Comprendre l'économie de la protection sociale
Comprendre l'économie de la protection sociale
1. Différents régimes d’assurance sociale (obligatoire, imposés et contrôlés par les pouvoirs
publics).
On va retrouver les régimes d’intervention des pouvoirs publics qui vise une solidarité nationale sur
une population ciblée (personnes âgées, personnes handicapées, victimes de la pauvreté ou de
l’exclusion sociale). C’est un financement par l’impôt avec une logique d’assistance ; on aide les
gens qui en ont besoin.
Cette assurance sociale gère les principaux risques (vieillesse, maladie, les AT, la famille et le
chômage)
3. Régimes employeurs
Ce sont des prestations liées au contrat de travail (par des conventions collectives négociées ou des
accords d’entreprises par exemple). Elles sont versées directement par l’employeur. Ex :
compléments d’indemnités journalières, indemnités de licenciement.
Le regroupement de ces 3 premiers types de régime est qualifié d’effort social de la nation
5. Régimes d’Intervention Sociale des Institutions Sans But Lucratif au service des Ménages
Financés par des subventions, qui couvrent le risque invalidité, pauvreté-exclusion. C’est de
l’assistance sociale : ex Croix-Rouge, Secours Catholique etc.
Ces 5 grands types de régimes constituent alors ce qu’on appelle la protection sociale.
Vieillesse-Survie : elle regroupe les pensions de droit direct (vieillesse) ou dérivés (survie :
pensions de réversion et assurance veuvage).
Emploi : ne s’arrête pas à la seule indemnisations du chômage même s’il c’est l’essentiel.
Pour le risque chômage : toutes les prestations versées à des personnes privées d’emploi qui ne
remplissent pas les conditions normales de droit à la retraite et dont la cessation d’activité n’est pas
envisagée comme définitive.
+ les préretraites, + le versement compensant la perte de salaire due à l’absence de travail pour
cause de formation professionnelle.
Logement : Principalement les allocations de logement et des prestations extra-légales des régimes
spéciaux.
3 alloc logement (couverture partielle des frais de logement) :
- ALF Allocation de logement à caractère familiale
- ALS Allocation de logement à caractère social
- APL Aide personnalisée au Logement
Elles sont attribuées sous conditions de ressources des individus et sous condition de salubrité et de
peuplement.
Financement de la PS :
→ Les cotisations sociales : qui constituent près des 2/3 des ressources. Elles portent en partie sur
les employeurs et les employés.
→ Les impôts et taxes affectées : les plus représentatives sont la CSG (attention dualité) ainsi que
les taxes sur les tabacs et alcools.
→ Les contributions publiques : sont constituées des versements de l’État aux divers régimes
prélevés sur le budget général.
On passe à des sources de financement de plus en plus fiscal et moins axé sur les cotisations.
Pourquoi ?
→ pour distinguer le financement de la solidarité nationale de celui des dispositifs assurantiels
→ pour alléger les charges sur le coût du travail
→ pour asseoir le financement de la PS sur une assiette plus large que les salaires.
→ La progressivité se développe (ex avec l’absence de déductibilité d’une partie de la CSG sur le
revenu imposable)
→ Il y a débat parce qu’il paraît assez logique qu’une prestation complètement déconnectée du
revenu (minimum vieillesse, prestation familiale, RSA) soit financée par l’impôt. C’est un filet de
sécurité donc financée par l’impôt.
→ A contrario une cotisation finance les prestations d’assurance proportionnellement au salaire
(retraite, indemnité de maladie, accident du travail). Si on fait de l’assurance chômage un filet de
sécurité, ça ne s’appelle plus une assurance, et si on donne un montant de « minima sociaux »
comme la vieillesse (600€), qql qui avait un emploi avec une rémunération élevée ça lui fait un
choc.
→ Les réformes des années récentes (CSG, financement du RSA) ont contribué à clarifier ce point
pour préciser pourquoi tel montant est octroyé.
3. Débat sur la maîtrise des dépenses (branches maladie et retraite)
Ce débat est confus, le déficit s’intègre dans le déficit public (il ne doit pas dépasser 3 % du PIB
selon le Pacte de Stabilité et de Croissance)
L’endettement des organismes de sécurité sociale est en principe proscrit donc on a un financement
par l’emprunt de l’État qui va combler les déficits du système de protection sociale.
Nous avons donc dans cette section posé les limites de notre analyse :
→ les risques couverts son délimités
→ les institutions concernées sont précisées
→ les différents types de financement sont connus
→ A l’extrême droit, on trouve une conception minimaliste : les ultra-libéraux (Nozick 1974), mais
l’origine peut se trouver dans le libéralisme français du 19e siècle avec Bastiat, Say.
Ces auteurs vantent les mérites du marché de la concurrence où l’intervention de l’état est
considérée comme une simple institution qui se limite à assurer la protection contre le vol, la fraude,
la force et s’assurer de la réalisation des contrats.
Une fois que les droits de propriété sont reconnus, tout fonctionne. Le marché fournit, à lui seul, les
conditions optimales pour réaliser les opérations d’échanges, de production et de distribution. On a
beaucoup de mal à mettre des droits de propriété sur l’air : il y a bcp de pollution.
→ On retrouve une conception plus large avec Buchanan et Tullock (1962) qui repose sur le
principe de l’unanimité et de l’efficacité parétienne (pareto)
Ici on va plus loin que les libéraux si le gouvernement entreprends des activités qui font consensus
au sein de la population.
Puis, l’État devrait donc se limiter à des politiques efficaces, c’est à dire des politiques qui
augmentent le bien être de certains individus sans diminuer le bien-être d’autres : ça c’est une
politique efficace.
→ Enfin, la conception moderne qui va reposer sur les travaux de Musgrave où cette conception
reconnaît 3 fonctions essentielles pour l’État :
• Une fonction de redistribution (réallouer les ressources plus équitablement entre les
individus)
• Une fonction d’affectation des ressources (corriger les échecs du marché)
• Une fonction de stabilisation macroéconomique (pour limiter les cycles économiques de
crise mais aussi d’expansion)
→ Le marché ne peut pas tout produire donc il y a une existence de « biens collectifs purs » :
• Principe de non-rivalité et de non-exclusion dans la consommation (armée, recherche
médicale)
• Un problème du passager clandestin (le free-rider) : personne ne veut payer pour mais tout
le monde veut consommer. C’est pour ça que c’est une défaillance de marché, l’État ne peut
pas garantir une armée à une population, il peut garantir qu’une police, les mercenaires
privées défendent des intérêts privés.
• Un problème de tarification : pouvoirs publics, on ne sait pas combien ça vaut. Vrai aussi
pour la recherche médicale. Difficulté à tarifer la recherche fondamentale.
→ Existence d’externalités :
• Ça représente l’impact de la production ou de la consommation d’un bien sur la situation
d’un individu non-impliqué par l’action, sans compensation. Ex : avec la pollution qui créer
des externalités négatives alors que la vaccination créer des externalités positives.
Pour la pollution, l’intervention de l’État n’est pas systématique, soit on croit au marché
(donc il y a un marché de droit à polluer qui va minimiser le problème), soit on va intervenir
selon le principe du pollueur payeur. On est pas sur une interdiction de la pollution mais sur
une gestion de la pollution.
→ Information imparfaite :
• Le prix ne véhicule pas toute l’information nécessaire à la réalisation d‘actions parfaitement
rationnelles. Ex du tabac : environ 10€ mais pour avoir une information en prenant en
compte les externalités liées au conséquences du tabagismes, ça arriverait à 25€.
• La qualité des produits, voire toxicité n’est pas retranscrite dans le prix.
• Du coup, l’intervention publique se situe ici au niveau des labels, des normes et des taxes
(tabac, alcool…).
→ Justice commutative : rapport entre les individus par l’égalité en droit des personnes.
→ Justice distributive : rapports entre chaque individus et le reste de la société. Elle vise à corriger
les inégalités qui existent entre les individus dans la société.
Nous sommes égaux en droit mais pas égaux économiquement.
Justice sociale : respect d’un principe de répartition des richesses conforme aux valeurs de la société
considérée. Selon Fleurbaey (1996), 3 valeurs fondamentales à la justice sociale :
1. Liberté,
2. Neutralité,
3. Impartialité.
Selon l’économiste et prix Nobel Amartya Sen, tous les protagonistes à ce débat prônent la notion
d’égalité.
Mais la question clé est celle de savoir, égalité de quoi ?
- L’égalité des droits juridiques,
- L’égalité des chances,
- L’égalité des conditions,
Les libéraux, sur la redistribution parle de perte d’efficacité pour l’égalité des droits juridiques.
L’équité est de facto réalisée car chacun reçoit l’équivalent de sa contribution parce que pour eux
les revenus dépendent de l’effort et du talent de chacun.
L’égalité des chances n’a de ce fait pas lieu d’être et est condamnée car elle est désincitative à
l’effort : ex les parents dont l’effort visent à précisément à augmenter les chances de leurs propres
enfants (accès à de grandes écoles, droits de succession).
Cela rejoint Arthur Laffer qui dit que l’impôt décourage le travail et que l’aide sociale encourage
l’oisiveté. Il conclut qu’au delà d’un certain seuil d’imposition, pour augmenter les recettes fiscales
il faut réduire la pression fiscale, et non pas l’augmenter. Donc si on baisse les prestations, les gens
seront obligés de trouver du travail et cela recréer de l’économie. C’est la fameuse courbe de
Laffer : trop d’impôt tue l’impôt.
A l’opposé, on trouve la vision de Keynes qui est basée sur l’optique de la demande : vers une
égalité des conditions.
Selon lui, la propension moyenne à consommer (C/Y) diminue avec le revenu : plus on est riche
moins la part du revenu consacré à la consommation est importante. Donc les riches consacrent une
part importante du revenu à S (épargne) plutôt qu’à C (consommation.)
Mais, C est la principale composante de la demande adressée aux entreprises.
Donc, dans un circuit keynésien, réduire les inégalités équivaut donc à soutenir l’activité : la
réduction des inégalités procurent à la fois + de justice et + d’efficacité.
La vision de Keynes va donc à l’encontre des libéraux parce que la redistribution procure une
certaine forme d’efficacité économique en plus d’être de justice sociale.
Il existe aussi une position intermédiaire, celle de John Rawls. C’est un économiste du bien-être
qui prône l’égalité des chances.
Rawls prône le fait qu’il faut être en mesure d’établir un contrat social qui donnerait la priorité aux
plus pauvres tout en ne prélevant pas des montants désincitatifs sur les autres. Il faut une priorité
aux plus vulnérables. Cela signifie aussi que ce critère justifie la mise en place d’aide aux plus
nécessiteux mais ne veut pas dire que l’on doit vivre obligatoirement dans une société totalement
égalitaire.
C’est dans ce courant que l’on trouve l’idée d’une protection sociale résiduelle de type « filet de
sécurité »
On peut aborder le voile d’ignorance de John Rawls : ex : on est un extra-terrestre qui débarque sur
la Terre et ne connaît rien à ce qui s’y passe. On doit choisir un degré de solidarité, d’équité et de
protection sociale avant d’arriver sur terre. Donc le choix se situe entre :
On fait comme si, on se voilait nos connaissances par rapport à ce qu’il se passe.
C’est ainsi que le degré de protection sociale se choisit.
On va distinguer :
Bien sûr, ces formes de redistribution sont imbriquées dans tout système de protection sociale.
- Ex : le risque chômage constitue avant tout de la redistribution horizontale mais aussi vertical (les
cadres financent les allocations chômage des ouvriers) et intergénérationnelle (les jeunes actifs ont
une probabilité plus forte d’être au chômage que les autres).
Bismarck nous fait la carotte et le bâton dans le même temps qu’il impulse ses lois de protection
sociales : « loi de fer » de 1978 : une répression féroce contre les sociaux-démocrates et les ouvriers
(dissolution des syndicats et du SPD, suppression de la liberté de presse et réunion) avec une vaste
réforme sociale.
Donc ces 3 logiques montrent donc que le travail est au centre des préoccupations de la protection
sociale assurantielle.
Problème : dans une situation de chômage important, le poids des non-cotisants devient très lourd et
menace l’équilibre financier du système.
Le modèle Beveridgien
Il provient en grande partie de la crise des années 30, et du chômage massif. On couple ça aussi à la
seconde guerre mondiale où l’Angleterre se retrouve seule et isolée.
Churchill : nécessité d’assurer à tous de meilleures conditions de travail et de profiter du climat de
grande solidarité nationale pour mettre en place de grandes réformes.
→ il nomme Lord William Beveridge de prendre la tête d’une commission interministérielle pour
mettre un œuvre un système de protection sociale (rapport en 1942)
Il dit « ce que nous faisons pour la guerre, pourquoi ne pas le faire pour le bien-être ? » Beveridge.
Encore une vision politique : fenêtre d’ouverte pdt la guerre, on en profite.
Beveridge propose donc la mise en place d’un droit à la sécurité sociale pour tous qui repose sur les
3 principes majeurs (les 3 U) :
→ L’universalité :
Cela signifie que tout individu a droit à la protection sociale indépendamment, de façon déconnecté,
de sa position sur le marché du travail. Le système est universel, il généralise la couverture sociale à
chaque individu quelque soit son statut socioprofessionnel. C’est basé sur la citoyenneté (il faut une
condition de résidence sur le territoire britannique). Il n’y a pas de distinction entre assurance et
assistance.
Le principe d’universalité signifie également que le système doit être complet en assurant une
protection à l’égard de toute situation défavorable (maladie, handicap, famille)
→ L’uniformité :
Les prestations sont identiques pour tous et indépendantes de la situation professionnelle et des
revenus du bénéficiaire (forfaites par référence à un minimum vital). On a aussi une uniformité pour
les contributions : le financement est assis sur des prélèvements forfaitaires et non proportionnels au
revenu. Tous les citoyens paient la même chose, sauf les plus pauvres. De plus, le financement il est
avant tout fait sur l’impôt plutôt que sur les cotisations sociales.
→ L’unicité :
On a un système unique qui doit gérer l’ensemble du système. Cela implique une unité de la
couverture sociale (≠ des assurances multiples et spécifiques à chaque risque) ainsi qu’une unité du
service public sous l’autorité d’un grand ministère nationale de la Sécurité Sociale.
Assurance : on a cotisé avant pour prévenir un risque alors que l’assistance = on a rien cotisé avant, mais si y’a un
risque on vous assiste.
Ces prestations rompent avec la logique d’assurance bismarckienne dans laquelle c’est le travail et
l’appartenance professionnelle qui déterminent les droits à la protection.
Pour cela, il utilise 3 indicateurs pour construire les idéaux types de l’Etat-providence :
1. Le degré de démarchandisation :
E-A soutient que la fonction principale des États Providence est de s’extraire plus ou moins
fortement du marché dans des conditions légalement construites tout en bénéficiant de
prestations de remplacement. Cette indice s’établit à partir de 3 indicateurs :
→ le 1er se compose des règles d’éligibilité, de l’importance des droits garantis aux
bénéficiaires et de la durée des droits obtenus.
→ le 2e est lié au montant des revenus de remplacement (arrêt maladie, retraite, chômage).
Encore l’idée de filet de sécurité : allocation handicapé, vieillesse…
En combinant ces indices, E-A aboutit à 3 types d’État Providence (du moins démarchidansant au
plus démarchandisant) :
Le régime libéral :
→ L’objectif est de protéger les citoyens contre la pauvreté en assurant leur besoin fondamentaux
mais c’est le marché qui doit intervenir.
L’État n’intervient qu’en dernier ressort, les prestations sont limitées en valeur et dans le temps. Ce
régime, financé par l’impôt, produit de fortes inégalités.
Le régime conservateur-corporatiste :
→ Il s’agit de maintenir le statut par des prestations tenant compte du revenu à remplacer ;
- appuyé sur le travail salarié
- reposant sur le mécanisme de l’assurance sociale
- financé principalement par des cotisations sociales
=> Ce régime assure de bonnes prestations, mais est conditionné par l’accès à l’emploi.
En cas de chômage de longue durée, les salariés perdent leur droit à la sécurité sociale et basculent
dans les dispositifs de l’aide sociale.
Résumé en tableau :
Limites et enrichissements
Il y a pas mal de critiques des courants féministes : intégration de notions sur la division du travail
professionnel et domestique (taux d’activité, réglementation sur le temps de travail, segmentation
des emplois, dispositifs de congés familiaux, accueil de la petite enfance…).
Il y a aussi la création d’un nouveau modèle spécifique aux pays du sud (allocation peu généreuses,
fortes inégalités de revenus, insertions des jeunes, place de la famille, systèmes de santé).
Introduction :
=> Ce service rendu par les organismes d’assurance, en tant que producteur de statistique, est de
faire passer du stade de l’incertitude à celui du risque.
Par contre, les risques ou incertitudes relatifs à des enjeux importants peut conduire à des
inconvénients et ici on parle d’aversion au risque.
• On nous donne un billet de loterie avec une chance sur deux de gagner 20 000 ducats (pièces
d’or). L’espérance de gain est donc de 10 000 ducats.
• Ici, on nous propose de racheter notre billet (un gain risqué (1 chance sur 2) ou un gain
certain (par le rachat). 3 cas se présente
→ On accepte à un prix inférieur à 10 000 ducats : averse au risque
→ On accepte de le vendre qu’à un prix supérieur à 10 000 ducats : ici préférence pour le
risque.
→ On accepte de le vendre qu’au prix de 10 000 ducats : on est neutre vis à vis du risque.
Le comportement face au risque et donc le désir de protection varie selon les personnes.
→ La plupart des personnes préféreront ne pas attendre le tirage et vendre le billet par exemple
9000 ducats.
1. L’État estime mieux les risques que les autres agents économiques car il dispose de moyens
supérieurs pour la collecte et l’analyse des données ;
2. L’information que diffuse l’État est plus neutre car il est sans but lucratif et sans crainte de
rentabilité à court terme ;
3. L’État dispose du monopole de la contrainte.
→ Il peut obliger les individus à s’informer (médecine du travail)
→ empêcher l’accès à certains médicaments,
→ obliger les individus à se protéger par de l’épargne ou par l’assurance.
Écriture de la CBI
Définition : C’est toutes les combinaisons de consommation que l’individu peut atteindre sur
l’ensemble de sa vie.
→ Si l’individu consomme trop durant sa jeunesse, il devra consommer moins durant sa retraite.
→ plus, l’individu ne peut consommer plus que ce qu’il ne gagne sur l’ensemble de sa vie : il ne
peut pas mourir endetté.
→ L’individu a un salaire en période d’activité et plus aucun revenu en période de retraite.
La valeur actualisée concerne la consommation future. Si 1€ actuel vaudra 1+r euros demain, 1 euro
à valoir demain vaut 1/(1+r) euro aujourd’hui. En valeur actuelle, une dépense de d euros demain
vaut d/(1+r) aujourd’hui.
Représentation de la CBI
Le problème qui se pose à chaque individu est de maximiser son utilité de cycle de vie sous
contrainte de budget :
Maximiser U (c,d) : s.c. c+ d/1+r = w
Cela revient à chercher la combinaison entre consommation présente et future qui lui procure le
maximum de satisfaction.
La variable cruciale et l’optimisation revient à choisir un niveau d’épargne qui maximise la fonction
d’utilité.
L’épargne est donc déterminée de façon endogène comme la différence entre le salaire et la
consommation en première période (s=w-c)
Donc s dépend positivement de w
Mais s dépend positivement ou négativement de r
Ces chocs peuvent provenir de l’intervention de l’État (mais aussi du marché ou de forces
exogènes).
Dans un système sans intervention de l’État, le consommateur durant son cycle de vie passe par 4
phases de gestions optimisées de son patrimoine :
→ Le total des revenus actualisés doit obligatoirement être supérieur au total des consommations
actualisées.
→ Il faut que le consommateur puisse toujours épargner ou emprunter au taux d’intérêt du marché.
→ L’individu doit pouvoir prévoir convenablement sur le long terme ses gains, ses dépenses et sa
durée de vie.
Les 2 dernières conditions ne sont pas toujours respectées = on a une remise en cause de ce profil
d’accumulation optimal (imperfections du marché du capital)
Exemple : A qui on prête de l’argent ? On prête aux riches en général, pourquoi pas aux pauvres ?
Ou alors oui, mais à des taux plus élevés quasiment pas abordable pour les plus pauvres car les
mensualités sont trop excessives pour leurs moyens.
Donc les contraintes de liquidité (ou rationnement du crédit) ne sont pas les mêmes pour tous : on
ne prête qu’aux riches.
+ Les banques prêtent plus facilement aux personnes disposant d’un patrimoine important ou de la
caution d’un proche, à celle ayant un CDI, aux élèves des grandes écoles etc.
Conclusion : Si l’on ajoute la myopie des individus, on comprends alors très bien pourquoi il
appartient à l’État d’assurer la protection sociale des individus en particulier en matière de retraite.
Mais pourquoi le marché, au travers des organismes d’assurance, ne pourrait-il pas se substituer à
l’État dans ce rôle ?
Le but de l’assurance :
→ producteur de statistiques : transformation d’une situation d’incertitude en un débours préalable,
fixe et définitif.
→ permet la prévisibilité : principe de mutualisation du risque.
Hypothèses :
Un individu a :
→ un revenu R
→ une voiture valant 5000 euros
→ 1 chance sur 10 de se la faire voler dans l’année
De l’autre côté, l’assureur est neutre vis-à-vis du risque : il accepte d’assurer l’individu si son profit
Pi est positif, et Pi sera positif dès l’instant où il est supérieur à 400.
Remarque : dans un marché concurrentiel avec libre entrée, on a pi = 0 et p = 400. On dira que
l’assureur fixe une prime actuariellement neutre : chaque assuré paie ce qu’il recevra de
l’assurance en espérance.
Définition : La moyenne des variables aléatoires suivant une même loi de probabilité converge vers
une valeur théorique lorsque l’échantillon devient très grand => transformation de coûts individuels
aléatoire en un coût certain (la moyenne)
→ Cela limite les risques de perte et permet d’avoir des tarifs plus faibles
→ Primes = coût moyen du sinistre (+ frais de gestion et marge)
Ex : le vendeur d’une voiture d’occasion connaît mieux les caractéristiques de sa voiture que
l’acheteur éventuel.
Les acheteurs savent que le marché comporte des voitures de mauvaise qualité. Ils cherchent donc à
payer les voitures au prix le plus bas.
Problème : à ce prix, les propriétaires de voitures de qualité refusent de les vendre et se retirent du
marché. Au final, il ne restera sur le marché que les produits de mauvaise qualité (les lemons).
L’asymétrie d’information provoque un problème de sélection adverse et empêche le marché de
fonctionner de façon efficiente.
Les assurés connaissent leur état de santé mais pas l’assureur (il connaît juste les effectifs (le
nombre de malade) et leurs probabilité de maladie).
Le montant des restant à charge en cas de maladie est le même pour les deux types d’assurés D et
un individu veut s’assurer si la prime couvre (le prix de la police d’assurance maladie) est égal à la
probabilité d’apparition de la maladie multiplié par le reste à charge (Pik x D)
L’assureur a deux possibilité : soit il tarif collectivement, soit il tarif au risque.
Tarification au risque :
Ici, les individus en mauvaise santé veulent toujours s’assurer car leur probabilité d’être malade est
supérieure à la moyenne, par contre, les individus en bonne santé peuvent préférer ne pas prendre de
mutuelle. Et là, c’est de l’antisélection car ne reste sur le marché que des assurés malades ce qui
peut conduire à une faillite : rembourse un prix inférieur à ce que va coûter les dommages car bcp
de malades donc elle ne récupère pas assez d’argent pour rembourser tous les dommages.
En conclusion, un contrat unique peut exclure les bons risques. On a une hausse de la prime pour
ceux en mauvaise santé peut exclure les plus modestes et potentiellement les plus vulnérables. Le
fait que l’assuré ne connaissent pas les bons des mauvais risques est un problème mais surtout que
les bons risques ne peuvent pas annoncer de manière crédible que ce sont des bons risques.
→ Acquérir de l’information sur l’assuré pour proposer une gamme de tarif en fonction de la classe
de risque.
→ Proposer des contrats séparateurs comme révélateur d’information
Limites :
Les bons risques sont pénalisés en ne pouvant pas obtenir de couverture complète,
Le choix d’un contrat peu cher peur simplement découler de l’hétérogénéité des revenus.
On insère souvent ça dans des relations d’agence : les actions des agents ou le contexte dans lequel
elles opèrent sont inobservables (ex on assure la voiture de qql sans savoir comment il roule) => le
prix de la prestation ne peut être fixé en fonction de l’action accomplie.
Ce phénomène d’aléa moral explique les difficultés pour les assurances privées de prendre en
charge certains risques sociaux : risque famille, chômage
→ Dans le domaine du risque famille et maternité, la prise en charge est impossible puisqu’il s’agit
d’un risque totalement endogène (vouloir un enfant).
→ Le fait d’être assuré est susceptible d’engendrer un relâchement de l’effort de maintien de
l’emploi ou de prolonger la durée de la période de chômage.
Finalement, seules les assurances sociales sont donc à même de proposer une couverture pour les
risques chômage et famille.
Pour les autres risques, les différentes méthodes utilisées par les assurances privées sont sources
d’inefficacité et d’inéquité :
→ Par le biais par exemple des contrats séparateurs qui pénalisent les agents au comportement
moral : les + prudents qui finalement paient pour les – prudents.
→ Les discriminations ex-ante défavorise certaines personnes pouvant être assimilées à des
personnes immorales.
→ La franchise ne distingue pas entre la personne malchanceuse et celle ayant pris des risques.
→ Prise en charge publique des risques sociaux : moins coûteuses qu’un recours au marché des
assurances privées.
→ L’existence d’économies d’échelle, l’assurance sociale constitue un monopole naturel.
Ainsi, en 2005, la protection sociale c’est 21 milliards de frais de fonctionnement (rémunération,
fournitures, matériel informatique…) = un peu moins de 4 % du total de ses dépenses.
→Concernant l’assurance maladie privée, le coût administratif de gestion = entre 15 et 20 %.
La faiblesse des coûts de l’assurance publique et ceux de l’assurance privée peut s’expliquer par 4
raisons principales :
→ Il s’agit tout d’abord d’institutions sans but lucratif qui ne sont pas soumises à la contrainte
de profit. (le taux de rentabilité chez Axa était en 2000 de 12%)
→ L’assurance publique bénéficie d’un chargement de sécurité beaucoup plus faible (<1%) du
fait de leur grand nombre d’adhérents (14 millions de cotisants actifs à l’assurance maladie du
régime général).
→ L’absence de concurrence permet de supprimer tous les frais de prospection commerciale.
→ La gestion est extrêmement simplifiée puisque le calcul de la cotisation est uniforme et que les
prestations proposées sont identiques.
En conclusion, les assurances sociales sont une réponse de la société aux insuffisances et aux
défaillances des assurances privées en matière de protection contre les risques, elles se substituent
au privé dans la couverture des risques touchant à la personne humaine (santé, vieillesse, le
chômage, famille) mais tout en laissant une place à une libre couverture complémentaire pour ceux
qui estiment que la couverture de base n’est pas suffisante.
Par contre, cette assurance sociale exclue de son champ la protection des dommages matériels et la
responsabilité civile.
Les modalités de gestion des assurances sociales sont aussi sociales car elles s’affranchissent de 3
caractéristiques des marchés concurrentiels :
→ Le prix payé est indépendant de la probabilité individuelle de risque,
→ Le producteur est en situation de monopole,
→ La consommation de service est obligatoire.
Le but du chapitre c’est de comprendre pourquoi la protection sociale peut être appréhendée comme
un outil économique au même titre que les politiques budgétaire et monétaire.
L’équilibre keynésien dit que le revenu est soit consommé soit épargné. Ce revenu constitue la
demande, à travers la façon dont les gens dépensent leur revenu. Une fois la demande établie, c’est
une contrainte pour les entreprises qui produisent ensuite, ensuite cette production va constituer du
revenu par l’identité comptable (les salaires par exemple).
On a 3 sortes de marchés :
→ Le marché des biens et services, le marché des facteurs, les marchés financier
Keynes nous dit que si la production augmente alors le revenu augmente. Mais si le revenu
augmente alors la demande va encore augmenter.
Cet enchaînement s‘arrête à un moment car :
- à chaque fois que le revenu augmente d’une unité, - la demande finale augmente d’une quantité
inférieure à l’unité.
La demande qui s’adresse aux entreprises c’est donc la dépense des ménages, celle des entreprises
et celle de l’État. Cela détermine une large part du revenu total d’une économie. On notera alors que
dans le modèle keynesien la production est égale à la demande :
Y le revenu, les richesses = C consommation + I investissement + G dépenses publiques + X les
exportations – Z les importations.
On supposera donc que l’État n’intervient pas dans notre économie fictive, qu’il n’y a pas de
système de protection sociale, qu’il n’y a pas de relations avec l’extérieur.
Une fonction simple qui satisfait ces trois postulats est la fonction de consommation linéaire
suivante :
→ C = C0 + Cyd
C0 : le minimum vitale, la consommation incompressible
Yd : le revenu disponible
C : propension à consommer (la part de consommation dans le revenu)
L’investissement
→ L’investissement des entreprises : l’autre composante du modèle keynésien de base
Cette investissement représente toutes les composantes destinées à maintenir et accroître le stock de
capital de la Nation.
Il se décompose en 3 parties :
1- L’investissement des entreprises qui augmentent leur stock de capital,
2- l’investissement résidentiel qui inclut l’achat des nouveaux immeubles par les ménages,
3- les variations de stock dans les entreprises.
Nous allons supposer, pour simplifier, que l’investissement est exogène et ne dépend ni du revenu ni
du taux d’intérêt : I = I0
Fonction de demande
Comme C = C0+cY et I = I0
On obtient, la DA = C0+cY + I0
Équilibre keynésien
On peut représenter l’équilibre graphiquement.
→ La production peut se représenter par une droit à 45 degrés en fonction de Y.
→ L’équilibre est le point où la fonction de demande agrégée croise la droite à 45 degrés.
Deuxième situation :
Analytiquement,
Y = DA
sauf que DA = C0 + Cy + I0
Y – cY = C0 + I0
(1-c)Y = C0 + I0
A l’équilibre (le point E) : Y = (C0 + I0) / (1-c)
Le revenu d’équilibre est d’autant plus important que la consommation et l’investissement sont
importants.
Exemple numérique :
Supposons que C0 = 50, I0 = 50 et c+ 0,8
YE = (50+50)/(1-0,8) = 500
Par souci de simplification, nous supposons que l’intervention publique se limite à la seule sécurité
sociale.
Côté recettes :
→ Les prélèvements sociaux sont proportionnels au revenu : T = tY
Le taux t permet de connaître de combien augmentent les recettes de la protection sociale lorsque le
revenu national augmente de 1€. Supposons que ce taux soit égal à 30 %.
Côté dépenses :
→ La distribution de biens, de services et de revenus qu’implique la protection sociale : R = R0 –
rY
R0 étant l’ensemble des prestations indépendantes du revenu (dépenses de soins, allocation
familiales, retraites)
r étant le taux marginal de redistribution sociale
→ ce taux permet de mesurer de combien diminuent les dépenses de protection sociale lorsque le
revenu national progresse de 1€.
→ En effet, lorsque Y augmente, le nombre de bénéficiaires sous condition de ressource ou
compensant l’absence d’emploi (chômage) va baisser => économie pour la protection sociale.
1- Le raisonnement est ceteris paribus (toute chose égale par ailleurs), dans la réalité les dépenses
effectives R de protection sociale dépendent de l’évolution de variables démographiques (nombre
total d’habitants, l’état de santé de la population, structure par âge de la population).
De plus, R0 et r évoluent en fonction des décisions publiques portant sur les conditions d’attribution
des prestations (plafond), sur les taux de remboursement (santé) et sur les revalorisations des
prestations (retraites).
2- Les valeurs t et r dépendent du sens de l’évolution des revenus (existence de plafond sur
certaines cotisations) et de la répartition de l’augmentation des revenus (bas/haut salaire, revenu du
travail/capital)
3- L’équation de dépenses sociales est ici présentée sans son impact conjoncturel. On sait que sur le
long terme les prestations sociales augmentent plus que proportionnellement avec le niveau de
développement (prestation sur PIB = 12 % en 1949 et 30 % en 2003).
Par ailleurs, il apparaît un nouveau multiplicateur de dépenses sociales. En effet, comme dans le cas
de l’investissement, une augmentation des dépenses de protection sociale (R0) va augmenter le
revenu d’équilibre de manière plus que proportionnel.
Plus faible car : une partie des prestations sociales supplémentaires distribuées (20 %) est
immédiatement épargnée ce qui n’arrive pas dans le cas d’une augmentation du même montant de
l’investissement.
Synthèse :
→ Le revenu d’équilibre n’est pas modifié après introduction de la PS (si T = R)
→ Le multiplicateur de l’investissement est réduit
→ Création d’un multiplicateur des dépenses sociales
Ces deux résultats vont permettre d’expliquer les deux impacts macroéconomiques des systèmes de
protection sociale. Ils vont permettre :
Sur le court terme : via les déficits sociaux de régulariser la croissance
Sur le long terme : via la redistribution verticale d’élever la tendance de croissance
La durée qui sépare deux pics ou deux creux est appelée un cycle économique. Les causes du
cycle économique sont très variées : guerres, chocs pétroliers, bulles spéculatives, nouvelles
inventions…
Causes et explications multiples et variées mais 1 volonté de les prévenir ou de les amenuiser.
Un nombre certain de prestations sociales sont relativement neutres vis à vis de la situation
économique conjoncturelle.
Les dépenses au titre de l’assurance chômage (aide sociale aussi) jouent quant à elle un rôle
particulièrement positif (plus élevées en période de crise économique).
Au total, en période de récession, la protection sociale atténue les effets néfastes de la crise car,
même si tous les secteurs de l’économie sont déprimés, la protection sociale soutient
automatiquement la consommation.
⇒ Cela vient en concurrence entre une relance fiscale (baisse des taux d’imposition) ou budgétaire
(hausse de l’investissement public, du nombre et du traitement des fonctionnaires) et une relance
sociale.
L’efficacité respective de ces diverses politiques dépend très fortement du budget public et de la
protection sociale.
→ De plus, les prélèvements se font sur une assiette plus large car les cotisations sociales
concernent toute la population active alors que seul un foyer sur 2 paie l’impôt sur le revenu.
2) → La facilité de mise en œuvre et la relative rapidité des effets de la protection sociale
permettent de réduire le temps s’écoulant entre la décision et ses effets sur l’économie.
En effet, le budget public est une machine lourde dont tout changement de cap nécessite
l’approbation du parlement.
En outre, la mise en application des mesures choisies (recrutement, appel d’offre) engendre des
délais assez longs.
A l’inverse, les prestations sociales (ou les allégements de charges) ont l’avantage d’une certaine
souplesse (ex : triplement de l’allocation de rentrée scolaire en 1993)
La protection sociale porte donc en elle une large part de redistribution (expression revenu de
transfert).
Les prestations sociales : plus d’1/3 du revenu disponible brut des ménages.
Ce chiffre est une moyenne :
→ Pour les plus démunis, les prestations sociales peuvent en effet constituer le seul revenu.
En transférant de l’argent de ceux qui en ont le moins besoin vers ceux qui en ont un besoin
immédiat, la protection sociale est un garant de l’équité sociale.
Au même titre que la fiscalité, elle permet de corriger les inégalités sociales.
Cette fonction de justice sociale est économiquement efficace si elle permet un soutien de la
consommation.
Le revenu nouveau doit alors être consommé, il fournira des débouchés aux entreprises qui pourront
dès lors embaucher.
Ici, il vaut mieux distribuer des revenus de ceux qui épargnent vers ceux qui consomment : des plus
riches vers les plus pauvres. La propension marginale à consommer est d’autant plus élevée que le
revenu est faible. Un ménage modeste consommera une grande partie ou la totalité du revenu
supplémentaire induit par les prestations sociales alors, qu’un ménage aisé en épargnera la majeure
partie. L’euro distribué aux plus pauvres a plus de performances économique qu’un euro distribué
aux plus riches.
Donc la redistribution verticale n’est pas seulement une question morale de justice sociale mais
constitue aussi un enjeux en terme de performance économique.
L’intuition keynésienne implique donc que les prestations sociales ne doivent pas se perdre dans
l’épargne. Il faut donc préférer les prestations en nature (=des dépenses intégrales), aux prestations
monétaires qui peuvent en partie être épargnées.
De plus, le système de protection sociale doit insister sur les prestations sous conditions de
ressources puisque les plus pauvres consomment proportionnellement plus. Comme nous l’avons
déjà vu, les prestations servies sont en fait relativement peu redistributives dans un système
d’inspiration bismarkienne comme en France.
Dans un tel système, la population dont le revenu est inférieur au revenu moyen perçoit plus de
prestations qu’elle ne verse de cotisations et bénéficie donc de la redistribution.
Cependant, les prestations chômage, retraire, accident du travail sont fortement liées aux revenus
des bénéficiaires : on a une logique bismarkienne. Idem en santé car la consommation de biens
médicaux est une fonction croissante du revenu : les ménages les plus aisés ont un recours accru
aux dépenses de santé.
Ce niveau élevé de protection sociale a une contre partie, on a constaté un poids croissant des
prélèvements opérés pour financier ces prestations.
On a une crise économique dans les années 70 où le coût de la protection sociale a augmenté plus
vite que le PIB.
Conséquences : les préoccupations comptables ont rapidement gagné du terrain (trou de la sécu).
Les comptes sociaux ont constamment besoin de trésorerie (régulièrement couvert par un emprunt
auprès de la caisse des dépôts et consignations).
Dans le discours libéral, les dépenses sociales constituent un frein :
→ A l’emploi : le poids des charges sociales constituerait un obstacle à l’embauche
→ A la performance économique : atteinte à la compétitivité des entreprises nationales
Ces deux risques ont vu leur poids dans le PIB augmenter sensiblement au cours des 2 dernières
décennies. Conséquences : ce sont les 2 seuls risques qui connaissent un déficit important et
persistant de nature essentiellement structurel.
Parallèlement, le prélèvement social s’est fait de plus en plus lourd. Au total, les prélèvements de la
protection sociale : près de 30 % du PIB contre 20 % au début des années 70. Si on ajoute les
impôts, le montant des prélèvements obligatoires est de l’ordre de 46 % du PIB. Ce qui situe la
France dans la moyenne supérieure des pays européens.
L’originalité française ne se situe pas dans le niveau de ce taux mais dans l’origine de son
augmentation : presque exclusivement la hausse des prélèvements sociaux.
Rappelons que ceux-ci prennent pour 2/3 sur la base de cotisations sociales qui sont des
prélèvements directs sur les salaires.
A la fois sur les salaires reçus (les cotisations employés représentent environ 20 % du salaire brut)
et les salaires versés (cotisations employeurs représentent environ 50 % du salaire brut).
Les recettes de la sécurité sociale proviennent donc en grande partie des revenus du travail et sont
ainsi étroitement liées au niveau de l’activité économique.
En France, l’essentiel des recettes de la protection sociale provient de cotisations calculées sur les
salaires versés et reçus. L’existence de déficit montre que les recettes se sont révélée insuffisantes
pour financer la croissance des dépenses. La solution naturelle : c’est augmenter le taux de
cotisation pour les risques qui sont en déficit, qui connaissent un solde négatif. Cette solution
présente l’inconvénient majeur d’augmenter le coût du travail.
Hypothèses :
- concurrence pure et parfaite
- situation de référence : absence de protection sociale et donc de cotisation
(ce que verse l’employeur est intégralement perçu par le salarié)
Les employeurs font la demande de travail qui est influencée par les conditions qui existent sur le
marché des biens et services et sur celui du capital.
Les salariés, eux, font l’offre de travail qui résulte d’une décision avec un arbitrage travail/loisir.
Travailler c’est pénible, ça procure de la désutilité, donc à un niveau de salaire trop faible il y a des
gens qui préfèrent ne pas travailler.
Présentations du modèle :
Les firmes combinent des facteurs de production Q=F(K,L)
Leur production et la manière dont ils combinent le travail et le capital dépendent de 3 choses :
→ la demande de biens et de services
→ la quantité de travail et de capital d’une entreprise peut acquérir à u nprix donné
→ le choix des technologies disponibles.
Une augmentation du taux de salaire entraîne 2 effets :
→ Un effet d’échelle => à un coût de production plus élevé.
L’augmentation du prix du produit vendu, la C diminue, la demande baisse, la P diminue, la
demande de travail (L) baisse aussi.
On constate que pour la plupart des niveaux de salaire, l’effet de substitution est plus fort que l’effet
de revenu de telle sorte que la fonction d’offre de travail est croissante au salaire.
Si le salaire (W1) est inférieur au salaire d’équilibre (We), on a un excès de demande sur l’offre de
travail (pénurie de travail). Afin d’y faire face, W offert va progressivement augmenter entraînant
deux effets :
- un nombre plus important de travailleurs accepteront d’entrer sur le marché du travail
- un certain nombre d’employeur qui réduisent leur demande de travail. On tend donc
progressivement vers le salaire d’équilibre We.
A l’inverse, si le salaire est supérieur au salaire d’équilibre, on observe une situation d’excès d’offre
de travail et donc du chômage. Dans cette situation, le taux de salaire va alors diminuer afin
d’inciter les entreprises à augmenter leur demande de travail (et donc à embaucher) et à réduire la
quantité de travail offerte par les travailleurs.
Section 2.2 : Incidences des cotisations sociales
Le paiement des cotisations sociales
Le montant de ces deux groupes de cotisations est calculé en pourcentage du salaire dit « brut » qui
est égal à la somme du salaire net et des cotisations sociales salariales. On appelle salaire superbrut
ou coût total du travail, la somme du salaire brut et des cotisations sociales patronales.
Le salaire net est quant à lui égal au salaire brut moins les cotisations sociales salariales.
Notons que ceci pousse certains salariés à offrir moins d’heures de travail ou à se retirer totalement
du marché du travail (glissement de E à E’).
Ce report de la charge de l’impôt est qualifié en fiscalité de processus de translation, ici vers
l’amont c’est à dire vers les fournisseurs des facteurs de production.
Cette translation sur les salariés est d’autant plus importante que l’offre de travail est rigide au
salaire. Si, l’offre de travail est totalement rigide (Ls verticale), la cotisation mise légalement à la
charge des employeurs est intégralement répercutée sur les salariés qui voient leur salaire baissé de
We à Wg.
Le nouvel équilibre du marché du travail se réalise donc en E ‘. C’est à dire pour une quantité de
travail :
→ inférieure à celle sans cotisations sociales (glissement le long de Ld)
→ et pour un taux de salaire brut, Wbrut supérieur au taux de salaire initial We.
A nouveau, on remarque que l’incidence de la cotisation sociale, même si elle est à la charge du
salarié, est partagée entre les 2 parties :
Wbrut – We pour l’employeur et We – Wnet pour le salarié.
L’introduction de la cotisation sociale conduit à nouveau à une perte pour l’économie qualifié de
coin social et égal à EFE’.
La conclusion de ces deux cas opposés semble donc claire : il est difficile de savoir avec précisions
qui supporte effectivement la charge sociale car elle est partagée par l’employeur et l’employeur.
Inversement, il est donc tout aussi difficile de savoir qui bénéficierait de son allègement.
Autrement dit, la distinction juridique entre cotisation sociale employeur et salarié est
économiquement incertaine alors que dans les textes elle est claire puisqu’elle est qualifiée.
La pente des droits de demande et d’offre de travail mesure la sensibilité au salaire. Plus la
sensibilité au salaire est élevée, plus la pente des droites tend vers l’horizontal.
La sensibilité au salaire est mesurée par le concept d’élasticité. Une élasticité importante pour une
petite variation de salaire, la variation de la demande ou de l’offre de travail sera élevée.
L’essentiel des charges sociales est dans les faits supporté, payé, tout ou partie par les salariés.
Une preuve, ou du moins un indice : au niveau macroéconomique, la très grande stabilité du partage
de la valeur ajoutée : c’est le fait empirique le plus frappant.
En effet, depuis le milieu des années 70, les cotisations sociales patronales ont énormément
augmenté : en % du salaire brut, leur taux est en effet passé de 26,60 à 41,03 % entre 1950 et 2005.
Si les patrons avaient effectivement payé cette augmentation des cotisations, on aurait dû constater
une déformation progressive du partage de la valeur ajoutée (ensemble de la richesse produite dans
l’économie) en faveur du travail et au détriment du capital. Dans ce cas, en effet, la hausse des
cotisations aurait augmenté le coût du travail (salaires nets + cotisations) ce qui aurait baissé les
profits d’autant (chiffre d’affaires – coût du travail).
Au total, cela aurait entraîné une baisse de la part des profits dans le total de la valeur ajoutée
produite.
Or, on ne constate rien de tout cela.
Sur longue période, pas de dégradation de la part du capital dans la valeur ajoutée à cause de
l’augmentation des cotisations sociales. Cette étonnante stabilité a une implication irréfutable :
→ si la part des salaires (cotisations inclues) n’a pas augmenté dans la valeur ajoutée, c’est que les
cotisations sociales ont été intégralement payée par… les salariés.
Une autre preuve existe, c’est une analyse réalisée par un économiste Jonathan Gruber qui a profité
d’une expérience naturelle : celle de la suppression des cotisations sociale au Chili au moemnt de la
privatisation de la sécurité sociale en 1981.
En utilisant des micro-données d’entreprises, il montre que l’intégralité de cette suppression a été
reportée sur les salariés. Les salaires nets ont augmenté du même montant de la taxe qui venait
d’être supprimée.
Conclusion : c’était les salariés qui supportaient les cotisations sociales.
Attention, ceci est vrai sur une longue période. A court terme, un patron ne peut pas du jour au
lendemain diminuer le salaire net de ses employés en réduisant leur salaire brut. A moyen terme
cependant, les employeurs s’efforceront de se délester du poids des cotisations patronales en
ralentissant la progression des salaires, en rétablissant le partage de long terme de la valeur ajoutée.
Notre raisonnement souffre néanmoins d’un défaut majeur : il oublie que la protection sociale n’est
pas qu’une charge mais également une source de bien-être pour les ménages et également une
source d’efficacité de la main d’œuvre pour les entreprises.
1) nous avons supposé que les salariés étaient sujets à une illusion parafiscale :
→ ils analysent les cotisations sociales comme une amputation de leur revenu disponible alors que
ces cotisations vont servir à financer des prestations sociales qui leur seront versées.
Dans une logique d’assurance pure, le salarié rationnel peut voir la cotisation sociale comme une
sorte de prime d’assurance et donc comme un élément de salaire indirect. Toute chose égale par
ailleurs, il est indifférent entre : recevoir un salaire direct plus élevé et de payer des primes
d’assurance privée (santé ou fonds de pension) OU recevoir un salaire immédiat plus faible mais où
l’assurance sociale est déjà précomptée.
Au niveau économique global, on constate bien un certain effet de compensation entre cotisations
sociales et salaire. Les pays où les taux de cotisations sont élevés (France, Espagne, Belgique) ont
en contrepartie des niveaux de salaires plus faibles que là où le financement se fait plutôt par
l’impôt.
Cette productivité plus élevée conduit à des rémunérations plus élevées avec une augmentation de la
demande, une augmentation de la productivité et donc une baisse du chômage.
Les influences d’une variation des cotisations sociales ne sont pas limitées au marché du travail.
→ On a des répercussions complexes sur les autres marchés : marchés du capital et des biens et
services => qui vont à leur tour rétroagir sur le marché du travail.
→ On doit donc raisonner en équilibre général afin d’assurer le « bouclage macroéconomique ».
Pour simplifier, on va supposer que l’incidence est partagée entre salariés et employeurs (on ne
différencie pas cotisation employeur et cotisation salarié).
Alors, on va pouvoir, à travers 5 canaux de transmission, voir quels sont les effets d’une
augmentation ou d’une baisse des cotisations sociales.
5- Effet sectoriel
Une augmentation des taux de cotisations augmente le prix relatif des biens et services intensifs en
travail par rapport à ceux intensifs en capital.
Ceci peut modifier la structure de la consommation de la production.
L’allègement de charges sociales sur les bas salaires en France : les impacts
Au début des années 1990, post guerre du Golf, il y a eu un débat assez intense sur la réforme du
mode de financement de la sécurité sociale avec l’idée qu’il fallait absolument enrichir la croissance
en emploi. Pourquoi cette idée ? Parce qu’on constatait que pour un niveau de croissance donné, la
France créait moins d’emplois que les autres pays industrialisés (et en particulier dans le secteur
tertiaire).
Il fut décidé qu’outre le transfert d’une part des cotisations sociale vers la CSG (portant sur tous les
revenus), il a été décidé d’axer la politique de l’emploi sur une réduction générale du coût du
travail. Tout particulièrement pour les qualifications les plus faibles. On décharge le coût du travail
par un financement fiscal (la CSG) et on décide de travailler à l’emploi pour une catégorie de
travailleur. Cette catégorie pourquoi ?
→ Le taux de chômage était très élevé chez les personnes non qualifiées
→ L’existence de difficultés d’insertion scolaire et professionnelles des jeunes les plus défavorisés
→ Il existait une certaine substitution entre le capital et le travail peu qualifié (à l’inverse, une
substituabilité très faible, voire complémentarité entre capital et travail qualifié).
Ainsi, le prélèvement opéré sur les salaires versés au niveau du SMIC encourage à la fois à la
substitution du capital au travail et à la délocalisation
→ La France bénéficiait d’une compétitivité-coût satisfaisante vis à vis de ses principaux
partenaires commerciaux. Par contre, au niveau du salaire minimum, le coût du travail était plus
élevé qu’ailleurs car le coût du SMIC avait fortement augmenté jusqu’au milieu des années 80 en
raison : du relèvement des cotisations sociales, des mécanismes d’indexation, des « coups de
pouce » (augmentation de salaire).
Ainsi depuis 1993, se sont succédé plusieurs dispositifs d’allégement de ces cotisations :
→ exonération des cotisations sociales familiales
→ réduction dégressive de cotisations depuis 1995
Cet allégement est ensuite rapidement décroissant et s’annule pour l’équivalent de 1,6 SMIC.
Résultats des allègements en France
Ces mesures semblent avoir eu sur la durée certains des effets recherchés sur l’emploi. Cela semble
avoir fonctionné.
A évolution donnée du PIB, les entreprises françaises créent plus d’emplois :
- par rapport aux périodes antérieures mais aussi par rapport aux autres grands pays industrialisés.
En 1995, le seuil de création d’emplois dans le secteur concurrentiel non agricole est une croissance
du PIB d’environ 1,3% contre près de 2,3 % dans les années 1980.
→ essentiellement dans les secteurs de services.
La part de l’emploi non qualifié s’est donc stabilisée puis a légèrement augmenté (en 2000 = 25 %
de l’ensemble des emplois salariés du secteur privé).
Mais au prix d’une dégradation de la qualité de ces emplois (contrats non stables, flexibilité des
horaires, temps partiel).
Mais attention, il est assez difficile de différencier dans cette évolution ce qui relève des effets
directs des allégements et de ce qui provient du développement du temps partiel et des effets
d’aubaine (parce que quand on baisse le coût du travail aux alentours du SMIC, y’a des patrons qui
de toute façon allez embaucher, mais là il y a eu une aubaine parce qu’ils embauchent et en + il
profite de ce système).
Une aubaine c’est ces mesures d’exonérations qui concernent en partie des salariés qui peut-être
auraient de toute façons été embauchés.
Cette politique d’allégement permanent des cotisations sociales sur les bas salaires comporte deux
dangers pour l’avenir :
Tout ceci est dommageable sur le long terme pour la performance de l’économie nationale.
Elle a été créée en 1954, c’est la taxe sur la valeur ajoutée, c’est un impôt indirect sur tous les biens
de consommation et les services.
Aujourd’hui il existe 3 taux de TVA :
19,6 % pour l’ensemble des biens de consommation (20 % depuis le 1er janvier 2014),
5,5 % un taux réduit pour la nourriture, les plats à emporter et l’hôtellerie
et 2,1 % un taux très réduit pour les médicaments.
La TVA est la ressource la plus importante du budget de l’État. Elle représente plus de 45 % des
recettes de l’État alors que l’impôt sur le revenu ne représente que 20 % sur l’ensemble des
recettes,e t l’impôt sur les sociétés 15 %.
Le terme de « TVA sociale » prête à confusion : elle est dite sociale car elle consisterait à augmenter
le taux de TVA pour que cet impôt puisse financer les dépenses sociales et ainsi de baisser les
charges sociales payées par les entreprises.
En d’autres termes, il ne s’agit que d’un transfert de fond.
Pour réaliser ce transfert de fond, il faudrait augmenter la TVA de 5 points, un point de TVA
rapportant en moyenne 7 milliards d’euros supplémentaires. Ainsi, le taux de TVA passerait de 20 %
à 25 %.
L’avantage de la TVA sociale : des entreprises plus compétitives. Les partisans de la TVA sociale
ont plusieurs arguments :
→ En baissant les charges sociales des entreprises, celles-ci seront plus compétitives donc elles
pourront davantage embaucher. Elles auront moins envie de délocaliser à l’étranger puisque les
taxes sur les entreprises seront faibles en France.
→ Les cotisations patronales sont actuellement payées uniquement par les entreprises présentes en
France. Or, avec une TVA sociale tous les produits seront taxés même ceux qui viennent de
l’étranger. C’est censé être un peu plus juste.
Donc dans un système de TVA sociale, la protection sociale serait financée par tout le monde, même
des entreprises étrangères. Par exemple, un produit fabriqué en Chine sera taxé à hauteur de 5 %
pour financer l’assurance maladie des salariés français.
→ La TVA est l’impôt le plus injuste de tous les impôts puisqu’il est payé par tout le monde au
même taux, quel que soit le revenu.
→ Augmenter le taux de TVA revient à augmenter le prix des produits et des services.
Le risque est donc grand de voir une baisse significative de la consommation.
Donc, augmentation des prix, baisse de la consommation et de la croissance économique, et baisse
de la production et donc hausse du chômage.
Donc, on a l’emploi et la garantie de revenu qui sont donc des droits inscrits dans la Constitution.
Le droit à l’emploi, ce n’est pas seulement le droit de travailler, c’est aussi celui de vivre avec le
revenu de son travail (SMIG en 1950).
C’est aussi le droit à une garantie de revenu en cas d’incapacité de travailler.
Ainsi, l’idée que l’attribution d’un revenu à ceux qui sont en état de travailler ne saurait être
dissociée de la fourniture soit d’un travail, soit d’un effort individuel semble ancrée dans les
principes constitutionnels.
Certains craignent que des revenus de transferts trop généreux ne découragent le retour au travail.
La question des devoirs des personnes en situation « hors travail » qui bénéficient de prestations de
solidarité est systématiquement au cœur du débat public.
Elle sous-tend la thématique de « l’activation des dépenses passives » et celle du « workfare ».
L’aide (welfare) n’est versée qu’à condition que la personne travaille (work) ou se rapproche
suffisamment du travail (d’où le workfare).
Autour de la question es contreparties (discours qui stigmatise les titulaires de minima sociaux qui
refuseraient de travailler), il y a un implicite qui est la norme d’emploi de référence.
On compare le niveau de ressources procuré par le minimum social servi, RMI, API ou ASS, à celui
procuré par un emploi disponible sur le marché, en fait la plupart du temps, en France, le SMIC à
mi-temps.
On parle de :
→ de trappe à chômage (ou à inactivité) quand il y a désincitation à occuper ou reprendre un
emploi,
→ de trappe à pauvreté lorsqu’il y a désincitation à augmenter le revenu d’une personne déjà en
emploi.
La réflexion théorique s’interroge ainsi sur le système optimal d’aide qui concilierait :
→ lutte contre la pauvreté,
→ l’équité sociale,
→ l’incitation au travail,
→ le coût le plus faible possible pour la collectivité.
Schématiquement, les aides au individus pauvres peuvent prendre 5 formes d’allocations théoriques
« pures » :
Allocation fixe sous plafond :
s+m
Allocation différentielles
Revenu d’activité
Son montant est égal à la différence entre un montant maximum m0 et les ressources totales du
ménage (ensemble des revenus, professionnels et financiers et de toutes les autres prestations
sociales)
Ce revenu minimum garanti à tous permet de solvabiliser les besoins élémentaires des plus pauvres
au coût le plus faible possible pour la société (on ne verse que le strict nécessaire pour atteindre le
plancher de revenu garanti).
Mais en dessous d’un revenu du travail m0, 1€ de revenu du travail en plus conduit à une baisse
d’1€ de revenu de transfert laissant le revenu disponible inchangé.
Il s’agit là d’une trappe à chômage exemplaire, l’allocataire n’ayant aucun intérêt à accepter un
travail (déclaré) rapportant moins de m0.
Afin de lutter contre 1) la désincitation à occuper un emploi peu payé et 2) contre cet
encouragement au travail au noir, il a été mis en place des mécanismes dit d’intéressement.
A l’époque, un RMIste qui retrouvait un emploi allait continuait à toucher une partie du RMI
pendant 12 mois (3 mois de cumul intégral, puis abattement de 50 % pendant les 9 mois qui
suivaient).
Le problème continue pour le temps partiel : accepter un emploi à mi-temps est souvent source de
perte financière pour un allocataire de minimum social.
Il est versé une allocation m0 pour un revenu nul d’activité, puis celle-ci diminue progressivement,
dans une proportion inférieure à l’augmentation du revenu d’activité et s’annule pour un seuil s.
Quand ce revenu augmente de 1€, l’allocation diminue de moins de 1€.
Ce qui se traduit par l’équation de revenu après transfert : S = m0 – t> avec 0 < t < 1
Le taux t est qualifié de taux d’impôt négatif puisqu’il s’agit d’un versement ou d’un
remboursement d’impôt lié au revenu.
Typiquement, la prime pour l’emploi instaurée en 2001 en France est ainsi une forme d’impôt
négatif.
=> pour les salaires allant de 0,3 à 1 SMIC, la prime représente 7.7 % du salaire imposable.
=> Puis est décroissante s’annulant pour 1,4 SMIC pour un célibataire sans enfant
Les trappes à chômage et à pauvreté des deux cas précédents disparaissent en partie puisque le
prélèvement marginal est inférieur à 1.
Néanmoins, l’inconvénient de ce dispositif réside dans l’arbitrage entre l’efficacité de l’incitation et
le coût de la mesure. En effet, plus on diminue le taux t afin d’inciter à la reprise d’un travail, plus il
faut subventionner des titulaires de revenu élevé (le seuil s se déplace vers la droite).
Les attributaires étant alors plus nombreux, cela rend le dispositif d’autant plus coûteux.
Allocation uniforme
Selon le barème actuel, une famille de 3 enfants qui a gagné au maximum 73 901 € en 2017 peut
toucher mensuellement 299,20€.
Si les gains sont supérieurs à 96,610 euros, le montant versé chute à 74,81 euros.
Une dégressivité liée aux revenus mise en place par une réforme de 2015.
En revanche, plus on a d’enfants, plus montant perçu s’accroît.
En 2017, 12 milliards d’euros d’allocations familiales ont été versés à 5 millions de foyers.
→ elle est neutre vis à vis du marché du travail : 1€ de revenu du travail en + => 1€ de reveu
disponible en plus (avant impôt)
→ elle n’incite pas au travail au noir puisque l’allocation est toujours perçue.
→ elle est non stigmatisante pour les populations défavorisées puisqu’il s’agit d’un droit universel
accordé à tous et ne nécessite aucune démarche particulière.
1) L’allocation supplémentaire vieillesse, réservée aux personnes âgées de + de 65 ans (60 ans en
cas d’inaptitude au travail) disposant de droits très faibles ou ne disposant d’aucun droit à
l’assurance vieillesse
2) l’allocation supplémentaire d’invalidité qui s’adresse aux personnes de moins de 60 ans,
titulaires d’une pension d’invalidité de très faible montant, servie par la sécurité sociale au titre
d’une incapacité permanente
3) l’allocation aux adultes handicapées (AAH) versée aux personnes handicapées qui ne peuvent
prétendre ni à un avantage invalidité, ni à une rente d’accident du travail ;
4) l’allocation de parent isolé (API) qui concerne les personnes isolées assumant seules la charge
d’un ou plusieurs enfants ;
5) l’allocation veuvage, qui s’adresse aux conjoints survivants d’assurés sociaux décédés,
6) l’allocation de solidarité spécifique (ASS) qui est allouée aux chômeurs ayant épuisé leurs
droits à l’assurance chômage et justifiant d’au moins 5 années d’activité salariée au cours de 10
dernières années précédant la rupture de leur contrat de travail,
7) l’allocation d’insertion (AI) réservée aux détenus libérés, aux personnes en attente de
réinsertion, aux rapatriés, aux réfugiés et aux demandeurs d’asile
8) le revenu minimum d’insertion (RMI) qui garantit des ressources minimales à toute personne
de 25 ans et plus
9) l’allocation équivalent retraite (AER) qui bénéficie aux chômeurs de moins de 60 ans totalisant
déjà 160 trimestres de cotisation à l’assurance vieillesse.
Première étape : garantir un revenu minimum aux inactifs pour combler les lacunes du système
assurantiel
Les premiers minimas ont été destinés aux inactifs, retraités et invalides. Ces personnes
représentaient les grands bataillons car ils n’ont pu s’assurer ni par leur travail ni par un revenu de
remplacement suffisant :
En 1970, on avait un retraité sur trois (30%) qui vivait en dessous du seuil de pauvreté.
La création, en 1956 du minimum vieillesse et en 1957 du minimum invalidité vise à combler ces
lacunes du régime assurantiel : leur objectif n’est pas d’assurer un revenu minimum mais de
compléter un revenu de remplacement existant trop faible jusqu’à hauteur d’un minimum garanti.
En 1975 : on crée l’AAH, un revenu minimum devant être garanti aux personnes considérées
comme durablement ou définitivement inactives. C’est une évolution importance par rapport aux
minimas antérieurement crées :
→ son versement n’est plus subordonné à la perception d’un revenu de remplacement
→ ainsi, pour la première fois, une allocation est supposée pouvoir constituer l’intégralité des
ressources de son bénéficiaire.
Troisième étape : créer un dernier filet de sécurité pour les exclus du marché du travail
Conséquences de la forte dégradation du marché du travail et du développement d’un chômage
massif et souvent durable.
=> La pauvreté des ménages actifs augmentent au cours des années 80 puis 90 pour dépasser, en
proportion, celle des retraités : en 2001, 5,4 % des ménages actifs avaient un niveau de vie inférieur
au seuil de pauvreté contre 3,8 des ménages de retraités.
La création de l’ASS, en 1984, apparition du chômage de longue durée (les bénéficiaires ont
épuisés leurs droits à un revenu de remplacement).
Le volet « solidarité » du régime d’indemnisation du chômage, prenant le relais de l’allocation
unique dégressive (AUD), ou, depuis 2001, l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE).
L’ASS a été complétée par la création de l’allocation d’insertion pour certains cas particuliers :
→ détenus libérés, personnes en attente de réinsertion, rapatriés, réfugiés et demandeurs d’asile.
En 2002, l’instauration de l’allocation équivalent retraire (AER) = même logique de couverture
pour les chômeurs de longue durée. Donc une transition entre chômage et retraite, pour des
personnes ayant commencé à travaillé très tôt, mais ne pouvant pas encore liquider leur pension.
Le poids des transferts sociaux dans le revenu disponible des ménages du 1er décile :
Les minimas sociaux sont différents des revenus de leurs titulaires. La qualité d’allocataire d’un
minimum social permet de bénéficier d’autres droits sociaux.
Les minima sociaux ne représente qu’un tiers des transferts sociaux bénéficiant aux ménages les
plus pauvres et moins de 20 % de leur revenu disponible.
En comparaison, les allocations logement représente 29 % et les prestations familiales c’est 23 %
des transferts sociaux en leur faveur.
Pour obtenir une image fidèle, il est donc indispensable d’évaluer le poids de ces droits connexes
dans le revenu des intéressés.
On a des effets pervers particulièrement importants au niveau du RMI car la sortie du RMI c’est une
perte immédiate :
→ de l’allocation logement à taux plein automatique,
→ de l’exonération de taxe d’habitation et
→ de la redevance audiovisuelle,
→ la fin du droit à la CMU et à la CMUC gratuites,
→ la suppression de la prime de Noël et,
→ l’obligation de payer à nouveau un abonnement téléphonique à plein tarif,
→ les dettes fiscales sont à nouveau exigibles.
Il est question de savoir la complexité de notre système et les effets de seuils => enfermer les
personnes qui en bénéficient dans leur situation de non emploi et de précarité ?
Peut-on mettre en lumière des phénomènes de « trappes à inactivité » ?
La trappe à inactivité : c’est une situation où la reprise d’un emploi faiblement réménuré par un
allocataire de minimum social conduit à une stagnation, voire une diminution, du niveau de vie, de
telle sorte que celui-ci pourrait préférer demeurer dans le dispositif d’assistance.
Le terme de « préférence » n’est pas un jugement moral porté sur le comportement des individus
concernés mais plutôt une analyse coûts-bénéfice.
C’est un terme employé par les économistes.
Le travail n’étant pas suffisamment rémunérateur, les bénéficiaires de minima sociaux se trouve en
quelque sorte, pris au piège d’un système où les allocations perçues deviennent des « maxima
indépassables » (Martin Hirsch dans son rapport sur la pauvreté des familles).
Un tel mécanisme existe désormais pour 6 minima sociaux : RMI, AAH, API et ASS, allocation
d’insertion et allocation veuvage même si leur fonctionnement reste différent.
Le RSA
Il arrive 20 ans après la mise en place du RMI, il vise à corriger plusieurs faiblesses du système de
prestations sociales :
> manque de cohérence et de lisibilité de l’ensemble des transferts et prélèvements
> faiblesse des gains au retour à l’emploi,
> insuffisance des outils traditionnels de politique sociale ou salariale face au phénomène des
travailleurs pauvres.
Cette nouvelle prestation a ainsi vocation à lutter contre la pauvreté laborieuse et accroître
l’incitation à l’activité.
Il est proposé par la commission Famille, Vulnérabilité, Pauvreté, le RSA a été expérimenté dans 34
départements à partir de fin 2007 afin d’évaluer ses modalités pratiques de mise en œuvre et son
impact pour les bénéficiaires. Des conclusions ont été reprises dans un rapport au Parlement en mai
2009.
La loi qui a généralisé le RSA a été promulguée le 1 er décembre 2008 et ce nouveau droit à été
ouvert au 1er juin 2009.
Le principe du RSA est de compléter les revenus du foyer pour les porter à un niveau garanti
croissant avec les revenus d’activité et fonction des charges de famille. Il joue donc un double rôle :
> il assure un revenu minimal en cas d’inactivité (composante appelée RSA socle)
> il offre un complément de revenu pour les ménages modestes qui travaillent (composante appelée
RSA chapeau)
Au final, le RSA englobant (socle et chapeau) conserve les caractéristiques principales du RMI et de
l’API. IL est familialisé et différentiel, versé mensuellement sur la base des ressources du trimestre
précédent, son montant est revalorisé annuellement en fonction de l’inflation.
Quand les revenus d’activité progressent de 100, les prestations diminuent de 38 (contre 100 dans le
cas du RMI et de l’API) si bien que les ressources globales progressent de 62 (taux de cumul de
62%).
Le gain monétaire à l’activité augmente fortement avec le RSA, notamment pour les reprises à mi-
temps. Les couples monoactifs et les familles monoparentales, dont le gain à travailler était
relativement faible dans l’ancien système, voient désormais leur revenu disponible augmenté plutôt
significativement en cas de reprise d’activité.
En revanche, le gain de revenu disponible à la reprise d’emploi du deuxième conjoint est en baisse.
L’incitation à la participation au marché du travail a largement été accrue, le gain relatif au passage
d’un temps partiel à un temps plein a en revanche été réduit par rapport à la situation préexistante.
Le RSA modifie en profondeur le système de prestations sociales. A court terme, dans un contexte
conjoncturel très difficile, son rôle de soutien au revenu des travailleurs les plus modestes devrait
prévaloir. A long terme, ses effets incitatifs sur le retour à l’emploi dépendront :
→ des gains financiers permis par la réforme
→ du renforcement de l’accompagnement des bénéficiaires,
→ de la capacité à lever les obstacles non monétaires au retour à l’emploi (garde d’enfant et
mobilité par exemple)
L’évaluation de cette politique devra porter ses objectifs propres sur la lutte contre la pauvreté,
l’incitation à l’emploi et la simplification.
Introduction
Le risque vieillesse provient de l’incertitude sur la durée de vie. Cette assurance vieillesse c’est la
composante majeure des transferts intergénérationnels. Pour rappel, nous sommes dans un système
de répartition et les régimes de retraites ont été principalement conçus à la fin du siècle passé ou au
début de ce siècle. Malgré un développement très important après la Seconde Guerre Mondiale.
En France, le régime général des salariés du secteur privé couvre 70 % de la population active :
ordonnance du 10 octobre 1945.
Les régimes pour travailleurs non-salariés (commerçants, artisans, professions libérales) en 1948 et
1952 (environ 10 % des actifs). Les régimes publics (20 % des travailleurs) sont plus anciens
encore.
Depuis la Seconde Guerre Mondiale, les transferts et la couverture de la population ont augmenté.
Aujourd’hui, en moyenne on est à 10,2 % du PIB européen.
Les causes de cette augmentation :
→ du fait de l’accroissement dans la générosité des pensions servies (au cours de 40 dernières
années, la part des dépenses de vieillesse dans la richesse nationale a augmenté de plus de 7 points).
→ avec le vieillissement démographique, les gouvernements de l’UE prévoient que cette part
pourrait atteindre une valeur moyenne de 13,3 % en 2040. Il s’agit de prévisions optimistes qui
intègrent déjà certaines réformes en cours.
La question des retraites est une des plus importantes auxquelles les pays d’Europe seront
confrontés dans les 50 prochaines années.
A moyen terme (2005-2035) ce rapport sera accru quand les générations nombreuses du baby-boom
seront à la retraite.
Toutes ces composantes sont conformes au principe de subsidiarité, ces réformes ont été conduites
dans un cadre national. Ajd, dans l’UE, le meilleur cadre de gestion des retraites c’est peut-être le
niveau européen.
Toutefois, la construction européenne a des implications pour les retraites :
→ la mobilité des travailleurs nécessite l’harmonisation des réglementations nationales,
→ le marché unique augmente les exigences de compétitivité et entraîne des risques de moins
disant social,
→ l’augmentation prévisible des dépenses publiques de retraites entre en conflit avec la stratégie de
diminution des prélèvements obligatoires et des dépenses publiques que veut impulser la
Commission.
Ce chapitre présente : la structure des régimes de retraite, leur impact économique, les enjeux posés
par le vieillissement démographique.
Les régimes professionnels perdent de l’importance car ils freinent la mobilité du travail :
Ils restent très importants en Allemagne, au Canada et en France (régimes spéciaux).
2) Dans la même lignée, on distingue Régimes Obligatoires VS Régimes Volontaires (choix d’y
adhérer)
Les régimes publics sont généralement obligatoires.
Les régimes privés peuvent être volontaires ou obligatoires (ex : régime professionnel au Canada,
UK)
Remarque : à cause des problèmes démographiques, les régimes de répartition sont de plus en plus
aidés par des fonds de réserve. Une partie des cotisations est capitalisée et mis sur les marchés
financiers.
En France, 30milliards d’euros soit 1,5 % du PIB, objectif de 2020 : 220Milliards d’euros.
La distinction entre répartition et capitalisation n’est pas aussi pure qu’elle y paraît.
4) Une distinction plus pure avec les régimes basés sur l’équité actuarielle* VS régimes basés sur
les transferts intergénérationnels**
- *valeurs actualisée des prestations : valeur actualisée des cotisations
- ** transferts entre actifs et retraités
5) En terme d’ajustements face aux variations de revenus, on distingue régimes à contributions fixes
ou définies* VS régimes à prestations définies**
- * les recettes sont fixées et les prestations s’ajustent
- ** les allocations sont définies et les cotisations s’ajustent.
Rappel :
Bismarck : système contributif fondé sur le travail (assurantiel), obligatoire catégoriel
(antiselection), gestion professionnelle paritaire
Beveridgien : universalité (assurance/assistance), uniformité, unité d’organisation.
→ les systèmes de type distributif sont observés dans les pays anglo-saxons et scandinaves
(Danemark, Pays-Bas, Angleerre, Irlande).
Le 1er pilier fonctionne par répartition mais octroie des pensions de base uniformes.
Pensions de base indépendantes du salaire et généralement faibles.
Le 2nd pilier professionnel est généralement obligatoire : il fonctionne essentiellement par
capitalisation.
En réalité, on constate une multiplicité de systèmes qui coexistent. Par exemple, au Canada, les
retraites sont partiellement assurées par l’État et par le privé.
Le système public c’est deux sous-régimes :
> la sécurité vieillesse offre un minimum beveridgien à tous les retraités ayant vécu au moins 18 ans
au Canada.
> le CPP (Canadian Pension Plan) offre une allocation proportionnelle au salaire (environ 25%)
> le premier régime est financé par l’impôt
> le second par les cotisations de retraite.
A côté de cela, les régimes professionnels sont obligatoires pour une majorité des résidents.
La France possède un système globalement commutatif (prestation d’assurance vieillesse) avec une
sorte de 2nd pilier qui concerne des groupes de travailleurs :
- AGIRC pour les cadres
- ARRCO pour l’ensemble des salariés du secteur privé,
- régimes spéciaux des chemins de fer, des mines etc.
Le 2nd est obligatoire et fonctionne essentiellement par répartition (même si la part des fonds de
pension augmente).
L’importance des 1er et 2nd piliers a, pendant longtemps, rendu le recours au 2e et 3e pilier facultatif
et généralement peu important. Aujourd’hui, les avantages fiscaux poussent les travailleurs âgés à
se tourner vers les plan d’épargne-pension individuels et collectif (retraites d’entreprise).
Ces piliers privés fonctionnent principalement par capitalisation et repose sur le mécanisme des
fonds de pension :
> les travailleurs ou les employeurs versent des cotisations sur un compte individuel qui sera
alimenté jusqu’au départ à la retraite.
> la récupération du capital se fait alors sous forme de rente viagère (supplément de revenu versé
jusqu’au décès) ou sous forme d’un versement en capital
En France, le principe de versement de la retraite est celui de la rente viagère (ou de la pension de
réversion) et l’âge légal de départ à la retraire est de 62 ans depuis 2010. Mais il y a quand même
des dérogations.
Pour avoir droit à une retraite à taux plein (sans décote) il faut aujourd’hui 172 trimestres de
cotisation (43 ans)
Le principe de financement est celui de la répartition :
> les engagements des pensions futures ne sont pas provisionnés car les 1eres cotisations ont servies
à payer directement les pensions des retraités de l’époque.
L’ensemble de la population couverte par l’assurance vieillesse : soit par un régime professionnel,
soit par la solidarité nationale à travers le minimum vieillesse.
Suivant les secteurs et les professions, la couverture est assurée : soit par un régime de base et un
régime complémentaire, soit par un seul régime exerçant les deux fonctions.
Le système est complété par un minimum vieillesse pour tout individu de 65 ans et + dont les
ressources sont inférieur à un certain seuil (9600€ pour une personne seule, et 14904€ pour un
ménage).
Le régime est entièrement financé par répartition, le fonctionnement de type prestations définies, le
régime assurantiel (type bismarckien) avec l’obtention et le montant de la pension sont liés à la
participation au marché du travail. Il y a l’existence d’un caractère redistributif lié au plafond de la
sécurité sociale et aux avantages non contributifs (chômage, enfants,…)
On est face à une structure très complexe liée à la coexistence de nombreux régimes.
Le droit de la pension acquise est calculée en rapport avec la contribution passée. Les règles
applicables pour le calcul des pensions sont très variables selon les régimes.
Une décote (variant de 1,25 à 0,625 point de pourcentage par trimestres manquants) est appliquée
en cas de non respect des conditions d’âge ou de durée d’assurance.
Par contre, il y a l’existence d’une majoration de 1.025 point pour tout trimestre travaillé au-delà de
65 ans.
On a une revalorisation des pensions sur le coût de la vie (indice des prix).
Le taux de cotisation est fixé à 15,35 % du salaire brut (6,85 % pour salarié et 8,5 % pour
employeur)
Cette retraite du régime général est complétée par une retraite complémentaire obligatoire versée
par l’un des organismes fédéré dans l’ARRCO ou l’AGIRC.
La retraite complémentaire c’est en moyenne 40 % de la pension touchée par un retraité.
Le fonctionnement se fait par points : les salariés achètent chaque mois des points au travers de
leurs cotisations qui détermineront la valeur de leur retraite complémentaire.
- Fonction du plafond mensuel de la Sécurité sociale : 3170€ en 2015.
- Fonction de leur salaire
On distingue :
→ les non cadres (Arrco)
→ les cadres (Arrco pour un salaire inférieur au plafond de la sécurité sociale puis Agirc pour des
salaires supérieur au plafond)
Au 1er janvier 2019 on a la fusion des deux régimes en raison de coûts de gestion et pour simplifier
les choses.
On a des changements :
> les points deviennent des points agirc-arcco
> les points agirc sont multipliés d’un coefficient égal à 0,3477911548
> le statut ne rentre plus en ligne de compte (cadre/non-cadre) : à salaire égal, cotisations égales
1) en répartition :
Les cotisations versées par les jeunes sont intégralement distribuées aux vieux de la période. La
contrainte budgétaire s’écrit donc :
2) en capitalisation :
Les vieux reçoivent le montant des fonds investis la période précédente et majorés des intérêts :
3) en comparaison :
Le système de répartition est plus avantageux que le système de capitalisation si, pour un un taux de
cotisation donné, il génère des allocations retraites plus importantes :
La répartition est plus intéressante lorsque la croissance biologique est supérieure au taux d’intérêt.
Limites du modèle :
3) ces rendements macroéconomiques doivent être appréhendés comme des rendements moyens.
Au niveau individuel ou professionnel, les régimes de retraites engendre une redistribution entre les
agents (du fait des plafonds et des planchers dans les prestations).
Sans régime de retraite, l’individu perçoit un salaire en période d’activité puis aucun revenu en
période de retraite.
La contrainte budgétaire intertemporelle s’écrit alors :
Rappel :
c = consommation de 1ere période
d = consommation de 2e période
w = salaire
s = épargne
r = taux d’intérêt
Introduisons un régime public de retraite obligatoire. Ce régime consiste à prélever une cotisation
sur les travailleurs (au taux τ) et à verser une allocation de retraite (b), ou une pension aux
personnes âgées.
La somme des dépenses de consommation, en valeur actualisée, est = à la somme des revenus nets,
en valeur actualisée.
Dans le revenu total, le premier terme est celui obtenu sans régime de retraite. Le second terme est
l’effet du système de retraite sur le revenu des agents.
Si le rendement du régime de retraite est inférieur (ou supérieur) à celui de l’épargne, le régime de
retraire réduit (ou augmente) le pouvoir d’achat des agents.
Seul, un système actuariellement neutre ne modifie pas le pouvoir d’achat des individus.
1) par capitalisation
Ici, les cotisations sur le revenu sont investies et procurent le même rendement que l’épargne. On a
une parfaite substituabilité entre les 2 formes de placement.
Ici, les individus vont diminuer leur épargne privée du montant de la cotisation qui leur est imposée.
Comme les cotisations sont également investies sur les marchés financiers, ce système n’a à priori
pas d’impact sur l’accumulation de capital.
Exemple, supposons que le revenu avant retraite soit de 100 et que les agents épargnent librement
25 : ils investissement donc 25 sur les marchés financiers. Avec une cotisation (épargne forcée) de
15, les agents n’épargnent plus que 10. Ils investissent 10 sur les marchés financiers, l’État investit
15 : l’accumulation de capital n’est pas modifiée puisqu’elle est toujours à 25.
Autre exemple, il se peut que le montant de la cotisation imposée par l’État dépasse l’épargne
optimale des individus (par exemple 30). Ces derniers souhaiteraient alors emprunter (épargne
négative) pour rester à l’optimum de consommation. Dans nos sociétés, généralement impossible
d’emprunter sur base de revenus de remplacement. Donc les individus sont contraints par les
liquidités : ils sont forcés à l’épargne nulle.
Dans ce cas, le système par capitalisation conduit à davantage d’accumulation de capital que la
solution de marché.
Dans notre exemple, si la cotisation est de 30, les agents souhaiteraient épargner (emprunter 5) : ils
ne peuvent généralement pas effectuer cette opération et l’accumulation de capital est stimulée :
l’État investit 30 sur les marchés financiers.
En conclusion, un régime de retraite par capitalisation a un effet nul ou positif sur l’épargne
nationale.
Cela peut s’avérer utile :
→ en régime de sous-accumulation (épargne nationale trop faible)
→ lorsque le taux d’intérêt est supérieur à la croissance.
2) par répartition :
Les cotisations des travailleurs sont redistribues intégralement aux retraités de la période. Le régime
de répartition va diminuer l’épargne privée des agents de la même façon qu’un régime de
capitalisation.
La grande différence c’est que les cotisations ne sont pas capitalisées mais intégralement distribuées
dans la même période. Seule l’épargne privée est investie sous forme de capital physique : ce
système réduit donc le stock de capital physique de l’économie.
1Ere conclusion : lorsque l’économie est en sur-accumulation, un système de retraite par répartition
peut donc servir à atteindre la règle d’or et augmenter ainsi le bien être de toutes les générations :
La règle d’or de Phelps (règle d’or de l’accumulation) désigne une loi économique démontrée par
Edmund Phelps après avoir été décrite par Maurice Allais en 1947.
C’est : à la nécessité, pour maximiser la croissance économique et respecter entre les générations la
règles éthique de faire à autrui ce qu’on voudrait qu’autrui nous fasse, de rémunérer les capitaux
selon un taux d’intérêt équivalent au taux de croissance de la population. - croissance
démographique et niveau des taux d’intérêt doivent être identiques en volume.
Notons qu’en sur-accumulation du capital : le taux d’intérêt est inférieur au taux de croissance.
Donc le régime de répartition augmente aussi la richesse des agents.
Dans notre exemple, l’État prélève 15 et redistribue ces cotisations aux retraités contemporains.
Seule l’épargne résiduelle de 10 est investie sur les marchés financiers : l’accumulation du capital
est freinée.
Un régime de répartition freine l’accumulation ce qui s’avère intéressant en sur-accumulation de
capital (épargne nationale trop importante), lorsque la croissance est > au taux d’intérêt.
Au moment où les systèmes de retraites ont été mis en place, la croissance démographique et
économique étaient fortes. Les taux d’intérêts étaient bas.
On peut penser que l’économie de marché conduisait à la sur-accumulation, ce qui justifiait la
répartition. Aujourd’hui, ce n’est plus vraiment le cas.
Dans les années 90 : les taux d’intérêts dépassaient de loin les taux de croissance. Pourrait-on
abandonner la répartition au profit de la capitalisation ? La réponse est négative car adopter la
capitalisation nécessiterait de sacrifier une génération :
> celle des actifs qui devraient cotiser à la fois pour les âgés, et pour eux-mêmes.
> ou celles des âgés qui ne recevraient pas d’allocation alors qu’ils ont cotisé.
> « Free lunch » en anglais : 1ere générations de retraités qui reçoivent les allocations sans avoir
cotisé, à contrario : coût du free lunch.
Caractéristiques démographiques :
Remarque : on peut se demander dans quelle mesure l’instauration des régimes de répartition n’a-t-
elle engendré la baisse de son rendement.
2) Les systèmes de retraites ont modifié le rôle des enfants dans la famille.
En début de siècle, les enfants étaient perçus comme une assurance-vieillesse. Ils contribuaient très
tôt aux ressources familiales et prenaient en charge leurs parents en fin de vie. Aujourd’hui, les
enfants sont économiques perçus comme des biens de consommation et commencent leur vie active
de plus en plus tard.
Les parents arbitrent davantage entre la qualité et la quantité des enfants ; les taux de fécondité
baissent.
Notons :
Ntot : population totale
Nret : population en âge de la retraite
Nben : nombre de bénéficiaire d’une retraite
Y : revenu national
B : masse des pensions
Le 1er facteur mesure l’effet démographique : individus de 65 ans et + sur la population totale.
Le 2e facteur mesure l’effet de maturité : nombre de bénéficiaires sur nombre d’individus de 65 ans
et +
Le 3e facteur mesure l’effet de générosité : prestation moyenne par bénéficiaire rapporté au PNB par
tête
Récemment, le débat s’est focalisé sur le rôle que pouvaient jouer les migrations afin d’atténuer les
effets du vieillissement démographique. Plutôt que sur le taux de fécondité, la variable immigration
présente l’avantage d’avoir un effet immédiat en raison des caractéristiques des nouveaux arrivants
(plus jeunes, fécondité plus élevée).
L’apport migratoire permet de ralentir le vieillissement démographique par un effet direct via
l’excédent migratoire, et par un effet à moyen terme sur l’accroissement naturel de la population
d’accueil via le développement des naissances étrangères.
Le rapport des Nations Unies (2000) montre toutefois que le recours à la migration ne peut
raisonnablement résoudre toute la problématique du vieillissement. Il apparaît que, pour stabiliser le
ratio de support démographique (les 15/64 ans, 65 ans et plus) :
→ L’union européenne devrait multiplier par 50 son flux d’immigration annuel et les États par 15,
la situation du Japon et de la Corée est encore plus dramatique.
Tant les Nations Unies que l’OCDE aboutissent à l’idée que les soldes migratoires requis pour
stabiliser ce ratio de dépendance à son niveau actuel sont insoutenables à long terme.
Ces travaux purement démographiques apparaissent simplistes mais amènent toutefois à des
conclusions éclairantes :
> l’immigration massive n’est pas un remède contre le vieillissement démographique à long terme
car au fil des années on a un ajustement du comportement de fécondité des immigrées sur le celui
du pays d’accueil + le vieillissement des migrants.
Commissariat Général du Plan (2002) : le problème est l’allongement de l’espérance de vie dans
l’explication du phénomène de vieillissement des populations (même immigrées).
Dit autrement : le recours à l’immigration de masse risque de générer une dynamique de population
explosive à long terme.
Ce débat sur l’immigration de remplacement déplacé sur celui de la sélection des immigrés. 2
arguments sont généralement avancés pour une telle politique d’immigration :
1- un système de quotas permet d’assurer une meilleure adéquation entre l’offre et la demande de
main d’œuvre étrangère (technologies de l’information, santé…)
De plus, la sélection d’entrants qualifiés s’accompagne d’une augmentation du capital humain
disponible dans l’économie, facteur de plus en plus important pour les « économies de la
connaissance ».
Cette différence de contribution nette aux finances publiques entre les natifs et les immigrés
s’observe sur la période de la vie active (entre 20 et 65 ans)
Explications : divergences au niveau des prélèvement, le total d’impôts et de taxes versés par un
immigré âgé de 40 ans est inférieur de près de 25 % par rapport au montant acquitté par un natif du
même âge.
Après 65 ans, les transferts moyens reçus par les immigrés sont inférieur à ceux natifs. Une moindre
utilisation du système de santé (avec potentiellement un retour au pays d’origine après la vie
active), des pensions de retraite plus faibles (en raison d’une carrière professionnelle moins remplie)
Conclusion : la contribution des immigrants aux recettes et aux dépenses dépend de leurs
caractéristiques par rapport à celles des autochtones. En conséquences : une immigration
« choisie » ?
Problèmes et incertitudes
Si tous les pays industrialisés mettent en place une politique migratoire de remplacements
sélective : les pays en développement deviennent les fournisseurs de capital humain à l’échelle
planétaire : on a une intensification du phénomène de « fuite des cerveaux », ce qui conduit à la
création d’une situation de demande excédentaire (avec pas assez de candidats à la migration).
Les implications en termes d’écart Nord-Sud sont évidemment à craindre.
Quelles sont les répercussions d’une sélection plus dure sur la fuite des cerveaux et la situation de
certains pays en développement ?
Autres questions : comment réduire la discrimination à l’embauche des immigrés et faciliter leur
intégration ?
Aujourd’hui, il est communément accepté que les immigrés occupent les emplois des natifs, les
études empiriques démontrent que l’effet de l’immigration sur le taux d’emploi et sur les salaires
des natifs sont très faibles.
Les pays européens ont-ils vraiment la possibilité de contrôler la qualification des entrants ?
Cf : l’élargissement de l’UE vers l’Europe de l’est : une entrée massive d’immigrés non qualifiés.
Peut-on raisonnablement contrer les effets de réseaux (un migrant vient en France parce qu’il a de la
famille ici) qui expliquent pourquoi l’histoire migratoire des pays d’accueil exerce un effet
structurant sur l’autosélection des futurs candidats ?
Seule une maîtrise de tous ces problèmes peut aider à la conception d’une politique coordonnée et
d’un accord de coopération entre pays qui soient profitables à tous.
On distingue :
> les réformes paramétriques (changer les règles de calcul afférentes aux régimes de retraire par
répartition)
> les réformes structurelles (modifier le système et changer ses principes de fonctionnement)
Plusieurs pistes peuvent être comparées mais aucune ne fait l’unanimité :
→ chaque piste de réforme pénalise un groupe de population par rapport aux autres.
1) l’augmentation des cotisations : avec pour objectif de garantir les revenus des retraités mais qui
risquent de pénaliser l’activité économique (actuellement les taux de cotisations sont environ à
25 % du salaire brut)
2) la baisse des prestations : risque de mener une partie de la population âgée en dessous du seuil
de pauvreté. La Banque Mondiale préconise de baisser les retraites des plus riches (une diminution
sélective) :> rapprochement du système commutatif et du système beveridgien.
En conséquence, on peut avoir une chute du rendement du système public pour les tranches de
revenus élevées.
Il peut s’ensuivre des pressions pour sortir du système, pour rendre le système volontaire.
3) augmenter la durée de cotisation avec deux leviers : soit en relevant l’âge légal de la retraite, soit
en incitant les travailleurs à rester plus longtemps sur le marché du travail.
Ces réformes sont impopulaires en France. On proclame que la réduction de l’activité est une
utilisation possible des gains de productivité.
C’est vrai si on accepte de ne pas utiliser ces gains pour augmenter les prestations. En d’autres
termes, les prestations doivent baisser par rapport aux salaires (baisse des taux de remplacement).
Les politiques de relèvement de l’âge de la retraite sont tributaires de la situation du marché du
travail.
Mais avec la sortie des générations du baby boom et la qualifications moyennes des cohortes
successives fait que l’augmentation de l’âge de la retraite apparaît toutefois comme une piste
intéressante.
2) Créer des fonds de réserve en capitalisant une partie des cotisations du premier pilier :
→ transfert de l’incertitutde vers les rendements des marchés financiers
→ création du fond de réserve en France en 2000
→ objectif de 2020 = 220 milliards d’euros, actuellement 30 milliards soit 1,5 du PIB
→ Les USA ont un objectif de 6000 milliards de dollars pour 2024
→ Les japonais ont un fond de 36 % du PIB
3) Inciter à la capitalisation privée : la moindre générosité des régimes publics par répartition =
une incitation implicite à recourir aux régimes privés supplémentaires.
Seuls les catégories les plus favorisées utilisent cette possibilité
Idéalement, ces différentes pistes doivent être analysées au regard de l’équité entre générations.
La réforme Balladur de 1993 : elle concerne la loi du 22 juillet 1993 qui réforme le régime
général (salariés) et les trois régimes alignés (salariés agricoles, artisans, industriels et
commerçants).
La durée de cotisation (retraite à taux plein) est progressivement passé de 37,5 années à 40 années.
Aussi, le salaire moyen de référence se base sur les 25 meilleurs années et non plus sur les 10
meilleures.
La revalorisation annuelle des pensions = est une fonction de l’indice des prix à la consommation et
non plus selon l’évolution générale des salaires.
Une étude du CNAV en 2008 constaté que suite à la réforme Balladur que le versement de pensions
est moins élevées pour l’ensemble des retraités présents en 1994 et 2003, et que pour les salariés il y
a une baisse du taux de remplacement (ratio entre le total des pensions versées la première année de
retraite et le dernier salaire annuel perçu).
On a également une limitation du recours aux pré-retraites et une indexation des pensions des
fonctionnaires sur les prix et non plus sur le point de la fonction publique.
Le bilan est mitigé. On est pas parvenu à retarder le départ à la retraite (le taux d’emploi des 55-64
ans reste faible) mais en revanche, les mesures destinées à cesser le travail plus tôt ont rencontré un
franc succès.
La réforme a subi quelques aménagements en 2012 avec une accélération des réformes.
Pour conclure, les réformes des retraites consistent en une augmentation de la durée de cotisation
nécessaire pour obtenir une pension de retraite à taux plein. C’est bien le trait commun pour la part
la plus significative de toutes ces réformes.
Pourtant, la soutenabilité financière des régimes de retraite ne semble pas toujours assurée.
Les réformes passées ont permis de réduire significativement les déséquilibres financiers anticipés,
induits par le vieillissement de la population (COR, 2016).
Pour autant, il existe encore dans le système actuel des dysfonctionnements importants.
Ces réformes ont limité la hausse des dépenses de retraites découlant du vieillissement
démographique, mais l’équilibre de long-terme obtenu demeure dangereusement dépendant des
évolutions démographiques (baisse de la natalité, allongement de l’espérance de vie) et de la
croissance économique.
Pour un équilibre en 2050 il est nécessaire d’obtenir une croissance d’au moins 1,3 % par an. Tout
écart à cette cible donnera lieu à soit de forts déficits, soit une baisse très forte des taux de
remplacement. (c’est ce que dit le COR)
C’est un équilibre incertain à cause de l’indexation sur les salaires : les taux de remplacement
devraient être bas si la croissance des salaires est élevée. Mais également à cause de l’indexation sur
les prix (inflation) car plus la croissance des salaires est importante, plus le niveau relatif des
pensions diminue. (cf Blanchet, 2013 et Marino, 2014).
Aujourd’hui, l’équilibre financier du système ne peut être atteint que par hasard, si la croissance est
suffisamment élevée pour compenser exactement la hausse des dépenses liées au vieillissement de
la population. Si ce n’est pas le cas, d’autres réformes sont nécessaires : l’équilibre du système de
retraite n’est jamais vraiment garanti.
Le système de retraite français est globalement redistributif : une baisse des inégalités salariales
constatées sur l’ensemble du cycle de vie. Cette redistribution n’est pas effectuée par le coeur du
système mais par des dispositifs dits non-contributifs :
→ droits en cas d’accidents de carrière (chômage, maladie, etc.)
→ minima de pension (minimum contributif, minimum vieillesse, etc.)
Il serait donc possible d’obtenir un système solidaire à coût constant, si les dispositifs de solidarités
n’avaient pas à compenser un cœur anti-redistributif.
En conclusion, ces trois diagnostics plaident pour une réforme globale qui puisse rendre visible des
règles communes pour tous, comme souhaité par une grande majorité de Français (Masson et
Solard, 2017).
Dans le cas contraire, les droits accumulés en fin de carrière pèsent relativement plus que les droits
accumulés en début de carrière et ont donc un impact plus important sur le montant de pension à
liquidation.
De plus, l’objectif final de la réforme des retraites est de « stabiliser les règles du jeu, une fois pour
toutes ».
Cela implique des mécanismes permettant de garantir un équilibre financier de long-terme sous la
double contrainte démographique et économique et donc des règles d’ajustement explicites.
2) Les grands principes d’un systèmes de retraite en répartition bien conçu.
Le premier principe est le fait que le mode d’acquisition des droits à la retraite doit permettre de
garder la valeur relative des cotisations (ou des salaires) passés, et donc doit revaloriser les
cotisations avec la croissance des salaires.
Si ce n’est pas le cas, il n’est pas possible de garantir que chaque euro cotisé donne le même droit.
Cela crée en outre des redistributions à l’envers, favorisant les carrières ascendantes au détriment
des carrières moins dynamiques.
Principe 1 : Revalorisation des droits passés (en euros ou en points) selon la croissance des salaires
Plusieurs manières d’appliquer ce principe, par exemple par la revalorisation par les salaires
moyens garantit le maintien stricto sensu de la valeur relative des cotisations.
Le deuxième principe majeur découle du premier, dans le système actuel la faible revalorisation des
droits passés (25 ans) a été utilisée pour baisser le niveau des pensions afin de limiter la hausse des
dépenses de retraites liée au vieillissement de la population.
Donc, restaurer l’indexation sur les salaires nécessite donc un ajustement du coefficient de
liquidation (taux de remplacement) pour le rendre compatible aux évolutions démographiques.
Cela comporte l’avantage de pouvoir gérer instantanément les choc démographiques, mais se traduit
potentiellement par des inégalités de traitement entre générations.
Le troisième principe concerne le choix du mode revalorisation des retraites après la liquidation, qui
doit être cohérent avec celui du coefficient de liquidation. La pension perçue à chaque période
dépend de l’arbitrage entre le montant de la pension à liquidation et la dynamique de revalorisation.
En d’autres termes, pour offrir une pension mieux revalorisée dans le temps, il est nécessaire
d’offrir une pension plus faible à la liquidation.
Principe 3 : Le mode d’indexation des pensions liquidés et le montant des pensions à la liquidation
doivent être déterminés conjointement.