Exercice 1
1) Si T = 0, on a hT, φi = 0 pour tout φ ∈ Cc∞ (Ω), donc hS, φi = 0
pour tout φ ∈ Cc∞ (Ω), de sorte que S = 0 = T . Le seul cas intéressant
est donc celui où T 6= 0, ce que nous supposerons désormais.
Comme T 6= 0, il existe ψ ∈ Cc∞ (Ω) t.q. hT, ψi = 6 0. Pour tout
hT,φi
∞
φ ∈ Cc (Ω), la fonction Φ = φ − hT,ψi ψ appartient à Cc∞ (Ω) (comme
combinaison linéaire de φ, ψ ∈ Cc∞ (Ω)) et on a
hT, φi
hT, Φi = hT, φi − hT, ψi = 0 .
hT, ψi
Donc
hT, φi
hS, Φi = hS, φi − hS, ψi = 0 ,
hT, ψi
ce qui implique que, pour tout φ ∈ Cc∞ (Ω),
hS, ψi
hS, φi = hT, φi .
hT, ψi
hS,ψi
Autrement dit, S = λT avec λ = hT,ψi .
2) Dire que T ∈ D (Ω) vérifie T = 0, c’est dire que hT, φ0 i = 0 pour
0 0
tout φ ∈ Cc∞ (Ω).
Soit T1 ∈ D0 (Ω) associée à la fonction constante (donc localement
intégrable) 1:
Z
hT1 , φi = φ(x)dx , φ ∈ Cc∞ (Ω) .
Ω
Donc Z
∞
ker(T1 ) = ψ ∈ Cc (Ω) ψ(x)dx = 0 .
Ω
Soit ψ ∈ ker(T1 ); comme ψ est à support compact dans Ω, il existe
[a, b] ⊂ Ω tel que supp(ψ) ⊂ [a, b]. Posons
Z x
φ(x) = ψ(z)dz , x ∈ Ω .
a
D’abord φ ∈ C (Ω) comme primitive de ψ ∈ C ∞ (R). D’autre part
∞
φ(x) = 0 pour x ∈ Ω et x ≤ a , tandis que
Z b Z
φ(x) = ψ(x)dx = ψ(x)dx = 0 pour x ∈ Ω et x ≥ b .
a Ω
Au total, φ ∈ Cc∞ (Ω) puisque supp(φ) ⊂ [a, b], et φ0 = ψ. Autrement
dit
ker(T1 ) ⊂ {φ0 | φ ∈ Cc∞ (Ω)} .
1
2
Comme T s’annule sur ker(T1 ), il existe λ ∈ R tel que T = λT1 , c’est
à dire que T = Tλ (la distribution définie par la fonction constante λ).
1. Exercice 2
1) Posons
Ω− = {(t, x) ∈ R∗+ × R | x < st}
Ω+ = {(t, x) ∈ R∗+ × R | x > st}
La fonction u vérifie
u = u− 1Ω− + u+ 1Ω+ .
La normale unitaire au point (t, x) ∈ ∂Ω± pointant vers Ω+ est
νx 1 1
~ν (t, x) = = 1+s2
√
νt −s
Soit φ ∈ Cc∞ (R∗+ × R); d’après la formule de Stokes
Z Z
h∂t u, φi = − u− ∂t φdtdx − u+ ∂t φdtdx
Ω− Ω+
Z Z
= −u− φνt dσ(t, x) − u+ φ(−νt )dσ(t, x)
∂Ω− ∂Ω−
Z
= (u+ − u− )νt φdσ(t, x)
∂Ω−
tandis que
Z Z
h∂x ( 12 u2 ), φi =− 1 2
u ∂ φdtdx
2 − x
− 1 2
u ∂ φdtdx
2 + x
Ω− Ω+
Z Z
= − 12 u2− φνx dσ(t, x) − 1 2
u
2 −
φ(−νx )dσ(t, x)
∂Ω− ∂Ω−
Z
1 2 2
= 2 (u+ − u− )νx φdσ(t, x)
∂Ω−
Donc
Z
∂x ( 12 u2 ), φi 1
(u2+ u2− )νx
h∂t u + = (u+ − u− )νt + 2
− φdσ(t, x)
∂Ω−
c’est à dire que
∂t u + ∂x ( 12 u2 ) = (u+ − u− )νt + 12 (u2+ − u2− )νx dσ
(le membre de droite étant la distribution de simple couche sur la droite
d’équation x = st de densité (u+ − u− )νt + 12 (u2+ − u2− )νx ).
3
Donc u est solution de (1) au sens des distributions si et seulement
si
1
2
(u2+ − u2− ) = s(u+ − u− )
ou encore
s = 12 (u+ + u− ) .
Ω−
x=st
u−
u+
Ω+
O x
2) D’après le 5), pour tout a > 0, la fonction
ua (t, x) = −1x<−st − a1−st≤x<0 + a10≤x<st + 1x≥st
est solution de (1) dans D0 (R) si s = 12 (1 + a). On obtient ainsi une
infinité de fonctions ua solutions de (1) au sens des distributions et
telles que ua (t, ±x) → ±1 lorsque t → 0 pour tout x > 0.
4
x=−st x=st
−a +a
−1 +1
O x
Problème
Rappelons que hTλ , φi = λ−D hT, φ ◦ m1/λ i pour tout λ > 0; ainsi T
est homogène de degré α si
λα+D hT, φi = hT, φ ◦ m1/λ i
pour toute fonction test φ.
1) On a hδ0 , φ ◦ m1/λ i = φ(0) = hδ0 , φi pour tout φ ∈ Cc∞ (RD ), d’où δ0
est homogène de degré −D.
De même
Z ∞
1 dx
vp , φ ◦ m1/λ = (φ(x/λ) − φ(−x/λ))
x 0 x
Z ∞
dz 1
= (φ(z) − φ(−z)) = vp , φ
0 z x
où la seconde égalité découle du changement de variables z = x/λ. On
en déduit que vp x1 est homogène de degré −1 sur R.
2) Pour toute fonction test φ et tout λ > 0, on a
1
h∂xi T, φ ◦ m1/λ i = −hT, ∂xi (φ ◦ m1/λ i = − T, (∂xi φ) ◦ m1/λ ) .
λ
Or, comme T est homogène de degré α, on a
hT, (∂xi φ) ◦ m1/λ )i = λD+α hT, ∂xi φi
5
de sorte que
h∂xi T, φ ◦ m1/λ i = −λD+α−1 hT, ∂xi φi = λD+α−1 h∂xi T, φi
ce qui montre que ∂xi T est homogène de degré α − 1.
3) Soit une famille Ti de distributions homogènes; on désigne par αi le
degré d’homogénéité de Ti et on suppose les αi deux à deux distincts.
A priori, la famille Ti est indexée par un ensemble I quelconque. Sup-
posons qu’il existe une combinaison linéaire finie des Ti qui soit nulle:
ci1 Ti1 + . . . + ciN TiN = 0 .
Dans toute la suite, seules les distributions Tin pour n = 1, . . . , N vont
intervenir, de sorte que l’on fera comme si i1 = 1, i2 = 2, . . . , iN = N .
Avec ce léger abus de notation, la combinaison linéaire nulle considérée
s’écrit
XN
ci Ti = 0 .
i=1
En composant le membre de gauche de cette égalité par mλ pour λ > 0,
on trouve que
N
! N N
X X X
ci Ti ◦ mλ = ci Ti ◦ mλ = ci λαi Ti = 0
i=1 i=1 i=1
Appliquant alors cette relation à une fonction test φ, on trouve que
N
X
ci λαi hTi , φi = 0 ,
i=1
relation qui vaut pour tout λ > 0 et toute fonction test φ.
Fixons alors λ0 > 1; cette relation vaut pour λ = λm 0 avec m =
0, . . . , N − 1; on obtient ainsi un système de N relations se mettant
sous la forme
c1 hT1 , φi
V (λα0 1 , . . . , λα0 N ) .. =0
.
cN hTN , φi
où V (x1 , . . . , xN ) désigne la matrice de Vandermonde
1 1 ... 1
x1 x2 . . . xN
2 2
x x . . . x2N .
V (x1 , . . . , xN ) = 1
2
... ..
. ...
..
.
−1 −1 −1
xN
1 xN
2 . . . xN
N
6
Comme les αi sont deux à deux distincts et que λ0 > 1, les λα0 i
sont égalements deux à deux distincts, ce qui implique que la matrice
V (λα0 1 , . . . , λα0 N ) est inversible. On en déduit donc que
ci hTi , φi = 0 , 1≤i≤N
relation qui vaut pour toute fonction test φ. Comme les distributions
Ti , étant homogènes, ne sont pas nulles, pour tout 1 ≤ i ≤ N il existe
une fonction test φi telle que hTi , φi i =
6 0. La relation ci-dessus écrite
pour φi entraı̂ne que ci = 0, pour tout 1 ≤ i ≤ N . Donc la famille des
Ti est libre.
4) Soit φ ∈ Cc∞ (RD ). Le théorème de dérivation des fonctions com-
posées implique que
D
d X
φ(tx) = xi ∂xi φ(tx) , pour tout t > 0 et x ∈ RD .
dt i=1
Soit donc T ∈ D0 (RD ) homogène de degré α. Alors
X D X D
∂xi (xi T ), φ ◦ mt = − T xi ∂xi φ ◦ mt
i=1 i=1
d d
= − T, φ ◦ mt = − hT, φ ◦ mt i
dt dt
d’après le théorème de dérivation sous le crochet de dualité. Or, comme
T est une distribution homogène de degré α, on a
hT, φ ◦ mt i = t−D−α hT, φi
de sorte que
XD
d −D−α
∂xi (xi T ), φ ◦ mt =− t hT, φi
i=1
dt
= (D + α)t−D−α−1 hT, φi
En faisant t = 1, on trouve que
X D
∂xi (xi T ), φ = (D + α)hT, φi
i=1
qui est précisément la relation demandée.
5) On rappelle — c’est un exercice classique — qu’une distribution S
sur R vérifie xS = 0 si et seulement si S est de la forme S = aδ0 avec
a ∈ R. (Une méthode de démonstration possible consiste à appliquer
le résultat de la question 1) dans l’exercice 1).
7
Si T est une distribution homogène de degré 0 sur R, on déduit du
4) que (xT )0 = xT 0 + T = T , ou encore xT 0 = 0. Alors T 0 = aδ0 où
a ∈ R, et donc que T = a1x≥0 + b, avec a, b ∈ R constantes arbitraires
— toujours d’après l’exercice 1, (T − a1x≥0 )0 = 0 donc T − a1x≥0 est
une constante.
Si T est une distribution homogène de degré −1 sur R, on déduit
du 4) que (xT )0 = 0, de sorte que xT est constante sur R. Rappelons
que xvp x1 = 1, de sorte que l’équation xT = a admet pour solution
particulière T = avp x1 .
Donc, si xT = a, en posant S = T −avp x1 , on a xS = 0, et on sait que
toutes les solutions de cette dernière équation sont de la forme S = bδ0
avec b ∈ R. En conclusion, les distributions homogènes d’ordre −1 sur
R sont de la forme T = avp x1 + bδ0 , avec a, b ∈ R.
x
6)a) Comme A est homogène de degré 0, on a A(x) = A( kxk ). Comme
A est continue sur R \{0}, elle est continue sur la sphère unité SD−1 =
D
{x ∈ RD | kxk = 1} qui est compacte, et donc
sup |A(x)| = sup |A(x)| < +∞ .
x∈RD \{0} kxk=1
Donc
|Fα (x)| ≤ Ckxk−α avec C = sup |A(x)| .
kxk=1
Or on sait (en passant en coordonnées sphériques dans RD ) que
Z Z R
−α D−1
kxk dx = |S | rD−1−α dr < +∞ pour α < D
kxk≤R 0
— où |SD−1 | est la mesure superficielle de la sphère unité de RD .
Comme Fα est une fonction continue sur RD \ {0}, les deux inégalités
ci-dessus montrent que Fα ∈ L1loc (RD ) pour tout α < D.
6)b) Puisque A est une fonction homogène de degré 0, Fα est une fonc-
tion homogène sur RD \ {0} de degré −α. D’après le 6)a), Fα ∈
L1loc (RD ) et définit donc une distribution sur RD . Pour tout φ ∈
Cc∞ (RD ) et tout λ > 0,
Z
hFα , φ ◦ m1/λ i = Fα (x)φ(x/λ)dx
RD
Z Z
D D−α
= Fα (λz)φ(z)λ dz = λ Fα (z)φ(z)dz
RD RD
D−α
=λ hFα , φi
de sorte que Fα est bien une distribution homogène de degré −α sur
RD .
8
7) La fonction FD est de classe C 1 et homogène de degré −D dans
RD \ {0}. D’après la relation d’Euler pour les fonctions homogènes
D
X
xi ∂xi FD (x) = −DF (x) , pour tout x ∈ RD \ {0}
i=1
de sorte que
D
X
∂xi (xi FD )(x) = 0 , pour tout x ∈ RD \ {0} .
i=1
Pour tout 1 ≤ i ≤ D et tout x ∈ RD \ {0}, on a
Ai (x) xi
xi FD (x) = D−1
avec Ai (x) = A(x)
kxk kxk
et Ai ∈ C(RD \ {0}) est homogène de degré 0. D’après le 6)a), xi FD ∈
L1loc (RD ) et définit, d’après le 6)b), une distribution homogène de degré
1 − D sur RD . D’après le 2), ∂xi (xi FD ) est donc une distribution
homogène de degré −D sur RD .
Donc
XD
S= ∂xi (xi FD )
i=1
est une distribution homogène de degré −D sur RD et on vient de voir
que sa restriction à RD \ {0} est nulle. Donc S est à support dans {0}.
On en déduit que S est de la forme
X
S= aβ ∂ β δ0 .
|β|≤N
Mais S est homogène de degré −D et ∂ ∂ δ0 homogène de degré −D −|β|
d’après le 2). On déduit du 3) que aβ = 0 pour |β| > 0 et donc que
D
X
∂xi (xi FD ) = cδ0
i=1
pour une certaine constante c ∈ R.
Appliquons cette relation à une fonction test φ ∈ C0∞ (RD ) radiale:
φ(x) = Φ(kxk):
XD Z XD
∂xi (xi FD ), φ = − FD (x) xi ∂xi Φ(kxk)dx
i=1 RD i=1
D
|xi |2
Z X
−D
=− A(x)kxk Φ0 (kxk)dx .
RD i=1
kxk
9
Passons en coordonnées sphériques x = rω avec r = kxk:
D
x2i 0
Z X
−D
A(x)kxk Φ (kxk)dx
RD i=1
kxk
Z ∞Z
= A(rω)r−D rΦ0 (r)rD−1 dσ(ω)dr
D−1
Z0 ∞ SZ
= A(rω)dσ(ω) Φ0 (r)dr
0 SD−1
en appliquant le théorème de Fubini pour intégrer d’abord en ω. Comme
A est homogène de degré 0, A(rω) = A(ω) et donc
X D Z Z ∞
∂xi (xi FD ), φ = − A(ω)dσ(ω) Φ0 (r)dr
i=1 SD−1 0
Z
= A(ω)dσ(ω)φ(0) ,
SD−1
ce qui permet d’identifier c: on trouve donc finalement que
XD Z
∂xi (xi FD ) = A(ω)dσ(ω) δ0 .
i=1 SD−1
8)a) La fonction FD est continue sur RD \ {0}. En passant comme
ci-dessus en coordonnées sphériques, on trouve que
Z Z RZ
|FD (x)|dx = |A(rω)|r−D rD−1 dσ(ω)dr
kxk≤R 0 SD−1
Z Z R
dr
= |A(ω)|dσ(ω) = +∞
SD−1 0 r
ce qui montre que FD ∈/ L1loc (R
).D
8)b) On déduit du 4) et du 7) que si FD définit une distribution ho-
mogène de degré −D dans RD , on a
Z
A(ω)dσ(ω) = 0 .
SD−1
Réciproquement, supposons que
Z
A(ω)dσ(ω) = 0 .
SD−1
Alors, pour 0 < a < b, on a, toujours en passant en coordonnées
sphériques
Z Z b Z
A(x) dr
(1) D
dx = A(ω)dσ(ω) = 0 .
a≤kxk≤b kxk a r SD−1
10
D’abord, pour tout φ ∈ Cc∞ (RD ), on a
A(x)
(φ(x) − φ(0)) ≤ sup |A(z)| sup kDφ(x)kkxk1−D
kxkD kzk=1 x∈supp(φ)
de sorte que la fonction continue
A(x)
RD \ {0} 3 x 7→ (φ(x) − φ(0))
kxkD
est localement intégrable sur RD et que
Z
A(x)
D
(φ(x) − φ(0))dx
kxk< kxk
Z
≤ sup |A(z)| sup kDφ(x)k kxk1−D dx = O()
kzk=1 x∈supp(φ) kxk<
De plus, la condition (1) entraı̂ne que, pour tout φ ∈ Cc∞ (RD ), la
quantité
Z Z
A(x) A(x)
I = D
φ(x)dx + D
(φ(x) − φ(0))dx
kxk> kxk kxk< kxk
est indépendante de > 0, puisque, pour tout η < ,
Z Z
A(x) A(x)
I − Iη = D
(φ(x) − φ(0))dx − D
φ(x)dx
η<kxk< kxk η<kxk< kxk
Z
A(x)
= −φ(0) D
dx = 0
η<kxk< kxk
Pour tout φ ∈ Cc∞ (RD ), on définit la distribution T par la formule
Z Z
A(x) A(x)
hT, φi = D
φ(x)dx + D
(φ(x) − φ(0))dx
kxk> kxk kxk< kxk
(2) Z
A(x)
= lim φ(x)dx .
→0 kxk> kxkD
On vérifie que T est une distribution homogène de degré −D et d’ordre
≤ 1 sur RD , par un calcul analogue à celui montrant que vp x1 est une
distribution homogène de degré −1 et d’ordre 1 sur R.
Si φ ∈ Cc∞ (RD \ {0}), on a φ(0) = 0 de sorte que
Z
hT, φi = FD (x)φ(x)dx
RD
d’après la première égalité de (2). Ainsi, T RD \{0}
= FD .
11
8)c) Lorsque D = 1, la sphère unité S0 = {±1}; la fonction F1 est
définie par
A(+1)
F1 (x) = pour x > 0 ,
x
A(−1)
F1 (x) = − pour x < 0 .
x
La condition sur A se réduit dans ce cas à A(+1) + A(−1) = 0, de sorte
que F1 (x) = x1 pour x 6= 0 et que la distribution T prolongeant F1 à R
tout entier est vp x1 .