Fondamentaux de l'Éclairage Public
Fondamentaux de l'Éclairage Public
L’éclairage public
Avant propos
Le présent cours s’adresse aux
collectivités locales et plus
spécifiquement aux responsables
de l’éclairage public. Il a pour
objectif de présenter les notions
de bases concernant l’électricité,
l'éclairage, le réseau et les
paramètres à prendre en
considération pour penser et
intervenir sur l'espace public .
Introduction
En vertu de la loi organique 113-14, la gestion de l’éclairage public est une
compétence propre aux Communes. Celles-ci sont amenées à gérer les
services et équipements publics nécessaires à l’offre des services de
proximité, dont l’éclairage public, afin d'assurer la sécurité des personnes et
du trafic et de mettre en valeur le patrimoine architectural communal.
Selon les chiffres de la Banque Mondiale, environ 1,2 million de points
lumineux sont estimés rien que dans le milieu urbain au Maroc (1) et les
gestionnaires de l’éclairage public dans les Communes se trouvent face à de
nombreux défis pour une gestion optimale de ce service. Selon les chiffres
de la Direction Générale des Collectivités Locales (DGCL) en 2013, la
gestion de ce service coûte 1,3 Milliard de Dirhams. Parmi les nombreux
défis reportés par les responsables communaux pour ce qui est de la gestion
de l’éclairage public, le déficit en termes de formations dans l’éclairage
public, qu’elles soient initiales ou continues, est prépondérant (2). Ce déficit se
traduit par l’absence de documentation pour l’intervention sur le réseau, le
manque de maintenance préventive et le manque d’intérêt pour
l’investissement dans des équipements plus performants, entre autres.
Notions de base Notions de base
sur l’électricité de l’éclairage
FONDAMENTAUX DE
L’ÉCLAIRAGE
PUBLIC
•CIRCUIT ÉLECTRIQUE
K
K
•
• Facteur de puissance
• Compensation globale
• Une seule batterie de condensateurs est mise en place en amont de l’installation.
• Compensation locale
• Les batteries de condensateurs sont introduites au plus près des consommateurs d’énergie
réactive. L’installation est compensée mais le coût est important.
• Compensation partielle
• Plusieurs batteries de condensateurs compensent, chacune, une zone de l’installation. Par
conséquent, une partie de l’installation reste sans compensation.
Notion de base de l’éclairage
2 public
La lumière
• On appelle lumière la partie visible d'un vaste
groupe de radiations, qui vont des rayons
cosmiques aux ondes radar. Toutes ces ondes
sont
de même nature (électromagnétique) et se
déplacent dans le vide à la même vitesse: environ
300'000 km/s.
• Elles diffèrent par contre les unes des autres
selon leurs longueurs d'onde et l'énergie qu'elles
transportent, qui devient très grande dans le cas
des rayons cosmiques
Dualité onde-particule
La nature profonde de la lumière est double: elle peut être décrite soit
comme un ensemble de particules élémentaires de masse nulle, les
photons, soit comme des ondes continues. Dans ce dernier cas, on
emploie de préférence la longueur d'onde pour caractériser les
différents rayonnements visibles.
• Intensité lumineuse
• Éclairement
. Luminance
Flux lumineux
flux
Le flux lumineux (Ø) est la quantité
de lumière rayonnée par une source
dans toutes les directions de
l’espace. L’unité du flux lumineux est
le lumen (lm).
I= Ø
Ω
Schéma représentative de l’intensité lumineuse
I Ø Ω
flux (candela)
intensité représente la portion
de flux lumineux
émise par une
source dans une
direction donnée de
l’espace.
C’est une donnée
fournie par les
fabricants.
Les courbes photométriques des luminaires (fournies par
les fabricants) donnent la répartition des intensités dans les
différentes dimensions de l’espace et permettent ainsi de
calculer les éclairements.
•Éclairement
• E=Ø
s
L’éclairement (en lux) représente la
quantité de lumière (ou plutôt la densité de
flux lumineux) reçue par une surface .
L’éclairement est indépendant de la
nature de la surface, mais dépend : de
l’intensité lumineuse arrivant dans une
direction donnée ; de la distance à la
source et de l’inclinaison de la surface
éclairée.
L’éclairement se mesure ponctuellement
(en un point donné) et toujours par rapport
à une surface (sol, mur, table…).
On peut calculer une éclairement moyen à
partir de mesures d’éclairements ponctuels
E2
Dans le projet, I’écIairement se caIcuIe à partir de la
formule générale suivante :
E = (l cosa ) / d2 en Ix
Dans le cas ci−dessous (en raison des propriétés du triangle
rectangle) :
Ep = l cosa3 / h2 en Ix
Cette formule permet d’utiliser la hauteur de feu h (élément de projet),
plutôt que la distance d.
l
(Iuminaire)
d
d : distance de la source h
au
point P
h : hauteur source−point P
a : angle d’inclinaison de la
surface éclairée
xEP (éclairement
ponctuel)
La luminance
La luminance permet de
caractériser la sensation visuelle
produite par une source ou une
surface lumineuse.
Elle renvoie en langage commun à
la luminosité ou à la brillance d’une
source.
C’est la seule grandeur
photométrique
« perceptible », même si elle reste
une mesure approximative de notre
perception visuelle de la lumière,
cette dernière étant influencée par
de nombreux facteurs
physiologiques et psychologiques.
La luminance dépend de I’intensité de Ia
source et de Ia surface visibIe qu’eIIe couvre
depuis un point d’observation donné ; eIIe est
donc en ceIa fonction de I’angIe et de Ia
distance d’observation. . L1
= Intensité par unité de (primaire)
• produites
par réflexion sur des surfaces ou des objets. .L3 (par
Les Iuminances secondaires dépendent de Ia réflexion)
Intensité lumineuse
Unité : Candela (cd) ou Im/sr
Éclairement (E)
Unit é : Lux (Im/m²)
MESURES PHOTOMETRIQUES
1. Luxmètre :
Niveaux d’éclairement du plan de travail
2. Luminancemètre :
Luminance, facteur de réflexion.
Caractéristiques lumineuses des lampes
.Température de couleur
-+ du noir
-+ au rouge
-+ au rouge vif
-+ à l'orange
-+ au jaune
-+ au blanc
-+ au bleu pâle
• La température de couleur d’une source lumineuse
caractérise principalement la couleur de la lumière émise
et donc l’ambiance lumineuse créée. Elle s’exprime en
degrés kelvins (K). La plage de températures de couleur est
•
illustrée
• On parle des couleurs froides (tirant vers le bleu) lorsque la
température de couleur est élevée (supérieure à 5 000 K) et
de couleurs chaudes (tirant vers le rouge orange) lorsque
cette température est inférieure à 3 300 K.
Définition: La température de couleur (TO)- d'une source
lumineuse est « la couleur apparente» de cette source,
mesurée en degré K
3000° K
Quelques exemples:
2500° K
- Flash appareil photo: 4280° K
- Lumière du soleil: 6000° K
La température de couleur d’une
source lumineuse est évaluée à
partir d’un étalon qui est « le corps
noir ».
Le corps noir est un corps
imaginaire étalon, qui permet de
comparer et caractériser l’émission
de différentes sources.
La température de couleur d’une
source lumineuse représente ainsi
la température à laquelle il faudrait
chauffer le corps noir pour qu’il ait le
même aspect coloré que cette
source.
La température de couleur d’une source (en degrés Kelvin) caractérise
sa teinte et permet de comparer objectivement les teintes de plusieurs
sources entre elles. Cette caractéristique est donnée par les fabricants.
Une température de couleur élevée correspond à une teinte froide (>
3200 K) Une température de couleur faible correspond à une teinte
chaude (< 3 200 K)
1 800 K 2 700 K 3 500 K 5 000k 7 500 K 12 000
Rouge Chaud Neutre Froid Très froid Glacé
Températures de couleur
L'Indice de Rendu des Couleurs (IRC)
Référence:
Lumière solaire: 1Re = 100
• Afin de voir la couleur d’un objet, il est nécessaire que cette couleur existe
dans le spectre de la source de lumière employée.
Ballon fluo 50 à 70
Sodium blanc 80
Iodures métalliques 90
Fluo compacte 85
Induction > 80
Halogène /
100
Incandescence
Sources lumineuses artificielles
II existe aujourd’hui 3 principales familles de sources artificieIIes :
•Ies sources à incandescence (dont haIIogène), pour IesqueIIes Ia
Iumière est émise par un fiIament de tungstène porté à incandescence ;
•Ies sources à décharge, dont Ia Iumière est produite par un arc
éIectrique à I’intérieur
d’une ampouIe renfermant un ou pIusieurs gaz ;
Ies LED, qui fonctionnent avec Ia technique des semi−conducteurs.
• Sources d’éclairage artificiel = lampes (ampoules)
• puissance en Watt
• efficacité lumineuse (fluxƒpuissance)
• durée de vie (heures)
. Caractéristiques lumineuses
• spectre lumineux
• flux lumineux
• température de couleur
• indice de rendu des couleurs
• Tous ces critères sont fournis par les fabricants.
Les sources à incandescence, malgré leur qualité de
lumière (IRC = 100, teinte chaude proche de celle de la
flamme), ne sont pas utilisées en éclairage urbain pour
des raisons énergétiques :
•elles ont une très faible efficacité lumineuse (80% de
chaleur et 20% de lumière pour
une incandescence classique) ;
elles ont une durée de vie réduite (2000 à 4000h pour
les halogènes, 1000h pour les incandescences
classiques).
À droite : tube dont seulement une partie est recouverte de poudre fluorescente
Les lampes à vapeur de sodium sont Ies sources
actueIIement Ies pIus empIoyées en écIairage pubIic.
EIIes sont reconnaissabIes à Ieur teinte jaune-orangé.
Les caractéristiques techniques des lampes à vapeur de sodium sont variables.
Les lampes à vapeur de sodium basse pression ont un très mauvais IRC
(lumière monochromatique) mais une grande efficacité et durée de vie. Elles
sont aujourd’hui réservées à l’éclairage des tunnels (accès maintenance
difficile, critère de contraste > perception des couleurs).
Les lampes à vapeur de sodium haute pression (2000−2500 K) répondent
aux exigences d’éclairage urbain : efficacité lumineuse (50−100 lmƒW), grande
durée de vie (12000−24000h). Leur IRC est aujourd’hui amélioré (65−85) ; leur
principal « défaut » reste leur teinte orangée, très connotée « éclairage de voirie
».
Mais on trouve aujourd’hui des lampes dites à « sodium blanc », de teinte plus
doré, avec un IRC > 85.
Sources d’éclairage urbain
1.Armoire
Également appelée coffret de commande et de protection (CCP), l’armoire d’éclairage public
permet l’alimentation du réseau d’EP à partir du réseau de distribution d’énergie. Il renferme des
équipements ou dispositifs de comptage, de commande et de protection. Une armoire est
généralement constituée d’une partie pour le comptage de la consommation électrique, une
partie de commande d’allumage des points lumineux contenant des composantes telles que les
horloges et les contacteurs, comportant toutes les deux des appareils de protection (disjoncteur,
fusible…).
ÉquipementÉquipement de commande :
de comptage
: Horloge astronomique
Équipement de
comman
Compteur de :
électromécani Contacte
que ur
Équipement de protection
par départ :
Fusibles
La figure ci-dessous décrit les principaux composants d’une armoire d’éclairage public.
Équipement de commande :
Equipement de protection
général
Horloge astronomique
disjoncteur différentiel
Equipement de
Équipement de comptage : commande
Compteur horloge astronomique
électromécanique
Équipement de commande
: Contacteur
Équipement de protection
par départ : Fusibles
Choix des dispositifs de commande
– Ballasts ferromagnétiques
• Ces ballasts nécessitent l’utilisation d’un condensateur pour la limitation
de l’énergie réactive et d’un amorceur pour l’allumage de la lampe. La
vérification et le remplacement de ces deux composants reste essentiel
afin d’éviter toute surconsommation et tout dysfonctionnement.
– Ballasts électroniques
• Grâce à un allumage progressif et une régulation électronique de la
tension d’alimentation, ces appareils permettent d’augmenter la durée de
vie des lampes. Ils assurent également une lumière constante. Lorsqu’ils
sont gradables, ils permettent en outre de faire varier le niveau
d’éclairement. Par contre, ils nécessitent l’installation de parasurtenseurs
pour les protéger des surtensions du réseau de distribution.
2.Câbles réseau électrique
On distingue deux types principaux de réseaux dans l’éclairage public : le réseau
indépendant en câbles souterrains qui est le plus recommandé, sécurisé et offre un
éclairement plus approprié et le réseau mixte sur poteaux et sur façade. Ce dernier
continue à représenter un certain pourcentage du réseau d’éclairage public dont une
partie sur façade. Néanmoins, l’éclairage public sur un réseau aérien ne permet pas
d’obtenir un éclairement conforme aux normes en vigueur vu que l’inter-distance entre
supports est imposée par le réseau BT de distribution desservant les habitations et
non en
fonction des besoins d’éclairement.
•Tranché
•Massif (confectionné ou
préfabriqué)
Point lumineux
Luminai
Cros re
se
Le point lumineux représenté dans la
Point
figure constitue l’une des parties les plus Suppo
lumineux
Crosse
Élément le plus souvent métallique permettant de déporter la lumière.
Mât ou support
Élément supportant le luminaire, parfois accompagné d’une crosse. Il peut être droit ou incliné, en acier,
en aluminium, en fonte ou en bois, de forme tubulaire, cylindro-conique, octogonale, avec ou sans
embase.
Composants de luminaire
Type de vasques
Pertes Pertes
optique Thermique
s s
LED Lentille
Composants de luminaire LED
Luminaire
Modules LED
Driver
Nœud de protection
Rôle des composantes électriques
a)Driver:
•Transforme courant alternatif en courant continu
•Pilotage du courant des LED pour varier la température du couleur
•Protège les LED contre surtension, surintensité et surchauffe
•Diming pour faire de l’économie de l’énergie
•Communiquer pour faire la télégestion
a)Lentille :
dispositif optique composé d’une matière transparente et dont
la forme est étudiée pour diriger la lumière d’une façon
spécifique, convergente ou divergente.
b)Nœud de protection: Protection de tous les équipements
contre les surtensions
‘
Eclairage d’un espace public
4
Dimensionnement et implantation
Les Les
hauteurs distances
de mâts inter-
ou des luminaires
supports (inter-distances)
Le type d’implantation Le type de
des points lumineux sur lumi
l’espace public naire
s
Le type d’éclairage :
fonctionnel (à Et les types et puissances
systématiser sur les voies
structurantes) de lampes
ou d’ambiance
(envisageable sur
les trottoirs,
p
l
a
c
e
Types d’implantation sur l’espace public
I : largeur de la
chaussée à
Hauteur h éclairer
•a : avancée du
feu par rapport
au bord de la chaussée
Avancée a Largeur l
•h : hauteur du feu
•e : espacement
entre deux foyers
lumineux
Implantation unilatérale (gauche ou droite)
Il est à noter que certains luminaires LED permettent d’atteindre des inter-distances
allant jusqu’à 6 fois la hauteur de feux, ce qui contribue à la diminution du nombre de
points lumineux et par conséquent ce qui réduit les frais d’exploitation, de maintenance
et la facture énergétique.
Récapitulatif des principaux types d’implantation des points lumineux
La luminance de la
Implantation Chaussée simple à partie de la chaussée
l≤h
unilatérale double sens de située loin des
circulation luminaires est plus
faible que celle située
du même côté
Un soin particulier
doit être apporté à
Implantation h < l ≤ 1,5 h
l’uniformité des
bilatérale en luminances de la
quinconce chaussée
• Types de luminaires
• On distingue deux principaux types de luminaires,
le luminaire conventionnel notamment
fonctionnel, décoratif, ou projecteur, et le
luminaire LED qui est Projecteur
• Décoratif
• Fonctionnel
•
actuellement en pleine évolution
Choix des luminaires
Types de luminaires
On distingue deux principaux types de luminaires, le luminaire conventionnel
notamment fonctionnel, décoratif, ou projecteur, et le luminaire LED qui est
actuellement en pleine évolution
Module
LED
Driver
Vasque
L’étanchéité,
• La solidité,
• La protection électrique,
• L’efficacité lumineuse,
• L’optique,
• L’indice ULOR,
La maintenabilité,
• La durée de vie moyenne,
• La forme de la vasque,
• La puissance de la lampe,
• L’indice de rendu de couleurs,
• Et la température de couleurs.
1. L’étanchéité
L’indice de protection IP détermine le niveau d’étanchéité du luminaire. Il représente le degré de
protection du matériel contre la pénétration des corps solides (1er chiffre) et liquides (2ème chiffre). Afin
d’assurer une étanchéité suffisante, il est recommandé de choisir des luminaires dont l’indice de
protection est au minimum de 55 (IP ≥ 55). Le Tableau 9 explique plus en détails les différents indices de
protection.
Signification des indices de protection
1er chiffre : Introduction de corps solides 2éme chiffre : Pénétration des corps
liquides
IP 0X Non protégé IP X0 Non protégé
IP 1X Protégé contre les corps solides de IP X1 Protégé contre des chutes verticales
plus de 50 mm de gouttes d’eau
IP 2X Protégé contre les corps solides de IP X2 Protégé contre des chutes d’eau pour
plus de 12 mm une inclinaison maximale de 15°
IP 3X Protégé contre les corps solides de IP X3 Protégé contre des chutes d’eau pour
plus de 2,5 mm une inclinaison maximale de 60°
IP 4X Protégé contre les corps solides de IP X4 Protégé contre les projections d’eau
plus de 1 mm
• K=Ø
P
. L’efficacité lumineuse s’exprime en lumens par
watt. Du point de vue énergétique, la
caractéristique la plus importante d’une lampe est
sa capacité à transformer l’énergie électrique en
lumière. Plus grand est l’indice K, mieux c’est
Catégorie Lumen/watt
Lampe à incandescence 10 à 35
Lampe à vapeur de 30 à 70
mercure
Lampe fluorescente 40 à 100
Lampe aux halogénures 50 à 110
Lampe à vapeur de 70 à 130
sodium haute pression
Lampe LED 80 - 130
–L’indice ULOR