INITIATION AUX SIG AVEC QGIS 2.
12
AVRIL 2016
Julie Pierson – formatrice, AI CNRS – PASSAGES UMR 5319 - [email protected]
Vincent Hanquiez, IE Univ. Bordeaux – EPOC UMR 5805 –
[email protected]Clément Coutelier, IE Univ. Bordeaux Montaigne – Ausonius UMR 5607 – clement.coutelier@u-
bordeaux-montaigne.fr
Formation basée sur le tutoriel en ligne : www.ades.cnrs.fr/tutoqgis
Code du TD :
Manipulation à faire (bordure verte)
Au programme...
1. Prise en main de QGIS............................................................................................................................. 3
1.1. Qu'est-ce que la géomatique et les SIG ?......................................................................................... 3
1.2. Quelles sont les données des SIG ?................................................................................................. 3
1.3. Manipuler de l'information géographique........................................................................................... 6
1.4. Formats de données SIG................................................................................................................. 10
1.5. Espace de travail (projet QGS)........................................................................................................ 11
2. Notions de géodésie............................................................................................................................... 13
2.1. Des coordonnées, oui mais dans quel système ?...........................................................................13
2.2. Couches et projets : à chacun son système....................................................................................16
2.3. Passer d'un système de coordonnées à un autre............................................................................18
3. Manipuler des données vecteur............................................................................................................ 22
3.1. Créer une couche de points à partir d'un tableau de coordonnées..................................................22
3.2. Joindre des données attributaires à une couche.............................................................................25
3.3. Sélectionner des entités selon leurs attributs..................................................................................27
3.4. Sélectionner des entités selon leur géométrie.................................................................................32
3.5. Manipuler les géométries................................................................................................................. 34
4. Manipuler des données raster............................................................................................................... 40
4.1. Télécharger une dalle SRTM, la projeter et la découper.................................................................40
4.2. Calculer la pente à partir de l'altitude...............................................................................................42
4.3. Croiser des données vecteur et raster : pente moyenne par parcelle.............................................44
4.4. Intersecter des données raster........................................................................................................ 45
5. Représenter des données et les mettre en page.................................................................................49
5.1. Analyses thématiques...................................................................................................................... 49
5.2. Mise en page de cartes................................................................................................................... 53
6. Recherche et ajout de données SIG via d'autres sources..................................................................56
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1. PRISE EN MAIN DE QGIS
Notions abordées :
• données vecteur et raster
• composante spatiale et attributaire
• Formats de données vecteur et raster : SHP, TAB, GEOTIFF
• Projet QGS
Dans cette première partie, nous allons aborder ce qu'est un logiciel SIG, et quelles sont les
données traitées par ces logiciels. Nous verrons également ce qu'est un projet SIG.
1.1. Qu'est-ce que la géomatique et les SIG ?
Selon le Journal Officiel de 1994, la géomatique est l'ensemble des techniques de traitement
informatique des données géographiques. Elle regroupe donc les outils et méthodes permettant
l'acquisition, le stockage, le traitement et la diffusion de données à référence spatiale.
Un Système d'Information Géographique (SIG) est un système permettant de gérer des
informations localisées géographiquement. Ce système est composé de :
• données
• logiciels
• matériel informatique
• savoir-faire
• utilisateurs
Par abus de langage, un SIG signifie souvent aujourd'hui le logiciel utilisé dans un SIG.
1.2. Quelles sont les données des SIG ?
1.2.1 Une organisation par couches
Les données sont organisées sous forme de couches superposables.
Organisation des données par couche.
Source : pôle ARD, Passages (domaine public)
Lancez le logiciel QGIS. Ouvrez un projet :
Menu Projet → Ouvrir (ou bien cliquez sur l'icône correspondante).Sélectionnez le
fichier senegal.qgs situé dans 1_prise_en_main/projets, cliquez sur Ouvrir.
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Trois couches de données sont affichées dans QGIS, correspondant aux villes, rivières et régions
du Sénégal.
Dans la partie gauche de la fenêtre de QGIS, vous pouvez cocher ou décocher des couches
pour les rendre visibles ou invisibles, et les faire glisser les unes par rapport aux autres pour
modifier l'ordre d'affichage.
1.2.2 Deux grands types de données : vecteur et raster
On distingue généralement deux types de données : vecteur et raster.
Les données vecteur se définissent uniquement par des coordonnées. On trouvera des données
vecteurs de type point, ligne et polygone. Un point sera défini par un couple de coordonnées XY,
une ligne ou un polygone par les coordonnées de leurs sommets.
Une couche vecteur sera soit de type point, soit de type ligne, soit de type polygone, mais ne
pourra contenir de données de deux types différents (sauf dans le cas particuliers de certains
formats qui ne seront pas abordés dans cette formation).
Données vecteur, l'exemple du Sénégal : régions sous forme de polygones, rivières sous forme
de lignes et villes sous forme de points (source : pôle ARD, Passages, domaine public).
On pourra choisir par exemple de représenter des cours d'eau sous forme de ligne, des villes sous
forme de points...
Les données vecteur sont généralement moins volumineuses que les données raster. Quelques
exemples de formats vecteur : SVG, AI, SHP...
Les données raster, ou images, sont constituées de pixels. En zoomant sur un raster, on finit par
distinguer les pixels. Chaque pixel possède une valeur correspondant par exemple à sa couleur,
ou à son altitude. Un raster est caractérisé par la taille d'un pixel, ou résolution. Exemples de
données raster : carte IGN scannée, photographie aérienne, image satellite...
Exemples de données raster (source : IGN).
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1.2.3 Les données vecteur : à chaque géométrie ses attributs (et vice-versa)
On distingue deux composantes dans les données utilisées dans un SIG : spatiale et attributaire.
• La composante spatiale correspond à la localisation et la géométrie d'un objet, donc à
ses coordonnées
• La composante attributaire correspond aux données qui sont associées à un objet.
Par exemple, la composante spatiale d'un département sera le polygone représentant ce
département, et sa composante attributaire sera son nom, son code, sa population...
Données spatiales et attributaires d'une couche SIG (source : données Geofla IGN)
Le lien entre composante spatiale et attributaire constitue une différence fondamentale avec les
logiciels de dessin (DAO) type AutoCAD.
Ouvrez le projet depts_france.qgs situé dans le dossier 1_prise_en_main/projets (il est
inutile de sauvegarder le projet actuel)
Ouvrez la table attributaire de la couche de départements :
Clic droit sur le nom de la couche → Ouvrir la table d'attributs
Pour que la table attributaire s'ouvre dans une fenêtre « ancrée » dans QGIS : menu Préférences → Options
→ rubrique Sources de données, cocher la case « Ouvrir la table d'attributs dans une fenêtre intégrée » (le
redémarrage n'est pas nécessaire).
Sélectionner un département dans la table attributaire, en cliquant sur le numéro de la ligne : le
département correspondant apparaît dans une couleur différente (jaune par défaut) dans la
carte.
Vous pouvez maintenant faire l'inverse : sélectionner un département sur la carte, au
moyen de l'outil de sélection. La ligne correspondante passe alors en surbrillance dans la
table attributaire.
1.2.4 Des données sur les données : les métadonnées
Afin de savoir quelles sont les utilisations que l'on peut faire d'une donnée, il est indispensable de
posséder des informations sur la manière dont a été fabriquée cette donnée, sa date, ses limites
éventuelles d'utilisation... Ces « données sur la donnée » constituent ce qu'on appelle des
métadonnées. Elles peuvent se présenter sous diverses formes : une page web, un fichier XML,
un simple fichier texte, une fiche PDF...
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Vous pouvez voir ici les métadonnées de la couche Corine Land Cover :
www.geocatalogue.fr/Detail.do?id=7665
Il existe aujourd'hui des normes régissant la manière dont sont construites ces métadonnées :
nombres de rubriques présentes, choix des rubriques... Ceci permet de construire des catalogues
de métadonnées, et facilite in fine l'échange de données entre organismes.
La métadonnée ci-dessus est tirée du catalogue de métadonnées de l'IGN : www.geocatalogue.fr
1.3. Manipuler de l'information géographique
1.3.1 Ajout d'une couche vecteur
Créez un nouveau projet QGIS : menu Projet → Nouveau, ou bien icône
correspondante tout en haut à gauche (il est inutile de sauvegarder le projet actuel).
Dans QGIS, ajoutez une couche vecteur. Il existe pour cela plusieurs solutions, au choix :
• menu Couche → Ajouter une couche → Ajouter une couche vecteur...
• cliquer sur l'icône Ajouter une couche vecteur
• utiliser le raccourci clavier ctrl + majuscule + v
• Type de source et codage : laissez les valeurs par défaut
Pour en savoir plus sur ce qu'est l'encodage : http://fr.wikipedia.org/wiki/Codage_de_caractères
• Source : cliquer sur Parcourir et sélectionner la couche Depts_Aqui_Geofla.shp située
dans 1_prise_en_main/donnees. Pour repérer plus facilement cette couche, choisir ESRI
Shapefiles comme type de fichier.
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Cliquer sur Ouvrir, puis à nouveau sur Ouvrir : vous pouvez voir les départements aquitains.
Toujours pour ajouter une couche, vous pouvez également passer par le panneau Parcourir :
activez-le dans le menu Vue → Panneaux → Explorateur. Dans ce panneau, naviguez dans
l'arborescence de vos fichiers jusqu'à trouver le répertoire de partage. Faites un clic droit sur le
dossier donnees → Ajouter en favori. A partir des favoris, rendez-vous maintenant dans le
dossier 1_prise_en_main/donnees et double-cliquez sur la couche Depts_Aqui_Geofla.shp.
1.3.2 L'interface de QGIS
1 Menus
2 Barres d'outils. On y trouve la même chose que dans les menus, mais sous forme
d'icônes. Pour savoir que fait un outil, passez la souris au-dessus et lisez l'infobulle. Pour
rajouter ou enlever des barres d'outils : menu Vue → Panneaux → Barres d'outils.
3 Liste des couches chargées, aussi appelée table des matières ou table of contents
(TOC). Si plusieurs couches sont présentes, vous pouvez en modifier ici l'ordre d'affichage.
Pour faire apparaître ou disparaître cette zone : menu Vue → Panneaux → Couches
4 Panneaux supplémentaires, par exemple le panneau Explorateur permettant de visualiser
dossiers et données SIG. Différents panneaux sont disponibles : menu Vue → Panneaux
5 Zone de visualisation. On peut zoomer ou se déplacer dans cette zone.
6 Barre d'état. On y trouve les coordonnées du point où se trouve la souris, l'échelle, le
système de coordonnées...
Testez les différents boutons de zoom et de déplacement.
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Pouvez-vous déterminer l'effet de chacun d'entre eux ?
A noter : on peut aussi zoomer et dézoomer en utilisant la molette de la souris, ainsi que le
trackpad. Si vous maintenez la touche espace appuyée, vous pouvez vous déplacer sur la carte
en bougeant la souris. Idem en laissant la molette de la souris enfoncée.
1.3.3 Propriétés d'une couche vecteur
Pour accéder aux propriétés de la couche, clic-droit sur le nom de la couche dans la table
des matières, Propriétés (ou bien double-clic sur le nom de la couche).
Vous avez accès ici à plusieurs propriétés, notamment :
• la manière dont la couche est représentée, dans la rubrique Style. Vous pouvez par
exemple changer ici la couleur des départements
• l'emplacement de la couche, dans la rubrique Général
Dans les propriétés de la couche, rubrique Style, cliquez sur Remplissage simple :
1 Dans la partie Couleurs, vous pouvez modifier la couleur du fond et de la bordure des
départements.
2 Vous pouvez également modifier le style de remplissage : plein, vide, hachures... ainsi que le
style de la bordure : ligne continue, pas de bordure, pointillés...
3 La largeur de la bordure peut aussi être modifiée.
Essayez de donner à votre couche ces différents styles :
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Pour connaître l'emplacement d'une couche :
Rendez-vous dans les propriétés de la couche, rubrique Général, Source de la couche.
1.3.4 Ajout d'une couche raster
Ajoutez une couche raster, soit en passant par le menu Couche → Ajouter une couche
→ Ajouter une couche raster..., soit en cliquant sur l'icône correspondante
Rendez-vous dans le dossier 1_prise_en_main/donnees et sélectionnez la couche
srtm_aqui.tif.
Cliquez sur Ouvrir : la couche s'affiche.
Vous pouvez également ajouter cette couche à partir du panneau Explorateur.
Il s'agit d'un modèle d'élévation numérique : chaque pixel possède
une valeur correspondant à l'altitude en mètres des éléments présents
au sol. Si une forêt est présente, ce sera donc l'altitude du sommet des
arbres qui sera mesurée et non l'altitude du sol, idem si des bâtiments
sont présents.
Après avoir sélectionné la couche
srtm_aqui.tif, utilisez l'outil Identifier
les entités pour cliquer sur un point du
raster et connaître l'altitude de ce point.
Par exemple, ici, c'est un point d'altitude 693
mètres qui a été identifié.
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1.4. Formats de données SIG
Réduire la fenêtre de QGIS. Ouvrir dans l'explorateur de fichiers de votre ordinateur le dossier
1_prise_en_main/donnees.
1.4.1 Format Shapefile ou SHP : un « standard »
Le format shapefile a été créé par ESRI, l'éditeur notamment du logiciel SIG ArcGIS. Ce format est
aujourd'hui l'un des standards du SIG et est couramment utilisé par les logiciels libres de SIG.
Un fichier SHP est en fait composé de plusieurs fichiers, dont 3 sont obligatoires :
• SHP : contient les informations spatiales
• DBF : contient les informations attributaires
• SHX : fichier d'index
Le format DBF impose certaines limitations pour les noms de colonnes : maximum 10 caractères,
éviter les accents...
Un 4ème fichier est aussi bien utile :
• PRJ : contient le code du système de coordonnées et éventuellement de la projection (cf.
partie 2 : Notions de géodésie)
Pour que le shapefile s'ouvre correctement, tous ces fichiers doivent avoir exactement le même
nom et être au même endroit. QGIS peut ouvrir et éditer les fichiers SHP.
1.4.2 Format TAB (MapInfo)
Ce format a été créé pour le logiciel MapInfo. Comme pour le SHP, un fichier au format TAB est en
fait composé de plusieurs fichiers :
• MAP : données spatiales (avec le système de coordonnées)
• DAT : données attributaires
• TAB : structure de la couche
• ID : lien entre les fichiers DAT et MAP
• IND : fichier d'indexation (facultatif)
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QGIS peut ouvrir des fichiers au format TAB, mais il ne peut pas les éditer ; il faudra pour cela les
enregistrer au format SHP.
1.4.3 Formats raster : l'exemple du TIF
La couche srtm_aqui est au format TIF. Ce format permet de stocker les coordonnées du pixel en
haut à gauche de l'image, ainsi que le système de coordonnées de l'image : il s'agit en réalité d'un
GEOTIFF. Ce format est lisible par la plupart des logiciels SIG.
Un fichier srtm_aqui.qml est également présent : ce fichier est facultatif et stocke la manière dont
est représentée la couche raster (ici, du noir au blanc, valeur les plus élevées en noir...). Ce fichier
est lisible uniquement par QGIS.
1.4.4 Application
Combien de couches sont présentes dans le dossier 1_prise_en_main/donnees ? En quel
format est chaque couche ?
1.5. Espace de travail (projet QGS)
1.5.1 Qu'est-ce qu'un projet dans un logiciel SIG?
Un projet est un espace de travail. Sauvegarder un projet équivaut à sauvegarder le style utilisé
pour chaque couche, le zoom... mais pas les données ! C'est en quelque sorte un raccourci pour
éviter de recharger à chaque fois les couches sur lesquelles on travaille, les remettre dans l'ordre,
choisir les couleurs, zoomer sur la zone d'intérêt...
Ouvrez le projet senegal.qgs situé dans le dossier 1_prise_en_main/projets.
Modifiez le zoom et le style des couches (couleur, taille des points...).
Sauvegardez votre projet sous un nouveau nom : clic sur l'icône correspondante, ou bien
menu Projet →Enregistrer sous...
Enregistrez votre projet dans le répertoire 1_prise_en_main/projets, sous le nom
senegal_02.qgs . Cette opération crée un fichier au format QGS.
Le fichier QGS est l'équivalent du WOR sous MapInfo et du MXD sous ArcGIS.
Masquez QGIS, et ouvrez ensuite ce fichier QGS au moyen d'un éditeur de texte type bloc-
notes : vous pouvez y trouver le chemin des couches chargées dans le projet, la description des
couleurs utilisées... Fermez ce fichier.
Il n'est bien sûr pas utile de comprendre en détail le contenu du fichier QGS, mais il est important
de noter qu'il ne s'agit que d'un fichier texte, qui va « appeler » les données. Si vous fournissez
à un collègue votre seul fichier QGS, sans les données correspondantes, ce collègue ne pourra
pas visualiser les données.
1.5.2 Pour aller plus loin : comment un projet appelle-t-il les données?
Le chemin des couches peut être stocké de deux manières dans le fichier QGS :
1. soit par rapport à l'emplacement du QGS : chemin relatif
2. soit « en dur », sous la forme du chemin en entier : chemin absolu
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Dans le cas d'un chemin relatif, ../donnees/senegal_regions.shp signifie qu'il faut remonter d'un
dossier par rapport au dossier dans lequel est situé le projet, puis descendre dans le dossier
donnees pour y trouver la couche senegal_regions.shp
Dans le cas d'un chemin absolu, le chemin est exprimé par rapport à la racine de l'ordinateur :
/home/julie/Bureau/1_prise_en_main/donnees/senegal_regions.shp
Dans QGIS, par défaut les chemins sont sauvegardés en relatif, ce qui permet de transmettre à
un collègue un dossier avec par exemple un sous-dossier données et un sous-dossier projets.
Si vous désirez changer ce comportement pour un projet :
menu Projet → Propriétés du projet... → rubrique Général, changez la propriété Enregistrer
les chemins de relatif à absolu.
Si vous déplacez des couches et que vous ouvrez ensuite un projet QGS qui utilise ces
couches, vous obtiendrez un message d'erreur : le chemin des couches a changé et ne
correspond plus à ce qui est indiqué dans le fichier QGS ! Il est néanmoins possible de spécifier à
nouveau l'emplacement des couches manquantes.
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2. NOTIONS DE GÉODÉSIE
Notions abordées :
• ellipsoïde et géoïde
• coordonnées géographiques
• coordonnées projetées
• SCR d'une couche
• SCR d'un projet
Dans cette deuxième partie, nous verrons qu'il existe plusieurs manières d'exprimer les
coordonnées d'un point, et les conséquences à en tirer dans l'utilisation d'un logiciel SIG.
Introduction
La géodésie est la science qui étudie la forme et les dimensions de la Terre, en tenant compte de
son champ de pesanteur. Nous aborderons ici les différentes manières d'exprimer des
coordonnées, et comment cela se traduit-il dans un logiciel SIG.
La surface de la Terre est très irrégulière et complexe, on peut la modéliser de différentes
manières.
La sphère est le modèle le plus simple.
L'ellipsoïde est une sphère aplatie, plus simple à modéliser. On le définit généralement par ses
demis-axes (a, b et c) et son centre (O).
Le géoïde est une surface perpendiculaire en tout point à la direction de la gravité (fil à plomb).
Cette surface passe par le niveau moyen des mers. Les altitudes sont mesurées par rapport au
géoïde depuis les années 1960 (altitude normale). On peut considérer le géoïde comme un sphère
cabossée. C'est une représentation exacte mais compliquée à utiliser.
Il existe une infinité d'ellipsoïdes, qui peuvent coïncider avec la surface de la Terre sur toute leur
surface (ellipsoïde global) ou seulement sur une partie de leur surface (ellipsoïde local). A l'inverse,
il n'existe qu'un seul géoïde.
2.1. Des coordonnées, oui mais dans quel système ?
2.1.1 Qu'est-ce qu'un système de coordonnées ?
Un système de coordonnées est un système utilisé pour mesurer
des coordonnées. Il peut être défini par un ellipsoïde. Un point sera
alors localisé par ses coordonnées géographiques, exprimées par
la latitude Ф, la longitude λ, et la hauteur ellipsoïdale h mesurée
suivant la normale à l'ellipsoïde.
Longitude et latitude sont des mesures d'angles et peuvent être
exprimées en degrés, en grades ou en radians.
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Attention à ne pas confondre la hauteur ellipsoïdale, mesurée par rapport à l'ellipsoïde, et l'altitude normale
mesurée par rapport au géoïde. Avant les années 1960, les altitudes étaient mesurées par rapport au niveau
de la mer (altitude orthométrique).
Il existe de nombreux systèmes de coordonnées. Ils sont recensés par l'EPSG (European
Petroleum Survey Group) qui a attribué un code à chacun. Quelques exemples :
WGS84 (World Geodetic System 1984), code EPSG 4326 :
Système global initialement mis au point par le département de la défense des États Unis en 1984,
mis à jour en 2004. Son exactitude est métrique, et son ellipsoïde se nomme IAG-GRS80.
RGF93 (Réseau Géodésique Français 1993), code EPSG 2154 :
Système global obtenu par densification des points du réseau mondial associé ETRS89. Il s'agit
du système officiel français. Ce système est facilement compatible avec le WGS84 par exemple.
Certains systèmes seront adaptés à une zone précise, d'autre à la Terre entière. Plusieurs
systèmes coexistent souvent pour une même zone, en raison par exemple de l'avancée des
techniques ou de règlements.
Un même point aura des coordonnées différentes selon le système utilisé pour les mesurer.
Le tableau ci-dessous montre les coordonnées de Paris dans différents systèmes.
Système de coordonnées Code Latitude (degrés) Longitude (degrés)
WGS84 EPSG:4326 48,856700 2,351000
ED50 EPSG:4230 48,857615 2,352286
RGF93 EPSG:4171 48,856700 2,351000
NTF EPSG:4807 48,856769 0,014494
Un point peut donc être défini par 3 coordonnées X, Y et Z dans un système de coordonnées.
Comment représenter maintenant la Terre en 2 dimensions, pour en faire une carte par exemple ?
2.1.2 Coordonnées en deux dimensions : les projections
Le principe est de projeter des données 3D sur une surface plane. Il y aura donc forcément
des déformations : pensez à une peau d'orange qu'on écrase, et qui va se déchirer.
On appelle projection cartographique le système de correspondance entre les coordonnées
géographiques (donc mesurées avec un système de référence) et les points du plan de projection.
De nombreuses méthodes de projections existent, chacune adaptée à un usage différent.
Lorsqu'on utilise une projection, on parle de coordonnées projetées. Ces coordonnées sont par
définition bidimensionnelles, et seront exprimées généralement en unités métriques.
Une projection permet donc de représenter sur une surface plane une partie d'un modèle
ellipsoïdal, mais aussi :
• de rendre plus facile une évaluation des distances et des surfaces
• dans le cas de données 3D, il est plus simple que x, y et z soient tous exprimés en mètres
Dans tous les cas, on va projeter la surface de la Terre sur une forme que l'on peut dérouler pour
obtenir une surface plane : un cylindre, un cône ou un plan. On distingue ainsi les projections
cylindriques, coniques et azimutales (il existe également d'autres types de projections plus
complexes).
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On peut aussi classer les projections selon leurs propriétés. On distingue ainsi :
• les projections équivalentes qui conservent les surfaces
• les projections conformes qui conservent les angles
• les projections aphylactiques, ni conformes ni équivalentes. Elles peuvent être
équidistantes, c'est-à-dire conserver les distances sur les méridiens.
Une projection ne peut être à la fois conforme et équivalente.
Il existe d'autres types de projections, ni équivalentes, ni conformes et ni azimutales.
Pour visualiser les déformations liées à une projection, on peut utiliser les indicatrices de Tissot.
Ce sont des cercles identiques dessinés sur la Terre avant projection, qui se retrouveront donc
déformés après projection. Si la projection déforme les angles, les cercles seront transformés en
ellipses, si elle déforme les surfaces les cercles auront des surfaces différentes.
Un même point aura des coordonnées différentes selon la projection utilisée (et le système
associé à cette projection). Ci-dessous, les coordonnées de Paris mesurées dans différents
systèmes et projections.
Système et projection Code X (en mètres) Y (en mètres)
Mercator EPSG:54004 261712,122 6218386,300
Peters SR-ORG:22 185368,909 6753027,140
RGF93 Lambert93 EPSG:2154 652381,068 6862047,100
Azimutale équidistante pôle sud EPSG:102019 632368,408 15402681,400
En résumé, la projection parfaite n'existe pas; il faut essayer de faire au mieux pour l'usage
auquel on destine la carte. Par exemple, les cartes utilisées pour la navigation conservent
généralement les angles et non les distances. L'échelle de la carte influe également sur le choix de
la projection.
2.1.3 A retenir
On peut exprimer les coordonnées d'un point :
• sous forme de coordonnées géographiques en degrés : latitude, longitude, hauteur
ellipsoïdale. Ces coordonnées sont calculées dans un système géodésique de référence,
sans utilisation de projection
• sous forme de coordonnées en projection en mètres (représentation plane), calculées dans
un système géodésique de référence et avec une projection cartographique
Pour simplifier, dans le reste de ce tutoriel, le système de coordonnées et sa projection associée
s'il y en a une seront nommés SCR (Système de Coordonnées de Référence) suivant la
terminologie utilisée par QGIS.
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2.2. Couches et projets : à chacun son système
2.2.1 SCR du projet
A partir de QGIS, ouvrez le projet regions_france.qgs situé dans le dossier
2_geodesie/projets.
Toutes les couches chargées dans ce projet seront affichées dans le SCR du projet. Quel est
ce SCR ? Trois manières pour accéder à cette information :
• Menu Projet → Propriétés du projet..., rubrique SCR
• Icône statut de la projection tout en bas à droite de la fenêtre de QGIS
• raccourci clavier Ctrl+Maj+P → rubrique SCR
La fenêtre suivante s'ouvre :
1 Projection à la volée : cette fonctionnalité sera décrite dans la partie 2.2.3 Projection à la volée.
2 Partie "recherche" : vous pouvez taper ici un code ou un nom pour rechercher un système
précis.
3 Liste des derniers SCR utilisés (cette partie peut être vide). Cette liste permet d'accéder
facilement aux SCR que vous utilisez souvent.
4 Liste de tous les SCR disponibles dans QGIS. Ils sont classés selon 3 grandes rubriques :
systèmes de coordonnées géographiques, systèmes de coordonnées projetés et systèmes de
coordonnées définis par l'utilisateur (soit qu'ils aient été créés par vous-même, soit qu'ils aient été
lus par QGIS dans une couche).
5 SCR actuellement utilisé par le projet
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Cette fenêtre permet donc de modifier le système de coordonnées du projet, ou bien simplement
de vérifier quel est ce système, ce que nous nous bornerons à faire pour le moment.
A votre avis, quel est le SCR du projet ?
Notez également que le code du SCR du projet est indiqué tout en bas à droite de la fenêtre de
QGIS, dans la barre d'état de QGIS :
2.2.2 SCR d'une couche
Nous allons maintenant chercher à savoir dans quel SCR est la couche
Reg_France_Geofla_L93.shp.
Ouvrez les propriétés de cette couche et allez dans la rubrique Général :
Quel est le SCR de Reg_France_Geofla_L93 ?
Vous avez donc pu constater que notre projet et la couche qui y est présente ont deux SCR
différents. Comment cela est-il possible?
2.2.3 Projection à la volée
La projection à la volée est une fonctionnalité qui permet d'afficher des couches dans un autre
SCR que le leur, le SCR du projet.
Ainsi, la couche Reg_France_Geofla_L93 est affichée en WGS84 bien que son SCR soit le
RGF93 Lambert93. Il s'agit bien uniquement d'une question d'affichage, le SCR de la couche n'est
pas modifié.
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A partir du moment où la projection à la volée est activée dans un projet, toutes les couches
affichées dans ce projet le seront dans le SCR du projet.
Il est donc possible de superposer plusieurs couches dans des SCR différents. C'est ce que nous
allons vérifier!
Ajoutez la couche 2_geodesie/donnees/ne_110m_admin_0_countries.shp au projet. Vérifiez
son SCR. Les deux couches doivent se superposer correctement (même si elles ont des
niveaux de généralisation différents) ; si ce n'est pas le cas vérifiez que la projection à la volée
soit bien activée (cf. 2.2.1 SCR du projet p. 16).
La projection à la volée peut être activée ou désactivée par défaut :
menu Préférences → Options, rubrique SCR
Laissez cochée la case Activer automatiquement la projection à la volée si les couches ont
des SCR différents. Ainsi, chaque projet que vous créerez dans QGIS aura automatiquement
cette fonctionnalité activée.
Pour vérifier d'un coup d’œil si la projection à la volée est activée, regardez l'icône du statut de la
projection tout en bas à droite de la fenêtre de QGIS, dans la barre d'état :
• projection à la volée est activée → l'icône et le code du SCR du projet sont gris foncé, avec
les lettres OTF (On The Fly)
• projection à la volée est désactivée → l'icône et le code du SCR sont gris clair
2.3. Passer d'un système de coordonnées à un autre
2.3.1 Modifier le SCR du projet
Vous avez pu constater dans la partie 2.2 que les couches d'un projet sont affichées dans le SCR
du projet. Comment modifier le SCR du projet pour afficher les couches dans le SCR de votre
choix ?
Nous allons modifier le SCR du projet monde.qgs du WGS84 vers Robinson (code EPSG 53030).
Pour en savoir plus sur la projection de Robinson : http://fr.wikipedia.org/wiki/Projection_de_Robinson
Ouvrez le projet monde.qgs situé dans le dossier 2_geodesie/projets (il est inutile de
sauvegarder le projet actuel).
Ce projet comporte une couche de pays, une couche avec les indicatrices de Tissot (cf. partie
2.1.2), et une couche de graticule, c'est-à-dire de méridiens et de parallèles distants ici de 15
degrés.
Dans quel SCR sont les 3 couches du projet ?
Pour modifier le SCR du projet : menu Projet → Propriétés du projet,
rubrique SCR, ou clic sur l'icône en bas à droite de QGIS :
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1 Vérifiez que la projection à la volée soit bien activée.
2 Tapez robinson dans cette partie, ou bien 53030.
3 Le filtre est activé dans la liste des derniers SCR utilisés. Selon si vous avez déjà utilisé
Robinson, cette partie sera donc ou vide ou avec une ou deux lignes correspondant à ce
système.
4 Le filtre est également activé dans la liste de tous les SCR disponibles : seuls les SCR dont le
nom contient « Robinson » sont affichés. Sélectionnez Sphere Robinson, code EPSG 53030.
5 Vous devez voir dans cette partie le SCR que vous venez de sélectionner.
Cliquez sur OK.
La couche de pays est désormais affichée en Robinson. Son SCR n'a cependant pas été
modifié, ce que vous pouvez vérifier. Observez les modifications apportées aux pays et aux
indicatrices de Tissot.
Répétez cette manipulation pour que le SCR du projet passe en :
• Mercator, code EPSG 54004
• Projection azimutale équidistante du pôle Sud, code EPSG 102019
• RGF93 / Lambert-93, code EPSG 2154
Que constatez-vous dans ce dernier cas ? Pourquoi ?
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2.3.2 Modifier le SCR d'une couche
Nous avons vu que QGIS gère le cas où plusieurs couches dans différents SCR sont affichés dans
un même projet. Cependant, certaines manipulations nécessitent que toutes les couches soient
dans le même SCR. Par ailleurs, par souci de clarté et pour éviter les erreurs, on peut vouloir
travailler avec des couches dans le même SCR.
Pour toutes ces raisons, il est utile de savoir modifier le SCR d'une couche.
Cette manipulation implique de recalculer les coordonnées de tous les objets de la couche
dans un autre SCR.
Par exemple, si la couche d'origine est en WGS84 et contient un point correspondant à la ville de
Paris, et que le but est d'obtenir une couche en RGF93 / Lambert-93 , les coordonnées initiales du
point (48,856700 2,351000 en WGS84) seront recalculées pour devenir (652381.068
6862047.100) en RGF93 / Lambert-93.
Cette manipulation crée une nouvelle couche. La couche d'origine et la couche résultat se
superposeront exactement dans QGIS si la projection à la volée est activée, puisqu'elles
contiendront exactement les mêmes objets.
L'objectif sera ici de créer une nouvelle couche pays en Sphere Bonne (EPSG 53024) :
Clic-droit sur la couche ne_110m_admin_0_countries → Enregistrer sous...
• Format : laisser ESRI Shapefile pour que la couche qui sera créée soit au format SHP
• Enregistrer sous : cliquer sur le bouton Parcourir, rendez-vous dans le répertoire
2_geodesie/donnees et tapez le nom de la couche qui va être créée : pays_bonne
• SCR : cliquez sur l'icône à droite et sélectionnez le SCR Sphere_Bonne, code EPSG 53024
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• laissez les autres options par défaut, en vérifiant que la case Ajouter les fichiers
sauvegardés à la carte soit bien cochée, afin que la nouvelle couche soit directement
ajoutée dans QGIS
Cliquez sur OK.
Si vous avez bien coché la case correspondante, la couche est automatiquement ajoutée à la
carte. Sinon, ajoutez-la dans QGIS.
Vérifiez dans ses propriétés que son SCR soit bien Sphere Bonne.
Vous pouvez si vous le voulez modifier également le SCR du
projet en Sphere Bonne. Il existe un raccourci pour cela : clic
droit sur la couche en Bonne, Définir le SCR du projet depuis
cette couche. Le projet prend alors le même SCR que cette
couche.
2.3.3 Redéfinir le SCR d'une couche
Il existe une autre manipulation souvent confondue avec le fait de modifier le SCR d'une couche :
redéfinir le SCR d'une couche. Dans ce cas, les coordonnées ne sont pas recalculées et aucune
nouvelle couche n'est créée, le SCR associé à la couche est simplement modifié.
Pour reprendre l'exemple utilisé plus haut d'une couche en WGS84 contenant un point
correspondant à la ville de Paris de coordonnées (48,856700 2,351000), si le SCR de cette
couche est redéfini en RGF93 / Lambert-93, les coordonnées du point resteront (48,856700
2,351000) mais ces coordonnées seront renseignées comme étant mesurées dans le SCR RGF93
/ Lambert-93.
Le point ne sera donc pas affiché, ou affiché à un endroit aberrant, puisqu'il n'est pas possible de
trouver de telles coordonnées dans ce SCR (en RGF93 / Lambert-93, les X varient de 100 000 à 1
200 000 et les Y de 6 000 000 à 7 100 000).
Redéfinir le SCR d'une couche n'est donc utile que dans deux cas bien précis :
• le SCR n'est pas défini du tout, ce qui peut arriver par exemple pour certaine couches
trouvées sur internet. Il faudra alors retrouver dans quel SCR a été initialement créée la
couche
• le SCR est mal défini (quelqu'un – ou vous-même ! - a donc déjà effectué cette
manipulation à tort)
Pour vous rendre compte à coup sûr si une couche n'a pas de SCR défini, rendez-vous dans le
menu Préférences → Options → rubrique SCR :
Pour l'option Quand une nouvelle couche est créée ou quand une couche est chargée
sans SCR, vérifiez que l'option Demander le SCR soit bien celle sélectionnée.
Ainsi, si vous chargez une couche dont le SCR n'est pas défini, QGIS vous avertira et vous
demandera de spécifier un SCR pour cette couche (ce sera cependant à vous de retrouver le SCR
initial dans lequel aura été créée cette couche).
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3. MANIPULER DES DONNÉES VECTEUR
Notions abordées :
• Création d'une couche de points à partir d'un fichier texte XY
• Requêtes attributaires
• Requêtes spatiales
• Géotraitements (découpage, intersection)
• Calcul de champ
Dans cette troisième partie, nous verrons plusieurs exemples de manipulations sur des données
vecteurs : créer une couche de points à partir d'un fichier texte, sélectionner des données selon
différents critères, croiser des couches données, manipuler les données attributaires.
3.1. Créer une couche de points à partir d'un tableau de coordonnées
L'exemple portera ici sur un fichier au format CSV : il s'agit d'un fichier texte comportant des
colonnes séparées par un caractère, généralement une virgule, parfois aussi un point-virgule ou
une tabulation (http://fr.wikipedia.org/wiki/Comma-separated_values).
Pour information, il est possible de créer un fichier au format CSV à partir d'un fichier ODS (Libre
Office) ou XLS (Microsoft Office) par exemple.
3.1.1 Qu'y a-t-il dans le fichier texte ?
Dans l'explorateur de votre ordinateur, ouvrez le fichier villes_bhutan.csv situé dans le dossier
3_manip_vecteur/donnees à l'aide d'un éditeur de texte simple (pas dans un tableur) : par
exemple, WordPad dans Windows, TextEdit sous Mac, gedit sous Ubuntu.
Ici, le caractère utilisé pour séparer les colonnes est le point-virgule. La première ligne contient les
en-têtes de colonnes.
Combien de colonnes y a-t-il dans le fichier villes_bhutan.csv et comment se nomment ces
colonnes?
Quelle est la latitude de la ville de Timphu?
A votre avis, dans quel SCR sont mesurées la latitude et la longitude ?
Fermez le fichier sans enregistrer les modifications, quittez l'éditeur de texte.
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3.1.2 Visualisation des données dans QGIS
Ouvrez un nouveau projet vide dans QGIS.
Ajoutez la couche ne_10m_admin_0_countries.shp située dans le dossier
3_manip_vecteur/donnees. Cette couche servira à vérifier que les villes du Bhoutan
sont bien placées au Bhoutan.
Cliquez sur l'icône Ajouter une couche de texte délimité, ou bien allez dans le Menu
Couche → Ajouter une couche → Ajouter une couche de texte délimité
• Cliquez sur le bouton Parcourir et sélectionnez le fichier villes_bhutan.csv
• Nom de la couche : vous pouvez laisser villes_bhutan ou bien tapez le nom de votre choix
• Format de fichier : choisir délimiteurs personnalisés et sélectionner le point-virgule
• Définition de la géométrie : choisir les colonnes X et Y
Cliquez sur OK. Le logiciel vous demande ensuite dans quel SCR sont mesurées les
coordonnées du fichier CSV : choisissez le WGS84 (code EPSG 4326).
Zoomez sur la couche de points et ouvrez sa table attributaire.
3.1.3 Création du shapefile de points
Regardez à quel emplacement est stockée votre couche (propriétés de la couche, rubrique
Général). Vous pouvez observer que cet emplacement fait référence à un fichier CSV et non à
un fichier SHP.
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Par ailleurs, si vous sélectionnez la couche de villes dans la table des matières, vous pouvez
constater que l'icône pour passer en mode édition est désactivée, au contraire de notre couche
de pays. La couche de villes n'est donc pas éditable.
Icône édition activée : Icône édition désactivée :
Bien que nous puissions visualiser les villes dans QGIS, aucun SHP n'a été créé, ce qui est
d'ailleurs logique dans la mesure où QGIS ne nous a demandé à aucun moment de choisir un
emplacement pour cette couche.
En fait, nous avons seulement créé une couche temporaire, uniquement stockée dans le
projet QGS en cours. Comment faire pour sauvegarder cette couche ?
Clic-droit sur la couche villes_bhutan → Sauvegarder sous...
• Cliquez sur Parcourir pour sélectionner l'emplacement où la couche sera créée et lui donner
un nom
• Laissez les autres paramètres par défaut
Cliquez sur OK; la couche est ajoutée à QGIS, vous devez donc avoir deux couches de villes
identiques au premier abord; cependant, l'une est temporaire et l'autre permanente.
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3.2. Joindre des données attributaires à une couche
3.2.1 Comment fonctionne une jointure attributaire ?
Dans un logiciel SIG, une jointure attributaire consiste à lier à une couche des données provenant
d'une table ou d'une autre couche. On se base pour cela sur les données attributaires.
Un champ de la couche de départ et un champ de la table contenant les données à joindre servent
de champs clé. Ces champs doivent être de même type (texte, nombre) et contenir les mêmes
données. Le logiciel se base sur le contenu de ces champs pour déterminer quel élément de la
table est lié à quel élément de la couche.
Dans l'illustration ci-dessus, les données de départ sont :
• une couche de polygone avec les régions du Bhoutan. La table attributaire comporte le
nom et le code de chaque région, mais pas leur population.
• un tableau avec le code de chaque région et sa population en 1995
Les données de la table sont jointes aux données du shapefile, en se basant sur le code région :
champ CODEREGION pour le shapefile et champ REG_CODE pour le tableau.
Au final, on obtient une couche shapefile des régions du Bhoutan, avec en données attributaires
les données de la couche de départ et les données du tableau, donc la population.
Il arrive qu'un élément de la couche de départ corresponde à plusieurs éléments de la table.
Différentes stratégies sont alors possibles selon les logiciels et le type de champ : ne prendre en
compte que les données du premier élément lié, calculer la moyenne des données...
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3.2.2 Application : population au Bhoutan
Créez un nouveau projet QGIS et ajoutez-y la couche des régions du Bhoutan
regions_bhutan.shp.
Ajoutez également au projet la table pop_bhutan.csv : pour cela, vous pouvez soit double-
cliquer sur ce fichier à partir du panneau explorateur, soit à partir de l'icône ou du menu en
choisissant Tous les fichiers comme format de fichier :
Vous devez donc avoir dans QGIS ces deux données (notez l'icône de tableau pour le CSV) :
Ouvrez les deux tables attributaires.
A votre avis, pour pouvoir effectuer une jointure entre les 2 tables, quels seront les 2 champs
clés ?
Allez dans les propriétés de la couche regions_bhutan, rubrique Jointure :
Cliquez sur le symbole + pour ajouter une jointure :
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Choisissez les données à joindre : pop_bhutan et les champs clés.
Notez qu'on peut choisir d'ajouter ou non chaque champ de la couche à joindre !
Cochez la case Personnaliser le préfixe du champ, afin de choisir le préfixe des champs qui
seront ajoutés grâce à cette jointure : CSV_ .
Vous pouvez également laisser vide cette case, pour ne pas ajouter de préfixe aux noms des champs joints.
Attention cependant, dans ce cas s'il existe déjà des champs de même nom dans la table d'origine, cela
peut causer des problèmes.
Ouvrez la table attributaire de la couche regions_bhutan.shp : les données de la table ont été
ajoutées (champ CSV_POPEST95).
Cependant, la couche n'a pas été modifiée, la jointure n'est que temporaire. Pour sauvegarder
définitivement la jointure, il faut sauvegarder la couche sous un autre nom.
Notez également que les champs joints pourront être renommés, à l'aide de l'extension Table
Manager.
3.3. Sélectionner des entités selon leurs attributs
Nous allons voir ici comment utiliser les données de la table attributaire pour sélectionner des
éléments d'une couche, par exemple comment sélectionner les départements dont le nom
commence par « A ».
Nous ne passerons en revue que quelques unes des possibilités de QGIS en matière de requête
attributaire. Pour une description de tous les opérateurs et fonctions possibles : voir le manuel
QGIS :http://docs.qgis.org/2.8/fr/docs/user_manual/working_with_vector/expression.html#vector-
expressions (cette partie correspond à la calculatrice de champ mais est valable également pour
les requêtes attributaires).
3.3.1 Faire une requête simple
Créez un nouveau projet QGIS.
Ajoutez la couche departements.shp située dans le dossier 3_manip_vecteur/donnees.
Ouvrez la table attributaire de cette couche.
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Nous avons vu précédemment comment sélectionner une entité en cliquant sur le numéro de la
ligne correspondante ou bien directement sur cette entité sur la carte (cf. 1.2.3 p. 5). Vous pouvez
aussi passer par une requête attributaire :
Dans la barre d'outils située en haut de la table attributaire, cliquez sur l'icône Sélectionner les
entités en utilisant une expression :
La fenêtre de requête attributaire s'ouvre :
Pour faire une requête simple, par exemple pour sélectionner le département du Nord :
• Cliquez sur Champs et valeurs dans la colonne du milieu : la liste des champs de la table
apparaît
• Double-cliquez sur le champ NOM_DEPT pour le faire apparaître dans la case Expression à
gauche de la fenêtre (notez les guillemets doubles)
• Cliquez sur l'opérateur = en haut à gauche
• Cliquez sur le bouton Charger les valeurs uniques : Toutes pour voir dans la case Valeurs la
liste des valeurs uniques du champ (ici, NOM_DEPT)
• Double-cliquez sur la valeur 'NORD' (notez les guillemets simples)
• A ce stade, la case Expression doit contenir : "NOM_DEPT" = 'NORD'
• Cliquez sur le bouton Sélection en bas de la fenêtre
La fenêtre de requête attributaire ne se ferme pas automatiquement ; vous pouvez ou la fermer
en cliquant sur le bouton Fermer ou bien simplement la déplacer pour vérifier sur la carte le
résultat de votre sélection.
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Vous pouvez lire le nombre d'éléments sélectionnés en haut de la table attributaire :
Vous venez d'effectuer une requête attributaire simple. Il est
important de comprendre qu'une requête ne modifie pas les
données, elle les sélectionne simplement.
Bien sûr, il est plus intéressant d'utiliser les requêtes pour
sélectionner plusieurs éléments en même temps !
3.3.2 Créer une nouvelle couche à partir d'une sélection
Il est possible de créer une nouvelle couche shapefile à partir d'une sélection.
Votre département du Nord étant toujours sélectionné, clic droit sur la couche de départements
→ Enregistrer sous... :
• cliquez sur Parcourir pour choisir à quel endroit sera sauvegardée la nouvelle couche, et
sous quel nom : dept59 par exemple
• cochez la case N'enregistrer que les entités sélectionnées
• et cliquez sur OK
La nouvelle couche est automatiquement ajoutée à QGIS. Elle ne contient qu'un seul département,
celui du Nord.
3.3.3 Quelques opérateurs
Dans l'exemple ci-dessus, nous avons utilisé l'opérateur = pour notre requête. Il en existe d'autres,
comme par exemple les opérateurs mathématiques < et >, *, /...
Ajoutez la couche communes_NordPasDeCalais située dans le dossier
3_manip_vecteur/donnees.
Fermez la table attributaire de la couche de départements et ouvrez celle de la couche de
communes. Cette table comporte une colonne POPULATION avec la population de chaque
commune en milliers d'habitants.
Nous allons faire une requête pour sélectionner les communes de + de 10 000 habitants.
Ouvrez la fenêtre de requête pour la couche de communes :
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• Cliquez sur Champs et valeurs pour voir la liste des champs, puis double-cliquez sur le
champ POPULATION
• Dans la case Expression, tapez > 10 (puisque la population est en milliers d'habitants)
Il est également possible d'aller chercher l'opérateur > dans la liste des opérateurs, dans la
colonne du milieu. Il faut ensuite taper la valeur 10 à la main.
Une fois votre requête tapée, cliquez sur le bouton
Sélection pour voir le résultat.
La ligne Opérateurs visible dans la fenêtre de sélection n'en
comporte que quelques uns; vous pouvez tous les retrouver
dans la catégorie Opérateurs de la colonne du milieu. En
cliquant sur un opérateur, vous pouvez lire l'aide dans la
partie de droite de la fenêtre.
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Intéressons-nous aux opérateurs LIKE et ILIKE. Ces deux opérateurs sont utilisées sur du texte.
L'opérateur LIKE permet de comparer une chaîne de caractère à une autre chaîne qui peut utiliser
le caractère joker %.
Ce caractère peut remplacer un ou plusieurs caractères : par exemple, 'A%' peut correspondre à
Ardèche, Allier...
L'opérateur ILIKE est équivalent à LIKE mais ne tient pas compte de la casse (majuscules ou
minuscules).
Sélectionnons les communes dont le nom se termine par 'IN' :
Écrivez la requête suivante :
"NOM_COMM" LIKE '%IN'
(soit en la tapant à la main soit en double-cliquant sur les différents éléments).
3.3.4 Combiner plusieurs critères
Comment faire si l'on veut sélectionner par exemple les communes de + de 10 000 habitants dont
le nom se termine par 'IN' ?
Il s'agit ici de combiner deux critères. Deux opérateurs permettent cela : AND (et) et OR (ou).
• Avec l'opérateur AND, tous les critères doivent être remplis
• Avec l'opérateur OR, il suffit qu'un seul des critères soit rempli
Quelle requête utiliser pour sélectionner les communes de moins de 10 000 habitants dont le
nom commence par A ?
(indice : 98 communes seront sélectionnées)
Quelle requête utiliser pour sélectionner les communes de Lille, Roubaix et Tourcoing ?
Pour ne voir que les lignes sélectionnées dans la table : choisissez Ne montrer que les entités
sélectionnées dans la liste déroulante en bas à gauche de la table.
3.3.5 Quelques exemples à tester
Pouvez-vous sélectionner ? ...
(plusieurs requêtes sont parfois possibles pour un même résultat)
La commune d'Arras ?
La commune de code INSEE 62041 ?
Les communes du département du Nord ? (650 communes sélectionnées)
Les communes dont le nom contient 'OO' ? (10 communes sélectionnées)
Les communes dont le nom commence par 'M' et se termine par 'in' ? (4 communes
sélectionnées)
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Les communes dont la population est comprise entre 10 000 et 50 000 habitants inclus ? (71
communes sélectionnées)
Les communes du département du Nord, dont le nom contient ou 'w' ou 'oo', et dont la
population est inférieure ou égale à 10 000 habitants ? (55 communes sélectionnées)
Dans la fenêtre de requête attributaire, vous pouvez retrouver les dernières requêtes utilisées dans la
colonne du milieu, rubrique « Récent (Sélection) ».
3.4. Sélectionner des entités selon leur géométrie
Nous venons de voir comment sélectionner des éléments en fonction des données de la table
attributaire ; nous allons voir ici comment sélectionner des éléments en fonction de leur position
par rapport aux éléments d'une autre couche.
Contrairement aux requêtes attributaires, les requêtes spatiales mettent donc le plus souvent deux
couches en jeu : une couche dans laquelle sera faite la sélection, et une couche de référence.
On peut par exemple, à l'aide d'une couche de points et d'une couche de polygones, sélectionner
tous les points situés dans les polygones.
3.4.1 Faire une requête spatiale simple
Créez un nouveau projet QGIS et ajoutez-y la couche communes_NordPasDeCalais et la
couche eoliennes.
Le but va être ici de sélectionner toutes les communes du Nord-Pas-de-Calais sur lesquelles sont
implantées une ou plusieurs éoliennes.
Rendez-vous dans le menu Vecteur → Outils de recherche → Sélection par localisation.
• Sélection d'entités dans : il s'agit de la couche dans laquelle sera faite la sélection,
sélectionnez la couche de communes
• qui intersecte les entités dans : il s'agit de la couche par rapport à laquelle seront
sélectionnés les éléments, sélectionnez la couche d'éoliennes
• Cochez la case Inclure les entités en entrée qui intersectent les entités sélectionnées
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• Cliquez sur OK, vous pouvez ensuite fermer la fenêtre.
Les communes sélectionnées apparaissent en jaune, on peut lire en bas à gauche de la fenêtre
de QGIS le nombre d'entités sélectionnées : ici 117.
Il existe (au moins) une autre méthode pour effectuer des requêtes spatiales dans QGIS.
Rendez-vous dans le menu Extensions → Installer/Gérer les extensions. Dans la rubrique
Toutes, cochez la case Extension de requête spatiale.
(Cette extension est installée par défaut, mais non activée). Vous pouvez ensuite effectuer la
même requête à partir du menu Vecteur → Requête spatiale → Requête spatiale.
Ces deux outils sont à peu près équivalents mais présentent des différence au niveau des
opérateurs notamment. A vous de choisir lequel est le plus adapté en fonction de ce que vous
souhaitez faire !
3.4.2 Quelques exemples
Ajoutez la couche dept59 créée précédemment, ainsi que la couche COURD01 correspondant
aux cours d'eau de + de 100 km.
Entre deux requêtes, pour être sûr de repartir à zéro, utiliser l'outil Désélectionner
toutes les entités.
En utilisant différents opérateurs, pouvez-vous dire ?...
→ s'il y a des éoliennes qui ne sont pas dans une commune du Nord-Pas-de-Calais ? Pour
cette question il peut être plus simple d'utiliser l'extension de requête spatiale.
(4 éoliennes sur 440)
→ combien de communes sont traversées par un cours d'eau ? (482 communes sur 1545)
→ combien le département du Nord comporte-t-il de communes ? (650 communes sur 1545)
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3.5. Manipuler les géométries
Nous aborderons dans cette partie quelques traitements possibles sur des données vecteur. Il en
existe bien sûr beaucoup d'autres !
L'objectif sera ici d'étudier l'évolution des îlots de culture majoritairement en prairie entre 2010 et
2012, dans le canton de Maël-Carhaix en Côtes d'Armor.
Pour bien suivre les différentes étapes de cette partie, vous pouvez utiliser l'organigramme fourni
dans organigrammes/geotraitements vecteur.pdf)
3.5.1 Regrouper des entités en fonction d'un attribut : agrégation de communes pour
former les cantons
Créez un nouveau projet QGIS. Ajoutez-y la couche communes_22_geofla, qui correspond
aux communes du département des Côtes d'Armor.
Donnez au projet le même SCR que celui de la couche de communes.
Notre but sera ici de créer un polygone correspondant à notre zone d'étude, soit le canton de
Maël-Carhaix (code canton 23).
Dans un premier temps, pour simplement visualiser les différents cantons, nous allons représenter
les communes de manière différente suivant le code de canton. Cette étape n'est pas utile en soi
mais permet de mieux comprendre la manipulation.
Affichez les propriétés de la couche communes_22_geofla, rubrique Style :
Choisissez le mode Catégorisé au lieu de Symbole unique,
en fonction de la colonne CODE_CANT (code canton), avec
comme palette de couleur Couleurs au hasard, et cliquez
sur Classer.
Cliquez sur OK : chaque commune est colorée suivant son
canton.
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Nous allons maintenant créer une couche de cantons à partir des communes, en fusionnant
toutes les communes ayant le même code canton.
Menu Vecteur → Outils de géotraitement → Regrouper :
• Couche vectorielle de saisie : sélectionnez la couche communes_22_geofla
• Vérifiez que la case Utiliser uniquement les valeurs sélectionnées soit décochée
• Champ de catégorie : sélectionnez le champ selon lequel agréger les communes, soit
CODE_CANT
• Fichier de sortie : cliquez sur Parcourir pour choisir où créer la couche et lui donner un
nom (cantons par exemple)
• Cochez la case Ajouter le résultat au canevas de la carte
• OK, puis fermer la fenêtre une fois l'opération terminée
Le résultat est ajouté à QGIS.
Si vous ouvrez la table attributaire de cette couche, vous pourrez
constater qu'un certain nombre des champs n'ont plus de sens…
Nous verrons partie 4.3.1 comment supprimer des champs.
Il ne reste plus ensuite qu'à créer une couche ne comportant que le canton de Maël-Carhaix,
code canton 23. Pour cela, sélectionnez ce canton à l'aide d'une requête attributaire, et créez
une nouvelle couche à partir de la sélection, que vous nommerez canton23 (cf. 3.3.2 Créer une
nouvelle couche à partir d'une sélection).
Une autre méthode, légèrement plus rapide, aurait pu être utilisée pour créer cette couche,, avec une
sélection préalable... Pouvez-vous la trouver ?
3.5.2 Découper une couche par une autre
Ajoutez les couches RPG_2010_022_prairies et RPG_2012_022_prairies. Ces 2 couches
correspondent à des îlots de culture majoritairement en prairie pour 2010 et 2012.
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Le but sera ici de découper ces deux couches pour ne garder que les îlots du canton de Maël-
Carhaix.
Menu Vecteur → Outils de géotraitement → Découper :
• Couche vectorielle de saisie : sélectionnez la couche de prairies 2010
• Couche de découpage : choisir la couche servant de masque de découpe, en l'occurrence
le canton 23
• Fichier de sortie : cliquez sur Parcourir, choisissez l'endroit où la couche sera créée,
donnez lui un nom, par exemple RPG_2010_canton23_prairies
• Cliquez sur OK
Contrairement à une requête spatiale, le découpage modifie les entités en les découpant suivant
les limites de la couche de découpage. Une requête se borne à sélectionner par exemple les îlots
à l'intérieur des communes, ou intersectant les communes, comme ci-dessous :
Découpage Requête spatiale
Répétez l'opération pour découper la couche RPG_2012_022_prairies par le canton 23.
Nommez la couche obtenue RPG_2012_canton23_prairies.
Ouvrez la table attributaire de l'une ou l'autre couche obtenue par découpage ; elle contient les
mêmes champs que la couche initiale d'îlots RPG.
3.5.3 Données communes entre deux couches : intersection
L'intersection entre deux couches crée une troisième couche, avec uniquement
les parties communes aux deux couches.
Nous allons ici intersecter les prairies de 2010 et de 2012, pour voir les îlots en
prairie aux 2 années, pour le canton 23.
Rendez-vous dans le menu Vecteur → Outils de géotraitement → Intersection :
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• Couche vectorielle de saisie : choisir la couche de prairies 2010 du canton 23. Ne pas
cocher la case « Utiliser uniquement les entités sélectionnées » puisqu'il s'agit d'intersecter
toutes les prairies
• Couche d'intersection : choisir la couche de prairies 2012 du canton 23. Idem, ne pas
cocher la case « Utiliser uniquement les entités sélectionnées »
• Fichier de sortie : cliquez sur Parcourir, tapez le nom (intersection_prairies_2010_2012
par exemple) et l'emplacement de la couche qui sera créée
Cliquez sur OK, fermez la fenêtre d'intersection.
Vous devez obtenir une couche similaire
à celle de l'illustration.
Ouvrez la table attributaire de cette
couche : notez que les champs des deux
couches de départ sont présents.
En vert : intersection, en jaune : 2010 et en bleu : 2012
3.5.4 Pour aller plus loin : manipuler des données attributaires en calculant le % de
prairies 2010 restées en prairies en 2012
Le but est de calculer quel % des prairies 2010 est resté en prairie en 2012.
Pour cela, il faudra calculer :
• la somme des surfaces en prairies en 2010 (couche RPG_2010_canton23_prairies)
• la somme des surfaces en prairies communes entre 2010 et 2012 (couche
intersection_prairies_2010_2012)
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Ouvrez la table attributaire de la couche RPG_2010_canton23_prairies. Nous allons ajouter un
champ surface à cette table et calculer pour chaque entité sa surface en hectares.
Pour pouvoir éditer la couche, cliquez sur l'icône Activer le mode d'édition en haut à
gauche de la table (par défaut, les couches sont verrouillées et ne peuvent être modifiées).
Cliquez ensuite sur l'icône Ouvrir la calculatrice de champs en haut à droite de la table.
La calculatrice de champ permet la création et le calcul de champs.
• Choisissez Créer un nouveau champ, nommez le surf_ha, choisissez le type décimal, une
longueur de 10 et une précision de 2 (2 chiffres après la virgule)
• Dans la liste des fonctions, dans la rubrique géométrie, double-cliquez sur la fonction $area
puis rajoutez dans la case expression / 10 000 (par défaut, la surface est calculée en unités
de la couche, donc en m2 puisque la couche est projetée en Lambert 93, et 1ha = 10 000m2)
• Au final, l'expression est donc $area / 10 000
• Cliquez sur OK
Quittez le mode édition, en enregistrant les modifications ; la colonne est ajoutée et
remplie.
Vous pouvez vérifier le calcul pour un îlot, en mesurant sa surface « à la main » avec l'outil
Mesurer une aire, et en comparant le résultat avec celui de la table : les 2 résultats doivent être
proches.
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Procédez de la même manière pour créer et calculer un champ surface en hectare pour la
couche d'intersection intersection_prairies_2010_2012. N'oubliez pas de quitter le mode
édition une fois l'opération terminée.
Pour calculer la somme des surfaces pour une couche :
menu Vecteur → Outils d'analyse → Statistiques basiques :
• Couche vectorielle en entrée : RPG_2010_canton23_prairies
• Champ ciblé : surf_ha
Cliquez sur OK, notez la somme obtenue pour 2010 :
Procédez de la même manière pour obtenir la somme des surfaces de prairies présentes en
2010 et 2012 :
Quel est le % de prairies 2010 restant en prairie en 2012 ?
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4. MANIPULER DES DONNÉES RASTER
Notions abordées :
• Modification du SCR d'un raster
• Découpage de raster par un polygone
• Analyse de terrain (calcul de pente)
• Statistiques zonales
• Calcul raster
Dans cette quatrième partie, nous verrons quelques exemples de manipulations sur des données
raster : gérer les systèmes de coordonnées, croiser données raster et vecteur, croiser des
données raster et traiter des données d'altitudes.
Pour cela, nous allons continuer à travailler sur les prairies de Côte d'Armor. Nous allons
télécharger un Modèle d’Élévation Numérique, le projeter et le découper par notre zone d'étude,
puis créer un nouveau raster de pente à partir de ce raster d'élévation. Ce raster de pente nous
servira à calculer pour chaque îlot de culture en prairie sa pente moyenne.
A partir des mêmes couches que précédemment (prairies 2010 et 2012), nous testerons
l'intersection en utilisant cette fois des données raster au lieu de vecteur.
Pour bien suivre les différentes étapes de cette partie, vous pouvez réaliser vous-même, sur
papier, un organigramme similaire à celui utilisé en 3.5.
4.1. Télécharger une dalle SRTM, la projeter et la découper
Le modèle SRTM est un Modèle d’Élévation Numérique (cf. 1.3.4) issu d'une collaboration
NASA/NGA (National Geospatial-Intelligence Agency). Ces données sont en téléchargement libre.
Dans un navigateur internet, rendez-vous sur : http://dwtkns.com/srtm/
et cliquez sur la case recouvrant l'ouest de la France (dalle 36_03).
Téléchargez cette dalle, enregistrez-la dans le dossier
4_manip_raster/donnees et décompressez-la (au cas où le
téléchargement ne fonctionnerait pas, la dalle est disponible
dans votre dossier 4_manip_raster).
Dans QGIS, créez un nouveau projet et ajoutez la couche raster
srtm_36_03.tif. Dans quel SCR est cette couche ?
Les pixels « dans la mer » sont affichés comme « sans données ». En réalité, chaque pixel d'un
raster ayant une valeur, ils ont bien une donnée associée. Pour savoir laquelle, rendez-vous
dans les propriétés de la couche, rubrique Métadonnées, chercher Aucune valeur de
données dans le bas de la fenêtre, noter la valeur.
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Dans la mesure où toutes nos autres couches (prairies, communes) sont en RGF93 Lambert93,
et où l'élévation est mesurée en mètres, il est plus facile de travailler également avec des
coordonnées en mètres en XY, et donc de projeter le raster en Lambert 93.
Menu Raster → Projections → Projection...
• Fichier source : srtm_36_03
• Fichier en sortie : cliquer sur Sélection, choisir l'emplacement et taper le nom de la couche
qui sera créée : srtm_36_03_L93
• SCR source : il est lu automatiquement
• SCR cible : cliquer sur Sélection, choisir le RGF93 Lambert 93 (code EPSG 2154)
• Données sans valeurs : choisir la même valeur que celle de srtm_36_03, soit -32768
• Cocher la case Charger dans le canevas une fois terminé
OK, patientez... La nouvelle couche est ajoutée dans QGIS ; vérifiez son SCR.
La prochaine étape sera de découper ce raster pour ne garder que la zone du canton de Maël-
Carhaix.
Notez qu'on aurait pu sauter cette étape en sélectionnant la couche du canton 23 comme couche de
masquage en réalisant la projection. Mais faire cette opération en 2 étapes nous permet de voir le
fonctionnement de 2 outils.
Ajoutez à QGIS la couche canton23 créée en 3.5.1 p. 34. Si vous avez sauté cette étape, la
couche est également disponible dans le dossier 4_manip_raster/donnees.
Menu Raster → Extraction → Découper...
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• Fichier source : srtm_36_03_L93
• Fichier en sortie : cliquez sur Sélection..., choisir l'emplacement, taper le nom :
srtm_canton23_L93
• Valeur nulle : -32768
• Mode de découpage : couche de masquage, avec la couche canton23
La nouvelle couche doit ressembler à l'illustration ci-contre.
4.2. Calculer la pente à partir de l'altitude
Il est possible de créer à partir d'un raster d'altitude un raster de pente : chaque
pixel aura la valeur de la pente en ce point.
La pente est calculée en fonction de la distance horizontale et de la hauteur (d'où
l'importance d'avoir préalablement projeté le raster, pour que distance horizontale
et hauteur soient dans la même unité).
Pour en savoir plus sur le mode de calcul de la pente à partir de l'altitude :
http://help.arcgis.com/fr/arcgisdesktop/10.0/help/index.html#/na/009z000000vz000000/
Menu Raster → Analyse → MNT/DEM (Modèles de terrain) :
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• Fichier source : sélectionnez
srtm_canton23_L93
• Fichier en sortie : cliquez sur
Sélection... et sélectionnez
l'emplacement de la couche qui sera
créée, tapez son nom :
pente_canton23_L93
• Mode : choisir Pente dans la liste
déroulante
• Cochez la case Charger dans la
carte une fois terminé
• Laissez les autres paramètres par
défaut
Pour plus d'infos sur les méthodes de Zevenberger & Thorne et Horn :
http://www.macaulay.ac.uk/LADSS/documents/DEMs-for-spatial-modelling.pdf, p. 12 et 13)
Cliquez sur OK, patientez... la couche s'affiche.
Ici, les pixels sombres représentent des pentes faibles et les
pixels clairs de fortes pentes.
En cliquant sur un pixel avec l'outil Identifier les entités, vous
pouvez connaître la valeur de la pente pour ce pixel :
Ici, le pixel a une pente de 13,5° environ.
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4.3. Croiser des données vecteur et raster : pente moyenne par parcelle
Ajoutez à QGIS la couche vecteur RPG_2010_canton23_prairies créée en 3.5.2,
correspondant aux îlots de culture en prairie majoritaire pour le canton 23, en 2010. Si vous
avez sauté cette étape, la couche est également disponible dans le dossier
4_manip_raster/donnees.
Le but va être ici de calculer pour chaque parcelle sa pente moyenne.
4.3.1 Calcul de pente moyenne par parcelle
L'outil de statistiques de zone permet, à partir d'une couche vecteur et d'une couche raster,
d'ajouter 3 champs à la couche vecteur correspondant à la somme et la moyenne des valeurs
des pixels du raster pour chaque polygone, et au nombre de pixels du raster pour chaque
polygone.
Menu Raster → Statistiques de zone → Statistiques de zone
• Couche raster : pente_canton23_L93
• Couche de polygone : RPG_2010_canton23_prairies
• Préfixe de la colonne en sortie : pente_
Lancez le calcul en cliquant sur OK.
Cet outil ne crée pas de nouvelle couche mais modifie directement la couche de polygones.
Ouvrez la table attributaire de RPG_2010_canton23_prairies :
Les champs pente_coun(nombre de pixels), pente_sum (somme des valeurs de pente) et
pente_mean (moyenne des valeurs de pente) ont été ajoutés.
Seul le champ pente_mean nous intéresse. Pour supprimer les 2 autres :
Passez en mode édition, puis cliquez sur l'icône Supprimer une colonne.
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Supprimez les 2 champs pente_coun et pente_sum, et quittez le mode édition.
Y a-t-il des valeurs de pente_mean aberrantes ? Pourquoi ?
Pour masquer ces valeurs (les polygones n'apparaîtront plus sur la carte ni dans la table) :
Clic droit sur la couche, Filtrer : utilisez l'expression "pente_mean" >= 0
Notez que lorsqu'une requête est activée de cette manière, la couche ne peut être éditée.
Appliquez les changements, fermez et rouvrez éventuellement la table
attributaire : les valeurs aberrantes sont masquées.
En choisissant un style gradué, vous pouvez représenter les îlots en
fonction de leur pente moyenne.
4.4. Intersecter des données raster
Dans la partie 3.5.3, nous avons intersecté 2 couches vecteur. Il est possible de faire une
manipulation équivalente sur des couches raster, ce que nous allons tester ici.
Le but sera donc encore une fois de terminer quels sont les prairies communes entre 2010 et
2012.
Ouvrez un nouveau projet QGIS, ajoutez les couches vecteur RPG_2010_canton23_prairies et
RPG_2012_canton23_prairies créées précédemment (également disponibles dans le dossier
4_manip_raster/donnees).
4.4.1 Rasterisation de couche vecteurs
La première étape va consister à transformer nos 2 couches vecteur en couches raster. Pour
pouvoir ensuite facilement croiser les 2 rasters, nous allons ajouter à chacune de nos couches
vecteur un champ, rempli par la même valeur pour toutes les entités.
Utilisez la calculatrice de champ (cf. 3.5.4 p. 37) pour ajouter aux 2 couches un champ VAL de
type entier, rempli par :
• 1 pour les prairies 2010
• 2 pour les prairies 2012,
en tapant simplement 1 ou 2 dans la case Expression.
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Quittez le mode édition pour les 2 couches.
Puis menu Raster → Conversion → Rastériser :
• Fichier source : RPG_2010_canton23_prairies
• Champ d'attribut : VAL
• Fichier de sortie : cliquez sur Sélection..., choisissez où la couche sera créée et donnez-lui
un nom, par exemple RPG_2010_canton23_prairies.tif
• Choisir l'option Résolution exprimée en unités de la carte par pixel, avec des pixels de
10m par 10m
• OK, patientez... : la couche est ajoutée à QGIS.
Cette couche doit contenir les valeurs 0 (hors îlot) et 1 (îlot) : vérifiez-le en l'interrogeant
au moyen de l'outil Identifier les entités.
Faites de même pour créer une couche raster RPG_2012_canton23_prairies.tif à partir de
RPG_2012_canton23_prairies.shp.
Vérifiez que cette couche contienne les valeurs 0 (hors îlot) et 2 (îlot).
4.4.2 Croiser des raster : calculatrice raster
Nous allons additionner ces 2 rasters :
• là où les îlots se recouvrent, l'addition aura une valeur de 3 (1 + 2)
• là où seul un îlot 2010 est présent, l'addition aura une valeur de 1 (1 + 0)
• là seul un îlot 2012 est présent, l'addition aura une valeur de 2 (2 + 0)
Menu Raster → Calculatrice Raster :
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• Couche en sortie : cliquez sur … , choisissez où la couche sera créée et tapez son nom :
inters_prairies_2010_2012
• Expression de la calculatrice raster : double-cliquez sur RPG_2010_canton23_prairies
dans la liste en haut à gauche, puis sur le signe +, et enfin sur RPG_2010_canton23_prairies,
pour obtenir "RPG_2010_canton23_prairies@1" + "RPG_2012_canton23_prairies@1"
OK, le raster créé est ajouté à QGIS.
Modifiez le style de ce raster pour voir les différentes valeurs : propriétés de la couche, rubrique
Style, type de rendu Pseudo-couleur à bande unique. Cliquez sur le bouton + pour ajouter 3
valeurs, modifiez les valeurs par défaut (0.0) en double-cliquant dessus pour que les 3 valeurs
soient 1, 2 et 3, modifiez éventuellement les couleurs en double-cliquant sur les rectangles de
couleur à droite des valeurs.
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Et rendez-vous également dans la rubrique Transparence pour ajouter 0 en valeur nulle, afin
de ne pas afficher les pixels de valeur 0 :
Au final, vous pouvez obtenir quelque chose de similaire à
l'image ci-contre (en marron, les pixels en prairie aux 2
années, en rose les pixels en prairie uniquement en 2010 et
en vert les pixels en prairie uniquement en 2012).
L'addition de couches raster est une opération plus rapide que
l'intersection de couches vecteur, mais peut nécessiter une
rastérisation préalable et donc une perte de précision par
rapport aux couches de départ.
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5. REPRÉSENTER DES DONNÉES ET LES METTRE EN PAGE
Notions abordées :
• symboles proportionnels
• cartes choroplèthes
• cartes en semis de points
• mise en page de cartes (composeur d'impression)
Les logiciels SIG sont avant tout des logiciels d'analyse spatiale. Ils permettent également la
représentation des données sous différentes formes, et la mise en page de cartes, mais
présentent quelques limitations dans ces domaines.
Les règles de sémiologie graphique ne seront pas ou peu abordées ici, nous verrons avant tout
l'aspect « technique » sous QGIS.
5.1. Analyses thématiques
Il existe de nombreuses manières de représenter les données, nous en verrons seulement
quelques unes ici.
A partir d'une couche de communes et leur population, nous allons voir différentes manières de
visualiser cette population.
Créez un nouveau projet QGIS, ajoutez la couche COMMUNE.shp située dans
5_repr/donnees.
5.1.1 Représenter des quantités ou des effectifs : carte en symboles proportionnels
Les cartes en symbole proportionnels permettent la représentation de quantités ou d'effectifs par
des symboles, généralement des cercles. La surface des symboles sera proportionnelle à la
quantité ou l'effectif.
Dans QGIS, la visualisation de données sous forme de cercles proportionnels nécessite une
couche de points. A partir de la couche de communes, nous allons créer les centroïdes
(barycentres) des communes.
Menu Vecteur → Outils de géométrie → Centroïdes de polygones
• Couche en entrée : COMMUNE
• Fichier de points en sortie : cliquez sur
Parcourir, choisir l'emplacement, tapez le
nom : communes_centroides
La couche de centroïdes est ajoutée à QGIS : un point a été créé par
commune.
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Rendez-vous dans les propriétés de la couche de centroïdes → rubrique Style → bouton à
droite de Taille → Assistant Taille...
Choisissez le champ : POPULATION et la méthode de calcul : Surface.
Vous pouvez jouer sur les différents paramètre pour obtenir une visualisation correcte de la
population à l'échelle d'un département ou d'une région (à l'échelle du pays, cela nécessiterait
d'agréger les cercles entre eux pour un meilleur rendu). Vous avez à votre disposition la couche
DEPARTEMENT dans le dossier 5_repr/donnees.
Comme vous l'avez peut-être remarqué, QGIS affiche les
cercles dans l'ordre de la table ; il peut donc arriver que de
petits cercles soient masqués par de plus gros cercles. Pour
corriger cela :
clic droit sur la couche, Filtrer, tapez la requête :
1=1 ORDER BY POPULATION DESC
Attention, il ne doit pas y avoir de guillemets autour de POPULATION.
5.1.2 Représenter des variables relatives à des surfaces : cartes choroplèthes
Une carte choroplèthe est une carte en aplats de couleurs. Les régions sont colorées selon une
mesure statistique telle que la densité de population ou le revenu par habitant. Ce type de carte ne
peut donc être utilisé pour représenter des quantités ou des effectifs. Les variables continues
doivent être discrétisées pour produire des classes.
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La première étape consistera pour nous à créer un champ densité de population, rempli en
fonction de la population et la surface.
Ouvrez la table attributaire de COMMUNE, passez en mode édition et ouvrez la calculatrice de
champ.
Sachant que la population est exprimée en milliers d'habitants et la superficie en hectares,
calculez dans un nouveau champ nommé densite de type décimal la densité de population en
nombre d'habitants par km2.
Quittez le mode édition.
Pour faire varier la couleur des communes en fonction de la densité :
Propriétés de la couche COMMUNE → rubrique Style
Sélectionnez le style Gradué en fonction de la colonne densite. Choisissez un nombre de
classes et une méthode de discrétisation. Cliquez sur Classer et appliquez les changements.
Pour un meilleur rendu, vous pouvez supprimer les bordures
des communes en cliquant sur Modification... à droite de
Symbole puis sur Remplissage simple → Style de la
bordure → Pas de ligne.
Pour voir l'effectif de chaque classe, clic droit sur le nom de la
couche → Montrer le décompte des entités.
Testez différents modes de discrétisation et nombres de
classes. Notez qu'on peut aussi visualiser l'histogramme de
fréquence et y définir les bornes de classes.
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5.1.3 Représenter des quantités ou des effectifs : cartes en semis de points
Une carte en semis de points permet, à partir d'un maillage surfacique, de représenter des
quantités ou effectifs par des points placés aléatoirement au sein de chaque polygone. Le nombre
de ces points est proportionnel à la quantité ou l'effectif lié au polygone.
Nous allons créer ces points aléatoires en fonction du champ POPULATION. Ce champ étant
décimal avec un chiffre après la virgule, nous allons le multiplier par 10 pour obtenir des nombres
entiers (il n'est pas possible de créer 0,7 points dans un polygone...).
Ajoutez un champ nommé POP10, de type entier, égal à 10 fois le champ POPULATION.
N'oubliez pas de quitter le mode édition une fois l'opération terminée.
Pour créer les points aléatoires : menu Vecteur → Outils de recherche → Points aléatoires
• Couche en entrée : COMMUNE
• Taille d'échantillon : utiliser la valeur du champ POP10
• Fichier de sortie : cliquez sur Parcourir, sélectionnez
l'emplacement et tapez le nom :
points_aleatoires_communes par exemple
• Ajouter le résultat au canevas de la carte
• OK, patientez, l'opération est un peu longue... et fermez la
fenêtre une fois terminé.
Ajustez le style de la couche, par exemple à l'échelle du pays :
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5.2. Mise en page de cartes
Une fois vos données représentées de manière satisfaisante, il peut être utile d'en faire une carte.
Cette partie n'a pas pour but d'expliquer les bonnes et mauvaises pratiques en matière de
cartographie, mais se bornera à décrire quelques fonctionnalités du mode mise en page de
QGIS.
L'exercice consistera ici à mettre en page une carte de la densité de population par communes
(carte choroplèthe) en France.
5.2.1 Préparation de la mise en page
Commencez par ajouter toutes les couches dont vous avez besoin, et supprimez toutes les
couches inutiles.
Choisissez le style de chacune des couches.
N'oubliez pas également de choisir un SCR adapté pour votre projet (projeté si vous souhaitez
créer une échelle en mètres par exemple) (cf. 2.3.1 p. 18).
5.2.2 Mise en page
Le mode mise en page se nomme composeur d'impression dans QGIS. C'est dans le
composeur d'impression que vous pourrez ajouter une échelle, un titre etc. à votre carte.
Menu Projet → Nouveau composeur d'impression
Tapez un titre, par exemple densité communes.
Le principe du composeur d'impression est simple : l'onglet Composition permet de fixer les
paramètres de la page, et l'onglet Propriétés de l'objet les paramètres de l'objet actuellement
sélectionné.
La première étape consiste à déterminer les dimensions de la page. S'il s'agit d'une figure destinée
à être intégrée dans un rapport, vous pouvez très bien choisir une taille personnalisée, par
exemple 15 x 15 cm.
Dans l'onglet Composition → Options du papier, choisissez Personnalisation au lieu de A4.
Fixez ensuite la largeur et la hauteur à 150 mm.
Pour zoomer sur la page : menu Vue → Zoom sur l'emprise totale ou clic sur l'icône
correspondante/
Cliquez ensuite sur l'icône Ajouter une nouvelle carte (ou menu Mise en page →
Ajouter une carte).
Dessinez un rectangle n'importe où sur la page, de la taille que vous voulez. Puis rendez-vous
dans l'onglet Propriétés de l'objet, rubrique Position et taille, et fixez X et Y à 0 et la largeur
et hauteur à 150 mm pour que la carte coïncide avec la page.
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Pour centrer la carte : cliquez sur l'icône Déplacer le contenu de l'objet et faites
glisser le contenu de la carte.
Pour zoomer et dézoomer : vous pouvez utiliser la molette de la souris après avoir sélectionné
l'outil Déplacer le contenu de l'objet , ou modifiez l'échelle dans les propriétés de la carte :
La carte est liée à QGIS : si vous modifiez le style d'une couche dans QGIS, il sera également
modifié dans la carte du composeur.
Pour ajouter une légende : icône Ajouter une nouvelle légende, puis cliquez n’importe où
sur la carte.
Vous pouvez modifier les paramètres de la légende dans l'onglet Propriétés de l'objet, si elle
est sélectionnée.
Pour sélectionner un objet : outil Sélectionner/Déplacer un objet
Pour ajouter du texte, par exemple un titre, les sources, l'auteur... : outil Ajouter une
étiquette.
Pour ajouter une échelle : outil Ajouter une échelle graphique,
puis ajustez ses paramètres.
La mise en page est sauvegardée dans le projet. Pour sauvegarder votre mise en page, il faut
donc sauvegardez votre projet : dans la fenêtre de QGIS, menu Projet → Enregistrer sous...,
sauvegardez-le dans le dossier 5_repr/projets.
Plusieurs mises en page peuvent être sauvegardées dans un même projet. Pour gérer plusieurs mises en
page : menu Projet → Gestionnaire de composeurs.
Pour exporter votre mise en page au format image : à partir du composeur, menu
Composeur → Exporter comme image.... De nombreux formats sont disponibles :
PNG, JPEG, TIFF, EPS...
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Pour pouvoir retoucher votre carte dans un logiciel de dessin vectoriel type Inkscape ou
Adobe Illustrator : menu Composeur → Exporter au format SVG...
L'export au format SVG peut poser quelques problèmes, en particulier pour gérer la transparence. L'export
au format PDF peut parfois être plus pratique pour ensuite retoucher la carte dans un logiciel de dessin.
Exemple de carte réalisée avec QGIS :
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6. RECHERCHE ET AJOUT DE DONNÉES SIG VIA D'AUTRES SOURCES
Liste non exhaustive et en vrac de sites où trouver des données SIG
L'annuaire de données du GeoRezo, portail francophone de la géomatique
http://georezo.net/annuaire/donnees-c-4.html
Natural Earth : données à l'échelle mondiale : limites administratives, hydrographie, bathymétrie,
fonds de carte raster...
http://www.naturalearthdata.com/downloads/
FAO (Food and Agriculture Organisation) : catalogue de métadonnées donnant accès à un
large éventail de données vecteur ou raster, en particulier sur les pays du Sud.
http://www.fao.org/geonetwork/
CUB (Communauté Urbaine de Bordeaux) : données thématiques sur la CUB
http://data.lacub.fr/themes.php
OpenStreetMap : extractions de données au format SHP ou OSM, fourni par Geofabrik :
http://download.geofabrik.de/openstreetmap/
IGN : nombreuses données disponibles pour la France, certaines gratuites pour les établissements
de recherche
http://professionnels.ign.fr/catalogue
GADM : limites administratives accessibles par pays
http://www.gadm.org/
DIVA-GIS : site du logiciel SIG libre DIVA, où sont aussi disponibles des données vecteur sur les
limites administratives, l'hydrographie, le transport, la population... classées par pays
http://www.diva-gis.org/gdata
ASTER : modèle d'élévation, données mondiales téléchargeables par dalles
http://asterweb.jpl.nasa.gov/gdem.asp
SRTM : modèle d'élévation, données mondiales téléchargeables par dalles
http://dwtkns.com/srtm/
Global Land Cover Facility : images satellites
http://glcfapp.glcf.umd.edu:8080/esdi/
Flux WMS et WFS
Il est possible de visualiser directement dans un SIG des données accessibles sur un serveur,
sans devoir préalablement les télécharger sur votre ordinateur. Ceci se fait via des flux. Les deux
types de flux les plus courant permettant ceci sont les flux WMS (Web Map Service) et WFS (Web
Feature Service).
• Les flux WMS vont vous permettre d'afficher des couches raster, non modifiables.
• Les flux WFS vous permettront d'afficher des couches vecteur, non directement modifiables
mais que vous pourrez ensuite télécharger au format shapefile.
Pour savoir comment se connecter à un flux dans QGIS :
http://cms.geobretagne.fr/content/r%C3%A9utilisation-avec-qgis
Pour des adresses de flux, voir la liste du CEREGE :
https://www.cerege.fr/spip.php?article276
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Visualiser les données d'OpenStreetMap, Google Maps etc. dans QGIS : installation d'une
extension
Il est possible d'afficher directement dans QGIS les données OpenStreetMap, Google Maps et
autres. Ceci nécessite l'installation de l'extension OpenLayers.
Dans QGIS, rendez-vous dans le menu Extensions → Installer/Gérer les extensions :
Dans la rubrique Toutes, tapez openlayers dans la partie rechercher en haut de la fenêtre, pour
ne voir que les extensions dont le nom contient openlayers.
Cliquez sur l'extension OpenLayers Plugin puis sur le bouton Installer l'extension.
Fermez la fenêtre du gestionnaire d'extensions.
L'extension OpenLayers est accessible à partir du menu Internet → OpenLayers plugin.
Choisissez une couche à ajouter.
Notez que l'ajout d'une couche via OpenLayers entraîne automatiquement la modification du SCR
du projet vers le SCR Pseudo-Mercator, code EPSG 3857
Il est possible de modifier à nouveau le SCR du projet, mais cela peut entraîner des bugs
d'affichage.
Par ailleurs, l'utilisation de couches OpenLayers pour exporter des cartes via le composeur
d'impression peut aussi comporter des bugs : décalage des couches les unes par rapport aux
autres.
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