Centrale 2016 - PSI 2
un corrigé
1 Transformation de Fourier
1.A ϕ est continue sur R \ {−1/2, 1/2} et en ±1/2, elle admet des limites finies à droite et gauche.
C’est donc une fonction continue par morceaux sur R. Les seuls problèmes d’intégrabilité sont
aux voisinages des infinis où ϕ est nulle et donc intégrable. Finalement
ϕ ∈ Ecpm
On a immédiatement
1/2
1 1/2
Z
1 sin(πx)
∀x ∈ R∗ , F(ϕ)(x) = e−2iπxt dt = − =− (e−iπx − eiπx ) =
−1/2 2iπx −1/2 2iπx πx
De plus
Z 1/2
F(ϕ)(0) = dt = 1
−1/2
On remarque (puisque sin(u) ∼ u au voisinage de 0) que F(ϕ) est continue sur R.
1.B
1.B.1 On sait que sin est DSE de rayon infini et en utilisant le DSE, on trouve que
+∞ +∞
X (−1)n X (−π 2 )n 2n
∀x 6= 0, ψ(x) = (πx)2n = x
(2n + 1)! (2n + 1)!
n=0 n=0
La formule reste valable pour x = 0. On a donc trouvé le DSE de ψ et montré que le rayon
de convergence est infini.
La somme d’une série entière étant de classe C ∞ sur l’intervalle ouvert de convergence, on
a donc
ψ ∈ C ∞ (R)
1 1
1.B.2 Soit n ∈ N ; sur [n, n + 1], x ≥ n+1 . On en déduit que
Z n+1 Z n+1
1
|ψ(x)| dx ≥ | sin(πx)| dx
n π(n + 1) n
x 7→ | sin(πx)| étant 1-périodique, l’intégrale ci-dessus est égale à celle
R 1 sur [0, 1] où la fonction
est positive. On peut enlever les valeurs absolue et l’intégrale vaut 0 cos(πx) dx = π2 . Ainsi,
Z n+1
2
|ψ(x)| dx ≥
n π 2 (n + 1)
On en déduit que
Z n n
∗ 2 X1
∀n ∈ N , |ψ(x)| dx ≥ 2 → +∞
0 π k n→+∞
k=1
Rc
c 7→ 0 |ψ(x)| dx est croissante sur R+ et ce qui précède montre que cette fonction n’est pas
bornée. Elle est donc de limite infinie en +∞ et ψ n’est pas intégrable sur R+ . En particulier
ψ∈
/ Ecpm
1.C Il s’agit d’utiliser le théorème de continuité des intégrales à paramètres. Soit donc f ∈ Ecpm .
1
- ∀x ∈ R, t 7→ f (t)e−2iπxt est continue par morceaux sur R.
- ∀t ∈ R, x 7→ f (t)e−2iπxt est continue sur R.
- ∀[−a, a] ⊂ R, ∀x ∈ [−a, a], ∀t ∈ R, |f (t)e−2iπxt | = |f (t)|. Le “majorant” est indépendant
de x et intégrable sur R.
Le théorème s’applique et donne
F(f ) ∈ C 0 (R)
1.D Soit f ∈ S.
1.D.1 Soit n ∈ N. x 7→ xn f (x) est continue sur R et les seuls problèmes d’intégrabilité sont aux
voisinages des infinis. x 7→ xn+2 f (x) étant bornée sur R, on a xn f (x) = O(1/x2 ) au voisinage
des infini ce qui nous donne l’intégrabilité voulue.
1.D.2 On veut maintenant utiliser le théorème de régularité des intégrales à paramètres.
- ∀x ∈ R, t 7→ f (t)e−2iπxt est continue par morceaux sur R.
- ∀n ∈ N∗ , ∀t ∈ R, x 7→ f (t)e−2iπxt est de classe C ∞ sur R de dérivée n-ième x 7→
(−2iπ)n tn f (t)e−2iπxt .
- ∀n ∈ N∗ , ∀x ∈ R, t 7→ (−2iπ)n tn f (t)e−2iπxt est continue sur R.
- ∀n ∈ N, ∀[−a, a] ⊂ R, ∀x ∈ [−a, a], ∀t ∈ R, |(−2iπ)n tn f (t)e−2iπxt || = (2π)n |tn f (t)|. Le
“majorant” est indépendant de x et intégrable sur R (on vient de le voir).
Le théorème s’applique et donne F(f ) ∈ C ∞ (R) avec
Z +∞
∀n ∈ N, ∀x ∈ R, (F(f ))(n) (x) = (−2iπ)n tn f (t)e−2iπx dt
−∞
1.E
1.E.1 θ est continue et θ(x) est négligeable devant toute puissance de x au voisinage des infinis
par croissances comparées. En particulier pour tout n ∈ N, x 7→ xn θ(x) est continue et de
limite finie (et même nulle) en ±∞ et donc bornée. Ainsi
θ∈S
La question précédente donne la dérivabilité de y = F(θ) avec
Z +∞
0 2
∀x ∈ R, y (x) = (−2iπ) te−πt e−2iπxt dt
−∞
On a alors
Z +∞
2 −2iπxt
∀x ∈ R, y 0 (x) + 2πxy(x) = i (−2πt − 2iπx)e−πt dt
−∞
2 −2iπxt
La fonction (de t) sous l’intégrale est la dérivée de t 7→ e−πt dont la limite en ±∞ est
nulle (son module vaut θ(t)). L’intégrale est donc nulle et
∀x ∈ R, y 0 (x) + 2πxy(x) = 0
1.E.2 On résout cette équation différentielle linéaire d”ordre 1. Il existe une constante c telle que
2
∀x ∈ R, y(x) = ce−πx
Avec l’intégrale donnée dans l’énoncé, on sait que y(0) = 1 et donc que c = 1. On a ainsi
2
∀x ∈ R, y(x) = e−πx
ce qui s’écrit, en revenant aux notations de l’énoncé,
F(θ) = θ
2
2 Formule d’inversion de Fourier
2.A On veut utiliser le théorème de convergence dominée sur R avec la fonction
x
un : x 7→ F(f )(x)θ
n
- Pour tout n, un est continue sur R.
- Comme θ est continue en 0, (un ) converge simplement sur R vers F(f ) (θ(0) = 1) et cette
limite simple est continue sur R.
- Pour tout n, |un | ≤ |F(f )| (|θ| est majorée par 1) et le majorant est intégrable sur R.
Le théorème s’applique et indique que
Z +∞
lim In = F(f )(x) dx
n→+∞ −∞
2.B On veut utiliser le théorème de convergence dominée sur R avec la fonction
t t
vn : t 7→ F(θ)(t)f = θ(t)f
n n
- Pour tout n, vn est continue sur R.
- Comme f est continue en 0, (vn ) converge simplement sur R vers f (0)θ et cette limite simple
est continue sur R.
- f étant dans S, elle est bornée sur R (f (t) = t0 f (t)). Pour tout n, |vn | ≤ kf k∞ θ et le
majorant est intégrable sur R.
Le théorème s’applique et indique que
Z +∞
lim Jn = f (0) θ(t) dt = f (0)
n→+∞ −∞
2.C En revenant à la définition de F(f ), on a
Z +∞ Z +∞ x
−2iπxt
In = f (t)e θ dt dx
−∞ −∞ n
La formule de Fubini donne alors
Z +∞ Z +∞ x
−2iπxt
In = f (t)e θ dx dt
−∞ −∞ n
Dans l’intégrale interne, on effectue le changement de variable linéaire u = x/n pour obtenir
Z +∞ Z +∞
−2inπut
In = n f (t)e θ(u) du dt
−∞ −∞
Dans l’intégrale extérieure, on effectue le changement de variable linéaire v = nt pour obtenir
Z +∞ Z +∞
t −2iπut
In = f e θ(u) du dt
−∞ −∞ n
f (t/n) ne dépendant pas de u, on peut le sortir par linéarité du passage à l’intégrale. On
reconnaı̂t alors F(θ)(u) et on conclut que
In = Jn
3
2.D Il suffit de combiner les trois questions qui précèdent et l’unicité de la limite pour conclure que
Z +∞
f (0) = F(f )(x) dx
−∞
Fixons x ∈ R et posons h t 7→ f (x + t). h est continue, comme f . De plus, pour |t| assez grand,
tn
tn h(t) = (x + t)n f (x + t) ∼ (x + t)n f (x + t)
(x + t)n t→±∞
ce qui montre que t →7 tn h(t) est bornée, comme f , aux voisinages des infinis et donc sur R
(puisque continue et donc bornée sur tout segment). On peut alors appliquer ce qui précède à
h et affirmer que Z +∞
f (x) = h(0) = F(h)(y) dy
−∞
On remarque alors, avec le changement de variable affine u = x + t, que
Z +∞ Z +∞
F(h)(y) = f (x + t)e−2iπty dt = e2iπyx f (u)e−2iπuy du = e2iπyx F(f )(y)
−∞ −∞
On a ainsi montré que Z +∞
f (x) = e2iπyx F(f )(y) dy
−∞
2.E La fonction x 7→ 12 e−|x| est dans S (elle est continue sur R et dominée au voisinage de ±∞ par
toute puissance de x par croissances comparées). De plus
1 +∞ −|t|−2πitx
Z
∀x ∈ R, F(f )(x) = e dt
2 −∞
Pour calculer l’intégrale, on découpe en deux par Chasles :
1 0 t(1−2πix) 1 0 t(−1−2πix)
Z Z
F(f )(x) = e dt + e dt
2 −∞ 2 −∞
t=0 t=+∞ !
1 1 t(1−2πix) 1 t(−1−2πix)
= e − e
2 1 − 2πix t=−∞ 1 + 2πix t=0
1 1 1
= +
2 1 − 2πix 1 + 2πix
1
=
1 + 4π 2 x2
On a donc avec la question précédente
+∞
e2iπyx
Z
1 −|x|
∀x ∈ R, e = dy
2 −∞ 1 + (2πy)2