0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
86 vues7 pages

Exploitation Des Réseaux de

Transféré par

ces.vrd
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
86 vues7 pages

Exploitation Des Réseaux de

Transféré par

ces.vrd
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Exploitation des réseaux de

distribution : systèmes informatiques

par Marc LECOQ


Ancien Élève de l’École Polytechnique
Ingénieur de l’École Supérieure d’Électricité
Ingénieur Chercheur
Chef du Groupe Planification des Réseaux de Distribution au Service Études de Réseaux
Direction des Études et Recherches d’Électricité de France
et Robert MICHON
Ingénieur de l’École Supérieure d’Électricité
Ingénieur Chercheur
Chef du Groupe Systèmes Informatiques de Distribution au Service Études de Réseaux
Direction des Études et Recherches d’Électricité de France

1. Pourquoi des systèmes informatiques ? ........................................... D 4 240 - 2


1.1 Dimension des problèmes .......................................................................... — 2
1.2 Définition des problèmes............................................................................ — 2
1.3 Mise en œuvre d’un système informatique .............................................. — 3
2. Méthodes d’études des réseaux .......................................................... — 3
2.1 Basse tension ............................................................................................... — 3
2.1.1 Calcul de l’état électrique................................................................... — 3
2.1.2 Aide à l’exploitation............................................................................ — 3
2.1.3 Planification......................................................................................... — 4
2.2 Moyenne tension ......................................................................................... — 4
2.2.1 Simulation du comportement d’un réseau (CORALI)...................... — 4
2.2.2 Études de planification à court et moyen termes ............................ — 4
2.2.3 Simplification du réseau (SIMPLI)..................................................... — 4
2.2.4 Schéma directeur urbain (POLLUX).................................................. — 4
2.2.5 Schéma directeur rural....................................................................... — 4
2.2.6 Aide à l’exploitation............................................................................ — 4
3. Architecture informatique des centres de distribution................ — 5
3.1 Historique ..................................................................................................... — 5
3.2 Organisation pour la gestion informatique des réseaux de distribution — 5
4. Utilisation actuelle des logiciels d’études des réseaux................ — 6
4.1 Logiciels utilisés pour les réseaux MT....................................................... — 6
4.2 Logiciels utilisés pour les réseaux BT........................................................ — 6
4.3 Développements en cours .......................................................................... — 7
5. Conclusion ................................................................................................. — 7
6 - 1990

es systèmes informatiques d’études des réseaux de distribution sont une


L aide précieuse pour l’exploitant et pour le planificateur : ils permettent une
meilleure connaissance des réseaux et de leurs possibilités d’alimentation
aussi bien en quantité qu’en qualité. Ils sont d’autant plus précieux que, depuis
D 4 240

quelques années, l’évolution des systèmes informatiques les rend plus


accessibles aux utilisateurs, tant sur le plan matériel (ordinateur dédié) que sur
le plan logiciel (dialogues conviviaux).
Les méthodes d’études dépendent des structures des réseaux et de la
doctrine de planification ; celles propres à Électricité de France sont décrites en
détail dans l’article Réseaux de distribution. Structure et planification [D 4 210]

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie électrique D 4 240 − 1
EXPLOITATION DES RÉSEAUX DE DISTRIBUTION : SYSTÈMES INFORMATIQUES ____________________________________________________________________

du présent traité, mais les méthodes citées au paragraphe 2 sont généralisables


à tout système de distribution d’électricité qui s’en rapproche. Du fait de la péren-
nité des réseaux, ces méthodes sont très peu évolutives, alors que l’architecture
informatique (§ 3) et les logiciels (§ 4) les modélisant subissent des évolutions
plus rapides dues aux changements technologiques ; ils dépendent étroitement
d’un environnement informatique intégrant à la fois le poids du passé et les pos-
sibilités actuelles.
Par ailleurs, la constitution d’un système d’information technique nécessite
une étude d’organisation (§ 1.3) pour définir, d’une part, les besoins et,
d’autre part, les moyens pouvant être mis en œuvre ainsi que leur coût.

1. Pourquoi des systèmes La fabrication de ces fichiers pouvait représenter plusieurs semaines
de travail ; on ne pouvait les réutiliser ni pour un autre programme
informatiques ? de calcul, car la description était différente, ni pour une révision ulté-
rieure de l’étude, car la mise à jour d’un fichier très agrégé était
presque aussi coûteuse que sa première constitution. Dans la mesure
1.1 Dimension des problèmes où ces fichiers n’étaient constitués que pour faire des études à moyen
terme, tous les 3 ou 4 ans, l’opération pouvait être envisagée ; mais
Les réseaux de distribution d’électricité sont constitués de obtenir un programme cohérent de développement des réseaux à
l’ensemble des matériels (lignes, câbles souterrains ou aériens, pos- court et moyen termes nécessite une actualisation annuelle des étu-
tes de transformation, transformateurs, dispositifs d’interruption de des, trop lourde à réaliser dans une telle organisation.
courant, condensateurs, etc.) à moyenne tension (MT) et à basse C’est pourquoi la constitution de bases de données décrivant les
tension (BT) : composants du réseau est devenue nécessaire. Ce système a pour
— la tension des réseaux MT peut aller de 5 à 33 kV ; en France, but de mettre en commun des données servant aux applications
la tension la plus répandue est maintenant de 20 kV ; d’études de planification et d’aide à l’exploitation des réseaux.
— la tension des réseaux BT varie en général de 100 à 380 V ; la
quasi-totalité des réseaux français est actuellement à 380 V.
Tous ces réseaux sont à courant alternatif ; leur fréquence est 1.2 Définition des problèmes
de 50 Hz.
Schématiquement, il se trouve de par le monde deux types de
comportements : dans les pays en voie de développement, l’élec- Depuis toujours, l’exploitant cherche à connaître le comporte-
trification des territoires est en cours, le nombre d’ouvrages élec- ment du réseau, c’est-à-dire les courants qui passent dans les
triques et le nombre de points de livraison sont en forte lignes, les chutes de tension aux points critiques, les pertes actives,
augmentation, alors que ces quantités sont plus stables dans les pays la marge disponible pour de nouvelles charges, les puissances de
développés ; mais, dans les deux cas, les nombres à traiter à terme court-circuit, etc. Il n’est bien sûr pas possible d’installer des appa-
sont considérables. reils de mesure sur tous les points significatifs du réseau ; il fallait
donc trouver des moyens de simulation du comportement du réseau.
Par exemple, en France, ces réseaux couvrent tout le territoire et
assurent l’alimentation de 26 millions de clients au moyen Heureusement, grâce aux compteurs d’énergie installés en
de 509 000 km de lignes MT, 550 000 postes de transformation chaque point de livraison (en France, 26 millions), parce que
et 615 000 km de lignes BT. nécessaires à la facturation, on dispose de données gratuites et
fiables ; l’idée d’en profiter pour estimer les charges appelées sur
La gestion de tels ensembles, même si elle est décentralisée au le réseau (préalable indispensable si l’on veut simuler le fonction-
niveau d’unités locales (en France, une centaine de Centres de nement du réseau) est séduisante. Mais il faut encore passer de
Distribution), pose deux types de problèmes : l’énergie délivrée à la puissance appelée.
— il faut assurer une bonne exploitation des réseaux existants Pour les clients BT (de l’ordre de 26 · 106), on a pu mettre en évi-
et, entre autres, contrôler la qualité de la desserte en électricité en dence, grâce à des campagnes de mesure sur une longue période
tout point ; cela suppose la connaissance de chaque réseau et, par (plusieurs années), une forte corrélation entre l’énergie annuelle
conséquent, l’acquisition et la tenue à jour d’un ensemble consommée par le client et la puissance maximale atteinte (§ 2.1).
considérable de données ; Pour les clients MT (environ 150 000), qui sont beaucoup moins
— il faut développer les réseaux pour faire face, au meilleur nombreux que les clients BT, on dispose de puissances souscrites,
coût, à l’accroissement de la puissance appelée ; cela nécessite des de courbes de charge, voire même de mesures de puissance maxi-
calculs techniques et technico-économiques assez lourds du fait de male atteinte. On peut ainsi répartir des puissances mesurées sur
la complexité des réseaux et du nombre important d’hypothèses et un départ (c’est-à-dire à la sortie du transformateur sur le câble qui
de solutions possibles. alimente le réseau) en tenant compte des caractéristiques de
Les systèmes informatiques d’études des réseaux, en raison de chaque point de livraison (§ 2.2).
leur capacité à traiter des problèmes complexes en utilisant des
volumes importants de données, apportent alors une aide efficace
à tous ceux qui ont à prendre des décisions concernant la planifi- Ainsi, en France, un Centre de Distribution doit traiter, en
cation et l’exploitation des réseaux de distribution. moyenne, les données relatives à 250 000 clients BT et MT rat-
tachés à 70 000 éléments de réseau, 5 500 transformateurs
Les premiers logiciels d’études des réseaux de distribution
MT/BT et 16 postes HT/MT.
n’étaient pas intégrés à un système de bases de données ; il fallait
constituer des fichiers de données pour les réseaux et les charges
suivant un format et un modèle propres au programme d’étude et
selon un niveau d’agrégation dépendant de l’étude envisagée.

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
D 4 240 − 2 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie électrique
____________________________________________________________________ EXPLOITATION DES RÉSEAUX DE DISTRIBUTION : SYSTÈMES INFORMATIQUES

On conçoit que, dans ces conditions, seuls les systèmes informa- entre la technique, le métier et les besoins. Le problème le plus
tiques soient susceptibles de traiter efficacement de tels volumes exemplaire est celui de la production des données. Les personnes
de données, d’autant plus que les sources d’information sont mul- chargées de cette tâche doivent savoir quel usage sera fait des don-
tiples et quelquefois déjà traitées sur ordinateur (c’est, par nées acquises, pour mesurer l’importance de la tâche qui leur est
exemple, le cas des données de facturation). En outre, les systè- confiée, et donc pour être attentifs à la fiabilité des données. Paral-
mes informatiques permettent de contrôler la cohérence des diffé- lèlement, les consommateurs de données utiliseront d’autant mieux
rentes sources d’information et des données ; citons, à titre le système qu’ils auront confiance dans les résultats obtenus.
d’exemple, la vérification que tous les clients sont bien reliés à un
élément de réseau.
Chaque Centre dispose ainsi d’un système informatique qui
permet d’assurer : 2. Méthodes d’études
— la description et l’enregistrement en base de données des élé-
ments du réseau (lignes, câbles, postes), des points de charge et de
des réseaux
leur position sur le réseau ;
— le renseignement automatique, pour chaque client BT, des 2.1 Basse tension
consommations annuelles d’électricité à partir des fichiers de
facturation ;
— l’estimation des charges appelées par la clientèle sur chaque
2.1.1 Calcul de l’état électrique
élément du réseau ;
Le calcul de l’état électrique des réseaux BT est fondé sur l’utilisation
— le calcul des contraintes affectant les réseaux ;
de formules statistiques de corrélation consommation-puissance, dont
— l’utilisation de programmes d’études pour la planification
le principe, exposé dans l’article Réseaux de distribution. Structure
technico-économique et pour l’aide à l’exploitation des réseaux ;
et planification [D 4 210] de ce traité est brièvement rappelé ci-après :
— les moyens d’interrogation des bases de données à des fins
les clients sont répartis en six classes principales avec des
statistiques.
sous-classes, en fonction des caractéristiques de leur abonnement
et de leur consommation ; pour chaque classe, une formule permet
d’évaluer la puissance de pointe d’un ensemble de clients à partir
1.3 Mise en œuvre de leur consommation annuelle. Les puissances des différentes classes
sont alors additives ; cette méthode nécessite d’établir la
d’un système informatique consommation en année calendaire de chaque client à partir des
fichiers de facturation.
D’une manière générale, la mise en œuvre d’un tel système est Pour chaque élément de réseau, la puissance transitée à la pointe
avant tout un problème d’organisation : l’informatique apporte des de la demande est ainsi calculée à partir des consommations de
possibilités extraordinaires de traitement d’information, mais elle ne l’ensemble des clients en aval de l’élément considéré (rappelons que
remplace pas les organisations et doit toujours, pour être utile et les schémas d’exploitation sont, en France, arborescents) ; ces tran-
utilisée, s’intégrer dans un processus bien construit. sits peuvent être comparés aux limites thermiques des éléments
du réseau (lignes aériennes, câbles, transformateurs MT/BT).
Par ailleurs, un système d’information a des entrées et des
sorties ; les entrées doivent être accessibles, précises et fiables, les Les calculs des chutes de tension et des pertes sont ensuite
sorties doivent être utilisables, c’est-à-dire correspondre aux besoins effectués sur une puissance synchrone sur le départ BT : la puis-
de ceux qui s’en serviront, tant sur le plan de la quantité que sur sance de pointe de l’ensemble des clients du départ, calculée par la
le plan de la qualité. méthode exposée ci-dessus, est pour cela répartie sur chaque élé-
ment de réseau au prorata des puissances de pointe calculées,
La mise en œuvre d’un système informatique se décompose alors
propres à chacun d’entre eux (car les puissances de pointe ne sont
généralement en trois phases.
pas au même moment pour chaque élément de réseau) ; pour le cal-
■ Phase d’analyse des besoins : il s’agit là de répondre aux trois cul des chutes de tension, un taux de déséquilibre est pris en
questions suivantes : Quoi ? Pour qui ? Pour quoi faire ? compte, correspondant à une répartition théorique des usages sur
les trois phases et non à la répartition réelle des clients, dont les ins-
Pour cela, il faut étudier l’organisation actuelle, voir ses défauts
tallations sont alimentées en courant monophasé ou triphasé, qui
mais également ses qualités, ses manques ou ses redondances et
n’est pas repérée en base de données.
identifier les acteurs existants ou futurs.
On peut donc ainsi calculer tous les éléments nécessaires à la
■ Phase d’élaboration du système c’est-à-dire comment prise de décision : le transit et les pertes à la pointe en chaque posi-
répondre aux besoins ? tion de réseau, la chute de tension en chaque point ; l’informatisa-
Il faut élaborer les différents processus d’acquisition et de traitement tion de cette méthode est réalisée dans un programme dénommé
des informations, en tirer les conséquences en terme d’organisation BATECA.
(citons par exemple les circuits de collecte des données), évaluer le
coût des solutions proposées et faire le bilan coût/avantage pour
chacune. 2.1.2 Aide à l’exploitation
■ Phase de mise en place et de suivi : une fois le système défini,
BATECA offre un certain nombre d’applications utiles en
les étapes suivantes sont nécessaires :
exploitation : la connaissance exhaustive et cohérente de l’état élec-
— planification de la mise en place ; trique permet l’établissement de statistiques sur l’état des réseaux
— formation et information des différents acteurs ; et la qualité de la tension fournie, la définition de programmes de
— mise en œuvre des nouveaux circuits et processus ; mutations de transformateurs MT/ BT, l’établissement de divers cri-
— définition et application d’une stratégie d’insertion de l’outil tères de gestion. En outre, par la simulation de l’apparition de nouvelles
informatique dans les activités quotidiennes ; charges, l’exploitant peut prévoir les conséquences des raccorde-
— suivi du système mis en place. ments des nouveaux clients sur les réseaux existants et prendre éven-
Cette troisième phase est la plus délicate ; comme on ne peut pas tuellement les mesures idoines pour ne pas faire ainsi surgir de
obliger une personne à utiliser un système dont il ne verrait pas l’usage nouvelles contraintes.
immédiat dans son travail, il faut donc toujours établir des liens étroits

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie électrique D 4 240 − 3
EXPLOITATION DES RÉSEAUX DE DISTRIBUTION : SYSTÈMES INFORMATIQUES ____________________________________________________________________

2.1.3 Planification simulation de l’état du réseau permet de prévoir les échéanciers de


renforcement (§ 2.1.3) nécessaires pour faire face aux contraintes
Les études de simulation du développement des réseaux à basse (transit et chutes de tension) associées à un accroissement des
tension, intégrées au programme BATECA, consistent à faire évoluer charges, de calculer les pertes et la défaillance ; le planificateur, en
les puissances déterminées par le calcul décrit au paragraphe 2.1.1, y ajoutant le coût des renforcements, a ainsi les éléments nécessaires
en utilisant un taux d’accroissement annuel et à tester le réseau ini- pour établir le coût total actualisé d’une stratégie de développement
tial et les renforcements imaginés par le planificateur pour améliorer du réseau, et donc pour pouvoir trouver la stratégie de coût minimal
l’état électrique du réseau ; le programme valorise aussi les inves- parmi celles qu’il considère comme réalisables.
tissements, les pertes et l’irrégularité de la tension (article Réseaux
de distribution. Structure et planification [D 4 210] dans ce traité),
pour chaque stratégie de renforcement envisagée. De plus, une 2.2.3 Simplification du réseau (SIMPLI)
fonction de renforcement automatique de section des conducteurs
a été mise en place : un algorithme permet, à partir de l’état élec- La gestion des ouvrages décrit complètement et dans le détail le
trique calculé, de proposer au planificateur la quantité optimale de réseau MT ; pour les calculs de simulation, il est nécessaire de
réseau à renforcer. Le planificateur possède ainsi l’ensemble des élé- réduire le nombre d’éléments pour pouvoir utiliser des algorithmes
ments techniques et économiques utiles pour prendre des décisions de résolution (CORALI, etc.).
en matière de renforcement du réseau BT.
Un programme de simplification automatique des réseaux,
SIMPLI, a été développé : il permet de trouver un réseau stylisé,
comprenant les principaux éléments et points de charge du réseau
2.2 Moyenne tension réel, et sur lequel les recherches de schéma et les calculs
électriques donnent des résultats très proches de la simulation sur
2.2.1 Simulation du comportement réseau réel.
d’un réseau (CORALI)
L’étude du réseau MT se fait sur la puissance maximale du 2.2.4 Schéma directeur urbain (POLLUX)
départ MT, à une température de référence ; cette puissance du départ
est répartie sur les différents points de charge au prorata des puis- En agglomération, il est difficile de séparer l’étude du réseau MT
sances calculées par l’application à basse tension, pour les postes de l’étude du réseau amont (HT ou THT) ; par ailleurs, le réseau MT
MT/BT alimentant un réseau de distribution publique, et des puis- est dense et complexe.
sances souscrites par les abonnés, pour les postes privés.
Pour simplifier les études à long terme des grandes villes (recherche
À partir de ces charges, en supposant les pertes et les chutes de des postes HT/MT et des grands axes MT), un algorithme de ren-
tension négligeables et le facteur de puissance constant (approxima- forcement automatique du réseau MT, POLLUX, a été développé. Il
tions qui permettent de simplifier fortement le calcul sans perdre détecte l’apparition de contraintes de transit en schéma normal ou
beaucoup de précision), il est très facile de calculer les transits, les de secours, détermine par un algorithme adapté les quantités annuelles
chutes de tension et les pertes. de câbles MT à poser pour lever ces contraintes et chiffre les inves-
Ce calcul d’état, ainsi défini, nécessite la connaissance du tissements et les pertes actualisés associés.
schéma d’exploitation. Or, sur des réseaux exploités en mode arbo- Le planificateur peut ainsi facilement associer à une stratégie HT
rescent mais bouclables, des changements de topologie peuvent un coût de réseau MT et dégager ainsi la stratégie optimale
améliorer la qualité de la tension, faire disparaître des contraintes ou d’ensemble qui sera ensuite affinée par les outils de simulation.
diminuer les pertes. Par ailleurs, pour les besoins du calcul de la L’algorithme POLLUX fonctionne à partir du réseau initial simplifié
défaillance (article Réseaux de distribution. Structure et planifica- par le programme SIMPLI.
tion [D 4 210]), il est nécessaire de pouvoir évaluer l’espérance
mathématique de l’énergie coupée sur incident, ce qui impose de
pouvoir établir des schémas en régime de secours. De plus, s’agis- 2.2.5 Schéma directeur rural
sant de planification, il faut non seulement établir ces schémas sur
le réseau existant avec les charges existantes, mais aussi pour
l’avenir, en tenant compte de développements de réseaux imaginés Dans le domaine rural, l’espace de liberté est plus important. Il est
par le planificateur. En conséquence, une recherche automatique donc possible, en se plaçant à un état de charge suffisamment loin-
informatisée de schémas optimaux apparaît indispensable tant pour tain pour que le réseau existant ait peu d’influence, de définir des
simplifier les études que pour améliorer la qualité des décisions de quantités optimales théoriques d’ouvrages, fondées sur des études
planification ; la réalisation d’une telle fonction est beaucoup moins théoriques et statistiques du comportement des réseaux (article
triviale que le simple calcul d’état. Réseaux de distribution. Structure et planification [D 4 210]).
Pour ces fonctions, EDF a développé l’algorithme CORALI, à base L’application de cette méthode peut se faire à l’aide d’abaques,
d’heuristiques, qui respecte la structure arborescente du réseau MT ; si les hypothèses sont très normatives ; le développement en cours
il permet de trouver les meilleurs schémas d’exploitation en régime d’un outil informatique fournissant ces quantités optimales dans un
normal et en régime de secours, et ainsi de calculer la défaillance corps d’hypothèses fixé par le planificateur permettra de mieux
par recherche du schéma de secours pour chaque incident, par calcul respecter les caractéristiques locales et d’améliorer l’efficacité de la
de cet état de réseau puis pondération par la probabilité d’apparition planification.
de cet incident. Il sert de noyau à tous les outils informatiques déve-
loppés à Électricité de France pour simuler l’état d’un réseau MT.
2.2.6 Aide à l’exploitation

2.2.2 Études de planification La présence d’une base de données du réseau MT permet aussi
à court et moyen termes l’aide à l’exploitation ; outre l’algorithme CORALI qui fournit des sché-
mas d’exploitation en régime normal et de secours, des méthodes
À partir d’un schéma directeur (§ 2.2.4 et 2.2.5) ou d’un réseau cible et des algorithmes spécifiques sont développés, puis intégrés dans
[quantité d’ouvrages (postes et lignes) qu’il faudra à très long terme des outils informatiques.
(20 à 30 ans)] établi par ailleurs, l’usage sur plusieurs années de la

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
D 4 240 − 4 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie électrique
____________________________________________________________________ EXPLOITATION DES RÉSEAUX DE DISTRIBUTION : SYSTÈMES INFORMATIQUES

Parmi les réalisations et les développements en cours à Électricité dans l’ATIC a été effectué pour des raisons de sécurité et de cohé-
de France, les fonctions suivantes méritent d’être mentionnées : rence, et qu’il n’est donc pas actuellement envisagé de les décentra-
— établissement du plan de dépannage optimal d’un départ MT, liser sur les postes de travail : en effet, l’ATIC dispose d’une équipe
permettant de définir à l’avance la séquence de manœuvres à réa- d’exploitation qui assure les sauvegardes périodiques nécessaires à
liser lors du déclenchement d’un départ pour isoler le défaut et l’intégrité des bases de données ; de plus, l’accès aux bases de don-
réalimenter la clientèle avec une espérance de défaillance minimale, nées n’est possible que pour les personnes habilitées par l’intermé-
compte tenu des probabilités d’apparition des défauts ; diaire de mots de passe et de telles procédures sont très difficiles
— établissement des consignes de régulation de la tension aux à mettre en œuvre sur des postes de travail autonomes ; enfin, le
postes HT/MT, définies pour que la tension s’écarte le moins pos- couplage de la base de données réseau avec d’autres bases situées
sible de la tension nominale chez les clients d’un poste source, en dans l’ATIC en est facilité.
tenant compte des variations des charges. En ce qui concerne les acteurs impliqués dans cette organisation,
l’idée directrice a été de grouper, au sein de la même cellule de travail,
les fonctions de collecte de données et de mise à jour des bases et
les fonctions d’utilisation des produits logiciels, cela dans le but d’amé-
3. Architecture informatique liorer la fiabilité du système ; en effet, les collecteurs de données
sont d’autant plus intéressés par l’exactitude de ces données qu’ils
des centres de distribution peuvent être eux-mêmes des utilisateurs. La motivation est un des
éléments essentiels de l’efficacité de tels systèmes.
3.1 Historique ■ Mise à jour des bases de données : une bonne organisation de
la mise à jour des données est une des conditions indispensables à la
Les premières bases de données, constituées dans le début des fiabilité d’un système informatique : collecter une fois les données
années soixante-dix, furent implantées sur les gros centres de calcul n’est pas suffisant ; il faut en permanence les mettre à jour et s’assu-
d’Électricité de France, en l’occurrence les ordinateurs de la Direction rer constamment de leur exactitude et de leur cohérence.
des Études et Recherches ; les utilisateurs des Centres de Distribution Dans ce cadre, le moyen choisi par Électricité de France est un
avaient alors accès aux bases de données et aux programmes de calcul système conversationnel qui se présente selon le schéma de la
par l’intermédiaire de terminaux connectés à un réseau de transfert figure 1.
de données interne à Électricité de France. Ce système fonctionne à double sens ; il permet la mise à jour et
Assez rapidement, les bases de données des réseaux BT et les pro- également la consultation immédiate sur écran du contenu des
grammes correspondants furent implantés dans quatre sites de trai- bases de données.
tement (Lyon, Toulouse, Orléans et Paris) ; l’accès à ces systèmes
se faisait par l’intermédiaire d’envoi d’enregistrements de 80 carac-
tères comprenant à la fois les instructions de commandes des pro-
grammes et les paramètres d’exploitation.
À partir de 1976, Électricité de France entreprend la déconcentration
des moyens informatiques au profit des Centres de Distribution (une
centaine). Ainsi, il est prévu que chacun soit équipé à terme d’un
atelier de traitement informatique de Centre (ATIC) pour l’exploita-
tion des programmes généraux de gestion de la clientèle, de la
comptabilité, de la gestion des matériels et de la gestion des réseaux
de distribution.

3.2 Organisation
pour la gestion informatique
des réseaux de distribution

Les moyens logiciels sont de deux sortes :


— les bases de données de description des réseaux BT et MT qui
sont constituées, mises à jour et conservées dans l’ATIC ;
— les applications de calcul et l’élaboration de données, qui sont
exploitées soit dans l’ATIC, soit sur des postes de travail autonomes
(station déportée, § 4.1) reliés aux ATIC par un réseau de
communication permettant l’échange de données.
L’ATIC comprend un ordinateur universel utilisé pour des applica-
tions de natures différentes (commerciale, de gestion et technique) ;
l’expérience montre que les applications commerciales et de gestion
sont souvent prioritaires par rapport aux applications techniques, ce
qui entraîne des contraintes d’utilisation quelquefois rédhibitoires
pour un usage efficace des programmes de calcul.
Heureusement, maintenant, la mini-informatique (et demain la
micro-informatique) offre des possibilités de traitement peu
coûteuses et bien adaptées aux logiciels techniques. Néanmoins, il Figure 1 – Système conversationnel de mise à jour
faut remarquer que le choix d’implantation des bases de données des bases de données

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie électrique D 4 240 − 5
EXPLOITATION DES RÉSEAUX DE DISTRIBUTION : SYSTÈMES INFORMATIQUES ____________________________________________________________________

■ Contenu des bases de données : on décrit, dans les bases de


données, tous les ouvrages compris entre les jeux de barres HT/MT
des postes sources et les clients BT, c’est-à-dire :
— en moyenne tension : les postes sources, les lignes et les
câbles MT, les postes de distribution publique, les postes d’abonnés,
les transformateurs MT/BT et le schéma d’exploitation courant ;
— en basse tension : les lignes et les câbles BT, les clients BT et
leur rattachement au réseau.

4. Utilisation actuelle
des logiciels
d’études des réseaux
Dans l’organisation actuelle, les problèmes MT sont plutôt traités
par les services techniques des Centres de Distribution (cellule des
études générales de planification) et les problèmes BT par des unités
territoriales plus petites, les Subdivisions et les Districts ; les circuits
d’information sont ainsi plus proches des pôles de connaissance des
réseaux.
Les utilisateurs sont en général des techniciens pour les
réseaux BT et des techniciens et ingénieurs pour les réseaux MT.

4.1 Logiciels utilisés pour les réseaux MT

■ Pour les réseaux MT, les traitements informatiques dans


l’ATIC peuvent être regroupés en deux types :
— les logiciels utilitaires concernant :
• la constitution et la mise à jour des données,
• le calcul de la répartition des charges sur le réseau et le renvoi
de ces résultats sur la base de données,
• l’extraction et la simplification du réseau d’études, pour en
permettre une meilleure vision et accroître les performances des
algorithmes de calcul,
• le transfert de données sur des postes de travail autonomes ;
— les programmes d’études de réseaux (planification et aide à
l’exploitation). Figure 2 – Schéma de fonctionnement d’un logiciel
Sur la station déportée n’est alors utilisé que le logiciel de plani- utilisé pour les réseaux MT
fication.
Le schéma de fonctionnement est représenté sur la figure 2.
Actuellement, le poste de travail qui permet d’exploiter EGINE
■ L’organisation du traitement est centré sur un fichier appelé est bâti autour d’un mini-ordinateur. À l’unité centrale sont reliés
fichier d’études. Ce fichier, qui comprend les données de descrip- un disque de mémoire de masse (au minimum 80 Moctets), un
tion du réseau de la zone à étudier, est en quelque sorte une écran graphique polychrome à haute définition (au moins
mini-base de données, à caractère permanent pendant la durée de 1 000 × 800 pixels), plusieurs écrans alphanumériques, une table
l’étude. Il est créé lors de l’extraction des données de la base et traçante, une table à digitaliser et une imprimante. Ce poste de tra-
contient alors toutes les données détaillées du réseau à étudier (il y vail est relié à l’ordinateur de l’ATIC par le réseau de
aura donc autant de fichiers que de réseaux concernés). communication pour avoir accès aux données des bases MT. Sur
Puis le programme de simplification modifie ce fichier avec les le poste de travail, l’application EGINE fonctionne selon le schéma
données du réseau simplifié utilisées par le programme d’études. de la figure 3.
À partir d’un même fichier d’études, on peut effectuer plusieurs
simplifications et donc plusieurs études, soit à partir du logiciel
FONCTI sur l’ATIC, soit par le logiciel EGINE sur le poste de travail
autonome. Ces deux logiciels ont les mêmes fonctions de simula- 4.2 Logiciels utilisés pour les réseaux BT
tion (§ 2.2.1 et 2.2.2).
EGINE dispose de deux possibilités supplémentaires considé- Sur l’ATIC est installée une base de données pour les réseaux BT,
rables : dont la constitution et la mise à jour sont effectuées par les mêmes
— l’interactivité, qui permet à l’utilisateur d’intervenir au cours moyens informatiques que ceux utilisés pour la base des
du traitement pour modifier les hypothèses ou les paramètres réseaux MT.
d’études en fonction des résultats déjà obtenus ;
Les programmes qui accèdent à la base de données sont, d’une
— la représentation graphique des réseaux et des résultats de
part, des programmes d’interrogation à vocation de résultats sta-
calcul, qui permet d’avoir une vue globale des problèmes et d’aller
plus rapidement à l’essentiel.

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
D 4 240 − 6 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie électrique
____________________________________________________________________ EXPLOITATION DES RÉSEAUX DE DISTRIBUTION : SYSTÈMES INFORMATIQUES

tistiques et, d’autre part, le programme d’études 4.3 Développements en cours


technico-économiques BATECA (§ 2.1.3).
Les développements informatiques actuellement en cours (1990)
visent à rapprocher le plus possible le moyen informatique de l’uti-
lisateur et à rendre ainsi les applications les plus conviviales possibles.
Les logiciels en cours de développement sont réalisés soit sur des
postes de travail de type CAO (Conception Assistée par Ordinateur)
tels que Bull DPX, DEC Microvax, Hewlett Packard 9000, IBM 6150,
Sun, Appolo, etc., soit sur des micro-ordinateurs de type
compatible PC selon le type d’applications.

5. Conclusion
Compte tenu de la quantité de données et de la complexité des
problèmes, une gestion efficace des grands réseaux de distribution
passe obligatoirement par l’utilisation de systèmes informatiques. Ce
sont des outils extraordinaires, mais qu’il faut savoir maîtriser
d’autant que leur mise en place est au départ coûteuse, sous peine
de générer des mauvais fonctionnements de l’organisation ; cela
serait pire que l’absence de systèmes informatiques.
Il est donc nécessaire, au préalable, d’analyser très précisément
les besoins des utilisateurs et d’établir un cahier des charges ; après
coup, il convient de vérifier qu’il a bien été respecté.
Il faut, ensuite, des gens compétents pour la mise en place du
système, la formation des utilisateurs et le suivi ultérieur, afin de
faire vivre le système et l’enrichir.
Il faut, enfin, que les utilisateurs soient motivés et adhèrent
pleinement à l’introduction de tels outils ; à cet égard, il est bon que
ceux qui fournissent les données en soient aussi utilisateurs à travers
des programmes qu’ils peuvent activer ; la décentralisation permise
par la micro-informatique est, dans ce cas, extrêmement positive.
Alors, si ces conditions sont réunies, on ne peut tirer que de
grandes satisfactions de ces systèmes concourant finalement à
l’amélioration de la qualité du service rendu à la clientèle.
Figure 3 – Exploitation du logiciel EGINE

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie électrique D 4 240 − 7

Vous aimerez peut-être aussi