0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
109 vues21 pages

Communication pédagogique en classe

Gestion

Transféré par

pnvf7p2znj
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
109 vues21 pages

Communication pédagogique en classe

Gestion

Transféré par

pnvf7p2znj
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

LA COMMUNICATION

DANS LE GROUPE CLASSE


OU
LA COMMUNICATION PÉDAGOGIQUE
Ecole Normale Supérieure (ENS), Département des Sciences de l’Education, 2017-2018

Table des matières


I. INTRODUCTION .......................................................................................... 3
II. ASPECTS GENERAUX SUR LA COMMUNICATION .......................... 3
III. SCHEMA GENERAL DE LA COMMUNICATION OU LES
COMPOSANTES DE LA COMMUNICATION ................................................ 4
IV. LA COMMUNICATION PÉDAGOGIQUE ............................................ 10
V. LES TYPES DE COMMUNICATION .................................................... 11
VI. LES OBSTACLES À LA COMMUNICATION ...................................... 12
VII. LA COMMUNICATION NON VERBALE............................................. 13
Qu'est-ce que la ''communication non-verbale'' ? .................................... 13
VIII. LES ÉLÉMENTS VISUELS DE LA COMMUNICATION NON
VERBALE .......................................................................................................... 14
L’utilisation de l’espace ......................................................................... 14
Les attitudes et les postures................................................................. 15
La gestualité .............................................................................................. 16
Le regard .................................................................................................... 17
Les mimiques ............................................................................................ 17
La maîtrise de la communication non verbale : une des clés de
l’autorité du maître ? ............................................................................... 18
IX. LES FONCTIONS DE LA COMMUNICATION .................................... 18
X. LES ATTITUDES DE L’ANIMATEUR DE LA CLASSE ......................... 19

2
Ecole Normale Supérieure (ENS), Département des Sciences de l’Education, 2017-2018

I. INTRODUCTION

La communication est liée à la vie de l’être humain dès la naissance. Elle est
quotidienne et fréquente au point que l’on s’arrête peu pour réfléchir sur ce qui se
passe. On dit même qu’elle est "normale" et peut paraître facile.
Toutefois cela ne semble pas être le cas car de nombreux problèmes relationnels
naissent du fait de la communication que ce soit au sein de la famille, dans les
entreprises ou entre les nations.
On remarque donc que des budgets considérables sont alloués au domaine de la
communication au des entreprises, des formations pointues sont mises en place pour
mieux comprendre le processus de communication et des ministères se consacrent à
ce domaine.
La communication n’utilise plus seulement les instruments du corps humain (voix,
corps, etc.) et les outils de la communication se développent tant pour la rapidité, la
fiabilité que pour l’efficacité.
La communication est certes habituelle pour chaque personne et toute expérience
humaine se fonde sur elle. Cependant, il est possible de la rentre performante par une
meilleure connaissance de ce processus, de ses mécanismes en vue d’améliorer ses
relations interpersonnelles.

II. ASPECTS GENERAUX SUR LA COMMUNICATION

DEFINITION
La communication désigne un échange de message (paroles, gestes, images) entre
des individus ou des groupes. Elle permet de transmettre des informations et vise à
influencer autrui et orienter les comportements.
La communication est une action de mise en commun et de partage des
connaissances. Elle favorise les interactions et les relations interpersonnelles.
La communication se présente aussi comme l’ensemble des processus par lequel se
réalisent des échanges d‘informations et de significations entre partenaires
(personnes ou organisations) dans un contexte social donné.
La communication est le processus par lequel deux individus « tentent » d’échanger
des idées, des sentiments, des significations symboliques.
Pour Marc et Picard, la communication est le rapport d’interaction qui s’établit lorsque
les partenaires sont en présence. Ce rapport s’analyse à trois niveaux : intrapsychique,
interrelationnel et social.
La communication est un processus de transmission d’information. Ce terme provient
du latin communicare qui signifie « mettre en commun » et « être en relation avec ».
Dans une perception restrictive, la communication renvoie à une transmission de
message. Mais en réalité, communiquer c'est mettre en commun une expérience de
signes, c’est aussi gérer avec autrui une situation d'échanges. En éducation, deux
types de communication se conjuguent pour assurer l’efficacité.

3
Ecole Normale Supérieure (ENS), Département des Sciences de l’Education, 2017-2018

• La communication référentielle qui est un type de communication qui renvoie à


la connaissance des objets, des faits et des évènements ;
• La communication persuasive qui est un type de communication dont l'objet est
de transformer le comportement d'autrui pour une adhésion à un idéal donné
ou de consolider la position d'autrui dans cet idéal.
Le sens moderne de la communication reste le même : transmettre, faire partager.
Pour qu’il y ait réellement communication, il faut que les deux parties (émetteur et
récepteur) participent effectivement à un échange. Lorsqu’on émet une information,
un conseil, un ordre, on a souvent l’impression de communiquer avec son
interlocuteur.
Mais est-ce vraiment le cas ? Sommes-nous sûrs que notre interlocuteur nous a
compris, l’avons-nous contrôlé ? Car communiquer ce n’est pas seulement lancer une
information, c’est aussi atteindre son but.
La communication est un acte humain et social qui est conscient ou non et dans
l’interaction humaine tout comportement prend une valeur de message de telle sorte
qu’on ne peut pas communiquer.
La communication est en définitive un acte ou un comportement qui est nécessaire et
se rencontre au quotidien. Dans les confrontations sociales, elle devient inéluctable et
fondamentale.

III. SCHEMA GENERAL DE LA COMMUNICATION OU LES


COMPOSANTES DE LA COMMUNICATION
Toute communication est un processus, une opération qui suppose les questions
suivantes :
Qui ? → Émetteur
De Quoi ? → Contenu du message
À Qui ? → Récepteur
Où ? → Contexte, Lieu, Espace
Comment ? → Moyen, Canal de Transmission
Pourquoi ? → Objectif
Avec Quel Résultat ? → Effet, Conséquence, Feed-back.

La situation de communication fait donc intervenir des moments et des éléments


fondamentaux à savoir :
→ L’émission qui est réalisé par l’Emetteur qui construit le message à partir de la
situation (événement, personnes en présence, lieu, etc.), de ses expériences et
connaissances. Il effectue le codage.
Qui l’émetteur : un individu, un groupe ou une institution (L’émetteur doit être
compétent et s’impliquer) ;

→ Le Récepteur accueille le message et entreprend le décodage à partir de la


situation, de ses expériences et connaissances.

4
Ecole Normale Supérieure (ENS), Département des Sciences de l’Education, 2017-2018

À qui le récepteur : un individu, un groupe ou une institution Il est le plus important et


si on ne se met pas à sa portée, rien ne se passe ;
→ Le Code correspond au système de signes (langage, gestes, etc.) utilisés par
l’Émetteur et le Récepteur. Ils détiennent tous deux la clé de décodage.
Le message renferme, contient le code utilisé et il se présente sous la forme d’une
association organisée de signes.
Dit quoi le message doit être accessible à tous, savoir expliquer les choses
compliquées. C’est le contenu, et il n’est jamais neutre ;

→ Le canal de transmission est un support, un élément qui porte et transporte le


message (le papier et l’écriture, la voix et l’air, etc.)
→ Où le contexte (La personnalité et la culture) ;

→ Pourquoil’objectif (C’est lui qui donne sens à l’expression) ;

→ Comment les moyens, le canal de transmission ;

→ Avec quels résultats, quels effets

→ Le Feed-back qui favorise l’information en retour, permet le contrôle et la


régulation pour un traitement efficace des informations et erreurs éventuelles. Dans la
classe, l’animateur peut exploiter les feed-back immédiat (faire répéter, interroger pour
vérifier après l’exposé) et le feed-back différé (interroger après un délai, un intervalle
entre l’exposé et l’information en retour).
Ces différents éléments sont gérés par le cadre de référence qui est l’ensemble des
valeurs, conceptions, croyances, et préjugés qui tiennent à la culture, l’éducation, le
niveau scolaire, l’âge, le sexe, d’appartenance, la personnalité, etc.
Ces différents éléments occupent une place essentielle dans la communication et il
est important de bien les identifier, les connaître et les maîtriser pour développer une
bonne relation de communication.

La communication peut avoir certaines incomplétudes qui peuvent être dues aussi bien
à l’émetteur, qu’au récepteur, mais aussi et surtout aux projections faites lors de la
transmission d’un message.
Nous avons voulu à travers les filtres de la communication relever quelques problèmes
inhérents au processus.

5
Ecole Normale Supérieure (ENS), Département des Sciences de l’Education, 2017-2018

Les Filtres de la communication

—Ce que j’ai à dire 100%


Filtre du langage : Ce que je dis 80%
Filtre de la perturbation : Ce qu’il entend 70%
Filtre de l’interprétation : Ce qu’il croit comprendre 60%
Filtre de la compréhension : Ce qu’il comprend 50%
Filtre de la mémorisation : Ce qu’il retient 20%
Filtre de la décision : Ce qu’il répercute 10%

6
Ecole Normale Supérieure (ENS), Département des Sciences de l’Education, 2017-2018

QU’EST CE QUE COMMUNIQUER ?


Schéma Classique de la Communication

Emetteur Codage Décodage Récepteur


Ecole Normale Supérieure (ENS), Département des Sciences de l’Education, 2017-2018

Qu’est-ce que communiquer?

Règles et normes régissant Règles et normes régissant la


la communication communication
Bruits d’attitudes et de conduites

Information Information
reçue
détenue par E
Bruits
•F « techniques »
Attitudes Attitudes
i
l
t canal Cadre de
Cadre de RECEPTEUR
EMETTEUR r Référence
référence
a de R
de E
g
e Bruits
Code Code
organisationnels
Objectifs à e
atteindre t Utilisation de
l’information
c Bruits sémantiques
o
Système des relations d Système des relations
a
g
e

LE SCHEMA DE LA COMMUNICATION
Ecole Normale Supérieure (ENS), Département des Sciences de l’Education, 2017-2018

QU’EST CE QUE COMMUNIQUER ?

Parasites
Déperdition d’énergie
Rencontre de l’autre
CODAGE – DECODAGE
ZONE Organisation NIVEAU DE LA MER
DU SENS de ma pensée organisatio
MILIEU AMBIANT images qu’il a
IMAGES Images que j’ai de
l’autre de moi
Images que je crois images qu’il croit
que l’autre a que j’ai de lui
Images que je voudrais images qu’il voudrait
donner de me donner de lui
Images que j’ai de moi images qu’il a de lui
actuelles - idéales actuelles - idéales
Peurs - envies
Peurs- envies

MESSAGE Message
que je voudrais envoyer parvenu

LES ICEBERGS
Ecole Normale Supérieure (ENS), Département des Sciences de l’Education, 2017-2018

IV. LA COMMUNICATION PÉDAGOGIQUE


Sur cette modélisation se trouve les différentes composantes que vous connaissez
déjà, mais transposé à l'analyse de la communication éducative.
Remarquez que toute forme de communication éducative présente un double aspect
: le contenu d'enseignement et la relation pédagogique.
La vie d’une classe est régie par la communication entre l’élève et son professeur. Et
à travers la conduite d’une classe, on peut cerner à partir du leader et ses relations
avec ses élèves, le type d’influences qui ont cours dans la classe.
En effet, l’enseignant dirige les activités et les transactions en classe/groupe, suivant
des objectifs posés, des tâches à remplir. C’est à travers cette fonction de gestionnaire
d’un cours, de différentes activités qui y ont lieu et de la parole en particulier qu’il
assure la cohérence du travail en général y compris les échanges discursifs se
déroulant dans le cadre du processus d’enseignement/apprentissage. Le futur
enseignant doit ainsi disposer d’un système solide de savoirs et de savoir-faire
professionnels, pour atteindre une maîtrise parfaite de la communication pédagogique.
La communication (interaction) pédagogique est une composante importante du
système de gestion de l’activité d’apprentissage qui sert à optimiser le processus
d’acquisition de connaissance dans la matière dispensée.
• Elle peut être optimale, il s’instaure alors entre le professeur et ses élèves lors
du processus d’enseignement de meilleures conditions pour le développement
de la motivation des apprenants et pour un caractère créateur du processus
d’apprentissage, pour une formation adéquate de la personnalité de chaque
élève.
• La communication pédagogique se caractérise par une interaction inégale de
l’enseignant et des apprenants. Ces derniers sont dirigés par leur professeur
dans le but de l’acquisition des pratiques et des savoir-faire. Du point de vue
fonctionnel, le professeur assure le contact permanent avec toute la classe et
chaque élève, à la fois, organise l’activité d’apprentissage (crée la motivation,
explique les conditions, contrôle, corrige et évalue les résultats), guide des
activités individuelles et groupales.
• La communication (interaction) pédagogique peut être envisagée comme un
moyen particulier destiné à diriger le collectif, des relations interpersonnelles à
l’intérieur de ce dernier, le comportement de chaque apprenant. Elle est aussi
un moyen d’organiser des activités communes et/ou individuelles.
• La communication pédagogique est donc un système particulier servant à
diriger les apprenants grâce à ses propres mécanismes psychopédagogiques
d’action, de réaction, de contact et d’organisation. Le caractère de la
communication pédagogique est conditionné par la façon dont le professeur
résout les problèmes globaux et particuliers de l’enseignement, de l’éducation,
du développement psychologique et personnel des élèves. Il s’agit des moyens
communicationnels qui influencent le fonctionnement d’un collectif
d’apprenants afin de le rendre plus efficace.
• On peut distinguer alors une communication pédagogique orientée vers une
personne ou vers un groupe. Lors de la communication pédagogique, tous les
mécanismes se trouvant à la base de la communication en général (mémoire,

10
Ecole Normale Supérieure (ENS), Département des Sciences de l’Education, 2017-2018

attention, imagination, faculté de la pensée, langage et comportement


communicatif, émotions, etc.) atteignent le niveau qui garantit une efficacité
psychologique et pédagogique de l’activité de l’enseignant. Ce type de
communication est ainsi inclus dans la notion de la maîtrise pédagogique.
La formation professionnelle des enseignants doit comprendre les moyens
d’adaptation de leurs particularités personnelles et sociales, de leurs tempéraments,
etc. à la spécificité de leur métier. Mais, avant tout, il faut que le futur professeur soit
motivé d’apprendre à communiquer avec les apprenants.
Enfin, la communication pédagogique est un processus bilatéral. L’enseignant doit
savoir non seulement l’organiser, mais aussi stimuler l’initiative communicative de la
part de ses élèves. Ces derniers sont en fait sujets des échanges de toute sorte dans
le système de l’activité cognitive d’apprentissage et de communication en général.

Les outils de la communication


Les outils de la communication sont des moyens d’ordre humain, matériel ou non,
technologique ou numérique permettant de favoriser la communication entre des êtres
vivants, en facilitant la transmission d’un message formatif entre les personnes
concernées.
Le rôle d’un outil pédagogique c’est de favoriser la transmission de données
d’information ou de formation transmises par l’émetteur (formateur) à un récepteur
(l’enseigné) dans un codage déchiffrable par les deux parties.
Favoriser la Transmission de messages de confirmation, permettant au formateur de
vérifier la bonne compréhension de la transmission initiale.
(Cf. au texte à lire : Sa voix, Son regard, Sa gestuelle, Ses écrits, Ses attitudes, Ses
actes, Son exemple
L’écoute - Le style vocal
L’exploitation du feedback - La redondance
La perception de l’enseignant vis-à-vis de l’étudiant
Le respect des conventions sociales - Le contexte statutaire et hiérarchique)

V.LES TYPES DE COMMUNICATION


La communication se déroule toujours avec un autre objet, une rencontre qui peut se
réaliser avec soi ou autrui.
La communication intrapersonnelle est une communication avec soi à partir de la
centration sur une personne. Il s’agit d’écouter les différents messages en provenance
de son propre corps, d’être en contact avec les autres réactions du corps, les
perceptions de soi. Elle consiste à prendre conscience de ses besoins, désirs,
motivations, et intentions. La communication se déroule avec le milieu interne.
La communication interpersonnelle est une communication avec l’autre qui est
aussi un système. Elle met donc en relation deux systèmes subjectifs qui sont en
contact avec un environnement.

11
Ecole Normale Supérieure (ENS), Département des Sciences de l’Education, 2017-2018

Ce type de communication retient le plus souvent l’attention car il est plus fréquent. Il
prend une dimension plus large dans le cadre des groupes que ce soit au sein des
groupes (intragroupe) ou entre les groupes (intergroupe).

LES FORMES DE LA COMMUNICATION


La communication prend différentes formes chacune d’elles occupe une position
prépondérante selon l’évolution de l’individu.
On peut donc distinguer :
• La forme tactile (qualité du toucher dans une poignée de main, etc.) ;
• La forme thermique (le niveau plus ou moins élevé de la température de la
main ;
• La forme olfactive (les odeurs) ;
• La forme de la vocalisation (vocalises que sont les cris qui informent sur a
douleur ou le contentement, etc.) ou de non vocalise avec le silence ;
• La forme visuelle avec le regard, les mimiques, les sourires et l’expression
faciale.
Ces différentes formes sont associées dans la communication verbale et non
verbale. La première renvoie à ‘usage de la parole et des mots et la seconde renvoie
à l’utilisation du corps dans diverses positions (postures du corps. On considère même
que plus de 70% de la communication passent par la forme non verbale.
On peut aussi distinguer des formes qui utilisent :
• le verbal avec les variations du ton de la voix, la prononciation ;
• l’écrit qui prend en compte le style ou le niveau de langue ;
• le corporel avec les mimiques, les gestes, les postures ;
• l’image avec les figures, les dessins.

VI. LES OBSTACLES À LA COMMUNICATION


Les obstacles se rencontrent à plusieurs niveaux et sont liés aux partenaires, aux
instruments, à l’environnement social et au contexte de l’entreprise.
• Les obstacles personnels et psychologiques tiennent au faible niveau de
scolarisation, l’expérience réduite, l’absence d’objectivité, le jugement hâtif,
l’agressivité, la méfiance, etc. ;
• Les obstacles sociaux qui sont en relation avec le sexe d’appartenance, le statut
social, l’âge, la profession, les préjugés, favorables et/ou défavorables, etc. ;
• Les obstacles instrumentaux de la communication sont liés à la qualité des
instruments, aux bruits (physiques, physiologiques, psychologiques, etc.) qui
parasitent le canal de transmission et à son adéquation au récepteur ;
• Les obstacles organisationnels en rapport avec la taille de l’entreprise, le
cloisonnement entre les services, l’ambigüité dans la répartition des statuts et
rôles, le style de leadership, etc.
Une connaissance du partenaire est tout aussi importante car le message réalisé lui
est destiné. Il faut donc connaître les obstacles qui se situent à son niveau, les
difficultés qu’il peut rencontrer au niveau du décodage, ses centres d’intérêt afin de lui
adresser un message pertinent et attrayant (texte et schéma, image sans texte,
matérialisation par un croquis, etc.
12
Ecole Normale Supérieure (ENS), Département des Sciences de l’Education, 2017-2018

VII. LA COMMUNICATION NON VERBALE


Communiquer verbalement, que ce soit en présentiel ou à distance, est un art qui obéit
à des techniques qu'on peut apprendre, maîtriser et perfectionner. Toujours est-il que
la parole en elle-même ne se suffit pas et un bon orateur ou conférencier n'arrive pas
à convaincre et dominer son auditoire s'il n'utilise pas la ''communication non-verbale'',
à bon escient et en cohérence avec ses propos. Les chercheurs n'affirment-ils pas que
le ''langage du corps'' représente à lui seul 70 à 80 % de la communication en général ?
Qu'est-ce que la ''communication non-verbale'' ?
Par ''communication non-verbale'', on désigne l'ensemble des manifestations
physionomiques, gestuelles ou vocales. Lors d'une présentation en présentiel, votre
posture, la proximité, les gestes de vos mains, la façon dont vous regardez votre
auditoire, dont vous souriez, dont vous serrez une main, dont vous vous habillez, le
ton sur lequel vous parlez...communiquent parfois autant que vos paroles, révèlent des
messages que les mots cherchent inutilement à dissimuler. Le geste peut démentir la
parole, ce qui risque de conduire à des interprétations erronées, à l'ambiguité et
l'incompréhension.
On ne peut pas séparer la communication verbale de celle non verbale de l’enseignant,
son comportement interactionnel, en tant que l’un des acteurs de la scène-classe,
influençant de manière extrêmement puissante la communication didactique avec les
apprenants, facilitant ou bloquant leur rythme d’apprentissage
L’affirmation conformément à laquelle la communication est un phénomène multicanal
ou plurimodal est déjà du domaine de la banalité. Entre deux personnes, la
communication ne se réduit pas à des échanges de nature verbale. Plus précisément,«
durant une interaction face à face, par exemple, chaque interlocuteur émet et reçoit un
énoncé total, hétérogène, résultat de la combinaison, en général synergique, de
plusieurs éléments » (Cosnier J., Brossard, A., 1984, p. 5). Barlund s’inscrit dans la
même ligne quand il affirme que beaucoup de significations humaines - même la
plupart - sont façonnées par le toucher, la parole, les gestes, l'expression du visage,
avec ou sans paroles. Les individus s’observent réciproquement, en écoutant les
pauses et l'intonation, en observant les vêtements, les yeux ou la tension du visage,
tout comme les mots qu’ils prennent en considération (Barlund, C., 1970, p. 67).
La communication non verbale serait représentée par tout élément entrant dans la
composition d’un phénomène communicatif et qui ne s’appuie pas directement sur la
communication orale ou écrite et qui implique « la somme des stimulus (à l’exception
de ceux verbaux) présents dans le contexte d’une situation de communication,
générés par l’individu et qui contiennent un message potentiel » (Chiru, I., 2003, p.
32). On voit que la communication non verbale contient un ensemble vaste et
hétérogène de processus ayant des propriétés communicatives, en commençant avec
des comportements plus manifestes et macroscopiques, comme l’aspect extérieur, les
comportements de relation spatiale avec les autres (rapprochements, distanciations)
et les mouvements du corps (du tronc, des membres ou de la tête) jusqu’au aux
activités moins évidentes et plus fugaces, comme les expressions faciales, les regards
et le contact visuel, les intonations vocaliques (Hennel-Brzozowska, A., 2008, p.22).Il
s’agit ici d’éléments de nature paralinguistique, comme l’intonation et la mimique, mais
aussi la gestualité, la proxémique, la kinésique, qui peuvent modifier ou influencer le
message et l’interaction.

13
Ecole Normale Supérieure (ENS), Département des Sciences de l’Education, 2017-2018

- "Les êtres humains usent simultanément de deux modes de communication : digitale


et analogique."
Le langage digital possède une syntaxe logique très complexe et très commode mais
manque d'une sémantique appropriée à la relation. Par contre, le langage analogique
possède bien la sémantique mais non la syntaxe appropriée à la définition non
équivoque de la relation.
La communication digitale est de nature symbolique. Ces symboles sont les mots que
l'on emploie pour désigner les choses, mots qui relèvent d'une convention sémantique
propre à une langue donnée. La communication digitale possède une syntaxe logique
souple, précise et pratique, qui se prête facilement à l'abstraction. Elle définit le
contenu de la relation
Par contre, toute communication non verbale est une communication de nature
analogique. C'est une communication primitive et animale, riche de sens et
directement compréhensible même entre espèces différentes. L'expression de nos
sentiments, qui est la base de nos relations interpersonnelles, est un exemple de
communication analogique. Il est, de plus, difficile de mentir dans le domaine
analogique.
La communication analogique définit la relation. Elle est très intuitive et signifiante mais
manque de souplesse, et peut s'avérer ambiguë par manque de discriminant. Par
exemple, les larmes peuvent exprimer la joie ou la peine, tout dépendra du contexte.
Elle manque aussi d'indices et de fonctions logiques, comme les fonctions " ou bien...
ou bien", "si... alors", et plus encore, elle ne sait pas exprimer la négation. On ne peut
nier une émotion ou un sentiment, on ne peut que le vivre. Pour lever dans certains
cas l'ambiguïté propre à ce mode de communication, il faut le traduire, c'est-à-dire
passer de l'analogique au digital, ou encore parler sur la relation, c'est-à-dire méta-
communiquer. Naturellement, cette traduction, comme toute traduction, soulève le
problème de la distorsion et de la perte d'information.

VIII. LES ÉLÉMENTS VISUELS DE LA COMMUNICATION NON


VERBALE
Les éléments les plus manifestes sont l’utilisation de l’espace, les attitudes et les
postures, le regard, les mimiques, la gestualité, les contacts corporels, la tenue
vestimentaire.

L’utilisation de l’espace
C’est d’abord par ses déplacements dans la classe, que l’enseignant affirme sa
présence en circulant entre les rangées de table, il joue avec la variation des distances
par rapport à certains élèves. Il existe dans la classe des itinéraires stratégiques que
l’enseignant parcourt et qui lui permettent, en fonction des situations, soit de contrôler
l’agitation de certains (le seul fait de se rapprocher imperceptiblement d’un élève peut
suffire à faire cesser cette agitation), soit de stimuler la participation des autres.
L’amplitude et la vivacité des gestes, la diversité des orientations du corps de
l’enseignant sont susceptibles de mobiliser l’attention des élèves. On constate que le
déplacement du débutant dans la classe est motivé par des taches pratiques
d’enseignement (distribuer des feuilles polycopiées, par exemple), alors que la variété

14
Ecole Normale Supérieure (ENS), Département des Sciences de l’Education, 2017-2018

des déplacements effectués par des maîtres expérimentés n’ont pas de justifications
apparentes sinon celle d’investir l’espace de la classe pour maintenir le meilleur
contact possible avec les élèves. On peut dire, d’une façon générale qu’ils manifestent
plus de présence que les débutants en occupant mieux le terrain.
La proximité du maître entraîne toujours pour l’élève une charge affective forte : c’est
le cas, par exemple, lorsque l’enseignant se penche au-dessus de l’élève assis à sa
table pour contrôler son travail. La présence rapprochée, la chaleur du corps du maître,
son souffle peuvent être ressentis par l’élève. Se rapprocher ainsi d’un élève c’est
symboliquement entrer dans son territoire, c’est envahir sa sphère privée, ce qui n’est
pas sans conséquence sur l’état émotionnel de l’élève et sur son comportement.
L’activité de l’élève peut être ainsi stimulée mais elle peut aussi être inhibée. Ému par
la présence rapprochée du maître l’élève se met à bafouiller et ne parvient plus à
organiser ses idées de façon cohérente.
Il existe d’autres stratégies d’utilisation de l’espace proche sans qu’il soit nécessaire
pour l’enseignant de se déplacer, et sans donner l’impression d’une intrusion forcée
sur ce territoire personnel de l’élève; il existe des emplacements privilégiés : chacun a
le souvenir du rituel d’entrée en classe qui permet au maître, posté à la porte, d’exercer
un contrôle sur le comportement des élèves par sa proximité physique, les élèves
passant un par un devant lui. Ce rituel peut aussi être considéré comme un rituel
d’accueil ou « d’accès ». Les « rituels d’accès » gèrent la communication et... dont il
ne faut pas négliger l’importance au risque de désacraliser ce moment important dans
la vie quotidienne des élèves où ils passent d’un temps de récréation à un temps
d’acquisition des savoirs. Il s’agit donc d’un rituel d’accès à une relation mais aussi à
un temps et un espace consacrés.
La distance interpersonnelle, dont l’enseignant a, en principe, le plus souvent
l’initiative, peut être une manière de gérer des relations de familiarité avec les élèves
ou au contraire de maintenir une distance. La proximité et même le contact avec un
élève turbulent peuvent être le moyen de résoudre un problème de discipline

Les attitudes et les postures


Les attitudes ou postures adoptées par l’enseignant sont aussi porteuses de sens pour
les enfants. Il s’imposera par des postures élevées (station debout ou assis sur une
table) qui lui permettent d’avoir de la hauteur et de dominer physiquement ses élèves,
ou au contraire s’effacera (assis à son bureau ou au fond de la classe) lorsque ses
élèves ont un travail à faire en autonomie. L’immobilité, bras croisés, et le silence du
maître sont en général des signes d’appel au calme beaucoup plus efficaces que des
gesticulations inutiles voire contradictoires avec l’effet qu’il veut obtenir.
L’orientation de la posture a aussi son importance. Le face à face est une position
d’ouverture, se mettre d’angle indique une méfiance et tourner le dos, un refus. La
position des membres peut signifier une fermeture : les bras croisés du maître
signifient « je refuse de dialoguer tant que je n’aurai pas le silence ».
Les tenues posturales échappent le plus souvent à la conscience du maître (rigidité
du corps et du visage, fermeture ou décontraction et ouverture); il faut remarquer que
cette attitude de rigidité est fréquente chez le débutant et souvent associée à une
rigidité de la démarche pédagogique du maître qui s’en tient à sa fiche de préparation
pour faire sa leçon. C’est une façon de se sécuriser, de limiter une prise de risque dans
la communication avec la classe que l’enseignant a peur de ne pouvoir gérer. Cette
15
Ecole Normale Supérieure (ENS), Département des Sciences de l’Education, 2017-2018

manière d’être et cette façon de faire bloquent toute ouverture et toute communication
avec les élèves. Cette attitude « fermée » réduit la disponibilité et la sensibilité du
maître aux réactions des élèves. S’en tenant à une préparation « béton », il est sourd
et aveugle face à sa classe, le cours pourrait se dérouler sans élèves.
Les attitudes du maître sont le reflet de ses états psychologiques : l’anxiété et le repli
sur soi ou la sérénité et l’ouverture se lisent dans ces postures. C’est en prenant
conscience de ses états toniques par l’auto-observation et l’analyse de ses attitudes
et comportements que le professeur stagiaire peut espérer progresser vers des
conduites plus efficaces. La maîtrise respiratoire est un des éléments importants de
ce contrôle tonique. Le fait de prendre une respiration profonde lorsqu’une situation de
classe est tendue, favorisera chez l’enseignant une détente tonique bénéfique au
climat de la classe. Le tonus musculaire joue en effet une fonction fondamentale de
relation à autrui. La qualité de la relation pédagogique nécessite un subtil équilibre
tonique entre un état de tension, nuisible à une attitude d’écoute et de disponibilité du
maître, et un état de relâchement, un manque de retenue (ou de tenue au sens
physiologique), laissant libre cours aux comportements spontanés et envahissant des
élèves. Nous en avons un exemple avec cet étudiant, pour la première fois devant des
élèves et qui s’adresse à eux avec un manque de tonus évident (au sens de tenue du
corps), les mains dans les poches et qui est vite dépassé par l’agitation des élèves,
obligeant l’enseignant titulaire de la classe en observation au fond de la salle,
d’intervenir pour les calmer.

La gestualité
Il est ici question de la gestualité symbolique, c’est-à-dire des gestes qui sont réalisés
pour produire du sens et non pas pour exécuter simplement une action (prendre un
livre sur le bureau pour en faire la lecture), bien que de nombreux gestes aient à la fois
un but fonctionnel et une dimension symbolique : saisir le bras d’un élève indiscipliné
pour le remettre à sa place à une visée pratique (remettre de l’ordre dans la classe)
mais en même temps une portée symbolique (l’enseignant signifie à l’élève une
désapprobation, voire une réprimande selon la véhémence du geste). Ces gestes
présentent une grande variété d’expressions : ce sont des gestes de menace, de
répression, d’encouragement, d’apaisement, de connivence. Nous distinguons une
gestualité qui privilégie le canal de communication visuelle, nous l’appellerons
gestualité de communication à distance et une gestualité qui privilégie le canal du
toucher, nous l’appelons gestualité de contact.

La gestualité à distance
Elle est une forme efficace de communication avec les élèves qui peut fonctionner en
l’absence de la parole. Frapper des mains, mettre l’index verticalement sur la bouche
pour obtenir le silence, agiter les bras pour attirer l’attention, lever un bras, la main
ouverte, pour provoquer l’arrêt de toute activité, convoquer un élève avec signe de
menace en pliant et dépliant alternativement l’index. Il existe encore bien d’autres
stéréotypes gestuels, reconnaissables par tous, indépendamment des variations qui
existent forcément d’une classe à l’autre : montrer du doigt pour désigner un élève ou
pour lui indiquer une place où il doit se rendre. Plier l’avant-bras, main ouverte, pour
signifier une menace de punition en simulant une gifle, etc.

16
Ecole Normale Supérieure (ENS), Département des Sciences de l’Education, 2017-2018

Outre ces actions effectuées de façon délibérée, l’enseignant fait usage de gestes qui
lui échappent en partie et qu’il effectue de façon plus ou moins consciente. Ils
participent à la théâtralisation de l’enseignement et contribuent à renforcer la
communication avec la classe (attirer, focaliser ou relancer l’attention).
Il faudrait aussi ajouter des gestes qu’on pourrait nommer les indicateurs qui sont des
gestes destinés à attirer l’attention de l’auditeur et qui renforcent ou remplacent les
indications verbales du type « regardez là », « voyez ceci », etc. : bras tendu pour
indiquer à un élève de retourner à sa place, doigt pointé sur un mot au tableau,
mouvement de tête en direction d’un objet, d’un endroit dans l’espace.

Le regard
L’orientation et l’expression du regard sont des modalités d’intervention non verbale
très efficaces. L’enseignant fait en permanence des choix au niveau du regard qu’il
porte sur la classe. Il peut feindre d’ignorer le comportement d’un élève ou, au
contraire, avoir un regard insistant de réprobation ou de bienveillance, un regard bref
de contrôle (il jette un œil pour vérifier) ou de connivence (clin d’œil) vis-à-vis de tel ou
tel, un regard fixe ou un regard flottant. La façon dont l’enseignant regarde un élève
en dit long sur ses sentiments vis-à-vis de celui-ci. En général le regard du maître a
pour fonction d’attirer l’attention et produit un effet de valorisation de l’élève regardé. Il
constitue un renforcement positif et provoque de meilleures performances dans
l’apprentissage ; les élèves, sous le regard du maître, mobilisent davantage leurs
capacités intellectuelles que ceux qui sont isolés pour exécuter une tache.
L’enseignant débutant a tendance à regarder les élèves les plus actifs, ceux qui
l’écoutent ou ceux qui sont les plus susceptibles de répondre de façon positive à son
projet. Ce qui est valorisant pour lui. Les paresseux ont tendance à être ignorés, on
les oublie dans leur coin. Les non-regardés sont démobilisés, ils décrochent lorsque
les seuls regards qu’ils reçoivent sont des regards inexpressifs qui les traversent sans
s’arrêter sur eux. Le cancre, isolé des regards, est abandonné à son sort. Il y a donc
une gestion des regards qui peut avoir une grande importance dans l’évolution du
comportement des enfants.

Les mimiques
Les expressions faciales ont fait l’objet de nombreux travaux : il s’agit des différentes
formes d’expression du visage; bien qu’elles soient associées, en général, à la
gestualité et au regard, elles constituent des éléments qui peuvent être indépendants
ou renforçateurs des précédents. Le sourire a une fonction de détente, de
dédramatisation. Le sourire est un important mode de communication non verbal. En
principe il est censé exprimer une bonne disposition psychique de l’enseignant à
l’égard de ses élèves. Mais pas uniquement. Il a été recensé dix-neuf sens différents
du sourire ! On peut en effet sourire sous l’effet de l’appréhension ou par mépris ou
ironie : nous avons pu constater qu’un sourire ironique de l’enseignant à l’égard d’un
de ses élèves indiscipliné peut constituer un désaveu cinglant. Il faut observer
cependant que le sourire suscite, en général, chez autrui des attitudes positives. Le
sourire est contagieux et peut déterminer des comportements d’apaisement et de
détente chez les élèves et favoriser un bon climat dans la classe.

17
Ecole Normale Supérieure (ENS), Département des Sciences de l’Education, 2017-2018

La maîtrise de la communication non verbale : une des clés de l’autorité du


maître ?
Un certain nombre de professeurs stagiaires sont quelquefois désemparés devant des
classes difficiles et peuvent vivre des expériences douloureuses dans les stages en
responsabilité, ce qui peut être dommageable pour un début de carrière. Les
problèmes qu’ils rencontrent ne sont pas des problèmes liés au contenu de
l’enseignement qui, en général, est bien préparé, mais des problèmes de relation
d’autorité, de communication qu’ils passent une grande partie du temps à gérer et qui
absorbent leur énergie. Or la formation dans des enseignants, on se préoccupe
d’abord des contenus, pour le reste, on s’en remet à l’intuition des stagiaires qui,
pense-t-on, possèdent ou ne possèdent pas une autorité qui serait naturelle. L’autorité
du maître est-elle naturelle ? Nous pensons que les éléments de la communication
non verbale dont nous venons d’établir un inventaire : l’utilisation de l’espace, la
maîtrise du regard et de la voix, de ses postures et de ses déplacements dans la
classe, le travail de la tension et de la mise en scène de soi sont déterminants dans la
relation pédagogique et qu’en tout cas, ils ne sont pas aussi naturels que certains
l’affirment. On a pu constater qu’il existe des comportements qui font la différence,
concernant la réussite pédagogique, entre des enseignants débutants et des
enseignants experts. On peut formuler l’hypothèse que les comportements non
verbaux du maître participent à l’instauration de son autorité dans la classe et
correspondent à des compétences qui peuvent s’acquérir.

IX. LES FONCTIONS DE LA COMMUNICATION


La communication assure de multiples fonctions tant au plan individuel que groupal.
Au plan général, nous en retiendrons quelques-unes :
• Fonction d’éducation et de socialisation dans l’acquisition de savoirs, la
connaissance des règles sociales de comportement, etc.
• Fonction de réduction des conflits propres à soi, interpersonnels et entre
groupes,
• Fonction ludique et de détente que l’on retrouve dans la lecture, le théâtre, le
mime, le cinéma, etc.
• Fonction artistique dans la peinture, le dessin, ‘écriture, etc.
Dans le groupe classe, la communication assure les fonctions suivantes :
• Fonction de production du fait de l’augmentation de la productivité en quantité
et en qualité, renforce l’organisation des services au sein de l’entreprise. Ainsi
elle contribue à l’accroissement de la clientèle et favorise le développement de
l‘entreprise. Elle favorise par ailleurs le renforcement de la qualité des relations
de travail et la cohésion des groupes de travail.
• Fonction de contact et de relation car le contact se réalise, ce qui permet de
répondre à une demande et d’établir ainsi une relation avec le partenaire de
l’entreprise.
Cette relation qui s’installe au travers des échanges (questions et réponses) permet
de réduire la distance psychologique qui sépare les personnes.
Un climat de confiance et de sécurité s’installe, ce qui dissipe les craintes, peurs et
préjugés tout en apportant la possibilité d’une meilleure connaissance du partenaire et
de ses besoins.

18
Ecole Normale Supérieure (ENS), Département des Sciences de l’Education, 2017-2018

• Fonction d’information et d’aide à la prise de décision parce que des


informations fiables et utiles sont mises à la disposition des collaborateurs de
telle sorte qu’ils peuvent proposer des conseils, faire des propositions et
suggestions en vue de la prise de décisions pertinentes ;
• Fonction de promotion de l’image de l’entreprise du fait que cette dimension
concoure à la construction de l’image de l’entreprise et à son rayonnement.
L’image de l’entreprise ainsi valorisée assure une fidélisation des partenaires et une
image positive (valorisée) au sein de la société.
• Fonction de soutien psychologique et affectif en raison de la réponse
apportée aux besoins exprimés par les collaborateurs et du fait de la prise en
charge de leur satisfaction.
Ainsi peuvent disparaître les tensions créées par les besoins en offrant une oreille
attentive, du temps pour l’écoute, une attitude d’aide et de soutien.
• Fonction de motivation car elle incite à une plus grande efficacité et un
meilleur rendement, assure la promotion individuelle et collective, favorise le
développement de l’entreprise.

X.LES ATTITUDES DE L’ANIMATEUR DE LA CLASSE

L’acte pédagogique est avant tout un acte de communication entre quatre entités :
1. L’animateur qui dispose de compétences en matière de formation ;
2. Les personnes à former qui expriment des besoins de formation ;
3. Le contenu qui correspond aux besoins exprimés ;
4. La méthode pédagogique utilisée qui est adaptée aux attitudes des personnes
à former.
Au cours de l’action de formation, différentes attitudes sont produites et elles
influencent l’apprenant. Ce sont sept (7) attitudes qui ont été identifiées et qui sont
exploitées par l’animateur :
1. Attitude de décision : se substituer à l’apprenant et lui indiquer ce qu’il doit
faire. Cela peut consister à donner un ordre, un conseil ou une suggestion ;
2. Attitude d’évaluation : porter un jugement de valeur sur le comportement de
l’apprenant. Cette attitude peut se situer sur le plan logique (vrai ou faux), sur
le plan moral (bien ou mal), sur le plan esthétique (beau ou laid), etc. ;
3. Attitude de support ou de soutien : indiquer ce que l’apprenant devrait sentir
ou ressentir ;
4. Attitude d’interprétation : indiquer les raisons (causes) profondes du
comportement de l’apprenant ;
5. Attitude d’enquête : rechercher simplement les compléments d’information
auprès de l’apprenant ;
6. Attitude d’information : donner de l’information à l’apprenant ;

19
Ecole Normale Supérieure (ENS), Département des Sciences de l’Education, 2017-2018

7. Attitude de compréhension : s’efforcer de percevoir et même de ressentir


comme l’apprenant et le lui manifester en réexprimant le plus clairement et le
plus authentiquement possible ce que l’apprenant a exprimé.
Les trois premières attitudes sont dites "d’influence" car elles placent l’apprenant
dans une incapacité de penser, d’agir, de ressentir "normalement".
Les trois dernières sont des attitudes de "non-influence" car elles conduisent à des
réactions positives et sont favorables au dialogue.
Dans la formation des adultes, ce sont particulièrement les attitudes d’enquête
(rechercher, solliciter) et de compréhension qui sont recommandées.
Une animation réussie utilisera les attitudes et comportements suivants :

ATTITUDES RECOMMANDEES COMPORTEMENTS ADAPTES

ATTENTIVE
Regard en contrôle
Vigilance permanente
Posture en avancée
Écoute active

CONVIVIALE
Gestes ouverts
Non directif
Régulateurs de tête
Participatif
Sourire zone intime
Humour

CONSTRUCTIVE
Gestes de cadrage
Connaît le but
Energie et solidité
Fait tout pour l’atteindre
Noter sans juger
Exploite les idées du groupe

OBJECTIVE
Ton non sélectif
Pas de préférence manifestée
Regard équitable
Impartialité des jugements
Geste de partage
Non déstabilisateur

RECEPTIVE
Gestuelle peu pointeuse
Accepte les opinions des autres
Parle peu
Relance en écho
Postures en écho
Reformule

DISPONIBLE
Pas de gestes de barrières
S’intéresse à chacun
Empathie, Flexibilité
Prend en compte les difficultés

20
Ecole Normale Supérieure (ENS), Département des Sciences de l’Education, 2017-2018

EN RESUME
Dans la relation de communication, l’écoute apporte des bénéfices importants aux
partenaires : reconnaissance, gratitude, affection.
Elle exige alors des comportements et attitudes pour parvenir à une
communication réussie :
→ Se donner le temps et prendre le temps de bien enregistrer ce qui est dit et
penser à ce qui est dit ;
→ Se faire de résumés intérieurs (synthèses personnelles) de ce que l’on
entend c'est-à-dire identifier les points saillants du discours de la personne
qui parle ;
→ Éviter d’être distrait ou accaparé par des sentiments qui nuisent ou
bloquent l’attention. Il importe de laisser les idées neuves et différentes des
nôtres nous atteindre c'est-à-dire garder l’esprit ouvert et les sens éveillés ;
→ Voir au-delà de l’apparence physique, du langage ou des manières de
faire de notre interlocuteur c'est-à-dire se concentrer (se mobilier) en dépit
des perturbations provenant de l’environnement.
POUR CONCLURE

La communication est une activité quotidienne et habituelle. On finit par la trouver


"normale". Mais la communication qui nous paraît facile est en même temps difficile,
elle nous semble simple alors qu’elle est complexe.
En effet, elle engage notre personne en relation avec une autre personne, ce qui peut
susciter des peurs et angoisses.
Pour mieux communiquer, il nous faut avant tout aller à la rencontre de l’autre. Il nous
faut en définitive oser accepter de partager, oser entrer en relation avec l’autre
personne car :

O.S.E.R = COMMUNIQUER
O = OUVERTURE
S = SILENCE
E = ECOUTE
R = REGARD

21

Vous aimerez peut-être aussi