Commande Des System
Commande Des System
Année : 2021-2022
REPUBLIQUE ALGERIENNE DÉMOCRATIQUE ET POPULAIRE
Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la recherche scientifique
Université de Relizane
Faculté des Sciences et Technologies
Département de : Electrotechnique et Automatique
Introduction
La commande des systèmes linéaires est une discipline destinée à analyser, synthétiser et
concevoir des correcteurs (régulateurs ou encore contrôleurs) pour les systèmes linéaires. Ce support de
cours en respectant un canevas destiné aux étudiants de License troisième années , a pour but de présenter
un exposé sur les principales techniques de synthèse des correcteurs basée sur la modélisation
fréquentielle d’un système asservi décrit par une fonction de transfert, ainsi que la synthèse des systèmes
basée sur la modélisation temporelle dans l'espace d’état. Il est destiné aux étudiants dans les disciplines
de l’automatique, et d´électrotechnique...ect. Ce support de cours présente aussi plusieurs exemples avec
des codes (scripts) et simulation en Matlab.
Ce module est une consolidation des connaissances acquises en deuxième année et permet la
maîtrise de la représentation des systèmes dynamiques et de leurs propriétés dans l’espace d’état ainsi que
l’acquisition des principales méthodes d'analyse et de synthèse des systèmes de commande.
Ce présent support est organisé de deux parties de sorte qu'il assure la totalité du programme
comme le suivant :
La première partie est commencé par un premier chapitre qui assure des rappels sur les méthodes
permettant de déterminer la stabilité et les marges de la stabilité d’un système linéaire continu dont on
connaıt soit l’expression analytique de la fonction de transfert, soit une représentation graphique de sa
réponse fréquentielle (Bode, Nyquist).
Le deuxième chapitre est consacré essentiellement aux méthodes de synthèse des régulateurs
classiques dans le domaine fréquentiel. Au début, un aperçu sur les méthodes de corrections est donné,
suivi par une présentation détaillée des structures des différents régulateurs classiques (P, PI, PD, PID,
AP,RP) avec leurs modes d'action. A la fin du chapitre sont présentées les méthodes à suivre pour la
synthèse des régulateurs classiques.
La deuxième partie est précédée par un chapitre introduisant d'abord la notion de "la
représentation d'état". Ensuite l'équation d'état est résolue pour différentes entrées typiques. Enfin, les
différentes méthodes de passage entre la RE, la FT et ED sont présentées.
Le deuxième chapitre décrit les notions de l'analyse du système dans l'espace d'état en
commençant par la solution de l'équation puis ta commandabilité et d'observabilité et fournit les outils
nécessaires à leur étude dans le cas des systèmes linéaires.
Le dernier chapitre a pour but de fournir à la fois les outils et les étapes à suivre pour la synthèse
de la commande par retour d'état avec et sans observateur des systèmes linéaires mono-variables.
Semestre : 5
Unité d’enseignement : UEF 3.1.1
Matière 1 : Commande des systèmes linéaires
VHS : 45h00 (Cours : 1h30, TD : 1h30)
Crédits : 4
Coefficient : 2
Objectifs de l’enseignement :
Ce module est une consolidation des connaissances acquises en deuxième année et permet la
maîtrise de la représentation des systèmes dynamiques et de leurs propriétés dans l’espace d’état ainsi que
l’acquisition des principales méthodes d'analyse et de synthèse des systèmes de commande.
Connaissances préalables recommandées :
Partie 1 :
Chapitre 1. Rappels : Stabilité des systèmes en boucle fermée dans le domaine fréquentiel et marges de
stabilité.
5. Réponse fréquentielles et propriétés fréquentielles des contrôleurs (P, PI, PID, PD, avance de phase,
retard de phase, avance de phase)
6. Spécification dans le domaine fréquentiel (marge de gain et de phase, facteur de résonnance, bande
passante, leurs interprétations)
7. Calcul des contrôleurs en utilisant le diagramme de Bode, Réglages en utilisant l’abaque de Black-
Nichols.
Partie 2 :
1. Introduction
2. Concepts (état, variables d’état, …)
3. Représentation d’état des systèmes linéaires continus.
4. Représentation d’état des systèmes discrets.
5. Formes canoniques.
6. Représentation d’état des systèmes non linéaires.
7. Linéarisation.
Chapitre 2. Analyse des systèmes dans l’espace d’état
1. Introduction
2. Observateurs déterministes (Luen berger) et méthodes de calculs.
3. Observateurs réduits.
4. Observateurs stochastiques (filtre de Kalman).
Partie 1
Rappels sur :
1. Stabilité des systèmes en boucle fermée dans le domaine fréquentiel
2. Marges de stabilité
1
Chapitre 01 : Stabilité des systèmes en boucle fermée dans le domaine fréquentiel et marges de stabilité
1.1. Introduction
QUESTION 01 : Qu’est-ce que la réponse en fréquence ?
RÉPONSE : Le nom le dit, qu’il s’agit de la réponse d’un système en régime permanent vis-à-vis un
signal d’entré qui varie à une certaine fréquence.
QUESTION 02 : Pourquoi est-il intéressant de s’intéresser à la réponse en fréquence ?
RÉPONSE : Il existe plusieurs raisons pour lesquelles il est intéressant et important de se soucier de
la réponse en fréquence :
Technique d’analyse très facile à expérimenter en pratique (facile à réaliser, fiable…)
Nous renseigne énormément aux niveaux des caractéristiques du système (surtout par rapport à
la réponse transitoire)
Permet même, dans certains cas, l’identification de la fonction de transfert d’un système
lorsqu’on ne la connait pas à priori.
Important :
En régime permanent, un système linéaire auquel on applique une entrée de type sinusoïdale
génère aussi, à sa sortie, un signal sinusoïdal qui oscille à la même fréquence ω.
À retenir :
L’objectif de l’analyse fréquentielle est d’étudier le comportement et la réponse d’un système
linéaire à une excitation sinusoïdale. La réponse permanente d’un système linéaire sollicité
par une entrée sinusoïdale 𝑬𝟎 𝒔𝒊𝒏(𝒘𝒕) est aussi de la forme sinusoïdale 𝑺𝟎 𝒔𝒊𝒏(𝒘𝒕 + 𝜽) de
même pulsation que le signal d’entrée mais d’amplitude S0 différente et déphasée par rapport
au signal d’entrée d’un angle𝛉.
La figure 1.1 représente les deux signaux déphasés l’un par rapport à l’autre et ayant des
amplitudes différentes pour une fréquence donnée.
L’analyse fréquentielle consiste à étudier les variations du rapport des amplitudes du signal de
sortie et du signal d’entrée, ainsi que le déphasage entre eux en faisant varier la fréquence 𝒇.
Dans cette analyse, l’amplitude du signal d’entrée est maintenue constante alors que le
paramètre variable est la fréquence 𝒇 ou la pulsation 𝝎 = 𝟐𝒑𝒇.
2
Chapitre 01 : Stabilité des systèmes en boucle fermée dans le domaine fréquentiel et marges de stabilité
Fig 1.1. reponse à une entrée de type sinusoïdale d'un système linéaire (1)
La réponse fréquentielle peut s’obtenir de deux manières :
Expérimentalement, en excitant le système par un signal sinusoïdal à amplitude constante et à
fréquence variable. Pour différentes valeurs de la fréquence, on relève l’amplitude du signal de sortie et
on calcule le rapport des amplitudes
𝑆0
et le déphasage 𝛉 entre le signal de sortie et le signal d’entrée.
𝐸0
La réponse fréquentielle (encore appelée harmonique) est la réponse en régime permanent (c’est-
`a-dire pour 𝑡 → ∞) à une entrée sinusoïdale. En effet, si l’on considère que tout signal d’entrée peut être
décomposé en une somme (finie ou infinie) de signaux sinusoïdaux de diverses fréquences, il est important
de savoir comment un système réagit `a des excitations selon la fréquence 𝑓 (ou la pulsation ! : on rappelle
que 𝜔 = 2𝜋𝑓).
La réponse dépend donc de la pulsation 𝜔 aussi parle-t-on de réponse fréquentielle. Elle est
particulièrement prisée des automaticiens comme on le verra par la suite. (3)
3
Chapitre 01 : Stabilité des systèmes en boucle fermée dans le domaine fréquentiel et marges de stabilité
Il faut avant tout savoir que lorsqu’un systeme de modèle linéaire est excite par une entrée
sinusoïdale 𝒖(𝒕) = 𝑼𝒎 𝒔𝒊𝒏(𝝎𝒕), il r´epond de telle sorte qu’en régime permanent (c’est-`a-dire après
un certain temps de transition), la sortie est d´écrite par :
𝒚(𝒕) = 𝑨(𝝎)𝑼𝒎 𝒔𝒊𝒏(𝝎𝒕 + 𝜽( 𝝎)) (1.1)
Démonstration (3)
Dans cette partie, on revient sur les assertions du paragraphe précédent . Il y est dit que la réponse
d’un système linéaire à une entrée sinusoïdale est, en régime permanent (pour 𝑡 → ∞), une sinusoïde. En
réalité, ceci n’est vrai que si le système est asymptotiquement stable ce qui sera suppose ici. Il est
également affirme que la fonction de transfert permet de reconstruire cette sortie. En voici les
justifications.
Le signal d’entrée est sinusoïdal :
𝒖(𝒕) = 𝑼𝒎 𝒔𝒊𝒏(𝝎𝒕) (2.1)
D’après le tableau de la transformée de Laplace est :
𝑈 𝜔
𝑈(𝑝) = (𝑝 2𝑚 (3.1)
+ 𝜔2 )
Soit G(p), la fonction de transfert du système que l’on supposera de manière réaliste strictement
propre. La transformée de Laplace de la sortie y(t) est :
𝑈𝑚 𝜔
𝑌 (𝑝) = 𝐺(𝑝) (𝑝 2 + 𝜔2 )
(4.1)
Comme G(p) est strictement propre, 𝑌(𝑝) est décomposable en éléments simples. Par souci de
simplicité, on suppose, dans les calculs, que les pôles du système sont distincts. La décomposition conduit
à:
𝑎 𝑎 𝑆
𝑌 (𝑝) = 𝑝− 𝑗𝜔 + 𝑝 + 𝑗𝜔 + ∑𝑛𝑖=1 𝑝 –𝑖𝑝 (5.1)
𝑖
Les valeurs 𝑝𝑖 correspondent aux 𝑛 pôles du système et les 𝑆𝑖 sont les résidus associes à ces pôles
dans cette décomposition.
𝑎 et 𝑎 sont les résidus associes à l’entrée sinusoïdale qui génère deux racines imaginaires pures
conjuguées 𝑗𝜔 et − 𝑗𝜔 au dénominateur de 𝑌 (𝑝).
Si on applique ℒ −1 à 𝑌(𝑝), on obtient :
𝑦(𝑡) = 𝑎𝑒 −𝑗𝜔𝑡 + 𝑎𝑒 𝑗𝜔𝑡 + ∑𝑛𝑖=1 𝑆𝑖 𝑒 – 𝑝𝑖 𝑡 (6.1)
Comme le système est suppose asymptotiquement stable, la partie réelle de ses pôles est
strictement négative et chaque terme 𝑒 – 𝑝𝑖 𝑡 tend vers zéro quand 𝑡 tend vers l’infini. Donc, après un
certain temps de régime transitoire, ce sont les deux premiers termes qui vont déterminer la réponse en
régime permanent.
4
Chapitre 01 : Stabilité des systèmes en boucle fermée dans le domaine fréquentiel et marges de stabilité
Dans le cas des pôles multiples, les expressions sont un peu plus compliquées à écrire et en
appliquant ℒ −1 , des termes en 𝑡 𝑞 𝑒 – 𝑝𝑖 𝑡 apparaissent mais ils tendent eux aussi vers 0 quand 𝑡 tend vers
l’infini. Il reste donc en régime permanent :
𝑦∞ (𝑡) = 𝑦(𝑡 → ∞) = 𝑎𝑒 −𝑗𝜔𝑡 + 𝑎𝑒 𝑗𝜔𝑡 (7.1)
Expression dans laquelle il convient de d´déterminer 𝑎 et 𝑎. L’identification des deux
expressions de 𝑌(𝑝) précédentes permet, en multipliant ces deux expressions par (𝑝 + 𝑗𝜔) et en
posant 𝑝 = −𝑗𝜔 de d´eduire :
𝑈𝑚
𝑎 = − 𝐺(−𝑗𝜔) (8.1)
2𝑗
𝐺(𝑗𝜔) est un nombre complexe paramétré par 𝜔. Son module peut être note 𝐴(𝜔) et son argument
𝜽(𝜔). 𝐺(𝑝) étant une fraction de deux polynômes en 𝑝, à coefficients réels, il est facile de voir que
𝐺(−𝑗𝜔) est de même module 𝐴(𝜔). En revanche, on a 𝐴𝑟𝑔(𝐺(−𝑗𝜔)) = −𝜽(𝜔). On peut donc écrire
𝐺(𝑗𝜔) 𝑒𝑡 𝐺(−𝑗𝜔) ainsi :
𝐺(𝑗𝜔) = 𝐴(𝜔)𝑒 𝑗𝜽(𝜔) ; 𝐺(−𝑗𝜔) = 𝐴(𝜔)𝑒 −𝑗𝜽(𝜔) (10.1)
On reprend l’équation de 𝑦∞ (𝑡) avec ces valeurs de résidus et il vient :
𝑈𝑚 𝑈𝑚
𝑦∞ (𝑡) = 𝑦(𝑡 → ∞) = − 𝐺(−𝑗𝜔)𝑒 −𝑗𝜔𝑡 + 𝐺(−𝑗𝜔)𝑒 𝑗𝜔𝑡 (11.1)
2𝑗 2𝑗
𝑒 𝑗(𝜔𝑡+𝜃(𝜔)) −𝑒 –𝑗(𝜔𝑡+𝜃(𝜔))
𝑦(𝑡 ) = 𝐴(𝜔)𝑈𝑚 ⟺ 𝒚(𝒕 ) = 𝑨(𝝎)𝑼𝒎 𝐬𝐢𝐧(𝝎𝒕 + 𝜽(𝝎)) (12.1)
2𝑖
La fonction de transfert 𝐺( 𝑗𝜔) d’un système quelconque est un nombre complexe. Trois solutions
sont utilisées en pratique pour représenter ce nombre complexe graphiquement.
· Partie imaginaire en fonction de la partie réelle avec paramétrage en fréquence : plan de
Nyquist.
5
Chapitre 01 : Stabilité des systèmes en boucle fermée dans le domaine fréquentiel et marges de stabilité
Prenons l’exemple suivant : un capteur génère une tension sinusoïdale et cette tension
malheureusement est bruitée.
Le signa l observé ce compose d’un signal à basse fréquence auxquelles se superpose des signaux
de plus haute fréquence
On souhaite supprimer les hautes fréquences qui composent le bruit à l’aide d’un filtre et on
cherche à dimensionner le filtre de sorte que le signal de basse fréquence soit conservé et les parasites de
hautes fréquences seront atténués.
6
Chapitre 01 : Stabilité des systèmes en boucle fermée dans le domaine fréquentiel et marges de stabilité
Le diagramme de bode illustre l’effet de ce filtre sur chacune des fréquences où on va voir quelle
sont les fréquences qui seront atténuées et pour cela on visualise les tensions d’entrée et de sorties en
fonction de leurs fréquences :
Si on sollicite le filtre à basses fréquences les tensions ont la même amplitude et le déphasage
entre eux est nul (les deux tensions en phase)
7
Chapitre 01 : Stabilité des systèmes en boucle fermée dans le domaine fréquentiel et marges de stabilité
Si on sollicite le filtre a une fréquence plus élevée on constate que l’amplitude du sortie est
toujours la même que celle du signal d’entrée en revanche on observe que le signal de sotie est l’égerment
en retard par rapport au signal d’entrée
Si on augmente la fréquence on observe clairement qu’il ya une différence entre les amplitudes
(l’amplitude de la sortie est atténuée par rapport à l’amplitude de l’entrée) et le retard augmente (voir
figure)
Le diagramme de bode représente tous ces cas de sollicitation en même temps sur un graphique
dont l’axe des abscisse représente les différentes fréquences graduée en pulsation = 2𝜋𝑓 .
Les diagrammes de bode devront apparaitre en même temps l’atténuation des amplitudes et le
déphasage.
8
Chapitre 01 : Stabilité des systèmes en boucle fermée dans le domaine fréquentiel et marges de stabilité
Un tel diagramme présente le rapport ente l’amplitude la sortie par rapport à l’amplitude de
l’entrée est appelé le gain, quand ce dernier est négatif on parle de l’atténuation des amplitudes et quand
le gai est positif on parle l’amplification des amplitudes de la fonction du transfert.
Le deuxième graphiques représente le déphasage ente les deux tensions, dans notre cas on
représente que la parie négative car on parle d’un filtre passif (atténuation des amplitudes). L’axe des
̂
𝑢 ̂
𝑢
ordonnés est gradué en dB c’est – à dire20log (𝑢̂𝑠 ) pour faire apparaitre le scenario de rapport 𝑢̂𝑠 dans les
𝑒 𝑒
basse fréquences car cela ne peut pas apparaitre si la représentation est linéaire.
Le deuxième diagramme représente le déphasage entre les deux signaux est appelé le digramme
de phase il est utilisé souvent pour étudier la stabilité de système, dans notre cas on peut représenter que
la partie négatives de l’échelle des ordonnés car on parle d’un retard de phase
Pour le tracé on suit les différents cas des fréquences :
Pour tracer le gain
Deuxième cas
9
Chapitre 01 : Stabilité des systèmes en boucle fermée dans le domaine fréquentiel et marges de stabilité
L’ensemble des représentations des gains et des déphasages en fonction des pulsations forme les
diagrammes de Bode
L’échelle pour les pulsations est une échelle logarithmique pour avoir apparaitre l’évolution du
rapport des modules des deux signaux dans les basses fréquences
N.B
L’échelle logarithmique ne comporte pas le zéro (0),(voir figure) le déplacement vers la gauche
apparait les valeurs proches de zero mais ne jamais atteindre le zéro
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Chapitre 01 : Stabilité des systèmes en boucle fermée dans le domaine fréquentiel et marges de stabilité
Le module :
1
|𝐻(𝑗𝜔)| = (16.1)
√1+(𝑐𝜔𝑅)2
La phase :
𝜑 = −𝑎𝑟𝑐𝑡𝑔(𝐶𝑅𝜔) (17.1)
11
Chapitre 01 : Stabilité des systèmes en boucle fermée dans le domaine fréquentiel et marges de stabilité
Le décibel (dB) est une échelle logarithmique définie à partir des puissances de la façon suivante
: 𝑃 𝑑𝐵 = 10 𝐿𝑜𝑔10 ( 𝑃) où : 𝑃 est une puissance exprimée en Watts sur une échelle linéaire. Pour les
tensions, le facteur devant le Log est 20 du fait que la puissance est proportionnelle au carré de la tension.
Le module de la fonction de transfert s’exprime comme le rapport du module de la tension de sortie sur
le module de la tension d’entrée du système considéré. En dB, on aura donc : 𝐻𝑑𝐵 = 20 𝐿𝑜𝑔 (𝐻 ) =
̅̅
𝑉𝑠̅̅
20𝐿𝑜𝑔 |𝑉𝑒
̅̅̅̅
| Pour la suite, on utilisera 𝐿𝑜𝑔 pour signifier le logarithme en base 10.
On a
𝑉̅𝑠 1
𝐺̅ = ̅̅̅ = 𝜔 (19.1)
𝑉 𝑒 1+𝑗
𝜔0
1
Où : 𝜏 = 𝑅𝐶 𝑒𝑡 𝜔0 = 𝑅𝐶
12
Chapitre 01 : Stabilité des systèmes en boucle fermée dans le domaine fréquentiel et marges de stabilité
En posant
𝜔
𝑥 = (21.1)
𝜔0
On obtient :
1
𝐺 = √1+𝑥 2 (22.1)
Si l’on représente G sur une échelle de fréquence linéaire, on obtient une courbe ne présentant pas
d’asymptote lorsque x << 1 ou x >> 1. Le tracé de G nécessite donc le calcul d’un grand nombre de points.
Ce raisonnement peut être généralisé à toutes les fonctions de transfert se présentant sous une forme
polynomiale :
2
1+𝑎 𝑗𝑥+𝑎 (𝑗𝑥) +...+𝑎 (𝑗𝑥) 𝑛
𝐺̅ = 1+𝑏 0𝑗𝑥+𝑏 1(𝑗𝑥)2 +...+𝑏 𝑛(𝑗𝑥)𝑚 (23.1)
0 1 𝑚
Dans tous les cas le tracé en échelle linéaire est long et fastidieux. On verra également qu’il ne
permet pas de dégager des informations de façon rapide sur le système (Fréquence de coupure, Bande
Passante, ...)
Echelle logarithmique
L’échelle des fréquences est logarithmique. On fait correspondre 𝑥 à 𝐿𝑜𝑔(𝑥). On peut
indifféremment utiliser le 𝐿𝑜𝑔 en base 2 (𝑙𝑜𝑔 𝑛é𝑝é𝑟𝑖𝑒𝑛) ou en base 10. Trois points importants sont à
retenir lorsque l’on utilise une échelle logarithmique :
· Une multiplication de la fréquence par un facteur constant se traduit par un décalage géométrique
constant sur l’axe des fréquences.
· L’échelle ne peut pas démarrer du point 0 (fréquence nulle) du fait que (0) = −∞ .
· Une octave et une décade correspondent respectivement à une multiplication par un facteur 2 et
10 de la fréquence.
Représentation du module (4)
Tracé asymptotique Le module est représenté en dB sur l’échelle logarithmique.
1
En reprenant l’exemple du circuit RC, on a : 𝐻𝑑𝑏 = 20 log (√1+𝑥2 ) = −20 log(√1 + 𝑥 2 ).
Lorsque 𝑥 >> 1,
On a : 𝑙𝑖𝑚 𝐻𝑑𝑏 = −20 𝑙𝑜𝑔(√𝑥 2 ) = −20 𝑙𝑜𝑔(𝑥) qui représente une droite de pente
− 20𝑑𝐵/𝑑é𝑐𝑎𝑑𝑒 sur une échelle logarithmique (ou encore −6𝑑𝐵/𝑜𝑐𝑡𝑎𝑣𝑒). En effet, pour 𝑥 = 1, on a
𝐻 𝑑𝐵 = 0;
Pour 𝑥 = 10, on a 𝐻 𝑑𝐵 = −20𝑑𝐵, soit une diminution du module de 20𝑑𝐵 pour une décade.
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Chapitre 01 : Stabilité des systèmes en boucle fermée dans le domaine fréquentiel et marges de stabilité
Lorsque 𝑥 << 1, on a : 𝑙𝑖𝑚 𝐻𝑑𝐵 = −20 𝑙𝑜𝑔(√1) = 0 ; qui représente une droite de pente
nulle. En échelle logarithmique, le module en dB présente donc deux asymptotes, pour 𝑥 >> 1 et 𝑥 << 1,
soit pour les «hautes » fréquences et les «basses» fréquences (figure 1.3).
C’est évidemment le cas pour toutes les fonctions de transfert se présentant sous une forme
polynomiale.
L’intérêt de l’échelle logarithmique est donc énorme pour le tracé et l’analyse du module d’une
fonction de transfert.
Fig 1 .3. Diagramme de Bode. Tracé asymptotique du module de la fonction de transfert du circuit RC (4)
Pulsation de coupure :
C'est la pulsation pour laquelle le gain a diminué de 3𝑑𝐵 par rapport à sa valeur maximum ou
par rapport au gain statique suivant la nature du système (passe bas, passe haut, passe bande). De la même
façon on peut définir la pulsation de coupure à 6𝑑𝐵.Une diminution de 𝟑𝒅𝑩 se traduit par une diminution
√2 𝐻𝑚𝑎𝑥
dans un rapport de : |𝐻(𝑗𝜔𝑐 )| = ≅ 0.707 𝐻𝑚𝑎𝑥 ; une diminution de 6dB se traduit par une
2 √2
𝐻𝑚𝑎𝑥
diminution dans un rapport de 1/2 : |𝐻(𝑗𝜔𝑐 )| = = 0.5 𝐻𝑚𝑎𝑥
2
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Chapitre 01 : Stabilité des systèmes en boucle fermée dans le domaine fréquentiel et marges de stabilité
Ou entre : 𝟎 𝑯𝒛 𝒆𝒕 𝒇𝒄 (passe-bas),
Ou entre : 𝒇𝒄 𝒆𝒕 ∞ (passe haut).
𝐾
𝐻(𝑗𝜔) = 1 +𝑗𝜔𝜏 (24.1)
|𝐾|
𝑎𝑚𝑝𝑙𝑖𝑡𝑢𝑑𝑒 ⇒ |𝐻(𝑗𝜔)| = √1+𝜔2 (25.1)
𝜏2
Exemples
Systèmes d’ordre 1
1
𝐻(𝑠) = , 𝜏 réel positif,
𝜏 𝑠+1
Les diagrammes de Bode exacts correspondant à 𝐻(𝑠) sont représentés sur la figure ci dessous.
Les diagrammes de Bode de droite sont des approximations courantes utilisées dans ce cours :
15
Chapitre 01 : Stabilité des systèmes en boucle fermée dans le domaine fréquentiel et marges de stabilité
= 0 𝑑𝐵 pour ω ≤ 1/τ
20 𝑙𝑜𝑔10(|𝐻(𝑗𝜔)|) {
décroît de − 20 dB/déc. pour ω > 1/𝜏
1
= 0 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝜔 ≤
10𝜏
𝜋 10
∠𝐻(𝑗𝜔) = − 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝜔 ≥ (𝑣𝑒𝑟𝑠𝑖𝑜𝑛 𝑝𝑟é𝑐𝑖𝑠𝑒)
2 𝜏
𝜋 𝑟𝑎𝑑 1 10
{ 𝑑é𝑐𝑟𝑜î𝑡 𝑑𝑒 – ( ) . 𝑝𝑜𝑢𝑟 <𝜔<
4 𝑑é𝑐 10𝜏 𝜏
Ou :
1
= 0 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝜔 ≤
∠𝐻(𝑗𝜔) { 𝜏 (𝑣𝑒𝑟𝑠𝑖𝑜𝑛 𝑠𝑖𝑚𝑝𝑙𝑖𝑓𝑖é𝑒)
𝜋 1
= − 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝜔 >
2 𝜏
𝐾𝜔𝑛 2
𝐻(𝑗𝜔) =
(𝑗𝜔)2 + 2𝜔𝑛 𝜁(𝑗𝜔) + 𝜔𝑛 2
|𝐾|
𝑎𝑚𝑝𝑙𝑖𝑡𝑢𝑑𝑒 ⇒ |𝐻(𝑗𝜔)| =
2
2 2
√(1 − ( 𝜔 2 )) + (2𝜁 𝜔 )
𝜔𝑛 𝜔𝑛
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Chapitre 01 : Stabilité des systèmes en boucle fermée dans le domaine fréquentiel et marges de stabilité
𝜔
2𝜁 𝜔
𝑛
𝑝ℎ𝑎𝑠𝑒 ⇒ ∠𝐻(𝑗𝜔) = −𝑎𝑟𝑐𝑡𝑎𝑔 ( )
𝜔 2
1 − (𝜔 )
𝑛
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Chapitre 01 : Stabilité des systèmes en boucle fermée dans le domaine fréquentiel et marges de stabilité
Fig 1 .8. Allure des diagrammes de Bode pour différentes valeurs du facteur d’amortissement
Exercice
Suivante :
10. (1 + 5. 𝑝)
𝐻(𝑝) =
𝑝. (1 + 𝑝)
𝟏𝟎.(𝟏 + 𝟓.𝒋𝝎)
𝑮𝒅𝑩(𝝎) = 𝟐𝟎. 𝐥𝐨𝐠 |𝑯(𝒋. 𝝎) | = 𝟐𝟎. 𝐥𝐨𝐠 (| |)
𝒋𝝎.(𝟏 + 𝒋𝝎)
1 1
= 20. log(|10|) + 20. log(|1 + 5. 𝑗. 𝜔|) + 20. 𝑙𝑜𝑔 |𝑗.𝜔| + 20. log (1 + 𝑗.𝜔)
Le tracé
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Chapitre 01 : Stabilité des systèmes en boucle fermée dans le domaine fréquentiel et marges de stabilité
Par matlab
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Chapitre 01 : Stabilité des systèmes en boucle fermée dans le domaine fréquentiel et marges de stabilité
Le diagramme de Bode constitue un moyen très efficace et facile d’accès pour représenter
graphiquement le comportement fréquentiel d’un système. Toutefois, il est nécessaire de toujours
effectuer deux graphes : gain et déphasage.
1.3.2. Définition
Le diagramme de Nyquist, ou lieu de Nyquist d’un système est le lieu, en coordonnées polaires,
des points M de coordonnées 𝐺(𝝎) 𝑒𝑡𝝋(𝝎) lorsque 𝝎 varie de 0 à + ∞ voir figure.
C’est aussi le lieu, dans le plan complexe, des points d’affixe 𝐺( 𝑗𝜔), donc de coordonnées
𝑅𝑒 [𝐺( 𝑗𝜔)], 𝐼𝑚[𝐺( 𝑗𝜔)] dans ce plan. Il est d’usage d’orienter le graphe dans le sens des 𝜔 croissants
et parfois, de graduer la courbe en 𝜔. (5)
• 𝜔 = 0
• 𝜔 = ∞
20
Chapitre 01 : Stabilité des systèmes en boucle fermée dans le domaine fréquentiel et marges de stabilité
Exemple
𝑘
𝐺(𝑠) = ;𝑘 > 0
(−1 + 𝑠)(2 + 𝑠)(5 + 𝑠)
1. On remplace 𝑝 pae 𝑗𝜔 :
La FTBO devient :
𝑘
𝐺(𝑗𝜔) = ;𝑘 > 0
(−1 + 𝑗𝜔)(2 + 𝑗𝜔)(5 + 𝑗𝜔)
𝑘(−6𝜔2 − 10)
𝑅𝑒(𝑗𝜔) =
(1 + 𝜔 2 )(4 + 𝜔 2 )(25 + 𝜔 2 )
𝑘(−3𝜔 + 𝜔3 )
⇒ 𝐼𝑚𝑔(𝑗𝜔) =
(1 + 𝜔 2 )(4 + 𝜔 2 )(25 + 𝜔 2 )
3𝜔 − 𝜔3
𝜑(𝑗𝜔) = 𝑎𝑟𝑐𝑡𝑔 ( 2 )
{ 6𝜔 + 10
Avec 𝑅𝑒
𝐼𝑚(𝑗𝜔) = 0 ⇒ −𝑘(3𝜔 − 𝜔3 ) = 0
𝜔 = ±√3
1
𝑅𝑒(𝑗𝜔)|𝜔=+√3 = − 𝑘
28
Avec 𝐼𝑚𝑔
21
Chapitre 01 : Stabilité des systèmes en boucle fermée dans le domaine fréquentiel et marges de stabilité
Pour tracer la courbe on suppose que le premier point (point de départ) à 𝜔 = 0 et le point final
(point) d’arrive à 𝝎 → +∞
𝑅𝑒(𝑗𝜔)|𝜔→+∞ = 0
{𝐼𝑚𝑔(𝑗𝜔)|𝜔→+∞ = 0
𝜑(𝑗𝜔)|𝜔→+∞ = 90°
𝑘
𝑅𝑒(𝑗𝜔)|𝝎→𝟎+ = −
10
𝐼𝑚𝑔(𝑗𝜔)|𝝎→𝟎+ = 0
{𝜑(𝑗𝜔)|𝝎→𝟎+ = −180°
On constate clairement que pour 𝜔 < √3 les parties imaginaires des complexes sont s en
revanche pour 𝜔 > √3 les parties imaginaire des nombres complexes sont positives alors on peut résulter
que le départ sera de 𝑩 vers 𝑮 passant par 𝑨 et on termine à 𝑪 et par symétrie on ferme le contour de
nyquist vpir figure :
22
Chapitre 01 : Stabilité des systèmes en boucle fermée dans le domaine fréquentiel et marges de stabilité
Un système bouclé est stable si et seulement si sa sortie, autrement dit la grandeur physique réelle
à réguler reste bornée lorsque l’on injecte un signal borné à son entrée. Dans la pratique, on exige que le
signal de sortie converge effectivement vers une valeur finie. D’une manière plus générale, aucun signal
dans la boucle de régulation, ne doit osciller ou tendre vers l’infini.
– La fonction de transfert n’est qu’un modèle qui peut parfois, pour des raisons de simplifications
nécessaires, être éloigné de la réalité physique de l’objet qu’il décrit. Le critère mathématique
diagnostique la stabilité ou l’instabilité d’un système correspondant au modèle choisi et l’on ne peut
jamais être sûr que le système réel, quant à lui, est stable ou pas.
23
Chapitre 01 : Stabilité des systèmes en boucle fermée dans le domaine fréquentiel et marges de stabilité
– Pour finir, les lois qui régissent les systèmes physiques peuvent évoluer dans le temps : des
pièces peuvent s’user ou des éléments peuvent être sensibles à des variations des conditions de
l’environnement extérieur. Un système stable aujourd’hui peut très bien devenir instable par la suite.
Il résulte de ces considérations, d’une part que le critère mathématique est la plupart du temps
difficile à utiliser dans la pratique et d’autre part, qu’il possède un caractère trop « binaire ».
Dans les pages qui suivent, nous nous intéresserons à des critères plus faciles à mettre en oeuvre
et surtout à ceux qui introduisent une notion de marge de stabilité, autrement dit qui permettent de
quantifier la stabilité comme une performance en faisant apparaître la notion de système plus ou moins
stable. Plus un système sera stable, plus il aura des chances de le rester et les imprécisions de modélisation
seront bien évidemment moins dangereuses.
a) Théorème de Cauchy
Soit une fonction complexe d’une variable complexe 𝐹( 𝑝) possédant 𝒏 pôles et 𝒎 zéros. On
considère, dans le plan complexe, un contour fermé Γ de telle sorte que tous les pôles et tous les zéros de
la fonction 𝐹( 𝑝)se trouvent à l’intérieur de ce contour voir figure
Lorsque 𝑝 se déplace le long du contour Γ, son image par 𝐹 se déplace le long d’une courbe que
nous pouvons appeler 𝐹(𝛤).
Le nombre de tours effectué par 𝐹(𝛤). autour de l’origine est égal à (𝒎 – 𝒏). La différence (𝒎 – 𝒏).est
comptée positivement si le sens de rotation de 𝒑 le long de 𝛤 coïncide avec le sens de rotation de
𝐹(𝛤) autour de O et négativement dans le cas contraire.
24
Chapitre 01 : Stabilité des systèmes en boucle fermée dans le domaine fréquentiel et marges de stabilité
Ce système est stable en boucle fermée si et seulement si sa fonction de transfert en boucle fermée
𝑨( 𝒑)
𝑯( 𝒑) = 𝟏 + 𝑨( 𝒑)𝑩( 𝒑) (27.1)
ne possède aucun pôle à partie réelle positive. Autrement dit, l’étude la stabilité du système
revient à étudier les solutions de l’équation :
1 + 𝐴( 𝑝)𝐵( 𝑝) = 0 (28.1)
Ou encore :
1 + 𝐺( 𝑝) = 0 (29.1)
25
Chapitre 01 : Stabilité des systèmes en boucle fermée dans le domaine fréquentiel et marges de stabilité
𝐺( 𝑝) est la fonction de transfert en boucle ouverte du système. Cela signifie qu’il est possible
d’appréhender l’étude la stabilité d’un système en boucle fermée à partir de sa fonction de transfert en
boucle ouverte. Le mathématicien Nyquist a eu l’idée de proposer un critère de stabilité basé sur
l’application du théorème de Cauchy à la fonction𝐹( 𝑝) = 𝐺( 𝑝) + 1.
Rappelons que le système est stable si et seulement si aucun pôle de 𝐻( 𝑝) n’est à partie réelle
positive. Les pôles de la fonction de transfert en boucle fermée étant les zéros de cette fonction 𝐹( 𝑝), cela
signifie que le système est stable si et seulement si aucun zéro de 𝐹( 𝑝) ne se trouve à l’intérieur du
contour de Nyquist. Il faut donc, pour que le système soit stable, que l’on ait : m = 0, m étant le nombre
de zéros de F( p), donc le nombre de pôles de H( p).
Remarquons par ailleurs, que les pôles de 𝐺( 𝑝) sont aussi ceux de 𝐹( 𝑝) ; en effet, une fraction
rationnelle à laquelle on ajoute 1 donne, après réduction au même dénominateur, une nouvelle fraction
rationnelle de même dénominateur. Par conséquent, le nombre 𝑛 de pôles de 𝐹( 𝑝) se trouvant à l’intérieur
du contour de Nyquist est égal au nombre de pôles instables (à partie réelle positive) de 𝐺( 𝑝).
Un système est stable en boucle fermée si l’image du contour de Nyquist par la fonction
𝐹( 𝑝) = 𝐺( 𝑝) + 1 fait autour de l’origine, dans le sens horaire, un nombre de tours égal à −𝑛 où n est
le nombre de pôles à partie réelle positive de la fonction de transfert en boucle ouverte 𝐺( 𝑝). L’image
du contour de Nyquist, par ailleurs, ne doit pas passer par l’origine.
Récapitulatif
On définit :
Énoncé du critère
Un système continu en boucle fermée à retour unitaire (𝐻𝐵𝐹 ) est asymptotiquement stable à la
condition nécessaire et suffisante que son diagramme de Nyquist en boucle ouverte (𝐻𝐵𝑂) parcouru
26
Chapitre 01 : Stabilité des systèmes en boucle fermée dans le domaine fréquentiel et marges de stabilité
quand ω croît de −∞ à +∞, entoure le point critique (−1; 0) dans le sens trigonométrique un nombre
𝑁 de fois égal au nombre 𝑃 de pôles instables de la fonction de transfert en boucle ouverte. Condition
nécessaire suffisante pour la stabilité asymptotique :
𝑁 = 𝑃.
Exemple
Soit un système en BF de transmittance en boucle ouverte
20
𝐻𝐵𝑂 (𝑠) =
(𝑠 − 1)(𝑠 2 + 5𝑠 + 25)
𝐻𝐵𝑂 𝑠 a un pôle instable 𝜆 = 1 ⇒ 𝑃 = 1. Le système est donc instable en boucle fermée Le
système sera stable en boucle fermée si le diagramme de Nyquist entoure une fois le point –1 dans le sens
trigonométrique Or le nombre de tours autour de –1 est nul, 𝑁 = 0. Le système est donc instable en boucle
fermée
Fig 1 .14. Schéma général d’une boucle de régulation avec shama bloc
27
Chapitre 01 : Stabilité des systèmes en boucle fermée dans le domaine fréquentiel et marges de stabilité
Avec :
Et
𝑭𝑻𝑩𝑶(𝒔) 𝑳(𝒔)
𝑭𝑻𝑩𝑭(𝒔) = 𝟏+𝑭𝑻𝑩𝑶(𝒔) ; 𝑳𝑩𝑭(𝒔) = 𝟏+𝑭𝑻𝑩𝑶(𝒔) 𝒆𝒕 𝑭𝑻𝑩𝑶(𝒔) = 𝑯𝑹 (𝒔) × 𝑯(𝒔) (31.1)
On constate que les deux fonctions de transfert 𝐹𝑇𝐵𝐹(𝑠) et 𝐿𝐵𝐹(𝑠) ont les mêmes
dénominateurs et par conséquent les mêmes pôles.
Lorsque un procédé asservi (en BF) entre en oscillations (signal de sortie sinusoïdal) pour une
variation d’entrée bornée ou même nulle, le procédé est à la limite de stabilité ( l’un des pôles ou deux
pôles conjugués imaginaires purs 𝑠 = ± 𝑗𝜔𝑐 deviennent pôles de sa 𝐹𝑇𝐵𝐹 ou zéros de son équation
caractéristique 1 + 𝐹𝑇𝐵𝐹(𝑠) = 0 . A noter que l’axe imaginaire est la frontière entre le plan gauche
des pôles à parties réelle négative et le plan droit des pôles à parties réelle positive). Dans ce cas 𝜔𝑐 , est
la pulsation d’oscillation. La résolution de l’équation caractéristique permet d’obtenir les conditions
limites de stabilité (gain critique de boucle 𝑲𝒄 ) :
Dans le plan de Nyquist, le point singulier de module 𝟏 et d’argument −𝝅 est appelé point
critique de stabilité.
Exemple
𝐾𝑅
𝐹𝑇𝐵𝑂(𝑠 = 𝑗𝜔𝑐 ) =
(1 + 𝑇𝑗𝜔𝑐 )3
Soit ;
𝐾𝑅 𝐾𝑅
|𝐹𝑇𝐵𝑂( 𝑗𝜔𝑐 )| = | | = 1 ⇒ =1
(1 + 𝑇𝑗𝜔𝑐 )3 √1 + (𝑇𝜔𝑐 )𝑍
Et ;
28
Chapitre 01 : Stabilité des systèmes en boucle fermée dans le domaine fréquentiel et marges de stabilité
Donc ;
𝐾𝑅
= 1(𝑐𝑜𝑛𝑑𝑖𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑙𝑖𝑚𝑖𝑡𝑒 𝑑𝑒 𝑠𝑡𝑎𝑏𝑖𝑙𝑖𝑡𝑒 )
8
C’est-à-dire pour avoir la stabilité du système il faut que le gain prenne la valeur : 𝐾𝑅 = 8
• en parcourant le lieu de Niquist de la 𝐹𝑇𝐵𝑂, dans le sens des 𝜔 croissants, on laisse le point
critique (-1,0) sur la gauche .
En pratique : la fonction de transfert est une approximation de la réalité, or, la limite théorique
de la stabilité se fait par rapport au point critique (−𝟏, 𝒋𝟎) dans le plan de Nyquist , donc on prend des
marges de sécurité :
Marge de gain : indique l’augmentation de gain du transfert de boucle ouverte qui amènerait la
boucle fermée en limite de stabilité
Marge de phase : indique le retard de phase du transfert de boucle ouverte (𝐻𝐵𝑂 ) qui amènerait la
boucle fermée (𝐻𝐵𝐹 ) en limite de stabilité
29
Chapitre 01 : Stabilité des systèmes en boucle fermée dans le domaine fréquentiel et marges de stabilité
Marge de module : indique la distance absolue minimale du transfert de boucle ouverte au point−1.
Marge de retard : indique le retard que peut subir le transfert de boucle ouverte qui amènerait la
boucle fermée en limite de stabilité.
– par exemple dus a la transmission des signaux – dont on n'a pas tenu compte au moment de
l'étude de la stabilité.
1
o La marge de gain 𝑀𝑔 a pour expression : 𝑀𝑔 = |𝐹𝑇𝐵𝑂(𝜔
𝜋 )|
Elle permet de préserver la stabilité en dépit des fluctuations de gain, qui affectent, en particulier,
les amplificateurs de la chaine de puissance.
Pour qu'un système soit stable, il faudrait que : 𝑴𝒈 𝒐𝒖 (∆𝑮) > 𝟎 𝒆𝒕 𝑴𝝋 𝒐𝒖 (∆𝝋) > 𝟎
Fig 1 .16; Illustration des marges de gain et de phase sur le lieu de Nyquist(a) cas d’un système stable - b) cas d’un
système instable
30
Chapitre 01 : Stabilité des systèmes en boucle fermée dans le domaine fréquentiel et marges de stabilité
1
Marge de gain : 𝑀𝑔𝑑𝐵 = −[|𝐻𝐵𝑂(𝑗𝝎𝝅 |]𝑑𝐵 ⇔ 𝑀𝑔 = |𝐻𝐵𝑂(𝑗𝝎 = −20𝑙𝑜𝑔(|𝐻𝐵𝑂(𝑗𝝎𝝅 |)
𝝅 )|
Remarques :
Un système qui a une marge de gain ou une marge de phase positive est un système stable.
Un système qui a une marge de gain ou une marge de phase négative est un système instable.
Un système qui a une marge de gain ou une marge de phase nulle est un système à la limite de
stabilité.
La marge de gain est positive si la courbe de gain est en-dessous de l’axe 0 dB pour la pulsation
critique 𝝎𝒄𝒐 qui correspond à l’intersection de la courbe de phase avec l’axe −𝟏𝟖𝟎°.
La marge de phase est positive si la courbe de phase est au-dessus de l’axe −𝟏𝟖𝟎° pour la pulsation
𝝎 correspondant à l’intersection de la courbe de gain avec l’axe 0 dB
Exemple
100
𝐺(𝑝) =
(𝑝 + 1)(𝑝 + 10)
Réponse
100
𝐺(𝑝) =
(1 + 𝑗𝜔)(10 + 𝑗𝜔)
100
20 log(|𝐺(𝑗𝜔𝑐𝑜 )|) = 0 ⇒ |𝐺(𝑝)| = | |=1
(1 + 𝑗𝜔𝑐𝑜 )(10 + 𝑗𝜔𝑐𝑜 )
31
Chapitre 01 : Stabilité des systèmes en boucle fermée dans le domaine fréquentiel et marges de stabilité
100
⇒ (1 + 𝜔𝑐𝑜 2 )(100 + 𝜔𝑐𝑜 2 ) = 1002
√1 + 𝜔𝑐𝑜 2 √100 + 𝜔𝑐𝑜 2
Seule la solution positive a un sens pour notre système asservi et après tout calcul fait on trouve
que : 𝜔𝑐𝑜 = 7.8 𝑟𝑎𝑑
Donc ;
Exemple
On donne ci-dessous le diagramme de Bode d’un système asservi, placé dans une chaîne de
régulation en boucle fermée avec un correcteur Proportionnel C(p)= K, le diagramme de Bode correspond
à une valeur de K=1. on demande : Déterminer la marge de phase (𝑀𝜑) et la marge de gain( 𝑀𝑔).
32
Chapitre 01 : Stabilité des systèmes en boucle fermée dans le domaine fréquentiel et marges de stabilité
Réponse
Alors :
𝑀𝑔 = 0 − (−12) = 12 𝑑𝐵
Pour :
𝐺 = 0𝑑𝐵 ⇒ 𝜑 = −95°
Alors :
Exemple
Si :
1.9.1. Definition
Où 𝝎𝒓 est la pulsation de résonance pour laquelle |𝑯(𝒋𝝎𝒓 )| passe par sa valeur maximale
33
Chapitre 01 : Stabilité des systèmes en boucle fermée dans le domaine fréquentiel et marges de stabilité
34
Chapitre 02 : Calcul des contrôleurs dans le domaine fréquentiel
Chapitre 2
35
Chapitre 02 : Calcul des contrôleurs dans le domaine fréquentiel
2.1. Introduction
Nous avons vu, dans les chapitres précédents relatifs à l'analyse des systèmes asservis, que, pour
satisfaire aux spécifications de stabilité, on est amené à formuler des conditions sur la FTBO :
2.1.2. Stabilité :
2.1.3. Précision :
36
Chapitre 02 : Calcul des contrôleurs dans le domaine fréquentiel
A RETENIR
Le rôle des correcteurs, qui peuvent être électriques, mécaniques, ou hydrauliques,
est donc de déformer le diagramme asymptotique ou la courbe de Nyquist pour leur
donner des marges de gain et de phase capables d'assurer la stabilité tout en
conservant aux basses fréquences un gain suffisamment grand pour que la précision
soit bonne. De tels "filtres" pourront également supprimer l'influence de certaines
perturbations sans limiter la bande passante globale.
37
Chapitre 02 : Calcul des contrôleurs dans le domaine fréquentiel
3. Déterminer les valeurs des paramètres du correcteur de manière à atteindre les objectifs.
La synthèse des systèmes de correction linéaire peut être réalisée soit dans le domaine temporel,
soit dans celui fréquentiel. Par exemple, la précision statique est toujours spécifiée pour une entrée
échelon, rampe ou accélération, et la démarche classique suivie pour répondre aux contraintes imposées
se fait dans le domaine temporel. D'autres spécifications, telles que le dépassement, le temps de montée,
et le temps d'établissement sont toutes définies pour une entrée échelon unitaire, et sont, par conséquent,
utilisées spécifiquement dans le domaine temporel.
A RETENIR
La stabilité relative est également mesurée en termes de marge de phase, marge de
gain et résonance. Celles-ci sont des spécifications du domaine typiquement
fréquentiel et sont prises en charge par les outils tels que le diagramme de Bode, les
lieux de Nyquist et / ou de Black–Nichols.
Pour mener à bien la conception du correcteur dans le domaine temporel ou
fréquentiel, il est pratique de garder à l'esprit que la synthèse dans le domaine
temporel se fait généralement avec l'aide du plan–p de Laplace et du lieu d'Evans. La
synthèse dans le domaine fréquentiel est basée sur la manipulation du gain et de la
phase de la fonction de transfert de la boucle jusqu'à atteindre les spécifications
voulues. Les spécifications des domaines temporel et fréquentiel sont étroitement
liées entre elles. Le temps de montée et la bande passante sont inversement
proportionnels. La marge de phase, la marge de gain, la résonance, et l'amortissement
sont inversement proportionnels.
38
Chapitre 02 : Calcul des contrôleurs dans le domaine fréquentiel
• soit considérer les réponses temporelles et analyser les performances statiques et dynamiques du
système avant et après compensation.
• Soit, à partir de la courbe de Nyquist du système compensé et par comparaison avec celle que
l'on doit obtenir, en déduire la structure et les paramètres du compensateur,
• soit procéder de la même manière, mais avec le diagramme asymptotique de Bode,
• soit utiliser le lieu d'Evans, le correcteur introduisant de nouveaux pôles et racines.
Dans la majorité des exemples utilisés jusque-là, le correcteur a été un simple amplificateur avec
un gain constant 𝐾. Ce type d'action de commande est connu sous le nom de correction proportionnelle,
puisque le signal de commande 𝑢(𝑡) à la sortie du correcteur est simplement proportionnel au signal à son
entrée 𝜀(𝑡).
Il est également possible d'utiliser la dérivée ou l'intégrale du signal d'entrée 𝜺(𝒕), en addition avec
l'action proportionnelle. Par conséquent, nous pouvons considérer, plus généralement, le correcteur
comme étant un ensemble de composants tels que des comparateurs (additionneurs ou soustracteurs), des
amplificateurs, des atténuateurs, des dérivateurs et des intégrateurs. La tâche du concepteur est alors de
déterminer lesquels de ces composants sera utilisé, dans quelles proportions, et la manière avec laquelle
ils sont connectés.
Principe dans la régulation, l’action correctrice s’effectue après que les effets des grandeurs
perturbatrices aient produit un écart entre la mesure et la consigne 𝜺(𝒕). Cet écart peut être également
provoqué par un changement de consigne. Dans les deux cas, le rôle de la boucle fermée est d’annuler
l’écart.
39
Chapitre 02 : Calcul des contrôleurs dans le domaine fréquentiel
A RETENIR
" Correcteur proportionnel (P) " Correcteur intégral (I) " Correcteurs
proportionnel-intégral (PI), à retard de phase !
2.5.1. Principe
40
Chapitre 02 : Calcul des contrôleurs dans le domaine fréquentiel
La figure suivante montre le schéma fonctionnel d’un exemple de correction Proportionnelle 𝜀(𝑡)
41
Chapitre 02 : Calcul des contrôleurs dans le domaine fréquentiel
Les réponses indicielles 𝑠(𝑡) de la 𝐹𝑇𝐵𝐹 du système corrigé sont reportées sur la figure
suivante :
42
Chapitre 02 : Calcul des contrôleurs dans le domaine fréquentiel
A RETENIR
On constate que l'augmentation de Kp, entraîne :
• une amélioration de l’erreur statique,
• une décroissance du temps de montée,
• une faible amélioration du temps d’établissement,
• mais également une diminution de la marge de phase et une augmentation du dépassement
(augmentation de l’instabilité du système).
Exercice d’application
On s’intéresse dans cet exercice au système F(p), placé dans une boucle à retour unitaire,
représenté à la figure suivante
.
La fonction de transfert du correcteur est notée 𝐶1 (𝑝) = 𝐺 :
1. donner l’expression de la fonction de transfert en boucle fermée de cet asservissement
2. Mettre la 𝐹𝑇𝐵𝐹 sous la forme suivante :
𝐾𝐵𝐹
𝐹𝑇𝐵𝐹(𝑝) =
1 + 𝜏𝐵𝐹 × 𝑝
43
Chapitre 02 : Calcul des contrôleurs dans le domaine fréquentiel
3. Application numérique : La constante de temps du système est de 1/2 ℎ, le gain statique est de
1,5. On souhaite accélérer le temps de réponse du système. Le cahier des charges nous impose une
constante de temps en boucle fermée de 15 𝑚𝑖𝑛.
(a) Déterminer la valeur de 𝐺 permettant de répondre au cahier des charges.
Réponse
𝑐1 × 𝐹(𝑝)
𝐹𝑇𝐵𝐹(𝑝) =
1 + 𝑐1 × 𝐹(𝑝)𝑝
𝐾
𝐺×1+𝜏×𝑝
𝐹𝑇𝐵𝐹(𝑝) =
𝐾
1+𝐺×1+𝜏×𝑝
𝐺𝐾
𝐹𝑇𝐵𝐹(𝑝) =
1+𝜏×𝑝+𝐺×𝐾
𝐺𝐾
𝐹𝑇𝐵𝐹(𝑝) =
1+𝜏×𝑝+𝐺×𝐾
𝐺𝐾
𝐹𝑇𝐵𝐹(𝑝) = 1 + 𝐺𝐾
𝜏
1 + 1 + 𝐺𝐾 × 𝑝
Donc :
𝐺𝐾
𝐺𝑎𝑖𝑛 𝑠𝑡𝑎𝑡𝑖𝑞𝑢𝑒 𝑒𝑛 𝑏𝑜𝑢𝑐𝑙𝑒 𝑓𝑒𝑟𝑚é𝑒 ∶ 𝐾𝐵𝐹 =
{ 1 + 𝐺𝐾
𝜏
𝐶𝑜𝑛𝑠𝑡𝑎𝑛𝑎𝑡𝑒 𝑑𝑒 𝑡𝑒𝑚𝑝𝑠 𝑒𝑛 𝑏𝑜𝑢𝑐𝑙𝑒 𝑓𝑒𝑟𝑚é𝑒 ∶ 𝜏𝐵𝐹 =
1 + 𝐺𝐾
Suite au cahier de charge
𝜏 1
𝜏𝐵𝐹 = = ℎ
1 + 𝐺𝐾 4
𝐺𝐾 2
𝐾𝐵𝐹 = =
1 + 𝐺𝐾 3
44
Chapitre 02 : Calcul des contrôleurs dans le domaine fréquentiel
On constate que le gain est déplacé vers le haut car le gain du correcteur est supérieur à 1 et il
sera déplacé vers le bas dans le cas contraire.
L’objectif est de modifier les marges de stabilité avec comme remarque la phase ne se change
pas ?
45
Chapitre 02 : Calcul des contrôleurs dans le domaine fréquentiel
Exemple (12)
Soit le système décrit par la fonction de transfert en boucle ouverte 𝐻𝐵𝑂 (𝑝) telle que ;
10
𝐻𝐵𝑂 (𝑝) =
(1 + 0.5𝑝)(1 + 0.1𝑝)
Le système corrigé et représenté par la figure suivante :
On pose :
On a aussi :
𝑀𝜑 = 180 + 𝜑(𝜔0𝑑𝑁 )
Avec :
𝐺(𝜔0𝑑𝑁 ) = 0
Sachant que :
Alors on a :
10
20 𝑙𝑜𝑔 𝐾𝑝 = −20 𝑙𝑜𝑔 | | ⇒ 𝐾𝑝 = 0.468
(1 + 0.5𝑝)(1 + 0.1𝑝)
46
Chapitre 02 : Calcul des contrôleurs dans le domaine fréquentiel
2.6.1. Principe
Correction I.
La réponse indicielle du correcteur Intégrale.
47
Chapitre 02 : Calcul des contrôleurs dans le domaine fréquentiel
2.6.2. Effet
L’intérêt principal de ce correcteur est d’ajouter dans la chaîne de commande une intégration. Nous
savons que la présence d’une intégration dans la FTBO augmente la classe du système et réduit ou annule,
selon le type d'entrée, l'erreur statique du système.
A RETENIR
Le correcteur à action exclusivement Intégrale n’est pratiquement jamais utilisé, en raison de sa lenteur et
de son effet déstabilisant. Il est, en général, associé au correcteur Proportionnel.
48
Chapitre 02 : Calcul des contrôleurs dans le domaine fréquentiel
Résultats
Stabilité
Manque de précision
49
Chapitre 02 : Calcul des contrôleurs dans le domaine fréquentiel
Résultats
Stabilité
Manque de précision
Résultats
Manque de stabilité
Bonne de précision
𝐾𝑝
avec : 𝜏𝑖 = 𝐾𝑖
50
Chapitre 02 : Calcul des contrôleurs dans le domaine fréquentiel
Avec
𝐾 𝐾
Il ne diminue plus la phase pour :𝜔 ≫ 𝐾 𝑖 ce qui préserve la marge de phase (si ) 𝜔𝑐 ≫ 𝐾 𝑖
𝑝 𝑝
Exemple de correction :
51
Chapitre 02 : Calcul des contrôleurs dans le domaine fréquentiel
permet d’annuler l’écart statique dans le cas d’une entrée échelon de la consigne si celui-
ci n’était pas déjà assuré (𝐹𝑇𝐵𝑂 de classe ≥ 1) ;
permet de rejeter une perturbation du type échelon lorsque l’intégrateur est placé en
amont (avant) la perturbation, si celle-ci n’était pas déjà assurée.
Remarque :
Sur le plan technologique, ce type de correcteur est sensé avoir un gain infini lorsque la
pulsation tend vers zéro (à l’arrêt) ce qui pose problème dans la réalité car on ne peut atteindre ni même
approcher une puissance infinie. On utilise alors un correcteur à retard de phase qui règle ce problème à
basse fréquences.
1 1+𝑝𝑅2 𝐶2
𝑈𝑒 (𝑅 ) = 𝑈𝑠 ( ) (9.2)
1 𝑃𝐶2
Avec :
𝑹𝟐
𝑲𝒑 = ; 𝝉𝒊 = 𝑹𝟐 𝑪𝟐
𝑹𝟏
52
Chapitre 02 : Calcul des contrôleurs dans le domaine fréquentiel
La réponse harmonique du régulateur PI est représentée à la Figure suivante. Les diverses courbes
permettent de définir l'influence de chaque composant sur les résultats.
𝐴
𝐴 = 20 log(𝐾) ⇒ 𝐾 = 1020
𝑡𝑎𝑛𝑔(85°)
𝑇𝑖 =
𝜔9 𝑑𝐵
53
Chapitre 02 : Calcul des contrôleurs dans le domaine fréquentiel
Démonstration :
1 + 𝑇𝑖 𝑝 1 + 𝑇𝑖 . 𝑗𝜔
𝐶(𝑝) = → 𝐶(𝑗𝜔) =
𝑇𝑖 𝑝 𝑇𝑖 . 𝑗𝜔
1 + 𝑇𝑖 . 𝑗𝜔 𝑇𝑖 . 𝜔
𝜑(𝑗𝜔) = 𝜑 ( ) = 𝜑(1 + 𝑇𝑖 . 𝑗𝜔) − 𝜑(𝑇𝑖 . 𝑗𝜔) = 𝑎𝑡𝑎𝑔 ( ) − 90° = −5°
𝑇𝑖 . 𝑗𝜔 1
Résultat
1.617
exp(−5 ∗ s) ∗
140.5 s + 1
Etape 02
K=1.6175;
T=140.5;
Kp=9.64
Ti=103.1
C=tf([Kp*Ti Kp],[Ti 0]) %(fonction de transfert du correcteur PI)
sys =C*tf(K,[T 1]);
set(sys,'InputDelay',5)
sys
margin(sys)
Résultat
Remarque
Pour on ajoute les 5° ?
Réponse
Sachant que le diagramme de bode du correcteur PI est le suivant ;
54
Chapitre 02 : Calcul des contrôleurs dans le domaine fréquentiel
𝟏𝟎
On remarque que pour une decade à droite de la pulsation de cassure (𝝎 = ) sur la courbe de
𝑻𝒊
la phase ,il ya une degradation de 5° de phase ce qui provoque une perte sur la marge phase du système
2.9.1. Définition
Le correcteur à retard de phase est un correcteur qui, comme son nom ne l’indique pas, permet
d’augmenter le gain uniquement aux basses fréquences. Il sera donc utilisé pour améliorer la précision
d’un système asservi.
Pour mieux comprendre l’action de ce correcteur, traçons son diagramme de Bode. Il y a deux
pulsations de coupure : 1/𝑇 𝑒𝑡 1/𝑎𝑇,
Telles que :
1 1
<
𝑎𝑇 𝑇
On a :
𝑎√1 + 𝑇 2 𝝎2
𝐶(𝝎) = √1 (12.2)
+ 𝑎 2 𝑇 2 𝝎2
Et :
𝝋(𝝎) = 𝑎𝑟𝑐𝑡𝑎𝑛 𝑇𝝎 − 𝑎𝑟𝑐𝑡𝑎𝑛 𝑎𝑇𝝎
Lorsque 𝝎 → 0, 𝑜𝑛 𝑎 ∶ 𝐶(𝝎) → 𝑎
Cet équivalent de pente nulle est valable de 0 jusqu’à la première pulsation de coupure qui a pour
expression: 1/𝑎𝑇. La pente du diagramme de Bode asymptotique se décrémente alors d’une unité et ce
55
Chapitre 02 : Calcul des contrôleurs dans le domaine fréquentiel
nouvel équivalent est valable jusqu’à la seconde pulsation de coupure (1/𝑇) à partir de laquelle nous
retrouvons une pente nulle (figure suivante).
En réglant le paramètre T sur une valeur suffisamment faible, cette correction n’a d’influence
qu’aux basses fréquences ;
Le gain aux hautes fréquences n’est pratiquement pas affecté. Le déphasage négatif
supplémentaire introduit par le correcteur se situe également aux basses fréquences. Il n’a donc pas
d’influence sur la marge de stabilité, étant donné que les pulsations de coupure à 0 dB sont, en général,
situées dans des plages de fréquences plus élevées.
En tout état de cause, pour régler le correcteur à retard de phase, on choisira la valeur de a qui
permet d’obtenir le gain statique résultant voulu et on choisira ensuite T se sorte que 1/𝑇 ≪ 𝜔𝑐0 .
2.9.2. Propriétés
Pulsation correspondante
56
Chapitre 02 : Calcul des contrôleurs dans le domaine fréquentiel
1
𝜔𝑐,𝑚𝑖𝑛 = 𝑇 (14.2)
√𝑎
Introduire dans le correcteur un gain 𝐾′𝑐 qu'on calcule pour avoir la marge de phase désirée
Calculer 𝐾𝑐 = 𝑏 pour obtenir la précision imposée
1
Choisir la constante de temps 𝑇 telle que (𝑇 ≪ 𝜔𝑐0 ) pour ne pas modifier la marge de phase
Exemple (14)
Considérons un système de fonction de transfert G( p) placé dans une boucle à retour unitaire,
avec :
𝐾
𝐺( 𝑝) =
𝑝 3
(1 + 10)
57
Chapitre 02 : Calcul des contrôleurs dans le domaine fréquentiel
Le paramètre K, gain statique du système en boucle ouverte est positif et réglable. On souhaite
que ce système présente en boucle fermée une erreur de position 𝜺𝒑 = 5%, tout en ayant une marge de
phase 𝑴𝝋 = 45°.
Comme :
𝐾
𝐺( 𝑗𝜔) =
𝑗𝜔 3
(1 + 10)
On a :
𝜔𝑐0 𝜋 𝑟𝑎𝑑
𝑀𝜑 = 𝜋 – 3 arctan = 𝑠𝑜𝑖𝑡 ∶ 𝜔𝑐0 = 10
10 4 𝑠
On a donc :
𝐾
𝐺(𝜔𝑐0 ) = = 1
2
√ 1 + 𝜔𝑐0
100
d’où :
3
𝐾 = √2 = 2,8 ⇒ 20 𝑙𝑜𝑔 𝐾 = 8,9 𝑑𝐵
Calculons à présent l’erreur de position obtenue en boucle fermée dans ces conditions :
Soit :
𝐾 1
𝜀𝑃 = lim (1 − 𝐻(𝑝)) = lim (1 − 3) = = 0.26 = 26%
𝑝→0 𝑝→0 𝑝 𝐾+1
𝐾 + (1 + 10)
La précision constatée ne satisfait pas au cahier des charges. Pour obtenir une erreur de position
de 5 %, il est nécessaire de disposer d’un gain statique 𝐾′ tel que :
1
𝜀𝑃 = = 0.05 ⇒ 𝐾 ′ = 19 ⇒ 20 𝑙𝑜𝑔𝐾 ′ = 25.6 𝑑𝐵
𝐾′ + 1
58
Chapitre 02 : Calcul des contrôleurs dans le domaine fréquentiel
On a :
𝑎(1 + 𝑇𝑝)
𝐶( 𝑝) = 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑎 > 1 (14.2)
1 + 𝑎𝑇𝑝
La nouvelle fonction de transfert en boucle ouverte est :
𝑎(1 + 𝑇𝑝) 2.8
𝐺𝑐( 𝑝) = 𝐶( 𝑝)𝐺( 𝑝) = ×
1 + 𝑎𝑇𝑝 𝑝 3
(1 + 10)
Le nouveau gain statique est : 𝐾 ′ = 2,8𝑎.
Par conséquent, il est nécessaire de régler le paramètre a de sorte que :
19
𝑎 = = 6,8 ⇒ 20 log 𝑎 = 16,7 𝑑𝐵
2,8
Il suffit, pour finir, de choisir 𝑇 de manière à ce que 1/𝑇 soit très inférieur à la pulsation de
coupure à 0 [Link] pouvons prendre, par exemple, 𝑇 = 10 𝑠.
On a finalement :
6,8(1 + 10𝑝)
𝐶( 𝑝) =
1 + 68𝑝
La figure suivante présente les diagrammes de Bode comparés du système initial et du système
corrigé. Rappelons que les diagrammes de Bode de 𝐺( 𝑝) et de 𝐶( 𝑝) s’additionnent pour former celui du
système corrigé 𝐺𝑐( 𝑝).
59
Chapitre 02 : Calcul des contrôleurs dans le domaine fréquentiel
1+𝑅 𝐶 𝑝
𝐶(𝑝) = 1+𝑅1 𝐶1 𝑝 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑅2 𝐶2 > 𝑅1 𝐶1 (15.2)
2 2
la FT est donc :
𝐶(𝑠) = 𝑇𝑑 𝑝 (17.2)
qui a pour mission d'ajouter un zéro nul à la fonction de transfert en boucle ouverte. Intuitivement,
nous pouvons imaginer que son action est l'inverse de celle de l'intégrateur. Vérifions cela sur un
diagramme de Bode.
60
Chapitre 02 : Calcul des contrôleurs dans le domaine fréquentiel
Les graphes correspondant à la fonction de transfert corrigée se déduisent facilement des graphes
initiaux
𝑇𝐵𝑂𝐶 |𝑑𝐵 = 20𝑙𝑜𝑔|𝑇𝐵𝑂𝐶 (𝜔)| = 20𝑙𝑜𝑔|𝜔𝑇𝐵𝑂 (𝜔)| = 20𝑙𝑜𝑔|𝑇𝐵𝑂 (𝜔)| + 20log(𝜔) (20.2)
𝜋
𝜑𝐵𝑂𝐶 (𝜔) = 𝑎𝑟𝑐𝑡𝑔(𝑇𝐵𝑂𝐶 (𝑗𝜔)) = 𝑎𝑟𝑐𝑡𝑔(𝑗𝜔𝑇𝐵𝑂 (𝑗𝜔)) = 𝜑𝐵𝑂 (𝜔) + 2 (21.2)
On passe donc de la courbe de gain initiale𝑇𝐵𝑂 |𝑑𝐵 à la courbe corrigée 𝑇𝐵𝑂𝐶 |𝑑𝐵 | en ajoutant à
chaque segment l'équivalent d'un segment de pente (1), autrement dit en incrémentant chaque pente
initiale d'une unité. En remarquant par ailleurs, qu'à la pulsation 𝜔 = 10 𝑟𝑑/𝑠/, le gain a augmenté de
20 𝑑𝐵 , il nous est possible de tracer immédiatement le graphe correspondant à 𝑇𝐵𝑂𝐶 |𝑑𝐵 . Le diagramme
𝜋
de phase, quant à lui, est translaté de 2 vers le haut.
L'augmentation de influe également sur la marge de phase mais cette influence dépend de l'ordre
𝜋
du système. En effet, la remontée de phase de + 2 peut avoir deux effets différents :
si le système possède un ordre élevé, le déphasage peut tendre vers des valeurs négatives
très importantes ; la remontée de phase peut alors être sans effet sur l'amélioration de la
marge de phase, voire la dégrader et même rendre le système instable.
Si au contraire l'ordre du système est faible, la remontée de phase peut se traduire par
une nouvelle courbe 𝜑𝐵𝑂𝐶 (𝜔) qui tend vers une valeur située largement au dessus de
−𝜋.
2.10.1. Effets du correcteur
61
Chapitre 02 : Calcul des contrôleurs dans le domaine fréquentiel
2.11.1. Definition
Le correcteur à avance de phase est un correcteur qui, comme son nom l’indique, permet
d’augmenter la marge de phase d’un système. Il s’agit de compenser un trop faible déphasage autour de
la pulsation de coupure à 0 dB.
Avec : 𝑎 > 1
Pour mieux comprendre l’action de ce correcteur, traçons son diagramme de Bode. Il y a deux
pulsations de coupure : 1/𝑇 et 1/𝑎𝑇, avec :
On a :
√1 +𝑎2 𝑇 2 𝜔2
𝐶(𝜔) = (23.2)
√√1+ 𝑇 2 𝜔2
Et:
𝝋(𝜔) = 𝑎𝑟𝑐𝑡𝑎𝑛 𝑎𝑇𝝎 − 𝑎𝑟𝑐𝑡𝑎𝑛 𝑇𝝎
Lorsque 𝜔 → 0 ; on a : 𝐶(𝜔) → 1
62
Chapitre 02 : Calcul des contrôleurs dans le domaine fréquentiel
Cet équivalent de pente nulle est valable de 0 jusqu’à la première pulsation de coupure qui a pour
expression : 1/𝑎𝑇. La pente du diagramme de Bode asymptotique s’incrémente alors d’une unité et ce
nouvel équivalent est valable jusqu’à la seconde pulsation de coupure (1/𝑇) à partir de laquelle nous
retrouvons une pente nulle (figure précédente).
Le principe de l’action corrective consiste à faire coïncider 𝜔𝑚𝑎𝑥 avec la pulsation de coupure à
0 dB c0 du système à corriger et à régler 𝜑𝑚𝑎𝑥 , que l’on appelle la remontée de phase, de manière à obtenir
la marge de phase voulue.
On suppose que l’on a modélisé le processus : on dispose donc d’une expression de son gain
complexe. On suppose également que le cahier des charges spécifie le comportement statique (ou en
basse fréquence) souhaité et la marge de phase souhaitée.
1. Ajuster le gain du processus afin que les exigences du cahier des charges concernant les basses
fréquences soient respectées.
3. En déduire la valeur de 𝑇 telle que 𝜔𝑚𝑎𝑥 soit égale à la pulsation 𝜔𝑐0 pour laquelle le gain en
boucle ouverte du système corrigé vaut 1.
4. Tracer le diagramme de Bode en boucle ouverte du système corrigé afin de s’assurer que le
cahier des charges est bien respecté.
63
Chapitre 02 : Calcul des contrôleurs dans le domaine fréquentiel
Exemple
Considérons un système de fonction de transfert 𝐺( 𝑝) placé dans une boucle à retour unitaire,
avec :
100
𝐺( 𝑝) =
(𝑝 + 1)2
On souhaite corriger ce système de manière à ce que sa marge de phase soit égale à 45◦.
Calculons sa marge de phase avant correction.
On a :
100
𝐺(𝜔) = = 1
1 + 𝜔𝑐0 2
64
Chapitre 02 : Calcul des contrôleurs dans le domaine fréquentiel
La marge de phase est insuffisante. Pour la corriger, nous devons procéder à une remontée de
phase de 34° à la pulsation 𝜔𝑐0. On introduit donc un correcteur à avance de phase que l’on règle de
manière à ce que:
1 𝑟𝑎𝑑 𝑎–1
= 𝜔𝑐0 = 9,95 et : 𝜑𝑚𝑎𝑥 = 34° = arcsin 𝑎 + 1
𝑇 √𝑎 𝑠
On a donc :
𝑎– 1 1 + 𝑠𝑖𝑛34°
𝑎𝑟𝑐𝑠𝑖𝑛 = 34° ⇒ 𝑎 = = 3,54
𝑎 + 1 1 − 𝑠𝑖𝑛 34°
Ou encore : 20 𝑙𝑜𝑔 𝑎 = 11 𝑑𝐵
1 1
puis : = 𝜔𝑐0 ⇒ 𝑇 = 9,95 = 0,053 𝑠
𝑇√ 𝑎 √3,54
1 1
soit : = 18,9 𝑟𝑎𝑑⁄𝑠 𝑒𝑡 = 5,3 𝑟𝑎𝑑/𝑠
𝑇 𝑎𝑇
Finalement :
1 + 0,19𝑝
𝐶( 𝑝) =
1 + 0,053𝑝
1 + 0,19𝑝 100
𝐺𝑐( 𝑝) = 𝐶( 𝑝) × 𝐺( 𝑝) = ·
1 + 0,053𝑝 (𝑝 + 1)2
65
Chapitre 02 : Calcul des contrôleurs dans le domaine fréquentiel
La figure précédente présente les diagrammes de Bode comparés du système initial et du système
corrigé. Rappelons que les diagrammes de Bode de 𝐺( 𝑝) et de 𝐶( 𝑝) s’additionnent pour former celui du
système corrigé 𝐺𝑐( 𝑝). Dans la cas du correcteur à avance de phase, l’action corrective est parfaitement
visible sur le diagramme de phase.
Remarque
La réponse indicielle du système précédent en boucle fermée avec retour unitaire est représentée
par les figures suivantes :
66
Chapitre 02 : Calcul des contrôleurs dans le domaine fréquentiel
Par un choix des actions et de leurs paramètres, il est possible d’obtenir un comportement désiré
en boucle fermée, traduisant les performances souhaitées et formulées dans un cahier des charges.
Les effets de perturbations doivent être minimisés ou encore mieux, ils doivent être effacés
complètement et ce, le plus rapidement possible.
Les changements de consigne doivent être suivis rapidement et avec une bonne précision.
De manière quantitative, il s’agit de proposer les actions (PID) du régulateur et de fixer les
valeurs à donner aux paramètres (𝐾𝑝, 𝑇𝑖, 𝑇𝑑) répondant le mieux possible aux spécifications d’un cahier
des charges.
Le problème de la détermination des régulateurs est connu par la synthèse des systèmes bouclés.
Les méthodes de synthèse sont très nombreuses et une classification rigoureuse n’est pas une tâche facile.
Néanmoins, on distingue dans le cadre de ce cours les deux types de méthodes :
Les méthodes dites empiriques ne nécessitant pas une connaissance parfaite du modèle du
procédé à commander. Les paramètres du régulateur seront calculés à partir des observations
expérimentales sur le procédé (Relevé de la réponse indicielle par exemple). L’intérêt majeur de ces
méthodes réside dans leur simplicité. Elles sont largement utilisées dans le domaine industriel et elles sont
dans la plus part des cas suffisants mais ne permettent pas un réglage fin.
Les méthodes basées sur la connaissance du modèle du système sous forme de fonction de
transfert par exemple. Les actions du régulateur seront calculées de façon à obtenir la fonction de transfert
souhaitée en boucle ouverte ou en boucle fermée.
Ziegler et Nichols ont proposé deux approches expérimentales destinées à fixer rapidement les
paramètres des régulateurs P, PI et PID. La première nécessite l’enregistrement de la réponse indicielle
du système à régler, alors que la deuxième exige d’amener le système en boucle fermée à sa limite de
stabilité.
67
Chapitre 02 : Calcul des contrôleurs dans le domaine fréquentiel
a- Mode opératoire
Le régulateur est en mode automatique et la boucle est dans état stabilisé. La sortie du régulateur indique
une commande 𝑢0 et la sortie du procédé indique une valeur 𝑦0 .
On affiche la valeur 𝑢0 sur le module de la commande manuelle.
On met le régulateur en mode manuel c’est-à-dire qu’il est déconnecté de la boucle.
On envoie une variation constante du signal de commande sur l’entrée procédé et on enregistre sur une
table traçante la variation du signal de mesure à la sortie du procédé.
68
Chapitre 02 : Calcul des contrôleurs dans le domaine fréquentiel
Ziegler & Nichols proposent de calculer les paramètres du régulateur P, PI ou PID à l’aide des
recommandations suivantes:
P : 𝑅(𝑝) = 𝐾𝑝 * *
1 𝑇𝑎 0.9
PI :𝑅(𝑝) = 𝐾𝑝 (1 + ) 3.33𝑇𝑢 *
𝑇𝑖 𝑝 𝑇𝑢 𝐾
1 𝑇𝑎 1.2
PID : 𝑅(𝑝) = 𝐾𝑝 (1 + 𝑇𝑑 𝑝 + 𝑇 𝑝) 2.0 𝑇𝑢 0.5 𝑇𝑢
𝑖 𝑇𝑢 𝐾
Une illustration de cette démarche est donnée ci-dessous pour la réponse indicielle d’un procédé
à un échelon unité.
∆𝑦 0.5
𝐾= = = 0.5 ∶ 𝑇𝑢 = 0.8 ; 𝑇𝑎 = 3.7
∆𝑢 1
Action Kp Ti Td
P 9.25 * *
PI 8.33 2.66 *
PID 11 1.6 0.4
69
Chapitre 02 : Calcul des contrôleurs dans le domaine fréquentiel
Les réponses indicielles en boucle fermée sont données par les figures suivantes avec une
consigne égale à 1.
Régulation P
Régulation PI
Régulation
PID
Généralement les gains proportionnels (𝐾𝑝) proposés par Ziegler & Nichols sont trop élevés et
conduisent à un dépassement supérieur à 20%. Il ne faut pas craindre de réduire ces gains d’un facteur 2
pour obtenir une réponse satisfaisante.
a- Mode opératoire
70
Chapitre 02 : Calcul des contrôleurs dans le domaine fréquentiel
Le régulateur est en mode automatique avec une faible valeur de 𝐾𝑝 . Les actions 𝐼 et 𝐷 sont
On relève le gain limite (𝐾𝑝𝑐 ) conduisant au pompage de la boucle et la période des oscillations
𝑇𝑐 correspondant à ce fonctionnement à partir de n’importe quel point d’observation (sortie du régulateur,
sortie du procédé..).
Ziegler & Nichols proposent de calculer les paramètres du régulateur choisi à l’aide des
recommandations suivantes :
Régulateur Kp Ti Td
Pour illustrer cette démarche, on considère le même système considéré plus haut et pour lequel
on a les résultats du pompage suivants : 𝐾𝑝𝑐 = 16 𝑒𝑡 𝑇𝑐 = 3.63 (l’unité du temps n’est pas précisée ici)
Action Kp Ti Td
P 8 * *
PI 7.2 3 *
PID 9.6 1.82 0.45
71
Chapitre 02 : Calcul des contrôleurs dans le domaine fréquentiel
On note au passage que les deux méthodes de Ziegler &Nichols conduisent à des valeurs très
proches pour les paramètres du régulateur et par conséquent les performances seront similaires.
En effet, les réponses indicielles en boucle fermée sont données par les figures suivantes avec
une consigne égale à 1.
Régulation P
Régulation PI
Régulation PID
Les valeurs proposées par Ziegler &Nichols ont été testées dans de très nombreuses situations.
Elles conduisent également à un temps de montée relativement court assorti d’un dépassement élevé.
Les méthodes précédentes peuvent conduire à des réponses en boucle fermée très oscillante, ce
qui est particulièrement gênant lors des changements de consigne.
La présente méthode dite de réglabilité constitue une version adoucie des réglages précédents.
Elle est basée sur la réponse indicielle du système (en boucle ouverte : pas de régulateur).
72
Chapitre 02 : Calcul des contrôleurs dans le domaine fréquentiel
Il s’agit du même rapport qui intervient dans la première méthode de Ziegler &Nichols basée sur
la réponse indicielle. Il traduit l’importance du retard 𝑇𝑢 par rapport à la constante de temps 𝑇𝑎.
Le tableau suivant fournit des relations empiriques pour calculer les coefficients du régulateur et
déterminer son type selon le rapport 𝑟 :
r Kp Ti Td
0.05 à 0.1 5 𝑇𝑎 0
𝐾
0.1 à 0.2 0,5 𝑇𝑎 0
𝐾𝑟
0.2 à 0.5 0,5(1 + 0.5𝑟) 𝑇𝑎(1 + 0.5𝑟) 0.5𝑟
𝑇𝑎 ( )
𝐾𝑟 1 + 0.5𝑟
Au delà PID non recommandé
Remarque :
Une illustration de cette méthode est donnée pour l’exemple du système dont la réponse indicielle
donnée par la figure suivante :
0.8
et pour lequel on a : 𝐾 = 0.5 ; 𝑟 = 3.7 = 0.216. On prendra alors un régulateur PID dont les
paramètres sont :
r Kp Ti Td
0.216 5.13 4 0.36
73
Chapitre 02 : Calcul des contrôleurs dans le domaine fréquentiel
On note que la réponse est plus douce en comparaison avec les autres réglages.
On note:
- 𝑄𝑐 : débit du fluide chaud de température Tc, c’est la grandeur de réglage. IL est ajusté par un ensemble
servomoteur-vanne en agissant sur la tension V.
- 𝑉𝑁: servomoteur-vanne.
74
Chapitre 02 : Calcul des contrôleurs dans le domaine fréquentiel
Le schéma fonctionnel de l’installation en boucle fermée est représenté par la figure ci-
dessous où:
Les résultats des essais en boucle ouverte (réponse indicielle) et en boucle fermée (pompage)
sont présentés ci-dessous :
a- Les essais
75
Chapitre 02 : Calcul des contrôleurs dans le domaine fréquentiel
∆𝑦 40% 48
𝐾= = =4 ; 𝑇𝑢 = 48𝑠 ; 𝑇𝑎 = 220𝑠 ; 𝑐𝑜é𝑓𝑓𝑖𝑐𝑖𝑒𝑛𝑡 𝑑𝑒 𝑟é𝑔𝑙𝑎𝑏𝑖𝑙𝑖𝑡é ∶ 𝑟 = = 0.218
∆𝑢 10% 220
Essai en boucle fermée (pompage)
Le régulateur est en mode automatique et 𝑅(𝑝) = 𝐾𝑝 . La juste oscillation est obtenue avec les
paramètres:
- Gain limite 𝐾𝑝𝑐 = 2
- 𝑇𝑐 = 217 𝑠
Les paramètres du régulateur PID sont donnés selon les différentes méthodes par le tableau
suivant :
Méthode Kp Ti Td
Ziegler&Nichlos
1.38 96 24
(boucle ouverte)
Ziegler&Nichlos
1.2 108 27
(pompage)
Méthode de
0.64 244 22
réglabilité
c- Comparaison des performances
Le tableau suivant résume les performances obtenues en boucle fermée par analyse de la réponse
indicielle à une consigne de 10% :
Ziegler&Nichlos
53 % 465 s 0
(pompage)
76
Chapitre 02 : Calcul des contrôleurs dans le domaine fréquentiel
La réponse indicielle en boucle fermée est fournie par la figure ci-dessous avec les paramètres
du régulateur donnés par la méthode de réglabilité.
Comme il est prévisible, les méthodes de Ziegler & Nichols fournissent des dépassements
importants assortis d’un temps de réponse qui restent comparables au temps de réponse fournis par les
autres méthodes. La méthode de réglabilité a donné les meilleures performances transitoires.
Cite méthode est envisagée lorsque le cahier des charges contient des spécifications relatives à
des considérations fréquentielles : bande passante, coefficient de qualité, marge de stabilité (marge de
gain ou marge de phase)…, avec éventuellement des spécifications sur la précision et les caractéristiques
de la réponse transitoire.
Cette méthode fût parmi les méthodes les plus anciennes basées sur la connaissance du lieu de
transfert du procédé qui peut être obtenu soit expérimentalement soit par la connaissance de sa fonction
de transfert .
77
Chapitre 02 : Calcul des contrôleurs dans le domaine fréquentiel
Un gain très grand voire infini en basses fréquences de 𝑇(𝑝), ce qui assure une bonne précision
en régime permanent.
Le lieu de transfert en boucle ouverte doit passer le plus loin possible du point critique, ce qui
assure des bonnes marges de stabilité .
La bande passante doit être la plus large possible de manière à obtenir une bonne rapidité.
Il n’existe pas en toute rigueur une démarche systématique à suivre pour calculer les paramètres
du régulateur et souvent la synthèse est guidée par le bon sens du concepteur.
On peut utiliser indifféremment l’une des représentations graphiques pour représenter les lieux
de transfert : Bode, Black ou Nyquist. En pratique, les deux premières représentations sont plus
commodes d’utilisation que la représentation dans le plan de Nyquist.
Pour illustrer la méthode fréquentielle pour la synthèse des régulateurs, on considère les deux
exemples suivants de difficulté croissante:
Exemple
𝜴 Désigne la vitesse de rotation du moteur mesurée par une génératrice tachymétrique délivrant
une tension 𝑽𝒈 et 𝑽 représente la tension de commande de l’inducteur.
[Link]ème corrigé
78
Chapitre 02 : Calcul des contrôleurs dans le domaine fréquentiel
L’objectif est d’asservir la vitesse 𝛺 à une tension de référence 𝑉 et de faire la synthèse d’un
correcteur selon un cahier de charges.
𝑽𝒈 𝐾𝑠
𝐺(𝑝) = =
𝑉 (1 + 𝑇1 𝑝)(1 + 𝑇2 𝑝)
𝐾𝑠 = 1 ; 𝑇1 = 0.1 𝑠 ; 𝑇2 = 0.5 𝑠
La contrainte sur la précision nécessite l’introduction d’une intégration dans la chaîne en boucle
ouverte. Comme le système n’en dispose pas, le régulateur doit être de type intégrateur.
Quant à la deuxième contrainte, elle peut être assurée par une action proportionnelle. Soit donc
le régulateur PI suivant:
1
𝑅(𝑝) = 𝐾𝑝 (1 + )
𝑇𝑖 𝑝
On commence par ajuster le gain 𝐾𝑝 du régulateur 𝑃 supposé agissant seul de manière à satisfaire
la contrainte sur la marge de phase:
|𝐾𝑝 𝐺(𝑗𝜔0 )| = 1
{
𝑀𝑃 = 180° + arg(𝐾𝑝 𝐺(𝑗𝜔0 ))
Soit :
5𝐾𝑝
=1 (1)
{√(1 + (0.5𝜔0 )2 )(1 + (0.1𝜔0 )2 )
𝑀𝑃 = 180° − 𝑎𝑟𝑐𝑡𝑔(0.5𝜔0 ) − 𝑎𝑟𝑐𝑡𝑔(0.1𝜔0 ) = 45° (2)
De l’équation (2) on déduit que 𝜔0 = 13.5𝑟𝑑/𝑠 et de l’équation (1) on calcule le gain 𝐾𝑝 ; soit
𝐾𝑝 = 2.3.
79
Chapitre 02 : Calcul des contrôleurs dans le domaine fréquentiel
1
≈ 0.1 𝜔0 (une décade à gauche de 𝜔0 ), ce qui permet de placer ce terme suffisamment à gauche de la
𝑻𝒊
Le régulateur est
1
𝑅(𝑝) = 23 (1 + )
0.74𝑝
Remarque :
Comme le montre les courbes de Bode de 𝑅(𝑝)𝐺(𝑝) données par la figure ci-desous, la marge
𝟏
de phase est légèrement inférieure à 45°. Cela est dû au fait que la phase apportée par le terme 𝟏 + 𝑻 𝒑 à
𝒊
la pulsation 𝜔0 n’est pas nulle. A priori une marge de phase de 40° est aussi correcte, néanmoins on peut
remédier à cette situation (s’il le faut !!) en plaçant ce terme davantage à gauche ou surestimer la marge
de phase nécessaire (50° au lieu de 45° par exemple).
80
Chapitre 02 : Calcul des contrôleurs dans le domaine fréquentiel
Exemple
On reprend le même système que dans l’exemple précédent avec le cahier des charges suivant:
Erreur indicielle maximale de 0.5 lorsque la consigne est un échelon d’amplitude égal à 10;
Il est évident qu’on n’a pas besoin d’une action intégrale puisqu’on peut tolérer une erreur
indicielle.
On commence par envisager si un simple régulateur P peut répondre aux deux contraintes du
cahier des charges.
Soit :
5𝐾𝑝
𝑅(𝑝) = 𝐾𝑝 ⟶ 𝑅(𝑝)𝐺(𝑝) =
(1 + 0.5𝑝)(1 + 0.1𝑝)
10
𝜀=
1 + 5𝐾𝑝
Pour la valeur minimale de 𝐾𝑝 = 3.8, on vérifie si la contrainte sur la marge de phase est
satisfaite :
|𝐾𝑝 𝐺(𝑗𝜔0 )| = 1
{
𝑀𝑃 = 180° + arg(𝐾𝑝 𝐺(𝑗𝜔0 ))
81
Chapitre 02 : Calcul des contrôleurs dans le domaine fréquentiel
Soit:
5𝐾𝑝
=1 (1)
{√(1 + (0.5𝜔0 )2 )(1 + (0.1𝜔0 )2 )
𝑀𝑃 = 180° − 𝑎𝑟𝑐𝑡𝑔(0.5𝜔0 ) − 𝑎𝑟𝑐𝑡𝑔(0.1𝜔0 ) = 45° (2)
De l’équation (1), on déduit que 𝜔0 = 18.2 𝑟𝑑/𝑠 et de l’équation (2), on déduit que la marge
de phase est de 35°, comme il est montré sur la figure sivante.
Par conséquent, la deuxième contrainte n’est pas satisfaite. Il est inutile de chercher à diminuer
la valeur de 𝐾𝑝 pour augmenter la marge de phase à 45° car cela conduirait à une erreur statique supérieure
à 0.5 (Dilemme stabilité-précision). Une solution consiste à envisager un régulateur de type PD
susceptible d’apporter une phase positive.
𝑅(𝑝) = 𝐾𝑝 (1 + 𝑇𝑑 𝑝),.
5𝐾𝑝 (1 + 𝑇𝑑 𝑝)
𝑅(𝑝)𝐺(𝑝) =
(1 + 0.5𝑝)(1 + 0.1𝑝)
On commence par déterminer le gain 𝐾𝑝 de l’action P agissant seule car l’action D n’intervient
pas en régime statique. D’après le calcul précédent, on retient la valeur limite 𝐾𝑝 = 3.8 pour laquelle
l’erreur statique est de 0.5 et la marge de phase est de 35°. Il faut à présent ajuster le paramètre 𝑻𝒅 du
terme (𝟏 + 𝑻𝒅 𝒑) de manière à augmenter la marge de phase à 45°. On choisit 𝑻𝒅 tel que :
82
Chapitre 02 : Calcul des contrôleurs dans le domaine fréquentiel
Remarque
Ce calcul suppose que la courbe de gain n’est pas affectée au point 𝜔0 par le terme
(1 + 0.0097𝑝). En fait c’est pratiquement le cas puisqu’on a :
|1 + 0.0097𝑗𝜔0 | = √1 + (0.0097𝜔0 )2 = 1
La courbe suivante représente le lieu de transfert en boucle ouverte R(p)G(p) qui confirme le
respect de la contrainte sur la marge de phase.
48
83
Chapitre 02 : Calcul des contrôleurs dans le domaine fréquentiel
Une méthode de synthèse fréquemment utilisée consiste à compenser les pôles les plus lents du
processus par les zéros du régulateur puis à rechercher le gain de manière à avoir une réponse optimale
du point de vue de la consigne. Ainsi, dans le cas d'un système d'ordre 3 tel que 𝜏1 ≥ 𝜏2 ≥ 𝜏3
1
𝐺(𝑠)𝑝𝑟𝑜𝑐𝑒𝑠𝑠𝑢𝑠 = 𝐾0 (1+𝑠𝜏 (27.2)
1 )(1+𝑠𝜏2 )(1+𝑠𝜏3 )
1 𝐾𝑃 ( 1 + 𝑠𝑇𝑖 + 𝑠 2 𝑇𝑖 𝑇𝑑 )
𝐺𝑐(𝑠) = 𝐾𝑃 ( 1 + + 𝑠𝑇𝑑 ) = (28.2)
𝑠𝑇𝑖 𝑠𝑇𝑖
La compensation des deux constantes de temps les plus lentes 𝜏1 et 𝜏2 conduit à choisir 𝑇𝑖 et 𝑇𝑑 tel que:
1 + 𝑠 (𝜏1 + 𝜏2 ) + 𝑠 2 𝜏1 𝜏2 = 1 + 𝑠𝑇𝑖 + 𝑠 2 𝑇𝑖 𝑇𝑑
Ce qui donne :
𝑇𝑖 = 𝜏1 + 𝜏2
{ 𝑇 = 𝜏1 𝜏2 (29.2)
𝑑 𝜏 +𝜏1 2
Ainsi, dans le cas d'un système d'ordre 3, la compensation de deux pôles par les zéros du régulateur PID
conduit à un système global d'ordre 2 avec integration:
1
𝐺𝑏𝑜 (𝑠) = 𝐾𝑏𝑜 (30.2)
𝑠𝑇𝑖 (1 + 𝑠𝜏3 )
Avec:
𝐾𝑏𝑜 ≡ 𝐾𝑃 𝐾0
dont on peut fixer l'amortissement 𝜁 souhaité en identifiant le dénominateur de 𝐺𝑏𝑓 (𝑠) avec la
forme canonique
2𝜁 1
1 + 𝑠 + 2 𝑠2
𝜔𝑛 𝜔𝑛
On montre alors aisément que le gain 𝐾𝑝 dépend du facteur d'amortissement 𝜁 souhaité, des trois
constantes de temps du processus, du gain statique 𝐾0 et qu'il vaut:
84
Chapitre 02 : Calcul des contrôleurs dans le domaine fréquentiel
1 𝜏1 + 𝜏2 1
𝐾𝑝 =
𝐾0 𝜏3 4𝜁 2
1 𝜏1 + 𝜏2 1
𝐾𝑝 = = 0.695 [/]
𝐾0 𝜏3 4𝜁 2
𝜏1 𝜏2
𝑇𝑖 = 𝜏1 + 𝜏2 = 2.0 [𝑠𝑒𝑐] ; 𝑇𝑑 = = 0.5 [𝑠𝑒𝑐]
𝜏1 + 𝜏2
85
Représentation d'état des systèmes
Partie 2
86
Représentation d'état des systèmes
Chapitre 3
1. Introduction
2. Concepts (état, variables d’état, …)
3. Représentation d’état des systèmes linéaires continus.
4. Représentation d’état des systèmes discrets.
5. Formes canoniques.
6. Représentation d’état des systèmes non linéaires.
7. Linéarisation
87
Chapitre 03 : Représentation d'état des systèmes linéaire
Chapitre 3. Représentation d’état des systèmes
Représentation internes (ou d’état) Le principe général de la représentation d’état consiste à décrire
un système en considérant sa dynamique interne et pas seulement une relation entre son entrée et sa sortie
(comme le fait la fonction de transfert). Ainsi, il convient de redonner de l’importance à des grandeurs qui
ne sont ni entrée, ni sortie, tout en prenant en compte l’ensemble des phénomènes dynamiques et statiques
qui confère au système son comportement. Une telle préoccupation conduit aux définitions suivantes
D’autre terme :
1) En automatique, une représentation d'état permet de modéliser un système dynamique en
utilisant des variables d'état (variables internes). Cette représentation, qui peut être linéaire ou non,
continue ou discrète, permet de déterminer l'état du système à n'importe quel instant futur si l'on connaît
l'état à l'instant initial et le comportement des variables exogènes qui influent sur le système. La
représentation d'état du système permet de connaître son comportement "interne" et pas seulement son
comportement "externe" comme c'est le cas avec sa fonction de transfert
2) Jusqu’à présent, on a modelé le comportement des systèmes a l’aide des fonctions de
transfert, en utilisant la transformée de Laplace. Principalement, le désavantage de cette méthode est
qu’elle n’est valide que pour des systèmes linéaires invariables. Un avantage majeur, par contre, est que
ces fonctions de transfert donnent rapidement de l’information sur la stabilité et la réponse transitoire.
Avec le développement de systèmes plus complexes, les approximations de systèmes linéaires ne sont
plus valides. Il faut une méthode plus robuste pour faire l’analyse. On doit aussi avoir une méthode qui
peut facilement analyser plusieurs entrées et plusieurs sorties.
État : l’état à l’instant 𝑡0 d’un système d’ordre 𝑛 représente l’ensemble de 𝑛 informations que
l’on doit posséder sur le système à cet instant pour pouvoir déterminer son évolution ultérieur (𝑡 > 𝑡0), à
partir de la seule connaissance de l’entrée ultérieure.
88
Chapitre 03 : Représentation d'état des systèmes linéaire
Variables d’état : Les variables d'état sont des grandeurs, qui le plus souvent ont une signification
physique ; l’ensemble de ces informations constitue les variables d’état du système à l’instant 𝑡0 :
𝑥1 (𝑡0 ), 𝑥2 (𝑡0 ), … , 𝑥𝑛 (𝑡0 ).
Vecteur d’état : les variables d’état sont toujours rassemblées dans un vecteur 𝑥 nommé vecteur
d’état, ainsi à 𝑡 = 𝑡0, on aura 𝑥(𝑡0 ) = [𝑥1 (𝑡0 ), 𝑥2 (𝑡0 ), … , 𝑥𝑛 (𝑡0 )]𝑇 , on peut dire que les variables
d’état représentent l’évolution des conditions initiales, ou encore qu’elles résument tous le passé du
système, les variables d’état sont la mémoire du passé.
Espace d’état : Il s’agit tout simplement de l’espace vectoriel dans lequel le vecteur d’état 𝑥 est
susceptible d’évoluer, à chaque instant le vecteur 𝑥 étant associé à un point de cet espace. Cet espace est
donc .
Dans la plupart des cas, l’évolution en fonction du temps du système peut être décrite par les deux
équations (équation d’état et équation de sortie) suivantes :
Dans le cas où le système considéré est linéaire, la représentation d’état se met sous la forme :
𝒙̇ (𝒕) = 𝑨(𝒕)𝒙(𝒕) + 𝑩(𝒕)𝒖(𝒕)
{ (1.3)
𝒚(𝒕) = 𝑪(𝒕)𝒙(𝒕) + 𝑫(𝒕)𝒖(𝒕)
Si le système est supposé, en outre invariant (stationnaire), il vient :
𝑥̇(𝑡) = 𝐴𝑥(𝑡) + 𝐵𝑢(𝑡)
𝑦(𝑡) = 𝐶𝑥(𝑡) + 𝐷𝑢(𝑡)
Où :
𝒙 : Vecteur d'état ( 𝒏, 𝟏 )
𝑨 : la matrice d'état ou dynamique ( 𝒏, 𝒏 )
𝒖 : Vecteur d'entrée ou de commande
𝑩 : la matrice de commande ( 𝒏, 𝒓 )
( 𝒓, 𝟏 )
𝑪 : la matrice d'observation ( 𝒎, 𝒏 )
𝒚 : Vecteur de sortie, de mesure ou
𝑫 : la matrice de liaison directe ou transmission
'observation
( 𝒎, 𝒓 )
( 𝒎, 𝟏 )
Exemple: (20)
Considérons un moteur à courant continu (MCC) commandé par la tension (𝑡) aux bornes de
l’inducteur (stator) et supposons qu’il fonctionne en régime linéaire (courant de l’induit constant). Trouver
une représentation d’état pour le MCC. La sortie étant la vitesse de rotation (𝑡)
89
Chapitre 03 : Représentation d'état des systèmes linéaire
Représentation internes (ou d’état) La représentation d’état étant particulièrement adaptés aux
systèmes multivariables, elle est obtenue à partir des autres représentations (particulièrement à partir de
la matrice de transfert). Un système linéaire multivariable et invariant possédant m entrées et p sorties,
peut être représenté par :
𝑥̇(𝑡) = 𝐴𝑥(𝑡) + 𝐵𝑢(𝑡)
𝑦(𝑡) = 𝐶𝑥(𝑡) + 𝐷𝑢(𝑡)
90
Chapitre 03 : Représentation d'état des systèmes linéaire
91
Chapitre 03 : Représentation d'état des systèmes linéaire
Remarques
Si les matrices A, B, C et D sont à coefficients constants on parlera de systèmes invariants.
La matrice D, appelée matrice d’action directe, est en général nulle.
n représente le nombre d’états, r le nombre de commandes et m le nombre de sorties.
Si et on parlera d’un système multi entrées multi sorties ou en anglais " multi input multi
output" ou système MIMO.
3.4. Avantages de la représentation d’état
C’est une représentation qui s’adapte bien aux systèmes multivariables, contrairement, à la
représentation classique par fonction de transfert qui ne s’applique que dans le cas monovariable.
C ’est une représentation interne permettant d’accéder aux grandeurs internes (variables
d’état) du système, on est capable de suivre, à tout instant, l’évolution de chacune des variables
internes, alors que la représentation par fonction de transfert n’aurait fourni que la sortie.
Dans la représentation d’état les conditions initiales apparaissent explicitement, comme
dans toute équation différentielle, au contraire, la représentation externe par fonction de transfert
impose que les conditions initiales soient nulles (ceci n’est pas toujours vérifié en réalité).
3.5. Conversion de fonction de transfert a espace d’état (23)
Pour simplifier les calculs, nous ne considérerons que le cas mono-entrée, mono-sortie.
Considérons donc la fonction de transfert d’un système mono-entrée, mono-sortie
𝑌(𝑠) 𝑏𝑛 𝑠 𝑛 + 𝑏𝑛−1 𝑠 𝑛−1 +⋯𝑏1 𝑠 + 𝑏0
𝐺(𝑠) = 𝑈(𝑠) = (4.3)
𝑠 𝑛 + 𝑎𝑛−1 𝑠 𝑛−1 +⋯𝑎1 𝑠 + 𝑎0
Pour ce système, nous introduisons une variable auxiliaire (état partiel) 𝑉 (𝑝) tel que 𝐻(𝑝) se
décompose de la façon suivante :
𝑽(𝒔) 𝒀(𝒔) 𝟏
× 𝑽(𝒔) = (𝒔 𝒏 + 𝒂 𝒏−𝟏
) × (𝒃𝒏 𝒔 𝒏 + 𝒃𝒏−𝟏 𝒔 𝒏−𝟏 + ⋯ 𝒃𝟏 𝒔 + 𝒃𝟎 ) (5.3)
𝑼(𝒔) 𝒏−𝟏 𝒔 +⋯𝒂𝟏 𝒔 + 𝒂𝟎
𝑌(𝑠)
= 𝑏𝑛 𝑠 𝑛 + 𝑏𝑛−1 𝑠 𝑛−1 + ⋯ 𝑏1 𝑠 + 𝑏0 (6.3)
𝑉(𝑠)
𝑉(𝑠) 1
= 𝑠 𝑛+ 𝑎 (7.3)
𝑈(𝑠) 𝑛−1 𝑠 𝑛−1 +⋯𝑎1 𝑠 + 𝑎0
On tire que ;
𝑦(𝑡) = 𝑏𝑛 𝑣 𝑛 (𝑡) + _ _ _ + 𝑏1 𝑣′(𝑡) + 𝑏0 𝑣(𝑡) (8.3)
De même, on a
𝑢(𝑡) = 𝑣 𝑛 (𝑡) + 𝑎𝑛−1 𝑣 𝑛−1 + ⋯ + 𝑎0 𝑣(𝑡) (9.3)
Soit,
𝑣 𝑛 (𝑡) = −𝑎𝑛−1 𝑣 𝑛−1 − ⋯ − 𝑎0 𝑣(𝑡) + 𝑢(𝑡) (10.3)
92
Chapitre 03 : Représentation d'état des systèmes linéaire
En posant :
𝑥1 = 𝑣
𝑥2 = 𝑣 ′
{ ⋮ (11.3)
𝑥𝑛 = 𝑣 𝑛−1
On obtient :
𝑥̇ 1 = 𝑥2
𝑥̇ 2 = 𝑥3
{ (12.3)
⋮
𝑥̇ 𝑛 = 𝑣 𝑛 = −𝑎𝑛−1 𝑥𝑛 − ⋯ − 𝑎0 𝑥1 + 𝑢
𝒙̇ 𝟐 𝟎 𝟎 𝟏 ⋯ 𝟎 𝒙𝟐 𝟎
= + 𝒓 (14.3)
⋮ ⋮ ⋮ ⋮
Exemple (24)
𝐶(𝑠) 1
= 3
𝑅(𝑠) 𝑠 + 2𝑠 2 + 6𝑠 + 4
On a :
(𝑠 3 + 2𝑠 2 + 6𝑠 + 4)𝐶(𝑠) = 𝑅(𝑠)
93
Chapitre 03 : Représentation d'état des systèmes linéaire
En forme de matrices :
𝑥̇ 1 0 1 0 𝑥1 0
[ 𝑥̇ 2 ] = [ 0 1 0 ] [ 𝑥2 ] + [0] 𝑟
𝑥̇ 3 −4 − 6 − 2 𝑥3 1
𝑥1
𝑦 = [1 0 0] [ 𝑥2 ]
𝑥3
On peut représenter ce système par un schéma bloc. On trace en premier les trois blocs
d’intégration, puis on relie le tout avec les gains appropries.
Exercice
Soit le système décrit par sa fonction de transfert telle que :
10(𝑝+20)
𝐺(𝑝) = 𝑝(𝑝+3)(𝑝+10)
Déterminer la représentation d’état de ce système, une représentation d’état à mettre sous la forme :
𝑥̇ = 𝐴𝑥 + 𝐵𝑢
𝑦 = 𝐶𝑥
Solution:
𝑌(𝑝) 𝐻(𝑝) 10
𝐺(𝑝) = × = (𝑝 + 20) ×
𝐻(𝑝) 𝑈(𝑝) 𝑝(𝑝 + 3)(𝑝 + 10)
1)
𝐻(𝑝) 10 10 ℒ −1
= = 3 = → ℎ ⃛ + 13ℎ + 30ℎ̇ = 10𝑢
𝑈(𝑝) 𝑝(𝑝 + 3)(𝑝 + 10) 𝑝 + 13𝑝2 + 30𝑝
On pose :
ℎ̇ = 𝑥2
ℎ = 𝑥̇ 2 = 𝑥3
𝑥⃛3 = −30𝑥2 − 13𝑥3 + 10𝑢
Donc ;
𝑥̇ 1 0 0 0 𝑥1 0
𝑥̇ = [𝑥̇ 2 ] = [0 1 𝑥
0 ] [ 2] + [ 0 ] 𝑢
𝑥̇ 3 0 −13 −30 𝑥3 10
𝑥1
ℎ = [1 0 0] [𝑥2 ]
𝑥3
94
Chapitre 03 : Représentation d'état des systèmes linéaire
2)
𝑌(𝑝) ℒ −1
= 𝑝 + 20 ⇒ 𝑌(𝑝) = 𝑝𝐻(𝑝) + 20𝐻(𝑝) → 𝑦 = ℎ̇ + 20ℎ = 20𝑥1 + 𝑥2
𝐻(𝑝)
𝑥1
𝑌 = [20 1 𝑥
0] [ 2 ]
𝑥3
Exemple
Soit un système donne par sa représentation d’état suivante :
𝑥̇ 1 3 1 𝑥1 0
[ ]=[ ][ ] + [ ]𝑢
𝑥̇ 2 0 − 2 𝑥2 1
𝑥1
𝑦 = [1 1] [ ]
{ 𝑥2
Déterminer la fonction de transfert :
𝑠 0 3 1 𝑠−3 −1
𝑠𝐼 − 𝐴 = [ ]−[ ]=[ ]
0 𝑠 0 −2 0 𝑠+2
𝑎𝑑𝑗(𝑠𝐼−𝐴) [ 𝑠+2 1]
(𝑠𝐼 − 𝐴)−1 = = (0𝑠+2)(𝑠−3
𝑠−3
det(𝑠𝐼−𝐴) )
𝑠−2
𝐺(𝑠) = 𝐶(𝑠𝐼 − 𝐴)−1 𝐵 + 𝐷 =
(𝑠 + 2)(𝑠 − 3)
En utilisant la fonction préétablie de Matlab (ss2tf), on obtient :
95
Chapitre 03 : Représentation d'état des systèmes linéaire
𝒙̇ 𝟐 𝟎 𝟎 𝟏 ⋯ 𝟎 𝒙𝟐 𝟎
= + 𝒖 (23.3)
⋮ ⋮ ⋮ ⋮
96
Chapitre 03 : Représentation d'état des systèmes linéaire
Elle est dite commandable car, bien que seule la variable 𝒙𝒏 soit directement affectée par le signal
d’entrée, toutes les variables d’état s’en trouvent influencées par intégrations successives. Si un système
est complètement commandable, alors on peut le mettre sous forme compagne commandable (25)
On note que dans cas général 𝑏𝑛 = 0 ; l’équation de sortie se simplifie et devient sous la
forme suivante :
𝒙𝟏
𝒙𝟐
𝒚 = [(𝒃𝟎 ) (𝒃𝟏 ) … (𝒃𝒏−𝟏 )] [ ⋮ ] + 𝒃𝒏 𝒖 (25.3)
𝒙𝒏
Si la forme canonique de commandalite existe ; elle peut s’obtenir a partir de sa fonction de
transfert.
97
Chapitre 03 : Représentation d'état des systèmes linéaire
Les dernières équations se résument sous la forme matricielle pour donner une représentation
d’état :
phase En agissant sur 𝑢, on fait évoluer 𝑥𝑛 , par effet de cascade on agit sur les autres états qui peuvent
être commandes et modifies
B. Forme canonique observable
Soit le système defini comme suit :
𝑌(𝑠) 𝑏𝑛 𝑠 𝑛 + 𝑏𝑛−1 𝑠 𝑛−1 + ⋯ 𝑏1 𝑠 + 𝑏0
𝐺(𝑠) = = 𝑛
𝑈(𝑠) 𝑠 + 𝑎𝑛−1 𝑠 𝑛−1 + ⋯ 𝑎1 𝑠 + 𝑎0
La représentation suivante est appelée forme canonique observable
0 0 0⋯0 – 𝑎0
𝑥̇ 1 𝑥1 𝑏0 − 𝑎0 𝑏𝑛
1 0 0⋯0 – 𝑎1
𝑥̇ 2 𝑥2
0 1 ⋯0 ⋮ 𝑏1 − 𝑎1 𝑏𝑛
⋮ = ⋮ + 𝑢
⋮ ⋮
𝑥̇ 𝑛−1 𝑥𝑛−1
⋯
[ 𝑥̇ 𝑛 ] [ 𝑥𝑛 ] [𝑏𝑛−1 − 𝑎𝑛−1 𝑏𝑛 ]
[0 0 0⋯1 – 𝑎𝑛−1 ] (26.3)
𝑥1
𝑥2
𝑦 = [0 0 0 ⋯ 1] ⋮ + 𝑏𝑛 𝑢
𝑥𝑛−1
{ [ 𝑥𝑛 ]
98
Chapitre 03 : Représentation d'état des systèmes linéaire
Cette forme de représentation est appelée forme compagne observable car, le fait que la matrice
de commande du système contient en une seule colonne l’ensemble des coefficients du dénominateur de
la fonction de transfert, on remarque que la sortie de ce système est égale à 𝑥𝑛 et qui est par intégrations
successives influencée par toutes les variables d’état. Si un système est complètement observable, alors
on peut le mettre sous forme compagne observable. (25)
On note que dans le cas général b0 =0 , la représentation se simplifie et devient sous la forme
suivante :
0 0 0⋯0 – 𝑎0
𝑥̇ 1 𝑥1 𝑏0
1 0 0⋯0 – 𝑎1
𝑥̇ 2 𝑥2
0 1 ⋯0 ⋮ 𝑏1
⋮ = ⋮ + 𝑢
⋮ ⋮
𝑥̇ 𝑛−1 𝑥𝑛−1
⋯
[ 𝑥̇ 𝑛 ] [ 𝑥𝑛 ] [𝑏𝑛−1 ]
[0 0 0⋯1 – 𝑎𝑛−1 ] (27.3)
𝑥1
𝑥2
𝑦 = [0 0 0 ⋯ 1] ⋮
𝑥𝑛−1
{ [ 𝑥𝑛 ]
Cette forme est appliquée au système ou le dénominateur est décomposable pour obtenir des
fonctions de transfert en fraction simple comme suit :
𝑌(𝑠) 𝑏0 𝑠 𝑛 + 𝑏1 𝑠 𝑛−1 +⋯𝑏𝑛−1 𝑠 + 𝑏𝑛 𝑪 𝑪 𝑪
𝐺(𝑠) = 𝑈(𝑠) = 𝑠 𝑛 + 𝑎1 𝑠 𝑛−1 +⋯𝑎𝑛−1 𝑠 + 𝑎𝑛
= 𝒃𝟎 + 𝒔+𝒑𝟏 + 𝒔+𝒑𝟐 + ⋯ + 𝒔+𝒑𝒏 (28.3)
𝟏 𝟐 𝒏
D’ou la forme diagonale est déduite a partir des pôles de chaque fraction du 1er ordre
99
Chapitre 03 : Représentation d'état des systèmes linéaire
𝑥̇ 1 𝑥1 1
– 𝑝1 ⋯ 0 𝑥2
𝑥̇ 2
⋮ ⋮ 1
⋮ = ⋱ ⋮ + 𝑢
⋮ ⋮ 𝑥 ⋮
𝑥̇ 𝑛−1
[0 ⋯ – 𝑝𝑛 ] 𝑛−1
[ 𝑥̇ 𝑛 ] [ 𝑥𝑛 ] [1]
𝑥1 (29.3)
𝑥2
𝑦 = [𝑪𝟏 𝑪𝟐 𝑪𝟑 ⋯ 𝑪𝒏 ] ⋮ + 𝑏0 𝑢
𝑥𝑛−1
{ [ 𝑥𝑛 ]
Chaque état est indépendant des autres, d’où le schéma bloc suivant
Dans le cas où les pôles du dénominateur la forme canonique modale sera de la forme de Jordan.
Si on considère que seul le pole simples la fonction de transfert du système est comme suit
𝑌(𝑠) 𝑠 𝑛 + 𝑏1 𝑠 𝑛−1 +⋯𝑏𝑛−1 𝑠 + 𝑏𝑛
𝐺(𝑠) = = 𝑏0 (𝑠−𝒑𝟏 )𝑖 (𝒔+𝒑𝟐 )⋯𝒔+𝒑𝒏
(30.3)
𝑈(𝑠)
𝜶 𝜶 𝜶 𝑪 𝑪
= 𝒃𝟎 + (𝑠−𝒑𝒊 𝑖
+ (𝑠−𝒑𝒊−𝟏)𝑖−1 + ⋯ (𝑠−𝒑𝟏 )1 + 𝑠+𝒑𝟏 ⋯ + 𝑠+𝒑𝒏 (31.3)
𝟏) 𝟏 𝟏 𝟐 𝒏
La représentation d’état pour 𝒊 = 𝟑 sous la forme canonique de Jordan est donnée par :
100
Chapitre 03 : Représentation d'état des systèmes linéaire
exemple
2) Forme matricielle
𝒙̇ = 𝒇(𝒙(𝒕); 𝒖(𝒕))
{ Avec 𝒙(𝒕) ∈ ℝ𝒏 , 𝒖(𝒕) ∈ ℝ𝒎 𝒚(𝒕) ∈ ℝ𝒑
𝒚 = 𝒈(𝒙(𝒕); 𝒖(𝒕))
101
Chapitre 03 : Représentation d'état des systèmes linéaire
𝑥̇ (𝑡) = 𝑥̅̇ (𝑡) + 𝑒̇𝑥 (𝑡) = 𝑓(𝑥; 𝑢(𝑡))=𝑓(𝑥̅ (𝑡) + 𝑒𝑥 (𝑡); 𝑢̅(𝑡) + 𝑒𝑢 (𝑡)) (34.3)
Equations d'état :
𝜕𝑓1 𝜕𝑓1 𝜕𝑓1 𝜕𝑓1
𝑥̇1 (𝑡) = 𝑓1 (𝑥̅ (𝑡) + 𝑒𝑥 (𝑡); 𝑢̅(𝑡) + 𝑒𝑢 (𝑡)) = 𝑓1 (𝑥̅ ; 𝑢̅) + | 𝑥1 + ⋯ + | 𝑥𝑛 + | 𝑢1 + ⋯ + | 𝑢𝑚
𝜕𝑥1 𝑥̅ ,𝑢
̅ 𝜕𝑥𝑛 𝑥̅ ,𝑢
̅ 𝜕𝑢1 𝑥̅ ,𝑢
̅ 𝜕𝑢𝑚 𝑥̅ ,𝑢
̅
⋮ (36.3)
𝜕𝑓𝑛 𝜕𝑓𝑛 𝜕𝑓𝑛 𝜕𝑓𝑛
𝑥̇ 𝑛 (𝑡) = 𝑓𝑛 (𝑥̅ (𝑡) + 𝑒𝑥 (𝑡); 𝑢̅(𝑡) + 𝑒𝑢 (𝑡)) = 𝑓𝑛 (𝑥̅ ; 𝑢̅) + | 𝑥1 + ⋯ + | 𝑥𝑛 + | 𝑢1 + ⋯ + | 𝑢𝑚
𝜕𝑥1 𝑥̅ ,𝑢 𝜕𝑥𝑛 𝑥̅ ,𝑢 𝜕𝑢1 𝑥̅ ,𝑢 𝜕𝑢𝑚 𝑥̅ ,𝑢
{ ̅ ̅ ̅ ̅
Equations de sortie :
𝜕𝑔1 𝜕𝑔1 𝜕𝑔1 𝜕𝑔1
𝑦1 (𝑡) = 𝑔1 (𝑥̅ (𝑡) + 𝑒𝑥 (𝑡); 𝑢̅(𝑡) + 𝑒𝑢 (𝑡)) = 𝑔1 (𝑥̅ ; 𝑢̅) + | 𝑥1 + ⋯ + | 𝑥𝑛 + | 𝑢1 + ⋯ + | 𝑢𝑚
𝜕𝑥1 𝑥̅ ,𝑢
̅ 𝜕𝑥𝑛 𝑥̅ ,𝑢
̅ 𝜕𝑢1 𝑥̅ ,𝑢
̅ 𝜕𝑢𝑚 𝑥̅ ,𝑢
̅
⋮ (37.3)
𝜕𝑔𝑝 𝜕𝑔𝑝 𝜕𝑔𝑝 𝜕𝑔𝑝
𝑦𝑝 (𝑡) = 𝑔𝑝 (𝑥̅ (𝑡) + 𝑒𝑥 (𝑡); 𝑢̅(𝑡) + 𝑒𝑢 (𝑡)) = 𝑔𝑝 (𝑥̅ ; 𝑢̅) + | 𝑥1 + ⋯ + | 𝑥𝑛 + | 𝑢1 + ⋯ + | 𝑢𝑚
𝜕𝑥1 𝑥̅ ,𝑢 𝜕𝑥𝑛 𝑥̅ ,𝑢 𝜕𝑢1 𝑥̅ ,𝑢 𝜕𝑢𝑚 𝑥̅ ,𝑢
{ ̅ ̅ ̅ ̅
Formes matricielle
Matrices du modèle :𝑨 = 𝑭𝒙 , 𝑩 = 𝑭𝒖 , 𝑪 = 𝑮𝒙 , 𝑫 = 𝑮𝒖
102
Chapitre 03 : Représentation d'état des systèmes linéaire
Exemple :
Soit le système mécanique régit par l'équation différentielle :
𝑚𝑧 = 𝐹 + 𝑘1 𝑧 + 𝑘2 𝑧 3
Modelé d'état :
𝐹 𝑘1 𝑘2
𝑚𝑧 = 𝐹 + 𝑘1 𝑧 + 𝑘2 𝑧 3 ⇒ 𝑥̇ 2 (𝑡) = + 𝑥1 (𝑡) + 𝑥1 (𝑡)3
𝑚 𝑚 𝑚
𝑥̇ 1 (𝑡) = 𝑥2 (𝑡)
{ 𝑘1 𝑘2 𝐹
𝑥̇ 2 (𝑡) = 𝑥1 (𝑡) + 𝑥1 (𝑡)3 +
𝑚 𝑚 𝑚
𝑥̇ 1 (𝑡) 𝑥2 (𝑡)
[ ] = 𝑓(𝑥1 (𝑡), 𝑥2 (𝑡), 𝑢(𝑡)) = [𝑘1 𝑘2 𝐹]
𝑥̇ 2 (𝑡) 𝑥1 (𝑡) + 𝑥1 (𝑡)3 +
𝑚 𝑚 𝑚
𝑥̅2 (𝑡) 0
𝑓(𝑥̅1 (𝑡), 𝑥̅2 (𝑡), 𝑢̅(𝑡)) = 0 ⇒ [𝑘1 𝑘2 𝑢̅ ] = [ ]
𝑥̃1 (𝑡) + 𝑥̅1 (𝑡)3 + 0
𝑚 𝑚 𝑚
𝑥̃2 = 0 𝑥̃2 = 0
{ 𝑘1 𝑘2 ⇒{ −𝑘1
𝑥̃1 (𝑡) + 𝑥̅1 (𝑡)3 = 0 𝑥̃1 = 0 𝑜𝑢 𝑥̃1 = ±√
𝑚 𝑚 𝑘2
Point de fonctionnement :
0
0
(𝑥̅ , 𝑢̅) = ([ ] ; 0) 𝑜𝑢 ([ −𝑘1 ] ; 0)
±√
0 𝑘2
103
Chapitre 03 : Représentation d'état des systèmes linéaire
Matrices
𝜕ℎ 𝜕ℎ 𝜕ℎ
𝑪=[ ] = [1 0] ; 𝑫 = [ ] = 𝟎
𝜕𝑥1 𝜕𝑥2 𝜕𝑢
0 0 1
Deuxième point : ([ −𝑘 ] ; 0) 𝑜𝑛 𝑎 𝐴 = [−2𝑘 ]
±√ 𝑘 1 1
0
2 𝑚
104
Chapitre 5. Commande par retour d'état
Chapitre 4
105
Chapitre 5. Commande par retour d'état
Avec :
𝑋(0) 𝑏 ℒ −1 𝑡
𝑋(𝑠) = + (𝑠−𝑎) 𝑈(𝑠) → 𝑥(𝑡) = 𝑒 𝑎𝑡 𝑥(0) + ∫0 𝑒 𝑎(𝑡−𝜏) 𝑏𝑢(𝜏)𝑑𝜏 (3.4)
(𝑠−𝑎)
(𝑎𝑡)2 𝑎𝑘 𝑡 𝑘
𝑒 𝑎𝑡 = 1 + 𝑎𝑡 + + ⋯+ (4.4)
2! 𝑘!
𝑥̇ = 𝐴𝑥 + 𝐵𝑢
) 𝒕
⏟𝑨(𝒕−𝒕𝟎 𝒙(𝟎) + ∫
𝒙(𝒕) = 𝒆 ⏟𝒕 𝒆
𝑨(𝒕−𝝉)
𝑩𝒖(𝝉)𝒅𝝉
𝟎
(5.4)
𝒔𝒐𝒍𝒖𝒕𝒊𝒐𝒏 𝒍𝒊𝒃𝒓𝒆 𝒔𝒐𝒍𝒖𝒕𝒊𝒐𝒏 𝒇𝒐𝒓𝒄é𝒆
106
Chapitre 5. Commande par retour d'état
Alternativement
𝐴2 𝑡 2 𝐴𝑘 𝑡 𝑘
Φ(𝑡) = 𝐼 + 𝐴𝑡 + +⋯+ (7.4)
2! 𝑘!
Exemple
Soit le système :
0 1 0
𝑥̇ = [ ]𝑥 + [ ]𝑢
−2 −3 1
𝑠 −1
𝑠𝐼 − 𝐴 = [ ]
2 𝑠+3
𝑥01 1
Et : [ ] = [ ]
𝑥02 0
𝑠+3 1
(𝑠 + 1)(𝑠 + 2) (𝑠 + 1)(𝑠 + 2)
Φ(𝑠) = (𝑠𝐼 − 𝐴)−1 ⇒ Φ(𝑠) =
−2 𝑠
[(𝑠 + 1)(𝑠 + 2) (𝑠 + 1)(𝑠 + 2)]
D’où :
2 1 1 1
− −
(𝑠 + 1) (𝑠 + 2) (𝑠 + 1) (𝑠 + 2)
Φ(𝑠) =
−2 2 1 2
+ − +
[(𝑠 + 1) (𝑠 + 2) (𝑠 + 1) (𝑠 + 2)]
2𝑒 −𝑡 − 𝑒 −2𝑡 𝑒 −𝑡 − 𝑒 −2𝑡
Φ(𝑠) = [ ]
−𝑡 −2𝑡 −𝑡 −2𝑡
−2(𝑒 −𝑒 ) −𝑒 − 2𝑒
𝑥1 2𝑒 −𝑡 − 𝑒 −2𝑡 𝑒 −𝑡 − 𝑒 −2𝑡 1
[ ]=[ ][ ]
𝑥2 −2(𝑒 −𝑡 − 𝑒 −2𝑡 ) −𝑒 −𝑡 − 2𝑒 −2𝑡 0
107
Chapitre 5. Commande par retour d'état
𝑥1 = 2𝑒 −𝑡 − 𝑒 −2𝑡
𝑥2 = −2(𝑒 −𝑡 − 𝑒 −2𝑡 )
La propriété de stabilité des systèmes bouclés est non seulement une performance mais une
exigence pour le bon fonctionnement d’une boucle d’asservissement ou de régulation. Une boucle instable
est une boucle inutilisable.
On commence par définir la notion de stabilité des systèmes linéaires continus pour ensuite
l’appliquer aux systèmes bouclés.
Definition
Un système est stable si à une entrée bornée correspond une sortie bornée. Le comportement d’un
système stable est tel que : En lui appliquant une entrée de type échelon (entrée bornée), la sortie converge
vers une valeur aussi bornée. Par contre, un système instable verra sa sortie diverger.
108
Chapitre 5. Commande par retour d'état
4.2.2. Fonction de transfert et stabilité
Condition de stabilité.
On peut écrire une nouvelle condition de stabilité d’un système : Un système est stable si et
seulement si, sa fonction de transfert n’a pas de pôle à partie réelle positive ou nulle. La position des
pôles de la fonction de transfert permet donc de renseigner sur la stabilité du système.
Analyse de la stabilité
La stabilité de l’état est conditionnée par celle de la matrice de transition 𝑒 𝑎𝑡 . En effet d’après la
solution de l’équation homogène 𝑥(𝑡) = 𝑒 𝑎𝑡 𝑥𝑂 tend vers 0 quelle que la condition initiale si 𝑒 𝑎𝑡 tend
vers 0 quand t tend vers l’infini. en examinant le lien entre les matrices [𝐴, 𝐵, 𝐶, 𝐷] et la fonction de
transfert du système, on remarque que les pôles de cette dernière ne sont autres que les valeurs propres de
la matrice dynamique A. On retient donc que eat converge si et seulement si les valeurs propres de la
matrice A sont à parties relle strictement négative.
Analyse transitoire
On peut prévoir la forme du régime transitoire et évaluer sa durée à partir de la connaissance des
valeurs propres ? par analogie avec les pôles de la fonction de transfert, on peut conclure avec certitude
que :
Si les valeurs propres sont réelles et strictement négatives : réponse transitoires
apériodique
109
Chapitre 5. Commande par retour d'état
Si parmi les valeurs propres il y’en a qui sont complexes et a partie réelle strictement
négatives ; réponse transitoire oscillatoire amortie.
Si la matrice d’état A possède à la fois des valeurs propres réelles strictement négatives :
la forme du régime transitoire est caractérise par des valeurs propres dominantes
Analyse permanant (statique)
Pour une entrée constante 𝑢0 c‘est-à-dire de type échelon : il s’établit un comportementstatique
ou toutes las variables d’état et de sortie attigent des valeurs finales constantes sous réserves de la stabilité
du système.
L’état du système converge vers l’état final qui peut être déterminé à partir du gain statique .celui-
ci s’obtient en mettant 𝑝 = 0 dans la fonction du transfert, ce qui se traduit par la relation suivante :
𝐾𝑠 = 𝐻(𝑝)|𝑝=0 = 𝐶(𝑝𝐼 − 𝐴)−1 𝐵 + 𝐷|𝑝=0 = −𝐶𝐴−1 𝐵 + 𝐷 (8.4)
Un état d’équilibre est dit asymptotiquement stable si, lorsque le système est écarté de cet état
sous l’effet d’une perturbation, il y revient (en un temps infini).
L’état d’équilibre est dit instable si, après perturbation, le système s’en éloigne davantage.
L’état d’équilibre est dit simplement stable si, après perturbation, le système reste dans un
voisinage du point d’équilibre.
Valeurs propres et la stabilite
On peut démontrer que la stabilité d’un système est obtenue à partir de :
𝑑𝑒𝑡(𝑠𝐼 − 𝐴) = 0
Ou 𝑰 est la matrice identité et s l’opérateur de Laplace.
Exemple
0 3 1 10
𝑥̇ = [ 2 8 1 ] [𝑥] + [ 0 ] 𝑢
−10 −5 −2 0
110
Chapitre 5. Commande par retour d'état
𝑦 = [1 0 0]𝑥
Vérifier la stabilité de ce système.
𝑠 0 0 0 3 1 𝑠 −3 −1
𝑠𝐼 − 𝐴 = [0 𝑠 0] − [ 2 8 1 ] = [−2 𝑠 − 8 −1 ]
0 0 𝑠 −10 −5 −2 10 5 𝑠+2
Le déterminant est :
𝑠 3 − 6𝑠 2 − 7𝑠 − 52
La fonction de transfert du transfert du système est :
10 𝑠 2 − 60 𝑠 − 110
𝐻(𝑃) =
s3 − 6 s 2 − 7 s − 52
On constate clairement que le polynôme caractéristique du système c’est le déterminent de (𝑠𝐼 −
𝐴), ce qui résulte que les valeurs propres de la matrice dynamique sont les pôles de la fonction du
transfert .
On remarque que les pôles de FT (valeurs propres de A) sont :
𝜆1 = 7.7642 + 0.0000𝑖 𝜆2 = −0.8821 + 2.4330𝑖 𝜆3 = −0.8821 − 2.4330𝑖
Et par conséquent l’instabilité du système :
111
Chapitre 5. Commande par retour d'état
Mais sans comande la temperature va bouger de la valeur 𝑇1 à une autre valeur 𝑇3 superieure a 𝑇1
aléatoirement (affecté par les perturbations extérieures) alors le système n’est pa commande
[Link] introctif
Definition :
Un système d'équation d'état
𝑥̇ (𝑡) = 𝐴𝑥(𝑡) + 𝐵𝑢(𝑡) (Aϵℝ𝑛×𝑛 , Bϵℝ𝑛×𝑚)
Est dit complètement commandable sur un intervalle de temps [𝑡0 , 𝑡1] 𝑡1 < ∞ s'il existe une
commande 𝑢(𝑡) definis sur cette inervalle permettant de faire évoluer le système d'un état initial
quelconque 𝑥(𝑡0 ) à nun etat desire quelquonque 𝑥(𝑡1 ) (l'évolution du système se fait dans un temps
fini∆𝑡 = 𝑡1 − 𝑡0 )
La question c'est existe-t-il une commande u(t) qui fait évoluer le système de l'état 𝑥(𝑡0 ) à un
état 𝑥(𝑡1 )en un temps fini ? Si oui, le système est dit complétement commandable
Critère de commandabilité (29)
Un système différentiel linéaire d'ordre 𝑛 est complètement commandable si et seulement si la
matrice de commandabilité 𝑄𝑐 , de dimension (𝑛 , 𝑛𝑥𝑚), est de 𝑟𝑎𝑛𝑔 𝑛 (possède 𝑛 colonnes donc 𝑛 lignes
linéairement indépendantes) (critère de KALMAN)
Matrice de commandabilite :
𝑄𝑐 (𝐴, 𝐵) = [𝐵 𝐴𝐵 ⋮ 𝐴2 𝐵 ⋮ 𝐴3 𝐵 ⋮ ⋯ ⋮ 𝐴𝑛−1 𝐵] (11.4)
Et le rang de 𝑄𝑐 (𝐴, 𝐵) soit plein
𝑟𝑎𝑛𝑔 [𝐵 𝐴𝐵 ⋮ 𝐴2 𝐵 ⋮ 𝐴3 𝐵 ⋮ ⋯ ⋮ 𝐴𝑛−1 𝐵] = 𝑛 (12.4)
Remarques
La définition de la commandabilité ne fait pas intervenir l'équation de sortie du système. Il n'est
donc pas étonnant que seules les matrices A et B interviennent dans le critère de commandabilité.
Dans le cas d'un système mono-entre mono-sortie(SISO) la matrice de la commandabilite est une
matrice carrée 𝒎 = 𝟏 ⇒ 𝑄𝑐 (𝐴, 𝐵)𝝐ℝ𝑛×𝑛
112
Chapitre 5. Commande par retour d'état
𝑟𝑎𝑛𝑔 𝑄𝑐 (𝐴, 𝐵) = 𝑛 ⇒ 𝑑𝑒𝑡(𝑄𝑐 (𝐴, 𝐵)) ≠ 0 avec 𝑑𝑒𝑡(𝑄𝑐 (𝐴, 𝐵)) c'est le déterminant de
𝑄𝑐 (𝐴, 𝐵)
Approche pratique de vérification de la commandabilite
Former la matrice de la commandabilite 𝑄𝑐 (𝐴, 𝐵)
Exemple introductif
Soit une Conduite d'une voiture assurée par GPS pour détecter la position de la voiture 𝑥(𝑡) qui
subit une perte de connexion à l'entrée du tunnel
Fig.4.5..Exemple introctif
Définition
113
Chapitre 5. Commande par retour d'état
Le système:
𝑥̇ (𝑡) = 𝐴𝑥(𝑡) + 𝐵𝑢(𝑡)
𝑦(𝑡) = 𝐶𝑥(𝑡) + 𝐷𝑢(𝑡)
est complètement observable s'il existe un temps fini 𝑡 1 > 0, tel que la connaissance de l'entrée
𝑢(𝑡) et de la sortie 𝑦(𝑡) pour tout 𝑡 (0 < 𝑡 < 𝑡 1 ), est suffisante pour déterminer 𝑥(𝑡).
Critère d'observabilité (30)
Un système différentiel linéaire invariant d'ordre n est complètement observable si la matrice
d'observabilité 𝑄0 est de rang 𝑛:
𝐶
𝐶𝐴
𝑄0 = 𝐶𝐴2 (13.4)
⋮
[𝐶𝐴𝑛−1 ]
Une autre représentation :
2 𝑛−1 𝑇
𝑄0 (𝐶, 𝐴) = [𝐶𝑇 𝐴𝑇 𝐶𝑇 (𝐴𝑇 ) 𝐶𝑇 ⋯ (𝐴𝑇 ) 𝐶 ] (14.4)
Analyse:
Un système observable est un système reconstructible c'est-à-dire on peut reconstruire l'état 𝑥(𝑡)
∀ 𝑡 ≥ 0 par :
𝑡
Remarques
La notion de l'observabilité ne ote que sur les matrices (𝐴 𝑒𝑡 𝐶) ;dire que les
système est observable équivaut a dire que la paire (𝐶; 𝐴) est observable.
Dans le cas des systèmes mono entre mono sortie la matrice de l'observabilité est
une matrice carrée dont le déterminant est diffèrent de 0 [𝑑𝑒𝑡(𝑄0 (𝐶, 𝐴)) ≠ 0 ⇒
𝑟𝑎𝑛𝑔(𝑄0 (𝐶, 𝐴)) = 𝑛]
Approche pratique de vérification de l'observabilité (28)
Former la matrice de l'observabilité 𝑄𝑜 (𝐶, 𝐴)
Calculer le 𝑑𝑒𝑡(𝑄𝑜 (𝐶, 𝐴)) et en déduire le 𝑟𝑎𝑛𝑔 de la matrice de l'observabilité
En déduire que le système est observale si 𝑟𝑎𝑛𝑔 𝑄𝑜 (𝐶, 𝐴) = 𝑛
Exemple
Soit le système à quatre variables d'état découplées régi par les équations d'état et d'observation
suivante:
114
Chapitre 5. Commande par retour d'état
𝑎11 0 0 0 𝑏1
0 𝑎11 0 0 𝑏
𝑥̇ (𝑡) = [ ] 𝑥(𝑡) + [ 2 ] 𝑢(𝑡)
0 0 𝑎33 0 0
0 0 0 𝑎44 0
{ 𝑦(𝑡) = [0 𝑐2 0 𝑐4 ]𝑥(𝑡)
Qui s'écrit aussi sous la forme :
𝑥̇ 1 = 𝑎11 𝑥1 + 𝑏1 𝑢(𝑡)
𝑥̇ 2 = 𝑎22 𝑥2 + 𝑏2 𝑢(𝑡)
𝑥̇ 3 = 𝑎33 𝑥3
𝑥̇ 4 = 𝑎44 𝑥4
{𝑦(𝑡) = 𝑐2 𝑥2 + 𝑐4 𝑥4
L'application des critères de commandabilité et d'observabilité sont susceptibles de nous
renseigner sur ces deux propriétés. En fait, ce système n'est pas complètement commandable et pas
complètement observable. Cependant la représentation (figure suivante) permet de définir les variables
non commandables et les variables non observables. On conçoit intuitivement que les variables 𝑥1 et
𝑥 2 sont commandables (ou gouvernables). Les variables 𝑥3 et 𝑥4 ne le sont pas. En effet la commande
𝑢(𝑡) n'a aucun moyen d'agir sur ces dernières. Ceci s'exprime sur la figure par l'absence de liaison de
𝑢(𝑡) vers 𝑥3 et 𝑥4 et par la nullité des coefficients 𝑏3 et 𝑏 4 dans la matrice 𝐵 d'application de la commande
dans l'équation d'état. Les variables 𝑥2 et 𝑥4 sont observables, les variables 𝑥3 et 𝑥1 ne le sont pas. En effet
sur la figure, les variables 𝑥3 et 𝑥1 ne débouchent pas sur la sortie y. De même les coefficients 𝑐1 et 𝑐3 de
la matrice d'observation 𝐶 sont nuls.
115
Chapitre 5. Commande par retour d'état
Exemple
Etudier suivant les valeurs de 𝛼 l'observabilite du système suivant :
−2 1 1
𝐴=[ ] ; 𝐵 = [ ] ; 𝐶 = [1 1] 𝑒𝑡 𝐷 = 0
𝛼 −4 1
La matrice de l'observabilité
𝐶
𝑄0 = [ ]
𝐶𝐴
1 1
𝑄0 = [ ] ⇒ 𝑑𝑒𝑡 (𝑄𝑜 (𝐶, 𝐴)) = −𝛼 − 1
𝛼−2 −3
alors le système est observable ssi 𝑑𝑒𝑡 (𝑄𝑜 (𝐶, 𝐴)) ≠ 0 ⇒ 𝛼 ≠ −1
Remarque :
Par vérifier la commandabilte et l'observabilité par Matlab :
La commandabilite(contrôlabilité)
On calcule la matrice 𝑄𝑐 (𝐴, 𝐵) par la fonction ctrb
On détermine le rang de 𝑄𝑐 (𝐴, 𝐵) par la fonction rank et en déduire la commandabilité du système
L'observabilite
On calcule la matrice 𝑄𝑜 (𝐶, 𝐴) par la fonction obsv
On détermine le rang de 𝑄𝑜 (𝐶, 𝐴) par la fonction rank et en déduire l'observabilité du système
Exemple
Etudier la commandabilite et l'observabilité du système suivant :
𝑌(𝑠) 2
= 3
𝑈(𝑠) 𝑠 + 6𝑠 2 + 11𝑠 + 6
Solution
116
Chapitre 5. Commande par retour d'état
𝑌(𝑠) 2
= 3
𝑈(𝑠) 𝑠 + 6𝑠 2 + 11𝑠 + 6
ℒ −1
⇒ 𝑌(𝑠) × (𝑠 3 + 6𝑠 2 + 11𝑠 + 6) = 2 × 𝑈(𝑠) → 𝑦⃛ + 6𝑦 + 11𝑦̇ + 6𝑦 = 2𝑢
On pose :
𝑥1 = 𝑦
𝑥̇ 1 = 𝑦̇ = 𝑥2
{ 𝑥̇ = 𝑦 = 𝑥
2 3
𝑥̇ 3 = 𝑦⃛ = −6𝑥3 − 11𝑥2 − 6𝑥1 + 2𝑢
Et sous forme matricielle :
𝑥̇ 1 0 1 0 0
[𝑥̇ ] = [ 0 0 1 ] 𝑥(𝑡) + [0] 𝑢(𝑡)
{ 2
𝑥̇ 3 −6 −11 −6 2
𝑦 = [1 0 0]𝑥(𝑡)
On constate clairement que : 𝑛 = 3
1. Vérification de la contrôlabilité :
𝑄𝑐 (𝐴, 𝐵) = [𝐵 𝐴𝐵 ⋮ 𝐴2 𝐵 ]
0 1 0 0 0
𝐴𝐵 = [ 0 0 1 ] × [0] = [ 2 ]
−6 −11 −6 2 −12
0 1 0 0 2
𝐴2 𝐵 = 𝐴 × 𝐴𝐵 = [ 0 0 1 ] × [ 2 ] = [−12]
−6 −11 −6 −12 50
0 0 2
2
𝑄𝑐 (𝐴, 𝐵) = [𝐵 𝐴𝐵 ⋮ 𝐴 𝐵 ] = [0 2 −12 ] ⇒ 𝑑𝑒𝑡(𝑄𝑐 (𝐴, 𝐵)) = −8
2 −12 50
⇒ 𝑟𝑎𝑛𝑔(𝑄𝑐 (𝐴, 𝐵)) = 3
Le système est commandable
2. Vérification de l'observabilité
𝐶
𝑄0 = [ 𝐶𝐴 ]
𝐶𝐴2
0 1 0
𝐶𝐴 = [1 ]
0 0 ×[ 0 0 1 ] = [0 1 0] .
−6 −11 −6
0 1 0
𝐶𝐴2 = 𝐶𝐴 × 𝐴 = [0 1 0] [ 0 0 1 ] = [0 0 1]
−6 −11 −6
1 0 0
𝑄0 = [0 1 0] ⇒ 𝑑𝑒𝑡(𝑄𝑂 (𝐶, 𝐴)) = 1
0 0 1
⇒ 𝑟𝑎𝑛𝑔(𝑄𝑂 (𝐶, 𝐴)) = 3 ; Donc Le système est observable
117
Chapitre 5. Commande par retour d'état
Chapitre 5
118
Chapitre 5. Commande par retour d'état
Chapitre 05. La commande par Le retour d’´état
Soit le système linéaire stationnaire défini par sa représentation d’état (𝐴, 𝐵, 𝐶, 0).
𝑥̇ (𝑡) = 𝐴𝑥(𝑡) + 𝐵𝑢(𝑡)
{
𝑦(𝑡) = 𝐶𝑥(𝑡) + Du(t)
119
Chapitre 5. Commande par retour d'état
5.2. Formulation
La loi de commande s'écrit alors :
𝑢(𝑡) = −𝐾𝑥(𝑡) + 𝑟(𝑡) (2.5)
Le système boucle est donne par la figure suivante :
120
Chapitre 5. Commande par retour d'état
5.4. Soit le système en boucle ouverte représenté par l’équation d’état suivant :
−2 −4 −1
𝑥̇ = [ ]𝑥 + [ ]𝑢
2 5 1
Calculer la commande par retour d’état, 𝐾 =?, assurant aux système en boucle fermé les pôles
désirés 𝜆 = [−1, −2].
2
𝑃(𝜆) = 𝑑𝑒𝑡(𝜆𝐼 − 𝐴) = 𝜆 − 3𝜆 − 2 = 0 ⇒ 𝜆1 = −0.56 𝑒𝑡 𝜆2 = 3.56 ce qui
prouve l’instabilité du système en boucle ouvert.
Afin de calculer le vecteur 𝐾, on suive les étapes suivantes :
Poser 𝐾 = [𝑘1 𝑘2 ]
On calcule en fonction de 𝐾, la matrice d’état en boucle fermée 𝐴 − 𝐵𝐾.
121
Chapitre 5. Commande par retour d'état
−2 −4 −1 −2 −4 −𝑘 − 𝑘2 −2 + 𝑘1 −4 + 𝑘2
𝐴 − 𝐵𝐾 = [ ] − [ ] [𝑘1 𝑘2 ] = [ ]−[ 1 ]=[ ]
2 5 1 2 5 𝑘1 𝑘2 2 − 𝑘1 5 − 𝑘2
On calcule le polynôme caractéristique en boucle fermée en fonction de 𝐾, 𝑃𝐵𝐹 (𝜆).
𝜆 + 2 − 𝑘1 4 − 𝑘2
𝑃𝐵𝐹 (𝜆) = 𝑑𝑒𝑡(𝜆𝐼 − (𝐴 − 𝐵𝐾)) = 𝑑𝑒𝑡 ([ ]) = 𝜆2 + (−3 − 𝑘1 + 𝑘2 )𝜆 − 2 + 𝑘1
−2 + 𝑘1 𝜆 − 5 + 𝑘2
On développe le polynôme caractéristique désiré:
𝑃𝑑𝑒𝑠𝑖𝑟é (𝜆) = (𝜆 − 𝜆1 )(𝜆 − 𝜆2 ) = (𝜆 + 1)(𝜆 + 2) = 𝜆2 + 3𝜆 + 2 .
Par identifiant terme à terme les deux polynômes caractéristiques, 𝑃𝐵𝐹 (𝜆). et 𝑃𝑑𝑒𝑠𝑖𝑟é (𝜆),
On obtient le système d’équations suivant.
−3 − 𝑘1 + 𝑘2 = 3
{
−2 + 𝑘1 = 2
Dont la solution est :
𝑘1 = 4
{
𝑘2 = 10
Application par Matlab
Soit le système décrit par sa fonction de transfert :
8
𝐺(𝑠) =
𝑠 2 − 0.08𝑠 + 0.4
Etudier la stabilité du système.
Représenter la réponse indicielle du système en boucle ouverte
Trouver le gain du retour d'état en désirant les pôles suivants :
𝜆1 = −0.09000 + j0.9596 𝜆2 = −0.09000 − j0.9596
Représenter la réponse indicielle du système en boucle fermée.
Réponse
clear all
clc
n=8
d=[1 -0.08 0.4]
g=tf(n,d)
pole(g)
[a,b,c,d]=tf2ss(n,d)
t=ss(a,b,c,d)
q=[-0.09000+0.9596i -0.09000-0.9596i]
K = place(a,b,q)
m=a-b*K
l=c-d*K
j=ss(m,b,l,d)
122
Chapitre 5. Commande par retour d'état
On remarque que la commande par retour d'état a imposé la stabilité au système par le déplacement des
pôles vers le demi-plan gauche du plan complexe.
123
Chapitre 6. Synthèse des observateurs d’état
Chapitre 6
1. Introduction,
2. Observateurs déterministes (Luenberger) et méthodes de calculs,
3. Observateurs réduits,
4. Observateurs stochastiques (filtre de Kalman).
124
Chapitre 6. Synthèse des observateurs d’état
6.2.1. Définition
125
Chapitre 6. Synthèse des observateurs d’état
Si 𝑧 et 𝑥 ont même dimension, l’observateur est dit complet (tout l’état est estimé). On choisit
𝑇 = 𝐼 (𝑧 = 𝑥) et 𝑧̂ = 𝑥̂
Si 𝑑𝑖𝑚(𝑧) < 𝑑𝑖𝑚(𝑥) (par exemple : 𝑑𝑖𝑚(𝑧) = 𝑑𝑖𝑚(𝑥) − 𝑑𝑖𝑚 𝑦)), alors l’observateur est dit
d’ordre réduit.
Remarques :
1. Un observateur doit être stable.
2. Un observateur doit assurer la convergence de 𝑧̂ vers 𝑧 (estimation sans biais).
3. Dans le cas déterministe, la convergence s’écrit :
𝑙𝑖𝑚 [𝑧̂ (𝑡) − 𝑧(𝑡)] = 0 , ∀𝑢, ∀𝑥(𝑡0 )
𝑡→∞
On veut une estimation sans biais, c'est-à-dire: 𝜀̇ = 0 ∀𝑥; ∀𝑢, ce qui équivaut à :
𝐴 − 𝐿𝐶 − 𝐹 = 0 𝐹 = 𝐴 − 𝐿𝐶
{ 𝐵=𝐽 ⇔ {𝐽=𝐵
𝐹 𝑠𝑡𝑎𝑏𝑙𝑒 𝐴 − 𝐿𝐶 𝑠𝑡𝑎𝑏𝑙𝑒
Remarque
1. Pourquoi la matrice (𝐴 − 𝐿𝐶)soit stable ?
D'après le précèdent on a trouvé que :
0
𝜀̇ = ⏞
(𝐴 − 𝐿𝐶 − 𝐹)𝑥 + (𝐵 − 𝐽) 𝑢 + 𝐹𝜀 (8.6)
126
Chapitre 6. Synthèse des observateurs d’état
Donc pour avoir la convergence vers 0 il faut donc que la matrice (𝐴 − 𝐿𝐶) doit avoir des
valeurs propres à partie réelle négative (stabilité de la matrice)
2. Il faut que le système soit observable (il vérifie le critère de kALMAN )
Et par conséquent :
𝑥̂̇ = (𝐴 − 𝐿𝐶)𝑥̂ + 𝐿𝑦 + 𝐵𝑢 (10.6)
𝑥̂̇ = 𝐴𝑥̂ + 𝐵𝑢 + 𝐿(𝑦 − 𝐶𝑥̂) (11.6)
Posons 𝑦̂ = 𝐶𝑥̂
il vient :
̂̇ = 𝑨𝒙
𝒙 ̂ + 𝑩𝒖 + 𝑳(𝒚 − 𝒚
̂) (12.6)
La figure suivante Illustre la structure de l’observateur mise en évidence par cette dernière
expression.
127
Chapitre 6. Synthèse des observateurs d’état
dynamique du système observe et d’y ajouter un terme correctif qui tienne compte de l’écart entre la
prédiction et la réalité.
Approche pratique pour trouver 𝑙
Ecrire 𝑥̂̇ en fonction de 𝑥̂; 𝑢 𝑒𝑡𝑦
Noter 𝜀 = 𝑥(𝑡) − 𝑥̂(𝑡) l'erreur de l'observateur /
−1 1 𝑙1 −1 − 𝑙1 1
𝐴 − 𝐿𝐶 = [ ] − [ ][ 1 0]=[ ]
2 −2 𝑙2 2 − 𝑙2 −2
128
Chapitre 6. Synthèse des observateurs d’état
{ 𝑦(𝑡) = 𝑥1 (𝑡)
129
Chapitre 6. Synthèse des observateurs d’état
130
Chapitre 6. Synthèse des observateurs d’état
Exemple:
131
Chapitre 6. Synthèse des observateurs d’état
(𝐴 − 𝐵𝐾) et celles de (𝐴 − 𝐿𝐶) sont dans le demi-plan gauche) alors le système commandé par retour
de l'état reconstruit est stable.
En effet, considérons le système linéaire invariant suivant, observable et commandable, ainsi que
l'observateur d'état complet :
𝒙̇ = 𝑨𝒙 + 𝑩𝒖 ̂̇ = 𝑨𝒙
𝒙 ̂ + 𝑩𝒖 + 𝑳(𝒚 − 𝒚
̂)
{ { (23.6)
𝒚 = 𝑪𝒙 ̂ = 𝑪𝒙
𝒚 ̂
̂, la dynamique du système bouclé s'écrit alors :
En réalisant un bouclage 𝑢 = −𝐾𝒙
𝑥̇ = 𝐴𝑥 − 𝐵𝐾𝑥̂ 𝑥̂̇ = 𝐴𝑥̂ − 𝐵𝐾𝑥̂ + 𝐿(𝑦 − 𝑦̂)
{ { (24.6)
𝑦 = 𝐶𝑥 𝑦̂ = 𝐶𝑥̂
𝑥̇ = 𝐴𝑥 − 𝐵𝐾𝑥̂
{ (25.6)
𝑥̂̇ = (𝐴 − 𝐵𝐾)𝑥̂ + 𝐿𝐶(𝑥 − 𝑥̂)
On peut faire le changement de variable suivant, pour écrire l'erreur de reconstruction :
𝜀 = 𝑥 − 𝑥̂ (26.6)
𝑥̇ = 𝐴𝑥 − 𝐵𝐾(𝑥 − 𝜀) 𝑥̇ = (𝐴 − 𝐵𝐾)𝑥 + 𝐵𝐾𝜀
{ ⇒{ (27.6)
̇𝑥̂ = (𝐴 − 𝐵𝐾)(𝑥 − 𝜀) + 𝐿𝐶𝜀 𝑥̂ = (𝐴 − 𝐵𝐾)𝑥 + (𝐿𝐶 − 𝐴 + 𝐵𝐾)𝜀
132
Chapitre 6. Synthèse des observateurs d’état
Exemple:
Soit le système suivant commandé par retour d'état par un observateur d'état :
Avec : 𝑅 = 10 ; 𝐿 = 0.1 𝑒𝑡 𝐶 = 0.01
On applique la loi des mailles sur le circuit et par conséquent on trouve le modèle d'état suivant :
0 1 0
𝑥̇ = [ 1 𝑅 ] 𝑥 + [1] 𝑢
− −
𝐿𝐶 𝐿 𝐿
{𝑦 = [0 1]𝑥
On pose :
𝑙1
Le vecteur du gain de l'observateur 𝐿 = [ ] et le vecteur du gain du retour d'état:𝐾 = [𝑘1 𝑘2 ].
𝑙2
Est-ce que le système est observable ?
0 1 1
𝐶
𝑑𝑒𝑡 ([ ]) = | 1 |= ≠ 0 𝑅𝑎𝑛𝑔 𝑝𝑙𝑒𝑖𝑛 𝑑𝑜𝑛𝑐 𝑙𝑒 𝑠𝑦𝑠𝑡𝑒𝑚𝑒 𝑒𝑠𝑡 𝑜𝑏𝑠𝑒𝑟𝑣𝑎𝑏𝑙𝑒
𝐶𝐴 − −𝑅𝐿 𝐿𝐶
𝐿𝐶
Est-ce que le système est commandable ?
1
0
det([𝐵 𝐴𝐵 ]) = |1 𝐿 | = − 1 ≠ 0 𝑅𝑎𝑛𝑔 𝑝𝑙𝑒𝑖𝑛 𝑑𝑜𝑛𝑐 𝑙𝑒 𝑠𝑦𝑠𝑡𝑒𝑚𝑒 𝑒𝑠𝑡𝑐𝑜𝑚𝑚𝑎𝑛𝑑𝑎𝑏𝑙𝑒
𝑅 𝐿2
− 2
𝐿 𝐿
Sachant que le système augmenté est donné par :
𝑥̇ 𝐴 − 𝐵𝐾 𝐵𝐾 𝑥
[ ]=[ ][ ]
𝜀̇ 0 𝐴 − 𝐿𝐶 𝜀
133
Chapitre 6. Synthèse des observateurs d’état
134
Annexes
Annexe A
Systèmes usuels (33)
Pulsation de coupure
Pulsation de coupure : C’est la pulsation pour laquelle le gain a diminué de 3dB par rapport à sa valeur
maximum ou par rapport au gain statique suivant la nature du système (passe bas, passe haut, passe bande). De la
même façon on peut définir la pulsation de coupure à [Link] diminution de 3dB se traduit par une diminution
√2
dans un rapport de :
2
𝐻𝑚𝑎𝑥
|𝐻(𝑗𝜔)| = = 0.707𝐻𝑚𝑎𝑥
√2
Une diminution de 6dB se traduit par une diminution dans un rapport de 1/2 :
𝐻𝑚𝑎𝑥
|𝐻(𝑗𝜔)| = =
2
*
Un système en général transmet inégalement les diverses fréquences. On peut alors définir la bande
passante comme étant l'intervalle de fréquences pour lequel le gain ne diminue pas de plus de 3dB (par exemple)
par rapport à sa valeur maximale. Les fréquences extrêmes constituent des fréquences de coupure (basse 𝝎𝒄𝟏 , et
haute 𝝎𝒄𝟐 )
135
Précision : (34)
Ecart statique
C’est l’erreur en régime permanent entre la sortie et la loi d’entrée. Pour déterminer cette erreur on soumet le
système à des entrées canoniques :
• Echelon, on parle alors d’erreur indicielle ;
• Rampe, erreur de traînage ou erreur de poursuite ;
• Accélération, erreur en accélération.
L’erreur dynamique :
C’est l’écart instantané entre la sortie et l’entrée lors de la phase transitoire suivant l’application de
l’entrée ou après une perturbation (hors du programme).
Calcul
Dans le cas où un SLCI est défini par un modèle de connaissance dans l’espace de Laplace, on n’utilise
pas la transformée inverse de Laplace pour retrouver le comportement temporel de l’écart mais on calcule la
précision dans l’espace de Laplace en utilisant le
Théorème de la valeur finale :
lim 𝜀(𝑡) = lim 𝑝𝜀(𝑝)
𝑡→∞ 𝑝→0
𝜀 = 𝐸 − 𝑅 = 𝐸 − 𝐵𝑆 = 𝐸 − 𝐴𝐵𝜀
𝐸
𝜀 + 𝐴𝐵𝜀 = 𝐸 ⇒ 𝜀 =
1 + 𝐴𝐵
𝐸
lim 𝜀(𝑡) = lim 𝑝𝜀(𝑝) = 𝑃.
𝑡→∞ 𝑝→0 1 + 𝐴𝐵
136
Annexe B (Matlab pour l'automatique) (35)
Calcul matriciel
+ addition de matrices
- soustraction de matrices
* produit de matrices
^ puissance
eye (n) matrice unité (matrice identité) de taille n x n
inv (X) inverse de la matrice carrée X
rank (X) rang de la matrice X (nombre de colonnes ou de lignes indépendantes)
det (X) déterminant de la matrice carrée X
X' transposée de la matrice X
/ division à droite : A / B est équivalent à A * inv(B)
\ division à gauche : A \ B est équivalent à inv(A) * B
eig valeurs et vecteurs propres
137
𝑛𝑢𝑚
tf (num,den) Créer une f.d.t. Continue
𝑑𝑒𝑛
tf(num,den,’Td’,tr) Créer une f.d.t. Continue avec retard tr
tf(num,den,te) Créer une f.d.t. En z avec période d’échantillonnage te
tf(num,den,te,’Variable’,’z^-1’) Créer une f.d.t. En z
[num,den]=tfdata(fdt,’v’ Extraire le numérateur et le dénominateur
[num,den,te]=tfdata(fdt,’v’ Extraire aussi la période d’échantillonnagz
[num,den,te,retard]=tfdata(fdt,’v’) Extraire encore le retard
G_zpk=zpk(zeros,poles,gain) La forme zéros-pôles-gain
ss(A,B,C,D) Créer un système continu en variables d’état
ss(A,B,C,D,te) Créer un système discret avec période d’échantillonnage te
[A,B,C,D]=ssdata(sys) Récupérer les matrices `a partir de la variable sys
[Num,Den]=ss2tf(A,B,C,D) Passage de E.E vers fonction de trnsfert
[A,B,C,D]=tf2ss(N{1},D{1}) Passage de tf vers E.E
impulse(sys) Réponse impulsionnelles
step(sys) Réponse indicielle
Graphisme
On peut tracer les courbes sur des fenêtres graphiques séparées à condition de créer ces fenêtres
à l’aide de la commande figure :
Si vous préférez tracer plusieurs courbes, dans la même fenêtre, mais dans des cadres séparés,
on utilise subplot :
>> subplot(2,2,2), plot(x,y1), title('y1'); le graphe dans un carré au lieu du rectangle habituel.
138
bode(sys) Diagramme de Bode
nyquist(sys) Lieu de Nyquist
nichols(sys) Diagramme de Black
margin Comme la fonction bode mais donne en plus les marges de gain et de phase
Analyse et commande
Programmation
139
Bibliographie
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2. [Link]
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