Examen régional n°12
Texte de base
La voix de ma mère me tira des profondeurs du sommeil. Je nageai, un bon moment,
dans une lumière rouge parcourue d’étincelles et d’astres errants, puis, j’ouvris les yeux.
Vite, je les refermai, espérant retrouver le noir si reposant et si frais. La voix insistait :
- Réveille-toi, il est trois heures du matin. Je t’ai préparé ton beau gilet, ta chemise neuve
et ta sacoche. Tu n’as pas encore vu ta belle sacoche brodée. Ouvre les yeux ! Réveille-
toi donc !
Je pleurnichai, je me frottai énergiquement les paupières de mes poings fermés. Je tentai
plusieurs fois de me recoucher, mais ma mère fut impitoyable. Elle se mouilla la main et
me la passa sur la figure. Mes oreilles cessèrent de bourdonner. J’entrouvris mes cils avec
précaution. Mon père, habillé d’une djellaba de laine fine, me souriait.
- Prépare-toi pour fêter l’Achoura au Msid avec tes camarades. Du courage ! Du courage !
Ce fut dans un état de somnambule que je me lavai les yeux, me rinçai la bouche, me
rafraîchis les membres. Je retrouvai ma lucidité lorsque ma mère me passa, à même la
peau, ma chemise neuve, craquante d’apprêt. Elle me grattait horriblement. À chaque
mouvement, je remplissais la pièce d’un bruit de papier froissé. Je mis mon gilet rouge
aux dessins compliqués et bien en relief. Ma sacoche en bandoulière, je complétai cet
ensemble très élégant par la djellaba blanche qui dormait au fond du coffre de ma mère.
Elle sentait la fleur d’oranger et la rose séchée.
Me voilà devenu un autre homme ! J’étais complètement réveillé. J’avais hâte de partir à
l’école. Les vêtements, les chaussures, tout était neuf. Plein de dignité et d’assurance, je
précédai mon père dans l’escalier.
La lumière brillait à toutes les fenêtres de la maison. Hommes et femmes commençaient
l’année dans l’activité. Ceux qui restaient au lit un matin comme celui-ci se sentiraient,
durant douze mois, indolents, paresseux.
L’appel d’un mendiant nous arrivait de la rue. J’entendais le bruit de sa canne. C’était
sûrement un aveugle.
Je perdais mes babouches tous les trois pas. Mes parents voyaient grand. Ni les
vêtements, ni les chaussures n’étaient à ma taille. Mais j’étais heureux.
I. - Étude texte (10 pts)
1) Recopiez et complétez le tableau suivant : (1 pt)
Titre de l’oeuvre L’auteur : Genre littéraire de l’oeuvre : Date de
publication :
2) Parmi les faits suivants, un a eu lieu avant ce texte. Lequel ? (1 pt)
a. Au Msid, les élèves fêtent le jour de l’Achoura en récitant des versets coraniques ?
b. Lalla Aïcha rend visite à la mère de Sidi Mohamed ?
c. Le narrateur- personnage (Sidi Mohamed) accompagne son père chez le coiffeur ?
Retenez la bonne réponse sur votre copie.
3) En vous référant au texte, vous répondrez par Vrai ou faux devant chacune des
affirmations suivantes : (1 pt)
a- Sidi Mohamed n’est pas pressé d’aller à l’école.
b- Sidi Mohamed doute fort que le mendiant soit aveugle.
Dégagez du texte une phrase qui justifie chacune de vos réponses.
4) « L’appel d’un mendiant nous arrivait de la rue. » (1 pt)
Le pronom personnel souligné dans cette phrase employée dans l’avant- dernier
paragraphe du texte remplace – t – il :
a- Le narrateur- personnage (Sidi Mohammed) et sa mère ?
b- Le narrateur- personnage (Sidi Mohammed) et son père ?
c- Le narrateur- personnage (Sidi Mohammed) et un de ses camarades du Msid ?
Retenez sur votre copie la réponse juste.
5) Relevez dans le texte quatre mots ou expressions (groupes de mots) appartenant au
champ lexical du sommeil. (1 pt)
6) Lequel des arguments suivants la mère emploie – t- elle pour encourager son fils
Sidi Mohammed à se réveiller assez vite ? (1 pt)
a- Porter de nouveaux habits à l’occasion de la fête de l’Achoura ?
b- Participer à la fête de l’Achoura en compagnie de ses camarades ?
c- Se frotter violemment la figure et les paupières ?
Recopiez la bonne réponse et dégagez dans les premières lignes du texte un énoncé
(phrase ou partie de phrase) qui la justifie.
7) Trouvez dans le texte deux exemples de phrases montrant le caractère comique
des habits portés par Sidi Mohamed lors de la fête de l'Achoura. (1 pt)
8) Recopiez et complétez le tableau suivant : (1 pt)
Énoncé : a- « Je nageai, un bon moment, dans une lumière rouge… »
Figure de style employée: ......................................................
Énoncé : b- «…la djellaba blanche qui dormait au fond du coffre de ma mère. »
Figure de style employée: ......................................................
9) « Me voilà devenu un autre homme ! »
Pensez- vous, comme exprimé dans cette phrase, que porter des habits neufs et
élégants puisse changer un individu et lui donner plus de valeur ? Justifiez votre
réponse en une phrase ou deux. (1 pt)
10) « Si, dans ce texte, Sidi Mohamed a de la difficulté à se réveiller et à quitter son
sommeil, c’est parce qu’il est un rêveur. » (1 pt)
Êtes-vous d’accord avec cette observation ? Justifiez votre réponse en une phrase ou
deux.
Examen régional n°13
Texte :
Le souk des bijoutiers ressemblait à l'entrée d'une fourmilière. On s'y bousculait,
on s'affairait dans toutes les directions. Personne ne semblait se diriger vers un
but précis. Ma mère et Fatma Bziouya nous suivaient, mon père et moi, à petits
pas, étroitement enveloppées dans leurs haïks blancs. Elles discutaient à mi-voix
à qui mieux mieux. Les boutiques très surélevées offraient à nos yeux le
clinquant des bijoux d'argent tout neufs qui semblaient coupés dans du vulgaire
fer-blanc, des diadèmes et des ceintures d'or d'un travail si prétentieux qu'ils en
perdaient toute noblesse, ces bijoux ne ressemblaient point aux fleurs. Aucun
mystère ne les baignait. Des mains humaines les avaient fabriqués sans amour
pour contenter la vanité des riches. Ils avaient raison, tous ces boutiquiers, de les
vendre au poids, comme des épices. J'en avais mal au coeur. De nombreux
chalands s'agitaient d'une boutique à l'autre. Leurs yeux luisaient d'avidité et de
convoitise. D'autres personnages, hommes et femmes, groupés ça et là,
refoulaient leurs larmes.
Plus tard, j'ai saisi tout le sens de leur mélancolie. J'ai senti moi-même cette
humiliation de venir offrir à la rapacité indifférente des hommes ce qu'on tenait
pour son bien le plus précieux. Des bijoux auxquels s'attachaient des souvenirs,
des ornements de fête qui prenaient part à toutes nos joies deviennent sur un
marché comme celui-ci de pauvres choses qu'on pèse, qu'on renifle, qu'on tourne
et qu'on retourne entre les doigts pour finalement en offrir la moitié de leur prix
réel.
Dès notre arrivée, des courtiers ou dellals vinrent nous proposer divers articles.
Mon père les regardait à peine. Il les refusait d'un signe de tête.
I. ÉTUDE DE TEXTE : (10 points)
A. CONTEXTUALISATION DU TEXTE :
1) Recopier et compléter le tableau suivant. (0,25 x 4)
Titre de l’oeuvre : ................................................................
Genre littéraire : ................................................................
Auteur : ................................................................
Siècle de l’oeuvre ................................................................:
2) Ce passage est à situer (0,5 pt x 2)
- après l’achat des bracelets à la mère du narrateur ?
- avant l’achat des bracelets à la mère du narrateur ?
- Justifiez votre réponse par un relevé dans le texte.
B. ANALYSE DU TEXTE :
3) Recopiez puis complétez par quatre relevés dans le texte appartenant aux
thèmes indiqués : (0,25 pt x -
- Sentiments :
- Souk :
4) Le jour du souk, « Personne ne semblait se diriger vers un but précis ». Selon
vous, un tel comportement est-il normal (ordinaire, naturel ...) ? Justifiez. (0,5 pt x
2)
5) Relevez dans le texte deux mots d’origine arabe. Justifiez leur emploi. (0,5 pt
x 2)
6) Pour quelles raisons ces femmes et ces hommes cachaient-ils leurs larmes ?
(1 pt)
7) Quelle figure de style la phrase suivante comporte-t-elle ?
- « Le souk des bijoutiers ressemblait à l'entrée d'une fourmilière. » Par quel
moyen est-elle exprimée ? (0,5 pt x 2)
8) Transformez au discours indirect la phrase suivante, en commençant par «
Il déclara … » :
- « J’ai senti moi-même beaucoup d’humiliation. » (0,25 pt x 4)
C. RÉACTION FACE AU TEXTE :
9) Selon vous, qu’est-ce qui rend un bijou précieux et valeureux ? Justifiez votre
réponse. (0,5 pt x 2)
10) D'après vous, qui aime le plus se parer, s’embellir, en portant des bijoux ?
Pourquoi ? (0,5 pt x 2)
II. PRODUCTION ÉCRITE : (10 points)
Sujet :
Autrefois, nos parents faisaient de l’épargne en achetant de l’or, des bijoux pour
se préparer aux jours difficiles.
Partagez-vous cette manière de faire ?
Justifiez votre point de vue à l’aide d’exemples et d’arguments pertinents et
convaincants.
Examen régional n°14
Texte :
Brusquement, mon père me déposa à terre et disparut dans la foule. Son absence
dura. Des cris s’élevèrent à l’autre bout du souk. Ils dominaient le tumulte, éclataient
comme un orage. De grandes ondulations parcoururent cette mer humaine. Des
explosions de colère fusaient çà et là, reprenaient quelques pas plus loin, se
transformaient en tintamarre.
Voici que tous les gens du souk se mirent à courir ; Fatma Bziouya et ma mère
répétaient « Allah ! Allah ! », se plaignaient à haute voix de leurs douleurs de pieds que la
foule écrasait, essayaient de retenir leurs Haïks emportés par le courant.
Enfin, passèrent mon père et le courtier se tenant mutuellement par le collet. Le souk
leur faisait cortège. Les deux hommes avaient les yeux rouges et de l’écume au coin des
lèvres. Mon père avait perdu son turban et le dellal avait une tache de sang sur la joue.
Ils s’en allèrent suivis par les badauds.
Ma mère, la voisine et moi, nous nous mîmes à pleurer bruyamment. Nous nous
précipitâmes au hasard, à leur poursuite. Nous débouchâmes au souk des fruits secs.
Aucune trace des deux antagonistes ni de leur cortège. Je m’attendis à voir des rues
désertes, des étalages abandonnés, des turbans et des babouches perdus dans la
panique générale. Je fus déçu. Aucune trace de la bagarre n’avait marqué ces lieux. On
vendait et on achetait, on plaisantait et de mauvais garnements poussaient l’indifférence
jusqu'à chanter des refrains à la mode.
Notre tristesse devenait étouffante dans cette atmosphère. Nous sentions tout notre
isolement. Ma mère décida de rentrer.
Il ne sert à rien, ajouta-t-elle, de courir dans toutes les directions. Rentrons pour attendre
et pour pleurer.
Étude de texte : (10 pts)
1) Recopiez et complétez le tableau suivant :
L’œuvre - Genre - Auteur - Autre oeuvre
2) Quelle est l’origine de la bagarre entre le père et le courtier (le dellal) ?
3) Relevez dans le texte un indice qui montre que le narrateur est un enfant.
4) Dans la liste suivante, quels sont les deux mots qui n’appartiennent pas au champ
lexical du bruit ?
Cris ; ondulation ; tintamarre ; tumulte ; turban ; explosion.
5) Relevez dans le premier paragraphe :
A. Une métaphore.
B. Une comparaison.
6) Il ne sert à rien, ajouta-t-elle, de courir dans toutes les directions. Rentrons pour
attendre et pour pleurer.
A. Ce passage est-il : au discours direct ou discours indirect?
B. Justifiez votre réponse
7) Dans ce texte, il y a :
A. Plus de narration que de description.
B. Plus de description que de narration.
Recopiez la bonne réponse et justifiez-la.
8) La foule leur faisait cortège. Cette phrase signifie que :
A. La foule les empêchait d’avancer.
B. La foule les suivait.
C. La foule les ignorait. Recopiez la bonne réponse. 49
9) Que pensez-vous de l’utilisation des mots arabes tels que Haïks dellal dans le texte ?
10) Quel sentiment ressentez-vous à la lecture de ce récit ? Exprimez les raisons de votre
réaction.
Examen régional n°15
Texte:
- Tu oserais m'abandonner avec cet enfant malade ?
- Préférais-tu mourir de faim ? Aimerais-tu devenir un objet de pitié pour tes
amies et tes voisines ? Je serai à deux jours de marche de la ville. Sidi
Mohammed ira mieux demain .Fais-lui une soupe à la menthe sauvage; couvre-le
bien afin qu'il transpire abondamment. Aujourd'hui, il a moins de fièvre que la
nuit dernière.
- C'est un châtiment de Dieu qui nous accable. Ce sont ces maudits bracelets qui
ont semé le malheur dans notre maison. Pourquoi ne les vendrais-tu pas ?
- Je compte les vendre. Je vous laisserai cet argent pour vous nourrir pendant
mon absence. Driss le teigneux nous reste fidèle, il viendra tous les jours faire les
courses. Donne-lui à manger, il n'a personne.
Mon père se recueillit un moment.
- Je vous laisserai seul pendant un moins. Je tacherai de ne rien dépenser de mon
salaire, il me sera possible de remettre l'atelier en marche dès mon retour.
Un grand silence s'établit, un silence lourd, moite, huileux, et noir comme la suie.
J'étouffais. Je désirais de toutes mes forces qu'une porte claquât, qu'une voisine
poussât un cri de joie ou un gémissement de douleur, que quelque événement
extraordinaire survînt pour rompre cette angoisse. Je voulais parler, dire
n'importe quelle sottise mais ma gorge se serra et une plainte expira sur mes
lèvres.
I. Étude de texte : (10 points)
1) Remplissez le tableau suivant :
Auteur : ........................................................
Titre de l'oeuvre : ........................................................
Genre : ........................................................
Siècle : ........................................................
2) Situez le passage dans l'oeuvre d'où il est extrait.
3) Que reproche la mère du narrateur à son mari ?
4) Quel sont les arguments que le père avance pour convaincre la mère de sa
décision (son voyage) ? Citez-en deux ?
5) Citez une précaution prise par le père (ce qu'il décide de faire avant de partir)
pour que sa famille ne manque de rien pendant son absence ?
6) Quel sentiment le narrateur éprouve-t-il devant le silence angoissant qui
règne ?
7) «Préférais-tu mourir de faim »
a- Identifiez la figure de style
b- Quel en est l'effet recherché ?
8) « Ces maudits bracelets »
a- Relevez une modalité appréciative.
b- Est-elle valorisante ou dévalorisante ?
9) Comment trouvez-vous le personnage du père dans ce texte ?
10) D'après votre lecture du texte et de l'oeuvre, dites quelle idée vous faites-
vous de Sidi Mohammed ?
II. Production écrite : (10 points)
Pour travailler et gagner de l'argent certains parents acceptent des emplois qui
les éloignent longtemps de leurs enfants.
Que pensez-vous du comportement de ces parents ?
Rédigez un texte dans lequel vous exprimez votre point de vue en l'appuyant par
des arguments et des exemples précis.