Poly Math L3 Mag
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Mourad I SMAIL
[email protected]
http://www-liphy.ujf-grenoble.fr/Mourad-Ismail
1
Table des matières
2
5 Calcul des variations 33
5.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
5.2 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
5.2.1 Chemin le plus court dans un plan euclidien . . . . . . . . . . . 34
5.2.2 Mécanique analytique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
5.3 Calcul des variations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
5.3.1 Différentiation d’une fonctionnelle . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
5.3.2 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
5.4 Optimisation sous contraintes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
5.4.1 Multiplicateurs de Lagrange . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
5.5 Généralisation aux fonctionnelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
5.5.1 Minimisation sous contraintes (d’égalité) . . . . . . . . . . . . . 41
5.5.2 Application aux équations de Stokes. Formulation point-selle . 42
Annexes 45
4
Définition 1.5 (Norme)
Une norme sur E est une application k · k de E dans R+ telle que :
— ∀u ∈ E, kuk = 0 =⇒ u = 0,
— ∀(λ, u) ∈ R × E, kλuk = |λ|kuk,
— ∀(u1 , u2 ) ∈ E × E, ku1 + u2 k ≤ ku1 k + ku2 k.
2.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
2.2 Exemples simples de problèmes aux limites et aux valeurs
initiales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.3 Un problème de convection-diffusion stationnaire . . . . . . . 11
2.4 Méthode de Galerkin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2.4.1 Problème discret . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.5 Méthode des éléments finis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2.5.1 Méthode des éléments finis de degré 1 . . . . . . . . . . . . . . 14
2.5.2 Résolution du système linéaire A~u = ~f . . . . . . . . . . . . . . 16
2.6 Estimation d’erreur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2.6.1 Cas général de la méthode de Galerkin . . . . . . . . . . . . . 17
2.6.2 Cas des éléments finis de degré 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
2.7 Quelques résultats numériques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
6
2.1 Introduction
La plupart des phénomènes physiques, chimiques ou biologiques sont régis par
des systèmes complexes d’équations aux dérivées partielles. La résolution analy-
tique de tels systèmes est souvent très difficile à réaliser voire impossible. D’où l’un
des intérêts de la résolution numérique à l’aide d’ordinateurs. Pour ce faire, ces
équations doivent être discrétisées pour se placer en dimensions finies. Cela per-
mettra l’écriture d’un système algébrique sous-jacent.
L’objectif de ce chapitre est d’expliquer un tel processus en se basant sur un
problème simple en une dimension de l’espace.
Commençons d’abord par deux définitions regroupant deux grands types de pro-
blèmes modélisant des phénomènes physiques :
— Les problèmes aux limites sont des problèmes différentiels posés sur un
intervalle ]a, b[ de la droite réelle, ou sur un ouvert à plusieurs dimensions
(Ω ⊂ Rd ) et qui nécessitent des informations sur la solution au bord du do-
maine. Ainsi, les valeurs de l’inconnue (ou de ses dérivées) sont fixées aux
extrémités a et b de l’intervalle ]a, b[ ou sur le bord ∂Ω dans le cas multidimen-
sionnel. Dans ce dernier cas, le problème différentiel met en jeu les dérivées
partielles de la solution par rapport aux coordonnées de l’espace.
— Les équations dépendant du temps (noté t) sont appelées problèmes aux
valeurs initiales. Pour ce type d’équations, on doit aussi fournir la valeur
de la solution à l’instant initial t = 0.
— Équation de la chaleur :
∂u ∂ 2u
(x, t) − µ 2 (x, t) = f (x, t), x ∈]a, b[, t > 0, (2.4)
∂t ∂x
[email protected] 7 eedca8d (2016-09-26)
ou (en dimensions supérieures)
∂u
(x, t) − µ∆u(x, t) = f (x, t), x ∈ Ω, t > 0, (2.5)
∂t
où µ > 0 est un coefficient donné, correspondant à la conductivité thermique,
et f une fonction donnée.
— Équation des ondes :
∂ 2u ∂ 2u
(x, t) − c (x, t) = f (x, t), x ∈]a, b[, t > 0, (2.6)
∂t2 ∂x2
ou (en dimensions supérieures)
∂ 2u
(x, t) − c∆u(x, t) = f (x, t), x ∈ Ω, t > 0, (2.7)
∂t2
où c > 0 est une constante donnée.
où gi est un nombre réel pour tout i ∈ {1, 2, · · · , N }. Il est donc naturel de formuler
une approximation du problème (2.13) de la manière suivante : trouver une fonction
uh ∈ Vh telle que
Z 1 Z 1 Z 1
µ u0h (x)vh0 (x)dx + c(x)u0h (x)vh (x)dx = f (x)vh (x)dx, ∀vh ∈ Vh .
0 0 0
(2.15)
Définition 2.2 On dira que (2.15) est une approximation de Galerkin de (2.13).
pour tout j = 1, 2, · · · , N .
Si A est la matrice N × N de coefficients
Z 1 Z 1
0 0
Aji = µ ϕi (x)ϕj (x)dx + c(x)ϕ0i (x)ϕj (x)dx, (2.18)
0 0
x0 x1 x2 ··· ··· xN xN +1
x
0 h 2h ··· ··· Nh 1
ϕi (x)
x
0 x1 ··· xi−1 xi xi+1 ··· xN 1
Nous choisissons ces fonctions ϕi pour engendrer l’espace Vh . Nous dirons ainsi
que :
— x0 , x1 , x2 , · · · , xN +1 sont les nœuds de la discrétisation,
— [x0 , x1 ], [x1 , x2 ], · · · , [xN , xN +1 ] sont les éléments géométriques,
— ϕ1 , ϕ2 , · · · , ϕN sont les fonctions de base du sous-espace Vh de type éléments
finis de degré 1 associés aux nœuds intérieurs x1 , x2 , · · · , xN .
Si g ∈ Vh , alors g est une combinaison linéaire des ϕi
N
X
g= gi ϕi (x), (2.22)
i=1
g4
g3
gN
g1
g2
x
0 x1 x2 x3 x4 ··· ··· xN 1
2 −1
f0
..
.
. ..
−1 . . . ..
1 1
~
.
A = tridiag(−1, 2, −1) = et f = h . (2.24)
h h ..
... ... .
−1
..
.
−1 2 f0
On obtient ainsi une matrice A tridiagonale 2 , symétrique et définie positive et donc
inversible.
Exercice 2.4 Vérifier qu’une matrice symétrique et définie positive est inversible.
Bien que notre matrice A soit d’une forme très simple, il n’est évidemment pas
question de calculer son inverse mais d’utiliser une méthode de résolution de sys-
tème linéaire. On sait que dans notre cas A admet une factorisation LU (A = LU )
avec L une matrice triangulaire inférieure à diagonale unité et U une matrice trian-
gulaire supérieure. En particulier, dans notre cas, L et U doivent être bidiagonales
et elles sont données par ces expressions :
α1 −1
1 0 0
.
α2 . .
β2 1 1
L= et U = . (2.25)
. . . . . . . −1
. . h
0 βN 1 0 αN
Les coefficients inconnus αi et βi sont déterminés en écrivant l’égalité LU = A. Ce
qui conduit aux relations de récurrence :
1
α1 = 2, βi = − , αi = 2 + βi , i = 2, · · · , N. (2.26)
αi−1
Avec (2.26), il est facile de résoudre le système linéaire A~u = f~ en résolvant les deux
systèmes bidiagonaux obtenus en remplaçant A par LU . Cette technique est connue
sous le nom d’algorithme de Thomas. Son coût est de l’ordre de N opérations.
ku − uh k1 ≤ min ku − vh k1 . (2.28)
vh ∈Vh
En posant e(x) = u(x)−uh (x), qui représente l’erreur entre u et uh au point x, l’égalité
(2.29) devient : Z 1
e0 (x)vh0 (x)dx = 0, ∀vh ∈ Vh . (2.30)
0
c’est-à-dire
kek21 ≤ kek1 ku − vh k1 . (2.34)
Il suffit de simplifier par kek1 et de prendre le minimum sur vh ∈ Vh pour obtenir
(2.28).
ku − uh k1 ≤ ku − rh uk1 . (2.37)
Cette dernière inégalité montre que l’erreur entre u et uh dans la norme k · k1 peut
être contrôlée si nous savons estimer l’erreur d’interpolation entre u et rh u. Nous
démontrons le résultat suivant :
Théorème 2.1 On suppose que c(x) = 0 pour tout x ∈ [0, 1] et µ = 1. Soit u la solution
du problème faible (2.13) et soit uh la solution du problème discret (2.15) lorsque Vh
est engendré par les fonctions de base (2.21). Alors nous avons l’estimation d’erreur :
ku − uh k1 ≤ Ch. (2.38)
Remarque 2.2 Le résultat du théorème précédent nous indique clairement que l’er-
reur d’approximation de la solution u par la fonction uh dépend de C et de h. Ce qui se
traduit par une dépendance de la régularité de la solution u et du nombre de points
de discrétisation.
Ce problème est discrétisé en utilisant des éléments finis de degré 1 avec diffé-
rentes valeurs du pas de maillage
1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1
h= ∈{ , , , , , , , , , , , }.
N +1 5 10 20 40 80 100 160 320 640 1280 2560 5120
La solution exacte (2.50) ainsi que les solutions calculées en résolvant le système
1 1
linéaire (2.24) pour h ∈ { 15 , 10 1
, 20 , 100 } sont représentées dans les figures 2.4 et 2.5.
Remarque 2.3 On remarque que plus le pas de maillage h est petit plus la solution
calculée est proche de la solution exacte.
0.25 0.25
Solution calculee Solution calculee
Solution exacte Solution exacte
0.2 0.2
0.15 0.15
0.1 0.1
0.05 0.05
0 0
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 0 0.2 0.4 0.6 0.8 1
1 1
F IGURE 2.4 – Solution exacte et solution calculée pour h = 5
et h = 10
.
0.25 0.25
Solution calculee Solution calculee
Solution exacte Solution exacte
0.2 0.2
0.15 0.15
0.1 0.1
0.05 0.05
0 0
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 0 0.2 0.4 0.6 0.8 1
1 1
F IGURE 2.5 – Solution exacte et solution calculée pour h = 20
et h = 100
.
-1
1×10
pente = 1
-2
1×10
erreur H1 (log)
-3
1×10
-4
1×10 -4 -3 -3 -2 -1
3,2×10 1,6×10 8,0×10 4,0×10 2,0×10
h (log)
Exercice 2.10 Que doit-on changer pour avoir une méthode des éléments finis d’ordre
2?
Exercice 2.11 Que gagne-t-on avec des éléments finis de degré 2 ? quel est le prix à
payer ? donner l’allure des courbes des figures 2.5 et 2.6 dans ce cas.
Si on utilise des éléments finis de degré 2, les courbes de la solution calculée et celle de
la solution exacte de la section 6 seront superposées même avec un seul point intérieur
(N = 1). L’erreur commise sera de l’ordre du zéro machine. Par contre si on choisit
une solution analytique qui n’est pas un polynôme de degré 2, la courbe d’erreur en
échelle logarithmique sera une droite de pente égale à 2. Le prix à payer réside dans
le fait que la matrice du système linéaire est moins creuse et le calcul numérique est
légèrement plus coûteux.
21
Avec
— α est le multi-indice α = (α1 , · · · , αn ),
— |α| = α1 + · · · + αn ,
α ∂ |α| ϕn
— D ϕn = .
∂xα1 1 · · · ∂xαnn
Exemple 3.1 On peut vérifier que l’ensemble D(Ω) n’est pas vide. En effet, considé-
rons la fonctions
(
− 1 2
n
J : R −→ R : x 7−→ e 1−|x| si |x| < 1, (3.2)
0 si |x| ≥ 1.
On vérifie facilement que J ∈ D(Rn ) et que son support est exactement la boule fermée
B(0, 1). Grâce à cette fonction J, on peut construire une infinité d’éléments de D(Ω).
0.4
0.3
0.2
0.1
0
−1 −0.5 0 0.5 1
On note aussi par k · k0,Ω la norme induite par le produit scalaire (·, ·)0,Ω . C’est-à-dire
Z 12
1
2
kf k0,Ω = (f, f )0,Ω =
2
f . (3.5)
Ω
Remarque 3.1 De la même façon, on peut identifier l’espace L1loc (Ω) des fonctions
localement intégrables sur Ω à un sous-espace de D0 (Ω) mais pour des raisons de sim-
plification nous nous contenterons ici de l’espace L2 (Ω) (qui est inclus dans L1loc (Ω)).
Remarque 3.2 Les physiciens utilisaient la masse de Dirac bien avant l’élaboration
de la théorie des distributions (par Laurent Schwartz). Ils la définissaient comme une
fonctions égale à zéro sauf en 0 où elle valait +∞. Il est évident que cette définition
ne correspond pas à celle d’une fonction au sens mathématique. En outre, il n’existe
aucune fonction f telle que la masse de Dirac coïncide avec la distribution associée à
f . En effet, on a le résultat suivant
Proposition 3.2 6 ∃f ∈ L1loc (R) telle que δ0 = Tf dans D0 (R).
Démonstration. Supposons qu’une telle fonction existe. On aurait alors
Z
f ϕ = ϕ(0), ∀ϕ ∈ D(R). (3.7)
R
Prenons ϕ ∈ D(]0, +∞[) ∩ D(] − ∞, 0[). Ceci implique que f est nulle presque partout.
Or, en utilisant à nouveau l’équation (3.7) on a ϕ(0) = 0 pour tout ϕ ∈ D(R). Ce qui
bien évidemment absurde.
∂T ∂ϕ
< , ϕ >= − < T, >. (3.8)
∂xi ∂xi
∂ϕ ∂T
Puisque ϕ 7−→< T, ∂x i
> est une forme linéaire continue sur D(Ω), ceci définit ∂xi
en
tant que distribution sur Ω.
Remarque 3.3 Notons que, si f est une fonction de classe C 1 (Ω), sa dérivée au sens
∂f
classique ∂x i
coïncide avec sa dérivée au sens des distributions. En effet, par défini-
tion de la dérivée des distributions, on a
Z
∂Tf ∂ϕ ∂ϕ
∀ϕ ∈ D(Ω), < , ϕ >= − < Tf , >= − f , (3.9)
∂xi ∂xi Ω ∂xi
Notons que l’intégrale sur “le bord de Ω” n’apparaît pas dans cette intégration par
parties parce que ϕ est à support compact dans Ω.
Exemple 3.4 Soit f une fonction définie sur R et admettant une dérivée f 0 continue
−
et bornée dans l’ouvert R \ ∪kj=1 {xj }. Soit sj = f (x+
j ) − f (xj ) le saut de f au point xj .
Alors le résultat précédent se généralise en
k
X
DTf = Tf 0 + s j δx j . (3.16)
j=1
En effet, on a : ∀ϕ ∈ D(Ω),
Z Z k
X
0 0
< DTf , ϕ >= − fϕ = f ϕ+ sj ϕ(xj ). (3.17)
R R j=1
Exemple 3.5 On prend Ω = R et f (x) = |x|. Vérifier que DTf = T2H−1 et D2 Tf = 2δ0 .
et la norme 21
X Z
kukm,Ω = |Dα u(x)|2 dx (3.24)
|α|≤m Ω
Remarque 3.5 H 2 (Ω) peut être défini comme l’ensemble des fonctions de H 1 (Ω) dont
toutes les dérivées partielles par rapport à l’une des composantes sont elles-même
dans H 1 (Ω). On peut aussi définir de façon analogue les espaces H m (Ω) pour m =
3, 4, · · ·
Ainsi, la fonction f est bien dans H 1 (]−1, 1[). Par contre elle n’est pas dans H 2 (]−1, 1[)
car D2 Tf = 2δ0 et on sait qu’il n’existe pas de fonction g dans L2 (] − 1, 1[) telle que
δ0 = Tg (voir proposition 3.2).
Proposition 3.5 Si Ω est une ouvert borné de frontière Γ Lipschitzienne alors D(Ω̄)
est dense dans H 1 (Ω). En outre, l’application γ0 : ϕ ∈ D(Ω̄) 7−→ ϕ|Γ se prolonge par
continuité en une application linéaire de H 1 (Ω) dans L2 (Ω).
Proposition 3.6 Si on note par H01 (Ω) l’adhérence de D(Ω) dans H 1 (Ω), on montre
(voir R AVIART et T HOMAS, Introduction à l’analyse numérique des équations aux
dérivées partielles) que cet espace est constitué des fonctions de H 1 (Ω) dont la trace
sur Γ est nulle. Plus précisément
∂ϕ
= ∇ϕ · n. (3.28)
∂n
Définition 3.8 Pour u ∈ H 2 (Ω), sa dérivée normale sur Γ est définie par
∂u
γ1 u = , (3.29)
∂n
où γ1 est l’application
D’autre part, la condition aux limites (4.2) et la proposition 3.6 nous donnent u ∈
H01 (Ω).
28
Proposition 4.1 Le problème (4.1)-(4.2) est remplacé par la formulation variation-
nelle suivante : étant donné f ∈ L2 (Ω), trouver u ∈ H01 (Ω) vérifiant (4.4).
Démonstration. Par construction de la formulation variationnelle, si u ∈ H 2 (Ω) est
solution du problème (4.1)-(4.2) alors u vérifie (4.4). Inversement, si u ∈ H01 (Ω) est
solution de (4.4), alors on a
Z Z
∇u · ∇v = f v, ∀v ∈ D(Ω). (4.5)
Ω Ω
En effet, par définition, H01 (Ω) est l’adhérence de D(Ω) dans H 1 (Ω)
4.4 Exercices
Exercice 4.1 Soient I =]a, b[ un intervalle ouvert borné et f ∈ L2 (I). On se propose
de trouver une fonction u ∈ H 2 (I) telle que
−u00 =
f dans I,
u0 (a) =
0,
0 (4.14)
R b u (b) =
0,
u(x)dx = 0.
a
1. Vérifier que si (4.14) a une solution, alors le second membre f satisfait aussi
Z b
f (x)dx = 0. (4.15)
a
2. On introduit l’espace
Z b
1
H = {v ∈ H (I); v(x)dx = 0}, (4.16)
a
Exercice 4.2 Soit Ω =]a, b[×]c, d[ un rectangle ouvert et borné de R2 . Mettre sous
forme variationnelle le problème suivant
∆u = 1 dans Ω,
u(a, y) = 0, ∂u
∂x
(b, y) = 0 si c < y < d, (4.21)
∂u ∂u
∂y
(x, c) = 1, ∂y
(x, d) = x si a < x < b.
5.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
5.2 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
5.2.1 Chemin le plus court dans un plan euclidien . . . . . . . . . . 39
5.2.2 Mécanique analytique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
5.3 Calcul des variations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
5.3.1 Différentiation d’une fonctionnelle . . . . . . . . . . . . . . . . 41
5.3.2 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
5.4 Optimisation sous contraintes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
5.4.1 Multiplicateurs de Lagrange . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
5.5 Généralisation aux fonctionnelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
5.5.1 Minimisation sous contraintes (d’égalité) . . . . . . . . . . . . 47
5.5.2 Application aux équations de Stokes. Formulation point-selle 48
5.1 Introduction
On s’intéresse dans ce chapitre à des fonctionnelles J (fonctions de fonctions)
qu’on cherche à minimiser (ou à maximiser). Par exemple, si on prend J : C(0, 1) −→
R telle que Z 1
J(f ) = [f (x)2 + f 0 (x)2 ]dx, (5.1)
0
et on cherche une fonction f pour laquelle J(f ) est maximale. À titre d’exemple, si
on prend f : x 7−→ sin(x), J(f ) = 1 et si on prend f : x 7−→ ex , J(f ) = e2 − 1.
33
5.2 Exemples
5.2.1 Chemin le plus court dans un plan euclidien
Pour trouver le chemin le plus court entre les deux points (x1 , y1 ) et (x2 , y2 ), il
suffit de minimiser la fonctionnelle
Z x2 r
dy
J(f ) = 1 + ( )2 dx. (5.2)
x1 dx
Z x2 Z y2
En effet, on prend J = ds où s désigne l’abscisse curviligne et on remplace
r x1 y1
p dy
ds = dx2 + dy 2 par 1 + ( )2 dx.
dx
et on cherche une fonction f pour laquelle J(f ) est maximale (ou minimale). Ainsi
la fonction f est dite un extremum de la fonctionnelle J.
Pour que ce problème soit bien posé, on a besoin des conditions de type f (a) = y0
et f (b) = y1 . La fonction L est appelé le Lagrangien.
d ∂L
( ) = 2f 00 (t). (5.6)
dt ∂f 0
nous dirons que f est un extremum de J si A[f, g] = 0 pour toute fonction (test) g.
Dans le cas qui nous intéresse, les fonctions f que nous cherchons doivent vérifier
f (a) = y0 et f (b) = y1 . Par conséquent, nous choisissons comme fonctions (test) g
celles qui vérifient g(a) = g(b) = 0. Ainsi,
Z b
J(f + hg) = L[f (t) + hg(t), f 0 (t) + hg 0 (t)]dt (5.8)
a
Z b Z b
∂L ∂L 0
= J(f ) + h g(t)dt + h 0
g (t)dt + o(h), (5.9)
a ∂f a ∂f
5.3.2 Exercices
Exercice 5.1 Mécanique analytique
Reprenons l’exemple de la mécanique analytique de la section 5.2.2 et écrivons l’équa-
tion d’Euler-Lagrange correspondante. D’une part, dans le cadre de cet exemple, le
langrangien est donné par
m 2
L(x, ẋ) = ẋ (t) − V (x(t)). (5.16)
2
D’autre part, l’équation d’Euler-Lagrange s’écrit
∂L d ∂L
− = 0, (5.17)
∂x dt ∂ ẋ
ou encore
dV d
− − mẋ = 0. (5.18)
dx dt
C’est-à-dire
F − mẍ = 0 (5.19)
car F = − dV
dx
. On retrouve ainsi l’équation différentielle
ma = F (5.20)
où a = ẍ.
C’est-à-dire
d ∂L
− = 0, (5.23)
dx ∂y 0
ou encore !
d y0
− p = 0. (5.24)
dx 1 + (y 0 )2
Ce qui implique
y0
p = C. (5.25)
1 + (y 0 )2
L’équation (5.25) peut être réécrite
y 02 = C 2 (1 + y 02 ), (5.26)
∂g ∂g
h+ k = 0. (5.28)
∂x ∂y
pour tout déplacement (h, k) et en particulier ceux qui sont compatibles avec la
contrainte g(x, y) = 0 (les déplacements h et k vérifiant (5.28)).
Nous écrivons k en fonction de h en utilisant l’équation (5.28) et nous la rempla-
çons dans l’équation (5.29) nous obtenons
−1
∂f ∂f ∂g ∂g
h+ − h = 0, ∀h. (5.30)
∂x ∂y ∂y ∂x
C’est-à-dire
∂f ∂g ∂f ∂g
− = 0. (5.31)
∂x ∂y ∂y ∂x
Ainsi l’équation (5.31) constitue une condition supplémentaire pour trouver l’extre-
mum (x∗ , y ∗ ).
x + ay = 0 (5.32)
2x + λa = 0, (5.37)
2y − λ = 0. (5.38)
On retrouve ainsi l’équation (5.32) et par suite le même extremum (x∗ , y ∗ ) (voir (5.33)).
On peut même calculer le multiplicateur de Lagrange correspondant
2b
λ∗ = 2y ∗ = . (5.39)
1 + a2
Exemple 5.3 Mécanique quantique. Particule dans une boite.
Nous considérons une particule de masse m dans une boite parallélépipédique de
côtés a, b et c. Nous savons que l’énergie de la particule est donnée par cette expression
~2 1
1 1
E= + + . (5.40)
8m a2 b2 c2
Le problème consiste à trouver la forme optimale de la boite (une condition sur a, b et
c) en minimisant l’énergie E sous la contrainte du volume constant (V (a, b, c) = abc =
V0 ).
Définition 5.1 On dit que J est différentiable (au sens de Fréchet) en u ∈ H s’il
existe ϕ ∈ H 0 (H 0 étant le dual de H) tel que l’on ait, pour tout h ∈ H au voisinage de
0,
J(u + h) = J(u)+ < ϕ, h > +o(h). (5.41)
Si un tel ϕ existe, on le note J 0 (u) qu’on peut l’identifier à un élément de H appelé
gradient de J en u. On peut aussi le noter ∇J(u).
On dira que J est différentiable si elle admet une différentielle en tout point, et
que J est de classe C 1 si l’application u 7−→ J 0 (u) est continue.
En pratique, il est plus simple de calculer la dérivée directionnelle
Exemple 5.4 Soient a(·, ·) une forme bilinéaire symétrique, continue et coercive, et
`(·) une forme linéaire continue. On définit une fonctionnelle J par l’expression sui-
vante
1
J : v ∈ H 7−→ J(v) = a(v, v) − `(v) (5.43)
2
et on considère le problème de minimisation
En effet,
t2
J(u + tw) = a(w, w) + t (a(u, w) − `(w)) + J(u). (5.46)
2
Ainsi,
j 0 (t) = ta(w, w) + a(u, w) − `(w). (5.47)
Et par conséquent
< J 0 (u), w >= j 0 (0) = a(u, w) − `(w). (5.48)
L’équation J 0 (u) = 0 (équation d’Euler) donne la formulation variationnelle (5.45).
Le couple (u, λ) ∈ H × Rn défini par (5.58) peut être calculé en tant que point-selle
de L sur H × Rn . C’est-à-dire vérifiant (5.59)
ou encore
J(u) ≤ J(v), ∀v ∈ K. (5.62)
C’est-à-dire u est un minimum de J sur K (donc solution des problèmes (5.55) et
(5.56)). Ainsi, on la relation suivante
−ν∆u + ∇p = f in Ω, (5.64)
∇ · u = 0 in Ω, (5.65)
u = 0 on ∂Ω. (5.66)
Avec ∂Ω désigne le bord de Ω et f une force extérieure (la gravité par exemple).
∆u = 2∇ · τ (u). (5.72)
(En effet, on peut vérifier facilement que ∇ · (∇u + t (∇u)) = ∆u + ∇(∇ · u))
Ainsi, le problème (5.64)-(5.65)-(5.66) peut être réécrit de la manière suivante :
Trouver (u, p) ∈ H01 (Ω)2 × L20 (Ω) tel que :
À l’aide d’un calcul simple (voir annexe A pour les détails) on peut montrer que
le problème (5.73)-(5.74) est équivalent à la formulation variationnelle : Trouver
(u, p) ∈ H01 (Ω)2 × L20 (Ω) such that :
Z Z Z
2ν τ (u) : τ (v) − p∇ · v = f · v, ∀v ∈ H01 (Ω)2 , (5.75)
Ω ZΩ Ω
On peut vérifier qu’il s’agit bien d’une forme linéaire continue sur M et dont le noyau
est défini par
kerB = {v ∈ H; Bv = 0} (5.80)
Z
1 2
= {v ∈ H0 (Ω) ; − q∇ · v = 0, ∀q ∈ M } (5.81)
Ω
= {v ∈ H01 (Ω)2 ; ∇ · v = 0}. (5.82)
La deuxième forme linéaire donnée par b, que nous noterons B T , est définie sur
M à valeurs dans H 0 par B T : q ∈ M 7−→ B T q ∈ H 0 . Plus précisément,
Z
T
< v, B q >= b(v, q) = − q∇ · v, ∀v ∈ H. (5.83)
Ω
∂L
< (u, p), v >= 0, ∀v ∈ H (5.92)
∂v
∂L
< (u, p), q >= 0, ∀q ∈ M, (5.93)
∂q
Exercice 5.5 Vérifier qu’on retrouve bien (5.77)-(5.78) à partir des équations (5.92)-
(5.93).
où l’on a noté par n le vecteur normal sortant à ∂Ω. Or, sachant que v est nulle sur le
bord ∂Ω (v ∈ H01 (Ω)2 ), le problème (A.1)-(A.2) est maintenant équivalent à : trouver
(u, p) ∈ H01 (Ω)2 × L20 (Ω) tel que :
Z Z Z
2ν τ (u) : ∇v − p∇ · v = f · v, ∀v ∈ H01 (Ω)2 , (A.4)
Ω ZΩ Ω
Notons que τ (u) est symétrique (τ (u) : ∇v = τ (u) : (∇v)t ) qui implique en particulier
τ (u) : ∇v = τ (u) : τ (v). Finalement, la formulation variationnelle de notre problème
46
initial (5.64)-(5.65) s’écrit : trouver (u, p) ∈ H01 (Ω)2 × L20 (Ω) tel que :
Z Z Z
2ν τ (u) : τ (v) − p∇ · v = f · v, ∀v ∈ H01 (Ω)2 , (A.6)
Ω ZΩ Ω
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