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Évaluation de l'hygiène scolaire à Agboville

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REPUBLIQUE DE COTE D'IVOIRE

Union - Discipline - Travail

MINISTERE DE L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR


ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE

UFR des Sciences ~Iédicales


01 B P V 166 ABIDJAN 01 - R.C.!.
Année universitaire

MEMOIRE
Evaluation de l'hygiène en milieu scolaire en vue
de la mise en œuvre d'une activité communautaire
dans deux établissements primaires d'Agboville
Mars 1998

Présenté le 07 septembre 2000 en vue de l'obtention du :

CERTIFICAT D'ETUDES SPECIALISEES EN SANTE PUBLIQUE


ET MEDECINE COMMUNAUTAIRE
Par:

Dr BEN lE BI Vroh Joseph

COMPOSITION DU JURY

Président : Professeur DIARRA NAMA Alimata Jeanne


Directeur du mémoire : Professeur Agrégé KOFFI Kouamé
Assesseur : Professeur Agrégé OUHON Jean
SOMMAIRE

INTRODUCTION 5-6

PREMIERE PARTIE: GENERALITES

1 Construction et aménagement intérieur de l'école 7-12


1.1 Site ou emplacement de l'école 8
1.2 Terrain 8-1 0
1.3 Bâtiments , 11
1.4 Problème de l'eau 11
1.5 Autres équipements de l'école , , 11-12

II. Hygiène générale des établissem«~nts scolaires 13-26


Il.1 Adduction en eau potable 13
11.2 Evacuation des eaux usées et des eaux de ruissellement.. 14
11.3 Evacuation des excréta 14-22
Il.4 Evacuation des déchets solides 23
11.5 Hygiène alimentaire 23-25
11.6 Hygiène corporelle et vestimentaire 25
11.7 Environnement et milieu scolaire , 26
11.8 Programme d'éducation sanitaire à l'école 26

DEUXIEME PARTIE: NOTRE TRAVAIL

1 Milieu et Cadre d'étude 28-36


1.1 Milieu d'étude '" 28-35
1.2 Cadre d'étude , 35-36

Il. Méthodologie 36-42


11.1 Période d'étude 36-37
11.2 Type d'étude 37
11.3 Critères d'inclusion 37
Il.4 Critères d'exclusion , 37
Il.5 Echantillonnage 37
Il.6 Variables étudiées 38
11.7 Déroulement de l'étude 39-42 1

11.8 Recueil et analyse des données 42 j



2
III. Rés uItats 43-64
111.1 Caractéristiques socio-démographiques .43-44
111.2 Connaissances des écoliers sur les parasitoses 45-46
111.3 Attitudes des écoliers par rapport à l'hygiène .4 7-49
111.4 Parasitoses rencontrées chez les écoliers 49-59
111.5 Traitement des parasitoses intestinales chez les écoliers 60-61
111.6 Connaissances des parents sur les parasitoses 62-64

IV. Commentaire 66-73


IV.1 Au niveau des écoliers 66-72
IV.1.1.Caractéristiques socio-démographiques 66
IV.1.2.Connaissances des écoliers sur les parasitoses intestinales 66
IV.1.3.Atlitudes des écoliers par rapport à l'hygiène 67
IV.1.4.Parasitoses rencontrées chez les écoliers 67-71
IV.1.5.Déparasitage des écoliers 72

IV.2 Au niveau des parents d'élèves 72-73

Recom ma ndation s 73-75


CONCLUSiON " 78-79

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES 80-88


ANNEXES

3
INTRODUCTION

4
INTI~ODUCTION

L'école est le milieu oCJ l'enfant reçoit une formation et une éducation de
basE~ pour son avenir. Ainsi, elle doit posséder toutes les structures
nécE~ssaires pour assurer cette mission de formation, à savoir:
• un cadre agréable avec un environnement sain et protégé en classe
comme en dehors de la classe

• un lieu de restauration avec une alimentation saine variée et


équilibrée, si possible.
Malheureusement, l'écolier africain en général et ivoirien en particulier
paie un lourd tribut aux maladies liées à un environnement insalubre à
l'école. Ainsi, les parasitoses intestinales constituent un facteur important
pouvant contribuer à la morbidité des enfants des pays en développement.
Elles portent atteinte au développement physique et mentale des enfants
affectés, constituant ainsi un fléau dans les régions tropicales.
Un environnement sain et une alimentation équilibrée ne peuvent être
obtenues que par l'hygiène et l'éducation sanitaire.

Des études menées dans les dix communes d'Abidjan en milieu


scolaire ont montré que l'hygiène dans ce milieu est défaillante [15,16,22,29].
En vue de répertorier les problèmes inhérents à l'école, nous avons
entrepris une évaluation de l'hygiène dans deux écoles primaires de la ville
d'Agboville. Cette évaluation initiale, faisant l'état des lieux ,se justifie par le
fait qu'une activité de santé communautaire doit être mise en oeuvre dans
ies écoles primaires de Plateau IV et Ogbodjikro IV. Elle consistera à :
- l'approvisionnement de ces écoles en eau potable;
- la construction de latrines dans ces écoles;
- la formation des enseignants et des vendeuses de denrées;
alimentaires aux abords des écoles.
5
L'objectif général de cette étude étant de fournir des données qui
contribuent à l'élaboration d'un programme de réduction de la prévalence
des helmint~lÎases en milieu scolaire.

Les objectifs spécifiques étaient de

1 - déterminer les connaissances, attitudes et pratiques des écoliers en


matière de parasitoses intestinales;
2 - évaluer les connaissances des parents d'écoliers sur l'hygiène;
3 - décrire le profil épidémiologique et parasitologique des écoliers de
deux établissements scolaires d'Agboville ;
4 - déterminer la prévalence des parasitoses rencontrées chez les
écoliers;
5 - conduire un déparasitage chez les écoliers.

6
(
1 GENERALITI:S
L ----_.~

7
PREMIERE PARTIE: GENERALITES

1. Construction et aménagement intérieur de l'école

1.1. Site ou emplacement de l'école

La construction des écoles doit associer non seulement les concepteurs


(architectes) et les pédagogues mais aussi les médecins qui connaissent les
besoins des enfants. Le choix du site tiendra compte du confort.
En ville, l'école sera située au centre même du groupe de population à
desservir. Dans les zones rurales, l'école sera située à la périphérie de
l'agglomération où il existe des possibilités d'extension.
POLIr cela l'on évitera de longs trajets générateurs de fatigue et de perte de
temps aux enfants, les accidents de la voie publique, les bruits et la pollution
atmosphérique. Tout cela permettra de créer un cadre accueillant et
agréable aux élèves et aux enseignants.

1.2. Le terrain

Il doit être dégagé, aéré, d'accès facile et sûr, distant de toute source de
nuisance telle que les grandes routes, les marchés et les usines polluantes.
La superficie du terrain excepté le jardin et le terrain d'éducation physique et
sportive doit être évaluée à 40 m2 / classe [24, ~~3].

1.3. Les bâtiments

1.3.1. L'orientation et le mode de construction


Les bâtiments seront disposés en tenant compte de la direction des vents
dominants de la région, de la protection solaire des salles de classes et de la
possibilité d'exploiter la cour de recréation. En Côte d'Ivoire, l'orientation
8
préférentielle des façades principales est Nord-Sud.

1.3.2 Les salles de classes

., Les dimensions
En France, une classe normale conçue pour 30 élèves mesure 7,70 m
de large et 10 m de long avec une hauteur de 3,75 m et une superficie utile
de 15,2 m2.
Les portes des classes qui doivent s'ouvrir à l'extérieur mesurent 90 cm de
large:.
En Côte d'Ivoire, une classe de 50 élèves mesure 6 m de large et 9 m
de long avec une hauteur de 3 m au minimum.
Ces classes doivent disposer de deux portes distantes de 5 m dont une
portE= à double vantail de 1,40 m de large et une autre de 0,90 m de large qui
s'ouvrent à l'extérieur.
Les modules des classes à respecter lors de la création de l'école sont
de 6 classes, 12 classes, 24 classes soit un multiple de 6 [24, 36].

• Les couleurs des salles de classes


Les salles de classe doivent avoir une couleur gaie et claire. Il faut éviter les
coulE=urs vertes renforcées de jaune qui provoqueraient une relaxation des
élèvE=s.
• L'éclairage et la ventilation
L'éclairage naturel viendra de la gauche pour éviter que l'ombre de la
main ne puisse gêner l'écriture.
L'éclairage artificiel par l'électricité est prévu dans toutes les classes afin de
permettre l'amélioration de la visibilité des élèves.
La v,entilation se fait par ouverture des fenêtres. Il est important de percer
des ouvertures dans chaque mur opposé pour permettre le renouvellement
constant de l'air par échange entre l'arrivée d'air frais et
9
l'évacuation d'air vicié [24].

• La propreté des salles de classes


Elle sera assurée régulièrement une fois par jour après la sortie des élèves.

• Le confort acoustique (ou la résonance)


La construction des écoles tiendra compte de la réverbération des sons. "
est donc préférable d'utiliser des matériaux absorbants pour résorber les
ondes sonores de réflexion.

• La nature et l'état du plancher Le sol doit être non glissant et facile à


entretenir [37].

• Le mobilier de classe
La construction des tables - bancs tiendra compte de la constitution
anatomique des enfants. Le mobilier est fait d'une table attenant au siège à
deux places avec un dossier de 12 cm de haut [33].

• L'emplacement du tableau
Le tableau sera placé à plus de 2 m de la première table et à moins de
10 m de l'enfant assis au fond de la classe [24].

• LE!S escaliers
Les escaliers à volées circulaires seront à éviter. Il faut préférer les
esca.liers à volée droite.

10
1.4. Le problème de l'eau

L'école doit être desservie en eau potable afin d'éviter les maladies
transmises par l'eau.

1.5. Les autres équipements de l'école

1. 5.1 Les installations sanitaires


Dans les écoles, il est indispensable d'installer des WC ou des latrines,
des urinoirs et des lavabos en nombre suffisant.
Pour certains auteurs français, la dotation de l'école en équipements
sanitaires est la suivante [3]:
- deux cabinets par classe pour les écoles de filles
- trois cabinets pour deux classes et des urinoirs pour les écoles de
garçons.
Pour d'autres [4]:
.- un WC et trois urinoirs pour 100 garçons
.- trois WC pour 100 filles
.. un lavabo pour 60 personnes.

En Côte d'Ivoire, l'on préconise un équipement minimum de :


• un WC par classe de 50 élèves (sur l'ensemble des WC la moitié est
réservée aux filles)
• un urinoir par classe de 50 élèves
• un lavabo par classe de 50 élèves
• deux WC indépendants en plus pour les enseignants.

Les 'NC seront installés de préférence dans la cour de façon indépendante


de tE~IIe sorte que les vents dominants n'entraînent pas les odeurs dans les
classes.
11
1.5.2. Les équipements socio-éducatifs

1.5.2.1. La cour de récréation


Sa superficie doit être de 200 m2 pour les premières classes et de 100
2
m en plus par classe supplémentaire. Pour y éviter la stagnation des eaux
de ruissellement, le sol sera déclive et ne comportera pas de trous. " sera
préférable de planter des arbres ou arbustes pour assurer l'ombre [33].

1.5.2.2. Les cantines scolaires


Elles doivent offrir un cadre accueillant à l'enfant avec des couleurs
gaies et un éclairage suffisant. L'alimentation qui y est offerte doit être
équilibrée en lipides, glucides, protides, vitamines et minéraux.

1.5.2.3. L'infirmerie
Pour une école de 10 classes, il est indispensable d'y installer une
infirmerie. Son but est de recevoir les élèves qui seront mis en observation
ou ceux atteints d'affections bénignes pour de petits soins.
Elle doit servir aux visites et examens médicaux [24].

1.5.3. La clôture
" est important que les écoles soient clôturées pour empêcher le
passage des personnes étrangères, des véhicules, des animaux à travers la
cour de récréation. Cette clôture doit être suffisamment haute et résistante et
'comporter une porte d'entrée principale à deux battants très larges pour
faciliter les interventions en cas de sinistre.

12
Il. Hygiène générale des établissements scolaires

Il s'agit essentiellement de l'assainIssement du milieu et de J'hygiène


alimentaire car de nombreuses maladies dont souffre l'écolier sont liées à un
manque d'assainissement, une déficience de l'hygiène du milieu et une
souillure de l'eau de boisson.
Ces maladies peuvent être évitées par un apport d'eau potable, une
évacuation correcte des eaux usées, des excréta, des déchets ménagers,
une bonne pratique de l'hygiène alimentaire et une éducation sanitaire de la
population.

11.1. L'adduction en eau potable

L'eau est source de vie mais également source de maladies. Aussi, le


manque d'hygiène lié à l'eau est source de maladies. De ce fait, il est
indispensable que l'école soit approvisionnée en eau potable. Cela permettra
d'éviter les maladies hydro-fécales. Parmi les maladies liées à l'eau on note:
• Les maladies diarrhéiques dues aux virus, aux bactéries et aux
parasites dans les selles des sujets infectés. Les selles émises dans la
nature vont souiller l'eau de boisson et la consommation de cette eau va
entraîner la maladie.
• Les maladies transmises par les insectes vecteurs qui sont:
l'onchocercose, la trypanosomiase humaine africaine et surtout le paludisme
dont la transmission est directement liée au manque d'hygiène et
d'assainissement du milieu accusant une stagnation des eaux de
ruissellement où se multiplient les anophèles.
• Les maladies dues au manque d'eau telles que les dermatoses
comme la gale, peuvent être évitées en se lavant quotidiennement le corps
avec de l'eau et du savon.
13
11.2. L'évacuation des eaux usées et des eaux de ruissellement

• Les eaux usées


Elles contiennent de nombreux germes pathogènes. Pour ce faire, elles
doivent être évacuées rapidement et correctement, de préférence par le
système d'égout ou de fosse septique. La pollution des écoles doit être
évitée en les dotant d'un système d'égout qui permet d'éviter ainsi la
transmission des maladies hydrofécales.

• Les eaux de ruissellement


Elles sont évacuées par des caniveaux à ciel ouvert ou des réseaux
d'égouts.
Le système d'évacuation permet d'éviter la stagnation d'eau qui constitue un
gîte favorable à la reproduction des vecteurs de maladies.

11.3. L'évacuation des excréta

11.3.1 Le risque d'une mauvaise évacuation des excréta


Les excréta constituent la principale source de contamination des
sources d'eau et de l'environnement. Leur dépôt de façon sauvage dans la
nature favorise l'attraction des rongeurs, la vermine, la prolifération de
certélines espèces de mouches qui propagent les germes en contaminant les
aliments [18J.

11.3.2 Les voies de transmission des maladies par les excréta


Il existe deux voies de contamination de l'homme par les vers intestinaux :Ia
voie orale et la voie transcutanée.
La contamination orale se fait soit:
-par voie directe suite à l'ingestion des œufs embryon nés (ascaridiase,
14
oxyurose, trichocéphale) ou métacercaires (grande douve) contenus dans
les aliments souillés ou de l'eau non potable.
-par voie indirecte à partir des mains sales, des arthropodes et du sol.
La voie transcutanée se fait à partir de la larve infestante, vivant dans le
sol humide ou la boue, qui traverse activement la peau. C'est le cas de
l'ankylostomiase et de l'anguillulose.

Ces différentes voies de contamination sont illustrées par le schéma de


WAGNER et la LACROIX (figure1 ).

15
"-
, JAliments '~Nouvel
Excréta \-~ _ _--~\lait / tfôte
foyer /' ~~V------
-----
~'infectio~
......

Débilité ~

Fig.1 : Schéma de WAGNER-LACROIX

16
Le but de l'évacuation des excréta est de rompre cette chaîne de
transmission des maladies orofécales.
Parmi ces maladies, les parasitoses digestives occupent une place de choix
chez les écoliers. Leur modalité de contaminaltion dépend des particularités
du cycle biologique de chaque parasite.
Ainsi, la trichocéphalose et l'oxyurose, parasitoses coliques, l'ascaridiose,
parasitose du grêle se rencontrent surtout chez l'enfant d'âge scolaire. Elles
se contractent par ingestion d'œufs embryonnés.
Pour l'ascaridiose et la trichocéphalose, il est nécessaire que les œufs
émis dans les selles d'un sujet infesté aient séjourné un certain temps dans
le milieu extérieur pour devenir infectants. Il n'y a donc pas d'auto -
infestation comme dans l'oxyurose.
L'amibiase colique et la lambliase résultent de l'ingestion des kystes
infectants. Ils peuvent être transmis directement par les mains sales ou
indirectement par l'intermédiaire d'eau ou d'aliments souillés.
L'anl<ylostomose et l'anguillulose, parasitoses duodénojejunales, se
contractent par voie cutanée. La forme infestante de ces parasites capables
de traverser activement la peau saine est une larve strongyloïde [21].
Etroitement liés au péril fécal, l'ascaris, le trichocéphale, l'ankylostome et
l'anguillule sont surtout fréquents parmi les populations des pays tropicaux
en voie de développement où l'hygiène fécale est insuffisante ou inexistante.
Leur fréquence dépend des conditions géographiques, climatiques,
économiques et humaines [26].
Les bilharzioses intestinales à Schistosoma mansoni et Schistosoma
Jntercalatum se contractent par voie transcutanée à partir du furcocercaire
qui pénètre activement dans la peau lorsque le corps est immergé dans l'eau
polluée [21].

Les installations d'évacuation des excréta doivent obéir aux règles suivantes
17
• L'installation doit être située en aval d'un p~its et à une distance d'au
moins 15 mètres entre les deux;
• le site doit être bien drainé;
• le fond de la latrine doit être situé à environ 1,5 m au-dessus de la
nappe phréatique si le sol est homogène.

* Le système d'évacuation des excréta

Un bon système d'évacuation doit répondre à un certain nombre de critères


à savoir:
• éviter la contamination du sol superficiel, des eaux souterraines et
des eaux de surface;
• éviter l'accès des excréta aux mouches et aux animaux;
• éviter la manipulation des excréta récents,
Le choix d'une nouvelle évacuation des excréta doit être basé sur des
pratiques locales courantes et prendre en compte les préférences culturelles
et sociales aussi bien que les conditions environnementales et les facteurs
techniques
On distingue au niveau de l'évacuation locale deux types de système
sanitaire:
• Le système sec
- latrine à fosses
- latrine à fosses percées
- latrine VI P
- latrine à fosses doubles
- toilette de compost

18
• Système humide
- toilette à chasse manuelle avec fosse d'infiltration
- chasse manuelle avec fosse d'infiltration
- fosses septiques et puisards
- toilettes privées

• Latrines améliorées à fosses ventilées


Elles sont conçues pour deux des problèmes fréquemment rencontrés
par les systèmes de latrines traditionnelles à savoir leur odeur et leur
production d'insectes.
Les latrines VIP diffèrent des latrines traditionnelles par la présence
d'un tuyau de ventilation couvert d'un grillage anti-insectes au sommet.
Lorsque le vent souffle à travers le sommet du tuyau de ventilation cela crée
un courant d'air qui exhale les mauvaises odeurs de gaz qui sortent de la
fosse.
Le tuyau de ventilation joue aussi un rôle important dans l'élimination
des mouches. Les mouches sont attirées par la lumière si bien que lorsqu'il
fait sombre à l'intérieur des latrines, elles s'envolent à travers le tuyau de
ventilation en direction de la lumière. Elle ne peuvent s'échapper à cause du
grillage anti-insectes, alors elles sont bloquéE!S et meurent. (voir figure 2)
[19].

19
tuyau de
ventllallon

.'

r - _. - - - - - - - Bir Irais
1
1
1 _ _- ..1--- _

,

Figure ~ Latrines améliorées à fosses ventilées. (Banque Mondiale, 1986).

Vent
Euan ~,
anti-mouche J~.e~~~

.-+-1 ...._ 1\ 10 Un'III ell t


Tuyau - . de J'ai,.
il "ent

Figul'e 3 : Mode de fonctionnement des tuyaux à yent

20
• Les latrines VI P à double fosse alternante
Elles ont deux fosses peu profondes, chacune ayant son propre tuyau
de ventilation, mais une seule superstructure. La dalle de couverture a deux
trous, une au dessus de chaque fosse ( figure :3). Seule une fosse est utilisée
à la fois. Quand elle est pleine, on couvre son trou et utilise la seconde
fosse. Après une période d'au moins un an, le contenu de la première fosse
peut être évacué sans danger et utilisé comme fertilisant. La fosse peut être
utilisée de nouveau quand la seconde fosse est pleine. Ce cycle alternant
peut se répéter indéfiniment [19]

A A Toilun.'

Fosse 2

Figur(~ 4 : Latt·inc mouenle . Fioul·c 5 : Latrinc t.·aditionnelle


~

à doublc fossc allcmantc

21
• Les latrines forées
Elles sont en principe similaires aux latrines traditionnelles de base
améliorée et diffère surtout dans leur mode de construction. La fosse n'est
pas creusée à la main mais avec une tarière de sondage ou une perforeuse
de 40 mètres de diamètre au moins, jusqu'à une profondeur de 4 mètres au
moins [19J.

• Méthodes avec entraînement des matières par l'eau

Ce sont les meilleurs systèmes d'évacuation des excréta car elles répondent
à toutes les exigences de l'assainissement du milieu. Elles nécessitent de
l'eau courante, un réseau d'égouts et le traitement des eaux de ces égouts
avant leur évacuation. Il s'agit de la méthode par dilution dans de grandes
quantités d'eau. Ce sont:
- la fosse d'aisance qui nécessite une vidange hygiénique des matières
et des eaux tous les 6 mois environ pour assurer une meilleure
destruction des bactéries pathogènes et les œufs des vers intestinaux.
Les fosses d'infiltration retiennent les matières solides et laissent
infiltrer le liquide dans le sol.
C'est le meilleur système d'évacuation des excréta.

- La fosse septique
Elle est la plus pratique et convient à toutes les habitations y compris celles
des régions rurales où il n'existe pas de réseaux d'égouts.
Elle est faite d'un réservoir de décantation en béton étanche et couvert qui
'reçoit les eaux usées brutes des habitations par l'intermédiaire d'égout après
s'être débarrassé des matières solides. Elle sera placée dans un endroit où
l'écoulement des eaux usées de la maison vers la fosse et vers d'autres
systèmes d'évacuation est facile. Les boues doivent être vidangées quand la
fOSSE! est remplie aux 2/3 en général tous les deux ou trois ans.
22
Il.4. L'évacuation des déchets solides
Leur évacuation est nécessaire pour des raisons hygiéniques et esthétiques
mais également à cause des odeurs, de la fumée et du risque d'incendie lié
au processus de décomposition.

• Le conditionnement à domicile se fait grâce à des récipients en


plastique à couvercles ou poubelles, imperméables, faciles à vider et à
nettoyer.
Ces récipients seront vidés dans des bacs à ordures ou coffres. Le
ramassage se fera par des camions - bennes.
L'élimination finale de ces ordures se fera soit par décharge contrôlée qui
consiste au tassement des ordures dans des tranchées préparées à l'avance
pour incinération.
Dans les écoles, il est préférable d'utiliser les poubelles pour le
condlitionnement et les bacs à ordures pour la collecte des déchets solides.

11.5. L'hygiène alimentaire

11.5.1 Les maladies transmises par les aliments


Ce sont les maladies dues à la présence de la toxine des bactéries dans les
alimEmts responsables des intoxications alimentaires collectives dans les
restaurations collectives surtout les restaurations aux abords des écoles.
Il s'agit le plus souvent de la toxine staphylococcique et parfois de la toxine
botulinique et du Clostridium perfringens.

* Les parasitoses comme le ténia, l'amibiase, l'ascaridiase, la


toxoplasmose et la trichinose sont dues à l'ingestion de la viande de bœuf,
de porc, du poisson mal cuite et des légumes souillés.
Les maladies dues à la présence des substances chimiques toxiques
23
telles que le cuivre, le plomb, l'arsenic et le zinc à partir des ustensiles de
cuisine ou par l'usage des journaux pour l'emballage des aliments humides.
Toutf:S ces maladies sont transmises, par négligence ou par ignorance des
manipulateurs d'aliments, soit par les mouches, les cafards et les animaux
domestiques qui contaminent les aliments.

11.5.2. Mesures de prévention

Pour éviter que les aliments ne véhiculent les maladies, certaines


mesures doivent être prises par des manipulateurs d'aliments.
Les vendeuses d'aliments prêts à la consommation se procureront des
denrées non avariées et de bonne qualité. Elles doivent assurer la propreté
et la désinfection des ustensiles, distribuer les aliments en respectant les
normes de conservation et les règles d'hygiène à savoir l'état de salubrité
des lieux de vente, l'exposition et la vente, la protection contre les insectes,
la poussière et les rongeurs. Les aliments doivent être vendus de préférence
chauds. Il faut éviter les produits laitiers.
Pour que ces mesures de prévention soient respectées, il faut la mise
sur pied d'un système de contrôle des aliments.
Les manipulateurs d'aliments doivent être propres.
Ils doivent se laver la main avec du savon avant et après avoir touché les
alimE~nts ou après être allés aux toilettes.
Le contrôle ou l'inspection des denrées alimentaires incombe aux autorités
sanitaires.

'Ce système de contrôle contribue à protéger la santé des élèves qui sont
vulnérables aux maladies comme:
* les fièvres typhoïdes et paratyphoïdes;
* la tu bercu lose ;
* la brucellose;
24
* les infections streptococciques.

11.5.3. L'alimentation de l'enfant d'âge scolaire

L'enfant en âge scolaire a besoin d'une alimentation saine et équilibrée


pour sa croissance staturo-pondérale et son développement psychomoteur.
Pour ce faire, son alimentation doit être qualitativement satisfaisante
(composée de protides, de glucides, de lipides, de vitamines et de sels
minéraux) et quantitativement suffisante.

Tout déséquilibre ou carence en apport de l'un de ces aliments dans


l'alimentation du jeune enfant est source de divers troubles à l'origine de
l'absentéisme et d'un retard scolaire. Pour prévenir ces troubles, il est
souhaitable d'équiper les écoles de cantines scolaires. C'est ainsi qu'en Côte
d'Ivoire 142 cantines scolaire ont été créées pendant la période scolaire
1987-1988 [33]. Ainsi, l'écolier évitera d'être la cible des vendeuses de rue
[6].

11.6 L'hygiène corporelle et vestimentaire des élèves

L'élève doit être propre tant au niveau vestimentaire que corporel. Il


doit se laver régulièrement le corps avec de l'l~au et du savon. " doit porter
des habits propres, se laver les mains avant de manger et après être allé aux
toilettes.
" est à noter que le lavage des mains après défécation et avant les
repas est inefficace pour réduire l'ascaridiose chez les enfants. Puisque
l'ascaris est un helminthe transmis par le sol, il est probable que la plupart
des infections surviennent chez les enfants au cours du jeu, sur le sol et non
au cours de la prise de leurs principaux repas [12].

25
Il.7 L'environnement et le milieu scolaire

L'enfant a besoin d'un environnement sain pour sa santé. La


dégradation de cet environnement a des effets néfastes sur les enfants qui
sont la frange de la population la plus exposée. Pour preuve, 14 millions
d'enfants de moins de cinq ans meurent chaque année dans les pays en
développement à cause des dangers environnementaux comme la pollution,
le paludisme, la malnutrition, les maladies diarrhéiques et la rougeole (33).
Tous ces facteurs environnementaux qui menacent la santé des élèves
peuvent être améliorés par un programme d'éducation sanitaire bien établi
associant les élèves, les instituteurs, les vendeuses et les éducateurs
sanitaires.

11.8 Le programme d'éducation sanitaire à l'école

Cette éducation ne doit pas être un simple enseignement des règles


élémentaires d'hygiène mais requérir la participation active des élèves.
Aussi, elle aura pour supports des sketches ou anecdote, des boîtes à image
ou des films télévisés.
Grâce à cette éducation les élèves sauront utiliser correctement les
sources d'eau et les installations sanitaires de sorte qu'à la maison, ils
puissent aider leurs mères à enseigner l'hygiène à leurs autres frères et
sœurs [14] . L'impact des mesures d'amélioration de l'hygiène et de
l'approvisionnement en eau, d'installation de latrines et d'éducation pour la
santé est important sur l'incidence de l'ascaridiose et de l'ankylostomose
[23].
Le programme d'éducation sanitaire ne peut réussir que si l'on tient
compte des croyances de la communauté et si l'on associe toutes les
composantes de cette communauté.
NOTRE ETUDE

27
DEUXIEME PARTIE: NOTRE ETUDE

1. LE MILIEU ET LE CADRE D'ETUDE

1.1 Le milieu d'étude: la commune d'Agboville.

1.1.1. Situation et population


Le département d'Agboville est situé au Sud-Est de la Côte d'Ivoire à
95 Km d'Abidjan et limité:
- à l'Est par le département d'Adzopé
- à l'Ouest, le département de Tiassalé
- au Nord, le département de Bongouanou
- au Sud, le département d'Abidjan.
C'est le chef lieu de la région de l'Agnéby. Ce département s'étend sur
une superficie de 2528 km 2 pour une population de 259 663 habitants
soit une densité de 102,7 habitant par km 2 .

1.1.2 Relief
La commune d'Agboville se caractérise par de nombreux valons et
coteaux. Le sol est de type ferralitique légèrement lessivé sur sable
tertiaire dans la partie Sud et roche granitique dans le reste de territoire.
La présence de nombreux bas-fonds marécageux constitue la
principale contrainte physique de même que la coupure des différents
quartiers par la voie du chemin de fer qui traverse la ville.

28
1.1.3 Végétation
La circonscription c1'Agboville était primitivement couverte de forêt
dense tropicale. Devant une exploitation intensive et non contrôlée
depuis J'ère du chemin df3 fer, cette végétation a cédé le pas à une forêt
secondaire comprenant de nombreuses jachères

!.1.4 Hydrographie
La sous-préfecture est arrosée par les principaux cours d'eau ci-
après:
- l'Agnéby ou Agbo
- la Kavi
- la Gorké ou Krotchié
- le Mafon
- l'Abbey
Tous ces cours d'eau tarissent ou atteignent un niveau très bas en
période sèche de décembre à avril. Les constructions anarchiques
pendant cette période entraîne le détournement des lits des cours d'eau,
de retenue d'eau par endroit en raison des obstacles rencontrés
engendrant des zones insalubres.

1.1.5 Climat
Il est de type subéquatorial avec une saison sèche et une grande
saison de pluie, une petite saison sèche et une petite des pluies.
La température annuelle varie autour de 27°c.

29
1. 1.6 Contexte urbain
Le chef lieu s'étend sur 800 ha constituant 7,07 % de
l'espace urbain et comprend les 18 quartiers suivants:
1. Adahou
2. Artisanal
3. Aviation
4. Caron
5. Centre ville
6. Collège
7. Dioulakro
8. Gautois Monteilville
9. Kouakoukro
1 O. Obodjikro
11. Obodjikro Banguié
12. RAN
1 3. Résidentiel
1 4. Sembregnan
1 5. Sogefiha
1 6. Sokoura
1 7. Sokouradjan
18. Médina Corani
La zone industrielle est implantée au sud de la ville proche des
quartiers Adahou, RAN et Obodjikro où l'on rencontre également un
habitat de type économique.

30
Les quartiers Artisanal, Dioulakro et Médina Corani au nord du cEmtre
ville, près de la rive de l'Agnéby sont inondables. Des actions urgentes
doivent être entreprises pour éviter de nouvelles inondations comme se
fût le cas en 1989.

31
-- VILLE 0 ,AGBOVILLE N

QUARTIERS .\
~

32
DCGTJ:·DEPU-AUlI/

D'AGBüVILLE
N

'\
, 1
,1
1\
;/ Terrain de sport

Residence

\
Plan d 'Urbanisme Directeur d'AJ!bovilIe

33
- ;" .,". :.
. :.. '":'~"
1.1.7 Contexte humain
La sous-préfecture d'Agboville est peuplée essentiellement d'Abbey
et de Krobou. Avec la construction du chemin de fer, la population ~~ été
grossie par l'arrivée de nombreux allogènes dont beaucoup d'étrangers.
Le chef lieu de la commune compte 46 359 habitants avec un taux
d'urbanisation de 84 %.

1.1.8 Cadre de vie et services urbains

• Equipements scolaires
La circonscription d'Agboville compte parmi les plus scolarisées du
pays.
Au niveau primaire, 3 inspections se partagent la gestion des
écoles. Il existe 180 écoles pour 1001 classes avec un effectif de 42 092
élèves, soit à 42 élèves par classe. (Tableau 1).

Tableau 1: Répartition des écoliers de la commune d'Agboville

1 Inspections Nombre Nombre de Effectif total


d'écoles classes
Inspection 1 61 353 15863
Inspection Il 54 279 12760
Inspection III 65 369 13469
Total 180 1001 42092

Source: Direction Régionale de l'Education Nationale d'Agboville

34
* Equipements sanitaires
La région d'Agboville est dotée d'une direction régionale de la santé et
d'un district sanitaire qui supervisent les structures sanitaires suivantels :
- un Centre Hospitalier Régional d'une capacité de 128 lits,
- une Protection Maternelle et Infantile
- un Service de Santé Scolaire et Universitaire (SSSU).

1.2. Le cadre d'étude

Notre étude a eu lieu dans deux établissements scolaires primaires


publiques de la commune d'Agboville :
- école Plateau IV appartenant à l'inspection primaire Il
- école Obodjikro IV appartenant à l'inspection primaire III

1.2.1 Ecole Plateau IV


L'école Plateau IV située à Médina Corani comporte 6 classes let un
bureau du directeur et 6 enseignants pour un effectif de 226 élèves. Elle
n'est ni clôturée ni équipée en infrastructures sanitaires. Cependant, elle
dispose d'une source d'eau alimentée par la SODECI.
Le nombre de vendeuses de denrées alimentaires varie entre 4 et 5

Elle est dotée d'une association de parents d'élèves dynamique.

35
1.2.2 Ecole Obodjikro IV

Cette école dispose de 7 classes dont 2 pour le CM2 avec un


bureau du directeur et 8 enseignants pour un effectif de 365 élèves. Elle
n'est pas clôturée à l'image de la première école. Cependant elle dispose
de 4 latrines en construction. On n'y note pas de source d'eau. Elle a en
son sein un comité de parents d'élèves moins coopératif.
L'école Obodjikro IV est située en bordure de la route menant à
Abidjan, qui est une voie très fréquentée constituant un risque pour les
enfants de cette école non clôturée.

Il. METHODOLOGIE

11.1 Période d'étude


Cette étude s'est déroulée du 25 mars au 6 avril 1998 soit pendant deux
semaines. Mais auparavant, nous avons procédé à la sélection des 2
écoles au mois de décembre 1997. Avant de commencer cette étude,
nous avons eu une séance d'information avec les parents d'élèves E~t les
différents enseignants des 2 établissements sélectionnés et leur
inspecteurs respectifs. Au cours de cette séance, nous les avons
informés des objectifs de ce projet, de la période de son dérouleme:nt et
surtout nous avons recueilli leurs différentes préoccupations par rapport à
ce projet.

Il.2 Type d'étude


C'est une enquête CAP (Connaissance Attitude Pratique) de type
transversal qui a été effectuée au niveau des élèves et de leurs parents,

36
associé à un examen parasitologique systématique des selles chez les
écoliers après consentement éclairé préalable des parents.

11.3. Critères d'inclusion

Deux écoles à Agboville qui rèpondaient aux critères suivants:


- présence d'un raccordement à la SODECI
- effectif d'élèves n'excédant pas 400 élèves
ont été choisies comme sites de l'étude.

Il.4. Critères d'exclusion

Nous avons exclu d'office tous les écoliers absents pendant la


période de l'étude même s'ils ont été tirés au hasard.

11.5 Echantillonnage
Nous avons procédé éi un échantillonnage simple avec l'effectif
N = E2 P .q
,2

Avec p =prévalence des helminthiases en milieu scolaire =37 %


1= précision =7 %
E = 1.96

d'où N = 1.962 x 0,37


-------
x 0,63 = 183 écoliers
---~ --" -,-- - - ... _. .

2
0,07

Nous avons fait un choix raisonné de deux écoles dont chacune a


été prise comme une entité à part . Ensuite dans chaque école, nous

37
avons pris un effectif identique d'élèves. Ainsi, à Obodjikro IV nous
avons enrôlé 92 élèves sur 365, soit 13 par classe en moyenne ; alors
qu'à Plateau IV nous avons interrogé 91 écoliers sur 226, soit 15 par
classe.
Par ailleurs nous avons interrogé 143 parents d'élèves. Ce nombre,
inférieur au nombre d'élèves est dû d'une part au fait que plusieurs
enfants ont le même parent et d'autre part à l'absence de certains qui
n'ont pu être remplacés.

11.6. Variables étudiées

Pour chaque sujet, ont été précisées les variables suivantes:


- caractéristiques socio-démographiques des écoliers: âge, sexe,
lieu d'habitation
- connaissance des enfants sur les signes et les localisations des
parasites intestinaux
- lieu de défécation des enfants
- type d'approvisionnement en eau d'usage domestique
- comportement des enfants après les selles
- helminthiases rencontrées en milieu scolaire
- procédure de dép,arasitage des écoliers
connaissance des parents d'élèves sur IJhy~~iène

environ nementale.

38
Il .7. Déroulement de l'étude

Cette étude s'est déroulée tous les jours ouvrables et en deux étapes:
- une enquête épidémiologique
- une étude parasitologique de selles

do Enquête épidémiologique

Elle était conduite par:


- nous même pour l'école Plateau IV
- un technicien d'assainissement et une assistante sociale pour
l'école Obodjikro IV.
Elle consiste à administrer séparément un questionnaire aux
parents d'élèves avant d'interroger leurs enfants. Elle s'est déroulée dans
le bureau du directeur d'école qui a pris soin de convoquer les parents la
veille de l'enquête. L'enquête s'est faite par classe en commençant par la
classe de CP1. Le temps d'administration du questionnaire variant de 15
à 30 minutes du CM2 au CP1. Le questionnaire a été administré à
chaque enfant, individuellement, après avoir pris soin de l'isoler de ses
camarades, pour éviter le phénomène de « contamination » des
réponses. Pour les élèv€'s du CP1 nous avons recouru à des interprètes
parce que ces élèves avaient du mal à s'exprimer correctement en
français. Le questionnaire n'a pu être testé à cause des contraintes de
temps.

39
cff'Etude parasitologique

Elle s'est déroulée dans les locaux du médico-scolaire où une salle


a été aménagée pour sentir de laboratoire. Elle était conduite par:
- un pharmacien biologiste
- un technicien de laboratoire
- un garçon de salle
Tous les matins, é~ l'aide d'un véhicule de liaison ce personnel
collectait les selles prélevées par les enfants à qui l'on avait remis la
veille des boites de pétri en plus d'une fiche de convocation pour lieurs
parents. Une quinzaine de prélèvements était collectée par jour. Pour les
enfants n'ayant pas pu faire les selles le matin avant de venir à l'école, il
leur était demandé de les faire à l'école ou de reporter le prélèvement au
lendemain. Les prélèvements se sont effectués par classe.
Les prélèvements ont été examinés dans les deux heures qui ont suivi
pour mieux visualiser les formes végétatives de certains parasites
comme les protozoaires. L'équipe étant logée dans la ville pendant la
période de l'étude, nous avons pu nous rendre très tôt dans les écoles.
Ce qui nous a permis de respecter ce délai de deux heures.
Les techniques coprologiques utilisées pour chaque selle sont:
- un examen macroscopique
- un examen direct au microscope
- deux techniques de concentration:
• technique de Kato
• technique de Ritchie simplifiée

40
* L'examen macroscopique a permis de préciser l'aspect, Id consistance,
la couleur, l'odeur des selles et la présence de sang, de glaire, de mucus
ou de pus.
* L'examen direct est une étape incontournable a tout examen
coprologique parasitaire.

* La technique de Ritchie~ simplifiée est l'une des meilleures méthodels de


concentration des œufs d'helminthes. L'isolement des éléments
parasitaires est assuré par l'action de la sédimentation par centrifugation.
* La technique de Kato.
Cette technique par sa simplicité d'exécution, et son extrême
sensibilité est la meilleure méthode coprologique qu'il convient d'utiliser
dans les enquêtes de masse.
Elle consiste en l'utilisation du pouvoir éclaircissant de la Cellophane
imbibée de glycérine sur un étalement relativement épais de matière
fécale.
Nous n'avons pas effectué le scotch test pour les oxyures et la
méthode de Baermann pour la recherche des larves d'anguillules.
Suite à cette étude, nous avons effectué un déparasitage de tous les
élèves et les enseignants le 4 février 1999. " a consisté à administrer
l'Albendazole 100 mg en comprimés à raison de 2 comprimés en prise
unique à chaque élève des deux établissements, chaque enseigncmt et
les différents membres de sa famille. Nous avons procédé par classe.
Chaque élève qui recevait le traitement, avalait les comprimés en notre
présence avec un demi-verre d'eau potable.

41
Cette molécule est active sur l'oxyure, l'ascaris, l'ankylostome, le
trichocéphale et l'anguillule . Par contre elle n'est pas pour la bilharziose
et l'amibiase.
C'est ainsi que pour les élèves porteurs d'une bilharziose intestinale,
nous avons administré un traitement à base de Praziquantel à raison de
40 mg par kg en prise unique après le repas du soir. Ce qui nous donne
la posologie suivante:
Enfant de moins de 15 kg : 1 cp
de 16 à 30 kg : 2 cp
de 31 à 45 kg : 3 cp
de plus 45 kg : 4 cp

Compte tenu des effets secondaires éventuels de ce médicament,


nous avons remis le traitement aux parents d'élèves pour qu'ils puissent
le donner à leurs enfants après le repas consistant du soir.
L'assistante socia~e était chargée de revoir ces enfants le
lendemain pour évaluer lél tolérance du Praziquantel.
Pour les enfants porteurs de l'amibiase nous n'avons pas administré de
traitement parce que la majorité de ces enfants avaient la forme
végétative ou kystique qui ne nécessite pas de traitement.

11.8. Recueil et analyse des données


Le recueil des données s'est fait par interview à partir d'un
questionnaire administré par les membres de l'équipe d'enquête.
Les données ont été traitées avec un système informatique, logiciel
Epi-Info version 6.0. Le test statistique utilisé est le test Kh;2 avec un seuil
de signification à 5 % et une proportion p < 0,05.

42
III : RESULTATS

III - 1. Caractéristiques socio-démographiques des écoliers.

III - 1 - 1 Répartition des écoliers selon le groupe d'âge

100 -
90
80 1
70
_ 60 ,
~ 50
05-10 ans
011-15 ans
w 40
30
o Plus de 15 ans
20
10
1 1
o
5-10 ans 11-15 ans Plus de 15 ans

Groupe d'âge

Figure 4 : Répartition des écoliers selon l'âge.

43
III - 1 - 2 Répartition des écolier selon le lieu d'habitation

Tableau 2 : Répartition des écoliers selon le lieu d'habitation

Lieu d'habitation Effectif Pourcentage !rL


Obodjikro 81 44,3
Adahou 31 17
Dioulakro 25 13,7
Centre ville 18 9,9
RAN 11 6
Médina corani 7 3,8
Artisanal 5 2,7
Sogefiha 3 1,6
Château 1 0,5
Sokoura 1 0,5
Total 183 100

44,3 % des écoliers provenaient d'Obodjikro.

III - 1 - 3 Répartition des sujets selon le sexe

o Masculin
'0 Féminin

Figure 5 : Répartition des écoliers selon le sexe.

Le sexe ratio homme / femme était de deux écoliers pour une écolière

44
111- 2 Connaissance des écoliers sur les parasitoses intestinales

Nous avons testé les connaissances des écoliers par rapport à la


localisation et les signes des vers intestinaux.

III - 2 - 1 Répartition des écoliers selon leur connaissance des vers


intestinaux.

Tableau 3: Répartition des écoliers selon leur connaissance des vers


intestinaux

Connaissance Effectif Pourcentage (%)


Bonne 126 69
Mauvaise 97 31
Total 183 100

69 % des écoliers ont dit connaître les vers intestinaux.

III - 2 - 2 Répartition des écoliers selon leur connaissance de la


localisation des vers intestinaux.

Tableau 4: Répartition des écoliers selon leur connaissance de la


localisation des vers intestinaux.
Connaissance Effectif Pourcentage (%)
Ventre 35 19,4
Eau 17 9,4
Ordure 8 4,4
Terre 44 24,4
Ne sait pas 79 43,2
Total 183 100

43 % des écoliers ne connaissaient pas la localisation des vers.

45
III - 2 - 3 Distribution des écoliers selon leur connaissance des
symptômes des vers.

Tableau 5: Distribution des écoliers selon leur connaissance des'


symptômes des vers.

Symptômes Effectif Pourcentage (%)


Douleurs abdominales 63 35,2
Diarrhée 8 4,5
Ballonnement 10 5,6
abdominal
Pâleur (conjonctives) 4 2,2
Vomissement 4 2.2
Ne sait pas 94 51,5
Total 183 100

51 % des écoliers ne connaissaient pas les manifestations des vers.

46
III - 3 Attitudes des écoliers par rapport à l'hygiène.

Elles concernent surtout le lieu de défécation, d'approvisionnement


en eau potable et les précautions à prendre après les selles.

III - 3 - 1 Répartition des écoliers selon le lieu de défécation à la maison.

11% .

52% ----,
o Nature,
DWC
.0 Latril1e
Figue 6 : Répartition des écoliers selon le lieu de défécation à la maison

11 % des écoliers ont dit faire les selles dans la nature.

47
III - 3 - 2 Répartition des écoliers selon le lavage des mains

iII
74%

Figure 7 : Répartition des écoliers selon le lavage des mains


DOui
D N()n

74 % des enfants ne se lavaient pas les mains après les selles.

III - 3 - 3 Répartition des écoliers selon le nettoyage de l'anus après les


selles.

OOui
ONon

Figure 9 : Répartition des écoliers selon la toilette après les selles.

40 % des écoliers ne nettoyaient pas leur anus après les selles.

48
"' - 3 - 4 Répartition dt~S écoliers selon le lieu d'approvisionnement en
eau.

'0 P~its
OPOmpl!

Figure 10 : Répartition des écoliers selon le lieu


d'approvisionnement en eau.

64 % des écoliers utilisaient l'eau de puits pour la boisson.

III - 4 Les parasitoses rencontrées chez les écoliers.

III - 4 - 1 Répartition des écoliers selon état de santé.

~~- ~--~------------

o Parasités
o Non parasités

Figure 10 : Répartition selon leur état de santé.

L'indice global d'infestation était de 78 %.

49
III - 4 - 2 Répartition des écoliers parasités selon le nombre de parasites.

Tableau 6: Répartition des écoliers parasités selon le nombrE~ de


parasites.

Nombre de parasites Effectif Pourcentage (%)


01 67 36,6
02 52 28,4
03 21 11,5
04 3 1,6
Total 143 78

III - 4 - 3 Répartition des écoliers selon le degré de parasitisme.

21,90% _~_---,
41,50%

o Potyparaasitisme
o Monoparasitisme
36,60% , 0 Non parasités

Figure 11 : Répartition des écoliers selon le degré de parasitisme.

50
Tableau 7 : Répartition des écoliers mono-parasités.

Nom du parasite Effectif Pourcentage (~"o)

Amibe (Entamoeba histolytica, 41 61,2


E. coli, Endolimax nana)
Bilharzie (Shistosoma mansoni, S. 12 17,9
intercalatum)
Ascaris (Ascaris lombricoides) 3 4,5
Trichocéphale (Trichuris /richiura) 6 8,9
Oxyure (Enterobius. vermicularis) 1 1,5
Ankylostome (Necator .americanus) 1 1,5
Anguillule (S/rongy/oides s/ercoralis) 1 1,5
Grande douve Fasciola he atica 2 3
1 Total 67 100

Parmi les écoliers porteurs d'un parasite, 61,2 % étaient porteurs de


kystes d'amibe.

Tableau 8 : Répartition des écoliers porteurs de deux parasites.

1 Association de parasites Effectif Pourcentage (%)


Amibe + Trichocéphale 11 21,2
Amibe + Ankylostome 3 5,8
Amibe + Ascaris 5 9,6
Amibe + Oxyure 1 2
Amibe + Bilharzie 20 38,S
Bilharzie + Ankylostome 1 2
Bilharzie + Tricocéphale 2 3,8
Bilharzie + Ascaris 2 3,8
Ascaris + Tricocéphale 2 3,8
Ascaris + Oxyure 2 3,8
Tricocéphale + Ankylostome 2 3,8
Tricocéphale + Oxyure 1 2
1 Total 52 100

51
Les amibes étaient associés au trichocéphale dans 21 % des cas et aux
bilharzies dans 38,5 % des cas.

Tableau 9 : Répartition des écoliers porteurs de trois parasites

- - - - - - - - -_ .. ------------ - - - - - - - - - - - -
Association de parasites Effectif Pourcentago (%)
Amibe + Trichocéphale + Ascaris 3 14,2
Amibe + Ankylostome + Oxyure 1 4,8
Amibe + Oxyure + Trichocéphale 1 4,8
Amibe + Ankylostome + Trichocéphale 2 9,5
Amibe + Ankylostome + Ascaris 1 4,8
Amibe + Trichocéphale + Bilharzie 3 14,2
Amibe + Bilharzie + Ankylostome 2 9,5
Amibe + Bilharzie + Ascaris 3 14,2
Amibe + Bilharzie + Oxyure 1 4,8
Bilharzie + Ascaris + Ankylostome 1 4,8
Bilharzie + Trichocéphale + Ankylostome 1 4,8
Bilharzie + Oxyure + Asc.3ris 1 4,8
Bilharzie + Oxyure + grand_e_D_o_u_v_e 1 4....:.,_8 _
Total 21 100

Tableau 10 : Répartition des écoliers porteurs de quatre parasites

Association de parasites Effectif Pourcentage (%)


Amibe + Oxyure + Trichocéphale + Ascaris 1 33.3
Amibe + Ascaris + Bilhar:zie + Ankylostome 1 33,3
Amibe + Ascaris -+- Trichocéphale + 1 33,3
Ankylostome
Total 3 100

52
III - 4 - 4 Distribution des écoliers parasités selon l'âge

80· 76
70 1
61
60·
05-10ans
011-15 ans
,0 Plus de 15 ans 1

10 : 6

o.
5-10 ans 11-15 ans
--'-------<, -
Plus de 15 ans
Groupe d'âge

Figure 12: Distribution des écoliers parasités selon "âge.


- - - - - - --._---------------------

La tranche d'âge la plus parasitée était de 11 à 15 ans.


III . 4 . 5 Prévalence des parasites retrouvés chez les enfants dans deux
écoles primaires d'Agboville en mars 1998.

53
Tableau 11 : Prévalence des parasites retrouvés chez les enfants dans
deux écoles primaires d'Agboville en mars 1998.
N=183
Classifiea rion Parasites Effectif Pourcentage
zoologique (%)
Schistosoma mansoni 51 27,9
Ascaris lumbricoïdes 30 16,4
Trichuris trichiura 32 17,5
Metazoaires ,','tronKYloides stercoralis 1 0,5

Ankylostomidés 20 10,9
!:'nterobius vermicularis 9 4,9
Fasciola hepatica 2 1
Paragonimus a{ricanus 1 0,5
!:'ntamoeha coli 60 32,8
l~'ntamoeha histolystica 19 10,4
Protozoaires Endolima.x: nana 21 11,5
Giardia intestinalis 33 18
Balantidium coli 9 4,9

('hilomastix mesni/i 4 2,2

54
III - 4 - 6 Répartition des écoliers selon le quartier et le parasitisme.

Tableau 13 : Répartition des écoliers selon le quartier et le parasitisme

Quartier Parasités Non parasités Total


Obodjikro 62 (43%) 19 (47,5%) 81
Adaou 21 (15%) 10 (25%) 31
Centre-ville 15 (10%) 3 (7,5%) 18
Dioulakro 23(16%) 2 (5%) 25
Médina corani 6 (4%) 1 (2,2%) 7
Ran 7 (5%) 4 (10%) 11
Sogefia 3 (2%) 0(0%) 3
Artisanal 4 (2,8%) 1 (2,25%) 5
Sokoura 1 (0,7%) 0(0%) 1
Château 1 {Q,7%) 0(0%) 1
Total 143 40 183

43% des enfants parasités résidaient à Obodjikro

III - 4 - 7 Répartition des écoliers selon l'école et l'état de santé

Tableau 14 : Répartition des écoliers selon l'école et l'état de santé.

Ecoles Parasités Non Total


parasités
Plateau 73 (510/0) 18 (45%) 91
TV
Obodjikro 70 (49 % ) 22 (55%) 92
IV
Total 143 40 183

55
III - 4 - 8 Répartition des écoliers parasités selon la voie de
transmission.

Tableau 15: Répartition des écoliers parasités selon la voie de


transmission.

Voie de transmission Effectif Pourcentage (%)


Orale 73 51
Transcutanée 70 49
Total 143 100

III - 4 - 9 Répartition des écoliers selon leur statut parasitaire et en


fonction de la source d'approvisionnement en eau.

Tableau 16: Répartition des écoliers selon leur statut parasitaire et en


fonction de la source d'approvisionnement en eau.

Source Parasités Non parasités Total


d'a pprovis ion nement
Puits 88 (61,5%) 30 (75%) 11 B
Pompe 55 (38,5%) 10 (25%) 65
Total 143 40 1S:S

P = 0,11

56
III - 4 - 10 Distribution des écoliers selon le statut parasitaire en fonction
du lieu de défécation.

Tableau 17: Distribution des écoliers selon le statut parasitairE~ en


fonction du lieu de défécation.
Lieu de défécation Parasités Non parasités Total
Latrine 79 (55,2) 15 (37,5%) 94
WC 49 (34,3) 19(47,5%) 68
Nature 15 (10,9%) 6 (15%) 21
Total 143 40 183

p =0,04

III - 4 - 11 Répartition des écoliers en fonction de la classe Elt du


parasitisme.

Tableau 18: Répartition des écoliers en fonction de la classe et du


parasitisme.

Classe Parasités Non parasités Total


CP 1 26 4 30
CP2 21 8 29
CE 1 21 8 29
C E2 23 5 28
CM1 23 5 28
CM2 29 10 39
Total 143 40 183

57
III - 4 - 12. Répartition des écoliers porteurs de bilharzioses selon le
sexe

o Masculin
o Fémnin
Figure 13 : Répartition des écoliers porteurs de bilharziose selon le sexe.

III - 4 - 13. Répartition des cas de bilharzioses selon la classe parmi les
enfants parasités.

Tableau 19 : Répartition des cas de bilharzioses selon la classe parmi les


enfants parasités.

Classe Schistosoma Autres Total


mansoni parasités
CP 1 3 23 "'6
~.

C P2 2 19 21
CEl 10 11 ~! 1
C E2 10 13 23
CM 1 12 11 23
C M2 14 1S ~~9
Total 51 92 1-43

P =0,002

58
III - 4 - 14 Répartition des cas de bilharzioses selon l'âge parmi les
enfants Parasités

Tableau 20: Répartition des cas de bilharzioses selon l'âge parmi les
enfants Parasités
Classe Schistosoma Autres Total
(années mansoDi parasités
5-9 8 (15,7%) 53 (57,6%) f31
10 - 15 43 (84,3%) 39 (42,4%) 82
Total 51 92 143

P =0,0000013
84,30/0 des écoliers porteurs de bilharziose intestinale ont un âge compris
entre 10 et 15 ans
III - 4 - 15 Répartition des écoliers porteurs de schistosomase à mansoni
selon le quartier de résidence.

Tableau 21: Répartition des écoliers porteurs de schistosomase à


mansoni selon le quartier de résidence.

Quartier Effectif Pourcentage (%)


Obodjikro 19 37,2
Adaou 7 31,4
Centre-ville 4 13,7
Dioulakro 16 7,9
Médina corani 2 3,9
Ran 2 3,9
Sogefiha 1 2
Total 51 143

37 % des enfants porteurs de schistosomiase résident à Obodjikro

59
III - 5 Traitement des parasitoses intestinales chez les enfants

Nous avons procédé au déparasitage systématique de 450 élèves


issus des deux établissements avec l'Albendazole. Parmi eux, 43 sur les
51 porteurs de bilharzioses ont été déparasités avec le Praziquentel.

III - 5 - 1 : Répartition des déparasités en fonction de la classe et des


écoles

Tableau 22 : Répartition des écoliers déparasités en fonction de la classe


et des écoles.

Classe Obodjikro IV Plateau IV Total


CP 1 48 40 88
C P2 49 45 94
CEl 46 37 83
C E2 45 33 78
CM 1 42 34 7/3
CM2 75 46 121
Total 305 235 54·0

60
III - 5 - 2 Répartition des élèves en fonction de la survenue des effets
secondaires de praziquentiel.

47%

53%
OOui
ONon
Figure 14: Répartition des élèves en fonction de la
survenu des effets secondaires de Praziquentel.
------- - -------------

III - 5 - 3 Répartition des élèves selon le type d'effets secondaires

Tableau 23 : Répartition des élèves selon le type d'effets secondaires.

Effets secondaires Effectif Pourcentage (%)


Maux de ventre 13 56,6
Vomissement 3 13
Vertiges 2 8,7
Nausée 1 4,3
Céphalées 4 17,4
Total 23 100

61
III - 6 Connaissances des parents sur les parasitoses intestinales

III - 6 - 1 Distribution des parents d'élèves selon leurs connaissances


des vers.

10%

OOui
ONon
90% ----
Figure 15 : Distribution des parents d'élèves selon leur connaissance des
vers.

III - 6 - 2 Répartition des parents d'élèves selon leur connaissance de la


localisation des vers.

Tableau 24: Répartition des parents d'élèves selon leur connaissance


de la localisation des vers.

Localisation Effectif Pourcentage (%)


Ventre 94 71,2
Terre 7 5,3
Autres 2 1,5
Ne sait pas 29 22
Total 132 100

62
III - 6 - 3 Répartition des parents selon leur connaissance des aliments
pouvant véhiculer les vers.

Tableau 25: Répartition des parents selon leur connaissance des


aliments pouvant véhiculer les vers.

Aliments Effectif Pourcentage (%)


Souillés 80 60,6
Avariés 7 5,3
Sucrés 8 6,1
Ne sait pas 37 28
Total 132 100

III - 6 - 4 Répartition des parents d'élèves selon leurs connaissancE~s du


traitement des vers

5%
]OModerne
ID Traditionnel
95%
Figure 16 : Répartition des parents d'élèves selon leur
connaissance du traitement des vers.

95,5 % des parents d'élèves pensaient que le traitement des vers


intestinaux était médical.

63
III - 6 - 5 Distribution des parents d'élèves selon l'intérêt accordé à
l'hygiène environnementale

2QO/o
DOJI,
DN::n i

Figuoe 17: Dstribtiion des pcnrts délèves selon l'irtérêt


accordé à l'hygiène environnemertale.

III - 6 - 6 Répartition des parents selon leur source d'information sur les
parasites intestinaux

Tableau 26 : Répartition des parents selon leur source d'information sur


les parasites intestinaux.

Source d'information Effectif Pourcentage (%1)


Connaissances personnelles 67 50,7
Personnels de santé 27 20,5
Etudes 22 16,7
Média 16 12,1
Total 132 100

La source d'information des parents d'élèves sur les vers intestinaux était
personnelle dans 50,7 % des cas.

64
COMMENTAIRES

65
IV. COMMENTAIRES

IV.1 - Au niveau des enfants

IV.1.1 Caractéristiques uocio-démographiques


On note une prédominance masculine avec un sexe ratio
homme/femme à 1,6 et la majorité des enfants (44,3%) provient du
quartier Obodjikro. En effet, l'une des écoles est située dans ce quartier
si bien que les populations riveraine peuvent y avoir accès facilement
d'où sa fréquentation par de nombreux enfants du quartier; contrairement
aux autres écoles situées à la lisière de plusieurs quartiers qui reçoivent
les enfants de ces différents quartiers.

IV.1 .2. Connaissances des enfants sur les parasitoses intestinall~s

La majorité des écoliers interrogés ( 69 %) dit connaître les vers


intestinaux. Pourtant seulement 19,4 % savent que ces parasites se
trouvent dans le ventre et la moitié de ces écoliers (51,S %) n'en
connaissent pas les manifestations. Cela peut s'expliquer par le fait que
les cours d'hygiène environnementale ne sont enseignés qu'à partir du
cours élémentaire (CE) et qu'en général les écoliers n'y accordent pé~S un
grand intérêt.

66
IV.1.3. Attitude des enfants en matière d'hygiène

Seulement 25,7 % des écoliers déclarent laver leurs mains après


les selles contre 92,9 % dans l'étude de TAYLOR [32]. Par ailleurs E,O %
d'entre eux nettoient leur anus après les selles. Malheureusement ils ne
le font pas toujours correctement d'où le risque de contamination. En
effet, les vers intestinaux restés sur les mains vont infecter l'enfant à
l'occasion d'un repas surtout si ce dernier ne prend pas le soins de bien
se laver les mains à l'eau et au savon. Parmi eux, on note 11, 5 % qui
font les selles dans la nature, faute de structure sanitaire dans les
concessions ou dans les établissements scolaires. Toutes ces attitudes
sont dues à l'absence de l'éducation sanitaire. La plupart des enfants
(61,7 %) s'approvisionnent en eau au niveau des puits traditionnels
souvent mal construits et mal entretenus favorisant ainsi la contamination
du matériel de puisage et l'eau par les vers intestinaux.

IV.1.4. Les parasitoses rencontrées chez les écoliers

IV.1.4.1 . L'indice parasitaire global


Dans notre étude, la quasi totalité des écoliers (78 %) sont
parasités. Cet indice est très élevé par rapport aux études de OMAR [26],
de BHANDARI [2] et une étude faite en Malaisie [13] qui trouvent
respectivement 4.4 %. 4~i,5 % et 38,8 %
Par contre, cette prévalence de notre étude est inférieure à celle de
ALBONICO où pratiquement tous les enfants en milieu rural et urbain à
Pemba sont porteurs d'au moins deux parasites (supérieur à 97 %) [1]
Les résultats de cette étude faite en Tanzanie et au Zanzibar, ré9ions
tropicales d'Afrique, se rapprochent plus de notre étude. CeLa se

67
comprend d'autant plus que ces deux régions sont comparables à la
nôtre.
Au Niger, zone sahélienne, le parasitisme global s'établit à 49,6 %
avec un taux de polyparasitisme à 13,9 % [8] contre 41,5 % dans notre
étude où ce polyparasitisme va de 2 à 4 parasites chez certains écoliers.
CHUNGE et collaborateurs le trouvent à 60 % [7] . La tranche d'âge la
plus parasitée est celle de 10 à 15 ans, probablement en rapport avec le
nombre d'enfants porteurs de bilharziose intestinale qui a contribué à
majorer ce chiffre. En effet, le parasitisme est en général précoce et
augmente de façon notable après deux ans, âge du sevrage [8].
Neuf helminthes et six protozoaires ont été détectés dans les, 183
échantillons de selles examinés contre cinq protozoaires et six
helminthes dans l'étude d'OMAR [26].
Les associations les plus fréquemment retrouvées sont:
- amibes + trichocéphales ( 21,2 % )
- amibes + bilharzies (38,S %)
En général, les parasites les plus rencontrés sont:
- Entamoeba coli (32,8 %)
- suivis de Schistosoma mansoni dans 27,9 % des cas et de
Trichuris trichiura (17,5 %).
D'après GENTILINI [12] la découverte de kystes ou de formes végétative
d'amibes d'une autre espèce qu' Entamoeba histolitica, Entamoebél coli,
Endolimax nana) n'a aucune signification pathologique. Selon le même
auteur, la mise en évidence d' Entamoeba histolitica sous forme minuta
ou kystique n'a pas univoque; il peut s'agir d'un porteur sain d'amibes,
n'ayant jamais présenté le moindre trouble, mais aussi d'un ancien
amibien insuffisamment traité.

68
C'est la raison pour laquelle nous n'avons pas administré d'amoebicides
à ces écoliers porteurs des œufs d'amibes.
CHUNG, GAYE, LABBO et UTZINGER trouvent les prévalences de
Schistosoma mansoni respectivement à 40 % [7J et 41,8 % [11] 40.9 [17]
et 49,3 % [36]. Ces taux sont largement supérieurs à ceux de notre
étude. Par contre en Guyane, EUTROPE trouve que le trichocéphah3 est
l'helminthe le plus fréquent chez le jeune enfant de Cayenne avec une
incidence à 13,6 % suivi de l'ascaris [10]. L'oxyure (1,7 %) et l'anguillule
(1,4 %) ont des incidences relativement faibles en conformité avec nos
résultats qui révèlent les incidences de l'oxyure et de l'anguillule
respectivement à 9,4 % et 0,5 0/0. Cela peut s'expliquer par le fait que
nous n'avons pas utilisé le « scotch test» qui est spécifique de l'oxyurose
[8] et à cause des difficultés techniques pour mettre en évidencf3 les
larves d'anguillules dans les selles [21].
Le parasite de l'ankylostome rencontré est le Necator americanus. C'est
d'ailleurs cette espèce qui sévit en zone tropicale et intertropïcale.
Ascaridiase.
La découverte de la grande douve, parasite rare, dans notre étude peut
s'expliquer par la présence de nombreuses mares susceptibles
d'héberger le mollusque du genre Iymnaea qui en est "hôte
intermédiaire.
Au niveau des deux écoles, la différence entre les écoliers de
Plateau IV et ceux d'Obodjikro IV par rapport au statut de parasitisme,
n'est pas significative. La fréquentation de l'une ou de l'autre école
n'expose pas plus au para~itisme.

On note par contre, parmi les écoliers parasités, qu'il y a autant


d'écoliers contaminés par voie transcutanée que d'écoliers par voie orale.

69
Cela se comprend à cause de l'hyperendémie de la bilharziose à
Agboville [5] . Le nombre d'enfants porteurs de bilharziose est élevé à
cause des écoliers qui se baignent dans les mares à la sortie de l'école
ou les jours de repos [5,38]. C'est ce qui explique cette prévalence
élevée de parasitoses à transmission transcutanée malgré le fait que la
plupart des enfants portent les chaussures fermées.
Les données obtenues par notre étude sont probablement sous
estimées parce que le rejet des œufs de Schistosoma mansoni dans la
lumière intestinale est discontinu. Leur recherche dans les selles est
aléatoire et, en cas de pauciparasitisme, souvent négative même après
des techniques d'enrichissement [34].
Nous n'avons pas trouvé de différence significative entre les élèves
par rapport au parasitisme selon le type d'approvisionnement en eau. Par
contre le parasitisme est lié au lieu de défécation. Les enfants déféquant
dans les W C sont les moins parasités. Ce paradoxe peut être dû au
mauvais entretien de ceux-ci et à une hygiène fécale déficiente.
Contrairement à nos résultats, DEVELOUX [8] ne trouve pas de! lien
entre le lieu de défécation et le parasitisme. La source d'infestation
n'étant pas seulement fécale, les enfants peuvent s'infester à l'école à
l'occasion des jeux ou au cours des repas qu'ils consomment à l'écoIE~.

70
IV.1.4.2. PrévalenCE! de la bilharziose intestinale

Les garçons sont plus infestés (65 %) par la bilharziose intestinale


que les filles. En effet, c'est surtout eux qui s'adonnent à des baignades
régulières et prolongées dans l'Agneby.
Nous n'avons pas trouvé de liaison entre le statut parasitaire et le
niveau d'instruction. Par contre, la différence entre les écoliers selon le
niveau scolaire (et par ricochet l'âge) par rapport à l'infestation par la
bilharziose est statistiquement significative. En effet, plus l'enfant est
grand, plus il peut aller se baigner donc il est exposé à la bilharziose.
Cela est confirmé par l'étude de GAYE au Sénégal qui trouve que l'indice
parasitaire augmente aVIsc l'âge et atteint 55,3 % dans la tranche d'âge
des 10 à 14 ans. La tranche 5 à 14 ans constituant les principaux
réservoirs de parasites [11].
Les enfants parasités par la bilharziose proviennent électivement
de trois quartiers qui sont: Obodjikro, Dioulakro et Centre-ville. Parmi ces
quartiers, Dioulakro et Cf~ntre-ville sont situés près de la rive de l'Agneby
à l'instar des écoles situées autour du lac artificiel de Taabo ou le long du
fleuve Bandama [27] ; d'où la facilité de son accès pour les élèves qui y
résident. Pour ce qui est des autres parasites, plus l'enfant est petit plus il
est porteur de géohelrninthe ;ce qui confirme bien la précocité du
parasitisme [8]. Mais chez les nourrissons et les enfants de moins de
cinq ans, il augmente avec l'âge [34].

71
IV.1.5. Oéparasitage des écoliers.

Sur les 591 élèves des deux établissements, 540 (soit 91,3 %) ont
été déparasités avec l'Albendazole pour les nématodes intestinales; les
autres écoliers étant absents pour cause d'affectation dans d'autres
établissements scolaires. Vu l'efficacité de ce médicament [20, 29J, les
résultats de l'évaluation finale devrait être meilleurs.
Pour ce qui est des schistosomiases, le traitement à basf~ de
Praziquantel a été administré à 43 enfants sur 51. Parmi ces enfants
déparasités un peu plus de la moitié (53,5 %) ont présenté des effets
secondaires à type de douleurs abdominales dans 56,S % des cas, de
vomissements, de céphalées et de vertiges. Ce qui confirme bien les
effets secondaires habituels de ce médicament.
En ce qui concerne les amibiases, nous avons pu les traiter
immédiatement faute de médicaments. Les formes amibiase-infestation
ne devant pas être justiciables d'un traitement. Dans le cadre de la
prochaine évaluation nous comptons remédier à cela.

IV.2. Au niveau des panmts d'élèves.

Leur niveau de connaissance des vers et de leur localisation est


nettement meilleur à celui de leurs enfants (90 % versus 69 % et l1 %
contre 19,4 %). D'où l'importance qu'ils accordent au traitement de~ ces
maladies. En effet, 95,5 % des parents pensent que le traitement dE~ ces
vers est moderne.

72
La source principale de leur information est plutôt personnelle (50,7
%) ; la source médicale et paramédicale ne représentant que 20,5 %. Par
ailleurs, ces· parents accordent beaucoup d'importance à l'hygiène
environnementale (80,3 0/0). Malheureusement, ils ne disposent pas
toujours de structures pouvant leur permettre d'observer cette hygiène.
En effet la plupart de ces parents d'élèves n'ont pas de WC ni de latrine à
domicile ou bien lorsqu'ils existent, ils sont souvent mal entretenus ou
défaillants.

73
RECOMMANDATIONS
\
',-_._-----~

CONCLUSION

74
RECOMMANDATIONS

Au terme de notre étude nous faisons les recommandations


suivante:

1. En direction des écoliers

Le respect scrupuleux des règles d'hygiène par:


- le port systématique de chaussures fermées;
- la coupure des on91es ;
- le lavage des mains avant et après les repas;
- le lavage des mains après les selles et le jeu ;
- l'interdiction de se baigner dans les mares;
- la non utilisation collective d'un même récipient pour la boisson.

2. En direction des vendeuses

- un examen médical annuel obligatoire;


- le respect des mesures d'hygiène corporelle, vestimentaire et
nutritionnelle (protection des aliments par les caisses vitrées, embaillage
des mets) ;
- l'interdiction de la vente des mets de la veille et des aliments
avariés;
- l'exposition des mets sur des étals suffisamment hauts à l'abri de
la poussière.

75
3. En direction des ense'ignants

- le respect de la propreté de la cour et des salles de classes


( balayage ou arrosage biquotidien)
- le contrôle de la. tenue vestimentaire de chaque écolier élvant
d'entrer en classe ( chaussures, tenue)
- la vérification de I.a propreté corporelle ( ongles, mains. cheveux)
- l'installation de poubelles et des seaux d'eau à l'entrée de chaque
classe
- le contrôle quotidien systématique de la qualité des denrées
alimentaires vendues à l'école
- la sensibilisation des écoliers et leurs parents à l'hygiène
- la création de club d'hygiène dans chaque école avec implication
des élèves

4 - En direction des parents d'élèves

- la vérification de la propreté des enfa nts ( tenue


vestimentaire, chaussures, ongles, cheveux)
- l'entretien des puits et des latrines

5 - En direction du médecin de santé scolaire et universitaire

- les visites médicales annuelles systématiques de chaque élève


- recyclage des vendeuses et des enseignants en nutrition et
éducation sanitaire

76
6 - En direction du ministère de la santé

- délivrance d'une attestation de vente aux marchandes après un


examen médical
- renforcement du contrôle de qualité des aliments vendus à l'éclJle
- création des infirmeries au niveau des écoles primaires
- aménagement des plages télévisées sur l'hygiène en milieu
scolaire
- campagne de masse de déparasitage des écoliers

7 - En direction du ministère de l'éducation nationale

- création de cantines dans chaque école primaire pour faciliter


l'alimentation saine.

8 - En direction du ministère de l'environnement

- aménagement de la vie de l'Agnéby et du système d'évaluation


des eaux fluviales.

77
CONCLUSION

Un bon rendement scolaire de l'enfant nécessite un bon étélt de


santé qui est à son tour influencé par l'environnement scolaire. D'où la
nécessité d'une bonne hygiène et d'un assainissement adéquat du milieu
scolaire.
Pour y parvenir, nous avons entrepris cette étude en vue de faire l'état
des lieux de l'hygiène de deux écoles primaires de la ville d'Agboville
dans le but de mettre en place un programme communautaire
susceptible d'améliorer l'état de santé de ces écoliers. Il en ressort que:
- 78 % des écoliers enquêtés sont porteurs d'au moins une
parasitose intestinale avec une grande proportion des enfants présentant
une bilharziose intestinale (35%)
Ces résultats confirmant ainsi les données des études africa,ines,
nécessitent la mise en place des activités qui pourront améliorer cette
hygiène notamment:
- la construction de latrines dans les écoles pour les élèves E~t les
enseignants
- l'approvisionnement en eau potable
- la formation des enseignants, des vendeuses, des parents
d'élèves à l'hygiène en général et à l'hygiène en milieu scolaire en
particulier.
Une autre évaluation permettra d'apprécier l'impact de ce: programme sur
les élèves, les ensE~ignants au niveau des changements, de
comportement et surtout sur la santé et le rendement scolaire des
enfants.

78
A partir des résultats positifs de ce programme pilote, un vaste
programme à l'échelle nationale pourra être initié pour le bien être de
l'écolier en Côte d'Ivoire.

79
1 REFERENCES
BIBLIOGRAPHIQUES

80
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

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The ventilated improved double-pit latrine A construction manUi31 for
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27 - NOZAIS JP.
Maladies parasitaires et péril fécal: les maladies dues aux helminthes.
Bulletin de la Société de pathologie exotique, 1998 ; 91 (5 bis) : 416 - 22.

28 - N'GORAN E K, UTZINGER J, TRAORE M, LENGELER C,


TANNER M.
Identification rapide par questionnaire des principaux foyers de
bilharziose urinaire au centre de la Côte d'Ivoire.
Tropical Medecine and International Heaffh, 1998 ; 3(9) : 711- 20.

85
29 - OMAR M. S, ABU-ZEID H. A. H, MAHFOUZ A .A. R.
Intestinal paràsitic infections in schoolchildren of Abha (Asir),
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30 - PENE P, VlNCENTELLI J M, SOULA G, BOURDERIOUX Ch,


ROSSIGNOL J F.
Le Zentel (Albendazole) dans le traitement des nématodoses intestinales.
Etude multicentrique Eln Afrique de l'Ouest. A propos de 390
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31 - PNUDI BANQUE Me)NDIALEICNUEHIGTZ


Guide pour la gestion et l'entretien des toilettes publiques.
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32 - PNUD 1 UNICEF. La situation de l'environnement 1990. Les enfants


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33 - RACCURT C. P, LARDILLIER-REY D, APPRIOU M, TRIBOLILEY


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Dépistage de la bilharziose intestinale selon la cinétique d'élimination
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34 - ROBERT A, DUBAS H.
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35 - STAMSIR DAIU, EMIL JAHJA, AZIZ SJOEIB A, MARTC)NO.


MARTONO MME.
Fréquence de l'infestation et de l'infection parasitaire intestinale chez les
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36- TAYLORM, COOVAOIA HM, -CVALSVlG JO, JINABHAI CC,


REDDY P. Helminth control as an entry point for health: promoting
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37 - TCHEDE GNEPO J.
Etude de l'hygiène du milieu scolaire dans la commune de Treichvil!e
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38 - TERRIBLE M.
Notions appliquées d'hygiène en Afrique intertropicale et Madagascar.
Paris, Editions de l'école, 1966 ; P 45, 57.

39 - TESSIER S.
Maladies de l'enfant liées à l'eau en milieu urbain.
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87
40 - UTZINGER J, N'GORAN EK, ESSE AYA CM, al .
Schistosoma mansoni, intestinal parasites and perceived morbidity
indicators in 'schoolchildren in a rural endemic area of western Cote
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Nématodoses de l'enfant en France, Montpellier; 1981 : 87.

42- VILLON A, FOULON G, ANCELLE R, NGUYEN NQ, MAf~TIN

SOUYER G.
Prévalence des parasitoses intestinales en Martinique.
Bulletin de la Société de pathologie exotique, 1983 ; 76: 406 - 16.

43 - WILSON J.M, HOWJ~RTH S.E, RAVAOALIMALALA V, al.


A study of bilharzia and intestinal worms in Morondava.
Archives de l'institut Pasteur de Madagascar, 1987; 53 (1) : 105 - 16

88
ANNEXES

~---------.."

89
FORMULAIRE A

PROJET DE OUESTIONNAIRE INDIVIDUEL POUR LES ENFANTS

Interviewer
Date
Heure (début) (fi n)
Nom de l'école

a) Nom de j'élève (en entier)


b) Classe
c) Age (année de naissance)
d) Sexe 1. Masculin o Féminin
et) b<:('I'\.·1 (..l \~

VERS fNTESTfNAUX

!. Qu'es! -ce que c'e.:;t le,) vcrs?

2. Combien de types de vers connais-tu? Enumérez-Ies par leur nom local

,
1

1
:.1
i
'.
3. D'où viennent les vers?

4 Où vivent les vers?

5 Est-ce que les vers peuvent vivre ailleurs (] =oui, ü=non)


Si la réponse est anirrnative, continuez en demandant Où?
6. Est-ce que les vers mangent?

7. Est-cc que les vers ont des bébés vers?

Causes des vers

S Comment les vers entrent-ils dans le ventre des gens?

Effets des vers

9. Est-ce que les vers font quelque chose quand ils sont dans le ventre des gens?
(1 =oui, O=non)
Si la réponse est affirmative, continuez en demandant:Quoi/comment? Approfondissez

Symptômes des vers

10 Comment peut-on savoir que quelqu'un a des vers?

Prévention des vers

11. Comment peut-on éviter d'attraper des vers?


Gestion des vers

12. Qu'est-ce qu'on fait à une personne qui a des vers? Approfondissez sur la médecine
traditionnelle locale.

13. As-tu jamais eu des vers? (1 =oui, O=non)


Si la réponse est affirmative, continuez en demandant:
a) Comment te sentais-tu?

b) Qu'est-ce que tu as fait?


EVACUATION DES DECHETS ET SOURCES D'EAU

21. Où les enfants vont-iJs aux toilettes?


a) à la maison?
a)
b)
c)

b) à J'école?
a)
b)
c)

22. Qu'est-ce que tu fais après être allé(e) aux toilettes? ou Qu'est ce que font les
enfants après être allés aux toilettes?

23. Où t'approvisionnes-tu en eau pour usage domestique?

Puits Trous de Rivières 1 Ruisseaux Etangs 1 Autres!


forage' s~écifiez

Potable
Lavage!
toilettte
·•.. . .
. . -.
';

;;~~..~

FORMULAIRE D

DIRECTIVES SUR LES OUESTIONS A POSER LORS


DES DISCUSSIONS GROupE CENTREES
AVECLACO~AUTE

1. Quels sont les problèmes de santé dont souffre le plus couramment la communauté?
Approfondissez sur les vers et la diarrhée.

2. Les maladies des enfants sont-elles différentes de celles des adultes? Quelles sont les
maladies courantes chez les enfants? Classez les maladies par ordre d'importance.

3. Qu'est-ce yue c'est des vers? Approfondissez.

4. Quel(s) est/sont le(s) nomes) données) localement aux vers? pour chaque type de
vers approfondissez sur l'endroit où ils vivent.

5. Comment attrape-t-on des vers?

6. Pourriez-vous nous dire comment savez-vous si quelqu'un a des vers?


Approfondissez sur les effets des vers.

7. Que feriez-vous si votre enfant avait des vers? Approfondissez sur la médecine
moderne et traditionnelle?

Maladies diarrhéiques

8. Quel est le nom donné localement aux selles lâches?

9. Comment vous apercevez-vous que quelqu'un a la diarrhée?

10. Combien de types de diarrhée connaissez-vous? Demandez comment chaque type


de diarrhée est causé.

Il. Que feriez-vous si votre enfant avait la diarrhée? Approfondissez sur les premières
mesures que la personne prendrait, sur la médecine moderne et traditionnelle.

12. Comment peut-on éviter la diarrhée?


13 Que devrions-nous faire pour que nos enfants n'aient jamais la diarrhée?
HYGIENE PERSONNELLE

14. Sur le plau personnel, que pouvez-vous faire pour éviter d'attraper des vers?

15. Et la diarrhée?

INFORMATIONS SANITAIRES

14. D'où et de qui tenez-vous ces informations?

15. Par quel autre moyen vous procurez-vous ces informations?·

16 Parlez-vous de questions sanitaires entre VOl/s? Approfondissez sur


où vous réunissez-vous?
qui organise la réunion?
qui y participe? Approfondissez sur le type de personnes et sur des exemples.
de quoi parlez-vous?

17. Si quelqu'un venait dans votre communauté pour vous donner des informations sur
des questions sanitaires, comment aimeriez-vous recevoir ces informations? Où?
Lesquelles? Et de qui?

18. A votre avis qu'est-ce que votre communauté peut faire pour améliorer les
situations qui causent les problèmes de santé dont nous venons de
parler/Approfondissez sur les vers et la diarrhée.
RESUME

Le but de notre étude faite dans deux établissements primaires


publiques d'Agboville est de réduire la prévalence des helminthiases en
milieu scolaire. Ses objectifs spécifiques sont:
- déterminer les connaissances, attitudes et pratiques des écoliers
en matière d'hygiène;
- décrire le profil épidémiologique et parasitologique des écoliers
- déterminer la prévalence des parasitoses rencontrées che2: les
écoliers;
- conduire un déparasitage chez les écoliers;
- décrire les connaissances des parents d'élèves sur l'hygiène.
Pour atteindre ces objectifs, nous avons réalisé une étude transversale
de type CAP (Connaissances, Attitudes et Pratiques) chez les écoliers et
leurs parents et une étude parasitologique chez les écoliers.
Cette étude nous a permis de noter que:
- 69 % des écoliers disent connaître les vers intestinaux
- 11 % font les selles dans la nature
- 74 % ne se lavent pas les mains après les selles
- l'indice global d'infestation est de 78 % chez ces enfants avec
41,5% de polyparasités (2 à 4 parasites)
- 27,9 % sont porteurs de bilharziose intestinale d'où leur
déparasitage avec l'Albendazole et le Praziquentel.
90 % des parents accordent un intéret à l'hygiène
environnementale
Pour remédier à cela, nous recommandons:
- l'enseignement pratique de l'éducation environnementale à l'école
en vue de l'application des règles d'hygiène à l'école comme à la mélison
pa r les élèves ;
- la dotation des établissements scolaires en structures sanitaires
adéquates;
- un programme de déparasitage systématique en milieu scolaire
contre les helminthiases les plus fréquentes

Mots - clés

- Hygiène
- Ecole primaire
- Parasitoses inte~jtinales

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