LE ROMAN
I) DÉFINITION
Le roman peut être défini comme un récit d’imagination en prose d’une
certaine longueur qui met en scène des personnages donnés comme
réel avec leur aventure. Cette définition consensuelle ne doit pas cacher
d’autres aspects qui peuvent se retrouver dans le roman. On sait par
exemple que des romans en vers ont existés, et qu’aujourd’hui, on peut
trouver dans une œuvre romanesque un extrait de poème, de chanson,
de pièce de théâtre…
Cette capacité du roman a intégré d’autres genres justifie le qualificatif
de genre protéiforme. On sait également qu’au milieu du XIXème siècle,
le réel va être pris en compte dans l’élaboration du roman, notamment
avec l’avènement du réalisme et du naturalisme. Ainsi, dans le roman
d’aujourd’hui on peut trouver des éléments directement sortis de
l’imagination du romancier.
II) fiction et réalité dans le roman
1) la fiction
Pour beaucoup d’auteur, l’imagination est la condition maitresse du
romancier. Ecrire un roman c’est savoir inventer des histoires. Il s’agit de
faire donc travailler l’esprit de l’écrivain pour créer un monde d’illusion et
essayer d’attirer le lecteur dans cet univers. D’ailleurs, beaucoup
d’écrivains ont soutenu cette théorie de la place centrale de la fiction
dans le roman.
CITATIONS :
« L’art du romancier est de savoir mentir » Louis Aragon
Quelqu’un a demandé un jour à Michael Tournier « qui y’a-t-il de vrai dans
vos histoires ?» ce dernier a répondu « rien j’ai tout inventé »
« En littérature, le vrai est inconcevable » Paul Valery
2) le réel dans le roman
« Le roman est un miroir qu’on promène le long d’un chemin». disait
Stendhal. Pour lui comme pour d’autre romancier réaliste, l’œuvre
romanesque s’inspire du réel, de la vie. La théorie du réalisme est que le
roman doit être un art dans lequel l’écrivain cherche à éprouver sa
capacité à reproduire fidèlement la réalité. Pour ce faire, il doit écarter
l’imagination de même que le lyrisme d’ailleurs. Sohn travail est plutôt
celui d’un « journaliste » qui collecte des informations en se
documentant ou en prenant des notes l’or de ses visites sur le terrain. Il
devra l’ors de la rédaction du roman faire tout pour être fidèle à la réalité.
CITATIONS :
« Je décris se que je vois, je verbalise simplement ». Emile Zola
« Il faut faire des tableaux complets peindre le dessus et le dessous des
cartes ». Gustave Flaubert
« La vraie création romanesque utilise le réel et n’utilise que lui ». Albert
camus
« Le romancier ne juge pas, ne condamne pas, n’absout pas, il expose
les faits ». Champleury
3) le roman : combinaison du réel et de l’imagination
Il ya des écrivains qui soutiennent l’idée que le roman nous livre à la fois
les prestiges de l’imaginaire et les saveurs du réel. En d’autre terme, un
roman c’est une dose de réalité et une portion de fiction.
« Ni le réel tout court, ni l’imagination toute seul, mais l’imagination à
partir du réel ». Albert camus
« Le roman doit être objectif même s’il ya une place pour l’imagination ».
Honoré De Balzac
LE TEXTE ROMANESQUE
De manière synthétique et générale, on peut dire que le texte
romanesque est un récit de taille très variable, mais assez long,
aujourd’hui en prose, qui a pour objet la relation de situations et de faits
présentés comme relevant de l’invention, même si l’auteur recherche
souvent un effet de réel, ce qui le distingue du simple récit-transcription
(biographie, autobiographie, témoignage…), mais aussi du conte, qui
relève du merveilleux. La diversité des tonalités littéraires présentes
dans les romans est d’ailleurs totale.
Le roman appartenant au genre narratif, on peut rendre compte de
l’enchaînement plus ou moins complexe des événements d’un roman en
établissant le schéma narratif de l’œuvre et définir le principe général de
l’action par le schéma actanciel qui expose les différents rôles présents
dans le récit. On peut également définir le statut du narrateur (ou des
narrateurs), distinct(s) de l’auteur, ainsi que les points choisis et la
structure chronologique de l’œuvre. Genre polymorphe, le roman exploite
aussi bien les différents discours (direct, indirect, indirect libre), la
description (cadre spatio-temporel – portraits) que le récit proprement
dit (péripéties), le commentaire ou l’expression poétique.
Le roman a été et est toujours l’objet de remises en question qu’il
s’agisse pendant très longtemps de sa vanité et de son immoralité
(jusqu’au XIXe siècle), puis de la mise en cause de la psychologie avec
le behaviourisme, de la notion même de personnage avec le Nouveau
roman, de l’éclatement de la narration (forme chorale avec la
multiplication des narrateurs – perturbation de la chronologie…) ou de la
séparation auteur/narrateur avec l’autofiction
III) Quelques types de romans
Le roman d’initiation : il se caractérise par la formation de la
personnalité du héros au contact du monde extérieur.
Le roman autobiographique : c’est type de roman dans lequel l’auteur
fait le récit de sa propre existence avec une narration à la première
personne.
Le roman d’aventure : il fait évolué les personnages dans de nouveaux
espaces au sein de peuples différents, à d’autres époques.il est centré
sur l’action.
Le roman d’avoir : il est centré sur les sentiments amoureux, heureux ou
malheureux du héros.
Le roman policier : il est centré sur la résolution d’une énigme, d’un
problème.
Le roman historique : il raconte une histoire qui est situé à une époque
antérieure à celle de l’auteur.
Le roman de la science-fiction : il s’interroge sur l’avenir de l’humanité
par le biais du pouvoir donné à l’homme par la science
Le roman baroque : Le roman baroque héroïque se développe
au xviie siècle à la cour du roi de France. Inspiré du roman grec , c’est un
roman sentimental et d’aventure, avec des accents champêtres (dans
l’idylle) ou merveilleux. Deux amants sont séparés par le destin et se
cherchent au cours d’aventures pleines de rebondissements imprévus au
cours desquelles leur amour et leur détermination est mise à l’épreuve.
Les amants se retrouvent à la fin ; leur amour est confirmé par les
épreuves endurées.
Le roman galant et historique : Dans la deuxième moitié duXVIIesiècle,
on voit apparaître un nouveau type de roman qui s’oppose radicalement
à l’esthétique du roman baroque. Il s’agit de « petits romans » très courts
(par opposition aux milliers de pages du roman baroque), et d’un style
résolument réaliste. Alors que le roman baroque se situait dans un
passé mythique, ces romanciers empruntent leur sujet au passé
historique. Dans le roman baroque, les aventures se déroulent
entièrement dans la sphère de la vie publique. Dans le petit roman, c’est
la sphère privée qui est mise au centre du récit. D’autre part ces petits
romans s’opposent aux romans comiques par un ton sérieux et l’emploi
d’un style élevé. Pour ces raisons, on peut considérer que ces romans
marquent la naissance de la forme romanesque telle que nous la
connaissons encore aujourd’hui.
Les exemples les plus significatifs sont LA PRINCESSE DE
CLEVE de Madame de Lafayette (1678) et Dom Carlos de César Vichard
de Saint-Réal (1672).
Le roman épistolaire : Il apparaît en France en 1721, avec les Lettres
persanes de Montesquieu mais rencontrera surtout le succès à la fin du
siècle, après ceux de Paméla ou la Vertu récompensée (1740) et
de Clarisse harlowe (1748) et de l’intérêt du public pour la lecture de
correspondances réelles. Il explore surtout le thème de l’amour
impossible. Ces thèmes propres au roman sensible annoncent aussi le
romantisme.
Le nouveau roman : c’est école qui date des années 1950 elle se
démarque des procédés de narrations du roman traditionnel par des
approches multiples (effacement du personnage dont on sait que peu de
chose, dislocation de l’intrigue…). Le nouveau roman est une
contestation du roman traditionnel dans lequel, le lecteur était un simple
« liseur », un lecteur passif .selon les tenant du nouveau roman, le lecteur
doit participer à la construction du sens en recoupant certains éléments
en faisant des allés et retours. Le roman diffère de la nouvelle ou du
conte.la nouvelle est un récit en prose assez court et s’inspirant de la
réalité quotidienne(les faits divers par exemple). l’histoire racontée ets
concentrée et les personnages sont peu nombreux.
Le conte lui est un récit dont les lieux, les actions et les personnages ne
sont pas soumis aux lois de la réalité. Les rôles des personnages sont
plus ou moins symboliques car le récit a pour but de dégager une morale
ou une philosophie de vie.
IV°) LES FONCTIONS DU ROMAN
La plus grande partie de la production romanesque n’a guère d’autre but
que de divertir. En effet, le roman permet au lecteur de s’évader, de se
distraire à travers le d’histoires drôles captivantes. Cette fonction ludique
se retrouve dans tous les romans en général, mais en particuliers dans
les romans d’amour, les romans d’aventure, les romans picaresques…
Souvent, l’écrivain cherche une autre justification à son écriture. C’est le
cas de l’Abbé Prévost, auteur du roman L’histoire du chevalier des Grieux
et de Manon Lescaut, qui écrit : « l’œuvre romanesque peut servir dans
l’instruction de la vertu parce que chaque fait qu’on y rapporte est un
degré de lumière ». Le roman est donc éducatif, instructif et constitue
ainsi un excellent moyen d’acquisition de connaissances et du savoir.
Cette fonction didactique se retrouve dans l’ensemble des romans.
Le roman essaie aussi de faire prendre conscience, de permettre
l’engagement, de permettre l’action pour changer ou transformer la
société. Victor Hugo ne pensait pas autre chose lorsqu’il écrit : « Tant
qu’il y aura une damnation du fait des lois, des problèmes sur la dignité
humaine, la déchéance de la femme, de l’enfant, des livres comme Les
Misérables peuvent être utiles ». Dans cette tentative de
conscientisation, le roman se veut réaliste en transcrivant la réalité dans
sa totalité et en dénonçant aussi les injustices sociales, politiques ou
religieuses. C’est l’exemple des romans réalistes, naturalistes, négro-
africains ente autre.
Le romancier peut aussi être perçu comme un enchanteur du fait qu’il
capte, retient, fixe le réel, mais surtout modifie notre perception du
monde, des faits et des hommes.