MOYENS DE LUTTE CONTRE LA CORROSION
« La corrosion »
Généralité
Matthieu LE COAT
LA CORROSION : DEFINITIONS
Interaction physico-chimique entre un métal et son
milieu environnant entraînant des modifications dans
les propriétés du métal et souvent une dégradation
fonctionnelle du métal lui-même, de son
environnement ou du système technique constitué
par les deux facteurs (Norme Internationale ISO-
8044).
Processus chimique de dégradation d ’un matériau
par réaction avec son environnement.
Elle correspond au retour de la matière à son état le
plus stable (la forme stable du fer n’est pas le métal,
mais l’oxyde).
LA CORROSION :
problème industriel et économique
Problème industriel important car à l ’origine
d ’accident (rupture de pièces, arrêt d’usine …)
problème économique car représente un coût
important : au niveau mondial, on estime que la
corrosion détruit un quart de la production annuelle
d’acier, soit 5 tonnes par seconde.
LA CORROSION : DEFINITIONS
Fe Fe++ + 2 e-
Les atomes du métal se transforment en ions positifs qui
quittent le métal pour passer dans le milieu.
Ce changement d’état s’accompagne de la libération
d’électrons.
La conservation de la neutralité du milieu impose que les
électrons émis soient consommés dans une deuxième
réaction, par exemple :
2H+ + 2 e- H2 (milieu acide)
½O2 + H2O + 2 e- 2OH- (milieu aéré neutre et basique)
Le processus de corrosion s’accompagne de la circulation
d’un courant électrique entre les deux zones de l’interface
LA CORROSION : DEFINITIONS
Tout métal plongé dans une solution entraîne la formation
d’un potentiel entre ce métal et l’électrolyte.
Le potentiel standard (ou potentiel d’équilibre) E0 d’une
électrode de métal est le potentiel du métal en équilibre avec
une solution de ses ions de concentration égale à 1.
Dans la pratique, on mesure les potentiels d’équilibre E par
rapport à une autre électrode à l’équilibre et en contact
électrique avec la première par l’intermédiaire de la solution :
c’est l’électrode de référence.
L’électrode de référence choisie arbitrairement : électrode
standard à l’hydrogène (métal inerte plongé dans une
solution d’acide normale à 25°C dans laquelle on effectue un
barbotage d’hydrogène sous une pression d’un atmosphère).
Classification : potentiel d’équilibre
Les métaux tels que l’or, l’argent ou le cuivre présentent des
potentiels standards positifs : ils ne seront pas attaqués par l’eau
car ils s’oxydent moins facilement que l’hydrogène.
Ce sont des métaux dits « nobles ».
Classification : potentiel de corrosion (ou potentiel
libre ou de dissolution)
Liste des potentiels de dissolution dans une solution à 3,5 % de chlorure de sodium (eau de
mer) par rapport à l’électrode de référence au calomel saturé (ECS)
C'est le potentiel que prend un métal par rapport un électrolyte donné.
Le potentiel n'est plus caractéristique du métal : il dépend des conditions
expérimentales (nature, concentration et température de l'électrolyte).
Le potentiel de corrosion est mesuré à l’équilibre par rapport à une électrode de
référence (la d.d.p varie avec le temps et tend vers une valeur instantanée.).
Classification : échelle d’électropositivité (ou
échelle galvanique)
Une échelle dite « galvanique » classe les métaux
en fonction des valeurs du potentiel de corrosion.
Le métal le moins noble aura plus de facilité à
abandonner ses ions au profit du métal le plus
noble.
Anode - Cathode
Anode : électrode où à lieu une réaction
électrochimique d ’oxydation. Électrode d ’où
partent les cations dans l ’électrolyte (pôle négatif
d’une pile).
Cathode : électrode où se produit une réaction
électrochimique de réduction. Électrode d ’où
partent les anions (pôle positif d’une pile).
CORROSION AQUEUSE
Exemples les plus connus de corrosion :
altération des métaux dans l’eau. Ces altérations
chimiques sont regroupées sous le terme de
corrosion aqueuse.
La corrosion aqueuse est due à des effets de
plusieurs sortes :
dissolution des métaux dans l’eau
apparition de piles électrochimiques
existence de gradients de concentration
aération différentielle
piqûration
TYPES DE CORROSIONS
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Dissolution des métaux par oxydation
Réduction de l’oxygène dissous
Réduction des ions H3O+
Réduction de l’eau
TYPES DE CORROSIONS
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Dissolution des métaux par oxydation
La stabilité du fer dans l’eau dépend :
• du PH, qui détermine la concentration en ions H3O+ dans l ’eau
• du potentiel électrique de la pièce de fer par rapport à la solution,
qui détermine la capacité des électrons à quitter le fer
On peut tracer le diagramme potentiel - pH en indiquant les
zones de stabilité du fer : c’est le diagramme de Pourbaix.
• Le diagramme de Pourbaix peut être tracé pour tous les métaux.
• Si le couple (E, pH) se situe dans la zone de stabilité, le matériau
est protégé contre la corrosion généralisée.
TYPES DE CORROSIONS
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Dissolution des métaux par oxydation
Diagramme de Pourbaix pour le fer en présence d ’une
solution aqueuse à 25 °C
Passivation thermodynamique (dépôt protecteur) : domaine de
stabilité des hydroxydes ferreux ou ferrique (Fe2O3, Fe3O4)
Activité ou corrosion (Fer en solution) : domaine de stabilité des ions
ferreux ou ferriques (Fe3+, Fe2+ et HFe dans les PH extrêmes)
Immunité thermodynamique : domaine correspondant à la stabilité du
fer (Fe)
TYPES DE CORROSIONS
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Dissolution des métaux par oxydation
Diagramme de Pourbaix pour le fer en présence d ’une
solution aqueuse à 25 °C
NOTA : en présence de certains corps en solution (chlorures, cyanures,
chromates …) les limites des domaines représentés ne sont plus valables.
TYPES DE CORROSIONS
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Dissolution des métaux par oxydation
TYPES DE CORROSIONS
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Corrosion galvanique
Corrosion galvanique : corrosion par apparition d ’une
pile électrochimique.
Une pile électrochimique est créée lorsque deux métaux de
natures différentes sont mis en contact. Un des métaux s’oxyde
et se dissout (anode, pôle -) , tandis que l’autre que sur l ’autre
métal a lieu une réduction (cathode, pôle +), et éventuellement
formation d’une couche de produit de réaction (ex : dépôt
calco-magnésien).
C’est le principe de la « protection cathodique » par anode
sacrificielle.
NOTA : pile électrochimique ≠≠cellule d ’électrolyse
TYPES DE CORROSIONS
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Corrosion galvanique
3 conditions pour avoir une corrosion galvanique :
des métaux de nature différentes (différences de potentiel de
dissolution)
la présence d’un électrolyte (en général aqueux)
la continuité électrique des 2 métaux
TYPES DE CORROSIONS
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Corrosion par pile de concentration
Il y a corrosion sur une pièce du même métal (pas de couplage
de métaux de natures différentes). Seule la concentration du
fluide qui baigne le métal varie (le potentiel électrochimique
étant déterminé par le couple matériau/milieu).
2 types :
par aération différentielle :
même matériau en contact avec deux milieux de teneurs en oxydant
différentes (ex : teneurs différentes en dioxygène)
par différence de concentration :
même matériau en contact avec deux milieux ayant des différences de
concentration d ’autres éléments (ex : ions chlorures)
TYPES DE CORROSIONS
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piqûration (ou corrosion par piqûres)
Phénomène de corrosion qui survient lorsqu’une pièce est
protégée contre la corrosion généralisée (ex : acier inoxydable
ou aluminium).
Il s ’agit d’une corrosion localisée.
La piqûration est due aux hétérogénéités microscopiques du
métal : il s’agit en fait d ’une corrosion galvanique localisée.
TYPES DE CORROSIONS
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piqûration (ou corrosion par piqûres)
TYPES DE CORROSIONS
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Biocorrosion en eau de mer
De nombreux termes sont employés pour décrire la corrosion microbienne :
• biodétérioration des matériaux métalliques
• biocorrosion
• corrosion bactérienne
• corrosion biochimique
• corrosion induite par des micro-organismes
Définie comme « tous les phénomènes de corrosion où les bactéries agissent
directement, ou par l’intermédiaire de leur métabolisme, jouant un rôle
primordial, soit en accélérant un processus déjà établi, soit en créant les
conditions favorables à son établissement ».
Il est important de préciser que l’action des bactéries ne conduit pas à une
nouvelle forme de corrosion, mais provoque une modification de la cinétique des
réactions de corrosion (modification pH, concentration en oxygène, concentration
chimique à l’interface matériau – environnement).
Problème : domaine multi-disciplinaire :
• microbiologie : étudie le vivant
• corrosion : étudie l’inerte
• seule l’électrochimie des milieux aqueux unit les deux disciplines
LA BIOCORROSION EN EAU DE MER
les organismes considérés comme les plus dangereux sont
les bactéries.
à l’échelle mondiale, l’enjeu économique est considérable
: le coût annuel des conséquences de cette forme de
corrosion est estimé entre 5 et 10 % de l’ensemble des
dégâts causés par la corrosion en général (4 à 5 milliards
d’euros en France)
BESOINS / MORPHOLOGIE DES BACTERIES
le besoin en eau des bactéries peut être faible, une
atmosphère humide peut suffire. C’est pourquoi elle sont
présentes dans tous les milieux.
Répartition en fonction des besoins en dioxygène :
• aérobie stricte
• anaérobie facultative
• anaérobie stricte
morphologies très variées : rondes, allongées, incurvées,
filamenteuses, spiralées. Elles peuvent se retrouver isolées,
en amas, liées en formant des chainettes.
MECANISMES DE LA BIOCORROSION
Les ensembles en contact avec l’eau sont contaminés par
des micro-organismes.
Quand les micro-organismes sont immobilisés à la
surface des matériaux : création de biofilms.
Le biofilm est hétérogène et crée une zone pysico-
chimiquement très différentes du milieu environnant à
l’interface matériau - environnement
Biocorrosion se produit en présence :
• d’un milieu aux propriétés connues (eau de mer, eau douce
…)
• d’un matériau réputé compatible avec ses conditions
d ’exposition (matériaux métalliques, bétons …)
• de micro-organismes inattendus (bactéries, micro-algues,
moisissures …)
LES BACTERIES
Les bactéries considérées comme les plus agressives vis à
vis du matériau métallique sont les BACTERIES
SULFUROGENES :
• Bactéries Sulfato Réductrices (BSR)
• Bactéries Thiosulfato Réductrices (BTR)
Ces bactéries engendrent une corrosion localisée et rapide
(1 cm/an) par :
• acidification du milieu
• création de niche anoxique (sans O2) à la surface du matériau
• production de sulfures
SIGNES DE RECONNAISSANCES DE BIOSORROSION
Présence de tache d’oxyde dans le macrofouling.
Produits noirs plus ou moins visqueux (odeur d ’œufs
pourris)
Sous ce dépôt, l’acier apparaît d ’aspect brillant et
présente le plus souvent des corrosion localisées.
La vitesse de corrosion est supérieur à 0,5 mm/an.
SIGNES DE RECONNAISSANCES DE BIOSORROSION
MESURES PREVENTIVES
Diagnostic visuel
recours à des laboratoires
Si la présence de BSR ou BTR est confirmée :
mise en place d ’un système de protection (protection
cathodique, peintures adaptées)
élimination des polluants
nettoyage des surfaces
BIOCORROSION & PROTECTION CATHODIQUE
De nombreuses questions restent en suspend quant à
l ’efficacité de la protection cathodique vis à vis des
problèmes bactériens :
influence de la protection cathodique sur la fixation et la
croissance des micro-organismes,
influence des BSR et BTR sur le potentiel imposé …
Il est toutefois admis que la protection cathodique à un
potentiel de -900 mV/Ag/AgCl ralentit l ’activité
bactérienne par modification de pH.
BIOCORROSION & SYSTEMES DE PEINTURE
Le choix du systèmes de peinture doit être compatible
avec :
la protection cathodique
la présence ou non d ’activité microbienne
tests en laboratoire pour vérifier le caractère anti-BSR
ou anti-BTR des peintures
TYPES DE CORROSIONS
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Divers
Corrosion-érosion : présence de particules (ex : grains de
sable) qui peut créer une érosion qui raye la couche protectrice.
Corrosion sous contrainte : modification de l ’interface (donc
des réactions chimiques pouvant avoir lieu) pour des pièces
soumises à d’importantes contraintes de traction
Corrosion à haute température
INTENSITE DE LA CORROSION
AGRESSIVITE DU MILIEU AMBIANT(Observation sur le
long terme des ouvrages voisins).
► Conductivité (réduction régulière de la surface du métal).
► Teneur en oxygène dissous (comportement anodique des zones -
oxygénées et cathodiques vers les zones + oxygénées).
► Acidité du milieu (PH, un PH acide favorise les réaction d ’oxydation).
► Salinité (pile de concentration, attaque maximale pour une teneur
~10g/l de NaCl).
► Température (influence les vitesses de corrosion).
► Abrasion (la vitesse de l ’eau et la turbidité).
► Activité biologique (corrosion micro-biologique ).
AUTRES FACTEURS INFLUENCANT LA CORROSION.
► Propriétés physico-chimiques (corrosion par couplage s ’il existe
une différence de potentiel électrochimique d ’au moins 300mV).
► Rapport de surfaces (Vitesse de corrosion proportionnelle à la
surface du métal cathodique).
► Dispositions constructives et assemblages (boulons, cordons
de soudure, géométries etc…).
► Continuité électrique (ensemble de la structure).
► Interférence de l’ouvrage avec d’autres ouvrages (sous
protection cathodique).
LOCALISATION DE LA CORROSION
LA CORROSION VARIE EN FONCTION DES ZONES
D ’EXPOSITION.
► Zones maximum
• Zone d ’embruns (anode).
• Zone immergée (anode).
LOI NON LINEAIRE.
► Loi de corrosion non linéaire avec le temps, mais elle tend à
diminuer avec le temps et même à se stabiliser.
LOCALISATION DE LA CORROSION
Vitesse de corrosion d ’une structure immergée en milieu marin
LOCALISATION DE LA CORROSION
(Eurocode 3)
PROTECTION CONTRE LA CORROSION
Procédés passifs : constitué par le revêtement extérieur dont le
rôle est de créer une barrière électrique entre le métal et le milieu
environnant.
En milieu peu agressif : peinture, enduit
En milieu très agressif : revêtement métallique, plastique,
émaux
Attention : la continuité de l’isolement apporté par le revêtement
doit être assurée, la moindre défectuosité pouvant entraîner la
corrosion du métal sous-jacent.
• ces revêtements ne constituent pas une protection absolue et
définitive (imperfections ou blessures pouvant se produire
pendant la pose ou la vie de l’ouvrage) : on maîtrise les risque en
combinant avec de la protection cathodique
PROTECTION CONTRE LA CORROSION
Diagramme de Pourbaix pour le fer en présence d ’une solution aqueuse à 25 °C
Possibilité de protéger le fer par 3 méthodes :
élever le potentiel pour se trouver dans le domaine de passivation
abaisser le potentiel pour se trouver dans le domaine d ’immunité
(protection cathodique)
alcaliniser le milieu de manière à dépasser le chiffre 10 comme
valeur de pH
PROTECTION CONTRE LA CORROSION
Procédés actifs : consiste à amener par des moyens extérieurs
et artificiels l’ensemble de la surface extérieur du métal à un
potentiel suffisamment négatif pour rendre le métal entièrement
cathodique et supprimer ainsi tout risque de corrosion extérieure.
Protection cathodique par anode sacrificielle
Protection cathodique par soutirage de courant (ou par
courant imposé)
PROTECTION CATHODIQUE : schématisation
Sens du courant conventionnel : du pôle positif vers le pôle négatif
Les électrons vont dans le sens inverse : de l ’anode (-) vers la cathode (+)
Si on met en contact électrique 2 métaux différents au contact du même
électrolyte (eau de mer par exemple), le métal le moins noble se corrode au
profit du métal le plus noble.
Sur le métal le plus électronégatif (anode), les ions métal passent en
solution : il y a corrosion.
Sur le métal le plus électropositif (cathode), il y a un excès d ’électrons qui
empêche la mise en solution des ions métal, donc la corrosion.
PROTECTION CATHODIQUE : schématisation
PROTECTION CATHODIQUE : schématisation
LA PROTECTION CATHODIQUE PAR ANODES
SACRIFICIELLES « PRINCIPE »
Créer une pile en couplant le métal à protéger avec un métal
plus électronégatif (moins noble).
La cathode sera le métal à protéger (acier) et l’anode sera le
métal choisi pour son potentiel plus électronégatif
(aluminium, zinc).
LA PROTECTION CATHODIQUE PAR
COURANT IMPOSE « PRINCIPE »
La protection pour courant imposé (ou de soutirage) utilise une source
d’énergie électrique en courant continu qui débite dans un circuit
comprenant :
un déversoir (anode impolarisable : graphite, alliage de
plomb)
l’électrolyte
la structure à protéger
le pôle positif de la source est relié au déversoir alors que le pôle
négatif est relié à la structure à protéger.
le courant venant du déversoir traverse l’électrolyte, puis entre dans la
structure créant ainsi un abaissement du potentiel recherché
correspondant à l’immunité du métal.
LA PROTECTION CATHODIQUE PAR
COURANT IMPOSE « PRINCIPE »
La source de courant peut être apportée par :
• réseau local de distribution
• panneaux solaires
• groupes électrogènes
• éoliennes
• piles (durée de vie limitée)
Attention à l’implantation des postes de soutirage :
inondations, maintenance, stabilité …
PROTECTION CONTRE LA CORROSION
Intérêt des procédés passifs :
offrir une protection supplémentaire contre la corrosion
Aider la protection cathodique dans les rôles suivants :
•limiter le courant consommé
•Réduire la consommation d’anodes
•Assurer une polarisation plus rapide
•Assurer une portée de protection cathodique dans les
structures complexes
•Assurer une meilleure répartition du courant dans la
structure
•Réduire le coût global de la protection
LA PROTECTION CATHODIQUE
« GENERALITE »
La protection cathodique provoque une
alcalinisation du milieu à la surface du métal.
► Effets favorables :
• Précipitation de dépôts calco-magnésiens protecteurs,
prévention des colonies de bactéries
sulfatoréductrices
► Effets défavorables :
• Cloquage des peintures et corrosion de certains
métaux
la protection cathodique (et surtout un excès de
protection) favorise la formation d’hydrogène
atomique.
► Effets défavorables :
• Fragilisation de métaux ou alliages sensibles par
pénétration dans le métal protégé.
• Décollement de revêtements par dégagement
d ’hydrogène moléculaire en surface.
FORMATION DU DEPOT CALCOMAGNESIEN
POTENTIEL ELECTROCHIMIQUE : MESURE
Principe de la mesure :
Référence officielle : E.N.H. (Electrode Normale à l’Hydrogène)
Référence vraie (laboratoire) : E.C.S. (Electrode au Calomel Saturé) ou
Cu/CuSO4 saturé (potentiel -0.31 V / ENH)
Electrode de mesure (« pseudo référence ») : Ag/AgCl/eau de mer (potentiel
-0.25 V / ENH) ; Zn/eau de mer (moins précise mais dure plus longtemps)
POTENTIEL ELECTROCHIMIQUE : MESURE
Electrode au sulfate de cuivre : constituée par un réservoir
cylindrique en matière plastique, obturé à sa base par un bouchon
poreux et rempli d ’une solution saturée de sulfate de cuivre dans la
quelle plonge une tige de cuivre.
Electrode au chlorure d ’argent : constituée par un réservoir
cylindrique en matière plastique, obturé à sa base par un bouchon
poreux et rempli d ’une solution saturée de chlorure d ’argent dans la
quelle plonge une tige d ’argent.
Electrode de référence au sulfate de zinc : constituée par un
réservoir cylindrique en matière plastique, obturé à sa base par un
bouchon poreux et rempli d ’une solution saturée de sulfate de zinc dans
la quelle plonge une tige de zinc.
POTENTIEL ELECTROCHIMIQUE : MESURE
POTENTIEL ELECTROCHIMIQUE : MESURE
LA PROTECTION CATHODIQUE : CRITERES
Les critères de protection sont fondés sur la
théorie (thermodynamique et cinétique) mais
adaptés à partir de l ’expérience pratique du
terrain.
Critères de base pour l ’acier non ou faiblement
allié :
► Dans le sol :
< - 850 mV / Cu-CuSO4 saturé.
► Dans l ’eau de mer et les eaux salées :
< - 800 mV / Ag-AgCl eau de mer.
Modulations autour des seuils :
► Milieux anaérobies (présence de « BSR » activité
bactérienne).
Dans le sol :
– < - 950 mV / Cu-CuSO4 saturé.
Dans l ’eau de mer et les eaux salées :
– < - 900 mV / Ag-AgCl eau de mer.
DIAGRAMME DE POURBAIX POUR LE FER
DENSITES DE COURANT DE PROTECTION
« GENERALITE »
La densité de courant est la demande de la
structure en courant de protection.
La densité de courant est fonction du :
► Matériau à protéger.
► Pouvoir oxydant de l ’électrolyte.
la densité de courant augmente quand :
► Le pH diminue.
► La teneur en oxygène dissous augmente.
► La vitesse de circulation de l ’électrolyte augmente.
► Les turbulences dans l’électrolyte augmentent.
DENSITES DE COURANT DE PROTECTION
Ouvrage portuaire en eaux calmes :
► Zone de marnage :
• Acier nu : 80 mA/m²
• Acier revêtu : 40 mA/m²
► Zone immergée :
• Acier nu : 35 mA/m²
• Acier revêtu : 7 mA/m²
► Zone en fiche :
• 10 à 30 mA/m² en fonction des sols
Ouvrages exposés à la houle et aux courants :
• Les valeurs ci-dessus sont à majorer de 20 à 30%
Cas particuliers :
• Jusqu’à 150 mA/m² en immersion en Mer du Nord
• De 300 à 450 mA/m² dans les eaux arctiques (à cause
de la dépolarisation intense et à l’érosion provoquée par les particules
de glace)
Pour l ’acier non allié revêtu :
• Réduction de la densité de courant à appliquer au pro-
rata de l ’efficacité du revêtement (initiale et après
vieillissement).
DENSITES DE COURANT DE PROTECTION
Pour l ’acier non allié non revêtu dans :
► L’eau de mer :
• Mers chaudes : 70 mA/m²
• Mers froides agitées : 120 mA/m²
► Les fonds marins (vase) :
• 20 à 25 mA/m²
► Le béton :
• Préventif : 0,1 à 1 mA/m²
• Curatif : 10 mA/m²
PRINCIPALES APPLICATIONS
Ouvrages métalliques :
► Quais en palplanches
► Quais sur pieux
► Appontements
► Gabions de ponts
► Docks flottant
► Bateaux portes
► Portes d ’écluses +rails
► Canalisations
Ouvrages en béton armé ou pré-contraint :
► Plates-formes
► Caissons
► Parois moulée
► Appontements
► Piles de ponts
LIMITATIONS D ’EMPLOI ET EFFICACITE
Continuité électrique insuffisante :
► Dans l ’électrolytique.
• Contacts épisodiques.
• Effet d ’écran.
► Dans la structure de l’ouvrage.
• Pas ou peu de liaison.
Interférences entre ouvrages métalliques :
► Proximité dans un électrolyte commun.
► Courant vagabonds.
Effets nuisibles.
Dans le cas d ’un excès d ’abaissement du potentiel (limite du
seuil inférieur -1100 Ag-AgCl eau de mer).
► Décollement ou perte d ’adhérence des revêtements (effet
d ’écran diélectrique).
► Fragilisation de certains alliages (hydrogène).
► Corrosion alcaline des métaux amphotères (Al, Zn, Pb).
MÉTHODES DE CONTRÔLE
contrôle des anodes
Inspection visuelle (plongeurs)
mesure d ’épaisseur
témoins de corrosion :
2 témoins de corrosion constitués de plusieurs coupons de
même nuance que l’acier de la structure. Un témoin de
corrosion sous protection cathodique, l’autre sans protection.
Définir une cadence de relevage des témoins.
On pèse les coupons en fonction de cette cadence pour voir
l’évolution de la corrosion.
ATTENTION : ne jamais remettre en place un coupon dont on
vient de contrôler le taux de corrosion à moins de ré-usiner la
face corrodée avant remise en place.
MÉTHODES DE CONTRÔLE : contrôle des
anodes
Capacité électrochimique (en Ah/kg)
Composition chimique
Dimensions, poids (fissuration, flèche
Qualité interne par sciage (25, 33 et 50 % de la
longueur, 1 anode pour 10 t)
METHODES DE CONTRÔLE : mesure du
potentiel
Objectif :
► Connaître le potentiel réel métal -électrolyte par zone sur
l ’ouvrage.
Problèmes :
► Chute ohmique entre surface à contrôler et électrode de
référence.
► Variation du potentiel à la surface de l ’ouvrage.
Moyens de contrôle :
► Électrode de référence couplé avec un voltmètre à forte
impédance.
► Électrode de référence fixe permanente.
► Prise de potentiel.
Électrode référence fixe permanente
Témoins de corrosion
CONTRAINTES D’UN CHANTIER DE POSE :
contraintes liées au structures
Milieu aquatique et zones sous plafond :
► Accès à la zone de travail aisé quand il s’agit d’un bord à quai
► Accès plus difficile dans les zones isolées sur l’eau (ducs d’Albe
…)
► Accès délicat quand située en retrait sous un quai ou une plate-
forme
CONTRAINTES D’UN CHANTIER DE POSE :
contraintes liées au structures
Milieu portuaire et industriel :
► Contraintes économiques et commerciales : priorité à
l’exploitation => adaptabilité de l’entreprise, suivi du chantier,
information permanente
► Dangers liés aux industries : aspirations d’eau de mer, rejet
toxiques, => bonne connaissance des ouvrages, consignation
d’équipement, plans de prévention …
CONTRAINTES D’UN CHANTIER DE POSE :
contraintes liées au milieu subaquatique
Profession réglementée :
► Scaphandriers : profession encadrée par plusieurs textes de lois
relatifs à la formation, la protection, la surveillance médicale, aux
procédures d’accès, de séjour et de sortie du milieu hyperbare et
à l’organisation du travail sous-marin
• Modalités générales :
• Formation auprès de l’INPP ; stage de 2 à 3 mois
• Qualification générale : « scaphandrier classe II mention A »
(travail à 60 m maximum)
• Limite : temps d’immersion de 3 heures maximum par jour et
par personne
CONTRAINTES D’UN CHANTIER DE POSE :
contraintes liées à la plongée
Milieu sous marin pas naturel pour l’homme :
► Source de dangers
► Source de contraintes
► Conséquences sur l’organisme
Courants :
► Causes : marée, fleuve, déplacement d’un navire, configuration
particulière des lieux …
► Inconvénients : gêne dans l’exécution des tâches, source de
fatigue rapide, danger
► Action : pare-courant, raccourcissement des temps de plongée,
optimisation de l’organisation du travail
Température :
► Causes : climat, industrie …
► Inconvénients : conséquences sur l’organisme, fatigue, perte de
moyens
► Action : utilisation de vêtements adéquats, raccourcissement des
temps de plongée
CONTRAINTES D’UN CHANTIER DE POSE :
contraintes liées à la plongée
Profondeur :
► Causes : donnée inhérente à la nature de la plongée. Ouvrages
généralement en eaux profondes.
► Inconvénients : problème liés à la décompression (accidents)
► Action : limitation des interventions à grande profondeur quand ce
n’est pas nécessaire, respect des procédures de décompression,
utilisation de mélange gazeux, paliers à l’oxygène, optimisation
de l’organisation du travail en général et des inspections en
particulier.
Qualification :
► Causes : risques inhérents à la profession imposent une
qualification du personnel
► Inconvénients : rareté du personnel qualifié, coût élevé pour ce
type d’intervention
► Action : la qualification du personnel scaphandrier est une
contrainte, mais aussi une nécessité. Pas de parade
sérieusement envisageable. Le coût est à prévoir dans le budget
de la surveillance des ouvrages.
LIMITES DE L’APPROCHE SUBAQUATIQUE
Contraintes :
► Temps d’intervention courts
► Courants …
Phénomènes propres au milieu :
► Absence partielle ou totale de visibilité
► Pas de possibilité de recul et de prendre l’ouvrage dans son
ensemble
► Déformations optiques
MATÉRIEL DE PLONGÉE
2 procédés d’immersion :
► Plongée autonome : autonomie faible, pas de communication
avec la surface mais plus grande liberté de mouvement, légèreté
et rapidité d’intervention. Peu ou pas adapté.
► Plongée au narguilé : air fourni par un compresseur en surface,
autonomie illimitée, sécurité accrue et nombreuses possibilités
MATÉRIEL DE NAUTIQUE
Transport du personnel :
Transport du matériel :
MATÉRIEL DE MANUTENTION
LES PHASES PRÉPARATOIRES
Nettoyage
Inspection
Réparations
Études et contrôle des anodes
LA MISE EN PLACE
Fixation des inserts
Mise en place des anodes
Mise en continuité électrique
Contrôle et relevé des numéros de coulé
PHASES COMPLÉMENTAIRES
Mise en place des organes de contrôle
Rédaction du dossier réduit de protection
cathodique
Contrôle périodiques
NORMES ET RECOMMANDATIONS
Normes :
► NF A05.691 (certification des Agents Principes généraux).
► NF EN 12954 (Protection cathodique des structures métalliques
enterrées ou immergées ).
► NF EN 12473 (Principes généraux de la protection cathodique en
mer ).
► NF EN 12496 (Anodes sacrificielles pour protection cathodique
en eau de mer).
► NF EN 13174 (Protection cathodique des installations portuaires).
► NF EN 12696 (Protection cathodique de l ’acier dans le béton).
► NF EN 12474 (Protection cathodique des canalisations sous-
marines).
Recommandations DNV :
► RP B 401 (cathodic protection design).
QUELQUES SITES INTERNET
www.perso.club-internet.fr/cefracor/
► Centre français de l ’anticorrosion (CEFRACOR).
www.intercorr.com
► Point d ’entrée concernant la corrosion.
www.nace.org
► Nace International, the corrosion society.
www.paint.org
► National Paint&Coatings association (NPCA).
www.cp.umist.ac.uk/jcse
► International corrosion council and corrosion and protection
center.
www.cdcorrosion.com
► Approche théorique et expérimentale de la corrosion.
BIBLIOGRAPHIE
« Corrosion localisée » de F. DABOSI, G. BERANGER, B.
BAROUX (Les Editions de Physique).
« Corrosion des métaux et alliages » de G. BERANGER et
H. MAZILLE (Hermès Sciences publications).
« Que sais-je ? La corrosion des métaux » de A. HACHE
(Presses Universitaires de France)
« Corrosion Protection : principes fondamentaux » de
John C. SCULLY (Editions Masson).
« Guide des techniques de mesures en protection
cathodique » de la Commission Protection Cathodique.
« Manuel de Protection Cathodique » (Editions Technip)
« Dégradation microbienne des matériaux » (Editions
Technip)
CONCLUSION
La protection cathodique est le système actif
« idéal » de protection dans les électrolytes (sols,
eaux) quand elle peut être employée.
Elle peut être employée en association avec un
revêtement de protection passif.
L’affinement des méthodes de contrôle permet de
mieux s’approcher de la réalité du niveau de
protection.
COMPARAISON
« Système par Anodes sacrificielles /
Système par courant imposé »
CHOIX DES ALLIAGES SACRIFICIELS
COÛT DE LA PROTECTION CATHODIQUE
• Anodes fournies et posées : 7 € / kg
• contrôle de potentiel : 4000 € / contrôle