraude et de violence qui influent consubstantiellement sur l'issue du scrutin au
point d'entamer durablement la sincérité de celui-ci ;
« Que le conseil constitutionnel a le pouvoir de mener des investigations pouvant
lui permettre de vérifier l'exactitude des récriminations faites au sujet de la
sincérité de l'élection du 07 octobre 2018 et faire remonter les listes
d'émargement, ce d'autant que les articles 73 et 97 du Code Electoral ont été
violés sans vergogne ;
« Que l'article 73 du Code Electoral dispose en effet que :- (1) Nul ne peut être
inscrit sur plus d'une liste électorale ou plusieurs lois sur la même liste.
(2) Lorsqu'un électeur a été inscrit plusieurs fois sur la même liste, il ne peut
subsister qu'une seule inscription. La radiation des autres inscriptions a lieu d'office.
(3) Lorsqu'un électeur a été inscrit sur plusieurs listes, seule la dernière inscription
est prise en compte. Sauf option contraire de l'électeur. La radiation sur les autres
listes a lieu d'office.
(4) Tout refus d'inscrire un électeur doit être motivé et notifié à l'intéressé. Ce refus
peut faire l'objet de réclamation ou de contestation devant la commission
départementale de supervision ou le Conseil Electoral, suivant le cas » ;
« Que l'article 97 du Code Electoral quant à lui énonce que : « La liste des
bureaux de vote est transmise aux démembrements communaux d'Elections
Cameroon pour affichage au moins huit (08) jours avant la date du scrutin » ;
« Qu'enfin, la maxime latine « fraus omnia corrumpit » (la fraude corrompt tout)
et qui a la valeur d'un principe général de droit sanctionne la fraude sans
restriction ;
« Attendu que le déroulement normal des élections présuppose la bonne foi de
tous les participants aux élections et la sincérité de toutes leurs opérations ;
« Que malheureusement, Elections Cameroon n'a pas cru devoir sacrifier aux

379
exigences de bonne foi, pourtant consubstantiels à la garantie d'une élection
libre et transparente ;
« Qu'en effet, Elections Cameroon n'a pas publié les listes dans le délai de 8
jours qui aurait pu permettre aux électeurs de pouvoir retrouver sereinement
leurs identités sur les listes électorales ;
« Que de plus fort, une kyrielle de personnes ayant plusieurs cartes d'électeurs
ont participé à l'élection sur toute l'étendue du territoire national, ce, au mépris
de la biométrie et des dispositions de l'article 73 du Code Electoral ;(pièce 6)
« Que les représentants des partis politiques de l'opposition dont ceux du SDF
ont été exclus des bureaux de vote avec violence ;
« Que les listes d'émargement ont été trafiqués dans plusieurs bureaux de vote,
au mépris de la loi ;
« Que l'un des cas les plus patents est le département des Bamboutos où un
ministre de la République se déplaçait à sa guise dans les bureaux de vote,
continuant de violer le préambule de la Constitution ;
« Vu la déclaration universelle des droits de l'homme en son article 21 ;
« Vu le pacte international relatif aux droits civils et politiques en ses articles 25
et 26 ;
« Vu les dispositions du Code Electoral, notamment les articles 73, 74, 82, 83,
97,107,132 ;
« Vu les principes généraux du droit « fraus omnia corrumpit» et « malitiis non
es indulgendum » ;
« Vu la requête qui précède (les faits et les moyens développés) et les pièces à
l'appui ;
« EN LA FORME
« De bien vouloir le recevoir en sa requête comme faite dans les forme et délai
légaux ;
« AU FOND
« Bien vouloir Constater que le requérant est candidat légalement et
légitimement reçu par le Conseil constitutionnel ;

380
« Bien vouloir constater que les populations des régions du Nord-Ouest et du
Sud- Ouest ont été exclues du processus électoral ;
« EN CONSEQUENCE
« Ordonner l'annulation totale de l'élection présidentielle du 07 octobre 2018 sur
toute l'étendue du territoire national ;
« Profonds Respects
« SOUS TOUTES RESERVES
---Attendu qu’en application des dispositions de l’article 130 alinéa 5 du Code
Electoral, la présente requête a été communiquée aux autres parties intéressées,
notamment ELECAM et le RDPC, le 10 octobre 2018 ;

---Que réagissant à cette communication sous la plume de ses conseils, le RDPC a


déposé son mémoire en réponse le 12 octobre 2018 formulé ainsi qu’il suit :
« PLAISE AU CONSEIL CONSTITUTIONNEL
« Attendu que par requête en date du 09 octobre 2018, parvenue au Greffe du
Conseil Constitutionnel le lendemain à 17 heures 20 minutes et enregistrée sous le n°
227, Monsieur JOSHUA NAMBANGI OSIH, candidat du Social Democratic Front
(SDF), a saisi le Conseil Constitutionnel aux fins « de l’annulation totale de
l’élection présidentielle du 07 octobre 2018 sur toute l’étendue du territoire
national » ;
« Qu’au soutien de sa requête, il met en avant :
« La violation de l’article 21 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et
l’article 25 du Pacte International Relatif aux Droits Civils et Politiques ;
« La violation de l’article 5 de la Constitution ;
« La violation de l’article 26 du Pacte International Relatif aux Droits Civils et
Politiques, ensemble le préambule de la Constitution ;
« La violation des articles 74,82 et 83 du Code Electoral ;
« La violation de l’article 102 du Code Electoral ;
« La violation du principe général de droit (fraus omnia corrumpit), des articles 97 et
73 du Code Electoral ;

381
« QUE SELON LE CANDIDAT JOSHUA NAMBANGI OSIH, les violations des textes
susvisés ont eu pour effet l’exclusion des populations des régions du Nord-Ouest et
Sud-Ouest du processus électoral ;
« Que pour étayer sa requête, il produit un bordereau de 07 (sept) pièces, constitué
notamment des pages 8 et 11 du journal « Mutations » n° 4713 du lundi 08 octobre
2018 et cinq (05) autres documents non lisibles ;
« Mais attendu, comme il sera démontré ci-après, que cette requête n’est pas fondée ;
1. « SUR LA PRETENDUE VIOLATION DE L’ARTICLE 21 DE LA
DECLARATION UNIVERSELLE DES DROITS DE L’HOMME ET L’ARTICLE 25
DU PACTE INTERNATIONNAL RELATIF AUX DROITS CIVILS ET POLITIQUES
« Attendu que le requérant, sur le fondement des textes susvisée, desquels découle le
droit souverain du peuple de participer à la gestion des affaires publiques, argue de
ce que du fait de l’insécurité, des violences, des couvre-feux, et de l’état de guerre
permanente qu’elles vivent au quotidien, les populations du Nord-Ouest et du Sud-
Ouest, qui représentent plus d’un million d’électeurs, n’ont pas pu prendre part au
vote ;
« Qu’il renchérit qu’ELECTIONS CAMEROON, en délocalisant les bureaux de vote
de la Région du Nord-Ouest, qui étaient au nombre de 2344, pour les regrouper dans
77 bureaux de vote situés loin des populations concernées, a davantage contribué à
l’exclusion de celles-ci di scrutin attaqué ;
« Attendu cependant que si la situation sécuritaire dans les deux Régions susnommés
avait été jugée préoccupante par l’Administration, c’est précisément dans l’intention
de permettre aux populations desdites Régions de prendre part au scrutin querellé
qu’ELECTIONS CAMEROON a installé les bureaux de vote dont le regroupement est
incriminé dans les lieux où elles pouvaient accéder et voter sans aucun risque ;
« Attendu au demeurant que ce regroupement des bureaux de vote n’a pas changé le
nombre de ceux-ci ;
« Que dès lors, contrairement aux affirmations du requérant, le fait pour
ELECTIONS CAMEROON d’avoir regroupé ces bureaux de vote dans les lieux où

382
les forces de défense et de sécurité étaient en mesure d’assurer la protection totale
des électeurs était plutôt une décision responsable et de bon sens ;
« Que ceci est d’autant plus vrai que jusqu’à la clôture du scrutin attaqué, les
électeurs, qui se sont rendus dans les bureaux de vote incriminés, n’ont été victimes
d’aucune agression physique ;
« Qu’il s’ensuit que le faible taux de participation observé dans les deux Régions
susnommées traduit plutôt un fort taux d’abstention, et ne constitue nullement une
irrégularité ;
« Qu’il convient, par conséquent, de dire ce moyen non pertinent ;
II. « SUR LA PRETENDUE VIOLATION DE L’ARTICLE 5 DE LA CONSTITUTION
« Attendu que le requérant invoque aussi la violation de l’article 5 de la Constitution
en ce que les populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest n’ayant pas pu voter, le
Président de la République qui va sortir des urnes ne sera pas l’élu de la Nation
toute entière comme le prévoit le texte susvisé ;
« Attendu cependant que l’élection présidentielle querellée a bel et bien eu lieu dans
lesdites Régions comme l’attestent les procès-verbaux des différentes commissions
locales de vote y consécutives ;
« Que c’est donc à tort que le requérant tente d’assimiler le faible taux de
participation observé dans lesdites Régions au vote impossible voire à l’absence de
vote ;
« Qu’il échet, par conséquent, déclarer ce moyen non pertinent ;
IV. « SUR LA PRETENDUE VIOLATION DES ARTICLES 74, 82 ET 83 DU CODE
ELECTORAL
« Attendu que le requérant reproche au Président du Sénat, militant du parti
politique RDPC, d’avoir été inscrit sur la liste électorale de l’Ambassade du
Cameroun en France en dehors de la période prévue par la loi, et d’y avoir voté ;
« Que de même, il reproche au Premier Ministre et à beaucoup d’autre autorités
administratives d’avoir voté à Bamenda, alors qu’ils n’y étaient pas inscrits, toute
chose qui, selon lui, constitue aussi bien une transgression des textes susvisés qu’une
collusion frauduleuses d’ELECTIONS CAMEROON ;

383
« Attendu cependant que le requérant n’apporte aucun élément établissant que les
personnalités et les autorités administratives incriminées n’avaient pas été
régulièrement inscrites sur les listes électorales des bureaux de vote auprès desquels
ils ont exprimé leurs votes ;
« Qu’il n’est pas inutile de rappeler qu’aux termes de l’article 60(1) et (2) du Code
Electoral :
« Le président de la commission locale de vote assure seul la police du bureau de
vote ;
« Il peut faire expulser du bureau de vote toute personne qui n’a pas la qualité
d’électeur dudit bureau de vote, à l’exception des candidats, des chefs de
circonscriptions administratives dans le ressort desquelles se trouve le bureau de
vote, et de leurs représentants. » ;
« Que dès lors, il est aisé d’en déduire que si les présidents des bureaux de vote
concernés ont laissé les personnalités et autorisés administratives susvisées
accomplir leurs devoirs civiques, c’est certainement parce qu’elles y avaient été
régulièrement inscrites sur les listes ;
« Que par conséquent, faute pour le requérant de rapporter la preuve de ses
allégations, il convient de dire ce moyen non pertinent ;
« SUR LA PRETENDUE VIOLATION DE L’ARTICLE 102 DU CODE ELECTORAL
« Attendu que le requérant reproche à ELECTIONS CAMEROON d’avoir délocalisé
les bureaux de vote dans la Région du Nord-Ouest et de les avoir regroupés loin des
populations censées voter, et ce, en violation de l’article 102 du Code Electoral ;
« Attendu cependant que non seulement l’article 102 du Code Electoral n’interdit pas
le regroupement des bureaux de vote, mais en outre, la délocalisation et le
regroupement des bureaux de vote ont plutôt permis aux électeurs de voter dans des
conditions de sécurité maximales ;
« Qu’il convient, par conséquent, de dire ce moyen non fondé ;
« VI. SUR LA PRETENDUE VIOLATION DU PRINCIPE GENERAL DE DROIT
(FRAUS OMNIA CORRUMPIT), AINSI QUE DES ARTICLES 97 ET 73 DU CODE
ELECTORAL

384
« Attendu que le requérant reproche à ELECTIONS CAMEROON de n’avoir pas
publié les listes des bureaux de vote au moins huit (08) jours avant la date du scrutin,
ce, en violation tant de l’article 97 du Code Electoral que du principe général de
droit « fraus omnis corrumpit » ;
« Attendu cependant que le requérant n’apporte pas la preuve de ses allégations,
« Attendu en outre qu’il invoque la violation des dispositions de l’article 73 du Code
Electoral, en ce que beaucoup de personnes ayant plusieurs cartes électorales ont
voté sur toute étendue du territoire national ;
« Que pour démontrer ce grief, il produit une pièce (dite pièce 6) ;
« Attendu toutefois que la pièce qu’il a produite est totalement illisible et, par suite,
ne saurait tenir lieu de preuve ;
« Attendu enfin que le requérant argue de la violation de l’article 107 du Code
Electoral, en ce que dans le département des BAMBOUTOS, les listes d’émargement,
sur ordre des élites locales, ont été trafiquées puisqu’elles n’ont pas été signées par
les votants, et ce, afin de favoriser la fraude ;
« Attendu cependant que la preuve de cette allégation n’a pas été rapportée par le
requérant ;
« Qu’il convient, partant, d’écarter ce moyen comme non fondé ;
PAR CES MOTIFS
« En la forme, décider ce qu’il appartiendra quant à la recevabilité de la requête du
candidat JOSHUA NAMBANGI OSIH ;
« Au fond, dire sa requête non justifiée ;
« En conséquence, la rejeter comme non fondés ;
« SOUS TOUTES RESERVES
« PROFOND RESPECT
« YAOUNDE LE 12 OCTOBRE 2018 ».
---Attendu que réagissant à son tour par ses conseils Maîtres MBUFUNG Marcel
KUMFA, OKHA BAU OKHA, et ATANGANA AMOUGOU Joseph tous Avocats
au Barreau du Cameroun, ELECAM a déposé en date du 12 octobre 2018, son
mémoire libellé ainsi qu’il suit :

385
« PLAISE AU CONSEIL CONSTITUTIONNEL :
« Attendu que suivant requête datée du 09 octobre 2018, enregistrée le 10 octobre
2018 au Greffe du Conseil Constitutionnel sous le n° 227, Monsieur JOSHUA
NAMBANGI OSIH a sollicité l’annulation totale de l’élection présidentielle du 07
octobre 2018 au motif que celle-ci aurait été émaillée d’une kyrielle d’irrégularités
qui mettent à mal l’unité nationale et compromettent durablement la sincérité du
résultat de ladite élection ;
« Que cette requête ne saurait cependant prospérer, les moyens qui la sous-tendent
n’étant pas fondés ;
« Que pour une meilleure lisibilité du présent mémoire en réponse, il convient
d’analyser séparément les moyens du requérant ;
« I-/ SUR LA PRETENDUE VIOLATION DES ARTICLES 21 DE LA
DECLARATION UNIVERSELLE DES DROITS DE L’HOMME ET 25 DU PACTE
INTERNATIONAL RELATIF AUX DROITS CIVIL ET POLITIQUES
« Attendu que l’exploitation de la requête de Monsieur JOSHUA NAMBANGI OSIH
révèle que ce dernier prétend que les populations des régions du Nord-Ouest et du
Sud-Ouest, qui représentent une minorité au Cameroun, ont été totalement exclues
des opérations électorales au cours de l’élection présidentielle du 07 octobre 2018,
les zones concernées étant en proie à l’insécurité, toute chose ayant entraîné le
déplacement massif des populations ;
« Attendu que l’allégation du candidat JOSHUA NAMBANGI OSIH n’est pas
fondée ;
« Que les populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ont bien pris part à l’élection
présidentielle du 07 octobre 2018 ;
« Que la preuve de cet état de chose découle des procès-verbaux issus des bureaux de
vote créés dans ces deux régions ;
« Que dans l’optique de garantir la sécurité aux citoyens pendant le vote, des
mesures de sécurité ont d’ailleurs été renforcées, ce qui a permis aux citoyens qui le
voulaient d’aller exercer leur droit de vote ;

386
« Attendu que le requérant semble s’appuyer sur le faible taux de participation à
cette élection pour justifier l’absence de vote ;
« Que pourtant cela vient déjà démontrer qu’il y a eu vote dans les régions en
cause où il a notamment été enregistré 57084 votants au Sud – Ouest et 32729
votants au Nord-Ouest ;
« Qu’il est du reste utile de souligner que les élections sont libres, chaque citoyen
ayant le loisir d’être candidat ou simplement électeur, ou encore de ne même pas
participer au processus électoral de quelque façon que ce soit ;
« Qu’au demeurant, aucune loi au Cameroun n’oblige un citoyen à aller voter, il
s’agit d’une décision personnelle ;
« Attendu en plus que l’on ne saurait lier l’abstention à la situation sécuritaire
puisqu’aucune région du pays n’a connu un taux de participation égal à 100 % ;
« Attendu que la circonscription électorale de l’élection présidentielle est unique, en
l’occurrence le territoire national et ses prolongements dans les missions
diplomatiques et les postes consulaires ;
« Qu’au demeurant, les populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ont, pour
certains, des milliers d’ailleurs, pris part au scrutin dans les autres huit (08) régions
du Cameroun et dans la diaspora, la preuve la plus probante étant le vote du
candidat JOSHUA NAMBANGI OSIH au lycée JOSS à Douala dans la région du
Littoral ;
« Qu’ainsi, l’on ne saurait, sans se tromper, déclarer que les populations des régions
du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ont été privées du droit de vote ;
« Que les articles 21 de la Déclaration universelle des Droits de l’homme et 25 du
Pacte international relatif aux droits civils et politiques ont donc été respectés durant
l’élection présidentielle du 07 octobre 2018 ;
« Que le moyen n’est donc pas fondé ;
« II- SUR LA PSEUDO VIOLATION DE L’ARTICLE 5 DE LA CONSTITUTION
« Attendu qu’Elections Cameroon a démontré dans la réponse au premier moyen
qu’il y a effectivement eu élection dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ;

387
« Qu’il est à préciser que ni la Constitution ni le Code Electoral ne fixent pas un
seuil de participation des électeurs pour la validité de l’élection présidentielle ;
« Que le président de la République est élu à la majorité simple à un tour ;
« Que le candidat qui arrive en tête avec le plus grand nombre de suffrages
valablement exprimés est élu ;
« Qu’en plus, dire que « la minorité anglophone » n’a pas pris part au vote exprime
la faible connaissance du caractère cosmopolite des régions camerounaises ;
« Qu’en effet, autant il y a dans la zone francophone, des votants originaires des
régions du Nord – Ouest et du Sud-Ouest, autant il y a dans ces deux régions des
populations originaires des autres localités du Cameroun qui pour de multiples
raisons, qui ont pris part au vote ou non ;
« Que l’unité nationale qui est un acquis au Cameroun, a encore été mise en exergue
durant l’élection présidentielle du 07 octobre 2018 et a une fois encore démontré sa
solidité ;
« Qu’il y a donc lieu de dire non fondé le moyen tenant à la violation de l’article 5 de
la constitution ;
« III-/ SUR LA PSEUDO VIOLATION DE
« L’ARTICLE 26 DU PACTE INTERNATIONAL RELATIF AUX DROITS CIVILS ET
POLITIQUES ET ENSEMBLE LE PREAMBULE DE LA CONSTITUTION
« Attendu que le requérant décrie la discrimination dont aurait été victime les
populations des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest lors de l’élection
présidentielle du 07 octobre 2018 ;
« Qu’il n’apporte cependant pas la preuve de ce qu’un individu ou groupe
d’individus a été interdit de prendre part au vote ;
« Que Elections Cameroon réitère qu’autant toutes les dispositions avaient été prises
sur toute l’étendue du territoire national pour que tous les bureaux de vote soient
ouverts le jour du scrutin, autant les autorités étatiques ont mis les moyens
sécuritaires à la disposition des populations des régions du Nord-Ouest et du Sud-
Ouest pour leur garantir l’exercice du droit de vote ;

388
« Qu’il s’en suit qu’aucune interdiction de voter n’a été faite à aucun citoyen, chacun
ayant été laissé libre de décider de voter ou pas ;
« Que ni l’article visé au moyen ni le préambule de la Constitution n’ont fait l’objet
de violation ;
« Que le moyen mérite donc d’être rejeté.
« IV-/ SUR LA PRETENDUE VIOLATION DES ARTICLES 74, 82 ET 83 DU CODE
ELECTORAL
« Attendu que le requérant voudrait faire croire que certaines personnalités de la
république ont été inscrites sur les listes électorales en dehors de la période de
révision des listes électorales ;
« Qu’il s’agit là d’une fausse affirmation dans la mesure où comme le reconnait le
candidat JOSHUA NAMBANGI OSIH lui-même, les citoyens NYAT NJIFENDJI
Marcel et YANG Philémon sont enrôlés sur les listes électorales depuis plusieurs
années ;
« Que d’ailleurs le recourant indique lui-même les localités où sont souvent situés les
bureaux de vote dans lesquels les deux camerounais susnommés votent d’habitude ;
« Que n’ayant pas fait l’objet de radiation du fichier électoral depuis leur
inscription, ces derniers n’ont pas besoin de nouvelles inscriptions ;
« Que par contre, leur changement de bureau de vote est un transfert résultant de
demandes formulées par ces derniers après la publication des listes électorales
provisoires ;
« Que le transfert d’un électeur déjà inscrit dans le fichier électoral est l’un des
aspects les plus importants du traitement et du toilettage du fichier électoral, étant
entendu l’électeur a le droit de choisir son lieu de vote ;
« Qu’un transfert ne saurait donc être assimilé à une nouvelle inscription ;
« Qu’ainsi, les citoyens NYAT NJIFENDJI Marcel et YANG Philémon ont été
transférés de leurs anciens bureaux de vote à ceux dans lesquels ils ont exercé leur
droit de vote le 07 octobre 2018 ;

389
« Attendu au demeurant que le transfert d’un électeur d’un bureau de vote à un autre
n’entrave pas le résultat de l’élection présidentielle, celle-ci ayant pour
circonscription électorale le territoire national ;
« Qu’ainsi, le vote d’un citoyen dans un bureau de vote X est le même que celui qu’il
ferait dans un bureau de vote Y puisque les candidats sont les mêmes sur toute
l’étendue du territoire ;
« Que les raisons invoquées au soutien de ce moyen ne sauraient donc changer le
résultat d’une élection ;
« Qu’il convient de dire non fondé le moyen excipé.
« V- / SUR LA PRETENDUE VIOLATION DE L’ARTICLE 102 DU CODE
ELECTORAL
« Attendu que Monsieur JOSHUA NAMBANGI OSIH soutient que l’article 102 du
Code électoral a été violé par Elections Cameroon qui aurait délocalisé 2344
bureaux de vote dans le Nord-Ouest pour les regrouper dans 77 bureaux de vote,
tous très éloignés des populations, lesquelles n’ont de ce fait pas pu exercer leur
droit de vote ;
« Attendu qu’il convient de rappeler au requérant qu’il a reconnu que certaines
populations des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ont été déplacées à cause des
problèmes d’insécurité ;
« Que malgré cet état de choses ELECAM n’a pas cru devoir procéder à la
délocalisation des bureaux de vote ou en créer de nouveaux, la loi n’ayant pas prévu
cette possibilité ;
« Que toutefois, pour permettre à ceux des électeurs déplacés qui manifestaient, à
travers une demande expresse, la volonté de voter dans leur nouveau lieu de
résidence, ils bénéficiaient d’un transfert vers des bureaux de vote existant déjà et
qui étaient proches d’eux ;
« Attendu que le requérant reproche par ailleurs à Elections Cameroon de n’avoir
pas publié et affiché la liste des bureaux de vote dans le délai de huit (08) jours
impartis par la loi ;

390
« Que pourtant, cette formalité avait été accomplie ainsi que cela ressort aussi bien
des dix (10) décisions prises par le Directeur Général des Elections à cet effet, que
du quotidien « Cameroun Tribune » du lundi 1er octobre 2018 qui relayait justement
la publication, le 28 septembre 2018, de la liste des bureaux de vote ;
« Que le moyen n’est donc pas justifié ;
« VI- / SUR LA VIOLATION ALLEGUEE DU PRINCIPE FRAUS OMNIA
CORRUMPIT DES ARTICLES 97 ET 93 DU CODE ELECTORAL
« Attendu que le présent moyen reprend la violation de l’article 97 du Code Electoral
ci-dessus battue en brèche ;
« Qu’il est donc utile de rappeler que cette la publication et l’affichage des listes
électorales avaient été accomplies ainsi que cela ressort aussi bien des dix (10)
décisions prises par le Directeur Général des Elections à cet effet, que du quotidien
« Cameroun Tribune » du lundi 1er octobre 2018 qui relayait justement la
publication, le 28 septembre 2018, de la liste des bureaux de vote ;
« Attendu, s’agissant de l’article 93 du Code Electoral, que Monsieur JOSHUA
NAMBANGI OSIH ne dit pas en quoi cette disposition a été violée ;
« Qu’en effet, les développements de la requête sur ce moyen s’articulent plutôt sur
un ensemble de faits qui ne se rapprochent pas de l’article 93 du Code Electoral mais
qui portent sur un ensemble d’accusation de pratiques de fraude ;
« Que malheureusement, aucune de ces accusations n’est soutenu par des éléments
de preuve ;
« Qu’il s’agit donc finalement d’affirmations gratuites qui ne sauraient entamer la
crédibilité de l’élection du 07 octobre 2018 ;
« Que le moyen est donc injustifié ;
« Attendu au final qu’aucun des moyens soulevés par le candidat JOSHUA
NAMBANGI OSIH n’est justifié ;
« Qu’il convient de rejeter son recours comme non fondé.
« PAR CES MOTIFS :
« Et tous autres à déduire, à ajouter ou à suppléer même d’office s’il y a lieu ;
« EN LA FORME :

391
« Dire recevable le recours de Monsieur JOSHUA NAMBANGI OSIH comme fait
dans les forme et délai de la loi ;
« AU FOND :
« Rejeter le recours de Monsieur JOSHUA NAMBANGI OSIH comme non fondé.
« ET CE SERA JUSTICE.
« SOUS TOUTES RESERVES,
« Yaoundé, le 12 octobre 2018 ».

---Attendu que réagissant à son tour sous la plume de Maîtres SIMH Emmanuel,
SOUOP Sylvain, MANFO René, YOUMSI Joseph, WOUPALA Jean Marie et
ZOMISSI NGAPDOH Gautier tous Avocats au Barreau du Cameroun, le MRC a
déposé son mémoire en réponse dont la teneur suit :
« Vu la lettre n° 281/SG/CC datée du 10 octobre 2018, mais reçue le 12 octobre 2018
et par laquelle le Secrétaire Général du Conseil Constitutionnel transmet au candidat
Maurice KAMTO, via le MRC, la requête aux fins d’annulation totale de l’élection
présidentielle du 07 octobre 2018 introduite par le candidat Joshua NAMBANGI
OSIH ;
« Attendu que par requête datée du 10 octobre 2018, déposée le même jour au
Conseil Constitutionnel, le candidat Maurice KAMTO a sollicité l’annulation
partielle des opérations électorales dans les bureaux de vote des régions du Nord-
Ouest, Sud-Ouest, Adamaoua, Nord, Extrême-Nord, Est et Sud ;
« Attendu que dans sa requête le candidat Joshua N. OSIH évoque des irrégularités
manifestes qui concernent les régions visées par le candidat Maurice KAMTO dans
sa propre demande en annulation ;
« Que notamment, corroborant la requête de monsieur Maurice KAMTO, monsieur
OSIH indique spécifiquement « que les listes d’émargement ont été trafiquées dans
plusieurs bureaux de vote, au mépris de la loi » ;
« Qu’il ajoute « que les listes d’émargement n’étaient même plus signées et étaient
tout simplement cochés par les cerbères, affidés, obligés et comparses » et « que la
situation est similaire dans le Sud, l’Est et toute la région de l’extrême-nord » ;

392
« Attendu en réalité que ces fraudes grossières et irrégularités inacceptables sont les
mêmes dans les régions du Nord-Ouest, du Sud-Ouest, et de l’Adamaoua, du Nord,
de l’Extrême Nord, de l’Est et du Sud ;
« Que pourtant, l’article 106(1) du Code Electoral dispose que « (1) le vote de
chaque électeur est constaté par sa signature et par l’apposition d’une empreinte
digitale à l’encre indélébile sur la liste d’émergement. » ;
« Que ELECAM aura beau jeu de prétendre que toutes les listes d’émargement
comportant seulement des empreintes digitales des centaines de milliers d’électeurs
se justifieraient par le fait que ces électeurs ne peuvent pas signer ou ne savent le
faire, ce qui serait bien curieux ;
« Qu’il est impossible que des milliers d’électeurs n’aient pas pu signer les listes
d’émargement alors que dans les régions visées dans la requête du concluant, le taux
de scolarisation est suffisamment élevé pour laisser légitimement croire que ces
électeurs savent signer ;
« Que pour en avoir le cœur net, l’auguste Conseil Constitutionnel doit faire usage
de son pouvoir d’investigation régi par les articles 107 et 133(2) du code électoral
qui disposent ce qui suit :
« Article 107 : « les listes électorales émargées par le démembrement communal
d’Elections Cameroon. En cas de contestation, elles sont transmises pour
consultation au Conseil Constitutionnel ou à la juridiction administrative compétente
sur sa demande. » ;
« Article 133(2) « Le Conseil Constitutionnel peut, s’il le juge nécessaire, entendre
tout requérant ou demander la production, contre récépissés, des pièces à
conviction » ;
« Que le candidat Maurice KAMTO sollicite très respectueusement de l’auguste
Conseil Constitutionnel d’ordonner à ELECAM de produire les listes d’émargement
des régions du Nord-Ouest, du Sud-Ouest, de l’Adamaoua, du Nord, de l’Extrême-
Nord, de l’Est et du Sud ;

393
« Que dans le même sens, le concluant sollicite de l’auguste juridiction d’entendre
les représentants des partis politiques désignés dans les bureaux de vote des régions
ci-dessus cités et qui ont été chassés manu militari ;
« Qu’en tout état de cause, annuler les opérations « électorales des bureaux de vote
des régions du Nord-Ouest, du Sud-Ouest, de l’Adamaoua, du Nord, de l’Extrême-
Nord, de l’Est et du Sud ;
« PAR CES MOTIFS
« Qui font corps avec le présent dispositif, et tout autre à déduire, ajouter ou
suppléer même d’office ;
« Adjuger à Monsieur Maurice KAMTO l’entier bénéfice de sa requête en annulation
partielle des opérations électorales dans les bureaux de vote des régions du Nord-
Ouest, du Sud-Ouest, de l’Adamaoua, du Nord, de l’Extrême-Nord, de l’Est et du
Sud ;
« Vu les articles 106(1), 107 et 133(1) du Code Electoral,
« Ordonner à ELECAM de produire les listes d’émargement des régions du Nord-
Ouest, du Sud-Ouest, de l’’Adamaoua, du Nord, de l’Extrême-Nord, de l’Est et du
Sud ;
« Entendre les représentants des partis politiques désignés dans les bureaux de vote
des régions ci-dessus cités et qui y ont été chassés manu militari ;
« Annuler les opérations électorales des bureaux de vote des régions du Nord-Ouest,
du Sud-Ouest, de l’Adamaoua, du Nord, de l’Extrême Nord, de l’Est et du Sud ;
« SOUS TOUTES RESERVES
« ET CE SERA JUSTICE
« YAOUNDE LE 12 OCTOBRE 2018 ».

SUR LA RECEVABILITE DU RECOURS


---Attendu que le recours est recevable comme introduit dans les forme et délai
prescrits par la loi ;

AU FOND

---Attendu que l’article 6 de la Constitution du 18 janvier 1996 dispose :

394
« (1) Le Président de la République est élu au suffrage universel direct, égal
et secret, à la majorité des suffrages exprimés.

(2)(nouveau) Le Président de la République est élu pour un mandat de sept


(7) ans. Il est rééligible.

(3) L’élection a lieu vingt (20) jours au moins et cinquante (50) jours au
plus avant l’expiration des pouvoirs du Président de la République en
exercice. » ;

---Qu’il n’est pas évident qu’en vertu de cette dernière disposition, les questions de
sécurité seraient réglées dans cet espace de temps comme le demande le requérant ;

---Mais attendu qu’à la différence des élections législatives et municipales, aucune


disposition de la Constitution ne prévoit la prorogation du mandat du Président de la
République ;

---Qu’en conséquence, l’élection du Président de la République devait se dérouler à


date ;

---Attendu que c’est donc en respect de la loi fondamentale que le Président de la


République a convoqué le corps électoral par décret n° 2018/391 du 09 juillet 2018
en vue de l’élection présidentielle ;

---Attendu que cette élection s’est déroulée globalement dans un environnement


serein sur l’ensemble du territoire national à l’exception du Nord- Ouest et du Sud-
Ouest, où le scrutin s’est effectué dans un contexte d’insécurité dont les effets
constituent la trame de la requête du sieur Joshua NAMBANGI OSIH qui égrène,
les griefs ci-après ;

SUR LE PREMIER MOYEN PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 21


DE LA DECLARATION UNIVERSELLE DES DROITS DE L’HOMME ET
DE L’ARTICLE 25 DU PACTE INTERNATIONAL RELATIF AUX DROITS
CIVILS ET POLITIQUES

395
---Attendu que le requérant soutient que le droit souverain de participer à la gestion
des affaires publiques des populations des deux régions anglophones, considérées
comme des minorités, et qui représenteraient près d’un million (1 000 000)
d’électeurs, a été violé pour cause d’insécurité et d’un train de mesures
administratives tendant à la restriction des droits et libertés fondamentaux ;
---Qu’il ajoute que la délocalisation par regroupement des bureaux de vote opérée par
ELECAM, a participé à la restriction du droit au suffrage et à l’exclusion des
minorités anglophones et qu’il n’y a pas eu d’élections dans les deux régions sus
indiquées ;
---Mais attendu que les mesures strictement nécessaires, prises par ELECAM et mal
perçues par le requérant, avaient pour but de permettre aux populations concernées
d’exercer leur droit de vote et non de les exclure du processus électoral ;
---Qu’au surplus, les mesures de sécurité prises par l’Administration visaient à
protéger les électeurs et à garantir leur liberté d’aller et venir dans les deux régions ;
---Attendu qu’il ressort que l’élection du 07 octobre 2018 a eu lieu dans les deux
Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest où il a été enregistré respectivement 32729
et 57084 votants ;
---Attendu que le faible taux de participation observé dans les deux régions sus-
indiquées comme partout ailleurs, traduit un degré d’abstention qui est le corollaire
de la liberté de participer ou pas à une élection, la loi ne fixant aucun seuil minimum
de participation ;
---Qu’il s’ensuit que le moyen n’est pas justifié ;
SUR LE RESTE DES MOYENS

---Attendu que l’article 134 du Code Electoral dispose :


« Le Conseil Constitutionnel peut sans instruction contradictoire préalable, rejeter,
par décision motivée, les requêtes irrecevables ou ne contenant que des griefs ne
pouvant avoir aucune incidence sur les résultats de l’élection » ;
---Attendu qu’en l’espèce les griefs soulevés aux moyens dont s’agit ne peuvent avoir
aucune incidence sur les résultats de l’élection contestée, compte tenu du faible
nombre de suffrages exprimés en faveur du requérant ;

396
---Qu’il y a lieu de rejeter sa requête ;
---Attendu que la procédure devant le Conseil Constitutionnel étant gratuite en vertu
de l’article 57 de la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et
fonctionnement du Conseil Constitutionnel, il convient de laisser les dépens à la
charge du Trésor Public ;
---Qu’il y a lieu par ailleurs, d’ordonner la notification de la présente décision au
Conseil Electoral et aux autres parties intéressées, puis sa publication au Journal
Officiel en français et en anglais en vertu des dispositions de l’article 15 alinéa 2
portant organisation du Conseil Constitutionnel susvisée ;
PAR CES MOTIFS

---Statuant publiquement, contradictoirement à l’égard des parties, en matière


électorale, en dernier ressort et à l’unanimité des membres :

EN LA FORME

---Déclare le recours de sieur JOSHUA NAMBANGI OSIH recevable ;

AU FOND

---Le rejette comme non justifié ;

---Laisse les dépens à la charge du Trésor Public ;

---Ordonne la notification de la présente décision à ELECAM et aux autres parties


intéressées, ainsi que sa publication au Journal Officiel ;

---Ainsi jugé en audience publique les jour, mois et an que dessus en la salle des
audiences où siégeaient :

M. Clément ATANGANA, Président du Conseil Constitutionnel,


PRESIDENT ;

MM.
Jean FOUMAN AKAME,
BAH OUMAROU SANDA,

397
Paul NCHOJI NKWI,
Joseph Marie BIPOUN WOUM,
Emmanuel BONDE,
Mme. Florence Rita ARREY,

MM:

Charles Etienne LEKENE DONFACK,

AHMADOU TIDJANI,

Jean-Baptiste BASKOUDA,

Emile ESSOMBE,

CONSEILLERS ;

---Avec l’assistance de Maître Longin MAKA EYOUM, Greffier en Chef ;


---Et de Maître Flavienne Jeannette AMBOMO épouse NOAH, Greffier ;
---En présence de Monsieur MALEGHO Joseph ASEH, Secrétaire Général ;
---En foi de quoi la présente décision a été signée par le Président, le Secrétaire
Général et contresignée par le Greffier en Chef. /-

LE PRESIDENT LE SECRETAIRE GENERAL

Clément ATANGANA MALEGHO Joseph ASEH

LE GREFFIER EN CHEF

Longin MAKA EYOUM

398
3- PROCLAMATION DES RESULTATS

399
DECISION N° 31/CC/2018 DU 22 OCTOBRE 2018
PORTANT PROCLAMATION DES RESULTATS

---L’an deux mille dix-huit et le vingt-deux du mois d’octobre ;


---Le Conseil Constitutionnel réuni en audience publique en la salle de ses audiences
sise au Palais des Congrès de Yaoundé suivant la composition ci-après :

M. Clément ATANGANA, Président du Conseil Constitutionnel,


PRESIDENT ;
MM.

Jean FOUMAN AKAME,


BAH OUMAROU SANDA,
Paul NCHOJI NKWI,
Joseph Marie BIPOUN WOUM,
Emmanuel BONDE,
Mme Florence Rita ARREY,
MM. Charles Etienne LEKENE DONFACK,
AHMADOU TIDJANI
Jean-Baptiste BASKOUDA,
Emile ESSOMBE,
CONSEILLERS ;
---Avec l’assistance de Maître Login MAKA EYOUM, Greffier en Chef et de Maître
AMBOMO Flavienne épouse NOAH, Greffier ;
---En présence de Monsieur MALEGHO Joseph ASEH, Secrétaire Général ;
---A rendu la décision dont la teneur suit :
---Vu la Constitution ;
---Vu la loi n° 2004/04 du 21 avril 2004 fixant l’organisation et le fonctionnement du
Conseil Constitutionnel, modifiée et complétée par celle n° 2012/015 du 21
décembre 2012 ;

400
---Vu le décret n° 2018/104 du 07 février 2018 portant organisation et
fonctionnement du Secrétariat Général du Conseil Constitutionnel ;
---Vu la loi n° 2006/011 du 29 décembre 2006 portant création, organisation et
fonctionnement d’« ELECTIONS CAMEROON» (ELECAM) modifiée et complétée
par les lois n° 2010/005 du 13 avril 2010 et 2011/001 du 06 mai 2011 ;
---Vu la loi n° 2011/013 du 13 juillet 2011 relative au vote des citoyens camerounais
établis ou résidant à l’étranger ;
---Vu la loi n° 2012/001 du 19 avril 2012 portant Code Electoral, modifiée et
complétée par celle n° 2012/017 du 21 décembre 2012 ;
---Vu le décret n° 2011/237 du 08 août 2011 fixant les modalités d’application de la
loi n° 2011/013 du 13 juillet 2011 relative au vote des citoyens camerounais établis
ou résidant à l’étranger ;
---Vu le décret n° 2018/391 du 09 juillet 2018 portant convocation du corps électoral
en vue de l’élection du Président de la République du 07 octobre 2018 ;
---Vu le décret n° 2018/105 du 07 février 2018 portant nomination des Membres du
Conseil Constitutionnel ;
---Vu le décret n° 2018/106 du 07 février 2018 portant nomination du Président du
Conseil Constitutionnel ;
---Vu le décret n° 2018/170 du 23 février 2018 portant nomination du secrétaire
Général du Conseil Constitutionnel ;
---Vu la résolution n° 018/R/ELECAM/CE4 du 07 août 2018 arrêtant et publiant la
liste des candidats à l’élection du Président de la République du 07 octobre 2018 ;
---Vu le procès-verbal de la Commission Nationale de Recensement Général des
Votes du 13 octobre 2018 ;
---Vu les pièces annexes ;
---Vu la décision du Conseil Constitutionnel n° 11/CE/CC du 17 août 2018 rejetant
la requête de sieur ABOUBAKAR KAMALDINE tendant à la validation de sa
candidature ;

401
---Vu la décision du Conseil Constitutionnel n° 12/CE/CC2018 du 17 août 2018
rejetant la requête de sieur KUM ANE IHIMS tendant à la validation de sa
candidature ;
---Vu la décision du Conseil Constitutionnel n° 13/CE/CC/2018 du 17 août 2018
rejetant la requête de sieur ABOUBAKAR KAMALDINE tendant à la validation de
sa candidature ;
---Vu la décision du Conseil Constitutionnel n° 13/CE/CC/2018 du 17 août 2018
rejetant la requête de sieur Vincent Sosthène FOUDA tendant à la validation de sa
candidature ;
---Vu la décision du Conseil Constitutionnel n° 14/CE/CC/2018 du 17 août 2018
rejetant la requête de sieur GABAN MINDANHA Rigobert AMINOU tendant à la
validation de sa candidature ;
---Vu la décision du Conseil Constitutionnel n° 15/CE/CC/2018 du 17 août 2018
rejetant la requête de dame AMVENE Géneviève tendant à la validation de sa
candidature ;
---Vu la décision du Conseil Constitutionnel n° 16/CE/CC/2018 du 17 août 2018
rejetant la requête de sieur BILE Olivier Anicet tendant à la validation de sa
candidature ;
---Vu la décision du Conseil Constitutionnel n° 17/CE/CC/2018 du 17 août 2018
rejetant la requête de sieur NJOUMOU Léopold Stève tendant à la validation de sa
candidature ;
---Vu la décision du Conseil Constitutionnel n° 18/CE/CC/2018 du 17 août 2018
rejetant la requête de sieur NJOUMOU Léopold Stève tendant à l’invalidation de la
candidature de Monsieur BIYA Paul ;
---Vu la décision du Conseil Constitutionnel n° 19/CE/CC/2018 du 17 août 2018
rejetant la requête de sieur EGONO Valentin tendant à la validation de sa
candidature ;
---Vu la décision du Conseil Constitutionnel n° 20/CE/CC/2018 du 17 août 2018
rejetant la requête de sieur Bertin KISOB tendant à la l’annulation de la décision de
rejet de sa candidature ;

402
---Vu la décision du Conseil Constitutionnel n° 21/CE/CC/2018 du 17 août 2018
rejetant la requête de sieur Bertin KISOB tendant au rejet de la candidature de
Monsieur BIYA Paul, candidat du parti politique RDPC ;
---Vu la décision du Conseil Constitutionnel n° 22/CE/CC/2018 du 18 août 2018
rejetant la requête de sieur Antoine de Padoue NDEMMANU tendant au report de
l’élection ;
---Vu la décision du Conseil Constitutionnel n° 23/CE/CC/2018 du 13 septembre
2018 rejetant la requête de sieur KISOB Bertin tendant à :
- l’annulation du décret portant convocation du corps électoral ;
- l’annulation de l’élection ;
---Vu la décision du Conseil Constitutionnel n° 24/CE/CC/2018 du 16 octobre 2018
rejetant la requête de sieur KAMTO Maurice en récusation de certains membres du
Conseil Constitutionnel et en renvoi pour suspicion légitime ;
---Vu la décision du Conseil Constitutionnel n° 25/CE/CC/2018 du 16 octobre 2018
rejetant les requêtes de sieur Bertin KISOB tendant à l’invalidation des résultats
obtenus par le candidat BIYA Paul dans les dix régions du Cameroun et dans la
diaspora ;
---Vu la décision du Conseil Constitutionnel n° 26/CE/CC/2018 du 16 octobre 2018
rejetant les requêtes jointes de sieur Bertin KISOB tendant à :
▪ ordonner la suspension du parti politique RDPC
▪ voir le Conseil Constitutionnel se déclarer incompétent à superviser et à
proclamer les résultats de l’élection ;
---Vu la décision du Conseil Constitutionnel n° 27/CE/CC/2018 du 16 octobre 2018
rejetant la requête de sieur GABANMIDANHA Rigobert tendant à l’annulation et à
la reprogrammation de l’élection ;
---Vu la décision du Conseil Constitutionnel n° 28/CE/CC/2018 du 16 octobre 2018
déclarant irrecevable la requête de sieur LIBII LI NGUE NGUE Cabral tendant
l’annulation de l’élection ;
---Vu la décision du Conseil Constitutionnel n° 29/CE/CC/2018 du 17 octobre 2018
rejetant la requête de sieur KAMTO Maurice tendant à l’annulation partielle des

403
opérations électorales dans certains bureaux de vote des Régions de l’Adamaoua,
Est, Extrême-Nord, Nord-ouest, Sud et Sud-ouest ;
---Vu la décision du Conseil Constitutionnel n° 30/CE/CC/2018 du 18 octobre 2018
rejetant la requête de sieur OSIH Joshua NAMBANGI tendant à l’annulation totale
de l’élection ;
---Tenant compte de l’ensemble de ses décisions susvisées et après exploitation du
procès-verbal de la Commission Nationale de Recensement Général des Votes ;
---Après vérification et rectification de l’ensemble des opérations de décompte des
votes concernant les neuf (09) candidats en compétition désignés ci-après :
1- BIYA Paul, Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais
(RDPC) ;
2. GARGA HAMAN ADJI, Alliance pour la Démocratie et le
Développement (ADD) ;

3. KAMTO Maurice, Mouvement pour la Renaissance du Cameroun


(MRC) ;

4. LIBII LI NGUE NGUE Cabral ; Parti politique UNIVERS ;

5. MATOMBA Serges Espoir, (PURS) ;

6. MUNA AKERE TABENG, Front Populaire pour la Démocratie


(FPD) ;

7. NDAM NJOYA ADAMOU, Union Démocratique du Cameroun


(UDC) ;

8. NDIFOR AFANWI Frankline, (MCNC)

9. OSIH Joshua NAMBANGI, Social Democratic Front (SDF).

---Arrête ainsi qu’il suit les résultats de l’élection :

404
REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON
Paix - Travail – Patrie Peace – Work – Fatherland
--------------------- -------------------------------
CONSEIL CONSTITUTIONNEL CONSTITUTIONAL COUNCIL
------------------------------ ---------------------------------
ELECTION DU PRESIDENT DE LA ELECTION OF PRESIDENT OF
REPUBLIQUE DU 07 OCTOBRE 2018 THE REPUBLIC OF 7 OCTOBER 2018
--------------------------------------- ------------------------------------

DANS LA REGION DE L’ADAMAOUA

TAUX DE SUFFRAGES
BULLETINS
DEPARTEMENTS INSCRITS VOTANTS PARTICIPATION VALABLEMENT
NULS
(%) EXPRIMES

Djerem 56 216 30 727 54,66 487 30 240


Faro et Deo 40 818 24 982 61,20 322 24 660
Mayo Banyo 71 002 47 450 66,83 852 46 598
Mbere 72 136 44 753 62,04 574 44 179
Vina 193 701 94 617 48,85 1613 93 004
TOTAL 433 873 242 529 55,90 3 848 238 681

405
REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON

PAIX-TRAVAIL-PATRIE PEACE- WORK-FATHERLAND

------------------ --------------

CONSEIL CONSTITUTIONNEL CONSTITUTIONAL COUNCIL

---------------- --------------

ELECTION DU PRESIDENT DE LA ELECTION OF PRESIDENT OF


SUFFRAGES EN FAVEUR DE CHAQUE CANDIDAT
REPUBLIQUE DU 07 OCTOBRE 2018 THE REPUBLIC OF 7 OCTOBER 2018
BIYA PAUL GARGA KAMTO LIBII LI MATOMBA MUNA NDAM NDIFOR OSIH
HAMAN Maurice NGUE Serge Espoir AKERE NJOYA AFANWI Joshua
ADJI NGUE TABENG ADAMOU Frankline NAMBANGI
Cabral

POURCENTAGE (%)
POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)
POURCENTAGE (%)
DEPARTEMENTS

SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES
SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES
Djerem 24 458 80,88 515 1,70 489 1,62 3 609 11,93 1 73 0,57 6 0 0,20 6 1 0, 20 174 0,58 7 0 1 2,32
Faro et Deo 19 869 80,57 1 289 5,23 392 1,59 2 395 9,71 1 48 0,60 5 4 0,22 7 0 0 , 28 205 0,83 2 3 8 0,97
Mayo Banyo 40 606 87,14 737 1,58 1 010 2,17 1 627 3,49 2 80 0,60 8 7 0,19 137 0 ,29 330 0,71 1 784 3,83
Mbere 36 707 83,09 657 1,49 562 1,27 5 491 12,43 2 02 0,46 8 8 0,20 6 1 0 , 14 123 0,28 2 8 8 0,65
Vina 68 751 73,92 3 603 3,87 3 787 4,07 13 858 14,90 5 02 0,54 202 0,22 310 0 , 33 511 0,55 1 480 1,59
TOTAL 190 391 79,77 6 801 2,85 6 240 2,61 26 980 11,30 1 305 0,55 491 0,21 639 0 , 27 1 343 0,56 4 491 1,88

406
REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON

PAIX-TRAVAIL-PATRIE PEACE- WORK-FATHERLAND

------------------ --------------

CONSEIL CONSTITUTIONNEL CONSTITUTIONAL COUNCIL

---------------- --------------
DANS LA REGION DU CENTRE
ELECTION DU PRESIDENT DE LA ELECTION OF PRESIDENT OF

REPUBLIQUE DU 07 OCTOBRE 2018 THE REPUBLIC OF 7 OCTOBER 2018

TAUX DE SUFFRAGES
BULLETINS
DEPARTEMENTS INSCRITS VOTANTS PARTICIPATION VALABLEMENT
NULS
(%) EXPRIMES

Haute Sanaga 50 669 36 018 71,08 281 35 737


Lekie 125 491 88 038 70,15 660 87 378
Mbam et Inoubou 83 361 52 760 63,29 781 51 979
Mbam et Kim 55 316 35 240 63,71 545 34 695
Mefou et Afamba 78 313 49 111 62,71 289 48 822
Mefou et Akono 30 548 23 585 77,21 113 23 472
Mfoundi 582 113 287 510 49,39 2 209 285 301
Nyong et Kelle 52 793 34 353 65,07 176 34 177
Nyong et Mfoumou 45 329 36 014 79,45 132 35 882
Nyong et So'o 51 228 35 358 69,02 188 35 170
TOTAL 1 155 161 677 987 58,69 5 374 672 613

407
SUFFRAGES EN FAVEUR DE CHAQUE CANDIDAT

BIYA PAUL GARGA KAMTO LIBII LI MATOMBA MUNA NDAM NDIFOR OSIH
HAMAN Maurice NGUE Serge Espoir AKERE NJOYA AFANWI Joshua
ADJI NGUE TABENG ADAMOU Frankline NAMBANGI
Cabral

POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)
POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)
DEPARTEMENTS

SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES
SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES
Haute Sanaga 33 106 92,64 568 1,59 430 1,20 1 159 3,24 82 0 , 2 3 2 7 0,08 3 6 0,10 7 2 0,20 25 7 0,72
Lekie 82 864 94,83 176 0,20 1 193 1,37 2 239 2,56 172 0 , 2 0 5 6 0,06 7 3 0,08 8 8 0,10 51 7 0,59
Mbam et
42 118 81,03 406 0,78 3 994 7,68 2 782 5,35 602 1 , 1 6 146 0,28 137 0,26 305 0,59 1 489 2 , 8 6
Inoubou
Mbam et Kim 31 330 90,30 185 0,53 493 1,42 1 123 3,24 259 0 , 7 5 6 7 0,19 9 4 0,27 233 0,67 91 1 2,63
Mefou et
41 518 85,04 130 0,27 3 910 8,01 2 599 5,32 112 0 , 2 3 2 4 0,05 4 3 0,09 103 0,21 38 3 0,78
Afamba
Mefou et
21 932 93,44 3 6 0,15 702 2,99 6 4 7 2,76 32 0,14 9 0,04 9 0,04 1 8 0,08 8 7 0,37
Akono
Mfoundi 146 512 51,35 2 665 0,93 89 668 31,43 31 688 11,11 1 083 0 , 3 8 506 0,18 1 558 0,55 1 570 0,55 10 051 3 , 5 2
Nyong et
11 928 34,90 236 0,69 460 1,35 21 052 61,60 229 0 , 6 7 2 8 0,08 1 6 0,05 7 5 0,22 15 3 0,45
Kelle
Nyong et
35 035 97,64 2 3 0,06 134 0,37 5 7 2 1,59 27 0,08 4 0,01 1 9 0,05 1 0 0,03 5 8 0,16
Mfoumou
Nyong et So'o 31 888 90,67 5 9 0,17 1 620 4,61 1 133 3,22 58 0,16 1 3 0,04 7 6 0,22 5 5 0,16 26 8 0,76
TOTAL 478 231 71,10 4 484 0,67 102 604 15,25 64 994 9 , 6 6 2 656 0 , 3 9 880 0,13 2 061 0,31 2 529 0,38 14 174 2,11 408
REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON

PAIX-TRAVAIL-PATRIE PEACE- WORK-FATHERLAND

------------------ --------------

CONSEIL CONSTITUTIONNEL CONSTITUTIONAL COUNCIL

---------------- --------------

ELECTION DU PRESIDENT DE LA DANS LA REGION DE L’EST


ELECTION OF PRESIDENT OF

REPUBLIQUE DU 07 OCTOBRE 2018 THE REPUBLIC OF 7 OCTOBER 2018

TAUX DE SUFFRAGES
BULLETINS
DEPARTEMENTS INSCRITS VOTANTS PARTICIPATION VALABLEMENT
NULS
(%) EXPRIMES

Boumba-et-Ngoko 43 345 27 919 64,41 296 27 623


Haut-Nyong 77 945 60 373 77,46 305 60 068
Kadey 71 773 46 916 65,37 525 46 391
Lom-et-Djerem 129 313 68 657 53,09 1 188 67 469
TOTAL 322 376 203 865 63,24 2 314 201 551

409
REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON

PAIX-TRAVAIL-PATRIE PEACE- WORK-FATHERLAND

------------------ --------------

CONSEIL CONSTITUTIONNEL CONSTITUTIONAL COUNCIL

----------------
SUFFRAGES EN FAVEUR DE CHAQUE CANDIDAT--------------
ELECTION DU PRESIDENT DE LA ELECTION OF PRESIDENT OF
BIYA PAUL GARGA KAMTO LIBII LI MATOMBA MUNA NDAM NDIFOR OSIH
HAMAN2018 Maurice
REPUBLIQUE DU 07 OCTOBRE NGUE Serge Espoir AKERE NJOYA
THE REPUBLIC AFANWI
OF 7 OCTOBER 2018 Joshua
ADJI NGUE TABENG ADAMOU Frankline NAMBANGI
Cabral

POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)
POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)
DEPARTEMENTS

SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES
SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES
Boumba-et-
25 530 92,42 202 0,73 621 2,25 628 2,27 113 0 , 4 1 31 0,11 7 3 0 , 2 6 6 8 0,25 3 5 7 1,29
Ngoko
Haut-Nyong 58 070 96,67 118 0,20 468 0,78 887 1,48 9 8 0,16 39 0,06 4 3 0 , 0 7 9 7 0,16 2 4 8 0,41
Kadey 44 024 94,90 328 0,71 539 1,16 768 1,66 143 0 , 3 1 75 0,16 104 0 , 2 2 128 0,28 2 8 2 0,61
Lom-et-
54 648 81,00 1 657 2,46 3 666 5,43 5 320 7,89 469 0 , 7 0 134 0,20 261 0 , 3 9 374 0,55 9 4 0 1,39
Djerem
TOTAL 182 272 90,43 2 305 1,14 5 294 2,63 7 603 3 , 7 7 823 0 , 4 1 279 0,14 481 0 , 2 4 667 0,33 1 827 0 , 9 1

410
REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON

PAIX-TRAVAIL-PATRIE PEACE- WORK-FATHERLAND

------------------ --------------

CONSEIL CONSTITUTIONNEL CONSTITUTIONAL COUNCIL

---------------- --------------

ELECTION DU PRESIDENT DE LA
DANS LA REGION DE L’EXTREME-NORDELECTION OF PRESIDENT OF
REPUBLIQUE DU 07 OCTOBRE 2018 THE REPUBLIC OF 7 OCTOBER 2018

TAUX DE SUFFRAGES
BULLETINS
DEPARTEMENTS INSCRITS VOTANTS PARTICIPATION VALABLEMENT
NULS
(%) EXPRIMES

Diamaré 268 119 171 736 64,05 3 519 168 217


Logone-et-Chari 192 280 161 032 83,75 2 155 158 877
Mayo-Danay 200 697 152 751 76,11 2 857 149 894
Mayo-Kani 142 056 105 475 74,25 2 408 103 067
Mayo-Sava 134 500 105 859 78,71 1 987 103 872
Mayo-Tsanaga 198 290 124 458 62,77 4 196 120 262
TOTAL 1 135 942 821 311 72,30 17 122 804 189

411
REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON

PAIX-TRAVAIL-PATRIE PEACE- WORK-FATHERLAND

------------------ --------------

CONSEIL CONSTITUTIONNEL CONSTITUTIONAL COUNCIL

---------------- --------------

ELECTION DU PRESIDENT DE LA
SUFFRAGES EN FAVEUR DE CHAQUE CANDIDAT
ELECTION OF PRESIDENT OF

REPUBLIQUE DU 07 OCTOBRE 2018 THE REPUBLIC OF 7 OCTOBER 2018


BIYA PAUL GARGA KAMTO LIBII LI MATOMBA MUNA NDAM NDIFOR OSIH
HAMAN Maurice NGUE Serge Espoir AKERE NJOYA AFANWI Joshua
ADJI NGUE TABENG ADAMOU Frankline NAMBANGI
Cabral
POURCENTAGE (%)
POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)
DEPARTEMENTS

SUFFRAGES

SUFFRAGES
SUFFRAGES
SUFFRAGES

SUFFRAGES
SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES
Diamaré 147 658 87,78 5 040 3,00 4 925 2 , 9 3 6 702 3,98 7 9 2 0 , 4 7 401 0,24 5 0 2 0,30 756 0,45 1 441 0,86
Logone-et-
152 330 95,88 1 194 0,75 1 358 0 , 8 5 2 108 1,33 174 0,11 00 0,00 2 5 1 0,16 181 0,11 1 281 0,81
Chari
Mayo-Danay 132 614 88,47 2 107 1,41 7 359 4 , 9 1 2 966 1 , 9 8 1 140 0 , 7 6 637 0,42 7 9 7 0,53 739 0,49 1 535 1 , 0 2
Mayo-Kani 91 856 89,12 1 188 1,15 4 963 4 , 8 2 2 328 2 , 2 6 8 2 2 0 , 8 0 423 0,41 3 0 6 0,30 484 0,47 6 9 7 0 , 6 8
Mayo-Sava 96 869 93,26 8 5 9 0,83 3 863 3,72 6 3 0 0,61 2 2 8 0 , 2 2 238 0,23 2 3 6 0,23 220 0,21 7 2 9 0 , 7 0
Mayo-
96 115 79,92 3 868 3,22 5 302 4 , 4 1 7 890 6,56 1 864 1 , 5 5 863 0,72 6 9 0 0,57 1512 1,2 6 2 158 1,79
Tsanaga
TOTAL 717 442 89,21 14 256 1,77 27 770 3 , 4 5 22 624 2,81 5 020 0 , 6 2 2 562 0,32 2 782 0,35 3 892 0 , 4 8 7 84 1 0 , 9 8
412
REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON

PAIX-TRAVAIL-PATRIE PEACE- WORK-FATHERLAND

------------------ --------------

CONSEIL CONSTITUTIONNEL CONSTITUTIONAL COUNCIL

---------------- --------------

ELECTION DU PRESIDENT DE LA DANS LA REGION DU LITTORAL ELECTION OF PRESIDENT OF

REPUBLIQUE DU 07 OCTOBRE 2018 THE REPUBLIC OF 7 OCTOBER 2018

TAUX DE SUFFRAGES
BULLETINS
DEPARTEMENTS INSCRITS VOTANTS PARTICIPATION VALABLEMENT
NULS
(%) EXPRIMES

Moungo 175 952 105 217 60 1 804 103 413


Nkam 21 840 14 850 68 161 14 689
Sanaga- Maritime 79 763 49 298 62 456 48 842
Wouri 657 976 343 151 52,15 2 668 340 483
TOTAL 935 531 512 516 54,78 5 089 507 427

413
REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON

PAIX-TRAVAIL-PATRIE PEACE- WORK-FATHERLAND

------------------ --------------

CONSEIL CONSTITUTIONNEL CONSTITUTIONAL COUNCIL

---------------- --------------

ELECTION DU PRESIDENT DE LA SUFFRAGES EN FAVEUR DE CHAQUE CANDIDAT


ELECTION OF PRESIDENT OF

REPUBLIQUE DU 07 OCTOBRE 2018 THE REPUBLIC OF 7 OCTOBER 2018


BIYA PAUL GARGA KAMTO LIBII LI MATOMBA MUNA NDAM NDIFOR OSIH
HAMAN Maurice NGUE Serge Espoir AKERE NJOYA AFANWI Joshua
ADJI NGUE TABENG ADAMOU Frankline NAMBANGI
Cabral
POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)
POURCENTAGE (%)
POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)
POURCENTAGE (%)
DEPARTEMENTS

SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES
SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES
Moungo 47 505 45,94 740 0,72 34 180 33,05 3 630 3,51 807 0 , 7 8 637 0,62 3 9 7 0,38 1 798 1,74 13 719 1 3 , 2 7
Nkam 11 356 77,31 78 0,53 1 661 11,31 910 6,20 109 0 , 7 4 45 0,31 1 7 0,12 6 9 0,47 444 3 ,0 2
Sanaga-
23 947 49,03 425 0,87 2 666 5,46 18 978 38,86 369 0,76 69 0,14 7 4 0,15 365 0,75 1 949 3 ,9 9
Maritime
Wouri 98609 28,96 3 057 0,90 157 336 46,21 41358 12,15 2111 0 , 6 2 981 0,29 3 388 1,00 3761 1,10 29 882 8,78
TOTAL 181 417 35,75 4 300 0,85 195 843 38,60 64876 12,79 3396 0 , 6 7 1732 0,34 3 876 0,76 5 993 1,18 45 994 9,06

414
REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON

PAIX-TRAVAIL-PATRIE PEACE- WORK-FATHERLAND

------------------ --------------

CONSEIL CONSTITUTIONNEL CONSTITUTIONAL COUNCIL

---------------- --------------

ELECTION DU PRESIDENT DE LA DANS LA REGION DU NORD ELECTION OF PRESIDENT OF

REPUBLIQUE DU 07 OCTOBRE 2018 THE REPUBLIC OF 7 OCTOBER 2018

TAUX DE SUFFRAGES
BULLETINS
DEPARTEMENTS INSCRITS VOTANTS PARTICIPATION VALABLEMENT
NULS
(%) EXPRIMES

Benoué 357 410 179 443 50,21 5 581 173 862


Faro 35 159 22 841 64,96 550 22 291
Mayo Louti 149 432 87 815 58,77 2 942 84 873
Mayo-Rey 129 610 78 355 60,45 2 005 76 350
TOTAL 671 611 368 454 54,86 11 078 357 376

415
REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON

PAIX-TRAVAIL-PATRIE PEACE- WORK-FATHERLAND

------------------ --------------

CONSEIL CONSTITUTIONNEL CONSTITUTIONAL COUNCIL

---------------- --------------

ELECTION DU PRESIDENT DE LA SUFFRAGES EN FAVEUR DE CHAQUE CANDIDAT


ELECTION OF PRESIDENT OF

REPUBLIQUE DU 07 OCTOBRE 2018 THE REPUBLIC OF 7 OCTOBER 2018


BIYA PAUL GARGA KAMTO LIBII LI MATOMBA MUNA NDAM NDIFOR OSIH
HAMAN Maurice NGUE Serge Espoir AKERE NJOYA AFANWI Joshua
ADJI NGUE TABENG ADAMOU Frankline NAMBANGI
Cabral
POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)
POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)
DEPARTEMENTS

SUFFRAGES

SUFFRAGES
SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES
Benoué 14 0547 80,84 5994 3,45 6 745 3,88 11 444 6,58 1 764 1 , 0 1 1 003 0,58 8 7 2 0,50 1 833 1,05 3 660 2,11
Faro 19 245 86,34 218 0,98 1 700 7,63 320 1,44 1 5 3 0 , 6 9 119 0,53 7 3 0,33 1 1 5 0,52 3 4 8 1,56
Mayo Louti 64 976 76,56 3112 3,67 4 527 5,33 5 696 6,71 1 261 1 , 4 9 1 483 1,75 5 9 7 0,70 1 117 1,32 2 104 2,48
Mayo-Rey 66 906 87,63 1098 1,44 1 853 2,43 3 143 4,12 768 1 , 0 1 382 0,50 3 2 4 0,42 723 0,95 1 153 1,51
TOTAL 291 674 81,62 10 422 2,92 14 825 4,15 20 603 5,77 3 946 1 , 1 0 2 987 0,84 1 866 0 , 52 3 788 1,06 7 265 2,03

416
REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON

PAIX-TRAVAIL-PATRIE PEACE- WORK-FATHERLAND

------------------ --------------

CONSEIL CONSTITUTIONNEL CONSTITUTIONAL COUNCIL

---------------- --------------
DANS LA REGION DU NORD – OUEST
ELECTION DU PRESIDENT DE LA ELECTION OF PRESIDENT OF

REPUBLIQUE DU 07 OCTOBRE 2018 THE REPUBLIC OF 7 OCTOBER 2018

TAUX DE SUFFRAGES
BULLETINS
DEPARTEMENTS INSCRITS VOTANTS PARTICIPATION VALABLEMENT
NULS
(%) EXPRIMES

Boyo 57 945 363 0,63 0 363


Bui 107 461 6 208 5,78 9 6 199
Donga Mantung 107 615 10 879 10,11 68 10 811
Menchum 52 095 765 1,47 2 763
Mezam 194 919 9 744 5,00 152 9 592
Momo 52 146 4 287 8,22 39 4 248
Ngo Ketunjia 54 887 1 336 2,43 1 1 335
TOTAL 627 068 33 582 5,36 271 33 311

417
REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON

PAIX-TRAVAIL-PATRIE PEACE- WORK-FATHERLAND

------------------ --------------

CONSEIL CONSTITUTIONNEL CONSTITUTIONAL COUNCIL

---------------- --------------
SUFFRAGES EN FAVEUR DE CHAQUE CANDIDAT
ELECTION DU PRESIDENT DE LA ELECTION OF PRESIDENT OF

REPUBLIQUE DU 07 OCTOBRE 2018 THE REPUBLIC OF 7 OCTOBER 2018


BIYA PAUL GARGA KAMTO LIBII LI MATOMBA MUNA NDAM NDIFOR OSIH
HAMAN Maurice NGUE Serge Espoir AKERE NJOYA AFANWI Joshua
ADJI NGUE TABENG ADAMOU Frankline NAMBANGI
Cabral

POURCENTAGE (%)
POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)
POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)
POURCENTAGE (%)
DEPARTEMENTS

SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES
SUFFRAGES

SUFFRAGES
SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES
Boyo 256 70,52 2 0,55 37 10,19 13 3 , 5 8 1 0,2 8 6 1,65 0 0,00 4 1,10 4 4 12,12
Bui 5 022 81,13 51 0,82 126 2,03 52 0 , 8 4 1 5 0,2 4 2 1 0,34 48 0 , 7 7 61 0,98 803 12,95
Donga
9 475 87,64 30 0,28 147 1,36 101 0 , 9 3 4 7 0,4 3 6 8 0,63 28 0 , 2 6 88 0,81 827 7 , 6 5
Mantung
Menchum 485 63,56 1 0,13 11 1,44 16 2,10 0 0,0 0 4 0,52 1 0,13 0 0 , 0 0 245 32,11
Mezam 7 289 75,99 3 9 0,41 736 7,67 1 8 5 1,93 27 0,2 8 6 4 0,67 36 0 , 3 8 147 1 , 5 3 1069 11,14
Momo 3 778 88,94 10 0,24 47 1,11 16 0,38 3 0,0 7 1 0 1 2,38 13 0 , 3 1 81 1 , 9 1 199 4,68
Ngo Ketunjia 924 69,21 5 0,37 94 7,04 9 0,67 1 0,0 7 1 4 1,05 5 0,37 2 0 , 1 5 281 21,05
TOTAL 27 229 81,74 138 0,41 1 198 3,60 3 9 2 1,18 94 0,2 8 2 7 8 0,83 131 0 , 3 9 383 1 , 1 5 3 468 10,41 418
REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON

PAIX-TRAVAIL-PATRIE PEACE- WORK-FATHERLAND

------------------ --------------

CONSEIL CONSTITUTIONNEL CONSTITUTIONAL COUNCIL

---------------- --------------

ELECTION DU PRESIDENT DE LA
DANS LA REGION DE L’OUEST
ELECTION OF PRESIDENT OF

REPUBLIQUE DU 07 OCTOBRE 2018 THE REPUBLIC OF 7 OCTOBER 2018

TAUX DE
BULLETINS SUFFRAGES VALABLEMENT
DEPARTEMENTS INSCRITS VOTANTS PARTICIPATION
NULS EXPRIMES
(%)

Bamboutos 103 222 74 341 72,02 799 73 542


Haut-Nkam 62 936 37 880 60,19 599 37 281
Hauts Plateaux 39 756 25 954 65,28 328 25 626
Koung Khi 34 600 23 221 67,11 285 22 936
Menoua 130 052 76 275 58,65 788 75 487
Mifi 128 991 75 387 58,44 868 74 519
Nde 58 539 42 706 81,71 495 42 211
Noun 168 255 109 315 64,97 1 404 107 911
TOTAL 726 351 465 079 64,03 5 566 459 513

419
REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON

PAIX-TRAVAIL-PATRIE PEACE- WORK-FATHERLAND

------------------ --------------

CONSEIL CONSTITUTIONNEL CONSTITUTIONAL COUNCIL

---------------- SUFFRAGES EN FAVEUR DE CHAQUE CANDIDAT --------------


ELECTION DU PRESIDENT DE LA ELECTION OF PRESIDENT OF
BIYA PAUL GARGA KAMTO LIBII LI MATOMBA MUNA NDAM NDIFOR OSIH
REPUBLIQUE DU 07HAMAN
OCTOBRE 2018Maurice NGUE Serge Espoir AKERE NJOYA AFANWI
THE REPUBLIC OF 7 OCTOBER 2018 Joshua
ADJI NGUE TABENG ADAMOU Frankline NAMBANGI
Cabral

POURCENTAGE (%)
POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)
DEPARTEMENTS

SUFFRAGES

SUFFRAGES
SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES
SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES
Bamboutos 45 414 61,75 326 0,44 16 836 22,89 775 1,05 316 0,4 3 334 0,45 2 9 6 0,40 732 1,00 8 513 11,58
Haut-Nkam 14 868 39,88 287 0,77 19 147 51,36 518 1,39 215 0,5 8 364 0,98 1 4 6 0,39 402 1,08 1 334 3,58
Hauts
13 712 53,51 137 0,53 10 002 39,03 163 0,64 9 6 0,37 201 0,78 6 7 0,26 202 0,79 1 046 4,08
Plateaux
Koung Khi 11 275 49,16 117 0,51 8 918 38,88 1 7 5 0,76 6 6 0,2 9 147 0,64 5 8 0,25 135 0,59 2 045 8,92
Menoua 32 972 43,68 478 0,63 35 241 46,68 1 451 1,92 413 0,5 5 625 0,83 283 0,37 549 0,73 3 475 4,60
Mifi 22 317 29,95 316 0,42 44 056 59,12 1 166 1,56 250 0,34 277 0,37 292 0,39 590 0,79 5 255 7,05
Nde 30 617 72,53 8 726 20,67 1399 3 , 3 1 4 7 6 1,13 119 0,2 8 224 0,53 147 0,35 181 0,43 322 0,76
Noun 50 285 46,60 1 110 1,03 4 819 4 , 4 7 1 914 1,77 349 0,32 276 0,26 46 520 43,11 717 0,66 1 921 1,78
TOTAL 221 460 48,19 11 497 2,50 140 418 30,56 6 638 1,44 1 824 0,4 0 2 448 0,53 47 809 10,40 3 508 0,76 23 911 5,20 420
REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON

PAIX-TRAVAIL-PATRIE PEACE- WORK-FATHERLAND

------------------ --------------

CONSEIL CONSTITUTIONNEL CONSTITUTIONAL COUNCIL

---------------- --------------

ELECTION DU PRESIDENT DE LA
DANS LA REGION DU SUD
ELECTION OF PRESIDENT OF

REPUBLIQUE DU 07 OCTOBRE 2018 THE REPUBLIC OF 7 OCTOBER 2018

TAUX DE SUFFRAGES
BULLETINS
DEPARTEMENTS INSCRITS VOTANTS PARTICIPATION VALABLEMENT
NULS
(%) EXPRIMES

Dja-et-Lobo 83 676 75 957 90,78 269 75 688


Mvila 76 065 51 256 67,38 419 50 837
Océan 70 701 45 124 63,82 380 44 744
Vallée du Ntem 35 752 24 032 67,22 114 23 918
TOTAL 266 194 196 369 73,77 1 182 195 187

421
REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON

PAIX-TRAVAIL-PATRIE PEACE- WORK-FATHERLAND

------------------ --------------

CONSEIL CONSTITUTIONNEL CONSTITUTIONAL COUNCIL

---------------- --------------

ELECTION DU PRESIDENT DE LA SUFFRAGES EN FAVEUR DE CHAQUE CANDIDAT


ELECTION OF PRESIDENT OF

REPUBLIQUE DU 07 OCTOBRE 2018 THE REPUBLIC OF 7 OCTOBER 2018


BIYA PAUL GARGA KAMTO LIBII LI MATOMBA MUNA NDAM NDIFOR OSIH
HAMAN Maurice NGUE Serge Espoir AKERE NJOYA AFANWI Joshua
ADJI NGUE TABENG ADAMOU Frankline NAMBANGI
Cabral

POURCENTAGE (%)
POURCENTAGE (%)
POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)
POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)
POURCENTAGE (%)
DEPARTEMENTS

SUFFRAGES

SUFFRAGES
SUFFRAGES

SUFFRAGES
SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES
Dja-et-
75 061 99,17 2 7 0,04 261 0,34 195 0,26 1 2 0 , 0 2 11 0 , 0 1 31 0,0 4 1 4 0,02 7 6 0,10
Lobo
Mvila 47 389 93,22 7 2 0,14 1 387 2,73 1 417 2,79 4 8 0 , 0 9 15 0 , 0 3 98 0,1 9 3 7 0,07 374 0 , 7 4
Océan 37 503 83,82 2 4 0 0,54 1 568 3,50 3 321 7,42 1 6 3 0 , 3 6 48 0 , 1 1 138 0,31 4 3 9 0,98 1 324 2 , 9 6
Vallée du
21 393 89,44 7 8 0,33 986 4,12 430 1,80 3 3 0 , 1 4 11 0 , 0 5 775 3,24 5 1 0,21 1 6 1 0 , 6 7
Ntem
TOTAL 181 346 92,91 417 0,21 4 202 2,15 5 363 2,75 2 5 6 0 , 1 3 85 0 , 0 4 1 042 0,5 3 5 4 1 0,28 1 935 0 , 9 9

422
REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON

PAIX-TRAVAIL-PATRIE PEACE- WORK-FATHERLAND

------------------ --------------

CONSEIL CONSTITUTIONNEL CONSTITUTIONAL COUNCIL

---------------- --------------

ELECTION DU PRESIDENT DE LA
DANS LA REGION DU SUD – OUEST ELECTION OF PRESIDENT OF
REPUBLIQUE DU 07 OCTOBRE 2018 THE REPUBLIC OF 7 OCTOBER 2018

TAUX DE SUFFRAGES
BULLETINS
DEPARTEMENTS INSCRITS VOTANTS PARTICIPATION VALABLEMENT
NULS
(%) EXPRIMES

Fako 143 743 22 800 15,86 311 22 489


Koupe- Manengouba 36 096 15 916 44,09 6 15 910
Lebialem 22 082 4 191 18,98 28 4 163
Manyu 52 597 10 096 19,20 97 9 999
Meme 89 284 3 190 3,57 123 3 067
Ndian 30 425 3 454 11,35 102 3 352
TOTAL 374 227 59 647 15,94 667 58 980

423
REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON

PAIX-TRAVAIL-PATRIE PEACE- WORK-FATHERLAND

------------------ --------------

CONSEIL CONSTITUTIONNEL CONSTITUTIONAL COUNCIL

---------------- --------------

ELECTION DU PRESIDENT DE LA
SUFFRAGES EN FAVEUR DE CHAQUE CANDIDAT
ELECTION OF PRESIDENT OF

REPUBLIQUE
BIYA PAUL DU 07 OCTOBRE
GARGA2018 KAMTO LIBII LI MATOMBA MUNA NDAM
THE REPUBLIC NDIFOR
OF 7 OCTOBER 2018 OSIH
HAMAN Maurice NGUE Serge Espoir AKERE NJOYA AFANWI Joshua
ADJI NGUE TABENG ADAMOU Frankline NAMBANGI
Cabral

POURCENTAGE (%)
POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)
POURCENTAGE (%)
DEPARTEMENTS

SUFFRAGES

SUFFRAGES
SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES
SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES
Fako 15 920 70,79 211 0,94 1 482 6,59 545 2,42 1 8 8 0,84 198 0,88 111 0,49 577 2,57 3 257 14,48
Koupe-
13 279 83,46 40 0,25 188 1,18 141 0,89 35 0,22 151 0,95 180 1,13 162 1,02 1 734 10,90
Manengouba
Lebialem 3 565 85,64 10 0,24 145 3,48 1 1 0,26 1 1 0,26 3 0,07 6 0,14 28 0,67 3 8 4 9,22
Manyu 7 975 79,76 99 0,99 171 1,71 230 2,30 8 4 0,84 114 1,14 78 0,78 137 1,37 1 111 11,11
Meme 2 576 83,99 6 0,20 5 8 1,89 5 1 1,66 1 1 0,36 27 0,88 4 0,13 40 1,30 2 9 4 9,59
Ndian 2 504 74,70 8 0,24 4 5 1,34 2 9 0,87 5 0,15 3 0,09 7 0,21 31 0,92 7 2 0 21,48
TOTAL 45 819 77,69 374 0,63 2 089 3,54 1 007 1,71 3 3 4 0,57 496 0,84 386 0,65 975 1 , 6 5 7 500 12,72
424
REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON

PAIX-TRAVAIL-PATRIE PEACE- WORK-FATHERLAND

------------------ --------------

CONSEIL CONSTITUTIONNEL CONSTITUTIONAL COUNCIL

---------------- DANS LA ZONE AFRIQUE --------------

ELECTION DU PRESIDENT DE LA ELECTION OF PRESIDENT OF

REPUBLIQUE DU 07 OCTOBRE 2018 THE REPUBLIC OF 7 OCTOBER 2018


TAUX DE SUFFRAGES
BULLETINS
PAYS INSCRITS VOTANTS PARTICIPATION VALABLEMENT
NULS
(%) EXPRIMES

AFRIQUE DU SUD 235 168 71,49 11 157


ALGERIE 144 135 93,75 0 135
CONGO 897 421 46,93 5 416
COTE D'IVOIRE 526 334 63,50 4 330
EGYPTE 190 135 71,05 5 130
ETHIOPIE 62 30 48,39 2 28
GABON 5 364 2 511 46,81 20 2 491
GUINEE
2 062 1 159 56,21 13 1 146
EQUATORIALE
LIBERIA 57 44 77,19 0 44
MAROC 426 245 57,51 3 242
NIGERIA 1 761 819 46,51 98 721
RDC 472 187 39,62 1 186
RCA 639 557 87,17 2 555
SENEGAL 630 308 48,89 11 297
TCHAD 676 207 30,62 1 206
TUNISIE 173 79 45,66 2 77
TOTAL 14314 7339 51,27 178 7161 425
SUFFRAGES EN FAVEUR DE CHAQUE CANDIDAT
BIYA GARGA KAMTO LIBII LI MATOMBA MUNA NDAM NDIFOR OSIH
PAUL HAMAN Maurice NGUE Serge Espoir AKERE NJOYA AFANWI Joshua
ADJI NGUE TABENG ADAMOU Frankline NAMBANGI
Cabral

POURCENTAGE

POURCENTAGE

POURCENTAGE
POURCENTAGE

POURCENTAGE
POURCENTAGE

POURCENTAGE

POURCENTAGE

POURCENTAGE
SUFFRAGES

SUFFRAGES
SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES
(%)
(%)

(%)

(%)

(%)

(%)

(%)

(%)

(%)
PAYS

AFRIQUE DU SUD 99 63,06 0 0,00 26 16,56 2 2 14,01 0 0,00 0 0,00 0 0,00 0 0,00 10 6,37
ALGERIE 129 95,56 0 0,00 3 2,22 3 2,22 0 0,00 0 0,00 0 0,00 0 0,00 0 0,00
CONGO 317 76,20 3 0,72 72 17,31 1 7 4,09 1 0,24 0 0,00 4 0,96 2 0,48 0 0,00
COTE D'IVOIRE 180 54,55 0 0,00 91 27,58 4 8 14,55 1 0,30 0 0,00 1 0,30 3 0,91 6 1,82
EGYPTE 80 61,54 2 1,54 28 21,54 1 5 11,54 0 0,00 1 0,77 2 1,54 0 0,00 2 1,54
ETHIOPIE 11 39,29 0 0,00 8 28,57 6 21,43 0 0,00 0 0,00 0 0,00 0 0,00 3 10,71
GABON 719 28,86 6 0,24 1 256 50,42 270 10,84 1 9 0,76 9 0,36 117 4,70 11 0,44 84 3,37
GUINEE
493 43,02 7 0,61 396 34,55 100 8,73 9 0,79 1 0,09 12 1,05 2 7 2,36 101 8 , 8 1
EQUATORIALE
LIBERIA 13 29,55 0 0,00 17 38,64 3 6,82 0 0,00 0 0,00 0 0,00 0 0,00 11 25,00
MAROC 112 46,28 0 0,00 88 36,36 4 1 16,94 0 0,00 0 0,00 0 0,00 0 0,00 1 0,41
NIGERIA 604 83,77 10 1,39 42 5,83 2 4 3,33 9 1,25 4 0,55 1 0,14 12 1,66 15 2,08
RDC 51 27,42 1 0,54 112 60,22 1 6 8,60 0 0,00 0 0,00 0 0,00 1 0,54 5 2,69
RCA 385 69,37 6 1,08 112 20,18 2 4 4,32 1 0,18 2 0,36 1 0,18 5 0,90 19 3,42
SENEGAL 147 49,49 3 1,01 86 28,96 5 4 18,18 0 0,00 1 0,34 2 0,67 0 0,00 4 1,35
TCHAD 130 63,11 2 0,97 39 18,93 2 9 14,08 1 0,49 1 0,49 0 0,00 1 0,49 3 1,46
TUNISIE 55 71,43 0 0,00 11 14,29 9 11,69 0 0,00 0 0,00 0 0,00 0 0,00 2 2,60
TOTAL 3 525 49,22 40 0,56 2 387 33,33 681 9,51 4 1 0,57 19 0,27 140 1,96 62 0,87 266 3 , 7 1 426
REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON

PAIX-TRAVAIL-PATRIE PEACE- WORK-FATHERLAND

------------------ --------------

CONSEIL CONSTITUTIONNEL CONSTITUTIONAL COUNCIL

---------------- DANS LA ZONE DE L’EUROPE --------------

ELECTION DU PRESIDENT DE LA ELECTION OF PRESIDENT OF

REPUBLIQUE DU 07 OCTOBRE 2018 THE REPUBLIC OF 7 OCTOBER 2018


TAUX DE SUFFRAGES
BULLETINS
PAYS INSCRITS VOTANTS PARTICIPATION VALABLEMENT
NULS
(%) EXPRIMES

ALLEMAGNE 877 119 13,57 2 117


BELGIQUE 235 140 59,57 3 137
CONFEDERATION
418 165 39,47 1 164
HELVETIQUE
ESPAGNE 510 188 36,86 1 187
ETAT DU VATICAN 44 31 70,45 3 28
FEDERATION DE
208 107 51,44 0 107
RUISSE
FRANCE 901 486 53,94 4 482
ITALIE 366 148 40,44 0 148
PAYS - BAS 196 35 17,86 0 35
ROYAUME UNIS GB 274 145 52,92 3 142
TOTAL 4029 1564 38,82 17 1547

427
REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON

PAIX-TRAVAIL-PATRIE PEACE- WORK-FATHERLAND

------------------ --------------

CONSEIL CONSTITUTIONNEL CONSTITUTIONAL COUNCIL

---------------- --------------
SUFFRAGES EN FAVEUR DE CHAQUE CANDIDAT
ELECTION DU PRESIDENT DE LA ELECTION OF PRESIDENT OF

REPUBLIQUE
BIYA DUPAUL
07 OCTOBREGARGA
2018 KAMTO LIBII LI MATOMBA THE REPUBLIC
MUNA OF 7 OCTOBERNDIFOR
NDAM 2018 OSIH
HAMAN Maurice NGUE Serge Espoir AKERE NJOYA AFANWI Joshua
ADJI NGUE TABENG ADAMOU Frankline NAMBANGI
Cabral

POURCENTAGE

POURCENTAGE

POURCENTAGE
POURCENTAGE

POURCENTAGE

POURCENTAGE

POURCENTAGE

POURCENTAGE

POURCENTAGE
SUFFRAGES

SUFFRAGES
SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES
PAYS

(%)
(%)

(%)

(%)

(%)

(%)

(%)
(%)

(%)
ALLEMAGNE 1 4 11,97 0 0,00 81 69,23 1 7 14,53 0 0,00 0 0,00 0 0,00 0 0,00 5 4,27
BELGIQUE 6 0 43,80 2 1,4 6 53 38,69 2 1 15,33 0 0,00 0 0,00 0 0,00 0 0,00 1 0,7 3
CONFEDERATION
118 71,95 0 0,0 0 25 15,24 2 0 12,20 0 0,00 0 0,00 0 0,00 0 0,00 1 0,6 1
HELVETIQUE
ESPAGNE 114 60,96 1 0,5 3 49 26,20 2 1 11,23 0 0,00 0 0,00 0 0,00 0 0,00 2 1,0 7
ETAT DU VATICAN 2 0 71,43 0 0,0 0 1 3,57 7 25,00 0 0,00 0 0,00 0 0,00 0 0,00 0 0,0 0
FEDERATION DE
7 4 69,16 0 0,0 0 24 22,43 7 6,54 0 0,00 1 0,93 0 0,00 0 0,00 1 0,9 3
RUISSE
FRANCE 216 44,81 0 0,0 0 154 31,95 9 0 18,67 2 0,41 1 0,21 3 0,62 1 0,21 1 5 3,1 1
ITALIE 7 9 53,38 0 0,0 0 43 29,05 2 5 16,89 1 0,68 0 0,00 0 0,00 0 0,00 0 0,0 0
PAYS - BAS 1 6 45,71 0 0,0 0 14 40,00 5 14,29 0 0,00 0 0,00 0 0,00 0 0,00 0 0,00
ROYAUME UNIS
9 3 65,49 0 0,00 35 24,65 1 0 7,04 0 0,00 0 0,00 0 0,00 0 0,00 4 2,8 2
GB
TOTAL 8 0 4 51,97 3 0,1 9 479 30,96 2 2 3 14,41 3 0,19 2 0,13 3 0,19 1 0,06 2 9 1,8 7428
REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON

PAIX-TRAVAIL-PATRIE PEACE- WORK-FATHERLAND

------------------ --------------

CONSEIL CONSTITUTIONNEL CONSTITUTIONAL COUNCIL

---------------- --------------

ELECTION DU PRESIDENT DE LA DANS LA ZONE DES AMERIQUES ELECTION OF PRESIDENT OF

REPUBLIQUE DU 07 OCTOBRE 2018 THE REPUBLIC OF 7 OCTOBER 2018

TAUX DE SUFFRAGES
BULLETINS
PAYS INSCRITS VOTANTS PARTICIPATION VALABLEMENT
NULS
(%) EXPRIMES

BRESIL 41 39 95,12 2 37
CANADA 57 29 50,88 0 29
ETATS UNIS
80 66 82,50 2 64
D'AMERIQUE
TOTAL 178 134 75,28 4 130

429
REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON

PAIX-TRAVAIL-PATRIE PEACE- WORK-FATHERLAND

------------------ --------------

CONSEIL CONSTITUTIONNEL CONSTITUTIONAL COUNCIL

---------------- --------------

ELECTION DU PRESIDENT DE LA
SUFFRAGES EN FAVEUR DE CHAQUE CANDIDAT
ELECTION OF PRESIDENT OF

REPUBLIQUE DU 07 OCTOBRE 2018 THE REPUBLIC OF 7 OCTOBER 2018


BIYA GARGA KAMTO LIBII LI MATOMBA MUNA NDAM NDIFOR OSIH
PAUL HAMAN Maurice NGUE Serge Espoir AKERE NJOYA AFANWI Joshua
ADJI NGUE TABENG ADAMOU Frankline NAMBANGI
Cabral
POURCENTAGE

POURCENTAGE

POURCENTAGE

POURCENTAGE

POURCENTAGE

POURCENTAGE

POURCENTAGE

POURCENTAGE

POURCENTAGE
SUFFRAGES
SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES
SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES
PAYS

(%)
(%)

(%)

(%)

(%)

(%)

(%)

(%)

(%)
BRESIL 3 2 86,49 0 0,00 1 2,70 1 2,7 0 1 2,7 0 0 0,00 0 0,00 0 0,00 2 5,41
CANADA 1 8 62,07 0 0,00 8 27,59 3 10,34 0 0,00 0 0,00 0 0,00 0 0,00 0 0,00
ETATS UNIS
5 9 92,19 0 0,00 2 3,13 2 3,13 0 0,0 0 0 0,00 0 0,00 1 1,56 0 0,00
D'AMERIQUE
TOTAL 109 83,85 0 0,00 1 1 8,46 6 4,6 2 1 0,7 7 0 0,00 0 0,00 1 0,77 2 1,54

430
REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON

PAIX-TRAVAIL-PATRIE PEACE- WORK-FATHERLAND

------------------ --------------

CONSEIL CONSTITUTIONNEL CONSTITUTIONAL COUNCIL

---------------- --------------

ELECTION DU PRESIDENT DE LA
DANS LA ZONE DE L’ASIE ELECTION OF PRESIDENT OF

REPUBLIQUE DU 07 OCTOBRE 2018 THE REPUBLIC OF 7 OCTOBER 2018

TAUX DE SUFFRAGES
BULLETINS
PAYS INSCRITS VOTANTS PARTICIPATION VALABLEMENT
NULS
(%) EXPRIMES

ARABIE SAOUDITE 716 254 35,47 6 248


CHINE 146 24 16,44 0 24
JAPON 5 2 40,00 0 2
ISRAEL 32 25 78,13 0 25
TOTAL 899 305 33,93 6 299

431
REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON

PAIX-TRAVAIL-PATRIE PEACE- WORK-FATHERLAND

------------------ --------------

CONSEIL CONSTITUTIONNEL CONSTITUTIONAL COUNCIL

----------------
SUFFRAGES EN FAVEUR DE CHAQUE CANDIDAT
--------------

ELECTION DU PRESIDENT DE LA ELECTION OF PRESIDENT OF


BIYA
REPUBLIQUE GARGA
DU 07 OCTOBRE 2018 KAMTO LIBII LI MATOMBA MUNA NDAM
THE REPUBLIC NDIFOR
OF 7 OCTOBER 2018 OSIH
PAUL HAMAN Maurice NGUE Serge Espoir AKERE NJOYA AFANWI Joshua
ADJI NGUE TABENG ADAMOU Frankline NAMBANGI
Cabral

POURCENTAGE

POURCENTAGE
POURCENTAGE
POURCENTAGE

POURCENTAGE
POURCENTAGE

POURCENTAGE

POURCENTAGE

POURCENTAGE
SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES
SUFFRAGES

SUFFRAGES
SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES
PAYS

(%)
(%)

(%)

(%)

(%)

(%)

(%)

(%)

(%)
ARABIE
176 70,97 11 4,44 1 8 7,26 2 5 10,08 5 2,02 3 1,21 4 1,61 4 1,61 2 0,81
SAOUDITE
CHINE 17 70,83 0 0,00 3 12,50 4 16,67 0 0,00 0 0,00 0 0,00 0 0,00 0 0,00
JAPON 2 100,00 0 0,00 0 0,00 0 0,00 0 0,00 0 0,00 0 0,00 0 0,00 0 0,00
ISRAEL 20 80,00 0 0,00 3 12,00 1 4,00 0 0,00 0 0,00 0 0,00 0 0,00 1 4,00
TOTAL 215 71,91 11 3,68 24 8,03 3 0 10,03 5 1,67 3 1,00 4 1,34 4 1,34 3 1,00

432
REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON

PAIX-TRAVAIL-PATRIE PEACE- WORK-FATHERLAND

------------------ --------------

CONSEIL CONSTITUTIONNEL CONSTITUTIONAL COUNCIL

---------------- --------------

ELECTION DU PRESIDENT DE LA
RECAPITULATIF GENERAL
ELECTION OF PRESIDENT OF

REPUBLIQUE DU 07 OCTOBRE 2018 THE REPUBLIC OF 7 OCTOBER 2018

SUFFRAGES
PARTICIPATION BULLETINS
REGIONS INSCRITS VOTANTS VALABLEMENT
(%) NULS
EXPRIMES

ADAMAOUA 433 873 242 529 55,90 3 848 238 681


CENTRE 1 155 161 677 987 58,69 5 374 672 613
EST 322 376 203 865 63,24 2 314 201 551
EXTREME-NORD 1 135 942 821 311 72,30 17 122 804 189
LITTORAL 935 531 512 516 54,78 5 089 507 427
NORD 671 611 368 454 54,86 11 078 357 376
NORD-OUEST 627 068 33 582 5,36 280 33 302
OUEST 726 351 465 079 64,03 5 566 459 513
SUD 266 194 196 369 73,77 1 182 195 187
SUD-OUEST 374 227 59 647 15,94 667 58 980
DIASPORA 19 420 9 342 48,11 205 9 137
TOTAL 6 667 754 3 590 681 53,85 52 716 3 537 965

433
RECAPITULATIF GENERAL DES SUFFRAGES EN FAVEUR
DE CHAQUE CANDIDAT

BIYA PAUL GARGA KAMTO LIBII LI MATOMBA MUNA NDAM NDIFOR OSIH
HAMAN Maurice NGUE Serge Espoir AKERE NJOYA AFANWI Joshua
ADJI NGUE TABENG ADAMOU Frankline NAMBANGI
Cabral

POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)

POURCENTAGE (%)
POURCENTAGE (%)
POURCENTAGE (%)
SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES
SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES

SUFFRAGES
REGIONS

ADAMAOUA 190 391 79,77 6 801 2,85 6 240 2,61 26 980 11,30 1 305 0 , 5 5 491 0,21 6 3 9 0,27 1 343 0,56 4 491 1 , 8 8
CENTRE 478 231 71,10 4 484 0,67 102 604 15,25 64 994 9,66 2 656 0 , 3 9 880 0,13 2 061 0,31 2 529 0,38 14174 2 , 1 1
EST 182 272 90,43 2305 1,14 5 294 2,63 7 603 3,77 8 2 3 0 , 4 1 279 0,14 4 8 1 0,24 6 6 7 0,33 1827 0 , 9 1
EXTREME-
717 442 89,21 14 256 1,77 27 770 3,45 22 624 2,81 5 020 0,62 2 562 0,32 2 782 0,35 3 892 0,48 7 841 0,98
NORD
LITTORAL 181 417 35,75 4 300 0,85 195 843 38,60 64 876 12,79 3 396 0 , 6 7 1 732 0,34 3 876 0,76 5 993 1,18 45994 9,06
NORD 291 674 81,62 10 422 2,92 14 825 4,15 20 603 5,77 3 946 1 , 1 0 2 987 0,84 1 866 0,52 3 788 1,06 7 265 2,03
NORD-OUEST 27 229 81,76 1 3 8 0,41 1 198 3,60 3 9 2 1,18 9 4 0 , 2 8 278 0,83 131 0,39 383 1,15 3 468 10,41
OUEST 221 460 48,19 11497 2,50 140 418 30,56 6 638 1,44 1 824 0 , 4 0 2 448 0,53 47 809 10,40 3 508 0,76 23 911 5,20
SUD 181 346 92,91 4 1 7 0,21 4202 2,15 5 363 2,75 256 0,13 85 0,04 1042 0,53 541 0,28 1 935 0,99
SUD-OUEST 45 819 77,69 3 7 4 0,63 2089 3,54 1 007 1,71 334 0 , 5 7 496 0,84 386 0,65 975 1,65 7 500 12,72
DIASPORA 4 653 50,92 54 0,59 2901 31,75 940 10,29 5 0 0 , 5 5 24 0,26 147 1,61 68 0,74 3 0 0 3,28
TOTAL 2 521 934 71,28 55 048 1,55 503 384 14,23 222 020 6,28 19 704 0 , 5 6 12 262 0,35 61 220 1,73 23 687 0,67 118 706 3,35
434
REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON

PAIX-TRAVAIL-PATRIE PEACE- WORK-FATHERLAND

------------------ --------------

CONSEIL CONSTITUTIONNEL CONSTITUTIONAL COUNCIL

---------------- --------------

ELECTION DU PRESIDENT DE LA ELECTION OF PRESIDENT OF


CLASSEMENT DES CANDIDATS PAR ORDRE DES SUFFRAGES OBTENUS
REPUBLIQUE DU 07 OCTOBRE 2018 THE REPUBLIC OF 7 OCTOBER 2018

Partis Suffrages
Rang Nom & Prénom Politiques obtenus Pourcentage
1 PAUL BIYA RDPC 2 521 934 71,28%
2 KAMTO Maurice MRC 503 384 14,23%
3 LIBII LI NGUE NGUE Cabral UNIVERS 221 995 6,28%
4 OSIH Joshua NAMBANGI SDF 118 706 3,35%
5 NDAM NJOYA ADAMOU UDC 61 220 1,73%
6 GARGA HAMAN ADJI ADD 55 048 1,55%
7 NDIFOR AFANWI Frankline MCNC 23 687 0,67%
8 MATOMBA Serge Espoir PURS 19 704 0,56%
9 MUNA AKERE TABENG FPD 12 262 0,35%

435
---Est ainsi proclamé élu Président de la République, comme ayant obtenu la
majorité des suffrages exprimés, le candidat BIYA Paul ;
---La présente décision sera publiée suivant la procédure d’urgence, puis insérée
au Journal Officiel en français et en anglais conformément aux articles 46 de la
loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 et 139 du Code Electoral ;
---Ainsi décidé en audience publique les jour, mois et an que dessus, en la salle
des audiences où siégeaient ;
M. Clément ATANGANA, Président du Conseil Constitutionnel,
PRESIDENT ;
MM.
Jean FOUMAN AKAME,
BAH OUMAROU SANDA,
Paul NCHOJI NKWI,
Joseph Marie BIPOUN WOUM,
Emmanuel BONDE,
Mme Florence Rita ARREY,

MM:
Charles Etienne LEKENE DONFACK,
AHMADOU TIDJANI,
Jean-Baptiste BASKOUDA,
Emile ESSOMBE,

CONSEILLERS ;

---Avec l’assistance de Maître Longin MAKA EYOUM, Greffier en Chef et de


Maître Flavienne Jeannette AMBOMO épouse NOAH, Greffier ;
---En présence de Monsieur MALEGHO Joseph ASEH, Secrétaire Général ;
---Fait à Yaoundé, les mêmes jour, mois et an que dessus ;
---Ont signé, le Président et le Secrétaire Général ;
436
---Avec le contreseing du Greffier en Chef. /-

LE PRESIDENT LE SECRETAIRE GENERAL

Clément ATANGANA MALEGHO Joseph ASEH

LE GREFFIER EN CHEF

Longin MAKA EYOUM

437
TABLE DES MATIERES
PLAN DU RECUEIL ............................................................................................................................................ 2
I. TEXTES ......................................................................................................................................................... 3
COMPOSITION DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL .................................................................................. 4
1.DECRET N° 2018/105 DU 07 FEVRIER 2018 PORTANT NOMINATION DES MEMBRES DU
CONSEIL CONSTITUTIONNEL. -................................................................................................................4
2.DECRET N° 2018/106 DU 07 FEVRIER 2018 PORTANT NOMINATION DU PRESIDENT DU
CONSEIL CONSTITUTIONNEL. -................................................................................................................5
3.DECRET N° 2018/170 DU 23 FEVRIER 2018 PORTANT NOMINATION DU SECRETAIRE
GENERAL DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL. - ....................................................................................6
II. DECISIONS CONCERNANT LA REGULARITE DES ELECTIONS .................................................. 7
A- ELECTIONS DES SENATEURS ................................................................................................................ 8
1- CONTENTIEUX PRE-ELECTORAL ........................................................................................................ 8
DECISION N° 01/CE/CC/2018 DU 15 MARS 2018 .......................................................................................9
DECISION N° 02/CE/CC/2018 DU 15 MARS 2018 .....................................................................................18
DECISION N° 03/CE/CC/2018 DU 15 MARS 2018 .....................................................................................25
DECISION N° 04/CE/CC/2018 DU 15 MARS 2018 .....................................................................................35
DECISION N° 05/CE/CC/2018 DU 15 MARS 2018 .....................................................................................42
DECISION N° 06/ADD/CE/CC/2018 DU 19 MARS 2018 ...........................................................................50
DECISION N° 07/CE/CC/2018 DU 19 MARS 2018 .....................................................................................64
2- CONTENTIEUX POST-ELECTORAL.................................................................................................... 77
DECISION N° 08/CE/CC/2018 DU 03 AVRIL 2018 ....................................................................................78
DECISION N° 09/CE/CC/2018 DU 03 AVRIL 2018 ....................................................................................94
DECISION N° 10/CE/CC/2018 DU 03 AVRIL 2018 ..................................................................................112
3- PROCLAMATION DES RESULTATS .................................................................................................. 118
PROCES-VERBAL DE PROCLAMATION DES RESULTATS ............................................................119
B- ELECTION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE ......................................................................... 139
1- CONTENTIEUX PRE-ELECTORAL........................................................................................................ 139
DECISION N° 11/G/SRCER/CC/2018 DU 17 AOUT 2018 .......................................................................140
DÉCISION N° 12/CE/CC/2018 DU 17 AOUT 2018 ...................................................................................146
DECISION N° 13/CE/CC/2018 DU 17 AOUT 2018 ...................................................................................158
DECISION N° 14/CE/CC/2018 DU 17 AOUT 2018 ...................................................................................177
DECISION N° 15/CE/CC/2018 DU 17 AOUT 2018 ...................................................................................187
DECISION N° 16/CE/CC/2018 DU 17 AOUT 2018 ...................................................................................193
DECISION N° 17/CE/CC/2018 DU 17 AOUT 2018 ...................................................................................199
DECISION N° 18/CE/CC/2018 DU 17 AOUT 2018 ...................................................................................211
DECISION N° 19/CE/CC/2018 DU 17 AOUT 2018 ...................................................................................222
DECISION N° 20/CE/CC/2018 DU 17 AOUT 2018 ...................................................................................233
DECISION N° 21/CE/CC/2018 DU 17 AOUT 2018 ...................................................................................242
DECISION N° 22/CE/CC/2018 DU 18 AOUT 2018 ...................................................................................253
DECISION N° 23/CE/CC/2018 DU 13 SEPTEMBRE 2018 ......................................................................266
2- CONTENTIEUX POST-ELECTORAL ..................................................................................................... 276
DECISION N° 24/CE/CC/2018 DU 16 OCTOBRE 2018 ...........................................................................277
DECISION N° 25/CE/CC/2018 DU 16 OCTOBRE 2018 ...........................................................................282
DECISION N° 26/CE/CC/2018 DU 16 OCTOBRE 2018 ...........................................................................294
DECISION N° 27/CE/CC/2018 DU 16 OCTOBRE 2018 ...........................................................................307
DECISION N° 28/CE/CC/2018 DU 16 OCTOBRE 2018 ...........................................................................317
DECISION N° 29/CE/CC/2018 DU 17 OCTOBRE 2018 ...........................................................................330
DECISION N° 30/CE/CC/2018 DU 18 OCTOBRE 2018 ...........................................................................364
3- PROCLAMATION DES RESULTATS ..................................................................................................... 399
DECISION N° 31/CC/2018 DU 22 OCTOBRE 2018 PORTANT PROCLAMATION DES
RESULTATS .................................................................................................................................................400

438

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