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Électrocinétique

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| Classe | prépa

PCSI
MPSI
PTSI
| Électrocinétique |
Tout le cours

© Nathan, classe prépa


Bernard Gendreau Christophe Gripon
Professeur de chaire supérieure Professeur en classes préparatoires
en classes préparatoires à l’École nationale à l’École nationale de Chimie,
de Chimie, Physique, Biologie (ENCPB) à Paris Physique, Biologie (ENCPB) à Paris
Sommaire
1 Circuit électrique en régime stationnaire
1 - Définitions ................................................................................................. 4
2 - Courant électrique – Intensité – Loi des nœuds ....................................... 5
3 - Tension aux bornes d’un dipôle – Loi des mailles ..................................... 6
4 - Conventions d’orientation pour un dipôle – Dipôle actif, dipôle passif ... 6
5 - Conducteur ohmique – Loi d’Ohm .......................................................... 7
6 - Sources d’énergie électrique – Modélisation d’un dipôle actif ................. 8
7 - Point de fonctionnement d’un circuit ....................................................... 9
8 - Voltmètre et ampèremètre ...................................................................... 10
savoir résoudre les exercices ............................................................................ 11

2 Puissance en régime stationnaire


1 - Puissance électrocinétique reçue par un dipôle ...................................... 18
2 - Caractéristiques d’un conducteur ohmique ............................................ 19
savoir résoudre les exercices ........................................................................... 20

3 Méthodes d’étude d’un circuit électrique en régime permanent


1 - Association en série ................................................................................. 24
2 - Association en parallèle ........................................................................... 27
3 - Équivalence des représentations de Thévenin
et de Norton d’un générateur ...................................................................... 29

© Nathan, classe prépa


4 - Potentiel et loi des nœuds en termes de potentiels ................................ 30
5 - Méthodes d’étude d’un circuit ................................................................ 31
savoir résoudre les exercices ............................................................................ 33

4 Circuits RC, RL, RLC série soumis à un échelon de tension


1 - Circuit RC série ....................................................................................... 39
2 - Circuit RL série ........................................................................................ 44
3 - Circuit RLC série ...................................................................................... 47
4 - Établissement d’un régime périodique forcé
dans un circuit soumis à une tension périodique .......................................... 52
5 - Approximation des régimes quasi permanents (ARQP) ........................... 53
savoir résoudre les exercices ........................................................................... 54

5 Circuits linéaires en régime sinusoïdal forcé


1 - Introduction ............................................................................................ 63
2 - Utilisation des nombres complexes ......................................................... 66
3 - Impédances complexes ............................................................................ 66
4 - Théorèmes généraux ............................................................................... 69
5 - Lois d’association ..................................................................................... 72
6 - Étude d’un circuit RLC, résonances ......................................................... 75
savoir résoudre les exercices ........................................................................... 81

Électrocinétique PCSI, MPSI, PTSI - © Nathan, Classe prépa


6 Puissance en régime sinusoïdal forcé
1 - Puissance instantanée et puissance moyenne .......................................... 89
2 - Aspects énergétiques de l’étude du circuit RLC série .............................. 92
savoir résoudre les exercices ............................................................................ 95

7 Transfert d’un système linéaire – Filtres du premier ordre


1 - Fonction de transfert d’un quadripôle linéaire Filtre ............................... 99
2 - Diagramme de Bode d’un filtre ............................................................. 101
3 - Filtre passe-bas du premier ordre .......................................................... 102
4 - Filtre passe-haut du premier ordre ........................................................ 105
5 - Prévision des comportements asymptotiques
à basse et à haute fréquences d’un filtre ..................................................... 108
6 - Équation différentielle d’un système du premier ordre – Stabilité ........ 109
7 - Caractère intégrateur ou dérivateur d’un filtre ..................................... 110
savoir résoudre les exercices .......................................................................... 112

8 Filtres du deuxième ordre


1 - Filtre passe-bas du deuxième ordre ....................................................... 126
2 - Filtre passe-bande du deuxième ordre ................................................. 129
3 - Filtre passe-haut du deuxième ordre .................................................... 132
4 - Prévision des comportements asymptotiques

© Nathan, classe prépa


à basse et à haute fréquences d’un filtre ..................................................... 134
5 - Équation différentielle d’un système du deuxième ordre – Stabilité ..... 134
savoir résoudre les exercices .......................................................................... 137
Index ................................................................................................ 149
retenir l’essentiel

Circuit électrique
en régime stationnaire

Un système est en régime stationnaire quand les grandeurs physiques qui le décrivent sont
indépendantes du temps.

© Nathan, classe prépa


1 Définitions
• Un circuit électrique est un ensemble de conducteurs reliés entre eux par des fils de
jonction et dans lequel circule un courant électrique.
• Un dipôle est un composant électrique limité par deux bornes.
• Un nœud est un point commun à plus de deux dipôles.
• Une maille est une partie d’un circuit électrique formant un contour fermé.
• Une branche est une suite de dipôles entre deux nœuds consécutifs.

Fig. 1 A B C
D2 D3

D1 D6 D4

Remarque
L’orientation arbi- D5
F E D
traire de la branche I
BCDE est donnée Le circuit est constitué des dipôles D1, D2 , D3 , D4 , D5 et D6 reliés par des fils de jonction.
par la flèche. L’inten-
sité I est positive si les Par exemple dans la figure 1 :
porteurs de charge • B et E sont des nœuds du circuit.
positive se déplacent
dans le sens choisi • La maille ABEFA est constituée des dipôles D2 , D6 , D5 , et D1. Les contours fermés
arbitrairement. ABCDEFA et BCDEB sont les deux autres mailles du circuit.
• BCDE, EFAB et EB sont les branches du circuit.
4
Électrocinétique PCSI, MPSI, PTSI - © Nathan, Classe prépa
2 Courant électrique – Intensité – Loi des nœuds
2.1. Courant électrique
Le courant électrique est un déplacement de porteurs de charge (électrons, ions) dans un
conducteur.
Le sens conventionnel du courant est celui du déplacement des porteurs de charge posi-
tive. C’est donc aussi le sens opposé au déplacement des porteurs de charge négative.

2.2. Orientation d’une branche – Relation entre charge


et intensité
• Avant d’étudier un réseau électrique, chaque branche doit être orientée arbitrairement
(voir figure 1) en plaçant une flèche sur le trait représentant le fil de jonction surmontée
de la lettre I pour l’intensité.
L’intensité I du courant qui traverse un conducteur est un débit de charge. C’est une gran-
deur algébrique. Elle est mesurée à l’aide d’un ampèremètre.
• Soit dq la charge qui traverse dans le sens positif choisi arbitrairement une section de
conducteur pendant une durée élémentaire dt. L’intensité s’écrit :

I en ampère (A)

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dq
I = ------ q en coulomb (C)
dt
t en seconde (s)

Après calcul, c’est le signe de la valeur de l’intensité I qui donne le sens réel du courant :
• I  0 signifie que les porteurs positifs se
Fig. 2
déplacent dans le sens choisi arbitrai- A I = –3 A B
rement ;
• I  0 signifie que les porteurs positifs se
déplacent dans le sens inverse du sens choisi. Ici, le sens réel du courant est de B vers A.

2.3. Loi des nœuds


En régime stationnaire, il n’y a ni accumulation ni disparition de charge ; il y a conserva-
tion de la charge. La loi des nœuds traduit la loi de conservation de la charge.

Loi des nœuds


La somme des courants arrivant à un nœud est égale à la somme des courants qui
en partent : I1 + I2 – I3 – I4 = 0
Attention ∑
ε k I k = 0.
I1 I3
L’intensité en amont • ε k = +1, si l’intensité est orientée vers le nœud ;
d’un dipôle est égale N
à sa valeur en aval ; • ε k = – 1, si l’intensité est orientée à partir du nœud. I2 I4
le courant « ne s’use
pas » dans un dipôle.
Conséquence : l’intensité est la même en Fig. 3 I = I0 I = I0
tout point d’une branche car elle ne
contient pas de nœud.
5
1 – Circuit électrique en régime stationnaire
retenir l’essentiel

3 Tension aux bornes d’un dipôle – Loi des mailles


3.1. Tension aux bornes d’un dipôle
La tension entre deux points d’un dipôle est la Fig. 4
grandeur électrique mesurée entre ces deux A B
Dipôle
points par un voltmètre. Elle est représentée
par une flèche. C’est une grandeur algébrique
U
et elle s’exprime en volt (symbole V).

3.2. Loi des mailles


On choisit arbitrairement un sens de parcours (sens horaire ou anti-horaire).

La somme des tensions aux bornes des


dipôles d’une maille est nulle :
D2 D3


le longd’une maille
ε k U k = 0.
U2 U3

• ε k = +1, si la flèche tension U k est dans D1 U1 U4 D4


le sens du parcours ; U5
• ε k = – 1 , si la flèche tension U k est dans

© Nathan, classe prépa


Attention
D5
Les résultats obtenus le sens opposé à celui du parcours.
en appliquant la loi
des mailles sont indé- Sur la figure ci-dessus :
pendants du sens de • maille parcourue dans le sens horaire : U 1 + U 2 + U 3 – U 4 + U 5 = 0 ;
parcours choisi.
• maille parcourue dans le sens anti-horaire : – U 1 – U 2 – U 3 + U 4 – U 5 = 0.

4 Conventions d’orientation pour un dipôle –


Dipôle actif, dipôle passif
4.1. Convention récepteur et convention générateur
Le circuit étant orienté (sens du courant I défini), on peut choisir arbitrairement pour la
tension U :
• le même sens que celui de I (flèches dans le même sens) ; c’est la convention générateur ;
Conseil • ou le sens opposé (flèches de sens opposé) ; c’est la convention récepteur.
Il faut systématique-
ment représenter sur Fig. 5 Conventions d’orientation d’un dipôle
les schémas électri-
• Convention générateur • Convention récepteur
ques les sens d’orien-
tation des branches
I I
(sens de l’intensité)
et les sens choisis
pour les flèches ten-
sion.
U U
6
Électrocinétique PCSI, MPSI, PTSI - © Nathan, Classe prépa
4.2. Dipôle actif, dipôle passif
La caractéristique d’un dipôle est la courbe U = f ( I ) donnant la tension U à ses bornes
en fonction de l’intensité I du courant qui le traverse, ou la courbe I = g (U ).
Un dipôle passif est un dipôle dont la caractéristique passe par l’origine.
Un dipôle actif est un dipôle dont la caractéristique ne passe pas par l’origine.

Fig. 6 a) Caractéristique d’un dipôle actif. b) Caractéristique d’un dipôle passif.

U U

I I
O O

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5 Conducteur ohmique – Loi d’Ohm
5.1. Conducteur ohmique
Un conducteur ohmique est un dipôle dans lequel le passage d’un courant provoque un
effet thermique appelé effet Joule. On lui donne souvent le nom de résistor.

5.2. Loi d’Ohm


Un conducteur ohmique est caractérisé par sa résistance et satisfait à la loi d’Ohm.
Loi d’Ohm pour un conducteur ohmique en convention récepteur :

Conseil
U tension aux bornes d’un conducteur ohmique (V) I
Orienter de préfé- U = RI R
rence un conducteur R résistance d’un conducteur ohmique en ohm (Ω)
ohmique en conven- I intensité du courant qui traverse le conducteur (A) U = RI
tion récepteur et ap-
pliquer la loi U = RI.
Si le conducteur oh-
La caractéristique d’un conducteur ohmique est
mique est orienté en Fig. 7
convention généra- une droite. C’est un dipôle passif. U

teur, la relation de- La conductance G est l’inverse de la résistance ; O


I
vient U = −RI. elle s’exprime en siemens (symbole S).

7
1 – Circuit électrique en régime stationnaire
retenir l’essentiel

6 Sources d’énergie électrique –


Modélisation d’un dipôle actif
Attention 6.1. Sources idéales d’énergie
Ne pas oublier que la
tension E est indé- 6.1.1. Source ou générateur idéal de tension
pendante de l’intensi- C’est un dipôle actif qui impose une tension constante E, appelée force électromotrice
té I du courant débité. (noté f.é.m.), entre ses bornes.
Attention
Ne pas oublier que le 6.1.2. Source ou générateur idéal de courant
courant débité I 0 est C’est un dipôle actif qui impose un courant constant d’intensité I 0 , appelé courant élec-
indépendant de la tromoteur (noté c.é.m.), dans la branche dans laquelle il est placé.
tension U aux bornes.

Fig. 8 a) Générateur idéal de tension en convention générateur

E E

I I

© Nathan, classe prépa


O

U = E quel que soit I

b) Générateur idéal de courant en convention générateur

I0
I = I 0 quel que soit U
I0 I
O

6.2. Modélisation linéaire de Thévenin et de Norton


d’un dipôle actif
Dans de nombreuses applications l’expérience montre qu’on peut modéliser un généra-
teur réel par l’association :
• d’un générateur idéal de tension et d’un conducteur ohmique en série dont la résistance
est appelée résistance interne du générateur ; c’est le modèle linéaire de Thévenin.
• ou d’un générateur idéal de courant et d’un conducteur ohmique en parallèle dont la
conductance est appelée conductance interne du générateur ; c’est le modèle linéaire de
Norton.
8
Électrocinétique PCSI, MPSI, PTSI - © Nathan, Classe prépa
Fig. 9 – + I

U
Conseil
Pour la modélisation
de Thévenin, la flè-
che tension corres-
pondant à la f.é.m. • Représentation de Thévenin • Représentation de Norton
U
doit être orientée du
pôle – du générateur
r′
vers le pôle +.
1 gU I
Pour la modélisation I g = -----
r′
r
de Norton, la flèche
courant correspon-
dant au c.é.m. doit E rI
être orientée du I0
pôle – du générateur
vers le pôle +. U = E – rI U
I = I 0 – gU , soit I = I 0 – -----
r′

• Caractéristique • Caractéristique
U U

Remarque

© Nathan, classe prépa


Les deux représenta- O I0 I
O I0 I
tions sont équivalen-
tes, ce qui impose :
r ′ = r et E = rI 0 . (voir Modélisation linéaire de Thévenin Modélisation linéaire de Norton
chapitre 3.) d’un dipôle actif (générateur de tension) d’un dipôle actif (générateur de courant)

7 Point de fonctionnement d’un circuit


Le point de fonctionnement d’un circuit comportant deux dipôles est le point d’intersec-
tion des caractéristiques de ces deux dipôles.

Fig. 10 Point de fonctionnement d’un circuit


En noir, caractéristique du dipôle (1)
En couleur, caractéristique du dipôle (2)
Ip
U (2)

Up P
Dipôle 1 Dipôle 2
en convention Up en convention
générateur récepteur

(1)
Ip I
O

9
1 – Circuit électrique en régime stationnaire
retenir l’essentiel

8 Voltmètre et ampèremètre
8.1. Mesure des tensions
La tension U aux bornes d’un dipôle D se mesure en plaçant
D
un voltmètre en parallèle.
Un voltmètre est idéal si son branchement ne modifie pas la U
Attention tension aux bornes du dipôle dont il mesure la tension. V
Les voltmètres et Un voltmètre idéal n’est traversé par aucun courant ; sa résis-
ampèremètres sont tance est infinie.
toujours considérés
comme idéaux dans
les exercices, sauf in- 8.2. Mesure des intensités
dication contraire.
On ne doit pas tenir L’intensité I qui traverse un dipôle D se mesure en plaçant I
compte de leur pré- D A
sence dans les cal- un ampèremètre en série avec le dipôle.
culs. Un ampèremètre est idéal si son introduction ne modifie
pas l’intensité du courant qui traverse le dipôle.
La tension aux bornes d’un ampèremètre idéal est nulle ; sa résistance est nulle.

© Nathan, classe prépa

10
Électrocinétique PCSI, MPSI, PTSI - © Nathan, Classe prépa
savoir résoudre les exercices

1 – Caractéristique d’un générateur non linéaire


On considère le générateur ci-contre. En faisant débiter un I
générateur dans des résistances réglables, on a obtenu la
caractéristique ci-dessous. U

U (V)
10
9
8
7
6
5
4
3
2
1
0
0,05 0,1 0,15 0,2 I (A)

Caractéristique du générateur

On considère que la caractéristique est linéaire tant que l’intensité du courant est

© Nathan, classe prépa


inférieure à 0,10 A.
1 En précisant son domaine de validité en intensité, déduire des mesures les
modèles linéaires du générateur :
a. modèle linéaire de Thévenin ; calculer la force électromotrice E et la résis-
tance interne r ;
b. modèle linéaire de Norton ; calculer le courant électromoteur I 0 et la résis-
tance interne r′.
2 Ce générateur alimente un résistor de résistance R. Déterminer la valeur limite
R lim du domaine linéaire.
3 Déterminer graphiquement le point de fonctionnement quand le générateur ali-
mente un résistor de résistance R ′ = 10 Ω.

résolution méthodique
1 On lit sur la courbe caractéristique du générateur (page suivante) les coordonnées du
point limite de linéarité :
( 0,10 A ; 4,0 V )

Le générateur peut donc être considéré comme linéaire tant que la tension U est supé-
rieure à 4,0 V.
a. En respectant les pôles du générateur, la modélisation linéaire de Thévenin donne :
U = E – U r = E – rI (1)

U = E pour I = 0 ; on obtient par lecture graphique sur la figure suivante : E = 9,0 V.


11
1 – Circuit électrique en régime stationnaire
savoir résoudre les exercices
U (V)
10
9
8
7
6
5
4
3
2
1
0
0,05 0,1 0,15 0,2 I (A)

Caractéristique du générateur

r est l’opposé de la pente de la droite ; pour la calculer on considère les points (0 ; 0,9 V)
9–4
et (0,10 A ; 4,0 V). Il vient r = ------------ , soit :
0,1
r = 50 Ω

r
I + − I + −

U E Ur

© Nathan, classe prépa


U

b. En respectant les pôles du générateur, la modélisation de Norton donne :

Ir ′ r′

I + − I

+ −

U
I0

Faire attention aux sens d’orientation des f.é.m. et c.é.m. : les flèches correspondantes doivent
être dirigées du pôle négatif du générateur vers le pôle positif.

L’application de la loi des nœuds conduit à I = I r ′ + I 0


U
U = – r′I donc I = – ---- + I 0 ⇒ U = r′I 0 – r′I (2)
r′
r′ étant l’opposé de la pente de la droite, sa valeur est celle de r calculée plus haut.
Cherchons à retrouver ce résultat d’une autre manière :
• U = r′I 0 pour I = 0, on en déduit graphiquement que r′I 0 = 9,0 V.
• I = I 0 pour U = 0. On obtient en prolongeant la droite correspondant à la partie
linéaire de la caractéristique la valeur I 0 = 0,18 A.

• r′I 0 = 9,0 V et I 0 = 0,18 A ⇒ r′ = 50 Ω.


12
Électrocinétique PCSI, MPSI, PTSI - © Nathan, Classe prépa
Remarque : En comparant les relations (1) et (2) on constate que r = r′ et r′I 0 = E, ces
relations sont générales et seront utilisées au chapitre 3.

Les modélisations linéaires de Thévenin et de Norton des générateurs réels ne sont que des
approximations. Selon la précision recherchée dans la détermination des valeurs de fonctionne-
ment, ces approximations sont valables dans un domaine plus ou moins étendu.

2 Ajoutons sur le graphe la caractéristique du résistor (conven- I


tion récepteur sur le schéma ci-contre) à celle du générateur
(figure ci-dessous). U

Le tracé d’une caractéristique n’a de sens que si les grandeurs correspondantes, U et I, sont défi-
nies sur un schéma.

U (V)
10

© Nathan, classe prépa


9
R  40 Ω
8
7
6
5 R = 40 Ω
4
3
2
1
0
0,05 0,1 0,15 0,2 I (A)

La caractéristique du générateur n’est plus linéaire pour I  I lim = 0,10 A et


U lim
U  U lim = 4,0 V. À la limite, R lim = ---------
- = 40 Ω. Il faut donc que :
I lim

R  R lim = 40 Ω

3 La résistance étant inférieure à R lim , on est en dehors du domaine linéaire ; il faut


donc utiliser la méthode graphique de résolution.
Ajoutons sur le graphe la caractéristique du résistor à celle du générateur (figure sui-
vante). Elle passe par le point (0,20 A ; 2,0 V) et entre deux points de la caractéristique
du générateur. Le point de fonctionnement est le point d’intersection du segment qui
relie ces deux points avec la caractéristique du résistor. On lit directement ses coordon-
nées sur les axes :
0,13 A et 1,4 V

La détermination graphique est toujours entachée d’erreurs, ici de l’ordre de 10 %.


13
1 – Circuit électrique en régime stationnaire
savoir résoudre les exercices

La résolution graphique s’impose quand le comportement d’un ou de plusieurs dipôles d’un


circuit est non linéaire.

U (V)

10
9
8
7
6
5
4
3
point de fonctionnement
2
1
0
0,05 0,1 0,13 0,15 0,2 I (A)

Caractéristique du générateur

en conclusion
• La flèche tension correspondant à la f.é.m. d’un générateur, ou la flèche courant
correspondant au c.é.m., doit être orientée du pôle négatif vers le pôle positif du

© Nathan, classe prépa


générateur.
• Les modélisations linéaires de Thévenin et de Norton des générateurs réels ne sont
que des approximations. Selon la précision recherchée dans la détermination des
valeurs de fonctionnement, ces approximations sont valables dans un domaine plus ou
moins étendu.
• La résolution graphique s’impose quand le comportement d’un ou de plusieurs dipô-
les d’un circuit est non linéaire.

2 – Modélisation d’une diode


Soit U D la tension aux bornes d’une diode à jonction et I l’intensité du courant qui
la traverse selon les conventions de la figure ci-contre. En unités légales :
• I = 0 si U D  0,60 V (on dit que la diode est bloquante) ; I

• U D = 10I + 0,60 si I  0 (on dit que la diode est passante).


UD
Le domaine d’utilisation de la diode est
U D  U Dmin = – 3,0 V et I  I max = 0,10 A.

1 Montrer que, selon les valeurs de la tension U D , la diode est équivalente à un


interrupteur ouvert ou à un résistor en série avec un générateur idéal de tension.
2 Tracer la caractéristique I = f ( U D ).
14
Électrocinétique PCSI, MPSI, PTSI - © Nathan, Classe prépa
3 La diode est insérée dans le circuit ci-contre, qui com- I
prend un générateur réel, de résistance interne
r = 5,0 Ω et de f.é.m. E ajustable, et un résistor de UD
résistance R = 15 Ω. UG R
Quand on ajuste la f.é.m. à la valeur E = 10,0 V, on
constate qu’un courant traverse le circuit. Calculer
l’intensité I, la tension U D et la tension U G aux bornes
du générateur.
4 Calculer la valeur E min en deçà de laquelle la diode est bloquante.
5 Exprimer la relation simple entre les tensions U D et U G quand la diode est blo-
quante.
6 Tracer la courbe U D = f ( U G ).

résolution méthodique
1 Pour U D  0,60 V, l’intensité qui traverse la diode est nulle. La diode est équiva-
lente à un interrupteur ouvert.
Pour I  0, on peut écrire la tension U D sous la forme

© Nathan, classe prépa


U D = r′I + E ′. Par identification, on a : I

E ′ = 0,60 V et r′ = 10 Ω r ′ = 10 Ω
E ′ = 0,60 V
La diode est équivalente à l’association série d’un généra-
teur idéal de tension et d’un résistor (figure ci-contre). UD

Il faut faire attention à l’orientation du circuit et aux sens respectifs des flèches représentant la
force électromotrice E ′ et la tension U D .

2 • Pour I = 0, la caractéristique est le segment I (A)


compris entre les points (– 3,0 V ; 0) et (0,60 V ; 0). 0,1

• Pour I  0, la caractéristique est le segment d’équa- 0,08


U
tion I = ------D- – 0,060, de pente 0,10 Ω –1 compris 0,06
10
entre les points (0,60 V ; 0) et (1,6 V ; 0,10 A). Elle est
UD 0,04
limitée au point :
(U Dmax = 0,60 + 10 × 0,1 = 1,6 V ; 0,10 A). 0,02
UG (V)
La caractéristique est une courbe continue (figure
ci-contre). −3 −2 −1 0 0,60 UD max = 1,6 V

3 Un courant traverse le circuit, la diode est donc passante ; la diode est modélisable
par l’association série du générateur idéal de tension E ′ et du résistor r′. Représentons
le circuit équivalent.
15
1 – Circuit électrique en régime stationnaire
savoir résoudre les exercices
Orientons le circuit (flèche indiquant le sens arbitraire choisi pour I ) et choisissons la
convention récepteur pour chacun des résistors.

Il faut systématiquement représenter sur les schémas électriques les sens d’orientation des bran-
ches (sens de l’intensité) et les sens choisis pour les flèches tension avant d’appliquer la loi des
mailles et la loi des nœuds.

Diode

E′ r ′I

r′
−rI r
UD
UG R RI

I
Générateur

En choisissant le sens de parcours indiqué sur la figure ci-dessus pour appliquer la loi des
mailles, il vient :
9,4
E – RI – r′I – E ′ – rI = 0 ⇒ E – E ′ = ( R + r + r ′ )I ⇒ I = ------- = 0,3133.

© Nathan, classe prépa


30
I = 0,31 A
9,4
D’où U D = E ′ + r′I = 0,60 + 10 ------- = 3,7333.
30
U D = 3,7 V et U G = E – rI = 8,4 V

Les calculs intermédiaires doivent être conduits sans être arrondis. Ainsi le calcul précédent de la
tension doit-il être conduit avec la valeur fractionnaire de I.

4 Le modèle utilisé est valide tant que la diode est passante ; la valeur E min de la f.é.m.
est celle pour laquelle l’intensité s’annule. D’après la relation E – E ′ = ( R + r + r′ )I, il
vient immédiatement :
E min = E ′ et U Gmin = E min = 0,60 V

En deçà de cette valeur la diode est bloquante.


Une application de la relation E – E ′ = ( R + r + r′ )I avec E  E ′ conduirait à une
valeur négative de l’intensité, en dehors du domaine de validité du modèle de la diode.

La valeur de l’intensité (ou de la tension) obtenue par l’utilisation d’un modèle de dipôle doit
appartenir au domaine des intensités (ou des tensions) dans lequel ce modèle est valide.

16
Électrocinétique PCSI, MPSI, PTSI - © Nathan, Classe prépa
5 La diode est équivalente à un interrupteur ouvert quand elle est bloquante, ce qui est
le cas quand U G  U Gmin = 0,60 V. Représentons le circuit équivalent (ci-dessous). Les
tensions aux bornes des résistors sont nulles ; il vient immédiatement :
Diode

−rI = 0 r
UD
UD = UG UG R RI = 0

I=0
Générateur

6 Calculons les valeurs extrêmes E min et E max de la tension E imposée par les condi-
tions aux limites de fonctionnement de la diode :
• U Gmin = U Dmin = – 3,0 V ;
• U Gmax = E ′ + ( R + r′ )I max , soit U Gmax = 3,1 V.
Quand la diode est bloquante U D = U G . Pour ce régime, la courbe U D = f ( U G ) est le
segment de pente unitaire compris entre les points (−3,0 V ; −3,0 V) et (0,60 V ; 0,60 V)

© Nathan, classe prépa


Quand la diode est passante, on peut écrire :
U G – RI – U D = 0 et U D = E ′ + r′I,
d’où :
r′ r′ RE ′ + r′U UD (V)
U D  1 + ---- = E ′ + ---- U G ⇒ U D = ----------------------------G-
 R R R + r′ 1,6 V

1
9 + 10U G
A.N. : U D = ----------------------- . 0,60 V
25
Pour ce régime, la courbe U D = f ( U G ) est
−3 −2 −1 0,60 V 3,1 V UG (V)
le segment de pente 0,40 compris entre les
points (0,60V ; 0,60 V) et (3,1 V ; 1,6 V). −1

La courbe complète est tracée ci-contre.


C’est une courbe continue qui présente une −2
rupture de pente quand la diode passe du
régime bloquant au régime passant. −3

en conclusion
• Il faut systématiquement représenter sur les schémas électriques les sens d’orienta-
tion des branches (sens de l’intensité) et les sens choisis pour les flèches tension avant
d’appliquer la loi des mailles et la loi des nœuds.
• La valeur de l’intensité (ou de la tension) obtenue par l’utilisation d’un modèle de
dipôle doit appartenir au domaine des intensités (ou des tensions) dans lequel ce
modèle est valide.

17
1 – Circuit électrique en régime stationnaire
retenir l’essentiel

Puissance en régime
stationnaire

1 Puissance électrocinétique reçue par un dipôle

© Nathan, classe prépa


La puissance électrocinétique reçue par un dipôle en convention récepteur est :
Attention
La relation  = UI  puissance du dipôle en watt (W)
n’est applicable qu’en  = UI U tension aux bornes du dipôle (V)
convention récepteur. I intensité du courant qui traverse le dipôle (A)

• Conséquences
La puissance reçue par un dipôle en convention générateur est :
 = – UI.
La puissance fournie par un dipôle est égale à l’opposée de la puissance reçue.

1.1. Signe de la puissance reçue et caractère d’un dipôle


La puissance reçue par un dipôle est une grandeur algébrique. Son signe indique le carac-
tère générateur ou récepteur du dipôle.
Conseil
Un dipôle a un caractère récepteur si la puissance qu’il reçoit est positive. Il trans-
Choisir de préférence
forme l’énergie qu’il reçoit en une autre forme d’énergie (thermique, mécanique,
la convention généra-
teur pour un dipôle lumineuse…)
de caractère généra- Un dipôle a un caractère générateur si la puissance qu’il reçoit est négative. Il
teur et la convention transforme en énergie électrique une autre forme d’énergie.
récepteur pour un
dipôle de caractère Il est équivalent d’écrire :
récepteur.
(i) un dipôle a un caractère générateur si la puissance qu’il fournit est positive ;
(ii) un dipôle a un caractère générateur si la puissance qu’il reçoit est négative.
18
Électrocinétique PCSI, MPSI, PTSI - © Nathan, Classe prépa
1.2. Bilan de puissance dans un circuit
La puissance reçue est l’énergie reçue par unité de temps.
Comme l’énergie, la puissance se conserve.

La somme des puissances fournies par les dipôles générateurs d’un circuit est égale
à la somme des puissances reçues par les dipôles récepteurs de ce circuit.

On peut aussi écrire : la somme des puissances reçues par les dipôles d’un circuit est nulle.

2 Caractéristiques d’un conducteur ohmique


2.1. Résistance d’un conducteur ohmique homogène
et de section constante
La résistance d’un conducteur ohmique homogène et de section constante (fig. 1) est :

R : résistance d’un conducteur ohmique en ohm (Ω)


L ρ : résistivité du matériau conducteur (Ω · m)
R = ρ ---

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S L : longueur du conducteur (m)
S : section du conducteur (m2)

Fig. 1
Section d’aire S

longueur L

La résistivité ρ est une caractéristique du matériau conducteur. Elle dépend de la tempé-


rature.

2.2. Effet Joule dans un conducteur ohmique


Le passage du courant dans un résistor provoque une dissipation d’énergie thermique
dans ce dernier ; c’est l’effet Joule.
La puissance dissipée par effet Joule dans un conducteur ohmique est (convention
récepteur) :

R : résistance en ohm (Ω)


U2
 = UI = RI 2 = ------- I : intensité en ampère (A)
R
U : tension aux bornes en volt (V)

19
2 – Puissance en régime stationnaire
savoir résoudre les exercices

1 – Transfert de puissance
On considère un générateur de f.é.m. E = 10 V et de i
résistance interne r = 5,0 Ω alimentant un résistor de
résistance R = 5,0 Ω.
r
1 Déterminer la tension U aux bornes du résistor R
et l’intensité I du courant qui le traverse. R U

E
2 Calculer les puissances dissipées par effet Joule.

3 Calculer la puissance reçue par le générateur idéal


de tension.
4 Faire un bilan de puissance pour l’ensemble du circuit.

résolution méthodique

1 Orientons le circuit et la tension U comme l’indique le schéma de l’énoncé. Le géné-

© Nathan, classe prépa


rateur est en convention générateur et le résistor est en convention récepteur.

Ce choix des orientations est « naturel » car nous « devinons » qu’il conduira à des valeurs positives
de l’intensité I et de la tension U. Nous pourrions aussi en choisir d’autres, les résultats seraient les
mêmes.

La tension U s’écrit de deux manières : U = RI et U = E – rI.


D’où 10 – 5I = 5I. Ce qui conduit à :
I = 1,0 A et U = 5,0 V
On peut aussi appliquer la loi des mailles pour un sens de i
parcours donné (voir figure) :
E – rI – U = 0, avec U = RI. RI r
On arrive au même résultat.
R U

2 Il y a effet Joule dans les deux résistors R et r.


Le résistor étant en convention récepteur, il reçoit la puissance  R = UI = RI 2 . D’où :

 R = 5,0 W
Le résistor r étant en convention récepteur, il reçoit la puissance :

 r = U r I = rI 2 = 5,0 W
20
Électrocinétique PCSI, MPSI, PTSI - © Nathan, Classe prépa
Vérifier que les dipôles sont en convention récepteur avant d’appliquer la relation reçu = UI ;
U et I sont orientés en sens opposés.

3 Le générateur idéal de tension est en convention générateur ; il reçoit la puissance :


 E = – EI = – 10 W.
Il fournit donc la puissance + 10 W, résultat attendu puisque c’est la source d’énergie.

Pour les calculs de puissance, il faut faire attention au dipôle considéré.


On calcule ici la puissance reçue par le générateur idéal de tension, à ne pas confondre avec la
puissance reçue par le générateur qui s’écrit :
 gén = – UI = – ( E – R I ) I = – 5,0 W.

4 La puissance fournie par le générateur idéal (10 W) est entièrement dissipée par effet
Joule pour moitié dans le résistor r (5,0 W) et pour moitié dans le résistor R (5,0 W).

en conclusion

© Nathan, classe prépa


La relation reçu = UI ne s’applique que si U et I sont orientés en sens opposés
(convention récepteur).

2 – Adaptation d’impédance
On considère un générateur de force électromotrice E
et de résistance interne r qui alimente un radiateur
électrique modélisable par un dipôle résistif de résis-
r
tance R. L’effet du passage du courant est thermique ;
c’est l’effet Joule. R U

1 Exprimer la puissance  R reçue par le radiateur E


en fonction de E, de r et de R.

2 Quelle est la valeur de la puissance quand R = 0 ?


Quelle est la valeur de la puissance quand la résis-
tance est très grande ? Que peut-on en déduire ?

3 Déterminer la valeur R 0 de R pour laquelle la puissance dissipée  R dans le radia-


teur est maximale ? Représenter l’allure de la courbe donnant la puissance  R en
fonction de R.

21
2 – Puissance en régime stationnaire
savoir résoudre les exercices

4 Dans le cas où le radiateur a la résistance R 0 , exprimer la puissance thermique


 R0 dissipée dans le radiateur et la puissance thermique  r 0 dissipée dans le
générateur en fonction de E et de R 0 ? Faire un bilan de puissance.

5 Pour quelle valeur de r le rendement est-il maximal ? En déduire le type de généra-


teur qu’il faut utiliser pour alimenter un radiateur électrique.

résolution méthodique

1 On choisit les sens d’orientation définis sur le schéma i


ci-contre. La loi d’Ohm permet d’écrire :
U r = rI et U = RI.
Ur r
Avec le sens de parcours choisi, la loi des mailles s’écrit :
R U
E
U + E – U r = 0, d’où I = ------------ .
r+R E
Le résistor étant en convention récepteur, la puissance  qu’il
reçoit est :
 R = UI ⇒  R = RI 2

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RE 2
 R = ------------------2-
(r + R)

2 (R = 0 ) = 0
La résistance r est négligeable devant R quand R est très grand, d’où :
RE 2 E 2
 ( R  r ) ≈ ----------
- = ------ ≈ 0
R2 R
 R est toujours positive, nulle pour R = 0 et R infini ; il existe donc (au moins) un maxi-
mum de la puissance.

Prendre l’habitude de confronter ses résultats à une analyse physique élémentaire. Une analyse
trop rapide, faite à partir de l’expression  R = RI 2 conduirait à proposer que R est maximale
quand R est infini ! Ce serait oublier que I dépend également de R.

Point Maths. Une fonction f ( x ) de la variable est extrémale (minimale ou maximale) quand la
df
dérivée ------ par rapport à x est nulle.
dx

22
Électrocinétique PCSI, MPSI, PTSI - © Nathan, Classe prépa
 R étant une fonction de R, sa valeur est extrémale (minimale R
ou maximale) quand sa dérivée par rapport à R est nulle.
d ( r + R ) – 2R ( r + R )
----------R- = E 2 -----------------------------------------------
-
dR ( r + R )2
d R
----------- = 0 si r + R – 2R = 0 ⇒ R 0 = r
dR
Cette condition est appelée « adaptation d’impédance ».
R
Il n’existe qu’un extremum ; c’est un maximum.

d2f
Point Maths. Une fonction f ( x ) est maximale quand la dérivée seconde -------2- par rapport à x est
dx
négative au point où elle est extrémale.

d 2  R E2
Vérifions qu’il en est bien ainsi pour la puissance :  ------------- = – ---------3 < 0.
 dR 2  R0 8R

E2 E2 E2
4  R = R 0 I 2 = --------
- et  r = rI 2 = R 0 I 2 = --------- ; donc :  R =  r = ---------
0 4R 0 4R 0 0 4R 0
E2

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La puissance reçue par le générateur de tension s’écrit  E = – EI = – --------- .
2R 0
Bilan :  R +  r +  E = 0 ou –  E =  R +  r . La puissance fournie par le générateur
de tension est dissipée par effet Joule, pour moitié dans le générateur réel et pour l’autre
moitié dans le radiateur.

5 De façon générale le rendement η est le rapport entre ce que l’on récupère (ce qui
nous « intéresse ») et ce que l’on fournit (ce que l’on « dépense »). Ici, il s’agit de transfé-
rer de l’énergie électrique du générateur au radiateur. Le rendement s’écrit donc :
R 1
η = – ---------0 = --- = 50 %
E 2
R RI 2 RI R
η = – ------- = --------- = ------ = ------------ . Le rendement est une fonction décroissante de r ; il est
E EI E R+r
maximal quand r = 0 ! Le rendement est alors égal à 100 %.
On voit, et le résultat était attendu, que pour obtenir un bon rendement, on doit alimen-
ter un radiateur avec un générateur de faible résistance interne.

en conclusion
• En général, quand on cherche la valeur d’un paramètre pour laquelle une grandeur phy-
sique est extrémale, il faut calculer la dérivée de la grandeur par rapport au paramètre.
• Prendre l’habitude de confronter ses résultats à une analyse physique élémentaire.

23
2 – Puissance en régime stationnaire
retenir l’essentiel

Méthodes d’étude
d’un circuit électrique
en régime permanent
En complément de la loi des nœuds et de la loi mailles, l’étude d’un circuit électrique en
régime permanent se fait à l’aide « d’outils » dont le choix facilite la résolution de problèmes.

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1 Association en série
Conseil Des dipôles voisins sont en série quand ils ont une seule borne en commun. Ils sont tra-
Pour savoir si des di- versés par le même courant.
pôles sont en série,
toujours se poser la
question : sont-ils tous 1.1. Association de résistors en série
parcourus par le
même courant ? 1.1.1. Loi d’association

N résistors de résistance ( R 1 , R 2 , …, R N ) associés en série sont équivalents à un


seul résistor de résistance R éq égale à la somme des résistances de chacun d’eux :
R éq = R 1 + R 2 + … + R N (1)

Fig. 1 Association série de trois résistors


R éq = R 1 + R 2 + R 3
I I
R1 R2 R3 ⇔
U1 U2 U3

U = U1 + U2 + U3 U

Démonstration : U = U 1 + U 2 + U 3 = R 1 I + R 2 I + R 3 I = ( R 1 + R 2 + R 3 )I = R éq I.
L’intensité du courant étant la même en tout point de la branche, rien n’est modifié si l’on
permute les positions des résistors.
24
Électrocinétique PCSI, MPSI, PTSI - © Nathan, Classe prépa
Fig. 2 I1 I2
R1 R2 • R 1 et R 2 ne sont pas en série ( I 1 ≠ I 2 ).
I3 • R 1 et R 3 ne sont pas en série ( I 1 ≠ I 3 ).
• Seuls R 2 et R 4 sont en série (le courant
E R3 R4 I 2 qui traverse R 2 est le même que celui
qui traverse R 4). On peut appliquer
R éq = R 2 + R 4 .

1.1.2. Diviseur de tension


La figure 3 représente un diviseur de tension : deux résistors en série sont soumis à une
tension U. On cherche les tensions U 1 et U 2 aux bornes de chacun d’eux.
Fig. 3 Diviseur de tension
Attention I
R1 R2
• Si les flèches cor- R1 U R2 U
respondant à U1 ou U 1 = ------------------ et U 2 = ------------------ U1 U2
U2 ne sont pas dans R1 + R2 R1 + R2
le même sens que U
celle correspondant
à U, il faut mettre un
U
signe – dans leurs Démonstration : U = ( R 1 + R 2 )I ⇒ I = ------------------
expressions. R1 + R2
• Il ne faut pas appli- R1 U R2 U
U 1 = R 1 I ⇒ U 1 = ----------------
- et U 2 = R 2 I ⇒ U 2 = ------------------ .

© Nathan, classe prépa


quer ces relations R 1 +R 2 R1 + R2
lorsque les deux ré-
sistors ne sont pas en
série. 1.2. Association de générateurs en série
Par exemple sur le
schéma de la figure 2, On considère N générateurs associés en série, caractérisés par leurs f.é.m. et résistances
R1 et R2 (ou R1 et R3)
internes ( E 1 ; r 1 ), ( E 2 ; r 2 ), …, ( E N ; r N ). Ces N générateurs sont équivalents à un seul
ne forment pas un di-
viseur de tension. générateur de f.é.m. E éq et de résistance interne r éq .
Seuls R2 et R4 for-
ment un diviseur de
tension.  E éq = ε 1 E 1 + ε 2 E 2 + … + ε k E k + … + ε N E N

 r éq = r 1 + r 2 + … + r N
• ε k = + 1 si les pôles du générateur ( E k ; r k ) sont placés dans le même sens que
les pôles du générateur ( E éq ; r éq ) (la flèche correspondant à Ep est dans le même
sens que celle de Eéq) ;
• ε k = – 1 dans le cas contraire.

Remarque : les résistances s’associent comme énoncé au § 1.1.1.


Fig. 4 Association série de trois générateurs
E1 ; r1 E2 ; r2 E3 ; r3 E éq ; r éq
− + − + + − I
⇔ − + I
 E éq = E 1 + E 2 – E 3

E1 E2 E3
 r éq = r 1 + r 2 + r 3
E éq

Démonstration :
Pour les associer, on les modélise en utilisant la représentation de Thévenin (fig. 5) :
25
3 – Méthodes d’étude d’un circuit électrique en régime permanent
retenir l’essentiel

Fig. 5 Modélisation de générateurs en série


Conseil I I
Pour associer des
générateurs en série, r1 r2 r3 r éq
commencer par mo- E1 E2 E3 E éq
déliser tous les géné-
rateurs en représen- U U
tation de Thévenin.
 U = E1 + r1 I + E2 + r2 I + r3 I – E3  E éq = E 1 + E 2 – E 3
 ⇒
 U = E éq + r éq I  r éq = r 1 + r 2 + r 3

1.3. Loi de Pouillet


Conseil Cette loi permet d’obtenir l’intensité circulant dans une maille constituée de N résistors
Pour un circuit à une ( R 1 , R 2 , … R N ) et N générateurs caractérisés par leurs f.é.m. et résistances internes
maille, utiliser direc- ( E 1 ; r 1 ), ( E 2 ; r 2 ), …, ( E N ; r N ).
tement la loi de
Pouillet pour calcu-
ler l’intensité du cou- ε1 E1 + ε2 E2 + … + εk Ek + … + εN EN
I = --------------------------------------------------------------------------------------------
-
rant qui y circule. r1 + r2 + … + rN + R1 + R2 + … + RN
Trouver le résultat
en appliquant la loi
• ε k = + 1 si la flèche correspondant à E k est dans le même sens que celle corres-
des mailles fait per- pondant à l’orientation de I ;
• ε k = – 1 dans le cas contraire.

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dre du temps.

Fig. 6 Maille constituée de trois générateurs et de trois résistors


E1 ; r1 E2 ; r2 E3 ; r3
− + + − + −

E1 E2 E3

Attention
R1 R2 R3
Ne pas appliquer ces I
relations pour un cir-
cuit constitué de plu- E1 – E2 – E3
sieurs mailles. Il est Pour la figure 6, on obtient I = ---------------------------------------------------------------- .
r1 + r2 + r3 + R1 + R2 + R3
erroné d’écrire pour
la figure 2 que : Démonstration : On utilise la représentation de Thévenin pour les générateurs. Les lois
E
d’association série pour les générateurs et résistors conduisent au circuit équivalent de la
I 3 = ------------------ .
R1 + R3 figure 7 :
Fig. 7 Représentation d’un circuit équivalent
U r éq
E éq ; r éq
+ −

r éq
E éq = – E 1 + E 2 + E 3
I E éq I
⇔ R éq = R 1 + R 2 + R 3
r éq = r 1 + r 2 + r 3
R éq R éq

U R éq

26
Électrocinétique PCSI, MPSI, PTSI - © Nathan, Classe prépa
Par exemple, en appliquant la loi des mailles dans le sens anti-horaire, on obtient :
U Réq + U réq + E éq = 0  E éq E1 – E2 – E3
 ⇒ I = – r-------------------- -.
- = ---------------------------------------------------------------
U réq = r éq I et U Réq = R éq I  éq + R éq r1 + r2 + r3 + R1 + R2 + R3

2 Association en parallèle
Conseil Des dipôles sont en parallèle (ou en dérivation) quand tous les dipôles ont leurs deux bor-
Pour savoir si des di- nes en commun. Ils sont soumis à la même tension.
pôles sont en parallè-
le, toujours se poser la
question : sont-ils tous 2.1. Association de résistors en parallèle
soumis à la même
tension ? 2.1.1. Loi d’association

N résistors de conductance ( G 1 , G 2 , …, G N ) associés en parallèles sont équiva-


lents à un seul résistor de conductance G éq égale à la somme des conductances de
chacun d’eux :
G éq = G 1 + G 2 + … + G N
1 1 1 1 (2)
G éq = -------- = ------ + ------ + … + -------

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R éq R1 R2 RN

Fig. 8 Association parallèle de trois résistors


I1
R1

I2 G éq = G 1 + G 2 + G 3
I I
R2 ⇔ 1 1 1 1
G éq = --------- = ------- + ------- + -------
R éq R1 R2 R3

I3
R3

U U

U U U
Démonstration : I = I 1 + I 2 + I 3 = ------ + ------ + ------ = ( G 1 + G 2 + G 3 )U = G éq U.
R1 R2 R3
La tension U étant la même aux bornes de chaque résistor, rien n’est modifié si l’on per-
mute les positions des résistors

Fig. 9 U1 U2
• R 1 n’est pas en parallèle avec R 3 ( U 1 ≠ U 3 )
R1 R2 • R 3 n’est pas en parallèle avec R 4 ( U 3 ≠ U 4 )
• Seuls R 3 et l’ensemble ( R 2 + R 4 ) sont en
parallèle ( U 3 = U 2 + U 4 )
R3 U3 R4 U4
E 1 1 1
-------- = ------ + -----------------------
R éq R3 ( R2 + R4 )

27
3 – Méthodes d’étude d’un circuit électrique en régime permanent
retenir l’essentiel
2.1.2. Diviseur de courant
La figure 10 représente un diviseur de courant : deux résistors en parallèle sont soumis à
un courant d’intensité totale I. On cherche les intensités I 1 et I 2 parcourant chacun
d’entre eux.

Fig. 10 Diviseur de courant I1


R1
G1 I R2 I
I1 = -------------------
- = ------------------ I
Attention G1 + G2 R1 + R2
• Si I1 ou I2 ne sont I2
G2 I R1 I R2
pas dans le sens de I, I2 = -------------------
- = ------------------
il faut faire interve- G1 + G2 R1 + R2
U
nir un signe – dans
leurs expressions.
• Il ne faut pas appli-
quer ces relations Démonstration :
lorsque les deux ré- U = R 1 I 1 = R 2 I 2 et I = I 1 + I 2
sistors ne sont pas en
parallèle. R2 I R1 I
R 1 I 1 = R 2 ( I – I 1 ) ⇒ I 1 = ------------------ et R 1 ( I – I 2 ) = R 2 I 2 ⇒ I 2 = ------------------
Par exemple sur la R1 + R2 R1 + R2
figure 9, où R2 et R3
ne forment pas un di-
viseur de courant, 2.2. Association de générateurs en parallèle
seuls R3 et l’ensemble
( R 2 + R 4 ) forment un

© Nathan, classe prépa


diviseur de courant.
On considère N générateurs associés en parallèle, caractérisés par leurs courants électro-
moteurs c.é.m. et conductances internes ( I 01 ; g 1 ), ( I 02 ; g 2 ), …, ( I 0N ; g N ). Ces N géné-
rateurs sont équivalents à un seul générateur de c.é.m. I éq et de conductance interne g éq .

 I éq = ε 1 I 01 + ε 2 I 02 + … + ε k I 0k + … + ε N I 0N

  1- = ---1 1 … 1
 g éq = g 1 + g 2 + … + g N  -----
r r
- + ---- +
r2
+ -----
rN 
 éq 1

• ε k = +1 si les pôles du générateur ( E k ; r k ) sont placés dans le même sens que


les pôles du générateur ( E éq ; r éq ) (la flèche correspondant à I 0k est dans le même
sens que celle de I 0éq ) ;
• ε k = – 1 dans le cas contraire.

Remarque : les conductances s’associent comme énoncé au § 2.1.1.

Fig. 11 Association parallèle de trois générateurs


I 01 ; r 01
− +

I 02 ; r 02 I 0éq ; r éq
+ − − + I

⇔  I 0éq = I 01 – I 02 + I 03
I 03 ; r 03 
− +
  1- = ---
1 1 1
 g éq = g 1 + g 2 + g 3  ----- - + ---- + ----
r éq r 1 r 2 r 3

28
Électrocinétique PCSI, MPSI, PTSI - © Nathan, Classe prépa
Démonstration :
Pour les associer, on les modélise en utilisant la représentation de Norton (fig. 12) :
Fig. 12 Cas a) Cas b)
I1
r1
Conseil
Pour associer des gé-
nérateurs en parallè-
le, commencer par
I 01
modéliser tous les gé- I2 I éq
nérateurs en repré- r2 r éq
I I
sentation de Norton. ⇔

I 02 I 0éq
I3
r3
U

I 03

Démonstration :
 U = r1 I1 = r2 I2 = r3 I3  U = r éq I éq
• Cas a)  • Cas b) 
 I = I 1 + I 01 + I 2 – I 02 + I 3 + I 03  I = I éq + I 0éq

© Nathan, classe prépa


U U U U
I éq + I 0éq = I 1 + I 01 + I 2 – I 02 + I 3 + I 03 ⇒ ------ + I 0éq = ---- + I 01 + ---- – I 02 + ---- + I 03
r éq r1 r2 r3
Par identification entre les deux membres de l’égalité, on obtient :
 I 0éq = +I 01 – I 02 + I 03

1 1 1 1
- = ---- + ---- + ---- ( g éq = g 1 + g 2 + g 3 )
 -----
 r éq r1 r2 r3

3 Équivalence des représentations de Thévenin


et de Norton d’un générateur
Un générateur de tension de Thévenin (E ; r ) est équivalent à un générateur de
E 1
courant de Norton ( I 0 ; g ) où I 0 = --- et g = --- .
r r

Fig. 13 a) générateur de tension de Thévenin b) générateur de courant de Norton


1
g = ---
r

E = r I 0 r = --1- – gU E
I 0 = ----
g r
I
I = I 0 – gU

U = E – rI U

29
3 – Méthodes d’étude d’un circuit électrique en régime permanent
retenir l’essentiel
Démonstration :
E U
Figure 13 a) : U = E – rI ⇒ I = --- – ---- .
r r
Or figure 13 b) : I = I 0 – gU.
Par identification entre les deux expressions de I, on obtient :
E 1
I 0 = --- et g = --- .
r r

4 Potentiel et loi des nœuds en termes


de potentiels
4.1. Tension et potentiel
Entre deux points A et B quelconques d’un cir- Fig. 14
cuit la tension U AB s’écrit sous la forme de la dif- A B
férence des potentiels en A et en B :
U AB = V A – V B . La flèche est dirigée du point B UAB
vers le point A (fig. 14).
• Si U AB est positif, V A  V B et la flèche tension est dans le sens des potentiels croissants.
• Les potentiels V sont définis à une constante près, seule la tension ou différence de poten-

© Nathan, classe prépa


tiel, que l’on mesure avec un voltmètre, a un sens physique.

4.2. Masse d’un circuit


En électronique, la masse est un point d’un circuit à laquelle on attribue arbitrairement un
potentiel nul. Il sert de référence des potentiels.
Le symbole est :
Remarque : on appelle aussi « masse » la carcasse métallique d’un appareil électrique qui a
vocation à être reliée à la terre par l’intermédiaire de la prise de terre. La Terre étant conven-
tionellement au potentiel nul, cette carcasse électrique peut servir de référence de potentiel.

4.3. Loi des nœuds en termes de potentiels –


Théorème de Millman
Considérons L résistors de résistance Fig. 15
( R 1 , R 2 , …R L ) ayant un nœud com- UL U3
mun N. Soit ( I 1 , I 2 , …I L ) les intensités RL
R3
circulant dans chacun des résistors et U1
I1 IL
orientés vers le point N (fig. 15). R1 I3
N U2
Soit V N le potentiel du nœud N et V 1 , I2 V3
V 2 , … V L les potentiels de l’autre R2

borne du dipôle considéré. V1


VN
La loi des nœuds s’exprime alors par : V2
I 1 + I 2 + … + I L = 0,

30
Électrocinétique PCSI, MPSI, PTSI - © Nathan, Classe prépa
V1 – VN V2 – VN VL – VN
- + ------------------- + … + ------------------
et peut s’écrire sous la forme : ------------------ - = 0,
R1 R2 R2
ou G 1 ( V 1 – V N ) + G 2 ( V 2 – V N ) + … + G L ( V L – V N ) = 0 (3)
Remarque : la relation (3) est indépendante des sens d’orientation choisis pour les différentes
intensités.
Conseil La relation (3) conduit à l’expression du théorème de Millman :
Il est souvent très utile
pour simplifier les cal- V V V
culs, quand aucune -----1- + -----2- + … + -----L-
R1 R2 RL G1 V1 + G2 V2 + … + GL VL
masse n’apparaît sur VN = --------------------------------------------- ou V N = -----------------------------------------------------------------
-
un circuit, d’en choi- 1 1 … 1 G1 + G2 + … + GL
------ + ------ + + ------
sir une, placée de fa- R1 R2 RL
çon pertinente, en un
point donné du cir- Remarque :
cuit. Cela ne pose Si certaines branches arrivant en N contiennent des sources de courant, il suffit de tenir
aucun problème car compte de leurs c.é.m. dans l’expression de la loi des nœuds.
le potentiel est défini
à une constante près.

5 Méthodes d’étude d’un circuit


On considère un circuit comportant plusieurs mailles. Que valent les intensités des cou-

© Nathan, classe prépa


rants et tensions dans une ou plusieurs branches ?

5.1. Loi des nœuds en termes de potentiels


Lorsqu’un circuit est constitué de plusieurs branches partant de points de potentiel imposé
(par exemple une ligne de masse) et aboutissant à un même nœud N, la loi des nœud en
terme de potentiel (ou le théorème de Millman) permet d’obtenir très rapidement le potentiel
de N. On peut alors facilement en déduire l’intensité circulant dans chacune des branches.

5.2. Réduction du circuit


La méthode, décrite ci-dessous étape par étape, est particulièrement performante si on
cherche uniquement l’intensité du courant qui circule dans une branche particulière du
circuit (ou la tension à ses bornes).
Si l’on doit calculer des intensités ou des tensions correspondant à d’autres branches, il
faut à nouveau appliquer la méthode, branche par branche .
Conseil 1re étape. Isoler sur le schéma électrique la branche à travers laquelle circule l’intensité
Inclure la branche que l’on veut calculer, par exemple en la repérant entre des points A et B et en entou-
AB dans les associa-
rant tout le reste du circuit. Si le sens de I n’est pas imposé, le choisir de façon arbitraire.
tions de dipôles est
une erreur fréquente.
Il faut absolument Fig. 16
I A
distinguer formelle-
ment cette branche Dipôle (ou association série
du reste du circuit. Reste du circuit U AB de dipôles) quelconque

31
3 – Méthodes d’étude d’un circuit électrique en régime permanent
retenir l’essentiel

2e étape. Associer l’ensemble des générateurs et/ou résistors situés dans le « reste du
circuit » (lois d’associations série et/ou parallèle des générateurs et/ou résistors) afin de
se ramener à un circuit simple (par exemple un résistor ou un générateur en représen-
tation de Norton ou de Thévenin). On dit qu’on a « réduit le circuit ».
3e étape. Si le circuit simple obtenu est :
• un générateur en représentation de Norton, alors il suffit d’appliquer la relation du
diviseur de courant pour obtenir l’intensité I ;
• un résistor ou bien un générateur en représentation de Thévenin, alors on a un circuit
équivalent à une seule maille et il suffit d’appliquer la loi de Pouillet pour obtenir l’inten-
sité I.
Ayant I on peut alors facilement en déduire la tension U AB .

5.3. Utilisation directe des lois de Kirchhoff


Remarques On englobe sous le nom de lois de Kirchhoff la loi des nœuds et la loi des mailles.
• Si N = 1 cette mé- Cette méthode conduit à des calculs lourds et ne doit être appliquée que si les méthodes
thode aboutissant à
une inconnue et une
précédentes ne sont pas applicables.
équation donne la loi
de Pouillet. 1re étape. Représenter tous les générateurs en représentation de Thévenin : on a alors
• Cette méthode con-
un circuit à N mailles indépendantes.
duit à des calculs as-

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sez lourds dès que 2e étape. À chaque maille, associer un courant I k orienté de façon arbitraire. On a
N  2. En pratique, ainsi N inconnues.
elle est surtout utile
lorsque l’on cherche 3e étape. Appliquer la loi des nœuds à chaque nœud. On obtient l’intensité qui circule
l’ensemble des inten- dans chaque branche en fonction des N différents I k .
sités et tensions de 4e étape. Appliquer la loi des mailles pour chaque maille. On obtient N équations.
chaque branche.
5e étape. Résoudre le système de N équations à N inconnues.

32
Électrocinétique PCSI, MPSI, PTSI - © Nathan, Classe prépa
savoir résoudre les exercices

1 – Étude d’un circuit simple par trois méthodes


On considère le circuit suivant. Déterminer l’inten- R1
sité du courant qui circule dans les diverses branches
en utilisant d’abord la loi des nœuds en terme de
R2 r E
potentiel, la méthode de réduction du circuit et enfin
la méthode d’utilisation directe des lois de Kirchoff.
Conclure.

résolution méthodique
On choisit un sens arbitraire pour les différentes intensités circulant dans les trois bran-
ches, mais les choix retenus ici sont assez « naturels », c’est-à-dire que l’on s’attend, lors-
que E  0, à des valeurs positives pour I 1 , I 2 et I r .
• Méthode 1 : loi des nœuds en termes de potentiels
Aucune masse n’apparaît sur le schéma de l’énoncé, il faut en placer une en un point donné afin

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de simplifier les calculs. Il va de soi que le résultat obtenu est indépendant du point choisi.

On peut prendre comme référence le potentiel du fil N A


R1
représenté par la ligne inférieure du schéma (masse) : I2 Ir
VM = 0 et E = V A – V M = V A .
R2 r E
Le théorème de Millman donne directement V N :
I1
VM VM VA M
------- + ------- + ------
R2 r R1 E ( rR 2 )
V N = ---------------------------------- = ------------------------------------------- .
1 1 1 R2 r + R1 r + R2 R1
------ + --- + ------
R2 r R1
On en déduit :
 V Er
 I 2 = ------N = ---------------------------------------
 R2 R 2 r+R 1 r+R 2 R 1

 VN ER 2
 I r = ------
R1
= ------------------------------------------
R2 r + R1 r + R2 R1
-

 E ( r + R2 )
I = – V N–E
- =  ------------------------------------------
--------------- -
 1  R1   rR 1 + R 2 r + R 2 R 1 

Prendre l’habitude de vérifier, quand on a une expression sous la forme d’une fraction, que le
dénominateur ne contient pas de différences. En effet, dans ce cas, pour des valeurs particulières
de résistances, on pourrait aboutir à une valeur infinie, ce qui n’a pas de sens physique.

33
3 – Méthodes d’étude d’un circuit électrique en régime permanent
savoir résoudre les exercices

• Méthode 2 : réduction du circuit


• Calcul de I 1
On isole la branche NM dans laquelle circule I 1 (voir schéma ci-dessous).
On cherche à transformer la partie du circuit encadrée en une seule branche.
On reconnaît l’association parallèle de deux résistors.
rR 2
En introduisant R e1 = --------------, on a l’équivalence ci-dessous entre les deux circuits.
r + R2

N N
R1 R1

R2 r E ⇔ Re1 E

M I1 M I1

Il suffit alors d’appliquer la loi de Pouillet et on obtient :

E E ( r + R2 )
I 1 = ----------------------- ⇒ I 1 = -----------------------------------------
R 1 + R éq1 R 1 ( r + R 2 ) + rR 2

En réduisant le circuit, on a perdu l’information concernant I 2 , il faut donc le réduire

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différemment pour avoir I 2 .

Quand on réduit un circuit, il faut toujours se poser la question : en associant tel ou tel dipôle,
quelle est l’information perdue ? En ai-je besoin ?

• Calcul de I 2
On isole donc la branche CM dans laquelle circule I 2 :

C C
R1
I2 I2

R2 r E ⇔ R2 r R1
R
E
----
1

M M

Figure 1 Figure 2

On reconnaît (fig. 1) dans la partie du circuit qui alimente le dipôle CM un générateur de


force électromotrice E et de résistance interne R 1 (représentation de Thévenin encadrée
en pointillés) en parallèle avec le résistor r. Puisqu’ils sont en parallèle, il faut utiliser la
représentation de Norton du générateur pour les associer. C’est sous cette forme que ce
dernier apparaît sur la fig. 2 dans le cadre en pointillés.

Quand un générateur est en parallèle avec un autre dipôle, il faut utiliser la représentation de
Norton.

34
Électrocinétique PCSI, MPSI, PTSI - © Nathan, Classe prépa
On associe les deux résistors en parallèle (fig. 3),
rR 1
soit R e2 = --------------- .
r + R1 C
I2
Il y a alors deux possibilités.
E
• Première possibilité : on applique la formule du divi- R2 Re 2 ----
R 1
seur de courant, ce qui conduit à :
E G2 E R e2 rR 1
I 2 =  ------ -------------------- =  ------ --------------------- avec R e2 = --------------
- M
 R 1 G e2 + G 2  R 1 R e2 + R 2 r + R1
Figure 3
Er
I 2 = ------------------------------------------- .
rR 1 + R 2 R 1 + R 2 r

• Deuxième possibilité : on poursuit la réduction du


circuit à une seule maille en transformant la représen-
tation de Norton du générateur encadré en pointillés C
Re2
sur la figure 3 en représentation de Thévenin (fig. 4). I2
Il suffit alors d’appliquer la loi de Pouillet : R2
E R e2
---------
-
ER e2 1 rR 1 R
I 2 =  ------------  --------------------- , avec R e2 = --------------- .
1

 R 1  R e2 + R 2 r + R1
M

Er Figure 4
I 2 = -------------------------------------------
rR 1 + R 2 R 1 + R 2 r

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• Calcul de I r
Il ne faut pas reprendre la méthode générale utilisée pour I 1 et pour I 2 , pour ce circuit à
deux mailles indépendantes. La simple application de la loi des nœuds en N donne :

ER 2
I r = I 1 – I 2 = -------------------------------------------
R2 r + R1 r + R2 R1

• Méthode 3 : utilisation directe des lois de Kirchoff


Le circuit est composé de deux mailles indépendantes, par exemple ( R 2 ; r ) et ( r ; R 1 ; E ).

On pourrait penser à tort que le circuit est constitué de trois mailles en considérant aussi la
maille ( R 2 ; R 1 ; E ) mais cette dernière n’est pas indépendante des deux autres.
En revanche, au lieu de choisir les deux mailles ( R 2 ; r ) et ( r ; R 1 ; E ), on pourrait tout aussi
bien choisir ( R 2 ; r ) et ( R 2 ; R 1 ; E ) ou encore ( r ; R 1 ; E ) et ( R 2 ; R 1 ; E ), cela ne changerait
rien au résultat.

Méthode :
1re étape. La représentation de Thévenin est déjà utilisée pour le générateur ( E ; R 1 )
2e étape. Les sens arbitraires pour les intensités ont été choisis précédemment.
3e étape. Appliquer la loi des nœuds au point N, ce qui donne l’intensité du courant I r dans la
branche contenant r.
4e étape. Choisir un sens pour les flèches de tensions, un sens de parcours pour chacune des
deux mailles et appliquer la loi des mailles.

35
3 – Méthodes d’étude d’un circuit électrique en régime permanent
savoir résoudre les exercices
UR2 = R2 I2 ; UR1 = R1 I1 ; Ur = r ( I1 – I2 )
U R1

N
R1
I1 – I2

U R2 (2) Ur
R2 r (1) E

I2 I1

Maille (1) : U R1 – E + U r = 0
R1 I1 + r ( I1 – I2 ) – E = 0 (1)
Maille (2) : U R2 – U r = 0
R2 I2 – r ( I1 – I2 ) = 0 (2)

5e étape. Résoudre le système de deux équations à deux inconnues.

rI 2 + E
(1) ⇒ I 1 = ------------------ .

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R1 + r
En injectant cette expression de I 1 dans l’expression (2), on arrive à :

Er
I 2 = ----------------------------------------
rR 1 +R 2 R 1 +R 2 r

 E(r+R 2 )
 I 1 = ----------------------------------------
 R 2 R 1 +rR 1 +R 2 r
Et on en déduit : 
ER 2
 I = I – I = -------------------------------------------
 r 1 2
R2 r + R1 r + R2 R1

Remarque : Les trois méthodes conduisent aux mêmes résultats.

en conclusion
• Vérifier, quand on a une expression sous la forme d’une fraction, que le dénominateur
ne contient pas de différences.
• Quand on réduit un circuit, il faut toujours se poser la question : en associant tel ou
tel dipôle, quelle est l’information perdue ? En ai-je besoin ?
• La loi des nœuds en terme de potentiel est bien adaptée ici pour trouver rapidement
l’ensemble des intensités recherchées.
• La réduction du circuit est une méthode lourde ici car on cherche I1 et I2. Toutefois
si l’on ne cherchait que l’une ou l’autre de ces valeurs, cette méthode nécessite moins
de calculs que l’utilisation directe des lois de Kirchoff.

36
Électrocinétique PCSI, MPSI, PTSI - © Nathan, Classe prépa
2 – Étude d’un circuit comportant
un potentiomètre
Considérons un réseau constitué de 2 générateurs A
idéaux de f.é.m. E 1 et E 2 alimentant une même I
résistance r. Le circuit est fermé par l’intermé-
r
diaire d’un potentiomètre CD et muni d’un cur- E E2
1

seur B réalisant un contact mobile dont la


position est caractérisée par un paramètre réel B

x ∈ [ 0 ; 1 ] . La résistance totale de la branche C C


R
D
et D est R, le curseur sépare la partie CB (résis- xR ( 1 – x )R
tance xR), de la partie BD (résistance ( 1 – x )R).
Calculer l’intensité I du courant circulant dans la branche centrale du circuit.

résolution méthodique

On ne cherche que la valeur d’une seule intensité, la méthode de réduction du circuit est donc
bien adaptée. On pourrait aussi utiliser la loi des nœuds en terme de potentiel mais nous ne la

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traitons pas dans cette correction.

On isole tout d’abord la branche AB à travers laquelle circule l’intensité que l’on veut cal-
culer. Pour cela, on retrace le circuit en mettant clairement en évidence les associations
en parallèle et en série. On reconnaît en effet les associations suivantes :
• le générateur de f.é.m. E 1 et le résistor xR sont en série ;
• le générateur de f.é.m. E 2 et le résistor ( 1 – x )R sont en série ;
• les générateurs de Thévenin ( E 1 ; xR ) et ( E 2 ; ( 1 – x )R ) sont en parallèle.

Prendre l’habitude de refaire les schémas pour :


– faire apparaître clairement les associations série et parallèle ;
– distinguer clairement la branche AB du réseau qui l’alimente.

E A G

E1 r E2

C D

xR I ( 1 – x )R

F B H

37
3 – Méthodes d’étude d’un circuit électrique en régime permanent
savoir résoudre les exercices
Pour mieux séparer la branche AB du reste du circuit, on permute les positions des bran-
ches AB et GH, cela facilite le travail de réduction à un générateur équivalent du réseau
alimentant AB.
E G A

E1 E2 r

C D

xR ( 1 – x )R I

F H B

On peut positionner les trois branches en parallèle EF, AB et GH dans n’importe quel ordre car
cela ne modifie pas les propriétés du circuit. En effet, les points E, A et G sont tous les trois au
même potentiel, de même que F, B et H. Il est souvent utile de le faire.

Puisque les générateurs de Thévenin ( E 1 ; xR ) et

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A
( E 2 ; ( 1 – x )R ) sont en parallèle, on peut directe- r
ment les associer en utilisant les formules vues en
cours ; ces deux générateurs sont équivalents à un r
I0éq Réq
seul générateur de c.é.m :
I
E E2
I 0éq = ------1 – --------------------- ,
xR ( 1 – x )R B

et de résistance interne :
( xR ) ( 1 – x )R
R éq = ---------------------------------- = x ( 1 – x )R.
xR + ( 1 – x )R
On reconnaît un diviseur de courant, d’où :

I 0éq R éq E 1 ( 1 – x ) – xE 2
I = ----------------- ⇒ I = -------------------------------------
-
R éq + r Rx ( 1 – x ) + r

en conclusion
• Représenter différemment un schéma électrique pour faciliter les associations de
dipôles.
(1) Quand un générateur est en série avec un autre dipôle, il faut utiliser la représen-
tation de Thévenin du générateur pour les associer.
(2) Quand un générateur est en parallèle avec un autre dipôle, il faut utiliser la
représentation de Norton du générateur pour les associer.

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