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Introduction A La Musicologie: Licence 1 Musique Et Musicologie

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INTRODUCTION A LA MUSICOLOGIE

Licence 1 Musique et Musicologie

Enseignant : Dr KOUROUMA

Introduction
La musique est l’une des premières formes d’expression humaine. Ses pratiques différentes et
l’évolution de ses fonctions sociales sont, entre autres, les raisons qui ont justifié la naissance
de la musicologie à la fin du XIXe siècle, notamment en Allemagne où l’on parlait de
Musikwissenschaft (science de la musique). En tant qu’étude scientifique de la musique, la
musicologie étudie le travail d’organisation des sons faits par les Hommes indépendamment de
leur origine raciale ou culturelle. Cependant, au cours de son histoire, la musicologie n’a pas
échappé aux comparaisons induites par les voyages, la colonisation, la rencontre des cultures et
qui ont occasionnées la naissance d’une science musicale dédiée exclusivement aux musiques
des sociétés de tradition orale : l’ethnomusicologie.

I. Objet de la musicologie
L’objet de la musicologie est l’étude de la musique dans ses manifestations physiques autant
que dans les fonctions sociales qu’elle remplit. En tant que manifestation physique, la musique
s’exprime par des sons dont les principales caractéristiques sont :
- La durée : C’est le temps que dure un son. Elle s’exprime par des figures de notes
(ronde, blanche, noire, croche, etc.)
- La hauteur (dite plus récemment fréquence) : C’est la sensation qui permet de
distinguer un son grave d’un son aigu, ou plus précisément, de différencier deux sons
qui auraient une même durée, une même intensité et un même timbre.
- L’intensité : C’est la force mise dans la production d’un son. Elle induit la notion de
nuances (piano, mezzo forte, forte, fortissimo, etc.)
- Le timbre : C’est la caractéristique qui permet de distinguer une voix d’homme d’une
voix de femme, un "La" produit par une flûte d’un "La" produit par un piano. Le timbre
est en grande partie déterminé par les harmoniques.
A ces quatre caractéristiques principales du son, le compositeur français Hector Berlioz (1803-
1869) suggère d’ajouter un cinquième élément : le point d’origine (ou localisation spatiale) et
qui se trouve à l’origine de la stéréophonie. Toutes ces caractéristiques du son permettent de le
distinguer du bruit qui reste une « impression sonore » dont les fréquences désordonnées sont
à la base du sentiment d’agression auditive ; et partant, du déplaisir.
Toutefois, la définition du son a évolué, de même que la théorie générale qui organise la
pratique de la musique. Ainsi, certaines musiques ont pu être écrites sans tonalité précise
(musique atonale) ou en combinant plusieurs rythmes (polyrythmie). Qui plus est, au XIXe
siècle, la musique concrète a considéré le bruit comme partie prenante de la musique. Il est
important, pour le musicologue, de prendre en compte toutes ces particularités s’il ne veut pas
1
passer à côté de phénomènes pleinement musicaux mais qui se présentent sous la forme du jeu
ou du travail. C’est précisément sous cette forme que se pratiquent de nombreuses musiques
dans les sociétés traditionnelles africaines ; ce qui – à certains égards – a justifié la naissance
de l’ethnomusicologie.

II. Musicologie vs. Ethnomusicologie : une différence de culture, pas de nature


La scission entre Musicologie et Ethnomusicologie est la prolongation d’un vieux débat dans le
domaine des sciences humaines et qui postule que l’écriture et la technologie sont des facteurs
de distinction entre les sociétés européennes (dites chaudes) et les sociétés extra-européennes
(dites froides). La musicologie serait alors réservée à l’étude de la musique occidentale où des
généralisations sont facilement possibles tandis que l’ethnomusicologie étudie les musiques
africaines, amérindiennes, asiatiques et même celles des minorités européennes dans la mesure
où ces musiques obligent le chercheur à renouveler ou à adapter sans cesse ses outils et ses
méthodes à la spécificité du peuple étudié.
L’occident ayant une longue tradition de l’écriture, les sons y ont été matérialisés par des
partitions et plus tard, enregistrés sur des supports magnétiques et numériques. Ainsi, le travail
du musicologue repose sur des « textes » déjà existants auxquels le chercheur donne sens en
déterminant l’époque, la technique d’écriture, la destination, etc. Quant à l’ethnomusicologue,
sa contribution est un « travail de première main » en ce sens qu’il crée lui-même les supports
de son analyse. En d’autres termes, l’ethnomusicologie est une musicologie de terrain où le
chercheur collecte, enregistre et transcrit lui-même ce qui constituera l’objet de de son travail.
Ici, le chercheur n’assure plus la médiation entre le passé et le présent mais il procède à un
travail de sauvegarde pour le futur.
En outre, le statut de l’instrument de musique reste, dans maintes sociétés africaines, une
donnée particulièrement instable. Régulièrement utilisées pour « produire du son », la bouteille,
la lame de daba, la coque de flamboyant, etc. côtoient les tambours, les trompes et les harpes-
luths. Ces objets du quotidien (encore appelés instruments irréguliers) renforcent le sentiment
qu’en Afrique, la musique a un rôle fonctionnel. Elle reste associée à des rites propitiatoires,
des rites initiatiques ou des corporations dont la plus importante, en Afrique de l’ouest, est celle
des griots. Musiciens professionnels, ces troubadours africains assurent la transmission du
savoir et de l’histoire, de père en fils. Ils s’accompagnent de la kora, du xylophone ou du
tambour d’aisselle et ont suscité de nombreuses vocations musicales dont Salif Kéita, Youssou
N’dour ou Tiken Jah Fakoly. Ces stars de la word-music et du reggae procèdent à des métissages
qui mettent en évidence la nécessité d’un dialogue entre musicologie et ethnomusicologie.

III. Pratiques et écoutes nouvelles de la musique


La musicologie est une discipline des sciences humaines. Toutefois, elle emprunte ses méthodes
à l’histoire, à la linguistique mais aussi aux sciences exactes comme l’informatique et
l’acoustique. En effet, la maîtrise de l’acoustique est au fondement de l’édification de grandes
salles de spectacles (comme la Scala de Milan) où sont régulièrement donnés des concerts. Ces
scènes représentent de nouveaux canaux de promotion pour les musiciens africains, une
échappatoire à la modernité qui phagocyte leurs art et culture originels. C’est sans doute dans

2
ce domaine que la rencontre musicologie/ethnomusicologie prend tout sons sens. Le
musicologue ne saurait être confiné dans un laboratoire ; pas plus que l’ethnomusicologue dans
une tribu. Dans le contexte de la modernité, les dangers qui guettent les musiques de tradition
orale sont les mêmes pour les musiques écrites. En effet, l’IA permet une écriture et une analyse
si pointue de la partition qu’elle dessaisit le musicologue de la primauté du discours sur la
musique. C’est à cette réalité que les nouvelles générations de musicologues doivent être
formés. Ils seraient ainsi prédisposés à jeter des ponts entre les communautés, traduisant ainsi
l’unicité de l’humanité et la nécessité d’une synergie d’actions pour répondre aux défis du
développement.

Conclusion
Il va de soi que la musicologie n’est pas une discipline officiellement confinée dans une
définition, et que ses diverses branches suivent étroitement l’évolution des méthodes de
recherche et des multiples courants de la connaissance, dans la mesure où elle se rapporte à tout
ce qui est « discours » et « savoir » sur la musique.

Bibliographie indicative
DECORDE Nathalie, 1995, Les instruments de musique, Paris, Hachette Education
TRANCHEFORT René-François, 1980, Les instruments de musique dans le monde, Tome 1,
Tours, Seuil
VIGNAL Marc, Dictionnaire de la musique, 2005, Paris, Larousse

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