Communication pédagogique en classe
Communication pédagogique en classe
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Ecole Normale Supérieure (ENS), Département des Sciences de l’Education, 2017-2018
I. INTRODUCTION
La communication est liée à la vie de l’être humain dès la naissance. Elle est
quotidienne et fréquente au point que l’on s’arrête peu pour réfléchir sur ce qui se
passe. On dit même qu’elle est "normale" et peut paraître facile.
Toutefois cela ne semble pas être le cas car de nombreux problèmes relationnels
naissent du fait de la communication que ce soit au sein de la famille, dans les
entreprises ou entre les nations.
On remarque donc que des budgets considérables sont alloués au domaine de la
communication au des entreprises, des formations pointues sont mises en place pour
mieux comprendre le processus de communication et des ministères se consacrent à
ce domaine.
La communication n’utilise plus seulement les instruments du corps humain (voix,
corps, etc.) et les outils de la communication se développent tant pour la rapidité, la
fiabilité que pour l’efficacité.
La communication est certes habituelle pour chaque personne et toute expérience
humaine se fonde sur elle. Cependant, il est possible de la rentre performante par une
meilleure connaissance de ce processus, de ses mécanismes en vue d’améliorer ses
relations interpersonnelles.
DEFINITION
La communication désigne un échange de message (paroles, gestes, images) entre
des individus ou des groupes. Elle permet de transmettre des informations et vise à
influencer autrui et orienter les comportements.
La communication est une action de mise en commun et de partage des
connaissances. Elle favorise les interactions et les relations interpersonnelles.
La communication se présente aussi comme l’ensemble des processus par lequel se
réalisent des échanges d‘informations et de significations entre partenaires
(personnes ou organisations) dans un contexte social donné.
La communication est le processus par lequel deux individus « tentent » d’échanger
des idées, des sentiments, des significations symboliques.
Pour Marc et Picard, la communication est le rapport d’interaction qui s’établit lorsque
les partenaires sont en présence. Ce rapport s’analyse à trois niveaux : intrapsychique,
interrelationnel et social.
La communication est un processus de transmission d’information. Ce terme provient
du latin communicare qui signifie « mettre en commun » et « être en relation avec ».
Dans une perception restrictive, la communication renvoie à une transmission de
message. Mais en réalité, communiquer c'est mettre en commun une expérience de
signes, c’est aussi gérer avec autrui une situation d'échanges. En éducation, deux
types de communication se conjuguent pour assurer l’efficacité.
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La communication peut avoir certaines incomplétudes qui peuvent être dues aussi bien
à l’émetteur, qu’au récepteur, mais aussi et surtout aux projections faites lors de la
transmission d’un message.
Nous avons voulu à travers les filtres de la communication relever quelques problèmes
inhérents au processus.
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Information Information
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Attitudes Attitudes
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l’information
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Système des relations d Système des relations
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LE SCHEMA DE LA COMMUNICATION
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Parasites
Déperdition d’énergie
Rencontre de l’autre
CODAGE – DECODAGE
ZONE Organisation NIVEAU DE LA MER
DU SENS de ma pensée organisatio
MILIEU AMBIANT images qu’il a
IMAGES Images que j’ai de
l’autre de moi
Images que je crois images qu’il croit
que l’autre a que j’ai de lui
Images que je voudrais images qu’il voudrait
donner de me donner de lui
Images que j’ai de moi images qu’il a de lui
actuelles - idéales actuelles - idéales
Peurs - envies
Peurs- envies
MESSAGE Message
que je voudrais envoyer parvenu
LES ICEBERGS
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Ce type de communication retient le plus souvent l’attention car il est plus fréquent. Il
prend une dimension plus large dans le cadre des groupes que ce soit au sein des
groupes (intragroupe) ou entre les groupes (intergroupe).
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L’utilisation de l’espace
C’est d’abord par ses déplacements dans la classe, que l’enseignant affirme sa
présence en circulant entre les rangées de table, il joue avec la variation des distances
par rapport à certains élèves. Il existe dans la classe des itinéraires stratégiques que
l’enseignant parcourt et qui lui permettent, en fonction des situations, soit de contrôler
l’agitation de certains (le seul fait de se rapprocher imperceptiblement d’un élève peut
suffire à faire cesser cette agitation), soit de stimuler la participation des autres.
L’amplitude et la vivacité des gestes, la diversité des orientations du corps de
l’enseignant sont susceptibles de mobiliser l’attention des élèves. On constate que le
déplacement du débutant dans la classe est motivé par des taches pratiques
d’enseignement (distribuer des feuilles polycopiées, par exemple), alors que la variété
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des déplacements effectués par des maîtres expérimentés n’ont pas de justifications
apparentes sinon celle d’investir l’espace de la classe pour maintenir le meilleur
contact possible avec les élèves. On peut dire, d’une façon générale qu’ils manifestent
plus de présence que les débutants en occupant mieux le terrain.
La proximité du maître entraîne toujours pour l’élève une charge affective forte : c’est
le cas, par exemple, lorsque l’enseignant se penche au-dessus de l’élève assis à sa
table pour contrôler son travail. La présence rapprochée, la chaleur du corps du maître,
son souffle peuvent être ressentis par l’élève. Se rapprocher ainsi d’un élève c’est
symboliquement entrer dans son territoire, c’est envahir sa sphère privée, ce qui n’est
pas sans conséquence sur l’état émotionnel de l’élève et sur son comportement.
L’activité de l’élève peut être ainsi stimulée mais elle peut aussi être inhibée. Ému par
la présence rapprochée du maître l’élève se met à bafouiller et ne parvient plus à
organiser ses idées de façon cohérente.
Il existe d’autres stratégies d’utilisation de l’espace proche sans qu’il soit nécessaire
pour l’enseignant de se déplacer, et sans donner l’impression d’une intrusion forcée
sur ce territoire personnel de l’élève; il existe des emplacements privilégiés : chacun a
le souvenir du rituel d’entrée en classe qui permet au maître, posté à la porte, d’exercer
un contrôle sur le comportement des élèves par sa proximité physique, les élèves
passant un par un devant lui. Ce rituel peut aussi être considéré comme un rituel
d’accueil ou « d’accès ». Les « rituels d’accès » gèrent la communication et... dont il
ne faut pas négliger l’importance au risque de désacraliser ce moment important dans
la vie quotidienne des élèves où ils passent d’un temps de récréation à un temps
d’acquisition des savoirs. Il s’agit donc d’un rituel d’accès à une relation mais aussi à
un temps et un espace consacrés.
La distance interpersonnelle, dont l’enseignant a, en principe, le plus souvent
l’initiative, peut être une manière de gérer des relations de familiarité avec les élèves
ou au contraire de maintenir une distance. La proximité et même le contact avec un
élève turbulent peuvent être le moyen de résoudre un problème de discipline
manière d’être et cette façon de faire bloquent toute ouverture et toute communication
avec les élèves. Cette attitude « fermée » réduit la disponibilité et la sensibilité du
maître aux réactions des élèves. S’en tenant à une préparation « béton », il est sourd
et aveugle face à sa classe, le cours pourrait se dérouler sans élèves.
Les attitudes du maître sont le reflet de ses états psychologiques : l’anxiété et le repli
sur soi ou la sérénité et l’ouverture se lisent dans ces postures. C’est en prenant
conscience de ses états toniques par l’auto-observation et l’analyse de ses attitudes
et comportements que le professeur stagiaire peut espérer progresser vers des
conduites plus efficaces. La maîtrise respiratoire est un des éléments importants de
ce contrôle tonique. Le fait de prendre une respiration profonde lorsqu’une situation de
classe est tendue, favorisera chez l’enseignant une détente tonique bénéfique au
climat de la classe. Le tonus musculaire joue en effet une fonction fondamentale de
relation à autrui. La qualité de la relation pédagogique nécessite un subtil équilibre
tonique entre un état de tension, nuisible à une attitude d’écoute et de disponibilité du
maître, et un état de relâchement, un manque de retenue (ou de tenue au sens
physiologique), laissant libre cours aux comportements spontanés et envahissant des
élèves. Nous en avons un exemple avec cet étudiant, pour la première fois devant des
élèves et qui s’adresse à eux avec un manque de tonus évident (au sens de tenue du
corps), les mains dans les poches et qui est vite dépassé par l’agitation des élèves,
obligeant l’enseignant titulaire de la classe en observation au fond de la salle,
d’intervenir pour les calmer.
La gestualité
Il est ici question de la gestualité symbolique, c’est-à-dire des gestes qui sont réalisés
pour produire du sens et non pas pour exécuter simplement une action (prendre un
livre sur le bureau pour en faire la lecture), bien que de nombreux gestes aient à la fois
un but fonctionnel et une dimension symbolique : saisir le bras d’un élève indiscipliné
pour le remettre à sa place à une visée pratique (remettre de l’ordre dans la classe)
mais en même temps une portée symbolique (l’enseignant signifie à l’élève une
désapprobation, voire une réprimande selon la véhémence du geste). Ces gestes
présentent une grande variété d’expressions : ce sont des gestes de menace, de
répression, d’encouragement, d’apaisement, de connivence. Nous distinguons une
gestualité qui privilégie le canal de communication visuelle, nous l’appellerons
gestualité de communication à distance et une gestualité qui privilégie le canal du
toucher, nous l’appelons gestualité de contact.
La gestualité à distance
Elle est une forme efficace de communication avec les élèves qui peut fonctionner en
l’absence de la parole. Frapper des mains, mettre l’index verticalement sur la bouche
pour obtenir le silence, agiter les bras pour attirer l’attention, lever un bras, la main
ouverte, pour provoquer l’arrêt de toute activité, convoquer un élève avec signe de
menace en pliant et dépliant alternativement l’index. Il existe encore bien d’autres
stéréotypes gestuels, reconnaissables par tous, indépendamment des variations qui
existent forcément d’une classe à l’autre : montrer du doigt pour désigner un élève ou
pour lui indiquer une place où il doit se rendre. Plier l’avant-bras, main ouverte, pour
signifier une menace de punition en simulant une gifle, etc.
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Outre ces actions effectuées de façon délibérée, l’enseignant fait usage de gestes qui
lui échappent en partie et qu’il effectue de façon plus ou moins consciente. Ils
participent à la théâtralisation de l’enseignement et contribuent à renforcer la
communication avec la classe (attirer, focaliser ou relancer l’attention).
Il faudrait aussi ajouter des gestes qu’on pourrait nommer les indicateurs qui sont des
gestes destinés à attirer l’attention de l’auditeur et qui renforcent ou remplacent les
indications verbales du type « regardez là », « voyez ceci », etc. : bras tendu pour
indiquer à un élève de retourner à sa place, doigt pointé sur un mot au tableau,
mouvement de tête en direction d’un objet, d’un endroit dans l’espace.
Le regard
L’orientation et l’expression du regard sont des modalités d’intervention non verbale
très efficaces. L’enseignant fait en permanence des choix au niveau du regard qu’il
porte sur la classe. Il peut feindre d’ignorer le comportement d’un élève ou, au
contraire, avoir un regard insistant de réprobation ou de bienveillance, un regard bref
de contrôle (il jette un œil pour vérifier) ou de connivence (clin d’œil) vis-à-vis de tel ou
tel, un regard fixe ou un regard flottant. La façon dont l’enseignant regarde un élève
en dit long sur ses sentiments vis-à-vis de celui-ci. En général le regard du maître a
pour fonction d’attirer l’attention et produit un effet de valorisation de l’élève regardé. Il
constitue un renforcement positif et provoque de meilleures performances dans
l’apprentissage ; les élèves, sous le regard du maître, mobilisent davantage leurs
capacités intellectuelles que ceux qui sont isolés pour exécuter une tache.
L’enseignant débutant a tendance à regarder les élèves les plus actifs, ceux qui
l’écoutent ou ceux qui sont les plus susceptibles de répondre de façon positive à son
projet. Ce qui est valorisant pour lui. Les paresseux ont tendance à être ignorés, on
les oublie dans leur coin. Les non-regardés sont démobilisés, ils décrochent lorsque
les seuls regards qu’ils reçoivent sont des regards inexpressifs qui les traversent sans
s’arrêter sur eux. Le cancre, isolé des regards, est abandonné à son sort. Il y a donc
une gestion des regards qui peut avoir une grande importance dans l’évolution du
comportement des enfants.
Les mimiques
Les expressions faciales ont fait l’objet de nombreux travaux : il s’agit des différentes
formes d’expression du visage; bien qu’elles soient associées, en général, à la
gestualité et au regard, elles constituent des éléments qui peuvent être indépendants
ou renforçateurs des précédents. Le sourire a une fonction de détente, de
dédramatisation. Le sourire est un important mode de communication non verbal. En
principe il est censé exprimer une bonne disposition psychique de l’enseignant à
l’égard de ses élèves. Mais pas uniquement. Il a été recensé dix-neuf sens différents
du sourire ! On peut en effet sourire sous l’effet de l’appréhension ou par mépris ou
ironie : nous avons pu constater qu’un sourire ironique de l’enseignant à l’égard d’un
de ses élèves indiscipliné peut constituer un désaveu cinglant. Il faut observer
cependant que le sourire suscite, en général, chez autrui des attitudes positives. Le
sourire est contagieux et peut déterminer des comportements d’apaisement et de
détente chez les élèves et favoriser un bon climat dans la classe.
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L’acte pédagogique est avant tout un acte de communication entre quatre entités :
1. L’animateur qui dispose de compétences en matière de formation ;
2. Les personnes à former qui expriment des besoins de formation ;
3. Le contenu qui correspond aux besoins exprimés ;
4. La méthode pédagogique utilisée qui est adaptée aux attitudes des personnes
à former.
Au cours de l’action de formation, différentes attitudes sont produites et elles
influencent l’apprenant. Ce sont sept (7) attitudes qui ont été identifiées et qui sont
exploitées par l’animateur :
1. Attitude de décision : se substituer à l’apprenant et lui indiquer ce qu’il doit
faire. Cela peut consister à donner un ordre, un conseil ou une suggestion ;
2. Attitude d’évaluation : porter un jugement de valeur sur le comportement de
l’apprenant. Cette attitude peut se situer sur le plan logique (vrai ou faux), sur
le plan moral (bien ou mal), sur le plan esthétique (beau ou laid), etc. ;
3. Attitude de support ou de soutien : indiquer ce que l’apprenant devrait sentir
ou ressentir ;
4. Attitude d’interprétation : indiquer les raisons (causes) profondes du
comportement de l’apprenant ;
5. Attitude d’enquête : rechercher simplement les compléments d’information
auprès de l’apprenant ;
6. Attitude d’information : donner de l’information à l’apprenant ;
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ATTENTIVE
Regard en contrôle
Vigilance permanente
Posture en avancée
Écoute active
CONVIVIALE
Gestes ouverts
Non directif
Régulateurs de tête
Participatif
Sourire zone intime
Humour
CONSTRUCTIVE
Gestes de cadrage
Connaît le but
Energie et solidité
Fait tout pour l’atteindre
Noter sans juger
Exploite les idées du groupe
OBJECTIVE
Ton non sélectif
Pas de préférence manifestée
Regard équitable
Impartialité des jugements
Geste de partage
Non déstabilisateur
RECEPTIVE
Gestuelle peu pointeuse
Accepte les opinions des autres
Parle peu
Relance en écho
Postures en écho
Reformule
DISPONIBLE
Pas de gestes de barrières
S’intéresse à chacun
Empathie, Flexibilité
Prend en compte les difficultés
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EN RESUME
Dans la relation de communication, l’écoute apporte des bénéfices importants aux
partenaires : reconnaissance, gratitude, affection.
Elle exige alors des comportements et attitudes pour parvenir à une
communication réussie :
→ Se donner le temps et prendre le temps de bien enregistrer ce qui est dit et
penser à ce qui est dit ;
→ Se faire de résumés intérieurs (synthèses personnelles) de ce que l’on
entend c'est-à-dire identifier les points saillants du discours de la personne
qui parle ;
→ Éviter d’être distrait ou accaparé par des sentiments qui nuisent ou
bloquent l’attention. Il importe de laisser les idées neuves et différentes des
nôtres nous atteindre c'est-à-dire garder l’esprit ouvert et les sens éveillés ;
→ Voir au-delà de l’apparence physique, du langage ou des manières de
faire de notre interlocuteur c'est-à-dire se concentrer (se mobilier) en dépit
des perturbations provenant de l’environnement.
POUR CONCLURE
O.S.E.R = COMMUNIQUER
O = OUVERTURE
S = SILENCE
E = ECOUTE
R = REGARD
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