FORMATION SUR L’ANALYSE
TECHNIQUE
LA LECONS POUR GAGNER
Leçon n°1 – Faire comme les pros :
utiliser l’analyse technique
PRINCIPE DE BASE
• L’analyse technique se concentre sur ce qui est, plutôt que sur ce qui devrait
être. Elle s’intéresse au marché en lui même et non aux facteurs externes qu’il
reflète ou qui ont pu l’influencer. Elle décrit les mouvements du marché, et
non les raisons sous-tendues par ceux-ci .
« Nous savons tous que les prix progressent et déclinent ils l’ont toujours fait et
le feront toujours. La théorie derrière ces mouvements puissants et que, il
existe une force irrésistible. C’est tout ce qu’une personne doit savoir. Il n’est pas
bon d’être trop curieux sur les raisons qui font bouger les prix . Vous risquez de
vous encombrer l’esprit avec des choses non essentielles. Il faut juste repérer
le mouvement et se positionner dans le sens du flux dominant » ;
• cette méthode se focalise sur la psychologie des opérateurs et non sur les
fondamentaux, ce qui importe n’est pas la nouvelle, mais la manière dont
les opérateurs réagissent face à cette dernière.
• l ’histoire se répète et les marchés sont régis par la psychologie des foules :
les phénomènes d’euphorie et de panique se retrouvent très souvent sur les
marchés, et ce de manière cyclique. Jesse Livermore l’exprime ainsi : « Wall
Street ne change jamais, les opérateurs changent , les titres changent , mais
Wall Street reste Wall Street car la nature humaine est immuable. À travers le
temps, les gens ont toujours agi et réagi de la même manière sur les
marchés, dominés par la cupidité, la peur , l’ignorance et l’espoir . C’est pour
cette raison que les configurations numériques et graphiques sont récurrentes»
• la valeur de marché est entièrement et uniquement déterminée par le jeu de
l’offre et de la demande. L’offre et la demande sont influencées par de nombreux
facteurs qui ne sont pas tous rationnels. Pour les techniciens, il est inutile de
s’obstiner à rechercher les raisons derrière un mouvement de prix . On pourra
toujours justifier un mouvement de prix a posteriori , mais il sera trop tard
pour capitaliser dessus. Par ailleurs, un mouvement puissant peut se dessiner
sans véritable raison;
• les cours évoluent selon des tendances qui peuvent durer un certain temps.
Les modifications de tendance sont dues à un changement du consensus
dominant qui modifie le rapport de force entre offreurs et demandeurs.
L’annalyse technique n’est pas une methode infaillible
un cours boursier n’est déterminé qu’en partie par un bilan et un
compte de résultats : « Il l’est beaucoup plus par les espoirs et les craintes de
l’humanité, par l’avidité, l’ambition, les événements échappant à l’homme,
comme les catastrophes naturelles, les inventions, le stress et les tensions du
monde financier, le temps, les découvertes, la mode et d’innombrables causes
qu’il est impossible de toutes énumérer.»
Les investisseurs novices se mettent souvent en quête d’une «
martingale », c’est-à-dire d’un système infaillible. Ils oublient que l’analyse
technique repose avant tout sur les probabilité. Certains comportements
humains sont récurrents et les graphiques permettront à l’investisseur de
modéliser les biais psychologiques des individus.
L’analyse technique permettra au trader de repérer des niches (des
configurations présentant un risque faible et un potentiel de gain important),
mais en aucun cas elle ne lui permettra d’anticiper l’ensemble des mouvements
boursiers avec certitude.
L’analyse technique est avant tout un outil d’aide à la décision efficace et doit
être considérée comme telle.
Elle permet simplement d’analyser la psychologie des intervenants et de définir
les stratégies appropriées à mettre en œuvre. Par ailleurs, le simple fait qu’elle
soit autant suivie indique la nécessité de s’y intéresser : il est toujours utile de
maîtriser les méthodes utilisées par les autres intervenants.
La seule « martingale » existant sur les marchés est le fruit d’un travail
acharné, d’une discipline de fer et du courage de tenir bon, même quand les
événements sont défavorables. L es opérateurs disposent généralement d’une
connaissance imparfaite de l ’analyse technique. Par ailleurs, la maîtrise de cette
approche est insuffisante pour réussir sur les marchés. En effet , il ne suffit pas
de prédire correctement l’évolution des cours boursiers pour battre les marchés.
L’investisseur doit également développer certaines qualités qui n’ont aucun
lien avec son savoir-faire analytique (indépendance d’esprit, absence d’ego,
sang-froid, acceptation de l’incertitude et du risque...)
En résumé
Nous pouvons dire que l’analyse technique n’est pas une méthode
infaillible, mais qu’elle permet de compléter efficacement l ’analyse
fondamentale, en cernant le sentiment dominant des opérateurs à un
moment donné et en anticipant certaines nouvelles non diffusées au près
du grand public (délits d’initiés, évolution des fondamentaux ,etc.).
L’analyse technique est une approche performante pour celui qui sait
l’utiliser.
Toutefois, elle ne doit pas être considérée comme une finalité mais
comme un moyen. Un bon trader ne doit pas se contenter de bien
anticiper les mouvements boursiers, car ce n’est pas à notre sens la partie
la plus difficile.
Leçon n° 2 – Se positionner avant tout dans le
sens de la
tendance dominante
Échelle arithmétique ou échelle logarithmique ?
Deux échelles sont généralement proposées par les différents logiciels d’analyse
technique. Le choix d’une échelle donnera une apparence totalement différente au graphe
boursier. L’échelle logarithmique offre l’avantage de relativiser les variations dans le temps.
Elle permet une vue plus claire de l’évolution du titre étudié.
Par exemple, en choisissant l’échelle arithmétique, un titre qui passe de 10 à 20 aura la
même apparence graphique qu’un titre qui progresse de 30 à 40.
Cette échelle pose problème, puisque le premier titre a progressé de 100% tandis que le
deuxième n’a gagné que 33%. L’avantage de l’échelle logarithmique est la prise en compte des
évolutions en pourcentage, ce qui est bien plus parlant et plus pertinent, surtout lorsqu’un
titre est extrêmement volatil et dessine des variations fortes à la hausse comme à la baisse.
nous pouvons noter que le graphique en échelle arithmétique (celui de gauche)
est bien plus écrasé que celui en échelle logarithmique, et donc bien plus difficile à
étudier. Il ne permet de cerner correctement ni la variation de l’actif financier ni
les niveaux importants, car il met l’accent exclusivement sur la variation
monétaire et néglige la variation en pourcentage. Ainsi, sur le moyen terme,
comme pour les actifs extrêmement volatils, nous privilégierons toujours une échelle
logarithmique
La forte volatilité des marchés montre l’importance pour un investisseur de
savoir classer les différentes configurations du marché. Nous pouvons
distinguer trois principales configurations (tendance haussière, tendance
baissière, trading range).
Chaque type de marché présente des opportunités spécifiques sur lesquelles
l’investisseur pourra capitaliser en adoptant une stratégie appropriée :
dans un marché en tendance, haussière, il faudra privilégier des stratégies
essentiellement acheteuses ;
dans une tendance baissière, les stratégies vendeuses seront préférées ;
enfin, dans un marché sans tendance il faudra opter pour des aller-retour
rapides et donc une stratégie de swing trading ou de day trading (trading à
court terme), en se positionnant à l’achat autour des supports importants et à
la vente autour des résistances majeures. Dans ce type de marché, il ne faut
pas s’éterniser sur une position, car c’est extrêmement dangereux. Les
marchés modernes sont en effet tellement volatils qu’une simple stratégie
d’achat conservation n’a plus sa place, même pour le long terme.
Les principales configurations du marché
Le marché en tendance haussière
Graphique 3.1 – Tendance haussière
Un marché en tendance haussière se caractérise par une succession de points bas et de
points hauts de plus en plus hauts. Dans une tendance haussière claire, les phases
correctives (jambes de baisse) sont moins importantes en amplitude que les phases
impulsives (jambes de hausse). Cette propriété est très importante car elle fournit une
indication précieuse sur la possibilité d’un retournement de tendance. Lorsqu’une jambe
corrective a une amplitude plus importante que la jambe impulsive (haussière dans un
marché haussier), alors la tendance haussière risque d’être remise en cause. Le trader devra
reconsidérer la tendance en cours et éviter de se positionner à l’achat dans ces conditions.
Le marché en tendance baissière
Graphique 3.3 – Tendance baissière
Un marché en tendance baissière est caractérisé par des points hauts et des points bas de
plus en plus bas. Les rebonds ont souvent une amplitude moins importante que les jambes
baissières, caractéristique principale d’un marché baissier. Dans un marché en tendance, les
mouvements qui vont dans le sens de la tendance dominante sont toujours les plus
puissants. Comme pour la tendance haussière, le retournement peut être anticipé. Il faut
pour cela que la reprise ait une amplitude plus importante que la dernière vague baissière.
Graphique 3.4 – Tendance baissière sur Vivendi, en données quotidiennes
Le marché sans tendance
Dans un marché sans tendance, on ne distingue pas de tendance claire,
et les points bas et les points hauts sont souvent confondus. Cette
configuration représente une situation où le marché ne parvient pas à dessiner
une tendance claire. Les acheteurs et le vendeurs se testent et aucun
consensus marqué n’est à l’œuvre.
Selon Welles Wilder1, les marchés évoluent en tendance un tiers du temps et
sont en range les deux tiers restants.
Accor, marché sans tendance, données hebdomadaires
Ainsi, le gros des mouvements se dessine dans un marché sans tendance. Cette
propriété est extrêmement importante et l’investisseur devra l’intégrer à son
plan de trading. Les investisseurs sont souvent victimes du biais momentum. Ils
ont tendance à prolonger mécaniquement l’évolution récente des cours. Après
une progression, ils estiment que le marché va poursuivre son ascension et
beaucoup d’investisseurs sont piégés en se positionnant autour d’une
résistance ou légèrement au-dessus. Inversement, dans le cas d’une baisse des
cours boursiers, les investisseurs se disent que cette baisse
va se poursuivre. Ils se retrouvent piégés en ouvrant une position autour d’un
support majeur.
Dans un marché sans tendance, de nombreux investisseurs perdent patience et
se positionnent de manière impulsive, perdant ainsi leur capital et donc la
possibilité de participer au véritable mouvement. Ils vont souvent acheter des
résistances et vendre des supports
Graphique 3.7 – Le piège du biais momentum
L’objectif premier d’un investisseur doit être de repérer les mouvements impulsifs
au sein d’une tendance haussière ou baissière. Il est capital de se positionner au tout début
d’un mouvement impulsif et éviter de s’exposer inutilement lorsque le marché n’est pas
prévisible. Les bons investisseurs sont des personnes capables de s’adapter aux conditions
changeantes des marchés.
Dans les marchés en tendance, au contraire, ils auront la fâcheuse habitude de
prendre leurs bénéfices précipitamment. Ces erreurs sont liées aux biais psychologiques
présents chez les traders et devront impérativement être corrigées.
Comment se forme une tendance?
La formation d’une tendance est souvent incomprise par les opérateurs. La théorie de Dow l’explique de
manière pertinente.
La théorie de Dow:
Pour Charles Dow, le cours d’un titre reflète toute l’information connue à un
moment donné. Il montre également que, dans chaque tendance majeure, il existe trois
phases principales :
-la phase d’accumulation, où les initiés commencent à acheter un titre ;
-la phase de participation, souvent la plus dynamique, où les investisseurs
professionnels (astute investors) prennent le train en marche (on assiste généralement à
une forte accélération du titre) ;
-la phase de distribution, où les mains fortes et les professionnels vendent leurs
titres aux investisseurs novices et prennent leurs profits. L’irrationalité est à son comble et
seuls ceux qui auront su maîtriser leurs émotions pourront tirer profit de l’irrationalité des
autres opérateurs…
Graphique 3.8 – La théorie de Dow
La première phase : accumulation par les mains fortes
Durant cette première phase, le sentiment qui domine sur les marchés est
plutôt pessimiste. Les investisseurs informés (les mains fortes) anticipent une
reprise économique et l’entrée du marché dans une nouvelle tendance
haussière de long terme.
Ils achètent donc auprès des investisseurs novices qui perdent patience
(généralement, ils ont acquis les titres sur les plus-hauts de marché), sont
stressés et souhaitent se débarrasser des titres en leur possession.
La deuxième phase : participation des professionnels
Lors de la deuxième phase, les anticipations des initiés se révèlent exactes.
Cette phase correspond à l’arrivée de nouvelles positives (hausse des résultats
des sociétés, amélioration des conditions économiques) et les investisseurs
professionnels se positionnent pour profiter de la progression probable du titre.
Ces derniers ont développé des outils de suivi de tendance leur permettant de
repérer ces phases.
La troisième phase : participation du grand public et distribution des
titres avant le retournement du marché
Durant cette période, les nouvelles sont au beau fixe. Tous les journaux
financiers traitent de la Bourse de manière élogieuse, confortés par la
publication de résultats explosifs et par des conditions économiques optimales.
C’est à ce moment que les particuliers et les novices entrent sur le marché. Ils
sont pris dans l’euphorie générale et pensent que le mouvement est là pour
durer. Les plus values réalisées par leurs collègues et leur entourage proche les
incitent à ne pas rater l’affaire du siècle et ils rêvent déjà des profits qu’ils vont
réaliser.
Ils devraient plutôt regarder la réalité en face et approcher rationnellement les
marchés : l’entrée massive des particuliers sur le marché constitue une aubaine
pour les initiés et les professionnels, qui vont profiter de ces liquidités pour
vendre leurs titres à
bon prix et prendre leurs bénéfices. Certains vont même commencer à initier
des positions vendeuses pour profiter du mouvement baissier qui suivra.
Pour résumer
Les prix sont déterminés par la confrontation entre les acheteurs et
les vendeurs. Une tendance se dessine lorsqu’un des deux camps
remporte la partie.
Plusieurs éléments permettent d’expliquer la formation des prix et les
fondamentaux ne sont qu’un élément explicatif parmi tant d’autres.
Les traders sont sans cesse en quête d’informations et vont
rechercher des confirmations au près des autres intervenants. Les
traders doivent se convaincre que, sur les marchés financiers, la seule
vérité qui compte est celle du prix qui reflète le consensus dominant,
mais aussi sa fragilité. L’objectif de l’analyse technique est
précisément d’appréhender ce sentiment dominant ainsi que ses
failles...